Ani

1920_06_27 Acceptons

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Acceptons

« Simon Pierre répondit, et dit :

Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »

Matthieu 16 :16

Je vous lirai un extrait du chapitre 16 de l’Évangile selon Matthieu. Je parlerai sur le verset 16 : Simon Pierre répondit, et dit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant.

Depuis deux mille ans on débat sur ce sujet : qui est le Christ ? Nous vanter d’avoir un père fortuné d’une part et accomplir sa volonté d’autre part sont deux choses différentes. Si le père se retrouve dans la misère, croirons-nous toujours en lui ? Si le père est ruiné, croiras-tu en lui ? Tu crois dans le Christ parce que tu attends qu’il te donne cent mille levas. Le Christ n’est pas compris dans les Églises, car s’il avait été compris, on appliquerait son enseignement. Ce Christ qui donne la vie est autre chose. La foi sous-entend le lien et l’union avec Dieu, un contact avec le soleil vivant.

« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Le Christ répond à Pierre : « Ce n’est pas l’homme qui te l’a révélé, mais Dieu le Père ». Celui qui peut révéler qui est le Christ ne peut pas être fait de chair et d’os. La jeune fille, lorsqu’elle croise son bienaimé, dit : « C’est lui ! » Ce ne sont pas son père et sa mère qui le lui révèlent ; ce serait un amour chancelant, je ne monte pas dans un tel véhicule. Qu’est-ce que le Christ ? C’est une chaleur pour le développement de l’âme humaine. Pour que l’âme se développe, il faut avoir la lumière et la chaleur. Le Christ est porteur de l’amour et de la sagesse : la sagesse est du savoir et l’amour est le reflet de la chaleur. Puisque nous avons ces deux principes, nous sommes liés au Christ et nous le comprendrons, nous serons alors libres.

Nous affirmons maintenant être des chrétiens. Qu’est-ce qu’un chrétien ? Le prêtre dit : « Allons à l’église, allumons des bougies, brûlons de l’encens, etc. » Être chrétiens, c’est avoir des connaissances et avoir des connaissances, c’est marcher dans les pas du Christ. Le maître est celui qui connaît bien son métier et s’en acquitte. Est-ce que chacun peut être chrétien ? Non, il faut avoir des connaissances, chérir profondément en soi les lois de la nature, les respecter et savoir marcher dans les pas du Christ. La miséricorde consiste par exemple à sacrifier toute ta vie pour le Christ au lieu de distribuer tes avoirs aux autres qui boiront et mangeront tout ; la miséricorde consiste à donner tes avoirs, comme un semis pour avoir du fruit, et qu’ils soient mis à profit.

Aujourd’hui, tous en Europe sont chrétiens, mais ils ne savent pas résoudre la moindre question. Les chrétiens modernes sont désaccordés et pourtant chacun affirme que son violon est accordé. Quelqu’un dit : « Je suis chrétien ». Par quoi as-tu commencé ? – « Par la miséricorde, mais cela ne va pas ; par une autre vertu ensuite, mais cela ne va pas non plus. » Le chrétien doit avancer avec la loi du sacrifice. Le christianisme n’est pas pour des enfants du monde qui sont gâtés, qui veulent manger et boire, mais pour les grands enfants qui veulent travailler pour leur Père. Le sacrifice consiste à élever sa vie. Le Christ dit : « Celui qui perd sa vie pour moi la gagnera, et celui qui la conserve, la perdra »[1]. Vous avez par exemple du blé entreposé dans la grange et du blé semé dans le champ. Lequel vous est utile ? Celui qui est semé. La loi du sacrifice ne signifie pas perdre notre âme, mais puiser de la force. Sacrifier, c’est égorger un agneau, alors que se sacrifier soi-même, c’est faire don de soi ou au moins rendre service. Les gouttes de rosée ne se sacrifient-elles pas ? Elles tombent comme une pluie, une fine pluie : l’homme en tire profit et ses forces se déversent en lui.

Le chemin vers le Royaume de Dieu vient d’en bas, les sacrifices se font sur terre : on chemine vers le Royaume de Dieu de bas en haut. Les racines du Christ sont en bas et il dit : « Celui qui ne descend pas dans mes racines, ne partage rien avec moi ». Maintenant, les gens se détournent des âmes malades, des misérables, etc. et de cette façon, ils fuient le Christ ; c’est la raison des souffrances des humains : leur manque d’entraide. Je ne parle pas uniquement des malades physiquement et des souffrants : chacun doit monter sur la croix, tel le brigand, et ce sont des souffrances, des peines et des tourments dans le monde. Le Christ a dit au brigand : « Tu seras aujourd’hui avec moi dans le Royaume de Dieu »[2], ce qui signifie : « Tu seras dès aujourd’hui en moi », c’est le Royaume de Dieu.

Ce que nous accomplirons dans ce monde est pour notre élévation. Il ne faut avoir aucune ombre au-dessus de notre tête ; le Christ nous enseigne à vivre dans la lumière, c’est-à-dire avec la sagesse et l’amour divins. Il n’y a pas de meilleur enseignement que celui de donner du fruit : c’est le fruit de l’Arbre de la Vie et c’est un fruit de guérison.

Un comte allemand s’était toujours vanté devant sa fiancée qu’il était prêt à mourir pour elle. Un jour, alors qu’ils étaient en promenade et qu’ils traversaient une rivière, des brigands les ont attaqués sur le rivage. Le comte s’est enfui pour sauver sa peau et sa fiancée a été secourue par le batelier qui les accompagnait. Le lendemain, le comte est allé saluer sa fiancée pour la féliciter de sa délivrance ; elle lui a dit : « Sieur, que je n’aie pas à regarder votre dos une seconde fois ». Et le Christ dit : « Que je ne vous voie plus si vous ne vous sacrifiez pas ». On me demande : « Qui es-tu ? » Je réponds : « Personne », ce qui signifie quelqu’un qui accomplit la volonté divine sur terre.

D’autres fois, j’ai déjà donné l’exemple des deux royaumes, les esperts et les menzes. Si ce jeune homme avait hésité à sauver la jeune fille, il aurait commis une erreur. Si la jeune fille le voyait comme un simple berger et si elle avait hésité à lui venir en aide, elle aurait également commis une erreur. Ces deux jeunes ont accompli la loi du Christ. Et maintenant, le Christ veut sauver le monde : si la femme, emblème de l’amour, mettait sa bouche sur l’épaule droite de l’homme qui est l’emblème de la sagesse, il n’y aurait pas de disputes dans les maisons. Ainsi ces deux royaumes aussi, en conflit permanent, se sont reconciliés pour vivre en paix et en harmonie. Le royaume des menzes est le royaume de la sagesse, c’est-à-dire le Christ qui a été transpercé avec une lance et a laissé s’écouler du sang et de l’eau : nous devons aspirer ce poison de la blessure.

Le Christ n’est pas un être abstrait. C’est un être qui entre en communion avec chacun : chaque individu peut entrer en communion avec lui par son intelligence et son cœur. Le Christ dit : « Je vivrai en vous, l’amour et la sagesse vivront en vous, et la vérité se manifestera : c’est l’amour divin manifesté, c’est le fruit que la vie contemporaine porte ». Ainsi, vous devez tous venir communier avec le Christ. Maintenant, vous vous réchauffez au feu, mais un jour vous aurez froid. Les gens doivent se lier avec la lumière éternelle, avec le soleil éternel : c’est ce qui va venir dans le monde. Connaître le Christ signifie étudier son enseignement, ce qui signifie être libres.

Le Christ ne peut pas obéir à d’autres qu’à Dieu. Vous dites que nous mourrons de faim. Chacun a déjà été mourant de faim, ton père et ta mère aussi sont toujours mourants de faim. Tant que les humains n’accueillent pas l’enseignement du Christ, ils ne se débarrasseront pas de la mort. Il faut liquider la mort, et alors vous serez de vrais seigneurs et des chrétiens. Le véritable chrétien domine la mort, il n’a besoin ni de bougies, ni de curés, ni d’encensoirs qui ne sont que pour les gens du monde. Le véritable chrétien ne reconnaît pas la mort, il est passé de la mort à la vie. Les anciens juifs disent : « Il s’est endormi et il est parti chez ses aïeux », et il est dit dans les Écritures : « Il les ressuscitera le dernier jour »[3]. Quel est le dernier jour ? C’est le jour où tu es devenu un véritable chrétien. Allumez des bougies, donnez aux pauvres et aux nécessiteux. Pour être chrétien, il faut être un héros. Le Christ dit : « Celui qui ne renonce pas à son père, sa mère, son mari, sa femme, sa maison et son foyer, n’est pas mon disciple et ne recevra rien ».

Un cafetier moulait du café dans un mortier et disait « Ha » à chaque coup frappé. Un passant lui a dit : « Devenons associés à part égales, tu vas moudre et moi, je dirai ha. Ils ont vendu le café, mais lorsqu’il a fallu partager, le cafetier a refusé de céder la moitié. Ils sont allés chez le juge qui a prononcé le verdict suivant : « Qu’ils prennent l’argent et qu’ils le déposent dans une boîte en cuivre : le cafetier prendra l’argent et son associé, le tintement des pièces ».

De même, maintenant que nous travaillons, personne ne doit nous empêcher de suivre l’enseignement du Christ : ni enfants ni petits enfants. Le père doit être toujours honnête, bon, juste, intelligent. Le sens de la vie, c’est que le père et la mère aient des enfants qui les aiment. Il n’est pas possible que le temps soit propice pour tout ; aujourd’hui, il est propice pour le Royaume de Dieu, c’est ce que le Christ dit.

Certains attendent que le Christ vienne dans le monde, mais moi je dis qu’il est dans le monde. Ce qui se passe maintenant dans le monde se fait sous son commandement : il règle tout. Il n’est plus temps d’acquérir quelque chose par la tromperie ; à l’avenir seuls les gens justes et honnêtes auront de bonnes conditions de vie, les mauvaises personnes disparaîtront comme les animaux préhistoriques. Il y a du sens dans la vie à être en lien avec la source dont nous provenons, avec notre Père qui nous protège et qui est toujours en nous. Ceux qui L’écoutent, Il les bénira ; ceux qui ne L’écoutent pas, seront mis à l’épreuve. Il a donné aux gens le droit d’agir librement et Il s’est gardé le droit de donner à chacun selon son mérite.

La nouvelle culture sera comme le monde n’en a jamais vu. « Mais peut-on se passer d’argent ? » Combien payez-vous la mère, et le père ? Lorsque nous commencerons à vivre comme la mère et le père, le monde se redressera. Tout le monde n’est pas content. Pourquoi ? Parce que le Christ travaille. Les gens ressentent de la douleur et c’est bon signe ; ce qui est mauvais, c’est d’être malade et de ne pas sentir de douleur : dans ce cas, le Christ ne travaille pas. Maintenant le Christ convie les boiteux, les infirmes, les aveugles : ce sont ceux qui ne peuvent ni voler ni mentir.

À présent, le Seigneur ne veut pas qu’on prouve son existence : la nier signifie qu’il n’est pas en nous, alors qu’il est en nous lorsque nous disons qu’il y a un Seigneur. Par conséquent, pour les uns le Seigneur est en eux, pour les autres, il est en dehors d’eux ; dans un cas et dans l’autre, ils sont sous l’emprise du Seigneur. Vous devez travailler pour rester toujours liés au Christ. Il est dans les plantes, les arbres fruitiers et les fleurs qui parlent. Cela peut se prouver en pratique : allez sous un poirier aux fruits murs, aimez-le, admirez-le et dix minutes plus tard des fruits commenceront à tomber ; c’est le signe qu’il exprime aussi son affection pour vous. Les fleurs sont très sensibles à l’affection : sortez de votre chambre une fleur que vous avez aimée et elle se desséchera. Apprenez à vos enfants à ne pas mutiler les mouches et les insectes car si aujourd’hui l’enfant tue une mouche, demain il peut tuer un homme. Le mal que nous faisons reviendra s’abattre sur nous.

J’expose mon enseignement ainsi : vous vous mettez d’accord sur le prix d’une cargaison de bois et chacune des parties prenantes dit : « nous acceptons ! » Le nouvel enseignement dit : « acceptons ». Si la femme dit : « acceptons », le frère – « acceptons », la sœur – « acceptons », etc. alors tous seront reliés au Christ et auront compris son enseignement. C’est le nouvel enseignement, la nouvelle culture où nous pouvons être frères. Il y aura dans le nouvel enseignement la justice, l’amour, la sagesse, les vertus, la vérité. C’est appliquer l’enseignement du Christ « acceptons ! ». Lorsqu’on te dérobera mille levas, tu diras : « Je Te remercie Seigneur ; je regrette que ce soit venu jusqu’à moi, mais j’accepte que ce soit venu. »

Burgas, 27 juin 1920

Traduit par Bojidar Borissov


[1] Matthieu 16, 25

[2] Luc 23, 43

[3] Jean 6, 40

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