Ani

1918_07_28 Se dévêtir et se revêtir

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Se dévêtir et se revêtir

À vous dépouiller du vieil homme…

Et à revêtir l’homme nouveau.

Éphésiens 4 :22-24

Se dévêtir et se revêtir représentent de grands processus de développement. La nature elle-même suit ces processus. Celui qui ne s’y conforme pas s’expose aux souffrances. Qu’arrive-t-il aux plantes à l’automne ? Elles se dépouillent progressivement de leurs anciens habits ; le gel brûle les feuilles et elles tombent peu à peu. Les vents dénudent les branches, emportent les feuilles jusqu’à ce que l’arbre quitte entièrement son ancien vêtement. Au printemps, les arbres se couvrent de nouvelles feuilles, de nouvelles branches poussent, des fleurs apparaissent, l’arbre se pare d’un nouveau vêtement.

Vous direz que c’est quelque chose d’ordinaire. Se dévêtir et se revêtir n’est pas anodin. À l’église, on assiste aux mêmes processus : le prêtre vient du dehors vêtu de son vêtement ordinaire, puis il se change avant d’aller à l’autel, et il devient un homme nouveau : il se libère des vieilles feuilles et en revêt de nouvelles. Ce serait bien que le prêtre n’enlève plus ces nouveaux vêtements ; s’il est devenu un homme nouveau, qu’il le reste. C’est ce que tous font : ils mettent leurs nouveaux habits une heure ou deux dans la journée, puis ils passent les autres vingt-deux à vingt-trois heures dans leurs anciens habits. Ils se demandent ensuite pourquoi leurs affaires vont mal. Simplement parce que vos affaires ne peuvent pas s’arranger tant que vous portez vos anciens habits. Qu’apportera un vieux vêtement, imbibé de sueur, de saleté et de poussière ? Si tu t’habilles avec un nouvel habit, ton âme se réjouira.

Que font les jeunes gens quand ils se marient ? Ils changent leurs vieux habits pour de nouveaux. Quiconque les voit se réjouit de leurs tenues et dit : « Ce sont deux fiancés. » Ils commencent bien, mais ne résistent pas jusqu’au bout. Pourquoi ? En rentrant chez eux, ils se changent et remettent les vieux habits, puis ils se demandent pourquoi leurs affaires vont mal. Vous aussi, maintenant, vous portez de nouveaux vêtements, mais lorsque vous rentrerez chez vous, vous remettrez vos anciens vêtements. Paul dit : « Dépouillez-vous du vieil homme ! » Donc, l’abandon des anciens habits au profit des nouveaux symbolise la nouvelle vie à laquelle l’être humain aspire. Par conséquent, si vous vous habillez avec de nouveaux vêtements, ne revenez plus aux anciens.

Qu’est-ce que le vieil homme en réalité ? Ce sont les vieilles pensées, les vieux sentiments et désirs, les vieilles habitudes, les vieux habits dont nous portons les empreintes jusqu’à aujourd’hui. Toutes les souffrances physiques, affectives et mentales, toutes les privations ne sont-elles pas le résultat du vieil homme, de ce qui est ancien ? Malgré cela on entend dire : « Accrochons-nous à l’ancien ! » Où cela est-il écrit ? Paul dit : « Revêtez l’homme nouveau ! » Lorsqu’ils entendent le mot nouveau ou nouvel enseignement, beaucoup disent : « Il est dangereux le nouvel enseignement. » C’est l’ancien qui est dangereux. En réalité le nouvel enseignement propose aux gens des choses très simples et de bon sens : s’habiller avec de nouveaux vêtements, chausser de nouvelles chaussures et devenir un homme nouveau. Qui ne le souhaite pas ? Vous direz : « D’où viendra le nouveau ? Il faut des moyens et de l’argent pour cela, qui nous les fournira ? » Commencez par l’invisible et allez peu à peu vers le visible. Si tous les matins au réveil vous enlevez les anciens habits de votre pensée et de votre cœur, et que vous en mettez de nouveaux, vous vous renouvellerez et deviendrez un homme nouveau. L’homme se réveille contrarié, mécontent. Pourquoi ? Il n’a pas enlevé les anciens habits. Ne te fâche pas contre ton mari, mais donne-lui de l’eau fraîche pour se laver les pieds, ouvre la fenêtre pour respirer de l’air frais, donne-lui de nouveaux vêtements pour s’habiller et vois ensuite s’il n’est pas content. Chaque femme qui ouvre l’armoire divine pour donner de nouveaux habits à son mari est bonne. Se revêtir ainsi a une portée psychique.

Celui qui ne sait pas se vêtir d’un nouvel habit psychique sera toujours mécontent et vindicatif. Combien de femmes se plaignent de leurs maris et combien de maris se plaignent de leurs femmes sous le prétexte que ceux-ci ne savent pas se parer de nouveaux habits. Si le mari n’excelle pas dans cet art, que la femme l’habille ; si la femme n’excelle pas dans cet art, que son mari l’habille. Habille ta femme tous les matins d’un vêtement neuf et elle sera bonne ; habille ton mari tous les matins d’un vêtement neuf et il sera bon. La femme a préparé un plat qui ne plaît pas à son mari : il se fâche, se met en colère, mais cela la fâche aussi et en fin de compte le mécontentement est général. Pourquoi ne pas examiner le goût et le caractère de son mari et préparer un repas qu’il aime ? Avant que le mari ne rentre du travail, la femme doit aérer les chambres et prier avec les enfants. Lorsque le mari rentrera et trouvera les chambres propres et aérées, les enfants doux et calmes, il s’habillera d’un habit neuf et sera content. Que fait la femme aujourd’hui ? Elle voit son mari en colère, et c’est alors qu’elle aère les chambres, puis calme les enfants. Dans cette situation, l’homme n’a aucune envie de s’habiller d’un vêtement neuf.

Un jeune homme devait voyager d’un village à un autre. Le chemin traversait une forêt sombre. Voyant qu’il s’apprêtait à partir sur cette route, sa grand-mère lui a dit : « Mon fils, laisse-moi te jeter un sort : si jamais un ours te croise, qu’il ne te mange pas. – Grand-mère, il vaut mieux me jeter un sort pour m’éviter de croiser un ours ! » a répondu son petit-fils en souriant.

Que doit faire la femme pour avoir la paix et la tranquillité à la maison ? Lorsque son mari rentre du travail, elle doit lui laver les pieds, lui donner des habits neufs pour s’habiller, et ils doivent se mettre tous deux à table pour prendre leur repas ; voici comment faisaient les femmes autrefois. Si on conservait cette habitude à notre époque, cinquante pour cent des malentendus domestiques seraient évités. La femme considère humiliant de laver les pieds de son mari et de lui donner de nouveau vêtements pour s’habiller. Elle dit : « Est-il juste de m’occuper de mon mari comme d’un enfant ? Il peut se débrouiller tout seul. » Est-il juste que la femme donne de vieux habits à son mari et que tous deux se querellent constamment ? Si j’étais à la place de la femme, je préférerais enlever les vieux habits de mon mari, lui en mettre de nouveaux, lui laver les pieds, plutôt que de me quereller avec lui et de le laisser dans ses anciens habits. Enlevez vos anciens vêtements et mettez-en de nouveaux !

Une femme viendra se plaindre de son mari car il regarde les autres femmes ; ils se fâchent et se disputent. Pour éviter cela il faut lui enlever ses anciens habits. Tu lui laisses les anciens habits, et contrarié de sa situation, il cherche des raisons pour se quereller. Habille-le dans un habit neuf, dans l’habit de l’amour et ne songe pas à mal. Puisque l’être humain a un cœur, il a aussi de l’amour. Parfois ses chaussures sont trop serrées et il se déplace avec difficulté. Qu’ont fait les chinois avec leurs enfants ? Ils ont estropié leurs pieds. Comme ils servent leur vieille culture, ils chaussent leurs filles avec de petites chaussures très serrées sous prétexte qu’il est élégant pour une femme d’avoir un petit pied. En réalité, les motivations sont toutes autres. En estropiant les pieds de la femme, ils veulent la retenir à la maison, l’empêcher de sortir dans la rue. Mais la chinoise s’est habituée à ses petits pieds et se déplace librement et va où elle le souhaite.

Les gens doivent avoir de nouveaux vêtements, de nouvelles chaussures larges et confortables. Si vous affrontez des difficultés et des souffrances, sachez que ce sont les anciens habits et les anciennes chaussures trop serrées. Les anciens vêtements sont imbibés de poison. Lorsqu’il pèche, l’homme remet l’ancien vêtement, imbibé d’impuretés et de poison. Enlevez l’ancien habit et mettez le nouveau qui porte en lui tous les éléments de pureté et de santé. Le vêtement neuf apporte à l’homme joie et gaîté. Le matin au réveil, mettez l’habit de l’espérance, de la foi, de l’amour, de la vérité, de la miséricorde, mettez le vêtement qui vous est nécessaire pour l’occasion. Chaque vêtement qui porte une certaine vertu est propre, neuf, sain.

En vous levant le matin, pensez à ce qui est noble et élevé, au travail des grands hommes : musiciens, peintres, écrivains et poètes. L’homme est mécontent car sa femme a brûlé le repas ; la femme est mécontente car son mari ne lui a pas rapporté suffisamment de viande et de légumes pour faire un bon repas. Laissez de côté les casseroles avec le repas brûlé, jetez les oignons trop cuits, l’huile, et aussi votre mécontentement avec eux. Soyez reconnaissants du peu que vous avez. Il est préférable que l’homme reste affamé trois jours de suite plutôt que de garder en lui le mécontentement dû à la pénurie de viande, de pain et de légumes. Aujourd’hui, tous, professeurs, instructeurs, magistrats, prêtres cultivent le mécontentement pour un plat brûlé ; le commerçant est quant à lui mécontent de ses mauvaises affaires. Débarrassez-vous du mécontentement, débarrassez-vous des casseroles et du commerce ! L’homme n’est pas venu sur Terre pour être cuisinier ou commerçant, ce sont des métiers temporaires pour subsister. Le prêtre comme le professeur sont mécontents de leurs affaires. Ne vous inquiétez pas, tout ira bien, personne n’est venu sur Terre pour être curé ou professeur, ce sont des occupations temporaires. Que signifie le mot pope[1] ? Père. Il y a un Père dans le monde, le Seigneur. Tous les humains sont des frères. Par conséquent, quand tu rencontreras un homme, tu sauras qu’il est ton frère et que Dieu est le Père de tous.

Enlevez vos vieux vêtements et mettez les nouveaux. Le nouveau vêtement, c’est l’amour. Si tu mets ce vêtement, tu diras que tu aimes tout le monde. Si tu dis cela une fois, tu résisteras. Ne vous retrouvez pas dans la situation de ce chinois qui a voulu être généreux, mais qui a fini par chasser une mendiante, venue le voir quinze fois d’affilée. Il a fini par dire : « Je n’en peux plus d’être généreux. » Celui qui se dit incapable de faire ceci ou cela est disciple de l’ancien enseignement. Le disciple du nouvel enseignement dit toujours je peux. Quand tu dis je ne peux pas, tu affaiblis Dieu en toi, si tu dis je peux, tu Lui donnes la force de se manifester.

Les vieux habits ont été jadis à leur place, mais aujourd’hui, ils sont serrés et inconfortables. Les petits vêtements vont aux petits enfants, mais si vous les leur remettez dix ans plus tard, vous leur ferez mal. Libérez-vous des anciennes formes qui ne vous conviennent plus à présent. Chaque pensée, chaque sentiment, chaque désir qui vous incommode doit être rejeté ou bien donné à d’autres à qui ils conviendront. Lorsque vous rentrerez à la maison, ouvrez vos armoires et distribuez vos vieux vêtements à ceux qui ne les ont pas encore portés. Si quelqu’un est volontaire pour les récupérer, donnez-les-lui ; sinon, jetez-les ou brûlez-les. Sortez vos nouveaux vêtements, habillez-vous avec eux et dites : « Je mets désormais un vêtement neuf, le vêtement du Christ ». C’est ce que le nouvel enseignement exige de tous. Ce vêtement neuf est appelé le vêtement de l’amour. Il se renouvelle sans cesse ; si vous l’enlevez, vous en remettez un neuf comme le serpent qui enlève sa peau et la remplace par une autre.

Ainsi, si quelqu’un se dit contrarié et indisposé, c’est que son vêtement est vieux. Il enlèvera son ancien habit et mettra celui de la foi. S’il est en colère, il mettra celui de la paix. Peut-on se changer aussi facilement ? Oui, on le peut. Comme vous enlevez ou remettez une chemise, vous pouvez aussi vous habiller dans les habits de l’amour, de la sagesse, de la vérité, de la foi, de l’espoir, de la paix, etc. La femme met son chemisier d’en haut vers le bas, elle accueille donc les idées de haut en bas ; l’homme met son pantalon de bas en haut, comme il accueille les idées, de bas en haut. Le pantalon est serré en bas, plus large en haut ; ainsi l’homme se prémunit des mauvaises choses qui tentent de passer du monde inférieur vers le monde supérieur. Mais voici qu’une nouvelle mode semble nous arriver ici : insatisfaits des pantalons serrés en bas, les hommes se sont mis à porter des pantalons plus larges en bas.

Enlevez vos vieux habits, faits selon la mode, et mettez des vêtements neufs, blancs et propres. La couleur blanche est celle du bien. Aspirez à cette couleur blanche pour vous relier au bien. Où que vous voyiez une couleur blanche, celle d’une fleur, d’une maison crépie en blanc, rattachez-la au bien ; vous passerez ainsi du visible à l’invisible. En voyant une fleur blanche, arrêtez-vous devant elle pour dire : « Je veux être blanc, vertueux et pur comme cette fleur. » Pensez souvent à la couleur blanche, au bien et à la pureté pour vous habiller dans un nouveau vêtement : le vêtement de l’homme nouveau. C’est une méthode simple qui peut vous aider.

Si tu es mécontent ou indisposé, pense au bien, tu enlèveras ainsi ton ancien habit et tu en mettras un neuf. Tous les parents savent cela. Si leur enfant fait face à une maladie plusieurs mois durant, la première chose après sa guérison consiste à le baigner et à l’habiller avec des vêtements neufs ; on jette ou on brûle les anciens vêtements qu’il portait pendant sa maladie. En sachant que les anciens habits sont imbibés de microbes et d’infections, de mauvaises pensées et de mauvais sentiments, d’états négatifs, jetez-les ou brûlez-les, mais ne les donnez jamais aux pauvres. Si vous voulez donner quelque chose au pauvre, donnez-lui de vos habits neufs. Quelqu’un distribue ses anciens habits et pense faire le bien ; il s’est libéré de son fardeau, mais il l’a mis sur le dos d’un autre ! Il s’est donc fait du bien à lui-même et non pas au pauvre. Si vous voulez vous libérer de vos anciens habits, demandez à celui à qui vous les donnez s’il est prêt à porter votre fardeau. S’il l’accepte de son plein gré, remerciez-le pour le bien qu’il vous fait.

Rappelez-vous : l’ancien n’est pas utile et bénéfique pour les humains. Il est précieux uniquement dans la nature : elle le met comme engrais aux racines des arbres. Celles-ci l’absorbent, extraient les sucs nécessaires dont sortiront bientôt de nouvelles feuilles, de nouveaux rameaux et boutons, des fleurs et des fruits. Seule la nature maîtrise l’art de transformer l’ancien en nouveau. Il est dit dans les Écritures : « Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. » Vous direz que ce verset s’applique à tous les chrétiens car ils aiment Dieu. Combien de temps L’aiment-ils ? Une ou deux heures, tout au plus, tant qu’ils sont à l’église, vêtus de blanc et de neuf ; les vingt-deux ou vingt-trois heures restantes, ils sont dans leurs anciens habits. Lorsque vous examinerez le rapport 1 sur 23, vous comprendrez combien de temps vous êtes de vrais chrétiens. Lorsque je parle de l’église, du temple, j’ai en tête cet état d’esprit sublime de l’âme humaine dans lequel l’homme est prêt à manifester le bien, la miséricorde et l’amour.

Lorsque j’examine les pensées humaines, je vois les vieux vêtements qui les habillent et je sais que ces pensées n’aideront pas. La femme pense que son mari est énervé, colérique et méchant ; l’homme pense la même chose à propos de sa femme. Je dis aux deux : cessez de vous plaindre l’un de l’autre, mais posez-vous la question de savoir de quelle femme et de quel homme vous êtes mécontents : du vieux ou du nouveau. Chaque femme a deux maris, un vieux et un nouveau ; chaque homme a deux femmes, une vieille et une nouvelle. De qui vous plaignez-vous ? De l’ancien mari et de l’ancienne femme ou du nouveau mari et de la nouvelle femme ? Le mot femme[2] vient de зео (zeo), la vie. La méchante femme vient de l’ancienne vie, mauvaise et dépravée. Lorsque la pensée s’unit à la vie, l’homme nait. Donc l’homme et la femme s’unissent pour se développer. Selon le même principe, si le grain de blé n’est pas planté en Terre, rien de neuf ne sera acquis. Lorsque quelqu’un demande pourquoi les gens se marient, je dis : le mariage est nécessaire pour que l’homme et la femme se développent, pour acquérir de nouvelles qualités et étudier les lois divines. Peut-on le faire sans mariage ? On ne le peut pas sans mariage au sens large, c’est-à-dire sans développement sur Terre. En venant sur Terre l’être humain s’est déjà marié, son esprit s’est uni à la chair. L’esprit est marié avec la chair. Celui qui ne veut pas se marier ne doit pas venir sur terre. Le mariage doit se dérouler correctement pour engendrer des bienfaits, des œuvres sublimes et vertueuses.

Le monde a besoin de bienfaits, de grandes œuvres. Que voyons-nous aujourd’hui ? Le monde est rempli d’enfants de l’ancien, du désamour. Et après ils se plaignent tous de leurs enfants en disant : « Il ne faut pas se marier. » Lorsqu’Il a créé l’être humain, Dieu l’a créé de genre masculin et de genre féminin. Les mots masculin et féminin désignent l’amour et l’affection. L’homme représente l’amour, la femme, l’affection. L’homme qui n’a pas d’amour n’est pas un vrai homme ; la femme qui n’a pas d’affection n’est pas une vraie femme. C’est une grande vérité qui me concerne autant que vous. L’homme doit être vêtu d’un habit neuf, celui de l’amour, et la femme – vêtue de celui de l’affection.

Voilà pourquoi, lorsque des hommes et des femmes viennent auprès de moi pour se plaindre les uns des autres, je suis parfois doux et compréhensif à leur égard et parfois inflexible. Lorsque je me montre sévère, je veux ainsi leur suggérer d’enlever leurs vieux vêtements sales et d’en mettre des neufs : que l’homme mette l’habit de l’amour et la femme, celui de l’affection. Lorsque je suis doux et compréhensif, je manifeste la patience divine et je me dis : « Puisque Dieu est patient envers les humains, je dois aussi me montrer patient. » Dieu est amour à mon égard, je suis affection à Son égard. Je dois par conséquent laisser l’amour divin se manifester à travers moi. Ce n’est qu’ainsi que ma pensée peut être claire et mon esprit puissant et serein. Commencez dès aujourd’hui à enlever les vieux habits et à retirer les vieilles chaussures pour les jeter dehors. Qu’a fait Moïse devant le buisson ardent ? Il s’est déchaussé car il a entendu une voix lui dire : « Ôte tes sandales de tes pieds car le lieu où tu te tiens est une terre sacrée. » Dieu lui a dit alors d’autres choses qui ne sont pas mentionnés dans l’Ancien Testament.

« Retire tes sandales » a dit Dieu à Moïse. Le mot sandale est pris au sens large. L’homme porte des sandales non seulement aux pieds, mais aussi aux mains, à la pensée, au cœur. C’est pourquoi l’homme doit retirer les sandales de ses pieds, de ses mains, de sa pensée et de son cœur. Il y a des sandales aux pieds qui serrent et on peine à marcher avec elles, mais il y a aussi des sandales pour la pensée qui le serrent également et l’empêchent de penser librement. Vous entendez quelqu’un dire que son crédo est le meilleur, le plus juste ; penser ainsi témoigne d’un discernement limité et borné, c’est-à-dire enfermé dans des sandales serrées. Le véritable crédo est unique, le juste crédo est unique ; tous les autres sont des parodies, des caricatures de l’image unique et authentique. La religion juste et authentique est unique, c’est la religion de l’amour, celle du contenu et du sens intime des choses. Elle détermine les liens qui doivent exister dans la famille entre le mari et la femme, entre le frère et la sœur. La véritable religion est unique, c’est-à-dire l’Arbre de la Vie est unique, mais il a de nombreuses branches. Pour connaître la nouvelle religion, vous devez mettre vos nouveaux habits comme le prêtre met une nouvelle tenue pour aller officier. Pourquoi ne pas être comme un prêtre habillé dans sa nouvelle tenue ? Lorsqu’il se marie, l’homme devient prêtre ; sa femme l’a ordonné prêtre. Lorsqu’un enfant nait, l’homme devient pope, c’est-à-dire père. En ce sens, chaque être humain peut être père et mère, mettre sa nouvelle tenue pour servir le renouveau. Ordonner ton mari prêtre, c’est lui enfanter quelque chose de noble et de sublime.

Je souhaiterais que chaque femme ordonne son mari prêtre en lui donnant un enfant noble, vêtu d’une nouvelle tenue. Lorsqu’elle enfante, la femme doit acquérir des qualités supérieures qu’elle transmet également à son mari, ce qui signifie pour les deux de s’habiller dans des vêtements propres et neufs. Si la femme enceinte est mécontente de sa grossesse et regrette de souffrir, elle est encore habillée de ses vieux vêtements, elle sert l’ancien. La femme enceinte doit remercier Dieu de l’habiller dans un nouveau vêtement. Le mari, les frères et les sœurs doivent aussi la remercier. Est-ce que les gens d’aujourd’hui agissent de la sorte ? La plupart sont mécontents de l’arrivée de l’enfant, ils voient en lui une source d’anxiété, de dépenses et de difficulté. Ce sont de vieilles idées mercantiles. À bas les vieilles idées ! Elles sont dépassées et sans aucune valeur aujourd’hui.

« Se vêtir, et se dévêtir. » Lorsque nous parlons de se vêtir et se dévêtir, ceci peut concerner les anciens et les nouveaux habits. Au sens strict, s’habiller dans du neuf n’est pas possible tant que le Christ ne s’incarne pas dans l’être humain. En réalité, c’est le Christ, le principe primordial, le commencement divin dans l’être humain qui s’habille de neuf, et non pas l’humain lui-même, habillé de chair. La chair est l’ancien vêtement, l’esprit, le nouveau. La chair prépare le nouveau vêtement, mais ne peut pas le revêtir tant que l’esprit, le commencement divin, le Christ, ne vient pas s’y incarner. De même, la femme enceinte prépare les langes, les habits du bébé, mais ne peut pas les utiliser tant qu’il n’est pas né, tant qu’il n’est pas sorti. On ne peut pas être beau tant qu’on n’enfante pas une idée grandiose. On peut peindre un beau tableau, sculpter une belle statue, écrire une œuvre grandiose et précieuse uniquement lorsque l’Esprit a participé à ce travail.

Combien d’années sont passées depuis que le Saint Évangile a été écrit ? Deux mille ans bientôt. Ceux qui ont contribué à son écriture y travaillent encore aujourd’hui. Voilà pourquoi, lorsque vous lisez l’Évangile, vous vous liez à ceux qui ont travaillé et qui travaillent encore sur Lui. « Dans ce cas, pouvons-nous nous lier au Christ ? » Puisque vous pensez à lui, vous pouvez vous lier à lui. Si vous avez accueilli chez vous l’affamé, l’assoiffé, le souffrant pour le restaurer et le consoler, pensera-t-il à vous ? Il y pensera sans aucun doute. Si vous l’avez chassé, sermonné et insulté, il se rappellera toujours de vous. L’être humain peut donc se souvenir et se rappeler de vous dans deux situations : si vous l’avez nourri et logé convenablement et si vous l’avez chassé et insulté.

Beaucoup cherchent le Christ, débattent à son sujet, mais ils ne sont pas contents de leur vie, de Dieu. Ils veulent avoir plus de richesses et de bienfaits que ce qu’ils ont. Lorsqu’ils s’insurgent et se plaignent, ils sont habillés dans leurs vieux habits ; on ne donne pas de nouvelles tenues à de telles personnes. Pour s’habiller dans le nouveau, ils doivent enlever les vieux vêtements et bien se laver. Ce qui signifie d’accueillir avec joie l’enseignement du Christ et être prêts à aider les pauvres, les malheureux et les souffrants. Ils veulent d’abord être riches et ensuite aider les pauvres et les malheureux ; mais ne sont-ils pas déjà riches aujourd’hui ? Quel que soit le jour et l’heure où une pensée lumineuse vous éclaire, un sentiment ou un désir d’aider les faibles et les misérables vous rend visite, la bénédiction se déversera sur vous. Ouvrez vos cœurs pour que l’eau vive s’écoule et désaltère les voyageurs accablés et souffrants.

Que signifie pour l’homme et la femme de s’habiller dans des vêtements neufs ? Lorsque l’homme rentre en colère de son travail, la femme ne doit pas se renfrogner, mais appliquer le nouvel enseignement et transformer son état. Comment appliquer le nouvel enseignement ? Avant que l’homme ne rentre du travail, elle doit nettoyer et laver la pièce, l’aérer et mettre trois vases sur la table : l’un avec une fleur blanche, le deuxième avec une fleur bleue, le troisième avec une fleur rose. Tant qu’il ne rentre pas du travail, les enfants ne doivent pas entrer dans la pièce. Elle doit prier Dieu que son mari accepte les bienfaits que les fleurs portent en elles. En le voyant arriver, elle doit l’accueillir et lui proposer de lui laver les pieds. En lui lavant les pieds, elle doit lui rappeler que sa propre mère a jadis fait la même chose, et lui donner ensuite de l’eau pour se laver les mains et le visage. C’est cela s’habiller dans une tenue neuve.

Habiller quelqu’un dans une tenue neuve est simple et facile. Mettre un vêtement neuf est une formule simple mais efficace. Aujourd’hui la femme s’angoisse avec certaines pensées, l’homme aussi, ce qui fait que tous les deux sont encore habillés de vieux vêtements. De quoi s’inquiète la femme ? De ce que l’homme regarde les autres femmes. La crainte ne provient pas du fait qu’il regarde une autre femme, mais du mensonge : il regarde sa femme d’un œil et une autre avec l’autre œil. Pourquoi ne pas regarder des deux yeux et dire à sa femme : « J’ai vu une de tes sœurs ; il y a quelque chose de beau en elle qui me plaît. » Aujourd’hui, les hommes et les femmes se mentent mutuellement, cachent la vérité, puis se disputent. Ce n’est pas être chrétien. Quelle bénédiction peuvent attendre les hommes et les femmes s’ils se trompent, s’ils rusent à qui mieux-mieux ? Si l’homme dit la vérité, la femme ne doutera pas de lui, elle saura que l’homme regarde d’autres femmes, mais sans mauvaises intentions. Trois hommes et trois femmes vivent dans l’être humain : les premiers sont des enfants qui ne comprennent pas et ne savent pas ; les seconds savent ce qu’est le bien et comment l’appliquer ; les troisièmes ont une origine divine et demeurent auprès de Dieu. C’est ainsi que je connais les gens, c’est ainsi que vous devez les connaître aussi. C’est cela revêtir l’homme nouveau.

L’ancien vêtement représente la vie terrestre et le nouveau, la vie céleste. Rentrez chez vous et mettez l’habit nouveau de la vie céleste. Quel que soit le nombre de fois où vous péchez, sachez que vous accomplirez toujours la volonté divine. « Je suis un grand pécheur. » Même pécheur, tu peux toujours accomplir la volonté divine, cela dépend de toi, de ton bon vouloir et de la force de ta volonté. Quelqu’un peut être juste, mais ne pas désirer accomplir la volonté de Dieu. Il vaut mieux être pécheur, mais accomplir la volonté divine, plutôt que d’être juste et ne pas être prêt à accomplir la volonté de ton Père. Certains m’écoutent, mais ils sourient intérieurement. Pourquoi ? Ils sont réticents et ne croient pas que le pécheur puisse accomplir la volonté de son Père. Sarah aussi a souri avec incrédulité lorsque le Seigneur lui a annoncé qu’elle enfanterait un fils. Il lui a demandé la raison de son sourire, mais elle a caché la vérité et a prétendu ne pas avoir souri. Ce qui est impossible à l’homme est possible à Dieu.

Mettez vos nouveaux vêtements et ne pensez pas aux conséquences. Ouvrez le robinet et l’eau commencera à couler. Soyez fidèles aux processus qui régissent l’habillement et le déshabillement. Si tu es tombé quelque part et que tu t’es sali, rentre chez toi, enlève l’ancien habit qui n’est plus propre, et mets-en un nouveau. Il ne suffit pas de prendre conscience de son péché, encore faut-il mettre un habit neuf. Si aujourd’hui tu as commis une erreur, dis-toi : « Demain, je mettrai un habit neuf », c’est-à-dire je ferai quelque chose de bien. Par le mot demain, je désigne l’instant du lever du soleil. Le bien, la vertu croissent au lever du soleil et pendant la journée, alors que le chagrin croît le soir, au moment du coucher du soleil. Appliquez l’idée de se vêtir et se dévêtir pour que le bien progresse en vous. Enlevez l’ancien habit de votre mental et de votre cœur et mettez-en un neuf. Pensez toujours à vous vêtir de vêtements neufs tant que cette pensée ne s’est pas réalisée. Le peintre esquisse progressivement son idée sur la toile, jusqu’à la réaliser complètement.

Mettre un vêtement neuf signifie trouver le sens grandiose de la vie. Celui qui s’accroche à ses vieux vêtements signe lui-même sa condamnation à mort. Il a bu et mangé toute sa vie sans avoir aucune pensée nouvelle. Le soir, au coucher, mettez une chemise neuve et propre pour vous réveiller le lendemain frais et en bonne condition. Ce qui signifie : le soir, enlevez le vieil habit sale, couvert de poussière et d’impureté à cause de votre labeur quotidien, mettez le nouvel habit et présentez-vous ainsi auprès de Dieu. Avant de s’endormir, l’être humain doit avoir liquidé l’ancien pour accueillir le nouveau et continuer son travail le lendemain. Si votre corps est pur, votre cœur et votre esprit seront purs aussi. Avant de vous coucher, lavez-vous, habillez-vous d’un vêtement neuf et propre ; entourez-vous de l’amour, de la foi et de l’espérance, de la patience et de la beauté, et présentez-vous ainsi au Seigneur. Au réveil, le matin, vous serez gais et joyeux. Si vous n’agissez pas de la sorte, vous vous disputerez le soir et au petit matin vous serez mécontents du manque de beurre et de viande, du peu de pain, de la pénurie de vêtements et de chaussures pour les enfants, etc.

Que doit-on faire pour arranger ses affaires ? On doit enlever les anciens habits et mettre des habits neufs ; c’est cela le nouvel enseignement. En observant les visages des gens d’aujourd’hui, on y lit les insuccès, les chagrins, les épreuves qu’ils traversent. Pour se libérer des tourments et des souffrances, ils doivent appliquer la nouvelle idée : enlever les anciens habits et en mettre de nouveaux. À l’avenir, cette idée gagnera les écoles. Si quelqu’un est malade, qu’il imagine que la maladie descend jusqu’à sortir de lui ; lorsque vous vous libérerez d’elle, maintenez l’idée que vous êtes frais et bien portants ; il en sera comme vous le pensez.

Aux Etats-Unis, une femme avait été souffrante durant douze ans, elle a consulté tous les médecins connus, elle a donné toute sa fortune pour des médicaments sans que rien puisse l’aider. Elle a lu un jour dans un livre quelque chose sur l’idée de se vêtir et se dévêtir et a décidé d’enlever les anciens vêtements pour en mettre de nouveaux. Elle a examiné ses anciens coffres et a jeté tout ce qui était vieux. En s’habillant avec ses vêtements nouveaux, elle s’est instantanément sentie mieux. Son état s’est amélioré jour après jour et elle a bientôt été guérie complètement.

Que font la plupart des gens religieux ? Ils parlent du Christ, des nouvelles idées : ils font du bruit ! On entend de loin qu’un religieux a fini de couver quelque chose, c’est-à-dire qu’il a fait un sermon. L’œuf est couvé, le poussin est né, mais que vaut ce poussin, seul l’avenir le montrera.

C’est bien d’écouter ce qu’on nous dit, mais c’est encore mieux d’appliquer le bien que l’on entend. Si l’essai ne donne rien, qu’on réessaie ; il faut persévérer jusqu’à ce que l’essai soit fructueux. Quelqu’un de plus fort que vous viendra vous tenter, ne vous découragez pas. Vous passerez par des doutes et des tentations, mais ne renoncez pas à essayer encore. Quand vous essayez quelque chose, soyez seul dans votre chambre. C’est ainsi qu’agissait le Christ : lorsqu’il voulait guérir un malade, il mettait ses proches dehors pour être seul avec lui. Vous direz que pour croire en Dieu vous demandez à être témoin d’un miracle. Les gens d’aujourd’hui croient même sans miracles. Ils sont si croyants que leurs croyances frisent la superstition. Il suffit ce soir de lancer une nouvelle pour qu’elle se propage telle une traînée de poudre dans le monde entier. Les gens ne manquent pas de foi et encore moins de croyances et de superstitions.

Lorsque le Christ est venu jadis sur Terre, Il a apporté une graine qui représentait le nouvel enseignement ; il l’a appelée amour. Il a donné cette graine aux juifs en disant : « Je vous donne cette graine, gardez-la et ne la perdez pas. Elle fera de vous un peuple puissant. » Au début, ils ont cru à la force que la graine cachait et ils ont commencé à en parler à tout le monde. Elle s’est ainsi transmise de main en main, d’un peuple à l’autre, jusqu’à ce que les juifs la perdent. La perte de la graine n’est rien d’autre que l’oubli ; les juifs ont oublié son existence. Ils ont perdu la foi dans sa force, ils ont perdu la patience d’attendre qu’elle se manifeste et ils ont conclu que c’était une graine ordinaire. Vous direz que le monde est devenu incroyant ; non, le monde n’est pas incroyant, mais la graine s’est éloignée de l’être humain et continue de faire le tour de tous les peuples. Aujourd’hui, le Christ revient sur Terre et apporte la même graine dans sa main, mais il ne la confie à personne, il la plante lui-même dans les jardins des hommes pour qu’elle donne des fruits juteux et savoureux. Gardez soigneusement ces fruits pour pouvoir conserver leurs graines. Gardez les graines ainsi obtenues pour ne pas les perdre de nouveau.

Beaucoup croient en Dieu, mais, en fin de compte, ils souhaitent être témoins d’un miracle pour renforcer leur foi. Frères, vous avez perdu le chemin que la graine a emprunté. Revenez en arrière pour la retrouver et la replanter non pas dans la terre comme avant, mais dans vos cœurs. Là, elle se développera bien pour donner des fruits sucrés qui ouvriront vos yeux. Ève aussi a mangé les fruits de cette graine ; ses yeux se sont ouverts et elle a regardé, non pas en direction du véritable amour, mais à l’opposé. Si nos contemporains mangent des fruits de cette graine, leurs yeux s’ouvriront de nouveau et ils regarderont. L’homme dira à sa femme : « Vite, habillons-nous des habits neufs et propres de l’amour et présentons-nous ainsi devant le Seigneur. »

Faut-il que les gens se demandent maintenant les uns les autres : « Est-ce que tu m’aimes et combien m’aimes-tu ? » Quel être humain dont le cœur est rempli de foi, d’espérance, d’amour, de paix et de docilité n’est pas aimé ?

« Dépouillez-vous du vieil homme et vêtissez l’homme nouveau. »

Je souhaite maintenant à tous les hommes, à toutes les femmes, à tous les enfants de jeter leurs vieux habits pour en mettre de nouveaux.

Sofia, 28 juillet 1918

Traduction par Bojidar Borissov


[1] Pope – nom donné au prêtre orthodoxe

[2] Femme s’écrit жена (jena) en bulgare

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