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mayakitanova

1915_05_23 La nouvelle pierre de fondation

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Le nouveau fondement

 

Car personne ne peut poser d’autre fondement

que celui qui est posé, qui est Jésus-Christ »

(Corinthiens 3 :11)

« Moi, je suis le chemin, et la vérité, et la vie

(Jean 14 :6)

 

            Ces deux versets sont liés entre eux. Comment comprendre les paroles : « Personne ne peut poser d’autre fondement ? » Je prendrai le verset au sens communément répandu. Le fondement, c’est un mot prosaïque, utilisé partout et par tous: on bâtit une maison et on dit : « Je pose des fondations » ; on fabrique un tissu et on dit aussi : « Je pose des fondations » ; on déclenche une réaction chimique et on cherche encore la base. En géométrie, c’est le point d’appui qu’on nomme fondement et donc, la vie aussi nécessite cette base, ce point d’appui. En quoi consiste ce fondement ? L’apôtre dit qu’on ne peut pas poser d’autre fondement, c’est-à-dire qu’on ne peut pas changer le fondement de la vie ; nous ne pouvons pas changer la pensée humaine, les sentiments humains, la volonté humaine, donc nous ne pouvons pas modifier leur nature. Changer une pensée en autre chose ? On peut la rendre bonne, mauvaise ou neutre, mais on ne peut pas la modifier autrement : seule son enveloppe extérieure peut changer, mais jamais sa nature.

 

            Par conséquent je vous parle d’une loi capitale : personne ne peut poser un autre fondement que celui que le Christ a posé : il implique que nous nous trouvons sous l’influence d’une loi basée sur le bien et le mal. Nous demeurons sur un fondement qui apporte en même temps la joie et la souffrance, la splendeur et la misère, la richesse et la pauvreté, la santé et l’affliction. Le fondement posé par le Christ – c’est pour cela qu’Il est descendu du ciel sur la terre – a deux points d’appui, c’est un principe de base. Un pont qui enjambe une rivière est soutenu par deux piliers à chaque extrémité, supportant tout son poids. Ainsi le ciel et la terre sont-ils les deux points d’appui sur lesquels est fondée la vie humaine. La pensée la plus profonde qui nous traverse est le premier fondement, le premier point d’appui ; les désirs, sont le second fondement, le second point d’appui et ce que nous appelons volonté, c’est le processus d’édification. S’agissant de la volonté humaine, il est entendu qu’il faut toujours deux points d’appui : notre volonté se manifestera lorsque nous commencerons à bâtir sur eux. Par conséquent, ce principe ne permet pas à la volonté humaine de se manifester si ces deux piliers sont absents.

 

            Nous devons comprendre le sens profond de l’enseignement du Christ, au lieu de croire que nous le comprenons alors que ce n’est pas le cas. Une dame me racontait une anecdote sur une fille de Sofia qui n’a pas appris à cuisiner avant son mariage, mais a voulu, une fois mariée, préparer des haricots blancs à son mari, et ne sachant comment faire, elle s’est rendue chez sa voisine : « Comment préparez-vous les haricots blancs ? – sans dire qu’elle ne sait pas les préparer elle-même. – Nous les mettons à chauffer, nous coupons de petits oignons, nous mettons un peu de beurre, dit la voisine. – Ah, voilà, dit-elle alors, nous aussi, nous les faisons ainsi. »

 

            Une semaine plus tard, elle demande de nouveau à sa voisine: « Et la viande, comment la préparez-vous ? – Voici comment… - Nous aussi, nous faisons ainsi. »

 

            Mais la voisine qui voulait vérifier si elle savait réellement cuisiner a songé à la confondre. Lorsqu’une fois le mari de la jeune épouse inexpérimentée a apporté des escargots à préparer, à la question comment les cuisiner, elle lui a conseillé : « Nous les écrasons avec un pilon, puis ajoutons du riz et de l’eau et nous les mettons à cuire. – Nous aussi, lui répondit l’autre, nous faisons comme ça. »

 

            Elle rentre à la maison et prépare les escargots de cette manière. En rentrant à midi pour le déjeuner son mari s’est rendu compte à quel point sa femme savait cuisiner !

 

            Dans les croyances religieuses modernes on rencontre aussi des escargots cuisinés de la sorte. Mais ce n’est pas ainsi qu’il faut les préparer, il faut une profonde compréhension des choses. En quoi réside la pensée humaine ? Quelle est la loi créatrice la plus fondamentale? Nous sommes avant tout des êtres pensants, puis des êtres sensibles et troisièmement des êtres qui bâtissent et agissent ; vous ne pouvez pas poser d’autres fondements en dehors de ceux-là. Si vous agissez différemment, vous pouvez dégénérer, car seules deux directions sont possibles : en haut ou en bas, il n’y a pas d’autre passage. Comme tout se meut, vous ne pouvez pas rester figé sur un seul point d’appui : les deux points d’appui sont immobiles mais tout se déplace autour d’eux.

 

            Je vais vous dévoiler les illusions que nous nourrissons sur la vie avec un exemple éclairé par la science contemporaine. Si nous faisons passer de l’électricité sous un tas de particules ferreuses, la plus proche du courant s’aimantera et attirera les autres à elle ; cette particule s’adressera aux autres leur disant : « Voyez comment je vous attire par la force ; sans moi, vous ne seriez pas autour de moi. » Mais si nous déplaçons le courant, une  autre particule sera aimantée et regroupera les autres autour d’elle. Et lorsque vous dites : « Je peux faire cela » ou bien : « J’attire les autres, j’ai de l’influence sur eux », cela signifie que le courant agit à proximité de vous ; lorsqu’il se déplacera, vous irez à la périphérie. Par conséquent vous devez savoir que le fondement n’est pas en vous ni dans ce que vous pensez et ressentez à un moment donné. Comment reconnaitrez-vous que vous avez trouvé votre fondement ? Dès l’instant où vous avez trouvé vos points d’appui, vous éprouverez une paix profonde. De nombreux philosophes instruisent le monde alors qu’eux-mêmes n’ont pas trouvé leur équilibre, leur paix intérieure.

 

            Lorsque le Christ dit : « Je suis le chemin et la vérité », Il a ainsi indiqué les deux points d’appui, la vie étant un processus qui découle de ce chemin et de la vérité. Nous ne pouvons bâtir que sur ce fondement. Par exemple, qu’est-ce que l’aspiration ? L’aspiration d’un esprit dans l’espace est de s’incarner ; l’aspiration d’un enfant qui s’est incarné est de croître ; cette croissance débute à partir d’un point, arrive à une certaine hauteur, puis redescend en formant une courbe qui se termine sur le second point d’appui ; la jeunesse et la vieillesse sont les deux points d’appui de la vie. Lorsque vous passez de l’enfance à la vieillesse, vous trouvez les deux points d’appui de votre vie ; puis en revenant une deuxième fois, vous bâtirez sur ces piliers si vous ne les avez pas oubliés, mais si vous les avez oubliés, vous recommencerez ! Certains ne font que traverser au lieu de bâtir. Sur ces deux piliers il faut tracer une courbe, c’est la loi du mouvement. Ce mouvement se manifeste dans la pensée humaine, c’est la loi de la mise en place, de l’amoncèlement du matériel sur ces deux points ; il faut bâtir selon un plan pré établi.

 

            Pour donner un autre éclairage, prenons le corps humain : lorsque l’homme se manifeste sur le plan physique, les membres  se forment d’abord; puis tous les organes, et les poumons en dernier. Une fois le système respiratoire abouti, l’enfant doit naître dans la foulée. Les mains sont le produit de la volonté humaine ; le visage, le nez, la bouche, les poumons, l’estomac, ce sont les désirs de l’homme, ils expriment ce que nous voulons goûter ; le cerveau est l’organe de la pensée humaine, l’endroit où nous pouvons l’exercer. Lorsque nous disons pensée, nous entendons le cerveau de l’homme, mais l’activité de sa pensée est fonction de l’épaisseur de la substance grise : plus elle présente de sillons importants, plus la pensée est intense. Certains prétendent que le cerveau produit la pensée par lui-même, ce n’est pas exact ; le cerveau humain est comparable à la terre qui ne crée pas par elle-même, car la force créatrice vient de l’espace : c’est le soleil qui agit sur la surface de la terre et comme il trouve un fondement, le soleil édifie, procrée, produit. L’esprit de l’homme est le soleil qui illumine le cerveau humain et engendre ses pensées. Chaque créature pense ; vous considérez que le bœuf ne pense pas, il raisonne aussi, mais comme un bœuf, de façon limitée ; le serpent, le lézard, la mouche, chaque créature pense et modèle sa demeure ou son corps selon sa pensée. Notre organisme actuel est le fruit de nos pensées : l’homme se construit selon sa pensée. Vous pouvez modeler vos poumons plus larges, un mètre par exemple ; si l’esprit humain faisait un effort, il pourrait élargir beaucoup plus sa tête, mais la taille de la tête n’est pas importante en soi, ce qui importe est sa capacité à l’exploiter. La terre est grande et lorsque le Seigneur a envoyé l’homme sur terre, Il lui a dit : « Va conquérir la terre et les éléments », mais comme nous n’avons pas su la conquérir, le Seigneur nous a donné une petite terre à l’intérieur de notre crâne : le cerveau. Si nous savions comment dompter notre cerveau, nous trouverions la clé pour conquérir la terre ; si vous ne savez pas maîtriser vos centres cérébraux, vos émotions, diriger votre volonté, comment pourriez-vous dominer quelque chose à l’extérieur de vous ? Donc, nous ne pouvons pas poser d’autre fondement ; une loi limite notre activité et la contient dans un cadre où nous avons la possibilité de devenir tout-puissant. Et notre bien-être ou notre infortune repose sur cette grande idée : dans quelle mesure nous agissons avec justesse.

 

            Avec cette conférence, je veux vous inciter à commencer à construire votre vie. Voici un exemple pour éclaircir cela : un taureau sauvage a pris en chasse un explorateur parti en Orient. Pour s’échapper il a trouvé un puits abandonné et s’y est introduit en se tenant à un arbuste qui avait poussé dans le puits. Le taureau est resté au bord du puits. L’explorateur a aperçu un serpent, tapi au fond du puits, alors il a songé qu’il ne pouvait pas remonter en haut, ni se laisser tomber en bas ; il se tenait de toutes ses forces à une branche de l’arbre. À un moment il a remarqué qu’il y avait un peu de miel dans un creux de l’arbre ;  oubliant le taureau, il l’a goûté en se réjouissant. Puis il a aperçu une souris sortant du mur du puits et venant ronger l’écorce de l’arbre ; alors il s’est dit : « Finalement ce miel ne me sauvera pas, un jour l’arbre sera rongé et je tomberai à côté du serpent ! »

 

            Ce taureau est le destin qui pousse l’homme, alors que le serpent est la mort qui l’attend. En réalité le taureau n’est que la naissance et le serpent la vieillesse ; ce ne sont pas des choses dangereuses. Pourquoi le taureau vous pourchasse-t-il ? Pour que vous travailliez ! Vous êtes paresseux et il veut vous faire courir. Qu’est-ce que toutes ces souffrances dans le monde ? Elles sont ce taureau qui harcèle le monde : les tzars, les généraux, les officiers, les juges, tous fuient mais prêchent la liberté aux hommes ; quand on discute avec eux, ils font les philosophes éclairés et leur crédo est que le monde est mal organisé. Mais comment pouvez-vous raisonner si vous n’avez pas de fondement ; un homme qui fuit, peut-il raisonner ? Ce n’est pas un mal en soi d’être pourchassé par ce taureau : si nous étions forts, nous saurions nous retourner, le prendre par les cornes et l’arrêter. Dans l’histoire juive, il y a un héros, Samson, qui face à un lion dressé contre lui, l’a bravé  et lui a écartelé la gueule. La peur du taureau résulte de notre incapacité à trouver nos deux points d’appui.

 

            « Personne ne peut poser un fondement autre que celui que le Christ a posé. » Alors, quel fondement a posé le Christ, comment a-t-Il vécu sur terre ? À partir des neuf bienfaits, Il a donné les neuf règles qui doivent régir la vie de l’homme ; Il a donné aussi deux grandes lois : l’amour pour Dieu et l’amour pour autrui : ce sont les deux points d’appui sur lesquels bâtir votre vie, mais aussi celle de la famille, de la société. Une femme qui n’aime pas le Seigneur, qui n’aime pas son mari, ne peut pas tenir une maison ; un homme qui n’aime pas autrui, qui n’aime pas sa femme, ne tient pas une maison. Bien entendu, lorsque je dis un homme et une femme, je ne pense pas à vos corps, à vos demeures corporelles qui, à les regarder de près sont somme toute plutôt modestes ; j’entends ici l’âme humaine dans sa manifestation la plus élevée : l’âme qui pourra à l’avenir construire une maison beaucoup plus belle que l’actuelle. Cette âme qui se montre si ignorante aura un jour un savoir plus grand, sera plus instruite. Pour trouver les deux points d’appui sur lesquelles bâtir votre vie, il faut tracer une courbe et commencer à construire. Il ne faut pas errer comme les philosophes modernes.

 

Parmi ceux qui étudient le soleil, certains disent qu’il a une température de cinq millions de degrés, d’autres, deux millions, d’autres encore, cent mille ; quelqu’un prétend qu’il est à trente-deux degrés seulement, un autre, que sa température est au-dessous du zéro, un autre, que le soleil est en fusion, ce qui explique qu’il peut envoyer de la chaleur. Mais on trouve désormais d’autres scientifiques pour le démentir et dire : « Si c’était vrai, tout l’espace serait plus chaud alors qu’en réalité, plus l’homme monte dans l’espace, plus il subit un froid tel qu’il peut geler. » C’est pourquoi ces scientifiques disent que le soleil ne fait qu’envoyer de l’énergie et que cette dernière se transforme ici sur terre. C’est la terre qui produit la chaleur et la lumière car le firmament est plongé dans les ténèbres. Ces gens débattent et même si les faits donnent raison à tous, il subsiste une méprise : si vous êtes très sensibles à la chaleur, le soleil aura de la chaleur, mais si vous n’y êtes pas sensibles du tout, il n’en aura pas : la chaleur est une chose relative. Certains mettent cinq morceaux de sucre dans leur tasse, d’autres, un seul et ils trouvent le thé déjà suffisamment sucré. C’est pour cela qu’il faut d’abord se débarrasser de l’illusion que l’on sait tout, comme la ménagère qui croyait savoir préparer des escargots : il ne faut pas cuisiner les vérités de cette façon ! Toute l’Europe cuisine maintenant les escargots de la même façon ; à l’avenir, les peuples européens les cuisineront autrement.

 

            Mais revenons à l’idée principale : il faut créer. Certains parmi vous ce matin sont malheureux, d’autres sont mécontents de la vie et d’autres nourrissent de grandes ambitions, ayant une haute opinion d’eux-mêmes. Il y a quelques jours, un de mes amis disait : « Avant d’étudier la chiromancie, j’avais une haute opinion de moi ; mais lorsque je me suis mis à regarder les lignes de ma main, j’y ai trouvé uniquement de la vanité et j’ai eu honte de moi-même. » Vous aussi, vous croyez savoir beaucoup, mais lorsque vous vous engagez dans la vie, vous n’arrivez pas à vous en sortir. Une jeune fille rêvasse avant son mariage : « Quand je serai mariée, voilà comment j’arrangerai ma maison, comment je m’habillerai, comment je vivrai avec mon mari. » Elle prépare son projet comme on fait un projet de loi ; mais une fois mariée, elle sort négligée dans la rue, donc le projet n’a pas abouti. Les lois votées au parlement restent souvent inappliquées elles aussi, car inappropriées à nos conditions de vie. Lorsqu’une de nos pensées ne se réalise pas en actes, nous concluons : « Nous sommes malheureux et persécutés par le destin. » Ce n’est pas le destin, mais votre bêtise qui s’acharne sur vous à chaque pas. Il faut apprendre à raisonner avec justesse : lorsqu’un homme vient à vous, il faut se faire une juste opinion de lui et le traiter comme vous voudriez être traités dans les mêmes circonstances ; et il faut agir avec bonté, car ce que nous faisons nous sera retourné ensuite.

 

            Il y a quarante-cinq ans à Varna, un homme diplômé en Europe est devenu professeur de musique des enfants des notables de la ville. Mais un jour il s’est disputé avec eux et ils l’ont renvoyé. Homme très fier, il a dépensé tout son argent ; il a dû jeûner trois jours avant de rencontrer un prêtre qu’il connaissait et qui l’a invité chez lui ; en entendant l’histoire de son invité, le prêtre lui a donné deux pièces d’argent : « Lorsque tu les auras dépensé, viens de nouveau à la maison aussi longtemps que tu ne trouveras pas de travail. » Un ou deux mois après, l’homme a retrouvé un travail de secrétaire chez le juge turc local, car il maîtrisait parfaitement la langue turque. Un an après, le prêtre a été accusé d’activité révolutionnaire contre le pouvoir turc : on lui confisqua une série de papiers suspects et on les remit pour vérification à l’assistant du juge. Celui-ci mit de côté tous les livres et lettres qui incriminaient le prêtre qui put ainsi obtenir un non-lieu. Il fut surpris d’entendre l’assistant lui confier : « Les deux pièces d’argent que tu m’as donné lorsque je n’avais pas mangé trois jours durant, t’ont sauvé. » Si cet homme avait su comment agir, il n’aurait pas été renvoyé par les notables au début, mais si le prêtre ne l’avait pas invité pour apaiser sa faim et lui donner deux pièces d’argent, il l’aurait laissé se faire pendre une fois devenu assistant du juge. C’est pourquoi, dans la vie, il faut savoir maîtriser chacune de nos pensées, chacun de nos agissements en nous interrogeant sur les raisons de notre malheur si nous nous sentons malheureux, et sur les raisons de notre vanité, cruauté, cupidité, etc.

 

            Nous devons donc commencer à penser : « Tu es cruel, mais ce n’est pas toi, c’est un capital hérité probablement de quelqu’un d’autre. » Voici un exemple plus clair : il y a des années un Arménien rend visite à Sofia à un Juif avec un échantillon de diamant, prétendant avoir un sac entier de ces diamants et souhaitant les lui vendre très peu cher : 20 000 leva, car il a pu les rentrer sur le territoire sans être taxé. Très intéressé, le Juif lui a donné rendez-vous à un endroit donné où il a compté les vingt mille leva contre un sac qu’il pensait renfermer une fortune. Une fois à la maison, le Juif l’a ouvert pour se rendre compte que dans le sac toutes les pierres ne sont que des morceaux de verre et que seul l’échantillon était authentique et certifié. Vous aussi, vous pouvez porter ce sac en pensant être riche, mais après examen du contenu, constater qu’il est rempli de simple verroterie. Par la loi de l’hérédité nos aïeux nous lèguent des trésors qui sont les vertus, alors que le reste n’est que verroterie : c’est le mal en nous.

 

            C’est ainsi que nous avons une fausse idée de la vie : nous pensons être bons alors que nous ne le sommes pas, c’est-à-dire que nous croyons avoir un certain capital alors que nous n’en avons aucun : le fondement de notre vie est erroné. L’apôtre Paul s’adressant aux chrétiens du passé leur dit : « Personne ne peut poser d’autre fondement que celui qui est posé, qui est Jésus-Christ », et le Christ dit : « Je n’accomplis pas Ma volonté, mais celle de Dieu » ; c’est le premier point d’appui et ensuite : « Je ne suis pas venu prendre la vie des gens, mais donner Ma vie pour eux », voici le second point d’appui. Et le Christ est réellement venu pour nous donner la vie. Il a prêché et réalisé l’amour pour autrui, car le christianisme est amour pour autrui. C’est une science de l’amour et celui qui apprend cette science saura bâtir sur elle. Mais cette science n’est pas basée sur les mots doux, les accolades et les embrassades, car je doute que celui qui se met à couvrir quelqu’un de cadeaux lui veuille du bien !

 

            Voici un exemple : la mouche s’est arrêtée chez l’araignée qui s’est mise à la complimenter : « Comme tu es belle, quels beaux yeux tu as, comme tes ailes sont multicolores, je n’ai jamais vu plus belle que toi. – Est-ce que c’est vrai tout ça ? a demandé la mouche. –  Et comment ! lui a répondu l’araignée, tu es parmi les plus belles créatures qui soient. J’ai un miroir, viens chez moi, je te l’offre pour que tu puisses te regarder. »

 

            Et la mouche de rentrer pour avoir le miroir. Mais elle n’en est jamais ressortie ! Si quelqu’un te dit : « Tu es très belle, viens, je ferai ceci ou cela pour toi », tu le rejoindras, mais tu n’en ressortiras plus, comme la mouche. C’est cela les cadeaux : c’est la luxure. Je ne dis pas qu’il ne faut pas donner ou accepter des cadeaux, mais dans le cadeau il faut faire participer la bouche, la pensée, le cœur ; on doit y introduire la sagesse humaine, la connaissance, l’amour. Je connais beaucoup de femmes qui ont été débauchées par les hommes avec des cadeaux : une femme obtient une montre, une bague, une parure,  mais perd à jamais son honnêteté, sa probité. Je connais beaucoup de personnes qui, ayant pris les rênes du pouvoir, se sont déshonorées et ont perdu leur pureté. La société les adule : « C’est une personne illustre… » Oui, il est illustre, mais de diamant il s’est transformé en boue.

 

            Nous ne pouvons donc pas mettre d’autre fondement. Si nous pouvons assumer nos responsabilités dans la société comme l’exigent les lois que nous suivons, nous avançons et nous nous développons, c’est bien. Si nous n’y arrivons pas, alors nous échouons à assumer nos responsabilités. N’aspirez pas à exercer le pouvoir pour gouverner les gens, si en le faisant vous vous déshonorez, vous vous vendez ; agissez avec désintéressement comme le Christ. Quelqu’un dit : « Je ne le peux pas. » Comment, tu ne le peux pas, alors que médire et haïr les autres, tu le peux ! Celui qui peut flatter, peut aussi aimer. Si l’un est possible, l’autre l’est aussi. Qui ne peut pas haïr, ne peut pas aimer non plus, mais qui peut haïr, peut aussi aimer, c’est la même loi. Tu as seulement un point d’appui, trouve le second, et lorsque la haine et l’amour se réuniront, ils donneront ce qui est nécessaire à la vie : une direction, un cap.

 

            Je ne vous recommande pas d’être des saints au sens ordinaire du terme ; le vrai saint, c’est celui qui maîtrise les deux principes de la vie et les utilise pour son élévation. Comme on peut neutraliser un lion, un serpent, on peut aussi neutraliser un diable ; on ne peut pas le bonifier, mais on peut le rendre inoffensif. Commencez par vos pensées : une pensée qui vous accable est un lion, un serpent ; n’essayez pas de la chasser ou de l’anéantir, mais neutralisez-là. Ayez le courage des Noirs qui ont compris la psychologie des lions et ne dévient pas de leur chemin s’ils en rencontrent un – car la moindre hésitation incitera le lion à attaquer et à vous dévorer – mais au contraire, il marche vers lui en disant : « Tu es un vaurien. » Et il lui crache dessus tout en avançant ; le lion, lorsqu’il s’est approché à trois ou quatre pas, finit par céder. Faites de même : si vous rencontrez un lion, ne vous enfuyez pas, ni en arrière, ni à gauche, ni à droite, mais regardez-le droit dans les yeux et dites-lui : « Va-t’en d’ici crapule ! » et il décampera. Vous direz : « Mais est-ce qu’une telle chose est possible ? » Celui qui est habile, en est capable ; le peureux, non. Une maison qui menace de s’effondrer peut nous ensevelir même si nous nous mettons à courir. Si un jour la Terre est en perdition et si nous sommes des hommes ayant la foi, nous nous élèverons pour aller au Ciel, l’autre point d’appui, à l’autre extrémité du pont ; s’il y a un danger au premier pilier, nous irons sur le second pour défendre nos positions. Voilà comment, grâce à ce pont, l’adversaire ne vous atteindra pas, car vous serez assez forts pour lever ce pont et laisser entre vous et lui un précipice qu’il ne pourra pas franchir. Cet adversaire doit connaître parfaitement les lois pour vous attaquer sur cette position ; ainsi les hommes bons ne peuvent-ils pas être vaincus car ils ont deux points d’appui, et s’ils sont en danger sur l’un, ils se réfugient sur l’autre pour se défendre.

 

            Voici le fondement qu’il faut poser : Jésus et le Christ. Ces deux mots sont les deux points d’appui. Jésus, c’est l’homme qui souffre sur terre, l’âme humaine qui travaille pour son salut ; le Christ c’est l’Homme qui a vaincu, qui sert Dieu, qui est prêt à se sacrifier. Vous aussi, vous devez être Jésus et le Christ. Quelqu’un rétorque : « Mais il est Jésus. » Oui, mais tout le monde peut être Jésus s’il souffre et porte héroïquement ses souffrances ; si vous le chargez d’une croix, il la portera sans protester. Il sera comme Socrate qui, interrogé sur la raison qui l’a poussé à se marier avec la plus méchante femme de Grèce, a dit : « Si je peux venir à bout de cette femme, alors aucune autre difficulté ne peut m’effrayer ! » Par conséquent, si en tant qu’hommes et femmes vous savez vous entendre les uns avec les autres, vous avez résolu l’une des tâches les plus ardues ; dans le cas contraire, vous ne pourrez rien affronter dans le monde. Certains demandent pourquoi les gens se marient ? Pour cette raison précisément : pour savoir s’entendre l’un avec l’autre ; l’homme et la femme sont les deux points d’appui sur lesquels est bâtie la vie. On ergote : « Pourquoi a-t- il fallut une femme à Adam pour lui causer des soucis ? » Dieu ne lui a pas causé de soucis, mais lui a donné un travail. Ève avait l’initiative et l’intelligence. C’était une femme intelligente, bien plus intelligente que vous qui vous croyez érudits : le savoir et la culture contemporaine sont à son crédit. Elle a péché, mais est revenue ensuite pour se racheter en disant à son homme : « Je t’ai précipité en bas, maintenant je t’élèverai en haut, je te sauverai et je te donnerai l’intelligence, car tu n’es pas intelligent, sinon tu n’aurais pas souhaité que je vienne sur Terre ! » Si vous les femmes compreniez cette loi comme votre vieille mère, vous seriez très intelligentes, mais vous ne faites que bouder au lieu d’essayer de comprendre. Je ne vous donne pas raison, vous êtes de mauvaises filles. Votre mère est plus intelligente que vous, elle travaille si adroitement depuis huit mille ans. Ne pensez pas qu’Ève ne travaille pas, la civilisation actuelle est son œuvre. Adam ne faisait qu’obéir à ses ordres, il savait seulement se battre, manier le couteau et en rentrant auprès de sa femme, elle l’interrogeait : « As-tu fini ton travail ? » - « Oui, j’ai tout fini » - « C’est bien, tu as bien fait. »

 

            Nous devons ici poser un fondement : débarrassez-vous de l’illusion que l’on vous instruira une fois au Ciel. Pour vous instruire au Ciel, il vous faut une monnaie d’échange ; dites-moi ce que vous avez ? Je louerais un train pour vous emmener au Ciel, mais combien de temps pourrez-vous y rester ? Parmi vous certains n’ont pas d’argent pour rester plus de deux jours, d’autres pourront tenir dix jours, mais une fois leur argent dépensé, ils diront : « Revenons sur Terre pour en gagner à nouveau. » Nous devons donc poser un fondement en ayant compris la profondeur de la vie chrétienne.

 

            Je ne vous parlerai pas de Rédemption comme dans le passé. Il faut maintenant une construction raisonnée sur le régime social actuel. Nous devons nous demander comment éduquer les générations à venir, comment doivent être nos futurs juges, professeurs, prêtres, pères, mères, filles, amis, commerçants, conducteurs, etc. « Le temps, dit-on, les formera », mais le temps ne vous demande pas : « Que voulez-vous que je crée pour vous ? » Comme jadis le serpent est apparu à Ève pour demander : « Pourquoi ne mangez-vous pas des fruits de l’Arbre de la connaissance du bien et du mal ? », c’est maintenant le Christ qui apparaît pour lui dire : « Pourquoi depuis tant de milliers d’années ne mangez-vous pas les fruits de l’Arbre de la vie ? – Car cela nous est interdit, dit Ève. – Pourquoi ? »   Ève aimerait bien dissimuler la vérité, mais se reprend et dit : « Car nous avons péché. – Oui, dit le Christ, lorsque vous aurez racheté votre péché et l’aurez rejeté loin de vous, vous aurez l’autorisation de manger de cet Arbre de la vie. Et comme vous avez senti la contagion du fruit de l’Arbre de la connaissance du bien et du mal, de même désormais le fruit de l’Arbre de la Vie vous emmènera vers une autre science, un autre type de société, diamétralement opposé à l’actuelle. » Ces choses sont une fable pour vous, mais une réalité pour moi : ces arbres sont dans notre cerveau. L’Arbre de la connaissance du bien et du mal est à l’arrière, l’Arbre de la vie sur le devant. Les russes disent : « Le russe vit selon son cerveau arrière » ; maintenant ils commencent à vivre selon leur cerveau avant : ils ne s’adonnent plus à l’alcool ! En Russie personne ne pensait que les gens pouvaient vivre à jeun ; maintenant la boisson a été interdite par un oukase du tzar ; ainsi une loi causant un grand mal jusque-là, produit désormais un grand bien.

 

            Maintenant le Christ dit : « Êtes-vous prêts à penser, à ne plus vivre avec votre cerveau arrière, à ne plus faire des expériences, mais penser et bâtir comme Je le dirai ? » Mais vous rétorquez, comme les états neutres actuels[1] : « Quels gages avons-nous ? » Tous veulent une caution : l’Italie, la Serbie, la Grèce, la Roumanie, la Bulgarie : « Sans gages nous n’abandonnerons pas le statut de neutralité. » Nous parlons de même au Christ : « Nous avons goûté l’Arbre de la connaissance du bien et du mal et avons vu quel mal nous a frappé ; attendez qu’on évalue si le même mal ne nous frappera pas de nouveau si nous goûtons de l’Arbre de la vie ». « Nous avons une politique de neutralité », nous dit un homme politique en vue,[2] mais la neutralité ne fera pas l’affaire. Ce n’est qu’un des points d’appui ; il faut trouver le second pour commencer à tisser. Dans la vie chrétienne aussi la neutralité s’observe un temps, mais ensuite il faut se battre : tu as une mauvaise pensée, c’est un acte de guerre ; tu nais, tu meurs, c’est une guerre ; tu t’enrichis, tu t’appauvris, c’est une guerre. La vie d’un bout à l’autre est une guerre, sauf qu’elle doit être menée pour être gagnée et non perdue. L’Italie obtient des garanties de l’Alliance ou de l’Entente, mais sommes-nous sûrs que leurs promesses seront tenues jusqu’au bout ? Un loup s’est coincé un os dans la gorge en dévorant une brebis ; une cigogne a volé à son secours, lui a sorti l’os et a demandé une récompense. « Tu peux me remercier, a rétorqué le loup que je ne t’ai pas tranché le cou ! » Voici la garantie ! En raisonnant suivant la même loi, nous posons aussi une grande question dans la vie : ce n’est pas uniquement la Bulgarie qui décide de rentrer en guerre ou non, nous aussi nous nous engageons par rapport au Ciel. Le Christ nous pose à tous la question : « Avec nous ou contre nous ? » et nous devons décider d’être avec le Christ ou contre Lui. Il n’y a pas de neutralité à présent, il y a une grande rivalité dans le monde ; tous font la guerre et chacun doit choisir son camp pour trancher sur cette grande question. Ce qui se passe dans le monde, se passe aussi dans notre for intérieur.

 

            Je veux maintenant vous éviter de vous leurrer : ne pensez pas que nous pouvons vaincre sans souffrance. Le gain est toujours assujetti à une grande perte, la joie, à une grande souffrance. Si la mère ne perdait pas sa beauté, elle n’aurait jamais d’enfants ; si la jeune fille ne perdait pas sa virginité, elle ne serait jamais mère ; c’est une grande loi de la nature. Il faut savoir comment assimiler nos pensées, comment raisonner : il vous vient la pensée pernicieuse de commettre un crime, de dérober. Pour vous en débarrasser, tournez votre esprit dans une autre direction, tournez le regard vers l’âme de cet homme, aimez-le, dites-vous : « Si j’étais à sa place, aurais-je aimé être volé ainsi ? » Dès que l’idée de nuire à quelqu’un vous traverse l’esprit, arrêtez-vous immédiatement et songez : « Si j’étais à sa place, aurais-je aimé subir le même traitement de sa part ? ».

 

            Vous, hommes et femmes, comment traitez-vous ces questions ? Parfois vous êtes en colère contre vos maris et de mauvaises pensées vous assaillent : qu’il décampe pour laisser sa place à un autre avec qui vivre ; ou bien l’homme dit : « Que cette femme parte, je serais mieux avec une autre. » Ce sera toujours une femme, toujours faite pareil. C’est pourquoi, nous les hommes, nous ne devons pas nous laisser abuser par l’apparence des femmes. Que l’homme et la femme, dans ces accès de colère, se posent la question : « Si j’étais à la place de ma femme, comment j’aimerais être traité par mon mari ? » et inversement ; et qu’ils agissent selon la réponse obtenue. Si la femme dit : « Mon mari est mauvais, je ne peux pas le supporter », elle n’est pas une épouse, elle ne raisonne pas avec justesse. Je connais des cas où un fils et une fille projettent de tuer leur père car il est mauvais. Comment savent-ils qu’il est mauvais, c’est quoi être mauvais ? Quelqu’un est mauvais aujourd’hui, puis demain il peut devenir meilleur ; aujourd’hui la femme déteste son mari, mais à peine deux jours plus tard, elle proclame : « Je l’aime ! » Comment peut-on aimer quelqu’un qui n’est pas bon ? Ce n’est pas possible, il y a donc une erreur de jugement. Il faut raisonner avec justesse. Ce fondement doit s’appliquer dans la vie. Ce n’est pas compliqué : si une mauvaise pensée vous assaille, dites-vous : « Je suis serviteur, ou fils de Dieu, Il m’a envoyé du Ciel sur Terre et en ce moment mon Seigneur ou Père me regarde. » Alors, votre pensée changera, car vous ressentirez qu’Il ne vous approuve pas. Que dirait le père s’il voyait sa fille torturer son mari ?

 

            Il y a un proverbe qui dit qu’il y a seulement trois types de femmes et d’hommes dans ce monde, mais je vais le relater uniquement pour les femmes, car c’est pareil pour les hommes. Une anecdote raconte que Noé avait une seule fille, mais avec trois prétendants si amoureux d’elle qu’aucun ne voulait reculer face aux autres. Très embarrassé, tentant de satisfaire tout le monde, Noé a eu l’idée de transformer son âne et son chat en deux filles aussi jolies que la sienne, et il les a mariées ainsi toutes les trois aux trois prétendants. Au bout d’un an, il leur a rendu visite : « Est-ce que ma fille te plaît ? – Oui, elle est bien, mais elle griffe de temps en temps. – Eh oui – a dit Noé – c’est sa nature ! »

 

            Il s’est rendu chez le second mari : « Est-ce que ma fille te plait ? – Oui, elle est bien, mais elle donne des coups de pied de temps en temps. – C’est sa nature. »

 

            Il va chez le troisième gendre : « Est-ce que ma fille te plait ? – Oui, dit-il, c’est un ange ! »

 

            Noé s’est dit : « Voici ma vraie fille. »

 

            Pour être la vraie fille, il ne faut donc ni donner des coups de pied, ni griffer, c’est l’essence de l’enseignement du Christ : ni mordre, ni donner des coups de pieds, mais raisonner comme un être humain et assumer ses responsabilités sur terre : où que tu entres, apporter joie et gaîté, et si tu vois un homme attristé, le consoler, éclairer son esprit. Pour cela, il nous faut des connaissances. Etudiez vos têtes, vos mains, c’est une science ; en les examinant vous vous ferez une idée juste de votre développement, vous verrez comment nombre de générations ont vécu avant vous et quel est votre degré de développement, vous aurez une compréhension juste et vous pourrez vous orienter correctement. La main ne trompe jamais. Par le toucher vous obtenez la meilleure idée de l’homme ; en lui serrant la main, vous pouvez connaître son cœur, son caractère, ses dispositions. On dit que quelqu’un est bête ; il est bête car il n’a pas beaucoup de nœuds sensoriels, d’impressions sur la main – car il est admis que ces nœuds sont en nombre réduit sur les mains des hommes bornés et méchants  – pourquoi ? Parce qu’ils n’ont besoin ni de ceci ni de cela, mais uniquement de boire et de manger.

 

            L’homme aspire à la culture et le Christ a posé le fondement de cette culture : « Je suis le Chemin et la Vérité, et la Vie, ainsi que l’Amour pour Dieu et l’Amour pour autrui. » Si vous savez appliquer ces deux lois : amour pour Dieu et amour pour autrui, il n’y aura pas de force au monde pour vous contredire, de pensée pour vous désobéir et refuser de servir votre idéal. La première loi de l’amour est posée à l’arrière du cerveau ; si tu l’appliques, tu aimeras les hommes, mais si tu n’appliques pas la loi divine de la pensée, la première loi te mêlera à de très mauvaises affaires. Seule la loi divine peut réguler et anoblir l’amour de l’homme, car un amour intense peut épuiser l’être aimé, lui absorber tous les sentiments, lui voler le cœur, l’éreinter. Ce n’est pas de l’amour, c’est de l’ignorance, du parasitisme ; c’est ce que les pieuvres font lorsqu’elles attrapent leurs proies : elles les vident de leur sang, par amour, jusqu’à ce qu’elles faiblissent, s’immobilisent. Certains hommes traitent ainsi leurs femmes. Ce n’est pas l’apaiser que de prendre sa force et d’affirmer : « Ma femme s’est assagie », ce n’est pas cela s’assagir, aujourd’hui vous harassez une femme et demain une autre femme vous épuisera à son tour. Le Christ dit : Je suis venu donner la vie et non pas prendre la vie des autres. Savez-vous donner la vie à votre mari, c’est-à-dire l’inciter à penser seul et ne pas l’invectiver : « Je veux te faire réfléchir ! » Vous pouvez façonner votre mari comme vous le souhaitez, sauf qu’il ne faut pas le mettre entre l’enclume et le marteau, mais entre ces deux lois qui le chaufferont jusqu’à ce qu’il change ; la beauté de l’homme dépend de cet échauffement. Plus vous vous situez loin du centre de gravité de ces deux lois, plus vous serez laids. Le fer est noir, mais il rougit à la chaleur – nous obtenons la race Rouge – puis il jaunit et s’éclaircit de plus en plus et vous direz : « Le fer est devenu beau. » Oui, il est beau, mais si vous supprimez la chaleur, il sera de nouveau laid ; par conséquent vous pouvez être beau, intelligent, lumineux, dans la mesure où ces deux lois agissent sur vous. Ce n’est pas une spéculation, faites marcher vos cerveaux arrière et avant harmonieusement pour avoir un point d’appui et vous obtiendrez tout de suite ce que vous désirez : les meilleurs enfants, des amis etc. Mais vous devez commencer à travailler sur vous et appliquer concrètement la loi de Jésus Christ : Amour pour Dieu et amour pour autrui.

 

            Lorsqu’il s’agit du bien, effacez les mots je ne peux pas et remplacez les par je peux. Lorsque vous êtes sur le point de commettre une faute, dites je ne peux pas et si c’est pour le bien, dites je peux. S’il vous vient une bonne pensée, dites je peux et si c’est une mauvaise pensée, dites je ne peux pas. Que la femme qui tisse en passant la navette d’une main à l’autre, tisse de la même manière ses pensées, ses sentiments, son caractère, en se fixant au pôle négatif s’il lui vient une mauvaise pensée ou au pôle positif s’il lui vient une bonne pensée. Et lorsqu’elle tissera ainsi son caractère, le Christ lui enverra un tailleur qui lui fera un costume où tout sera à sa juste place et alors tous l’aimeront. La même chose s’applique aux hommes.

 

            C’est le nouveau fondement que le Christ veut poser : savoir comment travailler. Ne doutez pas du Seigneur. Certains disent : « Y a-t-il un Seigneur ? » Laissez de côté  cette question stupide ! L’unique preuve irréfutable de Dieu est : j’existe par conséquent Dieu existe ; il n’y a pas de plus grande preuve que celle-ci. Je pense, donc Dieu aussi pense ; ma pensée sous-entend la pensée de Dieu, mon action sous-entend l’action de Dieu. Celui qui pense différemment n’a pas de logique et ne comprend pas les règles de base de la logique. J’aime, donc le Seigneur aime. Dieu est un être parfait et sublime qui anime et conduit tous les hommes, et celui qui doute de Dieu, doute déjà de lui-même et d’autrui. Ne pensez pas que nous Le troublons avec nos doutes, cela Lui plaît quand nous ne L’écoutons pas. Lorsque le diable a péché, le Seigneur l’a mis sur un feu brûlant jusqu’à ce que ce dernier avoue qu’Il était son Seigneur. Aussi le Seigneur ordonne-t-il, pour celui qui philosophe sur terre : « Amenez-le moi et mettez-le sur le feu » ; et lorsque cela commence à chauffer Il lui demande : « Quelles forces agissent sur toi ? – J’ai mal. – Non, réfléchis sur les causes de cette situation, que discernes-tu ? – C’est un enfer. – Pourquoi un enfer, quelles sont les causes de cette situation ? » L’enfer est un endroit où le Seigneur enseigne aux gens à réfléchir. Certains demandent : « Où est l’enfer ? » La terre est la treizième sphère. Le Seigneur nous mettra sur ce feu, mais nous sortirons de cet enfer sans brûler si nous sommes bons comme les trois oracles juifs[3] qui, jetés dans la géhenne, allaient, chantaient et louaient le Seigneur au milieu des flammes. Oui, si je vais en enfer, je chanterai là-bas ; certains tremblent à l’idée de l’enfer ; si je vais là-bas, je chanterai la même chanson que vous. Il n’y a pas de mauvais endroit, tout est relatif : si Dieu est avec toi, il n’y aura pas de difficulté, partout il y aura du bien, sinon, si tu ne comprends pas Ses lois, le mal sera partout.

 

            Le premier fondement, le premier point d’appui c’est donc vous, le second c’est le Christ. Unissez-vous comme l’homme s’unit à la femme, comme le frère s’unit à la sœur, car la force est dans l’union, l’union induit le travail, la construction, les pensées, les sentiments, les aspirations, la civilisation.

 

            C’est la pensée que je vous laisse : « Personne ne peut poser d’autre fondement. » Ce fondement, c’est que la vie que vous vivez est la meilleure que le Seigneur nous offre sur terre. Il ne peut, en aucune façon, nous en offrir de meilleure, elle est formidable et pleine d’une telle abondance que nous pouvons faire des miracles. Vous ne soupçonnez pas quelle richesse est mise en elle, quelles forces elle porte pour votre avenir : ce que vous pouvez être, ce que vous pouvez accomplir. L’enfant dans le ventre de sa mère est minuscule, mais il devient un organisme autonome au neuvième mois, et la mère l’enfante, lui donne des conditions pour s’élever et pour croître ; vingt ans après, il devient un homme et commence à discerner. Suivant la même loi, l’homme est maintenant une créature minuscule auprès de Dieu, mais qui se développera un jour et naîtra de nouveau pour s’élever plus haut et comprendre des choses sublimes. Mais pour s’élever il faut changer la forme de sa tête, sa raison, son cœur, son caractère, et percevoir l’harmonie grandiose de la vie dans son esprit. Et alors, nous passerons dans l’ordre des anges et nous nous rapprocherons du Ciel. C’est cela le nouveau fondement de l’homme.

 

Sofia, 23 mai 1915

 

___________________________

[1] Paroles prononcées dans le contexte de la première guerre mondiale

[2]Vassil Radoslavov (1854 – 1929) – premier ministre bulgare sur la période 1913-1918

[3] « Et ils marchaient au milieu de la flamme, louant Dieu et bénissant le Seigneur. Mais l'ange du Seigneur était descendu dans la fournaise avec Azarias et ses compagnons, et il écartait de la fournaise la flamme de feu. … Et il rendit le milieu de la fournaise tel que si un vent de rosée y avait soufflé : et le feu ne les toucha même pas, il ne les blessa point et ne leur causa point le moindre mal. » (Daniel 3, 24 ; 50)

 

Traduit par Bojidar Borissov

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