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Ani

1917_01_28 Pour l’accomplissement de tout ce qui est écrit

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Pour l’accomplissement de tout ce qui est écrit

 

« Car ce seront des jours de vengeance,

pour l’accomplissement de

tout ce qui est écrit »[1].

Luc 21 :22

           

Dans ce verset, le mot vengeance sonne bizarrement, ce qui indique qu’il n’est pas à sa place. Il n’y a pas pour le moment de mot plus approprié pour exprimer le sens des paroles du Christ, ni dans la langue bulgare ni dans les langues étrangères. Ce mot peut être remplacé, dans une certaine mesure, par bilan, équilibre, balance, jugement. Le Christ, considéré encore aujourd’hui comme un idéal pour la pensée, le cœur, la volonté et les aspirations, a prononcé quelques paroles amères. Même si elles sont difficiles à entendre, elles sont bénéfiques pour l’âme humaine comme un remède amer peut être bénéfique pour l’organisme malade. Comment l’être humain pourrait-il redresser ses idées déformées s’il ne les confrontait pas aux idées justes ? Beaucoup de chrétiens pensent encore de nos jours qu’ils peuvent vivre comme ils l’entendent, faire des erreurs sans avoir à répondre d’elles, sans en assumer les conséquences ; ils pensent qu’il suffit de se repentir en se tournant vers Dieu pour que leurs péchés soient effacés. Les péchés s’effacent uniquement par la réparation.

            La véritable vie idéale exclut tous les crimes et méfaits. Le péché, les erreurs sont des choses transitoires, greffées sur la vie. Ils surviennent parfois consciemment, parfois inconsciemment ou, selon les termes de la jurisprudence, avec ou sans préméditation. Par conséquent, la tâche des humains ne se limite pas à commettre des crimes et des péchés. Ils sont venus sur terre avec la nécessité de se développer. Ils ont une grande mission, une grande prédestination, faire la conquête de la terre, être les seigneurs du monde animal. Que signifie conquérir ? Qui peut conquérir et régner ? Être souverain sur la terre signifie la cultiver comme il se doit, mettre partout de l’ordre. Être le souverain du monde animal signifie le gouverner, en prendre soin et en obtenir la reconnaissance. Seul l’être humain libre, intelligent et vertueux peut gouverner la terre et être le seigneur des créatures plus faibles.

            « Car ce seront des jours de vengeance pour l’accomplissement de tout ce qui est écrit ». Ce verset peut être vu plus largement, du point de vue de l’humanité entière, ou plus étroitement, du point de vue de la vie de l’homme et celle de son corps. Le corps humain représente la terre avec toutes les plantes et les animaux : poissons, oiseaux, mammifères. On doit conquérir tout cela mais, comme on appartient au Seigneur, on porte la responsabilité des créatures qui lui sont subordonnées et dont on est le souverain pour un temps. Le Christ dit : « Seigneur, ces brebis que tu m’as données sont à Toi, c’est pour cela que je sacrifie ma vie pour elles. »[2] Voilà pourquoi chaque être humain doit savoir qu’il porte la responsabilité de chaque pouvoir qui lui est donné. Chacun veut être puissant, mais l’acquisition de cette puissance a du sens uniquement si elle est utilisée pour quelque chose de bon et de grand, sinon elle est inutile. La puissance ainsi que les talents et les aptitudes des humains, s’acquièrent progressivement, en se développant, et non pas d’un coup. Savez-vous combien de milliers d’années la chenille a travaillé pour acquérir l’art de tisser, de s’envelopper dans un cocon et de se transformer en papillon ! Ceux qui ne sont pas familiers avec l’histoire naturelle diront que Dieu a tout créé. Dieu a donné des conditions à toutes les créatures vivantes pour se développer, mais c’est à elles de fournir les efforts pour améliorer leur existence, c’est-à-dire pour passer d’un niveau inférieur à un niveau supérieur. Celui qui veut examiner le développement de certaines créatures, qu’il prenne un ver à soie pour l’observer au microscope, puis à la loupe pour voir les processus qu’il traverse, comment ses cellules se différencient tant qu’il n’atteint pas la forme d’un petit ver, puis une larve, puis un cocon et enfin un papillon. Vous direz que le développement du ver à soie est un processus inconscient. Le ver à soie vit inconsciemment sur terre, mais dans un monde supérieur au monde terrestre, le ver à soie est une créature consciente. C’est pourquoi il est dit dans les Écritures : « Là où se trouve ton cœur, tu te trouveras aussi »[3] ; autrement dit, tu vivras là où est ta conscience. Si la conscience du ver à soie n’est pas présente sur terre, il passe à nos yeux pour une créature inconsciente.

            Le ver à soie vit inconsciemment sur terre, mais que dire de l’homme qui fait l’expérience du fils prodigue ? Il s’est éloigné de Dieu, il a brisé le lien avec sa conscience supérieure et est parti voyager dans le monde. Est-ce que l’être humain a le droit de s’éloigner de Dieu ? Si le lien entre le divin et la conscience humaine est coupé, l’homme peut s’éloigner de Dieu, voyager de par le monde, boire et manger la fortune de son père avec ses mauvaises fréquentations, garder les porcs et finir pieds nus et en guenilles ; puis enfin, lorsque sa conscience s’éveille, il aura le droit de revenir auprès de son père et de dire : « Accueille-moi comme l’un de tes domestiques, je ne suis pas digne d’être ton fils, j’ai péché devant toi et devant Dieu, j’implore ton pardon ». Et le père a le droit d’accueillir son fils avec joie, de l’embrasser et de le serrer dans ses bras et d’ordonner qu’on sacrifie en son honneur le veau le plus gras. Et le plus grand frère a le droit de se fâcher que son père ait sacrifié le veau le plus gras pour le retour du plus jeune qui a tout bu et mangé et est retourné auprès de son père, démuni et misérable. C’est le destin de chaque être humain, de chaque famille, de chaque société et de chaque peuple qui s’est détourné de Dieu. C’est ce qui se passe quotidiennement partout dans le monde.

            Il est dit dans les Écritures que le Fils de l’Homme viendra une seconde fois sur terre. Comment sera célébrée sa venue ? Par l’éveil de la conscience humaine. Lorsque l’être humain s’appauvrit, lorsqu’il perd ses biens et se retrouve nu et affamé, alors il prend conscience qu’il a péché, qu’il a pris un mauvais chemin et il se met à attendre la venue du Christ, ce qui indique l’éveil de la conscience humaine. C’est un processus incontournable : chacun doit retourner auprès de son Père, comprendre ses erreurs et se repentir. Ce n’est qu’ainsi qu’il verra les conséquences de sa vie dans le passé et dans le présent. Et le fils prodigue a pris conscience de sa vie passée, il a compris ce qu’il a gagné et perdu et a décidé de retourner auprès de son père. Il a compris que garder les cochons n’amenait à rien ; la faim l’a finalement obligé à revenir chez son père et devenir son serviteur. Vous direz qu’elle est terrible la condition de celui qui se retrouve affamé, misérable et dénué de tout. Si vous en êtes arrivés là, si vous vous êtes repenti et êtes retournés chez votre père, réjouissez-vous que vos oripeaux intérieurs, c’est-à-dire vos défauts aient été mis en évidence : vous les voyez par vous-mêmes et vous les corrigez ; réjouissez-vous que votre intelligence ait été éclairée. Lorsqu’il devient plus intelligent, l’être humain est rassasié, bien habillé et bien chaussé intérieurement, mais il reste affamé et misérable à l’extérieur. Remerciez que la raison soit entrée en vous et que vous puissiez retourner auprès de votre père et dire : « Père, pardonne-moi, j’ai péché devant toi, mais j’ai appris la grande loi qui veut que chacun reçoive sa juste rétribution. »

            « Pour l’accomplissement de tout ce qui est écrit ». Ces paroles s’adressent à toutes les sociétés modernes, aux États et aux peuples. Les peuples européens seront démunis, perdront leur puissance, la terre sera ravagée par la famine, la viande de volaille, de mouton, de porc ne sera presque plus accessible. Le pain sera limité aussi, il n’y en aura guère plus de deux cents à trois cents grammes par personne, il vous arrivera de rester affamé deux à trois jours d’affilé. Chacun se questionnera : « Pourquoi vivons-nous une telle époque ? » Qui est fautif des malheurs dans le monde ? Il n’y a pas un seul fautif, chacun est responsable de ses propres malheurs. Est-ce à tes amis avec qui tu as bu et mangé qu’incombe ta déchéance ? Ils étaient tes convives, tu les as invités pour t’amuser avec eux, tu leur as fourni les provisions pour passer un bon moment ; à qui la faute maintenant ? Puisque tu as bu et mangé sans penser aux conséquences, tu seras à présent héroïque pour assumer la loi de la rétribution, et tu remercieras cette loi qui te donne la possibilité de te racheter.

            Les religieux se préparent à aller dans un monde plus parfait et mieux organisé lorsqu’ils quitteront celui-ci. Si des fruits pas mûrs tombent des arbres fruitiers, finissent-ils dans les étalages au marché, sur la table d’un personnage fortuné, dans la poche d’un enfant ? Les fruits pas mûrs resteront au pied de l’arbre jusqu’à ce qu’ils pourrissent ; pour eux l’autre monde est fermé ; les fruits pas mûrs resteront longtemps sur l’arbre, le monde d’ici, jusqu’à ce qu’ils mûrissent. Ainsi, pour les créatures mal préparées, ce monde et l’autre monde sont identiques. L’être humain vivra longtemps sur terre pour apprendre, croître et se développer tant qu’il ne finit pas son développement. Il suivra ici les cours au primaire, puis au collège, puis au lycée et à la faculté, entrera finalement dans la grande école de la vie pour appliquer ce qu’il a appris et accéder enfin au monde organisé, appelé Ciel. On accepte au Ciel uniquement les érudits qui sont totalement mûrs. Lorsqu’on s’y rend, on est chargé aussitôt d’une mission qu’il faut mener à bien ; on n’y accepte pas les personnes sans travail. Celui qui y entre impréparé, y restera deux ou trois jours comme invité, puis un travail lui sera confié ; s’il ne peut le mener à bien, il sera renvoyé sur terre.

            Une vieille femme a rêvé qu’elle se rendait dans l’autre monde. La première chose qu’elle y a vue était une grande table couverte d’une nappe blanche où se tenaient quelques vieillards aux cheveux blancs avec un livre à la main. Elle a compris qu’ils lisaient quelque chose. Elle était troublée de ne pas savoir comment leur parler ni comment d’adresser à de tels personnages instruits. L’un d’eux lui a demandé : « Pourquoi es-tu venue ? Sais-tu lire et écrire ? – Je ne sais pas, mon fils, je n’ai pas appris. – Puisque tu ne sais pas lire et écrire, alors tu porteras de l’eau. – Mon fils, j’ai porté de l’eau toute ma vie sur terre, cela me pèse, et vous me donnez encore ce travail ! – Si tu ne veux pas porter d’eau, alors tu retourneras sur terre pour apprendre à lire et à écrire.

Tant qu’il est sur terre, l’être humain passe par trois régions de la vie. La première région est l’estomac. S’il vit encore dans l’estomac, il se conforme aux règles et aux commandements de l’estomac. L’estomac organise des festins et rassemble des convives : tout le monde se met à table en attendant de se faire servir par la maîtresse de maison : on envoie, l’un après l’autre, la soupe, du poulet rôti ou de la dinde, des steaks et on arrose tout cela de vin vieilli pour égayer l’esprit des convives ; ils mangent tous et bénissent le Seigneur pour les douceurs qu’Il leur a octroyées. Voilà comment on entend la vie du point de vue de l’estomac. Si vous demandez à l’être humain pourquoi il mange des poules, des moutons et des cochons, il répond que c’est ordonné ainsi par Dieu que l’homme soit le souverain des animaux pour les dominer. Il engloutit tous ces animaux dans son ventre et se sent content. Lorsqu’ils y entrent, ils se mettent à le questionner : « Seigneur, que faisons-nous ici ? » Chaque animal commence à agir à sa façon : le cochon se met à fouiller le sol, le bœuf, à écorner, la poule, à disséminer ce qu’elle trouve, la dinde, à se gonfler. Peu de temps après l’estomac du « seigneur » s’indispose, sa digestion devient pénible, il souffre et il soupire et appelle un médecin pour qu’il l’examine, s’étonnant de ce qui lui arrive. Simplement, les animaux qui sont rentrés en lui ne peuvent pas se pacifier, ils perturbent l’organisme. Le médecin prescrit un laxatif, le seigneur vomit, nettoie son estomac et se soulage ainsi.

Que signifie le mot vomir ? À mon sens vomir et médire sont synonymes : tout comme la gourmandise perturbe l’estomac, les sentiments malsains et impurs perturbent le cœur. Si vous le savez, ne permettez pas aux sentiments négatifs de rentrer ou de sortir de votre cœur. Pourquoi médire les uns sur les autres ? Si un sentiment négatif rentre dans votre cœur, renvoyez-le immédiatement. Quelqu’un a mangé de la nourriture viciée et fait le tour du quartier pour raconter cela, tant qu’il ne l’a pas vomi pour s’en libérer. Si ce n’est pas lui, il racontera que ce sont ses proches qui en ont mangé. Ne mangez pas d’aliments impurs pour vous éviter de raconter autour de vous ce que vous avez mangé ; ne parlez ni de vous, ni de vos proches. La bouche est créée pour accueillir de la bonne nourriture et non pas pour rejeter la nourriture impure. S’il reçoit et rejette les choses par le même orifice, il a brisé l’harmonie de son organisme. Cette loi est valable pour la nourriture physique et spirituelle : on reçoit d’un orifice, on rejette d’un autre. Si vous acceptez que quelque chose sorte de la bouche, cela doit être le meilleur. Il n’est pas permis au langage humain de se servir de paroles négatives et amères, c’est pourquoi il est dit dans les Écritures : « Vous rendrez compte pour chaque parole vaine. »[4]

La même chose s’applique aux pensées, aux sentiments et aux actes de l’être humain. L’homme est lié au monde intelligent, peuplé de créatures d’une grande culture : saints, anges, archanges qui tiennent compte de toute pensée et sentiment qui sortent de son esprit et de son cœur. Il répondra un jour pour tout ce qu’il a laissé entrer en lui. L’être humain vient sur terre, nait, mange, s’habille, s’instruit ; il dépense une quantité énorme d’énergie solaire sous forme de lumière et de chaleur, et divers éléments : oxygène, hydrogène, azote, phosphore, fer, argent, or, etc. Tout cela coûte des millions et des milliards. Nous voyons l’homme croître et se développer, mais combien coûte-t-il à la nature, nous ne le savons pas ; quelle énergie a été dépensée par les êtres intelligents qui ont travaillé et travaillent sur lui, nous ne le savons pas. Calculez ce que coûte quelqu’un qui a vécu cent ans sur terre pour comprendre s’il a ou non le droit d’abuser de ce qui lui a été donné. Celui qui abuse des bienfaits octroyés se prive des conditions bénéfiques de la vie qui lui permettent de s’incarner et se réincarner. Ne pas pouvoir se réincarner signifie rester à jamais enfermé.

Il n’y a plus de conditions pour le mal aujourd’hui. Le Fils de l’Homme est venu sur terre précisément pour cela, pour libérer l’humanité du mal, des mauvais humains et des animaux. Autrement dit, tous les idéaux ordinaires disparaîtront et seront remplacés par des idéaux éternels ; chaque pensée et chaque désir qui ne se fondent pas sur un haut idéal disparaîtront d’eux-mêmes. Si une seule pensée devait rester dans vos têtes et un seul désir dans vos cœurs, qu’ils soient immortels. Quel sens cela a-t-il de mettre au monde dix enfants dont aucun n’accomplit la volonté de Dieu ? Quel enfant est celui qui n’aime pas son père ? Sans amour, ni la foi ni l’espoir ne peuvent se manifester ; l’amour est le premier et le plus grand stimulus de l’homme. L’amour de Dieu envers l’humanité, envers tout ce qui vit L’oblige à venir dans le monde parmi les humains. Dieu visite d’ordinaire le monde dans les périodes d’épreuve et de difficultés, lorsque l’humanité traverse de grandes crises. Aujourd’hui les temps sont difficiles, les humains et les peuples traversent de terribles épreuves et c’est pour cette raison que Dieu est auprès d’eux.

Lorsqu’il est question de la réincarnation, beaucoup la réfutent sans que cela ait la moindre importance. Quand bien même quelqu’un réfuterait un fait, cela n’enlèverait rien à sa réalité. Les humains ont existé depuis les temps préhistoriques et ils existent toujours ; ils se sont incarnés et réincarnés, ce qui les a forgés petit à petit et les a rendus meilleurs. L’être humain se réincarne sous de nouvelles identités. La même chose s’observe chez les peuples. Les peuples d’aujourd’hui, appelés allemands, anglais, russes, français, bulgares, etc. ont existé autrefois sous d’autres appellations. Combien de temps l’homme a-t-il vécu sur terre, cela n’est pas arrêté avec précision, les avis divergent là-dessus. Il a vécu depuis huit mille ans selon la Bible, et depuis dix-huit millions d’années selon les occultistes.

            Le Christ vient sur terre non pour juger les humains, mais pour purifier le monde. Comment le purifiera-t-Il ? Par le feu. C’est pourquoi il est dit dans les Écritures : « Chaque arbre qui ne donne pas de fruit, sera arraché et jeté dans le feu. »[5] L’arbre ne peut pas vivre sur un sol pierreux, il lui faut du terreau ; par conséquent chaque homme qui ne donne pas de fruit, sera arraché et jeté dans le feu. Quand l’homme donne-t-il du fruit ? Lorsqu’il vit selon les lois de l’amour ; il n’y a pas de vie en dehors de l’amour, il n’y a aucune acquisition. Pendant son long séjour sur terre, l’homme a eu la mission de créer un sol fertile pour le labourer, le traiter et le semer comme un agriculteur avec ses champs ; sur ce sol sont tombés nombre de pensées et sentiments impurs qui l’ont corrompu, il doit donc être purifié. Comment ? En le retournant plusieurs fois avec la charrue et en le laissant sous les rayons du soleil quelque temps jusqu’à ce qu’il redevienne fertile. Pour aider l’homme à purifier son terreau et le libérer du péché, le monde intelligent, c’est-à-dire la providence lui envoie des souffrances. En ce sens, la souffrance est la charrue qui laboure notre sol. Il doit être retourné plusieurs fois et être exposé au soleil tant qu’il n’est pas purifié, c’est ainsi qu’il redevient apte à recevoir des sentiments et des pensées purs. Des milliers d’années durant, l’amour divin doit agir sur l’âme humaine pour nouer des fruits. Tant que ces fruits ne sont pas mûrs, il est normal que l’homme soit aigri et amer ; plus longtemps il s’expose au soleil, plus il est sucré jusqu’à mûrir complètement et être plein de saveur et d’arôme ; le processus de mûrissement est alors terminé. Ainsi, si vous voyez quelqu’un d’aigri et de mécontent, vous saurez qu’il est aux débuts de sa vie, dans un état embryonnaire, à peine en période de nouaison. Après quelques années divines il mûrira et sera sucré, son mécontentement se transformera en satisfaction.

            Ce n’est pas un mal de se mettre en colère et d’être mécontent ; la colère et le mécontentement sont justifiés lorsqu’ils reposent sur un principe. Chaque chose a du sens lorsqu’elle est à sa place, c’est-à-dire lorsqu’elle a une justification. Au temps des Turcs, les Bulgares avaient une grande peur des collecteurs d’impôts. Tant que le collecteur n’était pas là, le bulgare se tenait tranquille au pas de la porte, en taillant un bâton avec son couteau et en débattant de questions diverses avec les voisins. Si par contre quelqu’un venait à crier : « Le collecteur arrive ! », alors le Bulgare sursautait, pointait le bâton vers lui en le taillant en tous petits morceaux, se demandant comment il allait payer l’impôt. Avant cela, il réfléchissait et débattait librement, disant que Dieu n’existe pas ; mais dès que le collecteur d’impôts était là, Dieu existait de nouveau ; le bâton, c’est-à-dire la justice, était implorée. Et il tournait le bâton vers lui-même. Si tu as de l’argent, tu es un prince, un pacha ; si tu n’as pas d’argent, tu perds même ton titre de noblesse.

            Un beau jeune homme jouissait de sa liberté ; en bons termes avec d’autres jeunes filles et jeunes hommes, il se sentait indépendant. Il plaisait aux jeunes filles à cause de la grande liberté qu’il avait et elles l’appelaient prince des princes. Il a décidé un jour de se fiancer, alors les jeunes filles ne l’appelaient plus que prince, puis il s’est marié, alors elles le considéraient désormais comme quelqu’un d’ordinaire parmi les gens ordinaires, puis enfin, il a divorcé d’avec sa femme, devenant la risée de tous et étant encore moins considéré que les gens ordinaires.

            Dieu envoie les humains libres sur terre pour être indépendants et vivre comme des princes. Que font-ils ? Ils trouvent un mari ou une femme et s’enchaînent, ils perdent leur liberté et sont déchus de leur titre de prince, puis ils se marient et deviennent ordinaires, puis ils divorcent et sont la risée des autres. Puisqu’ils ont commis une faute, ils la corrigeront. L’homme taille un bâton en tout petits morceaux, la femme aussi, ils se demandent comment payer leurs impôts au collecteur. Ne vous liez pas à ceux qui ont des impôts à payer au collecteur.

            « Pour l’accomplissement de tout ce qui est écrit », en d’autres mots, le jugement divin vient dans le monde. Quand le jugement divin adviendra-t-il ? Lorsque la lumière divine entrera dans les esprits des humains et qu’ils commenceront à discerner avec clarté tout ce qu’ils ont accompli dans leur vie actuelle et dans leur vie passée. Ils sont devant une nouvelle mission : redresser leur vie, corriger toutes leurs fautes. Remerciez la lumière qui vous est donnée et soyez prêts comme le fils prodigue à vous tourner vers Dieu avec repentir et humilité en disant : « Seigneur, sois miséricordieux envers nous, nous n’avons pas accompli Ta volonté, mais nous sommes prêts à devenir tes serviteurs et à te servir avec amour. » Implorez Dieu d’écrire vos noms dans le Livre de la vie. Renoncez au mensonge que vous avez servi tant d’années, et acceptez la vérité.

            Si vous n’êtes pas prêts à servir Dieu par gratitude, vous serez dans la situation de ce roi grec qui a répondu par l’ingratitude à son médecin attitré. Ce roi grec souffrait de la lèpre. Un médecin émérite, un certain Douban, s’est rendu dans son royaume pour soigner le roi et l’a guéri en peu de temps. Pour le remercier, le roi lui a offert un poste très haut placé. Ses ennemis ont fomenté des intrigues auxquelles le roi a prêté une oreille attentive et, pour se débarrasser de lui, il a ordonné qu’il soit exécuté. Avant l’exécution de la sentence, le médecin s’est présenté devant le roi pour lui expliquer la vraie situation et lui demander sa clémence, mais le roi n’a rien voulu entendre et a confirmé la sentence. Alors le médecin a dit : « Je vous laisserai un livre dans lequel vous trouverez des réponses à toutes les questions ardues qui vous agitent. En feuilletant le livre, avec les questions et les réponses vous entendrez aussi ma voix, ma tête communiquera avec la vôtre. » Le roi a pris le livre, très intrigué, pour expérimenter cela. Après l’exécution du médecin, le livre a été posé au chevet du roi. Chaque jour, le roi tournait une nouvelle page pour la lire, mais plus il avançait dans la lecture et plus son état empirait : les feuilles étaient imbibées de poison ! Lorsqu’il a ouvert la dernière page, le roi a entendu une voix lui dire : « C’est cela la récompense de celui qui répond par l’ingratitude au bien qu’il a reçu. » C’est ainsi que s’est achevée la vie de ce roi ingrat.

            Qui est le médecin qui guérit la lèpre humaine ? Le Christ. Au lieu de Le remercier, vous lui coupez la tête pour vous en affranchir. Alors, le diable dont vous écoutez les intrigues viendra à vous pour vous donner le livre que vous allez feuilleter chaque jour pour apprendre ses sages conseils. Les feuilles de ce livre sont imbibées de poison ; en lisant les sages conseils du diable, vous vous empoisonnerez progressivement jusqu’à arriver à la dernière page. Alors, vous entendrez la voix du diable qui vous dira : « C’est la récompense de chaque pécheur qui répond au bien par le mal, il ne mérite pas de vivre. »

            Dans la vie, bon nombre de personnes se plaignent d’injustices qu’ils imputent à Dieu ; s’ils pensent ainsi, l’injustice est en eux. Si une seule vie était donnée à l’être humain, alors il aurait le droit de s’en plaindre. Mais que diriez-vous si vous saviez que vous vous incarnez plusieurs fois sur terre, ne penseriez-vous pas alors que vous avez vous-même causé l’injustice ? Vous vivez dans l’abondance divine, Dieu est si miséricordieux à votre égard et pourtant vous vous insurgez. Une nouvelle époque vient, une nouvelle culture, de nouvelles conditions. La nouvelle époque est célébrée parce que Dieu vient dans le monde pour mettre de l’ordre, trier les mortels des immortels, les pécheurs des justes. Chacun détermine tout seul la catégorie dans laquelle il évolue. Le pécheur par ses pensées et ses désirs impurs et pervertis se créera un corps en conséquence, un cerveau, des poumons, un estomac : les pensées et les désirs de l’homme s’incarnent dans la forme qui leur correspond. Ainsi, ne soyez pas étonnés qu’il existe des formes diverses, des ours, des loups, des tigres, des lions, des serpents et ainsi de suite. Les formes se modèlent selon les pensées, les sentiments et les désirs. Ne vous posez pas la question de savoir pourquoi il existe des gens de bien et des gens mauvais, pourquoi certains sont en bonne santé, alertes et énergiques et d’autres, malades, chétifs et incapables de travailler ; ne vous demandez pas pourquoi les microbes existent et détruisent l’organisme humain. Les médecins se réunissent pour débattre sur cette question et trouver un moyen de vaincre les microbes. Il y a des microbes qui en vingt-quatre heures peuvent envoyer l’être humain dans l’autre monde, le monde des tourments. Les microbes sont un fléau terrible pour l’humanité.

            « Ce seront des jours de vengeance pour l’accomplissement de tout ce qui est écrit. » Vous demandez : « Est-ce que Dieu se venge des humains par les microbes ? » Je ne réponds pas à votre question, mais je demande quels seront vos rapports avec votre voisin s’il laisse ses cochons sciemment venir saccager votre potager soigneusement arrangé ? Votre potager n’est pas pour les cochons du voisin, vous l’avez cultivé avec amour et joie pour vos proches et vos amis. Que celui qui vous aime entre dans ce potager pour se promener et profiter des fleurs et des fruits.

            Imaginez un père de famille qui revient d’un long voyage à l’étranger. Il apporte de beaux cadeaux à ses quatre filles et à sa femme. Dès le seuil de la porte, deux de ses filles se jettent sur les cadeaux et les parures qu’il leur apporte, elles les examinent, elles les savourent, mais ne prêtent pas attention à leur père. Qu’il soit fatigué, qu’il doive se rafraichir, manger, se reposer, cela ne les effleure pas. Alors que les deux autres filles portent leur attention sur lui : l’une lui apporte de l’eau pour se laver, des vêtements pour se changer ; l’autre lui prépare un repas pour qu’il se restaure ; elles ne pensent pas encore aux cadeaux. Le père est attentif envers ses quatre filles, mais il a un rapport aux deux premières et un autre rapport aux deux autres. Il n’exprime rien devant elles, mais intérieurement il se crée déjà une différence. Nous en tirons la loi suivante : l’amour engendre de l’amour. La haine ne peut pas engendrer l’amour. On peut se forcer à aimer par peur, mais si la cause de la peur disparaît, alors la haine s’amplifie. L’amour exclut la peur alors que le désamour et la haine enfantent la peur. Seuls les esprits ténébreux et malveillants ont peur et non pas les esprits lumineux et bons. Par conséquent, si un esprit malveillant et ténébreux pénètre en vous, vous vous mettez aussitôt à avoir peur. Chassez le mauvais esprit de vous, qu’il devienne votre serviteur et non pas votre maître. Lorsque vous le chassez, vous devenez forts, courageux, vous élevez votre conscience et accédez à une région lumineuse où règne l’amour et l’entente, la lumière et la paix.

            Qu’adviendra-t-il du monde ? N’y pensez pas, mais pensez à vous. Le maître du monde était jusqu’à présent quelqu’un d’autre, mais il est aujourd’hui ligoté. Il tremble à présent, il a peur et regrette d’avoir perdu le pouvoir. Il sera renvoyé en bas, dans le monde inférieur pour apprendre à travailler. Il a bu et mangé, mais désormais on attend de lui qu’il se mette au travail ; il n’y a pas d’autre issue. Puisque le maître principal est neutralisé, vous allez avoir facilement le dessus sur les petits chefaillons ; chacun ligotera le petit chefaillon en soi et le mettra au travail. Ne craignez pas ce chefaillon, son règne est terminé. Mettez le Christ à la tête de votre royaume et marchez sur son chemin, c’est le seul moyen d’être ami avec les anges et de marcher dans la lumière. C’est ce que Dieu exige de tous ; écoutez Sa voix et soyez prêts à accomplir Sa volonté. Le temps est venu de couper les liens avec l’ancien maître et de rétablir les liens avec Celui qui vous a créés, qui vous aime et qui pense à vous.

            Les religieux se préparent, lorsqu’ils seront dans l’autre monde, à traverser toutes les planètes et à s’établir sur le Soleil. Cela se réalisera, mais pas maintenant, vous n’êtes pas encore prêts pour les autres planètes. Il y a un sens à ce que l’être humain fasse le tour de toutes les planètes et étoiles, mais pour acquérir quelque chose, évoluer, devenir un homme nouveau. Faire des allers et retours pour voir de nouvelles choses, mais sans comprendre leur sens, ne vaut pas la dépense d’énergie. Viendra le jour où l’être humain voyagera librement d’une planète à une autre, mais pas avec son corps actuel. Vous devez vous créer un nouveau corps qui peut se désintégrer et se réintégrer pour permettre de le transporter d’un lieu à un autre. Le jour viendra où l’être humain voyagera sur terre sans trains, sans automobiles et sans aéroplanes ; il aura un nouveau corps, conçu d’une façon nouvelle. Il disposera lui-même d’une lumière nouvelle et de la connaissance ; il connaîtra les lois de l’univers et les appliquera. Alors, il ne labourera plus le sol comme aujourd’hui, mais se nourrira d’une manière singulière, inconnue encore à ce jour des scientifiques.

            Le Christ dit : « Retourne chez toi à présent et ne pèche plus. »[6] Ne plus pécher signifie ne pas transgresser les commandements divins. Celui qui décide de servir Dieu, accomplit ses commandements. Lorsqu’on accède à la communauté des anges, on s’élève. C’est une grande bénédiction pour l’homme d’avoir l’amitié des anges, des saints, des hommes de bien dans le monde ; chacun cherchera à te donner quelque chose. Il est terrible de tomber entre les mains des ennemis ; chacun cherche à te dépouiller et à t’amener à ta perte. Le Royaume de Dieu n’envoie pas les humains à la perdition ; là vivent des êtres en union parfaite, au service de l’amour. Tous y vivent les uns pour les autres, alors qu’aujourd’hui chacun vit pour soi. Le mot pour soi désigne la nature inférieure de l’homme : le mammifère, le volatile, le poisson. C’est pourquoi le Christ dit : « Celui qui ne renonce pas à lui-même, ne peut pas être mon disciple. »[7] Lorsqu’il renonce à sa nature inférieure, l’être humain a la possibilité d’évoluer plus vite. La loi de l’évolution est commune à toutes les créatures : les humains et les animaux. Plus on commet de péchés, plus on évolue lentement ; on s’expose à de grandes souffrances pour amorcer l’éveil de sa conscience. La même loi agit sur les animaux, c’est pour cette raison que certains animaux souffrent plus que d’autres. Plus grandes sont les souffrances d’une créature, plus elle a à payer.

            L’étude de l’histoire naturelle met en évidence le perfectionnement progressif des formes. C’est bien entendu un long processus qui dure des milliers d’années. Ce n’est pas le temps qui compte, mais les résultats. Ainsi, ne soyez pas condescendants face aux animaux, mais sachez qu’ils vont à leur tour évoluer un jour et s’élever. Par leur conscience, par leurs conditions matérielles les animaux sont plus bas que les humains, mais un jour ils vont s’élever. S’il savait comment entrer en communication avec eux, l’être humain pourrait converser avec le cheval, le bœuf, le chien et même avec des animaux moins évolués. Le berger dans sa cabane et le roi dans son palais n’ont pas les mêmes conditions matérielles et spirituelles, mais on peut communiquer avec les deux. Le niveau de conscience de certains humains n’est pas plus élevé que celui des animaux ; de même certains animaux ont un niveau de conscience similaire à celui des humains. C’est pourquoi, il ne faut pas vous guider d’après les formes extérieures des choses, mais être attentifs à leur sens et leur contenu.

            La vérité révèle l’origine de l’homme. Un jour, lorsque vous rentrerez dans le monde spirituel, vos pensées et vos sentiments deviendront objectifs et, en les voyant en face, vous aurez honte de vous et vous comprendrez que vous n’êtes pas encore prêts pour ce monde et vous éprouverez le désir de redescendre aussitôt sur terre pour travailler à bâtir votre avenir. C’est pour cela que l’homme se réincarne : on attend de lui un travail. Quelle que soit la situation dans laquelle vous êtes, sachez que c’est votre destin ; travaillez sur vous pour l’améliorer. Il existe une seule manière d’y arriver : servir Dieu de toute votre intelligence, de tout votre cœur, de toute votre âme, de toutes vos forces, autrement dit, servir Dieu par toutes ses pensées, ses sentiments et ses actes. Servir autrui comme soi-même. Qui est autrui ? Celui qui t’aide et travaille pour toi. Donc le bœuf, le cheval, la vache sont tes proches. Dieu connait le langage de tous les animaux et parle avec eux comme avec les humains, alors que tu as honte de communiquer avec ton bœuf qui laboure ton champ à longueur de journée. Parfois Dieu préfère communiquer avec un bœuf plutôt qu’avec un pécheur suffisant, qui est lui-même la cause de ses propres souffrances mais accuse Dieu de lui envoyer tant de tourments et d’épreuves ! Le bœuf tire toute la journée la charrue de son maître sans jamais l’accuser de lui causer des souffrances. Dieu a donné à l’être humain des milliers de bienfaits et continue à lui en donner. Qui est la cause de ses souffrances ? Lui seul. Comme il abuse des bienfaits et de la bénédiction divine, les souffrances le frappent inexorablement. Que doit-il faire pour se libérer ? Réviser sa vie et la redresser.

            La seule force qui puisse redresser la vie humaine est l’amour. Appliquez l’amour et votre vie se redressera d’elle-même. Quel amour ? Celui pour lequel vous êtes prêts. L’amour a trois cent cinquante millions de formes. La tâche de l’homme est d’étudier les formes de l’amour et de les distinguer. Ainsi, si quelqu’un vous déclare qu’il vous aime, vous devez discerner quel est son amour : celui du ver de terre, de l’araignée, du moustique, de la poule, du chien, de l’ours, du loup, du bœuf, du cheval ou celui de la mère, du saint, de l’ange, etc. ? Il n’est pas permis à l’homme de se servir de l’amour de l’araignée, de sucer le sang de sa bien-aimée ou de son bien aimé ; il n’est pas permis de se servir de l’amour du fauve qui dévore sa victime. Dieu descend sur terre non pas pour juger les humains, mais pour les instruire. Il ouvre le livre de la vie devant chaque être humain et lui demande de lire, de voir lui-même ses propres fautes. Où commet-il le plus de fautes ? Dans l’amour. Lorsqu’il verra et discernera ses fautes, il dira comme le fils prodigue : « Pardonne-moi mon Père, je viens auprès de Toi en guenilles, pieds nus, affamé et misérable. Tout ce que Tu m’as donné, je l’ai bu et mangé, j’ai fauté devant Toi et le Ciel, mais me voici prêt à devenir Ton serviteur, à Te servir. » C’est le destin du monde qui se joue à présent : Dieu accueillera le fils prodigue avec amour et ordonnera de le laver et de l’habiller dans des habits neufs, Il l’embrassera et sacrifiera en son honneur son veau le plus gras. Mais le diable, c’est-à-dire le frère aîné restera mécontent, il dira au Seigneur : « J’ai travaillé pour toi tant d’années, mais Tu ne m’as rien donné. » Le diable ne dit pas la vérité, toute la richesse du monde est la sienne. Il est dit de lui : « Il ne vient pas aider les anges, mais la descendance d’Abraham. »

            Ainsi, avec l’avènement du Christ dans le monde, les humains s’élèveront, entendront sa voix et assimileront la nouvelle pensée. D’où que le Christ s’exprime, sa voix sera entendue. Les justes l’entendront et le verront, il sera omniprésent ; c’est cela le sens du don de la clairvoyance, le don du sixième sens. Si le Christ descend une seconde fois sur terre en chair et en os, les humains le crucifieront de nouveau. Cette fois, le Christ vient sous une forme invulnérable à la croix, sans dépendance envers la nourriture. Il recherche les fruits de votre verger. En vous regardant il verra si votre âme a des fruits et s’il en trouve, il dira : « Que cette âme soit bénie ! » Je dis : bénie est l’âme dont le verger a au moins un fruit mûr. Lorsque le Christ viendra auprès de vous, vous lui proposerez votre fruit pour le nourrir. Il reconnaîtra ainsi que vous avez bien cultivé votre jardin avec amour, bien biné et arrosé les arbres fruitiers. Beaucoup d’hommes, de femmes et d’enfants arrosent leurs jardins de larmes qui viennent du fond de leurs cœurs ; un jour ces larmes feront naître des fruits savoureux et sucrés. Ne craignez pas les larmes, ne dites pas que vous pleurez, mais dites que vous arrosez votre jardin ; ne dites pas que votre cœur est noyé dans le chagrin et le tourment, mais dites que vous labourez votre champ. Labourez et arrosez le champ divin pour qu’il donne des fruits en abondance ; c’est le sens de la vie, c’est pour cela que le Christ vient dans le monde.

            Quelle est la situation de l’humanité d’aujourd’hui ? Celle d’un paquebot en mouvement : avant de partir, le paquebot frémit, se met en branle, et lorsque le mouvement s’est transmis à l’ensemble du bâtiment, il se met à avancer calmement sur la surface de l’eau. Le Christ vient sur terre pour remuer le paquebot arrêté en chemin. Il lui donnera un nouvel élan, le secouera et le fera repartir dans la bonne direction. Par conséquent, la venue du Christ sera révélée par la marche de toute l’humanité dans la bonne direction, tous les humains penseront, sentiront, agiront avec droiture, tout comme le paquebot qui va tout droit et poursuit un but déterminé. C’est difficile de se l’imaginer, mais lorsque la vapeur va secouer ton paquebot, lorsque tes pensées seront claires et précises, lorsque tu prendras conscience de ta vie, tu verras le Christ devant toi aussi clairement que le mécanicien qui voit et sait qu’il faut ajouter du charbon dans la chaudière pour que le paquebot démarre.

            Beaucoup ont vu et voient le Christ enjoué, souriant et auréolé, en route vers Jérusalem, symbole d’un lieu saint. Le Christ est dans tous les mondes, pas uniquement sur terre. Ceux qui sont plus sensibles en sont conscients, ils l’assimilent avec leur intelligence et leur cœur. Il n’y a pas un homme qui ne ressente le moindre mouvement, aussi imperceptible qu’il soit. Celui qui ressent ce mouvement plus distinctement est craintif, anxieux d’être victime de quelque chose de terrifiant. Il n’y a rien de terrifiant, votre paquebot avance, suit une direction précise vers le port divin. Je ne vous parle pas de votre tombe, au contraire : puisque le paquebot avance vous sortirez de votre tombe et ressusciterez. C’est le sens du verset suivant, prononcé par Paul : « Nous ne mourrons pas, mais nous nous transformerons. »[8] « Qu’est-ce qui se passera avec nous ? – Vous vous coucherez le soir comme un ver à soie et vous vous lèverez le matin comme un cocon ; le second soir vous vous coucherez comme un cocon et vous serez un papillon le lendemain matin pour aller librement d’une fleur à une autre recueillir le doux nectar des fleurs. – Qu’est-ce qui s’est passé avec nous ? – Vous vous êtes transformés, Dieu a pris vos vieux cœurs endurcis et vous en a donné de nouveaux, tout doux, d’une matière très fine sur laquelle écrire Ses commandements. Il a pris vos intelligences déformées et vous en donné de nouvelles, lumineuses qui comprennent et appliquent Ses pensées. Votre âme sera un temple de Dieu, votre cœur - Son autel où vous sacrifierez vos offrandes. L’Esprit sera le serviteur de Dieu, cela signifie de servir Dieu avec tout son discernement, tout son cœur, toute son âme et sa puissance. C’est la prédestination du monde, de trouver le véritable chemin sur lequel, en tant qu’humain dans une société, en tant que peuple de l’humanité, on apprend ses obligations envers Dieu et on les accomplit. – À ce moment-là, nous connaîtrons-nous ? – Plus que nous ne nous connaissons aujourd’hui. – Nous aimerons-nous ? – Plus que ce que nous nous aimons aujourd’hui. Alors vous serez gais et joyeux, avec des visages souriants et des cœurs ouverts. Aujourd’hui les visages des humains sont assombris, couverts par des nuages, à qui la faute ? »

            Un enfant a assisté au lever du soleil, caché derrière les brumes et les nuages, son disque rougeâtre transparaissait à peine. « Pourquoi me regardes-tu d’un air aussi maussade et coléreux ? » a demandé l’enfant. Le Soleil a répondu : « Ce n’est pas ma faute, les nuages me cachent, les brumes m’empêchent de briller, mais s’ils disparaissent, je te montrerai de nouveau mon visage gai et joyeux. » Je vous dis également : ne demandez pas pourquoi le visage du Christ est maussade et renfrogné : les brumes et les nuages lui font de l’ombre. Lorsqu’ils se lèveront, vous verrez le visage gai et joyeux du Christ d’où irradient l’amour et la lumière, la joie et la gaité. L’amour du Christ peut en partie se comparer au beau visage solaire. Lorsque vous ressentirez son amour, votre vie terrestre prendra du sens, alors vous comprendrez pourquoi vous naissez et mourez, pourquoi vous êtes hommes ou femmes, pourquoi vous procréez et élevez des enfants. Non seulement vous comprendrez ces choses, mais elles auront un sens pour vous.

            « Ce seront des jours de vengeance pour l’accomplissement de tout ce qui est écrit. » Ce verset est terrifiant et celui qui ne comprend pas son sens véritable vous enverra en enfer ; celui qui le comprend et l’interprète correctement dit : « Le Christ vient dans le monde comme amour et comme intelligence. » Il dit à tous les hommes sur terre : « La paix soit avec vous ! » Chacun recevra selon son mérite par l’amour et l’intelligence du Christ, chacun aura droit au travail qu’il est prêt à accomplir. Y a-t-il quelque chose de terrible là-dedans ? Préparez-vous, chacun à votre rythme, à accueillir le Christ. Habillez-vous dans des vêtements neufs. Pour certains le Christ viendra dès aujourd’hui, pour d’autres, demain, pour d’autres encore, dans plusieurs années, chacun l’accueillera quand il sera prêt.

            Attendez le Christ chaque jour et vous le verrez, cela ne dépend que de vous. Quand le verrez-vous ? Je ne peux pas le déterminer précisément. Vous devez être à votre place comme l’astronome est à sa place avec son télescope pour faire des observations. L’astronome peut observer une planète très éloignée de la terre, alors que les gens ordinaires ne soupçonnent pas son existence ; lorsque la planète s’approchera du soleil, alors tous pourront la voir. Pourquoi ne pas être comme les astronomes : voir le Christ de loin alors que les gens ordinaires ne le voient pas encore ? Il y a donc des personnes qui voient le Christ même aujourd’hui ; d’autres le verront plus tard lorsqu’il s’approchera d’eux ; d’autres encore ne le verront même pas à ce moment-là, ils continueront à dormir paisiblement.

            Je vous souhaite d’être éveillés pour voir le Christ de loin. Si ce n’est pas de loin, alors de près, mais le voir impérativement. Il vous parlera et vous l’entendrez comme vous m’entendez aujourd’hui.

 

Sofia, 28 janvier 1917


[1] « Car ce seront des jours de vengeance où doit s’accomplir tout ce qui est écrit. » (Luc 21, 22)

[2] « Je suis le bon berger : le bon berger se dessaisit de sa vie pour ses brebis. » (Jean 10, 11)

[3] « Car où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » (Matthieu 6, 21)

[4] « Or je vous le dis : les hommes rendront compte au jour du jugement de toute parole sans fondement qu'ils auront proférée ». (Matthieu 12, 36).

[5] « Déjà même, la hache est prête à attaquer la racine des arbres: tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit va être coupé et jeté au feu. » (Luc 3, 9)

[6] « …Et Jésus lui dit : " Moi non plus, je ne te condamne pas : va, et désormais ne pèche plus." (Jean 8, 11)

[7] « De la même façon, quiconque parmi vous ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut être mon disciple. »

(Luc 14, 33)

[8] « Je vais vous faire connaître un mystère. Nous ne mourrons pas tous, mais tous, nous serons transformés »

(1 Corinthiens 15, 51)

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