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1917_06_03 Dieu est Esprit

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Dieu est Esprit

« Dieu est esprit

et il faut que ceux qui l'adorent,

l'adorent en esprit et en vérité ».

Jean 4 :24[1]

 « Dieu est Esprit et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et vérité. » Le Christ a formulé cette pensée il y a deux mille ans. Le dire devant une assemblée est le signe que celle-ci n’était pas constituée de gens très cultivés ; ils se demandaient comment vénérer Dieu, et le Christ leur a apporté cette réponse. Il y a beaucoup de façons de servir Dieu et le Christ a indiqué une façon juste : servir Dieu en esprit et en vérité. Le mot adorer est utilisé ici au sens de servir.

« Dieu est esprit. » Le mot Dieu est obscur, incompris, notamment par ceux qui ont une démarche philosophique. Mais la Genèse, ou l’essence des choses, ne peut s’appréhender par l’intelligence, par l’approche philosophique. Pourquoi ? Parce que selon les lois de la pensée il y a des choses déterminées et finies et d’autres qui sont indéterminées et infinies. L’un des concepts indéterminés est celui de Dieu. Dieu est un Être sans commencement et sans fin, sans limites connues pour Son action. Il est une assise, un principe sur lequel bâtir nos relations.

« Ceux qui servent Dieu, doivent Le servir en esprit et en vérité. » Que signifie le mot esprit ? On dit de quelqu’un que son esprit a rejoint Dieu, autrement dit qu’il est mort. L’esprit est donc, dans l’être humain, cette force intelligente qui porte la vie. Si nous voulons déterminer ce qu’est la vérité, nous devons nous tourner vers l’Évangile où il est dit : « Le Principe de ton Verbe est la vérité.[2] » Donc, le verbe par lequel nous nous exprimons est le corps de la vérité. Chacun sait ce que représente la tête pour le corps. Dans l’homme, ce qui est le plus précieux est déposé dans son cerveau, dans sa tête. C’est pour cela que la qualité de l’homme se détermine par la qualité de son cerveau.

« Qu’ils servent Dieu en esprit et en vérité. » Qu’est-ce que Dieu réellement ? Beaucoup le considèrent comme un principe solennel et abstrait, dont ils ne peuvent avoir aucune idée. Il faut peu de choses pour connaître Dieu : pour avoir un contact avec Lui, pour trouver les points d’attache entre Dieu et l’âme humaine, il suffit d’essayer de Le servir en esprit et en vérité. Comment reconnaîtrez-vous que ce contact est établi ? Par ses effets, à savoir : si vous êtes morts, vous ressusciterez ; si vous êtes malades, vous guérirez ; si vous êtes ignorants, vous vous instruirez ; si vous avez perdu le sens de la vie, l’amour vous visitera, apportera la lumière dans votre esprit et donnera du sens à votre vie. À l’instant même où vous couperez votre lien avec Dieu, vous perdrez tout. Tout le monde l’a vécu, ce qui rend vitale et non pas abstraite la question de servir Dieu. Celui qui a su résoudre cette question a compris le sens de sa vie individuelle et a bâti sa propre philosophie de la vie.

Beaucoup de philosophes ont écrit sur la question du service ; celui qui s’y intéresse peut lire ce qu’ils ont dit ; on a beaucoup écrit sur cette question et en différentes langues. En dehors de la littérature, la question du service a son côté intérieur, subjectif. Quel côté de la question touche la réalité, la vérité ? D’après moi, la réalité des choses a deux aspects : extérieur ou objectif, avec forme ; intérieur ou subjectif, sans forme. Vous rétorquerez qu’il est impossible pour une chose réelle de ne pas avoir de forme. Que direz-vous dans ce cas des sentiments que vous éprouvez ; ils sont réels et pourtant dépourvus de forme. Quelle forme ont les sentiments de quiétude ou d’anxiété, de joie ou de chagrin, quelle forme donnez-vous au concept vérité ? Donc, les choses réelles ne sont pas toujours revêtues d’une forme. Le stade de développement actuel des humains fait apparaître des choses réelles qui ne nécessitent aucune forme ; les scientifiques les appellent subjectives ou intérieures.

« Ceux qui Le servent, qu’ils servent en esprit et en vérité. » Ce qui signifie : servir Dieu avec cette compréhension intime et intérieure de la vie que l’être humain porte en lui ; servir Dieu avec cette compréhension du sens intime de la vie. Tous cherchent la vérité, la connaissent, et si quelqu’un s’adresse à eux ils veulent savoir s’il dit la vérité ou non. La vérité détermine les rapports entre les âmes. Elle est concrète par elle-même : porter la vérité en soi signifie avoir la lumière dans son intelligence, la chaleur dans son cœur et la liberté dans ses croyances et convictions. La vérité donne la liberté et la force intérieure à l’être humain. S’il perd la vérité, il se met à douter, à hésiter : quel que soit le travail entrepris, il est en proie à la peur et au trouble. La vérité est une force vivante, c’est pour cela qu’elle donne du sens et vivifie les choses. Parler de la vérité en tant que concept seulement, c’est comme énoncer les noms des personnes sans les rattacher aux personnes elles-mêmes, à l’image vivante de ces personnes. Le nom Ivan est inerte ; si nous le lions à l’homme en question, ce nom prend vie. Souvent la vérité est évoquée comme un concept inerte, mais lorsqu’on dit que la vérité est principe du Verbe, ou que Dieu est vérité, alors elle prend vie et s’anime. C’est pour cette raison que celui qui porte la vérité en lui est en bonne santé, intelligent, heureux, beau et puissant.

Si vous voulez être beau et aimé des autres, appliquez la vérité dans votre vie. Quelqu’un se plaint d’avoir perdu sa bonne mine, mais il ne sait pas comment faire pour retrouver de belles couleurs sur son visage. C’est très simple, il doit appliquer la vérité, elle lui donnera la couleur qu’il souhaite. La vérité est la pierre philosophale qui transforme les choses. Qui porte la vérité en soi est immortel, souverain, toute la nature le reconnaît et tous les êtres vivants le saluent à son passage : les fleurs, les animaux, les humains, même les rivières, les sources, les rochers et les montagnes. Celui qui ne porte pas la vérité en lui est sans cesse confronté à des contradictions et des tourments. Si vous rencontrez quelqu’un, attaqué de tous parts, vous saurez qu’il ne porte pas la vérité en lui ou qu’au contraire la société qu’il fréquente est loin de la vérité.

Le Christ dit : « Nous devons Le vénérer. » Le mot vénérer se rapporte à la volonté humaine. L’être humain doit vénérer Dieu par son travail. Que fait celui qui laboure son champ ou moissonne la récolte ? Il s’incline la journée durant, en soulevant et abaissant la houe ou la faucille. Celui qui boit et qui mange s’incline aussi. Si vous croisez une connaissance dans la rue, homme ou femme, vous vous inclinez encore. Vous vous inclinez non seulement dans l’Église, mais aussi dans la vie. Cela indique que l’être humain s’incline devant Dieu où qu’il Le voie : dans un être humain, dans un animal, dans une plante, dans la nourriture et dans l’eau dont il a constamment besoin. Alors, le verset que le Christ a formulé sur la vénération prend un sens plus large et signifie : « Celui qui vénère Dieu, où qu’il Le voie, s’incline en esprit et en vérité. »

Quelle que soit la maison où vous entrez, vérifiez si l’homme et la femme s’inclinent devant Dieu en esprit et en vérité. Si la femme est mécontente de son mari et de ses enfants et souhaite s’en débarrasser, elle ne s’incline pas devant Dieu en esprit et en vérité. Si l’homme n’est pas non plus content de ses proches et les injurie constamment, lui non plus ne s’incline pas en esprit et en vérité. Beaucoup veulent savoir pourquoi le christianisme, ce grand enseignement, ne donne pas les résultats escomptés. C’est très simple, c’est parce que peu le comprennent, et parmi ceux qui le comprennent, la plupart ne l’appliquent pas. Ils considèrent que s’ils appliquaient l’enseignement du Christ, leurs intérêts en pâtiraient ; c’est une mauvaise compréhension des choses.

« Esprit et vérité », ce sont deux éléments transposables à l’homme et à la femme. L’esprit est la femme, la vérité, l’homme. Voilà pourquoi tous les hommes et toutes les femmes qui servent Dieu doivent s’unir en esprit et en vérité. La vénération représente le processus d’enfantement. Par conséquent, lorsque l’homme, la femme et l’enfant s’unissent en esprit et en vérité, ils s’inclinent devant Dieu comme il se doit ; nous appelons cela la véritable vénération. Dieu est là où sont l’esprit, la vérité et le service. Les fruits de l’esprit sont l’amour, la joie, la miséricorde, l’obéissance, la tempérance, ce sont les fruits que la femme doit donner. Chaque femme peut engendrer, mais l’important est ce qu’elle engendre. En tant que femmes, aspirez désormais à faire naître les fruits de l’esprit : amour, joie, patience, paix, obéissance, tempérance, miséricorde. Dans l’enfantement de ces fruits repose le véritable service de Dieu. Quels arbres fruitiers affectionne l’homme ? Ceux qui donnent des fruits sucrés et savoureux. Y a-t-il un fruit plus sucré que l’amour ? Voilà pourquoi la femme qui représente l’esprit peut être aimée seulement lorsqu’elle engendre l’amour ; la femme symbolise l’amour. Un enfant né de l’amour est aimé de tous. La mère se réjouit que son enfant reçoive l’amour des gens, mais on dit aussi d’elle : « Bienheureuse celle qui a engendré l’enfant de l’amour. » L’amour est éternel et immuable comme ses fruits. Donnez à l’esprit un espace en vous pour faire naître l’amour.

« Qu’ils Le servent en esprit et en vérité. » Pourquoi cela ? Pour se lier à la réalité de la vie et ne pas se sentir tout nu lorsque, allant dans l’autre monde, on est dépouillé de sa chair. Dieu est le centre de l’Univers, l’Esprit - source de la vie et la Vérité - principe du Verbe, de la vie intelligente. L’esprit et la vérité doivent s’unir et retourner ainsi vers Dieu, devenir un avec Lui. Le Christ dit : « Moi et mon Père nous sommes un. » Il veut dire par là qu’il porte en lui les deux éléments : esprit et vérité. Le Christ a traversé de grandes souffrances, mais il a enfanté les fruits de l’esprit et montre aux humains comment ils doivent vivre et servir Dieu. Enfanter, c’est se mettre dans la situation de la femme qui accouche et élève des enfants. Être femme, c’est porter les fruits de l’esprit en soi : amour, paix, joie, patience, miséricorde, obéissance et tempérance. Que vous soyez homme ou femme, vous devez tous servir en esprit et en vérité et non seulement par les mots et en apparence.

En Amérique, une chrétienne écoutait les discours d’un orateur célèbre qui se prononçait contre le christianisme. Blessée par ses propos, elle a décidé de se rendre chez lui et de débattre afin de lui prouver la force de l’enseignement du Christ et le tourner vers le Christ. L’orateur l’a accueilli poliment, l’a laissée s’exprimer librement et l’a invitée à déjeuner. Après le repas, il lui a dit: « Vous voyez, je ne sers pas Dieu selon vos principes et je ne Le vénère pas, pourtant ma maison est riche, j’ai à ma disposition tout ce dont j’ai besoin. Vous feriez mieux d’aller chez mon voisin : il prie Dieu trois fois par jour et malgré cela, il vit chichement. Allez le voir, consolez-le, donnez-lui à manger, c’est lui qui a besoin de votre aide et non pas moi. »

Les religieux souhaitent le plus souvent tourner les gens vers le christianisme, dans les formes et selon les apparences. Le christianisme n’a pas besoin de disciples de façade, attachés aux formes ; servir pour les apparences n’apporte pas le salut. Le véritable salut sous-entend une pensée droite, des sentiments droits, des actes droits. Celui qui ne pense pas, qui ne ressent pas et n’agit pas avec droiture est constamment confronté aux contradictions ; il passe pour croyant, mais il ne l’est pas. Il est en général difficile de déterminer qui est croyant et qui est incroyant. Certains visitent régulièrement les églises sans être pour autant religieux ; d’autres ne vont pas à l’église, mais sont religieux. Il existe une science qui permet d’établir qui est religieux ou spirituel et qui ne l’est pas, c’est écrit sur la tête, sur le visage et sur la main. Il suffit d’examiner ces endroits pour se convaincre du sens religieux ou non, chez quelqu’un.

Deux jeunes gens sont rentrés dans un café et ont commencé à débattre de la question des relations entre les hommes. L’un et l’autre soutenaient des thèses opposées et n’arrivant pas à un consensus, ils ont longuement débattu. Pendant ce temps, un pauvre vieillard est passé dehors, écrasé par la charge qu’il transportait sur son dos. Ils l’ont remarqué sans cesser leur joute. Un monsieur assis à la table d’à côté est aussitôt sorti au dehors pour rééquilibrer la charge que le misérable portait. Il est retourné ensuite au café et a vu les deux jeunes toujours en grande discussion. Aujourd’hui encore, certains religieux visitent les églises et s’interrogent qui est croyant et qui ne l’est pas, pendant que de pauvres vieillards traversent la rue, exténués par les lourdes charges qu’ils portent sans que personne ne vienne à leur secours. Cessez vos controverses, quittez votre table et sortez dehors pour aider ceux qui souffrent sous le poids de leur fardeau : ils sont surchargés, souffrants, englués dans les tourments et les contradictions. Aidez-les par votre bon exemple ou par vos bons conseils.

Le Christ dit à ses disciples : « Ne critiquez pas, n’attaquez pas les autres, ne les entretenez pas de ce qu’ils ont du mal à saisir. » Vous me demanderez : « Est-ce juste ou non ? » Pour moi c’est juste, pour vous - je ne sais pas. Je prends en considération une chose - ce qui est appétissant pour la brebis ne l’est pas pour le loup. Donc, la religion du loup n’est pas celle de la brebis. Laquelle des deux est plus juste ? Les deux, et chacun prône sa propre religion. Laissez donc chacun prôner librement sa religion – que les fleurs poussent, que les arbres fleurissent, que les fruits mûrissent et que l’être humain accomplisse la volonté divine. Autrement dit, la source doit couler, répandre son eau pure et cristalline ; la rivière doit s’étendre loin, irriguer les herbes et les plantes, même celles que les humains n’aiment pas. La rivière qui s’écoule, irrigue tout sur son chemin sans faire de différence entre les fleurs et les arbres, sans les classer en beaux ou laids, en utiles ou nocifs, elle les abreuve tous. Ainsi, si vous êtes une source, répandez votre abondance sur tous ceux qui vous rendent visite ; si vous êtes une rivière, irriguez toutes les fleurs et tous les arbres que vous croisez ; si vous êtes une fleur, développez-vous correctement ; si vous êtes un arbre, fleurissez ; si vous êtes un fruit, mûrissez ; si vous êtes un homme, accomplissez la volonté divine.

En étudiant les processus de la vie, l’être humain doit connaître la loi de la transformation. Si vous entendez dire par quelqu’un qu’il veut grandir, vous devez lui donner les conditions requises : humidité, chaleur, lumière ; s’il veut fleurir, il a besoin de lumière et de chaleur, mais pas d’humidité ; lorsqu’il mûrit il faut aussi de la lumière et de la chaleur. C’est un art délicat de savoir de quoi on a besoin, de se le procurer à chaque instant et de pouvoir travailler avec la loi de la transformation des énergies.

Il est dit que l’esprit transforme les choses. Parce que la femme représente l’esprit, elle doit se transformer, changer les choses. Ainsi, il ne lui suffit pas de déclarer avoir un mari, faut-il encore qu’elle le transforme. Il est le fruit qui doit mûrir sur l’arbre. La femme doit pour cela l’éclairer pour qu’il mûrisse, qu’il obtienne la saveur nécessaire. La femme doit bien connaître la nature de son mari et l’arroser si c’est une fleur ; désherber et travailler le sol si c’est un arbre qui fleurit ; l’éclairer si c’est un fruit sur un arbre ; l’aider à servir en esprit et en vérité si c’est un être humain qui accomplit la volonté divine. C’est la même chose pour l’homme, il doit aussi connaître la nature de sa femme et lui venir en aide : l’arroser si c’est une fleur ; travailler le sol si c’est un arbre qui fleurit, mais à condition que cessent la pluie et le vent, autrement dit que cessent les malentendus et les disputes ; l’éclairer, c’est-à-dire l’entourer d’amour si c’est un fruit qui mûrit ; et enfin, l’aider à servir en esprit et en vérité si c’est un être humain qui accomplit la volonté divine. Les deux s’entendront alors et vivront dans l’harmonie et dans l’amour. Celui qui ne comprend pas ces processus s’expose tout seul aux tourments et aux souffrances. Quelqu’un fleurit, alors que vous exigez de lui qu’il donne du fruit ; laissez-le tranquillement passer la floraison, la nouaison et c’est ensuite que vous attendrez du fruit de sa part. Un autre entame à peine la nouaison alors que vous attendez déjà de lui qu’il donne des fruits sucrés ; laissez-le mûrir librement. Le fruit sera d’abord amer, acide, mais il finira par devenir sucré - lorsqu’il sera mûr, à ce moment vous vous entendrez.

Les gens d’aujourd’hui souffrent, passent par des épreuves, car ils ne comprennent pas le langage dans lequel ils communiquent entre eux. Quel que soit le langage, il est important de voir partout, et en tout, les manifestations de Dieu. C’est un art de savoir trier le raisonnable du déraisonnable. Dans cette situation, quiconque lui parle, quel que soit le langage utilisé, il doit saisir où est Dieu et où Il n’est pas. Là où est la raison, là n’existe aucun doute, aucune hésitation.

Comment devez-vous résoudre vos problèmes ? Voulez-vous résoudre une question importante pour vous ? Choisissez un moment où vous êtes en paix intérieurement. Si vous êtes en colère, indisposé, mécontent ou pris de doutes, ne prenez aucune décision sur le sujet. Que tout s’apaise pour pouvoir diriger votre pensée en haut, vers votre âme ou votre esprit, et attendez une réponse. Quinze ou vingt minutes après vous recevrez une réponse. Si vous êtes pressés, vous ferez une erreur. Beaucoup veulent quelque chose de Dieu et se pressent de vite réaliser leurs désirs. Rien de bien ne se fait à la va vite.

Un évangéliste avait besoin de trois mille leva, et sans trop réfléchir par quel moyen se les procurer, il est allé voir un missionnaire américain en lui disant : « Dieu m’a envoyé chez toi pour que tu me donnes trois mille leva. – Je n’ai pas d’argent disponible – a répondu tranquillement le missionnaire. Comme cet argent n’est pas dans ma caisse, j’en conclus que ce n’est pas Dieu qui t’a envoyé. Si c’était le cas, j’aurais forcément l’argent nécessaire pour te rendre service. »

Par conséquent, lorsque l’être humain se lie à Dieu, il se crée nécessairement un accord extérieur et intérieur entre les choses. Dans cette situation, les gens que vous sollicitez pour obtenir de l’aide écoutent les commandements de Dieu et viennent à votre secours. Quelqu’un dit qu’il sert Dieu en esprit et en vérité. Si c’est réellement le cas, ses amis, hommes et femmes, lui viendront en aide. Pourquoi ? Parce que Dieu comprend vos besoins, connaît vos désirs, et pour vous rendre service il ordonnera à vos amis, en qui Il demeure, d’accomplir Sa volonté. N’est-ce pas ce que fait le père ? Avant même que l’enfant ne pleure pour avoir du pain, le père le lui procure. À travers lui, Dieu satisfait les besoins de toute la famille.

Les gens d’aujourd’hui vivent une époque éprouvante et difficile et disent : « Qu’est-ce qu’il adviendra de nous ? » Rien de mal n’arrivera, il n’y a pas eu d’époque meilleure que celle-ci. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui Dieu soigne les humains. Lorsqu’une maladie est en cours de traitement, la situation du malade est plus enviable que celle d’avant son traitement. En effet, la maladie était déjà inoculée à l’homme et ne faisait qu’attendre le moment propice pour se manifester, alors qu’il se croyait en bonne santé. Il vaut mieux ouvrir les yeux des humains et dissiper leur égarement plutôt que de les laisser s’aveugler. Les souffrances actuelles montrent que les rapports entre les humains s’améliorent progressivement.

Le Christ dit : « En esprit et en vérité », ce qui signifie que si les humains servent Dieu en esprit et en vérité leurs rapports s’amélioreront ; sinon, même les situations déjà en règle seront mises à mal. Par conséquent, même lorsque le monde sera en ordre nous devons continuer de servir Dieu en esprit et en vérité. Renoncez à vos vieilles habitudes et appliquez les nouvelles, celles que l’amour apporte. Si quelqu’un vous offense, ne vous fâchez pas, ne vous vengez pas ; la vengeance est un vieux procédé qui n’apporte rien de bon. Le Christ dit : « Faites-vous des amis dans l’injustice »[3], autrement dit, pardonnez à ceux qui vous doivent quelque chose ou qui vous ont causé du tort.

Un bulgare avait fait trois ans de prison. À sa sortie, il a voulu appliquer ce qu’il avait appris en lisant les Évangiles durant cette période. Il a convoqué ses débiteurs pour régler ses comptes selon les commandements chrétiens. Comment a-t-il agi ? Il a convoqué ses débiteurs un par un en demandant à chacun : « Combien me dois-tu ? – Telle somme d’argent. – Peux-tu tout me rembourser ? – Je ne peux pas. – Et la moitié ? – Je ne peux pas. – Et le quart ? – Je peux. – Alors paie-moi ce que tu peux et sois acquitté du reste. » Parmi ses débiteurs il a trouvé ainsi des amis au lieu d’ennemis.

Trois frères ont décidé de travailler ensemble. Le premier était évangéliste, les deux autres orthodoxes. Un contentieux s’est fait jour et ils ont décidé de se séparer. Chacun voulait une part égale sauf l’aîné qui prétendait obtenir une plus grande part car il disait avoir travaillé plus. Le tribunal a jugé cette affaire en sa faveur et, pour ne pas être dérangé par les plaignants, il a mis tous ses avoirs au nom de sa femme. Mais un jour elle l’a chassé et il s’est retrouvé dans la rue. Les autres frères ont décidé d’aller trouver leur frère pour obtenir quelque arrangement malgré la sentence du tribunal. Ils l’ont trouvé dans un piteux état. Il leur a dit : « C’est trop tard, moi aussi j’ai tout perdu. »

Aujourd’hui, tous les hommes, les peuples et les sociétés agissent de la sorte. Pourquoi ? C’est parce qu’ils ne servent pas Dieu en esprit et en vérité. S’ils continuent de vivre à l’ancienne, sans servir Dieu en esprit et en vérité, ils perdront tout. Aujourd’hui, la femme se plaint de son mari et lui se plaint d’elle. La femme ne veut plus être avec son mari car il lui a dit un mot blessant. Quel mot exactement ? Il l’a traitée de niaise. Elle doit être raisonnable, transformer les choses. Et l’homme doit agir de même.

Que renferme le mot niais[4] ? La lettre b signifie la croissance, la lettre u la floraison, le d, la connaissance des lois de l’amour, le a, l’intelligence, le l, l’amour envers les humains et envers Dieu. Est-ce préjudiciable d’être niais ? Que peut-on souhaiter de plus ? Ce n’est pas mal que l’homme traite sa femme de niaise ; ce qui est dommage, c’est qu’elle ne puisse pas extraire la sève de ce mot et la cuisiner pour préparer quelque chose de savoureux à manger. En dégustant la sève sucrée de ce mot, elle pourra dire à son mari : « Je te remercie pour ce beau cadeau. » C’est cela servir Dieu en esprit et en vérité, c’est cela maîtriser l’art de transformer les jus amers en jus sucrés. On y arrive grâce à une volonté puissante et raisonnable. Celui qui a appliqué une volonté raisonnable dans sa vie n’entendra jamais le mot niais. Quiconque le croise, lui dira : « Tu es une belle fleur ; tu es un arbre qui fleuris ; tu es un fruit qui mûris ; tu es un être, doué de raison, qui travaille avec sa volonté pour transformer les jus amers en jus sucrés. »

La tâche de chacun est d’apprendre la loi de la transformation des énergies. La femme doit transformer les paroles vexantes de son mari en paroles agréables, et le mari doit chercher l’harmonie dans les paroles désobligeantes de sa femme. Aussi offensante que soit la parole qui vous est adressée, décomposez-là, comme on dégrade les composés chimiques ; extrayez les éléments amers et toxiques et ne laissez que ceux qui sont utiles à votre développement : c’est cela servir Dieu en esprit et en vérité. Servir est une grande science. Soyez alchimistes dans la vie pour transformer les paroles désobligeantes et mal intentionnées en bonnes paroles. Les paroles que prononcent les humains renferment quelque chose de précieux même si elles sont offensantes en apparence. Ne vous arrêtez pas sur les formes extérieures du langage humain, mais cherchez-y les éléments qui soignent et élèvent l’homme.

Jadis, les bulgares cachaient leur or dans des sacs troués, des pots malodorants pour ne pas éveiller les soupçons. Les bons esprits procèdent de même : lorsqu’ils donnent une richesse à l’homme, ils l’enveloppent dans des paroles offensantes et mauvaises pour que les créatures malfaisantes ne mettent pas la main dessus. Sachant cela, ne vous vexez pas de la parole offensante proférée par autrui, mais commencez à l’analyser, à extraire les bons éléments qu’elle contient. Ne pensez pas que celui qui se montre désobligeant ne souffre pas ; il regrette la parole prononcée, culpabilise et se punit. Quelqu’un se montre offensant en pensant dire la vérité ; il doit savoir que la vérité se distingue par un trait particulier : elle apporte la liberté à l’âme humaine. Lorsque la vérité devient principe du Verbe, on se libère et on trouve le bonheur.

Je souhaite aujourd’hui que l’esprit soit le guide de la femme et la vérité - le guide de l’homme. Alors le Christ viendra établir sa demeure en eux. Quand cela arrivera-t-il ? Lorsque la femme prendra pour principe l’esprit et l’homme - la vérité. C’est la seule façon de redresser le monde et avoir une vie belle et merveilleuse. Chacun doit accepter par lui-même l’esprit et la vérité en soi-même, sans attendre qu’ils soient prêchés et imposés de l’extérieur. Le salut du monde se cache dans le verset où le Christ a dit : « Les vrais disciples doivent servir Dieu en esprit et en vérité.[5] » Tous ceux qui servent Dieu ainsi, apporteront la paix dans le monde. Pour cela, que chacun cultive en lui la pensée qu’il peut apporter la paix. La paix vient de l’intérieur et non pas de l’extérieur. C’est pourquoi, je dis aux Bulgares et aux autres peuples : ne perdez pas la foi en vous-même, laissez-vous entre les mains de Dieu qui demeure en vous et qui a tout arrangé dans le monde. Faites confiance à votre esprit et à la vérité qui est en vous. Tout ce qui se passe dans le monde en ce moment n’est pas arbitraire, mais dans l’ordre des choses : des fleurs belles et multicolores, de beaux arbres qui donneront des fruits mûrs et sucrés vont s’élever sur le sol arrosé de sang[6]. Pour que cette époque s’ouvre, tous doivent servir Dieu en esprit et en vérité.

Le salut du monde dépend de chacun individuellement. N’est-ce pas ce que fait le grain de blé ? Il est petit, isolé, mais mis en terre dans de bonnes conditions, il est capable de nourrir le monde entier douze ans durant. Par conséquent, lorsque nous disons que le Christ a sauvé le monde, nous nommons cette âme puissante qui a pénétré tous les humains et se manifeste partout ; c’est ainsi qu’elle donne un élan à toute l’humanité pour aller de l’avant. Beaucoup n’ont pas de réussite dans leurs projets parce qu’ils portent un regard négatif sur tout, parce qu’ils ont quelque chose à redire sur chacun. Si tous sont médisants, d’où viendra le salut ? Chacun doit considérer que Dieu a déposé dans son prochain la capacité d’être raisonnable, bon et volontaire, ainsi que les conditions pour se révéler. Chacun a la possibilité d’être sage ; la sagesse est un livre écrit en chacun. Il suffit de lire ce livre pour s’ouvrir aux vérités qui affranchissent des limitations, et rendent heureux. Que chacun ouvre le livre de sa vie pour lire ce qui y est écrit. Vous direz que c’est une chose difficile ; les choses difficiles sont divines.

Un jeune homme est allé voir un professeur allemand pour se faire conseiller une discipline scientifique, rapide à étudier. Le professeur l’a regardé et lui a dit : « Lorsque Dieu veut créer une courge, Il lui octroie six mois ; lorsqu’Il veut créer un chêne, Il lui octroie cent ans. Ainsi, si vous voulez être mûrs en six mois, vous serez une courge ; si vous voulez mûrir en cent ans, vous serez un chêne. »

« En esprit et en vérité. » Travaillez sur cette pensée pour en extraire la sève contenue. Vous atteindrez ainsi la connaissance profonde de vous-même et d’autrui. Si vous n’arrivez pas à extraire la sève sucrée de cette pensée, vous douterez constamment de vous et vous ressemblerez à ce bulgare nommé Stoyan : il s’est arrêté sous un arbre pour se reposer et y a attaché son âne. Il a fini par s’endormir à l’ombre. Quelques enfants se sont approchés, ont détaché l’âne, puis se sont éloignés. À son réveil, Stoyan a jeté un coup d’œil, et en voyant que l’âne n’y était plus, il s’est dit : « Si je suis Stoyan, j’ai égaré mon âne ; si je ne suis pas Stoyan, j’ai gagné une bride. » Il a douté de lui-même en se demandant : « Suis-je Stoyan ou pas ? » Pour ne pas perdre son âne, il n’aurait pas dû s’endormir.

Par conséquent, lorsque Dieu vient à vous, il doit vous trouver éveillés comme le jeune homme qui attend sa bien-aimée. L’homme doit chercher et attendre le Seigneur, ce n’est pas à Dieu de chercher l’homme. C’est pourquoi il est dit dans les Écritures : « Ceux qui me cherchent, me trouveront. [7]» Trouver Dieu signifie avoir assimilé la grande philosophie divine de la vie ; chacun l’appliquera comme il peut et comme il l’entend.

Lorsque nous examinons la compréhension des humains, leurs pensées et leurs sentiments, nous y voyons une grande variété comme qualité, volume et valeur. Les différences de compréhension, de sentiments et de pensées des humains créent des rapports justes ou injustes entre eux. En général, la majorité des gens s’aiment pour leurs biens, leur fortune, leur savoir, leur force, etc. Un seigneur aime son serviteur tant que ce dernier travaille et ne porte pas atteinte à ses intérêts ; s’il lui cause du tort, alors il ne l’aime plus et lui donne congé. L’homme aime sa femme tant qu’elle est belle et en bonne santé ; lorsqu’elle tombe malade et perd sa beauté, il cesse de l’aimer. Et la femme fait de même. C’est héroïque d’aimer quelqu’un de grotesque et de laid. Celui qui est fort peut aimer toutes les créatures, et leur donner un élan vers ce qui est bon et beau dans le monde. Comptez sur le divin en vous-mêmes et en autrui. Aussi mince et fragile soit-il, il vous mènera jusqu’au rivage du salut, et même si tous les diables sautent sur ce fil divin, ils ne le briseront pas. Le divin mènera tous les humains dans le droit chemin, il prendra soin même des diables. Je crois dans la force du bien et du divin, je crois que tous les humains deviendront bons.

« En esprit et en vérité. » Appliquez l’enseignement divin dans vos foyers en esprit et en vérité pour que cessent les pleurs et les souffrances. Appliquez l’enseignement divin entre les hommes et les femmes pour que s’établissent entre eux des rapports de paix et d’harmonie. Que la femme se dise : « Je suis l’esprit » ; que l’homme se dise : « Je suis la vérité ». Appliquez ces formules dans votre vie et voyez quels résultats elles donneront.

Sofia, 3 juin 1917

Traduction par Bojidar Borissov

 


[1] Tous les textes bibliques, cités en début de causerie sont en conformité avec l’édition viennoise de la Bible de 1885 dont s’est servi le Maître Beinsa Duno

[2] Jean 1,1a ; 1, 14a : « Au commencement (In principio) était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu » ; « Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. »

[3] « Eh bien ! moi, je vous dis : faites-vous des amis avec l’Argent trompeur, pour qu'une fois celui-ci disparu, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles ». (Luc 16, 9)

[4] Niais se dit boudala en bulgare

[5] « Mais l'heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père. » (Jean 4, 23)

[6] Rappelons-nous qu’au moment où le Maître s’exprime, la première guerre mondiale fait des milliers de morts sur les champs de bataille.

[7] Et moi, je vous dis : Demandez, et l'on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l'on vous ouvrira. (Luc 11, 9)

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