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1919_05_11 La lampe du corps


Ani
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La lampe du corps

« L'œil est la lampe du corps.

Si ton œil est en bon état,

tout ton corps sera éclairé »[1]

Matthieu 6 :22

Qu’entendait le Christ par les mots : « L’œil est la lampe du corps » ? D’après la vision d’aujourd’hui, l’œil ne peut pas être une lampe du corps. Le Christ met une idée profonde dans ces paroles. Ceux qui n’ont pas étudié la structure de l’œil comprennent mal sa nature. Je dis que pas même une millième de la structure de l’œil n’est encore explorée et si j’essayais de décrire l’œil, je rentrerais en conflit avec tous les savants du moment. La première fonction de l’œil est de concentrer et de disperser les rayons : il les concentre de l’extérieur vers l’intérieur et il les disperse de l’intérieur vers l’extérieur. Si ce processus change dans la vie, s’il se met à concentrer les rayons de l’intérieur vers l’extérieur et de les disperser de l’extérieur vers l’intérieur, alors une dysharmonie nait dans l’esprit humain. Vous avez deux yeux et vous me demanderez donc : « De quel œil parle le Christ, le droit ou le gauche ? » En réalité, le Christ ne dit pas : « Si tes yeux sont lumineux », mais il dit : « Si ton œil est pur ». On voit ici que le Christ mentionne un seul œil qui est à l’intérieur, au centre du cerveau. Cet œil n’est pas ce qu’on appelle la glande pinéale, je l’appelle l’œil de l’âme.

Le Christ utilise le mot œil au sens unitaire, comme un principe commun qui englobe tout en lui. Lorsque nous parlons de Dieu, nous comprenons l’unité qui englobe tout en elle ; lorsque nous parlons de cette unité fractionnée, multipliée, nous comprenons toutes ses manifestations dans le monde. Les gens interprètent cette pluralité différemment : les érudits l’appellent des lois, des causes, des conséquences, une évolution, des pensées, des ressentis, etc. Le Christ dit que l’œil intérieur est en même temps le soleil de l’être humain, et lorsqu’il perd son soleil, il meurt. Autrement dit, si on est frappé de cécité spirituelle, on meurt, alors que si on recouvre la vue spirituellement, on revit. La justesse de cette pensée est visible dans les paroles du Christ : « Ceux qui entendront la voix du Fils de l’Homme, ressusciteront »[2]. Il peut vous sembler curieux qu’il ne soit pas dit : « Celui qui entendra la voix de Dieu, ressuscitera », mais qu’il soit dit : « Celui qui entendra la voix du Fils de l’Homme » : le Fils de l’Homme est la voix de la Sagesse. Cette résurrection n’est pas celle qu’entend l’Église, c’est une Résurrection par laquelle on acquiert des connaissances pour comprendre les lois qui gouvernent le monde et développent la vie.

La pensée de la société contemporaine est unitaire et collective. La vie a commencé par la formation de l’œil : lorsque le Seigneur a créé l’homme, Il a d’abord fait l’œil et ensuite l’homme lui-même. Quelqu’un peut le contester, mais je vous le prouverai : avant que la mère enfante, on prend des mesures pour ranger la maison, chauffer les pièces si c’est en hiver, etc., donc ceux qui disent que l’on peut vivre sans œil, soutiennent qu’il n’y a pas d’intelligence dans la nature. Entre l’œil spirituel et le cœur il existe un lien étroit : le cœur humain correspond à cet œil, ce n’est pas une simple théorie, mais des affirmations qui peuvent se vérifier tous les jours en pratique.

Celui qui n’est pas dans le droit chemin a une vie remplie de souffrances et de malheurs. Si quelqu’un veut savoir pourquoi nous souffrons, je dirais que les souffrances sont le résultat de nos contradictions vis-à-vis de l’œil spirituel. Le Christ dit : « Si ton œil est pur, tout ton corps sera éclairé », en effet, si notre œil est pur, nous verrons tous les objets. Souvent nos yeux s’abîment à cause de la nourriture que nous acceptons : si la nourriture n’est pas saine, elle corrompt le sang et le sang corrompu abîme les yeux et il faut avoir recours à des opérations. Pourquoi ? Parce que notre vie ne s’est pas conformée aux commandements divins. De même que des dépôts se forment dans l’œil physique, de même des dépôts se forment dans l’œil spirituel et engendrent des souffrances pour l’individu comme pour la famille, la société, le peuple et toute l’humanité. Mais quelqu’un dira : « Le Seigneur nous sauvera », tout le monde parle de salut. Le Seigneur n’a pas à nous sauver, puisqu’Il nous a déjà créés sauvés, il est risible de prétendre que le Seigneur nous sauvera. Lorsque nous disons que nous voulons nous sauver, cela montre que nous échappons au salut divin qui nous entoure. Qu’est-ce que le salut ? C’est une vie lumineuse d’ordre et de maîtrise. Mais si nous en sortons, nous ne serons plus sauvés par le Seigneur, mais par les humains, alors nous ne naîtrons pas de Dieu, et lorsque nous commettrons beaucoup de péchés, nous serons obligés de nous réincarner en chair et en os : vous allez tourner alors autour d’une femme ou d’un homme pour les implorer de vous sauver, c’est-à-dire de vous créer un nouveau corps, mais ce sera seulement un préalable au salut. Lorsque vous vivrez quelques années ici sur terre, vous irez de nouveau dans l’espace où vous passerez un certain temps avant de revenir ici, sur terre. Le Fils de l’Homme te parlera et te dira : « Je t’ai créé un nouvel œil, sois attentif cette fois-ci à ne pas le corrompre ».

Je veux que vous fassiez une analogie avec la vie d’aujourd’hui pour voir ce qui resterait de vous si on jetait toutes vos enveloppes. Certains disent : « Nous mourrons ». Vous mourrez et puis vous revivrez. La noix qui est sur l’arbre a beaucoup d’enveloppes, mais lorsqu’elle mûrit et tombe, elle rejette sa première tenue, et lorsqu’elle est plantée, elle rejette aussi ses autres tenues pour germer et revivre. Se débarrasser de ses tenues ne signifie pas mourir, mais prouve que l’on se trouve plus près de la vie. Ainsi, je définis la vie de deux façons : la vie physique fluctue et évolue sans cesse alors que la vie spirituelle évolue sans fluctuer. Celui qui fluctue et évolue se trouve dans le champ du transitoire, de la chair, alors que celui qui évolue sans fluctuer est dans le champ de l’esprit. Vous direz : « Comment est-ce possible d’évoluer sans fluctuer ? » Imaginez que je suis un personnage important qui doit rencontrer plusieurs personnes dans la journée : je serai contraint de m’habiller et de me déshabiller à plusieurs reprises avec des tenues différentes selon les personnes que je dois rencontrer : le matin, je mets un costume noir, un chapeau et des gants noirs ; après ce rendez-vous j’en ai un autre l’après-midi avec quelqu’un de moins important, alors je mets des vêtements blancs, un chapeau blanc et je ressors ; celui qui me croise ce jour-là, demandera : « Qui est ce monsieur qui arbore des tenues différentes plusieurs fois par jour ? » C’est le monsieur avec une multitude de tenues qui évolue sans fluctuer. C’est une propriété de l’esprit humain d’évoluer mais de ne pas fluctuer. Mais si nous entrons dans cet état où nous changeons dans notre for intérieur, alors nous perdons notre individualité, nous perdons ce que nous avons gagné, j’appelle cela la loi de la chute.

Les rayons qui se projettent en tant qu’énergie sur la terre y restent de longues années jusqu’au jour où ils retournent chez le père qui les a engendrés. Pourquoi ces rayons sortent-ils de Dieu ? Parce qu’ils ont aussi péché. S’ils n’avaient pas péché, vous ne ressentiriez pas cette brûlure, mais une douce lumière et une chaleur agréable. Ainsi ces rayons, une fois tombés sur la terre, aussi lumineux qu’ils soient, ont aussi péché. Ces rayons sont vivants même si vous vous étonnez que la lumière puisse vivre ; je vous laisse résoudre cette question. L’être humain est en soi un rayon divin. La biologie moderne décrit les stades que les humains ont franchis pour devenir ce qu’ils sont : ils ont passé par beaucoup de transformations, leurs cellules ont subi beaucoup de divisions pour continuer d’évoluer, et obtenir leur forme ultime ; tout cela se fait sous l’impulsion de cette lumière vivante.

Si vous analysiez en détail le développement des humains, vous verriez le coût de cette mécanique, la cherté des matériaux qui constituent leurs corps et alors vous ne commettriez plus jamais l’erreur d’avoir une seule mauvaise pensée, un seul mauvais désir ; il n’y a pas d’illusion plus grande que celle de croire que l’homme n’entrave pas son salut s’il commet des péchés. En quoi consiste le péché ? En ce que nous réfléchissons aux moyens de tirer profit des choses acquises pour notre bonheur, mais ce faisant nous nous contraignons et choisissons la jalousie pour compagne. Tous les chrétiens des différentes tendances veulent de la liberté, de l’argent, vivre aux dépens des autres. Eh bien, la Révolution française du début du dix-neuvième siècle a donné la liberté aux peuples, mais de quelle liberté disposent-ils aujourd’hui, peut-on appeler cela la liberté ? Nous parlons de liberté parce que la femme a pu profiter d’une meilleure éducation intellectuelle, qu’elle occupe une meilleure place dans la société, etc., mais quelle est l’évolution pour l’humanité en deux mille ans ? Elle est égale à un cinquante millionième de millimètre, voici le résultat de l’activité soutenue de toute l’humanité. En le sachant, calculez votre contribution dans ce développement global : élevez ce chiffre à la puissance dix et vous trouverez ainsi le coefficient de votre conscience, de votre degré de civilisation et de votre développement. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons analyser les choses divines.

Ce soleil, c’est-à-dire l’estomac divin du logos solaire comme le nomment les théosophes, nous illumine et nous donne la chaleur. Chacun a son soleil qui, selon la même loi, se trouve en l’être humain au moment de son lever ou de son coucher. Il arrive parfois, en plein hiver à l’extérieur, que votre soleil intérieur soit au printemps ; parfois il fait chaud sur le plan physique, mais votre soleil ne correspond pas et vous ressentez le froid. Ceci peut s’expliquer diversement : parfois vous n’êtes pas bien disposés, je dis alors que votre soleil n’est pas à sa place ; parfois il y a des tâches sur votre soleil comme sur le soleil physique ; comment les expliquer ? Les scientifiques modernes expliquent qu’une couche noire s’est formée jadis à la surface du soleil, qu’il a perdu toute sa chaleur, ce qui a causé la période de glaciation sur la terre. Je ne l’affirme pas, ce sont des théories scientifiques ; selon eux un changement est survenu sur le soleil, son enveloppe extérieure s’est fissurée. Il a commencé son activité contemporaine, des déluges sont survenus et le monde d’aujourd’hui s’est formé, c’est-à-dire le déluge a été la conséquence de la fonte des glaciers. Vous vérifierez cela dans le futur.

Le Christ dit que l’œil est la lampe de ton corps, et si ton œil est pur tout ton corps sera lumineux. Lorsque le Christ dit que ton corps sera lumineux selon la pureté de ton œil, il comprend qu’il y a en toi cette vie divine qui te donnera toutes les possibilités de te développer et de ne pas te montrer vaniteux. Les gens d’aujourd’hui sont comme de petits insectes : ils se croient érudits et puissants ; quelqu’un a le portefeuille bien garni, il résout d’importantes questions, mais s’il perd son argent, il perd toute sa force ; quelqu’un d’autre critique avec son petit cerveau tout ce que Dieu a créé et dit que ceci ou cela n’est pas bien fait et prétend que ses propres agissements le sont. Savez-vous la taille en longueur et en largeur du territoire de chaque Bulgare, c’est-à-dire de sa tête ? Tout au plus vingt et un centimètres en longueur et seize centimètres en largeur ; voici avec quelle grandeur d’esprit le Bulgare veut réorganiser tout le régime sociétal et pénétrer tous les secrets ! Cela concerne tous les humains, pas seulement les Bulgares. De quoi meurent-ils ? Du peu d’intelligence, du peu de nourriture, du peu d’air, du peu de sang.

Par le mot sang je désigne la vie divine ; avoir du sang, c’est avoir cette vie divine pure et immaculée qui ne doit être ni amère ni sucrée. Dans la vie, les rapports sont ainsi : si un individu est amer dans une vie, il sera sucré dans l’autre ; s’il est sucré dans cette vie, il sera amer dans l’autre. J’assimile la chaleur à l’affection sur un plan spirituel, la lumière, à la vérité et l’air, à la pensée humaine : comme l’air pénètre les poumons, oxygène le sang et le purifie, par la même loi les pensées pénètrent le cerveau et purifient les désirs humains ; les désirs sont le sang. Si nous appréhendons ainsi cette science, nous pourrons l’appliquer correctement dans la structure de la société et éliminer ainsi dès le départ tous les maux de la vie.

Les gens disent que toute chose a ses causes et ses conséquences ; je demande : « Quels sont les mobiles de certains actes » ? On dit : « Un tel a tué quelqu’un car il le haïssait », bien, mais pourquoi le haïssait-il autant ? On dit aussi qu’un tel aimait beaucoup un autre, pourquoi l’aimait-il ? Si la raison d’aimer et de haïr quelqu’un est la même, elle provient de Dieu ; dans le cas contraire elle ne provient pas de Dieu ; ces causes sont alors la conséquence d’une autre vie. Beaucoup parlent des lois dans la nature et la société et disent que c’est un monde de lois ; il y a des corrélations entre les lois qui montrent que les créatures gouvernées par des lois ne vivent pas en paix, pas seulement les humains, mais certains êtres supérieurs qui habitent le système solaire non plus. Voilà pourquoi Dieu a posé des limites, des distances entre eux, pour éviter les conflits. Entre le système de l’Alpha du Centaure et notre système, la distance est de vingt-cinq milliards de miles ; cet espace est si grand qu’on peut y mettre encore trois mille systèmes solaires comme le nôtre : ainsi les conflits sont évités ! Lorsque le Seigneur veut assagir les êtres, Il les met à une telle distance les uns des autres. Si quelqu’un me demande : « Quelle distance doit séparer l’homme de la femme ? », je dirai : vingt-cinq milliards de miles. Le nombre 25 est formé de 2 et 5, dont la somme donne 7 ; le chiffre 7 est parfait, il désigne la loi de l’harmonie. Mais nos contemporains et leur philosophie ont dans une certaine mesure aboli toutes les barrières que Dieu a posées entre les êtres. Pourquoi ? La femme veut s’emparer de l’homme, le dominer. Comment s’en emparer alors qu’il se trouve à vingt-cinq milliards de milles ? Aujourd’hui les gens cherchent à exercer une influence les uns sur les autres ; oui, on peut influencer, mais non dominer ; celui qui s’y essaie ne peut dominer que lui-même. Le désir de domination est visible dans certaines sociétés religieuses : un nouveau courant veut s’emparer d’un autre, le refondre en lui ; un peuple veut conquérir un autre peuple ; les gens pâtissent toujours de cette avidité d’avoir beaucoup. Celui qui est avide ne comprend pas les lois divines, nous ne devons pas désirer beaucoup car nous avons déjà plus qu’il ne nous faut. Nos contemporains, même avec un cerveau si petit, seize centimètres en largeur et vingt-et-un centimètres en longueur, ne l’ont pas encore suffisamment développé : leur terre n’est pas encore cultivée. Chez les Bulgares par exemple, un petit espace de six ou sept centimètres en avant du cerveau est développé et ils croient déjà être porteurs d’une grande culture ! Je vous demande : que peut-on bâtir sur un espace aussi exigu de six centimètres de hauteur et de douze centimètres de largeur ? Par conséquent nous vivons tous sous la loi des illusions en pensant que nous savons tout.

Vous dites : « Nous n’avons besoin d’aucune philosophie ». Non, il y a une philosophie, celle de ton œil, de ton âme, et vous devez tous la connaître. En quoi consiste la compréhension de cette loi ? Lorsque quelqu’un projette une pensée de manière divine, elle est déjà créatrice. Assimile une pensée divine sans aucun but, en étant désintéressé, écoute ses conseils, et tu acquerras tout ce que tu souhaites. Lorsque je dis que tu obtiendras tout ce que tu souhaites, je parle de ce qui évolue mais qui ne fluctue pas ; tu vivras alors avec un lien inaltérable à l’amour. Lorsque je parle d’amour, je n’entends pas votre amour d’êtres humains ; votre amour est comme celui qui existe entre les poules et les coqs : on leur jette un peu de blé ou de maïs et ils se rassemblent pour manger, mais dès qu’il reste un ou deux grains, aussitôt le coq chasse les poules et les mange tout seul : leur amour s’arrête au dernier petit grain. Toutes les sociétés, religieuses ou mondaines, vivent en communauté, dans la paix et l’amour, mais dès qu’arrive le dernier petit grain, on dit : « Poussez-vous ! » Le coq fait cocorico et dit : « Restez de côté, vous autres les poules, vous devez savoir chanter comme moi ». Qu’est-ce que le chant ? Chanter c’est pouvoir penser. Tant que nous croyons les fausses promesses des gens ce sera toujours pareil : nous serons toujours chassés de l’endroit où l’on a été appelés. C’est ainsi que les jeunes gens se trompent : un jeune homme se met à promettre à une jeune fille qu’il lui achètera ceci ou cela, qu’il vivra bien avec elle, etc. Il ment, mais elle le croit ; une autre fois, c’est elle qui ment au jeune homme. Dans la société actuelle nous ne parlons pas un langage sincère. Lorsque nous rentrons chez nous, nous disons : « On ne doit pas être trop sincère, on ne doit pas croire les autres ». Avant tout, tu dois être un être humain et vivre comme Dieu te l’a enseigné autrefois, n’attendre aucun bienfait d’autrui, te reposer sur Dieu, sur ton âme, et ensuite sur tes proches. Lorsque le Christ dit que si ton œil est pur, alors tout ton corps sera lumineux, Il signifie que si ton œil est pur, tu verras d’abord Dieu, ensuite ton âme, et ensuite tes proches. Si ton œil n’est pas pur, alors tu enclencheras le processus inverse : tu verras d’abord tes proches, ensuite toi-même et enfin Dieu, et tu retourneras ainsi le monde la tête en bas.

Je vous demande à vous tous, rassemblés ici, qui vous a donné la vie ? Votre mère et votre père. Qui sont vos parents, avez-vous inscrit leurs noms en lettres d’or ? Est-ce que je trouverai quelque chose d’eux si je viens chez vous ou seulement leurs vêtements et un portrait ? De ce point de vue, nous ressemblons aux anciens juifs : ils suppliciaient et tuaient leurs prophètes, leur coupaient la tête et après leur mort, ils les vénéraient et leur érigeaient des monuments : ils ont agi de la sorte avec le Christ, alors qu’aujourd’hui nous lui construisons des statues et lui chantons des louanges. On chante toujours des chants pour le Christ dans les églises mais on n’entend guère parler de lui en dehors. Nous aussi, nous chantons pour Dieu, mais lorsqu’il est question de penser à nos proches, aussitôt nous préférons nous concentrer sur nous-mêmes. Le maître maltraite son domestique et le pille, et on crée ainsi des oppositions entre bourgeois et prolétaires ; les uns et les autres ne s’entendent pas. Le Seigneur n’a créé ni des bourgeois ni des prolétaires, mais des êtres humains. Lorsque je vous parle, je ne veux pas vous faire la morale car faire la morale n’est pas une bonne chose, c’est comme un dressage. Je vous parle d’une loi divine pour savoir comment mettre au monde vos enfants : lorsque vous les appelez ici, sur terre, vous devez leur parler en toute sincérité.

Savez-vous comment on mettait les enfants au monde avant le péché originel ? L’homme et la femme menaient une vie pure et vierge : l’homme connaissait une seule femme et la femme un seul homme, on ne se mariait pas plusieurs fois comme aujourd’hui. Certains me demanderont : « S’il en est ainsi, combien d’enfants doit-on avoir ? – Un seul – Pourquoi ? – Parce que le Seigneur a un Fils Unique ». Le Seigneur dit aux humains : « Si vous voulez bien vivre, votre fils doit être prêt à quitter le monde et à aider ses frères et sœurs tout comme le Christ s’est sacrifié pour l’humanité ». En tant que fils et filles de vos mères, vous n’êtes pas prêts à servir l’humanité. Vous direz : « Toi aussi, qui prêche ici, tu n’es pas prêt ». Vous avez raison, c’est maintenant que je m’y prépare. Tant qu’un travail n’est pas complètement achevé, il n’est pas prêt ; ce travail sur lequel je me donne de la peine maintenant nécessite encore dix millions d’années au moins pour être terminé. Il me faut autant d’années, comme à vous aussi, et le travail sera achevé. Vous direz : « Comme ce temps est long ! » C’est une période courte, c’est juste le temps d’une agréable promenade pour l’esprit humain, car le temps et l’espace se rapportent à la vie limitée.

Un saint qui vivait dans un monastère réfléchissait beaucoup sur l’autre monde en se disant : « Que feront les gens, une fois montés au ciel : ils passeront du bon temps une année ou deux, mais après ? » Un jour, un bel oiseau a survolé le monastère et le saint a voulu l’attraper et il s’est mis à courir derrière lui un long moment. Tout d’un coup, il s’est rendu compte qu’il s’était mis en retard. Revenu au monastère, il y a trouvé de grandes transformations, de grands changements chez les gens et personne ne l’a reconnu. Ce saint avait perdu quatre cents ou cinq cents ans pour chasser un petit oiseau ! Combien d’années faudra-t-il alors dépenser pour une pensée grandiose ? Ainsi, la vie consciente, remplie de sens, ne lasse jamais. Lorsque vous attendez votre bienaimé le temps s’écoule très lentement, mais lorsque vous attendez l’exécution d’une sentence de pendaison, le temps passe très vite : nous ressentons les choses selon notre état intérieur.

Le Christ dit que si votre œil est pur, vous ne ferez pas attention au temps qui passe, vous vous réjouirez. Aujourd’hui, quand éprouvez-vous de la joie ? Lorsque vous mettez un porcelet sur les braises, un poulet, une dinde, lorsque vous faites couler du vin, que vous vous mettez à table, que les couverts s’entrechoquent, que les verres tintent, qu’on boit à la santé, à la paix et à la chance. Oui, mais ces poules et ces agneaux sont mécontents de votre joie et ne la partagent pas : votre joie est leur chagrin. Un jour le rapport s’inversera : l’herbe se nourrira de votre graisse que les brebis vont paître tranquillement ; ce sera leur rétribution pour leur chair que vous avez consommée pendant tant d’années ; voici la grande loi karmique. Le Christ dit : « Lorsque nous comprendrons ainsi la vie, les malheurs disparaîtront et la vie sera lumineuse ». Vous ne savez pas pourquoi les brebis paissent l’herbe ? C’est une méthode transitoire, à l’avenir la nourriture pourra être assimilée par tout le corps, tous les pores, sans mastication. Vous demanderez : « Que devons-nous faire ? » Maintenir l’œil que Dieu a déposé dans votre âme toujours ouvert, lumineux et pur, pour vous réchauffer à sa chaleur et à sa lumière.

Savez-vous pourquoi l’amour ordinaire existe ? Lorsque quelqu’un se marie, les Bulgares disent que « le samedi aveugle » l’a attrapé. Pourquoi parle-t-on ainsi de l’amour, du mariage ? Ceci montre que cet amour ne provient pas de l’œil spirituel, mais qu’il est aveugle ; c’est pour cette raison que j’appelle l’amour ordinaire, amour de gens aveugles. Souvent les jeunes gens se tiennent main dans la main ; qu’est-ce que cela signifie ? Que l’un d’eux est sans œil et doit être guidé par l’autre ; si les deux ont cet œil, il n’est pas permis qu’ils se prennent par la main. Quelqu’un me demande : « Faut-il que je prenne ma femme par la main ? » Si elle est non voyante, tu la prendras par la main, mais sinon tu lui diras : « La distance de toi à moi doit être d’un mètre », c’est la distance d’un salut dans la vie. Par conséquent, si notre œil était lumineux, nous ne permettrions à personne de s’approcher de nous ; si nous nous nous rapprochons, nous serons dans le noir. C’est ainsi que nous devons former un peuple : le peuple est à mon sens un environnement propice à l’âme. Ainsi, nous devons mettre à profit nos conditions de vie et nous ne devons jamais critiquer un peuple entier ou une société entière ; la société, le peuple, l’humanité sont des conditions, créées par Dieu et nous devons les utiliser ; nous pouvons critiquer des individus isolés, mais non toute une société. Nous devons utiliser toutes les conditions que cet œil nous donne, lui qui est lié étroitement à l’intelligence, au cœur et à la volonté. Le Christ dit : « Tout ton corps sera lumineux », ce qui signifie : « Si tu utilises raisonnablement toutes les possibilités qui sont déposées en toi, toi, fils de l’homme, tu seras en complète harmonie avec le Fils de Dieu.

Il ne peut y avoir de culture ni de noblesse dans le monde tant que nos contemporains ne développent pas en eux cet œil intérieur. Je peux vous le prouver de manière très naturelle : toutes les plantes doivent leur vie au soleil pour croître et se développer ; de la même manière, nos pensées et nos désirs ont besoin que cet œil leur renvoie chaleur et lumière, les arrose et les cultive. Cet œil est à l’intérieur de notre cerveau, si nous le trouvons, nous trouverons le soleil aussi. Ne pensez pas que le cœur est un organe qui accomplit une fonction bien délimitée : le cœur est une communauté de cellules très raisonnables qui accomplissent le travail le plus noble, le travail de l’âme. Je vous recommande de développer cet œil lumineux pour ne pas commettre d’erreurs dans la vie. J’assimile le péché à l’embryon qui se loge dans l’œuf, à l’intérieur de la coquille : il y a dans cet œuf toutes les conditions pour que la vie future se développe. Pour cela, il faut mettre l’œuf sous la poule couveuse pendant vingt et un jours, sa mère se met à clousser et à dire : « Lorsque viendra le moment de sortir, tu perceras la coquille ». Le poussin perce de l’intérieur la paroi avec son bec et ceci marque l’instant de la délivrance. Ce processus se passe de l’intérieur vers l’extérieur. Nous attendons que les autres nous délivrent : ne laissez pas à d’autres le soin de percer votre coquille. Par cet œil, le Christ comprend l’œil qui se meut, c’est-à-dire l’âme de chacun qui contient en elle toutes les conditions d’un développement juste. Si ton œil est pur, tu pourras résoudre correctement toutes les questions, grâce à la lumière qui est en toi.

Notre vie est en liaison avec le passé et le futur. Ce que je vous dis aujourd’hui n’est pas de nature à vous sauver si vous ne travaillez pas par vous-mêmes ; mon prêche n’est que le petit gloussement d’une poule couveuse. Je dis alors : ceux qui sont déjà couvés et proches de la délivrance doivent utiliser leur bec pour percer les parois de l’œuf et faire les derniers efforts pour sortir la tête hors de la coquille. Lorsque les poussins sortent, la poule couveuse cloque « Cloc, cloc », et va leur apprendre à picorer les graines : c’est la loi naturelle. Le Christ dit : « Si votre œil est immaculé, il éclairera tout votre corps et vous comprendrez le sens de la vie et vous serez en lien avec le passé, le présent et le futur, mais vous aurez aussi un lien inaltérable avec l’amour ». Mais pas cet amour qui règne aujourd’hui dans le monde : que le Seigneur vous protège d’un tel amour ! L’amour ordinaire est comme une petite rivière trouble qui arrose les choux, les poivrons et les autres légumes, mais après quelque temps cette rivière trouble finit par être filtrée et purifiée. Dans notre œuf en revanche, il ne faut avoir aucune impureté, aucune concession, pour avoir un avenir lumineux. Pendant au moins un an, retenez l’idée suivante : « Je veux que mon œil soit pur et lumineux ainsi que mon corps ». Vous y gagnerez plus que si vous écoutez tous les prédicateurs du monde. Le rayon du soleil qui descend d’en haut produit un résultat bien meilleur que tous les poêles dans le monde, c’est la loi divine.

Concentrez votre intelligence, votre volonté et votre cœur sur cet œil et demandez-vous à quel stade de la couvaison vous êtes ; si dix jours seulement ont passé, vous direz : « Maman, il n’est pas encore temps » ; lorsque viendra le vingt et unième jour, vous direz : « Maman, c’est l’heure ». Ainsi, moi-aussi je vous dis cloc, cloc, mais je suis de ce point de vue un profane, et je ne sais pas dire à quel stade de la couvaison vous vous trouvez : vous le reconnaîtrez selon votre élan, vos désirs et vos pensées. Si tous les prédicateurs, prêtres, enseignants, magistrats dans toute la Bulgarie, et même en Europe se mettent à méditer sur cet œil, vous verrez quel bon résultat cela donnera. Si les Bulgares font les premiers cette expérience, ils verront une amélioration sur le plan mental et affectif en un an. Pensez à l’œil que mentionne le Christ car il est en vous tous, et la pensée divine, l’affection et la bonté naîtront en vous. Lorsque vous trouverez cet œil, vous serez tous immortels car il vivifie ; c’est cela le sens des paroles du Christ. Celui qui veut être immortel doit trouver son œil : voici l’idée que le Christ a déposée dans ce verset.

Sofia, 11 mai 1919

Traduit par Bojidar Borissov

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