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Ani

1917_05_13 Ce que Dieu a joint

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                                             Ce que Dieu a joint

« Ce donc que Dieu a joint,

que l’homme ne le sépare point. »

Matthieu 19 :6[1]

 

« Ce donc que Dieu a joint. » À priori dans ce verset le Christ évoque le mariage. Mais est-ce un mariage tel qu’il se pratique aujourd’hui ? Deux familles se rapprochent, vivent bien et quelque temps après marient leurs enfants : est-ce une union bien fondée ? Il existe trois types d’unions : la première est celle que Dieu pratique : la vraie union solide ; la deuxième union est celle que l’homme fait lui-même et la troisième, celle que les gens pratiquent. Toutes les difficultés, contradictions et souffrances de ceux qui s’unissent découlent des deux derniers types d’union. Pour qu’un homme, un maître ou un pays procèdent à une union juste, ils doivent être pénétrés par la sagesse divine et comprendre le commandement de base sur lequel est bâtie la vie. Comprendre le commandement de base de la vie, c’est comprendre la vie comme elle s’exprime dans la nature. C’est pour cela qu’en lisant le verset dans lequel le Christ parle de l’union, vous devez le comprendre dans son essence, dans son sens le plus intime et non pas à la lettre et superficiellement.

« Ce donc que Dieu a joint, que l’homme ne le sépare point ». Beaucoup lisent et relisent ce verset sans le comprendre. Nombre de prédicateurs ont disserté sur ce verset, l’ont interprété sans pour autant accéder à la vérité principale qui s’y cache. Pourquoi la vérité que ce verset contient n’est-elle pas mise au grand jour ? Pour deux raisons : d’une part, l’ignorance de ceux qui le discutent ; d’autre part, la dissimulation intentionnelle de la vérité qui les démasquerait sinon. L’ignorance, la méconnaissance sont excusées ; lorsqu’il ne sait pas quelque chose, l’être humain s’exprime selon ce qu’il sait et ce qu’il pense. Mais si on connaît la vérité et qu’on la dissimule, cela n’est ni excusable, ni justifiable. La vérité est un grand principe. Seul celui qui est pur peut dire la vérité ; si l’impur essaie de dire la vérité, elle sera mortifère pour lui. Aussi, seul celui qui est pur peut comprendre la vérité. Quelqu’un veut entendre la vérité - pour cela il doit être prêt à mourir ; autrement dit, on ne peut pas entendre et comprendre la vérité si on n’est pas prêt à se sacrifier pour elle. Les paroles du Christ : « Celui qui n’est pas prêt à renoncer à lui-même »[2], sous entendent la capacité de l’homme à renoncer à sa vie pour comprendre la grande vérité divine. Le Christ a beaucoup parlé sur l’union et sur les autres principes importants de la vie, mais seuls quelques extraits nous sont parvenus sur lesquels on développe des interprétations libres, des théories diverses, qui ne correspondent pas à la vérité absolue. La pensée juste n’est que celle qui est appliquée et expérimentée dans la vie.

« Ce donc que Dieu a joint, que l’homme ne le sépare point. » L’union n’existe pas uniquement entre les âmes, mais aussi entre les tonalités ; cette dernière union est appelée harmonie. Si nous examinons le violon, nous verrons qu’il est constitué de plusieurs parties assemblées de sorte que toutes les courbes et angles tendent vers une ligne droite qui passe par le milieu du violon ; le maître du violon a uni les courbes et les angles de sorte qu’au toucher des cordes, tous les sons sortent par l’ouverture principale dans un accord harmonieux. De même, l’homme est un instrument semblable au violon, avec quatre cordes bien tendues. Les cordes du violon se distinguent non seulement par leur épaisseur, mais aussi par l’intensité du son émis. Pour jouer du violon l’homme a besoin d’un archer bien tendu pour que chaque toucher des cordes déclenche l’émission des sons souhaités. Savoir jouer du violon, c’est acquérir l’un des grands arts de la vie. Lorsque l’enfant commence à apprendre à jouer du violon, il joue d’abord faux et fait grincer les cordes ; plus il grandit, plus il s’exerce, et plus les sons émis deviennent purs.

La vie est de la musique ; vivre bien, c’est maîtriser l’art de jouer de la musique. Le corps humain représente un instrument, un violon spécial à manier. Les cordes sont les quatre tempéraments principaux qui se manifestent en l’homme. Ces quatre tempéraments sont : le sanguin ou aérien, mental ou bilieux, cholérique et flegmatique. Il ne suffit pas d’avoir un violon avec quatre cordes, encore faut-il qu’elles soient de bonne qualité, de bonne facture et d’une épaisseur bien précise. Il en est de même pour les tempéraments : il ne suffit pas de dire d’un homme qu’il est sanguin ou bilieux ; son tempérament doit être de bonne qualité. Pour bien jouer, le violoniste doit être doué, jouer de tout son cœur, avoir un bon violon, un bon archer, des cordes de qualité supérieure. C’est alors que son violon émettra des sons agréables et purs lorsqu’il jouera. Quelqu’un se demande ce qu’il advient du violoniste s’il y met tout son cœur ? L’âme se manifeste sur trois plans : par les sentiments, les pensées et les actions. Lorsque l’âme se manifeste dans les sentiments, ces derniers prennent part à la musique, le violon déverse des tons doux, chaleureux, harmonieux, comme s’il parlait.

Un illustre violoniste a apporté son violon à réparer chez un maître luthier italien. L’artisan a invité le violoniste à s’asseoir en attendant que le violon soit réparé. En le regardant démonter le violon avec son couteau, le violoniste a perdu connaissance. Pourquoi s’est-il évanoui ? Parce que le passage du couteau sur le violon lui causait une douleur ; une partie de son âme était tissée dans ce violon.

         Le Christ dit : « Ce donc que Dieu a joint, que l’homme ne le sépare point. » Qu’est-ce que Dieu a joint, quelles choses a-t-Il assemblées ? Dieu a joint le discernement et le cœur, l’âme et l’esprit, le corps et l’âme inférieure. Faut-il que l’ignorant détruise ce que Dieu a joint ? Quel homme est ignorant ? Celui qui ne dit pas la vérité, qui ne comprend pas la sagesse, qui n’agit pas selon la justice et l’amour. En le sachant, n’agissez pas comme l’ignorant qui sépare ce que Dieu a joint. Celui qui se conforme aux commandements de Dieu réussit dans sa vie.

         Les paysans d’un village se sont plaints de leur prêtre à l’évêque, disant qu’il les éreintait avec le service qui durait parfois quatre à cinq heures. Parfois il finissait son service en une demi-heure, mais la plupart du temps il gardait les gens durant des heures dans l’église. L’évêque l’a convoqué pour lui faire part des plaintes déposées contre lui et lui a demandé de se justifier.  « Monseigneur, a dit le prêtre, ce qui se dit à mon encontre est vrai. La raison est que lorsque les anges et les saints m’aident durant le service, je finis mon travail en une demi-heure. Mais lorsque je suis laissé à moi-même, tout seul, sans l’aide des êtres lumineux, je finis mon travail en quatre ou cinq heures. » Par conséquent, lorsque les affaires des gens tournent rond, les êtres lumineux les aident ; lorsque les affaires ne tournent pas rond, les êtres lumineux les ont abandonnés à eux-mêmes. C’est ainsi que nous expliquons pourquoi certains arbres donnent leurs fruits avant d’autres ; le cornouiller par exemple fleurit en premier, mais donne ses fruits en dernier.

         À la création du monde, Dieu a fait les plantes et les arbres fruitiers, et Il a autorisé chaque esprit à se choisir un arbre fruitier. Lorsque le tour du diable est venu, il a choisi le cornouiller en se disant : « S’il fleurit en premier, c’est qu’il donne ses fruits en premier également » ; mais il s’est fourvoyé, le cornouiller a mûri en dernier. Ainsi l’homme peut mûrir en premier comme le cerisier, ou en dernier comme le cornouiller. Pourquoi certains fruits mûrissent-ils tôt et d’autres tard ? Il y a des raisons à cela. Le mûrissement du cerisier et du cornouiller symbolise des processus qui se passent aussi dans la vie humaine.

« Ce donc que Dieu a joint, que l’homme ne le sépare point. » Avec ce verset le Christ enjoint aux humains de ne pas détruire ce que Dieu a créé. En ce qui concerne la destruction, les gens d’aujourd’hui sont passés maîtres en la matière ; quel que soit le peuple, vous constaterez que les gens excellent dans la destruction. Voyez ce que les paysans font lorsqu’ils passent à côté d’une belle fontaine en pierre, ils voient poindre en eux l’envie de sortir leur couteau ou leur hache et de les aiguiser sur la pierre. Est-ce que dans ces conditions la pierre ne s’use pas très facilement ? Est-ce que les gens, qu’ils soient prêtres, enseignants, prédicateurs, juristes, ne s’usent pas facilement si vous aiguisez vos haches sur eux ? Après, on dit : « Notre prêtre, notre prédicateur ou notre juge ne vaut pas un clou ! » Comment peut-il en être autrement si vous aiguisez des haches et des couteaux sur leur tête ? Pour que ce que Dieu a joint ne soit pas détruit, c’est d’abord à nous d’y veiller. Qui sont les coupables de cette destruction ? Avant d’apprendre l’art d’aiguiser son couteau sur la pierre d’une fontaine, on doit assimiler la loi de l’harmonie. Un jeune homme se marie avec une jeune fille douce, vertueuse et délicate, mais, quelques années après, le voici qui sort sa hache pour l’aiguiser sur sa pierre ; il aiguise la hache et dit : « Tu ne dois pas être attentive, délicate, douce envers les autres. » Il aiguise sa hache aujourd’hui, puis demain, et finalement sa bien-aimée s’abîme et se durcit. Comment ne pas s’abîmer si on aiguise des haches sans relâche sur votre dos. Il en est de même pour le jeune homme. Ce n’est pas la peine d’aiguiser vos haches sur le dos des jeunes hommes et des jeunes filles vertueuses ; faites-le sur le dos de ceux qui sont brutaux et cruels : ce sont eux qui ont besoin de s’émousser.

Un prêtre avait l’habitude d’encenser les chaises de ses ouailles qui restaient toujours vides. L’un des présents lui a demandé : « Mon père, pourquoi encenses-tu les chaises vides et non pas nous qui assistons à la messe ? – Vous n’en avez pas besoin. Puisque vous êtes présents, vous êtes hors de tout danger, alors que les absents ont besoin d’être encensés car ils sont exposés à de grands dangers et maléfices. »

Vous aussi, soyez comme ce prêtre et allez là où on a besoin de vous et non pas l’inverse. Les riches convient toujours les riches aux banquets ; on encense toujours devant leurs chaises car c’est là qu’il y a quelque chose à récupérer. Ce n’est pas un reproche mais un constat. Chacun dit : « Aujourd’hui je suis invité et demain c’est moi qui inviterai. » C’est bien pour l’homme de faire ce qui est harmonieux, naturel et raisonnable pour rétablir l’harmonie divine. Donnons à manger aux misérables, aux affamés, aux orphelins car c’est la volonté de Dieu ; ne détruisons pas ce qu’Il a fait.

« Ce donc que Dieu a joint, que l’homme ne le sépare point. » C’est l’un des principes sur lequel le Christ attire l’attention de l’humanité. Vous direz que le Christ a été un bon prédicateur. Pourquoi ? Parce que ses sermons apportent la vie, inspirent un élan dans les esprits et les cœurs des humains. La vraie prédication est celle qui nourrit l’âme humaine et lui donne de la force pour se développer. Les sermons du Christ sont justes et authentiques car ils puisent dans la nature vivante et intelligente. Il interprète les phénomènes de la nature à leur juste mesure. Celui qui ne peut pas les interpréter correctement, se leurre lui-même et leurre en même temps les autres. Scrutez la nature, étudiez-la pour en puiser les forces. Celui qui aspire à la nature et désire se lier à elle, qu’il aille se promener très tôt le matin, surtout au mois de mai, avant le lever du soleil. Quelle vue plus magnifique que le lever du soleil ! Vous profiterez en même temps des rayons matinaux du soleil, très bénéfiques pour l’organisme. Levez-vous tôt le matin avant le lever du soleil pour recevoir sa bénédiction et démarrez ensuite votre travail. Rétablissez l’union entre votre organisme et le soleil d’une part et entre votre âme et Dieu d’autre part, comme elle l’a été à l’origine. Évitez les unions temporaires avec les gens et par conséquent les états de dysharmonie et de contradiction.

Ainsi, étudiez la nature, étudiez les manifestations divines sans critiquer. Quelqu’un a ouvert un livre, a pris un extrait et s’est mis à le critiquer, à dire que telle ou telle idée est en désaccord avec les nouvelles théories sur la vie. Les nouvelles théories sont-elles en accord avec l’enseignement divin et les commandements divins ? Nous devons tous être porteurs de l’enseignement de Dieu, car tous les humains en tant qu’âmes sont une partie de l’organisme divin, et Dieu exige que Son corps soit sain et que tous Ses membres soient en harmonie. Ce n’est qu’ainsi que l’homme peut être gai et joyeux. S’il n’est pas en bonne santé, il ne peut être gai ou joyeux ; la raison n’est pas en Dieu. Si un homme et une femme ne peuvent pas cohabiter harmonieusement, la raison n’est pas en Dieu ; si un frère et une sœur ne s’entendent pas, la raison n’est pas en Dieu ; si la confiance n’existe pas entre les gouvernants et les gouvernés, la raison n’est pas en Dieu. La raison de la dysharmonie, de la méfiance, des contradictions entre les humains est due à la destruction de l’accord harmonieux que Dieu a créé. À l’avenir, tous les personnages illustres, enseignants, écrivains, académiciens, prédicateurs doivent descendre du haut de leur piédestal pour aller avec les simples, les misérables, les souffrants, pour leur apprendre à vivre ; voici ce que le Christ demande à tous. En descendant sur terre, le Christ a montré aux humains comment appliquer l’amour désintéressé entre eux. Tous les écrivains contemporains ont la conscience que Dieu travaille dans le monde. Il fait de grandes transformations dans les esprits et les cœurs ; c’est pour cela que les Écritures disent qu’un monde nouveau se crée, que de nouveaux esprits et cœurs se forgent. Les hommes nouveaux créeront la nouvelle humanité qui prouvera que de nouvelles forces et énergies œuvrent dans le monde comme dans toute la nature.

« Ce donc que Dieu a joint, que l’homme ne le sépare point ». Entre quoi et quoi se fait cette union ? Entre l’estomac et la nourriture, entre les poumons et l’air, entre le cœur et les sentiments, entre la raison et les pensées. Qu’une seule de ces unions s’altère et l’être humain se dérègle. Il suffit que l’union entre l’estomac et la nourriture soit altérée pour que l’homme tombe malade et cherche l’aide d’un médecin. Mais si le médecin lui porte secours et qu’il altère une nouvelle fois cette union, son estomac commencera à résister et refusera bientôt de s’acquitter de sa mission. Lorsque l’estomac de l’homme se dérègle, ses relations avec les autres hommes se dérèglent aussi. Cela dépend de chacun de créer une union entre l’estomac et la nourriture qu’il reçoit : si l’union est bonne, l’homme se sent en pleine santé, serein, gai, prêt à tout travail ; s’il ne se sent pas en bonne santé, vif et éveillé, l’union n’est pas harmonieuse. Ne connaissant pas son organisme et ne sachant pas organiser d’unions harmonieuses, l’homme a recours à des scientifiques et médecins émérites pour suivre leurs conseils. L’avis des scientifiques est valable, mais il n’est pas le même selon les personnes et selon les âges, physiques ou spirituels. On doit constamment modifier son alimentation : du changement de son alimentation dépend son état de santé.

Tout comme une union impropre entre l’estomac et la nourriture dérègle l’organisme humain, de même l’union malsaine entre le cœur et les sentiments dérègle non seulement l’état physique mais aussi l’état psychique de l’homme. Vous direz que les humains doivent s’aimer. Combien de jeunes hommes doivent aimer une jeune fille et combien de jeunes filles, un jeune homme ? Si dix hommes aiment une jeune fille, ils vont la troubler. Il est préférable qu’un homme aime une femme et non pas dix ; les dix hommes troubleront son discernement et son cœur, et en peu de temps elle tombera malade. Un seul aime en réalité et non pas deux.

Quelque part en Amérique, il y avait un fameux prédicateur qui fascinait les auditeurs avec ses belles paroles. Le jour de son départ, tous ses auditeurs et ouailles sont sortis l’accompagner car il était aimé de tous. Les chiens, les oies et les canards sont aussi sortis lui dire adieu et lui souhaiter une bonne continuation. Il est enfin monté sur un cheval pour se rendre à la gare. À la sortie de la ville, le cheval s’est cabré, l’a jeté par terre et lui a dit : « Adieu, ami, nous n’avons pas besoin de telles célébrités, elles ne sont pas nécessaires pour notre développement. » Qui est célèbre ? Celui qui accomplit la volonté de Dieu et qui, comme le soleil, apporte la bénédiction à toutes les créatures vivantes. Que tu dormes ou que tu sois éveillé, le soleil envoie sa bénédiction et poursuit son chemin.

Certains croient que pour se sauver, ils doivent être pieux ; ce n’est pas vrai. Si tu dors lorsque le soleil se lève, qui que tu sois, rien ne peut te sauver. Le salut de l’humanité est dans cette grande religion qui unit toutes les religions comme les membres d’un tout. La nouvelle religion est l’amour qui unit tous les humains, apaise et résout leurs contradictions et insuffle en eux joie et gaîté. Unir les humains signifie qu’ils ont un idéal commun, des aspirations communes. L’union, l’unité renforce les humains et les rend plus puissants ; ils peuvent atteindre ce qu’ils souhaitent.

Lorsque le peuple d’Israël a quitté l’Égypte pour suivre Moïse jusqu’à la Terre Promise, il s’est scindé en douze tribus et chacune à son tour portait le tabernacle. À chaque étape, ils rassemblaient tout de suite ses fragments, le reconstruisaient et adressaient une prière ardente vers Dieu. Unis et en prière envers Dieu, ils recevaient Sa bénédiction. Que font les croyants d’aujourd’hui ? Ils portent aussi des fragments du tabernacle, mais ils ne peuvent pas se rassembler au même endroit pour le reconstruire et remercier ensemble Dieu dans la prière. Si quelqu’un leur demande ce qu’ils portent, ils disent : « Nous sommes croyants, nous portons les fragments du tabernacle. » Le Christ leur dit : « Rassemblez-vous au même endroit et que chacun apporte la partie en sa possession pour reconstruire le grand tabernacle. Et prions tous Dieu en esprit et en vérité. » Que tous les peuples rassemblent le tabernacle en un tout ; voilà ce que signifie le verset : « Ce donc que Dieu a joint, que l’homme ne le sépare point » Autrement dit, ne déformez pas le grand amour que Dieu a déposé dans vos âmes.

Il est temps que les gens prennent soin de l’éducation de leurs esprits et de leurs cœurs en tant qu’accord harmonieux originel, créé par Dieu. Quelle plus grande bénédiction pour l’homme que d’avoir un discernement juste et un cœur aimant et de les unir en un. Lorsque le discernement est juste et le cœur aimant, l’homme comprend les choses. Il a atteint cette compréhension par le chemin des souffrances, et pourtant les gens se plaignent des souffrances endurées. Bienheureux les souffrants, les aveugles, les infirmes, etc. Pourquoi les gens sont-ils aveugles, infirmes, estropiés ? Parce qu’ils se sont fiés à une certaine philosophie qui les a déformés. Ils doivent rechercher la vérité divine qui apporte la vie et montre la voie vers le Seigneur.

Beaucoup cherchent Dieu là où Il n’est pas. Sortez tôt le matin, à quatre heures au mois de mai, et vous trouverez le Seigneur. Participez aux chants des oiseaux, au bruissement du vent léger, au clapotement des ruisseaux et vous trouverez Dieu. Le soleil invite toutes les créatures vivantes à sortir et à l’accueillir pour leur donner la bénédiction divine. Pourquoi ne pas remercier le soleil comme un serviteur de Dieu qui porte un message de notre Père et lui dire : « Porte notre salut à notre Père et dis-Lui que nous avons décidé de rétablir l’harmonie que nous avons altérée ! » Que font la plupart des gens ? Au réveil, s’ils voient que dehors le temps est venteux et nuageux, ils disent : « Il fait mauvais, ce n’est pas encore l’heure de se lever. » Non, remerciez pour le temps quel qu’il soit et dites : « La journée est belle, je me lèverai pour en profiter et remercier pour les bienfaits qu’elle recèle. » Remerciez le vent car il aère vos pensées et vos sentiments ; remerciez les nuages car ils apportent l’humidité qui rafraîchit les fleurs, les arbres et les fruits ; voilà le juste enseignement auquel aspirent les humains. Tout ce qui vit veut être aimé, vivre librement et profiter des bienfaits de la nature. Lorsque je croise un chien, il me regarde, remue la queue et me demande : « Songes-tu à me frapper ou à me laisser gambader librement ? – Va librement sur ton chemin, j’apporte la paix et non la violence. » Le chien me fait confiance, remue encore la queue et s’en va.

« Ce donc que Dieu a joint, que l’homme ne le sépare point. » Pour maintenir ce lien, l’homme doit être prêt à appliquer l’enseignement du Christ. Ce qui signifie se conformer à la loi de l’harmonie, appelée encore loi de l’empathie. Deux lois agissent dans le monde, la loi de l’empathie et la loi de l’antipathie, c’est-à-dire la loi de l’harmonie et la loi de la dysharmonie. Lorsqu’ils s’aiment les gens appliquent la loi de l’empathie ou de l’harmonie et vivent en frères entre eux ; lorsqu’ils ne s’aiment pas, ils vivent selon la loi de l’antipathie ou dysharmonie. Cette loi implique le refoulement, alors que la première loi implique l’attraction.

Là où règne l’harmonie, là se trouve Dieu, c’est pourquoi chacun doit se demander s’il est lié à Dieu ou non. Ne cherchez pas Dieu comme une forme extérieure, mais cherchez-Le dans votre for intérieur comme un contenu. La rose et l’œillet ont une forme extérieure, mais c’est leur arôme qui est important, celui que l’homme absorbe à l’intérieur ; ces fleurs se distinguent par leur arôme. Par conséquent Dieu est dehors et dedans. Il est faux de croire qu’Il est uniquement à l’extérieur. L’homme ne doit pas sciemment fermer les yeux devant la vérité ; toutes les choses qui vibrent à l’unisson sont intérieures. Vous avez par exemple un piano, des notes, un pianiste, mais la musique ne s’est pas encore manifestée ; pour obtenir la musique, le pianiste doit unir tous les éléments en un tout et les manifester : vous entendez et assimilez la musique intérieurement. Mais seul celui qui écoute en lui-même sa voix intérieure, peut véritablement comprendre le sens des choses.

Beaucoup se demandent ce que représente l’Église. L’Église est le piano, les livres sacrés sont les notes et le prêtre, le pianiste. Il doit s’asseoir devant le piano et jouer selon les règles de la musique. Tu vas aiguiser ton ouïe et tu écouteras, tu assimileras la musique intérieurement et tu remercieras Dieu d’avoir la possibilité d’en profiter. Réjouis-toi de pouvoir sortir lorsque le soleil se lève pour recevoir ses rayons. Bienheureux celui qui peut comprendre l’accord que Dieu a mis dans toute la nature, entre les minéraux, les plantes et les animaux. Vous direz que les minéraux et les plantes sont muets ; la nature est vivante et intelligente, rien n’est muet en elle. Qui a des oreilles peut entendre sa voix et la comprendre. Tous les mystiques perçoivent la nature comme de la musique, comme un chant ; c’est ainsi qu’elle prêche et qu’elle enseigne aux humains. Aucun prédicateur ne peut rivaliser avec la nature.

« Ce donc que Dieu a joint, que l’homme ne le sépare point. » Dieu a fait quelques accords essentiels : entre le corps, l’âme et l’esprit d’une part, et entre l’intelligence, le cœur et la volonté d’autre part. Ce sont des conditions qu’affronte l’esprit humain pour se perfectionner. Dans le monde physique l’homme étudie la loi du mouvement, dans le monde spirituel, la qualité des sentiments et leur intensité, et dans le monde mental, le sens de la vie. Lorsque nous parlons de résurrection, de vie éternelle, nous comprenons l’accord qui existe entre l’esprit humain et l’âme humaine. Ils contiennent les qualités de l’Esprit divin et de l’Âme divine et c’est pour cela que l’être humain dispose des mêmes capacités que Dieu. Il doit en être conscient et travailler sur lui-même pour manifester le Divin qui est déposé en lui. Si quelqu’un dit qu’il ne peut pas faire quelque chose, cela montre qu’il renie le divin qui est en lui ; s’il dit qu’il est un pêcheur, il renonce à ce que Dieu a accordé. Dieu t’a donné beaucoup de terre que tu dois cultiver. Beaucoup laissent leurs cœurs et leurs esprits en jachère ; c’est la raison pour laquelle des graines étrangères s’y ressèment et des mauvaises herbes y prospèrent. Celui qui ne cultive pas ce que Dieu lui a donné ne peut pas se sauver : il ne voit d’issu nulle part. Celui qui ne travaille pas en accord avec le Divin, ne peut attendre aucun bienfait. Chacun doit dire : « Dieu a déposé en moi des dons et des aptitudes et je dois travailler pour les développer. »

Vous direz que l’homme est pêcheur et qu’il ne peut rien accomplir par lui-même. Est pêcheur uniquement celui qui a transgressé l’accord que Dieu a établi. Tournez-vous vers le Divin qui est en vous avec le désir de rétablir l’harmonie qui existe entre le discernement et le cœur, entre l’âme et l’esprit et vous serez vertueux et vous profiterez des bienfaits qui vous sont accordés. Ne dites pas que les humains sont mauvais et qu’ils vous empêchent de vous réaliser, mais cherchez-en les raisons en vous-mêmes. Appliquez la foi, la patience et l’amour et vous verrez que vous obtiendrez de bons résultats en peu de temps.

Pour connaître vos proches, enlevez l’enveloppe externe pour goûter à quel point leur intérieur est sucré. L’enveloppe verte de la noix est amère, mais son intérieur est sucré, savoureux. C’est le seul moyen de connaître les qualités de l’âme humaine. Ne dites pas que l’homme est un loup pour l’homme ; si vous le pensez, c’est que vous ne voyez que la peau de loup qu’il a revêtu pour un temps ; intérieurement il n’est pas un loup. Un autre a revêtu la peau d’un lion, mais il n’est pas un lion en dedans. Vous devez pénétrer l’essence intrinsèque de l’être humain pour comprendre que l’homme est un frère pour l’homme et non pas un loup. Celui qui a travaillé et qui continue de travailler sur lui-même, a gardé sa pureté comme un habit naturel donné par Dieu. Si vous croisez un tel homme, vous voyez Dieu en lui et vous vous réjouissez de L’avoir vu. Votre tâche est d’étudier, de garder ce qui vous a été donné dans le passé lointain. Où étudierez-vous ? Chez le grand Maître et Seigneur auprès de qui l’Enseignement n’a pas de commencement ni de fin. Il mène à la résurrection, à la vie éternelle. Ressusciter, c’est recommencer à étudier et travailler sans fin. Le ressuscité est prêt à renoncer à sa vie personnelle, à travailler et à vivre uniquement pour Celui qui l’a créé.

Aujourd’hui le Christ attire l’attention de tous pour leur faire prendre conscience que l’image de Dieu est en eux et qu’ils doivent la purifier pour rétablir l’accord originel avec lequel ils sont nés. Dieu a donné la santé aux humains et ils doivent la garder précieusement. Pour conserver votre santé, levez-vous tôt le matin, surtout au mois de mai ; à quatre heures, vous devez être hors du lit. C’est bien pour vous, mais aussi pour tous les autres : enseignants, prêtres, mères, pères ; tous doivent commencer leur travail tôt. Lorsque le soleil se lève, dites : « Béni soit le Seigneur Dieu qui a envoyé le soleil pour nous apporter sa lumière et sa chaleur ! » Celui qui apprécie les bienfaits que la nature lui donne généreusement est le seul qui comprend le sens du verset, énoncé par le Christ il y a deux mille ans : « Ce donc que Dieu a joint, que l’homme ne le sépare point. »

Lorsque je parle sur ce verset, je ne fais que jeter des graines dans vos champs. Le reste du travail vous incombe : vous les cultiverez comme l’écrivain prend un thème et le développe. C’est entendre la voix de son Père, l’amour, et comprendre le sens de sa vie et sa prédestination sur terre. C’est se réincarner, c’est-à-dire renaître. Le Christ dit : « Si tu ne nais à nouveau, tu ne rentreras pas dans le Royaume de Dieu.[3] » Voilà pourquoi, celui qui est né d’un père et d’une mère, naîtra et renaîtra de nombreuses fois sur terre. L’inculte naîtra et renaîtra tant qu’il ne deviendra pas intelligent. L’homme ordinaire doit devenir talentueux, génial, saint, ange, etc. S’il n’y a pas de conditions de développement pour chaque créature vivante, la vie perd son sens. Travaillez, développez-vous sans cherchez à être le premier : celui qui veut être premier, reste dernier.

Dans une ancienne légende on raconte que lorsqu’Il créait le monde, Dieu a chargé le soleil de la mission grandiose de briller, d’illuminer et de chauffer. Mais ce dernier a eu le désir de se lever en premier et d’aller d’abord auprès du Seigneur. En apprenant cela, le Seigneur a ordonné que toutes les planètes tournent autour de lui et lui, autour de Dieu. Ainsi, c’est précisément le soleil, le grand frère au Ciel qui s’est retrouvé plus loin de Dieu, comparé à tous ses plus petits frères. Le soleil a compris son erreur et pour se racheter, il accomplit son voyage diurne sans relâche. Les autres planètes tournent autour de lui pour apprendre la loi du mouvement.

Beaucoup de chrétiens ont le même désir que le soleil : être près du Christ, mais le nouvel enseignement, l’Enseignement de l’amour exclut tout intérêt. « Bienheureux les humbles »[4], dit le Christ ; autrement dit, bienheureux ceux qui prennent la place que Dieu leur octroie. Il est préférable que l’homme prenne la dernière place, mais qu’il accomplisse la volonté de Dieu plutôt que d’être premier sans accomplir la volonté de Dieu. Le Christ dit : « Bienheureux les simples d’esprit car ils verront Dieu. »[5]

Je vous souhaite de rétablir l’accord entre votre discernement et votre cœur et entre votre esprit et votre âme, pour que se déversent en vous toutes les énergies dont vous avez fermé les robinets depuis des siècles.

Sofia, 13 mai 1917

 


[1] « Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a uni ! » (Matthieu 19, 6)

[2] « Puis il fit venir la foule avec ses disciples et il leur dit : " Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même et prenne sa croix, et qu’il me suive. » (Marc 8, 34)

[3] « Jésus lui répondit : "En vérité, en vérité, je te le dis, nul, à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume  de Dieu." (Jean 3, 3) 3)

[4] " Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux ! » (Matthieu 5, 3)

[5] « Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu ! » (Matthieu 5, 8)

 

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