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1918_11_10 Louer des ouvriers


Ani
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Louer des ouvriers

« Car le royaume des cieux est semblable

à un maître de maison qui sortit dès le matin,

afin de louer des ouvriers pour sa vigne. »

Matthieu 20 :1

Le mot semblable a un rapport à l’harmonie, seules les choses semblables peuvent s’accorder. L’union des vibrations que crée l’harmonie se calcule par une formule mathématique : le rapport entre le volume et la dilatation des corps.

« Le Royaume des cieux est semblable à un maître de maison. » Un maître de maison sous-entend quelqu’un de riche. Il est sorti tôt le matin afin de louer des ouvriers pour sa vigne. Dans ce cas la vigne symbolise le monde, et de manière plus ciblée, la vie personnelle de l’homme. Celui qui possède une vigne se réjouit et se sent satisfait car il a de quoi se sustenter. Lorsqu’il fait le tour de sa vigne, il grapille un grain par ci, par-là, et rentre content chez lui. Lorsqu’il presse le jus de raisin et le laisse fermenter, il obtient du vin qui l’égaie. Même le plus grand pessimiste, s’il boit deux ou trois verres de vin, devient gai et optimiste ; le peureux aussi, s’il boit un demi-litre de vin il s’enhardit.

Les mots dont le Christ se sert représentent des symboles, des principes pour clarifier quelques idées. Il faut comprendre le langage du Christ, c’est un langage divin. Comme les mots que nous utilisons représentent des symboles, des formes d’expression, de même les situations que l’être humain traverse symbolisent également quelque chose. Nous disons domestique et maître ; le domestique occupe une place, le maître, une autre. En tant que domestique, l’individu occupe une situation inférieure, les maîtres lui parlent mal, ils l’interpellent par divers sobriquets qu’il doit supporter. En tant que maître, il occupe une position élevée, tous s’inclinent devant lui. On commande le domestique alors qu’on obéit au maître. Être domestique ou maître sont des situations passagères, des missions temporaires, ce sont des rôles d’acteur. Tant qu’on est sur la scène on sera tantôt domestique, tantôt maître ; quand on descend de la scène, on revêt son véritable rôle. Quel que soit le rôle joué dans la vie, il influence le caractère. Donc, sur la scène l’être humain est extraordinaire, et lorsqu’il descend de la scène, il devient ordinaire. Par conséquent, les gens extraordinaires sont ceux qui travaillent, alors que ceux qui se reposent sont ordinaires. Les acteurs sont extraordinaires alors que ceux qui les observent sont ordinaires.

Le maître de maison est extraordinaire car il est sorti au marché pour trouver des gens libres, inemployés, pour les rendre extraordinaires. Il est sorti dès le matin, vers sept heures, et il a enrôlé tous les ouvriers qu’il a trouvés sur place pour un denier par jour. Vous direz qu’il est impossible aujourd’hui pour quelqu’un de travailler pour un seul denier par jour. Le denier est un symbole, celui qui apprend la signification de ce nombre deviendra une personne ordinaire et se mettra au repos. Le maître de maison est sorti plusieurs fois au marché pour chercher des ouvriers, et plus précisément à la troisième, sixième, neuvième et onzième heure, ce qui correspond de nos jours à neuf heures, à midi, puis à trois et cinq heures l’après-midi. À tous les ouvriers qu’il trouvait au fur et à mesure, il payait un denier. On sait combien il payait à chacun, mais le nombre total des ouvriers n’est pas connu.

Qui est le maître parti enrôler des ouvriers ? Dieu, le Créateur du monde : Il a envoyé tous les humains sur Terre pour travailler. Le maître enrôle des ouvriers à cinq reprises, à des moments différents de la journée qui correspondent à cinq catégories d’humains. Ces catégories sont visibles dans la vie, mais aussi en chaque individu. La première catégorie représente la conscience humaine, la deuxième catégorie, l’intellect humain, la troisième catégorie, l’âme humaine, la quatrième, le cœur humain, la cinquième, la pensée humaine, c’est-à-dire toutes les forces qui travaillent en l’homme. Pourquoi le maître a-t-il donné le même salaire à tous, un denier chacun ? Le nombre 1 est la mesure avec laquelle nous évaluons nos actes. Celui qui demande deux deniers ne comprend pas la loi fondamentale de la vie. On ne peut pas chevaucher deux montures ; si tu as deux chevaux, tu montes l’un et tu emmènes l’autre derrière toi. Si tu vas à la vigne, tu prends une bèche ; si tu vas dans la forêt couper du bois, tu as besoin d’une hache ; si tu écris, tu le fais avec un stylo ; le vieillard s’appuie sur une canne ; l’on porte un couvre-chef sur la tête, etc. Où que vous regardiez dans la vie, vous voyez que le nombre 1 joue un rôle important.

Comme la rétribution d’un travail est déterminée, de même son délai d’exécution l’est aussi. Salomon dit : « Il y a un temps pour toute chose. » Donc le temps de manifestation de la pensée humaine, de l’âme humaine et du cœur humain est déterminé. Lorsque nous parlons de l’âme, nous comprenons les manifestations morales, conscientes, supérieures en l’être. Le cœur est conducteur des sentiments et de l’amour au sens plus général. Quand se manifestera le cœur humain ? Il y a un temps pour cela aussi. Est-il juste qu’une fille de vingt-et-un an dise qu’elle ne veut pas aimer maintenant mais plus tard, à un âge avancé, pour montrer la force de son cœur ? Elle ne montrera rien à ce moment-là. Il y a un temps pour montrer sa force, il ne faut pas se tromper d’époque. Le temps de l’amour est un, celui de la sagesse, un autre, celui de la force, encore un autre. Pour essayer la puissance des substances explosives, il ne faut pas les attiser des heures durant, il suffit d’en approcher une allumette pour qu’elles prennent feu et explosent ; elles manifestent leur force en un instant. C’est la même chose pour les ouvriers qui sont venus travailler à la onzième heure ; ils ont fini leur travail en une heure. Certains ouvriers creusent des fosses toute la journée et d’autres mettent juste un doigt dans la fosse pour terminer tout le travail.

Les gens de la onzième heure sont particulièrement utiles, on les appelle mères. Lorsque vous faites la somme des deux unités du nombre 11, vous obtenez le nombre 2, la mère. Donc l’unité est le père et le deux, la mère. Si vous n’ajoutez pas le un et le deux, ces nombres seront toujours en contradiction ; lorsque vous les additionnez, vous obtenez le nombre 3, l’enfant. Le trois est un résultat, un nombre d’équilibre. Les nombres 6 et 9 sont aussi un résultat. Le nombre 3 symbolise les différences entre les individus, le 6, la différence entre les foyers, le 9, la différence entre les peuples et le 11 est le nombre de la discorde.

Lorsque vous lisez la parabole du maître de maison, vous demandez pourquoi le maître a payé les derniers ouvriers autant que les premiers. Je demande à quel enfant la mère donne le plus ? À celui qui pleure. Pourquoi ? Pour avoir la paix à la maison. Par conséquent, lorsque vous demandez pourquoi Dieu donne aux mauvais autant qu’aux bons, vous saurez qu’Il agit ainsi pour avoir la paix dans le monde. Lorsqu’ils ont des maisons, des champs, des vignes, de l’argent les méchants s’apaisent ; si on les prive de leur richesse, ils deviennent des trublions, ils fomentent des troubles et font du bruit. Si vous voulez la paix dans le monde, contentez d’abord les méchants, donnez-leur le plus de richesses et de biens possibles. Donnez les rênes du commandement aux méchants pour voir comment ils agiront. Si vous laissez les bons gouverner, ils ne feront rien. Pourquoi ? Parce qu’ils veulent arranger tout de façon divine. Ils peuvent faire ce travail bien, uniquement s’ils sont intelligents et parfaits ; alors leur travail surpassera celui que les méchants auront fait.

« Vivons selon les commandements divins ! » C’est bien aussi, mais pour savoir quand enrôler des ouvriers, faut-il encore sortir à temps. Le maître de la vigne est sorti tôt pour enrôler les premiers ouvriers. Il est ressorti ensuite quatre fois pour enrôler les autres. S’il arrive à un maître, de nos jours, de chercher des ouvriers, il ira une seule fois et dira : « Je ne sors plus. » Le maître de maison est sorti cinq fois au marché pour trouver cinq catégories d’ouvriers. Les premiers étaient les ouvriers de la raison humaine. En voyant qu’ils étaient disponibles, il les a envoyés dans la tête pour qu’ils travaillent là. Les ouvriers qu’il a loués à la troisième heure étaient ceux de l’intelligence, ceux du marchand qui travaille en gros et pas au détail ; ils ne font que spécifier, comme des ingénieurs. Les ouvriers qu’il a loués à la sixième heure, étaient ceux de l’âme ; ils sont venus peu avant midi ; ils représentent les sentiments moraux dans l’être humain, ceux qui doivent quitter leur haute position pour remplir leur mission. Ainsi, saurez-vous au moins quand il est midi dans le monde spirituel : lorsque l’homme traverse de grandes souffrances et de grands tourments, il est midi dans le monde spirituel ; pour s’aider, il doit appeler les sentiments moraux à son secours. Lorsqu’il est sorti à 3 heures de l’après-midi, le maître a loué les ouvriers du cœur ; on a remarqué que le cœur aime les ombres. Les ouvriers qui sont venus à cinq heures de l’après-midi sont ceux du monde physique qui pensent à boire et à manger ; ils passent leur vie à s’adonner aux plaisirs, à boire et à manger et disent à la fin : « Nous avons fait notre temps comme il se doit et maintenant il est temps de nous reposer. »

Les différentes catégories d’ouvriers ont un rapport à la vie sociale des humains. La première catégorie d’ouvriers que le maître a loués tôt le matin sont les prêtres ; viennent ensuite les enseignants, les magistrats, les marchands et enfin les agriculteurs. Lorsque le maître a payé tous les ouvriers un denier, les ouvriers de position plus élevée ont protesté : « Comment peut-on nous placer au même niveau que les ouvriers de basse condition ? Nous avons tant travaillé et on nous paie comme les autres, c’est injuste ! » Prédicateurs, professeurs et magistrats protestent. Souvent il convient d’être satisfait en tout, mais parfois non.

Il y avait en Angleterre un prédicateur fameux qui se distinguait par sa grande éloquence. Des milliers de personnes venaient à ses prêches, et parfois même le roi. Ce dernier a dit une fois à son premier ministre : « Nous devons augmenter les revenus de ce prédicateur pour qu’il soit plus à l’aise et ne se soucie pas de sa nourriture ; il pourra ainsi se consacrer davantage à son travail. » Le ministre s’est acquitté de la demande du roi. En deux ou trois ans la voix du prédicateur s’est perdue, on n’entendait plus les beaux prêches. Le roi s’est enquis auprès du ministre : « Pourquoi le prédicateur a-t-il cessé de donner ses prêches éloquents ? » Et le ministre de répondre : « Lorsqu’il engraisse, le coq cesse de chanter. »

Si la mère veut que son enfant chante bien, elle ne doit pas prêter oreille à ses désirs. Comme il chante bien l’enfant qui veut obtenir quelque chose de sa mère ! Dès qu’on accède à sa demande, il cesse de chanter et va dehors pour jouer avec ses camarades. Pourquoi le chanteur chante si bien sur scène, pourquoi le violoniste joue si bien ? Parce qu’ils ont faim, ils chantent pour du pain. Pourquoi les prêtres, les professeurs, les magistrats travaillent-ils ? Pour du pain. Vous direz qu’ils travaillent pour des idées ; ils travaillent pour du pain. Il y a des lois implacables dans la vie : la faim est une loi implacable, sans pain on ne peut vivre.

Je prends le pain au sens large du terme et pas comme on l’entend d’ordinaire. Si on pouvait vivre sans pain, Dieu créerait un autre monde, pas celui d’aujourd’hui. En le sachant, Il a donné beaucoup de pain aux humains pour qu’ils soient rassasiés et contents. Lorsqu’il se nourrit, l’être humain éprouve des sentiments nobles et élevés. La nourriture n’est pas seulement physique, c’est-à-dire matérielle, mais aussi affective et mentale. Donc, lorsqu’il pense, lorsqu’il ressent et qu’il fait de bonnes choses, l’individu se nourrit aussi. En se nourrissant ainsi, il éprouve le besoin de partager ses pensées, ses sentiments et ses actes avec son prochain. Partagez alors votre nourriture matérielle avec lui pour que les échanges se fassent correctement.

« Louer des ouvriers pour sa vigne. » Labourer est un travail spécial. L’homme doit longtemps étudier à l’université divine pour apprendre à labourer. Lorsqu’il laboure, il lève et baisse la pioche et dit ha. Que signifie ce ha ? L’effort, le labeur.

Un cafetier turc employait un pilon pour moudre son café devant sa boutique et faisait entendre le son ha à chaque coup de pilon. Un homme qui passait par là s’est arrêté devant la boutique pour l’observer. En entendant le son ha à chaque coup de marteau, il a dit au turc : « Ami, devenons associés, tu vas moudre le café et moi je dirai ha. » Le turc l’a regardé, il a souri et a répondu : « D’accord ! »

Ils se sont mis au travail. Le turc élevait et abaissait le lourd pilon, et l’associé était attentif à saisir le moment pour dire ha. Ils ont ainsi fini de moudre tout le stock de café. Le turc a fait des cafés à ses clients en mettant les sous dans une large boîte métallique. Son associé lui a dit : « Ami, tu me dois la moitié des gains. » Le Turc se taisait sans rien dire. L’homme l’a alors traîné au tribunal. Il a raconté devant le juge toute l’histoire en insistant pour recevoir une partie des gains. Le juge a voulu voir la boîte métallique dans laquelle le Turc collectait l’argent. Il a mis un sou à l’intérieur et s’est tourné vers l’associé avec ces mots : « Ce tin que tu entends à chaque sou qui tombe dans la boîte sera ton salaire. »

Aujourd’hui, beaucoup de gens tournent autour des ouvriers pour les regarder travailler. En entendant qu’un crime a été perpétré quelque part, ils disent ha ; en entendant que quelque part de bonnes choses se font, ils disent encore ha. Ici ha, là-bas ha, et puis ils sont étonnés que personne ne les paie et que leurs affaires ne marchent pas : tin sera leur salaire. Cet exemple illustre une grande loi.

L’enseignement du Christ renferme de grandes lois, de grands principes qui sont incompréhensibles encore aujourd’hui. Pourquoi ? Parce qu’ils ne sont pas appliqués. Beaucoup disent que l’enseignement du Christ est encore inapplicable et se contentent de le prôner. L’enseignement du Christ est applicable. Il peut être appliqué même dans les écoles. Chaque principe moral est applicable. Avec les nombres 3, 6, 9 et 11 nous voyons qu’il y a des jours propices et des jours peu propices dans la vie humaine. Les jours propices, tu dois travailler et les jours peu propices non. C’est une loi et pas une superstition comme certains le croient. Si tu n’es pas disposé et si ton travail marche mal, reporte le pour un temps ou bien adapte-le. Cela s’applique à tous les ouvriers, prédicateurs, professeurs, juges, avocats, marchands : si vous n’êtes pas bien disposés aujourd’hui, reportez votre travail. Beaucoup de dossiers d’avocats ont échoué à cause de leur indisposition ; beaucoup de prêches sont restés infructueux à cause de l’indisposition du prédicateur. La mère non plus ne doit pas câliner ou embrasser son enfant si elle est mal disposée ; même si elle l’embrasse, l’enfant ne reçoit rien. On profite de la bénédiction de son prochain si ce dernier est dans de bonnes dispositions mentales, affectives et spirituelles. Commencez votre travail en de bonnes dispositions ; fréquentez les gens uniquement lorsque vous êtes bien disposés ; visitez les malades lorsque vous êtes bien disposés. Si le médecin est mal disposé, il ne peut pas aider le malade. Quiconque applique cette loi, évitera quatre-vingt-dix-neuf pour cent de ses tourments et de ses contradictions.

Voilà pourquoi lorsqu’on étudie le christianisme, il faut pour l’appliquer s’arrêter non seulement sur son côté apparent, mais aussi sur son sens intime, profond. Le christianisme ne se limite pas à prier, à allumer des bougies et des veilleuses. Si le monde pouvait être sauvé uniquement en brûlant des bougies et en priant, il le serait déjà. Il faut allumer des bougies mais non pas en cire ; il faut allumer des veilleuses mais non pas à l’huile. Le mot bougie désigne la pensée humaine, et la veilleuse, le cœur humain. Les humains allumaient des bougies et des veilleuses avant même la venue du Christ, mais ils savaient pourquoi ils le faisaient. Chaque phénomène de la nature a aussi lieu en nous ; nous devons ainsi comprendre la signification de tous les phénomènes dans la nature et en tirer profit.

Lorsque j’observe la chute des feuilles à l’automne, je n’éprouve pas de chagrin, mais je réfléchis sur ce processus et je le cherche dans la vie humaine. Je fais ainsi l’analogie entre les phénomènes naturels et les phénomènes humains. Le poète contemple la chute des feuilles des arbres et le décrit en forme poétique ; il y a de la mélancolie dans cette poésie. Mais lorsqu’il voit un fruit tombé de l’arbre, il ne s’attriste pas. Pourquoi le fruit tombé ne le rend pas triste ? Parce qu’il est mûr. Il considère que le fruit avait fini son développement alors que la feuille avait encore des choses à développer. Il ne faut pas raisonner de la sorte, la feuille aussi a terminé son développement en tant que feuille. Elle ne peut pas évoluer en tant que fruit, mais peut devenir une feuille plus belle et plus parfaite. Elle tombe à l’automne, nourrit le sol pour réapparaître de nouveau au printemps. L’avènement de la culture contemporaine n’a été possible que grâce aux millions de feuilles qui tombent au sol et portent leur message divin.

L’être humain aussi, tel une feuille, descend sur Terre pour porter le message divin aux âmes qui l’attendent. La descente de l’être humain sur Terre, parmi des créatures faibles et impuissantes n’est rien d’autre que le passage de l’âme par le trou d’une aiguille, dont il est question dans les Écritures. Le Christ dit : « Il est plus facile pour un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. » C’est vrai, avant d’entrer au Royaume de Dieu, le pauvre et le riche passent un grand nombre de fois par le tombeau, par le trou de l’aiguille qui les oblige à se dépouiller de tout ce qui est terrestre. Ce que l’être humain a gagné sur Terre, il le laisse sur terre. La seule chose qu’il prend avec lui, c’est la pioche, c’est-à-dire l’outil pour travailler : la pioche symbolise le travail. Il y a donc du travail au Ciel comme sur la Terre. Tant qu’il est sur Terre, l’homme doit remercier pour son corps, la plus grande richesse dont il puisse disposer. Il est doté d’aptitudes qu’il doit développer. Il acquiert ainsi une richesse spirituelle qu’il emporte avec lui.

« Le maître de maison est sorti dès le matin pour louer des ouvriers pour sa vigne. » Qui est le maître de maison ? Le Seigneur. Il descend sur terre pour louer des ouvriers pour sa vigne. Il a loué pour travailler sur sa vigne tous les peuples européens qu’Il a croisés. Ils ont travaillé cinq ans, et la guerre s’est achevée. Ils reviennent du travail et Dieu les rétribue maintenant. Les Bulgares se demandent : « Combien serons-nous payés ? – Un denier. – Et les Anglais ? – Un denier. – Et les Allemands, les Serbes, les Français, les Russes ? – Un denier chacun ! – Certains ont combattu plus que d’autres. – Cela ne fait rien, tous seront payés un denier. » À vous aussi qui m’écoutez aujourd’hui, il sera donné un denier. C’est la loi de la justice divine, elle doit être le fondement de la société contemporaine. Le travail de chacun n’est pas identique, pourtant le maître de maison octroie le même montant, un denier. Si tu aimes, aimes pour un denier. « Combien m’aimes-tu ? – Un denier. » Combien d’argent cela représente-t-il ? Cent vingt sous. Le nombre 120 est un résultat qui joue un rôle à l’échelle de l’univers. Le nombre 12 aussi est un résultat, mais à l’échelle de la vie humaine. Lorsque vous ajoutez trente sous aux cent-vingt, vous obtenez cent cinquante, le nombre par lequel le mal se manifesté. En 1915, les Bulgares sont intervenus dans la Première Guerre Mondiale ce qui indique qu’ils seront soumis à un nettoyage. Entre 1913 et 1918 il y a un certain rapport : 1918 est le prolongement de 1913. Ils seront passés au feu cette fois-ci encore pour se purifier ; par la suite ils ne songeront même plus à faire la guerre.

Chaque chose qui se produit dans le monde se fait en temps et en heure. Chaque être humain naît au moment qui lui est assigné, c’est pourquoi les humains se distinguent tous les uns des autres. Il a été établi que ceux qui naissent à partir du 9 mars sont plus idéalistes, leur intelligence fonctionne plus que le cœur et ils souffrent notamment de maux de tête. Si quelqu’un dit qu’il souffre de maux de tête chroniques, je sais qu’il est né en mars lorsque le Soleil occupe le signe du Bélier. Le bélier est docile, mais si deux béliers se croisent, ils se cognent tête contre tête. Celui qui combat la matière abîme son intelligence. C’est notamment le cas dans la vie du poète : dès qu’il se met à se préoccuper de sa subsistance, sa poésie disparaît. Voilà pourquoi, lorsqu’une pensée divine, lumineuse éclaire votre esprit, ou qu’un désir sublime, une impulsion magnifique agite votre cœur, appliquez-les immédiatement ; si vous les reportez, vous vous mutilez vous-même. Si vous dites que cette pensée est inapplicable, vous vous freinez ; si elle était inapplicable, elle ne vous viendrait pas à l’esprit. Si vous ne l’appliquez pas, un autre l’accueillera. C’est ainsi que Dieu frappe pour entrer dans les esprits et les cœurs. Celui qui ne L’accueille pas, errera de porte en porte pour se proposer en tant qu’associé et prendre part au moins à la prononciation du son ha. Il peut y prendre part, mais saura que son salaire sera tin, le son qu’on entend lorsqu’un sou est jeté dans la boîte métallique. Si vous n’apprenez pas à travailler et à jouer de la musique sur Terre, vous n’apprendrez jamais au Ciel. Si vous allez non préparé au ciel, on vous renverra aussitôt sur Terre : c’est la loi de la réincarnation.

L’homme est venu sur Terre pour passer par le tourment, le labeur et le travail. En tant qu’humain tu seras tourmenté ; en tant qu’ange tu endureras le labeur ; quant au travail, tu travailleras avec Dieu. Autrement dit, tu te tourmenteras avec ton ventre, le temps de digérer la nourriture ; puis tu éprouveras le labeur avec tes mains, enfin tu travailleras avec ta tête. Les humains s’échinent, se tourmentent, font du labeur et travaillent, mais réussissent peu car ils se servent de la forme négative du verbe pouvoir. Comment peuvent-ils agir de manière négative ? Comme ils peuvent agir de façon négative, ils peuvent aussi agir de façon positive. « Je ferai des erreurs. – Fais des erreurs mais avance ! Il est préférable de travailler même en commettant des erreurs plutôt que ne pas travailler et ne pas faire d’erreurs. » Qui fait des erreurs peut aussi les corriger. Celui qui déteste peut aussi aimer ; celui qui commet le mal, peut aussi faire le bien. Le dispendieux d’aujourd’hui sera un jour très économe. Qu’est-ce qui est bien ? Ce qui est en harmonie avec les grandes lois divines. Chaque action qui contribue à élever l’humanité entière contribue au bien. Les actes de l’être humain se jugent à l’aune des résultats qu’ils produisent ; on classe certains de ses actes comme mauvais alors qu’on ne peut les juger qu’en constatant le résultat obtenu. Les résultats obtenus dans la vie déterminent son avenir.

Soyez justes dans la vie, ne lésez personne, comme le maître de maison a été juste. Il a donné aux premiers ouvriers ce qui leur revenait sans les léser ; il n’a pas lésé les derniers non plus. Si les humains continuent d’appliquer l’ancienne morale, le monde sera complètement retors. Appliquez la morale divine dans votre vie pour répondre aux besoins de tous. Celui qui ne contribue pas à satisfaire les besoins de sa raison, de son cœur et de son âme, commet un crime, un acte malveillant. Chacun doit avoir en premier lieu le nécessaire, puis l’utile et enfin le surplus – donné par la grâce. Les biens dont nous profitons viennent des anges qui nous envoient de leurs surplus. Si les anges étaient avares comme les humains, la vie sur terre cesserait. Grâce à leur générosité nous vivons dans l’abondance. Soyons généreux, envoyons nos propres surplus aux créatures qui vivent au-dessous de nous. Pour nous leur vie est un enfer, pour eux notre vie est un paradis. Le rapport entre nous et les créatures inférieures est le même qu’entre nous et les anges : pour les anges, notre monde est un enfer, pour nous leur monde est un paradis. Donc, pour certaines créatures le paradis est sur Terre, pour d’autres, au Ciel.

Appliquez les lois divines et n’en doutez pas. Croyez en vos âmes comme manifestations du principe divin. Quelqu’un dira qu’il ne croit que ce qu’il voit. Si je lui demande s’il croit à sa raison et à son cœur, il dit qu’il y croit ; et croit-il à ses pensées et ses sentiments, il l’affirme aussi. Comment y croit-il puisqu’il ne les a pas touchés ? Qui peut palper son discernement et son cœur, ses pensées et ses sentiments ? Le toucher est un sens extéroceptif dont se servent les animaux ; après le toucher viennent le goût, l’odorat, l’ouïe et la vue. Par conséquent, pour avoir une idée précise des choses, on doit les vérifier avec ses cinq sens et pas avec un seul. Si quelqu’un dit qu’il ne croit que ce qu’il peut toucher et entendre, il n’est pas entré dans la réalité. Celui qui s’appuie uniquement sur son goût et son toucher se trouve dans l’hémisphère sud car la bouche et les sentiments sont en bas ; celui qui croit à son ouïe et à sa vue seulement est dans l’hémisphère nord car les oreilles et les yeux sont sur la tête. Qui est à l’équateur ? Celui qui passe d’un hémisphère à l’autre. L’équateur est une zone neutre. Quelle région du mental humain correspond à l’équateur ? L’intellect. Pourquoi doit-on penser ? Pour avoir de l’équilibre. Seul l’être équilibré peut choisir les ouvriers dont il a besoin. Qui sont les ouvriers chez l’être humain ? Ses pensées, ses sentiments et ses actes. On ne doit choisir que des pensées, des sentiments et des actes qui sont nécessaires pour son développement et qui donnent de bons résultats.

Le Christ a raconté la fable du maître de maison il y a deux mille ans. Vous aussi, vous écoutez aujourd’hui la même fable ; quelle est la différence entre vous et les auditeurs d’alors ? Vous êtes plus âgés qu’eux. C’est mieux pour vous, vous percevez mieux en étant plus âgés. Quelqu’un dit : « Si je dois me marier, que ce soit quand je suis jeune. » Qu’y a-t-il de mal à se marier à quarante ans au lieu de vingt ans ? Un jeune homme est tombé amoureux d’une fille, mais elle en aimait un autre qu’elle a épousé. Pour ne pas l’affliger, elle lui a dit : « J’ai donné ma maison à un autre, mais je ferai une nouvelle maison que je te donnerai. » Elle a donné naissance à une fille qui vingt ans après a épousé cet homme. Le mariage a un sens uniquement lorsqu’il rapproche l’être humain de Dieu, lorsque les époux s’entraident. Mais quel est ce mariage qui éloignerait les humains de Dieu et empoisonnerait leurs relations mutuelles ?

Si vous observez la vie des familles, vous verrez que parfois leurs membres se cognent la tête entre eux, se disputent, se cherchent des noises. En ce sens, les têtes de l’homme et de la femme sont comme des récipients dans lesquelles on moud le café ; leurs enfants les entourent et disent ha, mais rien ne sort en fin de compte de cette alliance. Dans d’autres familles, tous les membres ont l’aspiration d’une graine de courge : accaparer le plus de terrain possible, s’étendre au détriment des autres ; en s’emmêlant les tiges, ils s’embrouillent et n’obtiennent aucun résultat. Ils vivent ainsi quelques mois, tant que le maître du champ ne vient pas récolter tous les légumes. Il est préférable de donner un petit fruit, mais vivre longtemps plutôt que d’avoir un gros fruit et une vie courte.

Quel monde serait le nôtre si les têtes de tous étaient grosses comme des courges ? Le monde s’améliore chaque jour grâce aux plantes qui concourent entre elles sur des questions intelligentes. Elles se développent progressivement, s’anoblissent et commencent à se sacrifier : les arbres, pour du combustible et pour des constructions ; les fleurs avec leur arôme et leurs belles couleurs agissent sur la pensée humaine. On se met à les étudier et à se demander pourquoi certaines fleurs embaument l’air et d’autres non ; pourquoi les unes sont jaunes et d’autres rouges ; pourquoi certaines ont cinq pétales et cinq étamines et d’autres plus, ou moins. Chacun peut s’identifier à une plante avec une aspiration et un développement spécifique. Quelqu’un aspire à être comme la cerise et devenir rond et rouge comme elle. Ce désir n’est pas à blâmer, mais cet homme doit sélectionner ses pensées et ses sentiments car ils entrent chez lui comme des ouvriers pour se fabriquer une maison. Que cette maison soit bien ou mal construite ne vous indiffère pas. Lorsque vous rentrez dans une maison où l’homme et la femme se querellent, vous ne pouvez pas les ignorer, vous leur direz toujours quelque chose pour les aider. Vous devriez être d’autant moins indifférent à vos propres pensées et sentiments qui bâtissent leur maison en vous. Voilà pourquoi on doit s’éduquer et gérer ses pensées et ses sentiments. En travaillant sur soi, on travaille aussi sur ses proches. C’est pourquoi je dis : lorsque tu croises quelqu’un d’affamé, nourris-le ; s’il est assoiffé, donne-lui de l’eau pour le désaltérer. Tout comme on travaille dans le monde physique, on peut aussi travailler dans le monde mental.

La situation de celui qui ne vit que pour lui est terrifiante. Seul Dieu a le droit de ne vivre que pour Lui, car Il inclut tout en Lui. L’être humain doit vivre pour Dieu et Dieu pour Lui.  « Je veux vivre pour moi-même. – Alors tourne-toi vers Dieu, qu’Il vienne en toi, demeure en toi, et toi, vis pour les autres.

Il est venu le temps où tout le monde doit se rendre au marché : les prêtres avec leurs encensoirs, les enseignants avec leurs abécédaires, les magistrats avec leurs livres de lois, les marchands avec leurs boisseaux pleins de blé, les agriculteurs avec leurs charrues. Le Christ sortira tôt le matin au marché louer ces ouvriers pour sa vigne. Dans notre cas, la vigne du Christ est le peuple bulgare. Quelle que soit votre situation : prêtre, enseignant, magistrat, marchand ou agriculteur, vous devez tous être prêts à travailler. C’est le chemin par lequel le peuple bulgare peut s’élever. Pour être grand, un peuple doit accueillir en lui le Dieu de la raison, de intelligence, du cœur, de l’âme et de la force et tous doivent être satisfaits de leur labeur et de leur travail.

Ouvrez les yeux pour voir le Dieu vivant qui se manifeste sur Terre. Que chacun Le voie en lui, et qu’il fasse la différence entre son Dieu et le Dieu des autres. Il est important que chacun Le comprenne, Le reconnaisse et L’accueille selon son propre degré de développement. Si tu es musicien, tu trouveras Dieu dans la musique ; si tu es poète, tu Le trouveras dans la nature ; si tu es marchand, dans l’argent. Chacun Le trouvera quelque part, et même s’Il est manifesté à l’extérieur. Les objets extérieurs suscitent pensées et sentiments qui mènent à Dieu. Par exemple, si vous recevez un bouquet de belles fleurs, vous pensez aux fleurs, à celui qui les a envoyées et un sentiment de chaleur, de bonté s’éveille aussi envers Celui qui a créé les fleurs. Reconnaissez Dieu comme justice qui donne quelque chose à chacun, au moins un denier. Même si vous ne travaillez qu’une heure, vous recevrez tout de même un denier sur lequel vous bâtirez aujourd’hui et à l’avenir. C’est sur ce denier que se construira votre vie future.

Je vous offre un bouquet avec cinq fleurs différentes : les cinq catégories d’ouvriers. Votre ami, le Seigneur, vous envoie ce bouquet. Etudiez-le jusqu’à ce que vous pénétriez son contenu et son sens profond.

Sofia, 10 novembre 1918

Traduction par Bojidar Borissov

 

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