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  2. SIXIÈME CONVERSATION La conversation commença à cette heure matinale où le Maitre faisait sa promenade dans la prairie. Le jour était rayonnant et les arbres couverts de fleurs blanches enchantaient. Quand le Maitre vint et s’assit sur le banc sous l’auvent, une dizaine de disciples se réunirent autour de lui, assoiffés d’entendre les paroles du Maitre, pleines de sagesse et qui libéraient de toutes les contradictions. LE DISCIPLE. — Que nous direz-vous, Maitre, des quatre éléments ou quintessences avec lesquels, selon les sciences occultes, le monde a été construit ? Certains auteurs les désignent du nom d’« éléments ». Plus concrètement, à quels éléments chimiques connus correspondent-ils, étant donné que ces quatre éléments ne doivent pas être pris dans le sens littéral du mot, mais sont considérés comme la base du tempérament et du naturel ? LE MAITRE. — Le Feu correspond à l’oxygène, l’Eau à l’hydrogène, l’Air à l’azote et la Terre au carbone. Quand on dit Feu, Terre, Air, Eau, il faut comprendre les éléments constructifs, tout comme les propriétés fondamentales de l’oxygène, de l’hydrogène, de l’azote et du carbone. Souvent, chez les hommes de notre Terre, on remarque une carence, d’autres fois un excédent de certains des éléments cités. Quand chez quelqu’un la circulation du sang ne se fait pas correctement, dans le sang de cet homme s’amasse du carbone, sous la forme d’acide carbonique, et cela le rend « impur ». Cette « pollution » du sang ne peut pas être établie d’une façon expérimentale, et c’est pourquoi les médecins nient que l’on puisse vivre avec un sang impur. Ici, la contradiction est seulement apparente, car les éléments étrangers polluant le sang sont sous la forme fluide, qui ne peut être isolée et vue par l’investigateur. Quand les énergies électriques et magnétiques ne circulent pas correctement chez quelqu’un, dans son système nerveux s’amasse un excès d’azote. Alors il se produit un « engorgement » et l’on s’endort souvent. Au cours de son travail, ou bien d’une conversation, cette personne est toujours attaquée par cet état de somnolence. Voilà pourquoi chacun doit suivre les processus de son organisme et régulariser par des moyens adéquats, leur fonction correcte. Les quatre éléments fondamentaux, au sujet desquels vous avez soulevé la question, jouent également un grand rôle dans la manière dont on se présente à l’attention de chacun. Suivant l’élément qui prédomine en cette personne, elle peut être active, rapide, impatiente, tandis qu’une autre sera lente, flegmatique, même ennuyeuse. On est le plus agréable quand on est naturel et que l’on ne pose pas. Quel que l’on soit, on est supportable étant donné que notre comportement est déterminé par l’action réciproque des éléments se trouvant en nous. Le comportement naturel de l’homme est son plus bel ornement. Par exemple, si quelqu’un s’incline en signe de salutation d’une manière tout à fait naturelle et spontanée, personne ne peut l’imiter. Les actions originales ne peuvent pas être répétées. Elles ne peuvent pas être limitées. L’imitation, tout comme chaque attitude artificielle, repousse. L’imitation est autorisée seulement dans le cas où quelqu’un veut assimiler un art donné, mais, chez lui, le talent ne jaillit pas de l’intérieur. Celui qui veut devenir musicien et n’est pas un musicien-né, doit s’efforcer à atteindre quelque chose du musicien-né en suivant son travail. Beaucoup de gens sont devenus des musiciens, sans être nés tels, en suivant les méthodes, les directives et le travail d’un grand musicien. II est très important que l’homme travaille avec ses qualités originales innées. II doit développer ses petits talents afin d’arriver à la manifestation de ses grands dons. Le comportement naturel, la persévérance et le travail assidu doivent être les compagnons inséparables de celui qui poursuit les cimes de l’Esprit. Les disciples, qui vivent dans la conscience qu’ils marchent sur le sentier menant à la perfection, ne doivent pas être des fainéants, comptant sur les autres pour tout faire. Ils doivent faire des efforts afin de résoudre eux-mêmes les problèmes difficiles. Souvent ceux qui les dirigent évitent sciemment de résoudre leurs difficultés afin de les déshabituer de leur indolence. II est nécessaire que je vous explique aussi cela, que les Grands Maitres et les Adeptes connaissent l’essence de toutes choses, mais ne créent pas de théories. Et si vous demandez à un de ces Maitres ce qu’il y a sur le soleil, quoiqu’il sache ce qu’il y a dessus, il ne vous le racontera pas, mais dira : « Je vais vous apprendre comment on peut pénétrer là-bas avec sa conscience, et quand vous aurez maitrisé cet art, vous verrez vous-même ce qui vous intéresse. » Une des qualités les plus nécessaires que vous devez assimiler pour ce travail est la concentration. À l’aide de ce puissant moyen, efforcez-vous de vous défaire de tous vos défauts karmiques. Si vous réussissez à faire cela, votre volonté va se renforcer. C’est justement pour cela que ces défauts vous sont donnés, afin que vous vous en défassiez par vos propres efforts. Tâchez de mettre en harmonie tout ce qui est en vous. LE DISCIPLE. — Plus nous apprenons de vérités sur la vie, plus elle nous semble compliquée. Parfois, il arrive des moments où ой le disciple ne sait pas s’il faute ou s’il agit correctement. Il arrive même des moments où il devient la proie du pessimisme. LE MAITRE.—Je vais vous donner un exemple au sujet du pessimisme. Parfois vous ressemblez à ces noceurs qui réunissent leurs amis pour une orgie dans laquelle ils gaspillent tout leur argent. L’orgie se termine, les réjouissances s’achèvent, et leur organisateur, resté sans argent, jeûne toute une semaine. C’est un des moyens les plus caractéristiques pour en arriver à cet état que vous appelez pessimisme. Sur cette Terre, les disciples ressemblent parfois à ces fils de parents riches qui ont été envoyés à l’étranger pour y faire des études. Le père envoie de l’argent, mais eux ils achètent des choses qu’ils ne devraient pas, et leur bourse se vide. Alors, ils se mettent à écrire des lettres pleines de tristesse à leurs parents dans lesquelles ils parlent de leur situation pénible, de leur pessimisme. LE DISCIPLE. — Quelle est la raison pour laquelle beaucoup de choses que nous avons conçues et projetées dans la vie ne se réalisent pas ? LE MAITRE. — Il y a deux choses qui l’empêchent. L’une est la négligence et l’autre est l’ajournement. Mais il faut faire une différence entre les deux. Le négligent dit : « On peut s’en passer » ; tandis que celui qui ajourne dit : « Maintenant, je suis très pris ; mais quand j’aurai fini mon travail, alors je le ferai. » II n’est pas permis au disciple d’avoir un de ces défauts. Du moment que cela est en rapport avec des choses de Dieu, il faut tout sacrifier. Une explication complémentaire : si, à un moment donné, il vous vient à l’esprit une idée lumineuse qui élève, notez-la immédiatement, car si vous remettez cela à une autre fois, vous l’oublierez. Si vous faites un beau rêve et s’il vous a fait une forte impression, notez-le. S’il vous vient à l’idée d’envoyer à quelqu’un une belle pensée, lumineuse et utile, ne perdez pas de temps. Pensez à votre ami. Peut-être qu’à ce moment-là, il a besoin de vous. De même s’il vous vient à l’idée d’accomplir une bonne oeuvre, ne dites pas que vous le ferez quand vous aurez le temps, car vous ne le ferez jamais. Le temps d’agir est quand vous avez pensé à le faire. Il arrive parfois qu’un homme commette une action qui parait inattendue, tant pour les autres que pour lui-même. Il n’est pas étonnant que l’idée de cette action ait son germe dans la pensée d’un de ses aïeux. Elle a été transmise aux générations jusqu’à ce qu’il s’en trouve un qui l’accomplisse presque inconsciemment. Pour ne pas devenir la victime d’une chose de ce genre, surtout si sa qualité n’est pas bonne, il vous faut vérifier les idées qui vous viennent à l’esprit et résister à celles qui sont en contradiction avec vos conceptions. LE DISCIPLE. — Comment expliquer qu’il y a des jours où l’on a perdu toute disposition au travail ? On n’est pas fatigué, on ne se sent pas physiquement indisposé, mais tout désir de travailler a disparu. LE MAITRE. — Très souvent de tels états arrivent par la voie de la suggestion. Dans ce cas-là, le disciple peut se faire une autosuggestion. Qu’il dise une, deux, trois ou plusieurs fois qu’il va travailler. Si le désir de travailler ne lui vient pas, alors qu’il répète cette autosuggestion plusieurs fois et alors il commencera à travailler avec plaisir. La bonne autosuggestion crée une puissante impulsion. Quand vous vous levez le matin, dites ce qui suit: « Je ne vais pas lutter centre moi-même, mais je serai en harmonie avec moi-même. Je ne vais pas être en contradiction avec la nature, mais je serai en harmonie avec la nature. Je ne serai pas en contradiction avec Dieu, mais je serai en harmonie avec Dieu. » Si vous perdez courage, vous êtes dans le principe terrestre humain. Si vous sentez un élan et de l’enthousiasme, vous êtes dans le monde Divin qui toujours inspire et donne des forces aussi bien que du courage. Une autre fois, vous craignez le destin. Qu’est-ce que le destin ? C’est la loi karmique. II n’existe pas d’autre loi que la correction d’une transgression des lois de la vie. LE DISCIPLE. — Existe-t-il des cas où des hommes, qui ont commencé à suivre la voie spirituelle, aient éprouvé des déceptions parce que ce sentier est escarpé et exige une vie vertueuse, et qu’ils aient désiré revenir à la vie des gens ordinaires qui leur semble plus facile et plus réelle ? LE MAITRE. — Probablement, c’est une de ces personnes qui ont commencé à suivre la voie spirituelle en s’attendant à ce qu’elle leur rapporte de grands avantages et en pensant qu’ils pourront arranger leur vie comme ils le veulent et s’y attendent. Même certaines personnes qui sont dans l’École occulte pensent ainsi. C’est une grande erreur. Vous saurez que vous venez à l’École occulte pour apprendre comment vivre raisonnablement. Le savoir que vous y acquerrez vous aidera à comprendre beaucoup mieux et avec une plus grande clarté non seulement la science, mais aussi tout dans la vie. Vous acquerrez une qualité qui vous aidera à comprendre les choses véritablement réelles et à ne pas les confondre avec les erreurs. II faut que vous sachiez que les Maitres qui visitent l’humanité ne permettent pas aux savants, aussi bien qu’aux plus avancés des disciples des sciences spirituelles, d’acquérir beaucoup de connaissances, car dans l’état actuel de l’humanité ces connaissances risquent de ne pas apporter de résultats très brillants. Ils ne peuvent pas supporter la haute fréquence de vibrations de cette vérité. C’est pourquoi il est nécessaire d’apprendre avant tout les particularités extérieures des phénomènes et, plus tard, leur essence. À vous, je vous dis : Vous ne parlerez de choses sacrées et élevées qu’avec des gens sages, savants, au caractère noble et spirituel. Avec les sots, vous ne parlerez que des choses ordinaires de la vie quotidienne... d’ognons, d’ail, d’argent pour des mariages et des divorces, de procès juridiques, du courant de la vie quotidienne. Ne gaspillez pas en vain ce que vous avez appris et que vous devez utiliser comme fondements de votre vie. Parfois vous dites des choses non adéquates à un de vos interlocuteurs, mais vous saisissez immédiatement qu’il ne vous comprend pas. Vous en êtes fâché, mais vous non plus vous n’avez pas compris à qui vous parliez. (Après une pause de quelques minutes, le Maitre continua :) Vous devez tous savoir que la mer que vous traversez va vous surprendre par des tempêtes. Du premier au dernier jour de votre vie, vous allez passer par des « crises ». Les uns davantage, les autres moins, mais tous vous passerez par elles. Je les appelle « orages moraux ». Quand il vous arrive quelque chose d’un peu plus sérieux dans la vie, dites-vous : C’est un « orage moral ». Le sage trouvera une place plus à l’abri et passera plus aisément à travers l’orage. Dans ces cas-là, l’intuition, qu’il est bon que vous développiez en vous-mêmes, vous préviendra de l’arrivée d’« orages», tout comme la météorologie prévient pour les changements qui vont survenir. Le plus important de tout, c’est que vous ne rompiez pas avec la source de votre vie. Ne rompez pas votre lien avec le Sublime. Gardez-vous des émotions excessives, car le coeur troublé empêche l’esprit humain de voir son image.
  3. CINQUIÈME CONVERSATION Cette conversation eut également lieu dans la prairie. Le temps était agréable, un peu frais, mais on sentait qu’il allait y avoir une petite averse. Le disciple qui entamait toujours les conversations commença à poser des questions. LE DISCIPLE. — Est-ce que l’évolution de l’homme qui s’est engagé dans la voie spirituelle est un processus fortuit pour chacun, ou bien y a-t-il des étapes auxquelles on doit nécessairement arriver et que l’on doit dépasser ? LE MAITRE. — L’évolution de chaque monade est un processus individuel, mais malgré tout ces étapes doivent être vécues. Ces étapes, ou degrés d’évolution correspondent à certaines images symboliques, tant dans les diverses religions que dans les récits de l’Ancien et du Nouveau Testament. Tout d’abord, chacun va parvenir à son « Mont Ararat ». Cela signifie un port pour l’âme en évolution, étant donné que nous en sommes encore au « déluge » ; et c’est pourquoi il nous faut trouver la montagne où nous allons nous sauver des eaux torrentielles. L’étape suivante est le « Mont Moriah », où nous allons offrir un sacrifice à Dieu. En troisième lieu vient le « Sinaï », et c’est là que les Commandements, ou Lois de Dieu ont été donnés, et que chacun doit apprendre. La quatrième phase est le Mont « Thabor », où a eu lieu la Transfiguration de Dieu. Nous aussi, nous devons nous transfigurer — renaitre à nouveau dans l’esprit de la Vérité. Cela, c’est l’Homme nouveau, transfiguré par la Grande Initiation. Enfin vient le « Golgotha » — le Grand Sacrifice — au cours duquel il arrive ce qui est célé dans les paroles du Christ : « Celui qui perdra sa vie, trouvera la véritable vie. » LE DISCIPLE. — Du moment que notre vie s’écoule dans un environnement qui nous est complètement étranger, à nous en tant que personnes spirituelles, comment devons-nous agir vis-à-vis des gens et des usages de l’époque contemporaine ? LE MAITRE. — Vous vivrez dans le monde, mais vous n’allez pas vous attacher à lui. L’unique chose importante est que vous accomplissiez la promesse que vous avez faite à Dieu. Observez la vie et vous vous convaincrez que celui qui ose offenser Dieu sera jugé. Tous reconnaitront qu’il y a un Dieu vivant qui rétribue chacun selon ses oeuvres. Mais si nous, qui voulons vivre dans l’Amour, la Sagesse et la Vérité, nous ne voyons que les défauts des autres, alors où est notre lumière ? LE DISCIPLE. — Comment reconnaitre à quel niveau est parvenu celui à qui nous avons affaire ? LE MAITRE. — C’est une question délicate. Il est vrai qu’il y a une différence entre les gens ; mais voici de quelle manière vous pouvez commettre une erreur. Imaginez que vous rencontrez quelqu’un qui porte une bague avec une pierre précieuse, mais celle-ci est salie parce qu’il a travaillé dans son jardin ; puis vous voyez quelqu’un d’autre portant la même bague, avec la même pierre non salie. Vous donnez à ces deux pierres une estimation différente alors que leur valeur est identique. Ici, sous le mot de « pierre », nous devons entendre le talent que Dieu a donné à chacun de nous. LE DISCIPLE. — Doit-on éprouver de l’affliction quand on sait que, dans le monde, tout est déterminé d’avance ? LE MAITRE. — Ceux qui sont passés par l’affliction ont de plus beaux visages que les autres qui ne l’ont jamais connue. Le visage des premiers est plein de douceur. LE DISCIPLE. — Quel est le plus important changement qui se produit chez celui qui a connu l’Amour et vit en lui ? LE MAITRE. — Une telle personne ne voit pas les erreurs des autres. Quoi que dise ou fasse celui qu’elle aime, elle ne voit en lui que ce qui est beau. LE DISCIPLE. — Est-ce qu’il est bien de garder un secret ? LE MAITRE. — Vous pouvez garder des secrets auprès des hommes, mais devant Dieu, confessez tout. LE DISCIPLE. — Une des questions difficiles de notre époque est l’éducation des enfants. On parle beaucoup à ce sujet. On écrit des livres, on fait des réunions, des conférences, des symposiums, mais on continue toujours à avoir des enfants mal élevés. LE MAITRE. — En éduquant les enfants, on ne doit pas utiliser des pensées ou des idées abstraites. Comme première méthode pour les petits, il est bien de demander à l’enfant de compter les grains d’une tranche de pastèque, ou bien le nombre de pétales qu’il y a sur la corole d’une fleur donnée. Si l’enfant a déjà l’âge d’observer et de parler, faites-lui faire une description orale de la fleur et qu’il essaie de la dessiner. Parlez aux enfants, dites-leur qu’il ne faut pas attraper les oiseaux, qu’il ne faut pas les viser avec une fronde et qu’il ne faut pas briser leurs oeufs. Dites-leur que quand ils arrachent les ailes des papillons ou les pattes des insectes, ces derniers souffrent. Apprenez aux enfants à arroser des fleurs en pot et montrez-leur la différence entre une fleur qui n’a pas été arrosée pendant 4 ou 5 jours et une autre qui a été arrosée régulièrement. Ces méthodes influent, lentement mais surement, sur le caractère des enfants. LE DISCIPLE.- Maitre, racontez-nous quelque chose au sujet de notre planète. Peut-être est-elle la plus belle d’entre toutes les planètes du système solaire ? Le Christ n’est-il pas venu sur la Terre, la préférant à toutes les autres planètes ? LE MAITRE. — La Terre est belle. Elle a été organisée selon les lois de la Nature Raisonnable. Elle possède tout, mais elle n’est pas pour l’homme. L’homme est un étranger sur la Terre. Pour lui, elle est « la vallée des larmes ». Cette Terre est recouverte de pleurs et de larmes. Des milliards d’êtres y ont pleuré. Si vous pensez que vous allez bâtir votre bonheur sur cette Terre, vous vous trompez ! Chacun porte son propre destin, et Dieu détermine pour chacun ce qui est, suivant la loi de l’éternelle Équité. Pour vous, maintenant, le principal est l’obéissance, qui est le fruit de l’Amour.
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  5. QUATRIÈME CONVERSATION « Au cours de cette conversation, le groupe des disciples entendit d’autres explications utiles qui éclaircissent grandement les problèmes reliés à la vie de l’homme en tant qu’individu et en tant que membre de la société. LE DISCIPLE. — Ces derniers temps, on remarque un nouvel élément dans la vie : une tendance vers le travail collectiviste. Je suis tout spécialement intéressé à savoir si dans la collectivité l’individualité se perd en partie ou complètement. Que voudriez-vous me dire à ce sujet ? LE MAITRE. — II est vrai que chez les hommes a fait son apparition le désir de vivre et de travailler collectivement ; mais vous ne connaissez pas une loi secrète d’après laquelle l’homme conserve son individualité également dans le travail en collectivité, car dans le travail commun il prendra cette part qui a été déterminée d’avance par le destin. Souvenez-vous : Le travail individuel est en rapport avec l’individu. Par ce travail, il s’édifie lui-même ; mais le véritable travail de l’homme est l’oeuvre désintéressée consacrée à Dieu. Dans le travail en commun, les hommes ont la possibilité de polir certaines aspérités et de mieux se connaitre les uns les autres. C’est bien quand le disciple est prêt à faire consciemment ces deux sortes de travail. Il est bon que les gens soient quelquefois obligés de se réunir à un même endroit, ne serait-ce que parce qu’ainsi ils ont la possibilité d’apprendre certaines choses qui ont l’air simples, telles que la courtoisie qui rend l’homme capable d’en écouter un autre qui désirerait être entendu. En outre, cette ambiance est favorable pour se connaitre les uns les autres en tant que monades. On sait que les gens ne sont pas pareils. Ceux qui vivent dans des endroits rocheux sont comme des roches ; tandis que les habitants des versants méridionaux de la montagne sont entièrement différents. Chaque individu est une complexité compliquée d’influences. C’est ce que l’on peut le mieux apprendre en vivant et en travaillant en commun. Quand vous vous réunissez pour une oeuvre commune, à première vue il vous semble que vous êtes tous pareils, mais petit à petit ressortent les différences qui vous surprennent. Certains se comportent comme des gens raisonnables et modestes, tandis que d’autres comme des gens aux grandes prétentions et des candidats aux postes et aux titres supérieurs. D’autre part, il y en a d’autres, comme je l’ai déjà dit, qui s’estiment capables de devenir des maitres, sans savoir que la Nature vivante et raisonnable a déterminé pour chaque siècle quelques fonctions supérieures seulement. Savez-vous que pour qu’un saint naisse, il est nécessaire que son apparition soit préparée par deux personnes géniales. Mais, pour qu’un Maitre naisse, il faut que sa venue dans le monde soit précédée par l’existence de dix saints. « Vivre selon Dieu », disent souvent les croyants. Mais ils comprennent cela à leur propre façon, et même certains d’entre eux pensent que vivre selon Dieu, signifie accomplir des oeuvres extraordinaires. En réalité, certaines oeuvres qui semblent très petites, et auxquelles ils ne font même pas attention, entrent en tant que partie composante principale de ce qu’ils appellent « vivre selon Dieu ». L’homme serviable, reconnaissant et attentionné, même s’il ne possédait que ces qualités, vit selon Dieu. À ce propos, je veux attirer votre attention sur une qualité qui, malheureusement, manque grandement chez le Bulgare. C’est le respect l’un pour l’autre. Les Bulgares possèdent de très bonnes qualités, mais ils ont un défaut qui gêne beaucoup leur évolution spirituelle. C’est le manque de respect les uns envers les autres. Les recherches que j’ai faites durant de longues années montrent que le sentiment religieux, lui aussi, est faiblement développé chez le Bulgare. Et sans ce sentiment, il est difficile que se crée un homme noble. Je remarque qu’il existe une telle chose en vous, les disciples de l’Enseignement Divin. Renoncez à vous lier a cet atavisme. En liaison avec ce défaut se trouve également la cause de ce qu’on répand au-dehors tout ce qui vous a été confié comme à un ami. Celui qui répand au-dehors les choses intimes de ses amis entrave lui-même sa propre vie. Respectez la sainteté de l’âme humaine, et celui qui se libère du défaut dont nous venons de parler, véritablement déjà « vit selon Dieu ». Si vous voulez connaitre une des plus merveilleuses vertus dans votre vie, faites bien attention à ce que je vais vous dire : Si vous avez un ami, tâchez de découvrir en lui un bon trait de caractère. Même quand vous pensez à lui, souvenez-vous de nouveau de ce bon aspect de son caractère et gardez-le dans votre esprit. Cet ami que vous possédez va vous aimer encore davantage parce que, par la voie invisible, vous lui envoyez de bonnes influences. Si vous ne pensez pas aux bons traits de son caractère, entre vous et lui va s’installer un espace froid et désert. Hors de cette loi, il ne peut exister de relations correctes entre les gens. Mettez en pratique cette règle et vous vous convaincrez de son absolue infaillibilité. Et si vous découvrez en vous-même quelque chose qui vous plait dans votre caractère, gardez-le et, sans en parler, nourrissez-le et vivez parmi les gens avec cette vertu qui est un secret pour eux. L’homme spirituel doit avoir une mesure. II ne doit pas se persuader qu’il n’est bon à rien ; mais en même temps, il ne doit pas cultiver en lui-même une assurance en soi-même qui soit sans fondements. La loi des relations, dans la connaissance de soi-même, est la suivante : Si quelqu’un dit : « Je peux tout faire », il dit 1/3 de la vérité. S’il dit: « Moi et tous les hommes qui sont bons, nous pouvons tout faire », il dit 2/3 de la vérité. Enfin, s’il dit: « Moi, tous les hommes qui sont bons et Dieu avec nous, nous pouvons tout faire », il dit les 3/3, soit toute la vérité. En disant « tous les hommes qui sont bons », nous devons comprendre tous les hommes bons qui vivent sur Terre, en comprenant également ces habitants terrestres qui sont partis pour un autre monde. Nous ne devons pas les exclure de notre pensée et de notre foi, car ils peuvent participer aux bonnes oeuvres communes. Nous pouvons les attirer par notre amour. Si un poète, un artiste, un musicien, ou quelque créateur que ce soit décide de travailler pour le Bien et la Lumière, tout comme pour l’évolution de l’humanité, alors tous les poètes, artistes et musiciens de la Terre et de l’autre monde l’aideront. LE DISCIPLE. — Pourquoi arrive-t-il parfois de si brusques changements dans notre conscience ? Quel est notre véritable état, du moment qu’il apparait si variable ? Parfois on pense de soi-même que l’on est très bon, raisonnable et noble, et d’autres fois tout le contraire ? LE MAITRE. — Vous devez connaitre les lois du monde physique variable. Cette connaissance vous aidera à ne pas être troublés par les changements dans votre conscience. C’est le monde physique qui vous apprendra cet art. Si vous lisez l’oeuvre philosophique d’un auteur qui, à l’aide d’arguments logiques, s’efforce de prouver qu’à l’exclusion de l’homme, rien d’autre n’existe, il est naturel que vous demandiez comment ce philosophe a acquis l’assurance de la véracité de sa philosophie. Si vous pouviez suivre la voie de ces auteurs, vous auriez l’assurance que pas un d’entre eux n’est sûr de ce qu’il prouve. Toutes les négations extrêmes au monde sont créées par des gens déçus. Celui qui est déçu, offensé, empoisonné par certains insuccès, écrit et parle de son pessimisme, étant donné qu’il ne connait pas la loi des causes et des conséquences ; loi, par la force de laquelle lui sont venues ses déceptions. LE DISCIPLE. — Nous voyons, dans le monde, beaucoup de contradictions, de luttes et de déceptions. Qui va les supprimer ? Est-ce ainsi que le monde va continuer à vivre ? LE MAITRE. —Je vais répondre à votre question par une analogie tirée de la science contemporaine. Les lois de la mécanique enseignent que, pour mettre en état de repos un système mis en mouvement, il est indispensable qu’une énergie extérieure quelconque vienne rétablir l’état d’équilibre. Une onde peut être domptée à l’aide de l’énergie d’une autre onde qui agit dans le sens contraire de la première. Il s’ensuit que, pour l’équilibre et la paix dans la société humaine, il est nécessaire qu’une énergie extérieure intervienne. D’où il découle que les pacificateurs, les hommes qui veulent le bien et qui aiment, qui rétablissent la paix et l’équilibre dans le monde, ne sont pas des fainéants, mais les ouvriers les plus actifs du Bien. Les gens pensent faussement que ceux qui sont bons sont des observateurs passifs et inertes de la vie. Ce n’est pas vrai. Ce sont eux qui travaillent le plus, mais leur oeuvre n’a pas d’effet extérieur. La pacification, l’harmonie, est un processus créateur raisonnable. Seuls des gens très sages, aimants, qui dépensent une grande énergie intérieure, peuvent apporter la paix. Si l’on ne possède pas la paix intérieure, on ne peut pas la rétablir à l’extérieur. C’est ainsi que l’on doit comprendre les paroles du Christ qui dit: « Je vous donne ma paix ! » Le chagrin et la joie sont indispensables pour la croissance de l’âme humaine. Le chagrin vient de la Terre, tandis que la joie vient du Soleil. Toutefois, le Bien se manifeste sur Terre. Du moment que vous avez du chagrin, c’est que les énergies de la Terre prennent le dessus ; le Ciel permet le chagrin et la douleur. Ces derniers n’annihilent pas l’homme, mais apportent en lui de la douceur et de la bonté. C’est pourquoi la raisonnable Nature créatrice travaille parfois avec ces énergies terrestres. C’est par leur entremise que l’on apprend la loi de la transformation. LE DISCIPLE. — Que doit-on faire quand nous ne sommes pas en état de venir à bout de la volonté entêtée et malveillante de ceux qui nous entourent ? N’est-il pas vrai que notre temps n’est pas celui ou l’on doit mener une vie d’anachorète ? LE MAITRE. — Le disciple qui est entré dans l’École Divine doit souvent vivre de grandes tempêtes, étant donné qu’il est entouré de gens qui ont, le plus souvent, des conceptions contraires aux siennes. Parmi ces gens, il s’en trouve chez lesquels surgit le désir d’étouffer et de tuer les aspirations nobles de son âme. « Tu es stupide, étrange et inutile à la société avec tes conceptions », lui disent-ils. Si le disciple se laisse gagner par leur influence et leurs suggestions, il obscurcira et tuera sa foi en Dieu. Quelque chose de plus : il peut arriver qu’un jour le disciple soit chassé de la société. S’il n’a pas d’endroit où aller, il va désespérer et commencer à penser à se suicider, ou bien à se livrer à la débauche. C’est justement dans ces moments-là qu’il doit garder avec la plus grande ferveur son lien avec Dieu. Alors, il doit dire : « Ce monde a été fait pour moi ! » Tant qu’il croira en Dieu, personne ne peut l’exclure. L’État dans lequel il vit peut le chasser, l’exclure du nombre de ses citoyens ; il peut arriver que d’autres nations ne l’acceptent pas, mais cela n’a aucune importance. Il ne cessera pas de chercher et il trouvera un peuple qui l’accueillera. Le disciple ne doit pas se relier uniquement avec un seul endroit. Le meilleur endroit pour lui est celui où les gens sont enclins à accepter les grandes idées Divines. LE DISCIPLE. — Est-ce que le disciple peut apprendre dans toutes les conditions de vie ? Jusqu’à quel point les conditions exercent-elles une influence sur le développement spirituel ? LE MAITRE. — Quand il fait sombre, nous ne pouvons pas lire. Est-ce que nous sommes tous si ignorants ? Si on allume la bougie, on commence à lire. Est-ce que nous sommes tous si ignorants ? Si on allume la bougie, on commence à lire. Est-ce que nous avons si vite appris cet art ? Est-ce que seule la lumière nous permet de lire ? La lumière est une condition ; mais avant d’allumer la bougie, nous connaissions déjà les lettres, les syllabes, les mots et les phrases. La lumière nous a permis de manifester notre art de lire. II en est de même avec celui qui veut connaitre la vérité. II porte en lui-même un savoir caché qui n’a pas encore été manifesté ; mais il a besoin de lumière qui lui donnera la possibilité de se manifester. Ce nouvel état de celui qui cherche ne parvient à se réaliser qu’avec l’aide d’un Maitre, et cela s’appelle Illumination. LE DISCIPLE. — Nous sommes encore jeunes et c’est pourquoi nous parvenons difficilement à saisir la vérité. LE MAITRE. — Ne pensez pas qu’en vieillissant vous deviendrez plus sensés. On doit être sensé à tout âge. Pendant que vous êtes jeunes, si vous ne semez pas les semences du Bien, de la Raison et du Noble, comment pouvez-vous vous attendre à ce qu’ils vous donnent des fruits dans un âge avancé ? Souvenez-vous : Demain, il arrivera ce qui est arrivé aujourd’hui. Quand les Maitres disent que quelque chose va arriver dans l’avenir, il faut comprendre que c’est déjà arrivé aujourd’hui. Les forces occultes du Bien agissent immédiatement.
  6. TROISIÈME CONVERSATION Les conversations entre le Maitre et ses disciples devinrent une merveilleuse tradition que les disciples entretenaient avec ferveur. Ce jour-là, sans doute un des plus beaux du printemps, tout vibrait de la joie irradiée par la floraison du pommier, par les petits nuages de la voute céleste et par le bourdonnement des abeilles tôt éveillées pour accomplir leur tâche. Cette fois-ci, ce fut le Maitre qui entama la conversation. Dès son arrivée, il nous dit qu’il apportait une pensée qu’il avait préparée comme du pain pour des enfants affamés. LE MAITRE. — Dans la vie de l’homme viennent, inévitablement, aussi bien des états positifs que des états négatifs. Tout cela arrive afin qu’en lui se forme la si précieuse qualité qu’est la patience. Chacun doit apprendre l’art de patienter jusqu’à ce que l’état négatif en lui se transforme en positif. Cela arrive d’une manière naturelle, imperceptible. Vous pouvez être visités par la peine, les pleurs, la douleur et même l’humiliation, mais il faut les supporter. Comment réagira une personne ordinaire, c’est une autre question ; mais, dans ces cas-là le disciple doit dire : « Aujourd’hui, je souffre, j’ai du chagrin et je suis humilié ; mais cela montre que je suis de service. Je suis placé à un poste pour soulever de l’épaule une petite partie de la peine du genre humain. Demain, on peut venir me relever et un autre viendra à ma place. » Seul celui qui peut parler ainsi et agir ainsi est un disciple. Il est bon de savoir que la patience, que nous pouvons appeler l’élixir de l’âme, est difficile à conquérir, car elle exige aussi bien de la volonté que des sacrifices. LE DISCIPLE. — Très souvent je me demande jusqu’où s’étendent les possibilités qu’a l’homme de connaitre non seulement la nature, mais aussi l’âme humaine ? En d’autres termes, quelle partie de la sublime connaissance de Dieu, de la nature et de l’homme peut parvenir à la connaissance de la raison humaine ? LE MAITRE. — Le degré des connaissances que l’homme peut acquérir au cours de sa vie sur Terre dépend de nombre de choses. II y a des gens pour lesquels n’est même pas accessible cette connaissance qui, en principe, est accessible à chaque personne ordinaire. IIs ne peuvent pas l’assimiler, car ils n’ont pas fait d’efforts pour développer leur esprit et sont restés arriérés dans leur développement. Une des principales causes en est qu’ils ne possèdent pas cette pureté intérieure qui est indispensable au développement de l’esprit. Bien que cela puisse vous paraitre étonnant, il vous faut savoir que pour le développement de l’esprit il est nécessaire d’avoir intérieurement cette pureté dans les pensées, les sentiments, les intentions et les actions. Les connaissances que les gens d’aujourd’hui ont du monde, de la nature et de la vie, tout comme celles qu’ils ont de l’âme et de son immortalité sont tout à fait superficielles. Ce ne sont même pas des connaissances, mais, la plupart du temps, seulement des conjectures. Dans une telle situation se trouvent également une grande partie des croyants, des gens religieux, et même nombre de ceux qui se nomment « occultistes ». Si je demandais à un de ceux qui « savent» depuis combien de temps ils sont sortis de leur maison Divine, ils diront que cela est inconnu. Et combien d’entre eux ont des nouvelles de leur père, de leur mère ? Au lieu de répondre, ils hausseront les épaules. La seule réponse qu’ils donneront, c’est qu’ils croient en Dieu. Qui profite d’une telle croyance ? Si vous restez assis dans votre chambre et que vous croyiez que, dehors, il y a du soleil, et que vous ne sortiez pas pour qu’il vous réchauffe, en quoi vous est profitable votre croyance qu’il y a le soleil ? Si vous vous enfermez dans une cave et qu’en tant que savant vous étudiez la puissance de la lumière solaire, suivant des données que vous avez obtenues théoriquement, ou bien si vous calculez la longueur d’onde d’un des rayons du spectre, en quoi cela peut-il vous profiter ? Il est vrai que chaque connaissance enrichit la science ; mais cela ne représente qu’une accumulation de faits. Ces faits n’ont transformé que l’aspect extérieur de la science contemporaine, mais ils n’ont pas transforme l’homme. La connaissance est ce que nous obtenons du contact direct avec les vérités de la vie, dont nous avons reçu l’influence bienfaisante, tout en nous libérant des influences défavorables d’une succession d’erreurs qui existent tant en nous qu’au-dehors de nous-mêmes. Toutefois, qu’observe-t-on dans la vie ? Les jeunes gens vieillissent prématurément, car en eux surgit le désir de grandir rapidement. Ils se dépêchent de prendre part à la vie politique, afin de pouvoir voter, puis pour devenir des députés et enfin des ministres. D’autres jeunes, qui ont commencé à suivre la voie spirituelle, s’empressent de briller par une certaine érudition et se persuadent qu’ils sont savants et parfaits. Dans ce dernier cas se cache un grand danger, car le jeune homme, pas encore suffisamment affermi dans ses vertus, agit comme un mentor et un précepteur. Très rapidement, il sera gagné par une grande déception, car, encore débile, il se charge d’une trop lourde tâche. Voilà en quoi consiste le manque de pureté intérieure que j’ai cité. Réfléchissez un peu : comment un homme possédant un cerveau qui ne pèse qu’un kilo et demi peut-il vouloir tout savoir ? De plus, toutes les possibilités potentielles de ce cerveau ne sont pas encore développées. Un tel appareil à penser peut-il embrasser l’univers tout entier ? Et savez-vous quelle est la capacité de penser d’un être appartenant à la hiérarchie des anges ? Par sa qualité, exprimée par la possibilité de percevoir les rythmes élevés, tout comme les profonds, cette possibilité est aussi grande que la puissance de penser des cerveaux humains de notre planète tout entière. Quelle sera la situation d’un tel disciple présomptueux s’il se compare à un tel être ? Ne soyez pas découragés par ces paroles, mais ne perdez pas la mesure de ce qu’est en général l’homme sur la Terre. LE DISCIPLE. — S’il en est ainsi, je me permettrai de vous demander, Maitre, qu’est-ce qui est le plus précieux en l’homme ? Nous savons que chaque homme a un intellect, des sentiments et de la volonté. Mais, cependant, il y a au-dessus d’eux quelque chose d’autre, car chaque esprit n’est pas parfait, tous les sentiments ne possèdent pas la pureté du cristal, chaque volonté n’est pas bienfaisante. Qu’est-ce qui leur est supérieur ? LE MAITRE.— Je réponds directement : l’âme ! Il y a dans ce monde des forces qui peuvent transformer le charbon en diamant et le diamant en charbon. Cette transmutation alchimique est rare, mais possible dans le monde physique. Mais, en ce qui concerne l’âme humaine, prenez en considération que nulle force au monde ne peut transmuer l’âme — qui est le diamant le plus parfait — en charbon. L’âme demeure pour toute l’éternité une pierre précieuse dans le royaume des cieux, car l’âme est issue du souffle Divin. En outre, n’oubliez pas que l’âme ne peut pas se corrompre. Elle est toujours pure. Je vous dis cela afin que vous ne perdiez pas courage. Quand vient en vous une contradiction, dites : Mon âme est pure ! J’ai pu me salir provisoirement, mais mon âme est pure. Parfois l’homme agit raisonnablement, parfois déraisonnablement. Toutefois, cela ne concerne pas son âme.
  7. DEUXIÈME CONVERSATION Le lendemain, les disciples, qui étaient toujours avides des paroles du Maitre, s’étaient réunis de nouveau dans le jardin aux arbres en fleurs. Parmi le petit groupe se trouvait ce même disciple qui aimait poser des questions et auquel le Maitre répondait toujours. LE DISCIPLE. — Quand je regarde ce monde merveilleux, je me dis qu’un des grands dons par lequel le Ciel a favorisé l’homme est la vue. Bien sûr, il y a d’autres êtres vivants qui peuvent voir, mais est-ce qu’ils voient le monde de la même façon que nous et possèdent-ils la faculté de jouir de sa beauté ? Cela ne m’est pas clair. LE MAITRE. — La science contemporaine a beaucoup parlé de la manière dont l’homme et les animaux voient. La vue est un processus qui dépend tant de la structure de l’oeil que du processus psychologique acquis spontanément qui rend possible, d’une manière rapide et sans aucun effort de la part de l’observateur, de retourner à l’endroit l’image qui est à l’envers sur la rétine de l’oeil, ainsi que d’estimer la distance qui sépare l’oeil de l’objet observé. L’explication que la physique donne de ces choses est vraie. Mais il y a une autre chose qui est inconnue des gens de notre époque : outre la lumière physique, il existe une autre lumière provenant d’une source supérieure au monde physique. Il y a sur Terre des individus qui en perçoivent la sensation et voient la forme du double éthérique. Au moyen de cette lumière, nous percevons souvent des impressions, également, de la valeur intime, intérieure des choses. Je vous dirai que, derrière la rétine de l’oeil, il y a une autre « rétine » : un minuscule filet, invisible pour l’oeil humain, qui perçoit également des images du monde astral. C’est ainsi que, l’un derrière l’autre, sont placés plusieurs écrans de perception qui sont en relation avec les mondes supérieurs. Dans le monde physique, la grande majorité des gens voient ce que la lumière physique apporte. Mais il y a d’autres individus chez lesquels la sensibilité de la rétine astrale est éveillée. On les appelle des voyants dans Гastral. Plus rares sont ceux qui reçoivent des renseignements du monde Mental, et encore moins nombreux ceux qui sont en contact avec le monde Causal dans lequel les phénomènes et les objets de la Terre ne sont que des idées. Les disciples de la science Divine doivent savoir que, dans l’organisme humain aussi bien que dans l’organisme des animaux inférieurs, il existe des organes que l’on ne peut pas voir même en dissection, ni même déceler dans les laboratoires de recherches. Ces organes sont composés d’une substance qui n’a rien de commun avec les substances physiques. Non seulement dans l’oeil, mais dans tous les sens de perception, il existe des degrés de perception qui sont reliés à des plans supérieurs. Autant cela peut vous sembler étrange et incroyable, mais cependant c’est un fait pour tous ceux qui conçoivent que les faits s’étendent sur une gamme beaucoup plus large que celle où s’exprime le monde physique. L’homme physique a de nombreuses reproductions sur d’autres plans qui, elles aussi, s’édifient et se perfectionnent au moyen de nos pensées, de nos sentiments et de nos actions dans le monde physique ; et ceux qui ne perçoivent pas au-delà de trois dimensions n’ont aucune idée de cela. La clairvoyance, la télépathie et la clairaudience, ainsi que les phénomènes suprasoniques et supraolfactifs ne sont rien d’autre que des perceptions d’un ordre bien supérieur. LE DISCIPLE. — Pourquoi voit-on des gens possédant de bonnes et nécessaires qualités, propres aux âmes élevées, mais qui ne possèdent aucun de ces dons, alors que par contre on les rencontre chez des individus qui ne vous font aucune impression, même pas par des moeurs ou une morale ordinaires ? Est-ce que ce n’est pas illogique et en contradiction avec l’assertion que seule une vie vertueuse et pure mène à l’acquisition de certains dons spirituels ? LE MAITRE. — Ce qui pour les gens ordinaires est illogique et injuste, est logique et juste pour ceux qui connaissent les trois lois fondamentales des sciences spirituelles : l’évolution, la réincarnation et le karma. Il y a des clairvoyants, d’une catégorie soit inférieure, soit plus élevée, dont le don vient de leur passé ; mais, par suite de qualités héritées ou acquises dans leur existence actuelle, ils sont tombés en dégradation, intellectuellement ou moralement, sans avoir pour autant perdu cette faculté. S’ils l’utilisent incorrectement, ils auront à subir une grande responsabilité et, dans une réincarnation future, elle disparaitra. Pour qu’ils puissent l’obtenir à nouveau, suivant la longue voie de l’évolution, ils doivent revenir de nouveau à une vie spirituelle, pure et dévouée à Dieu. LE DISCIPLE. — Tout à l’heure, vous avez parlé d’organes de perception invisibles, attachés à tous les sens perceptifs. De quelle manière se manifestent-ils chez certaines personnes ? LE MAITRE. — Plus d’une fois, probablement, vous avez entendu dire que les aveugles, en compensation de la vision qu’ils ont perdue, ont leur ouïe qui devient plus fine et leur toucher plus sensible. La vérité est autre : ceux qui par suite de causes karmiques ont perdu la vue, sont aidés par le monde invisible de telle sorte qu’en eux s’éveillent, jusqu’à un certain degré, les organes supraphysiques invisibles de la vue et du toucher, dont il est question. LE DISCIPLE. — La théorie énergétique contemporaine nous incite à penser que chaque activité de l’homme, même la pensée, est un processus au cours duquel on reçoit ou on dépense de l’énergie. Si cela est vrai, notre langage doit immanquablement exercer une influence sur ceux auxquels nous parlons, tant au moyen des sons que par la signification des mots, mais aussi par la qualité du courant d’énergie. Où va l’énergie de paroles prononcées et en quoi se transforme-t-elle ? Cette question m’est venue à l’idée en relation avec notre précédente conversation. Nous savons que d’après la loi de la conservation et de la transformation de l’énergie, la parole, elle aussi, en tant que portant de l’énergie, devrait se transformer en une de ses nombreuses formes ? LE MAITRE. — Chaque parole que nous prononçons examinée d’un plan spirituel supérieur porte ses caractéristiques spécifiques. II y a des mots qui ne possèdent aucun contenu. Ils ne font que remuer l’air et ont un rapport seulement avec la transformation physique en processus énergétique. On produit des ondes acoustiques qui se propagent, se reflètent, se réfractent, interfèrent, etc., mais elles ne portent rien, de ce point de vue supérieur dont je vous ai parlé. Un homme peut prononcer un mot de différentes façons. II y a des mots saturés de sentiments, d’autres saturés de pensée, et d’autres aussi qui portent l’éveil de la conscience à une nouvelle vie. « Tu dis des paroles qui apportent la vie ! » dit au Christ un de ses disciples. Prenons comme exemple le mot « Amour ». II peut être accompagné d’une telle sorte d’éléments accompagnant ses vibrations que, d’un plan supérieur, on puisse même voir sa couleur. Quand il est empreint de couleur rouge, cela signifie qu’il a été accompagné d’une sensation physique. LE DISCIPLE. — Quel monde vous nous découvrez avec ces paroles et combien nous devient claire maintenant la responsabilité qui est notre dans la manière dont nous utilisons la parole ! On peut penser à beaucoup de choses quand on réfléchit à l’effet en couleur des mots et aux conséquences d’une parole. LE MAITRE. — Peut-être avez-vous pensé que la manière dont on prononce un mot n’a pas d’importance. Le disciple qui a pris sciemment la voie de l’évolution doit s’efforcer de prononcer les mots de telle façon qu’ils produisent chez l’auditeur des sensations d’un ordre supérieur. Vous pouvez causer de la souffrance ou de la joie, une élévation ou un rabaissement de l’état de la personne à laquelle vous parlez, non seulement par le sens du mot, mais aussi par le sentiment avec lequel vous l’accompagnez. Quelque chose de plus : de la qualité du sentiment avec lequel vous prononcez les paroles dépend votre état de santé, tout comme l’état de celui auquel vous parlez. Les gens peuvent tomber malades ou guérir à la suite d’une conversation. Après une courte pause, le Maitre poursuivit : Bien sûr, il est impossible qu’il ne vienne pas à l’homme des pensées négatives, disharmonieuses, mais il ne faut pas les garder longtemps dans son esprit et elles ne doivent pas devenir l’origine d’une conversation. Les pensées négatives doivent passer et quitter votre esprit, tels des voyageurs inconnus. Alors, elles ne causeront du mal à personne. Je vais vous donner une règle qui, simple à comprendre, est très grande par les résultats que l’on peut obtenir en la mettant en pratique. Cette règle pourrait sauver les hommes du monde entier de nombre de souffrances inutiles. Quand en l’homme entre une pensée négative qui commence à le tourmenter, ou bien quand s’installe en lui un sentiment désagréable, il doit leur faire face, les examiner tranquillement et avec précision, de la même manière qu’un savant étudie un phénomène quelconque, par la logique et l’analyse, et après s’être convaincu de leur inutilité et de leur mal, il doit les livrer, comme des visiteurs importuns, au puissant courant subconscient et raisonnable qui va en triompher, tout comme le savant se débarrasse d’enfants importuns, qui ont envahi son cabinet de travail, en les remettant à leur nourrice qui va les entrainer et les captiver par ses contes intéressants. Si I’homme réussit à faire cela, il est parvenu à réussir quelque chose d’important. LE DISCIPLE. — Comme elles ont l’air simple, toutes ces grandes et utiles choses ! Mais est-ce que l’homme parvient toujours à se surmonter lui-même aussi facilement que cela en a l’air à première vue ? LE MAITRE. — Pour celui qui est zélé, tout est réalisable. Et pour vous habituer à manipuler avec succès votre pensée, commencez à vous occuper d’une question liée à la science ou à la vie ; étudiez-la bien à fond, patiemment, avec amour, jusqu’à ce que vous parveniez à des déductions utiles qui vous dévoileront quelque chose de très précieux et de nécessaire pour votre évolution. Je recommanderai à mes disciples d’étudier la lumière. La lumière, que vous étudiez en physique, représente un degré inférieur de la lumière vivante, étant donné que la lumière a différents degrés qui correspondent à la conscience de l’homme : à son subconscient, à son conscient et à son supraconscient. La lumière effectue un énorme travail dans la nature. Non seulement elle transforme la matière inorganique en organique, mais aussi elle transforme l’acidité et l’âcreté de certains fruits en saveur sucrée. Les divers fruits sont sous l’influence des différentes planètes, tout comme toutes les variétés de tout le règne végétal. Autant que cela puisse sembler une manière abstraite, un jour, l’humanité évoluée comprendra que le monde sidéral, par son influence, participe à l’édification de la vie sur une planète, ainsi qu’à la création de la si grande diversité d’organismes, en allant des inférieurs aux supérieurs, jusqu’à l’homme. LE DISCIPLE. — II m’est inexplicable qu’une grande partie des savants de notre monde contemporain continuent à s’entêter et à nier ce monde invisible, mais réel, même quand ils voient des preuves véridiques et parfois même irréfutables de l’influence d’un monde supraphysique. LE MAITRE. — La cause en est l’attachement fanatique qu’éprouvent les gens envers le monde qu’ils connaissent à l’aide de leurs cinq sens. Il y a une loi selon laquelle l’homme ne peut pas être en harmonie avec le monde Divin en même temps qu’avec le monde matériel. S’il est en harmonie et en entente avec le monde physique, il sera en contradiction avec le monde invisible. S’il est en harmonie avec un des mondes supérieurs, il sera en contradiction avec le monde physique et l’ordre qui y règne. II est difficile d’être en pleine harmonie avec les deux mondes. Une telle chose ne peut être réalisée que par des âmes très élevées qui ont déjà parcouru une partie importante de la voie de leur évolution.
  8. Earlier
  9. Conversations avec le Maitre (Questions et réponses) PREMIÈRE CONVERSATION C’était pendant une de ces journées de printemps, quand on se sent constamment en proie à une radieuse émotion. Cela provient de partout et, probablement, surtout de la beauté somptueuse des arbres fleuris, au moment où nul pétale de leurs fleurs embaumées n’est encore tombé. Les profondeurs du ciel, d’un pur bleu de cobalt, faisaient s’évanouir les contradictions de l’esprit humain, cet éternel errant parmi les problèmes insolubles. Un groupe de disciples s’était abrité sous l’abri de forme allongée dans la prairie de l’Izgrev ; dans un silence total, il écoutait les réponses du Maitre qui tombaient comme des grains salutaires dans les âmes des auditeurs assoiffés de savoir et de lumière. Le disciple qui posait toujours les questions demanda : LE DISCIPLE. — Quel est le plus grand nombre, d’après la Science Divine secrète ? Se trouve-t-il dans l’infiniment longue série de nombres, ou bien finit-il par la notion d’infini ? LE MAITRE. — Le plus grand nombre est le Un. II est si grand que l’univers n’est pas en état d’assumer un second Un, sauf celui qui existe déjà. LE DISCIPLE. — Mais, ne savons-nous pas qu’il existe un si grand nombre de choses dans le monde et que chaque chose est en quelque sorte une unité, d’où il s’ensuit que les nombres grandissent sans arrêt ? N’est-il pas vrai que dans l’astronomie l’unité de mesure grandit sans arrêt et peut parvenir aux limites des connaissances humaines ? LE MAITRE. — Ce que vous me dites maintenant est une de ces si nombreuses apparences au milieu desquelles erre l’imparfaite connaissance humaine de la véritable réalité. Pensez et tentez de vous représenter l’infini du un, et que toute la multitude fait partie de lui. Les nombres qui suivent le un — deux, trois, quatre, cinq et les suivants — ont été obtenus par la division du un. Quand nous disons « deux », l’enfant comprend deux noix ou deux pommes, mais le Sage comprend deux parties du un. C’est ainsi, car le un ne se répètera jamais. LE DISCIPLE. — S’il en est ainsi, comment donc se sont formées les opérations arithmétiques puisque dans la Création il n’existe que le un ? LE MAITRE. — Dans son évolution, l’homme a créé des milliers de sortes d’opérations et de combinaisons avec les parties du un, mais les mathématiciens doivent savoir que la première et unique opération arithmétique, à laquelle se prête le un, est la division. La fleur, l’oiseau, le lion, tout comme l’homme, sont issus d’un tout petit oeuf, fécondé par l’impulsion créatrice de la nature, et l’univers tout entier est issu d’un tout petit grain, fécondé par la pensée du Créateur. LE DISCIPLE. — II me semble que je commence à comprendre quelque chose de vos explications. LE MAITRE. — De même que vous, tous les disciples vont également comprendre quelque chose de la Sublime Vérité et d’autant plus que sera grande leur méditation, assoiffée de connaissances, sur ce que vous apprenez des Paroles et de la vie. LE DISCIPLE. —Je médite sur beaucoup de choses, mais il m’est encore difficile de saisir celles qui sont en dehors des choses quotidiennes et celles que les philosophes appellent transcendantales, et que les mathématiciens nomment irrationnelles. LE MAITRE. — Ce qui est transcendantal à cause de la raison par laquelle nous résolvons les problèmes quotidiens de la terre est une réalité pour une autre raison qui n’est pas encore éveillée chez les humains de ce monde. De même, les grandeurs irrationnelles sur la Terre sont rationnelles pour un autre monde, qui est plus élevé que celui dans lequel nous vivons. Les grandeurs incommensurables des mathématiques, elles aussi, correspondent à des réalités réalisées, pour lesquelles l'unité de mesure est la même que celle d’ici, et que nous ne pouvons pas concevoir comme une conception achevée. LE DISCIPLE. — Quand je commence à réfléchir sur ce qu’il me semble savoir, et quand je le compare aux questions que je me pose et auxquelles je ne peux pas répondre, alors il me devient clair que ce que je ne sais pas est une énorme montagne, tandis que ce que je crois connaitre est un tout petit caillou, gros comme un grain de millet. Par exemple, parfois je ne sais pas pourquoi je souffre et pourquoi les hommes souffrent, tandis que les joies sont si petites et si brèves. LE MAITRE. — Étant donné que vous avez parlé de la joie et de la douleur, je vais vous dire que ce sont des états qui ne sont pas constants, mais changeants. L’homme passe d’un état à l’autre suivant la loi des rythmes, et sans connaitre cette loi; les gens souffrent parce qu’ils pensent que ce monde a été créé seulement pour les plaisirs. Chacun pense que ce monde a été créé uniquement pour les plaisirs, que, mis à part le monde, les gens sont bons, et que Dieu est injustement cruel à son égard. Les gens peuvent difficilement se faire à l’idée que les souffrances sont nécessaires pour l’évolution de l’âme et que, du point de vue spirituel, ce sont elles qui accomplissent le travail constructif le plus utile. (II se fit un silence plus prolongé. Une âme pleinement éveillée et une autre vision, issue d’un oeil intérieur, auraient pu saisir et apercevoir le flot ascendant et lumineux de la pensée que le Maitre dirigeait vers les mondes invisibles, mais le disciple assoiffé était pressé. II ne voulait pas laisser passer une seule minute du temps qui s’écoulait dans une telle proximité du Sage Beinsa Douno, et il se demandait comment il allait commencer à parler d’une de ces questions qui l’intéressaient tellement.) LE DISCIPLE. — Est-il vrai que tous les changements qui se produisent dans l’état d’âme de l’homme ont leur répercussion sur son état physique ? S’il en est ainsi, la médecine contemporaine devrait chercher les causes de toutes les maladies dans la perturbation de l’équilibre de plans situés au-dessus du plan physique, comme par exemple sur le plan émotionnel (astral) ou celui de la pensée (mental) de l’homme. LE MAITRE. — Les observateurs plus attentifs — médecins ou psychologues — ont remarqué le lien qui existe entre l’un et l’autre, et il n’y a déjà plus de discussion au sujet de l’influence du mental sur le physique ; mais, pour certains, ce n’est encore qu’une affirmation qui, quoiqu’elle soit vraie, n’est pas encore aussi évidente que pour ceux dont les yeux spirituels sont ouverts. Ceux qui sont initiés aux processus qui s’effectuent dans les mondes au-delà du monde matériel savent qu’une perturbation de l’harmonie du champ de forces qui enveloppe le corps de l’homme est toujours accompagnée d’une perturbation des fonctions de l’organisme. Disons sans détour que les processus physiologiques sont en dépendance directe avec les changements provoqués dans ce champ, l’aura, qui est le centre de ces forces appelées courants biologiques. Ceux qui sont initiés aux sciences spirituelles savent que ce champ (que nous pouvons comparer, quoiqu’inexactement, au champ électromagnétique qui se forme autour d’un conducteur dans lequel passe un courant, dans lequel est plongé le corps physique) dépasse de quelques centimètres, et parfois même de quelques décimètres, les contours du corps humain. Pour les yeux qui voient, cela représente une planchette ou un écran sur lequel sont enregistrées toutes les fonctions de l’organisme. LE DISCIPLE. — Est-ce que la sensibilité de ce champ est si grande ? LE MAITRE. — En ce qui concerne la sensibilité, non seulement du corps invisible, mais aussi de l’organisme humain chez certaines personnes, je vais vous donner un exemple tiré de l’homéopathe. LE DISCIPLE. — Qu’est-ce que l’homéopathie ? LE MAITRE. — L’homéopathie est une méthode thérapeutique qui consiste à soigner les malades à l’aide de remèdes à doses infinitésimales. Ce qui est remarquable dans cette thérapie est que, pour qu’elle puisse devenir efficace, la dose doit être au-dessous d’un minimum. Une des façons d’obtenir une de ces doses infinitésimales est la suivante : si dans un récipient, de la capacité d’un litre, nous versons de l’eau pure et ensuite nous y jetons une goutte d’une teinture mère, comme par exemple du permanganate de potassium, après avoir agité l’eau, cette goutte va se répartir sur les molécules de l’eau et nous obtiendrons une solution de un pour mille (1:1 000), à condition que la goutte ait un volume de 1 centimètre cube. Si dans un autre litre d’eau pure nous versons une goutte de la première solution, alors nous obtiendrons une dilution de 1 : 1 000 000. Les homéopathes soutiennent qu’une telle manipulation des dilutions doit se faire même jusqu’à trente fois pour obtenir une dose homéopathique qui soit déjà propre à la thérapie homéopathique. J’ai pris comme exemple la thérapie homéopathique pour que vous voyiez quelle importance peuvent avoir pour le traitement les petites quantités de substance et, de là, que vous en tiriez une déduction sur l’importance de petites idées qui pénètrent, sciemment ou inconsciemment, dans notre conscience. Elles sont beaucoup plus efficaces que les idées qui sont désignées par le mot de « grandes ». Avoir en soi-même la petite idée homéopathique, ordonner sa propre vie, est plus utile et plus accessible que l’idée d’ordonner le monde. Je vous dirai que la remise en ordre du monde, dont les gens parlent si souvent, n’est pas une tâche humaine. À l’homme, il a été donné pour tâche de mettre en ordre son propre monde ; ce faisant, il contribue déjà avec quelque chose à la remise en ordre du monde entier. Si l’homme versait dans sa conscience une dose homéopathique du Bien, quoiqu’elle soit infinitésimale, elle remplirait sa vie tout entière. Alors, la lumière dans sa vie augmenterait aussi, et son état de santé se renforcerait également. Le Bien améliore la santé. Mais s’il verse une dose infinitésimale de Mal, alors ce dernier s’accroitra et il se formera un enfer qui détruira toute sa vie. LE DISCIPLE. — Comme tout cela est intéressant et important! LE MAITRE. — Chassez de vous-même toute mauvaise pensée, afin qu’elle ne se transforme pas en fantôme. Laissez vos mauvaises pensées mourir de faim afin qu’elles n’empoisonnent pas votre vie. LE DISCIPLE. — Combien peu de temps vécu avec vous est suffisant pour que nous apprenions tant de Vérités utiles ! LE MAITRE. — Mais quelle grande quantité de temps et de travail sont requis pour convertir ces Vérités en vie ! LE DISCIPLE. — Pourquoi est-ce que la parole, qui possède une si grande puissance transformatrice, et par laquelle l’homme est supérieur au règne animal, n’est pas capable, immédiatement et sans obstacles, de transformer les conceptions erronées de l’homme ? N’est-il pas vrai que la parole est la plus grande arme ? LE MAITRE. — Quand les âmes humaines s’incarnent sur la terre, elles tombent immédiatement au pouvoir des illusions et des suggestions. Les forces ténébreuses, qui ont pour tâche de faire obstacle à l’évolution, créent aussi bien les illusions que les suggestions négatives. Souvenez-vous que la suggestion est une qualité humaine. Celui qui cède à la suggestion peut rencontrer quelqu’un qui possède une plus grande faculté de suggestion et dont il pourra adopter des idées qui gêneront un développement correct. Le moindre sera qu’elles freineront son évolution. Pour ces raisons, les êtres lumineux ont pour tâche de transformer les suggestions en inspirations. Les hommes nouveaux, et plus spécialement les disciples, doivent passer de la suggestion à l’inspiration. L’inspiration est la loi Divine. Elle ne vient pas de l’homme, mais d’un monde supérieur. Si l’on peut influencer la suggestion par une autre suggestion, par contre on ne peut pas influencer l’inspiration. C’est quelque chose d’invariable. C’est pourquoi les gens qui cèdent à la suggestion sont variables, tandis que ceux qui sont inspirés sont invariables et stables. Les gens qui sont inspirés apprennent tout sans effort, tandis que ceux qui ne se prêtent pas à l’inspiration doivent fournir de gros efforts pour apprendre quelque chose. Pour ceux qui sont inspirés, tout devient facile et naturel, et ils sont en harmonie avec eux-mêmes et le milieu environnant. LE DISCIPLE. — Quand j’écoute ce que vous dites, je suis de plus en plus convaincu que l’évolution est un processus lent et difficile. Combien de choses ne doit-on pas surmonter afin de pouvoir pénétrer sur la voie qui mène à la perfection ! Et combien d’habitudes prises ou héritées on doit anéantir en soi-même pour pouvoir s’appeler disciple ! LE MAITRE. — II y a réellement quelque chose de vrai dans ce que vous dites, quoique ce ne soit vrai que du point de vue de la logique humaine. II est également vrai qu’il faut vaincre les défauts et les habitudes négatives ; mais ceux qui dirigent l’évolution savent que les infirmités des humains sont les meilleures conditions pour que la force de l’homme se manifeste. Le véritable et essentiel travail sur la Terre est de les surmonter. Du point de vue de la Science Divine, les infirmités et les faiblesses de l’homme sont les signes de la direction erronée suivie par le cours de sa vie. Quand on a compris cela, il est inutile de se lamenter et de philosopher, mais il faut se saisir de cette eau et la diriger vers son moulin, pour qu’elle commence à moudre son blé. Vous savez, n’est-ce pas, combien de dégâts peut causer une rivière qui n’a pas été canalisée ? Elle ravage les semailles, détruit les maisons, cause toutes sortes de malheurs. Cependant, cette même eau, lâchée dans le chenal du moulin ou bien dans le générateur d’une centrale électrique, accomplira un très grand travail qui, de plus, sera utile. Il n’est pas facile à quiconque de lutter contre ses infirmités. Ce n’est pas facile, mais c’est essentiel, et le monde spirituel estime hautement les efforts de celui qui s’en est chargé. Il est difficile de résister et de ne pas suivre la pente créée par les générations passées. Mais si vous réussissez à rejeter ces infirmités, alors vous êtes génial. Dans la vie, on peut observer certains cas montrant quelqu’un qui subitement prend une certaine habitude qui a été la caractéristique d’un de ses aïeux et cette habitude se transforme en un maitre brutal, non seulement de ses pensées, mais aussi de ses sentiments. Dans ces cas-là, la lutte est difficile ; mais en persévérant dans ses efforts et avec la foi dans le Principe Divin déposé en nous, aussi bien qu’avec le secours des aides invisibles, on parvient à la victoire. LE DISCIPLE. — Dans quel sens doivent être dirigés les efforts du disciple, si une telle lutte lui est imposée ? LE MAITRE. — Chaque homme et, d’autant plus, chaque disciple, doit posséder une idée Divine fondamentale qui soit le principe directeur de sa vie. Aucune suggestion qu’elle soit extérieure, ou bien ayant pris connaissance en lui-même, ne doit assombrir l’éclat de cette idée fondamentale. Elle doit être sa lumière, sa mesure et son repère d’orientation dans chaque chose de sa vie. Si, par exemple, un ami vous demande de faire quelque chose pour lui, comparez tout de suite sa demande à votre idée Divine fondamentale. Si ce que l’on vous demande n’est pas à l’unisson du Divin qui est en vous, alors déclinez cette demande, en faisant tout votre possible pour que cela se fasse sans causer beaucoup de peine, et faites-le avec sagesse. Mais si ce qu’il vous demande est en accord avec votre mesure Divine fondamentale, alors faites ce que l’on vous demande.
  10. LOIS Dans le monde, il existe des lois que le disciple de la Science Divine doit connaitre et auxquelles il doit se conformer. L’amour est la voie permettant d’atteindre le Grand But poursuivi par les études. Cependant, dans le monde entier, tout comme dans la Création tout entière, il y a des lois que le sage doit connaitre, car ces lois sont les piliers sur lesquels sont fondées les causes et l’harmonie du monde. Parmi les nombreuses lois que le Maitre a mentionnées, nous en citons ici certaines comme exemples non limitatifs. Nous avons pris la liberté de donner quelques explications à chacune de ces lois. Elles permettront une plus correcte compréhension, étant donné que ces commentaires aussi sont tirés de pensées prises dans Sa Parole. * ** Loi : Nul ne doit et ne peut juger des erreurs des gens tant qu'il ne connait pas la vérité. Explication : Qu’est-ce que cela ? Quelle est la vérité ? Qu’est-ce que la vérité ? La plupart du temps, les gens ne peuvent pas faire la différence entre la vérité et un fait. Prouver l’authenticité d’un fait est une chose, et dire la vérité est tout à fait autre chose. Nos observations sur la vie qui s’écoule auprès de nous sont superficielles. Le plus souvent, il s’agit de phénomènes dont nous ne connaissons pas les causes. Derrière les phénomènes se cachent les causes qui, du point de vue spirituel, sont même plus réelles que les phénomènes eux-mêmes. S’il n’en était pas ainsi, les causes n’auraient pas provoqué les phénomènes. La notion de « vérité » est d’une catégorie spirituelle beaucoup plus profonde. À cette question « Qu’est-ce que la vérité ? » que Ponce Pilate a posée à Jesus, Jesus n’a pas répondu. II savait que la conscience du Romain ne pouvait pas le comprendre, étant donné que Pilate ne connaissait que les lois de son État. II n’avait pas été libéré par elles, tandis que le Christ avait dit auparavant: « La vérité vous rendra libres. » Si nous analysons cette expression, nous arriverons, sinon jusqu’à son essence, du moins jusqu’au parvis de cette question de la vérité. Libre est celui qui peut lui-même libérer les autres par sa sagesse. Si l’un d’entre vous dit à quelqu’un un fait qui est authentique, cela ne libère pas la conscience de l’homme d’une série d’erreurs et d’illusions ; ce fait n’est pas encore la vérité. Nous n’avons dit la vérité que quand nos paroles ont apporté la lumière dans la conscience de celui à qui nous nous adressons et il est déjà entièrement libérée de toutes les contradictions et de toutes les ténèbres. Seul connait la vérité celui qui a suivi un phénomène dans les mondes causal, mental, astral et physique, et pour qui est déjà clair pourquoi cela est arrivé de cette façon. Si nous prononçons des paroles qui aident l’homme à oublier tous ses soucis, doutes et haines, si nous le libérons des doutes qui l’empoisonnent, s’il commence une nouvelle vie dans la lumière et s’il reconnait le Sublime Principe Créateur, alors nous avons dit la vérité. Si nous montrons seulement les erreurs d’autrui sans être en état de lui apprendre comment corriger ces erreurs, nous ne lui disons pas la vérité. Le Maitre a formulé cette première loi ainsi afin que nous fassions attention quand nous prononçons un jugement à l’égard de notre prochain, étant donné que nous ne sommes pas toujours en état de percevoir les causes d’un acte donné. Loi : Un acte erroné à I’égard de nous-même est une faute, mais un acte erroné à I’égard du Tout est un crime. Explication : Comme on le sait, l’homme possède non seulement une vie personnelle, mais aussi une vie sociale. Si, par un acte, un homme apporte la disharmonie dans sa vie personnelle, nous appelons cet acte une faute ; mais chaque action qui apporte la disharmonie dans le Tout, nous l’appelons crime. Loi : Celui qui est peureux n’a pas d‘amour. Explication : Chaque courage dans la vie d’un homme provient d’un Amour. Seul celui qui aime est protégé et il sait que chaque chose faite pour l’Amour et chaque sacrifice consenti pour lui sont agréables au Ciel. Loi : Est réel ce qui jamais ne change et jamais ne s’efface. Explication : Dans le monde des ombres, nous parlons de réalités. Nous ne savons pas jusqu’à quel point nous sommes loin de la réalité si nous n’avons pas encore appris la différentiation. Nous tenons entre nos mains des objets qui ont une valeur passagère, et nous les appelons des réalités ; tandis que la véritable réalité, qui est en nous, nous la nions. Nos âmes sont assoiffées d’éternité, et nous cherchons celle-ci parmi les manifestations mortelles de la matière qui n’a qu’une courte existence. “Soyons réalistes”, disent les philosophes contemporains, sans prendre en considération que le réel est ce qui ne change jamais. Loi : Si une chose est niée, c’est qu’elle existe. Explication : On ne peut pas nier le néant. II ne supporte pas la négation, du moment qu’il n’existe pas. On peut nier seulement ce qui existe. La négation montre seulement notre impuissance à pénétrer dans le monde de ce que nous nions. Loi : Chacun porte les conséquences de sa liberté. Explication : Le Principe Raisonnable a donné la liberté à l’homme. II peut choisir sa voie dans le labyrinthe de la vie. Personne n’empêche non seulement qui que ce soit de penser de quelque manière que ce soit, mais non plus de faire ce qu’il s’est proposé de faire. Mais étant donné que le monde est fondé et se développe d’après les lois du Créateur, l’homme qui choisit librement sa voie n’est pas libéré de la loi qu’il observe ou bien qu’il transgresse. L’observation de la loi porte des conséquences favorables, mais sa transgression ou sa négligence apportent des résultats contraires. Loi : Le matérialisme n’apportera rien au monde. Quand une civilisation perd son idéalisme et devient entièrement matérialiste, elle est condamnée à mort. Quand une religion perd son idéalisme et devient matérialiste, elle est condamnée à mort. Quand une science perd son idéalisme et devient matérialiste, elle est condamnée a mort. Explication : Le matérialisme, qui est créé comme une antithèse de la véritable science de la vie, de l’homme et de l’univers, et qui facilite la compréhension de la vie pour ceux qui sont spirituellement ignorants, est en même temps une barrière qui doit être franchie par l’esprit créateur progressant dans la nouvelle époque. Cette barrière est placée pour s’exercer, mais la barrière n’a jamais été un but. Loi : Chaque forme de la science et de l’art est utile, car elle permet d’exprimer un contenu, et par l’entremise du contenu doit être exprimé le sens de la vie même. Explication : L’art abstrait ne peut avoir qu’une influence partielle sur l’art par l’apport d’une certaine psychologie et d’une petite énigme posée. L’art abstrait total, qui a entièrement écarté la forme, est déjà hors de l’art. Loi : Dans les actions de l’homme, il ne doit pas y avoir de préméditation et de motifs ayant comme but d’acquérir, par ces actes, quelque chose de matériel. Explication : Le plus souvent, les gens donnent parce qu’ils savent qu’ils vont recevoir. Une telle action est une équité élémentaire et banale. L’Amour néglige cette équité et donne non seulement davantage qu’il recevra, mais il donne aussi sans tenir compte de ce qu’il peut recevoir ou ne pas recevoir. C’est la loi de l’abondance, appelée opulence. Loi : Il n’est pas permis à l’homme d'ôter la vie à qui ou à quoi que ce soit. Rien ne rachète la vie. Explication : La plus grande chose, à laquelle personne jamais ne pourra trouver de valeur équivalente, est la vie. Chaque vie provient de Dieu et c’est pourquoi, jusqu’à présent, personne n’a réussi à reproduire l’oeuvre sublime du Créateur : créer la vie. Non seulement il n’est pas dans les forces du mortel de le faire, mais il ne lui est pas permis non plus de connaitre le secret qui sépare la nature inanimée de la vivante. Voilà pourquoi il n’est pas permis à l’homme d’ôter quelque vie que ce soit. Même quand nous faisons mourir les végétaux dont nous nous nourrissons, parce que c’est inévitable, de nouveau nous devons nous acquitter de ce don en transformant l’énergie obtenue du monde végétal en oeuvres honorables. Ce qui est permis aux animaux, qui ne possèdent pas encore une conscience individuelle, n’est pas permis à l’homme. Les animaux peuvent se manger les uns les autres, mais pour l’homme, tuer est le plus terrible des crimes. En prenant tout cela en ligne de compte, on peut s’imaginer comment les êtres supérieurs doivent considérer la vie sur notre planète... Certaines personnes disent que même s’ils tuaient quelqu’un, ils rachèteraient leur acte par une autre action “noble”. Non. La loi est catégorique : rien ne rachète la vie. Loi : Si on paie sa grande dette, on paiera aussi ses petites dettes. Explication : Du moment que pour l’homme sont claires les grandes questions liées à Dieu, à l’évolution, à la destinée et à l’immortalité de l’âme, toutes les autres questions plus petites qui surgissent de l’incompréhension des grandes questions se résolvent d’elles-mêmes. Loi : L’homme ne peut pas apprendre tant qu’il n’aime pas quelque chose ou quelqu’un. Explication : Dans ce monde, on ne peut rien faire de bon et d’utile si l’on n’a pas d’impulsion et d’inspiration. Le plus souvent les grandes oeuvres ont fait leur apparition dans le monde comme résultat d’un grand amour. Loi : II n’est pas permis à l’homme de torturer son corps. Explication : Le yoga a donné un ensemble de connaissances éprouvées, fondées sur la sagesse, la volonté et la vie ascétique. Cependant, il y a de nombreuses variantes dans cet enseignement oriental préaryen, et parmi ces variantes certaines ont dévié de la tâche fondamentale de cet enseignement. Certes, le corps est un instrument de l’esprit, mais il ne faut pas que cet instrument soit, en plus d’être entièrement soumis au pouvoir de la volonté, accoutumé aussi à supporter les douleurs physiques les plus contraignantes. Certaines époques ont privilégié les privations et les souffrances appliquées au corps à des fins spirituelles. Et l’Occident n’y a pas échappé. Nous ne partageons pas ces méthodes d’évolution spirituelle. Étant donné que la science spirituelle occidentale suit la voie de la Parole du Christ, ses partisans considèrent comme erronés tous les comportements barbares à l’égard du corps qui nous a été donné par la Nature comme un merveilleux et parfait instrument. Dans la structure et les fonctions du corps est déposée la sublime et très grande sagesse, non encore découverte, de la Nature Vivante. II y a des cas où certaines Écoles occidentales recommandent, pour un certain temps, le jeune ; mais ce n’est qu’en tant que méthode naturelle pour rétablir la santé. Loi : II n’existe pas de forces qui puissent empêcher I’homme de faire une bonne action. Explication : Certaines personnes qui suivent la voie spirituelle se plaignent souvent que dans leur pays il n’y a pas de liberté. II est vrai que le manque de liberté pour le travail spirituel, dans le sens large du mot, oppresse l’homme ; mais, pour ce qui est le plus important — le travail intérieur du disciple — il y a toujours et dans toutes les situations, de la liberté. Chacun, et dans toutes les situations, peut prier. Il n’est interdit à personne de dire à son ami une parole chaleureuse et encourageante ; il n’est interdit à personne d’aimer son prochain. Loi : Dans les richesses gagnées rapidement agissent les forces du Mal; tandis que dans les richesses gagnées à l’aide d’un travail honnête agissent les forces du Bien. Explication : Le rapide enrichissement ressemble aux jeux de hasard. Ce qui vient à nous en tant que résultat d’un expédient ou d’une combinaison rusée, grâce auxquels nous devançons nos rivaux dans les jeux du commerce ou de la Bourse, n’apporte pas les bénédictions du travail fait honnêtement. Le temps prouve cela rapidement. Loi : Plus nous limitons quelqu’un, et plus nous nous limitons nous-mêmes. Explication : Un homme libre ne peut pas priver les autres de la liberté. La liberté que vous donnez à votre prochain correspond à celle que vous recevrez. Loi : Ne remettez pas à plus tard I'achèvement du travail terminé, car ainsi vous freinez le développement de votre esprit. Explication : II existe un certain ordre dans les processus de la pensée. Certaines choses ne peuvent pas devancer celles qui sont devant elles. Si l’on a décidé de faire une chose et que l’on remet cela à plus tard, les processus de la pensée qui suivent s’ajournent aussi. Dans l’admission des idées nouvelles, il existe également un certain ordre. Loi : Seul celui qui est reconnaissant se prête à l'évolution. Explication : La reconnaissance est une qualité d’une grande valeur. Celui qui est reconnaissant provoque la générosité et la bienveillance de tous. Celui qui est reconnaissant a ouvert son âme comme une fleur qui accueille l’amour du soleil. Chacun vient en aide à celui qui est reconnaissant. Celui qui est reconnaissant apprend mieux et grandit plus rapidement. Cultivons la gratitude. Loi : Chaque bonne oeuvre exige un petit sacrifice. Explication : Nous n’avons pas d’autre mesure avec laquelle mesurer la bonté des gens à part la grandeur du sacrifice qu’ils font quand ils veulent nous faire un bien. Si vous pensez que vous pouvez faire du bien à quelqu’un sans sacrifier quelque chose de vous-même, vous n’êtes pas sur la bonne voie. Loi : Si nous exterminons nos ennemis ici, sur le plan physique, ils pénètrent en nous. Explication : Le manque de culture spirituelle est la cause des nombreux maux et malheurs qui accompagnent la vie de l’homme. Si nous savions à quel point sont fatales les conséquences de certaines de nos actions, nous observerions à chaque pas la loi ci-dessus. Pour celui qui a réussi à exterminer ses ennemis par la violence dans ce monde, ils deviennent invisibles et se vengent encore plus cruellement, car ils sont déjà en lui-même. Observez plus attentivement la vie, et vous vous convaincrez que cela est vrai. Loi : II est interdit au disciple d’accepter l'esclavage. Explication : Le disciple qui suit la voie spirituelle peut vivre dans des conditions défavorables et limitées, mais il ne peut pas se soumettre à l’esclavage. Celui qui a une mentalité d’esclave ne peut être un habitant de l’infini et libre Royaume de l’Esprit. Celui qui est spirituel ne doit pas être esclave, pas même de ses enfants. Aimer et être prêt à faire n’importe quel sacrifice est une chose ; mais être esclave en est une autre. Loi : Personne ne peut régir personne. Explication : Vous pouvez gouverner des terres ou les richesses de l’État, des continents tout entiers et tout ce qui est terrestre et matériel ; mais vous ne pouvez pas régir une unité humaine, en apparence modeste et insignifiante. On ne peut pas s’approprier l’homme, car il porte en lui-même une âme vivante éternelle. Loi : On ne peut pas devenir riche si l’on n’est pas généreux. Explication : Il y a une cause cachée qui fait que les gens peuvent gagner des richesses. Il ne s’agit pas de cet enrichissement qui est le fruit de la violence et de la spoliation, ni celui de ruses perfides, mais de la richesse acquise au moyen de la générosité. C’est une loi occulte. Celui qui est généreux ne devient jamais pauvre. Loi : L’orgueil et la vanité brisent les axes de l’esprit et du coeur. Explication : Nous avons déjà dit que l’orgueil est considéré comme un des principaux et des plus anciens péchés parmi ceux qui ont causé la chute. L’orgueil est en rapport avec l’esprit. Quand quelqu’un commence à croire et à penser qu’il possède beaucoup de savoir, il prépare sa chute ; étant donné que les connaissances qu’il a acquises ne lui appartiennent pas, il devient leur possesseur illégitime. Alors la Nature Vivante se charge de rétablir la véritable situation et cet homme devient insupportable à cause de sa présomption. Les gens le détestent et, au lieu de se rapprocher de lui, le fuient. Quelque chose se brise dans son esprit et il se met à répéter sans cesse les mêmes choses, pour en arriver à la banalité. Pourquoi en devient-il ainsi ? Parce que l’orgueilleux repousse les nouvelles connaissances qui viennent à lui. Il est difficile de cohabiter avec un orgueilleux. Le vaniteux, par contre, est très bavard et fait tout ce qu’il est possible de faire pour centrer les conversations et l’attention des gens sur lui-même. La vanité possède un élément plutôt émotionnel ; le vaniteux montre une grande complaisance pour lui-même, qui devient très rapidement visible et qui lasse ceux qui l’entourent. Le vaniteux a laissé pénétrer en son coeur non pas l’esprit Divin de l’humilité, mais une légion de choses vaines. Loi : Ne parlez pas beaucoup, afin qu’on vous comprenne. Explication : Si vous parlez beaucoup aux gens, ils perdent la faculté de vous comprendre. Ne vous usez pas en parlant beaucoup et ne saturez pas les gens de paroles qui ne peuvent plus pénétrer dans leur conscience. Loi : Une vie humaine est insuffisante pour effectuer tout notre travail. Explication : La réincarnation de l’âme, ou l’éternelle existence de notre principe immortel est une nécessité pour que nous puissions nous convaincre que nous vivons dans un monde raisonnable ; étant donné que si nous ne vivions qu’une seule vie, nous n’apprendrions que très peu de choses. Dans ce cas, notre existence serait dénuée de sens, et même offensante, car Dieu ne créerait pas un monde si complexe et si harmonieux pour notre existence dénuée de sens. Sa sagesse est infinie et impénétrable ! Loi : Il y a trois sortes de gens : Les sots, les sensés et les sages. Le sot s'occupe sans arrêt du passé, le sensé s'efforce de lire dans I’avenir, tandis que le sage vit le présent et le met en ordre. (N.B. Cette loi n’a pas besoin d’être expliquée.) Loi : Dans la vie, il n’y a pas d’égalité. Explication : L’idée la plus erronée et la plus utopique sur terre est celle de l’égalité. II n’y a qu’une seule égalité : l’égalité devant Dieu. C’est parce que nous sommes tous issus de Lui, quoique nous soyons parvenus à un niveau différent de notre évolution Si l’égalité, dans le sens le plus large du mot, existait, il n’y aurait ni phénomène ni évolution. Cela pourrait être illustré par une série d’exemples, pris dans la nature, par lesquels il deviendrait évident quelle sorte de tableau laid, mort et désespéré représenterait le monde s’il existait une telle égalité. Loi : Le Bien et le Mal ne changent pas. Explication : Dans le monde, il n’existe pas de force qui puisse transformer le Mal en Bien, et vice versa. Si quelqu’un s’est transformé et, de « méchant » est devenu « bon », cela ne signifie pas que le mal se soit transformé en bien, mais que cet homme a délaissé la voie du mal et a commencé à suivre la voie du bien. L’homme peut changer, mais le « Mal » et le « Bien », en tant que forces, restent constants et exécutent ce à quoi ils sont prédestinés dans l’évolution. Loi : La petite graine Divine pousse dans la souffrance. Loi : Celui qui vous aime peut vous causer une souffrance, mais non pas du mal. Loi : Seuls ceux qui ont de la grandeur peuvent se réjouir des petites choses de la vie. Loi : Nul ne peut éviter les conséquences karmiques.
  11. L’AMOUR QUE NOUS DEVONS CONNAITRE « II y a une seule voie menant à la perfection, et elle est accessible à tous les êtres dans l’univers tout entier : c’est la voie de l’Amour. C’est en suivant cette voie qu’ils y parviendront le plus facilement, et la perfection est le but de la Création. Si quelqu’un prononce quelque part le mot Amour, celui qui l’entend doit savoir que ce mot sacré signifie se rapprocher de Dieu. Toutes les autres voies menant à Lui sont semées de dangers, mais le principal est que nulle autre voie, sauf celle de l’Amour, ne nous préserve du danger le plus grand : l’orgueil. « C’est une chose sublime que de concevoir ce qu’est l’Amour. L’Amour est une force sacrée. II a créé et soutient la vie. C’est l’Amour qui a donné naissance à l’univers, c’est lui qui est le générateur de tout. C’est lui qui nous appellera de nouveau dans le merveilleux royaume, inexprimable par la parole humaine, ce royaume dont nous sommes sortis jadis. C’est pourquoi nous ne pouvons pas toujours appeler par le mot d’Amour ces frissons qui souvent agitent la surface de la nature humaine. Ce n’est pas encore cet Amour dont nous parlons ici. C’est un état dans la Création terrestre au moyen duquel Dieu éprouve les humains. » * * * « Pas encore réveillés du profond sommeil trompeur de l’illusion, les humains pensent que ce sont les âmes faibles, sentimentales, non combattives qui parlent de l’Amour. Au contraire, l’Amour est une grande et puissante force. Nous ne pouvons pas vivre toute notre vie sans l’effleurer. Nous vivons pour l’Amour qui découle de Lui, le Sublime Esprit Universel, nous mourons pour cet Amour et nous ressuscitons de nouveau pour Lui. Je vous parle de l’Amour qui guérit toutes les blessures ; si l’humanité continue à vivre dans les infirmités, les désordres et les guerres, cela montre qu’elle n’a pas encore compris cette Force Divine. Si elle l’avait compris, l’amour l’aurait guéri de toutes ses souffrances. « “Et notre souffrance va se transformer en joie.” Ces paroles des saintes Écritures portent en elles-mêmes ce qui a été dit plus haut. « Tous nos efforts dans la vie sont inutiles, vains et pitoyables si nous ne connaissons pas l’Amour. Et quand nous mourrons, l’Amour nous rendra immortels, car la mort ne peut pas parvenir jusque-là où l’Amour parvient. » * * * « Malgré tous les efforts que vous ferez pour comprendre l’Amour d’une manière spéculative, vous ne parviendrez pas à le renfermer dans votre pensée et à le revêtir de vos notions. Beaucoup de méprises peuvent recouvrir ce que vous voulez dire à son sujet; de nombreuses images fausses et des superstitions ridicules peuvent tendre un filet pour votre raison. Sachez que l’Amour est plus sublime que tout ce que vous pourriez imaginer. Les notions de votre vie quotidienne ne recouvrent pas une seule de ses qualités. Sachez une chose seulement, c’est qu’il est au-dessus de tout, qu’il donne naissance à la vie et gouverne les mondes, depuis les plus petites fourmilières, jusqu’aux plus hautes hiérarchies du monde des anges. » * * * « Comment l’homme peut-il connaitre Dieu et discerner quelque chose de Son Entité illimitée ? Ce n’est pas dans les possibilités de la raison humaine. L’unique chose qui nous soit possible, c’est de l’aimer. Que pouvez-vous discerner de la Sublime et Raisonnable Cause si vous ne suivez pas la voie de l’Amour, l’unique voie qui vous soit accessible ? C’est par l’Amour que vous êtes dans le processus de révolution, que vous avez surmonté la stagnation dans le néant. Vous vous souvenez de cet endroit où le Christ — l’incarnation dans une figure humaine de l’Amour Divin — dit: “Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie”. » « Ceux qui veulent acquérir l’Amour — l’Amour Divin dont nous parlons — doivent accomplir un exploit intérieur. Cet exploit consiste en ceci: pardonner à ceux qui ne vous aiment pas et vous causent du tort. S’ils ne peuvent accomplir cet acte d’héroïsme, difficile mais salvateur, ils doivent savoir qu’ils ne sont encore parvenus à rien dans la connaissance de l’Amour. Nulle science, nulle magie, nulle école, nulle incantation ou formule ne peut Ieur venir en aide. Voilà comment l’Amour — la voie la plus accessible menant à l’évolution de l’âme — vient après la réalisation de cette victoire intérieure. » * * * « Quelquefois j’entends dire : “Celui qui m’aimait ne m’aime plus !” Une telle chose est inconcevable pour l’Amour Divin. Cet Amour ne passe jamais. S’il y a un tel fait, un amour qui est passé, ce n’est pas de cet amour-là que nous parlons ici. » * * * « Ne dites pas que vous n’avez rien à aimer. Quand vous passez auprès d’une source, d’une fleur ou d’un arbre fruitier, arrêtez-vous un moment et recherchez la beauté qui est déposée en eux. Dans chaque chose il y a de la beauté et un sens. Les yeux de celui qui aime voient différemment. II voit ce qui est beau en l’homme et même dans toutes les bêtes. L’Amour recouvre tout de lumière et libère l’homme de tout préjugé et de toute crainte. Faites-en l’essai. Commencez à vous occuper d’une plante, fertilisez la terre et arrosez-la. C’est la fleur elle-même qui vous montrera à quel point est grand votre amour. » * * * « Dans l’Amour il n’y a ni doute ni contradiction. Dans l’Amour tout est clair et catégorique. S’il y a des discussions entre les croyants, même dans la même religion, cela montre qu’ils ne sont pas encore dans la lumière de l’Amour qui exclut les contradictions. Je ne dis pas que la discussion est quelque chose de mal, mais dans l’Amour du Christ, c’est-à-dire l’Amour de Dieu, elle devient inutile. » * * * « Ce n’est d’aucune importance quel poste vous occupez et quel rôle vous jouez dans l’arène de la vie. Vous pouvez être prêtre, militaire, écrivain, enseignant, philosophe ou homme d’État. Vous pouvez être un employé ou un simple ouvrier, ou un artisan. Si vous placez l’Amour à la base de votre vie, ce que vous ferez sera béni. Si vous portez l’Amour en vous-même, même si vous ne faisiez qu’émincer des ognons, vous aurez plus de prix que celui qui est sorti des plus grandes universités ; mais accomplir son travail sans amour... le manque d’Amour est l’enfer. « Le Ciel permettra que toutes les théories, tous les courants, doctrines, régimes et systèmes philosophiques défilent sur la scène de la vie. Mais s’ils viennent sans Amour, ils échoueront. Le temps les emportera et l’humanité les oubliera. Ils laisseront leurs échecs que d’autres devront réparer. Si les riches, les puissants et les notables gouvernent sans amour, le monde deviendra un monde de tourments. Si les pauvres, les indigents et ceux qui ont faim gouvernent sans Amour, ils n’amélioreront le monde en rien. II continuera à rester un enfer, car enfer est ce lieu où l’Amour est absent. » * * * « La fontaine qui nous verse l’eau venue de la surabondance de la montagne nous donne son eau. Dans ce cas, l’Amour de Dieu envers nous se manifeste sous une forme matérielle : à travers l’eau qui apaise votre soif. Dans la création matérielle est incarnée une idée Divine. La nourriture que nous acceptons est un sacrifice fait de bon gré par la nature et avec Amour. » * * * « Quand quelqu’un ôte la clef de la portée musicale, le violoniste ne peut pas jouer correctement. La clef qui donne un sens à la portée de la vie, et sans laquelle même le violon du plus grand violoniste se tait, se dénomme Amour. » * * * « J’ai entendu dire : “Oh ! J’ai perdu mon premier amour !” Des enseignants, des philosophes, des mères et des pères disent cela. Dans ces mots est cachée une méprise, étant donné que l’amour ne peut être ni “premier” ni “deuxième”. Si quelqu’un parle de son premier amour, cela signifie qu’il en a eu un second. Du moment qu’il en a eu un second, il n’en a pas eu un premier. « L’Amour est un et indivisible. II est éternel. En réalité, l’Amour devrait être l’état permanent de l’âme humaine, mais les humains sont intervenus brutalement avec leurs sentiments égoïstes et ils ont tenté de corriger quelque chose dans les lois sacrées de la nature. « L’Amour, dont nous parlons ici, sera nécessaire à tout homme pour qu’il passe du royaume de la mort dans le royaume de l’immortalité. En traversant cet océan, le vaisseau sur lequel nous voyageons va, inévitablement, tanguer, mais l’Amour nous donnera les forces et la résistance nécessaires pour résoudre le problème. « Les gens ne se doutent pas et ne peuvent même pas s’imaginer à quoi ressemblerait la terre si tous les hommes se mettaient à aimer Dieu. On ne pourrait trouver de paradis qui puisse rivaliser avec une telle terre. » * * * « Au sujet de Dieu, et je ne peux donner aucune définition, sauf les paroles suivantes : Amour sans altération, savoir sans erreurs, Liberté sans limitations. Si vous ne connaissez pas Dieu de cette manière, vraisemblablement vous tomberez dans la superstition et le fanatisme. » * * * « Parmi les soi-disant “gens spirituels”, il y en a dont la fainéantise a inventé toutes sortes de voies pour se rendre rapidement vers le prétendu “salut”. “Nous aimons Dieu, disent-ils. N’est-ce pas suffisant pour nous assurer que nous avons accompli tout ce qui est nécessaire pour notre salut ?” En vérité, il n’y a rien de plus facile que de dire que l’on aime Dieu ; mais l’affaire est que ce plus facile doit être précédé par le plus difficile : aimer son prochain, et ensuite par l’exploit d’aimer même ses ennemis. « Et ainsi : aimer Dieu est possible quand on accomplit le plus difficile — aimer son prochain et ses ennemis. » « Quand l’homme a fait de I’Amour l’unique loi de sa vie, il est entré dans la plus belle des églises. II devient tolérant envers toutes les religions et toutes les Églises; mais c’est seulement alors qu’il comprend ce qu’il n’avait pas compris auparavant dans l’Église. « Les formes, les rites, les mystères et les canons ne prennent un sens que par l’Amour de Dieu. » * * * « Quel contenu donnez-vous à la notion de “vice” ? Si vous me demandez ce qu’est un vice, je vous répondrai ainsi: Vice est chaque fruit du manque d’amour. Si dans une action il y a un amour sincère et désintéressé, cet Amour lavera les souillures de chaque action. » « Qu’est-ce que le Ciel ? Il est difficile de comprendre le Ciel, s’il doit être expliqué avec la parfaite connaissance de ceux qui le peuplent. Pour nous, les gens qui vivons sur terre, il y a une voie plus facile : est Ciel cet endroit sur la terre où les gens vivent dans l’Amour et la Sagesse. Tout le reste s’appelle enfer. » * * * « La gamme de la vie humaine actuelle est mineure. Les gens y ont longtemps vécu. Ils l’ont bien apprise et en sont restés des spécialistes. Mais maintenant est venu le temps où l’homme doit comprendre la gamme majeure. Personne ne la connait parce que la science contemporaine tout entière n’a pas gouté à un seul fruit de l’Amour Divin. « Quand je dis “gamme majeure”, il ne faut pas comprendre littéralement la gamme majeure de la musique. Ce n’est qu’une comparaison. La gamme majeure de l’Amour est toute autre chose. Dans sa structure majestueuse disparaissent toutes douleurs, hésitations et ténèbres. Ses mélodies déploient la beauté et l’immensité du monde, que les gens ont toujours cherchées dans la gamme mineure de l’affliction. « Seul celui qui pénètre dans la gamme majeure comprendra mes paroles. » « “M’aimes-tu ?” — C’est là une question que l’on peut appeler “machinale” et que l’on ne doit pas poser. Demander à quelqu’un : “M’aimes-tu ?” C’est la même chose que si l’on demandait à une bougie allumée : “M’éclaires-tu ?” Du moment que vous voyez les lettres, à la lumière de la bougie, c’est qu’elle vous éclaire. » « Ce qui éclaire ne parle pas. Ce qui aime ne parle pas. Ne posez pas de questions machinales et ne provoquez pas de réponses machinales. » « II y a des familles dont les membres vivent dans l’entente à cause de la lumière que l’un d’entre eux possède. S’il arrive à ce dernier de quitter la maison, immédiatement surviennent la disharmonie et la pleine obscurité. » « II y a des peuples qui ont vécu grâce à l’amour d’un seul homme. Tout l’enthousiasme, l’énergie et la solidarité provenaient de lui. II a fait descendre des voutes célestes de l’Esprit un don Divin. Si cet homme s’en va, pour ce peuple adviendra le manque d’amour et l’obscurité. » * * * « Si vous possédez l’Amour, ne craignez pas les secousses extérieures. Elles n’ébranleront pas vos bases. Mais dans l’absence de l’Amour, vous êtes en danger. » * * * « Ne demandez pas comment servir Dieu. Même si vous aidez une fourmi à sortir de l’eau dans laquelle elle est tombée, vous avez déjà commencé à servir Dieu. Ne considérez pas que vous allez rabaisser votre dignité si vous faites cela. » * * * « Quand on me demande pourquoi les hommes commettent des péchés, je réponds : Parce que Dieu aime les hommes et les a laissés libres. Quand on me demande pourquoi les hommes font le bien, je réponds : Parce que Dieu aime les hommes et les a laissés libres. » * * * « Ce n’est pas un mal que les gens tombent amoureux l’un de l’autre. Le mal advient au moment où ils deviennent trop possessifs et commencent à se limiter, jusqu’au point de tomber en un véritable esclavage. Laissez la personne qui vous aime désirer d’elle-même ne pas se séparer de vous. Laissez l’Amour qui jouit de la liberté choisir tout seul et s’imposer le joug, qui est le plus agréable des jougs. « L’Apôtre Paul dit au Christ : Ton joug m’est doux ! » * * * « L’homme qui vit dans l’Amour de Dieu ne peut pas s’arrêter et dire qu’il n’aime plus rien ni personne. Est-ce que le fleuve Mississippi, qui suit son cours, pourrait s’arrêter tout à coup et dire qu’à partir de ce moment il ne va plus couler ? » * * * « Je vais vous découvrir un secret parmi les secrets spirituels. À première vue, il est connu. Mais personne encore n’a pénétré jusqu’au fond de sa profondeur et ne connait son dynamisme intérieur. Ce secret est le suivant: Aucun homme ne peut devenir grand si les gens ne l’aiment pas. Nul savant ne peut devenir grand si ses élèves ne l’aiment pas. Aucun homme d’État ne peut devenir grand si le peuple le craint seulement et ne l’aime pas. » * * * « Quand une souffrance vous rend visite, ne dites pas que dans le monde il n’y a pas d’Amour et que le Ciel vous a délaissé. Non. Cette souffrance, c’est le doigt du violoniste qui appuie sur la corde à une place déterminée afin de tirer de vous un ton déterminé de la symphonie de la vie. » « Celui qui aime brule dans l’âtre, tandis que ceux qu’il aime sont assis tout autour et accueillent cette chaleur vivifiante. II arrivera un jour où ceux qui ont été aimés entreront dans l’âtre de l’Amour afin de donner de la chaleur et de la vie aux autres. Cela signifie qu’ils commenceront à vous aimer et que vous commencerez à les aimer. » * * * « Combien de fois les gens vous paraissent maussades ; combien de fois le monde autour de vous vous semble hostile ? II y a des jours et des heures où votre vie perd son sens ; les sombres heures du désespoir surviennent. « Si, en de telles heures, vous pouvez réveiller en vous-même l’Amour envers Dieu, les visages de tous les gens autour de vous deviendront beaux et affables. Le monde vous semblera amical et familier, tandis que votre peine se transformera en joie. » * * * « Quand ils sont jeunes, les gens disent qu’il est trop tôt pour commencer à aimer Dieu, car ils sont attirés par les appâts de cette vie. Ainsi, absorbés par le jeu des illusions, ils vieillissent et alors ils disent qu’il est déjà tard, car ils sont fatigués et attendent la mort. » * * * « Hérétique est celui qui n’aime pas Dieu. Seul celui qui aime Dieu est un croyant orthodoxe. » * * * « De nos jours vivent encore des chrétiens qui croient en Dieu et en Christ, mais qui, quand il est nécessaire, ajustent la baïonnette au canon de leur fusil, tournent leurs mitrailleuses et leurs canons contre leurs frères et lâchent une décharge de feu dévastateur sur les villes et les villages. » * * * « Si vous priez Dieu sans Amour, vous commencerez à ressembler à ces mendigots importuns qui mendient d’une manière acharnée et qui, pour cette raison, ne reçoivent rien. » * * * « En quoi se différencie la Justice du Christ de celle de l’Ancien Testament ? La réponse à cette question est donnée dans le texte des Évangiles où il est dit que les travailleurs qui sont venus à la onzième heure ont reçu le même salaire que celui payé à ceux qui étaient venus le matin. » * * * « Si la plume du poète divise et rend les gens cruels, tandis que la bêche de l’agriculteur les rapproche fraternellement, la bêche est préférable à la plume. » * * * « Si l’école, dans laquelle vous faites vos études vous éloigne de Dieu, cette école n’appartient pas à la lumière, mais aux ténèbres. » * * * « Combattons sans tuer! » * * *
  12. PENSÉES DU MAITRE AU SUJET DE L’AMOUR L’Amour est un des principes constitutifs de Celui qui n’a pas de commencement, du Sublime Créateur. C’est l’Amour qui nous a tirés du néant, c’est lui qui nous fera retourner dans les bras ouverts du ciel, le coeur plein d’Amour de Dieu. Dans de nombreuses Écoles occultes de l’Antiquité, la voie de l’Initiation a été la voie de la Sagesse ; mais l’Initiation par l’Amour, ou comme on l’appelle l’Initiation par le Christ est la plus grande. C’est pourquoi l’École du Maitre de la Fraternité en Bulgarie est une École qui peut se donner le nom d’École de l’Amour. Une grande tâche a été dévolue à chacun de ceux qui sont nés sur la terre, afin que leur naissance, leur vie et leur mort ne soient pas en vain. Cette tâche est de comprendre l’Amour qui a donné naissance et actionné le monde entier. Si nous pouvons parvenir à cela, alors nous sommes déjà en train de suivre la voie qui mène à notre très bienveillant, patient et merveilleux Père qui nous attend avec cet Amour pour lequel le Christ disait: « Le Père et moi sommes Un. » II n’existe pas d’autre thème, qui ait tant occupé l’esprit de tous les créateurs dans la littérature, la philosophie et les Arts, que celui de l’Amour. Cependant, l’Amour dont on parle dans cet ouvrage n’est pas cet amour que les hommes ont réduit aux formes banales de la vie quotidienne. La lumière, dans laquelle il nous est présenté ici, éclaire la vie d’une manière nouvelle. Il a des limites incommensurables, il embrasse l’univers tout entier, passe par tous les mondes, triomphe dans l’âme humaine et se manifeste en tant que volonté primordiale de la Création.
  13. UNE LETTRE DU MAITRE J’ai eu l’occasion d’entendre un jour le désir exprimé par un de nos amis, que soit composé un texte qui contienne sous une forme brève, concise et claire, la signification, le contenu et la forme de l’Enseignement que le Maitre a apporté. Un jour, en examinant des copies de lettres authentiques du Maitre adressées à certains de ses amis, j’ai trouvé une lettre du Maitre qui répond exactement à ce désir : une définition concise, une synthèse de l’essence de l’Enseignement du Maitre, ainsi qu’il le détermine lui-même dans la lettre suivante présentée intégralement : « À tous les amis, « Les sources doivent jaillir ; les rivières doivent couler ; que l’homme doit réfléchir, raisonner et accomplir la volonté de son Père dans le Ciel. Que sa volonté soit une loi pour lui. Et la volonté de Dieu, la Parole de Dieu, un but pour lui-même. Beaucoup de feuilles tomberont, beaucoup de coques s’écailleront jusqu’à ce que l’âme parvienne à sa perfection. « Que Dieu vous dirige et vous mène avec Son Esprit, qu’Il vous montre à l’intérieur de vous-même ce qui est bon et juste devant Lui-même. Je vous ai transmis un Enseignement du Christ, un Enseignement de vie, et non pas de la lettre. Un Enseignement non pas de sectarisme, mais un Enseignement de sagesse et d’amour qui peut rénover la vie en son intégralité. « Dieu, dont je vous parle, vit dans la nature tout entière, agit dans tous les êtres. II parle à l’intérieur de chaque coeur. Je garde son Enseignement, je fais sa volonté, j’écoute Son Esprit et ma joie est dans Sa parole Vivante. « Quelle grâce ce serait pour les hommes, s’ils comprenaient le langage de Dieu et croyaient qu’ils sont frères et non pas des ennemis ! S’ils partageaient leurs peines et leurs joies ! L’heure est proche: la Voix du Ciel va résonner. Que la Paix soit avec vous et patientez. II règlera bien. II va ressusciter, va revivre et, dans la vie, il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. « Que la bénédiction du Père du Christ, là-haut, repose sur tous ceux qui font appel à Son Nom, en chaque lieu et en tout temps. » Varna, le 26 aout 1917 ». P.C. Deunov
  14. À PROPOS DE LA NATURE VIVANTE « Une des plus riches sources de connaissances que possède l’homme est la nature. II est nécessaire cependant de voir la Raison incorporée dans cette nature. C’est cela qui a le plus de prix ; car il ne s’agit pas de la nature que nous pouvons examiner extérieurement, comme des touristes, mais de la raison et des lois qui la régissent et qui éduquent l’homme en lui rappelant que le monde, dans lequel nous vivons, est dirigé par la sagesse et la toute-puissance d’un Esprit Créateur Universel. La vérité que chacun cherche, suivant des voies différentes, ne se donne pas toute prête, comme un cliché, ou bien comme une bouchée que la mère met dans la bouche de son enfant qui a faim, mais elle se recherche et se découvre de notre propre chef. La vérité n’est pas en face de nous comme une déduction toute prête. Elle est cachée dans les processus d’où l’on doit l’arracher. C’est pourquoi il a été donné à l’homme des yeux, des oreilles et tous les autres sens ; c’est pourquoi lui ont été données la raison et l’intuition, afin qu’il parvienne tout seul à cette vérité. On sait de par l’expérience que, plus l’homme a pénétré profondément et consciemment la nature, plus il est près de la vérité. « Mais la nature est infinie, dira quelqu’un. Comment l’embrasser ? — Oui, elle est infinie ; mais pour vous, à un moment donné, ce qui est important c’est cette petite parcelle d’elle même avec laquelle vous entrez en contact. C’est dans cette parcelle de la nature que se trouve caché ce qui est nécessaire à votre développement. Par exemple, sur la terre il y a beaucoup d’eau ; mais, pour vous, ce qui a de l’importance c’est cette eau que vous avez dans les mains et avec laquelle vous voulez apaiser votre soif. Et l’air que vous inspirez et expirez est plus important pour vous que tout cet océan d’air au-dessus de vous. « Par exemple, une observation judicieuse montrera que celui qui a une vie spirituelle et émotionnelle harmonieuse a une respiration régulière. La science Divine a établi que les désirs et les sentiments de l’homme sont des courants qui viennent de l’extérieur : de la périphérie vers le centre de la vie. Par contre, les courants de la pensée sont contraires : ils se dirigent du centre vers la périphérie. Cela signifie que les désirs se reçoivent, tandis que les pensées s’expédient. En d’autres termes, les sentiments et les désirs sont l’aspiration, tandis que les pensées sont l’expiration. « La respiration est la base de tout et représente un processus très important. La respiration doit être consciente, sinon constamment du moins à certains moments de la journée. L’oxygène de l’air purifie le sang, et en même temps il purifie nos désirs. C’est une vérité, quoiqu’elle ne soit pas encore reconnue par la science officielle. D’autre part, avec l’expiration de l’air, nous purifions nos pensées. Si vous réussissez à faire de la respiration un processus conscient, vous avez trouvé une grande solution à vos problèmes. « Pourquoi est-il utile et indispensable d’étudier la nature ? C’est justement dans la nature que nous découvrons les lois de la vie et la sagesse du Créateur. Nous pouvons à notre gré nous confier à elle, car nous sommes une part de son unicité. Nous avons pris pour exemple la respiration. Ce processus est en lui-même un processus physicochimique ; le physique est que les poumons agissent comme une pompe. Mais quand l’air pénètre dans les poumons, c’est le métabolisme des substances chimiques qui commence : la réception de l’oxygène et le rejet de l’acide carbonique entre autres échanges. C’est en cela que s’achève la pénétration physique dans le processus de la respiration, mais la suite de ce processus, au cours duquel s’effectue la libération de nos sentiments et de nos pensées, n’a pas été étudié et, quoique ce soit un fait dans la vie, il n’a pas été accepté comme une connaissance scientifique établie. « Pour la simple philosophie matérialiste, tout s’arrête là, au processus physicochimique. Mais pour les yeux qui peuvent pénétrer plus profondément et pour une conscience supérieure, possédant une plus grande perspicacité, les processus physiques et les réactions chimiques qui sont des phénomènes accomplis dans la matière, aussi bien que les processus de la pensée et de la vie spirituelle et émotionnelle, forment un tout. Nous l’appelons unicité dans la vie Divine intégrale, tandis que d’autres savants aux idées plus avancées, émancipés du fanatisme matérialiste, l’appellent monisme psychophysique. « Le monde actuel montre une ouverture insuffisante; c’est pourquoi dans le cadre limité des connaissances contemporaines, les phénomènes observés dans la nature s’interprètent unilatéralement et d’une manière erronée. Cependant, il arrivera un jour où ces phénomènes se réuniront pour former un tout. Les chercheurs seront obligés de reconnaitre beaucoup de faits que de nos jours ils réfutent, soit par manque de perspicacité, soit par opinion préconçue. Ces mêmes faits prendront alors un aspect entièrement différent. En ces temps-là, la science et les vérités de la vie seront une seule et même chose. Tout comme de nos jours, l’homme ne peut être connu par les travaux respectifs appliqués isolement de l’anatomiste, du physiologiste, de l’histologiste, ni même du psychologue, mais de tous ensemble, ainsi on ne peut parvenir aux Vérités de la nature vivante en suivant les sentiers séparés des diverses disciplines scientifiques, mais en réunissant en un tout les résultats obtenus par toutes ces sciences. C’est ainsi que l’homme de l’avenir se dirigera vers la connaissance du monde. « Si un homme ayant des possibilités limitées qui ne lui permettent pas de pénétrer jusqu’au fond des grands problèmes de la vie, un homme privé du sens qu’il existe des dimensions inaccessibles pour lui, si un tel homme créait une philosophie, elle s’élèverait très peu au-dessus du niveau de la vie animale. Est-il rare qu’un tel “système philosophique” devienne un principe fondamental obligatoire pour tout le monde ? « La Nature vivante et raisonnable ne permet à personne de porter atteinte à ses lois. S’il est vrai que tout ce qui est contenu dans I’univers se trouve également dans l’homme, alors la force directrice qui veille à l’accomplissement des lois dans le “Grand Univers” veillera également à leur correct accomplissement dans le “Petit univers”. S’il arrive une violation quelconque à ces lois, la tâche de l’homme est de la réparer. Dans un tel cas, c’est la prière qui se présente comme une force de rétablissement. La prière est un appel de l’âme adressé au monde raisonnable afin qu’il envoie des ouvriers spécialisés réparer les défauts de notre “installation”. Si ces défauts ne sont pas réparés, les maladies font leur apparition. Quand il vous arrive d’être malade, ne demandez pas quelle en est la cause, mais vérifiez quel est l’état de vos pensées et de vos sentiments. Comment peut-on aller bien quand on garde en soi-même tant de pensées et de sentiments négatifs ? Ils sont comme la rouille qui ronge le fer. «“Que moi, je sois bien! Rien d’autre ne m’intéresse ! ” dit l’ignorant, celui qui ne connait pas les lois de l’unicité. Nous répondons : Pour que vous soyez bien, il faut que les autres aussi soient bien. Les gens ne savent pas qu’ils ressemblent à des voisins qui cultivent des jardins. Si l’eau coule dans le canal d’un des jardins, elle coulera également dans l’autre jardin. Si la vie d’autrui ne va pas bien, la vôtre non plus n’ira pas bien ; et l’homme aura encore moins de raisons de penser que sa vie ira bien si lui-même est la cause du malheur d’autrui. Si les gens pouvaient voir à quel point leurs destins sont reliés les uns aux autres, ils seraient extrêmement prudents dans leurs actions. » « Les pages de l’histoire de l’humanité sont pleines des luttes que les gens ont menées, depuis les temps les plus anciens, pour leur libération. Cependant, ils ne savent pas que la véritable libération ne vient que quand on connait la Vérité. C’est elle qui est l’unique chemin menant à la liberté. Chaque autre liberté, en dehors de la Vérité, est un nouvel esclavage. « Dans une ville où il y a une installation commune pour le chauffage ou l’éclairage, si un habitant insensé, par suite des mauvais sentiments qu’il éprouve à l’égard de son voisin, endommage la conduite d’arrivée d’eau chaude ou de courant électrique, alors dans sa demeure non plus il n’y aura ni chaleur, ni lumière. « Tout comme pour cet ignorant citadin cette relation n’est pas claire, de même la relation entre les différents individus et leur destin à chacun n’est pas claire pour ceux qui sont des ignorants de la vie spirituelle. « Prenez des leçons de la nature vivante. Assimilez ses lois sublimes et irrévocables et sachez qu’elles sont analogues aux lois qui régissent la vie spirituelle de l’homme. L’étude consiste en une incessante méditation, en une application de ce qui a été appris et aussi dans l’aide désintéressé donné à autrui. « En vérité savoir est seulement la connaissance mise en pratique. »
  15. OBSERVEZ ЕТ APPRENEZ « Comme on peut lire en suivant les lignes des formes de la nature, on peut lire dans les mouvements que font tous les organismes vivants et I’homme. C’est d’après ces formes et ces mouvements que l’on reconnait les pensées, les désirs et les aspirations du disciple, aussi bien que les instincts, la cruauté, la crainte, la ruse et tout le reste chez les animaux. Cette loi est valable pour le règne végétal, aussi bien que pour le règne minéral; mais peu de gens sont d’accord avec cela. « Rien n’est dû au hasard, affirment les sciences occultes. Quand un arbre, qui a été planté, pousse dans des conditions défavorables durant sa croissance, il effectue des mouvements les plus divers, indiscernables pour I’oeil. À l’aide de ces mouvements, il surmonte les obstacles qu’il rencontre durant sa croissance et, quand il a grandi, I’homme peut voir la “peine” avec laquelle cet arbre a surmonté les obstacles et s’est élevé au-dessus de la terre. « Sur l’homme, il y a des signes qui montrent si la vie qu’il a menée jusqu’à ce jour a été difficile et s’il a possédé la volonté de surmonter les difficultés qui se sont présentées sur sa route. Les difficultés de nature extérieure et les difficultés de nature intérieure sont différentes. Sont également différents les forces et les signes de ces forces. Seul un oeil exercé peut les reconnaitre. Nombre de disciples, tout comme il en est parmi les gens ordinaires, n’aiment pas étudier. Ils aiment que tout leur soit servi tout prêt. C’est en vain. Nous apprenons à connaitre le monde à l’aide de l’observation et de l’expérience. Même si vous observez vos traits et l’expression de votre propre visage et, si vous connaissez en partie vos tendances et vos habitudes, vous possédez déjà suffisamment de conditions pour un exercice profitable. De cette manière, vous pourrez corriger certains mauvais traits chez vous. Peut-être penserez-vous qu’il n’y a rien à faire. Ne vous leurrez pas. S’il en était ainsi, il n’y avait pas de raison de vous envoyer dans l’école de cette terre. « Qu’acquiert le disciple par l’étude de ces choses et de la nature ? Avant tout, il se convainc que c’est par l’entremise de la pensée, avec laquelle nous nous heurtons a certaines difficultés, que nous pouvons en retirer quelque chose. Dans chaque labyrinthe de contradictions, il y a une issue par laquelle celui qui est patient peut sortir. « Si vous observez un homme, vous pourrez comprendre s’il est content ou s’il souffre. Vous acquerrez l’art de comprendre la qualité de sa souffrance et vous saurez comment lui venir en aide. Le moins que vous ferez, c’est de lui dire que sur la terre il est impossible qu’il n’y ait pas de souffrances. Tout comme la terre n’est pas une boule lisse, ainsi la vie sur elle est impossible sans obstacle. Quelle vie et quelle école serait notre monde sans les difficultés que nous devons surmonter ? « Les traits du visage d’un homme apparaissent également dans son écriture. L’écriture est l’image graphique de l’état et des tendances spirituelles, aussi bien que de tout le naturel de cet individu. L’écriture est un oscillographe inconscient des processus physiques et spirituels. Celui qui sait lire dans l’écriture verra tout ce qui concerne l’homme. C’est suivant cette voie qu’est apparue la science de l’écriture : la graphologie. « Il arrivera un temps dans l’évolution humaine où tous les documents de recommandation et les références sur les qualifications données des gens deviendront parfaitement inutiles. La sensibilité et la délicate perception intuitive des futurs humains leur permettront de pénétrer à fond les choses et cela leur sera suffisant pour connaitre entièrement celui qui se trouve devant eux. Jusqu’à un certain point, le germe de cette faculté existe en chacun, mais les temps que nous vivons ne sont pas favorables à ce que nous lui fassions confiance. » « De nos jours, pour beaucoup de gens, ce que nous affirmons parait un mythe ou une légende fantastique, cependant nous parlons de choses tout à fait réelles. L’homme porte en lui-même trois documents qui contiennent, d’une manière détaillée et complète, toutes ses caractéristiques. Ce sont: en premier lieu son visage, puis ses deux mains. Ce qui est inscrit dessus n’est pas un leurre. En ajoutant à cela les gestes, les mouvements du corps, la voix et l’expression du visage, qui est le signe de son ajustement spirituel, nous pouvons être surs que nous connaissons déjà cet homme. « Si, en se basant sur un ossement trouvé au cours de fouilles, le paléontologue expérimenté peut rétablir le squelette tout entier de l’animal, pourquoi ne pourrait-on pas rétablir l’image psychologique intégrale d’un homme en se basant sur une marque ou un signe donné sur son visage ? « Ce que nous avons dit jusqu'ici ne donne pas des recettes toutes prêtes. Ce n’est pas autorisé. L’essentiel est que le disciple travaille sur lui-même, observe, tire des conclusions et étudie avec assiduité la sublime écriture de la vie. »
  16. SUR LES FORCES Dans nombre de ses entretiens, le Maitre disait qu’il existe une analogie entre les lois du monde physique et celles du monde spirituel. La divergence est en ceci que la compréhension et l’application de ces lois, sur les divers plans, se fait différemment. C’est seulement dans la forme que consiste la différence, et non pas dans le sens intérieur qui est le même. De ses paroles, nous comprenons que la notion de la force, prise comme exemple, n’est pas complètement expliquée, même dans le mécanisme du monde physique. Ici, sur terre, la force est toujours liée à la matière, mais étant donné que la matière ne crée pas, mais manifeste seulement de la force, il en ressort que la force est quelque chose qui est hors de sa détermination définitive. Dans le monde physique, nous jugeons de la force d’après les effets de ses actions, et même cet effet sert à déterminer les unités de ses dimensions. D’un autre, dans le langage courant, on dit que certaines personnes ont un regard « fort ». Nous ne savons pas en quoi consiste la force du regard et il est vraisemblable que nous jugeons de nouveau de sa valeur en nous basant sur ses effets. Nous savons, de la pratique, qu’un regard peut provoquer l’élévation ou la baisse du moral chez l’homme, et c’est pourquoi dans les sciences spirituelles il est dit que le regard ne doit pas apporter un contenu négatif. La même chose est valable pour les pensées et les sentiments. Dans les mêmes sciences, il est dit que personne n’est libéré de la responsabilité quant au contenu qu’il donne à ses pensées et à ses sentiments. Dans l’ordre de la société, il y a des organismes qui vous demandent des comptes lorsque vous avez endommagé les biens de quelqu’un, ou bien si vous avez causé des souffrances à un citoyen ; de même, dans les mondes supérieurs, il y a des appareils spéciaux qui notent la qualité des pensées humaines, les bonnes intentions des sentiments et jusqu’à quel point, par leur entremise, nous, les hommes, nous portons atteinte ou bien nous aidons à l’évolution de ceux vers lesquels nous les dirigeons. Le Maitre affirmait qu’il existe des lois spirituelles qui coïncident avec les lois du monde physique. Par exemple, parmi les éléments psychiques identiques, il se crée une force de répulsion, qui est la même force que dans les phénomènes électriques et magnétiques. Il arrive souvent que deux savants ne puissent pas se supporter. II est rare que deux chanteurs s’aiment. Le Bulgare a très bien exprimé cette loi de façon un peu rustique dans le dicton suivant : « Deux coqs ne chantent pas sur le même tas de fumier. » Le Maitre dit: « Le bien et le mal sont des forces positives et négatives. II est même parfois difficile de les différencier, car la sagesse de ceux qui dirigent l’évolution leur donnent les formes les plus diverses. Les choses perçues superficiellement n’expriment pas encore la vérité. Les gens savent que le bien et le mal existent. Mais ils n’ont pas perçu un détail et c’est, notamment, qu’il y a un bien positif et un autre négatif, tout comme il y a un mal positif et un mal négatif. « Par exemple : il y a des cas où, quand vous faites un bien à quelqu’un, vous l’élevez ; mais il y a des cas où, quand vous faites du bien à un homme, vous le faites redescendre. C’est une loi: ne faites pas un bien à un criminel, ne lui facilitez pas ses intentions de commettre un méfait. C’est un bien négatif, un bien apparent. Car le véritable bien n’apporte jamais des résultats négatifs. De même, il y a un mal qui est apparent, car ses résultats sont positifs. Par exemple : un homme vous arrête sur la route et avec insistance vous interdit de traverser le pont près duquel vous êtes arrivé. Il a même recours à la force parce que vous insistez pour traverser ce pont. Cet homme, apparemment violent, sait que ce pont a été miné et que dans quelques secondes, il va sauter. « Le mal qu’il vous cause par son interdiction est un bien masqué qui au moment donné, peut être accompli seulement de cette façon. Souvenez-vous de ce qui suit, disait le Maitre : L’agneau masqué d’une peau de loup n’est pas méchant. Ce qui est mauvais, c’est quand le loup se couvre d’une peau d’agneau. « Seul le bien positif est un bien indubitable et seul le mal négatif est un mal indubitable. Selon une interprétation, le véritable bien, que nous appelons bien positif, est commis par un coeur aimant, cependant que le mal indubitable est également projeté par un coeur, mais dont l’amour est absent. « Les forces dans la nature doivent s’équilibrer. Si l’on ne parvient pas à un tel équilibre, on obtient des explosions. Cela est également vrai pour chaque individu séparément, tout comme pour la vie sociale. Le mal, contre lequel nous nous insurgeons, dans la société on le laisse exister, étant donné qu’il éduque l’homme pour qu’il puisse grandir, tout comme, en fin de compte, le bien finit toujours par vaincre. Le disciple doit être raisonnable, et celui qui est raisonnable se reconnait à ce qu’il utilise également le bien comme le mal toujours pour le bien et pour l’évolution de la monade humaine. Le bien et le mal sont le résultat de forces inconnues qui tracent les voies et le destin des âmes en évolution. « La pauvreté est un mal, mais c’est une richesse cachée pour celui qui sait comment l’utiliser. Nombre de gens penseront que c’est dit pour apaiser le pauvre. Mais penser de telle façon est de l’ignorance. Quel pauvre, en luttant contre son destin, est devenu riche ? Et quel riche qui a accumulé ses richesses par la violence est devenu heureux ? Extérieurement, la pauvreté est une situation négative, défavorable et difficile à supporter, mais intérieurement, elle est positive. Elle cèle beaucoup de richesses. Extérieurement, la richesse est positive, favorable, mais souvent elle cache de grands dangers intérieurs. Le véritable riche est celui qui ne compte pas sur ses richesses, et le véritable pauvre est celui qui s’est appauvri dans son âme. « Seul celui qui sait se servir raisonnablement des forces de la nature possède des connaissances utiles. La technique contemporaine a mis au service de l’homme beaucoup de ces forces, et malgré tout l’homme n’en est pas encore le maitre. II le deviendrait si, parallèlement à l’utilisation du levier et de la mécanique, il avait également élaboré le levier de sa vie spirituelle. La colonne vertébrale morale de chaque homme est ce levier à l’aide duquel il soulève et supporte les charges, le poids de la vie. « Une préparation est indispensable pour la compréhension de toutes ces choses. On ne peut pas parler dans un même langage à tous les gens. À celui qui n’a fait que des études primaires, vous parlerez d’une certaine manière quand il s’agit de la compréhension d’un problème scientifique. Avec un bachelier, vous utiliserez un autre langage, et avec un académicien, un troisième langage. Nous devons avoir le même respect envers chacun d’eux, comme envers un être qui suit la voie de l’évolution, mais dont le langage à l’aide duquel nous nous comprendrons est différent. Les vérités de la vie spirituelle peuvent être comprises seulement par ceux qui sont parvenus à elles, suivant les voies les plus diverses, mais propres à eux, spécifiques. Ils ont élaboré une certaine sensibilité envers ces vérités qui résonnent avec d’autres mots pour eux. Les Turcs ont le dicton suivant : “Celui qui peut entendre percevra même le moustique ; mais celui qui ne sait pas écouter, même si on lui fourrait dans l’oreille une flute et un tambour, il ne t’entendra pas, ni ne te comprendra.” « La nature ne donne rien gratuitement. Elle donne ses forces pour qu’elles soient utilisées dans un travail déterminé. Ces forces doivent être récompensées systématiquement et sagement pour l’évolution de l’homme et non pas pour produire des explosions avec elles. Quiconque a mésusé des forces de la nature verra son compte devenir débiteur et, tôt ou tard, il paiera pour cela. « Ne vous occupez pas des grandes affaires, des affaires mondiales. Il y a quelqu’un pour les suivre et les achever. Vous, faites ce travail qui vous a été confié. Exécutez bien également ces travaux que vous appelez terrestres et qui ne vous sont pas toujours agréables ; mais leur accomplissement trempe votre volonté. Si vous parvenez, à côté d’eux, à gagner un ami pour l’oeuvre de Dieu, ces travaux sont utiles. Que vous écriviez avec votre plume ou que vous piochiez dans votre vignoble ou votre champ, gardez toujours dans votre conscience la pensée que vous exécutez Son oeuvre. Ce qui est important, ce n’est pas tellement l’aspect extérieur du travail, mais le contenu que vous y déposez et la pensée avec laquelle vous l’exécutez. Ne vous excusez pas par les conditions du travail. En quelque temps que vous vous trouviez, réalisez vos idées dans de petits ouvrages que nul ne puisse vous interdire. Il n’y a pas d’obstacle dans le monde qui puisse vous ôter la possibilité de faire à quelqu’un un petit bien, même un bien microscopique. « D’habitude, les gens qui ne veulent pas se donner du mal et travailler sciemment pour leur évolution disent: “Dieu réfléchira à tout cela. Il n’y a pas de quoi se faire du souci ! ” Il est vrai que Dieu médite tout, mais savez-vous comment II pense à l’Homme ? Lui, qui nous a donné toutes les possibilités, nous envoie un messager qui nous dit: “Lève-toi et commence à travailler !” «C’est ainsi, car celui qui a décidé de devenir un disciple consciencieux de la lumière doit résoudre lui-même ses problèmes. »
  17. QUE CELA RÉSONNE BIEN Pour expliquer certaines lois de la vie spirituelle, le Maitre utilisait des analogies extraordinairement réussies, originales et pleines de sagesse. II pouvait tirer de la vie les exemples les plus efficaces pour illustrer même ce qui était abstrait et ce pourquoi il était difficile de trouver la forme correspondante. II disait que les choses incomprises cachaient en elles-mêmes, comme sous une enveloppe de protection, des vérités profondes. Cependant, pour que tout devienne clair, il faut la patience et la volonté de les découvrir. « Quand les choses incomprises sont expliquées par la raison et la sagesse, elles deviennent clairement évidentes. » « Quand quelqu’un se trouve devant des couches terrestres érodées par l’action persévérante des eaux, au début il ne comprend rien. Plus tard, lorsqu’il est devenu géologue il prend en considération tout ce que ses études lui ont appris, et les processus qui ont eu lieu durant les lointaines périodes géologiques lui deviennent clairs. « C’est ainsi que, toujours à l’aide de ce qui est connu, on découvre ce qui est inconnu, en reconnaissant une relation entre les deux. Il en est de même pour les mathématiques, ainsi que pour toutes les autres sciences. Une phrase reste complètement incompréhensible et n’a aucun sens tant qu’on ne lui ajoute pas de verbe. Ce verbe donne un sens à tous les autres mots, car il les place dans une certaine relation. Quand vous entendez un mot d’une langue inconnue, vous demeurez en pleine ignorance ; mais quand vous apprenez sa signification alors ce mot prend un sens déterminé. « Il en est de même en ce qui concerne le sens de la vie. Demander quel est le sens de la vie, c’est la même chose que de demander quel est le sens de la musique. Pour un musicien, cette question ne se pose pas, car il vit perpétuellement dans sa puissance régénératrice. Une telle question peut être posée par un ignorant qui n’a jamais ressenti la puissance d’enchantement de la musique. Ainsi demandent quel est le sens de la vie ceux qui sont des indigents spirituels et qui n’ont jamais ressenti dans leur âme la grandeur du processus de la vie qui s’effectue à côté d’eux. Ils ne considèrent les phénomènes que de l’extérieur et ne se demandent jamais quelle est leur force motrice, ni leur régularité. » « Quand nous regardons des cordes de violon mises sous pochette et placées dans une vitrine, nous ne connaissons pas leur valeur. Mais si ces cordes sont tendues sur le violon d’un violoniste génial et si sur elles on exécute l’oeuvre d’un génial compositeur, c’est alors que nous comprendrons leur prix. Telle est notre attitude envers la vie divine non manifestée, celée dans tout ce qui a été créé. C’est ainsi que nous considérons le grain de blé qui nourrit l’humanité depuis des milliers et des milliers d’années. Et c’est ainsi que nous considérons l’homme avant d’avoir vu éveillées en lui les forces créatrices. » Certaines gens sont d’accord pour trouver un sens à la vie globalement, mais ils ne peuvent pas comprendre le sens de l’existence isolée, individuelle. Qu’est l’homme au sein de la multitude ? Ne se perd-il pas comme un grain de poussière dans l’immense masse intégrale du flot de la vie ? C’est de là que provient le mépris de l’individu pris séparément; et cela, c’est une erreur. S’il en est ainsi, alors notre terre, en tant que lieu et école destinés à l’évolution, est aussi une poussière insignifiante et infime dans l’édifice majestueux de la galaxie. Elle est si petite que, ne serait-ce que dans les seules évaluations du système solaire, ses dimensions sont négligeables, sans cependant que soit négligée et sous-estimée sa place parmi les planètes. Le Maitre enseignait que la tâche dévolue à chaque humain appelé sur l’arène de la terre est de représenter une des cordes de la harpe divine. « Du moment que vous êtes une des cordes de ce “Grandiose Instrument”, ne dites pas que la vie n’a pas de sens. Quel que soit le ton que vous émettiez, sachez qu’il doit résonner d’une manière pure et claire. Remerciez pour tout ce qui vous arrive. Remerciez pour les souffrances, les difficultés, les offenses et les petites joies que vous ont apportées en cadeau les heures et les minutes de votre vie. Cela démontre que vous n’êtes pas dans un sachet sur une étagère ou dans la vitrine du magasin de musique, mais que vous êtes tendu sur la Harpe du Sublime Maitre. Sa main, sans faute, vous effleurera. » « Votre libre arbitre, dont parlent si souvent les philosophes, c’est de bien résonner. Si vous avez été créé de telle manière que vous devez résonner dans le ton “mi”, ne vous efforcez pas de résonner comme un autre ton. Immanquablement vous vous contenterez de résonner dans votre ton, mais efforcez-vous de résonner d’une manière bonne et pure. C’est la seule chose qui dépende de vous. Et en même temps, c’est ce qu’il y a de meilleur pour votre évolution. « Il y a une autre chose que vous devez savoir. Sur la harpe du “Sublime Maitre”, il y a encore beaucoup de cordes. Avec vous, parfois l’un après l’autre, ou bien tous ensemble, tel un accord, résonneront également d’autres tons ; tout comme si vous conversiez avec eux, pour former la mélodie créée par le Sublime Compositeur. La résonance séparée des tons est très importante étant donné que chacun d’eux entre dans la mélodie. Par conséquent, tout doit être pur, beau, exquis. II peut sembler à quelqu’un que son rôle est insignifiant ; il peut dire que ce n’est pas important de quelle manière il résonne, étant donné qu’il n’est qu’un simple “mi”, mais c’est alors qu’il commet la plus grande faute. Il oublie qu’il est une infime partie de tout l’ensemble et qu’il est responsable de son expression intégrale. À un autre, il peut lui passer par la tête l’idée qu’il n’est pas libre, mais entièrement dépendant et privé de toute initiative personnelle ; mais c’est une très grande erreur. Une telle personne doit savoir que c’est justement sa résonance qui est sa mission dans la vie : cette résonance, ce sont ses pensées, ses sentiments, ses actions dont il est le maitre. En tant qu’être particulier, l’homme n’est pas sans initiative ; mais dans la vie du Tout, il n’a pas d’autre tâche plus grande et plus importante. « Dans la vie, il nous arrive souvent des souffrances. Mais celui qui en est la victime doit savoir qu’il ne résonne pas bien. Il doit s’imaginer que le harpiste a pris la clef et a commencé à resserrer la corde, jusqu’à ce qu’il arrive à obtenir un “mi” pur. La fine oreille du virtuose perçoit tout avec la plus grande précision. Ce musicien ne peut pas permettre à la corde de résonner comme elle veut, car elle s’est détendue par suite de la chaleur, ou bien elle s’est rétrécie par suite du froid. La corde doit résonner avec un taux de vibrations déterminé et rien de plus. « Chaque musicien doit apprendre le sublime art de parler aux êtres humains avec sa musique. Chaque artiste-peintre doit travailler avec persévérance jusqu’à ce que les lignes et les couleurs commencent à obéir à sa conception. Le poète, de son côté, doit ordonner les mots du langage humain de telle façon qu’ils expriment le mieux l’inspiration de son coeur. « Cela signifie que vous êtes croyant. Le croyant n’est pas quelqu’un qui exécute machinalement des rites qu’il ne comprend même pas. Le croyant doit converser avec Dieu, de la même manière qu’il parle avec des amis. Si c’est un musicien, le croyant doit parler avec Dieu de la même façon qu’il converse avec son violon. Le croyant résonne bien dans l’orchestre Divin. II comprend la volonté de son Père et le Père est content de lui. « C’est bien d’être un croyant, mais il ne faut pas que le mot de croyant reste seulement une notion dont nous ne connaissons le contenu que superficiellement. La foi est une force si puissante que rien ne peut lui résister. Avoir la foi ne signifie pas croire en quelque chose, étant donné que chacun croit en quelque chose, mais cela veut dire avoir une connaissance parfaitement inébranlable. Le croyant véritable n’est jamais indécis et il possède pleinement la preuve de ce en quoi il croit. Le croyant ressemble à un arbre avec des racines, un tronc, des branches et des feuilles. Cet arbre donne des fruits, lutte contre les orages, et les oiseaux y trouvent un asile. On peut compter sur le croyant. L’ami en lequel vous avez confiance peut tout faire pour vous sans hésitation. Avant même que vous ayez formulé votre peine devant lui, il sait ce dont vous avez besoin. « L’homme de foi est sans peur et puissant. Il n’est pas de ceux qui, après avoir fait deux pas en avant, reculent. Ses forces sont si puissantes que même la mort lui semble insignifiante. Combien d’entre ceux qui s’appellent croyants possèdent-ils ces forces ? Le croyant ressemble à un homme qui a vu de ses propres yeux ce qu’il affirme ; quoique cette “vision” s’est effectuée non pas à l’aide de ses yeux physiques, mais au moyen de ses yeux intérieurs. « D’une manière ou d’une autre, au moyen de contradictions ou de révélations, celui qui suit la voie sacrée de la vie doit sortir des ténèbres ; chacun doit voir son propre soleil se lever. Dans la lumière de ce soleil, vous devez trouver les dimensions réelles de tout dans votre vie. Chacun doit connaitre sa véritable taille, doit savoir combien il peut demander et combien il peut porter. Ne vous sous-estimez pas et ne vous surestimez pas. « Maintenant, vous apprenez l’alphabet d’une grande science. Vous ressemblez aux enfants qui ne savent pas à quoi vont leur servir ces lettres. Tout comme les différents tons d’une oeuvre musicale, séparés les uns des autres, ne savent rien de la beauté de la mélodie qu’ils forment, ainsi le disciple de cette science divine, sur la voie de laquelle vous vous êtes engagés, ne connait pas toutes les questions et tous les plans de l’éternité. Le disciple ne sait pas quelle est sa place dans ce Sublime Unique, mais c’est avec amour qu’il accomplit le travail qui a été dévolu. En d’autres termes, le disciple s’efforce de bien résonner. « Vous devez apprendre à demander, mais du moment que vous n’avez pas encore atteint cet art, dites : “Seigneur, que Ta Volonté soit faite ! Donne-moi ce qui est le plus nécessaire pour mon évolution et ce qui m’aidera à accomplir Ta Sainte Oeuvre”. « Faites également attention quand viendront les souffrances. Étudiez-les d’une manière approfondie et donnez-vous la peine de trouver la cause de leur apparition. Et si vous vous assurez que vous résonnez bien, sachez que le violoniste précis tend la corde afin que vous arriviez aux vibrations de votre propre ton. « La vie de chacun de vous est une tâche. C’est une équation avec beaucoup d’inconnues. Au moyen de la relation entre le connu et l’inconnu, vous découvrirez l’inconnu. Telle est la relation entre la joie et les souffrances, telle est la relation entre les actes et leurs conséquences. Chacune des souffrances dans la vie est une des inconnues de l’équation. Cette souffrance peut se dévoiler de la même manière que les mathématiques donnent une solution aux problèmes. Il en est de même du géologue dont nous avons parlé ; au moyen des relations qui lui sont données par sa science, il commence à comprendre les processus et à se faire une image véridique de ce qui s’est passé avec les couches terrestres, il y a des milliers d’années. « Chaque chose incomprise devient compréhensible après un certain temps, au moyen des relations entre les valeurs connues et inconnues. « L’homme vit et se développe. Il compte le début de sa vie à partir de sa date de naissance, mais personne ne sait quel est le véritable début. Il se perd dans l’éternité. La monade humaine se dirige vers le perfectionnement. Elle monte, mais le sommet n’est jamais atteint. C’est ce qu’il y a de plus beau dans la vie. C’est en cela que sa beauté et sa grandeur résident. « Dans cette situation, il ne reste rien d’autre à faire que de résonner bien. »
  18. V Extraits des paroles du Maitre Tout се que nous avons dit jusqu’à présent au sujet de sa famille, de l’étrange voie de son père, le prêtre Constantin Deunovski, tout comme de sa jeunesse, de ses études et de la voie que le Maitre Beinsa Douno a suivie jusqu’au jour où il ouvrit l’École, puis quitta ce monde, n’est pas suffisant pour faire comprendre son Enseignement. C’est pourquoi, dans les pages suivantes, nous allons donner un résumé de son oeuvre immense, génératrice de vie, sous forme d’extraits substantiels. Nous, qui avons composé cet ouvrage, nous vivons dans l’espoir que ceux de ses futurs lecteurs qui le prendront entre leurs mains, après qu’en leur âme se soit éveillée la soif sacrée, comprendront que le Maitre de la Fraternité de Lumière sait parler des questions les plus importantes avec cette grande clarté et cette simplicité qui est la caractéristique des créateurs géniaux. CAUSERIE SUR LA RACINE, LE TRONC ET LA GREFFE Nous pensons que notre principale tâche dans la vie est de trouver notre véritable voie. Comment doit-on comprendre « véritable voie » ? C’est la voie qui amène l’individu à comprendre le sens de son existence et le chemin qui lui permettra d’être le plus utile à son prochain et à sa propre évolution. Voici une conversation entre le Maitre et un groupe de disciples qui, insensiblement, se transforma en conférence sur un sujet déterminé. II n’était pas rare que cela arrive, soit sur la prairie à l’Izgrev les jours ensoleillés, après les exercices de paneurythmie, soit sur le podium, auprès du piano, dans la grande salle de l’lzgrev, ou bien alors au cours des haltes à l’aller ou au retour d’une excursion en montagne. II y avait des minutes où le Maitre était tout spécialement généreux. Alors nous écoutions les paroles les plus précieuses au sujet de la vie, tout comme si, par une puissance magique, il cueillait directement des cieux de grandes vérités. Les conversations sont présentées ici librement, mais les paroles du Maitre sont conservées dans leur exactitude absolue. Ces conversations commençaient soit à la suite d’une question posée, soit que le Maitre, tout à coup, commençait à transmettre en paroles le sujet de ses méditations, et nous nous trouvions alors, d’une manière inattendue, devant un problème encore non découvert. « Pourquoi le monde, actuellement, est-il en plein essor de réussite matérielle ? demanda un des frères. Du moment qu’il en est ainsi, du moment que ce sont les intérêts personnels qui dirigent l’individu, n’est-il pas clair que nous vivons dans une époque où l’essor spirituel est entravé ? » Le Maitre dirigea son regard droit devant lui, vers l’Est de la prairie, là où à travers le feuillage des arbres scintillaient comme de brillantes étoiles les rayons du soleil, déjà assez haut au-dessus de l’horizon, et il commença calmement à parler : « II en serait ainsi, si dans l’âme humaine ne vivait pas une impulsion, souvent inconsciente, qui sauvegarde les âmes de nombre de personnes en les empêchant de s’enfoncer dans les abimes de la matière et l’ombre fallacieuse de l’illusion. « Malgré tous les efforts que font les gens pour se convaincre, eux-mêmes et les autres, que l’idée de la vie est cachée uniquement dans le succès matériel, ils ne peuvent même pas cacher, en partant de la propre observation d’eux-mêmes, que la chose principale qu’il y ait eu dans leur vie a été une impulsion intérieure, dont ils ont pris conscience plus tôt ou plus tard. Pour que quelqu’un commence à suivre un certain enseignement, une doctrine ou une philosophie, il faut que l’impulsion en soit venue d’au-dedans de lui. Que ceux qui sont des matérialistes convaincus se vérifient eux-mêmes afin de comprendre que ce n’est pas seulement la littérature qu’ils ont lue ni les influences extérieures qui sont la cause qu’ils aient commencé à suivre cette voie. Le moment décisif marquant leur départ dans cette direction ou une autre est venu de l’intérieur. S’il n’en était pas ainsi, ils auraient accepté chaque autre influence extérieure et professé toutes sortes d’autres idées. Si c’est vrai pour celui qui n’a aucune relation avec la réalité de l’Esprit, combien cela est-il encore plus vrai pour ceux qui reconnaissent l’existence d’une Cause première. Pour nous convaincre de la haute valeur et de l’importance de l’impulsion intérieure, posons-nous la question suivante : quand est-ce que les gens sur cette terre sont le plus malheureux ? Quand ils perdent leur richesse extérieure ou bien quand ils perdent leur assurance intérieure ? Quand la perte est extérieure et l’enthousiasme intérieur conservé, tout est plus facile à réparer. C’est plus dur lorsque disparait la foi en ce qui était devenu pour eux un idéal. Alors la vie perd tout son sens. « II y a des individus chez lesquels ce processus s’effectue très rapidement. Un insuccès, une difficulté dans la vie peuvent devenir la cause d’une déception et d’une catastrophe. Cette catégorie de gens ne connait pas la loi de l’échange entre des situations opposées qui sont indispensables à l’évolution. — Quels sont ces échanges ? — La vie sur la terre est telle que si deux personnes se présentent à un concours, l’une d’elles le gagne et éprouve de la joie, tandis que l’autre est dans l’affliction. Et c’est par la joie et par la peine que l’on acquiert quelque chose pour son évolution. Il y a des gens qui ont vécu superficiellement. Ils n’ont jamais connu la peine et sont devenus superficiels et sans consistance en quelque sorte. Quand on s’est sali, on se lave avec de l’eau... mais l’eau devient sale. Ensuite, suivant la voie de l’éternel cycle, l’eau se purifie, et l’on peut de nouveau se salir. Vous ne connaissez la cause ni de la beauté ni de la laideur. Il y a des cas où la laideur devient de la beauté, tandis que la beauté peut apporter le malheur. Le monde est plein d’apparences. Rien de ce qui se perd et que l’on peut vous ôter n’est votre propriété. Votre propriété est seulement ce que vous avez apporté en naissant, ce qui, après tous les changements et dans toutes les conditions, reste en vous. Si durant sa vie l’homme réussit à devenir savant, tout ce savoir est une greffe à sa vie. La greffe est une des qualités fondamentales de l’arbre. Dès qu’elle se casse, l’arbre révèle sa nature primitive. Un savant peut perdre son savoir à la suite d’un accident ou d’une maladie. II lui restera alors seulement ses qualités innées. II y a des cas où, à la suite de dépôts accumulés dans les vaisseaux sanguins, de grands savants, de réputation mondiale, ont perdu tout leur savoir — leur valeur greffée — et ont eu des comportements primitifs stupéfiants, grossiers et même repoussants. Beaucoup de choses de la vie — parmi les rites et les règles du savoir-vivre — sont de telles greffes. Ce ne sont pas des éléments permanents de l’égo humain. — Qu’est-ce qui est le plus important à développer dans notre vie ? demanda le disciple. Combien de savants et de gens célèbres dans la société s’occupent de leur égo ? N’est-il pas vrai que toute la vie de ceux qui se sont consacrés aux études se passe dans le perfectionnement de leur spécialité ? — Oui, c’est ainsi. Pour la plupart de ceux qui s’occupent d’études, leurs soins se tournent vers l’acquisition d’un nombre toujours plus grand de connaissances. Ce n’est pas louable ; mais ce qui a une très grande importance, c’est que l’homme, dans le processus de sa croissance, s’efforce de développer ses qualités fondamentales innées. C’est cela qui est en réalité le développement spirituel. L’attention accordée au perfectionnement de ce qui est primitivement inné ne doit pas être moindre que le zèle apporté au développement et au perfectionnement de la greffe. On ne doit pas se contenter de ce que l’on est devenu, mais s’efforcer d’atteindre de plus hauts degrés du progrès spirituel. Le boeuf ne doit pas se contenter de ses cornes ni le cheval de ses sabots. Par exemple, de quel oeil voit-il la satisfaction d’un porc ? C’est une satisfaction humiliante, répugnante même. C’est ainsi qu’apparait aux autres mondes supérieurs notre situation dans la matière dense. L’homme doit être sincère avec lui-même et identifier l’amour auquel il a gouté dans la vie à l’un des exemples cités. « Toutefois, personne ne doit faire des reproches aux autres pour la manière dont ils ont connu l’amour. Nous devons savoir que la vie sur la terre est sérieuse et difficile. La terre est une rude école et les humains y sont perpétuellement en train de passer des examens. Nous ne devons pas avoir trop d’assurance en nous-mêmes, mais mettre notre confiance en Dieu. On connait des cas où les pensées et les convictions de gens ayant consacré leur vie à Dieu et ayant atteint les plus hautes cimes de leur développement, ont subi des perturbations et ont fléchi. De grands savants ont quitté le monde de leur science, attirés par les appâts d’une beauté terrestre. II y a eu des cas où même des saints ont abrégé le temps de leur vocation pour succomber à l’attirance envers une beauté terrestre qui s’était profilée devant leurs yeux. Sur notre planète, il y a des anges qui se promènent et vont ici et là comme des Messieurs distingués, ayant oublié depuis longtemps la mission pour laquelle ils étaient venus sur terre. C’est pourquoi, ne vous pressez pas de porter des jugements sur des processus qui ne sont pas encore achevés. Vous n’êtes pas encore en état de connaitre les causes de ce qui arrive, ni même comment les choses vont se développer à l’avenir. « Nous commettons souvent des erreurs quand nous cherchons à porter un jugement exact sur qui est bon et sur qui est mauvais. Nous ne savons même pas lequel de nos actes est bon. Parfois vous faites quelque chose que vous considérez comme mauvais et vous vous étonnez après cela de voir venir une seconde chose mauvaise. II se peut que vous fassiez du bien et qu’il s’ensuive du mal. II faut très bien distinguer ce qui est bien. Parfois vous donnez de l’argent à un pauvre homme et, lui, il s’enivre et commet un crime. Les actes de gens sont si peu clairs que parfois vous dites à celui qui est bon qu’il est méchant et vice-versa. Voici, je vais vous donner une règle. Souvenez-vous-en : Faites du bien à celui en lequel Dieu vit, et non pas à celui qui est mort. On s’en remet à vous, en tant que disciples, pour comprendre qui est vivant et qui est mort. Je parle à vous tous. Vous en comprendrez peut-être la profondeur, agissez selon ce que vous avez compris. Selon les résultats que vous obtiendrez, vous comprendrez si vous avez suivi le droit chemin. « Dans le temps, Lucifer avait décidé de lutter contre Dieu, mais, jusqu’à présent, il ne peut retourner au ciel. « Chaque chose commise contre Dieu est privée de bienfaisance et de vérité. Une telle chose se termine par une catastrophe. Cette dernière ne vient pas de ce que Dieu soit cruel, mais parce que le chemin des ténèbres mène inévitablement à la catastrophe. » À cet endroit, le disciple profita du court silence qui suivit, pour poser de nouveau une question : « Maitre, nous nous trouvons parfois en difficulté pour répondre à certaines objections que l’on nous fait, comme par exemple la suivante : “Qu’est-ce que les peuples chrétiens ont fait durant ces vingt siècles ? Ils suivaient l’Enseignement du Christ, n’est-ce pas ?” » Le Maitre se tourna vers celui qui lui avait posé la question et, avec un ton appuyé et un peu sévère, répondit: « Les peuples qui ont vécu dans la haine et les guerres n’ont pas suivi le chemin du Christ. En cela, nous devons être absolus et ne pas nous leurrer. Ces peuples peuvent s’appeler chrétiens, mais ils ont servi un autre Dieu qui leur a appris à commettre des crimes et cela ne vient pas de ce Dieu que le Christ appelait Mon Père. L’enseignement du Christ est encore en germe dans la conscience des humains. II n’est pas encore mis en pratique. « Le Dieu dont le Christ nous parle est Amour. II n’a jamais changé d’attitude envers l’homme. II vient toujours en aide à ceux qui l’ont appelé de toute leur âme, de tout leur coeur et de toute leur pensée. II lui enverra un consolateur. Sous ce terme de “consolateur”, nous entendons l’homme rayonnant. Quand un tel homme vous rend visite, tout devient clair et compréhensible. Les contradictions disparaissent et vous commencez à vivre en harmonie avec l’univers. Si vous entendez quelqu’un dire que sa conscience est dans les ténèbres, vous saurez que l’homme rayonnant l’ аquitté. Quand l’homme qui porte la lumière est absent, les ténèbres sont terribles. Si vous êtes dans la proximité d’un de ces serviteurs de Dieu, alors dans votre conscience ne pénètrera jamais une pensée négative, vos sentiments seront toujours d’un ordre très supérieur et toute peur disparaitra de votre âme. « Vous devez apprendre autre chose aussi. Dans les Écritures saintes, le mot de Grâce est souvent cité. Vous devez comprendre correctement cette notion. La Grâce n’est pas pour les fainéants qui attendent que tout leur tombe tout prêt du ciel dans les mains. Même si le ciel vous a destiné à recevoir quelque chose, vous devez faire des efforts pour le conquérir selon que vous le méritez. Au fainéant, nul ne lui mettra dans les mains ce dont il a besoin. Si quelque part on refuse de vous donner ce que vous avez demandé, alors essayez de nouveau en quatre-vingt-neuf endroits, jusqu’à ce que vous le receviez. — Ce qui signifie, remarque un des disciples, que, malgré tout, tout dépend de nous. La Grâce n’est pas un cadeau que peut recevoir celui qui le mérite aussi bien que celui qui ne le mérite pas. — C’est ainsi, confirma le Maitre. La Grâce et la Vérité sont dans l’homme même. Si nous réussissons à sortir du chemin des illusions et des appâts fallacieux de ce monde — appâts qui nous privent de la possibilité de tout voir avec clarté — nous réveillerons les forces qui sommeillent en nous-mêmes et ces forces-là sont notre don le plus grand. En l’homme attend une force très grande et insoupçonnée qui reste encore non utilisée. Si cette force puissante se réveille, alors l’incompréhensible devient compréhensible, et ce qui nous paraissait irréalisable devient réalisable. Voilà comment la Grâce est à l‘intérieur même de l’homme. » Le disciple qui avait entamé cette conversation demanda : « Pourquoi certaines personnes qui ne vivent pas suivant les exigences des Lois Divines et sont connues comme étant après au gain, cupides et même sordides dans leurs affaires, continuent-elles malgré tout à bien vivre et, du moins en apparence, sont satisfaites sous tous les rapports ? » Le Maitre fronça légèrement les sourcils, puis il releva la tête et avec un regard serein dans lequel brillait la lumière d’une vérité, il dit: « Ne vous réjouissez pas de ce “bien” qui a été acquis par des voies malhonnêtes. C’est un bonheur illusoire et très bref. Les gens peuvent ne pas y croire, mais c’est une vérité vérifiée qu’on ne peut jamais attendre rien de bon de richesses acquises de manière malhonnête. Ce qui a été acquis honnêtement a une valeur d’un autre prix. La pièce de monnaie que vous avez gagnée suivant les lois de la justice vous apportera bien davantage de bienfaits que la pièce de monnaie de même valeur gagnée par supercherie. Chaque pièce de monnaie sortie de la bourse sans permission et sans bon vouloir est rendue de nouveau. Dieu déverse Ses bénédictions et Sa Grâce sur ceux qui ne suivent pas les chemins des impies. Si vous avez pris d’une manière malhonnête une partie du labeur de quelqu’un, ce que vous avez gagné ne vous apportera pas des bénédictions. Cela ne fait pas partie de la Grâce Divine. « Les hommes sur la terre répètent souvent le dicton : “ L’homme est un loup pour l’homme”. Ce dicton est le résultat d’un processus dans la Nature dont je ne vais pas vous parler maintenant. On peut mettre en lumière cette question seulement si l’on revient en arrière dans la vie, quand il est arrivé quelque chose d’autre, de très disharmonieux. Elles sont profondes les causes par suite desquelles un loup est devenu loup ; un ours, ours ; un serpent, serpent. Malgré tout, cela on le comprend, mais pourquoi dites-vous que l’homme est un loup pour l’homme ? Par conséquent, il y a parmi les gens un reste de ces lointains processus disharmonieux. Un loup est celui qui mange l’homme ; un serpent est celui qui en s’enroulant autour de quelqu’un, lui broie les os. Mais quelle est la tâche de l’homme ? Elle consiste à surmonter ces animaux féroces en lui-même et à élever ce qui est caractéristique et digne du niveau humain de l’évolution, ce qui s’appelle aussi “humanité”. « L’homme qui a reçu la Grâce des forces supérieures ne se différencie pas des autres par un éclat quelconque. II vit sans attirer l’attention sur lui-même, mais sa présence apporte la paix et la joie. II est comme une source qui jaillit sans bruit et étanche la soif de tout ce qui est autour d’elle. Il a connu l’Amour de Dieu auprès duquel toutes les jouissances, les richesses et la gloire de la terre paraissent des choses petites et vaines. II a acquis la plus haute dignité, celle de Fils de Dieu, qui ne se donne qu’à celui qui, sans relâche, vit dans l’Amour de Dieu. « Pour qu’il y ait entre les gens et même entre les disciples des diverses écoles, sociétés et confessions une compréhension différente du mot Grâce, la cause se cache en ceci: que les gens donnent à ce mot un contenu différent. Pour une personne qui considère que manger et boire est l’état de félicité le plus grand, la Grâce est une table abondamment garnie. Pour les ambitieux, la Grâce est la gloire. Pour d’autres, c’est quelque autre délice terrestre. La Grâce, toutefois, n’est aucun de ces états. La Grâce est un état de félicité inconnu dont les sources se trouvent dans le Royaume de l’Esprit de Dieu. La Grâce ne libère pas des souffrances, mais rend l’homme capable de les supporter sciemment et même avec joie. Celui qui est comblé le plus de la Grâce du Ciel est le Christ qui souffrit le martyre le plus grand sur la croix. Cependant, le Christ savait pourquoi tout cela arrive et il n’hésita pas sur son chemin. Nombreux sont ceux qui demanderont: “Où est la Grâce, si l’on doit porter sa croix ?” La Grâce est en ceci que quand nous nous chargeons sciemment et avec amour de notre croix, nous avons la possibilité de connaitre la Vérité, et c’est la Vérité qui nous rendra libres. La Grâce constitue ceci: que le Ciel nous comptera au nombre de ses citoyens et nos âmes s’élèveront jusqu’à des régions où nous ne pourrions accéder en suivant la voie du bonheur terrestre égoïste. « Il ne suffit pas d’être croyant et de nous proclamer officiellement comme tels. Ce n’est pas la croyance qui importe, mais la possibilité de recueillir les fruits d’une foi qui peut transformer la vie. Croire que sur la montagne il y a une source abondante ne suffit pas. On doit se rendre à cette source et y étancher sa soif. Croire à l’existence d’un verger n’est d’aucune utilité. II faut y aller et gouter à ses fruits surabondants. « Nous voulons créer un type nouveau d’homme croyant. II doit être en état de transformer son corps, son esprit, son coeur et sa volonté. L’homme nouveau doit renoncer à toute violence, à tout mensonge et à toute cupidité. S’il devient tel, alors viendra le sauvetage dont on parle tellement. II ne viendra pas de l’extérieur, mais de Dieu, qui est à l’intérieur de l’homme. « Une révolution intérieure doit s’effectuer dans les hommes, afin qu’ils passent de la mort à la vie. « Où est Dieu ? C’est la question que vous vous posez. Notre réponse est: II est partout et nulle part. Sous le dilemme de “partout”, nous comprenons l’espace tout entier et toutes les dimensions dans tous les mondes. Sous “nulle part”, nous entendons ceci: qu’Il ne se trouve pas à un endroit déterminé. II y a également une discussion au sujet du Christ. Comment viendra le Christ ? D’où viendra-t-il ? Certains disent que le Christ vit dans tel ou autre pays. Non, le Christ viendra en tant que Lumière. II parlera par l’entremise de tous les hommes qui ont ouvert leur coeur et leur âme pour Lui. Cherchez le Christ en vous-même. Cherchez la Grâce et la Vérité et ne vous préoccupez pas s’il y a des bons et des méchants dans le monde. Chacun se trouve à sa place. Les difficultés et les contradictions sont également à leur place. Ce sont des problèmes dont la solution nous aidera à connaitre Dieu en nous-mêmes. Sur la terre, il y a des situations d’enfer et de paradis. Quand sommes-nous dans le paradis ? Quand nous vivons avec Dieu en nous-mêmes. Et quand est-ce l’enfer ? L’enfer sont nos souffrances qui viennent inévitablement d’une connaissance de soi-même erronée. «Les philosophes de l’Antiquité ont dit : “Connais-toi toi-même !” Dans cette prescription il n’est pas dit quel “soi” on doit connaitre. Connaitre le “soi” Divin et le servir est un paradis ; mais connaitre le soi limité dans le monde matériel mène à l’enfer. Que la terre soit couverte d’ossements, de sang, de larmes et d’infamie est de nouveau une connaissance erronée de soi-même. La véritable connaissance de soi-même se cache dans ces mots : “La vie éternelle est de Te connaitre Toi, I’Unique, le Véritable Dieu, et Jésus, le Christ que Tu as envoyé sur Terre. « La véritable connaissance de soi-même est de connaitre en soi-même le Dieu d’Amour. Seul celui qui s’est connu soi-même de cette manière s’est véritablement connu. Seul un tel homme sait ce que c’est que la Grâce et la Vérité. » C’est sur ces paroles que se termina la conversation dans la prairie ensoleillée.
  19. DÉCEMBRE 1944 Durant les vingt-deux années d’existence de l’École occulte en Bulgarie (de 1922 à 1944), il se passa beaucoup d’évènements, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Le Maitre les suivait avec beaucoup d’attention. Souvent sur son visage on pouvait lire un profond souci causé par le comportement humain en violente contradiction avec les exigences de l’Enseignement divin. Pendant ces vingt-deux années, il vint en aide à de nombreuses personnes qui souffraient ; mais est-il nécessaire d’ajouter à ce qui a été dit, car n’était-il pas venu pour enseigner la guérison du corps et de l’âme ? L’hiver de 1944 commença. Le mois de décembre était neigeux et très froid. Les derniers jours de l’année s’écoulaient et, en même temps qu’eux, s’écoulait le temps dévolu à l’existence de l’École. Le Maitre ne se présentait plus aux Conférences et à la Communauté de l’Izgrev, on chuchotait qu’il était malade. Ceci nous paraissait bizarre et même incroyable, étant donné que nous étions habitués à voir dans le Maitre le guérisseur de ceux qui souffraient... mais pas malade. Personne ne savait de quoi il souffrait. Durant les pénibles heures au cours desquelles il devait quitter cette terre et ce corps, à plusieurs reprises il avait prononcé tout doucement ces paroles : « Une petite tâche a été achevée. » Les disciples comprirent qu’il n’avait plus rien à faire sur cette terre, revêtu d’un corps humain. Le 27 décembre 1944, un dernier soupir s’échappa de ses lèvres et le lendemain, le 28, il était couché, comme endormi sur sa couche, pour la dernière fois, tenant d’une main la Bible sur sa poitrine. Dans la salle, une harpe égrenait une profonde et émouvante mélodie pleine de douleur et, tout autour, les disciples pleuraient en silence. En accord avec une communication envoyée par Georges Dimitrov, à cette époque à Moscou, on accorda l’autorisation pour que le Maitre fût enterré à l’Izgrev. Dans une de ses séances, le Conseil des ministres, par un protocole signé par Anton Yougov (président du Conseil des ministres à cette époque), confirma cette autorisation et le Maitre fut enterré dans le jardin de l’lzgrev. Jusqu’à ce jour, sa tombe est conservée en parfait état. « C’est dans l’accomplissement de la volonté de Dieu que se trouve la force de l’âme humaine. » C’est là l’unique inscription qui entoure le Pentagramme gravé sur la petite plaque ronde, en marbre, sur la tombe du Maitre.
  20. PARMI LES SOUVENIRS DE SOEUR M.P. Dans le recueil de souvenirs de notre soeur M.P., ont été décrits des cas qui font ressortir clairement la faculté qu’avait le Maitre de voir les évènements dans le monde causal — chose inaccessible à l’homme ordinaire — et d’utiliser, sur le plan physique, ce qu’il avait vu, avec une sureté absolue, en attendant sereinement les évènements prévus par lui. Nous ne citerons que quelques extraits des notes prises par cette soeur, car elles sont fort volumineuses. Ainsi, à la page 14, nous lisons : « Cela eut lieu le 12 septembre 1933. Le ministère de l’Instruction publique avait affiché les dernières listes des nominations d’institutrices à Sofia. Mon nom n’y figurait pas. Il me fallait de nouveau retourner à Varna pour y reprendre mon poste d’institutrice. Tout abattue, je me mis en route pour l’lzgrev, afin d’y faire mes adieux au Maitre et voir certains de mes amis. Je fis le tour de la prairie et bus de l’eau de la belle fontaine de l’lzgrev. Les teintes merveilleuses de l’automne embellissaient le déclin du jour. Autour de la fontaine, l’allée était jonchée de feuilles. Sans y penser, je pris le balai de la cuisine de nos frères et je me mis à les balayer. — Ah, tu balayes ! Tu fais bien, Milca ! C’était la voix du Maitre qui s’était approché de moi sans que je le remarque. Je sursautai et me relevai. — Où еn es-tu avec ta nomination ? me demanda-t-il. — Rien, Maitre, c’était aujourd’hui le dernier jour et je n’ai pas été nommée à Sofia. Je repars demain pour Varna, afin de ne pas perdre non plus mon poste là-bas. — Va immédiatement à l’lnspection, reprit le Maitre, et essaye de nouveau. Le Maitre parlait d’une voix calme, mais convaincante. — Mais, maintenant, l’heure de réception est terminée ! — Malgré cela, je te dis d’y aller, insista-t-il. D’une voix douce, basse, résonnèrent ces mots auxquels je ne pus résister. — Je finirai de balayer, puis j’irai, répondis-je. Puis, je me remis à ma tache. Le Maitre me regardait attentivement. Après avoir terminé, je remis le balai à sa place, baisai la main du Maitre et me mis en route pour la ville. Qui sait comment et pourquoi, mais je me sentis très légère. J’étais joyeuse de ce que le Maitre avait fait preuve d’une telle attention à mon égard. J’entrai dans le couloir sombre de l’lnspection, sans savoir ce que j’y faisais. On ne recevait que de 10 heures à midi... et il était maintenant près de 13 heures ! J’errai quelques minutes de porte en porte, sans savoir оù frapper. — Oh ! Salut, Milca ! Qu’est-ce que tu fais ici ? C’était la voix d’une de mes connaissances, le journaliste A.G. qui sortait du cabinet du président. — Cela fait un mois que je viens ici tous les jours au sujet de ma nomination, lui répondis-je toute surprise. Cet homme savait que ma famille vivait à Sofia, que c’est moi qui pourvoyais à ses frais et que j’étais obligée de travailler à Varna. Sans mot dire, il me fit signe d’attendre et rentra dans le bureau du président. Quelques minutes plus tard, l’inspecteur entra à son tour dans le même bureau. J’entendis que l’on y parlait avec une grande animation. Il ne se passa pas plus de 15 à 20 minutes, et le journaliste apparut à la porte en m’invitant à entrer dans le bureau. — Signez l’acte d’entrée en fonctions, me dit-il. Je signai le document comme dans un rêve. Le journaliste me présenta ses félicitations pour ma nomination et nous sortîmes tous les deux très contents. — Monsieur G., dis-je émue, je vous remercie pour le si grand service que vous m’avez rendu. Comment se fait-il que je ne vous aie pas rencontré jusqu’à présent ? — Et cependant, tu m’as rencontré au moment opportun, expliqua-t-il. Ils ont nommé aujourd’hui une Sofiote, la fille unique d’un architecte d’une famille très aisée. Mais quand j’ai expliqué quelle était ta situation matérielle, ils ont consenti à te nommer toi. Au revoir ! Car je suis pressé d’aller au journal, me dit-il, et il partit. Comme dans un songe, je volai vers l’lzgrev, l’acte de nomination à la main, tout en me chuchotant en moi-même : « Maitre, je suis nommée à Sofia ! Comment saviez-vous à quel moment je devais me trouver à l’Inspection ? Ah ! Maitre, combien peu nous vous connaissons ! Je vous en remercie de tout mon coeur ! » En proie à ces pensées joyeuses, je ne me rendis pas compte comment j’étais arrivée à l’lzgrev. Devant la salle, entouré de frères et de soeurs, le Maitre parlait. Lorsque je me fus approchée du groupe, il eut un léger sourire en me regardant et dit d’une voix douce : — Et maintenant, travaille et apprends ! Parmi les autres, personne ne comprit ce qui était arrivé. « Travaille et apprends ! » Ces mots restèrent profondément gravés dans ma conscience. Je baisai la main du Maitre et je rentrai à la maison pour apporter la bonne nouvelle aux miens. Dans un autre passage, la soeur M.P. raconte ce qui suit : Pendant les grandes vacances, je travaillais sur un terrain de sports pour enfants. Mon seul délassement était d’aller, après le travail, à l’lzgrev. Je décidai d’y passer la nuit pendant tout un mois. Je me trouvai une tente et cherchai à quel endroit la monter. Je résolus de demander conseil au Maitre. — Fais-la monter sur l’emplacement qui appartient au frère Stéphane, me dit-il. — C’est tout près de la forêt... n’est-ce pas effrayant ? répliquai-je d’une voix incertaine, quoique je ne fusse pas des plus peureuses. — Je t’enverrai un gardien, dit en plaisantant le Maitre. N’ayant pas d’autre choix, je consentis. Je pensais que le Maitre allait me garder, même en pensée. Le même jour, qui était un dimanche de nouveau, deux frères montèrent ma tente à l’emplacement indiqué par le Maitre. Ils construisirent devant elle une petite table et un petit banc en bois. Je n’avais jamais dormi dans un tel environnement. La tente était blanche et il me semblait qu’elle était une barque dans laquelle je naviguais, je ne sais sur quelle mer. Le zéphyr soufflait en tourbillons, tandis que, de temps en temps, les arbres balançaient doucement les voiles de ma barque blanche. C’était merveilleux ! Le silence de la nuit et de la forêt toute proche calmait mon âme, la déchargeant de toute sa fatigue. La première nuit, avant de me coucher, pendant que je liais les cordons de l’entrée de la tente, je tressaillis, car je vis que juste devant était couché un grand chien-loup. Un instant plus tard, cela commença à m’amuser. « Comment a-t-il trouvé juste cette place devant ma tente, comme s’il voulait me garder ? » pensai-je. Je me couchai tranquille. À l’aube, le chien n’était plus la. Pleine d’entrain et délassée, je me rendis à mon travail Le soir, je me dépêchais de rentrer dans ma « petite barque ». Je passais de longs moments sur le banc à contempler les étoiles. Il me semblait que mon âme s’était enivrée du silence de la nuit, où l’on percevait à peine un chuchotement mystérieux. Lorsque l’étoile du Berger s’inclinait plus bas, vers l’Ouest, je rentrais dans la tente pour me coucher. Chaque fois que je liais les cordonnets de l’entrée, je voyais toujours le grand chien couché devant. Quelle étrange coïncidence ! Et cela pendant toute la nuit ! Était-ce vraiment dû au hasard ? Pendant tout le mois où je passais mes nuits dans la tente, le chien venait toujours se coucher devant et, le matin, quand je sortais, il n’était plus là. Qui m’envoyait ce gardien silencieux ? Ah ! Quel merveilleux Maitre nous avions !
  21. SANS MENSONGE Durant une de ses dernières années terrestres, le Maitre éprouva un jour le désir de se rendre au Mont Moussala. Il appela le frère Boyan Boev et lui dit : « Pouvons-nous organiser une excursion jusqu’au Moussala ? » Avec enthousiasme, le frère B.B. entreprit aussitôt de faire tout le nécessaire pour accomplir cette tâche. II se rendit rapidement chez le frère B.N. et l’informa du désir exprimé par le Maitre. Les deux frères se mirent à réfléchir. Le problème le plus ardu était de se procurer une auto pour aller jusqu’à Tcham-Koria. Les autos étaient alors soumises à une règlementation sévère par suite du manque d’essence. On faisait des économies et il était extrêmement difficile d’obtenir l’autorisation d’utiliser de l’essence. On ne l’accordait que pour les cas les plus urgents. Le frère B.N. dit à Boyan B. : « J’irai à l’agence pour me faire délivrer un permis. » II y alla et vit que devant le guichet il y avait une très longue queue. Au guichet se trouvait un employé imperturbable, froid et distant comme une idole. Il ne délivrait de permis que pour le transport de malades. Pour tous les autres cas, il restait impitoyable, se contentant d’un « non » bref et catégorique. En attendant son tour, le frère B.N. était fort troublé, ne sachant pas trop quel motif invoquer pour obtenir le permis. Puis, il se mit à penser : « Le frère Boyan est véritablement malade : sa jambe le fait beaucoup souffrir. Cela, tout le monde le sait. » Véritablement, ce motif pouvait servir, mais malgré tout B.N. ne se sentait pas la conscience tranquille. Dans le fond, ce n’était pas tout à fait la même chose... Raisonnant ainsi, il arrivait déjà devant le guichet. Il n’y avait pas d’autre solution. « Une auto pour Tcham-Koria, dit B.N. — Pour quelle raison ? — Il s’agit d’un malade, répondit B.N. » Le permis fut délivré. B.N. le mit dans sa poche et repartit pour l’lzgrev, sans pouvoir se délivrer d’un certain trouble. Quelque chose n’était pas en ordre, se disait-il. En arrivant, il trouva le frère Boyan B. qui l’attendait avec impatience. « J’ai obtenu un permis, dit B.N. à Boyan. » Se précipitant vers la maison du Maitre, Boyan frappa à la porte. Une ou deux minutes plus tard, le Maitre apparut à la porte et Boyan s’empressa de se vanter : « Maitre, nous avons déjà obtenu un permis pour une auto. » Le Maitre, l’air très sérieux, pensif, accueillit la nouvelle très froidement. Il fixa un moment son regard sur Boyan, puis dit : « Je ne monte pas dans une auto obtenue au prix d’un mensonge ! » Après quoi, il se retira chez lui et ferma sa porte. Frère Boyan s’en retourna tout confus et dit d’un air abattu : « Le Maitre ne veut pas d’auto obtenue par mensonge ! » Cette dure réponse tomba comme une masse sur B.N. Sans hésiter, il prit son chapeau et se précipita de nouveau vers l’Agence. Sans s’arrêter devant le guichet, il se dirigea tout droit vers le bureau du Chef de Service. Celui-ci se trouva être un jeune en uniforme, au visage affable et aimable. « Notre Maitre a exprimé le désir d’aller au Mont Moussala, Monsieur le Chef. Nous avons besoin d’une auto pour aller jusqu’à Tcham-Koria. » Sans la moindre hésitation, le jeune homme tendit la main et prit un feuillet d’une pile se trouvant sur son bureau, y inscrivit « oui » et le signa. Au milieu de toute la foule qui se pressait devant lui, le Cerbère du guichet ne reconnut pas ce personnage qui se présentait une seconde fois. Se basant sur l’autorisation de son chef, il délivra un nouveau permis. Cette fois-ci, le frère B.N. vola littéralement vers Izgrev, y retrouva Boyan et, lui tendant le permis, lui dit: « Voici une autorisation obtenue sans mensonge ! » Boyan se précipita à toute allure chez le Maitre. « Maitre, voici un permis obtenu sans mensonge », dit-il dès que le Maitre apparut à la porte. Le Maitre sourit et demanda : « Pourrions-nous nous mettre en route vendredi ? » Il n’y avait plus d’empêchements. Ils préparèrent à la hâte les provisions et les vêtements dont ils auraient besoin et, le vendredi, prirent la route pour la montagne. Ce fut la dernière fois que le Maitre monta au Moussala. Il semblait qu’il allait faire ses adieux au sommet tant aimé, оù il avait tant de fois mené ses disciples et au sujet duquel il avait composé une chanson. Pendant toute la montée, le Maitre était sérieux, taciturne et concentré. Il marchait lentement, s’arrêtant souvent pour envelopper du regard le panorama. Le Maitre qui sait tout faisait donc ses adieux à la montagne. Son regard allait des falaises, aussi formidables que merveilleuses, aux cimes illuminées par le soleil. Il les regardait longuement, tout en aspirant profondément l’arôme des sapins et des genévriers, s’arrêtant un instant sur les tout petits ponts et plongeant son regard dans l’eau des torrents à la pureté de cristal. Le Maitre faisait ses « adieux » à ce monde si beau qu’il nous avait fait connaitre et aimer. Ces trois journées, passées sur le sommet le plus beau et le plus haut de la Bulgarie, furent merveilleuses... Chaque matin, tout le petit groupe sortait pour saluer le lever du soleil. Cette visite est « inscrite » là, dans les rochers. Rien ne se perd dans la Création. Les pensées et les sentiments de tous ceux qui accompagnaient le Maitre y sont inscrits, tout comme ceux du Maitre lui-même. Un jour, les clairvoyants liront cet « enregistrement », tandis que les gens ordinaires en ressentiront un bienêtre, une joie inexplicable, ne sachant pas d’où cela provient. Rien ne s’en va irrémédiablement. Tout se conserve dans la Vie du Tout. Le passé, le présent et l’avenir ne sont que l’Unique, l’Indivisible, l’Éternel...
  22. LA PIÈCE DE MONNAIE DE CINQ LEVAS Une fois, au cours d’un de ses voyages, le Maitre se trouvait à Varna. Là, il rencontra le libraire ambulant T.A., très connu à cette époque. T.A. fort exalté par sa rencontre avec le Maitre, décida de l’inviter à déjeuner dans le restaurant végétarien qu’on avait inauguré. T.A. et un de ses proches, qu’il avait présenté au Maitre, se dirigèrent vers le restaurant. Chemin faisant, T.A. fut rempli d’un grand trouble. Il venait de se rappeler qu’en changeant ce matin-là de costume, il avait oublié son portefeuille dans l’autre vêtement et qu’il n’avait pas un sou en poche. Il lui vint à l’idée de retourner chez lui, mais cela leur ferait perdre beaucoup trop de temps. Avouer la vérité lui semblait humiliant et gênant, après avoir lui-même fait cette invitation. Plus le temps passait, plus son anxiété augmentait... et ils étaient déjà en vue du restaurant... Tout à coup, les trois hommes virent briller à leurs pieds une pièce de monnaie de cinq levas. Le Maitre s’arrêta, montra du doigt la pièce de cinq levas et dit tout bas à T.A. : — Frère A., voilà de l’argent pour le déjeuner ! Ne te fais pas de soucis ! T.A. se sentit délivré d’un lourd fardeau, mais ce qu’il ressentit plus fortement encore, et il en était émerveillé, c’était de constater que le Maitre avait perçu ses pensées anxieuses.
  23. UN INCIDENT AU FRONT (Récit de G.R.) Ce récit du frère G.R. nous montre, lui aussi, que le Maitre, dans certaines circonstances, soulevait un pan du voile qui recouvrait son Égo spirituel et donnait la possibilité à certains de ses disciples d’entrevoir ce qu’il cachait avec tant de soin. Le frère G.R., à l’âge de 15 ans environ, vit pour la première fois le Maitre dans la ville de Yambol, en 1908. La réunion dans cette ville, à l’occasion de la présence du Maitre, eut lieu dans la maison de ses parents. Bien que tout jeune encore, il écouta avec le plus vif intérêt la conférence. À la fin de celle-ci, une question qui demeura sans réponse remplit son âme : « Qu’est-ce que c’est Dieu ? » se demandait-il. II avait déjà entendu prononcer ce mot de « Dieu », sans avoir aucune idée de ce que cela pouvait représenter. Un jour, après une de ses conférences données dans sa famille, le Maitre partit ; mais le jeune garçon le suivit, toujours aussi obsédé par cette question à laquelle il ne trouvait pas de réponse. II continuait à marcher derrière le Maitre, toujours sans trouver le courage de lui poser la question qui ne le laissait pas en paix. Tout à coup, le Maitre se tourna vers lui et, sans qu’il lui ait posé la moindre question, lui dit : « Dieu est une Entité dont le centre se trouve partout et la Péripherie nulle part. » Ainsi le jeune G.R. obtint la réponse à sa question, dont il ne put comprendre tout de suite le sens, mais qui devint pour lui un sujet de méditation. Ce n’est que bien plus tard qu’il conçut que l’on ne peut parler de Dieu concrètement, comme d’un objet ou d’un être vivant de notre monde, mais comme de quelque chose qui ne saurait encore être pleinement conçu par la raison humaine. Des années passèrent et le frère G.R. atteignit l’âge où il devait faire son service militaire. Alors il devint la proie d’un grand conflit de conscience provoqué par les exigences du serment militaire et l’Enseignement de la Fraternité, selon lequel on ne doit pas tuer. En 1914, le Maitre vint un jour à Yambol. Le frère G.R. le pria de lui donner une solution à ce dilemme. Le Maitre lui dit : « Si l’homme est en train de dormir et que l’on prononce au-dessus de lui un serment en son nom, l’homme n’en est pas responsable. Le disciple de la Fraternité est en dehors de la guerre. Même si on l’envoyait tout au fond de l’enfer, il faut qu’il sache que là aussi il y a des âmes qui ont besoin de son secours. Si la conscience du disciple n’est pas d’accord avec ce qu’il est obligé de faire, comme, par exemple, le serment prêté en dehors de sa volonté, alors il n’est pas responsable. » C’est ce qu’il advint. La guerre fut déclarée en 1915. Les armées bulgares envahirent la Serbie. Sur le front où se trouvait le frère G.R., les choses s’arrangeaient de telle manière que lorsque le régiment se trouvait sur le champ de bataille, la compagnie de G.R. servait de réserve. Et cela se faisait de soi-même, spontanément, sans nulle intervention de qui que ce soit. Un peu plus tard, le frère G.R. fut transféré sur le front de Salonique, à la frontière serbo-grecque. L’ennemi avait pris position dans la plaine, tandis que nos armées occupaient un emplacement élevé dans la montagne. La nuit, ils devaient se rendre à des postes secrets. Devant nos unités militaires se trouvait un terrain dont la pente était de 30 degrés environ. À gauche, il y avait un rocher escarpé que l’on pouvait atteindre par un chemin presque horizontal, tandis que dans la partie basse, la pente tout au début était faible puis brusquement devenait presque verticale. Tout en haut, un peu à droite du rocher de Petrenick, était installé un poste secret. Une nuit, juste à minuit, le frère G.R. se trouvait à son poste de sentinelle. Tout à coup, notre poste près du rocher ouvrit le feu. Le tir était dirigé vers l’endroit où se tenait G.R. Rien ne se discernait dans les ténèbres de la nuit, mais le frère G.R. comprit que le régiment était en état d’alerte et qu’il avait occupé ses positions. Il n’y eut aucune réaction de l’ennemi. La nuit suivante, pendant que le frère G.R. était de nouveau à son poste de sentinelle, il arriva la même chose. La troisième nuit, le frère G.R. était de nouveau de garde auprès d’un rocher de la taille d’un homme. La lune se leva et il se mit à songer à la grande distance qui le séparait de sa maison et au fléau qu’est la guerre pour l’humanité. Ses pensées se tournèrent vers ses amis de Yambol, puis sur le sort de l’homme dont l’évolution est si éloignée des idées de la Fraternité. À un moment donné, jetant un coup d’oeil vers le Sud, il remarqua au loin des gens qui faisaient des incursions vers le monticule où se trouvait le poste. Cependant, on n’entendait pas de coups de feu de Petrenik : les soldats étaient profondément endormis. À ce moment-là, G.R. n’était pas en état de décider de ce qu’il devait faire. S’il les réveillait, ils allaient commencer à tirer et à mettre le régiment en état d’alerte. Mais s’il s’abstenait de le faire, les troupes ennemies pouvaient les capturer vivants. Dans un cas comme dans l’autre, il y aurait des victimes. Et G.R. ne voulait pas en être la cause. Il se trouvait dans une situation fort pénible. C’était une véritable épreuve dont il pouvait difficilement se tirer, sans violer ses principes de disciple. Et dans cette minute d’angoisse, il se souvint des paroles du Maitre disant que le disciple de la Fraternité Blanche est en dehors de la guerre. Dans cet état d’anxiété, mais aussi de prière, ses regards se dirigèrent droit devant lui et, dans la pénombre de la nuit éclairée par les rayons de la lune, il vit l’image du Maitre qui, jusqu’à la taille, semblait flotter dans I’espace. Il remarqua qu’il portait un cordon sur son vêtement. Il perçut également une voix qui dit à trois reprises : « Ce n’est rien ! » Après avoir entendu ces paroles, G.R. vit l’image disparaitre. Quand tout fut fini, le frère G.R. réveilla la sentinelle qui devait le relayer et ce dernier remarqua, lui aussi, cette incursion de gens venant de la plaine. Les autres soldats se réveillèrent aussi, mais G.R. leur dit de ne pas tirer et qu’il répondrait de tous. Encouragé par cette vision dans la nuit, le frère G.R. dit qu’il descendrait vers la plaine pour vérifier en personne ce qu’il en était. Arrivé au bas de la pente, il constata qu’au pied du rocher il y avait de grosses touffes de fougères qui ondulaient au souffle du vent, créant l’illusion de gens qui s’avancent subrepticement. Il s’écoula beaucoup de temps après cet évènement qui s’effaçait peu à peu de la mémoire de G.R. De plus, il commença à douter de cette vision dans la nuit, se disant que ce n’avait été qu’une illusion ou bien une hallucination. Il continua à exécuter ses devoirs jusqu’au jour où on lui octroya une permission. Avant de partir pour Yambol, il s’arrêta pour une journée à Sofia et passa voir le Maitre, qui habitait alors au 66 de la rue Opaltchenska. Le Maitre le reçut sur le seuil de la porte d’entrée et entama une conversation avec lui. Pendant l’entretien, G.R. eut l’idée d’interroger le Maitre au sujet de cette vision, mais la timidité le retenait d’en parler. Comme le Maitre devait avoir encore d’autres visiteurs, il se décida à le libérer de sa présence. Au moment des adieux, le Maitre lui dit: « Souviens-toi de mon adresse ! » Le frère répondit qu’il connaissait bien le 66 de la Rue Opaltchenska. « Non, non, répliqua le Maitre, en cas de besoin, rappelle-moi de nouveau ! » C’est seulement alors que le frère G.R. se sentit le courage de demander : « Maitre, était-ce bien vrai ce qui m’arriva cette nuit-là ? » — « C’était vrai, répondit le Maitre, et en cas de besoin, appelle-moi de nouveau ! » Le frère G.R. fut stupéfait par la mémoire du Maitre qui avait de si nombreuses rencontres avec tant de personnes de différentes villes du pays. Le Maitre voit et sait, avec une netteté prodigieuse, tout ce qui concerne ceux qui suivent son Enseignement. Nous allons reproduire une autre conversation que G.R. eut avec le Maitre, car elle est très significative. Vers la fin du printemps de 1918, il était de nouveau en permission. En quittant sa ville natale pour Sofia, il était fort déprimé, car il pensait que la guerre allait durer encore très longtemps. Pour comble, il y avait une telle cohue de soldats dans le train et une si grande bousculade, que sa montre fut brisée. Cela l’attrista encore davantage, car il le prit comme un présage qu’il ne rentrerait plus vivant chez lui. Arrivé à Sofia, le frère passa voir le Maitre et le pria de lui dire en toute sincérité si la fin de sa vie n’était pas pour cette fois-ci. Le Maitre garda le silence un moment, puis ses regards se fixèrent bien au-dessus de l’horizon. À un moment, il fut parcouru d’un frémissement et le frère G.R. se troubla, s’attendant à ce que le Maitre lui confirme ses craintes. Au lieu de cela, le Maitre se tourna vers lui et lui demanda : « T’es-tu trouvé sur une hauteur où il y a une clairière au milieu de hêtres ? Et là, dans cette clairière il y eut beaucoup de morts des deux camps ennemis ? — Je suis bien passé par un tel endroit, mais notre régiment y avait combattu deux jours auparavant. Il y a même eu des combats au corps à corps et la clairière était couverte des cadavres de soldats bulgares et serbes. » G.R. attendait avec impatience la suite de ce que le Maitre allait lui dire. Après un court silence, le Maitre prononça ces mots : « Tu iras au front et tu en reviendras ! » Tout joyeux, le frère G.R. le remercia et s’en alla. Le 18 aout 1918, les Français percèrent le front et encerclèrent une grande partie de l’armée bulgare. Des Sénégalais firent prisonniers les soldats bulgares et les emmenèrent à Salonique. On annonça à la famille de G.R. qu’il était porté disparu. Alors le père de G.R. rencontra le Maitre à Tarnovo, au moment du Congrès de 1919. « Maitre, demanda le père désespéré, que se passe-t-il avec mon fils ? Reviendra-t-il sain et sauf à la maison ? — Oui, il reviendra, répondit le Maitre. — Dans combien de temps ? — Combien de temps Joseph est-il resté en prison ? — Deux ans, répondit le père. — En ce moment, il est en train de passer un examen et vous le reverrez dans deux ans. » Deux ans plus tard, le 19 aout, le frère G.R. revint à Sofia.
  24. PAGES DU JOURNAL INTIME DE LA SOEUR E.J. En ce monde, il se trouve toujours et partout des gens qui vivent dans une constante anxiété au sujet de la question, encore non résolue, de l’immortalité de l’âme. II y a des natures dont le développement spirituel est assez arriéré. Elles vivent leur existence biologique et, même si elles possèdent une certaine culture, elles n’ont pas encore accédé à la question toujours brulante de la mort et de l’immortalité. Pour ces humains, les jours se suivent calmes et paisibles, sans nul conflit. Bien entendu, la vie leur présente toutes sortes de problèmes ; mais ils leur trouvent des solutions selon les méthodes conventionnelles à leur disposition et suivant les exigences de leurs propres intérêts. D’autres natures mènent une vie plus difficile, car, au fond de leur conscience s’est réveillé un feu inquiet, qui vacille, brule de temps en temps leur âme et garde leurs pensées en éveil et leur esprit tendu. II ne leur plait pas que tout semble une grande absurdité, puisqu’il arrive un jour où les richesses, aussi bien que la gloire et la vie tout entière s’effondrent devant la fosse de la mort. Quelques-unes de ces natures, dont les forces de résistance sont plus faibles, chutent plus rapidement, perdent tout espoir et terminent tristement leur vie. La troisième catégorie d’êtres pensants, à la nature plus active, deviennent des âmes inquiètes, qui cherchent éternellement, mais avec persévérance, dans leur désir d’atteindre un point sur leur plan mental et émotionnel où leur hésitation prendra fin, et où elles parviendront à la paix relative face à la question posée par Hamlet: « Être ou ne pas être ? » Les journaux intimes et les notes autobiographiques de certains frères et soeurs — disciples du Maitre — permettent de nettement distinguer ces gens appartenant à la troisième catégorie, et qui dans leur recherche inquiète n’ont trouvé la paix qu’au moment où ils ont rencontré le Maitre. Alors seulement, toutes les contradictions qui les tourmentaient ont pris fin. Bien entendu, leur karma reste toujours en vigueur, car une fois que les lois de l’équilibre universel ont été violées, cet équilibre doit être rétabli; mais la question « être ou ne pas être » ne cesse de subsister. Jetons un coup d’oeil dans le journal intime d’une soeur de Tarnovo et arrêtons-nous sur certaines choses qui y sont écrites. Déjà à l’époque où elle commençait ses études secondaires, elle était poursuivie avec une force fatale par les questions de l’existence de Dieu et s’il y avait d’autres mondes que le nôtre. À cette époque, au Lycée il y avait des cours d’instruction religieuse et chaque dimanche on menait les élèves à l’église. Le rituel et la solennité religieuse du culte orthodoxe suscitaient en elle un sentiment de vénération, mais malgré tout la question fondamentale restait sans réponse. Elle trouvait qu’il n’était pas suffisant d’allumer un petit cierge qui quelques minutes plus tard allait s’éteindre. Quel sens pouvait avoir cet acte devant la face de cet Être suprême ? Elle ne pouvait trouver de réponse à cette question, d’autant plus que les prêtres n’étaient pas eux-mêmes en état de l’affermir dans une foi certaine. Un jour, la soeur E.J., dont nous feuilletons le journal intime, demanda à son professeur de psychologie si l’âme humaine était immortelle. Son professeur lui tapota l’épaule et, avec un sourire d’étonnement, lui répondit : « Mon enfant, jusqu’à ce jour, aucun philosophe n’a réussi à déterminer ce que c’est que l’âme. » À partir de ce jour-là, la jeune fille cessa de se poser des questions. Vivant ainsi avec cette énigme non résolue, elle termina ses études secondaires en 1896 et fit ses adieux à ses amies, ainsi qu’aux belles et inoubliables journées d’écolière. Quelques années plus tard, elle devint institutrice dans la ville de Gabrovo. Deux années plus tard, elle se maria. Le Maitre se rendit à Tarnovo en 1905. II y fit quelques conférences sur la phrénologie. Dans la salle bondée de la Maison de la Culture, le Maitre, à l’aide de schémas, prouvait la justesse des sciences occultes, en montrant d’une manière convaincante que non seulement la structure du corps humain, mais aussi celle du crâne n’est pas arbitrage, mais dépendent du passé des générations dont l’homme étudié est le descendant. II en est de même de sa structure psychique — de ses pensées et de ses penchants. Et réciproquement: la morphologie du corps physique — avant tout la tête et l’expression du visage — donne des indications sur les traits fondamentaux et les tendances de l’individu. Cette corrélation entre l’individu « extérieur » et l’individu « intérieur » fit une forte impression sur l’âme sensible et encore insatisfaite de la soeur E.J. Elle vit dans cette conférence sur la phrénologie un début de réponse à la question qui la troublait tant. Le Maitre entreprit à Tarnovo une série de ces mensurations phrénologiques qui constituent une période intéressante et active de son oeuvre concernant l’étude des traits spécifiques du peuple bulgare au sein duquel il était venu travailler. Dès la première conférence, la soeur E.J. éprouva le désir de remercier le Maitre pour la lumière qui venait d’illuminer sa conscience, étant donné que si cette conférence ne lui avait pas ouvert la porte d’un monde extraordinaire où l’attendait sans doute la réponse à la question qui la troublait, du moins elle l’avait entrebâillée... Quelques mois plus tard, le Maitre revint à Tarnovo. Alors, la soeur E.J., en compagnie de son époux, eut la possibilité de se rapprocher de lui, étant donné qu’il procéda à plusieurs examens phrénologiques dont, entre autres, le sien et celui de son mari. C’est alors qu’elle put se rendre compte de près à quel point le Maitre était un homme extraordinaire et combien son influence était puissante. Cette soeur comprit plus tard les forces et les pouvoirs extraordinaires et surhumains que possédait le Maitre, lorsque son mari, muté dans une autre ville, tomba subitement malade. Restée seule, dans un milieu inconnu, elle se sentit au bord du désespoir. « Maintenant, Dieu seul peut nous venir en aide », se dit-elle. Pendant la nuit, elle entendit en rêve une voix lui chuchoter d’aller demander l’aide du Maitre. Mais son inquiétude ne l’abandonna pas, car elle ne connaissait ni son adresse ni sa « profession » pour pouvoir lui envoyer une lettre. Malgré tout, elle adressa une courte missive au nom du Maitre. II arriva, cependant, quelque chose d’inattendu : quelques jours plus tard, le Maitre arriva dans la même ville et leur rendit visite. « Dieu m’a ordonné de venir chez vous, dit le Maitre, car en couchant le malade dans son lit, vous avez dit: Dieu seul peut nous venir en aide ! » Stupéfaits, ils lui demandèrent comment il était au courant de tout cela. Alors le Maitre leur répondit avec un calme parfait : « Pour ceux qui entendent et qui voient, il n’existe ni distance ni barrière. » Après ces paroles, le Maitre demanda qu’on lui apporte un verre d’eau fraiche. Le soldat qui était l’ordonnance de l’époux de la soeur E.J. apporta un verre d’eau. Alors, le Maitre prit une petite cuillère, la remplit d’eau et la donna à boire au malade. Il s’écoula à peine une demi-beure, et le malade se leva et se mit à se promener dans la chambre. Son estomac était très soulagé et, quoiqu’encore faible et épuisé, dans la soirée il se sentit complètement rétabli. Le Maitre lui dit qu’il pouvait reprendre son travail dès le lendemain. Un moment après ces faits, le médecin de service, chargé de veiller sur l’état du malade, vint dans la maison. Sitôt entré dans la chambre et voyant le patient se promener tout ragaillardi et en bonne santé, il dit : « Seul un miracle peut expliquer cette amélioration si inattendue. Je m’attendais à ce que le traitement dure non pas des jours, mais des semaines entières. » Le médecin fit la connaissance du Maitre et ils conversèrent longuement sur divers sujets. Entre autres, le Maitre lui expliqua qu’outre les moyens médicaux, il existait d’autres facteurs qui peuvent secourir l’homme. À la suite de cette conversation, le Maitre fut invité par le service où travaillait le mari guéri pour y faire une conférence. Ce qui eut lieu. Une fois, pendant un séjour du Maitre dans la maison de la soeur E.J., l’ordonnance de son mari vit par la fenêtre le Maitre prier. Toute la chambre était illuminée par une extraordinaire lumière douce. Le matin, il demanda à sa patronne : « Quelle sorte de monsieur est votre hôte ? Ce n’est pas un homme ordinaire. Ses vêtements brillaient et toute la chambre était éclairée par cette lumière. » La dame essaya de le convaincre que c’était un effet de son imagination, mais il persistait à soutenir le contraire. Il ne restait donc plus à la soeur E.J. que de lui raconter tout ce qu’elle savait au sujet du Maitre. De même, plus tard, durant le mois de février de la même année 1905, la famille de la soeur E.J. devint le témoin de choses et de faits prodigieux qui prouvaient de toute évidence que leur hôte était un homme extraordinaire. Au cours d’une excursion avec l’époux de E.J., le Maitre fit passer ses compagnons de route au-dessus d’un précipice, les amenant sains et saufs à la cime vers laquelle ils se dirigeaient. Au cours de la même excursion, le Maitre manifesta une joie évidente au moment où, à l’improviste, il se mit a neiger, tout comme si cela apportait une diversité au voyage en changeant la monotonie des jours qui passaient. Une fois, arrives à un torrent profond et impétueux, impossible de traverser à gué, il s’adressa à ses compagnons découragés, leur disant : « Ne vous inquiétez pas ! Bientôt arrivera un homme en voiture et il nous fera traverser le torrent. » Quelques minutes plus tard arriva un charriot et le charretier invita aimablement les voyageurs, rencontres par hasard, à monter dans son charriot pour traverser le torrent. Un jour qu’ils escaladaient une montagne, une meute de chiens de berger délaissèrent les troupeaux qui paissaient aux alentours et se précipitèrent vers eux. Ils étaient tellement féroces que J. crut qu’ils allaient être dépecés. Alors le Maitre se plaça devant, tranquillement, et lorsque les chiens s’approchèrent à un mètre environ, ils s’arrêtèrent, jetèrent un coup d’oeil, s’en retournèrent en poussant des gémissements, tout comme si là, autour du Maitre, se dressait une barrière insolite. Une autre chose fit une grande impression sur la soeur E.J., après leur retour de l’excursion. Entretemps, ils avaient changé de résidence et habitaient de nouveau à Tarnovo ; l’attitude du Maitre se transforma lorsqu’il vit son époux scier un abricotier chargé de fruits. Alors le Maitre s’enferma dans sa chambre et refusa de prendre de la nourriture pendant trois jours. Les trois jours écoulés, il dit à la soeur: « Savez-vous qu’abattre un arbre peut vous attirer un malheur ? II faut respecter tout ce qui est vivant et que Dieu a créé. » C’est alors que les hôtes comprirent le motif de ce jeune de trois jours. La soeur E.J. a noté également un autre fait curieux : « Lorsque Stambolov* fut assassiné, le Maitre était chez nous à Tarnovo. Au cours du diner, il s’adressa à nous et dit : « On a assassiné Stambolov ! » Nous avons demandé si cette affreuse nouvelle avait été déjà annoncée par les journaux et il répondit: « Le crime vient d’être commis et les journaux n’ont pas encore réussi à communiquer cette nouvelle. Autant que je m’en souvienne, la même chose se réitéra lors de l’assassinat du ministre Petkov. » La soeur E.J. écrit aussi: « Le Maitre nous a prédit que mon frère, qui se trouvait au front durant la guerre balkanique, reviendrait blessé. “Vous l’accueillerez à Tarnovo, quand Andrinople sera tombé !” nous dit-il. Et c’est ce qu’il advint en effet. » La soeur E.J. a noté encore beaucoup d’autres faits que nous n’allons pas insérer ici, car elle n’est pas la seule. Un très grand nombre de frères et de soeurs ont écrit des choses intéressantes. Cependant, il est impossible de tout insérer dans un seul volume. Pour terminer, nous citerons ces paroles du Maitre : « Si les Bulgares suivent les voies de Dieu, nous possèderons le territoire s’étendant jusqu’à la ligne Enos-Midia ; mais s’ils se laissent entrainer par leur esprit, ils subiront beaucoup d’épreuves. Un jour, les pays balkaniques et les Slaves devront s’unir. C’est selon le plan de Dieu. S’ils ne le font pas, ils seront battus séparément ; quoique, bien plus tard, ils rechercheront des voies d’entente. » * Ministre-Président et grand homme d’État bulgare, à cette époque.
  25. DES MANIFESTATIONS EXTRAORDINAIRES À plusieurs reprises, nous avons mentionné, dans ces pages, la grande et sage modestie avec laquelle le Maitre évitait de montrer et de faire tout ce dont il était capable. De sa si grande et riche entité, il ne manifesta que ce que nous, ses disciples, étions aptes à concevoir et à appliquer. Pourtant, malgré toute sa retenue, il se passa certaines choses qui ne pouvaient échapper aux yeux de nombre de ses disciples. Mentionnons ici, tout d’abord, un cas curieux, bien que d’apparence bien simple. Il y a bien des années, une des soeurs, qui devint par la suite collaboratrice d’un Institut Supérieur, arriva de la ville de Tarnovo, se présenta au Maitre et lui annonça avec joie qu’elle avait terminé ses études secondaires et qu’il ne lui restait plus qu’à se présenter à un examen de langue et de littérature bulgares. Elle se trouvait auprès du Maitre le samedi et lui dit qu’elle devait repartir pour Tarnovo le lendemain, dimanche, étant donné que l’examen devait avoir lieu le lundi. Le Maitre l’écouta sereinement et, heureux de son succès, lui dit qu’il n’était pas nécessaire qu’elle parte le dimanche et qu’elle pouvait rester un jour de plus avec les siens. « Mais, Maitre, comment pourrais-je rester dimanche, quand mon examen commence tôt, le lundi matin à huit heures ? Si je ne me présente pas, je perdrai toute une année scolaire ! — Tu peux passer encore la journée de demain auprès des tiens » ajouta calmement le Maitre et il se remit à son travail. L’âme de la jeune fille fut remplie de sentiments contradictoires et d’inquiétude. Comment rester ? N’allait-elle pas rater son examen ? D’un côté, elle voulait suivre la recommandation du Maitre et, d’autre part, elle se tourmentait à l’idée de perdre toute une année, à cause d’une seule matière, et, de plus, se laisser devancer par ses camarades. En fin de compte, l’attachement et la foi qu’elle éprouvait envers le Maitre prirent le dessus et elle resta à Sofia. Lorsqu’elle arriva le lundi à Tarnovo, se demandant comment réussir à obtenir qu’on l’interroge par exception, on lui annonça que l’examen avait été annulé à cause d’une irrégularité quelconque. C’est alors seulement que la soeur comprit la raison pour laquelle le Maitre lui avait si calmement recommandé de ne pas se presser de voyager le dimanche. La conscience de celui qui vit également dans des mondes d’autres dimensions, là où le passé, le présent et l’avenir ne forment qu’un tout et fusionnent, est d’une autre essence, bien plus vaste.
  26. « LE TESTAMENT DES RAYONS DE COULEUR » (LES POLYCHROMES) II y a des documents et des signes qui, quoique suffisamment voiles par la remarquable modestie et discrétion du Maitre, marquent et dévoilent des moments importants de son activité spirituelle. Des disciples de la Fraternité de Lumière, qui ont suivi l’oeuvre du Maitre dans ses aspects les plus divers, indiquent l’an 1897 comme une étape extrêmement importante de sa voie terrestre. Nous avons déjà parlé de cette année, étant donné qu’entre autres moments importants de la prise de conscience de sa mission spirituelle le Maitre fit paraitre, en un nombre limité d’exemplaires, le livre intitule Le Testament des rayons de couleur (Les Polychromes). La lecture de ce livre montre clairement avec quel soin et quelle profondeur le Maitre a travaillé sur les textes de la Bible tout entière, en vérifiant la véracité de nombre d’entre eux et en les classant de manière à les rendre adéquats et à les inclure dans l’ordre des rayons de couleur. Dans les paroles des prophètes de la Bible, il a réussi à saisir les impulsions créatrices de la Création, étant donné que les Saintes Écritures ne sont qu’une illustration verbale des impulsions rythmiques de l’évolution de l’Homme et du Tout, données à l’humanité par le Sublime Esprit Universel. C’est ainsi que le Maitre, avec sa pénétration spirituelle dans le Verbe de la Vie Vivante, perçoit le sublime processus qui convertit le Néant en Création. Au sujet du Christ, l’humanité ne connait pas de documents plus sérieux et plus authentiques que les quatre Évangiles et, plus tard, les Épitres des Apôtres. C’est précisément sur ces trésors (dont le volume n’est pas des plus grands) que furent édifiées la Culture — quoique pas pleinement appliquée, en raison de sa grandeur intérieure — ainsi que la Civilisation du Christianisme. De même que les Apôtres (il y a près de vingt siècles) transmirent l’image du Christ avec une inspiration supraterrestre, il n’est pas rare que les disciples de la Fraternité — qui en ont tiré une leçon — divulguent selon leurs possibilités les Paroles du Maitre qui développent l’Enseignement du Christ dans des cadres illimités, afin qu’elles deviennent une connaissance actuelle de l’Homme, de la Nature et de Dieu.
  27. À PROPOS DE L’lMAGE SPIRITUELLE DU MAITRE L’Enseignement de la Fraternité de Lumiere possède ses propres traits spécifiques, parmi les diverses variantes de la Science Divine. Nous en avons déjà parlé. Elle consiste en cela que le Maitre a posé les fondations permettant de parvenir à la haute connaissance de Dieu, de la Création et de la Vie, se basant sur le principe du Christ qui remplace en de nombreux endroits le mot « aum » de la philosophie d’Hermès Trismégiste par le mot « amour ». Cependant, s’il nous faut tracer dans ses lignes générales les principes et postulats fondamentaux de l’Enseignement de la Fraternité, il faut convenir que, dans leurs lignes générales, ils ne se distinguent pas de l’Enseignement de la Science Hermétique — Enseignement qui a donné naissance à des variantes telles que l’École de Pythagore et le Judaïsme qui représente la plus puissante forteresse du monothéisme, ainsi qu’aux doctrines ariennes de l’Orient, qui trouvent leur expression la plus puissante dans l’ancienne philosophie hindoue. Dans la science occulte, il y a trois postulats fondamentaux, appelés les trois lois fondamentales, qui suppriment toutes les contradictions dans les lignes générales de la vie humaine. Ce sont: la Loi de l’Évolution, la Loi des Causes et des Conséquences (le Karma) et la Loi de la Réincarnation de l’âme. Pour donner une image plus nette de cette unité de conception entre les lois fondamentales de la doctrine Theosophique et de la Fraternité de Lumière, nous donnons ci-dessous un court extrait d’une conversation avec le Maitre, dans laquelle il est question de l’essence de l’Égo. Un de ceux qui fréquentaient l’Izgrev, s’adressa au Maitre et lui raconta ce qui suit : « Il y a une semaine, après avoir pris mon déjeuner, je me suis couché pour faire la sieste. Avant de m’être endormi, à demi assoupi, je compris que je me trouvais debout dans ma chambre et que je regardais mon corps sur mon lit. Je saisis que j’étais plus grand que mon corps, et quelqu’un qui se trouvait derrière moi, mais que je ne voyais pas, me dit : “C’est toi, là.” Alors je lui demandai: “Si c’est moi qui suis la, alors moi, qui regarde mon corps, est-ce que ce n’est pas moi ?” Je devins la proie d’un trouble. Celui qui était derrière moi dit : “Je vais te montrer qui tu es.” Après avoir dit cela, il m’emmena vers mon corps dans lequel j’ai plongé et puis je me suis réveillé pour de bon. — Celui qui regardait est celui qui est réel, répondit le Maitre, tandis que celui qui était sur le lit était son habitacle provisoire. Le double, qui était hors du corps, a lui aussi des yeux, un nez, une bouche et des oreilles. Ce double était dans la chambre, tandis que sur le lit, c’est ton corps qui était couché. Si une personne expérimentée dans ces choses mettait un morceau de sucre dans la bouche du double, celui qui est sur le lit dirait : “C’est du sucre.” De nombreuses expériences de ce genre ont été faites. — Qu’est-ce qui restera de nous après la mort ? demanda le visiteur. — Quand vous sortirez de votre corps, vous possèderez un autre corps invisible — un corps transparent pour la vue terrestre — dans lequel siègera la conscience. » Pour abréger cette conversation, nous ajouterons que le Maitre continua à parler des corps humains en ces termes : « L’homme a un corps physique, un double éthérique, un corps astral et, enfin, un corps Divin. » Cela correspond à la description de l’homme, donnée par Swami Vivekananda, selon laquelle l’être humain possède un corps astral et un corps causal. La différence consiste en ceci que la philosophie yogiste est basée sur l’hindouisme, tandis que l’enseignement de la Fraternité suit l’Enseignement du Christ. Après avoir terminé sa conversation avec son visiteur, le Maitre continua : « Si vous vivez selon les lois de Dieu, les voies vous seront ouvertes ; mais si vous faites des fautes, naturellement des difficultés s’élèveront. Dans le monde, il existe deux sortes d’ordres : l’un est l’ancien, l’ordre humain, tandis que l’autre est l’ordre Divin. — Comment parviendrons-nous à acquérir les qualités qui sont nécessaires pour vivre selon le nouvel ordre, l’ordre Divin ? demanda un de ceux qui assistaient à la conversation. — De la même façon que le violoniste parvient à acquérir sa virtuosité, répliqua le Maitre. En faisant des exercices et en se rapprochant graduellement de ce qui a été donné pour idéal. »
  28. LA VENUE SUR TERRE DES MAITRES Au cours de chaque cycle déterminé de temps, qui a une durée de plusieurs siècles, sur notre terre vient s’incarner un Maitre dont la mission est de montrer la véritable voie à ceux qui cherchent — ceux qui sont déjà sortis du rêve envoutant des illusions. Ce Maitre trouve ses disciples, travaille avec eux, agit sur le peuple au milieu duquel il est venu, en laissant derrière lui une scintillante trace : une nouvelle inflexion à l’éternelle évolution. Le Maitre de la Fraternité de Lumière en Bulgarie est un de ces envoyés du Ciel qui, d’une manière intrépide et catégorique, dit la vérité sur la vie de son époque contemporaine et indiqua la manière de sortir de la crise de notre siècle et des siècles a venir. Entre autres choses, un tel Maitre représente un transformateur qui transmute les accumulations de pensées et de sentiments négatifs dans l’atmosphère, en pensées rayonnantes, optimistes et pleines d’espoir. S’il n’opérait pas ce processus alchimique en silence et avec tant d’amour, petit à petit, de l’âme humaine disparaitrait tout ce qui est saint, et la vie commencerait à ressembler à une mine spirituelle. Dans l’atmosphère spirituelle ainsi ozonisée, revivifiée, se manifestent les forces positives, évolutives et créatrices d’un peuple. C’est pourquoi — autant que cela puisse vous sembler invraisemblable — avec la venue d’un tel Maitre débute une Culture nouvelle. Le Maitre de la Fraternité en Bulgarie, Beinsa Douno, marque, avec sa venue sur terre, un jalon dans la voie évolutive, et il est le précurseur de la Culture de l’Amour.
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