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1918_11_17 Et ayant entendu


Ani
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Et ayant entendu

« Et ayant entendu cela ils en furent étonnés,

et le laissant, ils s'en allèrent… »[1]

Matthieu 22 :22

« Et ayant entendu cela ils en furent étonnés. » Un mot important dans ce verset est le verbe entendre. Entendre et écouter sont des synonymes. De quoi se sont-ils étonnés ? De la réponse du Christ à la question de savoir s’il faut ou non payer le tribut à César.

Il est question du paiement. On aborde souvent la question de la servitude. Le paiement a un rapport au devoir, alors que la servitude, c’est-à-dire le service, a un rapport à l’amour. Payer n’est pas une vertu car on est tenu de payer. À la question que les érudits ont posé au Christ : faut-il ou non payer le tribut à César, le Christ a répondu : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » César est roi, et le roi, un homme. La même question peut donc se traduire ainsi : faut-il payer un tribut à l’homme ? Les animaux, inférieurs à l’homme lui paient un tribut : viande, lait, œufs, laine, graisse, labeur, etc. De ce point de vue l’homme est César sur Terre.

« Et ayant entendu cela ils en furent étonnés. » Si l’homme s’étonne, c’est qu’il n’est pas convaincu de la vérité. « Et ayant entendu cela ils en furent étonnés. » Il n’est pas dit qu’ils écoutaient mais qu’ils ont entendu sa réponse et se sont étonnés qu’il résolve aussi facilement cette question.

Lorsque nous voulons attraper un animal, et qu’il nous échappe des mains, nous nous étonnons de ne pas avoir trouvé le moyen de le retenir. L’étonnement se manifeste souvent par le mécontentement. Nous entendons beaucoup de choses dans la vie. On se demande par exemple si les humains doivent s’aimer ; les uns disent oui, d’autres disent non. Pourquoi non ? Parce qu’ils n’en tirent aucun profit car celui qui aime beaucoup donne beaucoup. On entend dire que celui qui veut être heureux ne doit pas servir Dieu. Pourquoi ? Parce que servir Dieu signifie donner : il faut donc vider son portefeuille, ce qui n’est pas rentable. Si on donne aux pauvres, on ne garde rien pour soi, le portefeuille se vide. Prendre et donner vont ensemble.

Ne pensez pas que donner est dans tous les cas un acte positif et bienveillant alors que prendre serait un acte négatif. Dans certains cas donner est bien, mais dans d’autres, c’est mal. De même pour prendre : c’est parfois bien de prendre, parfois mal. Si on donne à quelqu’un du poison ou un cachet amer ou un coup de pied, ce n’est pas un bien. Si en revanche on donne au pauvre des vêtements pour s’habiller, de l’argent pour se nourrir, c’est bien et c’est à propos. De même, prendre implique deux processus, l’un positif et l’autre négatif. Ce n’est pas bien d’enlever à quelqu’un sa femme, ses enfants, sa maison et de le laisser dans le chagrin et les privations. C’est bien de prendre la dette de ton prochain, de la payer ; c’est bien de prendre sa maladie. La nouvelle morale exige de l’homme d’agir pour prendre et donner de façon à ne créer aucun dommage. Ce sont deux processus qui doivent viser l’élévation de l’âme humaine.

« Et ayant entendu cela ils en furent étonnés. » Aujourd’hui encore, les humains s’étonnent de ce qui se passe dans la vie et se demandent si Dieu existe ou non. Celui qui doit donner nie l’existence de Dieu ; celui qui doit prendre, concède que Dieu existe. De même pour les relations entre les humains : si quelqu’un a de lourdes dettes, il nie avoir une dette, et dit que son créancier est mort. Si on l’interroge : « Où est ton créancier ? », il répond : « Il n’est plus, il n’existe pas, il est mort il y a longtemps. » Il n’existe pas car on a des dettes à lui régler ! Certains, même endettés, concèdent quand même l’existence de Dieu car ils sont prêts à payer leurs arriérés. Les érudits et les pharisiens ont entendu le Christ, mais ils s’en sont allés, ils ne voulaient pas l’écouter. C’est ainsi que font certains : ils entendent se propager une nouvelle idée, mais n’écoutent pas et s’en vont chez eux. Aujourd’hui, moi aussi je prêche, certains m’entendent, d’autres m’écoutent. Parmi ceux qui écoutent, quelques-uns cherchent un moyen simple de comprendre et d’appliquer l’enseignement du Christ.

Un Bulgare ignorant, ne sachant ni lire ni écrire, n’avait aucun métier (c’était dans les temps reculés). Il a entrepris d’apprendre à lire tout seul, mais si peu, que ce savoir ne lui ouvrait aucune porte. Il errait çà et là pour se trouver un métier et joindre les deux bouts. Il a rencontré un jour un prêtre avec un petit chaudron d’eau dans une main et du basilic dans l’autre. Celui-ci allait de maison en maison pour verser de l’eau et lire la prière. « Voici un travail facile pour moi ! », s’est dit le Bulgare. Un jour, il est allé à l’église pour voir ce que faisait le prêtre et prendre ainsi en mains son nouveau métier. Après avoir entendu parler le prêtre, il est rentré chez lui, a pris un petit chaudron d’eau, un peu de basilic et il est parti dans la rue pour verser de l’eau sur quiconque le croisait.

Beaucoup pensent et agissent comme cet ancien Bulgare. Ils disent : « Je prendrai un petit chaudron d’eau et un peu de basilic et j’irai verser de l’eau sur les gens ; je gagnerai toujours quelque chose à la fin. » Voilà leur degré de développement. Ils diront ensuite que nous devons être moraux. Puisque tu as pris un petit chaudron d’eau et du basilic, tu soutiendras cette morale-là. Le prêtre dit qu’il faut avoir des fidèles ; le médecin dit qu’il faut avoir des malades. L’un et l’autre disent vrai, mais je dis avant tout : il faut avoir des auditeurs, c’est-à-dire des gens qui, lorsqu’ils écoutent, savent appliquer. Tout le monde cherche un métier facile alors que j’apprends aux gens un métier difficile : écouter bien et appliquer avec justesse.

Entendre et écouter sont des synonymes, il y a entre eux une certaine corrélation. Ecouter précède entendre ; écouter sous-entend un processus d’assimilation. Écouter a un rapport à la lune, c’est-à-dire au fait de se vider et de se remplir, au don et à l’acquisition. On doit comprendre les deux processus et savoir quand donner et quand prendre. Celui qui écoute uniquement est un marchand spéculateur car il ne fait que prendre. Lorsqu’un enfant lui vient, il commence à donner mais il se dit : « Pourvu que mon fils grandisse pour prendre le petit chaudron d’eau et verser de l’eau sur les gens afin que quelqu’un puisse prendre soin de moi dans mes vieux jours. » Lorsque je parle du chaudron d’eau et du basilic, je ne vise pas les prêtres qui s’acquittent formellement de leur mission. Le monde est plein de popes, c’est-à-dire de pères qui cherchent un moyen facile de gagner leur vie. C’est une grande bénédiction pour l’humanité de se libérer de personnes qui cherchent la voie facile.

Il est souhaitable à l’avenir que les serviteurs de Dieu soient habillés de blanc. On accueille au Ciel uniquement ceux qui ont des vêtements blancs et propres. S’ils voient quelqu’un habillé de noir, ils l’éconduisent aussitôt. La couleur noire, l’obscurité, favorise le crime. Si le voleur veut cambrioler une maison, il y entre la nuit lorsqu’il fait noir et que tout le monde dort. En journée, à la lumière du jour, aucun forfait n’est perpétré. C’est une loi qui a un lien avec la pensée et l’affectif. Lorsqu’une pensée négative assaille l’être humain, il est mécontent et se met à commettre des erreurs et des forfaits. La pensée négative le perturbe, l’entoure de ténèbres et il dit : « Ma raison s’est obscurcie. » Lorsque les ténèbres pénètrent la pensée des humains, tous, hommes, femmes, enfants sont contrariés. Si un sentiment ou un désir négatif pénètre leur cœur, ils sont aussi contrariés. Le mécontentement pousse les gens à chercher la voie facile dans la vie. Il faut savoir une chose : le chemin facile est le plus ardu et le chemin le plus ardu est le plus facile.

Donnez à quelqu’un qui a une jambe malade une charge d’un kilogramme pour voir la difficulté qu’il va éprouver à la porter ; donnez une charge de cent kilos à quelqu’un de bien portant, il la déplacera d’un endroit à un autre avec joie. Ainsi, si quelqu’un clame que son travail est pénible et qu’il ne peut pas le faire, ceci montre que sa jambe est démise, ou bien qu’elle a une entorse ; s’il dit que son travail est léger, agréable, ceci montre que sa jambe est bien portante, que tout en elle est à sa place. Que cette pensée vous serve de formule. Si quelqu’un dit qu’il ne peut résoudre une question, vous saurez qu’il y a une entorse quelque part en lui. « Je peux résoudre cette question. » Tu peux la résoudre car tout en toi est à sa place.

Je prends le mot jambe, entorse au sens large. Avoir une entorse à un membre prouve qu’on ne savait pas comment agir. À l’époque des ottomans, les Turcs rentraient dans les riches maisons bulgares pour se faire dire où était caché l’argent : les gens étaient battus, torturés aux fers chauffés à blanc pour les obliger à dire où était leur magot. Ils payaient leur tribut par la violence. Demandez ensuite à ces Bulgares s’il fallait ou non payer un tribut à César, ils vous diront que oui. Celui qui a été passé aux fers chauffés à blanc sait qu’il faut payer un tribut à César. Le tribut à Dieu se donne de plein gré, et celui à César, de force. On donne de son plein gré à Dieu, autant qu’on veut et quand on veut. Si tu n’accomplis pas cette loi de bon gré, alors viendra César pour te contraindre à donner de force. Dieu et César sont deux maîtres : si tu ne sers pas l’un par toi-même, alors le second viendra t’obliger à le servir de force.

Les deux maîtres existent aussi dans le monde comme deux états différents : santé et maladie. César est la maladie, il t’alitera ou te passera aux fers chauffés à blanc et ne te libérera pas quels que soient tes cris. Tu chercheras un premier médecin, un deuxième médecin, un troisième médecin jusqu’à ce que quelqu’un de l’extérieur vienne t’aider. Payer les médecins n’est rien d’autre que payer un tribut à César. Ils amassent les impôts et les reversent à César.

En répondant à la question s’il faut ou non payer un tribut à César, le Christ montre aux humains un nouveau mode d’existence. Pour réhabiliter sa vie, on doit connaître de véritables méthodes et s’en servir. Vous direz que la foi est une méthode ; oui, mais comment doit être la foi ? Si la foi ne peut pas vous sortir de la vie ordinaire, ce n’est pas une foi authentique, ce n’est pas une véritable méthode. Quel que soit l’art ou le savoir que tu détiens, s’il ne peut pas t’élever, il n’est pas authentique. Quelle est cette foi qui ne peut pas t’aider au moment des épreuves de la vie ? Quel est ce savoir qui ne peut pas dissiper les nuages de ta conscience ? Les souffrances des humains montrent qu’ils ne se sont pas acquittés de leurs obligations envers Dieu et leurs proches. Les souffrances sont une roue dont une face est dentée et l’autre lisse. Lorsque tu traverses la face lisse, tu entends une voix douce : « Acquitte-toi de tes obligations. – Je n’ai pas de temps maintenant. » Lorsque tu refuses ainsi, la voix se retire et tu n’entends plus rien. Ensuite tu passes sur la face dentée de la roue. Ici, tu n’as plus le choix de faire ou de ne pas faire, tu es contraint de faire. Celui qui accomplit la volonté de Dieu voit une porte étroite et ouverte ; au moment d’arriver dans l’engrenage, il peut sortir par là. Celui qui n’accomplit pas la volonté divine voit une porte étroite, mais comme il vit dans le doute, il ne se décide pas à la franchir. Il continue son chemin sur la roue jusqu’à tomber dans l’engrenage. Il comprend alors les lois de la vie.

Vous direz qu’il y a quelque chose de cruel dans cette roue. Oui, mais elle a été créée par les humains après la chute originelle. Au début la roue était entièrement lisse, fabriquée ainsi par Dieu. Après la chute originelle, le diable a mis la main sur la moitié de la roue et y a laissé son empreinte : l’engrenage. Ainsi sont faits aujourd’hui par exemple les cardeuses. Les humains ont envie de décortiquer les choses, tout ce qu’ils trouvent de beau et de précieux est décortiqué de la sorte et ils se l’approprient. 

« Et ayant entendu cela ils en furent étonnés. » Et de quoi je m’étonne moi ? De la bêtise dans la vie humaine. Je croise une jeune fille pimpante, confiante, elle vole ! Quelle est la raison de cet état ? Elle est amoureuse et imagine qu’elle fera de grandes choses avec son amoureux. Je lui dis : « Tu es montée sur la roue du diable : lorsque tu seras dans son engrenage, non seulement tu n’arriveras à rien de bon, mais tu seras cardée comme de la laine. » Je croise une autre jeune fille, poudrée, maquillée qui croit que tout le monde se retourne sur elle. Ce n’est pas un mal de se poudrer – la maison aussi se crépit de l’extérieur – ce qui est mal, c’est la tentation de croire que les fondations de la maison reposent sur le crépi. Mettez le crépi que vous voulez sur une maison, utilisez tous les coloris que vous souhaitez, mais posez-là d’abord sur des   fondations solides. Sinon la maison ne vaut rien. Si les fondations sont fragiles alors que l’extérieur est crépi et coloré, vous souffrirez énormément.

« Et ayant entendu cela ils en furent étonnés. » Je m’étonne de vos égarements, et vous de mes paroles ; vous vous demandez comment vous devez vivre. Très simplement : vous renoncerez au mensonge, au vol, à la haine, à la jalousie. « Peut-on vivre ainsi ? – On le peut ! » Vous n’avez pas appliqué la vérité, l’amour, la justice, le bien et vous vous demandez comment on peut vivre avec eux. Appliquez les grandes vertus dans votre vie et vous verrez comment on peut vivre d’une nouvelle façon. Essayez de servir Dieu, de comprendre Sa nature. Les philosophes disent que Dieu restera à jamais impénétrable. Il n’en est pas ainsi : la chose la plus facile dans la vie est de comprendre Dieu, à condition de L’aimer et de Le servir. Si on ne respecte pas ces conditions, on Le comprendra autant que le médecin comprend le patient qu’il a placé sur la table d’opération : il l’écoute, il l’ausculte, puis prend le scalpel et l’opère. Si vous lui demandez ce qu’est l’être humain, il vous décrira tous ses organes en détail, ainsi que leurs fonctions. Extérieurement, du point de vue anatomique et physiologique, il le connaît, mais il ne connaît pas son essence. C’est important de savoir ce qu’est l’être humain en réalité.

Nos contemporains veulent comprendre Dieu extérieurement, Le mettre sur leur table d’opération et L’examiner pour voir ses organes et leurs fonctions. Ils diront en fin de compte : « Je n’ai rien compris. » Comment comprendre un instrument si tu ne l’essaies pas ? » Ils sont curieux ceux qui pensent qu’ils trouveront la vérité dès qu’ils mettront quelque chose sur leur table d’opération. La vérité ne peut être mise sur aucune table, elle est au-delà des formes. Il y a quelque chose de précieux dans le corps humain qu’on appelle l’âme, mais dès qu’on prend le scalpel, elle disparaît. Lorsque l’âme vient en vous, vous devez l’honorer comme il se doit, c’est-à-dire lui payer son tribut.

Les deux maîtres, Dieu et César sont dans l’être humain : le premier, en haut dans la tête, le second, en bas dans les organes digestifs. Vous devez chaque jour rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Pour contenter votre intelligence, vous lirez un beau livre ; pour contenter votre estomac, vous mangerez un bon plat. Les deux maîtres diront alors : « Notre sujet a payé son tribut. » Si tu mens à César, il sera mécontent. Si vous me demandez pourquoi je prêche, je dirai : je paie mon tribut à Dieu. Un jour, lorsque je serai jugé, vous serez témoins. En m’écoutant, vous aussi vous payez votre tribut à Dieu, alors moi je serai votre témoin. C’est ainsi que nous passerons la journée en toute sécurité : je témoignerai pour vous, et vous pour moi.

Appliquez cette morale dans la vie pour être sereins. Si vous êtes contrariés, faites un bilan de vos dettes, à Dieu et à César. Vous paierez votre dette et vous serez libres. Que font les gens aujourd’hui ?  S’ils ont une dette envers quelqu’un, mais qu’ils n’aient pas de quoi payer, ils vont chez un prêteur, empruntent une somme d’argent et paient leur dette ; ils se libèrent d’une dette pour se charger d’une autre. Au lieu d’aller d’un créancier à un autre, va auprès de Dieu : Il a beaucoup de banques à sa disposition qui te prêteront à taux zéro ou avec un taux de deux pour cent. « Comment trouver ces banques ? – Comme vous trouvez les autres : vous allez en ville, levez la tête et lisez les enseignes. » C’est aussi ainsi que vous trouverez les banques divines : vous lèverez la tête et vous lirez. Si quelqu’un vous demande ce que vous cherchez, vous direz : « Je cherche une banque divine. » Celui qui vous entend se moquera de vous, mais cela ne doit pas vous troubler, « Cherchez et vous trouverez. » Vous trouverez un jour l’enseigne que vous avez cherché des années durant : « Banque divine ». La tension qu’on éprouve à recevoir un invité, on l’éprouve aussi à chercher le divin. Un jour on le trouvera et on s’apaisera.

Conformez-vous aux deux lois, celle de Dieu et celle de César, sans les mélanger. Lorsque vous lisez un beau livre ou que vous faites du bien à quelqu’un, c’est un tribut payé au Seigneur ; lorsque vous vous nourrissez bien, c’est un tribut payé à César. Remerciez d’avoir payé votre tribut et ne vous préoccupez pas du lendemain. Ce qui se passera avec vos enfants, ce qui se passera avec vous, n’y pensez pas ; que mangerez-vous demain, n’y pensez pas non plus ; remerciez d’avoir payé votre tribut à César. Il est écrit dans la loi divine : « À chaque jour suffit sa peine, demain ne t’appartient pas. » César clame exactement le contraire : « Tu te préoccuperas du lendemain. » Un autre pourrait faire face à un autre danger : il ne pense pas au lendemain car il compte sur son père. Cela revient à planter ses ongles dans la peau de ton père comme une tique. Ce n’est pas juste. Tu compteras sur toi-même et tu seras prêt à tout ce que la vie te présentera. Quel que soit le travail qui t’es proposé, tu l’accepteras et tu travailleras honnêtement et avec dignité. Si tu mets cette pensée comme fondement de ta vie, tu as trouvé la banque divine. Si tu fuis les conditions que la vie t’apporte, si tu fais une différence entre un travail et un autre, si tu cherches la voie facile, tu sers César. Il te donnera dans un premier temps de bonnes conditions, mais ensuite il te dévalisera et te rejettera. Celui qui ne croit pas mes paroles peut facilement les vérifier ; qu’il aille dans les cimetières pour voir ce qui reste des riches, des érudits et des philosophes qui croyaient pouvoir se sauver par l’argent, l’érudition et la philosophie.

Il y a une richesse, une science et une philosophie qui peuvent sauver l’homme, mais ils sont en dehors de la compréhension humaine. Tant que les gens se soumettent à la loi de César, tous iront de l’autre côté sans se sauver. Il y a des riches, des érudits, des philosophes qui sont dans l’autre monde et attendent de redescendre vite sur Terre. Pourquoi ? Il n’y a pas au Ciel de conditions pour leur développement. Il y a cependant des gens simples qui bénéficient des bonnes conditions du Ciel, ils ont servi le commandement divin et c’est pourquoi ils sont bien accueillis au Ciel. Ils sont innocents par rapport au mensonge et au vol, ils ne savent pas mentir, ni voler. C’est pourquoi le Christ dit : « Les fils de ce monde sont plus intelligents que les fils de la lumière. » Souvenez-vous que la roue tourne ; tant que vous êtes sur sa face lisse, remettez-vous à Dieu. Il unira vos pensées et sentiments, Il vous unira en tant que peuple. Si vous vous remettez à César, il vous cardera.

Il est temps que chacun paie son tribut au Seigneur. Je commence dès aujourd’hui à vous charger pour que vous ayez quelque chose à Lui apporter. S’il y a quelque chose de faux dans ce que je vous donne, j’en réponds moi-même. Je n’ai rien contre le fait d’obéir à César, mais ce mode de vie est fluctuant. Tous ceux qui ont servi cette loi, qui ont bu, mangé et se sont adonnés aux plaisirs, disent finalement comme Salomon : « Vanité des vanités, tout est vanité ! » On disait de Salomon qu’il n’y avait pas de roi semblable à lui, mais lui-aussi a été déçu par la vie humaine, c’est-à-dire par la vanité de la vie. Pendant que sa connaissance s’éveillait, Salomon a écrit des livres précieux pour décrire l’insécurité et la fugacité de ce monde. Il voulait trouver le sens de la vie dans le savoir, la richesse, les plaisirs jusqu’à ce qu’il soit déçu de tout pour dire dans un proverbe : « Sache, mon fils que le Seigneur jugera tes actes au tribunal. » Dans son livre Le cantique des cantiques le tournant qui s’est produit en lui est visible. Entouré de beaucoup de femmes qui l’aimaient pour sa gloire, sa richesse, il n’a pas trouvé l’amour. Il a rencontré un jour une bergère dont il s’est épris sans réussir à l’attirer à lui. Il voyait en elle son salut et se demandait pourquoi il ne l’avait pas croisée plus tôt.

Chacun rencontrera sur son chemin sa bergère ou son berger et se demandera pourquoi il ne l’a pas croisé avant d’avoir sali sa vie. Enfin, l’être humain arrive à la situation de tourner une autre page de sa vie : servir Dieu, c’est-à-dire Lui payer son tribut, de son plein gré et avec amour. Donner sous-entend un échange juste. Lorsque l’on donne de son plein gré et avec amour à Dieu, l’échange est toujours juste. L’être humain donne aussi à César, mais de force, c’est pourquoi l’échange n’est pas juste. Alors, on se sent pris comme dans un filet.

Réjouissez-vous car Dieu travaille aujourd’hui dans le monde. Il prend part à la vie individuelle des humains, à la vie familiale, à la vie sociale et politique. Il démolit, construit, fait éclater des révolutions, trie l’utile de l’inutile, les moutons des chèvres. Les moutons servent la loi divine et les chèvres, César. Les moutons sont le symbole de l’amour. Essayez d’attraper une chèvre pour voir le vacarme qu’elle fera. Ceux qui se lamentent et s’insurgent sans cesse contre les souffrances et les tourments sont de la catégorie des chèvres. Les moutons endurent leurs souffrances sans se rebeller ; les humains leurs prennent la laine, le lait, la viande et ils ne se rebellent pas. Ce sont des êtres de l’amour. En effet, le mouton symbolise l’amour, mais ce symbole ne désigne pas la forme du mouton. Les gens n’arrivent pas à distinguer la forme des choses de leur sens et de leur contenu, et s’étonnent ainsi que le mouton un peu niais puisse être l’expression de l’amour. Le cheval est l’expression de l’intellect, mais lorsqu’on dit cheval aujourd’hui, on entend une créature qui sert de monture. Le bœuf est symbole de patience et d’endurance. Dans le langage du passé le mot bœuf sous-entend désirer et pouvoir, tandis que cheval sous-entend vouloir. Si Adam venait aujourd’hui sur Terre et entendait les mots dont les humains se servent, le contenu et le sens qu’ils y mettent, et la façon dont ils les ont fait évoluer, il serait étonné, et les quitterait. Que direz-vous pour vous justifier ? Qu’on vous a éduqués et instruits de la sorte. Quelle que soit votre justification, Adam voit les traductions trompeuses que vous employez.

Les gens d’aujourd’hui ont besoin d’une bonne traduction des choses. Lorsqu’ils la trouveront, la science, la philosophie, le savoir évolueront, et leur vie s’améliorera à quatre-vingt-dix-neuf pour cent. La juste prononciation des mots produit un effet spécifique sur l’être humain. Comme le citron éveille la sensation d’acidité en l’homme, de même chaque mot, articulé et compris correctement, produit son effet sur lui. Vous savez tous ce que renferme un citron. Mais si je prononce devant vous les mots justice, vertu, vérité, vous hausserez les épaules. Pourquoi ? Vous ne connaissez pas leur contenu. Si vous compreniez ces mots, leur énonciation aurait sur vous le même effet que le citron. Celui qui comprend le contenu du mot Dieu, sera bon, érudit, riche, puissant, il acquerra les qualités de l’image qui est derrière ce mot. C’est pourquoi on dit : « On se met à ressembler à ceux qu’on fréquente. »

Prononcez souvent le mot Dieu en vous, mais pas seulement dans la forme. Pénétrez son contenu et son sens pour qu’il produise l’effet escompté sur vous. Libérez-vous de l’image humaine de Dieu que vous vous êtes fabriquée et mettez-Le à sa place. « Pourquoi souffrons-nous ? » Parce que Dieu est venu parmi les humains pour redresser leurs jambes tordues. Si Dieu ne travaille pas, le diable prendra sa place. Il anesthésiera les humains, il émoussera leurs cœurs pour la douleur et la souffrance de leurs proches. Ils vivront dans la félicité du corps, mais leur âme sera asservie. C’est pourquoi il est dit dans les Écritures : « Méfiez-vous de ceux qui font périr les âmes. »

« Et ayant entendu cela ils en furent étonnés et le laissant, ils s’en allèrent. » Les pharisiens qui ont éprouvé le Christ viendront aussi auprès de vous pour vous demander comment vous accomplissez votre devoir d’enseignant, de prêtre, de magistrat, de père, mère, frère et sœur. Celui qui comprend la vie vous dira : « Servez Dieu par la loi de l’amour, et faites votre devoir en donnant. » Chacun a un devoir envers son peuple et sa patrie et leur donnera ce qui leur appartient. Chaque peuple a donné et donne quelque chose aux humains, c’est pourquoi tous doivent le lui rendre. Le Christ a agi ainsi : lorsqu’ils lui ont demandé s’il faut payer un tribut à César, Il a dit : « Montrez-moi l’image de ce que vous devez donner à César. » Lorsqu’on Lui a tendu une pièce de monnaie avec l’effigie de César, Il a dit : « Rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu. »

Ainsi, par le mot amour vous devez entendre servir Dieu. Méditez sur l’amour. Vous l’avez essayé, mais peu de temps, quelques minutes ou quelques secondes et puis vous l’avez perdu. Pourquoi l’homme perd-il l’amour ? Parce qu’il ne peut pas trouver la limite entre le service à Dieu et à César. C’est la raison pour laquelle on perd son équilibre, c’est-à-dire l’accord entre la pensée et le cœur. Le cœur ne doit pas gouverner la pensée, ni la pensée, le cœur, mais ils doivent travailler en harmonie. Si, dans son désir de résoudre correctement une question, le cœur se trouble plus qu’il ne faut, le cours normal des pensées est altéré. Si, lorsqu’on ressent un sentiment, la pensée s’impose, vous perdez votre sentiment. « Comment faut-il aimer, comment faut-il manifester ses sentiments ? » On ne philosophe pas sur ces questions, l’affection et l’amour ne tolèrent aucune philosophie, aucune adaptation. Comment laver les pieds d’un voyageur venu chez toi ? Tu prendras une bassine d’eau chaude, du savon, une serviette et tu les laveras. « Et si je lui cause du mal ? » Si tes mains sont douces et tendres, n’aie crainte, tu ne lui causeras aucun mal ; si tes mains sont endurcies et râpeuses comme les dents de la roue, c’est une autre question. »

Vous passez chaque jour par la roue de la vie, parfois vous êtes bien disposés, parfois non. Lorsque vous êtes mal disposés, vous traversez la partie dentée de l’engrenage ; que faire dans ce cas ? Si vous êtes honnête, vous direz à votre ami : « Ne reste pas à mes côtés pour ne pas être happé par l’engrenage. J’y suis pris, mais toi au moins, reste à l’écart. » L’homme malhonnête veut que les autres souffrent autant que lui, il se mettra à les dissuader de l’existence de Dieu pour leur faire essayer aussi l’engrenage de la roue. Non, avant d’aborder cette question, méditez sur le verset : « Et ayant entendu cela ils en furent étonnés et ils s’en allèrent. » Qui sont ceux qui sont partis ? Les voleurs qui détroussent les gens. Gardez-vous des voleurs et des brigands, gardez aussi vos proches d’eux. Si le médecin ne peut pas aider le malade, ne le critiquez pas et apportez, vous aussi, de l’aide.

« Et ayant entendu. » On entend de deux façons : on entend la souffrance des humains, on entend leur joie. Tu entends les humains souffrir et tu dis : « Qu’ils souffrent, on ne peut pas éviter les souffrances. » Le médecin dit : « On ne peut pas vivre sans maladies » ; le prêtre dit : « La mort est inéluctable » ; le berger tond la laine des moutons et dit : « Heureusement qu’il est temps de tondre. » Celui qui entend les joies des humains dit : « Pourvu que naissent des gens meilleurs en plus grande quantité. Que les enfants grandissent et s’instruisent ! Qu’il y ait de la nourriture pour tous ! Que le temps soit clément pour que les champs des paysans puissent être labourés ! Que tous aient des vêtements, des maisons, qu’ils vivent dans la joie et qu’ils glorifient Dieu ! Que tous soient riches de vertus ! » Portez partout vos bonnes pensées et vos bons sentiments.

« Et ayant entendu, ils l’ont laissé. » Lorsque l’ennemi entendra votre réponse, il vous laissera et partira. Lorsqu’il partira, viendra votre ami. Le diable a voulu tenter le Christ, mais le Christ l’a chassé ; les anges du Ciel sont alors venus pour le servir. Les anges ne peuvent pas venir auprès de vous tant que vous n’avez pas traversé des épreuves, des souffrances, des tentations. Lorsqu’ils viendront, ils vous enseigneront la sagesse et vous transmettront leur savoir. Il y a des anges au Ciel et sur la Terre. Si vous allez dans les champs et dans les vignes, vous y trouverez des anges qui labourent et retournent la terre toute la journée. Ils travaillent pour les villes et pour les campagnes et paient ainsi leur tribut à César et à Dieu. Payez vous-aussi votre tribut à César et à Dieu. Soyez reconnaissants pour tout ce qui vous est donné, réjouissez-vous des souffrances et des joies ; réjouissez-vous des pertes et des gains.

Videz vos portefeuilles garnis sans crainte. Dieu vide les portefeuilles des gens et les remplit de nouveau. Pour vider ton portefeuille, tu dois ouvrir grand ton cœur. Vous savez qui ouvre les cœurs des humains. Puisqu’il en est ainsi, soyez prêts à tous les sacrifices. Le Christ dit : « Qui perd sa vie, la retrouvera. »

Gardez-vous de la voie facile dans la vie. N’aspirez pas à l’enrichissement immédiat. Toute chose acquise sans labeur, avec force et rapidité, se perd facilement. Libérez-vous du doute et du soupçon : c’est la voie facile dans la vie. C’est facile de douter de quelque chose et de la rejeter ; c’est difficile d’éprouver et de vérifier les choses ; là, il faut de l’effort, de la persévérance et du labeur. Ne pensez pas qu’en portant un petit chaudron d’eau et un peu de basilic pour verser l’eau sur les gens, vous progresserez beaucoup. Les bouquets de fleurs ne sont pas sans danger. Il y a des fleurs qui endorment et enivrent les humains ; les ennemis viennent ensuite pour les détrousser. Méfiez-vous de ces bouquets.

Aujourd’hui, le Christ dit à tout le monde : « Payez votre tribut au Seigneur ! » Celui qui accepte son enseignement sera béni ; ceci s’applique à tous les peuples, à toute l’Europe. Celui qui ne l’accepte pas sera happé par l’engrenage de la roue. Si les peuples européens n’acceptent pas le Christ en eux, ils passeront par de grandes souffrances. Ils vont ensuite se ressaisir et ne plus répéter leurs erreurs. Si les peuples européens paient leur tribut à Dieu, une paix durable régnera sur Terre. Si vous êtes aujourd’hui libres, ne dites pas que vous avez surmonté le plus terrible ; vous avez franchi une étape, mais une autre vient. C’est important que chaque individu, chaque peuple applique l’amour et vote avec les Anges. Aujourd’hui, dans le monde raisonnable, c’est-à-dire dans le monde au-dessus de nous, on organise de nouvelles élections. Les anciens rois, leurs gouvernements et leurs fonctionnaires s’en vont, un nettoyage radical s’opère dans le monde. Nous verrons pour quel parti vous voterez. Il y a deux partis dans le monde : le parti de l’égoïsme et le parti de l’amour divin. Voter pour le parti de l’amour divin, c’est faire disparaître tous les conflits, tous les malentendus, toutes les disputes entre les familles, les sociétés et les peuples. Tous doivent payer leur tribut à Dieu de leur plein gré et avec amour. Il n’y aura plus alors de pauvres et de défavorisés, l’iniquité ne régnera pas, c’est la justice divine qui présidera le monde.

L’ancien temps est fini. Une nouvelle époque vient, le parti de l’amour divin arrive au pouvoir. Pauvres hypocrites, menteurs et voleurs ! Le nouveau parti vient pour élever tous les peuples et les nations, toutes les églises et les écoles, toutes les familles. Tous se vêtiront de blanc, symbole de pureté. Que toutes les femmes s’habillent de blanc et paient leur tribut d’abord à Dieu, puis à César. Soyez courageux et décidés et dites-vous : « Puisque nous avons payé notre tribut à Dieu, nous pouvons servir le peuple de notre plein gré et avec amour, nous avons appris ce qu’est le véritable service. »

« Et ayant entendu, ils furent étonnés et ils l’ont laissé. » Je vous souhaite, maintenant que vous avez entendu l’explication des paroles du Christ, de ne pas vous laisser aller, mais de demeurer forts et décidés, sans doute, ni soupçon, et de vous remettre à Dieu et à votre âme. Vous connaissez tous la vérité car vous êtes sortis de Dieu. « Nous ne sommes pas bons, nous ne sommes pas érudits. » Depuis huit mille ans vous avez payé uniquement le tribut à César ; à partir de maintenant vous paierez le tribut à Dieu et au peuple. Vous direz qu’il y a des anarchistes qui désapprouvent cela. Je reconnais seulement les anarchistes qui luttent contre le mal en eux-mêmes.

Accordez-vous avec Dieu qui est votre Père. Aimez-Le pour Le connaître. Alors vous serez tous des princes et des princesses. Ne sortez pas du jardin de vos bien-aimés, renoncez au donjuanisme. « Nous voulons être heureux ! » Renoncez à l’ancienne vie, à la séduction, au mensonge, à l’hypocrisie. Le Christ dit : « Pauvres érudits, pauvres pharisiens, pauvres hypocrites ! » La Bulgarie a besoin de Bulgares honnêtes et dignes, d’hommes et de femmes intègres, à l’échine solide, qui paient leur tribut à Dieu et au peuple.

Des jours nouveaux viennent pour l’humanité, des jours nouveaux pour tous les peuples, des jours nouveaux pour la Bulgarie ! Laissez de côté toutes les disputes et tous les malentendus, tous les conflits et les contrariétés. Ne vous demandez pas qui a raison et qui a tort : c’est l’ancienne monarchie, ce ne sont pas des actes divins.

Je souhaite que tous les Bulgares soient des anges avec des pioches et des charrues plutôt que des notables chevronnés dans l’art de voler et de tromper. Ils ont déjà payé leur tribut au mensonge et au vol. Ils doivent ouvrir une nouvelle page et écrire de leur plein gré et avec amour : « À partir de maintenant nous payons notre tribut à Dieu et au peuple, à l’amour et au nom nouveau de notre peuple. »

Sofia, 17 novembre 1918

Traduction par Bojidar Borissov

 


[1] Il leur dit : " Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? » Ils répondent : « De César ». Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » À ces mots, ils furent tout étonnés et, le laissant, ils s'en allèrent. (Matthieu 22, 20-22)

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