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1920_04_11 Et le suivit

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Et le suivit

« Puis Jésus passant plus avant, vit un homme, nommé Matthieu,

assis au lieu du péage, et il lui dit : suis-moi ; et il se leva, et le suivit. »[1]

Matthieu 9 : 9

Vous me demanderez maintenant pourquoi je ne parle pas d’un verset sur Pâques. Je ne parle pas de Pâques car il n’y a pas de Pâques sur terre. Ce que les humains font en ce moment sur terre est une répétition, des préparatifs, il n’y a pas encore de Pâques sur terre. S’il y avait une Pâque, il n’y aurait pas de prisons, de meurtres, de potences ; le blé, le pain, le beurre seraient très bon marché. Puisqu’ils ne vivent pas comme il faut, les humains se leurrent s’ils pensent qu’il y a une Pâque sur terre. C’est maintenant que vient Pâques !

« Puis Jésus passant plus avant, vit un homme, assis au lieu du péage. » Vous demandez : « Quel est le rapport du publicain avec nous ? » Vous êtes tous des publicains. Le publicain est quelqu’un qui se tient au péage et attend de recevoir quelque chose. Est-ce qu’une seule personne parmi vous n’est pas un publicain, au sens d’usurier ? Chacun attend de recevoir quelque chose. Lorsqu’il est passé à côté du publicain, Jésus lui a dit : « Suis-moi ! » Il a quitté le péage et a suivi le Christ : en un instant il a liquidé toutes ses contradictions et toutes ses dettes.

À quoi sont dus les malentendus et les contradictions dans la vie ? Au fait que les gens ne sont pas prêts à payer leurs dettes. Ils ont des polices, des redevances à payer, mais ils les retardent constamment. Dans la vie, tous les malentendus sont dus à des échanges incorrects. C’est pourquoi je dis : la culture d’aujourd’hui est celle du prendre et du donner. Si tu donnes, tu es bon, si tu ne donnes pas, si tu prends, tu es mauvais. Vous dites : « Mais nous croyons dans le Christ, nous croyons que Dieu existe, que le Christ est venu sur terre ». Ce sont des paroles vides de sens. Si vous croyiez vraiment dans le Christ, dans Sa venue sur terre, vous changeriez votre vie ; si vous ne l’avez pas changée, c’est que vous ne croyez pas dans le Christ. Il faut avoir l’échine robuste.

Le jeune homme dit à sa bien-aimée : « Tu ne m’aimes pas. – Je t’aime, je t’aime beaucoup. – Prouve-le ! – Comment le prouver ? – Quitte ta mère et ton père, c’est-à-dire le péage, et suis-moi ! »

C’est facile de se signer, c’est facile de partager le lit du banquet avec le Christ, mais est-on prêt à le suivre ? Vous déclarez tous que vous servez le Christ, mais comment le servez-vous si vous n’êtes pas prêts à quitter le péage ? Lorsque le Christ dit à la jeune femme de le suivre, elle commence à revenir sur sa promesse et dit : « Quel regard va porter la société sur moi, que diront ma mère et mon père ? » Si la jeune femme l’aime sincèrement, elle dira : « Je te suivrai car l’amour est ma mère et mon père ». La mère et le père sont un emblème de l’amour dans tous les sens du terme, l’amour commence par eux. Le Christ dit au publicain : « Suis-moi ! – Pourquoi ? – Pour te libérer de toutes les difficultés et désagréments. »

L’homme tient le péage et scrute ses calepins pour voir ce qu’il a à donner et à prendre. La femme tient aussi le péage, elle a aussi ouvert les calepins et dit : « Mon mari ne m’a rien acheté alors que j’ai besoin de quatre cents levas pour une robe, de trois cents levas pour des chaussures, de deux cents levas pour un chapeau, de deux cents levas pour le beurre, le pain, etc. » Le mari fait ses comptes : quelles redevances régler, combien prévoir pour le sucre, le beurre, la farine. L’homme comme la femme vivent pour subvenir à cette liste sans fin. D’un autre côté l’homme s’entend dire : « Écoute, tu es débiteur, fais en sorte de payer en temps et en heure tes anciennes polices, sinon tu n’obtiendras pas de nouveau crédit ». Le Christ dit à la femme : « Mets les anciens calepins de côté, ils ne peuvent pas arranger le monde ; même avec de nouveaux vêtements et de nouvelles chaussures, tu resteras toujours telle que tu es ». La mauvaise femme est toujours mauvaise même avec de nouveaux vêtements et de nouvelles chaussures ; la femme de bien l’est toujours avec ou sans nouveaux vêtements. Dans le livre de la nature il n’est nulle part mentionné de chaussures à talons aiguilles, nulle part dans la nature vous ne rencontrerez des robes et des chapeaux à la mode. La mode en tant que manifestation extérieure de la vie humaine altère les pensées, les sentiments et les désirs nobles chez l’homme, elle altère l’harmonie dans la vie.

Le Christ dit : « Suis-moi ! » Le publicain quitte le péage et suit le Christ. Un millionnaire américain, chrétien pieux, aimait faire le bien : il donnait souvent de l’argent à des églises, des écoles, des hospices et passait pour un grand mécène. Lorsqu’il est mort, il s’est dirigé vers le paradis avec l’espoir d’être admis en tant que citoyen du Royaume de Dieu pour ses bonnes œuvres. Saint Pierre l’a arrêté et lui a demandé : « Quelles bonnes choses as-tu accomplies sur terre ? – Des choses de toute sorte ! J’ai donné un million de levas à une église. – Comment as-tu été remercié pour cela ? – J’ai été mis particulièrement à l’honneur. – Autre chose ? – J’ai donné un million de levas à une école biblique. – As-tu reçu d’eux quelque chose ? – J’ai été promu membre du conseil d’administration de l’école. – Autre chose ? – J’ai donné deux millions de levas à l’université. – Comment as-tu été remercié ? – J’ai été nommé président d’honneur. – Cite une bonne œuvre pour laquelle tu n’as rien reçu en retour. »

L’américain a commencé à fouiller dans sa mémoire pour se rappeler un tel bienfait. Enfin, il a dit : « Un jour lorsque j’allais au travail, une misérable veuve m’a arrêté et a commencé à se plaindre de sa situation. Comme j’étais pressé, je lui ai lancé un dollar et j’ai continué mon chemin. – Ah, cette affaire est un peu particulière, je ne peux pas la juger, a répondu Saint Pierre. Allons voir le Seigneur, Il tranchera. »

Ils se sont rendus tous les deux auprès du Seigneur et Lui ont raconté ce qui s’était passé. Le Seigneur les a écoutés attentivement et en se tournant vers Saint Pierre, il a dit : « Donne-lui deux dollars et renvoie-le sur terre. »

Ainsi, les gens font beaucoup de bien, mais lorsqu’ils iront chez le Seigneur, Il dira : « Donnez-leur deux dollars et renvoyez-les sur terre pour y travailler et comprendre les principes de base de l’amour ». Les bonnes intentions, des plus petites aux plus grandes, se cachent dans l’affection. Chacun cherche quelqu’un, une compagnie ou de l’affection. Malgré cela, depuis huit mille ans les humains se plaignent toujours que personne ne les comprend. Si vous rencontrez un homme et une femme qui s’aiment et se comprennent comme il faut, tous deux iront ensemble dans l’autre monde. En tant qu’âmes, ils sont liés au nom de l’amour et sont inséparables.

Revenons maintenant à l’époque de l’esclavage : des jeunes gens tombent amoureux ; la jeune fille est une citoyenne libre et le jeune homme est esclave ; pour se marier, la jeune fille doit endosser la condition du jeune homme et devenir esclave. Celui qui descend sur terre, tombera nécessairement sous le joug, ne vous faites pas d’illusions. La vie sur terre est un joug ; si vous pensez que ce n’est pas ainsi, vous ne comprenez pas la vérité. Par conséquent, si tu aimes quelqu’un, tu descendras à son niveau et tu endosseras son joug, c’est le seul moyen de prouver ton amour. Tu aimes une jeune fille et tu dis : « Embrassons-nous. » Ils s’embrassent, mais peu de temps après leurs ventres gargouillent : ils réclament du pain. L’amour se résume à une nourriture intérieure, aucun amour n’existe sans la nourriture. Vous dites que c’est un nouvel enseignement ; non, c’est un ancien enseignement que les humains veulent remplacer par des baisers et des caresses. Le baiser est un élan intérieur comme l’air qui rentre dans la pompe. Avec cette pompe on gonfle les pneus des automobiles et des motos pour faire les trajets sans secousses ni cahots.

« Suis-moi ! » Par ces mots le Christ a invité le publicain à quitter le péage et à en descendre. Ce qui signifie de quitter l’ancienne compréhension des choses et d’adopter une nouvelle compréhension de la vie. Que font les jeunes aujourd’hui ? Deux jeunes se rencontrent et se demandent : « Est-ce que tu m’aimes ? – Je t’aime. Et toi ? – Je t’aime aussi. – Embrassons-nous alors. »

Je les observe : la jeune fille a un front haut et large, une aptitude à la musique et à la poésie, une imagination fertile ; le jeune homme a le front bas, c’est un matérialiste fini ; elle songe à la musique et à la poésie, et lui à la fortune, aux biens immobiliers. Les deux s’unissent et commencent à discuter sans arriver à une conclusion. Les chrétiens c’est la même chose ; deux personnes se réunissent et disent : « Soyons solidaires, ayons des convictions identiques ! » C’est bien d’avoir des convictions identiques, mais comment y arriver ? L’un a un front haut et large, l’autre un front bas et étroit ; la tête de l’un est large, celle de l’autre est étroite. Celui qui a une tête étroite est un cavalier, il charge vite ; la tête large est celle d’un artilleur. Le jeune homme avec la tête étroite n’aime pas travailler. Il a dit à la jeune fille : « Pourvu que je monte sur le cheval, tu verras de quoi je suis capable ». Il monte sur le cheval et descend, mais ne fait rien : il ne sait que galoper avec sa monture. Celui qui a une tête large, peut aller à cheval ou sans cheval. Ce n’est pas seulement au sens figuré, c’est un fait, sinon complètement, du moins à cinquante pourcents.

Que faut-il faire à présent ? Endosser avec patience les conséquences de sa vie d’aujourd’hui. Vous avez tout seuls élaboré votre vie, vous avez tout seuls donné le plan et les moyens pour fabriquer votre tête et votre corps. Ta maison est étroite, les portes et les fenêtres sont petites, pourquoi ? Ce sont les moyens dont tu disposais. Tu en es responsable ; si tu as un invité, il doit se baisser pour entrer dans ta maison ; et toi-même, tu y entres avec difficulté.

De ce point de vue vous ressemblez à ces jeunes mariés bulgares qui étaient bloqués à l’entrée de leur maison trop basse ne sachant pas comment faire entrer la mariée qui était trop grande. Ils se sont concertés et ont décidé de couper la tête de la mariée. Cela leur a semblé si terrible qu’ils se sont mis à se lamenter. Un voyageur est passé à côté d’eux et en voyant qu’ils pleuraient, leur a demandé quel malheur les avait frappés. Ils lui ont raconté la cause de ces lamentations. Le voyageur leur a répondu : « Je peux facilement vous aider à condition d’être payé pour mon conseil ». Ils lui ont promis de lui donner autant qu’il le désirait du moment qu’il acceptait de les aider. Il a dit : « Je vais monter sur le dos de la mariée et vous la tirerez en avant ». En effet, il s’est assis sur le dos de la mariée et ils ont commencé à la tirer à l’intérieur de la maison jusqu’à ce qu’elle ait fini par passer la porte.

Vous agissez de la même manière : vous descendez sur terre dans vos petites maisons trop basses, mais vous voulez y entrer debout sans vous baisser. Vous croisez le voyageur : le destin, il s’assoit sur votre nuque et vous force à vous baisser. Lorsque vous entrez dans votre maisonnette, vous vous mettez à tout idéaliser et vous dites : « Mon père était bon et noble, ma mère l’était aussi ». Laisse cela de côté ; concentre-toi sur ce que tu as à faire dans cette maisonnette où il n’y a ni chaise, ni coffre. Le Christ prônait aux gens un enseignement sur la vie réelle, la science réelle, mais lorsqu’ils se sont éloignés du Christ, la science s’est écartée de son tracé et ils se sont retrouvés impuissants.

Maintenant, à l’occasion de Pâques, je vous expliquerai ce que symbolisent les agneaux, les cochons, les poules qui sont servis sur les tables aujourd’hui. L’esprit de ces animaux vit au centre de la terre, et leurs corps vivent sur terre parmi les humains. Lorsqu’un jour férié approche, par exemple Pâques, les gens se mettent à égorger ces animaux, ces derniers s’égosillent, bêlent, appellent au secours ; leur esprit leur demande d’en bas : « Que se passe-t-il, quel est ce trouble sur terre ? » Je réponds : « C’est Pâques, c’est un jour de fête pour les humains ! » Maintenant vous-aussi, vous souffrez et vous demandez pourquoi les souffrances viennent sur la terre. Parce qu’on fête Pâques là-haut. En ignorant la cause des souffrances des animaux, vous dites : « Comme la poule était bien grillée, comme l’oie était savoureuse ! » Vous vous réjouissez alors que la poule et l’oie souffrent. Ce que tu fais te sera rendu. Tu causes des souffrances aux uns, d’autres t’en causent, etc., c’est une loi karmique inflexible. Vous dites : « C’est Dieu qui l’a ordonné ainsi, Il tolère que les agneaux, les cochons et les poules soient égorgés ». Je ne crois pas en cet enseignement, il est mensonger. Vous menez votre vie à votre guise, vous laissez faire ceci et cela et ensuite vous mettez tout sur le dos du Seigneur ; si c’était ordonné par Dieu, il n’y aurait pas de souffrances. Si égorger les animaux était toléré par Dieu, l’agneau viendrait tout seul auprès de l’homme pour se sacrifier. Est-ce le cas ? L’agneau fuit, l’homme le pourchasse jusqu’à ce qu’il lui tranche la gorge. Ensuite tu demandes : « Où irai-je après la mort ? » Tu iras auprès de saint Pierre qui te conduira à Dieu pour qu’Il se prononce sur tes œuvres. Il dira : « Donnez-lui deux sous et renvoyez-le ». Ce n’est pas une condamnation mais un constat. Chacun doit reconnaître ses erreurs et les corriger afin d’améliorer sa vie.

Les pensées, les sentiments et les désirs de l’homme sont des créatures vivantes qui ont une influence déterminée sur l’homme. Chaque pensée est vivante, il y a en elle un cœur et un esprit ; chaque sentiment est vivant, avec un cœur et une âme. Si vos pensées et vos sentiments n’étaient pas vivants, comment expliqueriez-vous le débat en vous ? Qui débat en l’homme ? Les sentiments et les pensées, avec le désir pour chacun de prendre le dessus sur l’autre. Les pensées sont des fils et des filles de la sagesse, porteurs de la nouvelle culture, ils sont enfants des Chérubins et des Séraphins, mais ils sont encore embryonnaires aujourd’hui. Tu dis : « mes pensées et mes sentiments. » Ils ne sont pas à toi, mais seulement tes locataires qui vont un jour donner leur avis sur toi. Ils tiennent les comptes de ta vie pour savoir combien d’agneaux et de cochons tu as mangé, et te tiendront responsable de tout. Tu diras alors : « Seigneur, suis-je le plus grand pêcheur ? » Puisque tu ne reconnaîtras pas tes erreurs, le Seigneur dira : « Appelez cette personne pieuse pour dire le bien qu’elle a accompli dans sa vie ». Tu diras que tu as donné un sou à une pauvre veuve pour t’en débarrasser et ne pas être dérangé. Le Seigneur dira : « Donnez-lui deux sous et renvoyez-le ». Voici ce qu’est la culture d’aujourd’hui. « Les gens sont mauvais. » Ils ne sont pas mauvais mais caractériels, ils se présentent comme ils ne sont pas. Qu’est-ce qui leur coûterait de planter partout des vergers, du blé, des légumes pour en avoir en abondance ? Vous direz qu’il y a de la nourriture carnée en abondance. Qui vous a donné le droit d’égorger les animaux ? « Ce sont des bovins, ils ne comprennent pas. » Ce n’est pas vrai.

Vous direz de quelqu’un qu’il est noble, haut placé, cependant son sang est complètement corrompu. « Pourquoi Dieu nous envoie-t-Il autant de châtiments ? » Il ne vous a même pas fait subir un millième des châtiments que vous méritez. Vous direz ensuite : « Le Christ est ressuscité ! » Pour vous le Christ n’est pas encore ressuscité. « Ce sont des propos hérétiques ! » Tous sont des hérétiques. Lorsqu’ils voudront aller au Ciel, ils n’y seront pas admis ; sur cent mille chrétiens un seul à peine peut approcher la porte du Royaume de Dieu. Le Seigneur dit à l’archange Michaël : « Va chez ces garnements sur terre pour leur infliger une punition telle qu’ils se rappellent ce que cause la transgression des grandes lois de l’existence ». Dans dix ou vingt ans les têtes des gens mûriront, c’est la volonté de Dieu. Il dit : « Je suis fatigué de vos mensonges et de vos égarements, je suis fatigué de vos bougies, encensoirs, je suis fatigué de vos mensonges, de votre hypocrisie ». Lorsqu’ils entendent cela, les diables en vous se disent : « Quelque chose de terrifiant nous attend ! » C’est terrifiant pour ceux qui n’accomplissent pas la loi divine et la volonté divine. Je ne crois pas en une loi écrite par les humains, je crois en cette loi écrite en vous-mêmes.

Aujourd’hui, tous les administrateurs et enseignants débattent s’il faut conserver ou non à l’école le catéchisme appelé loi divine[2]. Je demande : qu’est-ce qui a été obtenu par la suppression de cette matière pendant des années ? Nous n’avons pas besoin de Loi Divine mais de la loi de Dieu. Lorsque la loi de Dieu rentrera dans nos esprits, nos cœurs et nos âmes, nous aurons une compréhension juste de la vie. Il y a en vous des forces inconnues qui, une fois développées vous rendront maîtres des conditions extérieures et non pas leurs esclaves. Vous vous occuperez tous de travail physique seulement deux heures par jour, vous passerez le reste du temps dans la grande école divine de la vie. Le Christ dit au publicain : « Suis-moi. – Pourquoi ? – Pour t’enseigner le grand art de vivre. »

Il y a cinq ou six mille ans un grand roi régnait en Égypte ; il n’avait qu’une seule fille. Son malheur était que la bouche de sa fille était tordue. Pour quelle raison ? Je ne le dévoilerai pas, vous pouvez penser que telle était la volonté de Dieu. Peu importe la raison, l’important est qu’aucun médecin, aucun savant ne savait l’aider et la bouche de la fille du roi restait tordue. Finalement, le père s’est vu obligé de poser un masque sur le visage de sa fille pour dissimuler ce défaut. Ensuite, il l’a envoyée à Edem pour étudier chez un grand Maître, membre de la Fraternité Blanche. Selon les lois de cette Fraternité aucun membre n’avait le droit d’embrasser une femme aussi pure et sainte soit-elle. La fille du roi a longtemps étudié auprès de son Maître, mais elle portait toujours un masque sur son visage. Elle s’est sentie un jour si lassée de l’avoir qu’elle a décidé de le jeter et d’apparaître devant son Maître telle qu’elle était en réalité ; les gens agissent parfois de la sorte : lorsque leur bouche ou leurs yeux sont déformés, ils portent des masques pour le dissimuler. Lorsqu’il a vu le visage de sa disciple, le Maître a éprouvé une grande compassion pour elle. Il avait des connaissances pratiques lui permettant de gommer son infirmité à l’aide d’un seul baiser. Il était en proie à des sentiments violents : d’un côté son désir de l’aider et de l’autre son devoir envers les lois de la Fraternité Blanche dont la transgression le condamnait à un châtiment sévère. Après une longue lutte, sa compassion envers la fille du roi a pris le dessus, il a décidé de se sacrifier et l’a embrassée. Mécontente, elle a remis son masque et elle est revenue chez son père. Il lui a demandé pourquoi elle avait quitté ses études. La fille a expliqué à son père que le Maître l’avait embrassée. Le père a convoqué le Maître pour lui demander la raison de ce baiser. Celui-ci lui a expliqué les raisons de son acte. Il avait ainsi accompli son devoir envers autrui, mais sa mise à l’écart de la Fraternité n’a pas tardé non plus. Vous aussi, dans votre vie actuelle, vous vous retrouvez dans la situation de ce grand Maître, membre de la Fraternité Blanche.

« Suis-moi ! – Pourquoi ? – Parce que tu as fait du bien. » Donc, celui qui fait un bien quitte le péage. Dès que tu quitteras le péage, tu seras mis à la porte car tu ne peux pas être en même temps serviteur du monde et serviteur de Dieu : Dieu et le monde veulent être servis. Vous devez être des héros, non seulement vous approprier les nouvelles idées, mais aussi vous demander si vous êtes prêts à les retenir en vous. Vous vous approchez d’une femme, vous l’embrassez pour guérir sa bouche, mais elle ne guérit pas : qu’est-ce qu’il adviendra alors de vous ? Vous serez jetés en prison.

En Amérique, pendant une nuit très sombre, un homme noir a osé embrasser une femme. Arrivée sous la lumière, elle a vu que cet homme était un noir et l’a dénoncé aux autorités qui lui ont donné une amende de dix mille dollars. Dix mille dollars pour un baiser ! Je ne vous critique pas, ni vous ni la société ; la critique n’est pas une science, mais je dis : vous devez réparer vos torts ; vous devez savoir comment les réparer. Si tu es publicain tu ne peux pas servir Dieu, tu dois quitter le péage, l’ancienne vie de limitations. Tous les malheurs dans ta vie sont dus au publicain qui est en toi. Tant que tu souffres, tu es avec le publicain ; dès que tu cesses de souffrir, tu es avec le Christ. Tu renonces au péage, mais tu te languis ensuite de nouveau de lui et tu y reviens ; tu vas et tu reviens, tu ne peux pas y renoncer une fois pour toutes. Si tu renonces, cela doit reposer sur un principe intérieur profond : quitte le péage sans informer les gens, sans que cela soit écrit dans les journaux ; si les journalistes l’apprennent ils écriront qu’un tel a quitté le péage.

Le Christ dit au publicain : « Suis-moi ! » Je demande : quel est votre expérience du Christ en qui vous croyez depuis deux mille ans ? Vous dites qu’il est venu sur terre, qu’il a souffert, qu’il a été crucifié et qu’il a ressuscité le troisième jour ; vous attendez maintenant qu’il revienne une deuxième fois sur terre. Malgré tout cela vous n’avez pas le courage de quitter le péage !

Lorsque le Christ vous demande de Le suivre, vous répondez : « Seigneur, j’ai encore un peu de travail, mais lorsque tu repasseras, alors je Te suivrai ». Vous reportez ce travail d’un jour à l’autre et la vieillesse approchant, vous regrettez qu’il soit temps de partir de l’autre côté sans vous y être préparés. Lorsque vous irez auprès de Dieu, Il dira : « Donnez-lui deux sous et qu’il reparte ». Dieu ne se laisse pas tromper. Dieu ne vous accueillera pas si vous ne consacrez pas votre vie dès vos plus jeunes années à un travail noble : que toutes les créatures, êtres humains et animaux, poules et agneaux sachent que vous êtes des êtres humains, des disciples du nouvel enseignement. Si vous suivez le nouvel enseignement, les poules et les oies ne vous fuiront pas mais vous laisseront passer.

J’étais dans la cour hier et je réfléchissais à la causerie d’aujourd’hui. À un moment un chat est venu se rouler tranquillement sur le sol et jouer. Il s’est brusquement redressé, attentif aux bruits de pas dans la rue et s’est enfui ; peu après il est revenu. Je lui ai demandé : « Pourquoi t’es-tu enfui ? Ces gens ne sont pas dangereux. – Je ne crois pas qu’ils soient déjà disciples du nouvel enseignement. Combien de fois on a eu la fourrure écorchée à cause des femmes ! » Je lui ai dit : « Tu as raison d’avoir peur. »

Maintenant, cela vous semble risible que je puisse discuter avec le chat, mais c’est un fait, j’ai discuté avec lui. On peut parler avec les animaux. C’est vrai que leur langage est différent de celui des humains, mais je peux discuter avec eux et les comprendre.

« Suis-moi ! » La première chose demandée aux humains est qu’ils délaissent le péché dans lequel ils vivent. Tu dis : « Chaque année, j’égorge un agneau en l’honneur de saint Georges[3] ». Dis-toi : « Je vais déroger à la coutume cette année, je ne vais pas égorger d’agneau ». N’es-tu pas capable de renoncer à égorger des agneaux ? As-tu conclu un pacte avec quelqu’un pour égorger ? Tu dis : « Cette nuit, j’ai vu en rêve mon père décédé, il m’est apparu et m’a demandé de l’aider, je vais égorger un agneau pour la Saint-Georges, afin qu’il lui vienne en aide ». Les juifs faisaient la même chose, ils faisaient des sacrifices. Aujourd’hui le Seigneur dit : « Je suis fatigué de vos sacrifices, je suis fatigué du massacre d’agneaux et de poules ». Et saint Georges dit : « Je suis fatigué de vos agneaux, si je veux manger, est-ce que je vais compter sur vous ? » Les gens se justifient avec saint Georges : ils se régalent tout en plaidant qu’ils égorgent les animaux au nom de saint Georges et qu’il en est responsable. C’était la situation de Jacob qui travaillait chez Laban : toutes les brebis mangées par les loups étaient remboursées par Jacob. Si les humains sont malins, Dieu est intelligent ; Il les appellera en même temps que saint Georges et lui demandera : « As-tu voulu que ces agneaux soient égorgés en ton nom ? – Jamais, Seigneur ! » Vous serez poursuivis au tribunal pour un délit grave, sachez-le !

Tu peux égorger un agneau, mais quel agneau et à quel moment ? Égorger l’agneau, c’est le transformer, le faire passer d’un état inférieur à un état supérieur, d’une vie inférieure à une vie supérieure. Égorger une poule, c’est améliorer sa vie. En dehors de cela, l’égorger est un crime. Tout dans la nature se base sur la loi de la transformation : lorsque tu manges un fruit, le pépin t’implore de le planter dans la terre, il dit : « Ma chair est le salaire de ton labeur. » Je demande : est-ce que tu as planté la graine de la poule que tu as mangée ? Ce sont des symboles dont vous devez comprendre le sens caché.

Revenons à notre vie sociale. Vous demandez : À quoi sont dus les malheurs dans nos vies ? » L’une des principales raisons est le massacre aveugle de mammifères, les massacres et les exécutions arbitraires d’humains. Lorsque les âmes des tués vont dans le monde astral, elles créent des conditions de maladies nerveuses et de troubles entre les gens. Vous dites que vous exécutez le truand, un spécimen dangereux pour la société ; vous ne savez pas qu’une fois désincarné il devient plus dangereux que lorsqu’il était dans son corps : il se déplace désormais librement entre les individus poltrons pour leur instiller un sentiment de vengeance. Aujourd’hui les gens soulèvent la question de la pertinence de la peine capitale ; selon la loi divine, les châtiments mortels ne sont pas tolérés. Tant que les gens se battent et se punissent, ils doivent savoir qu’ils agissent comme des humains, selon l’ancienne culture ; lorsque viendra la nouvelle culture, elle sera fondée sur de tout autres principes, différents des anciens. Je n’ai pas le droit d’intervenir dans la vie des cochons, dans leur manière de labourer le sol, c’est leur affaire, je ne suis pas leur surveillant ; il y a des raisons pour que le cochon laboure le sol, il cherche de la nourriture ; vous dites : « Allons attraper ces cochons dans la forêt ! » C’est la même chose que le truand qui dévalise les gens. Vous direz qu’il est permis d’égorger des agneaux et des cochons, des poules et des oies. Le truand dit la même chose. Pourquoi ? Parce qu’il peut te dévaliser de manière légale et de manière illégale. Ce n’est pas une culture, ce n’est pas l’enseignement du Christ, le Christ dit à tous de vivre selon les lois de la sagesse. Il dit que les mères et les pères peuvent redresser le monde naturellement : la mère doit insuffler des pensées et des sentiments nobles à ses enfants. Si vous voyez qu’on tue quelqu’un, sachez que le meurtre n’est admis dans aucun livre sacré. Si vous voyez qu’on tue quelqu’un, que tous se lèvent et crient d’une seule voix : « Cet homme doit vivre ! »

On attend le Christ depuis deux mille ans et encore aujourd’hui. Mais avant qu’il ne revienne, des nuages de poussière jamais vus sur terre se soulèveront. Un nettoyage général sera fait sur terre car la Pâque qui approche sera indescriptible. C’est dans l’ordre des choses. Que devient la vigne lorsqu’elle est taillée par le vigneron ? Elle se met à pleurer. Quels sarments pleurent ? Les bien portants. Le sarment qui ne pleure pas est desséché, le vigneron le coupe et le jette dans le feu. Je demande s’il arrive parfois à un individu de pleurer pour quelqu’un d’autre. Il pleure, donc il est bon. J’ai de la compassion pour celui qui ne souffre pas et ne pleure pas : il vit dans les plaisirs. Aucun plaisir n’est toléré maintenant : que nous finissions une fois pour toutes avec les plaisirs et que nous disions : « Tous au travail ! » Vous dites : « Lorsqu’Il viendra sur Terre, le Christ relèvera le monde ». Les lois sur terre sont bonnes, mais elles doivent s’appliquer ; si personne ne les applique, comment le monde se redressera-t-il ? Combien de civilisations prospères ont décliné à cause du fait que personne n’appliquait les lois. «Est-ce de notre faute ? » Je ne dis pas que vous êtes coupables de tous les péchés du monde, vous n’êtes coupables que de vos péchés. Si quelque part parmi vous se dissimulent la première Ève et le premier Adam, nous les traînerons au tribunal en tant que responsables du péché sur terre.

Vous entendez souvent parler de la religion du Christ ; le Christ n’a pas apporté de religion, il a apporté un grand enseignement divin, applicable sur terre. Son enseignement est pour la terre et non pour le Ciel. Le Christ a montré aux gens comment ils peuvent vivre de façon divine selon les lois du monde matériel. Celui qui vit à la façon de la terre, ne peut vivre dans le monde divin ; celui qui vit de façon divine peut demeurer sur la terre comme au Ciel. Vous direz que c’est une contradiction : qu’est-ce qui est exempt de contradictions ? Lorsque je parle, je redresse la tête ; ce n’est pas naturel, mais je le fais pour avoir une diction musicale, avec une tonalité claire et pure. Les pensées que je vous expose sont vécues et éprouvées, elles sont absolument pures : je n’ai pas le droit de vous exposer la moindre pensée impure. Vous êtes comme les gens pauvres qui attendent tout des riches, mais ne reçoivent rien s’ils se retrouvent parmi eux. Vous dites : « Les riches ne donnent rien » ; ne comptez pas sur leur charité, n’attendez après la charité de personne. La première chose à faire aujourd’hui est de renoncer à l’aumône : ne comptez pas sur elle. Si tu veux quelque chose de quelqu’un, propose-lui ton travail, dis : « Je maîtrise l’art de jouer et de dessiner, je sais aussi coudre, labourer, je peux faire tout ce dont tu as besoin ». Dès que tu auras accompli un travail, tu seras rétribué pour lui. Vous dites : « Il faut aider ce pauvre bougre. » Il n’est pas pauvre, c’est un acteur sur scène, c’est le rôle qui lui est attribué. À mon avis les pauvres d’aujourd’hui sont les aristocrates d’antan qui ont vécu dans l’opulence et qui sont déchus ; aujourd’hui, ne sachant pas travailler, ils sont dans la rue en attendant que leurs serviteurs passent et leur donnent quelque chose ; si on leur donne peu, ils ne sont pas contents et maugréent. J’ai expérimenté cela avec les mendiants : je passe à côté d’un mendiant, je lui donne dix centimes ; avant de voir ce que je lui donne, il est reconnaissant, mais quand il aperçoit les dix centimes, il maugrée et bougonne ; je reviens sur mes pas, je lui donne plus d’argent, il me bénit. Aujourd’hui, tout le monde bénit pour de l’argent. Je veux que vous tous qui m’écoutez connaissiez plusieurs métiers. La femme veut que son mari lui achète une nouvelle robe, des chaussures, un chapeau, mais elle-même ne travaille pas et attend après sa servante. Avant d’exiger quelque chose de son mari, la femme doit avoir nettoyé la maison, cuisiné, cousu une nouvelle chemise, tricoté des chaussettes ; elle peut alors dire qu’elle a besoin d’une robe ou de chaussures. Le mari aussi doit d’abord s’occuper de l’entretien de la maison et ensuite attendre de recevoir quelque chose. La façon dont vous vivez aujourd’hui repose sur une compréhension déformée du christianisme ; c’est pour cette raison que vous ne pouvez pas attendre la bénédiction du monde invisible. C’est pour cela qu’il y a tant de maladies et de malheurs dans notre vie ; lorsque je fais mes observations psychologiques, je mets en évidence les facteurs qui avilissent les sociétés.

Le Christ dit : « Suis-moi ! » Quitte le péage, ne récolte plus d’impôts, celui qui veut servir Dieu ne doit récolter aucun impôt. Récolter des impôts est un ancien enseignement ; celui qui vit selon la loi Divine[4] peut récolter des impôts, mais celui vit selon la loi de Dieu ne peut en aucune manière récolter d’impôts. Je demande à quelqu’un : « Selon quelle loi vis-tu ? – Selon la loi Divine. » Alors tu as le droit de prendre et de donner. Si tu demeures dans la loi de Dieu il faut maîtriser des arts et des métiers et ne pas récolter d’impôts. « Comment puis-je apprendre cette grande loi ? – En suivant le Christ. » Je dis : vous pouvez dès maintenant vivre de façon divine. « Quelle preuve aurons-nous de la vie divine ? – Aucune, tu planteras la graine et tu attendras qu’elle pousse. » Il suffit que l’homme n’ait aucun doute sur le Divin et qu’il soit pénétré de l’envie sincère de trouver la vérité.

Ne vous occupez pas de moi, d’où je viens, qui je suis, etc. On dit : « C’est toi qui a été nommé pour ce travail ? » Si ce n’est pas moi, ce sera un autre : on trouvera toujours quelqu’un pour prôner le Verbe divin. Lorsque le Christ est venu sur terre, a-t-il convaincu les juifs de la vérité, ont-ils accepté son enseignement ? Ils ne l’ont pas accepté. Les bogomiles ont-ils convaincu les gens du bien-fondé de leur enseignement ? Ils n’ont pas réussi non plus. On se demande qui sont les bogomiles. Tous les gens qui portent des idées bonnes et lumineuses sont des bogomiles : ils sont porteurs de la nouvelle culture. Celui qui ne le sait pas dit que les bogomiles pervertissaient le peuple. Non, ils redressaient le monde. Le Christ aussi était bogomile et il a été crucifié pour son enseignement bogomile. Aujourd’hui, tous les chrétiens, tous les peuples se cachent derrière l’épitaphe de ce Bogomile[5]. Pourquoi ? Parce qu’elle les nourrit. Un verset de l’Évangile dit : « Vous me vénérez avec vos lèvres, mais votre cœur est loin de moi[6]. » Ils le vénèrent avec les lèvres parce qu’il les nourrit.

J’ai déposé une réclamation contre les Bulgares, ils ne vont pas fuir leurs responsabilités cette fois-ci. Je suis droit et sincère et je ne peux plus cautionner l’hypocrisie des gens. J’exposerai cette fois la vérité comme personne ne l’a fait auparavant. Lorsque j’exposerai la vérité, il n’y aura plus de prisons et de potences dans le monde, ni de prolétaires et de bourgeois, la fraternité régnera partout et les gens travailleront sur leurs vertus. Le temps nous montrera si c’est vrai ou non. Celui qui croit, qu’il croie, cela m’est égal que vous croyiez ou non. Lorsque viendra la nouvelle époque, vous comprendrez que c’est la loi de Dieu et non pas la loi Divine.

Revenons au Christ vivant. Il y a des gens hors de l’Église qui ont compris le Christ vivant mieux que ceux qui sont dans l’Église. Les gens de l’Église sont droits en intelligence mais fourbes en cœur alors que ceux à l’extérieur de l’Église sont droits en cœur mais tordus en intelligence. Nous avons décidé de marier les droits en intelligence et les fourbes en cœur avec les tordus en intelligence et droits en cœur : c’est ce processus qui entamera la nouvelle culture. Lorsque tu rencontres ton frère, dis-lui : « Frère, ton intelligence est tordue et ton cœur est droit ; mon intelligence est droite et mon cœur fourbe : entreprenons ensemble un travail, nous allons accomplir quelque chose tous les deux ». C’est ce que l’enseignement du Christ exige de tous, de tous les peuples. Le publicain que le Christ a appelé au péage avait une intelligence et une compréhension tordue, mais un cœur droit, c’est pourquoi il a quitté le péage pour suivre le Christ.

Le nouvel enseignement ne doit pas faire de bruit autour de lui. Nous ne sommes pas venus pour désherber, il y en aura d’autres qui se chargeront de désherber et d’aérer le sol. Nous planterons des graines dans ces pâturages et les ferons pousser tranquillement et paisiblement pour qu’ils se développent ; tout le monde doit bien le comprendre. Ne songez pas à un paradis, laissez de côté votre compréhension erronée sur le paradis. Le paradis que vous cherchez est en vous-mêmes : vous pouvez l’obtenir à tout instant. Si vous entrez au paradis sans être préparés, vous ne pourrez pas supporter sa lumière, elle vous sera insupportable. Que fera notre chien s’il est laissé dans une grande salle éclairée et spacieuse au milieu d’un concert ? Il va être inquiet et se mettra à aboyer. Ce sera votre propre situation si vous entrez dans l’autre monde sans préparation, plongés dans le grand silence, pour écouter la musique divine.

Si je vais plus loin dans mes explications, je vais vous accuser vous et moi-même. Je traite maintenant devant vous une question comme si vous étiez coupables des souffrances du Christ. Je m’exerce sur vous comme sur des cibles pendant un exercice militaire. Vous m’excuserez pour cela, mais sachez que je comblerai tous les trous que je ferai ; je soignerai toutes les blessures que je causerai. Je vous considère comme des cibles vivantes : il y a derrière vous des forteresses où se cache l’ennemi : je vise ceux qui sont dans la forteresse. Vous devez tous apprendre cet art.

« Suis-moi ! » Ces mots s’adressent aux chrétiens contemporains. S’ils croyaient dans le Christ et s’ils appliquaient son enseignement, tous diraient lorsqu’il est question d’une guerre : « Nous ne voulons pas combattre, c’est ce qu’exige notre Maître ! » Qu’ont fait les chrétiens ? Tous sont partis se battre et implorer le Seigneur de les soutenir et de renforcer leurs armes, et ce sont des gens pieux ! Le Christ dit : « Mes disciples n’ont pas pu réussir leur premier examen ». Les juifs des premiers siècles ont réussi leur examen, mais ceux des siècles suivants n’ont pas pu, ils ont tout perdu. Maintenant le Christ doit descendre de nouveau sur terre pour redresser la situation. Si le Christ ne descend pas, les humains s’extermineront comme des chiens : ils s’égorgeront et se pendront jusqu’à ce que la terre soit empoisonnée ; les humains se contamineront les uns les autres jusqu’à ce qu’ils s’exterminent entièrement. Il est temps pour une nouvelle culture dans le monde. Pour éviter le mal qui vient sur terre, je répète : « Le Christ doit descendre de nouveau parmi les humains. Je vois que vous fuyez tous le front, mais je vous demande : êtes-vous prêts à y revenir – Nous sommes prêts. »

Certains veulent me chasser de Bulgarie, mais il m’est ordonné de parler et je parlerai. Que chacun se le dise : quand bien même toute l’humanité s’insurgerait contre moi pour me chasser, elle ne pourrait me déplacer d’un seul millimètre. Je ne suis pas venu sur terre pour m’enfuir. Je peux aussi me rendre invisible, mais alors ils feront face à une autre puissance. Des millions de créatures viendront après moi, avec leurs épées, elles emporteront tout, il ne restera pas un seul Bulgare fortuné en Bulgarie. Voilà ce que le Seigneur dit, ce que le Ciel dit. Ne vous leurrez pas en imaginant qu’il y a encore du temps. Vous devez être tous honnêtes et justes. Je veux trouver ces Bulgares honnêtes, justes et nobles qui ne volent pas, ne mentent pas, ne médisent pas ; ce sont les Bulgares bons et bien portants. Je vais laver les pieds de ces Bulgares, je leur donnerai un festin et je les appellerai frères.

Aujourd’hui, tous sont assis et disent : « Rien de mal n’arrivera ». Non, personne n’échappera au Seigneur. Une grande responsabilité incombe au clergé, tous seront jugés pour leurs crimes selon les règles et les lois de la Fraternité Blanche. C’est ainsi que s’exprime le Seigneur vivant que je sers et ils vérifieront Ses paroles.

Beaucoup disent qu’ils aiment le Seigneur ; ils n’aiment personne ! Je dis : par leurs actes les gens ont déshonoré le nom divin, l’amour divin et la fraternité sur terre. C’est la débauche, la lèpre dans le monde, le péril qui apporte des maladies organiques. Et après tout cela, on ose prêcher pour le Christ, on ose dire le Christ est ressuscité. Cette année, les Bulgares se rappelleront qu’il n’y aura pas pour eux de Christ est ressuscité, je ne leur donnerai pas d’œuf rouge. L’œuf rouge sous-entend la vie divine. Les Bulgares doivent accueillir parmi eux tous les souffrants, tous les éplorés, et les rassasier.

Aujourd’hui, le Christ a ressuscité. Pour qui ? Les pauvres disent que le Christ n’est pas ressuscité, les veuves aussi. Et on dit que je trompe le peuple. Non, mes frères, je ne trompe personne, c’est vous qui êtes égarés, et moi je dis la vérité. Le Seigneur veut que vous vous redressiez, que vous soyez courageux, décidés et prêts à vous sacrifier pour votre idéal, à sécher les larmes de vos frères, de l’humanité affligée.

Au lieu de vous pourchasser et de vous persécuter, faites ce que Dieu exige de vous. Qu’un tel soit communiste et un autre, libéral, faut-il pour autant qu’ils se persécutent ? Les communistes veulent la fraternité et l’égalité, ils ont une bonne idée, ils travaillent bien. Qu’ils emploient le bien en eux et aussi le bien des partis bourgeois. On dit que certains d’entre eux tuent le peuple. Où est ce peuple ? Lorsque le peuple commencera à parler, ce sera terrifiant. Lorsque tous les peuples commenceront à parler, il y aura des pleurs, des lamentations et des grincements de dents. N’attendez pas que tout le corps se décompose ; si on atteint le moment du pourrissement complet, le plus grand mal adviendra dans le monde. Pour que ce mal ne vienne pas, le Christ dit : « Quittez votre péage, et suivez-moi ! Nous ne voulons pas de pleurs, que les enfants restent à la maison, mais que ceux qui peuvent appliquer me suivent ! » « Attendons encore un peu, arrangeons notre vie ! » Vous ne l’arrangerez jamais. Vous devez arranger votre intelligence, votre cœur et votre volonté : c’est le seul moyen de vous entendre comme des frères.

Appliquez le nouvel enseignement dès maintenant. Je ne vous juge pas, mais je vous dis de le faire avant que ne se produise tout ce que je viens de vous décrire. Lorsque quelqu’un casse la cruche, je ne le bats pas, mais je ne l’envoie pas chercher l’eau une seconde fois. Soyez courageux comme l’américain qui est passé au-dessus des chutes du Niagara sur une corde. Il les a traversées à l’endroit le plus large, environ un kilomètre ; il avait une longue perche dans les mains pour garder l’équilibre ; il les a traversées une seconde fois avec quelqu’un sur le dos et une troisième fois, tout seul mais sans la perche. C’est un véritable héros, il faut pour cela un grand sang-froid. Le monde est une mer déchaînée et si vous ne la traversez pas, vous n’êtes pas faits pour ce monde.

Certains me conseillent de ne pas parler pour éviter d’être chassé. Je dis : si le Christ qui était si grand, si savant, si intelligent et noble a pourtant été tellement pourchassé, que reste-t-il pour moi ? « Ils vont médire à ton encontre. » N’ont-ils pas médit sur le Christ ; le Christ ne l’a pas évité et je ne l’éviterai pas non plus. Lorsque je dis la vérité divine, je n’ai peur de rien. Je vois les choses comme personne ne les voit ; il suffit que quelqu’un vive une année avec moi pour apprendre plus que s’il ne faisait que m’écouter. Beaucoup viennent auprès de moi dans l’idée de me coincer sur quelque chose et de me critiquer, ils disent : « Voyons ce qu’il dira ». Je ne veux rien dire. Je suis si riche intérieurement que je peux tout porter ; il n’y a pas de difficultés et de souffrances que je ne puisse pas supporter, je ne crains rien. Le tourment est un jeu pour moi, on ne peut pas me tourmenter ; il me suffit de donner un coup de pied à ceux qui s’y essaient pour les envoyer loin de moi. Seul celui qui est plus fort que moi peut me tourmenter. Aujourd’hui personne ne peut tourmenter le Christ car il est un million de fois plus fort que jadis. Aujourd’hui le Christ ne peut pas être crucifié, tous doivent le savoir ! Ils disent : « Nous te crucifierons ! » Que crucifierez-vous ? Pensez-vous qu’en meurtrissant mon corps, vous m’éliminerez ? Je ne vis pas dans mon corps, mon corps est un masque. Lorsque je quitte mon corps je deviens dangereux ; tant que je suis dans mon corps, tant que j’ai une propriété, je ne suis pas dangereux, mais je le deviens dès que je sors de mon corps.

Le Christ est venu sur terre pour apprendre aux hommes à vivre selon la loi divine, car la vie nouvelle repose sur la vie divine. On dit : « Vivons un peu, car nombre de tourments et de souffrances nous attendent ». Ne vous leurrez pas, il n’existe dans le monde ni tourment, ni souffrance, ni mort : ce sont des états passagers. Ne pensez pas que je prône une quelconque religion, que le Seigneur m’en préserve. Je prône un enseignement divin sur lequel sera fondé le régime social futur ; cet enseignement s’appuie sur les commandements intelligents de la nature, il traite les questions de l’éducation et de l’auto-éducation et des rapports de l’homme à la femme et de la femme à l’homme. L’enseignement divin n’est pas nouveau, je ne l’expose pas maintenant, je ne fais qu’une traduction du grand livre de la vie.

Qui est l’homme d’aujourd’hui ? Le publicain. Le Christ passe à côté du péage de tous les hommes et de toutes le femmes et dit : « Quittez votre péage et suivez-moi ! » Vous dites : « L’affaire est sérieuse, le temps est-il venu, sommes-nous prêts, avons-nous suffisamment de connaissances, saurons-nous passer l’examen, qu’adviendra-t-il de nous si nous échouons, que dira l’opinion publique de nous ? » La question n’est pas ce que diront les autres, l’important est de savoir si tu es prêt à quitter le péage. Nous avons besoin seulement de deux personnes, un homme et une femme ; il suffit qu’ils soient prêts à quitter le péage et à suivre le Christ. Dieu n’a-t-il pas créé deux personnes, Adam et Ève : tous les êtres sur terre descendent d’eux. C’est dommage que le Christ n’ait pas encore trouvé deux personnes prêtes à s’unir au nom du Christ et à le suivre.

Le Christ dit : « Quitte le péage et suis-Moi ! » Si tu le décides, quitte-le sans en parler à personne. Si tu comptes dire à ta mère et à ton père que tu veux te fiancer, tu n’y arriveras pas : s’ils savent que tu te prépares à la noce, tu finiras enchaîné. Tu ouvriras la fenêtre un soir et tu sauteras. Celui qui veut se marier sera enchaîné. Il faut juste te fiancer, rien de plus ! Aujourd’hui, il faut se fiancer et non se marier à l’ancienne.

« Quitte le péage et suis-moi ! » Si aujourd’hui le fonctionnaire se permet de quitter son service, ne sera-t-il pas sanctionné ? Il sera non seulement sanctionné mais tout bonnement licencié. Aujourd’hui c’est Pâques uniquement pour celui qui a décidé de quitter le péage et de se fiancer avec le Christ. Pour les autres, Pâques n’est pas encore aujourd’hui, pour eux Pâques est encore à venir.

Que ceux qui m’écoutent et me comprennent maintenant, ne déforment pas mes propos. Considérez mes propos au sens littéral d’abord pour vous-mêmes, et ensuite pour les autres. Utilisez-les comme votre âme les comprend. Soyez fidèles à votre âme et à votre cœur, à votre esprit et à votre intelligence ; soyez fidèles au principe saint qui habite en vous, c’est le seul moyen d’avoir des liens d’entente entre nous. Je remarque de l’hésitation, de la peur en vous, vous n’êtes pas encore des héros. Lorsque vous vous déciderez à quitter le péage sans peur et sans hésitation, vous serez de vrais héros. Celui qui se décide à quitter le péage sera un héros, un géant, heureux et content de tout ; de nouvelles pensées et des idées neuves couleront en lui et un jour il rajeunira et dira : « Dieu soit loué, j’ai quitté le péage ! » Tu dis : « J’ai vieilli, je me suis courbé avant l’heure, pourquoi cela ? » Parce que tu n’as pas encore décidé de quitter le péage. Quitte le péage pour te rajeunir, pour que la nouvelle lumière éclaire ton esprit.

Je terminerai maintenant ma causerie par une pensée que je ne peux pas exprimer : voyons qui parmi vous saura la saisir. Celui qui la saisit a trouvé la clé de toute chose. Lorsque l’esprit de la vérité viendra en vous, il vous dira quelle est cette pensée. C’est la plus grande pensée que quelqu’un puisse exprimer. Vous trouverez la forme de cette pensée et vous l’arrangerez comme elle est dans la gamme divine. Cherchez cette pensée chacun pour vous.

Ayez de l’amour pour tous. Pardonnez aux autres et soyez sévères envers vous-mêmes ; soyez miséricordieux envers les fautes des autres et excusez-les ; n’excusez pas vos propres fautes, mais corrigez-les selon toutes les règles, c’est le seul moyen d’être absous pour une faute. C’est ce qu’exige l’enseignement divin.

Le ciel clair est serviteur de la lumière du soleil.

Le temps calme est serviteur de la chaleur du soleil.

Les gouttes de rosée sont servantes de l’herbe douce.

L’amour divin est serviteur des cœurs humains.

Sofia, 11 avril 1920

Traduit par Bojidar Borissov


[2] Loi Divine – c’est l’appellation en Bulgarie à cette époque de l’enseignement du catéchisme en classe élémentaire et secondaire

[3] La fête orthodoxe de Saint Georges – le 6 mai – est traditionnellement le moment où on mange de l’agneau.

[4] Loi Divine était le nom de la matière scolaire d’étude du catéchisme orthodoxe, inscrite aux programmes d’éducation jusqu’en 1944.

[5] Bogomil – prêtre bulgare orthodoxe qui a fondé le mouvement bogomile hétérodoxe au Xème siècle

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