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1918_12_08 Le royaume divisé

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Le royaume divisé

« Mais Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit :

tout royaume divisé contre soi-même sera réduit en désert,

et toute ville ou maison, divisée contre soi-même ne subsistera point. »

Matthieu 12 :25

« Diviser pour régner ! » C’est la devise du monde contemporain, c’est la devise pour chaque foyer, chaque mère, chaque père, chaque fille, chaque fils, chaque dirigeant, chaque tzar, chaque peuple et chaque culture. Si quelqu’un me demande la raison pour laquelle l’humanité souffre, je dirai que c’est le slogan « diviser pour régner. » Par conséquent, tant que vous avez ce slogan, le malheur vous suivra comme l’ombre suit son maître. Le Christ dit : « Chaque royaume organisé, chaque vie, chaque peuple, s’il se divise, ne subsistera point. » Je vous démontrerai pourquoi. Chaque foyer sous-entend les conditions dont découlent les bienfaits, car le royaume se fonde sur le foyer. Le Christ dit : « Si le royaume se divise, le foyer non plus ne subsistera point. » Par conséquent le royaume et le foyer échoueront ensemble ou, dit en langage commerçant, ils feront faillite. La faillite n’est rien d’autre que tomber dans la condition du domestique, du bœuf, pour être attelé dans le champ et entendre celui qui lève l’aiguillon dire : « Puisque tu as appris à diviser pour régner, maintenant, avance ! »

Aujourd’hui, tous les bulgares dans les champs prônent cet enseignement : « Vas-y, mon fils, divise pour régner, sépare un sillon de l’autre. » Vous dites : « Comme ces champs sont magnifiques ! » Je demande, est-ce que le blé ne peut pas croître sans diviser la terre ? Comment se sont développés autrefois tous les fruits et légumes avant la venue de l’homme ? La façon de cultiver les plantes et les arbres fruitiers aujourd’hui est nouvelle. L’homme dit : « Pour bien cuisiner la femme doit être battue » ; la maîtresse dit : « Pour que la domestique fasse bien son travail, elle ne doit pas sortir souvent en ville et il faut la battre de temps en temps. » Quand la domestique rentre, sa maîtresse se fâche aussitôt et veut savoir où elle a traîné si longtemps. Mais quel est le résultat de cet ordre dans la vie ? Chacun de nos jours, riche ou pauvre, affamé ou rassasié, ressent une nervosité, un mécontentement, quelque chose lui manque.

Que ce se passera-t-il si le cœur, l’estomac, les yeux, les mains, les pieds ou une autre partie du corps se détache de vous ? Aujourd’hui dans la vie, on agit selon la loi de la division, comme les filles et les fils qui s’éloignent de leurs parents. Vous entrez dans une société religieuse, là-aussi vous voyez la division. Le cœur, l’estomac, le cerveau, les poumons ne sont pas à leur place, ils sont divisés. On dit que les gens du monde se querellent pour de l’argent, mais les religieux alors, pourquoi se querellent- ils ? L’argent n’est donc pas la cause de la discorde, mais seulement un prétexte. Pourquoi les époux se querellent, pourquoi les fratries se querellent, quelles sont leurs motivations ? C’est un enseignement mensonger de penser que la division rendra plus heureux. Seul ce qui est désorganisé peut se diviser, pas ce qui est organisé. Les vertus ne se divisent pas, sinon cela engendre le mal. Si les bouteilles dans lesquelles vous transportez l’eau se fendent et se morcellent, où ira l’eau ? Si l’encrier d’une élève se brise et si l’encre se renverse, que deviendra la robe blanche de l’élève ? Elle sera tachée de noir. L’encrier dira : « Comme l’enseignement est diviser pour régner, moi aussi je me suis divisé et mon territoire couvre tout ce qui est noir. »

Le Christ dit : « Chaque maison, divisée contre elle-même, ne subsistera point », c’est-à-dire qu’aucune vie intelligente ne peut plus progresser dès lors que la division apparaît. La maison est l’emblème de l’amour et si la division apparaît dans l’amour, elle ne subsistera pas. Si l’instabilité apparaît, naissent le mal, la haine, les contradictions, ce qui n’est rien d’autre qu’un vide. La première impression que donne le vide est le manque de solidité ; si nous mettons le pied sur un sol marécageux, sans base solide, nous nous enfonçons.

Ainsi dans la vie, la division cause des vides qui deviennent une demeure du mal. Dans la vie moderne, pour organiser une société il faut combler tous les vides. Vous avez de bonnes dents, mais voilà qu’un petit trou apparaît où la nourriture s’accumule, pourrit et la dent commence à se contaminer et sentir mauvais. Pourquoi ? Comme il y a des vides dans la dent, elle a commencé à se diviser car un conflit est né entre ses constituants. Certains me demandent : « Pourquoi j’ai mal à la dent ? – Parce qu’il y a des vides en elle. – J’ai mal à l’estomac. – Parce que tu as des vides en lui. Si une particule se détache d’un organe et abandonne sa mission, et s’il n’y a aucune autre cellule pour la remplacer, alors se manifeste à cet endroit un état douloureux qui n’est rien d’autre que la rupture du lien divin. Si vous essuyez des insuccès dans la vie, cela est dû à cette grande loi ; dans ces cas les médecins disent que les cellules à cet endroit sont malades.

Lorsqu’une division survient en nous, nous éprouvons un malaise. Quand la division se produit-elle ? Lorsque naît l’avidité, c’est-à-dire l’élan de dominer, de gouverner qui s’appelle l’individuation. Les pays, les foyers se forment par la division. Ce processus est possible dans l’évolution de la vie, possible dans la nature, mais il n’y a pas de vie en lui. Dans la cosmogonie, on appelle cet état le chaos. Voilà des milliards d’années, il y a eu des combats épiques entre les divinités dans l’espace, elles ont provoqué d’énormes explosions qui ont formé les mondes. D’épuisement, ces divinités ont rapetissé, sont devenues de petits humains et raisonnent aujourd’hui sur de grandes questions : « Nous avons divisé le monde et nous l’avons créé », sans se rendre compte qu’ils sont la cause de ces mondes divisés. Je dis : « Vous donnez au Seigneur le matériel, vous avez amené les pierres et le Seigneur a créé le monde avec elles. » Le corps humain se forme de la même manière. Il y a eu d’abord une lutte entre les petites cellules qui, une fois épuisées ont été réunies par le Seigneur et forment ainsi aujourd’hui l’organisme humain. Nous disons : quelle création merveilleuse que l’être humain ! Dans ce processus de division est intervenu le processus d’union.

Le Christ dit à ses disciples : « Aucune entreprise ne peut réussir s’il y a une division. » On accepte une pensée, mais on dit dans son for intérieur : « Ai-je raison ? » Je dis : tu es divisé et c’est pourquoi tu n’auras aucun succès. Tu penses à faire une maison ou à étudier une science, mais tu hésites, tu ne réussiras pas car tu es divisé. Si deux jeunes gens doutent l’un de l’autre, ils feront mieux de ne pas se marier. Ainsi, hommes et femmes commencent à jouer, allument des feux leur vie durant jusqu’à brûler eux-mêmes et brûler leurs enfants avec eux : la famille entière disparaît à cause de la division. Les scientifiques disent alors : « Cette famille a dégénéré. » Je dis, dans cette famille il y a une division. Quelqu’un peut me demander : « Est-ce que j’entrerai dans la Royaume de Dieu ? » S’il y a une division en vous, vous n’y entrerez pas. « Serons-nous érudits, serons-nous sauvés, serons-nous bons ? » Si vous êtes divisés, vous ne serez pas érudits, vous ne réussirez pas, vous ne deviendrez pas bons. Vous me demanderez : « Peut-il y avoir un humain qui ne se divise pas ? » Oui. Le processus de division est un phénomène mécanique et non spirituel. Ce que vous appelez division, par exemple lorsqu’un arbre pousse, ce n’est pas une division mais une multiplication. La multiplication est un processus organique ; la division est la coupure des liens avec la source de la vie.

Souvent nos contemporains créent eux-mêmes de mauvaises pensées. Nous voyons quelqu’un qui aspire à Dieu, mais nous doutons de la pureté de ses intentions et nous disons : « L’élan qui le pousse à aspirer à Dieu n’est pas religieux, n’est pas noble, c’est un diable qui l’y pousse. » Nous agissons comme un juif. Aujourd’hui, tous sont hostiles aux juifs, mais le mot juif n’est pas mauvais, il contient un sens profond. Celui qui porte une croix, qui souffre, est un juif. Pourquoi souffre-t-il ? Parce qu’il n’a pas appris le sens profond de ce mot. Alors certains me demanderont : « Mais que signifie le mot bulgare ? » Certains philologues prétendent que le mot est originaire de la racine boulgour, mais ce n’est pas vrai. Alors à mon tour de demander : « Mais d’où sort le mot boulgour ? » Dans la langue originelle tous les mots avaient une signification précise. Toutes les langues contemporaines sont des traductions d’une ancienne langue divine qui est la source. Trois langues en découlent qui sont les premières transcriptions : le chinois, l’hébreu et le sanscrit. Les chinois écrivent de haut en bas, c’est la première transcription ; les juifs, de droite à gauche, et en sanscrit, on écrit de gauche à droite, c’est-à-dire d’est en ouest, comme nous. La langue chinoise est positive alors que les deux autres sont passives et ont donné naissance aux autres langues. Le mot turc ich signifie l’être originel. Les hébreux ont yod et les autres comme les français par exemple, le w (« double u »). Les turcs disent ich-bou, ce qui veut dire que nous devons écouter cet être qui travaille en nous. Nous connaissons cette racine et disons chia[1], c’est-à-dire je travaille quelque chose, ce qui signifie : celui qui m’a d’abord envoyé sur Terre m’a appris à travailler.

Le Christ dit : « Chaque royaume divisé contre lui-même ne subsistera point. » Prenons l’exemple suivant : si l’enfant qui est dans le ventre de sa mère décide de se détacher dès le premier mois, ou bien si la mère veut le chasser, alors elle fera une fausse couche. Ceci peut se produire du premier au neuvième mois. Quand le neuvième mois arrive, l’enfant ne se détache plus mais il nait. Le processus est arrivé à terme et c’est pourquoi l’enfant nait. Chaque chose qui accomplit un travail et arrive à terme, achève son cycle. Par conséquent, tout royaume qui ne termine pas son travail ne subsistera pas. Cela s’applique aussi à votre vie et je veux que vous respectiez cette loi. Certains me demandent : « Pourquoi de tels malheurs nous frappent ? » Vous avez divisé quelque chose en vous. Qu’est-ce qui se passera si votre pensée et votre cœur se séparent ? Certains disent : « Si j’ai une pensée, je n’ai pas besoin de cœur » ; d’autres disent : « Si j’ai un cœur, je n’ai pas besoin de pensée. » Ce sont des élucubrations. Une jeune fille dit : « Je cherche un homme doté d’une faible intelligence, mais de beaucoup d’argent. » Le bonheur n’est pas dans l’argent. Souvent les humains disent : « Pour ne pas souffrir on ne doit aimer personne. » Les malheurs sont dus au fait que lorsqu’une pensée divine ou un sentiment divin naissent en nous, nous voulons nous en débarrasser, ce qui engendre de grandes souffrances. Un tel foyer, une telle société, de tels érudits, tous dégénèrent et de nouveaux individus les remplacent.

Dans le verset étudié, le Christ fait deux comparaisons : chaque royaume et chaque maison. Le Christ dit : « Si je chasse les mauvais esprits par l’Esprit de Dieu, le Royaume de Dieu est en vous. » Le Christ ne dit pas qu’il divise mais dit qu’il chasse les mauvais esprits. Chasser et diviser sont deux choses différentes. Qu’un homme chasse sa femme ou bien qu’il la quitte, ce sont deux choses différentes. Chasser quelqu’un, c’est lui trouver du travail ailleurs, alors que le quitter, c’est briser ce lien qui lui donne des conditions de travail. Si quelqu’un te dit qu’il n’y a pas de Seigneur, il te divise. Si un homme convainc une femme qu’elle peut vivre avec un autre homme, il l’a divisée ; elle se met à vivre avec un autre, un troisième et finit très mal. C’est une loi. Les turcs disent : « Uvarlaian tach temel toutmas », ce qui veut dire : une pierre qui roule ne prend pas racine. Certains disent : « Changer d’idées ou rouler d’un endroit à un autre n’est pas la même chose. » Oui, changer d’idée est une chose, rouler des idées en est une autre. Changer de bœufs est une chose, et les transformer en saucisson ou en rosette en est une autre.

Maintenant, nous voulons réorganiser la société contemporaine, mais la première chose est d’apprendre à ne pas diviser. Pour cela il faut apprendre l’art de l’union. Diviser est facile alors qu’unir est très compliqué. Lorsqu’en vous apparaîtra le mot division, qu’apparaisse tout de suite son contraire, l’union, et vous apprendrez aussitôt à transformer la division en union. Divise, mais seulement ce qui est inutile dans ton corps. Par conséquent, la loi en filigrane dans ce verset est : la première chose, la plus importante est de ne pas diviser le bien. Les religieux, les gens vertueux ne doivent pas se diviser.

Il y a en Amérique des prédicateurs réputés, mais ils sont souvent victimes de calomnies, de tentatives d’usurpation. Si on usurpe leur place, est-ce que le monde sera meilleur ? Ou bien ailleurs, un peuple mécontent de son roi, car il serait mauvais, veut le détrôner. De telles divisions sans fin se produisent aussi en nous. Le mal est dans ce que nous cherchons à vouloir la place les uns des autres. Ne pensez-vous pas que le second roi, conscient des pratiques de destitution, ne prendra pas toutes les mesures pour sauvegarder son trône et s’entourera d’une armée, d’une cavalerie, qui érigera des potences, des prisons pour les agitateurs, etc. ? Et qu’est-ce qui en résultera ? Une division. Il dit : « Au lieu que je perde mon trône, c’est toi qui perdras ta place. » Je demande en quoi ce roi te gêne alors qu’il est à sa place sur son trône ? En quoi te gêne le coq, monté sur un muret ou dans un arbre, en train de chanter ? Je vois des enfants qui à la vue d’un coq qui chante ramassent des cailloux et les lui jettent ; et ce dernier de rétorquer : « Pourquoi ne pas chanter ici ? » Tu peux en ta qualité de coq occuper une place, et dans ce monde il y a assez de place pour des milliers de coqs. Je dis alors : dans la vie, les coqs doivent chanter et les poules caqueter ; les chants des coqs annoncent le beau temps, alors que le caquetage des poules signifie que le travail divin qui leur a été assigné est déjà achevé. Si la poule essaie de chanter comme un coq, cela ne présage rien de bon. Le coq en chantant signifie à la poule : « Les conditions sont favorables pour que tu pondes un œuf. » Puis il tourne autour de la poule et lui demande : « As-tu terminé ton travail ? – Oui. – Bien, je me réjouis que nous ayons accompli un excellent travail pour le Seigneur dans ce monde – répond le coq. »

Maintenant les humains demandent pourquoi le coq chante, pourquoi la poule caquette. La poule dit : « Donne-moi du travail. » On dit de quelqu’un qu’il chante comme un coq ou qu’il caquette comme une poule. Je respecte tous les hommes qui chantent comme des coqs et toutes les femmes qui caquettent comme des poules, mais après avoir achevé leur travail.

Les religieux caquettent souvent avant de terminer le travail, avant d’avoir pondu l’œuf. En quoi consiste la ponte de l’œuf ? Ils ont un projet : « Faisons une association ! » et ils se mettent à spéculer au lieu d’agir. La jeune femme fait un plan et commence à songer à son mariage, à sa vie avec son mari, à l’éducation des enfants et c’est un caquetage avant que le travail soit terminé. Lorsque vous établissez un plan, chantez, c’est le chant du coq, et lorsque le travail sera terminé, caquetez. Lorsqu’il pense, l’être humain doit chanter et lorsqu’il ressent, il doit caqueter. Quand je dis qu’il doit chanter lorsqu’il pense, j’utilise des synonymes, j’entends qu’entre la pensée et le chant il y a des similitudes. Caqueter et sentir sont aussi des synonymes. Je développe une philosophie et cela m’est égal si vous chantez ou caquetez. Les gens sont libres de chanter ou de caqueter selon ce que le Seigneur leur a ordonné. Lorsque le coq renonce à chanter et la poule à caqueter, il y a une division. Beaucoup de femmes demandent : « Pourquoi le Seigneur m’a faite femme ? » Pour caqueter ! C’est un excellent travail ; cela signifie que tu dois annoncer au monde que le travail est achevé.

Lorsque le coq chante, cela montre que le travail est à son début et lorsque la poule caquette, cela indique que le travail touche à sa fin. Mais je dis que la queue du serpent est plus importante que sa tête. Le serpent attrape sa victime avec la queue. Le loup saisit sa victime dans sa gueule, le cheval tue sa victime avec ses sabots, mais la plupart des animaux se servent de leur queue. La queue c’est la femme, c’est-à-dire ce membre de l’organisme commun qui termine le travail. La tête commence le travail et la queue le termine. Je ne vais pas approfondir ce sujet davantage. Certains disent : « Nous ne voulons pas être la queue. » Je demande ce que vaut la tête sans la queue, tout le corps est une queue de la tête. Nous devons donc nous libérer de ces compréhensions erronées de queue et de tête et avoir à l’esprit que nous sommes tantôt queue, tantôt tête. Lorsque nous agissons, nous sommes queue et lorsque nous trouvons la grande loi de l’organisation, nous sommes tête. Beaucoup de femmes sont queue à présent, mais elles seront tête à l’avenir et beaucoup d’hommes qui sont tête à présent, deviendront queue.

Mais il y a plusieurs sortes de têtes : têtes végétales, têtes animales, etc. C’est un terme général. Quelle tête souhaites-tu être ? Être la tête du coq qui chante ou la queue de la poule qui caquette, feras-tu alors un travail d’élévation ? Lorsque tu prendras un œuf que la poule a pondu, tu apprendras comment est créé le monde : l’œuf renferme le mystère de tout l’univers. Toutes les vérités se trouvent dans cet œuf, le monde entier n’est rien d’autre qu’un œuf de poule agrandi. Lorsque la poule pond son œuf, elle caquette pour signifier : « Comme j’ai pondu cet œuf, ainsi le Seigneur a créé le monde. » Vous prenez l’œuf, vous le cuisez, mais sans comprendre comment est fait le monde. Nous agissons ainsi envers toutes les pensées sublimes qui nous rendent visite. Nous devons prendre l’œuf et le comprendre avec notre intelligence et non pas avec notre estomac.

Nous vendons tout ce qui est beau en nous. Une idée sublime vient à une jeune fille qui rend ses traits jolis, son nez, sa bouche, ses yeux, mais elle commence à se vendre. On lui dit qu’un jeune homme possède mille levas, mais il ne lui plaît pas ; on dit d’un autre qu’il en a cinq mille, mais il ne lui plaît pas non plus ; finalement, elle vend son visage pour un gros compte en banque. Voici un écrivain que Dieu a couvert d’aptitudes ; il se met à écrire en ne songeant qu’à ce que cela va lui rapporter ; s’il songe aux profits éventuels, il ne peut appliquer aucune idée divine. Prenez les romanciers modernes : ils écrivent l’histoire d’une héroïne qui est tombée dans le coma et qui est morte. Je ne comprends pas pourquoi le héros ou l’héroïne doivent mourir ; cela signifie que pour l’auteur l’héroïne s’est détachée de la source divine. Une jeune fille ou un jeune homme qui se meurent s’éloignent de Dieu. Lorsque quelqu’un mange trop, il meurt, c’est-à-dire qu’il a mangé une nourriture impure, contre nature. Les gens qui mangent de la nourriture naturelle ne meurent pas. Aujourd’hui, les disciples qui lisent des romans aiment les héros qui se meurent, et ils tâchent de les imiter ; le jeune homme dit quelque chose à la jeune fille, elle se meurt d’amour et il l’aide à retrouver ses esprits. « Chaque royaume, divisé contre soi-même, ne subsistera point. » S’ils se marient, ces deux jeunes gens ne vivront pas bien ensemble.

Ayez en tête que je vous décris des relations également inscrites au sein de la nature. Je vous parle de cette grande loi de la nature, de cette grande vérité vivante à laquelle vous pouvez aussi vous lier, qui est le Nouvel enseignement. La loi de cette grande vérité divine est la suivante : les érudits actuels te lieront et te délieront, ils t’attèleront et te détèleront, ils feront jouer l’aiguillon. Ce n’est pas une religion. Dans l’Enseignement divin tu te lieras et te délieras tout seul. Lorsque vous viendrez auprès de moi pour me dire que vous souhaitez suivre mon enseignement, je vous demanderai si vous êtes prêts à vous lier et à vous délier. Nous voulons désormais que nos contemporains transforment leur conscience d’un état animal en une conscience éveillée. Je veux que vous mettiez votre bride tout seuls et que vous l’enleviez aussi tout seuls. Je demande au bœuf : « Toi qui as de la volonté, sais-tu pourquoi ta bride a été mise et peux-tu t’en libérer ? »

Vous allez à l’église, vous vous prosternez, vous faites le signe de la croix. Je vous demande pourquoi vous faites le signe de la croix, qu’avez-vous appris de cela dans cette vie ? Vous devez savoir que lorsque vous mettez la main à votre front, c’est pour dire que cette tête doit raisonner, c’est-à-dire que le coq doit chanter ; lorsque vous mettez les doigts en bas, c’est pour savoir si la poule caquette, s’il y a de l’amour dans le cœur ; les doigts mis à droite, c’est pour savoir si l’œuf est pondu, et à gauche, s’il est couvé ; c’est accomplir un grand travail pour Dieu. Vous direz que j’interprète les choses à ma manière. Interprétez-les à votre manière. Et lorsque tu te signes, mets cette idée en action. Je veux dire que chacun de nos actes, chacune de nos pensées, chacun de nos sentiments doit avoir une valeur déterminée en nous.

Notez que vous aurez des difficultés dans ce monde pour la raison suivante : il y a des poules qui ne caquettent pas car elles ne pondent pas ou si elles pondent, elles font couver leurs œufs dans les nids des autres, ou bien elles couvent les œufs des autres. Le mécontentement nait lorsqu’on couve les œufs des autres. Qu’est-ce que couver l’œuf d’un autre ? Chaque œuf est l’emblème d’une vie : si tu cherches la vie divine, tu la trouveras dans un œuf divin ; si tu cherches une vie intellectuelle, tu trouveras cet œuf ; si tu cherches l’amour, tu trouveras cet œuf. De ce point de vue, les gens sont très pragmatiques, lucides : s’ils veulent un petit rossignol, ils couvent un œuf de rossignol ; s’ils veulent des pommes, ils prennent des pépins de pommes ; on ne peut pas semer la graine d’une plante pour obtenir une autre plante. Ceux qui divisent agissent de la même façon. Cette division existe en vous et tous les malheurs en découlent ; c’est l’anéantissement de notre force. Notre culture contemporaine renferme cette loi de la division. Vous avez des fils et des filles et vous voulez qu’ils réussissent dans la vie ; si vous insufflez l’unité dans vos âmes, vous pourrez insuffler l’unité chez vos fils et vos filles et ils réussiront.

Faites plusieurs essais, pas un seul. Le premier essai peut réussir, ce qui ne veut pas dire que tous les autres seront systématiquement réussis. Un essai est réussi uniquement s’il réussit quel que soit le contexte. J’ai vu des magiciens qui ont planté douze coups de couteau en effleurant la poitrine d’une femme sans qu’elle en pâtisse, tous leurs essais ont réussi sans exception ! Vous vous dites en les regardant : « Cette femme sera tuée. » Vous devez acquérir la même maîtrise. Mais que se passe-t-il aujourd’hui ? Vous plantez le couteau directement dans le cœur ou la tête de quelqu’un. Quelqu’un mène une vie pieuse pendant cinq ou six ans et l’abandonne ensuite. Pourquoi ? Quelqu’un lui a planté un couteau dans la tête ou dans le cœur, il a été victime d’une division.

À mes yeux, Dieu n’est pas seulement utile au monde, Il est indispensable. La vie, la pensée, la volonté sont des manifestations de Dieu. Tout ce qui est sublime et noble en nous est une manifestation divine, aucun Seigneur n’existe en dehors de cela. Certains disent : Je veux voir Dieu. » Tu ne peux pas voir Dieu tant que tu ne Le ressens pas d’abord ; tu ne peux pas voir le fruit du pommier tant que tu ne le plantes pas. Sans avoir pondu d’œuf, beaucoup parmi vous disent : j’ai fait ceci, j’ai fait cela. Non, tant que le coq ne chante pas et que la poule ne caquette pas, le travail n’est pas fini. L’un doit penser et l’autre doit sentir ; l’un doit commencer le travail et l’autre le terminer. Je veux que vous aussi vous finissiez le travail. Vous me direz : « Nous sommes des gens incapables, incultes. » Je ne veux pas que vous fassiez tourner la Terre, elle tourne de toute façon toute seule ; je veux que vous accomplissiez le travail pour lequel vous êtes prédestinés. Vous dites : « Je ne peux pas arranger le monde. –  Il est arrangé ! – Je ne peux pas aider les pauvres. – Il n’y a pas que toi, le monde entier s’occupe d’eux ! » Je me demande comment vivent ces petits moucherons dont vous ne vous préoccupez pas ! Par conséquent, dans notre philosophie contemporaine, dans notre pensée, il y a des vides qui engendrent la dysharmonie et créent des états maladifs.

Le Christ disait aux juifs : « Vous vous êtes divisés et chaque royaume divisé contre soi-même ne subsistera point », ce qui signifie : « Puisque vous ne me croyez pas, votre royaume ne progressera pas, ni votre religion. » Et c’est vrai que leur royaume s’est arrêté là. Cette loi est vraie pour tous les peuples : chaque peuple qui clame qu’on ne peut vivre dans ce monde avec droiture est voué à l’échec. Les Bulgares par exemples sont malchanceux dans les guerres. Ceci montre que le principe « diviser pour régner » n’est pas gagnant. Il nous faut un cœur et une pensée. En tant que peuple vous devez apprendre à penser bien et à sentir avec justesse. Il n’y a aucun peuple qui ne puisse sentir l’oppression actuelle. Tous les peuples qui ont oppressé d’autres peuples seront effacés en tant qu’organisation. Tous ces royaumes ont disparu et il ne reste que ceux où il n’y a aucune division. Paul dit : « Il n’y a ni juif, ni grec, ni scythe, ni barbare. » Vous dites : « Celui-ci est chrétien, mais anglais, alors que celui-là est allemand et ainsi de suite. » Auprès du Christ il n’y a pas de division.

Les juifs sont des êtres du cœur, mais comme ils sont près de l’estomac, ils sont matérialistes et apprécient l’argent. Ils sont proches du plan spirituel et du plan matériel, et c’est pourquoi ils ont poignardé le Christ dans la région du cœur. Ils disaient : « Nous ne voulons pas de cette zone, car nous voulons devenir un grand peuple », et c’est pourquoi ils ont perdu ce qui leur était donné et se trouvent depuis deux mille ans sans royaume. On les remet désormais dans leur ancien territoire. Le royaume hébreu sera petit. Le Seigneur leur dit : « Votre terre ne sera ni grande ni petite. » Ainsi, le cœur est-il déjà déterminé.

Vous me demanderez : « Et les Bulgares, où sont-ils ? » Les Bulgares sont dans le foie car ils sont très bilieux, ils aiment la terre et disent : « Du blé, du blé, nous voulons du blé. » Le foie est nécessaire, mais s’il s’atrophie, des malheurs nous frappent ; et s’il rapetisse, cela ne présage rien de bon non plus. Le foie doit fonctionner pour sécréter la bile. Par conséquent, si les Bulgares disparaissaient il y aurait un grand blocage dans le monde qui entraînerait de grandes souffrances.

Tous demandent aujourd’hui : « Qu’est-ce qu’il adviendra de nous à la Conférence[2] ? » Le Seigneur dit à ceux qui y siègent de prêter attention au foie, car si sa vésicule biliaire explose, toutes les civilisations iront au diable. Vous trouverez où siègent les autres peuples. Alors, ne soupirez pas, ne vous angoissez pas, le Seigneur s’occupe du foie, il est nécessaire, on ne peut pas vivre sans lui. Par conséquent il ne faut pas tolérer la division entre vous. Il y a un lien étroit entre le cœur et le foie, ils sympathisent : le cœur est très sensible, le foie est plus passif, et ainsi ils s’aiment. Je résous ainsi la question avec les Bulgares : en tant que symbole du foie ils sont à leur place et la vésicule biliaire ne sera pas endommagée. Remerciez d’être Bulgares et ne vous inquiétez pas de votre avenir. Tâchez d’avoir de l’unité dans vos pensées, sans division, sans peur. La peur peut exister, mais elle doit être à sa place ; on peut avoir de la misère, mais il faut l’accueillir puis la renvoyer poliment. Lorsqu’un misérable vous rend visite, lavez-lui les pieds, nourrissez-le et renvoyez-le ensuite ; agissez de même avec la fortune. Sachez que dans toutes nos croyances, chaque enseignement est à sa place, c’est pourquoi le Christ dit qu’il ne faut aucune division entre nous.

Il y a aujourd’hui en Bulgarie beaucoup de divisions, beaucoup de factions et chacune se bagarre pour le pouvoir, alors qu’il vaut mieux s’unir, jouer ensemble comme un orchestre. En ce moment, c’est l’unité qu’il nous faut, pas la division. Les Bulgares se nuisent beaucoup par cette division. Je ne les condamne pas pour cela, mais je les sensibilise là-dessus car les cellules du foie sont les plus niaises, les plus incultes, même si elles renferment les conditions de la future culture. Il y a toutefois une différence entre les différents types de foie. Le foie d’un bœuf et celui d’un humain diffèrent ; les foies d’un ange et d’un Chérubin diffèrent aussi ; les cellules de ce dernier pensent comme vous. Ne pensez pas être érudits du fait d’appartenir au foie ; votre situation sur Terre est très incertaine car il y a parmi vous beaucoup de divisions. Vous les Bulgares ne savez pas quel Maître servir : être anglophiles ou russophiles ou germanophiles, vous vous baptisez de beaucoup de noms. Je dis : tournez-vous vers le Seigneur et signez-vous devant Lui. Il vous rendra intelligents et bons pour vous permettre de pondre cet œuf et de bien le couver, pour qu’il ne devienne pas un œuf avarié.

Il y a un lien étroit entre la politique et la religion. Je dis que la culture actuelle annonce : « Unissez-vous, rassemblez-vous. » Il est dit dans les Écritures : « Si une main s’assemble avec une autre main, elle ne réussira pas », car les voleurs aussi s’assemblent. Les Bulgares qui dansent ensemble se tiennent par la main ; c’est un gain. Pourquoi tournoient-ils pendant la danse ? Pour s’inspirer dans le mouvement de la vie. Ensuite les jeunes gens se marient ; le mariage est un mouvement différent : vous ne tournoyez pas, mais vous marchez en ligne droite.

Je fais l’analogie suivante : les quatre roues de la voiture tournent, mais qu’est-ce qu’elles apprennent ? Rien, elles ne font que soulever la poussière. Si je demande à l’essieu ce qu’il a appris, il dira : « Je n’ai pas tourné et je n’ai rien appris. » Si je demande aux bœufs qui avancent en ligne droite ce qu’ils ont appris, ils me diront ; » Rien, nous avons juste soulevé de la poussière » ; celui qui conduit la voiture me dira la même chose. Mais la culture n’est pas rien. Tu tourneras et tu ne tourneras pas, tu avanceras et tu n’avanceras pas, tu tiendras la bride et tu ne la tiendras pas : voici en quoi consiste la culture. En rentrant à la maison, nous ferons une traduction et nous dirons : les roues ont tourné, l’essieu restait immobile, les bœufs avançaient, leur bride était tenue. Nous sommes une calèche divine qui avance pour amener la vie divine d’un endroit à un autre, du moulin à la maison, pour préparer une tourte que nous mangerons de retour chez nous. Où est ce « chez nous » ? Dans les champs, plus près du Seigneur. Je préfère manger à découvert, dans la nature, près d’une source pure plutôt que dans le restaurant le plus raffiné de Sofia. La demeure est dans la nature et elle est alors plus près de Dieu.

En disant que chaque royaume divisé contre soi-même ne subsistera point, le Christ sous-entend que chaque royaume de violence, chaque foyer de violence se divisera, s’anéantira. Par conséquent cet enseignement criminel doit être rejeté et aucune division ne doit subsister entre vous à l’avenir. S’il y a une division entre vous, vous verrez seulement le dos de la vie car elle ira dans une direction et vous dans une autre. S’il y a une division entre vous, vous ne verrez Dieu que de dos, le Royaume de dos, l’ombre des choses. Ne vous divisez pas, mais rassemblez-vous et attirez les gens auprès de vous.

Maintenant je vous vois, vous vous divisez en partis. Quand je vous vois, je reconnais qui est libéral, qui est démocrate, qui est radical. À quoi je le reconnais ? À vos têtes qui ont une forme libérale ou populaire ou autre. Chaque tête a sa forme. Si tu es radical, connais-tu leurs lois ? Si tu es démocrate, connais-tu les lois de la démocratie ? Quelqu’un dit : « Je suis prêtre, je suis chrétien, je suis enseignant. » Tu dois connaître cette matière en théorie et en pratique ; sinon, tu n’es rien. Je vous vois parfois dans votre qualité d’enseignants, mais où est votre vécu ? Vous direz : « Nous avons étudié ainsi. Oui, mais je vous ai dit de tourner et de ne pas tourner ; tourner, c’est être dans la périphérie, ne pas tourner c’est être au centre. Celui qui a la maîtrise de soi est au centre. Si vous renoncez à l’enseignement de la division, tous les jours d’hiver seront beaux et vous ne prendrez pas froid. Je ne prendrai pas froid même s’il y a des courants d’air, je n’attrape rien de mal car je ne me divise pas, je me conforme à une autre loi, je suis auprès d’un autre poêle. Celui qui ne se divise pas ne prendra pas froid.

Le Seigneur dit : « Si vous m’écoutez, si vous ne vous divisez pas, votre monde sera limpide et vous aurez toutes les bénédictions. » Si vous écoutez le Seigneur, si vous ne vous divisez pas et si vous travaillez pour Lui, Il vous apparaîtra. Comment ? Comme le musicien dans une maison. Il rentre dans la maison, et s’il est bien disposé il prend le violon et se met à jouer ; mais s’il ne l’est pas, il ne jouera pas. Vous voulez que le Seigneur joue, mais si le Seigneur vient et se rend compte que les cordes sont cassées, comment jouera-t-Il ? Vous direz : « Nous demandons des miracles. » Il n’existe pas de miracles béats, il existe dans le monde une seule grande sagesse qui met chaque chose à sa place. Ne divisez pas, mais unissez et envoyez partout de bonnes pensées. Vous demandez si c’est possible. C’est possible. Il y a un seul mot dans mon vocabulaire : possible. Certains disent : « On peut alors se diviser. » Non, ceci est impossible car celui qui divise, s’épuise. Tu peux t’éreinter. Je dis à cet homme : « Tu peux devenir riche pour être miséreux » et je dis à un autre. « Tu peux devenir riche. » Le résultat de ces deux possibles est donc : la richesse pour l’un et la misère pour l’autre.

C’est ce que le Christ sous-entendait par les paroles adressées aux juifs : « Moi, avec l’Esprit de Dieu, je chasse les démons, je mets de l’ordre et je ne désunis pas et vous serez inscrits dans une école pour apprendre la loi du rassemblement. » Que les Bulgares apprennent cette leçon des juifs pour ne pas se retrouver dans leur situation. Les juifs diront : « Il ne sera pas pardonné aux Bulgares qui n’ont pas retenu cette leçon depuis deux mille ans, malheur à eux s’ils ne t’écoutent pas à présent. » Alors que tous clament aujourd’hui : « Les juifs sont de mauvaises personnes. » Non, ce sont des gens de bien car à mon sens les plus mauvais dans ce monde sont les meilleurs dans l’autre monde et vice versa.

Ne séparez pas votre intelligence de votre cœur, unissez-vous, hommes et femmes, que tous les peuples s’unissent dans cette culture de l’avenir, que l’esprit humain s’unisse à Dieu. Ce n’est qu’alors que nous aurons une culture sublime qui apportera dans le monde la paix et la joie auxquelles nous aspirons.

Sofia, 8 décembre 1918

Traduction par Bojidar Borissov

 


[1] Шия (chia) – transcrit le verbe « tisser » en bulgare

[2] Il s’agit de la Conférence de paix de Paris de 1919 organisée par les vainqueurs de la Première Guerre mondiale afin de négocier les traités de paix entre les Alliés et les vaincus

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