Ani

1918_12_29 L’inconnue

1 message dans ce sujet

L’inconnue

« Lorsqu'ils furent dans la maison,

les disciples l'interrogèrent encore là-dessus. »

Marc 10 :10[1]

Ce verset ne contient rien de particulier. Si c’était un problème, il serait à deux inconnues. La valeur connue est « dans la maison » et les inconnues sont la mariée et le marié ; les disciples sont connus, et l’école, inconnue. Je prends ce verset pour montrer que dans la vie comme dans la nature il y a des grandeurs connues et inconnues qui ont des rapports entre elles. Nous disons par exemple froid : le froid est une sensation physique perçue par l’organisme ; les scientifiques le définissent comme une diminution de l’activité ou de la chaleur. Donc nous le considérons comme un état. Dans la nature, le froid est en réalité une inconnue. Entre le froid et la haine il y a quelque chose en commun, ils sont de la même catégorie. Le froid est un état qui a un rapport au monde physique et la haine, un rapport au monde astral ou monde affectif, mais le froid comme la haine se forment dans l’être humain. Celui qui a peu de chaleur ressentira le froid ; celui qui a peu d’amour, éprouvera la haine. Le froid est perçu comme un ressenti alors que dans la nature il existe comme une force. De la même manière la haine est perçue par l’homme comme un sentiment alors que dans la nature elle existe comme une force.

« Dans la maison. » Le mot maison signifie jeunes mariés. Une maison est aménagée lorsque deux jeunes s’unissent pour vivre ensemble. Lorsque deux oiseaux s’unissent pour couver, ils créent aussi une maison, un nid, un pondoir. Lorsque des élèves se rassemblent pour étudier ensemble, on bâtit une école ; là où il y a des élèves, on a besoin d’une école. Qui crée le magistrat ? Les criminels. Qui crée le prêtre ? Les pécheurs. Donc l’enseignant n’existerait pas sans élèves. De plus, s’il est doué, les élèves le seront aussi : l’état de l’enseignant se reflète sur celui des élèves. Les élèves sont souvent un élan extérieur pour lui afin qu’il manifeste sa nature intérieure. De même l’enseignant existe à cause de l’élan intrinsèque des élèves pour l’étude ; le prêtre existe à cause de l’élan intérieur de l’âme envers Dieu ; le magistrat, à cause de l’élan des humains à rechercher la justice. La véritable mère est celle qui se sacrifie par amour ; elle comprend la volonté divine et devient volontairement une mère. Chaque homme qui agit non pas par amour mais pour gagner de l’argent et s’enrichir n’est pas un envoyé de Dieu, son destin se décide par les humains et non pas par Dieu. Ce sont des corrélations entre les valeurs.

De quelle nature sont ces valeurs ? Réelles ou absolues, irréelles ou relatives ? Quelle valeur est réelle et laquelle est irréelle ? Vous avez deux globes de même taille, mais le premier est creux et plaqué or, alors que le second est plein et en or massif ; lequel des deux est réel et lequel n’est pas réel ? Le premier est irréel, le second est réel. On peut se marier avec un globe vide ou avec un globe plein, fait en or ; un enseignant peut avoir des élèves creux ou des élèves faits d’or massif. Ce sont des corrélations qui ont une valeur uniquement pour ceux qui touchent, voient les choses et souhaitent les comprendre. Celui qui ne touche pas, qui ne voit pas et qui ne souhaite pas comprendre, est comme un automate. Il peut parler, bouger, avoir une chaleur corporelle et être quand même un automate. Vous direz que cet homme est chaud. Sa chaleur n’est que physique. Pour bâtir l’organisme humain, il faut des sentiments en plus de la chaleur ; pour bâtir le corps spirituel, il faut une conscience ; pour bâtir un corps mental, il faut que la pensée agisse.

« Lorsqu'ils furent dans la maison, les disciples l'interrogèrent encore là-dessus. » La maison est le fruit de deux jeunes gens. La maison dans laquelle est entré le Christ appartenait à des gens intègres et vertueux ; elle était solide et belle. C’est dans cette maison que les disciples du Christ se demandaient s’il est permis à un homme de quitter sa femme ou si un maître peut quitter sa maison et la mettre en location. Le Christ a répondu : « Un homme peut quitter sa femme uniquement pour cause d’adultère. » Autrement dit, un maître peut quitter sa maison ou la mettre en location si et seulement si sa femme a commis un crime. Lorsqu’il désire s’enrichir, l’homme est déjà en train de mettre sa maison en location. Ce n’est pas un mal de louer sa maison, ce sont les conséquences qui sont néfastes.

Ainsi, pour résoudre un problème avec des inconnues, nous partons des éléments connus. Les grandeurs inconnues : les mariés, seront déduites des connues : la maison et les disciples. La maison représente le corps humain. Chaque maison, c’est-à-dire chaque corps est le fruit de deux mariés. Nous disons par conséquent qu’on juge l’homme d’après sa maison. Plus quelqu’un est généreux et mentalement évolué, plus grandes sont les portes et les fenêtres de sa maison ; s’il est avare et mentalement limité, les portes et les fenêtres de sa maison sont petites et étriquées. Il vous semble peut-être curieux de lier l’avarice humaine aux petites portes et fenêtres de sa maison. Observez l’attitude des gens dans la vie et vous en serez convaincus. Regardez le récipient ou le sac qu’un homme avide porte lorsqu’il veut se faire offrir quelque chose : ils sont très grands ; même si on ne dépose que peu de choses au fond de son récipient, il a toujours en tête l’idée d’un grand récipient qui peut contenir plus. Celui qui n’est pas avide apporte un petit sac malgré l’abondance des choses.

Les Bulgares ont souvent recours au proverbe suivant : « Ne va pas cueillir des fraises qu’on a ensemencées avec un grand sac. » Ce proverbe peut se traduire ainsi : là où il n’y a que des inconnues, ne t’attends pas à gagner beaucoup. Sur la base de cette loi, l’être humain sait dans quelle maison il sera bien reçu ou non. Chacun vit dans une maison qui lui ressemble. Quelqu’un se dit lassé de sa maison. Elle a un lien avec son âme. Donc, son corps c’est-à-dire sa maison ressemble à son âme. La maison représente le monde physique de l’être humain, les disciples - le monde spirituel, et le Christ - le lien entre les deux mondes. Puisqu’il est le lien entre deux mondes, le Christ entre seulement dans des maisons pures et solides pour créer ce lien. La maison où il est entré avec ses disciples était comme un temple. Ses propriétaires étaient beaux, généreux, larges de cœur et d’esprit. Lorsqu’il y est entré, le Christ s’est senti disposé à parler.

Par conséquent, la belle maison pure et solide est un accumulateur d’énergie divine. Si le sol sur lequel elle est érigée est un tchernoziom[2], elle offre de bonnes conditions de développement pour les graines qui y sont semées, elle absorbe facilement la lumière et la chaleur divines. Si la matière dont est fait le corps est un tchernoziom, elle offre des conditions bénéfiques de développement des petites graines de la vie. Dans cette maison le Christ parlait avec ses disciples du mariage. La conversation était privée : la question du mariage doit donc toujours se débattre en privé car elle est liée à l’amour. On ne parle pas d’amour à découvert ni dans un espace public. Pourquoi ? Parce qu’il sous-entend des liens. Là où il y a des liens, il y a aussi des limitations, donc on en débat en privé.

Lorsque nous parlons de l’amour, nous arrivons à deux autres principes : la foi et l’espérance qui sont liés à lui. Je dis : l’espérance vivifie, la foi ressuscite et l’amour unit. L’espérance est liée au cœur, aux sentiments, au plan physique. Si vous avez besoin d’espérance dites : « Seigneur, revêts-moi d’espérance. » L’espérance ne se donne pas mais se revêt, c’est un habit que l’être humain revêt. Revêtir, donner, sont des processus divins. Il est dit que la foi ressuscite ; elle est liée au mental. Par conséquent la résurrection sous-entend un gain de lumière. Lorsque tu as besoin de foi, tu diras : « Seigneur, emplis-moi de foi. » La foi ne se donne pas, elle emplit l’être humain. Lorsque tu as besoin d’amour, tu diras : « Seigneur, unis-moi à l’amour. » Donc la vie s’acquiert grâce à l’espérance, la résurrection - grâce à la foi, et l’union - grâce à l’amour.

Les Bulgares disent : « L’union fait la force. » Il manque ici quelque chose. Il serait juste de dire : « L’amour fait l’union et l’union fait la force. » Si les Bulgares veulent que leurs affaires soient florissantes, ils doivent se servir de l’expression entière et pas seulement de la fin, « l’union fait la force ». Pour être forts en tant que peuple, en tant que croyants, nous devons nous unir dans l’amour ; cette union nous rendra forts. On dit : « Unissons-nous, formons une communauté. » Une union ou une communauté sans amour périclite facilement comme se défait facilement le cerclage d’un tonneau. Cultivez l’espérance, la foi et l’amour pour vous ancrer dans les trois mondes à la fois. L’espérance réglera vos affaires dans le monde physique, la foi, dans les mondes mental et spirituel, et l’amour dans le monde divin.

Quelqu’un se plaint que les autres ne l’aiment pas ; il est dans la première phase de la vie : sans espérance et sans amour en lui. Il tremble de froid et doit entrer dans la maison pour être habillé et rassasié. D’abord vous le réchaufferez, puis vous l’habillerez et le restaurerez et puis vous l’introduirez dans un monde supérieur. Il avancera de l’espérance vers l’amour, c’est-à-dire du monde physique vers le monde divin. C’est pour cela que nous disons que la vie des humains sur la Terre, sur le plan physique, est la même que celle qu’ils auront au Ciel, dans le monde divin. Ne vous imaginez pas que si vous vivez mal sur Terre, vous serez bien au Ciel. Certains disciples raisonnent ainsi : ils n’écoutent pas ce qu’on leur enseigne à l’école et comptent sur des cours particuliers. Le disciple doit être attentif en cours et étudier de façon autonome, ainsi son professeur aura aussi du génie. Si les élèves sont oisifs, les professeurs ne peuvent pas en tirer grand-chose. Entrez dans une classe et observez comment enseigne le professeur : s’il le fait avec maîtrise et dynamisme, ses élèves sont comme lui : ce qui se rassemble, s’assemble. Si vous voulez attirer l’Esprit divin dans votre maison, créez-lui des conditions qui l’attirent. Si les portes et les fenêtres de votre maison sont étriquées, il dépassera votre maison sans vous rendre visite.

Les pensées divines exigent des esprits et des cœurs supérieurs. Qui érigerait une maison dans un marécage ? Personne ! Et encore moins l’Esprit divin. S’il le décidait, il enverrait au préalable, et ce pendant des milliers d’années, des ouvriers pour l’assécher. Lorsque cet endroit sera finalement propice à la vie, l’Esprit pourra le visiter et y laisser sa bénédiction. Chacun veut que Dieu lui rende visite comme le Christ a visité la maison avec ses disciples. Si Dieu vous a visité par le passé, Il vous visitera aussi aujourd’hui ; les Bulgares disent : « Là où de l’eau a déjà coulé, l’eau coulera à nouveau. » Si Dieu n’est jamais entré dans votre maison, Il n’y entrera pas aujourd’hui non plus. Quand Dieu ne peut-Il pas entrer dans la maison de l’homme ? Lorsqu’il n’y a pas de porte. Comment les convives entreront-ils si votre maison n’a pas de porte ?

« Lorsqu'ils furent dans la maison, les disciples l'interrogèrent encore là-dessus. » Sur quoi l’ont-ils interrogé ? Sur les liens de l’être humain avec le monde. Il est dit dans les Écritures de ne pas vous attacher au monde. Quel monde ? Votre monde d’illusions et d’égarements. Tous vivent dans l’illusion et l’égarement. Une jeune femme pense par exemple se marier avec un brave jeune homme, avoir de beaux enfants. Ce n’est pas un mal, mais quelle est la réalité ? Ce qu’elle s’imagine n’est pas encore une réalité. D’abord, on doit penser à son corps : avoir un corps sain et avoir une harmonie entre ses pensées, ses sentiments et ses actes. Vous rétorquerez qu’il n’y a pas de personne parfaitement bien portante sur Terre. Oui, mais tous les états maladifs ne sont pas des maladies. Le rhume, la fièvre par exemple ne sont pas des maladies mais des phases de purification : l’organisme se nettoie ainsi des dépôts et des impuretés. En revanche, la tuberculose et la scrofule sont des maladies. Il y a aussi des maladies psychiques : celui qui se blâme sans se corriger est malade. Quelqu’un se dit pécheur, mais il continue de servir son vice. Si tu es conscient d’un vice, prends-le avec des pinces et jette-le dehors. C’est ton enfant illégitime, tu l’as engendré et tu as le droit de le jeter dehors. Si quelqu’un dit qu’il ne peut se libérer du péché et de son vice, il se leurre ; tout comme tu as péché, tu peux aussi te libérer du péché. Celui qui fait le mal, peut faire le bien ; celui qui fait le bien, peut faire le mal.

Les disciples ont interrogé le Christ : « Est-il permis à un homme de répudier sa femme ? » La réponse du Christ peut se résumer avec les paroles suivantes : l’homme peut quitter sa femme si elle ne l’aime pas. Si l’homme n’a pas foi en sa femme, elle n’en aura pas non plus pour lui ; si l’homme n’a pas d’espérance en sa femme, elle non plus ne peut pas en avoir en lui. C’est une règle : la force négative ne peut pas engendrer une force positive. Dans l’être humain, l’homme représente le cerveau lié au monde extérieur ; la femme représente le plexus solaire par lequel elle est liée au monde intérieur, divin. Le plexus solaire se rattache à l’univers entier et c’est pour cette raison que la femme est plus près du monde divin que l’homme. Ce que l’être humain perçoit avec le plexus solaire ou avec le système nerveux sympathique est plus véridique que ce qu’il perçoit avec son cerveau.

Lorsque le principe divin en l’être humain, c’est-à-dire l’Esprit ou le Christ entre dans votre maison, vous débattrez des rapports entre hommes et femmes, entre fils et filles. Le fils est un reflet du père et la fille un reflet de la mère. L’homme représente la maison et la femme, le disciple qui entre en l’homme, c’est-à-dire dans la maison pour la crépir de l’intérieur. Elle a le droit de ressortir et de rentrer dans la maison librement uniquement lorsqu’elle va à l’école. Elle doit tenir la maison en ordre, réparer portes, fenêtres et toiture et ne tolérer aucune tuile endommagée. Puisqu’elle s’occupe de la maison, elle a aussi le droit d’avoir des exigences sur la maison. Beaucoup d’hommes ont des tuiles cassées ou déplacées sur le toit et subissent des fuites d’eau. Ne sachant pas pourquoi, les femmes se plaignent de leurs maris disant qu’ils sont méchants. Si la femme fait l’intendance de la maison, elle doit monter sur le toit, vérifier l’état des tuiles et si certaines sont endommagées, elle doit les réparer. Par conséquent, tant que la femme est placée par Dieu pour vivre dans une maison, elle n’a pas le droit de la quitter ; dans ce cas la maison est sa propriété. Lorsqu’Il a créé le second Adam, Dieu lui a donné la femme comme compagne pour le réguler. L’homme se plaint que la femme a été instigatrice du péché, mais sans elle il aurait chuté définitivement. La femme est le moindre mal dans le monde, sans elle ce monde serait bien pire.

Pourquoi la femme est-elle sortie de la maison ? Pour devenir disciple. Son premier Maître était le Seigneur, Il lui disait : « Veille à ne pas démolir la maison qui t’a été donnée. » Après avoir parlé avec son premier Maître, elle est sortie dehors entre les arbres où elle a trouvé son second maître. Le mauvais côté dans la femme est qu’elle cherche un second maître alors qu’elle en a déjà un premier. C’est dangereux d’avoir deux maîtres, deux pères, deux magistrats, deux créanciers, deux bien aimés, etc. La maison que Dieu a d’abord créée était visitée par le Christ. Il a emmené la femme en dehors de la maison et a discuté avec elle la question des rapports entre l’homme et la femme. Donc, le disciple du Christ est la femme. Qui est son maître ? La mère, c’est-à-dire l’amour. Il y a maintenant aussi des hommes maîtres. Dans le livre des prophètes on emploie l’expression : « Nous nous marierons à nos fils.[3] » Elle nous semble contre nature. C’est vrai, c’est curieux pour une mère d’épouser son fils. C’est curieux, car on entend d’aujourd’hui dans le mot mariage un seul rapport possible : l’union entre un homme et une femme. L’expression « nous nous marierons avec nos fils » sous-entend un lien entre la mère et le fils, fondé sur l’amour et l’affection.

Dans la langue originelle le mot mariage désigne l’amour manifesté dans le monde physique. Si quelqu’un annonce qu’il s’est marié, je lui demande : « Tu t’es marié avec amour ou sans amour ? » Si tu te maries avec amour, tu passes par le mariage ; si tu te maries sans amour, tu te limites toi-même. Si vous suivez un enseignement sans amour, sans l’appliquer, vous êtes domestique et esclave de cet enseignement. Comment se manifeste Dieu dans le monde physique et à travers qui ? Si vous aimez votre mère, Dieu se manifeste par elle ; elle vous dit ce qu’elle reçoit de Dieu. Par votre mère vous vous liez à l’espérance, à la foi et à l’amour. Par l’espérance, vous vous liez au monde physique, par la foi, aux mondes mental et spirituel, et par l’amour, au monde divin.

« Lorsqu'ils furent dans la maison, les disciples l'interrogèrent encore là-dessus. » Aujourd’hui encore les gens posent la même question. Aujourd’hui encore vous croisez des gens qui se plaignent de ne pas avoir de maison, d’argent, de moyens pour instruire leurs enfants. S’ils n’ont pas de maison cela montre que la mère est décédée. Que la mère meure est un mauvais présage. La mère doit vivre autant que le fils et déposer quelque chose de précieux en lui. Le fils dont la mère est morte tôt est privé de nombre de bienfaits. La mère de l’humanité est morte il y a huit mille ans en laissant Adam et Ève orphelins, c’était leur punition. Ils ont dû traverser de grandes souffrances et assimiler autrement ce qu’ils n’ont pas reçu directement de leur mère. Si la mère de l’humanité était vivante, il n’y aurait pas de souffrances sur Terre. Chaque être humain a une mère ; si elle meurt, son discernement s’obscurcit, son cœur durcit et l’amour cesse d’agir, il ne voit plus rien de beau. Sa maison se délabre peu à peu, le Maître et ses disciples n’y rentrent plus pour débattre la question sur laquelle s’est prononcé le Christ. Le verset qui dit : « J’enverrai mon Esprit vous enseigner[4] », sous-entend précisément la Mère divine. C’est un grand bienfait pour l’être humain que la Mère divine, c’est-à-dire l’amour, soit en lui. Elle est tendre, délicate, affable. Celui qui ne l’écoute pas reste seul, elle s’en éloigne. Tant que la Mère divine est en l’être humain il a toutes les conditions favorables pour réaliser ses désirs, il résout facilement ses épreuves et surmonte les obstacles.

Je vous donnerai maintenant un problème à résoudre : la farine se transporte du moulin en voiture ; les roues, l’essieu et les chevaux se déplacent ; seule la bride des chevaux reste immobile. La solution est la suivante : le rapport entre les roues et l’essieu ou entre les chevaux et la bride est le même que celui entre la justice et l’injustice d’une part, et entre l’amour et la sagesse d’autre part. Donc, seuls l’amour et la sagesse peuvent mouvoir les roues de notre vie. Les roues décrivent une trajectoire curviligne, les chevaux, une ligne droite et la bride reste immobile. La bride est la justice, l’essieu, la bonté. Apprenez à voir le côté intérieur des choses, à comprendre les symboles dont se sert la nature intelligente.

« Lorsqu'ils furent dans la maison, les disciples l'interrogèrent encore là-dessus. » Les derniers mots du Christ ce jour-là étaient les suivants : « Pour accomplir la volonté divine sur Terre, vous devez vous revêtir d’espérance, vous emplir de la foi et vous unir à l’amour. » C’est le chemin que doivent suivre les Bulgares. C’est la façon de se tourner vers Dieu. C’est le seul moyen pour eux de se lier aux êtres supérieurs, aux gens de bien, aux saints, à tous ceux qui œuvrent pour l’élévation de l’humanité. Lorsque le Soleil brille, ne vous occupez pas de choses accessoires, mais exposez votre dos aux rayons solaires pour absorber sa lumière et sa chaleur et tout transformer en pensées lumineuses et en sentiments élevés. Si vous savez transformer l’énergie solaire en pensée et sentiments, vous aiderez aussi vos proches.

Je suis aussi venu aider les Bulgares. Quelle que soit leur attitude à mon égard, quelles que soient leurs persécutions, j’ai décidé de les réchauffer, de leur faire un bien que personne encore n’a fait pour eux. Ensuite, je tirerai ma révérence.

Aujourd’hui, les gens du monde ou les religieux réussissent péniblement dans la vie car ils se divisent. Ils n’écoutent pas leur voix intérieure mais sont influencés par diverses autorités. Les érudits et les gens du monde débattent de nombreuses théories ; les religieux cherchent le droit chemin, veulent savoir quelle église est la plus authentique. Il est dit qu’il ne faut vénérer ni Jérusalem ni cette montagne, mais qu’il faut diriger son esprit, son cœur et son âme vers le Seigneur de l’amour, de la sagesse et de la vérité. Il apporte la liberté à tous les humains, à tous les peuples de la Terre[5].

Maintenant mes amis, je vous laisse avec l’espérance dans vos cœurs, avec la foi dans vos esprits et l’amour dans vos âmes pour ressusciter et comprendre le sens profond de mes paroles. Suivez le chemin que Dieu vous indique. Soyez libres et vivez comme Dieu vous l’a appris et continue de vous l’apprendre. Soyez libres d’esprit, de cœur et d’âme, sains de corps pour porter l’enseignement divin déposé en vous depuis le commencement du monde. Soyez des ouvriers dans le champ divin : c’est le chemin par lequel le peuple bulgare peut s’élever. La Bulgarie est un corps et le peuple bulgare, une âme. Je parle du peuple bulgare en tant qu’âme dont l’élévation est prévue dans le plan divin.

Je vous souhaite que l’espérance, la foi et l’amour soient en vous pour comprendre le sens profond de la vie.

Sofia, 29 décembre 1918

Traduction par Bojidar Borissov

 


[2] Terre noire très fertile composée de lœss et d'humus, que l'on trouve dans les régions de climat continental assez sec, en Ukraine notamment.

[3] « Ainsi tes fils s'uniront à toi » (Esaïe 62 :5)

[5] Jésus lui dit : "Crois-moi, femme, l'heure vient où ce n’est ni sur cette montagne ni dans Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l'heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père. Dieu est esprit, et c’est pourquoi ceux qui l'adorent doivent adorer en esprit et en vérité." (Jean 4, 21 ; 23-24)

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites