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1919_01_12 Les formidables conditions de la Vie

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Les formidables conditions de la Vie

« Comme le Père me connaît, je connais aussi le Père,

 et je donne ma vie pour mes brebis. »

Jean 10 :15[1]

« Comme le Père me connaît, je connais aussi le Père ». Voici un verset important par sa forme, son contenu et son sens. Pour être compris, ce verset doit être examiné au-delà de la conscience humaine ordinaire. Seul celui qui connait le langage du soleil, de la lumière et de la chaleur, de l’air et de l’eau, de la goutte de rosée et du vent, peut comprendre le sens intime de ce verset. Le langage du soleil est riche, beau et sensé, celui qui le connaît peut pénétrer le sens profond de la vie.

Père et fils sont des mots ordinaires, utilisés pour les humains aussi bien que pour les animaux. Le mammifère connaît aussi son père et le père connaît son fils et sa fille. Observez les animaux pour vous en convaincre : si le cheval voit sa fille au milieu d’un groupe d’étalons, il l’en chasse. Certes, les animaux n’ont pas la culture et la compréhension des gens d’aujourd’hui, mais ils sont sensibles à l’ordre divin et ils s’y conforment. Les oiseaux migrateurs connaissent exactement le moment du vol migratoire. L’araignée par exemple a l’art inné de tisser ; même les tisserands les plus avancés ne savent pas tisser un fil aussi fin et aussi résistant qu’elle. On rétorquera que l’homme est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu[2]. Ce verset se rapporte au premier homme et pas à celui qui a péché. On dit que l’homme après la chute originelle est en habit d’esclave, et le Christ qui s’est vu dans cet habit d’esclave a fait preuve d’humilité. Par conséquent, tant qu’il ne fait pas preuve d’humilité et ne connaît pas son Père, l’homme ne peut pas considérer qu’il est à l’image de Dieu. Pourquoi les gens souffrent-ils ? Pour gagner en humilité. Pourquoi les animaux souffrent-ils ? Pour la même raison. Lorsque le bœuf menace d’écorner son maître, ce dernier lui donne quelques coups d’aiguillon pour le calmer. Dieu aussi dresse son aiguillon vers l’homme qui veut écorner, ruer ou mordre. Celui qui écorne et qui donne des ruades passe pour un grand philosophe et un grand critique avec une vision élevée de la vie, mais il finit souvent par se heurter à l’aiguillon.

Quelle est la cause des souffrances de nos contemporains ? Les illusions qu’ils nourrissent. Chacun pense ce qui n’est pas, chacun s’imagine les choses comme elles ne sont pas. La mère s’imagine qu’elle est une mère parfaite et si on ne la reconnaît pas, cela la fait souffrir ; le père, la sœur, le frère s’imaginent aussi être meilleurs qu’ils ne le sont en réalité et ils souffrent si on ne reconnaît pas cela. Quelles sont les qualités de la mère et du père, quelle femme appelons-nous mère, quel homme est un père ? La femme est mère et l’homme est père pas seulement dans la forme. Les concepts mère et père cachent en eux un contenu grandiose, un sens grandiose. La mère dit que l’enfant est engendré par elle, qu’elle l’a enfantée et qu’elle est donc mère ; que direz-vous alors du tuyau d’où s’écoule de l’eau, peut-il se dire mère de l’eau ? Par conséquent, tout ce qui découle ou provient de l’être humain n’est pas nécessairement enfanté par lui.

Nos contemporains mélangent les concepts de la vie car ils ont perdu le sens profond du langage. Pourtant le Christ dit : « Comme le Père me connaît, je connais aussi le Père, et je donne ma vie pour mes brebis ». Il est dit dans les Écritures : « Le Père aime Son Fils », ce qui signifie : Dieu a insufflé Sa vie dans le Christ et s’est sacrifié à travers lui. Le Christ est un reflet de Dieu, c’est pourquoi Dieu le connaît. Dieu est amour qui se manifeste par le Fils. Le Père connaît l’amour qu’il a insufflé en Son Fils, c’est pourquoi le Christ dit : « Comme le Père me connaît, je connais aussi le Père ». Il ne se peut pas que le Fils méconnaisse l’amour que le Père a insufflé en Lui.

Il est dit dans les Écritures : « Dieu a aimé la vérité en l’homme ». Celui qui en prend conscience est porteur de la vérité, il ne chute jamais, il ne trompe jamais. Celui qui aime la vérité vit dans la lumière, alors que celui qui la renie vit dans l’ombre, dans l’obscurité : c’est la cause des erreurs auxquelles nous nous confrontons constamment. Il est impossible de chercher les choses dans l’obscurité et de les trouver, il est impossible de se déplacer dans l’obscurité sans commettre d’erreurs. Dans le monde divin toute chose est à sa place, dans le monde des humains les choses sont désordonnées, c’est pour cette raison que les humains ont perdu le sens de leur vie. Celui qui veut donner du sens à sa vie doit mettre les pensées et les sentiments à leur juste place. Mets tes pensées et tes sentiments dans un rapport mathématique strict et ta vie sera sensée. Cherche le sens de tous les phénomènes dans la nature et dans la vie pour trouver le sens de ta vie.

Chaque phénomène a deux côtés : un côté positif ou bon et un côté négatif ou mauvais. Le vent par exemple apporte de la poussière, mais il renouvelle en même temps l’atmosphère et la pensée humaine ; à certains endroits le vent apporte des nuages et de la pluie, mais ailleurs il apportera la sécheresse. L’eau et le vent façonnent le sol, mais ils ne peuvent pas tout seuls faire croître les graines : la lumière et la chaleur doivent leur venir en aide afin que la vie, semée en terre, puisse germer ou se renouveler. La lumière apporte l’aspiration, la chaleur, le mouvement ; la lumière détermine la direction et le but, alors que la chaleur donne la force pour réaliser l’objectif ; la lumière dirige la vie vers le haut d’où elle descend, alors que la chaleur lui donne une impulsion et la dilate. Le Verbe, c’est-à-dire les graines dans la vie, c’est le Christ, car il dit : « Je connais Celui qui me donne la vie et me montre le chemin ; je vois la lumière qui m’indique la direction ; je ressens la chaleur qui me dilate et me dirige vers l’objectif de ma vie. Puisque je connais la lumière, la chaleur et la vie, je connais aussi mon Père ». Le Christ dit encore : « Je donne ma vie pour mes brebis ».

Ainsi, le rapport de l’air, de l’eau, de la lumière et de la chaleur aux plantes est comme celui de l’âme du Christ aux humains. Le Christ doit arroser le terreau de notre vie, l’illuminer par sa lumière et sa chaleur pour que le divin ressuscite. Comme l’amour a ressuscité le Christ, de même il ressuscitera chaque âme humaine ; c’est pour cela qu’il est nécessaire de connaître le Père et le Fils. La connaissance implique la compréhension et l’application du grand principe de l’amour qui délivre et ressuscite. Le salut ne viendra ni de l’eau, ni de l’air, ni du sol, mais du soleil de la vie, porteur de lumière et de chaleur. L’eau symbolise l’espérance et l’air, la foi : si tu as de l’eau en toi, tu auras de l’espérance ; si tu as de l’air en toi, tu auras la foi.

L’espérance et la foi existent dans le monde, mais les humains ne les ont ni assimilées ni appliquées. La foi développe le mental, et l’espérance développe le cœur. Réjouissez-vous que l’eau coule, que l’air s’agite et engendre les vents car ils incitent les humains à la réflexion et aux sentiments. Pourquoi les épreuves et les souffrances se manifestent-elles ? Pour renforcer la foi, l’espérance et l’amour des êtres humains. Le rapport entre la foi, l’espérance et l’amour est comme celui qui existe entre l’eau, l’air et la lumière. Celui qui veut renforcer la foi, l’espérance et l’amour doit travailler en conscience sur lui-même. Quel lutteur s’est doté d’une grande force sans exercer et développer ses muscles ? Le héros est un homme fort, mais il a travaillé des années durant sur ses muscles ; le philosophe se distingue par un discernement puissant et une pensée subtile car il exerce constamment son cerveau ; l’homme vertueux a un grand cœur car il l’exerce sans relâche. L’eau aussi se purifie après une série de processus : la précipitation, la filtration, l’évaporation. Rien ne s’obtient d’un seul coup et sans effort. Beaucoup rechignent à faire des efforts, mais il faut garder en tête que les choses rationnelles et intelligentes sont en apparence idiotes, et les choses idiotes en apparence sont rationnelles et intelligentes. Lorsqu’on se croit très intelligent, on cesse de travailler et on perd tous ses acquis. Lorsque le riche ne pense qu’à sa richesse et ne compte que sur elle, il s’appauvrit progressivement. Ces gens vont et viennent sans travailler, sans rien produire, ils ressemblent aux bourdons qui entrent et sortent de la ruche en bourdonnant sans apporter la moindre goutte de miel. Dans la ruche divine, il y a aujourd’hui un grand nombre de bourdons que les abeilles éliminent et jettent dehors elles-mêmes. Les bourdons qui survivent, tournent autour de la ruche en faisant du bruit : ils attendent une occasion favorable pour rentrer et goûter du miel tout prêt.

Le Christ dit : « Comme le Père me connaît, je connais aussi le Père, et je donne ma vie pour mes brebis ». Que chacun se dise : « Comme mon Père me connaît, je Le connais aussi. » Celui qui connaît son Père, prend la charrue et la bineuse et s’en va labourer et biner. Comme l’enfant fait des mouvements pour trouver sa mère et être allaité, de même l’homme doit lever et abaisser la bineuse dans la terre, sa mère nourricière, pour se sustenter. Lorsque l’enfant a ses dents, il se met à mâcher ; la mère se réjouit qu’il mange du pain et des fruits ; il les mastique avec ses dents sans penser au sacrifice qu’ils font pour lui. Et après les gens se demandent pourquoi des souffrances et des malheurs les frappent ; la réponse est simple : les gens souffrent afin d’apprendre la loi du sacrifice. Les plantes, les fruits et les animaux se sacrifient pour les humains, et les humains doivent se sacrifier pour les créatures qui leur sont supérieures.

« Comme le Père me connaît. » La connaissance a un rapport au sacrifice : on ne peut se sacrifier que pour celui que l’on connaît. C’est pour cela que le Christ dit : « Comme le Père se sacrifie pour moi par amour, de même je manifeste Son amour [3]». Le sacrifice est une loi divine qui doit pénétrer l’intelligence et le cœur des êtres humains pour les rendre plus forts. Le sacrifice a un rapport à l’amour, seul celui qui a de l’amour peut se sacrifier. Là où l’amour est absent, la vie perd son sens et l’être humain se repose sur ses semblables et non pas sur Dieu : il cherche la lumière, la chaleur et la force en dehors de lui et non pas dans le principe divin qui est en lui. Le divin se reconnaît au sacrifice et à l’amour. La force de l’être humain est dans l’amour et non dans les paroles. Celui qui parle d’amour sans le manifester est un tonneau vide qui fait du bruit sans rien donner. Des paroles privées de sens et de contenu ne sont que de la publicité commerciale pour promouvoir la marchandise et renchérir son prix. Vous direz que vous aimez le blé, les fruits, les légumes. Qui n’aime pas ce dont il peut recevoir quelque chose ? Tu aimes la pomme et la poire, mais tu les mastiqueras avec tes dents ; tu aimes le blé, mais tu le mettras sous la meule du moulin. On rétorquera que les fruits et le blé se sacrifient pour l’être humain ; oui, ils se sacrifient, mais de force et non pas de leur plein gré. Le sacrifice véritable est libre et de plein gré. Le fruit mûr tombe lui-même de l’arbre et se sacrifie, mais si tu le cueilles avant, tu le violentes ; par conséquent, le sacrifice se fait librement, en son temps et en son heure.

« Comme le Père me connaît. » Lorsqu’il est question de connaître le Père, les humains s’attendent à entendre Sa voix, à se voir adresser la parole. Dieu peut parler aux humains, mais ils doivent connaître Son langage, le comprendre, et s’ils ne le comprennent pas, leurs débats sur la capacité du Seigneur à parler aux humains seront vains ! Le Seigneur a parlé et continue de parler, mais il ne s’adresse pas à tout le monde. Si le roi entre dans l’une de ses écuries et flatte son meilleur cheval, ceci démontre qu’il a échangé avec lui : ce cheval peut proclamer qu’il a parlé avec le roi, mais les autres doivent soit le croire sur parole, soit nier cette vérité. C’est ainsi que Dieu a parlé dans le passé, qu’Il parle dans le présent et parlera à l’avenir, mais uniquement à ceux qui ont de l’amour. Là où il n’y a pas d’amour, on n’entend pas la voix de Dieu. Si quelqu’un dit que Dieu lui a parlé, je lui demanderai : « Es-tu prêt à te sacrifier pour Dieu, pour l’humanité, pour ton peuple ? – Je ne suis pas prêt. – Puisque tu n’es pas prêt au sacrifice, Dieu ne peut pas te parler ». Il est impossible que Dieu parle à celui qui n’est pas prêt au sacrifice ; il est impossible que la pierre reste toute la journée au soleil sans se réchauffer : exposés au soleil, la pierre comme le bois se réchauffent.

Dieu ne parle à l’être humain qu’à certaines conditions, sous certains rapports, lorsqu’Il le souhaite et non lorsque l’homme l’exige ; Dieu détermine lui-même l’instant pour parler à une âme. Des millions de grains de blé sont stockés dans la grange, mais tous ne seront pas semés : certains seront répandus dans les champs alors que les autres deviendront du pain. Seules les âmes avancées entendront la voix de Dieu et Le connaîtront. Qui est avancé ? Celui qui est fort dans sa pensée, dans son cœur, dans son âme, c’est-à-dire celui qui porte en lui la foi, l’espérance et l’amour. N’est pas fort le mental de celui qui assimile et ingurgite les choses comme le papier buvard absorbe l’eau, sinon, on conclurait que la plaque photographique est forte : il suffit de l’exposer à la lumière pour imprimer les images qui l’entourent, mais ceci est dû à la lumière et non à elle. Le bien provient de la lumière, et l’être humain apporte les conditions de façon à permettre à la lumière de se manifester.

L’être humain ressemble à son portrait, mais le portrait n’est pas vivant. Le peintre a bien reproduit votre image, avec les bonnes couleurs, en vous rendant beau, mais ce n’est pas la véritable beauté ; ne vous trompez pas avec les choses extérieures. Beaucoup vivent dans des illusions et ont pour cette raison une compréhension erronée de la vie. Quelqu’un se regarde avec satisfaction dans le miroir et dit : « Je suis bien en chair, en bonne santé, beau et en plus fortuné ! » Ne te trompe pas, ce ne sont que des photographies dans ton cerveau qui peuvent être remplacées par d’autres à tout instant. N’importe quel philosophe ou scientifique peut altérer votre bonheur, il suffit de lire un livre pessimiste pour se dire que la vie n’a pas de sens et perdre son bonheur. Quand l’amour a pénétré profondément l’âme humaine, aucune force au monde ne peut ôter la paix que Dieu y a déposée, aucune force au monde ne peut ôter la lumière de l’intelligence humaine et la chaleur de son cœur : c’est cela vivre dans la réalité. S’il sort de cette réalité, l’homme perd la paix et cherche de l’aide à l’extérieur. La foi est nécessaire à l’être humain : foi en Dieu, foi en autrui et foi en soi-même.

« Comme le Père me connaît, je connais aussi le Père ». Ce verset sous-entend des égards d’un Fils pour son Père. Le Fils fait ce que le Père fait ; et le Père fait ce que le Fils fait ; autrement dit, comme le Père a déposé la vie en moi, moi-aussi je peux vivifier les autres. Vous direz que seul le Christ parle ainsi, pas l’homme. Si vous êtes une plaque photographique, c’est vrai, mais si la lumière est à l’extérieur et à l’intérieur de vous, vous agirez aussi comme le Christ. Pourquoi chacun ne peut pas proclamer que comme le Père le connaît, il connaît aussi le Père et qu’il donne sa vie pour ses brebis ? Ne pensez pas que ce soit hardi de se comparer au Christ. Le Christ est venu sur terre pour montrer aux hommes le chemin à emprunter. Grâce au sacrifice du Christ il y a aujourd’hui cinq cents millions de chrétiens que le Christ connaît, pourquoi alors les chrétiens ne connaîtraient-ils pas leur sauveur ? Quel père ne connaît pas aujourd’hui son fils et vice versa ? Quelle jeune fille qui tombe amoureuse d’un jeune homme, n’aime pas aussi son père ? Elle dit à son bien aimé : « Je suis prête à donner ma vie pour toi et te suivre. » Lorsque les amoureux se comprennent et se connaissent, ils connaissent aussi Dieu. Cela se passe chaque jour dans la vie ordinaire, mais s’il est question de la voie spirituelle, tous la craignent. Il y a quelque chose de terrifiant dans la vie, c’est la mâchoire de la mort. Mais l’amour est une grande force qui insuffle joie, gaîté et dynamisme dans l’être humain. L’amour est nécessaire aux contemporains qui diront, emplis de lui : « Comme le Père nous connaît, nous connaissons aussi le Père et nous donnons notre vie pour Ses brebis ». C’est le nouvel enseignement qui donne du sens à la vie et l’affranchit des souffrances et des difficultés inutiles.

Pourquoi nos contemporains souffrent-ils ? Parce qu’ils vivent dans des illusions et des leurres qui se brisent chaque jour. Tous sont assujettis à des illusions, ce qui ne signifie pas qu’il faut rester bloqué dessus à longueur de journée. La petite fille joue avec sa poupée et le petit garçon avec son cheval, ce qui ne signifie pas qu’ils doivent renoncer à manger parce que la poupée et le cheval ne peuvent pas manger avec eux. On doit se nourrir, travailler, se développer et les illusions s’estomperont les unes après les autres. On rétorquera que c’est au Seigneur de supprimer les illusions, les difficultés, les souffrances . Supprimer les souffrances, c’est cesser toute activité, toute initiative humaine, c’est impossible ! Tu vivras, tu commettras des erreurs, tu souffriras et tu corrigeras toi-même tes erreurs. Sciemment ou non tu peux briser la jambe de ton frère, mais le Seigneur t’apprendra l’art de soigner des jambes brisées ; tu crèveras l’œil de ton frère, mais le Seigneur t’apprendra à guérir les yeux, à mettre de nouveaux yeux à la place des yeux arrachés ; tu tueras quelqu’un, mais dans une autre vie tu deviendras une mère, tu amasseras le matériel nécessaire pour construire une nouvelle demeure à celui qui a été tué, il sera ton enfant pour que tu apprennes le prix de la vie humaine. Vous étudierez ainsi la loi de l’addition et de la soustraction. « L’accouchement est quelque chose de terrifiant. » Oui, mais vous devez apprendre à bâtir. Plus l’accouchement de la femme est éprouvant, plus grand est le nombre de dettes qu’elle doit payer. Lorsqu’elle enfante, la femme doit se tourner vers Dieu pour demander à apprendre à accomplir Sa Volonté. Pourquoi souffre-t-on ? Pour apprendre quelque chose de nouveau, pour comprendre la volonté divine et l’accomplir.

Que font nos contemporains ? S’ils sont joyeux, ils sont satisfaits ; lorsqu’ils souffrent, ils s’insurgent et en cherchent les raisons en dehors d’eux. Quelqu’un est coupable des souffrances des humains, mais qui ? C’est une équation à trois inconnues : la responsabilité peut être en Dieu, en autrui ou en nous-mêmes ; il est important de trouver le principal responsable. En réalité, c’est l’être humain qui porte la responsabilité car il veut que sa poupée ou son petit cheval se nourrissent avec lui. Le fils a commis nombre de crimes, mais la mère veut que la bénédiction divine vienne sur lui ; je dis à la mère : « Femme, ne demande pas ce dont ton fils ne peut pas tirer profit ». Avant que la bénédiction divine ne vienne sur lui, appelle un médecin pour le mettre au lit et l’ausculter : son pied est tordu et doit être remis. Pour certains, c’est le cœur qui est tordu, pour d’autres la pensée : ils doivent être soignés. Quelle plus grande bénédiction que celle d’une guérison d’un membre dans l’organisme humain ! C’est un processus physiologique nécessaire que toute l’humanité affronte. Si votre estomac est indisposé et ne peut digérer la nourriture, il vaut mieux passer quelques jours à jeûner plutôt que de le surcharger de matériaux inutiles, que la nourriture pourrisse en lui et que de nouvelles complications apparaissent.

Quand les humains iront-ils mieux ? Lorsque chacun dira : « Comme le Christ me connaît, je le connais aussi, et je donne mon âme pour ses brebis ». Plusieurs se demandent quel est le rapport de ce verset à leur vie, pourquoi est-il nécessaire de connaître Dieu et le Christ ? Ce verset a un rapport à la vie humaine car chacun est une brebis du troupeau divin : Dieu a sacrifié Sa vie pour lui. Il suffit d’assimiler cette pensée pour ressentir la bénédiction divine sur vous. Comme l’énergie solaire ne vous atteint pas directement, mais passe d’abord par l’espace éthérique, de même l’amour de Dieu touche les humains par l’intermédiaire du Christ. L’être humain n’est pas ce qu’il représente en apparence ; vu de l’extérieur, il n’est qu’une pauvre maisonnette. Un jour, il quittera sa maisonnette pour travailler consciemment sur lui-même et se bâtir une nouvelle maison, grande et salubre. Un jour, l’être humain se créera un nouveau corps robuste dont il sera le maître. Mais seul celui qui a été serviteur peut devenir maître. Le Christ a été maître au Ciel, Fils de Dieu, mais il a revêtu l’habit et la condition du serviteur, il a montré ainsi aux humains comment on doit servir. Aujourd’hui encore les humains sont asservis les uns aux autres et se torturent mutuellement, se révoltent et ne savent pas comment s’affranchir de leur condition. Une seule chose est attendue de tous : obéir et connaître Dieu et le Christ. Lorsque vous partirez de l’autre côté, la première question posée sera : « Avez-vous donné votre vie pour les brebis du Christ ? » Ainsi, l’obéissance, la connaissance et le sacrifice sont les premières qualités requises pour l’homme des temps nouveaux. Ce n’est qu’ainsi qu’il arrangera sa vie et entamera le grand objectif de l’existence : l’immortalité.

Pourquoi les humains ne réussissent-ils pas dans leur vie ? Parce qu’ils n’aspirent pas à contenter Dieu ; ils veulent se contenter les uns les autres : c’est impossible ! Vous pouvez être polis, attentifs, serviables envers les autres, mais vous ne les contenterez jamais. Si vous rencontrez un homme affamé, rassasiez-le ; si vous rencontrez un homme assoiffé, abreuvez-le ; dans les deux cas n’attendez pas qu’ils vous soient reconnaissants et qu’ils soient contentés : ils auront toujours une raison de se montrer mécontents de vous. Jusqu’à présent Dieu essaie de contenter les humains, mais sans obtenir de résultat. C’est une grande science de pouvoir contenter les humains ; c’est d’abord Dieu qui appliquera cette science et ensuite les humains. On n’a pas encore trouvé quelqu’un qui puisse contenter les humains et obtenir leur reconnaissance. Une mère pense qu’elle a contenté son enfant, mais qu’elle le laisse deux ou trois heures sans le nourrir pour vérifier à quel point il est contenté ! Le mari aussi est content de sa femme lorsqu’il est rassasié ; dès qu’il a faim, il est mécontent. Seule la lumière est fidèle aux humains, elle ne peut pas varier, être lumière ou ténèbres ; la lumière demeure pour toujours de la lumière. Elle révèle les choses comme elles sont, rien n’est occulté devant elle. La lumière a un rapport à la vérité : comme la lumière révèle toutes les choses cachées, de même la vérité touche tous ceux qu’elle approche. La vérité révèle l’être humain dans toute sa nudité. Vous direz que la vérité est terrifiante. Pourquoi ? Parce qu’elle met les humains à nu. En quoi la nudité serait -elle mauvaise ? Penser que la nudité est mauvaise prouve que la pensée humaine est déformée et salie. Chez l’être humain, la nature animale ne peut ni s’éduquer ni s’anoblir ; quelle que soit l’éducation dispensée, cette nature finira par revenir au galop.

Un Anglais a trouvé un tigreau quelque part en Inde et l’a pris avec lui pour l’apprivoiser. Un jour, il s’était assoupi alors qu’à ses pieds se tenait le tigre domestiqué qui léchait sans cesse sa main de gratitude. Mais la peau de la main a fini par être écorchée sous la pression de la langue râpeuse de l’animal. L’odeur du sang a réveillé l’instinct sauvage du tigre, et il s’apprêtait à se jeter sur son maître. C’est alors qu’un domestique est entré dans la pièce et l’a sauvé d’une mort certaine.

Une nouvelle éducation, une nouvelle naissance sont nécessaires pour infléchir la nature animale de l’homme. S’il ne travaille pas consciemment sur lui-même, l’être humain se heurte constamment aux manifestations indésirables de sa nature qui anéantissent le bon et le beau en lui. Souvent, même en cas de bonnes dispositions générales, une pensée négative peut s’emparer de l’homme et le torturer, le paralyser. Si un état négatif s’empare de vous, tournez-vous en pensée vers le Christ, sans lui parler il changera votre état : la lumière vous rend visite sans même la solliciter, il suffit de s’ouvrir à elle pour être éclairé, illuminé.

Il est dit dans les Écritures que trop de paroles mènent au péché. Certains religieux croient qu’ils peuvent arranger leurs affaires uniquement par la prière : ce n’est pas vrai. Si tu veux arranger tes affaires, couche-toi sur le sol chaud et dirige ton regard là d’où vient la lumière. Lorsque la terre est froide, tourne le dos vers le soleil et le regard vers la terre. Dans la haute société, beaucoup de personnes sont riches, érudites et en bonne santé car elles exposent leur dos au soleil pour profiter de sa lumière et de sa chaleur ; les religieux qui se croient reliés au Christ, ne se réchauffent pas au soleil, et c’est pourquoi ils s’appauvrissent progressivement. C’est une loi : si on veut être riche, érudit et en bonne santé, il faut exposer son dos au soleil ; on connaîtra ainsi Dieu et le Christ. Si on est en colère ou haineux, il faut exposer son dos au soleil et diriger son regard vers la terre : elle ôtera le poison qui s’est instillé dans le sang. Le soleil et la terre sont les meilleurs médecins et professeurs des humains. Quelqu’un veut que Dieu lui parle ; avant de parler aux humains, Il a parlé à la terre, leur mère. Votre mère est douce et belle, mais ne la connaissant pas, vous la trouvez noire et grossière. La terre est noire et grossière car elle travaille constamment pour ses enfants, elle prend soin des petites herbes, des plantes et des arbres, de toutes les créatures vivantes qui rampent sur elle. Une mère ne fait-elle pas de même ? Elle travaille à longueur de journée pour ses enfants, pour les élever et les nourrir, ses mains sont noires et grossières, mais elle lève et abaisse la binette. Sa fille reste à l’ombre de la maison avec son visage blanc et ses mains douces, mais en fin de compte c’est l’âme de la mère qui s’embellit et s’anoblit alors que l’âme de la fille reste grossière et inculte.

On rencontre souvent des gens éduqués, chrétiens, avec des visages et des mains blancs et doux, avec un air pieux, mais seulement en apparence : leurs actes ne sont pas pieux. À l’opposé, on croise un paysan grossier, le visage hâlé, mais noble par l’âme. Il a bu plus que de raison, il a du mal à se tenir debout, mais dès qu’il croise quelqu’un de respectable, il se reprend aussitôt et dit : « Excuse-moi, mon frère, je me suis enivré comme un âne ». Il veut signifier ainsi qu’il a fait quelque chose qui déroge aux lois divines. En réalité, il n’a pas bu comme un âne car l’âne ne boit que de l’eau claire ; l’expression ivre comme un âne symbolise l’une des qualités de l’âne : sa sincérité. On est enclin à la sincérité et à la vérité uniquement lorsqu’on s’est enivré ! Si on est sobre, on réfléchit, on pèse ses mots, on les filtre, afin de surnager au-dessus de tout le reste comme l’huile dans l’eau.

« Comme le Père me connaît, je connais aussi le Père, et je donne ma vie pour mes brebis. » Viendra le jour où tous connaîtront leur Père et seront prêts à dire la vérité et à donner leur vie pour Ses brebis : voilà ce qu’est le rapport d’un Fils envers son Père et du Père envers le Fils. Le Seigneur est grand, car Il a le premier donné Sa vie pour Ses enfants : il s’est occupé d’eux et s’en occupe encore inlassablement sans rien exiger en retour. Les humains n’ont qu’une seule obligation envers leur Père : accomplir Sa volonté. Sinon, Il ne les juge pas, mais cherche à en comprendre les raisons et à les aider. Il voit l’impuissance humaine et ne la juge pas, mais Il l’éduque et l’instruit.

En quoi les manifestations humaines se distinguent-elles des manifestations divines ? Les premières sont dénuées de vérité et d’amour et les secondes sont emplies de vérité et d’amour. Le divin fait rayonner la lumière et la joie. Si elle entre en l’homme, cette lumière se manifeste en tant qu’intelligence. Tout dans le monde tourne autour de la lumière, elle est l’objectif ultime de l’existence : que l’être humain fusionne avec la lumière qui émane de Dieu, c’est cela le sens de la vie. Peu acquièrent cette lumière. Le Christ portait la lumière divine en lui et l’a manifestée comme sagesse et connaissance. Il est venu parmi les humains pour leur montrer comment vivre, comment atteindre l’idéal de leur âme. Il a traversé des souffrances que personne n’a connues jusqu’à maintenant. Les humains ont connu et connaissent des souffrances diverses, grandes ou petites, mais n’ont pas encore connu les souffrances du Christ ; c’est pour cette raison que le Christ demeure au-dessus de tous les humains. L’être humain descendra de nombreuses fois sur terre jusqu’à ce qu’il acquière la lumière qui l’amènera auprès de Dieu. En s’incarnant et en se réincarnant, en travaillant consciemment sur lui, l’être humain sculpte son visage jusqu’à ce qu’il puisse se présenter devant Dieu comme un tableau parfaitement achevé. Beaucoup de défauts, beaucoup de traits mal dégrossis forment le visage de l’être humain, mais il doit travailler et avancer. Chacun doit se dire : « Comme je connais le Père, Il me connaît ; comme je L’aime, Il m’aime ; comme Il se sacrifie pour moi, je me sacrifie pour Lui ». Si vous le dites ainsi, vous pourrez démarrer le travail doucement et calmement sans vous décourager. Celui qui se presse et désire obtenir vite les choses, ne fait que se décourager : les affaires précipitées n’amènent pas de bons résultats.

Un jeune homme a rendu visite à un Allemand, professeur émérite de philosophie, pour se faire recommander un cours accéléré lui permettant d’apprendre la philosophie. Le professeur lui a dit après une courte réflexion : « Lorsque Dieu veut créer une courge, cela prend six mois et lorsqu’il veut créer un chêne, cela prend des dizaines d’années. Si tu veux être une courge, tu dois suivre un cours de philosophie de six mois ; si tu veux être un chêne, tu t’instruiras durant des dizaines d’années ». Par conséquent, si vous voulez mener une vie chrétienne avec les exigences de la courge, vous travaillerez peu de temps sur vous ; si vous vivez avec les exigences du chêne, vous travaillerez consciemment sur vous des dizaines d’années ; si vous voulez vous perfectionner et vous purifier comme un diamant, vous travaillerez encore plus. Un travail considérable incombe à l’homme pour harmoniser sa pensée, son cœur et sa volonté.

Le regard et les mouvements de l’être humain doivent être harmonieux ; il influence ainsi ses proches et les élève. Comme les mouvements harmonieux influencent les humains et les élèvent, de même les mouvement disharmonieux les influencent et altèrent leur humeur. Soyez attentifs envers vous et vos proches. Comme la lumière solaire passe à travers les fenêtres des maisons, de même la lumière divine doit pénétrer par les yeux de l’être humain et éclairer son chemin. Il suffit qu’une bougie éclaire votre chemin pour voir où vous allez : la lumière est un prêche vivant dont tout le monde a besoin. Pourquoi prêcher aux humains ? C’est une nécessité pour celui qui prêche et pour ceux auxquels il prêche. Pourquoi la mère doit-elle enfanter ? C’est une nécessité pour elle et pour ses proches. C’est nécessaire autant qu’il est nécessaire à l’homme de manger, de boire, de respirer, de penser, de sentir et d’agir. Prêcher aux humains, c’est donner la possibilité à Dieu de se manifester en tant que lumière et chaleur pour éclairer leur chemin et les réchauffer. Ne peut-on pas se passer des prêches ? Non. On prêche aux humains de différentes façons : par les mots et par le silence, par la lumière, la chaleur et l’air. La nature est souvent silencieuse, taiseuse, mais l’être humain reçoit ses vibrations sans aucune difficulté. Un discernement éclairé est nécessaire à l’homme pour accueillir l’amour sans haine, la vérité sans mensonge, la sagesse sans bêtise. C’est cela connaître son Père et dire comme le Christ : « Comme le Père me connaît, je connais aussi le Père, et je donne ma vie pour mes brebis. ».

Que représentent les brebis mentionnés par le Christ ? Ce sont des âmes divines qui passent par un processus de développement. Elles sont comparées aux brebis et pas aux chèvres, car les premières sont dociles et nullement farouches, prêtes au sacrifice volontaire. Tous les animaux, les plantes, les insectes, les papillons sont les symboles de quelque chose de divin. Le papillon par exemple avec ses belles couleurs est porteur du divin : Dieu parle à travers lui. La nature est vivante, Dieu parle à travers elle et instruit les humains. Voyez comment le papillon se nourrit : il prélève du nectar sucré des fleurs et montre aux humains une façon de se nourrir plus pure que la leur. Celui qui veut se protéger des erreurs et des crimes, qu’il étudie la vie des papillons ; étudiez leurs couleurs, leurs parures pour comprendre la grande philosophie qu’ils recèlent. Le livre de la vie est grandiose, son langage aussi : chaque herbe, chaque petit insecte est une lettre de ce langage. Assemblez les lettres de la nature en syllabes, les syllabes en mots, les mots en phrases pour composer les grandes pensées de la vie. Mettez l’amour et la sagesse comme fondement de la vie éternelle, et la vérité comme lumière. C’est la seule façon de connaître votre Père et de donner votre vie pour Ses brebis. C’est la seule façon d’assimiler et d’appliquer l’enseignement du Christ dont l’écho se propage dans toute la nature, la vivifie et l’anime.

Je vous souhaite de connaître Dieu et le Christ et de mettre à profit l’avenir lumineux qui vous attend

Sofia, 12 janvier 1919

Traduit par Bojidar Borissov


[1] Tous les textes bibliques, cités en début de causerie sont en conformité avec l’édition viennoise de la Bible de 1885 dont s’est servi le Maître Beinsa Duno

[2] Gn 1, 26

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