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  1. Avant
  2. Conférences Dimanche 3 Сила и живот, том 3 1. Dieu est Esprit, 3 juin 1917 2. Peut-il, 10 juin 1917 3. Amenez-le, 30 juin 1918 4. Les trois situations, 7 juillet 1918 5. À l’heure même, 14 juillet 1918 6. Joyeux et patients, 21 juillet 1918 7. Se dévêtir et se revêtir, 28 juillet 1918 8. Le bon vin, 4 août 1918 9. Les deux femmes, 11 août 1918 10. Regarda Pierre, 18 août 1918 11. Le levain caché, 25 août 1918 12. Dans la maison, 1 septembre 1918 13. Au-devant de lui, 8 septembre 1918 14. Ne peut pas être cachée, 15 septembre 1918 15. Les deux frères, 22 septembre 1918 16. En mon nom, 29 septembre 1918 17. N’est né, 6 octobre 1918 18. Les deux pôles, 13 octobre 1918 19. L’Esprit du Seigneur, 20 octobre 1918 20. Les deux commandements, 27 octobre 1918 21. Les élus, 3 novembre 1918 22. Louer des ouvriers, 10 novembre 1918 23. Et ayant entendu, 17 novembre 1918 24. La vie en abondance, 1 décembre 1918 25. Le royaume divisé, 8 décembre 1918 26. Et le père dit, 15 décembre 1918 27. L’inconnue, 29 décembre 1918 Traducteur Bojidar Borissov
  3. Regarda Pierre Et le Seigneur se tournant, regarda Pierre. Luc 22 : 61[1] Trois choses sont mises en relief dans le verset lu : les paroles du Christ, la situation de Pierre et le chant du coq. Vous vous demanderez quel est le rapport de ce verset à votre vie. Lorsque vous comprendrez son sens profond, vous saurez qu’il y a un rapport avec vous. Les gens d’aujourd’hui souffrent de promesses non tenues. Une expression dit que l’enfer est pavé de promesses humaines non tenues. La terre aussi en regorge. Pourquoi Pierre a-t-il renié le Christ ? Que représente en réalité le Christ ? Il représente le commencement suprême, divin dans l’être humain. Pour Pierre, le Christ est un Maître. Tant qu’il n’était pas arrêté par les autorités, ses disciples étaient courageux et décidés, prêts à se sacrifier. Lorsqu’il est tombé entre les mains des autorités, la plupart d’entre eux ont douté, et Pierre l’a renié trois fois. Les autorités représentent l’opinion public qui s’est exprimée à travers le coq. Lorsque les autorités brident et limitent le principe supérieur ou la conscience humaine, alors le coq, c’est-à-dire l’opinion publique est prête à le renier. Avant cette épreuve, Pierre disait au Christ que, combien même tous le renieraient, il ne le ferait pas et qu’il lui resterait toujours fidèle. Mais le Christ connaissait bien la nature humaine, extérieurement et intérieurement, Il connaissait son endurance face aux épreuves, et il avait dit à Pierre qu’Il serait renié par lui trois fois avant que le coq ne chante. Pierre n’a pas pu surmonter l’épreuve, il a en effet renié le Christ trois fois avant que le coq ne chante. Le Christ s’est tourné et a regardé Pierre, mais ce dernier était si troublé et perdu qu’il ne l’a pas vu. Lorsque le coq a chanté, Pierre a compris son erreur et il est sorti dehors pour pleurer amèrement. Les gens d’aujourd’hui subissent les mêmes épreuves que Pierre, afin d’éprouver leurs convictions. Quand ils ne peuvent pas tenir leurs promesses, le coq s’écrie : « Cocorico ! » En entendant le coq, leur conscience se réveille, ils se rendent compte qu’ils n’ont pas tenu leurs promesses et se mettent à pleurer amèrement. L’histoire est pleine d’exemples de ce type. Galilée par exemple a été soumis à de grandes épreuves : convoqué par l’Inquisition, il a dû renoncer à ses convictions. De peur du châtiment, il a renoncé à son idée, mais une fois libéré, il a dit : « Pourtant elle tourne ! » Pendant la deuxième guerre punique entre Rome et Carthage, un patricien nommé Régul a été fait prisonnier et retenu à Carthage. Il a été renvoyé à Rome à la seule condition de mener des pourparlers de paix et de revenir aussitôt à Carthage. Malgré sa promesse, une fois rentré à Rome, Régul a insisté auprès des siens pour qu’ils continuent la guerre. Il a tenu uniquement la promesse de revenir à Carthage, où l’attendait une mort certaine. Les chrétiens modernes ne sont pas de grands héros, mais lorsque leur coq chante, ils se reprennent et voient leurs erreurs. Un proverbe bulgare dit : « Le jour se lève même en l’absence du coq. » Il veut dire que le coq n’a pas d’utilité pour les humains. On peut se passer des coqs, mais savez-vous ce qu’il adviendra sans leurs chants ? S’ils ne chantent pas une seule journée, une catastrophe se produira. Si le coq n’avait pas chanté, Pierre aurait été perdu, mais lorsqu’il a chanté Pierre s’est repenti et a été sauvé. Cet exemple montre que la nature humaine est changeante, instable. Il y a des années une jeune femme est venue me raconter son histoire. Elle a été trompée par un homme et, abandonnée par lui, elle s’est laissé aller à une vie dissolue qui l’a enrichie. Bien que mécontente de cette vie, au moins elle ne manquait de rien. Elle a fait connaissance à cette époque avec quelqu’un qui a voulu la prendre pour épouse. Avant même la noce, il a dilapidé tout son argent et l’a quittée. Encore plus désespérée, elle s’est abandonnée à son sort. Un autre candidat au mariage est apparu, mais elle n’osait plus se marier. Elle cherchait un conseil : se marier ou non. Il y a énormément de cas similaires dans la vie. Connaissant la nature humaine, faites-en sorte que votre coq soit éveillé. À chacune de vos erreurs, il doit chanter pour vous inciter à méditer sur votre erreur et sur la façon de la corriger. Le coq ne reproche pas à Pierre de l’avoir surpris dans un moment de faiblesse, mais attire son attention sur le fait qu’un grand bouleversement attend celui qui ne suit pas les lois divines. Réjouissez-vous lorsque votre coq s’écrie « Cocorico ! » Il conseille aux humains de se relever : « Cocorico, Pierre, sors dehors ! » Pierre est sorti dehors et a pleuré amèrement. Les pleurs sont le signe du repentir, de la prise de conscience des fautes humaines, ils nettoient le cœur humain. Lorsqu’on a une poussière dans l’œil, des larmes viennent le nettoyer. Combien de fois l’homme a quitté le droit chemin ? Alors, lorsque ton coq se met à chanter, ne pense pas que tu es vertueux ! Tourne-toi vers Dieu et cesse de douter de Lui ; ne te laisse pas leurrer par des choses transitoires et éphémères. Si quelqu’un vole et ment, je ne vais pas lui faire la morale ni lui dire quoi faire ou ne pas faire, mais je lui dirai : « Cocorico ! » Lorsque l’homme ne tient pas ses engagements, que sa femme lui dise : « Cocorico ! » Lorsque la femme ne tient pas ses engagements, que son mari lui dise : « Cocorico ! » Lorsque le fils ne tient pas ses engagements, que son père lui dise : « Cocorico ! » Lorsque la fille ne tient pas ses engagements, que sa mère lui dise : « Cocorico ! » Chacun a en lui un fameux coq qui tient sa conscience éveillée. Réjouissez-vous et remerciez lorsque votre coq chante. D’ordinaire, on considère le coq comme une créature sotte et déraisonnable, ce n’est pas vrai. Le coq est un oiseau, représentant d’une culture supérieure dans le monde spirituel. Il y a un rapport entre les oiseaux et les anges. Les ailes sont le signe d’une grande intelligence. Les mammifères ont des sentiments mieux développés que les oiseaux, mais les oiseaux se distinguent par un meilleur sens esthétique. On le voit dans la construction de leurs nids : la vie familiale est bien organisée. Lorsqu’ils font leurs nids, le mâle et la femelle participent, ils amassent ensemble du matériel pour le nid, couvent ensemble et élèvent ensemble leurs petits. Si les humains accomplissaient leurs obligations de la même manière, silencieusement et avec amour, comme les oiseaux, le monde se transformerait en paradis. Comme les humains souffrent de leurs promesses non tenues, le Christ a dit à Pierre : « Avant que le coq ne chante, tu me renieras trois fois. » À quel moment chantent les coqs ? Peu après minuit. S’ils chantent avant minuit, c’est le signe que le temps se gâte. Si votre coq chante trop tôt, sachez que des souffrances vous attendent ; s’il chante à temps, le temps sera beau et votre âme sera enjouée. Les anciens bulgares disent que lorsque les coqs chantent, les mauvais esprits se dispersent. Les tubas sont, parmi les instruments à vent, ce que sont les coqs dans le monde spirituel. Voilà pourquoi les mauvais esprits se réfugient dans leurs repaires lorsqu’ils entendent les coqs. Dans le mode humain les coqs représentent la pensée des humains. Tant que votre coq est à sa place et chante, aucun danger ne vous menace ; même si vous faites une erreur, vous la corrigerez facilement. Si votre coq cesse de chanter, une grande souffrance ou une grande catastrophe vous attend. Le Christ et le coq représentent deux principes étroitement liés entre eux. Le Christ est l’intellect supérieur dans l’homme et le coq, l’intellect humain ou inférieur. Le Christ, c’est-à-dire l’intellect supérieur en l’homme combat le mal, alors que le coq, l’intellect inférieur pointe les erreurs de l’homme pour les lui faire corriger. Lorsqu’on veut suggérer que l’intellect est bien développé chez quelqu’un, on le représente sous la forme d’un coq. Pierre s’est rappelé les paroles de Jésus qui lui avait dit : « Avant que le coq ne chante, tu me renieras trois fois. » Pourquoi Pierre a-t-il renié le Christ trois fois ? Que signifie ce triplement, pourquoi ne pas l’avoir fait une seule fois ? La première fois, Pierre L’a renié par peur. Lorsqu’on lui a demandé s’il était disciple du Christ, Pierre a réfléchi et a renoncé : le premier renoncement est le résultat d’un processus mental. La deuxième fois, il L’a renié avec son cœur : il était poltron et il a eu peur de s’opposer à l’opinion publique. La troisième fois, il a renoncé par manque de volonté. Comme la pensée et le cœur de Pierre étaient en désaccord, c’est d’abord sa pensée qui a cédé. En restant avec sa volonté uniquement, Pierre ne pouvait plus accorder sa pensée et son cœur, déjà en proie au doute. Lorsqu’il commet une faute, l’être humain chute sur trois axes : la pensée, le cœur et la volonté. Donc, chaque mauvaise pensée qui le traverse, déforme non seulement le discernement, mais aussi le cœur et la volonté ; elle rend l’être humain susceptible dans ses sentiments, illogique dans sa pensée et faible dans sa volonté. Ainsi, lorsque viendront des souffrances dans votre vie, vous saurez que c’est le coq divin qui chante : il rappelle à l’être humain qu’il a enfreint un commandement divin. À ce moment-là, il ne faut pas vous plaindre, ni vous insurger, mais sortir comme Pierre, et vous repentir. Tant qu’on est parmi les humains, on ne peut pas se repentir ; on doit sortir, rester seul et pleurer. Lorsqu’il perd sa mère, l’enfant pleure fort pour qu’elle l’entende et lui fasse signe ; les pleurs ont du sens dans ce cas. Lorsque les humains pleurent fort, ils veulent que Dieu les entende. Lorsque l’homme tient le Christ dans sa femme pour le juger, elle doit sortir dehors et pleurer, alors Dieu se tournera vers la femme, la regardera tristement et son coq chantera. La femme ne doit jamais pleurer devant son mari, ni le mari devant sa femme. Pleurer devant son mari ou devant son épouse c’est comme pleurer devant un ours affamé. Combien même ils pleurent tous les deux, l’un devant l’autre, leurs cœurs ne s’adouciront pas. Les pleurs divins sont intérieurs, dans l’âme, personne ne doit vous voir pleurer. Comme le Christ a pleuré sur Jérusalem, chacun pleurera ainsi sur lui-même. Si on veut ne pas pleurer, il faut écouter les paroles de l’Esprit qui pointe continuellement les erreurs afin de les faire corriger. En n’écoutant pas les paroles du Christ en lui-même, l’être humain Le bride et Le renie trois fois ; c’est ce qui se passe depuis la nuit des temps jusqu’à présent. Pourquoi Pierre a-t-il été soumis à cette épreuve ? Parce que, pour défendre le Christ, il a coupé avec son glaive l’oreille d’un des soldats romains. Pierre avait de bons traits de caractère : c’est lui qui le premier a reconnu le Christ et L’a nommé Dieu. Néanmoins, de temps à autre, il se permettait de conseiller le Christ de ne pas se manifester ouvertement pour ne pas en pâtir. Pierre s’imaginait être érudit, tout comprendre et pouvoir tout faire. Beaucoup de gens se croient érudits, aptes à accomplir beaucoup de choses. En réalité, ce type d’érudits peut embrouiller les choses plutôt que de les arranger. Souvent on admire quelqu’un en disant qu’il a un excellent caractère. Qu’est-ce que le caractère ? Non pas les connaissances, la fortune, la puissance ou la situation sociale ; ces choses s’acquièrent facilement. Le bon caractère est celui où la pensée, le cœur et la volonté sont bien développés et en harmonie ; un tel homme est prêt à appliquer l’enseignement du Christ. Il n’attend pas de moments plus propices que celui-ci, il sait que toute époque porte en elle de bonnes conditions de travail. L’être de caractère utilise chaque instant en conscience et ne remet jamais les choses à plus tard. Lorsque le coq a chanté, Pierre a aussitôt compris son erreur et, sans attendre, il est sorti dehors pour pleurer amèrement et se repentir. Si vous tardez, votre coq ne chantera pas une deuxième fois, il ne chante qu’une fois dans la vie de l’homme. Lorsque vous péchez, le coq chante ; si vous l’écoutez, le bien vous attend ; sinon, vous perdez les conditions propices qui ne se reproduiront pas une seconde fois. Votre coq est prêt, ne perdez pas l’occasion d’entendre sa voix et de vous repentir. C’est maintenant le moment de profiter des conditions pour votre développement. Il n’y a pas de meilleures conditions que celles d’aujourd’hui pour former et forger le caractère humain. Pour forger un caractère, il faut des épreuves et des difficultés. Tant qu’il ne s’était pas éprouvé et reconnu, Pierre était prêt à défendre le Christ jusqu’au bout. Pour le montrer, il a coupé l’oreille d’un des soldats romains. Ensuite, à la question des prêtres : « Es-tu également son disciple ? », Pierre a nié aussitôt. Mais après ces paroles, il a réfléchi ; ce moment a été un grand bouleversement dans sa vie. Il est sorti dehors pour pleurer amèrement. Le repentir de l’homme n’est rien d’autre que l’éveil de la conscience divine en lui. À ce moment précis, le coq de l’homme chante. Quand le coq chante-t-il ? À l’aube. L’aube est donc un moment important pour l’âme humaine. Aujourd’hui, le Christ se tourne vers vous tous et vous demande : « Votre coq a-t-il chanté ? Où sont passées vos promesses ? » Il fut une époque où tous les humains ont fait au Christ la promesse de suivre son chemin. Vous demanderez comment il est possible de faire une promesse au Christ si vous ne L’avez pas vu. C’est vrai que si quelqu’un ose dire aujourd’hui qu’il a parlé avec le Christ et qu’il Lui a fait une promesse, il sera traité de fou : « Depuis tant d’années nous attendons le Christ, et lui prétend Lui avoir parlé ! » Comment le verrez-vous alors qu’Il est aujourd’hui sur le front, ligoté, en train d’être jugé. Il est devant Pilate et Caïphe, devant Pierre et la foule qui Le renient. Les coqs de tous ceux qui renient le Christ se mettent à chanter ; partout on entend leur chant : « Cocorico ! » Celui qui reconnaît ses erreurs et se tourne vers ses frères pour implorer leur pardon, sera le premier coq bulgare. Ce sera un héros. Celui dont le coq a chanté est sauvé. Il se tourne vers Dieu avec les mots : « Seigneur, je suis prêt à sacrifier ma vie pour Toi. Je ne renierai jamais Ton nom. J’offrirai mon âme pour Toi, pour Ton nom et pour Ta gloire. » Que chacun se pose la question : « Est-ce que je suis visé ou non ? Est-ce que je renie Dieu, est-ce que mon coq chante, ou ne chante pas encore ? » Beaucoup des gens d’aujourd’hui se trouvent dehors, se réchauffent près du feu, jouent et se demandent quoi acheter avec leurs tickets de rationnement : du pain, des légumes, du beurre ? D’autres sont dans le rôle de marchands qui s’occupent d’import-export, songent à des gains et des assurances ; ce sont eux qui mettent la main sur le Christ pour Le juger. D’autres encore voient leur conscience s’éveiller. Le Christ se tourne vers eux, les regarde et leur demande : « Savez-vous quelle est votre prédestination sur terre, savez-vous quelles promesses vous avez données à Dieu ? Rappelez-vous les promesses que vous avez données jadis, dans votre âme, et tournez-vous vers Celui qui vous a tout donné. » Soyez reconnaissants du peu qu’on vous donne. Il n’est nulle part écrit dans le livre divin que l’on doit se nourrir de poules, d’agneaux et de cochons. Dans le livre divin, il est écrit que l’on peut manger de tous les fruits sauf ceux de l’arbre interdit. Vous direz qu’il vous faut du beurre pour préparer des frites et manger gras : ce n’est pas écrit non plus dans le livre divin. Pourquoi ne pas manger des pommes de terre cuites à l’eau et salées ? Beaucoup de gens se trompent aujourd’hui à propos de la nourriture. Pour satisfaire les demandes de leur estomac ils sont prêts à tout, ils trahissent leurs croyances et leurs convictions uniquement pour satisfaire leur estomac. La santé et la force de l’organisme ne sont pas tributaires d’une nourriture abondante. La vie naturelle et pure libère l’être humain des surplus, et ainsi de beaucoup de tourments. Lorsque je parle de la nourriture naturelle, je n’ai pas l’intention de vous imposer ma vision sur l’alimentation, mais je vous suggère d’utiliser la nourriture que vous aimez et que votre organisme supporte. Quel est le sens pour quelqu’un de devenir végétarien, mais de toujours regarder la viande et de regretter d’y avoir renoncé ? Il est préférable qu’il reste carnivore plutôt que d’être végétarien mais en proie aux tourments. Lorsque vous changez de régime alimentaire et de mode de vie, faites des essais pour voir comment le changement agit sur vous. S’il agit bien sur votre organisme, persévérez ; sinon revenez au mode de vie et d’alimentation d’avant. Quelqu’un avait décidé d’arrêter le tabac après des années de pratique. Il se retenait un temps sans fumer, mais au prix de tels énervements qu’il était sans cesse fâché contre ses enfants et sa femme. À chaque crise de colère, il battait ses enfants, sans réussir à se calmer. Sa femme lui a finalement dit : « Au lieu de fulminer, de battre les enfants et de dépenser autant d’énergie nerveuse en vain, il vaut mieux recommencer à fumer, pourvu que ça te calme. » On doit recourir à un régime donné dans sa vie uniquement s’il apporte une amélioration au niveau du système nerveux. « Avant que le coq ne chante, Pierre a renié trois fois le Christ. » Il a douté de Lui. Non seulement Pierre, mais aussi plusieurs de Ses disciples ont douté du Christ. Ils se sont dit : « S’il est le Christ, le Fils de Dieu, qu’Il montre sa force. » Ils ne comprenaient pas que l’enseignement divin que le Christ prônait ne se manifestait pas par la force physique, mais par l’amour. Si, de deux personnes, l’une se sert d’un couteau et l’autre de l’amour, la force sera du côté de celle qui se sert de l’Amour. Comment les maisons doivent-elles être bâties : sur le principe de la puissance ou sur celui de l’amour ? Sur le principe de l’amour. La force est le résultat de quelque chose. Par conséquent, si l’être humain doit choisir entre la force et l’amour, il choisira nécessairement l’amour. La force déforme la pensée, le cœur et la volonté, alors que l’amour élève l’âme humaine et la mène vers Dieu. Celui qui accueille l’amour et l’applique va améliorer sa vie ; s’il doute de lui, il surchargera son karma. Aujourd’hui la plupart des gens sont à la place de Pierre : leur Christ est ligoté et ils doutent de Lui. « N’est-Il pas ressuscité ? » Pour celui qui L’a vu, le Christ est ressuscité ; celui qui ne L’a pas vu peut croire ou non en la résurrection. Voir le Christ, c’est comme voir le Soleil. Les premiers mots que le Christ a dit à ses disciples après la Résurrection étaient : « La paix soit avec vous ! » Lorsque vous verrez le Christ, Il vous dira à vous aussi : « La paix soit avec vous ! » Ces paroles signifient : la guerre est finie, le coq a chanté, le destin s’est accompli, la Résurrection a eu lieu. Beaucoup de chrétiens dans le passé et aujourd’hui encore ont vu le Christ et ont parlé avec Lui. Par exemple, une vieille femme a vu le Christ et a discuté avec Lui ; Il lui a dit : « Je te prendrai avec Moi, lorsque tu auras traversé le feu. » Comment vous imaginez-vous le Christ ? Certains L’imaginent comme un homme ordinaire, avec une bure blanche et une casquette sur la tête ; d’autres, comme un roi avec son manteau et une couronne sur la tête. En effet, le Christ a une couronne sur la tête, pas en or et en pierres précieuses, mais avec les cinq grandes vertus : Amour, Sagesse, Vérité, Justice et Vertu. Il parlera uniquement à celui qui peut voir Sa couronne. Il lui parlera avec la voix de l’Amour, de la Sagesse, de la Vérité, de la Justice et de la Vertu. « Et le Seigneur se tournant, regarda Pierre. » Autrement dit, le Christ a regardé Pierre et a prié pour lui, pour qu’il réussisse cette épreuve et secoure les plus faibles. Le Christ était alors avec une couronne sur sa tête formée de la lumière des vertus ; une telle couronne est donnée à celui qui réussit l’épreuve. Pierre a compris le sens du regard du Christ et est sorti dehors pour pleurer amèrement. On met cette couronne sur la tête des jeunes mariés comme symbole des grandes vertus : ils doivent appliquer les vertus dans leur vie et bâtir sur elles leur future maison. Où chantent les coqs d’aujourd’hui ? Dans les poulaillers ou sur des branches sèches. Dans la vie primitive, cela se passait autrement : les coqs étaient libres et chantaient sur de hauts arbres. Je souhaite que vos coqs quittent les poulaillers pour chanter en permanence, c’est seulement comme ça que votre vie se déroulera correctement, sans catastrophes et sans malheurs. Qui chante aujourd’hui dans les maisons ? Tantôt la femme, tantôt l’homme. Ce n’est pas un mal de chanter, mais il faut le faire le matin lorsque s’éveille la conscience divine. Que tous les humains se donnent pour objectif dans la vie de libérer le Christ en eux et de ne jamais Le renier. Celui qui a renié, qu’il reste éveillé, et lorsque son coq chantera, qu’il sorte dehors pour se repentir. Quelqu’un dira qu’il n’a jamais renié le Seigneur. Lorsque tu critiques ton frère, lorsque tu le violentes et que tu lui portes préjudice, tu renies le Seigneur. Voilà pourquoi, lorsque vous faites des erreurs par rapport à votre âme ou votre prochain, prenez conscience de votre erreur, sortez dehors et pleurez. Chacun a une faiblesse pour laquelle il doit, comme Pierre, pleurer. Lorsque votre coq chantera, le Christ vous regardera et vous vous rappellerez les paroles qu’Il vous a dites. Le Christ a demandé trois fois à Pierre : « Pierre, m’aimes-tu ? » Il voulait ainsi lui dire : « Es-tu prêt à chérir les trois vertus principales de la vie, es-tu prêt à nourrir ces trois orphelins, à devenir leur mère ? » Il vous demande à vous-aussi si vous L’aimez, si vous êtes prêts à travailler sur ce qui est déposé en vous et à l’appliquer ? Êtes-vous prêts à porter sur votre tête la couronne des grandes vertus, à porter la lumière à vos proches ? Je vous souhaite d’être courageux et décidés, de chasser la peur et la couardise. Ayez la foi en Dieu. Je vous parle de ce Dieu en lequel vivent et demeurent toutes les créatures. Il parle aujourd’hui à tous les humains. Comment ? Par les souffrances. « Quand viendra la paix ? » Lorsque chanteront les coqs de tous les peuples - ceux d’Angleterre, de France, d’Allemagne, de Russie, de toute l’Europe, ils sortiront dehors pour pleurer. Le Christ est tourné vers les peuples d’Europe, les regarde et leur dit : « Vous êtes des peuples civilisés, votre avenir ne dépend que de vous, vos coqs chantent déjà. » Lorsque le coq de Pierre a chanté, il a compris que les choses ne s’arrangent ni avec un couteau, ni par la négociation. Les gens d’aujourd’hui sont les victimes de démons, d’esprits enragés qui les forcent à se battre. Lutter contre le mal, c’est dans l’ordre des choses, mais qu’un mari se batte avec sa femme, qu’un frère se batte avec son frère, une sœur avec sa sœur, c’est contre nature. Si une famille ou un peuple se dressent, c’est pour combattre le mal ; le jour où ils enfreignent cette loi et s’insurgent contre Dieu, ils signent leur condamnation à mort. Si un peuple se repent, le Christ bâtit son église sur lui. Je crois que les peuples d’Europe se repentiront, sortiront dehors et pleureront ; ils sont sur le point de le faire. C’est pourquoi je dis : « La paix vient ! » Lorsque le Christ tourne son regard vers quelqu’un, celui-ci prend conscience de son erreur et se repent. Aucune force dans le monde ne peut s’opposer au regard du Christ. Réjouissez-vous d’être nés dans de bonnes conditions, dans une bonne époque. C’est la fin du siècle, la onzième heure du jour, vous êtes tous convoqués dans les champs pour travailler une seule heure. Celui qui a offensé son frère, qu’il sorte dehors pour pleurer un peu. Lorsque je vous rencontrerai une seconde fois, je verrai que vos esprits et vos cœurs sont éveillés, que tous les hommes et les femmes, les frères et les sœurs vivent en paix et s’entendent entre eux. Que votre vie soit aussi belle que la belle journée d’aujourd’hui. Le Soleil d’aujourd’hui et cette belle journée sont les témoins de mes paroles. Que l’amour règne dans vos cœurs comme la chaleur règne aujourd’hui. La chaleur de votre amour vous fera transpirer pour rejeter vos impuretés. Votre salut se trouve dans la pureté de votre corps, de votre esprit et de votre cœur. Que votre vie soit claire et pure comme l’est cette journée. Sofia, 18 août 1918 Traduction par Bojidar Borissov [1] « Le Seigneur, se retournant, posa son regard sur Pierre ; et Pierre se rappela la parole du Seigneur qui lui avait dit : " Avant que le coq chant aujourd'hui, tu m’auras renié trois fois. » (Luc 22, 61)
  4. Les deux femmes Et voici, une femme atteinte d'une perte de sang depuis douze ans… Mathieu 9 :20-22 Et voici, il y avait là une femme possédée d'un esprit qui la rendait infirme depuis dix-huit ans ; et elle était courbée. Luc 13 :10-11 Les gens d’aujourd’hui s’interrogent sur le rapport qu’il peut y avoir entre eux et les deux cas relatés sur une femme qui a jadis souffert d’une perte de sang pendant douze ans, et une autre qui a souffert dix-huit ans d’une grave maladie qui l’a rendue courbée. Il est vrai que ces cas n’ont qu’un rapport indirect à nous. Ces maladies sont encore d’actualité aujourd’hui : il y a encore des gens qui souffrent d’hémorragie ; il y a encore des gens qui sont dans la situation de la femme voûtée. En parlant de ces deux femmes, on note que leurs maladies sont de nature différente. La perte de sang est une maladie du cœur ; c’est la partie du corps d’où s’écoule le sang et elle est due à la dysharmonie des sentiments et des désirs. Le dos voûté est une maladie de la pensée, elle est due à la dysharmonie des pensées. Lorsqu’il a guéri les deux femmes malades, le Christ a agi dans deux mondes différents en même temps, le monde de la pensée et le monde du cœur. Voilà pourquoi certaines médications d’aujourd’hui échouent, car les médecins qui les appliquent, agissent dans un seul et même monde. C’est la raison pour laquelle non seulement les maladies ne diminuent pas, mais elles augmentent de jour en jour. Un médecin allemand est allé étudier aux États Unis les différentes maladies nerveuses. Il a donné des noms différents aux mille premiers cas d’affections nerveuses. Mais quelle n’a pas été sa surprise de découvrir ensuite, tous les jours, un cas inconnu d’affection nerveuse. Ne sachant plus par quel nom les désigner, il a nommé tous ces nouveaux cas par le nom générique americanichi. Aujourd’hui, les humains connaissent une telle profusion de cas de péchés qu’ils n’arrivent pas à les désigner de noms appropriés et finissent par les appeler americanichi. Aujourd’hui nous désignons par le mot péché tous les états morbides qui frappent les gens. Les anciens croyaient que les maladies étaient causées par des esprits malfaisants qui agissaient sur les êtres. La plupart des gens rejettent cette affirmation et considèrent les maladies comme le résultat d’une altération organique ou de l’action d’agents infectieux qui envahissent l’organisme humain. Les scientifiques examinent les différents types de microbes, en étudiant leur origine, les conditions de leur développement, etc. Par exemple, la question se pose sur le moment de l’apparition du germe de la peste. Huit mille ans se sont écoulés depuis l’écriture de la Bible ; donc la peste n’a pas été connue avant, elle s’est manifestée après la chute originelle. En général, les maladies et leurs vecteurs, les germes, se manifestent si la vie menée est contre nature et pervertie. La mauvaise vie offre de bonnes conditions de développement des maladies. À quoi sont dues les maladies nerveuses ? Selon certains scientifiques, les maladies nerveuses sont le résultat d’une activité cérébrale intense, d’une accumulation de savoirs. Nous rejetons cette affirmation. Selon nous, les maladies nerveuses sont dues à de grandes inquiétudes, angoisses, troubles et autres. Par exemple quelqu’un a pu travailler de longues années sur un livre, mais lorsque ce dernier voit le jour, il se met à s’inquiéter sur l’accueil qu’il aura, sur son appréciation, sur la critique qui sera donnée, etc. Puisqu’il s’angoisse sur ces questions, ses nerfs finissent nécessairement par s’ébranler. Donc, la peur de la critique rend les gens nerveux. Si une dame de la haute société se rend à un bal, à un concert ou au théâtre, sa robe peut déclencher une telle critique qu’une seconde apparition dans la même robe serait impensable. Dans les versets cités, il est dit qu’une des femmes a été malade douze ans durant, et l’autre dix-huit. Les nombres 12 et 18 déterminent les catégories auxquelles se rattachent les maladies des deux femmes. Le nombre 12 montre que la première femme avait cette maladie parce qu’elle avait enfreint une loi divine : elle vivait sur Terre sans porter son regard vers Dieu. Le nombre 12 est constitué des chiffres 1 et 2 : l’unité montre qu’elle a vécu sans Dieu, le deux, qu’elle avait une vie dissolue. Lorsque la maladie l’a frappée pendant douze ans, elle a commencé à additionner les chiffres 1 et 2 pour obtenir 3, le chiffre de l’équilibre. Le plus, qui est le signe de l’addition, représente Jésus et le trois c’est le Fils, c’est-à-dire le Christ. Le chiffre 12 indique à la femme malade que si elle additionne 1 et 2, elle obtiendra trois, le Fils, l’Homme qui la guérira. Le Christ porte le chiffre 3 en lui. Lorsque vous souffrez d’une maladie, additionnez les jours, les semaines, les mois ou les années de la maladie, et la somme ainsi obtenue vous indiquera qui vous guérira, un médecin ou le Christ. La deuxième femme a été malade dix-huit ans durant. Le chiffre 8 montre la dépravation mentale. On note que les maladies mentales se soignent plus difficilement et qu’une période plus longue de rémission est nécessaire. Les deux femmes malades représentent les maladies et les infirmités de l’humanité contemporaine : la première, les infirmités du cœur, la seconde, les infirmités de la pensée. Le mot femme[1] dans la langue originelle signifie vie[2]. La femme qui a été malade douze ans symbolise une vie en désaccord avec les lois divines. Voilà pourquoi tout humain qui n’est pas en accord avec ces lois souffre de pertes de sang. Pour accéder aux lois divines, l’être humain doit étudier le sens profond de la nature dont les lois sont corrélées à notre vie personnelle et à la vie de notre âme. Le développement de l’âme est un processus individuel qui dépend des conditions données à l’homme. Le peuple dans lequel vous naissez est l’une de ces conditions : plus noble est ce peuple, plus bénéfiques sont les conditions de votre développement. « Et voici une femme atteinte d’une perte de sang. » Souffrir de pertes de sang montre que le sang ne suit pas son chemin naturel mais s’écoule à l’extérieur. Le sang a un rapport avec les désirs. Quel intérêt de nourrir des désirs s’ils s’écoulent constamment à l’extérieur ? Lorsque le sang s’écoule, l’homme s’affaiblit progressivement : ses jambes ne le soutiennent plus, ses bras se relâchent et il a des vertiges ; ses sentiments se déforment, il est mécontent, pessimiste, incapable de supporter les autres, les soupçonnant d’être mal intentionnés à son égard. Si vous voyez quelqu’un avec ces symptômes, sachez qu’il souffre de pertes de sang. S’écoule aussi, en même temps que le sang, l’énergie magnétique qui irrigue l’organisme de forces vitales. Toute dysharmonie dans les désirs produit une perte de sang. Lorsque nous parlons de perte de sang, nous prenons ce terme au sens large : il symbolise le mécontentement externe et interne chez l’être humain. Sachez une chose, les raisons du mécontentement de l’être humain demeurent en lui et non pas en dehors de lui. Pour vaincre son mécontentement, c’est-à-dire sa perte de sang, on doit trouver le Christ, le principe supérieur, le commencement suprême qui rétablit la foi. La femme malade a dit : « Si je puis seulement toucher ses vêtements, je serai guérie. » En lisant ce verset, certains se demandent si l’idée qu’une guérison est possible en touchant les vêtements du Christ n’est pas le fruit d’une superstition ? N’est-il pas superstitieux de penser qu’on guérira si on prend une cuillère du médicament que le médecin a prescrit ! Ce n’est pas une question de superstition, mais une question de foi. La foi et la superstition sont radicalement différentes : tous les éléments de la foi sont reliés en un tout, alors que ceux de la superstition sont séparés. Dans la foi, tous les faits sont intrinsèquement liés, il y a un lien entre les conséquences et les causes des choses ; les désirs découlent les uns des autres et sont liés entre eux. Dans la superstition, les faits ne sont pas reliés entre eux, il n’y a pas de lien entre les causes et les conséquences des choses, les désirs sont épars et en dysharmonie. La foi a un rapport aux vertus en tant que bienfaits éternels de la vie. Le croyant se sert de l’amour, de la sagesse et de la vérité comme d’un capital en espèces sonnantes et trébuchantes, et il compte sur eux. Le superstitieux compte sur les bienfaits transitoires de la vie : fortune, érudition, puissance. Et le Christ répondit à la femme malade : « Prends courage, ma fille, ta foi t’a guérie ». Les gens du monde se moquent de la foi des religieux alors qu’eux-mêmes croient aux miracles. Le malade croit que le médecin le guérira alors qu’en même temps des dizaines de personnes meurent autour de lui, toutes soignées par un médecin. Les médecins aident les malades, mais partiellement, ils ne peuvent pas soigner complètement la maladie. On peut faire crever un abcès, le vider, sans supprimer la cause de son apparition ; tu soignes un abcès, un autre le remplacera. Les soins de nos contemporains sont palliatifs et non pas définitifs, à la racine. Les raisons des maladies sont dans la pensée et le cœur humains, voilà pourquoi le médecin doit d’abord agir avec sa propre pensée sur celle du patient car les semblables s’attirent. Le médecin expérimenté peut soigner le patient avant qu’il soit tombé malade : il voit les prémices de l’affection future dans sa pensée et le guérit sur cette base. En se tournant vers la femme malade avec les mots : « Prends courage, ma fille, ta foi t’a guérie », le Christ indique le moyen universel de guérir toutes les maladies. La foi, en tant que principe intelligent, peut toujours utiliser les éléments qui sont en elle pour combattre toutes les maladies, et les maladies nerveuses en particulier. Il suffit d’écarter par la foi la pensée qui sème l’angoisse, pour apaiser son système nerveux. Écarter une pensée, c’est la mettre au second plan. Dieu dit au pécheur : « Je mettrai tes péchés derrière toi » - ce qui sous-entend de les laisser quelque part en bas dans le monde physique pour servir d’engrais aux plantes. De la même façon, pourquoi ne pas faire descendre la pensée qui vous angoisse du monde mental vers le monde physique ? Quelles pensées inquiètent et troublent l’être ? Celles qui sont nuisibles à son esprit. Comme la nourriture impure nuit à l’organisme, de même les pensées anxiogènes nuisent au mental. Pour autant une nourriture peut être nuisible à certains et utile à d’autres. Par exemple la viande est nuisible au mouton, mais bénéfique pour le loup et vice versa ; l’herbe est nuisible au loup mais bénéfique pour le mouton. Donc, tous les désirs, quelle que soit leur nature, ne sont pas nécessairement bénéfiques pour le cœur humain, il faut se libérer de ces désirs. Vous direz que vous croyez en Dieu et que vous voulez marcher dans le droit chemin. Si vous êtes vraiment croyants, est-il si difficile de rejeter un mauvais désir de votre cœur ? Qu’est-ce que ça coûte au marchand d’effacer la dette de mille levas de son pauvre frère ? Effacer la dette de ton prochain, c’est acquérir une force, donner un nouvel élan à ta volonté pour agir. La volonté humaine se forge dans les obstacles et les contradictions qu’elle rencontre sur son chemin. En régulant ses pensées et ses désirs, l’homme forge sa volonté. Et de même avec les maladies : si vous attrapez un rhume, de la fièvre, la toux ou une autre maladie, ne la chassez pas, mais parlez-lui d’abord amicalement pour la convaincre de partir d’elle-même. Si elle vous ignore, vous pouvez lui déclarer la guerre. Qui déclare la guerre ? Le puissant. Si vous êtes puissant, combattez les maladies ; sinon, appliquez d’autres méthodes. Faites des essais sur vous et sur vos proches, soignez-vous vous-mêmes. Allez voir un malade qui souffre de la toux et faites l’expérience suivante : posez votre main sur sa poitrine ; si votre magnétisme est fort, intense, le malade ressentira une chaleur agréable qui augmentera progressivement ; parfois une petite cicatrice peut apparaître comme une trace de brûlé. Si votre magnétisme n’est pas fort, le malade ne ressentira aucune chaleur. En règle générale, les forts doivent soigner les faibles, et les grands - les petits. Les bulgares ont coutume, dans les sports de combat, de monter à plusieurs sur le ring. Dans ce combat les plus faibles sont éliminés l’un après l’autre jusqu’à ce qu’il ne reste que le plus fort qui remporte la victoire. C’est ainsi qu’il faut agir envers les maladies, soyez le combattant le plus fort qui terrasse toutes les maladies. Le rhume est l’un des combattants, la fièvre, le deuxième, la neurasthénie, le troisième, etc. En les affrontant, dites : « Je suis chrétien, je dispose de moyens puissants et je peux combattre toutes les maladies. » Que font les gens ? S’ils sont malades, ils cherchent aussitôt un médecin et prennent des médicaments. Si la fièvre les a terrassés, ils prennent de la quinine pour la stopper ; ils l’endiguent ainsi, mais sans la soigner. Au lieu de prendre de la quinine, buvez pendant trois jours de l’eau chaude sans rien manger et la fièvre vous quittera ; c’est ainsi que l’on soigne le rhume également. Vous direz que vous ne pouvez pas jeûner ; ce n’est pas une question de jeûner, mais de forger sa volonté ; celui qui a une volonté forte peut combattre toutes les maladies. Beaucoup de personnes ont une volonté forte, mais déraisonnable. S’il est question de leur argent, ils refusent de dire où il est caché au prix de leur vie. Ils font preuve de volonté à propos de leur agent, mais s’ils attrapent un rhume ou de la fièvre, ils ne peuvent pas s’aider eux-mêmes et sollicitent aussitôt de l’aide extérieure. Lorsqu’il est question du salut de leur âme, ils manquent aussi de volonté. Aimez votre âme comme vous aimez l’argent et vous vous aiderez tout seuls. Les deux femmes malades sont allées auprès du Christ, c’est-à-dire auprès du grand enseignement, pour comprendre les lois intelligentes de la nature et se venir ainsi en aide. Vous ne pouvez pas comprendre le Christ si vous n’étudiez pas la nature. Étudiez les éléments et leurs propriétés, les eaux qui traversent les couches du sol, les plantes et les animaux. Étudiez les vêtements que vous portez et leur influence sur votre organisme. Moïse disait aux prêtres de s’habiller en lin pour servir Dieu : pourquoi recommander des vêtements en lin au lieu de vêtements en laine ou en coton ? Témoin de la vie dissolue des gens de cette époque, il recommandait les vêtements en lin pendant le service divin pour envoyer des vibrations plus élevées vers Dieu. Moïse enseignait aux juifs comment vivre et comment se soigner. Et le Christ est venu avec la même mission. On peut se soigner seul, redresser sa vie, mais pour cela il faut avoir la foi en soi et en son prochain. La foi sans volonté ne donne rien ; si tu n’appliques pas ta volonté, tu ne peux soigner ni toi-même ni les autres. Comment soigner le malade s’il ne veut pas être soigné ? Comment aider l’ivrogne s’il ne veut pas lui-même se débarrasser de son ivrognerie ? Comment pousser son enfant vers les études s’il n’aspire pas lui-même aux études ? Tous les moyens pour se soigner sont inscrits dans l’homme, il ne dépend que de lui de les faire ressortir et de les appliquer. De ce point de vue, l’être humain est un dépôt de forces et d’énergies de réserve qui attendent le moment de leur manifestation. Un seul atome recèle assez d’énergie pour faire exploser toute la Terre ; pour révéler cette énergie, il faut un savoir. Beaucoup veulent être forts, mais cherchent la force en dehors d’eux, dans l’argent, dans l’érudition ; ils ne soupçonnent pas que la force est en eux-mêmes. On doit se recueillir en soi-même pour voir que tout est en dedans : la richesse, la connaissance, la force. Si on les atteint, on peut exprimer sa force selon ses règles de vie, selon son âge. Celui qui ne veut pas travailler sur lui-même compte sur l’aide extérieure. Les deux femmes malades ont sollicité l’aide du Christ. Et vous, quelle aide allez-vous solliciter ? Certains attendent le Christ, venant du ciel, accompagné par les anges. Je dis : le son ne s’est pas encore manifesté pour les sourds, la lumière ne s’est pas encore manifestée pour les aveugles. Mais qu’attend celui qui a des yeux et des oreilles ? Que celui qui a des oreilles, les dresse vers l’espace pour entendre ce qui l’intéresse ; que celui qui a des yeux, les lève pour voir ce que son âme aspire à voir. Recueillez-vous pour développer vos perceptions et aptitudes cachées, et croyez à la puissance de votre âme. À l’instant où tu commences à croire que Dieu demeure en toi, tu seras fort et puissant. Tant qu’il ne découvre pas sa propre puissance, l’homme la recherchera toujours à l’extérieur. Il lira ce qu’a dit Kant, Schopenhauer, Hegel, Tolstoï, il tournera les pages du Livre sacré pour voir ce qu’ont dit les apôtres et les prophètes. C’est comme égrener la liste des noms de centaines de personnes renommées, sans les connaître. C’est comme assister à un grand banquet, avoir vu des mets et des boisons délicieux, sans avoir avalé une seule bouchée : à quoi bon assister au banquet ? Vous avez tout vu, mais sans rien goûter. En vous parlant du Christ, je vous prépare au banquet qu’Il donnera. Si vous êtes prêts, vous serez conviés à Sa table et vous aurez une assiette pleine, sinon, vous ne serez pas conviés. Si vous dites que vous ne pouvez pas manger, on vous chassera. À la table du Christ, on ne reçoit pas de personnes aux estomacs malades. Celui qui y est présent mangera selon les règles que le Christ édicte. Qu’a fait le Christ lorsqu’il a invité les cinq mille personnes à sa table ? Il a pris les cinq pains et les a rompus ; il a mis ainsi sa force magnétique en eux. Rompre le pain, c’est cultiver, retourner la terre. On doit rompre le pain avec ses deux doigts, le pouce et l’index. Ces doigts montrent que la pensée et la volonté doivent prendre part à l’absorption du pain. Lorsqu’on rompt le pain, on doit remercier Dieu pour les soins qu’Il nous prodigue et comprendre qu’on n’est pas seul sur Terre. Sachant cela, ne dérangez pas Dieu avec votre mécontentement. Si vous recevez le pain avec reconnaissance et gratitude, non seulement la perte de sang cessera, mais vous deviendrez invulnérables à toutes les maladies. Si le malade se nourrit avec gratitude, conscient du soin que Dieu lui donne, en un mois sa situation s’améliorera. Appliquez l’enseignement du Christ, que vous soyez bien portants ou non, pour avoir Sa force. Rappelez-vous : chaque pensée, chaque sentiment ou phénomène produisent des effets dans la conscience de l’être humain et s’il ne peut se libérer de ce qu’il a vu ou entendu, ce phénomène se répétera un jour. Ainsi, ne recevez que de bonnes pensées et de bons sentiments, ne prêtez votre oreille ou votre regard qu’à ce qui est beau pour que cela s’imprime dans votre conscience. Sinon, vous en subirez les conséquences. Un jeune américain a senti une douleur fulgurante à sa cheville. Il a consulté plusieurs médecins qui ont tous déclaré qu’ils ne pouvaient pas l’aider car cette douleur serait due à de l’autosuggestion. Il a fini par aller voir un médecin réputé pour soigner toutes sortes de maladies psychiques. Après examen, à l’instar des autres médecins, il n’a décelé aucune raison externe ou interne pour expliquer la maladie. Il a demandé au malade s’il ne se souvenait pas d’avoir vu quelqu’un avec une jambe cassée ou malade, lui ayant fait forte impression. Le patient a essayé de se remémorer un tel évènement et a fini par se souvenir d’avoir vu quelqu’un, six ans auparavant, tomber d’un train à la gare et se casser la jambe au niveau de la cheville. Cela l’a tellement impressionné que six ans après cet évènement il a senti une douleur à la jambe au même endroit. La tâche du médecin n’était plus désormais de soigner la douleur dans la jambe du patient, mais de libérer sa conscience de ce choc violent. Il a réussi et la douleur à la jambe a disparu. Que font les gens aujourd’hui ? Ils se moquent de ceux qui ont une quelconque réaction anormale. Si un homme ou une femme se mettent en colère, ceux qui les entourent se mettent à rire. D’autres vont de porte en porte pour raconter comment le voisin ou la voisine s’est mis en colère, a battu sa femme, ses enfants, etc. Les gens ne savent pas que ces choses sont contagieuses : si tu ris de ton voisin, tu subiras bientôt la même chose que lui. Au lieu de se moquer et de critiquer son prochain, prie pour qu’il prenne le dessus sur sa colère. La critique ne relève pas les gens. Une jeune femme, pianiste douée, s’est mariée. En tant qu’épouse, elle devait assumer ses obligations ménagères. Un jour, elle préparait des oignons frits et a entendu certains sons qui lui ont donné l’idée d’une mélodie. Elle est allée à son piano, s’est assise et s’est mise à composer. Pendant ce temps une forte odeur de brûlé l’a surprise, et revenant à la cuisine elle a vu que les oignons avaient brûlé. Faut-il que le mari se mette en colère pour le repas brûlé ? Est-elle en faute d’avoir décelé une mélodie dans les bruits des oignons qu’elle cuisinait ? Le mari doit remercier sa femme talentueuse d’avoir su traduire la préparation des oignons frits en un air de musique. « Et voici une femme atteinte d’une perte de sang. » La perte de sang est une mauvaise chose, mais si cette femme n’avait pas souffert, elle n’aurait pas trouvé le Christ. Si le sang de notre terre, c’est-à-dire de notre corps, ne coulait pas, la roue de notre moulin ne tournerait pas. En d’autres termes, si le sang ne circulait pas dans notre corps, aucune vie n’existerait. L’eau qui coule sur la surface de la terre et dans ses entrailles, c’est son sang. Son passage par des fentes étroites est appelé un écoulement. Quelqu’un dira que la roue du moulin tourne et moud la farine grâce à l’eau. C’est vrai, mais il n’y aurait pas de farine si le sang ne coulait pas. Que chacun se pose la question : « Est-ce que mon moulin travaille bien, est-ce que le meunier est à sa place ? » Rappelez-vous : chaque malheur ou souffrance sur Terre se transforme en bonheur et en joie au ciel. C’est pourquoi il est dit que celui qui souffre sur Terre, se réjouit au ciel. De même que nous constatons les bienfaits du binage, de l’arrosage, de la culture des fleurs et des fruits, de même les créatures intelligentes voient les bons résultats de nos souffrances. Un jour, lorsque vous rentrerez dans le monde intelligent, vous direz : « Nous sommes reconnaissants que notre sang s’écoule. » La femme malade qui a souffert douze ans de pertes de sang a fait tourner douze ans la roue du moulin, jusqu’à trouver le Christ et toucher son vêtement. En la voyant le Christ lui a dit : « Ta foi t’a sauvée. Rentre chez toi pour te reposer, un autre viendra te remplacer. » Il y a quelques années, j’étais à Sliven[3]. Je me suis rendu dans la maison d’une femme malade de neurasthénie. À un moment, un homme robuste et bien portant, son mari, est rentré dans la pièce. En le voyant je lui ai dit : « Ta femme guérira si tu lui transmets un peu de ta force et de ta santé. » Les gens en bonne santé ont peur d’être pompés par les malades. Vous n’avez rien à craindre : donnez aux autres sans crainte, pour recevoir également. Les petites rivières et les petits ruisseaux doivent se fermer pour ne pas s’appauvrir, mais les grands fleuves doivent s’ouvrir et donner. Personne ne peut dévaliser et aspirer un autre sans son autorisation. Si vous êtes bien portants, je me réjouis, vous pourrez donner aux faibles et aux malades ; si vous êtes malades vous devez forger votre volonté, vous aider vous-mêmes. Qui a une forte volonté ? Celui qui n’est surpris par rien et qui peut endurer toutes les épreuves. Qu’il soit dévalisé, qu’il aille pieds nus et en haillons, qu’il soit malade, rien ne l’effraie. Vous direz que de nos jours les vêtements et les chaussures sont chères, que la vie est dure. Pour l’être volontaire ce n’est pas un problème. Le jour viendra où les chaussures seront fabriquées en bois et non plus en peau et en cuir comme aujourd’hui. Les gens d’aujourd’hui doivent structurer leurs désirs et ne pas se laisser emporter par eux. Les pensées, les désirs et les actes des humains sont dictés par des êtres qui se distinguent les uns des autres par leur degré d’intelligence. Même les cellules, telles de petits êtres, se caractérisent par une certaine intelligence : il suffit de se cogner et ou de se brûler un doigt pour que la douleur soit transmise au cerveau qui ordonne aussitôt aux nerfs moteurs de replier le doigt et de l’éloigner du feu. Si vous êtes commerçant et que quelqu’un se joue de vous et vous dérobe dix mille levas, le même doigt qui ouvre et ferme votre registre vous conseille de ne pas vous inquiéter ; il vous dit de fermer votre registre et de ne plus le rouvrir. Vous direz que vous ne pouvez pas ne pas réagir à la tricherie. L’héroïsme humain se caractérise justement par le fait de comprendre et de ressentir les choses, mais de se contenir. Le héros est celui qui, après avoir jeûné trois jours, est encore prêt à renoncer à son bon repas au profit d’un affamé. Jusque-là, la devise des humains a été : « Que ce soit toi qui en pâtisses ! », mais aujourd’hui cette devise a créé les malheurs, les malentendus dans le monde. Le nouvel enseignement porte une nouvelle devise : « Que ce soit moi qui en pâtisse ! » Quelles que soient tes relations avec les autres, tiens-toi à cette nouvelle devise. Elle porte la paix pour toute l’humanité. Les humains ne se corrigeront pas d’un coup, ils se corrigeront lentement mais sûrement. Le jour où vous croirez en Dieu et accueillerez Son amour, vous commencerez à évoluer. Vous aurez toujours des souffrances, mais vous comprendrez leur sens ; vous serez toujours exposés aux maladies, mais vous discuterez avec elles et vous saurez qu’elles sont nécessaires pour votre purification physique et spirituelle. Si vous croyez cela, tout sera selon votre foi. Si l’un de vos proches souffre d’une affection, mettez la main sur sa poitrine et dites doucement : « Que ce soit moi qui en pâtisse ! » Le Christ se dresse aujourd’hui devant les gens déraisonnables et attend d’être accueilli. Où doit-il être ? Devant l’être humain ou dans son for intérieur ? On peut faire des interprétations diverses à ce sujet, mais il est important de connaître la vérité. Un éminent théosophe anglais a débattu une heure entière devant ses auditeurs la question de la baleine qui a englouti Jonas. Les religieux agissent de même de nos jours. Depuis deux mille ans, ils s’interrogent : comment accueillir l’enseignement du Christ, comment accueillir le Christ en eux ? Aucune théorie n’est nécessaire ici. Vous ouvrirez la bouche et vous engloutirez le Christ, vous l’accueillerez en vous d’un coup comme la baleine a englouti Jonas. Les humains d’aujourd’hui ont besoin de pratique et pas de théorie. Il y a des questions dans la vie dont la résolution ne nécessite aucune réflexion, comme la question de l’acceptation du Christ. Le Christ entrera dans l’être humain comme Jonas est entré dans les entrailles de la baleine. Celui qui accueillera le Christ en lui sera un grand homme. Les gens risqueraient soi-disant, de se moquer de lui ; cela ne doit pas le perturber ; qui n’a pas été ridiculisé par les humains ? Ceux qui ont, les premiers, parlé des machines volantes, n’étaient-ils pas traités de fous, mais voilà que leur idée est devenue réalité ; aujourd’hui ces machines volent dans les airs. Pourquoi les hommes, les femmes aujourd’hui ne s’entendent-ils pas, pourquoi les familles se désagrègent-elles chaque jour davantage ? Parce que les humains ont perdu leur foi, ils ne se font pas confiance. Quelle est cette vie où personne ne fait confiance à l’autre ? On vous dit beaucoup de choses, mais vous n’y croyez pas. Cela m’est égal si vous croyez ou non. Je crois en ce que je dis, je crois dans les lois divines, et à chaque instant je les mets en pratique. Pour acquérir une foi authentique et positive vous devez, vous-aussi, étudier les choses et les appliquer. Accueillez le Christ en vous. Si vous ne pouvez pas le faire d’un coup, touchez son vêtement. Le vêtement du Christ représente la foi. Touchez tout ce que Dieu a créé, les fleurs, les arbres fruitiers. Pour être bien portants, plantez des fleurs dans des pots ou dans le jardin et occupez-vous d’elles. Plantez des arbres fruitiers et des légumes dans votre jardin pour les étudier et profitez des forces qu’ils renferment en eux. Entrez en communion avec les rayons solaires. Si vous cherchez le Christ, vous le trouverez dans tout ce que Dieu a créé ; c’est cela toucher son vêtement et faire cesser les pertes de sang. Alors vous entendrez la voix du Christ : « Prends courage, ma fille, ta foi t’a guérie. » Faites des expériences pour voir que toute chose a une force en soi, tout dans le monde est en vie. Avez-vous essayé la force du diamant, la force du grain de blé ? Vous dites que tout est en vie, mais souvent vous malmenez les petites créatures. Les enfants en particulier aiment arracher les têtes des mouches sans penser aux mauvaises conséquences de leurs actes. Les mères doivent interdire aux enfants d’arracher les têtes des mouches, d’abîmer les nids des oiseaux. Dans un village bulgare, l’enfant d’un grand propriétaire, un garçon de dix ans, est monté dans un arbre où nichait une hirondelle avec ses cinq petits. Il a descendu les petits du nid, puis il a coupé leurs langues et les a remis dans le nid. Non seulement sa mère n’y a pas attaché d’importance, mais elle a ri sans le gronder ou le punir. Qu’est-il arrivé à cet enfant ? Devenu grand, il s’est marié et a eu cinq enfants ; tous étaient muets ! Pourquoi faut-il maltraiter, faire du mal aux petites créatures sans défense ? Parfois l’homme fait mal inconsciemment, parfois consciemment. Soyez tous en éveil, responsables de vos pensées ; guidez et instruisez les ignorants et les plus petits que vous. Aujourd’hui encore le Christ se tourne vers tous les humains, leur disant de redresser leur vie, de purifier leur cœur et de toucher le vêtement de leur Père. « Où est-Il ? » Il est partout : l’herbe est Son vêtement, les pierres sont Son vêtement. Déchaussez-vous l’été et marchez pieds nus une heure ou deux sur l’herbe, sur la rocaille. Touchez les fleurs, les arbres et vous entendrez la douce voix de votre Père : « Prends courage, ma fille, ta foi t’a guérie. » C’est le moment de toucher le manteau de Dieu, il est devant vous, prêt à aider tous ceux qui croient en sa force. Voici ce que prône l’Esprit de Dieu à tous les humains sur terre : « Fils et filles, serviteurs et esclaves, tournez-vous vers Moi et Je me tournerai vers vous. Vous serez Mes enfants et je serai votre Père. J’écrirai Mon commandement dans vos cœurs et la paix et la joie régneront sur toute la terre. »[4] Sofia, 11 août 1918 [1] Femme s’écrit жена (jena) en bulgare [2] Vie s’écrit живот (jivot) en bulgare [3] Sliven – ville du centre de la Bulgarie [4] « Voici donc l'alliance que je conclurai avec la communauté d'Israël après ces jours-là – oracle du Seigneur : je déposerai mes directives au fond d'eux-mêmes, les inscrivant dans leur être ; je deviendrai Dieu pour eux, ils deviendront un peuple pour moi… ils me connaîtront tous, petits et grands – oracle du Seigneur. Je pardonne leur crime ; leur faute, je n’en parle plus. » (Prophète Jérémie, chapitre 31, versets 33-34)
  5. Le bon vin « Toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent.» Jean 2 :10 Beaucoup de nos contemporains souffrent des effets indésirables du vin sur leur organisme. Des scientifiques et des médecins ont écrit sur l’influence nocive du vin sur l’homme. Mais le vin dont il est question dans l’Évangile symbolise la vie. Il y a donc deux types de vin : le vin fermenté qui est l’emblème de la mort et le vin sucré, l’emblème de la vie. Les chimistes connaissent la composition du vin sucré et savent pourquoi il fermente : le sucre du raisin dans le vin sucré se décompose en alcool et en dioxyde de carbone sous l’action des ferments alcooliques ; ce dernier s’évapore tandis que l’alcool reste dans le vin et lui donne ses propriétés enivrantes. Tous savent que l’alcool contenu dans le vin est du poison ; c’est la raison de l’action nocive du vin sur l’organisme humain. Dans ce sens la fermentation n’est rien d’autre qu’un processus de décomposition qui crée des substances toxiques. Tout comme le vin est soit sucré, soit fermenté, de la même manière nous avons deux types de vie : sucrée, où le sucre garde ses propriétés et ne se décompose pas, ou fermentée, où le sucre se décompose en alcool et en dioxyde de carbone. Le Christ était invité à un mariage à Cana en Galilée où il a transformé l’eau en bon vin. Que représente le mariage ? La culture du raisin. Les deux jeunes mariés sont les pieds de vigne dont doit naître le raisin ; ils doivent porter en eux du jus nouveau et sucré. Chaque nouvel enseignement apparaît au début d’une nouvelle époque ; la création d’un nouvel enseignement représente aussi le mariage. Lorsqu’on se marie, les gens sont joyeux, pourtant la noce ne sous-entend pas uniquement la joie. Lorsque quelqu’un se marie, un autre meurt ; lorsque quelqu’un se réjouit, un autre est chagriné ; si quelqu’un est sucré, un autre est fermenté. Le Christ dit : « Ne mettez pas de vin nouveau dans de vieilles outres. » Les vieilles outres contiennent les levures du vin ancien qui font fermenter le vin nouveau et éclater les outres. Les parents veulent que leurs enfants soient comme eux ; le désir des parents n’est rien d’autre que verser le vin nouveau dans les vieilles outres. Quel sera le résultat ? Le nouveau vin fermentera et fera éclater les vieilles outres. Comment reconnaître qu’un liquide fermente ? Des bulles apparaissent à sa surface car du gaz se forme et s’en échappe. La surface du liquide est d’abord calme, lisse, puis se met à s’agiter ; on appelle ce processus ébullition ou fermentation. Quand l’homme s’agite-t-il ? Lorsqu’il meurt. Lorsque le liquide s’agite, fermente, des substances nouvelles en sortent qui altèrent son goût ainsi que l’harmonie intérieure. Avec la transformation de l’eau en vin, le Christ a montré aux humains une nouvelle méthode par laquelle il conserve son goût et ne fermente pas. De fait, si vous distillez le jus de raisin, il devient résistant, obtient une immunité et n’est plus enclin à la fermentation ; même si des ferments rentrent en contact avec lui, il ne fermente pas. En ce sens, le nouvel enseignement, l’enseignement de l’amour que le Christ a apporté est une nouvelle méthode grâce à laquelle la vie humaine est préservée de la fermentation. Quel est l’ancien point de vue des humains sur la vie ? Ils disent que la fermentation est un processus naturel, que l’être humain doit naître et mourir, chuter et se relever, lutter, égorger des animaux : poules, agneaux, cochons. Ils trouvent que tout cela est dans l’ordre des choses et que c’est la volonté de Dieu. En réalité Dieu n’a pas songé une seconde à arranger la vie comme les philosophes se l’imaginent. Envisagée de la sorte, la vie humaine n’est le fruit que du génie humain, de l’homme-dieu, mais non pas de ce Dieu qui a initialement créé le monde. Tout comme le vin sucré fermente sous l’influence de certains ferments qui se trouvent dans l’air, de même la vie humaine naturelle s’est altérée et elle a fermentée sous l’influence d’éléments particuliers, créés par l’homme lui-même. Il faut savoir une chose : celui qui pèche, qui mène une mauvaise vie et fermente, n’est pas avec Dieu. C’est une vie humaine et non pas divine. En transformant l’eau en vin, le Christ a montré aux humains qu’il y a une méthode pour transformer ce qui est instable en quelque chose de stable et d’inaltérable. Les scientifiques savent que la raison de la fermentation du vin sucré est due à une sorte de microorganisme, appelé ferment, qui se trouve dans l’air. Ce type de microorganisme est contenu aussi dans la vie nouvelle, dans chaque pensée et chaque nouveau sentiment. Lorsque le nouveau s’infiltre en vous, il provoque par le biais des microorganismes une certaine fermentation qui se manifeste par de l’agitation. Le nouveau ne devrait pas provoquer de fermentation, mais celle-ci se déclenche à cause de l’instabilité de la matière qui constitue l’organisme humain. Quelquefois la fermentation est à sa place. Par exemple, les gens préfèrent au pain sans levain, le pain au levain ; celui-ci est plus digeste pour l’estomac. Les juifs préféraient quant à eux le pain sans levain, le pain au levain était même interdit. L’ordonnateur du mariage auquel le Christ assistait a dit au marié : « Tout homme sert d’abord le bon vin et puis le moins bon ; tu as gardé le bon vin jusqu’à présent. » Lorsqu’un jeune homme rencontre une jeune fille et tombe amoureux d’elle, il lui dit uniquement des mots doux, il l’appelle ange, colombe, déesse, etc. Lorsqu’ils se marient, tous deux ouvrent les vieilles outres et y versent le vin nouveau ; ils commencent bien mais finissent mal. Le vin fermente et agit sur eux et ils s’échangent des mots amers et blessants. Sur Terre l’être humain commence bien mais finit mal ; dans le monde spirituel, il commence mal mais finit bien ; et dans le monde divin il commence bien et finit bien. Voilà pourquoi, du point de vue des mondes supérieurs, on donne d’abord le mauvais vin, puis le bon. Gardez à l’esprit la règle suivante : qui commence bien avec vous, finit mal ; qui commence mal, finit bien. Ne faites pas confiance à ceux qui vous abordent doucement, poliment. Ce n’est pas un reproche ni une insulte, mais sachez que la vie éprouve l’être humain, et une fois qu’elle lui a fait traverser de multiples épreuves, il finit par se connaître lui-même et les autres finissent par le connaître aussi. Il n’est pas envoyé sur Terre pour manger des feuilles comme une chenille, mais pour s’instruire, acquérir des connaissances et de l’expérience. La tradition bulgare veut qu’on arrose la tombe du défunt avec de l’eau et du vin ; que cache cette tradition ? On veut ainsi lui dire : « Lorsque tu reviendras sur Terre, sois pur et ne pèches plus. » « Tu as gardé le bon vin jusqu’à présent. » Je vous dis à vous-aussi : donnez du bon vin, du vin sucré à vos enfants. Ils ont déjà bu du vin fermenté, ils le connaissent et en portent les stigmates. Ils se mettent dès leur plus jeune âge à commander leurs parents, leurs plus grands frères et sœurs. « Que devons-nous faire pour améliorer notre sort ? » En vous mariant, appelez le Christ à votre noce pour apporter à votre vie des éléments qui peuvent l’améliorer. Il vous apprendra à transformer le négatif en positif ; la peur en courage ; la méchanceté en bonté ; la faiblesse en force. Comment reconnaître celui qui est fort ? C’est celui qui combat un taureau. Les gens d’aujourd’hui ne réussissent pas dans la vie car ils veulent être riches sans avoir été pauvres ; ils veulent être bons sans avoir été mauvais. Il est impossible d’être riche si on n’a pas tout perdu, si on n'a pas traversé des bouleversements profonds. Qu’a fait le Christ au mariage ? Il a transformé l’eau en vin. Transformer le vin sucré en vin fermenté est possible ; transformer le vin fermenté en vin sucré l’est également dans une certaine mesure ; mais transformer l’eau en vin est impossible pour l’être humain. Nous savons que ce qui est impossible à l’homme est possible à Dieu. Si vous mettez dans l’amour un élément négatif, il se transforme en haine ; si vous mettez un élément positif dans la haine, elle se transforme en amour ; c’est la loi de la transformation avec laquelle le Christ a travaillé. Les anciens alchimistes connaissaient cette loi et ont cherché des méthodes de transformation des métaux ordinaires en métaux nobles. Beaucoup se plaignent d’insuccès dans leur vie. Pourquoi ? Parce qu’ils cherchent un chemin facile. S’ils sont religieux, ils cherchent une voie facile pour entrer dans le Royaume de Dieu. Le Royaume de Dieu est pour les êtres bons et courageux, et non pour les peureux, les voleurs et les criminels. Le Royaume de Dieu est pour les vivants et non pour les morts. Qu’adviendra-t-il de celui dont on attache les bras et les jambes avec des cordes solides ? Il sera comme mort et ne pourra plus bouger. Comme les cordes lient l’être et ne lui permettent pas de bouger, de même les mauvaises pensées et les mauvais sentiments entravent son discernement et son cœur et l’empêchent de penser et de sentir. Les jambes et les bras symbolisent les vertus, les principes qui régissent la pensée et le cœur humains. Les bonnes pensées et les bons sentiments incitent au bien, les mauvais - au mal. Si on cède aux mauvaises pensées et aux mauvais sentiments, on se retrouve en prison. Quelqu’un dit qu’il ne peut pas faire le bien parce qu’il n’en a pas les moyens. Tout comme il peut faire le mal et dévaliser les autres, il peut aussi faire le bien. Voler dans les poches des autres, c’est comme voler dans leurs têtes et leurs cœurs. Si on se permet de mettre la main dans les têtes et les cœurs des autres, cela devrait être pour donner quelque chose de bien de soi et pas pour prendre. Lorsqu’on rentre dans une communauté, c’est pour apporter quelque chose, pas pour prendre. Le Christ est allé au mariage à Cana en Galilée et a apporté quelque chose : il a transformé l’eau en vin, c’est-à-dire, il a transformé la vie ordinaire et amère en vie bonne et sucrée. L’eau que le Christ a transformée en vin était un symbole donné aux mariés pour appliquer le nouvel enseignement dans leur vie. L’eau est porteuse de la vie nouvelle. Vous direz qu’il est impossible de transformer l’eau en vin. C’est impossible pour l’ignorant, mais c’est possible pour le sage. Les choses impossibles recèlent des éléments sur lesquels travaillent uniquement les créatures avancées et supérieures. Pour eux la mort contient les éléments de la résurrection. Qui peut ressusciter ? Celui qui peut mourir. La mort n’est rien d’autre qu’un enfouissement au plus profond de la terre jusqu’aux couches profondes qui purifient et filtrent l’être humain. Il ressort ensuite à un autre endroit comme une source cristalline et entonne le chant de la nouvelle vie. Pour s’entendre et appliquer l’enseignement du Christ, les mariés doivent aussi traverser les couches profondes pour se purifier et ressortir comme deux sources cristallines. Que font les mariés d’aujourd’hui ? Leur première préoccupation est d’aménager leur cuisine et de commencer à faire à manger. Au bout de quelque temps d’une telle vie, cela se gâte. L’entourage dit : « Qu’est-ce qui leur arrive à ces jeunes gens, pourquoi leurs affaires vont-t-elles mal ? » Ils ont commencé par la vie qui fermente. Ainsi, à l’instar du Christ qui a transformé l’eau en bon vin sucré qui ne fermente pas, vous aussi, transformez vos mauvaises pensées et sentiments en quelque chose de bon qui ne fermente pas. Appliquez cette règle non seulement sur vous, mais aussi sur vos enfants. Si vous voyez que les pensées et les sentiments de vos enfants fermentent, mettez-les dans une bassine et cuisez-les une ou deux heures sur le feu divin, c’est-à-dire le feu de l’amour. Vous pouvez appliquer cela même sur les nouveau-nés. Avant qu’ils se manifestent, mettez-les à cuire sur ce feu, une ou deux heures, afin d’acquérir l’immunité pour résister à tous les ferments, intérieurs ou extérieurs. L’amour divin rend les gens résistants. Celui qui est passé par le feu de l’amour divin se distingue par sa résistance morale. Les gens d’aujourd’hui n’ont pas d’idée précise sur l’amour. C’est une puissance positive qui fait des miracles. Elle transforme le caractère humain : le méchant devient bon, le faible - puissant, l’oisif - zélé. Si la femme peut améliorer le caractère de son mari, elle a de l’amour ; le mari fait de même avec sa femme s’il a l’amour en lui. Si les enfants deviennent meilleurs à la maison, c’est que leurs parents ont de l’amour. Si vous voyez que votre enfant s’aigrit, c’est que vous n’avez pas d’amour. Tournez-vous alors vers Dieu, vers le monde intelligent, avouez votre erreur ; l’aigreur de votre enfant est causée par votre propre fermentation, et priez Dieu de vous aider à améliorer votre vie. Vous direz que c’est le principe du repentir. Qu’est-ce que le repentir ? La transformation de l’amer en sucré. Vous direz qu’on ne peut pas vivre sans mal, sans méchanceté, sans amertume. Non, ce n’est pas vrai, ce n’est pas l’ordre naturel des choses. Le mal, les substances amères sont le résultat des impuretés qui fermentent. Chacun doit avoir une pièce secrète dans laquelle s’isoler une heure par jour pour se purifier. C’est pendant cette heure justement que vous serez conviés à la noce. Chez certains peuples, on fête les mariages pendant une journée ; chez d’autres les festivités durent trois jours. Si de nos jours on passait trois journées de festivités pour un mariage, vous diriez que c’est une perte de temps. Les anglais notamment considèrent que trois jours est un laps de temps considérable ; ils disent que le temps est de l’argent, donc s’ils consacraient trois jours à chaque mariage, ils perdraient beaucoup d’argent. Si vous mesurez le temps avec de l’or, vous ne perdez rien, surtout si vous savez comment utiliser cet or. Il est préférable d’avoir beaucoup de vertus plutôt que de l’or qu’on est incapable d’utiliser. L’être vertueux comprend la vie avec justesse et l’emploie intelligemment, le mal n’existe pas pour lui. Le mal n’existe que pour l’ignorant, l’insensé. Si la mère ne permet pas à l’enfant de trop manger, est-ce un mal ? Quelqu’un a cent millions de levas, un autre en a moins ; est-ce que le premier est plus heureux que le second ? Quelqu’un n’est pas content de son apparence ; serait-il plus heureux s’il était beau ? Si la beauté et la blancheur sont liées au bien et à la douceur, elles sont à leur place. Si par contre elles ne rendent pas l’être humain meilleur, il vaut mieux qu’il soit laid. Lorsque nous parlons de blancheur et de noirceur, nous parlons de deux traits positifs dans la vie. Le noir peut être bon ou mauvais, et vice versa, le blanc peut être bon ou mauvais. L’objet blanc peut être peint en noir et passer pour noir ; et l’objet noir peut être peint en blanc et passer pour blanc. Les gens d’aujourd’hui le savent et s’ils veulent s’afficher blancs et purs, ils se mettent un revêtement blanc. Une telle blancheur s’effrite rapidement. Chaque bonté non naturelle est exposée à la fermentation. L’homme doit étudier ses pensées et ses sentiments pour savoir lesquels sont résistants et lesquels ne le sont pas, pour transformer ceux qui sont instables en stables. Comment faire cette transformation ? Par la purification. Du travail est demandé à tout le monde. Travailler sur soi signifie se libérer des pensées et sentiments négatifs, ne pas les écouter, ne pas en être atteint, rester libre quels que soient les propos tenus sur toi. Si quelqu’un dit du mal de toi, ne te vexe pas, mais analyse ces propos comme un chimiste pour découvrir la puissance positive qu’ils recèlent. Extérieurement ils sont peut-être blessants, mais intérieurement ils contiennent un élément précieux qui doit être extrait et utilisé raisonnablement. Si quelqu’un te dit que tu es imparfait, tu te vexes ; que signifie le mot imparfait ? Il est contraire au mot parfait. Comme l’être humain passe par plusieurs états sur Terre, à l’image de la lune, nous disons qu’il se remplit et se vide tous les quatorze jours. Lorsqu’il se remplit, il est parfait. Si donc quelqu’un te dit que tu es imparfait, tu traduiras ces propos en concluant : « Comme je me vide, je suis imparfait. Dans quatorze jours, je commencerai à me remplir, je serai alors parfait. » Dans le processus de la perfection, l’être commence par l’humain et finit par le divin. Si on dit de quelqu’un qu’il est dans la plénitude de la vie, il est alors dans le processus inverse ; il commence par le divin et termine par l’humain. En Bulgare, le mot perfection[1] commence par la lettre c qui symbolise le processus de remplissage et de vidange. La situation de cette lettre représente la lune dans sa phase croissante. Le mot plénitude commence par la lettre n (p) qui symbolise le fruit[2] qui mûrit. La deuxième lettre de ce mot est le ъ qui symbolise la grossesse. Lorsque vous étudiez les mots et les lettres qui les constituent, vous verrez que chaque mot contient en lui certaines lois. Ce qui démontre que les noms que les gens portent ont une signification profonde. « Tu as gardé le bon vin jusqu’à présent. » Lorsque le Christ était au mariage à Cana en Galilée, sa mère s’est tournée vers lui et a dit : « Ils n’ont plus de vin. » Le Christ lui a répondu : « Mon heure n’est pas encore venue. » Vous aussi, vous vous demandez pourquoi le Christ n’a pas donné le bon vin dès le début. Il voulait ainsi montrer que les humains ne sont pas encore prêts pour les nouvelles idées. Même encore aujourd’hui. Combien d’idées lumineuses et sublimes le Christ a exprimées, dont seule une infime partie est appliquée aujourd’hui. La plupart des gens croient qu’ils savent beaucoup, mais si on leur fait faire un travail, on se rend compte qu’ils savent peu ou rien du tout. Ce n’est pas un reproche, j’expose simplement la réalité des faits. Pour acquérir le véritable enseignement solaire, l’homme doit rechercher ce Maître qui peut lui apprendre à transformer le mal en bien et l’amer en sucré. Deux processus s’observent dans l’enseignement solaire : la diffraction de la lumière et la concentration de la lumière. Pour créer toutes les pierres, les plantes, les animaux et les humains, la lumière doit se décomposer en ses éléments constituants. De l’assemblage de ses éléments dépend la stabilité ou l’instabilité des corps ; les corps instables fermentent alors que les corps stables se conservent éternellement. Les couleurs de densité différente modifient également l’état des corps, surtout les corps vivants. Si par exemple vous ajoutez une teinte rouge foncé au vert clair, vous obtiendrez un mélange qui modifiera votre état. Si vous montrez un vêtement teinté en rouge au taureau, cela l’irrite et il se met à vous charger. Les mots que l’on utilise ont des couleurs qui ont une influence sur le système nerveux. Certains mots ont une mauvaise influence sur l’être humain et il se met à fermenter. Sachant cela, ne lui dites pas qu’il est impatient, impur, amoral, etc. Si vous voyez quelqu’un d’impatient, créez des conditions pour transformer son impatience en patience. Si votre mari est impur, donnez-lui la possibilité de se doucher fréquemment, d’enlever les impuretés pour soulager son état. Si l’homme ou la femme sont impurs, ils doivent s’aider mutuellement, se purifier. Bref, n’employez pas de mots qui contiennent la particule négative in. Si vous voyez une action négative quelque part, accourez à l’aide. Si vous employez des mots négatifs pour exprimer les défauts de quelqu’un, vous vous liez à son défaut. L’ordonnateur du mariage a dit au marié : « Tu as gardé le bon vin jusqu’à présent ! » Laisser les bonnes choses pour la fin est l’ordre naturel de la vie. À mon avis la question la plus importante n’est pas de savoir pourquoi le bon vin a été laissé pour la fin. Une autre question importe plus, à savoir : comment l’eau peut se transformer en vin ? La vie humaine est en soi assez compliquée, par conséquent la première tâche de l’homme est de transformer les sentiments amers en sentiments sucrés, les pensées retorses en pensées lumineuses et justes. C’est précisément l’art que le Christ possédait : transformer l’eau en vin. Suivez le Christ, appliquez son enseignement pour acquérir vous aussi son art. C’est cela transformer sa vie en chant et en musique, en joie et en gaîté. Aujourd’hui, tous veulent savoir ce qu’ils deviendront, quel sera l’aboutissement de leur vie. Je me ferai prophète pour répondre à la question qui vous agite. Si vous continuez sur le chemin que vous avez emprunté, dans cent ans tout au plus, vous ne serez que des os, vos pensées et vos désirs se disperseront dans l’espace. À l’entrée dans le monde astral, vous serez dans la situation du fils prodigue ; vous marcherez en haillons et pieds nus, affamés et assoiffés et vous chercherez par tout moyen à revenir sur Terre. La situation du pécheur sur Terre n’est pas enviable, mais elle l’est encore moins dans le monde astral. Il mangeait à sa faim tant qu’il était sur Terre, alors qu’il est condamné à une faim perpétuelle dans le monde astral. Des tables avec des mets délicieux sont dressées devant lui, mais dès qu’il s’en approche, elles s’éloignent. Il court derrière elles, les pourchasse, mais sans les atteindre ; sa faim augmente, mais il ne peut pas l’assouvir. Si quelqu’un a aimé bien s’habiller, il verra dans le monde astral des vitrines richement décorées avec des habits sublimes, mais sans pouvoir en mettre un seul. Par contre la situation du juste sera toute différente : s’il veut manger, les tables avec les mets s’arrêteront toutes seules devant lui ; il mettra les habits qui lui plaisent le plus. Il se promènera librement dans le jardin d’Éden et écoutera les chants des oiseaux du paradis. S’il veut aller au concert, on l’amènera écouter des musiciens renommés ; il assistera de temps à autre aux conférences de professeurs éminents. Lorsque nous parlons des possibilités et des conditions qui existent dans le monde astral, nous avons en tête les désirs humains. Les humains rêvent de ce monde-là. Lorsque le Christ a accompli le miracle à Cana en Galilée, il voulait mettre la lumière sur les possibilités du monde astral, il voulait montrer aux humains les forces que manie le monde intelligent. Pour réaliser le monde astral sur Terre, il faut inviter le Christ, ses disciples et sa mère à la noce. Le Christ représente le principe intelligent qui transforme le mal en bien ; ses disciples représentent les humains et la mère du Christ, le trait d’union entre les mondes spirituel et physique. Le principe intelligent peut changer le monde intérieurement et pas extérieurement ; tout sera comme avant, mais purifié. Il y aura toujours des pères et des mères, mais ils accompliront leur prédestination consciemment et avec amour. Tous les métiers et professions d’aujourd’hui existeront toujours, mais seront exercés avec assiduité et amour. Professeurs, prêtres, prédicateurs, ministres, commerçants travailleront dans la pureté, sans leurre, ni mensonge. Si le tissu que le commerçant vend est un mélange de laine et de coton, il le vendra comme tel et non pas comme de la pure laine. Chaque pensée négative et chaque désir négatif que les gens utilisent sur Terre prennent un contour réel dans le monde astral. C’est pour cela que l’on ne peut pas se libérer de ses œuvres ni ici ni dans l’au-delà. Par conséquent, si une mauvaise pensée vous traverse, dirigez la sagesse vers elle ; si un sentiment mauvais vous étreint, par exemple la haine, dirigez contre elle l’amour ; si enfin vous tombez sur le mensonge, dirigez vers lui la vérité. Dirigez vers le négatif quelque chose de positif pour agir sur lui. Si un malheur vous frappe, pensez au bonheur ; si une maladie vous rend visite, pensez à la santé. Qu’est-ce que je fais avec la maladie ? Si une maladie me rend visite, je ne la chasse pas, mais je l’invite à discuter un peu. Je lui demande où elle va ; elle me dit qu’elle se dirige vers quelque endroit, mais s’est arrêtée chez moi en chemin. Alors je lui donne à manger un peu, et en partant, elle a déjà perdu de sa virulence. Je fais de même avec le mal. Si vous agissez bien avec les maladies, le mal et les souffrances, leur caractère s’adoucira et ils s’affaibliront progressivement jusqu’à perdre leur virulence, et s’en iront. Alors, ils passeront sans tourmenter les humains. Ainsi, si vous voulez faire face à vos difficultés, appliquez le nouvel enseignement solaire, c’est-à-dire l’Enseignement du Christ. Souvent on chante à la gloire du Christ, on le nomme soleil de la vie, mais lorsque viennent les souffrances, tous se mettent à gémir et à crier « ooh », « aah » ! Crier « ooh » est le signe que la roue de votre vie est privée d’axe de rotation. Dites-vous : « Ma roue doit avoir un axe et tourner autour de lui. » Crier « aah » signifie par contre que votre pensée n’est pas pure. Dites-vous : « Ma pensée doit être pure et sainte. » Vous direz que ce sont des évidences. C’est en cela que demeure la philosophie de la vie. Ne dites jamais je ne peux pas. Ce verbe a trois degrés inférieurs et trois degrés supérieurs : je ne peux pas, tu ne peux pas, il ne peut pas sont les degrés inférieurs ; je peux, Seigneur qui es au-dessus de moi, tu peux, l’Esprit peut, sont les degrés supérieurs. Tout comme les poulies vous permettent de descendre des objets lourds, elles vous permettent aussi de hisser des objets lourds. Souvent le mari fait descendre sa femme en lui disant : « Puisque tu es bonne, hisse-toi en haut ! » ; et la femme agit de même envers son mari. Mais ils doivent faire exactement l’inverse, tous deux doivent s’entre-aider pour se hisser en haut. La femme craint de hisser son mari en haut de peur qu’il ne revienne pas. Il y a la même probabilité qu’il ne revienne pas d’en haut que d’en bas. Les hommes ne doivent pas craindre de perdre leurs femmes, les femmes non plus ne doivent pas craindre de perdre leurs maris. L’être humain est homme et femme en même temps ; s’il a un mental et un cœur, il porte en lui l’homme et la femme. Tendez vers les méthodes du Nouvel Enseignement pour résoudre convenablement les problèmes de votre vie. Ne pensez pas que vous pouvez agir comme bon vous semble sans assumer les conséquences de vos actes. Si vous êtes affligés, ne cherchez pas de coupable, mais dites-vous : « Pour le Seigneur, je peux transformer l’amertume en douceur. » Pour le Seigneur la femme peut élever son mari et ses enfants ; et le mari de même. Une femme qui attend de son mari qu’il la nourrisse et l’entretienne ne peut pas l’éduquer. Une mère qui élève ses enfants avec l’idée qu’ils l’entretiendront une fois vieille, ne peut leur insuffler rien de bon. Ces fils et ces filles marcheront sur l’ancien chemin, ils vont détrousser leurs parents sans se préoccuper d’eux. Comme les parents sont étroitement liés à leurs enfants, c’est d’abord eux qui peuvent leur donner un exemple de la vie nouvelle, c’est eux qui doivent d’abord les familiariser avec les grands principes de la vie. S’il y a des désaccords entre un homme et une femme à la maison, leurs enfants seront nécessairement maladifs. Les enfants sont bien portants et bien éduqués lorsque la mère et le père vivent en harmonie et en accord entre eux. S’il n’y a pas d’harmonie entre eux, aucun médecin, aucun pédiatre ne peut venir en aide aux enfants. Appliquez les principes du Christ dans votre vie personnelle, familiale et publique non pas pour vos intérêts matériels et personnels, mais pour améliorer votre vie et celle de vos proches. Si quelqu’un vient me demander comment régler ses affaires et ses finances personnelles, je ne lui donnerai aucun conseil. Mes conseils sont pour ceux qui veulent progresser mentalement et spirituellement et élever leur âme. « Tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. » Faites, vous aussi, du bon vin nouveau, car il est nécessaire pour la vie d’aujourd’hui. Seul le bon vin peut libérer l’homme de la mort. Que représente la mort ? L’asservissement. Donc, la mort, le mal, la souffrance asservissent l’être humain. C’est un grand art de transformer le mal en justice, la souffrance en joie et la mort en vie. Qui n’a pas acquis cet art considère que les hommes sont mauvais. L’homme dit que sa femme est méchante, il veut se libérer d’elle ; la femme dit que son mari est méchant, elle veut se libérer de lui. L’homme pense qu’il va se libérer de sa femme en la quittant ; et la femme pense de même. L’homme se libère de sa femme seulement s’il ne pense pas à une autre femme ; il travaille alors sciemment sur lui-même pour s’élever ; s’il pense à une autre femme, il n’acquiert rien de nouveau. Il doit aussi sortir de lui-même, de sa personnalité et penser à ce qui est sublime. C’est le seul moyen pour lui de comprendre que l’homme n’est pas assujetti à sa femme ni la femme à son mari, et d’accomplir ce à quoi il est destiné. L’être humain est libre, mais l’animal aussi est libre. Les mauvais comportements des humains avec les animaux sont la cause de maladies diverses. Soyez attentifs et bons envers les animaux. Remplissez vos récipients d’eau pure, invitez le Christ, ses disciples et sa mère à assister à votre mariage. Lorsque l’ordonnateur du mariage, c’est-à-dire votre pensée boira du bon vin, alors vous comprendrez le sens du Nouvel Enseignement que le Christ prône depuis deux mille ans. Boire du bon vin vous rend joyeux, gais et puissants. Seul le puissant peut vaincre et surmonter les difficultés. Seul le puissant résistera jusqu’au bout. Il est dit dans les Écritures : « Bienheureux les faibles d’esprit. » Le mot faible ne désigne pas quelqu’un d’inférieur. Le faible est puissant pour le bien et le sublime dans le monde, mais non pour le mal. Je vous souhaite d’appliquer désormais l’art du Christ de transformer l’eau en vin, d’accueillir le Nouvel Enseignement et avec lui la vie nouvelle. Ne vous découragez pas de la vie terrestre car elle vous apporte l’expérience. Depuis des milliers d’années l’être humain descend sur Terre pour accumuler du savoir et de l’expérience. Un jour, lorsque les leçons terrestres s’achèveront, Dieu dira : « Il est temps que mon fils quitte la Terre et revienne à mes côtés. » Le vieux prétend qu’il ne peut pas apprendre. Il n’y a pas de vieux sur Terre. Nous distinguons deux catégories d’êtres humains : les vieux et les sages qui appliquent le bien et les vieux qui servent le mal. Lorsque vous vous regardez dans la glace et vous dites que vous êtes vieux, la raison se cache dans les mauvaises pensées et sentiments qui vous animent. Les pensées et sentiments élevés rajeunissent ; les mauvais pensées et sentiments durcissent et vieillissent ; un tel individu est condamné à mort. Si vous voyez une branche d’arbre dure, c’est qu’elle se dessèche ; tant que les branches sont souples et élastiques, nous disons qu’il y a de la vie en eux. Le Christ est mort, mais trois jours après Il a ressuscité. Par conséquent, si les parents veulent que leurs enfants vivent plus longtemps sur Terre, ils doivent faire régner l’ordre et l’harmonie entre eux. Si vous voulez que vos proches vivent plus longtemps sur Terre, vos rapports avec eux doivent être harmonieux. Le sublime, c’est-à-dire le divin en l’humain, c’est le Christ que nous crucifions à chaque instant. Tant que le Christ est en vous, transformez le noir en blanc, le mal en bien, la perte en gain. Si vous avez une perte aujourd’hui, ne vous découragez pas, mais dites : « Dieu est bon, il me donnera un gain demain. » Lorsque quelqu’un de vos proches meurt, ne soyez pas affligé car il reviendra sur Terre. L’homme meurt pour refleurir de nouveau ; il se ressème pour s’anoblir. Dans tout ce qui se passe autour de vous et en vous, discernez le puissant bras divin qui œuvre partout. « Tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. » Si votre vin fermente, sachez qu’il vient de la Terre. Le bon vin qui ne fermente pas vient du Ciel. Que faut-il faire avec le vin fermenté ? Le faire bouillir. C’est ainsi qu’il faut prêcher aux gens d’aujourd’hui pour qu’ils sachent qu’il y a un vin qui ne fermente jamais. Regardez cette journée : l’horizon est clair à l’est sans le moindre nuage dans le ciel. Ceci montre que tout ce que je vous dis est réalisable. Le Soleil dit : « Ouvrez les fenêtres de votre pensée et de votre cœur et votre vie se transformera. » Aujourd’hui des milliers de personnes meurent sur les champs de bataille pour renaître. Le Nouvel Enseignement prépare de nouvelles conditions pour la venue d’êtres bons, doux et intelligents. Lisez les chapitres 20 et 21 de l’Apocalypse pour voir ce que le Seigneur prépare pour l’humanité. Je prêche à présent aux Bulgares, car Dieu a décidé de les bénir. Tous s’amélioreront, deviendront bons. Tous les prêtres, prédicateurs, professeurs, mères et pères révéleront le bien en eux et parleront un même langage. Le Seigneur dit : « La Bulgarie sera bénie ! Le temps montrera si je dis vrai ou non. Vous serez tous porteurs du nouvel enseignement dans le monde ; Dieu en a décidé ainsi, et ce qu’il a décidé est immuable. Ne vous découragez pas et soyez reconnaissants de ce que Dieu vous a donnés. Chaque année Il vous donnera encore plus. Il vous donnera du vin nouveau qui ne vous enivrera pas. « Qu’adviendra-t-il de la Bulgarie ? » De grands bienfaits se déverseront sur la Bulgarie que tous doivent accueillir de bonne grâce. S’ils ne l’acceptent pas de bonne grâce, ils l’accepteront de force, mais Dieu ne changera pas sa décision. Que font les mères avec les enfants têtus ? Pour leur faire accepter la grâce, le bien qu’elles leur veulent, elles leur donnent une correction. Rentrez maintenant chez vous et apportez partout le Nouvel Enseignement. Lorsque vous n’êtes pas contents de vous, ne dites pas que vous êtes mauvais, mais dites : « J’ai vidé mon cœur pour devenir meilleur ; j’ai vidé ma tête pour y mettre le nouveau et devenir plus intelligent. » Ainsi doit agir celui qui va à un mariage. Il sera habillé avec de nouveaux vêtements propres. Si quelqu’un dit qu’il est vieux, il est sur le chemin du rajeunissement ; si quelqu’un dit qu’il est jeune, il est sur le chemin de la maturité. Dieu a décidé de rajeunir les vieux et de rendre les jeunes bons et intelligents. Ainsi, si quelqu’un vous demande en quoi consiste le Nouvel Enseignement, vous direz : « Le Nouvel Enseignement a pour but de transformer l’eau en bon vin qui ne fermente jamais. » Que signifie le mot vin[3] ? La lettre v signifie l’union de l’âme humaine à Dieu. La lettre i signifie la descente de l’être humain vers les souffrants pour les secourir et se hisser ensuite de nouveau vers Dieu. La lettre n symbolise la réconciliation des contradictions de la vie. La lettre o signifie la mise à profit des conditions divines qui sont déposées en l’être humain. Sofia, 4 août 1918 Traduction par Bojidar Borissov [1] Perfection s’écrit en bulgare : съвършенство [2] Les mots plénitude (пълнота) et fruit (плод) commencent par la même lettre п (p) [3] Vin s’écrit вино en bulgare (vino)
  6. Se dévêtir et se revêtir À vous dépouiller du vieil homme… Et à revêtir l’homme nouveau. Éphésiens 4 :22-24 Se dévêtir et se revêtir représentent de grands processus de développement. La nature elle-même suit ces processus. Celui qui ne s’y conforme pas s’expose aux souffrances. Qu’arrive-t-il aux plantes à l’automne ? Elles se dépouillent progressivement de leurs anciens habits ; le gel brûle les feuilles et elles tombent peu à peu. Les vents dénudent les branches, emportent les feuilles jusqu’à ce que l’arbre quitte entièrement son ancien vêtement. Au printemps, les arbres se couvrent de nouvelles feuilles, de nouvelles branches poussent, des fleurs apparaissent, l’arbre se pare d’un nouveau vêtement. Vous direz que c’est quelque chose d’ordinaire. Se dévêtir et se revêtir n’est pas anodin. À l’église, on assiste aux mêmes processus : le prêtre vient du dehors vêtu de son vêtement ordinaire, puis il se change avant d’aller à l’autel, et il devient un homme nouveau : il se libère des vieilles feuilles et en revêt de nouvelles. Ce serait bien que le prêtre n’enlève plus ces nouveaux vêtements ; s’il est devenu un homme nouveau, qu’il le reste. C’est ce que tous font : ils mettent leurs nouveaux habits une heure ou deux dans la journée, puis ils passent les autres vingt-deux à vingt-trois heures dans leurs anciens habits. Ils se demandent ensuite pourquoi leurs affaires vont mal. Simplement parce que vos affaires ne peuvent pas s’arranger tant que vous portez vos anciens habits. Qu’apportera un vieux vêtement, imbibé de sueur, de saleté et de poussière ? Si tu t’habilles avec un nouvel habit, ton âme se réjouira. Que font les jeunes gens quand ils se marient ? Ils changent leurs vieux habits pour de nouveaux. Quiconque les voit se réjouit de leurs tenues et dit : « Ce sont deux fiancés. » Ils commencent bien, mais ne résistent pas jusqu’au bout. Pourquoi ? En rentrant chez eux, ils se changent et remettent les vieux habits, puis ils se demandent pourquoi leurs affaires vont mal. Vous aussi, maintenant, vous portez de nouveaux vêtements, mais lorsque vous rentrerez chez vous, vous remettrez vos anciens vêtements. Paul dit : « Dépouillez-vous du vieil homme ! » Donc, l’abandon des anciens habits au profit des nouveaux symbolise la nouvelle vie à laquelle l’être humain aspire. Par conséquent, si vous vous habillez avec de nouveaux vêtements, ne revenez plus aux anciens. Qu’est-ce que le vieil homme en réalité ? Ce sont les vieilles pensées, les vieux sentiments et désirs, les vieilles habitudes, les vieux habits dont nous portons les empreintes jusqu’à aujourd’hui. Toutes les souffrances physiques, affectives et mentales, toutes les privations ne sont-elles pas le résultat du vieil homme, de ce qui est ancien ? Malgré cela on entend dire : « Accrochons-nous à l’ancien ! » Où cela est-il écrit ? Paul dit : « Revêtez l’homme nouveau ! » Lorsqu’ils entendent le mot nouveau ou nouvel enseignement, beaucoup disent : « Il est dangereux le nouvel enseignement. » C’est l’ancien qui est dangereux. En réalité le nouvel enseignement propose aux gens des choses très simples et de bon sens : s’habiller avec de nouveaux vêtements, chausser de nouvelles chaussures et devenir un homme nouveau. Qui ne le souhaite pas ? Vous direz : « D’où viendra le nouveau ? Il faut des moyens et de l’argent pour cela, qui nous les fournira ? » Commencez par l’invisible et allez peu à peu vers le visible. Si tous les matins au réveil vous enlevez les anciens habits de votre pensée et de votre cœur, et que vous en mettez de nouveaux, vous vous renouvellerez et deviendrez un homme nouveau. L’homme se réveille contrarié, mécontent. Pourquoi ? Il n’a pas enlevé les anciens habits. Ne te fâche pas contre ton mari, mais donne-lui de l’eau fraîche pour se laver les pieds, ouvre la fenêtre pour respirer de l’air frais, donne-lui de nouveaux vêtements pour s’habiller et vois ensuite s’il n’est pas content. Chaque femme qui ouvre l’armoire divine pour donner de nouveaux habits à son mari est bonne. Se revêtir ainsi a une portée psychique. Celui qui ne sait pas se vêtir d’un nouvel habit psychique sera toujours mécontent et vindicatif. Combien de femmes se plaignent de leurs maris et combien de maris se plaignent de leurs femmes sous le prétexte que ceux-ci ne savent pas se parer de nouveaux habits. Si le mari n’excelle pas dans cet art, que la femme l’habille ; si la femme n’excelle pas dans cet art, que son mari l’habille. Habille ta femme tous les matins d’un vêtement neuf et elle sera bonne ; habille ton mari tous les matins d’un vêtement neuf et il sera bon. La femme a préparé un plat qui ne plaît pas à son mari : il se fâche, se met en colère, mais cela la fâche aussi et en fin de compte le mécontentement est général. Pourquoi ne pas examiner le goût et le caractère de son mari et préparer un repas qu’il aime ? Avant que le mari ne rentre du travail, la femme doit aérer les chambres et prier avec les enfants. Lorsque le mari rentrera et trouvera les chambres propres et aérées, les enfants doux et calmes, il s’habillera d’un habit neuf et sera content. Que fait la femme aujourd’hui ? Elle voit son mari en colère, et c’est alors qu’elle aère les chambres, puis calme les enfants. Dans cette situation, l’homme n’a aucune envie de s’habiller d’un vêtement neuf. Un jeune homme devait voyager d’un village à un autre. Le chemin traversait une forêt sombre. Voyant qu’il s’apprêtait à partir sur cette route, sa grand-mère lui a dit : « Mon fils, laisse-moi te jeter un sort : si jamais un ours te croise, qu’il ne te mange pas. – Grand-mère, il vaut mieux me jeter un sort pour m’éviter de croiser un ours ! » a répondu son petit-fils en souriant. Que doit faire la femme pour avoir la paix et la tranquillité à la maison ? Lorsque son mari rentre du travail, elle doit lui laver les pieds, lui donner des habits neufs pour s’habiller, et ils doivent se mettre tous deux à table pour prendre leur repas ; voici comment faisaient les femmes autrefois. Si on conservait cette habitude à notre époque, cinquante pour cent des malentendus domestiques seraient évités. La femme considère humiliant de laver les pieds de son mari et de lui donner de nouveau vêtements pour s’habiller. Elle dit : « Est-il juste de m’occuper de mon mari comme d’un enfant ? Il peut se débrouiller tout seul. » Est-il juste que la femme donne de vieux habits à son mari et que tous deux se querellent constamment ? Si j’étais à la place de la femme, je préférerais enlever les vieux habits de mon mari, lui en mettre de nouveaux, lui laver les pieds, plutôt que de me quereller avec lui et de le laisser dans ses anciens habits. Enlevez vos anciens vêtements et mettez-en de nouveaux ! Une femme viendra se plaindre de son mari car il regarde les autres femmes ; ils se fâchent et se disputent. Pour éviter cela il faut lui enlever ses anciens habits. Tu lui laisses les anciens habits, et contrarié de sa situation, il cherche des raisons pour se quereller. Habille-le dans un habit neuf, dans l’habit de l’amour et ne songe pas à mal. Puisque l’être humain a un cœur, il a aussi de l’amour. Parfois ses chaussures sont trop serrées et il se déplace avec difficulté. Qu’ont fait les chinois avec leurs enfants ? Ils ont estropié leurs pieds. Comme ils servent leur vieille culture, ils chaussent leurs filles avec de petites chaussures très serrées sous prétexte qu’il est élégant pour une femme d’avoir un petit pied. En réalité, les motivations sont toutes autres. En estropiant les pieds de la femme, ils veulent la retenir à la maison, l’empêcher de sortir dans la rue. Mais la chinoise s’est habituée à ses petits pieds et se déplace librement et va où elle le souhaite. Les gens doivent avoir de nouveaux vêtements, de nouvelles chaussures larges et confortables. Si vous affrontez des difficultés et des souffrances, sachez que ce sont les anciens habits et les anciennes chaussures trop serrées. Les anciens vêtements sont imbibés de poison. Lorsqu’il pèche, l’homme remet l’ancien vêtement, imbibé d’impuretés et de poison. Enlevez l’ancien habit et mettez le nouveau qui porte en lui tous les éléments de pureté et de santé. Le vêtement neuf apporte à l’homme joie et gaîté. Le matin au réveil, mettez l’habit de l’espérance, de la foi, de l’amour, de la vérité, de la miséricorde, mettez le vêtement qui vous est nécessaire pour l’occasion. Chaque vêtement qui porte une certaine vertu est propre, neuf, sain. En vous levant le matin, pensez à ce qui est noble et élevé, au travail des grands hommes : musiciens, peintres, écrivains et poètes. L’homme est mécontent car sa femme a brûlé le repas ; la femme est mécontente car son mari ne lui a pas rapporté suffisamment de viande et de légumes pour faire un bon repas. Laissez de côté les casseroles avec le repas brûlé, jetez les oignons trop cuits, l’huile, et aussi votre mécontentement avec eux. Soyez reconnaissants du peu que vous avez. Il est préférable que l’homme reste affamé trois jours de suite plutôt que de garder en lui le mécontentement dû à la pénurie de viande, de pain et de légumes. Aujourd’hui, tous, professeurs, instructeurs, magistrats, prêtres cultivent le mécontentement pour un plat brûlé ; le commerçant est quant à lui mécontent de ses mauvaises affaires. Débarrassez-vous du mécontentement, débarrassez-vous des casseroles et du commerce ! L’homme n’est pas venu sur Terre pour être cuisinier ou commerçant, ce sont des métiers temporaires pour subsister. Le prêtre comme le professeur sont mécontents de leurs affaires. Ne vous inquiétez pas, tout ira bien, personne n’est venu sur Terre pour être curé ou professeur, ce sont des occupations temporaires. Que signifie le mot pope[1] ? Père. Il y a un Père dans le monde, le Seigneur. Tous les humains sont des frères. Par conséquent, quand tu rencontreras un homme, tu sauras qu’il est ton frère et que Dieu est le Père de tous. Enlevez vos vieux vêtements et mettez les nouveaux. Le nouveau vêtement, c’est l’amour. Si tu mets ce vêtement, tu diras que tu aimes tout le monde. Si tu dis cela une fois, tu résisteras. Ne vous retrouvez pas dans la situation de ce chinois qui a voulu être généreux, mais qui a fini par chasser une mendiante, venue le voir quinze fois d’affilée. Il a fini par dire : « Je n’en peux plus d’être généreux. » Celui qui se dit incapable de faire ceci ou cela est disciple de l’ancien enseignement. Le disciple du nouvel enseignement dit toujours je peux. Quand tu dis je ne peux pas, tu affaiblis Dieu en toi, si tu dis je peux, tu Lui donnes la force de se manifester. Les vieux habits ont été jadis à leur place, mais aujourd’hui, ils sont serrés et inconfortables. Les petits vêtements vont aux petits enfants, mais si vous les leur remettez dix ans plus tard, vous leur ferez mal. Libérez-vous des anciennes formes qui ne vous conviennent plus à présent. Chaque pensée, chaque sentiment, chaque désir qui vous incommode doit être rejeté ou bien donné à d’autres à qui ils conviendront. Lorsque vous rentrerez à la maison, ouvrez vos armoires et distribuez vos vieux vêtements à ceux qui ne les ont pas encore portés. Si quelqu’un est volontaire pour les récupérer, donnez-les-lui ; sinon, jetez-les ou brûlez-les. Sortez vos nouveaux vêtements, habillez-vous avec eux et dites : « Je mets désormais un vêtement neuf, le vêtement du Christ ». C’est ce que le nouvel enseignement exige de tous. Ce vêtement neuf est appelé le vêtement de l’amour. Il se renouvelle sans cesse ; si vous l’enlevez, vous en remettez un neuf comme le serpent qui enlève sa peau et la remplace par une autre. Ainsi, si quelqu’un se dit contrarié et indisposé, c’est que son vêtement est vieux. Il enlèvera son ancien habit et mettra celui de la foi. S’il est en colère, il mettra celui de la paix. Peut-on se changer aussi facilement ? Oui, on le peut. Comme vous enlevez ou remettez une chemise, vous pouvez aussi vous habiller dans les habits de l’amour, de la sagesse, de la vérité, de la foi, de l’espoir, de la paix, etc. La femme met son chemisier d’en haut vers le bas, elle accueille donc les idées de haut en bas ; l’homme met son pantalon de bas en haut, comme il accueille les idées, de bas en haut. Le pantalon est serré en bas, plus large en haut ; ainsi l’homme se prémunit des mauvaises choses qui tentent de passer du monde inférieur vers le monde supérieur. Mais voici qu’une nouvelle mode semble nous arriver ici : insatisfaits des pantalons serrés en bas, les hommes se sont mis à porter des pantalons plus larges en bas. Enlevez vos vieux habits, faits selon la mode, et mettez des vêtements neufs, blancs et propres. La couleur blanche est celle du bien. Aspirez à cette couleur blanche pour vous relier au bien. Où que vous voyiez une couleur blanche, celle d’une fleur, d’une maison crépie en blanc, rattachez-la au bien ; vous passerez ainsi du visible à l’invisible. En voyant une fleur blanche, arrêtez-vous devant elle pour dire : « Je veux être blanc, vertueux et pur comme cette fleur. » Pensez souvent à la couleur blanche, au bien et à la pureté pour vous habiller dans un nouveau vêtement : le vêtement de l’homme nouveau. C’est une méthode simple qui peut vous aider. Si tu es mécontent ou indisposé, pense au bien, tu enlèveras ainsi ton ancien habit et tu en mettras un neuf. Tous les parents savent cela. Si leur enfant fait face à une maladie plusieurs mois durant, la première chose après sa guérison consiste à le baigner et à l’habiller avec des vêtements neufs ; on jette ou on brûle les anciens vêtements qu’il portait pendant sa maladie. En sachant que les anciens habits sont imbibés de microbes et d’infections, de mauvaises pensées et de mauvais sentiments, d’états négatifs, jetez-les ou brûlez-les, mais ne les donnez jamais aux pauvres. Si vous voulez donner quelque chose au pauvre, donnez-lui de vos habits neufs. Quelqu’un distribue ses anciens habits et pense faire le bien ; il s’est libéré de son fardeau, mais il l’a mis sur le dos d’un autre ! Il s’est donc fait du bien à lui-même et non pas au pauvre. Si vous voulez vous libérer de vos anciens habits, demandez à celui à qui vous les donnez s’il est prêt à porter votre fardeau. S’il l’accepte de son plein gré, remerciez-le pour le bien qu’il vous fait. Rappelez-vous : l’ancien n’est pas utile et bénéfique pour les humains. Il est précieux uniquement dans la nature : elle le met comme engrais aux racines des arbres. Celles-ci l’absorbent, extraient les sucs nécessaires dont sortiront bientôt de nouvelles feuilles, de nouveaux rameaux et boutons, des fleurs et des fruits. Seule la nature maîtrise l’art de transformer l’ancien en nouveau. Il est dit dans les Écritures : « Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. » Vous direz que ce verset s’applique à tous les chrétiens car ils aiment Dieu. Combien de temps L’aiment-ils ? Une ou deux heures, tout au plus, tant qu’ils sont à l’église, vêtus de blanc et de neuf ; les vingt-deux ou vingt-trois heures restantes, ils sont dans leurs anciens habits. Lorsque vous examinerez le rapport 1 sur 23, vous comprendrez combien de temps vous êtes de vrais chrétiens. Lorsque je parle de l’église, du temple, j’ai en tête cet état d’esprit sublime de l’âme humaine dans lequel l’homme est prêt à manifester le bien, la miséricorde et l’amour. Lorsque j’examine les pensées humaines, je vois les vieux vêtements qui les habillent et je sais que ces pensées n’aideront pas. La femme pense que son mari est énervé, colérique et méchant ; l’homme pense la même chose à propos de sa femme. Je dis aux deux : cessez de vous plaindre l’un de l’autre, mais posez-vous la question de savoir de quelle femme et de quel homme vous êtes mécontents : du vieux ou du nouveau. Chaque femme a deux maris, un vieux et un nouveau ; chaque homme a deux femmes, une vieille et une nouvelle. De qui vous plaignez-vous ? De l’ancien mari et de l’ancienne femme ou du nouveau mari et de la nouvelle femme ? Le mot femme[2] vient de зео (zeo), la vie. La méchante femme vient de l’ancienne vie, mauvaise et dépravée. Lorsque la pensée s’unit à la vie, l’homme nait. Donc l’homme et la femme s’unissent pour se développer. Selon le même principe, si le grain de blé n’est pas planté en Terre, rien de neuf ne sera acquis. Lorsque quelqu’un demande pourquoi les gens se marient, je dis : le mariage est nécessaire pour que l’homme et la femme se développent, pour acquérir de nouvelles qualités et étudier les lois divines. Peut-on le faire sans mariage ? On ne le peut pas sans mariage au sens large, c’est-à-dire sans développement sur Terre. En venant sur Terre l’être humain s’est déjà marié, son esprit s’est uni à la chair. L’esprit est marié avec la chair. Celui qui ne veut pas se marier ne doit pas venir sur terre. Le mariage doit se dérouler correctement pour engendrer des bienfaits, des œuvres sublimes et vertueuses. Le monde a besoin de bienfaits, de grandes œuvres. Que voyons-nous aujourd’hui ? Le monde est rempli d’enfants de l’ancien, du désamour. Et après ils se plaignent tous de leurs enfants en disant : « Il ne faut pas se marier. » Lorsqu’Il a créé l’être humain, Dieu l’a créé de genre masculin et de genre féminin. Les mots masculin et féminin désignent l’amour et l’affection. L’homme représente l’amour, la femme, l’affection. L’homme qui n’a pas d’amour n’est pas un vrai homme ; la femme qui n’a pas d’affection n’est pas une vraie femme. C’est une grande vérité qui me concerne autant que vous. L’homme doit être vêtu d’un habit neuf, celui de l’amour, et la femme – vêtue de celui de l’affection. Voilà pourquoi, lorsque des hommes et des femmes viennent auprès de moi pour se plaindre les uns des autres, je suis parfois doux et compréhensif à leur égard et parfois inflexible. Lorsque je me montre sévère, je veux ainsi leur suggérer d’enlever leurs vieux vêtements sales et d’en mettre des neufs : que l’homme mette l’habit de l’amour et la femme, celui de l’affection. Lorsque je suis doux et compréhensif, je manifeste la patience divine et je me dis : « Puisque Dieu est patient envers les humains, je dois aussi me montrer patient. » Dieu est amour à mon égard, je suis affection à Son égard. Je dois par conséquent laisser l’amour divin se manifester à travers moi. Ce n’est qu’ainsi que ma pensée peut être claire et mon esprit puissant et serein. Commencez dès aujourd’hui à enlever les vieux habits et à retirer les vieilles chaussures pour les jeter dehors. Qu’a fait Moïse devant le buisson ardent ? Il s’est déchaussé car il a entendu une voix lui dire : « Ôte tes sandales de tes pieds car le lieu où tu te tiens est une terre sacrée. » Dieu lui a dit alors d’autres choses qui ne sont pas mentionnés dans l’Ancien Testament. « Retire tes sandales » a dit Dieu à Moïse. Le mot sandale est pris au sens large. L’homme porte des sandales non seulement aux pieds, mais aussi aux mains, à la pensée, au cœur. C’est pourquoi l’homme doit retirer les sandales de ses pieds, de ses mains, de sa pensée et de son cœur. Il y a des sandales aux pieds qui serrent et on peine à marcher avec elles, mais il y a aussi des sandales pour la pensée qui le serrent également et l’empêchent de penser librement. Vous entendez quelqu’un dire que son crédo est le meilleur, le plus juste ; penser ainsi témoigne d’un discernement limité et borné, c’est-à-dire enfermé dans des sandales serrées. Le véritable crédo est unique, le juste crédo est unique ; tous les autres sont des parodies, des caricatures de l’image unique et authentique. La religion juste et authentique est unique, c’est la religion de l’amour, celle du contenu et du sens intime des choses. Elle détermine les liens qui doivent exister dans la famille entre le mari et la femme, entre le frère et la sœur. La véritable religion est unique, c’est-à-dire l’Arbre de la Vie est unique, mais il a de nombreuses branches. Pour connaître la nouvelle religion, vous devez mettre vos nouveaux habits comme le prêtre met une nouvelle tenue pour aller officier. Pourquoi ne pas être comme un prêtre habillé dans sa nouvelle tenue ? Lorsqu’il se marie, l’homme devient prêtre ; sa femme l’a ordonné prêtre. Lorsqu’un enfant nait, l’homme devient pope, c’est-à-dire père. En ce sens, chaque être humain peut être père et mère, mettre sa nouvelle tenue pour servir le renouveau. Ordonner ton mari prêtre, c’est lui enfanter quelque chose de noble et de sublime. Je souhaiterais que chaque femme ordonne son mari prêtre en lui donnant un enfant noble, vêtu d’une nouvelle tenue. Lorsqu’elle enfante, la femme doit acquérir des qualités supérieures qu’elle transmet également à son mari, ce qui signifie pour les deux de s’habiller dans des vêtements propres et neufs. Si la femme enceinte est mécontente de sa grossesse et regrette de souffrir, elle est encore habillée de ses vieux vêtements, elle sert l’ancien. La femme enceinte doit remercier Dieu de l’habiller dans un nouveau vêtement. Le mari, les frères et les sœurs doivent aussi la remercier. Est-ce que les gens d’aujourd’hui agissent de la sorte ? La plupart sont mécontents de l’arrivée de l’enfant, ils voient en lui une source d’anxiété, de dépenses et de difficulté. Ce sont de vieilles idées mercantiles. À bas les vieilles idées ! Elles sont dépassées et sans aucune valeur aujourd’hui. « Se vêtir, et se dévêtir. » Lorsque nous parlons de se vêtir et se dévêtir, ceci peut concerner les anciens et les nouveaux habits. Au sens strict, s’habiller dans du neuf n’est pas possible tant que le Christ ne s’incarne pas dans l’être humain. En réalité, c’est le Christ, le principe primordial, le commencement divin dans l’être humain qui s’habille de neuf, et non pas l’humain lui-même, habillé de chair. La chair est l’ancien vêtement, l’esprit, le nouveau. La chair prépare le nouveau vêtement, mais ne peut pas le revêtir tant que l’esprit, le commencement divin, le Christ, ne vient pas s’y incarner. De même, la femme enceinte prépare les langes, les habits du bébé, mais ne peut pas les utiliser tant qu’il n’est pas né, tant qu’il n’est pas sorti. On ne peut pas être beau tant qu’on n’enfante pas une idée grandiose. On peut peindre un beau tableau, sculpter une belle statue, écrire une œuvre grandiose et précieuse uniquement lorsque l’Esprit a participé à ce travail. Combien d’années sont passées depuis que le Saint Évangile a été écrit ? Deux mille ans bientôt. Ceux qui ont contribué à son écriture y travaillent encore aujourd’hui. Voilà pourquoi, lorsque vous lisez l’Évangile, vous vous liez à ceux qui ont travaillé et qui travaillent encore sur Lui. « Dans ce cas, pouvons-nous nous lier au Christ ? » Puisque vous pensez à lui, vous pouvez vous lier à lui. Si vous avez accueilli chez vous l’affamé, l’assoiffé, le souffrant pour le restaurer et le consoler, pensera-t-il à vous ? Il y pensera sans aucun doute. Si vous l’avez chassé, sermonné et insulté, il se rappellera toujours de vous. L’être humain peut donc se souvenir et se rappeler de vous dans deux situations : si vous l’avez nourri et logé convenablement et si vous l’avez chassé et insulté. Beaucoup cherchent le Christ, débattent à son sujet, mais ils ne sont pas contents de leur vie, de Dieu. Ils veulent avoir plus de richesses et de bienfaits que ce qu’ils ont. Lorsqu’ils s’insurgent et se plaignent, ils sont habillés dans leurs vieux habits ; on ne donne pas de nouvelles tenues à de telles personnes. Pour s’habiller dans le nouveau, ils doivent enlever les vieux vêtements et bien se laver. Ce qui signifie d’accueillir avec joie l’enseignement du Christ et être prêts à aider les pauvres, les malheureux et les souffrants. Ils veulent d’abord être riches et ensuite aider les pauvres et les malheureux ; mais ne sont-ils pas déjà riches aujourd’hui ? Quel que soit le jour et l’heure où une pensée lumineuse vous éclaire, un sentiment ou un désir d’aider les faibles et les misérables vous rend visite, la bénédiction se déversera sur vous. Ouvrez vos cœurs pour que l’eau vive s’écoule et désaltère les voyageurs accablés et souffrants. Que signifie pour l’homme et la femme de s’habiller dans des vêtements neufs ? Lorsque l’homme rentre en colère de son travail, la femme ne doit pas se renfrogner, mais appliquer le nouvel enseignement et transformer son état. Comment appliquer le nouvel enseignement ? Avant que l’homme ne rentre du travail, elle doit nettoyer et laver la pièce, l’aérer et mettre trois vases sur la table : l’un avec une fleur blanche, le deuxième avec une fleur bleue, le troisième avec une fleur rose. Tant qu’il ne rentre pas du travail, les enfants ne doivent pas entrer dans la pièce. Elle doit prier Dieu que son mari accepte les bienfaits que les fleurs portent en elles. En le voyant arriver, elle doit l’accueillir et lui proposer de lui laver les pieds. En lui lavant les pieds, elle doit lui rappeler que sa propre mère a jadis fait la même chose, et lui donner ensuite de l’eau pour se laver les mains et le visage. C’est cela s’habiller dans une tenue neuve. Habiller quelqu’un dans une tenue neuve est simple et facile. Mettre un vêtement neuf est une formule simple mais efficace. Aujourd’hui la femme s’angoisse avec certaines pensées, l’homme aussi, ce qui fait que tous les deux sont encore habillés de vieux vêtements. De quoi s’inquiète la femme ? De ce que l’homme regarde les autres femmes. La crainte ne provient pas du fait qu’il regarde une autre femme, mais du mensonge : il regarde sa femme d’un œil et une autre avec l’autre œil. Pourquoi ne pas regarder des deux yeux et dire à sa femme : « J’ai vu une de tes sœurs ; il y a quelque chose de beau en elle qui me plaît. » Aujourd’hui, les hommes et les femmes se mentent mutuellement, cachent la vérité, puis se disputent. Ce n’est pas être chrétien. Quelle bénédiction peuvent attendre les hommes et les femmes s’ils se trompent, s’ils rusent à qui mieux-mieux ? Si l’homme dit la vérité, la femme ne doutera pas de lui, elle saura que l’homme regarde d’autres femmes, mais sans mauvaises intentions. Trois hommes et trois femmes vivent dans l’être humain : les premiers sont des enfants qui ne comprennent pas et ne savent pas ; les seconds savent ce qu’est le bien et comment l’appliquer ; les troisièmes ont une origine divine et demeurent auprès de Dieu. C’est ainsi que je connais les gens, c’est ainsi que vous devez les connaître aussi. C’est cela revêtir l’homme nouveau. L’ancien vêtement représente la vie terrestre et le nouveau, la vie céleste. Rentrez chez vous et mettez l’habit nouveau de la vie céleste. Quel que soit le nombre de fois où vous péchez, sachez que vous accomplirez toujours la volonté divine. « Je suis un grand pécheur. » Même pécheur, tu peux toujours accomplir la volonté divine, cela dépend de toi, de ton bon vouloir et de la force de ta volonté. Quelqu’un peut être juste, mais ne pas désirer accomplir la volonté de Dieu. Il vaut mieux être pécheur, mais accomplir la volonté divine, plutôt que d’être juste et ne pas être prêt à accomplir la volonté de ton Père. Certains m’écoutent, mais ils sourient intérieurement. Pourquoi ? Ils sont réticents et ne croient pas que le pécheur puisse accomplir la volonté de son Père. Sarah aussi a souri avec incrédulité lorsque le Seigneur lui a annoncé qu’elle enfanterait un fils. Il lui a demandé la raison de son sourire, mais elle a caché la vérité et a prétendu ne pas avoir souri. Ce qui est impossible à l’homme est possible à Dieu. Mettez vos nouveaux vêtements et ne pensez pas aux conséquences. Ouvrez le robinet et l’eau commencera à couler. Soyez fidèles aux processus qui régissent l’habillement et le déshabillement. Si tu es tombé quelque part et que tu t’es sali, rentre chez toi, enlève l’ancien habit qui n’est plus propre, et mets-en un nouveau. Il ne suffit pas de prendre conscience de son péché, encore faut-il mettre un habit neuf. Si aujourd’hui tu as commis une erreur, dis-toi : « Demain, je mettrai un habit neuf », c’est-à-dire je ferai quelque chose de bien. Par le mot demain, je désigne l’instant du lever du soleil. Le bien, la vertu croissent au lever du soleil et pendant la journée, alors que le chagrin croît le soir, au moment du coucher du soleil. Appliquez l’idée de se vêtir et se dévêtir pour que le bien progresse en vous. Enlevez l’ancien habit de votre mental et de votre cœur et mettez-en un neuf. Pensez toujours à vous vêtir de vêtements neufs tant que cette pensée ne s’est pas réalisée. Le peintre esquisse progressivement son idée sur la toile, jusqu’à la réaliser complètement. Mettre un vêtement neuf signifie trouver le sens grandiose de la vie. Celui qui s’accroche à ses vieux vêtements signe lui-même sa condamnation à mort. Il a bu et mangé toute sa vie sans avoir aucune pensée nouvelle. Le soir, au coucher, mettez une chemise neuve et propre pour vous réveiller le lendemain frais et en bonne condition. Ce qui signifie : le soir, enlevez le vieil habit sale, couvert de poussière et d’impureté à cause de votre labeur quotidien, mettez le nouvel habit et présentez-vous ainsi auprès de Dieu. Avant de s’endormir, l’être humain doit avoir liquidé l’ancien pour accueillir le nouveau et continuer son travail le lendemain. Si votre corps est pur, votre cœur et votre esprit seront purs aussi. Avant de vous coucher, lavez-vous, habillez-vous d’un vêtement neuf et propre ; entourez-vous de l’amour, de la foi et de l’espérance, de la patience et de la beauté, et présentez-vous ainsi au Seigneur. Au réveil, le matin, vous serez gais et joyeux. Si vous n’agissez pas de la sorte, vous vous disputerez le soir et au petit matin vous serez mécontents du manque de beurre et de viande, du peu de pain, de la pénurie de vêtements et de chaussures pour les enfants, etc. Que doit-on faire pour arranger ses affaires ? On doit enlever les anciens habits et mettre des habits neufs ; c’est cela le nouvel enseignement. En observant les visages des gens d’aujourd’hui, on y lit les insuccès, les chagrins, les épreuves qu’ils traversent. Pour se libérer des tourments et des souffrances, ils doivent appliquer la nouvelle idée : enlever les anciens habits et en mettre de nouveaux. À l’avenir, cette idée gagnera les écoles. Si quelqu’un est malade, qu’il imagine que la maladie descend jusqu’à sortir de lui ; lorsque vous vous libérerez d’elle, maintenez l’idée que vous êtes frais et bien portants ; il en sera comme vous le pensez. Aux Etats-Unis, une femme avait été souffrante durant douze ans, elle a consulté tous les médecins connus, elle a donné toute sa fortune pour des médicaments sans que rien puisse l’aider. Elle a lu un jour dans un livre quelque chose sur l’idée de se vêtir et se dévêtir et a décidé d’enlever les anciens vêtements pour en mettre de nouveaux. Elle a examiné ses anciens coffres et a jeté tout ce qui était vieux. En s’habillant avec ses vêtements nouveaux, elle s’est instantanément sentie mieux. Son état s’est amélioré jour après jour et elle a bientôt été guérie complètement. Que font la plupart des gens religieux ? Ils parlent du Christ, des nouvelles idées : ils font du bruit ! On entend de loin qu’un religieux a fini de couver quelque chose, c’est-à-dire qu’il a fait un sermon. L’œuf est couvé, le poussin est né, mais que vaut ce poussin, seul l’avenir le montrera. C’est bien d’écouter ce qu’on nous dit, mais c’est encore mieux d’appliquer le bien que l’on entend. Si l’essai ne donne rien, qu’on réessaie ; il faut persévérer jusqu’à ce que l’essai soit fructueux. Quelqu’un de plus fort que vous viendra vous tenter, ne vous découragez pas. Vous passerez par des doutes et des tentations, mais ne renoncez pas à essayer encore. Quand vous essayez quelque chose, soyez seul dans votre chambre. C’est ainsi qu’agissait le Christ : lorsqu’il voulait guérir un malade, il mettait ses proches dehors pour être seul avec lui. Vous direz que pour croire en Dieu vous demandez à être témoin d’un miracle. Les gens d’aujourd’hui croient même sans miracles. Ils sont si croyants que leurs croyances frisent la superstition. Il suffit ce soir de lancer une nouvelle pour qu’elle se propage telle une traînée de poudre dans le monde entier. Les gens ne manquent pas de foi et encore moins de croyances et de superstitions. Lorsque le Christ est venu jadis sur Terre, Il a apporté une graine qui représentait le nouvel enseignement ; il l’a appelée amour. Il a donné cette graine aux juifs en disant : « Je vous donne cette graine, gardez-la et ne la perdez pas. Elle fera de vous un peuple puissant. » Au début, ils ont cru à la force que la graine cachait et ils ont commencé à en parler à tout le monde. Elle s’est ainsi transmise de main en main, d’un peuple à l’autre, jusqu’à ce que les juifs la perdent. La perte de la graine n’est rien d’autre que l’oubli ; les juifs ont oublié son existence. Ils ont perdu la foi dans sa force, ils ont perdu la patience d’attendre qu’elle se manifeste et ils ont conclu que c’était une graine ordinaire. Vous direz que le monde est devenu incroyant ; non, le monde n’est pas incroyant, mais la graine s’est éloignée de l’être humain et continue de faire le tour de tous les peuples. Aujourd’hui, le Christ revient sur Terre et apporte la même graine dans sa main, mais il ne la confie à personne, il la plante lui-même dans les jardins des hommes pour qu’elle donne des fruits juteux et savoureux. Gardez soigneusement ces fruits pour pouvoir conserver leurs graines. Gardez les graines ainsi obtenues pour ne pas les perdre de nouveau. Beaucoup croient en Dieu, mais, en fin de compte, ils souhaitent être témoins d’un miracle pour renforcer leur foi. Frères, vous avez perdu le chemin que la graine a emprunté. Revenez en arrière pour la retrouver et la replanter non pas dans la terre comme avant, mais dans vos cœurs. Là, elle se développera bien pour donner des fruits sucrés qui ouvriront vos yeux. Ève aussi a mangé les fruits de cette graine ; ses yeux se sont ouverts et elle a regardé, non pas en direction du véritable amour, mais à l’opposé. Si nos contemporains mangent des fruits de cette graine, leurs yeux s’ouvriront de nouveau et ils regarderont. L’homme dira à sa femme : « Vite, habillons-nous des habits neufs et propres de l’amour et présentons-nous ainsi devant le Seigneur. » Faut-il que les gens se demandent maintenant les uns les autres : « Est-ce que tu m’aimes et combien m’aimes-tu ? » Quel être humain dont le cœur est rempli de foi, d’espérance, d’amour, de paix et de docilité n’est pas aimé ? « Dépouillez-vous du vieil homme et vêtissez l’homme nouveau. » Je souhaite maintenant à tous les hommes, à toutes les femmes, à tous les enfants de jeter leurs vieux habits pour en mettre de nouveaux. Sofia, 28 juillet 1918 Traduction par Bojidar Borissov [1] Pope – nom donné au prêtre orthodoxe [2] Femme s’écrit жена (jena) en bulgare
  7. Joyeux et patients « Aux jours d’espérance, soyez dans la joie ; aux jours d’épreuve, tenez bon ; priez avec persévérance. » Romains 12 :12 « Aux jours d’espérance, soyez dans la joie. » L’espérance est un grand principe divin, c’est l’un des visages de la Sainte Trinité. La Foi, l’Espérance et l’Amour forment un triangle : l’Amour est à son sommet et la Foi et l’Espérance, sur les deux côtés. La Foi, l’Espérance et l’Amour représentent trois grands mondes dont tous parlent, mais que peu connaissent. Certains en connaissent seulement un seul, d’autres, deux, et très peu de gens connaissent les trois. En ce sens, il est question de grandeurs connues ou inconnues. Une inconnue peut sous-entendre une deuxième, une troisième inconnue. Les mots connue et inconnue sont pour certains compréhensibles et pour d’autres – sans contenu. Si on dit que quelqu’un est connu, cela signifie que tous le connaissent. Si on dit qu’il est inconnu, c’est que personne ou quasiment personne ne le connaît. Si on ne le connaît pas, cela ne signifie pas pour autant qu’il est sans contenu. Le monde physique est familier à la grande majorité, mais les mondes spirituel et divin sont peu connus. On débat sur ces deux derniers : existent-ils ou non ? Il y a un grand nombre d’affirmations ou de réfutations logiques et philosophiques sur ces deux mondes. Les preuves de leur existence sont aussi fortes que celles qui les réfutent. Ce qui montre que le plus et le moins sont deux forces égales dans la nature, le plus est aussi fort que le moins. Il est communément accepté que le monde physique, qui n’est rien de plus qu’un reflet du monde divin, existe car il est devant nos yeux et nos autres organes sensoriels, et nous le percevons directement. Mais, frappés de myopie, nous ne voyons pas le monde divin. Comment voir ce monde alors qu’on ne distingue même pas les petits objets à moins d’un kilomètre. Pour voir le monde divin il faut percevoir les choses au loin. Pour observer les planètes, les scientifiques se servent de télescopes, de longues vues. Alors que les philosophes d’aujourd’hui sont assis et ne font que réfléchir si Dieu existe ou non, s’il y a un autre monde que le monde physique, s’il y a une âme, etc. ; c’est une gymnastique intellectuelle. Le monde divin est aussi réel que le monde physique. « Comment le sais-tu ? – Je le vois. » Si j’entre dans le monde divin avec mon chien, je verrai tout ce qui s’y trouve et mon chien ne verra et ne comprendra rien. Si je vais avec lui au cours d’un professeur émérite, je comprendrai tout alors que le chien ne comprendra rien, voire il sera troublé par la présence de tant de gens et se mettra à aboyer. Le fait que le chien ne peut voir, ni comprendre les choses, ne signifie pas qu’elles n’existent pas. Par conséquent, si les gens ne voient pas Dieu ni le monde divin, cela ne prouve pas qu’ils n’existent pas. Comment prouver à l’aveugle que le soleil brille, que le monde physique existe ? Il pourra palper, mais certaines choses sont impalpables. Le fait même que les gens débattent de l’existence de Dieu prouve qu’Il existe. On ne peut pas débattre sur des choses qui n’existent pas. Toute chose dont tu as une perception quelle qu’elle soit, proche ou lointaine, existe et est réelle. Certaines choses réelles existent momentanément et non pas en permanence, ce sont des réalités transitoires. Par exemple, les ombres des objets sont réelles uniquement à la lumière du soleil ou de la lune, mais pas pendant une nuit sombre. Donc, la lumière a un certain rapport avec les ombres car elles n’existent qu’en sa présence ; lorsque la lumière décline, les ombres disparaissent. Le rapport entre la lumière et l’ombre est le même que le rapport entre la joie et le chagrin : plus le chagrin croît, plus la joie diminue ; plus la joie croît, plus le chagrin diminue, c’est une loi. Dans la vie, la joie et le chagrin sont donc des réalités transitoires. Il existe en revanche des réalités éternelles et absolues. « Aux jours d’espérance, soyez dans la joie. » L’espérance est en rapport avec le monde physique, avec toutes les formes qui créent des joies et des plaisirs aux humains. L’espérance est réelle pour eux. La mère se réjouit de son enfant car il a une forme. Lorsqu’elle regarde sa tête, son petit nez, ses petites mains, ses petits pieds, ses cheveux noirs, elle se réjouit : il y a dans l’enfant quelque chose de visible qu’elle peut toucher. Si vous enlevez ces choses de l’enfant, il disparaît avec elles. Lorsque la forme de l’enfant disparaît, disparaissent la joie et l’espérance de la mère. Donc, l’espérance est une réalité visible dans le monde physique, la foi, dans le monde spirituel, et l’amour, dans le monde divin. Avec la foi, l’homme vit dans le monde spirituel parmi les anges. Pour certains, ce monde n’est pas réel, ils considèrent les anges comme des créatures éthérées et irréelles. En fait, les anges sont plus réels que les humains ; la matière qu’ils revêtent est plus fine, plus propre et plus résistante que celle avec laquelle les humains sont vêtus. Qu’est-ce qui recouvre les humains ? La chair, réputée périssable : elle est lourde et épaisse. La matière des créatures du monde divin, c’est-à-dire du monde de l’amour, est éternelle, immuable. Dans l’espérance, l’homme a un élan en lui, et dans la foi, il vit. « Aux jours d’espérance, soyez dans la joie ; aux jours d’épreuve, tenez bon ; priez avec persévérance ». C’est ce qui est nécessaire dans la vie quotidienne de l’homme. Par conséquent, l’enseignement que je prône porte en lui un savoir positif ; ce n’est ni de la scolastique ni du cinéma. Je ne critique ni les scolastiques ni les acteurs car ils ont aussi leur prédestination, mais ce sont des occupations transitoires. Faut-il condamner les enfants qui bâtissent des maisons avec du sable et de l’eau en pensant que ce sont de vraies maisons ? Par le jeu, les enfants s’exercent, ils développent leur imagination, mais qu’adviendra-t-il des adultes s’ils jouent avec du sable et bâtissent de telles maisons ? Ils ont déjà traversé cette période de leur vie et doivent avancer. « Aux jours d’espérance, soyez dans la joie. » Quand on parle d’espérance, il faut impérativement aborder aussi la foi et l’amour. Que représente l’amour ? Un principe d’abnégation. Dieu qui se manifeste dans le monde se sacrifie pour le petit. Donc, l’amour sous-entend le sacrifice du grand au profit du petit. La foi est un principe qui crée les conditions pour réaliser un sacrifice dans le but de manifester la vie. L’espérance est quant à elle un principe qui habille les choses dans des formes appropriées. Quelqu’un demande s’il y a de l’espoir ? Je dis : puisque tu as un corps, tu as de l’espérance. « Est-ce que j’ai la foi ? – Mets la main sur ta poitrine et si tu entends quelque chose battre, c’est que tu as la foi. Qui a un cœur, a la foi. – Est-ce que j’ai de l’amour ? – Réponds par toi-même à cette question. C’est un problème avec deux grandeurs connues et une seule inconnue ; tu trouveras tout seul cette inconnue. » « Aux jours d’espérance, soyez dans la joie. » J’ajoute : aux jours d’espérance, aie la foi. L’espérance contient en elle la foi et l’amour. En vous levant le matin, regardez-vous dans le miroir et dites : « Je te remercie, Seigneur, que l’espérance soit en moi. » Que fait une femme coquette ? Au réveil, elle prend le miroir et dit : « Y aura-t-il quelqu’un aujourd’hui pour me trouver belle ? » On te trouvera belle si tu as l’espérance ; l’espérance rend le visage beau, calme, les traits réguliers. Si tes yeux sont troubles, il y a quelque chose de nocif dans ton estomac. Si un médecin t’ausculte, il te dira de soigner ton estomac, mais moi je te dirai de renforcer ton espérance. Si ton visage est pâle, si ton bras est ankylosé ou si ton cœur bat trop vite, tu dois renforcer ton espérance. Chaque dysharmonie dans le corps physique de l’homme montre que son espérance est affaiblie, et vice versa : chaque manifestation anormale de l’espoir crée des troubles physiques chez l’homme. « Aux jours d’épreuves, tenez bon. » C’est difficile de parler aux gens pour les convaincre précisément de cela, être patients dans le chagrin. On dit de Dieu qu’Il est infiniment patient, mais est-ce que l’être humain peut aussi être patient, et cela dans la souffrance et dans le chagrin ? Oui, il est possible pour l’homme d’être patient, quand bien même ce serait une épreuve. Puisque Dieu est infiniment patient, alors l’homme doit au moins lui aussi être patient. Aucun autre être dans le monde n’a essuyé autant d’opprobres, de pensées ignobles et d’ingratitude que Dieu. Quelqu’un dit pour lui-même qu’il est patient, mais il ne s’est pas éprouvé, il ne se connait pas. Si sa patience était mise à l’épreuve, il verrait qu’il en manque. La patience se révèle uniquement dans le chagrin, la souffrance et l’épreuve. Patient est celui dont la pensée, le cœur et la volonté sont en total accord. Si l’intelligence de l’homme va d’un côté, le cœur d’un autre côté et la volonté d’un troisième côté, il ne peut pas être patient. Et si, de surcroît, il voulait connaître les secrets divins, ce serait impossible. Est-ce que Dieu peut mettre son trésor dans un bateau percé et partir avec ? Ensuite, l’homme se plaint que Dieu ne l’a pas visité ; comment te visiter alors que ton bateau est percé ? Dans un village bulgare, un jeune homme se plaignait sans cesse auprès de sa mère de se sentir malheureux. « Je suis en bonne santé, je suis vaillant, je peux combattre un ours, mais à quoi bon avoir la santé ? Je n’ai pas d’argent et les filles ne veulent pas de moi. Elles ont peur de ma force et de mon manque d’argent. Que faire ? » Un jour, il est tombé malade d’une grave affection qui l’a terrassé trois ans durant et il s’est tellement affaibli qu’il arrivait à peine à bouger. Lorsqu’il a perdu sa santé, il s’est mis à raisonner avec justesse et a dit à sa mère : « Maman, pourvu que Dieu entende ma prière et me rende ma santé, même s’il faut ensuite me demander de charrier des pierres. Je ne veux rien de plus que la santé. Je n’ai besoin ni d’argent, ni de filles, je veux la santé. » Tout le monde aujourd’hui, comme ce jeune homme, veut du pain. On entend partout : « Du pain, du pain ! » Qu’est-ce que le pain ? Le bien, les vertus dans l’homme. Là où sont les vertus, là se trouve le pain en abondance ; sans vertus, il n’y a pas de pain. Dans le monde divin, le pain est lié au bien, aux vertus. La patience par exemple est une vertu, c’est pourquoi, lorsque vous êtes tristes, faites preuve de patience pour expérimenter sa force et son influence. Qui n’applique pas la patience subit le tourment qui est un poids. Le tourment implique la loi de la nécessité et la patience - la loi de l’amour. Seul celui qui aime patiente, il exerce en même temps les forces de l’intelligence, du cœur et de la volonté pour travailler la matière du chagrin et la transformer en joie. Seule la patience est en état de transformer la matière brute du chagrin en matière fine, ce qui signifie la transformation du chagrin en joie. « Priez avec persévérance. » Pourquoi la prière est-elle nécessaire ? C’est un lien entre l’âme humaine et le monde de l’intelligence supérieure d’où l’on puise les forces qui maintiennent la vie. Pour prier avec constance, il faut avoir la patience. Si quelqu’un tombe malade, on lui recommande de la bonne nourriture et du repos, et, pour un estomac affaibli, on recommande de boire un peu de vin. Je recommanderais pour ma part au malade de l’air pur, de la patience et de la prière. Je lui recommanderai ensuite d’unir les forces de sa pensée, de son cœur et de sa volonté pour qu’ils agissent de concert. « Peut-on soigner quelqu’un de la sorte ? » On le peut, c’est ainsi depuis la création du monde. Si aujourd’hui ce n’est pas ainsi, la cause en est dans l’homme lui-même. Il a vécu de manière à rompre les liens qui unissaient les forces de son corps. Pour rétablir ces liens, il doit prier et cultiver la patience. La prière est un processus spirituel. La prière dans le monde divin équivaut à la respiration dans le monde physique. La prière est donc une respiration spirituelle, c’est-à-dire la maturation des bienfaits divins. En s’élançant avec son cœur vers Dieu, l’homme respire l’élixir de la vie. Adonnez-vous souvent à la prière pour voir quelle légèreté s’installera dans votre âme. Les gens d’aujourd’hui ne reconnaissent pas Dieu, ne prient pas et, lorsqu’ils tombent malades, ils cherchent aussitôt un médecin. Ce n’est pas un mal en soi de chercher de l’aide extérieure, mais faites-le une fois que vous avez essayé d’autres moyens. Lorsque vous tombez malades, tournez-vous d’abord vers Dieu, puis vers votre âme et enfin vers le médecin. Vous allez à contre sens, ce qui vous fait échouer. Après vous vous étonnez que votre situation empire au lieu de se rétablir. Les gens d’aujourd’hui s’embarquent dans des réflexions inutiles sur l’existence ou non de Dieu, sur l’attention qu’Il porte aux humains, sur son amour ou son désamour à leur égard, etc. Si Dieu n’avait pas créé le monde et si tout ce qui nous entoure n’était pas son œuvre, on aurait pu penser qu’Il ne s’occupe de rien. Comme le monde entier est le sien, Il prend soin de tout et de tous, et les humains, en tant que partie de Dieu, Le préoccupent, Lui et ses serviteurs, bien qu’ils Lui causent des joies et des chagrins. Il supporte tout, endure tout et espère que le jour viendra où ses enfants Le rechercheront et Le reconnaîtront comme leur Père. Jusqu’à ce jour, ils lui causeront de grandes souffrances. N’est-ce pas la même chose avec vos parents ? Tant que vous ne finissez pas vos études et que vous ne vous installez pas à votre compte, vous causez de grands soucis à vos parents. Parfois vous ne voulez pas étudier, ils vous envoient de l’argent et s’échinent à gagner plus pour satisfaire vos besoins. Parfois vous dédaignez leurs efforts et vous vous occupez de choses superflues au lieu d’étudier. Il y a un lien étroit entre parents et enfants, ce qui fait que le déshonneur des parents est aussi celui des enfants et vice versa, le déshonneur des enfants est celui des parents. De la même façon nos fautes et nos chagrins se reflètent sur Dieu. Pour purifier le monde des fautes et des impuretés des humains, Dieu doit descendre sur terre, laver ses enfants, purifier toute la terre. Du point de vue du monde divin, les gens d’aujourd’hui sont encore des enfants âgés de douze ans qui peuvent déjà travailler. Jadis, lorsque les humains étaient de tout petits enfants, âgés de deux à trois ans, Dieu s’est montré extrêmement compréhensif à leur égard, mais aujourd’hui qu’ils ont grandi et ont atteint l’âge de douze ans, la loi divine s’applique à eux. Ils sont mis sur la croix où ils étudient les deux diamètres du cercle. Aujourd’hui, la plupart des gens portent la croix à leur cou, mais lorsque la souffrance descend d’en haut, ils se mettent à pleurer. Lorsque le soldat arbore une croix, c’est un signe de courage : il porte une croix pour sa bravoure et passe pour un héros. Pourquoi, toi-aussi qui portes la croix, c’est-à-dire la souffrance, ne serais-tu pas un héros ? Arbore la croix et sois un héros ! Dieu donne des croix aux humains lorsqu’ils descendent sur terre, sans aucun mérite de leur part, tandis qu’ils se récompensent les uns les autres, se donnent une croix pour des services rendus et passent pour des héros. Lorsque je dis que les humains pleurent face à la souffrance, je ne suis pas contre les pleurs. Au contraire, celui qui pleure mérite une récompense. Lorsqu’il s’assèche, l’homme doit pleurer un peu pour s’irriguer. On peut pleurer de temps à autre, mais pleurer toute la vie n’est pas naturel. Et rire à longueur de journée, n’est pas non plus naturel. Qui ne fait que rire ressemble à un ermite car il vit dans le désert où rien ne pousse. Je suis un voyageur, je préfère m’arrêter dans la cabane d’un pauvre homme qui pleure au moins une fois par semaine plutôt que de rentrer dans la maison de quelqu’un qui rit tout le temps et ne pleure jamais. Dieu agit de la sorte : Il visite l’attristé, le surchargé, le malheureux. Pourquoi ? Parce que celui-ci pleure et arrose son jardin desséché. « Est-ce que Dieu nous a réellement visités ? » - Il est entré plusieurs fois dans vos cœurs. Il vous a rendu visite lorsque vous étiez remplis de joie ; lorsqu’Il s’en va, la joie aussi vous quitte. Ne vous découragez pas, puisqu’Il est venu une fois, Dieu reviendra une nouvelle fois. Un proverbe bulgare dit : là où de l’eau a coulé, de l’eau coulera de nouveau. Pourquoi le lit de votre rivière s’assèche-t-il parfois ? Certains de vos frères jardiniers ont retenu votre eau pour leurs jardins afin d’arroser leurs fruits et légumes. Lorsqu’ils auront bien irrigué leur jardin, ils laisseront l’eau s’écouler de nouveau dans vos rigoles. Celui qui n’a pas d’eau pour rendre service aux autres doit faire une pause. Parfois vous êtes affligés car l’un de vos frères a retenu votre eau ; ne vous fâchez pas, mais veillez à ce que la pioche ne tombe pas entre ses mains pour faire barrage à l’eau. Ne vous disputez pas avec les autres s’ils vous ont nui. N’avez-vous pas aussi retenu de l’eau appartenant à un autre ? Parfois être joyeux est le signe d’avoir fait barrage à l’eau du voisin et de se réjouir de pouvoir irriguer son jardin. Tant que vous êtes joyeux vous ne pensez pas avoir nui à quelqu’un, mais lorsque vous êtes affligés, alors vous vous mettez à réfléchir et à vous lamenter. En ce sens les gens ressemblent à ce Russe qui a déclaré : « Surplus d’argent, le Christ a ressuscité, manque d’argent, la mort l’a emporté. »[1] « Priez avec persévérance. » Pourquoi être persévérant dans la prière ? Pour coordonner votre pensée, votre cœur et votre volonté. Que représente la joie ? Le juste accord des forces qui agissent dans l’organisme. Tout comme la machine en bon état avance calmement, régulièrement, sans frottements ni secousses, de même l’homme dans la joie se développe harmonieusement. Le chagrin est l’huile nécessaire pour graisser les éléments de la machine ; nous ne pouvons pas nous passer de l’huile comme nous ne pouvons pas nous passer de la machine. Donc l’homme ne peut pas vivre sans joie et sans chagrin ; tant qu’il est sur terre, il se réjouit et il souffre. Le chagrin est inéluctable. Comment pouvez-vous causer du chagrin et des tourments aux créatures qui vous sont inférieures, mais exiger uniquement des joies pour vous ? Pourquoi égorgez-vous des veaux, des poules, des agneaux et des cochons ? Tout comme vous égorgez et exterminez de plus petits que vous, de même vous aussi vous devez donner votre chair à d’autres pour qu’ils en profitent. Lorsque le défunt est mis dans la tombe, les plus petites créatures se jettent joyeusement sur lui, contentes de pouvoir se restaurer avec une nourriture abondante et inattendue et s’empressent de la goûter. Quels chants, quelles réjouissances autour d’un poulet bien grillé ! Pourquoi ces chants et célébrations n’auraient pas lieu parmi les plus petits ouvriers, les vers de terre, ces travailleurs souterrains ? Ils dépècent le corps humain, démontent les matériaux de construction et ne laissent que les os. Puis, d’autres travailleurs créateurs viennent pour réfléchir comment rebâtir le corps humain. Ils rassemblent particule par particule, les mettent ensemble et forment le nouveau corps humain. L’essentiel chez l’homme, à savoir son âme, n’est pas dans son corps, c’est pourquoi il est parfois mécontent de sa maison, son corps. Il trouve qu’elle est privée de certaines commodités. Beaucoup sont mécontents de leur vie, pourquoi ? Car le contentement vient toujours d’en haut et jamais d’en bas. Pour être contents, appelez l’amour et la foi à votre secours. Des créatures du monde divin viendront avec l’amour, et des créatures du monde angélique viendront avec la foi. À vos côtés, ces créatures réaliseront vos souhaits et votre espérance se justifiera. L’amour a un rapport à l’âme humaine, la foi, à l’intellect et au cœur, et l’espérance, à la volonté. Sachant cela, appliquez la foi, l’espérance et l’amour dans votre vie pour en voir le résultat. Imaginez qu’une de vos pensée ou action vous contrarie : vous vous agitez, vous êtes en colère et vous cherchez quelqu’un sur qui vous défouler. Si vous êtes père, votre main ira sur l’un ou l’autre de vos enfants, puis parfois sur votre épouse ; si vous êtes patron, vous taperez du poing sur la table ou du pied par terre. Dans un cas comme dans l’autre vos affaires n’iront pas en s’arrangeant. Pourquoi ne pas chercher la raison de votre mécontentement en vous-même et non dans ceux qui vous entourent ? La méthode que vous appliquez n’est donc pas la bonne. Cherchez une autre méthode pour vous débarrasser de la contrariété. Quel intérêt d’utiliser un médicament qui empire l’état du malade ? Puisque vous l’avez utilisé deux ou trois jours durant, mais que la situation a empiré, remplacez-le par un autre qui peut améliorer l’état du malade, appelez un autre médecin pour prescrire un autre médicament. Tant que le malade ne se rétablit pas, vous avez le droit de changer les médicaments et les médecins. Vous vous appliquerez la même règle : tant que vous n’arriverez pas à un bon résultat, vous changerez de méthode de travail. Pourquoi frapper de la main et du pied ? On n’éduque pas les enfants par les coups et la violence. Ayez la patience de laisser passer la colère, puis, au lieu de taper votre enfant, caressez-lui la tête et dites-lui quelques mots doux. La colère se transforme par le travail et non par des coups de poing sur la table ou des coups de pied au sol, ni en fouettant le dos des autres. Beaucoup sont découragés par leurs erreurs et disent qu’ils sont des pécheurs et de mauvais bougres. Si cela permet de se corriger, de se redresser - alors qu’on s’accuse d’être pécheur ; si cela n’aide pas, que l’on ne se serve alors jamais de ces mots. Les méthodes employées pour s’éduquer ont un sens si elles apportent les fruits souhaités et attendus ; sinon il faut les remplacer par d’autres. Si les vieilles méthodes éducatives et religieuses n’ont pas donné de bons fruits, laissez-les de côté. Remplacez-les par de nouvelles et attendez leurs fruits. Si tu plantes des arbres fruitiers et des légumes dans ton jardin d’une certaine manière sans obtenir de bons fruits, alors applique une méthode différente la fois suivante. Paul dit : « Si ta vie ne s’améliore pas par l’espérance et la joie, alors entre dans le chagrin et la patience ; si tu n’as pas de résultat non plus, entre dans la prière et la persévérance. » Si quelqu’un a commencé par la prière et la persévérance, et si sa vie ne s’est pas amélioré, qu’il entre dans le chagrin et la patience, et de là, dans la joie et l’espérance. À ce moment-là, il y aura nécessairement de bons résultats. Ceux qui l’ont expérimenté avant vous en ont eu. Essayez, vous aussi, pour voir qu’il n’y a pas d’exceptions lorsqu’on applique l’espérance, la foi et la prière. Si tu appliques seulement la prière, il y a cinquante pour cent d’exceptions à cette méthode ; si tu appliques uniquement le chagrin et la patience, il y a vingt-cinq pour cent d’exceptions ; si tu appliques l’amour et la joie, il n’y a aucune exception. Dans l’amour et la joie entrent la foi, l’espérance, la prière, la persévérance et la patience. Ainsi, si quelqu’un se plaint que ses affaires personnelles ou professionnelles ne vont pas bien et qu’il se croit malheureux et pourchassé par le sort, qu’il entre dans le chagrin et la patience ; si cela ne lui va pas, qu’il entre alors dans l’espérance et la joie ; s’il est toujours mécontent, qu’il entre dans la prière et la persévérance. Le chagrin et la patience, l’espérance et la joie, la prière et la persévérance représentent trois paires d’éléments dans trois mondes différents. La plupart des gens sont du premier monde et étudient les méthodes pour supporter le chagrin avec patience. En étudiant le chagrin et la patience sur le plan physique, vous vous élèverez dans un monde supérieur pour étudier les corrélations entre les formes. Vous comprendrez alors pourquoi votre visage est parfois pâle et parfois rouge ; pourquoi vos yeux sont parfois lumineux et parfois sombres ; pourquoi votre cœur bat parfois régulièrement et parfois irrégulièrement. C’est une science que vous pouvez acquérir uniquement sur terre. En ce sens la terre est une grande école. Maintenant que vous écoutez cette causerie, ne vous prononcez pas sur ma façon de parler, mais scrutez ce que je fais. La force de l’homme ne se résume pas dans ses mots, mais dans ses actions. L’homme fort est celui qui porte son attention sur les petites choses et apprend d’elles. Lorsque je vois que deux enfants se battent dans la rue, je ne les ignore pas, mais je m’arrête pour les observer et tirer des conclusions de ce que je vois. C’est important pour moi de savoir avec quelle main ils se tirent les cheveux, de quel côté ils les tirent, avec quel pied ils portent des coups, etc. Tout cela a son importance ; ce n’est pas indifférent de savoir avec quelle main, la gauche ou la droite, une personne te frappe. Ces choses ont aussi un lien avec moi. En étudiant et en observant les petites choses, vous arriverez à la compréhension profonde de la vie. Ainsi, le verset dans lequel le Christ prône de tendre l’autre joue si quelqu’un te frappe la joue droite, revêt une importance spirituelle plus que littérale. Ce verset signifie : si tu ne réussis pas quelque chose par ta pensée, applique aussi ton cœur, la volonté étant quant à elle l’objectif final. Si tu ne réussis pas quelque chose par le chagrin et la patience, applique l’espérance et la joie ; et si tu ne réussis toujours pas, applique la prière et la persévérance. Si un malheur vous frappe, ne vous insurgez pas face à lui, mais tournez-vous vers Dieu avec les mots : « Seigneur, apprends-moi à extraire plus d’huile de mon chagrin et de ma patience. » L’huile symbolise la morale que vous pouvez en tirer. Que faites-vous avec les fruits de l’été ? Vous les préparez pour l’hiver en faisant des compotes ou des confitures. Vous direz qu’il est facile de parler, mais qu’il est difficile d’endurer les souffrances. Oui, elle est pénible la situation de ceux qui souffrent, ils sont soumis à un feu ardent. Dans une maison, c’est parfois la femme qui est mise sur le grill et le mari attise le feu, et un autre jour, à l’inverse, l’homme est sur le grill et la femme attise le feu. La femme implore son mari de ne pas la mettre à rôtir, l’homme implore la femme de ne pas le mettre à rôtir. Tant qu’ils ne sont pas propres et lumineux, le feu est constamment attisé. Voilà pourquoi, remerciez Dieu de vous avoir donné un tel mari ou une telle femme afin de vous purifier mutuellement. Il est important pour vous d’être dans la joie, la patience et la persévérance. De l’espérance nait la joie, du chagrin nait la patience et de la prière nait la persévérance. Pourquoi devons-nous avoir du chagrin ? Pour acquérir la patience. Pourquoi devons-nous espérer ? Pour acquérir la joie. Pourquoi devons-nous prier ? Pour acquérir la persévérance. Si vous souhaitez vous réjouir, appliquez l’espérance ; si vous voulez être patients, accueillez le chagrin avec joie ; si vous souhaitez être persévérants, priez. Priez non seulement pour vous, mais aussi pour tous les êtres. Celui qui ne pense qu’à lui n’arrive à rien. Lorsque vous accéderez au monde spirituel, parmi les anges, alors vous ne penserez qu’à vous. Pourquoi ? Car là-bas tous sont puissants et n’ont nul besoin d’aide ; mais tant que vous êtes sur Terre, vous penserez aux autres. Si tu es serviteur, tu penseras à tes maîtres ; si tu sors de cette situation, tu peux penser à toi uniquement : tu es dans la situation d’un maître qui pense d’abord à lui, puis à ses proches. Appliquez ce que je vous dis là pour assister à un grand tournant dans votre vie. Certains vivent sur terre, mais songent à la mort : ils ont peur de mourir. Il n’y a rien de terrifiant dans la mort. Mourir, c’est ne penser qu’à soi. Par conséquent, si quelqu’un clame qu’il veut vivre et penser uniquement à lui, Dieu ordonne aussitôt de le prendre dans l’autre monde. Sur terre, tu penseras à tes proches, puis à toi-même ; dans l’autre monde tu penseras uniquement à toi. Le mort ne pense pas aux autres. C’est risible d’imaginer que le bœuf, libéré de ses attaches, puisse songer à son maître ; il songe à l’eau pure et à l’herbe fraiche. Le mort qui s’est libéré de la terre pense à des choses élevées. Celui qui est attaché à la terre, même mort n’est pas libéré ; lui-même ne sait pas s’il est mort ou vivant. Lorsque le mort a atteint un degré de conscience supérieur, cela ne le rend pas égoïste, il veut simplement acquérir plus de richesses pour aider les autres lorsqu’il retournera sur Terre. Tant que vous êtes sur Terre, vous penserez aussi aux autres. Lorsque vous retournerez dans l’autre monde, on vous demandera si vous voulez rester auprès de Dieu ou retourner sur Terre. C’est votre réponse qui décidera de votre place. Cela montre que l’être humain vient sur Terre de son plein gré et non pas sous la contrainte. En le sachant, ne vous révoltez pas quelles que soient vos épreuves et vos conditions de vie, vous avez de vous-mêmes choisi votre place, vous êtes venus sur Terre de votre plein gré. « Aux jours d’espérance, soyez dans la joie ; aux jours d’épreuve, tenez bon ; priez avec persévérance. » Si tu ne réussis pas par la prière, entre dans le chagrin ; si tu ne réussis pas par le chagrin, entre dans l’espérance : appliquez cette règle un mois durant. Si vous avez cinquante pour cent de réussite, vous saurez que vous suivez les lois de la nature car elle aide à cinquante pour cent dans tous les cas : afflictions, tourments, souffrances. Vous aussi, agissez comme la nature : si vous aidez quelqu’un à cinquante pour cent, laissez-le s’aider pour les cinquante pour cent restants ; n’aidez personne à cent pour cent. Si tu as songé à laisser cent mille levas à ta fille, donne lui cinquante milles. Lorsque tu aides quelqu’un, fais-le à moitié. On a remarqué que les mères perdent ceux de leurs enfants qu’elles aiment le plus. Elles veulent leur donner cent pour cent de ce qu’elles ont, et c’est pourquoi Dieu prend les enfants avec Lui. L’être humain ne peut pas vivre sur Terre en étant cent pour cent prémuni. Dieu donne cent pour cent et les humains cinquante pour cent tout au plus. Certaines mères épuisent leurs enfants par un amour trop grand, elles les nourrissent beaucoup et veulent les contenter en tout. Ne gavez pas vos enfants, ne vous gavez pas vous-mêmes. Soyez fidèles à la loi divine qui stipule que le petit est béni comme le grand. Auprès de l’être humain, donnez cinquante pour cent ; auprès de Dieu donnez cent pour cent. La femme se plaint d’être l’esclave de son mari, de tout lui donner ; c’est là sa faute. L’homme aussi se plaint d’être l’esclave de sa femme, de tout lui donner ; c’est là sa faute. Dieu ne vous a pas envoyés sur terre pour être esclaves. Chacun est responsable de sa propre servitude. Celui qui ne comprend pas la loi donne beaucoup de lui-même, puis il souffre de ne pas avoir été apprécié, reconnu à sa juste valeur. Comment voulez-vous être accueillis ? Si quelqu’un vous sourit, s’il s’incline et vous serre la main, est-ce un bon accueil ? C’est une expression de politesse apparente. L’expression apparente des choses n’est pas toujours sincère, véridique. Les turcs par exemple interprètent les manifestations extérieures comme authentiques et se leurrent eux-mêmes ; si une femme sourit de façon fortuite à un homme, celui-ci croit qu’elle lui fait des avances et il est prêt à l’accuser. C’est une mauvaise compréhension des choses et comme cette compréhension est mauvaise, elle n’est pas divine. Soyez éveillés pour vous observer vous-mêmes et ne pas céder à de mauvaises attitudes. Libérez-vous des anciennes habitudes pour écouter ce que Dieu vous dit de l’intérieur. Lorsque Dieu nous parle, nous éprouvons une sérénité et une paix intérieure. Quel est l’état de l’homme auquel Dieu rend visite ? Il est semblable à l’aube qui point, comme si vous étiez sortis très tôt le matin, au sommet d’une montagne, pour observer le jour qui point et les premiers rayons du soleil. En cet instant solennel de votre âme, vous vous agenouillez devant Dieu, vous levez les yeux au ciel et vous prononcez une prière de gratitude envers Lui. « Que diront les gens en me voyant agenouillé ? » Laissez les gens de côté. Les gens, c’est vous, ce sont les ombres de votre conscience, ne les craignez pas. Si vous vous regardez dans beaucoup de miroirs, vous aurez beaucoup de visages, mais le visage réel est unique, le reste n’est que reflets, des ombres du visage réel. Lorsque vous serez dans un état de vénération, élevez vos mains, passez par la joie et le chagrin pour voir comment Dieu travaille et observe Ses créatures, comment elles chutent et se relèvent, et comment Il améliore leur vie. Élevez-vous ensuite dans le monde supérieur pour voir comment Dieu vit. C’est cela être joyeux aux jours d’espérance, patient dans le chagrin, persévérant dans la prière. Sofia, 21 juillet 1918 Traduction par Bojidar Borissov [1] En russe dans le texte original
  8. À l’heure même « Car le Saint-Esprit vous enseignera à l'heure même ce qu'il faudra dire. » Luc 12 :12 Beaucoup parmi les scientifiques d’aujourd’hui, hommes ou femmes, ont des idées confuses sur les esprits. En entendant le mot esprit, ils frissonnent ; le terme esprit est terrifiant à leurs yeux. Pour autant, on a coutume de dire que l’esprit de tel peuple est puissant et serein ; on dit encore que telle personne a un esprit bienveillant. Les érudits comme les gens simples se servent de ce mot. Pourquoi alors cette peur ? Il est dit dans les Écritures : « Le commencement de la sagesse est la crainte du Seigneur. » Craindre le Seigneur est le début de la Sagesse, mais craindre un esprit n’est que de l’ignorance. S’il se retrouve dans l’obscurité, l’homme a peur ; s’il se retrouve à une bifurcation, il a encore peur ; cette peur est provoquée par le manque de connaissance. La peur est caractéristique des animaux : si un animal vous croise, il vous regarde droit dans les yeux car il ne sait pas ce que vous ferez de lui. Les animaux craignent les humains, mais les humains aussi en ont peur. Il est cependant dit : « Le peureux n’héritera pas le Royaume de Dieu. » Les fruits de l’Esprit sont amour, joie, paix, patience, foi, humilité, sagesse, tempérance. (Galates 5 :22,23) L’Esprit est la plus haute manifestation de Dieu, il révèle les mondes, il apporte la lumière, il a tout créé. Le bien dans le monde est l’œuvre de l’Esprit. Les mots esprit lumineux désignent un être qui a terminé son évolution depuis des milliers et des millions d’années. Les esprits lumineux comprennent le chemin que nos contemporains empruntent et peuvent les guider. Les bienfaits du monde physique sont aussi dus aux esprits lumineux. La lumière dont nous bénéficions n’est rien d’autre que le fruit de leurs pensées intenses, elles se dirigent vers le soleil et, renvoyées vers la terre, elles se transforment en lumière et en chaleur. La quantité de lumière et de chaleur assimilable par un être humain dépend de son cerveau. S’il entretient des pensées négatives, alors au lieu d’absorber l’énergie solaire comme le sol absorbe les gouttes d’eau, il se produit un rejet. Un tel individu est privé de lumière dans sa tête et n’a pas de vie en lui, ni d’intensité dans ses pensées. La vie de sa pensée est semblable à la vie dans le désert, un tel individu renie le sens de la vie. C’est logique : quelle vie peut se produire là où l’Esprit n’a donné aucun fruit ? Si l’homme ne mange pas et ne boit pas d’eau pendant plusieurs jours, la vie perd son sens pour lui ; donnez-lui du pain et de l’eau, sa vie retrouvera aussitôt son sens. Tant qu’il respire, l’homme profite de la vie ; quand il ne respire plus, sa vie perd son sens. Donc l’Esprit se manifeste par la nourriture, l’eau et la respiration. Beaucoup se demandent pourquoi Dieu n’a pas créé un monde où les humains n’aient pas besoin de manger, boire et respirer. C’est vrai, mais que serait le monde sans nourriture, sans eau et sans respiration ? Où serait la beauté d’un tel monde ? Aujourd’hui, respirer, boire, manger sont emblématiques de la beauté de la vie. Essayez de retirer cette beauté pour voir quel monde vous créerez. La posture des philosophes qui raisonnent ainsi est risible ; ils ne peuvent pas se transformer eux-mêmes, mais ils parlent d’un monde créé à partir du néant et par le néant. Ils ressemblent à ce public qui a invité Paganini pour un concert ; après sa prestation, ils lui ont demandé : « Peux-tu jouer avec trois cordes seulement ? – Je peux. » Il a mis de côté une corde et a joué sur les trois restantes. « Peux-tu jouer sur deux cordes ? – Je peux. – Et sur une seule ? Je peux. – Et sans aucune corde, peux-tu jouer ? – Je peux. Tous se sont préparé à l’écouter jouer sans aucune corde. Ils l’ont longtemps attendu sur scène, mais il ne s’est pas présenté. Exiger du violoniste de jouer sans cordes, signifie vous fusionner avec Dieu ; ce n’est que là que l’être n’a plus besoin de cordes, ni de violon ni de faire de la musique. Ainsi, s’agissant de l’Esprit, ne le considérez pas comme quelque chose de palpable, de visible, d’audible ; il n’est pas objectif. Si vous voulez Le connaître dans la musique, vous le sentirez dans les accords entre les tons, pas dans les tons eux-mêmes. L’invisible, l’insaisissable dans la musique, dans le Verbe, ce sont les manifestations de l’Esprit. Là où est l’Esprit il y a une plénitude, un élan, une lumière, une joie, une puissance, un espace. Lorsque nous disons Saint Esprit, nous entendons une communauté d’esprits lumineux liés à Dieu. Ils sortent de Dieu par couples. C’est à propos d’eaux précisément qu’il est dit qu’ils sont faits à l’image et à la ressemblance de Dieu. Lorsqu’il pénètre dans l’âme, l’esprit semble lumineux, mais il n’a pas de lumière par lui-même. Le soleil semble être un corps lumineux car ses rayons tombent sur la terre, se réfléchissent et semblent lumineux ; en réalité, le soleil n’est pas un corps lumineux. Si vous regardez la terre depuis l’espace, elle vous paraîtra lumineuse. En approchant quelqu’un, vous le voyez ténébreux ; en vous en éloignant, il vous semble lumineux. Mettez-le à la même distance à laquelle Dieu l’a initialement placé, et vous verrez qu’il est beau et lumineux. Chacun est prédestiné à se mouvoir sur une orbite donnée ; si vous modifiez le mouvement de son orbite, cela causera des dommages à vous et à lui-même. Par exemple, la jeune fille, lorsqu’elle se marie, se met à commander à son mari, à lui dire comment s’habiller, quels rapports entretenir avec les autres, etc. Elle veut le soumettre comme un serviteur, et modifie ainsi son orbite, ce qui leur cause des désagréments. Ailleurs, ce sera l’homme qui soumet la femme comme une domestique. L’âme de l’être humain est le commencement divin en lui, personne n’a le droit de l’asservir. Gardez la liberté de votre âme. Soyez prêts à mourir pour elle, qu’elle ne soit jamais asservie. Si quelqu’un laisse asservir son âme, il se montre aussi voleur et brigand que celui qui asservit celle de ses proches. Dieu le considère avec mécontentement. La société contemporaine a besoin de grandes âmes qui ne pensent pas uniquement à leur subsistance. Pourquoi songer à votre subsistance lorsque tout est entre vos mains ? La nature donne du pain et de l’énergie en abondance, on peut se nourrir aisément. Il est dit dans les Écritures : « Le Saint Esprit vous enseignera à l’heure même ce qu’il faudra dire. » Comme l’esprit est étroitement lié à l’âme humaine, il enseigne au mental et au cœur comment se manifester. En bulgare, le mot esprit s’écrit avec quatre lettres (духъ - douh). La lettre D (д) représente un triangle qui équilibre les contradictions. Pour un triangle où les forces s’équilibrent il n’y a pas de choses impossibles, c’est pourquoi il est dit que tout est possible à Dieu. La lettre OU (у) a un rapport à la pensée humaine ; il y a dans cette lettre une force de neutralité qui équilibre les contradictions générées par la pensée. Le lettre H (x) désigne les sentiments humains ; elle est formée de la lettre C, prise à l’endroit, puis à l’envers. La lettre C exprime la loi de la lune qui se remplit et se vide en vingt-huit jours. L’être humain doit apprendre les lois pour savoir comment se remplir et comment se vider. Vider son cœur des impuretés de la vie et le remplir des bienfaits de l’esprit, c’est une grande science à acquérir. La dernière lettre (ъ) désigne la loi de l’harmonie divine. Je dis en conclusion : l’esprit est cette force puissante qui régule la pensée, le cœur et la volonté de l’être humain. « Saint Esprit ». Le mot saint désigne l’âme à laquelle l’être humain est attaché. L’apôtre Paul dit : « Ni la femme n’est sans l’homme, ni l’homme sans la femme. »[1] Dieu ne reçoit ni la femme sans homme, ni l’homme sans femme. Il est dit encore que si la femme quitte son mari, et le mari sa femme, ils ne seront pas admis dans le Royaume de Dieu. Si un homme et une femme se quittent, c’est la mort qui les attend. Pourquoi ? Parce que l’homme représente l’esprit et la pensée, et la femme représente l’âme et le cœur. Que restera-t-il de l’être humain si l’esprit ou la pensée le quittent, ou son âme et son cœur ? Il mourra nécessairement. Par conséquent, si les sentiments te manquent, les pensées te manqueront aussi ; si les pensées te manquent, les sentiments te manqueront aussi. Si tu as une âme et un esprit, tu auras des sentiments, des pensées et des actes. « L’Esprit vous enseignera » signifie que les humains sont venus sur Terre pour apprendre. Réjouissez-vous qu’il y ait quelqu’un pour vous enseigner. L’univers est infini, il donne des conditions et des possibilités à chacun pour apprendre. Un avenir grandiose avec des possibilités grandioses se dessine devant l’être humain. Faut-il alors que la femme se demande quoi faire de son mari et de son fils ? Faut-il que l’homme se demande quoi faire de sa femme et de sa fille ? L’un et l’autre doivent s’aimer. Les bienfaits de l’esprit sont amour, joie et paix ; aime, réjouis-toi et apporte la paix. Si la femme dit qu’elle ne peut pas aimer, c’est une femme sans homme ; si l’homme dit qu’il ne peut pas aimer, c’est un homme sans femme. Si quelqu’un dit qu’il ne peut pas aimer, il est divorcé, c’est un parasite dont on se débarrasse facilement : on le met au bout de son doigt et on l’éjecte d’une pichenette. Quelque société qu’il intègre, il ne prendra pas racine ; quelque arbre qu’il secoue, il ne trouvera pas de fruit. L’enseignement de l’Esprit est grand : il unit les membres des familles, des sociétés, des peuples. La grandeur des peuples se cache dans leur esprit ; plus l’esprit d’un peuple est vaste et puissant, plus l’avenir qui l’attend est lumineux. Quel est l’esprit des peuples d’aujourd’hui ? Rude et guerrier. Mais Dieu a décidé de soumettre l’humanité à un grand nettoyage, pour ne pas laisser un seul menteur, un seul voleur dans le monde. Leur seul salut est le repentir. Ils doivent se tourner vers Dieu et demander plus de lumière pour voir leurs erreurs et se relever. Qu’est-ce qui est exigé des gens d’aujourd’hui ? L’éveil, la créativité. Ils doivent appliquer l’amour et l’affection. Les morts doivent se réanimer et ressusciter, et les vivants doivent corriger leurs erreurs et se régénérer. Qui peut réanimer et ressusciter les morts ? L’Esprit. Qui peut régénérer les vivants ? L’Esprit. Il leur apprendra à vivre dans la pureté et la sainteté. Il leur apprendra comment travailler pour obtenir les bienfaits de l’Esprit. « Comment devenir heureux ? » Je réponds à cette question : vous marchez dans l’eau et restez assoiffés, vous portez du pain et restez affamés. Ne demandez pas comment on boit de l’eau, mais prenez de l’eau de source dans vos mains et buvez ; ne demandez pas comment on mange du pain, mais prenez un morceau de pain de la corbeille et mangez-le. Un jardinier a cueilli ses plus belles cerises et les a mises dans un panier pour les porter au roi en signe de respect et de déférence. Il est parti les apporter lui-même. Le temps était chaud et ensoleillé, et pour se rafraichir il prenait une cerise de temps en temps. Au moment d’arriver auprès du roi, il ne lui restait plus qu’une seule cerise, mais il s’est dit : « C’est une belle cerise, cela vaut la peine de l’offrir au roi. » Il s’est annoncé enfin auprès de lui pour lui porter la dernière, la plus belle cerise. Le roi l’a acceptée, puis l’a regardée de tous les côtés et a demandé au jardinier : « Comment mange-t-on ce fruit ? » Le jardinier a vite pris la cerise et l’a portée à sa bouche pour montrer au roi comment procéder. Le roi a compris comment manger les cerises, mais il n’en restait aucune pour lui. Il n’a pas pu vérifier s’il avait bien compris comment on en mangeait. Vous n’avez pas à interroger comment manger des cerises. Si on vous en propose, vous en prenez une et vous la mettez dans la bouche, la cerise vous montrera d’elle-même comment elle se mange. On agit souvent comme ce roi, on se demande comment faire telle chose ou telle autre, et on abandonne sans même essayer. Alors qu’on cherche un moyen d’y parvenir, alors qu’on réfléchit, il se trouvera toujours quelqu’un pour nous devancer ; il fera lui-même l’essai et en récoltera les bénéfices. Ne dites jamais que vous ne pouvez pas faire ceci ou cela. La lettre n[2] (н) est une lettre de contradiction mais qui se résout par le trait reliant les deux rivages opposés de la lettre n (н). Puisque quelqu’un vous propose une belle cerise, prenez-la, mangez-la et la contradiction se résoudra d’elle-même. « L’Esprit vous enseignera. » Quoi ? À tisser vos pensées et vos sentiments, à former des tissus avec eux pour confectionner vos habits mentaux et affectifs. Avant de faire vos habits, vous blanchirez les tissus pour qu’ils soient propres et qu’ils resplendissent au loin. Quelle plus grande science désirer ? Certains veulent voir l’Esprit qui leur enseigne, c’est possible, mais il faut avant tout aimer les bienfaits de l’Esprit et y aspirer. Si vous aspirez à l’amour d’une famille, aimez d’abord leurs enfants ; c’est par les enfants que vous vous rapprocherez des parents. Vous voulez que Dieu vous aime, vous voulez bénéficier de Son amour. Comment Dieu vous aimera-t-il si vous battez Ses enfants ? Celui qui aspire à l’Esprit doit d’abord aimer ses enfants, c’est-à-dire ses fruits. S’il aime les fruits de l’Esprit, l’Esprit l’aimera aussi et le visitera. « Où est l’Esprit, nous voulons le voir. » Les gens qui cherchent l’Esprit hors de l’être humain sont étranges. Moi qui vous parle, qui suis-je ? Vous qui m’écoutez, qui êtes-vous ? Si vous comprenez ce que je vous dis, vous comprendrez aussi l’Esprit et il se manifestera à travers vous. Si je parle en vérité et si vous vous élevez avec ma pensée, ceci montre que l’Esprit agit en vous par mon intermédiaire. Pour se manifester sur terre et être compris de vous, l’Esprit a traversé plusieurs milieux, plusieurs enveloppes, ceci dans le but de réduire la puissance de sa lumière et de ses vibrations pour qu’ils soient supportables par votre système nerveux. Celui qui reçoit la lumière et les vibrations de l’Esprit se lie à lui. Autrement dit, celui que l’Esprit a visité, change radicalement. Ce qui ne signifie pas qu’il est parti dans l’autre monde, il se trouve simplement dans la situation d’une jeune fille qui rencontre son bien aimé. Elle l’a attendu des années durant et lorsqu’elle le voit, elle quitte son père, sa mère, ses frères, ses sœurs et part avec lui. Avant de le rencontrer, elle se sent comme enchaînée ; lorsqu’elle rencontre son bien aimé, c’est-à-dire l’Esprit, elle rejette ses chaînes et goûte à la liberté, l’Esprit l’enseigne et la libère des limitations. Certains diront que c’est un leurre. Chacun peut dire ce qu’il veut, l’Esprit connaît la vérité alors que l’âme recherche le savoir et la liberté. Lorsqu’elle le trouve, rien ne la contraint, elle s’est approchée de la réalité de la vie. Que les réalistes disent ce qui est réel dans leur vie. S’ils mangent une pomme savoureuse dont ils sont contents, est-ce la réalité ? S’ils mangent trois fois par jour et s’ils boivent plusieurs fois, est-ce la réalité ? Ils mangent la pomme et se nourrissent trois fois par jours, mais ils sont encore mécontents. Si manger et boire sont des actes réels de la vie, pourquoi êtes-vous mécontents ? Dans la nourriture et la boisson il y a quelque chose de réel, mais pour comprendre le sens des choses, l’être humain doit cesser de manger et de boire quelques jours. Tant qu’il mange et boit beaucoup, il ne peut pas comprendre ce qu’est l’Esprit. La nourriture et l’eau sont des éléments nécessaires pour l’organisme humain, mais en quantité mesurée. S’ils augmentent plus qu’il ne faut, ils forment une atmosphère obscure autour de l’homme que les rayons de l’Esprit ne peuvent pas traverser. Cet état engendre en lui des pensées et des sentiments sombres, son humeur change et il perd ses bonnes dispositions. Pour sortir de cet état, l’amour lui vient en aide, il ouvre les cœurs de tous, riches et pauvres. Les riches ouvrent leurs greniers pour les pauvres et les souffrants, ils disent : « Venez, frères, que chacun vienne prendre ce dont il a besoin. Vous étiez jusqu’à présent limités par les privations, mais c’est la fin des tickets de rationnement. » L’ordre humain est remplacé par l’ordre divin. L’ordre humain n’est qu’apparent ; si on creuse, un désordre absolu y règne. L’ordre humain extérieur doit être adossé à l’ordre divin intérieur pour arriver à la véritable harmonie de la vie. « L’Esprit vous enseignera. » Quoi ? À accorder vos pensées et vos sentiments. L’harmonie amène la joie dans l’âme humaine. Celui qui s’est accordé ne fait pas de différence entre les êtres, il se réjouit à la vue de chacun, il sourit à chacun, il gratifie chacun de regards bienveillants. Pourquoi regarder ton prochain avec colère et hostilité, est-il fautif de ton indisposition ? Si tu es riche, ne te fâche avec personne, mais appelle le pauvre chez toi et dis-lui : « Mon frère, excuse-moi de ne pas m’être mis à ta place jusque-là, tu as été affamé, mais je ne te comprenais pas. Maintenant prends de mon blé et de ma farine à volonté. » Vous direz que l’on doit se prémunir, se préparer pour les mauvais jours. Il est impossible de se prémunir sur Terre. Comment se prémunir puisque la mort succède à tout ? Est-ce que les morts ont pu se prémunir ? Les cimetières en regorgent. À part de vieux os et de vieux crânes on n’y trouve rien de plus. Le Christ dit que le Saint Esprit ne s’adresse qu’aux vivants. Il est dit dans les Écritures : « Amassez des trésors dans le ciel où la teigne et la rouille ne détruisent point. » Où sont-ils déposés ? Dans le cœur. Ouvrez donc vos cœurs aux trésors du Ciel, c’est-à-dire aux fruits de l’Esprit. Ouvrez vos cœurs aux fruits de l’Esprit, à l’amour divin et déposez-les dans votre trésor, là-haut au Ciel. Soyez généreux et ne craignez rien. Pourquoi alimenter en vous des pensées et des sentiments qui vous effraient ? Tolstoï raconte l’histoire de celui qui s’est mis en tête qu’il était fait de verre, il avait donc peur de tomber et de se casser en mille morceaux ! Cette pensée l’a tellement travaillé qu’elle ne le quittait plus un seul instant. Il a vécu dans une très grande peur jusqu’au jour où, tombé au sol, son cœur a lâché et il est mort. Beaucoup de nos contemporains vivent dans la peur de se briser, d’affronter quelque chose de singulier ; c’est la peur de la mort. Qu’est-ce que la mort en réalité ? L’abandon d’une vieille outre au profit d’une nouvelle. L’être humain véritable, c’est l’Esprit, la conscience supérieure en lui qui ne change jamais et ne meurt jamais. La conscience supérieure réside dans toutes les créatures vivantes : celle des humains est déjà descendue et agit de près, mais celle des animaux n’est pas encore descendue et agit de loin et ne se manifeste que dans des cas très rares. Un jour, lorsque les humains emprunteront le chemin divin et monteront là-haut, alors la conscience supérieure descendra chez les animaux et ils vivront, dotés d’une conscience plus évoluée qu’aujourd’hui. Pourquoi la conscience supérieure doit-elle descendre ? Pour que Dieu se manifeste. Vous me demanderez d’où je sais cela. Je traduis ce que j’entends dire en haut, je ne parle pas de mon propre chef de choses que j’aurais inventées. J’entends une multitude de choses, mais je ne peux pas tout traduire. La langue de nos contemporains manque de souplesse et de musicalité, des traits indispensables pour transmettre les pensées divines. Pour saisir les pensées des êtres supérieurs, des anges, il vous faut vivre dans une pureté et une sainteté absolue ; dit autrement, il vous faut vivre dans le monde de l’amour. Lorsqu’ils entendent la causerie d’aujourd’hui, certains se demandent ce que je leur dirai la prochaine fois, et le vin que je leur proposerai de boire. Nous ne donnons pas de vin, nous ne voulons pas de gens ivres, mais des gens sobres à qui nous donnons uniquement de l’eau pure et cristalline. En buvant cette eau que je vous donne, vous vous rafraichirez, vous vous désaltérerez et même certains transpireront, purifieront leur sang. Le Christ dit : « Le Saint Esprit vous enseignera à l’heure même ce qu'il faudra dire. » C’est ce qui est demandé aujourd’hui à tous. Lorsque l’Esprit vous enseignera ce que vous devez faire, alors le monde bénéficiera de bons fils et de bonnes filles, alors le monde aura de bons prêtres et de bons professeurs, de bons gouverneurs, magistrats et ainsi de suite. Si l’Esprit ne vient pas enseigner aux gens quoi faire, on ne peut nullement parler d’éducation, de dressage peut-être, mais pas d’éducation. Si l’Esprit entre dans la mère, elle disposera de nouvelles méthodes d’éducation, l’Esprit agira sur les enfants à travers la mère. Si les jeunes gens écoutent l’Esprit dès leur tendre enfance, ils profiteront des bienfaits de l’Esprit. Comment les gens se marient-ils aujourd’hui, comment vous êtes-vous mariés ? Je souhaiterais que les Bulgares se marient encore une fois, et c’est moi qui présiderai à la noce. Il est temps que les vieux mariages illégitimes soient dissous pour faire de nouveaux mariages basés sur l’amour. Vous verrez alors quels fils et quelles filles naitront des mariages de l’amour. Les enfants seront purs et saints comme leur Père, l’Esprit. Les sociétés seront formées d’individus qui vivent dans la pureté et la sainteté. Quoi désirer d’autre dans ce monde ? Avoir des fils et des filles nés de l’Esprit est la plus grande bénédiction à laquelle aspire l’être humain. C’est l’Esprit qui incarne ce qui est réel, substantiel dans le monde. « Le Saint Esprit vous enseignera », il apporte dans le monde la lumière qui révèle à l’être tous les chemins. Comment reconnaître la présence de l’Esprit ? Lorsque vous vous sentirez forts dans vos pensées et dans vos sentiments, c’est que l’Esprit est présent en vous. Lorsque vous êtes tristes, chagrinés, surchargés et que votre chagrin a été remplacé par la joie, c’est que l’Esprit lui-même vous a aidés. Lorsque vous êtes dans une impasse et réussissez à vous en affranchir, c’est Dieu qui vous aide. L’Esprit suit chaque pas des humains, mais la plupart d’entre eux sont aveugles ; certains le pressentent et très peu le voient. Là où la lumière de Dieu pénètre, là se trouve une pensée, une réflexion, une vision. Toute hésitation, tout soupçon, tout doute en est banni. Faut-il que l’homme moderne se tape la tête contre les murs du doute et se leurre ? Un jeune homme nommé Stoyan allait en ville. La fatigue commençant à se faire sentir, il a décidé de se reposer à l’ombre d’un arbre. Il a attaché l’âne avec la bride et s’est tranquillement endormi. Pendant ce temps quelques enfants espiègles se sont approchés, ils ont détaché l’âne en laissant juste la bride, puis ils ont détalé. Au réveil, constatant l’absence de l’âne, Stoyan a vu la bride, seule, toujours attachée à l’arbre. Il a réfléchi et s’est dit : « Si je suis Stoyan, j’ai perdu mon âne ; si je ne suis pas Stoyan, j’ai gagné une bride. » Certains philosophes sont dans la situation de Stoyan et se disent : « Si nous sommes de vrais philosophes, nous avons perdu l’âne ; si nous ne sommes pas des philosophes, nous avons gagné une bride. » L’on ne doit pas se leurrer, ni douter de soi. S’il est Stoyan, il a perdu son âne ; s’il n’est pas Stoyan, il n’a toujours rien gagné de plus : que fera-t-il avec une simple bride et sans âne ? Beaucoup perdent leurs ânes, puis s’embrouillent : sont-ils eux-mêmes ou non ? Il ne faut pas s’embrouiller ni douter, mais rester attentifs et ne pas s’endormir n’importe où. Lorsqu’on va pour vendre son âne, il ne faut pas dormir mais rester les yeux ouverts. Le Christ dit : « Le Saint Esprit vous enseignera tout. » Tout désigne le fait qu’Il enseignera aux humains comment obtenir les bienfaits de l’Esprit. Sachez que l’Esprit est le Réel auquel vous devez tout. Cherchez l’Esprit dans chaque grande manifestation et comptez sur son aide. L’Esprit est puissant, là où il entre, il transforme tout. Sous l’influence de l’Esprit, l’homme méchant devient bon et le serpent devient docile. Si vous nourrissez bien l’homme mauvais et pécheur, il deviendra bon et ne fera pas de vilenies. Ceux que l’Esprit a illuminés doivent travailler pour élever les pauvres, les souffrants, les pécheurs. Ne méprise pas celui qui a chuté, mais aide-le à se relever. Ne méprise pas les animaux qui vont à quatre pattes, c’est grâce à eux que vous mangez à votre faim et êtes rassasiés, ils tirent la charrue dans les champs pour vous servir. Les animaux comme les pécheurs accomplissent un travail dont beaucoup profitent. C’est pourquoi, du point de vue divin il n’y a pas de pécheurs, il y a des consciences non éveillées, des fruits non mûrs, mais il n’y a pas de pécheurs. Mettez-vous à la place du pécheur pour voir comment il se tourmente. Lorsqu’il commet une faute, il est mécontent de lui, il souffre et se punit lui-même. Aimez le pécheur pour vous mettre à sa place et l’aider. « Le Saint Esprit vous enseignera tout. » En sachant ce qu’est l’Esprit, ne craignez pas les esprits lumineux. On peut craindre les esprits incarnés, mais pas les esprits non incarnés qui se distinguent par leur pureté et leur sainteté. Le Saint Esprit apporte la joie à la mère qui enfante ; par le biais de son enfant, il l’introduit dans une vie nouvelle ; le Saint Esprit crée de bons liens et de bons rapports entre les humains. Les esprits lumineux aident les humains à résoudre les difficultés et les contradictions de leur vie ; ils se nomment frères et sœurs, ils aident l’humanité et apportent la nouvelle culture dans le monde. Il suffit de les invoquer au nom de l’amour divin pour qu’ils nous trouvent. Ils ont déjà délivré et continuent de délivrer les humains des malheurs et des calamités. Ils sont toujours parmi nous et nous accompagnent pour nous aider. Ce sont nos frères lumineux qui ont souffert et se sont sacrifiés pour le Christ. Ils se sacrifient aujourd’hui pour sauver leurs plus petits frères. « Le Saint Esprit vous enseignera tout. » Les mots Saint Esprit désignent tous les esprits lumineux et supérieurs qui forment un tout avec le Christ. En ce sens, le Christ est un être collectif. Il dit : « Les esprits lumineux et les anges descendent et montent continuellement. » Ils apportent la paix d’abord pour les pays des Balkans, puis pour les pays plus grands et puis pour toute l’Europe. La paix vient, mais lentement car elle n’est pas à cheval, mais à pied ! Lorsque la paix adviendra, la joie se répandra, petits et grands se réjouiront et seront heureux. Le Saint Esprit vient vous enseigner tout, écoutez sa voix. La paix divine vient, elle ressuscitera tous les morts tombés sur les champs de bataille. Elle ressuscitera tous vos frères et sœurs qui sont partis. Répandez partout cette bonne nouvelle. Il est dit dans les Écritures : « Il y aura un seul troupeau, un seul berger. »[3] Paul dit : « Les souffrances actuelles sont sans proportion avec les bienfaits du monde à venir »[4]. Recueillez-vous en vous-mêmes pour accueillir l’Esprit et le porter partout dans le monde, dans les familles, parmi les peuples, à travers toute l’humanité. Si vous portez l’Esprit avec vous, on vous accueillera avec joie où que vous alliez. Que le Seigneur bénisse tous ceux qui sont présents ici ! Sofia, 14 juillet 1918 Traduction par Bojidar Borissov [1] « Pourtant, la femme est inséparable de l'homme, et l'homme de la femme, devant le Seigneur. » (1 Co 11, 11) [2] La lettre n en cyrillique s’écrit н et la négation s’exprime en bulgare comme en français par la particule « ne » [3] « J'ai d'autres brebis qui ne sont pas de cet enclos et celles-là aussi, il faut que je les mène ; elles écouteront ma voix et il y aura un seul troupeau et un seul berger » (Jean 10, 16) [4] « J’estime en effet que les souffrances du temps présent sont sans proportion avec la gloire qui doit être révélée en nous. » (Romains 8, 18)
  9. Les trois situations Le tentateur, s'étant approché, lui dit : Si tu es Fils de Dieu… Matthieu 4 :3 Il y a trois situations inéluctables dans la vie des humains. La première est la tentation qui est en rapport avec la vie personnelle, individuelle de l’âme. Elle est visible dans les paroles que le diable adresse au Christ : « Si tu es Fils de Dieu, fais que ces pierres deviennent du pain. » Le Christ répond : « Il est écrit : L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Ici rivalisent deux érudits du savoir divin : d’une part le Christ, incarné en tant qu’humain, Maître de l’amour et de la justice ; d’autre part le diable, incarné aussi en tant qu’humain, mais comme tentateur. Tous deux débattaient sur la vérité divine qui règne dans le monde. Le diable disait au Christ : « Tu es venu sur Terre pour une grande mission, mais pour l’accomplir il faut montrer l’art de transformer les pierres en pains. » Si cela s’était produit du temps du Christ, vous ne seriez pas en train d’acheter du pain avec des tickets de rationnement aujourd’hui ! Le diable a attiré l’attention du Christ sur l’égoïsme des gens. Il lui a dit que ces derniers sont les pires des égoïstes et qu’ils ont besoin d’être riches pour réussir dans la vie. Il lui disait également que, par le passé, d’autres Maîtres comme lui étaient déjà venus sans succès. Il voulait ainsi faire trembler les fondations sur lesquelles se tenait le Christ. Le Christ connaissait les lois divines et n’a pas succombé à la tentation du diable. Il savait que les pierres ne pouvaient pas se transformer simplement en pains ; ce n’était pas l’ordre naturel des choses. Le Christ dit alors : « Je suis le pain vivant, descendu du ciel. » Quel besoin dans ce cas de transformer les pierres en pains ? Il était Lui-même le pain vivant et quiconque en mangeait, avait la vie en lui. Ainsi, le Christ répond-il au diable : « L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Qu’adviendra-t-il à l’humanité si elle ne mange que du pain ? Elle fera faillite. Tous ceux qui depuis Adam jusqu’à maintenant ne se sont nourris que de pain, ont fait faillite. Vous allez rétorquer que les gens peuvent subsister et continuer à vivre s’ils ont assez de nourriture. Allez au cimetière pour vérifier à quel point votre idée tient la route. Il n’y a pas d’être humain qui puisse subsister indéfiniment sur Terre. Quelles que soient les précautions qu’il prend, il ne laissera au final qu’un tas d’os, tout lui sera repris. En disant que le pain seul ne suffit pas pour vivre, mais qu’il faut se nourrir aussi du Verbe divin, le Christ considère les deux. Il sait que celui qui se nourrit du Verbe divin vit éternellement et que la mort n’existe pas pour lui. Les gens d’aujourd’hui ne cherchent que le pain physique, ils s’affrontent, se blessent et s’insultent en son nom. Le diable en profite pour dire : « Tenez-vous-en uniquement au pain et à l’argent, transformez tout en pain et en argent. Celui qui a du pain et de l’argent est armé pour la vie. » Ce n’est pas la vérité. Avant d’arriver à de telles conclusions, on doit comprendre le sens des choses et savoir que le pain seul ne suffit pas pour vivre, mais qu’il faut aussi vivre de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Que représente le Verbe divin ? La grande intelligence de la vie. Il a un rapport à l’être humain intérieurement intelligent qui comprend le sens profond des lois divines. La conversation entre le Christ et l’adepte du mal fait ressortir le pain comme expression d’une réalité. Mais si l’idée de l’adepte du mal était juste, et que le pain physique suffisait pour vivre, toutes les personnes, toutes les familles devraient d’ores et déjà être heureuses. Or ce n’est guère le cas. Allez dans une famille riche où il y a du pain en abondance pour voir comment elle vit. C’est tantôt l’homme, tantôt la femme ou les enfants qui restent mécontents. Pourquoi sont-ils contrariés alors qu’ils ont du pain, n’est-ce pas le pain porteur de la vie ? Ils sont mécontents car le pain n’est pas assez cuit ou bien on y a trouvé un peu de sable, etc. Est-ce que la pierre peut se transformer en pain sans qu’il ne subsiste un peu de sable ? Demandez au chimiste comment se déroulent les réactions chimiques. Pour qu’une réaction se déroule correctement, il faut impérativement avoir un précipité à la fin, c’est-à-dire, au moins l’une des substances obtenues doit être solide, insoluble dans l’eau. À la demande de l’adepte du mal de transformer les pierres en pain, le Christ répond : « L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Autrement dit, seul celui qui se nourrit du Verbe de Dieu peut transformer la pierre en pain. Des siècles et des millénaires sont nécessaires. Je me conforme à cette même loi et je me nourris du pain vivant. Vous aussi, nourrissez-vous de lui, et expérimentez-le pour comprendre la force qui s’y cache. Faisons l’expérience suivante : partons à deux pour sept jours : je prendrai un quart de kilo de pain et mon compagnon sept kilos. Nous verrons au retour qui a passé un meilleur moment. Vous verrez d’expérience que la valeur des choses ne dépend pas de leur quantité. Un quart de kilo de pain renferme autant d’énergie que sept kilos ; c’est de l’homme que dépend la façon d’utiliser cette énergie. Vous direz que c’est impossible. Comment le Christ a-t-il pu jadis nourrir cinq mille personnes avec cinq pains ? Ce qui est impossible pour l’homme est possible pour Dieu. C’est le mécontentement des humains qui rend les choses impossibles pour eux. S’il a un quart de kilo de pain à sa disposition, l’homme est mécontent et se demande comment s’en satisfaire. La situation lui semble d’autant plus pénible s’il doit partager ce pain avec quelqu’un d’autre. Le mécontentement de l’homme est dû au mauvais étalon dont il se sert, au mauvais raisonnement qu’il utilise. L’estomac est l’endroit de fabrication des sucs qui digèrent la nourriture et non pas un endroit de stockage massif de nourriture. La mauvaise compréhension de la prédestination de l’estomac mène au mécontentement et le mécontentement, à la tentation. La première tentation vient donc de l’estomac. Trois grands facteurs régissent la vie humaine : l’estomac, les poumons et le cerveau. L’estomac est lié au physique, les poumons au spirituel et le cerveau au divin. Par conséquent, si vous examinez la vie du point de vue de l’estomac, vous vous occuperez uniquement des repas et des boissons, vous songerez à la volaille, aux agneaux, au beurre, aux œufs et vous fixerez toujours la terre ; dans ces conditions vous ne pouvez pas pénétrer le sens profond de la vie. L’estomac doit fabriquer les sucs nécessaires pour digérer la nourriture. Les matériaux, remaniés dans l’estomac, doivent aller dans les poumons pour se purifier, et de là dans le cerveau où ils prennent vie et se transforment en pain vivant. Lorsqu’on ne saisit pas les choses dans leur essence, on introduit nécessairement un élément personnel dans sa compréhension, et l’élément personnel est la cause de toutes les disputes et malentendus dans la vie. Raisonnez comme le font les créatures supérieures ; raisonnez aussi comme Dieu. Tant qu’on pense et ressent à sa manière, on s’entrave constamment. « Ne pouvons-nous pas penser et sentir comme nous le désirons ? Ne pouvons-nous pas faire ce que nous voulons ? » Il y a des choses que nous ne pouvons pas faire selon notre volonté. Pourquoi ? Parce que Dieu a dressé un plan spécifique pour chacun et il faut suivre ce plan et le réaliser. Le chemin de chacun est individuel et renferme les conditions de son développement ; chacun a l’argent et la nourriture qui lui sont nécessaires. Si l’humanité suivait le chemin que montre le Christ, le monde serait très différent aujourd’hui. Mais il n’est pas encore trop tard. La déesse du bien démolira le temple souillé et bâtira un temple nouveau et pur. Combien de fois Dieu a-t-il détruit le temple juif pour le rebâtir de nouveau ! Dieu a démoli et continue de démolir les temples de tous ceux qui les ont souillés et les souillent encore aujourd’hui. Que signifie la destruction d’un temple ? La mort de l’homme. Dieu envoie la mort pour démolir le temple humain impur et l’envoie alors en esclavage pendant des dizaines d’années. Puis il lui bâtit un temple nouveau et l’envoie vivre dedans en lui conseillant de garder une pureté absolue et de ne pas faire de sacrilège. C’est pour ce temple qu’il est dit : « Ne savez-vous pas que vous êtes un temple de Dieu ? »[1] Aujourd’hui, on apporte aux humains l’enseignement divin. Cet enseignement n’est pas une secte comme certains le pensent, ni une religion. C’est l’enseignement du Christ, à l’intention de ceux qui ont une fine compréhension de la vie. Il s’adresse à tous les individus, à toute l’humanité, à toutes les situations, à tous les siècles et à toutes les époques. Celui qui atteint le sens intime de cet Enseignement, trouvera en lui des forces pour poursuivre sa vie et résoudre correctement ses problèmes. Chaque être humain se heurte à des contradictions, même le Christ a dû passer par là. En affirmant qu’il ne suffit pas de vivre de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu, Dieu l’a aidé à résoudre ses contradictions. Si le diable venait vous tenter, ne luttez pas avec lui, mais invoquez le Verbe divin et dites : « L'homme ne vit pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ; je vivrai avec Lui et je lutterai à Ses côtés. » C’est la seule façon pour l’homme de devenir beau sur le plan physique et spirituel, de corps, d’esprit, de cœur et d’âme. Ce n’est qu’ainsi que l’homme acquerra les éléments nécessaires pour édifier la nouvelle vie. Chacun veut fonder sa vie sur une base solide, chacun veut être en bonne santé, intelligent et vertueux. Deux jeunes gens se marient : la jeune fille cherche quelqu’un de bien portant, d’intelligent et de bon pour l’épouser et poser une fondation solide à sa vie ; le jeune homme aussi cherche quelqu’un de bien portant, d’intelligent et de bon car il cherche aussi une fondation solide. Il n’est pas permis aux gens malades de se marier. L’affliction, le péché ne proviennent pas du monde divin, ce sont des œuvres du diable. Vous direz que l’on ne peut pas vivre sans péchés, sans erreurs. Il est vrai que toutes les créatures vivantes pèchent, mais pour autant on peut vivre sans pécher. Le péché n’existe que dans le monde des humains et non pas dans le monde divin où tout n’est qu’harmonie. Donc il y a des mondes où le péché est interdit d’accès. À cause du péché, de la contrariété, l’homme se heurte aux contradictions et cherche les raisons en dehors de lui : dans les conditions ou dans ceux qui l’entourent. C’est bien lui le responsable de la situation et non pas quelque chose en dehors de lui. Qui est responsable de la jalousie d’un jeune homme ou d’une jeune fille, doivent-ils chercher une excuse en dehors d’eux-mêmes ? La jalousie vient de l’être humain, les conditions extérieures sont simplement la raison de sa manifestation. Un homme jeune et vertueux était épris d’une riche américaine, mais il n’osait pas la demander en mariage. Pour l’y forcer, elle a habillé un mannequin dans des habits d’homme et l’a positionné dans sa chambre devant son miroir de façon à ce qu’il soit visible de la rue. Elle le faisait lorsque son bien-aimé passait devant la fenêtre de son appartement. En regardant dans la chambre, il voyait un autre homme se tenir là et sa jalousie s’est réveillée, il s’est imaginé des choses terribles, ce qui l’a incité à faire plus vite sa demande en mariage. Un simple reflet a réveillé ainsi sa jalousie et l’a poussé à se marier. Il faut savoir une chose : seul un jeune homme est destiné à une jeune fille et vice versa. Si l’homme est mécontent de sa femme et la femme de son mari, cela prouve qu’ils ont épousé les ombres d’une image et non pas l’image elle-même. Chacun peut vérifier cette vérité. Les humains comme les animaux se laissent tromper par les ombres. Souvent la truie se vautre sous l’ombre d’un poirier ; elle aperçoit une poire par terre et s’empresse aussitôt de la manger, mais n’y arrive pas. Ce n’était que l’ombre d’une poire, un reflet de la réalité et pas la poire elle-même. Le Christ ne se laissait pas tromper par les ombres. Il disait : « L’homme peut se nourrir et maintenir sa vie avec chaque parole qui sort de la bouche de Dieu. »[2] Quel est l’effet de cette parole ? Celui qui se nourrit du Verbe divin a la vie en lui. Il éprouve une paix intérieure, un élan de puissance et d’énergie, il a la conscience de vivre. Lorsqu’ils viennent à l’enseignement divin, à l’enseignement de l’amour, les grands écrivains et philosophes disent que pour réussir dans cet enseignement l’homme ne doit pas disperser sa conscience, mais rester toujours calme et paisible. Si l’homme choisit le mal, qu’il sache qu’il ne faut pas le chercher dans le monde divin, mais dans le monde des ombres. Si vous êtes angoissés, entrez profondément dans vos âmes où sont la paix et le silence, et le Verbe vous apparaîtra. Beaucoup cherchent le sens de la vie dans la force, la beauté, la richesse, l’érudition, mais malgré ces acquis la mort les épie et les emporte. On peut être fort, riche, érudit, mais pas immortel. Le pain fait de pierres ne prémunit pas contre la mort, il faut autre chose pour l’immortalité. Quelqu’un veut construire une maison, se prémunir, ce n’est pas un mal. L’oiseau aussi a sa maison, son nid, mais l’être humain tout comme l’oiseau ne sont pas assurés. Quelle plus belle maison que le corps humain, y a-t-il quelque chose de plus sûr que cette maison ? Chacun peut vous chasser d’une maison faite de briques et de pierres, mais personne ne peut vous chasser de votre propre maison, votre corps. Chacun, par sa bonne ou sa mauvaise vie peut rester plus longtemps dans sa maison ou la quitter avant l’heure. Dieu envoie les humains sur Terre pour étudier et non pour bâtir des maisons. Les parents agissent de la même façon : ils envoient leurs fils et leurs filles à l’université pour étudier et non pas pour bâtir des maisons et se prémunir avec les ombres de la réalité. Gardez à l’esprit l’idée que vous avez une maison et qu’il ne faut pas vous inquiéter. Peut-on vivre sans maison ? Si on est un disciple, on n’a pas besoin de maison, il y a quelqu’un pour prendre soin de toi : celui qui t’a envoyé à l’école s’occupera de ta maison. Rappelez-vous : le chemin est toujours ouvert pour celui qui a laissé entrer le Verbe divin en lui. Le Verbe apporte l’amour divin. Par les mots Verbe divin, le Christ comprend cet amour qui ouvre aux humains les portes royales du Ciel et de la Terre. C’est être bien reçu parmi les humains et parmi les animaux. Celui qui porte l’amour en lui ne peut pas mourir de faim ; s’il se retrouve dans la forêt, loin de tout, la chèvre sauvage lui proposera son lait, mais il ne restera pas affamé. Les chèvres se sont mises jadis d’elles-mêmes au service des humains, mais aujourd’hui elles les fuient de peur d’être abattues, dépecées et utilisées pour faire des conserves pour assurer ainsi une pitance à plus long terme. Les conserves ne constituent pas une nourriture saine. Pourquoi les humains n’ensemencent-ils pas tous les champs de la terre avec le Verbe divin ? Pensez-vous qu’il y aura alors la famine sur Terre, pensez-vous qu’on aura besoin de conserves ? La terre produira en abondance et chacun jouira de cette grande abondance. Vous direz que les gens sont mauvais, que le monde est mauvais et qu’il faut vous prémunir contre lui. De quel monde parlez-vous ? Du vôtre ? S’il est question de votre monde, vous avez depuis longtemps fait faillite. Tournez-vous vers le Seigneur et dites : « Seigneur, j’ai décidé d’accepter Ton Verbe et de m’en nourrir. » J’aimerais faire une expérience avec les Bulgares : s’ils acceptent le Verbe divin et renoncent au mensonge, au vol, à tous les agissements négatifs, une telle abondance se déversera sur eux, une abondance qu’ils n’ont jamais connue auparavant. Ainsi, qui devez-vous écouter ? Le Verbe divin ! Il porte la vie et donne du sens à la vie. Soyez prêts à accepter le Verbe en vous et vérifiez si vous l’avez accepté ou non, s’il agit déjà en vous ou non. Si vous l’avez accepté, alors tous les pauvres, les souffrants et les malades qui entrent en communion avec vous, se consoleront. Si vous ne l’avez pas accepté, vous passerez à côté d’eux sans leur apporter la moindre consolation. « Le diable le transporta dans la ville sainte, le plaça sur le haut du temple et lui dit : Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas car il est écrit : Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet et ils te porteront sur les mains, de peur que ton pied ne heurte contre une pierre ». C’est la deuxième tentation du Christ par le diable. Le Christ lui répondit : « Il est aussi écrit : Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu. » Du point de vue de la conscience humaine supérieure, l’être humain est un être spirituel. Il est droit et se trouve en haut du temple d’où le diable le tente : il lui dit de se jeter en bas, d’éprouver l’amour de Dieu. L’homme prend le chemin de la vérité avec l’envie de suivre Dieu, d’obtenir Son amour. Mais les gens lui disent : « Pourquoi t’éloignes-tu du monde, pourquoi t’isoles-tu ? Reviens parmi les hommes pour vivre, tu as une vie, profites-en au mieux pour ne pas regretter un jour. » Répondez à ces gens : « Il est aussi écrit : Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu. » La pureté est exigée de chacun ; si tu entres dans le temple de Dieu, ne demande rien, ne te laisse tenter par rien. Si vous entrez une fois dans le monde Divin, rien n’est en mesure de vous en déloger ; quiconque vous appelle de dehors, quels que soient ses appâts, ne l’écoutez pas. Qu’apporte le monde d’aujourd’hui aux gens inexpérimentés ? La même chose qu’il apporte aux animaux de trait qui ont travaillé toute la journée. Le cheval travaille sans relâche et subit les coups de fouet sur son dos. Le soir, au retour dans l’écurie, il a droit à un peu de foin ou de seigle. L’adepte du mal qui règne dans le monde agit envers les humains comme le mauvais maître avec son cheval. Qui n’a pas été fatigué, amer et enchaîné ? Vous travaillez toute la journée et vous rentrez le soir fatigués, affamés et contrariés et vous dites que le monde est mauvais et que la vie n’a pas de sens. En guise de récompense, vous recevez un sac de seigle. Pourquoi s’accrocher à ce sac, Dieu ne vous a pas envoyé pour cela. Que faire alors ? Il faut s’agripper au monde divin, dans lequel votre âme est plongée. En ce qui concerne le monde, vous le considérerez comme l’endroit pour appliquer votre savoir. En tant qu’âmes vous êtes déjà entrés dans le monde divin, et vous ne pouvez plus ni en sortir, ni y rentrer. « On nous dépouillera dans le monde. » Qui dépouillera qui ? C’est ridicule qu’un fils vole son père. Si le fils ose voler son père, il le soumet à la tentation. Tu n’as pas à tenter ton père, tu n’as pas à tenter le Seigneur. Pourquoi éprouver ton père sur l’amour qu’il te porte ? La fille et le fils disent à leurs parents : « Si vous nous aimez, donnez-nous ce que nous voulons ». Enfant malin, ne tente pas le Seigneur ! L’homme dit à sa femme : « Si tu m’aimes, fais un sacrifice pour moi ». Homme malin, ne tente pas le Seigneur ! La femme dit à son mari : « Si tu m’aimes, fais un sacrifice pour moi ». Femme maline, ne tente pas le Seigneur ! Ne marchandez pas l’amour. Ne dites à personne de faire ceci ou cela pour vous afin de vous prouver son amour. Que veux-tu obtenir de ceux qui t’aiment ? Tu répondras que tu veux de l’argent pour aller t’instruire à l’étranger ou améliorer ta situation matérielle. Dieu envoie une âme sur Terre pour étudier en lui promettant de bonnes conditions, pour accumuler du savoir et se développer correctement. En partant sur ce long chemin, elle rencontre la déesse de la vertu qui lui dit : « Je veux servir dans ton temple, mais à condition que tu le gardes pur et incorruptible. Si tu échoues, je le détruirai ou je le quitterai. » L’âme fait la promesse de garder son temple pur et incorruptible. Dès les premiers jours de son périple elle oublie sa promesse. Avec l’argent qu’elle reçoit, elle mange, elle boit, elle mène une vie dissolue et n’étudie pas. Elle souille son temple et oblige la déesse à le quitter. Ce n’est qu’alors qu’elle se rend compte de son méfait et supplie la déesse de revenir dans le temple. Celle-ci lui répond fâchée : « Tu as bu et mangé sans penser à la promesse donnée et tu as souillé le temple dans lequel je servais. Je ne peux plus servir dans ce temple. Il ne me reste qu’à le détruire et le rebâtir. En attendant, tu iras élever des cochons pour apprendre cette leçon : une promesse donnée devant Dieu doit être tenue. » La déesse démolit le temple, en bâtit un nouveau et comme le fils prodigue, l’âme revient de nouveau sur Terre avec un nouveau corps pour étudier et travailler avec amour et humilité. Dans la fable sur le fils prodigue il est dit que son père l’accueille avec amour, qu’il sacrifie un veau engraissé en son honneur et qu’il lui donne du travail à ses côtés. Le veau que le père a sacrifié en l’honneur de son fils représente son nouveau corps qui sera bâti dans le futur. Tout un chacun, venu sur Terre, provient de Dieu, de son Père vertueux, sublime et sanctifié. Il vient étudier sur Terre, mais la déesse du bien le croise en chemin et lui propose de venir servir dans son temple à condition que celui-ci reste d’une pureté absolue. Il promet, mais ne tient pas sa promesse ce qui incite la déesse à détruire son temple. Aujourd’hui encore elle agit ainsi à l’égard de tous ceux qui sont venus sur Terre avec la promesse de vivre dans la pureté et la sainteté. Elle détruit tous les temples impurs et les rebâtit en disant à leurs propriétaires : « Rappelez-vous que dans le passé j’ai détruit tous les temples impurs et je les ai rebâtis ; la même chose se répète aujourd’hui. Gardez vos temples purs et sanctifiés car il est difficile d’obtenir la bénédiction et le salut. » Ainsi, lorsqu’un de vos proches part dans l’autre monde, sachez que son temple était impur et qu’il fallait le démolir pour le rebâtir. En ce sens, la mort n’est rien d’autre que la démolition des temples impurs, dans le but de bâtir de nouveaux temples purs et parfaits. Vous direz que votre proche était quelqu’un de bien ; il était bien, mais son temple était impur. Qui n’est pas dégoûté s’il rentre dans une maison crasseuse et insalubre ? Beaucoup d’hommes et de femmes s’évitent les uns les autres. Pourquoi ? Leurs temples sont impurs et malodorants, les ténèbres et le froid y règnent ; ils sont privés de lumière et de chaleur, il n’y a pas de vie en eux. La déesse du bien les a quittés, elle n’y est plus. Son absence tourmente les gens, les éreinte et les rend amers. Si les temples démolis s’élèvent de nouveau et si la déesse y rentre, les gens se remplissent de pensées et de sentiments sublimes, jouissent d’une paix intérieure et de sérénité, rien n’est en mesure de troubler leur existence. Et alors, un lien intérieur très solide se crée entre les gens et les êtres intelligents du monde invisible. Nombreux sont ceux qui cherchent à pénétrer dans le monde invisible, mais il faut pour cela des conditions particulières. La plupart des gens n’ont pas une idée précise de la vie et pensent que, puisqu’ils vivent sur Terre, ils peuvent en disposer à leur guise. Il n’en est pas ainsi, la vie doit être utilisée comme un bienfait pour le développement et l’élévation de l’homme, non comme un passe-temps. La vie est une bougie, en paraffine pour certains, en suif pour d’autres. Peu importe en quoi elle est faite, l’important est qu’elle soit allumée et qu’elle brûle pour vous permettre de lire à sa lumière. Si vous l’allumez uniquement pour regarder sa lumière sans la mettre à profit, tout est perdu pour vous. Tant que la bougie brule, il faut mettre à profit sa lumière. Est-il raisonnable d’allumer sa bougie et de sortir pour se vanter de sa richesse et de son érudition ; la bougie brûlera et vous resterez dans le noir. Viendra alors le désespoir et l’anéantissement dans la vie. La bougie doit brûler et éclairer en permanence dans votre temple pour lire le livre de votre vie et pour comprendre ce que Dieu veut vous dire. Ce n’est qu’ainsi que vous saurez interpréter l’entrée du grand prêtre dans le Très-Saint le jour des Propitiations, et ses paroles : « Prions le Seigneur de ces mondes. » Chacun attend la paix et elle va venir. Chacun comprend aujourd’hui ce qu’est la paix. Si nous prions avec humilité pour la paix, notre prière sera entendue. Si tu veux être entendu par le Seigneur, il faut avoir la paix, l’humilité en toi et tu acquerras ce que tu souhaites : savoir, puissance, sagesse, tempérance, vertu. Je souhaite que vous soyez forts dans l’amour, la sagesse, la vérité, la justice et la vertu, la tempérance et l’humilité, la foi et l’espoir. Le monde a besoin de gens grands et puissants. C’est ce que veut de vous la déesse du bien ; elle dit : « Si vous appliquez les vertus qui sont en vous, je vous guiderai et j’élèverai votre prière jusqu’au Seigneur. » Le diable amène le Christ sur une haute montagne, lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire et lui dit : « Je te donnerai tout cela si tu te prosternes devant moi. » C’est la troisième tentation pour le Christ. Mais il sait que la montagne est un lieu de communion avec Dieu, non une place pour s’incliner en vue d’obtenir des richesses et des honneurs. C’est pour cela qu’il a répondu : « Retire-toi, Satan, car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu et tu le serviras lui seul. » Tout dans le monde appartient à Dieu, c’est pour cela que nous devons nous prosterner devant Lui seul. Comment devons-nous nous prosterner devant le Seigneur ? En Esprit et en Vérité. Beaucoup éprouvent une honte à s’incliner devant le Seigneur. Ils ont honte devant Dieu, alors qu’ils s’inclinent plusieurs fois par jour pour obtenir un emploi de quelqu’un qui est semblable à eux. Vous direz que sans cela il n’y a pas d’emploi ; c’est faux ! Chaque personne qui a développé un don de musicien, de peintre, de scientifique, d’écrivain porte sa recommandation avec lui-même. Dieu l’a recommandé dès sa naissance sur Terre, il n’a par conséquent aucun besoin de s’incliner pour un emploi ; sa place est déterminée et il l’occupe avec dignité. Que voyons-nous aujourd’hui ? En beaucoup d’endroits les têtes sont à la queue et les queues à la tête. Il est temps que chacun reprenne sa place : les têtes, leur place devant, et les queues, leur place derrière. Aux propositions du diable de transformer les pierres en pains s’il est Fils de Dieu, de se jeter du temple et de se prosterner devant lui pour avoir tous les royaumes du monde, le Christ répond : « Si tu es Fils de Dieu, nourris-toi du Verbe divin ; si tu es Fils de Dieu, ne te jette pas du haut du temple pour tenter le Seigneur ; si tu es Fils de Dieu, ne te prosterne que devant Dieu. » C’est l’appel de votre Père : entendez-vous sa voix ? Tous doivent écouter Sa voix qui descend des hauteurs et dit : « Enfants ! Que faites-vous ? Vous transformez les pierres en pain, vous vous jetez de la montagne, vous vous prosternez devant le diable ! » C’est la voix du Christ qui s’exprime aujourd’hui en de nombreuses langues. Que vous soyez en Angleterre, en France, en Allemagne, en Russie, vous entendrez partout Sa voix. En réalité, le langage du Christ est universel, mais Il le traduit pour chacun de ses auditeurs de tous les peuples. Je le traduis pour ma part en Bulgare, ce qui demande un grand art. Le jour présent porte en lui des milliers d’années passées ; il porte en même temps le futur. De ce point de vue nous disons que l’enseignement du Christ a un rapport au passé, au présent et au futur. Si vous vous liez à Dieu, Il vous accueillera, vous embrassera et vous vêtira d’un habit neuf ; il sacrifiera en votre honneur Son veau le plus gras et vous gardera auprès de Lui. Vous devez prendre conscience de votre nouvelle situation et dire : « Seigneur, je ne suis pas digne d’être Ton fils, accueille-moi comme le dernier parmi Tes serviteurs pour labourer Tes champs. » Ce qui signifie qu’il faut entrer dans les champs de votre cœur pour les labourer. Dieu vous indiquera où et quoi semer ; chaque chose a sa place. Chaque plante symbolise une certaine pensée, un certain sentiment ou désir. Lorsque vous comprendrez leurs sens et les traduirez, vous saurez avec quels sentiments et désirs nourrir votre cœur et avec quelles pensées nourrir votre esprit. Entendez-vous la voix de votre Père dans votre for intérieur ? Il dit : « J’enlèverai vos oripeaux, je nettoierai vos impuretés, je vous libérerai des malentendus et des animosités entre vous, j’éparpillerai aux quatre coins du monde les doutes et les soupçons pour les éloigner de vous. Alors, Je demeurerai en vous et nous vivrons ensemble, vous comme mes fils et mes filles, et Moi comme votre Père. » Quand cela arrivera-t-il ? Dès aujourd’hui ! Cela ne tient qu’à vous. Ce jour est divin, sans commencement et sans fin. Le jour humain représente une seconde du jour divin. Heureux celui qui peut vivre une seconde du jour divin : la vie acquiert pour lui un sens grandiose, il évolue pour devenir progressivement un homme nouveau. Le changement s’opère déjà chez tous les humains. Lorsque vous rentrerez chez vous, appliquez le nouveau programme dans votre vie : travailler pour Dieu, pour votre prochain et pour vous-même. C’est le sens de l’enseignement du Christ. Soyez prêts pour cet enseignement et allez là où Dieu voue envoie. Réjouissez-vous des plus petites choses que vous pouvez accomplir pour le Seigneur ; le petit est béni comme le grand. La plus petite bonne pensée et le plus petit bon sentiment sont une lumière précieuse pour votre temple ; mettez-les en pratique pour renforcer cette lumière. Ne pensez pas que vous ne réussirez que par la richesse ; il y a des riches dans le monde, mais peu sont ceux qui vivent avec de bonnes pensées et de bons sentiments. Ces personnes là sont nécessaires dans le monde, pour répandre leurs pensées lumineuses et leurs sentiments chaleureux, pour nettoyer la terre. L’atmosphère doit se nettoyer et se pacifier. Les maladies et les épidémies sont dues aux conflits, aux disputes et aux dissensions entre les humains. Ils vont se consumer et sur leurs cendres grandiront les bontés de ces personnes qui seront frères et non plus ennemis. Ce temps vient et c’est bientôt, ce qui est mauvais s’achève, et le bien arrive ; c’est ce que dit le Seigneur. On voit déjà la fin de ce qui est vieux et le commencement du nouveau. La beauté du monde nouveau que Dieu a préparé pour ceux qui L’aiment resplendira. Celui qui verra la beauté du jour nouveau croira dans le Seigneur et commencera à Le glorifier comme son Père le lui a enseigné. Bienheureux ceux qui verront l’aurore du jour nouveau ! Sofia, 7 juillet 1918 Traduction par Bojidar Borissov [1] Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous ? (1 Co 3, 16) [2] « Mais il répliqua : " Il est écrit : Ce n’est pas seulement de pain que l'homme vivra, mais de toute parole sortant de la bouche de Dieu. » (Matthieu 4, 4)
  10. Amenez-le « En disant : Allez au village qui est en face ; quand vous y serez entrés, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucun homme ne s'est jamais assis ; détachez-le, et amenez-le.» Luc 19 :30 La question se pose : pourquoi le Christ n’est-il pas entré dans Jérusalem sur un cheval, mais sur un ânon ? On peut répliquer par une autre question : le Christ ne pouvait-il pas entrer à pied à Jérusalem au lieu d’avoir une monture ? Jérusalem symbolise la limite entre le monde physique et le monde spirituel. Par conséquent, tout comme l’ange ne peut pas descendre sur Terre sans corps, de même le Christ, à l’orée du monde physique, devait trouver un ânon pour entrer à Jérusalem sur cette monture. L’ânon est donc un emblème, un symbole. Vous le comprendrez seulement lorsque vous vous mettrez à étudier le sens profond de la nature, telle que Dieu l’a créée, et non pas comme les scientifiques actuels la comprennent. Peu de personnes comprennent ce que représente l’âne. La plupart le considèrent comme un symbole d’entêtement et se moquent de lui lorsqu’il braie. C’est vrai que l’âne a quelques mauvais traits de caractère, mais il en a aussi de très bons. Si vous cherchez de l’eau saine et pure, ne vous tournez pas vers les experts, mais montez sur un âne et laissez-le vous conduire, il vous montrera où il y a de l’eau pure. La recommandation des thérapeutes et des médecins, c’est de faire bouillir l’eau impure, pour tuer les bacilles porteurs de germes dangereux. L’âne dit : « Au lieu de faire bouillir l’eau, venez avec moi, je vous montrerai où il y a de l’eau pure. Pas la peine d’user du bois et du charbon pour faire bouillir l’eau alors qu’il y a dans la nature de l’eau pure et bénéfique pour la santé ! » L’âne est frugal, il se contente de peu. Personne ne peut l’accuser d’être épicurien. Ses longues oreilles sont signe de générosité. Et en même temps, il ne craint pas de donner son avis. Une anecdote raconte comment l’âne s’est prononcé sur Salomon. Tous les animaux devaient passer devant Salomon et lui donner leur avis sur lui. Le tour de l’âne est finalement venu. Le cheval l’a pris à part pour lui conseiller une bonne conduite selon l’étiquette. Devant le roi, l’âne a brait à son habitude et a émis ainsi son avis. Le cheval l’a questionné : « Pourquoi as-tu brait ? Tu n’as pas pu donner ton avis autrement ? – Je ne sais pas faire autrement. Je me manifeste tel que Dieu m’a créé. » Jadis, les animaux étaient plus intelligents que maintenant. Après la chute originelle, ils sont descendus plus bas et ont perdu beaucoup de leurs capacités. Aujourd’hui, leur vocabulaire n’est constitué que de bruits indistincts, ils n’ont pas la faculté de la parole comme les humains. Le Christ est entré dans Jérusalem, assis sur un ânon. Jérusalem représente une frontière, un seuil entre deux mondes. Pour vivre dans le plan physique, l’homme doit avoir à son service un corps sain. Lorsque la mère enfante, l’enfant entre dans le monde physique pour s’instruire. Il s’habille de chair qui le transporte partout comme l’ânon transportait le Christ sur son dos. Le corps humain est intelligent car les cellules qui le constituent sont intelligentes ; il est dirigé par des lois spéciales. Le corps humain s’étudie en tant qu’une unité et en tant que collectivité. Puisqu’il représente l’ânon que le Christ a monté, il doit être libre et non enchaîné. Réjouissez-vous si le Christ envoie ses disciples détacher votre ânon pour qu’Il s’assoie dessus. Bienheureux celui dont l’ânon est monté par le Christ qui entre avec lui dans Jérusalem. L’ânon symbolise le corps humain ; les disciples du Christ, l’âme humaine, et le Christ l’esprit humain. L’esprit dit à l’âme : « Quitte la place que tu occupes et va parmi les humains pour trouver un ânon avec lequel aller à Jérusalem pour t’acquitter d’une certaine mission. » L’ânon, c’est-à-dire le corps humain, est le meilleur prédicateur de l’enseignement du Christ. C’est l’instrument par lequel se manifestent l’âme et l’esprit. Nos contemporains rient lorsque l’âne brait ; ils ne savent pas pourquoi il fait cela. Lorsqu’Il a créé le monde, Dieu a d’abord fait les animaux, puis les premiers humains, Adam et Ève. Il a présenté Adam au cheval pour que ce dernier reconnaisse son maître, mais le cheval a henni : « Hiiih ! » ; c’est ainsi qu’il a exprimé son mécontentement car quelque chose ne lui a pas plu en Adam. En voyant Ève, le cheval a henni : « Haaah ! » ; la femme lui a plu. Après le cheval, cela a été au tour de l’âne de donner son avis sur ses maîtres. En voyant Adam, il a dit : « Aah, cet homme me plaît ! » Mais au sujet d’Ève il a dit « Heuh », pour signifier que cette femme ferait quelque chose qui nuirait à Adam et à elle-même. Comme le cheval s’est prononcé bien au sujet de sa bien-aimée, Adam l’a récompensé tandis qu’il a condamné l’âne à être la risée de tous. L’âne a vu la beauté d’Ève, mais son attention a été attirée par ce qui lui manquait : la femme doit travailler pour acquérir une certaine profondeur. L’âne est impartial, il aime la vérité, mais l’homme l’a puni pour avoir donné sincèrement son avis. À l’opposé, le Christ l’a récompensé, il est monté sur lui pour se rendre à Jérusalem. Comme le cheval n’a pas dit la vérité, Dieu l’a affecté au service de l’homme pour qu’il l’accompagne partout, au labour, à la guerre. Aujourd’hui le cheval accompagne son maître partout et partage sa souffrance. La femme doit travailler assidûment sur elle-même, s’autoéduquer, engendrer de bons fils, de bons citoyens. Tant qu’elle ne s’acquitte pas dignement de sa mission, elle sera tenue responsable des malheurs dans le monde. Qu’une guerre ou qu’une dispute éclatent, on cherchera toujours une femme derrière. C’est vrai que tout provient de la femme. Le monde a besoin de femmes nobles, éduquées et intelligentes. Le Christ est monté sur un ânon, l’un des animaux les plus dédaignés, pour se rendre avec lui à Jérusalem. Il voulait ainsi rétablir la vérité. Celui qui applique la vérité vaincra ; c’est ce que le Christ voulait dire aux humains. Si tu sers Dieu en esprit et en vérité, peu de gens t’accueilleront bien. Tu entendras beaucoup d’insultes, d’outrages et de ressentiments, mais au bout du compte tu vaincras. L’ânon, autrement dit le corps humain, doit être libre pour appliquer la vérité et ne pas rester attaché. L’ânon que le Christ montait n’était pas comme ceux qui portent aujourd’hui du bois pour leurs maîtres et reçoivent de nombreux coups. Les gens se rient de l’ânon, mais leur propre vie n’est pas reluisante : ils se chargent comme des ânes et finissent quand même par recevoir des coups. Aujourd’hui, la plupart des gens sont malheureux. Pour quelle raison ? Non pas parce qu’ils connaissent la vérité, mais parce qu’ils la craignent. Puisque jadis l’âne a dit la vérité, on le bat aujourd’hui ; le cheval n’a pas dit la vérité et c’est pourquoi il accompagne son maître à la guerre et y essuie le feu des combats. Nos contemporains doivent raisonner et arriver à une compréhension intérieure des choses. L’homme a besoin d’un corps sain et lui donner de l’eau pure et peu de nourriture. Le corps humain, c’est-à-dire l’âne, nécessite une hygiène. Seul le corps bien portant peut héberger un esprit grand et robuste. Quelqu’un dira qu’un grand esprit peut aussi demeurer dans un corps chétif. Non, c’est impossible ! Celui qui veut avoir un esprit puissant et robuste doit avoir un corps bien portant. Mais la graisse et l’épaisseur ne sont pas le signe d’un corps sain. La santé est fonction d’une situation normale des cellules. Lorsque les cellules de l’organisme, nerveuses, musculaires, artérielles, conservent leur taille initiale et accomplissent précisément leur travail, l’homme est bien portant ; si elles altèrent leur taille et cessent d’exécuter leur mission, l’homme tombe malade. Le malade ne raisonne pas correctement, ne ressent pas les choses avec justesse. Vous saurez ainsi que la disposition de l’intelligence humaine et du cœur humain dépendent avant tout de la disposition de leur monture. Qu’arrivera-t-il à celui qui traverse pieds nus une région pierreuse et sableuse ? Il se blessera les pieds et, en rentrant chez lui, il commencera à parler de maladie. Il change ainsi toute sa philosophie de la vie. Quelle philosophie y a-t-il dans les maladies, quelle est leur origine ? L’air impur, l’eau impure, la nourriture impure. Celui qui veut être bien portant doit respirer de l’air pur, boire de l’eau pure, se nourrir d’aliments purs, digestes, et sans aucun excès. L’air se rapporte à la pensée humaine, l’eau à la vie, et le pain à la volonté humaine. Sachant cela, appréciez l’air, l’eau et le pain comme vous appréciez votre intelligence, votre vie et votre volonté. Si vous rompez un morceau de pain, dites : « Je Te remercie Seigneur pour le pain que Tu me donnes. Je veux être pur et résistant comme le grain de blé. » Vous mangez du pain sans réfléchir à son rapport à votre volonté ; vous buvez de l’eau sans être conscient de son rapport à la vie et à votre cœur. Lorsque vous buvez de l’eau et que vous vous rafraichissez, dites : « Comme l’eau me rafraîchit, de même que mes sentiments rafraîchissent le voyageur éreinté et assoiffé. » Si vous prononcez ces paroles quotidiennement, votre cœur se renouvellera ; c’est l’une des méthodes employées par la nature pour rajeunir l’être humain et élever son esprit. La nourriture pure renforce la volonté, l’eau pure renforce le cœur et l’air pur renforce la pensée. Respirez l’air pour rafraichir vos idées. Les poètes ont écrit leurs meilleures œuvres, inspirés par les plus beaux tableaux de la nature. Je vous souhaite que le Christ entre dans votre corps dès aujourd’hui, comme jadis il est entré à Jérusalem sur l’ânon. Pour certains, le Christ n’est venu que jusqu’à la forêt de Jéricho ; il n’a même pas pu descendre jusqu’au village car ils n’avaient pas un ânon à Lui prêter. Après tout ceci, les gens attendent que le Christ vienne sur Terre pour les ressusciter. Vous ressusciterez si vous êtes l’ânon que personne n’a monté à part le Christ. Cela implique un corps pur et chaste. Les corps des gens d’aujourd’hui sont impurs alors qu’ils doivent être parfaitement purs. Tant qu’ils ne se purifient pas, il ne peut pas être question de Résurrection. La sueur de la plupart des gens est empoisonnée, saturée d’impuretés tout comme leur sang, ce qui montre qu’ils ne mangent pas une nourriture saine, ne boivent pas d’eau saine et ne respirent pas un air pur. Amenez l’incroyant dans un beau village de montagne et nourrissez-le un mois durant avec de la nourriture pure et légère, de l’eau et de l’air purs et vous verrez comment il changera d’idées et comment il réfléchira d’une manière nouvelle, tel un poète. Nos contemporains ne vivent pas correctement et se divisent en croyants et incroyants. Les premiers croient en le Christ et en l’Église, mais pas les seconds. En réalité, on ne sait pas qui est le véritable croyant. Peut-on appeler croyant celui qui dérobe, qui profère des mensonges et égare les autres ? Qui ment ? Celui qui vit dans l’obscurité, alors que celui qui vit dans la lumière ne ment jamais. À qui mentira-t-il ? Peut-on mentir à ceux qui sont plus instruits que nous ? Celui qui vit parmi les gens ordinaires peut parfois avoir recours au mensonge, mais celui qui vit parmi les êtres lumineux et intelligents ne ment jamais. Vous direz que l’homme peut changer de milieu, monter ou descendre, c’est possible, mais que ferez-vous si votre esprit résiste ? L’homme doit obéir à la volonté de son esprit, à sa nature supérieure et non pas à sa nature inférieure. Nos contemporains se plaignent de leur vie. Pourquoi ? Parce qu’ils ont mal arrangé leurs affaires. Aujourd’hui les serviteurs montent l’ânon alors que les seigneurs sont à pied ; les élèves montent l’ânon alors que les maîtres sont à pied. Faites l’inverse et votre vie s’arrangera. Les maîtres et les seigneurs doivent se hisser sur l’ânon et non pas les serviteurs et les élèves. Qui dirige le paquebot ? Le capitaine, c’est-à-dire le plus expérimenté et le plus intelligent de l’équipage. Lorsque Dieu a créé l’être humain, son œuvre la plus grandiose, Il l’a mis entre les mains de son capitaine, l’esprit, pour qu’il le dirige. Qui dirige la nature ? L’Esprit de Dieu qui l’a créée. Vous ne pouvez pas vous prononcer sur les lois et les méthodes de la nature tant que vous n’avez pas acquis l’humilité ou du moins la modestie nécessaire. Soyez humbles comme l’abeille pour recevoir la bénédiction divine. Lorsqu’il a créé les fleurs, Dieu a mis en elles un jus sucré, le nectar, pour attirer tous les insectes. Il a ensuite appelé les coléoptères, les moucherons pour qu’ils se prononcent sur son travail. Tous se sont succédé devant le Seigneur pour donner leur avis sur la question. Seule l’abeille est restée en arrière, sans parler. Dieu lui a demandé : « Pourquoi restes-tu de côté sans rien dire ? » Elle s’est tournée vers Dieu avec ces mots : « Seigneur, j’ai un caractère revêche et parfois je me plais à piquer. Si je croise un homme, je pourrais le piquer. Lorsque je vole d’une fleur à une autre, si je rencontre un homme penché sur les fleurs, je le piquerai. » Dieu lui a répondu : « Puisque tu es la seule à reconnaître une faiblesse, c’est à toi que je confie la mission de recueillir le nectar des fleurs et d’en fabriquer le miel. » Parmi les animaux aussi bien que parmi les humains, vous rencontrerez ceux qui aiment se prendre au sérieux et ceux qui reconnaissent leurs torts et leurs faiblesses, et sont prêts à se corriger. C’est sur ces derniers que l’on compte davantage et c’est à eux que l’on confie les travaux sérieux. Ce sont les personnes modestes dans le monde qui acquerront l’humilité. Après la chute originelle, les gens se sont tellement pervertis que Dieu a décidé d’envoyer le déluge pour purifier l’humanité. Le jour où Noé a dû accoster son arche sur une montagne, Dieu a interrogé toutes les montagnes pour savoir où cela devait s’accomplir ; Il a voulu avoir leur avis. Lorsque le tour de la montagne Ararat est venu, elle a répondu : « Seigneur, je suis petite et indigne pour cette mission. – C’est précisément pour cela, a rétorqué Dieu, que Noé accostera sur toi, et sur toi il bâtira la vie nouvelle ». Lorsqu’Il a promulgué Ses commandements pour l’humanité, Dieu a demandé l’avis de toutes les montagnes, pour savoir où il fallait accomplir cet acte. L’une après l’autre les montagnes ont comparu devant Dieu pour avancer leur candidature. Seul le Sinaï est resté silencieux. Pourquoi ? Parce qu’il s’estimait plus petit et moins beau que les autres. Dieu l’a regardé avec bienveillance et a dit : « Tu auras la primauté sur les autres, c’est sur toi que je bâtirai Ma loi. » Si vous voulez que Noé accoste ainsi son arche auprès de vous, soyez humbles comme Ararat ; si vous voulez que les commandements soient promulgués sur vous, gardez le silence comme le Sinaï. L’humilité est exigée de l’homme ; vous devez rester silencieux lorsque les grands prennent la parole. L’arche de Noé a accosté sur Ararat, les commandements de Moïse ont été donnés sur le Sinaï. L’abeille qui est aussi un symbole, représente l’intelligence humaine, Ararat, le cœur humain et le Sinaï, la volonté humaine. Si vous êtes intelligents, vous serez comme l’abeille et vous récolterez du miel ; si vous avez un cœur noble, vous serez comme Ararat et Noé accostera sur vous avec son arche et il vous bénira ; si vous avez une volonté puissante, vous serez comme le Sinaï où les commandements ont été énoncés. Comment Noé accostera son arche auprès de vous ? Lorsque la jeune fille se marie, l’arche s’ouvre et les fils de Noé descendent un par un. La jeune fille représente la montagne Ararat, c’est-à-dire l’ancien monde et l’arche de Noé - la bénédiction divine qui se déverse à travers les fils de Noé. L’homme doit être comme Ararat et le Sinaï, ne pas avoir une haute opinion de lui-même afin de comprendre le sens de la vie. S’il a une haute opinion de lui, il chutera et se relèvera sans comprendre le sens profond de la vie. Pour le comprendre, les ânons doivent être libres. Est-ce qu’ils sont détachés ou bien sont-ils encore attachés à une corde dans les villages ? Est-ce que les disciples du Christ se sont présentés à vous pour demander votre ânon ? Réjouissez-vous si c’est le cas. Et si votre maître vous demande pourquoi on réclame l’ânon, répondez : « Le Seigneur en a besoin. » L’ânon est votre vie que vous devez consacrer à servir le Seigneur, le Christ. Aujourd’hui tous se demandent quand le monde se redressera. La réponse est simple. Le monde se redressera lorsque les gens seront prêts à donner leur vie pour le Christ. Le monde se redressera lorsque les gens acquerront l’art de l’abeille et l’humilité des deux montagnes, Ararat et Sinaï. Peu d’êtres aspirent à l’humilité, la plupart des gens, hommes et femmes, veulent être des aigles, voler très haut. Il est bon ce désir de voler très haut comme un aigle, mais l’aigle est aussi un rapace, beaucoup d’animaux en pâtissent. Sur le plan mental, beaucoup de personnes aspirent aux hautes idées pour voler dans l’espace, mais ce sont souvent des idées carnassières. Si une telle idée vous vient, elle trouble votre sérénité et vous perdez le sens de la vie. Par conséquent, si vous êtes malheureux, c’est qu’un aigle s’est posé sur vous ; si vous êtes heureux, c’est qu’une abeille s’est posée sur vous : où que vous alliez, vous tomberez sur des fleurs aromatiques pour en prélever le nectar sucré, votre ruche sera toujours pleine de miel pour que votre maître puisse le collecter et l’utiliser. Il récoltera le miel et nettoiera les ruches, et vous serez joyeux. Pourquoi ? Parce que vous lui apportez un certain bien-être. « Amenez-le », dit le Christ. Amener qui ? L’ânon. Je vous souhaite à tous d’être modestes comme l’ânon au point de vue de la nourriture, de vous contenter de peu, mais d’exiger de la nourriture pure sans être présomptueux à son égard. Où qu’il soit, l’ânon prend l’initiative, il marche toujours en avant et dit : « Je suis le prédicateur de toutes les nouvelles idées et de tous les nouveaux mouvements. J’ai jadis donné mon avis et j’ai été puni, mais je suis encore prêt à le donner. » Certains s’exposent pour la vérité. D’autres restent à l’arrière et s’ils viennent à la vérité, ils ressemblent au tzigane qui était toujours le premier à répondre aux invitations à boire et à manger. S’il était appelé pour le travail, il disait : « Que quelqu’un d’autre y aille, faut-il que ce soit toujours à moi d’être le premier ? » En réalité, il ne faisait rien à part boire et manger ; on ne parle pas comme ça, ce n’est pas la vérité. Il répondait toujours aux invitations à des repas : « Oui, allons nous restaurer, ne sommes-nous pas des amis ? » Si on lui demandait d’aller labourer le champ, il répondait : « Que quelqu’un d’autre y aille à ma place, c’est toujours moi qui me sacrifie ! » Rappelez-vous, la vérité ne peut pas être cachée, même au dernier moment, elle finira par éclater. L’âne est la risée des gens sur terre, mais il occupe une place d’honneur dans l’autre monde, il est devant l’entrée du Paradis et donne son avis. Si quelqu’un qui a bien vécu et bien travaillé sur Terre s’y rend, alors il va braire : « Aah ! » En entendant son avis, les créatures intelligentes diront : « Laissez entrer cet homme au Paradis, il est du type abeille. » S’il vient quelqu’un comme le tzigane qui n’a fait que manger et se prélasser, l’âne braira : « Heuh ! » En entendant cela, les créatures intelligentes diront : « Renvoyez-le sur Terre, pour qu’il apprenne bien sa leçon, et qu’il revienne ensuite. » Donc, c’est l’âne qui décide dans l’autre monde qui doit aller au Ciel et qui doit retourner sur Terre. Que l’ânon demeure un sujet de réflexion pour vous. Pourquoi lui et pas un autre animal ? Parce que vous l’avez dévalorisé et rendu risible. Chaque chose, une pierre, une plante, un animal ont leur prédestination et leur sens caché, mais vous les avez dévalorisés. Ceci est visible, non seulement à l’égard des plantes et des animaux, mais aussi des humains ; ils sont la risée les uns des autres, ils ont perdu leur sens et leur signification originelle. Aujourd’hui, les gens s’affublent de titres divers et variés, mais ils se déprécient mutuellement de la sorte. Salir les autres n’est ni un art ni une science ; les nettoyer par contre est une grande science. Je vous souhaite que le Christ monte sur votre ânon pour se rendre à Jérusalem sous vos acclamations : « Béni soit celui qui vient et entre dans notre temple au nom du Seigneur ! » Votre âme sera libre et apportera un nouvel ordre divin dans le monde. Sofia, 30 juin 1918 Traduction par Bojidar Borissov
  11. Peut-il Il leur dit aussi cette parabole : Un aveugle peut-il conduire un aveugle ? Luc 6 :39 Le Christ pose la question : « Un aveugle peut-il conduire un aveugle ? » Qu’entend-on par le mot cécité ? Il existe trois types de cécité : physique, spirituelle et mentale. La cécité physique concerne celui qui est privé de l’organe de la vue, nécessaire pour ce monde. Pour s’en sortir dans la vie, l’aveugle doit être guidé par quelqu’un, il ne peut pas se déplacer librement d’un endroit à un autre, il ne peut pas vaquer tout seul à ses affaires. « Un aveugle peut-il conduire un aveugle ? » Cette question se rapporte davantage à la cécité mentale plutôt qu’à la cécité physique. Est-ce que celui qui est mentalement aveugle peut enseigner et guider les autres ? Qui peut guider celui qui est physiquement aveugle ? Uniquement celui qui voit. La même loi s’applique dans le monde spirituel et mental. Il est facile de reconnaître celui qui est aveugle et celui qui ne l’est pas sur le plan physique, par contre, essayez seulement de convaincre quelqu’un qu’il est spirituellement ou mentalement aveugle, vous aurez beau essayer, même s’il est aveugle, vous n’y arriverez pas. Pourquoi ne se laisse-t-il pas convaincre ? Parce qu’il n’est pas conscient de sa situation. En ce sens, on distingue trois catégories de personnes : la première catégorie, ce sont ceux qui ne savent pas qu’ils ne savent pas ; la deuxième catégorie, ceux qui savent qu’ils ne savent pas, et la troisième, ceux qui savent qu’ils savent. Où et comment se reconnaissent ces personnes ? Dans la société, lorsqu’ils se confrontent aux autres, et en eux-mêmes lorsqu’ils retrouvent leur moi. Il y a des disciples qui se croient très instruits, très capables et qui sont persuadés qu’ils résoudront facilement leurs problèmes. En voyant leur ignorance, leurs maîtres les grondent, les remettent en question, mais ils ne reviennent pas sur l’opinion qu’ils ont d’eux-mêmes. Et comme ils désapprouvent les paroles de leurs maîtres, il en résulte de grands malentendus entre eux. Au lieu de vouloir convaincre son disciple qu’il ne sait pas, le maître doit lui donner une tâche ardue à résoudre et rester à côté de lui. La résolution de la tâche mettra en évidence si le disciple sait ou non, s’il est capable ou non. « Un aveugle peut-il conduire un aveugle ? » S’agissant de la vue physique des humains, nous pouvons facilement dire qu’ils sont aveugles. Vu le peu qu’ils voient et vu qu’ils doivent encore tant développer leur vue nous pouvons parler sans crainte de cécité physique - l’être humain ne voit même pas un dix-millionième de ce qui est devant lui ! Pouvez-vous alors prétendre que vous voyez et savez tout ? La même chose s’applique à la vue humaine dans le monde mental et spirituel : les connaissances humaines sur le monde spirituel ne représentent même pas un cent-millionième de ce qui sera acquis dans le futur. Beaucoup savent qu’ils ne savent pas tout, mais il y en a peu qui savent qu’ils savent. Dans cette dernière catégorie vous trouverez à peine dix personnes sur Terre, et seulement vingt-quatre Vieillards au Ciel, appelés les Sages. Il est dit dans l’Évangile qu’ils sont assis autour du trône de Dieu. Qui les a vus ? Vous direz que Jean a écrit sur eux. Que font-ils autour du trône de Dieu ? Ils s’inclinent et Le servent. Vous direz qu’il n’est pas normal de rester sur place et de s’incliner. Ici le mot s’incliner est utilisé au sens de servir. Seul le sage et ceux qui ont de l’amour peuvent s’incliner, autrement dit servir Dieu en esprit et en vérité. Puisqu’il est venu sur Terre, l’être humain doit travailler, développer sa vue au sens large : sur les plans physique, spirituel et mental. C’est l’une des tâches qu’il doit accomplir. Voir avec clarté dans tous les mondes est la véritable culture à laquelle tous aspirent. La vue embrouillée et limitée ne se nomme pas voir, mais regarder. Il est dit de ces êtres qu’ils regardent mais ne voient pas. Ceux qui voient avec clarté tissent un lien conscient avec les choses, comprennent leur langage et conversent avec elles comme moi, aujourd’hui, je converse avec vous. Vous m’écoutez, vous comprenez et réfléchissez si mes paroles sont justes dans leur forme, leur contenu et leur sens. Voir les choses physiquement, c’est voir leur forme ; les voir spirituellement, c’est voir leur contenu ; les voir mentalement, c’est voir le sens des choses. Mais l’être humain doit voir dans les trois mondes, selon la forme, le contenu et le sens. C’est cela avoir une vue extérieure et intérieure. Ainsi, l’organe de votre vue, l’œil, a un rapport à la pensée humaine. L’homme doit avoir de bons yeux pour bénéficier d’un cerveau sain et bien organisé. L’intelligence, la raison et les capacités que l’être humain manifeste sur le plan physique se trouvent sur le front. Il suffit de regarder le front d’un individu pour savoir à quel point il est sensé, intelligent, doué, observateur, réfléchi. Quelqu’un regarde son propre front et dit qu’il est très intelligent. Combien ? J’ai mesuré les fronts des Bulgares et j’ai observé que leur hauteur atteint tout au plus six à sept centimètres et leur largeur, seize à dix-sept centimètres ; c’est dans ces ordres de grandeur qu’évolue le mental du Bulgare. Cependant, l’importance des choses ne se résume pas tant à leur taille qu’à leur organisation. Il ne suffit pas que le front soit haut et large, encore faut-il que le cerveau soit organisé. La surface du front humain est petite, mais elle représente les trois mondes : l’intelligence du monde physique, l’intelligence du monde spirituel et l’intelligence du monde divin. Ces mondes se manifestent différemment en chacun et c’est pour cette raison que les gens ne s’entendent pas entre eux. C’est pour cela qu’on dit qu’il y a autant de points de vue que de gens sur Terre. Certains occultistes distinguent une intelligence supérieure et une intelligence inférieure, c’est-à-dire un mana supérieur et un mana inférieur[1]. L’intelligence supérieure est une intelligence d’observation, sur la partie haute du front qui observe les choses de l’extérieur et de l’intérieur alors que l’intelligence de mémorisation occupe la partie médiane du front : elle perçoit les ressentis extérieurs et intérieurs et les enregistre. La partie inférieure du front, au-dessus des sourcils, représente l’intelligence inférieure que nous appelons observatrice, objective ou subjective ; elle enregistre la perception d’objets et d’évènements proches. Les trois parties du front se complètent. Elles représentent la région du mental humain. « Un aveugle peut-il conduire un aveugle ? » Quelque soit le plan, la cécité crée des malheurs et des tourments pour l’homme. Celui qui est physiquement aveugle peut toucher ce qu’il ne faut pas et s’attirer un malheur ; l’aveugle spirituel peut se causer un désagrément dans le monde affectif et le mentalement aveugle, dans le monde mental. L’être humain n’a pas été créé aveugle, il l’est devenu par la suite. Il y a plusieurs raisons à sa cécité : soit sa propre jeunesse dissolue, soit la vie dissolue de ses aïeux. La mauvaise vie fait perdre sa plasticité au système nerveux, l’influx sanguin ne se fait pas correctement et des résidus se déposent sur le nerf optique et empêchent la réfraction correcte des rayons solaires dans l’œil. La cécité physique est due aux résidus sur le nerf optique, la cécité mentale est due aux résidus dans le cerveau qui empêchent la bonne perception des idées. Lorsque la pensée n’est pas fluide on ressent un resserrement dans le cerveau, c’est-à-dire dans la région de la pensée. Tout comme la vie pure et juste est requise pour s’affranchir de la cécité physique, de même elle est nécessaire pour s’affranchir de la cécité mentale. L’aveugle doit purifier entièrement son corps, son cœur et son esprit pour ne laisser aucun résidu sur ses nerfs. Lorsqu’Il demande si l’aveugle peut conduire l’aveugle, le Christ veut savoir qui doit guider et soigner les aveugles. Il ne suffit pas de les conduire, il y a autre chose dans la question posée par le Christ. Conduire quelqu’un signifie lui montrer le chemin. Celui qui ne comprend pas les lois de la nature intelligente peut-il guider et orienter les autres ? Les observations des scientifiques sur le cerveau humain montrent que nombre de malentendus entre les humains peuvent être évités. Si deux personnes, homme et femme fondent un foyer, ils vivront bien ou pas – cela dépend de la structure de leurs crânes. Si l’un a un crâne fuyant à l’arrière, et l’autre au contraire un crâne très développé à l’arrière, ils ne cohabiteront pas bien. L’un sentira et pensera d’une façon et le second d’une autre. Ce désaccord dans les pensées et les sentiments crée des malentendus et des conflits entre eux. Si la femme est large d’esprit et bien disposée envers les gens, l’homme sera mécontent et lui reprochera des faiblesses qu’elle n’a pas en réalité. Si l’homme est affectueux, avec des visées généreuses, la femme ne sera pas contente. La femme dira que l’homme n’est pas normal ; et l’homme la traitera de même et au lieu de se connaître ils s’éloigneront l’un de l’autre. La femme dira que l’homme est devenu fou et vice-versa. En réalité personne n’est devenu fou, mais ils ne se comprennent pas ; l’homme raisonne d’une manière et la femme d’une autre. Pourquoi ? Leurs centres cérébraux ne sont pas développés de la même façon. Qui traitons-nous de « fou » ? Celui qui s’est mis quelque chose en tête qui demeure invisible aux autres. Si la femme est aveugle et ne voit pas ce que fixe son mari, elle le traitera de fou. Si le mari est aveugle, il traite sa femme de folle. Celui qui est aveugle, l’homme ou la femme, se met à reprocher à son bien-aimé des choses qui n’ont même pas effleuré ce dernier ; ils s’accusent d’infidélité, de froideur, etc. Ils créent ainsi tout seuls leur malheur et deviennent la cause de disputes et de malentendus entre eux. La femme dit qu’elle croyait son mari honnête, mais qu’il s’est épris d’une autre femme ; l’homme non plus ne fait pas confiance à sa femme. Y a-t-il quelque chose de vrai dans leurs soupçons ? Peut-être oui, mais peut-être pas du tout. Si l’homme est bien disposé envers une autre femme, qui pourrait être sa mère, sa sœur, son amie, en souhaitant leur bien et en se réjouissant de leur réussite, y a-t-il quelque chose de mal à cela ? Souhaiter le bien à ses proches et s’en réjouir, c’est cela avoir de vrais rapports avec eux, en accord avec la morale et la religion. Si quelqu’un a développé la clairvoyance, il verra des choses que les autres ne voient pas ; il est en droit de parler de la cécité des gens. Mais que direz-vous si un aveugle parle de la cécité des autres ? À propos des aveugles, le Christ dit : « Un aveugle peut-il conduire un aveugle ? » Par conséquent l’aveugle ne peut pas avoir une vision juste et large sur la vie. La vue de l’homme contemporain est si limitée qu’il ne voit qu’un millionième de ce qui existe sur le plan physique ; avec sa vue spirituelle il ne voit qu’un dix millionième de ce qui existe dans la vie spirituelle ; avec sa vue mentale il ne voit qu’un cent millionième de ce qui existe dans le monde mental. Ainsi, quel que soit le plan abordé, sa vue est limitée. Réjouissez-vous de ne pas tout voir encore car un monde vaste s’ouvre à vous, avec de très grandes possibilités d’étudier l’incommensurable et le grandiose. En passant d’un monde à l’autre, vous avancez progressivement de l’inconnu vers le connu. Des milliers et des millions d’années d’étude et d’accumulation de connaissances attendent l’homme. Ne vous découragez pas, mais au contraire ayez du courage et cherchez le sens de la vie. Car la vie a un sens. Les scientifiques font des calculs et trouvent que le cerveau humain renferme trois milliards six cents millions de cellules mobilisées pour l’activité mentale. Ils ont calculé que toute la connaissance du monde correspondant à quatre-vingt-dix livres grands comme la Bible peut être imprimée dans le cerveau humain, et qu’il resterait de la place encore pour neuf cents livres identiques. Cela montre qu’il reste encore beaucoup à apprendre et à réfléchir. Si l’homme croit qu’il a tout appris, il se leurre et fait fausse route. Se leurrer soi-même, c’est être dans la situation de la souris, postée devant le piège tendu et se demandant comment attraper l’appât sans se faire prendre, et rester indemne dehors, l’appât entre les dents. Après maintes allées et venues, et une bonne réflexion, elle décide de mettre son museau dans le piège pour attraper l’appât. Elle entre très prudemment et l’attrape, mais le piège se referme derrière elle. Nous disons de la souris qu’elle n’est pas libre, qu’elle se laisse facilement piéger, mais l’être humain non plus n’est pas libre. Il n’y a pas d’humains parfaitement libres sur terre, tous sont dans le piège, tentés par l’appât. Une fois dans le piège et ayant goûté à l’appât, la souris se met à réfléchir : « Qu’est-ce qui m’arrive ? Maintenant j’essaierai de sortir du piège. » Elle essaie par-ci par-là, mais tout est bloqué. La même chose s’applique aux humains : tant qu’il n’y a pas de difficultés, ils ne réfléchissent pas beaucoup ; lorsqu’ils rencontrent des difficultés et des épreuves, ils se mettent à réfléchir, à chercher un moyen de s’en sortir. C’est pour cette raison que l’on dit que les épreuves et les souffrances stimulent l’intelligence ; c’est par leur biais que l’homme acquiert une expérience et une bonne compréhension de la vie. Pour ne pas rentrer dans le piège ou pour en sortir si elle y est déjà, la souris ne doit pas être souris. Tant qu’elle est une souris, il y aura toujours un piège tendu pour elle. Maintenant la question se pose de savoir qui tend un piège à la souris. Les humains. Vous direz qu’ils sont mauvais puisqu’ils posent un piège. Ils ne sont pas mauvais, c’est ce qui est mauvais dans la souris qui les incite à tendre des pièges sur son chemin. Pour ne plus avoir besoin de lui poser un piège, elle doit changer de forme et de façon de raisonner. Tant qu’il y aura des souris, il y aura des pièges. Cette conclusion rejoint la philosophie de Schopenhauer qui dit : « Tant qu’il existe une volonté malveillante dans le monde, le monde sera mauvais et les humains seront mauvais. » Schopenhauer a raison de son point de vue, mais d’où tire-t-il ces conclusions ? Vous direz que sa philosophie est le résultat de ses expériences. Un homme qui a souffert de sa femme dit : « Je connais les femmes, elles sont méchantes. » Comment le sait-il ? De sa femme ! Il a observé une femme et pense les connaître toutes. Si un homme connaît quelques femmes, cela ne signifie pas qu’il les connaît toutes. Il y a de mauvaises femmes c’est vrai, mais il y en a de bonnes. Les femmes ne sont pas comme les souris. Que signifie le mot souris au sens large ? Une créature qui aime grignoter, ronger. Pourquoi la souris ronge-t-elle ? Pour limer ses dents de devant qui poussent très vite. Pour qu’elles ne grandissent pas outre mesure et ne la gênent pas, elle ronge et les lime ainsi au fur et à mesure. Pourquoi ses dents grandissent-elles aussi vite ? Parce que c’est une créature extrêmement avide ; l’avidité l’incite à manger tout ce qu’elle trouve dans le piège. Certains possèdent les traits de la souris. En entrant dans un coffre où la jeune fille a rangé ses nouveaux habits, les souris font des trous, déchirent les tissus et puis ressortent. Si on leur demande pourquoi elles agissent de la sorte, elles disent que Dieu les a créées ainsi ; elles agissent comme elles sont créées. Pour limer leurs dents, elles doivent impérativement ronger. À mon avis, la souris peut agir autrement, mais elle doit renoncer à son avidité. Si une autre façon d’être, d’autres actes sont exigés de la souris, alors combien plus est exigé de l’homme. Chaque humain agit selon son degré d’évolution, c’est la raison de la grande variété entre les humains. On raconte au sujet du général Washington – avant qu’il ne soit président des États-Unis – l’anecdote suivante : pendant la guerre d’indépendance contre les anglais, en faisant le tour de l’armée il a vu un jeune sous-officier qui commandait à dix soldats en train de mettre à l’épaule une très lourde poutre. Les soldats levaient la poutre de ci et de là sans réussir à la mettre sur leurs épaules, il leur fallait un petit coup de pouce pour s’acquitter de leur tâche. Le sous-officier s’énervait, insistait pour que la poutre soit levée. Washington, modestement habillé, s’est approché de lui pour lui demander : « Pourquoi n’aides-tu pas les soldats ? – Je suis sous-officier ! a répondu ce dernier avec force. » Voyant qu’il n’était pas reconnu, Washington est allé près des soldats, a prêté son épaule pour les aider à soulever la poutre. Il s’est ensuite tourné vers leur sous-officier en disant : « Je suis le général Washington », puis il a tranquillement continué son chemin. Vous direz que les sous-officiers ne se rencontrent que dans l’armée. On en voit partout, dans les familles, dans la société civile. Je prends le mot sous-officier au sens large : celui qui agite la baguette pour commander les autres. Après la libération en Bulgarie, quelqu’un a voulu avoir un poste tranquille pour se reposer après le joug éprouvant. Il a réfléchi au poste à demander. Un jour, en se promenant en ville, il a vu un homme agiter une baguette devant quelques musiciens : il levait et abaissait la baguette pendant qu’ils jouaient. Voici une tâche facile pour moi, s’est dit le Bulgare. J’irai voir un responsable pour lui demander ce poste. Devant le patron, à la question : Que veux-tu ? il a répondu, un poste. Lequel ? Lever et baisser la baguette pendant que les musiciens jouent ! Beaucoup de gens aujourd’hui, hommes et femmes, érudits ou non, veulent agiter la baguette, c’est-à-dire être chefs d’orchestre. C’est vrai, non seulement sur le plan mental mais aussi sur le plan matériel. Beaucoup d’écrivains, de scientifiques et de philosophes cherchent un moyen facile d’atteindre la gloire. Ils veulent se rendre célèbres à travers le monde aux dépens des autres : que d’autres jouent et portent le fardeau, et qu’eux se contentent de se tenir devant et d’agiter leur baguette, c’est-à-dire de se faire passer pour des chefs d’orchestre. Il y a des années, un excellent prédicateur américain a tenu un prêche remarquable qui a particulièrement plu à l’un de ses confrères médiocres. Ce dernier a réussi à mettre la main dessus, il l’a copié et l’a reproduit devant ses fidèles comme étant le sien. Ils en ont été très satisfaits, se disant entre eux : « Aucun prédicateur n’a tenu un tel prêche jusqu’à présent. Seul le nôtre en est capable. » Bientôt ce prêche s’est répandu dans toute l’Amérique. L’un après l’autre, tous les prédicateurs l’ont copié et chacun le prononçait comme étant le sien. Sachez une chose : ce qui appartient aux autres reste toujours à eux. Ne raisonnez pas avec l’intelligence des autres, ne regardez pas les choses à travers leurs yeux ; chacun doit raisonner avec son intelligence et regarder avec ses propres yeux. L’intelligence de chacun doit être la plus acérée, la plus claire et la plus éveillée possible pour saisir avec justesse et acuité tout ce qui la traverse. Devons-nous sous-estimer l’intelligence des grands hommes ? Ne sous-estimez pas les grands esprits, mais appliquez leurs pensées, imitez leur assiduité et leur persévérance. Une mère et un père, capables de bien éduquer leurs enfants, sont capables d’éduquer tout un peuple ; ils sont considérés comme de grands esprits et sont dignes d’être pris en exemple. Ils ont des yeux, voient bien et peuvent guider ceux qui ne voient pas et qui se trompent de chemin. « Un aveugle peut-il conduire un aveugle ? » Au-delà de l’aveuglement physique, le Christ aborde l’aveuglement intérieur, spirituel. La cécité physique est terrifiante, mais la cécité spirituelle l’est plus encore, elle conduit à de grands malheurs. Celui qui n’a pas de lumière intérieure s’expose à de troubles incessants ; celui qui ne connaît pas la raison de ces troubles se cogne en lui-même comme un oiseau en cage, et il s’estropie. Si un homme sensible entre en prison parmi les criminels, il en sortira avec une humeur pesante, envahi de pensées confuses, incapable de s’aider lui-même. Il se demande ce qui lui arrive, pourquoi son humeur a changé ? Sa cécité intérieure l’empêche de saisir que la raison de sa mauvaise humeur est due aux pensées des criminels qu’il a côtoyés. Chaque humain est comme une batterie d’où sortent des rayonnements, plus denses ou plus diffus. Si l’on ne sait pas les assimiler, on les absorbe comme des aliments indigestes qui provoquent un mal de tête ou d’autres dérèglements. Dans ce cas, les Bulgares évoquent un mauvais sort jeté à cette personne. Ce n’est nullement un mauvais sort ; il s’est simplement confronté à deux courants aux énergies opposées qui ne s’harmonisent pas. Celui qui a une vision intérieure et extérieure réussit à manier ces courants, il les perçoit de loin et peut les éviter. Par contre, s’il ne les voit pas, il y est confronté et en subit les conséquences néfastes. Lorsqu’il vient sur Terre, l’être humain doit étudier toutes les conditions pour savoir y faire face. La Terre est faite d’air, d’eau et de terre. Les gens d’aujourd’hui examinent les conditions de l’eau et de l’air pour pouvoir nager comme des poissons et voler comme des oiseaux. Si quelqu’un dit que ses conditions de vie sont difficiles, c’est qu’il s’est retrouvé soit dans l’eau, soit dans l’air. S’il a appris à nager, il traversera sans encombre d’une rive à l’autre. S’il sait voler, il voyagera un certain temps dans les airs, puis redescendra sur terre. La tâche des mères et des pères d’aujourd’hui, des prédicateurs et des professeurs est de répandre la lumière dans les esprits et les cœurs des êtres, de leur apprendre à nager et à voler, c’est-à-dire leur apprendre les lois qui gouvernent le cœur et la pensée. On nage avec son cœur et on vole dans l’immensité céleste avec sa pensée. Celui qui n’accomplit pas sa mission est responsable de l’ignorance et des ténèbres dans lesquelles est plongée l’humanité. Celui qui occupe une position sociale influente et ne s’acquitte pas de ses devoirs est responsable des catastrophes dans le monde. Cette responsabilité est engagée depuis l’époque du Christ jusqu’à maintenant. C’est une autre question si quelqu’un parmi les guides - mère, père, prédicateur ou professeur, avoue qu’il est aveugle - il se libère alors de cette responsabilité, mais s’engage à travailler pour sa propre éducation. En même temps, il s’engage à libérer ceux qu’il guide pour les laisser recouvrer la vue tout seuls. Laissés à eux-mêmes, ils s’orienteront plus rapidement que sous la conduite d’un guide aveugle. Que chacun cherche la lumière par lui-même. Si la mère est bête, la fille ne doit pas subir le même sort ; si le père est bête, le fils doit être intelligent. Si le fils est intelligent, le père aussi le deviendra, c’est une question de temps mais qui obéit à la loi de la réincarnation. Il est impossible qu’un père intelligent engendre un fils bête. Le fils doit travailler sur lui et développer ses centres cérébraux. Ceci se fait par la pensée, par un travail mental assidu. En travaillant avec sa pensée, on nourrit les cellules de son cerveau et elles se développent progressivement. Chaque matin, en vous levant, dites-vous : « Je veux devenir intelligent ». Cette pensée irrigue le cerveau et se met à nourrir les cellules. Si vous faites cela une année durant, vous aurez un certain résultat. Votre discernement s’aiguisera, vous saisirez les choses correctement. N’est-ce pas la même chose dans les écoles ? En étudiant plusieurs matières, les élèves envoient plus de sang vers leur cerveau et nourrissent ainsi certains centres cérébraux. Ne vous dites pas que vous ne savez pas penser, mais dites : « Je peux penser comme quelqu’un d’intelligent. » Chaque pensée positive élève l’homme, chaque pensée négative détruit et abaisse le degré de son intelligence. Si le fils du tzar et le fils d’un simple géniteur ont des yeux sains et bien développés, les deux enfants porteront la même vision sur la vie et en profiteront de la même façon. Par conséquent, si votre intelligence est saine et bien développée, vous aurez la même compréhension de la vie que le philosophe. Comprendre et saisir correctement la vie signifie se réjouir de tout ce qui nous entoure. Beaucoup veulent être spirituels, acquérir des connaissances intérieures, mais personne ne peut devenir spirituel avant d’avoir développé son mental. Quelqu’un veut comprendre les choses spirituelles ; c’est impossible. Pourquoi ? Parce que son front est bas. Il doit travailler sur son mental, surélever son front pour être prêt à accueillir la science spirituelle. L’intelligence humaine évolue dans trois mondes, physique, spirituel et mental. Quelqu’un s’est enfermé dans le monde physique et veut en même temps pénétrer les choses spirituelles. Sors du monde physique, élargis ton horizon jusqu’aux mondes spirituel et mental, alors tu comprendras ce qui t’intéresse. « Est-ce que je peux entrer dans une maison étrangère pour accéder de là aux mondes supérieurs ? – Tu ne peux pas ! » Un proverbe bulgare dit : « Ce qui a été pris aux autres, peut être confisqué même le dimanche de Pâques. » Celui qui ne peut réaliser ses désirs trouve que le destin s’acharne sur lui. Non, simplement il manque de discernement et reste aveugle à la vie. L’homme doit songer au bien, à la justice, à l’amour, à la beauté. Qu’est-ce que la beauté ? Une fleur qui se contemple et se respire de loin. Si quelqu’un la cueille, elle se dessèche aussitôt. Tant que le jeune homme contemple la beauté de la jeune fille de loin, elle s’épanouit et se développe ; lorsqu’il s’en approche, elle se dessèche peu à peu. Dans ce cas, le jeune homme agit envers la beauté comme l’araignée envers la mouche ; il suffit qu’elle tombe dans sa toile pour être attrapée, vidée de son sang et puis rejetée au loin. Essayez de lancer un brin d’herbe dans la toile de l’araignée et guettez sa réaction : elle brisera aussitôt les filaments de la toile pour se débarrasser du brin d’herbe et réparer ensuite sa toile. Elle veut ainsi montrer qu’elle ne tolère pas les choses inutiles. Quelle morale en tirer ? Ne pas tolérer de pensées inutiles. Si quelqu’un vous lance une pensée inutile, rejetez là aussitôt le plus loin possible. Vous direz que l’araignée est privée de toute intelligence. Le fait qu’elle tisse une toile plus fine que celle que les humains peuvent fabriquer indique qu’elle est intelligente et possède un certain niveau de discernement. Si le tissage de la toile exige une intelligence, que dire du tissage des pensées humaines ! La pensée humaine doit être libérée des leurres qui guettent les humains comme les pièges guettent les souris. Il n’est pas permis à l’homme de se leurrer lui-même, ni de leurrer les autres. À tout instant, il est devant le regard de Dieu et porte la responsabilité de tous ses actes. Pour s’affranchir des leurres, l’homme doit travailler pour développer son cerveau, apprendre son fonctionnement et les rapports entre les différents centres cérébraux. S’il n’y a pas d’harmonie entre le cerveau de l’homme et celui de la femme, ils ne peuvent pas vivre bien. Il faut trois points d’adhérence entre eux pour bien s’entendre et s’harmoniser : sur le plan physique, sur le plan spirituel et sur le plan mental. Autrement dit, ils doivent avoir des corps construits de la même façon, des pensées et des sentiments identiques. Ce qui ne veut pas dire qu’ils doivent se soumettre complètement l’un à l’autre. Chacun d’eux peut être indépendant, penser et sentir librement, mais comprendre l’autre, cultiver l’unité et l’harmonie. L’homme doit être encouragé par la femme, et la femme par l’homme, tout en gardant chacun leur indépendance. Seul celui qui est porté par une femme intelligente et évoluée, c’est-à-dire par l’amour, est grand. Celui qui est guidé et porté par l’amour atteint toujours la grandeur. Lisez la vie des personnages illustres et vous en serez convaincus. Par exemple Goethe, Milton, Byron sont devenus grands sous l’influence d’une femme. Certaines femmes ont influencé l’homme par un côté négatif, d’autres par un coté positif. Les premières l’ont repoussé et ont ainsi éveillé en lui l’ambition de travailler, de s’élever, de gagner l’amour et l’attention de celle qui l’ignore. Les secondes l’ont encouragé et incité au travail et à l’action. Parfois une raison insignifiante peut inciter à un travail acharné pour atteindre ce que l’on souhaite. Il y a des années, en Amérique, un athlète s’est rendu célèbre par sa force physique. Un jour, un étudiant l’a apostrophé en passant à côté de lui. Vexé, l’athlète l’a giflé pour se faire justice et l’a envoyé au sol. L’étudiant s’est vite ressaisi et est rentré chez lui, mécontent et honteux. Il se demandait sur le chemin du retour comment se venger. Il a eu l’idée de se renseigner sur la vie de l’athlète et de comprendre les méthodes qu’il avait appliquées pour acquérir une telle force. Il a mis la main sur ces renseignements et a commencé à travailler intensément pour se muscler physiquement. Cinq ans après, il a pu lever d’une main un cheval et son poulain. Il est alors allé voir l’athlète et l’a décollé du sol d’une seule main. Puis il a demandé : « Me reconnais-tu ? – Je ne te connais pas. – Je suis celui que tu as giflé et mis à terre il y a cinq ans. – Je me souviens, et je te reconnais comme mon maître à présent. » En situation de faiblesse les gens se justifient avec Dieu ; ils disent qu’ils sont créés ainsi. Non, ils ne sont pas créés ainsi, simplement tout le monde doit travailler pour devenir plus fort et surmonter ses faiblesses. Chacun peut, comme cet étudiant, travailler cinq à dix ans d’arrache-pied pour développer sa force et devenir un héros. Il n’est pas nécessaire de devenir un athlète, il suffit de développer la force qui vous permet de surmonter les épreuves du quotidien. Travaillez sur vous pour appliquer l’enseignement divin dans vos foyers afin d’obtenir ce que vous souhaitez. Pourquoi de nos jours les fils et les filles ne respectent-ils pas leurs parents ? Parce que la plupart des parents ont laissé leur mental de côté. Ils travaillent peu sur le plan mental et régressent alors qu’ils devraient progresser. Celui qui a développé sa pensée a les conditions pour manifester sa conscience supérieure. Là où l’intelligence, le cœur et l’âme de l’être humain sont bien développés, on peut parler de conscience supérieure, de monde causal. Cela s’obtient peu à peu, par un travail progressif sur le corps physique, sur le cœur et la pensée, sur l’intelligence supérieure, et enfin sur l’âme et l’esprit. Ainsi on devient grand et accompli. Le commun des mortels peut devenir grand s’il travaille sur lui-même avec assiduité et persévérance. Vous direz qu’il faut pour cela être à l’écoute et assister à des conférences et des causeries. C’est bien, mais c’est insuffisant. Tout en écoutant, l’homme doit appliquer ce qu’il a entendu et compris. Si vous écoutez seulement, sans étudier et appliquer, vous connaîtrez Dieu tel qu’Il n’est pas. Pour ceux qui travaillent et appliquent, Dieu est bon et aimant, Il leur envoie Son côté lumineux. À ceux qui ne travaillent pas ni n’appliquent, Dieu envoie Son côté sombre - sans le vouloir, Il les punit et les laisse subir les conséquences de leur oisiveté. N’est-ce pas la même chose dans les écoles ? Le maître punit les élèves paresseux alors qu’il se réjouit des élèves capables et assidus. L’élève paresseux déclare qu’il a été créé ainsi. S’il travaille et étudie ses leçons régulièrement, il verra qu’il n’est pas créé ainsi. Chacun peut seul corriger ses torts et ses faiblesses. Moi non plus je ne souhaite pas prêcher à des élèves qui ne font qu’écouter sans s’instruire et appliquer. Celui qui est prêt à appliquer, à être utile pour lui et son peuple, je suis prêt aussi à travailler pour lui ; celui qui n’est pas prêt à appliquer, moi aussi je renonce à lui. « Comment étudierons-nous ? – On s’instruit de trois choses : des erreurs des autres, de son propre vécu et du savoir et des expériences des grands hommes. Vous aussi vous devez vous instruire ainsi. » Le matin, en vous levant, ne pensez pas que vous savez beaucoup, mais dites-vous que vous savez peu et que vous avez encore beaucoup à apprendre. Ce n’est qu’ainsi que vous pouvez vous développer et acquérir des connaissances. Celui qui pense qu’il sait beaucoup, alors qu’il ne sait pas grand-chose, court un grand danger. Il cherche toujours le chemin facile : prendre la baguette des mains du chef d’orchestre et l’agiter. Il imputera chaque insuccès aux conditions, à ses parents, à la société mais jamais à lui-même. Même si une partie de la responsabilité est en dehors de lui, en réalité le responsable principal de l’échec c’est bien lui-même. Cherchez la responsabilité d’abord en vous, puis chez les autres. Travaillez sur vous consciemment, avec amour et persévérance. L’important n’est pas de bâtir un édifice en quelques jours ; construisez lentement mais solidement. Ne vous plaignez pas des voisins, mais tirez avantage de leurs traits positifs. Chaque être humain, chaque société, chaque peuple a des traits positifs qui méritent d’être pris en exemple. Ne cherchez pas la faute chez vos voisins, mais imitez le bien dont ils sont porteurs. Les Bulgares ont subi les jougs ottoman et grec, mais ils ont acquis quelque chose de précieux : la résilience. Ils ont ainsi appris de leurs oppresseurs. Il est important pour l’homme d’apprendre, quelles que soient les conditions, il doit toujours apprendre, acquérir des connaissances. « Un aveugle peut-il conduire un aveugle ? » Ce verset a un rapport à l’individu comme à la nation et à ses dirigeants. Chaque gouvernant doit connaître les lois naturelles, intelligentes, pour savoir où il mène le navire de l’État. Pourquoi le Titanic a-t-il sombré ? Parce que son capitaine a voulu raccourcir le chemin et a pris une direction pleine d’incertitudes. S’il avait suivi le chemin connu, même au prix de quelques longueurs, il aurait atteint le point d’arrivée sans encombre. Il croyait le Titanic insubmersible, mais il s’est trompé. Quelqu’un veut avancer vite, raccourcir le chemin de son développement ; il le peut si le raccourci est dégagé et sans surprises. S’il n’est pas dégagé, il vaut mieux continuer, prendre plus de temps. Tant que le chemin de quelqu’un est libre, droit et sans encombre, il avance sans se préoccuper de quoi que ce soit ; si le chemin zigzague, il commence à se demander quelle direction prendre. Si le sens de l’avancement évolue, tu dois t’arrêter un peu, étudier la nouvelle donne et continuer ensuite. La grandeur du peintre est dans les courbes. S’il peut les dessiner et les placer correctement, il est taxé de grand peintre. Celui qui ne se sert que de lignes droites est un graphiste et non pas un peintre. Que représentent les lignes courbes ? La souplesse, la plastique. La lumière avance sur des lignes courbes, ondulatoires. La nature aussi se sert de courbes. Quelqu’un se dit droit, entier et n’aime pas dévier de son chemin ; s’est-il déjà testé, sait-il comment il agira dans toutes les situations de la vie ? Qu’aurait-il fait si une caisse pleine d’or apparaissait devant lui ? Il regarderait autour pour voir si d’autres le regardent, et s’il est seul, il piocherait dans la caisse, puis continuerait son chemin. Il a fait preuve de droiture tant qu’il n’était pas seul ; une fois seul, il a tout de suite dévié de son chemin. Être droit par peur ce n’est pas avoir une morale à toute épreuve ; la peur n’apporte rien. Vous ne pouvez pas forcer l’enfant à penser ; quelles que soient les menaces, la peur ne peut pas le rendre intelligent. Seul l’amour en tant qu’élan intérieur peut inciter à penser et à travailler. C’est un art d’apprendre à aimer. C’est pour cela justement que le Christ pose la question : « Un aveugle, peut-il conduire un aveugle ? » Seul celui qui a de l’amour peut guider les humains. Il est temps pour les humains d’aujourd’hui d’aimer la sagesse divine et le savoir divin afin de s’harmoniser. Sans ce savoir ils auront toujours des désirs, des idées et des visions disparates de la vie. S’ils ne cohabitent pas harmonieusement, les hommes et les femmes se justifient avec des différences de point de vue. Cela ne les dédouane pas ; c’est sur eux que repose la nouvelle compréhension divine des choses. L’homme dit que la femme ne peut pas penser comme lui et la place au-dessous de lui. Jusqu’à présent la femme a travaillé avec son intelligence inférieure, mais elle commence à travailler d’égal à égal avec l’homme et peut porter le renouveau. Elle a les conditions d’un développement rapide. Un effort est demandé à l’homme comme à la femme : tenir leurs pensées et leurs sentiments en équilibre. Lorsqu’ils perdent leur équilibre, ils perdent tout ce qu’ils ont produit et obtenu. La tâche de nos contemporains est de travailler sur leurs pensées, de mobiliser cette puissance et de l’harmoniser. Lorsque l’intelligence se développe correctement, les pensées et les sentiments sont harmonieux, on se sent serein, solide, prêt pour le travail. La plus petite perturbation dans l’activité mentale crée une certaine dysharmonie entre les pensées et les sentiments de l’homme. Il est constamment fatigué et s’endort dès qu’il se pose quelque part. Beaucoup de personnes échouent dans leur vie car ils s’épuisent à essayer de résoudre tous leurs problèmes en un jour. C’est impossible. Si vous ne réussissez pas à tout résoudre d’un coup, cela ne doit pas vous désespérer, ni vous décourager. « Ma maison a brûlé ! – Ce n’est rien. Si vous êtes tranquilles et si vous vous remettez à Dieu, vos amis se rassembleront et en priant au nom du Seigneur, ils vous aideront. » Ne doutez pas de l’aide des gens de bien. Si vous espérez en leur aide, les choses se passeront comme vous vous y attendez. Tout le monde est prêt à aider les personnes intelligentes. Combien d’enfants pauvres et intelligents ont été élevés, éduqués et instruits par des familles riches ! Combien d’enfants de riches ont sombré dans la vie ! Il y a de grands esprits, de grandes âmes dans le monde qui ont pour tâche d’aider les pauvres, les orphelins, les souffrants. Lorsqu’on parle d’esprits, les gens prennent peur et ne veulent pas entendre le mot esprit. D’autres nient leur existence. Si vous voulez observer des esprits, regardez les jeunes gens et les changements en eux, sur leurs visages et vous verrez comment les esprits habitent en eux. Tant que leur désir d’aimer n’est pas éveillé, ils sont tranquilles, avec des visages beaux et purs ; lorsque ce désir s’éveille, leurs visages changent et ils s’agitent. Les observateurs attentifs verront que de nombreux aïeux pénètrent en eux, ils discutent avec eux et leur conseillent de se marier. Ils veulent s’incarner à travers eux, revenir sur Terre pour terminer leur travail. Si vous demandez à la jeune femme ou au jeune homme quel est leur état, ils vous diront que quelque chose se passe en eux ; ils se sentent crucifiés, victimes d’une lutte intérieure. S’ils se marient et si un enfant naît, leurs visages s’apaisent, ils se calment et goûtent à la paix intérieure. Par conséquent, chaque lutte intime en l’homme est le résultat d’une présence d’esprits en lui. Donc ce sont les esprits qui s’affrontent dans l’être humain. « Un aveugle, peut-il conduire un aveugle ? » Ne comprenant pas la vie des esprits, les gens disent que ceux qui croient en leur existence et les connaissent sont dangereux car ils égarent le monde. Ce n’est pas vrai, le monde a besoin de gens réellement instruits. Ce sont les sots qui égarent le monde et pas les gens instruits. Les gens dangereux sont ceux qui se croient instruits alors qu’ils ne le sont pas. Le véritable érudit est tempéré dans toutes ses manifestations, il tient ses promesses en temps voulu. Il dit toujours ce qu’il pense et ce qu’il ressent. S’il dit à quelqu’un qu’il l’aime, il l’a vraiment ressenti et ne le dit pas à la légère. Quelqu’un dit à un autre qu’il l’aime sans vraiment le ressentir ; il dit qu’il est religieux sans avoir vraiment ressenti le sens religieux. Les religieux sont curieux, ils disent des choses qu’ils ne comprennent pas eux-mêmes. Des religieux, animés d’intentions diverses m’ont déjà rendu visite. L’un voulait me tourner vers Dieu alors que lui-même n’était pas tourné vers Lui ; un autre voulait m’interroger, et savoir ce que j’entendais par le mot salut. Seul celui qui est allé aux tréfonds de l’enfer, parmi les pécheurs et les déchus, pour voir comment ils vivent, peut parler de salut. Ce sont l’affamé, l’assoiffé, le malade, le souffrant, le mourant qui sont sauvés. C’est risible de parler de choses que l’on n’a pas éprouvées. En enfantant le bébé, la mère le sauve ; il serait jeté quelque part sans elle. Combien de mères ont jeté leurs enfants ! En le portant jusqu’au bout, la mère sauve son enfant. Il est dit dans les Écritures que celui qui est né de Dieu ne commet pas de péché. Par conséquent, celui qui pèche n’est pas né de Dieu. On explique ainsi pourquoi certains sont bons, d’autres mauvais ; certains sont intelligents, d’autres, sots. À l’origine, les humains sont descendus de Dieu et ils étaient bons et intelligents. Certains parmi eux ont chuté et ont commencé à pécher ; ils ont perdu ainsi leur bonté et ils passent aujourd’hui pour mauvais et irraisonnables. On exige aujourd’hui de tous d’être bons, intelligents et de prendre conscience qu’ils sont venus sur terre pour travailler et développer leur mental, leur cœur et leur volonté d’une part ; pour manifester leur âme et fortifier leur Esprit d’autre part. S’il ne se développe pas ainsi, aucun humain ne peut conduire un aveugle. Celui qui veut être utile à lui-même et à autrui doit se dire : « Aujourd’hui Dieu redresse le monde. » Il l’a redressé depuis longtemps, mais nous devons être raisonnables et ne pas détériorer ce qui est déjà créé ; c’est la seule façon de respecter l’ordre naturel des choses. Si vous vous écorchez la peau de la main, laissez-la cicatriser, se couvrir d’une croûte : la nature guérit par elle-même. Si vous la grattez sans cesse, la croûte s’enlèvera et la chair en dessous sera douloureuse au toucher. Ne grattez pas les choses, mais laissez-les cicatriser. Apprenez la patience. Dieu donne un exemple de patience, Il supporte les humains, attend leur éveil, car Il sait qu’il y a en eux quelque chose de divin. Il patiente à cause de ce qui est divin en l’être humain. Et vous aussi, vous devez patienter de même pour faciliter votre développement. Le Christ dit : « Que votre cœur ne se trouble pas. » Si quelque chose vous trouble, méditez là-dessus quelques heures ou quelques jours, jusqu’à ce qu’une pensée lumineuse vienne dans votre esprit. Appliquez cette pensée et remerciez-là d’être venue. Si des pensées lumineuses vous viennent et que vous ne les appliquez pas, vous ne pourrez pas améliorer votre existence ni vos relations avec les humains. Alors, depuis le monde de l’intelligence viendra l’ordre de vous rapatrier là-haut pour vous faire apprendre votre leçon. Tant que vous ne l’apprendrez pas, vous ne descendrez pas sur Terre. Celui qui veut vivre longtemps sur Terre doit résoudre ses problèmes correctement. « Est-ce qu’un aveugle peut conduire un aveugle ? » Il ne le peut pas. Chacun doit répondre ainsi pour soi-même, et travailler pour recouvrer la vue. Tant qu’il ne commence pas à voir clair intérieurement et extérieurement, il ne peut rien obtenir, rien cultiver. On enseigne aujourd’hui comment labourer, désherber, alors qu’à l’avenir on enseignera la culture que le Christ a apportée à l’humanité : la culture du Fils de Dieu, la culture de l’amour. Des personnes aux yeux, aux cœurs et aux esprits ouverts sont nécessaires pour cette culture. L’avènement de cette culture sur terre aidera la conscience supérieure des humains à se manifester, le Christ demeurera parmi eux et tous vivront comme des frères, comme des êtres, doués d’intelligence. Le Christ ne peut pas venir parmi les humains aujourd’hui. S’il veut venir, il doit se préparer à subir de nouveaux coups de fouets. S’il songeait à prêcher, chaque prêche devrait être préalablement vérifié et approuvé. Il attend une autre époque, lorsque les humains seront intelligents et commenceront à voir, à entendre et à comprendre correctement. Le Christ n’est pas loin des humains, mais ils ne Le voient pas. Il est derrière les nuages ; s’ils se dissipent, la clarté régnera et tous verront le Christ, drapé de gloire et de majesté. « Un aveugle peut-il conduire un aveugle ? » Tant qu’un aveugle conduit l’aveugle, il ne faut attendre aucun progrès. Pensez au développement de votre pensée, à la culture de l’amour. Réjouissez-vous qu’un avenir lumineux et un travail grandiose vous attendent. Le monde a besoin de bonnes mères, de bons pères, de bons instructeurs, prédicateurs, magistrats, techniciens et autres. Le monde a besoin de tous les métiers, mais pas de fossoyeurs. Faites l’essai suivant, chaque matin au réveil, posez-vous la question : « Suis-je bon ou pas ? Suis-je intelligent ou pas ? » Si vous répondez par l’affirmative, aspirez à manifester le bien et l’intelligence dans toute leur plénitude. Si vous répondez par la négative, ne vous condamnez pas, mais mettez-vous à travailler sur vous-même pour manifester ce que Dieu a déposé en vous. Maintenant, c’est moi qui vous pose la question : me voyez-vous ou ne me voyez-vous pas ? Si vous dites que vous me voyez, je vous souhaite de recouvrer la vue d’ici un an pour me voir encore mieux. Que vos yeux et vos oreilles s’ouvrent pour bien voir et bien entendre, pour comprendre ce qui est juste et ce qui ne l’est pas, et mettre chaque chose à sa place dans votre esprit et dans votre cœur. C’est ce qu’exige la nouvelle culture qui vient déjà sur Terre. Sofia, 10 juin 1917 Traduction par Bojidar Borissov [1] Manas est l’appellation du mental en sanscrit ; le manas inférieur est le corps mental, le manas supérieur, le corps causal
  12. Dieu est Esprit « Dieu est esprit et il faut que ceux qui l'adorent, l'adorent en esprit et en vérité ». Jean 4 :24[1] « Dieu est Esprit et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et vérité. » Le Christ a formulé cette pensée il y a deux mille ans. Le dire devant une assemblée est le signe que celle-ci n’était pas constituée de gens très cultivés ; ils se demandaient comment vénérer Dieu, et le Christ leur a apporté cette réponse. Il y a beaucoup de façons de servir Dieu et le Christ a indiqué une façon juste : servir Dieu en esprit et en vérité. Le mot adorer est utilisé ici au sens de servir. « Dieu est esprit. » Le mot Dieu est obscur, incompris, notamment par ceux qui ont une démarche philosophique. Mais la Genèse, ou l’essence des choses, ne peut s’appréhender par l’intelligence, par l’approche philosophique. Pourquoi ? Parce que selon les lois de la pensée il y a des choses déterminées et finies et d’autres qui sont indéterminées et infinies. L’un des concepts indéterminés est celui de Dieu. Dieu est un Être sans commencement et sans fin, sans limites connues pour Son action. Il est une assise, un principe sur lequel bâtir nos relations. « Ceux qui servent Dieu, doivent Le servir en esprit et en vérité. » Que signifie le mot esprit ? On dit de quelqu’un que son esprit a rejoint Dieu, autrement dit qu’il est mort. L’esprit est donc, dans l’être humain, cette force intelligente qui porte la vie. Si nous voulons déterminer ce qu’est la vérité, nous devons nous tourner vers l’Évangile où il est dit : « Le Principe de ton Verbe est la vérité.[2] » Donc, le verbe par lequel nous nous exprimons est le corps de la vérité. Chacun sait ce que représente la tête pour le corps. Dans l’homme, ce qui est le plus précieux est déposé dans son cerveau, dans sa tête. C’est pour cela que la qualité de l’homme se détermine par la qualité de son cerveau. « Qu’ils servent Dieu en esprit et en vérité. » Qu’est-ce que Dieu réellement ? Beaucoup le considèrent comme un principe solennel et abstrait, dont ils ne peuvent avoir aucune idée. Il faut peu de choses pour connaître Dieu : pour avoir un contact avec Lui, pour trouver les points d’attache entre Dieu et l’âme humaine, il suffit d’essayer de Le servir en esprit et en vérité. Comment reconnaîtrez-vous que ce contact est établi ? Par ses effets, à savoir : si vous êtes morts, vous ressusciterez ; si vous êtes malades, vous guérirez ; si vous êtes ignorants, vous vous instruirez ; si vous avez perdu le sens de la vie, l’amour vous visitera, apportera la lumière dans votre esprit et donnera du sens à votre vie. À l’instant même où vous couperez votre lien avec Dieu, vous perdrez tout. Tout le monde l’a vécu, ce qui rend vitale et non pas abstraite la question de servir Dieu. Celui qui a su résoudre cette question a compris le sens de sa vie individuelle et a bâti sa propre philosophie de la vie. Beaucoup de philosophes ont écrit sur la question du service ; celui qui s’y intéresse peut lire ce qu’ils ont dit ; on a beaucoup écrit sur cette question et en différentes langues. En dehors de la littérature, la question du service a son côté intérieur, subjectif. Quel côté de la question touche la réalité, la vérité ? D’après moi, la réalité des choses a deux aspects : extérieur ou objectif, avec forme ; intérieur ou subjectif, sans forme. Vous rétorquerez qu’il est impossible pour une chose réelle de ne pas avoir de forme. Que direz-vous dans ce cas des sentiments que vous éprouvez ; ils sont réels et pourtant dépourvus de forme. Quelle forme ont les sentiments de quiétude ou d’anxiété, de joie ou de chagrin, quelle forme donnez-vous au concept vérité ? Donc, les choses réelles ne sont pas toujours revêtues d’une forme. Le stade de développement actuel des humains fait apparaître des choses réelles qui ne nécessitent aucune forme ; les scientifiques les appellent subjectives ou intérieures. « Ceux qui Le servent, qu’ils servent en esprit et en vérité. » Ce qui signifie : servir Dieu avec cette compréhension intime et intérieure de la vie que l’être humain porte en lui ; servir Dieu avec cette compréhension du sens intime de la vie. Tous cherchent la vérité, la connaissent, et si quelqu’un s’adresse à eux ils veulent savoir s’il dit la vérité ou non. La vérité détermine les rapports entre les âmes. Elle est concrète par elle-même : porter la vérité en soi signifie avoir la lumière dans son intelligence, la chaleur dans son cœur et la liberté dans ses croyances et convictions. La vérité donne la liberté et la force intérieure à l’être humain. S’il perd la vérité, il se met à douter, à hésiter : quel que soit le travail entrepris, il est en proie à la peur et au trouble. La vérité est une force vivante, c’est pour cela qu’elle donne du sens et vivifie les choses. Parler de la vérité en tant que concept seulement, c’est comme énoncer les noms des personnes sans les rattacher aux personnes elles-mêmes, à l’image vivante de ces personnes. Le nom Ivan est inerte ; si nous le lions à l’homme en question, ce nom prend vie. Souvent la vérité est évoquée comme un concept inerte, mais lorsqu’on dit que la vérité est principe du Verbe, ou que Dieu est vérité, alors elle prend vie et s’anime. C’est pour cette raison que celui qui porte la vérité en lui est en bonne santé, intelligent, heureux, beau et puissant. Si vous voulez être beau et aimé des autres, appliquez la vérité dans votre vie. Quelqu’un se plaint d’avoir perdu sa bonne mine, mais il ne sait pas comment faire pour retrouver de belles couleurs sur son visage. C’est très simple, il doit appliquer la vérité, elle lui donnera la couleur qu’il souhaite. La vérité est la pierre philosophale qui transforme les choses. Qui porte la vérité en soi est immortel, souverain, toute la nature le reconnaît et tous les êtres vivants le saluent à son passage : les fleurs, les animaux, les humains, même les rivières, les sources, les rochers et les montagnes. Celui qui ne porte pas la vérité en lui est sans cesse confronté à des contradictions et des tourments. Si vous rencontrez quelqu’un, attaqué de tous parts, vous saurez qu’il ne porte pas la vérité en lui ou qu’au contraire la société qu’il fréquente est loin de la vérité. Le Christ dit : « Nous devons Le vénérer. » Le mot vénérer se rapporte à la volonté humaine. L’être humain doit vénérer Dieu par son travail. Que fait celui qui laboure son champ ou moissonne la récolte ? Il s’incline la journée durant, en soulevant et abaissant la houe ou la faucille. Celui qui boit et qui mange s’incline aussi. Si vous croisez une connaissance dans la rue, homme ou femme, vous vous inclinez encore. Vous vous inclinez non seulement dans l’Église, mais aussi dans la vie. Cela indique que l’être humain s’incline devant Dieu où qu’il Le voie : dans un être humain, dans un animal, dans une plante, dans la nourriture et dans l’eau dont il a constamment besoin. Alors, le verset que le Christ a formulé sur la vénération prend un sens plus large et signifie : « Celui qui vénère Dieu, où qu’il Le voie, s’incline en esprit et en vérité. » Quelle que soit la maison où vous entrez, vérifiez si l’homme et la femme s’inclinent devant Dieu en esprit et en vérité. Si la femme est mécontente de son mari et de ses enfants et souhaite s’en débarrasser, elle ne s’incline pas devant Dieu en esprit et en vérité. Si l’homme n’est pas non plus content de ses proches et les injurie constamment, lui non plus ne s’incline pas en esprit et en vérité. Beaucoup veulent savoir pourquoi le christianisme, ce grand enseignement, ne donne pas les résultats escomptés. C’est très simple, c’est parce que peu le comprennent, et parmi ceux qui le comprennent, la plupart ne l’appliquent pas. Ils considèrent que s’ils appliquaient l’enseignement du Christ, leurs intérêts en pâtiraient ; c’est une mauvaise compréhension des choses. « Esprit et vérité », ce sont deux éléments transposables à l’homme et à la femme. L’esprit est la femme, la vérité, l’homme. Voilà pourquoi tous les hommes et toutes les femmes qui servent Dieu doivent s’unir en esprit et en vérité. La vénération représente le processus d’enfantement. Par conséquent, lorsque l’homme, la femme et l’enfant s’unissent en esprit et en vérité, ils s’inclinent devant Dieu comme il se doit ; nous appelons cela la véritable vénération. Dieu est là où sont l’esprit, la vérité et le service. Les fruits de l’esprit sont l’amour, la joie, la miséricorde, l’obéissance, la tempérance, ce sont les fruits que la femme doit donner. Chaque femme peut engendrer, mais l’important est ce qu’elle engendre. En tant que femmes, aspirez désormais à faire naître les fruits de l’esprit : amour, joie, patience, paix, obéissance, tempérance, miséricorde. Dans l’enfantement de ces fruits repose le véritable service de Dieu. Quels arbres fruitiers affectionne l’homme ? Ceux qui donnent des fruits sucrés et savoureux. Y a-t-il un fruit plus sucré que l’amour ? Voilà pourquoi la femme qui représente l’esprit peut être aimée seulement lorsqu’elle engendre l’amour ; la femme symbolise l’amour. Un enfant né de l’amour est aimé de tous. La mère se réjouit que son enfant reçoive l’amour des gens, mais on dit aussi d’elle : « Bienheureuse celle qui a engendré l’enfant de l’amour. » L’amour est éternel et immuable comme ses fruits. Donnez à l’esprit un espace en vous pour faire naître l’amour. « Qu’ils Le servent en esprit et en vérité. » Pourquoi cela ? Pour se lier à la réalité de la vie et ne pas se sentir tout nu lorsque, allant dans l’autre monde, on est dépouillé de sa chair. Dieu est le centre de l’Univers, l’Esprit - source de la vie et la Vérité - principe du Verbe, de la vie intelligente. L’esprit et la vérité doivent s’unir et retourner ainsi vers Dieu, devenir un avec Lui. Le Christ dit : « Moi et mon Père nous sommes un. » Il veut dire par là qu’il porte en lui les deux éléments : esprit et vérité. Le Christ a traversé de grandes souffrances, mais il a enfanté les fruits de l’esprit et montre aux humains comment ils doivent vivre et servir Dieu. Enfanter, c’est se mettre dans la situation de la femme qui accouche et élève des enfants. Être femme, c’est porter les fruits de l’esprit en soi : amour, paix, joie, patience, miséricorde, obéissance et tempérance. Que vous soyez homme ou femme, vous devez tous servir en esprit et en vérité et non seulement par les mots et en apparence. En Amérique, une chrétienne écoutait les discours d’un orateur célèbre qui se prononçait contre le christianisme. Blessée par ses propos, elle a décidé de se rendre chez lui et de débattre afin de lui prouver la force de l’enseignement du Christ et le tourner vers le Christ. L’orateur l’a accueilli poliment, l’a laissée s’exprimer librement et l’a invitée à déjeuner. Après le repas, il lui a dit: « Vous voyez, je ne sers pas Dieu selon vos principes et je ne Le vénère pas, pourtant ma maison est riche, j’ai à ma disposition tout ce dont j’ai besoin. Vous feriez mieux d’aller chez mon voisin : il prie Dieu trois fois par jour et malgré cela, il vit chichement. Allez le voir, consolez-le, donnez-lui à manger, c’est lui qui a besoin de votre aide et non pas moi. » Les religieux souhaitent le plus souvent tourner les gens vers le christianisme, dans les formes et selon les apparences. Le christianisme n’a pas besoin de disciples de façade, attachés aux formes ; servir pour les apparences n’apporte pas le salut. Le véritable salut sous-entend une pensée droite, des sentiments droits, des actes droits. Celui qui ne pense pas, qui ne ressent pas et n’agit pas avec droiture est constamment confronté aux contradictions ; il passe pour croyant, mais il ne l’est pas. Il est en général difficile de déterminer qui est croyant et qui est incroyant. Certains visitent régulièrement les églises sans être pour autant religieux ; d’autres ne vont pas à l’église, mais sont religieux. Il existe une science qui permet d’établir qui est religieux ou spirituel et qui ne l’est pas, c’est écrit sur la tête, sur le visage et sur la main. Il suffit d’examiner ces endroits pour se convaincre du sens religieux ou non, chez quelqu’un. Deux jeunes gens sont rentrés dans un café et ont commencé à débattre de la question des relations entre les hommes. L’un et l’autre soutenaient des thèses opposées et n’arrivant pas à un consensus, ils ont longuement débattu. Pendant ce temps, un pauvre vieillard est passé dehors, écrasé par la charge qu’il transportait sur son dos. Ils l’ont remarqué sans cesser leur joute. Un monsieur assis à la table d’à côté est aussitôt sorti au dehors pour rééquilibrer la charge que le misérable portait. Il est retourné ensuite au café et a vu les deux jeunes toujours en grande discussion. Aujourd’hui encore, certains religieux visitent les églises et s’interrogent qui est croyant et qui ne l’est pas, pendant que de pauvres vieillards traversent la rue, exténués par les lourdes charges qu’ils portent sans que personne ne vienne à leur secours. Cessez vos controverses, quittez votre table et sortez dehors pour aider ceux qui souffrent sous le poids de leur fardeau : ils sont surchargés, souffrants, englués dans les tourments et les contradictions. Aidez-les par votre bon exemple ou par vos bons conseils. Le Christ dit à ses disciples : « Ne critiquez pas, n’attaquez pas les autres, ne les entretenez pas de ce qu’ils ont du mal à saisir. » Vous me demanderez : « Est-ce juste ou non ? » Pour moi c’est juste, pour vous - je ne sais pas. Je prends en considération une chose - ce qui est appétissant pour la brebis ne l’est pas pour le loup. Donc, la religion du loup n’est pas celle de la brebis. Laquelle des deux est plus juste ? Les deux, et chacun prône sa propre religion. Laissez donc chacun prôner librement sa religion – que les fleurs poussent, que les arbres fleurissent, que les fruits mûrissent et que l’être humain accomplisse la volonté divine. Autrement dit, la source doit couler, répandre son eau pure et cristalline ; la rivière doit s’étendre loin, irriguer les herbes et les plantes, même celles que les humains n’aiment pas. La rivière qui s’écoule, irrigue tout sur son chemin sans faire de différence entre les fleurs et les arbres, sans les classer en beaux ou laids, en utiles ou nocifs, elle les abreuve tous. Ainsi, si vous êtes une source, répandez votre abondance sur tous ceux qui vous rendent visite ; si vous êtes une rivière, irriguez toutes les fleurs et tous les arbres que vous croisez ; si vous êtes une fleur, développez-vous correctement ; si vous êtes un arbre, fleurissez ; si vous êtes un fruit, mûrissez ; si vous êtes un homme, accomplissez la volonté divine. En étudiant les processus de la vie, l’être humain doit connaître la loi de la transformation. Si vous entendez dire par quelqu’un qu’il veut grandir, vous devez lui donner les conditions requises : humidité, chaleur, lumière ; s’il veut fleurir, il a besoin de lumière et de chaleur, mais pas d’humidité ; lorsqu’il mûrit il faut aussi de la lumière et de la chaleur. C’est un art délicat de savoir de quoi on a besoin, de se le procurer à chaque instant et de pouvoir travailler avec la loi de la transformation des énergies. Il est dit que l’esprit transforme les choses. Parce que la femme représente l’esprit, elle doit se transformer, changer les choses. Ainsi, il ne lui suffit pas de déclarer avoir un mari, faut-il encore qu’elle le transforme. Il est le fruit qui doit mûrir sur l’arbre. La femme doit pour cela l’éclairer pour qu’il mûrisse, qu’il obtienne la saveur nécessaire. La femme doit bien connaître la nature de son mari et l’arroser si c’est une fleur ; désherber et travailler le sol si c’est un arbre qui fleurit ; l’éclairer si c’est un fruit sur un arbre ; l’aider à servir en esprit et en vérité si c’est un être humain qui accomplit la volonté divine. C’est la même chose pour l’homme, il doit aussi connaître la nature de sa femme et lui venir en aide : l’arroser si c’est une fleur ; travailler le sol si c’est un arbre qui fleurit, mais à condition que cessent la pluie et le vent, autrement dit que cessent les malentendus et les disputes ; l’éclairer, c’est-à-dire l’entourer d’amour si c’est un fruit qui mûrit ; et enfin, l’aider à servir en esprit et en vérité si c’est un être humain qui accomplit la volonté divine. Les deux s’entendront alors et vivront dans l’harmonie et dans l’amour. Celui qui ne comprend pas ces processus s’expose tout seul aux tourments et aux souffrances. Quelqu’un fleurit, alors que vous exigez de lui qu’il donne du fruit ; laissez-le tranquillement passer la floraison, la nouaison et c’est ensuite que vous attendrez du fruit de sa part. Un autre entame à peine la nouaison alors que vous attendez déjà de lui qu’il donne des fruits sucrés ; laissez-le mûrir librement. Le fruit sera d’abord amer, acide, mais il finira par devenir sucré - lorsqu’il sera mûr, à ce moment vous vous entendrez. Les gens d’aujourd’hui souffrent, passent par des épreuves, car ils ne comprennent pas le langage dans lequel ils communiquent entre eux. Quel que soit le langage, il est important de voir partout, et en tout, les manifestations de Dieu. C’est un art de savoir trier le raisonnable du déraisonnable. Dans cette situation, quiconque lui parle, quel que soit le langage utilisé, il doit saisir où est Dieu et où Il n’est pas. Là où est la raison, là n’existe aucun doute, aucune hésitation. Comment devez-vous résoudre vos problèmes ? Voulez-vous résoudre une question importante pour vous ? Choisissez un moment où vous êtes en paix intérieurement. Si vous êtes en colère, indisposé, mécontent ou pris de doutes, ne prenez aucune décision sur le sujet. Que tout s’apaise pour pouvoir diriger votre pensée en haut, vers votre âme ou votre esprit, et attendez une réponse. Quinze ou vingt minutes après vous recevrez une réponse. Si vous êtes pressés, vous ferez une erreur. Beaucoup veulent quelque chose de Dieu et se pressent de vite réaliser leurs désirs. Rien de bien ne se fait à la va vite. Un évangéliste avait besoin de trois mille leva, et sans trop réfléchir par quel moyen se les procurer, il est allé voir un missionnaire américain en lui disant : « Dieu m’a envoyé chez toi pour que tu me donnes trois mille leva. – Je n’ai pas d’argent disponible – a répondu tranquillement le missionnaire. Comme cet argent n’est pas dans ma caisse, j’en conclus que ce n’est pas Dieu qui t’a envoyé. Si c’était le cas, j’aurais forcément l’argent nécessaire pour te rendre service. » Par conséquent, lorsque l’être humain se lie à Dieu, il se crée nécessairement un accord extérieur et intérieur entre les choses. Dans cette situation, les gens que vous sollicitez pour obtenir de l’aide écoutent les commandements de Dieu et viennent à votre secours. Quelqu’un dit qu’il sert Dieu en esprit et en vérité. Si c’est réellement le cas, ses amis, hommes et femmes, lui viendront en aide. Pourquoi ? Parce que Dieu comprend vos besoins, connaît vos désirs, et pour vous rendre service il ordonnera à vos amis, en qui Il demeure, d’accomplir Sa volonté. N’est-ce pas ce que fait le père ? Avant même que l’enfant ne pleure pour avoir du pain, le père le lui procure. À travers lui, Dieu satisfait les besoins de toute la famille. Les gens d’aujourd’hui vivent une époque éprouvante et difficile et disent : « Qu’est-ce qu’il adviendra de nous ? » Rien de mal n’arrivera, il n’y a pas eu d’époque meilleure que celle-ci. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui Dieu soigne les humains. Lorsqu’une maladie est en cours de traitement, la situation du malade est plus enviable que celle d’avant son traitement. En effet, la maladie était déjà inoculée à l’homme et ne faisait qu’attendre le moment propice pour se manifester, alors qu’il se croyait en bonne santé. Il vaut mieux ouvrir les yeux des humains et dissiper leur égarement plutôt que de les laisser s’aveugler. Les souffrances actuelles montrent que les rapports entre les humains s’améliorent progressivement. Le Christ dit : « En esprit et en vérité », ce qui signifie que si les humains servent Dieu en esprit et en vérité leurs rapports s’amélioreront ; sinon, même les situations déjà en règle seront mises à mal. Par conséquent, même lorsque le monde sera en ordre nous devons continuer de servir Dieu en esprit et en vérité. Renoncez à vos vieilles habitudes et appliquez les nouvelles, celles que l’amour apporte. Si quelqu’un vous offense, ne vous fâchez pas, ne vous vengez pas ; la vengeance est un vieux procédé qui n’apporte rien de bon. Le Christ dit : « Faites-vous des amis dans l’injustice »[3], autrement dit, pardonnez à ceux qui vous doivent quelque chose ou qui vous ont causé du tort. Un bulgare avait fait trois ans de prison. À sa sortie, il a voulu appliquer ce qu’il avait appris en lisant les Évangiles durant cette période. Il a convoqué ses débiteurs pour régler ses comptes selon les commandements chrétiens. Comment a-t-il agi ? Il a convoqué ses débiteurs un par un en demandant à chacun : « Combien me dois-tu ? – Telle somme d’argent. – Peux-tu tout me rembourser ? – Je ne peux pas. – Et la moitié ? – Je ne peux pas. – Et le quart ? – Je peux. – Alors paie-moi ce que tu peux et sois acquitté du reste. » Parmi ses débiteurs il a trouvé ainsi des amis au lieu d’ennemis. Trois frères ont décidé de travailler ensemble. Le premier était évangéliste, les deux autres orthodoxes. Un contentieux s’est fait jour et ils ont décidé de se séparer. Chacun voulait une part égale sauf l’aîné qui prétendait obtenir une plus grande part car il disait avoir travaillé plus. Le tribunal a jugé cette affaire en sa faveur et, pour ne pas être dérangé par les plaignants, il a mis tous ses avoirs au nom de sa femme. Mais un jour elle l’a chassé et il s’est retrouvé dans la rue. Les autres frères ont décidé d’aller trouver leur frère pour obtenir quelque arrangement malgré la sentence du tribunal. Ils l’ont trouvé dans un piteux état. Il leur a dit : « C’est trop tard, moi aussi j’ai tout perdu. » Aujourd’hui, tous les hommes, les peuples et les sociétés agissent de la sorte. Pourquoi ? C’est parce qu’ils ne servent pas Dieu en esprit et en vérité. S’ils continuent de vivre à l’ancienne, sans servir Dieu en esprit et en vérité, ils perdront tout. Aujourd’hui, la femme se plaint de son mari et lui se plaint d’elle. La femme ne veut plus être avec son mari car il lui a dit un mot blessant. Quel mot exactement ? Il l’a traitée de niaise. Elle doit être raisonnable, transformer les choses. Et l’homme doit agir de même. Que renferme le mot niais[4] ? La lettre b signifie la croissance, la lettre u la floraison, le d, la connaissance des lois de l’amour, le a, l’intelligence, le l, l’amour envers les humains et envers Dieu. Est-ce préjudiciable d’être niais ? Que peut-on souhaiter de plus ? Ce n’est pas mal que l’homme traite sa femme de niaise ; ce qui est dommage, c’est qu’elle ne puisse pas extraire la sève de ce mot et la cuisiner pour préparer quelque chose de savoureux à manger. En dégustant la sève sucrée de ce mot, elle pourra dire à son mari : « Je te remercie pour ce beau cadeau. » C’est cela servir Dieu en esprit et en vérité, c’est cela maîtriser l’art de transformer les jus amers en jus sucrés. On y arrive grâce à une volonté puissante et raisonnable. Celui qui a appliqué une volonté raisonnable dans sa vie n’entendra jamais le mot niais. Quiconque le croise, lui dira : « Tu es une belle fleur ; tu es un arbre qui fleuris ; tu es un fruit qui mûris ; tu es un être, doué de raison, qui travaille avec sa volonté pour transformer les jus amers en jus sucrés. » La tâche de chacun est d’apprendre la loi de la transformation des énergies. La femme doit transformer les paroles vexantes de son mari en paroles agréables, et le mari doit chercher l’harmonie dans les paroles désobligeantes de sa femme. Aussi offensante que soit la parole qui vous est adressée, décomposez-là, comme on dégrade les composés chimiques ; extrayez les éléments amers et toxiques et ne laissez que ceux qui sont utiles à votre développement : c’est cela servir Dieu en esprit et en vérité. Servir est une grande science. Soyez alchimistes dans la vie pour transformer les paroles désobligeantes et mal intentionnées en bonnes paroles. Les paroles que prononcent les humains renferment quelque chose de précieux même si elles sont offensantes en apparence. Ne vous arrêtez pas sur les formes extérieures du langage humain, mais cherchez-y les éléments qui soignent et élèvent l’homme. Jadis, les bulgares cachaient leur or dans des sacs troués, des pots malodorants pour ne pas éveiller les soupçons. Les bons esprits procèdent de même : lorsqu’ils donnent une richesse à l’homme, ils l’enveloppent dans des paroles offensantes et mauvaises pour que les créatures malfaisantes ne mettent pas la main dessus. Sachant cela, ne vous vexez pas de la parole offensante proférée par autrui, mais commencez à l’analyser, à extraire les bons éléments qu’elle contient. Ne pensez pas que celui qui se montre désobligeant ne souffre pas ; il regrette la parole prononcée, culpabilise et se punit. Quelqu’un se montre offensant en pensant dire la vérité ; il doit savoir que la vérité se distingue par un trait particulier : elle apporte la liberté à l’âme humaine. Lorsque la vérité devient principe du Verbe, on se libère et on trouve le bonheur. Je souhaite aujourd’hui que l’esprit soit le guide de la femme et la vérité - le guide de l’homme. Alors le Christ viendra établir sa demeure en eux. Quand cela arrivera-t-il ? Lorsque la femme prendra pour principe l’esprit et l’homme - la vérité. C’est la seule façon de redresser le monde et avoir une vie belle et merveilleuse. Chacun doit accepter par lui-même l’esprit et la vérité en soi-même, sans attendre qu’ils soient prêchés et imposés de l’extérieur. Le salut du monde se cache dans le verset où le Christ a dit : « Les vrais disciples doivent servir Dieu en esprit et en vérité.[5] » Tous ceux qui servent Dieu ainsi, apporteront la paix dans le monde. Pour cela, que chacun cultive en lui la pensée qu’il peut apporter la paix. La paix vient de l’intérieur et non pas de l’extérieur. C’est pourquoi, je dis aux Bulgares et aux autres peuples : ne perdez pas la foi en vous-même, laissez-vous entre les mains de Dieu qui demeure en vous et qui a tout arrangé dans le monde. Faites confiance à votre esprit et à la vérité qui est en vous. Tout ce qui se passe dans le monde en ce moment n’est pas arbitraire, mais dans l’ordre des choses : des fleurs belles et multicolores, de beaux arbres qui donneront des fruits mûrs et sucrés vont s’élever sur le sol arrosé de sang[6]. Pour que cette époque s’ouvre, tous doivent servir Dieu en esprit et en vérité. Le salut du monde dépend de chacun individuellement. N’est-ce pas ce que fait le grain de blé ? Il est petit, isolé, mais mis en terre dans de bonnes conditions, il est capable de nourrir le monde entier douze ans durant. Par conséquent, lorsque nous disons que le Christ a sauvé le monde, nous nommons cette âme puissante qui a pénétré tous les humains et se manifeste partout ; c’est ainsi qu’elle donne un élan à toute l’humanité pour aller de l’avant. Beaucoup n’ont pas de réussite dans leurs projets parce qu’ils portent un regard négatif sur tout, parce qu’ils ont quelque chose à redire sur chacun. Si tous sont médisants, d’où viendra le salut ? Chacun doit considérer que Dieu a déposé dans son prochain la capacité d’être raisonnable, bon et volontaire, ainsi que les conditions pour se révéler. Chacun a la possibilité d’être sage ; la sagesse est un livre écrit en chacun. Il suffit de lire ce livre pour s’ouvrir aux vérités qui affranchissent des limitations, et rendent heureux. Que chacun ouvre le livre de sa vie pour lire ce qui y est écrit. Vous direz que c’est une chose difficile ; les choses difficiles sont divines. Un jeune homme est allé voir un professeur allemand pour se faire conseiller une discipline scientifique, rapide à étudier. Le professeur l’a regardé et lui a dit : « Lorsque Dieu veut créer une courge, Il lui octroie six mois ; lorsqu’Il veut créer un chêne, Il lui octroie cent ans. Ainsi, si vous voulez être mûrs en six mois, vous serez une courge ; si vous voulez mûrir en cent ans, vous serez un chêne. » « En esprit et en vérité. » Travaillez sur cette pensée pour en extraire la sève contenue. Vous atteindrez ainsi la connaissance profonde de vous-même et d’autrui. Si vous n’arrivez pas à extraire la sève sucrée de cette pensée, vous douterez constamment de vous et vous ressemblerez à ce bulgare nommé Stoyan : il s’est arrêté sous un arbre pour se reposer et y a attaché son âne. Il a fini par s’endormir à l’ombre. Quelques enfants se sont approchés, ont détaché l’âne, puis se sont éloignés. À son réveil, Stoyan a jeté un coup d’œil, et en voyant que l’âne n’y était plus, il s’est dit : « Si je suis Stoyan, j’ai égaré mon âne ; si je ne suis pas Stoyan, j’ai gagné une bride. » Il a douté de lui-même en se demandant : « Suis-je Stoyan ou pas ? » Pour ne pas perdre son âne, il n’aurait pas dû s’endormir. Par conséquent, lorsque Dieu vient à vous, il doit vous trouver éveillés comme le jeune homme qui attend sa bien-aimée. L’homme doit chercher et attendre le Seigneur, ce n’est pas à Dieu de chercher l’homme. C’est pourquoi il est dit dans les Écritures : « Ceux qui me cherchent, me trouveront. [7]» Trouver Dieu signifie avoir assimilé la grande philosophie divine de la vie ; chacun l’appliquera comme il peut et comme il l’entend. Lorsque nous examinons la compréhension des humains, leurs pensées et leurs sentiments, nous y voyons une grande variété comme qualité, volume et valeur. Les différences de compréhension, de sentiments et de pensées des humains créent des rapports justes ou injustes entre eux. En général, la majorité des gens s’aiment pour leurs biens, leur fortune, leur savoir, leur force, etc. Un seigneur aime son serviteur tant que ce dernier travaille et ne porte pas atteinte à ses intérêts ; s’il lui cause du tort, alors il ne l’aime plus et lui donne congé. L’homme aime sa femme tant qu’elle est belle et en bonne santé ; lorsqu’elle tombe malade et perd sa beauté, il cesse de l’aimer. Et la femme fait de même. C’est héroïque d’aimer quelqu’un de grotesque et de laid. Celui qui est fort peut aimer toutes les créatures, et leur donner un élan vers ce qui est bon et beau dans le monde. Comptez sur le divin en vous-mêmes et en autrui. Aussi mince et fragile soit-il, il vous mènera jusqu’au rivage du salut, et même si tous les diables sautent sur ce fil divin, ils ne le briseront pas. Le divin mènera tous les humains dans le droit chemin, il prendra soin même des diables. Je crois dans la force du bien et du divin, je crois que tous les humains deviendront bons. « En esprit et en vérité. » Appliquez l’enseignement divin dans vos foyers en esprit et en vérité pour que cessent les pleurs et les souffrances. Appliquez l’enseignement divin entre les hommes et les femmes pour que s’établissent entre eux des rapports de paix et d’harmonie. Que la femme se dise : « Je suis l’esprit » ; que l’homme se dise : « Je suis la vérité ». Appliquez ces formules dans votre vie et voyez quels résultats elles donneront. Sofia, 3 juin 1917 Traduction par Bojidar Borissov [1] Tous les textes bibliques, cités en début de causerie sont en conformité avec l’édition viennoise de la Bible de 1885 dont s’est servi le Maître Beinsa Duno [2] Jean 1,1a ; 1, 14a : « Au commencement (In principio) était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu » ; « Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. » [3] « Eh bien ! moi, je vous dis : faites-vous des amis avec l’Argent trompeur, pour qu'une fois celui-ci disparu, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles ». (Luc 16, 9) [4] Niais se dit boudala en bulgare [5] « Mais l'heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père. » (Jean 4, 23) [6] Rappelons-nous qu’au moment où le Maître s’exprime, la première guerre mondiale fait des milliers de morts sur les champs de bataille. [7] Et moi, je vous dis : Demandez, et l'on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l'on vous ouvrira. (Luc 11, 9)
  13. L’inconnue « Lorsqu'ils furent dans la maison, les disciples l'interrogèrent encore là-dessus. » Marc 10 :10[1] Ce verset ne contient rien de particulier. Si c’était un problème, il serait à deux inconnues. La valeur connue est « dans la maison » et les inconnues sont la mariée et le marié ; les disciples sont connus, et l’école, inconnue. Je prends ce verset pour montrer que dans la vie comme dans la nature il y a des grandeurs connues et inconnues qui ont des rapports entre elles. Nous disons par exemple froid : le froid est une sensation physique perçue par l’organisme ; les scientifiques le définissent comme une diminution de l’activité ou de la chaleur. Donc nous le considérons comme un état. Dans la nature, le froid est en réalité une inconnue. Entre le froid et la haine il y a quelque chose en commun, ils sont de la même catégorie. Le froid est un état qui a un rapport au monde physique et la haine, un rapport au monde astral ou monde affectif, mais le froid comme la haine se forment dans l’être humain. Celui qui a peu de chaleur ressentira le froid ; celui qui a peu d’amour, éprouvera la haine. Le froid est perçu comme un ressenti alors que dans la nature il existe comme une force. De la même manière la haine est perçue par l’homme comme un sentiment alors que dans la nature elle existe comme une force. « Dans la maison. » Le mot maison signifie jeunes mariés. Une maison est aménagée lorsque deux jeunes s’unissent pour vivre ensemble. Lorsque deux oiseaux s’unissent pour couver, ils créent aussi une maison, un nid, un pondoir. Lorsque des élèves se rassemblent pour étudier ensemble, on bâtit une école ; là où il y a des élèves, on a besoin d’une école. Qui crée le magistrat ? Les criminels. Qui crée le prêtre ? Les pécheurs. Donc l’enseignant n’existerait pas sans élèves. De plus, s’il est doué, les élèves le seront aussi : l’état de l’enseignant se reflète sur celui des élèves. Les élèves sont souvent un élan extérieur pour lui afin qu’il manifeste sa nature intérieure. De même l’enseignant existe à cause de l’élan intrinsèque des élèves pour l’étude ; le prêtre existe à cause de l’élan intérieur de l’âme envers Dieu ; le magistrat, à cause de l’élan des humains à rechercher la justice. La véritable mère est celle qui se sacrifie par amour ; elle comprend la volonté divine et devient volontairement une mère. Chaque homme qui agit non pas par amour mais pour gagner de l’argent et s’enrichir n’est pas un envoyé de Dieu, son destin se décide par les humains et non pas par Dieu. Ce sont des corrélations entre les valeurs. De quelle nature sont ces valeurs ? Réelles ou absolues, irréelles ou relatives ? Quelle valeur est réelle et laquelle est irréelle ? Vous avez deux globes de même taille, mais le premier est creux et plaqué or, alors que le second est plein et en or massif ; lequel des deux est réel et lequel n’est pas réel ? Le premier est irréel, le second est réel. On peut se marier avec un globe vide ou avec un globe plein, fait en or ; un enseignant peut avoir des élèves creux ou des élèves faits d’or massif. Ce sont des corrélations qui ont une valeur uniquement pour ceux qui touchent, voient les choses et souhaitent les comprendre. Celui qui ne touche pas, qui ne voit pas et qui ne souhaite pas comprendre, est comme un automate. Il peut parler, bouger, avoir une chaleur corporelle et être quand même un automate. Vous direz que cet homme est chaud. Sa chaleur n’est que physique. Pour bâtir l’organisme humain, il faut des sentiments en plus de la chaleur ; pour bâtir le corps spirituel, il faut une conscience ; pour bâtir un corps mental, il faut que la pensée agisse. « Lorsqu'ils furent dans la maison, les disciples l'interrogèrent encore là-dessus. » La maison est le fruit de deux jeunes gens. La maison dans laquelle est entré le Christ appartenait à des gens intègres et vertueux ; elle était solide et belle. C’est dans cette maison que les disciples du Christ se demandaient s’il est permis à un homme de quitter sa femme ou si un maître peut quitter sa maison et la mettre en location. Le Christ a répondu : « Un homme peut quitter sa femme uniquement pour cause d’adultère. » Autrement dit, un maître peut quitter sa maison ou la mettre en location si et seulement si sa femme a commis un crime. Lorsqu’il désire s’enrichir, l’homme est déjà en train de mettre sa maison en location. Ce n’est pas un mal de louer sa maison, ce sont les conséquences qui sont néfastes. Ainsi, pour résoudre un problème avec des inconnues, nous partons des éléments connus. Les grandeurs inconnues : les mariés, seront déduites des connues : la maison et les disciples. La maison représente le corps humain. Chaque maison, c’est-à-dire chaque corps est le fruit de deux mariés. Nous disons par conséquent qu’on juge l’homme d’après sa maison. Plus quelqu’un est généreux et mentalement évolué, plus grandes sont les portes et les fenêtres de sa maison ; s’il est avare et mentalement limité, les portes et les fenêtres de sa maison sont petites et étriquées. Il vous semble peut-être curieux de lier l’avarice humaine aux petites portes et fenêtres de sa maison. Observez l’attitude des gens dans la vie et vous en serez convaincus. Regardez le récipient ou le sac qu’un homme avide porte lorsqu’il veut se faire offrir quelque chose : ils sont très grands ; même si on ne dépose que peu de choses au fond de son récipient, il a toujours en tête l’idée d’un grand récipient qui peut contenir plus. Celui qui n’est pas avide apporte un petit sac malgré l’abondance des choses. Les Bulgares ont souvent recours au proverbe suivant : « Ne va pas cueillir des fraises qu’on a ensemencées avec un grand sac. » Ce proverbe peut se traduire ainsi : là où il n’y a que des inconnues, ne t’attends pas à gagner beaucoup. Sur la base de cette loi, l’être humain sait dans quelle maison il sera bien reçu ou non. Chacun vit dans une maison qui lui ressemble. Quelqu’un se dit lassé de sa maison. Elle a un lien avec son âme. Donc, son corps c’est-à-dire sa maison ressemble à son âme. La maison représente le monde physique de l’être humain, les disciples - le monde spirituel, et le Christ - le lien entre les deux mondes. Puisqu’il est le lien entre deux mondes, le Christ entre seulement dans des maisons pures et solides pour créer ce lien. La maison où il est entré avec ses disciples était comme un temple. Ses propriétaires étaient beaux, généreux, larges de cœur et d’esprit. Lorsqu’il y est entré, le Christ s’est senti disposé à parler. Par conséquent, la belle maison pure et solide est un accumulateur d’énergie divine. Si le sol sur lequel elle est érigée est un tchernoziom[2], elle offre de bonnes conditions de développement pour les graines qui y sont semées, elle absorbe facilement la lumière et la chaleur divines. Si la matière dont est fait le corps est un tchernoziom, elle offre des conditions bénéfiques de développement des petites graines de la vie. Dans cette maison le Christ parlait avec ses disciples du mariage. La conversation était privée : la question du mariage doit donc toujours se débattre en privé car elle est liée à l’amour. On ne parle pas d’amour à découvert ni dans un espace public. Pourquoi ? Parce qu’il sous-entend des liens. Là où il y a des liens, il y a aussi des limitations, donc on en débat en privé. Lorsque nous parlons de l’amour, nous arrivons à deux autres principes : la foi et l’espérance qui sont liés à lui. Je dis : l’espérance vivifie, la foi ressuscite et l’amour unit. L’espérance est liée au cœur, aux sentiments, au plan physique. Si vous avez besoin d’espérance dites : « Seigneur, revêts-moi d’espérance. » L’espérance ne se donne pas mais se revêt, c’est un habit que l’être humain revêt. Revêtir, donner, sont des processus divins. Il est dit que la foi ressuscite ; elle est liée au mental. Par conséquent la résurrection sous-entend un gain de lumière. Lorsque tu as besoin de foi, tu diras : « Seigneur, emplis-moi de foi. » La foi ne se donne pas, elle emplit l’être humain. Lorsque tu as besoin d’amour, tu diras : « Seigneur, unis-moi à l’amour. » Donc la vie s’acquiert grâce à l’espérance, la résurrection - grâce à la foi, et l’union - grâce à l’amour. Les Bulgares disent : « L’union fait la force. » Il manque ici quelque chose. Il serait juste de dire : « L’amour fait l’union et l’union fait la force. » Si les Bulgares veulent que leurs affaires soient florissantes, ils doivent se servir de l’expression entière et pas seulement de la fin, « l’union fait la force ». Pour être forts en tant que peuple, en tant que croyants, nous devons nous unir dans l’amour ; cette union nous rendra forts. On dit : « Unissons-nous, formons une communauté. » Une union ou une communauté sans amour périclite facilement comme se défait facilement le cerclage d’un tonneau. Cultivez l’espérance, la foi et l’amour pour vous ancrer dans les trois mondes à la fois. L’espérance réglera vos affaires dans le monde physique, la foi, dans les mondes mental et spirituel, et l’amour dans le monde divin. Quelqu’un se plaint que les autres ne l’aiment pas ; il est dans la première phase de la vie : sans espérance et sans amour en lui. Il tremble de froid et doit entrer dans la maison pour être habillé et rassasié. D’abord vous le réchaufferez, puis vous l’habillerez et le restaurerez et puis vous l’introduirez dans un monde supérieur. Il avancera de l’espérance vers l’amour, c’est-à-dire du monde physique vers le monde divin. C’est pour cela que nous disons que la vie des humains sur la Terre, sur le plan physique, est la même que celle qu’ils auront au Ciel, dans le monde divin. Ne vous imaginez pas que si vous vivez mal sur Terre, vous serez bien au Ciel. Certains disciples raisonnent ainsi : ils n’écoutent pas ce qu’on leur enseigne à l’école et comptent sur des cours particuliers. Le disciple doit être attentif en cours et étudier de façon autonome, ainsi son professeur aura aussi du génie. Si les élèves sont oisifs, les professeurs ne peuvent pas en tirer grand-chose. Entrez dans une classe et observez comment enseigne le professeur : s’il le fait avec maîtrise et dynamisme, ses élèves sont comme lui : ce qui se rassemble, s’assemble. Si vous voulez attirer l’Esprit divin dans votre maison, créez-lui des conditions qui l’attirent. Si les portes et les fenêtres de votre maison sont étriquées, il dépassera votre maison sans vous rendre visite. Les pensées divines exigent des esprits et des cœurs supérieurs. Qui érigerait une maison dans un marécage ? Personne ! Et encore moins l’Esprit divin. S’il le décidait, il enverrait au préalable, et ce pendant des milliers d’années, des ouvriers pour l’assécher. Lorsque cet endroit sera finalement propice à la vie, l’Esprit pourra le visiter et y laisser sa bénédiction. Chacun veut que Dieu lui rende visite comme le Christ a visité la maison avec ses disciples. Si Dieu vous a visité par le passé, Il vous visitera aussi aujourd’hui ; les Bulgares disent : « Là où de l’eau a déjà coulé, l’eau coulera à nouveau. » Si Dieu n’est jamais entré dans votre maison, Il n’y entrera pas aujourd’hui non plus. Quand Dieu ne peut-Il pas entrer dans la maison de l’homme ? Lorsqu’il n’y a pas de porte. Comment les convives entreront-ils si votre maison n’a pas de porte ? « Lorsqu'ils furent dans la maison, les disciples l'interrogèrent encore là-dessus. » Sur quoi l’ont-ils interrogé ? Sur les liens de l’être humain avec le monde. Il est dit dans les Écritures de ne pas vous attacher au monde. Quel monde ? Votre monde d’illusions et d’égarements. Tous vivent dans l’illusion et l’égarement. Une jeune femme pense par exemple se marier avec un brave jeune homme, avoir de beaux enfants. Ce n’est pas un mal, mais quelle est la réalité ? Ce qu’elle s’imagine n’est pas encore une réalité. D’abord, on doit penser à son corps : avoir un corps sain et avoir une harmonie entre ses pensées, ses sentiments et ses actes. Vous rétorquerez qu’il n’y a pas de personne parfaitement bien portante sur Terre. Oui, mais tous les états maladifs ne sont pas des maladies. Le rhume, la fièvre par exemple ne sont pas des maladies mais des phases de purification : l’organisme se nettoie ainsi des dépôts et des impuretés. En revanche, la tuberculose et la scrofule sont des maladies. Il y a aussi des maladies psychiques : celui qui se blâme sans se corriger est malade. Quelqu’un se dit pécheur, mais il continue de servir son vice. Si tu es conscient d’un vice, prends-le avec des pinces et jette-le dehors. C’est ton enfant illégitime, tu l’as engendré et tu as le droit de le jeter dehors. Si quelqu’un dit qu’il ne peut se libérer du péché et de son vice, il se leurre ; tout comme tu as péché, tu peux aussi te libérer du péché. Celui qui fait le mal, peut faire le bien ; celui qui fait le bien, peut faire le mal. Les disciples ont interrogé le Christ : « Est-il permis à un homme de répudier sa femme ? » La réponse du Christ peut se résumer avec les paroles suivantes : l’homme peut quitter sa femme si elle ne l’aime pas. Si l’homme n’a pas foi en sa femme, elle n’en aura pas non plus pour lui ; si l’homme n’a pas d’espérance en sa femme, elle non plus ne peut pas en avoir en lui. C’est une règle : la force négative ne peut pas engendrer une force positive. Dans l’être humain, l’homme représente le cerveau lié au monde extérieur ; la femme représente le plexus solaire par lequel elle est liée au monde intérieur, divin. Le plexus solaire se rattache à l’univers entier et c’est pour cette raison que la femme est plus près du monde divin que l’homme. Ce que l’être humain perçoit avec le plexus solaire ou avec le système nerveux sympathique est plus véridique que ce qu’il perçoit avec son cerveau. Lorsque le principe divin en l’être humain, c’est-à-dire l’Esprit ou le Christ entre dans votre maison, vous débattrez des rapports entre hommes et femmes, entre fils et filles. Le fils est un reflet du père et la fille un reflet de la mère. L’homme représente la maison et la femme, le disciple qui entre en l’homme, c’est-à-dire dans la maison pour la crépir de l’intérieur. Elle a le droit de ressortir et de rentrer dans la maison librement uniquement lorsqu’elle va à l’école. Elle doit tenir la maison en ordre, réparer portes, fenêtres et toiture et ne tolérer aucune tuile endommagée. Puisqu’elle s’occupe de la maison, elle a aussi le droit d’avoir des exigences sur la maison. Beaucoup d’hommes ont des tuiles cassées ou déplacées sur le toit et subissent des fuites d’eau. Ne sachant pas pourquoi, les femmes se plaignent de leurs maris disant qu’ils sont méchants. Si la femme fait l’intendance de la maison, elle doit monter sur le toit, vérifier l’état des tuiles et si certaines sont endommagées, elle doit les réparer. Par conséquent, tant que la femme est placée par Dieu pour vivre dans une maison, elle n’a pas le droit de la quitter ; dans ce cas la maison est sa propriété. Lorsqu’Il a créé le second Adam, Dieu lui a donné la femme comme compagne pour le réguler. L’homme se plaint que la femme a été instigatrice du péché, mais sans elle il aurait chuté définitivement. La femme est le moindre mal dans le monde, sans elle ce monde serait bien pire. Pourquoi la femme est-elle sortie de la maison ? Pour devenir disciple. Son premier Maître était le Seigneur, Il lui disait : « Veille à ne pas démolir la maison qui t’a été donnée. » Après avoir parlé avec son premier Maître, elle est sortie dehors entre les arbres où elle a trouvé son second maître. Le mauvais côté dans la femme est qu’elle cherche un second maître alors qu’elle en a déjà un premier. C’est dangereux d’avoir deux maîtres, deux pères, deux magistrats, deux créanciers, deux bien aimés, etc. La maison que Dieu a d’abord créée était visitée par le Christ. Il a emmené la femme en dehors de la maison et a discuté avec elle la question des rapports entre l’homme et la femme. Donc, le disciple du Christ est la femme. Qui est son maître ? La mère, c’est-à-dire l’amour. Il y a maintenant aussi des hommes maîtres. Dans le livre des prophètes on emploie l’expression : « Nous nous marierons à nos fils.[3] » Elle nous semble contre nature. C’est vrai, c’est curieux pour une mère d’épouser son fils. C’est curieux, car on entend d’aujourd’hui dans le mot mariage un seul rapport possible : l’union entre un homme et une femme. L’expression « nous nous marierons avec nos fils » sous-entend un lien entre la mère et le fils, fondé sur l’amour et l’affection. Dans la langue originelle le mot mariage désigne l’amour manifesté dans le monde physique. Si quelqu’un annonce qu’il s’est marié, je lui demande : « Tu t’es marié avec amour ou sans amour ? » Si tu te maries avec amour, tu passes par le mariage ; si tu te maries sans amour, tu te limites toi-même. Si vous suivez un enseignement sans amour, sans l’appliquer, vous êtes domestique et esclave de cet enseignement. Comment se manifeste Dieu dans le monde physique et à travers qui ? Si vous aimez votre mère, Dieu se manifeste par elle ; elle vous dit ce qu’elle reçoit de Dieu. Par votre mère vous vous liez à l’espérance, à la foi et à l’amour. Par l’espérance, vous vous liez au monde physique, par la foi, aux mondes mental et spirituel, et par l’amour, au monde divin. « Lorsqu'ils furent dans la maison, les disciples l'interrogèrent encore là-dessus. » Aujourd’hui encore les gens posent la même question. Aujourd’hui encore vous croisez des gens qui se plaignent de ne pas avoir de maison, d’argent, de moyens pour instruire leurs enfants. S’ils n’ont pas de maison cela montre que la mère est décédée. Que la mère meure est un mauvais présage. La mère doit vivre autant que le fils et déposer quelque chose de précieux en lui. Le fils dont la mère est morte tôt est privé de nombre de bienfaits. La mère de l’humanité est morte il y a huit mille ans en laissant Adam et Ève orphelins, c’était leur punition. Ils ont dû traverser de grandes souffrances et assimiler autrement ce qu’ils n’ont pas reçu directement de leur mère. Si la mère de l’humanité était vivante, il n’y aurait pas de souffrances sur Terre. Chaque être humain a une mère ; si elle meurt, son discernement s’obscurcit, son cœur durcit et l’amour cesse d’agir, il ne voit plus rien de beau. Sa maison se délabre peu à peu, le Maître et ses disciples n’y rentrent plus pour débattre la question sur laquelle s’est prononcé le Christ. Le verset qui dit : « J’enverrai mon Esprit vous enseigner[4] », sous-entend précisément la Mère divine. C’est un grand bienfait pour l’être humain que la Mère divine, c’est-à-dire l’amour, soit en lui. Elle est tendre, délicate, affable. Celui qui ne l’écoute pas reste seul, elle s’en éloigne. Tant que la Mère divine est en l’être humain il a toutes les conditions favorables pour réaliser ses désirs, il résout facilement ses épreuves et surmonte les obstacles. Je vous donnerai maintenant un problème à résoudre : la farine se transporte du moulin en voiture ; les roues, l’essieu et les chevaux se déplacent ; seule la bride des chevaux reste immobile. La solution est la suivante : le rapport entre les roues et l’essieu ou entre les chevaux et la bride est le même que celui entre la justice et l’injustice d’une part, et entre l’amour et la sagesse d’autre part. Donc, seuls l’amour et la sagesse peuvent mouvoir les roues de notre vie. Les roues décrivent une trajectoire curviligne, les chevaux, une ligne droite et la bride reste immobile. La bride est la justice, l’essieu, la bonté. Apprenez à voir le côté intérieur des choses, à comprendre les symboles dont se sert la nature intelligente. « Lorsqu'ils furent dans la maison, les disciples l'interrogèrent encore là-dessus. » Les derniers mots du Christ ce jour-là étaient les suivants : « Pour accomplir la volonté divine sur Terre, vous devez vous revêtir d’espérance, vous emplir de la foi et vous unir à l’amour. » C’est le chemin que doivent suivre les Bulgares. C’est la façon de se tourner vers Dieu. C’est le seul moyen pour eux de se lier aux êtres supérieurs, aux gens de bien, aux saints, à tous ceux qui œuvrent pour l’élévation de l’humanité. Lorsque le Soleil brille, ne vous occupez pas de choses accessoires, mais exposez votre dos aux rayons solaires pour absorber sa lumière et sa chaleur et tout transformer en pensées lumineuses et en sentiments élevés. Si vous savez transformer l’énergie solaire en pensée et sentiments, vous aiderez aussi vos proches. Je suis aussi venu aider les Bulgares. Quelle que soit leur attitude à mon égard, quelles que soient leurs persécutions, j’ai décidé de les réchauffer, de leur faire un bien que personne encore n’a fait pour eux. Ensuite, je tirerai ma révérence. Aujourd’hui, les gens du monde ou les religieux réussissent péniblement dans la vie car ils se divisent. Ils n’écoutent pas leur voix intérieure mais sont influencés par diverses autorités. Les érudits et les gens du monde débattent de nombreuses théories ; les religieux cherchent le droit chemin, veulent savoir quelle église est la plus authentique. Il est dit qu’il ne faut vénérer ni Jérusalem ni cette montagne, mais qu’il faut diriger son esprit, son cœur et son âme vers le Seigneur de l’amour, de la sagesse et de la vérité. Il apporte la liberté à tous les humains, à tous les peuples de la Terre[5]. Maintenant mes amis, je vous laisse avec l’espérance dans vos cœurs, avec la foi dans vos esprits et l’amour dans vos âmes pour ressusciter et comprendre le sens profond de mes paroles. Suivez le chemin que Dieu vous indique. Soyez libres et vivez comme Dieu vous l’a appris et continue de vous l’apprendre. Soyez libres d’esprit, de cœur et d’âme, sains de corps pour porter l’enseignement divin déposé en vous depuis le commencement du monde. Soyez des ouvriers dans le champ divin : c’est le chemin par lequel le peuple bulgare peut s’élever. La Bulgarie est un corps et le peuple bulgare, une âme. Je parle du peuple bulgare en tant qu’âme dont l’élévation est prévue dans le plan divin. Je vous souhaite que l’espérance, la foi et l’amour soient en vous pour comprendre le sens profond de la vie. Sofia, 29 décembre 1918 Traduction par Bojidar Borissov [1] « Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a uni !" À la maison, les disciples l'interrogeaient de nouveau sur ce sujet » (Marc 10, 9-10) [2] Terre noire très fertile composée de lœss et d'humus, que l'on trouve dans les régions de climat continental assez sec, en Ukraine notamment. [3] « Ainsi tes fils s'uniront à toi » (Esaïe 62 :5) [4] « Lorsque viendra le Paraclet que je vous enverrai d'auprès du Père, l'Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra lui-même témoignage de moi." (Jean 15, 26) [5] Jésus lui dit : "Crois-moi, femme, l'heure vient où ce n’est ni sur cette montagne ni dans Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l'heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père. Dieu est esprit, et c’est pourquoi ceux qui l'adorent doivent adorer en esprit et en vérité." (Jean 4, 21 ; 23-24)
  14. Et le père dit « Et le père dit… » Luc 15 :22-23 « Si nous disons que nous n’avons pas pêché… » 1 Jean 1 :10 J’examinerai les mots, péché et pécher, au sens large, pas comme cela est compris par les religieux contemporains. Les péchés des humains sont des conséquences d’agissements passés, ils sont donc inéluctables. Tous les élèves font des erreurs. Demandez aux professeurs de musique ou de dessin si leurs élèves font des erreurs ou non. Combien de fois les élèves ont mis leur patience à bout ! Il n’y pas d’être humain sur Terre qui ne pèche pas, qui ne fait pas d’erreurs, en particulier lorsqu’il étudie. Lorsque nous disons de quelqu’un qu’il est plus fautif que les autres, c’est qu’il jette plus d’ombre qu’eux. Pour comprendre entièrement quelqu’un, nous devons scruter sa vie à tous les points de vue. On dit de quelqu’un qui est bon et pour un autre qu’il est mauvais. Le mauvais est une ombre de la vie. On ne peut faire sans ombres. Le peintre met des ombres à sa toile pour accentuer l’idée qu’il y a mise. Donc l’image, l’idée de la toile représente le bien, et les ombres, le mal. Certains philosophes, écrivains, scientifiques mettent aussi des ombres dans leurs œuvres pour en accentuer la trame. Ainsi une œuvre est réputée être bonne lorsqu’il y a des ombres en elle. Si quelqu’un est pécheur, c’est que Dieu a mis des ombres sur son image. Dans dix ou cent ans il grandira et deviendra un homme remarquable, un homme de bien. Alors ses ombres disparaîtront et vous verrez son visage beau et lumineux. Sachant cela, ne vous prononcez pas sur quelqu’un qui est encore un tableau inachevé. Lorsqu’on parle de la vie, on peut la considérer de quatre manières : sociale, politique, mentale et spirituelle. La vie politique est individualiste car c’est la vie d’un État. Comme le pays a sa politique et son programme, de même l’être en tant qu’individu isolé a sa politique et son programme. Faire de la politique, c’est se montrer meilleur qu’on ne l’est. On remarque que lorsqu’on est intéressé par quelqu’un, on l’accueille chaleureusement, on le nourrit, on lui parle aimablement : c’est de la politique ; une fois l’affaire conclue, la politique change et cet homme d’abord extraordinaire devient très ordinaire. Ouvrez les livres d’histoire pour voir comment fluctuent les relations des peuples entre eux. Tant qu’un peuple est attractif, tous l’entourent, lui rendent service, entretiennent de bonnes relations ; lorsque le but est atteint, la politique change. C’est ce qui explique le changement dans les relations entre les peuples, où ton ami d’aujourd’hui sera ton ennemi demain. La vie sociale est semblable à la vie domestique, elle inclut tous les courants, toutes les aspirations politiques. Chaque foyer compte au moins trois partis : le parti du père, celui de la mère et celui des enfants. Plus la famille compte d’enfants, plus elle compte de partis. Il vaut mieux avoir une seule fille ou un seul fils pour le bien, plutôt que de nombreux fils et de nombreuses filles qui ne pensent qu’à boire et à manger. La vie mentale des peuples, des sociétés et des individus représente un commencement de la culture humaine. La culture sous-entend un ensemble de conditions et de possibilités de manifestation de la vie mentale et de la vie spirituelle. L’érudition et la culture d’un peuple se juge à travers ses écrivains, ses peintres, ses musiciens, ses scientifiques et ses philosophes, c’est-à-dire à travers les manifestations de sa vie mentale et spirituelle. La culture sous-entend encore des manifestations de l’esprit humain et de l’âme humaine dans le but d’exprimer l’invisible en l’homme par des formes vivantes et visibles dont bénéficiera la génération suivante. La vie spirituelle représente l’aspiration humaine à trouver le sens de la vie. Autrement dit la vie spirituelle est le fruit de la vie. La vie individuelle et la vie sociale sont la semence mise dans le sol pour pousser et donner des signes de vie. Lorsque les feuilles et les branches apparaissent, se manifeste la vie politique qui consiste dans le désaccord entre les feuilles et les branches : il y a du vent, des orages, du bruissement de feuilles qui représentent les débats dans la vie. Tous donnent leur avis : comment mieux arranger les choses ; on crée des lois, des règlements, des commandements. Le vent s’apaise finalement, tous se reposent et disent : « Nous avons mis de l’ordre dans notre pays ». Il ne se passe pas beaucoup de temps avant qu’un vent souffle de nouveau, encore du bruit, encore des débats, encore une dispute entre les fils et les filles. Lorsque ce trouble cesse, les humains s’apaisent et se demandent quelles étaient les raisons des disputes et des malentendus entre eux. C’est très simple, le vent souffle et oblige les humains à faire de la gymnastique. Celui qui ne comprend pas les lois cherche la cause en dehors de lui ou dans la nature. Remerciez le vent qui échauffe les esprits et vous met en mouvement. La vie mentale ou culturelle est semblable à la vie des fleurs. Comme les différentes fleurs se distinguent par leur forme, leur taille et leur couleur, de même la vie mentale des humains est bien spécifique. Certaines fleurs flétrissent comme déclinent les cultures ; c’est un phénomène naturel pour l’arbre. Un arbre ne peut pas nourrir des milliers de fruits, c’est pour cette raison que certaines fleurs fanent au détriment d’autres, plus capables, plus aptes à vivre et à se développer. Lorsqu’une culture décline au détriment d’une autre, cela montre qu’elle n’avait pas de conditions pour s’exprimer et se développer. Où sont passées les cultures assyrienne, babylonienne et égyptienne ? Elles ont décliné car elles se sont desséchées comme des fleurs, privées de la lumière du soleil et de sa chaleur, privées d’humidité et d’éléments bénéfiques à leur développement. Le vent fait tomber les feuilles desséchées des arbres et les laisse au pied des racines comme engrais pour leur développement futur. La vie spirituelle, c’est le fruit de l’Arbre de la vie. Ce fruit doit être essayé pour ne pas rester dans la théorie. Le fruit est d’abord amer et acide puis il devient progressivement doux, sucré et savoureux. De même avec l’homme, plus il travaille pour son développement spirituel, plus il embellit, plus il s’adoucit. Il suffit de prêter attention aux traits des certains représentants d’un peuple pour vous faire une idée de leur culture. Plus beaux et symétriques sont les traits de leurs visages, de leurs corps, plus grande est leur culture spirituelle. On dit de quelqu’un qu’il est noble et honnête ; placez-le comme caissier dans une banque, laissez à sa disposition de grandes sommes d’argent et voyez comment il se comportera. Si les sommes fructifient, vous saurez qu’il est vraiment honnête ; si les sommes se réduisent, son honnêteté est douteuse. Jean dit : « Si nous disons que nous n'avons pas péché, nous le faisons menteur, et sa parole n'est point en nous. » La noblesse et la grandeur de l’être humain sont dans ce qu’il a conscience de ses erreurs et est prêt à les corriger. Les erreurs de l’homme ne sont pas toujours liées à un défaut chez lui. Il ne doit pas regretter d’avoir fait une faute, mais il doit aspirer à corriger la faute ; si elle n’est pas corrigée, elle provoque des conséquences néfastes. La plus petite erreur dans le plan d’un ingénieur peut causer une grande catastrophe ; c’est ainsi que des maisons, des ponts et des tunnels peuvent s’écrouler. Si le banquier fait une petite erreur de calcul, il doit de nouveau vérifier ses comptes. Vous direz que l’erreur ne porte que sur un zéro, mais le zéro joue un rôle important parmi les nombres. Le zéro a aussi une importance dans la vie humaine. Par exemple, l’homme regarde à travers deux zéros, ses yeux. Celui qui ferme ses yeux au mauvais moment commettra de graves erreurs. Vous direz que les zéros en fin de chiffre ne sont pas importants, ce n’est pas vrai. Il faut savoir quels sont ces nombres, entiers ou décimaux. Si vous abrégez les zéros dans les entiers, vous avez un aveugle, du point de vue physique ; du point de vue spirituel, vous avez un individu avec des vices et des faiblesses. « Mais le père dit à ses serviteurs : Apportez vite la plus belle robe, et l'en revêtez ; mettez-lui un anneau au doigt, et des souliers aux pieds ; amenez le veau gras et tuez-le. Mangeons et réjouissons-nous. » Vous direz : « Qu’est-ce qu’il y a d’inhabituel de lui donner une robe et des chaussures, de lui mettre un anneau au doigt ? Nous le faisons aussi avec les pauvres et avec ceux que nous aimons. » Non, seuls les grands hommes agissent de la sorte. Les gens ordinaires disent que tout dans la vie est vain. Ils ont leur philosophie et vivent selon elle ; ils veulent que tous leur obéissent. Mais la vie n’obéit à personne. Et alors en se confrontant à des contradictions, ils cherchent la faute ici et là, dans ceux qui les entourent, dans la nature. N’accusez personne de vos insuccès. Tous sont faits d’une même terre, dans leurs veines coule le même sang. La différence est que le sang de certains est plus près de la source, et pour d’autres, plus loin. Selon une légende, à la création du monde une source pure jaillissait du haut d’une montagne. Des oiseaux, des animaux, des moucherons lui rendaient visite, mais pas un seul être humain car elle était trop loin de la vie bruyante des humains. Un jour la source s’est dit : « J’en ai assez de côtoyer des êtres ignorants, je descendrai plus bas chercher la gloire. » À mesure qu’elle descendait, ses eaux devenaient moins pures. Elle a fini par atteindre les champs où les agriculteurs et les jardiniers l’ont accueillie pour l’utiliser dans leurs champs et leurs potagers. En perdant sa pureté et son abondance, elle s’est indignée : « Ces humains sont curieux, je ne suis tout de même pas créée pour leurs jardins et leurs potagers. » Dieu lui a demandé : « Es-tu satisfaite de ta situation ? – Non, a répondu la source. J’ai décidé de descendre, montrer mes qualités pour être appréciée, mais les humains m’ont attelée au travail et m’ont salie. – Pour te purifier, tu dois descendre encore plus pour passer dans les couches sédimentaires. – Je ne descendrais pas davantage ! a maugréé la source indignée. » Beaucoup agissent de la sorte : lorsqu’on leur dit de descendre pour se purifier, ils s’indignent et restent à leur ancien niveau. Dieu a de nouveau interrogé la source : « Que veux-tu à présent ? – Je veux aller dans une grande ville parmi les érudits leur montrer mon eau pure et être utilisée comme fontaine. » Dieu a exaucé son désir et l’a envoyée parmi les érudits qui l’ont aussitôt employée en tant que fontaine. D’abord les enfants ont sautillé joyeusement autour d’elle, puis on a commencé à y laver sa vaisselle et sa lessive. La source soupirait sans cesse, toujours mécontente de sa situation. « Es-tu contente à présent ? a demandé encore le Seigneur. – Pas du tout ! Les humains sont si peu éduqués, je me demande comment tu les tolères ! » Finalement, Dieu l’a envoyée servir l’être humain lui-même, afin que la source entre en lui pour le désaltérer. Même là, la source n’était pas contente. Elle a été confrontée à de grandes dissonances, elle a trouvé dans le for intérieur des humains plus d’impuretés que parmi les créatures ignorantes. Vous devez apprendre une chose : la vraie vie passe par les plus grandes contradictions et les plus grandes impuretés. Sa mission est de nettoyer, de corriger les choses et de renouveler toutes les créatures vivantes sur terre. Toutes les cultures ont poussé sur un sol constitué de milliards d’organismes morts. Elles sont les racines de notre culture qui y puise sa sève. Grâce aux sacrifices que les créatures du passé ont fait, nous bénéficions de la nouvelle culture qui vient déjà dans le monde. « Et son père dit… » Que représente le père ? Ce qui est supérieur chez l’homme, ce qui bâtit et crée. Les serviteurs que le père a dépêchés pour apporter les nouveaux vêtements étaient cinq, ce sont les cinq vertus : amour, sagesse, vérité, justice et bonté. L’esprit, c’est-à-dire le père, a envoyé les serviteurs apporter la nouvelle robe. Revêtir une nouvelle tenue, c’est revêtir un nouveau corps. Chaque homme, chaque peuple doit revêtir quelque chose de neuf, c’est-à-dire appliquer de nouvelles méthodes et moyens pour vivre une nouvelle vie. Le père a habillé son fils prodigue dans une nouvelle tenue, c’est-à-dire l’a préparé à une nouvelle vie. On parle souvent du fils prodigue et les gens ont pitié de lui. Mais il y a en lui quelque chose de beau qui l’a sauvé : l’humilité. Il avait un plus grand frère, réputé pour être bon, mais qui dissimulait en lui de la vanité et de l’avarice. Il a fallu que le jeune frère rentre de son périple pour que cette vanité et cette avarice s’expriment. Le jeune frère qui ne pouvait pas cohabiter avec le grand avait quitté le foyer familial pour amasser du savoir et des expériences. Il a donc renoncé au foyer paternel, aux nouveaux habits pour descendre entre les couches sédimentaires et se purifier. Il est ensuite retourné chez son père, riche de son vécu en disant : « Je ne suis pas digne de m’appeler ton fils, accueille-moi comme l’un de tes serviteurs. » Ce qui signifie : « Je n’étais pas digne de la nouvelle robe, je n’en suis pas digne maintenant non plus ; accueille-moi comme un simple domestique, comme une personne ordinaire. » Il avait acquis une telle humilité qu’il acceptait d’être le dernier des domestiques. Il n’y a rien de plus grand pour un homme que de devenir serviteur, de servir Dieu avec amour. Vous direz qu’il vaut mieux pour l’homme être héritier d’un roi que serviteur. C’est bien d’être héritier d’un roi si on sait servir avec amour. Si on a l’amour, c’est bien d’être professeur, prêtre, mère ou père ; l’amour donne du sens à toutes les missions et à tous les postes. Seul celui qui a le savoir peut servir. À l’avenir, les plus érudits, les plus vertueux seront serviteurs de l’humanité ; les bonnes mères enfanteront des fils et des filles pour l’humanité. Si l’érudit dit qu’il ne veut pas travailler pour le bien de l’humanité, il n’a pas d’amour en lui ; si la mère renonce à enfanter de bons fils et de bonnes filles pour l’humanité, elle non plus n’a pas d’amour. Il n’y a pas de mission plus grande pour la mère que celle d’enfanter un fils ou une fille qui se consacre à servir le sublime dans le monde. On admire aujourd’hui les grands peintres et sculpteurs, leurs toiles et leurs sculptures. Nous devons admirer encore davantage la mère qui sculpte des statues vivantes pour le bien et le progrès de toute l’humanité ! C’est une chose grandiose de voir la mère habiller son fils ou sa fille dans une tenue nouvelle et lumineuse. « Mettez-lui un anneau au doigt ! » Que symbolise l’anneau ? Les commandements et les lois auxquels on est tenu d’obéir. Lorsqu’ils se fiancent, la jeune fille et le jeune homme se mettent un anneau au doigt. Certains le mettent au premier doigt, d’autres, au deuxième ou au troisième ; ils pensent que le doigt indiffère, mais ce n’est pas indifférent. D’habitude, les gens mettent les anneaux à la dernière phalange, à la base du doigt, ils disent que c’est sa place, pour ne pas tomber. En fait la raison est différente : la dernière phalange représente les lois du monde matériel et physique. Vous dites que des lois sont nécessaires pour relever la société ; pour moi loi et licol sont la même chose, ils sont synonymes. On peut en déduire que la société peut évoluer sans licol ; oui, c’est vrai. Les animaux ont besoin de licol, mais pas les humains. Il est préférable pour l’homme d’être pauvre, simplement habillé, mais ne pas porter de licol, plutôt qu’être dans une nouvelle tenue et couvert de diamants mais avec un licol. Quand le monde s’arrangera-t-il ? Lorsque les humains vivront sans licol, c’est-à-dire sans lois. Peut-on vivre sans loi ? Je vous demande sur la base de quelle loi la mère nourrit, habille et éduque ses enfants, sur la base de quelle loi le père s’acquitte de ses obligations envers ses enfants et sa femme ? Où sont écrites ces lois ? Dans le cœur et la pensée des humains. Par conséquent, lorsque les humains commenceront à vivre selon les lois écrites dans leur cœur et dans leur mental, le monde s’arrangera. Que font les humains maintenant ? Si un pauvre vient vous emprunter de l’argent, vous lui direz : « Tu es bon et honnête, mais je ne peux pas te donner d’argent sans caution. » Dans ce cas la caution est le licol par lequel les gens se lient mutuellement. Il y a des années de cela, je faisais le tour de la Bulgarie, je faisais des études scientifiques sur différentes personnes et j’étudiais leurs caractères. Je longe un jour le champ d’un paysan ; il faisait avancer la charrue avec ses bœufs qu’il aiguillonnait de temps en temps. Il m’a dit en me voyant : « C’est bien de se promener dans les champs, tu n’as pas de travail, mais nous vois-tu, nous travaillons dur toute la journée. – Je vois tout, je sais que tu es travailleur, mais pas charitable. – Comment le devines-tu ? – Par la croupe des bœufs blessée par ton aiguillon. Ils travailleraient même sans cela : puisque tu les as attelés, ils font leur travail. Vous direz que le bœuf est un animal qui ne ressent pas la douleur. Il sent bien l’aiguillon sur sa croupe, mais ne peut rien dire, il patiente et avance. En allant dans l’autre monde, il dira : « Seigneur, j’ai appris ma leçon, à l’avenir je veux vivre sans licol. » « Apportez vite la plus belle robe, et l'en revêtez. » L’habit, la tenue est nécessaire pour la vie, surtout lorsqu’elle est neuve et propre. C’est pour cela que l’hygiène recommande de brûler tous les vêtements avec lesquels on a vécu une maladie lourde et contagieuse ou traversé des états psychiques sombres. La nouvelle hygiène recommande même de changer de maison si on y a vécu de grandes souffrances ; une telle maison est imprégnée de chagrin et de souffrances. Si on y reste, on se trouve continuellement sous l’influence du passé. Celui qui a un odorat fin devine par l’odeur si quelqu’un est bon ou non. Comme vous reconnaissez les fleurs à leur arôme et les fruits à leur saveur, de même, par l’odeur de la maison ou de l’homme, on reconnaît s’il est pur ou non. La société future, la future famille doivent être fondées sur un socle solide et positif. « Et son père dit… » Qu’a-t-il dit et à qui ? Il a dit à ses serviteurs d’apporter une nouvelle robe, des chaussures et un anneau pour son fils. Chacun doit appeler ses serviteurs et dire la même chose que le père aux siens. Chacun doit accueillir le fils prodigue en lui-même avec amour. Qui n’a pas de pensées et de désirs comme ceux du fils prodigue ? Combien de bonnes pensées et de bons désirs a-t-on chassé de soi ! Que deviennent ces pensées et ces sentiments ? Ils partent dans le monde jusqu’au jour où ils reviennent comme le fils prodigue dans la maison paternelle. Les pensées et les désirs sont vivants et peuvent parler comme un humain. Est-ce possible ? C’est possible. Par exemple, il nait dans l’esprit de la jeune fille ou du jeune homme l’idée de donner naissance à une bonne fille ou à un bon fils, et cette idée est tellement vivante qu’elle finit par se réaliser. Chaque pensée qui est nourrie prend vie, si elle n’est pas nourrie, elle reste latente. Chaque pensée qui n’est pas sculptée selon les règles de l’art ne peut résister ; même si le monde entier veut la conserver, il ne le peut pas et en fin de compte elle s’abîme. Lorsque la mère perd son enfant elle pleure, elle souffre et se demande : « Pourquoi mon enfant est-il mort ? » Parce qu’il n’a pas été sculpté selon les règles de l’art. « Que dois-je faire ? – Tu renouvelleras ton essai. Le premier essai n’a pas été réussi, tu en feras un deuxième, un troisième jusqu’à sculpter une statue qui résiste à tous les aléas. » Que font les élèves de dessin ? Le professeur leur donne un tableau à peindre. L’un d’eux finit dans l’heure ; le professeur passe à côté, n’approuve pas le dessin et dit : « Tu le peindras de nouveau. » Un autre dessine deux à trois heures, un troisième dessine pendant plus de trois heures. Le tableau du dernier est le meilleur, mais il n’est pas encore irréprochable. C’est la même chose pour le corps humain : la mère et le père créent le corps de leur enfant, mais une commission chargée de vérifier le travail leur dit : « Ce tableau ne durera que quelques années. » Puis la commission vient une seconde fois et déchire le tableau. « Pourquoi mon enfant est-il mort ? » C’est le temps qu’il a pu résister. Il ne faut pas se lamenter, vous prendrez en compte les remarques faites et vous dessinerez un meilleur tableau la prochaine fois. Vous entendez souvent certains chrétiens dire que le Christ les a sauvés. Comment ? Par son sang. C’est une compréhension superficielle. En réalité le sang du Christ sous-entend l’idée de l’amour que l’être humain doit appliquer dans sa vie et avec laquelle il doit travailler. Il ne peut pas dessiner ce tableau sans ce sang. Il est la teinte qui sert à dessiner les tableaux. C’est à l’être humain de choisir la quantité de teinte et le degré de saturation à employer. Lorsque le Christ dit à ses disciples : « Celui qui ne mange pas ma chair et ne boit pas mon sang… », certains ont cédé à la tentation. Et ceci, parce qu’ils n’ont pas compris l’esprit de Ses paroles. Comme l’eau est nécessaire aux plantes, le sang aussi est nécessaire à la vie. Il est un élément constitutif du règne végétal et du règne animal et se manifeste sous différentes formes. En étudiant les manifestations de toutes les formes organiques, vous voyez partout une aspiration consciente ou inconsciente au perfectionnement. Les peintres et les sculpteurs actuels sont des artisans et à l’avenir ils deviendront des créateurs. Les animaux aussi seront plus évolués qu’aujourd’hui, leur langue se déliera et ils parleront. Il n’y a rien d’étonnant à cela. Pourquoi ? Parce que les animaux font partie de l’arbre de la connaissance. L’arbre montre le degré de notre développement. Peu nombreux sont ceux qui voient la partie élevée de l’arbre et ils demandent continuellement : « Y a-t-il une autre vie, est-ce que Dieu existe ou non ? – Il y a une autre vie, il y a un Dieu. – Où est l’autre monde ? – Au même endroit que celui-ci. – Pourquoi nous ne le voyons pas ? – Parce que vous ne voyez même pas le monde physique qui est visible. « Et son père dit à ses serviteurs : Apportez vite la plus belle robe, et l'en revêtez. » La nouvelle robe est l’enseignement du Christ. Lorsque les humains se libèrent de l’ancien enseignement, leurs vêtements doivent être lavés ou brûlés. Ceci se fait par le biais des souffrances : elles sont un feu qui purifie les anciens vêtements ; elles sont le lave-linge où sont lavés les vêtements impurs. C’est pour cela qu’il est dit que pour se purifier l’homme doit passer par le feu et l’eau. L’homme passe inéluctablement par le feu divin et le lave-linge divin. Vous direz qu’il est terrifiant de passer par le feu et l’eau. C’est terrifiant pour celui qui résiste ; c’est un privilège pour celui qui comprend les choses : il s’anoblit et s’élève par les souffrances. Aujourd’hui la Bulgarie traverse de grandes épreuves. Elle est plongée dans la grande lessiveuse divine, lavée par cinq peuples : anglais, français, italiens, grecs et serbes, les cinq domestiques que le père a dépêchés pour la laver et la revêtir d’une nouvelle robe. Ne fait-on pas de même avec la jeune fille qui se fiance ? On l’amène aux bains avant le mariage pour la purifier. La jeune mariée, appelée Bulgarie, est très salie et passe dans la lessiveuse divine pour être nettoyée. Qu’adviendra-t-il d’elle ? Elle sera habillée d’une nouvelle robe propre. Elle sortira et dira : « Maintenant j’ai compris le sens de la vie. » En quoi consiste le sens de la vie ? En la fraternité, en la conscience que les humains sont frères et sœurs. Les Bulgares diront qu’ils sont frères et sœurs car ils sont un peuple ; les Allemands sont frères et sœurs en tant qu’Allemands, les Anglais, en tant qu’Anglais, etc. L’idée de la fraternité est encore plus vaste : tous les humains sont frères et sœurs. Quelles doivent être les qualités premières du Bulgare ? Il doit être intègre, bon, juste et intelligent. Je souhaite rencontrer de tels Bulgares et les fréquenter. Celui qui n’a pas ces qualités sera mis dans la lessiveuse divine. Ne vous insurgez pas contre elle pour ne pas voir la mort venir et vous emporter. Vos proches vous pleureront ensuite. Pourquoi pleurent-ils pour le défunt ? Pour le laver avec leurs larmes. S’ils le lavent une fois, ils ne doivent plus pleurer ensuite ; il ne vous reste désormais qu’à l’habiller dans un vêtement de noce blanc et vous réjouir de le voir retourner auprès de son Père. Peut-on revenir en arrière et laver la jeune fiancée après le mariage ? Non. Puisque c’est ainsi, ne pleurez pas sans cesse les défunts. Où sont vos défunts ? Là où vous êtes. Vous avez deux amis et vous dites que l’un vous est plus proche que l’autre ; donc l’un est plus près de vous et l’autre plus loin. C’est la même chose avec les vivants et les morts : les uns et les autres sont au même endroit, mais pas à la même distance les uns des autres. Ceci prouve qu’il existe entre les gens une proximité intérieure ou un éloignement intérieur. C’est aussi le rapport des humains à Dieu ; si on dit que quelqu’un est proche de Dieu, c’est qu’il accomplit la volonté de Dieu, qu’il pense et sent comme Lui ; s’ils disent qu’il est loin de Dieu, c’est qu’il n’accomplit pas la volonté de Dieu. Vous entendez souvent demander si Dieu existe. Sur quel Dieu vous questionnez-vous, le Dieu des formes, du contenu ou du sens ? Quel Dieu vénérez-vous ? Si vous vénérez le Dieu des formes, c’est comme si vous vénériez une bouteille vide. Si vous vénérez le Dieu du contenu, c’est comme si vous vénériez le contenu de la bouteille. Ce n’est pas un mal si ce contenu est capable de vous soutenir dans toutes les épreuves et toutes les souffrances ; si ton Dieu ne peut pas te soutenir dans les souffrances, ceci montre que ce n’est pas un véritable Dieu. Et enfin, si tu vénères le sens inscrit dans les choses, et si tu surmontes aisément tes souffrances, tu as trouvé le véritable Dieu. Vénérez et croyez ce Dieu qui vous préserve de toutes les chutes. Quand l’homme chute-t-il ? Lorsqu’il a un licol. La vie spirituelle ne tolère aucun licol. Si vous voulez vous en débarrasser, entrez dans cette vie qui apporte la liberté à l’âme humaine. La liberté ne s’atteint pas en un jour ni même en une vie ; on doit vivre des milliers d’années pour devenir libre. La vie future apporte la liberté à l’humanité. Pour que la liberté vienne, il faut que les conditions de vie changent. Les temps d’aujourd’hui exigent une chose des humains : ne pas détruire ce qui se bâtit aujourd’hui. Les temps d’aujourd’hui exigent de la gratitude de la part des humains. Soyez reconnaissants de ce qui vous a été donné. Le peu, bien assimilé, profite davantage que la quantité, mal assimilée. Dans la parabole du fils prodigue, le Christ montre l’amour du père pour son fils. On y voit comment on peut recevoir celui qu’on aime. C’est ainsi qu’on était accueilli jadis : si un convive venait, on le lavait, on lui préparait à manger ; si c’était un invité proche, alors on lui donnait un anneau. Qu’est-ce que cela signifie de donner un anneau à quelqu’un ? C’est le prévenir qu’il ne doit pas transgresser la loi dans ton foyer. C’est pourquoi, lorsque tu entres dans une maison, ne regarde pas la femme de ton hôte. Si elle est belle tu as le droit de la regarder avec un œil, et son mari avec l’autre ; il faut donc partager son attention équitablement. Si tu regardes d’un œil, mais que tu fermes l’autre, tu appliques la loi de l’hypocrisie. C’est ainsi qu’agit le chat lorsqu’il guette la souris : il regarde d’un seul œil et ferme l’autre. Il veut montrer ainsi qu’il ne s’intéresse pas à la souris. Au début, lorsqu’il entend la souris, il ferme les deux yeux et fait semblant de dormir ; de temps à autre il ouvre un œil et puis il se rue d’un coup sur la souris et l’attrape. Il se met à lui raconter ensuite comme il l’aime : il l’attrape dans ses pattes, puis la relâche, puis l’attrape de nouveau jusqu’à ce qu’il la dévore. C’est ainsi que le mal agit avec les humains. C’est ainsi que beaucoup agissent, animés uniquement par leurs propres intérêts. Leurs intérêts ne sont peut-être pas condamnables, mais leurs méthodes sont retorses. Certains se servent des méthodes du chat, d’autres de celles du loup, et d’autres encore, des méthodes des créatures intelligentes et supérieures. La compréhension humaine de la vie diffère aussi. Il existe une différence entre les gens du monde et les religieux. Entrez dans les sociétés des croyants pour voir les différences entre eux. Les uns reconnaissent le baptême, d’autres le renient ; les uns reconnaissent le samedi, d’autres le dimanche ; les uns promeuvent la résurrection de la chair, d’autres la résurrection en esprit, etc. D’où la question de savoir pourquoi tant de points de vue religieux diffèrent sur les mêmes questions. C’est parce que tous ne sont pas dans la même classe ou au même niveau ; ils étudient à la même faculté, mais dans des classes différentes. Chacun ne sait que ce qu’il apprend et ce qu’il croit ; chacun pense que son savoir est le plus authentique et le plus juste. Ainsi, si vous croisez des élèves de classes différentes, vous entendrez toujours des points de vue différents. Vous direz que les points de vue de ceux qui sont à l’université sont les plus justes. Ce n’est pas vrai. Ce ne sont pas les étudiants les plus avancés. Il y a au-dessus d’eux d’autres élèves qui se spécialisent dans la vie, et au-dessus, d’autres encore, les disciples de l’école divine. Le savoir comme les visions des gens sur les choses n’ont ni début ni fin. Ne vous étonnez pas lorsque quelqu’un vous parlera de son abécédaire, un autre de son livre, un troisième de l’arithmétique, un quatrième des équations à une, deux ou à plusieurs inconnues. Ce n’est pas important de savoir quel est le point de vue d’un homme, l’important est qu’il avance, qu’il ne piétine pas sur place. Comme dans les écoles sur Terre, certaines lois ne permettent pas à l’élève de rester dans la même classe plus de deux fois : des anges descendent du ciel pour aider les mauvais élèves à passer dans la classe supérieure. Certains élèves redoublent et ne peuvent pas avancer sans être aidés. Vous direz que les temps sont difficiles et que vous ne pouvez pas songer à la science et à la connaissance tant que l’on vit avec des tickets de rationnement, tant que la vie est plus chère chaque jour qui passe. La vie se déroule et l’homme doit étudier pour acquérir des connaissances. Réjouissez-vous que l’époque actuelle offre de bonnes conditions de travail. Les chrétiens ont pour tâche de travailler sur eux et sur leurs proches, et d’œuvrer pour accueillir Dieu en eux. Chacun doit ouvrir son cœur pour Dieu et se réconcilier avec tout le monde. Ainsi s’effacera cette haine qui subsiste entre citadins et paysans, entre érudits et gens simples, entre riches et miséreux. Lorsque Dieu vit en l’homme, celui-ci est bon, qu’il soit politique ou notable, érudit ou philosophe, mondain ou religieux. Quelqu’un se demande pourquoi un homme est plus instruit, plus riche, plus vertueux que les autres ? C’est parce qu’il a travaillé davantage. Celui qui acquiert plus, travaille plus. Le labeur de chacun est récompensé justement. N’enviez personne. Celui qui possède beaucoup et peut le porter sans aide extérieure est quelqu’un de fort. Le cheval puissant porte cent kilos sur son dos, mais le cheval chétif ne porte que cinquante kilos : faut-il que ce dernier imite le cheval fort ? La même chose s’applique aux humains : ne vous forcez pas pour ne pas vous briser l’échine. Vous direz que l’argent résout les questions. Je suis d’accord que l’argent est nécessaire, mais l’homme doit avoir trois portefeuilles remplis d’argent : l’un dans la poche, l’autre dans le cœur et le troisième dans sa tête. Alors, si tu vas vendre ou acheter quelque chose, tu ouvriras successivement les trois portefeuilles. Beaucoup de marchands donnent peu et prennent beaucoup, ils cherchent le chemin facile pour faire fortune. Il n’y a pas de chemin facile dans la vie. Tout se gagne par le travail et le labeur et c’est la chose la plus agréable dans la vie. Si l’on veut s’enrichir vite, on se heurte à des contradictions. Un américain a voulu tester la puissance des chutes du Niagara pour devenir célèbre. Dans ce but, il a commandé un grand tonneau qui a été longuement enduit de résine. Lorsqu’il a été prêt, l’américain est rentré dedans et s’est laissé emporter par le courant des chutes. À cause du bruit infernal de l’eau et du mouvement effréné du tonneau, il a perdu connaissance ; on l’a sorti à demi-mort du tonneau. Lorsqu’il a repris connaissance, il a déclaré : « Pour rien au monde je ne referai cela ! Même pour toutes les richesses du monde, je ne rentrerai plus dans ce tonneau. » La vie en politique est une chute d’eau dans laquelle les gens se jettent, mais ils déclarent en fin de compte : « Le sens de la vie n’est ni dans les tonneaux ni dans le courant des chutes d’eau. » Il y a dix siècles de cela vivait en Chine un philosophe émérite nommé Kou. Sa femme était belle et bonne ménagère. Ils étaient pauvres mais intègres. Un jour sa femme lui a dit : « Voilà déjà dix ans que nous sommes ensemble. Nous avons bien vécu car tu es un homme de bien. J’en ai assez de la misère, je veux vivre dans l’aisance et ne pas penser au lendemain. J’ai rencontré un riche marchand que je pourrais épouser si tu me libères. » Son mari l’a libéré, lui a donné sa bénédiction et s’est séparé d’elle. Contente et joyeuse que la misère ne l’éprouverait plus, elle s’est mariée avec le riche marchand. La Chine traversait à cette époque une grave crise politique, il fallait élire un nouveau gouverneur pour améliorer le sort du pays. Étant quelqu’un d’intelligent, honnête et digne, le philosophe a été élu gouverneur. En l’apprenant, sa femme est revenue le voir : « J’ai commis une grande erreur en me séparant de toi. Peux-tu me pardonner si je reviens auprès de toi pour vivre de nouveau une vie calme et digne ? » Le philosophe l’a regardée, puis au lieu de répondre, un peu pensif, il a pris un verre, l’a rempli de nectar et l’a renversé ; le nectar s’est répandu au sol. Il lui a dit alors : « Si tu arrives à recueillir le nectar aussi pur et intact qu’il était dans le verre, alors nous nous réunirons de nouveau. » Les gens agissent souvent avec Dieu comme la femme du philosophe avec son mari. Ils Lui font d’abord la promesse de Le servir et de vivre pour Lui, mais lorsqu’ils ne reçoivent pas ce qu’ils attendaient, ils renoncent à Lui. Lorsqu’ils comprennent leur erreur, ils reviennent de nouveau auprès de Dieu, mais ils recevront une réponse semblable à celle que le chinois a donnée à sa femme. Depuis deux mille ans, le Christ attend que les humains se tournent vers Dieu pour devenir meilleurs et désintéressés, et qu’ils jettent leur licol. Si cela n’arrive pas, Il ne viendra pas parmi eux. La venue du Christ sur la Terre se reflétera comme le soleil levant se reflète sur la vie, à savoir : les fleurs s’épanouissent, les oiseaux chantent, les animaux gambadent, et les humains se renouvellent, ils commencent à chanter, à se réjouir et à revêtir de nouvelles tenues. Il n’est pas loin le temps où le Christ viendra sur Terre. J’appelle tous à se préparer pour cet avènement grandiose. Que chacun accomplisse son travail : s’il est élève, qu’il étudie avec amour, sans redoubler ; s’il est ouvrier, qu’il travaille, qu’il profite des conditions bénéfiques qui lui sont données. Avancez tous, ne vous arrêtez pas et ne critiquez personne. Étudier, travailler, aider son prochain, se réjouir au nom de Dieu, voilà la poésie de la vie. Réjouissez-vous que le Soleil se lève tous les matins, que vos fleurs s’épanouissent et embaument l’air au loin. Réjouissez-vous que vos oiseaux chantent et dissipent les chagrins de votre cœur. Le soleil levant vous libérera des contradictions et des revers de la vie. Je souhaite que tout le monde mette un nouvel écriteau sur son visage : « L’homme est un frère pour l’homme. » Effacez l’ancien écriteau : « L’homme est un loup pour l’homme » ; c’est l’ancienne philosophie qui a vécu. Dans le passé, l’homme a souffert de la famine, il a trahi son principe divin et a donné libre cours à ce qui était animal en lui. Aujourd’hui les conditions sont bonnes ; l’homme ne doit être affamé ni physiquement, ni spirituellement, ni mentalement. Donnez la possibilité aux humains de satisfaire leurs besoins. Donnez-leur du pain, un toit et des vêtements pour qu’ils aient confiance en tous comme en leurs frères. Le riche doit songer aux maisons des pauvres. Que représente la maison ? Les poumons de l’homme. Si la maison – les poumons – n’est pas développée, il contracte la tuberculose. Les riches doivent transmettre leurs bonnes pensées et leurs bons sentiments aux misérables pour les réchauffer. Ainsi, leurs poumons se dilateront pour absorber plus d’air pur et frais. Ne vous insurgez pas les uns contre les autres. Visitez les riches pour voir comment ils travaillent dans leurs jardins ; ils vous donneront de leurs graines et de leurs fruits. Lorsque vous les planterez, vous comprendrez ce qu’ils portent en eux. Suivez leur chemin pour acquérir de bons fruits et vous enrichir. Si les besoins de tous étaient satisfaits, qui envierait alors qui ? Observez les comportements des gens pour en tirer des enseignements. Observez les petits enfants en train de jouer, prêtez attention à ce qui les occupe et aux sentiments qui les agitent. Observez comment la mère agit envers ses enfants : tant que l’enfant est petit, elle le cajole, elle l’entoure d’amour et l’appelle petit ange alors que lorsqu’il tête, ce « petit ange » la mordille et la griffe. Un enfant qui mordille et qui griffe n’est pas un petit ange. Mais avec son amour la mère peut sublimer son enfant et insuffler en lui un élan pour le bien. En général, l’amour bouleverse l’être humain, il peut faire se tourner vers Dieu même le plus grand pécheur. On se tourne véritablement vers Dieu si on le fait avec son portefeuille et avec son cœur, alors on est prêt à tous les sacrifices. On peut compter sur une telle personne, elle est digne de confiance ; ne comptez pas sur celui qui dévalise les portefeuilles et les cœurs des autres, mais garde les siens sous clé. Il y a un sens à vider son portefeuille si c’est pour remplir celui du pauvre ; il y a un sens à vider son cœur si c’est pour secourir le souffrant ; il y a un sens à vider son esprit si c’est pour éclairer l’ignorant, autrement c’est vain. Comme le père du fils prodigue l’a paré d’une nouvelle tenue, vous aussi vous devez sortir de nouvelles tenues et habiller vos fils et vos filles. Si un être pauvre et souffrant vient auprès de vous, parez-le d’une nouvelle tenue, donnez-lui de nouvelles chaussures et mettez-lui un anneau à la main. Soyez prêts à vider vos cœurs et vos esprits pour remplir les cœurs et les esprits de ceux qui sont privés de bonnes pensées et de bons sentiments. Remerciez votre père et votre mère des soins qu’ils vous prodiguent même si vous êtes pauvre. Il est préférable d’avoir du pain sec, gagné honnêtement et noblement, plutôt qu’une nourriture riche et abondante mal acquise. Remerciez pour le peu que vous avez aujourd’hui, il sera béni et multiplié. La force se cache dans le minuscule grain de blé. L’avenir est dans les gens faibles et pauvres qui ont un élan envers le sublime. Le Christ parle des faibles pour désigner ceux qui sont pauvres mais qui portent le divin en eux. Il parle des obéissants pour désigner ceux qui comprennent les commandements divins et les appliquent. Ils sont les bienheureux auxquels appartient le Royaume de Dieu. La pauvreté bien comprise purifie l’homme et lui prépare de bonnes conditions pour le futur. Parfois dans la vie la misère est préférable à la fortune. Jadis, les juifs ont trahi le Christ pour trente pièces d’argent ; nous verrons pour combien il sera vendu par les peuples d’aujourd’hui. Je crois que l’humanité actuelle estime la valeur du Christ à plus de trente pièces d’argent. Le vendront-ils, je ne le sais pas, l’avenir le montrera. Je souhaite que l’humanité future estime le Christ de façon à ne le vendre à aucun prix. Si les Bulgares et les autres peuples tiennent à lui, un avenir grandiose les attend. Dieu trace aujourd’hui la carte de l’Europe. On Lui fait un rapport de tous les agissements des humains. Il vérifie les comptes de tous les peuples et les rétribue chacun selon son mérite. De grands changements se produiront dans le monde : alors, on se lèvera le matin joyeux et toniques, on se réjouira du jour nouveau, du Soleil levant. L’humanité actuelle est dans la situation de ce taureau qui a eu une grosse épine plantée dans le pied. Il s’est mis à courir en furie, en mugissant sans que personne ne puisse l’aider, sans que personne ne comprenne ce qui lui arrivait. À la fin, un garçon qui parlait le langage des animaux s’est approché du taureau et lui a demandé : « Qu’est-ce que tu as, pourquoi es-tu aussi enragé ? – J’ai quelque chose de planté dans le pied droit qui me tourmente et me cause une grande douleur. » Le garçon a levé le sabot du taureau, il a vu la grosse épine plantée là, il l’a sortie puis il a enduit la blessure avec de l’huile d’olive et l’a soignée ; le taureau s’est aussitôt apaisé. La même épine se trouve dans le pied de l’humanité actuelle qui l’oblige à ruer et à s’affoler. Lorsqu’elle sera sortie, l’humanité s’apaisera et commencera à travailler pour l’avènement de la nouvelle culture. Quelle est cette épine ? L’avidité. Tous aspirent à assurer leurs arrières, à acquérir des choses, mais restent toujours sur leur faim au bout du compte. L’être avide est insatiable. À cause de l’avidité, aujourd’hui le frère vend son frère, la fille vend sa mère, le fils, son père, etc. La future culture arrive et pénètre tous les foyers, toutes les sociétés et tous les peuples ; elle touche jeunes et vieux, filles et garçons. Du point de vue de la nouvelle culture, toutes les pensées, tous les désirs et toutes les actions des humains sont porteurs de sens. Chaque mouvement aura alors sa signification et chaque parole prononcée un sens. Chaque savoir sera appliqué en temps et lieu utile. Aussi modeste que soit le savoir que vous avez, il peut être appliqué. Dieu s’intéresse au plus petit savoir, c’est pourquoi Il demandera à l’élève du primaire lorsqu’Il le croise : « As-tu passé ton niveau avec succès, es-tu passé en classe supérieure ? » Les créatures supérieures s’intéressent aussi à la culture des humains, elles veulent comprendre quelle puissance y est cachée. Et la culture de l’autre monde, quant à elle, est majestueuse ; peu nombreux sont ceux qui peuvent la voir et la comprendre. Comme les astronomes ont besoin de télescopes pour voir les étoiles dans le ciel, de même vous aussi avez besoin de télescopes pour voir cette culture. Pour y arriver, l’être humain doit travailler énormément sur lui-même. Chrétiens, croyants dans le Christ, certains prétendent que la porte entre ce monde et l’autre monde est fermée ; c’est un niveau de connaissance d’enfants de cours primaire. Il y a des portes fermées uniquement dans les endroits fermés, impurs. Chaque maison avec les portes et les fenêtres fermées est plongée dans l’obscurité et le froid. Le Christ se tourne vers tous pour dire : « Donnez de nouveaux habits, de nouvelles chaussures et un anneau au doigt de votre fils prodigue et accueillez-le avec amour. Votre plus grand fils viendra pour dire son mécontentement du bon accueil réservé au plus jeune frère, mais cela ne doit pas vous troubler. Vous lui avez donné toute votre fortune et son mécontentement témoigne du degré de son amour. Ce type de personnes se prétend croyante. L’avenir est entre les mains des incroyants qui sont actifs et énergiques, justes et vertueux. Ils sont en apparence incroyants, alors qu’en réalité Dieu demeure en eux et ils Le servent. Aujourd’hui le monde est plongé dans l’obscurité et le froid. Qui peut réchauffer les humains et les tourner vers Dieu ? Seule la mère peut le faire. Encore enceinte, elle doit dire à son enfant : « Mon fils, je t’ordonne de vivre dans la pureté et la probité, de ne pas tuer et de ne pas voler, d’accomplir les lois que Dieu a écrites dans ton cœur. À cette unique condition je t’aiderai à venir au monde. » Que dit la mère d’aujourd’hui à son enfant ? Elle lui conseille d’être intelligent, pratique, de tirer profit des bonnes conditions de la vie et de ne pas penser aux autres. C’est à ces conseils que les humains doivent leur égoïsme et leur avidité, ainsi que la carricature de l’enseignement du Christ. Vous direz que vous comprenez l’enseignement du Christ ; cela ne suffit pas. Si on comprend la musique, il faut aussi savoir bien jouer. Donc le véritable être humain est celui qui connait la musique et la peinture et qui peut jouer et peindre, et appliquer les grands principes et lois dans sa vie. Aujourd’hui le Christ prêche à tous les humains, à tous les dirigeants. Sa parole est entendue et recueillie par tous. Le monde va de l’avant et ne peut plus revenir en arrière. Le mal aussi est déraciné. Une fois déraciné, il n’y a pas de retour en arrière ; une fois qu’il a abandonné son royaume, le mal ne peut pas régner une seconde fois. Des jours heureux arrivent pour l’humanité. Il est temps que les travailleurs soient à la première place. J’ai observé un jour comment un jeune gaillard transportait femmes et enfants au milieu d’une rivière pour les faire passer d’une rive à l’autre. Le monde a besoin de jeunes gens qui œuvrent pour transporter les faibles et les impuissants sur l’eau. Je croise maintenant beaucoup de jeunes gens avec une jeune femme au bras, ils se promènent fièrement, ils se prétendent des gentilhommes. Pour moi le gentilhomme est celui qui peut transporter la jeune fille d’une rive à l’autre. C’est facile de se promener avec elle sur la terre ferme. Tendons-nous une main fraternelle les uns aux autres, c’est ce que le Christ demande à tous. Que chacun préserve ses convictions, mais qu’il aspire à fleurir, à donner du fruit et à le faire mûrir. Que chacun donne le fruit dont la graine a été déposée en lui par Dieu. Quelle que soit ta fleur, l’important est de fleurir ; quel que soit ton fruit, l’important est de mûrir. Ma tâche est de donner à chaque racine plus d’engrais, plus d’humidité, plus de lumière et de chaleur. Chacun doit tendre à exprimer l’image qui lui a été attribuée depuis des millions d’années ; que chacun qui le regarde se dise : « Voici un être, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu ! » La tâche de chacun est de rétablir cette image. Comment y arriver ? En travaillant sur soi pour corriger les erreurs qui ont assombri sa conscience, en retrouvant les vertus qu’il a jadis perdues, en rectifiant les lignes tordues de son visage. Aidez celui qui a chuté, qui est triste et malheureux, sans le critiquer, sans le railler. Soyez cléments les uns envers les autres comme la mère est clémente envers les erreurs de ses enfants. La Bulgarie a besoin de bons Bulgares honnêtes, intelligents et justes. N’ayez pas peur de ce que vous vivez aujourd’hui : tout sera pour le bien. L’individu a une prédestination grandiose à l’intérieur du peuple dans lequel il se développe. La Bulgarie est pensée pour les bons Bulgares, l’Angleterre, pour les bons Anglais, l’Allemagne, pour les bons Allemands, etc. Je souhaite qu’aujourd’hui encore vos pères vous donnent une nouvelle tenue, de nouvelles chaussures et un anneau au doigt ; que les serviteurs égorgent ensuite le veau le plus gras pour que vous mangiez et que vous vous réjouissiez ; lorsque votre grand frère rentrera mécontent du champ, dites-lui : « Ne sois pas fâché, mon frère, je suis venu chez mon père non pas en tant que fils, mais en tant que serviteur dévoué parmi ses autres serviteurs. » Le Christ a apporté cet enseignement dans le monde, l’enseignement de l’amour. Vous aussi, acceptez-le. Sofia, 15 décembre 1918 Traduction par Bojidar Borissov
  15. Le royaume divisé « Mais Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : tout royaume divisé contre soi-même sera réduit en désert, et toute ville ou maison, divisée contre soi-même ne subsistera point. » Matthieu 12 :25 « Diviser pour régner ! » C’est la devise du monde contemporain, c’est la devise pour chaque foyer, chaque mère, chaque père, chaque fille, chaque fils, chaque dirigeant, chaque tzar, chaque peuple et chaque culture. Si quelqu’un me demande la raison pour laquelle l’humanité souffre, je dirai que c’est le slogan « diviser pour régner. » Par conséquent, tant que vous avez ce slogan, le malheur vous suivra comme l’ombre suit son maître. Le Christ dit : « Chaque royaume organisé, chaque vie, chaque peuple, s’il se divise, ne subsistera point. » Je vous démontrerai pourquoi. Chaque foyer sous-entend les conditions dont découlent les bienfaits, car le royaume se fonde sur le foyer. Le Christ dit : « Si le royaume se divise, le foyer non plus ne subsistera point. » Par conséquent le royaume et le foyer échoueront ensemble ou, dit en langage commerçant, ils feront faillite. La faillite n’est rien d’autre que tomber dans la condition du domestique, du bœuf, pour être attelé dans le champ et entendre celui qui lève l’aiguillon dire : « Puisque tu as appris à diviser pour régner, maintenant, avance ! » Aujourd’hui, tous les bulgares dans les champs prônent cet enseignement : « Vas-y, mon fils, divise pour régner, sépare un sillon de l’autre. » Vous dites : « Comme ces champs sont magnifiques ! » Je demande, est-ce que le blé ne peut pas croître sans diviser la terre ? Comment se sont développés autrefois tous les fruits et légumes avant la venue de l’homme ? La façon de cultiver les plantes et les arbres fruitiers aujourd’hui est nouvelle. L’homme dit : « Pour bien cuisiner la femme doit être battue » ; la maîtresse dit : « Pour que la domestique fasse bien son travail, elle ne doit pas sortir souvent en ville et il faut la battre de temps en temps. » Quand la domestique rentre, sa maîtresse se fâche aussitôt et veut savoir où elle a traîné si longtemps. Mais quel est le résultat de cet ordre dans la vie ? Chacun de nos jours, riche ou pauvre, affamé ou rassasié, ressent une nervosité, un mécontentement, quelque chose lui manque. Que ce se passera-t-il si le cœur, l’estomac, les yeux, les mains, les pieds ou une autre partie du corps se détache de vous ? Aujourd’hui dans la vie, on agit selon la loi de la division, comme les filles et les fils qui s’éloignent de leurs parents. Vous entrez dans une société religieuse, là-aussi vous voyez la division. Le cœur, l’estomac, le cerveau, les poumons ne sont pas à leur place, ils sont divisés. On dit que les gens du monde se querellent pour de l’argent, mais les religieux alors, pourquoi se querellent- ils ? L’argent n’est donc pas la cause de la discorde, mais seulement un prétexte. Pourquoi les époux se querellent, pourquoi les fratries se querellent, quelles sont leurs motivations ? C’est un enseignement mensonger de penser que la division rendra plus heureux. Seul ce qui est désorganisé peut se diviser, pas ce qui est organisé. Les vertus ne se divisent pas, sinon cela engendre le mal. Si les bouteilles dans lesquelles vous transportez l’eau se fendent et se morcellent, où ira l’eau ? Si l’encrier d’une élève se brise et si l’encre se renverse, que deviendra la robe blanche de l’élève ? Elle sera tachée de noir. L’encrier dira : « Comme l’enseignement est diviser pour régner, moi aussi je me suis divisé et mon territoire couvre tout ce qui est noir. » Le Christ dit : « Chaque maison, divisée contre elle-même, ne subsistera point », c’est-à-dire qu’aucune vie intelligente ne peut plus progresser dès lors que la division apparaît. La maison est l’emblème de l’amour et si la division apparaît dans l’amour, elle ne subsistera pas. Si l’instabilité apparaît, naissent le mal, la haine, les contradictions, ce qui n’est rien d’autre qu’un vide. La première impression que donne le vide est le manque de solidité ; si nous mettons le pied sur un sol marécageux, sans base solide, nous nous enfonçons. Ainsi dans la vie, la division cause des vides qui deviennent une demeure du mal. Dans la vie moderne, pour organiser une société il faut combler tous les vides. Vous avez de bonnes dents, mais voilà qu’un petit trou apparaît où la nourriture s’accumule, pourrit et la dent commence à se contaminer et sentir mauvais. Pourquoi ? Comme il y a des vides dans la dent, elle a commencé à se diviser car un conflit est né entre ses constituants. Certains me demandent : « Pourquoi j’ai mal à la dent ? – Parce qu’il y a des vides en elle. – J’ai mal à l’estomac. – Parce que tu as des vides en lui. Si une particule se détache d’un organe et abandonne sa mission, et s’il n’y a aucune autre cellule pour la remplacer, alors se manifeste à cet endroit un état douloureux qui n’est rien d’autre que la rupture du lien divin. Si vous essuyez des insuccès dans la vie, cela est dû à cette grande loi ; dans ces cas les médecins disent que les cellules à cet endroit sont malades. Lorsqu’une division survient en nous, nous éprouvons un malaise. Quand la division se produit-elle ? Lorsque naît l’avidité, c’est-à-dire l’élan de dominer, de gouverner qui s’appelle l’individuation. Les pays, les foyers se forment par la division. Ce processus est possible dans l’évolution de la vie, possible dans la nature, mais il n’y a pas de vie en lui. Dans la cosmogonie, on appelle cet état le chaos. Voilà des milliards d’années, il y a eu des combats épiques entre les divinités dans l’espace, elles ont provoqué d’énormes explosions qui ont formé les mondes. D’épuisement, ces divinités ont rapetissé, sont devenues de petits humains et raisonnent aujourd’hui sur de grandes questions : « Nous avons divisé le monde et nous l’avons créé », sans se rendre compte qu’ils sont la cause de ces mondes divisés. Je dis : « Vous donnez au Seigneur le matériel, vous avez amené les pierres et le Seigneur a créé le monde avec elles. » Le corps humain se forme de la même manière. Il y a eu d’abord une lutte entre les petites cellules qui, une fois épuisées ont été réunies par le Seigneur et forment ainsi aujourd’hui l’organisme humain. Nous disons : quelle création merveilleuse que l’être humain ! Dans ce processus de division est intervenu le processus d’union. Le Christ dit à ses disciples : « Aucune entreprise ne peut réussir s’il y a une division. » On accepte une pensée, mais on dit dans son for intérieur : « Ai-je raison ? » Je dis : tu es divisé et c’est pourquoi tu n’auras aucun succès. Tu penses à faire une maison ou à étudier une science, mais tu hésites, tu ne réussiras pas car tu es divisé. Si deux jeunes gens doutent l’un de l’autre, ils feront mieux de ne pas se marier. Ainsi, hommes et femmes commencent à jouer, allument des feux leur vie durant jusqu’à brûler eux-mêmes et brûler leurs enfants avec eux : la famille entière disparaît à cause de la division. Les scientifiques disent alors : « Cette famille a dégénéré. » Je dis, dans cette famille il y a une division. Quelqu’un peut me demander : « Est-ce que j’entrerai dans la Royaume de Dieu ? » S’il y a une division en vous, vous n’y entrerez pas. « Serons-nous érudits, serons-nous sauvés, serons-nous bons ? » Si vous êtes divisés, vous ne serez pas érudits, vous ne réussirez pas, vous ne deviendrez pas bons. Vous me demanderez : « Peut-il y avoir un humain qui ne se divise pas ? » Oui. Le processus de division est un phénomène mécanique et non spirituel. Ce que vous appelez division, par exemple lorsqu’un arbre pousse, ce n’est pas une division mais une multiplication. La multiplication est un processus organique ; la division est la coupure des liens avec la source de la vie. Souvent nos contemporains créent eux-mêmes de mauvaises pensées. Nous voyons quelqu’un qui aspire à Dieu, mais nous doutons de la pureté de ses intentions et nous disons : « L’élan qui le pousse à aspirer à Dieu n’est pas religieux, n’est pas noble, c’est un diable qui l’y pousse. » Nous agissons comme un juif. Aujourd’hui, tous sont hostiles aux juifs, mais le mot juif n’est pas mauvais, il contient un sens profond. Celui qui porte une croix, qui souffre, est un juif. Pourquoi souffre-t-il ? Parce qu’il n’a pas appris le sens profond de ce mot. Alors certains me demanderont : « Mais que signifie le mot bulgare ? » Certains philologues prétendent que le mot est originaire de la racine boulgour, mais ce n’est pas vrai. Alors à mon tour de demander : « Mais d’où sort le mot boulgour ? » Dans la langue originelle tous les mots avaient une signification précise. Toutes les langues contemporaines sont des traductions d’une ancienne langue divine qui est la source. Trois langues en découlent qui sont les premières transcriptions : le chinois, l’hébreu et le sanscrit. Les chinois écrivent de haut en bas, c’est la première transcription ; les juifs, de droite à gauche, et en sanscrit, on écrit de gauche à droite, c’est-à-dire d’est en ouest, comme nous. La langue chinoise est positive alors que les deux autres sont passives et ont donné naissance aux autres langues. Le mot turc ich signifie l’être originel. Les hébreux ont yod et les autres comme les français par exemple, le w (« double u »). Les turcs disent ich-bou, ce qui veut dire que nous devons écouter cet être qui travaille en nous. Nous connaissons cette racine et disons chia[1], c’est-à-dire je travaille quelque chose, ce qui signifie : celui qui m’a d’abord envoyé sur Terre m’a appris à travailler. Le Christ dit : « Chaque royaume divisé contre lui-même ne subsistera point. » Prenons l’exemple suivant : si l’enfant qui est dans le ventre de sa mère décide de se détacher dès le premier mois, ou bien si la mère veut le chasser, alors elle fera une fausse couche. Ceci peut se produire du premier au neuvième mois. Quand le neuvième mois arrive, l’enfant ne se détache plus mais il nait. Le processus est arrivé à terme et c’est pourquoi l’enfant nait. Chaque chose qui accomplit un travail et arrive à terme, achève son cycle. Par conséquent, tout royaume qui ne termine pas son travail ne subsistera pas. Cela s’applique aussi à votre vie et je veux que vous respectiez cette loi. Certains me demandent : « Pourquoi de tels malheurs nous frappent ? » Vous avez divisé quelque chose en vous. Qu’est-ce qui se passera si votre pensée et votre cœur se séparent ? Certains disent : « Si j’ai une pensée, je n’ai pas besoin de cœur » ; d’autres disent : « Si j’ai un cœur, je n’ai pas besoin de pensée. » Ce sont des élucubrations. Une jeune fille dit : « Je cherche un homme doté d’une faible intelligence, mais de beaucoup d’argent. » Le bonheur n’est pas dans l’argent. Souvent les humains disent : « Pour ne pas souffrir on ne doit aimer personne. » Les malheurs sont dus au fait que lorsqu’une pensée divine ou un sentiment divin naissent en nous, nous voulons nous en débarrasser, ce qui engendre de grandes souffrances. Un tel foyer, une telle société, de tels érudits, tous dégénèrent et de nouveaux individus les remplacent. Dans le verset étudié, le Christ fait deux comparaisons : chaque royaume et chaque maison. Le Christ dit : « Si je chasse les mauvais esprits par l’Esprit de Dieu, le Royaume de Dieu est en vous. » Le Christ ne dit pas qu’il divise mais dit qu’il chasse les mauvais esprits. Chasser et diviser sont deux choses différentes. Qu’un homme chasse sa femme ou bien qu’il la quitte, ce sont deux choses différentes. Chasser quelqu’un, c’est lui trouver du travail ailleurs, alors que le quitter, c’est briser ce lien qui lui donne des conditions de travail. Si quelqu’un te dit qu’il n’y a pas de Seigneur, il te divise. Si un homme convainc une femme qu’elle peut vivre avec un autre homme, il l’a divisée ; elle se met à vivre avec un autre, un troisième et finit très mal. C’est une loi. Les turcs disent : « Uvarlaian tach temel toutmas », ce qui veut dire : une pierre qui roule ne prend pas racine. Certains disent : « Changer d’idées ou rouler d’un endroit à un autre n’est pas la même chose. » Oui, changer d’idée est une chose, rouler des idées en est une autre. Changer de bœufs est une chose, et les transformer en saucisson ou en rosette en est une autre. Maintenant, nous voulons réorganiser la société contemporaine, mais la première chose est d’apprendre à ne pas diviser. Pour cela il faut apprendre l’art de l’union. Diviser est facile alors qu’unir est très compliqué. Lorsqu’en vous apparaîtra le mot division, qu’apparaisse tout de suite son contraire, l’union, et vous apprendrez aussitôt à transformer la division en union. Divise, mais seulement ce qui est inutile dans ton corps. Par conséquent, la loi en filigrane dans ce verset est : la première chose, la plus importante est de ne pas diviser le bien. Les religieux, les gens vertueux ne doivent pas se diviser. Il y a en Amérique des prédicateurs réputés, mais ils sont souvent victimes de calomnies, de tentatives d’usurpation. Si on usurpe leur place, est-ce que le monde sera meilleur ? Ou bien ailleurs, un peuple mécontent de son roi, car il serait mauvais, veut le détrôner. De telles divisions sans fin se produisent aussi en nous. Le mal est dans ce que nous cherchons à vouloir la place les uns des autres. Ne pensez-vous pas que le second roi, conscient des pratiques de destitution, ne prendra pas toutes les mesures pour sauvegarder son trône et s’entourera d’une armée, d’une cavalerie, qui érigera des potences, des prisons pour les agitateurs, etc. ? Et qu’est-ce qui en résultera ? Une division. Il dit : « Au lieu que je perde mon trône, c’est toi qui perdras ta place. » Je demande en quoi ce roi te gêne alors qu’il est à sa place sur son trône ? En quoi te gêne le coq, monté sur un muret ou dans un arbre, en train de chanter ? Je vois des enfants qui à la vue d’un coq qui chante ramassent des cailloux et les lui jettent ; et ce dernier de rétorquer : « Pourquoi ne pas chanter ici ? » Tu peux en ta qualité de coq occuper une place, et dans ce monde il y a assez de place pour des milliers de coqs. Je dis alors : dans la vie, les coqs doivent chanter et les poules caqueter ; les chants des coqs annoncent le beau temps, alors que le caquetage des poules signifie que le travail divin qui leur a été assigné est déjà achevé. Si la poule essaie de chanter comme un coq, cela ne présage rien de bon. Le coq en chantant signifie à la poule : « Les conditions sont favorables pour que tu pondes un œuf. » Puis il tourne autour de la poule et lui demande : « As-tu terminé ton travail ? – Oui. – Bien, je me réjouis que nous ayons accompli un excellent travail pour le Seigneur dans ce monde – répond le coq. » Maintenant les humains demandent pourquoi le coq chante, pourquoi la poule caquette. La poule dit : « Donne-moi du travail. » On dit de quelqu’un qu’il chante comme un coq ou qu’il caquette comme une poule. Je respecte tous les hommes qui chantent comme des coqs et toutes les femmes qui caquettent comme des poules, mais après avoir achevé leur travail. Les religieux caquettent souvent avant de terminer le travail, avant d’avoir pondu l’œuf. En quoi consiste la ponte de l’œuf ? Ils ont un projet : « Faisons une association ! » et ils se mettent à spéculer au lieu d’agir. La jeune femme fait un plan et commence à songer à son mariage, à sa vie avec son mari, à l’éducation des enfants et c’est un caquetage avant que le travail soit terminé. Lorsque vous établissez un plan, chantez, c’est le chant du coq, et lorsque le travail sera terminé, caquetez. Lorsqu’il pense, l’être humain doit chanter et lorsqu’il ressent, il doit caqueter. Quand je dis qu’il doit chanter lorsqu’il pense, j’utilise des synonymes, j’entends qu’entre la pensée et le chant il y a des similitudes. Caqueter et sentir sont aussi des synonymes. Je développe une philosophie et cela m’est égal si vous chantez ou caquetez. Les gens sont libres de chanter ou de caqueter selon ce que le Seigneur leur a ordonné. Lorsque le coq renonce à chanter et la poule à caqueter, il y a une division. Beaucoup de femmes demandent : « Pourquoi le Seigneur m’a faite femme ? » Pour caqueter ! C’est un excellent travail ; cela signifie que tu dois annoncer au monde que le travail est achevé. Lorsque le coq chante, cela montre que le travail est à son début et lorsque la poule caquette, cela indique que le travail touche à sa fin. Mais je dis que la queue du serpent est plus importante que sa tête. Le serpent attrape sa victime avec la queue. Le loup saisit sa victime dans sa gueule, le cheval tue sa victime avec ses sabots, mais la plupart des animaux se servent de leur queue. La queue c’est la femme, c’est-à-dire ce membre de l’organisme commun qui termine le travail. La tête commence le travail et la queue le termine. Je ne vais pas approfondir ce sujet davantage. Certains disent : « Nous ne voulons pas être la queue. » Je demande ce que vaut la tête sans la queue, tout le corps est une queue de la tête. Nous devons donc nous libérer de ces compréhensions erronées de queue et de tête et avoir à l’esprit que nous sommes tantôt queue, tantôt tête. Lorsque nous agissons, nous sommes queue et lorsque nous trouvons la grande loi de l’organisation, nous sommes tête. Beaucoup de femmes sont queue à présent, mais elles seront tête à l’avenir et beaucoup d’hommes qui sont tête à présent, deviendront queue. Mais il y a plusieurs sortes de têtes : têtes végétales, têtes animales, etc. C’est un terme général. Quelle tête souhaites-tu être ? Être la tête du coq qui chante ou la queue de la poule qui caquette, feras-tu alors un travail d’élévation ? Lorsque tu prendras un œuf que la poule a pondu, tu apprendras comment est créé le monde : l’œuf renferme le mystère de tout l’univers. Toutes les vérités se trouvent dans cet œuf, le monde entier n’est rien d’autre qu’un œuf de poule agrandi. Lorsque la poule pond son œuf, elle caquette pour signifier : « Comme j’ai pondu cet œuf, ainsi le Seigneur a créé le monde. » Vous prenez l’œuf, vous le cuisez, mais sans comprendre comment est fait le monde. Nous agissons ainsi envers toutes les pensées sublimes qui nous rendent visite. Nous devons prendre l’œuf et le comprendre avec notre intelligence et non pas avec notre estomac. Nous vendons tout ce qui est beau en nous. Une idée sublime vient à une jeune fille qui rend ses traits jolis, son nez, sa bouche, ses yeux, mais elle commence à se vendre. On lui dit qu’un jeune homme possède mille levas, mais il ne lui plaît pas ; on dit d’un autre qu’il en a cinq mille, mais il ne lui plaît pas non plus ; finalement, elle vend son visage pour un gros compte en banque. Voici un écrivain que Dieu a couvert d’aptitudes ; il se met à écrire en ne songeant qu’à ce que cela va lui rapporter ; s’il songe aux profits éventuels, il ne peut appliquer aucune idée divine. Prenez les romanciers modernes : ils écrivent l’histoire d’une héroïne qui est tombée dans le coma et qui est morte. Je ne comprends pas pourquoi le héros ou l’héroïne doivent mourir ; cela signifie que pour l’auteur l’héroïne s’est détachée de la source divine. Une jeune fille ou un jeune homme qui se meurent s’éloignent de Dieu. Lorsque quelqu’un mange trop, il meurt, c’est-à-dire qu’il a mangé une nourriture impure, contre nature. Les gens qui mangent de la nourriture naturelle ne meurent pas. Aujourd’hui, les disciples qui lisent des romans aiment les héros qui se meurent, et ils tâchent de les imiter ; le jeune homme dit quelque chose à la jeune fille, elle se meurt d’amour et il l’aide à retrouver ses esprits. « Chaque royaume, divisé contre soi-même, ne subsistera point. » S’ils se marient, ces deux jeunes gens ne vivront pas bien ensemble. Ayez en tête que je vous décris des relations également inscrites au sein de la nature. Je vous parle de cette grande loi de la nature, de cette grande vérité vivante à laquelle vous pouvez aussi vous lier, qui est le Nouvel enseignement. La loi de cette grande vérité divine est la suivante : les érudits actuels te lieront et te délieront, ils t’attèleront et te détèleront, ils feront jouer l’aiguillon. Ce n’est pas une religion. Dans l’Enseignement divin tu te lieras et te délieras tout seul. Lorsque vous viendrez auprès de moi pour me dire que vous souhaitez suivre mon enseignement, je vous demanderai si vous êtes prêts à vous lier et à vous délier. Nous voulons désormais que nos contemporains transforment leur conscience d’un état animal en une conscience éveillée. Je veux que vous mettiez votre bride tout seuls et que vous l’enleviez aussi tout seuls. Je demande au bœuf : « Toi qui as de la volonté, sais-tu pourquoi ta bride a été mise et peux-tu t’en libérer ? » Vous allez à l’église, vous vous prosternez, vous faites le signe de la croix. Je vous demande pourquoi vous faites le signe de la croix, qu’avez-vous appris de cela dans cette vie ? Vous devez savoir que lorsque vous mettez la main à votre front, c’est pour dire que cette tête doit raisonner, c’est-à-dire que le coq doit chanter ; lorsque vous mettez les doigts en bas, c’est pour savoir si la poule caquette, s’il y a de l’amour dans le cœur ; les doigts mis à droite, c’est pour savoir si l’œuf est pondu, et à gauche, s’il est couvé ; c’est accomplir un grand travail pour Dieu. Vous direz que j’interprète les choses à ma manière. Interprétez-les à votre manière. Et lorsque tu te signes, mets cette idée en action. Je veux dire que chacun de nos actes, chacune de nos pensées, chacun de nos sentiments doit avoir une valeur déterminée en nous. Notez que vous aurez des difficultés dans ce monde pour la raison suivante : il y a des poules qui ne caquettent pas car elles ne pondent pas ou si elles pondent, elles font couver leurs œufs dans les nids des autres, ou bien elles couvent les œufs des autres. Le mécontentement nait lorsqu’on couve les œufs des autres. Qu’est-ce que couver l’œuf d’un autre ? Chaque œuf est l’emblème d’une vie : si tu cherches la vie divine, tu la trouveras dans un œuf divin ; si tu cherches une vie intellectuelle, tu trouveras cet œuf ; si tu cherches l’amour, tu trouveras cet œuf. De ce point de vue, les gens sont très pragmatiques, lucides : s’ils veulent un petit rossignol, ils couvent un œuf de rossignol ; s’ils veulent des pommes, ils prennent des pépins de pommes ; on ne peut pas semer la graine d’une plante pour obtenir une autre plante. Ceux qui divisent agissent de la même façon. Cette division existe en vous et tous les malheurs en découlent ; c’est l’anéantissement de notre force. Notre culture contemporaine renferme cette loi de la division. Vous avez des fils et des filles et vous voulez qu’ils réussissent dans la vie ; si vous insufflez l’unité dans vos âmes, vous pourrez insuffler l’unité chez vos fils et vos filles et ils réussiront. Faites plusieurs essais, pas un seul. Le premier essai peut réussir, ce qui ne veut pas dire que tous les autres seront systématiquement réussis. Un essai est réussi uniquement s’il réussit quel que soit le contexte. J’ai vu des magiciens qui ont planté douze coups de couteau en effleurant la poitrine d’une femme sans qu’elle en pâtisse, tous leurs essais ont réussi sans exception ! Vous vous dites en les regardant : « Cette femme sera tuée. » Vous devez acquérir la même maîtrise. Mais que se passe-t-il aujourd’hui ? Vous plantez le couteau directement dans le cœur ou la tête de quelqu’un. Quelqu’un mène une vie pieuse pendant cinq ou six ans et l’abandonne ensuite. Pourquoi ? Quelqu’un lui a planté un couteau dans la tête ou dans le cœur, il a été victime d’une division. À mes yeux, Dieu n’est pas seulement utile au monde, Il est indispensable. La vie, la pensée, la volonté sont des manifestations de Dieu. Tout ce qui est sublime et noble en nous est une manifestation divine, aucun Seigneur n’existe en dehors de cela. Certains disent : Je veux voir Dieu. » Tu ne peux pas voir Dieu tant que tu ne Le ressens pas d’abord ; tu ne peux pas voir le fruit du pommier tant que tu ne le plantes pas. Sans avoir pondu d’œuf, beaucoup parmi vous disent : j’ai fait ceci, j’ai fait cela. Non, tant que le coq ne chante pas et que la poule ne caquette pas, le travail n’est pas fini. L’un doit penser et l’autre doit sentir ; l’un doit commencer le travail et l’autre le terminer. Je veux que vous aussi vous finissiez le travail. Vous me direz : « Nous sommes des gens incapables, incultes. » Je ne veux pas que vous fassiez tourner la Terre, elle tourne de toute façon toute seule ; je veux que vous accomplissiez le travail pour lequel vous êtes prédestinés. Vous dites : « Je ne peux pas arranger le monde. – Il est arrangé ! – Je ne peux pas aider les pauvres. – Il n’y a pas que toi, le monde entier s’occupe d’eux ! » Je me demande comment vivent ces petits moucherons dont vous ne vous préoccupez pas ! Par conséquent, dans notre philosophie contemporaine, dans notre pensée, il y a des vides qui engendrent la dysharmonie et créent des états maladifs. Le Christ disait aux juifs : « Vous vous êtes divisés et chaque royaume divisé contre soi-même ne subsistera point », ce qui signifie : « Puisque vous ne me croyez pas, votre royaume ne progressera pas, ni votre religion. » Et c’est vrai que leur royaume s’est arrêté là. Cette loi est vraie pour tous les peuples : chaque peuple qui clame qu’on ne peut vivre dans ce monde avec droiture est voué à l’échec. Les Bulgares par exemples sont malchanceux dans les guerres. Ceci montre que le principe « diviser pour régner » n’est pas gagnant. Il nous faut un cœur et une pensée. En tant que peuple vous devez apprendre à penser bien et à sentir avec justesse. Il n’y a aucun peuple qui ne puisse sentir l’oppression actuelle. Tous les peuples qui ont oppressé d’autres peuples seront effacés en tant qu’organisation. Tous ces royaumes ont disparu et il ne reste que ceux où il n’y a aucune division. Paul dit : « Il n’y a ni juif, ni grec, ni scythe, ni barbare. » Vous dites : « Celui-ci est chrétien, mais anglais, alors que celui-là est allemand et ainsi de suite. » Auprès du Christ il n’y a pas de division. Les juifs sont des êtres du cœur, mais comme ils sont près de l’estomac, ils sont matérialistes et apprécient l’argent. Ils sont proches du plan spirituel et du plan matériel, et c’est pourquoi ils ont poignardé le Christ dans la région du cœur. Ils disaient : « Nous ne voulons pas de cette zone, car nous voulons devenir un grand peuple », et c’est pourquoi ils ont perdu ce qui leur était donné et se trouvent depuis deux mille ans sans royaume. On les remet désormais dans leur ancien territoire. Le royaume hébreu sera petit. Le Seigneur leur dit : « Votre terre ne sera ni grande ni petite. » Ainsi, le cœur est-il déjà déterminé. Vous me demanderez : « Et les Bulgares, où sont-ils ? » Les Bulgares sont dans le foie car ils sont très bilieux, ils aiment la terre et disent : « Du blé, du blé, nous voulons du blé. » Le foie est nécessaire, mais s’il s’atrophie, des malheurs nous frappent ; et s’il rapetisse, cela ne présage rien de bon non plus. Le foie doit fonctionner pour sécréter la bile. Par conséquent, si les Bulgares disparaissaient il y aurait un grand blocage dans le monde qui entraînerait de grandes souffrances. Tous demandent aujourd’hui : « Qu’est-ce qu’il adviendra de nous à la Conférence[2] ? » Le Seigneur dit à ceux qui y siègent de prêter attention au foie, car si sa vésicule biliaire explose, toutes les civilisations iront au diable. Vous trouverez où siègent les autres peuples. Alors, ne soupirez pas, ne vous angoissez pas, le Seigneur s’occupe du foie, il est nécessaire, on ne peut pas vivre sans lui. Par conséquent il ne faut pas tolérer la division entre vous. Il y a un lien étroit entre le cœur et le foie, ils sympathisent : le cœur est très sensible, le foie est plus passif, et ainsi ils s’aiment. Je résous ainsi la question avec les Bulgares : en tant que symbole du foie ils sont à leur place et la vésicule biliaire ne sera pas endommagée. Remerciez d’être Bulgares et ne vous inquiétez pas de votre avenir. Tâchez d’avoir de l’unité dans vos pensées, sans division, sans peur. La peur peut exister, mais elle doit être à sa place ; on peut avoir de la misère, mais il faut l’accueillir puis la renvoyer poliment. Lorsqu’un misérable vous rend visite, lavez-lui les pieds, nourrissez-le et renvoyez-le ensuite ; agissez de même avec la fortune. Sachez que dans toutes nos croyances, chaque enseignement est à sa place, c’est pourquoi le Christ dit qu’il ne faut aucune division entre nous. Il y a aujourd’hui en Bulgarie beaucoup de divisions, beaucoup de factions et chacune se bagarre pour le pouvoir, alors qu’il vaut mieux s’unir, jouer ensemble comme un orchestre. En ce moment, c’est l’unité qu’il nous faut, pas la division. Les Bulgares se nuisent beaucoup par cette division. Je ne les condamne pas pour cela, mais je les sensibilise là-dessus car les cellules du foie sont les plus niaises, les plus incultes, même si elles renferment les conditions de la future culture. Il y a toutefois une différence entre les différents types de foie. Le foie d’un bœuf et celui d’un humain diffèrent ; les foies d’un ange et d’un Chérubin diffèrent aussi ; les cellules de ce dernier pensent comme vous. Ne pensez pas être érudits du fait d’appartenir au foie ; votre situation sur Terre est très incertaine car il y a parmi vous beaucoup de divisions. Vous les Bulgares ne savez pas quel Maître servir : être anglophiles ou russophiles ou germanophiles, vous vous baptisez de beaucoup de noms. Je dis : tournez-vous vers le Seigneur et signez-vous devant Lui. Il vous rendra intelligents et bons pour vous permettre de pondre cet œuf et de bien le couver, pour qu’il ne devienne pas un œuf avarié. Il y a un lien étroit entre la politique et la religion. Je dis que la culture actuelle annonce : « Unissez-vous, rassemblez-vous. » Il est dit dans les Écritures : « Si une main s’assemble avec une autre main, elle ne réussira pas », car les voleurs aussi s’assemblent. Les Bulgares qui dansent ensemble se tiennent par la main ; c’est un gain. Pourquoi tournoient-ils pendant la danse ? Pour s’inspirer dans le mouvement de la vie. Ensuite les jeunes gens se marient ; le mariage est un mouvement différent : vous ne tournoyez pas, mais vous marchez en ligne droite. Je fais l’analogie suivante : les quatre roues de la voiture tournent, mais qu’est-ce qu’elles apprennent ? Rien, elles ne font que soulever la poussière. Si je demande à l’essieu ce qu’il a appris, il dira : « Je n’ai pas tourné et je n’ai rien appris. » Si je demande aux bœufs qui avancent en ligne droite ce qu’ils ont appris, ils me diront ; » Rien, nous avons juste soulevé de la poussière » ; celui qui conduit la voiture me dira la même chose. Mais la culture n’est pas rien. Tu tourneras et tu ne tourneras pas, tu avanceras et tu n’avanceras pas, tu tiendras la bride et tu ne la tiendras pas : voici en quoi consiste la culture. En rentrant à la maison, nous ferons une traduction et nous dirons : les roues ont tourné, l’essieu restait immobile, les bœufs avançaient, leur bride était tenue. Nous sommes une calèche divine qui avance pour amener la vie divine d’un endroit à un autre, du moulin à la maison, pour préparer une tourte que nous mangerons de retour chez nous. Où est ce « chez nous » ? Dans les champs, plus près du Seigneur. Je préfère manger à découvert, dans la nature, près d’une source pure plutôt que dans le restaurant le plus raffiné de Sofia. La demeure est dans la nature et elle est alors plus près de Dieu. En disant que chaque royaume divisé contre soi-même ne subsistera point, le Christ sous-entend que chaque royaume de violence, chaque foyer de violence se divisera, s’anéantira. Par conséquent cet enseignement criminel doit être rejeté et aucune division ne doit subsister entre vous à l’avenir. S’il y a une division entre vous, vous verrez seulement le dos de la vie car elle ira dans une direction et vous dans une autre. S’il y a une division entre vous, vous ne verrez Dieu que de dos, le Royaume de dos, l’ombre des choses. Ne vous divisez pas, mais rassemblez-vous et attirez les gens auprès de vous. Maintenant je vous vois, vous vous divisez en partis. Quand je vous vois, je reconnais qui est libéral, qui est démocrate, qui est radical. À quoi je le reconnais ? À vos têtes qui ont une forme libérale ou populaire ou autre. Chaque tête a sa forme. Si tu es radical, connais-tu leurs lois ? Si tu es démocrate, connais-tu les lois de la démocratie ? Quelqu’un dit : « Je suis prêtre, je suis chrétien, je suis enseignant. » Tu dois connaître cette matière en théorie et en pratique ; sinon, tu n’es rien. Je vous vois parfois dans votre qualité d’enseignants, mais où est votre vécu ? Vous direz : « Nous avons étudié ainsi. Oui, mais je vous ai dit de tourner et de ne pas tourner ; tourner, c’est être dans la périphérie, ne pas tourner c’est être au centre. Celui qui a la maîtrise de soi est au centre. Si vous renoncez à l’enseignement de la division, tous les jours d’hiver seront beaux et vous ne prendrez pas froid. Je ne prendrai pas froid même s’il y a des courants d’air, je n’attrape rien de mal car je ne me divise pas, je me conforme à une autre loi, je suis auprès d’un autre poêle. Celui qui ne se divise pas ne prendra pas froid. Le Seigneur dit : « Si vous m’écoutez, si vous ne vous divisez pas, votre monde sera limpide et vous aurez toutes les bénédictions. » Si vous écoutez le Seigneur, si vous ne vous divisez pas et si vous travaillez pour Lui, Il vous apparaîtra. Comment ? Comme le musicien dans une maison. Il rentre dans la maison, et s’il est bien disposé il prend le violon et se met à jouer ; mais s’il ne l’est pas, il ne jouera pas. Vous voulez que le Seigneur joue, mais si le Seigneur vient et se rend compte que les cordes sont cassées, comment jouera-t-Il ? Vous direz : « Nous demandons des miracles. » Il n’existe pas de miracles béats, il existe dans le monde une seule grande sagesse qui met chaque chose à sa place. Ne divisez pas, mais unissez et envoyez partout de bonnes pensées. Vous demandez si c’est possible. C’est possible. Il y a un seul mot dans mon vocabulaire : possible. Certains disent : « On peut alors se diviser. » Non, ceci est impossible car celui qui divise, s’épuise. Tu peux t’éreinter. Je dis à cet homme : « Tu peux devenir riche pour être miséreux » et je dis à un autre. « Tu peux devenir riche. » Le résultat de ces deux possibles est donc : la richesse pour l’un et la misère pour l’autre. C’est ce que le Christ sous-entendait par les paroles adressées aux juifs : « Moi, avec l’Esprit de Dieu, je chasse les démons, je mets de l’ordre et je ne désunis pas et vous serez inscrits dans une école pour apprendre la loi du rassemblement. » Que les Bulgares apprennent cette leçon des juifs pour ne pas se retrouver dans leur situation. Les juifs diront : « Il ne sera pas pardonné aux Bulgares qui n’ont pas retenu cette leçon depuis deux mille ans, malheur à eux s’ils ne t’écoutent pas à présent. » Alors que tous clament aujourd’hui : « Les juifs sont de mauvaises personnes. » Non, ce sont des gens de bien car à mon sens les plus mauvais dans ce monde sont les meilleurs dans l’autre monde et vice versa. Ne séparez pas votre intelligence de votre cœur, unissez-vous, hommes et femmes, que tous les peuples s’unissent dans cette culture de l’avenir, que l’esprit humain s’unisse à Dieu. Ce n’est qu’alors que nous aurons une culture sublime qui apportera dans le monde la paix et la joie auxquelles nous aspirons. Sofia, 8 décembre 1918 Traduction par Bojidar Borissov [1] Шия (chia) – transcrit le verbe « tisser » en bulgare [2] Il s’agit de la Conférence de paix de Paris de 1919 organisée par les vainqueurs de la Première Guerre mondiale afin de négocier les traités de paix entre les Alliés et les vaincus.
  16. La vie en abondance « Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire ; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie. » Jean 10 :10 « Le voleur ne vient pas... » J’exprimerais cette pensée à la forme affirmative : Le voleur vient. Je suis venu, Je viens. Nos contemporains s’interrogent sur la cause des souffrances dans la vie. Je réponds : c’est le voleur. Toutes les lois dans la vie des humains existent pour une seule raison : endiguer ce voleur. Toutes les institutions sociales ont en définitif un même but, protéger l’être humain du voleur. Le Christ désigne cet individu dangereux par le simple mot voleur alors que les gens civilisés lui donnent des noms plus nobles. Le royaume animal a également ses voleurs. On appelle l’un d’eux le fourmilion ; il épie les fourmis et les dévore. Il crée pour cela des entonnoirs dans des endroits sableux. Lorsqu’elle entre dans l’entonnoir, la fourmi glisse sur les parois jusqu’à descendre tout en bas où se tapit le fourmilion prêt à la manger. Pour construire l’entonnoir, le fourmilion fait preuve d’aptitudes géométriques et techniques remarquables. Dans nos sociétés modernes, ces mêmes entonnoirs sont disposés à beaucoup d’endroits et c’est l’être humain qui joue le rôle du fourmilion. Il traque ses victimes, les attrape dans son piège et les dévore, c’est-à-dire les dépouille, les tue et les anéantit. Le Christ connait les caractéristiques de ce voleur et le décrit. En général, celui qui vole n’aime pas le labeur et le travail. Qu’est-ce qu’il aime ? De grandes acquisitions au prix d’efforts modestes ; il aime la vie légère et superficielle. Le proverbe bulgare : « Tandis que le sage réfléchit, le fou se déchaîne » est en rapport avec ce voleur. Donc les malheurs dans la vie des humains sont dus précisément à l’activité extérieure et intérieure du voleur. Il y a des voleurs dans tous les pays. Comme chaque individu représente un pays à lui seul, il renferme un ou plusieurs voleurs. Vous direz qu’il est impossible pour des individus religieux et cultivés d’avoir des voleurs en eux. Ce que vous pensez importe peu, le fait est que tous les individus portent en eux un ou plusieurs voleurs. Il n’y a pas un homme au monde qui ne souffre pas de ses voleurs. Ils se cachent si astucieusement que vous aurez du mal à les confondre. Un trait caractéristique du voleur est de beaucoup promettre, de faire grande publicité, mais d’agir peu. C’est pour cette raison que les gens aspirent à de grandes réalisations : ils veulent être célèbres, se grandir, et ils se présentent tels qu’ils ne sont pas. Lorsque je parle du voleur, je ne le condamne pas. Puisque Dieu l’a admis, il a sa prédestination. Le Christ met en évidence les traits du voleur principalement pour les initiés qui comprennent son enseignement et peuvent se protéger du voleur à l’extérieur et à l’intérieur d’eux-mêmes. Le voleur commence toujours par une gamme en majeur, son ton est claironnant, tonique. Il est bien apprêté et il a belle allure ; il a sur ses doigts plusieurs bagues ; il fait tout dans le but d’attirer ses victimes. Tous les conflits, disputes, malentendus dans la vie lui sont imputables. Dès qu’il voit une noble manifestation, il fera tout pour l’anéantir. À qui doit-on l’effacement des belles idées et des grands élans de l’être humain ? À son voleur ! Tant qu’il est jeune, l’être humain est prêt à se sacrifier pour l’humanité, à travailler pour l’avènement des grandes idées, mais quelque chose lui murmure : « Ne vois-tu pas comment sont les gens, ne vois-tu pas l’égoïsme qui les gouverne, pour qui te sacrifies-tu ? Il vaut mieux vivre pour toi-même, au moins tu sauras que tu as accompli un certain travail. » Le jeune renonce peu à peu à ses idéaux et commence à se préoccuper uniquement de lui, plutôt que des autres. Le voleur lui murmure encore : « Tu ne vis qu’une fois, mange, bois, festoie, profites-en. » Écoutez les paroles du voleur, mais écoutez aussi les paroles du Christ qui vous dit : « Je suis venu afin qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. » Faites la différence entre les paroles de l’un et les paroles de l’autre. Lorsque vous écoutez en même temps le voleur et le Christ, vous êtes en lutte, en proie à des hauts et des bas psychiques brutaux. Rappelez-vous : on ne peut pas être heureux tant qu’on succombe aux conseils de son voleur. La situation de l’homme et de la femme qui croient leurs voleurs est terrifiante. La femme a travaillé toute la journée, elle a été payée, et en rentrant à la maison, dès la porte franchie, son voleur l’attend sous la forme de son bien-aimé qui lui propose d’aller boire et manger pour se délasser du labeur du jour. Aujourd’hui, ils boivent et ils mangent, demain aussi jusqu’à ce qu’ils se ruinent. Beaucoup de chrétiens agissent de la même façon envers le Christ : ils ont épousé le Christ, ils profitent de ses bienfaits jusqu’à ce qu’un jour il les quitte. Il travaillait chaque jour pour eux et le soir ils l’accueillaient et le détroussaient. Cela se répétait, jusqu’à ce qu’un matin le Christ sorte pour travailler et ne rentre plus ; c’est le grand drame de la vie humaine. Ils disent ensuite : « Je ne crois plus dans le Christ. » Tu ne crois pas parce qu’Il t’a fermé sa porte. Tu as cru que tu respectais les autres et qu’ils te respectaient, tu as cru que tu travaillais pour le Christ et que tu bénéficiais de ses bienfaits. Mais lorsque tu trahis ta foi, la bénédiction disparaît. Si tu penses que les autres travailleront pour toi, tu te leurres. Un jour le Christ vous dira : « Venez faire les comptes et liquider nos gains et nos pertes. » Vous direz que le salut s’offre gracieusement. Oui, mais les conditions ne se donnent pas gratuitement, le caractère ne se forge pas gratuitement, les vertus ne s’acquièrent pas gratuitement. « Une telle sentence est sévère. » Elle est sévère pour le voleur dont il est dit dans les Écritures : « Tous les voleurs resteront dans les ténèbres du dehors où il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Un vieux prêtre a dit à son domestique : « Ivan, des jours sombres nous attendent, nous irons tous en enfer où il y aura des pleurs et des grincements de dents. – Mon père, pauvres de nous autres ; mais toi, tu n’as rien à craindre, tu n’as plus de dents, donc pas de quoi grincer, a répondu le domestique en riant. » Voilà des conclusions humaines, résultat de la logique humaine. Un prêtre a écrit une lettre à un camarade pour lui dire qu’il lui envoie deux beaux poissons grillés par son domestique. Celui-ci a pris la lettre et les poissons et s’est mis en route. L’agréable odeur des poissons grillés a tenté le domestique qui s’arrêtait par-ci par-là pour goûter le mets. Il a fini par manger les poissons avant d’arriver à la maison du prêtre. Il a sonné à la porte et a transmis la lettre et le panier. En lisant la lettre, le prêtre a constaté : « Il y a donc ici deux poissons. – Ah bon ? Tant mieux, car j’ai cru les avoir égarés en route. » Certains lisent l’Évangile où le Christ enjoint d’aimer son ennemi. Ils soupirent avec soulagement en disant : « Heureusement que l’amour n’est pas perdu. Puisqu’il est question d’aimer ses ennemis, c’est que l’amour est encore dans la vie. » L’amour est dans la lettre et les poissons sont aussi dans la lettre, mais ils sont en même temps dans le ventre du domestique qui est un voleur. Le voleur extérieur est dangereux, mais le voleur intérieur est encore plus dangereux. Le menteur l’est tout autant. Voici que huit mille ans se sont écoulés depuis la création du monde et les peuples ne sont pas encore libres. Ceux qui asservissent les peuples, leur promettent la liberté, mais ne tiennent pas leurs promesses ; ils mentent. Les jeunes gens s’aiment, se promettent des palais en or mais n’accomplissent rien ; ils se trompent aussi mutuellement. La jeune fille écoute ce que son bien-aimé dit et pense qu’elle a trouvé un adorateur. S’il promet sans agir, c’est donc le voleur qui s’agenouille devant sa victime pour l’avaler. C’est toujours le fort qui s’agenouille devant le faible, sort son couteau et lui transperce la poitrine. À l’instant même où le jeune homme s’agenouille devant la fille, il a déjà piétiné son cœur et la transperce de son couteau. Le voleur se présente aussi devant moi pour me dire que je suis envoyé de Dieu. Ce que je suis, je le sais, je ne me laisse pas leurrer par ses racontars. Il est important que lui-même sache dire s’il est de Dieu ou non. En me disant que je suis de Dieu, il tente de savoir s’il peut me détrousser. S’il ne peut pas, il tente de savoir si nous pouvons détrousser les autres ensembles. Il est terrible ce voleur : il dévaste les foyers, anéantit vos filles et vos fils, pille les pensées et les sentiments nobles et sublimes des humains. Ils se découragent souvent et disent qu’ils ne sont bons à rien. Pourquoi ne seraient-ils bons à rien ? Pourquoi se laissent- ils abuser par le voleur ? L’être humain est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, il porte donc en lui toutes les conditions et les possibilités pour se développer. S’il acquérait maintenant les conditions et les aptitudes, alors le voleur serait déchu, il ne serait plus bon à rien. Par conséquent, tant qu’il pense, sent et agit avec justesse, l’être humain a toutes les conditions pour croître et se développer. Le Christ dit : « Je suis venu donner la vie. » Qui est ce ‘Je’ ? Tant que l’on ne reconnaît pas celui qui donne la vie et celui qui prive de la vie, on ne peut pas s’élever. Quelqu’un dira que l’être humain doit être positif, comprendre les choses, qu’il doit persuader les autres de ce qu’ils doivent faire et ne pas faire. Ce n’est pas suffisant. Combien de personnes avec des idées positives, avec une vision juste de la vie et une capacité d’influencer leurs proches restent en arrière ! Influencer, c’est comme enfoncer un clou, chacun sait le faire. Ce qui importe n’est pas de suggérer des idées, mais de les mettre en pratique. La suggestion, c’est de la violence, du pillage. Tu peux insinuer à quelqu’un qu’il est bon et noble alors qu’il ne l’est pas. As-tu changé sa nature ? Le voleur est terrifiant, mais sa fin est proche, il tremble de peur, il sent sa fin arriver. Jusque-là, il se manifestait dans le monde en égorgeant, en tuant et en pillant. Tous vos proches, partis de l’autre côté, ont pâti du voleur. Si les yeux de nos contemporains étaient ouverts, ils verraient un voleur se tenir debout à côté de chaque mourant, prêt à voler sa victime une dernière fois. Il dit ensuite « Que Dieu lui pardonne, c’était quelqu’un de bien. » S’il était bon, Dieu n’aurait pas à lui pardonner. Le voleur a besoin de repentir car il sera dans une prison dont il aura du mal à s’échapper. « Je suis venu donner la vie. » Quelle vie le Christ donne-t-il aux humains ? Une vie nouvelle. Les gens parlent de vie nouvelle, mais ils se préoccupent de mieux arranger la leur. Ils vivent donc encore dans l’ancienne vie. Le père travaille trente ans sans relâche pour élever ses enfants, les instruire et les mettre à l’abri ; il leur fait une belle maison, mais le voleur vient et l’emporte de l’autre côté. Ce n’est que là qu’il peut comprendre pourquoi il a vécu. Ses filles et ses fils se querellent pour se partager sa fortune. Ils empruntent un chemin dangereux. Pourquoi ? Parce qu’ils ont accordé une place au voleur en eux. Cela ne signifie pas que le père doit négliger ses enfants. Au contraire, celui qui a de l’eau en abondance doit la laisser couler librement au dehors pour irriguer tous les jardins, tous les champs qui la côtoient. La bénédiction divine est une pour toutes les créatures vivantes. Dieu bénit davantage ceux qui ne L’aiment pas que ceux qui L’aiment par intérêt. Quelqu’un dit : « Aimons le Seigneur pour qu’Il nous bénisse. » Qu’est-ce qui en résulte ? Avant d’aimer Dieu, il était béni davantage qu’après. Un marchand de Varna a décidé de devenir évangéliste pour stimuler son commerce, mais il a été déçu car il gagnait moins qu’avant. Il s’est questionné sur la raison de ses pertes dans les affaires. C’était pourtant simple : en tant qu’évangéliste il avait décidé de vendre honnêtement avec moins de profit. Le travail honnête et intègre ne génère pas de grands profits. Vous croisez un notable, bien portant, aux joues roses, joyeux ; dès qu’il devient chrétien, il maigrit aussitôt. Pourquoi ? Auparavant, le voleur lui faisait crédit ; maintenant, voyant qu’il le perd en tant que client, il l’abandonne et lui dit : « Maître, il est temps de rembourser. » Et les créances s’alignent l’une après l’autre. L’homme rembourse un crédit, puis un autre, puis un troisième et lorsqu’il ne peut plus payer, il fait faillite. Le voleur est le créancier des humains, il les détrousse depuis huit mille ans. Où qu’il emmène l’homme, que ce soit dans une société scientifique ou religieuse, il poursuit un objectif unique, gagner quelque chose. Vous devez savoir une chose : tant que vous ne perdez pas ce que vous avez hérité depuis des siècles, vous ne pouvez gagner rien de nouveau. Qu’est-ce qu’il faut perdre ? L’habitude de voler. Vous direz qu’il y a une contradiction. Celui qui ne comprend pas le sens intime des mots voleur et vol, vivra toujours dans des contradictions. Non seulement les humains, mais les plantes aussi vivent dans des contradictions. Près d’une source avaient pris place l’un à côté de l’autre un crocus – avec sa toilette jaune, et un perce-neige – avec sa petite tête blanche, humblement baissée. C’était une froide journée d’hiver, mais ils discutaient entre eux. Le crocus a interrogé le perce-neige : « Pourquoi es-tu sorti si tôt avec ta tenue blanche, ne sais-tu pas que le blanc ne tient pas chaud ? Enfoui de la sorte dans la neige, tu n’es remarqué de personne. Il faut te mettre en avant ! Regarde ma tenue jaune orangé, on me remarque de loin. » Le perce-neige a soupiré sans rien répondre ; il savait que sa mission était d’éveiller chez les humains l’élan vers la pureté. Un jeune homme s’est rendu à la source et les a cueillis, puis il s’est précipité joyeusement vers sa bien-aimée pour lui apporter les premières fleurs du printemps. Elle s’en est parée en sautillant de joie. Le perce-neige et le crocus ont alors accepté leur situation : le crocus, l’idée qu’il pousse les humains à s’individualiser et à s’affirmer, et le perce-neige, à se purifier. La pureté est nécessaire à nos contemporains : une nourriture pure pour avoir une bonne santé et un sang pur ; des pensées et des désirs purs pour avoir un esprit fort et énergique. Vous direz que vous vivez une vie vertueuse et pure, que vous croyez en Dieu, et que vous faites le bien. Même si c’est le cas, il n’est pas facile de racheter les crimes et les péchés. Celui qui est venu sur terre porte ses péchés du passé lointain. Combien d’égarements vous avez insufflé dans le monde, combien de promesses non tenues, combien de bougies appartenant à d’autres avez-vous éteints ! Par bougie, j’entends la lumière de la raison. Aujourd’hui on allume des cierges pour le défunt qu’on enterre. Pourquoi ? Pour qu’il apprenne à ne pas éteindre les bougies des autres. Comme de grandes ténèbres l’attendent dans l’autre monde, on brûle des cierges pour lui éclairer le chemin. « Comment nous accueillera-t-on de l’autre côté ? – On vous demandera si vous êtes prêts à vivre sans mensonge, sans vol, sans violence. » Celui qui est prêt sera bien accueilli ; celui qui n’est pas prêt, sera renvoyé sur Terre comme le dernier des misérables pour apprendre ses leçons, c’est-à-dire corriger ses erreurs. La piété est en celui qui a l’amour en lui. « Est-ce que je serai sauvé ? » Tu peux parler de salut, mais tu es encore loin de la piété. Celui qui se repent sera sauvé. Mais seul peut se repentir celui qui a compris le sens profond de la vie ; il s’est donné pour but de chasser le voleur de son pays. Se repentir c’est s’engager sur le chemin divin. Quelqu’un se plaint que sa vie conjugale s’est détériorée depuis que sa femme s’est proclamée disciple du Christ. Évidemment, désormais ses vêtements sont lavés ; peut-on laver ses vêtements sales sans troubler l’eau ? Puisque vous lavez vos vêtements impurs, l’eau sera forcément trouble. Ce n’est que lorsque vous aurez fait passer les vêtements par dix bains que l’eau sera propre. Donc, le mari doit patienter et attendre que sa femme soit passée par dix bains pour être parfaitement nettoyée. Elle est à peine dans son premier bain et ne peut plaire à personne, et son mari ne peut pas non plus être content d’elle. Cela vaut pour tous ceux qui marchent sur le chemin divin. Si vous pensez que marcher dans le droit chemin vous rend aussitôt justes, vous vous leurrez. Au contraire, il faut d’abord évacuer toutes les impuretés et on vous nettoiera ensuite. L’eau divine recouvre toute la Terre et nettoie tout ce qu’elle rencontre sur son chemin. Lorsque quelqu’un se plaint qu’il est impur ne vous moquez pas, mais appelez-le pour qu’il vienne dans le bain où vous êtes déjà pour vous nettoyer ensemble. Ne lui dites pas qu’il doit venir pour lui montrer le chemin vers Dieu, il suffit de l’inviter dans le bain pour qu’il se nettoie. Celui qui promet beaucoup ne dit pas la vérité. Un hindou s’est rendu à Paris et s’est présenté comme un grand adepte maîtrisant les forces secrètes de la nature. Il disait qu’il pouvait arrêter les trains les plus rapides par la pensée. Pour faire cette démonstration il avait besoin d’or et de pierres précieuses. Les personnes intéressées lui ont apporté tous les matériaux demandés, afin qu’il puisse faire l’expérience. Un jour, il est monté dans le train express avec tous les riches à qui il avait pris quelque chose, afin de faire l’expérience décisive. Tandis qu’ils attendaient que l’express s’arrête, une autre surprise s’est produite : l’adepte avait disparu. Ainsi, si vous entendez quelqu’un vous promettre qu’il vous rendra extraordinaire si vous le suivez, ne le croyez pas. Pourquoi être extraordinaire ? Il suffit de devenir quelqu’un d’authentique et de vrai. Celui qui se rend auprès de Dieu doit être seul : la femme laissera son mari et le mari, sa femme ; ils se présenteront seuls devant Dieu. Vous direz qu’un homme sans femme et une femme sans homme ne sont que la moitié d’une personne. Ils ne sont pas la moitié d’une personne, mais un pôle. Tant que les pôles sont séparés, il y a de l’activité, de la créativité. Le Christ est la première moitié dans l’homme, l’autre est le voleur. Chacun doit renoncer au voleur et ne laisser agir que le Christ. C’est le seul moyen d’avoir la vie et de l’avoir en abondance. La première condition pour acquérir la vie est la présence de l’amour. Celui qui ouvre son cœur pour l’amour a la vie en lui. Il est dit dans les Écritures : « L’amour ne plastronne pas, il ne s’enfle pas d’orgueil, il ne pense pas à mal.[1] » Celui qui aime est humble et témoigne un respect et une déférence profonds envers tout ce qui est vivant. Qui est humble ? Celui qui travaille consciemment son jardin. Lorsqu’il rentre de sa journée de travail, il prend la pioche, la binette et se met à bêcher et labourer son jardin ; il témoigne du respect envers tout travail. Vous aussi, respectez votre moitié qui travaille sans relâche en vous. Vous prétendrez ne pas la voir. Cette moitié est invisible, le Christ est invisible en vous, mais l’être humain met à profit l’invisible et non pas le visible. L’être humain met à profit la lumière, l’eau, la nourriture ; lorsqu’elles deviennent invisibles pour lui, elles pénètrent son corps et lui apportent leur bénéfice. Aujourd’hui tous veulent voir les choses ; ils peuvent les voir, mais ils n’en profiteront pas. Jusqu’à présent, le voleur était invisible en l’homme et se manifestait secrètement. Désormais, le Christ doit devenir invisible et le voleur visible, c’est-à-dire qu’il doit se montrer au grand jour. Le voleur a été invisible car il est toujours venu le soir. Donnez une impulsion à la première moitié en vous, au Christ, pour que vos yeux s’ouvrent, pour voir clairement, pour savoir où mettre les différentes couleurs. Chaque couleur, chaque peinture doit être mise à sa place. Un peintre aimait une jeune fille qui, fâchée contre lui, cherchait à lui nuire. Elle lui a administré un poison qui a agi sur sa vue. Il est devenu aveugle, mais son amour pour elle le poussait toujours à peindre. Il peignit, dix ans durant, un même tableau, à la risée de tous : il ne voyait pas quelles couleurs il utilisait ce qui déclenchait les rires. La jeune fille qui l’avait aveuglé était son voleur auquel il avait cédé la première place en lui. Pour rétablir sa vue, le peintre doit mettre le voleur dehors et accueillir le Christ à sa place. À toute autre moitié de vous-mêmes qui est à l’extérieur, vous direz : « Celui qui veut rester dans ma maison, doit d’abord passer par le bain divin. » Ne vous associez pas à ceux qui pensent autrement. Exercez votre esprit critique sur vous et sur les autres sans vous décourager. Si vous voulez conserver votre vie, tâchez d’être invisibles. L’agneau reste indemne et sa laine aussi tant que le loup ne l’a pas repéré ; dès qu’il le voit, l’agneau est en danger. Celui qui veut conserver sa pureté sur Terre doit aussi rester invisible. Beaucoup veulent voir et connaître le Christ avant de lui préparer une place en eux. Si vous connaissez l’alphabet : a, b, c, d[2], cela vous suffit. Que signifient ces lettres ? Le A désigne l’homme ; le B, le livre divin ; le C, c’est l’instruction, la lecture ; le D, je vous parle du voleur. Vous direz que la discussion sur le voleur ne vous intéresse pas. Je vous donne alors une autre explication : le a c’est le moi, le b, l’ombre. Cela ne vous plaît pas non plus. Alors je dis : appliquez le feu des alchimistes pour dissocier ce qui est pur de ce qui est impur. Vous accéderez ainsi à la véritable richesse, la même que celle renfermée dans le grain de blé. Il est préférable d’avoir un seul grain de blé plutôt que toutes les richesses du monde. Le grain de blé renferme une grande puissance en lui. Le Christ se manifeste par les graines et par les plantes. Pour essayer leur force, il faut les planter. « Nous ne le voyons pas. – Vous ne pouvez pas le voir, il est la vie et la vie est invisible. » Il est dit que Dieu habite les cœurs des humbles, et là où est Dieu, là est aussi le Christ ; par conséquent, cherchez-le dans les esprits, les cœurs et les âmes des humbles, pas dans leurs corps. « Il est dit que le corps est un temple divin. – Mais il est dit aussi qu’il y a un corps naturel et un corps spirituel. C’est donc le corps spirituel qui est un temple de Dieu, pas le corps matériel. » « Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire. » Où le verrez-vous ? Dans tous les agissements négatifs. Lorsque le voleur dépouille l’être humain de quelque chose, un vide se forme en ce dernier et le pousse à faire le mal. Le voleur ne reconnaît aucune loi, il franchit les limites et atteint son but. La première chose que l’on doit appliquer dans sa vie sociale et personnelle est le respect. Il n’y a rien de plus beau que de rentrer dans une maison où tous se respectent : la femme respecte son mari, le mari, sa femme, les enfants, leurs parents. C’est pénible d’observer une fille qui critique sa mère ou un fils, son père, puis les voir ensuite se mettre à lire les Évangiles où le Christ dit que les humains doivent s’aimer. C’est une vie contre nature de se critiquer d’abord pour ensuite s’avouer pécheurs. Les êtres supérieurs savent d’ores et déjà que vous êtes pécheurs - ils attendent de vous que vous vous corrigiez. J’ai déjà décidé de briser les fils de tous les menteurs et voleurs ; je leur enverrai une telle lumière qu’ils ne pourront pas s’échapper. Si je croise un voleur, je lui dirai : « Bas les masques, applique la loi du Christ qui exige respect et déférence envers tous ! » C’est ce qui induit le respect pour le principe divin en soi et en son prochain. Celui qui est conscient de porter le visage pur et lumineux de Dieu a déjà reçu un diplôme : il a acquis la connaissance. Celui dans lequel Dieu demeure brille de loin ; il est agréable de voir un visage lumineux avec un beau sourire divin. Le Christ dit : « La force de l’homme ne se résume pas à son rapport au visible, mais à son rapport à l’invisible. » Dieu est invisible pour nous, mais réel. Il est souhaitable que le Christ reste également invisible pour nous, afin de garder envers lui des rapports saints et lumineux. « Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire. » Lorsqu’il vole, égorge et détruit, il est devenu un saint dans l’esprit des humains, tous parlent de lui, se lamentent, soupirent et souffrent de ses agissements. S’ils cessaient de parler de lui, mais prêchaient le Christ, ils seraient déjà devenus eux-mêmes des saints. Vous comprendrez alors les paroles du Christ : « Je suis venu leur donner la vie, et la leur donner en abondance. » Ce qui signifie acquérir l’amour, non pas comme un sentiment, ni comme une chaleur, ni comme une humeur ; l’amour ne change pas. Celui qui aime a la lumière en lui. Si quelqu’un dit qu’il aime alors que sa lumière disparaît, il n’a pas d’amour. L’humanité a besoin d’esprits et de cœurs qui brillent. Les esprits et les cœurs humains ont été souvent allumés, mais le voleur les a toujours éteints. Le règne du voleur s’achève, sa fin est proche. Il ne disparaîtra pas, mais la lumière dans les esprits et les cœurs humains s’amplifiera et les humains le démasqueront. Il y a aujourd’hui de bons chiropraticiens, des physionomistes, des astrologues qui reconnaissent si un tel est bon ou mauvais, ils savent déceler ses intentions, etc., quel que soit son masque, ils le reconnaissent. L’être humain peut être déchiffré à partir des mains, des doigts, des yeux, de l’allure et de beaucoup d’autres traits. On dit qu’il n’y a rien de caché dans le monde. Le Christ vient dans le monde et porte une lumière telle que rien ne peut rester dissimulé. Vous pénétrerez les gens par cette lumière, mais eux aussi pénétreront en vous. Dieu scrute toutes les créatures et pénètre en elles ; aucun recoin de l’âme humaine ne restera sans être éclairé par ce regard. « Je suis venu leur donner la vie. » Aspirez à celui qui donne la vie comme une chose réelle, unique et inaltérable. Si cette réalité vous pénètre, vous allez tout acquérir ; si elle vous quitte, vous allez tout perdre. C’est le juste enseignement, c’est le droit chemin dans la vie. Si vous vous arrêtez à l’ombre de quelqu’un pour chercher du repos et du rafraichissement, vous êtes perdus. Les ombres peuvent donner du repos et du rafraichissement pendant deux ou trois heures, mais pas toute une vie ; les ombres ne portent pas bonheur. L’être humain ne peut pas rendre heureux un autre être humain. Il n’y a pas un seul cas dans la vie où le mari a donné le bonheur à sa femme, ou la femme a donné le bonheur à son mari. Dieu en l’être humain peut rendre heureux l’homme et la femme, mais l’être humain lui-même, jamais. Si c’est impossible, pourquoi chercher l’impossible ? Il y a une moitié qui peut rendre l’homme et la femme heureux, mais elle n’est pas sur Terre. – « Comment pouvons-nous être heureux ? – En vous tournant vers Dieu. » La façon la plus simple de se tourner vers Dieu est d’être éduqué dès le ventre de sa mère ; une fois dehors, on s’éduque plus difficilement, on est déjà à la fin de sa vie. Chaque chose se retourne au début, pas à la fin ; si vous voulez retourner un gant, vous le prendrez par sa base et pas par les doigts. Si l’homme veut se retourner lui-même, il doit aspirer à la vie divine. Je prêche aujourd’hui le Seigneur invisible qui n’est pas dans les ombres des choses, mais dans leur essence. Il donne la vie à tous et en abondance. Il apporte puissance, joie et gaité là où Il va. Il rend les humains frères, sœurs, amis. Commencez par le peu qui vous est donné et allez progressivement vers le grand. Commencez par le début et approchez progressivement de la fin. La fille et le fils sont le commencement des choses, c’est-à-dire le peu. Si vous résolvez vos rapports avec eux, vous les résoudrez avec tout le monde. Si vous donnez de la place au Christ dans votre cœur, vous avez réglé le compte du voleur que vous craignez. Soyez courageux et décidés, mais appuyez-vous sur Dieu. Seul, l’être humain ne peut rien. Faites le bien, mais soyez vigilant envers le mal qui vous guette à tout instant. Vient le temps où le mal comme le voleur et comme le diable seront impuissants. Il est d’ores et déjà temps que le diable également se repente. Une anecdote relate comment le diable s’est découragé. Il a longtemps instruit les humains, leur a dévoilé les secrets de la nature et les a initiés aux sciences, aux arts, à la gouvernance jusqu’à ce qu’ils l’aient dépassé en érudition. Ils ont ainsi fini par cesser de l’écouter et de le respecter. Il a perdu son pouvoir sur eux et il a décidé de s’isoler. Il s’est rendu dans une montagne en se lamentant que personne ne l’aimait plus. Le Christ a compris sa peine et sa souffrance et s’est approché de lui. Le diable a levé la tête, l’a regardé et lui a dit : « Tu descends en vain sur terre, tu es en retard, il fallait venir plus tôt. J’instruis les gens depuis des millénaires, je leur ai donné le savoir, les arts, mais personne ne fait plus attention à moi. Ils sont devenus indisciplinés et rebelles. Ils ne t’écouteront pas non plus. – Je ne vais pas auprès des humains, a répondu le Christ. » À cet instant, un serpent s’est jeté sur la poitrine du diable. Le Christ l’a regardé, a eu de la compassion et l’a libéré de l’étreinte du serpent. « Je ne veux pas te priver de ton pouvoir sur les humains. Sois leur maître, mais un maître du bien. » Le voleur aussi renoncera à son métier et dira : « Ne rentrez pas par les chemins détournés, mais rentrez avec moi par la porte principale. » Ainsi, lorsque le Christ dit qu’Il vient pour donner la vie, Il parle de tous les êtres vivants ; il apporte la vie aux humains et au voleur qui est en eux. La pensée que le Christ laisse à nos contemporains est la suivante : « Amis et ennemis, habitants de l’enfer et du Ciel, vivez dans la paix et dans l’entente, aimez-vous en frères. » De grands esprits descendent dans l’enfer pour aider les âmes déchues. Plus grand est un esprit, plus profondément il doit descendre et travailler pour l’expiation des êtres déchus et retardés. Le Christ dit pour lui-même : « Je ne suis pas venu aider les anges, mais la descendance perdue d’Adam.[3] » À un autre endroit il est dit : « J’ai entendu petits et grands glorifier Dieu. » Dieu descendra parmi tous les êtres et les apaisera. Ils chanteront et Le glorifieront d’une seule voix, en un seul chant : « Que le Seigneur invisible soit béni, celui qui vit dans tous les êtres et transforme tout en bien. Que le Seigneur bénisse chaque inspiration ! » Sofia, 1 décembre 1918 Traduction par Bojidar Borissov [1] « L’amour prend patience, l’amour rend service, il ne jalouse pas, il ne plastronne pas, il ne s'enfle pas d'orgueil, il ne fait rien de laid, il ne cherche pas son intérêt, il ne s'irrite pas, il n’entretient pas de rancune… » (1Co 13, 4-6) [2] En ancien bulgare, les quatre premières lettres de l’alphabet sont symbolisés par les mots : аз, буkи, веди, глаголи (az, bouki, vedi, glagoli) qui signifient dans l’ordre : je, lettre, guider, verbe – et ces quatre mots sont cités ici dans le texte par le Maître Peter Deunov. [3] « En effet, le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » (Luc 19, 10)
  17. Et ayant entendu « Et ayant entendu cela ils en furent étonnés, et le laissant, ils s'en allèrent… »[1] Matthieu 22 :22 « Et ayant entendu cela ils en furent étonnés. » Un mot important dans ce verset est le verbe entendre. Entendre et écouter sont des synonymes. De quoi se sont-ils étonnés ? De la réponse du Christ à la question de savoir s’il faut ou non payer le tribut à César. Il est question du paiement. On aborde souvent la question de la servitude. Le paiement a un rapport au devoir, alors que la servitude, c’est-à-dire le service, a un rapport à l’amour. Payer n’est pas une vertu car on est tenu de payer. À la question que les érudits ont posé au Christ : faut-il ou non payer le tribut à César, le Christ a répondu : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » César est roi, et le roi, un homme. La même question peut donc se traduire ainsi : faut-il payer un tribut à l’homme ? Les animaux, inférieurs à l’homme lui paient un tribut : viande, lait, œufs, laine, graisse, labeur, etc. De ce point de vue l’homme est César sur Terre. « Et ayant entendu cela ils en furent étonnés. » Si l’homme s’étonne, c’est qu’il n’est pas convaincu de la vérité. « Et ayant entendu cela ils en furent étonnés. » Il n’est pas dit qu’ils écoutaient mais qu’ils ont entendu sa réponse et se sont étonnés qu’il résolve aussi facilement cette question. Lorsque nous voulons attraper un animal, et qu’il nous échappe des mains, nous nous étonnons de ne pas avoir trouvé le moyen de le retenir. L’étonnement se manifeste souvent par le mécontentement. Nous entendons beaucoup de choses dans la vie. On se demande par exemple si les humains doivent s’aimer ; les uns disent oui, d’autres disent non. Pourquoi non ? Parce qu’ils n’en tirent aucun profit car celui qui aime beaucoup donne beaucoup. On entend dire que celui qui veut être heureux ne doit pas servir Dieu. Pourquoi ? Parce que servir Dieu signifie donner : il faut donc vider son portefeuille, ce qui n’est pas rentable. Si on donne aux pauvres, on ne garde rien pour soi, le portefeuille se vide. Prendre et donner vont ensemble. Ne pensez pas que donner est dans tous les cas un acte positif et bienveillant alors que prendre serait un acte négatif. Dans certains cas donner est bien, mais dans d’autres, c’est mal. De même pour prendre : c’est parfois bien de prendre, parfois mal. Si on donne à quelqu’un du poison ou un cachet amer ou un coup de pied, ce n’est pas un bien. Si en revanche on donne au pauvre des vêtements pour s’habiller, de l’argent pour se nourrir, c’est bien et c’est à propos. De même, prendre implique deux processus, l’un positif et l’autre négatif. Ce n’est pas bien d’enlever à quelqu’un sa femme, ses enfants, sa maison et de le laisser dans le chagrin et les privations. C’est bien de prendre la dette de ton prochain, de la payer ; c’est bien de prendre sa maladie. La nouvelle morale exige de l’homme d’agir pour prendre et donner de façon à ne créer aucun dommage. Ce sont deux processus qui doivent viser l’élévation de l’âme humaine. « Et ayant entendu cela ils en furent étonnés. » Aujourd’hui encore, les humains s’étonnent de ce qui se passe dans la vie et se demandent si Dieu existe ou non. Celui qui doit donner nie l’existence de Dieu ; celui qui doit prendre, concède que Dieu existe. De même pour les relations entre les humains : si quelqu’un a de lourdes dettes, il nie avoir une dette, et dit que son créancier est mort. Si on l’interroge : « Où est ton créancier ? », il répond : « Il n’est plus, il n’existe pas, il est mort il y a longtemps. » Il n’existe pas car on a des dettes à lui régler ! Certains, même endettés, concèdent quand même l’existence de Dieu car ils sont prêts à payer leurs arriérés. Les érudits et les pharisiens ont entendu le Christ, mais ils s’en sont allés, ils ne voulaient pas l’écouter. C’est ainsi que font certains : ils entendent se propager une nouvelle idée, mais n’écoutent pas et s’en vont chez eux. Aujourd’hui, moi aussi je prêche, certains m’entendent, d’autres m’écoutent. Parmi ceux qui écoutent, quelques-uns cherchent un moyen simple de comprendre et d’appliquer l’enseignement du Christ. Un Bulgare ignorant, ne sachant ni lire ni écrire, n’avait aucun métier (c’était dans les temps reculés). Il a entrepris d’apprendre à lire tout seul, mais si peu, que ce savoir ne lui ouvrait aucune porte. Il errait çà et là pour se trouver un métier et joindre les deux bouts. Il a rencontré un jour un prêtre avec un petit chaudron d’eau dans une main et du basilic dans l’autre. Celui-ci allait de maison en maison pour verser de l’eau et lire la prière. « Voici un travail facile pour moi ! », s’est dit le Bulgare. Un jour, il est allé à l’église pour voir ce que faisait le prêtre et prendre ainsi en mains son nouveau métier. Après avoir entendu parler le prêtre, il est rentré chez lui, a pris un petit chaudron d’eau, un peu de basilic et il est parti dans la rue pour verser de l’eau sur quiconque le croisait. Beaucoup pensent et agissent comme cet ancien Bulgare. Ils disent : « Je prendrai un petit chaudron d’eau et un peu de basilic et j’irai verser de l’eau sur les gens ; je gagnerai toujours quelque chose à la fin. » Voilà leur degré de développement. Ils diront ensuite que nous devons être moraux. Puisque tu as pris un petit chaudron d’eau et du basilic, tu soutiendras cette morale-là. Le prêtre dit qu’il faut avoir des fidèles ; le médecin dit qu’il faut avoir des malades. L’un et l’autre disent vrai, mais je dis avant tout : il faut avoir des auditeurs, c’est-à-dire des gens qui, lorsqu’ils écoutent, savent appliquer. Tout le monde cherche un métier facile alors que j’apprends aux gens un métier difficile : écouter bien et appliquer avec justesse. Entendre et écouter sont des synonymes, il y a entre eux une certaine corrélation. Ecouter précède entendre ; écouter sous-entend un processus d’assimilation. Écouter a un rapport à la lune, c’est-à-dire au fait de se vider et de se remplir, au don et à l’acquisition. On doit comprendre les deux processus et savoir quand donner et quand prendre. Celui qui écoute uniquement est un marchand spéculateur car il ne fait que prendre. Lorsqu’un enfant lui vient, il commence à donner mais il se dit : « Pourvu que mon fils grandisse pour prendre le petit chaudron d’eau et verser de l’eau sur les gens afin que quelqu’un puisse prendre soin de moi dans mes vieux jours. » Lorsque je parle du chaudron d’eau et du basilic, je ne vise pas les prêtres qui s’acquittent formellement de leur mission. Le monde est plein de popes, c’est-à-dire de pères qui cherchent un moyen facile de gagner leur vie. C’est une grande bénédiction pour l’humanité de se libérer de personnes qui cherchent la voie facile. Il est souhaitable à l’avenir que les serviteurs de Dieu soient habillés de blanc. On accueille au Ciel uniquement ceux qui ont des vêtements blancs et propres. S’ils voient quelqu’un habillé de noir, ils l’éconduisent aussitôt. La couleur noire, l’obscurité, favorise le crime. Si le voleur veut cambrioler une maison, il y entre la nuit lorsqu’il fait noir et que tout le monde dort. En journée, à la lumière du jour, aucun forfait n’est perpétré. C’est une loi qui a un lien avec la pensée et l’affectif. Lorsqu’une pensée négative assaille l’être humain, il est mécontent et se met à commettre des erreurs et des forfaits. La pensée négative le perturbe, l’entoure de ténèbres et il dit : « Ma raison s’est obscurcie. » Lorsque les ténèbres pénètrent la pensée des humains, tous, hommes, femmes, enfants sont contrariés. Si un sentiment ou un désir négatif pénètre leur cœur, ils sont aussi contrariés. Le mécontentement pousse les gens à chercher la voie facile dans la vie. Il faut savoir une chose : le chemin facile est le plus ardu et le chemin le plus ardu est le plus facile. Donnez à quelqu’un qui a une jambe malade une charge d’un kilogramme pour voir la difficulté qu’il va éprouver à la porter ; donnez une charge de cent kilos à quelqu’un de bien portant, il la déplacera d’un endroit à un autre avec joie. Ainsi, si quelqu’un clame que son travail est pénible et qu’il ne peut pas le faire, ceci montre que sa jambe est démise, ou bien qu’elle a une entorse ; s’il dit que son travail est léger, agréable, ceci montre que sa jambe est bien portante, que tout en elle est à sa place. Que cette pensée vous serve de formule. Si quelqu’un dit qu’il ne peut résoudre une question, vous saurez qu’il y a une entorse quelque part en lui. « Je peux résoudre cette question. » Tu peux la résoudre car tout en toi est à sa place. Je prends le mot jambe, entorse au sens large. Avoir une entorse à un membre prouve qu’on ne savait pas comment agir. À l’époque des ottomans, les Turcs rentraient dans les riches maisons bulgares pour se faire dire où était caché l’argent : les gens étaient battus, torturés aux fers chauffés à blanc pour les obliger à dire où était leur magot. Ils payaient leur tribut par la violence. Demandez ensuite à ces Bulgares s’il fallait ou non payer un tribut à César, ils vous diront que oui. Celui qui a été passé aux fers chauffés à blanc sait qu’il faut payer un tribut à César. Le tribut à Dieu se donne de plein gré, et celui à César, de force. On donne de son plein gré à Dieu, autant qu’on veut et quand on veut. Si tu n’accomplis pas cette loi de bon gré, alors viendra César pour te contraindre à donner de force. Dieu et César sont deux maîtres : si tu ne sers pas l’un par toi-même, alors le second viendra t’obliger à le servir de force. Les deux maîtres existent aussi dans le monde comme deux états différents : santé et maladie. César est la maladie, il t’alitera ou te passera aux fers chauffés à blanc et ne te libérera pas quels que soient tes cris. Tu chercheras un premier médecin, un deuxième médecin, un troisième médecin jusqu’à ce que quelqu’un de l’extérieur vienne t’aider. Payer les médecins n’est rien d’autre que payer un tribut à César. Ils amassent les impôts et les reversent à César. En répondant à la question s’il faut ou non payer un tribut à César, le Christ montre aux humains un nouveau mode d’existence. Pour réhabiliter sa vie, on doit connaître de véritables méthodes et s’en servir. Vous direz que la foi est une méthode ; oui, mais comment doit être la foi ? Si la foi ne peut pas vous sortir de la vie ordinaire, ce n’est pas une foi authentique, ce n’est pas une véritable méthode. Quel que soit l’art ou le savoir que tu détiens, s’il ne peut pas t’élever, il n’est pas authentique. Quelle est cette foi qui ne peut pas t’aider au moment des épreuves de la vie ? Quel est ce savoir qui ne peut pas dissiper les nuages de ta conscience ? Les souffrances des humains montrent qu’ils ne se sont pas acquittés de leurs obligations envers Dieu et leurs proches. Les souffrances sont une roue dont une face est dentée et l’autre lisse. Lorsque tu traverses la face lisse, tu entends une voix douce : « Acquitte-toi de tes obligations. – Je n’ai pas de temps maintenant. » Lorsque tu refuses ainsi, la voix se retire et tu n’entends plus rien. Ensuite tu passes sur la face dentée de la roue. Ici, tu n’as plus le choix de faire ou de ne pas faire, tu es contraint de faire. Celui qui accomplit la volonté de Dieu voit une porte étroite et ouverte ; au moment d’arriver dans l’engrenage, il peut sortir par là. Celui qui n’accomplit pas la volonté divine voit une porte étroite, mais comme il vit dans le doute, il ne se décide pas à la franchir. Il continue son chemin sur la roue jusqu’à tomber dans l’engrenage. Il comprend alors les lois de la vie. Vous direz qu’il y a quelque chose de cruel dans cette roue. Oui, mais elle a été créée par les humains après la chute originelle. Au début la roue était entièrement lisse, fabriquée ainsi par Dieu. Après la chute originelle, le diable a mis la main sur la moitié de la roue et y a laissé son empreinte : l’engrenage. Ainsi sont faits aujourd’hui par exemple les cardeuses. Les humains ont envie de décortiquer les choses, tout ce qu’ils trouvent de beau et de précieux est décortiqué de la sorte et ils se l’approprient. « Et ayant entendu cela ils en furent étonnés. » Et de quoi je m’étonne moi ? De la bêtise dans la vie humaine. Je croise une jeune fille pimpante, confiante, elle vole ! Quelle est la raison de cet état ? Elle est amoureuse et imagine qu’elle fera de grandes choses avec son amoureux. Je lui dis : « Tu es montée sur la roue du diable : lorsque tu seras dans son engrenage, non seulement tu n’arriveras à rien de bon, mais tu seras cardée comme de la laine. » Je croise une autre jeune fille, poudrée, maquillée qui croit que tout le monde se retourne sur elle. Ce n’est pas un mal de se poudrer – la maison aussi se crépit de l’extérieur – ce qui est mal, c’est la tentation de croire que les fondations de la maison reposent sur le crépi. Mettez le crépi que vous voulez sur une maison, utilisez tous les coloris que vous souhaitez, mais posez-là d’abord sur des fondations solides. Sinon la maison ne vaut rien. Si les fondations sont fragiles alors que l’extérieur est crépi et coloré, vous souffrirez énormément. « Et ayant entendu cela ils en furent étonnés. » Je m’étonne de vos égarements, et vous de mes paroles ; vous vous demandez comment vous devez vivre. Très simplement : vous renoncerez au mensonge, au vol, à la haine, à la jalousie. « Peut-on vivre ainsi ? – On le peut ! » Vous n’avez pas appliqué la vérité, l’amour, la justice, le bien et vous vous demandez comment on peut vivre avec eux. Appliquez les grandes vertus dans votre vie et vous verrez comment on peut vivre d’une nouvelle façon. Essayez de servir Dieu, de comprendre Sa nature. Les philosophes disent que Dieu restera à jamais impénétrable. Il n’en est pas ainsi : la chose la plus facile dans la vie est de comprendre Dieu, à condition de L’aimer et de Le servir. Si on ne respecte pas ces conditions, on Le comprendra autant que le médecin comprend le patient qu’il a placé sur la table d’opération : il l’écoute, il l’ausculte, puis prend le scalpel et l’opère. Si vous lui demandez ce qu’est l’être humain, il vous décrira tous ses organes en détail, ainsi que leurs fonctions. Extérieurement, du point de vue anatomique et physiologique, il le connaît, mais il ne connaît pas son essence. C’est important de savoir ce qu’est l’être humain en réalité. Nos contemporains veulent comprendre Dieu extérieurement, Le mettre sur leur table d’opération et L’examiner pour voir ses organes et leurs fonctions. Ils diront en fin de compte : « Je n’ai rien compris. » Comment comprendre un instrument si tu ne l’essaies pas ? » Ils sont curieux ceux qui pensent qu’ils trouveront la vérité dès qu’ils mettront quelque chose sur leur table d’opération. La vérité ne peut être mise sur aucune table, elle est au-delà des formes. Il y a quelque chose de précieux dans le corps humain qu’on appelle l’âme, mais dès qu’on prend le scalpel, elle disparaît. Lorsque l’âme vient en vous, vous devez l’honorer comme il se doit, c’est-à-dire lui payer son tribut. Les deux maîtres, Dieu et César sont dans l’être humain : le premier, en haut dans la tête, le second, en bas dans les organes digestifs. Vous devez chaque jour rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Pour contenter votre intelligence, vous lirez un beau livre ; pour contenter votre estomac, vous mangerez un bon plat. Les deux maîtres diront alors : « Notre sujet a payé son tribut. » Si tu mens à César, il sera mécontent. Si vous me demandez pourquoi je prêche, je dirai : je paie mon tribut à Dieu. Un jour, lorsque je serai jugé, vous serez témoins. En m’écoutant, vous aussi vous payez votre tribut à Dieu, alors moi je serai votre témoin. C’est ainsi que nous passerons la journée en toute sécurité : je témoignerai pour vous, et vous pour moi. Appliquez cette morale dans la vie pour être sereins. Si vous êtes contrariés, faites un bilan de vos dettes, à Dieu et à César. Vous paierez votre dette et vous serez libres. Que font les gens aujourd’hui ? S’ils ont une dette envers quelqu’un, mais qu’ils n’aient pas de quoi payer, ils vont chez un prêteur, empruntent une somme d’argent et paient leur dette ; ils se libèrent d’une dette pour se charger d’une autre. Au lieu d’aller d’un créancier à un autre, va auprès de Dieu : Il a beaucoup de banques à sa disposition qui te prêteront à taux zéro ou avec un taux de deux pour cent. « Comment trouver ces banques ? – Comme vous trouvez les autres : vous allez en ville, levez la tête et lisez les enseignes. » C’est aussi ainsi que vous trouverez les banques divines : vous lèverez la tête et vous lirez. Si quelqu’un vous demande ce que vous cherchez, vous direz : « Je cherche une banque divine. » Celui qui vous entend se moquera de vous, mais cela ne doit pas vous troubler, « Cherchez et vous trouverez. » Vous trouverez un jour l’enseigne que vous avez cherché des années durant : « Banque divine ». La tension qu’on éprouve à recevoir un invité, on l’éprouve aussi à chercher le divin. Un jour on le trouvera et on s’apaisera. Conformez-vous aux deux lois, celle de Dieu et celle de César, sans les mélanger. Lorsque vous lisez un beau livre ou que vous faites du bien à quelqu’un, c’est un tribut payé au Seigneur ; lorsque vous vous nourrissez bien, c’est un tribut payé à César. Remerciez d’avoir payé votre tribut et ne vous préoccupez pas du lendemain. Ce qui se passera avec vos enfants, ce qui se passera avec vous, n’y pensez pas ; que mangerez-vous demain, n’y pensez pas non plus ; remerciez d’avoir payé votre tribut à César. Il est écrit dans la loi divine : « À chaque jour suffit sa peine, demain ne t’appartient pas. » César clame exactement le contraire : « Tu te préoccuperas du lendemain. » Un autre pourrait faire face à un autre danger : il ne pense pas au lendemain car il compte sur son père. Cela revient à planter ses ongles dans la peau de ton père comme une tique. Ce n’est pas juste. Tu compteras sur toi-même et tu seras prêt à tout ce que la vie te présentera. Quel que soit le travail qui t’es proposé, tu l’accepteras et tu travailleras honnêtement et avec dignité. Si tu mets cette pensée comme fondement de ta vie, tu as trouvé la banque divine. Si tu fuis les conditions que la vie t’apporte, si tu fais une différence entre un travail et un autre, si tu cherches la voie facile, tu sers César. Il te donnera dans un premier temps de bonnes conditions, mais ensuite il te dévalisera et te rejettera. Celui qui ne croit pas mes paroles peut facilement les vérifier ; qu’il aille dans les cimetières pour voir ce qui reste des riches, des érudits et des philosophes qui croyaient pouvoir se sauver par l’argent, l’érudition et la philosophie. Il y a une richesse, une science et une philosophie qui peuvent sauver l’homme, mais ils sont en dehors de la compréhension humaine. Tant que les gens se soumettent à la loi de César, tous iront de l’autre côté sans se sauver. Il y a des riches, des érudits, des philosophes qui sont dans l’autre monde et attendent de redescendre vite sur Terre. Pourquoi ? Il n’y a pas au Ciel de conditions pour leur développement. Il y a cependant des gens simples qui bénéficient des bonnes conditions du Ciel, ils ont servi le commandement divin et c’est pourquoi ils sont bien accueillis au Ciel. Ils sont innocents par rapport au mensonge et au vol, ils ne savent pas mentir, ni voler. C’est pourquoi le Christ dit : « Les fils de ce monde sont plus intelligents que les fils de la lumière. » Souvenez-vous que la roue tourne ; tant que vous êtes sur sa face lisse, remettez-vous à Dieu. Il unira vos pensées et sentiments, Il vous unira en tant que peuple. Si vous vous remettez à César, il vous cardera. Il est temps que chacun paie son tribut au Seigneur. Je commence dès aujourd’hui à vous charger pour que vous ayez quelque chose à Lui apporter. S’il y a quelque chose de faux dans ce que je vous donne, j’en réponds moi-même. Je n’ai rien contre le fait d’obéir à César, mais ce mode de vie est fluctuant. Tous ceux qui ont servi cette loi, qui ont bu, mangé et se sont adonnés aux plaisirs, disent finalement comme Salomon : « Vanité des vanités, tout est vanité ! » On disait de Salomon qu’il n’y avait pas de roi semblable à lui, mais lui-aussi a été déçu par la vie humaine, c’est-à-dire par la vanité de la vie. Pendant que sa connaissance s’éveillait, Salomon a écrit des livres précieux pour décrire l’insécurité et la fugacité de ce monde. Il voulait trouver le sens de la vie dans le savoir, la richesse, les plaisirs jusqu’à ce qu’il soit déçu de tout pour dire dans un proverbe : « Sache, mon fils que le Seigneur jugera tes actes au tribunal. » Dans son livre Le cantique des cantiques le tournant qui s’est produit en lui est visible. Entouré de beaucoup de femmes qui l’aimaient pour sa gloire, sa richesse, il n’a pas trouvé l’amour. Il a rencontré un jour une bergère dont il s’est épris sans réussir à l’attirer à lui. Il voyait en elle son salut et se demandait pourquoi il ne l’avait pas croisée plus tôt. Chacun rencontrera sur son chemin sa bergère ou son berger et se demandera pourquoi il ne l’a pas croisé avant d’avoir sali sa vie. Enfin, l’être humain arrive à la situation de tourner une autre page de sa vie : servir Dieu, c’est-à-dire Lui payer son tribut, de son plein gré et avec amour. Donner sous-entend un échange juste. Lorsque l’on donne de son plein gré et avec amour à Dieu, l’échange est toujours juste. L’être humain donne aussi à César, mais de force, c’est pourquoi l’échange n’est pas juste. Alors, on se sent pris comme dans un filet. Réjouissez-vous car Dieu travaille aujourd’hui dans le monde. Il prend part à la vie individuelle des humains, à la vie familiale, à la vie sociale et politique. Il démolit, construit, fait éclater des révolutions, trie l’utile de l’inutile, les moutons des chèvres. Les moutons servent la loi divine et les chèvres, César. Les moutons sont le symbole de l’amour. Essayez d’attraper une chèvre pour voir le vacarme qu’elle fera. Ceux qui se lamentent et s’insurgent sans cesse contre les souffrances et les tourments sont de la catégorie des chèvres. Les moutons endurent leurs souffrances sans se rebeller ; les humains leurs prennent la laine, le lait, la viande et ils ne se rebellent pas. Ce sont des êtres de l’amour. En effet, le mouton symbolise l’amour, mais ce symbole ne désigne pas la forme du mouton. Les gens n’arrivent pas à distinguer la forme des choses de leur sens et de leur contenu, et s’étonnent ainsi que le mouton un peu niais puisse être l’expression de l’amour. Le cheval est l’expression de l’intellect, mais lorsqu’on dit cheval aujourd’hui, on entend une créature qui sert de monture. Le bœuf est symbole de patience et d’endurance. Dans le langage du passé le mot bœuf sous-entend désirer et pouvoir, tandis que cheval sous-entend vouloir. Si Adam venait aujourd’hui sur Terre et entendait les mots dont les humains se servent, le contenu et le sens qu’ils y mettent, et la façon dont ils les ont fait évoluer, il serait étonné, et les quitterait. Que direz-vous pour vous justifier ? Qu’on vous a éduqués et instruits de la sorte. Quelle que soit votre justification, Adam voit les traductions trompeuses que vous employez. Les gens d’aujourd’hui ont besoin d’une bonne traduction des choses. Lorsqu’ils la trouveront, la science, la philosophie, le savoir évolueront, et leur vie s’améliorera à quatre-vingt-dix-neuf pour cent. La juste prononciation des mots produit un effet spécifique sur l’être humain. Comme le citron éveille la sensation d’acidité en l’homme, de même chaque mot, articulé et compris correctement, produit son effet sur lui. Vous savez tous ce que renferme un citron. Mais si je prononce devant vous les mots justice, vertu, vérité, vous hausserez les épaules. Pourquoi ? Vous ne connaissez pas leur contenu. Si vous compreniez ces mots, leur énonciation aurait sur vous le même effet que le citron. Celui qui comprend le contenu du mot Dieu, sera bon, érudit, riche, puissant, il acquerra les qualités de l’image qui est derrière ce mot. C’est pourquoi on dit : « On se met à ressembler à ceux qu’on fréquente. » Prononcez souvent le mot Dieu en vous, mais pas seulement dans la forme. Pénétrez son contenu et son sens pour qu’il produise l’effet escompté sur vous. Libérez-vous de l’image humaine de Dieu que vous vous êtes fabriquée et mettez-Le à sa place. « Pourquoi souffrons-nous ? » Parce que Dieu est venu parmi les humains pour redresser leurs jambes tordues. Si Dieu ne travaille pas, le diable prendra sa place. Il anesthésiera les humains, il émoussera leurs cœurs pour la douleur et la souffrance de leurs proches. Ils vivront dans la félicité du corps, mais leur âme sera asservie. C’est pourquoi il est dit dans les Écritures : « Méfiez-vous de ceux qui font périr les âmes. » « Et ayant entendu cela ils en furent étonnés et le laissant, ils s’en allèrent. » Les pharisiens qui ont éprouvé le Christ viendront aussi auprès de vous pour vous demander comment vous accomplissez votre devoir d’enseignant, de prêtre, de magistrat, de père, mère, frère et sœur. Celui qui comprend la vie vous dira : « Servez Dieu par la loi de l’amour, et faites votre devoir en donnant. » Chacun a un devoir envers son peuple et sa patrie et leur donnera ce qui leur appartient. Chaque peuple a donné et donne quelque chose aux humains, c’est pourquoi tous doivent le lui rendre. Le Christ a agi ainsi : lorsqu’ils lui ont demandé s’il faut payer un tribut à César, Il a dit : « Montrez-moi l’image de ce que vous devez donner à César. » Lorsqu’on Lui a tendu une pièce de monnaie avec l’effigie de César, Il a dit : « Rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu. » Ainsi, par le mot amour vous devez entendre servir Dieu. Méditez sur l’amour. Vous l’avez essayé, mais peu de temps, quelques minutes ou quelques secondes et puis vous l’avez perdu. Pourquoi l’homme perd-il l’amour ? Parce qu’il ne peut pas trouver la limite entre le service à Dieu et à César. C’est la raison pour laquelle on perd son équilibre, c’est-à-dire l’accord entre la pensée et le cœur. Le cœur ne doit pas gouverner la pensée, ni la pensée, le cœur, mais ils doivent travailler en harmonie. Si, dans son désir de résoudre correctement une question, le cœur se trouble plus qu’il ne faut, le cours normal des pensées est altéré. Si, lorsqu’on ressent un sentiment, la pensée s’impose, vous perdez votre sentiment. « Comment faut-il aimer, comment faut-il manifester ses sentiments ? » On ne philosophe pas sur ces questions, l’affection et l’amour ne tolèrent aucune philosophie, aucune adaptation. Comment laver les pieds d’un voyageur venu chez toi ? Tu prendras une bassine d’eau chaude, du savon, une serviette et tu les laveras. « Et si je lui cause du mal ? » Si tes mains sont douces et tendres, n’aie crainte, tu ne lui causeras aucun mal ; si tes mains sont endurcies et râpeuses comme les dents de la roue, c’est une autre question. » Vous passez chaque jour par la roue de la vie, parfois vous êtes bien disposés, parfois non. Lorsque vous êtes mal disposés, vous traversez la partie dentée de l’engrenage ; que faire dans ce cas ? Si vous êtes honnête, vous direz à votre ami : « Ne reste pas à mes côtés pour ne pas être happé par l’engrenage. J’y suis pris, mais toi au moins, reste à l’écart. » L’homme malhonnête veut que les autres souffrent autant que lui, il se mettra à les dissuader de l’existence de Dieu pour leur faire essayer aussi l’engrenage de la roue. Non, avant d’aborder cette question, méditez sur le verset : « Et ayant entendu cela ils en furent étonnés et ils s’en allèrent. » Qui sont ceux qui sont partis ? Les voleurs qui détroussent les gens. Gardez-vous des voleurs et des brigands, gardez aussi vos proches d’eux. Si le médecin ne peut pas aider le malade, ne le critiquez pas et apportez, vous aussi, de l’aide. « Et ayant entendu. » On entend de deux façons : on entend la souffrance des humains, on entend leur joie. Tu entends les humains souffrir et tu dis : « Qu’ils souffrent, on ne peut pas éviter les souffrances. » Le médecin dit : « On ne peut pas vivre sans maladies » ; le prêtre dit : « La mort est inéluctable » ; le berger tond la laine des moutons et dit : « Heureusement qu’il est temps de tondre. » Celui qui entend les joies des humains dit : « Pourvu que naissent des gens meilleurs en plus grande quantité. Que les enfants grandissent et s’instruisent ! Qu’il y ait de la nourriture pour tous ! Que le temps soit clément pour que les champs des paysans puissent être labourés ! Que tous aient des vêtements, des maisons, qu’ils vivent dans la joie et qu’ils glorifient Dieu ! Que tous soient riches de vertus ! » Portez partout vos bonnes pensées et vos bons sentiments. « Et ayant entendu, ils l’ont laissé. » Lorsque l’ennemi entendra votre réponse, il vous laissera et partira. Lorsqu’il partira, viendra votre ami. Le diable a voulu tenter le Christ, mais le Christ l’a chassé ; les anges du Ciel sont alors venus pour le servir. Les anges ne peuvent pas venir auprès de vous tant que vous n’avez pas traversé des épreuves, des souffrances, des tentations. Lorsqu’ils viendront, ils vous enseigneront la sagesse et vous transmettront leur savoir. Il y a des anges au Ciel et sur la Terre. Si vous allez dans les champs et dans les vignes, vous y trouverez des anges qui labourent et retournent la terre toute la journée. Ils travaillent pour les villes et pour les campagnes et paient ainsi leur tribut à César et à Dieu. Payez vous-aussi votre tribut à César et à Dieu. Soyez reconnaissants pour tout ce qui vous est donné, réjouissez-vous des souffrances et des joies ; réjouissez-vous des pertes et des gains. Videz vos portefeuilles garnis sans crainte. Dieu vide les portefeuilles des gens et les remplit de nouveau. Pour vider ton portefeuille, tu dois ouvrir grand ton cœur. Vous savez qui ouvre les cœurs des humains. Puisqu’il en est ainsi, soyez prêts à tous les sacrifices. Le Christ dit : « Qui perd sa vie, la retrouvera. » Gardez-vous de la voie facile dans la vie. N’aspirez pas à l’enrichissement immédiat. Toute chose acquise sans labeur, avec force et rapidité, se perd facilement. Libérez-vous du doute et du soupçon : c’est la voie facile dans la vie. C’est facile de douter de quelque chose et de la rejeter ; c’est difficile d’éprouver et de vérifier les choses ; là, il faut de l’effort, de la persévérance et du labeur. Ne pensez pas qu’en portant un petit chaudron d’eau et un peu de basilic pour verser l’eau sur les gens, vous progresserez beaucoup. Les bouquets de fleurs ne sont pas sans danger. Il y a des fleurs qui endorment et enivrent les humains ; les ennemis viennent ensuite pour les détrousser. Méfiez-vous de ces bouquets. Aujourd’hui, le Christ dit à tout le monde : « Payez votre tribut au Seigneur ! » Celui qui accepte son enseignement sera béni ; ceci s’applique à tous les peuples, à toute l’Europe. Celui qui ne l’accepte pas sera happé par l’engrenage de la roue. Si les peuples européens n’acceptent pas le Christ en eux, ils passeront par de grandes souffrances. Ils vont ensuite se ressaisir et ne plus répéter leurs erreurs. Si les peuples européens paient leur tribut à Dieu, une paix durable régnera sur Terre. Si vous êtes aujourd’hui libres, ne dites pas que vous avez surmonté le plus terrible ; vous avez franchi une étape, mais une autre vient. C’est important que chaque individu, chaque peuple applique l’amour et vote avec les Anges. Aujourd’hui, dans le monde raisonnable, c’est-à-dire dans le monde au-dessus de nous, on organise de nouvelles élections. Les anciens rois, leurs gouvernements et leurs fonctionnaires s’en vont, un nettoyage radical s’opère dans le monde. Nous verrons pour quel parti vous voterez. Il y a deux partis dans le monde : le parti de l’égoïsme et le parti de l’amour divin. Voter pour le parti de l’amour divin, c’est faire disparaître tous les conflits, tous les malentendus, toutes les disputes entre les familles, les sociétés et les peuples. Tous doivent payer leur tribut à Dieu de leur plein gré et avec amour. Il n’y aura plus alors de pauvres et de défavorisés, l’iniquité ne régnera pas, c’est la justice divine qui présidera le monde. L’ancien temps est fini. Une nouvelle époque vient, le parti de l’amour divin arrive au pouvoir. Pauvres hypocrites, menteurs et voleurs ! Le nouveau parti vient pour élever tous les peuples et les nations, toutes les églises et les écoles, toutes les familles. Tous se vêtiront de blanc, symbole de pureté. Que toutes les femmes s’habillent de blanc et paient leur tribut d’abord à Dieu, puis à César. Soyez courageux et décidés et dites-vous : « Puisque nous avons payé notre tribut à Dieu, nous pouvons servir le peuple de notre plein gré et avec amour, nous avons appris ce qu’est le véritable service. » « Et ayant entendu, ils furent étonnés et ils l’ont laissé. » Je vous souhaite, maintenant que vous avez entendu l’explication des paroles du Christ, de ne pas vous laisser aller, mais de demeurer forts et décidés, sans doute, ni soupçon, et de vous remettre à Dieu et à votre âme. Vous connaissez tous la vérité car vous êtes sortis de Dieu. « Nous ne sommes pas bons, nous ne sommes pas érudits. » Depuis huit mille ans vous avez payé uniquement le tribut à César ; à partir de maintenant vous paierez le tribut à Dieu et au peuple. Vous direz qu’il y a des anarchistes qui désapprouvent cela. Je reconnais seulement les anarchistes qui luttent contre le mal en eux-mêmes. Accordez-vous avec Dieu qui est votre Père. Aimez-Le pour Le connaître. Alors vous serez tous des princes et des princesses. Ne sortez pas du jardin de vos bien-aimés, renoncez au donjuanisme. « Nous voulons être heureux ! » Renoncez à l’ancienne vie, à la séduction, au mensonge, à l’hypocrisie. Le Christ dit : « Pauvres érudits, pauvres pharisiens, pauvres hypocrites ! » La Bulgarie a besoin de Bulgares honnêtes et dignes, d’hommes et de femmes intègres, à l’échine solide, qui paient leur tribut à Dieu et au peuple. Des jours nouveaux viennent pour l’humanité, des jours nouveaux pour tous les peuples, des jours nouveaux pour la Bulgarie ! Laissez de côté toutes les disputes et tous les malentendus, tous les conflits et les contrariétés. Ne vous demandez pas qui a raison et qui a tort : c’est l’ancienne monarchie, ce ne sont pas des actes divins. Je souhaite que tous les Bulgares soient des anges avec des pioches et des charrues plutôt que des notables chevronnés dans l’art de voler et de tromper. Ils ont déjà payé leur tribut au mensonge et au vol. Ils doivent ouvrir une nouvelle page et écrire de leur plein gré et avec amour : « À partir de maintenant nous payons notre tribut à Dieu et au peuple, à l’amour et au nom nouveau de notre peuple. » Sofia, 17 novembre 1918 Traduction par Bojidar Borissov [1] Il leur dit : " Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? » Ils répondent : « De César ». Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » À ces mots, ils furent tout étonnés et, le laissant, ils s'en allèrent. (Matthieu 22, 20-22)
  18. Louer des ouvriers « Car le royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui sortit dès le matin, afin de louer des ouvriers pour sa vigne. » Matthieu 20 :1 Le mot semblable a un rapport à l’harmonie, seules les choses semblables peuvent s’accorder. L’union des vibrations que crée l’harmonie se calcule par une formule mathématique : le rapport entre le volume et la dilatation des corps. « Le Royaume des cieux est semblable à un maître de maison. » Un maître de maison sous-entend quelqu’un de riche. Il est sorti tôt le matin afin de louer des ouvriers pour sa vigne. Dans ce cas la vigne symbolise le monde, et de manière plus ciblée, la vie personnelle de l’homme. Celui qui possède une vigne se réjouit et se sent satisfait car il a de quoi se sustenter. Lorsqu’il fait le tour de sa vigne, il grapille un grain par ci, par-là, et rentre content chez lui. Lorsqu’il presse le jus de raisin et le laisse fermenter, il obtient du vin qui l’égaie. Même le plus grand pessimiste, s’il boit deux ou trois verres de vin, devient gai et optimiste ; le peureux aussi, s’il boit un demi-litre de vin il s’enhardit. Les mots dont le Christ se sert représentent des symboles, des principes pour clarifier quelques idées. Il faut comprendre le langage du Christ, c’est un langage divin. Comme les mots que nous utilisons représentent des symboles, des formes d’expression, de même les situations que l’être humain traverse symbolisent également quelque chose. Nous disons domestique et maître ; le domestique occupe une place, le maître, une autre. En tant que domestique, l’individu occupe une situation inférieure, les maîtres lui parlent mal, ils l’interpellent par divers sobriquets qu’il doit supporter. En tant que maître, il occupe une position élevée, tous s’inclinent devant lui. On commande le domestique alors qu’on obéit au maître. Être domestique ou maître sont des situations passagères, des missions temporaires, ce sont des rôles d’acteur. Tant qu’on est sur la scène on sera tantôt domestique, tantôt maître ; quand on descend de la scène, on revêt son véritable rôle. Quel que soit le rôle joué dans la vie, il influence le caractère. Donc, sur la scène l’être humain est extraordinaire, et lorsqu’il descend de la scène, il devient ordinaire. Par conséquent, les gens extraordinaires sont ceux qui travaillent, alors que ceux qui se reposent sont ordinaires. Les acteurs sont extraordinaires alors que ceux qui les observent sont ordinaires. Le maître de maison est extraordinaire car il est sorti au marché pour trouver des gens libres, inemployés, pour les rendre extraordinaires. Il est sorti dès le matin, vers sept heures, et il a enrôlé tous les ouvriers qu’il a trouvés sur place pour un denier par jour. Vous direz qu’il est impossible aujourd’hui pour quelqu’un de travailler pour un seul denier par jour. Le denier est un symbole, celui qui apprend la signification de ce nombre deviendra une personne ordinaire et se mettra au repos. Le maître de maison est sorti plusieurs fois au marché pour chercher des ouvriers, et plus précisément à la troisième, sixième, neuvième et onzième heure, ce qui correspond de nos jours à neuf heures, à midi, puis à trois et cinq heures l’après-midi. À tous les ouvriers qu’il trouvait au fur et à mesure, il payait un denier. On sait combien il payait à chacun, mais le nombre total des ouvriers n’est pas connu. Qui est le maître parti enrôler des ouvriers ? Dieu, le Créateur du monde : Il a envoyé tous les humains sur Terre pour travailler. Le maître enrôle des ouvriers à cinq reprises, à des moments différents de la journée qui correspondent à cinq catégories d’humains. Ces catégories sont visibles dans la vie, mais aussi en chaque individu. La première catégorie représente la conscience humaine, la deuxième catégorie, l’intellect humain, la troisième catégorie, l’âme humaine, la quatrième, le cœur humain, la cinquième, la pensée humaine, c’est-à-dire toutes les forces qui travaillent en l’homme. Pourquoi le maître a-t-il donné le même salaire à tous, un denier chacun ? Le nombre 1 est la mesure avec laquelle nous évaluons nos actes. Celui qui demande deux deniers ne comprend pas la loi fondamentale de la vie. On ne peut pas chevaucher deux montures ; si tu as deux chevaux, tu montes l’un et tu emmènes l’autre derrière toi. Si tu vas à la vigne, tu prends une bèche ; si tu vas dans la forêt couper du bois, tu as besoin d’une hache ; si tu écris, tu le fais avec un stylo ; le vieillard s’appuie sur une canne ; l’on porte un couvre-chef sur la tête, etc. Où que vous regardiez dans la vie, vous voyez que le nombre 1 joue un rôle important. Comme la rétribution d’un travail est déterminée, de même son délai d’exécution l’est aussi. Salomon dit : « Il y a un temps pour toute chose. » Donc le temps de manifestation de la pensée humaine, de l’âme humaine et du cœur humain est déterminé. Lorsque nous parlons de l’âme, nous comprenons les manifestations morales, conscientes, supérieures en l’être. Le cœur est conducteur des sentiments et de l’amour au sens plus général. Quand se manifestera le cœur humain ? Il y a un temps pour cela aussi. Est-il juste qu’une fille de vingt-et-un an dise qu’elle ne veut pas aimer maintenant mais plus tard, à un âge avancé, pour montrer la force de son cœur ? Elle ne montrera rien à ce moment-là. Il y a un temps pour montrer sa force, il ne faut pas se tromper d’époque. Le temps de l’amour est un, celui de la sagesse, un autre, celui de la force, encore un autre. Pour essayer la puissance des substances explosives, il ne faut pas les attiser des heures durant, il suffit d’en approcher une allumette pour qu’elles prennent feu et explosent ; elles manifestent leur force en un instant. C’est la même chose pour les ouvriers qui sont venus travailler à la onzième heure ; ils ont fini leur travail en une heure. Certains ouvriers creusent des fosses toute la journée et d’autres mettent juste un doigt dans la fosse pour terminer tout le travail. Les gens de la onzième heure sont particulièrement utiles, on les appelle mères. Lorsque vous faites la somme des deux unités du nombre 11, vous obtenez le nombre 2, la mère. Donc l’unité est le père et le deux, la mère. Si vous n’ajoutez pas le un et le deux, ces nombres seront toujours en contradiction ; lorsque vous les additionnez, vous obtenez le nombre 3, l’enfant. Le trois est un résultat, un nombre d’équilibre. Les nombres 6 et 9 sont aussi un résultat. Le nombre 3 symbolise les différences entre les individus, le 6, la différence entre les foyers, le 9, la différence entre les peuples et le 11 est le nombre de la discorde. Lorsque vous lisez la parabole du maître de maison, vous demandez pourquoi le maître a payé les derniers ouvriers autant que les premiers. Je demande à quel enfant la mère donne le plus ? À celui qui pleure. Pourquoi ? Pour avoir la paix à la maison. Par conséquent, lorsque vous demandez pourquoi Dieu donne aux mauvais autant qu’aux bons, vous saurez qu’Il agit ainsi pour avoir la paix dans le monde. Lorsqu’ils ont des maisons, des champs, des vignes, de l’argent les méchants s’apaisent ; si on les prive de leur richesse, ils deviennent des trublions, ils fomentent des troubles et font du bruit. Si vous voulez la paix dans le monde, contentez d’abord les méchants, donnez-leur le plus de richesses et de biens possibles. Donnez les rênes du commandement aux méchants pour voir comment ils agiront. Si vous laissez les bons gouverner, ils ne feront rien. Pourquoi ? Parce qu’ils veulent arranger tout de façon divine. Ils peuvent faire ce travail bien, uniquement s’ils sont intelligents et parfaits ; alors leur travail surpassera celui que les méchants auront fait. « Vivons selon les commandements divins ! » C’est bien aussi, mais pour savoir quand enrôler des ouvriers, faut-il encore sortir à temps. Le maître de la vigne est sorti tôt pour enrôler les premiers ouvriers. Il est ressorti ensuite quatre fois pour enrôler les autres. S’il arrive à un maître, de nos jours, de chercher des ouvriers, il ira une seule fois et dira : « Je ne sors plus. » Le maître de maison est sorti cinq fois au marché pour trouver cinq catégories d’ouvriers. Les premiers étaient les ouvriers de la raison humaine. En voyant qu’ils étaient disponibles, il les a envoyés dans la tête pour qu’ils travaillent là. Les ouvriers qu’il a loués à la troisième heure étaient ceux de l’intelligence, ceux du marchand qui travaille en gros et pas au détail ; ils ne font que spécifier, comme des ingénieurs. Les ouvriers qu’il a loués à la sixième heure, étaient ceux de l’âme ; ils sont venus peu avant midi ; ils représentent les sentiments moraux dans l’être humain, ceux qui doivent quitter leur haute position pour remplir leur mission. Ainsi, saurez-vous au moins quand il est midi dans le monde spirituel : lorsque l’homme traverse de grandes souffrances et de grands tourments, il est midi dans le monde spirituel ; pour s’aider, il doit appeler les sentiments moraux à son secours. Lorsqu’il est sorti à 3 heures de l’après-midi, le maître a loué les ouvriers du cœur ; on a remarqué que le cœur aime les ombres. Les ouvriers qui sont venus à cinq heures de l’après-midi sont ceux du monde physique qui pensent à boire et à manger ; ils passent leur vie à s’adonner aux plaisirs, à boire et à manger et disent à la fin : « Nous avons fait notre temps comme il se doit et maintenant il est temps de nous reposer. » Les différentes catégories d’ouvriers ont un rapport à la vie sociale des humains. La première catégorie d’ouvriers que le maître a loués tôt le matin sont les prêtres ; viennent ensuite les enseignants, les magistrats, les marchands et enfin les agriculteurs. Lorsque le maître a payé tous les ouvriers un denier, les ouvriers de position plus élevée ont protesté : « Comment peut-on nous placer au même niveau que les ouvriers de basse condition ? Nous avons tant travaillé et on nous paie comme les autres, c’est injuste ! » Prédicateurs, professeurs et magistrats protestent. Souvent il convient d’être satisfait en tout, mais parfois non. Il y avait en Angleterre un prédicateur fameux qui se distinguait par sa grande éloquence. Des milliers de personnes venaient à ses prêches, et parfois même le roi. Ce dernier a dit une fois à son premier ministre : « Nous devons augmenter les revenus de ce prédicateur pour qu’il soit plus à l’aise et ne se soucie pas de sa nourriture ; il pourra ainsi se consacrer davantage à son travail. » Le ministre s’est acquitté de la demande du roi. En deux ou trois ans la voix du prédicateur s’est perdue, on n’entendait plus les beaux prêches. Le roi s’est enquis auprès du ministre : « Pourquoi le prédicateur a-t-il cessé de donner ses prêches éloquents ? » Et le ministre de répondre : « Lorsqu’il engraisse, le coq cesse de chanter. » Si la mère veut que son enfant chante bien, elle ne doit pas prêter oreille à ses désirs. Comme il chante bien l’enfant qui veut obtenir quelque chose de sa mère ! Dès qu’on accède à sa demande, il cesse de chanter et va dehors pour jouer avec ses camarades. Pourquoi le chanteur chante si bien sur scène, pourquoi le violoniste joue si bien ? Parce qu’ils ont faim, ils chantent pour du pain. Pourquoi les prêtres, les professeurs, les magistrats travaillent-ils ? Pour du pain. Vous direz qu’ils travaillent pour des idées ; ils travaillent pour du pain. Il y a des lois implacables dans la vie : la faim est une loi implacable, sans pain on ne peut vivre. Je prends le pain au sens large du terme et pas comme on l’entend d’ordinaire. Si on pouvait vivre sans pain, Dieu créerait un autre monde, pas celui d’aujourd’hui. En le sachant, Il a donné beaucoup de pain aux humains pour qu’ils soient rassasiés et contents. Lorsqu’il se nourrit, l’être humain éprouve des sentiments nobles et élevés. La nourriture n’est pas seulement physique, c’est-à-dire matérielle, mais aussi affective et mentale. Donc, lorsqu’il pense, lorsqu’il ressent et qu’il fait de bonnes choses, l’individu se nourrit aussi. En se nourrissant ainsi, il éprouve le besoin de partager ses pensées, ses sentiments et ses actes avec son prochain. Partagez alors votre nourriture matérielle avec lui pour que les échanges se fassent correctement. « Louer des ouvriers pour sa vigne. » Labourer est un travail spécial. L’homme doit longtemps étudier à l’université divine pour apprendre à labourer. Lorsqu’il laboure, il lève et baisse la pioche et dit ha. Que signifie ce ha ? L’effort, le labeur. Un cafetier turc employait un pilon pour moudre son café devant sa boutique et faisait entendre le son ha à chaque coup de pilon. Un homme qui passait par là s’est arrêté devant la boutique pour l’observer. En entendant le son ha à chaque coup de marteau, il a dit au turc : « Ami, devenons associés, tu vas moudre le café et moi je dirai ha. » Le turc l’a regardé, il a souri et a répondu : « D’accord ! » Ils se sont mis au travail. Le turc élevait et abaissait le lourd pilon, et l’associé était attentif à saisir le moment pour dire ha. Ils ont ainsi fini de moudre tout le stock de café. Le turc a fait des cafés à ses clients en mettant les sous dans une large boîte métallique. Son associé lui a dit : « Ami, tu me dois la moitié des gains. » Le Turc se taisait sans rien dire. L’homme l’a alors traîné au tribunal. Il a raconté devant le juge toute l’histoire en insistant pour recevoir une partie des gains. Le juge a voulu voir la boîte métallique dans laquelle le Turc collectait l’argent. Il a mis un sou à l’intérieur et s’est tourné vers l’associé avec ces mots : « Ce tin que tu entends à chaque sou qui tombe dans la boîte sera ton salaire. » Aujourd’hui, beaucoup de gens tournent autour des ouvriers pour les regarder travailler. En entendant qu’un crime a été perpétré quelque part, ils disent ha ; en entendant que quelque part de bonnes choses se font, ils disent encore ha. Ici ha, là-bas ha, et puis ils sont étonnés que personne ne les paie et que leurs affaires ne marchent pas : tin sera leur salaire. Cet exemple illustre une grande loi. L’enseignement du Christ renferme de grandes lois, de grands principes qui sont incompréhensibles encore aujourd’hui. Pourquoi ? Parce qu’ils ne sont pas appliqués. Beaucoup disent que l’enseignement du Christ est encore inapplicable et se contentent de le prôner. L’enseignement du Christ est applicable. Il peut être appliqué même dans les écoles. Chaque principe moral est applicable. Avec les nombres 3, 6, 9 et 11 nous voyons qu’il y a des jours propices et des jours peu propices dans la vie humaine. Les jours propices, tu dois travailler et les jours peu propices non. C’est une loi et pas une superstition comme certains le croient. Si tu n’es pas disposé et si ton travail marche mal, reporte le pour un temps ou bien adapte-le. Cela s’applique à tous les ouvriers, prédicateurs, professeurs, juges, avocats, marchands : si vous n’êtes pas bien disposés aujourd’hui, reportez votre travail. Beaucoup de dossiers d’avocats ont échoué à cause de leur indisposition ; beaucoup de prêches sont restés infructueux à cause de l’indisposition du prédicateur. La mère non plus ne doit pas câliner ou embrasser son enfant si elle est mal disposée ; même si elle l’embrasse, l’enfant ne reçoit rien. On profite de la bénédiction de son prochain si ce dernier est dans de bonnes dispositions mentales, affectives et spirituelles. Commencez votre travail en de bonnes dispositions ; fréquentez les gens uniquement lorsque vous êtes bien disposés ; visitez les malades lorsque vous êtes bien disposés. Si le médecin est mal disposé, il ne peut pas aider le malade. Quiconque applique cette loi, évitera quatre-vingt-dix-neuf pour cent de ses tourments et de ses contradictions. Voilà pourquoi lorsqu’on étudie le christianisme, il faut pour l’appliquer s’arrêter non seulement sur son côté apparent, mais aussi sur son sens intime, profond. Le christianisme ne se limite pas à prier, à allumer des bougies et des veilleuses. Si le monde pouvait être sauvé uniquement en brûlant des bougies et en priant, il le serait déjà. Il faut allumer des bougies mais non pas en cire ; il faut allumer des veilleuses mais non pas à l’huile. Le mot bougie désigne la pensée humaine, et la veilleuse, le cœur humain. Les humains allumaient des bougies et des veilleuses avant même la venue du Christ, mais ils savaient pourquoi ils le faisaient. Chaque phénomène de la nature a aussi lieu en nous ; nous devons ainsi comprendre la signification de tous les phénomènes dans la nature et en tirer profit. Lorsque j’observe la chute des feuilles à l’automne, je n’éprouve pas de chagrin, mais je réfléchis sur ce processus et je le cherche dans la vie humaine. Je fais ainsi l’analogie entre les phénomènes naturels et les phénomènes humains. Le poète contemple la chute des feuilles des arbres et le décrit en forme poétique ; il y a de la mélancolie dans cette poésie. Mais lorsqu’il voit un fruit tombé de l’arbre, il ne s’attriste pas. Pourquoi le fruit tombé ne le rend pas triste ? Parce qu’il est mûr. Il considère que le fruit avait fini son développement alors que la feuille avait encore des choses à développer. Il ne faut pas raisonner de la sorte, la feuille aussi a terminé son développement en tant que feuille. Elle ne peut pas évoluer en tant que fruit, mais peut devenir une feuille plus belle et plus parfaite. Elle tombe à l’automne, nourrit le sol pour réapparaître de nouveau au printemps. L’avènement de la culture contemporaine n’a été possible que grâce aux millions de feuilles qui tombent au sol et portent leur message divin. L’être humain aussi, tel une feuille, descend sur Terre pour porter le message divin aux âmes qui l’attendent. La descente de l’être humain sur Terre, parmi des créatures faibles et impuissantes n’est rien d’autre que le passage de l’âme par le trou d’une aiguille, dont il est question dans les Écritures. Le Christ dit : « Il est plus facile pour un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. » C’est vrai, avant d’entrer au Royaume de Dieu, le pauvre et le riche passent un grand nombre de fois par le tombeau, par le trou de l’aiguille qui les oblige à se dépouiller de tout ce qui est terrestre. Ce que l’être humain a gagné sur Terre, il le laisse sur terre. La seule chose qu’il prend avec lui, c’est la pioche, c’est-à-dire l’outil pour travailler : la pioche symbolise le travail. Il y a donc du travail au Ciel comme sur la Terre. Tant qu’il est sur Terre, l’homme doit remercier pour son corps, la plus grande richesse dont il puisse disposer. Il est doté d’aptitudes qu’il doit développer. Il acquiert ainsi une richesse spirituelle qu’il emporte avec lui. « Le maître de maison est sorti dès le matin pour louer des ouvriers pour sa vigne. » Qui est le maître de maison ? Le Seigneur. Il descend sur terre pour louer des ouvriers pour sa vigne. Il a loué pour travailler sur sa vigne tous les peuples européens qu’Il a croisés. Ils ont travaillé cinq ans, et la guerre s’est achevée. Ils reviennent du travail et Dieu les rétribue maintenant. Les Bulgares se demandent : « Combien serons-nous payés ? – Un denier. – Et les Anglais ? – Un denier. – Et les Allemands, les Serbes, les Français, les Russes ? – Un denier chacun ! – Certains ont combattu plus que d’autres. – Cela ne fait rien, tous seront payés un denier. » À vous aussi qui m’écoutez aujourd’hui, il sera donné un denier. C’est la loi de la justice divine, elle doit être le fondement de la société contemporaine. Le travail de chacun n’est pas identique, pourtant le maître de maison octroie le même montant, un denier. Si tu aimes, aimes pour un denier. « Combien m’aimes-tu ? – Un denier. » Combien d’argent cela représente-t-il ? Cent vingt sous. Le nombre 120 est un résultat qui joue un rôle à l’échelle de l’univers. Le nombre 12 aussi est un résultat, mais à l’échelle de la vie humaine. Lorsque vous ajoutez trente sous aux cent-vingt, vous obtenez cent cinquante, le nombre par lequel le mal se manifesté. En 1915, les Bulgares sont intervenus dans la Première Guerre Mondiale ce qui indique qu’ils seront soumis à un nettoyage. Entre 1913 et 1918 il y a un certain rapport : 1918 est le prolongement de 1913. Ils seront passés au feu cette fois-ci encore pour se purifier ; par la suite ils ne songeront même plus à faire la guerre. Chaque chose qui se produit dans le monde se fait en temps et en heure. Chaque être humain naît au moment qui lui est assigné, c’est pourquoi les humains se distinguent tous les uns des autres. Il a été établi que ceux qui naissent à partir du 9 mars sont plus idéalistes, leur intelligence fonctionne plus que le cœur et ils souffrent notamment de maux de tête. Si quelqu’un dit qu’il souffre de maux de tête chroniques, je sais qu’il est né en mars lorsque le Soleil occupe le signe du Bélier. Le bélier est docile, mais si deux béliers se croisent, ils se cognent tête contre tête. Celui qui combat la matière abîme son intelligence. C’est notamment le cas dans la vie du poète : dès qu’il se met à se préoccuper de sa subsistance, sa poésie disparaît. Voilà pourquoi, lorsqu’une pensée divine, lumineuse éclaire votre esprit, ou qu’un désir sublime, une impulsion magnifique agite votre cœur, appliquez-les immédiatement ; si vous les reportez, vous vous mutilez vous-même. Si vous dites que cette pensée est inapplicable, vous vous freinez ; si elle était inapplicable, elle ne vous viendrait pas à l’esprit. Si vous ne l’appliquez pas, un autre l’accueillera. C’est ainsi que Dieu frappe pour entrer dans les esprits et les cœurs. Celui qui ne L’accueille pas, errera de porte en porte pour se proposer en tant qu’associé et prendre part au moins à la prononciation du son ha. Il peut y prendre part, mais saura que son salaire sera tin, le son qu’on entend lorsqu’un sou est jeté dans la boîte métallique. Si vous n’apprenez pas à travailler et à jouer de la musique sur Terre, vous n’apprendrez jamais au Ciel. Si vous allez non préparé au ciel, on vous renverra aussitôt sur Terre : c’est la loi de la réincarnation. L’homme est venu sur Terre pour passer par le tourment, le labeur et le travail. En tant qu’humain tu seras tourmenté ; en tant qu’ange tu endureras le labeur ; quant au travail, tu travailleras avec Dieu. Autrement dit, tu te tourmenteras avec ton ventre, le temps de digérer la nourriture ; puis tu éprouveras le labeur avec tes mains, enfin tu travailleras avec ta tête. Les humains s’échinent, se tourmentent, font du labeur et travaillent, mais réussissent peu car ils se servent de la forme négative du verbe pouvoir. Comment peuvent-ils agir de manière négative ? Comme ils peuvent agir de façon négative, ils peuvent aussi agir de façon positive. « Je ferai des erreurs. – Fais des erreurs mais avance ! Il est préférable de travailler même en commettant des erreurs plutôt que ne pas travailler et ne pas faire d’erreurs. » Qui fait des erreurs peut aussi les corriger. Celui qui déteste peut aussi aimer ; celui qui commet le mal, peut aussi faire le bien. Le dispendieux d’aujourd’hui sera un jour très économe. Qu’est-ce qui est bien ? Ce qui est en harmonie avec les grandes lois divines. Chaque action qui contribue à élever l’humanité entière contribue au bien. Les actes de l’être humain se jugent à l’aune des résultats qu’ils produisent ; on classe certains de ses actes comme mauvais alors qu’on ne peut les juger qu’en constatant le résultat obtenu. Les résultats obtenus dans la vie déterminent son avenir. Soyez justes dans la vie, ne lésez personne, comme le maître de maison a été juste. Il a donné aux premiers ouvriers ce qui leur revenait sans les léser ; il n’a pas lésé les derniers non plus. Si les humains continuent d’appliquer l’ancienne morale, le monde sera complètement retors. Appliquez la morale divine dans votre vie pour répondre aux besoins de tous. Celui qui ne contribue pas à satisfaire les besoins de sa raison, de son cœur et de son âme, commet un crime, un acte malveillant. Chacun doit avoir en premier lieu le nécessaire, puis l’utile et enfin le surplus – donné par la grâce. Les biens dont nous profitons viennent des anges qui nous envoient de leurs surplus. Si les anges étaient avares comme les humains, la vie sur terre cesserait. Grâce à leur générosité nous vivons dans l’abondance. Soyons généreux, envoyons nos propres surplus aux créatures qui vivent au-dessous de nous. Pour nous leur vie est un enfer, pour eux notre vie est un paradis. Le rapport entre nous et les créatures inférieures est le même qu’entre nous et les anges : pour les anges, notre monde est un enfer, pour nous leur monde est un paradis. Donc, pour certaines créatures le paradis est sur Terre, pour d’autres, au Ciel. Appliquez les lois divines et n’en doutez pas. Croyez en vos âmes comme manifestations du principe divin. Quelqu’un dira qu’il ne croit que ce qu’il voit. Si je lui demande s’il croit à sa raison et à son cœur, il dit qu’il y croit ; et croit-il à ses pensées et ses sentiments, il l’affirme aussi. Comment y croit-il puisqu’il ne les a pas touchés ? Qui peut palper son discernement et son cœur, ses pensées et ses sentiments ? Le toucher est un sens extéroceptif dont se servent les animaux ; après le toucher viennent le goût, l’odorat, l’ouïe et la vue. Par conséquent, pour avoir une idée précise des choses, on doit les vérifier avec ses cinq sens et pas avec un seul. Si quelqu’un dit qu’il ne croit que ce qu’il peut toucher et entendre, il n’est pas entré dans la réalité. Celui qui s’appuie uniquement sur son goût et son toucher se trouve dans l’hémisphère sud car la bouche et les sentiments sont en bas ; celui qui croit à son ouïe et à sa vue seulement est dans l’hémisphère nord car les oreilles et les yeux sont sur la tête. Qui est à l’équateur ? Celui qui passe d’un hémisphère à l’autre. L’équateur est une zone neutre. Quelle région du mental humain correspond à l’équateur ? L’intellect. Pourquoi doit-on penser ? Pour avoir de l’équilibre. Seul l’être équilibré peut choisir les ouvriers dont il a besoin. Qui sont les ouvriers chez l’être humain ? Ses pensées, ses sentiments et ses actes. On ne doit choisir que des pensées, des sentiments et des actes qui sont nécessaires pour son développement et qui donnent de bons résultats. Le Christ a raconté la fable du maître de maison il y a deux mille ans. Vous aussi, vous écoutez aujourd’hui la même fable ; quelle est la différence entre vous et les auditeurs d’alors ? Vous êtes plus âgés qu’eux. C’est mieux pour vous, vous percevez mieux en étant plus âgés. Quelqu’un dit : « Si je dois me marier, que ce soit quand je suis jeune. » Qu’y a-t-il de mal à se marier à quarante ans au lieu de vingt ans ? Un jeune homme est tombé amoureux d’une fille, mais elle en aimait un autre qu’elle a épousé. Pour ne pas l’affliger, elle lui a dit : « J’ai donné ma maison à un autre, mais je ferai une nouvelle maison que je te donnerai. » Elle a donné naissance à une fille qui vingt ans après a épousé cet homme. Le mariage a un sens uniquement lorsqu’il rapproche l’être humain de Dieu, lorsque les époux s’entraident. Mais quel est ce mariage qui éloignerait les humains de Dieu et empoisonnerait leurs relations mutuelles ? Si vous observez la vie des familles, vous verrez que parfois leurs membres se cognent la tête entre eux, se disputent, se cherchent des noises. En ce sens, les têtes de l’homme et de la femme sont comme des récipients dans lesquelles on moud le café ; leurs enfants les entourent et disent ha, mais rien ne sort en fin de compte de cette alliance. Dans d’autres familles, tous les membres ont l’aspiration d’une graine de courge : accaparer le plus de terrain possible, s’étendre au détriment des autres ; en s’emmêlant les tiges, ils s’embrouillent et n’obtiennent aucun résultat. Ils vivent ainsi quelques mois, tant que le maître du champ ne vient pas récolter tous les légumes. Il est préférable de donner un petit fruit, mais vivre longtemps plutôt que d’avoir un gros fruit et une vie courte. Quel monde serait le nôtre si les têtes de tous étaient grosses comme des courges ? Le monde s’améliore chaque jour grâce aux plantes qui concourent entre elles sur des questions intelligentes. Elles se développent progressivement, s’anoblissent et commencent à se sacrifier : les arbres, pour du combustible et pour des constructions ; les fleurs avec leur arôme et leurs belles couleurs agissent sur la pensée humaine. On se met à les étudier et à se demander pourquoi certaines fleurs embaument l’air et d’autres non ; pourquoi les unes sont jaunes et d’autres rouges ; pourquoi certaines ont cinq pétales et cinq étamines et d’autres plus, ou moins. Chacun peut s’identifier à une plante avec une aspiration et un développement spécifique. Quelqu’un aspire à être comme la cerise et devenir rond et rouge comme elle. Ce désir n’est pas à blâmer, mais cet homme doit sélectionner ses pensées et ses sentiments car ils entrent chez lui comme des ouvriers pour se fabriquer une maison. Que cette maison soit bien ou mal construite ne vous indiffère pas. Lorsque vous rentrez dans une maison où l’homme et la femme se querellent, vous ne pouvez pas les ignorer, vous leur direz toujours quelque chose pour les aider. Vous devriez être d’autant moins indifférent à vos propres pensées et sentiments qui bâtissent leur maison en vous. Voilà pourquoi on doit s’éduquer et gérer ses pensées et ses sentiments. En travaillant sur soi, on travaille aussi sur ses proches. C’est pourquoi je dis : lorsque tu croises quelqu’un d’affamé, nourris-le ; s’il est assoiffé, donne-lui de l’eau pour le désaltérer. Tout comme on travaille dans le monde physique, on peut aussi travailler dans le monde mental. La situation de celui qui ne vit que pour lui est terrifiante. Seul Dieu a le droit de ne vivre que pour Lui, car Il inclut tout en Lui. L’être humain doit vivre pour Dieu et Dieu pour Lui. « Je veux vivre pour moi-même. – Alors tourne-toi vers Dieu, qu’Il vienne en toi, demeure en toi, et toi, vis pour les autres. Il est venu le temps où tout le monde doit se rendre au marché : les prêtres avec leurs encensoirs, les enseignants avec leurs abécédaires, les magistrats avec leurs livres de lois, les marchands avec leurs boisseaux pleins de blé, les agriculteurs avec leurs charrues. Le Christ sortira tôt le matin au marché louer ces ouvriers pour sa vigne. Dans notre cas, la vigne du Christ est le peuple bulgare. Quelle que soit votre situation : prêtre, enseignant, magistrat, marchand ou agriculteur, vous devez tous être prêts à travailler. C’est le chemin par lequel le peuple bulgare peut s’élever. Pour être grand, un peuple doit accueillir en lui le Dieu de la raison, de intelligence, du cœur, de l’âme et de la force et tous doivent être satisfaits de leur labeur et de leur travail. Ouvrez les yeux pour voir le Dieu vivant qui se manifeste sur Terre. Que chacun Le voie en lui, et qu’il fasse la différence entre son Dieu et le Dieu des autres. Il est important que chacun Le comprenne, Le reconnaisse et L’accueille selon son propre degré de développement. Si tu es musicien, tu trouveras Dieu dans la musique ; si tu es poète, tu Le trouveras dans la nature ; si tu es marchand, dans l’argent. Chacun Le trouvera quelque part, et même s’Il est manifesté à l’extérieur. Les objets extérieurs suscitent pensées et sentiments qui mènent à Dieu. Par exemple, si vous recevez un bouquet de belles fleurs, vous pensez aux fleurs, à celui qui les a envoyées et un sentiment de chaleur, de bonté s’éveille aussi envers Celui qui a créé les fleurs. Reconnaissez Dieu comme justice qui donne quelque chose à chacun, au moins un denier. Même si vous ne travaillez qu’une heure, vous recevrez tout de même un denier sur lequel vous bâtirez aujourd’hui et à l’avenir. C’est sur ce denier que se construira votre vie future. Je vous offre un bouquet avec cinq fleurs différentes : les cinq catégories d’ouvriers. Votre ami, le Seigneur, vous envoie ce bouquet. Etudiez-le jusqu’à ce que vous pénétriez son contenu et son sens profond. Sofia, 10 novembre 1918 Traduction par Bojidar Borissov
  19. Les élus « Mais tous unanimement se mirent à s'excuser ». Luc 14 :18 En lisant le chapitre 14 de Luc, vous y voyez des extraits d’une longue parabole dans laquelle le Christ a développé quelques principes communs à toute l’humanité. Il y est dit qu’un homme a donné un grand souper et qu’il a invité beaucoup de monde ; on parle de convives à un souper. Les mots invitation et culture ont quelque chose en commun. La culture désigne le degré de développement matériel et spirituel d’un peuple ; chaque introduction à quelque chose de neuf est aussi une culture ; chaque transition d’un état à un autre est aussi culture. Le mot convive sous-entend le passage d’un homme d’un état ordinaire à un état extraordinaire. C’est vrai, pour être invité à un grand souper, il faut sortir de son état ordinaire et entrer dans un nouvel état festif. Quel est le dénominateur commun entre les trois invités qui se sont décommandés ? Le premier s’est décommandé sous le prétexte qu’il doit aller voir son champ ; le deuxième, pour essayer les cinq paires de bœufs qu’il a achetés ; le troisième, parce qu’il s’est marié. Ces trois-là qui ont décliné l’invitation représentent trois catégories d’hommes qui n’acceptent pas la nouvelle culture : la première catégorie y renonce car ils vont à leurs champs ; la deuxième catégorie, car ils vont essayer leurs bœufs, la troisième, car ils vont se marier. Les trois catégories d’humains qui ont renoncé à la culture du Christ peuvent être assimilées au grain tombé dans des conditions défavorables : la première catégorie, c’est le grain tombé sur un chemin ; la deuxième catégorie, c’est le grain tombé dans les ronces ; et la troisième catégorie, le grain tombé dans un endroit pierreux. Nombreux sont ceux à qui le Christ a proposé un nouveau chemin, une nouvelle culture, une nouvelle vie, mais tous ont décliné, ils ont préféré s’occuper de leurs champs, conquérir des territoires, étendre leurs frontières. Les juifs étaient de la première catégorie qui a renoncé sous prétexte de devoir cultiver leurs champs ; ils ont dit au Christ : « Nous ne sommes pas d’accord avec ton enseignement hérétique. » Ensuite ils l’ont crucifié. Le Christ a aussi montré le chemin aux peuples latins qui s’occupaient des cinq paires de bœufs, mais ils ont aussi décliné. Ils ont créé en fin de compte l’inquisition au nom du Christ ; l’histoire recense cinquante millions de personnes victimes de l’inquisition. La troisième catégorie de personnes, ce sont nos contemporains qui se marient et refusent la nouvelle culture. Ils disent : « Pourquoi une nouvelle culture, une nouvelle vie ? Tant qu’il y a à boire et à manger, nous boirons, nous mangerons et nous nous amuserons avec femmes et enfants. » Il n’y a rien de fameux dans cette philosophie. C’est aussi ce qu’a dit Salomon qui avait trois cents femmes et six cents concubines ; après avoir essayé toutes les douceurs de la vie terrestre, il a dit : « Vanité des vanités, tout est vanité ! » Aujourd’hui, croyants et incroyants citent la pensée de Salomon, en ayant en tête aussi bien la vie physique que la vie spirituelle. Ce n’est pas exact. Salomon a tiré cette conclusion après avoir essayé tous les biens passagers sur terre. Toi qui tires la même conclusion, as-tu éprouvé la vanité de tous les biens ? Si ce n’est pas le cas, tu n’as pas le droit de parler ainsi. Si tu tires la conclusion d’après ta vie personnelle et d’après les sottises que tu as commises, elles ne peuvent pas se généraliser à tous, elles ne suffisent pas pour en faire une philosophie de la vie. Que représente le champ que les gens cultivent ? C’est le corps humain. La jeune fille se regarde plusieurs fois par jour dans le miroir, contente d’elle, nullement pressée de se marier. Pourquoi ? Elle ne veut pas être mère, porter des enfants ; elle s’occupe de son champ. Le jeune homme se promène librement dans les rues, lève et baisse sa canne et ne veut pas se marier, devenir père et avoir des contraintes. Ceux qui ne pensent qu’à leur champ agissent de la sorte, qu’ils soient jeunes ou vieux. La vieille grand-mère aussi estime que les jeunes font des bêtises. Ce ne sont pas des bêtises. Tous les jeunes ne sont pas bêtes et tous les vieux ne sont pas sages. Est-ce que les ruisseaux qui sortent de la source principale sont troubles ? Au départ toutes les rivières sont pures, mais en s’écoulant au loin et en traversant les couches terrestres, elles accumulent des résidus qui troublent leurs eaux. Tous les jeunes gens sont propres et limpides comme un torrent ; en empruntant le long chemin de la vie, ils vieillissent, c’est-à-dire se troublent. La vieillesse n’est pas une mauvaise chose, elle sous-entend un mouvement en avant. Pour autant, que peut-on attendre de ces jeunes gens qui s’habillent et se changent plusieurs fois par jour et troquent une paire de chaussures pour une autre encore plus à la mode ? On ne peut rien attendre d’eux. Ils restent postés devant le miroir et se regardent, et si vous les invitez à un grand souper, ils déclinent. Pourquoi ? Parce qu’ils s’occupent de leur champ. Ces gens se font passer ensuite pour patriotes et ouvriers de la nation. Ne les croyez pas, ils ne pensent qu’à de nouveaux vêtements et de nouvelles chaussures, à des maisons et des biens. Ces patriotes sont partout, dans tous les pays, ils glorifient leur patrie en paroles, mais en réalité ils œuvrent à leur propre gloire. La deuxième catégorie de personnes sont celles qui ont renoncé au diner pour essayer les cinq paires de bœufs. Ces cinq paires de bœufs sont les cinq sens. Ce sont les gens des plaisirs, la vie est un commerce pour eux, ils mettent l’argent à la première place, leur devise dans la vie c’est l’argent. Ils clament comme Petko Slaveikov[1] dans l’une de ses odes : « Piécette d’or, piécette d’or, princesse toute puissante, sans toi c’est l’enfer, avec toi, le paradis. » Ils agissent comme ça leur chante ; où que vous soyez : à la taverne, au théâtre, au concert, ils devancent tout le monde. Là où il y a des plaisirs et des fêtes ils sont les premiers ; ils essaient leurs cinq paires de bœufs, c’est-à-dire ils essaient tout ce qu’ils perçoivent par les cinq sens. Si vous leur parlez de l’enseignement du Christ, de la nouvelle culture, ils vous diront : « Cela importe peu aujourd’hui, ce sont les cinq paires de bœufs qui importent dans le monde d’aujourd’hui. » Pour eux, celui qui va au-delà des cinq sens et croit à autre chose est un sot mal éduqué et mal luné. Vous verrez ces gens dans tous les cafés et dans toutes les brasseries, attablés devant des verres remplis, les jambes croisées, en train d’expliquer le sens de la vie. Où est le sens de la vie ? Au champ ? À éprouver les cinq paires de bœufs ? Je n’ai rien contre ceux qui travaillent au champ ; je n’ai rien non plus, contre ceux qui font du commerce avec leurs cinq paires de bœufs, mais je dis que celui qui sacrifie le supérieur pour l’inférieur ne comprend pas le sens de la vie. Chacun doit se demander quel est le sens de sa vie. Lorsqu’il grandit, l’enfant s’y intéresse beaucoup, il se mesure constamment et se compare aux autres enfants pour voir s’il a grandi. La petite fille veut être grande comme sa mère et avoir des longs cheveux noirs, des sourcils noirs et arqués, des lèvres rouges et pulpeuses. Et cela se réalise, elle devient une jeune femme svelte et jolie qui s’émerveille devant sa beauté et qui émerveille ceux qui la côtoient. Le petit garçon quant à lui veut être comme son père, avoir une barbe et des moustaches, être fort. Lorsqu’il grandit, il devient beau et svelte et attire l’attention des filles. Un jour, les jeunes gens perdent leur jeunesse, les cheveux blanchissent jusqu’à ce que la vieillesse vienne ; ils se courbent et disent aux jeunes : « Fiston, notre vie est finie. Vanité des vanités et tout est vanité ! » Ce sont les gens qui ont éprouvé leurs cinq paires de bœufs : ils ont tout centré autour de leurs cinq sens. Je leur demande : « Avez-vous essayé de labourer avec les cinq paires de bœufs ? – Nous avons essayé, nous avons labouré avec eux. – Puisque vous avez déjà labouré, sachez qu’il y a quelque chose de supérieur au labourage à quoi il faut désormais aspirer. » J’en viens maintenant à la troisième catégorie de personnes, celles qui ne pensent qu’à elles, qui veulent occuper une position sociale élevée. Si vous leur parlez de l’enseignement du Christ, ces gens vont aussitôt vous demander ce qu’il a à voir avec leur situation sociale ? Ils sont déjà mariés ; quel est le rapport de l’enseignement du Christ au mariage ? « Ne nous comptez pas pour le souper. » Depuis deux mille ans le Christ convie tout le monde, tous les peuples à un grand souper pour leur expliquer les principes de la vie, mais aujourd’hui encore ils se décommandent. Qu’est-ce qui les attend s’ils renoncent ? Où est le peuple juif, où est le grand empire Romain ? Les peuples aujourd’hui traversent aussi une grave crise. Ce n’est que maintenant que l’idée d’un salut de l’humanité, grâce à l’union fraternelle de tous les peuples, commence à se frayer un chemin. Ce n’est que maintenant que l’idée que l’être humain ne vit pas uniquement sur Terre, émerge peu à peu. Les gens commencent donc à appréhender leur vie, comme celle des végétaux c’est-à-dire une vie pour les racines - une vie matérielle, inférieure, et une vie pour les ramifications - une vie sublime, spirituelle. La vie terrestre va vers le centre de la Terre et la vie spirituelle vers le centre du Soleil. Les habitants de la Terre qui vivent dans les racines de la vie en ont une compréhension ; les habitants du monde spirituel qui vivent dans les branches en ont une compréhension diamétralement opposée. Mais la vie ne se limite pas uniquement aux racines et aux branches. Il y a une autre vie, celles des fleurs et des fruits. Lorsque vous serez à la vie du fruit, on pourra alors parler du processus de la maturation. Le Christ s’adresse à ses disciples avec des fables pour leur expliquer les raisons pour lesquelles les gens ne peuvent pas entrer dans le Royaume de Dieu. C’est parce que leur attention est accaparée par les champs, les bœufs et leurs postes de travail. Le champ n’est qu’un champ, les bœufs ne sont que des bœufs, le poste - un poste, mais les humains ne peuvent pas découvrir comment rentrer dans le Royaume de Dieu avec leur champ, leurs bœufs et leur poste. Comment vous rendez-vous chez un ami qui vit à quelques kilomètres ? Vous préparez votre attelage et vous vous mettez en route ; en arrivant chez votre ami, vous arrêtez la voiture, et on sort pour vous accueillir. Vous rentrez la voiture dans la cour, vous dételez le cheval pour l’emmener dans l’écurie puis vous vous dirigez vers la maison. Vous enlevez votre manteau avant de rentrer chez votre ami. L’attelage, le cheval et vos bagages sont le champ et les bœufs qui vous freinent pour rentrer dans le Royaume de Dieu. Le manteau est le poste que vous exercez temporairement ; vous vous débarrassez de lui, vous le laissez dehors pour entrer ainsi chez votre ami, c’est-à-dire dans le Royaume de Dieu. Le juge ne fait-il pas la même chose ? Lorsqu’il exerce au tribunal, il met une robe de magistrat ; après la lecture de la sentence il l’enlève et remet ses habits de tous les jours comme quelqu’un d’ordinaire. Tant qu’il est sur le champ de bataille le soldat tient en joue son ennemi ; lorsqu’il baisse son fusil et sa baïonnette, il redevient quelqu’un d’ordinaire. Est-ce de la culture ? Lorsqu’il meurt, l’homme laisse le champ, les bœufs, sa femme et ses enfants et part seul dans l’autre monde, où reste sa culture ? Tout ce qui le rendait cultivé, extraordinaire, il le laisse sur Terre et part seulement avec ce qu’il avait en arrivant. Quelle culture avaient les juifs qui ont perdu leur terre et sont devenus esclaves des égyptiens ? Vous direz que les égyptiens étaient cruels, qu’ils massacraient les nouveau-nés juifs. Les peuples d’aujourd’hui ne font-ils pas la même chose, les êtres humains ne font-ils pas la même chose ? Vous anéantissez ce qui est noble et sublime en vous et vous passez pour des gens cultivés. Anéantir le divin en soi, c’est massacrer les enfants de Dieu. Que direz-vous de ceux qui ont renoncé à assister au grand souper, sont-ils prêts pour la nouvelle culture ? Ils ne sont pas prêts. Alors, le maître de la maison irrité dit à son serviteur : « Va promptement dans les places et dans les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. » Ceux-là ont répondu à l’invitation, ils sont porteurs de la culture future. Qui sont les estropiés ? Ceux qui ne touchent pas aux affaires des autres. Qui sont les boiteux ? Ceux qui ne commettent pas de crimes. Qui sont les aveugles ? Ceux qui ne sont pas cupides. Le cupide est assoiffé d’argent, le considérant comme la plus grande richesse, mais ne voit pas le Royaume de Dieu qui apporte la véritable richesse. Pour lui l’argent et le charbon ont le même prix. L’argent est précieux, c’est vrai, s’il est raisonnablement utilisé. Celui dont les mains se refusent à faire le mal et dont le cœur est ouvert pour l’amour correspond aux estropiés. Celui qui n’envie pas et ne fait pas de mal correspond au boiteux. Et le maître dit à son serviteur : « Aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon souper. » Qui sont les véritables élus ? Les pauvres, les estropiés, les boiteux et les aveugles ; ils ont répondu à l’invitation. Ils sont extérieurement repoussants, disgracieux, mais le jour viendra où leur beauté éclatera au grand jour, dans l’accomplissement de bonnes œuvres et d’exploits mémorables. On les aimera pour leurs actes comme on aime les riches pour leur argent. Il vaut mieux être aimé pour ses actes plutôt que pour son argent et sa beauté extérieure. Qu’est-ce qui vaut mieux, être beau à l’extérieur comme la lumière du jour qui éclaire tout en journée mais s’éteint le soir, ou bien être beau à l’intérieur, éclairé par la lumière divine ? Cette première beauté est appelée physique, la seconde, spirituelle. La première se manifeste en journée, la seconde se manifeste le soir et éclaire le chemin des souffrants et des misérables, des affligés, des égarés. C’est pourquoi il est dit que les belles choses croissent dans l’obscurité. David dit : « Abrite-moi sous ton aile. » Les Bulgares qui croient au mauvais sort ne permettent pas aux jeunes filles de sortir en journée de peur d’attirer un mauvais sort. Qu’est-ce que le mauvais sort ? Les pensées et les désirs malveillants des humains. Ils recèlent en eux une force meurtrière ; dans certains cas ils sont plus effroyables que les canons et les grenades. Le livre d’un écrivain qui regorge de pensées et de sentiments retors intoxique les esprits et les cœurs de plusieurs générations, alors que les canons ne durent qu’un temps, le temps d’une guerre. Le christianisme vient sauver l’humanité des pensées et des sentiments malveillants et pervers, inculqués aux gens depuis des milliers d’années. Vous direz que le christianisme est un nouvel enseignement qui a deux mille ans. Il n’est pas nouveau, il a déjà traversé trois périodes. La première date de la création du premier homme à l’image et à la ressemblance de Dieu ; aujourd’hui encore il vit dans le paradis. La deuxième date du temps du second homme, fait de terre, chassé du paradis pour désobéissance. La troisième est celle de l’humanité actuelle, lorsque les humains sont apparus en dehors du paradis, habillés de chair. Ce sont les humains d’aujourd’hui qui prêchent le christianisme. L’homme contemporain a une compréhension spécifique du christianisme. Le rapport de certains religieux au christianisme est le même que celui de l’inculte envers un livre cher et aux reliures précieuses : il examine le livre, sa page de garde, sa matière, le nom de l’éditeur. Lorsqu’il a fini de l’ausculter il dit à ses amis qu’il a vu un beau livre aux reliures précieuses. C’est important en effet, mais avant tout il devrait prendre connaissance de son contenu et en tirer profit. Le christianisme est un livre précieux, de matière noble qui ne profite qu’à celui qui l’ouvre et le lit ; on y trouve des méthodes et des commandements pour bien vivre. S’il reste fermé, ce livre ne sert à rien. C’est comme si un médecin dispose d’un médicament précieux qui donne la vie aux humains, mais qu’il ne peut l’administrer. Tous observent le flacon du médicament, mais personne ne peut l’ouvrir. S’ils cassent le flacon, le médicament sera perdu. Quel intérêt d’avoir le livre et le médicament s’ils ne peuvent être utilisés ? Quelle que soit votre admiration devant leur apparence, ils n’apportent rien. Il y a un livre plus précieux, c’est l’âme humaine. Y sont écrits les secrets cachés de l’existence, de la création du monde jusqu’à la fin des siècles. Lorsqu’il est question de l’âme, certains se demandent si elle existe ou non. Peu nombreux sont ceux qui ouvrent et lisent ce livre. Un philosophe grec a dit : « Connais-toi toi-même ». Cette pensée recèle l’enseignement de l’âme. Se connaître soi-même, c’est ouvrir le livre de son âme et lire : on y trouvera les secrets de l’existence. Les Saintes Écritures contiennent moins de secrets que ceux inscrits par Dieu dans l’âme humaine. Lisez ce qui est écrit dans votre âme pour voir comment ont vécu toutes les créatures vivantes, tous les anges ; c’est le seul moyen de vivifier le monde et de l’ouvrir à vous. Peut-on rentrer en contact avec les anges ? On le peut, je le fais chaque jour. Vous direz que c’est impossible ; essayez et vous verrez qu’il est possible de parler avec les anges. Combien d’anges se présentent devant les cœurs humains ! Mais au lieu de leur ouvrir leurs cœurs, les humains disent : « Ne compte pas sur moi. » Certains renoncent à les accueillir sous prétexte qu’ils doivent aller au champ, d’autres, qu’ils essaient cinq paires de bœufs, et d’autres encore, qu’ils vont se marier. Salomon aussi hébergeait dans son palais neuf cents femmes, mais ce n’est pas un mariage. L’homme d’aujourd’hui se sépare de sa femme et se remarie avec une femme divorcée ; la femme fait de même ; ils passent ensuite pour des gens éduqués. Quelle est la culture d’une vie de divorcés ? Divorcer de celui avec lequel Dieu t’a accordé et te lier à un homme ou une femme étrangère, ce n’est pas la véritable culture. En affrontant des difficultés, les gens disent que la vie est une lutte et qu’ils doivent par conséquent combattre. Que l’agneau combatte le loup a du sens, mais quel est le sens de la lutte de deux sœurs ou de deux frères dans un même foyer ? Que les gens qui servent des divinités différentes s’affrontent entre eux a du sens, mais faut-il s’affronter lorsqu’on sert un même Dieu ? Le maître de la maison dont parle le Christ a invité beaucoup de gens au souper, mais ils ont décliné l’invitation. On dit que ces gens ne sont pas prêts pour la nouvelle culture : ils s’occupent de choses futiles, passagères qui dévient leur attention de la véritable prédestination de l’être humain. Il est permis au ver à soie de prendre soin de son corps quarante jours à peine, après quoi il y renonce et se transforme en cocon, puis il renonce au cocon et se transforme en papillon. Le corps auquel l’être humain prête autant d’attention n’est pas la chose la plus essentielle, ni la plus sublime dans la vie : il doit se transformer, se parfaire. Paul dit : « Il y a un corps naturel et aussi un corps spirituel.[2] » Le corps naturel est celui qui ne résiste pas aux maladies, on l’appelle encore le corps physique. Voilà, la grippe espagnole illustre sa robustesse : si on lui administre quelques injections, soit il résiste, soit il périclite. Il est préférable d’être éveillé et résistant aux microbes ; ils n’élimineront que ce qui est inutile dans l’organisme et ensuite, il annihilera leur action par sa pensée et sa volonté. Il existe quelque chose de plus dangereux que les microbes, c’est la haine des humains. Aujourd’hui, le Christ convie tous les êtres humains à un grand souper, c’est la Nouvelle vie à laquelle vous êtes appelés. Essayez-la pour constater le bien être qu’elle apporte aux âmes humaines. Celui qui acceptera l’invitation de bon cœur verra ses yeux s’ouvrir, il verra les anges qui montent et qui descendent, il se liera à eux et commencera à étudier le nouveau savoir. Il transmettra à ses plus petits frères ce qu’il apprendra. C’est le véritable savoir, et celui qui l’acquiert est utile à lui-même et à ses proches. Il dispose du savoir quelles que soient les conditions, il devient sa chair et son sang. Quel savoir détient l’âne ou le cheval s’il est chargé des livres sacrés de toute l’humanité - est-ce que cet âne est savant ? Il braie à chaque occasion sans soupçonner quels livres il transporte. Aspirez au savoir que vous pouvez emporter dans l’autre monde et pas à celui qui vous brise le dos. La troisième catégorie d’individus qui refusent d’assister au dîner sont ceux qui vont se marier. Ils sont comme les patriotes qui aiment leur patrie, mais veulent l’utiliser pour obtenir des postes importants. Le vrai patriote est celui qui sacrifie tout pour sa patrie, il doit être un exemple à suivre. Celui qui se sacrifie pour son prochain, pour sa patrie, pour une idée supérieure ne meurt pas, en son nom ressuscitent tous les êtres, tous les peuples. Les grands êtres sont l’âme des peuples. Un jour, tous les peuples ressusciteront, et avec eux toute la race blanche. Alors viendra le Christ. Par conséquent, l’avènement du Christ sur Terre sera célébré par l’acquisition de la liberté des peuples. Chaque peuple qui essaie d’asservir un autre peuple et le priver de liberté, se prive de la bénédiction divine. Ne pensez pas que vous êtes séparés du tout. Si vous déclinez l’invitation en disant qu’il vous faut aller au champ, ou essayer les bœufs ou vous marier, ceci ne vous dégage pas de vos responsabilités envers le tout. La vie de chaque homme doit se déverser dans la vie du tout, et tous ensemble vous devez constituer le grandiose édifice à venir. Je souhaite que tous les Bulgares soient parmi les aveugles, convoqués par le Christ au souper. De quels aveugles parle le Christ ? Ceux dont les yeux sont fermés au mal mais ouverts pour le bien et le sublime. Le Bulgare aime son champ, mais chacun a ce dont il a le besoin ; s’il prend plus qu’il ne faut, il le perd facilement. Chacun a le droit de cultiver la terre, mais sans se l’approprier. C’est ce que Dieu exige de nous, c’est ce qu’exige l’amour. Que représente l’amour ? Certains utilisent les mots amour et affection indifféremment alors qu’ils sont différents. L’amour est une force créatrice qui donne la vie ; l’affection bâtit sur ce que l’amour crée. En général l’amour donne, l’affection prend. Un disciple est venu auprès d’un maître hindou lui demander ce qu’est l’amour. Le maître est resté silencieux sans dire un mot. Le disciple est venu le voir cinq jours de suite avec la même question, mais le maître demeurait silencieux. Le disciple a insisté pour obtenir une réponse à la question posée. Au sixième jour, au lieu de répondre, le maître l’a pris par la main et s’est dirigé vers le Gange. Il l’a plongé entièrement dans l’eau en l’y maintenant cinq minutes durant. Le disciple s’est débattu sans réussir à se libérer de la main ferme du maître. Le maître l’a enfin sorti de l’eau en lui demandant : « Qu’as-tu ressenti dans l’eau ? – Une grande tension intérieure et un besoin d’air. » Le maître lui a répondu : « Lorsque tu ressentiras un tel besoin intérieur d’amour, tu comprendras alors ce qu’il représente. Comme tu respires à chaque fois que tu ouvres la bouche, de même à chaque fois que ton âme s’ouvrira, tu aimeras. » La culture chrétienne d’aujourd’hui, tel le maître hindou, tient fermement les peuples européens et les plonge dans l’eau. Cinq ans déjà qu’ils se débattent pour se libérer. Le Christ leur demande : « Que sentez-vous ? – Nous avons besoin de liberté. » Tous les peuples seront libres lorsqu’ils se tourneront vers Dieu pour s’aimer ; l’amour rend libre. Renoncez à l’égoïsme, à la pensée de votre devenir. Accomplissez la volonté de Celui qui demeure en vous. Le Christ dit : « Je ne cherche pas la gloire humaine, mais celle de Dieu. » L’être humain est une partie de l’organisme divin ; puisque tout l’organisme est bien portant, ses parties le seront aussi. Qu’adviendra-t-il de la Bulgarie ? Sa prospérité ou sa décadence ne dépendent que de vous. Lorsque tous les Bulgares vivront en harmonie avec le tout, leur vie sera harmonieuse. Depuis la création du monde, Dieu a tracé les limites de la Bulgarie et a prévu son modèle de gouvernance ; ce plan s’appliquera un jour. C’est prévu pour la Bulgarie et pour tous les peuples, pour tous les individus pris séparément. En rentrant chez vous, que chacun aille dans sa chambre secrète pour ouvrir sa bibliothèque et voir ce qui est écrit pour lui, quel est le programme à dérouler. Le plus dur est passé, vous touchez à la fin. Un temps de félicité vient, un temps de résurrection et de rajeunissement. Vous serez tous des jeunes de trente-trois ans. Vous vivrez sur Terre tant qu’il vous plaira, et vous partirez une fois le travail fini. Vous appellerez vos amis et vos proches pour leur dire que vous partez de l’autre côté, vous ferez vos adieux et vous retournerez chez vous. Ils ne vous pleureront pas car ils sauront où vous allez. Pour partir de l’autre côté et en revenir librement, il vous faut renoncer à la haine, à la jalousie, à l’envie, à toutes les petitesses. Que quelqu’un vous a dévalisé ne doit pas vous troubler, ce qui est à vous l’est pour toujours, personne ne peut vous le prendre, et même si vous en êtes dépossédés, vous le récupérerez de nouveau. Je vous souhaite à tous de rencontrer personnellement le Christ. Comment le Christ viendra sur Terre, où le croiserez-vous, ce n’est pas important ; pensez comme vous voulez, attendez-le comme vous l’entendez. Si vous êtes orthodoxe, vous vous attendrez à ce qu’il descende du Ciel, accompagné d’anges qui claironneront dans le monde entier que le Christ vient. Si vous êtes théosophe, vous attendrez que le Christ naisse et grandisse quelque part pour aller prêcher parmi les peuples. Si vous êtes occultiste, vous croirez que le Christ apparaîtra ici et là parmi tous les peuples ; les grandes perturbations qui bouleverseront le monde seront les signes de son apparition. Le Christ frappe à chaque porte et convie les gens à un grand souper. À quelle porte frappe-t-on ? À la porte de celui qui est volontaire et prêt à accepter l’invitation. Réjouissez-vous d’être parmi les appelés ! Ne doutez pas de la vérité. D’où qu’elle vienne, elle est une et indivisible, inaltérable. Pour l’appréhender, il faut se libérer des considérations extérieures sur les choses. Le monde matériel a un rapport aux formes alors que les mondes spirituel et divin approfondissent leur contenu et leur sens. Ainsi, ne vous arrêtez pas uniquement sur les formes, mais examinez aussi leur contenu. Qu’a dit le diable au Christ lorsqu’il l’a emmené en haut de la montagne ? – « Si tu t’inclines devant moi, je te donnerai tous les royaumes que tu vois ci-bas. » Le Christ lui a répondu : « En arrière, Satan, il est dit de vénérer et servir Dieu seul. » Le Christ ne commerce pas avec le diable, il sait que toutes les promesses du diable tombent à l’eau. L’être humain n’est pas venu sur Terre pour être roi, mais pour servir Dieu avec amour. Il doit se satisfaire de sa situation sans aspirer à la fortune et à la gloire qui le feront chuter. Quelqu’un vous demandera si vous êtes orthodoxe, évangéliste ou catholique, peu importe. Que chacun dise en lui-même : « Je connais un Dieu qui aime toutes les créatures, les guérit toutes et leur donne la vie, la nourriture et l’eau. » Il est partout, et partout nous entendons Sa voix. Certains entendent Sa voix et ne doutent pas de Lui, alors que d’autres L’entendent et doutent : c’est la différence entre croyants et incroyants. Vous direz que quelqu’un se fait passer pour le Christ. S’il vit selon les lois de l’amour, de la sagesse, de la justice, de la vertu, il est le Christ ; toute personne peut ainsi être comme le Christ. Y a-t-il quelque chose d’impossible à cela ? Le Christ aussi dit pour Lui-même : « Mon Père et moi nous sommes un. » Celui qui vit comme Dieu est un avec Lui. De ce point de vue l’Esprit du Christ demeurera en tous : un en plusieurs et plusieurs en un. Vous direz qu’il y a des secrets, des choses cachées dans la vie des humains. Il y a des secrets dans la vie, mais cela ne signifie pas qu’ils sont impurs. La vie au Ciel et sous le Ciel est pleine de mystères, la nature est pleine de mystères, l’être humain lui-même et son corps est un grand mystère. Celui qui a aimé Dieu et son prochain, qui étudie et travaille, accède progressivement aux secrets de la nature et à ceux de son organisme. En ce sens le corps humain est quelque chose de saint : traitez-le avec vénération et piété. Les forces nécessaires au développement de l’homme sont cachées en lui-même, alors que les conditions de leur manifestation sont quelque part en dehors de lui. Dans l’humidité, dans l’eau se cache la vie divine, dans la chaleur se cache l’amour, dans la lumière, la vérité. Utilisez ces conditions pour grandir et vous développer. « Nous voulons être gais et joyeux. – C’est possible aussi – Comment ? – En ouvrant vos cœurs à la lumière et à la chaleur de l’amour divin. » En Inde, un fakir a passé trente ans de sa vie complètement immobile, désireux de résoudre la question du sens de la vie. Il restait planté comme un arbre à longueur de journée au point que des oiseaux ont fait leurs nids sur sa tête. Un jour, une pauvre veuve s’est approchée de lui et a accroché à proximité le berceau de son enfant. Rassurée de le savoir sous la surveillance du fakir, elle est partie travailler. Peu après un cobra s’est approché du berceau, prêt à mordre l’enfant. Le fakir s’est demandé s’il devait le secourir ou bien le laisser entre les mains de Dieu. Il s’est dit : « Dieu a créé l’enfant et le cobra, Il s’en occupera, quant à moi, je ne sais pas quoi faire pour accomplir la volonté divine. » En réfléchissant de la sorte, il n’a pas bougé et a laissé Dieu trancher cette question. Le cobra a mordu l’enfant qui est mort. Le fakir s’est dit : « Telle était donc la volonté divine. » Il avait passé trente ans à réfléchir en vain, il n’a pas compris le sens de la vie. Lorsqu’il a trépassé, Dieu l’a appelé pour lui demander pourquoi il n’avait pas sauvé l’enfant de la veuve. « Je ne savais pas quelle était Ta volonté : sauver l’enfant en tuant le cobra, ou laisser le cobra en vie et Te laisser secourir l’enfant. » Dieu lui a répondu : « Ma volonté était que l’enfant demeure en vie, il fallait donc que tu réagisses pour tuer le cobra. À quoi bon avoir réfléchi si longtemps si tu n’as pas pu trancher cette question ? Pour te punir, je t’enverrai de nouveau sur terre pour passer encore mille ans dans les tourments afin de connaître Ma volonté et l’accomplir. » Aujourd’hui encore beaucoup restent plantés comme ce fakir à réfléchir sur la finalité et le sens de la vie, sans avoir rien résolu. Leurs amis s’approchent d’eux, pourchassés par des cobras, mais ils ne bougent pas, ne veulent pas lever la main pour tuer le cobra. Ils se disent : « Dieu a fait l’homme et le cobra, s’il faut, Il sauvera Lui-même l’homme. » Le cobra représente la vie humaine mensongère, résultat d’un cœur et d’une intelligence retorses. Le cobra engourdit l’intelligence et le cœur humains. Vous direz qu’ainsi va le monde. Non ! Le monde est intelligent et ordonné. Pour voir ce qu’est le monde, vous devez avoir un laisser-passer pour en faire le tour, c’est la seule façon d’en avoir une idée précise. Mais seul celui qui est prêt à étudier et travailler avec amour peut bénéficier de ce libre accès. Le monde a besoin de grandes figures, de héros, blessés non pas dans le dos en fuyant, mais dans la poitrine lors de l’assaut. L’Esprit de Dieu vient dans le monde pour travailler et mettre tout le monde au travail. Le temps du repos et de la tranquillité est révolu ; aujourd’hui on exige de chacun de travailler, tout le monde est sur des charbons ardents. Penser à sommeiller et à se reposer, c’est de l’oisiveté, de l’inertie. Un homme souffrait d’une grande paresse et ne savait pas comment se soigner. Le médecin l’a conduit dans son laboratoire et l’a soumis à l’action de courants électriques. Le malade s’est mis à crier, à battre des pieds, à agiter les bras. « Il n’y a pas de danger, a dit tranquillement le médecin, ce sont des exercices de gymnastique qui vous aideront à guérir. » La vie humaine a besoin d’un socle ferme que Dieu a posé jadis. Appliquez la vérité et l’amour dans votre vie. Si vous voyez que votre frère et votre sœur sont impurs, salis, ne les critiquez pas, mais aidez-les à se nettoyer ; s’ils sont affamés, nourrissez-les ; s’ils sont malades, soignez-les. « Pourquoi certains ne vont-ils pas à l’église ? » C’est là que vous vous trompez. Je trouve qu’ils passent au contraire plus de temps qu’il ne faut à l’église. L’église représente la vie personnelle de chacun, et chacun a sa propre église. Sortez de votre église et rentrez dans l’Église divine de l’amour, de la justice, de la vérité et de la vertu. Autrement dit, cessez de penser uniquement à vous, pensez à vos proches. C’est le seul moyen d’améliorer la situation des familles, des sociétés, des peuples. C’est le seul moyen d’améliorer la situation politique de la Bulgarie. Tous les individus, prêtres, enseignants, magistrats, administrateurs, parents, doivent prier pour la victoire sur le mal. « De quel côté se ranger ? – Du côté de Dieu et du Christ. Je suis déjà sur le front, j’ai sorti mon sabre et je combats. Si tout le monde combat le mal, d’abord en soi-même, puis à l’extérieur, le monde se remettra facilement en ordre. L’avenir de l’humanité est grandiose. – Qu’adviendra-t-il de la Bulgarie ? – Ne vous en occupez pas, les affaires de la Bulgarie sont arrangées, ce qui n’est pas le cas de vos affaires ! » Je souhaite que vos affaires soient réglées selon les commandements divins. Je vous souhaite à tous d’être bien portants, sereins, joyeux et de vous reconnaître où que vous vous rencontriez. Il n’y a pas de chose plus sublime que celle de se reconnaître comme frères. C’est ce que le Christ prône. Je vous souhaite à tous d’être pauvres, estropiés, aveugles et boiteux pour faire partie des élus. Le Christ vous enverra son domestique pour vous convier au grand souper. Que Dieu vous bénisse et qu’Il soit auprès de vous maintenant et pour toujours, dans les siècles des siècles ! Sofia, 3 novembre 1918 Traduction par Bojidar Borissov [1] Petko Slaveikov (1827 – 1895) – poète, journaliste et folkloriste bulgare [2] « Il en est ainsi pour la résurrection des morts : semé corruptible, on ressuscite incorruptible ; semé méprisable, on ressuscite dans la gloire ; semé dans la faiblesse, on ressuscite plein de force ; semé corps animal, on ressuscite corps spirituel. S'il y a un corps animal, il y aussi un corps spirituel. » (1 Co 15, 42-44)
  20. Les deux commandements Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu… Tu aimeras ton prochain… Luc 12 :30-31 L’élan dans la vie des êtres vivants n’est rien d’autre qu’un élan à manifester la vie elle-même. Pour se manifester, la vie intelligente a besoin d’un objet et de conditions. L’objet et les conditions montrent que l’être humain doit éprouver cet élan dans son for intérieur. Le Christ dit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force. » L’amour envers Dieu exprimé de la sorte entend la manifestation de son sens intime. On parle beaucoup d’amour, mais comment faut-il aimer ? Dans la société moderne l’amour se manifeste de diverses manières, mais l’objectif poursuivi n’est pas atteint. En général, l’objet de l’amour de la jeune fille est le jeune homme et vice versa ; tous deux s’aiment et croient qu’une fois mariés ils seront heureux. Mais cela ne se passe pas ainsi, alors la jeune fille cherche la faute chez le jeune homme, et lui, chez la jeune fille. Des enfants naissent et ils croient que leur bonheur viendra par ce moyen, mais les voilà qui déchantent encore. Quelqu’un affectionne le savoir, mais lorsqu’il l’acquiert, il reste néanmoins frustré. La frustration est due à la mauvaise compréhension de l’amour. Les gens d’aujourd’hui ne comprennent pas l’amour, ni dans sa forme, ni dans son contenu, ni dans sa signification. Pour comprendre un mot dans sa forme, dans son contenu et dans sa signification, il faut qu’il puisse produire un certain effet sur la pensée, le cœur et la volonté des humains. Si vous tenez une pomme dans la main, vous aurez une certaine idée de sa forme, de sa taille, de sa couleur, de son origine ; mais son goût et sa fraîcheur vous restent inconnus. Il y a deux sortes de pommes : les unes naissent sur l’arbre de la connaissance du bien et les autres sur l’arbre de la connaissance du mal. Les premières seront sucrées ou amères, les secondes, cruelles ou miséricordieuses. De l’être humain et du contexte dépendent laquelle de ces deux qualités s’exprimera. Les fruits de ces arbres sont semblables aux châteaux de sable que les enfants font et défont ; lorsqu’ils ont faim, ils rentrent à la maison et disent à leur mère : « Maman, nous avons faim, donne-nous du pain », puis ils ressortent pour faire et défaire leurs châteaux de sable. Les mères leur demandent : « Où étiez-vous ? – Au travail ! » Telle est la compréhension de la vie chez nos contemporains et c’est ainsi qu’ils vivent : chaque jour ils bâtissent des maisons, aménagent des jardins et chaque jour ils les démolissent. Le Christ détermine comment nous devons aimer Dieu et notre prochain : nous aimerons Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre pensée et de toute notre force, et notre prochain comme nous-mêmes. En observant le développement humain, nous voyons que l’homme grandit physiquement, affectivement, mentalement et spirituellement. Il traverse donc quatre mondes en parallèle : le monde physique où se développe le corps, le monde affectif avec les passions et les désirs et le monde mental, c’est-à-dire le monde de la pensée. Nous appelons encore le monde mental, le monde de l’immortalité, de l’âme consciente, de l’ego humain, là où l’être prend conscience qu’il est un individu à part entière. L’ego humain est encore appelé corps de l’Esprit divin. Par le mot force, nous entendons la volonté humaine, la manifestation suprême de l’être humain. Les quatre mondes, physique, spirituel, mental et causal correspondent aux quatre corps de l’être humain. Le plus connu est le corps humain, formé de trois enveloppes. L’une d’elle est éthérique et dépasse le corps physique d’un à deux centimètres. Les forces physiques telles que l’électricité et le magnétisme la traversent. Comme nous revêtons le corps physique d’habits chauds ou légers pour le protéger de la chaleur ou du froid, de même l’enveloppe éthérique est un vêtement qui le protège des influences externes. L’enveloppe éthérique est reliée à l’enveloppe astrale qui gouverne les passions ; elle protège l’être humain de la colère, du désir de vengeance, etc. L’enveloppe astrale est reliée au monde astral, nommé encore inconscient ; ce monde est relié au vaste monde divin dont il puise les matériaux pour bâtir la vie intérieure, spirituelle de l’homme. L’âme représente l’être humain véritable qui bâtit et crée les choses. Comme l’être humain amasse des matériaux pour construire son corps physique, de même l’âme amasse des matériaux pour construire son corps divin. L’homme doit avoir une maison non seulement pour des convives du monde physique, mais aussi une maison pour accueillir le Seigneur. Pour construire une maison sur le plan physique il ne suffit pas d’avoir des poutres, des briques, des portes et des fenêtres, mais il faut que la maison soit belle, saine et résistante. Un plan est nécessaire pour bâtir une maison physique, de la même façon il faut un plan pour bâtir la maison spirituelle, mais aussi la maison astrale et la maison divine. Ce sont les anges qui donnent le plan de cette maison. En ce sens, les souffrances endurées par l’être humain ne sont rien d’autre que la démolition de son ancienne maison. La commission envoyée par le monde intelligent inspecte la maison, ne l’approuve pas et ordonne sa démolition. Certaines maisons sont entièrement rasées, d’autres partiellement seulement, selon les époques et les contextes. Depuis des siècles les humains ne font que bâtir et détruire car ils ne savent pas quel est le plan divin et ne peuvent pas l’appliquer. Il est temps de réaliser le plan divin. Pour construire leurs maisons, les humains emploient des pierres, des briques, des poutres, des planches et d’autres matériaux. Pour construire leurs corps ils emploient de la nourriture, de l’eau, de l’air et de la lumière ; les humains comme les animaux bâtissent ainsi leurs corps. Les tentatives des humains pour construire leurs corps sont le produit de l’esprit humain et non de l’Esprit divin. Pourquoi ? Parce que les œuvres divines sont parfaites. Pour le moment, ce sont les humains et les anges qui œuvrent dans le monde. Les anges aussi font des erreurs, mais moins que les humains. Lorsque nous disons que chaque règle a des exceptions, nous faisons référence aux anges qui n’ont pas fait leurs calculs parfaitement bien. Leurs erreurs sont imperceptibles mais néanmoins visibles. Pour apporter le nouveau dans les mondes que les humains créent, le Christ leur recommande l’amour envers Dieu. L’amour de l’être humain envers Dieu est conditionné par ses liens avec Lui : plus ces liens sont sains et justes, plus l’amour est puissant. Certains s’interrogent : comment aimer Dieu si nous ne L’avons pas vu. Je demande : est-ce que tout ce que l’être humain aime est visible ? Un autre dit qu’il ne croit pas à ce qu’il ne voit pas et n’entend pas. Parfois, on aime quelque chose seulement après l’avoir touché. Comment les aveugles aiment-ils ? Ils ne voient pas, mais ils touchent un objet et l’aiment. Souvent l’amour de ceux qui sont frappés de cécité est plus fort que celui des voyants. En réalité, qui sont les aveugles et qui sont les voyants ? Celui qui aime voler voit mieux que les autres ; un tel homme doit devenir aveugle, c’est-à-dire tourner son regard vers le monde spirituel. Le Christ dit : « Si ton œil droit te tente, arrache-le et jette-le au loin.[1] » Avec quoi remplacer son œil droit ? Avec le toucher et avec la perception. Les humains sont parfois malheureux à cause de leur manière de voir les choses physiquement : ils portent un regard extérieur au lieu d’exercer la perception c’est-à-dire la vue intérieure. Par exemple un jeune homme rencontre une jeune fille qui lui plait extérieurement et il laisse libre cours à ses sentiments sans connaître son âme ; peu de temps après, il ressent de la déception et souffre. Il est préférable dans ce cas de ne pas avoir cet œil qui puisse te tenter. Si tu touches l’être humain, tu le comprendras mieux que si tu le vois. Le toucher sous-entend la lecture du caractère qu’il exprime ; à partir de son caractère tu connaîtras tout ce qui se cache dans les plis de son âme. Pour comprendre l’homme, il faut scruter les traits de son visage, tout y est écrit. Il peut toujours sourire, user de la politesse, mais être mal intentionné à ton égard ; un autre peut être maussade, renfermé, mais prêt à tout moment à faire du bien. Peu importe donc la couleur de l’encre de la lettre : noire, bleue ou rouge, c’est le contenu qui est important. Les jeunes gens peuvent écrire une lettre à l’encre attrayante, avec des tournures jolies et chatoyantes, mais mordante dans son contenu. Il y a de belles personnes qui mordent, et des personnes laides qui caressent. Dans les traits d’une beauté sont inscrits l’avidité, l’égoïsme, l’intéressement, etc. En développant votre vue, votre ouïe et vos autres sens, travaillez aussi sur vos qualités intérieures, par exemple sur la sensibilité. Celui qui est doté de sensibilité peut d’un effleurement de la main deviner si quelqu’un est bon ou non. S’il effleure un individu beau mais méchant, il aura une sensation désagréable comme s’il avait touché un ours. Le Christ dit : « Il n’y a rien de caché dans le monde qui ne soit pas connu un jour. [2]» C’est vrai que si l’être sensible ferme les yeux et effleure la main de quelqu’un, il peut deviner tout de suite s’il est bon ou mauvais. Les choses sont dissimulées dans la mesure où nous ne voyons pas et ne comprenons pas. Par conséquent, lorsqu’on dit qu’il faut aimer Dieu et son prochain, cela signifie qu’il faut ouvrir les yeux et changer notre vie pour entrer dans les conditions nouvelles. C’est un élan naturel de l’âme humaine : tous veulent être bien portants, beaux et intelligents, et cela n’est possible que dans les conditions de la Nouvelle Vie. Rappelez-vous : la santé de l’être humain découle de sa volonté, le bonheur - de son intelligence et la félicité - de son âme. Telle volonté, telle santé ; telle intelligence, tel bonheur ; telle âme, telle félicité. Ce ne sont pas des formes et des mots vains, mais des choses réelles qu’on peut appliquer dans notre vie actuelle. En construisant un édifice, nous lui donnons un certain style : une école a son style et ne ressemble pas à un hôpital. Le Christ détermine quels éléments prennent part à l’édifice du corps humain : pensée, cœur, âme et force c’est-à-dire volonté. On ne peut pas aimer le Seigneur uniquement avec son cœur ou son âme, ou sa pensée ou sa volonté ; il faut L’aimer par ces quatre moyens. Par l’amour, l’individu mobilise progressivement ses forces, il organise d’abord son cœur, puis sa pensée, puis son âme. Lorsque l’âme est mobilisée, nous disons que l’être humain prend vie. Dans le monde spirituel on le représente comme un édifice vivant qui parle et se meut. Trois maîtres, un sculpteur, un peintre et un magicien se sont associés pour accomplir une œuvre commune. Le sculpteur a pris une pierre et l’a façonnée pour en faire un humain ; le peintre a pris ses pinceaux et lui a mis des couleurs qui l’ont vivifié ; le magicien lui a insufflé la vie, et la statue est devenu un être vivant qui s’est mis à parler. N’en est-il pas de même dans la nature vivante ? Avec la matière organique et inorganique le Grand Sculpteur façonne l’être humain avec tous ses membres et ses organes internes ; avec ses pinceaux le Grand Peintre ajoute les teintes, les globules rouges ; et vient enfin le Grand Magicien qui lui donne le souffle de vie, alors cet être devient une âme vivante. Le monde physique où nous vivons est inorganisé, mais il doit s’organiser. Comment ? Par l’amour. C’est pourquoi il est dit que l’homme doit aimer Dieu ; sans amour envers Dieu il n’y a pas de vie. Nous le constatons chez les jeunes gens : lorsqu’ils se marient, leur premier travail est de construire une maison ; à quoi servira-t-elle ? À l’enfant qui viendra, l’enfant qui est leur Dieu. Par conséquent, ils construisent une maison par amour pour leur enfant. Certains ne construisent pas de maisons ; de ce point de vue ils ressemblent à des oiseaux qui ne font pas de nids, mais qui nichent dans les nids des autres ou dans les trous des arbres ; personne ne leur demande de loyer, alors ils sont insouciants ; leur situation n’est pas comparable à celle des gens qui paient des centaines de levas pour une simple chambre qui ressemble à un trou. Et ce sont des gens éduqués du XXème siècle ! On vit deux ou trois ans dans un tel trou et on en subit les conséquences. En le quittant, on est reconnaissant de s’être débarrassé du propriétaire ; et le propriétaire est reconnaissant de s’être débarrassé des locataires. Il est facile de se séparer de ses locataires extérieurs, mais que faire lorsque le petit enfant, ce locataire intérieur, vient au monde ? Il pleure chaque nuit, se fait entendre, veut ceci, veut cela et la mère ne peut plus dormir ; elle n’est pas libre de se reposer. L’enfant pleure et, si elle ne peut pas le calmer, elle réveille le père pour qu’il prenne lui aussi soin de l’enfant ; le père dit que ce ne sont pas ses affaires, que la mère est tenue de s’occuper de l’enfant. Ce n’est pas de l’amour envers Dieu, c’est une incompréhension de la grande loi divine. Pourquoi l’enfant pleure-t-il ? Parce qu’il se sent trompé ; il dit : « Il n’y a pas d’amour en ce monde : j’ai payé cher et j’ai reçu très peu. » Mais alors la mère le prend dans ses bras, lui donne le bain, le nourrit et lorsqu’elle l’a contenté, il se calme et dit : « Je suis content à présent, la vie a du sens. » L’individu a aussi des locataires internes qui le rendent insatisfait. Aujourd’hui, c’est la femme qui est mécontente, alors son mari lui achète quelque chose et trompe son mécontentement ; demain c’est le mari qui est mécontent, alors sa femme lui prépare un bon repas et le calme ; mais ce ne sont que des artifices pour se calmer provisoirement. Le mécontentement ne doit pas être trompé mais il doit s’éduquer ; cela se fait en appliquant l’amour. Nous devons aimer Dieu de toute notre cœur, de toute notre âme, de toute notre pensée et de toute notre force. Si le cœur ne travaille pas, l’âme ne travaillera pas non plus ; si la pensée ne travaille pas, la volonté ne travaillera pas non plus. C’est par le lien intérieur entre ses forces que l’individu s’éduque. Éduquer les humains, c’est les mettre sur le droit chemin de la vie pour qu’ils travaillent tout seuls. Les gens s’éduquent et s’auto-éduquent, mais sans résultat. Pourquoi ? Parce qu’ils ont d’abord travaillé avec leur cœur, puis avec leur pensée, mais en laissant de côté leur âme. C’est cela l’erreur de notre siècle : les gens d’aujourd’hui n’ont pas accompli l’évolution de leur âme, mais seulement celle de leur cœur et de leur pensée. C’est la raison de leur mécontentement. On ne peut pas sauter les marches pour atteindre le sommet plus vite. Celui qui pense qu’il atteindra le sommet plus vite en sautant des marches ressemble aux philosophes qui tirent des conclusions trompeuses sur la vie. Un philosophe aimait rester allongé à l’ombre des arbres et réfléchir. Il était couché un jour sous un arbre et s’est endormi d’un sommeil lourd. À son réveil il faisait déjà sombre, la nuit tombait. Il s’est dit : « C’est étrange, comme il a fait nuit rapidement ! Autrefois, les journées d’été étaient plus longues. » Un autre philosophe était couché sous un poirier pour se reposer et méditer sur la vie. C’était une belle journée d’automne. Tout en réfléchissant, il a levé les yeux vers l’arbre et a vu des poires. Il s’est mis à raisonner : « Que d’incohérences dans la nature, ce poirier est si grand alors que ses fruits sont si petits ; la courge en revanche est une plante si petite avec des fruits si gros ! Dieu ne pouvait-Il pas faire l’inverse : donner de gros fruits au poirier et de petits fruits au plant de courge ? » Il s’est alors assoupi. Pour lui donner une bonne leçon et le libérer de ce raisonnement erroné, Dieu a envoyé un fort coup de vent qui a remué les branches du poirier et a fait tomber quelques poires. L’une d’elle est tombée pile sur le nez du philosophe et l’a fait saigner. Il s’est brusquement réveillé, a palpé son nez et a vu le sang. Conscient de son manque de logique il s’est dit : « Je te remercie, Seigneur, que le poirier n’ait pas de fruits aussi gros que la courge. Si une poire aussi petite a pu me faire saigner du nez, qu’est-ce qui serait advenu de moi si j’avais reçu une courge sur la tête ? » Les gens d’aujourd’hui réfléchissent comme ce philosophe ; ils sont assis sous le poirier et se disent : « Pourquoi le Seigneur a-t-il mis sur notre arbre des fruits aussi petits ? » Si le Seigneur avait mis une courge sur cet arbre, ta tête en pâtirait ; plus petits sont les fruits de votre poirier, mieux vous vous porterez. Vous avez de grands désirs sans vous douter de leur dangerosité. Remerciez pour les petits désirs car la vie divine commence par ce qui est petit ; les petits désirs une fois réalisés deviendront les maîtres des grands. Dans son aspiration à réaliser ses grands désirs, l’être humain a sauté une marche dans l’échelle de son développement, et c’est pourquoi l’égoïsme, la vanité et l’avidité ont pris le dessus en lui. Quelqu’un considère qu’il a un grand savoir ; si c’est le cas, pourquoi ne s’affranchit-il pas de la mort ? Vous allez rétorquer que puisqu’il est né, l’homme mourra nécessairement ; c’est vrai, mais pas dans l’absolu. Une maison construite uniquement sur quatre poteaux s’écroulera nécessairement, ce qui n’est pas le cas d’une maison construite sur des fondations solides. On voit la même chose dans la nature : les plantes qui ont de faibles racines et des ramifications se dessèchent facilement alors que les plantes avec des racines épaisses et profondes résistent aux intempéries et bénéficient d’une longue vie. Les idéalistes méprisent la vie matérielle et disent qu’il ne faut pas s’enraciner dans la matière. Au contraire, il faut descendre profondément dans la matière pour en extraire des matériaux qu’il faudra exploiter à l’avenir. Plus l’homme descend en profondeur dans la matière, plus grandes sont les souffrances qu’il endurera et plus grandes les conclusions et expériences qu’il en tirera. Les contemporains reviennent maintenant vers l’évolution de l’âme, le degré d’évolution qu’ils ont jadis laissé de côté. À l’avenir, ils évolueront dans le degré de la force. Il est dit que le Royaume de Dieu n’est pas bâti sur la pensée ou sur le cœur mais sur la force. Nous devons aimer l’être humain dans la mesure où notre pensée, notre cœur, notre âme et notre force sont un agent de l’amour. L’amour dont les gens parlent est subordonné aux conditions matérielles de la vie ; c’est pour cela que certains disent ne pas aimer les humains. C’est tout naturel pour eux car ils n’aiment que pour prendre quelque chose. Qui ira s’asseoir sous un poirier desséché ? Le poirier sous lequel on s’assoit doit avoir des feuilles mais aussi des fruits. Qui n’est pas aimé ? Celui qui n’a ni feuilles ni fruits sur son arbre. On dit d’un tel individu qu’il est démagnétisé, épuisé, il n’a rien à donner ; on le traite de mauvais, mais ceux qui ne le comprennent pas sont comme lui. Chacun se plaint d’être incompris, mais lui-même ne comprend pas les autres. Ce n’est pas facile de s’entendre avec les humains. « Aimons-nous ! » Ce n’est pas facile non plus. En réalité c’est en même temps très difficile et très facile d’aimer les humains. Si tu lui donnes quelque chose de ta pensée, de ton âme, de ta force, il t’aimera nécessairement. C’est pourquoi Dieu dit que nous devons L’aimer pour recevoir quelque chose de Lui ; Il dit : « Cueillez les fruits de l’Arbre de la Vie pour être forts, pour manifester l’amour, la justice, la miséricorde, la docilité et la tempérance. » C’est le seul moyen de montrer du caractère et de forger sa volonté. Celui qui a une volonté de fer est humble et docile. Vous direz que vous ne voulez pas être docile comme un mouton. Le mouton n’est pas docile, il montre de la douceur, pas de la docilité. Il a fait beaucoup d’efforts pour devenir mouton ; il a été autrefois loup avant de devenir mouton. Celui qui veut acquérir la douceur, l’amour, doit se nourrir de viande de mouton ; une fois qu’il acquiert ces qualités, il n’a plus besoin de manger cette viande. L’être humain doit savoir quel type de nourriture il lui faut pour développer sa pensée, son cœur et sa volonté. La science future lui montrera la voie sur cette question. Plus solide est la maison qu’il veut construire, plus solides sont les matériaux qu’il choisira. De même pour le corps : la nourriture que vous consommez doit être saine, pure, de bonne qualité ; la santé en dépend. Chaque nourriture correspond au degré de développement de l’humain. Selon le degré de leur développement mental ou spirituel, les uns se nourrissent de viande, les autres, de végétaux, les autres encore, de fruits. Il est important de savoir comment se nourrir. Lorsqu’il arrive au degré d’évolution de l’âme, l’être humain se nourrit de fruits. Jusque-là, il consommera de la viande ou des végétaux et répondra de chaque violence faite aux êtres vivants. Dans le livre de la vie, il est écrit pour chacun quelle quantité de volaille, de gibier et de viande bovine il a mangé durant toutes les années de son existence sur terre où il se trouvait en pension, et il sera tenu de payer. Les souffrances des gens d’aujourd’hui sont justement dues à la surconsommation et à l’alimentation chaotique. La mère de l’humanité, Ève, a osé manger du fruit défendu une seule et unique fois et l’a chèrement payé. Huit mille ans sont passés depuis qu’elle a mangé du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, mais aujourd’hui encore ce repas n’est pas acquitté. Le serpent lui disait : « Si tu manges de ce fruit, tu apprendras tous les secrets du monde et tu deviendras comme Dieu. » Elle n’est pas devenue comme Dieu bien qu’elle ait appris beaucoup de secrets. Mais aujourd’hui encore elle paie pour le savoir qu’elle a acquis avant l’heure. Je souhaite que tous les humains prouvent par leur vie qu’ils sont capables de ne pas fauter comme Ève, ce qui signifie qu’ils ont appris la leçon et ont corrigé le péché d’Ève. Il est dit d’aimer Dieu de toute sa pensée. Il suffit de diriger sa pensée vers le monde mental pour assimiler les forces grâce auxquelles on peut aimer Dieu. Si ta pensée peut comprendre les lois du monde mental, tu deviens créateur, c’est le seul moyen de se forger un caractère. Par conséquent, si tu veux être robuste, ta volonté doit être liée à ton cœur ; si tu veux être intelligent, ta volonté doit être liée à ta pensée ; pour avoir des rapports justes avec tous les humains, ta volonté doit être liée à ton âme ; pour avoir une volonté pugnace et solide, ton âme doit être liée à l’Esprit divin. Faites chaque jour des essais pour voir si vous aimez Dieu avec votre pensée, votre cœur, votre force. Comment ? Imaginez que vous souhaitez faire un bien à quelqu’un ; vous devrez faire en sorte que dans ce bien participent les quatre éléments : la pensée, le cœur, la volonté et l’âme. Celui à qui vous ferez le bien est l’objet ; la façon dont vous accomplirez le bien doit inclure les forces de la pensée, du cœur, de l’âme et de la volonté. Accompli ainsi, c’est un bien divin, c’est-à-dire que vous vous êtes liés à la pensée, au cœur, à l’âme et à la puissance de Dieu. Pensez à Lui comme à une réalité absolue. En vous liant à Dieu, Il peut vous prendre un instant dans Son monde et vous verrez et comprendrez ce qu’est l’amour. C’est dangereux de rentrer dans ce monde car vous ne voudrez pas revenir sur Terre ; c’est pour cela que le monde divin est fermé aux humains. Lorsqu’ils seront prêts, ce monde s’ouvrira à eux tout comme le monde physique leur est ouvert à présent. « Aimer son prochain comme soi-même », voici le second commandement primordial. Il n’est pas dit d’aimer le faible, mais son prochain. Qui est ton prochain ? Tous ceux qui souffrent et que tu croises sur ta route. L’aimer, c’est le lier à la pensée, au cœur, à l’âme et à la force de Dieu. Réjouissez-vous d’être le lien entre Dieu et votre prochain. C’est le seul moyen d’expier vos péchés à son égard, car vous l’avez jadis offensé, séduit ou freiné dans son développement. Les souffrances de votre prochain sont des conditions qui facilitent son rapprochement de Dieu alors que vous servirez de médiateur. Il faut toujours que quelqu’un soit là pour vous tendre la main et vous sortir de l’eau dans laquelle vous vous noyez. Sans souffrances, l’être ne peut pas trouver Dieu. Il est dit dans les Écritures : « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point. [3]» « Aimer le Seigneur, aimer son prochain » ce sont deux commandements qui ont un sens pratique et scientifique pour l’homme. Peu importe comment vous les appréhendez, l’important est d’aimer. Puisque vous aimez, Dieu enverra un Maître qui vous révélera le sens intérieur de l’amour. Vous ne vous demanderez plus alors pourquoi aimer Dieu et votre prochain. Qu’est-ce qu’il adviendra de vous si vous n’aimez que vous-mêmes ? Vous ne parlerez que de vous à tous ceux que vous croiserez ; un jour vos proches cesseront de vous fréquenter. De plus vous imposerez votre avis de force à ceux qui pensent autrement et tout le monde vous fuira. Quel est l’intérêt de fréquenter quelqu’un qui finit toujours par vous rosser ? Vous vous en rappellerez dans ce monde comme dans l’autre : comme on se remémore de quelqu’un par le mal qu’il vous a fait, on s’en remémore aussi par le bien, et par son amour envers vous. Le Christ s’est manifesté dans le monde précisément par la loi de l’amour. Vous aussi, appliquez l’amour pour vous manifester à votre prochain. Peu importe de savoir ce qu’est l’amour, l’important est de le manifester. Vous profitez de la lumière et de la chaleur du Soleil sans savoir ce qu’il représente, de quels éléments il est constitué, etc. Le véritable savoir se résume à l’amour. À quoi bon un grand savoir si le mari bat sa femme ? Il sait beaucoup de choses, mais ne sait pas retenir son bras. La femme aussi va à l’église, écoute des prêches, mais de retour à la maison elle peut rosser ses enfants. Si on lui demande pourquoi elle le fait, elle dira qu’elle veut leur faire entendre raison ou les obliger à manifester leur amour ! Tout le monde se demande d’où viennent les souffrances. Il est facile d’y répondre : les souffrances viennent soit des hommes, soit des femmes, c’est-à-dire soit de la pensée de l’être humain, soit de son cœur. Un Bulgare avait une grande faiblesse envers le vin, il était constamment ivre, tout ce qu’il gagnait allait au tavernier. Un jour sa femme l’a attendue à la porte, un bâton à la main – c’était une Bulgare solide ! Elle lui a frappé le bras si fort qu’elle l’a cassé. Puis elle l’a aidé à rentrer à la maison en lui demandant : « Est-ce que tu boiras encore ? – Non, je ne boirai plus. » Le lendemain il est allé voir un guérisseur pour remettre son bras. Celui-ci l’a interrogé : « Qu’est-ce qui s’est passé pour que tu te casses le bras ? – Ne m’en parle pas, j’ai fait une mauvaise chute à cheval. » Le bâton lui a rendu la sobriété. Ce bâton officie entre les mains des parents, des enseignants, des patrons, des ministres, il aide les humains à redevenir sobres. Être sobre, c’est cesser de pécher. La nature utilise un autre procédé : la mort. Lorsqu’elle veut forcer quelqu’un à ne plus pécher, elle envoie la mort, et si elle le touche de la main, il trépasse. On l’allonge sur le dos, on lui croise les mains et on le porte dans l’autre monde. Les mains croisées illustrent le repentir ; l’homme se repent et assure qu’il ne péchera plus. Certains, lorsqu’ils meurent, tournent leur dos vers le ciel : ils ont honte à se mettre face à Dieu. La mort enseigne à l’homme à vivre par la pensée, le cœur, l’âme et la volonté. Il apprendra toujours quelque chose au seuil de la mort. Dans un premier temps, il est découragé, mais ensuite les forces de la pensée, de l’âme et de la volonté lui viennent en aide et il se ragaillardit. Que faut-il faire aujourd’hui pour surmonter les difficultés de la vie ? L’unique salut consiste à appliquer l’enseignement du Christ. Ainsi l’être humain arrive à se connaître lui-même, il comprend le capital dont il dispose et celui qui lui manque. L’enseignement du Christ donne des méthodes pour maîtriser les forces négatives en soi. La haine et la jalousie par exemple sont des forces négatives qui intoxiquent l’organisme humain. Il suffit de regarder dans le spectroscope pour reconnaître les éléments et les réactions que vous observez : par les lignes claires et sombres du spectre vous détectez la présence de certains éléments. De même, il suffit de regarder les forces qui agissent sur la pensée, le cœur, l’âme et la volonté de l’être pour reconnaître les sentiments, les pensées et les désirs qui le stimulent. Les souffrances montrent le degré de la dysharmonie entre la pensée, le cœur, l’âme et la volonté. Lorsque la dysharmonie disparaît, les souffrances cessent aussitôt. De même que l’eau joue un rôle important pour la vie des organismes dans la nature : végétaux, animaux et humains, de même l’incursion de l’être humain toujours plus loin dans les profondeurs de la matière conduit à la dégénérescence. L’eau n’est utile aux organismes qu’en quantité bien définie ; si sa quantité augmente, ils se noient. Prenez garde vous-aussi de ne pas vous noyer dans la vie. Le Christ dit à ses disciples : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Les gens se demandent : « Quel Dieu devons-nous aimer ? » Le visible. Mais, comme la mère est invisible pour l’enfant lorsqu’il est encore dans son sein, ainsi Dieu est encore inconnu et invisible pour beaucoup de gens qui sont encore dans Son sein. Lorsqu’ils en sortiront, ils Le verront mais sans Le connaître. Il se passera beaucoup de temps pour qu’ils Le voient et Le connaissent. Celui qui dit qu’il a vu Dieu et Le connaît est déjà né, debout sur ses jambes, il a éprouvé la douceur et la bonté de sa mère. Il croit à l’existence de Dieu, et même si tous les philosophes dans le monde l’en dissuadent, ils n’y arriveront pas car il a des expériences que rien ne peut remettre en question. Par exemple, quelqu’un prédit quelque chose dix fois de suite et les dix fois cela se passe exactement comme il l’avait dit. Vous direz que cela peut être une coïncidence ; je suis d’accord, cela peut arriver. Que direz-vous si quelqu’un fait neuf cent quatre-vingt-dix-neuf prédictions qui se réalisent toutes sans exception ? Il ne reste qu’à les accepter comme authentiques et véritables. Dieu parle aux humains et ils disent ce qu’ils ont entendu de Lui ; ce qui est dit se réalise. Croyez-vous alors dans l’existence de Dieu ? Viendra le jour où tous connaîtront le Seigneur, des plus petits aux plus grands. Alors tous connaîtront le Dieu visible et ne mettront pas Son existence en doute. Celui qui met en doute l’existence de Dieu, L’a expulsé hors de lui. Une nouvelle culture est nécessaire à l’humanité actuelle. Une paix nouvelle, intelligente, est nécessaire aux humains, une paix pour changer leurs visages, adoucir et anoblir leurs cœurs, insuffler plus de lumière dans leurs esprits. Aujourd’hui, beaucoup ont des yeux jaunes. Pourquoi ? Parce que leur foie est déréglé. Beaucoup ont le visage de couleur sombre. Pourquoi ? Parce qu’ils vivent dans l’obscurité, sous une ombre épaisse, ils sont malades ; les ombres des grands arbres sont néfastes. Quelqu’un vit à l’ombre d’un arbre dont les ramifications ont poussé grâce à l’argent, grâce aux millions du monde et il pense qu’il peut être heureux. Je dis : « Frère, si tu penses que tu peux être heureux avec les millions du monde, sache que même dix vies ne te suffiront pas pour racheter les péchés que tu feras avec ces millions ». Rappelez-vous : le salut de l’être humain se résume à la vraie créativité, à l’art de bâtir, de construire son corps astral, son corps mental et le corps de son âme. S’il n’y a pas de lien entre la pensée, le cœur et l’âme, le corps devient maladif ; lorsque le corps est malade, l’esprit ne peut pas se manifester. « Comment bâtir ? » En aimant le Seigneur de toute sa pensée, de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force, et son prochain, comme soi-même. Sans amour on ne peut bâtir. L’amour apporte des matériaux, des possibilités et des conditions pour bâtir. Celui qui a appris à bâtir pour lui-même, bâtira aussi pour son prochain. Lorsqu’il rencontre quelqu’un qui souffre, il ne l’accablera pas et ne l’insultera pas, mais il s’arrêtera pour travailler un peu sur son édifice. « S’il est pauvre et sans le sou, comment l’aidera-t-il ? » Pour celui qui souhaite aider les faibles et les souffrants, la misère n’existe pas. À mon avis, si le riche n’ouvre pas son cœur et sa bourse aux pauvres et aux misérables, lui-même est misérable ; si le pauvre sacrifie tout ce qu’il a pour le bien de son prochain, lui-même est riche. Il n’est pas nécessaire de sauver le monde entier ; plantez un pépin de pomme et laissez-le : il travaillera par lui-même, il y aura quelqu’un pour s’en occuper par la suite. Soyez porteurs du Nouvel Enseignement pour devenir des conducteurs entre les humains et les anges, entre les anges et Dieu. Que devez-vous faire si votre cœur est fermé et ne s’ouvre pas ? Vous vous lierez au cœur de Dieu et vous vous mouvrez selon Son pouls ; vous vous libérerez ainsi des maladies du cœur. Beaucoup de maladies sont dues au cœur, aux impuretés dans le sang. Les maladies vénériennes par exemple sont dues au cœur. Comme dans les instituts bactériologiques, des agents pathogènes divers sont cultivés dans des conditions spécifiques, pour un but scientifique, de même des forces cachées, dangereuses pour l’organisme humain, sont recelées dans la nature. Du fait de son cœur retors, l’être humain a le pouvoir de mobiliser ces forces : elles se déposent dans son cœur et contaminent non seulement son sang mais aussi le sang de plusieurs générations après lui. C’est ainsi qu’apparaissent des maladies incurables et redoutables qui intoxiquent le sang de l’humanité. Pour se libérer de ce mal, il faut aimer le Seigneur de tout son cœur, se servir de son cœur pour construire son corps et aider aussi à la construction du corps de son prochain. Celui qui bâtit ainsi est invulnérable à toutes les maladies. Si vous souffrez d’une maladie redoutable ne dites pas qu’un grand malheur vous frappe, mais dites : « Je te remercie, Seigneur, d’avoir décidé de me purifier. » Du point de vue du divin, les microbes, les bacilles sont des moyens par lesquels les êtres intelligents nettoient les maisons et les jardins des humains. Il est temps que nos contemporains appliquent l’hygiène divine qui exige de tous une vie nouvelle, une vie pure. Que tous les peuples l’appliquent pour voir combien de maladies subsisteront et combien de cas mortels seront recensés ; qu’ils tiennent des statistiques pour les comparer à celles d’aujourd’hui. Appliquez la nouvelle hygiène dès la fin de la guerre. Vous direz que cette hygiène est en contradiction avec la science ; non seulement elle n’est pas en contradiction, mais au contraire elle inclut toute la science moderne en elle. En réalité une seule science, une seule hygiène existe, elle est divine. La médecine divine guérit à cent pour cent. Si une médecine ne guérit que dans dix pour cent des cas, elle ne peut pas vous aider. La nature toute seule guérit dans cinquante pour cent des cas, l’homme se guérit dans vingt-cinq pour cent des cas, donc vingt-cinq pour cent des guérisons seulement incombent au médecin. S’il ne peut même pas aider là-dessus, où est toute sa science ? Nous ne nous déclarons ni contre la science ni contre la religion, ni contre la nation. Nous souhaitons que la science, la religion et la nation se développent et ouvrent de plus grandes fenêtres pour laisser entrer plus de lumière. Nous souhaitons que les humains soient libres, sans peur pour l’avenir. Si un édifice est fragile, n’ayez crainte, une commission viendra l’inspecter ; s’il ne peut pas tenir, il sera démoli et un autre sera construit. Chaque démolition sous-entend une nouvelle construction, une nouvelle tentative. Tout ce qui se passe dans le monde est pour le bien. En construisant un nouvel édifice l’homme élargit sa pensée, son cœur et son âme pour recevoir plus d’amour divin. Il apprendra à travailler comme Dieu a travaillé et comme Il continue de travailler encore aujourd’hui. C’est le seul moyen pour l’humanité de compter sur des parents élevés et avant-gardistes, des religieux intelligents et avant-gardistes, des enseignants, des juges et des ministres, etc. Les gens d’aujourd’hui ne croient pas à l’existence de l’esprit, c’est-à-dire au monde spirituel. Ils veulent être convaincus de l’existence de Dieu. S’ils ne croient pas en Lui et n’approuvent pas la façon dont le monde a été fait, qu’ils deviennent eux-mêmes des divinités dans leur famille. Le mari est une divinité ; l’épouse, une autre. Qu’ils créent des enfants immortels, qu’ils mettent le bonheur comme socle de leur foyer et qu’ils le rendent exemplaire pour toutes les autres familles. Depuis deux mille ans le Christ parle, mais ce n’est qu’aujourd’hui que son enseignement est accueilli, et pourtant les humains attendent déjà des résultats, en proie à la déception, au manque de foi. Avez-vous mené en toute conscience la mission de votre cœur - appliquer l’amour dans toute sa plénitude ? Avez-vous essayé de devenir vos propres sculpteurs, de sculpter une image qui reflète l’image primordiale, créée à la ressemblance de Dieu ? Le roi David a dit : « Ma mère m’a conçu dans le péché. » Ici péché signifie obscurité. Que font les gens raisonnables lorsqu’ils se retrouvent dans le noir ? Pour ne pas heurter les objets en se frayant un chemin, ils tendent la main et naviguent au toucher : ce sont des personnes qui travaillent avec leur âme. Voilà pourquoi, vous-aussi, faites de même dans le noir, ne tournez pas votre canne d’un côté et de l’autre, mais sondez avec elle pour détecter des dangers éventuels devant vous. Utilisez aujourd’hui votre canne pour vous hisser plus haut et devenir un humain-ange. Faites des essais pour vous lier aux forces de la nature intelligente par la pensée, le cœur, l’âme et la volonté. Vous comprendrez ainsi la vie des minéraux, des végétaux, des animaux, de tous les humains et vous serez instruits de tout. Si la première tentative est infructueuse, faites-en une autre, une troisième, etc. Ne vous découragez pas car Dieu travaille dans le monde, dans chaque être vivant, Il les unit. Il peut accomplir son travail tout seul sans mon aide, mais en vous parlant, j’accélère votre évolution. Ce que vous pouvez accomplir seuls en une année, vous le ferez en un jour avec moi. Si quelqu’un dit qu’il ne veut pas apprendre, qu’il n’a pas besoin de Maître, il est comme un animal : l’animal aussi remue sa queue à longueur de journée et ne veut rien savoir. L’être humain, quant à lui, ne doit pas cesser d’avancer ; il doit apprendre - il a besoin d’un Maître. Moi aussi, j’apprends à tourner la canne d’une manière particulière, et je vous apprendrai, à vous-aussi, cet art particulier : tourner la canne en direction de la pensée, du cœur, de la volonté et de l’âme. Lorsque vous allez en direction de votre cœur, déplacez la canne en ligne droite ; lorsque vous allez en direction de votre âme, conduisez-la sur une surface plane ; lorsque vous allez en direction de votre volonté, tournez-la dans les trois dimensions, les dimensions du cube ; et enfin si vous allez en direction de votre force, vous la tournerez vers le centre. Si vous allez dans une direction, ne rebroussez pas chemin. Si vous assimilez une idée divine, donnez-lui d’abord de la largeur ou de la longueur, puis de l’espace : largeur et longueur, puis trois dimensions, c’est-à-dire un volume, et enfin avec la force de votre esprit mettez en elle du sens et du contenu. Cela signifie d’aimer l’homme avec son mental, son cœur, son âme et sa force. C’est ce que le Christ a prôné à ses disciples : que leur âme s’emplisse d’idées divines, de contenu divin qui les élèvera. Que fait l’être intelligent qui croise un veau qui remue librement la queue ? Il ne lui dit rien, mais le dirige vers les bons pâturages et les sources d’eau. Tous sont dans de bonnes conditions ; on a montré à tous où est la bonne nourriture saine et de qualité et où est l’eau pure, mais peu nombreux sont ceux qui exploitent les bonnes ressources. La plupart des gens s’écartent de leur chemin, et lorsqu’ils meurent, leurs proches disent : « Il est mort le pauvre mais au moins il a rempli sa mission d’être humain. » Il n’a rempli aucune mission : il a construit et démoli, c’est-à-dire il a vécu à l’ancienne. La vie nouvelle entend une nouvelle façon de construire. Le Christ donne les deux commandements aux contemporains pour les libérer de la démolition incessante. Faut-il à l’avenir que l’homme agisse comme le scorpion qui s’empoisonne s’il n’arrive pas à éliminer son adversaire ? Je souhaite à tous les humains de se diriger sur une ligne, sur un plan, sur les trois dimensions et de s’unir enfin avec le centre divin où se déverse le contenu divin. C’est ainsi que doivent se conduire tous les humains pour bâtir de nouveaux foyers, de nouvelles églises, de nouvelles écoles. Je souhaite que chacun soit fort en pensée, en cœur, en âme et en volonté, et qu’il utilise sa force pour son propre bien et pour le bien de son prochain. Sofia, 27 octobre 1918 Traduction par Bojidar Borissov [1] « Et si ton œil entraîne ta chute, arrache-le ; il vaut mieux que tu entres borgne dans le Royaume de Dieu que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne. » (Marc 9, 47) [2] « Rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est secret qui ne sera connu. » (Luc 12, 2) [3] « Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils, son unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. » (Jean 3, 16)
  21. L’Esprit du Seigneur « L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres » Luc 4 :18 Le Christ dit pour lui-même : « L’Esprit du Seigneur est sur moi. » Il dit pour ses disciples : « Lorsque vous serez en difficulté, l’Esprit vous aidera, il vous enseignera à l'heure même ce qu'il faudra dire.[1] » Portez cette vérité dans votre esprit pour comprendre le sens de votre vie. Lorsque vous comprendrez votre vie, vous comprendrez aussi la vie d’autrui et celle de tous les êtres vivants. Il n’y a personne sur Terre qui ne cherche à comprendre le sens de la vie, mais peu nombreux sont ceux qui portent leur attention sur le sens de l’alimentation, de la boisson et de la respiration. Si vous demandez aux scientifiques pourquoi nous devons manger, boire et respirer, ils diront que c’est pour récupérer l’énergie dépensée par l’organisme. Quant au côté intérieur, spirituel, de ces processus, ils gardent le silence. Pourquoi certaines particules de matière perdent-elles leur énergie et doivent-elles être rechargées de l’extérieur ? Des processus d’acquisition et de perte ont donc lieu dans l’organisme humain comme dans la vie elle-même. La ménagère met dans la cheminée du bois ou du charbon qui se consume ; l’énergie du combustible passe dans les aliments que la ménagère cuisine. La physique nous enseigne que dans la nature, l’énergie se transforme, c’est-à-dire qu’elle passe d’un état à un autre sans que rien ne se crée et sans que rien ne se perde ; donc l’énergie ne fait que changer de nature. Si quelqu’un dit qu’il a perdu quelque chose, qu’il sache que c’est un changement d’un état dans un autre. Vous dites que vous avez perdu la joie. Vous ne l’avez pas perdue, mais elle s’est transformée de combustible en chaleur qui vous a servi à préparer le repas. « L’Esprit du Seigneur est sur moi. » Réjouissez-vous que l’Esprit vous ait visité, mais souhaitez qu’il visite aussi les autres. L’Esprit se manifeste par le Christ, et le Christ représente toute l’humanité. Il est à la fois un être individuel et un être collectif. Par conséquent, chacun peut dire pour lui-même : « Le Christ et moi ne sommes qu’un ; moi et toute l’humanité ne sommes qu’un. » Par la collectivité, je n’entends pas l’uniformité, mais l’harmonie comme dans la musique. Plusieurs tonalités, harmonieuses entre elles, composent une chanson. Si une seule tonalité manque, l’harmonie est altérée, le lien, le rapport entre les tonalités est rompu. L’organisme de chacun représente une note unique du chant divin : si vous touchez une de ces tonalités, cela émet un son spécifique. Il suffit de rendre sonores les notes pour manifester les corps astraux des humains qui se caractérisent par le mouvement. La note est le signe, c’est-à-dire l’individualité physique, alors que la tonalité est le mouvement, c’est-à-dire l’individualité astrale. « L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres. » Il n’est pas dit que la bonne nouvelle est annoncée aux scientifiques, aux philosophes et aux riches, mais aux pauvres. Nos contemporains passent pour des scientifiques, des érudits, des gens pieux qui prient trois fois par jour ; malheur à celui qui ne prie pas, il passe pour un incroyant, un hérétique ! À bas les anciennes croyances populaires ! Ne les utilisez pas comme matériau de construction, mais comme engrais pour vos jardins. Vous direz qu’il ne faut pas prôner de nouvelles idées. Il est difficile, à mon avis, de distinguer les nouvelles idées des anciennes. Chaque idée qui stimule la croissance est nouvelle ; là où il n’y a point de croissance, tout est vieux. Que dirait la mère de son enfant si elle devait le porter dans ses bras pendant une dizaine d’années ? L’avoir dans ses bras pendant deux ou trois ans, c’est normal ; lorsqu’il grandit, sa mère le laisse gambader tout seul. Ainsi, celui qui ne reçoit aucune nouvelle idée, nie la croissance en tant que processus naturel. Si tu croîs, tu assimileras nécessairement de nouvelles idées ; si tu restes sur place sans croître, tu es dans un processus ancien sans apport d’eau fraiche et pure. Tant qu’il est petit, l’enfant reste dans les bras maternels ; lorsqu’il grandit, sa mère se réjouit qu’il marche. Grande est la joie dans le foyer lorsque l’enfant se met debout sur ses jambes pour marcher. Qu’est-ce que se mettre debout ? C’est la lutte de l’esprit avec la matière. Lorsque l’enfant va à quatre pattes, cela montre que la nature animale prend le dessus en lui. Même certains adultes vont encore à quatre pattes : c’est un état infantile, mais ils n’y resteront pas pour toujours. Lorsque le Christ dit qu’Il apporte une bonne nouvelle aux pauvres, Il parle des pauvres véritables, pas de ceux qui le sont devenus par la suggestion. Suggérer à quelqu’un qu’il est pauvre ne traduit pas sa vraie situation. Les enfants aussi se servent de l’hypnose. Quand ? Lorsqu’ils demandent quelque chose à leur mère : ils répètent et réitèrent sans cesse ce qu’ils veulent obtenir, tant que la mère ne cède pas à l’hypnose pour les satisfaire. L’enfant veut du pain avec insistance et sa mère finit par lui en donner. Il ne faut pas demander du pain par l’hypnotisme. La mère connait les besoins de son enfant et y pourvoit toute seule. Le pain est nécessaire à l’être humain ; il le recevra d’une manière ou d’une autre, et ceci tout naturellement. Ainsi, dans la vie il y a des choses essentielles et des choses non essentielles, des choses nécessaires et des choses accessoires. L’eau est nécessaire alors que le tabac est accessoire ; la nourriture est nécessaire alors que le vin est accessoire ; l’air, la lumière sont nécessaires alors que l’éclairage électrique ou le gaz sont accessoires. Vous direz que vous trouvez de l’utilité à beaucoup de choses. Si le Seigneur les donne, c’est bien ; s’Il ne les donne pas, cherchez celles qui vous sont nécessaires. Comme il y a des choses nécessaires et accessoires sur le plan physique, de même il y a des pensées et des sentiments nécessaires et accessoires sur le plan spirituel. Les premiers sont indispensables, les seconds, non. Je n’ai rien contre les uns ni contre les autres, mais vous n’avez pas le droit de remplacer les choses réelles avec les choses transitoires, et les choses nécessaires avec des choses accessoires. C’est bête de dépenser son argent pour du vin et du tabac et de se priver de pain et d’eau. Je ne reproche rien aux gens ; je ne suis pas venu pour détruire mais pour bâtir. Néanmoins la destruction est tolérée parfois lorsqu’il s’agit d’éradiquer les mauvaises pensées et les mauvais sentiments afin que l’organisme ne soit ni pourri ni contaminé. On peut parfois tolérer le mensonge blanc, mais uniquement pour empaqueter la vérité. Si quelqu’un veut connaître la vérité, je lui dis : « Enlève l’empaquetage de ce qui t’a été dit et tu trouveras la vérité tout seul. » Le mensonge peut être nécessaire, utile. De même pour la vérité : la nécessaire vérité exige le nécessaire mensonge, la vérité utile exige le mensonge utile. Comment comprendre cette idée ? Imaginez qu’un enfant dessine son père ; la mère regarde le dessin et dit : « Il n’y a que le nez qui rappelle ton père. » L’enfant veut corriger son dessin mais tord le nez ; la mère dit : « Maintenant il n’y a que l’oreille qui est fidèle à l’original. » L’enfant dessine, corrige, mais aucune version du dessin n’est ressemblante avec le père, de toutes les images, aucune n’est authentique. Cela démontre qu’en essayant de révéler la vérité, on tombe sur le mensonge. Donc la forme par laquelle on essaie de révéler la vérité peut être mensongère. Le mensonge est la caricature de la vérité. Les humains ne savent pas encore ce qu’est la vérité. Quelqu’un dit aimer une personne, mais en réalité ce n’est pas vrai ; il ne sait pas comment se manifeste l’affection. En général les humains parlent d’amour, de miséricorde, de bonté sans manifester ce dont ils parlent. Que tu ais donné de l’argent à quelqu’un ne signifie pas que tu l’aimes. Si tu dis j’aime, il faut avoir un rapport à toute l’humanité, à tous les êtres vivants. L’être humain manifeste son amour uniquement lorsque l’amour le visite. Par conséquent la jeune fille manifeste son amour lorsqu’elle rencontre le jeune homme ; et lui-aussi manifeste son amour lorsqu’il rencontre la jeune fille. Quand je dis que l’homme doit aimer toute l’humanité, je parle de l’homme collectif, c’est-à-dire l’Adam divin. Tous les humains sont enfants de cet Adam. Un jour ils seront aussi grands que leur père. « L’Esprit du Seigneur. » Lorsque l’Esprit entre dans l’être humain, il a envie d’annoncer la bonne nouvelle aux pauvres. Être pauvre est une des situations les plus honorifiques. Si les écrivains veulent mettre en avant leurs héros, ils les plongent dans la misère ; lorsqu’ils veulent rabaisser un héros, ils lui donnent du pouvoir, des richesses. S’ils veulent le dépeindre comme un noble, ils le vident comme une bouteille pour pouvoir le remplir d’eau de source pure et fraîche. Si la bouteille de l’homme est pleine, on ne peut pas y verser d’eau pure. L’eau pure représente la vie supérieure, divine, qui peut être reçue uniquement par des bouteilles vides, propres. Si tu ne peux pas recevoir cette vie, c’est de ta faute. Vide ta bouteille et va tout seul la remplir à la source, n’attends pas que d’autres la remplissent pour toi et te l’apportent. Que faut-il faire pour recevoir la vie pure et supérieure ? Vous repentir, c’est-à-dire vider la bouteille et aller la remplir à la Grande Source. Tous les scientifiques et les philosophes, mères et pères, professeurs et prêtres doivent retourner leurs bouteilles, les vider et aller les remplir à la Source. C’est le seul moyen d’accueillir le Nouvel Enseignement et les nouvelles idées. « Qu’adviendra-t-il de l’ancien enseignement ? » Mettez-le comme engrais autour des racines des arbres et ne vous en préoccupez plus. « Apportons une bonne nouvelle aux pauvres. » Je souhaite que tous les humains soient pauvres, au sens large, pour leur apporter la bonne nouvelle. Certains se déclarent prêts à tous les sacrifices au nom de Dieu ; la vie éprouvera leurs dires. Dire quelque chose et l’accomplir sont deux choses différentes ; regarder un fruit dessiné et le goûter sont deux choses différentes. Si vous envisagez de faire quelque bien, ne le reportez pas, mais mettez-vous aussitôt à sa réalisation. « Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé. » Ceux qui ont le cœur brisé sont malades car les maladies ont un rapport avec le cœur humain. Qui n’est pas malade de nos jours ? Il n’y a pas de gens parfaitement bien portants sur Terre. Il n’y a pas non plus de gens heureux. Pourquoi ? Parce que les maladies les privent de la sève de leur vie physique ; les contradictions, les malentendus, l’incompréhension, la colère, la haine, la jalousie leur prennent la sève de leurs sentiments et de leurs pensées. Les maladies physiques et psychiques sont des louveteaux qui attaquent les brebis en l’humain. Que gagne le loup lorsqu’il égorge les brebis ? Il se perfectionne pour occire les brebis, mais ce n’est pas une culture. S’il est question de culture, la brebis l’est plus que le loup : lorsqu’elle paît, elle n’arrache pas l’herbe avec les racines, mais la laisse repousser. Parfois, la brebis déracine aussi les herbes et elle répondra de ses actes. Il est préférable que la vie humaine soit proche de celle de la brebis plutôt que de celle du loup. Sachez une chose : il n’y a pas de créature sur Terre, grande ou petite, qui ne porte pas la responsabilité de ses actes. Les maladies qui s’attaquent aux humains sont dues à leurs péchés passés et présents ; rien ne reste impuni. Les microbes qui empoisonnent l’organisme humain aujourd’hui ne sont rien d’autre que le poison de la peur, de la haine que les veaux, les poulets, les agneaux ont éprouvé lorsque l’être humain les a égorgés ou occis. Est-ce possible ? Oui, c’est possible. Comme une parole offensante peut empoisonner et dévaster l’organisme humain, de même la peur et la haine des animaux que l’être humain égorge, empoisonnent son organisme. En ce sens, l’humain peut détruire, mais il peut aussi bâtir. Vous direz que tel prédicateur sape les fondements de l’église. Si le prédicateur est la branche d’un arbre et les gens, les fruits qui puisent la sève de la branche, ils n’ont pas le droit de tirer des conclusions erronées. Les critiques sont un couteau ou une scie dans la main de l’imprudent qui scie la branche sur laquelle il est assis. Un jour Nastradine Hodja est monté dans un arbre et s’est mis à scier la branche sur laquelle il était assis. Un passant l’a remarqué et a dit : « Hodja, ne scie pas branche sur laquelle tu te trouves car tu vas tomber. – Occupe-toi de tes affaires, lui a dit le hodja, je sais ce que je fais ! » Si nos contemporains montent sur une branche et se mettent à la scier, ils vont se faire mal tout seuls. Ainsi, n’écoutez que celui qui prône la vérité. Peu importe qui il est et d’où vient-il. Tant que le Christ vit en vous, vous aussi vous vivrez ; si vous crucifiez votre Christ, vous vous crucifiez vous-mêmes. Il n’y a pas de plus grand malheur pour l’être que celui de fermer les fenêtres de son esprit et de son cœur et d’empêcher la lumière d’y pénétrer. Maintenant nous nous sommes assignés pour mission de transformer tous les bacilles – loups – en brebis dociles. À l’avenir il n’y aura pas de mensonges, de vols, de jalousie, de haine, de désamour, c’est l’amour qui régnera alors entre les humains. Quel amour ? L’amour est un : c’est l’amour divin. Tout le reste : sentiments, humeurs, dispositions d’esprit, ne sont pas de l’amour. Les médecins contemporains ont remarqué que toute pathologie nécessite une nourriture spéciale. Pendant la maladie et après la rémission l’être humain a besoin d’une nourriture spécifique. Par exemple, celui qui a subi une forte fièvre veut manger des yaourts ; une autre maladie peut appeler une nourriture sucrée. Les maladies produisent des états contre nature dans l’homme, ce qui montre qu’il porte les conséquences de sa vie contre nature du passé. Lorsqu’il accédera à la vie divine, l’homme utilisera de la nourriture pure, naturelle. Aujourd’hui, les humains souffrent physiquement et psychologiquement à cause d’une alimentation inappropriée, ils ne savent pas quelle nourriture favoriser. Si vous voulez avoir un estomac en bon état, prenez un seul repas par jour et n’abusez jamais des quantités. De plus, le régime végétarien est préférable au régime carné. Et dans le régime végétarien, il vaut mieux insister sur les fruits. Comme pour l’alimentation physique, observez les mêmes règles pour l’alimentation de votre cœur et de votre intelligence : chaque jour vous donnerez un sentiment à votre cœur et une pensée à votre intelligence dans le but de bien les assimiler. Tant que vous ne les avez pas assimilés, n’en prenez pas de nouveaux. Par ailleurs ne mélangez jamais vos sentiments, ne mélangez jamais vos pensées non plus. Aucune surconsommation n’est autorisée, ni sur le plan physique, ni sur le plan affectif, ni sur le plan mental. Quelqu’un veut éprouver de grands sentiments qui bouleversent son cœur et son âme ; si vous voulez de grands sentiments, rendez visite à des malades et à des gens qui souffrent. Là, vous éprouverez des sentiments divers, mais vous n’en retiendrez qu’un seul et vous l’assimilerez ; le lendemain vous travaillerez avec un autre sentiment. « Je veux être heureux. » Puisque vous cherchez le bonheur sur Terre, vous devez vous lier à des personnes qui vous comprennent, sur lesquelles vous pouvez toujours compter, qui peuvent se sacrifier pour vous et qui sont prêtes à monter au Ciel et à descendre sur Terre pour vous. « Où trouverai-je de telles personnes ? » Ne les cherchez pas, soyez vous-même la personne que les autres cherchent. Que chacun de vous se déclare volontaire pour le nouveau front : combattre le mal, combattre les manifestations négatives en soi. Dans la guerre que je déclare aujourd’hui, je donnerai des médailles et des croix de bravoure à ceux qui ne mentent pas et ne volent pas, qui sont honnêtes, bons, intelligents et justes et qui aiment toute l’humanité. Dans la guerre que je déclare aujourd’hui, il y aura aussi des canons de l’amour qui ne détruiront pas ni ne tueront, mais élèveront les humains. Ils agiront à des distances très grandes. Là où tombe le projectile de l’amour, tout se transforme. On érigera ensuite un monument à la gloire de cette grenade car elle apporte l’amour à la place du désamour, le savoir à la place de l’ignorance, la liberté à la place des limitations et enfin l’immortalité à la place de la mort. Cette grenade sera différente des grenades actuelles aussi par son poids, elle sera plus lourde de milliers de kilos. Là où elle tombera, elle produira un effet particulier. Il est temps que l’être humain se mette au-dessus des mesquineries quotidiennes pour se tourner vers le sublime et le majestueux. Il doit se fabriquer une philosophie positive de la vie. On dit de quelqu’un qu’il est mauvais alors qu’il fait du bien - je ne crois pas à cela. Il n’est pas possible pour quelqu’un de mener une vie mauvaise et impure et d’inciter les autres à une vie pure et vertueuse. Pourquoi est-ce impossible ? Parce que même le bois sec ne peut s’allumer sans l’aide de feu ou d’allumette. Par conséquent, pour inciter les gens à une vie pure et vertueuse vous devez avant tout porter en vous du feu pour déclencher une réaction. Le feu se trouve uniquement dans l’homme de bien, lui seul peut allumer le bois mis dans la cheminée. Le feu que vous transmettez aux humains insuffle de la force en eux. Aussi faible qu’elle soit, la flamme de l’allumette fait le travail. Si le bois n’est pas sec, c’est-à-dire si les humains ne sont pas disposés à mener une vie vertueuse, il vaut mieux garder ses allumettes. Le bois mouillé a besoin de charbons ardents et non d’allumettes. C’est la méthode qui permettra à l’être humain de sublimer son cœur. Beaucoup s’intéressent à l’autre monde et veulent savoir où il se trouve. Ce monde est l’autre monde. Par conséquent, vous voyez tous l’autre monde qui est bien organisé. Le monde qui vous terrorise, qui n’est pas bien organisé, c’est votre monde intérieur. Quelqu’un dit qu’après sa mort il verra l’autre monde. S’il ne peut pas le voir maintenant sur Terre, il ne le verra jamais. C’est pourquoi il vaut mieux vivre que mourir. Comme les humains n’ont pas une idée précise de la mort, de l’autre monde, vous entendez dire de quelqu’un : « Il est mort jeune, inexpérimenté, mais au moins il a trouvé la paix. » Comment peut-on mourir et être en paix ? Penser ainsi, c’est comme dire : « Comme la mouche est heureuse d’être tombée dans la toile d’araignée ! » ou bien « Comme la souris est heureuse d’être tombée entre les griffes du chat ! » En ce sens la mort est le plus grand malheur qui frappe l’homme : elle dénude ses muscles et ne laisse que des os blancs. Elle est Lucifer, elle est un voleur qui détrousse l’être. En sachant ce qu’est la mort, ne dites pas : « Lorsque nous mourrons… », mais dites : « Nous vivrons » ou bien « Nous ressusciterons. » Il y a du sens à mourir, mais mourir au mensonge, au vol, à la haine, à l’aigreur, à tous les sentiments négatifs. En ce sens, je suis un homme mort, mais je suis en même temps vivant, il n’y a pas d’homme plus mort que moi, et en même temps personne n’est aussi vivant que moi. Vous pouvez me tester pour voir s’il en est ainsi. Je ne ferai pas comme Nastradine Hodja qui dit une chose mais en fait une autre. Un jour Nastradine Hodja disait à quelqu’un que s’il trouvait quatre-vingt-dix-neuf levas, il ne les prendrait pas sous prétexte qu’il n’y en a pas cent. En l’entendant, son interlocuteur a voulu le tester : il a mis le lendemain sur son chemin quatre-vingt-dix-neuf levas. Les voyant, le hodja s’est baissé et les a ramassés. « Qu’as-tu trouvé ? – a demandé son compagnon. – J’ai trouvé quatre-vingt-dix-neuf levas. – Tu as pourtant dit que tu ne prendrais pas quatre-vingt-dix-neuf levas puisque ce ne sont pas cent levas. – C’est vrai, mais je sais que celui qui a donné quatre-vingt-dix-neuf levas en donnera bien un de plus. Que montre le nombre 99 ? C’est un nombre mystique qui signifie une vie mauvaise, pécheresse. Nastradine Hodja voulait dire ainsi : « Si je mène une mauvaise vie, je peux aussi mener une vie vertueuse. » La vie divine, vertueuse, se résume au nombre un. Si l’on peut mentir, l’on peut aussi dire la vérité ; si l’on hait, l’on peut aussi aimer ; si l’on prend, on peut aussi donner. Ainsi peut-on parler de vie positive lorsque l’être humain porte en lui des qualités positives. On peut alors parler d’amour divin, de sagesse, de vérité, de justice et de vertu. Au moment où il tourne le dos à la vie divine, l’être humain devient ordinaire, quelconque. Il est comme le fer : s’il est mis dans le feu, il sera chaud ; s’il est sorti du feu, il refroidira. Pour ne pas vous retrouver dans cette situation, soyez fidèles à vos pensées et sentiments, ne vous laissez pas tenter par des pensées et des logiques étrangères. Que tel philosophe pense de telle manière de Dieu est sa compréhension des choses ; c’est votre opinion qui importe avant tout ; vous ne savez pas ce que les paroles du philosophe cherchent à exprimer réellement. Faut-il croire tous ceux qui disent qu’ils vous aiment ? Avant de croire à ces paroles, testez-les. Celui qui aime émane une chaleur croissante, il se dilate aussi : si sa main est chaude et légèrement dilatée, il vous aime vraiment. Je ne dis pas qu’il doit être ardent, mais chaud ; l’ardeur, c’est de la passion ; cette passion embrase rapidement les humains, mais les éteint aussi vite. Comment se manifeste l’amour sur le plan physique ? En tant que chaleur qui éveille des sentiments nobles en l’être humain, il facilite leur croissance et leur développement. Nous appelons passion le feu qui brûle et consume les nobles sentiments des êtres humains. Peut-on se passer du feu sur Terre ? Non, mais il doit être utilisé pour chauffer le fer à blanc afin de le forger. Plus puissantes sont les passions, plus les métaux qu’ils forgent seront résistants. Les passions sont à leur place lorsqu’elles sont utilisées intelligemment. Est-ce que l’individu pieux et croyant peut entrer dans l’église armé d’un couteau ? Le couteau dans la main du croyant n’est que de la haine. Celui qui entre un couteau à la main à l’église ne sait pas ce qu’elle représente et quelle est sa prédestination. La place du couteau est sur le champ de bataille, pas dans une église. « Je veux combattre ! » Si tu le veux, va sur le champ de bataille. Si tu veux aller auprès de Dieu, tu porteras la chaleur divine dans ton cœur. S’il met du feu dans son cœur, l’être humain meurt prématurément. La colère est ce feu : s’il est en colère chaque jour et s’il n’utilise pas le feu pour travailler, l’être humain s’autodétruit. Il est agréable d’entrer dans une maison où tous s’aiment et se respectent mutuellement. Comment vous sentirez-vous si au lieu d’amour il règne entre les membres de la famille des rancœurs et des malentendus ? Aujourd’hui, tous les humains se demandent quand les familles, les sociétés et les peuples se relèveront. Lorsque Dieu entrera en eux pour y vivre. Est-ce possible ? C’est possible. Comme on amène l’eau aujourd’hui des montagnes vers les vallées, transformant les champs arides en terres fertiles, de même Dieu descend dans les vallées de la vie parmi les humains et les abreuve. C’est ainsi qu’aujourd’hui on amène l’eau courante dans les foyers. Le système nerveux est le conducteur par lequel l’énergie divine se transmet sous la forme de lumière et de chaleur d’un être humain à un autre. Comment reconnaître qui reçoit et transmet l’amour divin ? Si le front s’élève et s’élargit, si le haut de la tête s’étire, il est un bon conducteur de l’amour. Si les mains ne deviennent pas plus délicates et si les traits du visage ne s’adoucissent pas, c’est que l’homme n’a pas laissé la place au principe divin en lui. Vous direz que celui qui fait des travaux physiques ne peut pas avoir des mains douces ; c’est vrai, l’ouvrier a des mains rugueuses et endurcies, mais ce n’est pas normal. Abuser des forces de son organisme n’est pas autorisé. À l’avenir, lorsque la vie des humains s’améliorera, tous prendront part aux efforts physiques. Le temps sera réparti de façon à utiliser toutes les forces physiques, affectives et mentales. L’homme utilisera trois heures de son temps pour le travail physique, trois heures pour le travail sur son cœur, trois heures pour du travail mental, trois heures pour se nourrir, sept heures pour le sommeil, c’est-à-dire pour se promener depuis le monde physique dans le monde spirituel. Les cinq heures qui restent seront pour des œuvres caritatives : planter des légumes, cultiver des fleurs, visiter les malades et autres. « L’Esprit du Seigneur est sur moi » dit le Christ. « Où est le Christ ? – Partout ! – Si nous savons où il est, nous partirons à pied pour le trouver. – Même si vous le voyez, vous ne le reconnaîtrez pas. » Il y a deux mille ans le Christ a été sur Terre parmi les juifs et ils ne l’ont pas reconnu. Il a fait le tour de tous les pays, il a été chez tous les peuples, mais jusqu’à aujourd’hui on ne l’a pas reconnu. Il a été chassé partout où il s’est rendu pour ses idées dangereuses, on l’a traité d’hérétique, de débile, de déséquilibré, de fou, d’agitateur, etc. Les juifs l’ont même crucifié. Comment agissent les peuples contemporains avec le Christ ? Ils l’ont persécuté, ils ont massacré une partie de ses disciples. Où est le Christ aujourd’hui ? Aujourd’hui il se manifeste par ses idées. Les idées de fraternité, d’égalité et de liberté entre les peuples sont toutes des idées christiques. Les grands peuples sont les douze fils de Dieu qui ont des enfants et forment les petits peuples. Le monde slave est l’un des grands fils de Dieu et nous sommes ses enfants. De ce point de vue Dieu est notre grand-père. En général les enfants aiment leur grand-père plus que leur père ; ils le nomment grand père. Un jour, lorsque nous accepterons tous l’idée que nous sommes des fils du Dieu vivant, nous serons nos propres rois et évêques. Le Christ vient libérer l’humanité des prisons - des prisons insalubres et dangereuses pour l’âme humaine. Les gens d’aujourd’hui ont besoin d’idées où abondent la lumière, l’air, l’eau et la nourriture. Ils ont besoin de liberté pour se rendre à volonté sur les sommets montagneux et jouir de l’abondance d’air et de lumière. Les habitants de Sofia sont près de Vitocha, du pic Noir[2], mais rares sont ceux qui le visitent. N’est pas porteur d’idées nouvelles et lumineuses celui qui ne se rend pas sur les sommets des montagnes. On peut compter sur les montagnards en tant que porteurs d’idées nouvelles. La vie de celui qui grimpe dans les montagnes est légère et agréable ; la vie dans les vallées est plus pénible même si elle semble légère en apparence. En réalité la vie légère et superficielle est pénible et entraîne de terribles conséquences, elle mène à la dégénérescence. Les animaux aussi mènent une vie superficielle ; c’est à elle qu’ils doivent leurs déformations. Les animaux s’élèveront, s’affranchiront de leur situation actuelle. À quel moment ? Lorsque le Christ viendra sur Terre, il appellera tous les êtres vivants à se sublimer. Ils entendront sa voix et cesseront de se battre, de se quereller, de s’écorner, de ruer et de fouir. Le cochon dira : « Jusque-là, je fouissais, mais je ne le ferai plus car j’ai compris qu’une autre vie est possible. » Le bœuf dira : « Jusque-là j’écornais, mais je ne le ferai plus. » Le cheval renoncera à faire des ruades. En général tous les animaux se hisseront plus haut et commenceront à raisonner. Aujourd’hui déjà certains animaux raisonnent mieux que certains humains, même s’ils ne s’expriment pas. Un voyageur traversait une forêt à cheval, suivi par son chien. À un moment, dans une clairière, il est descendu de sa monture pour s’asseoir, se reposer et se restaurer avant de remonter sur son cheval et de reprendre sa route. Le chien a remarqué qu’il avait oublié son sac avec la nourriture et l’argent et s’est mis à aboyer. Son maître s’est retourné plusieurs fois sans remarquer rien de particulier. Le chien continuait d’aboyer ; son maître a fini par croire que le chien avait attrapé la rage, il a sorti son revolver et l’a abattu. Le chien a réussi dans un dernier effort à retourner auprès du sac avant de mourir. Son maître est revenu sur ses pas pour voir ce que le chien était devenu. Il l’a retrouvé gisant à côté du sac qu’il avait oublié. C’est là qu’il a compris pourquoi le chien avait tant aboyé. Il l’a remercié, il a lourdement soupiré, puis a continué seul son chemin. Voilà un chien qui se libérera de sa prison. Vous direz que l’homme doit réfléchir pour espérer s’élever au-dessus de sa situation actuelle. Si même les animaux doivent réfléchir, combien plus encore l’homme doit-il réfléchir ! Je vois des oiseaux qui questionnent les passants : « De quel enseignement es-tu, l’ancien ou le nouveau ? Aimes-tu couper des têtes ou as-tu oublié ce métier ? Si tu es de l’ancien enseignement, je m’éloignerai ; si tu es du nouvel enseignement, je chanterai pour toi. » Beaucoup d’oiseaux chantent aujourd’hui pour la venue de la nouvelle époque, pour leur libération de prison. Lorsqu’un oiseau chante à votre fenêtre ou se pose sur votre épaule, sachez que c’est un de vos proches qui vous rend visite et chante la nouvelle vie pour vous. Vous direz qu’il ne faut pas parler ainsi, que cet enseignement est hérétique. Réjouissez-vous que votre proche soit abrité dans un nichoir d’oiseau et n’est pas quelque part en enfer en proie à de grands tourments. Si c’est hérétique, comment appellerez-vous celui qui vole, qui ment et qui séduit : pouvez-vous l’appeler un homme ? Que direz-vous de cette femme qui séduit le mari de sa sœur, de son amie ou d’une connaissance ? Vous direz qu’il faut se pardonner. Ce n’est pas une question de pardon, l’homme doit dire à sa femme : « Femme, tu dois te corriger, tu dois vivre d’une nouvelle façon, dans la pureté. » Et la femme doit dire la même chose à son mari. Le nouvel enseignement exige de tous, mères et pères, frères et sœurs, élèves et professeurs, prêtres et évêques, une vie de pureté absolue. Si tu travailles dans le monde et que tu sors de l’eau ceux qui se noient, ceux qui pèchent, ceux qui sont dans la boue, tu seras boueux et mouillé, mais se salir de la sorte sera pardonné. C’est l’impureté et la boue intérieure, morale, qui est terrifiante, c’est d’elle qu’il faut se purifier. Celui qui se salit pour sauver les noyés et les pécheurs mérite la médaille du courage. Le monde Intelligent octroie un million de levas d’or à celui qui possède les plus grandes vertus. Chaque homme, chaque bulgare doit être honnête autant que ce turc qui vendait du salep[3]. Un jeune turc vendait du salep dans les rues en criant : « Salep, salep chaud ! » Il a vu par terre un portefeuille avec dix mille levas dedans. Il a regardé autour de lui et n’a vu personne qui pourrait l’avoir laissé tomber ; il l’a mis dans sa poche, puis il a continué de crier : « Salep, salep ! » Un monsieur l’a rattrapé en demandant : « As-tu trouvé un portefeuille avec dix mille levas ? – Je l’ai trouvé, le voici, reprends-le. » Puis il a continué de crier tranquillement : « Salep, salep ! » Combien de nos contemporains agiraient comme ce jeune turc ? Beaucoup prendraient le portefeuille et arrêteraient leur besogne quotidienne. Le turc ne s’est pas laissé tenter par l’argent, il s’est dit : « J’ai un métier que je ne veux changer pour rien au monde. » Combien d’hommes et de femmes vertueux vendent du salep dans les rues aujourd’hui, mais dès qu’ils rencontrent un homme riche, ils se mettent à le suivre et renoncent à vendre leur salep. Combien de jeunes filles qui ont foi en Dieu se laissent courtiser par un jeune homme qui passe pour érudit et fortuné et partent avec lui ; elles renoncent à Dieu, à leurs idées, à leur métier, mais voient en fin de compte leur égarement. Le véritable mariage est une union, un accord, non entre hommes et femmes, mais entre l’être humain et ses idées. Les idées sont vos enfants pour lesquels vous devez vous sacrifier. Si les parents ne se sacrifient pas pour leurs enfants, et les enfants pour leurs parents, on ne peut pas parler de vrais parents ni de vrais fils et filles. C’est ce que le Christ prône à nos contemporains, pas en tant que loi qui doit être approuvée au parlement, mais en tant que commandement intérieur du cœur, le parlement intérieur de l’être humain. Lorsque le Christ écrira cette loi au parlement des humains, tous le reconnaîtront, petits et grands. Paul dit : « Nous le reconnaîtrons comme nous sommes connus[4]. » La véritable reconnaissance se fait seulement à travers l’amour. L’amour de son côté est mis à l’épreuve dans les souffrances. Dieu ordonne de nous prendre tout, comme on a agi envers Job pour l’éprouver dans son amour. En parlant d’amour, nous entendons l’amour absolu, désintéressé. Que chacun d’entre vous laisse de la place aux nouvelles idées en lui, à l’amour absolu et désintéressé, et qu’il se prononce lorsqu’il verra le résultat. Tant que vous ne voyez pas le fruit de votre travail, ne dites rien. Quel intérêt de parler aux humains d’âme et d’esprit alors que vous même avez du mal avec ces notions ? L’être humain ne connaît pas encore ne serait-ce que son propre corps avec lequel pourtant il travaille. Le corps humain actuel est un squelette du corps futur qui se crée en ce moment. Un jour, lorsqu’il revêtira un corps nouveau, il pourra alors parler de corps, d’âme et d’esprit. Quel est le rapport de l’enseignement du Christ à chaque individu ? Il a un rapport d’abord à l’esprit, puis à l’âme et enfin, à la pensée, au cœur et à la volonté. Si votre corps est sain, votre esprit peut agir directement sur lui et l’aider ; si le corps n’est pas sain, l’esprit doit chercher des médiateurs pour vous influencer. Ces médiateurs entre l’esprit et le corps sont la pensée, le cœur et la volonté. Par sa pensée et son cœur, l’être humain se convainc qu’il a besoin pour sa santé d’air pur, d’eau pure, de lumière abondante et de nourriture saine. Il purifiera ainsi son sang, fortifiera son organisme et percevra ce que l’Esprit et son âme lui murmurent. Gardez vos distances avec celui avec lequel vous n’êtes pas en accord. N’essayez pas de transformer le loup en brebis, vous ne le calmerez d’aucune manière. Ne réchauffez pas le serpent dans votre sein car il se retournera pour vous mordre ; votre sein est pour vos enfants, pas pour le serpent. « Que faire de nos dettes ? – Vous les paierez et vous serez tranquilles ensuite. – Que faire de ceux qui ne nous aiment pas ? –Vous essaierez de vous réconcilier d’une manière ou d’une autre. Pour y arriver, vous traverserez de grandes difficultés ; si vous y arrivez, vous serez en paix. » Laissez-vous guider par l’influence des Êtres Intelligents qui œuvrent maintenant dans le monde. Ils accomplissent un bouleversement dans les esprits humains, ils portent les idées divines de fraternité, d’égalité et de liberté. Ceux qui sont mûrs en intelligence et en cœur, accepteront leurs idées et les réaliseront dans les dix ans au plus tard, d’autres dans les cent ans, et d’autres encore dans mille ans. Tous comprendront alors que la vie a du sens quelles que soient les conditions : chagrin, joie, fortune, pauvreté. Réjouissez-vous d’être dans le chagrin car il précède la venue de l’amour. Par les souffrances et les chagrins l’homme se purifie et se prépare à la majestueuse vie divine qui vient sur Terre. Celui qui obtient cette vie, remerciera Dieu du bienfait octroyé et ira dans l’autre monde satisfait et repu. Ses proches ne le pleureront pas, ne liront pas de discours funèbres ; avant de partir il les appellera à ses côtés, leur dira adieu, laissera sa maison et son champ pour qu’ils le cultivent et dira : « Je vais auprès du Seigneur, souhaitez-moi bonne route. » Lorsqu’il arrivera à l’endroit voulu, il écrira une lettre à ses proches pour dire qu’il est bien arrivé, qu’il se sent bien. C’est ainsi seulement que vous comprendrez ce que représente l’autre monde. Aujourd’hui, il y a aussi des gens qui parlent avec les habitants de l’autre monde. C’est un grand bienfait de recevoir la visite d’un grand esprit. Trois Anges sont venus chez Abraham, de grands esprits qui lui ont annoncé une bonne nouvelle ; il a égorgé un veau pour les régaler. Si un grand esprit vous rend visite, faites aussi comme Abraham : régalez-le et remerciez-le pour la bonne nouvelle qu’il apporte. Sinon il repartira sans rien vous donner. Celui que l’esprit a visité devient courageux et décidé, prêt à tous les sacrifices. Une jeune fille qui tombe amoureuse devient aussi courageuse ; l’esprit lui a rendu visite. Si elle sait comment l’accueillir, il laisse une bonne nouvelle, sinon il repart. Soyez attentifs envers l’esprit pour ne pas l’affliger. Les gens d’aujourd’hui sont des âmes sans esprit, c’est-à-dire des femmes sans maris. C’est pour cela que tous les hommes et toutes les femmes sont mécontents de leur vie, ils souffrent et sont tourmentés. Ne vous tourmentez pas, ne souffrez pas, mais soyez prêts à accueillir votre esprit. Et lorsqu’il sera là, appréciez-le. Il peut venir sous la forme d’un homme, d’une femme ou d’un enfant, peu importe ; accueillez-le bien dans votre maison pour qu’il laisse la bonne nouvelle qu’il apporte. Un fonctionnaire d’un ministère à Sofia se plaignait souvent de sa situation. Il était marié et arrivait à peine à nourrir sa famille. Il a eu un jour un nouveau-né ; il était fort embarrassé pour trouver de l’argent pour le baptême. En allant au bureau, il a trouvé cent levas sur le chemin, il les a pris et il a dit : « Voilà ce qui règle la question du baptême. » Quelques jours plus tard, il a été nommé à un poste mieux payé, et sa situation s’est améliorée de jour en jour. L’enfant grandissait, il avait maintenant six ans. Quelque chose lui est arrivé et il est tombé malade, et on n’a pas pu le sauver. Après la mort de l’enfant, la situation matérielle du père s’est dégradée, il a été licencié et il est resté sans argent. Qu’est-ce qu’illustre cet exemple ? Lorsque l’esprit rend visite à un foyer, tout fonctionne parfaitement ; lorsque l’esprit le quitte, les affaires du foyer périclitent. Par conséquent, lorsque vous obtenez un bienfait, sachez que l’esprit vous a visités, soyez attentifs à ne pas l’affliger pour qu’il ne déserte pas votre maison. S’il vous quitte, c’est la misère qui prendra sa place. Maintenant tous attendent le Christ sans savoir qu’il est déjà dans l’entrée. « Nous ne le voyons pas. – Même si vous le voyiez, vous ne le reconnaîtriez pas. » Seul celui qui a de l’amour le reconnaîtra ; sans amour il n’y a pas de reconnaissance. C’est vrai pour moi, c’est vrai pour vous aussi. Celui qui aime peut endurer les souffrances, qu’elles soient grandes ou petites, cela lui est égal. Il ne se demande pas si Dieu l’aime ou non, il sait que Dieu aime tous les humains, tous les êtres vivants. Ouvrez-vous pour le Seigneur comme la fleur s’ouvre à la lumière du Soleil. Ouvrez vos esprits et vos cœurs pour laisser entrer la vérité. Donnez la liberté au Seigneur de se manifester, en particulier envers vous. Chacun doit être authentique dans ses manifestations et ne pas imiter un autre. Tenez-vous à Dieu ; Il vous tient des deux mains par l’amour, tenez-vous à son amour. De Ses mains sortent des filaments qui atteignent le cœur de chacun. Un simple filament tient l’être humain à Dieu, mais il est très fort, personne ne peut le rompre, personne sauf vous-mêmes. Sans ce filament, il n’existe aucun rapport entre Dieu et l’âme humaine. Celui qui tient fermement ce filament est heureux et peut facilement résoudre ses difficultés. Par ce filament, l’esprit descend et remonte. S’il se rompt, l’âme est en perdition : elle va longtemps pleurer et se lamenter jusqu’à ce qu’un ange du ciel vienne réparer le filament rompu. Si elle se lie à Dieu, elle commence de nouveau son développement. « L’Esprit du Seigneur est sur moi », dit le Christ. Ce Christ connaît tous les humains. Il vous connaît vous-aussi et porte les stigmates de toutes vos existences. Combien de fois avez-vous fait la morale au Christ de prêcher au lieu d’agir. Vous direz que vous ne vous rappelez pas d’avoir agi de la sorte avec le Christ ; vous ne vous rappelez pas, pourtant vous vous rappelez d’avoir refusé de l’aide à une pauvre femme en lui faisant la morale à la place, lui disant qu’elle doit travailler au lieu de mendier d’une maison à une autre. Ce que vous avez fait aux âmes déchues, misérables, souffrantes et affligées, c’est au Christ que vous l’avez fait. Rétablissez vos rapports au Christ et à Dieu, et portez la bonne nouvelle aux pauvres. Sofia, 20 octobre 1918 Traduction par Bojidar Borissov [1] Lorsqu’on vous amènera devant les synagogues, les chefs et les autorités, ne vous inquiétez pas de savoir comment vous défendre et que dire. Car le Saint-Esprit vous enseignera à l'heure même ce qu'il faut dire. " (Luc 12, 11-12) [2] Le pic Noir – point culminant (2290m) de la montagne de Vitocha, près de Sofia [3] Salep – boisson chaude traditionnelle dans l’ancien empire ottoman [4] « Mais à présent que vous avez connu Dieu, ou plutôt que vous avez été connus de Dieu, comment retournez-vous à ces faibles et pauvres rudiments, auxquels de nouveau vous voulez vous asservir encore ? » (Galates 4 :9)
  22. Les deux pôles « Là se trouvait un homme malade depuis trente-huit ans. » Jean 5 : 5 Maladie et santé sont deux pôles de la vie ou deux états différents de l’être humain. Ils se définissent par les symptômes agréables ou désagréables qu’ils produisent : la santé est un état agréable, la maladie - un état désagréable. Ces états existent aussi dans les mondes physique, spirituel et mental. Ils sont causés par les interactions de forces opposées. Lorsque deux forces opposées agissent en même temps dans l’être et que l’une d’elle prend l’ascendant, il en résulte la santé ou la maladie. Pourquoi Dieu a-t-il créé les maladies ? Ce n’est pas Dieu qui les a créées, mais l’être humain collectif, c’est-à-dire l’être dans sa conscience collective. Imaginez quelqu’un assis au bord d’une rivière impétueuse en train de fredonner ; il observe le courant rapide, fasciné par les eaux déchaînées. Tout à coup, le désir de traverser la rivière le saisit et il s’y jette sans connaître son endurance et sans savoir s’il peut résister au courant. L’eau l’emporte comme s’il était un jouet. Celui qui ne sait pas nager ni lutter avec le courant se met à prier le Seigneur et l’interroge : « Pourquoi as-tu toléré cela, Seigneur ? Pourquoi permets-tu à la rivière de me balloter et de m’entraîner au loin ? – Et pourquoi es-tu entré dans l’eau ? – Je voulais me mesurer à la force des vagues. – Puisque tu as voulu entrer tout seul dans l’eau, tu attendras que quelqu’un vienne pour t’aider à sortir. En éprouvant la puissance du courant, tu deviendras philosophe, tu acquerras un savoir et une expérience de vie et tu raconteras aux autres ce que c’est que d’être emporté par une rivière. » Par conséquent, l’homme peut tomber seul à l’eau tout comme quelqu’un d’autre peut l’avoir poussé. Ce même homme s’est par exemple disputé avec un autre, puis il est parti se calmer au bord de la rivière, mais l’autre le rejoint et le pousse dans l’eau. Il cherche donc la cause de sa chute à l’extérieur alors qu’elle est en lui-même. Si vous ne vous disputez pas avec les autres, vous n’aurez pas d’ennemis qui vous créent des difficultés. Dans un cas comme dans l’autre l’homme est lui-même la cause de son malheur. Il y a une troisième raison qui peut le pousser dans l’eau : le vent ou l’ouragan. Le vent représente le monde mental ; la troisième raison de la chute de l’homme dans la rivière se trouve dans le monde mental. Dans le premier cas la cause est l’homme lui-même, dans le deuxième cas, son ennemi, dans le troisième, le vent. Un jeune homme ou une jeune fille lit un livre de philosophie, approuve les principes que le philosophe expose et veut les appliquer dans sa vie. Dès que le souhait est formé, l’ouragan se lève et l’emporte dans l’eau. On doit être philosophe au sens large du terme et appliquer les principes qui sont inscrits en soi, et ne pas imiter les philosophes en dehors de soi. Que direz-vous par exemple de la philosophie des épicuriens ? Est-ce que leur philosophie de jouir de tous les bienfaits de la vie dès la naissance est juste ? Nos contemporains veulent être heureux. Comment ? Peu s’interrogent réellement. Il faut raisonner, comprendre que la quête du bonheur n’est pas un processus individuel mais collectif. C’est ainsi dans la nature, à vous de me dire ce qu’il en est dans la vie. Une main malade ne se trouve pas sur un corps bien portant ; une main bien portante ne se trouve pas sur un corps malade. Si le corps est sain, la main l’est aussi ; si le corps est malade, la main l’est aussi. Pourquoi ? Parce que la main est une partie du corps. Un corps malade ou un corps bien portant sont radicalement opposés. En quoi ? Par les aspirations et les vibrations des forces qui les gouvernent. Les forces qui agissent chez un malade détruisent, alors que chez le bien portant, elles bâtissent. Ces forces donnent un élan d’ouverture de la pensée et du cœur. C’est naturel, pour bâtir il faut avoir de la place ; plus grande est cette place, plus grande sera la maison construite. Plus la quantité de tissu est grande et plus le vêtement confectionné est grand et large. Donc chaque processus en l’homme qui bâtit et élève est un processus de bonne santé, de bonheur, d’harmonie et de bien-être. Chaque processus qui détruit cause des afflictions, de la dysharmonie et des malheurs. « Malade depuis trente-huit ans. » Ce malade a souffert d’un manque de volonté. La raison de sa maladie était sa volonté, c’est pour cela qu’il ne pouvait pas mouvoir ses bras et ses jambes et il fallait que quelqu’un vienne de l’extérieur pour le faire entrer dans les bains. En général, les causes des maladies sont dans le monde astral alors que les conséquences sont dans le monde physique. C’est pour cette raison que les gens se plaignent de douleurs à la tête, au cœur, aux poumons, à l’estomac et ailleurs. Celui qui veut se soigner doit d’abord trouver la raison de sa maladie dans le monde astral. Une fois qu’elle est éradiquée, la maladie le quitte. Maintenant, arrêtons-nous sur la signification de certains nombres pour interpréter le nombre 38. Le nombre 1, c’est-à-dire l’unité est la cause des choses ; le deux est une condition, et le trois, un résultat. Ces nombres ont une application dans la chimie : le nombre 1 c’est l’acide, le 2, c’est la base et le 3, le sel qui résulte de la réaction entre l’acide et la base. Le trois du chiffre 38 montre que trois réincarnations en arrière ce malade a été sur terre, mais qu’il a mené une vie dissolue qui a annihilé sa volonté. Le nombre 3 dépend du nombre 8, il y a donc un rapport entre les nombres 3, 5 et 8. L’unité est la cause des choses, le deux est une condition, le trois, un résultat. Puis vient une deuxième série de nombres où se répète la même chose : le quatre est la cause, le cinq, une condition, le six, un résultat. Enfin, une troisième série : le sept est une cause, le huit, une condition, le neuf, un résultat. Donc le malade, alité trente-huit ans durant est déjà passé par les deux séries : 1, 2 et 3 – première série ; 4,5,6 – deuxième série. Puisqu’il en est à la troisième série, 7,8,9, c’est-à-dire la dernière, il est entré dans le cycle curatif. On distingue aussi ces catégories chez l’homme. Jusqu’à l’âge de sept ans l’être humain se développe surtout sur le plan physique, de 7 à 14 ans, sur le plan affectif, de 14 à 21 ans, sur le plan mental. Ainsi, du point de vue occulte, les gens se situent dans trois catégories d’âge : les uns entre 1 et 7 ans, d’autres entre 7 et 14 ans et d’autres encore entre 14 et 21 ans. Vous direz : « Comment est-ce possible d’avoir des âges spirituels différents alors qu’il est dit que l’homme a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu ? » Il est dit que le premier homme a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, mais en ce qui concerne ceux qui ont peuplé la terre après la chute originelle, la question est toute autre. Ceux-là n’ont pas le même niveau de développement que leur père originel et ont, par conséquent, des âges physiques et spirituels différents. On peut dire la même chose pour l’enfant qui passe neuf mois entiers dans le ventre de sa mère avant de prendre une forme humaine. Du premier au neuvième mois il a des âges et des formes différents : la forme d’un ver, d’un petit poisson, d’une petite grenouille et puis finalement il prend une forme humaine pour sortir à l’air libre. Si vous enfermez la conscience humaine dans un poisson, elle vivra comme un poisson, nagera toute la journée ne pensant qu’à se nourrir ; si vous l’enfermez dans un oiseau, elle vivra et pensera comme l’oiseau. Vous voyez une mésange sautiller d’un arbre à un autre et vous concluez qu’elle est insouciante et joyeuse, or elle n’est nullement insouciante. C’est vrai qu’elle sautille d’une branche à l’autre, mais c’est pour se nourrir. Du matin au soir elle cherche de la nourriture et lorsqu’elle mange à sa faim, elle s’arrête un instant sur une branche, remercie Dieu et puis vole de nouveau pour chercher à manger. Les professeurs, les académiciens, les avocats, les magistrats, les prêtres ne font-ils pas de même ? Ils courent, ils cherchent du travail pour gagner plus d’argent, pour améliorer leur vie. Regardez l’éloquence de l’avocat : plus il est rémunéré et plus sa verve est grande pour défendre la cause de son client. Si on le paie moins, son éloquence se perd. Ce n’est pas un mal, mais vous voyez bien que l’argent joue partout un rôle très important. « Là se trouvait un homme, malade depuis trente-huit ans. » Le nombre 8 est le juge le plus inflexible dans le monde. Cette année[1], la civilisation contemporaine se confronte aussi à ce nombre 8. Il se dessine aussi au niveau de nos yeux. Nous devons voir les choses à travers ce nombre. Celui qui regarde tombe malade ; celui qui voit est toujours en bonne santé. Le nombre 38 est symbole de grandes contradictions. Lorsque vous additionnez ces chiffres, vous obtenez 11, un nombre aussi fatidique pour les juifs que le nombre 13 pour nous. La somme des uns dans le nombre 11 représente la lutte entre le bien et le mal. C’est vrai que lorsqu’un homme et une femme se réunissent pour vivre ensemble, ils commencent à se disputer, à se quereller jusqu’à l’arrivée du nombre 3, l’enfant, c’est-à-dire le résultat. Si l’enfant est une fille, la mère est contente ; si c’est un garçon, c’est le père qui est content. Lorsque naît le deuxième enfant, le nombre 4, l’équilibre du foyer s’établit. Le quatre est le nombre du salut. Pourquoi ? Car il représente un centre dans lequel l’équilibre n’est jamais perdu. Pour rompre cet équilibre, l’être humain doit sortir de l’état d’immobilité et se mouvoir. En phase liquide l’eau est immobile, c’est-à-dire en équilibre ; lorsqu’elle chauffe, elle perd son équilibre et se transforme en vapeur ; c’est dans cette phase qu’elle est utilisée pour le travail. Puisque le malade couché devant les bains avait perdu son équilibre, le Christ devait venir pour rétablir son équilibre par les mots : « Lève-toi, prends ton brancard et marche ! » Le Christ dit aux humains de prendre leurs brancards et de se lever. Le diable en revanche utilise toujours des procédés inverses ; il conseille aux humains de rester couchés, de ne pas quitter leurs lits, de ne pas prendre froid. Lorsqu’il voit quelqu’un debout, il le bouscule et le terrasse ; pendant ce temps il le dévalise et disparaît. Lorsqu’ils voient les contradictions dans la vie, les gens sont désabusés et veulent s’en affranchir. La vie divine est irréprochable, mais la vie humaine ne l’est pas. Si vous êtes devant une cascade derrière laquelle joue un orchestre, entendrez-vous quelque chose de leur musique ? Si dans votre âme il y a aussi une cascade, entendrez-vous quelque chose de sa musique harmonieuse ? La vie de l’âme est divine, mais vous ne pouvez rien en comprendre car il y a devant une cascade qui gronde avec fracas. Vous direz que la cascade est nécessaire. Oui, mais lorsqu’il étudie la vie divine l’individu doit se tenir éloigné de toute cascade. Entre dans ton âme, dans l’harmonie de la vie et tu verras que le monde est irréprochable. Entre dans un verger, dans un jardin potager pour voir quelle beauté, quelles douces créatures peuplent la nature. Escalade un haut sommet de montagne pour contempler la majesté de la nature. Cherchez le Christ afin qu’il rétablisse l’équilibre altéré de votre esprit et de votre cœur. Les humains sont en apparence équilibrés, mais observez les affamés qui attendent d’être servis : ils se tiennent avec leurs assiettes vides et regardent uniquement qui est servi avant eux et qui a une portion plus importante qu’eux. Tant qu’ils n’ont pas mangé à leur faim ils sont intérieurement anxieux, ce n’est qu’ensuite qu’ils s’apaisent dans le silence et la tranquillité. De ce point de vue la nourriture est une méthode pour se soigner. Il n’y a pas de meilleure méthode, encore faut-il savoir quelle nourriture prendre et à quel moment se nourrir. Par exemple, la grippe espagnole sévit en ce moment ; si le malade mange de la viande ou une autre nourriture peu digeste, il mourra. Pour se protéger de cette maladie, je préconise de boire de l’eau chaude et de manger des pommes de terre cuites, trois ou quatre, tout au plus. En cas de forte fièvre, manger des pommes de terre cuites est également conseillé ; elles font baisser la fièvre et agissent de façon salutaire sur le cerveau. La grippe espagnole est néfaste surtout pour l’estomac et les poumons et le dérèglement de ces organes se répercute sur le système nerveux ; pour l’apaiser, les médecins préconisent aux malades de manger de la cervelle. Pourquoi alors ne pas manger des pommes de terre cuites qui contiennent de l’extrait de cervelle ? Elles sont un extrait naturel déjà prêt pour lutter contre la grippe espagnole. Appliquez ce remède et vous verrez son effet. Chaque enseignement non appliqué n’est que de la théorie. Le Christ s’est rendu à l’entrée des bains où gisaient de nombreux malades. Les bains représentent le monde. Le malade s’y est rendu trente-huit années durant pour accéder aux bains, mais d’autres le devançaient. Un ange descendait dans les bains pour remuer l’eau mais sans la troubler. L’eau se trouble là où il y a des précipités, des mélanges de substances non solubles. Le Christ représente l’Esprit qui est venu au monde pour aider les souffrants et les croyants qui l’attendent. Encore aujourd’hui, une multitude de malades de tous âges se tiennent devant les bains et attendent que l’ange descende du Ciel pour remuer l’eau. Je ne considère pas les maladies comme on le fait aujourd’hui, mais je les considère comme des états qui peuvent changer instantanément. Il suffit de mettre sous hypnose une personne en bonne santé et de lui suggérer qu’elle est malade pour qu’elle se sente réellement malade à son réveil. De la même manière vous pouvez suggérer à un malade qu’il est bien portant, il se sentira en parfaite santé au réveil. C’est ce que le Christ a fait avec le malade. Il lui a dit : « Lève-toi, prends ton brancard et marche ! » D’où est venue cette force chez le malade ? Elle était déjà en lui. Lorsque vous mettez du bois dans la cheminée pour allumer un grand feu avec une allumette, est-ce que l’énergie du feu se cache dans l’allumette ? Elle est dans le bois. L’allumette n’est que la condition pour manifester l’énergie. Il y a donc des conditions et des causes en dehors de l’être humain qui servent de catalyseur pour manifester l’énergie qui demeure en lui. Lorsqu’il s’est rendu dans les bains auprès d’une multitude de malades, le Christ a porté son attention sur l’homme qui était malade depuis trente-huit ans. Pourquoi lui ? Parce que le nombre 3 est le symbole du Fils, c’est-à-dire du Christ et le nombre 8 celui de la mère divine. Du point de vue divin, les deux nombres sont exigeants et intransigeants. Le trois donne du sens à la vie à laquelle aspire l’âme humaine, et le huit renferme les conditions bénéfiques qui lui permettent de se développer dans le présent et dans l’avenir. Si elle entre dans le monde ou dans l’âme humaine, la mère divine ne juge pas, mais agit avec fermeté et ne cherche des excuses à personne. Quelqu’un se justifie devant elle pour ne pas oser faire ceci ou cela : tu peux le faire, lève-toi, prends ton brancard et marche ! Le brancard représente la maison que l’homme a construite sur le terrain d’un autre, où il tient tête des années durant et se querelle avec ses voisins. La maison est le corps humain. Exploite tes propres conditions pour te développer, pas celles des autres. Si tu n’es pas content de ce que tu as, même cela tu le perdras. Trois frères ont reçu un grand héritage de leur père, mais n’ont pas réussi à se le partager car ils se disputaient sans cesse à ce sujet. L’un d’eux était évangéliste et les autres - orthodoxes. L’évangéliste s’est marié et a souhaité partager l’héritage, mais les deux autres ne voulaient pas car ils avaient en tête d’investir dans un commerce. Ils lui ont cédé en fin de compte vingt mille levas, mais ils ne lui suffisaient pas, il souhaitait avoir une part égale. Ils ont fini par aller devant les tribunaux. De peur de perdre même ce qu’il avait déjà, l’évangéliste a tout légué à sa femme. Mais un jour elle l’a chassé. Lorsqu’il s’est retrouvé à la rue, il est allé trouver ses frères pour se réconcilier. Ceux-ci faisaient du commerce mais avaient fini par se ruiner complètement. Ils se sont finalement réconciliés, mais trop tard : ils avaient perdu tout ce qu’ils avaient reçu. Le petit est béni comme le grand. Si tu as en toi des conditions de vie et de développement, il ne te faut rien de plus. Il suffit que ton père te lègue seulement une allumette, une paire de bœufs, une charrue et un aiguillon. Si tu possèdes cela, tu n’as besoin de rien d’autre. Les bœufs représentent la vie, la charrue, le corps humain, l’aiguillon, les lois qui gouvernent le monde, et l’allumette, les causes externes c’est-à- dire le catalyseur qui incite les forces à se manifester. Vous direz qu’on ne peut se passer des lois. Les bœufs ne peuvent pas se passer de loi, c’est-à-dire d’aiguillon, mais pourquoi alors un aiguillon pour l’homme qui est censé connaître le travail qu’il doit faire. L’aiguillon représente un symbole pour les humains. « Là se trouvait un homme, malade depuis trente-huit ans. » Qu’attendait-il devant les bains ? Que l’ange descende pour remuer l’eau et qu’il puisse rentrer en premier pour se baigner. Le mouvement de l’eau représente la venue de la vie nouvelle qui a pour but de remuer la pensée humaine, le cœur humain et la volonté humaine. La pensée, le cœur et la volonté de beaucoup sont tétanisés, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas se manifester librement. Qui n’est pas libre aujourd’hui ? Ceux qui ont suivi Adam. Ils tournent autour des bains et veulent se libérer de leur nature animale qui les limite et entrer dans l’eau pour se guérir. Nous ne parlons pas des animaux qui ont leur propre prédestination ; nous parlons de la nature animale dans l’être humain qui doit se soumettre au divin qui est en lui. Chaque animal symbolise quelque chose. Le bœuf par exemple symbolise la patience, mais il a des cornes pour résoudre les questions sociétales. Lorsqu’il mange et boit de l’eau, personne ne doit s’en approcher ; il encorne sous la ceinture celui qui ose se poster devant lui pour lui dire : « Lorsque je mange de l’herbe ou que je bois de l’eau, tiens-toi loin de moi. » Lorsqu’il te mettra à terre, tu connaitras la philosophie du bœuf, mais pas encore celle du cheval. Si quelqu’un vient près du cheval, notamment lorsqu’il mange, ce dernier s’irrite et donne une ruade pour dire : « Personne n’a le droit de rester dans mon dos. » Pourquoi le bœuf donne des coups de cornes alors que le cheval donne des ruades ? Lorsque tu auras appris la philosophie du cheval, tu en viendras à l’aigle : lui aussi t’apprendra quelque chose ; il peut te saisir et t’emporter dans les airs ; l’aigle te dit ainsi : « Lorsque je vole haut dans les airs, je ne permets à personne de bouger au-dessous de moi. » Quelle est la philosophie qui consiste à se protéger des cornes du bœuf, des sabots du cheval et des serres de l’aigle ? Ce sont les réflexions des descendants d’Adam qui sont individualistes et cherchent le bonheur chacun de son côté. Ce bonheur altère l’harmonie divine : c’est impossible que chacun soit heureux pour lui-même. Dieu a créé des matériaux et des bienfaits pour nous tous et non pour un seul ou pour quelques-uns. Si l’homme ne s’oppose pas au divin, il sera sinon bienheureux au moins satisfait. Si tu introduis une mauvaise pensée dans l’esprit de ton prochain, c’est comme si tu l’encornais. C’est ainsi qu’agit le bœuf : lorsqu’il se défend, il s’appuie en arrière sur un arbre et porte un coup de cornes. Le cheval agit à l’inverse : il appuie sa tête contre un arbre et rue avec ses jambes arrière. L’aigle pour sa part saisit avec ses serres. Ce sont aussi les méthodes des humains. Dans cette lutte, il arrive que l’adversaire soit plus fort et alors la cause pâtit face à la conséquence ; parfois c’est l’inverse : la conséquence pâtit de la cause. Lorsqu’une cause et une conséquence luttent ensemble, il s’ensuit forcément des états douloureux. Qu’est-ce qui arrive au ballon qui tape contre une cloison rigide ? Il rebondit et revient en arrière. L’énergie qui en résulte se transforme en chaleur. De même, l’être humain est comme un ballon qui se précipite pour réaliser un travail. Il rencontre un obstacle sur son chemin qui le renvoie en arrière, alors, il se met en colère et diffuse de la chaleur qu’il ne sait ni où ni comment placer. L’être humain est en colère lorsqu’il revient en arrière dans son élan. C’est ainsi que reviennent tous ceux qui ne croient pas en l’existence de Dieu : ils deviennent colériques, irritables et anxieux. Tout le monde craint pour sa vie. Tous se demandent ce qu’il adviendra d’eux, combien même tous connaissent l’issue finale. Vous perdrez vos acquis d’aujourd’hui, mais cette perte est en réalité un gain : vous vous libérerez d’un grand fardeau, le péché, c’est-à-dire la matière impure. Que préférez-vous : cent kilos de charge sur le dos ou un diamant d’un gramme dans la poche ? Le diamant ! Il est préférable d’avoir un gramme d’or dans le sang plutôt que dix millions de levas dans la poche. Avec de l’or dans le sang qui rend noble et vertueux, vous pouvez accomplir des exploits et des bienfaits, alors que vous créerez des malheurs autour de vous avec l’argent. C’est pourquoi le Christ dit au malade : « Prends ton brancard et marche, ne reste plus alité ! » Celui qui a de l’argent est couché sur un brancard et ne veut pas se lever en se disant : « J’ai de l’argent ! » Mais tu es toujours malade même avec ton argent. Quelqu’un disait : « J’ai soixante mille levas, je suis assuré, peu importe combien de temps va durer la guerre, je n’ai pas de soucis à me faire. » Qu’est-ce qui lui est arrivé ? Vingt-quatre heures plus tard il est mort subitement. Qu’est devenue son assurance ? Ce n’est ni la philosophie chrétienne, ni une bonne compréhension des choses. « Amassez des trésors dans le ciel où la teigne et la rouille ne détruisent point. » Il est temps maintenant de travailler pour développer votre cœur et esprit, afin de percevoir par leur biais des pensées et des sentiments supérieurs, et extraire des plus grandes souffrances des éléments nécessaires pour tisser la toile robuste et précieuse de la vie. « Comment y arriver ? – Par l’affection ! » L’amour et l’affection sont des conditions pour exaucer tous les désirs humains. « Dans ce cas, aimons-nous ! » Les Bulgares doivent-ils être les seuls à s’aimer ? L’amour s’adresse à tous les humains, à toutes les créatures vivantes sur Terre. Qui est Bulgare ? Celui qui porte en lui les quatre vertus suivantes : honnêteté, justice, intelligence et bonté. Celui qui est honnête, juste, intelligent et bon, est aussi Anglais, Français, Allemand, Russe, Serbe, Grec, etc. Il ne suffit donc pas de s’aimer entre Bulgares, mais il faut tous sur Terre s’aimer en frères. Chaque peuple doit poser l’amour comme socle de la vie et faire toute chose en son nom. Si le Christ n’avait pas l’amour en lui, il ne guérirait pas le malade. Avec les mots qu’il lui a dits, il lui a transmis une partie de son énergie. Le Christ lui a dit : « Lève-toi, prends ton brancard et marche ! » Le brancard sur lequel le malade était couché trente-huit années durant représente un grand livre où sont écrites les lois divines. Il était allongé trente-huit ans sur lui sans l’ouvrir, sans rien lire. Il y est écrit : « Pour se guérir, l’homme doit se lever et marcher c’est-à-dire poser les grandes vertus comme socle de la vie. » Un marchand a acheté une Bible et il l’a mise sous son oreiller pour stimuler ses affaires. Vingt ans durant la Bible est restée sous son oreiller sans être ouverte, ni feuilletée. Ses affaires n’allaient toujours pas très bien. Un jour, mécontent de son commerce, il s’est fâché si fort qu’il s’est mis à jeter et à casser tout ce qui lui tombait sous la main. Il s’est rappelé la Bible sur laquelle il avait tant compté, il a poussé l’oreiller pour s’en saisir, et il l’a jetée directement dans le feu en se disant : « Qu’elle brûle, elle ne m’a aidé en rien, au lieu de s’améliorer, ma situation n’a fait qu’empirer ! » Il s’est mis à l’observer tandis qu’elle se consumait. Il a remarqué qu’un bout de feuille n’arrivait pas à brûler et s’est dit : « Voyons ce qui y est écrit. » Il a lu : « Dieu est amour. » « J’essaierai d’appliquer au moins ce verset, s’est dit le marchand, pour comprendre ce qui s’y cache. » À partir de ce jour, ses affaires sont allées bon train… Le malade que le Christ a guéri est aussi resté trente-huit ans durant alité sur le grand livre de la vie sans comprendre que Dieu est amour. Les mots « Lève-toi, prends ton brancard et marche » signifient : « Lève-toi, prends le Livre sacré et lis ! » Faites une expérience avec les mots Dieu est amour pour voir la force qu’ils renferment. Appliquez ces mots dans votre pensée, votre cœur et votre volonté pour voir que vous guérirez si vous êtes malade, que vous verrez si jusque-là vous avez simplement regardé, que vous aimerez si jusque-là vous avez simplement éprouvé des sentiments. L’amour est une puissance grandiose, mais il faut savoir l’appliquer. C’est ce que le Christ a dit au malade alité depuis trente-huit ans. Ce dernier a compris que le sens et la force de la vie sont dans l’amour et il a sauté de sa couche. L’Esprit divin et le Fils portent en eux toutes les possibilités et toutes les conditions de vie. Autrement dit, l’amour et la sagesse portent toutes les conditions et possibilités pour le développement et l’élévation de l’âme humaine. Par conséquent, que le malade se lève au nom de la Cause première des choses - l’amour ; qu’il soulève son brancard et qu’il commence à lire le Livre de la sagesse sur laquelle il était couché trente-huit ans durant, pour marcher. Depuis deux mille ans les gens lisent ce livre, mais attendent que le Christ descende du Ciel accompagné d’anges pour arranger leurs affaires. Le Christ viendra, mais à travers vos cœurs et vos pensées : c’est cela le Christ, ce sont eux les anges. Que doit faire l’homme ? Ajouter le un à la somme 3+8. Il obtiendra le 12, nombre qui montre l’orbite sur laquelle l’être humain gravite. La Terre aussi, pour changer de sphère, traverse les douze signes zodiacaux. Le Soleil aussi a ses signes, mais la traversée de chacun d’eux nécessite vingt et un ans ; chaque révolution solaire est égale à vingt-cinq mille années terrestres. Selon les signes du Soleil, nous sommes dans le dernier. Depuis que la terre y est entrée cent quarante-cinq mille ans se sont écoulés, et il reste deux mille huit ans pour en sortir. La terre rentrera alors dans le signe des planètes et les humains cesseront de se combattre. Dans deux mille huit ans vous vérifierez la véracité de mes propos. Les écoles antiques occultes et mystiques donnaient à chaque disciple une petite boîte secrète. Le ressort qui ouvrait la boîte était si astucieusement caché que seuls les disciples les plus avancés le trouvaient. Celui qui actionne le ressort, ouvre la boîte et trouve un œuf d’or sur lequel sont écrits les noms des douze divinités qui travaillent dans la nature ; elles représentent les douze forces naturelles qui gouvernent et guident toutes les créatures vivantes. Le Christ dit au malade : « Lève-toi, prends ton brancard et marche ! », ce qui veut dire : « Prends cette boîte, trouve son ressort et pars dans le monde pour appliquer ce que tu as appris. Le sens de la vie se cache dans le chiffre 38 : le Fils et l’Esprit. C’est ce que le Christ a prêché aux juifs pour les transformer en israélites, c’est-à-dire de chenilles en papillons. Tous les humains d’aujourd’hui sont juifs alors qu’ils doivent devenir des israélites, acquérir les quatre vertus : honnêteté, justice, bonté et intelligence. Vous avez beaucoup mangé les feuilles. Quelle philosophie y a-t-il à manger des feuilles ? Tous se disputent à qui a mangé le plus de feuilles : l’un prétend qu’il en mangé deux cents, un autre trois cents, un autre quatre cents, etc. Manger les feuilles ne résout pas les questions et n’explique pas le sens de la vie. Si l’homme ne comprend pas le sens de la vie terrestre, comment comprendra-t-il la vie céleste ? Que fera-t-il lorsqu’il ira au Ciel ? Il se mettra à calculer combien de poules, de dindons, d’agneaux, de cochons, de fruits il a consommé sur Terre ; ce n’est pas une science. Pour cette science, il sera chassé du Ciel comme quelqu’un qui n’accomplit pas ses obligations envers son âme. Une telle personne détruit sa vie toute seule. Le Christ frappe déjà à toutes les portes, êtes-vous prêts à l’accueillir ? Lorsqu’il entrera, il demandera : « Veux-tu guérir ? – Je le veux, Seigneur, mais il n’y a personne pour me mettre aux bains. » Le Christ lui dira : « Lève-toi, prends ton brancard et marche ! » ce qui signifie : « Sois honnête, bon, intelligent et juste ! » Qui porte ces vertus en lui prendra son brancard et se dirigera tout seul chez lui. Lorsque vous regardez le visage humain, vous voyez que Dieu a écrit dessus le nombre 38. Le huit, ce sont les yeux et le trois, le nez et les deux narines. Les yeux et le nez symbolisent le monde angélique, les oreilles et le front - le monde Divin, et la bouche - le monde humain. Donc, sentir et goûter est humain, percevoir les arômes des choses est un privilège des anges, la vue et l’ouïe est un privilège des créatures du monde divin. Le huit et le trois représentent la vision et l’ouïe, c’est-à-dire les yeux et les oreilles, le nombre 38, le nez ; le un, c’est le Christ qui dit au malade de raisonner pour ne plus pécher. Quand les humains raisonneront-ils avec justesse ? Lorsque le Christ entrera en eux, c’est-à-dire lorsqu’ils acquerront l’amour. C’est vrai, tant qu’il n’est pas amoureux, le jeune homme se permet parfois de boire, de fumer et vit sans compter ; lorsqu’il tombe amoureux, il renonce à la boisson, à la cigarette, il est prêt à faire tout ce que sa bien-aimée lui ordonne. Tous se demandent ce qui lui arrive au point de changer aussi radicalement ? C’est très simple : son Christ est venu. La jeune fille subit le même changement : tant qu’elle n’est pas amoureuse, elle est nerveuse, irascible, se querelle avec ses frères et sœurs et n’écoute pas ses parents ; une fois tombée amoureuse, elle devient paisible, calme, travailleuse et ne se dispute plus avec personne. Pourquoi cette jeune fille a-t-elle autant changé ? Parce que son Christ est venu. Le Christ se présentera à chacun en temps utile. Peu importe par quel biais Il se présentera. Il peut se présenter par le biais d’un enfant, d’une femme ou d’un homme : l’important est de donner un élan à votre âme, une aspiration vers le bien pour développer vos vertus et vos talents. De ce point de vue ne méprisez personne car vous ne savez pas par quel biais les secrets de la vie vous seront dévoilés. Lorsque le Christ viendra parmi les humains, il révélera la vie, il vivifiera et personnifiera toute la nature qui prendra vie et nous parlera. Nous ressusciterons et elle ressuscitera avec nous. Alors les animaux et les plantes parleront aussi. Vous vous demanderez en quoi ceci vous concerne. Quel rapport entre vous et le malade de trente-huit ans ? Je parle de la maladie comme d’un état transitoire. La santé est un phénomène permanent dans la vie humaine, c’est l’accord des forces dans l’organisme humain alors que la maladie est l’ombre de la vie. Le violoniste joue uniquement sur un violon bien accordé. L’esprit aussi ne se manifeste qu’à travers celui dont le discernement, le cœur et la volonté sont en bonne santé et bien accordés. Tentez d’acquérir une bonne santé, dès aujourd’hui, dans cette vie. Ne reportez pas cela pour une autre vie : dès aujourd’hui, dans cette vie se trouvent les conditions de votre élévation. Mettez dans votre esprit l’idée de rechercher la bonté, l’honnêteté, l’intelligence et la justice et vous les obtiendrez. L’être humain devient ce qu’il pense, ce qu’il ressent. Mais il faut pour cela de la persévérance. Une femme souffrait de pertes de connaissances vingt-huit ans durant. Elle sortait le soir de chez elle, marchait quelques kilomètres à l’extérieur du faubourg et perdait connaissance de fatigue. Son mari avait la patience et la persévérance de la suivre tous les soirs pendant toutes ces années pour la ramener à la maison. Après la vingt-huitième année elle a été complètement guérie. Pourquoi ne pas faire preuve vous-aussi de patience et de persévérance comme cet homme et porter dans votre esprit vos vertus pendant vingt-huit ans jusqu’à ce qu’elles se réalisent ? Quiconque fait preuve de cette persévérance, guérira. Le chiffre 28 est celui d’une époque entière. Appliquez la persévérance et ne craignez pas les conséquences. L’époque actuelle est très bonne. « La boue, la pluie, la neige vont abîmer nos habits et nos chaussures. » La boue, la pluie et la neige sont de bonnes conditions pour le blé : il sera abondant. La chaleur aussi gâte les fruits et les aliments, pourtant elle apporte la vie. Les contradictions troublent l’esprit humain mais elles forgent la volonté. Les souffrances aussi troublent le cœur, mais elles apportent une bénédiction aux humains. Nous entrons déjà dans la nouvelle vie. Qu’est-ce qu’il adviendra des derniers arrivants ? Ils entreront aussi dans la nouvelle vie, mais plus tard. Celui qui sort tôt, arrive tôt. Il allumera sa bougie pour éclairer celui qui sortira à son tour de la mer. Il quittera la mer déchainée et suivra ceux qui le précèdent. Si tu vois ton frère se noyer, tu lui tendras la main pour le sauver. Comme on t’a tendu la main, toi aussi tu tendras la main à celui qui se noie pour le sauver : c’est ce que la nouvelle science, la nouvelle culture exige de tous. La vieille philosophie recule devant la nouvelle. Commencez à étudier la nouvelle science, l’alphabet de la nouvelle vie. Commencez avec la lettre a et les autres lettres vous seront progressivement révélées. Un jeune bulgare est allé apprendre la poterie. Il est tombé chez un bon maître potier et il y est resté trois ans. Pendant ce temps, il a appris comment mélanger la pâte de céramique, comment préparer et cuire les pots. Au bout de trois ans, il s’est senti maître dans cet art, sur un pied d’égalité avec son maître et il a osé lui annoncer : « Maître, puisque j’ai appris le métier, je te prie de me faire maître portier. Je veux travailler librement, penser à moi, il est temps pour moi de fonder une famille. » Son maître a donné son accord, il l’a fait maître portier et l’a laissé partir librement. Le jeune homme s’est équipé en matériaux et en outils, il a construit un four et a démarré une activité propre. Tout allait bien, mais il était surpris de constater qu’au moment de cuire, les pots se fendaient tous dans le four. Déçu de sa fabrication, il est allé voir son maître pour lui demander pourquoi les pots se fendaient à la cuisson. Ce dernier l’a regardé calmement et lui a dit : « Tu dois rester encore trois ans à mes côtés pour apprendre ce dernier secret. » Pendant son apprentissage, il a remarqué qu’avant de mettre un pot dans le four, son maître soufflait dedans et on entendait le son hou. Après les trois ans, son maître a dit : « Tu peux maintenant reprendre ta propre activité, tu seras un bon maître potier. » Le jeune a remercié son maître pour ce dernier secret transmis et a dit : « C’est curieux, pour un simple hou, pour un soufflement dans le pot, j’ai dû rester apprenti trois années entières ! » Vous aussi, vous commencerez par la lettre a, vous soufflerez dans tous les pots pour insuffler la nouvelle vie en vous. C’est le seul moyen d’éviter que les pots ne se fendent. Lorsque le nouveau-né souffle dans le pot de sa vie, il commence à vivre ; s’il ne souffle pas, son pot se fend. Celui qui peut prononcer correctement la lettre a, aura des affaires florissantes, il jouira d’une pensée robuste, d’un cœur droit et d’une volonté puissante ; s’il ne peut pas prononcer la lettre a correctement, son pot se fendra. L’Enseignement du Christ se résume par conséquent dans la bonne prononciation de la lettre a. C’est cela maîtriser l’art de bien cuire ses pots sans les fendre. Tout dépend du souffle dans le pot ; on soufflera plusieurs fois, on dira plusieurs fois hou, mais en fin de compte vos pots seront robustes. Vous pécherez beaucoup, mais votre pot deviendra endurant. Vous arriverez enfin en situation d’endurer les plus grands ouragans et tempêtes, les plus grands tourments et épreuves, vos pots résisteront. Etudiez les lois du nombre 3, celles du Christ, c’est-à-dire celles de votre esprit. Etudiez les lois du nombre 8, celles de la mère divine, c’est-à-dire celles de votre âme. Étudiez les lois de l’unité de l’Esprit relié à la volonté humaine. C’est la seule façon d’être libre. Par conséquent, l’homme libre est celui qui transforme les forces négatives en forces positives. Libre est celui qui peut mélanger l’argile pour en faire des pots et les cuire sans les fendre. Libre est celui qui peut élever sa vie et aider ensuite ses proches à élever leur propre vie. C’est cela l’idée que le Christ a mise dans le verset : « Lève-toi, prends ton brancard et marche ! » Je souhaite qu’aujourd’hui aussi le Christ vienne parmi vous et demeure pour l’éternité dans vos cœurs et vos esprits. Je vous souhaite à tous d’être honnêtes, justes, intelligents et bons et d’appliquer ces vertus dans votre vie. Sofia, 13 octobre 1918 Traduction par Bojidar Borissov [1] Cette conférence a été donnée en 1918
  23. N’est né Si quelqu’un n’est né de nouveau. Jean 3 :3 « Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut pas voir le Royaume de Dieu. » Le Royaume de Dieu est un élan de l’âme humaine, le sens et le but de la vie humaine. « Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut pas voir. » Comme la nouvelle naissance est la condition pour voir le Royaume de Dieu, le Christ dit que les éléments nécessaires pour cela sont l’eau et l’esprit. L’eau est un élément divin qui appartient aux Chérubins : leur monde physique est constitué d’eau. Par conséquent, celui qui veut voir le Royaume de Dieu doit posséder les deux éléments : l’eau, symbole de la vie - le monde physique des Chérubins, et l’esprit - le fondement du Royaume divin. Celui qui veut entrer dans le Royaume de Dieu doit être relié aux Anges, fondements de ce Royaume, et aux Chérubins, son plan physique. Sans ce lien, c’est-à-dire sans eau et sans esprit, il est impossible pour l’être humain de voir le Royaume de Dieu. L’eau et l’esprit sont de hauts sommets qu’il faut gravir pour voir le Royaume de Dieu. Comment contempler un bel endroit dans la nature si vous ne pouvez pas escalader le sommet d’une haute montagne ? Tant que vous n’atteignez pas le sommet, des obstacles obstruent votre vue et vous empêchent de voir avec clarté, ils rendent l’image imprécise. Le brouillard dans la vie humaine est le résultat des désirs humains vains et contre nature. Lorsque le Christ préconise de ne pas nous préoccuper de ce que nous aurons à boire ou à manger, il songe au brouillard dans notre tête. Il faut nous libérer de ce brouillard pour voir avec clarté. Celui-ci doit se déverser sous la forme d’une pluie et ne pas rester en suspension dans les airs. « N’est né » … Que signifie la naissance ? Les Bulgares disent qu’une femme acquiert[1] mais l’enfantement et la naissance sont deux phénomènes différents. On dit pour la femme qu’elle acquiert, pour le volatile qu’il éclot, et pour les organismes inférieurs qu’ils se multiplient par division cellulaire. La naissance sous-entend que l’esprit est fécondé d’une idée divine et majestueuse. Donc pour naître, deux éléments doivent se combiner dans la conscience humaine : la raison en tant que forme supérieure de la pensée, et le cœur en tant que moyen de manifestation des sentiments. Autrement dit, pour naître de nouveau, avec une nouvelle conscience, l’homme doit passer par l’eau et par l’esprit. Pour aborder la question de la nouvelle naissance, la pensée et le cœur doivent être libres de tous préjugés. En Angleterre, une délégation de femmes, membres d’une association caritative, a rendu visite à un riche lord anglais pour lui demander de leur octroyer une somme d’argent pour leur cause. Elles se sont rendues le soir chez lui ; il les a gentiment reçues, leur a proposé de s’asseoir et a téléphoné à son intendant pour lui faire allumer les lampes. Dans la précipitation, l’intendant a gratté trois allumettes l’une après l’autre et n’a réussi à allumer la lampe qu’à la quatrième allumette. Le lord lui a fait remarquer qu’il était déconcentré et qu’il ne faut pas gaspiller quatre allumettes pour une seule lampe. En l’entendant faire cette remarque à l’intendant, les dames se sont dit : « Nous ne sommes pas bien tombées, il fait une histoire pour quelques allumettes alors que nous attendons de l’aide de sa part. » Lorsque l’intendant est sorti, le lord s’est tourné vers les dames : « En quoi puis-je être utile à ces nobles dames ? » Elles ont expliqué le motif de leur visite et il leur a aussitôt donné une somme de cent mille levas. Elles sont restées étonnées de sa générosité. Pourquoi ? Parce qu’elles avaient des préjugés sur la capacité d’un homme économe à se montrer généreux. La générosité est une qualité alors que l’économie en est une autre. Pourquoi dépenser deux, trois ou plusieurs allumettes pour allumer une seule lampe alors qu’une seule peut suffire ? Certains sont peu regardants sur les allumettes, mais lorsqu’on en arrive à l’argent, ils ne témoignent aucune générosité. Le gaspillage inutile d’allumettes est semblable au développement des théories sur le christianisme. En écoutant ces gens interpréter le christianisme, vous direz qu’ils sont dans le droit chemin. Essayez de faire appel à leur portefeuille pour une cause caritative, ils vont aussitôt se montrer réticents. Il est préférable d’économiser les allumettes mais de donner généreusement les cent mille levas, plutôt que le contraire - gaspiller les allumettes mais retenir l’argent. « Si quelqu’un n’est né de nouveau. » Qu’est-ce que la nouvelle naissance ? C’est la naissance d’eau et d’esprit. La naissance est un acte divin, volontaire, alors que l’acquisition comme disent les Bulgares est un acte forcé. Tous pensent être nés alors qu’ils sont acquis. Demandez à quelqu’un parmi ceux qui sont nés maintenant, d’où il vient, qui sont sa mère et son père, où ils sont aujourd’hui, où est sa patrie ? Il vous dira qu’il ne sait ni d’où il vient, ni où il va. Il sait que ses parents sont décédés, mais il ignore qui ils sont et d’où ils viennent, quelle est sa véritable patrie. Quelle connaissance a-t-il, quelle est sa philosophie sur la vie ? Celui qui nait de Dieu connait son origine ; celui qui ne connait pas son origine est acquis, il n’est pas né. Entre les mots acquisition et assassinat, il y a une similitude[2]. Tout comme les mots anglais lawyer (avocat) et liar (menteur) sont proches par la prononciation mais différents par le sens. Lorsque la langue dérape parfois, quelqu’un peut être affublé d’une étiquette de menteur au lieu de celle d’avocat et vice versa ! Le Christ dit : « Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut pas voir le Royaume de Dieu. » Nous traduisons : acquérir le Royaume de Dieu, c’est comme recevoir la lumière extérieure pour créer dans notre esprit les couleurs et les formes ; des perceptions sont nécessaires qui seront ensuite retraitées. Les choses réelles ne sont pas les choses visibles, mais les choses invisibles qui nous percevons intérieurement. Certaines personnes, religieuses ou mondaines ont une mauvaise compréhension en considérant que leur perception est uniquement extérieure. La vision extérieure, c’est regarder les choses. Pour voir un objet physiquement, notre conscience doit être éveillée. Pour voir l’objet extérieurement et intérieurement, c’est-à-dire physiquement et spirituellement, la sagesse et l’amour sont nécessaires. Tu ne peux pas connaître l’être humain tant que tu ne l’aimes pas ; tu ne peux pas le comprendre tant que tu ne te lies pas à l’intelligence qui travaille en lui. La compréhension entre les humains est uniquement là où les tonalités vibrent en harmonie. Lorsque l’accord entre les tonalités est harmonieux, nous disons qu’il existe entre eux une certaine intelligence. De ce point de vue, la musique divine est une manifestation de la sagesse, c’est-à-dire un accord sagace et avisé des tonalités. S’il veut exprimer la douceur à un moment du morceau joué, le musicien choisit d’accorder les tonalités de façon à produire l’effet escompté sur l’âme humaine. Lorsqu’il veut exprimer son amour envers la jeune fille, le jeune homme se met à chuchoter d’une voix douce. Si vous voulez montrer votre mécontentement, vous élevez la voix, froncez les sourcils, vous vous renfrognez et serrez les poings. « Si quelqu’un n’est né de nouveau. » Le Christ évoque la nouvelle naissance comme une condition pour avoir la vision intérieure. Comme la chenille aspire à devenir un papillon, de même celui dont la conscience est éveillée aspire à voir les choses intérieurement. Lorsqu’il travaille avec le désir d’acquérir les matériaux nécessaires pour la nouvelle naissance, l’être humain est dans le droit chemin. Celui qui pense qu’il trouvera ces matériaux dans le monde physique et qu’il les recevra sans rien payer, ne peut pas naître de nouveau. C’est vrai que les difficultés, les épreuves que l’on affronte freinent notre développement, mais nous devons faire des efforts pour les surmonter. L’être humain sait que le sens de la vie est le Royaume de Dieu où il trouvera ses proches qu’il aime et qui l’aiment. Il sait que le sens de la vie est de gagner le Royaume de Dieu, c’est-à-dire gagner le monde de l’harmonie et de la beauté, de la lumière et de l’espace. C’est à ce monde qu’aspirent consciemment et inconsciemment tous les hommes, toutes les femmes, tous les enfants. Si vous cherchez de belles formes, des idées sublimes, de la musique et de la poésie divines, vous les trouverez dans le Royaume de Dieu, dans le monde de l’immortalité. Ce monde n’est pas loin de nous, il nous entoure de toutes parts, il pénètre en nous. La distance de notre monde au Royaume de Dieu n’est qu’un cent millionième de millimètre. La raison pour laquelle les gens ne voient pas cette proximité est leur aspiration à aller vers la périphérie de la vie, ils s’éloignent ainsi de Dieu et du Royaume de Dieu. Il y a des personnes qui aspirent à gagner le centre de la vie, c’est-à-dire Dieu, Son Royaume, mais elles sont peu nombreuses. La plupart vont vers la périphérie : les femmes contentent les maris, les maris - leurs femmes, les mères - les enfants, les enfants - les mères, etc. Ce n’est pas un mal en soi, mais ce n’est pas l’aspiration authentique, ce n’est pas le juste cheminement de l’âme. Le véritable chemin de l’âme mène à Dieu, ce qui signifie un élan intérieur, une concentration de l’être humain sur sa conscience divine, supérieure. Comment l’être humain trouve-t-il sa conscience supérieure ou celle de son prochain ? Vous direz que c’est en aimant. Il est vrai que l’amour ouvre tous les chemins de l’être humain, mais de quel amour parlez-vous ? Par exemple, la femme va vers son mari. Où est-il ? Et elle, où est-elle ? Elle prend ses mains, le fixe droit dans les yeux, mais prétend qu’il est froid envers elle et qu’il ne l’aime pas. Quelles preuves du désamour de son mari avance-t-elle ? Qu’elle prenne son thermomètre pour vérifier sa chaleur. S’il est à trente-sept degrés, il n’est pas froid. Pouvez-vous qualifier de froid celui qui a une chaleur corporelle de trente-sept degrés ? Je mesure aussi avec mon thermomètre et je constate que cet homme est à trente-sept degrés. Donc l’homme et la femme ont autre chose en tête lorsqu’ils s’accusent de froideur. Certains disent que le Christ s’est exprimé par des symboles, qu’il s’est servi du sens figuré des mots. Quel est votre langage ? Comment celui qui est chaud peut-il être qualifié de froid ? Je connais pour ma part des personnes froides qui sont en réalité chaudes. Mon affirmation est aussi juste que la vôtre. C’est un langage impondérable, c’est une philosophie impondérable. Il y a réellement des personnes dont la chaleur est indéterminée, fluctuante, une telle chaleur n’est pas réelle. Une chaleur qui descend à trente-cinq degrés et monte à quarante degrés est changeante. Imaginez que vous avez une bouteille graduée de cent centimètres cubes ; vous vous attendez à la remplir, mais vous restez toujours surpris, pourquoi ? La bouteille a une fissure à la trente-septième mesure précisément et le liquide s’écoule. Vous vous attendez à avoir un mari d’une chaleur de cent degrés, mais à votre surprise il ne vous renvoie que trente-sept degrés de chaleur. De ce point de vue vous dites que votre mari est froid envers vous et ne vous aime pas. Que devez-vous faire pour qu’il vous aime ? Acheter une nouvelle bouteille où mettre votre mari et la conserver précieusement sans la fissurer et sans laisser sa chaleur et son contenu s’écouler à l’extérieur. C’est le seul moyen pour que votre mari éprouve un amour constant et immuable à votre égard. « Si quelqu’un n’est né de nouveau. » Naître de nouveau, c’est entrer dans une bouteille graduée de cent centimètres cube, soumise à une chaleur de cent degrés. Une chaleur de trente-sept degrés ne suffit pas, elle ne permet que des processus ordinaires. Elle ne permet pas à l’homme de réfléchir mûrement et d’aimer pleinement, alors qu’il doit renaître, acquérir quelque chose de nouveau dans la vie. Les psychologues modernes considèrent la nouvelle naissance comme un processus d’éveil de la conscience humaine ; les mystiques l’appellent l’incarnation et la manifestation de l’esprit divin et de l’âme divine en l’être. L’esprit et l’âme visitent l’être humain et se retirent, mais s’ils restent longtemps en lui, ils s’emparent entièrement de sa pensée, de son cœur et de sa volonté ; ce processus est la nouvelle naissance. L’être humain est alors porteur de pensées et de désirs divins, il est maître de sa vie et manie l’art de monter au Ciel et de descendre aux enfers à sa guise. En entendant parler de l’enfer, les humains ont peur, ils craignent les mauvais esprits et ne veulent pas les rencontrer sur leur chemin. Celui qui est né de nouveau ne craint pas l’enfer. Même s’il s’y rend, ses habitants l’accueillent bien, se lèvent pour le recevoir et lui obéissent ; lorsqu’il les quitte, ils disent soulagés : « Pourvu qu’il ne revienne pas parmi nous. » La vie dans l’enfer est terrifiante. Pour en sortir et gagner l’immortalité l’être humain doit naître de nouveau. Quelle est la différence entre vous et vos proches qui sont partis dans l’autre monde ? Vous êtes habillés avec des vêtements en matière dense, et eux avec des vêtements en matière plus fine ; vous mangez, buvez, lisez, conversez et pas eux, ils n’ont pas d’organes pour cela. En un mot, votre vie est radicalement différente de la leur. Il existe la même différence entre la chenille et le papillon qu’entre vous et les créatures astrales : elles s’intéressent à vous dans la mesure où vous menez une vie saine ; si elles se rendent compte que vous ne songez qu’à boire et à manger, elles sont affligées. Certains sont écœurés de la vie encore futile sur terre. Ainsi, les grands-mères en voyant flirter les jeunes gens se demandent comment ils n’en ont pas assez. Elles pensent que les jeunes se sont assagis et ont dépassé ces choses ; en réalité ils en sont encore loin. C’est un art que de renoncer de son plein gré aux plaisirs futiles et passagers ; c’est un art que de cesser de boire lorsque toutes les conditions sont réunies pour boire ; un tel homme a du caractère, il a compris la vie divine. Comment se reconnaît le caractère humain ? De deux façons : placez le riche et le puissant dans la misère ou bien placez le pauvre dans l’opulence. Si le riche garde ses convictions et sa philosophie, s’il maintient de bonnes relations avec les autres, c’est un homme de caractère ; si le pauvre ne s’oublie pas et conserve ses convictions, ses opinions et ses relations avec ses proches, il est aussi un homme de caractère ; ce sont des personnes qui sont nées de nouveau et qui ont acquis en elles-mêmes quelque chose de précieux. Il y a des choses dans le monde que n’importe qui peut vous dérober : de l’argent, des habits, des maisons, des avoirs, et même votre mari, votre femme, votre fils, votre fille. Mais personne ne peut vous enlever certaines choses : vos vertus, votre caractère. Personne ne peut voler les talents que vous avez. Qui vous prendra le talent de peindre ou de jouer de la musique ! Le Christ dit : « Amassez des richesses et des trésors que la teigne ne détruit pas et que la rouille ne gâte pas. » Il parle des richesses et des trésors qui conditionnent la nouvelle naissance. N’est-ce pas ce que l’enfant fait dans le ventre de sa mère ? Il absorbe des aliments, amasse des richesses pour former les organes nécessaires pour sa nouvelle vie ; et ensuite il naît. Celui qui ne comprend pas le processus de la naissance ne comprend pas non plus le processus de la création du monde et se demande pourquoi Dieu a créé le monde de cette façon. Pourquoi l’être humain a-t-il été créé avec autant d’organes internes, pourquoi a-t-il besoin de cerveau, de poumons, de cœur et d’estomac, ne peut-il pas s’en passer ? Non. Par ces organes il se relie aux Anges, aux Chérubins et aux Séraphins dont il puise des connaissances pour s’élever. En hébreu ancien les Séraphins étaient appelés les Esprits de la couronne divine. Par les poumons, l’être humain se relie aux Chérubins. Voilà pourquoi lorsque vous respirez, pensez à ces esprits et à leur sagesse. La sagesse s’acquiert donc par la respiration. Par le cœur, l’homme est relié à une autre hiérarchie, appelée les Trônes, c’est-à-dire la pensée divine ; les battements du cœur montrent que nous sommes reliés à cette hiérarchie. Pourquoi craint-on l’arrêt cardiaque ? De peur de rompre ce lien : si le cœur s’arrête, l’être humain perd son discernement. Par son estomac, il est relié à d’autres hiérarchies : les Dominations. Voilà pourquoi lorsqu’il est rassasié, l’homme est mieux disposé, plus vertueux, plus noble, enclin au sacrifice. S’il est affamé, il vaut mieux ne pas s’en approcher. De l’estomac, on va dans le foie par lequel l’homme est relié à une autre hiérarchie, appelée les Puissances ou forces divines. Le dérèglement du foie se reconnaît par le jaunissement de l’œil, ce qui montre une dysharmonie dans les sentiments de l’homme. Si le trouble est important, la jaunisse se déclare ; c’est qu’une dysharmonie se manifeste entre les l’homme et les Puissances divines. Comment se soigne la jaunisse ? Par le rétablissement de l’harmonie entre l’homme et les Puissances divines. Par la vésicule biliaire, l’homme est relié aux créatures des Vertus. Si ce lien se rompt, la vésicule biliaire éclate, la perte du bien en l’homme et l’éclatement de la vésicule biliaire sont donc synonymes. On dit de quelqu’un qu’il est bilieux. Pour diminuer la bile, il faut augmenter la bonté en l’homme. Lorsque la vésicule biliaire est en bon état, le bien et l’amour augmentent ; si la haine augmente, l’amour diminue ; c’est une loi qui régule les équilibres entre les forces. Personne ne peut se soustraire à cette loi. Si quelqu’un dit qu’il ne veut pas être bon, il sera mauvais ; s’il ne veut pas être instruit, il sera ignorant. Chacun doit aspirer au sublime qui peut le protéger de la dégénérescence. Après le foie, on va dans la rate par laquelle l’être humain se relie à une autre hiérarchie, les Principautés, appelées la Justice divine et la victoire dans le monde. L’enflement et le dérèglement de la rate montre que la justice est foulée aux pieds et que l’être humain est en dysharmonie avec les Principautés. Une autre hiérarchie est celle des Archanges, créatures de la gloire divine : ils gouvernent les peuples. Ils ont un rapport aux reins. Celui qui ne glorifie pas le Seigneur et qui n’est pas inspiré par la majesté de la nature, ne peut pas se lier aux Archanges et souffre de troubles des reins. Quelqu’un rétorquera qu’il n’a pas à admirer la majesté de la nature tant qu’il est assis devant des mets succulents, des poulets grillés, du cochon et du vin rouge pétillant ; pourquoi chercher le sens de la vie si on le voit réellement devant soi. C’est ainsi que raisonne l’animal, mais l’être humain du XXème siècle ne peut pas raisonner ainsi et être dans le ravissement devant des choses passagères. Dès le lendemain, ses reins seront douloureux et il cherchera la raison de sa souffrance. Enfin, nous descendons jusqu’à la hiérarchie des Anges qui sont le socle de la vie. Pour être liés à eux, tous les humains, hommes, femmes et enfants, doivent enfanter. Celui qui ne peut enfanter une pensée sublime, un désir vertueux, n’est pas lié aux Anges. Vous devez enfanter à chaque instant ; celui qui n’enfante pas brise tout seul son lien avec les Anges. Lorsque vous rentrerez chez vous, que chacun se demande pourquoi il a un cerveau, des poumons, un cœur, un estomac, un foie, une rate et des reins : vous vous rappellerez ainsi le lien qui existe entre le monde sublime et vous. Et c’est ainsi que vous comprendrez que vous n’êtes pas libres de penser, de sentir et d’agir à votre guise. « Si quelqu’un n’est né de nouveau. » Qu’est-ce que la nouvelle naissance ? Un ensemble de processus conjugués. Celui qui est né une nouvelle fois tient une pomme mûre dans sa main et voit en elle nombre de processus qui se passent l’un après l’autre. Il goûte cette pomme mûre et dit que la vie a du sens. Tant qu’il n’arrive pas jusqu’à la nouvelle naissance, l’être humain ne comprend la vie qu’à l’aune des processus qu’il a traversés, observés et étudiés. Celui qui a suivi la germination du pommier, mais l’a arraché avant l’heure ne connaît que ce processus, or le pépin de pomme passe par la germination, la pousse des feuilles, la floraison, la nouaison et la maturation des fruits. Étudiez tous les processus de la nature pour vous comprendre, vous et vos proches. Celui qui a traversé les processus du pommier développé, il est né de nouveau, c’est un érudit, il n’a pas peur de la pomme acide ou amère car il sait que les processus en elle ne sont pas arrivés à leur terme. De ce point de vue, il ne peut pas clamer que la vie est amère, qu’elle est vide de sens. Tout le monde connaît la vie, mais partiellement, chacun l’a testée jusqu’à un certain point comme les scientifiques qui ne connaissent le développement du pépin de pomme que dans certaines phases. Peu nombreux sont ceux qui ont eu la patience d’observer tous les processus du début à la fin. C’est pareil pour les connaissances dans les différents domaines de la science. Quelqu’un embrasse les idées du nouvel enseignement de l’amour, avance jusqu’à un certain point et dit : « Qui attendra la fin de cet enseignement ? Je n’ai pas la patience de voir le résultat, j’ai des choses plus importantes à faire. » Il renonce dès le début. Quelles sont ces choses importantes ? Pour la jeune fille, c’est trouver un homme pour la nourrir et l’habiller ; pour le jeune homme, c’est trouver une femme pour s’occuper de la maison et lui faire la cuisine ; chacun trouve un sens dans quelque chose de transitoire et ne pense à rien d’autre. Une autre catégorie de gens patiente à peine pour voir le nouvel enseignement en bourgeons et en feuilles, puis ils renoncent, ils trouvent l’époque difficile, ils veulent améliorer leur situation, aider à la prospérité de leur patrie ; par cet élan, ils s’aident eux-mêmes et non pas leur patrie. Une troisième catégorie de personnes qui voient leurs idées fleurir, s’arrêtent là et commencent à s’organiser en sociétés, disant : « Appliquons nos idées en combattant le mal », sans tenir compte des paroles du Christ de ne pas s’insurger contre le mal ; ils partent en guerre contre le mal, mais n’obtiennent aucun résultat. La quatrième catégorie de personnes continue son chemin vers l’enseignement divin en attendant patiemment que le fruit mûrisse. Chacun doit s’armer de patience pour goûter les fruits de l’arbre que le Christ a planté. Goûtez les fruits de cet arbre pour entrer en relation avec les esprits supérieurs des différentes hiérarchies. Certains veulent savoir s’ils se reconnaîtront de l’autre côté. Vous vous connaîtrez là-bas autant que vous vous connaissez sur Terre. Une grande diversité existe sur Terre, mais aussi de l’autre côté. La même diversité existe dans les manifestations humaines d’application de l’amour, de la sagesse et de la vérité. Chaque être humain, chaque créature vivante est une manifestation spécifique de l’amour. Les humains ne voient pas cette diversité, mais le monde supérieur s’y intéresse ; là-bas toutes les créatures cessent leur travail un instant pour prêter leur attention à l’être qui aime. L’amour est illimité dans ses manifestations et impénétrable dans sa diversité. Pouvez-vous assécher une source en mettant l’eau en bouteille, sachant qu’elle se renouvelle et que l’eau de chaque bouteille est différente de l’eau qui est en train de remplir la bouteille suivante ? L’eau qui a coulé voici dix ans est différente de celle d’aujourd’hui ; l’eau d’aujourd’hui est différente de celle à venir. L’eau des siècles précédents est différente de l’eau actuelle. La même chose s’applique aux pensées et aux sentiments humains, aux manifestations de l’amour et de la sagesse. « Si quelqu’un n’est né de nouveau. » Le Christ veut dire ainsi que celui qui ne naît pas d’eau et d’esprit ne peut pas comprendre les manifestations du grand amour divin et de la sagesse divine ; il ne peut pas comprendre le sens de la vie ; il ne peut pas acquérir une joie intérieure, la bonté et la puissance. Naître d’eau, c’est devenir malléable et mouvant comme elle. Aucun être n’est plus puissant, et en même temps plus faible que l’eau. Donc, l’être humain doit être faible comme l’eau pour devenir puissant comme elle. Si quelqu’un demande pourquoi nous sommes faibles je réponds : pour devenir forts. Ce qui est faible contient en soi les ingrédients de la force. Des conditions sont requises pour que la force se manifeste. « D’eau et d’esprit. » L’esprit sous-entend le principe intelligent qui maîtrise l’art de transformer les petites choses faibles en choses grandioses et puissantes. Les paroles du Christ : « Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut pas voir le Royaume de Dieu », sous-entendent : lorsque ce qui est faible et grandiose pénètre l’homme, il peut voir le Royaume de Dieu. Celui qui n’a pas été faible, ne peut pas être fort. De ce point de vue, la tâche de l’être humain se résume à exploiter ses plus petites souffrances pour sculpter à partir d’elles quelque chose de grand et de précieux. Beaucoup des souffrances des êtres humains sont dues aux mauvaises priorités qu’ils se sont fixées. Ils ont placé le divin à la dernière place et l’humain à la première place, ce qui introduit une grande dysharmonie dans leur vie. « Si quelqu’un n’est né de nouveau. » La nouvelle naissance est une nécessité dans la vie, elle détermine son sens. En aspirant à la nouvelle naissance, l’être humain se dilate. Celui qui ne comprend pas le sens de la nouvelle naissance se dilate sans comprendre pourquoi, puis à la fin il se surcharge et se lasse tout seul. Il construit des maisons, fait des acquisitions immobilières, loue ses biens, mais au lieu de donner du sens à sa vie, il perd ses repères. Les locataires se disputent entre eux et le propriétaire se dispute avec eux ; ils ne paient pas régulièrement leurs loyers, ils causent des nuisances, etc. On peut citer ici le proverbe : « Grand-mère n’avait rien d’autre à faire, elle s’est acheté un porcelet.[3] » Cela dénote une incompréhension du grand processus de la nouvelle naissance. L’être humain n’est pas venu sur Terre pour bâtir des maisons, les louer et être rentier. Il est venu exercer sa pensée, son cœur, sa volonté. Avant d’être prêt au travail, il a fallu passer par les épreuves et le labeur. Il est dit que l’être humain peine, que les anges sont dans le labeur et que Dieu travaille. Dieu interroge souvent les anges : « Que font les humains sur Terre ? – Ils sont à la peine, ils sont attelés pour labourer les champs. Dieu répond : Qu’ils labourent et qu’ils sèment, je viendrai ensuite pour moissonner. Lorsque je ramasserai le blé, je les appellerai pour nous mettre à table tous ensemble et bien manger. » C’est ainsi que travaille Dieu. Par conséquent quiconque fait le bien aux humains et les aime, travaille aussi. Instruire et éduquer les humains, c’est du labeur ; cuisiner pour eux, hacher les oignons et la viande, c’est un tourment. La souffrance, ce ne sont pas les efforts à fournir, mais le manque de reconnaissance pour ces efforts. Après avoir passé des heures en cuisine, il s’entendra dire : « Ce repas ne vaut rien. » - « Jusqu’à quand serons-nous à la peine ? » – « Jusqu’à ce que vous compreniez le sens de la vie et que vous renonciez aux désirs contre nature qui mènent sur des chemins contre nature. » Jadis, Dieu a créé deux rivières qu’il fit couler sur des chemins bien déterminés : l’une allait en bas, l’autre en haut. La première traversait des sols fertiles et ses eaux étaient donc troubles ; la deuxième traversait des couches propres et ses eaux étaient propres. Le moment est venu pour les deux rivières de couler côte à côte et discuter tranquillement en amies. Lorsqu’est venu le temps de se séparer, elles ont décidé de creuser un chenal, d’unir leurs lits, de se renforcer et d’améliorer ainsi leur situation. Elles ont creusé un trou, leurs eaux se sont mélangées et elles ont formé une seule rivière d’une eau trouble ; elles n’ont pas réussi à satisfaire leur désir d’acquérir une vie pure et en fin de compte elles ont subi les conséquences de leur imprudence. Les chemins contre nature conduisent toujours à de fâcheuses conséquences. Ceci concerne aussi les sociétés modernes : au lieu de suivre le chemin que Dieu leur a assigné, elles s’en écartent et partent sur les chemins contre nature de la vie. Que le pécheur suive son chemin et le juste le sien, mais qu’ils n’unissent jamais leurs chemins. « Si quelqu’un n’est né de nouveau. » La nouvelle naissance ne sous-entend pas d’unir les eaux de deux rivières : toutes deux perdront leur pureté. La nouvelle naissance sous-entend d’avoir la vie christique en soi : l’eau pure recevra la vie du Christ et suivra son chemin. L’eau trouble traversera d’abord les couches terrestres, se purifiera et quand elle sera limpide, elle recevra la vie du Christ et continuera son chemin. Les couches sableuses qui purifient l’eau sont les souffrances. Aujourd’hui les Bulgares aussi passent par les couches terrestres, c’est-à-dire par les souffrances pour se purifier. Un jour, tous ceux qui sont passé par les souffrances seront reconnaissants et verront ce qu’ils ont acquis. Ne dérogez pas à la règle de ne pas mélanger l’eau pure et l’eau trouble, la vie pure et la vie impure, mais tendez vers le processus de la nouvelle naissance qui crée des conditions bénéfiques pour votre développement. Si quelqu’un vous demande ce qu’apporte la nouvelle naissance, répondez : « La nouvelle naissance porte en soi les conditions pour rallumer les bougies éteintes des humains, pour corriger les infirmités de leurs corps, pour ouvrir les yeux des aveugles, les oreilles des sourds, etc. » Dieu seul est capable d’arranger la vie des humains, Lui seul est capable de relever les humains déchus et d’éclairer leur chemin. Lui seul est capable de soigner le cœur altéré des mères, la pensée déformée des pères, le foie gâté des fils et la rate malade des filles. Lorsque les humains se relèveront, ils créeront des sociétés et des familles nobles. Tant qu’ils se plaignent de troubles du foie, de la vésicule biliaire, des reins et de la rate, aucune amélioration n’est possible. Lorsque tous les membres et organes de l’organisme humain se rétabliront, alors le monde se redressera. Vous-aussi, agissez comme Dieu ; si vous voyez que la pensée et le cœur de votre frère sont altérés, ne le critiquez pas, mais aidez-le à se relever, c’est cela faire le bien. Ne pensez pas comment vous y prendre, l’important est d’avoir le désir de le faire. Le désir ardent ouvre les yeux de l’homme et lui donne la possibilité d’aider. Si tu es affamé, il vaut mieux se faire offrir du pain noir plutôt que d’attendre des jours et des semaines le pain blanc promis. L’affamé attendra longtemps le pain blanc ! Il vaut mieux donner à autrui de son vivant quelque chose de sa richesse et de ses biens, plutôt que de lui laisser des milliers et des millions de levas après sa mort. Le peu donné à temps vaut plus que beaucoup mais trop tard. Dieu donne toujours en temps et en lieu utile ; les humains diffèrent les choses à un futur proche ou lointain. Non ! Le bien que tu as planifié de faire, fais-le dès maintenant ; remettre à plus tard ne résout pas les questions. Aujourd’hui, tous doivent poser le bien comme socle de leur vie, les Bulgares aussi. Les humains sont infidèles au bien lorsqu’ils veulent engranger plus de savoir, plus de richesse, plus de puissance qu’ils ne peuvent supporter. Est-ce juste ? Est-il sensé que le riche mette ses habits neufs et précieux sur lui, des bagues en or à ses doigts, un sac plein de pierres précieuses sur ses épaules, et qu’il traverse ainsi une forêt épaisse, peuplée de brigands ? Ils lui couperont la route, le tueront et le pilleront. Pour traverser tranquillement la forêt, il doit revêtir ses vieux habits et prendre juste un peu de pain dans son sac à dos. La vie de nos contemporains est pleine de surprises ; ils peuvent croiser des brigands à chaque pas et se faire attaquer. La vie est ainsi porteuse de bonnes conditions et de mauvaises surprises. Tous les humains, tous les peuples ont des conditions favorables de développement qu’ils peuvent utiliser aujourd’hui. Celui qui a atteint le stade du papillon profitera des bonnes conditions de la vie ; celui qui n’a pas franchi le stade de la chenille grignotera les feuilles des arbres et se plaindra des conditions de la vie. « Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut pas voir le Royaume de Dieu. » Autrement dit, si vous ne réparez pas votre cerveau, vos poumons, votre estomac, votre rate, votre foie et vos reins, et si vous n’enfantez pas, vous ne pouvez pas être bon, puissant, raisonnable et noble ; c’est l’enseignement que vous pouvez appliquer dans votre vie. Si quelqu’un se plaint que son cerveau ne fonctionne pas correctement, qu’il réfléchisse intensément pour nettoyer les voies par lesquelles coulent les énergies mentales. « Je fais face à de grandes difficultés. – Exerce ta volonté pour vaincre tes difficultés. » Pour bien vivre, exercez votre pensée, votre cœur et votre volonté en conscience. Ce qui ne signifie pas que vous éviterez les difficultés, vous en aurez beaucoup, mais vous les surmonterez. L’être humain naîtra de nombreuses fois, il sera acquis de nombreuses fois jusqu’à naître finalement pour voir le Royaume de Dieu. Entre sa vision actuelle et sa vision d’antan il y aura une grande différence. Quelqu’un a vu le Christ, Dieu, mais si on lui demande s’il est né d’eau et d’Esprit, il ne peut rien dire. Celui qui ne sait pas s’il est né d’eau et d’Esprit, ne peut voir ni Dieu ni le Christ. Il a vu un homme ordinaire avec une barbe blanche et une couronne sur la tête, mais ce n’est pas Dieu. Si quelqu’un voit un jeune homme, ce n’est pas le Christ. « J’ai vu un ange. » La question est de savoir si tu as vu un véritable ange. Le petit enfant passe aussi pour un ange, mais entre lui et le véritable ange la différence est grande. Voir un ange, c’est transformer ta vie toute entière : tu deviens meilleur, tu te dilates, tu acquiers une plus grande lumière. Voir Dieu, c’est devenir un saint. « Seul celui qui a le cœur pur peut voir Dieu. » Moïse était un homme pur et saint, il a vu Dieu une seule fois, de dos et non pas Son visage. Votre vie se transformera si vous voyez ne serait-ce qu’une parcelle de Dieu. Pour voir ne serait-ce qu’une parcelle de Son vêtement, vous devez vous libérer de vos manifestations négatives : aigreur, jalousie, haine colère, etc. Pourquoi ne pas écouter calmement votre sœur et votre frère lorsqu’ils vous décrivent leurs expériences de vie passionnantes ? Ne jalousez personne. Si aujourd’hui quelqu’un vit quelque chose d’agréable, demain ce sera votre tour. Il n’y a personne au monde qui ne reçoive un certain bienfait. Ouvrez votre cœur et votre intelligence pour recevoir de belles pensées et de beaux sentiments. Lorsque dans votre esprit et votre cœur entrent en même temps une idée sublime et un sentiment noble, vous serez nés de nouveau et vous serez prêts à vous sacrifier pour eux. N’examinez pas les choses et les manifestations par leur côté extérieur uniquement ; les apparences trompent souvent les humains. Vous allez quelque part faire une visite et vous dites que l’hôtesse n’était pas aimable à votre égard, qu’elle n’était pas souriante. Quel sourire voulez-vous ? Celui que le chat adresse à la souris ou celui que la mère donne à son enfant chéri ? Lorsqu’il guette la souris, le chat reste figé, les yeux fermés comme s’il ne la voyait pas ; lorsqu’il l’attrape entre ses griffes, c’est alors qu’il lui sourit. Au contraire, la mère adresse un sourire intérieur, à peine perceptible à son enfant. Souvenez-vous : le sourire apparent n’est pas toujours sincère et authentique. N’est pas pieux celui qui manque d’amour ; n’est pas chrétien celui qui parle de faire le bien sans pratiquer le bien. Il faut distinguer le bien apparent du bien authentique et le véritable mal du mal apparent. Quelqu’un vide votre portefeuille et dit qu’il agit ainsi pour secourir les pauvres - puisque vous n’avez pas rempli vos obligations envers eux, il le fait à votre place. Laisse l’homme libre de veiller seul à ses obligations. Ce n’est pas le christianisme, ce n’est pas le processus de la Nouvelle naissance. Chacun doit naître de nouveau pour que l’eau et l’esprit travaillent en lui et préparent les conditions d’acquisition de l’amour, de la sagesse, de la joie et de la puissance. C’est ainsi seulement que l’on peut voir le Royaume de Dieu. Seul le Maître peut aider le disciple à obtenir les conditions pour entrer dans le Royaume de Dieu. Si le soleil n’envoie pas sa lumière et sa chaleur, la terre ne peut rien nous donner toute seule. Sans maître, le disciple ne peut rien faire. « Si quelqu’un n’est né de nouveau. » Ce qui signifie : si vous ne vous liez pas aux créatures supérieures : Anges, Chérubins, Séraphins, Dominations, Trônes, vous ne pouvez pas naître de nouveau. La Nouvelle naissance libère l’être humain de la mort qui le limite et le prive des conditions pour obtenir toutes les vertus. Que chacun se dise : « Le juste ne meurt pas, personne ne peut prendre ses vertus, personne ne peut prendre son âme. » Le Christ dit : « J’ai le pouvoir de laisser mon âme, j’ai le pouvoir de l’enlever.[4] » La tâche de chaque homme, de chaque Bulgare est de reconnaître son Père en disant : « Je suis prêt désormais à accomplir d’abord la volonté de mon Père, puis celle d’autrui. » Dieu lui répondra : « Qu’il soit béni ce peuple et cet homme prêts à Me servir avec amour. Je paierais toutes leurs dettes, je leur ferai une nouvelle maison, je leur donnerai de bons fils et de bonnes filles. » La bénédiction divine vient sur le peuple bulgare, la bénédiction divine vient sur tous les peuples. Ceux qui sont prêts vérifieront mes propos dans dix ans, d’autres dans cent ans, et les moins préparés dans mille ans. Tous vérifieront que mes paroles sont authentiques et diront : « Nous Te remercions, Seigneur, d’ouvrir nos yeux afin que nous voyions. » Vous serez alors tous convaincus que les souffrances que vous vivez aujourd’hui ne peuvent pas être comparées à la gloire qui viendra dans dix, cent ou mille ans. Sofia, 6 octobre 1918 Traduction par Bojidar Borissov [1] Acquérir, dans le sens d’enfanter. [2] Acquisition se dit добиване (dobivane) en bulgare et assassinat se dit убиване (oubivane) [3] Désigne une personne qui acquiert quelque chose dont elle n’avait pas spécialement besoin mais qui lui attire par la suite beaucoup d’ennuis ; [4] « Le Père m'aime parce que je donne ma vie, pour ensuite la recevoir à nouveau. Personne ne me l’enlève, mais je la donne de moi-même… » (Jean 10, 17-18)
  24. En mon nom « Deux ou trois assemblés en mon nom » Matthieu 18 :20 « En mon nom. » Le Christ ne dit pas : « Là où sont assemblés un ou deux en mon nom », mais « Là où sont assemblés deux ou trois en mon nom. » Donc il exclut l’individu seul. Les disciples étudient les nombres et travaillent avec eux, mais ils ne connaissent pas leur sens. Le Christ se sert des nombres et connait leur sens et leur symbolique. Ceci est manifeste dans le verset : Dieu est présent là où deux ou trois sont assemblés en Son nom. On ne dit rien du cas d’un individu seul. Lorsqu’il est seul, l’homme entre dans sa maison ou sa chambre, ferme les fenêtres et ne donne pas la possibilité à la lumière de pénétrer dans la pièce, la lumière est dehors et pas dedans. Lorsqu’un ami le rejoint, il ouvre ses fenêtres pour laisser entrer la lumière. En présence de deux personnes assemblées au nom de Dieu, Dieu se manifeste à eux. Si quelqu’un dit que Dieu n’existe pas, ceci prouve qu’il a fermé ses fenêtres pour la lumière extérieure. Pour se convaincre de l’existence de Dieu il doit ouvrir ses fenêtres. Si la lumière rentre de l’extérieur, la question philosophique est résolue. Par conséquent, celui qui affirme que Dieu n’existe pas a fermé ses fenêtres ; celui qui affirme que Dieu existe a ouvert ses fenêtres. Je me tourne vers ceux parmi vous dont les fenêtres sont fermées et je les enjoins de rentrer chez eux. Pour quoi faire ? Pour ouvrir leurs fenêtres. C’est ainsi que Dieu agit lorsqu’il envoie des souffrances à quelqu’un. Par les épreuves et les souffrances, Il oblige tous les hommes à ouvrir leurs fenêtres pour laisser entrer la lumière, vitale pour leur existence. Il est dit dans les Écritures : « Au commencement était le Verbe. » Je dis : « Au commencement est apparu le Verbe et le Verbe était en Dieu. » Pourquoi le Verbe était-Il en Dieu ? Parce que Ses fenêtres sont toujours ouvertes. « Et le Verbe était Dieu… En Lui était la vie et la vie était la lumière des hommes. La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue. » Si la lumière cède aux ténèbres, ceci montre que les ténèbres sont plus puissantes, ou que ses fenêtres sont fermées. En réalité, les ténèbres n’ont point reçu la lumière. « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom. » Dans ce verset, l’addition, le signe plus, est remplacé par les mots en Mon Nom ou au Nom de Dieu. Le Christ dit : « Là où sont assemblés deux ou trois en Mon Nom, moi aussi, je suis parmi eux. » Le signe de l’addition est le plus ; celui de la soustraction, le moins ; celui de la multiplication, une croix inclinée ; celui de la division, deux points. Sans ces signes on ne peut pas déterminer quelle action effectuer entre les nombres. Le plus de l’addition signifie la souffrance, le moins de la soustraction signifie le mécontentement, la croix inclinée de la multiplication symbolise les illusions dans la vie, les deux points de la division, la désunion. « Je suis là au milieu d’eux. » Pourquoi deux ou trois s’assemblent-ils ? Pour trouver la vérité qui apportera la tranquillité et la paix dans leurs âmes. C’est pourquoi leurs fenêtres doivent être ouvertes. Le monde que nous habitons n’est pas régi par le hasard et le non-sens, il est régi par la sagesse absolue, une loi qui détermine tout - même les cheveux qui tombent de votre tête. Vous direz que dans le monde existent de grands malheurs et souffrances : ils sont inévitables. Jusqu’à quand ? Jusqu’à ce que nous comprenions les grandes lois de la vie. Sciemment ou inconsciemment, l’homme travaille avec les souffrances comme avec les opérateurs arithmétiques et se développe correctement. Les anges ne souffrent pas car ils comprennent les lois. Chaque incompréhension des choses cause des souffrances. Comment ne pas souffrir si on mange toujours trop ? Aujourd’hui on mange du poulet grillé, on boit du champagne, demain aussi ; puis on se plaint de troubles de l’estomac, de souffrances et de douleurs. Un jour, lorsqu’on comprendra qu’on ne doit pas trop manger, on se libérera des souffrances. La nourriture a du sens tant qu’il s’agit de fournir les éléments pour le maintien de l’organisme. Mettez dans votre poêle autant de charbon qu’il faut pour accomplir une tâche ; lorsqu’il n’y en aura plus, vous en rajouterez. « Là où sont assemblés deux ou trois. » Qui sont les deux ou trois ? Ce sont l’intelligence, le cœur et la volonté de l’homme. Lorsque l’intelligence est emplie de pensées supérieures, lorsque le cœur est mu par une force créatrice et la volonté fécondée par les grandes vertus divines, Je suis là. Qui est ce Je ? Le Un dont tout découle. Que chacun se pose la question : « Est-ce que mon intelligence est fécondée de pensées supérieures et lumineuses, mon cœur, des forces créatrices du bien et ma volonté, des manifestations du bien ? » Lorsque nous disons que Dieu a créé le monde, nous comprenons le bien, car la créativité n’est que dans le bien. Lorsque vous ôtez la vie de quelqu’un, vous lui faites du mal ; lorsque vous lui redonnez vie, vous lui faites du bien. Lorsque le Christ exprime l’idée : « Là où sont assemblés deux ou trois en mon nom, je suis là au milieu d’eux », Dieu parlait à travers lui. Lorsque Dieu parle, il s’agit toujours d’un processus de création. Comment distinguer le divin de l’humain ? Lorsque vous allez à un prêche, à un concert ou au théâtre, si vous éprouvez ensuite un élan vers le sublime, vous avez écouté quelque chose de divin ; si vous n’éprouvez aucun élan vers le sublime, vous êtes tombés sur quelque chose d’humain. Vous direz que vous êtes pieux, que vous comprenez les choses. Ce qu’est votre crédo ne m’importe pas ; quelle est la surface de votre jardin ne m’importe pas non plus. Ce sont les fruits que votre jardin donne qui m’importent. Votre jardin peut s’étaler sur des kilomètres, et c’est bien, mais s’il ne donne rien, ce n’est pas bien. Chacun doit aspirer à créer. L’être humain est venu sur Terre avec une mission grandiose qu’il doit accomplir. Chacun exprime une idée divine envoyée sur Terre pour apporter sa bénédiction, puis revenir auprès de Dieu. Par conséquent, l’être humain voyagera sur Terre aussi longtemps qu’il n’y aura pas déversé son contenu, c’est-à-dire tant qu’il ne se sera pas manifesté. Ceci ne se produit pas d’un seul coup : quelqu’un se manifeste au début de sa vie, un autre, au milieu, un troisième, à la fin. Tu fouleras la Terre de nombreuses années tant que quelqu’un ne songera pas à déboucher ta bouteille et déverser son contenu. Lorsqu’elle sera vide, elle remontera par la même route pour se remplir en haut. Quelqu’un demande s’il viendra une seconde fois sur Terre. Tu es souvent venu et tu reviendras encore de nombreuses fois. La vie est une roue sur laquelle tous montent et descendent : ils descendent pour puiser de l’eau, remontent, déversent l’eau et redescendent. Quelqu’un dit qu’il ne veut pas naître une seconde fois ; cela ne dépend pas de lui. Puisque la roue tourne, tu descendras nécessairement et tu remonteras. Si tu ne veux pas naître, ta roue cessera son mouvement et tu seras condamné à dégénérer ; c’est ce que nous appelons le mouvement rétrograde, c’est-à-dire la transgression de la loi du mouvement divin. « Là où sont assemblés deux ou trois. » Les deux sont le représentant de Dieu et le professeur, et les trois, le peuple. Si le corps ecclésiastique est fertilisé par le Verbe Divin, si les professeurs sont fertilisés par les idées du mouvement de la roue divine et si le peuple est fertilisé par les fruits de l’Esprit, Dieu sera parmi eux. Ce peuple est béni, il sera grand et puissant. Cet enseignement peut s’appliquer aussi dans les familles : le père est le représentant de Dieu, la mère est le professeur et le fils, le peuple. Cette loi, c’est-à-dire ce rapport existe partout dans la vie. Lorsque vous considérez l’homme, vous trouvez les mêmes rapports : le représentant de Dieu est la pensée, le professeur - le cœur humain, et le peuple - son corps. Lorsque la pensée, le cœur et le corps sont fertilisés par des idées divines, Dieu est parmi nous et quel que soit le travail entrepris, nous serons bénis. Vous direz que la vie humaine est pleine de malheurs et de péripéties. C’est une dramaturgie : un imprévu surgira toujours, c’est ainsi que l’auteur a écrit la pièce. Il a décrit les personnages qui doivent participer au drame, leurs tenues, le lieu des évènements, les rôles à jouer, et tout se passe exactement selon son scénario. Comment sera la vie des personnages ? Ils passeront par le feu, ils souffriront et puis ils seront sauvés ; c’est ainsi que l’auteur a écrit, c’est ainsi que cela se passe. Aujourd’hui nous assistons en spectateurs à un grand drame divin. Qu’adviendra-t-il des personnages ? Ce que l’auteur a écrit. Les héros traverseront de grandes épreuves et souffrances, ils résoudront ces épreuves et seront sauvés. Ensuite le public les applaudira. Pourquoi joue-t-on des drames dans le monde ? Pour éduquer les humains. Les instants dramatiques ne sont rien d’autre que les conséquences de quelques écarts dans la vie. Les souffrances des personnages sont dues aux intrigues et aux mauvais traitements qu’ils s’infligent à eux-mêmes. Deux jeunes gens souhaitent se marier, mais des intrigues se nouent autour d’eux. La mère et le père divergent dans leurs opinions : la mère soutient la fille, le père - le jeune homme. La société se divise aussi : les uns soutiennent la jeune fille, les autres, le jeune homme. À la fin, le dénouement sera celui que Dieu souhaite. Lorsque le drame s’achève, tous disent : « L’auteur a écrit ce drame précisément selon les lois de la vie. » Le public applaudit, content de l’épilogue, et tous rentrent chez eux. Les uns mettent à profit ce qu’ils ont vu et entendu ; d’autres ne profitent de rien, ils considèrent les scènes comme des tableaux figés. Chaque drame doit laisser dans la pensée et le cœur de l’homme quelque chose qui puisse lui servir. La vie est un drame mais pas une tragédie. Les héros peuvent être chassés de leur patrie, perdre leur fortune, être déshonorés, souffrir des années durant, mais en fin de compte leur destin s’apaise et ils retrouvent de nouveau tout ce qui avait été perdu. Vous êtes maintenant fiancé avec le Seigneur, avec le Christ, et vous voulez vous marier avec Lui, mais le monde désapprouve. La jeune fille, la mère, le père s’y opposent et disent : « Non, nous ne permettons pas cette union ; plutôt mourir, mais nous ne donnerons pas notre accord. » D’un côté on insiste, de l’autre on freine jusqu’à ce que l’affaire s’arrange comme Dieu le veut. Les uns disent on peut, les autres, on ne peut pas, jusqu’à ce que la question soit résolue avec on peut. Une fille de millionnaire s’est éprise d’un beau jeune homme et tous deux ont voulu se marier. Le père du jeune homme désapprouvait ce mariage, mais les jeunes gens ont décidé d’aller à la noce sans son accord. Ils ont pris un vélo pour gagner plus vite la ville voisine et se marier. Le long du trajet ils ont jeté des petits clous dans le but de freiner celui qui partirait à leur poursuite. En apprenant leur fuite, le père est parti sur leurs traces, également à vélo pour contrarier leurs plans, mais les clous se sont logés dans les pneus du vélo. Il a crevé et a dû continuer à pied ; les clous se sont mis même dans ses chaussures et il s’arrêtait souvent pour s’en débarrasser ce qui l’a retardé. Il a enfin gagné la ville où les jeunes gens l’ont accueilli, enjoués et heureux d’avoir réalisé leur rêve. Devant le fait accompli, le père s’est vu contraint de donner sa bénédiction et tous trois sont rentrés contents à la maison. Le Christ s’adresse maintenant à tous les peuples et dit que ce qui se passe dans le monde est la voix de Dieu. Ne restera pas un seul homme, une seule nation qui ne comprenne cette voix ; tôt ou tard tous la comprendront. Vous pouvez douter ou vous inquiéter des conséquences, mais la patience est le seul remède requis. Le résultat de ce qui se passe aujourd’hui sera visible dans le futur. Lorsque vous viendrez une deuxième fois sur Terre, vous lirez l’histoire des peuples, vous constaterez les conséquences de notre époque. Celui qui est patient, attendra le dénouement ; celui qui est impatient s’ennuiera et voudra rentrer chez lui. Le drame qui se joue aujourd’hui est en quatre actes : certains verront seulement le premier acte et partiront, d’autres resteront jusqu’à la fin du deuxième acte, d’autres encore resteront jusqu’à la fin du troisième acte ; peu patienteront jusqu’à la fin du drame pour voir le quatrième acte et en comprendre les conséquences. Le Christ dit : « Là où sont assemblés deux ou trois en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » Le chiffre 2 est un principe productif, une puissance qui produit, qui consolide, qui construit. Certains la nomment force créatrice, mais ce n’est pas le cas en réalité. Le peintre qui réalise des tableaux de la nature, le musicien qui reproduit le chant de la nature ne sont pas des créateurs : ils copient la nature, c’est-à-dire ils la reproduisent. La reproduction est une répétition des phénomènes : le peintre répète ce qu’il voit dans la nature ; le musicien reproduit ce qu’il entend dans la nature ; l’amoureux dit à sa bien-aimée ce que Dieu a dit. Vous dites à quelqu’un que vous l’aimez. Comment exprimerez-vous votre affection ? S’il est affamé, vous le nourrirez ; s’il est assoiffé, vous l’abreuverez ; s’il est pieds-nus et en guenilles, vous l’habillerez ; s’il est ignorant, vous l’instruirez. Je crois uniquement en l’amour qui donne. Je ne crois pas en l’amour qui consiste à trinquer, avec des verres remplis à ras bord, à la santé et à la prospérité d’une nation. Quelques personnes vont s’asseoir devant des verres remplis de vin pour trinquer et boire pour le bien de la Bulgarie. Ce n’est ni de l’amour, ni de l’affection. Ce dont la Bulgarie a besoin, ce sont des héros, des hommes de caractère, de vertu, de foi qui peuvent tout endurer. L’ennemi vient maintenant. La dégradation intérieure, le désir humain de se prémunir, de ne vivre que pour soi doit être éliminé. Il n’y a pas de raison de se prémunir. Dès son arrivée sur Terre l’être humain a déjà assuré ses arrières. Chaque personne vertueuse, juste et honnête doit s’armer de son couteau et partir au front. « C’est maintenant que nous allons combattre ? Nous attendons que tous reviennent des champs de bataille et vous nous parlez d’aller là-bas ! » Ce qui se passait jusqu’à maintenant, ce sont pour moi des heurts, pas une guerre ; pour le moment le frère a combattu son frère ; ce n’est pas une guerre. La véritable guerre sous-entend le combat contre le mal, le vol, le mensonge, afin de les terrasser. C’est le seul moyen de créer un grand peuple, une société juste, de bonnes familles. Tous les religieux, les professeurs, les administrateurs, les magistrats doivent sortir leur couteau et clamer : « Au front ! » Contre qui ? Contre l’ennemi commun qui a piétiné et piétine encore tous les humains. Combien de vos frères et sœurs a-t-il envoyé dans l’au-delà ! Combien de vos enfants, de vos pensées et sentiments sublimes a-t-il assujetti et foulé au pied ! Le Christ dit que pour vaincre l’ennemi commun, il faut pardonner à tous ceux qui vous ont insulté et nui, et chasser le mal hors de vous. Je dis : ouvrez vos fenêtres pour laisser entrer la lumière divine dans votre maison. Celui qui ne les ouvre pas assumera les conséquences de son indocilité, ce qui signifie que Dieu donnera à chacun sa juste rétribution. Le Père auguste de l’humanité regarde de la même façon tous les humains et leur parle à tous comme à des créatures conscientes, douées de raison, bénéficiant des conditions pour s’élever. Soyons libres et travaillons jusqu’à ce que la vie de toutes les créatures vivantes sur Terre s’améliore. Vous dites : « Heureusement que la guerre touche à sa fin. » C’est faux, la guerre ne fait que commencer et se déroule à votre avantage. Nous gagnerons la guerre. Laquelle ? La guerre divine qui soulèvera les peuples. Le peuple bulgare sera grand non pas selon l’idée des Bulgares, mais grand aux yeux de Dieu. Je veux que tous les humains, tous les peuples soient grands pour apparaître ainsi devant la face de Dieu, leur Père. Deux courants existent dans le monde, celui du mal et celui du bien. Certains sont citoyens du mal, d’autres, du bien. Le mal cède déjà son pouvoir et sa place au bien. Que ses citoyens tremblent ! Lorsque vous vous tiendrez devant votre Père, Il vous demandera : « Quelle cause avez-vous soutenu sur Terre ? » Soutenez la cause divine car vous lui devez tout ; votre Père travaille partout dans le monde. Rien n’arrive par hasard, le développement de tous les peuples suit la directive de la pensée divine qui obéit aux commandements divins. Comment le prouver ? Très facilement, il suffit de vous dire : « Les gens se battent sur le front. – Prouve-le. – Quiconque veut s’en assurer, je dois l’envoyer sur le front, je ne peux pas le lui prouver autrement. » Les armes avec lesquelles le Ciel combat sont si sophistiquées, les soldats, si puissants et combattifs qu’aucune force des ténèbres ne peut leur résister. La plus grande puissance terrestre bat en retraite face aux forces célestes. Ceux qui ne peuvent pas résister à la force divine creusent des tranchées pour s’y cacher. Lorsque le Christ se manifestera à l’humanité qui guerroie aujourd’hui, tous les démons sortiront des humains et rentreront dans les porcs. Celui qui se libérera de l’esprit malfaisant en lui se tournera vers Dieu avec les mots : « Seigneur, je veux être ton disciple. » Le Seigneur lui dira : « Va d’abord raconter à tes proches ce que j’ai fait pour toi. » Maintenant Dieu se tourne vers les peuples européens et leur dit : « Vous êtes malades, enivrés, vous devez reprendre vos esprits. » Dieu lève sa main au-dessus d’eux pour les faire revenir, les réveiller, ce qui signifie que la paix vient. La main de Dieu se déplace lentement et lorsqu’elle aura décrit un demi-cercle, la paix s’instaurera dans toute l’Europe. Il dira ensuite à chaque peuple séparément : « Rends l’amertume et le poison que tu as ingurgité jusqu’à maintenant ! » et il les rendra. « Sors ton portefeuille ! » et il le sortira. « Raconte ce que tu as fait jusqu’à maintenant » et il racontera. Avec un seul geste de la main, Dieu s’accordera avec tous les peuples et leur dira : « La Terre est à Moi, vous êtes tous Mes enfants et à partir de maintenant personne n’a le droit de frapper son frère ! » C’est le Nouvel Enseignement, selon le Seigneur. Le Seigneur est là, je Le vois. Ouvrez vos fenêtres et vous Le verrez. Lorsqu’il entrera chez vous, vous ressentirez une joie intérieure et une légèreté, une paix et de la gaîté. Dans une mine aux États-Unis, un âne a passé dix ans dans le noir ; il transportait du charbon d’une galerie à une autre sans voir le moindre rayon de soleil. À la dixième année on l’a laissé sortir une journée de la mine, respirer l’air frais, voir la lumière du jour divin. Se voyant à l’air libre et en pleine lumière, l’âne n’a pas su quoi faire pour exprimer sa joie : il se jetait à terre, se mettait sur le dos, sur le ventre, il brayait, sans savoir comment manifester sa joie. C’est la situation de chaque être humain qui a ouvert les fenêtres pour la lumière et la chaleur divines. Grande est la joie de celui dans lequel Dieu demeure. Celui qui sait se réjouir et s’égayer du fond de son âme saura que Dieu l’a visité et l’a sorti à la lumière divine comme l’âne, de la mine profonde au grand air, pour se réjouir de la liberté. « Là où sont assemblés deux ou trois. » Les deux sont la pensée et le cœur. La pensée est la poulie qui remonte ; le cœur, la poulie qui descend. Avec leur aide, l’homme élève sa volonté qui a chuté pour la remettre à sa place. Les trois sont la pensée, le cœur et la volonté qui doivent être toujours en accord. Lorsque les deux et les trois sont en harmonie, Dieu est au milieu d’eux et leurs affaires s’arrangent. Si vous entendez les paroles : « Je suis au milieu de vous », vous saurez que Dieu vous parle. Élie a entendu la douce voix divine en lui qui l’a questionné : « Qu’as-tu fait Élie ? » Il a couvert ses yeux avec son vêtement et a dit : « Seigneur, j’ai commis un crime à cause de ma passion jalouse pour Toi. » Dieu lui a dit : « Ce n’est pas le chemin à emprunter pour me servir. Ce n’est pas le chemin à emprunter pour faire venir le Royaume de Dieu sur Terre. » Après ces paroles, un attelage de feu est venu pour emporter Élie au-delà des nuages. Son esprit est entré en Élisée qui était pacifique et qui a continué son travail. « Là où sont assemblés deux ou trois en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » Ce verset, traduit en votre langage, signifie : si votre pensée et votre cœur sont assemblés en Mon nom, Je serai Moi-aussi au milieu de vous ; si votre pensée, votre cœur et votre volonté sont réunis en Mon nom, Je serai Moi-aussi parmi vous. Quel que soit le travail que vous commencerez alors, en tant que religieux, professeurs, gouvernants, magistrats, il sera béni car toutes les richesses sont en Dieu. Un prédicateur évangéliste me racontait ce qui lui était arrivé dans sa vie. Un jour, dans la rue, il a regardé par hasard à travers les fenêtres d’une maison. Il y a vu une belle fille avec un visage si frais qu’il est resté sidéré ; il n’avait jamais vu une fille aussi belle de sa vie. Il l’a observée attentivement et il a vu devant son visage une sorte de rideau rouge qui projetait des rayons, et leurs reflets sur le visage de la jeune femme lui donnaient cette beauté et cette fraicheur particulière. Ne pouvez-vous pas, comme elle, mettre un tel rideau devant votre visage pour le rendre beau et frais ? Vous le pouvez : c’est le rideau de la vie divine. Vous avez tous ce rideau à vos fenêtres, mais encore faut-il l’utiliser. Chacun porte le divin en soi, mais certains le reconnaissent et d’autres non. Celui qui ose reconnaître que Dieu demeure en lui, et que tout ce qui lui est donné appartient à Dieu, est appelé hérétique, infidèle, etc. C’est bien étrange. Il en ressort que celui qui voit le Soleil et reconnaît Dieu comme son Père est hérétique ; l’aveugle qui ne voit pas le Soleil ni le monde que Dieu a créé est orthodoxe ! Je reconnais que tout appartient à Dieu, par conséquent je suis aussi un homme de Dieu. De ce point de vue, tous les commerçants pourraient m’employer comme caissier pour garder et distribuer l’argent aux autres : le caissier doit être juste et honnête. « Là où sont assemblés deux ou trois en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » Parmi ces deux ou trois, Dieu choisira un caissier pour garder la caisse divine et en distribuer le contenu aux nécessiteux avec sagesse. Beaucoup vont auprès du Seigneur pour demander un caissier honnête qui puisse garder leurs caisses ; on leur répond qu’il n’y a pas deux ou trois assemblés au Nom de Dieu pour en choisir un parmi eux. On peut rétorquer que tous sont orthodoxes, que tous se réunissent au Nom de Dieu et prient ; ce n’est pas encore une véritable assemblée. C’est ainsi que le tonnelier assemble les lattes de bois par un cerclage : un marteau à la main, il les assemble l’une après l’autre. Cet assemblage n’obéit pas à votre volonté, mais à celle du tonnelier. Si votre pensée, votre cœur et votre volonté s’assemblent de leur plein gré au Nom de Dieu, Dieu sera là au milieu de vous : c’est le chemin par lequel votre vie progressera. Ce qui se passe avec vous, se passe dans le monde entier : le monde est une grande âme collective. Le sort de la grande âme est identique à celui de la petite âme et vice versa. La petite âme peut freiner la grande dans son avancement ; la grande aussi peut arrêter la petite, c’est une loi de la nature. Chacun peut arrêter le mouvement du train. Comment ? En enlevant un rail de la voie ferrée. Chacun peut faire redémarrer le train arrêté en remettant le rail à sa place. L’être humain peut faire l’un et l’autre car il est acteur dans le monde. La liberté d’agir à sa guise lui est octroyée, mais il est tenu responsable de ses actes. Par rapport à l’univers, l’humain est petit, mais très souvent la petite cause produit des conséquences énormes. En 1875 la ville de Chicago a entièrement brûlé par l’inattention d’une seule personne qui avait une vache. Un soir, il est entré pour la traire avec une bougie à la main. La vache a donné un coup de pied à la bougie et le foin a pris feu ; l’homme n’a rien remarqué et a continué son travail. Il a été réveillé en pleine nuit par un terrible vacarme : toute la ville était en proie aux flammes. Une cause insignifiante a produit d’énormes conséquences. Par la suite, la ville de Chicago a été reconstruite pour devenir plus belle qu’avant. Qui est fautif pour l’incendie ? Celui qui avait trait sa vache le soir en laissant la bougie à l’arrière pour mieux éclairer. Il faut tenir la bougie devant son visage et pas derrière. Aujourd’hui le Christ parle à tous comme il leur avait parlé autrefois. Vous direz que vous n’avez pas souvenir du moment où le Christ vous a parlé. C’est vrai, vous avez oublié quand il vous a parlé et ce qu’il vous a dit, vous avez oublié aussi sa voix. Le Christ dit : « Ce que vous avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait. Si vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, c'est à moi que vous ne l'avez pas fait. » Vous rappelez-vous ? Vous ne vous le rappelez pas non plus. Vous êtes tous venus du Ciel, vous vous connaissiez là-haut, mais comme ici vous arborez des masques, vous ne vous reconnaissez pas. Les gens d’aujourd’hui sont apprêtés pour un bal masqué[1]. Derrière leurs masques, ils se permettent de faire des choses qu’ils ne se permettraient jamais sinon. Le christianisme leur préconise de jeter leurs masques, le temps du bal masqué est révolu. Jetez vos masques pour commencer une nouvelle vie où vous vous reconnaîtrez. Les souffrances sont dues aux coups de pieds, aux moqueries, aux tromperies, aux ricanements pendant le bal masqué. Lorsqu’il est malade l’homme se trouble et se dit : « Je ne sais plus discerner le bien du mal ni voir ce qu’il convient de faire ou non. » Ceci montre que les pensées et les sentiments de l’homme se dissimulent, qu’il se trouve dans un bal masqué. Je dis : arrête le bal ! Baisse les masques des pensées et des sentiments et tu te reconnaîtras toi-même, tu reconnaitras les autres ! Bas les masques ! Démarrons une vie naturelle et authentique de créativité et de productivité. Il est venu le temps de peindre, de faire de la musique, de labourer, d’entretenir les jardins, les champs et les vignes, de créer et de nourrir de nouvelles pensées et de nouveaux désirs. Combien de pensées et de désirs seront mis au rebut ! « Comment nous débrouiller avec nos maris et nos enfants ? – En mettant bas les masques ! » Mettez-vous cette idée en tête : « Au Nom de Dieu. » Dieu viendra chez vous et vous apprendra comment réhabiliter votre foyer. Ce n’est pas difficile d’améliorer sa vie personnelle comme sa vie de famille, à condition de se débarrasser du doute. Il y a un seul chemin pour semer les bonnes pensées et désirs : travailler au Nom de Dieu. Si vous y arrivez, Dieu sera au milieu de vos pensées et de vos désirs. Les mauvaises pensées ne peuvent pas se justifier au Nom de Dieu ; celui qui s’y essaie le paiera cher. Personne n’a le droit de maltraiter sa mère qui a sacrifié sa santé, ses forces, sa vie pour lui ; si on se permet de la traiter avec brutalité et cruauté, on le paiera cher. Si le père et la mère n’accomplissent pas avec amour leurs devoirs envers leurs enfants, ils paieront le quadruple. Les maladies de nos contemporains ne sont rien d’autre que des dettes qu’ils remboursent pour les devoirs non tenus auprès des enfants en tant que parents ou auprès de leurs parents en tant qu’enfants. « Que faire pour guérir ? – Il faut aimer ses parents, aimer ses frères et sœurs. » Nous avons une mère céleste et un père céleste, une sœur céleste et un frère céleste. Qui pèche contre eux portera les conséquences de ses péchés. Le jour où vous changerez vos rapports à votre mère, votre père, votre frère et votre sœur, la bénédiction divine viendra sur vous et le Christ vous apparaîtra. Le Christ signifie le Fils de l’Homme. Le Fils inclut en lui les frères et les sœurs qui viendront préparer le chemin sur lequel la mère et le père viennent à vous. Que ceux qui doutent de mes paroles fassent l’expérience d’aimer la mère, le père, le frère et la sœur célestes ; qu’ils fassent ensuite le souhait que quelque chose sur quoi ils travaillent depuis des années puisse se réaliser. S’ils ne le réalisent pas dans la semaine, qu’ils reviennent me dire que mes paroles ne sont pas justes. Si vous appliquez l’amour, même sur votre lit de mort, en une semaine votre situation s’améliorera et vous guérirez. C’est une loi divine que vous pouvez vérifier. Que doit faire le peuple bulgare en ces temps difficiles ? Une seule chose : aimer ses père, mère, frère et sœur divins. Ce qui signifie, se tourner vers Dieu. C’est ainsi que le peuple bulgare se sauvera, c’est ainsi que se sauveront tous les Bulgares : prêtres, professeurs, ministres, magistrats, parents. Je suis prêt à devenir serviteur de tous, pourvu que vous vous délivriez et vous éleviez. Le Christ est venu il y a deux mille ans sur Terre et vous l’avez crucifié ; aujourd’hui encore vous continuez de le crucifier, de vous insurger contre Dieu. Combien sont prêts à faire l’essai, à appliquer l’amour ? Si vous pouvez faire l’essai, l’année suivante sera très abondante, Dieu rendra toutes les pertes humaines de la guerre. Vous serez tous témoins de ce que je dis à condition d’aimer la mère, le père, le frère et la sœur divins. C’est une époque d’essai aujourd’hui : essayez le Seigneur. Ce ne sont pas que des paroles, mais des choses qui peuvent se réaliser. Je ne parle pas pour avoir plus de disciples, je veux que tous nous aimions le Seigneur qui se manifeste par notre mère, notre père, nos frères et nos sœurs. Quant aux disciples, voilà, le Christ a cinq cents millions de disciples désunis à cause de leur crédo. Ils se disputent encore aujourd’hui pour savoir si le Christ est Fils de Dieu ou non, et ne savent pas quelle place lui attribuer. Le Christ est lassé de tels disciples. Je dis : le Christ est Fils de Dieu, son Père est Dieu, sa Mère est le Seigneur, sa sœur et son frère sont le Saint Esprit. Il descend sur Terre pour consoler tous ceux qui sont affligés en leur disant : « Ne craignez rien, je vous aiderai. » Lorsque vous êtes tristes, apparaîtra votre grand frère pour vous réconforter. Si vous êtes tombés, il vous relèvera. Aimez vos frères et sœurs pour entendre à travers eux la douce voix de Dieu qui dit : « Je suis avec vous. » C’est le sens du verset qui dit : « Là où sont assemblés deux ou trois en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » Chacun peut entendre la douce voix de Dieu de l’intérieur ou de l’extérieur, près de l’oreille ou des tempes, au-dessus de la tête ou devant. Si quelqu’un affirme que Dieu lui a parlé, c’est important de préciser de quel côté : d’est, d’ouest, du nord ou du sud ? David dit : « J’ai vu le Seigneur devant, sur mon visage. » À un autre endroit dans les Écritures il est dit : « Le Seigneur sera ta garde arrière » ce qui montre que tu te trouves en danger. Lorsque nous regardons le Seigneur devant notre visage, c’est un jour de salut ; lorsque nous le regardons au-dessus, c’est une heure de prière ; lorsqu’Il est en nous, c’est un jour d’amour, nous devons alors écouter ce qu’Il nous dit. Chaque chose que nous écoutons a son sens intérieur. D’ailleurs on nous dit toujours quelque chose de précis et depuis un endroit bien précis. Nous disons qu’un ambassadeur s’est présenté ; il faut aussitôt préciser d’où il vient : d’Angleterre, d’Amérique, de Russie, d’Allemagne ou de France ? Si nous savons d’où il vient, nous saurons aussi sa mission. Le serviteur de Dieu apporte avec lui la justice divine et se tourne vers tous les peuples avec les mots : « Peuples, instaurez la justice divine sur Terre ! » S’il vient du nord, il prêche la vérité. S’il vient du sud, il prêche les vertus et dit : « L’affamé tu nourriras, l’assoiffé tu abreuveras, l’affligé, tu consoleras. » S’il vient de l’est, il prêchera l’amour. S’il vient de l’ouest, il prêchera le pardon. Il est dit dans les Écritures : « Avant que le soleil ne se couche, il faut pardonner à ton frère. » Beaucoup de choses sont écrites dans les Saintes Écritures. Cela a pris beaucoup de temps, mais aussi beaucoup y ont participé : considérez le nombre de prophètes, d’évangélistes et d’apôtres qui ont écrit. Il n’est pas facile d’écrire un livre saint, ce n’est pas comme écrire un simple livre, de prendre quelques pensées et versets de ci de là, de les accorder à sa façon et de dire que tu as écris un nouveau livre, et puis signer en bas pour faire connaître ton nom d’auteur. On dit que quelqu’un a écrit un excellent roman ; ce n’est pas facile d’écrire un roman. Si le jeune homme et la jeune fille n’étaient pas là, qui le créerait ? Ce sont eux qui créent le roman, l’auteur ne fait que l’écrire. De ce point de vue l’auteur est un simple sténographe qui perçoit promptement ce que les jeunes gens vivent, et il le décrit. L’auteur apporte ainsi sa plus-value à l’humanité, mais il n’est pas lui-même acteur dans l’histoire. Dieu écrit un livre majestueux dont les feuilles sont les humains. Donc chaque âme dans laquelle sont déposés les secrets de la création du monde jusqu’à maintenant est une feuille du grand livre divin. Comme plusieurs feuilles de ce livre sont arrachées et égarées quelque part, ma mission est de les retrouver, de les nettoyer et de les porter auprès de Dieu pour qu’Il les remette à leur place. Je vous suggère à vous-aussi de ramasser les feuilles perdues du livre divin. Si vous trouvez une seule feuille et la portez là-haut, vous recevrez une récompense qu’aucun roi sur Terre ne peut vous octroyer. En ce sens, le verset : « Là où sont assemblés deux ou trois en mon nom » se traduit par : « Si vous assemblez deux ou trois feuilles de ce livre en Mon nom, Je serai là au milieu d’elles. » Les feuilles du livre divin sont vivantes, elles se nomment aussi feuilles de l’Arbre de la vie. Les humains sont les feuilles de l’arbre vivant ; les saints sont les fleurs ; les anges, les fruits verts ; les chérubins et les séraphins, les fruits mûrs et sucrés. Toutes les créatures vivantes, des plus petites aux plus grandes, composent l’Arbre de la vie où coule la sève divine. Tout l’Arbre vit en Dieu. La vie en tant que lumière se manifeste à travers cet arbre. Il est dit dans l’Évangile : « La lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont point saisie. » Le Christ manifesté dans le monde est la lumière. Lorsque le Christ se manifeste, tous doivent le reconnaître. Il s’est adressé à tous, personne n’a été privé de cette expérience. Certains n’aiment pas partager leur expérience et passent pour incroyants ; d’autres parlent plus qu’il ne faut et passent pour des menteurs, on ne les croit pas. Il vaut mieux parler peu mais en temps utile. Chacun doit être conscient d’être une âme sortie de Dieu. Si tu commets une faute, dis : « Je suis fils – ou fille – de Dieu ; j’ai péché mais Il ne me reniera pas. » Suivez l’enseignement du Christ pour faire face à vos difficultés. Appliquez l’amour pour corriger vos erreurs. Si quelqu’un vous dit qu’il vous aime, répondez-lui : « Alors nourris-moi. – Je t’aime, je veux te garder près de mon cœur. – Donne-moi de l’eau pour me désaltérer. – Je veux que tu vives en moi. –Avant que je puisse entrer en toi, viens me voir dans la prison et libère-moi de là. » Certains religieux glorifient en paroles le Nom de Dieu et du Christ, mais dès qu’ils sortent de l’Église, ils se mettent à protester et à s’insurger. Ils manifestent ainsi leur mécontentement de la vie. Ensuite, il se trouve toujours quelqu’un pour me demander si je crois dans les icônes, la croix, si j’allume des cierges. Je réponds : « J’aime les icônes, j’aime aussi les croix, mais les croix vivantes ; j’allume les cierges, mais ceux qui sont éteints ; lorsque je vois une icône salie, je la nettoie bien et je la remets en place. – Est-ce que tu t’inclines devant les icônes ? – Oui, je m’incline car ce sont des feuilles du livre divin ; si elles disparaissent, le livre ne peut pas s’écrire. – Comment peut-on s’agenouiller devant les icônes ? – Je vous demande comment vous vous agenouillez devant les sources ? Comme vous vous agenouillez devant la source, de la même façon vous vous agenouillez devant l’icône vivante, c’est-à-dire devant l’homme. » Lorsque vous allez boire de l’eau d’une source de montagne, vous vous agenouillez, vous prenez un peu d’eau et vous vous désaltérez. Ainsi, de même qu’une Église ne peut exister sans icônes, une vie ne peut exister sans icônes vivantes. Vous aiderez les icônes vivantes ; ce n’est pas la peine de vous agenouiller devant elles ou de les embrasser : embrasser les icônes relève de l’idolâtrie. Le mari part à la guerre et sa femme le pleure, elle embrasse son portrait. Lorsqu’il revient sain et sauf, elle se dispute de nouveau avec lui, se fâche, se montre mécontente ; n’est-ce pas de l’idolâtrie ? Pourquoi la femme n’embrasse pas son mari en disant : « J’aime le Seigneur en toi. » C’est ainsi qu’agissent les religieux contemporains envers le Christ : tant que leurs affaires vont bien, ils disent : « Seigneur, Jésus-Christ, nous t’aimons. » Puis ils pleurent sur lui, pour l’avoir crucifié et pour l’avoir fait souffrir. Mais si une épreuve ou une souffrance les frappe, ils se mettent à s’insurger contre Dieu et exigent de savoir pourquoi Il leur a envoyé ces souffrances, et lorsqu’ils ne peuvent pas y répondre, ils Le renient. Ce n’est pas le véritable christianisme. La bonne nouvelle est annoncée, en chansons et en musique on nous dit que la paix vient. La grande armée divine descend et se propage parmi tous les peuples : Allemands, Français, Russes, Anglais, Italiens, Bulgares, Serbes, tous chantent ensemble : « La paix vient enfin ! Nous sommes tous frères. » Le Christ dit : « Je suis là, au milieu d’eux. » Il chevauche un destrier blanc, un drapeau blanc à la main et dit : « Si vous assemblez deux ou trois en mon nom, Je suis là au milieu d’eux. » Dieu vient sur Terre. Celui qui n’y croit pas, le vérifiera. Dans dix années divines, c’est-à-dire mille années humaines, cela se réalisera. Notez-le bien, et si dans mille ans mes paroles ne se réalisent pas, je suis prêt à payer une amende de dix millions de levas. Alors, vous serez resplendissants, nous nous embrasserons comme des saints. Aujourd’hui les baisers ne sont pas autorisés ; le baiser a un sens uniquement s’il peut faire lever le malade alité ou ressusciter le mort. Quel est le sens d’un baiser qui rend malade le bien portant ? Quel est le sens du baiser qui mortifie ? Je ne crois qu’aux baisers qui rendent l’homme intelligent, bon, bien portant et pas à ceux qui le rendent aveugle, sourd et handicapé. S’il est question d’embrassades entre les gens, qu’ils le fassent à travers les airs comme les enfants ; tant qu’ils s’embrassent par les airs, ils conservent leurs bonnes relations. Lorsque les embrassades sont physiques, leurs relations se détériorent, elles ne sont pas pures et les gens en ont honte. Embrasser le mourant est juste car il est purifié ; embrassez-le, envoyez-lui vos bonnes pensées et sentiments et souhaitez-lui bonne route. « Si vous assemblez deux ou trois en mon nom. » Le nombre 2 est la loi de l’affection, et le nombre 3, la loi du sacrifice, c’est-à-dire la loi de l’équilibre dans la nature. Le nombre 2 est encore la loi de la productivité, de l’abondance et de la fertilité. Les nombres 2 et 3, 5 et 6, 8 et 9 sont des nombres heureux, ils aident les humains. Si vous n’apprenez pas le sens des nombres 2 et 3, vous ne pouvez pas entrer dans les nombres 5 et 6 ; si vous n’apprenez pas le sens des nombres 5 et 6, vous ne pouvez pas pénétrer dans les nombres 8 et 9. La science des nombres met en évidence les rapports qui existent entre tous les corps animés et inanimés. Lorsque nous écrivons ou prononçons le nombre 2, viennent à notre esprit aussitôt deux yeux, deux oreilles, deux narines, deux orifices buccaux, l’un qui mène aux poumons et l’autre à l’œsophage. Nous voyons ainsi le rôle important que joue le nombre 2 pour la tête. Maintenant, en rentrant chez vous, que chacun se dise en lui-même : « Je commence désormais à manifester mon amour envers la mère, le père, le frère et la sœur divins. » Si vous l’affirmez, toutes les épreuves et difficultés feront la place à la joie et la gaîté. Une nouvelle impulsion de vie se déversera en vous, une nouvelle force jaillira que vous n’avez jamais encore ressentie. C’est le chemin qui vous aidera à ouvrir vos yeux et vos oreilles. C’est la manière de connaître le Christ, de connaître votre mère, votre père, votre frère et votre sœur que vous avez oubliés. Aujourd’hui, sur le front contre le mal, la Bulgarie a besoin de héros qui fassent preuve de patience. Portez cette idée partout. Rappelez-vous : il n’y a pas de mal pour la Bulgarie. Le peuple bulgare se relèvera. Dieu donnera à la Bulgarie autant de terre qu’il en faut, même plus qu’il n’en faut. Dans mille ans, la Bulgarie sera grande, disposera de plus de terre qu’elle n’en a jamais rêvé et sera gouvernée par l’un des meilleurs rois. Elle aura de bons citoyens, de bons prêtres et professeurs, de bons juges et gouvernants, de bons parents, des commerçants désintéressés, des agriculteurs travailleurs. La Bulgarie se transformera en un jardin d’Éden et les Bulgares porteront des tenues de fête. Cela se réalisera dans mille ans. Sofia, 29 septembre 1918 Traduction par Bojidar Borissov [1] En français dans le texte original
  25. Les deux frères « Ils furent indignés contre les deux frères » Matthieu 20 :24 « Les dix, ayant entendu cela, furent indignés contre les deux frères. » Les mots importants dans ce verset sont les dix, les deux et le verbe indigner. Les gens conjuguent le verbe s’indigner au singulier et au pluriel. Qui sont les deux et qui sont les dix dont il est question dans le verset ? Les deux sont les fils de Zébédée, disciples du Christ, les dix sont les autres disciples du Christ. Donc ils étaient douze en tout. Si on soustrait deux de douze, il reste dix. Lorsque nous faisons une soustraction, d’une part l’opération en soi est importante, mais d’autre part les données de l’opération sont aussi importantes. En l’occurrence ce sont les nombres deux et dix qui sont importants. En principe chaque nombre dans la nature représente une somme de forces qui exercent une certaine influence sur les humains et sur toute la nature. « Ils furent indignés contre les deux frères. » Les gens s’indignent, mais les plantes et les animaux s’indignent aussi. Les pépins de pommier au sein de la pomme ont une vie gaie et enjouée, ils chantent comme frères et sœurs, se réjouissent et bavardent entre eux avec délectation. Quelqu’un vient de dehors, prend une pomme, la mange et sème les pépins : ils commencent à s’indigner. Leur vie calme et paisible est chamboulée : les frères se dirigent vers le bas pour former les racines ; les sœurs se dirigent en haut pour former les branches, alors que le père reste au milieu pour former le tronc qui unit les frères et les sœurs. Le père veut montrer à ses fils et à ses filles qu’ils ne doivent pas penser uniquement à se partager les biens qu’il leur donne. Il veut qu’ils soient conscients de leurs devoirs, qu’ils viennent sur Terre pour servir et non pas pour régner. C’est cette loi que le Christ a donné à ses disciples. Entre les deux frères qui descendent et les dix qui s’élèvent existe donc une corrélation : ils se lient par le Christ, le Père, et commencent à travailler. Lorsque le Père vient parmi eux, ils disent : « Nous sommes des frères et des sœurs, nous devons patienter. » Malgré cette annonce, l’indignation subsiste entre eux. Les deux frères représentent l’intelligence et le cœur humains qui sont privilégiés, et c’est la raison pour laquelle l’un veut s’asseoir à droite du Christ et l’autre à sa gauche. En un mot, les deux veulent les premières places. Les dix représentent la volonté, c’est-à-dire les désirs en l’homme ; c’est pour cela qu’ils se sont indignés. Lorsque vous observez les manifestations humaines, vous voyez que l’indignation est partout : au concert, au théâtre, à la réception d’un grand personnage, à l’école, dans les foyers, dans les sociétés. Le musicien s’indigne de ne pas être apprécié à sa juste mesure ; l’acteur s’indigne qu’un autre acteur a eu plus de succès que lui ; quelqu’un s’indigne d’avoir été relégué à la dernière place lors de la réception d’un grand homme ; l’élève s’indigne contre son professeur car un élève moins capable a obtenu une meilleure note ; le professeur s’indigne contre la négligence de ses élèves. Les élèves s’indignent et vont dans une direction, les professeurs s’indignent et vont dans une autre direction, alors que l’arbre continue de pousser. Les hôtes et les convives s’indignent et vont dans des directions différentes et l’arbre pousse toujours. L’arbre est une société ; la gerbe de blé, la plante sont aussi des sociétés. Donc, malgré l’indignation, les choses poussent, se développent et suivent leur chemin. La loi du Christ exige des humains qu’ils transforment leur indignation en travail. Comment ? Ceci vous a été expliqué. Vous direz que vous avez entendu un grand nombre de prêches. Vous les avez entendus sans les écouter. Celui qui n’applique pas ce qu’il a entendu, n’en profite pas. Quelqu’un dit : « Aujourd’hui je n’ai pas de travail, j’irai à la pêche aux infos. » C’est bien dit, il va à la pêche aux infos, pas pour les écouter. Dieu s’est tourné vers le peuple d’Israël avec les mots : « Écoute, Israël. » La mère dit quelque chose à sa fille : « Écoute, ma fille. » La fille répond : « J’entends maman. » Elle entend mais n’écoute pas. Entendre va vers le bas, écouter, vers le haut, et l’application est la tige qui unit les deux. La compréhension de la vie des gens d’aujourd’hui est multiple : autant de personnes, autant de compréhensions différentes. Chacun a un programme qui lui est propre pour organiser sa vie ; lorsqu’il est question de la vie, il expose son programme. Si on fait travailler quelqu’un, il dit : « Il y a tant de gens disponibles, c’est à moi que vous demandez cela ? » Lorsqu’il est question de prendre, chacun met en avant son programme ; lorsqu’il est question de donner, il recule. Cela montre que la nature humaine est encline à l’indignation. Quand s’indigne-t-on ? Lorsqu’on veut se manifester. Les dix s’indignent que l’un veut être à la droite du Christ et l’autre à sa gauche. Que reste-t-il pour eux ? Se tenir devant ou derrière lui, mais ils ne veulent pas être gendarmes. Dans la chrétienté, le mot gendarme désigne un ouvrier, un homme prêt à travailler. Être à la gauche ou à la droite, c’est vouloir obtenir une grande fortune avec peu d’effort et de travail. C’est impossible sur le plan physique. Ne vous bercez pas d’illusions, car sur Terre, où toutes les choses sont soumises à des changements incessants, on ne peut parler de bonheur. Si vous pouviez voir la carte de la Terre des millions d’années en arrière, vous seriez étonnés de la grande différence qui existe entre la Terre d’avant et celle d’aujourd’hui. Les montagnes, les fleuves, les mers et les océans étaient radicalement différents de ceux de maintenant. Ceci démontre que les montagnes et les eaux peuvent aussi s’indigner, elles se trouvent sous la loi de la croissance. S’indigner, c’est pousser. Si le mari s’indigne, qu’il ne dise pas que sa femme en est la raison ; si la femme s’indigne, qu’elle ne dise pas que le mari en est la raison et qu’il la met hors d’elle. Lorsque vous vous indignez, sachez que c’est à cause de votre volonté qui cherche un moyen de se manifester. Les physiologues modernes font des expériences sur les grenouilles pour prouver qu’elles ont une conscience. On prélève le cerveau d’une grenouille, on dépose de l’acide sur son dos et elle soulève ses pattes, elle cherche à enlever l’acide, ce qui démontre que sa conscience continue de se manifester, ne serait-ce qu’instinctivement elle montre des signes de vie. Donc, chaque indignation de l’être humain est la preuve que le diable lui a mis un peu d’acide sur le dos. Si quelqu’un se dit incapable de réfléchir, ceci montre que son ennemi, le diable, l’a privé de cerveau. Celui qui n’est pas content de son cerveau et souhaite un grand cerveau comme celui de Newton, Kant, Tolstoï, s’est laissé aux mains du diable. Que peut faire le diable ? Insinuer des pensées négatives, insinuer qu’on n’a pas de cerveau, qu’on ne peut pas réfléchir, qu’on ne fera rien de sa vie, etc. Dieu ajoute un peu d’acide sur ces insinuations et la pensée de l’homme redémarre. L’indignation est à sa juste place lorsqu’elle est naturelle. Quelqu’un se tient dans un endroit, à bout de nerfs ; un autre vient le provoquer : « Ne viens pas me chercher, je ne réponds pas des conséquences ! » Et en effet, les attaques fusent l’une après l’autre, de plus en plus puissantes. C’est une indignation non naturelle ; on comprendra ce que tu veux, même sans avoir recours à ces attaques. Manifeste de la tranquillité et tu seras compris. « Les dix, ayant entendu cela, furent indignés contre les deux frères. » La volonté ne doit pas s’indigner contre les désirs du cœur et les pensées de l’intelligence. Le cœur doit avoir beaucoup de désirs qui le nourrissent ; et l’intelligence doit avoir beaucoup de pensées. Pourquoi l’être humain a-t-il besoin de tant de pensées et de désirs ? Ce n’est pas un mal, le mal est de ne pas les appliquer. Ne pensez pas que toutes les pensées et tous les désirs qui passent par votre intelligence et votre cœur sont les vôtres. Les vôtres sont ceux que vous utilisez pour le bien de votre intelligence et de votre cœur, les autres ne vous appartiennent pas. On trouve beaucoup de chapeaux, de chaussures et de vêtements dans les magasins, mais ils ne sont pas à vous. Lorsque vous entrez dans le magasin, vous choisissez un article à votre goût et vous le payez, il est à vous. La même chose s’applique à vos pensées et vos désirs : vous mettez une pensée dans votre tête, un désir dans votre cœur et vous vous regardez pour voir s’ils vous vont bien, s’ils vous embellissent ; vous les retenez en vous, vous les réglez et vous dites qu’ils sont à vous. Si vous ne les aimez pas, vous les mettez de côté et dites : « Je ne porte pas les affaires des autres. » Par conséquent toutes les pensées, tous les désirs qui vous traversent, deviennent les vôtres uniquement lorsque vous les accueillez intérieurement, lorsqu’ils deviennent votre chair et votre sang. Souvent vous entendez dire qu’il ne faut pas faire ceci ou cela. Ce serait bien que quelqu’un s’attèle à écrire ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Quelqu’un dira qu’il ne faut pas manger. Je dis pour ma part qu’il faut manger, mais sans excès, sans surcharger son estomac. « Il ne faut pas boire. » Bois, mais de l’eau pure. L’homme peut faire tout ce qui lui apporte la vie, comme le bon vin sucré que le Christ a fait. Si l’on boit du vin fermenté, on s’expose à la mort. Chaque sentiment qui afflige l’être humain est porteur de mort ; chaque sentiment qui produit la joie et la gaîté, apporte la vie. « Comment reconnaître quel sentiment est pour notre bien et lequel ne l’est pas ? » Chaque sentiment qui t’afflige n’est pas pour toi ; chaque sentiment qui porte la joie et la gaîté est pour toi, accueille-le en toi. La même loi régit les pensées : chaque pensée qui te trouble et t’égare n’est pas pour toi ; chaque pensée qui apporte la lumière dans ton esprit est pour toi. Une mouche a longtemps prié Dieu de lui donner une petite couronne sur la tête pour être plus belle. Dieu a entendu sa prière et l’a exaucée. Elle s’est réjouie de la couronne et a commencé à voler partout pour la montrer à tout le monde, afin que petits et grands se rendent compte qu’elle a une couronne sur la tête. Un jour, elle a rencontré l’araignée et avant même qu’elle se vante, l’araignée l’a complimentée : « Comme tu es belle avec cette couronne sur la tête ! Viens te contempler dans mon miroir pour voir la beauté que tu es ! » Flattée par ces paroles, la mouche est entrée dans la toile et n’en est plus ressortie. Pourquoi lui fallait-il une couronne pour s’en vanter auprès des autres ? Beaucoup de nos contemporains, mécontents de leur situation, souhaitent que Dieu leur mette une couronne sur la tête et que le monde voit comme ils sont beaux. Oui, mais le monde est futé et intelligent, il ravit les couronnes de la tête des gens et les détrône. Aujourd’hui la plupart des gens ont perdu leur couronne. Qu’ils en soient reconnaissants : la tête humaine n’a pas besoin de couronne. Vous n’avez pas besoin du miroir de l’araignée, ni d’une couronne sur la tête. Combien de pattes a l’araignée ? Observez attentivement celles qui lui servent à tisser, les pattes arrière. Celui qui tisse avec les pattes arrière est dangereux. Une araignée qui tisse avec les pattes arrière et un cheval qui rue avec les pattes arrière sont dangereux. Tisser avec les pattes arrière comme l’araignée indique la duplicité dans le cœur humain. Lorsque ton cœur se met à tisser avec les pattes arrière, sois vigilant, sinon un malheur t’arrivera et tu perdras ta couronne. Un cœur qui tisse sa toile avec les pattes arrière n’est pas humain mais arachnéen. Si l’araignée fait sa toile, c’est normal, c’est dans l’ordre des choses ; mais si elle la fait pour tenter les autres, ce n’est pas dans l’ordre des choses. Par conséquent, si votre indignation est mue par votre conscience supérieure, un mécontentement de vos péchés, de vos mauvais sentiments et pensées, elle est naturelle et légitime. Si votre indignation est mue par une étroitesse de cœur et d’esprit afin d’attirer les gens et exploiter leurs forces, ce n’est pas dans l’ordre des choses, cette indignation conduit au mal. De ce point de vue le proverbe latin suivant s’avère juste : Homo hominis lupus est[1]. Mais un autre proverbe plus ancien encore est aussi vrai : L’homme pour l’homme est un frère. Comment cela se fait-il que l’homme qui était frère de l’homme, se soit transformé en loup ? Ce qui est caractéristique pour le loup, c’est qu’il se sert de ses dents et de ses pattes. Les bergers se racontent une légende : si le loup approchant d’un troupeau n’ouvre pas sa gueule bien à l’avance, il ne peut pas attaquer la moindre brebis, il peut seulement la griffer mais pas l’attraper. Lorsque vous entrez parmi les personnes religieuses et les gens du monde vous ne verrez que des visages, des mains et des dos griffés. Quelle que soit la société religieuse que vous approchiez, vous entendrez partout dire : « Nous sommes liés à Dieu, notre crédo est le plus juste. » Demandez à ces gens s’ils ont vu Dieu et s’ils ont discuté avec Lui ? Ils vous diront qu’ils n’ont pas vu Dieu, qu’ils n’ont pas discuté avec Lui, mais que les prophètes et les apôtres ont parlé avec Lui. Qui a vu qui et de quoi il a été question ne te concerne guère, ce qui importe est ce que tu as vu toi-même et ce dont tu as parlé. Si un maître couturier vient me raconter qu’il a terminé des études avec une médaille d’or et qu’il connaît toutes les théories de la couture, cela n’est pas superflu, mais le plus important pour moi est qu’il confectionne un costume sans défauts. S’il le fait trop étroit et qu’il ne tombe pas bien sur moi, toutes ses théories s’écroulent. Quel est l’intérêt pour moi d’avoir des chaussures faites par un maître bottier si elles sont grossièrement faites et me serrent les pieds ? Portez des chaussures larges et confortables pour le pied, les chaussures étroites sont comme les règles de la vie moderne qui limitent l’homme. Pourquoi avoir des chaussures étroites qui font des ampoules ? Jetez-les au profit de chaussures amples, souples et confortables pour vous déplacer librement et sans entrave. Le Christ s’adresse à ses disciples pour leur parler des dix et des deux en leur donnant une méthode pour passer des choses visibles aux choses invisibles. Souvent les gens s’indignent, veulent se manifester, veulent voir Dieu en eux et en dehors d’eux. Ce n’est pas nécessaire. Accueille Dieu en toi, ouvre Lui ton cœur et sois reconnaissant de tout. Lorsque tu te chauffes au Soleil, as-tu besoin de le voir, de savoir comme il est grand ? Tourne-lui le dos et laisse ses rayons pénétrer toutes tes cellules et y apporter du bien-être ; c’est cela connaître le Soleil. L’être humain connaît le Soleil par l’action de ses rayons sur son organisme. Comment connaître l’homme ? Par les énergies qui sortent de lui, ce qui se reconnaît à la poignée de main. Comment se reconnaissent les animaux ? En se reniflant le nez et la queue. S’ils s’entendent, ils vont ensemble et commencent à jouer ; s’ils ne s’entendent pas, ils se jettent l’un sur l’autre pour se bagarrer et s’écorner. Vous dites que ce sont les taureaux qui peuvent écorner ; c’est vrai que les taureaux peuvent écorner, mais les gens aussi s’écornent ! Combien de blessures j’ai dû panser à cause de cela ! Beaucoup se plaignent de leur vie et disent qu’ils ne s’en sortent pas. À mon avis, ils n’ont pas montré assez de patience. Ils endurent leurs difficultés et leurs souffrances par dépit et non pas avec patience. Encore aujourd’hui, j’éprouve ma patience, j’aimerais savoir jusqu’où elle va. Il y a des années quelqu’un m’a rendu visite pour me voir et m’entretenir de questions importantes. Je lui ai dit que j’étais occupé et qu’il fallait remettre cette conversation à une autre fois. « Je ne peux pas revenir, il me faut juste cinq minutes. » Puisque c’est ainsi, j’ai accepté de le recevoir. Il est entré dans la pièce et a parlé trois heures sans interruption ; il parlait et je l’écoutais. Lorsqu’il a terminé sa conversation, il a voulu prendre congé. Je lui ai proposé de faire une petite promenade dans le jardin. Ce jour était pour moi un jour d’examen, j’ai passé mon examen sur la patience. Le diable aussi éprouve la patience des humains : il rentre chez quelqu’un cinq minutes, mais y reste des heures et des jours. Longtemps après, on peine à se rétablir et on reste en proie aux tourments. Toutes les disputes, les malentendus, les griefs entre les humains sont dus au diable. Parfois les paysans se disputent pour des broutilles : la poule de quelqu’un a pondu dans la cour du voisin et toute la famille se mobilise pour aller récupérer l’œuf. Est-ce si grave que le voisin ait récupéré un de vos œufs ? L’idée que ce qui est à lui n’est qu’à lui domine en l’homme ; voilà ce qui s’appelle ne servir qu’à soi-même. Si elle comprenait les disputes humaines, la poule demanderait à son maître : « Ne suis-je pas libre de pondre un œuf pour quelqu’un d’autre ? » Est-ce que votre domestique peut acheter quelque chose à un autre avec l’argent qu’il a gagné chez vous ? Oui, il le peut. De la même façon la poule peut disposer de ses œufs. Le maître n’a pas le droit de se fâcher parce que sa poule a pondu chez le voisin. Soyez patient, la poule pondra pour tout le monde ; elle fera le tour de tous les jardins et elle pondra partout un œuf. Mais alors se posera la question : dans quel jardin doit-elle pondre en premier, car chacun veut être servi le premier ! Tous se battent pour être les premiers. Ils ressemblent ainsi à ces belles demoiselles qui ont toutes voté pour elles-mêmes. Douze belles femmes ont été sélectionnées pour assister à la réception d’un invité célèbre. L’une d’elle devait lui offrir un bouquet de fleurs. Une discussion âpre s’est engagée entre elles pour la choisir. Comme elles n’ont pas abouti à un accord, on a procédé au vote. Au dépouillement des bulletins, la question n’était toujours pas résolue. Pourquoi ? Il y a eu douze votes différents, chaque dame avait voté pour elle-même. C’est un grand art de pouvoir concilier son intelligence et son cœur par sa volonté, comme le Christ a réconcilié ses deux disciples, les fils de Zébédée. Dans la parabole des deux disciples du Christ, il est intéressant de noter le désir de leur mère d’installer ses deux fils à une bonne place : l’un à droite du Christ, l’autre à sa gauche. Nous y voyons les multiples mariages de l’esprit qui a plusieurs femmes, c’est-à-dire plusieurs âmes. C’est étrange en effet pour un homme d’avoir plusieurs femmes ; c’est étrange qu’une femme ait plusieurs maris. C’est étrange, mais c’est un fait. Il est rare de rencontrer aujourd’hui un homme ou une femme qui, au moins par la pensée, par le désir et le sentiment n’ait été polygame. Combien de chrétiens, hommes ou femmes, se sont conformés à la loi de la pureté absolue en pensées, en désirs et en sentiments ? Les anges vivent selon cette loi, et l’être humain le peut aussi. Celui qui a une conscience pure et éveillée vit dans la pureté absolue et dans la sainteté. Pour le moment, il n’y a pas de vrai mariage sur terre. Si les hommes et les femmes vivaient en harmonie, le monde se transformerait en paradis. Les gens d’aujourd’hui se marient pour être heureux, mais ils n’atteignent pas le bonheur car chacun veut vivre sur le dos de l’autre. Celui qui est plus futé agit comme l’araignée : il tend sa toile et se met à flatter l’autre, à lui promettre monts et merveilles pour l’attirer dans sa toile. Puis une autre page de la vie se tourne : on commence à s’accuser mutuellement de tromperie. La belle mère de son côté est mécontente de sa belle-fille ; l’homme ne sait plus où donner de la tête pour les réconcilier : il parle tantôt à sa femme, tantôt à sa mère pour avoir la paix dans la maison. Lorsque les enfants naissent, eux-aussi se bagarrent. L’homme et la femme sont les deux fils de Zébédée qui se battent pour les premières places. La belle-mère, les fils et les filles sont les dix qui s’indignent contre les deux. Qu’est-ce qui arrive en fin de compte ? Les uns descendent, les autres montent, et l’arbre pousse ! À partir des malheurs actuels, Dieu construit ainsi le bonheur à venir. Comme jeunes et vieux ne peuvent cohabiter dans la même maison, les vieux obligent les jeunes à s’en aller alors qu’eux y restent. Les abeilles font le contraire : les jeunes restent dans l’ancienne ruche et les vieux s’en vont dans une autre ruche. Quoi qu’ils entreprennent, les gens ne peuvent pas être heureux dans les conditions actuelles. Le bonheur sous-entend une vie nouvelle, une vie de pureté et de sainteté absolues. Les gens d’aujourd’hui ne peuvent pas être heureux, mais ils doivent maîtriser l’art de faire des briques à partir de la boue dans laquelle ils vivent ou, à l’exemple des plantes, ils doivent être capables d’en aspirer les sucs nutritifs et de les transformer en fruits sucrés. Les gens mangent les fruits sucrés et les admirent ; c’est vrai qu’ils forcent l’admiration. Regardez un arbre fruitier : il a les pieds enfouis dans le sol et donne chaque année des fruits succulents et savoureux. Il propose ses fruits avec désintéressement ; il ne demande qu’une chose aux humains, de planter ses graines dans le sol. Les gens doivent apprendre le désintéressement des plantes et ne pas considérer comme un grand service le fait d’avoir prêté à quelqu’un mille levas. Ils passent ainsi pour des personnes nobles et s’étonnent que le monde ne puisse pas se transformer. Lorsque les gens se mettront à donner de l’argent sans crédit et sans contrat comme faisaient les anciens Bulgares, lorsqu’ils honoreront la parole donnée, le monde se transformera et l’indignation disparaîtra. Le monde s’arrangera lorsque les hommes et les femmes seront fidèles à leur amour jusqu’au bout, lorsque les frères et les sœurs se sacrifieront les uns pour les autres. « Ils se sont indignés contre les deux frères. » L’homme a raison de s’indigner si c’est contre le mal. Si quelqu’un faute devant vous, corrigez son erreur sans vous indigner. Je suis allé il y a quelques années chez une connaissance, un avocat. J’y ai vu un prédicateur ; ils s’étaient réunis tous les deux pour rédiger une plainte afin d’envoyer un jeune homme au tribunal. Pourquoi ? Il avait emprunté quelques mois auparavant cinquante levas au prédicateur et cent levas à l’avocat, en promettant de leur fournir de la farine en échange de cet argent. Comme ils n’ont reçu ni la farine ni l’argent, ils ont décidé de le faire condamner. De plus, ils avaient entendu dire que le jeune homme avait pris de la même façon de l’argent à plusieurs endroits et qu’il s’était marié. Quand j’ai su toute l’histoire, j’ai donné les cinquante levas au prédicateur à la place du jeune homme ; j’ai voulu aussi donner cent levas à l’avocat, mais il a refusé. Pourquoi nuire à ce jeune homme ? Au nom du Christ payez la dette d’autrui. Il ne suffit pas de prêcher, il faut aussi être exemplaire dans sa vie. Les gens sont blasés des prêches, de la moralisation et du savoir, leurs têtes ont blanchi de tout ça. Ils ont besoin de bonnes actions, d’un savoir appliqué et non de théories. Que symbolisent les cheveux blancs ? Un grand savoir et un grand fardeau à porter. Lorsqu’on se décharge de son fardeau, on a les cheveux qui noircissent. Les cheveux noirs contiennent beaucoup de sucs. Ces gens sont très énergiques : lorsqu’ils aiment et lorsqu’ils haïssent ils sont brutaux, il leur manque la douceur. Lorsque les cheveux blanchissent, on perd son énergie et on dit : « Je suis quelqu’un de tranquille. » Tu es tranquille parce que tu manques d’énergie. C’est un art d’avoir des cheveux noirs mais de se tenir tranquille, de ne pas mordre ; lorsque tes cheveux blanchissent et que tu veux mordre, tu ne peux plus. Mordre, ce n’est pas s’indigner ; l’indignation s’exprime dans deux directions opposées : en bas et en haut. Chaque indignation se termine par l’apaisement des forces qui l’ont déclenchée. En l’être humain, il y a une dualité interne qui s’exprime par l’indignation : tu veux faire du bien, mais dans ton égo quelque chose te dit de ne pas le faire. Tu hésites un certain temps, jusqu’à ce que tu tranches la question dans un sens ou dans l’autre. « Ils se sont indignés contre les deux frères. » Vous direz que les fils de Zébédée aimaient le Christ, ce qui faisait s’indigner les autres disciples. Pourquoi aimaient-ils le Christ ? Pour pouvoir s’asseoir l’un à son côté gauche, et l’autre à son côté droit. C’est ainsi que la fille aime sa mère qui l’habille, lui donne de l’argent et prend soin d’elle. La mère a donné quelque chose de plus précieux encore à sa fille : son corps. Si quelqu’un dit qu’il n’a rien reçu de son père et de sa mère, il n’est pas sincère. Vos parents vous ont donné beaucoup, mais vous n’appréciez pas ce que vous avez de plus important. Et après tout ça quelqu’un ose dire que Dieu ne l’aime pas ; lui aussi ne dit pas la vérité. Qui lui a donné tous les bienfaits qu’il peut utiliser à tout instant, qui lui a donné des conditions pour se développer, qui lui a donné le corps sans lequel il ne peut se manifester ? Dieu est partout et dans tout ce qui vous entoure, que voulez-vous de plus ? Vous devez passer par l’éternité pour comprendre la grandeur de Dieu et voir que malgré cela Il porte son attention sur chaque créature vivante, petite ou grande. « Je veux Le voir comme je vois l’être humain. » As-tu vu l’être humain, sais-tu ce qu’il représente ? Ce que tu vois n’est pas l’être humain, mais ses manifestations. Il se manifeste par son cœur, son intelligence, sa volonté et son âme. Le cœur de l’homme se voit par son degré de noblesse ; son intelligence, par la vélocité de ses pensées ; son âme, par sa capacité à faire des sacrifices. L’apparence de l’être humain n’est pas l’homme véritable ; sa façon de s’habiller, le poste qu’il occupe, ce n’est pas encore lui. Cherchez l’être humain dans sa noblesse, dans ses pensées et dans les sacrifices qu’il fait pour son bien, mais aussi pour le bien d’autrui. Cela s’applique pour chaque individu, mais aussi pour la vie en famille, en société. Aujourd’hui les gens vivent le plus souvent dans le doute et le mécontentement. On débat pour ou contre l’existence de Dieu, et cependant chacun Le cherche. Il serait utile que chacun se précise à lui-même quel est ce Seigneur qu’il cherche. On est en quête d’un idéal, mais faut-il encore savoir le décrire. Une jeune fille est à la recherche d’un jeune homme parfait mais ne sait pas décrire les qualités qu’il doit avoir. On ne peut pas aspirer à quelque chose de parfait sans en avoir une idée précise. Quelqu’un cherche une eau de qualité ; puisqu’il la cherche, il la trouvera car il connait ses qualités. Par conséquent, si vous cherchez Dieu que vous connaissez, vous Le trouverez partout. Celui qui ne Le connait pas ne peut pas Le trouver, il doute de Son existence et dit : « Si Dieu existe, pourquoi tolère-t-Il la guerre ? » Un turc de la région de Varna est parti à Dobrich[2], pour y vendre des cerises. Tout le long du trajet il prenait des cerises du chargement et les avalait entières avec le noyau. En arrivant en ville, il a senti une grande tension et une grande douleur dans le ventre. Parce qu’il avait trop mangé, il a fallu l’opérer afin d’éliminer les noyaux avalés. Vous direz : « Pourquoi Dieu tolère-t-il d’en arriver à cette opération ? » Qui est en réalité la cause de cette opération ? Donc, les gens ont permis la guerre et Dieu les opère pour sortir les noyaux de cerises de leur ventre. Un jour, lorsque vous ouvrirez les yeux, vous comprendrez la raison de tout ce qui se passe aujourd’hui dans le monde. Pour le moment, croyant que vous savez beaucoup, vous faites systématiquement de mauvaises conclusions et vous ressemblez au turc qui disait : « La France n’est pas un grand pays, ce sont ses villages qui sont grands. » Lorsqu’il tire de mauvaises conclusions, l’homme pense que la vie dure tant qu’il vit ; lorsqu’il meurt la vie cesse. Il n’en est pas ainsi, la vie n’a pas de fin. La fin d’une vie est le début d’une autre. Chaque mort sous-entend la fin du mal et des crimes et le commencement d’une nouvelle vie, pleine de bonté. La mort n’est rien d’autre que le divorce de l’esprit d’avec la matière où l’abandon de la chair par l’âme. Si vous voulez savoir pourquoi vous mourez, je dis : on meurt car l’âme ou l’esprit nous quitte. L’esprit quitte la femme, l’âme quitte l’homme. Lorsque le jeune homme quitte la jeune fille, elle veut se suicider, elle ne veut plus vivre. Et vice versa, si la jeune fille quitte le jeune homme, il ne veut plus vivre. Beaucoup sont morts ainsi et ont de nouveau vécu. Que doit faire l’homme pour ne pas mourir ? Être son propre serviteur, et son âme - servante de son esprit. Alors vos parents vous donneront tout ce que vous souhaitez. « Est-ce qu’une âme existe ? » Tant qu’on pense et qu’on ressent, on est doté d’une âme. Celui qui a une âme a aussi une conscience ; s’il perd sa conscience, il perd aussi son âme. Celui qui a une conscience fait la différence entre le bien et le mal, et il a par conséquent une âme. Lorsque l’homme préfère le bien et rejette le mal, c’est son âme qui se manifeste. « Ils se sont indignés contre les deux frères. » L’indignation se propage comme une contagion parmi les gens. Les parents s’indignent d’avoir des enfants sans les moyens de leur donner une instruction ; puis les enfants, fils et filles, s’indignent que les parents ne leur laissent aucun héritage ; les prédicateurs s’indignent ; les professeurs s’indignent et leurs élèves aussi. Tous s’indignent de la pénurie de beurre, de sucre, de fromage. On peut vivre sans beurre. La nourriture préparée sans beurre est plus légère et se digère mieux ; si vous mettez du beurre et des épices, du poivre ou des poivrons, l’estomac se dérègle facilement. La nourriture simple et naturelle représente la vie saine de l’homme ; la nourriture riche représente la vie humaine malsaine. Comment et quand pouvons-nous améliorer notre vie ? Dès à présent. Le bonheur vient immédiatement, mais les conditions de son avènement se préparent lentement. Si une idée divine entre en vous, vous éprouvez le bonheur immédiatement, alors qu’il a fallu beaucoup de temps pour que les conditions de sa manifestation se préparent. Dès que vous perdez cette idée, vous êtes malheureux. On se tient debout sur un pont calme et silencieux ; d’un seul coup on perd l’équilibre et on chute à droite ou à gauche. Pour être heureux, observez les règles suivantes : écartez le doute, croyez dans le Seigneur qui demeure en vous et ne Le cherchez pas en dehors de vous, travaillez sur vous et chaque jour ajoutez quelque chose de nouveau à votre édifice ; ne pensez pas qui sait combien, qui est bon et qui est vertueux, pensez à vous, à votre connaissance, à votre bonté. Vous direz que les prophètes et les apôtres ont été très érudits, très purs et très justes. Celui qui est venu sur terre a forcément commis une erreur, même petite. Mais la force des grands hommes se résume à ce qu’ils voient leurs petites erreurs agrandies et ainsi les rachètent facilement. Dans certains cas, de grands hommes ont consacré toute une vie à corriger une faute et se sont forgé ainsi un caractère puissant. Souvent les fils et les filles attendent la fortune de leurs parents, ils espèrent recevoir un héritage pour régler leurs dettes. N’attendez pas des biens qui viendraient à la mort de vos parents ; que chacun se mette au travail et ne compte que sur lui-même. Le Christ n’a pas laissé d’héritage aux humains, ni d’argent, mais il a préparé les conditions de leur développement. Par conséquent, celui qui veut se développer doit suivre le chemin que le Christ lui a tracé ; ce chemin mène au véritable bonheur. Il dit : « J’ai un potager, que celui qui le veut vienne travailler auprès de Moi. » Les gens n’entendent pas les paroles du Christ et ne les assimilent pas. Ils veulent avoir de l’argent, s’habiller avec des vêtements chers et luxueux pour attirer l’attention. C’est impossible sur Terre. Pourquoi ? À cause de la boue. Aujourd’hui, le temps est beau quelques heures, mais soudain il se met à pleuvoir et à grêler, et des beaux vêtements luxueux il ne reste plus rien ! Lorsque vous vous verrez avec des vêtements trempés et boueux, vous perdrez votre bonne disposition. L’homme doit acquérir un tel sang-froid que rien ne puisse altérer sa bonne humeur ; même s’il perdait tout, il devrait rester calme et silencieux en lui-même, et savoir qu’il y a une chose qu’il n’a pas perdu : le Seigneur. Tous vivent dans le Seigneur. Par conséquent, que ce soit ton mari ou ton enfant qui sont morts, sache qu’ils ne sont pas perdus, ils demeurent dans le Seigneur et tu peux toujours les retrouver. Aujourd’hui, tous se tiennent les uns aux autres et ne se lâchent pas : la femme se tient à son mari, le mari se tient à la femme, les enfants, aux parents. Ils ne savent pas qu’ils sont tous dans le Seigneur, ils vivent là. L’homme a rencontré sa femme plusieurs fois sur Terre et la rencontrera encore ; dans mille ans encore ils se rencontreront. Dans chaque humain il y a une manifestation divine, et lorsqu’elle s’éloigne de toi, c’est naturel d’en éprouver du chagrin. Lorsque vous verrez une feuille morte à terre, arrêtez-vous devant elle et examinez les pensées qui traverseront votre esprit : elle est silencieuse, recueillie, elle soupire et dit : « J’étais jadis en haut de cet arbre, mais me voilà tombée et desséchée. » Vous devez la consoler et lui répondre : « Ce n’est rien, dans quelques mois, tu monteras de nouveau en haut de l’arbre, jeune, verte et enjouée. » Dieu dit : « J’élèverai les humbles, mais j’abaisserai les vaniteux et les orgueilleux ». La même loi s’applique aux humains. Si on dit de quelqu’un qu’il est pécheur, je l’encourage : « Ne t’inquiète pas, l’année prochaine tu grimperas à l’arbre, tu te réjouiras et tu rajeuniras. » Dieu est mieux disposé envers le pécheur qui se repent qu’envers le juste qui s’élève et s’enorgueillit. Encourager celui qui est tombé et qui désespère, c’est appliquer l’enseignement que notre Père nous a légué et transmis à travers son Fils unique, le Christ. « Où trouverons-nous cet enseignement ? » Ouvrez votre âme et vous y trouverez tout ce qui vous intéresse. Si vous rencontrez une difficulté, c’est à cause de l’insuffisance de la lumière qui vous empêche de pénétrer les recoins de votre âme. La pensée est la lumière et le cœur, le foyer où on dépose le carburant. Lorsqu’il brûle, il donne la lumière nécessaire à l’homme pour lire ce qui est écrit dans son âme. Lorsque la lumière divine vient en nous, c’est-à-dire l’esprit, alors nous dirons comme Paul : « Nous Le reconnaîtrons comme Il nous a connus.[3] » Soyez en permanence dans la prière pour que Dieu demeure en vous et vous libère de vos fautes. Priez pour que Dieu demeure dans toutes vos actions. Si vous êtes en colère, sachez qu’Il n’est pas en vous ; si vous êtes malades, Il n’est pas en vous. Comment guérirez-vous ? En purifiant votre corps du sang impur, votre esprit des pensées impures, votre cœur des désirs impurs. Les pensées et les désirs impurs prédisposent l’homme à une nourriture impure. Quel bien peuvent vous apporter les salamis, les brochettes, la viande salée, etc. ? Découper et broyer la viande, préparer de la charcuterie, c’est une invention diabolique. Combien de personnes sont parties avant l’heure de ce monde à cause de la charcuterie et de la viande ! Des milliards d’animaux ont déposé une requête auprès de Dieu pour qu’Il les libère du couteau de l’homme. C’est une vérité qu’il faut assimiler. Celui qui ne l’accepte pas assumera les conséquences de sa désobéissance. Le nouvel enseignement ne permet pas de manger de la charcuterie. Je prends le mot charcuterie au sens large. Lorsque le mari tourmente sa femme ou la femme, son mari, ils ont mangé de la charcuterie ; lorsque les parents gâtent leurs enfants, ils ont mangé de la charcuterie. À cause de la charcuterie, Dieu a chassé les premiers hommes du paradis ; pour cette même charcuterie, l’humanité d’aujourd’hui est en souffrance. Le Christ écrit dans le Nouvel Enseignement : « L’homme est un frère pour l’homme. » Puisque nous sommes des frères et des sœurs, nous devons vivre fraternellement. Du point de vue de l’enseignement divin, il n’y a pas d’ennemis dans le monde ; les humains sont amis entre eux et non pas ennemis. Gardez-vous des insinuations de celui qui a déposé une pensée négative dans votre esprit, celle que l’homme est un loup pour l’homme. C’est une idée vieille, impure et caricaturale, reliquat de l’ancien enseignement du diable. Dieu déracinera entièrement cet enseignement et ne laissera pas une trace de lui. C’est ainsi que parle le Seigneur aujourd’hui, et ce qu’Il dit se réalisera car c’est divin. Mettez-vous en tête que vous êtes tous des frères. Aujourd’hui se font des propositions de paix. Vous aussi, transmettez vos doléances en haut, vers Dieu, pour demander la paix. Le monde est assiégé par les anges. Malheur à ceux qui prônent que l’homme est un loup pour l’homme ! Malheur à ceux qui mentent et qui volent ! Il est temps d’appliquer l’enseignement divin entre nous. Projetez votre pensée vers le haut et accomplissez la volonté divine. Ne vous préoccupez pas de votre avenir ; pas un seul cheveu ne tombera pas de vos têtes sans la volonté de Dieu. Que tous les Bulgares prient et adressent leur prière vers Dieu : ce n’est qu’ainsi que la Bulgarie sera bénie et libérée. Chaque peuple qui pense qu’il arrangera seul ses affaires, ne fera que les embrouiller davantage. Si tous les peuples d’Europe raisonnent ainsi, l’Europe se peuplera d’invalides. Tous les peuples se tourneront finalement vers Dieu. Vous direz que la responsabilité incombe au pouvoir en place ; ce n’est pas vrai. Tous les individus, toutes les familles, toutes les sociétés portent la responsabilité de la situation du peuple. La responsabilité de chacun est aussi grande que celle des gouvernants. Chacun doit adresser sa prière vers Dieu. « Dans quelle église devons-nous prier ? » N’importe laquelle. Vous pouvez même prier dehors. Le temps chaud et sec d’aujourd’hui montre que Dieu envoie sa bénédiction sur tous les peuples. Puisque nous sommes tous frères, le péché de l’un est celui de tous, c’est ce que dit le Christ. Et le bien et la vertu de l’un est la vertu de tous. Aujourd’hui tous les peuples s’indignent les uns contre les autres. Ils s’aiment, mais se trouvent dans un état d’hypnose qui assombrit leur conscience, c’est pourquoi ils ne comprennent pas ce qu’ils font. Tournez-vous vers le Seigneur vivant qui dit : « Cherchez-Moi un jour de chagrin et Je me manifesterai à vous.[4] » Adoptez l’idée du Seigneur pour voir s’Il vous aidera aux jours sombres. Quelqu’un prie pour être à l’arrière et pas au front. Le danger est partout, à l’arrière comme au front. Tous sont au front. Aujourd’hui des millions de personnes meurent, d’autres sont estropiées et mutilées, et d’autres encore souffrent de la misère ; on entend des pleurs dans toutes les maisons. Selon moi la culture actuelle est celle des pleurs et des souffrances. « Les dix se sont indignés contre les deux frères. » « Qu’est-ce qu’il adviendra de nous et des pays en Europe ? » Ne vous préoccupez pas d’eux. Ils portent la responsabilité pour eux ; chaque peuple porte sa propre responsabilité. Dieu a déterminé les frontières et le développement de chaque pays pour tracer le chemin de toute chose. Tous les hommes et tous les peuples doivent avoir les yeux ouverts. Si les pays n’ont pas les yeux ouverts, ils ne bénéficieront pas des conditions de la vie. Soyez courageux et intrépides, ne désespérez pas. Ne songez pas à ce qui adviendra, rien de mauvais ne vous arrivera. Dieu vous lavera, vous changera de vêtements et vous mettra dans les nouvelles conditions de la vie ; c’est ce qui est dit et ça sera ainsi. Que font vos enfants lorsque vous leur promettez d’acheter de nouveaux habits pour Pâques ? Ils sautillent, chantent et se réjouissent. Une grande Pâque vient pour tous. « C’est la guerre, nous vivons des heures sombres. » Il restera un grand nombre d’estropiés, mais le Christ ouvrira les yeux des aveugles, séchera les larmes des souffrants et ressuscitera les morts. Les gens reviendront sur Terre de trois manières : les uns se réincarneront sans savoir qu’ils sont réincarnés ; d’autres sauront qu’ils sont réincarnés ; et d’autres encore ressusciteront. Celui qui ressuscitera sera affranchi de la loi du karma, de toutes les infirmités. Celui qui ressuscite vit sur Terre comme au Ciel, là où tous accomplissent la volonté divine avec amour. La Terre sera alors une terre promise : les humains seront jeunes et beaux, tous âgés de 33 ans, et ils serviront Dieu comme le Fils de l’Homme Le sert. Soyons serviteurs de Dieu ! C’est la plus haute mission à laquelle l’être humain peut prétendre sur Terre. Sofia, 22 septembre 1918 Traduction par Bojidar Borissov [1] L’homme est un loup pour l’homme [2] Dobrich – une ville du nord-est de la Bulgarie [3] « À présent, nous voyons dans un miroir et de façon confuse, mais alors, ce sera face à face. À présent, ma connaissance est limitée, alors, je connaîtrai comme je suis connu. » 1 Corinthiens 13,12 [4] « Et invoque-moi au jour de la détresse : je te délivrerai, et tu me glorifieras. " Psaume 50, 15
  26. Ne peut pas être cachée « Une ville située sur une montagne ne peut pas être cachée » Matthieu 5 :14 « Ne peut pas être cachée. » Qu’est-ce qui ne peut pas être caché ? Une ville posée sur une montagne. C’est une image, un symbole qui prouve que le langage du Christ est vivant, imagé, figuré. En général le langage que les humains utilisent est largement imagé. Par figure, image, nous comprenons l’apparence d’un objet. Si vous considérez uniquement le côté extérieur d’un objet ou d’un fruit, vous n’en aurez qu’une vue partielle. Si vous voulez connaître son contenu et son sens, vous devez pénétrer son côté intérieur. La géométrie se sert aussi de figures : elle étudie par exemple le triangle, le quadrilatère, le pentagone, le polygone, le cercle en tant que formes, mais elles ont aussi un contenu et un sens. Que signifie le cercle ? L’éternité. Le centre et les deux diamètres dans le cercle montrent que l’éternité s’est autodéterminée. Si la courbe est supprimée, ne restent que les diamètres, la croix, le symbole de la chute originelle. Donc la croix est créée après la crucifixion du Christ. C’est ainsi que le cercle est considéré dans la géométrie vivante. Mais la géométrie ordinaire le considère comme une figure avec son centre, ses diamètres. Elle calcule son périmètre, sa surface, et ça s’arrête là. Le Christ dit : « Vous êtes la lumière du monde, une ville, située sur une montagne. » Lorsque vous voyez le mot Révélation, vous comprenez quelle est cette ville, posée sur une montagne. Les Bulgares comparent le jeune homme vaillant avec la montagne et disent : « C’est un gaillard, une montagne. » C’est une expression poétique avec du contenu et du sens. Par conséquent, les personnes fortes, intelligentes et robustes sont comparées à des montagnes, de hautes cimes, de grands arbres. Une ville posée sur une montagne, sous-entend quelque chose d’organisé, posé entre des personnes, douées d’intelligence. Et cela ne peut pas être caché. La tête de l’homme est la cité et son corps - la montagne. Par conséquent, une tête posée sur un tel corps ne peut être cachée. Des têtes qui sortent le soir peuvent se cacher, mais celles qui sortent le jour, à la lumière, ne peuvent jamais se cacher. Autrement dit, celui qui a la lumière en soi ne peut se cacher. Vaste et grandiose est la cité exposée à la lumière. Vous direz que la tête de l’homme est petite ; donc, même exposée à la lumière, cette ville est petite. Il n’en est pas ainsi, l’homme semble petit à cause de la perspective ; sa tête semble petite pour la même raison. Le Soleil aussi paraît petit, de la forme d’un petit disque : s’il était plus proche, vous l’attraperiez avec la main ; les petits enfants le dessinent de la forme d’un petit cercle. Mais est-il petit en réalité ? Notre conception de la nature est comme celle des enfants sur le Soleil, mais il y a une grande différence entre la compréhension enfantine des humains sur la nature et sa réalité. Lorsque vous viendrez dans deux mille ans sur Terre, vous rirez vous-mêmes de votre compréhension actuelle, vous vous demanderez comment l’homme du XX° siècle a pu considérer et comprendre les choses comme un enfant. D’autant plus qu’il doute et soumet toute chose à son esprit critique. Pourquoi n’accepte-t-il pas le savoir avec foi, sans critique ni doute comme le font les enfants ? Il y a un savoir qu’il faut soumettre à la critique, il y a en revanche un autre savoir qui vient de l’intérieur, de l’âme humaine et qu’il faut admettre sans douter et sans critiquer. Le doute est un ver qu’on rencontre dans les grands arbres. Avec ses crissements et son travail de sape, le ver critique l’arbre et se demande qui l’a créé, comment il a été fait, etc. Ce ver critique se multiplie dans l’arbre et ses enfants continuent son œuvre : ils grincent et critiquent l’arbre jusqu’à ce qu’il se dessèche, tombe et pourrisse par terre. Vous direz que le doute et la critique conduisent à la connaissance. Quelle est cette critique qui détruit et met à terre les grands arbres ? La véritable critique est celle qui éclaire le chemin des passants et les protège des endroits périlleux. « Vous êtes une ville, posée sur une montagne. » La ville est une communauté de personnes, douées d’intelligence, posées sur une montagne. La montagne est quant à elle toute l’humanité. Donc, chaque personne, douée d’intelligence est placée parmi les humains pour les éclairer. Dans cette situation, elle ne peut pas se cacher. Les scientifiques ont calculé que cette ville, c’est-à-dire la tête humaine a trois billions et six cents millions de cellules. Imaginez un peu le grand nombre de cellules contenues dans le cerveau humain ! Il existe deux milliards et demi de personnes sur terre et nous considérons ce chiffre comme énorme. Que dire alors des cellules du cerveau, sachant que mille milliards font un billion ? Pouvez-vous imaginer ce qu’est la tête humaine avec ses trois billions et six cents millions de cellules c’est-à-dire de citoyens dans sa ville ? Ils entrent et sortent par douze portes pour assimiler les connaissances. Les portes de la tête humaine représentent les centres primordiaux, les organes sensoriels par lesquels l’être humain assimile les connaissances. Les occultistes modernes disent qu’aujourd’hui l’être humain dispose de cinq sens qui ne sont pas encore complètement développés. Chez certains un sixième sens se développe ou bien est déjà développé. À l’avenir sept autres se développeront progressivement. Donc, les douze portes dans la tête humaine répondent aux douze sens. L’homme moderne a un odorat, mais ne peut pas sentir une odeur à plus de cent ou deux cents mètres. De ce point de vue, le chien a un odorat plus fin que l’homme, il peut dénicher le lapin uniquement à partir de ses traces. L’homme dit qu’il peut regarder et voir tout grâce à ses yeux. En réalité il ne voit que les objets les plus proches et pense que c’est le monde réel ; ce n’est pas cela voir. Regarder ce qui est sous son nez, c’est regarder mais ce n’est pas voir. Ne voit que celui qui se déplace dans tous les mondes sans trébucher ; s’il trébuche, c’est qu’il ne voit pas encore. Certains disent que l’être humain doit se confronter à la réalité de la vie pour la comprendre. Autrement dit, il doit comparer sa manière de voir les choses avec la réalité pour saisir que ce qu’il pense n’est pas juste ; c’est la seule manière de transformer son ancien point de vue sur la vie. La mère et le père disent à leurs enfants de changer leur vision sur la vie, d’accueillir la nouvelle vie. Ils commencent bien mais finissent par revenir à ce qui est ancien. Tant qu’il est petit, l’enfant croit en ses parents comme en Dieu. Lorsqu’il commence à raisonner, il se rend compte que son père et sa mère lui ont fait peur avec des créatures imaginaires, des loups garou, des vampires, etc. ; il pose alors un regard critique sur eux et ne les croit plus. Il y a aussi un autre écueil, les enfants eux-mêmes se fabriquent une philosophie de vie et disent : « Il n’est pas nécessaire de toujours dire la vérité, on peut parfois user du mensonge. » Les enfants voient que les parents critiquent, doutent et n’ont pas confiance l’un en l’autre, et ils se mettent à les imiter. Pourquoi les humains doivent-ils douter alors qu’ils peuvent vivre dans la vérité absolue ? Parce qu’ils n’ont pas assez de lumière. Aujourd’hui le monde est plein de prédicateurs, mais il ne s’est pas encore redressé. Pourquoi ? Parce que les prédicateurs, les mères, les pères, les professeurs croient d’abord en eux-mêmes, puis dans le Seigneur. Ils ont chacun des avis contradictoires et chacun défend le sien. Le monde est plein de mères et de pères qui sont prédicateurs de leurs enfants ; donc le monde est plein de popes et de leurs épouses. Que signifie le mot pope ? Père. Un proverbe bulgare dit : « Musèle le pope pour que ton village soit paisible ! » Le mot pope est utilisé ici dans un sens très péjoratif, comme synonyme de diable, pour dire : musèle le diable pour que le village soit en paix. Ce proverbe n’est pas juste. Le mot pope signifie père ; chaque prêtre est un père ; de quoi ? De la vérité. « Une ville, posée sur une montagne ne peut pas être cachée. » Cette ville est bien posée et bien arrangée, elle a des conditions de développement. Elle se sert aujourd’hui de cinq sens, le sixième se développe déjà et les six autres se développeront à l’avenir. Aujourd’hui, l’homme ne voit pas très loin, il verra mieux à l’avenir jusqu’à ce qu’un jour il voie de loin et de près, de tous les côtés. Certains disent qu’ils croient seulement à ce qu’ils voient, c’est leur seule réalité. D’autres disent qu’ils ne croient pas le réel non plus, c’est-à-dire ils ne croient pas ce qu’ils voient ; donc ils croient qu’ils ne croient pas. Les premiers croient qu’ils croient, c’est un plus ; les seconds croient qu’ils ne croient pas, c’est un moins. Lorsque deux grandeurs identiques ont des signes opposés, elles s’annulent. On appelle cela le métabolisme en chimie ; le plus est acide, le moins - alcalin. L’acide et la base interagissent pour donner le sel. Le moins représente l’espace vide alors que le plus, représente l’espace rempli de matière. Le moins est le monde physique et le plus, le néant, le réel, le non manifesté. Ce qui est manifesté est limité alors que le non manifesté est illimité. Lorsqu’ils entendent parler de plus et de moins, certains pensent que ces choses sont futiles. Qu’est-ce qui est important à leurs yeux ? Les souffrances. Lorsqu’ils souffrent, ils oublient que tous les humains, toutes les créatures vivantes souffrent. Hommes, femmes, enfants, tous souffrent ; la différence est dans l’intensité de ces souffrances. En principe, tous les hommes pensent et sentent la même chose ; de même pour les femmes. Pour comprendre la vie dans tous ses aspects, l’être humain doit passer par la forme de l’homme et de la femme, c’est-à-dire entrer successivement dans les deux villes et scruter le monde de là. Espace, largeur et profondeur sont nécessaires à l’être humain pour comprendre le monde. Il est dit que le peureux n’entrera pas dans le Royaume de Dieu ; mais le peureux ne comprendra pas la vie terrestre non plus, il craint la mort, le diable. A-t-il déjà vécu la mort pour en avoir peur ? A-t-il déjà vu un diable pour en avoir peur ? Il ne tient qu’à lui de se montrer diable ou ange. Lorsqu’on veut accuser quelqu’un d’être un diable, on lui met deux cornes, une queue et des sabots aux pieds. Les sabots montrent que l’être humain a perdu ses orteils, c’est-à-dire son intelligence divine. L’animal dont les pieds sont transformés en sabots est privé de son intelligence supérieure. Tout comme sur Terre on trouve des créatures avec des orteils et d’autres avec des sabots, au Ciel aussi on trouve des créatures avec des orteils et des sabots. Peu nombreux sont ceux qui savent ce qu’est le Ciel, c’est-à-dire le monde spirituel. Les gens se l’imaginent tel qu’il n’est pas. Même l’être humain n’est pas en réalité tel qu’ils le voient. La différence entre la puissance du regard physique et la puissance du regard spirituel est la même que celle qui existe entre la puissance de vue humaine et celle d’un appareil de radiologie. Si vous observez l’être humain par cet appareil, vous aurez peur : vous verrez les muscles, les os et les organes intérieurs. Du point de vue spirituel, l’homme physique est aussi terrifiant que celui qui est scruté par l’appareil de radiologie. Pour ne pas craindre les choses, l’homme doit maîtriser l’origine de tous les phénomènes et les percevoir à leur juste valeur. Un soir, Edison a invité plusieurs amis scientifiques avec l’intention de leur faire une farce. Il a pris deux squelettes qu’il a reliés à des machines pour les faire bouger et s’exprimer. Il a mis une ampoule électrique dans les orbites des crânes. Après le diner, Edison a fait entrer les squelettes parmi eux et ils se sont mis à dire : « Jadis, nous étions comme vous beaux et enjoués, mais nous ne sommes plus que des os. » Les convives ont pris leurs jambes à leur cou et ont déguerpi de peur. Edison les a ensuite lui-même rappelés un à un pour qu’ils reviennent continuer la soirée. En fait, qu’est-ce que ces squelettes avaient de terrifiant ? Les gens d’aujourd’hui aussi ont peur des morts et des squelettes. Tant que les parents sont fortunés et bien portants, les enfants les aiment ; lorsqu’ils tombent malades, deviennent miséreux ou trépassent, alors les enfants commencent à les craindre et les fuient. Les maladies sont une chose terrible, la misère aussi. Les enfants fuient les parents pauvres et malades car, sinon, ils devraient chercher les moyens de les entretenir. Lorsque la mère et le père vieillissent, le fils et la fille n’attendent que de les voir mourir pour vivre enfin librement. C’est la philosophie retorse du XXème siècle. Ces philosophies ont posé comme fondement du savoir l’idée que l’individu atteint le savoir par la critique et le doute. La critique et le doute sont nécessaires lorsqu’on n’a pas de lumière, lorsqu’on n’est pas dans une ville posée sur une montagne. Si on est dans une ville posée sur une montagne d’où l’on peut voir au loin, a-t-on besoin de douter et de critiquer ? On vous donne une pomme, vous la regardez avec méfiance, car vous doutez de son goût et vous ne croyez pas qu’elle soit savoureuse. Il n’y a pas de place pour le doute, testez-là d’abord et parlez ensuite. Le doute et la critique ont du sens si on en use à bon escient. Chaque chose a du sens si elle est appliquée à bon escient. De ce point de vue la philosophie aussi a du sens. Qu’est-ce que la philosophie ? Une synthèse de tous les savoirs et un manuel sur les méthodes qui servent de principes qui nous guident dans la vie. La philosophie a existé dès les débuts de l’humanité ; elle contenait alors une plus grande sagesse qu’aujourd’hui. Le premier homme, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, disposait de douze sens. Durant l’involution il a perdu progressivement des sens pour n’en garder que cinq de même que l’homme moderne. C’est pourquoi son savoir, comparé à celui d’avant, est en proportion de 5 par rapport à 12. Et les cinq sens dont les gens disposent ne sont pas suffisamment développés. Par exemple, la vue de l’homme n’est pas encore développée, il ne voit que sur des distances limitées. S’il pouvait voir à des milliers de kilomètres, il dirigerait son regard vers le ciel pour voir ce que font les créatures supérieures. Vous direz que c’est impossible et que ces paroles sont vaines. Dans la vie, les choses sont pleines ou vides. Si vous dites que quelque chose est vain, j’entends un processus. La bouteille se remplit et se vide, cela dépend de vous. Dans le monde divin il n’y a que des choses pleines ; dans la vie humaine, il y a des choses vides et des choses pleines. Lorsqu’il pèche, l’homme se vide ; lorsqu’il vit bien, il se remplit. Il importe peu qu’il se remplisse, ce qui importe c’est de quoi il se remplit, de choses bonnes ou mauvaises. On dit de quelqu’un que sa tête est vide. Comment est-ce possible puisqu’il a aussi un cerveau comme les autres ? Il a aussi un cerveau, mais sans aucun contenu, c’est pour cela qu’on dit que sa tête est vide. Pour être érudit, pour avoir des savoirs, l’homme doit avoir du contenu dans son cerveau. « Une ville, posée sur une montagne, ne peut être cachée. » Autrement dit, une tête mise sur un corps est appelée une ville divine. Jean imagine l’être humain en forme de cube. Toutes choses, réalisées dans le monde physique, ont la forme d’un cube ; toutes choses réalisées dans le monde spirituel ou angélique ont la forme d’une pyramide ; toutes choses réalisées dans le monde divin ont la forme d’un cercle. Selon les formes géométriques, on devine à quel monde appartient tel ou tel objet. L’être humain aussi, en tant que créature du monde physique, se présente sous la forme d’un cube. Le développement du cube donne la croix c’est-à-dire l’homme crucifié. Lorsqu’il faut purifier l’être humain, on ouvre le cube pour former une croix. Par conséquent la croix, c’est-à-dire la souffrance, n’est rien d’autre qu’un processus de purification. Après la purification, on assemble la croix pour reformer le cube. Pourquoi l’être humain doit-il souffrir ? Pour purifier sa demeure, c’est-à-dire son corps. Lorsqu’il est purifié, on remet les portes et les fenêtres à leur place et on obtient de nouveau le cube. « Une ville, posée sur une montagne, ne peut être cachée. » La ville c’est-à-dire la tête humaine doit être posée sur une montagne. L’homme talentueux, le bon orateur, le bon poète sont tournés vers les humains car ils sortent de la ville par douze portes. Les phrénologues étudient cette ville et y trouvent quarante deux centres, en lien avec différents sentiments et aptitudes. Ils la découpent en trois : la région arrière de la tête, nommée l’homme dual – elle est tournée vers le monde physique, vers l’obscurité ; la deuxième région est le front, tourné vers le monde angélique – il traduit la force de la pensée de l’homme ; la troisième région est la partie supérieure de la tête, tournée vers le monde divin – on y trouve les sentiments religieux et moraux de l’être humain : son for intérieur, l’amour envers Dieu, la charité etc. Ainsi, il est important de savoir si chacun a correctement développé les régions de sa ville. Si par exemple le front de l’homme est large et bas, il a de la largeur dans les pensées mais aucune profondeur, il ressemble à un fleuve large mais peu profond. Le front doit être large et haut, il doit avoir de la largeur et de la profondeur, deux mesures importantes. La partie supérieure de cette ville doit être surélevée comme une coupole, mais pas aplatie. Si elle est aplatie, l’homme n’est pas religieux ; combien même il se présenterait comme tel, il manquerait de sens religieux. La région arrière de cette ville ne doit pas être aplatie ; si c’est le cas, nous disons que cet homme n’a pas d’affection ni d’amour pour sa famille. Lorsque les gens ne s’entendent pas, ceci indique que dans l’une des trois régions principales ou dans les trois en même temps, leurs têtes sont aplaties et sans relief. Les centres cérébraux et les sens de l’homme doivent être développés. Quelqu’un dit qu’il ne croit que ce qu’il voit. Que vois-tu ? À peine un cent millionième de ce qui t’entoure. Que devient le reste ? As-tu le droit de bâtir une philosophie de vie sur la base du peu que tu vois ? Tu as le droit, mais cette philosophie sera restreinte et toute relative. Pour bâtir une grande théorie de la vie, il faut une intelligence grandiose comme celle des grands mathématiciens qui se font une idée précise d’un ensemble à partir d’une petite parcelle. Ils vont de l’unité vers la multiplicité et de la multiplicité vers l’unité. Qu’est-ce que l’unité ? Le rayon du cercle. Il suffit de prendre un compas et de dessiner une circonférence pour savoir combien de fois le rayon s’y insère. Le rayon s’insère dans l’univers autant de fois que le nombre constitué de 1 suivi de 15 zéros ; c’est le nombre d’années nécessaires au rayon pour parcourir la circonférence de l’univers, pour acquérir le véritable savoir. Chaque déplacement du rayon sur un point de la circonférence génère un nouvel environnement, de nouvelles conditions. Tout comme les sentiments et les pensées de l’être humain changent chaque jour, ainsi il évolue suivant l’endroit où il se trouve. Chaque jour son amour évoluera et sera plus intense ou plus faible : lorsqu’il montera, son cœur sera plus chaud et l’amour plus fort ; lorsqu’il descendra, son cœur sera plus froid et l’amour plus faible. En ce sens, l’être humain est le balancier de la pendule de la vie qui détermine le temps. Lorsqu’ils passent à côté de lui, les anges vérifient les pendules et poursuivent leur chemin. Donc, le temps de la vie est déterminé par la chaleur ou la froideur du cœur humain. En tant qu’être humain, chacun doit avancer en cercle, c’est-à-dire en approfondissant sa compréhension de la vie divine. J’esquisse ces idées devant vous pour vous faire réfléchir et non pour vous décourager. Sachez que l’être humain a encore beaucoup à apprendre, à voyager sur les planètes et pas uniquement à aller au front et sur les champs de bataille. Lorsqu’il fera le tour de l’univers, il reviendra auprès de son Père pour raconter ce qu’il a appris. Lorsqu’il racontera ce qu’il a vu sur la Terre, il parlera des champs de bataille, des canons et des projectiles, des engins de combat. Il racontera comment les humains se battent sur la Terre pour se la partager. Du point de vue des mondes supérieurs, ce qui se passe entre les humains aujourd’hui n’est qu’un amusement. Dieu questionne les anges : « Que font les humains sur Terre ? – Ils s’amusent, ils se battent et se tirent les cheveux. – Qu’ils s’amusent alors ! » Comme ils sont très actifs, ils doivent trouver un moyen d’atteler leur énergie au travail. En se tirant les cheveux, ils se mettent à raisonner juste : il y a un sens à se tirer les cheveux les uns les autres. Dans les conflits entre les humains, on apprend toujours quelque chose, on remet toujours un centre cérébral à sa place. Un américain fortuné s’est épris d’une belle femme et s’est marié avec elle. Ils ont entrepris un grand voyage après la noce. Un malheur est arrivé en chemin : le train qu’ils avaient pris est rentré en collision avec un autre train. Le jeune marié a eu si peur qu’il s’est jeté par la fenêtre, mais il a subi un tel traumatisme crânien qu’il est devenu fou. Il a passé seize ans dans un asile de fous. Cette vie l’a accablé, mais il ne pouvait pas s’échapper, surveillé de près par le personnel médical. Il a enfin réussi à s’évader de l’asile et a couru jusqu’à la gare la plus proche. Il a vu un train et s’y est installé sans savoir où il allait. Le train a démarré et le fou est resté à l’intérieur. Il préférait partir n’importe où, plutôt que de rester à l’asile. Qu’est-ce qui est arrivé en chemin ? Le train a déraillé. Le malade a subi un nouveau traumatisme crânien, mais par miracle son cerveau s’est remis en place et il a guéri. La même cause a donc produit deux résultats différents : dans le premier cas elle a déplacé un centre cérébral, dans le second elle l’a remis en place. Par conséquent, quand on traite quelqu’un d’irréfléchi, c’est pour montrer qu’il a perdu quelque chose de précieux. Lorsque le mari tire sa femme par les cheveux, il veut lui dire : « Femme, sors de l’hôpital, tu t’y es suffisamment attardée ! » Parfois la femme agit de même avec son mari. Cela ne montre pas que les gens sont malades, mais que quelque chose en eux n’est pas à sa place ; il faut qu’une personne aguerrie vienne la replacer. Est-il normal que l’homme doute de l’existence de Dieu et du monde spirituel ? Est-il normal de renoncer à ses sentiments ? Ce n’est pas normal. Donc il y a quelque chose qui n’est pas à sa place et Dieu le replace. Comment ? En vous mettant en prison, à l’hôpital, en vous secouant par la tête. Le Christ dit : « Vous êtes la lumière du monde. » Tâchez d’acquérir plus de lumière. Chaque contradiction apporte de la lumière à l’intelligence humaine, comme la poudre prend feu lorsqu’on frotte deux silex l’un contre l’autre. À la résolution de chaque contradiction l’homme se met à raisonner juste. Les gens se mettent à réfléchir lorsqu’ils sont frappés par un malheur. Si une mère perd un fils ou une fille, elle commence à s’intéresser à l’au-delà, à se demander où est parti son enfant bien-aimé. Votre enfant est là où vous avez été il y a cent ans. « Je ne me rappelle rien. » Que tu ne te rappelles rien, ne contredit pas cette vérité. Vous souvenez-vous d’avoir été dans le ventre de votre mère ? Si vous ne vous en souvenez pas, cela ne contredit pas la vérité. Mettez un homme en état de sommeil hypnotique et écoutez le parler : il vous relatera sa vie durant ses quatre ou cinq incarnations passées. Lorsqu’il revient à lui, il oublie tout. Il suffit d’éloigner l’être humain du monde physique, de le sortir de la matière dense pour qu’il se rappelle ses vies passées. S’il replonge dans la matière dense, il oublie tout de nouveau. Le monde physique est un brouillard pour la conscience humaine, qui l’empêche de voir clairement et de se diriger. Le sommeil hypnotique n’est rien d’autre que la dissipation du brouillard et des nuages dans la conscience de l’homme, pour lui faire voir clairement d’où il vient et où il va. « Ville, située sur une montagne. » On ne dit pas une ville située en plaine, mais sur une montagne de Dieu. Dieu est un rocher dans lequel l’être humain a été taillé ; c’est une pensée à comprendre avec précision. Chaque pensée, chaque sentiment peut être compris lorsqu’ils sont mis à leur place, lorsqu’ils sont accueillis au bon moment. L’être humain lui-même, et non seulement ses pensées et ses sentiments, se développe suivant les lois de la nature. Et les enfants de même. Comme le corps physique se développe en premier, l’enfant aime bien manger. Puis se manifeste en lui l’intérêt pour les objets : il les attrape, il les déchire dans le but de les étudier. Lorsqu’il attrape, déchire ou met les objets en morceaux, l’enfant veut dire : « Dieu a jadis pris la matière en mains pour la morceler et créer le monde, je veux aujourd’hui faire de même, mais je n’y arrive pas. » Comme elles ne le comprennent pas, les mères se fâchent contre leurs enfants qui ont déchiré des livres, cassé et abîmé des jouets. Elles ne se rendent pas compte que l’enfant leur montre par mimétisme comment Dieu a créé le monde. Les mères qui se considèrent des femmes modernes du XXème siècle, n’y croient pas. « Ville, posée sur une montagne, ne peut être cachée. » Pourquoi posée sur une montagne ? Pour être éclairée par le Soleil. Cette ville est divine et ne peut pas être mise dans l’ombre. Aucun mensonge, vol ou crime n’est toléré dans la ville divine. Une tête où le mensonge et le vol sont tolérés est aplatie. Pourquoi les humains doivent-ils mentir et voler puisque tout ce que Dieu a créé leur appartient ? Qu’adviendra-t-il du foyer où chaque enfant cherche à assurer ses arrières, à se garder du pain et du fromage pour le lendemain ? Les enfants se prémuniront, mettront de côté le pain et le fromage et ne laisseront rien pour la mère et le père. Et cependant on n’entend que : « Ne sois pas naïf au point de vivre pour les autres, la vie est dure, pense à toi, assure tes arrières. » Si tu n’as pas de père et de mère, cela a du sens de chercher à assurer tes arrières, mais puisque tu as des parents travaille honnêtement et avec amour pour eux et ne pense pas à te prémunir contre quoi que ce soit. Nous devons tous travailler honnêtement et loyalement pour notre Père qui est omniscient, tout-puissant et tout amour. Il demande aux anges : « Que font mes enfants sur Terre ? – Ils se battent, ils se brisent les os, se crèvent les yeux, détruisent les villes et puis se remettent à soigner les os brisés, à mettre des jambes et des bras en bois, etc. – Ce n’est rien, dit Dieu, ils font des essais pour remplacer les os brisés avec des os sains ; ils essaient de créer des membres neufs pour tenter de comprendre la manière dont le monde est créé. » Les gens d’aujourd’hui se créent tout seuls des tourments et des malheurs. Quelqu’un vient vous raconter qu’il a vu votre femme et votre fille fréquenter d’autres hommes. En entendant cela, votre cœur frémit, vous perdez votre bonne disposition et vous vous demandez comment les coincer et quelle punition leur infliger. Quelle est cette personne qui peut inquiéter ainsi les autres ? C’est quelqu’un de semblable à une ville, enlevée de la montagne et descendue dans la vallée, dans un endroit sombre. Tous les animaux se trouvent dans cette situation ; ce sont des humains dégénérés. Vous direz que c’est un enseignement hérétique. Cela se peut mais je maintiens l’idée que les animaux sont des humains dégénérés. Dans mon esprit le mot dégénéré a un tout autre sens. Il y a des cas dans la vie où le simple soldat peut être nommé général et le général peut redevenir un simple soldat. Est-ce un mal ? La différence entre le général et le simple soldat est visible dans la tenue du poste. L’homme dans son développement passe des stades inférieurs aux stades supérieurs : d’une simple cellule il se développe progressivement jusqu’à devenir humain. Un jour le bœuf, l’oiseau et tous les animaux se présenteront devant le Christ sous la forme d’un être humain. Cela peut vous troubler, mais la forme est une limitation qui oblige une créature à penser. La forme tout comme l’Esprit changent pour permettre à l’être humain de progresser. Par les changements qui s’opèrent avec la tête, nous jugeons de l’action de l’Esprit. « Vous êtes la lumière du monde ; une ville posée sur une montagne. » Tous les humains aspirent à entrer dans cette ville, à libérer leur esprit, leur cœur, leur âme de tous les liens et limitations terrestres. Paul évoque justement cet état lorsqu’il relate sa montée au septième ciel où il a vu des choses indicibles en langage humain. C’est difficile de monter au septième ciel ! Les gens d’aujourd’hui montent à peine un petit peu et chutent presqu’aussitôt. Comme ils n’arrivent pas à conserver cette position, ils se mettent à soupirer. Les soupirs sont une profonde inspiration, la respiration quant à elle est une réflexion. Tu respireras et tu penseras tant que ta tête devient une ville posée sur une montagne. La nourriture sous-entend la vie. En te nourrissant, demande-toi si tu vis correctement et si tu mérites la nourriture qui t’es donnée. Celui qui ne comprend pas les lois de la respiration ni de la nutrition est blasé vis-à-vis de l’une comme de l’autre. Il se demande pourquoi Dieu n’a pas créé le monde sans la nécessité pour l’être humain de respirer et de se nourrir. Le monde n’aurait pas pu être créé sur d’autres bases. Chaque chose que nous voyons a sa grande prédestination. Si par exemple les sourcils d’un enfant sont en forme d’arc tourné vers le haut, cela montre qu’il est tonique et gai ; si ses sourcils sont droits, il pense énormément ; s’ils sont tournés vers le bas, il est vieilli prématurément, ressemble à son grand-père, songe à de grandes choses, de grandes idées l’agitent. Ne comprenant pas le caractère de son enfant, la mère est troublée par ses grands discours. Les adultes se manifestent aussi comme les enfants. Lorsqu’il voit quelqu’un avec de grandes idées, Dieu dit : « Quelles grandes idées agitent mon enfant ! » Pour Dieu, les adultes et les vieillards sont de grands enfants. Il demande de temps en temps ce que Ses enfants font sur Terre. Les anges répondent : « Ils bâtissent de grandes maisons. – C’est bien, qu’ils vivent de leur métier. – Parfois, ils se plaignent de leurs locataires, cherchent un avocat pour leur conseiller comment contourner la loi pour les mettre dehors. » Puisque les locataires ont emménagé avant la guerre, ils paient des loyers peu élevés alors que la vie a renchéri ; les propriétaires veulent augmenter le loyer, mais la loi ne le leur permet pas. Les gens doivent s’inventer une nouvelle philosophie pour savoir comment résoudre leurs problèmes. Si quelqu’un vous chasse dehors, vous apprendrez la patience. Si on vous dévalise, vous remercierez qu’on vous soulage d’un poids superflu. Si vous entriez avec votre fardeau dans la mer, vous vous noieriez ; sans votre fardeau vous nagerez plus facilement et vous échapperez à la noyade. C’est dangereux de rentrer avec un fardeau dans l’eau ; c’est encore plus dangereux si vous l’avez attaché solidement à vous : le temps que quelqu’un vienne le détacher et vous libérer, vous aurez déjà coulé au fond. Viendra le temps où les gens voleront selon les règles de l’art : ils détacheront la charge des noyés, les tireront sur le rivage, puis leur rendront leur charge. Celui qui veut les remercier, les remerciera. Voilà les vols à l’avenir : la charge ne sera pas volée, ni l’homme noyé. Un jeune homme est entré dans un magasin et a pris ce qu’il a pu : du beurre, des œufs, du sucre. Il s’est adressé au vendeur en sortant : « J’ai pris ce dont j’avais besoin. Un jour quand je serai riche, je te paierai le tout. » Puis il est vite sorti, en évitant le regard de l’épicier. Il a tout pris à crédit ; remboursera-t-il un jour ? Personne ne le sait. Est-ce que cette personne a dépouillé l’épicier ou est-ce qu’il l’a volé ? Il faut distinguer dépouiller de voler. On dépouille les arbres de leurs fruits. Est-ce du vol ? On va auprès du pommier, on lui prend les pommes en le remerciant d’avoir produit autant de fruit. Le pommier dit que la volonté divine est ainsi, et il remercie de pouvoir offrir ses fruits à son frère. Il l’invite à revenir une autre fois. Considérez de même celui qui vous a dépouillé ; ne vous pressez pas de le signaler à la police, il aura ce qu’il mérite. Qui est juste, qui est pur de tout péché ? Le mal ne réside pas dans le dépouillement, mais dans votre colère, dans les mauvaises paroles et pensées que vous adressez à celui qui vous a dépouillé. Ainsi celui qui se fait dépouiller commet-il un péché plus grand que celui qui l’a fait. Lorsqu’on parle des fautes et des crimes humains, on en vient à parler des coupables de ces crimes. Si les enfants fautent, ce sont les parents qui sont les coupables. Si les parents fautent, ce sont les philosophes les coupables, ceux qui ont perverti l’humanité il y a huit mille ans. Ils doivent rendre des comptes pour leur philosophie qui a perverti les esprits et les cœurs humains. C’est pour cela que le Christ dit : « Si ton œil droit t’entraîne à pécher, arrache-le ; si ta main droite t’entraîne à pécher, coupe là. [1] » Que symbolise la main ? La volonté humaine. Donc, ne garde que la moitié de ta volonté pour l’utiliser pour le bien d’autrui. Utilise une main et un œil pour toi-même, l’autre main et l’autre œil pour autrui. Dans le monde spirituel tu trouveras de nouveau ton œil et ta main. Comment ? Grâce à certaines lois. L’homme a perdu le don de remettre les membres coupés ou arrachés de son corps ; il le possédait jadis. Les gens d’aujourd’hui pensent qu’ils ont des yeux et qu’ils voient. En réalité beaucoup parmi eux regardent sans voir, comme s’ils n’avaient pas d’yeux. Les pharisiens disaient au Christ qu’ils voient tout, qu’ils ne sont pas aveugles, mais le Christ leur a répondu : « Si vous voyez vraiment, vous serez punis pour vos actes ; sinon vous n’êtes pas responsables. » Lorsque vous étudierez la science de l’œil, vous connaîtrez l’homme par les rayonnements qu’il répand. Si le rayon qui sort de l’œil se dirige en haut, l’homme est bon, noble, il a une aspiration au sublime. L’homme dont le rayon de l’œil est dirigé vers le bas a des aspirations inférieures, terrestres, même s’il te regarde droit dans les yeux, le rayon se dirige vers le bas. Lorsque le père parle à son fils et que ce dernier regarde vers le bas, le bâton le sauvera. Si le père sait comment agir envers son fils, il peut facilement lui ouvrir les yeux. Salomon dit : « Le bâton arrache la folie du cœur de l’enfant. [2]» Lorsque le père frappe son enfant indocile avec un bâton, l’enfant s’écrie aussitôt : « Papa, je t’écouterai désormais » Dans le monde divin le mouvement du bâton est juste et harmonieux ; en ce sens les chagrins et les souffrances ne sont rien d’autre que des coups de bâtons divins qui éduquent les humains. Celui qui veut éviter les souffrances doit monter sur une ville, située sur une montagne. Vous direz que les vieux ont vécu leur vie. Tout dépend de l’individu. Si les vieux rechignent à se mettre au travail, c’est au tour des jeunes. Ils doivent appliquer l’enseignement du Christ, préparer des conditions pour la venue du Royaume de Dieu sur Terre. Alors les hommes et les femmes seront libérés des soucis de tickets de rationnement. Ils travailleront et leurs champs donneront du fruit en abondance. Là où est l’amour se trouve l’abondance, chacun peut le vérifier. Que trois personnes fassent l’essai suivant : que l’un d’eux sème cent acres de blé, le second dix acres et le troisième un seul. Si ce dernier met de l’amour dans son travail, la seule acre donnera autant de fruit que les dix acres, travaillés sans amour. Le grain de blé répond à celui qui travaille avec amour ; pour celui qui ne travaille pas avec amour et qui ne pense qu’à la quantité de blé qu’il obtiendra à la fin, le grain de blé se ferme et ne donne rien. Ici s’applique le verset : « la mesure que tu emploies pour les autres est celle que les autres emploieront pour toi. » Les gens d’aujourd’hui ne réussissent pas dans leur travail car ils ne vivent pas dans une ville située sur une montagne. L’individu doué d’intelligence et aimant entre en communion avec le pommier, comprend sa situation et il lui répond de même ; s’il passe à côté, le pommier baisse ses branches et lui propose de prendre autant de fruit qu’il veut. Si vous ne pouvez pas entrer en communion avec lui, il lève ses branches et n’est pas prêt à vous laisser cueillir ses fruits. L’une de mes connaissances me racontait l’épisode suivant : il avait dans son jardin un poirier dont il prenait soin, mais qui ne donnait aucun fruit. Sept ou huit ans ont passé ainsi sans récolte. Un jour, en se promenant dans le jardin, il s’est arrêté devant le poirier et lui a dit : « Écoute, si l’année prochaine tu ne donnes pas de fruits, je te coupe et je te jette. » Quel ne fut pas son étonnement lorsque l’année suivante le poirier a donné du fruit en abondance. De la même façon, Dieu dit aux humains : « Écoutez, si l’année prochaine, vous ne donnez pas de fruit, je vous chasse. » Celui qui prend en compte ces paroles et se met à travailler, donnera du fruit en abondance. Je vois que Dieu frappe à la porte de beaucoup et les invite à travailler. Celui qui est entré dans une ville située sur une montagne travaillera et donnera du fruit. L’individu doué d’intelligence est une ville située sur une montagne et ne peut être caché. Tous rêvent d’une vie raisonnable et vertueuse, et elle adviendra. « Grands sont nos malheurs et nos souffrances. » L’être humain est venu sur terre pour s’instruire. Il apprend par les joies et les souffrances, elles sont inéluctables. Je donnerai un exemple tiré de l’histoire française. Un jeune homme se distinguait par une vie vertueuse. Il faisait toujours du bien, mais on lui répondait toujours par le mal et l’ingratitude. Il a fini par jurer de ne plus jamais faire le bien et il a tenu sa promesse et ceci, parce qu’il s’est retrouvé une fois de plus en prison pour plusieurs années après avoir pourtant fait le bien autour de lui. Un jour, une dispute a éclaté entre les prisonniers, qui s’est terminée par un meurtre. Le jeune homme avait entendu que quelque chose se passait, mais il n’a pas voulu faire le bien en intervenant. Lors de l’enquête, on l’a interrogé pour savoir s’il avait entendu qu’un meurtre avait eu lieu dans la pièce voisine ? – « J’ai tout entendu, mais je ne voulais pas m’en mêler. » Pour sa non-assistance à une personne en danger, le tribunal l’a condamné à la décapitation. Le jour de l’exécution, il a sorti une montre en or et l’a donné au bourreau avec la demande suivante : « Prends cette montre en souvenir de moi, mais manie la hache de sorte de m’achever en une seule fois sans me causer de souffrance. » Le bourreau a pris la montre, a remercié et en regardant le jeune homme s’est dit qu’il était bon et raisonnable et a eu pitié de lui. Lorsqu’il a levé la hache, sa main a tremblé et au lieu d’une seule fois, il s’y est pris à trois fois pour l’achever. Qu’est-ce que cet exemple illustre ? Que ce n’est pas une montre en or qui peut changer le destin de l’homme. Le Christ nous montre aussi que le chemin que suit l’humanité aujourd’hui n’est pas en mesure d’adoucir son destin. Tous les Bulgares veulent savoir ce qu’il adviendra de la Bulgarie. Si l’année prochaine tous les Bulgares donnent du fruit en abondance, leurs affaires iront bien ; s’ils ne donnent rien, leur vie ne s’arrangera pas. Tous doivent être conscients qu’ils sont venus sur Terre pour servir le Seigneur, être serviteurs et non pas maîtres. Le peuple bulgare est l’un des serviteurs du Seigneur. Il a l’âge d’un garçon de quinze à seize ans qui aime sauter par-dessus le mur du foyer paternel. Tous les peuples sont des fils du Seigneur, plus âgés ou plus jeunes, et doivent pour cela vivre entre eux comme des frères. Les Bulgares aussi doivent vivre entre eux comme des frères et renoncer à sauter par-dessus le mur. C’est bien de passer par-dessus, mais par-dessus quel type de mur ? Si on passe par-dessus le mur de la haine, du désamour, du péché, on est sur le droit chemin. Dans un monastère vivaient deux saints. L’un deux se promenant un jour a vu un trou, et dedans un pot plein d’or. Il ne s’est pas arrêté pour réfléchir quoi faire avec l’or, mais il a sauté aussitôt par-dessus le mur du monastère pour échapper à la tentation. L’autre saint a vu son camarade fuir hors du monastère et s’en est étonné. Lorsqu’il est allé à cet endroit et qu’il a vu le pot plein d’or, il a compris. Il s’est dit : « Mon camarade a agi bêtement, je prendrai l’argent et je l’utiliserai à des buts caritatifs. » Il est ensuite parti à Alexandrie où il a bâti des églises, des écoles, des hôpitaux et puis il est revenu au monastère, content de son œuvre. Il s’est tourné vers Dieu en demandant s’Il était content de son travail. Un ange, messager de Dieu, est venu dans son sommeil pour lui dire : « Toutes les églises, écoles et hôpitaux que tu as faits, pèsent moins lourd que le saut de ton camarade par-dessus le mur du monastère. » Ne vous prononcez pas pour critiquer ce que celui-ci ou celui-là a fait. Ne vous mettez pas en colère face à vos enfants, mais agissez envers eux comme Dieu agit envers vous. Ne vous questionnez pas sur ce que ce philosophe-ci ou celui-là a dit, mais écoutez votre voix intérieure. N’imitez pas les autres, mais soyez fidèles à vous-mêmes ; si vous imitez quelqu’un, vous vous retrouvez dans une position risible et sotte. Deux amis vivaient bien et s’aimaient, puis chacun s’est marié. Le premier vivait bien avec sa femme, mais le second était mécontent de la sienne car ils se disputaient sans cesse. Il a demandé à son ami : « Pourquoi vis-tu bien avec ta femme et pas moi ? – Avant de nous marier, a dit son ami, j’ai démembré un chat devant ma bien aimée et elle a pris peur. » Elle avait pensé être tombée sur quelqu’un de mauvais. « Si ce n’est que ça, moi aussi je peux le faire. » Il a pris un chat et l’a démembré devant sa femme. Elle a ri en disant : « C’est trop tard, mon cher, il fallait le faire avant. » Le premier qui a démembré le chat avait sauté par-dessus le mur et n’avait pas donné la possibilité au mal de se répandre. Le second n’avait pas sauté par-dessus le mur et avait admis le mal chez lui ; il était trop tard pour revenir en arrière ensuite. Qu’est-ce qu’on attend de vous ? Vous libérer du doute. Pas par rapport à ce que je vous dis, moi, c’est surtout pour moi qu’il est important de croire ce que je dis. Vous devez croire en Dieu. Si vous ne croyez pas, vous serez de ceux qui croient qu’ils ne croient pas. Il est à mon avis plus compliqué de convaincre les humains de croire qu’ils ne croient pas plutôt que l’inverse. Le croyant sait qu’il est assuré et qu’il vivra plus tranquillement que l’incroyant. Le croyant compte sur ce dont il dispose aujourd’hui ; l’incroyant compte sur des héritages et des testaments. Ne laissez pas d’héritages. Distribuez de votre vivant ce que vous possédez pour aller auprès de Dieu libre, avec des mains propres. Le Christ veut que vous fassiez ce que vous pouvez faire pour quelqu’un dès aujourd’hui sans attendre le lendemain. Quant aux écoles, églises et hôpitaux, laissez les gens libres de s’en occuper. « Vous êtes la lumière du monde ; une ville, située sur une montagne ne peut pas être cachée. » Sofia, 15 septembre 1918 Traduction par Bojidar Borissov [1] « Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi : car il est préférable pour toi que périsse un seul de tes membres, et que ton corps tout entier ne soit pas jeté dans la géhenne. Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi : car il est préférable pour toi que périsse un seul de tes membres et que ton corps tout entier n'aille pas dans la géhenne ». Matthieu 5, 29-30 [2] « Celui qui épargne le bâton n’aime pas son fils, mais qui l'aime se hâte de le châtier. » Proverbes 13, 24
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