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Troisième conversation

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TROISIÈME CONVERSATION 

Les conversations entre le Maitre et ses disciples devinrent une merveilleuse tradition que les disciples entretenaient avec ferveur. Ce jour-là, sans doute un des plus beaux du printemps, tout vibrait de la joie irradiée par la floraison du pommier, par les petits nuages de la voute céleste et par le bourdonnement des abeilles tôt éveillées pour accomplir leur tâche.

Cette fois-ci, ce fut le Maitre qui entama la conversation. Dès son arrivée, il nous dit qu’il apportait une pensée qu’il avait préparée comme du pain pour des enfants affamés.

LE MAITRE. — Dans la vie de l’homme viennent, inévitablement, aussi bien des états positifs que des états négatifs. Tout cela arrive afin qu’en lui se forme la si précieuse qualité qu’est la patience. Chacun doit apprendre l’art de patienter jusqu’à ce que l’état négatif en lui se transforme en positif. Cela arrive d’une manière naturelle, imperceptible. Vous pouvez être visités par la peine, les pleurs, la douleur et même l’humiliation, mais il faut les supporter. Comment réagira une personne ordinaire, c’est une autre question ; mais, dans ces cas-là le disciple doit dire : « Aujourd’hui, je souffre, j’ai du chagrin et je suis humilié ; mais cela montre que je suis de service. Je suis placé à un poste pour soulever de l’épaule une petite partie de la peine du genre humain. Demain, on peut venir me relever et un autre viendra à ma place. » Seul celui qui peut parler ainsi et agir ainsi est un disciple. Il est bon de savoir que la patience, que nous pouvons appeler l’élixir de l’âme, est difficile à conquérir, car elle exige aussi bien de la volonté que des sacrifices.

LE DISCIPLE. — Très souvent je me demande jusqu’où s’étendent les possibilités qu’a l’homme de connaitre non seulement la nature, mais aussi l’âme humaine ? En d’autres termes, quelle partie de la sublime connaissance de Dieu, de la nature et de l’homme peut parvenir à la connaissance de la raison humaine ?

LE MAITRE. — Le degré des connaissances que l’homme peut acquérir au cours de sa vie sur Terre dépend de nombre de choses. II y a des gens pour lesquels n’est même pas accessible cette connaissance qui, en principe, est accessible à chaque personne ordinaire. IIs ne peuvent pas l’assimiler, car ils n’ont pas fait d’efforts pour développer leur esprit et sont restés arriérés dans leur développement. Une des principales causes en est qu’ils ne possèdent pas cette pureté intérieure qui est indispensable au développement de l’esprit. Bien que cela puisse vous paraitre étonnant, il vous faut savoir que pour le développement de l’esprit il est nécessaire d’avoir intérieurement cette pureté dans les pensées, les sentiments, les intentions et les actions.

Les connaissances que les gens d’aujourd’hui ont du monde, de la nature et de la vie, tout comme celles qu’ils ont de l’âme et de son immortalité sont tout à fait superficielles. Ce ne sont même pas des connaissances, mais, la plupart du temps, seulement des conjectures. Dans une telle situation se trouvent également une grande partie des croyants, des gens religieux, et même nombre de ceux qui se nomment « occultistes ». Si je demandais à un de ceux qui « savent» depuis combien de temps ils sont sortis de leur maison Divine, ils diront que cela est inconnu. Et combien d’entre eux ont des nouvelles de leur père, de leur mère ? Au lieu de répondre, ils hausseront les épaules. La seule réponse qu’ils donneront, c’est qu’ils croient en Dieu. Qui profite d’une telle croyance ?

Si vous restez assis dans votre chambre et que vous croyiez que, dehors, il y a du soleil, et que vous ne sortiez pas pour qu’il vous réchauffe, en quoi vous est profitable votre croyance qu’il y a le soleil ? Si vous vous enfermez dans une cave et qu’en tant que savant vous étudiez la puissance de la lumière solaire, suivant des données que vous avez obtenues théoriquement, ou bien si vous calculez la longueur d’onde d’un des rayons du spectre, en quoi cela peut-il vous profiter ? Il est vrai que chaque connaissance enrichit la science ; mais cela ne représente qu’une accumulation de faits. Ces faits n’ont transformé que l’aspect extérieur de la science contemporaine, mais ils n’ont pas transforme l’homme. La connaissance est ce que nous obtenons du contact direct avec les vérités de la vie, dont nous avons reçu l’influence bienfaisante, tout en nous libérant des influences défavorables d’une succession d’erreurs qui existent tant en nous qu’au-dehors de nous-mêmes.

Toutefois, qu’observe-t-on dans la vie ? Les jeunes gens vieillissent prématurément, car en eux surgit le désir de grandir rapidement. Ils se

dépêchent de prendre part à la vie politique, afin de pouvoir voter, puis pour devenir des députés et enfin des ministres. D’autres jeunes, qui ont commencé à suivre la voie spirituelle, s’empressent de briller par une certaine érudition et se persuadent qu’ils sont savants et parfaits. Dans ce dernier cas se cache un grand danger, car le jeune homme, pas encore suffisamment affermi dans ses vertus, agit comme un mentor et un précepteur. Très rapidement, il sera gagné par une grande déception, car, encore débile, il se charge d’une trop lourde tâche.

Voilà en quoi consiste le manque de pureté intérieure que j’ai cité. Réfléchissez un peu : comment un homme possédant un cerveau qui ne pèse qu’un kilo et demi peut-il vouloir tout savoir ? De plus, toutes les possibilités potentielles de ce cerveau ne sont pas encore développées. Un tel appareil à penser peut-il embrasser l’univers tout entier ? Et savez-vous quelle est la capacité de penser d’un être appartenant à la hiérarchie des anges ? Par sa qualité, exprimée par la possibilité de percevoir les rythmes élevés, tout comme les profonds, cette possibilité est aussi grande que la puissance de penser des cerveaux humains de notre planète tout entière. Quelle sera la situation d’un tel disciple présomptueux s’il se compare à un tel être ?

Ne soyez pas découragés par ces paroles, mais ne perdez pas la mesure de ce qu’est en général l’homme sur la Terre.

LE DISCIPLE. — S’il en est ainsi, je me permettrai de vous demander, Maitre, qu’est-ce qui est le plus précieux en l’homme ? Nous savons que chaque homme a un intellect, des sentiments et de la volonté. Mais, cependant, il y a au-dessus d’eux quelque chose d’autre, car chaque esprit n’est pas parfait, tous les sentiments ne possèdent pas la pureté du cristal, chaque volonté n’est pas bienfaisante. Qu’est-ce qui leur est supérieur ?

LE MAITRE.— Je réponds directement : l’âme !

Il y a dans ce monde des forces qui peuvent transformer le charbon en diamant et le diamant en charbon. Cette transmutation alchimique est rare, mais possible dans le monde physique. Mais, en ce qui concerne l’âme humaine, prenez en considération que nulle force au monde ne peut transmuer l’âme — qui est le diamant le plus parfait — en charbon. L’âme demeure pour toute l’éternité une pierre précieuse dans le royaume des cieux, car l’âme est issue du souffle Divin. En outre, n’oubliez pas que l’âme ne peut pas se corrompre. Elle est toujours pure. Je vous dis cela afin que vous ne perdiez pas courage. Quand vient en vous une contradiction, dites :

Mon âme est pure ! J’ai pu me salir provisoirement, mais mon âme est pure.

Parfois l’homme agit raisonnablement, parfois déraisonnablement. Toutefois, cela ne concerne pas son âme.

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