Ani

Administrators
  • Compteur de contenus

    394
  • Inscription

  • Dernière visite

À propos de Ani

  • Rang
    Advanced Member

Profile Information

  • Gender
    Not Telling

Visiteurs récents du profil

1 152 visualisations du profil
  1. Les formidables conditions de la Vie « Comme le Père me connaît, je connais aussi le Père, et je donne ma vie pour mes brebis. » Jean 10 :15[1] « Comme le Père me connaît, je connais aussi le Père ». Voici un verset important par sa forme, son contenu et son sens. Pour être compris, ce verset doit être examiné au-delà de la conscience humaine ordinaire. Seul celui qui connait le langage du soleil, de la lumière et de la chaleur, de l’air et de l’eau, de la goutte de rosée et du vent, peut comprendre le sens intime de ce verset. Le langage du soleil est riche, beau et sensé, celui qui le connaît peut pénétrer le sens profond de la vie. Père et fils sont des mots ordinaires, utilisés pour les humains aussi bien que pour les animaux. Le mammifère connaît aussi son père et le père connaît son fils et sa fille. Observez les animaux pour vous en convaincre : si le cheval voit sa fille au milieu d’un groupe d’étalons, il l’en chasse. Certes, les animaux n’ont pas la culture et la compréhension des gens d’aujourd’hui, mais ils sont sensibles à l’ordre divin et ils s’y conforment. Les oiseaux migrateurs connaissent exactement le moment du vol migratoire. L’araignée par exemple a l’art inné de tisser ; même les tisserands les plus avancés ne savent pas tisser un fil aussi fin et aussi résistant qu’elle. On rétorquera que l’homme est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu[2]. Ce verset se rapporte au premier homme et pas à celui qui a péché. On dit que l’homme après la chute originelle est en habit d’esclave, et le Christ qui s’est vu dans cet habit d’esclave a fait preuve d’humilité. Par conséquent, tant qu’il ne fait pas preuve d’humilité et ne connaît pas son Père, l’homme ne peut pas considérer qu’il est à l’image de Dieu. Pourquoi les gens souffrent-ils ? Pour gagner en humilité. Pourquoi les animaux souffrent-ils ? Pour la même raison. Lorsque le bœuf menace d’écorner son maître, ce dernier lui donne quelques coups d’aiguillon pour le calmer. Dieu aussi dresse son aiguillon vers l’homme qui veut écorner, ruer ou mordre. Celui qui écorne et qui donne des ruades passe pour un grand philosophe et un grand critique avec une vision élevée de la vie, mais il finit souvent par se heurter à l’aiguillon. Quelle est la cause des souffrances de nos contemporains ? Les illusions qu’ils nourrissent. Chacun pense ce qui n’est pas, chacun s’imagine les choses comme elles ne sont pas. La mère s’imagine qu’elle est une mère parfaite et si on ne la reconnaît pas, cela la fait souffrir ; le père, la sœur, le frère s’imaginent aussi être meilleurs qu’ils ne le sont en réalité et ils souffrent si on ne reconnaît pas cela. Quelles sont les qualités de la mère et du père, quelle femme appelons-nous mère, quel homme est un père ? La femme est mère et l’homme est père pas seulement dans la forme. Les concepts mère et père cachent en eux un contenu grandiose, un sens grandiose. La mère dit que l’enfant est engendré par elle, qu’elle l’a enfantée et qu’elle est donc mère ; que direz-vous alors du tuyau d’où s’écoule de l’eau, peut-il se dire mère de l’eau ? Par conséquent, tout ce qui découle ou provient de l’être humain n’est pas nécessairement enfanté par lui. Nos contemporains mélangent les concepts de la vie car ils ont perdu le sens profond du langage. Pourtant le Christ dit : « Comme le Père me connaît, je connais aussi le Père, et je donne ma vie pour mes brebis ». Il est dit dans les Écritures : « Le Père aime Son Fils », ce qui signifie : Dieu a insufflé Sa vie dans le Christ et s’est sacrifié à travers lui. Le Christ est un reflet de Dieu, c’est pourquoi Dieu le connaît. Dieu est amour qui se manifeste par le Fils. Le Père connaît l’amour qu’il a insufflé en Son Fils, c’est pourquoi le Christ dit : « Comme le Père me connaît, je connais aussi le Père ». Il ne se peut pas que le Fils méconnaisse l’amour que le Père a insufflé en Lui. Il est dit dans les Écritures : « Dieu a aimé la vérité en l’homme ». Celui qui en prend conscience est porteur de la vérité, il ne chute jamais, il ne trompe jamais. Celui qui aime la vérité vit dans la lumière, alors que celui qui la renie vit dans l’ombre, dans l’obscurité : c’est la cause des erreurs auxquelles nous nous confrontons constamment. Il est impossible de chercher les choses dans l’obscurité et de les trouver, il est impossible de se déplacer dans l’obscurité sans commettre d’erreurs. Dans le monde divin toute chose est à sa place, dans le monde des humains les choses sont désordonnées, c’est pour cette raison que les humains ont perdu le sens de leur vie. Celui qui veut donner du sens à sa vie doit mettre les pensées et les sentiments à leur juste place. Mets tes pensées et tes sentiments dans un rapport mathématique strict et ta vie sera sensée. Cherche le sens de tous les phénomènes dans la nature et dans la vie pour trouver le sens de ta vie. Chaque phénomène a deux côtés : un côté positif ou bon et un côté négatif ou mauvais. Le vent par exemple apporte de la poussière, mais il renouvelle en même temps l’atmosphère et la pensée humaine ; à certains endroits le vent apporte des nuages et de la pluie, mais ailleurs il apportera la sécheresse. L’eau et le vent façonnent le sol, mais ils ne peuvent pas tout seuls faire croître les graines : la lumière et la chaleur doivent leur venir en aide afin que la vie, semée en terre, puisse germer ou se renouveler. La lumière apporte l’aspiration, la chaleur, le mouvement ; la lumière détermine la direction et le but, alors que la chaleur donne la force pour réaliser l’objectif ; la lumière dirige la vie vers le haut d’où elle descend, alors que la chaleur lui donne une impulsion et la dilate. Le Verbe, c’est-à-dire les graines dans la vie, c’est le Christ, car il dit : « Je connais Celui qui me donne la vie et me montre le chemin ; je vois la lumière qui m’indique la direction ; je ressens la chaleur qui me dilate et me dirige vers l’objectif de ma vie. Puisque je connais la lumière, la chaleur et la vie, je connais aussi mon Père ». Le Christ dit encore : « Je donne ma vie pour mes brebis ». Ainsi, le rapport de l’air, de l’eau, de la lumière et de la chaleur aux plantes est comme celui de l’âme du Christ aux humains. Le Christ doit arroser le terreau de notre vie, l’illuminer par sa lumière et sa chaleur pour que le divin ressuscite. Comme l’amour a ressuscité le Christ, de même il ressuscitera chaque âme humaine ; c’est pour cela qu’il est nécessaire de connaître le Père et le Fils. La connaissance implique la compréhension et l’application du grand principe de l’amour qui délivre et ressuscite. Le salut ne viendra ni de l’eau, ni de l’air, ni du sol, mais du soleil de la vie, porteur de lumière et de chaleur. L’eau symbolise l’espérance et l’air, la foi : si tu as de l’eau en toi, tu auras de l’espérance ; si tu as de l’air en toi, tu auras la foi. L’espérance et la foi existent dans le monde, mais les humains ne les ont ni assimilées ni appliquées. La foi développe le mental, et l’espérance développe le cœur. Réjouissez-vous que l’eau coule, que l’air s’agite et engendre les vents car ils incitent les humains à la réflexion et aux sentiments. Pourquoi les épreuves et les souffrances se manifestent-elles ? Pour renforcer la foi, l’espérance et l’amour des êtres humains. Le rapport entre la foi, l’espérance et l’amour est comme celui qui existe entre l’eau, l’air et la lumière. Celui qui veut renforcer la foi, l’espérance et l’amour doit travailler en conscience sur lui-même. Quel lutteur s’est doté d’une grande force sans exercer et développer ses muscles ? Le héros est un homme fort, mais il a travaillé des années durant sur ses muscles ; le philosophe se distingue par un discernement puissant et une pensée subtile car il exerce constamment son cerveau ; l’homme vertueux a un grand cœur car il l’exerce sans relâche. L’eau aussi se purifie après une série de processus : la précipitation, la filtration, l’évaporation. Rien ne s’obtient d’un seul coup et sans effort. Beaucoup rechignent à faire des efforts, mais il faut garder en tête que les choses rationnelles et intelligentes sont en apparence idiotes, et les choses idiotes en apparence sont rationnelles et intelligentes. Lorsqu’on se croit très intelligent, on cesse de travailler et on perd tous ses acquis. Lorsque le riche ne pense qu’à sa richesse et ne compte que sur elle, il s’appauvrit progressivement. Ces gens vont et viennent sans travailler, sans rien produire, ils ressemblent aux bourdons qui entrent et sortent de la ruche en bourdonnant sans apporter la moindre goutte de miel. Dans la ruche divine, il y a aujourd’hui un grand nombre de bourdons que les abeilles éliminent et jettent dehors elles-mêmes. Les bourdons qui survivent, tournent autour de la ruche en faisant du bruit : ils attendent une occasion favorable pour rentrer et goûter du miel tout prêt. Le Christ dit : « Comme le Père me connaît, je connais aussi le Père, et je donne ma vie pour mes brebis ». Que chacun se dise : « Comme mon Père me connaît, je Le connais aussi. » Celui qui connaît son Père, prend la charrue et la bineuse et s’en va labourer et biner. Comme l’enfant fait des mouvements pour trouver sa mère et être allaité, de même l’homme doit lever et abaisser la bineuse dans la terre, sa mère nourricière, pour se sustenter. Lorsque l’enfant a ses dents, il se met à mâcher ; la mère se réjouit qu’il mange du pain et des fruits ; il les mastique avec ses dents sans penser au sacrifice qu’ils font pour lui. Et après les gens se demandent pourquoi des souffrances et des malheurs les frappent ; la réponse est simple : les gens souffrent afin d’apprendre la loi du sacrifice. Les plantes, les fruits et les animaux se sacrifient pour les humains, et les humains doivent se sacrifier pour les créatures qui leur sont supérieures. « Comme le Père me connaît. » La connaissance a un rapport au sacrifice : on ne peut se sacrifier que pour celui que l’on connaît. C’est pour cela que le Christ dit : « Comme le Père se sacrifie pour moi par amour, de même je manifeste Son amour [3]». Le sacrifice est une loi divine qui doit pénétrer l’intelligence et le cœur des êtres humains pour les rendre plus forts. Le sacrifice a un rapport à l’amour, seul celui qui a de l’amour peut se sacrifier. Là où l’amour est absent, la vie perd son sens et l’être humain se repose sur ses semblables et non pas sur Dieu : il cherche la lumière, la chaleur et la force en dehors de lui et non pas dans le principe divin qui est en lui. Le divin se reconnaît au sacrifice et à l’amour. La force de l’être humain est dans l’amour et non dans les paroles. Celui qui parle d’amour sans le manifester est un tonneau vide qui fait du bruit sans rien donner. Des paroles privées de sens et de contenu ne sont que de la publicité commerciale pour promouvoir la marchandise et renchérir son prix. Vous direz que vous aimez le blé, les fruits, les légumes. Qui n’aime pas ce dont il peut recevoir quelque chose ? Tu aimes la pomme et la poire, mais tu les mastiqueras avec tes dents ; tu aimes le blé, mais tu le mettras sous la meule du moulin. On rétorquera que les fruits et le blé se sacrifient pour l’être humain ; oui, ils se sacrifient, mais de force et non pas de leur plein gré. Le sacrifice véritable est libre et de plein gré. Le fruit mûr tombe lui-même de l’arbre et se sacrifie, mais si tu le cueilles avant, tu le violentes ; par conséquent, le sacrifice se fait librement, en son temps et en son heure. « Comme le Père me connaît. » Lorsqu’il est question de connaître le Père, les humains s’attendent à entendre Sa voix, à se voir adresser la parole. Dieu peut parler aux humains, mais ils doivent connaître Son langage, le comprendre, et s’ils ne le comprennent pas, leurs débats sur la capacité du Seigneur à parler aux humains seront vains ! Le Seigneur a parlé et continue de parler, mais il ne s’adresse pas à tout le monde. Si le roi entre dans l’une de ses écuries et flatte son meilleur cheval, ceci démontre qu’il a échangé avec lui : ce cheval peut proclamer qu’il a parlé avec le roi, mais les autres doivent soit le croire sur parole, soit nier cette vérité. C’est ainsi que Dieu a parlé dans le passé, qu’Il parle dans le présent et parlera à l’avenir, mais uniquement à ceux qui ont de l’amour. Là où il n’y a pas d’amour, on n’entend pas la voix de Dieu. Si quelqu’un dit que Dieu lui a parlé, je lui demanderai : « Es-tu prêt à te sacrifier pour Dieu, pour l’humanité, pour ton peuple ? – Je ne suis pas prêt. – Puisque tu n’es pas prêt au sacrifice, Dieu ne peut pas te parler ». Il est impossible que Dieu parle à celui qui n’est pas prêt au sacrifice ; il est impossible que la pierre reste toute la journée au soleil sans se réchauffer : exposés au soleil, la pierre comme le bois se réchauffent. Dieu ne parle à l’être humain qu’à certaines conditions, sous certains rapports, lorsqu’Il le souhaite et non lorsque l’homme l’exige ; Dieu détermine lui-même l’instant pour parler à une âme. Des millions de grains de blé sont stockés dans la grange, mais tous ne seront pas semés : certains seront répandus dans les champs alors que les autres deviendront du pain. Seules les âmes avancées entendront la voix de Dieu et Le connaîtront. Qui est avancé ? Celui qui est fort dans sa pensée, dans son cœur, dans son âme, c’est-à-dire celui qui porte en lui la foi, l’espérance et l’amour. N’est pas fort le mental de celui qui assimile et ingurgite les choses comme le papier buvard absorbe l’eau, sinon, on conclurait que la plaque photographique est forte : il suffit de l’exposer à la lumière pour imprimer les images qui l’entourent, mais ceci est dû à la lumière et non à elle. Le bien provient de la lumière, et l’être humain apporte les conditions de façon à permettre à la lumière de se manifester. L’être humain ressemble à son portrait, mais le portrait n’est pas vivant. Le peintre a bien reproduit votre image, avec les bonnes couleurs, en vous rendant beau, mais ce n’est pas la véritable beauté ; ne vous trompez pas avec les choses extérieures. Beaucoup vivent dans des illusions et ont pour cette raison une compréhension erronée de la vie. Quelqu’un se regarde avec satisfaction dans le miroir et dit : « Je suis bien en chair, en bonne santé, beau et en plus fortuné ! » Ne te trompe pas, ce ne sont que des photographies dans ton cerveau qui peuvent être remplacées par d’autres à tout instant. N’importe quel philosophe ou scientifique peut altérer votre bonheur, il suffit de lire un livre pessimiste pour se dire que la vie n’a pas de sens et perdre son bonheur. Quand l’amour a pénétré profondément l’âme humaine, aucune force au monde ne peut ôter la paix que Dieu y a déposée, aucune force au monde ne peut ôter la lumière de l’intelligence humaine et la chaleur de son cœur : c’est cela vivre dans la réalité. S’il sort de cette réalité, l’homme perd la paix et cherche de l’aide à l’extérieur. La foi est nécessaire à l’être humain : foi en Dieu, foi en autrui et foi en soi-même. « Comme le Père me connaît, je connais aussi le Père ». Ce verset sous-entend des égards d’un Fils pour son Père. Le Fils fait ce que le Père fait ; et le Père fait ce que le Fils fait ; autrement dit, comme le Père a déposé la vie en moi, moi-aussi je peux vivifier les autres. Vous direz que seul le Christ parle ainsi, pas l’homme. Si vous êtes une plaque photographique, c’est vrai, mais si la lumière est à l’extérieur et à l’intérieur de vous, vous agirez aussi comme le Christ. Pourquoi chacun ne peut pas proclamer que comme le Père le connaît, il connaît aussi le Père et qu’il donne sa vie pour ses brebis ? Ne pensez pas que ce soit hardi de se comparer au Christ. Le Christ est venu sur terre pour montrer aux hommes le chemin à emprunter. Grâce au sacrifice du Christ il y a aujourd’hui cinq cents millions de chrétiens que le Christ connaît, pourquoi alors les chrétiens ne connaîtraient-ils pas leur sauveur ? Quel père ne connaît pas aujourd’hui son fils et vice versa ? Quelle jeune fille qui tombe amoureuse d’un jeune homme, n’aime pas aussi son père ? Elle dit à son bien aimé : « Je suis prête à donner ma vie pour toi et te suivre. » Lorsque les amoureux se comprennent et se connaissent, ils connaissent aussi Dieu. Cela se passe chaque jour dans la vie ordinaire, mais s’il est question de la voie spirituelle, tous la craignent. Il y a quelque chose de terrifiant dans la vie, c’est la mâchoire de la mort. Mais l’amour est une grande force qui insuffle joie, gaîté et dynamisme dans l’être humain. L’amour est nécessaire aux contemporains qui diront, emplis de lui : « Comme le Père nous connaît, nous connaissons aussi le Père et nous donnons notre vie pour Ses brebis ». C’est le nouvel enseignement qui donne du sens à la vie et l’affranchit des souffrances et des difficultés inutiles. Pourquoi nos contemporains souffrent-ils ? Parce qu’ils vivent dans des illusions et des leurres qui se brisent chaque jour. Tous sont assujettis à des illusions, ce qui ne signifie pas qu’il faut rester bloqué dessus à longueur de journée. La petite fille joue avec sa poupée et le petit garçon avec son cheval, ce qui ne signifie pas qu’ils doivent renoncer à manger parce que la poupée et le cheval ne peuvent pas manger avec eux. On doit se nourrir, travailler, se développer et les illusions s’estomperont les unes après les autres. On rétorquera que c’est au Seigneur de supprimer les illusions, les difficultés, les souffrances . Supprimer les souffrances, c’est cesser toute activité, toute initiative humaine, c’est impossible ! Tu vivras, tu commettras des erreurs, tu souffriras et tu corrigeras toi-même tes erreurs. Sciemment ou non tu peux briser la jambe de ton frère, mais le Seigneur t’apprendra l’art de soigner des jambes brisées ; tu crèveras l’œil de ton frère, mais le Seigneur t’apprendra à guérir les yeux, à mettre de nouveaux yeux à la place des yeux arrachés ; tu tueras quelqu’un, mais dans une autre vie tu deviendras une mère, tu amasseras le matériel nécessaire pour construire une nouvelle demeure à celui qui a été tué, il sera ton enfant pour que tu apprennes le prix de la vie humaine. Vous étudierez ainsi la loi de l’addition et de la soustraction. « L’accouchement est quelque chose de terrifiant. » Oui, mais vous devez apprendre à bâtir. Plus l’accouchement de la femme est éprouvant, plus grand est le nombre de dettes qu’elle doit payer. Lorsqu’elle enfante, la femme doit se tourner vers Dieu pour demander à apprendre à accomplir Sa Volonté. Pourquoi souffre-t-on ? Pour apprendre quelque chose de nouveau, pour comprendre la volonté divine et l’accomplir. Que font nos contemporains ? S’ils sont joyeux, ils sont satisfaits ; lorsqu’ils souffrent, ils s’insurgent et en cherchent les raisons en dehors d’eux. Quelqu’un est coupable des souffrances des humains, mais qui ? C’est une équation à trois inconnues : la responsabilité peut être en Dieu, en autrui ou en nous-mêmes ; il est important de trouver le principal responsable. En réalité, c’est l’être humain qui porte la responsabilité car il veut que sa poupée ou son petit cheval se nourrissent avec lui. Le fils a commis nombre de crimes, mais la mère veut que la bénédiction divine vienne sur lui ; je dis à la mère : « Femme, ne demande pas ce dont ton fils ne peut pas tirer profit ». Avant que la bénédiction divine ne vienne sur lui, appelle un médecin pour le mettre au lit et l’ausculter : son pied est tordu et doit être remis. Pour certains, c’est le cœur qui est tordu, pour d’autres la pensée : ils doivent être soignés. Quelle plus grande bénédiction que celle d’une guérison d’un membre dans l’organisme humain ! C’est un processus physiologique nécessaire que toute l’humanité affronte. Si votre estomac est indisposé et ne peut digérer la nourriture, il vaut mieux passer quelques jours à jeûner plutôt que de le surcharger de matériaux inutiles, que la nourriture pourrisse en lui et que de nouvelles complications apparaissent. Quand les humains iront-ils mieux ? Lorsque chacun dira : « Comme le Christ me connaît, je le connais aussi, et je donne mon âme pour ses brebis ». Plusieurs se demandent quel est le rapport de ce verset à leur vie, pourquoi est-il nécessaire de connaître Dieu et le Christ ? Ce verset a un rapport à la vie humaine car chacun est une brebis du troupeau divin : Dieu a sacrifié Sa vie pour lui. Il suffit d’assimiler cette pensée pour ressentir la bénédiction divine sur vous. Comme l’énergie solaire ne vous atteint pas directement, mais passe d’abord par l’espace éthérique, de même l’amour de Dieu touche les humains par l’intermédiaire du Christ. L’être humain n’est pas ce qu’il représente en apparence ; vu de l’extérieur, il n’est qu’une pauvre maisonnette. Un jour, il quittera sa maisonnette pour travailler consciemment sur lui-même et se bâtir une nouvelle maison, grande et salubre. Un jour, l’être humain se créera un nouveau corps robuste dont il sera le maître. Mais seul celui qui a été serviteur peut devenir maître. Le Christ a été maître au Ciel, Fils de Dieu, mais il a revêtu l’habit et la condition du serviteur, il a montré ainsi aux humains comment on doit servir. Aujourd’hui encore les humains sont asservis les uns aux autres et se torturent mutuellement, se révoltent et ne savent pas comment s’affranchir de leur condition. Une seule chose est attendue de tous : obéir et connaître Dieu et le Christ. Lorsque vous partirez de l’autre côté, la première question posée sera : « Avez-vous donné votre vie pour les brebis du Christ ? » Ainsi, l’obéissance, la connaissance et le sacrifice sont les premières qualités requises pour l’homme des temps nouveaux. Ce n’est qu’ainsi qu’il arrangera sa vie et entamera le grand objectif de l’existence : l’immortalité. Pourquoi les humains ne réussissent-ils pas dans leur vie ? Parce qu’ils n’aspirent pas à contenter Dieu ; ils veulent se contenter les uns les autres : c’est impossible ! Vous pouvez être polis, attentifs, serviables envers les autres, mais vous ne les contenterez jamais. Si vous rencontrez un homme affamé, rassasiez-le ; si vous rencontrez un homme assoiffé, abreuvez-le ; dans les deux cas n’attendez pas qu’ils vous soient reconnaissants et qu’ils soient contentés : ils auront toujours une raison de se montrer mécontents de vous. Jusqu’à présent Dieu essaie de contenter les humains, mais sans obtenir de résultat. C’est une grande science de pouvoir contenter les humains ; c’est d’abord Dieu qui appliquera cette science et ensuite les humains. On n’a pas encore trouvé quelqu’un qui puisse contenter les humains et obtenir leur reconnaissance. Une mère pense qu’elle a contenté son enfant, mais qu’elle le laisse deux ou trois heures sans le nourrir pour vérifier à quel point il est contenté ! Le mari aussi est content de sa femme lorsqu’il est rassasié ; dès qu’il a faim, il est mécontent. Seule la lumière est fidèle aux humains, elle ne peut pas varier, être lumière ou ténèbres ; la lumière demeure pour toujours de la lumière. Elle révèle les choses comme elles sont, rien n’est occulté devant elle. La lumière a un rapport à la vérité : comme la lumière révèle toutes les choses cachées, de même la vérité touche tous ceux qu’elle approche. La vérité révèle l’être humain dans toute sa nudité. Vous direz que la vérité est terrifiante. Pourquoi ? Parce qu’elle met les humains à nu. En quoi la nudité serait -elle mauvaise ? Penser que la nudité est mauvaise prouve que la pensée humaine est déformée et salie. Chez l’être humain, la nature animale ne peut ni s’éduquer ni s’anoblir ; quelle que soit l’éducation dispensée, cette nature finira par revenir au galop. Un Anglais a trouvé un tigreau quelque part en Inde et l’a pris avec lui pour l’apprivoiser. Un jour, il s’était assoupi alors qu’à ses pieds se tenait le tigre domestiqué qui léchait sans cesse sa main de gratitude. Mais la peau de la main a fini par être écorchée sous la pression de la langue râpeuse de l’animal. L’odeur du sang a réveillé l’instinct sauvage du tigre, et il s’apprêtait à se jeter sur son maître. C’est alors qu’un domestique est entré dans la pièce et l’a sauvé d’une mort certaine. Une nouvelle éducation, une nouvelle naissance sont nécessaires pour infléchir la nature animale de l’homme. S’il ne travaille pas consciemment sur lui-même, l’être humain se heurte constamment aux manifestations indésirables de sa nature qui anéantissent le bon et le beau en lui. Souvent, même en cas de bonnes dispositions générales, une pensée négative peut s’emparer de l’homme et le torturer, le paralyser. Si un état négatif s’empare de vous, tournez-vous en pensée vers le Christ, sans lui parler il changera votre état : la lumière vous rend visite sans même la solliciter, il suffit de s’ouvrir à elle pour être éclairé, illuminé. Il est dit dans les Écritures que trop de paroles mènent au péché. Certains religieux croient qu’ils peuvent arranger leurs affaires uniquement par la prière : ce n’est pas vrai. Si tu veux arranger tes affaires, couche-toi sur le sol chaud et dirige ton regard là d’où vient la lumière. Lorsque la terre est froide, tourne le dos vers le soleil et le regard vers la terre. Dans la haute société, beaucoup de personnes sont riches, érudites et en bonne santé car elles exposent leur dos au soleil pour profiter de sa lumière et de sa chaleur ; les religieux qui se croient reliés au Christ, ne se réchauffent pas au soleil, et c’est pourquoi ils s’appauvrissent progressivement. C’est une loi : si on veut être riche, érudit et en bonne santé, il faut exposer son dos au soleil ; on connaîtra ainsi Dieu et le Christ. Si on est en colère ou haineux, il faut exposer son dos au soleil et diriger son regard vers la terre : elle ôtera le poison qui s’est instillé dans le sang. Le soleil et la terre sont les meilleurs médecins et professeurs des humains. Quelqu’un veut que Dieu lui parle ; avant de parler aux humains, Il a parlé à la terre, leur mère. Votre mère est douce et belle, mais ne la connaissant pas, vous la trouvez noire et grossière. La terre est noire et grossière car elle travaille constamment pour ses enfants, elle prend soin des petites herbes, des plantes et des arbres, de toutes les créatures vivantes qui rampent sur elle. Une mère ne fait-elle pas de même ? Elle travaille à longueur de journée pour ses enfants, pour les élever et les nourrir, ses mains sont noires et grossières, mais elle lève et abaisse la binette. Sa fille reste à l’ombre de la maison avec son visage blanc et ses mains douces, mais en fin de compte c’est l’âme de la mère qui s’embellit et s’anoblit alors que l’âme de la fille reste grossière et inculte. On rencontre souvent des gens éduqués, chrétiens, avec des visages et des mains blancs et doux, avec un air pieux, mais seulement en apparence : leurs actes ne sont pas pieux. À l’opposé, on croise un paysan grossier, le visage hâlé, mais noble par l’âme. Il a bu plus que de raison, il a du mal à se tenir debout, mais dès qu’il croise quelqu’un de respectable, il se reprend aussitôt et dit : « Excuse-moi, mon frère, je me suis enivré comme un âne ». Il veut signifier ainsi qu’il a fait quelque chose qui déroge aux lois divines. En réalité, il n’a pas bu comme un âne car l’âne ne boit que de l’eau claire ; l’expression ivre comme un âne symbolise l’une des qualités de l’âne : sa sincérité. On est enclin à la sincérité et à la vérité uniquement lorsqu’on s’est enivré ! Si on est sobre, on réfléchit, on pèse ses mots, on les filtre, afin de surnager au-dessus de tout le reste comme l’huile dans l’eau. « Comme le Père me connaît, je connais aussi le Père, et je donne ma vie pour mes brebis. » Viendra le jour où tous connaîtront leur Père et seront prêts à dire la vérité et à donner leur vie pour Ses brebis : voilà ce qu’est le rapport d’un Fils envers son Père et du Père envers le Fils. Le Seigneur est grand, car Il a le premier donné Sa vie pour Ses enfants : il s’est occupé d’eux et s’en occupe encore inlassablement sans rien exiger en retour. Les humains n’ont qu’une seule obligation envers leur Père : accomplir Sa volonté. Sinon, Il ne les juge pas, mais cherche à en comprendre les raisons et à les aider. Il voit l’impuissance humaine et ne la juge pas, mais Il l’éduque et l’instruit. En quoi les manifestations humaines se distinguent-elles des manifestations divines ? Les premières sont dénuées de vérité et d’amour et les secondes sont emplies de vérité et d’amour. Le divin fait rayonner la lumière et la joie. Si elle entre en l’homme, cette lumière se manifeste en tant qu’intelligence. Tout dans le monde tourne autour de la lumière, elle est l’objectif ultime de l’existence : que l’être humain fusionne avec la lumière qui émane de Dieu, c’est cela le sens de la vie. Peu acquièrent cette lumière. Le Christ portait la lumière divine en lui et l’a manifestée comme sagesse et connaissance. Il est venu parmi les humains pour leur montrer comment vivre, comment atteindre l’idéal de leur âme. Il a traversé des souffrances que personne n’a connues jusqu’à maintenant. Les humains ont connu et connaissent des souffrances diverses, grandes ou petites, mais n’ont pas encore connu les souffrances du Christ ; c’est pour cette raison que le Christ demeure au-dessus de tous les humains. L’être humain descendra de nombreuses fois sur terre jusqu’à ce qu’il acquière la lumière qui l’amènera auprès de Dieu. En s’incarnant et en se réincarnant, en travaillant consciemment sur lui, l’être humain sculpte son visage jusqu’à ce qu’il puisse se présenter devant Dieu comme un tableau parfaitement achevé. Beaucoup de défauts, beaucoup de traits mal dégrossis forment le visage de l’être humain, mais il doit travailler et avancer. Chacun doit se dire : « Comme je connais le Père, Il me connaît ; comme je L’aime, Il m’aime ; comme Il se sacrifie pour moi, je me sacrifie pour Lui ». Si vous le dites ainsi, vous pourrez démarrer le travail doucement et calmement sans vous décourager. Celui qui se presse et désire obtenir vite les choses, ne fait que se décourager : les affaires précipitées n’amènent pas de bons résultats. Un jeune homme a rendu visite à un Allemand, professeur émérite de philosophie, pour se faire recommander un cours accéléré lui permettant d’apprendre la philosophie. Le professeur lui a dit après une courte réflexion : « Lorsque Dieu veut créer une courge, cela prend six mois et lorsqu’il veut créer un chêne, cela prend des dizaines d’années. Si tu veux être une courge, tu dois suivre un cours de philosophie de six mois ; si tu veux être un chêne, tu t’instruiras durant des dizaines d’années ». Par conséquent, si vous voulez mener une vie chrétienne avec les exigences de la courge, vous travaillerez peu de temps sur vous ; si vous vivez avec les exigences du chêne, vous travaillerez consciemment sur vous des dizaines d’années ; si vous voulez vous perfectionner et vous purifier comme un diamant, vous travaillerez encore plus. Un travail considérable incombe à l’homme pour harmoniser sa pensée, son cœur et sa volonté. Le regard et les mouvements de l’être humain doivent être harmonieux ; il influence ainsi ses proches et les élève. Comme les mouvements harmonieux influencent les humains et les élèvent, de même les mouvement disharmonieux les influencent et altèrent leur humeur. Soyez attentifs envers vous et vos proches. Comme la lumière solaire passe à travers les fenêtres des maisons, de même la lumière divine doit pénétrer par les yeux de l’être humain et éclairer son chemin. Il suffit qu’une bougie éclaire votre chemin pour voir où vous allez : la lumière est un prêche vivant dont tout le monde a besoin. Pourquoi prêcher aux humains ? C’est une nécessité pour celui qui prêche et pour ceux auxquels il prêche. Pourquoi la mère doit-elle enfanter ? C’est une nécessité pour elle et pour ses proches. C’est nécessaire autant qu’il est nécessaire à l’homme de manger, de boire, de respirer, de penser, de sentir et d’agir. Prêcher aux humains, c’est donner la possibilité à Dieu de se manifester en tant que lumière et chaleur pour éclairer leur chemin et les réchauffer. Ne peut-on pas se passer des prêches ? Non. On prêche aux humains de différentes façons : par les mots et par le silence, par la lumière, la chaleur et l’air. La nature est souvent silencieuse, taiseuse, mais l’être humain reçoit ses vibrations sans aucune difficulté. Un discernement éclairé est nécessaire à l’homme pour accueillir l’amour sans haine, la vérité sans mensonge, la sagesse sans bêtise. C’est cela connaître son Père et dire comme le Christ : « Comme le Père me connaît, je connais aussi le Père, et je donne ma vie pour mes brebis. ». Que représentent les brebis mentionnés par le Christ ? Ce sont des âmes divines qui passent par un processus de développement. Elles sont comparées aux brebis et pas aux chèvres, car les premières sont dociles et nullement farouches, prêtes au sacrifice volontaire. Tous les animaux, les plantes, les insectes, les papillons sont les symboles de quelque chose de divin. Le papillon par exemple avec ses belles couleurs est porteur du divin : Dieu parle à travers lui. La nature est vivante, Dieu parle à travers elle et instruit les humains. Voyez comment le papillon se nourrit : il prélève du nectar sucré des fleurs et montre aux humains une façon de se nourrir plus pure que la leur. Celui qui veut se protéger des erreurs et des crimes, qu’il étudie la vie des papillons ; étudiez leurs couleurs, leurs parures pour comprendre la grande philosophie qu’ils recèlent. Le livre de la vie est grandiose, son langage aussi : chaque herbe, chaque petit insecte est une lettre de ce langage. Assemblez les lettres de la nature en syllabes, les syllabes en mots, les mots en phrases pour composer les grandes pensées de la vie. Mettez l’amour et la sagesse comme fondement de la vie éternelle, et la vérité comme lumière. C’est la seule façon de connaître votre Père et de donner votre vie pour Ses brebis. C’est la seule façon d’assimiler et d’appliquer l’enseignement du Christ dont l’écho se propage dans toute la nature, la vivifie et l’anime. Je vous souhaite de connaître Dieu et le Christ et de mettre à profit l’avenir lumineux qui vous attend Sofia, 12 janvier 1919 Traduit par Bojidar Borissov [1] Tous les textes bibliques, cités en début de causerie sont en conformité avec l’édition viennoise de la Bible de 1885 dont s’est servi le Maître Beinsa Duno [2] Gn 1, 26 [3] « Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés ; demeurez dans mon amour. » (Jean 15, 9)
  2. La Foi « Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l'espérance, l’amour. » Corinthiens 13 :13 Ma causerie d’aujourd’hui portera sur le deuxième principe de la vie de l’homme : la foi. Je m’arrête sur le mot foi car nous n’en avons pas de meilleur que lui. Je le prends au sens le plus large possible et je fais une distinction entre foi et croyance. Il n’y a pas de contradictions dans la foi, elle exclut toute possibilité de doute. Alors que les croyances laissent une place au doute : tu peux croire que tu deviendras bon, mais tu peux croire que tu deviendras mauvais ; tu peux croire que tu vivras, mais tu peux croire que tu mourras. Aujourd’hui les humains s’élèvent, souffrent et meurent pour des croyances, le monde est plein de croyances. Tous les savants et tous les religieux travaillent sur les croyances, mais cette croyance n’a apporté ni le salut, ni la liberté, ni le savoir, ni l’amour que nous attendons, car c’est une croyance. Je ne dis pas que la croyance est mauvaise en soi, mais qu’elle n’est qu’un préambule à la foi. J’aborderai la foi à travers quatre points de vue, à savoir : je l’examinerai en tant qu’élan inconscient du cœur, en tant que sentiment conscient de l’âme, en tant qu’une force de soi-conscience dans l’intelligence et en tant que principe de super-conscience dans l’esprit ; ou dit de façon savante, comme un élan dans l’inconscient, comme un sentiment dans la conscience, comme une force dans la soi-conscience et comme un principe dans la super conscience. Retenez ces rapports. J’aborderai cette question dans le principe, je ne vise pas à défendre une cause limitée ou un enseignement borné, mon but est de dire la vérité comme elle est. La foi est un principe de l’intelligence humaine, donc le commencement de l’intelligence humaine est la foi, ou autrement dit, l’intelligence est fondée sur la foi. La foi lie l’intelligence humaine à l’harmonie dans la nature et lui donne un élan pour se développer et étudier les lois de l’existence. Maintenant, en m’écoutant, ayez la gentillesse de laisser de côté ne serait-ce qu’une heure tous vos préjugés ; ne les jetez pas, mais déposez le sac à dos avec vos croyances et vos égarements pour vous alléger lorsque vous m’écouterez ; et mettez-le de nouveau sur votre dos, je n’ai rien contre cela, puis repartez. Sinon, vous ressemblerez à ce Bulgare qui avait été rejoint en chemin par un charretier. En voyant le lourd bagage du voyageur, celui-ci lui a proposé de monter dans sa charrette. Le voyageur s’est installé, mais sans enlever le sac de ses épaules. « Pose ton sac, mon ami, pose-le dans la charrette, lui a dit le charretier. – Je ne veux pas te déranger, a répondu le voyageur. – C’est toi que tu déranges, pas moi. Je souhaite que ce fardeau quitte ton dos. Je t’ai accueilli toi et ton fardeau, pour que vous vous reposiez tous les deux, il y a assez de place dans la charrette pour vous deux. » Lorsque nous montons dans la voiture divine, nous devons déposer notre fardeau et souffler. Par conséquent, celui qui, parmi vous, veut avoir une intelligence éclairée dans quelque domaine que ce soit et qui veut explorer la nature, doit aspirer à entrer en lien avec la nature vivante, et doit avoir la foi. Je ne suis pas de ceux qui prétendent qu’il faut se développer et tendre dans une seule direction. Du point de vue philosophique, toutes les directions convergent vers une seule qui est la vérité. Nous devons donc tendre vers toutes les directions, car du point de vue de la foi elles sont toutes bonnes. Peut-être que dans certaines directions on se heurtera à des souffrances, mais celles-ci sont un moyen de se redresser. Lorsque ces souffrances viennent sur nous, elles montrent que nous avons transgressé les lois divines dans le passé, les accords du monde divin, et que cette transgression a engendré le mal dans le monde d’aujourd’hui. Et comme nous ne le comprenons pas, nous nous demandons sans cesse d’où provient ce mal. Si vous sectionnez un fil électrique branché en permanence sur le secteur, et que vous l’attrapez à mains nues, savez-vous ce qui vous arrivera ? Ce fil électrique est inoffensif tant qu’il reste là tranquillement, mais si vous le sectionnez, il devient dangereux. Si vous vous tenez sur le conduit d’une canalisation, vous êtes en sécurité, mais s’il vous prend de percer un trou pour voir ce qu’il y a dans le conduit, vous allez en pâtir et vous devrez vous enfuir aussitôt. Pourquoi ? Parce que vous avez percé le conduit, l’eau jaillira et vous emportera. Nos contemporains sont bien curieux : comme les petits enfants ils ont des pointes avec eux et disent : « Allons percer le tuyau », et lorsque le danger se présente, ils disent : « Sauvons-nous maintenant ». Un chimiste se tient dans son laboratoire, il tient un bécher et fait des expériences ; le bécher éclate, le liquide se répand, le chimiste se sauve, tout s’écroule ; je dis : ce chimiste a percé le tuyau. Ce n’est pas la seule façon d’explorer, il en existe une autre. Lorsque vous voulez tonifier votre esprit, le purifier, il faut impérativement insuffler en vous la foi. Quelqu’un peut rétorquer : « On n’obtient rien par la foi ! » Tout s’obtient par la foi et rien ne se fait sans la foi. Tant que vous aurez la foi, votre esprit sera sain, puissant, génial et pourra tout accomplir ; dès que vous délaisserez la foi, il se dédoublera, se fissurera, et vous serez perdus. Savez-vous ce qui arrive à ces gens ? Ils commencent un travail et au bout d’une heure ils désespèrent, le travail n’avance pas ; la foi revient et ils se remettent au travail pendant une heure, puis ils le délaissent de nouveau. Ainsi dans le monde, les uns travaillent alors que les autres se prélassent dans les cafés, se tournent les pouces, et ne travaillent pas : ils ont perdu leur foi. Que faire avec ces gens-là ? Insufflez la foi dans leurs esprits et ils seront sauvés. Je vais vous relater un conte occulte que vous devez toujours avoir en tête lorsque vous méditez sur la foi. Il y avait dans les temps anciens un fils de roi qui était tombé amoureux d’une servante. Elle était très intelligente et très belle. Il a décidé de l’épouser. La jeune fille s’est réjouie en se disant : « Maintenant ma vie prend sens, cet héritier royal me donnera tout ce dont j’ai rêvé ». Elle s’imaginait occuper un splendide palais avec une multitude de chambres où elle serait servie par les dames de la cour. Il lui a en effet construit un grand palais, lui a promis tout ce dont elle rêvait, mais une fois mariés, il lui a dit : « Je te demande de n’avoir aucune servante dans mon palais pour éviter de me rappeler tes origines modestes : tu vas tout nettoyer et tout ranger toi-même ». Lorsque la foi fait irruption dans l’esprit humain, il te dira : « Je ne veux pas de servantes dans mon palais ». Qui sont ces servantes ? Par exemple vous ne connaissez pas quelque chose et vous vous dites : « Voyons ce qu’un tel a dit à ce sujet, par exemple Kant ». Kant est aussi un être humain comme toi, il a peut-être exprimé de belles pensées, mais il ne faut pas s’en remettre à lui. Que dit Kant dans son ouvrage Critique de la raison pure ? Il dit que les choses en soi sont inatteignables : c’est vrai à cinquante pour cent. Pour celui qui a de la foi, tout dans le monde est accessible. Par conséquent, c’est la foi qui détermine si les choses sont atteignables ou non. La foi englobe le temps, et le temps est un processus de l’intelligence divine, le temps est le rythme de l’harmonie divine. La foi détermine les rapports entre les tonalités, les accords à l’intérieur de cette harmonie divine. Elle détermine aussi les rapports entre nos pensées ; chaque pensée est une tonalité dans notre esprit et si nous avons la foi, toutes nos pensées formeront une harmonie divine grandiose. Ainsi, la foi doit commencer à partir de votre cœur, c’est-à-dire de votre inconscient ; il faut y mettre ce rayon lumineux de l’élan intelligent. Lorsque tu te couches le soir, mets dans ton esprit l’idée suivante : « La foi dans laquelle je demeure apportera l’harmonie divine dans les aspirations de mon cœur ». Couche toi avec cette pensée, pleinement confiant en ton inconscient ; ne philosophe pas, ne pense pas aux conséquences. Lorsque tu planteras un grain de blé dans le sol, ne réfléchis pas comment il germera : il fera tout seul son travail. Si tu t’assieds à côté à te demander comment il poussera, et s’il poussera ou non, si tu te mets à le déterrer, puis l’enterrer de nouveau, tu vas l’abîmer, l’entraver, empêcher son développement. Certaines personnes recueillent ainsi une pensée divine, mais elles se mettent à se demander si elle est divine ou non ; laissez-la se développer dans votre conscience. Tant qu’une pensée ne se développe pas, ne croît pas, ne fleurit pas et ne donne pas de fruit qui puisse mûrir, n’y touchez pas ; on ne peut pas jusque-là déterminer si elle est divine ou non, on ne peut pas deviner la vérité divine qui est déposée en elle, c’est pourquoi il faut du temps. Le temps est l’expression de la vérité, il n’y a pas de vérité s’il n’y a pas de temps. Le mensonge contracte toujours le temps. Tous ceux qui empruntent de l’argent à la banque sur des délais très courts ne réussissent pas ; ils changent leurs polices tous les trois mois, mais il est plus avantageux que celles-ci s’étendent sur une durée plus longue. Dans la pensée scientifique moderne, tous les enseignements ont des délais courts. Nous ne croyons pas aux délais courts, mais seulement aux délais longs. Nous considérons le délai long comme un mouvement circulaire de l’énergie à l’intérieur de l’âme. La foi se manifeste aussi en tant que sentiment dans la conscience : c’est sentir que ta pensée n’est pas une pensée tant qu’elle ne se projette pas dans le monde matériel. Cette pensée doit avoir une forme juste, car la pensée juste n’est rien de plus qu’une La troisième manifestation de la foi est la force de la pensée. Votre pensée doit être puissante, il doit y avoir en elle un mouvement et une dilatation, elle doit être productive et faciliter le travail. Vous pouvez éprouver la force de votre pensée : si votre pensée est juste, si elle est en harmonie à tous les points de vue, c’est-à-dire si elle a une aspiration juste dans le cœur, des sentiments justes dans l’âme, une dilatation juste dans l’intelligence, alors, si vous avez n’importe quelle blessure sur la main, et si vous vous concentrez sur elle, cinq à dix minutes ou deux heures suivant la blessure, elle guérira. En ce moment, toutes les catastrophes dans les sociétés comme dans la sphère politique ou scientifique sont dues à ce dérèglement de notre intelligence qui ne met pas la foi comme fondement dans la vie : nous ne vivons qu’avec des croyances ! D’où viennent toutes les catastrophes dans le monde ? De ce que nous doutons de l’existence de Dieu, de la grande loi de l’amour en déclarant que Dieu n’est pas amour et que l’homme est un loup pour l’homme. Or, ce « loup » a été créé par Dieu. Quelle philosophie, quel sens revêt la vie lorsque nous appelons « loup » la chose la plus sublime dans le monde ? Le loup est la négation de l’amour, la négation de la foi. Par conséquent, chacun peut devenir loup : lorsque vous perdez votre amour vous devenez un loup, un ours, un tigre ou un renard, car ces animaux sauvages sont les traits négatifs de la grande vertu que nous appelons amour. La foi quant à elle détermine pourquoi nous souffrons. Je dis : « Tu as perdu ton amour, tu es donc un loup. – Comment me corriger ? – Lorsque tu insuffleras l’amour dans ton cœur, il insufflera la foi et tu te redresseras, tu seras un ange pour servir dans le monde divin. » Armez votre intelligence de foi et non de croyances car les croyances sont religieuses, païennes, ce sont des systèmes bâtis sur les résultats du vécu passé. Les religions contemporaines sont des tentatives en vue de redresser l’humanité ; je ne les condamne pas, je dis simplement que toutes les religions aspirent à secourir l’humanité. Et tous les grands Maîtres viennent parmi les humains pour les redresser, pour les aider car ils sont serviteurs de la grande loi divine. Mais leurs disciples ont déformé cette loi, ils se sont arrêtés uniquement sur son côté extérieur, ils ont altéré la vie, et c’est ainsi qu’ils ont engendré les croyances. Un médecin vient et te dit : « Crois-moi, je t’aiderai » ; il s’y attèle : une injection aujourd’hui, une autre demain, tu dépenses beaucoup d’argent, mais rien ne te soulage ; le curé vient alors pour l’oraison funèbre. Non, il ne faut pas croire de tels médecins, il ne faut croire que celui qui porte l’amour en tant que principe. Si le médecin ou ton ami porte le principe de l’amour en lui, accueille-le, sinon ferme lui la porte : qu’il soit enseignant, prêtre ou médecin, ne l’accueille pas, qu’il reste dehors. Les Écritures disent : « On ne peut pas plaire à Dieu sans la foi »[1]. Je traduis ces paroles ainsi : sans intelligence, sans sagesse, on ne peut pas plaire à Dieu. Quels enfants comblent leurs parents ? Les enfants sages et intelligents n’est-ce pas ? Un enfant bête et espiègle ne comble pas ses parents. Celui qui insuffle joie et gaîté est intelligent. Les fils et les filles intelligents, les amis, les enseignants, les prêtres intelligents, ce sont les représentants de la foi. Maintenant, si tu demandes s’il y a une vie après la mort, les gens en doutent et disent : « Qui sait, la science ne l’a pas encore démontré ». Mais qui est plus avancé, nous ou la science ? Qui a créé la science, c’est elle qui nous a créés ou bien c’est nous qui l’avons créée ? Nous sommes comme les anciens peuples païens qui se créaient une image à leur ressemblance, tombaient à genoux devant leur idole Baal et l’imploraient : « Montre-nous le chemin de la vérité ». Ainsi nous aussi, depuis huit mille ans nous prions la science de nous montrer où est la vérité ; elle ne nous montrera rien du tout. Il y a une science sur laquelle compter, c’est la science divine, la science de l’esprit humain, de l’amour, dont la foi est le deuxième principe. C’est une science immuable, c’est-à-dire qui ne varie pas. La science contemporaine est humaine, c’est une science de croyances, d’hypothèses, alors que dans la science de la foi tout est parfaitement et mathématiquement défini : tout y est bien prévu comme dans la technique, comme dans l’organisme humain. Nous disons que l’estomac n’est pas intelligent, qu’il travaille de façon purement mécanique ; non, c’est un excellent chimiste, lorsque vous lui donnez de bonnes conditions, il travaille bien mieux que nos chimistes actuels. Il absorbe de la nourriture non digérée, non traitée, et secrète aussi les sucs adéquats pour la digérer et la dégrader ; quelques heures après, la nourriture digérée passe dans les intestins pour qu’ils en retiennent ce qu’il leur faut, après quoi elle est diffusée par le sang dans tout l’organisme. Les poumons ne sont pas un simple soufflet comme certains le prétendent : ils travaillent suivant des lois ; le cerveau aussi sait bien faire son travail. Alors que nous qui nous considérons intelligents et éveillés, nous faisons toutes sortes de sottises : le mari qui ne sait pas raisonner sa femme, la roue de coups ; l’enseignant qui ne sait pas corriger son élève, le chasse de l’école ; le prêtre qui ne sait pas mener ses ouailles les excommunie et les déclare hérétiques ; le pays qui ne sait pas corriger certains citoyens les envoie en prison ou à la potence ; de nos jours, tous les pays font des établissements spécialisés pour les citoyens qui ont transgressé les lois. Ces établissements sont ceux de votre bêtise et vous serez jugés pour cela ; c’est ce qui est écrit là-haut dans le monde invisible. Ce sont des polices d’assurance qu’il faudra payer un jour ; les ministres et les gouverneurs ne doivent pas penser qu’ils ne répondront pas des centaines et des milliers de personnes qu’ils ont enfermées en prison. Non, le ciel et la terre disparaîtront, mais aucun trait de la loi ne changera avant que tout ne soit revenu dans son état initial. Cela était comme ça depuis des temps immémoriaux, pas seulement en Bulgarie, mais partout. Lorsque je parle de la fin du monde, j’entends la fin de vos bêtises et le début de l’harmonie divine dans le monde, de cette pensée grandiose dont il est question. Et lorsque nous nous croiserons, nous ne demanderons pas : « Es-tu un loup ou non ? » Je dis : essayez mes griffes, essayez mes crocs ; si j’en ai je suis un loup, sinon je ne suis pas un loup. Cette foi, le noble et le raisonnable dans l’homme ne permet d’avoir ni crocs ni griffes. Les griffes, ce sont les fausses mathématiques. Lorsque le loup perd son amour et ne peut pas élargir sa pensée, il se poste au bord du chemin et attend qu’une brebis passe pour l’attraper et la manger. Pourquoi agit-il ainsi ? Il dit : « Comme vous, Messieurs, vous avez le droit d’acheter des conserves dans vos boutiques, moi aussi j’ai le droit d’acheter une conserve de la boutique divine, alors j’ouvre le couvercle et je la mange ». Mais il est interdit de manger des conserves dans le monde divin, il n’y a là aucune conserve. Selon la loi divine, le loup doit dire à la brebis qu’il croise : « J’ai très faim, peux-tu selon la loi de l’amour te sacrifier pour moi ? » Si la brebis est d’accord, il peut la manger ; si elle n’est pas d’accord, il attendra que passe une deuxième, une troisième jusqu’à ce que l’une d’elles consente à se sacrifier ; si aucune brebis n’y consent, alors il mangera des racines. C’est ainsi que le loup a vécu jadis, je vous le démontrerai, ce n’est pas une vue de l’esprit, mais une grande loi. Lorsque le loup reste sept ou huit jours sans manger, il se dit : « Comme je suis bête ! Je me nourrissais différemment autrefois » ; alors il va dans la forêt et mange des racines. S’il n’avait jamais fait cela avant, comment cela lui serait-il venu à l’esprit ? Il a donc déjà vécu dans d’autres conditions. Nous, les gens d’aujourd’hui, le Seigneur doit nous laisser ainsi affamés une dizaine de jours pour nous enseigner qu’on peut vivre différemment : nous irons dans la forêt, nous déterrerons des racines sucrées et nous nous nourrirons ; on peut vivre comme ça aussi. Les médecins actuels nous expliqueront quelles substances se trouvent dans les conserves, quels éléments sont nécessaires pour notre organisme et avec quel type de nourriture les obtenir ; je ne suis pas contre cela, mais ce n’est pas une culture. Ayez en tête que toute nourriture organique que vous utilisez, aussi pure soit-elle, contient toujours des poisons et provoque des dépôts. Il n’y a pas de créature qui ne meure pas si elle se nourrit de nourriture organique ; l’homme aussi meurt depuis qu’il a commencé à se nourrir ainsi, car dans chaque substance organique il y a une polarisation pure et impure. Observez comment le chat mange les souris : il attrape une souris et l’avale entièrement ; mais si le chat qui est tellement propret mangeait comme il faut, il vivrait bien plus longtemps. Il dit : « Selon notre science, je ne peux pas perdre de temps, me retarder, j’ai faim donc je t’avale entièrement ». De même, le mari rentre du travail et dit à sa femme : « Vite, j’ai faim », et si le repas n’est pas prêt, elle n’a qu’à bien se tenir ! Ce n’est pas une science. Nous devons commencer par ces choses de base. Il vous reste maintenant à connaître la foi en tant que principe pour comprendre cette manifestation qui résout toutes les contradictions dans la vie. Je vous montrerai comment naissent les contradictions : par exemple deux jeunes gens s’aiment ; lorsque l’amour se manifeste en tant que principe, tous deux sont prêts à s’enfuir de chez eux ; je dis : quels héros ces deux-là ! Lorsque leur premier enfant nait et que la mère se met à l’allaiter, elle voit que les conditions autour d’eux ne sont pas favorables et leur amour commence à tiédir. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas compris l’amour dans toutes ses déclinaisons, dans son essence ; il doit se maintenir avec intelligence. Lorsqu’un oiseau fait son nid dans les branches des arbres, il choisit ceux qui sont protégés des orages et même du vent le plus faible, et il le construit ainsi, même avec plus d’intelligence qu’un ingénieur : il saisit où sont les conditions favorables pour construire son nid et c’est là qu’il couve ses œufs. Alors que les gens d’aujourd’hui disent : « Nous pouvons nous en sortir sans nid, nous pouvons couver nos œufs même sans aucune condition favorable ». Et c’est vrai, ils pondent leurs œufs, les couvent, mais ensuite ils les laissent à l’orphelinat : c’est la culture du coucou qui pond toujours ses œufs dans les nids des autres. Il y a beaucoup de coucous, de surcroît très intelligents, qui pondent leurs œufs dans les nids des autres. Demandez à un naturaliste comment le coucou a eu l’idée de pondre ses œufs dans les nids des autres ; quelqu’un dira que le Seigneur en a décidé ainsi. Non, le Seigneur n’a pas ordonné cela. Savez-vous le mode opératoire du coucou ? Il choisit les nids des oiseaux plus faibles de façon que le petit coucou qui naît, étant le plus fort, jette les autres oisillons hors du nid. Vous agissez de même avec vos idées. Comprenez maintenant ce que signifie ce coucou. Si tu accueilles une pensée divine, mais si elle ne t’enseigne pas la manière de te mettre en harmonie avec la loi divine dans la nature, si elle ne t’insuffle pas l’amour envers les humains, à quoi sert-elle ? Une idée peut aussi t’apporter des doutes. Donc, on ne peut pas servir l’amour sans la foi, et sans la foi on ne peut pas plaire au Dieu de la sagesse. Lorsque vous lirez le livre des Proverbes, chapitre 8, vous verrez à partir du verset 29 qu’il est question de la Sagesse, alors qu’ici nous parlons de la foi. Quand il imposait son décret à la mer, afin que les eaux n'outrepassassent point son commandement, – l’eau, la mer, c’est le monde contemporain – quand il décrétait les fondements de la terre, – les fondements désignent nos corps ainsi que tous les autres corps organiques – j'étais alors à côté de lui, son nourrisson, j'étais ses délices tous les jours, toujours en joie devant lui ; me réjouissant en la partie habitable de sa terre, et mes délices étaient dans les fils des hommes – il n’est pas question ici des fils des hommes d’aujourd’hui, mais de ceux d’autrefois qui vivaient avec la foi, porteuse de l’amour –. Maintenant donc, fils, écoutez-moi : bienheureux ceux qui gardent mes voies ! Écoutez l'instruction, et soyez sages, et ne la rejetez point. Bienheureux l'homme qui m'écoute, veillant à mes portes tous les jours, gardant les poteaux de mes entrées ! Car celui qui m'a trouvée a trouvé la vie et acquiert faveur de la part de l’Éternel – celui qui m’a trouvée signifie : celui qui trouvera la foi, trouvera la vie, toute suspicion s’effacera en lui, la nouvelle conscience l’emplira, une nouvelle intelligence l’enflammera et il dira : « Je comprends maintenant le sens de la vie » - mais celui qui pèche contre moi fait tort à son âme ; tous ceux qui me haïssent aiment la mort. » Les gens d’aujourd’hui disent : « On peut se passer de la foi ». Non, on ne peut pas s’en sortir par l’incroyance. Je dis que ce ne sont pas des croyances qu’il faut, mais la foi. L’incroyance et la croyance sont deux pôles, car l’incroyant peut devenir croyant alors que l’homme de la foi ne peut pas se polariser. La foi est reliée à l’intelligence humaine, et l’intelligence est reliée à la respiration. Comme nous nous trouvons à la frontière d’une nouvelle évolution dans le monde, nous avons effectué un angle de cent quatre-vingts degrés : le chemin que nous avons parcouru depuis le jour où nous avons quitté l’harmonie divine est un chemin qui descendait ; nous sommes maintenant au fond et nous débutons la seconde moitié de ce cercle : il nous reste à parcourir un autre angle de cent quatre-vingts degrés. C’est la loi de l’évolution qui nous fera étudier les choses de bas en haut et non pas comme maintenant de haut en bas : c’est le seul moyen d’avoir un vécu plus réel que celui d’avant et plus accessible pour votre esprit. C’est pourquoi, toutes les philosophies orientales doivent être vérifiées d’un nouveau point de vue ; le vécu des peuples de l’Orient et de l’Occident doit être révisé, l’un et l’autre sont vrais à cinquante pourcents. Là entrera la foi : chaque pensée et chaque science doit être vérifiée par l’expérience et rien ne doit être misé sur la confiance. La foi sous-entend une expérience vivante, mais cette expérience ne s’acquiert pas d’une seule façon. Si tu veux éprouver une pièce de musique, tu trouveras un musicien expérimenté et non un musicien ordinaire, et tu sauras grâce à lui si cette musique est bonne. Si tu veux éprouver les propriétés de la matière, tu trouveras un chimiste qui n’abîme pas les tuyaux et qui ne provoque pas d’explosions, et tu lui demanderas de guider tes premiers pas sur les grandes lois de la matière. La matière est une réalité, mais ses formes actuelles sont transitoires, donc si nous nous appuyons sur ces formes, nous nous trompons. Ses formes actuelles évolueront vers d’autres formes qui seront réelles. Nos pensées actuelles sont aussi transitoires, toute notre compréhension actuelle n’est qu’un préambule à la juste compréhension qui arrive. Je ne veux pas dire par là que vous êtes ignorants et que vous ne comprenez pas les choses, mais je fais le constat que la raison de votre ignorance est due à l’absence de foi chez vous, et la foi est liée à votre intelligence. Donc celui qui n’a pas de foi ne peut pas avoir une respiration correcte, car l’intelligence est liée à la respiration ; les gens intelligents respirent régulièrement et harmonieusement. Une pensée qui influe sur la respiration est juste. Observez une belle femme ou un bel homme, sains de volonté, de cœur et d’intelligence, et vous remarquerez la beauté et l’harmonie de leur respiration. Celui qui ne respire pas comme il faut, ne pense pas comme il faut. Un écrivain s’apprête à écrire un article, il se met à réfléchir, il expire profondément, puis il respire de façon irrégulière, il se lève, se roule une cigarette, fait les cent pas dans la pièce, s’assoit de nouveau, écrit, l’article est prêt ! La critique donne son avis : « Un tel a publié un excellent article ». Il n’a publié que de la fumée ! L’article est aussi juste que la fumée de sa cigarette. Un autre a écrit un article pour dire comment redresser la société ; avant de commencer l’article, il dit : « Attends que je me signe ». Il se signe. Non mon ami, la croix montre comment endurer les difficultés. Lorsque tu te signes et que tu dis Au nom du Père, demande-toi : « Ma tête sait-elle raisonner convenablement ? » Si tu dis Et du Fils, demande-toi : « L’amour, agit-il dans mon cœur ? » Si tu dis Et du Saint Esprit, demande-toi : « La force de Dieu, est-elle en moi ? » C’est cela faire le signe de la croix : la croix est quelque chose d’intérieur. Quelqu’un dit : « Signons-nous ». Oui, oui, signons-nous, avec la tête, le cœur et la force. Lorsque vous vous signez, dites-vous : « Est-ce que le Seigneur de la sagesse est dans mon intelligence, est-ce que j’ai la foi ? » En quoi celui qui a la foi se distingue-t-il de ceux qui ne l’ont pas ? Par la peur éprouvée - il n’y a pas de peur dans la foi. Quelqu’un dit : « Appelons un médecin ». Si tu appelles un médecin de peur d’être malade, tu mourras ; si tu l’appelles avec la foi comme ton frère et ton ami, tu guériras. Lorsque tu appelles le médecin avec crainte, le médecin prendra peur aussi et dira que la situation est critique et ne se décidera pas à soigner par lui-même ; on appelle un deuxième médecin : il dit la même chose ; on en appelle un troisième, ils se concertent et disent ensuite : « Il se peut qu’il guérisse, il se peut qu’il ne guérisse pas ». C’est comme l’histoire de ce tzigane qui avait dit : « Soit il y a de l’eau dans ce vallon, soit il n’y en a pas ». Chacun connaît cette science : soit il guérira, soit il ne guérira pas ou bien cela peut être bien ou cela peut ne pas être bien. Les vieux disent par exemple pour la jeune fille : « Nous savons qu’elle est peut-être très bonne ou non », ils ne disent pas comme le tzigane soit c’est vrai, soit ce n’est pas vrai, mais ils disent c’est peut-être vrai ou peut-être pas. Quelqu’un demande ; « Que penses-tu de mon idée ? – Elle est peut être bonne et juste. » Ce n’est pas peut-être, elle doit être juste. Une autre fois nous disons : « Je ne sais pas qui sera sauvé ». Je ne sais pas qui sera sauvé, je sais qui entrera dans le Royaume de Dieu, je sais qui le Seigneur a choisi ; ceux qui ont la foi le savent aussi, rien n’est dissimulé pour celui qui croit. Seuls les crimes sont cachés, seul le mal peut être caché. Mais les bonnes œuvres aussi doivent être cachées. Dans ce monde, les bons comme les mauvais doivent se cacher. Pourquoi ? Le mauvais se cache pour ne pas être attrapé et jeté en prison ; le bon et le riche se cachent pour ne pas être accusés en vertu de l’article quatre de la loi[2] : « Tu es ennemi du peuple, allez, en prison ! » C’est pour cela que les riches nient être riches, alors qu’autrefois on se vantait de sa fortune. Aujourd’hui, tous les riches veulent passer pour des pauvres. Pourquoi ? À cause de l’article quatre de la loi. Ce n’est pas un raisonnement juste, ce n’est pas une philosophie de la vie. Le bœuf qui laboure le champ et creuse les sillons, dit : « Je suis celui qui laboure ». Oui, il laboure car il y a un aiguillon, mais c’est le laboureur qui incarne la loi. Je pense que nous avons dépassé cet enseignement de l’aiguillon, maintenant c’est le tour de l’enseignement de la foi. D’après le nouvel enseignement chacun doit vérifier par lui-même si sa pensée est juste. Ensuite, je pourrai exposer ma pensée à mon frère et le laisser se l’approprier ; il ne me demandera pas si elle est juste ; pourquoi ? Parce que je l’ai éprouvée moi-même quatre-vingt-dix-neuf fois. Non seulement moi, mais ceux qui depuis huit mille ans ont essayé cette grande loi ; vous pouvez vous aussi l’essayer. Je vous parle aujourd’hui de la foi. Dites : « Nous vivrons avec foi ». Mettez la foi en vous et commencez à travailler avec elle. Ne vous préoccupez pas de la façon dont les gens vous regardent ni si vous paraissez intelligents ou non. Alors, bien, si vous êtes intelligents, je vous donnerai un problème à résoudre : ai / a = bi / b = ci / c ; que comprenez-vous de ce problème ? Il détermine les rapports du monde invisible au monde visible : lorsqu’un certain phénomène a lieu dans le monde physique, le même phénomène se produit dans le monde invisible, c’est la loi. Lorsque quelqu’un naît sur terre, un autre naît simultanément au ciel ; si quelqu’un meurt sur terre, quelqu’un meurt aussi au ciel. Lorsqu’un être humain meurt sur terre, il naît pour le ciel, c’est-à-dire, pour que quelqu’un aille de la terre au ciel, un autre doit venir sur terre, ils se remplacent, il y a un certain rapport entre les grandeurs. Quelqu’un demande : « Pourquoi dois-je mourir ? » Non, tu ne mourras pas, mais je dis : il t’est donné de naître dans l’autre monde tandis que quelqu’un d’autre naît sur terre. Vous direz : « Nous t’avons écouté jusque-là, mais désormais nous ne t’écouterons plus ». Je ne demande pas que vous le preniez comme une vérité absolue mais seulement comme un symbole que vous expérimenterez pour comprendre qu’il y a un certain rapport entre les mondes spirituel et physique. Ainsi, vous regarderez quelle est votre foi dans le subconscient, le conscient, le soi-conscient et le super-conscient. Lorsque tout soupçon, toute haine et tout mensonge auront disparu de votre âme, et qu’ils remonteront à la surface, dites-vous : « Non, je ne peux plus travailler avec ces valeurs ». Si vous vous dites cela, ceci montre que la foi a planté dans votre cœur sa première racine. La foi a un lien avec un rythme régulier de la respiration; c’est pour cela que les hindous veulent respirer en rythme régulier lorsqu’ils veulent parfois réguler leur pensée de haut en bas ; mais les peuples occidentaux ne le savent pas encore, ils ont un élan de bas en haut. Chez ceux qui sont atteints de tuberculose, on a remarqué un rythme de respiration rapide, des mouvements respiratoires saccadés, donc la circulation des énergies chez eux est irrégulière, ce qui signifie qu’il y a une lutte entre la foi et la pensée. Qu’est-ce qui déclenche la tuberculose ? La peur ou la haine. N’importe quelle jeune fille peut tomber malade de tuberculose : prenez-lui son bien-aimé, privez-là de l’espoir d’en trouver un autre, et une gêne, une détestation naîtra en elle et la rendra malade. Elle dit : « Je ne peux pas vivre sans ce jeune homme » ; c’est là son égarement ; non, ton jeune homme est dans ton intelligence, il est ton amour. Si la jeune fille rencontre quelqu’un dans le monde physique qui lui correspond, qu’elle le prenne, mais sinon, il vaut mieux qu’elle vive seule. Le premier bienaimé du cœur c’est l’intelligence, et si les deux tombent amoureux, c’est le mariage véritable ; mais la jeune fille dit : « Ce bienaimé intérieur ne me nourrira pas, seul le bienaimé extérieur le fera ». Non, le bienaimé extérieur te trahira. Vous, les hommes et les femmes qui avez éprouvé cette loi, qui vous êtes mariés, êtes-vous heureux, avez-vous résolu correctement cette question ? Non. Vous ressemblez au célèbre réformateur anglais John Wesley qui s’est marié avec sa bienaimée et a déclaré trois jours après : « Cela ne vaut pas la peine de se marier ». Et c’est un grand homme et un réformateur qui dit cela ! L’intelligence est le premier bienaimé qui t’apportera la lumière, qui trouvera des formes extérieures pour se manifester. C’est alors que le cœur du jeune homme trouvera sa bienaimée à l’extérieur et un croisement juste s’opérera. Lorsque l’intelligence du jeune homme croise le cœur de la jeune fille, un mariage sain et authentique a lieu dans le monde physique. Aujourd’hui, chaque jeune homme cherche une jeune fille et vice versa ; il en trouve une et se met à lui lire ce qu’il a écrit, elle est admirative et il en conclut : « Je suis un génie ». Mais lorsque la jeune fille lui fait part de ses rêves et aspirations, il lui dit : « Comme tu es naïve ». Si elle entend cela, qu’elle se tienne loin de lui : il lui manque un rythme régulier de respiration. Vous direz : « Tu sortiras au grand jour toutes nos chemises sales ». Oui, cette eau qui vient maintenant dans le monde, sortira au grand jour toutes les chemises sales. Lorsque vous les plongez dans de l’eau chaude et que vous les laissez tremper, la saleté surnage à la surface ; donc, lorsque vous implantez la pensée juste dans votre esprit, elle fait surnager toutes les infirmités. Ne pensez pas que ma causerie vise vos erreurs, mais je vous dis : si vous voulez que votre vie soit harmonieuse à l’avenir, mettez la foi en vous, changez votre façon de penser et commencez à corriger votre passé. Toutes les pensées, tous les désirs déposés en vous depuis vos existences antérieures peuvent se nettoyer uniquement par le biais de la loi de l’amour et de l’intelligence dans l’esprit humain. Lorsque l’amour pénètre de bas en haut, du cœur vers l’âme, de l’âme vers l’intelligence et de là vers l’esprit humain, il y aura l’harmonie, du mouvement dans les deux directions, c’est-à-dire deux courants opposés. Lorsque deux personnes se serrent la main, n’est-ce pas le fait d’un mouvement initié de deux endroits, un mouvement dans lequel il y a en même temps deux courants opposés. Si la pensée et la respiration du jeune homme sont justes, alors le courant en lui est juste et si vous êtes clairvoyant, vous remarquerez qu’une lumière s’écoule de sa main vers son intelligence ; si les sentiments de la jeune fille sont authentiques, vous verrez une lumière blanche et douce sortir d’elle, entourée d’une teinte rose très fine ; lorsque ces deux lumières, celle du jeune homme et celle de la jeune fille se croisent et s’unissent, elles forment une vague divine. Que ressentent ces jeunes gens ? Ils disent : « Nous sommes prêts tous les deux à lutter dans le monde et à nous sacrifier ». Dans ce cas, même les grands-mères ressusciteront car il n’y a pas de gens âgés. Sont âgés ceux qui ont perdu cette loi originelle de la foi et qui meurent de faim. Herbert Spenser[3] dit : « Lorsque les échanges de l’énergie dans l’organisme dysfonctionnent, l’homme vieillit prématurément et peut mourir rapidement, alors que s’ils fonctionnent bien, c’est-à-dire s’il dépense autant qu’il gagne, il peut vivre cent, deux cents ans ou plus ». Je ne partage pas ce point de vue car le sens de la vie ne réside pas dans sa longévité, mais dans son usage intelligent. Le Christ dit : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie en abondance ». Lorsque nous savons comment accorder les forces du cœur, de l’âme, de l’intelligence et de l’esprit, nous pouvons en faire bénéficier nos amis. Le Christ dit ainsi : « Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux. [4]». Les humains qui doivent avoir l’amour, Dieu est amour et tous aspirent à l’amour, mais ils veulent en même temps être riches, heureux, ce qui repose sur d’autres lois. Ainsi, la respiration doit avoir un rythme régulier. Si vous laissez entrer en vous la haine ou le mensonge, votre respiration se modifiera. Il suffit de laisser entrer une centaine de pensées ou de sentiments de ce type pour être frappé d’une crise d’apoplexie ; l’accumulation de ces pensées influe sur la respiration, celle-ci influe sur le cœur et la vie cesse aussitôt. Pourquoi ? Parce que cet homme n’a pas pensé ni respiré correctement ; on enverra une commission du monde invisible qui dira : « Cet homme n’a pas pensé correctement », et son compte sera réglé. On ne peut pas plaire à Dieu sans la foi, on ne peut pas servir l’humanité sans la foi, on ne peut pas servir son prochain sans la foi, on ne peut pas se servir soi-même sans la foi. Le jour où on perd sa foi, on est perdu. Il vous faut une foi positive, une foi dans vos pensées et vos sentiments et non dans ceux des autres, je ne parle pas des œufs du coucou. Quelles sont vos pensées ? Ce qui est né de Dieu est à vous, il est à tous ; ce qui est né de l’extérieur est un œuf de coucou. Quelqu’un veut faire une grande maison, donner un grand festin, mais malheur aux poules qui y prendront part, qui en pâtiront. Il en est ainsi partout dans le monde : un peuple s’enrichit, mais c’est au détriment d’un autre qui s’appauvrit ; ce n’est pas une bonne chose, c’est de l’ignorance. Donc, lorsque la loi de la foi est dénaturée, les peuples se pervertissent et des peuples entiers, des tribus, des races et des continents disparaissent. Si les gens raisonnent ainsi pendant encore cent ans, la race actuelle et tous les peuples européens s’abêtiront et se pervertiront. Une autre race viendra alors pour établir un nouvel ordre des choses. C’est pour cela qu’il faut tout d’abord redresser sa pensée, avoir foi en nous. Pour le moment nous laisserons les peuples, nous laisserons la loi de l’évolution suivre son chemin. Et dans votre âme, je ne veux plus voir aucune peur, laissez la peur dehors. Ayez peur uniquement si vous faites des erreurs, mais si vous faites le bien n’ayez aucune crainte. Nous, les gens d’aujourd’hui, nous sommes obnubilés uniquement par ce qu’il adviendra de nous ! Rien de mal n’adviendra. Celui qui nous a envoyé sur terre, l’amour qui nous a engendrés, qui est le premier bien dans le monde, nous rendra immortels. Nos vêtements peuvent changer, mais ce n’est pas une mort, ce sont des variations, c’est un chant, une harmonie divine des choses. C’est d’abord la foi qui est nécessaire pour changer toutes vos pensées. Tâchez en premier lieu d’établir l’harmonie en vous. Vous êtes en proie à un sentiment douloureux, dites-vous : « L’amélioration de mon état dépend de la foi, pour cela je transformerai mes croyances en foi et je rétablirai l’harmonie dans mes pensées ». Unissez-vous à tous les êtres et dites : « Tous les humains sur terre sont bons, toutes les lois sans exceptions sont justes, la mort est une chose transitoire dans le monde ». Si vous vous conformez à cette loi dans votre esprit, il ne se passera pas plus d’une, ou deux ou trois heures, ou quelques jours, selon la gravité de votre affliction, et elle disparaîtra. De la même manière, vous pouvez vérifier si votre pensée est juste. Essayez cette loi aussi en cas de rhumatisme dans vos articulations des pieds ; ne vous empressez pas d’appeler le médecin, mais vérifiez si vous pouvez par votre pensée déplacer la douleur dans la main et de là, la rejeter à l’extérieur. Si vous agissez selon votre foi, vous déplacerez le courant de votre électricité et de votre magnétisme d’un endroit de l’organisme à un autre et le rhumatisme disparaîtra. Le rhumatisme, ce sont des pensées accumulées ; l’engraissement, ce sont aussi des pensées accumulées. Celui qui pense beaucoup commencera aussi à ressentir beaucoup, ce qui montre que son cœur réagit intensément. Si quelqu’un mange beaucoup sans travailler, il engraissera et bientôt fera appel à un médecin : l’engraissement est le signe que les pensées et les sentiments ne sont pas justes ; la même loi s’applique à ceux qui sont maigres et secs, ils sont très actifs. Non, tout doit être dans la mesure. Si une pensée vient à vous ne la bloquez pas, mais manifestez-là ; si un sentiment vient, manifestez-le. Travaillez, ne rechignez pas à travailler, vous entrerez ainsi en contact avec la grande loi divine. Si vous rencontrez un vieillard tombé en chemin, et que vous soyez un étudiant ou un professeur qui se hâte d’aller au travail, arrêtez-vous pour l’aider comme vous pourrez. Ou bien si vous voyez deux enfants se chamailler et pleurer, arrêtez-vous et apaisez-les ; ne les punissez pas, mais donnez-leur une pièce, ou si vous avez des pommes, donnez-leur une pomme à chacun ; conseillez-leur de ne pas se chamailler et dites-leur qu’ils sont frères et que tous deux ont raison. Reconciliés de la sorte, ces enfants vous écouteront toujours et vous accomplirez ainsi une bonne action. Mais si vous les réconciliez en leur expliquant qu’ils ont tort, ils ne vous comprendront pas : les deux ont raison. Parmi vous, les religieux, beaucoup pleurent. Pour quelle raison ? À cause de vos pêchés. Les gens du monde pleurent si quelqu’un autour d’eux est décédé ; les élèves pleurent d’avoir échoué à l’examen ; les enseignants pleurent d’avoir perdu leur place ; tous pleurent car ils ne raisonnent pas correctement. Tâchez d’apporter à votre respiration un rythme régulier. Si une pensée juste vous vient, vérifiez aussitôt si votre respiration se fait régulièrement ; chaque pensée qui vous donne un élan dans la vie est juste. Si vous respirez de façon saccadée, c’est une irrégularité dont il faut vous débarrasser ; si vous respirez ainsi, un malheur vous frappera. Notez que lorsque vous respirez de façon irrégulière, vous ressentez un point dans la poitrine, votre cœur frémit de temps à autre. Le même frémissement s’observe dans un troupeau de brebis avant qu’un malheur ne survienne ; si les brebis se pressent et puis s’arrêtent soudainement, le berger sait qu’un malheur les frappera dans les heures qui suivent. Si vos pensées et vos sentiments courent d’un endroit à un autre comme des brebis, vous devez être sur vos gardes et savoir que le voleur est près de vous. La foi est un principe vivant de l’esprit, c’est par elle uniquement que nous pouvons connaître tous les secrets de la nature. Si nous connaissons ces secrets, nous pourrons renouveler notre vie. Cela ne se fera pas en un an, ou deux ou dix, mais en cent ans. Ainsi, nous devons unir ces deux principes : la foi et l’amour. Nous devons accorder la force de l’esprit, de l’intelligence, de l’âme et du cœur : en tant qu’élan du cœur dans le subconscient, en tant que sentiment de l’âme dans la conscience, en tant que force de l’intelligence dans la soi-conscience et en tant que principe de l’esprit dans la super-conscience ; de cet accord naîtra la nouvelle pensée qui peut nous renouveler. Vous remarquerez alors que deux personnes chez qui ce renouvellement se fait peuvent se tolérer lorsqu’elles se rencontrent ; c’est très naturel car les deux sont réceptives en cœur, ou en âme, ou en intelligence ou en esprit. Il faut toujours avoir de l’harmonie et de la complémentarité, c’est-à-dire lorsque l’intelligence agit chez le jeune homme, le cœur doit agir chez la jeune fille, c’est le seul moyen d’obtenir une harmonie complète et un accord ; où que ces êtres se trouvent, ils doivent toujours être accordés. Inversement, si seule l’intelligence les traverse tous deux, il pourra y avoir entre eux de la dysharmonie et de la dissension. Chaque pensée a un mouvement du nord au sud ou de l’est à l’ouest, c’est ce que représente l’être humain : il faut toujours un croisement. Ce sont des forces du cœur, des forces de l’âme, des forces de l’intelligence et des forces de l’esprit : les forces de l’intelligence descendent vers le cœur, c’est-à-dire du système nerveux central vers le système nerveux sympathique et de là, elles retournent vers la tête : un nouvel élan se forme là où a lieu ce croisement. Donc, si vous rencontrez quelqu’un, qu’il soit homme ou femme, avec qui vos pensées se croisent correctement, vous ressentirez une certaine harmonie et de nouvelles pensées ou sentiments naîtront en vous. S’il n’y a pas entre vous cette harmonie, vous rentrerez chez vous surchargés, avec un mal de tête ; cela ne signifie pas que ces personnes sont néfastes, mais que vous devez agir autrement. Est-ce que l’hiver vous porteriez des vêtements blancs et légers, est-ce que l’été vous porteriez des vêtements chauds ? Lorsque vous allez chez quelqu’un qui vit l’hiver de sa vie, vous mettrez vos vêtements chauds ; lorsque vous allez chez quelqu’un qui vit son été, vous mettrez des vêtements clairs et légers ; il faut s’adapter au temps qu’il fait là où vous allez. Et ne pensez pas que les gens sont mauvais ; objectivement parlant il n’y a pas de gens mauvais dans le monde. Les mauvaises personnes sont à mon sens celles qui ont beaucoup d’engrais et qui pillent les autres. Que pillent-ils ? Le bien des autres. Les bonnes personnes sont celles qui donnent et les mauvaises sont celles qui prennent. Le brigand se tapit dans la forêt et attend que quelqu’un passe ; lorsque celui qui a travaillé trois à quatre ans pour gagner quelque chose et nourrir ses enfants passe, l’autre lui prend son argent et le dévalise. Il existe ainsi deux méthodes pour détrousser les autres : une méthode lente et une méthode rapide. Tu veux par exemple t’accaparer l’argent de quelqu’un : tu te mets à le convaincre, tu vas chez lui le premier jour, tu lui parles, il n’est pas d’accord ; tu réussis enfin à lui prendre son argent et il dit : « Celui-là m’a trompé ». La méthode rapide est celle du voleur : lorsque tu te rends chez quelqu’un un révolver à la main, il te dit lui-même : « Prends, dépêche-toi de prendre », ainsi on ne perd pas de temps. La méthode rapide est nocive. Tous les gens aujourd’hui l’emploient, ils portent un révolver et disent : « Déballe ton argent, tu vas travailler et moi je me reposerai ». Alors qu’il est écrit dans le commandement divin : « Nous travaillerons tous et nous partagerons les bienfaits à parts égales ». Chacun travaillera selon ses capacités et personne n’exploitera personne, voici la loi de la foi. Lorsque je vous parle de la foi, je dis qu’il existe sur terre d’autres êtres, beaucoup plus intelligents et que vous ne voyez pas. Je vais aborder une autre région où x / y = xi / yi ; ce dernier rapport xi / yi représente le monde spirituel. Ces êtres sont plus intelligents que vous ; ils ont assimilé les lois qui guident notre vie et œuvrent parmi nous. Quoi que vous pensiez, quoi que vous projetiez, ils sont parmi nous, vous êtes sous leur influence. Par exemple vous réfléchissez sur un problème à résoudre : ils s’efforcent de le résoudre. Ne pensez pas que ce sont des ombres, ce sont des personnes réelles, physiques, incarnées dans des corps ; il y a un moyen de communiquer avec elles. Pour être mieux compris je ferai une comparaison. Imaginez que je suis en face d’une fourmilière ; les fourmis ont leur ordre, elles vont et viennent, mais je pose ma canne dessus, aussitôt un grand bruit s’élève : quelqu’un perturbe la fourmilière et elles se disent : « Il y a des cataclysmes dans la nature, des forces naturelles agissent sur nous », et ces forces sont ma canne ! Je mets ensuite mon doigt entre elles et une fourmi me mord. Imaginez maintenant qu’une fourmi a l’idée qu’un être raisonnable s’est manifesté et lui apporte ce dérangement, serait-elle loin de la vérité ? Par conséquent, par rapport à ces géants dont je vous parle, nous sommes comme des fourmis. Je peux vous démontrer qu’ils existent et qu’ils mettent leur canne entre vous pour vous faire bouger ; vous pouvez essayer de voir leur canne. Je me tiens un jour devant une fourmilière et je concentre la lumière avec une loupe précisément sur le tracé des fourmis ; elles vont vers la lumière, mais quand elle les brûle, elles reculent et se disent : « Quel est ce phénomène, quelque chose de très lumineux mais brûlant ? » Les fourmis m’entourent, s’interrogent sur ce phénomène et réfléchissent autour de moi ; c’est tout un concert. Je leur dis : « C’est moi, me reconnaissez-vous ? » Ces géants aussi, je les nomme les intelligents, font souvent avec les humains ce que nous faisons avec les fourmis. Ils ont décidé de redresser le monde, le pouvoir leur est donné d’en haut, un plan leur est tracé et maintenant ils vont labourer le monde. Ce que ces êtres apporteront, je l’appelle un ordre nouveau, une organisation nouvelle dans le monde. Maintenant, en m’écoutant vous vous dites : « Si c’est vrai, c’est un grand mensonge », comme dit le proverbe turc. Si vous avez la foi, vous ferez une expérience et vous vous rendrez compte par vous-mêmes, mais si vous avez seulement des croyances, vous direz selon le proverbe turc : « Si c’est vrai, c’est un grand mensonge ». Non, ce n’est pas un mensonge. Ainsi, revenons à notre sujet. Cette intelligence originelle qui doit venir dans le monde provient de Dieu : une nouvelle vague se lève maintenant de cette source primordiale que les humains doivent accueillir. On dit que Dieu a insufflé l’âme dans l’être humain ; aujourd’hui Dieu insuffle de nouveau ; tous les mille ans Dieu insuffle une seule fois. Vous comprendrez les deux principes : Dieu est un amour qui englobe tous les êtres et Dieu est omniscient. Cette intelligence se manifestera selon la nature de chaque être. Il faut de la diversité, mais cette harmonie divine doit se retrouver en tous. Mettez l’Enseignement à l’épreuve : rendez votre respiration régulière ; insufflez dans votre cœur, votre âme, votre intelligence et votre esprit, comme dans votre subconscience, conscience, soi-conscience et super-conscience l’aspiration à voir ces Êtres et vous les verrez. Lorsque vous les verrez, vous trouverez vos enseignants, vos frères et vos sœurs. Ce sont des créatures si nobles et si augustes dans leurs actes ; elles accomplissent l’enseignement du Christ d’une manière dont vous n’avez même pas idée. Lorsque vous irez leur rendre visite, elles vous recevront comme leurs plus petits frères, elles vous donneront le meilleur accueil et vous renverront dans ce monde pour porter le nouvel enseignement. Dans votre état actuel, avec ces intelligences, ces cœurs et ces âmes que vous avez, vous ne pouvez pas les voir : votre ciel est nuageux. Le doute que vous avez montre que vous ne pouvez pas servir la foi de ce Seigneur qui est en vous. Ainsi, on ne peut pas plaire au Dieu de l’amour sans avoir la foi. Vous n’êtes pas encore dans votre corps, mais en dehors. Pour l’âme, le corps humain n’est que le pupitre de l’enseignant, il s’y installe, donne son cours, y passe en tout deux à trois heure et repart. L’on n’est que temporairement dans son corps, là où est installé aussi notre pupitre ; l’esprit descend dans le corps un certain temps uniquement, quelques heures et quelques minutes, le temps de donner son cours. Mais l’âme est quelque chose de grandiose. Certains me demanderont : « Si l’âme est quelque chose de si grand, de si vaste, comment autant d’âmes peuvent-elles se réunir dans le monde ? » Une grande âme est celle qui a un amour intense et vaste, et une pensée juste ; l’âme dans laquelle il n’y ni amour ni pensée juste est petite. Ce n’est pas une question de forme extérieure et de grand récipient ; le saint peut habiter dans une cabane et le criminel dans un palais, mais ce n’est pas le palais qui crée le génie, ni la cabane qui crée l’ignorance. Vous devez par conséquent changer votre pensée pour changer le monde. Nous avons tous collectivement créé notre pensée et nos corps en les déformant ; et nous allons maintenant œuvrer collectivement pour revenir à la conscience originelle en nous alignant sur cette grande loi. Aujourd’hui le temps est clair, il témoigne de la lumière que nous obtiendrons si nous accueillons le nouvel enseignement, il témoigne en ma faveur. En ce qui qui me concerne je suis heureux et riche, mais vous devez acquérir tout cela et le transmettre à vos enfants, à votre génération. Alors que vos visages noircis et vos cheveux blanchis témoignent d’autre chose. J’aimerais que vos cheveux blanchissent d’amour et non de peur. Lorsque les cheveux changent par amour, ils prennent différentes teintes. Lorsqu’on chauffe le fer il s’éclaircit, mais lorsqu’il refroidit, il s’assombrit ; tous ceux dont les cheveux sont noirs doivent blanchir. Vous demandez pourquoi nous vieillissons ; le charbon qui se consume, ne doit-il pas chauffer le fer ? Donc l’énergie du charbon se transmet au fer ; nous devons pour cela amener au peu de charbon. Ne pensez pas qu’il soit mal d’avoir des cheveux noirs ; les cheveux noirs, les yeux noirs montrent que ces gens sont encore dans l’ombre, la lumière ne les a pas pénétrés. Ces gens ne sont pas des pécheurs, simplement il y a en eux de l’énergie accumulée qui se manifestera ensuite ; ils attendent pour fleurir et mûrir dans l’avenir. Et les gens aux cheveux blancs témoignent qu’ils ont fleuri et mûri. L’amour est le fondement de la vie ; la pensée, c’est la personne âgée qui a compris le sens de la vie et qui pour cette raison voit sa tête blanchir. Sans cette foi, sans cette intelligence on ne peut pas servir Dieu. Je m’oppose aux affirmations selon lesquelles l’intelligence et le savoir ne sont pas nécessaires. Non, il nous faut une intelligence divine, une compréhension divine. Nous devons comprendre les mathématiques supérieures, la biologie, l’astronomie, les sciences naturelles, et dans tous leurs aspects. Nous devons comprendre comment sont liés les animaux, les plantes ; rien dans le monde n’est dénué de sens et nous devons pour cela aimer chaque plante, chaque animal et leur transmettre de bonnes pensées lorsque nous sommes à leurs côtés . Ne pensez pas que les choses dans le monde sont mauvaises ; c’est par notre faute qu’elles sont mauvaises ; voilà pourquoi nous devons savoir redresser ce monde de l’intérieur vers l’extérieur. Ainsi, commencez à redresser votre pensée, vos passions. Certaines passions consument. J’ai souvent entendu des jeunes filles dire : « Il m’a brûlé ». Oui, le courant que le jeune homme envoie à la jeune fille peut être fort au point de la tuer instantanément ; les sentiments d’une mère peuvent être forts au point de brûler l’enfant. La pensée et le sentiment peuvent être forts au point de ressusciter quelqu’un. Nous devons savoir comment sentir, comment penser ; les pensées et les sentiments peuvent tuer ou ressusciter, l’un comme l’autre peuvent se produire. Les forces de la nature sont soumises à l’intelligence humaine. Si vous voulez tirer profit de cette loi, vous devez avoir foi et amour, et Dieu vous donnera un nouveau moyen de vérifier les choses, alors vous direz : « Ma pensée est juste ». Alors que maintenant vous dites: « Il peut y avoir de l’eau ou non » ; c’est la foi du tzigane. Insufflez l’amour et la foi, faites un essai et alors vous comprendrez la question plus en détail. Je pourrais commencer à vous expliquer tout cela par les mathématiques, par l’algèbre et la géométrie modernes, mais combien parmi vous me comprendront ? Quel professeur de mathématiques a réussi à convaincre ses élèves de la véracité de ses théories ? On apprend maintenant des théories et des règles, mais on ne sait pas comment les appliquer dans la vie. Nous, les représentants du nouvel enseignement, nous savons appliquer une énergie dans la vie organique. Lorsque je dis : nous, j’entends les frères blancs qui vivent parmi nous. Je les entends dire maintenant : « Certains de ces disciples peuvent devenir bons, d’autres pas ; certains seront des disciples et d’autres des novices ». Si vous les accueillez, ils vous aideront et vous serez porteurs de la nouvelle culture, du Nouveau Ciel et de la Nouvelle Terre qui se créent à présent. Cette nouvelle pensée dit maintenant au monde : il ne faut avoir aucun mensonge dans votre esprit. Si tu poses certaines hypothèses, conserve-les en tant que telles, mais ne retiens dans ton esprit que les vérités qui sont formellement prouvées, c’est l’affaire de la foi. Et il faut savoir une chose : d’où tu viens et où tu vas. D’où venez-vous ? Vous dites : « On m’a enfanté. – Te rappelles-tu le jour et l’heure de ta naissance ? – Non, ma mère et ma grand-mère le savent, et je sais que je mourrai. – Comment le sais-tu ? – Je le crois. » Non, c’est une croyance, pas la foi. Lorsque nous gouvernons notre pensée, nous savons quand nous sommes nés, nous savons quand nous quitterons ce monde, nous savons où commence et où se termine le monde physique, nous savons où commence et se termine le monde spirituel. Il vous faut pour cela une intelligence d’excellence comme celle du Christ. Pour être des gens purs, intelligents et élevés, des héros du monde, il vous faut la foi par laquelle on obtient tout. Elle est l’une des qualités des anges, une qualité que les êtres humains doivent aussi acquérir. La nouvelle culture commence par la foi. Appliquez maintenant la foi et l’amour. Ils commencent avec le temps, le temps est le rythme de l’harmonie divine, et l’harmonie est le sens intérieur de la vie. C’est l’enseignement de la foi que le Christ a prôné dans le monde : Si vous avez la foi comme un grain de moutarde, vous pourrez déplacer des montages… Crois, tu seras sauvé, toi et ta maison. Ainsi, croyez en votre esprit, il influencera la respiration qui doit avoir un rythme régulier et non être bruyante. Appliquez votre volonté par la pensée pour rendre votre vie heureuse. Je vais vous raconter maintenant un conte de Tolstoï. On a apporté à un roi un grain de blé gros comme un œuf de poule. Le roi a ordonné d’appeler un vieil homme de la ville pour lui demander s’il a souvenir d’un grain de blé aussi gros. On a amené le vieillard qui marchait à peine, s’aidant de deux cannes. Le roi l’a questionné sur le blé et il a répondu : « À mon époque, il n’y avait pas de blé de la sorte, questionnez mon père ». Vient le père, un vieillard, appuyé sur un canne qui voit le blé et dit : « En mon temps, il n’y avait pas de blé de la sorte, questionnez mon père ». Vient le père, un vieillard svelte et bien portant, sans canne, il jette un coup d’œil au blé et dit : « Oui, un grain de la sorte poussait en mon temps et nous nous en nourrissions ». Le roi a demandé à ce vieillard : « Pourquoi, toi le plus vieux de tous, tu te tiens debout, sans canne, alors que ton fils a une canne et ton petit fils en a deux ? » Le vieillard a répondu : « C’est comme ça parce que ce grain de blé ne pousse pas en eux ». Ainsi, lorsque cette pensée juste croissait chez les humains, ils marchaient sans l’aide des cannes ; lorsqu’elle s’est pervertie, ils ont marché avec une canne et lorsqu’elle a disparu sans laisser de trace, ils ont marché avec deux cannes. Le roi a demandé à la fin : « Vous l’achetiez avec de l’argent ? – Il n’y avait pas d’argent en notre temps » a répondu le vieillard. Donc, je vous donne cet œuf de poule, ce grain de blé, la foi dont se nourrissaient jadis les humains. Accueillez-le, plantez-le, vivez avec lui, alors vous aurez en vous les meilleures pensées et vous serez bien portants. La nervosité, l’absence de sens de la vie, les souffrances, tout disparaîtra et vous direz : « Désormais, la vie a du sens, c’est bien pour nous et pour toute l’humanité ». La vie du peuple bulgare aura du sens seulement lorsque la foi se manifestera dans son essence originelle. Vous comprendrez alors les travaux qui sont à présent inconnus des humains. Sofia, 6 mars 1921 Traduit par Bojidar Borissov [1] Épître aux Hébreux 11, 6 [2] Il s’agit d’une loi de 1920 qui vise à punir les abus de biens publics constatés qui sont le fait de fonctionnaires, ayant occupé des postes importants dans la période des deux gouvernements précédents. [3] Herbert Spencer (1820 – 1903) – philosophe et sociologue anglais [4] Matthieu 18, 20
  3. L’Amour « La plus grande de ces choses, c'est l'amour. » Corinthiens 13 :13 « Dieu est amour. » 1 Jean 4 :8 Je parlerai ce matin d’un verset que je mets comme fondement de la Grande Science divine, à savoir le verset : « Dieu est amour ». Vous direz : « Nous le savons ». Oui, en partie, mais pas complètement. Je vais vous poser un problème en mathématiques, une équation mathématique : nous commencerons par les inconnues x / y = x1 / u1 et w / m = e / a. Le dernier rapport sont les éléments des mathématiques supérieures spirituelles, des mathématiques vivantes ; x est une grandeur du monde réel, visible, matériel et ce x peut être déterminé très facilement. Comment ? Vous travaillerez. Je vous soumettrai un autre problème qui est le suivant : de deux villes, se faisant face l’une à l’autre, sortent deux groupes de soldats qui se croisent et se saluent. Les uns demandent aux autres : « Combien êtes-vous ? » Les autres répondent : « Si l’un de vous vient avec nous nous serons deux fois plus que vous » et les premiers leur disent : « Si l’un de vous vient avec nous, nous serons autant que vous ». Celui qui connaît les règles en mathématiques trouvera tout de suite la valeur de x et de y. Et lorsque vous résoudrez combien vaut x, c’est-à-dire le monde visible, matériel, alors vous passerez au monde spirituel, x1 / y1. Ce sont des vérités abstraites. « Dieu est amour ». Je prends l’amour comme principe : hors de l’amour nous ne connaissons pas Dieu, Il est uniquement dans l’amour. Comme l’amour est accessible à toutes les créatures, il n’y a pas d’être organique ni de matière vivante dans le monde qui, d’une façon ou d’une autre ne soit pas étroitement lié à l’amour, et influencé par lui. Donc, nous connaissons Dieu dans l’amour et ce Dieu de l’amour n’est pas en dehors de nous, Il ne demeure pas seulement dans l’univers, mais Il demeure aussi en nous. Dans les Écritures l’un des commandements dit : « Aime le Seigneur Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toutes tes forces ». Vous comprenez le sens de ce commandement. Je vais examiner l’amour de quatre points de vue : en tant qu’élan, sentiment, force et principe. L’amour en tant qu’élan agit dans le cœur ; en tant que sentiment, dans l’âme ; en tant que force, dans la pensée ; et en tant que principe, dans l’esprit : c’est le cycle entier du développement humain du début à la fin. Lorsque le début et la fin s’unissent au même endroit, se forme un nouveau commencement ; lorsque ce nouveau commencement s’unit avec sa fin, se forme un autre commencement, c’est donc un processus perpétuel dans le monde divin, sans début et sans fin. L’amour en tant qu’élan a un début : par exemple une jeune fille reste tranquillement à la maison et rien ne la perturbe, mais un jour elle rencontre un jeune homme, un élan apparait aussitôt en elle et elle se trouble ; la même chose arrive au jeune homme, c’est donc le début de leur trouble. Je dis : « C’est le début de leur amour d’élan ». Quelle en est l’issue ? Ils se marient, ils ont des enfants - est-ce la fin de la vie ? Non. Maintenant survient la deuxième manifestation de l’amour, sa manifestation en tant que sentiment qui agit alors sur l’âme. C’est un degré de développement supérieur : le sentiment se manifeste entre amis et frères. Donc celui qui a un ami ou un frère doit déjà être passé par le premier feu de l’amour ; tant que cela n’arrive pas, tu ne peux pas éprouver la seconde manifestation ; la fraternité est basée sur l’amour en tant que sentiment qui se manifeste dans l’âme. La polarisation se produit par le biais du sentiment : l’élan, ce sont les racines dans le monde physique et le sentiment, ce sont les branches ; l’élan va vers le centre de la terre et le sentiment vers Dieu. L’amour en tant que force se manifeste uniquement chez les saints, le Christ, les personnes prêtes à défendre une cause divine. On ne peut pas avoir d’amour sans pensée ; voilà pourquoi ceux qui ont assimilé la vérité et qui veulent défendre l’amour ont la force du Christ, la force des saints, et protègent leur amour par les sacrifices. L’amour en tant que principe vient à peine maintenant dans le monde, il embrasse tout. Dans l’amour en tant que force il y a de la haine et de l’attraction, de la répulsion, de la cajolerie et des griffures ; dans l’amour en tant que principe, il n’y a aucune contradiction, il apaise toutes les contradictions dans le monde, rien n’est mal pour lui, mais tout est bon, sublime. Chacun de vous, s’il veut comprendre le sens de la vie ne doit pas la fuir, mais passer par tous les stades : par les racines, les branches, la fleur qui est la force de l’amour, et goûter son fruit qui est le principe de l’amour. Lorsque tu passeras successivement par les racines, les branches et la fleur de l’amour, tu arriveras finalement dans le principe, le fruit de l’amour qui te donnera le sens. Là se trouve l’immortalité, le monde sans mort, le monde de la Résurrection. Il est dit dans les Écritures que l’amour est le ciment de la perfection. Ainsi, vous ne pouvez pas comprendre l’amour tant que vous ne comprenez pas votre cœur, tant que vous ne comprenez pas les éléments et les forces qui se cachent en lui ; vous ne pouvez pas comprendre l’amour tant que vous ne comprenez pas les sentiments, les éléments et les facultés de votre pensée ; vous ne pouvez pas comprendre l’amour tant que vous ne comprenez pas les élans et les forces de votre esprit. L’étude de l’amour est une grande science dont le nouveau ciel et la nouvelle terre s’occuperont. L’amour est le premier grand principe de Dieu par lequel Il se manifeste. Je ne veux pas vous parler sur cette question seulement en théorie, mais je vous prouverai que l’amour a un rapport au cœur en tant qu’élan, à l’âme en tant que sentiment, à la pensée en tant que force et à l’esprit en tant que principe. Par conséquent, chacun de vous peut savoir quel est son amour. Comment ? Par les battements, les pulsations de son cœur : le pouls du cœur, c’est le rythme de l’amour, la circulation sanguine est aussi en lien avec l’amour. Le jour où l’homme cesse d’aimer, son cœur aussi cesse de battre. Lorsque certains détestent, c’est le côté négatif de l’amour, et les palpitations cardiaques apparaissent alors. Le cœur bat parfois plus vite, parfois moins vite ; les gens appellent ce phénomène palpitations, mais moi je dis que chez ces gens la loi de l’amour ne fonctionne pas correctement. « Comment nous corriger ? » Entrez dans votre cœur, dans vos sentiments, dans la force et dans le principe de l’amour, régulez-les et vous éprouverez une joie que seuls les saints et les mystiques ont éprouvée, et vos palpitations cesseront ! Cette science vous est nécessaire. Je serai très axé sur le principe et très pragmatique sur la question que j’aborde. Par exemple, vous ressentez parfois l’amour en tant qu’élan et vous vous dites : « Embrassons-nous ». Alors deux personnes s’unissent, elles sont joyeuses ensemble, telles des tourterelles, elles s’embrassent mais disent ensuite : « Qu’avons-nous fait ! » Je ne dis pas que les embrassades sont une mauvaise chose, mais chaque baiser doit contenir de l’amour. Chaque baiser sans amour est un crime et chaque crime porte avec lui le malheur pour le cœur ou pour l’âme. Je ne suis pas de ceux qui disent qu’il est criminel que les gens s’embrassent ; ils peuvent s’embrasser, mais comment ? Vous vous arrêterez, vous vous tiendrez devant Dieu, et vous demanderez : « Seigneur, puis-je exprimer Ton amour ? » Si le Seigneur vous parle et dit : « Exprime Mon amour », alors vous pouvez vous embrasser. Mais si tu vas au nom de Dieu et mets Sa signature, mais sans donner d’amour, c’est un crime dont le Seigneur te tiendra responsable : voilà ce qu’est le karma, le crime karmique de ceux qui jouent avec un amour mensonger. Le Christ est la manifestation de ce grand amour. Donc, lorsque je parle du Christ, je le considère non pas comme un principe abstrait, mais comme une incarnation réelle de l’amour. L’amour n’est pas quelque chose d’abstrait, il est réel, il a une forme, un contenu et un sens. Celui qui connaît l’amour, connaîtra aussi le monde : nous connaissons le monde par le biais de l’amour. Là où il y a de l’amour, il y a de la vie, du mouvement, tout se met à vivre en son sein, alors que s’il n’y a pas d’amour, il ne peut pas y avoir de vie. Et lorsqu’il est dit que Dieu est amour, cela signifie que s’il y a de l’amour, il y a une manifestation de Dieu. Quelqu’un te dit : « Je t’aime ». Comment ? Avec l’élan, le sentiment, la force ou le principe de l’amour ? Ce sont des choses différentes, il ne faut pas tromper les autres. Il te répondra : « Je t’aime avec l’élan d’amour », ou bien « avec le sentiment d’amour », ou bien « avec la force d’amour ». Lorsque la force d’amour viendra en toi, la clarté se fera dans tes pensées ; si tu as l’amour des sentiments, si tu es triste, tu deviendras aussitôt doux et joyeux, tu seras prêt à tous les sacrifices ; si quelqu’un vient à toi avec un élan d’amour, il te rendra actif. Votre fille, douce comme un agneau jusqu’à la veille, commence à fixer le sol, elle veut se manifester et dit : « Je veux descendre dans la matière pour étudier la vie ». Nous disons qu’il ne faut pas pécher, mais c’est la seule façon de comprendre les éléments de l’amour. Dans l’amour en tant qu’élan les péchés sont inévitables. Nous devons avoir en nous l’élan et la force de l’amour. Il y a dans l’amour deux polarisations : en tant qu’élan et en tant que sentiment qui se manifestent dans le monde physique, et en tant que force et en tant que principe qui appartiennent au monde divin : ce sont les deux grandes manifestations de l’amour. Vous avez étudié la physiologie : quel est le pouls normal du cœur ? Vous commencerez par une grande science : faites des observations et notez selon vos différentes dispositions le nombre de battements du cœur par minute ; observez quel est l’écart en nombre de battements, ou bien quel angle se forme lors d’un flux et d’un reflux du cœur. Cet angle doit être égal à peu près à soixante degrés : la loi de l’évolution humaine. Lorsque vous avez une disposition agréable de l’âme, comptez de nouveau les battements du cœur. Par exemple une jeune fille aspire à un jeune garçon ; qu’elle calcule le nombre de battements de son cœur à la minute où elle le croise : par les battements de son cœur elle peut déterminer s’il est fidèle dans son amour ou s’il la trahira, cela va déterminer ses rapports futurs, etc. Lorsque les jeunes gens se séparent et faiblissent, qu’ils calculent de nouveau le nombre de battements de leurs cœurs. Lorsque vous doutez de quelqu’un, calculez aussi le nombre de battements de votre cœur. Notez ces chiffres, commencez à travailler avec les mathématiques supérieures. Pourquoi, lorsque deux jeunes gens se rencontrent avec un élan l’un envers l’autre, leurs cœurs frémissent-ils ? C’est naturel, ils doivent frémir, sinon il n’y a pas de vie dans ce cœur. La mère qui est enceinte ressent bien le frémissement de son enfant dans son ventre ; elle commence alors à se réjouir. Le frémissement montre que la vie divine vient et le Seigneur demande : « Es-tu prête à accueillir cette vie et à la modeler ? » Le Seigneur parle de la même manière aux deux jeunes gens, mais la jeune fille ne veut rien entendre, elle songe aux chapeaux, aux robes, à l’aménagement de sa maison sans songer aux frémissements de son cœur. C’est pourtant précisément ce frémissement qui est important, et le reste n’est que secondaire. Cette science dont je vous parle est réelle : travaillez avec ces chiffres. Vient ensuite le deuxième stade de l’amour. Vous avez un ami que vous aimez avec les sentiments les plus purs et les plus désintéressés, vous notez une intensité en vous : observez vos battements de cœur, trouvez ces rapports. Cela sera le y de la proportion. Ensuite mesurez vos battements de cœur lorsque votre frère ou votre ami est près ou loin de vous, il y a une différence. Puis vient le troisième stade de l’amour, c’est-à-dire l’amour en tant que force. Par exemple vous lisez l’hagiographie d’un saint, ou bien vous rencontrez quelqu’un prêt à se sacrifier pour une idée, pour l’humanité et il quitte sa mère, son père, son foyer, aussitôt votre cœur frémit ; mesurez alors le nombre de ses battements. En m’écoutant parler ainsi, vous allez rétorquer : « Pourquoi nous préoccuper de ces choses, il y a des questions bien plus importantes ». Non, il n’y a pas de choses plus importantes. Si vous savez réguler votre cœur comme Dieu l’a initialement créé, il régulera votre intelligence et elle donnera des conditions à l’esprit pour se manifester : tout cela est lié. Si vous laissez échapper le petit, vous laisserez échapper le grand : il y a un rapport entre les petites et les grandes mesures. Ce qui est une unité dans le monde divin est une pluralité dans le monde physique, et ce qui est une unité dans le monde physique est une pluralité dans le monde divin. C’est très naturel : du monde divin s’écoule un très grand fleuve, il représente une unité, mais lorsqu’il descend dans le monde physique, chacun fait un petit barrage pour récupérer une rigole qui formera un petit cours d’eau ; ces petits cours d’eau retournent dans le monde divin et s’unissent pour former un grand fleuve. Ainsi, chaque dysharmonie du cœur est une dysharmonie dans votre amour, dans son élan, dans ses sentiments ou dans sa force. Si la dysharmonie est dans votre élan, vous en chercherez la raison dans votre cœur ; si la dysharmonie est dans vos sentiments, vous en chercherez la raison dans votre âme ; si la dysharmonie est dans votre force, vous en chercherez la raison dans votre intelligence. Vous chercherez par conséquent la dysharmonie de votre vie dans ces trois régions : de votre cœur, de votre âme et de votre intelligence. Ayez en tête que l’amour ne peut se manifester sans intelligence, il n’est pas pour les sots, les sots n’ont jamais ressenti d’amour. Tous les êtres privés d’amour sont aussi privés d’intelligence, et chaque être qui a de l’amour a aussi de l’intelligence. Chez les êtres privés d’amour, il se manifeste automatiquement un mouvement, une croissance, de l’extérieur vers l’intérieur ; alors que chez ceux qui ont de l’amour, la croissance se fait de l’intérieur vers l’extérieur. Donc les érudits qui n’ont pas d’amour, mais du savoir amassent des informations et citent des sources diverses : chez eux le mouvement vient de l’extérieur ; ceux qui ont de l’amour croissent de l’intérieur vers l’extérieur ; ils assimilent cette nourriture et la traitent. Lorsque nous observons des gens avec beaucoup de connaissances, mais sans amour, nous disons d’eux : « Cet homme n’a pas d’amour envers son frère ». Le plus important c’est d’avoir un ami que nous aimons. Qui est cet ami ? C’est le Christ. Vous rencontrez un maître, vous l’aimez ; qui est ce maître ? Le Christ ; vous trouverez dans sa pensée le sens de la vie. Une jeune fille a un élan envers un jeune homme. D’où vient cet élan ? Le Christ est dans cet élan et il ne trompe jamais. Celui qui ne trompe jamais, je le nomme le Christ, alors que celui qui induit en erreur dans l’élan, le sentiment et la force est l’antichrist. Celui qui a un élan juste dans le cœur, un sentiment juste dans l’âme et une force juste dans l’intelligence, est le Christ. Aucun mensonge n’est toléré dans l’amour. Celui qui essaie de corrompre cet amour, porte une malédiction, il endosse le malheur sur le plan karmique, et c’est ainsi qu’est déclenchée la chute dans l’amour. Ainsi, lorsque vous résoudrez ces chiffres, vous trouverez à quoi sont égaux x et y ; y demande à x : « Combien êtes-vous ? » x répond : « Si l’un de vous vient avec nous, nous serons deux fois plus que vous ; mais si l’un de nous vient chez vous, nous serons autant que vous ». Donc, x est égal à 7, y est égal à 5. Ce serait le cas si nous travaillions avec les nombres jusqu’à 10, mais si de y vers x se déplacent non pas 1 mais 10, alors x serait égal à 70 et y à 50. Lorsque vous résolvez cette première équation, vous approchez de l’équation divine où vous allez chercher à quoi sont égaux les x et y divins. Ceux parmi vous qui ne connaissent pas les mathématiques, trouveront un mathématicien pour leur présenter les nombres imaginaires. Vous direz : « Faut-il maintenant nous occuper de ces x ? » Mais chacun de vous n’est-il pas un grand X ? Je peux vous le démontrer. Dites-moi si vous savez à quelle heure vous êtes venus sur terre, d’où vous venez et où vous allez ? Vous ne le savez pas, vous ne vous rappelez pas le moment de votre naissance. Vous parlez du Christ mais vous ne le connaissez pas ; vous le connaissez comme personnage historique, mais vous ne le connaissez pas en tant qu’amour, en tant que principe. Avez-vous essayé l’amour en tant que force et principe ? Avez-vous eu des expériences saintes, avez-vous éprouvé ce qu’éprouve quelqu’un prêt à tout sacrifier pour son ami ? Certains parmi vous ont ce vécu. Concernant l’élan d’amour, vous êtes tous des héros, je le reconnais ! Lorsqu’on parle de l’élan d’amour, cinq cents millions de personnes le connaissent ; seul un million connaît le sentiment d’amour ; à peine dix mille connaissent la force d’amour. Ainsi, 500 000 000, 1 000 000 et 10 000, sont des chiffres avec lesquels vous pouvez former trois équations. Dieu est Amour. Il faut commencer correctement avec l’amour : ne cherchez pas Dieu au ciel, mais cherchez-le comme l’enfant cherche sa mère, et les fleurs le sol : enracinez-vous profondément, entrez dans le monde matériel. Lorsque vous descendrez à cinq, dix, quinze, vingt mètres en profondeur, vous aurez envie de vous polariser et de remonter : ces deux directions opposées créent le désir de croître vers le haut et vers le bas. Par cette loi nous réconcilions les matérialistes et les idéalistes. Viennent alors dans le monde les matérialistes, les incroyants comme on les appelle, ceux qui ont un élan ; ils descendent profondément dans la matière, ils n’ont jamais vu le soleil. Ces gens sont les racines, alors que les idéalistes sont les branches. Si nous n’avions pas de matérialistes, nous n’aurions pas d’idéalistes. Les idéalistes disent aux matérialistes : « Aujourd’hui, travaillez en bas, mais un jour vous remonterez, vous reconnaîtrez que Dieu existe, alors que nous, nous comprendrons qu’il existe un lieu sans amour ». Ce n’est pas la même chose d’être piqué avec une aiguille ou caressé avec une main. On dit : « Un tel a embrassé une jeune fille. – Qu’est-ce qui est le mieux : la mordre, la frapper ou l’embrasser ? Il vaut mieux l’embrasser que la mordre ou la griffer comme il faisait jadis lorsqu’il était un loup. Le baiser est donc un moyen pour les humains de ne pas se faire mal les uns aux autres. « J’ai autrefois commis des crimes effroyables, mais maintenant je t’embrasserai pour que tu voies que je n’ai pas de griffes ni de crocs comme dans le passé », dit le jeune homme à la jeune fille. Elle dit : « Comme il est beau mon bienaimé ! » Pourquoi est-il beau ? Parce que l’amour est entré dans ce loup et l’a rendu docile. Si l’amour quitte son cœur, il redeviendra un loup. On le voit bien, s’il la quitte un jour, il commence à médire à son sujet, il cherche un moyen de se venger, il veut la frapper et devient comme une bête. De son côté, la jeune fille achète du vitriol qu’elle lui jette au visage et le rend malheureux pour le restant de ses jours. Et on dit ensuite : « Comme l’être humain est noble ! » Oui, il est noble tant qu’il y a de l’amour dans son cœur, mais si l’amour le quitte, il n’a aucune noblesse et devient un vrai démon, les démons sont des êtres privés d’amour. Nous n’avons pas de raison de leur en vouloir, ils éprouvent des souffrances et des tourments que nous ne connaissons pas ; tous les pécheurs et tous les criminels éprouvent de grands tourments. Vous n’avez pas éprouvé d’amour, vous ne le connaissez pas dans toutes ses manifestations, votre amour suffit à peine pour vous empêcher de griffer ou de mordre. L’amour doit aussi se manifester en vous comme un sentiment, non seulement pour vous empêcher de griffer et de mordre, mais aussi pour donner quelque chose de soi. La mère a éprouvé cet amour. Elle dit : « Autrefois j’ai étouffé par amour », mais maintenant elle met son enfant d’un sein à l’autre et l’allaite. Qu’est-ce que l’allaitement ? C’est toute une science ; je recommande aux mères et aux pères d’étudier l’allaitement : observez la loi de l’allaitement, regardez si votre enfant vous pince, s’il pleure, s’il vous mord et vous connaitrez ainsi son degré d’évolution. Revenons maintenant à la loi de base : Dieu est amour. Mettez-vous en tête l’idée suivante : Dieu est amour dans Sa manifestation originelle. Si vous comprenez ce premier principe, vous comprendrez tous les autres principes ; si vous ne comprenez pas le premier principe, vous ne pouvez rien comprendre d’autre. Par conséquent, je vous recommande à tous de revenir au premier principe : comprendre Dieu en tant qu’amour. Si vous saisissez le premier principe, vous saisirez le second, le principe de la sagesse ou de la foi. L’amour est le principe du cœur et de l’âme ; la foi est le principe de l’intelligence et de l’esprit ; c’est une polarisation. La foi découle de l’amour, elle est un principe secondaire ; les théosophes le nomment buddhi, émanation du deuxième Logos qui crée des conditions de vie. Seule la pensée et l’intelligence peuvent créer de véritables conditions pour la vie juste et qui élève ; seul l’homme conscient, intelligent peut se développer correctement, le sot ne le peut pas. Certains diront : « Le savoir rend orgueilleux ». Non, c’est le savoir sans amour qui rend orgueilleux, alors que le savoir avec amour anoblit. Le savoir sans le premier principe rend orgueilleux, c’est-à-dire il devient douloureux ; les anglais disent « chair orgueilleuse, chair douloureuse », c’est-à-dire une chair qui ne peut se soigner ; ceci désigne quelqu’un qui sait beaucoup, mais n’a pas d’amour. Ainsi, ce Seigneur que nous mettons à la base du cœur, de l’âme, de la pensée et de l’esprit, c’est le Dieu de l’amour, Il est le fondement de l’amour. Lorsque l’amour fait le tour de tous ses lieux, un cercle se forme ; par conséquent, transportez votre amour du cœur dans l’âme, de la pensée, dans l’esprit et unissez-vous à Dieu. Ce sont quatre grands mondes : le cœur, c’est le monde astral, l’âme, c’est le paradis chrétien – que les théosophes appellent devakan, et l’amour en tant que force, c’est le monde mental. Lorsque vous entrerez dans le monde mental vous y rencontrerez des créatures qui cultivent l’amour en tant que force. L’amour en tant que principe, c’est le monde de l’esprit, c’est-à-dire le monde divin ; lorsque vous entrerez dans ce monde, vous monterez vers Dieu, et c’est là uniquement que vous pourrez résoudre tous les tourments, par voie expérimentale, et vous comprendrez les raisons profondes de ce qui arrive maintenant. Ne scrutez pas vers l’extérieur à présent, vous n’y verrez rien, mais dirigez votre intelligence et votre pensée vers votre âme. Je vous donnerai une méthode de travail : tu as un frère, un ami, demande-toi : « Suis-je prêt à donner la moitié de ma fortune à ce frère, puis-je le laisser disposer de tout ce que j’ai ? » Faites d’abord des essais en vous-mêmes pour vous éprouver, et cinq ou dix ans plus tard, lancez-vous ! Certains parmi vous pourront se jeter à l’eau dès la première année, mais d’autres au bout de dix ans. Et alors, vous éprouverez l’amour en tant que sentiment ; avec ces manifestations de l’amour vous comprendrez tout ce que Dieu donne, vous comprendrez des choses qu’il n’est pas permis de divulguer. N’aspirez pas à dire votre amour, soyez naturels. Quelqu’un dit à un autre : « Je t’aime beaucoup ». Peu après, moins de dix minutes après cette déclaration d’amour cet ami te demande un service, et déjà tu rechignes à l’aider. Dans ce cas il vaut mieux ne pas dire que tu aimes. Si tu dis que tu aimes quelqu’un, tu engages Dieu, mais si tu ne Lui donnes pas la possibilité de se manifester, tu te crées un karma, tu commets un crime : il vaut mieux se taire. Lorsque j’entre dans une maison, je ne dis pas que j’aime les gens qui s’y trouvent, mais je m’assois à la place la plus éloignée ; si quelqu’un est malade, je ne dis pas que je le guérirai, mais je lui demande ce qui lui fait mal et depuis quand, c’est-à-dire je prends pleinement part à sa maladie, et il guérit. Alors ses proches se mettent à parler : « Mais savez-vous qui l’a guéri, savez-vous comment ? » Je me tais, et je me réjouis que mon Dieu se soit exprimé. Alors que maintenant vous faites un bien à quelqu’un, vous l’aidez et vous dites ensuite : « Sans moi il était perdu, c’est grâce à moi qu’il a recouvré ses forces ». Savez-vous à quoi vous ressemblez ? Il y a en Amérique une secte appelée « la Science Chrétienne » qui soutient que la matière n’existe pas dans le monde et que les maladies sont fictives. Quelqu’un avec la jambe cassée est allé chez un membre de cette secte pour se faire soigner. Celui-ci lui a dit : « Tu dois savoir que la matière n’existe pas et tu dois te convaincre que ta jambe n’est pas cassée ». Le malade est rentré chez lui, il a souffert longtemps en se répétant sans cesse que sa jambe n’était pas cassée et qu’il n’avait pas de douleurs, et enfin il a réussi à guérir. L’américain l’a croisé et lui a dit : « Il faut me payer maintenant pour le traitement, grâce à moi tu ne souffres plus ». Le patient a répondu : « Imagine que tu as été payé dix mille dollars ». Les honoraires sont à la hauteur du traitement. De même avec la science : lorsque nous manions le monde réel, nous devons manier des faits : un fait pour un fait, alors que si nous discutons de choses abstraites, il faut répondre à l’abstraction par l’abstraction. Nous ne pouvons pas comprendre le monde divin tant que nous ne comprenons pas le monde réel. Ainsi, Dieu est amour et l’amour est le chemin vers la perfection. À quoi sont dues toutes les discordes dans le monde ? Je vous relaterai un conte occulte que vous allez interpréter et appliquer tous seuls dans la vie. Je n’ai nullement l’intention de vexer quelqu’un, je vous donne simplement un moyen de tisser, de travailler. Lorsque le Seigneur a fait le monde, l’eau est apparue auprès de Lui et a demandé : « Quelle est ma prédestination ? – Tu descendras pour abreuver les fleurs et les arbres pour qu’ils fleurissent et mûrissent, tu vas arroser la terre et tout ce qui s’y trouve. » L’eau est descendue sur terre et a commencé à s’acquitter de sa tâche. Lorsqu’il l’a vue, le soleil en est tombé amoureux et s’est mis à l’attirer vers lui, à la faire s’évaporer. Lorsqu’elle est montée dans l’espace, on a commencé à se quereller pour elle ; à cause de cette querelle, l’eau a gelé et elle est tombée de nouveau sur terre sous forme de neige. L’eau s’est réjouie de cette belle tenue blanche, mais un bœuf est sorti de son étable et il s’est demandé en voyant le sol couvert de neige : « Qu’est-ce que cette chose blanche et froide ? » Il a regardé, il a réfléchi et puis il a laissé ses excréments sur la neige. L’eau s’est vexée que le bœuf ait sali sa tenue. Son autre bienaimé qui avait affronté le soleil pour elle lorsqu’elle était dans l’espace s’est adressé au soleil : « Tu peux maintenant la prendre, je n’en veux plus dans cet état ». L’eau s’est plainte au soleil d’avoir pâti aussi cruellement. Alors, le soleil a réchauffé la terre, la neige a fondu et l’eau s’est infiltrée dans le sol d’où elle est réapparue de nouveau à la surface par des sources pures de montagne. Les excréments du bœuf se sont transformés en engrais sur lequel ont poussé les plus beaux arbres fruitiers. Ainsi, le blanc fondra et l’excrément deviendra de l’engrais sur lequel grandiront de beaux arbres fruitiers. Donc, ces deux contradictions dans le monde se réconcilieront. Lorsqu’il sera aimant, le soleil réchauffera et apportera de la joie. Lorsque l’amour réchauffera, tous les malentendus disparaîtront, et le mal et le bien se réconcilieront ; l’eau donnera des sources pures et cristallines qui désaltéreront les voyageurs harassés et de beaux fruits pousseront grâce à sa tenue salie. Donc, du point de vue de l’amour, toutes les souffrances que nous vivons aujourd’hui se transformeront en une grande science pour le cœur, l’âme, l’intelligence et l’esprit humains. Cherchez la solution du problème suivant : w / m = e / a ; ce sont les quatre manifestations de l’amour. Dans l’amour w/m = e/a, vous mettrez les bases de la nouvelle science de la vie, de l’éducation. Vous commencerez comme le violoniste : ne pas se contenter d’accorder son violon, mais aussi jouer avec. L’amour est le plus grand air, la plus grande symphonie dans le monde, et celui qui sait jouer et chanter ce qu’il a écrit est un véritable homme, un ange, un saint, Dieu. À l’avenir, nous apprendrons à chanter et à jouer dans l’amour : lorsque nous sommes affligés, nous ne dirons pas que nous sommes malheureux, mais que notre humeur est en mode mineur ; lorsque nous sommes joyeux, nous dirons que notre humeur est en mode majeur. La gamme mineure est un élan vers le bas, la gamme majeure, un élan vers le haut, alors la gamme chromatique traduit des processus qui vont de haut en bas et de bas en haut. Maintenant, lorsque vous sortirez d’ici, je veux que vous gardiez en vous l’idée qu’il faut comprendre l’amour en tant qu’élan, sentiment, force et principe. Les battements du cœur ont un lien indirect avec la respiration et la respiration, un lien indirect avec l’irrigation sanguine et le renouvellement du sang. Pour cette raison, toutes les maladies contemporaines sont engendrées par la mauvaise compréhension de l’amour, par la respiration incorrecte et les oxydations dans l’organisme ; donc tous les corps chez l’homme se contaminent de bas en haut. C’est pourquoi nous devons travailler dans ces quatre régions de l’amour pour purifier notre âme. Dans le christianisme on dit qu’il faut se repentir, donc le repentir se rapporte à l’amour comme élan. Viennent ensuite la naissance et la renaissance : elles se rapportent aux sentiments d’amour, à l’âme. Vient ensuite l’initiation : elle se rapporte à la pensée. Et enfin vient la résurrection : elle se rapporte à la force de l’esprit, donc à l’amour en tant que principe. Il y a ainsi deux principes dans l’amour : dans le cœur et dans l’âme, dans l’intelligence et dans l’esprit. Lorsque vous passerez par ces processus, vous passerez par tous les stades de votre développement ; travaillez en même temps dans votre cœur, votre âme, votre intelligence et votre esprit. Il y a entre l’intelligence et l’esprit un croisement car l’intelligence est le mari du cœur, et l’âme est l’épouse de l’esprit. Lorsque nous disons que Dieu a créé l’homme à son image, cela veut dire qu’il l’a créé à l’image de Son amour, car vous devez savoir que l’amour est la première image de Dieu. Ainsi l’expression à son image signifie par amour, c’est-à-dire une belle image qui est Son amour. Si vous connaissez l’amour, vous connaissez aussi le visage divin ; si vous ne connaissez pas l’amour, Dieu est pour vous sans visage. À sa ressemblance, signifie par la pensée. Lorsqu’on dit que l’homme est fait à l’image et à la ressemblance de Dieu, cela sous-entend qu’il est fait selon l’amour et la sagesse divins ; donc si nous voulons devenir comme Dieu, nous devons avoir Son amour et Sa sagesse. Le processus suivant est la descente de l’être humain, sa chute ; son cœur est de terre, il est changeant. Dieu lui a ensuite insufflé le souffle de vie ; c’est le second processus : la descente de l’âme et de l’esprit dans le monde physique. Ce que je vous donne, c’est pour travailler et non pour philosopher ; il y a dans cela une grande part d’indicible. Il existe une grande science divine et ce que je vous ai dit n’en est que le prologue, l’introduction à la grande science de l’amour. Étudiez cette introduction, arrêtez-vous sur les quatre chapitres : le cœur, l’âme, la pensée et l’esprit, ce sont quatre régions dans ce vaste monde que Dieu a créé. Nous avons la tâche d’expérimenter ce Dieu et de Le prôner dans le monde. Il y a un seul Seigneur, Il est le Seigneur de l’amour en tant qu’élan, en tant que sentiment, en tant que force et en tant que principe. L’amour en tant que principe est en tout et au-dessus de tout. Ainsi, si quelqu’un me demande ce que je suis, je réponds : j’appartiens à l’amour en tant que principe, je connais Dieu uniquement en tant qu’amour et je Le sers. Le Christ est une manifestation du Dieu de l’amour, alors que le monde matériel est l’amour matérialisé de Dieu. Le monde physique dans son ensemble est une manifestation de Dieu, une matérialisation de Dieu, par conséquent, lorsque nous connaîtrons le monde physique, nous connaîtrons Dieu. Ne pensez pas qu’en quittant ce monde, vous en retrouverez un meilleur. Lorsque tu le quitteras, où iras-tu ? Ne t’insurge pas contre ce monde, mais vois le divin chez ton frère. Tu diras : « Pourquoi Dieu a-t-il créé ce pécheur, ce fils prodigue ? » Non, arrête-toi et observe bien : un bœuf l’a recouvert de ses excréments, et alors ? Le soleil, lorsqu’il brillera, l’élèvera de nouveau. Ne soyez pas troublés, les gens peuvent se tromper. Ce monde est créé de façon remarquable, harmonieuse ; je me réjouis toujours lorsque je le regarde. Lorsque j’observe cet excrément, je me dis : « C’est très bien, les plus beaux arbres fruitiers pousseront sur lui. Et de cette neige salie, quelles belles sources se formeront sous la chaleur du soleil ! » Nous allons réconcilier les deux situations : si tu es blanc et froid, ne te décourage pas ; si tu es un bœuf et si tu fais parfois des bêtises, ne sois pas découragé non plus : ce sont des symboles qui traduisent une grande vérité. Si tu ne peux pas comprendre le bien dans ses manifestations les plus insignifiantes, comment le comprendras-tu dans les plus sublimes ? Si tu ne peux pas apprécier une goutte d’eau, comment apprécieras-tu le reste ? Appréciez Dieu en tant qu’amour et ne soyez pas fâchés. Élevez votre conscience chaque jour davantage et dites-Lui : « Mon bienaimé en tant qu’élan m’a sali ». Il vous répondra : « Tu es dans l’amour en tant qu’élan, fais un pas vers le haut ». Tu montes d’un pas et tu dis : « Ici aussi on m’a trompé : mon frère n’est pas comme je l’imaginais. Oui, ici aussi tu trouveras une contradiction, mais alors monte dans ta pensée. Lorsque tu t’élèveras vers le principe de l’amour, tu trouveras là la raison de toutes choses et tu comprendras tout. Vous demandez : « Comment nous réconcilier ? Réconcilie-nous toi-même ! » Je ne suis pas venu pour vous réconcilier. Vous vous querellez et ensuite vous faites appel à moi ; lorsque vous avez commis le péché, m’avez-vous sollicité avant ? La réconciliation n’est pas une science. Je prône la grande science de l’amour. Quelqu’un a projeté ses excréments sur les autres : très bien ! Un autre est froid : c’est bien aussi, c’est un processus. Je prône l’amour au sens véritable : amour d’élan, amour d’embrassades, mais avec du contenu ; amour des sentiments, mais intense et noble ; amour de la force, mais une force imprégnée de lumière. Lorsque je vois une âme souffrir, je ne la plains pas, je ne me fâche pas contre le bœuf qui l’a salie, mais je lui dis : « Ne sois pas perturbée, évapore-toi, monte, ou bien fonds et descends dans la terre, plus bas, pour ressortir comme une source ». C’est la grande science de l’amour qui résoudra tout. Ce que vous voyez maintenant dans le monde, les contradictions dans les foyers et les sociétés est un processus temporaire dû à la mauvaise compréhension de l’amour. Nous devons nous arrêter sur cela. J’attends de vous maintenant que vous pensiez, que vous ayez des aspirations, des cœurs ardents ; que vous soyez des héros et que vous ne craigniez pas l’amour. Soyez tous emplis de sentiments et non pas comme des grands-mères. Soyez philosophes sans répéter ce qu’un tel a dit et ce que tel scientifique a dit sur telle question ou telle autre. Je souhaiterais que vous ayez tous des cœurs, des âmes, des pensées qui fonctionnent ; il y aura alors entre nous un échange complet lorsque nous nous croiserons. C’est le nouvel enseignement. Tout ce qui est ancien doit être oublié. Ne résistez pas, ne débattez pas : nous n’avons pas le temps de débattre. Vous direz : « Un bœuf là-bas a laissé ses excréments ». Je le sais, mais dites-vous : « Chacun de nous a une mission grandiose dans le monde ». Nous devons être des héros, être à l’image et à la ressemblance de Dieu, et alors tous nos frères, partis depuis des millions et des millions d’années s’uniront à nous. Ces frères sont les Séraphins, frères de l’amour, les Chérubins, frères de l’harmonie, les Trônes, frères de la volonté, les Dominations, frères de la joie et de l’intelligence, les Puissances, frères du mouvement et de la croissance, les Vertus, frères des formes extérieures et de l’art, les Principautés, frères du temps, des états et des rythmes, les Archanges, frères de la chaleur et du feu, les Anges, porteurs de la vie et du développement qui préparent la vie. Le dernier, dixième rang sera occupé par les âmes humaines les plus avancées. Nous devons nous unir avec ces Frères. Nous allons tous jouer et entendrons alors la voix du Christ : « Venez, enfants bénis de mon Père et héritez du nouveau royaume, le Nouveau Ciel et la Nouvelle Terre de l’amour que j’ai préparés pour vous ». C’est l’Enseignement de l’Amour. Sofia, 27 février 1921 Traduit par Bojidar Borissov
  4. Les débonnaires « Bienheureux les débonnaires, car c'est eux qui hériteront de la terre. » Matthieu 5 :5 Le mot débonnaires vous est connu ainsi que le mot terre. Le Christ indique qui héritera de la terre : les débonnaires. Nos contemporains ont une compréhension superficielle du mot débonnaire car la langue moderne que nous employons a perdu son sens, c’est-à-dire que nous parlons sans comprendre. Nous ne nous comprenons pas, nous ne comprenons pas notre langage et nous ne pouvons donc pas entrer dans la situation l’un de l’autre : chacun de vous peut le constater, cela ne demande pas une philosophie ou une logique extraordinaire. Chaque mot a un sens et ce sens se cache dans les lettres qui le constituent. Vous pouvez transformer un mot donné en nombres absolus, en valeurs absolues. Lorsqu’un chimiste dit H2O, c’est la formule de l’eau, et le mot eau lui-même est une formule. Comment allez-vous transposer l’eau en ses parties constituantes ? Vous dites que l’eau est composée de deux éléments : l’hydrogène et l’oxygène, mais l’eau est en même temps une formule pour la vie. Je demande maintenant : quels sont les éléments de la vie ? Voici une grande philosophie sur laquelle nous pouvons méditer. Je m’arrêterai maintenant sur le mot débonnaire et je transposerai ce mot en grandeurs : 10, 70, 50, 90 et 800. 10 + 10, une grandeur absolue, 90, une grandeur négative et 800, une grandeur positive. Qu’avez-vous compris de ce 10 ? Prenez la lettre bulgare K[1] : vous avez une ligne droite, tirée de haut en bas ; cette ligne droite montre que le cercle de la vie est scindé en deux, c’est le diamètre qui passe de haut en bas par le centre de cette circonférence. Donc la débonnaireté est ce qui sépare une vie d’une autre. Laquelle ? Le mal du bien. Cette ligne sépare le cercle en deux ; il y a ensuite une autre ligne qui vient d’en haut vers le milieu de la ligne droite et l’autre, de ce milieu vers le bas. Ainsi se forment sur cette ligne trois angles de 60 degrés chacun, et les trois, additionnés, donneront 180 degrés. Lorsque nous voulons explorer le développement de la vie de l’homme, cette unité est la colonne vertébrale de l’homme. Voici pourquoi c’est précisément les débonnaires qui hériteront de la terre : cette ligne qui a formé l’échine du serpent se prolonge par sa face ; donc la tête du serpent est derrière et non devant. C’est pourquoi nous disons pour certaines personnes qu’elles ont un double visage : un visage devant et un autre derrière, le visage du serpent. Chez le chien qui a déjà entamé son développement, cet angle de la tête est relevé à 45 degrés et il va d’arrière en avant ; l’évolution va donc d’arrière en avant. Chez l’éléphant cet angle se relève à 90 degrés et chez l’être humain il est à 180 degrés ; pour cette raison son visage est parallèle à sa colonne vertébrale. Nous disons ainsi que deux grandeurs additionnées sont égales à leur somme, donc la somme de la grandeur arrière et de la grandeur avant du développement est égale à 180 degrés, et le nombre 2 montre le mouvement de la vie de l’homme d’arrière en avant, vers l’humanisation. Ainsi, par le mot débonnaire, nous entendons un visage qui est passé de un degré à cent quatre-vingts degrés. J’ai dit que les trois angles formés dans la lettre K valent 60 degrés chacun. Lorsque nous ôtons le zéro, il reste trois 6 : c’est pour cela que dans l’Apocalypse il est dit que le signe du mauvais homme est 666. Que signifie 666 ? C’est un navire sans gouvernail. Le zéro est le mouvement, c’est une hélice disposée à l’arrière du bateau qui fait avancer le navire depuis l’arrière. C’est à côté de cette hélice, de cette roue que se trouve le gouvernail de la vie. Ce 666 ou 3 fois 6, est égal à 18 ; il manque le zéro, c’est-à-dire le gouvernail qui dirige le navire. Si le navire garde sa puissance, mais qu’il n’a pas de gouvernail pour être piloté, il y aura toujours des catastrophes dans la vie. Je dis : toutes les personnes sans gouvernail sont mauvaises. Certains me disent : « Celui-ci est méchant ». Je dis : « Il n’a pas de gouvernail. Comment peut-il se redresser ? Donnez-lui un gouvernail, ce qui signifie en langage humain, éduquez sa volonté, c’est-à-dire insufflez lui la volonté. » Lorsque je dis « insuffler la volonté », le mot volonté est encore une formule pour moi. Ici le 6 signifie la logique dans la vie : être capable de raisonner justement et réussir dans toutes ses entreprises, être heureux. Sont débonnaires ceux qui ont une pensée logique, qui réussissent dans toutes leurs entreprises et qui sont toujours heureux. Il n’y a aucun mécontentement dans leur âme et ils ne convoitent aucune richesse car la terre entière leur appartient. Ce sont des personnes qui ne croient pas à la propriété privée et ne la convoitent pas ; la propriété privée est la plus grande invention du diable. Je ne parle pas de l’État, mais des situations comme celle de ces deux frères en Angleterre dont le père leur a légué des avoirs qu’ils se sont mis à partager : le premier est l’héritier et prend tout et le second n’a rien. Quelqu’un peut être dépossédé de sa propriété, mais quand ? Quand il n’a pas de gouvernail, quand il n’a pas de volonté, alors il peut être mis sous tutelle. La deuxième lettre P[2] (R), je la définis par le nombre 70 ; elle désigne une grande science. Un savant crée une théorie fameuse qui devient une science ; un autre vient et crée une nouvelle théorie qui démolit l’ancienne ; ainsi tous les jours naissent de nouvelles théories. Une science qui change n’est pas une science mais un spectacle. Dans la Grande science, le fondement est la vertu et les grandeurs sont absolues, immuables et mathématiquement définies. Le nombre 70 contient en lui le mot grâce, c’est-à-dire toutes les conditions qui rendent possible le développement humain. La lettre O est le nombre 50 et désigne la tête humaine. Je m’arrête sur cette lettre O. Vous êtes tous instruits, beaucoup parmi vous ont le baccalauréat, et certains ont terminé des études supérieures. Admettons que par le centre de cet O nous traçons un diamètre : la circonférence sera scindée en deux. Si vous faites tourner ce cercle autour de son axe, qu’est-ce qui se formera ? Une sphère n’est-ce pas ? Mais imaginez que vous mettez un autre axe sur ce cercle et qu’il se met à tourner autour de son centre et autour de son diamètre en même temps ; et si vous positionnez un point sur ce cercle qui se déplace dans deux directions, pouvez-vous calculer où sera ce point en une minute s’il fait mille rotations à la minute autour de son cercle et autour de son diamètre à la fois ? Ce point parcourra la surface de toute la sphère, vous verrez des zig-zag et vous vous demanderez ce qu’est ce phénomène. Il provient du fait que le cercle tourne autour du centre et de son diamètre à la fois. La tête humaine aussi se déplace d’abord autour d’elle-même et ensuite autour du cœur ; les deux représentent le même mouvement. Alors la lettre O signifie libération : une femme est enceinte et enfante, donc elle se libère. Tu détestes quelqu’un, mais ensuite tu l’aimes, c’est-à-dire deux personnes se réconcilient ou pardonnent à quelqu’un, c’est toujours la lettre O. Tu ne peux pardonner qu’avec la lettre O, c’est-à-dire lorsque tu as une tête ; ceux qui n’ont pas de tête ne peuvent pas pardonner. Quelqu’un dit : « Je ne peux pas pardonner ». Je dis : « Tu n’as pas de tête. – Mais c’est impossible pour moi ! – Tu n’as pas de tête, un point c’est tout ! » La troisième signification de la lettre O est la liberté. Seuls ceux qui ont une tête et un cerveau bien formés, seuls ces individus, seuls ces foyers, seules ces sociétés, hommes, femmes, enfants et amis peuvent être libres. Un chef, un chef est exigé ici ! Les Bulgares se nomment souvent chefs : chef de famille, chef de parti, etc. Oui, mais pourvu que ta tête ne soit pas une tête d’oignon ! Ainsi, la lettre O possède neuf qualités de la débonnaireté. Je dis : « Le nombre 90 est une grandeur négative, c’est-à-dire l’individu débonnaire est toujours prêt à rembourser ses dettes, nul besoin de lui envoyer des relances surlignées en rouge, il vient à temps pour rembourser ses dettes. S’il te vexe, il s’infligera tout seul une punition ; il ne dira pas que les autres ont tort mais plutôt : « J’ai tort, je suis le musicien, je n’ai pas le droit d’émettre de fausses tonalités ; moi qui ai un cerveau et une ouïe développés, je dois chanter toujours juste et bien ». Donc le débonnaire se punit lui-même pour se corriger ; il se punit non pas pour lui, mais pour les autres. Et je vous dirai en quoi consiste cette punition : le débonnaire qui voit que le champ d’un autre n’est pas labouré attèle les bœufs et le laboure : c’est son sacrifice pour le bien être de son prochain. Lorsqu’un tel homme, le sac plein, croise quelqu’un d’affamé, il ouvre son sac et nourrit son prochain ; si le débonnaire est enseignant, lorsque les élèves commettent des erreurs, il sait comment les corriger ; lorsqu’il croise des aveugles, il ne philosophe pas mais ouvre leurs yeux. C’est la signification de la lettre T, qui signifie d’apaiser en soi l’intelligence et le cœur. Les hommes et les femmes doivent trouver un point d’accord et se réconcilier. Lorsqu’on fiance des jeunes gens, est-on sûr qu’ils se correspondent ? Lorsqu’une jeune fille s’est mariée, le coq s’est mis à chanter et elle lui a dit : « Ne chante pas, car toi aussi, on aura l’idée de venir te fiancer ». Le mariage moderne ressemble au cas de John Wesley, un réformateur religieux anglais qui s’est marié et qui, trois jours après, a confié à un ami : « Il vaut mieux ne pas se marier dans la vie ». Nous avons maintenant le nombre 800 qui signifie victoire, état, et royaume divin ; le nombre 800 incarne la victoire sur le mal. Le Christ dit aux débonnaires : « Persévérez, le Père a voulu vous donner un royaume ». Ainsi, quelles qualités voyez-vous chez le débonnaire ? Nous avons seize qualités ; lorsque nous additionnons 1 et 6, nous obtenons 7, le nombre de la plénitude. Le débonnaire peut tranquillement se reposer le dimanche. Le dimanche est un jour de clarté et le samedi est un jour de ténèbres ; le samedi indique que l’évolution a terminé son cycle et qu’il n’y a pas de conditions, alors que le dimanche montre le premier jour de l’éveil divin. Lorsque quelqu’un dit : « Fêtons bien le samedi et le dimanche », je dis : lorsque tu meurs, tu devras célébrer le samedi, et lorsque tu ressuscites, le dimanche. C’est juste, c’est l’immense différence entre le samedi et le dimanche. À votre avis, quel jour faut-il fêter ? Si vous mourez, vous fêterez le samedi, si vous naissez, vous fêterez le dimanche qui est le jour de la clarté. N’est-ce pas vendredi soir et samedi que le Christ est resté dans le tombeau, et qu’il a interrompu son repos le dimanche ? Donc le Christ reconnaît le samedi, et ensuite on a commencé à fêter le dimanche. Nous, les contemporains érudits, nous devons fêter le dimanche. Et ceux qui sont entrés dans le tombeau ? Je ne crois pas qu’il y ait des gens qui ne soient pas entrés dans le tombeau et qui ne soient pas descendus en enfer pour délivrer leur frère. Aller en enfer est un art, alors que chacun sait aller au paradis. Tout un chacun aime la belle jeune femme, quiconque la voit, dit : « Comme elle est belle ! » et il commence à lui faire les yeux doux. Oui mais, cher monsieur, essaie de la porter dans ton ventre. Tu diras : « Je ne veux pas être une femme ». Celui qui ne peut pas être une femme et accoucher, ne peut pas être un homme. Celui qui ne peut pas enfanter, ne mérite pas de prendre cette belle jeune fille, voici ce que le mot débonnaire enseigne. C’est ainsi qu’il faut comprendre la profonde philosophie contemporaine de la vie, si on veut bâtir une société solidement ancrée sur ses lois. Les lois actuelles étaient bonnes pour leur époque, mais elles sont dépassées. Ne me comprenez pas de travers. Si vous attachez un insecte à un fil, il ne pourra pas se libérer : ce fil représente le côté moral pour l’insecte. Mais si vous y attachez un éléphant, pensez-vous que ce fil domptera l’éléphant ? Donc, il est bête de prétendre que l’éléphant ne s’est pas conformé à telle ou telle loi et la brise : une loi qui se brise n’est pas une loi. Il faut donc disposer de lois indestructibles. Il faut une corde solide pour l’éléphant, ainsi en arrivant, il s’arrêtera et dira : « C’est une loi, je me soumets avec respect ». Une loi qui n’insuffle pas de respect en vous est une chose risible. Les lois d’aujourd’hui doivent imposer aux humains un respect absolu et ne pas ressembler à des fils. Qu’est-ce que la morale ? J’ai déjà évoqué cette anecdote par le passé : dans le royaume des araignées, les journalistes ont répandu la nouvelle qu’un grand éléphant traversait leur pays. Tous les ingénieurs se sont rassemblés pour décider quoi faire et ils ont trouvé le remède suivant : barrer toutes les rues par des cordes. Ils ont donc fait passer des milliers de kilomètres de cordes, mais l’éléphant a très facilement traversé cette toile d’araignée. Les araignées se sont mises à calculer la commotion que l’éléphant avait dû subir. Quelle commotion peut provoquer une toile d’araignée à un éléphant ? Il n’a absolument rien senti ! Quelqu’un dit : « L’ancien ». Qu’est-ce qui est ancien ? Seule la vérité est ancienne. Tout ce qui se déchire comme une toile d’araignée n’est que l’ombre des choses. Le Christ dit : « Les débonnaires hériteront de la terre ». La terre désigne ici toutes les conditions dans lesquelles l’homme se développe. La lettre bulgare З (Z) désigne le nombre qui ne reconnaît aucune loi. Le mot mal (зло - zlo), écrit ainsi en bulgare en trois lettres signifie qu’il ne se soumet à aucune loi : c’est le mal. Donc toutes les forces qui n’obéissent à aucune loi sont nommées chaos dans la vie. Vous vous écriez, vous vous mettez en colère et vous dites : « Je suis devenu nerveux ». Je dis : « Tu es devenu méchant, tu vis sans loi, tu ne peux pas contrôler les forces qui sont en toi ». Qu’est-ce qui se passera si un chanteur chante faux ? On lui dira : « Tu n’es pas un chanteur, tu ne connais pas la loi intérieure de la musique, même le bœuf, l’âne et la poule peuvent chanter comme toi ». Nos contemporains veulent être moralisateurs : qu’ils montent sur la scène divine. H2O, c’est de l’eau, mais avez-vous compris les éléments que l’eau contient ? Cet H2O est parfois pur et parfois mélangé. Si l’eau passe par le corps humain et sort à l’extérieur, vous sera-t-elle alors agréable ? L’eau qui coule d’une source de montagne est salutaire, mais celle qui sort de la fabrique du corps humain pour laquelle cet H2O travaille jour et nuit n’est pas utilisable, et n’importe quel médecin dira qu’il faut la distiller pour en supprimer tous les précipités. Certaines personnes ne sont pas débonnaires. Le débonnaire ne perd pas son équilibre un seul instant. Est-ce que cela signifie que le chemin que nous suivons dans ce monde n’est pas large ? Il est étroit, fin comme un fil : il faut beaucoup de talent pour garder l’équilibre. Il faut avoir le sang-froid de cet américain qui est passé au-dessus des chutes du Niagara sur une corde ; ce monsieur est passé d’une rive à l’autre avec sa perche ; cela montre qu’il avait du sang froid, car s’il l’avait perdu, ne serait-ce qu’un instant, il aurait fini dans les chutes. Le monde est une chute d’eau ; vous pensez être des héros sur le rivage, mais si vous passez sur la corde tendue au-dessus des chutes d’eau, alors je vous dirai que vous êtes des héros remarquables qui gardent l’équilibre dans la vie. Si le mari rentre le soir en faisant du vacarme et si sa femme ne sait pas s’exprimer, elle dit : « Hier soir mon mari a un peu bu, il est rentré et il a fait un de ces vacarmes, au point où je n’ai pas dormi pendant deux à trois heures ». Je dis : ton mari est monté sur cette corde fine, il a perdu l’équilibre et il a sombré dans les chutes du Niagara. Lorsque tu dis que tu seras débonnaire, sois donc un homme et passe courageusement sur la corde au-dessus des chutes d’eau. On dit à l’homme : « Sois viril, montre les poings, fais étalage de ta colère ! » Oui, mais tu finiras en bas dans les chutes du Niagara. On commence à enseigner à la fille débonnaire : « Ne sois pas aussi bête de garder ton équilibre, descend un peu ! » Certaines fois, elle se renfrogne face à son bienaimé et l’instant d’après, les voilà qui se querellent. « Un malheur nous arrive : Ivan et Stoyanka se sont querellés ! » Je dis : votre Ivan et votre Stoyanka ont perdu l’équilibre sur la corde et se sont abîmés dans les chutes du Niagara. Quelle autre philosophie chercher ici ? C’est ainsi que la vie a du sens. Je vous donnerai un exemple tiré de l’histoire de l’humanité. Dans les temps antiques il y avait deux royaumes ; le roi du premier royaume était débonnaire et intelligent, et celui du second royaume était un homme très cruel. Le roi débonnaire avait deux fils : un grand et un petit. À son lit de mort, il laissait un testament qui donnait le royaume à l’un, et une flûte semblable à un pipeau bulgare à l’autre, mais à la condition que celui qui le recevrait quitterait aussitôt le royaume ; les deux frères étaient tenus de tirer au sort pour savoir qui allait avoir le pipeau et du coup quitter le royaume. Le père meurt, on procède au tirage au sort et le pipeau échoit au plus jeune. Il le prend et s’en va dans le vaste monde, car le plus grand frère ne lui a permis de prendre rien d’autre. Celui-ci a ainsi mis la couronne et a commencé à régner alors que le petit frère est entré dans l’autre royaume, gouverné par le roi cruel. Ce dernier avait besoin d’un berger. Il avait des brebis aux toisons d’or, mais il était si cruel que quiconque perdait une de ses brebis était exilé à vie. Le fils du roi est venu, il a proposé ses services en tant que berger et s’est mis à jouer du pipeau. Tous les loups s’arrêtaient et leur appétit pour les brebis s’émoussait. Si le roi condamnait quelqu’un à mort, les gendarmes qui le menaient à l’échafaud, laissaient partir le condamné en entendant le son du pipeau, disant : « Laissons-le vivre un peu et allons danser ». Là où il emmenait son troupeau, les loups perdaient leur férocité ; lorsqu’il passait à côté d’une prison en jouant du pipeau, tous les prisonniers se mettaient à danser et partout régnait l’égalité et la fraternité. Le roi a entendu parler de lui et s’est dit : « Qui est ce vaurien qui pervertit mon peuple et n’obéit pas à ma volonté ? » Il s’est mis en route pour le punir, mais lorsqu’il s’est approché, le berger s’est mis à jouer et le roi s’est mis à danser. Il a compris alors qu’il y avait quelque chose d’autre dans le monde et a dit : « Viens, fiston, dans mon palais, j’ai une fille. Tu es celui qui dois gouverner, tu joueras pour mon peuple et tu l’égaieras, et tu écriras une nouvelle page ». Je dis ainsi : accordez votre pipeau, votre flûte champêtre de la débonnaireté, pour que les loups, les gendarmes et les prisonniers se mettent à danser lorsque vous jouez, et qu’ils disent : « On peut vivre aussi d’une autre manière ». Comprenez-moi bien, ce que je vous dis ne peut se faire de force. L’homme affamé doit être nourri, et qu’est-ce qui est le plus important pour lui ? Le pain. Qu’est-ce qui est le plus important pour l’assoiffé ? L’eau. Qu’est-ce qui est le plus important pour l’âme offensée ? C’est l’amour qui peut se manifester à un moment donné. Si quelqu’un est désespéré, arrête-toi avec ton pipeau, et joue pour lui. J’utiliserai aussi les verbes nourrir, abreuver, enseigner, prêcher, etc. Je demande à présent : « Es-tu allé à l’église ? » L’église c’est notre âme, alors que notre cœur est le grand autel sur lequel nous devons jouer avec cette flûte, et le Seigneur dira : « Tu es celui qui héritera de la terre ». J’aimerais que chaque Bulgare ait cette flûte pour que tous se mettent à danser dès qu’il en joue. Lorsqu’on joue de cette flûte et que vous l’entendez, vous pouvez danser, car parfois vous dansez au son d’autres flûtes, et chaque danse est différente d’une autre. Un enfant se met à danser, mais il fait un grand vacarme : il ne danse pas au son de la flûte divine. Le Christ dit : « Les débonnaires hériteront de la terre », c’est-à-dire ces gens débonnaires qui comprennent les grandes lois et les forces qui fonctionnent dans le monde. Et ils ne sont pas loin. Je dis : « Ce berger, le fils du roi vient avec sa flûte. Il ne viendra pas armé de sabre, de fusil et d’explosifs : vous entendrez de loin le son de sa flûte et lorsqu’il jouera, il y aura des danses, des cabrioles, tous vivront fraternellement, hommes, femmes, enfants, animaux ». Pouvez-vous transformer cette flûte merveilleuse et lui donner un sens intérieur, véritable, pouvez-vous la transformer en formule ? Je ne peux pas vous parler plus clairement que cela. Si je commence à vous expliquer le mot débonnaire, il recèle seize significations qui expriment des états différents. Savez-vous ce que vous devez faire la première heure de votre réveil, puis la deuxième, la troisième, la quatrième et ainsi de suite ? Savez-vous que chaque heure du jour a une prédestination définie avec une précision mathématique ? Elle est aussi bien définie que la prestation d’un grand virtuose du violon, note après note ; si vous ratez ne serait-ce qu’une note, on ressent aussitôt un vide. Donc, la vie est une grande pièce divine et nous sommes venus sur terre pour sa représentation. Certains disent : « Je vis ». Tu ne vis pas encore, tu t’exerces seulement. Lorsque tu prendras ta flûte, tous autour de toi se sentiront légers et satisfaits. Lorsque tu apprendras à jouer parfaitement, tu pourras répandre ta pensée, ta grâce sur les humains. J’ai fait des expériences et cette loi ne s’est encore jamais démentie. Je me promenais une fois le long du littoral à Varna et j’ai perçu que quelque part deux jeunes s’aimaient : leurs pensées et leurs sentiments emplissaient tout l’espace pendant quelques instants. Et en effet, je descends vers la berge et je vois ces jeunes en train de roucouler. Je continue et j’aperçois des oies sauvages ; je projette ma pensée vers eux et c’est comme si quelqu’un me disait : « Je vais prendre une pierre pour les frapper ». Je ne m’arrête pas pour le faire, mais je constate que les oies sont déjà à un demi-kilomètre de moi car elles ont perçu ma pensée. Je continue encore et je vois un autre groupe d’oies ; je leur envoie une pensée positive, l’idée qu’il y a de la nourriture attrayante pour elles sur la berge ; je m’arrête et je les vois se ruer vers la berge sous l’impulsion de ma pensée. Ce sont des faits qui montrent que les animaux peuvent percevoir nos bonnes et nos mauvaises pensées. Lorsque tu croises un chien, il te regarde et devine tes intentions cachées, il comprend ce que tu comptes faire avec lui. J’ai observé l’attitude des chiens que je rencontre : ils m’examinent avec attention, m’interrogent, mais je leur dis : « N’ayez crainte, je ne vous ferai pas de mal, je suis de la nouvelle culture. – Vivement qu’elle vienne car nous souffrons à cause de ces gens incultes qui nous croisent, se retournent et nous jettent des pierres. » Ce n’est pas une allégorie, mais un fait. Vous agissez de même entre vous : vous rencontrez un ami et vous l’assaillez de mauvaises pensées. Nous devons nous comporter avec bienveillance envers tous les êtres, car ce qui sort de notre cœur est une grande puissance qui détruit ou bâtit. Nous détruisons tout seuls notre bonheur. Nous sommes ceux devant qui le Seigneur bâtit le monde futur, c’est pourquoi n’attendez pas que viennent d’autres personnes. Nous qui vivons sur terre, nous sommes capables de bâtir ou de détruire notre vie. Chacun de vous est appelé à un travail grandiose. Vous vous dites : « Nous sommes appelés pour une œuvre grandiose » et vous montez à l’endroit prévu et vous vous mettez à donner des ordres du haut de votre position. Vous ressemblez dans cette situation à ce Bulgare qui, après la Libération,[3] a commencé à se chercher un travail : il est allé par-ci, par-là, en posant sa candidature, mais partout on lui répondait : « Ce travail n’est pas pour toi », car il cherchait un travail léger. Un jour, en se promenant dans le parc en ville, il a vu le chef d’orchestre agiter une baguette et tous les musiciens jouer. Il s’est arrêté, il a réfléchi et s’est dit : « Voici un travail comme j’en cherche, agréable et léger ». Il a postulé à ce poste car il lui a semblé qu’il n’y avait pas de travail plus facile que celui de diriger les autres. Mais diriger les autres est un grand art, il faut comprendre leur pensée, leur cœur et leur âme, il faut comprendre leurs pensées et leurs sentiments quotidiens pour pouvoir alors seulement agiter la baguette selon le rythme. Et il y a des rythmes et des clés différents. Maintenant nous voulons tous être des ministres en Bulgarie. Si vous comprenez cet art, je serai le premier à voter pour vous ; si quelqu’un, même un enfant, comprend cet art et agite la baguette en temps utile, je vais voter pour lui. Nous serons tous des chefs d’orchestre et cette vague intérieure qui nous élèvera pourra se former ; c’est le sens caché des paroles : « être débonnaires et bons ». Actuellement, il faut longuement argumenter l’existence ou non de Dieu. J’ai beaucoup de preuves pour vous le démontrer, l’établir, et faire en sorte, par le biais de ces grandes expériences, que ces forces traversent vos cœurs. Vous attendez tout de votre père : qu’il vous donne de l’argent pour aller où bon vous semble. Non, vous pouvez vérifier ces choses tout seuls, mais il faudra pour cela que se réveillent toutes les cellules de votre cerveau qui ne le sont pas encore. Les cellules qui forment votre pensée dorment, les cellules supérieures, spirituelles, religieuses dorment encore et vous attendez d’obtenir quelque chose sans effort. Ne comptez pas sur l’héritage de votre père, n’espérez pas recevoir cent ou deux cent mille levas pour vous acheter une voiture, pour flâner, aller au bal, au concert, avoir une vie gaie et insouciante et clamer : « Je suis riche ». En réalité, vous êtes pauvres : votre Père Céleste vous a laissé ce qu’il vous faut et vous dit : « Vous gagnerez votre pitance avec labeur et la sueur au front »[4]. Et savez-vous ce que c’est de verser une goutte de sueur ? Je respecte tous ceux qui gagnent leur vie la sueur au front. Les médecins provoquent la transpiration pour soigner un malade. Il faut transpirer pour que toutes les impuretés du cœur et de la pensée soient rejetées et qu’une eau fraîche vienne dans le monde. On dit de quelqu’un : « Le pauvre, il a transpiré » ; non, il vaut mieux plaindre celui qui n’a jamais transpiré de sa vie. La transpiration est une très bonne chose. Que faire si nous transpirons ? Enlevez votre chemise et mettez-en une autre. Si tu voyages, enlève ta chemise, mets ton paletot, lave ta chemise, attends quelques heures qu’elle sèche, puis remets-là ; n’attends pas qu’elle sèche sur ton dos pour éviter que la sueur revienne dans ton corps. Nos contemporains disent : « Cultivons notre ancienne compréhension de la vie », ce qui revient à sécher l’ancienne sueur avec notre chaleur ; que gagnerons-nous ? Cette ancienne sueur vous conduira dans l’autre monde ; vous allez acquérir ainsi un moins, pas un plus, car le plus est un mouvement vers le haut et le moins, un mouvement vers le bas. Vous dites de quelqu’un : « Il est parti de l’autre côté ». Je demande : « Quel signe portait-il, un plus ou un moins ? – Un moins. – Alors il est en effet parti de l’autre côté, mais vers le bas, donc ne le cherchez pas en haut ». Vous devez comprendre les quatre opérations mathématiques. Vous comprenez l’addition car chacun de vous peut additionner deux grandeurs, par exemple additionner cinq et six : combien cela fait-il ? 5 plus 6 est égal à 11. Pouvez-vous rassembler deux bonnes personnes au même endroit, puisque vous savez comment additionner ? Pouvez-vous additionner une bonne jeune fille et un bon jeune homme ? Puisque nous pouvons additionner, nous devons additionner toutes nos pensées, tous nos sentiments. Si je vous demande ce qu’est la soustraction et où vous la voyez dans la nature, vous direz probablement : « Nous connaissons la soustraction nous l’avons étudiée à l’école ». Je demande : savez-vous appliquer cet art ? Lorsque vous plantez un grain de blé, il commence par soustraire : il s’enracine dans le sol ; puis apparaît le processus de la multiplication : il se ramifie et développe les gerbes ; à la fin, c’est au tour de la division : les grains de blé se détachent des gerbes et tombent au sol. Ces opérations, addition, soustraction, multiplication et division sont notre quotidien. Vous soustrayez souvent une pensée de votre tête, mais l’important est de savoir si cette pensée est bonne ou mauvaise. Si je sors du pain moisi de ma tête pour le donner à un pauvre, est-ce une soustraction ? Celui qui sort de son sac du pain moisi est un parfait ignorant. Vous dites : « Notre Maître nous apprend à mettre le signe moins devant lorsqu’on soustrait », mais je vous enseigne autre chose, à savoir, mettre le signe plus et soustraire quand même. Ou encore, lorsque tu prêtes de l’argent et que tu prends des intérêts, et que ton argent fructifie, est-ce une multiplication ? La multiplication, c’est lorsque tu multiplies le nombre de bonnes personnes, lorsque tu réconcilies ceux qui se disputent, c’est le propre des débonnaires qui viendront dans ce monde. Ne vous croyez pas débonnaires, mais vérifiez si vous en avez les aptitudes. Il ne faut pas beaucoup de temps à un élève, à un peintre, à un musicien ou à un chrétien pour l’apprendre ; tout au plus cinq à six ans. Comment vous y prendre ? Lorsque vous rentrerez à la maison, si vous êtes indisposés dans votre for intérieur, dites-vous : « Je suis débonnaire », c’est-à-dire vous devez réfléchir logiquement, chercher la réussite dans votre travail et être heureux. J’expliquerai le mot bonheur[5] à la façon dont il s’écrit dans la langue bulgare: la lettre Щ est formée des lettres Ш et Т[6]. Dans la lettre T il y a deux traits vers le bas alors que la lettre Ш a trois traits qui avec les deux premiers forment la main humaine qui pend vers le bas. Donc, dans le bonheur votre main doit être prête. La lettre A désigne le nez humain, donc votre volonté doit être puissante, tempérée et votre intelligence doit être unie à la volonté. La lettre C est la lune qui suit constamment la loi des changements. Lorsque vous mettez C sur T, vous formerez un bateau, donc toute la fortune que vous acquérez par votre volonté sera sur vous, c’est-à-dire dans votre cœur. Ainsi, l’homme heureux est celui qui peut atteler au travail son intelligence avec sa volonté, c’est-à-dire le principe masculin et le principe féminin, les mettre dans son bateau et conduire ainsi sa vie. S’il ne peut pas faire cela, il dira : « Quel est ce destin terrible qui nous a rendus esclaves tous les deux ? » Je dis à cela : quelle magnifique poésie ! Lorsqu’il attèlera au travail son intelligence avec son cœur, il dira : « Quel destin qui nous rend heureux tous les deux ». Si je prends la poésie bulgare et la traduis à ma manière, tout sera à l’envers de ce que le poète a célébré et écrit. Certains lisent et s’étonnent comment le poète a pu écrire et trouver de telles choses : aucune intelligence, aucun art n’est demandé pour cela. Quel mérite de prendre un marteau et de taper avec lui sur une bouteille ou une cruche ? J’aimerais fabriquer cette bouteille ou cette cruche et non faire des trous dedans ! Nos contemporains ne font que des trous. Je regarde certains creuser des trous et je leur demande : « Pourquoi creusez-vous ces trous ? – Nous ne le savons pas, on nous paie pour cela. » Il y a tellement de trous ! Il y a dans le monde un surplus de trous. C’est maintenant l’heure de semer ; mettez à présent des graines dans ces trous, plantez des arbres pour créer un beau jardin d’Éden. Lorsque vous tomberez dans un de ces trous et que vous vous briserez la jambe, vous direz : « Quel est ce destin terrible qui nous a rendus esclaves tous les deux ? » Mais lorsque vous planterez dans ces trous de beaux arbres fruitiers qui vous donneront des fruits, vous les gouterez et vous direz : « Quel destin d’être heureux tous les deux ; mangeons-en aussi à deux ». Ceci à la fin est déjà de la prose ! Le Christ dit : « Les débonnaires hériteront de la terre ». Je sais que vous êtes débonnaires, je peux le prouver, ce n’est qu’extérieurement que vous semblez ne pas l’être. Les saints ont jadis porté des vêtements avec des épines vers l’extérieur pour ne pas être vus et tentés par le diable, ils s’en protégeaient par les épines. Vous aussi, vous portez extérieurement de telles robes de chambre qui ne vous trahissent pas en tant que débonnaires, et c’est pour cette raison qu’on vous entend souvent dire entre vous : « Rentre-lui un peu dedans ». De ce point de vue vous êtes comme cette femme qui avait l’habitude de brimer son mari quoi qu’il fasse : quoi qu’il dise, quoi qu’il se passe, elle lui faisait toujours des remarques et des réprimandes. Il prenait son mal en patience à la maison, mais un jour ils ont été invités chez des parents à un délicieux déjeuner : une pintade bien grillée avec du vin vieilli, et il s’est un peu laissé aller. Sa femme le surveillait sans arrêt et dès qu’elle n’était pas contente de lui, elle lui donnait des coups de coude. À bout de patience, il lui a dit : « Tu as dépassé les bornes, toutes les brimades à la maison ne te suffisent plus, tu en rajoutes même ici ! » Nos contemporains disent : « Houspillons celui-ci, il a assez mangé, il se doit d’être moral ». Laissez-le tranquille, qu’il mange et qu’il boive un peu ; le mal n’est pas dans la nourriture et la boisson, mais dans la compréhension erronée de la vie : s’imaginer qu’en mangeant et en engraissant, nous nous sentirons mieux. Certains parents disent : « Faisons bien manger notre fille pour qu’elle soit ronde comme la pleine lune ». Le Seigneur ne vous a pas créés pour être ronds comme la pleine lune, pourquoi ne pas dire que vous voulez être comme le soleil, briller comme lui. L’erreur, lorsqu’on considère que tout tend vers la plénitude est de vouloir devenir comme la pleine lune. Dans la langue originelle, il est écrit que nous devons être des fils de Dieu, c’est-à-dire répandre une lumière grâce à laquelle bâtir, porter la vie et la joie partout sur terre. Savez-vous ce qu’est la pleine lune ? Si tu es comme elle, tu seras condamné à mort : la pleine lune est un canal par lequel s’évacuent toutes les impuretés de la terre. Et vous voulez ressembler à ce canal ? Cela n’a aucun sens, il n’y a aucune philosophie là-dedans. À l’avenir ne dites plus jamais que vous voulez que votre fille devienne comme la pleine lune, mais souhaitez qu’elle devienne lumineuse comme le soleil ou du moins comme l’étoile du matin, Vénus ; si vous lui souhaitez de devenir comme la pleine lune, elle est condamnée à mort. Nos contemporains vont se promener au clair de lune, ils l’observent, mais ils ne savent pas qu’elle les pervertit. Lorsque vous passez à côté d’un endroit impur, votre odorat est perturbé par les odeurs nauséabondes, et si vous voulez le rétablir, allez en haut dans la montagne. Lorsque tu commets une faute, tourne-toi vers la pleine lune et dis : « Apprends-moi à rejeter les péchés, à les évacuer, et ainsi me purifier ». Lorsque tu observes le soleil, dis : « Mon clair soleil, mon soleil lumineux, en regardant tes vertus, montre-moi la façon de manifester aussi mes vertus cachées et de les faire travailler en moi ». Alors que vous restez là à méditer sur ce que Kant, Hegel ou un autre a dit en pensant : « Quelle profondeur dans ces réflexions ». Oui, a, b, c, sont des grandeurs relatives, mais savez-vous combien de choses sont cachées dans ces a, b, c ? Mettez le mot débonnaire en vous et ne pensez pas à lui comme vous l’avez fait par le passé et maintenant. C’est un mot grandiose sur lequel vous devez bâtir la future culture sur terre. Si les Bulgares veulent que Dieu les bénisse ainsi que leur terre, ils doivent écrire ceci : « Les débonnaires hériteront de la terre, nous sommes débonnaires, nous croyons en la débonnaireté et c’est pourquoi nous hériterons de la terre ». Les qualités du débonnaire sont les suivantes : il enlève les abcès, mais pas les têtes ; avec son scalpel il t’enlève le chagrin et te libère. Vous tous qui m’écoutez, vous êtes débonnaires et c’est pourquoi, lorsque vous rentrerez chez vous, enlevez vos vieux vêtements. Aujourd’hui, je me montrerai très généreux, je vous offrirai un costume à chacun, je m’y engage ; ainsi, de retour chez vous, habillez-vous avec ces nouveaux vêtements que je vous offre. Lorsque vous m’écoutez, vous vous dites : « Parles-tu sérieusement ou non ? » Je vous parle sérieusement, je dis : « Je vous aime », et c’est tout. Pourquoi pas ? N’hésitez pas, finissez-en avec l’ancien maître. Tous, hommes, femmes, enfants, préparez votre flûte et jouez pour que tout le monde se mette à danser et à sauter. Lorsque, de retour chez vous, vous vous mettez à chanter : « Quel destin terrible d’être des esclaves tous deux », cela montre que vous servez encore l’ancienne culture. Vous allez désormais chanter selon la nouvelle culture, avec ma traduction : « Quel destin enviable d’être heureux tous deux ». Lorsque nous jouerons selon la nouvelle culture, l’amour se manifestera aussi car toutes les puissances sont mises dans cette musique. Lorsqu’on entendra cet air, toutes les créatures joueront comme la terre elle-même. Savez-vous pourquoi les tremblements de terre se produisent ? Il y a sur terre des êtres bons qui, lorsqu’ils jouent avec leurs flûtes, font danser la terre si puissamment qu’elle commence à projeter sa matière intérieure sous forme de lave et dit : « À bas les vieux oripeaux, débarrassez-vous de vos anciennes maisons, sortez des prisons, ouvrez vos fenêtres ». Lorsque ta cabane sera démolie, remercie Dieu et dis : « Je Te remercie Dieu de m’avoir sorti de cette maison en ruines ». Regardez les oiseaux qui, dès leur éveil le matin, s’empressent de remercier et glorifier Dieu avec leurs chants ; et vous, lorsque vous vous levez, vous commencez : « Quel destin terrible d’être esclaves tous deux » ou bien « Ma femme me tue à petit feu ». Non, elle ne vous tuera pas, elle porte bonheur : elle était le nombre 13 en vous et vous faisait plus de mal alors, et maintenant elle en est sortie. Jadis, avant l’avènement d’Ève, l’homme avait treize côtes, mais Dieu lui a enlevé une côte, la treizième précisément, et Il a dit à Adam : « Fais attention au nombre 13, car il est en même temps le nombre de la justice et le nombre du mal dans le monde ». Le nombre 18 représente la pleine lune. Vous les femmes, ne vous vexez pas, car vous devez savoir que jadis la pleine lune était aussi lumineuse que le soleil alors qu’elle est éteinte à présent, morte ; le temps viendra où elle vivra de nouveau. Quelqu’un dit : « Ma bienaimée est comme une petite lune ». Je dis : « Tu ne contenteras jamais ta petite lune, elle se remplit et se vide constamment. – Que dois-je faire ? – Lorsqu’elle deviendra comme le soleil, le temps viendra où vous vivrez à l’image et à la ressemblance de Dieu, et serez gais et joyeux. » Ne vous vexez pas, car je ne considère pas que tous les hommes sont des hommes ni toutes les femmes, des femmes. Pour illustrer mon idée je donnerai l’exemple suivant : dans l’antiquité, un roi avait une très belle fille qu’il préservait de toute tentation. Il a ordonné à ses conseillers d’imaginer des vêtements si fins et si subtils et d’une matière si transparente qu’elle puisse en changer tous les jours, mais sans que personne ne puisse soupçonner qu’elle est habillée. Quiconque croisait la fille du roi l’embrassait, et on a commencé à rapporter au roi : « Nous avons vu ta fille, un tel était en train de l’embrasser. – Cela ne fait rien, il embrassait seulement l’enveloppe extérieure, mais son âme n’est embrassée par personne, personne n’a vu la fille du roi. » Tout le monde peut embrasser le vêtement extérieur, mais lorsqu’il est question de l’âme, d’autres règles s’appliquent. Je connais la fille du roi autrement et non comme elle est vêtue. Certains disent : « Et vous, ne savez-vous pas comme ma fille est belle ? » Non, elle n’est pas encore ta fille ; sais-tu qu’elle est la treizième côte ? Un jeune homme se marie avec une jeune fille, mais leur vie va mal. Pourquoi ? Parce qu’il a pris une femme étrangère et la mise entre ses côtes, mais elle ne lui convient pas. Alors Dieu dit : « Ce n’est pas la femme qui est faite à partir de toi. – Oui, mais le curé nous a fiancés. – Cela ne fait rien, elle n’est pas de Dieu. » Lorsque les gens ont commencé à se marier, comme cela n’a pas été admis par Dieu, la mort est apparue pour leur prendre la vie, pour qu’ils puissent retrouver leur moitié et améliorer leur vie. Lorsque nous ne trouverons pas notre moitié une première fois, alors nous la rechercherons une seconde fois ; si nous ne la trouvons toujours pas, nous la rechercherons une troisième fois jusqu’à la trouver. Quelqu’un dit : « Ma femme est une reine ». Elle peut être reine, savante, mais elle n’est pas ton âme sœur. C’est seulement lorsque nos yeux s’ouvriront que nous connaîtrons nos proches et que nous les aimerons. Et cela se fera lorsque nous serons débonnaires. La terre, c’est la femme débonnaire ; l’homme débonnaire qui se conforme à la loi de Dieu, héritera de la terre ; c’est ce qui est sous-entendu par les paroles du Christ : « Les débonnaires hériteront de la terre ». Qui que vous soyez, si vous ne suivez pas cette loi, vous ne pouvez pas hériter de la terre. Donc être débonnaire est le seul moyen d’hériter de cette terre débonnaire et de comprendre les lois qui vous sont dévoilées maintenant. J’envoie mes pensées comme le soleil envoie ses rayons, chacun les recevra comme le veut son âme, chacun travaillera avec elles autant que l’art de son âme le permet, et chacun s’habillera selon son goût. Je ne veux pas que vous soyez tous semblables. Chacun peut être débonnaire à sa façon : l’un peut l’être comme un œillet, un autre comme une rose ou comme une violette, mais soyez tous débonnaires. C’est ce qu’entonne le fils du roi avec sa flûte « Diou-diou-diou, les débonnaires hériteront de la terre, diou-diou-diou ! » La flûte bulgare dit : « Les cœurs purs hériteront de la terre, diou-diou-diou ». Ainsi entonnera le cornemuse bulgare ou la flûte champêtre, et les Bulgares lèveront les mains pour danser. Lever ses mains signifie qu’il faudra fleurir ; les deux mains sont l’homme et la femme. Hommes et femmes, unissez-vous à présent, donnez-vous la main. Comment serrez-vous la main ? Vous mettez le côté intérieur de votre main dans le côté intérieur de la main de votre ami et vous mettez au-dessus votre pouce. Le côté intérieur de la main est le principe féminin et le pouce que vous mettez au-dessus est le principe masculin. Se serrer la main signifie que vous agirez au nom de Dieu : nous les femmes, c’est-à-dire la loi de l’amour, nous libérerons le monde du joug actuel lorsque nous nous enlacerons avec la loi de la sagesse. Ainsi, à chaque fois que vous serrez la main de quelqu’un, pensez ceci : « Nous commençons par l’amour et la sagesse et nous les tissons ensemble pour être bénis du Seigneur ». C’est ainsi que je veux voir tous les Bulgares se serrer la main, qu’ils se disent en se croisant : « Bienvenu, frère, au nom de l’amour divin, de la sagesse divine et de la vérité divine ! » Sofia, 23 janvier, 1921 Traduit par Bojidar Borissov [1] Le mot débonnaireté s’écrit en cyrillique : кротост (krotost) [2] Le mot débonnaireté s’écrit en cyrillique : кротост (krotost) [3] La Libération désigne la fin de la guerre russo-turque de 1877-1878 qui arrache le territoire bulgare de l’Empire ottoman, conduit à l’indépendance du pays et met fin à cinq cents ans de joug ottoman pour le peuple bulgare [4] Genèse 3, 19 [5] Bonheur en bulgare s’écrit : щастие (« chtastie ») [6] En effet щ se prononce « cht », ce qui équivaut à prononcer шт car la lettre ш se prononce « ch »
  5. Les deux grandes lois « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta pensée. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Matthieu 22 :37, 39 « Que votre cœur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi. » Jean 14 :1,2 Je vous parlerai des deux grandes lois sur lesquelles repose la vie de l’homme. Lorsqu’on a interrogé le Christ à ce sujet, il a exprimé ces deux grandes lois par les commandements suivants : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée ; et tu aimeras ton prochain comme ta propre âme » Il est dit dans les Écritures : « Dieu est Amour ». Nous demandons souvent : « Aimes-tu Dieu, crois-tu en Dieu ? » Croire en Dieu est bien conforme au second verset (Jean 14 :1,2), mais lorsque tu dis : « Aimes-tu Dieu ? », ce n’est plus conforme à ce verset. Vous qualifiez quelqu’un d’honnête : c’est une croyance. La croyance est en rapport avec la vie actuelle, donc ce qui donne du sens à la vie de l’homme est la bonne compréhension de la vraie vie. Jeunes et vieux veulent donner du sens à leur vie ; tous veulent perpétuer cette vie, être heureux et intelligents. Nous devons être intelligents comme les ingénieurs et les techniciens qui calculent l’emplacement d’une nouvelle route, sinon elle ne sera pas bien construite ; les gens du monde savent très bien calculer leurs affaires. La foi seule n’est pas suffisante, elle représente un tiers de la vérité ; l’espérance représente également un tiers de la vérité et l’amour, un tiers de la vérité. Lorsque vous additionnez les trois, vous obtenez l’entière vérité. L’espérance est pour le monde actuel, elle nous inspire. Tout le monde ne vit que pour manger, pour faire fructifier sa fortune et pour se prémunir. Si les gens pensaient de façon plus idéaliste, le monde serait tout autre. Les gens ordinaires disent que ce qu’ils voient est le réel, l’espérance. La foi représente le contenu des choses. Je répartis le monde réel en trois catégories. D’abord un monde qui change et qui évolue, c’est le monde physique, le plan physique. Puisqu’il change et évolue, il ne reste pas le même. Si par exemple un criminel est entré dans la catégorie des gens honnêtes et respectables où il ne change ni n’évolue, il ne sera plus comme il a été avant. La deuxième catégorie est le monde qui ne change pas, mais qui évolue, c’est le monde angélique. Par exemple le grain de blé planté ne change pas, mais il évolue ; les morts n’ont pas disparu, et si nous entrons dans le monde spirituel nous les retrouvons. La troisième catégorie est un monde qui ne change pas et n’évolue pas, c’est le monde divin : il est une fondation sur laquelle tout est bâti. Vous avez par exemple une bouteille vide, elle est réelle par la forme mais non par le contenu ; si la même bouteille est pleine, elle est réelle par la forme et par le contenu, vous avez ici des conditions qui ne changent pas et n’évoluent pas, c’est-à-dire elles sont réelles par la force des choses. Tout dans votre vie est boiteux à cause de votre mauvaise compréhension et du fait de l’application erronée des lois de la nature et de Dieu. Ces grandes lois doivent s’appliquer à tous nos sentiments et à tous nos désirs. Vous avez assisté à un concert et vous voyez jouer un virtuose : le bon musicien joue selon des règles strictes de mouvement de l’archet, des sons, etc. L’homme de bien est un virtuose dans la vie. Les Bulgares disent : « Un violoniste ne prend pas soin de son foyer » ; au contraire, le violoniste prend soin de son foyer. Son violon doit être en son sein, ce qui veut dire qu’il a une harmonie dans son existence intérieure et sa vie émet une sublime mélodie. Beaucoup disent qu’il ne nous faut pas faire de musique ; je dis que chacun doit savoir jouer de la musique ! Je vous demande si on se réjouit dans une maison d’entendre la voix du bébé lorsque la mère le met au monde ? Oui. Si cette voix ne s’exprime pas, on ne se réjouit pas : « Il ne durera pas ce gamin, dit-on ». Je veux maintenant vous emmener vers la grande idée de l’amour. L’amour ne doit pas être compris comme nos contemporains le comprennent, l’amour ne doit pas être seulement un sentiment plaisant, une attirance. L’amour dont on parle actuellement n’est pas le véritable amour. Il peut être comparé à l’amour entre deux camarades qui voyageaient en forêt, et où l’un affirmait sans cesse être prêt à se sacrifier pour son camarade en toute circonstance. Lorsqu’ils ont croisé un ours, celui qui exprimait son empressement à se sacrifier pour l’autre, a aussitôt grimpé au sommet de l’arbre le plus proche. L’autre, terrorisé, s’est couché à terre ; l’ours est venu à lui, l’a reniflé, puis a effleuré sa tête, son oreille et il est reparti. Son camarade est descendu de l’arbre et a demandé : « Que te chuchotait l’ours à l’oreille ? – Il m’a dit de ne plus partir en forêt avec un ami comme toi. » Nous avons ici de l’amour seulement en forme, c’est-à-dire une bouteille sans contenu. Ce camarade aurait dû rester en bas et se sacrifier pour son ami au lieu de s’enfuir et de grimper à l’arbre. Si vous mettez quelqu’un en résidence forcée dans un sous-sol, pensez-vous qu’il sera content ? Il y a une anecdote au sujet d’une réunion d’animaux : lorsque le loriot leur a proposé de faire la paix et de se réconcilier avec les humains, ils ont vu passer un homme. Le loup a dit aux autres : « Regardez ce qu’il a autour du cou ! » On lui a répondu : « De la peau de loup ». Le loup a rétorqué : « Je refuse de me réconcilier avec l’homme ». Puis est passée une femme et le renard a dit : « Regardez ce que cette dame a autour du cou ! » On lui a dit : « Une peau de renard ». Le renard aussi a renoncé à se réconcilier avec les humains par manque de confiance. Les oiseaux quant à eux ont dit : « Regardez les chapeaux de ces dames, ne sont-ils pas ornés de nos plumes et de nos queues ? » Le monde des humains exige de baigner constamment dans les rayons de l’amour divin, prêt au sacrifice. Tout le monde ne pense qu’à manger. Les animaux sont plus intelligents, ils ne restent pas quatre heures dans la cuisine pour leur bienaimé. La femme cuisine pour son mari et il la roue de coups en retour et la chasse. Pourquoi ? La femme ne doit pas hacher de viande et d’oignons pour son mari (comprenez-moi au sens large du terme). Les choses doivent être éprouvées ; chaque chose qui ne peut pas être éprouvée ni appliquée n’est pas utile. Le Christ s’arrête sur ces deux lois. Il est dit dans la première : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur ». Le cœur en soi est déjà un monde très vaste : tant que le cœur humain a une irrigation correcte, tant qu’il ressent normalement, il est en ordre, ce qui signifie qu’il a la vie ; si le cœur cesse de fonctionner, la mort survient. Lorsque les sentiments humains cessent de fonctionner, l’être humain est mort dans le monde spirituel ; je dis, le cœur de cet individu est mortifié. Le cœur doit être exposé à l’amour divin. Aimer le Seigneur n’est pas donner, mais prendre, et pour prendre du Seigneur, nous devons L’aimer. C’est uniquement par l’amour que nous devons prendre quelque chose de quelqu’un. Y a-t-il un seul cas où deux personnes s’unissent sans amour entre elles : un homme et une femme, un marchand et un autre marchand ou n’importe quels autres associés ? Dieu n’est pas un exemple mais une nécessité : sans amour envers Lui nous ne pouvons rien recevoir. Ce n’est pas la peine de démontrer si le Seigneur existe ou non. Pourquoi devons-nous aimer ? C’est uniquement grâce à l’amour que tu peux extraire les sucs qui sont bénéfiques pour toi. Si nous déclarons ne pas avoir besoin de Dieu, avec quoi Le remplacerons-nous ? Si nous devons nous soumettre aux magistrats, aux avocats et autres hommes de loi, ne devons-nous pas obéir à Celui qui nous a créés ? Si tu obéis à ceux qui ne t’ont rien donné, alors je demande : pourquoi n’obéis-tu pas à Dieu qui t’a tout donné ? Si tu ne le veux pas, c’est alors la loi de la nécessité qui t’obligera à obéir au Seigneur. Si quelqu’un, resté enfermé dans une pièce sombre tombe malade, qui est responsable de sa maladie ? Exposez-le au soleil et il guérira ; tout doit être exposé au soleil, dans la nature vivante où est la vie. Nos contemporains demandent où est le Seigneur. Le Christ parle d’un Dieu qui est très bien décrit. Un enfant qu’on cherche à molester vient d’abord se réfugier auprès de son père, de sa mère, de son frère et s’ils ne sont pas là et ne peuvent pas l’aider, alors il s’écrit : « Oh, Mon Dieu ! » ce qui signifie : aime les humains et sacrifie-toi pour eux. L’amour est nécessaire pour que les sources d’eau nécessaires aux plantes ne gèlent pas. Il ne faut pas beaucoup parler sur l’amour : ceux qui en parlent beaucoup, aiment peu, et ceux qui promettent beaucoup, donnent peu. Le Christ continue en disant : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de toute ta pensée ». La pensée est un feu, il faut l’attiser. C’est uniquement le cœur qui incite l’homme à penser : lorsque le cœur s’engage, la pensée s’engage aussi. Si quelqu’un dit que tu n’as pas besoin de cœur, il ne voit que la moitié de la vie. La pensée crée les formes, elle est une lumière nécessaire pour la vie avec laquelle nous régulons nos actes. Nos pensées et nos sentiments ne peuvent rien les uns sans les autres, le cœur et l’intelligence doivent être unis. Et l’intelligence doit puiser des forces du même soleil qui réchauffe le cœur. À quoi reconnaît-on l’homme intelligent ? Il se reconnaît à ce qu’il corrige ses erreurs et met de l’ordre. À quoi reconnaît-on la bonne mère ? Ses enfants sont toujours bien nourris (mais pas trop) et bien habillés. Ce type de pères et de mères ont de l’intelligence. Il en est de même pour une société : dans chaque société où les gens sont nourris et habillés il y a de l’ordre et ses membres vont bien ; l’inverse est signe de pénurie. Dans ce cas il faut produire. Entre nous et la nature vivante il y a des rapports étroits : nous devons travailler lorsque cela est requis. Notre vie est déterminée depuis longtemps, nous n’avons pas à l’organiser maintenant. Un monsieur de Varna, libéré du front en 1917 a réussi à gagner cinquante-cinq mille levas. Un jour il a souhaité que la guerre se prolonge huit ans de plus pour qu’il puisse gagner plusieurs fois encore cinquante-cinq mille levas, mais le même soir ce monsieur est mort. Il avait transgressé la loi de la conscience. Chacun doit aller profondément dans son cœur et dans son âme pour extraire cette particule divine, ces valeurs et ces sentiments que Dieu y a déposés, c’est la seule façon de trouver du sens à sa vie. Nos contemporains ont des infirmités et ils veulent régler tout seuls leur vie. Deux frères se disputent et se détestent lors du partage de l’héritage ; comment se rétablira l’amour entre eux ? Lorsque l’erreur sera corrigée, lorsque chacun recevra ce qu’il mérite. Rendez ce qui a été pris illégalement et l’amour reviendra : voilà le principe divin. L’amour veut que toutes nos erreurs soient réparées. Lorsque j’ai un pain, pourquoi ne pas donner la moitié à quelqu’un d’autre qui est affamé, sans quoi il me frappera et me le prendra tout entier ; si j’étais intelligent j’éviterais de rester affamé moi-même. C’est pourquoi le Christ dit : « Donnez votre chemise », et le Seigneur dit : « Donnez la moitié de votre fortune pour ne pas être dépossédés entièrement ». La richesse abîme l’amour. Quelqu’un attend d’être riche pour vivre, mais c’est l’inverse qui se produit. Ce n’est pas l’argent qui rend heureux dans le monde, mais l’intelligence éclairée et le cœur vertueux : c’est cela être riche. Si tu n’as pas d’intelligence et de cœur, tu n’es qu’un âne bâté ! Si cet âne passe dix jours à transporter de l’or d’un endroit à un autre, je demande : cet âne est-il riche ou non ? Non, il porte la richesse de son maître. Par richesse j’entends ce qui peut améliorer notre existence, notre situation. Donc le présent est ce qui peut redresser notre vie future. Beaucoup veulent assurer leur avenir : c’est ce que vous faites maintenant qui décide de votre sort demain. Et c’est dans le passé qu’est résolue votre vie actuelle, et comme vous ne l’avez pas bien résolue vous souffrez à présent. Puis, le Christ dit : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Je demande : peux-tu faire cela pour l’amour de Dieu ? C’est la deuxième loi : l’homme doit aimer les animaux, les plantes et tout ce qui nous accompagne. Si une fourmi vous croise, laissez la passer. Mais vous direz : « Nous serons en retard ». Et jusqu’à maintenant, en étant pressés, qu’avez-vous fait de mieux ? Votre vie n’est-elle pas toujours aussi peu rangée ? D’ailleurs, dites-moi qui a réussi dans ce monde ? Très peu de gens. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas laissé passer la fourmi qu’ils ont croisée. Les évêques, les curés, les rois, et les riches sont tous au cimetière, tout le monde a fait faillite. Ils n’ont pas arrangé leur vie jusque-là, et à l’avenir ce sera le cas uniquement s’ils se conforment à la loi de l’amour. Chaque vie doit être à sa place. La deuxième loi est bénéfique pour notre âme. Un pauvre en Autriche a voulu partir en Amérique, et comme il n’en avait pas les moyens, il a demandé mille couronnes à un banquier. Celui-ci s’est dit dans son for intérieur : « J’ai aidé beaucoup de personnes, j’ai prêté de l’argent même si on ne me l’a pas rendu, je vais donner tout de même mille couronnes à ce misérable ». Le pauvre a pris l’argent et il est parti en Amérique. Quelque temps après le banquier a perdu toute sa fortune. Quinze ans plus tard l’ancien pauvre est revenu en Autriche avec une grosse fortune, il a recherché le banquier et l’a trouvé dans un triste état ; au lieu des mille couronnes prêtées, il lui a rendu quinze mille couronnes. La loi divine dit : tout bien fait au nom de l’amour ne s’oublie jamais. Le bien engendre le bien et le mal engendre le mal. C’est la loi du bien envers son prochain. Je vous recommande la méthode suivante : vous êtes malades, sans appétit, en proie aux insomnies, vous appelez des docteurs, vous les payez, mais sans résultat ; je vous dis : « Sortez dehors au soleil, allez-y et ne me demandez pas pourquoi ». On demande souvent où est le Seigneur. Lorsque vous sortirez dehors au soleil, vous vous sentirez un peu mieux le premier jour, encore mieux le deuxième jour, et un mois ou deux après vous serez définitivement guéri. Les gens se soignent chez les médecins. L’un donne soixante mille levas pour des traitements et il succombe, un autre donne dix mille levas au médecin, mais meurt aussi. Je ne vous dis pas de ne pas allez chez le médecin, tout un chacun a besoin de la médecine, mais trouvez le véritable médecin et allez chez lui. Pour ce conseil que je vous donne, je ne veux pas d’honoraires ; le soleil vous guérit, est-ce que le Seigneur Dieu prend de l’argent pour cette guérison ? Un hodja est allé aux bains, et comme il n’avait pas d’argent pour payer en sortant, une fois rhabillé, il a dit au préposé à la caisse : « Merci, ce bain était excellent ». Mais l’autre lui a demandé de payer au lieu de remercier. Le hodja qui n’avait pas un sou, a imploré le Seigneur de démolir les bains pour qu’il puisse partir sans payer. Alors, un brouhaha s’est élevé de l’intérieur, le caissier est entré pour voir ce qui se passait, et le hodja en a profité pour se faire la belle sans payer. Il faut toujours payer pour un bain dans le monde, c’est une loi sur le plan physique. Mais dans le monde divin ce n’est pas ainsi : là c’est tout le contraire, on ne te prend pas d’argent et on te chassera si tu veux payer ; on te dira : « Vas-y, reprends un autre bain ». Si un enseignement demande qu’on soit rétribué pour chaque bien que nous faisons, ce n’est pas un enseignement nouveau : vous avez pris gracieusement, donnez gracieusement. L’âme est un jardin avec les plus belles fleurs et les arbres fruitiers nécessaires à la vie : ils portent les fruits qui nous sont nécessaires. Lorsqu’il y a de bons fruits dans notre vie, nous ne sommes pas exposés au péril. L’âme vivante n’est pas séparée de l’être humain, mais elle englobe l’intelligence et le cœur. L’intelligence et le cœur sont des serviteurs de l’âme, ses domestiques : l’intelligence est le domestique, le cœur est la domestique, l’âme est la maîtresse. Lorsque l’âme ne prend pas soin de ses domestiques, ils s’insurgent. L’âme est un monde grandiose et lorsque vous sortirez de ce monde, vous entrerez dans un autre monde, celui des plus grandes âmes, dans le monde sublime où vous êtes entourés du Grand amour. Le Christ dit : « Aimez votre prochain comme vous-mêmes ». Si nous n’appliquons pas la première loi, aimer Dieu, nous ne pouvons pas appliquer la seconde, aimer son prochain. Est-ce qu’une mère qui n’est pas bien portante peut procréer et élever des enfants bien portants ? Jamais. Nous devons être bien portants à tout point de vue : spirituel, mental et physique. La nourriture, au sens large, est une condition essentielle pour récolter de bons fruits lorsque nous sommes en bonne santé. La vie que nous passerons sur terre sera déterminée par la nourriture donnée à notre intelligence, notre cœur et notre âme. Toutes les maladies de l’intelligence, du cœur et de l’âme sont le résultat d’une mauvaise nourriture. L’estomac et l’âme tombent malades à cause d’une mauvaise nourriture. Toutes les maladies viennent de notre intelligence et de notre cœur : le mauvais cœur donne de mauvaises passions, la mauvaise intelligence donne de mauvaises pensées. La neurasthénie est le résultat d’un manque de lumière dans l’intelligence ; la haine est le résultat d’un manque d’amour dans le cœur. Riche est celui qui aime, misérable est celui qui hait. Le Christ dit : « Bienheureux les simples d’esprit », riches en esprit mais pauvres en mal. Seuls les misérables haïssent, alors que j’appelle riches ceux qui aiment. Il y a des riches, mais en quoi ? Riches en mal : que Dieu te préserve d’un riche en crimes et en péchés. Le riche en péchés est pauvre en vertus, le riche en bonnes pensées et en bons sentiments est le véritable riche, il n’est jamais dans les privations matérielles. « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée ; et tu aimeras ton prochain comme toi-même », ces deux lois sont les principes essentiels dans la vie, sans lesquels elle ne peut se redresser. Chacun doit se demander : « Suis-je riche en pensée, en cœur, en âme ? » Le riche en pensée fait de bonnes choses, le riche en cœur fait de bonnes choses, le riche en âme fait de bonnes choses. Nous laisserons pour plus tard la question de l’existence ou non du Seigneur. Ceux qui se demandent s’il existe ou non un Seigneur sont semblables à ces trois Bulgares qui avaient une poule grillée, mais comme ils n’arrivaient pas à se la partager, ils ont décidé de se coucher et de laisser la poule à celui des trois qui ferait le rêve le plus effrayant. Le lendemain matin ils se sont levés et ont commencé à se raconter leurs rêves. Le premier a dit : « J’ai rêvé que je descendais par des abîmes de plus en plus insondables jusqu’au centre de la terre ». Le deuxième a dit : « J’ai rêvé que je montais vers le ciel de plus en plus haut jusqu’à la Lune ». Le troisième a dit : « Etant donné que l’un de vous est descendu jusqu’au centre de la terre et que l’autre est monté jusqu’à la Lune, j’ai rêvé que vous ne reviendriez plus, alors je me suis levé et j’ai mangé la poule ! » Nos réflexions doivent porter sur la façon d’améliorer notre vie. Le Christ dit : « Lorsque nous organiserons notre vie selon le programme divin de l’intelligence, du cœur et de l’âme, nous serons heureux sur terre ». Certains se demandent s’ils ont été déjà sur terre auparavant. Pour ces personnes, je donne l’exemple suivant : il y avait dans un village un prénommé Stoyan qui est parti un jour avec son âne en ville dans l’idée de le vendre. À cinq kilomètres de là, surpris par la nuit, il s’est allongé sur le sol avec la bride de l’âne attachée à sa main. Des enfants venus de la ville ont enlevé la bride et emmené l’âne. Stoyan s’est réveillé et il a constaté l’absence de l’âne, il s’est mis à se frotter les yeux, il a regardé de nouveau, mais l’âne n’apparaissait toujours pas. Il s’est dit alors : « Si je suis Stoyan, j’ai perdu un âne ; si je ne suis pas Stoyan, j’ai gagné une bride ». Ce n’est pas la bride qui est réelle, mais l’âne. Voici une preuve de la réincarnation : vous devez gagner l’âne, pas seulement tenir la bride, c’est alors seulement qu’on saura s’expliquer d’où on vient ... L’âne c’est l’intelligence, quant à la bride … Maintenant les gens sont un peu enivrés ; lorsque la nature les corrigera, ils reprendront leurs esprits, reviendront à eux et reconnaîtront d’où ils viennent ; on leur prouvera qu’ils se réincarnent lorsque la nature leur donnera une bonne correction. Maintenant notre intelligence et notre cœur sont un peu de travers et lorsque le médecin viendra et donnera des coups, les humains se redresseront – comme le médecin allemand qui remettait en place les mâchoires tordues de son patient par des gifles et des coups. La question n’est pas de savoir s’il y a un Seigneur au ciel ou sur terre, mais s’il y a de l’amour dans le cœur, la pensée et l’âme. Le Christ dit à ses élèves : « Vous vous libérerez de l’enseignement du mensonge et des ténèbres pour embrasser l’enseignement de la lumière ». Si un enseignement est juste, l’âme et les pensées sont lumineuses et le cœur est tonique et ardent. Chaque enseignement qui vous donne un élan dans la vie est bon. Et nous devons maintenant vivre comme des êtres pleinement conscients. Quelqu’un vieillit et commence à penser à la mort, il laisse de l’argent pour être enterré. Le Christ donne du sens à cette vie, il dit : « Vivez bien ». À partir du fruit des pensées et des sentiments nous connaîtrons quelle a été la vie. Lorsque vous êtes malheureux, neurasthéniques, maladifs, mécontents, etc., cherchez en quoi vous avez porté atteinte à l’amour, renouvelez-le et vous serez rétablis. C’est le Nouvel enseignement que je vous prône. Essayez tous les enseignements dans le monde, et enfin essayez celui-ci. Le Nouvel enseignement veut donner du sens à la vie, c’est l’Enseignement par lequel on parle, on agit et on travaille, c’est l’Enseignement des expériences, des actes et des observations. Tu veux vivre certaines choses, alors imagine que nous sommes tous les deux au fond de l’océan et que tu as sur le dos quatre-vingts kilos d’or ; je te raconte que là-haut, au-dessus de la surface de l’océan, il y a de la lumière et tu veux aller vers elle, mais le sac d’or sur le dos te maintient au fond et tu ne peux pas t’élever vers la surface. Tant que vous n’enlevez pas ce sac d’or de votre dos, je ne peux pas vous emmener à la surface de l’océan et vous ne verrez pas la lumière du soleil, vous ne ressentirez pas la chaleur du soleil et vous ne recevrez pas ses bienfaits. Ce n’est pas la richesse et le côté matériel qui vous rendront heureux. Je vous donnerai un autre exemple : lors du dernier couronnement en Angleterre, un Anglais est parti d’Amérique vers l’Angleterre avec trois cent soixante-cinq millions pour participer aux célébrations. En chemin, il a calculé que cette somme ne lui suffirait pas pour ses dépenses, il s’est alors jeté dans l’océan et s’est noyé. Cet individu n’était pas fou. Vous trouverez en vous la vérité de la vie. Nous pouvons revenir auprès de Dieu uniquement lorsque nous ouvrirons tout notre cœur, notre pensée et notre âme, et lorsque nous utiliserons toute notre force pour le bien ; ils doivent s’ouvrir, sinon nous serons malheureux. La chose la plus substantielle, la plus grande force au monde est l’amour. Ce qui donne du sens à la vie est l’amour divin, il n’y a rien de plus précieux que lui : riches et pauvres aspirent à l’amour. Tout le monde soupire amèrement d’avoir perdu l’amour. C’est la plus grande richesse des mères, des pères, des maîtres et des serviteurs, des enseignants et des élèves, des frères et des sœurs. Il s’acquiert uniquement en franchissant six portes, les six façons dont quatre sont pour Dieu et deux pour nous. Il s’acquiert lorsque nous ouvrons notre cœur, notre pensée, notre âme et notre force : ce sont quatre principes qui nous mènent à Dieu ; et aussi lorsque nous aimons Dieu et lorsque nous aimons notre prochain comme nous-mêmes. Si nous restons passifs, nous ne l’acquerrons pas, mais si nous devenons actifs, virils, Dieu dit : « Je vais demeurer en eux et je serai leur Père, je serai leur Maître ». Il faut de la pureté, de la vérité et de la sincérité. Vous pouvez quitter le monde, devenir moine, roi ou quelqu’un autre, mais si vous n’avez pas l’amour, vous ne pourrez pas être heureux. Partout, les gens sont maintenant ligotés par le mensonge. Non, le marchand doit faire sa publicité selon ces deux lois : l’emballage doit être conforme au contenu et vice versa, pour ne pas faire passer un tissu pour pure laine s’il est à moitié en coton. L’amour doit être identique en forme et en contenu. Un paysan a vendu une boîte de beurre frais à un fonctionnaire de Sofia ; le fonctionnaire l’a ramené chez lui et s’est vanté devant sa femme pour ce beurre d’excellente qualité, mais il a été surpris de voir qu’il y avait très peu de beurre sur le dessus et que tout le reste était de la terre. L’amour ne tolère pas ce type de transactions. Nous devons aimer tout le monde. Ce n’est pas honteux d’aimer selon l’amour divin. Une femme qui aime un seul homme commet une erreur : elle doit aimer tous les hommes ; un homme qui aime une seule femme commet une erreur : il doit aimer toutes les femmes. Un crime est commis seulement entre un homme et une femme dans le secret : entre une femme et beaucoup d’hommes et entre un homme et beaucoup de femmes il n’y a pas de crime car l’amour est manifeste. Tous les humains sont nos sœurs et nos frères, et ils sont aussi frères et sœurs entre eux. On cherche Dieu aux cieux, mais c’est dans la vie consciente qu’Il se trouve. Là où il y a de la mort, il n’y a pas de Seigneur ; là où il y a de la vie, là est le Seigneur. Lorsque tu vois un petit insecte se noyer, un animal en difficulté, un humain à secourir, aide-les, là est le Seigneur. Nos péchés seront pardonnés, mais seulement avec des actes. Un criminel a tué quatre-vingt-dix-neuf personnes et est allé se confesser à un prêtre. Après la prière d’absolution, celui-ci lui a dit d’aller à un croisement de chemins, de planter un potager et de donner une pastèque à chaque voyageur pour étancher sa soif. Il lui a donné en plus un bâton sec, à moitié brûlé et lui a commandé de le planter au milieu du potager et de l’observer : le jour où il se couvrirait de feuilles vertes, ses péchés seraient pardonnés. Le pécheur est parti planter un verger, il a mis en terre le bâton brûlé et il s’est mis à donner des pastèque bien mûres à chaque voyageur. Dix ans de suite il a œuvré ainsi pour l’absolution de ses péchés, mais aucune feuille verte n’apparaissait sur le bâton. Un jour un cavalier est passé à côté du verger sans s’arrêter pour prendre une pastèque, malgré l’insistance du jardinier, car il était très pressé. Alors le jardinier s’est dit : « Je suis resté ici dix ans, j’ai distribué des pastèques et tous les voyageurs en ont mangé, mais aucune feuille verte n’a percé. De toute évidence, je ne serai pas pardonné, mais au moins je vais tuer ce voyageur qui s’oppose à mon absolution ». Il est allé dans sa cabane, il a pris son fusil, il a fait feu et a tué le voyageur. Il s’est avéré plus tard que ce cavalier était un méchant homme qui allait séparer deux jeunes qui s’aimaient sincèrement et voulaient se marier. À la grande surprise du pécheur, lorsqu’il est revenu au potager, il a vu que des feuilles vertes avaient poussé sur le bâton brûlé : il avait été pardonné. Il s’est ensuite réincarné chez ces deux jeunes en tant que leur fils ; ainsi l’intelligence et le cœur étaient liés et accordés selon la loi de l’harmonie. L’amour a sauvé le pécheur : le voyageur s’empressait d’aller commettre un crime, et le Seigneur l’a éliminé par le biais du pécheur jardinier pour qu’il reçoive l’absolution. Celui qui veut aimer son camarade comme lui-même, lui pardonnera et ne dira pas : « Quel sort funeste d’être tous les deux des esclaves ». Celui qui se sacrifie au nom de l’amour aura le cœur réjoui, la pensée limpide, l’âme anoblie, la force décuplée. Et nous serons sauvés de cette façon. Nos contemporains meurent car ils veulent rompre la noce divine entre l’intelligence et le cœur. Il faut appliquer l’amour divin envers tous les animaux, il faut projeter notre amour envers tous nos proches. Si nous voulons nous faire une idée de Dieu, il ne faut pas oublier les principes suivants : s’il y a de l’amour, il y a Dieu ; s’il y a Dieu, il y a de l’amour ; s’il y a de l’amour, il y a la vie ; s’il y a l’amour et la vie, il y a la fortune ; s’il n’y a pas d’amour, il y a la misère. Je veux que vous vous fassiez une idée sur Dieu : Dieu et l’Amour sont un. Celui qui est riche en amour est aimé de tous, celui qui est pauvre en amour n’est aimé de personne. Celui qui a de l’amour est un éducateur. Le bien est ce qui fait s’élever deux âmes. Celui qui n’ouvre pas son cœur, ni sa pensée, ni son âme, ne peut pas être aimé des autres. Pères et mères éduquez vos enfants uniquement ainsi ! Que les maîtres éduquent ainsi leurs serviteurs et les serviteurs, leurs maîtres ; les professeurs, leurs élèves et les élèves leurs professeurs. Là où il y a de l’amour, il y a l’inspiration : la femme est inspirée lorsque l’homme l’aime ; l’homme est inspiré lorsque la femme l’aime ; la sœur est inspirée par l’amour de son frère, le frère par celui de sa sœur ; le domestique par l’amour de son maître et le maître par l’amour de son domestique ; l’élève, par l’amour du maître et le maître par l’amour de ses élèves. Que nous soyons tous inspirés à présent par cet amour qui instaurera l’harmonie dans le monde et le bien être dans la vie. Amen ! Ruse, 2 janvier, 1921 Traduit par Bojidar Borissov
  6. Les deux principes Luc 6 :47-49[1] En mathématiques supérieures occultes il y a deux principes qui s’énoncent ainsi : les rapports de la terre au soleil déterminent les rapports du soleil à la terre. Je remplace la terre par l’homme et le soleil par Dieu, et vous obtenez la traduction suivante : les rapports de l’homme à Dieu déterminent les rapports de Dieu à l’homme ; ce sont deux principes sur lesquels aucune contestation n’est possible. Par conséquent, de cette loi et de ce rapport découlent toutes les contradictions dans notre vie privée et sociale. Je fais une seconde traduction : les rapports de l’âme à l’esprit déterminent les rapports de l’esprit à l’âme. Je fais encore une traduction en remplaçant l’âme par l’enfant et l’esprit par la mère et alors nous avons encore la même loi : les rapports de l’enfant à la mère déterminent les rapports de la mère à l’enfant. Dans les Écritures vous trouverez le verset dans lequel le Christ a dit que ceux qui ont bâti leur maison sur le sable ne sont pas comme ceux qui l’ont bâtie sur le roc. Par l’effet de cette loi occulte, sachez que vous n’êtes pas libres de penser, de sentir et d’agir à votre guise. Quelqu’un dit : « Je suis libre de faire ce que je veux ». C’est une pensée erronée ; pour qu’il en soit ainsi, il faudrait être affranchi de toutes les pensées étrangères. Si tu veux ce que les autres veulent, ce n’est pas juste non plus ; c’est la même chose lorsque dix gendarmes emmènent quelqu’un, il ira là où ils le conduisent. Gardez l’idée suivante : je ne veux pas vous convaincre de quoi que ce soit, je ne veux rien vous imposer, mais je veux vous libérer du joug que vous subissez. Vous pouvez comprendre de travers : « je veux », c’est soit une expression humaine, soir un désir du monde invisible, soit le désir de Dieu que tous Ses enfants soient libres. Je ne veux pas m’occuper de votre passé, ce sont vos affaires ; je ne m’occupe que de votre présent et de votre avenir. Et la seule personne qui puisse vous aider sur le chemin que vous avez emprunté, c’est moi. Si je vous abandonne, vous serez perdus à l’instant ; si je lâche le bâton que vous tenez, vous ne pourrez revenir que dans mille ans pour que je vous délivre. Il n’y a ici aucune philosophie : de la mère qui porte son enfant dans le ventre dépend la vie de l’enfant ; si elle décide de le porter jusqu’au terme, elle le mettra au monde, mais si elle décide d’avorter, il ne naîtra pas. Il serait ridicule qu’une autre mère vienne voir un enfant dans le ventre de sa mère et lui dise : « Sors de ce ventre et viens avec moi » ! Cet enfant doit être porté jusqu’au terme. Quiconque philosophe en sens contraire se montre parfaitement ignorant, il ne comprend pas cette grande loi. Ensuite, je ne veux pas altérer l’ordre divin des choses ne serait-ce que d’un cent millionième et je ne veux pas que vous l’altériez non plus, ce serait un blasphème. Vu d’une autre manière : depuis sept millions d’années, les lois de la Fraternité Blanche n’ont pas changé d’un cent millionième. Je prends ce chiffre qui est une grandeur appartenant aux mathématiques supérieures divines, au monde divin. Ces lois sont strictement déterminées pour chaque pensée, chaque sentiment et chaque acte, elles ont une forme spéciale dans laquelle nos pensées, nos sentiments et nos actes peuvent s’exprimer. Et la loi est : s’ils s’expriment dans cette forme, alors nous ressentons une satisfaction, un bien être, donc la forme est bien exprimée. Dans le cas contraire nous ressentons une insatisfaction ; ce n’est pas mauvais signe, mais une raison d’aspirer à épouser cette forme supérieure. À l’époque des apôtres, les chrétiens étaient divisés en adeptes de Pierre, de Paul, du Christ, et d’autres. Et Paul dit : « J’ai semé, d’autres ont arrosé et le Seigneur a fait croître ». Quelle importance que ce soit toi qui ais semé ou planté ou arrosé, l’important est que le Seigneur fait croître ! Et tous les principes se résument à la croissance et non pas à celui qui a planté ou arrosé. Je vous dis à vous-aussi : là où Dieu vous a posé, là où l’agriculteur vous a semés, là où votre mère vous a mis à l’école, ne brisez pas ces principes qui sont posés : l’agriculteur et la mère sont plus intelligents que vous qui voulez quitter l’école. Maintenant, je m’arrête ici. Cette année la Fraternité Blanche a son assemblée le 19 août. Elle a son assemblée tous les ans. N’imaginez pas que vous appartenez à la Fraternité Blanche ; je veux que vous soyez prévenus : la Fraternité Blanche est constituée d’âmes humaines qui ont terminé leur évolution depuis des milliers d’années. Ils se rassemblent tous les ans et déterminent les destinées de tous les peuples ; pendant leur assemblée nous faisons maintenant la nôtre sur terre, ils sont aussi sur terre. Si vous suivez ce chemin, vous serez aussi des membres de cette Fraternité un jour, alors que vous êtes à présent seulement des serviteurs. Dans le message aux juifs il y a quelque chose à ce sujet, abordé par l’apôtre Paul.[2] Cette année-ci, de Sofia sont invités ceux qui étaient présents depuis 1914 inclus, ils viendront le 17 au matin à Tarnovo ; ceux de 1916 à 1919 inclus, viendront le 18 au matin et les nouveaux, le 18 au soir. J’aimerais qu’une harmonie se crée entre vous tous pour tirer profit de ce moment, et il y a du travail à faire. Pour tout vous dire la Fraternité Blanche n’approuve pas les Sofiotes. Non qu’elle ne vous aime pas, mais elle regrette que vous vous soyez octroyé des droits. La liberté demande des droits, mais sachez qu’il y a des droits et des devoirs ; à partir de là vous devez apprendre les moyens de gouverner les peuples et les pays ; aucune des méthodes appliquées jusqu’à maintenant sur terre ne fonctionne et vous en connaissez les résultats. Vous devrez étudier, car vous reviendrez sur terre jusqu’à ce que votre développement soit achevé ; vous irez à l’école en tant qu’élèves jusqu’au diplôme. Ne pensez pas que vous puissiez me rallier à vos arguments. Il y a une seule façon de me rallier : vivre dans la vertu, l’amour, la sagesse, la justice et la vérité. Je ne peux pas être là où n’est pas le Seigneur : Dieu n’est pas du côté du mal. J’ai dit à un ami que je ne permettrai à personne de commettre de crime, et quand je partirai vous pourrez faire ce que vous voulez. Celui qui essaiera, je l’attraperai et je lui causerai une douleur, je ne lui permettrai pas de commettre un suicide ; vous viendrez un jour pour comprendre cette loi. Quelqu’un dit : « Mais moi je n’ai pas peur » ; montre-moi ton amour, sinon tu es un parfait poltron. Maintenant, vous avez une obligation par rapport aux Frères blancs de l’École à laquelle vous appartenez, rien ne peut vous excuser, vous ne pouvez pas vous libérer de vos engagements envers eux, vous ne pouvez vous cacher nulle part, même pas en enfer. Comprenez bien cela : on ne peut se cacher des Frères blancs, ils sont porteurs de lumière, de toute culture nouvelle, de tout bien. Lorsqu’on bénéficie de leur concours, on réussit en tout, mais lorsqu’on s’en prive, tout est fini. Vos rapports envers moi sont des rapports vis-à-vis de la Fraternité Blanche, et vos rapports envers la Fraternité Blanche sont des rapports vis-à-vis de Dieu. Vous direz : « Nous connaissons un seul Seigneur ». Vous faites erreur : le soleil se connaît à travers sa lumière, mais pour elle aussi il y a un médiateur, c’est l’éther, sinon il serait invisible. De la même façon la Fraternité Blanche est un médiateur entre vous et Dieu. Vous devez vous organiser cette année, il n’y aura pas de laisser aller. Je suis prêt à écouter chacun et j’aimerais que vous soyez à moitié comme moi. Le Christ aussi a dit : « Le disciples doit être comme le Maître ». Depuis que je vis parmi vous, avez-vous vu quelque chose de mauvais venant de moi ? Vous voulez faire quelque chose, je dis : « Essayez, faites-le ». Mais je sais que la loi est celle-ci : la mesure que l’homme emploie pour les autres est employée pour lui aussi. Vous devez être libres. Je connais votre vie du passé, je sais tout, mais je ne creuse pas, au contraire, j’ensevelis les choses. Le savoir n’est pas toujours utile, mais moi je tire profit de ce que vous faites. Si vous voulez avoir la bénédiction divine – c’est ce qui m’a été dit et je suis venu exprès pour cela – vous devez écouter le Seigneur. Et alors je dis : il y a trois aspects, je suis formel. D’abord, si vous ne voulez pas suivre l’Enseignement que je prône, je dis : très bien, vous êtes libres. Deuxièmement, êtes-vous prêts à accomplir l’enseignement du Christ comme il est exposé dans l’Évangile ? Mais accomplissez-le dans sa plénitude. Troisièmement, êtes-vous prêts à accomplir l’enseignement de Moïse dans toute sa plénitude ? Moïse ou bien le Christ ou bien moi, nous sommes un, une manifestation de Dieu. Cet Enseignement est divin. L’enseignement de Moïse est divin, l’enseignement du Christ est divin et l’enseignement que je prône est divin : la source est la même, mais les formes sont différentes, l’Esprit est un et unique. Admettons que je vous énonce une maxime, un commandement sans le signer, et que vous l’accomplissiez, vous ne perdrez rien si mon nom est absent. Mais le Christ dit que son enseignement doit être accompli. Accomplissez ce que la Fraternité Blanche révèle ou bien l’enseignement du Christ ou bien l’enseignement de Moïse, pourvu qu’un enseignement parmi ceux-là soit accompli. Je vous expose ces trois aspects car vous êtes en proie au doute : je ne veux éliminer personne et j’aimerais que vous accomplissiez en même temps les trois enseignements. Dans leur plénitude ils sont une seule chose : le Christ en Moïse est le même, le Christ en Jésus est le même et le Christ en moi est le même. Je veux que vous compreniez le côté intérieur : le soleil est important pour nous, en fonction de la lumière qu’il nous envoie. Vous devez dès à présent vous connaître vous-mêmes, être sincères, car de cette sincérité dépend la bénédiction que vous cherchez à obtenir. Je vois votre pensée : « C’est nous les plus préparés de tous pour être les élus ? » Rappelez-vous ce roi qui a invité du monde à sa table : comme les notables ne sont pas venus, je vous appelle vous, les boiteux et les infirmes ; remerciez que les autres ne soient pas venus. Ce n’est pas ici une question d’amour-propre, mais vous êtes venus étudier et je ferai un rapport sur vous comme personne ne l’a encore fait : je dirai comment vous étudiez dans les moindres détails. Ensuite, si le bâton surgit, je n’en suis pas responsable ; si votre Père a recours au bâton, je serai là, rempli de vénération, pour compter les coups. Ne vous trompez pas en pensant que l’un est plus méritant que l’autre. Dans la Fraternité Blanche cela fonctionne comme en musique : nous ne chassons personne et nous ne sollicitons personne, c’est Dieu qui sollicite, mais l’appelé se met tout seul à la porte. Vous êtes libres de ce point de vue, personne ne peut vous contraindre, mais personne ne peut non plus vous exonérer des conséquences. J’aimerais que l’harmonie de la vie se rétablisse entre vous. Je ne veux pas fouiller dans vos vies, je ne veux pas vous juger, mais je vous dis les conséquences et je vous soigne comme des malades. Est-ce que celui qui soigne peut ne causer aucune douleur ? La fraternité noire vous a troublés, elle a déclenché une véritable tempête. Le péché est péché devant Dieu ; un tel crime peut être pardonné mais non effacé. Un frère viendra passer une vie entière pour racheter un crime, c’est une règle pour tous, grands et petits. Je ne veux pas que vous épuisiez vos forces. Vous dites que j’ai tenu tels propos ou tels autres ; ne puisez pas vos informations de seconde main, mais venez me voir. Au lieu de cela vous empaquetez le tout avec quatre-vingt-dix-neuf rubans, puis vous tirez vos conclusions. Quelqu’un dit : « Monsieur Deunov s’est mis à l’abri ». Il y a des années, Manio Rainov est venu me voir pour me proposer trente mille levas à utiliser comme bon me semble ; je lui ai répondu : « Qu’ils restent chez toi ». Après sa mort, sa femme me les a proposés de nouveau et les a laissés chez moi. L’utilisation de cet argent qui rentre à la Fraternité est strictement compté, et si quelqu’un fait des abus, il en assumera les conséquences. Le docteur Mirkovich voulait me laisser tous ses biens en héritage ; je lui ai dit : « Vends-les et distribue l’argent aux pauvres ou à tes proches ». Et ce frère, (il pointe Lazar Kotev) me demandait d’avoir la maison ; je lui ai dit : « Si quelqu’un la prend et tire profit de la situation, les autres voudront aussi en profiter ». Il y a dans la Fraternité Blanche une loi : nous ne pouvons pas juger un frère tant qu’il ne commet pas de crime : penser, désirer et agir, ne juger que là. Tu seras jugé d’abord sur terre, puis dans le monde astral pour tes désirs, puis dans le monde mental et enfin dans le monde causal où tout sera liquidé. Le destin n’est pas pour vous ; le Christ dit aussi : « Je ne suis pas venu juger mais délivrer »[3]. Le Père a donné un destin au Fils de l’Homme et le Fils de l’Homme représente cette Fraternité Blanche à qui le droit de juger le monde a été octroyé. Lorsque vous étudierez la science occulte, vous connaîtrez cette grande hiérarchie qui a le pouvoir de juger les plus petits frères. Votre relation avec moi est temporaire. On dit : pendant le trajet ne perturbez pas le charretier ; s’il est talentueux, il vous mènera à bon port, mais si vous n’avez pas la foi ne montez pas dans sa charrette. Maintenant, nous ne rejetons personne. Il y a trois sortes de lois : la fraternité, l’amitié et la connaissance. Vous n’êtes pas encore frères. Pour être frère dans la Fraternité Blanche, il faut sacrifier sa vie pour les autres ; c’est la loi de la fraternité : on est tenu de tout donner Si vous ne le faites pas, vous serez responsables. Maintenant pour vous je me conforme à la loi de l’amitié et non à la loi de la fraternité. L’enseignement que je vous prêche consiste principalement en ceci : je veux vous dévoiler les lois de la nature vivante, ce que personne n’a encore étudié jusqu’à présent. Et ceci se fait très lentement. Dans les livres que vous lisez, étudier est chose facile, mais si vous voulez étudier les lois de la nature vivante, cette école est difficile. Je veux que vous soyez libres dans vos pensées et vos sentiments. Je ne vous ai contraints en rien, mais d’autres vous contraindront ; puisqu’il est dit que le vertueux doit passer sept fois par le feu, il faut vous préparer pour cette épreuve. Pendant le rassemblement annuel préparez-vous à ne plus revenir aux choses élémentaires, c’est-à-dire au baptême et au salut ; abordons une nouvelle formule dans laquelle doit s’exprimer la vie nouvelle. Je souhaite que personne ne bute sur quoi que ce soit. Maintenant vous étudierez la loi de l’humilité et de la douceur, c’est la première chose, la deuxième c’est l’électricité et le magnétisme, et la troisième, c’est le tourment. Et vous, à Sofia, vous avez démarré par le tourment ; il vous faut une réserve d’énergie pour traverser ce feu. Je vous dis seulement comment vous préparer à l’humilité et à la douceur, à l’électricité et au magnétisme ; ce n’est pas moi qui ai créé ces choses, elles existent. Vous, les Sofiotes, vous devez résoudre ce problème. Vous demandez comment ? Vous le pouvez : cent personnes sont condamnées à la prison pour leur dettes, je suis riche, je paie et je dis : « Laissez-les sortir ». Soyez autonomes, que chacun soit guidé par sa pensée sans se laisser influencer par les autres, mais entraidez-vous. Si vous vous laissez influencer par l’extérieur, on peut vous dire : « Monsieur Deunov est comme ci et comme ça » ; si vous-mêmes, vous ne savez pas reconnaître la vérité, elle ne peut pas vous arriver de l’extérieur. Je souhaite que vous ayez du respect et de l’amour les uns envers les autres : vous respecter et vous aimer, c’est la première loi de la Fraternité Blanche, vous ne pouvez pas changer cette loi. Et là-bas, sur les Collines bleues[4] où j’ai passé vingt-cinq jours, je recevais toutes vos pensées et je peux vous en donner une image précise. Et si vous voulez tirer, tirez sur une cible vivante et ne faites pas uniquement des pétarades. Vous n’avez pas de temps. Vous êtes dans la vingtième année du vingtième siècle, votre karma a déjà mûri et si vous ne liquidez pas les choses correctement maintenant, vous resterez en arrière pour les deux mille ans à venir. Lorsque vous avancerez, d’autres viendront pour occuper la place que vous laissez. Ne vous arrêtez pas, croyez à la grande loi divine, tirez les leçons du passé : vous comprenez très bien les choses, vous n’êtes pas aveugles ! Le 17 et le 18, soyez à Tarnovo. Croyez en le Seigneur vivant et Il se manifestera à vous, car Il dit : « Si vous croyez en Mes paroles, la vérité vous apparaîtra ». Vous devez croire en quelqu’un, une mère doit vous enfanter, c’est la loi. Nous ne manipulons pas les personnes. Lorsque nous nous rencontrerons un jour de nouveau, nous parlerons de nouveau car les choses seront plus claires. Il faut endiguer la loge noire. La Fraternité Blanche et la fraternité noire sont en conflit et vous devez prendre parti pour l’une ou pour l’autre : si vous participez du côté de la fraternité noire, on fabriquera des saucisses de votre chair et on fera des lanières de votre peau ; mais si vous participez du côté de la Fraternité Blanche, vous marcherez sur vos deux pieds, votre peau sera intacte et vous recevrez toute la grâce divine. « Ne peut-on pas être neutre ? » Il n’y a pas de neutralité possible : on est avec le Seigneur ou contre le Seigneur ! Ce qui s’est passé entre vous ne change pas mon regard sur vous ; je regrette que les gens ne comprennent pas cette loi. Je ne veux pas que celui à qui j’ai fait du bien me reconnaisse, mais je veux qu’il dise : « Que le Seigneur bénisse celui qui m’a fait ce bien ». Tâchez d’instaurer l’harmonie. Vous avez eu des expériences, des souffrances, des élans ; ce qui s’est passé, est passé, ce n’est pas la première fois, mais tous les malentendus doivent disparaître, de votre plein gré et non pas contre votre gré. Cette année, vous les Sofiotes, vous freinez un peu le travail, c’est pourquoi je suis venu pour vous prévenir. Il faut faire un travail, car la pensée humaine, le désir humain et l’action humaine unis à Dieu sont une grande puissance. Ne cherchez pas le Christ sur le plan physique. Ne le cherchez pas dans une personne, car il est en tous. Simplement, là où le Christ se manifeste, vous verrez une lumière intense. Le Christ est Un et plusieurs. Parfois vous dites : « Monsieur Deunov est-il le Christ ou le Christ est-il en lui ? » Je vous dirai : je ne suis pas le Christ, mais le Christ est en moi. Si j’étais le Christ tel que vous l’imaginez, je gouvernerais le monde entier, et puisque ce n’est pas le cas, je ne suis pas le Christ. Le Christ n’est pas sur le plan physique. Sofia, 8 août, 1920 Traduit par Bojidar Borissov [1] « Tout homme qui vient à moi, qui entend mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il est comparable. Il est comparable à un homme qui bâtit une maison : il a creusé, il est allé profond et a posé les fondations sur le roc. Une crue survenant, le torrent s'est jeté contre cette maison mais n'a pas pu l'ébranler, parce qu'elle était bien bâtie. Mais celui qui entend et qui ne met pas en pratique est comparable à un homme qui a bâti une maison sur le sol, sans fondation : le torrent s'est jeté contre elle, et aussitôt elle s'est effondrée, et la destruction de cette maison a été totale. » (Luc 6, 47-49) [2] « Car notre connaissance est limitée, et limitée notre prophétie. Mais quand viendra la perfection, ce qui est limité sera aboli. Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Devenu homme, j'ai mis fin à ce qui était propre à l'enfant. À présent, nous voyons dans un miroir et de façon confuse, mais alors, ce sera face à face. À présent, ma connaissance est limitée, alors, je connaîtrai comme je suis connu. » (1 Corinthiens 13, 9-12) [3] « Si quelqu'un entend mes paroles et ne les garde pas, ce n’est pas moi qui le juge : car je ne suis pas venu juger le monde, je suis venu sauver le monde. » (Jean 12, 47) [4] Les collines bleues – un endroit montagneux fameux en Bulgarie, dans les environs de la ville de Sliven au centre du pays.
  7. Acceptons « Simon Pierre répondit, et dit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Matthieu 16 :16 Je vous lirai un extrait du chapitre 16 de l’Évangile selon Matthieu. Je parlerai sur le verset 16 : Simon Pierre répondit, et dit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Depuis deux mille ans on débat sur ce sujet : qui est le Christ ? Nous vanter d’avoir un père fortuné d’une part et accomplir sa volonté d’autre part sont deux choses différentes. Si le père se retrouve dans la misère, croirons-nous toujours en lui ? Si le père est ruiné, croiras-tu en lui ? Tu crois dans le Christ parce que tu attends qu’il te donne cent mille levas. Le Christ n’est pas compris dans les Églises, car s’il avait été compris, on appliquerait son enseignement. Ce Christ qui donne la vie est autre chose. La foi sous-entend le lien et l’union avec Dieu, un contact avec le soleil vivant. « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Le Christ répond à Pierre : « Ce n’est pas l’homme qui te l’a révélé, mais Dieu le Père ». Celui qui peut révéler qui est le Christ ne peut pas être fait de chair et d’os. La jeune fille, lorsqu’elle croise son bienaimé, dit : « C’est lui ! » Ce ne sont pas son père et sa mère qui le lui révèlent ; ce serait un amour chancelant, je ne monte pas dans un tel véhicule. Qu’est-ce que le Christ ? C’est une chaleur pour le développement de l’âme humaine. Pour que l’âme se développe, il faut avoir la lumière et la chaleur. Le Christ est porteur de l’amour et de la sagesse : la sagesse est du savoir et l’amour est le reflet de la chaleur. Puisque nous avons ces deux principes, nous sommes liés au Christ et nous le comprendrons, nous serons alors libres. Nous affirmons maintenant être des chrétiens. Qu’est-ce qu’un chrétien ? Le prêtre dit : « Allons à l’église, allumons des bougies, brûlons de l’encens, etc. » Être chrétiens, c’est avoir des connaissances et avoir des connaissances, c’est marcher dans les pas du Christ. Le maître est celui qui connaît bien son métier et s’en acquitte. Est-ce que chacun peut être chrétien ? Non, il faut avoir des connaissances, chérir profondément en soi les lois de la nature, les respecter et savoir marcher dans les pas du Christ. La miséricorde consiste par exemple à sacrifier toute ta vie pour le Christ au lieu de distribuer tes avoirs aux autres qui boiront et mangeront tout ; la miséricorde consiste à donner tes avoirs, comme un semis pour avoir du fruit, et qu’ils soient mis à profit. Aujourd’hui, tous en Europe sont chrétiens, mais ils ne savent pas résoudre la moindre question. Les chrétiens modernes sont désaccordés et pourtant chacun affirme que son violon est accordé. Quelqu’un dit : « Je suis chrétien ». Par quoi as-tu commencé ? – « Par la miséricorde, mais cela ne va pas ; par une autre vertu ensuite, mais cela ne va pas non plus. » Le chrétien doit avancer avec la loi du sacrifice. Le christianisme n’est pas pour des enfants du monde qui sont gâtés, qui veulent manger et boire, mais pour les grands enfants qui veulent travailler pour leur Père. Le sacrifice consiste à élever sa vie. Le Christ dit : « Celui qui perd sa vie pour moi la gagnera, et celui qui la conserve, la perdra »[1]. Vous avez par exemple du blé entreposé dans la grange et du blé semé dans le champ. Lequel vous est utile ? Celui qui est semé. La loi du sacrifice ne signifie pas perdre notre âme, mais puiser de la force. Sacrifier, c’est égorger un agneau, alors que se sacrifier soi-même, c’est faire don de soi ou au moins rendre service. Les gouttes de rosée ne se sacrifient-elles pas ? Elles tombent comme une pluie, une fine pluie : l’homme en tire profit et ses forces se déversent en lui. Le chemin vers le Royaume de Dieu vient d’en bas, les sacrifices se font sur terre : on chemine vers le Royaume de Dieu de bas en haut. Les racines du Christ sont en bas et il dit : « Celui qui ne descend pas dans mes racines, ne partage rien avec moi ». Maintenant, les gens se détournent des âmes malades, des misérables, etc. et de cette façon, ils fuient le Christ ; c’est la raison des souffrances des humains : leur manque d’entraide. Je ne parle pas uniquement des malades physiquement et des souffrants : chacun doit monter sur la croix, tel le brigand, et ce sont des souffrances, des peines et des tourments dans le monde. Le Christ a dit au brigand : « Tu seras aujourd’hui avec moi dans le Royaume de Dieu »[2], ce qui signifie : « Tu seras dès aujourd’hui en moi », c’est le Royaume de Dieu. Ce que nous accomplirons dans ce monde est pour notre élévation. Il ne faut avoir aucune ombre au-dessus de notre tête ; le Christ nous enseigne à vivre dans la lumière, c’est-à-dire avec la sagesse et l’amour divins. Il n’y a pas de meilleur enseignement que celui de donner du fruit : c’est le fruit de l’Arbre de la Vie et c’est un fruit de guérison. Un comte allemand s’était toujours vanté devant sa fiancée qu’il était prêt à mourir pour elle. Un jour, alors qu’ils étaient en promenade et qu’ils traversaient une rivière, des brigands les ont attaqués sur le rivage. Le comte s’est enfui pour sauver sa peau et sa fiancée a été secourue par le batelier qui les accompagnait. Le lendemain, le comte est allé saluer sa fiancée pour la féliciter de sa délivrance ; elle lui a dit : « Sieur, que je n’aie pas à regarder votre dos une seconde fois ». Et le Christ dit : « Que je ne vous voie plus si vous ne vous sacrifiez pas ». On me demande : « Qui es-tu ? » Je réponds : « Personne », ce qui signifie quelqu’un qui accomplit la volonté divine sur terre. D’autres fois, j’ai déjà donné l’exemple des deux royaumes, les esperts et les menzes. Si ce jeune homme avait hésité à sauver la jeune fille, il aurait commis une erreur. Si la jeune fille le voyait comme un simple berger et si elle avait hésité à lui venir en aide, elle aurait également commis une erreur. Ces deux jeunes ont accompli la loi du Christ. Et maintenant, le Christ veut sauver le monde : si la femme, emblème de l’amour, mettait sa bouche sur l’épaule droite de l’homme qui est l’emblème de la sagesse, il n’y aurait pas de disputes dans les maisons. Ainsi ces deux royaumes aussi, en conflit permanent, se sont reconciliés pour vivre en paix et en harmonie. Le royaume des menzes est le royaume de la sagesse, c’est-à-dire le Christ qui a été transpercé avec une lance et a laissé s’écouler du sang et de l’eau : nous devons aspirer ce poison de la blessure. Le Christ n’est pas un être abstrait. C’est un être qui entre en communion avec chacun : chaque individu peut entrer en communion avec lui par son intelligence et son cœur. Le Christ dit : « Je vivrai en vous, l’amour et la sagesse vivront en vous, et la vérité se manifestera : c’est l’amour divin manifesté, c’est le fruit que la vie contemporaine porte ». Ainsi, vous devez tous venir communier avec le Christ. Maintenant, vous vous réchauffez au feu, mais un jour vous aurez froid. Les gens doivent se lier avec la lumière éternelle, avec le soleil éternel : c’est ce qui va venir dans le monde. Connaître le Christ signifie étudier son enseignement, ce qui signifie être libres. Le Christ ne peut pas obéir à d’autres qu’à Dieu. Vous dites que nous mourrons de faim. Chacun a déjà été mourant de faim, ton père et ta mère aussi sont toujours mourants de faim. Tant que les humains n’accueillent pas l’enseignement du Christ, ils ne se débarrasseront pas de la mort. Il faut liquider la mort, et alors vous serez de vrais seigneurs et des chrétiens. Le véritable chrétien domine la mort, il n’a besoin ni de bougies, ni de curés, ni d’encensoirs qui ne sont que pour les gens du monde. Le véritable chrétien ne reconnaît pas la mort, il est passé de la mort à la vie. Les anciens juifs disent : « Il s’est endormi et il est parti chez ses aïeux », et il est dit dans les Écritures : « Il les ressuscitera le dernier jour »[3]. Quel est le dernier jour ? C’est le jour où tu es devenu un véritable chrétien. Allumez des bougies, donnez aux pauvres et aux nécessiteux. Pour être chrétien, il faut être un héros. Le Christ dit : « Celui qui ne renonce pas à son père, sa mère, son mari, sa femme, sa maison et son foyer, n’est pas mon disciple et ne recevra rien ». Un cafetier moulait du café dans un mortier et disait « Ha » à chaque coup frappé. Un passant lui a dit : « Devenons associés à part égales, tu vas moudre et moi, je dirai ha. Ils ont vendu le café, mais lorsqu’il a fallu partager, le cafetier a refusé de céder la moitié. Ils sont allés chez le juge qui a prononcé le verdict suivant : « Qu’ils prennent l’argent et qu’ils le déposent dans une boîte en cuivre : le cafetier prendra l’argent et son associé, le tintement des pièces ». De même, maintenant que nous travaillons, personne ne doit nous empêcher de suivre l’enseignement du Christ : ni enfants ni petits enfants. Le père doit être toujours honnête, bon, juste, intelligent. Le sens de la vie, c’est que le père et la mère aient des enfants qui les aiment. Il n’est pas possible que le temps soit propice pour tout ; aujourd’hui, il est propice pour le Royaume de Dieu, c’est ce que le Christ dit. Certains attendent que le Christ vienne dans le monde, mais moi je dis qu’il est dans le monde. Ce qui se passe maintenant dans le monde se fait sous son commandement : il règle tout. Il n’est plus temps d’acquérir quelque chose par la tromperie ; à l’avenir seuls les gens justes et honnêtes auront de bonnes conditions de vie, les mauvaises personnes disparaîtront comme les animaux préhistoriques. Il y a du sens dans la vie à être en lien avec la source dont nous provenons, avec notre Père qui nous protège et qui est toujours en nous. Ceux qui L’écoutent, Il les bénira ; ceux qui ne L’écoutent pas, seront mis à l’épreuve. Il a donné aux gens le droit d’agir librement et Il s’est gardé le droit de donner à chacun selon son mérite. La nouvelle culture sera comme le monde n’en a jamais vu. « Mais peut-on se passer d’argent ? » Combien payez-vous la mère, et le père ? Lorsque nous commencerons à vivre comme la mère et le père, le monde se redressera. Tout le monde n’est pas content. Pourquoi ? Parce que le Christ travaille. Les gens ressentent de la douleur et c’est bon signe ; ce qui est mauvais, c’est d’être malade et de ne pas sentir de douleur : dans ce cas, le Christ ne travaille pas. Maintenant le Christ convie les boiteux, les infirmes, les aveugles : ce sont ceux qui ne peuvent ni voler ni mentir. À présent, le Seigneur ne veut pas qu’on prouve son existence : la nier signifie qu’il n’est pas en nous, alors qu’il est en nous lorsque nous disons qu’il y a un Seigneur. Par conséquent, pour les uns le Seigneur est en eux, pour les autres, il est en dehors d’eux ; dans un cas et dans l’autre, ils sont sous l’emprise du Seigneur. Vous devez travailler pour rester toujours liés au Christ. Il est dans les plantes, les arbres fruitiers et les fleurs qui parlent. Cela peut se prouver en pratique : allez sous un poirier aux fruits murs, aimez-le, admirez-le et dix minutes plus tard des fruits commenceront à tomber ; c’est le signe qu’il exprime aussi son affection pour vous. Les fleurs sont très sensibles à l’affection : sortez de votre chambre une fleur que vous avez aimée et elle se desséchera. Apprenez à vos enfants à ne pas mutiler les mouches et les insectes car si aujourd’hui l’enfant tue une mouche, demain il peut tuer un homme. Le mal que nous faisons reviendra s’abattre sur nous. J’expose mon enseignement ainsi : vous vous mettez d’accord sur le prix d’une cargaison de bois et chacune des parties prenantes dit : « nous acceptons ! » Le nouvel enseignement dit : « acceptons ». Si la femme dit : « acceptons », le frère – « acceptons », la sœur – « acceptons », etc. alors tous seront reliés au Christ et auront compris son enseignement. C’est le nouvel enseignement, la nouvelle culture où nous pouvons être frères. Il y aura dans le nouvel enseignement la justice, l’amour, la sagesse, les vertus, la vérité. C’est appliquer l’enseignement du Christ « acceptons ! ». Lorsqu’on te dérobera mille levas, tu diras : « Je Te remercie Seigneur ; je regrette que ce soit venu jusqu’à moi, mais j’accepte que ce soit venu. » Burgas, 27 juin 1920 Traduit par Bojidar Borissov [1] Matthieu 16, 25 [2] Luc 23, 43 [3] Jean 6, 40
  8. Chemin droit et chemin gauche Le sujet que j’ai à aborder est important. J’emploie les mots chemin gauche et chemin droit car il n’y a pas d’autres chemins. Chemin droit et chemin gauche sont des grandeurs. La descente est sur le chemin gauche et la montée ou l’élévation est sur le chemin droit. Tout dans le monde est le fruit de l’esprit humain. Afin de comprendre l’une de ses pensées qui se déverse dans le monde, nous devons nous libérer de toutes les pensées annexes. Dieu, en créant le monde, a mis dans un chaudron la force, la sagesse, la gloire et le repos. La force a engendré la violence, la sagesse a engendré les connaissances, la gloire a incité tout le monde à aller dans des directions diverses. Seul le repos est resté au fond du chaudron, Dieu l’a gardé pour Lui-même. Il n’y a pas de repos dans le monde, il faut se rendre auprès du Seigneur pour se reposer. Deux banquiers russes ont fait un pari portant sur trois millions de roubles : l’un d’eux devait rester quatorze ans reclus dans une pièce. Durant le pari, il a lu beaucoup de livres jusqu’à s’attaquer à l’Évangile. Après l’avoir lu, il s’est dit : « J’ai trouvé le sens de la vie, le sens est dans la liberté, le développement libre ». Il lui restait un seul jour pour finir de purger les quatorze ans. Il a écrit sur un papier qu’il sortait de réclusion avec vingt-quatre heures d’avance, et qu’il renonçait aux trois millions de roubles, car le bonheur ne se cache pas là, et il s’est évadé par la fenêtre. L’autre banquier qui avait fait le pari, avait décidé d’assassiner le reclus dans la nuit pour sauver son argent et ne pas avoir à donner trois millions de roubles ; il est entré dans la pièce pendant la nuit, mais n’a trouvé que le morceau de papier. Depuis huit mille ans, le monde est en proie à un combat, même entre les plus petits animaux. Nos contemporains disent que la vie est une lutte. La vie est dans la lutte : c’est l’impulsion nécessaire à la vie. De grands Maîtres se sont incarnés pour donner une direction à la vie. Le Christ a été un tel Maître. Les chrétiens d’aujourd’hui ne se sont pas encore arrêtés sur la profondeur de l’enseignement du Christ. Par le chemin gauche on descend vers le cœur. La possession était le fruit de forces primitives qui n’obéissaient pas à l’intelligence. Les gens croyaient qu’ils provenaient de Dieu et qu’ils allaient à Dieu. C’est une question importante de savoir d’où nous venons, pourquoi nous sommes venus et où nous irons. La terre est une école où nous apprendrons les lois actuelles. Il y a quatre niveaux dans le monde : la subconscience, la conscience, la soi-conscience et la supraconscience. Il y a dans la nature des lois qui existent et qui peuvent enlever toutes les entraves dans notre vie : un seul mot magique peut soulager les souffrances de tout un peuple. La nature entière est comme un organisme vivant. Le monde spirituel est un monde où les créatures intelligentes connaissent toutes les lois et sont maîtres de la mort. La mort est le passage d’un stade à un autre, d’une forme simple à une forme complexe. Il n’y a rien de plus perfectionné que le cerveau humain, c’est l’endroit où se développent toutes les pensées, tous les sentiments et les désirs. Celui qui ne travaille ni sur le chemin gauche ni sur le chemin droit de sa vie est condamné à la souffrance. Les héros naissent le long du chemin droit. Pour être héros il faut descendre sur le chemin gauche et remonter sur le chemin droit. Plus un peuple a des héros, prêts à se sacrifier, plus il recevra des bienfaits. Personne ne peut limiter notre pensée, mais nous non plus, nous ne pouvons pas échapper à ses conséquences. Le paquebot Titanic par exemple a sombré à cause de l’imprévoyance des ingénieurs, il lui manquait la force nécessaire pour affronter les aléas de la mer. Même les plus petits enfants peuvent donner des idées. Le chemin gauche est le développement de notre cœur, tous les sentiments nobles en découlent. Moïse a dit aux juifs de ne pas s’en prendre aux gens qui habitent la terre promise lorsqu’ils y seraient. Les juifs n’ont pas écouté ce commandement divin donné à travers Moïse, et ils en ont pâti. Les femmes sont le chemin gauche, les hommes sont le chemin droit ; les femmes sont l’énergie potentielle, les hommes sont l’énergie cinétique. Les femmes doivent étudier la loi du chemin gauche, les hommes celle du chemin droit ; lorsque les deux chemins se croiseront, ils donneront la volonté : les enfants. Ils sont le stimulus de tous les nobles élans : le père et la mère confient leurs espoirs à leurs enfants. C’est pour cela que le Christ dit : « Laissez les enfants venir auprès de moi »[1]. Par enfants le Christ entend le chemin divin. Pour le suivre plusieurs qualités sont requises. D’abord, discerner le bien du mal, quelles intentions sont justes et lesquelles sont trompeuses. Pour avoir cette mesure, il faut contrôler son mental, il faut se montrer toujours positif dans sa pensée. La deuxième qualité est l’endurance, la constance ; celui qui n’est pas endurant sera vaincu, et celui qui est endurant, emportera la victoire. Les Anglais sont un tel peuple endurant. La foi est la troisième qualité requise de l’homme, c’est une qualité pour l’esprit humain alors que le doute est un ver. La foi sous-entend aussi l’expérience : je vais éprouver quelqu’un pour voir s’il est prêt à se sacrifier pour moi. Deux amis sont partis en promenade en forêt. Le premier se vantait qu’il était prêt, au nom de l’amitié, à faire tout pour sauver son compagnon. Un ours a surgi et le vantard qui se disait prêt au sacrifice a vite grimpé sur un arbre. Le deuxième s’est couché par terre : l’ours est venu, il lui a tourné un peu autour, il l’a reniflé, puis il s’est approché de son oreille avant de repartir. Son ami est descendu de l’arbre en demandant : « Qu’est-ce que l’ours t’a dit ? » L’autre lui a répondu : « Une autre fois, ne pars pas en voyage avec un tel ami ! » Le chemin droit et le chemin gauche sont les deux principes nécessaires, les deux conditions dans la vie. Maintenant les Bulgares sont à un carrefour. Le peuple bulgare a besoin d’endurance et de foi. Les lois naturelles sont inflexibles, les souffrances du peuple bulgare ne sont pas encore finies, mais cela ne doit pas vous inquiéter. La mère porte son enfant neuf mois dans son ventre et se sacrifie pour lui car elle le croit porteur de l’amour. Et après l’amour vient la sagesse : l’amour sans sagesse et la sagesse sans l’amour ne sont pas concevables. Les enfants quant à eux sont porteurs de la vérité. Les lois qui existent pour les êtres humains existent aussi pour la nature. Les humains doivent désormais fleurir. Il y a un nouvel élément dans le système solaire, c’est la spiritualité. Toute la vie est tracée et dessinée sur l’homme : le nez par exemple est l’incarnation de la volonté, de l’intelligence, de la sagesse : ceci est visible dans la forme, les lignes et la taille du nez. Les gens doivent travailler le long du chemin gauche avec l’amour, le long du chemin droit avec la sagesse et sur le chemin du milieu, avec la volonté, la vérité. L’individu est une condition pour le peuple, alors qu’un peuple est une condition pour l’individu. La pensée est un reflet de grands principes dans la vie. Tous doivent comprendre les lois du monde et seulement alors nous créerons un monde d’abondance. Nous sommes serviteurs de la nature vivante, elle nous récompense généreusement, mais elle est aussi implacable et exigeante. L’amour est une grande force à laquelle rien ne peut s’opposer, tout obéit à sa force. Là où l’amour entre, le mal n’entre pas, et là où l’amour n’entre pas, le mal s’incruste. Là où il y a de la lumière, le médecin n’entre pas ; là où il n’y a pas de lumière, le médecin est toujours là. Lorsque nous mangeons beaucoup, nous pensons que nous irons bien, mais s’il y a de la strychnine dans la nourriture ? Dans le Déliormane[2] un aigle a mangé une brebis morte laissée là exprès pour empoisonner les loups. Après l’avoir mangé, il a senti le poison et s’est mis à se rouler au sol jusqu’à vomir la viande empoisonnée, puis il s’est envolé vers son nid. Il y a des pensées, des sentiments et des actes qui empoisonnent notre organisme. La nourriture empoisonnée doit être vomie comme cette viande ingurgitée par l’aigle. Nous ne pouvons pas nous encourager par la peur mais seulement par l’héroïsme. Les maladies proviennent de la nourriture que nous prenons car nous ne comprenons pas les conditions de la vie que la nature a fixées. La même loi s’applique à l’intelligence, au cœur et à l’âme. Les yogis par exemple ont des règles de vie : pour renforcer leur système sanguin, ils boivent de l’eau par petites gorgées répétées et pour renforcer leur système nerveux ils s’exposent au soleil. La foi est une condition nécessaire à notre développement, elle est nécessaire à chaque individu et à chaque métier. Chacun doit croire que ce qu’il dit est vrai. Ne laissez pas entrer dans votre esprit une pensée qui n’est pas vérifiée ni dans votre âme quelque chose qui ne soit pas contrôlée. Il est facile de salir, il est difficile de nettoyer. Je vous illustrerai le cas de deux royaumes voisins : les esperts et les menzes. Ils étaient constamment en guerre à cause des mauvaises relations entre leurs rois respectifs. Les sages ont prédit que le fils du roi des menzes allait se trouver en mauvaise posture à l’âge de vingt-et-un ans et ils ont préconisé qu’il soit envoyé en tant que berger dans le royaume des esperts. À l’âge de vingt-et-un ans, en faisant paître ses brebis, le fils du roi voit au loin une jeune fille venir à cheval, accompagnée de deux gardes. Elle est descendue du cheval et s’est mise à cueillir des fleurs et à admirer la nature qu’elle aimait. Soudain le fils du roi a remarqué qu’un serpent sournois avait mordu la jeune fille sur la joue gauche. Il décide de lui venir en aide et se jette sur elle pour aspirer le poison avec sa bouche. Les gardes, le voyant, et pensant qu’il attaquait la jeune fille, ont transpercé son épaule droite avec leurs flèches. Les flèches étaient empoisonnées ; la jeune fille s’en est vite rendu compte et elle a aspiré le poison de son épaule. Ainsi tous deux se sont sauvés mutuellement. Voyant qu’ils ne peuvent pas faire l’un sans l’autre, ils se sont mariés et ont vécu dans la félicité. Ce sont les deux chemins : l’amour et la sagesse, le côté gauche et le côté droit, le chemin gauche et le chemin droit. Les femmes doivent aspirer cette contagion sociale qui ronge tout. Certains se battent, soyez héroïques car on ne donne pas le ciel aux peureux. Les monuments pour les bonnes pensées et les bons sentiments ne s’érigent que pour les héros. Où étions-nous auparavant, et où serons-nous, cela peut être connu. Tous les grands hommes ont pu déterminer la situation d’un peuple, ils prévoyaient tout comme des clairvoyants. Un peuple a besoin de prédicateurs, de prêtres, d’enseignants, d’hommes politiques, etc., mais tous doivent être purs dans leurs actes, leurs pensées et leurs désirs. Quelle application a le théorème de Pythagore dans la vie ? La somme des carrés de l’intelligence et du cœur donne la volonté humaine au carré : a2 + b2 = c2, c’est-à-dire la somme des carrés des deux côtés donne le carré de l’hypoténuse. Par conséquent, l’intelligence et le cœur doivent marcher ensemble. La volonté peut tout, autrement dit, la volonté peut contrôler l’intelligence et le cœur. Tout dans la Nature est étroitement lié. On peut dire pour l’homme ce qu’il est, comme pour les animaux. Les maquignons évaluent précisément les animaux en les palpant, en les caressant, en les toisant, en examinant leur dentition, etc. Le chemin gauche est celui de l’amour, le chemin droit est celui de la sagesse ; en les unissant, nous obtiendrons le troisième chemin, le chemin de la volonté. Le chemin gauche est la ligne derrière notre tête ; le chemin droit est la ligne devant notre tête, devant notre front. Maintenant, je dois terminer ma causerie. J’ai déjà évoqué ce récit auparavant : un jeune Bulgare est devenu apprenti chez un maître potier pour apprendre le métier. Il a étudié trois ans durant, puis il a pris congé pour se mettre à son compte. Il a commencé à travailler, mais tous les pots qu’il fabriquait se brisaient. Il est alors revenu chez son maître pour lui en demander la raison. Redevenu apprenti, il a vu alors que lorsque son maître sortait un pot du four, il soufflait dedans avec sa bouche : hou ! et les pots ne se brisaient pas. Donc, tout l’art et toute la force pour ne pas briser les pots se résumait à ce hou. Les pots sont le corps, le four est la souffrance et la difficulté qu’éprouvent tous ceux qui cuisent dans le four, sans elles il n’y a pas d’élévation. Les pots se brisent car nous ne soufflons pas, car nous ne sommes pas en harmonie avec l’Esprit Divin. La mère souffle sur sa main ou sur la main de son enfant, et elle lui donne de la force. Lorsque la mère est enceinte, elle doit dire : « Toi, ma fille, tu seras une mère intelligente, travailleuse, modeste », et cela se réalisera. Ou bien : « Toi, mon fils, tu seras un père intelligent, bon, honnête, juste ». Je vous dis maintenant que dans cinq ans ma causerie sera rétribuée. Ne désespérez pas, soyez courageux. L’élève ne désespère pas des corrections du professeur sur ses erreurs de calcul. L’élève se dit : « Je m’améliorerai », et il s’améliore. Le prêtre américain Moody était d’abord cordonnier, mais il s’est dit : « Je deviendrai un bon prédicateur ». Il a travaillé sur lui, il a fini par réussir malgré les moqueries de ses patrons et il est devenu en fin de compte un formidable prédicateur. Si maintenant quatorze personnes parmi vous accueillent ma pensée, je considère qu’elle est rétribuée. Sliven, 13 juin 1920 Foyer « Aurore » Traduit par Bojidar Borissov [1] Matthieu 19, 14 [2] Une région bulgare au Nord-Est du pays, faisant partie de la plaine du Danube.
  9. On allume une bougie « et on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. »[1] Matthieu 5 :15 « Et on n’allume pas une lampe ». La lampe est prise ici comme un emblème connu de tous. On dit une bougie et les Bulgares l’appellent aussi cierge. Chacun peut se demander ce qui se dissimule dans une bougie en cire : il peut se dissimuler beaucoup, mais aussi rien ; elle peut contenir beaucoup ou pas grand-chose. Ces bougies se vendaient autrefois cinq centimes, mais maintenant elles sont plus chères ; l’époque détermine le prix des choses. Les choses ont un sens seulement pour les vivants, mais non pour les morts qui ne voient rien. Les imbéciles ne comprennent rien, les fous rient toujours et les hors-la-loi transgressent tout. Le Christ parle de la petite bougie vivante qui a un sens pour les gens vivants et intelligents. Dans le chapitre lu, le Christ situe les béatitudes en tant que fondement de la vie et dit ensuite : « Vous êtes le sel de la vie », il considère donc le sel comme un fondement. Après le sel apparaît la petite bougie. Lorsqu’elle brûle, elle émet de la lumière ; de même, la pensée est un carburant qui apporte de la lumière : la pensée éclaire. En ce sens, l’homme est une petite bougie qui brûle et éclaire. Sur terre ces bougies ne brûlent que jusqu’à cent vingt ans tout au plus ; jadis elles ont brûlé jusqu’à neuf cents ans. Je prends le mot bougie comme une manifestation lointaine de l’esprit humain. Une maison sans bougie allumée le soir est inhospitalière ; si une bougie est allumée, fût-elle la plus petite, cette maison devient plus attirante. Si deux ou trois personnes qui vivent dans une maison sont des bougies allumées, celle-ci justifie son existence, elle a une raison d’être. Le père, la mère, les enfants sont de petites bougies vivantes qui éclairent, elles embellissent le chandelier de cette maison. Le Christ dit : « Que votre visage brille ainsi », ce qui signifie : que brille ainsi la plus haute manifestation de l’esprit humain. Et ce que je veux vous dire sera compris selon le degré d’élargissement de votre conscience, les choses seront comprises ou non selon votre conscience. Pensez-vous que les fourmis qui vivent dans la fourmilière voient les étoiles ? Il n’existe pour elles ni ciel ni étoiles en dehors de la fourmilière. Non seulement les fourmis, mais les animaux plus évolués ne voient pas non plus les étoiles dont nous nous réjouissons ; beaucoup d’animaux ne savent pas qu’il existe un soleil ; ils voient que certains changements se produisent dans le monde, qu’une lumière vient de quelque part et qu’elle s’éteint ensuite, mais d’où vient-elle et ce qu’elle est, ils ne le savent pas et ne le comprennent pas. De la même manière, les gens remarquent que certains changements se produisent dans leur vie sans savoir pour quelle raison et de quelle façon. Donc, si la conscience humaine s’élargit, l’être humain verra plus d’étoiles et verra un autre soleil, plus beau et plus grand que celui qu’il voit aujourd’hui. Vous direz que ce sont des hypothèses et de la théorie ; c’est vrai, si quelque chose n’est pas clair, c’est une hypothèse. C’est pour cela que j’appelle nos contemporains des hypothèses : chacun est une hypothèse non seulement parce qu’il ne comprend pas la nature, mais parce qu’il ne se comprend pas non plus lui-même. J’aimerais rencontrer un philosophe ou un spiritualiste en Bulgarie qui prétende se connaitre lui-même ; il n’y a pas une telle personne en Bulgarie. Ceux chez qui la conscience n’est pas éveillée prennent cela pour une insulte. Le marchand qui ne travaille qu’avec des actions doit-il se vexer si je lui dis qu’il n’a pas de liquidités, pas d’espèces sonnantes et trébuchantes dans sa caisse ? Il dira qu’il manie deux ou trois millions ; oui, mais c’est de l’argent virtuel, ce ne sont pas des pièces d’or ; un jour ce marchand peut faire faillite et tout son capital, toutes ses actions fondront. Je dis : la plupart travaille aujourd’hui avec du capital fictif : ce sont de grandes firmes avec un faible contenu. Mais la nature ne tolère pas de telles firmes, la nature vivante intelligente ne tolère pas le mensonge et c’est pour cela qu’elle a créé la mort. Les rois, les évêques, les patriarches et les prêtres, tous meurent. Pourquoi ? Parce que leurs firmes sont mensongères. « C’est exagéré. » Non ! C’est une grande vérité. Pourquoi le marchand doit-il faire faillite ? Parce qu’il n’a pas de capital. De quoi meurt la mère ? De faim ! De quoi meurt le père ? De faim ! De quoi meurent les enfants ? De faim aussi. Tous meurent de faim parce que leur estomac n’est pas capable d’assimiler et d’absorber correctement la nourriture. Autrement dit, dans leur estomac il n’y a pas ce sonnant et trébuchant avec lequel on peut travailler ; un estomac qui travaille avec du capital fictif fait facilement faillite. « Éclaire tous ceux qui sont dans la maison. » Lorsque la petite bougie est allumée et posée sur le chandelier pour éclairer tout le monde, la conscience humaine s’éveille. Le chandelier, c’est l’unité, l’intelligence qui doit être mise dans le cadre de la grande loi divine avec laquelle nous mesurons les choses. Vous direz que la bougie allumée sur le chandelier est petite, insignifiante. Souvenez-vous : tous les grands évènements débutent par cette petite bougie. Toutes les substances explosives s’embrasent à partir de ces petites étincelles : une petite étincelle au milieu d’une grande quantité de dynamite produit des destructions mille fois plus dévastatrices qu’un grand feu. L’aveuglement des gens est dû à leur désir d’être de grands hommes, des grandeurs importantes. Si tu es un grand homme avec une haute estime de toi-même, tu ne pourras rien faire ; plus tu es petit, plus ton estime de toi est petite, plus les choses que tu peux accomplir sont grandes. Si tu es dur comme une pierre, tu ne pourras rien faire. Par petit je n’entends pas quelqu’un de faible qui s’adapte, qui se conforme. Se conformer à quoi exactement ? À ce qui est glacial, aux mauvaises personnes qui ne tolèrent pas la vérité ? Non, la vérité ne tolère pas cela. Je ne m’adapte pas à votre vision, je maintiens ma propre vision. Selon vous je peux être quelqu’un de bête ; selon moi c’est vous qui pouvez être bêtes, donc on est quitte. Naturellement, nous sommes bêtes les uns aux yeux des autres ; vous ne raisonnez pas comme moi, mais moi non plus je ne raisonne pas comme vous. Lorsque deux personnes bêtes s’assemblent, elles font des bêtises. Mais dans le monde d’aujourd’hui, les choses bêtes sont préférables aux choses intelligentes. De votre point de vue, il est intelligent de se marier et d’avoir plusieurs enfants ; du point de vue divin, c’est bête. Dieu a créé l’être humain pour qu’il vive comme un ange, mais il se marie, il a des enfants, toute une ribambelle, et, lorsqu’ils grandissent, les filles ont une santé défaillante et les fils volent et tuent ; les humains se sentent alors perdus et se disent : « Mes cheveux ont blanchi à cause de ces enfants ». Où est ton intelligence ? Le monde contemporain s’appuie sur les gens bêtes, ils travaillent et suivent le chemin que Dieu leur a tracé. Les gens intelligents, c’est-à-dire ceux qui ont une haute opinion d’eux-mêmes sont comme les cigales : ils chantent et jouent toute la journée, ils philosophent, font des plans, mais ne travaillent pas et n’appliquent rien. « Devenons alors tous idiots ! » Celui qui est idiot le reste, il n’y a pas de raison qu’il empire. Lorsque je parle, j’évite les superlatifs comme plus et meilleur. Si quelqu’un est bête, il est bête ; s’il est intelligent, il est intelligent, on n’a pas besoin d’utiliser des superlatifs : plus bête, plus intelligent ou bien le plus bête, le plus intelligent. Quelqu’un de plus intelligent est plus bête que l’intelligent. Je dis sur le riche : il est riche ; pas besoin de préciser qu’il est très riche. Pour moi la richesse de l’homme se résume dans le grain de blé qu’il plante à temps. Si on me proposait la fortune du plus grand milliardaire américain ou un grain de blé, je préférerais le grain de blé ; pour moi le grain de blé vaut plus que les milliards de l’homme le plus riche au monde. Vous direz : « Voici un parfait idiot : si nous avions autant d’argent, nous rembourserions toutes les dettes de la Bulgarie et elle redeviendrait un pays libre et souverain ». Celui qui est idiot n’a pas besoin d’argent, seul l’intelligent en a besoin. Pourquoi les intelligents ont-ils besoin d’argent, que leur arrivera-t-il s’ils s’enrichissent ? Dieu les rossera. Lorsque vous ne donnez pas d’argent aux imbéciles, vous les obligez à travailler, à devenir plus intelligents. Le Christ dit : « On allume une lampe pour la mettre sur le chandelier pour éclairer tous ceux qui sont dans la maison ». Comment brillera cette bougie, par où passera sa lumière ? Elle se projettera par les yeux des hommes et des femmes. Lorsque nous rencontrons un homme, nous le regardons, nous voulons comprendre si sa bougie brille. Lorsque la bougie de l’homme est allumée, il y a dans ses yeux quelque chose d’agréable. Vous le regardez parfois dans les yeux et vous voyez que les volets sont ouverts, mais les rideaux tirés, et vous dites : « La bougie de cet homme n’est pas allumée ». Sa bougie doit brûler et éclairer, son esprit doit se manifester. À travers quoi ? À travers ses pensées, ses sentiments et ses actes. Lorsque la bougie divine de l’homme brille, ses pensées sont lumineuses, ses actes justes, sa compréhension s’élargit et il ne se guide plus au toucher mais par le regard. Les théologiens contemporains disent que le Christ est venu sur terre pour sauver l’humanité. Je dis : le Christ est venu sur terre pour allumer la petite bougie divine de l’esprit humain. Jusqu’à son époque, la nouvelle lumière n’avait pas pénétré l’esprit humain ; le Christ a apporté cette nouvelle lumière pour qu’elle éclaire toutes les maisons. Si nous devons parler de l’intellect humain ordinaire, nous connaissons ses agissements : l’intellect humain ordinaire, le génie maléfique comme certains le nomment, a infligé les plus grands malheurs et calamités à l’humanité. On dit de quelqu’un : « Pourvu que cette personne soit intelligente, géniale, inventive ». Les gens d’aujourd’hui n’ont pas besoin de cet intellect-là, mais d’une intelligence qui brille dans toutes les maisons. Comme une petite bougie allumée, elle doit déterminer les rapports entre les humains du point de vue divin. Si j’allume la bougie de quelqu’un qui se trouve parmi nous, tous ses désagréments se dissiperont ; ceci s’applique à l’individu comme à la société. Ces petites bougies doivent s’allumer pour briller partout. Allez dans n’importe quelle église orthodoxe ou catholique pour voir la quantité de bougies qui y brûlent. Les Bulgares aussi ont coutume d’allumer des bougies, mais il est temps d’allumer ces bougies à l’intérieur de soi-même. Vous marchez maintenant dans les ténèbres, mais un jour lorsque les petites bougies s’allumeront en vous, vous arriverez à une compréhension juste et authentique des choses. Vous dites : « Nos intérêts et ceux de nos proches sont en opposition ». Je dis : lorsque vous allumerez vos petites bougies, vos intérêts seront en accord parfait, alors chacun trouvera sa place dans la vie, chacun assumera sa mission. On est venu sur terre pour accomplir un travail. Aujourd’hui, la plupart des gens veulent jouer des rôles de premier ordre, comme les bons acteurs, pour gagner en célébrité sur scène. On dit pour un acteur qu’il joue bien le rôle d’Hamlet ou celui de certains héros de Tolstoï ou d’Ibsen ou d’un autre ; à mon avis tous les humains sont des acteurs dans la vie, ils n’ont pas besoin d’aspirer à la scène. Si tu ne peux pas bien jouer ton rôle de mari devant ta femme, tu n’es pas un acteur. Comment jouerais-tu au théâtre ? On dit de quelqu’un qu’il est un excellent acteur : en quoi consiste son excellence ? Il joue bien le rôle d’Hamlet. Qu’est-ce qui est particulier chez Hamlet ? Il a dit : « Être ou ne pas être ». Qu’est-ce qu’il y a de particulier dans ces mots ? Être riche ou ne pas être riche, être voleur ou ne pas être voleur, être ministre ou ne pas être ministre, être roi ou ne pas être roi. Si tu es intelligent, sois un roi, si tu es idiot, ne sois pas roi ; si tu es fort, impose-toi aux autres, si tu n’es pas fort, ne le fais pas. « Je veux être fort. » Pourquoi veux-tu être fort, pour casser la figure des autres ? C’est un ancien enseignement. Tu penses qu’en levant la main et en frappant quelqu’un à la tête tu vas redresser le monde ; même si tu es roi, sache que si tu fends le crâne de quelqu’un, le tien sera aussi fendu de la même façon. Tu seras dans la situation de ce Bulgare qui s’est lassé de prendre soin de son père sexagénaire. Il l’a mis dans un grand coffre, puis, accompagné de son fils, il l’a emmené aux confins de la ville et l’a abandonné à son sort. Lorsqu’ils sont repartis, l’enfant a demandé : « Papa, nous avons oublié le coffre ? – On n’en a pas besoin. – On en aura besoin pour toi un jour, non ? » Beaucoup de gens aujourd’hui : écrivains, savants, philosophes, mettent leur père dans un coffre et l’emmènent hors de la ville, mais leurs enfants leur disent : « Papa, récupère le coffre car on en aura besoin pour toi ». « On la met sur le chandelier pour éclairer. » Cette petite bougie est nécessaire à tous. Autrement dit, l’esprit humain avec la nouvelle lumière est nécessaire à tous. Admirons et réjouissons-nous de la lumière divine qui ne s’éteint jamais. Vous dites que la petite bougie est minuscule ; le grain de blé aussi, mais plantez-le dans le sol et laissez-lui dix ou vingt ans pour voir ce qui en sortira : il se multipliera tellement qu’il pèsera plus lourd que la terre. La petite bougie allumée dans le cerveau de l’homme est une nouvelle substance apportée dans le monde. Par qui ? Par le Christ. Cette nouvelle substance est semblable au grain de blé qui se plante maintenant dans le sol. Elle se greffe sur l’esprit humain comme se font les greffes sur les arbres fruitiers. Celui qui manie l’art de la greffe doit être bête. Du point de vue kabbalistique le mot bête a des vibrations plus fortes que les mots fort et intelligent. Il est dit dans les Écritures : « Dieu résiste au puissant et à l’orgueilleux mais donne Sa grâce au faible et à l’inculte »[2]. Un disciple qui se permet de dire à l’enseignant qu’il a un avis particulier sur certaines questions est exclu de la classe, l’enseignant lui dit : « Si tu as un avis particulier et si tu penses savoir plus que moi, prends ma place et délivre ton enseignement ». « On la met sur le chandelier. » Lorsque cette bougie est mise sur le chandelier pour brûler, sa lumière se reconnaît à ce qu’elle va produire différents changements dans l’organisme humain : la conscience des humains s’élargira, l’homme sera prêt à endurer toutes les amertumes et épreuves avec patience ; quand bien même il serait piétiné, il se relèverait toujours pour avancer. La substance de cette bougie ne se consume jamais. Plus les chrétiens étaient pourchassés et plus leur feu s’embrasait. Beaucoup disent : « Nous allons anéantir le nouvel enseignement ». Plus vous le piétinerez et plus il s’embrasera. Il porte en lui des forces indestructibles, ces forces agissent déjà dans le monde. Avec des calculs mathématiques précis on pourra mesurer la taille de cette petite bougie dans quelques années : la force de sa lumière augmentera de l’intérieur vers l’extérieur. C’est la beauté intérieure qui est précieuse et non la beauté extérieure. Que dira le jeune homme sur sa bienaimée si elle n’est obnubilée que par sa beauté extérieure ? Lorsqu’il se mariera avec elle, il sera vite déçu et dira : « Le mariage ne vaut pas la peine ». C’est ce que le réformateur anglais John Wesley a dit trois jours après son mariage : il s’est marié avec une belle américaine, mais a été très vite déçu. Pourquoi ? Sa bougie n’était pas allumée. Un jeune est venu plus tard prendre conseil auprès de lui : il était tombé amoureux d’une bonne chrétienne et avait décidé de l’épouser. John Wesley lui a dit : « Je ne t’encourage pas à l’épouser. Elle peut vivre bien avec le Christ, mais pas avec toi. – Pourquoi ? – Ta bougie n’est pas encore allumée. » Quelqu’un me demande : « Dois-je me marier ? – Ne sois pas pressé, tant que ta bougie n’est pas allumée, ne te marie pas. » Je considère le mariage actuel comme une forme matérielle d’asservissement. Les anciens qui sont passés par ce joug disent : « Mettons à présent les jeunes aussi dans ce piège pour qu’ils voient ce que mariage veut dire ». La mère et le père ne disent pas à leur fils et leur fille qu’ils doivent allumer leur bougie, mais ils leur parlent de mariage, de vie heureuse, de promenades en carriole et en automobile. Lorsque la fille se marie, elle dit à sa mère : « Maman, ce travail s’avère très pesant. – Le mien aussi, ton père a mauvais caractère, il ne s’occupe pas bien de la maison, etc. » Et ce sont des gens pieux qui disent la vérité ! Ils disent : « Il faut marier nos fils et nos filles pour leur faire connaître la vie ». Paul dit : « Si c’est possible, il vaut mieux ne pas se marier » ; je dis : celui dont la bougie n’est pas allumée, ne doit pas se marier si possible, ce n’est pas la peine qu’un aveugle enfante des aveugles, qu’un dément enfante des déments. On rétorque : « C’est un enseignement anarchiste ! » À mon avis il n’y a pas de plus grands anarchistes que les gens d’aujourd’hui : ils sont anarchistes par rapport à Dieu et au monde intelligent. Nous sommes des harmonistes et non des anarchistes : nous accordons les humains. Comment ? En allumant leurs bougies. Par conséquent, celui qui est désaccordé peut s’accorder uniquement si on allume sa bougie. « Elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison ». C’est seulement grâce à cette bougie que l’homme peut appréhender avec justesse tous les phénomènes, tous les rapports entre les humains. La nouvelle lumière dans la conscience humaine leur donne la possibilité de retraiter les vieux éléments de la vie comme les plantes retraitent le dioxyde de carbone aux propriétés suffocantes. La nouvelle lumière peut retraiter tous les péchés et tous les crimes des humains, retraiter tout le karma de l’homme et y puiser la sève de la nouvelle vie. Je peux faire un essai de ce point de vue, mais le lieu n’est pas adapté ; il faut pour un tel essai une harmonie absolue et aucune opposition extérieure. Nous ferons cet essai bientôt, nous limiterons le monde dans ses manifestations négatives ; autrement dit, nous attacherons le diable ; nous attacherons non seulement le grand diable, mais aussi tous les petits diables qui le servent. Je ne le ferai pas moi-même, mais je prédis ce qui se passera. À travers Hamlet, Shakespeare se demande : « Être ou ne pas être ? » Vous-aussi, vous vous demandez : « Me marier ou ne pas me marier ? » Si ta bougie est allumée, marie-toi, tu donneras naissance à un enfant qui portera la nouvelle lumière dans son esprit. Ceux dont les bougies brûlent ne meurent pas. « Est-ce que ma fille doit se marier ? – Si sa bougie est allumée, qu’elle se marie. » En général, ceux qui vivent avec la nouvelle lumière ne meurent pas, ils se dépouillent de leurs anciens vêtements et passent d’un monde à un autre, ils n’ont besoin ni de tombeaux ni de sépulture. Il est temps maintenant de vous servir de la nouvelle lumière de la conscience. Chez certains la petite bougie est déjà allumée et éclaire. Sans cette lumière il est impossible de comprendre la grandeur de la vie, son sens, ainsi que vos rapports et liens à la vie passée et à la vie future. Sachant cela, ne cherchez pas quelqu’un pour allumer votre bougie et vous délivrer. Lorsque le Christ viendra, il allumera lui-même vos bougies et dira : « Que votre bougie éclaire de façon à glorifier vos œuvres devant votre Père ». Quelles seront ces œuvres ? Si vous croisez un malade, ne cherchez pas de médecin, mais posez la main sur lui et il guérira aussitôt ; lorsque vous rencontrerez un aveugle, vous mettrez la main sur ses yeux et il recouvrera la vue. Je ranimerai les jambes de chaque boiteux prêt à allumer sa bougie ; j’ouvrirais les yeux de chaque aveugle prêt à allumer sa bougie. S’ils ne sont pas prêts à recevoir la nouvelle lumière, le boiteux restera boiteux, et l’aveugle restera aveugle. Qui le Christ vivifie-t-il ? Celui chez qui brille l’intelligence divine. Au temps du Christ, tous ceux qui étaient déjà prêts à allumer leurs bougies se sont redressés et ont retrouvé la vie. Beaucoup viennent m’implorer d’aider un malade ou un infirme. Jusqu’à maintenant je n’ai rien répondu, mais désormais je dis : allez chez l’infirme, chez l’aveugle et demandez-leur s’ils sont prêts à allumer leurs bougies. S’ils sont prêts, moi-aussi je suis prêt à les aider : je vais ranimer les jambes de l’infirme et j’ouvrirai les yeux de l’aveugle. Lorsqu’ils m’écoutent les médecins disent que c’est un mensonge ; faisons un essai pour voir qui ment. Emmenez-moi chez l’aveugle qui est prêt à allumer sa bougie pour faire un essai : je vais toucher ses yeux et il va recouvrer la vue. « Alors il n’y aura plus ni aveugles ni infirmes. » Il n’y en aura pas, certes, mais dans cette science existent aussi des exceptions : tous les aveugles ne peuvent pas recouvrer la vue et tous les infirmes ne peuvent pas remarcher. Seul celui qui est pur dans ses pensées et ses désirs peut recouvrer la vue et remarcher, seul l’être affranchi des liens du passé peut recouvrer la vue et remarcher. Il faut se purifier et s’affranchir des liens qui nous entravent. Lorsque je parle ainsi, beaucoup me demandent : « Maintenant dis-nous la vérité : de quelle façon devons-nous nous purifier et nous libérer ? » C’est vrai, je dissimule souvent la vérité, et vous me critiquez pour cela. Je demande : pourquoi vous-aussi vous dissimulez les sucreries, quelle en est la raison ? Vous voulez les conserver. Je protège la vérité pour les mêmes motifs : elle ne doit pas être laissée entre les mains des enfants. La vérité avec laquelle je fais des expériences chaque jour ne m’a jamais déçue, toutes mes expérimentations sont réussies. Elle est à la base de la grande vie future qui vient sur terre, elle libérera les humains des limitations dans lesquels ils vivent et leur donnera satisfaction. Lorsqu’elle croise l’affamé sur sa route, elle ne l’élimine pas, mais comble sa faim. Que fait la femme enceinte ? Elle attend patiemment le jour de sa délivrance. Ne peut-elle pas jeter son enfant ? Elle le peut mais ne le fait pas. Par conséquent, donnez des conditions à l’affamé pour qu’il n’ait plus faim, à l’assoiffé, pour qu’il n’ait plus à souffrir de la soif, à l’aveugle, pour qu’il s’assagisse et recouvre la vue. Les conditions de la vie doivent s’améliorer, nous devons devenir des conducteurs de la vie nouvelle, de la lumière nouvelle. Souvent les médecins sont en proie aux contradictions, ils ne savent pas comment aider les malades. Vous appelez un médecin, un deuxième, puis un troisième, et chacun vous prescrit des médicaments différents : les trois ont leur propre avis et ne peuvent pas se mettre d’accord. Vous convoquez un groupe de cinq ou six médecins, tous donnent leur avis jusqu’à ce que le malade trépasse. Les médecins sont pour les malades ce que sont les représentants du pouvoir pour les sociétés et les peuples : ils déterminent le diagnostic de la société, administrent des médicaments, créent différentes lois jusqu’à ce que l’anarchie la plus complète s’instaure. Vous direz que la Bulgarie doit se libérer ; elle s’est libérée il y a quarante ans, mais on lui a imposé depuis une ponction de vingt milliards de levas. Qu’en pensez-vous ? Est-ce que la vie des Bulgares a été normale, qu’est-ce que la Bulgarie y a gagné ? Les Bulgares les plus intelligents ont pris les rênes du pouvoir, mais la Bulgarie ne s’est toujours pas redressée ; celui-ci a été assassiné, celui-là a été assassiné, ils se sont fracassé les têtes les uns des autres. Vous direz qu’un tel, ou tel autre étaient des loups qui attaquaient le troupeau. Est-ce possible qu’une seule mère, la Bulgarie, ait pu enfanter des loups et des moutons ? « Un tel est anarchiste. » Comment est-ce possible ? Si c’est possible, alors j’admets qu’il y a des Bulgares de la famille des loups, des tigres, des lions, des serpents, des sangsues, des chevaux, etc. ; dans ce cas toutes les contradictions sont possibles. Mais puisque vous vous proclamez Bulgares et nés d’une même mère, il ne faut pas qu’il y ait la moindre contradiction entre vous. Vous vous prétendez travailleurs, mais mal aimés par vos voisins ; c’est ici la place du proverbe bulgare : « Marie-moi, loin d’ici, maman, que je puisse me faire passer pour un héros ». Vous vous interrogez sur la raison des contradictions entre les Bulgares. Leur petite bougie n’est pas allumée. Durant onze ans, j’ai fait des calculs et des mesures sur la tête du Bulgare, mais je les exposerai lorsque je rendrai mon dossier sur les Bulgares. J’ai fait des observations et des études sur tous les peuples et je peux me prononcer sur eux ; je peux dire comment est le Bulgare, l’Anglais, le Français, sinon avec une précision absolue, du moins à un epsilon près. Le Bulgare a besoin de lumière divine. Et en voyant son ignorance, il n’est pas prêt à se l’avouer. Un Bulgare se vantait à ses voisins qu’il savait bien parler le Turc – c’était à l’époque de l’occupation turque. Il leur est arrivé un jour de recevoir la visite de l’ayan[3]. Les paysans l’ont bien reçu, mais ne sachant pas parler turc, ils n’ont pas pu comprendre ses demandes. Ils se sont rappelé leur concitoyen qui disait maîtriser la langue turque ; ils l’ont appelé pour servir de traducteur à l’ayan. Le Turc lui disait quelque chose et le Bulgare l’écoutait. Les paysans se sont enquis : « Que demande-t-il ? – Il a une envie de poisson. » Les paysans se sont aussitôt dispersés partout dans le village pour trouver du bon poisson frais pour leur hôte. Ils lui ont apporté le poisson pour qu’il le donne à l’invité. En le voyant apporter du poisson, le Turc lui a demandé : « Tu te moques de moi ? Tu vas voir qui je suis ! » Et il l’a roué de coups. « Pourquoi le Turc t’a-t-il donné une correction ? – Parce que je l’ai surpassé en paroles. » Ce n’était pas vrai, le Turc lui demandait une chose et le paysan lui en apportait une autre : simplement, il ne le comprenait pas, et ne comprenait pas sa langue. Je dis : c’est ce qui arrive avec les chrétiens d’aujourd’hui, tu leur demandes une chose, ils t’en apportent une autre. Les gens ont besoin de bougies allumées ! Lorsque leurs bougies s’allumeront, leurs affaires iront bien. La nouvelle lumière doit être utilisée aussi bien par l’individu que par la famille et par la société. Aujourd’hui le monde a besoin de bougies allumées. L’Anglais passe pour honnête et le Bulgare se distingue par sa sincérité : il donne son avis les yeux dans les yeux, puis il dit : « J’ai exposé les choses comme elles sont, je n’ai pas caché la vérité ». C’est bien de dire la vérité à quelqu’un, mais il faut savoir comment la dire, comment la planter. Que deviendra la graine si tu la plantes trop profondément ? Elle ne germera pas. Donc, si tu dis la vérité, tu la diras au bon moment et au bon endroit : plante la graine à un tel endroit et à une telle profondeur, pour qu’elle puisse germer à temps et porter son fruit. Ainsi, concentrez-vous entièrement sur l’acquisition de la nouvelle lumière. Lorsque le Christ prônait la vie vertueuse aux gens, il avait en tête ce combustible nécessaire pour le maintien de la vie des humains. C’est uniquement par la vie vertueuse, par la nouvelle lumière que l’homme peut s’affranchir des résidus accumulés dans son passé. La nouvelle lumière ne sera plus sous le boisseau, il faut que quelqu’un vienne de l’extérieur pour soulever le boisseau, mettre la bougie sur le chandelier pour éclairer tous ceux qui sont dans la maison. Lorsqu’on dit que quelqu’un a tourné un autre vers Dieu, cela veut dire qu’il a soulevé le boisseau qui couvrait la bougie allumée ; on ne peut pas convertir d’une autre façon. Tu dis à quelqu’un : « Je t’ai fait te retourner » ; c’est erroné, personne ne peut retourner personne. À mon avis, seul le mort peut être retourné, jamais le vivant : si quelqu’un meurt, ses proches le tournent d’un côté ou de l’autre ; le vivant se retourne tout seul. Le Christ dit : « Que vos visages brillent afin que celui qui les voit, glorifie le Seigneur ». Maintenant, quels que soient vos chagrins et vos souffrances, recueillez-vous et voyez ce que vous pouvez faire pour cette petite bougie, faites un essai avec elle pour voir comment l’amplifier. Faites d’abord une expérience avec la toile d’araignée pour voir combien de fils sont nécessaires pour tisser une corde capable d’attacher des buffles. Avez-vous compté le nombre de fils nécessaires pour tisser une telle corde ? Vous direz que c’est une tâche ardue ; si c’est ardu, combien plus ardu est l’enseignement que je vous prêche. Vous allez longtemps tourner, épeler, jusqu’à apprendre à parler et lire, jusqu’à atteindre la vérité. Est-ce à moi d’apporter la nouvelle lumière dans votre esprit ou bien devez-vous vous-même l’accueillir ? Faut-il ensuite que je vous explique ce qu’est la lumière ? Lorsque la lumière pénètre votre esprit, vous savez déjà ce qu’elle représente. Vous dites : « Le savant a déjà déterminé ce qu’est la lumière, pas la peine de nous l’expliquer ». Autant la sage-femme qui accompagne l’accouchée enfante elle-même, autant le savant peut expliquer la lumière. Les scientifiques ont déterminé la vitesse et le temps du voyage de la lumière du soleil à la terre et rien de plus ; la lumière ne peut pas s’expliquer par elle-même. Vous dites qu’elle a un certain nombre de vibrations par seconde, mais ces données ne sont pas exactes du point de vue de la nouvelle science. Si vous venez à la nouvelle théorie de la lumière, la science actuelle se retournera tête en bas, vous perdrez la boussole de votre vie et vous direz : « En quoi croire à présent ? » Je réponds : que l’ancien reste à sa place. Aspirez au nouveau. Vous savez déjà ce que la lumière représente, vous connaissez son nombre de vibrations par seconde, vous savez que dans chaque vibration il y a une oscillation en haut et une oscillation en bas. Expliquez-vous du point de vue de la nouvelle science la raison des vibrations de la lumière et la raison de chaque oscillation. Les vibrations sont dues à certaines contradictions dans la nature. Selon un savant anglais, l’éther est un plan rugueux ; voilà pourquoi la lumière en le traversant oscille vers le haut ou vers le bas, ce qui forme ses vibrations. C’est une hypothèse, et même sans elle les humains comme les animaux savent ce qu’est la lumière : elle rend les objets visibles, clairs, elle dévoile les choses au regard humain. En ce qui concerne la lumière, chacun a son vécu et sait ce qu’elle est. Tu vois quelqu’un et tu dis : « Il a tels yeux, telle taille, tels bras et telles jambes », tu le décris, tu le connais à partir de sa description, mais lorsqu’il meurt, il laisse tous ses organes sur le plan physique et alors tu ne peux plus te l’imaginer. Partant de là, je dis : « La lumière existe dans notre esprit grâce à un certain nombre de vibrations, mais elle existe aussi sans ces vibrations, elle se manifeste autrement, en dehors du plan physique. Revenons maintenant à la lumière qui se manifeste à travers l’esprit humain. Cette lumière rend l’expression des yeux douce, claire et pure, elle donne une beauté et un éclat à la bouche. Sans elle la bouche humaine est privée de magnétisme, de vitalité, c’est la bouche du lépreux, d’une victime de maladie incurable. Il est dangereux de serrer la main à ces malades, il est dangereux de s’exposer à leurs regards. Les gens souffrent de la bouche, des mains et des yeux, ils se contaminent entre eux. « Et il a mis la bougie sur le chandelier pour éclairer tout le monde ». Pourquoi cette bougie doit-elle brûler ? Pour montrer à tous comment il faut vivre. Le Christ a donné un exemple à ses disciples, aux premiers chrétiens. Le premier enseignement du Christ s’est perdu, ce qui fait que les gens se tournent vers Dieu, mais ne sont pas sauvés. On tient une statistique en Amérique pour savoir combien de personnes se tournent chaque année vers Dieu ; ils se tournent vers Dieu, mais quelques années après ils reviennent aux vieilles habitudes : quelqu’un a renoncé à boire du vin, mais cinq ou six mois plus tard, il s’est remis à boire. Pour retourner quelqu’un il faut allumer sa petite bougie : il se tourne vers son âme, c’est-à-dire vers le centre de la véritable attraction intérieure. La petite lumière intérieure modèlera nos organes sensoriels et grâce à la petite bougie vous vous débarrasserez facilement de vos mauvaises habitudes. Il y a des fleurs dans la nature dont l’odeur est capable de vous libérer de certaines mauvaises habitudes : il suffit de regarder certaines teintes florales à des heures précises de la journée pour que votre esprit se réorganise, ces teintes agissent de façon magique et rendent l’individu plus sage. Pendant des années les fleurs attendent la visite de personnes aux bougies allumées : lorsqu’elles leur rendent visite, les fleurs leur disent : « Nous pouvons vous confier la grâce que Dieu nous a donnée ». La grâce divine ne vient pas de l’extérieur, elle est cachée dans la nature, dans les pierres, les plantes, les sources, l’air et la lumière. Il y a des pierres précieuses dont la force est encore aujourd’hui cachée aux humains. De l’extérieur les pierres paraissent ordinaires, mais leur force est à l’intérieur ; si vous portez une telle pierre en vous, vous serez bien disposés et bien portants. La pierre vous transmettra sa force de son plein gré. Pourquoi ? Parce que votre bougie est allumée. Il y a dans la nature des sources aux caractéristiques particulières que même les scientifiques ne connaissent pas encore ; celui qui boit de ces eaux, vainc facilement ses maladies. Lorsque le Christ a dit à la samaritaine qu’il lui ferait boire de l’eau vivante pour ne jamais avoir soif, il parlait d’une eau aux propriétés spéciales ; c’est une grande vérité. Vous demandez où est cette eau. Je vous demanderai : « Est-ce que votre bougie est allumée ? – Elle est allumée. » Nous vous soumettrons à l’examen pour vérifier si ce que vous avancez est vrai. Nous faisons confiance aux gens, mais notre loi prévoit de soumettre à l’examen chaque personne, de la faire passer par le tamis le plus fin pour sortir d’elle tous les diables. C’est la seule manière de vérifier les forces qui se dissimulent en elle ; elle fera ainsi la différence entre sa vie passée et sa vie actuelle. La différence sera énorme comme celle entre la vie de l’individu libre et celle du bœuf attelé. Vous êtes des bœufs attelés, mais vous vous dites libres. Non ! vous n’êtes pas encore libres. Dans la nouvelle vie les rapports entre les gens seront tout autres, alors vous serez de vrais individus. Vous m’excuserez, mais je ne vous appelle pas encore de vrais individus ; je ne me conforme pas à vos étiquettes en disant que vous n’êtes pas des individus : vous êtes d’anciens individus, pas des nouveaux. Le nouvel individu ouvre les yeux de l’aveugle, remet les jambes des boiteux, aide les pauvres, c’est le meilleur serviteur de l’humanité. Le nouvel individu n’arbore pas de diplôme extérieur, il n’étudie nulle part, ne termine aucune école, mais il est constamment soumis à l’examen. Lorsqu’il vient auprès de moi, il dit : « Je suis un spécialiste » ; si c’est ainsi, nous te donnerons une tâche ardue ; il résout cette tâche avec succès. Chaque tâche est un examen : on commence par un examen et on finit par un examen. Il est dit dans les Écritures : « Crois en le Seigneur Jésus Christ et tu seras sauvé ainsi que ta maison ». Je traduis ce verset : Allume dans ton esprit la petite bougie du Seigneur Jésus Christ pour être sauvé toi et ta maison. Le Christ dit : « Je suis la lumière du monde » ; donc, si ta petite bougie est allumée, tu portes le Christ en toi, tu es un avec lui, tu penses comme lui, c’est cela le sens de la vie. « Crois et tu seras sauvé comme ta maison. » Que la foi reste l’apanage des anciens temps. Je ne désavoue pas la foi, mais je m’adresse à la nouvelle humanité et je dis : ayez l’esprit du Christ, portez allumée la petite bougie. « Qu’adviendra-t-il de nous ? » Il adviendra ce qui n’est jamais encore advenu. Beaucoup disent : « C’est curieux les encouragements de celui-ci, il veut nous faire peur, nous tromper, mais nous ne laisserons pas tromper ». Comment vous tromper alors que vous vous êtes déjà trompés vous-mêmes : je vois vos vêtements déchirés, vos portefeuilles vides. Vous dites que vous avez des connaissances, mais ce n’est pas le cas, vous dites que vous avez votre propre maison, mais vous n’en avez pas ; vous êtes des esclaves de la mort qui vous arrache chaque jour la peau pour en faire des lanières. Vous n’êtes pas cultivés. Vous avez besoin de quelqu’un qui soulève le boisseau pour permettre à la bougie de briller librement. Si le boisseau est soulevé, en dix ou vingt ans vous acquerrez une nouvelle culture comme le blé qui pousse et mûrit en quelques mois. Maintenant, pardonnez-moi de parler un peu sévèrement. ! Je veux que vous vous libériez de vos enveloppes pour ne garder que le bouton floral. La lumière ne fait-elle pas de même ? Elle tambourine sur les boutons des plantes pour que la fleur sorte. Vous n’entendez pas les coups qu’elle porte, mais les connaissez-vous ? Les coups portés sur les boutons floraux sont forts, ils les délivrent, ils font s’épanouir les fleurs. Les coups de la lumière jettent ce qui est mauvais dehors et extraient le bien qui se trouve à l’intérieur. Par conséquent, si la lumière divine vient sur l’homme, elle sortira le mauvais de son esprit et ouvrira un chemin pour le bien qui se trouve dans son âme. J’aimerais corriger l’expression que j’ai employée : j’ai dit que vous n’êtes pas des individus ; qu’est-ce que j’entends par ces mots ? Que vous ne vous êtes pas manifestés en tant qu’humains. Le grain de blé non plus ne se manifeste pas tant qu’il est dans la grange ; s’il est semé, il se manifestera. Vous aussi, vous vous manifesterez lorsque vous serez semés. Un autre a pris votre richesse, un autre s’est emparé de votre esprit, votre âme est déposée en gage quelque part. Lorsque vous vous manifesterez vous direz : « Je veux racheter tout ce que j’ai gagé, je veux reprendre la richesse que mon Père m’a donnée ». Et maintenant, quand vous reviendrez chez vous, recherchez votre richesse ; n’attendez pas que votre père terrestre meure, mais prenez-le à la gorge et dites-lui : « Papa, ma richesse est gagée en toi : mon intelligence, mon cœur, mon âme, je veux que tu me les rendes. – Attends un peu, lorsque tu te marieras, nous te les donnerons. – Non, je veux les avoir maintenant, je me marierai seul. » Je dis : la nouvelle lumière vient, elle changera les rapports entre les humains, elle créera de nouveaux rapports. Pas la peine de nous occuper des animaux inférieurs, nous les laisserons de côté ; pas la peine d’exterminer les chenilles, trouvez plutôt un moyen pour qu’elles ne se multiplient pas excessivement. Une connaissance me racontait avoir lu quelque part quelque chose sur les nouvelles découvertes des scientifiques : un savant a trouvé le moyen de concentrer les microbes jusqu’à ce qu’ils se transforment en une substance permettant de confectionner des parures, principalement des ceintures pour les femmes. À l’avenir la femme portera une ceinture faite des microbes des maladies les plus redoutables ; qu’un homme essaie alors de vexer la femme, elle lui dira : « Sache que je peux te frapper avec ma ceinture ». Je pense que les savants sont sur la bonne voie : au lieu que les humains souffrent du choléra et de la peste, il vaut mieux utiliser ces microbes au service de l’humanité. La nouvelle science positive attèlera le mal au travail. Vous direz que seuls les savants peuvent faire ce travail ; non, chacun peut mettre les microbes au travail. Ainsi, les vibrations de la nouvelle lumière descendront dans les régions inférieures de la vie humaine et libéreront une fois pour toutes les humains des perturbations auxquelles ils se heurtent quotidiennement. Est-ce vrai que nous pouvons nous libérer de ces conditions ? Celui qui a une bougie allumée peut se libérer facilement. Je peux allumer la bougie de chacun, il me suffit de gratter une allumette pour allumer cette bougie qui brûlera perpétuellement. Certains gardent encore leur bougie sous le boisseau, mais le Christ dit que celui qui est intelligent et qui a allumé seul sa bougie ne la met jamais sous le boisseau. Les savants disent que les bougies allumées sont les nouvelles idées qui transformeront le monde. Que la lumière de ces idées puisse resplendir ! Vous dites : « Lorsque nous irons de l’autre côté, nous y apprendrons tout, nous y comprendrons la vérité ». Si vous n’aspirez pas à la vérité sur terre, vous n’y aspirerez pas non plus de l’autre côté ; si vous avez un élan ici, vous l’aurez aussi de l’autre côté. Par conséquent, aussi faible que soit votre aspiration à la vérité, appliquez-la tant que vous êtes sur terre. Cherchez la vérité, soyez prêt à vendre tout pour la moindre pierre précieuse. Êtes-vous prêts aussi à vendre tout pour acheter cette petite bougie ? Vous dites : « Marions nos enfants, au moins ils seront quitte de leur karma ». Ne vous occupez pas du karma, cela fait deux mille ans que vous liquidez votre karma et vous y êtes encore. Un autre liquidera votre karma, un autre résoudra cette question. Vous demandez : « Est-ce que notre karma est mûr à point ? » Il est mûr et même trop mûr, vous devez tous le savoir. Si vous attendez encore cinquante ans que votre karma mûrisse, vous êtes perdus : votre évolution s’arrêtera, vous perdrez les conditions bénéfiques pour votre développement. Il n’y a pas de temps à perdre, liquidez tout dès maintenant. Débarrassez-vous de tout doute, de tout ce qui est négatif. Trouvez la bougie et allumez-la : elle insufflera en vous les nouvelles idées. Le Christ dit : « Lorsque viendra l’Esprit de la Vérité, il vous enseignera tout ». L’Esprit Divin qui vient maintenant dans le monde insufflera en tous la nouvelle lumière. Qui tous ? Tous ceux qui sont prêts à allumer leur bougie. Vous direz que des miracles se produiront alors dans le monde. Ces miracles sont semblables aux voix qu’Élie a entendues dans la montagne : il a compris alors comment le monde se redressera et il a couvert son visage. Que signifie le geste de se couvrir le visage ? Être quitte avec ce monde. Élie a trouvé ensuite Elisée pour lui laisser son manteau, puis il est parti. Élisée en prenant le manteau d’Elie a frappé la rivière et a dit : « Au nom du Dieu d’Élie je traverserai la rivière ». Élisée a saisi la loi qui équilibre les forces opposées : là où il passait, tout s’arrangeait grâce au manteau d’Élie. Lorsque la petite bougie s’allumera, vous entendrez alors la voix de Dieu, vous laisserez alors votre manteau et vous couvrirez votre visage ; cela signifie d’assimiler l’enseignement du Christ et de dire : « Au nom du Seigneur Jésus Christ je traverserai la rivière ». Le Christ dit : « Je vais chez mon Père et chez votre Père ».[4] De qui s’agit-il ? De ceux dont la bougie est allumée. Le Christ a dit à ses disciples : « Allez dans le monde, allumez les petites bougies et prêchez mon enseignement », mais le diable est venu ensuite et a déformé l’enseignement du Christ, il a déposé en lui ce qui ne correspond pas à la vérité. Aujourd’hui, parmi les chrétiens il y a des gens simples et des gens érudits, des gens nobles et des gens sans noblesse. Le véritable chrétien est noble s’il sait comment agir envers son prochain. Un pauvre paysan est allé rendre visite à un prédicateur évangéliste dans la région de Svichtov[5] avec une demande d’aide. Le prédicateur l’a bien reçu, il lui a donné à manger et l’a invité à se reposer dans un lit chaud et douillet. La femme du prédicateur s’est montrée extrêmement mécontente de son mari et a demandé au paysan : « Quand es-tu venu ? – Aujourd’hui. – Alors, retourne chez toi porter nos sincères salutations. » Comme les vêtements du pauvre paysan n’étaient pas propres, le prédicateur n’était pas prêt à le retenir plus longtemps chez lui : il craignait sa femme. Je dis : à bas la fausse aristocratie, à bas la fausse grâce et la fausse noblesse ! J’aimerais qu’il y ait plus de Bulgares semblables à ce pauvre paysan. Il y a dans les villages plus de Bulgares comme ça que dans les villes : ils sauveront la Bulgarie. Si les Bulgares suivent l’ancien chemin, leurs affaires ne s’arrangeront pas, mais s’ils acceptent le nouvel enseignement et allument la petite bougie, toutes leurs affaires iront bien. Si le clergé allume toutes les bougies des gens, le poids des réparations[6] s’effacera d’un coup. Alors qu’à présent ils sont les premiers mécontents, les premiers à s’insurger contre l’injustice. Assez de complaintes : ne prononcez pas le nom du Seigneur en vain, ne parlez pas d’argent. Il est dit : « Malheur aux prédicateurs et aux religieux qui travaillent avec de l’argent ». Si les prêtres n’allument pas les bougies des gens, les gens simples viendront et ils les allumeront. Mais il n’y aura pas alors de prêtres, le peuple s’acquittera de la mission des prêtres, des prédicateurs et des enseignants : ce sera leur punition. Vous vérifierez tous mes paroles, vous vous rendrez compte si ce que je dis est juste. Dites-le aux prêtres et aux prédicateurs ; s’ils ne m’écoutent pas, je me dégagerai de toute responsabilité, désormais c’est le Seigneur qui leur parlera. Et vous parlerez à vous-même, moi je ne vous parlerai pas. J’attends maintenant de vous la pureté. Je n’apprécie pas les agissements de beaucoup parmi vous. Beaucoup de vos actes ne sont pas méritoires et c’est pourquoi je suis dénigré de toutes parts. Je me dégage de toute responsabilité : aucun crime ne doit être commis en mon nom. Celui qui veut servir quelqu’un, qu’il serve le Seigneur vivant, Dieu de tous les peuples, Dieu de l’amour. Sers ton âme, sers ton prochain. Je n’ai pas besoin d’être servi. Le Christ dit aussi : « Je n’ai pas besoin de vos bougies, de votre encens, le clergé ne doit pas porter de tenues précieuses en mon nom, que chacun tende la main à son frère pour vivre en amour et en vérité ». Je dis : si les Bulgares comme tous les autres peuples n’acceptent pas le nouvel enseignement qui leur est prôné aujourd’hui, ils n’ont aucun avenir devant eux. Rappelez-vous : aucun foyer n’a d’avenir s’il n’accueille pas le nouvel enseignement ; aucun parti n’a d’avenir s’il n’accueille pas le nouvel enseignement ; aucun peuple n’a d’avenir s’il n’accueille pas le nouvel enseignement. Tous doivent accueillir l’enseignement de l’amour, de la justice et de la vérité, non pas en apparence, mais intérieurement, pour vivre en frères, comme des enfants d’un même Père. Lorsque je parle sévèrement ne pensez pas que je vous réprimande. Je vous dis d’allumer votre bougie, de laisser une place au Seigneur vivant en vous, de goûter Sa douceur. Dieu n’est pas comme les prédicateurs Le présentent. Avec tout ce que je vous ai dit sur le Seigneur, je n’ai même pas encore abordé une millionième de Sa douceur. Le Seigneur est grand dans Ses actes, Il est vivant, Il redressera le monde. Ne vous opposez pas à la grande vérité qui vient maintenant dans le monde. Soyez comme le grain de blé, tirez profit de la lumière et de la chaleur et Dieu vous bénira. La pureté spirituelle vous est demandée : vous libérer de toutes les discordes et malentendus entre vous. Hommes et femmes, tous doivent être purs. Cela ne veut pas dire qu’ils ne doivent ni manger, ni boire, ni avoir de désirs ; tu peux éprouver des plaisirs, mais qu’ils soient légitimes, que toi comme tes proches en soient satisfaits ; si tu as honte de ce que tu fais, ne le fais pas. Fais tout consciemment, selon la loi du sacrifice ; ce qui ne veut pas dire de vivre comme un moine, mais selon la loi de la liberté, comme vivent les anges : c’est cela vivre en harmonie. Je vous souhaite de recevoir la bénédiction du Seigneur vivant, qu’Il vous guide, qu’Il vous enseigne. Maintenant, je vous laisse vous reposer quatre à cinq mois. Pendant ce temps je vais faire des prêches à moi-même pendant que Dieu vous enseigne. J’irai un certain temps au milieu de la nature pour faire des observations scientifiques. Il y a à Sofia pas mal de prédicateurs, vous pouvez aller les écouter ; je ne dis pas que je dois être le seul qu’il faut écouter. Vous êtes libres de vos mouvements : allez au théâtre, aux concerts, en promenade, là où le cœur vous dit. Nous ne mettons pas de barrières sur le chemin des gens, nous ne les contraignons pas, nous les laissons libres. Les gens d’aujourd’hui doivent pleurer un peu comme les enfants. Le monde a besoin de la pluie. Lorsque la pluie tombera et passera, tout finira bien. Sofia, 9 mai 1920 Traduit par Bojidar Borissov [1] « Quand on allume une lampe, ce n’est pas pour la mettre sous le boisseau, mais sur son support, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. » (Matthieu 5, 15) [2] 1 Pierre 5, 5 [3] Notable turc, chargé dans les provinces de veiller à la sûreté des particuliers [4] Jean 20, 17 [5] Svichtov – petite ville en Bulgarie du Nord, située sur les rives du Danube. [6] Il est question ici des lourdes réparations dont la Bulgarie a dû s’acquitter face aux Alliés après la Première Guerre Mondiale, étant dans le camp des perdants aux côtés de l’Allemagne.
  10. Par tradition « Et les pharisiens et les scribes lui demandèrent : Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens, mais prennent-ils leurs repas avec des mains impures »[1] ? Marc 7 :5 « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition ? » Voici ma réponse : la tradition est un enseignement non écrit qui énonce des us et des coutumes. Parfois les traditions reposent sur certaines lois et parfois non. D’aucuns considèrent que les traditions sont sacrées. Il y a des bêtises et des crimes humains qui passent pour sacrés, mais qui ne peuvent pas modifier ces lois sacrées qui sont le fondement de l’esprit et de l’âme humaine. Pourquoi l’homme commet-il des fautes ? Parce que son âme et son esprit se manifestent parfois improprement. Vous voyez parfois un plant de courge se faufiler entre les piquets d’une palissade, fleurir et donner des fruits qui sont déformés car ils ont été compressés sur un côté ; pour quelle raison ? Simplement, ne comprenant pas les lois, la courge s’est faufilée entre les deux piquets ; lorsque le fruit pousse, il n’a pas de conditions pour croître librement et se trouve comprimé quelque part. Le savant créera toute une théorie sur la déformation de la courge ; en réalité, il n’y a rien d’extraordinaire : lorsque le jardinier fabriquait la palissade, il n’avait pas cela en tête, il voulait juste protéger son potager des cochons, c’est-à-dire de toutes les invasions extérieures qui nuisent à ses intérêts. Le mal se résume à ce que tous les humains vivent selon des traditions. Le loup vit selon la tradition et si son fils transgresse cette tradition, son père lui demandera : « Fiston, qui t’a donné le droit d’enfreindre les règles sacrées de tes aïeux ? » Et nos contemporains qui se disent cultivés et religieux disent que l’on ne peut pas vivre sans religion ni tradition. Selon moi ce n’est qu’un tiers de la vérité ; comment font les animaux sans religion, sans traditions et sans églises ? L’important n’est pas de savoir si l’homme peut se passer de religion, il importe de savoir s’il peut se passer de nourriture, d’eau, d’air et de lumière. L’homme ne peut pas exister sans pain, sans eau, sans air et sans lumière, c’est une loi ; dire que l’homme ne peut se passer de religion est une tradition. L’homme doit être non seulement religieux, mais aussi spirituel, non seulement spirituel, mais aussi divin. On peut se passer de la religion car elle est un leg. Le Christ répond aux pharisiens et aux scribes : « Ce peuple me vénère avec ses lèvres, mais son cœur est loin de moi »[2]. L’enseignement divin dit que nous devons renoncer et faire le deuil de tous les péchés et de tous les crimes, renoncer à toutes les traditions « sacrées ». Dans la science aussi il y a des traditions « sacrées » et un grand nombre d’hypothèses et de théories sur la création du monde. Des expérimentations, des analyses, des calculs sont faits, mais ils sont loin de la vérité absolue. Moi aussi, je vous énoncerai une tradition « sacrée » : on doit jeûner au moins un jour par mois pour donner du repos à son estomac ; on doit donc jeûner au moins douze jours dans l’année. Deux mille ans se sont écoulés depuis le temps du Christ ; douze jours de jeûne par an nous fait donc vingt-quatre mille jours de jeûne, cela fait soixante-cinq ans. C’est une dette que les humains doivent honorer, et c’est pourquoi il faut jeûner cinq jours par mois. Savez-vous ce que cette dette coûte à la nature ? Elle est égale à vingt-quatre milliards de levas. Pour rembourser cette somme, il faut payer en moyenne cinq levas par jour. Il y a environ dix millions de tonnes d’or dans les mers, il faut six millions de tonnes d’or pour rembourser cette dette ; pour transporter cet or il faut six mille wagons qui parcourront six mille kilomètres par heure. C’est mon calcul concernant la dette à payer pour les douze jours de jeûne depuis l’époque du Christ jusqu’à aujourd’hui. Et si vous me demandez pourquoi vous souffrez, je dirai : les gens souffrent à cause des douze jours de jeûne annuels car ils ont transgressé la loi « sacrée » de la tradition. « On doit manger trois fois par jour ! » Ce n’est pas vrai, le moulin qui moud la farine doit cesser le travail au moins une fois par mois pour que la meule soit dépoussiérée. De la même manière, l’estomac humain doit se reposer au moins une fois dans le mois pour bien reprendre son travail. Ce que je vous dis n’est pas prouvé par la science officielle, ce sont mes propres études et calculs scientifiques : c’est une tradition « sacrée ». Lorsque tu te demandes pourquoi tu souffres, sache que tes souffrances sont le fruit du non-respect du jeûne de douze jours. Lorsque la meule de ton estomac s’abîme, il faut t’en acheter une nouvelle, mais il est difficile d’acheter une nouvelle meule sur terre. Pour cela il faut quitter la terre ; c’est une longue promenade qui demande quarante à cinquante ans, c’est ce que les gens appellent aller au ciel et revenir sur terre. Je l’appelle aussi comme ça, alors que les peuples orientaux la nomment réincarnation. Pourquoi meurt-on ? Parce que la meule est abîmée, il faut s’en procurer une nouvelle. Pour les gens ordinaires le délai d’achat d’une nouvelle meule est au moins cinquante ans et pour les grands initiés il est de deux mille à deux mille cinq cents ans. On a demandé au Christ : « Pourquoi tes disciples ont-ils enfreint la tradition des anciens ? » Nos contemporains posent la même question : c’est curieux. Mères et pères, dites-moi si vos fils et vos filles dans leur enfance n’ont pas enfreint certaines traditions « sacrées », quel enfant n’a pas enfreint les traditions des anciens ? Pourquoi les enfants le font-ils ? Vous direz qu’ils sont petits et qu’ils n’ont pas conscience de leurs actes. Ce n’est pas seulement parce que ce sont des enfants, il y a d’autres raisons que je ne veux pas détailler maintenant. Je sais comment les enfants enfreignent les traditions lorsque vous recevez des convives ; dès qu’elle s’en rend compte, la mère expédie son enfant dehors. Y a-t-il un seul homme qui n’a pas enfreint les anciennes traditions ? Il est temps de nous libérer de l’enseignement mensonger qui nous oblige à vivre selon les traditions. Vous dites : « On nait et on meurt ». C’est une ancienne croyance qui n’est pas conforme à la vérité. On demande pourquoi il faut naître et mourir ? Si par naissance vous entendez que vous mourez pour l’au-delà mais que vous naissez sur terre, cela a du sens ; si par mort vous entendez le départ d’un monde pour un autre où vous naissez, cela aussi a du sens. Penser que la mort est la fin de la vie terrestre pour changer de forme est une tradition « sacrée ». Selon cette tradition les gens admettent l’existence de l’autre monde, mais il y a une autre tradition selon laquelle cet autre monde n’existe pas. « Pourquoi tes disciples mangent avec des mains impures ? » Pourquoi faut-il se laver les mains ? Pour ne pas se contaminer. Que direz-vous du magistrat qui condamne parfois des innocents ? Juge-t-il avec des mains pures ? Lorsque tu médis sur quelqu’un, as-tu lavé tes mains ? Lorsque tu penses de travers, as-tu lavé ton esprit ? Lorsque tu ressens de travers, as-tu lavé ton cœur ? Voilà pourquoi, lorsque nous nous lavons les mains, nous devons aussi nous laver la bouche, l’esprit et le cœur. Si vous vous lavez seulement les mains, mais que votre esprit et votre cœur restent impurs, c’est une tradition « sacrée » par laquelle vous dissimulez vos crimes. Tu commets un crime et tu nettoies aussitôt le sang autour de toi, puis tu dis : « Je suis pur ». A-t-on besoin de se laver ensuite les mains ? En opposition avec l’ancienne tradition le Christ dit : « Mes disciples mangent avec des mains impures ». Voilà pourquoi, lorsqu’on commet un crime, on doit rester avec les mains impures pour que Dieu, les gens et nous-mêmes sachent qu’un crime a été commis. Aujourd’hui, après avoir perpétré un crime, on se parfume pour le dissimuler : c’est la culture du mensonge. Ce que je dis aujourd’hui concerne les chrétiens ; ceux qui ne sont pas chrétiens sont libres, ils sont considérés comme vertueux, aucune loi ne les contraint. « Pourquoi tes disciples enfreignent les anciennes traditions ? » Et vous, pourquoi transgressez-vous la loi divine ? Quelle est la loi divine ? C’est penser, sentir, agir avec probité. À mon avis beaucoup de peuples européens ne sont pas civilisés car ils appliquent une volonté négative : la volonté des traditions « sacrées ». La volonté positive agit en l’homme uniquement s’il œuvre pour le bien. Si tu portes de la haine dans ton cœur, mais que tu travailles pour éduquer ta volonté, tu mets ainsi une barrière à tes pensées et tes sentiments impurs. La volonté de celui qui ne fait pas le bien est comme celle des animaux : lorsqu’il attrape sa victime, le lion aussi fait preuve de volonté, mais elle est animale et non intelligente ; le monde ne peut pas se redresser avec une telle volonté. Beaucoup de pharisiens et de saducéens ont débattu la question de la façon de redresser le monde. Le monde se redressera uniquement lorsqu’il tombera sous l’influence de la grande loi divine : elle agit de la même façon sur l’individu, sur la famille et sur la société. Elle ne travaille pas là où il y a des croyances, elle serait dans ce cas aussi exacte que mes calculs sur la dette des chrétiens s’élevant à vingt-quatre milliards de levas : c’est une hypothèse et non une théorie scientifiquement prouvée. À mon avis, certains calculs scientifiques ne sont pas parfaitement exacts. Un savant a par exemple calculé le nombre des vibrations des rayons rouges : ce nombre est de quatre cent vingt-huit milliards de vibrations alors qu’à mon avis il est de quatre cent vingt-neuf milliards : qui va contester mon calcul ? Le même savant dit que la lumière orange a cinq cent deux milliards de vibrations : qui va contester ce calcul ? Quels que soient les calculs que vous souteniez, leur précision est relative et non absolue, et il faudrait une commission indépendante pour vous départager. Comment tranchera-t-elle la question ? Il est aussi calculé que les vibrations de la lumière rouge dans un centimètre carré forment soixante-dix mille ondes, celles de la lumière orange, environ cinquante-neuf mille sept cent vingt ondes, etc. Ces calculs sont contestables, ce sont des hypothèses. Je peux aussi avancer nombre de calculs en contradiction de près ou de loin avec ceux des savants actuels, comment les réfuteront-ils ? Il existe une loi irréfutable qui dit : « Chaque pensée droite, chaque sentiment droit, chaque action droite ne produisent aucune dissonance, ne jettent aucune ombre dans l’esprit humain, dans la conscience humaine ; chacun peut vérifier cette loi. Vous croisez quelqu’un pour la première fois et vous dites qu’il vous fait bonne impression ; vous lui parlez et la discussion n’éveille aucun doute en vous ; vous vivez dix ans avec lui et vous gardez toujours votre première impression sur lui, qu’est-ce que cela montre ? Que les pensées, les sentiments et les actes de cet homme sont justes, donc la loi est véridique. Si en revanche la contradiction et la dissonance se manifestent dans votre esprit dès la première rencontre avec quelqu’un, il est bon à moitié et mauvais à moitié. Si vous démarrez un commerce sur la base de cette loi sachez que vous recevrez autant que vous avez investi. Vos affaires commerciales ressemblent à celle qu’un Turc a fait avec le bey : il lui a emprunté cinq cents lires à la condition de rembourser un taux d’intérêt de cent pour cent. Il a payé les intérêts les deux premiers mois et il a demandé au bey : « Es-tu satisfait de moi ? – Jusqu’à maintenant, je suis satisfait, mais quand comptes-tu payer le capital initial ? » Donc le Turc a remboursé seulement la moitié de la somme et a mangé l’autre moitié. Beaucoup agissent de la sorte, ils empruntent des sommes avec un taux d’intérêt de cent pour cent et promettent de les rembourser, mais lorsqu’il est question de rendre le capital initial, ils le passent sous silence. Nos contemporains souffrent car ils ont englouti le capital initial. Pour payer les agneaux, il faut restituer le capital. Tu dis : « Je souffre ». Le capital manque. « Que faire ? » Tu trouveras une nouvelle ruche, tu prendras une nouvelle reine et les abeilles vont de nouveau bourdonner. Aujourd’hui la reine n’est pas là. Par reine nous entendons la pensée divine, fondement de toutes les pensées : tout gravite autour d’elle. « Quel rapport cela a-t-il avec nous ? » Il vous faut de la connaissance comme fondement de la vie. Qu’est-ce qu’il adviendra de votre beau palais si ses fondations ne sont pas fermes ? Il sera bientôt en ruines. À quoi bon les belles pierres brillantes si ses fondations ne sont pas saines ? Je préfère vivre dans une cabane simple mais bien bâtie, plutôt que dans un palais qui m’ensevelira demain. Vous direz que le monde est ainsi fait ; votre monde est fait comme sont faits mes calculs et ceux des savants sur le nombre des vibrations de la lumière et de ses ondes. Je demande si vous vous êtes déjà posé la question de savoir comment le monde est créé, comment votre vie est organisée, d’où venez-vous et où allez-vous. C’est dommage de ne pas connaître sa mère, son père, ses frères et sœurs. Je suppute qu’une telle personne, soit a déjà quitté son père depuis longtemps, soit sa fratrie est décédée depuis un moment et elle est restée seule. Tu dis : « Je suis un religieux ». Oui, mais nos contemporains considèrent les religieux comme des gens qui se préoccupent d’abord d’arranger leur propre existence, puis à construire des églises, des écoles et des hôpitaux. C’est vrai, si un nouvel enseignement religieux apparaît, les gens s’attèleront d’abord à bâtir des églises, à organiser la célébration du culte, etc. jusqu’à ce que l’enseignement lui-même soit déformé ; alors, malheur à celui qui ne va pas à l’église. Que quelqu’un ait été injustement condamné et jeté en prison est considéré comme étant dans l’ordre des choses : l’enseignement ne s’en embarrasse pas. Ce sont les traditions des anciens. Je considère la religion comme une forme des choses, la vie spirituelle comme un contenu, et la vie divine comme le sens des choses. Lorsqu’on parle d’église et de religion, j’entends la forme d’un pot. Je demande : est-ce que le pot est vide ou rempli ? Que représente ce pot ? La tête humaine, elle n’est rien d’autre qu’un pot, alors que le cerveau est le sens de ce pot. Si ton cerveau réfléchit avec justesse et peut mettre de l’ordre et de la discipline partout, c’est qu’on est en présence d’un vrai être humain. Selon une légende les humains considèrent la vie comme une lutte perpétuelle. Dans un chant évangélique il est dit que la vie est une lutte perpétuelle ; j’ajoute à cela : la vie est un tourment incessant, un labeur incessant, un travail incessant. Plusieurs partis, plusieurs combattants s’affrontent dans la vie, mais ce n’est pas cela le sens de la vie, la vie n’est pas une lutte, elle peut se développer et se manifester sans que les humains combattent. Ainsi, soutenir que la vie est une lutte, c’est une croyance « sacrée ». Si pour cette lutte nous enfreignons la loi divine, c’est-à-dire la loi intérieure qui bâtit en nous, nous nous exposons tous seuls aux souffrances. La société en pâtit aussi car elle tire profit de nous dans la mesure où nos pots, nos têtes, sont étanches pour ne pas laisser rentrer l’air. La première condition pour le travail est que la tête de l’homme soit saine pour ne pas altérer le cerveau ; la deuxième condition est que les poumons soient robustes et la troisième condition, que l’estomac le soit aussi. Seul celui qui pense, sent et agit avec justesse, travaille bien. Que vous croyez ou non en cela est une autre question, car la foi a aussi ses traditions. Si ta foi t’aide à croître et à te développer, si elle te lie avec des gens dont le cœur et l’intelligence sont bons, alors elle est authentique. Je parle de la foi et non de la religion, car j’ai honte d’en parler. Pourquoi j’ai honte ? Parce que depuis huit mille ans, je n’ai rencontré personne qui ait pu prendre fait et cause pour ses croyances religieuses. J’ai honte de dire que j’appartiens à un tel parti ou à un tel peuple. Pourquoi ? Parce que aucun parti, aucun peuple n’a réussi son examen. On demande à quelqu’un : « Quelle est ta nationalité ? – Bulgare. » C’est facile de se présenter comme Bulgare, c’est un écriteau placé au-dessus de ta boutique, mais as-tu réussi l’examen en tant que Bulgare ? On se dit facilement Bulgare, Français ou Anglais, mais aussi noble que soit un peuple, aucun d’eux n’a pris conscience d’être une part intégrante de l’humanité et de devoir travailler pour les droits humains universels. « Pourquoi tes disciples ne servent-ils pas les anciennes traditions ? » Le Christ demande : « Pourquoi servez-vous vos anciennes traditions », et je pose aussi la même question. Je n’ai rien contre les traditions, du moment qu’elles s’appuient sur la loi divine. Si la loi des traditions fait naître moins que ce qu’elle fait mourir, a-t-elle le droit d’exister ? Si votre office commercial perd plus d’argent qu’il n’en gagne, y a-t-il un intérêt à ce qu’il subsiste ? Un tel office doit être liquidé. « Pourquoi tes disciples mangent avec des mains impures ? » Pourquoi les pharisiens ont-ils posé précisément cette question au Christ, pourquoi n’ont-ils pas posé la question sur les yeux de ses disciples : ils devraient peut-être manger aussi avec des yeux purs ? Pour les pharisiens, si les disciples du Christ mangent avec des mains impures, cela montre qu’ils vivent dans un monde de péché. Peux-tu laver les lignes qui sont tracées dans ta main? Les lignes de la main ne peuvent jamais se laver : elles indiquent comment tu as vécu dans le passé, comment ont vécu tes parents et aïeux, elles montrent comment tu vis maintenant. Pour l’ignorant la main peut être lavée, mais pour le sage c’est impossible. Je vois aussi la main humaine non lavée. Pour être lavée la main doit radicalement se transformer : l’homme doit commencer à penser, sentir et agir avec justesse. Ne pensez pas que l’homme peut se transformer d’un seul coup ; s’il ne pêche plus, il va ainsi revenir progressivement à son état de pureté originelle. Quelqu’un a hérité de l’alcoolisme de ses parents : comment se libérer de ce vice ? Il faut une volonté puissante. Il y a des moyens de se débarrasser de l’alcoolisme, l’un d’eux est la méthode de Louis Kuhne[3] : une hydrothérapie. Si l’ivrogne applique cette méthode, il s’aidera considérablement. Par la volonté, on peut aussi se soigner des infirmités intérieures. On ne peut se libérer d’un seul coup des vieilles traditions « sacrées », acquises au fil du temps, on ne peut pas couper la tête de l’hydre d’un coup, il faut des milliers d’années. On ne peut pas purifier la race blanche d’un seul coup, pour se purifier de ses infirmités elle doit se transformer radicalement : la vie de l’individu, du foyer, de la société doit subir des transformations radicales. Ce n’est pas facile de renoncer aux vieilles traditions. Pourquoi le faut-il ? Parce qu’elles n’ont pas porté bonheur à l’humanité. La condition des gens d’aujourd’hui est comme celles des bovins qu’on mène à l’abattoir ! Que faire ? Si les bovins savaient concentrer leur pensée sur celui qui les abat pour lui transmettre la pensée divine, il cesserait de les abattre. N’étant pas capables de travailler avec la pensée divine, les gens disent : « Tête baissée est épargnée par l’épée ». Une tête baissée vers le bien oui, mais non vers le mal. Il ne faut pas laisser de place aux mauvaises pensées dans son esprit ; une mauvaise pensée peut avec le temps causer des dommages à l’homme et à ceux qui l’entourent. Vous direz que c’est une affirmation philosophique ; même si c’est le cas, cette affirmation repose sur des données objectives. Vous demandez quand le monde ira mieux. Dans des milliers d’années. Longtemps encore les gens suivront l’ancien chemin et ils vont progressivement s’éclairer. Ce processus est inévitable car la terre rentre dans une nouvelle sphère : toutes les vieilles formes changeront, les nouvelles formes détruiront les anciennes, les gens ne s’apercevront pas qu’ils progressent, qu’ils deviennent de nouveaux humains. Les anciennes formes tomberont comme les feuilles tombent des arbres en automne, les anciens individus seront remplacés par les nouveaux, guidés par une pensée nouvelle. « Pourquoi tes disciples troublent les traditions des anciens ? » Mes disciples ne chérissent pas les anciennes traditions car ils ont pour objectif de rétablir les lois divines entre les humains. Nos contemporains cherchent aussi un moyen d’améliorer leur vie, de s’aider ; ils attendent une vie nouvelle et disent : « Le salut viendra du ciel ». Par ciel je désigne une vie raisonnable ; donc ils attendent que les gens deviennent conscients et considèrent leurs intérêts comme des intérêts universels. La vie raisonnable peut exister aussi sur terre comme sur toutes les autres planètes. L’homme raisonnable s’accommode de toutes les conditions alors que l’imbécile ne supporte que certaines conditions. Beaucoup sont dans un état de conscience hypnotique et disent : « Le monde se redressera dans des milliers d’années » ; même si c’est vrai, tu dois commencer ton travail. Si la chenille qui s’enveloppe dans un cocon ne choisissait pas un point de départ, elle ne terminerait jamais son travail. Si tu ne poses pas de bonnes fondations à ta maison maintenant, quelle sera ta situation dans mille ans ? Non pas un seul homme, mais tous les hommes doivent commencer à penser juste, une pensée droite est nécessaire à tous. D’où que vienne cette pensée, accueillez-la. On attend du travail de vous, oui, du travail est attendu de tous. Pas seulement cela, l’homme doit aussi être courageux, prêt à renoncer à ce qui est ancien. Parfois les animaux manifestent une plus grande bravoure, un sens du sacrifice plus aigu que les humains. Il existe dans la nature des lois que les humains ne soupçonnent pas encore, et ne connaissant pas ces lois, ils considèrent certains phénomènes comme des caprices de la nature. Camille Flammarion a décrit des phénomènes variés pour lesquels les savants ne donnent aucune explication. Comment expliquerez-vous les étranges phénomènes liés à l’électricité ? Il est facile de les appeler « des caprices de l’électricité ». Comment vous expliquerez-vous les phénomènes suivants : quelqu’un traverse une forêt à cheval, de la foudre en boule tombe sur lui et brûle tous ses vêtements, ses chaussures et il reste tout nu, mais indemne, non touché par l’électricité. Il y a cinquante ou soixante ans, dans un atelier de poterie à Balchik[4] la foudre est tombée, l’électricité a touché tous les pots vides, mais pas les pots pleins. Une autre boule de foudre tombe sur un champ et coupe en deux parties égales tout le bétail qu’elle croise. La foudre tombe à un endroit, elle soulève un grand mur et le dépose à cent mètres de son emplacement initial. Comme les savants ne savent pas expliquer ces phénomènes, ils les nomment caprices de l’électricité. Je dis : quoi que les scientifiques pensent d’eux-mêmes, un jour viendra où ils s’avoueront qu’ils ont encore beaucoup à apprendre. Il existe des lois dans la nature dont les savants ne soupçonnent encore rien ; le jour où ils les percevront, ils seront sidérés. Jadis, les diplomates et les hommes d’état savaient prévoir les évènements politiques ; aujourd’hui ils ne savent même plus anticiper les évènements de la semaine qui vient ! Pourquoi ? Parce que les conditions de la vie changent vite. Ils se heurtent à des surprises, ce qui les rend fatalistes et leur fait dire : « Quelque chose de singulier se passe, quelque chose d’inédit ». Qu’est-ce qui vient, qu’est-ce qui se passera ? Je vous le dirai : la chenille percera le cocon et s’envolera comme un papillon. Vous le vérifierez, vous allez tous vous envoler et vous libérer. Les nouvelles conditions, la nouvelle époque qui vient, obligera tous les êtres humains à penser et à sentir d’une façon nouvelle. Faisons une place au renouveau, aux forces nouvelles qui travailleront en nous. D’où viendront ces forces ? De la nature, de tout l’univers. Faut-il que l’être humain soit plus faible que l’animal ? Il y a des serpents dont la morsure tue l’homme ; leur poison est puissant, donc le serpent est plus fort que l’homme. Une femme croise un buffle et ne serait-ce que son regard la fait déguerpir ; on affirme ensuite que le buffle est bête ; comment pourrait-il être bête puisqu’il te fait courir ? Le buffle dit : « Puisque tu ne comprends pas les lois de la nature, tu courras ». Trois heures avant que le temps ne se gâte, les abeilles le ressentent et s’empressent de rentrer à la ruche, alors que beaucoup de savants ne peuvent pas prédire précisément les variations de la météo. J’ai vu un jour dans un parc en ville comment les dames de la haute société courent, les robes trempées par la pluie et cherchent à s’abriter ; les abeilles auraient pressenti ce changement de temps et ne se seraient pas fait surprendre. Pourquoi les gens sont-ils surpris ? Parce qu’ils ne connaissent pas les lois de la nature intelligente. Tu leur dis que le temps va tourner et ils rétorquent : « Cela peut s’arranger. – Cela peut s’arranger oui, mais peux-tu l’affirmer ? – Je le suppose. » Nos contemporains vivent avec des suppositions. La jeune fille aussi quand elle se marie suppose que son mari sera bon, beau et que ses beaux-parents seront gentils ; lorsqu’elle est mariée, cela ne se vérifie pas. Elle dit : « Je suis lassée de la vie » Pourquoi ? Parce qu’elle a bâti sa vie sur des suppositions. Pour ne pas être déçu, regarde ta main et vois ce qui y est écrit ; regarde ta tête et ton visage pour voir ce qui y est écrit ; puis fais des calculs mathématiques précis pour déterminer le capital dont tu disposes. Tu n’auras ainsi aucune surprise, aucune déception. Si tu achètes un pot contenant une marchandise de moins bonne qualité qu’espéré, faut-il être déçu ? Tu achètes un pot de beurre réputé pour sa bonne qualité, et lorsque tu rentres à la maison, tu te rends compte que tu t’es trompé : en surface, le beurre est bon et frais, mais en le coupant tu vois qu’à l’intérieur il y a du chou. Que feras-tu ? Tu apprendras à faire attention. La prochaine fois que tu achèteras du beurre, tu vérifieras si tout le pot contient du beurre ou s’il y a du chou avec ; le beurre coûte cinquante levas le kilogramme alors que le chou est bon marché. Nos têtes doivent être remplies avec des choses de bonne qualité ; c’est dommage que les têtes de beaucoup soient vides, sans rien dedans. Vous rétorquez : « C’est creux ! Nous avons une science, nous faisons des recherches scientifiques, nous savons le nombre de vibrations des sept couleurs du spectre » ; vous allez citer ensuite ce que tel ou tel auteur a dit. Nous aussi, nous savons ce qu’ont dit et écrit ces auteurs : leurs publications ressemblent aux dessins des petits enfants. La mère dit : « Regarde le beau dessin que notre Ivanko a fait, je vais le garder en souvenir ». C’est une aptitude normale de l’enfant, cela ne montre pas le don d’un grand peintre. Un père, en entendant un mot fin dans la bouche de son enfant, s’est exclamé de joie : « Mon enfant sera un génie ». Il ne sera pas un génie du tout : le génie a des traits déterminés sur son visage, un crâne particulier, un front particulier. Chacun nait avec une mission préétablie, fût-elle petite ou grandiose. Pourquoi ne pas te réjouir d’avoir un enfant ordinaire, mais qui accomplira la mission qui lui est donnée ? Le petit rouage dans l’horloge accomplit un travail aussi important que le grand ; le simple ouvrier dans un pays est aussi important que le premier ministre. On a pendu un homme insignifiant et modeste ; je dis : il ne fallait pas le pendre, car même s’il n’est qu’une petite partie du mécanisme de l’ensemble, cela arrêtera son mouvement. Mais les gens ne savent pas que le meurtre d’un homme causera dans le futur un grand mal à l’humanité. Tuer sa mère ou son père est un crime impardonnable, mais aujourd’hui encore de tels crimes sont perpétrés. Les gens se sont abrutis ! Qu’est-ce que la culture d’aujourd’hui ? On condamne quelqu’un à la pendaison et on appelle ensuite le curé pour l’extrême onction : il le console avec ces mots : « C’est la volonté de Dieu ». Non, il ne faut pas lui donner l’extrême onction, mais lui dire : « Je n’approuve pas les meurtres ». Dieu a dit : « Ne tue pas ». Je ne parle pas des meurtres extérieurs, mais des meurtres intérieurs. Je ne parle pas de l’abcès tuméfié, mais si on me demande s’il faut couper de la chair saine, je dis : « Vous n’en avez pas le droit ». Celui qui voit se perpétrer un crime en sa présence doit le proscrire, ne pas y participer. « Pourquoi tes disciples transgressent les traditions des anciens ? » Mes disciples ne peuvent pas suivre le chemin des anciennes traditions « sacrées ». Lorsque je développe ce sujet devant vous, les prêtres et vous qui m’écoutez, vous direz que cet enseignement est dangereux. Il n’est pas dangereux, au contraire, il va vous délivrer. Si vous suivez l’ancien chemin, vous allez sombrer. Vous marchez sur de la glace qui s’affaisse et craque ; si on vous dit de continuer de marcher dessus, c’est qu’on vous veut du mal. La glace sur laquelle vous vous tenez s’affaisse et craque sous vos pieds, et si vous faites deux pas de plus vous vous trouverez au fond du lac. « Quel lac ? – Le lac des traditions « sacrées. – Le chemin à travers le lac est le plus direct. – Ce n’est pas le seul chemin direct, maintenant il te faut contourner le lac et emprunter un autre chemin. » Tout le monde veut se prémunir, par des moyens honnêtes ou malhonnêtes, peu importe, mais se prémunir. Il y a une autre loi pour se prémunir : si vous empruntez l’ancien chemin, vous pouvez commettre beaucoup de crimes sans être vu, mais dans quelques années vous serez frappé par les pires calamités ; sachant cela, triez les traditions « sacrées » dans lesquelles vous vivez, éprouvez vos pensées et vos sentiments, laissez de côté chaque pensée et chaque sentiment qui instillent une bifurcation dans l’esprit et le cœur. Je suis allé un jour dans le parc en ville et je me suis assis sur un banc. J’ai vu une fourmilière à côté du banc. Une fourmi est venue sur moi ; je l’ai prise avec deux doigts, elle s’est retournée et m’a mordu. « Pourquoi me mords-tu, sais-tu qu’avec une simple pression de mes doigts je t’enverrai là où tu n’as guère songé à te retrouver ? » Elle a répondu : « Je lutte avec deux effroyables géants. – Ce sont mes deux doigts. Tu n’as pas idée de ce qu’est l’homme, c’est pour cela que tu te permets de mordre. – Oui, mais nous avons nos axes de circulation et de communication et nous mordons toute personne qui se permet de les couper. – Aucun axe de circulation ni de communication ne me fait peur. Si je mets ma canne dans votre fourmilière, je vous disperserai aux quatre vents. » J’ai laissé la fourmi en liberté et j’ai continué mes réflexions. Je dis : les humains aussi sont dans la même situation que les fourmis. Tant qu’ils sont forts et bien portants, ils pensent qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent, mais dès que les deux doigts de la providence les attrapent, ils se mettent à se tortiller, à mordre et à clamer : « Deux géants nous ont attaqués ». Ce sont les deux doigts de la providence qui se manifesteront inexorablement. Vous dites : « Si ce n’était pas eux, nous serions les meilleures personnes au monde ». Aujourd’hui Dieu a serré les Bulgares entre Ses trois doigts : les Serbes, les Roumains et les Grecs. Vous dites : « Si ce n’étaient pas ces doigts, nous allions nous en sortir facilement, nous avons une fourmilière et nous avons des lois ! » Dieu peut démolir la fourmilière et changer vos lois. Lorsqu’Il vient parmi les peuples européens, Dieu les prend avec Ses cinq doigts et leur demande : « Êtes-vous prêts à vivre en frères ? Si vous n’êtes pas prêts, je peux démolir votre fourmilière ». Les gens appellent cela une révolution, et moi, un coup de pied dans la fourmilière. Il suffit de mettre ma canne dedans pour disperser les fourmis aux quatre vents. Il y a des fourmis qui sont des termites : ils inspirent la peur et l’anxiété chez les gens, ils ont leur artillerie, leur cavalerie, les termites sont dangereux, ils mangent tout, et les humains comme les animaux s’en méfient. Les humains attendent à présent quelque chose de nouveau : les uns attendent que le monde se redresse par magie, et d’autres attendent une révolution. Le monde est déjà arrangé, il n’y a rien à changer, simplement les gens intelligents doivent raisonner avec justesse. Pensez-vous que si la fourmilière est dispersée, elle ne se reconstituera pas ailleurs ? Si les humains vivaient en frères, ils verraient que le monde divin est organisé : il y a de la nourriture en abondance pour tous, du matériel pour bâtir des maisons : il y a de bonnes conditions de vie pour tous. Le mal se résume en ce que chacun veut que le monde soit arrangé pour lui personnellement, pour son bien personnel. Un jour, les potiers se sont tournés vers un mage pour lui demander de leur envoyer du temps sec. « Il sera fait selon votre désir », a-t-il dit. Ensuite sont venus les agriculteurs pour lui demander d’envoyer la pluie. « Il sera fait selon votre désir. » Non, les potiers et les agriculteurs doivent s’entendre entre eux, le temps doit être sec et pluvieux, c’est-à-dire bon et mauvais. Quels que soient les changements qui se produisent, ils sont à leur place. Ce n’est pas une mauvaise chose si la météo se dégrade, mais chaque changement doit être exploité intelligemment. Quels que soient les changements dans la vie intelligente, nous devons nous y conformer. Aujourd’hui les peuples veulent se libérer des régimes monarchiques ; c’est bien, mais quel que soit le parti auxquels ils adhèrent, de leur plein gré ou non, ce parti a toujours un chef, un roi ; on peut le nommer dirigeant, mais il est le roi. Que font les humains en réalité ? Ils renoncent à un ordre pour instaurer en fin de compte le même système. C’est dans l’ordre des choses, mais lorsque les sociétés organisées commencent à se tourmenter, c’est le signe de l’anarchie, de l’incompréhension des principes de la vie intelligente. Celui qui reconnaît l’intelligence, demeure dans l’intelligence ; celui qui reconnaît le cœur, demeure dans le cœur ; celui qui reconnaît la volonté, demeure dans la volonté ; celui qui reconnaît l’âme, demeure dans l’âme ; celui qui reconnaît l’esprit, demeure dans l’esprit. Le principe de base dans la vie, c’est d’être conscients que nous sommes tous des êtres doués de raison et que nous vivrons bien tant que nous vivrons d’après les lois de la vie intelligente ; lorsque nous les transgresserons, les conséquences néfastes surviendront. Quand les conséquences néfastes surviennent-elles ? Lorsque nous vivons d’après les anciennes traditions, lorsque les uns travaillent moins que les autres, lorsque chacun aspire à s’enrichir et à se prémunir. Aujourd’hui, avec la vie chère, chacun a besoin de beaucoup d’argent. Est-ce que la Bulgarie peut satisfaire aux besoins de tous ? Ce n’est pas une question d’argent, l’important est de savoir si la Bulgarie peut produire assez de nourriture pour satisfaire tout le monde ? Si les humains s’aiment et appliquent l’amour, ils s’échangeront les surplus. Mais c’est impossible dans les conditions actuelles de la vie ; dans le futur cet idéal se réalisera, il faut pour cela au minimum trois cent cinquante mille années. Alors de nouveaux pots seront créés, c’est-à-dire de nouveaux cerveaux dans lesquels se déversera la nouvelle pensée. Alors les humains ne se demanderont plus quelle religion est la plus véridique, quel régime social est le plus juste, quel type de gouvernement est le meilleur. Ils auront l’esprit clair et lumineux et il sera visible : l’âme et l’esprit des humains seront alors visibles. Ils ne le sont pas maintenant, mais dans trois cent cinquante mille ans l’intelligence, le cœur, l’âme et l’esprit seront visibles, comme est visible le soleil. Notez-le dans le livre de votre vie pour qu’un jour, lorsque la génération future ouvrira ce livre, elle dira : « Cela a été prédit dans le passé lointain : les paroles de celui qui l’a prédit étaient justes et véridiques ». Les gens d’aujourd’hui disent : « Le visible restera visible, et l’invisible restera invisible ». Moi je dis : lorsque nous nous rencontrerons dans trois cent cinquante mille ans, vous verrez mon intelligence, mon cœur, mon âme et mon esprit et je verrai les vôtres : c’est le nouvel enseignement. Vous demandez : « Ce sera le cas dans trois cent cinquante mille ans ? » Trois cent cinquante mille ans sont comme trois cent cinquante jours, mille ans sont semblables à un an. Le monde subira de grands changements, alors les humains ne vivront plus selon les anciennes traditions, on mettra fin aux bêtises « sacrées » et aux crimes « sacrés », tout ce qui est ancien restera dans les archives de l’humanité actuelle. Sofia, 2 mai 1920 Traduit par Bojidar Borissov [1] « Les Pharisiens et les scribes demandent donc à Jésus : " Pourquoi tes disciples ne se conduisent-ils pas selon la tradition des anciens, mais prennent-ils leur repas avec des mains impures? » (Marc 7, 5) [2] Matthieu 15, 8 [3] Louis Kuhne (1835 – 1901) – naturopathe allemand, connu pour ses méthodes d’hydrothérapie, destinées à améliorer les fonctions de désintoxication du corps. [4] Balchik – petite ville balnéaire bulgare sur la côte nord de la mer Noire
  11. Ami et serviteur « Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j'ai appris de mon Père [1]». Jean 15 :15 Je m’arrêterai seulement sur deux aspects de ce verset : serviteur et ami. Le mot serviteur signifie limitation, il est porteur du sentiment de peur. Le serviteur ne peut pas avoir une pensée personnelle, il ne peut pas avoir d’opinion, il ne peut pas avoir sa philosophie, tout lui est imposé. Le Christ dit : « Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j'ai appris de mon Père ». Et si vous demandez à nos contemporains s’il y a un au-delà, ils diront : « Nous ne savons pas. – D’où venez-vous ? – Nous ne savons pas. – Pourquoi êtes-vous venus sur terre ? – Nous ne savons pas, nous savons seulement que nous mangeons trois fois par jour, nous nous couchons, nous nous levons, nous voyageons, nous nous battons, nous nous entretuons, mais pourquoi, nous l’ignorons, seul le maître le sait. » Cela ne concerne pas seulement le monde dit incroyant, mais aussi les religieux qui se combattent et s’entretuent. Certains diront que les religieux sont pieux. Les croisades, l’inquisition montrent le degré de piété et de culture des religieux ! Ce sont des gens ignorants avec des titres de serviteurs pieux. Le Christ dit : « Je ne vous appelle plus serviteurs mais amis, car je vous ai fait connaître tout ce que j'ai appris de mon Père ». Un ami est celui avec qui tu peux partager tes pensées, dévoiler ton cœur, réfléchir à des sujets philosophiques et échanger. Par conséquent, lorsqu’on fonde une société religieuse basée sur la servitude et l’obéissance, tous disent : « Nous devons obéir. – À quoi ? – À tout ce qui nous est dit. » On dit de quelqu’un : « C’est un excellent serviteur ». Pourquoi ? Parce qu’il fait tout ce qu’on lui ordonne. Alors qu’une société religieuse fondée sur l’amitié exige qu’on observe le précepte suivant : « Je vous ai fait connaître tout ce que j'ai appris de mon Père ». Bien entendu, nos contemporains ne savent pas ce que le Christ a dit à ses disciples, et ils pensent que toutes ses paroles se rapportaient au salut ; ils affirment à présent : « Crois que tu seras sauvé ainsi que ta famille ». Mais le salut est une science pour les gens malades, et les désireux de se sauver, je les envoie à l’hôpital. Les médecins sont les porteurs du salut et ils étudient toutes les méthodes et tous les principes par lesquels guérir les gens de leurs maladies. Tu lui parles de réforme sociale et de vertus et il te demande : « Es-tu sauvé ? » Je lui dis : « Puisque tu me parles de salut, c’est que tu es encore à l’hôpital et tu n’es pas sauvé, mais si tu en sors, tu seras sauvé. » Alors, une fois que tu es sorti de l’hôpital, quel intérêt as-tu de t’en soucier encore ? Ce qui vient après le passage à l’hôpital, c’est l’école ; c’est donc l’école qui est la place des gens bien portants. Je ne m’occupe pas des hôpitaux, c’est pourquoi, lorsque quelqu’un tombe malade, je l’envoie à l’hôpital pour qu’il trouve là son salut, et lorsqu’il recouvre la santé, je l’envoie à la grande école pour qu’il s’instruise. Ainsi, l’école est pour les bien portants et l’hôpital pour les malades. Lorsqu’on quitte l’hôpital, on doit aller travailler dans le monde, mais pour le quitter, il faut avoir des connaissances de base sur la grande nature vivante. En quoi consiste cette vie sur laquelle nous avons maintenant des notions, comment est-elle apparue sur terre ? Personne ne le sait. Notez que je n’aborde pas non plus cette question, mais je parle de ses manifestations, de ses formes, de son essence. Donc l’univers et ses formes est un grand organisme vivant où se manifeste la vie. Cette vie peut être purement mécanique, c’est-à-dire sans que l’être humain y prenne part, mais elle peut être aussi psychique avec une participation de l’être humain. En tant que serviteur, tu ne peux pas prendre part à la vie ; mais en tant qu’ami tu y prendras part. Entre deux amis il y a un échange non seulement de pensées mais aussi de sentiments, alors qu’entre un maître et son serviteur seule la force brute s’applique : le maître ordonne au serviteur de faire ceci ou cela. Lorsque le maître mange, le domestique doit se tenir debout, sans penser à lui-même, se tenant prêt à tout moment à faire la volonté de son maître. Et lorsque les contemporains me parlent du Seigneur, du Christ, de l’autre monde, ils cachent en réalité un enseignement mensonger qu’ils servent. S’ils prônent le Christ, mais maintiennent leur servitude, c’est un enseignement mensonger et dangereux pour le monde ; le Seigneur est dégoûté d’un tel enseignement. Et lorsque nous prônons un enseignement fondé sur l’amitié, nous devons savoir en quoi il consiste pour l’appliquer, et savoir de quoi il parle, et pourquoi. Il ne faut pas ressembler à ce prédicateur noir américain qui prônait que Dieu avait créé l’homme et l’avait ensuite laissé sécher trois jours sur une palissade. On lui a demandé : « Mais comment Dieu a-t-il créé cette palissade ? – Ce n’est pas votre affaire ! a-t-il répondu. » Chaque organisation, chaque système, c’est une palissade sur laquelle le Seigneur fait sécher aujourd’hui nos contemporains. Lorsque nous demandons d’où vient cette palissade, on nous répond : « Ce n’est pas votre affaire ». Alors qu’il est bien plus simple d’expliquer comment a été faite la palissade plutôt que l’homme. Je peux vous expliquer plus facilement l’édification de la palissade plutôt que l’apparition de l’homme. On vous dit maintenant : « Ce n’est pas votre affaire », mais vous restez comme des serviteurs et vous attendez des ordres : ce n’est pas un nouvel enseignement, ce n’est pas un enseignement divin. L’enseignement divin sous-entend un accord entre les esprits et les cœurs des humains. S’il y a cet accord, le Christ est en vous et vous dira tout ce qu’il a entendu de son Père. Sans cet accord, vous serez des serviteurs et ne comprendrez pas le sens intérieur de la vie. Alors la vie s’exprimera comme une nécessité, comme une perpétuelle souffrance et de ce fait vous dites : « On nait pour souffrir ». Nous souffrirons uniquement jusqu’à ce que nous apprenions toutes les situations où la servitude doit se muer en amitié, car c’est nous-mêmes qui nous imposons cette servitude. Le Christ dit : « Tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai dit ». Bien, mais si je commence à vous raconter tout ce que j’ai entendu de mon Père, vous direz comme ce Turc : « Si cela était vrai, ce serait un formidable mensonge ». Les Bulgares aussi, lorsqu’ils veulent dire de quelqu’un qu’il sait beaucoup, déclarent : « Il sait mentir à son monde ». Donc pour les Bulgares chaque érudit est un menteur. Arrêtons-nous sur ces deux aspects : servitude et amitié. La servitude est fondée sur la peur, et tous les enseignements contemporains reposent sur cette peur depuis la nuit des temps jusqu’au nouvel enseignement, celui de l’amitié. Si je croise quelqu’un, je lui demanderai : « Es-tu orthodoxe ? – Oui, je suis orthodoxe. – Es-tu serviteur dans l’Église ou ami ? Sais-tu quelque chose ? – Non, ce sont les prêtres qui savent, ce sont les autres qui savent. – Alors tu es un serviteur orthodoxe. » Je croise un autre et je lui demande : « Qu’est-ce que tu es ? – Évangéliste. – Comprends-tu quelque chose de ce que tu écoutes ? – Non, ce sont ceux qui interprètent qui savent. – Alors tu es aussi un serviteur dans l’église évangéliste. » Nous pouvons affirmer ainsi que tous sont des serviteurs. Lorsque certains se croisent, ils se mettent à débattre pour déterminer qui sait plus et disent : « Notre prédicateur dit ceci, notre curé dit cela » etc. Ils débattent et débattent jusqu’à en venir aux mains pour montrer que tel maître est plus savant. Ce bienfait que Dieu t’a donné et cette lumière qui sort du soleil doivent être identiques pour tous. De même l’enseignement divin doit être identique pour tous. Laisse chacun se développer librement, fut-il perce-neige, églantier, rose ou autre chose. Car si tu l’entraves, tu ressembles à cet âne qui en cherchant sa pitance, a piétiné toutes les fleurs dans le champ. Chacun de nous doit se poser la question : « Est-ce que je suis serviteur ou ami ? » Je vous parle comme à des amis, et non comme à des serviteurs. Je ne reconnais qu’un pouvoir dans le monde : le pouvoir divin, je reconnais un seul pouvoir, le pouvoir de l’amour, je reconnais un seul pouvoir, le pouvoir de la sagesse, je reconnais un seul pouvoir, le pouvoir de la justice, je reconnais un seul pouvoir, le pouvoir de la vertu. Tout autre enseignement qui ne serait pas fondé sur ces principes est une tromperie que le monde a expérimenté et qu’il peut toujours expérimenter. Toutes ces effusions de sang, tous ces troubles dans les sociétés sont dus à cet enseignement mensonger qui n’est pas fondé sur ces vertus. Si je vous disais ces deux choses : hais et aime et ne hais pas et n’aime pas que comprendriez-vous à travers ces deux propositions ? Ce sont deux grandeurs mathématiques. Comment interpréterez-vous les mots ne hais pas et n’aime pas ? Ils représentent une grandeur négative avec un moins, mais montrent un principe positif et signifient : n’aime pas la haine avec laquelle tu hais car en l’aimant tu la renforces. Dans la seconde situation les mots hais et aime signifient : hais le mal et pour haïr le mal, il faut haïr l’amour, ce qui te fera guérir. C’est seulement lorsqu’on hait l’amour, que l’on trouve la vie. Maintenant, vous vous trouverez dans une contradiction et vous direz : « Drôle de chose ! » Mais c’est ainsi que vous démarrez dans la vie : vous haïssez quelqu’un pour le forcer à vous aimer ; c’est un principe commun, une manière de faire dans le monde. Et c’est vrai que lorsque vous haïssez quelqu’un, il commence à vous aimer, il transforme cette force et vous l’obligez à travailler pour vous. Je vous donne deux termes modernes, utilisés par les partis politiques modernes : production et consommation. Celui qui produit plus et consomme moins s’enrichit alors que celui qui produit moins et consomme plus se retrouve dans la misère ; donc pour devenir plus riches, nous devons consommer moins. Mais, lorsque les marchés sont saturés et qu’il y a moins de consommateurs que de producteurs, cela engendre une crise pour certains articles. Aujourd’hui par exemple, il y a une surproduction de beurre. Il ne faut produire ni trop ni trop peu : la nature ne le tolère pas, il faut produire exactement ce qui est nécessaire à la consommation. Je l’applique en mathématiques de la manière suivante : la distance la plus courte entre deux points est la ligne droite. Pourquoi est-ce ainsi ? On répond : « C’est un postulat mathématique ». Ce n’est pas ainsi pour cette raison seulement, cette ligne droite vérifie une loi : une force agit le long de cette ligne droite, elle veut économiser du temps et de l’espace, et pour cela elle choisit la distance la plus courte. Il faut donc choisir la ligne droite pour économiser de l’espace et du temps ; la ligne droite est la loi de l’économie de l’espace et du temps dans lesquels nous vivons, et c’est ainsi un moyen d’économiser de l’énergie. Si nous choisissons une ligne plus longue, nous consommerons plus de temps, plus d’espace et donc plus d’énergie. J’ai dit à beaucoup d’économiser de l’énergie et de dépenser du temps, mais la vie la plus raisonnable est de pouvoir dépenser du temps, de l’espace et d’énergie dans les mêmes proportions. La ligne droite est aussi la distance la plus courte qui unit la servitude et l’amitié. Si on emprunte un chemin détourné de la servitude à l’amitié, alors il contournera ces deux points pendant des millénaires. Nous devons donc résoudre la question ainsi : choisir la distance la plus courte entre la servitude et l’amitié et en faire notre chemin qui sera la ligne droite. Il y a en vous tous une énergie d’insinuation, accumulée depuis des millénaires, comme une impulsion ; elle est dans notre existence, encore inorganisée et doit être transformée. Cette énergie ne peut se transformer que si nous devenons des amis et si nous apprenons ces grandes lois qui sont à l’œuvre dans l’amitié. Prenez par exemple la loi de l’amour. Nos contemporains pensent qu’ils ont appris la loi de l’amour, mais ils se trouvent à peine dans les débuts de cet amour sublime. La jeune fille qui songe à se marier se crée d’abord un idéal et vit avec lui, elle commence à se parer, à se maquiller, à se contempler dans le miroir où elle se voit elle-même et son idéal aussi ; elle s’embellit de jour en jour jusqu’à se marier. Elle se marie, et cette illusion disparaît : les enfants apparaissent, ils ne comprennent pas sa philosophie et entament leur vie par le b-a-ba. La mère fait reposer tous ses espoirs sur eux et se dit : « Eux au moins comprendront ma philosophie », mais ils grandissent et comme leur mère, se tiennent devant leur miroir. Les gens se tiennent depuis des millénaires devant le miroir en disant : « Mon fils et ma fille apprendront cet art : comment vivre », mais le miroir finit par se briser. Ne mariez pas vos fils et vos filles de cette façon, mais enseignez-leur à être amis et non serviteurs. La mère apprend à sa fille à bien s’habiller, à se parer de chapeaux à la mode, à se mettre des chaussures dernier cri, mais ne lui donne pas ce qui est le plus substantiel dans la vie. Lorsque la fille se marie et se trouve malheureuse, la mère s’en étonne. Pourquoi t’étonnes-tu puisque toi-même tu n’as pas appris l’art de l’amitié. Le monsieur qui vient pour ta fille est comme ce maquignon qui vient acheter une vache. Il vient, on lui montre la vache, il lui palpe l’échine, la scrute de ci de là, et enfin finit par l’acheter ; tout le monde est content d’avoir vendu la vache. Demain, votre vache sera usée et vous en chercherez une autre pour la remplacer. C’est la même chose avec vos filles : vient un monsieur qui veut se marier avec votre fille, il la prend, mais dès le lendemain il la revendra. Moins de cinq ans plus tard, rien ne reste de votre fille, elle ne ressemble plus à cette belle Ganka[2] : ses courbes ont disparu, son dos est voûté, ses dents sont gâtées. C’est un fait que je peux vous prouver ; je dis : votre Ganka est usée. Vous vous dites : « Enseignons-lui le salut pour qu’elle se délivre ainsi que son foyer ». Mais comment ? « Qu’ils aillent à l’église et qu’ils prient Dieu. » Et vous, en restant depuis tout ce temps à l’Église, avez-vous trouvé quelque chose ? L’Église est la société la plus intelligente, la plus parfaite qui doit te rendre extraordinaire si tu y entres. Ce n’est pas un édifice fait de pierres, soyons clairs là-dessus. On me demande souvent : « Vas-tu à l’église ? – Je n’y vais pas. – Tu n’es donc pas chrétien ? – Je ne le suis pas, je ne suis pas un chrétien qui croit aux pierres. » On dira : « Voici un homme qui n’a pas les pieds sur terre ». Eh bien, vous les gens les plus spirituels, les plus intelligents, montrez-moi votre culture, je suis prêt à l’accepter et à renoncer à la mienne. Mais si ma culture dépasse votre raisonnement, je n’y renoncerai pas. Paul dit : « L’irraisonné dans Dieu est plus haut placé que le raisonné chez les humains [3]». Je préfère me lier à ce qui est folie en Dieu plutôt qu’à la philosophie des humains. Je ne me fais pas d’illusions, mais je veux vous dire pour que vous sachiez qu’il faut éprouver toutes les connaissances acquises. Vous direz : « Question difficile ». La chose la plus facile est de vérifier : tu traceras une ligne droite de la servitude à l’amitié. Cet enseignement n’est pas pour les rustres, il n’est pas pour des serviteurs ni des domestiques, il est pour des héros qui veulent être amis avec Dieu, qui veulent travailler et aimer. Vous dites : « Oui, des amis du Seigneur ». Oui, nous pouvons tous être des amis du Seigneur. Abraham était ami du Seigneur et c’est pour cela que tous le vénèrent ; personne d’autre n’est cité dans la Bible comme Abraham, lui seul était ami du Seigneur. Les croyants d’aujourd’hui diront : « Ceci s’applique uniquement à Abraham, lui seul peut être ami du Seigneur, il fait exception ». Pourquoi Abraham était-il ami du Seigneur ? Lorsqu’Il lui a demandé de sacrifier son fils en Son nom, il n’a pas hésité à obéir. Vous direz : « C’est une situation invraisemblable ». Dans ce cas, le sacrifice de son fils symbolise la semaille du grain dans la terre. Ainsi le grain humain est semé dans la terre. Paul dit : « On sème le grain humain et c’est le grain spirituel qui ressuscite, on sème le corps humain et c’est le corps spirituel qui ressuscite[4] ». Il faut donc te sacrifier, donner à Dieu tout ce que tu as. Vous allez rétorquer : « C’est avec ces sacrifices que nous en sommes là maintenant ! » La femme dit : « J’ai tout sacrifié pour mon mari ». On ne peut rien obtenir sans sacrifice dans ce monde. Ce que vous donnez est de la peur et ne peut s’appeler un sacrifice, seul l’ami peut faire un sacrifice. Quelqu’un dit : « Je fais un sacrifice. – Es-tu serviteur ? – Oui. – Tu ne sacrifies rien, ce n’est nullement un sacrifice. Seul l’ami peut se sacrifier et ce sacrifice est conscient. – Comment nous sacrifier ? – Si tu le demandes, tu n’es pas un ami. » La chose la plus importante est de nous libérer de ces sentiments de servitude qui nous agitent. Vous restez là à vous demander si le Seigneur vous a pardonnés, si vous avez transgressé Ses lois ; c’est une attitude de serviteur qui reste là à se demander si son maître le rétribuera et de combien. Non, les amis ne peuvent jamais douter l’un de l’autre. La parole d’un ami est une parole qui repose sur ce prédicat immuable. Je vais relater un récit des temps antiques pour clarifier ma pensée et y introduire une nuance. Dans un royaume antique vivait un jeune roi, célèbre dans tout le royaume et en dehors par ses œuvres notoires. Il écrivait de façon remarquable et tous parlaient de lui et de son talent, de ses derniers écrits, etc. Dans le même royaume vivait la fille d’un pauvre paysan qui se distinguait par ses vertus. Le jeune roi qui a décidé de se marier a voulu prendre pour femme cette pauvre paysanne connue pour ses vertus. Il a voulu lui rendre visite un jour et pour cela il a chargé ses chameaux de marchandises précieuses : les plus belles toilettes, des cadeaux, des pierres précieuses, des parfums et d’autres choses, en espérant qu’elle allait volontiers accepter de devenir reine pour profiter de tels privilèges. Considérant que c’était un bienfait pour elle, il s’y est rendu directement, non accompagné de marieurs. La jeune fille lui a dit : « Je ne peux pas me marier avec vous ; les vêtements que vous m’apportez ne peuvent pas se comparer à ceux qui parent mon âme ; les pierres précieuses que vous amenez ne peuvent pas se comparer à celles dont les vertus ornent ma tête ; je ne peux pas être reine de votre royaume, pour cela cherchez une fille plus noble que moi ». Vous direz : « Comme cette fille était bête, elle allait avoir des voitures et tout le reste ». Son père, un paysan, avait en lui une pensée philosophique divine qu’il a transmise à sa fille. Le fils du roi est retourné découragé auprès de son père en disant qu’il ne voulait se marier avec personne d’autre puisque cette fille s’était refusée à lui. Le roi s’est étonné qu’une pauvre paysanne ait pu éconduire son fils. Le fils prenait de l’âge et le père se demandait quoi en faire. Il a appelé un grand prêtre et lui a demandé de trouver un moyen de convaincre la paysanne d’accepter son fils. Le prêtre a dit : « Je vais prier Dieu pour voir ce qu’Il me dira ». Il a commencé à réciter des prières et il a entendu : « Lorsque tu reviendras une seconde fois prier auprès de Moi, viens avec un encensoir allumé ». Le prêtre a dit : « Oui, mais mon huile est épuisée, je l’ai distribuée aux autres. – Puisque tu aspirais au gain, tu l’as vendue, mais maintenant va auprès de cette pauvre fille pour lui demander de son huile. » Il est allé voir la pauvre fille et lui demandé de l’huile, mais elle lui a dit : « Je ne donne pas de mon huile aux prêtres qui aiment distribuer la leur, mon huile n’est que pour mes citoyens qui demeurent en moi ; si tu viens vivre dans mon royaume, je t’en donnerai, mais je ne viendrai pas dans votre royaume ». Le prêtre est revenu auprès du roi et lui a dit : « La pauvre fille ne veut pas venir avec nous, mais nous appelle à aller avec elle ». De même aujourd’hui tous prient le Seigneur pour qu’Il vienne dans leur royaume. Le Seigneur ne viendra pas dans votre royaume et ne vous donnera pas de Son huile. Vous, les croyants, vous pouvez tous vous rassembler, mais Il ne vous donnera pas de Son huile. Il dit : « L’huile que je vous ai donnée au début, vous l’avez vendue pour de la nourriture, des vêtements, c’est pourquoi je ne vous en donnerai plus ». C’est à cause de la carence en huile vivante chez les humains que la neurasthénie se propage. Ainsi, nous devons nous retrouver, mais ce n’est pas l’ami qui doit venir chez le serviteur et devenir lui-même serviteur, mais l’ami doit aller chez l’ami. On veut nous ramener aux vieilles croyances, mais ceci ne peut pas se faire. Peut-on revenir aux anciennes croyances de sa petite enfance, de l’âge de un, cinq ou dix ans ? Ce n’est pas dans l’ordre des choses, nous ne pouvons pas régresser, nous devons avancer sur le chemin de notre évolution. Je vous ai souvent dit que nous devons unir notre intelligence et notre cœur, mais de quelle manière ? L’intelligence comme le cœur sont des choses impalpables. Ce sentiment en nous qui parle d’amour est invisible. Tu dis : « J’aime quelqu’un. – Peux-tu montrer ce sentiment ? » Certains disent qu’il ne peut pas se montrer ; non, ce sentiment peut être montré. Lorsque la jeune fille tombe amoureuse, son visage s’empourpre et la couleur rose montre que l’amour a commencé à œuvrer ; lorsque vient cet amour égoïste, la couleur change, s’assombrit avec une teinte de rouge griotte, et l’amour change dans ses vibrations. Vous dites : « Montrez-moi ce qu’est l’amour ». Ce qui se montre n’est pas réel, alors que le réel dans l’amour se ressent ; ce qui se voit n’est pas réel alors que ce qui se pense est réel. Si tu touches ma main et si tu ressens une chaleur et une douceur, la vie ne consiste pas en cette chaleur et cette douceur, ce ne sont que des moyens par lesquels se manifeste la vie intérieure. Si je monte dans une voiture, elle n’exprime pas ma vie, elle n’est qu’un moyen. Vous dites : « Il pense au mouvement de la voiture ». Oui, mais entre le mouvement de la voiture et ma vie il y a une grande différence. Le Christ dit : « Tout ce que j’ai entendu du Père, je vous l’ai dit ». Pourquoi ? « Car vous êtes mes amis. » Si vous accordez vos sentiments et votre intelligence, cette amitié pourra se manifester. Je prends le mot amitié au sens très large. Le sentiment d’amitié du point de vue purement phrénologique a son centre là où il se manifeste : il laisse une trace sur les lèvres et sur le front. On peut facilement deviner qui est un ami : amenez-moi quelqu’un que je n’ai jamais vu et je vous dirai si le sentiment de l’amitié est développé en lui ou non. Ce ne sont pas des réflexions abstraites, dans la nature tout sentiment a une manifestation. Nous, les gens d’aujourd’hui, nous sommes un livre écrit, apprenez à le lire. Cette jeune fille qui se scrute chaque jour dans le miroir fait très bien car il est possible de lire dans un miroir. En première lecture, tu verras si ton nez est long ou court, épaté ou large. Si ton nez est court c’est un nombre décimal, c’est-à-dire une partie de l’unité ; pour cela mets partout dans ce nombre décimal autant d’unités qu’il le faut pour aligner le numérateur avec le dénominateur. Si tu es ami, ton nez doit représenter une certaine grandeur mathématique ; si ton nez est long de deux centimètres, tu ne peux en aucun cas être ami, mais tu ne seras qu’esclave. Savez-vous quel nez n’est long que de deux centimètres ? Voyez la longueur du nez chez les animaux ! Vous direz : « On peut se passer du nez ». Celui qui commence à songer à l’amitié voit son nez s’agrandir et devenir symétrique, car l’amitié est fondée sur la loi de l’entente, de la connaissance et de la sagesse. L’ami doit être avant tout intelligent, sage et plein d’amour. Par le mot amour je ne désigne pas seulement l’amour divin, mais un amour qui englobe tout. Ainsi, si ton nez est épaté et n’est long que de un centimètre, tu ne seras pas un ami. Je ne parle pas de vos nez, mais de ces formes déviantes qui sont l’expression de ce qui est intérieur. Lorsque le nez de quelqu’un est épaté, ceci indique que son cœur aussi est épaté et qu’il ne peut pas aimer. Le nez long sous-entend certains rapports mathématiques. L’être humain représente une formule mathématique, il n’est fait que de nombres ; lorsque nous transposerons ces nombres en lettres, nous comprendrons le sens de la vie, nous comprendrons comment il faut vivre et ce que la nature a écrit. Le nez long montre que la nature a doté l’homme d’une grande intelligence et la largeur du nez montre l’élargissement du cœur. Ainsi, l’intelligence se développe en ligne droite et le cœur en largeur. Si nous admettons que nous avons deux points dont l’un est la servitude et l’autre l’amitié, alors le point de la servitude commencera à avancer vers l’amitié, l’atteindra et s’arrêtera : il ne peut pas avancer d’un cent millionième de millimètres au-delà de l’amitié, mais il s’y immobilisera. Dans la nature tous ces points se polarisent en avant et en arrière, en avant et en arrière jusqu’à ce qu’une surface plane se crée et que vienne le cœur. Donc l’amour atteint ces limites extrêmes et s’y arrête. Ensuite se forme un mouvement en ligne droite vers le haut ; cette troisième ligne forme le cube, c’est-à-dire qu’elle peut s’identifier au chiffre 4. Imaginez que tout cela se mette en mouvement, que faut-il comprendre ? La première chose qui nous attend dans la vie est de trouver ces deux points d’appui grâce auxquels l’amour peut se manifester sur la surface plane des deux mondes. Nous vivons dans deux dimensions seulement et non pas dans la troisième. Montez sur Vitocha[5] et regardez de là-haut pour voir un plan d’où tous les philosophes vous paraîtront minuscules. Donc, nos contemporains vivent dans deux dimensions alors que l’amour exige de la largeur. Et qu’est-ce que la profondeur dans ce cas ? Elle est la vérité. Donc, le premier mouvement de la servitude vers l’amitié forme un plan et l’amour se manifeste ; puis vient le mouvement du cube, la manifestation de la vérité, ce qui signifie que la vérité pénètre tous les plans d’un cube et donne du sens à l’amour. L’amour n’est pas transitoire mais intense ; il peut être permanent si, et seulement si la vérité commence à agir. Maintenant vous vous demanderez : « Pourquoi suis-je serviteur et domestique ? » Pourquoi ? Réjouis-toi d’être serviteur et de disposer par ce moyen du premier point. Mets-toi à l’étude de la géométrie. Vous demandez : « Vers où et comment vais-je tirer la première droite de la servitude vers l’amitié ? » Regardez cette jeune fille : lorsque son bienaimé apparaît dans son esprit, elle ne cherche plus rien d’autre, mais s’observe dans le miroir pour scruter son nez, ses sourcils, ses yeux, sa bouche, sa lèvre inférieure et sa lèvre supérieure, et elle se dit : « Aujourd’hui je suis plus belle qu’hier ». Le lendemain elle se regarde et se dit : « Ah, maintenant je vais lui plaire c’est sûr ». Bien sûr ! Quel est ce peintre qui n’aimerait pas une belle toile qu’il vient de peindre ? On dit : « Cette jeune fille s’est embellie » ; bien entendu : lorsqu’elle se met à tisser d’un point à l’autre, elle s’embellit. C’est un mouvement qui montre le sens de la vie. Vous vous dites : « C’est une chose très abstraite, difficile à saisir ». Non, ce que j’aborde n’est pas abstrait, c’est le plus facile que vous puissiez comprendre alors que vous vous échinez sur des choses bien plus compliquées. Il me semble que couper des oignons ou préparer des brochettes est une chose plus ardue que de chercher la ligne droite entre deux points. Lorsque tu coupes l’oignon, tes yeux larmoient. Pourquoi ? Ton esprit te dit intérieurement : « Ma fille, tu coupes l’oignon, mais sais-tu quelles souffrances tu causes en apprenant cet art ? » Couper les oignons montre que nous sommes des gens cruels. Ce n’est pas la peine de couper les oignons, cuis-les entiers. On dit de quelqu’un : « Il coupe les oignons, il coupe la viande » ; je dis : j’ai une opinion particulière sur celui qui coupe les oignons et la viande. Je ne condamne pas votre vie, mais je dis qu’il s’agit de symboles que nous devons redresser. Tu te mets à moudre le poivre, tu pleures de nouveau ; pourquoi ? Le poivre dit : « Ne m’écrase pas ! – Oui, mais le repas doit avoir une teinte plus rouge. » Vous tous qui m’écoutez, vous tous qui étudiez cette science profonde, vous vous dites : « Que faire maintenant lorsque nous rentrerons chez nous ? » Si vous ne vous libérez pas de cette peur en vous, vous n’apprendrez jamais cet enseignement. Je parlais à quelqu’un sur ce sujet, mais il me répondait : « C’est bien, mais c’est de l’argent, c’est de l’argent dont on a besoin dans cette vie ! » Et tout le monde dit : « De l’argent, il faut de l’argent ! » Bien, quel est le cours actuel du napoléon d’or ? Il n’y a jamais eu autant d’argent, autant d’or qu’aujourd’hui. Mais ce n’est pas l’argent qui rend heureux. Ésaïe dit : « Venez prendre auprès de moi sans payer »[6]. Vous dites : « Peut-on se passer d’argent ? ». Lorsque tu aimes quelqu’un, il vient te voir et tu lui donnes un ou deux ou trois boisseaux de blé, voire plus, sans contrepartie, tu lui donnes même toute la grange : pourquoi te montres-tu si généreux ? Parce que c’est ton ami. Vous dites : « Quelle sera la future monnaie d’échange ? » Nous répondons : « L’amitié ». Lorsque nous fonderons notre vie sur l’amitié, les amis seront la monnaie d’échange. Vous dites : « Quand se convertira toute la société ». Observez la loi à laquelle obéit ce petit gland déposé dans le sol : il ne grandit pas d’un seul coup, mais s’enracine d’abord vers le bas et sur le côté, il se polarise et puis cent-deux cents ou cinq-cents ans plus tard un grand chêne se développe. Nous devons commencer selon la même loi, et les conditions y sont propices. Vous dites : « Lorsque la société d’aujourd’hui se développera, alors nous aussi nous apprendrons cette loi. » Pourquoi attendre la société d’aujourd’hui ? Chacun nourrit ses propres espoirs et je ne condamne personne pour cela, mais je dis que la société actuelle comme l’individu ont besoin de maîtres pour leur enseigner les lois de la nature. Par exemple, sur le plan physique nous ne pouvons pas nous passer de toit et de maison, c’est-à-dire du corps. Dans ce corps sain nous devons avoir un cerveau sain, des sentiments sains, des yeux sains, un nez, une bouche et des oreilles : toutes ces choses doivent s’ouvrir. Vous dites : « Il ne faut pas donner autant à celui-ci. Pourquoi donner plus à l’un et moins à l’autre ? » Non, chacun doit avoir exactement ce dont il a besoin, sinon il y aura une surabondance sur le marché, ce qui peut provoquer un crash dans la vie. Aujourd’hui aussi, lorsque le monde s’est rempli de canons et de grenades, les gens se sont dit : « Que faut-il en faire ? – Nous ferons une guerre pour les écouler. » Et en effet, la guerre a été déclarée et les canons et les grenades sont entrés en action ; ils étaient la fabrication du génie humain, de la servitude. Je dis : il ne faut plus produire cela. Aujourd’hui les mères se disent : « Quelle sera notre situation à l’avenir ? » Si vous suivez les lois de la nature, si vous assimilez ce sentiment d’amour en vous et lui donnez libre cours, votre vie changera complètement. La science contemporaine a montré l’influence de la suggestion. Si quelqu’un vous hypnotise et entrave vos capacités ne laissant qu’un seul sentiment se manifester en vous, vous vous trouverez plongés dans un sommeil hypnotique. Si cet hypnotiseur trace à la craie une ligne droite devant vous et vous dit : « Tu ne peux pas la franchir », vous vous arrêterez en effet devant la ligne en disant : « Il y a devant moi un obstacle infranchissable ». Et tous les obstacles que vous avez maintenant, je les vois uniquement comme une ligne tracée à la craie par cet esprit malveillant qui veut vous nuire et dit : « Tu ne peux pas franchir cette ligne et tu marcheras comme ont marché ton père, ta mère, tes frères et sœurs du passé ». Tu lui répondras : « Non, je crois en l’amitié ». C’est pourquoi je dis que l’homme n’est pas un loup pour l’homme, mais un ami et un frère. Mettez le mot ami dans votre esprit pour qu’il prenne vie. Ce mot en français, en anglais et dans les autres langues est différent, mais chaque mot a ses vibrations propres ; donc sur le plan occulte, sur le plan spirituel les vibrations d’un même mot dans les différentes langues ont un dénominateur commun. Le mot amitié a la même signification dans toutes les langues. Il contient deux qualités, à savoir : il faut s’entendre avec son ami et s’aimer mutuellement ; si vous vous aimez et si vous vous entendez, vous devez être prêts à vous sacrifier l’un pour l’autre de la même manière. Si vous n’avez pas ces qualités, vous ne pouvez pas être amis. Ainsi le Christ dit : « Je vous ai fait connaître tout ce que j'ai appris de mon Père ». Vous direz : « Ce Père est uniquement le Père du Christ, pas le nôtre ». Seuls les domestiques et les serviteurs parlent de la sorte. Et cette jeune fille qui se marie et va chez son bienaimé en tant que belle fille, n’appelle-t-elle pas papa son beau-père ? Pourquoi l’appelle-t-elle papa ? Elle dit au jeune homme : « Ton père sera mon père et ta mère sera ma mère », c’est la loi de l’amitié. Vous allez auprès du Christ et vous dites : « Je ne peux pas dire papa à votre Père comme vous le faites ». Existe-t-il une plus grande infâmie que celle-ci ? Et nous la considérons comme de la piété ! Si tu ne dis pas papa à ton beau-père, le fils se vexera. Non, ton père sera aussi mon père, c’est la loi, et pour cela en venant auprès du Christ vous devez penser que son Père est votre Père et que le monde dans lequel il vit est aussi votre monde. Maintenant subsiste la question suivante : qui redressera ce monde et de quelle façon ? N’y pensez pas ! Je trouve curieux d’entendre quelqu’un dire que son pantalon est usé et qu’il cherche à le rafistoler. Je dis : jetez ce pantalon et mettez en un nouveau ; si tu veux réparer l’ancien, c’est du rafistolage. Vous dites : « Réformons la société actuelle ». Non ! Jetez le pantalon usé et faites-en un nouveau. C’est risible de penser que depuis huit mille ans ce pantalon n’est pas déjà usé : jetez-le et faites-en un nouveau, plus large pour marcher confortablement. Vous dites : « Cet enseignement n’est pas pour nous car nos femmes deviendraient libres et leurs esprits s’éclaireraient ». Nos proverbes sont si vrais quand ils disent : l’aveugle qui recouvre la vue, voit plus loin ; mais presse la tête du pauvre pour qu’il ne voie pas. Vous dites : « L’amitié n’est pas pour nous, il faut qu’il y ait des serviteurs dans le monde ». Oui, mais il n’y a pas de meilleur serviteur que ton ami dans le monde : celui qui peut te donner gracieusement de l’amour est le meilleur serviteur qui soit, l’amitié est la meilleure servitude. Méditez sur les mots servitude et amitié. Je ne vais pas terminer mon sujet, je vous laisserai le terminer. Je vous ai seulement jeté une idée dont vous ne pourrez jamais vous échapper : la terre peut se retourner, mais cette idée ne vous lâchera pas, elle vous agitera si puissamment que vos pantalons usés disparaîtront, la glace dans vos lacs fondra. Vous pouvez mettre des rustines, mais tout cela disparaîtra, rien ne sauvera la glace de la fonte. Vous dites : « Que sera le monde futur ? » Je dis : la monnaie d’échange de la future culture sera l’amitié fondée sur les grands principes de l’humanité : être sage et aimant. Si vous avez ces deux principes, vous aurez la possibilité de méditer sur ces questions, de monter vers la troisième dimension ; les géomètres connaissent cette dimension, mais si vous ne la connaissez pas, vous ne pouvez pas vous y déplacer. Vous viendrez ensuite à la quatrième dimension. Vous avez déjà formé la ronde. Vous savez qu’une jeune fille qui se met à danser dans la ronde, s’en va déjà et ne revient plus à la maison, et sa mère doit lui dire adieu ; la mère dit : « Ma fille m’écoutait autrefois, mais maintenant elle a commencé à se faire belle, à danser dans la ronde, je l’ai laissé partir ». Je dis : que tous les jeunes gens dansent cette ronde et que la cornemuse retentisse, mais que l’amitié soit présente. Il faut former une ronde à présent dans le monde, et plus elle sera grande, mieux ce sera. Tous dans la ronde : jeunes et vieux, enseignants et élèves, prêtres et évêques, prédicateurs, savants et sages, que tous dansent selon la loi de la sagesse et de l’amour, qu’ils soient positionnés dans la vie pour créer de nouvelles formes. Vous dites : « C’est inconvenant de voir danser des prêtres et des évêques », et prendre de l’argent n’est-ce pas inconvenant ? En tant que prêtre, je préférerais danser la ronde plutôt que de recevoir de l’argent. Par prêtre je désigne le père, il doit travailler gratuitement pour donner l’exemple à ses enfants. En disant prêtres et évêques, j’entends des mères et des pères, ce sont les pontifes auxquels je crois, ce sont les patriarches que le Seigneur a ordonnés. Par conséquent, ces mères et ces pères doivent servir gratuitement pour inspirer l’amour à leurs fils et à leur filles et poser les fondements de la future société. Et le Christ dit : « Chaque arbre se reconnaîtra à ses fruits ». Sofia, 25 avril 1920 Traduit par Bojidar Borissov [1] « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur reste dans l’ignorance de ce que fait son maître ; je vous appelle amis, parce que tout ce que j'ai entendu auprès de mon Père, je vous l'ai fait connaître. » (Jean 15, 15) [2] Ganka – prénom bulgare féminin répandu à cette époque [3] « Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes. » (1 Corinthiens 1, 25) [4] 1 Corinthiens 15 :35-37 [5] Vitocha – une montagne toute proche de Sofia qui culmine à 2291m [6] « O vous tous qui êtes assoiffés, venez vers les eaux, même celui qui n'a pas d'argent, venez ! Demandez du grain, et mangez ; venez et buvez ! - sans argent, sans paiement – du vin et du lait. » (Ésaïe 55, 1)
  12. J’ai prié « J'ai prié tes disciples de le chasser, et ils n'ont pas pu ». Race incrédule et perverse, répondit Jésus, jusqu'à quand serai-je avec vous et vous supporterai-je ? Amène ici ton fils. »[1] Luc 9 :40-41 La Bible est un livre de contradictions car on lui attribue des interprétations diverses. Dans les temps anciens un prêtre grec ignorant a traduit le verset du slavonique : « Luc avait devancé… » ainsi : « Le Seigneur a cuit des oignons en cuisine[2] ». « J'ai prié tes disciples de le chasser, et ils n'ont pas pu. » Donc, premièrement un père a prié les disciples, et deuxièmement ils n’ont pas pu chasser le mauvais esprit. Le Christ reproche aux disciples leur incrédulité et dit au père : « Amène ici ton fils ». Les chrétiens contemporains sont les disciples du Christ, disséminés en Bulgarie, en Europe et en Amérique qui, aujourd’hui encore, ne peuvent pas chasser le mauvais esprit. Qu’ils n’aient pas pu le faire peut être prouvé par les statistiques, mais je ne m’attarderai pas là-dessus. Si quelqu’un dit qu’il est croyant, je lui demande : « As-tu pu chasser le mauvais esprit de ta maison ? – Je n’ai pas pu. – Avez-vous chassé le mauvais esprit de l’Église ? – Nous n’avons pas pu. » C’est vrai qu’aujourd’hui le mauvais esprit n’est toujours pas chassé du monde. Les disciples du Christ rivalisaient pour être au plus près du Christ et occuper la première place. Et il y a entre les pays chrétiens actuels une compétition pour savoir lequel sera plus près du Christ : c’est la raison de la scission de l’Église en courant oriental et occidental. Et malgré cela aucun courant de l’église n’a pu chasser le mauvais esprit. L’un des membres d’un foyer chrétien a été atteint par le typhus et, bien qu’ils soient croyants, tous ont commencé à chercher un médecin, à le prier et à dire : « Je t’en prie Monsieur le docteur, fais quelque chose pour améliorer la situation du malade ». Le médecin visite le malade chaque jour, il lui administre des médicaments, mesure la fièvre qui monte puis qui baisse, jusqu’à ce qu’il réussisse en fin de compte à chasser cet esprit loin du malade et à le guérir. Ses proches qui passent pour être chrétiens n’ont pas pu chasser le mauvais esprit du corps du malade. Les religieux ont besoin d’une connaissance positive et authentique et non d’une foi aveugle. Certains disent : « Crois ! – En quoi ? – En l’amour divin, en les lois divines qui gouvernent le monde. – Pourquoi croire ? – Pour te sauver toi et ton foyer. » Donc il n’y a pas de salut sans foi. La véritable foi a besoin de connaissance. Certains religieux pensent qu’on peut être simplet, ignorant et parvenir à tout avec la foi : ce n’est pas vrai, ne vous leurrez pas. Si la foi des gens d’aujourd’hui était fondée sur la connaissance positive, les sociétés actuelles seraient à un niveau cent fois supérieur à celui d’aujourd’hui. Est-ce ainsi en réalité, peut-on appeler les peuples d’aujourd’hui cultivés ? Seul l’homme bien portant est cultivé, le malade ne peut être cultivé. On ne peut pas être bien portant tant qu’on ne raisonne pas avec droiture et qu’on ne comprend pas les grandes lois de l’existence. On prône l’Évangile depuis deux mille ans car il a été ordonné de le faire. Les juifs et avant eux les Égyptiens ont aussi prôné le Verbe divin, mais le monde n’est pas encore arrangé jusqu’à aujourd’hui : il y a quelque chose de trompeur dans ces prêches. Comment concilier les contradictions entre l’enseignement de Moïse et celui du Christ ? Moïse dit : « Œil pour œil, dent pour dent ». Comment vous expliquerez-vous le sacrifice des juifs après chacun de leurs crimes : tu pêches, et pour l’absolution de ce pêché tu vas sacrifier un pigeon, un agneau ou un bœuf. Contrairement à Moïse, le Christ dit : « Si on te frappe un côté, tends aussi l’autre, si on te prend une chemise, donne aussi l’autre ». Moïse comme le Christ s’inspirent de Dieu, ils ont raison tous les deux, mais leur vision se contredit. Moïse prône un enseignement pour les malades, il dit : « Si tu as un abcès, tu vas le percer, tu vas le vider, tu l’enduiras d’huile d’olive et tu le panseras. » Le Christ dit : « Si tu as une blessure, tu vas enlever le bandage du haut et le bandage du bas et tu l’exposeras au soleil. » Le Christ recommande le soleil comme méthode pour se soigner. Celui qui ne comprend pas les lois demande qui des deux a raison : Moïse ou le Christ ? Les deux ont raison. Lorsqu’il n’y a pas de soleil, tu te soigneras dans ta chambre, tu panseras ta blessure avec de l’huile d’olive ou de l’oignon ; si le soleil brille, alors tu sortiras, tu enlèveras tes bandages et tu exposeras ta blessure aux rayons du soleil. Donc, l’enseignement de Moïse est pour des gens qui vivent enfermés dans leurs chambres, l’enseignement du Christ est pour les gens qui vivent dehors, dans la lumière et la chaleur du soleil. Appliquez l’enseignement du Christ, non seulement en tant qu’individus isolés, mais également en tant que sociétés. Le monde d’aujourd’hui est plein d’infirmités et de maladies. Un abcès ne nécessite pas de prières et de Notre Père, il nécessite le scalpel : il faut l’ouvrir et le nettoyer en lui disant : « Ta place n’est pas ici ». Si tu as ingurgité de la nourriture impure et ainsi déréglé ton estomac, tu prendras un vomitif pour la rejeter ; il vaut mieux se débarrasser de cette nourriture plutôt que de la garder en toi. Dans le passé, devant les disciples du Christ, un malade possédé par un esprit impur s’est présenté, mais ils n’ont pas pu le chasser. Les médecins aussi se débrouillent mal avec un tel esprit : ils donnent au malade tantôt un médicament, tantôt un autre, et comme ils ne peuvent pas le chasser, ils laissent le malade partir de l’autre côté. Ils disent : « Le malade est mort ». Pourquoi est-il mort ? Parce que l’esprit malin en a pris possession. Pourquoi les disciples ont-ils été incapables de le chasser ? Parce qu’ils n’avaient pas assez de foi. Ce n’est pas quelque chose d’abstrait. J’identifie la foi à un courant magnétique très fort ou à une corde avec deux seaux attachés à chaque extrémité, que l’on descend dans un puits pour puiser de l’eau ; si la corde se rompt, les seaux restent au fond du puits sans ramener d’eau. Les deux seaux sont l’intelligence et le cœur de l’homme qu’on descend et qu’on remonte du puits, remplis d’eau. Si la corde se rompt, c’est-à-dire si quelque chose endommage la foi, les deux seaux, l’intelligence et le cœur restent en bas où se forment toutes les impuretés, porteuses d’infections. Le Christ dit : « Amène ton fils ici ». Où ici ? Auprès du Christ, sur terre. Par le mot terre, je désigne la vie de douleurs. Mais le Christ n’est pas parmi les malades, il est étranger aux maladies humaines, à leurs péchés et à leurs faiblesses. Après tout cela, les humains réclament l’amour de Dieu. Que fera le jeune homme s’il voit sa bien-aimée avec quatre gros furoncles sur le visage : l’un sur le front, deux autres sur chaque côté et le quatrième sur le menton, se mariera-t-il avec elle ? Il dira : « Je reporte le mariage jusqu’à nouvel ordre ». Cela dépend des quatre furoncles. Aujourd’hui tout le monde affirme que l’heure du Royaume de Dieu n’a pas sonné. Pourquoi ? Parce que tout le monde a quatre furoncles sur son visage. « Quand le Royaume de Dieu viendra-t-il sur terre ? » Lorsque les furoncles seront éliminés. « Deux hommes parlaient avec Lui et c’était Moïse et Élie[3]. » Donc les disciples étaient là, mais le Maître s’entretenait avec Moïse et Élie de choses importantes : de sa mort. Les gens considèrent la mort comme quelque chose de terrifiant. Lorsqu’ils entreront dans le Royaume de Dieu, ils la croiseront et elle leur demandera : « Me connaissez-vous ? – Nous te connaissons. – C’est vrai, il n’y a pas de maison que je n’ai pas déjà visitée. » Il n’y a pas sur la terre d’éducatrice et de maîtresse plus douée que la mort. « Jusqu’à quand la mort nous rendra-t-elle visite ? Tant que vous serez ignorants, tant que vous n’accueillerez pas l’amour divin et la sagesse. Elle rentre dans une maison et emporte le père, la mère, la sœur ou le frère ; elle les emmène en carrosse de l’autre côté ; tu restes seul et tu pleures. La mort dit qu’elle emporte votre prochain vers des verts pâturages et des torrents cristallins, et le prêtre lui lit une prière d’adieu ; puis vous écrivez sur sa tombe : « Il est mort jeune, arraché par une mort impitoyable ». Ce sont des interprétations des disciples contemporains du Christ. Je demande comment vous sortirez des contradictions de la vie. « Pourquoi les contradictions surviennent-elles ? » Parce que notre vie n’est pas arrangée comme elle devrait et n’est pas fondée sur les principes de la vie chrétienne. « Notre vie n’a pas de sens. » Elle n’a pas de sens parce que vous ne savez pas bâtir. Tu es assis et tu pries, tu te penses croyant, tu dis : « Je ne crains rien » ; demain quelque chose t’arrive, tu te mets à trembler et à fuir, tu clames : « quelle terrible affaire ». Une raison insignifiante fait perdre l’équilibre aux gens. Quelqu’un dit : « Dieu n’existe pas ». Tu as raison, Dieu n’existe pas parce qu’Il n’est pas dans ton esprit. Un autre dit : « Il n’y a pas d’ordre dans ce monde ». Tu as raison aussi car le plus grand désordre règne dans ton esprit. Deux personnes se mettent à discuter et à se convaincre l’une l’autre ; de quoi ? De ce qu’elles sont en bonne santé ! Est-ce qu’il y a du sens que le bien portant démontre aux autres qu’il est bien portant ? Est-ce que la jeune fille aux quatre furoncles peut se marier, peut-elle vous convaincre qu’elle est bien portante ? Tant que les furoncles sont sur son visage, elle ne peut pas parler de santé ; lorsque les furoncles disparaîtront, elle sera bien portante et pourra se marier. « Amène ton fils ici. » Avez-vous amené votre fils auprès du Christ ? « Ce n’est pas la peine. » Y a-t-il la paix dans votre maison ? J’aimerais entrer dans une maison et voir la mère, le père, le fils et la fille vivre gais et joyeux, j’aimerais les voir en bonne santé et pleins de joie. Qu’est-ce que je vois en réalité ? Quelle que soit la maison où je vais, je vois tout le monde penché sur des livres de médecine, à fouiller chaque page et à chercher un moyen de se soigner ; ils se questionnent comment guérir telle maladie ou telle autre. En feuilletant les livres, ils s’arrêtent sur la dernière découverte des savants qui ont trouvé un sérum contre telle maladie ; ils se disent : « Appelons un médecin pour nous injecter un peu de ce sérum dans le sang ». Le médecin vient et administre le sérum, mais l’esprit ne quitte pas le malade, il dit : « Je ne cède pas devant des petites grenades, il me faut des grenades lourdes et puissantes ». Pourquoi les disciples du Christ n’ont pas pu chasser le mauvais esprit ? Le Christ dit : « Ces créatures malignes ne sortent pas sauf par le jeûne et la prière ». Les chrétiens ont jeûné et jeûnent encore, mais ils doivent pénétrer le sens intérieur de ce mot pour comprendre ce qu’est le jeûne. Par jeûne nous désignons une vie nouvelle, un renouvellement de l’organisme ; par prière nous comprenons une communion, une union avec Dieu. Le Christ dit : « L’esprit malin sortira de l’homme lorsque l’homme, comme la fleur, dirigera le bouton de sa vie vers les rayons du soleil jusqu’à l’éclosion». La lumière du soleil chasse tous les esprits malins. Maintenant les gens jeûnent et prient, mais l’esprit malin ne les quitte pas. Pourquoi ne sort-il pas ? Parce que les humains ont une compréhension erronée de la vie. Ne peut fleurir que celui qui s’est donné pour objectif de trouver le sens grandiose de la vie. Un élan sublime se cache dans l’épanouissement de la fleur. Une nouvelle compréhension est nécessaire à tous. Qu’est-ce que comprend le prêtre ? Quoi qu’on lui dise, il a en tête les croyants. L’enseignant a en tête les élèves, le magistrat, les accusés, la mère, ses enfants, en un mot chacun n’entend que ce qui lui est proche. La mère dit : « Que je donne naissance à un petit enfant » ; elle enfantera, mais cinq ou six ans plus tard l’enfant meurt : qu’a-t-elle compris de cet enfant ? Un jour la mère aussi meurt ; tu dis : « Il y a un autre monde et ils vont continuer là leur vie commune. – L’as-tu vérifié ? – Je ne l’ai pas vérifié, mais c’est écrit ainsi dans les livres. » Quel est ton vécu, es-tu allé de l’autre côté ? Donc, nous acceptons l’autre monde par la confiance. C’est bien aussi, mais c’est encore mieux d’y entrer, d’avoir un vécu. Du point de vue divin l’être humain est une petite créature qui ne pense qu’à boire et à manger ; dès qu’il a bu et mangé il est dans de bonnes dispositions. Lorsque le mari rentre fatigué et indisposé de son travail, sa femme lui prépare un repas savoureux et bien cuisiné qui le remet dans de bonnes dispositions ; elle lui dit : « Vois-tu la puissance magique que recèle la nourriture ! » Un jeune homme est allé chercher du travail dans un ministère. Les fonctionnaires dont dépendait son embauche la retardaient continuellement. Le temps passait et il allait et revenait du ministère sans résultat. Un jour un des fonctionnaires du ministère l’a interpelé : « Monsieur, toi qui es un homme du peuple, ne sais-tu pas ce que fait le cocher lorsque sa voiture s’arrête ? Il prend de l’huile, il enduit les essieux des roues et la voiture repart. Ici aussi il faut de l’huile, sans huile rien ne fonctionne ». Tu dis : « Je ne veux pas donner de pots de vins ! » Pourquoi corromps-tu alors ton estomac et tes intestins avec de l’huile, de l’agneau et du poulet ? Il n’y a personne sur terre qui ne soit corrompu, il n’y a personne qui vive selon l’enseignement du Christ. Je ne juge personne, mais je dis que vous êtes en retard. Aujourd’hui, on prône un enseignement plus élevé que celui du Christ. Vous direz que c’est un leurre. Ce n’est pas un leurre, le Christ lui-même dit : « Il y a encore beaucoup de choses à vous révéler, mais vous n’êtes pas encore prêts ; lorsque je viendrai une deuxième fois, je vous révélerai des choses pour lesquelles vos esprits d’aujourd’hui ne sont pas prêts ». Vous dites que le Christ a vécu jadis sur terre, mais il a été crucifié et ensuite il a ressuscité. Où est le Christ aujourd’hui ? Sur la montagne où il discute avec Moïse et Élie. Ses disciples qui n’ont pas compris son enseignement, se sont endormis. Si le Christ vient aujourd’hui sur terre et commence à prôner son enseignement, les gens s’endormiront et diront : « Cet enseignement mystique et abstrait n’est pas pour nous, il ne nous intéresse pas ». Qu’est-ce qui vous intéresse : le vin rouge et le poulet dodu, les pièces d’or, les belles maisons et vos vêtements ? C’est selon vous le sens de la vie. Je ne vous juge pas, je ne dis pas que vous devez marcher sans vêtements et vous laisser aller, mais ces choses ne sont que des ombres, des enveloppes de la vie. La véritable vie ne se résume pas à l’apparence des choses. Si tu souffres de rhumatisme, tu appelles aussitôt un médecin et tu cherches un moyen de t’en débarrasser. Pourquoi faire appel à un médecin ? Concentre ta pensée sur l’épaule où est la douleur et dis-lui de descendre dans le coude, du coude dans le poignet, du poignet dans les doigts, jusqu’à la rejeter hors de ton corps. Puis tourne-toi poliment vers ton rhumatisme en disant : « Cher ami, ne te vexe pas d’avoir été éconduit, tu es au mauvais endroit, ta place n’est pas dans mon corps, tu dois sortir ». De la même façon, vous le renverrez de vos pieds. Que faites-vous maintenant ? Lorsque le rhumatisme s’invite, vous mettez tout de suite des ventouses, vous vous frictionnez, vous prenez des médicaments et vous le retenez en vous. Non, montrez-lui la porte et il sortira ! Il faut connaître les forces qui agissent dans son organisme pour les utiliser correctement. S’il acquiert la connaissance de soi, l’homme pourra vaincre le rhumatisme et toutes les maladies. Est-ce possible ? C’est possible pour le Maître, mais pas pour les disciples ; c’est possible pour l’artisan, mais pas pour les apprentis. Tu dois à quelqu’un une dizaine de milliers de levas et tu es désespéré, découragé, tu ne sais pas quoi faire ; cet argent est inerte, en papier, pourquoi désespérer ? C’est une autre question s’il s’agit de pièces d’or ou d’argent. Cette petite dette est un exercice donné aux chrétiens d’aujourd’hui. Combien pèsent dix mille levas en or ? Vous pouvez porter un poids même plus important. Le Christ dit : « Amène ici ton fils ». Que fera le Christ de lui ? Il lui enseignera les règles de base de la vie. Les gens doivent sortir de leur esprit l’idée que le monde est mauvais. Le monde est comme vous l’avez créé ; c’est votre monde et non pas le monde divin. La question qui se pose est de savoir si vous pouvez sortir de ce monde ? Vous le pouvez ! Votre maison est insalubre et le médecin vous dit de la quitter. « Si nous n’en avons pas les moyens ? » Le temps de votre guérison, vous pouvez aller hors de la ville dans une petite maison à l’air frais. Vous vous êtes mis en tête que vous ne pouvez pas vivre autrement que suivant les conseils du médecin. Lorsque vous suivez leurs méthodes, leur hygiène, combien d’années vivez-vous ? Certains atteignent péniblement cinquante ou soixante ans, plus rarement cent ans et la plupart vieillissent prématurément. Cela montre que le monde invisible les oblige à partir, à quitter leurs vieilles maisons. Lorsqu’on part de l’autre côté, on ne laisse que ses os sur terre : la graisse, la chair disparaît, ne restent que des os. Les crânes de certains roulent dans les ossuaires des églises, le Seigneur les regarde et dit : « Voici ce qui reste de l’homme ». Combien d’années sont passées en vain ! Combien d’années passe la jeune fille dans l’inaction, avec pour unique but de conserver ses mains douces et agréables pour plaire à son bien-aimé ! Lorsqu’il se présente, il déposera un baiser sur sa main et la caressera en disant : « Quelles douces mains tu as ! » Mais un jour la jeune fille partira de l’autre côté et il ne restera d’elle que des os : qu’a-t-elle obtenu par ce baiser ? Vous dites : « Nous attendons que le Christ vienne nous sauver ». Vous attendez le Christ, mais vous n’êtes pas prêts à renoncer à vos maisons, à vos mauvaises habitudes : ce sont des attaches qui vous entravent constamment. Je ne vous dis pas d’éviter les attaches, mais que vous puissiez les détacher vous-mêmes. Il y a des attaches qu’on est incapable de dénouer soi-même, quelqu’un doit venir les dénouer de l’extérieur : ce sont les mauvaises attaches ; les bonnes attaches sont celles que l’on peut nouer et dénouer tout seul. On ne peut pas se passer d’attaches sur terre, mais il faut être attentif et savoir quelles attaches créer. Quel rapport entre cela et notre vie ? Il y a un rapport entre vos attaches et vous. « J’ai prié tes disciples de le chasser et ils n’ont pas pu. » Vous êtes des disciples, l’esprit malin est en vous, mais vous ne pouvez pas le chasser. Le peuple en vous s’insurge ! Qui est le peuple ? La maladie. Lorsqu’on tombe malade, le peuple s’insurge, une révolution éclate pour dire : « Maître, ton disciple ne peut pas administrer cette maison ». Vous demandez ce qu’il faut faire pour améliorer votre vie. Tous veulent améliorer leur vie, mais les méthodes qu’ils emploient sont trompeuses. Allez dans le droit chemin où les méthodes sont justes. Il y a quelques années, un grand incendie s’est déclaré à Tarnovo[4] ; le palais de justice a brûlé et un millier de dossiers ont disparu. J’ai croisé une connaissance qui m’a confié : « Heureusement que le palais de justice a brûlé. – Pourquoi ? – Parce qu’il y avait un procès intenté contre moi. » J’ai ensuite rencontré un avocat que je connaissais qui m’a dit dans la discussion : « Savais-tu que le palais de justice avait brûlé ? – Et alors ? – Comment ça et alors ! J’avais un procès très important dont j’allais retirer beaucoup d’argent alors qu’à présent j’en perds ! » Donc le premier se réjouit et le second se lamente : leurs intérêts sont opposés. Si un renversement soudain bouleversait la société aujourd’hui, celui qui doit donner dira : « Le palais de justice doit brûler » ; celui qui doit prendre dira : « Le palais de justice doit être restauré d’une manière ou d’une autre ». Les deux partis ont un intérêt. Je dis : le palais de justice ne doit pas brûler, sa transformation doit se faire de sorte que le droit y soit exercé pour ramener les humains à une vie droite. Si les chrétiens décidaient de dire la vérité ne serait-ce qu’un jour, ils redresseraient le monde. Tu croises quelqu’un du clergé, tu discutes avec lui et il te dit : « Je remercie d’avoir Dieu à mes côtés pour me guider ». Cet homme ne dit pas la vérité. Croire en le Christ, c’est n’avoir aucune dette, n’être mêlé à aucune affaire sur terre et être libre dans ses mouvements comme un oiseau. Ainsi, tous les hommes et toutes les femmes doivent être libres dans leurs croyances sans imposer aux autres en quoi croire et que faire. Quelqu’un me demande : « Crois-tu en la Sainte Trinité ? » Et toi cher ami, y crois-tu, crois-tu dans le Christ, appliques-tu son enseignement ? « Comment ne pas croire, combien d’églises ont été bâties au nom du Christ et de la croix christique ! » C’est vrai, des milliers d’églises sont construites en son nom, mais cela ne prouve pas que les humains croient en Lui. Le Christ n’a pas besoin de ces églises. Il veut des églises vivantes où il entrera pour y vivre. Ne comprenant pas l’enseignement du Christ, les chrétiens ont fait et font encore des églises en pierre pour le Christ, mais il dit : « Je n’ai pas besoin de vos églises en pierre, mais de vous-mêmes, c’est vous qui m’êtes utiles et non vos édifices en pierre ». Si je me mariais, je préfèrerais une bien-aimée habillée simplement, mais avec un bon cœur et un esprit lumineux plutôt qu’habillée à la dernière mode, mais avec un cœur mauvais et un esprit perverti ; ce qui signifie : je préfère la vertu en guenilles, plutôt que le péché dans une tenue à la mode ; l’éclat extérieur des choses assombrit l’esprit humain. Rappelez-vous, le Christ est en vous, ne le cherchez pas dehors. Où le chercherez-vous, dans la tête ou dans le ventre ? Lorsque vous dormez, où allez-vous ? Vous devez savoir que la maison et l’hôte sont deux choses différentes. Le corps humain actuel est très déformé, il doit se réorganiser, nous pouvons y arriver par nous-mêmes. Comment ? Par l’étude et le travail. Lorsqu’on parle aux gens de la véritable science positive, ils disent : « C’est quelque chose de vain ; n’est-il pas dit que lorsque tu croiras en Jésus Christ notre Seigneur tu seras sauvé et ta maison aussi ; n’est-il pas dit de croire en la Sainte Trinité ? Voilà tout ce qui est exigé de nous ». Je dis : laisse cela de côté, la vie ne se résume pas à tes croyances. Tu dois savoir que Dieu demeure en toi, c’est le seul moyen de te libérer des mensonges des faux maîtres et de tes propres illusions, c’est le seul moyen de redresser ta vie, tes pensées et tes sentiments. Si tu suis encore l’ancienne vie, chaque jour ta température montera de 37 à 41 degrés, puis baissera de 41 à 37 degrés : qu’est-ce que tu obtiens ainsi ? Non, tu n’as besoin d’aucune église, d’aucune croyance : rentre au plus profond de toi-même ! Si les personnes les plus nobles et les plus cultivées se posaient sincèrement la question de l’œuvre qu’elles ont léguée à l’humanité, que se répondraient-elles ? Quel bilan peut faire chacun ? La femme dira qu’elle a passé cinq ou six heures dans la cuisine à couper des oignons et à cuire des brochettes en songeant que son bien-aimé rentrera du travail, ses petits anges de l’école, et qu’elle se doit de les nourrir. Dieu écrit dans le livre : « Oignons, viande, brochettes et autres ». Le savant dit qu’il s’est occupé de mathématiques et d’astronomie, et c’est ce qui sera inscrit dans le livre. Tous travaillent, tous ont une activité, mais en fin de compte personne n’a fait de véritable bien qui puisse être inscrit dans le livre de la vie. Je demande : savez-vous additionner cinq et cinq ? Vous direz que oui. Comment additionnerez-vous cinq vaches et cinq bœufs, comment multiplierez-vous cinq bœufs par dix vaches, comment diviserez-vous quatre poires par quatre poissons ? Lorsque vous apprendrez les grandes mathématiques de la vie, vous saurez additionner cinq vaches et cinq bœufs, cinq poules et cinq coqs à un endroit. Lorsque vous additionnez cinq coqs et cinq poules, vous obtiendrez dix ; lorsque vous les diviserez par deux, vous obtiendrez de nouveau cinq ; donc cinq coqs et cinq poules donnent seulement cinq œufs, leur addition donne comme résultat leur quotient : cinq. Je ne vais plus m’arrêter sur les mathématiques des contradictions puisque vous êtes dehors, exposés au soleil, et certains peuvent avoir un coup de chaleur ; vous pouvez ensuite vous dire : « Est-ce la peine de patienter autant en plein soleil pour écouter des bêtises : comment additionner des vaches avec des bœufs, des coqs avec des poules, etc. ? » Je dis : l’intellect est le coq et le cœur la poule. Il y a dans une maison trois fils et trois filles, cela fait six, une mère et un père, deux de plus qui font huit : quatre coqs et quatre poules. Je traduis : la mère et le père doivent amplifier leurs efforts pour chasser le mauvais esprit dehors. Pourquoi les disciples du Christ n’ont-ils pas pu chasser le mauvais esprit ? Parce qu’ils n’étaient pas liés avec le Christ. Les chrétiens d’aujourd’hui disent : « Lisons le Notre Père et le Psaume 91 ». Ils lisent le Notre Père et le Psaume 91, mais cette lecture ne donne aucun résultat. J’étais à Tarnovo il y a quelques années. Des connaissances à moi sont venues m’implorer d’aider un malade qui s’était tordu le pied et que personne n’avait pu aider. J’ai envoyé deux de nos amis pour ausculter son état et tenter de lui venir en aide. En rentrant chez eux, l’un a senti une forte douleur dans le pied et a renoncé à visiter le malade une seconde fois. Ils me demandent pourquoi ils ne peuvent pas aider ce malade. Je dis : vous vous rendez à son chevet, mais sans croire en Dieu qui demeure en vous. Lorsque je me rends au chevet des gens, la première chose est de me relier au Seigneur vivant en moi ; si je ne le fais pas, je ne peux aider personne. Quand vous m’entendez parler ainsi, vous dites : « Est-ce que tout cela est vrai ? » C’est vrai seulement à vingt-cinq pourcents et c’est faux à soixante-quinze pourcents. Qu’est-ce qui est vrai ? C’est vrai que vous devez prier et jeûner et vous lier avec le Dieu vivant en vous. Il a été crucifié un grand nombre de fois, il a beaucoup souffert, mais sans jamais mourir. Lorsque nous disons que Dieu meurt, nous sous entendons sa manifestation dans une nouvelle vie. Lorsqu’on dit de nous que nous mourrons, c’est pour indiquer le passage de l’ancienne vie à la nouvelle. Si le grain de blé ne meurt pas, il n’y aura pas de vie pour lui. En raisonnant ainsi, vous vous libérez des souffrances inutiles. Chaque individu a ses souffrances. C’est pour cette raison que les gens se rassemblent : pour s’aider mutuellement. Malgré cela, ils ne peuvent pas toujours se venir en aide. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas appris la loi de l’addition. Pourquoi ? Parce que, comme les juifs d’autrefois, eux non plus ne croient pas que le Christ est l’envoyé de Dieu. Lorsqu’il viendra sur terre, le Christ dira aux chrétiens : « J’étais en prison, vous n’êtes pas venus me voir ; j’étais affamé et vous ne m’avez pas nourri, j’étais assoiffé et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais malade et vous ne m’avez pas soigné ». Il jugera l’humanité pour ces absences d’actes. « Quand faut-il visiter les malades ? » Tu visiteras le malade avant que son affliction se déclare et pas ensuite. Tant qu’il est malade, il s’instruit, la maladie est une bénédiction pour l’homme. Le malade est comme la femme enceinte qui va accoucher : c’est à ce moment-là que tu lui rendras visite, c’est alors qu’elle a besoin d’une sage-femme. Le Christ dit : « J’étais malade et vous ne m’avez pas soigné », cela signifie : j’étais enceinte et vous ne m’avez pas aidé à accoucher. Dans l’esprit de quelqu’un naît une pensée noble, sublime ; vous lui dites : « Laisse cette idée de côté, elle est vaine, ce n’est pas le moment ». Je dis : je suis arrivé à la conclusion que tous les gens qui pensent et qui sentent ont une pensée et des croyances justes, qu’ils appartiennent ou non à l’Église. Beaucoup pensent que le salut est uniquement dans l’Église. De ce point de vue les Turcs ont une vision plus juste : ils disent qu’il y a des croyants aussi parmi les non musulmans ; ils croient que soixante-dix mille chameaux sont choisis pour transporter les morts de tous les cimetières vers le Ciel. Il y a donc de bons croyants dans le monde, et de mauvais croyants dans l’église. On a demandé au Christ : « Pourquoi tes disciples n’ont-ils pas pu chasser cet esprit ? » Le Christ a répondu : « Cet esprit peut être chassé uniquement par le jeûne et la prière. Amène ici ton fils ». Vous-aussi, vous devez aller chez le Christ. Je connais beaucoup de gens qui vont auprès du Christ lorsqu’ils souffrent. Je vous dis aussi : allez auprès du Christ, cherchez le Seigneur vivant qui vit en même temps en vous et en tous les autres. Je vous parle depuis tant d’années, retenez au moins cela. Si tu as de la foi, tous viendront à ton secours, si tu n’as pas de foi, personne ne peut t’aider. La foi est la corde solide qui descend et qui remonte du puits. La causerie que je vous donne aujourd’hui est un peu sévère et risque de vous déplaire. En quoi est-elle sévère ? Parce que je dis que vous n’êtes pas croyants. « Comment ne sommes-nous pas croyants, depuis vingt-cinq ans nous vivons auprès du Christ, nous prions, nous jeûnons. » As-tu sacrifié quelque chose pour le Christ ? Sacrifie tout pour lui et comme un guerrier relève-toi et va aider tes frères ; c’est la seule façon d’être de véritables chrétiens. Tant que hommes et femmes, filles et fils, enfants et parents se disputent sur qui a raison, ce n’est pas un véritable christianisme. Par véritable christianisme j’entends l’empressement du fils et de la fille de se sacrifier pour leurs parents et celui des parents de se sacrifier pour leurs enfants. Chaque personne, chaque société qui accepte l’enseignement du Christ et l’applique, se manifestera d’une autre façon et non pas comme maintenant. Nous boirons aussi à ce moment, mais le vin sera savoureux ; nous mangerons toujours mais peu, sans excès, la nourriture sera mieux digérée sans laisser de déchets. Il n’y aura pas dans la civilisation future de latrines ni d’égouts. Regardez les égouts et les latrines des gens d’aujourd’hui pour mesurer leur culture. Les paroles du Christ : « Si vous ne naissez pas de nouveau d’esprit et d’eau, vous n’aurez pas de vie en vous », se rapportent à la culture future. Donc, si vous ne transformez pas votre intellect, votre cœur et votre corps et si vous ne les fabriquez pas en une matière fine et subtile, vous resterez prisonniers des anciennes conditions de la vie, des souffrances et des malheurs. Je vais vous laisser maintenant l’idée que vous pouvez vous sauver non en croyant en vous-mêmes, mais en croyant dans le Seigneur vivant qui demeure en vous. Que cette idée ressuscite dans vos esprits et que vous puissiez vous sacrifier pour Dieu, ce sera la seule façon de voir Ses manifestations et de Le connaître. Cherchez Dieu en vous, dans votre cœur et dans votre intellect. Lorsque votre mer est agitée, Dieu n’est pas en vous ; lorsque votre mer s’apaise, Dieu est en vous. Lorsque votre esprit est troublé, Dieu n’est pas en vous ; lorsqu’il se calme, Dieu est en vous. Lorsque le prophète Élie est allé dans la forêt pour prier et jeûner, un grand orage a éclaté, autrement dit l’esprit humain s’agitait ; puis le feu des passions humaines s’est déchaîné ; et enfin le doux murmure de Dieu s’est fait entendre. C’est pourquoi il est dit : « Dieu n’est pas dans l’orage ni dans le feu, mais dans le doux murmure[5] ». Lorsque vous entendrez la douce voix de Dieu, vous ressusciterez et vous entrerez dans le monde divin. Une enseignante me racontait qu’elle avait décelé dans les visages de ses élèves, ceux de beaucoup de ses proches défunts. Vous direz qu’elle avait perdu la tête. Ce n’est pas ça, elle a vu cela avec d’autres yeux. Les âmes des défunts vivent dans des maisons différentes de celles d’ici. Selon certains croyants, les âmes des morts vont dans les étoiles jusqu’au jugement dernier : c’est un leurre. Il n’y a pas de morts ; on dit pour les morts qu’ils vivent et ce, au même endroit que les vivants. Vous comprendrez cet enseignement, cette idée, lorsque vous recevrez l’Esprit du Christ, alors vous comprendrez pourquoi les humains naissent et meurent, alors vous comprendrez ce que représentent l’intellect, le cœur, l’âme et l’esprit. Si on vous demande ce qu’est le cœur, vous direz que c’est l’endroit où se manifestent les sentiments, que l’intellect est l’endroit où se manifestent les pensées. L’âme et l’esprit sont invisibles et comme ils sont invisibles, les uns réfutent leur existence, les autres les ignorent. Celui qui affirme avoir une âme a raison : sa maison est pleine, c’est-à-dire son âme est en lui ; celui qui affirme ne pas avoir d’âme a raison aussi : sa maison est vide, son âme est en dehors de lui. On peut aussi rester sans âme. Le Christ dit : « Quel bénéfice pour celui qui a toute la richesse du monde, mais dont l’âme l’a quitté ? » L’âme est citoyenne du Ciel : si elle quitte l’homme, il éprouve du chagrin et de la détresse, du tourment et de la misère ; si elle revient en lui, il retrouve joie et gaité. Avec elle vient aussi le Christ. Certains disent que l’âme est dans le sang ; cela dénote une incompréhension des choses ; le sang est une chose, l’âme en est une autre, et l’esprit, quelque chose d’encore différent : il œuvre et il crée. L’âme est une substance divine par laquelle se manifeste l’amour divin. Là où est l’esprit se trouve le savoir et la sagesse. Si vous me demandez pourquoi les crimes sont perpétrés dans le monde, je réponds : parce que l’esprit n’est pas en lui. Pourquoi le manque d’amour existe-t-il ? Parce que l’âme est absente. Que faire pour que l’âme et l’esprit viennent en nous ? Ouvrez vos fenêtres et vos portes : l’esprit entre par des fenêtres spéciales et l’âme par des portes spéciales. C’est pourquoi le Christ dit : « Je suis la porte de la bergerie », ce qui signifie : je suis l’âme. « Amène ici ton fils ! » Et je dis : « Amène ici ton fils paralysé ! » De ce point de vue les chrétiens d’aujourd’hui doivent éprouver la force des paroles christiques. Si je prône le nouvel enseignement aux prêtres, voici ce que je leur dirai : « Tous, du plus grand au plus petit, couvrez vos têtes avec de la cendre, jetez l’habit royal et la couronne, adonnez-vous au jeûne et à la prière et dites : Seigneur, nous avons péché, nous n’avons pas accompli Ta volonté ». C’est la grande vérité que tous éprouveront. Le Christ descend déjà du Ciel avec un grand fouet à la main : pour ceux qui ont de l’amour, le fouet sera une bénédiction, pour les hommes intelligents aussi, et pour les sots il sera de la souffrance. Vous dites : « Le Seigneur est bon, Il ne nous abandonnera pas ». Oui, cher ami, le Seigneur est bon, mais il n’y a pas chez les gens l’envie d’accomplir la volonté divine de leur plein gré. Pour accomplir la volonté divine, il ne faut ni renoncer à vos maris ou à vos femmes, ni renoncer à vos enfants : je suis prêt à accompagner tous ceux qui s’apprêtent à enfanter. Si une pensée impure entre dans vos esprits, vous devez la rejeter. Lorsqu’elle enfante, la femme accomplit un devoir sacré ; celui qui ne le comprend pas le considère avec mépris ; ne méprisez pas les choses sacrées de la vie. Le peuple demande au Christ : « Pourquoi tes élèves n’ont-ils pas pu chasser cet esprit ? » Les peuples d’aujourd’hui demandent aussi au Christ : « Pourquoi les peuples chrétiens n’ont-ils pas pu chasser cet esprit ? » Le Christ répond : « Amenez-le moi ». Qui est celui qu’il faut amener auprès du Christ ? C’est la paix qui viendra. Le Christ dit : « Amenez ici l’enfant, je vais l’accompagner ». Le Christ vient du Ciel pour apporter la paix à toute l’humanité, une paix que vous n’avez même pas imaginée. Lorsque le Christ descendra sur terre, tous les esprits impurs sortiront de ceux qui aujourd’hui souffrent, se convulsent, donnent des coups de pieds. Qu’ils convulsent, les mauvais esprits doivent sortir d’eux. On a cambriolé la maison de quelqu’un, on l’a dépouillé, sa mère et son père sont morts de chagrin ; vous demandez si cela devait se passer ainsi ; comment cela devait-il se passer sinon ? Cela ne pouvait pas mieux se passer : nous sommes sur terre dans une grande école. Les gens sont curieux : lorsque tu termineras tes études, tu quitteras l’école. Tu as été un petit enfant, tu as grandi, tu jetteras tes vêtements d’enfant, tu en feras ton deuil. Vous devez aussi faire le deuil de vos vêtements d’enfant, c’est-à-dire de vos anciens corps. Vous dites : « On mourra bien sûr, mais ce sera une chose pénible », ce n’est pas vrai, ce sera la chose la plus agréable. Pour qui ? Pour celui qui comprend les lois : il ouvrira la porte et partira. Souvent les chrétiens agissent comme Stoyan, le domestique du curé : son maître lui a donné une corbeille avec cinq poissons et une lettre à apporter à son ami, également curé. Stoyan a pris la corbeille pour amener le cadeau à cet ami. En marchant, il a grignoté un peu les poissons jusqu’à les manger tous. Il est arrivé enfin au domicile de l’autre curé et lui a donné la corbeille et la lettre. Le prêtre a lu la lettre et lui a dit : « Stoyan, il y a ici cinq poissons. – Ah bon, je croyais les avoir perdus ! » Les poissons sont dans la lettre mais pas dans la corbeille ! Les chrétiens d’aujourd’hui vivent avec les écrits chrétiens dans les livres, mais non avec les écrits dans leurs cœurs et leurs esprits. Le prêtre dit : « Il vaut mieux que les poissons soient sur le grill que dans la lettre ». Ainsi, nous avons besoin de la grande science divine par laquelle transformer nos souffrances en joies, nos infirmités en vertus ; toutes les maladies, toutes les prisons doivent disparaître et la vie sur terre doit se transformer en musique et en chant. « Est-ce possible ? – C’est possible – Quand ? – Lorsque les chrétiens décident de dire la vérité ne serait-ce qu’un jour et de sacrifier tout pour le Seigneur. » Vous dites : « Lorsque le Christ viendra, nous ferons tout pour lui ». Comment le ferez-vous, de votre plein gré ou non ? On attend aujourd’hui après les communistes pour qu’ils l’accomplissent ; n’attendez personne, ne reportez pas. Mettez-vous tous en accord : communistes, agriculteurs, radicaux, pour faire quelque chose pour le Christ de votre plein gré ; vous verrez qu’un jour la question importante sera résolue : vous chasserez l’esprit malin. Vous dites : « Soyons pieux, prions pour bien accueillir le Christ lorsqu’Il viendra ». Oui, mais le peuple demande au Christ : « Maître, pourquoi tes disciples n’ont-ils pas pu chasser l’esprit malin ? » Le Christ répond : « Amenez-le moi ». Que fera le Christ en fin de compte ? Il dira à l’archange Michaël : « Amène tous les chrétiens auprès de moi et que personne ne reste sur terre ». Ce sera ainsi : le Christ vous appellera auprès de lui et vous demandera : « Quand vous déciderez-vous enfin à appliquer mon enseignement ? » Si vous ne l’appliquez pas, il dira au monde : « Prenez leurs bœufs, leurs champs, leurs maisons, je ne veux pas de disciples qui ont des maisons, des champs, mais qui déshonorent le Nom de Dieu ». Par champ, je désigne l’âme humaine où poussent toutes les vertus. Lorsque vous appliquerez l’enseignement du Christ, le Dieu vivant entrera en vous. Maintenant, lorsqu’ils me croisent les gens disent : « Cet hérétique, cet usurpateur qui apporte le nouvel enseignement ». Je dis : préparez-vous, tous les chrétiens seront appelés auprès du Christ, un procès est intenté contre vous. Le Christ vous demandera : « Qu’avez-vous fait depuis deux mille ans jusqu’à maintenant pour ne pas appliquer mon enseignement? » Lorsque vous rentrerez chez vous, voilà ce qu’il faut faire : enlevez vos vêtements blancs et habillez-vous avec des sacs, recouvrez vos têtes de cendres et dites : « Seigneur, nous avons déshonoré Ton nom, nous n’avons pas accompli Ta volonté et Tes commandements, et nous nous sommes couverts de ridicule ». Si vous ne savez pas comment se mettent les sacs, je vous montrerai. Ne regardez pas mes vêtements, ils sont modernes, mais on ne se sauve pas avec de tels vêtements. Si j’étais venu parmi les sauvés, je serais habillé autrement ; je suis venu en enfer, parmi vous : ici on porte un costume. Je vous trouve en enfer et je dis : votre place n’est pas ici, il y a deux mille ans le Christ vous a sorti de l’enfer, que faites-vous encore ici ? Allez, tous dehors et en haut ! La terre est là-haut. « Et nos maisons ? » Ce sont les maisons de l’enfer : vous devez tous sortir loin de cet enfer. Celui qui sort sera sauvé. Ce que vous entendez autour de vous sont des grincements de dents, et vous vous imaginez que c’est une civilisation ; que le Seigneur nous protège d’une telle civilisation ! La terre est un enfer : sortez de cet enfer ! Vous êtes tous sur la montagne aujourd’hui et le Christ vous dit : « Il est demandé à tous de prier et de jeûner. Dirigez-vous vers le chemin royal, vers les portes royales, sortez ! Si quelqu’un tarde à sortir, je l’attraperai par le bras et je le sortirai ; qu’au bout de dix ans plus personne ne se trouve encore en enfer ! » C’est ce que le nouvel enseignement exige. Le Christ me dit : « Dis à tout le monde de sortir de l’enfer, de prendre son sac à dos et de se diriger vers la montagne ; je les sortirai de la bergerie pour les emmener dans les verts pâturages ». Rentrez chez vous avec l’idée que Dieu demeure en vous, c’est la seule idée qui puisse vous sortir de l’enfer. Ne vous demandez pas si je dis vrai ou non ; je dis vrai mais vous n’entendez pas, vos oreilles sont bouchées. Elles s’ouvriront. Le Christ vient sur terre pour sortir tout le monde de l’enfer et les emmener là-haut. La lumière divine vous sortira des enfers malgré vous. Nous avons décidé cette fois-ci de vous sauver malgré vous, que vous le vouliez ou non, nous vous sortirons de l’enfer. Le Royaume de Dieu s’obtient par la force, mais cette fois-ci le salut s’obtiendra aussi par la force, celui qui vaincra sera sauvé. Le Seigneur et le Christ sont avec vous, alors, ne tardez pas, mais dites-vous : « Nous devons nous préparer ! » Quand tu te lèveras le matin, dis : « Je me prépare ». « Quand pourrons-nous vivre un peu, nous marier ? » Lorsque vous remonterez à la surface. Malheur à celui qui se marie en enfer, ses enfants seront égorgés comme des agneaux ; l’enfer est un endroit de perversion et d’impureté. Les enfants de celui qui se marie en haut seront semblables à des anges ; bienheureux celui qui se marie en haut, c’est uniquement dans le monde supérieur que règnent la fraternité et l’égalité. Nous nous rencontrerons un jour de nouveau, pas ici en enfer, mais en haut. Maintenant, ne croyez pas que je cherche à dire du mal de quelqu’un. Je ne suis pas mauvais. Je suis parfois sévère, mais uniquement s’il faut vider des abcès ; s’il n’y a pas d’abcès, je suis l’être le meilleur qui soit. Pensez du bien les uns des autres, aimez-vous et pas seulement en paroles. Que notre Dieu ressuscite en nous, que Sa bonté se manifeste ! « Amène ici ton fils ». Aujourd’hui, moi-aussi je vous ai amené auprès du Christ. Lorsque vous rentrerez chez vous, le mauvais esprit vous terrassera et sortira : cela a toujours été ainsi. Alors, appliquez le nouvel enseignement divin avec foi et sagesse pour acquérir de l’expérience. On ne peut rien accomplir sans expérience : vois les choses et essaie-les, les conditions sont aujourd’hui propices pour cela. Lorsque je plante une graine dans le sol je dis : bienheureux celui qui croit sans voir. Lorsque la graine pousse, fleurit et s’épanouit en un grand arbre et donne du fruit, je dis : encore plus bienheureux celui qui voit les choses et croit toujours. Aujourd’hui cet arbre a poussé et a donné ses fruits. Je dis : « Le plus bienheureux est celui qui a goûté les fruits de cet arbre. » Depuis deux mille ans, l’arbre a poussé, il a donné ses fruits et chacun a le droit de cueillir un fruit. Son fruit apportera la résurrection dans vos âmes et dans vos cœurs et ses feuilles vous soigneront. Ainsi, approchez-vous des fruits de cet arbre et essayez-les pour voir que le Seigneur est vivant, cet arbre est le Verbe vivant. Croyez que le Christ est avec vous et en vous : lorsque vous croirez cela, votre travail sera accompli. Sofia, 18 avril 1920 Traduit par Bojidar Borissov [1] « J'ai prié tes disciples de le chasser, et ils n’ont pas pu. » Prenant la parole, Jésus dit : « Génération incrédule et pervertie, jusqu’à quand serai-je auprès de vous et aurai-je à vous supporter ? Amène ici ton fils. » (Luc 9, 40-41) [2] Expression intraduisible : « Luc (Lук) signifie « oignon » en ancien bulgare, mais c’est aussi le patronyme biblique de l’apôtre Luc, auteur d’un des quatre évangiles ». De même le mot « devancer » en ancien bulgare est très proche en prononciation du mot « cuire à la poêle » en bulgare moderne. [3] « Et voici que leur apparurent Moïse et Elie qui s’entretenaient avec lui » (Matthieu 17 :3) [4] Veliko Tarnovo – ville en Bulgarie centrale, ancienne capitale du royaume bulgare du Xème au XIVème siècle. [5] « Le Seigneur dit : « Sors, et tiens-toi sur la montagne, devant le Seigneur ; voici, le Seigneur va passer. » Il y eut devant le Seigneur un vent fort et puissant qui érodait les montagnes et fracassait les rochers ; le Seigneur n'était pas dans le vent. Après le vent, il y eut un tremblement de terre ; le Seigneur n'était pas dans le tremblement de terre. Après le tremblement de terre, il y eut un feu ; le Seigneur n'était pas dans le feu. Et après le feu, le bruissement d’un souffle ténu. » (1 Rois 19, 11-12)
  13. Et le suivit « Puis Jésus passant plus avant, vit un homme, nommé Matthieu, assis au lieu du péage, et il lui dit : suis-moi ; et il se leva, et le suivit. »[1] Matthieu 9 : 9 Vous me demanderez maintenant pourquoi je ne parle pas d’un verset sur Pâques. Je ne parle pas de Pâques car il n’y a pas de Pâques sur terre. Ce que les humains font en ce moment sur terre est une répétition, des préparatifs, il n’y a pas encore de Pâques sur terre. S’il y avait une Pâque, il n’y aurait pas de prisons, de meurtres, de potences ; le blé, le pain, le beurre seraient très bon marché. Puisqu’ils ne vivent pas comme il faut, les humains se leurrent s’ils pensent qu’il y a une Pâque sur terre. C’est maintenant que vient Pâques ! « Puis Jésus passant plus avant, vit un homme, assis au lieu du péage. » Vous demandez : « Quel est le rapport du publicain avec nous ? » Vous êtes tous des publicains. Le publicain est quelqu’un qui se tient au péage et attend de recevoir quelque chose. Est-ce qu’une seule personne parmi vous n’est pas un publicain, au sens d’usurier ? Chacun attend de recevoir quelque chose. Lorsqu’il est passé à côté du publicain, Jésus lui a dit : « Suis-moi ! » Il a quitté le péage et a suivi le Christ : en un instant il a liquidé toutes ses contradictions et toutes ses dettes. À quoi sont dus les malentendus et les contradictions dans la vie ? Au fait que les gens ne sont pas prêts à payer leurs dettes. Ils ont des polices, des redevances à payer, mais ils les retardent constamment. Dans la vie, tous les malentendus sont dus à des échanges incorrects. C’est pourquoi je dis : la culture d’aujourd’hui est celle du prendre et du donner. Si tu donnes, tu es bon, si tu ne donnes pas, si tu prends, tu es mauvais. Vous dites : « Mais nous croyons dans le Christ, nous croyons que Dieu existe, que le Christ est venu sur terre ». Ce sont des paroles vides de sens. Si vous croyiez vraiment dans le Christ, dans Sa venue sur terre, vous changeriez votre vie ; si vous ne l’avez pas changée, c’est que vous ne croyez pas dans le Christ. Il faut avoir l’échine robuste. Le jeune homme dit à sa bien-aimée : « Tu ne m’aimes pas. – Je t’aime, je t’aime beaucoup. – Prouve-le ! – Comment le prouver ? – Quitte ta mère et ton père, c’est-à-dire le péage, et suis-moi ! » C’est facile de se signer, c’est facile de partager le lit du banquet avec le Christ, mais est-on prêt à le suivre ? Vous déclarez tous que vous servez le Christ, mais comment le servez-vous si vous n’êtes pas prêts à quitter le péage ? Lorsque le Christ dit à la jeune femme de le suivre, elle commence à revenir sur sa promesse et dit : « Quel regard va porter la société sur moi, que diront ma mère et mon père ? » Si la jeune femme l’aime sincèrement, elle dira : « Je te suivrai car l’amour est ma mère et mon père ». La mère et le père sont un emblème de l’amour dans tous les sens du terme, l’amour commence par eux. Le Christ dit au publicain : « Suis-moi ! – Pourquoi ? – Pour te libérer de toutes les difficultés et désagréments. » L’homme tient le péage et scrute ses calepins pour voir ce qu’il a à donner et à prendre. La femme tient aussi le péage, elle a aussi ouvert les calepins et dit : « Mon mari ne m’a rien acheté alors que j’ai besoin de quatre cents levas pour une robe, de trois cents levas pour des chaussures, de deux cents levas pour un chapeau, de deux cents levas pour le beurre, le pain, etc. » Le mari fait ses comptes : quelles redevances régler, combien prévoir pour le sucre, le beurre, la farine. L’homme comme la femme vivent pour subvenir à cette liste sans fin. D’un autre côté l’homme s’entend dire : « Écoute, tu es débiteur, fais en sorte de payer en temps et en heure tes anciennes polices, sinon tu n’obtiendras pas de nouveau crédit ». Le Christ dit à la femme : « Mets les anciens calepins de côté, ils ne peuvent pas arranger le monde ; même avec de nouveaux vêtements et de nouvelles chaussures, tu resteras toujours telle que tu es ». La mauvaise femme est toujours mauvaise même avec de nouveaux vêtements et de nouvelles chaussures ; la femme de bien l’est toujours avec ou sans nouveaux vêtements. Dans le livre de la nature il n’est nulle part mentionné de chaussures à talons aiguilles, nulle part dans la nature vous ne rencontrerez des robes et des chapeaux à la mode. La mode en tant que manifestation extérieure de la vie humaine altère les pensées, les sentiments et les désirs nobles chez l’homme, elle altère l’harmonie dans la vie. Le Christ dit : « Suis-moi ! » Le publicain quitte le péage et suit le Christ. Un millionnaire américain, chrétien pieux, aimait faire le bien : il donnait souvent de l’argent à des églises, des écoles, des hospices et passait pour un grand mécène. Lorsqu’il est mort, il s’est dirigé vers le paradis avec l’espoir d’être admis en tant que citoyen du Royaume de Dieu pour ses bonnes œuvres. Saint Pierre l’a arrêté et lui a demandé : « Quelles bonnes choses as-tu accomplies sur terre ? – Des choses de toute sorte ! J’ai donné un million de levas à une église. – Comment as-tu été remercié pour cela ? – J’ai été mis particulièrement à l’honneur. – Autre chose ? – J’ai donné un million de levas à une école biblique. – As-tu reçu d’eux quelque chose ? – J’ai été promu membre du conseil d’administration de l’école. – Autre chose ? – J’ai donné deux millions de levas à l’université. – Comment as-tu été remercié ? – J’ai été nommé président d’honneur. – Cite une bonne œuvre pour laquelle tu n’as rien reçu en retour. » L’américain a commencé à fouiller dans sa mémoire pour se rappeler un tel bienfait. Enfin, il a dit : « Un jour lorsque j’allais au travail, une misérable veuve m’a arrêté et a commencé à se plaindre de sa situation. Comme j’étais pressé, je lui ai lancé un dollar et j’ai continué mon chemin. – Ah, cette affaire est un peu particulière, je ne peux pas la juger, a répondu Saint Pierre. Allons voir le Seigneur, Il tranchera. » Ils se sont rendus tous les deux auprès du Seigneur et Lui ont raconté ce qui s’était passé. Le Seigneur les a écoutés attentivement et en se tournant vers Saint Pierre, il a dit : « Donne-lui deux dollars et renvoie-le sur terre. » Ainsi, les gens font beaucoup de bien, mais lorsqu’ils iront chez le Seigneur, Il dira : « Donnez-leur deux dollars et renvoyez-les sur terre pour y travailler et comprendre les principes de base de l’amour ». Les bonnes intentions, des plus petites aux plus grandes, se cachent dans l’affection. Chacun cherche quelqu’un, une compagnie ou de l’affection. Malgré cela, depuis huit mille ans les humains se plaignent toujours que personne ne les comprend. Si vous rencontrez un homme et une femme qui s’aiment et se comprennent comme il faut, tous deux iront ensemble dans l’autre monde. En tant qu’âmes, ils sont liés au nom de l’amour et sont inséparables. Revenons maintenant à l’époque de l’esclavage : des jeunes gens tombent amoureux ; la jeune fille est une citoyenne libre et le jeune homme est esclave ; pour se marier, la jeune fille doit endosser la condition du jeune homme et devenir esclave. Celui qui descend sur terre, tombera nécessairement sous le joug, ne vous faites pas d’illusions. La vie sur terre est un joug ; si vous pensez que ce n’est pas ainsi, vous ne comprenez pas la vérité. Par conséquent, si tu aimes quelqu’un, tu descendras à son niveau et tu endosseras son joug, c’est le seul moyen de prouver ton amour. Tu aimes une jeune fille et tu dis : « Embrassons-nous. » Ils s’embrassent, mais peu de temps après leurs ventres gargouillent : ils réclament du pain. L’amour se résume à une nourriture intérieure, aucun amour n’existe sans la nourriture. Vous dites que c’est un nouvel enseignement ; non, c’est un ancien enseignement que les humains veulent remplacer par des baisers et des caresses. Le baiser est un élan intérieur comme l’air qui rentre dans la pompe. Avec cette pompe on gonfle les pneus des automobiles et des motos pour faire les trajets sans secousses ni cahots. « Suis-moi ! » Par ces mots le Christ a invité le publicain à quitter le péage et à en descendre. Ce qui signifie de quitter l’ancienne compréhension des choses et d’adopter une nouvelle compréhension de la vie. Que font les jeunes aujourd’hui ? Deux jeunes se rencontrent et se demandent : « Est-ce que tu m’aimes ? – Je t’aime. Et toi ? – Je t’aime aussi. – Embrassons-nous alors. » Je les observe : la jeune fille a un front haut et large, une aptitude à la musique et à la poésie, une imagination fertile ; le jeune homme a le front bas, c’est un matérialiste fini ; elle songe à la musique et à la poésie, et lui à la fortune, aux biens immobiliers. Les deux s’unissent et commencent à discuter sans arriver à une conclusion. Les chrétiens c’est la même chose ; deux personnes se réunissent et disent : « Soyons solidaires, ayons des convictions identiques ! » C’est bien d’avoir des convictions identiques, mais comment y arriver ? L’un a un front haut et large, l’autre un front bas et étroit ; la tête de l’un est large, celle de l’autre est étroite. Celui qui a une tête étroite est un cavalier, il charge vite ; la tête large est celle d’un artilleur. Le jeune homme avec la tête étroite n’aime pas travailler. Il a dit à la jeune fille : « Pourvu que je monte sur le cheval, tu verras de quoi je suis capable ». Il monte sur le cheval et descend, mais ne fait rien : il ne sait que galoper avec sa monture. Celui qui a une tête large, peut aller à cheval ou sans cheval. Ce n’est pas seulement au sens figuré, c’est un fait, sinon complètement, du moins à cinquante pourcents. Que faut-il faire à présent ? Endosser avec patience les conséquences de sa vie d’aujourd’hui. Vous avez tout seuls élaboré votre vie, vous avez tout seuls donné le plan et les moyens pour fabriquer votre tête et votre corps. Ta maison est étroite, les portes et les fenêtres sont petites, pourquoi ? Ce sont les moyens dont tu disposais. Tu en es responsable ; si tu as un invité, il doit se baisser pour entrer dans ta maison ; et toi-même, tu y entres avec difficulté. De ce point de vue vous ressemblez à ces jeunes mariés bulgares qui étaient bloqués à l’entrée de leur maison trop basse ne sachant pas comment faire entrer la mariée qui était trop grande. Ils se sont concertés et ont décidé de couper la tête de la mariée. Cela leur a semblé si terrible qu’ils se sont mis à se lamenter. Un voyageur est passé à côté d’eux et en voyant qu’ils pleuraient, leur a demandé quel malheur les avait frappés. Ils lui ont raconté la cause de ces lamentations. Le voyageur leur a répondu : « Je peux facilement vous aider à condition d’être payé pour mon conseil ». Ils lui ont promis de lui donner autant qu’il le désirait du moment qu’il acceptait de les aider. Il a dit : « Je vais monter sur le dos de la mariée et vous la tirerez en avant ». En effet, il s’est assis sur le dos de la mariée et ils ont commencé à la tirer à l’intérieur de la maison jusqu’à ce qu’elle ait fini par passer la porte. Vous agissez de la même manière : vous descendez sur terre dans vos petites maisons trop basses, mais vous voulez y entrer debout sans vous baisser. Vous croisez le voyageur : le destin, il s’assoit sur votre nuque et vous force à vous baisser. Lorsque vous entrez dans votre maisonnette, vous vous mettez à tout idéaliser et vous dites : « Mon père était bon et noble, ma mère l’était aussi ». Laisse cela de côté ; concentre-toi sur ce que tu as à faire dans cette maisonnette où il n’y a ni chaise, ni coffre. Le Christ prônait aux gens un enseignement sur la vie réelle, la science réelle, mais lorsqu’ils se sont éloignés du Christ, la science s’est écartée de son tracé et ils se sont retrouvés impuissants. Maintenant, à l’occasion de Pâques, je vous expliquerai ce que symbolisent les agneaux, les cochons, les poules qui sont servis sur les tables aujourd’hui. L’esprit de ces animaux vit au centre de la terre, et leurs corps vivent sur terre parmi les humains. Lorsqu’un jour férié approche, par exemple Pâques, les gens se mettent à égorger ces animaux, ces derniers s’égosillent, bêlent, appellent au secours ; leur esprit leur demande d’en bas : « Que se passe-t-il, quel est ce trouble sur terre ? » Je réponds : « C’est Pâques, c’est un jour de fête pour les humains ! » Maintenant vous-aussi, vous souffrez et vous demandez pourquoi les souffrances viennent sur la terre. Parce qu’on fête Pâques là-haut. En ignorant la cause des souffrances des animaux, vous dites : « Comme la poule était bien grillée, comme l’oie était savoureuse ! » Vous vous réjouissez alors que la poule et l’oie souffrent. Ce que tu fais te sera rendu. Tu causes des souffrances aux uns, d’autres t’en causent, etc., c’est une loi karmique inflexible. Vous dites : « C’est Dieu qui l’a ordonné ainsi, Il tolère que les agneaux, les cochons et les poules soient égorgés ». Je ne crois pas en cet enseignement, il est mensonger. Vous menez votre vie à votre guise, vous laissez faire ceci et cela et ensuite vous mettez tout sur le dos du Seigneur ; si c’était ordonné par Dieu, il n’y aurait pas de souffrances. Si égorger les animaux était toléré par Dieu, l’agneau viendrait tout seul auprès de l’homme pour se sacrifier. Est-ce le cas ? L’agneau fuit, l’homme le pourchasse jusqu’à ce qu’il lui tranche la gorge. Ensuite tu demandes : « Où irai-je après la mort ? » Tu iras auprès de saint Pierre qui te conduira à Dieu pour qu’Il se prononce sur tes œuvres. Il dira : « Donnez-lui deux sous et renvoyez-le ». Ce n’est pas une condamnation mais un constat. Chacun doit reconnaître ses erreurs et les corriger afin d’améliorer sa vie. Les pensées, les sentiments et les désirs de l’homme sont des créatures vivantes qui ont une influence déterminée sur l’homme. Chaque pensée est vivante, il y a en elle un cœur et un esprit ; chaque sentiment est vivant, avec un cœur et une âme. Si vos pensées et vos sentiments n’étaient pas vivants, comment expliqueriez-vous le débat en vous ? Qui débat en l’homme ? Les sentiments et les pensées, avec le désir pour chacun de prendre le dessus sur l’autre. Les pensées sont des fils et des filles de la sagesse, porteurs de la nouvelle culture, ils sont enfants des Chérubins et des Séraphins, mais ils sont encore embryonnaires aujourd’hui. Tu dis : « mes pensées et mes sentiments. » Ils ne sont pas à toi, mais seulement tes locataires qui vont un jour donner leur avis sur toi. Ils tiennent les comptes de ta vie pour savoir combien d’agneaux et de cochons tu as mangé, et te tiendront responsable de tout. Tu diras alors : « Seigneur, suis-je le plus grand pêcheur ? » Puisque tu ne reconnaîtras pas tes erreurs, le Seigneur dira : « Appelez cette personne pieuse pour dire le bien qu’elle a accompli dans sa vie ». Tu diras que tu as donné un sou à une pauvre veuve pour t’en débarrasser et ne pas être dérangé. Le Seigneur dira : « Donnez-lui deux sous et renvoyez-le ». Voici ce qu’est la culture d’aujourd’hui. « Les gens sont mauvais. » Ils ne sont pas mauvais mais caractériels, ils se présentent comme ils ne sont pas. Qu’est-ce qui leur coûterait de planter partout des vergers, du blé, des légumes pour en avoir en abondance ? Vous direz qu’il y a de la nourriture carnée en abondance. Qui vous a donné le droit d’égorger les animaux ? « Ce sont des bovins, ils ne comprennent pas. » Ce n’est pas vrai. Vous direz de quelqu’un qu’il est noble, haut placé, cependant son sang est complètement corrompu. « Pourquoi Dieu nous envoie-t-Il autant de châtiments ? » Il ne vous a même pas fait subir un millième des châtiments que vous méritez. Vous direz ensuite : « Le Christ est ressuscité ! » Pour vous le Christ n’est pas encore ressuscité. « Ce sont des propos hérétiques ! » Tous sont des hérétiques. Lorsqu’ils voudront aller au Ciel, ils n’y seront pas admis ; sur cent mille chrétiens un seul à peine peut approcher la porte du Royaume de Dieu. Le Seigneur dit à l’archange Michaël : « Va chez ces garnements sur terre pour leur infliger une punition telle qu’ils se rappellent ce que cause la transgression des grandes lois de l’existence ». Dans dix ou vingt ans les têtes des gens mûriront, c’est la volonté de Dieu. Il dit : « Je suis fatigué de vos mensonges et de vos égarements, je suis fatigué de vos bougies, encensoirs, je suis fatigué de vos mensonges, de votre hypocrisie ». Lorsqu’ils entendent cela, les diables en vous se disent : « Quelque chose de terrifiant nous attend ! » C’est terrifiant pour ceux qui n’accomplissent pas la loi divine et la volonté divine. Je ne crois pas en une loi écrite par les humains, je crois en cette loi écrite en vous-mêmes. Aujourd’hui, tous les administrateurs et enseignants débattent s’il faut conserver ou non à l’école le catéchisme appelé loi divine[2]. Je demande : qu’est-ce qui a été obtenu par la suppression de cette matière pendant des années ? Nous n’avons pas besoin de Loi Divine mais de la loi de Dieu. Lorsque la loi de Dieu rentrera dans nos esprits, nos cœurs et nos âmes, nous aurons une compréhension juste de la vie. Il y a en vous des forces inconnues qui, une fois développées vous rendront maîtres des conditions extérieures et non pas leurs esclaves. Vous vous occuperez tous de travail physique seulement deux heures par jour, vous passerez le reste du temps dans la grande école divine de la vie. Le Christ dit au publicain : « Suis-moi. – Pourquoi ? – Pour t’enseigner le grand art de vivre. » Il y a cinq ou six mille ans un grand roi régnait en Égypte ; il n’avait qu’une seule fille. Son malheur était que la bouche de sa fille était tordue. Pour quelle raison ? Je ne le dévoilerai pas, vous pouvez penser que telle était la volonté de Dieu. Peu importe la raison, l’important est qu’aucun médecin, aucun savant ne savait l’aider et la bouche de la fille du roi restait tordue. Finalement, le père s’est vu obligé de poser un masque sur le visage de sa fille pour dissimuler ce défaut. Ensuite, il l’a envoyée à Edem pour étudier chez un grand Maître, membre de la Fraternité Blanche. Selon les lois de cette Fraternité aucun membre n’avait le droit d’embrasser une femme aussi pure et sainte soit-elle. La fille du roi a longtemps étudié auprès de son Maître, mais elle portait toujours un masque sur son visage. Elle s’est sentie un jour si lassée de l’avoir qu’elle a décidé de le jeter et d’apparaître devant son Maître telle qu’elle était en réalité ; les gens agissent parfois de la sorte : lorsque leur bouche ou leurs yeux sont déformés, ils portent des masques pour le dissimuler. Lorsqu’il a vu le visage de sa disciple, le Maître a éprouvé une grande compassion pour elle. Il avait des connaissances pratiques lui permettant de gommer son infirmité à l’aide d’un seul baiser. Il était en proie à des sentiments violents : d’un côté son désir de l’aider et de l’autre son devoir envers les lois de la Fraternité Blanche dont la transgression le condamnait à un châtiment sévère. Après une longue lutte, sa compassion envers la fille du roi a pris le dessus, il a décidé de se sacrifier et l’a embrassée. Mécontente, elle a remis son masque et elle est revenue chez son père. Il lui a demandé pourquoi elle avait quitté ses études. La fille a expliqué à son père que le Maître l’avait embrassée. Le père a convoqué le Maître pour lui demander la raison de ce baiser. Celui-ci lui a expliqué les raisons de son acte. Il avait ainsi accompli son devoir envers autrui, mais sa mise à l’écart de la Fraternité n’a pas tardé non plus. Vous aussi, dans votre vie actuelle, vous vous retrouvez dans la situation de ce grand Maître, membre de la Fraternité Blanche. « Suis-moi ! – Pourquoi ? – Parce que tu as fait du bien. » Donc, celui qui fait un bien quitte le péage. Dès que tu quitteras le péage, tu seras mis à la porte car tu ne peux pas être en même temps serviteur du monde et serviteur de Dieu : Dieu et le monde veulent être servis. Vous devez être des héros, non seulement vous approprier les nouvelles idées, mais aussi vous demander si vous êtes prêts à les retenir en vous. Vous vous approchez d’une femme, vous l’embrassez pour guérir sa bouche, mais elle ne guérit pas : qu’est-ce qu’il adviendra alors de vous ? Vous serez jetés en prison. En Amérique, pendant une nuit très sombre, un homme noir a osé embrasser une femme. Arrivée sous la lumière, elle a vu que cet homme était un noir et l’a dénoncé aux autorités qui lui ont donné une amende de dix mille dollars. Dix mille dollars pour un baiser ! Je ne vous critique pas, ni vous ni la société ; la critique n’est pas une science, mais je dis : vous devez réparer vos torts ; vous devez savoir comment les réparer. Si tu es publicain tu ne peux pas servir Dieu, tu dois quitter le péage, l’ancienne vie de limitations. Tous les malheurs dans ta vie sont dus au publicain qui est en toi. Tant que tu souffres, tu es avec le publicain ; dès que tu cesses de souffrir, tu es avec le Christ. Tu renonces au péage, mais tu te languis ensuite de nouveau de lui et tu y reviens ; tu vas et tu reviens, tu ne peux pas y renoncer une fois pour toutes. Si tu renonces, cela doit reposer sur un principe intérieur profond : quitte le péage sans informer les gens, sans que cela soit écrit dans les journaux ; si les journalistes l’apprennent ils écriront qu’un tel a quitté le péage. Le Christ dit au publicain : « Suis-moi ! » Je demande : quel est votre expérience du Christ en qui vous croyez depuis deux mille ans ? Vous dites qu’il est venu sur terre, qu’il a souffert, qu’il a été crucifié et qu’il a ressuscité le troisième jour ; vous attendez maintenant qu’il revienne une deuxième fois sur terre. Malgré tout cela vous n’avez pas le courage de quitter le péage ! Lorsque le Christ vous demande de Le suivre, vous répondez : « Seigneur, j’ai encore un peu de travail, mais lorsque tu repasseras, alors je Te suivrai ». Vous reportez ce travail d’un jour à l’autre et la vieillesse approchant, vous regrettez qu’il soit temps de partir de l’autre côté sans vous y être préparés. Lorsque vous irez auprès de Dieu, Il dira : « Donnez-lui deux sous et qu’il reparte ». Dieu ne se laisse pas tromper. Dieu ne vous accueillera pas si vous ne consacrez pas votre vie dès vos plus jeunes années à un travail noble : que toutes les créatures, êtres humains et animaux, poules et agneaux sachent que vous êtes des êtres humains, des disciples du nouvel enseignement. Si vous suivez le nouvel enseignement, les poules et les oies ne vous fuiront pas mais vous laisseront passer. J’étais dans la cour hier et je réfléchissais à la causerie d’aujourd’hui. À un moment un chat est venu se rouler tranquillement sur le sol et jouer. Il s’est brusquement redressé, attentif aux bruits de pas dans la rue et s’est enfui ; peu après il est revenu. Je lui ai demandé : « Pourquoi t’es-tu enfui ? Ces gens ne sont pas dangereux. – Je ne crois pas qu’ils soient déjà disciples du nouvel enseignement. Combien de fois on a eu la fourrure écorchée à cause des femmes ! » Je lui ai dit : « Tu as raison d’avoir peur. » Maintenant, cela vous semble risible que je puisse discuter avec le chat, mais c’est un fait, j’ai discuté avec lui. On peut parler avec les animaux. C’est vrai que leur langage est différent de celui des humains, mais je peux discuter avec eux et les comprendre. « Suis-moi ! » La première chose demandée aux humains est qu’ils délaissent le péché dans lequel ils vivent. Tu dis : « Chaque année, j’égorge un agneau en l’honneur de saint Georges[3] ». Dis-toi : « Je vais déroger à la coutume cette année, je ne vais pas égorger d’agneau ». N’es-tu pas capable de renoncer à égorger des agneaux ? As-tu conclu un pacte avec quelqu’un pour égorger ? Tu dis : « Cette nuit, j’ai vu en rêve mon père décédé, il m’est apparu et m’a demandé de l’aider, je vais égorger un agneau pour la Saint-Georges, afin qu’il lui vienne en aide ». Les juifs faisaient la même chose, ils faisaient des sacrifices. Aujourd’hui le Seigneur dit : « Je suis fatigué de vos sacrifices, je suis fatigué du massacre d’agneaux et de poules ». Et saint Georges dit : « Je suis fatigué de vos agneaux, si je veux manger, est-ce que je vais compter sur vous ? » Les gens se justifient avec saint Georges : ils se régalent tout en plaidant qu’ils égorgent les animaux au nom de saint Georges et qu’il en est responsable. C’était la situation de Jacob qui travaillait chez Laban : toutes les brebis mangées par les loups étaient remboursées par Jacob. Si les humains sont malins, Dieu est intelligent ; Il les appellera en même temps que saint Georges et lui demandera : « As-tu voulu que ces agneaux soient égorgés en ton nom ? – Jamais, Seigneur ! » Vous serez poursuivis au tribunal pour un délit grave, sachez-le ! Tu peux égorger un agneau, mais quel agneau et à quel moment ? Égorger l’agneau, c’est le transformer, le faire passer d’un état inférieur à un état supérieur, d’une vie inférieure à une vie supérieure. Égorger une poule, c’est améliorer sa vie. En dehors de cela, l’égorger est un crime. Tout dans la nature se base sur la loi de la transformation : lorsque tu manges un fruit, le pépin t’implore de le planter dans la terre, il dit : « Ma chair est le salaire de ton labeur. » Je demande : est-ce que tu as planté la graine de la poule que tu as mangée ? Ce sont des symboles dont vous devez comprendre le sens caché. Revenons à notre vie sociale. Vous demandez : À quoi sont dus les malheurs dans nos vies ? » L’une des principales raisons est le massacre aveugle de mammifères, les massacres et les exécutions arbitraires d’humains. Lorsque les âmes des tués vont dans le monde astral, elles créent des conditions de maladies nerveuses et de troubles entre les gens. Vous dites que vous exécutez le truand, un spécimen dangereux pour la société ; vous ne savez pas qu’une fois désincarné il devient plus dangereux que lorsqu’il était dans son corps : il se déplace désormais librement entre les individus poltrons pour leur instiller un sentiment de vengeance. Aujourd’hui les gens soulèvent la question de la pertinence de la peine capitale ; selon la loi divine, les châtiments mortels ne sont pas tolérés. Tant que les gens se battent et se punissent, ils doivent savoir qu’ils agissent comme des humains, selon l’ancienne culture ; lorsque viendra la nouvelle culture, elle sera fondée sur de tout autres principes, différents des anciens. Je n’ai pas le droit d’intervenir dans la vie des cochons, dans leur manière de labourer le sol, c’est leur affaire, je ne suis pas leur surveillant ; il y a des raisons pour que le cochon laboure le sol, il cherche de la nourriture ; vous dites : « Allons attraper ces cochons dans la forêt ! » C’est la même chose que le truand qui dévalise les gens. Vous direz qu’il est permis d’égorger des agneaux et des cochons, des poules et des oies. Le truand dit la même chose. Pourquoi ? Parce qu’il peut te dévaliser de manière légale et de manière illégale. Ce n’est pas une culture, ce n’est pas l’enseignement du Christ, le Christ dit à tous de vivre selon les lois de la sagesse. Il dit que les mères et les pères peuvent redresser le monde naturellement : la mère doit insuffler des pensées et des sentiments nobles à ses enfants. Si vous voyez qu’on tue quelqu’un, sachez que le meurtre n’est admis dans aucun livre sacré. Si vous voyez qu’on tue quelqu’un, que tous se lèvent et crient d’une seule voix : « Cet homme doit vivre ! » On attend le Christ depuis deux mille ans et encore aujourd’hui. Mais avant qu’il ne revienne, des nuages de poussière jamais vus sur terre se soulèveront. Un nettoyage général sera fait sur terre car la Pâque qui approche sera indescriptible. C’est dans l’ordre des choses. Que devient la vigne lorsqu’elle est taillée par le vigneron ? Elle se met à pleurer. Quels sarments pleurent ? Les bien portants. Le sarment qui ne pleure pas est desséché, le vigneron le coupe et le jette dans le feu. Je demande s’il arrive parfois à un individu de pleurer pour quelqu’un d’autre. Il pleure, donc il est bon. J’ai de la compassion pour celui qui ne souffre pas et ne pleure pas : il vit dans les plaisirs. Aucun plaisir n’est toléré maintenant : que nous finissions une fois pour toutes avec les plaisirs et que nous disions : « Tous au travail ! » Vous dites : « Lorsqu’Il viendra sur Terre, le Christ relèvera le monde ». Les lois sur terre sont bonnes, mais elles doivent s’appliquer ; si personne ne les applique, comment le monde se redressera-t-il ? Combien de civilisations prospères ont décliné à cause du fait que personne n’appliquait les lois. «Est-ce de notre faute ? » Je ne dis pas que vous êtes coupables de tous les péchés du monde, vous n’êtes coupables que de vos péchés. Si quelque part parmi vous se dissimulent la première Ève et le premier Adam, nous les traînerons au tribunal en tant que responsables du péché sur terre. Vous entendez souvent parler de la religion du Christ ; le Christ n’a pas apporté de religion, il a apporté un grand enseignement divin, applicable sur terre. Son enseignement est pour la terre et non pour le Ciel. Le Christ a montré aux gens comment ils peuvent vivre de façon divine selon les lois du monde matériel. Celui qui vit à la façon de la terre, ne peut vivre dans le monde divin ; celui qui vit de façon divine peut demeurer sur la terre comme au Ciel. Vous direz que c’est une contradiction : qu’est-ce qui est exempt de contradictions ? Lorsque je parle, je redresse la tête ; ce n’est pas naturel, mais je le fais pour avoir une diction musicale, avec une tonalité claire et pure. Les pensées que je vous expose sont vécues et éprouvées, elles sont absolument pures : je n’ai pas le droit de vous exposer la moindre pensée impure. Vous êtes comme les gens pauvres qui attendent tout des riches, mais ne reçoivent rien s’ils se retrouvent parmi eux. Vous dites : « Les riches ne donnent rien » ; ne comptez pas sur leur charité, n’attendez après la charité de personne. La première chose à faire aujourd’hui est de renoncer à l’aumône : ne comptez pas sur elle. Si tu veux quelque chose de quelqu’un, propose-lui ton travail, dis : « Je maîtrise l’art de jouer et de dessiner, je sais aussi coudre, labourer, je peux faire tout ce dont tu as besoin ». Dès que tu auras accompli un travail, tu seras rétribué pour lui. Vous dites : « Il faut aider ce pauvre bougre. » Il n’est pas pauvre, c’est un acteur sur scène, c’est le rôle qui lui est attribué. À mon avis les pauvres d’aujourd’hui sont les aristocrates d’antan qui ont vécu dans l’opulence et qui sont déchus ; aujourd’hui, ne sachant pas travailler, ils sont dans la rue en attendant que leurs serviteurs passent et leur donnent quelque chose ; si on leur donne peu, ils ne sont pas contents et maugréent. J’ai expérimenté cela avec les mendiants : je passe à côté d’un mendiant, je lui donne dix centimes ; avant de voir ce que je lui donne, il est reconnaissant, mais quand il aperçoit les dix centimes, il maugrée et bougonne ; je reviens sur mes pas, je lui donne plus d’argent, il me bénit. Aujourd’hui, tout le monde bénit pour de l’argent. Je veux que vous tous qui m’écoutez connaissiez plusieurs métiers. La femme veut que son mari lui achète une nouvelle robe, des chaussures, un chapeau, mais elle-même ne travaille pas et attend après sa servante. Avant d’exiger quelque chose de son mari, la femme doit avoir nettoyé la maison, cuisiné, cousu une nouvelle chemise, tricoté des chaussettes ; elle peut alors dire qu’elle a besoin d’une robe ou de chaussures. Le mari aussi doit d’abord s’occuper de l’entretien de la maison et ensuite attendre de recevoir quelque chose. La façon dont vous vivez aujourd’hui repose sur une compréhension déformée du christianisme ; c’est pour cette raison que vous ne pouvez pas attendre la bénédiction du monde invisible. C’est pour cela qu’il y a tant de maladies et de malheurs dans notre vie ; lorsque je fais mes observations psychologiques, je mets en évidence les facteurs qui avilissent les sociétés. Le Christ dit : « Suis-moi ! » Quitte le péage, ne récolte plus d’impôts, celui qui veut servir Dieu ne doit récolter aucun impôt. Récolter des impôts est un ancien enseignement ; celui qui vit selon la loi Divine[4] peut récolter des impôts, mais celui vit selon la loi de Dieu ne peut en aucune manière récolter d’impôts. Je demande à quelqu’un : « Selon quelle loi vis-tu ? – Selon la loi Divine. » Alors tu as le droit de prendre et de donner. Si tu demeures dans la loi de Dieu il faut maîtriser des arts et des métiers et ne pas récolter d’impôts. « Comment puis-je apprendre cette grande loi ? – En suivant le Christ. » Je dis : vous pouvez dès maintenant vivre de façon divine. « Quelle preuve aurons-nous de la vie divine ? – Aucune, tu planteras la graine et tu attendras qu’elle pousse. » Il suffit que l’homme n’ait aucun doute sur le Divin et qu’il soit pénétré de l’envie sincère de trouver la vérité. Ne vous occupez pas de moi, d’où je viens, qui je suis, etc. On dit : « C’est toi qui a été nommé pour ce travail ? » Si ce n’est pas moi, ce sera un autre : on trouvera toujours quelqu’un pour prôner le Verbe divin. Lorsque le Christ est venu sur terre, a-t-il convaincu les juifs de la vérité, ont-ils accepté son enseignement ? Ils ne l’ont pas accepté. Les bogomiles ont-ils convaincu les gens du bien-fondé de leur enseignement ? Ils n’ont pas réussi non plus. On se demande qui sont les bogomiles. Tous les gens qui portent des idées bonnes et lumineuses sont des bogomiles : ils sont porteurs de la nouvelle culture. Celui qui ne le sait pas dit que les bogomiles pervertissaient le peuple. Non, ils redressaient le monde. Le Christ aussi était bogomile et il a été crucifié pour son enseignement bogomile. Aujourd’hui, tous les chrétiens, tous les peuples se cachent derrière l’épitaphe de ce Bogomile[5]. Pourquoi ? Parce qu’elle les nourrit. Un verset de l’Évangile dit : « Vous me vénérez avec vos lèvres, mais votre cœur est loin de moi[6]. » Ils le vénèrent avec les lèvres parce qu’il les nourrit. J’ai déposé une réclamation contre les Bulgares, ils ne vont pas fuir leurs responsabilités cette fois-ci. Je suis droit et sincère et je ne peux plus cautionner l’hypocrisie des gens. J’exposerai cette fois la vérité comme personne ne l’a fait auparavant. Lorsque j’exposerai la vérité, il n’y aura plus de prisons et de potences dans le monde, ni de prolétaires et de bourgeois, la fraternité régnera partout et les gens travailleront sur leurs vertus. Le temps nous montrera si c’est vrai ou non. Celui qui croit, qu’il croie, cela m’est égal que vous croyiez ou non. Lorsque viendra la nouvelle époque, vous comprendrez que c’est la loi de Dieu et non pas la loi Divine. Revenons au Christ vivant. Il y a des gens hors de l’Église qui ont compris le Christ vivant mieux que ceux qui sont dans l’Église. Les gens de l’Église sont droits en intelligence mais fourbes en cœur alors que ceux à l’extérieur de l’Église sont droits en cœur mais tordus en intelligence. Nous avons décidé de marier les droits en intelligence et les fourbes en cœur avec les tordus en intelligence et droits en cœur : c’est ce processus qui entamera la nouvelle culture. Lorsque tu rencontres ton frère, dis-lui : « Frère, ton intelligence est tordue et ton cœur est droit ; mon intelligence est droite et mon cœur fourbe : entreprenons ensemble un travail, nous allons accomplir quelque chose tous les deux ». C’est ce que l’enseignement du Christ exige de tous, de tous les peuples. Le publicain que le Christ a appelé au péage avait une intelligence et une compréhension tordue, mais un cœur droit, c’est pourquoi il a quitté le péage pour suivre le Christ. Le nouvel enseignement ne doit pas faire de bruit autour de lui. Nous ne sommes pas venus pour désherber, il y en aura d’autres qui se chargeront de désherber et d’aérer le sol. Nous planterons des graines dans ces pâturages et les ferons pousser tranquillement et paisiblement pour qu’ils se développent ; tout le monde doit bien le comprendre. Ne songez pas à un paradis, laissez de côté votre compréhension erronée sur le paradis. Le paradis que vous cherchez est en vous-mêmes : vous pouvez l’obtenir à tout instant. Si vous entrez au paradis sans être préparés, vous ne pourrez pas supporter sa lumière, elle vous sera insupportable. Que fera notre chien s’il est laissé dans une grande salle éclairée et spacieuse au milieu d’un concert ? Il va être inquiet et se mettra à aboyer. Ce sera votre propre situation si vous entrez dans l’autre monde sans préparation, plongés dans le grand silence, pour écouter la musique divine. Si je vais plus loin dans mes explications, je vais vous accuser vous et moi-même. Je traite maintenant devant vous une question comme si vous étiez coupables des souffrances du Christ. Je m’exerce sur vous comme sur des cibles pendant un exercice militaire. Vous m’excuserez pour cela, mais sachez que je comblerai tous les trous que je ferai ; je soignerai toutes les blessures que je causerai. Je vous considère comme des cibles vivantes : il y a derrière vous des forteresses où se cache l’ennemi : je vise ceux qui sont dans la forteresse. Vous devez tous apprendre cet art. « Suis-moi ! » Ces mots s’adressent aux chrétiens contemporains. S’ils croyaient dans le Christ et s’ils appliquaient son enseignement, tous diraient lorsqu’il est question d’une guerre : « Nous ne voulons pas combattre, c’est ce qu’exige notre Maître ! » Qu’ont fait les chrétiens ? Tous sont partis se battre et implorer le Seigneur de les soutenir et de renforcer leurs armes, et ce sont des gens pieux ! Le Christ dit : « Mes disciples n’ont pas pu réussir leur premier examen ». Les juifs des premiers siècles ont réussi leur examen, mais ceux des siècles suivants n’ont pas pu, ils ont tout perdu. Maintenant le Christ doit descendre de nouveau sur terre pour redresser la situation. Si le Christ ne descend pas, les humains s’extermineront comme des chiens : ils s’égorgeront et se pendront jusqu’à ce que la terre soit empoisonnée ; les humains se contamineront les uns les autres jusqu’à ce qu’ils s’exterminent entièrement. Il est temps pour une nouvelle culture dans le monde. Pour éviter le mal qui vient sur terre, je répète : « Le Christ doit descendre de nouveau parmi les humains. Je vois que vous fuyez tous le front, mais je vous demande : êtes-vous prêts à y revenir – Nous sommes prêts. » Certains veulent me chasser de Bulgarie, mais il m’est ordonné de parler et je parlerai. Que chacun se le dise : quand bien même toute l’humanité s’insurgerait contre moi pour me chasser, elle ne pourrait me déplacer d’un seul millimètre. Je ne suis pas venu sur terre pour m’enfuir. Je peux aussi me rendre invisible, mais alors ils feront face à une autre puissance. Des millions de créatures viendront après moi, avec leurs épées, elles emporteront tout, il ne restera pas un seul Bulgare fortuné en Bulgarie. Voilà ce que le Seigneur dit, ce que le Ciel dit. Ne vous leurrez pas en imaginant qu’il y a encore du temps. Vous devez être tous honnêtes et justes. Je veux trouver ces Bulgares honnêtes, justes et nobles qui ne volent pas, ne mentent pas, ne médisent pas ; ce sont les Bulgares bons et bien portants. Je vais laver les pieds de ces Bulgares, je leur donnerai un festin et je les appellerai frères. Aujourd’hui, tous sont assis et disent : « Rien de mal n’arrivera ». Non, personne n’échappera au Seigneur. Une grande responsabilité incombe au clergé, tous seront jugés pour leurs crimes selon les règles et les lois de la Fraternité Blanche. C’est ainsi que s’exprime le Seigneur vivant que je sers et ils vérifieront Ses paroles. Beaucoup disent qu’ils aiment le Seigneur ; ils n’aiment personne ! Je dis : par leurs actes les gens ont déshonoré le nom divin, l’amour divin et la fraternité sur terre. C’est la débauche, la lèpre dans le monde, le péril qui apporte des maladies organiques. Et après tout cela, on ose prêcher pour le Christ, on ose dire le Christ est ressuscité. Cette année, les Bulgares se rappelleront qu’il n’y aura pas pour eux de Christ est ressuscité, je ne leur donnerai pas d’œuf rouge. L’œuf rouge sous-entend la vie divine. Les Bulgares doivent accueillir parmi eux tous les souffrants, tous les éplorés, et les rassasier. Aujourd’hui, le Christ a ressuscité. Pour qui ? Les pauvres disent que le Christ n’est pas ressuscité, les veuves aussi. Et on dit que je trompe le peuple. Non, mes frères, je ne trompe personne, c’est vous qui êtes égarés, et moi je dis la vérité. Le Seigneur veut que vous vous redressiez, que vous soyez courageux, décidés et prêts à vous sacrifier pour votre idéal, à sécher les larmes de vos frères, de l’humanité affligée. Au lieu de vous pourchasser et de vous persécuter, faites ce que Dieu exige de vous. Qu’un tel soit communiste et un autre, libéral, faut-il pour autant qu’ils se persécutent ? Les communistes veulent la fraternité et l’égalité, ils ont une bonne idée, ils travaillent bien. Qu’ils emploient le bien en eux et aussi le bien des partis bourgeois. On dit que certains d’entre eux tuent le peuple. Où est ce peuple ? Lorsque le peuple commencera à parler, ce sera terrifiant. Lorsque tous les peuples commenceront à parler, il y aura des pleurs, des lamentations et des grincements de dents. N’attendez pas que tout le corps se décompose ; si on atteint le moment du pourrissement complet, le plus grand mal adviendra dans le monde. Pour que ce mal ne vienne pas, le Christ dit : « Quittez votre péage, et suivez-moi ! Nous ne voulons pas de pleurs, que les enfants restent à la maison, mais que ceux qui peuvent appliquer me suivent ! » « Attendons encore un peu, arrangeons notre vie ! » Vous ne l’arrangerez jamais. Vous devez arranger votre intelligence, votre cœur et votre volonté : c’est le seul moyen de vous entendre comme des frères. Appliquez le nouvel enseignement dès maintenant. Je ne vous juge pas, mais je vous dis de le faire avant que ne se produise tout ce que je viens de vous décrire. Lorsque quelqu’un casse la cruche, je ne le bats pas, mais je ne l’envoie pas chercher l’eau une seconde fois. Soyez courageux comme l’américain qui est passé au-dessus des chutes du Niagara sur une corde. Il les a traversées à l’endroit le plus large, environ un kilomètre ; il avait une longue perche dans les mains pour garder l’équilibre ; il les a traversées une seconde fois avec quelqu’un sur le dos et une troisième fois, tout seul mais sans la perche. C’est un véritable héros, il faut pour cela un grand sang-froid. Le monde est une mer déchaînée et si vous ne la traversez pas, vous n’êtes pas faits pour ce monde. Certains me conseillent de ne pas parler pour éviter d’être chassé. Je dis : si le Christ qui était si grand, si savant, si intelligent et noble a pourtant été tellement pourchassé, que reste-t-il pour moi ? « Ils vont médire à ton encontre. » N’ont-ils pas médit sur le Christ ; le Christ ne l’a pas évité et je ne l’éviterai pas non plus. Lorsque je dis la vérité divine, je n’ai peur de rien. Je vois les choses comme personne ne les voit ; il suffit que quelqu’un vive une année avec moi pour apprendre plus que s’il ne faisait que m’écouter. Beaucoup viennent auprès de moi dans l’idée de me coincer sur quelque chose et de me critiquer, ils disent : « Voyons ce qu’il dira ». Je ne veux rien dire. Je suis si riche intérieurement que je peux tout porter ; il n’y a pas de difficultés et de souffrances que je ne puisse pas supporter, je ne crains rien. Le tourment est un jeu pour moi, on ne peut pas me tourmenter ; il me suffit de donner un coup de pied à ceux qui s’y essaient pour les envoyer loin de moi. Seul celui qui est plus fort que moi peut me tourmenter. Aujourd’hui personne ne peut tourmenter le Christ car il est un million de fois plus fort que jadis. Aujourd’hui le Christ ne peut pas être crucifié, tous doivent le savoir ! Ils disent : « Nous te crucifierons ! » Que crucifierez-vous ? Pensez-vous qu’en meurtrissant mon corps, vous m’éliminerez ? Je ne vis pas dans mon corps, mon corps est un masque. Lorsque je quitte mon corps je deviens dangereux ; tant que je suis dans mon corps, tant que j’ai une propriété, je ne suis pas dangereux, mais je le deviens dès que je sors de mon corps. Le Christ est venu sur terre pour apprendre aux hommes à vivre selon la loi divine, car la vie nouvelle repose sur la vie divine. On dit : « Vivons un peu, car nombre de tourments et de souffrances nous attendent ». Ne vous leurrez pas, il n’existe dans le monde ni tourment, ni souffrance, ni mort : ce sont des états passagers. Ne pensez pas que je prône une quelconque religion, que le Seigneur m’en préserve. Je prône un enseignement divin sur lequel sera fondé le régime social futur ; cet enseignement s’appuie sur les commandements intelligents de la nature, il traite les questions de l’éducation et de l’auto-éducation et des rapports de l’homme à la femme et de la femme à l’homme. L’enseignement divin n’est pas nouveau, je ne l’expose pas maintenant, je ne fais qu’une traduction du grand livre de la vie. Qui est l’homme d’aujourd’hui ? Le publicain. Le Christ passe à côté du péage de tous les hommes et de toutes le femmes et dit : « Quittez votre péage et suivez-moi ! » Vous dites : « L’affaire est sérieuse, le temps est-il venu, sommes-nous prêts, avons-nous suffisamment de connaissances, saurons-nous passer l’examen, qu’adviendra-t-il de nous si nous échouons, que dira l’opinion publique de nous ? » La question n’est pas ce que diront les autres, l’important est de savoir si tu es prêt à quitter le péage. Nous avons besoin seulement de deux personnes, un homme et une femme ; il suffit qu’ils soient prêts à quitter le péage et à suivre le Christ. Dieu n’a-t-il pas créé deux personnes, Adam et Ève : tous les êtres sur terre descendent d’eux. C’est dommage que le Christ n’ait pas encore trouvé deux personnes prêtes à s’unir au nom du Christ et à le suivre. Le Christ dit : « Quitte le péage et suis-Moi ! » Si tu le décides, quitte-le sans en parler à personne. Si tu comptes dire à ta mère et à ton père que tu veux te fiancer, tu n’y arriveras pas : s’ils savent que tu te prépares à la noce, tu finiras enchaîné. Tu ouvriras la fenêtre un soir et tu sauteras. Celui qui veut se marier sera enchaîné. Il faut juste te fiancer, rien de plus ! Aujourd’hui, il faut se fiancer et non se marier à l’ancienne. « Quitte le péage et suis-moi ! » Si aujourd’hui le fonctionnaire se permet de quitter son service, ne sera-t-il pas sanctionné ? Il sera non seulement sanctionné mais tout bonnement licencié. Aujourd’hui c’est Pâques uniquement pour celui qui a décidé de quitter le péage et de se fiancer avec le Christ. Pour les autres, Pâques n’est pas encore aujourd’hui, pour eux Pâques est encore à venir. Que ceux qui m’écoutent et me comprennent maintenant, ne déforment pas mes propos. Considérez mes propos au sens littéral d’abord pour vous-mêmes, et ensuite pour les autres. Utilisez-les comme votre âme les comprend. Soyez fidèles à votre âme et à votre cœur, à votre esprit et à votre intelligence ; soyez fidèles au principe saint qui habite en vous, c’est le seul moyen d’avoir des liens d’entente entre nous. Je remarque de l’hésitation, de la peur en vous, vous n’êtes pas encore des héros. Lorsque vous vous déciderez à quitter le péage sans peur et sans hésitation, vous serez de vrais héros. Celui qui se décide à quitter le péage sera un héros, un géant, heureux et content de tout ; de nouvelles pensées et des idées neuves couleront en lui et un jour il rajeunira et dira : « Dieu soit loué, j’ai quitté le péage ! » Tu dis : « J’ai vieilli, je me suis courbé avant l’heure, pourquoi cela ? » Parce que tu n’as pas encore décidé de quitter le péage. Quitte le péage pour te rajeunir, pour que la nouvelle lumière éclaire ton esprit. Je terminerai maintenant ma causerie par une pensée que je ne peux pas exprimer : voyons qui parmi vous saura la saisir. Celui qui la saisit a trouvé la clé de toute chose. Lorsque l’esprit de la vérité viendra en vous, il vous dira quelle est cette pensée. C’est la plus grande pensée que quelqu’un puisse exprimer. Vous trouverez la forme de cette pensée et vous l’arrangerez comme elle est dans la gamme divine. Cherchez cette pensée chacun pour vous. Ayez de l’amour pour tous. Pardonnez aux autres et soyez sévères envers vous-mêmes ; soyez miséricordieux envers les fautes des autres et excusez-les ; n’excusez pas vos propres fautes, mais corrigez-les selon toutes les règles, c’est le seul moyen d’être absous pour une faute. C’est ce qu’exige l’enseignement divin. Le ciel clair est serviteur de la lumière du soleil. Le temps calme est serviteur de la chaleur du soleil. Les gouttes de rosée sont servantes de l’herbe douce. L’amour divin est serviteur des cœurs humains. Sofia, 11 avril 1920 Traduit par Bojidar Borissov [1] « Comme il s’en allait, Jésus vit ; en passant, assis au bureau des taxes, un homme qui s’appelait Matthieu. Il lui dit: " Suis-moi. " Il se leva et le suivit. » (Matthieu 9, 9) [2] Loi Divine – c’est l’appellation en Bulgarie à cette époque de l’enseignement du catéchisme en classe élémentaire et secondaire [3] La fête orthodoxe de Saint Georges – le 6 mai – est traditionnellement le moment où on mange de l’agneau. [4] Loi Divine était le nom de la matière scolaire d’étude du catéchisme orthodoxe, inscrite aux programmes d’éducation jusqu’en 1944. [5] Bogomil – prêtre bulgare orthodoxe qui a fondé le mouvement bogomile hétérodoxe au Xème siècle [6] « Il leur dit : " Isaïe a bien prophétisé sur vous, hypocrites, ainsi qu'il est écrit : Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi. Vain est le culte qu'ils me rendent, donnant des enseignements (qui sont) des préceptes d'hommes. (Marc 7 : 6-7)
  14. Ils en furent étonnés « Et ayant entendu cela ils en furent étonnés, et le laissant, ils s'en allèrent. »[1] Matthieu 22 :22 Je ne parlerai pas maintenant de la cause de l’étonnement, c’est à vous de le découvrir ; je ne parlerai que du résultat : ils en furent étonnés. Dans le monde comme dans la nature deux processus se déroulent : le processus ordinaire et le processus extraordinaire, ou encore exceptionnel. L’homme est toujours étonné par le processus extraordinaire. Vous mangez par exemple trois fois par jour et vous considérez que vous faire à manger régulièrement est dans l’ordre des choses ; si on vous dit qu’il faut jeûner deux ou trois jours, vous vous étonnez et considérez qu’il s’agit d’un processus extraordinaire. Celui qui ne comprend pas le langage de la nature considère que les processus extraordinaires sont destructeurs. Le bien portant considère la santé comme un processus ordinaire qui est dans l’ordre des choses et la maladie comme un processus extraordinaire. Donc la maladie en tant que processus extraordinaire détruit l’organisme humain. Du point de vue du monde spirituel c’est tout le contraire : on y considère la santé comme un processus extraordinaire et la maladie comme ordinaire. À nos oreilles le mot maladie sonne comme dysharmonie. Ils ont posé une question importante au Christ, et lorsqu’ils ont eu la réponse, ils ont été étonnés de ne pas avoir réussi à le piéger et de le voir s’échapper ; ils ont été eux-mêmes étonnés de ne pas avoir pu hourdir un autre plan pour l’attraper. On s’étonne lorsqu’on ne comprend pas les choses. Vous aussi, vous vous étonnez de certaines choses très simples : vous vous étonnez que le voleur qui part voler n’ait pas tout prévu et se laisse prendre par la police. L’homme de bien s’est aussi étonné lorsqu’il a voulu faire un bien mais n’a pas réussi, il s’étonne d’avoir mal apprécié une circonstance anodine qui s’est transformée en empêchement. Je veux maintenant que vous sortiez des processus ordinaires pour entrer dans les processus extraordinaires. Penser que tu es bon ou que tu dois être bon est un processus ordinaire ; penser que tu es bon est le plus grand malheur pour toi. Pourquoi ne pas penser que tu es bon et mauvais ? Penser que tu es riche, c’est aussi un processus ordinaire. Tant que tu es pauvre, les gens te plaignent, tu es extérieurement maigre, sec comme un hareng ; si tu deviens un propriétaire terrien, ta situation s’améliore, en un an ou deux tu commences à grossir, tes affaires s’arrangent. Si tu commences à grossir, cela montre que tu as candidaté pour être un propriétaire terrien ; si tu es sec comme un cintre, tu es loin des propriétés foncières. J’aborde cette question sur le fond, dans toutes ses formes, extérieures et intérieures. Si on commence à se trouver intelligent, on est déjà devenu un propriétaire terrien : on a grossi dans le monde mental. Quelle que soit la question qui se pose, on connaît la réponse. S’il est question d’une découverte en mathématiques ou en astronomie, on sera le premier à dire : « Attendez que je vous dise, ce sujet m’est familier », avec sa bedaine on sait tout ! Si on s’entend dire qu’on ne connaît pas quelque chose, on se fâche aussitôt et on dit : « Tu es ignorant, ce qui te fait croire que je ne sais pas » ; si on s’entend dire qu’on sait tout, on est content, on dit : « Voici quelqu’un qui comprend les choses, ça c’est quelqu’un ! » La société actuelle est friande justement de ce type d’individus, enclins à approuver tous leurs agissements et entreprises. Si tu oses dire que dans la vie d’une société il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, on te traitera de rustaud, d’ignorant, d’imbécile. Lorsqu’un individu isolé ou une société donnée se laisse emporter par la prétention, la nature, notre mère intelligente, le met face à des contradictions. Elle lui envoie une maladie qu’il ne peut pas combattre. Il se tourne tout de suite vers les médecins pour avoir un diagnostic, pour être secouru. Je demande : « Pourquoi ne poses-tu pas tout seul le diagnostic ? – Je ne comprends pas. – Pourquoi tu ne t’aides pas tout seul ? – Je ne peux pas. » Donc si vous vous heurtez aux tourments et aux souffrances, vous saurez que la nature vous les prépare sciemment pour vous montrer que vous ne savez pas tout, bien que vous soyez enclins à le penser. Le Christ dit : « Donnez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu ». Cette réponse a surpris tout le monde. Le Bulgare commente une telle réponse en disant : « Le loup est rassasié et l’agneau est indemne ». C’est en effet curieux de donner en même temps à César et à Dieu. Cela sous-entend deux mondes différents, deux moments distincts : on donne à César ce qui est matériel et à Dieu ce qui est divin. Autrement dit, tu donneras à Dieu ce qui est précieux et éternel, et à César ce qui est transitoire, éphémère ; tu donneras ton cœur à Dieu et ton labeur à César. Que représente César ? Un processus intérieur qui œuvre en permanence en l’homme ; ce processus aspire à sa manifestation extérieure, c’est pour cette raison que l’homme se pose des questions sans relâche. Seul le divin en l’homme répond aux questions posées. L’âme, c’est-à-dire le divin répond aussi avec discernement à la question que les juifs ont posée au Christ, et nous sommes étonnés de voir l’âme échapper à notre étreinte, au piège que nous lui avons tendu. Pensez-vous qu’en vous faisant passer pour bons et pieux, vous agissez toujours pieusement avec votre âme ? Tous vos tourments et souffrances sont dus précisément à ce que vous altérez la paix de votre âme. Est-ce possible que l’homme altère lui-même la paix de son âme ? La paix est le résultat du grand principe qui travaille dans le monde. L’amour apporte la paix, il a travaillé huit mille ans sur les humains et continue encore. Seul celui qui est rassasié peut être pacifique, non l’affamé ; seul le savant peut être pacifique, non l’ignorant ; seul le bon peut être pacifique, non le méchant. Ce sont des grandeurs qui rendent l’homme pacifique et saint ; ces acquisitions le rendent fort, bon et courageux. Vous dites : « Est-ce vrai que tout cela est contenu dans les paroles : Ils en furent étonnés et le laissant ils s’en allèrent » ? Oui et non; c’est comme si vous me demandiez : « Est-ce vrai que tout ce grand arbre qu’est le noyer est contenu dans la petite noix ? » Le grand arbre du noyer n’est pas contenu dans la petite noix en substance, mais en devenir. Donc, lorsque j’analyse un verset ou un enseignement, je me concentre sur les trois dimensions de sa substance. La substance c’est pour moi l’essence : il y a une essence primaire, une essence secondaire et une essence tertiaire. La substance primaire n’a pas d’espace, elle est hors du temps et de l’espace qui sont des manifestations extérieures de cette substance. Selon le mysticisme cette substance primaire n’est rien d’autre que le monde non manifesté éternellement existant ; ce monde a toujours existé et existera toujours, il n’a pas de début et pas de fin. L’intelligence humaine n’a pas d’idée sur ce monde. La substance secondaire ou l’essence secondaire est un monde manifesté, c’est le monde idéal. La substance tertiaire représente le monde actuel créé ; il provient du monde idéal. Ce sont les trois mondes abstraits dont le troisième présente le plus grand intérêt pour vous. Maintenant, lorsque je vous décris les trois mondes, peu me comprennent. Mais à un moment donné je pourrai me faire comprendre, c’est la chose la plus facile. Je dresserai une table avec du poulet grillé, une tourte, du vin et je dirai : « Venez ». Vous allez tous venir à table et vous direz : « Cet homme est très bon, nous le comprenons », et vous me demanderez : « Est-ce que tu nous régaleras encore une deuxième et une troisième fois pour le déjeuner ? » C’est cela le monde réel et substantiel. Il n’y a pas de vie en dehors de la nourriture et de la boisson : on vit tant qu’on mange et qu’on boit ; s’il arrête de boire et de manger, l’homme meurt. Si je vous dis qu’il n’y a pas de vie sans nourriture ni boisson, vous serez étonnés. Au sens large, j’entends aussi par nourriture et boisson les sentiments et les pensées. Pouvez-vous imaginer un monde sans nourriture et sans boisson, sans pensées et sans sentiments ? Tu dis : « Je ne veux pas penser ». Tu es mort dans le monde mental ! « Je ne veux pas ressentir ». Tu es mort dans le monde spirituel ! « Je veux seulement boire et manger ». Tu vis uniquement dans le monde physique, ta bedaine en est la preuve ! Étudiez les deux processus, ordinaire et extraordinaire, et ensuite fusionnez-les en un. Le développement des races et des individus isolés est basé sur les processus extraordinaires, voilà pourquoi vous devez étudier ces processus. Les pensées, les sentiments et les actes extraordinaires contiennent une véritable puissance ; les processus ordinaires sont de simples exercices. Tu entres dans une maison, on te dit : « Bienvenu ! », tu vas dans une autre maison, on te dit aussi : « Bienvenu ! », tu vas dans une troisième maison, tu entends les mêmes mots : « Bienvenu ! », mais nulle part on ne te donne la moindre bouchée de pain. Tu rentres dans une auberge, mais ta bourse est vide ; l’aubergiste te regarde et, comprenant que tu n’as pas d’argent, il te dit sans perdre de temps : « Adieu ! » Tu entres dans une autre auberge, tu entends encore « Adieu ! » L’aubergiste dit : « Si tu as de l’argent sur toi, sois bienvenu, sinon, adieu ». Lorsque le mari rentre du travail, sa femme lui dit : « Si tu apportes quelque chose, sois bienvenu ; sinon, adieu ! » La femme rentre du travail et son mari lui dit : « Si tu apportes quelque chose, sois bienvenue ; sinon, adieu ! » Les choses ordinaires sont accueillies par bienvenu et les choses extraordinaires, par adieu. Je dis « bienvenu » au portefeuille plein, et « adieu » au portefeuille vide. Qui s’inclinera devant le portefeuille vide ? Je dis « adieu » à quelqu’un de disgracieux et de malade. Lorsqu’ils entendent le mot adieu, les gens s’étonnent et demandent : « Pourquoi nous dit-on adieu ? » Parce que ton portefeuille est vide, c’est-à-dire ton intelligence et ton cœur sont vides. « Que faire ? » Remplis ton portefeuille, remplis ton intelligence et ton cœur, c’est dans cela que réside la philosophie de la vie. Ceux parmi vous qui ont le sens pratique disent : « Pourvu que quelqu’un nous remplisse le portefeuille ! » La jeune fille qui songe à se marier, s’assoit quelque part, se tord les doigts à droite, à gauche et rêvasse. Pourquoi se tord-elle les doigts ? Il y a une raison à cela : elle ne pense pas à aller dans le champ ou au potager pour labourer la terre ni à aller tisser, ou semer, ou écrire ; elle rêve d’un prince aux yeux noirs, avec une moustache, des anneaux en or aux doigts, un portefeuille bien garni dans la poche qui puisse la rendre heureuse. Et voilà ce qui arrive : vient un prince et ils commencent à parlementer : « Comment allez-vous ? – Bien. Et vous ? – Moi aussi, je vais bien. » Le temps passe, midi approche et tous deux se regardent pour savoir qui va régaler l’autre. La jeune fille dit : « N’es-tu pas un prince ? » Le jeune homme rétorque : « N’es-tu pas une princesse ? » Lorsqu’ils comprennent que leurs portefeuilles sont vides, tous deux se disent : « Adieu ! » Pourquoi les gens se séparent-ils ? Parce que leurs portefeuilles sont vides. La jeune fille se rassoit et attend que quelqu’un d’autre vienne, le portefeuille rempli. Il y a dans le monde beaucoup de gens avec des portefeuilles vides qui accueillent en disant bienvenu et raccompagnent en disant adieu. Ce sont les processus ordinaires et extraordinaires de la vie. Des gens se rassemblent à un endroit pour écouter un prédicateur ou un narrateur, mais lorsqu’ils n’obtiennent rien de lui, ils s’en vont mécontents, les portefeuilles vides et lui disent : « Adieu ! » Il reste là à attendre que quelque chose atterrisse dans son portefeuille et lorsqu’il ne reçoit rien, il dit : « Ce public est atypique et ne comprend rien, adieu ! » Le public aussi le trouve atypique et extravagant et lui dit « adieu ». J’aimerais prêcher aux gens extraordinaires aux portefeuilles vides, je n’aime pas ceux qui ont les portefeuilles pleins. Je dirai à celui dont le portefeuille est vide : « Bienvenu, ouvre ton portefeuille, je le remplirai ». Ensuite, vous pourrez vous dire « bienvenu ». Ne dites pas que je suis bon, cette expression se rapporte aux nombres irrationnels ; comme vous ne les comprenez pas, ne vous en occupez pas ; si vous vous mettez à travailler avec les nombres irrationnels, vous n’arriverez à rien. Pour deviner si quelqu’un est vertueux ou non, il faut maîtriser la grande science divine. Comment déterminerez-vous qui est vertueux, quelles sont ses qualités ? Ne cherchez pas ses qualités, mais accueillez-le avec « bienvenu ». Pourquoi suis-je le bienvenu ? Parce que j’ai rempli vos portefeuilles vides. Ainsi, aspirez à être bienvenus chez moi et que je sois bienvenu chez vous. Quand serez-vous bienvenus chez moi ? Lorsque vous viendrez malades et que je vous soignerai, je dirai : « Ouvrez vos portefeuilles ! » Ma visite est au prix de cent levas ; je vous ausculterai et je dirai : « Bienvenus, la maladie est sur le point de vous quitter ». Lorsque je dirai à la maladie de vous quitter, nous serons, vous et moi, bienvenus. J’étais d’abord bienvenu car je donnais ; maintenant vous êtes bienvenus car vous donnez ; ce n’est pas une allégorie mais une grande vérité, une grande loi naturelle. La nature donne à l’homme jusqu’à sa cinquantaine, elle entre dans son portefeuille et dit : « Bienvenu » ; tu ouvres et refermes ton portefeuille : il est rempli. Si tu dépasses cet âge, la nature commence à reprendre ; tu es indisposé, mécontent et tu commences à consulter : tu donnes de toi. Lorsqu’il donne, l’homme rajeunit ; lorsqu’il commence à prendre, il vieillit peu à peu. Le rajeunissement est un processus ordinaire et le vieillissement, un processus extraordinaire. Le jeune ne pense jamais qu’il vieillira un jour. : un jour, dans son miroir, il voit des cheveux blancs sur sa tête, pourquoi ? Parce que la nature commence à puiser en lui et lui dit : « Adieu ! » Lorsqu’il vieillit, l’homme s’étonne et se questionne : « Pourquoi faut-il naître et mourir ? » La mort est l’abandon de l’ancienne culture. Vous dites qu’un tel est mort ; ne dites pas qu’il est mort mais souhaitez, vous aussi, abandonner ce qui est vieux comme il l’a fait, dites-vous : « Je remercie Dieu qui me rappelle par la mort d’un proche que je dois aussi liquider mes vieux comptes ». Donc, lorsque la mort visite nos foyers, elle nous rappelle que le temps est venu de liquider nos vieux comptes. Quels sont ces vieux comptes ? Les péchés et les crimes qui se logent constamment dans les cœurs, les esprits et les corps. Si vous examinez l’homme sur les plans physiologique, phrénologique et chiromancien, vous remarquez qu’il est constamment sujet à des changements du fait de ces dépôts : on dit pour cette raison qu’il est sur un sol instable. De la jeunesse à la vieillesse de grands changements s’opèrent dans l’homme. Tu lis la Bible jeune, les lettres sont lisibles, tu vois bien ; à cinquante ans tu lis la Bible de nouveau, mais tu trouves les lettres floues et tu te dis : « Pourquoi ce livre a-t-il autant changé, pourquoi est-il si peu clair ? » Je demande : est-ce que le livre est trouble ou bien est-ce à cause de tes yeux ? Peut-être que quelque chose s’est passé avec le livre, mais en réalité le changement est dans tes yeux. Lorsque les enfants apprennent à lire, ils aiment suivre les lettres avec un doigt ; lorsqu’ils passent le doigt plusieurs fois sur les lettres, celles-ci s’effacent et le livre s’abîme : plus aucun enfant ne peut lire là-dessus. Tout comme les enfants passent le doigt sur les lettres dans l’abécédaire, de même les adultes passent le doigt dans leur intelligence et leur cœur et effacent ce que le monde divin y a écrit. Tu fais un bien, puis tu dis : « Attends de voir si j’ai fait un bien tangible et au bon moment » ; en passant le doigt plusieurs fois sur ce bien, tu finis par l’effacer. Quand tu passes ton doigt plusieurs fois sur ton intelligence, ta vue baisse, tu mets des lunettes pour tes yeux, puis encore une autre paire, puis une troisième jusqu’à ce qu’un jour le médecin te dise : « Il n’y a plus de lunettes pour toi ». La science spirituelle se sert d’autres lunettes, c’est-à-dire d’autres moyens pour voir, différents des moyens physiques. Si vous savez demeurer calmes et apaisés, et si vous orientez votre énergie sur les yeux de l’aveugle, il verra mieux et une certaine clarté se fera en lui. Pourquoi les gens deviennent-ils aveugles ? À cause de l’incompréhension des processus ordinaires et extraordinaires ; la vue ne faiblit pas à cause des pleurs, mais à cause d’un chagrin trop fort. Quelqu’un perd sa fortune, un autre, son fils ou sa fille, et ils ne peuvent pas oublier leur perte : la vue décline progressivement à cause de ce ressenti répétitif. La mère ne comprend pas qu’elle n’a ni perdu ni gagné sa fille. Qu’as-tu donné au grand chêne qui a poussé à partir d’un petit gland ? Rien. Si le chêne ne puisait pas l’énergie solaire et les matériaux nutritifs du sol, tu n’aurais rien obtenu. Le seul mérite de l’homme est d’avoir planté le gland et de l’avoir soigné de temps à autre ; peux-tu au regard de ce petit service rendu réclamer que le chêne soit à toi ? Ce serait donc un droit de propriété ? Le noyer dit : « Tu as le droit de disposer de mes fruits tant que tu me protèges des maladies ; lorsque tu cesseras de me protéger, je cesserai de te donner mes fruits ». Je prends maintenant la noix comme une idée qui pénètre les esprits. Chaque idée, chaque pensée et chaque sentiment aident l’homme tant qu’ils le protègent et le mettent à l’abri. Savez-vous que l’homme est constitué de milliards de cellules : où est l’homme en fin de compte ? Vous direz qu’il se manifeste avec ses membres. Mais où est l’homme lui-même ? Nous savons qu’après la mort toutes les cellules de l’organisme humain se dispersent dans l’espace, où va l’homme ? Son esprit demeure dans la substance primaire, son âme demeure dans la substance secondaire et son corps dans la substance tertiaire. Que direz-vous du saint dont on disperse les os après sa mort ? Chacun de ses disciples prend un os et le dépose dans un coffret spécial ; chacun dit : « Ce sont les restes d’un saint homme ». Je demande : où est-il ? La plus grande force est chez celui qui a pris la tête du saint : il sera intelligent comme lui ; celui qui a pris sa jambe, héritera de ses vertus ; celui qui a pris la cage thoracique, acquerra son amour. Chaque os du saint homme transmet quelque chose à celui qui le possède. Que font les catholiques ? Lorsqu’ils vont à Rome, ils veulent voir le pape, s’incliner devant lui, lui baiser les pieds. Certains jeunes hommes agissent de la sorte pour prouver leur amour et leur vénération à leur bienaimée : ils tombent à genoux devant elle et baisent ses pieds, donc la jeune fille est le pape de son bienaimé. Pape sous-entend père et mère de votre vie. Quelqu’un a baisé les pieds du pape : sur combien de pieds a-t-il déjà déposé un baiser ? Lorsque la mère accouche, n’embrasse-t-elle pas son enfant ? Combien de fois dépose-t-elle un baiser sur ses pieds, son dos, son visage, partout ! Ne vous étonnez pas que les gens baisent les pieds du pape : votre enfant aussi est un pape. Baiser les pieds du pape serait quelque chose d’extraordinaire alors que baiser le pied de ton enfant serait une chose ordinaire ? C’est la raison pour laquelle un acte produira l’effet escompté dans les mondes mental, spirituel et physique, si avant tout on connaît son caractère et la manière de l’accomplir. Si la mère sait comment embrasser son enfant, elle peut en faire un génie ; c’est bien que la mère sache où embrasser son enfant pour la première fois. La future science de l’éducation apprendra à la mère comment embrasser son enfant. Je ne peux pas encore transmettre cette science aux Bulgares, c’est l’un des secrets de la nature. Donc, le premier baiser de la mère représente l’un des grands secrets de la vie. Le Christ s’est tourné vers l’un de ses auditeurs et a dit : « Je suis venu chez toi, mais tu ne m’as pas embrassé »[2]. Où devait-il l’embrasser ? Vous demandez si cette question est importante. À mon avis, tant que les gens n’apprennent pas à s’embrasser, on ne peut pas parler d’une quelconque culture. Certains disent : « Embrassons-nous ! » À quel endroit ? Sur le pied, sur le front, sur la bouche ou sur la main ? Il n’est pas sans importance à quel endroit on embrasse : cet endroit détermine les rapports entre vous. Il y a des baisers porteurs de santé, il y a des baisers porteurs d’afflictions. L’homme est une dynamo qui produit des forces différentes à des moments différents. La même chose vaut pour la bouche : elle produit des énergies différentes à des moments différents ; la lèvre inférieure est conductrice de forces passives et la lèvre supérieure, des forces actives. Lorsque la lèvre inférieure de l’homme est proéminente, c’est le signe d’une grande passivité : ces gens attendent le bon moment pour toute action ; lorsque la lèvre supérieure est très proéminente, on est très actif, on va vers les autres sans attendre le moment propice. Le passif dit : « Si on m’apporte de l’argent, tant mieux ; si on ne m’en apporte pas, ce n’est pas plus mal » ; l’actif dit : « Si on ne m’apporte pas d’argent, j’irai en chercher moi-même ». Lorsque je parle du baiser, je veux parler de la pureté dans les relations humaines. Par le baiser j’expose une grande loi qui agit dans la nature entre les humains comme entre les animaux. Lorsque deux colombes se rencontrent, elles rapprochent leurs becs et s’embrassent ; celui qui ne comprend pas cela croit qu’elles se sont agrippées par le bec pour se battre. Le bec est un symbole, il est courbé en forme de la lettre hébraïque Yod, comme une virgule ; il n’y a pas de vie sans les virgules. Le bec de l’oiseau est ce qu’est le nez de l’homme. Un nez est tordu d’un côté, un autre est tordu de l’autre côté. Ces deux formes ont une signification différente, quelle est-elle ? C’est un secret que je ne dévoilerai pas. Vous aussi vous avez besoin d’au moins une petite virgule comme symbole de transformation des énergies d’un état dans un autre. Le Christ dit : « Donnez à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu ». Ce langage que le Christ a utilisé est figuré, kabbalistique. Cela signifie une fois traduit : pour les énergies physiques il faut se servir de méthodes physiques et pour les énergies divines, de méthodes divines. Si tu es par exemple en colère, tu iras au champ ou au potager, tu lèveras et tu abattras la pioche en te disant : « Comme je frappe le sol, que je frappe aussi celui qui est la cause de ma colère ». Donc, au lieu de frapper l’homme, frappe le sol, au moins tu accompliras un certain travail. Tu transformeras ainsi ta colère et tu rentreras chez toi apaisé et content. Ne dis pas que ta femme est colérique, mais achète-lui une pioche et envoie-la dans le champ ; ne dis pas que ton mari est irascible, mais fais-lui atteler les bœufs pour aller labourer. Que font les gens d’aujourd’hui ? Un homme et une femme en colère se rassemblent pour se plaindre l’un de l’autre et de leurs enfants, mais au lieu de s’aider ainsi, ils attisent leur colère. À mon avis, c’est exactement ce type d’homme et de femme dont on a besoin dans le champ et le potager, c’est une manière idéale de résoudre toutes les contradictions. Quelqu’un se décourage et dit : « Personne ne m’aime, personne ne m’embrasse ». Sors pour voir le lever du soleil, il t’embrassera, alors tu te diras : « Il y a quelqu’un qui m’embrasse ». Si tu assistes tous les jours au lever du soleil, il t’embrassera chaque jour : quel meilleur bienaimé peux-tu trouver que le soleil ? Chacun peut vivre avec un tel bienaimé. Parle de ce bienaimé librement, sans peur ! Si quelqu’un t’entend et ne te comprend pas, il te condamnera ; mais s’il te comprend, il ne te critiquera pas. Chacun cherche l’amour du soleil. Les gens d’aujourd’hui ne connaissent pas encore l’amour. « Nous avons besoin d’embrassades. » Lesquelles ? Celles du soleil. « Nous avons besoin d’embrassades. » Lesquelles ? Celles de l’eau fraîche. « Nous avons besoin d’embrassades. » Lesquelles ? Celles de l’air pur. « Nous avons besoin d’embrassades. » Lesquelles ? Celles de la lumière. Ce ne sont pas des choses ordinaires dans la vie. Lorsque je dis que vous devez chercher les embrassades du soleil, je veux par son biais diriger votre regard vers le soleil divin. Celui qui a reçu un baiser du soleil divin ne recherchera jamais un baiser du soleil physique qui est son serviteur. Le soleil physique éclaire et se consume ; qui n’a pas éprouvé ses rayons noirs ? Les dames portent des voiles sur le visage et des ombrelles pour se protéger de ce soleil. L’américaine porte un grand chapeau blanc, elle veut dire ainsi : « Je ne permets pas au domestique de m’embrasser ; si quelqu’un peut m’embrasser ce sera uniquement le soleil divin ». Jadis les juifs ont posé différentes questions au Christ, à savoir comment résoudre les questions sociétales et familiales. Encore aujourd’hui on se pose les mêmes questions ; on demande au Christ comment résoudre ses problématiques familiales : les rapports du mari à sa femme, de la femme à son mari, des enfants aux parents, etc. On n’a toujours pas résolu ces questions parce qu’on ne sert pas Dieu. Beaucoup disent qu’ils veulent servir Dieu, mais en réalité ils ne servent qu’eux-mêmes. Pour résoudre correctement tes rapports avec ta femme, il faut la laisser libre de puiser l’énergie à la source divine ; et la femme doit agir de même envers son mari : c’est le seul moyen d’être une âme valeureuse. L’homme doit connaître sa force. N’est-ce pas un leurre pour la petite rigole qui arrose à peine dix pieds de choux de croire qu’elle irrigue tout le jardin ? C’est aussi dangereux pour les petites choses de surestimer leur force que pour les grandes choses de la sous-estimer. Si tu es petit, tu as une qualité précieuse : la pureté ; voilà pourquoi il faut parfois être petit. Les petits sont des sources pures, les grands sont des fleuves troubles. Si vous ne croyez pas mes paroles, vous les éprouverez vous-mêmes. Si on dit de quelqu’un qu’il est un grand homme, je sais déjà que c’est un grand fleuve trouble. L’assoiffé a besoin d’une petite source pure, d’une petite rivière pure, et le marchand d’un grand fleuve ; la jardinier a besoin de petits ruisseaux, et le meunier de grandes rivières. Le meunier dit : « Je n’ai pas tellement besoin que l’onde soit pure, mais qu’elle soit impétueuse, puissante ; elle peut bien être pure ou trouble du moment que la roue tourne ». Cette affirmation est vraie tant qu’il est question de moulins ; lorsqu’il n’y a plus de moulins, nous avons besoin d’eau pure. Avec quelle eau cuisinons-nous et faisons-nous la vaisselle ? Par conséquent le moulin a besoin d’une eau quelconque, du moment qu’elle est impétueuse ; mais pour les choses divines il faut de l’eau pure, cristalline. Quiconque veut entrer dans le monde divin doit avoir ses sources de vie pures. Cette loi se vérifie aussi dans la nature : des oiseaux magnifiques vivent auprès des eaux pures et des beaux arbres ; aucun oiseau ne vit auprès des eaux troubles. La santé, la bonne disposition, le bonheur sont des créatures qui aiment les sources pures. Si quelqu’un me demande pourquoi il souffre, je lui réponds : parce que tu es un grand fleuve trouble. « Ils en furent étonnés. » Vous aussi, en quittant ce lieu vous vous demanderez quoi faire dans un monde avec lequel vous ne savez pas vous harmoniser. Vous vous étonnez que le monde soit ainsi créé. Il y a des choses dans le monde que Dieu n’a pas faites. Qui a fabriqué vos maisons, vos moulins, vos usines, qui a confectionné vos vêtements, qui a inventé l’art culinaire ? Le monde qui vous mécontente est créé par les humains, c’est un monde humain. Dire que le monde créé par Dieu est mauvais signifie que vous ne dites pas la vérité ou que vous ne la comprenez pas. Quelqu’un a teint ses cheveux en noir et dit que c’est leur couleur : il ne dit pas la vérité. Pourquoi ne pas dire qu’il s’est fait une teinture ? Les cheveux peuvent se teindre et devenir noirs, blonds, roux, blancs, comme bon vous semble. Si Dieu avait teint nos cheveux, ils ne tomberaient pas. Si nous étions nés de Dieu, nous ne tomberions pas malades et ne mourrions pas. Le corps chétif est une invention humaine, quelle idée peut-on y mettre ? Une idée humaine, mais non une idée divine. Pensez-vous que Dieu versera le nectar divin dans un flacon fragile ? Tu dis : « Je veux que l’esprit divin demeure en moi ». Si tu le veux, tu dois acquérir un flacon façonné par les anges ; travaille dans cette direction pour obtenir un tel flacon. Alors, un seul baiser du soleil divin pourra transformer ta vie et te donnera une impulsion pour un travail nouveau. Le principe divin en toi s’enracinera profondément et le monde physique y puisera la sève nécessaire pour la vie nouvelle, c’est cela la résurrection de l’âme humaine. Ce sera l’homme véritable : il passera parmi les humains comme un grand éléphant ; qu’il soit mordu, écorné, moqué, il avancera sans leur prêter attention. Ils lui diront : « Tu te rappelleras le jour où tu as traversé notre royaume ». L’éléphant avancera calmement en donnant le rythme avec sa trompe, il remuera la queue et dira : « Vous, vous vous rappellerez le jour où j’ai traversé votre royaume ! » « Ils en furent étonnés et le laissant ils s’en allèrent. » Mettez-vous en tête l’idée que votre flacon est humain et n’est pas fait par Dieu. Ainsi, dans quel flacon rentrerez-vous lorsque vous quitterez le flacon physique ? Vous direz que même si le flacon se casse, l’important est que l’eau se conserve ; où ira cette eau ? Dans un autre flacon ou bien elle se déversera dans la nature. Elle voyagera, mais n’ira pas à l’endroit qui lui est prédestiné ; et cette eau n’est pas divine. Les savants disent que l’eau est constituée de deux volumes d’hydrogène et d’un volume d’oxygène, mais ils ne savent pas toute la vérité : cette eau est une substance tertiaire, les savants ne connaissent pas encore la substance primaire et secondaire de l’eau. Du point de vue de la vraie science, l’eau n’est pas constituée d’hydrogène et d’oxygène, mais ce sont ces derniers qui sont constitués d’eau. Pensez-vous pouvoir transformer le monde avec vos connaissance actuelles ? Ces connaissances ne peuvent pas vous rendre civilisés. Aujourd’hui, il n’y a même pas une personne sur cent qui pense de façon divine. La pensée de beaucoup de philosophes et de savants est simple comme un pied de haricot ; elle est parfois même plus simpliste qu’un pied de haricot. Ce n’est pas un reproche : j’expose les faits comme ils se présentent. Si vous mettez un morceau de bois sec à côté du pied de haricot, il va s’enrouler autour de lui, mais s’il y a aux alentours du bois vivant, même plus loin que le bois sec, alors il préférera le bois vivant et s’enroulera autour. Aujourd’hui la plupart des gens sont enroulés autour du bois sec et attendent malgré cela une transformation de leur vie. Tant que vous agissez ainsi, n’attendez aucune transformation. « Ils en furent étonnés et le laissant ils s’en allèrent. » Libérez-vous du bois sec. Déracinez-le, construisez à la place votre clôture avec du bois vivant et dites : « Seigneur, j’ai terminé mon travail comme Tu l’as voulu ». Je vous souhaite à tous de vous entourer d’une clôture vivante pour entrer et sortir librement du jardin divin. Aspirez à trouver la substance secondaire des choses. Sofia, 4 avril 1920 Traduit par Bojidar Borissov [1] « Alors il leur dit: " Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu." À ces mots, ils furent tout étonnés et, le laissant, ils s'en allèrent. » (Matthieu 22, 21-22) [2] « Tu ne m'as point donné de baiser ; mais elle, depuis qu’elle est entrée, elle n’a pas cessé de me couvrir les pieds de baisers. » (Luc 7, 45)
  15. La loi et les prophètes « La loi et les prophètes ont subsisté jusqu'à Jean ; depuis lors, le royaume de Dieu est annoncé, et chacun use de violence pour y entrer. »[1] Luc 16 :16 Je m’arrêterai sur les mots loi et prophètes car ils symbolisent la vie actuelle dans toutes ses phases et besoins. Tous les humains vivent dans certaines limitations, par exemple ils mangent trois fois par jour et se demandent à longueur de journée comment se procurer la nourriture nécessaire. Les oiseaux aussi volent toute la journée dans les airs dans l’unique but de se procurer de la nourriture. Les humains sont occupés toute la journée par la loi et les prophètes : dès le lever du jour leurs enfants commencent à crier et à prophétiser : « Maman, donne-moi du pain ! » La loi et les prophètes ont subsisté jusqu’à Jean[2]. Qui est Jean ? Il représente une étape transitoire dans la vie. « Depuis lors le Royaume de Dieu est annoncé. » Je ne vais pas disserter sur le sens profond et mystique de ce Royaume, je dis simplement qu’il représente la véritable vie divine intelligente qui exclut les tourments, les souffrances et la mort. Cela ne veut pas dire que ces choses n’existent pas, mais qu’elles sont accueillies avec joie dans le Royaume de Dieu. C’est une grande vérité que vous pouvez difficilement accepter : vous ne pouvez pas imaginer à quel point ce qui cause la souffrance peut aussi causer la joie. Pour beaucoup ceci est incompréhensible à cause de leur égoïsme : comme ils ne vivent que pour eux, alors lorsqu’ils vont bien, le monde va bien ; lorsqu’ils sont heureux, ceux qui les entourent sont aussi heureux. Mais le véritable bonheur se trouve dans le Royaume de Dieu, c’est-à-dire dans la vie divine. Souvent les gens souffrent de ne pas laisser les pensées divines se frayer un chemin : lorsque celles-ci traversent leurs esprits, ils n’y prêtent pas la moindre attention. Vous connaissez tous la fable « le lion et la souris ». Elle fait passer l’idée de l’importance des petites choses. Un lion grand et puissant vivait dans une forêt. Un jour il dormait tranquillement sans être dérangé. Une petite souris a surgi à ce moment et est montée sur le dos du lion pour faire ses observations afin de comprendre quel était ce grand animal. Le lion s’est réveillé aussitôt, il a vu la petite souris et lui a demandé : « Comment oses-tu m’importuner, qui t’a permis de monter sur mon dos et de troubler mon sommeil ? Ne sais-tu pas que je peux te dévorer ? » La petite souris a tremblé de tout son corps et a imploré : « Redonne-moi la liberté, je suis une petite bête et même si tu me manges, tu ne gagneras rien. Je pourrais peut-être un jour t’aider ». Le lion l’a toisée et a dit : « Comment pourrais-tu me rendre service, je suis si grand et si puissant. Mais je suis noble, je t’épargne la vie ». Un jour, le même lion a été pris dans un piège. En entendant ses gémissements la petite souris est venue aussitôt à son secours : elle a rongé les barreaux du piège et a libéré l’énorme lion. Je dis : il existe de petites idées comme la souris qui, lorsqu’elles entrent dans l’esprit de l’individu, troublent sa paix intérieure. Il vous vient par exemple l’idée d’être bons ; pour la réaliser vous commencez à faire le bien, mais vous troublez ainsi votre tranquillité, à la maison on se fâche contre vous, on vous accuse d’inattention et de prodigalité, on se demande ce qui vous prend et pourquoi vous ne ressemblez pas aux autres. Si une petite idée te vient à l’esprit et se met à t’importuner, tu dis : « Va-t’en, ne me trouble pas ». Le Christ dit : « La loi et les prophètes ont subsisté jusqu’à Jean ». Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura plus de prophètes après Jean, il y en aura, mais ils prôneront un autre enseignement. Les idées et les enseignements humains changent au gré de la mode. Ouvrez n’importe quel magazine de mode et vous verrez qu’il est question de modes plébiscitées dans le monde entier ; peu de temps après les journaux se remplissent de nouvelles modes et les anciennes sont remplacées par les nouvelles. Chaque femme est contente d’être habillée à la dernière mode. Les femmes portaient jadis des robes à tournures, héritières des crinolines ; la tournure était agréable à l’œil car c’était la mode ; si vous croisez aujourd’hui une femme avec une robe à tournure, cela vous paraîtrait risible et laid. Chaque chose est bonne pour son temps. Idem pour les idées : chaque vieille idée est une tournure, chaque ancienne prophétie est aussi une tournure. Les anciennes idées, formes et matériaux ne sont pas mauvais, mais ce sont des tournures qui doivent selon la loi de l’évolution subir des changements. La nouvelle époque exige de nouvelles formes, de nouvelles idées. L’aspiration de l’homme consiste en cela précisément : retraiter les anciennes formes en créant quelque chose de nouveau. Voilà pourquoi, lorsque je parle du nouvel enseignement, je comprends l’art de transformer la matière, l’art de transformer les forces dans la nature, c’est la seule façon de faire travailler ces forces pour notre organisme. Le vieillissement de l’homme est dû précisément à l’absence de changement des anciennes formes. C’est une phase transitoire dans le développement humain. Le jour vient où l’ancien se transformera et prendra une nouvelle forme pour être au service de l’humanité. Tu dis : « J’ai vieilli, je n’ai plus de forces, je ne tiens plus sur mes jambes ; j’ai vieilli, j’ai perdu ma beauté ». Pourquoi as-tu perdu ta force, ta beauté ? Les souffrances sont la charrue de l’agriculteur. Là où passe la charrue, tout se transforme en terre noire : les beaux champs et pâturages deviennent un sol labouré. Ne regrettez pas d’avoir temporairement perdu votre beauté. Regardez le beau visage vivant du Seigneur qui cache en lui une force magique, ce visage ressuscite et renouvelle. Le visage humain n’a pas encore acquis ces qualités. La véritable beauté est pure et sublime, c’est une image de la vérité. Cette beauté donne à l’homme un élan pour le travail ; elle mène à la philosophie positive de la vie et non à la philosophie abstraite et informe que certains philosophes enseignent. Il existe un monde informe et un monde inintelligent, mais il faut savoir que le monde intelligent ne découle pas du monde inintelligent comme l’inintelligent ne découle pas du monde intelligent. L’inintelligent peut être au service de l’intelligent, c’est-à-dire ces formes peuvent devenir porteuses de l’intelligent, mais elles ne proviennent pas de l’intelligent. Ainsi, les paroles du Christ : « Le Royaume de Dieu est annoncé » signifient que tous seront porteurs du Nouveau. Qui tous ? Ceux qui prennent conscience que la vie doit passer dans une nouvelle phase dont le Christ a parlé il y a deux mille ans. Cette phase vient déjà, elle est le présent. Beaucoup vivent encore aujourd’hui avec l’illusion que le Christ viendra une seconde fois sur terre pour les sauver et les emmener avec lui au Ciel. Ils ressemblent à cette jeune fille qui attend que son bien-aimé la prenne du foyer paternel pour l’emmener dans un endroit meilleur et lui montrer comment vivre. Tous les hommes et toutes les femmes sont passées par ces illusions. Lorsqu’elle entre dans la maison de son bien-aimé, la jeune fille doit tenir la maison bien rangée, elle doit cuisiner, nettoyer, s’habiller et se faire belle ; si elle ne sait pas faire cela, elle va en deux ou trois ans perdre l’amour de son bien-aimé. Seul le Divin sauvera l’homme. Donc, lorsqu’Il vient en nous, nous devons être prêts à tout faire pour Lui, à ouvrir nos cœurs et nos esprits et à L’accueillir. Nous devons pénétrer dans notre âme et scruter ses manifestations. Comment se manifeste l’âme ? À travers le corps. Sans le corps qui est son instrument, elle ne peut pas se manifester sur le plan physique. Plus elle se manifeste, plus le corps est modelé. Ainsi, ayez à l’esprit l’idée que, quel que soit le moment choisi, le Divin doit s’incarner en vous, c’est une pensée réelle car on peut l’expérimenter à tout instant. Avec le Divin, il n’y a ni changement de nature ni évolution, alors qu’avec le réel il y a une évolution, mais pas de changement de nature : il y a une évolution dans la réalité. Il n’y a pas d’ombres dans la réalité, les ombres existent en dehors d’elle comme quelque chose d’impalpable et de fictif. Ce qui est idéal, c’est-à-dire le Divin se base sur le réel et le réel se base sur les ombres ; le réel peut toujours créer une ombre et l’idéal créer une réalité. Le rapport entre l’idéal, le réel et les ombres de la vie est différent. L’idéal en tant que forme dans la vie est le principe intérieur en vous que vous percevez avec votre âme, c’est la base de l’âme. Le réel est la manifestation du monde extérieur, objectif qui ne change pas de nature, mais évolue. C’est ainsi que l’esprit humain et l’âme humaine se perfectionnent. « Le Royaume de Dieu est annoncé », ce qui signifie : Le Royaume de Dieu est prêché. Qu’adviendra-t-il de vos fils et de vos filles si vous ne leur parlez pas pendant leur croissance et leur développement, pensez-vous qu’ils resteront les mêmes ? Il se trouvera toujours quelqu’un d’autre pour leur parler et les instruire. La nature elle-même, le monde invisible commenceront à leur parler et les instruire : ils éveilleront en eux certaines pensées, sentiments, passions à travers lesquels ils apprendront. Les parents disent : « Il y a des choses que les enfants ne doivent pas savoir » ; c’est vrai, mais il y a aussi des choses que les enfants doivent savoir. Lorsque ta fille aura un certain âge, tu lui diras toute la vérité pour qu’elle sache ce qui l’attend, tu la prépareras pour la vie. Que fait la mère aujourd’hui ? Lorsque sa fille aura grandi, elle lui confectionnera une robe à la mode, elle l’arrangera au mieux et la présentera aux autres pour montrer qu’elle est devenue une jeune femme à marier. Elle lui enseignera le côté extérieur de la vie, mais elle ne lui dira rien concernant la nature de la vie ; sa fille restera ainsi avec les illusions de la vie. La mère a déjà éprouvé la souffrance et pourtant elle dit à sa fille qu’elle vivra bien avec son mari et qu’ils vivront encore mieux lorsqu’ils auront des enfants. La mère voit le mari et les enfants souffrir et péricliter, mais soutient le contraire à sa fille, elle lui dit que son mari sera fort et en bonne santé, qu’il l’entretiendra et s’occupera des enfants. Tout cela ne repose pas sur la vérité. Pourquoi ne pas dire à ta fille et à ton fils tout ce que tu as appris, pourquoi ne pas dire toute la vérité ? S’ils savent la vérité, ils garderont les yeux ouverts sur la vie ; ils seront comme l’architecte expérimenté qui sait par avance les entraves et les facilités qu’il aura dans son travail. Certains, lorsqu’ils viennent jusqu’au monde spirituel disent : « Puisque nous sommes arrivés jusque-là, nous n’avons pas peur, nous n’aurons pas de contre temps, on nous recevra avec des chants et de la musique, on nous donnera un bon travail ». Ce n’est pas ainsi : lorsque vous parviendrez jusqu’à ce monde, des joies et des péripéties, des bonheurs et des malheurs vous attendront ; lorsque vous entrerez dans le monde spirituel, vous perdrez même vos meilleurs amis. « Alors ne nous marions pas. » Ce n’est pas une question de mariage. Lorsque vous entrerez dans le monde spirituel, vous comprendrez le sens de la vie et de la mort, des tourments et des souffrances. Les gens d’aujourd’hui considèrent la mort, les souffrances et les tourments comme de grands malheurs, alors qu’à mon avis ce sont les plus grands bienfaits dans la vie. À l’avenir, lorsque nous terminerons notre développement sur terre, le tourment te croisera et te demandera : « Me reconnais-tu ? – Je ne te connais pas. – Je t’ai rendu visite plusieurs fois, mais tu as été à chaque fois mécontent de moi. » Tu croiseras ensuite la souffrance qui te demandera aussi : « Me reconnais-tu ? – Je ne te connais pas, je ne me rappelle pas un tel visage. – Combien de fois nous nous sommes vus, combien de fois nous avons parlé ! Je connais toute ta famille, mais vous vous êtes toujours plaints de moi car vous ne me compreniez pas. » Je dis : les gens ont atteint leur degré de développement actuel grâce aux tourments et aux souffrances ; Dieu se manifeste à travers eux, ils préparent l’individu à l’affection et à l’amour, ils lui apportent les véritables bienfaits de la vie. « La loi et les prophètes ont subsisté jusqu’à Jean ». Que symbolisent la loi et les prophètes ? L’ancienne vie avec toutes ses joies et ses misères. Elle ouvre la voie au Royaume de Dieu. Peut-on vivre sans souffrances ? C’est possible aussi, mais je demande aux savants ce que sera la vie sans tourments et sans souffrances, dites-moi la finalité d’une telle vie ! Vivre sans tourments ni souffrances, c’est devenir plus malheureux que vous ne l’êtes déjà. Si vous entrez dans un monde sans souffrances, dès le lendemain vous direz : « Envoyez-nous des souffrances, nous ne pouvons pas vivre sans elles ». Ce n’est pas de la théorie mais un fait : tant que tu ne comprends pas le sens de la souffrance, tu seras toujours mécontent ; lorsque tu le comprendras, tu trouveras la satisfaction. Si la souffrance te rend visite, tu diras : « Merci de me rendre visite ; que m’apportes-tu ? » Je dis : ne vous hâtez pas de manger la noix avec sa bogue verte ; plantez-la dans la terre, donnez-lui de bonnes conditions pour qu’elle se développe et attendez patiemment qu’elle devienne un grand arbre qui donnera du fruit en abondance, alors vous comprendrez ce qu’elle contient. Tout mon vécu, toutes les grandes idées, toutes les découvertes que j’ai faites se sont réalisées pendant les plus grandes épreuves et souffrances. En étudiant la vie du Christ vous remarquerez la même chose : personne n’a autant souffert sur terre que le Christ et personne n’a reçu non plus de plus grands bienfaits sur terre que le Christ. Ceci montre que Dieu est caché dans les tourments et les souffrances comme dans les joies. Si tu ne reconnais pas Dieu dans le tourment et la souffrance, tu ne Le reconnaîtras pas ailleurs. Si tu ne reconnais pas Dieu dans l’envers de la vie, c’est-à-dire dans le tourment qui comme un lion dévore ton corps et brise tes os, tu ne Le reconnaîtras nulle part. Lorsqu’Il te regarde te tordre de souffrances, Dieu te demande : « Es-tu assez vaillant pour supporter ces souffrances ? » « Le Royaume de Dieu est annoncé ». À travers quoi ? À travers les souffrances. J’expose cette grande vérité devant vous, les âmes éveillées, elle n’est pas pour tout le monde. « Comment pouvons-nous trouver le chemin du salut ? – Lorsque vous comprendrez le sens de la souffrance. » Je demande : où était le diable du tourment et de la souffrance avant la création du monde ? Selon moi il existait comme une possibilité dans l’existence même. Tu t’imagines parfois que ton bienaimé peut être beau ou laid, c’est aussi une possibilité. Que symbolisent les griffes acérées du lion qu’il plante dans le corps de sa victime ? Une possibilité de contenter sa faim. Si tu comprends la loi de transformation de la matière, tu te libéreras des griffes du lion ; si tu ne la comprends pas, il les plantera dans ta peau et te dira : « Idiot, tu as vécu de nombreuses années sur terre, mais sans apprendre la loi de transformation de la matière. Voilà pourquoi je deviendrai ton professeur et je t’apprendrai l’art de transformer la matière. – Jusqu’à quand seras-tu mon professeur ? – Jusqu’à ce que tu apprennes cet art. Ensuite mes griffes n’auront plus de prise sur toi. – Comment pourrai-je acquérir cet art ? – Par le tourment et la souffrance. » Le diable plante ses griffes dans ta peau et tu pleures. Plus tu pleures et plus il rit. Tu dis au diable : « Tu es très cruel. – Je ne suis pas cruel mais intelligent. Lorsque tu deviendras intelligent toi aussi, je serai alors miséricordieux et noble. » Le Christ dit : « Le Royaume de Dieu est annoncé ». Quel est le sens du Royaume de Dieu ? Il enseigne aux humains à se libérer des griffes du lion et des crocs du loup. Il représente la grande science de la vie que vous pouvez acquérir en un jour, il suffit de la souhaiter pour l’acquérir. Lorsque j’étudie l’homme je vois qu’un des grands freins à son succès est le doute. Tu dis : « J’ai un avis personnel ». Tu as un avis particulier, mais tu veux te sauver. Le chemin du salut est difficile. Aujourd’hui, tous les êtres humains sont face à des portes différentes : pourvu qu’ils tombent face à la porte du salut. Il y a des écriteaux sur toutes les portes pour indiquer où on va, mais la porte du salut est entourée de diables : ils guettent l’arrivant ; lorsqu’ils voient les diables, les humains s’enfuient. Ne fuyez pas devant cette porte, mais arrêtez-vous devant elle et attendez qu’elle s’ouvre. Tant que vous n’irez pas chez le diable, vous n’irez pas auprès de Dieu non plus. Le diable participe au conseil de Dieu, Dieu discute souvent avec lui. Un jour, Dieu lui a demandé : « As-tu prêté attention à mon fidèle serviteur Job ? Il n’a pas son égal parmi les humains. – J’ai un autre avis sur lui. Laisse-le moi, je peux l’éprouver. Il est pieux et fidèle car il est riche et dispose de tout. Je vais lui prendre sa fortune, ses enfants, sa santé, tu verras ensuite ce qu’il est. – Fais l’expérience, mais tu ne lui ôteras pas la vie. »[3] Vous aussi, vous voulez maintenant que Dieu ait une bonne opinion de vous, c’est possible, mais le diable viendra aussitôt pour vous éprouver. Il suffit que Dieu dise de quelqu’un qu’il n’y a pas de meilleur disciple que lui dans tout Sofia pour que le diable vienne et soit d’un autre avis ; il dira : « Laisse-le moi, je vais l’éprouver ». Le Seigneur vous laisse entre les mains du diable. Vous dites : « Quel est ce Seigneur qui donne la liberté au diable de nous éprouver, nous attendons qu’Il nous aime et non qu’Il nous éprouve ». Donc, vous voulez qu’il ne tombe pas un seul cheveu de votre tête ; vous voulez la fortune du Seigneur pour vous et pour toute votre famille sans faire le moindre sacrifice pour lui ; vous voulez être les maîtres et Dieu, votre serviteur. Vous serez un jour des maîtres, mais vous passerez d’abord par le diable qui plantera ses griffes dans votre corps. Lorsque des ulcères couvriront votre corps, lorsqu’on vous prendra toute votre fortune, alors votre Dieu se manifestera : voilà le nouvel enseignement. Lorsque vous comprendrez ces grandes choses, vous maîtriserez l’alchimie qui permet d’obtenir les choses par la magie, instantanément. L’alchimie sous-entend la transformation de la matière d’un état inférieur à un état supérieur. Vous voulez que je vous dise quelque chose d’encourageant. Vous avez raison si vous êtes des enfants : vous avez besoin de poupées et de vêtements pour elles, alors que si vous êtes une jeune femme à marier de vingt et un ans, auriez-vous besoin de poupées ? Si vous donnez une poupée à une fille de cet âge, elle se vexera. Vous avez dépassé le stade des poupées, il est temps de nettoyer et de travailler ! Ainsi, le Royaume de Dieu est annoncé. Le sens de ce Royaume est d’apprendre le sens de la souffrance, d’apprendre à ouvrir des flacons, à les vider et à les remplir avec du nouveau. Lorsque nous ouvrons les flacons, cela montre que Dieu veut rejeter l’inutile pour que tous nos tourments, tous les troubles, tous les mauvais sentiments et pensées s’écoulent. Lorsque nous nous mettrons à gémir, Dieu nous serrera entre Ses doigts comme un flacon plein et videra l’ancien contenu pour y verser un nouveau contenu. Puis Il dira : « Tu es prêt maintenant à comprendre le Royaume de Dieu et à y entrer ». Il est dit dans l’Écriture : « Et l’Esprit viendra en vous ». Quand ? Lorsque vos cœurs seront prêts. Lorsque l’Esprit viendra vivre en vous, vous aurez un brasier pour forger les matériaux nécessaires à l’édification de la nouvelle vie. Selon la philosophie que je prêche, je ne dis pas qu’il faut vous résigner, mais je ne dis pas non plus qu’il faut vous arracher les cheveux et vous griffer le visage. Désormais, je demanderai à tous les hommes et à toutes les femmes : « Avez-vous bien combattu ? – Non. – Alors sortez et apprenez. Je ne veux pas que vous soyez vaincus. » Être vaincu est un symbole. Le nouvel enseignement commence par le combat : vous vous battrez deux à deux comme des coqs et ensuite vous serez des amis. Si vous ne devenez pas des amis après le premier combat, vous vous battrez une seconde fois ; en fin de compte vous finirez par être amis, c’est le seul moyen de devenir des disciples du nouvel enseignement. C’est ainsi que les prophètes jusqu’à Jean ont procédé. Par conséquent, il y a un combat et des coups dans le nouvel enseignement tel un pansement pour une blessure. La grand-mère soigne son petit-fils et dit : « Applique un pansement ! – Un pansement de quoi ? – D’herbes. » Il y a deux types de pansements : l’un selon l’ancien enseignement et l’autre selon le nouvel enseignement. Lorsque des religieux se battent, ils sont la risée de tous. Le combat est souvent pratiqué chez les Hindous. Comment réagiriez-vous à la place d’Épictète ? Il était esclave chez un patricien romain qui se comportait très mal à son égard comme avec les autres domestiques. Bien que maltraité Épictète ne protestait jamais, supportant avec un sang-froid et une patience hors du commun toutes les vexations. Un jour son maître l’a battu si fort qu’Épictète lui a dit calmement : « Maître, ne me bats pas aussi fort car tu me briseras la jambe et je ne pourrai plus te servir comme auparavant ». Ces mots ont attisé encore plus la fureur de son maître qui l’a battu avec cruauté jusqu’à lui briser la jambe. Épictète a dit : « N’étais-tu pas prévenu que tu allais me briser la jambe ? » Grâce à sa patience et son sang-froid il a été libéré de son joug et renvoyé dans sa patrie, la Grèce, où il s’est forgé une renommée de grand philosophe. Essaie seulement d’appuyer sur le pied de quelqu’un pour voir le scandale qu’il fera, il se plaindra à tout le monde, tout Sofia saura qu’il a été lésé. Ne te plains pas, mais dit : « Maître, tu me briseras la jambe et ensuite je ne pourrai plus te servir ». Tu as un ami, dis-lui : « Mon ami, tu me briseras la jambe, je ne te serai pas utile ». C’est ainsi qu’il faut comprendre l’enseignement du Christ. Ceux parmi vous qui ne savent pas se servir de ce côté-là, ne peuvent pas être disciples du nouvel enseignement. « Le Royaume de Dieu est annoncé et chacun use de violence pour y entrer ». Cela signifie qu’il faut aspirer à comprendre le sens de ce que Dieu a créé, et accepter les pensées divines. Si vous acceptez les pensées divines, vous êtes dans le droit chemin et plus vous faites face aux tourments et aux souffrances, plus vous êtes dans le droit chemin. Le premier signe pour reconnaître une femme enceinte est la souffrance ; celle qui n’est pas enceinte n’éprouve pas de souffrances ; elle ne souffre pas, mais elle ne peut pas enfanter non plus. La même loi agit dans le monde spirituel. Avant de se marier la jeune fille dit : « Je vivrai comme une reine » ; une fois mariée, elle dit : « Ce que je pensais ne s’est pas réalisé ». Que pensais-tu ? Vivre dans un palais royal sans que la moindre poussière ne retombe sur toi ? Le mariage montre le chemin des secrets divins, le divin en l’homme les révèle. Le nouvel enseignement a aussi un rapport aux humains et ils doivent pour cela se montrer courageux et décidés. Si quelqu’un te bat, dis-lui : « Bats-moi selon les préceptes du nouvel enseignement ». Un étudiant américain était mécontent d’un de ses professeurs et une fois, lorsqu’il l’a retrouvé tout seul à son domicile, il lui a donné deux gifles. Le professeur lui a demandé calmement : « Pas plus que ça ? – Non, je ne pense pas. » Le professeur lui a dit : « Maintenant je vais te démontrer que tu n’as pas bien appris cet art. » Il l’a attrapé, il lui a administré une bonne correction et l’a jeté dehors. Ainsi, celui qui entre dans le chemin du nouvel enseignement doit être courageux dans ses actes. Lorsque vous étudiez cet art, vous devez vous y consacrer entièrement et sans arrêt, Dieu n’aime pas les interruptions. Vous dites souvent : « Dieu, préserve-nous ! » C’est un enseignement humain. Dites : « Seigneur, apprends-moi comment frapper ». Si tu parles ainsi, le Seigneur t’enseignera tout. Que tu fasses du bien ou du mal, fais-le dans les règles de l’art. Celui qui fait du bien, sait aussi faire du mal. Tu dis : « Je ne suis pas un mauvais bougre ». Non, mais tu n’es pas bon non plus. Si tu es très mauvais, tu seras aussi très bon ; si tu es très bon, tu seras aussi très mauvais ; voici le côté positif du nouvel enseignement. Ne vous faites pas d’illusions en pensant que seul le bien existe. Tu dis : « Vivons dans la paix et l’entente ». Non, il faut parfois serrer les poings. « Comment faut-il vivre ? » Vous pouvez vivre de deux façons. Comment vivras-tu avec le lion ? À la manière du lion. Et avec la lionne ? À sa manière aussi. Quoi qu’ils fassent, le loup et la brebis ne peuvent pas vivre en frères. « Ah, mais le loup a mangé une brebis ! » Bien sûr qu’il la mangera ; le loup dit : « Je ne veux pas de grands-mères autour de moi ». La brebis ne doit pas chercher la fraternité du loup mais être vigilante et agile et prendre ses jambes à son cou. L’agilité et la mobilité de l’homme est due au loup qui, en se déplaçant parmi les humains, a éveillé leur conscience. Lorsque l’oiseau tourne la tête à droite et à gauche, je lui demande : « Pourquoi regardes-tu ainsi de tous côtés ? » Il répond : « As-tu essayé les serres du milan ? Comme je les ai essayées, je l’évite de loin à présent pour ne pas le croiser ». Rappelle-toi : le nouvel enseignement exige deux choses : résister aux souffrances et aux tourments d’une part, et d’autre part se préparer à l’amour et à l’affection dans toutes leurs formes. Dans certains cas l’amour peut provoquer le mal. Par exemple tu tombes amoureux d’une belle paysanne qui travaille heureuse et satisfaite dans son champ ; tu la sépares de son travail, tu l’amènes en ville, tu l’habilles comme une poupée et tu te mets à lui faire fréquenter le monde. La jeune femme, mal habituée à cette vie, cède peu à peu aux flatteries des autres jusqu’à ce que tu la perdes un jour. À qui la faute ? À ton amour stupide. Je dis : que Dieu vous protège d’un amour qui corrompt ! Donne la possibilité à la jeune femme ou au jeune homme dont tu t’es épris de se manifester librement. Je recommanderais au jeune homme qui est tombé amoureux de la paysanne de prendre la binette et d’aller chez elle, qu’ils travaillent ensemble ; s’il l’arrache à son environnement naturel pour la poser dans le sien, elle s’avilira. Lorsque vous voudrez manifester votre amour, vous vous abaisserez jusqu’à ceux que vous aimez et vous travaillerez avec eux. Un jour, lorsque le désir de vivre comme vous les animera naturellement, ils passeront sans douleur d’un état à un autre. C’est l’Enseignement du Christ : le Christ vit aussi maintenant à nos côtés jusqu’à ce qu’un jour nous souhaitions nous élever jusqu’à Lui. Compris de la sorte, l’enseignement du Christ a du sens ; si vous ne le comprenez pas ainsi, vous êtes encore dans les illusions. Vous attendrez mille ans encore jusqu’à ce que le Christ vienne parmi vous en tant qu’ouvrier pour vous demander : « Avez-vous besoin de Moi pour que je travaille un peu avec vous dans votre maison ? » Pourquoi le Christ veut-il travailler chez vous ? Parce qu’il vous aime. Il travaillera des années chez vous et parmi vous sans montrer extérieurement son amour. Les gens d’aujourd’hui paradent avec leur amour, chacun dit : « Ne sais-tu pas que mon cœur brûle d’amour ? » Deux-trois ans après, cet amour se dissipe ; n’ayant plus rien pour se réchauffer, on dit : « Il n’y a pas d’amour dans le monde ». La vie actuelle ne nécessite pas un feu qui brûle les cœurs, mais une chaleur divine dans laquelle les cœurs brûlent sans se consumer. Je vous souhaite de retrouver la chaleur divine de vos cœurs que vous avez autrefois perdue. C’est le sens des paroles : « Le Royaume de Dieu est annoncé ». 28 mars 1920, Sofia Traduit par Bojidar Borissov [1] « La Loi et les Prophètes vont jusqu'à Jean ; depuis lors, la bonne nouvelle du Royaume de Dieu est annoncée, et tout homme déploie sa force pour y entrer. » (Luc 16, 16) [2] Il s’agit de Jean le Baptiste. [3] Job 1, 8-12