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VI - Conversations avec le Maitre. Première conversation.

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Conversations avec le Maitre

(Questions et réponses)

PREMIÈRE CONVERSATION

C’était pendant une de ces journées de printemps, quand on se sent constamment en proie à une radieuse émotion. Cela provient de partout et, probablement, surtout de la beauté somptueuse des arbres fleuris, au moment où nul pétale de leurs fleurs embaumées n’est encore tombé. Les profondeurs du ciel, d’un pur bleu de cobalt, faisaient s’évanouir les contradictions de l’esprit humain, cet éternel errant parmi les problèmes insolubles.

Un groupe de disciples s’était abrité sous l’abri de forme allongée dans la prairie de l’Izgrev ; dans un silence total, il écoutait les réponses du Maitre qui tombaient comme des grains salutaires dans les âmes des auditeurs assoiffés de savoir et de lumière.

Le disciple qui posait toujours les questions demanda :

LE DISCIPLE. — Quel est le plus grand nombre, d’après la Science Divine secrète ? Se trouve-t-il dans l’infiniment longue série de nombres, ou bien finit-il par la notion d’infini ?

LE MAITRE. — Le plus grand nombre est le Un. II est si grand que l’univers n’est pas en état d’assumer un second Un, sauf celui qui existe déjà.

LE DISCIPLE. — Mais, ne savons-nous pas qu’il existe un si grand nombre de choses dans le monde et que chaque chose est en quelque sorte une unité, d’où il s’ensuit que les nombres grandissent sans arrêt ? N’est-il pas vrai que dans l’astronomie l’unité de mesure grandit sans arrêt et peut parvenir aux limites des connaissances humaines ?

LE MAITRE. — Ce que vous me dites maintenant est une de ces si nombreuses apparences au milieu desquelles erre l’imparfaite connaissance humaine de la véritable réalité. Pensez et tentez de vous représenter l’infini du un, et que toute la multitude fait partie de lui. Les nombres qui suivent le un — deux, trois, quatre, cinq et les suivants — ont été obtenus par la division du un. Quand nous disons « deux », l’enfant comprend deux noix ou deux pommes, mais le Sage comprend deux parties du un. C’est ainsi, car le un ne se répètera jamais.

LE DISCIPLE. — S’il en est ainsi, comment donc se sont formées les opérations arithmétiques puisque dans la Création il n’existe que le un ?

LE MAITRE. — Dans son évolution, l’homme a créé des milliers de sortes d’opérations et de combinaisons avec les parties du un, mais les mathématiciens doivent savoir que la première et unique opération arithmétique, à laquelle se prête le un, est la division. La fleur, l’oiseau, le lion, tout comme l’homme, sont issus d’un tout petit oeuf, fécondé par l’impulsion créatrice de la nature, et l’univers tout entier est issu d’un tout petit grain, fécondé par la pensée du Créateur.

LE DISCIPLE. — II me semble que je commence à comprendre quelque chose de vos explications.

LE MAITRE. — De même que vous, tous les disciples vont également comprendre quelque chose de la Sublime Vérité et d’autant plus que sera grande leur méditation, assoiffée de connaissances, sur ce que vous apprenez des Paroles et de la vie.

LE DISCIPLE. —Je médite sur beaucoup de choses, mais il m’est encore difficile de saisir celles qui sont en dehors des choses quotidiennes et celles que les philosophes appellent transcendantales, et que les mathématiciens nomment irrationnelles.

LE MAITRE. — Ce qui est transcendantal à cause de la raison par laquelle nous résolvons les problèmes quotidiens de la terre est une réalité pour une autre raison qui n’est pas encore éveillée chez les humains de ce monde. De même, les grandeurs irrationnelles sur la Terre sont rationnelles pour un autre monde, qui est plus élevé que celui dans lequel nous vivons. Les grandeurs incommensurables des mathématiques, elles aussi, correspondent à des réalités réalisées, pour lesquelles l'unité de mesure est la même que celle d’ici, et que nous ne pouvons pas concevoir comme une conception achevée.

LE DISCIPLE. — Quand je commence à réfléchir sur ce qu’il me semble savoir, et quand je le compare aux questions que je me pose et auxquelles je ne peux pas répondre, alors il me devient clair que ce que je ne sais pas est une énorme montagne, tandis que ce que je crois connaitre est un tout petit caillou, gros comme un grain de millet. Par exemple, parfois je ne sais pas pourquoi je souffre et pourquoi les hommes souffrent, tandis que les joies sont si petites et si brèves.

LE MAITRE. — Étant donné que vous avez parlé de la joie et de la douleur, je vais vous dire que ce sont des états qui ne sont pas constants, mais changeants. L’homme passe d’un état à l’autre suivant la loi des rythmes, et sans connaitre cette loi; les gens souffrent parce qu’ils pensent que ce monde a été créé seulement pour les plaisirs. Chacun pense que ce monde a été créé uniquement pour les plaisirs, que, mis à part le monde, les gens sont bons, et que Dieu est injustement cruel à son égard. Les gens peuvent difficilement se faire à l’idée que les souffrances sont nécessaires pour l’évolution de l’âme et que, du point de vue spirituel, ce sont elles qui accomplissent le travail constructif le plus utile.

(II se fit un silence plus prolongé. Une âme pleinement éveillée et une autre vision, issue d’un oeil intérieur, auraient pu saisir et apercevoir le flot ascendant et lumineux de la pensée que le Maitre dirigeait vers les mondes invisibles, mais le disciple assoiffé était pressé. II ne voulait pas laisser passer une seule minute du temps qui s’écoulait dans une telle proximité du Sage Beinsa Douno, et il se demandait comment il allait commencer à parler d’une de ces questions qui l’intéressaient tellement.)

LE DISCIPLE. — Est-il vrai que tous les changements qui se produisent dans l’état d’âme de l’homme ont leur répercussion sur son état physique ? S’il en est ainsi, la médecine contemporaine devrait chercher les causes de toutes les maladies dans la perturbation de l’équilibre de plans situés au-dessus du plan physique, comme par exemple sur le plan émotionnel (astral) ou celui de la pensée (mental) de l’homme.

LE MAITRE. — Les observateurs plus attentifs — médecins ou psychologues — ont remarqué le lien qui existe entre l’un et l’autre, et il n’y a déjà plus de discussion au sujet de l’influence du mental sur le physique ; mais, pour certains, ce n’est encore qu’une affirmation qui, quoiqu’elle soit vraie, n’est pas encore aussi évidente que pour ceux dont les yeux spirituels sont ouverts. Ceux qui sont initiés aux processus qui s’effectuent dans les mondes au-delà du monde matériel savent qu’une perturbation de l’harmonie du champ de forces qui enveloppe le corps de l’homme est toujours accompagnée d’une

perturbation des fonctions de l’organisme. Disons sans détour que les processus physiologiques sont en dépendance directe avec les changements provoqués dans ce champ, l’aura, qui est le centre de ces forces appelées courants biologiques. Ceux qui sont initiés aux sciences spirituelles savent que ce champ (que nous pouvons comparer, quoiqu’inexactement, au champ électromagnétique qui se forme autour d’un conducteur dans lequel passe un courant, dans lequel est plongé le corps physique) dépasse de quelques centimètres, et parfois même de quelques décimètres, les contours du corps humain. Pour les yeux qui voient, cela représente une planchette ou un écran sur lequel sont enregistrées toutes les fonctions de l’organisme.

LE DISCIPLE. — Est-ce que la sensibilité de ce champ est si grande ?

LE MAITRE. — En ce qui concerne la sensibilité, non seulement du corps invisible, mais aussi de l’organisme humain chez certaines personnes, je vais vous donner un exemple tiré de l’homéopathe.

LE DISCIPLE. — Qu’est-ce que l’homéopathie ?

LE MAITRE. — L’homéopathie est une méthode thérapeutique qui consiste à soigner les malades à l’aide de remèdes à doses infinitésimales. Ce qui est remarquable dans cette thérapie est que, pour qu’elle puisse devenir efficace, la dose doit être au-dessous d’un minimum. Une des façons d’obtenir une de ces doses infinitésimales est la suivante : si dans un récipient, de la capacité d’un litre, nous versons de l’eau pure et ensuite nous y jetons une goutte d’une teinture mère, comme par exemple du permanganate de potassium, après avoir agité l’eau, cette goutte va se répartir sur les molécules de l’eau et nous obtiendrons une solution de un pour mille (1:1 000), à condition que la goutte ait un volume de 1 centimètre cube. Si dans un autre litre d’eau pure nous versons une goutte de la première solution, alors nous obtiendrons une dilution de 1 : 1 000 000. Les homéopathes soutiennent qu’une telle manipulation des dilutions doit se faire même jusqu’à trente fois pour obtenir une dose homéopathique qui soit déjà propre à la thérapie homéopathique.

J’ai pris comme exemple la thérapie homéopathique pour que vous voyiez quelle importance peuvent avoir pour le traitement les petites quantités de substance et, de là, que vous en tiriez une déduction sur l’importance de petites idées qui pénètrent, sciemment ou inconsciemment, dans notre conscience. Elles sont beaucoup plus

efficaces que les idées qui sont désignées par le mot de « grandes ». Avoir en soi-même la petite idée homéopathique, ordonner sa propre vie, est plus utile et plus accessible que l’idée d’ordonner le monde. Je vous dirai que la remise en ordre du monde, dont les gens parlent si souvent, n’est pas une tâche humaine. À l’homme, il a été donné pour tâche de mettre en ordre son propre monde ; ce faisant, il contribue déjà avec quelque chose à la remise en ordre du monde entier.

Si l’homme versait dans sa conscience une dose homéopathique du Bien, quoiqu’elle soit infinitésimale, elle remplirait sa vie tout entière. Alors, la lumière dans sa vie augmenterait aussi, et son état de santé se renforcerait également. Le Bien améliore la santé. Mais s’il verse une dose infinitésimale de Mal, alors ce dernier s’accroitra et il se formera un enfer qui détruira toute sa vie.

LE DISCIPLE. — Comme tout cela est intéressant et important!

LE MAITRE. — Chassez de vous-même toute mauvaise pensée, afin qu’elle ne se transforme pas en fantôme. Laissez vos mauvaises pensées mourir de faim afin qu’elles n’empoisonnent pas votre vie.

LE DISCIPLE. — Combien peu de temps vécu avec vous est suffisant pour que nous apprenions tant de Vérités utiles !

LE MAITRE. — Mais quelle grande quantité de temps et de travail sont requis pour convertir ces Vérités en vie !

LE DISCIPLE. — Pourquoi est-ce que la parole, qui possède une si grande puissance transformatrice, et par laquelle l’homme est supérieur au règne animal, n’est pas capable, immédiatement et sans obstacles, de transformer les conceptions erronées de l’homme ? N’est-il pas vrai que la parole est la plus grande arme ?

LE MAITRE. — Quand les âmes humaines s’incarnent sur la terre, elles tombent immédiatement au pouvoir des illusions et des suggestions. Les forces ténébreuses, qui ont pour tâche de faire obstacle à l’évolution, créent aussi bien les illusions que les suggestions négatives. Souvenez-vous que la suggestion est une qualité humaine. Celui qui cède à la suggestion peut rencontrer quelqu’un qui possède une plus grande faculté de suggestion et dont il pourra adopter des idées qui gêneront un développement correct. Le moindre sera qu’elles freineront son évolution. Pour ces raisons, les êtres lumineux ont pour tâche de transformer les suggestions en inspirations. Les hommes nouveaux, et plus spécialement les disciples, doivent passer de la suggestion à l’inspiration. L’inspiration est la loi Divine. Elle ne vient pas de l’homme, mais d’un monde supérieur. Si l’on peut influencer la suggestion par une autre suggestion, par contre on ne peut pas influencer l’inspiration. C’est quelque chose d’invariable. C’est pourquoi les gens qui cèdent à la suggestion sont variables, tandis que ceux qui sont inspirés sont invariables et stables.

Les gens qui sont inspirés apprennent tout sans effort, tandis que ceux qui ne se prêtent pas à l’inspiration doivent fournir de gros efforts pour apprendre quelque chose. Pour ceux qui sont inspirés, tout devient facile et naturel, et ils sont en harmonie avec eux-mêmes et le milieu environnant.

LE DISCIPLE. — Quand j’écoute ce que vous dites, je suis de plus en plus convaincu que l’évolution est un processus lent et difficile. Combien de choses ne doit-on pas surmonter afin de pouvoir pénétrer sur la voie qui mène à la perfection ! Et combien d’habitudes prises ou héritées on doit anéantir en soi-même pour pouvoir s’appeler disciple !

LE MAITRE. — II y a réellement quelque chose de vrai dans ce que vous dites, quoique ce ne soit vrai que du point de vue de la logique humaine. II est également vrai qu’il faut vaincre les défauts et les habitudes négatives ; mais ceux qui dirigent l’évolution savent que les infirmités des humains sont les meilleures conditions pour que la force de l’homme se manifeste. Le véritable et essentiel travail sur la Terre est de les surmonter. Du point de vue de la Science Divine, les infirmités et les faiblesses de l’homme sont les signes de la direction erronée suivie par le cours de sa vie. Quand on a compris cela, il est inutile de se lamenter et de philosopher, mais il faut se saisir de cette eau et la diriger vers son moulin, pour qu’elle commence à moudre son blé. Vous savez, n’est-ce pas, combien de dégâts peut causer une rivière qui n’a pas été canalisée ? Elle ravage les semailles, détruit les maisons, cause toutes sortes de malheurs. Cependant, cette même eau, lâchée dans le chenal du moulin ou bien dans le générateur d’une centrale électrique, accomplira un très grand travail qui, de plus, sera utile.

Il n’est pas facile à quiconque de lutter contre ses infirmités. Ce n’est pas facile, mais c’est essentiel, et le monde spirituel estime hautement les efforts de celui qui s’en est chargé. Il est difficile de résister et de ne pas suivre la pente créée par les générations passées. Mais si vous réussissez à rejeter ces infirmités, alors vous êtes génial. Dans la vie, on peut observer certains cas montrant quelqu’un qui subitement prend une certaine habitude qui a été la caractéristique d’un de ses aïeux et cette habitude se transforme en un maitre brutal, non seulement de ses pensées, mais aussi de ses sentiments. Dans ces cas-là, la lutte est difficile ; mais en persévérant dans ses efforts et avec la foi dans le Principe Divin déposé en nous, aussi bien qu’avec le secours des aides invisibles, on parvient à la victoire.

LE DISCIPLE. — Dans quel sens doivent être dirigés les efforts du disciple, si une telle lutte lui est imposée ?

LE MAITRE. — Chaque homme et, d’autant plus, chaque disciple, doit posséder une idée Divine fondamentale qui soit le principe directeur de sa vie. Aucune suggestion qu’elle soit extérieure, ou bien ayant pris connaissance en lui-même, ne doit assombrir l’éclat de cette idée fondamentale. Elle doit être sa lumière, sa mesure et son repère d’orientation dans chaque chose de sa vie. Si, par exemple, un ami vous demande de faire quelque chose pour lui, comparez tout de suite sa demande à votre idée Divine fondamentale. Si ce que l’on vous demande n’est pas à l’unisson du Divin qui est en vous, alors déclinez cette demande, en faisant tout votre possible pour que cela se fasse sans causer beaucoup de peine, et faites-le avec sagesse. Mais si ce qu’il vous demande est en accord avec votre mesure Divine fondamentale, alors faites ce que l’on vous demande.

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