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Ani

1917_05_27 Vous demeurerez

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                                                          Vous demeurerez

 

Si vous gardez mes commandements,

vous demeurerez en mon amour ;

comme j'ai gardé les commandements de mon Père,

et je demeure en son amour.[1]

Jean 15-10

 

« Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez en mon amour. » Le mot si dans le texte original a une autre signification qu’en bulgare où il exprime une condition. Le verbe garder a un rapport à la volonté humaine ; garder les commandements signifie les accomplir, et l’accomplissement n’est possible qu’avec le concours de la volonté. Celui qui ne garde pas les commandements de Dieu ne peut pas demeurer en Son amour. Donc, il ne suffit pas de demeurer dans les commandements du Père, mais il faut aussi demeurer en Son Amour, comme le Christ a gardé les commandements de Son Père et est demeuré en Son Amour. L’accomplissement des commandements divins au sens large comme au sens strict donne le même résultat.

Lorsque nous abordons le côté apparent des choses, le monde extérieur, nous constatons que quelque chose nous retient à lui. Le même lien régit les membres et le corps d’une part, l’âme et l’esprit d’autre part. Si l’âme et l’esprit ne maintenaient pas les bras, les jambes, le cerveau, les poumons et l’estomac, il ne resterait rien de l’homme. L’esprit retient tous les organes du corps en ordre parfait ; l’âme de son côté demeure dans les fonctions assurées par les organes, et utilise les énergies qu’ils reçoivent et émettent ; l’âme ne retient pas l’air mais demeure en lui. Demeurer s’incarne par la respiration, la pensée, la perception, alors que retenir exprime les actions qui les accompagnent. Certains processus dans l’organisme humain sont appelés libres ou dépendants de notre libre arbitre ; les autres sont limités, non contrôlés par notre volonté. Le mouvement des bras et des jambes dépend de notre volonté, alors que les pulsations du cœur, la respiration, la digestion ne dépendent pas de nous.

« Vous demeurerez en mon Amour. » Celui qui ne comprend pas le commandement fondamental de la vie, l’amour, pense qu’il peut le limiter. L’amour ne se limite pas, il se rapporte aux actes libres. L’homme peut demeurer en l’amour, mais ne peut pas le limiter. En y demeurant, il reçoit et donne en même temps, un échange correct se met en place ; lorsqu’on garde les commandements, on accomplit, on donne, c’est une dépense d’énergie.

Certains considèrent ces questions comme abstraites ; c’est d’eux que dépend si ces questions sont abstraites ou non : ce que l’on pense, c’est ce qu’il advient. Si on ferme les yeux, bien sûr on ne peut voir ; et quand on ne voit pas, on ne peut pas non plus saisir les choses. C’est à l’homme qu’il incombe de voir ou de ne pas voir ; s’il ferme ses yeux spirituels, il ne verra ni ne comprendra. Par conséquent, si tu souhaites voir et comprendre, ouvre les yeux.

Dans le processus interne de la compréhension se cache un certain mouvement. Par exemple, pour étudier et comprendre une région, vous devez la parcourir ; pour analyser une question embrouillée, vous devez faire un effort. Que faites-vous pour allumer une lampe électrique ? Vous vous saisissez de l’interrupteur, vous le tournez et vous vous dites : « Que la lumière soit ! », et tout s’éclaire autour de vous. Pourquoi ne pas souhaiter la lumière dans votre esprit ? Entrez dans une bibliothèque, prenez le livre qui décrit ce qui vous intéresse et mettez-vous à lire ; en travaillant un peu dans cette direction, la question obscure se clarifiera. L’homme n’est pas né instruit, mais par l’effort, la persévérance et le travail il réussit ce à quoi il aspire. Pour celui qui ne travaille pas avec amour, la vie représente du labeur et du tourment, il se plaint constamment qu’il est tourmenté, qu’il brûle dans le feu, mais quel feu, il n’en sait rien. Les souffrances et les épreuves que traverse l’homme montrent qu’il y a une dysharmonie dans sa vie. La nature intelligente attire votre attention sur l’erreur à corriger, à l’origine de cette dysharmonie. Si vous ne pouvez pas la corriger tout seul, tournez-vous vers un médecin ou un guérisseur qui sait redresser les erreurs. Vous dites qu’il faut payer le médecin ; il faut payer oui, et plus le médecin est expérimenté et compétent et plus vous devrez payer. Plus grave est votre maladie, plus expérimenté devra être le médecin ; le médecin inexpérimenté prend peu d’argent, mais peut vous desservir.

Aujourd’hui, la grande majorité des gens cherche un moyen facile d’acquérir quelque chose de grandiose ou bien d’entrer dans le Royaume de Dieu. Il n’y a pas de chemin facile pour entrer dans le Royaume de Dieu. Celui qui est venu sur terre pour étudier et travailler ne doit pas fuir le chemin difficile. Celui qui remercie pour le chemin difficile et pénible dans la vie a les conditions pour s’élever. Chercher le chemin facile, c’est s’exposer tout seul au danger ; le chemin facile est humain et le chemin difficile est divin. Si quelqu’un vous guide en montagne et vous précipite en bas sur la pente, vous vous retrouverez facilement au pied de la montagne, mais cela ne signifie pas que vous aurez résolu tout seul la question difficile ; c’est aussi comme ça que les enfants font de la luge en hiver. L’enseignement du Christ n’est pas un enseignement de glisse et de descente, mais d’élévation, et ceci au prix d’efforts et de travail. Voyez comment les paysans bêchent la terre, comment ils labourent le champ avec leurs charrues. Vous direz que ni la bêche, ni la charrue du paysan ne vous intéresse, mais vous devez savoir que le Christ se sert précisément de charrues et de bêches ; ce sont les instruments avec lesquels Il enseigne aux humains à labourer leurs champs. La bêche, la charrue, les bœufs, l’aiguillon renferment un sens profond.

Comment le Bulgare laboure-t-il le sol ? Avec des bœufs. Parfois deux, parfois quatre ou six ; peu importe le nombre car le principe reste le même. Lorsqu’on laboure, les deux principes agissent également : retenir et demeurer. Les deux bœufs représentent l’intelligence humaine et le cœur humain, la charrue, le corps humain, et l’aiguillon, le commandement qui pique de temps à autre l’intelligence et le cœur pour leur rappeler qu’ils doivent travailler et suivre la bonne direction, c’est-à-dire le sillon. Certains se croient libres, alors qu’en réalité ils sont tous attelés, parfois par deux, parfois par trois ou par quatre. De temps en temps seulement on vous détèle pour vous laisser vous reposer. Quand les bœufs se reposent-t-ils ? Lorsque le maître le décide ; une fois reposés, il les attèle de nouveau au travail ; voilà la réalité. Vous direz que c’est la condition du bœuf. Pensez-vous que leurs âmes soient privées d’intelligence ? Par certains côtés le bœuf se place plus haut que l’homme. On dit de quelqu’un qu’il est patient comme le bœuf ; le bœuf symbolise donc la patience. Que direz-vous des grains de blé, exposés à des conditions diverses ? Ceux qui ont des conditions favorables de développement germent et donnent des fruits de bonne qualité ; ceux qui ne bénéficient pas de bonnes conditions ne germent pas, mais cela ne prouve pas qu’ils n’ont pas le même potentiel que les premiers. Ainsi, le rapport entre ces deux types de grains de blé est le même que celui entre l’âme de l’humain et celle du bœuf. Aujourd’hui le bœuf est privé de conditions de développement et de moyens de manifester les qualités de son âme ; un jour Dieu le mettra en situation de développer son potentiel ; vous verrez alors les êtres talentueux et géniaux qui en sortiront. Aujourd’hui le bœuf laboure le sol, accomplit le commandement de base et aide l’homme ; son maître le nourrit pour le travail fait et il le remercie en retour. De même l’homme travaille et se nourrit trois fois par jour : en se mettant à table, il se restaure et dit : « Le monde tourne bien. » C’est vrai, le monde est bien fait, mais il faut remercier ton Seigneur qui te nourrit pour le travail accompli ; si tu cesses de travailler, le Seigneur cesse de te nourrir. Lorsque tu es de nouveau affamé, tu te mets à pleurer, à prier, jusqu’à ce que ton Seigneur t’octroie la nourriture nécessaire. Au regard du travail, l’être humain ressemble au cheval, car ce dernier ne sait plus profiter de la liberté lorsqu’il la retrouve après avoir enduré son labeur. Un cheval avait travaillé trente ans durant pour son maître et, lorsqu’il est devenu vieux, ce dernier l’a laissé libre dans la nature ; mais chaque jour, à la même heure, le cheval revenait au puits d’où il avait l’habitude de sortir l’eau pour arroser le potager, et il restait là en attendant que son maître vienne l’atteler au travail.

Le Christ dit : « Si vous gardez mes commandements ». Quels commandements ? Ceux qui peuvent rendre la vie humaine heureuse et sensée. En entendant parler de ces commandements, beaucoup déclarent les avoir lus. Puisque vous les avez lus, je vous demande si votre vie est devenue plus heureuse et plus sensée ? « Nous ne sommes pas plus heureux qu’avant. – Puisque vous n’êtes pas plus heureux, cela montre que vous les avez lus sans les comprendre. » Le Christ dit plus loin : « Vous demeurerez en mon amour. » Quel plus grand bienfait pouvez-vous attendre de l’accomplissement et de l’application des commandements divins ? Il n’y a pas de bonheur plus grand pour une maison si l’époux demeure dans les commandements de Dieu et de Son amour, et la femme, dans les commandements de son époux. Pourquoi les familles se disloquent-elles ? Parce que ni l’époux, ni l’épouse ne tiennent leurs promesses. L’époux promet de garder et de demeurer dans les commandements divins, mais une fois marié il oublie tout cela : il se met à boire, à festoyer avec des amis et dilapide tout ! L’épouse dit : « Je ne peux vivre avec un tel homme. » Par conséquent, la famille dans laquelle l’époux ne demeure pas dans les commandements divins, ni l’épouse dans les commandements de son époux, cette famille est condamnée à péricliter. Si l’époux ne demeure pas dans les commandements divins et n’accomplit pas la volonté de Dieu, son épouse est libre alors de ne pas se conformer aux commandements de son époux ; mais si l’époux accomplit la volonté divine et demeure dans ses commandements et que l’épouse ne demeure pas dans l’amour de son époux, alors elle en portera la responsabilité. C’est ce que le Christ a enseigné à ses disciples.

« Vous demeurerez en mon amour ». Celui qui demeure en l’amour divin accomplit Ses commandements ; celui qui ne demeure pas en l’amour, ne peut pas accomplir ses commandements ; il fait des erreurs comme les enfants. Dans la région de Varna, à Nikolaïevka, la femme du curé a nettoyé la maison, a tout lavé, c’était la veille de l’Ascension. Elle s’empressait de vite terminer son travail pour pouvoir aller à l’église tôt le lendemain matin. Son fils, âgé de dix ans, comme il avait vu comment on battait le blé l’été, a décidé de jouer à battre le blé lorsqu’il s’est retrouvé seul à la maison : il a pris du maïs et a laissé rentrer toutes les dindes dans la chambre. Il jetait le maïs sur les dindes et leur courait derrière en s’amusant bien. Les voisines ont entendu de grands bruits en passant devant la maison du curé, mais ne savaient pas ce qui s’y passait. Ils ont vu la femme du curé à l’église et lui ont dit : « Quelque chose se passe chez vous, mais on ne sait quoi : on entend des cris et des bruits de loin. » Elle est rentrée chez elle aussitôt la messe terminée et quelle n’a pas été sa surprise de voir toutes les dindes dans la chambre en train de s’égosiller, de voler et de se cogner contre les murs, alors que le petit garnement leur courait derrière et leur faisait battre le blé. En voyant sa mère, le fautif s’est enfui en la laissant se débrouiller toute seule avec les convives indésirables.

Beaucoup se comportent en enfants : leurs mères nettoient les chambres, tandis qu’ils y font rentrer les dindes pour s’amuser avec elles. Ils veulent ainsi prouver qu’ils sont libres, mais c’est une liberté enfantine, une logique d’enfant. Quelqu’un a une bonne disposition d’esprit, une inspiration par quelque chose de divin, mais soudainement son enfant rentre dans la chambre avec les dindes et les oies pour se divertir. Le père voit que la chambre est salie et sa bonne disposition disparaît. Pour ne pas la perdre la mère et le père doivent fermer leur chambre avec neuf clés, afin de ne pas laisser entrer les enfants avec les dindes qui saliront à l’intérieur. C’est la faute des parents et pas celle des enfants ; dès qu’ils trouvent la chambre ouverte, ils y entrent, prennent du maïs et laissent entrer les oies et les dindes pour jouer avec elles.

« Si vous gardez mes commandements ». Comme le verbe garder se rapporte à la volonté, ne dites jamais que vous ne pouvez pas faire quelque chose, qu’une question est obscure et que vous ne pouvez pas la comprendre, que vos conditions sont défavorables ou que le moment d’agir n’est pas encore venu, etc. Laissez ces choses de côté, sachez que personne ne peut vous entraver, chacun se freine tout seul. Qui a entravé les premiers humains au paradis ? Dieu les a placés dans des conditions favorables de développement, mais ils ont péché et ont quitté le paradis ; eux et leurs désirs cachés en sont responsables. L’être humain s’entrave tout seul lorsqu’il ne comprend pas ses désirs et ne sait pas s’ils sont bénéfiques ou non.

La femme d’un millionnaire américain avait beaucoup de désirs et ne savait ni quand ni comment les satisfaire. Lorsqu’elle visitait Paris, elle entrait dans tous les grands magasins pour acheter tout ce qu’elle voyait. Un jour, elle a acheté de nombreux objets de grande valeur, mais elle ne pouvait pas les payer en une fois, elle les a donc enregistrés au nom de son mari qui était connu des grands marchands parisiens. Lorsqu’il a reçu les lettres de change pour d’aussi grosses sommes, il les a acquittées tout de suite, mais il a pris la décision de divorcer d’avec sa femme. Pour être libre de tout engagement envers elle, il lui a légué un palais de quinze millions de dollars ainsi qu’une somme de trente millions de la main à la main pour qu’elle en dispose comme bon lui semblait ; il a préféré lui donner de grosses sommes pour la mettre à l’abri, mais se prémunir contre une catastrophe financière.

Dieu agit avec ceux qui dilapident les bienfaits divins comme le millionnaire avec sa femme : Il leur donne quarante-cinq millions à disposition, et divorce d’avec eux. Vous direz que celui qui dispose de quarante-cinq millions est un homme heureux. Malheur à celui qui a divorcé d’avec Dieu ; il est prêt à commettre tous les crimes. Celui qui ne garde pas les commandements divins peut commettre tous les crimes. Si vous voulez vous libérer du mal et des crimes en vous et en dehors de vous, gardez les commandements divins et demeurez en l’amour divin. Au réveil le matin, si vous êtes une femme, demandez-vous : « Est-ce que je garde les commandements de mon mari et lui, garde-t-il les commandements du Seigneur ? » Si vous répondez par l’affirmative à ces questions, vous passerez toute la journée en paix et dans la joie car Dieu vous a bénis ; si la réponse est négative, vous serez mécontents, indisposés, malheureux. Pourquoi les humains sont-ils malheureux ? Parce qu’ils n’accomplissent pas les commandements divins, ne demeurent pas en Son amour et veulent cependant réaliser tous leurs désirs. L’avidité rend les humains malheureux.

Un chasseur qui allait souvent chasser dans les Balkans racontait l’histoire suivante : il a vu en longeant une rivière dans la montagne une ourse avec ses cinq petits. Ils jouaient sur la berge alors que la mère attrapait de petites écrevisses dans l’eau et les donnait aux oursons. Il s’est arrêté pour les observer, et qu’a-t-il remarqué ? Alors que la mère donnait les écrevisses à chacun des petits, l’un d’eux devançait systématiquement les autres pour manger les écrevisses, et les autres n’arrivaient pas à en goûter une seule. En se rendant compte de cela, l’ourse a frappé fort l’ourson gourmand qui s’est écroulé sur le sol. Elle a enfin levé le camp pour rentrer dans sa tanière et s’est tourné vers l’ourson qu’elle avait puni, mais elle s’est rendu compte qu’il était mort. Elle l’a pris alors dans ses pattes pour le bercer, mais rien n’y a fait. Elle s’est enfoncée dans la forêt, emplie de chagrin.

L’homme aussi porte en lui un ourson gourmand qu’il doit éduquer et réprimander. Il a le droit de le punir, mais pas jusqu’à le tuer ; s’il le tue, il souffrira. Voilà pourquoi le Christ dit : « Qui veut être heureux doit avoir une volonté de fer, une intelligence lumineuse et un cœur pur, il doit garder mes commandements comme je garde les commandements de mon Père et il doit demeurer en moi comme je demeure dans l’amour de Dieu. » Ce n’est qu’ainsi que l’homme peut être grand, car Dieu qui vit en lui est grand. Par conséquent, ouvrez vos cœurs et vos âmes à Dieu pour qu’Il entre en vous avec Ses commandements et Son amour pour vous rendre grands et forts. Alors l’homme dira que tout ce qu’il souhaite atteindre est possible. Si vous gardez les commandements de Dieu et demeurez en Son amour, vous comprendrez le verset édicté par le Christ : « L’impossible pour l’homme est possible pour Dieu. »[2] Où est ce Dieu ? En tous ceux qui accomplissent Sa volonté.

Certains veulent savoir comment reconnaître celui qui garde les commandements de Dieu. C’est très simple : si vos pensées sont claires et positives, vos sentiments, purs et nobles, vous gardez les commandements de Dieu et demeurez en Son amour. Je vous ai dit de vérifier les choses : pour chaque chose appliquez les impératifs vérifie et constate.

Si vous avez une question ardue à résoudre, ne vous empressez pas de le faire d’un seul coup, mais méditez quelques heures sur cette question, jusqu’à ce que la lumière éclaire votre intelligence ; si, jusqu’au soir, vous n’avez pas pu la résoudre, cela montre que vous avez quelque pensée négative qui vous en empêche. Libérez votre esprit des pensées négatives et votre cœur des sentiments impurs, et mettez-vous à méditer sur la question qui vous intéresse. Vous direz que vous n’avez pas de temps libre pour consacrer des heures et des jours à cette question. Occupez-vous par ailleurs et méditez en même temps ; si vous ne savez pas résoudre la question en un jour, vous la résoudrez en une semaine ; ce qui importe, c’est de la résoudre correctement. Si vous voulez savoir si votre cœur demeure dans l’amour, voyez si vous avez la paix intérieure. Si vous avez la paix intérieure, quoi qu’il vous arrive, même si vous hésitez extérieurement, intérieurement vous serez calmes. Que vous y croyiez ou non, peu importe : faites cette expérience et vous constaterez la véracité de mes paroles.

Beaucoup des souffrances des gens d’aujourd’hui sont dues à des influences et des éléments extérieurs – que cela ne vous trouble pas. L’homme est doté d’une volonté grâce à laquelle il peut endurer des épreuves et des tourments. Si votre volonté est forte, vous pouvez faire des miracles. Celui qui a une volonté puissante et intelligente peut surmonter les plus grandes souffrances. De ce point de vue, les martyrs du Christ ont montré la voie : ils étaient brûlés, écorchés, suppliciés, mais la force de leur volonté leur a permis de tout endurer sans ressentir de douleur : ils gardaient les commandements divins et demeuraient en son amour. Si l’étoile de mer est capable de régénérer un membre sectionné, pourquoi l’être humain n’en serait-il pas capable ? L’homme doit forger sa volonté pour pouvoir contrôler ses pensées et ses sentiments. L’amour vient au secours de l’homme pour nourrir ses pensées, ses sentiments et ses désirs ; c’est le seul moyen de pouvoir travailler. Que faites-vous lorsque vous prenez un ouvrier à la maison ? Pour bien travailler, d’abord vous le nourrissez ; une fois qu’il a bien mangé, il est prêt à travailler. Donc l’amour est utile en tant que nourriture pour l’homme ; sans amour sa vie s’étiole.

Vous me rétorquerez que la vie est dure, qu’il faut entretenir femme et enfants. C’est curieux car la femme était en l’homme et Dieu l’a sortie de lui, d’une côte d’Adam ; de ce fait, qu’il soit marié ou non, cela ne change pas la condition de l’homme, ni en mal ni en bien. Il n’y a pas d’être humain sur terre qui ne porte en lui l’homme et la femme ; l’homme et la femme vont toujours ensemble. Que la femme ou l’homme soit en dedans ou en dehors de l’être humain importe peu, chaque homme porte la femme en lui et chaque femme porte l’homme en elle. Ils ne peuvent pas vivre l’un sans l’autre : l’homme stimule la femme et la femme stimule l’homme. Si vous enlevez la femme du monde, toute culture disparaîtra ; de même avec l’homme, sans lui il n’y aura pas de culture. Par les mots homme et femme, je désigne au sens large l’intelligence et le cœur. Intelligence sans cœur ne peut exister et cœur sans intelligence non plus ; ils vont toujours ensemble et se complètent. Ainsi, lorsque les gens souffrent et se tourmentent, la raison n’est ni en l’homme ni en la femme, mais en ce que l’être humain ne garde pas les commandements divins et ne demeure pas en l’amour divin. Par le mot homme, je désigne encore l’intelligence divine et par femme, le cœur divin. L’intelligence représente la volonté humaine qui se manifeste dans son corps, et son cœur représente le mouvement ; l’intelligence représente les processus volontaires et le cœur, les processus réflexes. Si l’homme veut vivre en bons termes avec sa femme, qu’il la laisse libre, qu’il la laisse évoluer comme un être autonome, non soumis à la volonté et aux prescriptions d’autrui. Que deux hommes fassent l’expérience suivante : que l’un édicte des règles et des commandements pour guider sa femme et que l’autre laisse celle-ci libre de vivre selon sa propre philosophie intérieure et intime. Lorsque l’homme est guidé par son cœur intelligent et non pas par des lois édictées, les résultats sont toujours bons. Si l’homme est mécontent de sa femme parce qu’elle ne suit pas ses exigences personnelles, il est dans l’erreur : ce n’est pas l’enseignement du Christ. Le Christ a prôné l’amour et la liberté. Là où l’amour est absent, c’est la violence et le désamour qui sont présents.

« Si vous gardez mes commandements ». Avec quoi l’homme garde-t-il les choses ? Avec ses mains. Le violoniste tient le violon et l’archer avec ses mains et, de la tenue du violon et du mouvement de l’archer dépend sa prestation : quelconque, talentueuse ou géniale. Quelqu’un dit qu’il veut chanter. Très naturellement, lorsque l’amour visite l’homme, il veut chanter, jouer, s’exprimer. Là où l’amour manque, il n’y a pas de chant, pas de musique. Lorsqu’on dit aux gens de chanter, cela signifie d’ouvrir leurs cœurs pour l’amour ; le chant est une ouverture par laquelle l’amour entre en l’homme. Lorsqu’on dit aux gens de prier, c’est pareil : ouvrir les esprits et les cœurs à l’amour. La nourriture, le chant et la prière représentent le même processus : l’ouverture de l’esprit et du cœur à l’amour qui est le seul à élever l’homme et à se satisfaire de ce qui lui est donné. Ils sont étroitement liés entre eux. Lorsqu’il chante, l’homme doit d’abord se contenter lui-même, puis ceux qui l’entourent ; que pensent les autres de lui, sont-ils contents ou non est secondaire ; il doit d’abord être content de lui-même. C’est ce que signifient les paroles : « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez en mon amour. » Plus loin le Christ dit : « Ce que vous demanderez en mon nom, vous sera donné. »[3]

Éprouvez le Seigneur par ses lois pour résoudre vos problèmes. Quelqu’un ne s’entend pas avec ses voisins, il ne peut pas les supporter ; s’il est sans l’amour de Dieu, il ne peut supporter personne. Que coûte à un homme d’accomplir la loi divine et de dire : « Avec Dieu je peux tout ! » Ce qui veut dire : « Avec l’amour, je peux tout supporter. » Le Christ dit à chacun : « Aie Dieu en toi pour aimer aussi ton prochain », alors que le diable lui dit : « L’amour est quelque de chose de grand, tu n’es pas prêt pour lui, tu ne peux pas aimer, ni pardonner. Pour aimer tu dois être instruit et connaître toutes les lois de l’existence. » Le Christ se dresse contre le diable et dit : « Que tu sois instruit ou inculte, pauvre ou riche, grand ou petit, tu peux aimer et manifester l’amour qui est déposé dans ton cœur. »

Rappelez-vous : on peut tout atteindre par l’amour : le laid peut devenir beau, le pauvre, riche, l’inculte, érudit. Sans l’amour, on perd tout : richesse, beauté, savoir. Ne croyez pas les enseignements mensongers qui vous affirment que vous ne pouvez pas appliquer l’amour. Si vous gardez les commandements divins et demeurez en l’amour, ne croyez pas celui qui prétend que vous n’êtes pas dans le droit chemin ; ne le croyez pas s’il prétend que le fruit que vous produisez est amer ou acide. Au début, avant de mûrir, le fruit était acide ou amer, mais aujourd’hui il est sucré. Ne vivez pas avec votre passé, ce qui importe, c’est le présent que vous vivez aujourd’hui.

Un jour Nastradin Hodja[4] a monté son vieux bœuf et est parti dans ses champs. Une de ses connaissances l’a croisé et lui a demandé : « Hodja, pourquoi as-tu monté ce vieux bœuf ? » Ce dernier n’a pas avoué que c’était parce qu’il n’avait pas de cheval, mais il a dit : « Ne regarde pas comment se porte mon bœuf aujourd’hui, il fallait le voir quelques années en arrière lorsqu’il sautillait et gambadait comme un jeune poulain. » Selon moi, peu importe comment ce bœuf était par le passé, ce qui importe est ce qu’il représente aujourd’hui ; le passé est révolu. Notre vie actuelle est l’expression de la vie passée et c’est pourquoi nous en sommes insatisfaits. Le nouveau que nous percevons et appliquons aujourd’hui, déterminera notre vie future. Celui qui veut connaître sa vie passée doit scruter sa vie présente, c’est là qu’il trouvera son passé. S’il vit d’une façon nouvelle, il se bâtira un avenir lumineux.

Par conséquent, celui qui doute de son chemin a laissé le diable s’introduire en lui. L’homme connait la vérité, mais c’est lui seul qui laisse le doute s’introduire en lui. Nul ne peut tromper quelqu’un d’autre et encore moins lui-même. Si vous gardez les commandements divins et demeurez en son amour, vous êtes dans le droit chemin et vous obtiendrez ce que vous souhaitez. Le Christ travaille avec le mot je peux, et le diable avec le mot je ne peux pas. Si tu déclares que tu peux vivre bien, le Christ est avec toi ; si tu dis que tu ne peux pas vivre bien, le Christ est loin de toi. « Je suis un pécheur ! » Si quelqu’un affirme cela, c’est que sa volonté est faible. Le péché, les fautes se cachent dans l’absence de volonté humaine ; donnez une direction juste à votre volonté et vous vous élèverez. Si vous avez fauté, vous vous purifierez ; il y a beaucoup d’eau dans la nature, donc l’homme peut toujours se laver et se nettoyer. Hommes et femmes, tous doivent se nettoyer, prendre conscience de leur prédestination et l’accomplir.

Quelle est la tâche de la femme ? S’élever d’abord, puis élever son mari. La femme belle et vertueuse représente un idéal pour l’homme, elle lui inspire un élan vers le sublime et le pousse à penser tout en apportant paix et tranquillité à son âme. La tâche de l’homme est de s’élever d’abord, puis d’élever la femme. Il doit exprimer la force de son intelligence pour inciter la femme à travailler. Quoi qu’elle dise, l’homme doit l’exécuter ; si aujourd’hui il promet quelque chose qu’il ne met pas à exécution demain, il est comme une vieille femme que chaque pas entrave et empêche d’avancer. Si l’homme dit à une jeune fille qu’il l’aime, il doit prouver la véracité de ses paroles. Il est temps d’appliquer l’enseignement du Christ dans toute sa largeur et sa profondeur. Si tu dis que tu ne peux pas l’appliquer, tu es une vieille femme ; si tu dis que tu peux l’appliquer, tu es un jeune homme, un héros qui peut tout réussir.

Je souhaite aux femmes d’être remplies d’amour divin, de porter l’idée d’appliquer l’amour et d’en répandre l’arôme partout où elles vont, de répandre les douces effluves de l’amour. Je souhaite aux hommes d’inspirer la confiance à toutes les femmes, qu’elles puissent compter sur leurs paroles et leurs promesses.

« Si vous gardez mes commandements », c’est ce qui est exigé de l’homme ; « Vous demeurerez en mon amour », c’est ce qui est exigé de la femme. Je dis pour ma part : que la femme demeure en l’amour et que l’homme garde les commandements de la femme.

Sofia, 27 mai 1917

 


[1] « Si vous observez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme, en observant les commandements de mon Père, je demeure dans son amour. » (Jean 15, 10)

[2] « Qui donc peut être sauvé ?» Fixant sur eux son regard, Jésus leur dit : « Aux hommes c’est impossible, mais à Dieu tout est possible. » (Matthieu 19, 25-26)

[3] « Tout ce que vous demanderez dans la prière avec foi, vous le recevrez. »  (Matthieu 21, 22)

[4] Nastradin Hodja – personnage satirique turc du folklore bulgare

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