Ani

1918_08_11 Les deux femmes

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Les deux femmes

Et voici, une femme atteinte d'une perte de sang depuis douze ans

Mathieu 9 :20-22

Et voici, il y avait là une femme possédée d'un esprit

qui la rendait infirme depuis dix-huit ans ; et elle était courbée.

Luc 13 :10-11

Les gens d’aujourd’hui s’interrogent sur le rapport qu’il peut y avoir entre eux et les deux cas relatés sur une femme qui a jadis souffert d’une perte de sang pendant douze ans, et une autre qui a souffert dix-huit ans d’une grave maladie qui l’a rendue courbée. Il est vrai que ces cas n’ont qu’un rapport indirect à nous. Ces maladies sont encore d’actualité aujourd’hui : il y a encore des gens qui souffrent d’hémorragie ; il y a encore des gens qui sont dans la situation de la femme voûtée.

En parlant de ces deux femmes, on note que leurs maladies sont de nature différente. La perte de sang est une maladie du cœur ; c’est la partie du corps d’où s’écoule le sang et elle est due à la dysharmonie des sentiments et des désirs. Le dos voûté est une maladie de la pensée, elle est due à la dysharmonie des pensées. Lorsqu’il a guéri les deux femmes malades, le Christ a agi dans deux mondes différents en même temps, le monde de la pensée et le monde du cœur. Voilà pourquoi certaines médications d’aujourd’hui échouent, car les médecins qui les appliquent, agissent dans un seul et même monde. C’est la raison pour laquelle non seulement les maladies ne diminuent pas, mais elles augmentent de jour en jour.

Un médecin allemand est allé étudier aux États Unis les différentes maladies nerveuses. Il a donné des noms différents aux mille premiers cas d’affections nerveuses. Mais quelle n’a pas été sa surprise de découvrir ensuite, tous les jours, un cas inconnu d’affection nerveuse. Ne sachant plus par quel nom les désigner, il a nommé tous ces nouveaux cas par le nom générique americanichi. Aujourd’hui, les humains connaissent une telle profusion de cas de péchés qu’ils n’arrivent pas à les désigner de noms appropriés et finissent par les appeler americanichi. Aujourd’hui nous désignons par le mot péché tous les états morbides qui frappent les gens.

Les anciens croyaient que les maladies étaient causées par des esprits malfaisants qui agissaient sur les êtres. La plupart des gens rejettent cette affirmation et considèrent les maladies comme le résultat d’une altération organique ou de l’action d’agents infectieux qui envahissent l’organisme humain. Les scientifiques examinent les différents types de microbes, en étudiant leur origine, les conditions de leur développement, etc. Par exemple, la question se pose sur le moment de l’apparition du germe de la peste. Huit mille ans se sont écoulés depuis l’écriture de la Bible ; donc la peste n’a pas été connue avant, elle s’est manifestée après la chute originelle. En général, les maladies et leurs vecteurs, les germes, se manifestent si la vie menée est contre nature et pervertie. La mauvaise vie offre de bonnes conditions de développement des maladies.

À quoi sont dues les maladies nerveuses ? Selon certains scientifiques, les maladies nerveuses sont le résultat d’une activité cérébrale intense, d’une accumulation de savoirs. Nous rejetons cette affirmation. Selon nous, les maladies nerveuses sont dues à de grandes inquiétudes, angoisses, troubles et autres. Par exemple quelqu’un a pu travailler de longues années sur un livre, mais lorsque ce dernier voit le jour, il se met à s’inquiéter sur l’accueil qu’il aura, sur son appréciation, sur la critique qui sera donnée, etc. Puisqu’il s’angoisse sur ces questions, ses nerfs finissent nécessairement par s’ébranler. Donc, la peur de la critique rend les gens nerveux. Si une dame de la haute société se rend à un bal, à un concert ou au théâtre, sa robe peut déclencher une telle critique qu’une seconde apparition dans la même robe serait impensable.

Dans les versets cités, il est dit qu’une des femmes a été malade douze ans durant, et l’autre dix-huit. Les nombres 12 et 18 déterminent les catégories auxquelles se rattachent les maladies des deux femmes. Le nombre 12 montre que la première femme avait cette maladie parce qu’elle avait enfreint une loi divine : elle vivait sur Terre sans porter son regard vers Dieu. Le nombre 12 est constitué des chiffres 1 et 2 : l’unité montre qu’elle a vécu sans Dieu, le deux, qu’elle avait une vie dissolue. Lorsque la maladie l’a frappée pendant douze ans, elle a commencé à additionner les chiffres 1 et 2 pour obtenir 3, le chiffre de l’équilibre. Le plus, qui est le signe de l’addition, représente Jésus et le trois c’est le Fils, c’est-à-dire le Christ. Le chiffre 12 indique à la femme malade que si elle additionne 1 et 2, elle obtiendra trois, le Fils, l’Homme qui la guérira. Le Christ porte le chiffre 3 en lui. Lorsque vous souffrez d’une maladie, additionnez les jours, les semaines, les mois ou les années de la maladie, et la somme ainsi obtenue vous indiquera qui vous guérira, un médecin ou le Christ.

La deuxième femme a été malade dix-huit ans durant. Le chiffre 8 montre la dépravation mentale. On note que les maladies mentales se soignent plus difficilement et qu’une période plus longue de rémission est nécessaire.

Les deux femmes malades représentent les maladies et les infirmités de l’humanité contemporaine : la première, les infirmités du cœur, la seconde, les infirmités de la pensée. Le mot femme[1] dans la langue originelle signifie vie[2]. La femme qui a été malade douze ans symbolise une vie en désaccord avec les lois divines. Voilà pourquoi tout humain qui n’est pas en accord avec ces lois souffre de pertes de sang.

Pour accéder aux lois divines, l’être humain doit étudier le sens profond de la nature dont les lois sont corrélées à notre vie personnelle et à la vie de notre âme. Le développement de l’âme est un processus individuel qui dépend des conditions données à l’homme. Le peuple dans lequel vous naissez est l’une de ces conditions : plus noble est ce peuple, plus bénéfiques sont les conditions de votre développement.

« Et voici une femme atteinte d’une perte de sang. » Souffrir de pertes de sang montre que le sang ne suit pas son chemin naturel mais s’écoule à l’extérieur. Le sang a un rapport avec les désirs. Quel intérêt de nourrir des désirs s’ils s’écoulent constamment à l’extérieur ? Lorsque le sang s’écoule, l’homme s’affaiblit progressivement : ses jambes ne le soutiennent plus, ses bras se relâchent et il a des vertiges ; ses sentiments se déforment, il est mécontent, pessimiste, incapable de supporter les autres, les soupçonnant d’être mal intentionnés à son égard. Si vous voyez quelqu’un avec ces symptômes, sachez qu’il souffre de pertes de sang. S’écoule aussi, en même temps que le sang, l’énergie magnétique qui irrigue l’organisme de forces vitales. Toute dysharmonie dans les désirs produit une perte de sang. Lorsque nous parlons de perte de sang, nous prenons ce terme au sens large : il symbolise le mécontentement externe et interne chez l’être humain.

Sachez une chose, les raisons du mécontentement de l’être humain demeurent en lui et non pas en dehors de lui. Pour vaincre son mécontentement, c’est-à-dire sa perte de sang, on doit trouver le Christ, le principe supérieur, le commencement suprême qui rétablit la foi. La femme malade a dit : « Si je puis seulement toucher ses vêtements, je serai guérie. » En lisant ce verset, certains se demandent si l’idée qu’une guérison est possible en touchant les vêtements du Christ n’est pas le fruit d’une superstition ? N’est-il pas superstitieux de penser qu’on guérira si on prend une cuillère du médicament que le médecin a prescrit ! Ce n’est pas une question de superstition, mais une question de foi.

La foi et la superstition sont radicalement différentes : tous les éléments de la foi sont reliés en un tout, alors que ceux de la superstition sont séparés. Dans la foi, tous les faits sont intrinsèquement liés, il y a un lien entre les conséquences et les causes des choses ; les désirs découlent les uns des autres et sont liés entre eux. Dans la superstition, les faits ne sont pas reliés entre eux, il n’y a pas de lien entre les causes et les conséquences des choses, les désirs sont épars et en dysharmonie. La foi a un rapport aux vertus en tant que bienfaits éternels de la vie. Le croyant se sert de l’amour, de la sagesse et de la vérité comme d’un capital en espèces sonnantes et trébuchantes, et il compte sur eux. Le superstitieux compte sur les bienfaits transitoires de la vie : fortune, érudition, puissance.

Et le Christ répondit à la femme malade : « Prends courage, ma fille, ta foi t’a guérie ». Les gens du monde se moquent de la foi des religieux alors qu’eux-mêmes croient aux miracles. Le malade croit que le médecin le guérira alors qu’en même temps des dizaines de personnes meurent autour de lui, toutes soignées par un médecin. Les médecins aident les malades, mais partiellement, ils ne peuvent pas soigner complètement la maladie. On peut faire crever un abcès, le vider, sans supprimer la cause de son apparition ; tu soignes un abcès, un autre le remplacera. Les soins de nos contemporains sont palliatifs et non pas définitifs, à la racine. Les raisons des maladies sont dans la pensée et le cœur humains, voilà pourquoi le médecin doit d’abord agir avec sa propre pensée sur celle du patient car les semblables s’attirent. Le médecin expérimenté peut soigner le patient avant qu’il soit tombé malade : il voit les prémices de l’affection future dans sa pensée et le guérit sur cette base. En se tournant vers la femme malade avec les mots : « Prends courage, ma fille, ta foi t’a guérie », le Christ indique le moyen universel de guérir toutes les maladies. La foi, en tant que principe intelligent, peut toujours utiliser les éléments qui sont en elle pour combattre toutes les maladies, et les maladies nerveuses en particulier. Il suffit d’écarter par la foi la pensée qui sème l’angoisse, pour apaiser son système nerveux. Écarter une pensée, c’est la mettre au second plan. Dieu dit au pécheur : « Je mettrai tes péchés derrière toi » - ce qui sous-entend de les laisser quelque part en bas dans le monde physique pour servir d’engrais aux plantes. De la même façon, pourquoi ne pas faire descendre la pensée qui vous angoisse du monde mental vers le monde physique ?

Quelles pensées inquiètent et troublent l’être ? Celles qui sont nuisibles à son esprit. Comme la nourriture impure nuit à l’organisme, de même les pensées anxiogènes nuisent au mental. Pour autant une nourriture peut être nuisible à certains et utile à d’autres. Par exemple la viande est nuisible au mouton, mais bénéfique pour le loup et vice versa ; l’herbe est nuisible au loup mais bénéfique pour le mouton. Donc, tous les désirs, quelle que soit leur nature, ne sont pas nécessairement bénéfiques pour le cœur humain, il faut se libérer de ces désirs. Vous direz que vous croyez en Dieu et que vous voulez marcher dans le droit chemin. Si vous êtes vraiment croyants, est-il si difficile de rejeter un mauvais désir de votre cœur ? Qu’est-ce que ça coûte au marchand d’effacer la dette de mille levas de son pauvre frère ? Effacer la dette de ton prochain, c’est acquérir une force, donner un nouvel élan à ta volonté pour agir.

La volonté humaine se forge dans les obstacles et les contradictions qu’elle rencontre sur son chemin. En régulant ses pensées et ses désirs, l’homme forge sa volonté. Et de même avec les maladies : si vous attrapez un rhume, de la fièvre, la toux ou une autre maladie, ne la chassez pas, mais parlez-lui d’abord amicalement pour la convaincre de partir d’elle-même. Si elle vous ignore, vous pouvez lui déclarer la guerre. Qui déclare la guerre ? Le puissant. Si vous êtes puissant, combattez les maladies ; sinon, appliquez d’autres méthodes. Faites des essais sur vous et sur vos proches, soignez-vous vous-mêmes. Allez voir un malade qui souffre de la toux et faites l’expérience suivante : posez votre main sur sa poitrine ; si votre magnétisme est fort, intense, le malade ressentira une chaleur agréable qui augmentera progressivement ; parfois une petite cicatrice peut apparaître comme une trace de brûlé. Si votre magnétisme n’est pas fort, le malade ne ressentira aucune chaleur. En règle générale, les forts doivent soigner les faibles, et les grands - les petits.

Les bulgares ont coutume, dans les sports de combat, de monter à plusieurs sur le ring. Dans ce combat les plus faibles sont éliminés l’un après l’autre jusqu’à ce qu’il ne reste que le plus fort qui remporte la victoire. C’est ainsi qu’il faut agir envers les maladies, soyez le combattant le plus fort qui terrasse toutes les maladies. Le rhume est l’un des combattants, la fièvre, le deuxième, la neurasthénie, le troisième, etc. En les affrontant, dites : « Je suis chrétien, je dispose de moyens puissants et je peux combattre toutes les maladies. » Que font les gens ? S’ils sont malades, ils cherchent aussitôt un médecin et prennent des médicaments. Si la fièvre les a terrassés, ils prennent de la quinine pour la stopper ; ils l’endiguent ainsi, mais sans la soigner. Au lieu de prendre de la quinine, buvez pendant trois jours de l’eau chaude sans rien manger et la fièvre vous quittera ; c’est ainsi que l’on soigne le rhume également. Vous direz que vous ne pouvez pas jeûner ; ce n’est pas une question de jeûner, mais de forger sa volonté ; celui qui a une volonté forte peut combattre toutes les maladies. Beaucoup de personnes ont une volonté forte, mais déraisonnable. S’il est question de leur argent, ils refusent de dire où il est caché au prix de leur vie. Ils font preuve de volonté à propos de leur agent, mais s’ils attrapent un rhume ou de la fièvre, ils ne peuvent pas s’aider eux-mêmes et sollicitent aussitôt de l’aide extérieure. Lorsqu’il est question du salut de leur âme, ils manquent aussi de volonté. Aimez votre âme comme vous aimez l’argent et vous vous aiderez tout seuls.

Les deux femmes malades sont allées auprès du Christ, c’est-à-dire auprès du grand enseignement, pour comprendre les lois intelligentes de la nature et se venir ainsi en aide. Vous ne pouvez pas comprendre le Christ si vous n’étudiez pas la nature. Étudiez les éléments et leurs propriétés, les eaux qui traversent les couches du sol, les plantes et les animaux. Étudiez les vêtements que vous portez et leur influence sur votre organisme. Moïse disait aux prêtres de s’habiller en lin pour servir Dieu : pourquoi recommander des vêtements en lin au lieu de vêtements en laine ou en coton ? Témoin de la vie dissolue des gens de cette époque, il recommandait les vêtements en lin pendant le service divin pour envoyer des vibrations plus élevées vers Dieu. Moïse enseignait aux juifs comment vivre et comment se soigner. Et le Christ est venu avec la même mission.

On peut se soigner seul, redresser sa vie, mais pour cela il faut avoir la foi en soi et en son prochain. La foi sans volonté ne donne rien ; si tu n’appliques pas ta volonté, tu ne peux soigner ni toi-même ni les autres. Comment soigner le malade s’il ne veut pas être soigné ? Comment aider l’ivrogne s’il ne veut pas lui-même se débarrasser de son ivrognerie ? Comment pousser son enfant vers les études s’il n’aspire pas lui-même aux études ? Tous les moyens pour se soigner sont inscrits dans l’homme, il ne dépend que de lui de les faire ressortir et de les appliquer. De ce point de vue, l’être humain est un dépôt de forces et d’énergies de réserve qui attendent le moment de leur manifestation. Un seul atome recèle assez d’énergie pour faire exploser toute la Terre ; pour révéler cette énergie, il faut un savoir.

Beaucoup veulent être forts, mais cherchent la force en dehors d’eux, dans l’argent, dans l’érudition ; ils ne soupçonnent pas que la force est en eux-mêmes. On doit se recueillir en soi-même pour voir que tout est en dedans : la richesse, la connaissance, la force. Si on les atteint, on peut exprimer sa force selon ses règles de vie, selon son âge. Celui qui ne veut pas travailler sur lui-même compte sur l’aide extérieure. Les deux femmes malades ont sollicité l’aide du Christ. Et vous, quelle aide allez-vous solliciter ?

Certains attendent le Christ, venant du ciel, accompagné par les anges. Je dis : le son ne s’est pas encore manifesté pour les sourds, la lumière ne s’est pas encore manifestée pour les aveugles. Mais qu’attend celui qui a des yeux et des oreilles ? Que celui qui a des oreilles, les dresse vers l’espace pour entendre ce qui l’intéresse ; que celui qui a des yeux, les lève pour voir ce que son âme aspire à voir. Recueillez-vous pour développer vos perceptions et aptitudes cachées, et croyez à la puissance de votre âme. À l’instant où tu commences à croire que Dieu demeure en toi, tu seras fort et puissant. Tant qu’il ne découvre pas sa propre puissance, l’homme la recherchera toujours à l’extérieur. Il lira ce qu’a dit Kant, Schopenhauer, Hegel, Tolstoï, il tournera les pages du Livre sacré pour voir ce qu’ont dit les apôtres et les prophètes. C’est comme égrener la liste des noms de centaines de personnes renommées, sans les connaître. C’est comme assister à un grand banquet, avoir vu des mets et des boisons délicieux, sans avoir avalé une seule bouchée : à quoi bon assister au banquet ? Vous avez tout vu, mais sans rien goûter. En vous parlant du Christ, je vous prépare au banquet qu’Il donnera. Si vous êtes prêts, vous serez conviés à Sa table et vous aurez une assiette pleine, sinon, vous ne serez pas conviés. Si vous dites que vous ne pouvez pas manger, on vous chassera. À la table du Christ, on ne reçoit pas de personnes aux estomacs malades. Celui qui y est présent mangera selon les règles que le Christ édicte.

Qu’a fait le Christ lorsqu’il a invité les cinq mille personnes à sa table ? Il a pris les cinq pains et les a rompus ; il a mis ainsi sa force magnétique en eux. Rompre le pain, c’est cultiver, retourner la terre. On doit rompre le pain avec ses deux doigts, le pouce et l’index. Ces doigts montrent que la pensée et la volonté doivent prendre part à l’absorption du pain. Lorsqu’on rompt le pain, on doit remercier Dieu pour les soins qu’Il nous prodigue et comprendre qu’on n’est pas seul sur Terre. Sachant cela, ne dérangez pas Dieu avec votre mécontentement. Si vous recevez le pain avec reconnaissance et gratitude, non seulement la perte de sang cessera, mais vous deviendrez invulnérables à toutes les maladies. Si le malade se nourrit avec gratitude, conscient du soin que Dieu lui donne, en un mois sa situation s’améliorera. Appliquez l’enseignement du Christ, que vous soyez bien portants ou non, pour avoir Sa force.

Rappelez-vous : chaque pensée, chaque sentiment ou phénomène produisent des effets dans la conscience de l’être humain et s’il ne peut se libérer de ce qu’il a vu ou entendu, ce phénomène se répétera un jour. Ainsi, ne recevez que de bonnes pensées et de bons sentiments, ne prêtez votre oreille ou votre regard qu’à ce qui est beau pour que cela s’imprime dans votre conscience. Sinon, vous en subirez les conséquences.

Un jeune américain a senti une douleur fulgurante à sa cheville. Il a consulté plusieurs médecins qui ont tous déclaré qu’ils ne pouvaient pas l’aider car cette douleur serait due à de l’autosuggestion. Il a fini par aller voir un médecin réputé pour soigner toutes sortes de maladies psychiques. Après examen, à l’instar des autres médecins, il n’a décelé aucune raison externe ou interne pour expliquer la maladie. Il a demandé au malade s’il ne se souvenait pas d’avoir vu quelqu’un avec une jambe cassée ou malade, lui ayant fait forte impression. Le patient a essayé de se remémorer un tel évènement et a fini par se souvenir d’avoir vu quelqu’un, six ans auparavant, tomber d’un train à la gare et se casser la jambe au niveau de la cheville. Cela l’a tellement impressionné que six ans après cet évènement il a senti une douleur à la jambe au même endroit. La tâche du médecin n’était plus désormais de soigner la douleur dans la jambe du patient, mais de libérer sa conscience de ce choc violent. Il a réussi et la douleur à la jambe a disparu.

Que font les gens aujourd’hui ? Ils se moquent de ceux qui ont une quelconque réaction anormale. Si un homme ou une femme se mettent en colère, ceux qui les entourent se mettent à rire. D’autres vont de porte en porte pour raconter comment le voisin ou la voisine s’est mis en colère, a battu sa femme, ses enfants, etc. Les gens ne savent pas que ces choses sont contagieuses : si tu ris de ton voisin, tu subiras bientôt la même chose que lui. Au lieu de se moquer et de critiquer son prochain, prie pour qu’il prenne le dessus sur sa colère. La critique ne relève pas les gens.

Une jeune femme, pianiste douée, s’est mariée. En tant qu’épouse, elle devait assumer ses obligations ménagères. Un jour, elle préparait des oignons frits et a entendu certains sons qui lui ont donné l’idée d’une mélodie. Elle est allée à son piano, s’est assise et s’est mise à composer. Pendant ce temps une forte odeur de brûlé l’a surprise, et revenant à la cuisine elle a vu que les oignons avaient brûlé. Faut-il que le mari se mette en colère pour le repas brûlé ? Est-elle en faute d’avoir décelé une mélodie dans les bruits des oignons qu’elle cuisinait ? Le mari doit remercier sa femme talentueuse d’avoir su traduire la préparation des oignons frits en un air de musique.

« Et voici une femme atteinte d’une perte de sang. » La perte de sang est une mauvaise chose, mais si cette femme n’avait pas souffert, elle n’aurait pas trouvé le Christ. Si le sang de notre terre, c’est-à-dire de notre corps, ne coulait pas, la roue de notre moulin ne tournerait pas. En d’autres termes, si le sang ne circulait pas dans notre corps, aucune vie n’existerait. L’eau qui coule sur la surface de la terre et dans ses entrailles, c’est son sang. Son passage par des fentes étroites est appelé un écoulement. Quelqu’un dira que la roue du moulin tourne et moud la farine grâce à l’eau. C’est vrai, mais il n’y aurait pas de farine si le sang ne coulait pas. Que chacun se pose la question : « Est-ce que mon moulin travaille bien, est-ce que le meunier est à sa place ? »

Rappelez-vous : chaque malheur ou souffrance sur Terre se transforme en bonheur et en joie au ciel. C’est pourquoi il est dit que celui qui souffre sur Terre, se réjouit au ciel. De même que nous constatons les bienfaits du binage, de l’arrosage, de la culture des fleurs et des fruits, de même les créatures intelligentes voient les bons résultats de nos souffrances. Un jour, lorsque vous rentrerez dans le monde intelligent, vous direz : « Nous sommes reconnaissants que notre sang s’écoule. » La femme malade qui a souffert douze ans de pertes de sang a fait tourner douze ans la roue du moulin, jusqu’à trouver le Christ et toucher son vêtement. En la voyant le Christ lui a dit : « Ta foi t’a sauvée. Rentre chez toi pour te reposer, un autre viendra te remplacer. »

Il y a quelques années, j’étais à Sliven[3]. Je me suis rendu dans la maison d’une femme malade de neurasthénie. À un moment, un homme robuste et bien portant, son mari, est rentré dans la pièce. En le voyant je lui ai dit : « Ta femme guérira si tu lui transmets un peu de ta force et de ta santé. » Les gens en bonne santé ont peur d’être pompés par les malades. Vous n’avez rien à craindre : donnez aux autres sans crainte, pour recevoir également. Les petites rivières et les petits ruisseaux doivent se fermer pour ne pas s’appauvrir, mais les grands fleuves doivent s’ouvrir et donner. Personne ne peut dévaliser et aspirer un autre sans son autorisation. Si vous êtes bien portants, je me réjouis, vous pourrez donner aux faibles et aux malades ; si vous êtes malades vous devez forger votre volonté, vous aider vous-mêmes. Qui a une forte volonté ? Celui qui n’est surpris par rien et qui peut endurer toutes les épreuves. Qu’il soit dévalisé, qu’il aille pieds nus et en haillons, qu’il soit malade, rien ne l’effraie. Vous direz que de nos jours les vêtements et les chaussures sont chères, que la vie est dure. Pour l’être volontaire ce n’est pas un problème. Le jour viendra où les chaussures seront fabriquées en bois et non plus en peau et en cuir comme aujourd’hui.

Les gens d’aujourd’hui doivent structurer leurs désirs et ne pas se laisser emporter par eux. Les pensées, les désirs et les actes des humains sont dictés par des êtres qui se distinguent les uns des autres par leur degré d’intelligence. Même les cellules, telles de petits êtres, se caractérisent par une certaine intelligence : il suffit de se cogner et ou de se brûler un doigt pour que la douleur soit transmise au cerveau qui ordonne aussitôt aux nerfs moteurs de replier le doigt et de l’éloigner du feu. Si vous êtes commerçant et que quelqu’un se joue de vous et vous dérobe dix mille levas, le même doigt qui ouvre et ferme votre registre vous conseille de ne pas vous inquiéter ; il vous dit de fermer votre registre et de ne plus le rouvrir. Vous direz que vous ne pouvez pas ne pas réagir à la tricherie. L’héroïsme humain se caractérise justement par le fait de comprendre et de ressentir les choses, mais de se contenir. Le héros est celui qui, après avoir jeûné trois jours, est encore prêt à renoncer à son bon repas au profit d’un affamé.

Jusque-là, la devise des humains a été : « Que ce soit toi qui en pâtisses ! », mais aujourd’hui cette devise a créé les malheurs, les malentendus dans le monde. Le nouvel enseignement porte une nouvelle devise : « Que ce soit moi qui en pâtisse ! » Quelles que soient tes relations avec les autres, tiens-toi à cette nouvelle devise. Elle porte la paix pour toute l’humanité. Les humains ne se corrigeront pas d’un coup, ils se corrigeront lentement mais sûrement. Le jour où vous croirez en Dieu et accueillerez Son amour, vous commencerez à évoluer. Vous aurez toujours des souffrances, mais vous comprendrez leur sens ; vous serez toujours exposés aux maladies, mais vous discuterez avec elles et vous saurez qu’elles sont nécessaires pour votre purification physique et spirituelle. Si vous croyez cela, tout sera selon votre foi. Si l’un de vos proches souffre d’une affection, mettez la main sur sa poitrine et dites doucement : « Que ce soit moi qui en pâtisse ! »

Le Christ se dresse aujourd’hui devant les gens déraisonnables et attend d’être accueilli. Où doit-il être ? Devant l’être humain ou dans son for intérieur ? On peut faire des interprétations diverses à ce sujet, mais il est important de connaître la vérité. Un éminent théosophe anglais a débattu une heure entière devant ses auditeurs la question de la baleine qui a englouti Jonas. Les religieux agissent de même de nos jours. Depuis deux mille ans, ils s’interrogent : comment accueillir l’enseignement du Christ, comment accueillir le Christ en eux ? Aucune théorie n’est nécessaire ici. Vous ouvrirez la bouche et vous engloutirez le Christ, vous l’accueillerez en vous d’un coup comme la baleine a englouti Jonas. Les humains d’aujourd’hui ont besoin de pratique et pas de théorie. Il y a des questions dans la vie dont la résolution ne nécessite aucune réflexion, comme la question de l’acceptation du Christ. Le Christ entrera dans l’être humain comme Jonas est entré dans les entrailles de la baleine. Celui qui accueillera le Christ en lui sera un grand homme. Les gens risqueraient soi-disant, de se moquer de lui ; cela ne doit pas le perturber ; qui n’a pas été ridiculisé par les humains ? Ceux qui ont, les premiers, parlé des machines volantes, n’étaient-ils pas traités de fous, mais voilà que leur idée est devenue réalité ; aujourd’hui ces machines volent dans les airs. Pourquoi les hommes, les femmes aujourd’hui ne s’entendent-ils pas, pourquoi les familles se désagrègent-elles chaque jour davantage ? Parce que les humains ont perdu leur foi, ils ne se font pas confiance. Quelle est cette vie où personne ne fait confiance à l’autre ? On vous dit beaucoup de choses, mais vous n’y croyez pas. Cela m’est égal si vous croyez ou non. Je crois en ce que je dis, je crois dans les lois divines, et à chaque instant je les mets en pratique. Pour acquérir une foi authentique et positive vous devez, vous-aussi, étudier les choses et les appliquer.

Accueillez le Christ en vous. Si vous ne pouvez pas le faire d’un coup, touchez son vêtement. Le vêtement du Christ représente la foi. Touchez tout ce que Dieu a créé, les fleurs, les arbres fruitiers. Pour être bien portants, plantez des fleurs dans des pots ou dans le jardin et occupez-vous d’elles. Plantez des arbres fruitiers et des légumes dans votre jardin pour les étudier et profitez des forces qu’ils renferment en eux. Entrez en communion avec les rayons solaires. Si vous cherchez le Christ, vous le trouverez dans tout ce que Dieu a créé ; c’est cela toucher son vêtement et faire cesser les pertes de sang. Alors vous entendrez la voix du Christ : « Prends courage, ma fille, ta foi t’a guérie. »

Faites des expériences pour voir que toute chose a une force en soi, tout dans le monde est en vie. Avez-vous essayé la force du diamant, la force du grain de blé ? Vous dites que tout est en vie, mais souvent vous malmenez les petites créatures. Les enfants en particulier aiment arracher les têtes des mouches sans penser aux mauvaises conséquences de leurs actes. Les mères doivent interdire aux enfants d’arracher les têtes des mouches, d’abîmer les nids des oiseaux.

Dans un village bulgare, l’enfant d’un grand propriétaire, un garçon de dix ans, est monté dans un arbre où nichait une hirondelle avec ses cinq petits. Il a descendu les petits du nid, puis il a coupé leurs langues et les a remis dans le nid. Non seulement sa mère n’y a pas attaché d’importance, mais elle a ri sans le gronder ou le punir. Qu’est-il arrivé à cet enfant ? Devenu grand, il s’est marié et a eu cinq enfants ; tous étaient muets ! Pourquoi faut-il maltraiter, faire du mal aux petites créatures sans défense ? Parfois l’homme fait mal inconsciemment, parfois consciemment. Soyez tous en éveil, responsables de vos pensées ; guidez et instruisez les ignorants et les plus petits que vous.

Aujourd’hui encore le Christ se tourne vers tous les humains, leur disant de redresser leur vie, de purifier leur cœur et de toucher le vêtement de leur Père. « Où est-Il ? »  Il est partout : l’herbe est Son vêtement, les pierres sont Son vêtement. Déchaussez-vous l’été et marchez pieds nus une heure ou deux sur l’herbe, sur la rocaille. Touchez les fleurs, les arbres et vous entendrez la douce voix de votre Père : « Prends courage, ma fille, ta foi t’a guérie. »

C’est le moment de toucher le manteau de Dieu, il est devant vous, prêt à aider tous ceux qui croient en sa force. Voici ce que prône l’Esprit de Dieu à tous les humains sur terre : « Fils et filles, serviteurs et esclaves, tournez-vous vers Moi et Je me tournerai vers vous. Vous serez Mes enfants et je serai votre Père. J’écrirai Mon commandement dans vos cœurs et la paix et la joie régneront sur toute la terre. »[4]

Sofia, 11 août 1918

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