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mayakitanova

1914_11_08 Au commencement était

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Au commencement était le Verbe

 

Au commencement était le Verbe

Et le Verbe était en Dieu

Et le Verbe était Dieu

(Jean 1, 1)

 

C’est la phrase des Évangiles la plus difficile à interpréter et elle est l’objet des interrogations philosophiques les plus ardues. Cet extrait a suscité des milliers de discussions, car chaque penseur ou prêcheur l’interprète naturellement à sa manière. L’Église orthodoxe a été aussi le terrain de controverses sur le Verbe ; on s’est même battu en son nom, comme si cette question pouvait se résoudre par la guerre.

 

Comment comprendre le sens premier des mots « Au commencement était le Verbe », quel est ce commencement ? Quand ils souhaitent débattre d’une question de fond, les philosophes contemporains partent de certains postulats, se basent sur une hypothèse, pour expliquer quelque chose. Par exemple un prêcheur noir expliquait la création de l’homme ainsi : « Dieu a œuvré une journée entière, Il a créé l’homme avec de la boue, puis Il l’a laissé sécher encore trois jours durant sur une palissade. » Certains auditeurs lui ont demandé : « Elle est faite en quoi cette palissade ? – Ce n’est pas votre affaire ! » a rétorqué le prêcheur. Les philosophes modernes ont aussi une palissade sur laquelle ils font sécher le Verbe et l’homme ; ils résolvent ainsi toutes les questions posées et proclament : « L’homme est fait de boue et il est séché sur une palissade » et, à la question sur l’origine de cette palissade, ils répondent : « Vous n’avez pas à vous en préoccuper. » Mais comme cette palissade barre notre chemin, arrivés à elle, nous butons dessus et tournons autour. De même, un prêcheur évangéliste disait à propos de Jonas : « La baleine a éprouvé toutes les peines du monde pour engloutir Jonas ». C’est ainsi que nous restons des heures entières à déchiffrer une question qui n’est jamais résolue.

 

« Au commencement était le Verbe et le Verbe était en Dieu et Dieu était le Verbe. » Le sujet principal ici est le Verbe. Comment comprendre le mot Verbe ? C’est un acte divin et intelligent qui se manifeste par certaines vibrations, perceptibles par nous. Donc, lorsque les choses deviennent visibles, perceptibles, accessibles pour la conscience humaine, ce quelque chose compréhensible par nous est appelé Verbe. Par exemple vous dites un mot : c’est le verbe. Le mot любовь (amour)(liubov) est fait de six lettres. Si vous décomposez ces six éléments, vous verrez de quoi est constitué l’amour ramené au niveau des hommes c’est-à-dire, non pas dans son sens premier, mais dans sa manifestation. Si nous abordons l’essence même de ce qu’est le Verbe, de ce qu’est Dieu, nous nous heurtons à une contradiction. On ne peut jamais définir ce qui n’a aucune forme en soi. Dieu n’a pas de forme, par conséquent nous ne pouvons pas Le définir. Qu’est-ce que Dieu, dites-le-moi ! Pour Le définir, vous devez Lui mettre des limites, des formes, le rendre perceptible d’un point de vue humain. Ceux qui écrivent sur Dieu et le Verbe pensent les expliquer comme les prêcheurs noirs ou évangélistes : par la palissade ou par la baleine. Mais ce n’est pas une vraie explication.

 

Il est dit : « Au commencement… » Par ces mots est nommé cet acte intelligent, propre à toutes les créatures de Dieu qui prennent conscience qu’Il crée, et qui commencent à participer à son travail. Voici une analogie : admettons qu’une mère mette au monde un enfant et dise : « Le commencement de mon enfant, c’est maintenant », mais ce n’est pas le commencement de l’enfant intelligent. A quoi ressemble ce commencement ? Des cris et des pleurs inintelligibles pour les parents. Le commencement mentionné dans l’Évangile est intelligent. Quand l’enfant atteint l’âge de 21 ans et commence à raisonner, c’est le vrai début de la vie consciente, et il y a un plein échange de réflexions entre la mère et l’enfant. Par conséquent, « Au commencement était le Verbe… » signifie ce premier moment où nous commençons à comprendre Dieu sans nous contenter de gesticuler devant Lui. Durant des siècles, les hommes ont pleuré pour quémander ceci et cela. Et pour l’expliquer de manière plus scientifique, je précise que cela correspond à tous les stades de l’existence de l’enfant. Ce début a connu des millions de formes, depuis les plus petites où l’enfant a continuellement pleuré, et où Dieu a dû lui façonner de nouveaux vêtements : le transformer en oiseau ou en mammifère. Lorsque cet enfant rébarbatif a pris conscience du commencement, cela signifie que le Verbe est entré en lui. C’est pourquoi l’évangéliste dit que le commencement est marqué dans le Livre du Ciel comme une forme intelligente d’ordre et d’organisation. Chaque homme débute dans le désordre, avec de la boue séchée en haut d’une palissade, mais lorsque vous descendez de là, debout sur vos jambes, dans le Ciel on écrit pour vous : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était en Dieu et le Verbe était Dieu », et ce commencement est alors dans la tête de l’homme.

 

Je vous donnerai un autre exemple : imaginez que vous remontez le courant d’une rivière vers sa source, vous l’atteignez et vous constatez qu’elle est à tel endroit, et vous vous arrêtez là. Oui, c’est son commencement, aucun philosophe ne peut prétendre le contraire. Mais c’est le commencement apparent ; il y a d’autres commencements que nous ne voyons pas : transportée depuis l’océan, l’eau peut avoir traversé l’espace sous la forme de vapeur, être tombée sous la forme d’une pluie, s’être infiltrée sous terre pour atteindre la source. Par conséquent, nous disons que cette rivière commence dans son premier sens. « Au commencement était le Verbe…» veut dire ce début conscient de toute l’humanité, quand ce Verbe est apparu dans cette forme visible qui existe pour nous. Bien sûr, à présent vous êtes loin de ce commencement, les millions d’années passées depuis ont effacé ces souvenirs.

 

Je vous donnerai maintenant une autre comparaison. Si vous lisez la lettre de Paul aux Galates, vous y verrez une mention aux fruits de l’amour. Prenons un fruit et admettons qu’il y a en lui une seule graine. Si vous la plantez un jour, cela marquera le début de son développement, et si vous demandez à l’arbre quel est son commencement, il vous dira : « C’est le moment précis de la plantation de la graine ». Par conséquent, à la question : « Qui étiez-vous dans le passé ? », vous pouvez répondre que vous étiez une graine, semée par le Seigneur dans la terre pour pousser, vous ramifier, éclore et donner des fruits qui vont mûrir. Notre vie consciente est un arbre : le commencement intelligent se trouve dans la tête, alors que le corps montre combien de millions d’années se sont écoulées vers le bas, sous l’action de l’aspiration vers la terre, depuis ce commencement de l’homme. La tête est le symbole du commencement originel, lorsque l’homme a été semé.

 

Je ne vais pas approfondir et vous en expliquer en détail les raisons profondes, ce qui serait trop complexe pour beaucoup d’entre vous. Détailler l’état originel du monde et les forces qui ont agi alors, ou expliquer l’intelligence primitive qui a travaillé, et ainsi de suite, ce sont des concepts abstraits sur lesquels les plus grands philosophes se sont tus. Lorsque le grand Maître Égyptien, Hermès, a été questionné sur ces sujets, il n’a pas desserré les lèvres. Qu’a-t-il voulu montrer ? Que l’homme doit quitter son corps et aller explorer les choses sur place. Et, si on rapporte que quelqu’un se tait, j’interprète son silence ainsi : « Sors, va à cet endroit et explore-le ». Si par exemple quelqu’un me demande où se trouvent les sources de la Maritza[1], j’aurai beau lui expliquer, il ne peut pas comprendre : en fin de compte je lui dis de rester silencieux, alors il comprendra. Voilà ce qu’a voulu dire Hermès.

 

Certains demanderont comment cela est possible. Demander cela signifie que vous n’êtes pas à votre place. Vous êtes encore des enfants qui jouent avec des jouets et des poupées. Il faut attendre plusieurs millions d’années pour s’élever et réfléchir sur cette question. Ceux qui peuvent me comprendre vont se taire, et je leur dirai : « Venez, et accompagnez-moi là-bas » ; de cette façon la question est déjà résolue. Quand je me tais, c’est une résolution pratique de la question et non pas une réponse théorique. Et quand les hommes me demandent quel est le commencement, comment était le Verbe dans le passé lointain, je les appelle : « Venez m’accompagner là-bas ! – Nous ne pouvons pas ! – Alors consacrez-vous à vos amusements sur terre : construire des maisons, célébrer des mariages, vendre et acheter, faire la guerre… » C’est seulement lorsque vous aurez passé tout ce processus de développement, lorsque vous aurez grandi et vous serez assagi en disant : « Laissons de côté les jouets ! » Alors viendra un Maître qui, se taisant, vous dira : « Venez avec moi ! »

 

Ceux qui aspirent à suivre la voie du Christ doivent avoir une idée particulière de la vérité : ne pensez-pas qu’elle est facilement accessible, ne pensez pas que le chemin que vous avez pris est facile ; non, il y a des difficultés. Je ne dis pas qu’elles sont insurmontables, mais il y a de grandes épreuves et celui qui se décide à le suivre, doit être prêt. La nature place toujours des obstacles devant nous, des obstacles que nous devons franchir sans cesse pour nous préparer au grand voyage. La question n’est pas seulement de partir, mais aussi d’arriver. Mais vous vous contentez de marcher un, deux ou trois jours, pour ensuite rebrousser chemin, et à la question : « Quelles nouvelles rapportez-vous, vous répondez : « Laisse tomber, c’est du vent ! » Cependant, si vous atteigniez cette source éternelle d’où naît la vie des hommes et où se trouvait le Verbe au commencement, vous comprendriez la forme de l’humanité d’alors, les Fils des Hommes. Ce que nous appelons « ressemblance divine » pour les hommes sur terre est une caricature.

 

Quand les gens disent qu’ils sont faits à l’image et à la ressemblance divine, je ris de bon cœur ! Car je vois devant moi des hommes-caricatures dont les pensées, l’intelligence et le cœur sont altérés, l’image dont ils disent qu’elle est à la ressemblance divine est abîmée, pas celle d’autrefois. Et quand le Verbe, qui est à l’origine de tout, a vu que les choses faites à l’image et à la ressemblance de Dieu sont devenues des caricatures, il a envoyé le Christ, du monde invisible vers le monde visible, pour dire aux gens égarés : « Arrêtez de vous tromper ! Ce que vous êtes maintenant n’est pas l’image de Dieu, c’est votre propre image ». Ils rétorquent : « Mais à l’origine je suis créé par Dieu, je suis né de Lui ». « Comment es-tu né de Dieu ? » Ce commencement était pur et limpide, alors qu’en vous, à présent, il y a un certain mélange.

 

Ainsi, pour comprendre le sens profond de l’Enseignement que le Christ a dispensé, nous devons nous purifier. Le mot purification, dans un autre sens signifie allègement, qui est un processus d’organisation, c’est-à-dire le processus conscient de notre construction.

 

La forme corporelle provient de la loi selon laquelle, dans la nature, il y a une confrontation des forces. Il y a en nous une aspiration qui nous attire vers Dieu, mais en même temps il existe un autre principe qui nous dirige vers la terre. Ainsi la tête est liée au Ciel et nous tire vers le haut, mais le corps nous tire vers le bas, vers la terre. De cette manière, nous sommes comme crucifiés ; et comment un homme crucifié peut-il raisonner ? Après cette mort, un Nicodème doit venir enlever les clous, nous descendre de la croix, nous envelopper dans le linceul et, devenus plus légers, nous nous élèverons : c’est la Résurrection. La Résurrection est un acte qui nous permet d’aller voir les choses à leur juste place, de revenir au Verbe, à Dieu.

 

À présent, vous souhaitez que je vous parle de Dieu. Que vous dire, alors que vous êtes encore crucifiés, alourdis ? Vous dites : « Parlez-nous de l’amour ». Comment vous parler de lui, quand vous êtes crucifiés, tordus de douleur ? La seule chose à dire à un homme crucifié, c’est de patienter, de souffrir, et de se montrer héroïque dans l’épreuve. Je ne peux lui donner que cette consolation. C’est la liberté donnée aux hommes : ils doivent traverser toutes ces souffrances, en suivant l’exemple donné par le Christ.

 

Ainsi, le Christ a mis dans notre cerveau le commencement du Verbe. Le Verbe est la manifestation de Dieu dans le monde spirituel, le Verbe comprend les anges, par conséquent les anges sont mus initialement par Dieu et Il est en eux. Quand l’évangéliste dit : « Et toutes choses ont été faites par lui et rien de ce qui a été fait, n’a été fait sans lui », il entend que des anges, le Verbe descend, prend une autre forme et rentre en l’homme. Quand nous parlons du Verbe qui, au commencement, était en Dieu et était Dieu, nous parlons de toutes les créatures qui ont une évolution différente des hommes, qui sont grandes. Fils de la pensée, de l’intelligence, voilà ce qu’elles sont. Cela ne veut pas dire qu’elles ont la même forme que nous, mais qu’elles sont des êtres intelligents. Quand le Christ s’est manifesté sur la terre, il est venu traduire ce Verbe en discours compréhensible. Nos paroles sont une traduction du Verbe. J’ai déjà parlé à plusieurs reprises de la véritable traduction des paroles. Si par exemple quelqu’un demande la traduction du mot rivière, ou des mots source, lumière, chaleur, nous dirons que la lumière est la traduction de la vérité et que la chaleur est traduction de l’amour, et qu’entre ces mots il y a une corrélation : comme la vérité éclaire l’esprit humain de l’intérieur, et comme la chaleur aide les plantes à pousser, ainsi l’amour qui entre en nous, déclenche ces sentiments qui poussent l’homme à se lever et à grandir. C’est pourquoi, celui qui veut connaître la forme originelle du Verbe doit trouver la juste traduction.

 

En bulgare, le mot Verbe (Слово)(Slovo) a une signification et en grec, langue dans laquelle cette phrase évangélique a été écrite pour la première fois, il en a une autre. En grec, ce mot commence par la lettre L (λ – Logos) et en bulgare, il commence par la lettre C. Ceci illustre le fait que les peuples grec et bulgare ne se trouvent pas au même niveau, au même endroit. Lorsque le mot Logos était écrit en grec, les Grecs aspiraient vers le haut, vers les anges, alors que notre lettre C est le symbole du croissant, ce qui signifie que nous nous trouvons à l’opposé, dans le monde astral, sans lumière ; c’est pourquoi nous la voyons réfléchie par la lune.

 

Par conséquent nous pouvons dire que, d’après le mot Verbe, les slaves sont un peuple qui descend, qui a atteint le plus grand fond jusqu’où il est possible de descendre, pour commencer maintenant sa nouvelle évolution. C’est la raison pour laquelle je ne peux pas vous expliquer et vous ne pouvez pas comprendre le Verbe, parce que dans vos cerveaux, dans vos esprits, c’est encore la lune qui éclaire ; en vous, les images, les figures sont floues ; mais lorsqu’apparaîtra la lumière du jour, ou quand le Christ viendra dans une forme nouvelle, alors, tout sera clair et limpide pour vous.

 

Ainsi, par le mot Verbe j’entends ce commencement intelligent qui crée et engendre en nous les pensées, les désirs, les actes. Nous devons maintenant revenir vers ce commencement. Toutes les contradictions dans la vie individuelle et entre les peuples disparaîtront uniquement si nous revenons vers lui, et la manière d’y revenir, c’est de s’alléger. Si une rivière qui descend de sa source et va vers la mer me demande ce qu’elle doit faire pour revenir à son commencement, je lui répondrai qu’elle doit s’évaporer pour s’alléger, s’élever dans les airs, se laisser emporter par les vents vers la source, vers la tête d’où elle a coulé. À vous, je vous dis d’appliquer la même loi. Cette loi, c’est l’abnégation ; voilà pourquoi le Christ dit : « Si tu ne te renies pas et ne me suis pas, tu ne seras pas sauvé [2]». Nous devons renoncer à la matière, aux maisons, aux enfants, à ces choses qui nous ligotent avec mille cordes.

 

Vous dites que vous souhaitez aller auprès du Seigneur. Vous n’irez jamais jusqu’à Lui si vous ne coupez pas les cordes qui vous ligotent. Des prêcheurs et des curés enseignent comment aller au Ciel, mais tous sont entravés. Taisez-vous, vous trompez le monde, vous vous instruisez auprès de la lune et vous voyez tout à travers son éclairage. Quand le soleil se lèvera dans votre esprit, vous allez avoir une autre perception du monde et de la vie, vous réaliserez combien votre vision a été erronée. Voilà pourquoi le mot abnégation signifie allègement.

 

Certains diront qu’ils ne veulent pas se renier. Bien, mais ils descendent la pente vers l’océan. Il n’existe pas d’autre chemin que l’élévation, ou la dégringolade. Mais pour nous élever, pour nous alléger, le soleil doit nous éclairer. La lune ne peut pas nous faire évaporer, au contraire, elle cause très souvent la condensation des vapeurs d’eau. Suivant la même analogie du soleil et de la lune, il est dit, dans le premier chapitre de la Genèse, que Dieu a créé ces deux principes et qu’en eux demeure toute la vérité : la lune est un processus de descente vers la terre et le soleil est un processus d’élévation vers Dieu. Le coucher du soleil incarne la descente et son lever symbolise le processus d’une nouvelle évolution. C’est pourquoi la lune vous raconte, tous les vingt-huit jours, l’histoire de votre chute. Si vous vous demandez pourquoi vous êtes tombés, pourquoi vous ne pouvez pas raisonner, pourquoi vous ne pouvez pas vous maîtriser, la lune vous le dira : toutes ses phases vous diront la raison de votre chute. Quelqu’un demandera : « Comment s’élever et aller vers Dieu ? – Levez-vous tous les matins, et lorsque le soleil se lève, contemplez Dieu et vous trouverez le chemin. » Certains pensent qu’ils doivent toujours penser à Dieu. Non, vous pouvez abriter une pensée, mais il lui faut certaines conditions pour commencer à agir. Les germes de votre rédemption sont là, mais vous vous élèverez uniquement s’ils commencent à croître.

 

On dit que le Christ est venu sauver le monde. Le sauver dans quel sens ? Lorsqu’il est venu, tous les germes qui, pendant de millions d’années sont restés congelés, sont alors apparus sous cette écorce glaciale ; ils sont sortis de cette époque glaciaire. Je ne voudrais pas commencer à vous expliquer que la terre a connu autrefois une époque glaciaire. Dans la vie spirituelle, il peut y en avoir une également. Si la lune éclaire votre esprit, je dirai que vous êtes dans l’époque glaciaire ; vos monstres préhistoriques ont péri, la végétation est arrêtée, vous avez une vie minimale, celle que la lune vous permet d’avoir. Si vous me demandez ce que vous devez faire, je vous dirai que le soleil doit vous éclairer, que le Christ doit illuminer votre âme, se lever à votre horizon et vous transformer avec ses rayons de vérité.

 

Vous pouvez me rétorquer que le Christ viendra. Oui, il viendra absolument, mais où serez-vous à ce moment-là, à l’équateur ou au pôle Nord, en zone tempérée ou au pôle Sud ? Vous devez mesurer votre position pour apprécier comment les rayons du Christ descendront sur votre âme : verticalement ou obliquement. Nous devons tous venir à l’endroit où Dieu doit nous rencontrer, c’est-à-dire sur la terre divine. Si vous étiez clairvoyants, vous verriez l’existence d’une autre terre. Si je commençais à vous expliquer la conception des occultistes sur la terre, le mouvement des sphères, vous me diriez qu’il vaut mieux pour vous ne pas savoir tout cela, pour ne pas sombrer dans de grandes contradictions. Je vous dirai pourquoi. Lorsque le radium a été découvert, les scientifiques ont eu très peur que toutes les théories et postulats d’aujourd’hui soient remis en cause et qu’il faille les repenser, c’est pourquoi ils n’ont pas voulu étudier davantage cet élément. Ainsi, je vous le dis, lorsque le radium christique viendra, vous devrez repenser complètement votre vie et vos points de vue.

 

Dans l’extrait cité, Jean se tourne vers ceux qui comprennent. C’est la question la plus essentielle dans l’Evangile. Ceux pour qui cela a été écrit l’ont compris. Un jour, vous le comprendrez aussi. Si vous dites que votre esprit est troublé, je vous console : c’est la lune qui vous éclaire encore, lorsque ce sera au tour du soleil, cette question sera résolue, du moment que vous êtes sincères et occupez vraiment la place où Dieu a voulu vous mettre. Selon ces lois, les conditions pour votre développement viendront nécessairement, il faut se montrer patient. Mais ceux pour qui Dieu est venu doivent se renier, s’alléger, ne plus dégringoler ! Ou, dit d’un point de vue philosophique, leurs pensées doivent avoir du contenu et aussi un objectif vers lequel aspirer.

 

Un chrétien qui veut s’acquitter de sa mission doit savoir pourquoi tout s’est passé ainsi. Par exemple, pourquoi les enfants naissent ? Vous dites que c’est la volonté du Seigneur. Savez-vous s’il l’a ordonné ? Les ivrognes peuvent aussi proclamer : « Le Seigneur a donné le vin pour que nous buvions ». C’est Sa volonté ou bien notre fait ? Le Seigneur a créé le raisin, mais le vin est notre création. De la même manière nous faisons du pain à partir de la farine, mais est-ce Dieu qui l’a ordonné ainsi ? Non, c’est notre invention. Vous posez deux pierres meulières pour écraser le grain, mais est-ce que Dieu a ordonné que le blé soit moulu en farine ? Non, c’est notre propre volonté, car notre estomac ne peut pas assimiler les grains de blé. Et lorsque les hommes d’aujourd’hui proclament que ceci est une vérité, que cela est une autre vérité, demandez-leur : « C’est la vérité divine ou la vôtre ? – Mais je prêche le Christ ! – Tu prêches ton Christ ! – Mais je prêche Dieu ! – Tu prêches ton Dieu, ne me trompe pas ! »  Je le dis : je ne me mens pas, je ne mens pas. Chacun prêche son Christ, son Dieu. Quand une jeune fille tombe amoureuse d’un garçon, il est un ange pour elle, elle meurt d’amour pour lui, mais lorsqu’ils se marient, elle commence à penser qu’il est un diable et sa vie avec lui devient infernale. Qui alors a raison ? Dans notre propre vie aussi nous disons que nous mourrons pour notre Christ, mais lorsque nous nous marions au Seigneur et que nous nous rendons compte qu’il n’est pas tel que nous le pensions, nous n’en voulons plus et nous affirmons qu’il est mensonger !

 

Par conséquent, en disant : « Au commencement était le Verbe… », de quel verbe parlons-nous ? De celui que nous comprenons ou bien du Verbe originel, fondement de tous les hommes ? De ce commencement où tous, nous avons nos racines, liés à un organisme unique, alimentés par le même fluide, ou bien de n’importe quel autre commencement parasite ?

 

Chacun de vous doit d’abord répondre à la question de savoir à quel commencement il se trouve. Vous direz : « Mais je le sais ». J’entends toujours cela : l’homme dit je, la femme dit je, tous disent je, il n’y a personne d’autre comme moi, je suis grand, mais je ne vois qu’une petite tige de cinq centimètres et d’autres ne sont même qu’une simple feuille. Bientôt viendra l’automne, tu tomberas à terre, jusqu’aux racines de l’arbre, et tu comprendras qu’il y a un autre commencement : l’un est en haut et l’autre en bas.

 

Et chacun de vous doit savoir où est ce commencement : dans les racines ou dans le tronc, dans les grandes ou dans les petites branches, dans les feuilles, dans le fruit vert, dans le fruit mûr ou dans la graine du fruit. Si vous pensez qu’il est dans la graine du fruit mûr, je dis : tu es déjà quelqu’un qui doit partir rechercher le commencement originel dont parle Jean. Si vous pensez être dans les feuilles, alors vous devrez attendre encore des millions d’années. « Mais je suis dans le fruit vert ! – Il faut encore attendre de bien mûrir. – Je suis déjà un fruit prêt. – Oui, mais un orage peut survenir et si tu ne résistes pas, il faudra de nouveau passer par les racines, le tronc, t’élever et commencer une nouvelle vie. » Si vous aviez du temps, je me serais attardé sur la question de la chute du fruit. Plusieurs d’entre vous me demandent : « Décris-nous l’endroit où nous étions avant ». Je connais tout cela, mais en vous le dévoilant quelle sera votre réaction ? On dira : « Si c’est vrai, c’est un terrible mensonge » et ceux de l’extérieur diront : « C’est un énorme mensonge ». Mais le mensonge est l’ombre de la vérité. On peut mentir tant qu’on détient la vérité ; pour tromper quelqu’un, il faut le faire vis-à-vis d’une certaine vérité. Le mensonge est le compagnon de la vérité ; là où il y a la vérité, il y a le mensonge et vice versa.

 

Mais revenons à cette question : comment faut-il comprendre ce principe intelligent en nous ? On me dira que c’est une force qui agit. Comment entendez-vous l’expression force qui agit ? Dans les têtes des scientifiques modernes, c’est si indéterminé. On dit que c’est une force constructrice, mais comment construit-elle ? Par l’attraction dira-t-on, mais de quelle manière ? Deux personnes se tiennent par les mains et s’attirent, de même, l’aimant attire les particules métalliques. D’accord, mais l’attraction nécessite certains rapports de force. C’est cette force intérieure qui doit attirer nos pensées et nos sentiments vers le commencement intelligent. Pour sentir si nous sommes attirés par lui, et libérés de la terre, nous devons guetter quand s’arrêtent les déchirements en nous ; c’est le signe qu’on va vers le commencement. Tant qu’il y a une lutte, nous restons entre deux principes et ressemblons au voyageur perdu qui, au lieu de partir vers l’est, part à l’ouest et ne peut s’orienter qu’au lever du soleil.

 

On dira de quelqu’un : « Sa fin est proche ». De quelle fin parle-t-on ? Quand l’étudiant quitte le lycée, est-ce qu’il meurt ? Non, c’est la fin de sa scolarité et le début de sa vie dans le monde. Savez-vous ce que le mot fin désignait initialement ? Un homme viril, intelligent et adroit qui savait travailler et qui pouvait tout porter. Et lorsque les gens disent : « Sa fin est proche », cela signifie que le travail est terminé. Lorsque le tissu a fini d’être tissé, on le met de côté pour prendre les mesures ; la fin du tissage est le début de l’habillement. Une fois habillés, lorsqu’on vous complimentera pour le bel habit, ne vous enorgueillissez pas, mais remerciez le tisserand qui a réussi à fabriquer ce vêtement. Certains prennent pour eux les compliments sur leurs habits ; non, les félicitations sont pour le tisserand, les autres sont juste sa publicité. Si le vêtement est mal cousu, on s’en prendra tout de suite au tisserand. On dit par exemple à quelqu’un : « Vos pensées sont nobles », il commence à s’imaginer qu’il est quelqu’un et il s’enorgueillit. Attends ! Ce ne sont pas tes pensées ! Remercie celui qui te les a données sans te tromper.

 

Si un orage éclate dans votre tête, êtes-vous en mesure de vous mouvoir ? Non, vous n’en êtes pas capables. Dans votre tête règnent à présent des idées obscures. Vous dites que le Christ est un principe. Principe signifie commencement, tête, source ; lorsque vous allez à cette source, vous pouvez boire de l’eau pure. Si nous buvons à la source christique, si nous buvons de cette eau de la vie, nos pensées et nos désirs vont nécessairement s’éclaircir. Il y aura une autre conséquence : la construction de notre corps se fera de manière ordonnée, les souffrances et les douleurs disparaîtront, nous aurons une vision des choses juste, nous parlerons bien aux hommes et nous abreuverons les assoiffés. Le Christ a dit à ces femmes : « L’eau que je vous donnerai sera une source qui coulera dans vos âmes ». Et vous venez tous les matins ici pour boire de cette fontaine. C’est bien, mais moi qui aime dire la vérité et n’aime ni mentir ni me mentir à moi-même, je veux que vous conduisiez un tuyau, de cette source abondante d’où je puise, pour l’amener jusqu’à votre jardin et, quand le temps sera venu, vous ouvrirez le robinet pour boire. Je parle à ceux d’entre vous qui veulent être disciples du Christ : préparez un tuyau d’au moins un centimètre, et lorsque le monde sera assiégé et les gens assoiffés, ce tuyau vous abreuvera et la soif ne vous tourmentera pas. La source sera dans votre âme : c’est le commencement et c’est la fin. Et qu’est-ce que la fin ? Lorsque depuis la source vous avez une fontaine à la maison, c’est la fin des choses.

 

Nous devons considérer les pensées, les sentiments que nous avons, comme s’ils nous avaient été donnés ; nous n’avons qu’à les utiliser. Chaque pensée va et vient, vous ne pouvez pas la retenir ; les désirs non plus. Non, de même que la nourriture passe à travers nous, selon la même loi, passent les pensées. Ce sont des formes qui apportent la sève de la vie. Utilisez cette sève cachée en elles et répandez cette manne dans l’espace ; elle se renouvellera. Si vous la tenez longtemps enfermée en bouteille, la sève s’altère et le Seigneur vous tiendra responsables de cela. Certains veulent être riches en pensées mais ces dernières peuvent facilement être dérobées. Comme l’argent, les pensées ne reconnaissent pas de maître, mais uniquement celui qui les possède. Quelqu’un peut fouiller dans votre cœur pour dérober vos désirs. Par exemple, une jeune fille perd son amour et commence à dépérir ; ou bien quelqu’un se voit voler ses pensées et perd la tête. Pourquoi ? Parce qu’ils ne comprennent pas la loi fondamentale : toute pensée et tout désir nous sont envoyés du monde invisible pour les utiliser et les laisser ensuite parcourir le monde. Lorsqu’il y a ce mouvement, cet échange de pensées et de désirs que nous renvoyons, nous recevons la sève de la Vie. C’est pourquoi le Christ dit : « Je suis la vie ». L’essentiel pour nous, c’est la vie. Ainsi, nous devons atteler toutes nos pensées, tous nos désirs pour acquérir la vie, et ensuite nous serons des citoyens libres de nous diriger vers ce commencement, vers la source éternelle où nous pourrons apaiser notre soif.

 

Quand quelqu’un meurt on dit : « Il est parti de l’autre côté ». Si la graine a mûri, elle ira de l’autre côté, mais sinon, elle tombera à côté du tronc, près des racines, et n’ira pas ailleurs. Quelqu’un peut proclamer qu’il est mûr ; si on est mûr, le Seigneur viendra prendre le fruit et l’emmènera dans un endroit sûr. Par conséquent, chacun doit se demander si sa graine mûrit.

 

Vous direz maintenant : « Je crois en Jésus. – D’accord. – Il me sauvera. – C’est bien aussi, mais vous tomberez encore longtemps à côté du tronc de l’arbre, tant que la graine ne mûrit pas en vous. » C’est seulement lorsqu’elle mûrira, que vous aurez la liberté spirituelle. La seule richesse que l’homme emportera de la terre au Ciel, c’est cette petite semence. Quand il sera au Ciel, il la sèmera pour une nouvelle vie, car là-bas, c’est la même école, on y étudie aussi. Si on vous dispense une science supérieure, comment la comprendrez-vous si vous n’avez pas les capacités, si, sur terre, vous n’avez pas appris à maîtriser vos pensées et vos désirs ? Si vous voulez comprendre l’Enseignement du Christ et être à la place du brigand, crucifié à sa droite, et auquel le Christ a dit : « Aujourd’hui tu monteras avec moi au Paradis », vous devez travailler. Certains diront qu’ils sont aussi crucifiés. Oui, mais de quel côté ? Si vous êtes à gauche, je vous plains, car vos souffrances ne vous feront pas monter au Ciel. Si vous êtes crucifiés à droite, je me réjouis, car votre délivrance est proche. Tous ceux qui sont crucifiés à droite : maîtres, prêtres, philosophes, rois seront sauvés, mais si vous êtes crucifiés à gauche, vous reviendrez travailler dans ce monde, c’est la loi divine.

 

Le commencement, c’est le côté droit, le Christ. Cela signifie de raisonner selon la loi divine, de l’appliquer et de ne pas avoir deux points de vue sur les choses. Certains se disent en m’écoutant : « Que dois-je croire, ce qui est dit par l’Église ou bien ce que cet homme prêche ? ». Dans ce cas, mon ami, tu as deux têtes. Si l’Église et moi-même prêchons la vérité divine, il ne peut y avoir aucune contradiction et les résultats seront identiques. En d’autres termes, si nous agissons selon la loi divine, le pommier planté par un prêtre se développera de la même manière que celui que je plante. Il faut regarder uniquement les résultats de notre action. Pourquoi douter ? Vous avez un critère avec lequel vérifier si nous disons la vérité.

 

On me demande si je suis noir ou blanc ? « Vous avez la lumière, vérifiez par vous-même ! – Mais je ne vois pas. – Alors, vous êtes plongé dans l’obscurité. – Je te connais et je vois comment tu es : par exemple tu es évangéliste et tu dis que ta foi est unique. – Pourquoi alors ne peux-tu pas reconnaître la vérité ? Mon ami, tu mens à toi-même et aux autres. La vérité a un seul visage qui est harmonie et abnégation, bonté, sagesse, vérité. » Quand vous aurez ce visage, vous aurez la paix, la tranquillité et la force. Même si le monde est bouleversé, la mer agitée, vous serez calmes, silencieux et libres comme les oiseaux portés par leurs ailes. Si vos ailes droite ou gauche sont cassées, vous vous abîmerez sur la terre. La terre dit : « Celui qui a une seule aile reste avec moi ». Les pêcheurs sont des oiseaux avec une seule aile. Les démons disent : « Il nous faut des hommes avec une seule aile », et le Christ dit : « J’ai besoin d’hommes avec deux ailes ». Nous avons deux mains, gauche et droite, et si nous maîtrisions les lois de dilution de la matière, nous pourrions nous envoler, nous élever, être libres de quitter notre corps. Craintifs face à la mort vous dites : « Les démons sont des esprits malveillants qui nous en empêchent ». Que peuvent-ils puisqu’ils sont soumis à la même loi ? Si nous maîtrisons nos deux ailes, et si le Christ est en nous, nous n’avons rien à craindre. La peur qui est en nous prouve que nous ne sommes pas avec Dieu. Les Écritures disent : « L’amour parfait chasse toutes les peurs » ; si tu as peur, l’amour n’est pas en toi.

 

Maintenant, vous vous demandez comment le Christ nous sauvera. Vous êtes de drôles de personnes ! Puisque le grain de blé est semé, la délivrance est là, et vous ne connaitrez pas la famine. Vous voulez être des anges. Comment l’être si vous n’êtes pas encore semés ? Les anges volent comme des oiseaux et vous êtes encore des végétaux ; comment voulez-vous vous transformer si vite ? Savez-vous par combien de formes vous devrez passer ! Sous formes j’entends les forces que vous devez maîtriser. Pour modifier une forme, vous devez connaître les lois des forces qui agissent en elle, parce qu’elles vous contraignent. Vous êtes limités, vous devez manger trois fois par jour et si vous ne mangez pas, vous êtes mal en point ; si vous ne buvez pas vous êtes aussi mal en point. Quelqu’un dit : « Ah, mais je suis fort ! – Tu es fort seulement trois jours. – Je suis patriote. – Si tu restes affamé trois jours ton point de vue changera et tu imploreras pour un morceau de pain. Nous devons acquérir du pain vivant, pas uniquement celui que nous prenons de la terre. Pour nous, la terre est un usurier. Tous les usuriers et esprits malveillants sont désignés à ces postes pour dire : « Je te donnerai un peu de pain, mais tu nous paieras ceci ou cela ! » Vous devez être raisonnables ; quand il y aura dix personnes intelligentes, elles vont ligoter le diable et elles diront : « Ce blé n’est pas envoyé de là-haut par notre Père ». Par conséquent, pour bien percevoir ce qui vous est envoyé du Ciel, vous devez avoir un intellect et un cœur purs.

 

Au commencement était le Verbe et Dieu était le Verbe. Demandons-nous si ce commencement est en nous, si nous sommes en Dieu et si Dieu est en nous. Je ne dis pas que vous n’êtes pas en Dieu. J’affirme même que vous existez, vivez et agissez en Dieu, mais Dieu n’est pas en vous tous. On peut être une racine desséchée et pourtant la sève de l’arbre peut circuler, mais sans pénétrer dans cette racine. Si vous êtes une racine sèche, comment le Christ vous utiliserait-il ? Non seulement nous devons être en Dieu mais Dieu doit être dans notre esprit et dans notre cœur.

 

Maintenant qu’avez-vous retenu de la conférence d’aujourd’hui ? Rappelez-vous une chose importante du point de vue pratique : vous devez faire passer dans votre jardin un petit tuyau, à partir de cette source, et ne plus me solliciter ni moi, ni les prêtres. Vous dites que nos prêtres ne prêchent pas suffisamment. Ils ne sont pas vos serviteurs, fabriquez-vous une fontaine et buvez. Vous dites qu’ils sont mauvais, car ils ne donnent pas d’eau. Amenez l’eau depuis la source jusque chez vous pour résoudre ce problème si important. Alors toutes les controverses cesseront. L’érudit anglais Drummond[3] a dit que notre survie est subordonnée à trois éléments incontournables : les deux premiers sont l’air et l’eau que le Seigneur nous offre gracieusement, et le troisième est la nourriture pour laquelle nous travaillons sans relâche. Si l’acquisition d’un seul de ces trois éléments nous a rendu esclaves à ce point, dans quel état serions-nous s’il fallait s’échiner autant pour l’acquisition des deux autres ? Notre situation serait trois fois plus pénible. Un jour, quand nous serons plus évolués, le Seigneur nous offrira gratuitement également ce troisième élément et nous serons des hommes libres. Pour le moment nous sommes à la troisième étape de notre développement.

 

Le Christ résout la question et dit : « Je suis le pain vivant ». Lorsqu’il entre en nous comme le pain vivant, nous nous libérons tous – hommes, femmes, enfants, prêtres et instructeurs – et nous commençons à nous occuper d’affaires plus importantes, comme Dieu l’a ordonné. Pour le moment nous discutons de politique : qui a plus, qui a moins. Tout, y compris les guerres, repose sur le pain et, si quelqu’un a suffisamment de pain, il veut en plus s’approprier celui des autres. Le Christ dit : « Je suis le pain vivant, je vais résoudre ce problème, je serai un commencement ». Commencement de quoi ? De liberté, de vie intelligente, d’exploit intelligent, de transformation du monde : c’est cela le Commencement.

 

Par conséquent, si vous voulez travailler avec Jésus Christ, liez-vous à ce commencement ; et lorsque vous vous unirez à lui, vous recevrez tous les bienfaits, la force christique sera votre force et tous ceux qui sont du côté droit du Christ seront vos alliés. Vous serez alors tous solidaires, et vous partirez avec une bougie pour chercher vos frères, et le Seigneur vous donnera des conseils pour savoir comment agir avec vos frères de gauche. Vous viendrez de nouveau sur terre pour les aider, jusqu’à ce que tous, ceux de droite et ceux de gauche, nous retournions au Ciel pour être Un avec le Christ. C’est le commencement, c’est le Verbe, c’est Dieu que je prêche ce matin. Et ce Verbe vivant qui construit, élève et transforme le monde est en nous : c’est le Christ vivant.

 

Sofia, 8 novembre 1914

 

[1] Fleuve bulgare qui prend sa source dans le Rila et se jette dans la mer Egée

[2] « Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même et prenne sa croix, et qu’il me suive. » (Mc 8, 34)

[3] Drummond, Henry (1851-1897) écrivain et théologien écossais

 

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Traduit par Bojidar Borissov

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