Ani

1921_03_06 La Foi

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La Foi

« Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l'espérance, l’amour. »

Corinthiens 13 :13

Ma causerie d’aujourd’hui portera sur le deuxième principe de la vie de l’homme : la foi.

Je m’arrête sur le mot foi car nous n’en avons pas de meilleur que lui. Je le prends au sens le plus large possible et je fais une distinction entre foi et croyance. Il n’y a pas de contradictions dans la foi, elle exclut toute possibilité de doute. Alors que les croyances laissent une place au doute : tu peux croire que tu deviendras bon, mais tu peux croire que tu deviendras mauvais ; tu peux croire que tu vivras, mais tu peux croire que tu mourras. Aujourd’hui les humains s’élèvent, souffrent et meurent pour des croyances, le monde est plein de croyances. Tous les savants et tous les religieux travaillent sur les croyances, mais cette croyance n’a apporté ni le salut, ni la liberté, ni le savoir, ni l’amour que nous attendons, car c’est une croyance. Je ne dis pas que la croyance est mauvaise en soi, mais qu’elle n’est qu’un préambule à la foi.

J’aborderai la foi à travers quatre points de vue, à savoir : je l’examinerai en tant qu’élan inconscient du cœur, en tant que sentiment conscient de l’âme, en tant qu’une force de soi-conscience dans l’intelligence et en tant que principe de super-conscience dans l’esprit ; ou dit de façon savante, comme un élan dans l’inconscient, comme un sentiment dans la conscience, comme une force dans la soi-conscience et comme un principe dans la super conscience. Retenez ces rapports. J’aborderai cette question dans le principe, je ne vise pas à défendre une cause limitée ou un enseignement borné, mon but est de dire la vérité comme elle est.

La foi est un principe de l’intelligence humaine, donc le commencement de l’intelligence humaine est la foi, ou autrement dit, l’intelligence est fondée sur la foi. La foi lie l’intelligence humaine à l’harmonie dans la nature et lui donne un élan pour se développer et étudier les lois de l’existence.

Maintenant, en m’écoutant, ayez la gentillesse de laisser de côté ne serait-ce qu’une heure tous vos préjugés ; ne les jetez pas, mais déposez le sac à dos avec vos croyances et vos égarements pour vous alléger lorsque vous m’écouterez ; et mettez-le de nouveau sur votre dos, je n’ai rien contre cela, puis repartez. Sinon, vous ressemblerez à ce Bulgare qui avait été rejoint en chemin par un charretier. En voyant le lourd bagage du voyageur, celui-ci lui a proposé de monter dans sa charrette. Le voyageur s’est installé, mais sans enlever le sac de ses épaules. « Pose ton sac, mon ami, pose-le dans la charrette, lui a dit le charretier. – Je ne veux pas te déranger, a répondu le voyageur. – C’est toi que tu déranges, pas moi. Je souhaite que ce fardeau quitte ton dos. Je t’ai accueilli toi et ton fardeau, pour que vous vous reposiez tous les deux, il y a assez de place dans la charrette pour vous deux. »

Lorsque nous montons dans la voiture divine, nous devons déposer notre fardeau et souffler. Par conséquent, celui qui, parmi vous, veut avoir une intelligence éclairée dans quelque domaine que ce soit et qui veut explorer la nature, doit aspirer à entrer en lien avec la nature vivante, et doit avoir la foi.

Je ne suis pas de ceux qui prétendent qu’il faut se développer et tendre dans une seule direction. Du point de vue philosophique, toutes les directions convergent vers une seule qui est la vérité. Nous devons donc tendre vers toutes les directions, car du point de vue de la foi elles sont toutes bonnes. Peut-être que dans certaines directions on se heurtera à des souffrances, mais celles-ci sont un moyen de se redresser. Lorsque ces souffrances viennent sur nous, elles montrent que nous avons transgressé les lois divines dans le passé, les accords du monde divin, et que cette transgression a engendré le mal dans le monde d’aujourd’hui. Et comme nous ne le comprenons pas, nous nous demandons sans cesse d’où provient ce mal. Si vous sectionnez un fil électrique branché en permanence sur le secteur, et que vous l’attrapez à mains nues, savez-vous ce qui vous arrivera ? Ce fil électrique est inoffensif tant qu’il reste là tranquillement, mais si vous le sectionnez, il devient dangereux. Si vous vous tenez sur le conduit d’une canalisation, vous êtes en sécurité, mais s’il vous prend de percer un trou pour voir ce qu’il y a dans le conduit, vous allez en pâtir et vous devrez vous enfuir aussitôt. Pourquoi ? Parce que vous avez percé le conduit, l’eau jaillira et vous emportera. Nos contemporains sont bien curieux : comme les petits enfants ils ont des pointes avec eux et disent : « Allons percer le tuyau », et lorsque le danger se présente, ils disent : « Sauvons-nous maintenant ». Un chimiste se tient dans son laboratoire, il tient un bécher et fait des expériences ; le bécher éclate, le liquide se répand, le chimiste se sauve, tout s’écroule ; je dis : ce chimiste a percé le tuyau. Ce n’est pas la seule façon d’explorer, il en existe une autre.

Lorsque vous voulez tonifier votre esprit, le purifier, il faut impérativement insuffler en vous la foi. Quelqu’un peut rétorquer : « On n’obtient rien par la foi ! » Tout s’obtient par la foi et rien ne se fait sans la foi. Tant que vous aurez la foi, votre esprit sera sain, puissant, génial et pourra tout accomplir ; dès que vous délaisserez la foi, il se dédoublera, se fissurera, et vous serez perdus. Savez-vous ce qui arrive à ces gens ? Ils commencent un travail et au bout d’une heure ils désespèrent, le travail n’avance pas ; la foi revient et ils se remettent au travail pendant une heure, puis ils le délaissent de nouveau. Ainsi dans le monde, les uns travaillent alors que les autres se prélassent dans les cafés, se tournent les pouces, et ne travaillent pas : ils ont perdu leur foi. Que faire avec ces gens-là ? Insufflez la foi dans leurs esprits et ils seront sauvés.

Je vais vous relater un conte occulte que vous devez toujours avoir en tête lorsque vous méditez sur la foi. Il y avait dans les temps anciens un fils de roi qui était tombé amoureux d’une servante. Elle était très intelligente et très belle. Il a décidé de l’épouser. La jeune fille s’est réjouie en se disant : « Maintenant ma vie prend sens, cet héritier royal me donnera tout ce dont j’ai rêvé ». Elle s’imaginait occuper un splendide palais avec une multitude de chambres où elle serait servie par les dames de la cour. Il lui a en effet construit un grand palais, lui a promis tout ce dont elle rêvait, mais une fois mariés, il lui a dit : « Je te demande de n’avoir aucune servante dans mon palais pour éviter de me rappeler tes origines modestes : tu vas tout nettoyer et tout ranger toi-même ».

Lorsque la foi fait irruption dans l’esprit humain, il te dira : « Je ne veux pas de servantes dans mon palais ». Qui sont ces servantes ? Par exemple vous ne connaissez pas quelque chose et vous vous dites : « Voyons ce qu’un tel a dit à ce sujet, par exemple Kant ». Kant est aussi un être humain comme toi, il a peut-être exprimé de belles pensées, mais il ne faut pas s’en remettre à lui. Que dit Kant dans son ouvrage Critique de la raison pure ? Il dit que les choses en soi sont inatteignables : c’est vrai à cinquante pour cent. Pour celui qui a de la foi, tout dans le monde est accessible. Par conséquent, c’est la foi qui détermine si les choses sont atteignables ou non. La foi englobe le temps, et le temps est un processus de l’intelligence divine, le temps est le rythme de l’harmonie divine. La foi détermine les rapports entre les tonalités, les accords à l’intérieur de cette harmonie divine. Elle détermine aussi les rapports entre nos pensées ; chaque pensée est une tonalité dans notre esprit et si nous avons la foi, toutes nos pensées formeront une harmonie divine grandiose.

Ainsi, la foi doit commencer à partir de votre cœur, c’est-à-dire de votre inconscient ; il faut y mettre ce rayon lumineux de l’élan intelligent. Lorsque tu te couches le soir, mets dans ton esprit l’idée suivante : « La foi dans laquelle je demeure apportera l’harmonie divine dans les aspirations de mon cœur ». Couche toi avec cette pensée, pleinement confiant en ton inconscient ; ne philosophe pas, ne pense pas aux conséquences. Lorsque tu planteras un grain de blé dans le sol, ne réfléchis pas comment il germera : il fera tout seul son travail. Si tu t’assieds à côté à te demander comment il poussera, et s’il poussera ou non, si tu te mets à le déterrer, puis l’enterrer de nouveau, tu vas l’abîmer, l’entraver, empêcher son développement. Certaines personnes recueillent ainsi une pensée divine, mais elles se mettent à se demander si elle est divine ou non ; laissez-la se développer dans votre conscience. Tant qu’une pensée ne se développe pas, ne croît pas, ne fleurit pas et ne donne pas de fruit qui puisse mûrir, n’y touchez pas ; on ne peut pas jusque-là déterminer si elle est divine ou non, on ne peut pas deviner la vérité divine qui est déposée en elle, c’est pourquoi il faut du temps. Le temps est l’expression de la vérité, il n’y a pas de vérité s’il n’y a pas de temps. Le mensonge contracte toujours le temps. Tous ceux qui empruntent de l’argent à la banque sur des délais très courts ne réussissent pas ; ils changent leurs polices tous les trois mois, mais il est plus avantageux que celles-ci s’étendent sur une durée plus longue. Dans la pensée scientifique moderne, tous les enseignements ont des délais courts. Nous ne croyons pas aux délais courts, mais seulement aux délais longs. Nous considérons le délai long comme un mouvement circulaire de l’énergie à l’intérieur de l’âme.

La foi se manifeste aussi en tant que sentiment dans la conscience : c’est sentir que ta pensée n’est pas une pensée tant qu’elle ne se projette pas dans le monde matériel. Cette pensée doit avoir une forme juste, car la pensée juste n’est rien de plus qu’une  

La troisième manifestation de la foi est la force de la pensée. Votre pensée doit être puissante, il doit y avoir en elle un mouvement et une dilatation, elle doit être productive et faciliter le travail. Vous pouvez éprouver la force de votre pensée : si votre pensée est juste, si elle est en harmonie à tous les points de vue, c’est-à-dire si elle a une aspiration juste dans le cœur, des sentiments justes dans l’âme, une dilatation juste dans l’intelligence, alors, si vous avez n’importe quelle blessure sur la main, et si vous vous concentrez sur elle, cinq à dix minutes ou deux heures suivant la blessure, elle guérira.

En ce moment, toutes les catastrophes dans les sociétés comme dans la sphère politique ou scientifique sont dues à ce dérèglement de notre intelligence qui ne met pas la foi comme fondement dans la vie : nous ne vivons qu’avec des croyances ! D’où viennent toutes les catastrophes dans le monde ? De ce que nous doutons de l’existence de Dieu, de la grande loi de l’amour en déclarant que Dieu n’est pas amour et que l’homme est un loup pour l’homme. Or, ce « loup » a été créé par Dieu. Quelle philosophie, quel sens revêt la vie lorsque nous appelons « loup » la chose la plus sublime dans le monde ? Le loup est la négation de l’amour, la négation de la foi. Par conséquent, chacun peut devenir loup : lorsque vous perdez votre amour vous devenez un loup, un ours, un tigre ou un renard, car ces animaux sauvages sont les traits négatifs de la grande vertu que nous appelons amour. La foi quant à elle détermine pourquoi nous souffrons. Je dis : « Tu as perdu ton amour, tu es donc un loup. – Comment me corriger ? – Lorsque tu insuffleras l’amour dans ton cœur, il insufflera la foi et tu te redresseras, tu seras un ange pour servir dans le monde divin. »

Armez votre intelligence de foi et non de croyances car les croyances sont religieuses, païennes, ce sont des systèmes bâtis sur les résultats du vécu passé. Les religions contemporaines sont des tentatives en vue de redresser l’humanité ; je ne les condamne pas, je dis simplement que toutes les religions aspirent à secourir l’humanité. Et tous les grands Maîtres viennent parmi les humains pour les redresser, pour les aider car ils sont serviteurs de la grande loi divine. Mais leurs disciples ont déformé cette loi, ils se sont arrêtés uniquement sur son côté extérieur, ils ont altéré la vie, et c’est ainsi qu’ils ont engendré les croyances. Un médecin vient et te dit : « Crois-moi, je t’aiderai » ; il s’y attèle : une injection aujourd’hui, une autre demain, tu dépenses beaucoup d’argent, mais rien ne te soulage ; le curé vient alors pour l’oraison funèbre. Non, il ne faut pas croire de tels médecins, il ne faut croire que celui qui porte l’amour en tant que principe. Si le médecin ou ton ami porte le principe de l’amour en lui, accueille-le, sinon ferme lui la porte : qu’il soit enseignant, prêtre ou médecin, ne l’accueille pas, qu’il reste dehors.

Les Écritures disent : « On ne peut pas plaire à Dieu sans la foi »[1]. Je traduis ces paroles ainsi : sans intelligence, sans sagesse, on ne peut pas plaire à Dieu. Quels enfants comblent leurs parents ? Les enfants sages et intelligents n’est-ce pas ? Un enfant bête et espiègle ne comble pas ses parents. Celui qui insuffle joie et gaîté est intelligent. Les fils et les filles intelligents, les amis, les enseignants, les prêtres intelligents, ce sont les représentants de la foi. Maintenant, si tu demandes s’il y a une vie après la mort, les gens en doutent et disent : « Qui sait, la science ne l’a pas encore démontré ». Mais qui est plus avancé, nous ou la science ? Qui a créé la science, c’est elle qui nous a créés ou bien c’est nous qui l’avons créée ? Nous sommes comme les anciens peuples païens qui se créaient une image à leur ressemblance, tombaient à genoux devant leur idole Baal et l’imploraient : « Montre-nous le chemin de la vérité ». Ainsi nous aussi, depuis huit mille ans nous prions la science de nous montrer où est la vérité ; elle ne nous montrera rien du tout. Il y a une science sur laquelle compter, c’est la science divine, la science de l’esprit humain, de l’amour, dont la foi est le deuxième principe. C’est une science immuable, c’est-à-dire qui ne varie pas. La science contemporaine est humaine, c’est une science de croyances, d’hypothèses, alors que dans la science de la foi tout est parfaitement et mathématiquement défini : tout y est bien prévu comme dans la technique, comme dans l’organisme humain. Nous disons que l’estomac n’est pas intelligent, qu’il travaille de façon purement mécanique ; non, c’est un excellent chimiste, lorsque vous lui donnez de bonnes conditions, il travaille bien mieux que nos chimistes actuels. Il absorbe de la nourriture non digérée, non traitée, et secrète aussi les sucs adéquats pour la digérer et la dégrader ; quelques heures après, la nourriture digérée passe dans les intestins pour qu’ils en retiennent ce qu’il leur faut, après quoi elle est diffusée par le sang dans tout l’organisme. Les poumons ne sont pas un simple soufflet comme certains le prétendent : ils travaillent suivant des lois ; le cerveau aussi sait bien faire son travail. Alors que nous qui nous considérons intelligents et éveillés, nous faisons toutes sortes de sottises : le mari qui ne sait pas raisonner sa femme, la roue de coups ; l’enseignant qui ne sait pas corriger son élève, le chasse de l’école ; le prêtre qui ne sait pas mener ses ouailles les excommunie et les déclare hérétiques ; le pays qui ne sait pas corriger certains citoyens les envoie en prison ou à la potence ; de nos jours, tous les pays font des établissements spécialisés pour les citoyens qui ont transgressé les lois. Ces établissements sont ceux de votre bêtise et vous serez jugés pour cela ; c’est ce qui est écrit là-haut dans le monde invisible. Ce sont des polices d’assurance qu’il faudra payer un jour ; les ministres et les gouverneurs ne doivent pas penser qu’ils ne répondront pas des centaines et des milliers de personnes qu’ils ont enfermées en prison. Non, le ciel et la terre disparaîtront, mais aucun trait de la loi ne changera avant que tout ne soit revenu dans son état initial. Cela était comme ça depuis des temps immémoriaux, pas seulement en Bulgarie, mais partout.

Lorsque je parle de la fin du monde, j’entends la fin de vos bêtises et le début de l’harmonie divine dans le monde, de cette pensée grandiose dont il est question. Et lorsque nous nous croiserons, nous ne demanderons pas : « Es-tu un loup ou non ? » Je dis : essayez mes griffes, essayez mes crocs ; si j’en ai je suis un loup, sinon je ne suis pas un loup. Cette foi, le noble et le raisonnable dans l’homme ne permet d’avoir ni crocs ni griffes. Les griffes, ce sont les fausses mathématiques. Lorsque le loup perd son amour et ne peut pas élargir sa pensée, il se poste au bord du chemin et attend qu’une brebis passe pour l’attraper et la manger. Pourquoi agit-il ainsi ? Il dit : « Comme vous, Messieurs, vous avez le droit d’acheter des conserves dans vos boutiques, moi aussi j’ai le droit d’acheter une conserve de la boutique divine, alors j’ouvre le couvercle et je la mange ». Mais il est interdit de manger des conserves dans le monde divin, il n’y a là aucune conserve. Selon la loi divine, le loup doit dire à la brebis qu’il croise : « J’ai très faim, peux-tu selon la loi de l’amour te sacrifier pour moi ? » Si la brebis est d’accord, il peut la manger ; si elle n’est pas d’accord, il attendra que passe une deuxième, une troisième jusqu’à ce que l’une d’elles consente à se sacrifier ; si aucune brebis n’y consent, alors il mangera des racines. C’est ainsi que le loup a vécu jadis, je vous le démontrerai, ce n’est pas une vue de l’esprit, mais une grande loi. Lorsque le loup reste sept ou huit jours sans manger, il se dit : « Comme je suis bête ! Je me nourrissais différemment autrefois » ; alors il va dans la forêt et mange des racines. S’il n’avait jamais fait cela avant, comment cela lui serait-il venu à l’esprit ? Il a donc déjà vécu dans d’autres conditions.

Nous, les gens d’aujourd’hui, le Seigneur doit nous laisser ainsi affamés une dizaine de jours pour nous enseigner qu’on peut vivre différemment : nous irons dans la forêt, nous déterrerons des racines sucrées et nous nous nourrirons ; on peut vivre comme ça aussi. Les médecins actuels nous expliqueront quelles substances se trouvent dans les conserves, quels éléments sont nécessaires pour notre organisme et avec quel type de nourriture les obtenir ; je ne suis pas contre cela, mais ce n’est pas une culture. Ayez en tête que toute nourriture organique que vous utilisez, aussi pure soit-elle, contient toujours des poisons et provoque des dépôts. Il n’y a pas de créature qui ne meure pas si elle se nourrit de nourriture organique ; l’homme aussi meurt depuis qu’il a commencé à se nourrir ainsi, car dans chaque substance organique il y a une polarisation pure et impure. Observez comment le chat mange les souris : il attrape une souris et l’avale entièrement ; mais si le chat qui est tellement propret mangeait comme il faut, il vivrait bien plus longtemps. Il dit : « Selon notre science, je ne peux pas perdre de temps, me retarder, j’ai faim donc je t’avale entièrement ». De même, le mari rentre du travail et dit à sa femme : « Vite, j’ai faim », et si le repas n’est pas prêt, elle n’a qu’à bien se tenir ! Ce n’est pas une science. Nous devons commencer par ces choses de base.

Il vous reste maintenant à connaître la foi en tant que principe pour comprendre cette manifestation qui résout toutes les contradictions dans la vie. Je vous montrerai comment naissent les contradictions : par exemple deux jeunes gens s’aiment ; lorsque l’amour se manifeste en tant que principe, tous deux sont prêts à s’enfuir de chez eux ; je dis : quels héros ces deux-là ! Lorsque leur premier enfant nait et que la mère se met à l’allaiter, elle voit que les conditions autour d’eux ne sont pas favorables et leur amour commence à tiédir. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas compris l’amour dans toutes ses déclinaisons, dans son essence ; il doit se maintenir avec intelligence. Lorsqu’un oiseau fait son nid dans les branches des arbres, il choisit ceux qui sont protégés des orages et même du vent le plus faible, et il le construit ainsi, même avec plus d’intelligence qu’un ingénieur : il saisit où sont les conditions favorables pour construire son nid et c’est là qu’il couve ses œufs. Alors que les gens d’aujourd’hui disent : « Nous pouvons nous en sortir sans nid, nous pouvons couver nos œufs même sans aucune condition favorable ». Et c’est vrai, ils pondent leurs œufs, les couvent, mais ensuite ils les laissent à l’orphelinat : c’est la culture du coucou qui pond toujours ses œufs dans les nids des autres. Il y a beaucoup de coucous, de surcroît très intelligents, qui pondent leurs œufs dans les nids des autres. Demandez à un naturaliste comment le coucou a eu l’idée de pondre ses œufs dans les nids des autres ; quelqu’un dira que le Seigneur en a décidé ainsi. Non, le Seigneur n’a pas ordonné cela. Savez-vous le mode opératoire du coucou ? Il choisit les nids des oiseaux plus faibles de façon que le petit coucou qui naît, étant le plus fort, jette les autres oisillons hors du nid. Vous agissez de même avec vos idées. Comprenez maintenant ce que signifie ce coucou. Si tu accueilles une pensée divine, mais si elle ne t’enseigne pas la manière de te mettre en harmonie avec la loi divine dans la nature, si elle ne t’insuffle pas l’amour envers les humains, à quoi sert-elle ? Une idée peut aussi t’apporter des doutes. Donc, on ne peut pas servir l’amour sans la foi, et sans la foi on ne peut pas plaire au Dieu de la sagesse.

Lorsque vous lirez le livre des Proverbes, chapitre 8, vous verrez à partir du verset 29 qu’il est question de la Sagesse, alors qu’ici nous parlons de la foi. Quand il imposait son décret à la mer, afin que les eaux n'outrepassassent point son commandement, – l’eau, la mer, c’est le monde contemporain – quand il décrétait les fondements de la terre, – les fondements désignent nos corps ainsi que tous les autres corps organiques – j'étais alors à côté de lui, son nourrisson, j'étais ses délices tous les jours, toujours en joie devant lui ; me réjouissant en la partie habitable de sa terre, et mes délices étaient dans les fils des hommes – il n’est pas question ici des fils des hommes d’aujourd’hui, mais de ceux d’autrefois qui vivaient avec la foi, porteuse de l’amour –. Maintenant donc, fils, écoutez-moi : bienheureux ceux qui gardent mes voies ! Écoutez l'instruction, et soyez sages, et ne la rejetez point. Bienheureux l'homme qui m'écoute, veillant à mes portes tous les jours, gardant les poteaux de mes entrées ! Car celui qui m'a trouvée a trouvé la vie et acquiert faveur de la part de l’Éternel – celui qui m’a trouvée signifie : celui qui trouvera la foi, trouvera la vie, toute suspicion s’effacera en lui, la nouvelle conscience l’emplira, une nouvelle intelligence l’enflammera et il dira : « Je comprends maintenant le sens de la vie » - mais celui qui pèche contre moi fait tort à son âme ; tous ceux qui me haïssent aiment la mort. »

Les gens d’aujourd’hui disent : « On peut se passer de la foi ». Non, on ne peut pas s’en sortir par l’incroyance. Je dis que ce ne sont pas des croyances qu’il faut, mais la foi. L’incroyance et la croyance sont deux pôles, car l’incroyant peut devenir croyant alors que l’homme de la foi ne peut pas se polariser. La foi est reliée à l’intelligence humaine, et l’intelligence est reliée à la respiration. Comme nous nous trouvons à la frontière d’une nouvelle évolution dans le monde, nous avons effectué un angle de cent quatre-vingts degrés : le chemin que nous avons parcouru depuis le jour où nous avons quitté l’harmonie divine est un chemin qui descendait ; nous sommes maintenant au fond et nous débutons la seconde moitié de ce cercle : il nous reste à parcourir un autre angle de cent quatre-vingts degrés. C’est la loi de l’évolution qui nous fera étudier les choses de bas en haut et non pas comme maintenant de haut en bas : c’est le seul moyen d’avoir un vécu plus réel que celui d’avant et plus accessible pour votre esprit. C’est pourquoi, toutes les philosophies orientales doivent être vérifiées d’un nouveau point de vue ; le vécu des peuples de l’Orient et de l’Occident doit être révisé, l’un et l’autre sont vrais à cinquante pourcents. Là entrera la foi : chaque pensée et chaque science doit être vérifiée par l’expérience et rien ne doit être misé sur la confiance.

La foi sous-entend une expérience vivante, mais cette expérience ne s’acquiert pas d’une seule façon. Si tu veux éprouver une pièce de musique, tu trouveras un musicien expérimenté et non un musicien ordinaire, et tu sauras grâce à lui si cette musique est bonne. Si tu veux éprouver les propriétés de la matière, tu trouveras un chimiste qui n’abîme pas les tuyaux et qui ne provoque pas d’explosions, et tu lui demanderas de guider tes premiers pas sur les grandes lois de la matière. La matière est une réalité, mais ses formes actuelles sont transitoires, donc si nous nous appuyons sur ces formes, nous nous trompons. Ses formes actuelles évolueront vers d’autres formes qui seront réelles. Nos pensées actuelles sont aussi transitoires, toute notre compréhension actuelle n’est qu’un préambule à la juste compréhension qui arrive. Je ne veux pas dire par là que vous êtes ignorants et que vous ne comprenez pas les choses, mais je fais le constat que la raison de votre ignorance est due à l’absence de foi chez vous, et la foi est liée à votre intelligence. Donc celui qui n’a pas de foi ne peut pas avoir une respiration correcte, car l’intelligence est liée à la respiration ; les gens intelligents respirent régulièrement et harmonieusement. Une pensée qui influe sur la respiration est juste. Observez une belle femme ou un bel homme, sains de volonté, de cœur et d’intelligence, et vous remarquerez la beauté et l’harmonie de leur respiration. Celui qui ne respire pas comme il faut, ne pense pas comme il faut. Un écrivain s’apprête à écrire un article, il se met à réfléchir, il expire profondément, puis il respire de façon irrégulière, il se lève, se roule une cigarette, fait les cent pas dans la pièce, s’assoit de nouveau, écrit, l’article est prêt ! La critique donne son avis : « Un tel a publié un excellent article ». Il n’a publié que de la fumée ! L’article est aussi juste que la fumée de sa cigarette. Un autre a écrit un article pour dire comment redresser la société ; avant de commencer l’article, il dit : « Attends que je me signe ». Il se signe. Non mon ami, la croix montre comment endurer les difficultés. Lorsque tu te signes et que tu dis Au nom du Père, demande-toi : « Ma tête sait-elle raisonner convenablement ? » Si tu dis Et du Fils, demande-toi : « L’amour, agit-il dans mon cœur ? » Si tu dis Et du Saint Esprit, demande-toi : « La force de Dieu, est-elle en moi ? » C’est cela faire le signe de la croix : la croix est quelque chose d’intérieur. Quelqu’un dit : « Signons-nous ». Oui, oui, signons-nous, avec la tête, le cœur et la force. Lorsque vous vous signez, dites-vous : « Est-ce que le Seigneur de la sagesse est dans mon intelligence, est-ce que j’ai la foi ? »

En quoi celui qui a la foi se distingue-t-il de ceux qui ne l’ont pas ? Par la peur éprouvée - il n’y a pas de peur dans la foi. Quelqu’un dit : « Appelons un médecin ». Si tu appelles un médecin de peur d’être malade, tu mourras ; si tu l’appelles avec la foi comme ton frère et ton ami, tu guériras. Lorsque tu appelles le médecin avec crainte, le médecin prendra peur aussi et dira que la situation est critique et ne se décidera pas à soigner par lui-même ; on appelle un deuxième médecin : il dit la même chose ; on en appelle un troisième, ils se concertent et disent ensuite : « Il se peut qu’il guérisse, il se peut qu’il ne guérisse pas ». C’est comme l’histoire de ce tzigane qui avait dit : « Soit il y a de l’eau dans ce vallon, soit il n’y en a pas ». Chacun connaît cette science : soit il guérira, soit il ne guérira pas ou bien cela peut être bien ou cela peut ne pas être bien. Les vieux disent par exemple pour la jeune fille : « Nous savons qu’elle est peut-être très bonne ou non », ils ne disent pas comme le tzigane soit c’est vrai, soit ce n’est pas vrai, mais ils disent c’est peut-être vrai ou peut-être pas. Quelqu’un demande ; « Que penses-tu de mon idée ? – Elle est peut être bonne et juste. » Ce n’est pas peut-être, elle doit être juste. Une autre fois nous disons : « Je ne sais pas qui sera sauvé ». Je ne sais pas qui sera sauvé, je sais qui entrera dans le Royaume de Dieu, je sais qui le Seigneur a choisi ; ceux qui ont la foi le savent aussi, rien n’est dissimulé pour celui qui croit. Seuls les crimes sont cachés, seul le mal peut être caché. Mais les bonnes œuvres aussi doivent être cachées. Dans ce monde, les bons comme les mauvais doivent se cacher. Pourquoi ? Le mauvais se cache pour ne pas être attrapé et jeté en prison ; le bon et le riche se cachent pour ne pas être accusés en vertu de l’article quatre de la loi[2] : « Tu es ennemi du peuple, allez, en prison ! » C’est pour cela que les riches nient être riches, alors qu’autrefois on se vantait de sa fortune. Aujourd’hui, tous les riches veulent passer pour des pauvres. Pourquoi ? À cause de l’article quatre de la loi. Ce n’est pas un raisonnement juste, ce n’est pas une philosophie de la vie. Le bœuf qui laboure le champ et creuse les sillons, dit : « Je suis celui qui laboure ». Oui, il laboure car il y a un aiguillon, mais c’est le laboureur qui incarne la loi. Je pense que nous avons dépassé cet enseignement de l’aiguillon, maintenant c’est le tour de l’enseignement de la foi.

D’après le nouvel enseignement chacun doit vérifier par lui-même si sa pensée est juste. Ensuite, je pourrai exposer ma pensée à mon frère et le laisser se l’approprier ; il ne me demandera pas si elle est juste ; pourquoi ? Parce que je l’ai éprouvée moi-même quatre-vingt-dix-neuf fois. Non seulement moi, mais ceux qui depuis huit mille ans ont essayé cette grande loi ; vous pouvez vous aussi l’essayer.

Je vous parle aujourd’hui de la foi. Dites : « Nous vivrons avec foi ». Mettez la foi en vous et commencez à travailler avec elle. Ne vous préoccupez pas de la façon dont les gens vous regardent ni si vous paraissez intelligents ou non. Alors, bien, si vous êtes intelligents, je vous donnerai un problème à résoudre : ai / a = bi / b = ci / c ; que comprenez-vous de ce problème ? Il détermine les rapports du monde invisible au monde visible : lorsqu’un certain phénomène a lieu dans le monde physique, le même phénomène se produit dans le monde invisible, c’est la loi. Lorsque quelqu’un naît sur terre, un autre naît simultanément au ciel ; si quelqu’un meurt sur terre, quelqu’un meurt aussi au ciel. Lorsqu’un être humain meurt sur terre, il naît pour le ciel, c’est-à-dire, pour que quelqu’un aille de la terre au ciel, un autre doit venir sur terre, ils se remplacent, il y a un certain rapport entre les grandeurs. Quelqu’un demande : « Pourquoi dois-je mourir ? » Non, tu ne mourras pas, mais je dis : il t’est donné de naître dans l’autre monde tandis que quelqu’un d’autre naît sur terre. Vous direz : « Nous t’avons écouté jusque-là, mais désormais nous ne t’écouterons plus ». Je ne demande pas que vous le preniez comme une vérité absolue mais seulement comme un symbole que vous expérimenterez pour comprendre qu’il y a un certain rapport entre les mondes spirituel et physique.

Ainsi, vous regarderez quelle est votre foi dans le subconscient, le conscient, le soi-conscient et le super-conscient. Lorsque tout soupçon, toute haine et tout mensonge auront disparu de votre âme, et qu’ils remonteront à la surface, dites-vous : « Non, je ne peux plus travailler avec ces valeurs ». Si vous vous dites cela, ceci montre que la foi a planté dans votre cœur sa première racine. La foi a un lien avec un rythme régulier de la respiration; c’est pour cela que les hindous veulent respirer en rythme régulier lorsqu’ils veulent parfois réguler leur pensée de haut en bas ; mais les peuples occidentaux ne le savent pas encore, ils ont un élan de bas en haut. Chez ceux qui sont atteints de tuberculose, on a remarqué un rythme de respiration rapide, des mouvements respiratoires saccadés, donc la circulation des énergies chez eux est irrégulière, ce qui signifie qu’il y a une lutte entre la foi et la pensée.

Qu’est-ce qui déclenche la tuberculose ? La peur ou la haine. N’importe quelle jeune fille peut tomber malade de tuberculose : prenez-lui son bien-aimé, privez-là de l’espoir d’en trouver un autre, et une gêne, une détestation naîtra en elle et la rendra malade. Elle dit : « Je ne peux pas vivre sans ce jeune homme » ; c’est là son égarement ; non, ton jeune homme est dans ton intelligence, il est ton amour. Si la jeune fille rencontre quelqu’un dans le monde physique qui lui correspond, qu’elle le prenne, mais sinon, il vaut mieux qu’elle vive seule. Le premier bienaimé du cœur c’est l’intelligence, et si les deux tombent amoureux, c’est le mariage véritable ; mais la jeune fille dit : « Ce bienaimé intérieur ne me nourrira pas, seul le bienaimé extérieur le fera ». Non, le bienaimé extérieur te trahira. Vous, les hommes et les femmes qui avez éprouvé cette loi, qui vous êtes mariés, êtes-vous heureux, avez-vous résolu correctement cette question ? Non.  

Vous ressemblez au célèbre réformateur anglais John Wesley qui s’est marié avec sa bienaimée et a déclaré trois jours après : « Cela ne vaut pas la peine de se marier ». Et c’est un grand homme et un réformateur qui dit cela ! L’intelligence est le premier bienaimé qui t’apportera la lumière, qui trouvera des formes extérieures pour se manifester. C’est alors que le cœur du jeune homme trouvera sa bienaimée à l’extérieur et un croisement juste s’opérera. Lorsque l’intelligence du jeune homme croise le cœur de la jeune fille, un mariage sain et authentique a lieu dans le monde physique. Aujourd’hui, chaque jeune homme cherche une jeune fille et vice versa ; il en trouve une et se met à lui lire ce qu’il a écrit, elle est admirative et il en conclut : « Je suis un génie ». Mais lorsque la jeune fille lui fait part de ses rêves et aspirations, il lui dit : « Comme tu es naïve ». Si elle entend cela, qu’elle se tienne loin de lui : il lui manque un rythme régulier de respiration. Vous direz : « Tu sortiras au grand jour toutes nos chemises sales ». Oui, cette eau qui vient maintenant dans le monde, sortira au grand jour toutes les chemises sales. Lorsque vous les plongez dans de l’eau chaude et que vous les laissez tremper, la saleté surnage à la surface ; donc, lorsque vous implantez la pensée juste dans votre esprit, elle fait surnager toutes les infirmités.

Ne pensez pas que ma causerie vise vos erreurs, mais je vous dis : si vous voulez que votre vie soit harmonieuse à l’avenir, mettez la foi en vous, changez votre façon de penser et commencez à corriger votre passé. Toutes les pensées, tous les désirs déposés en vous depuis vos existences antérieures peuvent se nettoyer uniquement par le biais de la loi de l’amour et de l’intelligence dans l’esprit humain. Lorsque l’amour pénètre de bas en haut, du cœur vers l’âme, de l’âme vers l’intelligence et de là vers l’esprit humain, il y aura l’harmonie, du mouvement dans les deux directions, c’est-à-dire deux courants opposés. Lorsque deux personnes se serrent la main, n’est-ce pas le fait d’un mouvement initié de deux endroits, un mouvement dans lequel il y a en même temps deux courants opposés. Si la pensée et la respiration du jeune homme sont justes, alors le courant en lui est juste et si vous êtes clairvoyant, vous remarquerez qu’une lumière s’écoule de sa main vers son intelligence ; si les sentiments de la jeune fille sont authentiques, vous verrez une lumière blanche et douce sortir d’elle, entourée d’une teinte rose très fine ; lorsque ces deux lumières, celle du jeune homme et celle de la jeune fille se croisent et s’unissent, elles forment une vague divine. Que ressentent ces jeunes gens ? Ils disent : « Nous sommes prêts tous les deux à lutter dans le monde et à nous sacrifier ». Dans ce cas, même les grands-mères ressusciteront car il n’y a pas de gens âgés. Sont âgés ceux qui ont perdu cette loi originelle de la foi et qui meurent de faim.

Herbert Spenser[3] dit : « Lorsque les échanges de l’énergie dans l’organisme dysfonctionnent, l’homme vieillit prématurément et peut mourir rapidement, alors que s’ils fonctionnent bien, c’est-à-dire s’il dépense autant qu’il gagne, il peut vivre cent, deux cents ans ou plus ». Je ne partage pas ce point de vue car le sens de la vie ne réside pas dans sa longévité, mais dans son usage intelligent. Le Christ dit : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie en abondance ». Lorsque nous savons comment accorder les forces du cœur, de l’âme, de l’intelligence et de l’esprit, nous pouvons en faire bénéficier nos amis. Le Christ dit ainsi : « Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux. [4]». Les humains qui doivent avoir l’amour, Dieu est amour et tous aspirent à l’amour, mais ils veulent en même temps être riches, heureux, ce qui repose sur d’autres lois.

Ainsi, la respiration doit avoir un rythme régulier. Si vous laissez entrer en vous la haine ou le mensonge, votre respiration se modifiera. Il suffit de laisser entrer une centaine de pensées ou de sentiments de ce type pour être frappé d’une crise d’apoplexie ; l’accumulation de ces pensées influe sur la respiration, celle-ci influe sur le cœur et la vie cesse aussitôt. Pourquoi ? Parce que cet homme n’a pas pensé ni respiré correctement ; on enverra une commission du monde invisible qui dira : « Cet homme n’a pas pensé correctement », et son compte sera réglé.

On ne peut pas plaire à Dieu sans la foi, on ne peut pas servir l’humanité sans la foi, on ne peut pas servir son prochain sans la foi, on ne peut pas se servir soi-même sans la foi. Le jour où on perd sa foi, on est perdu. Il vous faut une foi positive, une foi dans vos pensées et vos sentiments et non dans ceux des autres, je ne parle pas des œufs du coucou. Quelles sont vos pensées ? Ce qui est né de Dieu est à vous, il est à tous ; ce qui est né de l’extérieur est un œuf de coucou. Quelqu’un veut faire une grande maison, donner un grand festin, mais malheur aux poules qui y prendront part, qui en pâtiront. Il en est ainsi partout dans le monde : un peuple s’enrichit, mais c’est au détriment d’un autre qui s’appauvrit ; ce n’est pas une bonne chose, c’est de l’ignorance. Donc, lorsque la loi de la foi est dénaturée, les peuples se pervertissent et des peuples entiers, des tribus, des races et des continents disparaissent. Si les gens raisonnent ainsi pendant encore cent ans, la race actuelle et tous les peuples européens s’abêtiront et se pervertiront. Une autre race viendra alors pour établir un nouvel ordre des choses. C’est pour cela qu’il faut tout d’abord redresser sa pensée, avoir foi en nous. Pour le moment nous laisserons les peuples, nous laisserons la loi de l’évolution suivre son chemin. Et dans votre âme, je ne veux plus voir aucune peur, laissez la peur dehors. Ayez peur uniquement si vous faites des erreurs, mais si vous faites le bien n’ayez aucune crainte. Nous, les gens d’aujourd’hui, nous sommes obnubilés uniquement par ce qu’il adviendra de nous ! Rien de mal n’adviendra. Celui qui nous a envoyé sur terre, l’amour qui nous a engendrés, qui est le premier bien dans le monde, nous rendra immortels. Nos vêtements peuvent changer, mais ce n’est pas une mort, ce sont des variations, c’est un chant, une harmonie divine des choses.

         C’est d’abord la foi qui est nécessaire pour changer toutes vos pensées. Tâchez en premier lieu d’établir l’harmonie en vous. Vous êtes en proie à un sentiment douloureux, dites-vous : « L’amélioration de mon état dépend de la foi, pour cela je transformerai mes croyances en foi et je rétablirai l’harmonie dans mes pensées ». Unissez-vous à tous les êtres et dites : « Tous les humains sur terre sont bons, toutes les lois sans exceptions sont justes, la mort est une chose transitoire dans le monde ». Si vous vous conformez à cette loi dans votre esprit, il ne se passera pas plus d’une, ou deux ou trois heures, ou quelques jours, selon la gravité de votre affliction, et elle disparaîtra. De la même manière, vous pouvez vérifier si votre pensée est juste. Essayez cette loi aussi en cas de rhumatisme dans vos articulations des pieds ; ne vous empressez pas d’appeler le médecin, mais vérifiez si vous pouvez par votre pensée déplacer la douleur dans la main et de là, la rejeter à l’extérieur. Si vous agissez selon votre foi, vous déplacerez le courant de votre électricité et de votre magnétisme d’un endroit de l’organisme à un autre et le rhumatisme disparaîtra. Le rhumatisme, ce sont des pensées accumulées ; l’engraissement, ce sont aussi des pensées accumulées. Celui qui pense beaucoup commencera aussi à ressentir beaucoup, ce qui montre que son cœur réagit intensément. Si quelqu’un mange beaucoup sans travailler, il engraissera et bientôt fera appel à un médecin : l’engraissement est le signe que les pensées et les sentiments ne sont pas justes ; la même loi s’applique à ceux qui sont maigres et secs, ils sont très actifs. Non, tout doit être dans la mesure.

         Si une pensée vient à vous ne la bloquez pas, mais manifestez-là ; si un sentiment vient, manifestez-le. Travaillez, ne rechignez pas à travailler, vous entrerez ainsi en contact avec la grande loi divine. Si vous rencontrez un vieillard tombé en chemin, et que vous soyez un étudiant ou un professeur qui se hâte d’aller au travail, arrêtez-vous pour l’aider comme vous pourrez. Ou bien si vous voyez deux enfants se chamailler et pleurer, arrêtez-vous et apaisez-les ; ne les punissez pas, mais donnez-leur une pièce, ou si vous avez des pommes, donnez-leur une pomme à chacun ; conseillez-leur de ne pas se chamailler et dites-leur qu’ils sont frères et que tous deux ont raison. Reconciliés de la sorte, ces enfants vous écouteront toujours et vous accomplirez ainsi une bonne action. Mais si vous les réconciliez en leur expliquant qu’ils ont tort, ils ne vous comprendront pas : les deux ont raison. Parmi vous, les religieux, beaucoup pleurent. Pour quelle raison ? À cause de vos pêchés. Les gens du monde pleurent si quelqu’un autour d’eux est décédé ; les élèves pleurent d’avoir échoué à l’examen ; les enseignants pleurent d’avoir perdu leur place ; tous pleurent car ils ne raisonnent pas correctement.

         Tâchez d’apporter à votre respiration un rythme régulier. Si une pensée juste vous vient, vérifiez aussitôt si votre respiration se fait régulièrement ; chaque pensée qui vous donne un élan dans la vie est juste. Si vous respirez de façon saccadée, c’est une irrégularité dont il faut vous débarrasser ; si vous respirez ainsi, un malheur vous frappera. Notez que lorsque vous respirez de façon irrégulière, vous ressentez un point dans la poitrine, votre cœur frémit de temps à autre. Le même frémissement s’observe dans un troupeau de brebis avant qu’un malheur ne survienne ; si les brebis se pressent et puis s’arrêtent soudainement, le berger sait qu’un malheur les frappera dans les heures qui suivent. Si vos pensées et vos sentiments courent d’un endroit à un autre comme des brebis, vous devez être sur vos gardes et savoir que le voleur est près de vous.

         La foi est un principe vivant de l’esprit, c’est par elle uniquement que nous pouvons connaître tous les secrets de la nature. Si nous connaissons ces secrets, nous pourrons renouveler notre vie. Cela ne se fera pas en un an, ou deux ou dix, mais en cent ans. Ainsi, nous devons unir ces deux principes : la foi et l’amour. Nous devons accorder la force de l’esprit, de l’intelligence, de l’âme et du cœur : en tant qu’élan du cœur dans le subconscient, en tant que sentiment de l’âme dans la conscience, en tant que force de l’intelligence dans la soi-conscience et en tant que principe de l’esprit dans la super-conscience ; de cet accord naîtra la nouvelle pensée qui peut nous renouveler. Vous remarquerez alors que deux personnes chez qui ce renouvellement se fait peuvent se tolérer lorsqu’elles se rencontrent ; c’est très naturel car les deux sont réceptives en cœur, ou en âme, ou en intelligence ou en esprit.  

         Il faut toujours avoir de l’harmonie et de la complémentarité, c’est-à-dire lorsque l’intelligence agit chez le jeune homme, le cœur doit agir chez la jeune fille, c’est le seul moyen d’obtenir une harmonie complète et un accord ; où que ces êtres se trouvent, ils doivent toujours être accordés. Inversement, si seule l’intelligence les traverse tous deux, il pourra y avoir entre eux de la dysharmonie et de la dissension. Chaque pensée a un mouvement du nord au sud ou de l’est à l’ouest, c’est ce que représente l’être humain : il faut toujours un croisement. Ce sont des forces du cœur, des forces de l’âme, des forces de l’intelligence et des forces de l’esprit : les forces de l’intelligence descendent vers le cœur, c’est-à-dire du système nerveux central vers le système nerveux sympathique et de là, elles retournent vers la tête : un nouvel élan se forme là où a lieu ce croisement. Donc, si vous rencontrez quelqu’un, qu’il soit homme ou femme, avec qui vos pensées se croisent correctement, vous ressentirez une certaine harmonie et de nouvelles pensées ou sentiments naîtront en vous. S’il n’y a pas entre vous cette harmonie, vous rentrerez chez vous surchargés, avec un mal de tête ; cela ne signifie pas que ces personnes sont néfastes, mais que vous devez agir autrement. Est-ce que l’hiver vous porteriez des vêtements blancs et légers, est-ce que l’été vous porteriez des vêtements chauds ? Lorsque vous allez chez quelqu’un qui vit l’hiver de sa vie, vous mettrez vos vêtements chauds ; lorsque vous allez chez quelqu’un qui vit son été, vous mettrez des vêtements clairs et légers ; il faut s’adapter au temps qu’il fait là où vous allez. Et ne pensez pas que les gens sont mauvais ; objectivement parlant il n’y a pas de gens mauvais dans le monde. Les mauvaises personnes sont à mon sens celles qui ont beaucoup d’engrais et qui pillent les autres. Que pillent-ils ? Le bien des autres. Les bonnes personnes sont celles qui donnent et les mauvaises sont celles qui prennent.

Le brigand se tapit dans la forêt et attend que quelqu’un passe ; lorsque celui qui a travaillé trois à quatre ans pour gagner quelque chose et nourrir ses enfants passe, l’autre lui prend son argent et le dévalise. Il existe ainsi deux méthodes pour détrousser les autres : une méthode lente et une méthode rapide. Tu veux par exemple t’accaparer l’argent de quelqu’un : tu te mets à le convaincre, tu vas chez lui le premier jour, tu lui parles, il n’est pas d’accord ; tu réussis enfin à lui prendre son argent et il dit : « Celui-là m’a trompé ». La méthode rapide est celle du voleur : lorsque tu te rends chez quelqu’un un révolver à la main, il te dit lui-même : « Prends, dépêche-toi de prendre », ainsi on ne perd pas de temps. La méthode rapide est nocive. Tous les gens aujourd’hui l’emploient, ils portent un révolver et disent : « Déballe ton argent, tu vas travailler et moi je me reposerai ». Alors qu’il est écrit dans le commandement divin : « Nous travaillerons tous et nous partagerons les bienfaits à parts égales ». Chacun travaillera selon ses capacités et personne n’exploitera personne, voici la loi de la foi.

Lorsque je vous parle de la foi, je dis qu’il existe sur terre d’autres êtres, beaucoup plus intelligents et que vous ne voyez pas. Je vais aborder une autre région où x / y = xi / yi ; ce dernier rapport xi / yi représente le monde spirituel. Ces êtres sont plus intelligents que vous ; ils ont assimilé les lois qui guident notre vie et œuvrent parmi nous. Quoi que vous pensiez, quoi que vous projetiez, ils sont parmi nous, vous êtes sous leur influence. Par exemple vous réfléchissez sur un problème à résoudre : ils s’efforcent de le résoudre. Ne pensez pas que ce sont des ombres, ce sont des personnes réelles, physiques, incarnées dans des corps ; il y a un moyen de communiquer avec elles. Pour être mieux compris je ferai une comparaison. Imaginez que je suis en face d’une fourmilière ; les fourmis ont leur ordre, elles vont et viennent, mais je pose ma canne dessus, aussitôt un grand bruit s’élève : quelqu’un perturbe la fourmilière et elles se disent : « Il y a des cataclysmes dans la nature, des forces naturelles agissent sur nous », et ces forces sont ma canne ! Je mets ensuite mon doigt entre elles et une fourmi me mord. Imaginez maintenant qu’une fourmi a l’idée qu’un être raisonnable s’est manifesté et lui apporte ce dérangement, serait-elle loin de la vérité ? Par conséquent, par rapport à ces géants dont je vous parle, nous sommes comme des fourmis. Je peux vous démontrer qu’ils existent et qu’ils mettent leur canne entre vous pour vous faire bouger ; vous pouvez essayer de voir leur canne. Je me tiens un jour devant une fourmilière et je concentre la lumière avec une loupe précisément sur le tracé des fourmis ; elles vont vers la lumière, mais quand elle les brûle, elles reculent et se disent : « Quel est ce phénomène, quelque chose de très lumineux mais brûlant ? » Les fourmis m’entourent, s’interrogent sur ce phénomène et réfléchissent autour de moi ; c’est tout un concert. Je leur dis : « C’est moi, me reconnaissez-vous ? » Ces géants aussi, je les nomme les intelligents, font souvent avec les humains ce que nous faisons avec les fourmis. Ils ont décidé de redresser le monde, le pouvoir leur est donné d’en haut, un plan leur est tracé et maintenant ils vont labourer le monde. Ce que ces êtres apporteront, je l’appelle un ordre nouveau, une organisation nouvelle dans le monde.

Maintenant, en m’écoutant vous vous dites : « Si c’est vrai, c’est un grand mensonge », comme dit le proverbe turc. Si vous avez la foi, vous ferez une expérience et vous vous rendrez compte par vous-mêmes, mais si vous avez seulement des croyances, vous direz selon le proverbe turc : « Si c’est vrai, c’est un grand mensonge ». Non, ce n’est pas un mensonge.

Ainsi, revenons à notre sujet. Cette intelligence originelle qui doit venir dans le monde provient de Dieu : une nouvelle vague se lève maintenant de cette source primordiale que les humains doivent accueillir. On dit que Dieu a insufflé l’âme dans l’être humain ; aujourd’hui Dieu insuffle de nouveau ; tous les mille ans Dieu insuffle une seule fois. Vous comprendrez les deux principes : Dieu est un amour qui englobe tous les êtres et Dieu est omniscient. Cette intelligence se manifestera selon la nature de chaque être. Il faut de la diversité, mais cette harmonie divine doit se retrouver en tous. Mettez l’Enseignement à l’épreuve : rendez votre respiration régulière ; insufflez dans votre cœur, votre âme, votre intelligence et votre esprit, comme dans votre subconscience, conscience, soi-conscience et super-conscience l’aspiration à voir ces Êtres et vous les verrez. Lorsque vous les verrez, vous trouverez vos enseignants, vos frères et vos sœurs. Ce sont des créatures si nobles et si augustes dans leurs actes ; elles accomplissent l’enseignement du Christ d’une manière dont vous n’avez même pas idée. Lorsque vous irez leur rendre visite, elles vous recevront comme leurs plus petits frères, elles vous donneront le meilleur accueil et vous renverront dans ce monde pour porter le nouvel enseignement. Dans votre état actuel, avec ces intelligences, ces cœurs et ces âmes que vous avez, vous ne pouvez pas les voir : votre ciel est nuageux. Le doute que vous avez montre que vous ne pouvez pas servir la foi de ce Seigneur qui est en vous.

Ainsi, on ne peut pas plaire au Dieu de l’amour sans avoir la foi. Vous n’êtes pas encore dans votre corps, mais en dehors. Pour l’âme, le corps humain n’est que le pupitre de l’enseignant, il s’y installe, donne son cours, y passe en tout deux à trois heure et repart. L’on n’est que temporairement dans son corps, là où est installé aussi notre pupitre ; l’esprit descend dans le corps un certain temps uniquement, quelques heures et quelques minutes, le temps de donner son cours. Mais l’âme est quelque chose de grandiose. Certains me demanderont : « Si l’âme est quelque chose de si grand, de si vaste, comment autant d’âmes peuvent-elles se réunir dans le monde ? » Une grande âme est celle qui a un amour intense et vaste, et une pensée juste ; l’âme dans laquelle il n’y ni amour ni pensée juste est petite. Ce n’est pas une question de forme extérieure et de grand récipient ; le saint peut habiter dans une cabane et le criminel dans un palais, mais ce n’est pas le palais qui crée le génie, ni la cabane qui crée l’ignorance. Vous devez par conséquent changer votre pensée pour changer le monde. Nous avons tous collectivement créé notre pensée et nos corps en les déformant ; et nous allons maintenant œuvrer collectivement pour revenir à la conscience originelle en nous alignant sur cette grande loi.

Aujourd’hui le temps est clair, il témoigne de la lumière que nous obtiendrons si nous accueillons le nouvel enseignement, il témoigne en ma faveur. En ce qui qui me concerne je suis heureux et riche, mais vous devez acquérir tout cela et le transmettre à vos enfants, à votre génération. Alors que vos visages noircis et vos cheveux blanchis témoignent d’autre chose. J’aimerais que vos cheveux blanchissent d’amour et non de peur.

Lorsque les cheveux changent par amour, ils prennent différentes teintes. Lorsqu’on chauffe le fer il s’éclaircit, mais lorsqu’il refroidit, il s’assombrit ; tous ceux dont les cheveux sont noirs doivent blanchir. Vous demandez pourquoi nous vieillissons ; le charbon qui se consume, ne doit-il pas chauffer le fer ? Donc l’énergie du charbon se transmet au fer ; nous devons pour cela amener au peu de charbon. Ne pensez pas qu’il soit mal d’avoir des cheveux noirs ; les cheveux noirs, les yeux noirs montrent que ces gens sont encore dans l’ombre, la lumière ne les a pas pénétrés. Ces gens ne sont pas des pécheurs, simplement il y a en eux de l’énergie accumulée qui se manifestera ensuite ; ils attendent pour fleurir et mûrir dans l’avenir. Et les gens aux cheveux blancs témoignent qu’ils ont fleuri et mûri. L’amour est le fondement de la vie ; la pensée, c’est la personne âgée qui a compris le sens de la vie et qui pour cette raison voit sa tête blanchir.

Sans cette foi, sans cette intelligence on ne peut pas servir Dieu. Je m’oppose aux affirmations selon lesquelles l’intelligence et le savoir ne sont pas nécessaires. Non, il nous faut une intelligence divine, une compréhension divine. Nous devons comprendre les mathématiques supérieures, la biologie, l’astronomie, les sciences naturelles, et dans tous leurs aspects. Nous devons comprendre comment sont liés les animaux, les plantes ; rien dans le monde n’est dénué de sens et nous devons pour cela aimer chaque plante, chaque animal et leur transmettre de bonnes pensées lorsque nous sommes à leurs côtés . Ne pensez pas que les choses dans le monde sont mauvaises ; c’est par notre faute qu’elles sont mauvaises ; voilà pourquoi nous devons savoir redresser ce monde de l’intérieur vers l’extérieur.

Ainsi, commencez à redresser votre pensée, vos passions. Certaines passions consument. J’ai souvent entendu des jeunes filles dire : « Il m’a brûlé ». Oui, le courant que le jeune homme envoie à la jeune fille peut être fort au point de la tuer instantanément ; les sentiments d’une mère peuvent être forts au point de brûler l’enfant. La pensée et le sentiment peuvent être forts au point de ressusciter quelqu’un. Nous devons savoir comment sentir, comment penser ; les pensées et les sentiments peuvent tuer ou ressusciter, l’un comme l’autre peuvent se produire. Les forces de la nature sont soumises à l’intelligence humaine. Si vous voulez tirer profit de cette loi, vous devez avoir foi et amour, et Dieu vous donnera un nouveau moyen de vérifier les choses, alors vous direz : « Ma pensée est juste ». Alors que maintenant vous dites: « Il peut y avoir de l’eau ou non » ; c’est la foi du tzigane. Insufflez l’amour et la foi, faites un essai et alors vous comprendrez la question plus en détail.

Je pourrais commencer à vous expliquer tout cela par les mathématiques, par l’algèbre et la géométrie modernes, mais combien parmi vous me comprendront ? Quel professeur de mathématiques a réussi à convaincre ses élèves de la véracité de ses théories ? On apprend maintenant des théories et des règles, mais on ne sait pas comment les appliquer dans la vie. Nous, les représentants du nouvel enseignement, nous savons appliquer une énergie dans la vie organique. Lorsque je dis : nous, j’entends les frères blancs qui vivent parmi nous. Je les entends dire maintenant : « Certains de ces disciples peuvent devenir bons, d’autres pas ; certains seront des disciples et d’autres des novices ». Si vous les accueillez, ils vous aideront et vous serez porteurs de la nouvelle culture, du Nouveau Ciel et de la Nouvelle Terre qui se créent à présent.

Cette nouvelle pensée dit maintenant au monde : il ne faut avoir aucun mensonge dans votre esprit. Si tu poses certaines hypothèses, conserve-les en tant que telles, mais ne retiens dans ton esprit que les vérités qui sont formellement prouvées, c’est l’affaire de la foi. Et il faut savoir une chose : d’où tu viens et où tu vas. D’où venez-vous ? Vous dites : « On m’a enfanté. – Te rappelles-tu le jour et l’heure de ta naissance ? – Non, ma mère et ma grand-mère le savent, et je sais que je mourrai. –  Comment le sais-tu ? – Je le crois. » Non, c’est une croyance, pas la foi. Lorsque nous gouvernons notre pensée, nous savons quand nous sommes nés, nous savons quand nous quitterons ce monde, nous savons où commence et où se termine le monde physique, nous savons où commence et se termine le monde spirituel. Il vous faut pour cela une intelligence d’excellence comme celle du Christ.

Pour être des gens purs, intelligents et élevés, des héros du monde, il vous faut la foi par laquelle on obtient tout. Elle est l’une des qualités des anges, une qualité que les êtres humains doivent aussi acquérir. La nouvelle culture commence par la foi. Appliquez maintenant la foi et l’amour. Ils commencent avec le temps, le temps est le rythme de l’harmonie divine, et l’harmonie est le sens intérieur de la vie. C’est l’enseignement de la foi que le Christ a prôné dans le monde : Si vous avez la foi comme un grain de moutarde, vous pourrez déplacer des montages… Crois, tu seras sauvé, toi et ta maison. Ainsi, croyez en votre esprit, il influencera la respiration qui doit avoir un rythme régulier et non être bruyante. Appliquez votre volonté par la pensée pour rendre votre vie heureuse.

Je vais vous raconter maintenant un conte de Tolstoï. On a apporté à un roi un grain de blé gros comme un œuf de poule. Le roi a ordonné d’appeler un vieil homme de la ville pour lui demander s’il a souvenir d’un grain de blé aussi gros. On a amené le vieillard qui marchait à peine, s’aidant de deux cannes. Le roi l’a questionné sur le blé et il a répondu : « À mon époque, il n’y avait pas de blé de la sorte, questionnez mon père ». Vient le père, un vieillard, appuyé sur un canne qui voit le blé et dit : « En mon temps, il n’y avait pas de blé de la sorte, questionnez mon père ». Vient le père, un vieillard svelte et bien portant, sans canne, il jette un coup d’œil au blé et dit : « Oui, un grain de la sorte poussait en mon temps et nous nous en nourrissions ». Le roi a demandé à ce vieillard : « Pourquoi, toi le plus vieux de tous, tu te tiens debout, sans canne, alors que ton fils a une canne et ton petit fils en a deux ? » Le vieillard a répondu : « C’est comme ça parce que ce grain de blé ne pousse pas en eux ». Ainsi, lorsque cette pensée juste croissait chez les humains, ils marchaient sans l’aide des cannes ; lorsqu’elle s’est pervertie, ils ont marché avec une canne et lorsqu’elle a disparu sans laisser de trace, ils ont marché avec deux cannes. Le roi a demandé à la fin : « Vous l’achetiez avec de l’argent ? – Il n’y avait pas d’argent en notre temps » a répondu le vieillard.

Donc, je vous donne cet œuf de poule, ce grain de blé, la foi dont se nourrissaient jadis les humains. Accueillez-le, plantez-le, vivez avec lui, alors vous aurez en vous les meilleures pensées et vous serez bien portants. La nervosité, l’absence de sens de la vie, les souffrances, tout disparaîtra et vous direz : « Désormais, la vie a du sens, c’est bien pour nous et pour toute l’humanité ». La vie du peuple bulgare aura du sens seulement lorsque la foi se manifestera dans son essence originelle. Vous comprendrez alors les travaux qui sont à présent inconnus des humains.

Sofia, 6 mars 1921

Traduit par Bojidar Borissov


[1] Épître aux Hébreux 11, 6

[2] Il s’agit d’une loi de 1920 qui vise à punir les abus de biens publics constatés qui sont le fait de fonctionnaires, ayant occupé des postes importants dans la période des deux gouvernements précédents.

[3] Herbert Spencer (1820 – 1903) – philosophe et sociologue anglais

[4] Matthieu 18, 20

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