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Ani

1917_05_06 Prendre et donner

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                                              Prendre et donner

 

« Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire ;

moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie,

et qu'elles soient dans l'abondance. »[1]

Jean 10 :10

 

         Le mot voleur est ordinaire et répandu. Quel enfant n’a pas volé un ou deux morceaux de sucre dans la boîte, quel enfant n’a pas touché au pot de miel sans permission, ou n’a pas mis la main dans le portefeuille de son père à son insu, ou n’est pas monté aux arbres des voisins pour cueillir des pommes et des poires sans autorisation ? Pourtant, ce ne sont pas ces voleurs que le Christ évoque, mais ceux qui se manifestent de trois manières : ils viennent voler, égorger et détruire. C’est intéressant de savoir comment est né le désir de voler chez l’homme. On a remarqué que l’enfant nait les poings fermés ; mais l’homme meurt les mains ouvertes. Que signifie le poing ? Ce n’est pas pareil si c’est l’adulte qui vous montre son poing ou bien le nouveau-né.

         Le mot voleur est ordinaire et répandu, mais il est riche aussi de sens. Sa racine cor[2] a une origine sanscrite, elle signifie causes et conséquences, ténèbres, dysharmonie. En turc aussi le mot voleur a la même racine, karas, qui évoque le mot indou karma, destin. Les concepts de causes et conséquences ont un sens plus profond que celui que recouvre le mot destin. La lumière et les ténèbres comme manifestations de la nature contiennent en eux des qualités différentes : la lumière est porteuse aussi de chaleur, alors que les ténèbres, c’est-à-dire le voleur au sens large, prive de chaleur. C’est la raison pour laquelle on ressent une fraîcheur au coucher du soleil. Les ténèbres engloutissent la chaleur dans laquelle se trouve l’élément de la vie. Lorsque l’air se rafraîchit, les plantes perdent aussi une partie de leur chaleur ; pour la conserver elles assimilent une partie de la chaleur de la terre, ce qui la refroidit. Différents courants atmosphériques apparaissent du fait de la baisse générale de la température. La nuit se distingue du jour par la diminution de la chaleur et de la lumière.

         Lorsqu’ils observent les manifestations de leur vie, les humains disent : « C’est notre culture. » Oui, mais une culture des ténèbres, c’est-à-dire une culture mécanique. Chaque culture mécanique est transitoire, inconsistante ; elle prend plus qu’elle ne donne. Au sens large, nous appelons cette culture une culture de voleurs. Le cochon aussi a goûté à cette culture : tant qu’il s’engraisse et devient grand, son maître le surveille plusieurs fois par jour et lui donne une nourriture abondante ; dès qu’il a grandi et grossi, il prend le couteau et le lui met sous la gorge, le cochon a à peine le temps de crier une ou deux fois et tout se termine pour lui : il a pâti de la culture de son maître. Tant qu’il engraisse, le cochon est une fabrique pour son maître ; il amasse en lui des matériaux ; le maître est quant à lui le voleur qui vient dérober avec son couteau les matériaux que l’ouvrier a produits. Du point de vue divin, le voleur représente un homme qui s’éloigne de Dieu. Dans ce processus d’éloignement de Dieu l’homme manifeste son égoïsme car il a perdu sa lumière et sa chaleur intérieures. Le Christ caractérise le voleur comme quelqu’un qui vole, égorge et détruit. Si un tel homme te croise, il va d’abord t’occire, prendre ta vie et ensuite te dépouiller. Nous distinguons trois types de voleurs : des voleurs sur le plan physique qui dérobent les caisses et les portefeuilles des gens ; sur le plan spirituel, ils dérobent les cœurs et les sentiments des gens, et sur le plan mental, ils dérobent les pensées humaines.

         Lorsqu’on traite une question – comme nous traitons la question du voleur – les gens cherchent de la logique dans l’idée exposée. C’est important de préciser quelle logique ils recherchent. Il y a trois types de logique : la logique de la forme, celle du contenu et celle du sens. La logique des formes est mécanique ; nous disons par exemple : « L’humain est un bipède et la poule est bipède, donc la poule est un humain. » Les religieux quant à eux disent : « Le sang du Christ apporte le salut, celui qui s’est lavé avec ce sang est donc sauvé. » Je demande : le sang avec lequel l’homme s’est lavé, appartient-il réellement au Christ ? C’est une pensée logique, seulement au point de vue du contenu mais pas du sens. L’homme doit connaître l’art de transformer le sang en énergie, en force. Le religieux doit apprendre le langage spirituel : le sang est rouge ; que signifie la couleur rouge ? Sur le plan spirituel la couleur rouge est porteuse de la vie et là où il y a de la vie, il y a de la chaleur. Donc, c’est la vie du Christ qui sauve les gens et non pas son sang ; c’est cela la logique du sens. Le sang est un symbole, une forme, et c’est la vie qui, revêtue du symbole de la couleur rouge, apporte le salut à l’homme. Lorsqu’il vit selon les lois de l’amour, c’est-à-dire selon l’enseignement du Christ, l’homme peut se sauver ; c’est cela le sens profond du sang du Christ.

         « Le voleur ne vient que pour dérober. » Le vol fait partie de la culture de l’homme oisif et paresseux. Celui qui n’aime pas travailler profite du travail des autres ; comme il ne peut pas avoir ce dont il a besoin, il se sert du vol par la violence. Vous direz que c’est sévèrement exprimé. Ce n’est pas sévère, mais cela correspond à la logique des formes, du contenu et du sens ; comme je dis la vérité, j’applique les trois types de logique ; ici la logique du sens prévaut sur les deux autres. En plus des trois types de logique, il y en a encore quatre dont je ne parlerai pas aujourd’hui. En général, une pensée est juste lorsqu’elle inclut les trois types de logique. Ainsi, le voleur dont parle le Christ est un concept juste car le voleur se manifeste dans les trois mondes, puisqu’il prive l’homme de la forme, du contenu et du sens ; il le prive aussi de la vie, de ses pensées et de ses sentiments. Si vous comptez uniquement sur la logique physique, basée sur la forme, vous vous tromperez nécessairement. Vous voyez par exemple quelqu’un pleurer et vous pensez qu’il souffre, mais les larmes ne traduisent pas toujours une souffrance.

         Un paysan aimait beaucoup les œufs cuisinés, mais sa femme ne le laissait pas manger d’œufs, elle préférait les vendre pour gagner plus d’argent. Il arriva qu’elle tombe malade et qu’elle meure ; soulagé, le paysan s’est dit : « Maintenant je vais manger des œufs à volonté. » À peine revenu de l’enterrement de sa femme, il a pris quelques œufs, les a mis sur les braises en se délectant par avance du plaisir de s’asseoir et de les manger sans être troublé par sa femme. Au même moment quelques voisines sont venues lui présenter leurs condoléances. Comme il était très apeuré à cause de sa femme, oubliant qu’elle n’était plus parmi les vivants, il a vite sorti les œufs du feu et les a mis sous sa chemise. Les œufs brûlants lui faisaient si mal qu’il s’est mis à pleurer. En voyant ses yeux se remplir de larmes, les voisines ont dit : « Eh, mon frère, un feu ardent te brûle. – Oui, il est ardent ce feu, mais celui est sous ma chemise l’est encore davantage, a répondu le paysan ! »

Cette phrase est juste par sa forme, mais pas par le sens, car le paysan ne pleure pas à cause de sa femme, mais à cause du feu des œufs brûlants cachés sous sa chemise.

Dans une école évangéliste un jeune homme pleurait sans cesse en lisant la Bible. Ceux qui l’entouraient se disaient : « Ce jeune homme sera un bon prédicateur. » Pourquoi pleurait-il ? Il scrutait constamment les fenêtres de l’école des jeunes filles, fréquentée par sa bien-aimée. Il était amoureux d’une étudiante qui ne partageait pas ses sentiments, ce qui le faisait pleurer et s’affliger, alors que les autres le croyaient ému par le Verbe. Ce jeune homme mérite le respect car il exprime ses sentiments par les larmes, mais les gens ne comprenaient pas le sens de son chagrin et en tiraient une conclusion erronée.

Je vous illustrerai cela par un autre exemple pour montrer les convictions religieuses de certains et la logique à laquelle elles obéissent. Un jeune homme est allé voir un prédicateur évangéliste en pleurant et se lamentant : « Grande est ma peine, je vais imploser de chagrin. Prie pour moi, s’il te plaît, pour que Dieu m’aide à obtenir ce à quoi j’aspire. » Le prédicateur a pensé que le jeune homme était venu se repentir, qu’ayant pris conscience de ses erreurs, il souhaitait se remettre dans le droit chemin. Il s’est adressé au jeune homme souffrant avec ces mots : « Viens, nous allons prier ensemble ». Le prédicateur s’est mis à prier : « Seigneur, aide ce pécheur repenti, purifie-le de ses péchés, éclaire son esprit et son cœur et accueille-le dans notre giron. Il a demandé ensuite au jeune homme : « Quel est ton chagrin ? – Il est très grand : j’aime une fille, je veux me marier avec elle. Si je n’obtiens pas sa main, je mettrai fin à ma vie, je ne peux vivre sans elle. Si Dieu m’aide à exaucer ce désir, je croirai en Lui ; sinon je ne croirai pas. »

Le jeune homme est reparti ensuite avec l’espoir que sa prière serait entendue. Peu de temps après, il est revenu voir le prédicateur en lui disant : « Je remercie Dieu pour ne pas avoir exaucé mon désir. J’étais à une soirée et j’ai vu ma bien-aimée flirter toute la nuit avec un jeune officier sans m’accorder la moindre attention. Je ne veux pas d’une telle fille ! »

Pour des filles et des garçons de ce genre, les turcs ont un proverbe : « Une pierre qui roule ne trouve pas de fondation. » Être religieux ne signifie pas appartenir à une secte ou entrer dans une communauté. Si un fermier a dix mille brebis il peut les mettre dans dix étables au lieu d’une seule. Lorsqu’il étudie le sens intérieur de la vie, l’homme se forge la conviction d’appartenir d’abord à Dieu et ensuite à l’humanité, à son peuple, à sa famille et à lui-même. Par conséquent, si quelqu’un me demande si je suis bulgare, je réponds : « Je suis une créature pensante qui appartient d’abord à Dieu, puis à l’humanité, à son peuple, à son foyer et enfin à lui-même. » C’est le chemin logique de la pensée droite de celui qui veut déchiffrer correctement le sens profond de la vie.

Le ‘Je’, le commencement personnel, égoïste de l’homme est lié à la vie terrestre. Ainsi, vivre d’abord pour soi signifie penser d’abord à ses poumons, à son ventre. Mais le sens et la prédestination de l’homme n’est ni uniquement dans sa tête, ni dans ses poumons, ni dans son ventre. Donc, le ‘Je’ est une forme qui doit être en accord avec toutes les formes qui ont un contenu et un sens. Autrement dit, comme il faut l’unité et l’accord entre tous les humains, de même il faut un accord complet entre la tête, les poumons et le ventre ; c’est ce que nous appelons un homme volontaire dont la volonté consciente et raisonnable unit la raison, le cœur et le corps. Par volonté au sens large du mot, nous désignons le contenu intérieur de l’homme, la force intérieure qui doit prendre part à la création des formes. Chaque forme se crée pour qu’un certain contenu se déverse en elle. Dans ce cas, le rapport entre la forme et le contenu est identique au rapport entre le contenu et le sens des choses.

« Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire ; je suis venu pour qu’ils soient en vie et qu’ils aient la vie en abondance. » Le Christ expose deux images opposées : voleur et berger. Le voleur se distingue par trois attitudes : il vole, il égorge et il détruit ; le berger par une seule : il donne la vie et la donne en abondance. Le mot vie signifie mouvement ; la volonté donne à l’homme l’impulsion d’agir et de vivre. Lorsqu’Il a créé le premier homme, Dieu a soufflé la vie dans ses narines et celui-ci est devenu une âme vivante et il s’est mis à agir et à vivre. Le mot vie abondante désigne une vie consciente et supérieure dans laquelle la volonté intelligente agit dans la bonne direction. Lorsqu’il mentionne le voleur qui prend et le pasteur qui donne, le Christ aborde non seulement la logique apparente, non seulement la théorie du savoir, mais aussi son application pratique. Lorsqu’il vit et applique les choses, l’homme discerne entre les formes et acquiert un véritable savoir ; il sait désormais qui est voleur et qui est berger.

Pour acquérir le savoir positif de la vie, portez votre attention non seulement sur la théorie de l’enseignement du Christ, mais aussi sur son application. La théorie est un savoir dense alors que la pratique est un savoir dilué ; la théorie est de la sagesse concentrée et la pratique de la sagesse diluée, c’est-à-dire appliquée dans la vie. Par conséquent, toute théorie sur la vie, aussi juste et bénéfique soit-elle, reste incomprise si elle n’est pas appliquée. La logique des choses s’éprouve dans la vie et par la vie. Une jeune femme par exemple projette de se marier et dit : « Je vais me marier avec ce jeune homme, j’accoucherai de plusieurs enfants, je les éduquerai bien, je me comporterai bien envers mon mari, etc. » Cette fille raisonne bien et sa théorie est juste, mais sa logique est erronée : le jeune homme sur lequel elle a jeté son dévolu est corrompu et elle ne pourra pas le corriger. Combien de pères et de mères disent à leurs fils et à leurs filles de marcher dans le droit chemin, mais ces derniers n’écoutent pas et repartent sans avoir été éclairés. Ce n’est pas pour vous décourager, mais il faut savoir que l’homme qui a dévié ne peut être raisonné. L’homme qui a dévié est celui qui s’éloigne sciemment de Dieu. Ce sont des gens qui ne vivent que pour eux ; ils considèrent la vie du point de vue de la logique physique, ce qui les éloigne de Dieu et les empêche de se remettre sur le droit chemin. Ils se croient justes en vivant selon leur logique limitée et égocentrique, mais les autres ne doivent pas se leurrer et croire qu’ils peuvent les remettre dans le droit chemin. Jusqu’à maintenant aucune jeune fille n’a remis sur le droit chemin un homme, et aucun jeune homme n’a remis une femme sur le droit chemin. Le seul être qui peut aider ces hommes, ces femmes, et ces jeunes gens est la mère.

         L’art, la science de remettre sur le droit chemin celui qui a dévié n’est accessible qu’à la mère. Quand peut-elle faire cela ? Pas une fois qu’elle a enfanté, pas même pendant sa grossesse, mais au moins cent ans avant d’être mère. Vous direz : « Où trouvera-t-elle ces enfants, comment les éduquera-t-elle si elle ne les voit pas ? » Je clarifierai ma pensée avec l’exemple suivant : lorsque le chimiste décrit les propriétés d’une substance gazeuse, sans couleur et invisible, les gens ne le croient pas car ils ne voient rien, ce qui ne prouve pas pour autant que cette substance n’existe pas. Lorsqu’il a étudié toutes ses propriétés, le chimiste la condense et la transforme en substance liquide et ensuite en substance solide ; elle devient alors visible aux hommes qui croient désormais les paroles du chimiste. C’est la même chose pour les enfants qui ne sont pas encore nés et sur lesquels la mère peut agir. Invisibles, ils existent en tant que désirs et pensées qu’elle a nourris dans le passé lointain ; il suffit qu’elle condense ses désirs et ses pensées pour les transformer en corps liquides et solides, pour qu’ils deviennent réels et visibles pour tous.

         « Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire ». Que dérobera-t-il ? Ce que l’homme a de plus précieux : ses pensées, ses sentiments et ses désirs. C’est terrible si un voleur vient à vous et vous dérobe votre cœur. Que fait le voleur pour cela ? Il commence à tourner autour de sa victime, à lui dire qu’elle est quelqu’un de bon, d’intelligent et de beau, que personne d’autre n’est aussi bien qu’elle, etc. Si elle cède à ses flatteries, son cœur s’en ira ; elle pleurera ensuite, regrettera d’avoir cru les paroles de ce flatteur. Un coq a trouvé un morceau de fromage et est monté dans un arbre pour le manger tranquillement. Le renard l’a vu de loin et est venu sous l’arbre discuter avec lui : « Tu es si beau, mon coq, je n’ai pas vu un autre semblable à toi ! Et ta voix ! Elle est si mélodieuse et saisissante, je ne me lasse pas de l’écouter ; chante-moi une chanson pour m’égayer. Flatté par les paroles du renard, le coq a ouvert le bec et s’est mis à chanter. Le fromage est tombé tout droit dans la gueule du renard qui s’est sauvé aussi sec, sans attendre la mélodieuse chanson de l’artiste. Est-ce que le renard est un ami pour le coq ou un voleur ?

Il y a beaucoup de ces voleurs parmi les humains, mais aujourd’hui on arrête surtout ceux qui volent les portefeuilles et non pas ceux qui volent les cœurs. Ces derniers sont plus dangereux, car personne ne voit quand et comment ils volent ; ce sont des voleurs invisibles. Où que vous alliez aujourd’hui, chez les scientifiques, dans les écoles, dans les tribunaux, dans les églises, vous rencontrerez partout des voleurs qui détroussent les gens en passant inaperçus. Ne cherchez pas le voleur chez votre prochain, mais regardez-vous vous-mêmes pour voir qu’il se cache quelque part en vous, et si vous le trouvez, travaillez sur lui pour l’éduquer. On doit être sincère envers soi-même et envers ses proches. Éduquez-vous d’abord vous-mêmes et ensuite vos proches. Pour cela, il faut mener une vie pure et sainte, être comme une bougie allumée qui rassemble tout autour d’elle. Si votre grange est remplie de blé, les gens se rassembleront autour de vous. Le cœur de l’homme vertueux doit être rempli de bons sentiments et de bons désirs, son esprit, de pensées lumineuses et élevées, et sa volonté, d’actions nobles ; voici ce que signifie être parfait.

         Si l’esprit, le cœur et la volonté de l’homme sont déformés, la nature le signale à des endroits spécifiques : sur le nez, la bouche et le menton. Vous direz que personne ne voit cela. Tout le Ciel le voit et vous connaît ; il sait quelles pensées, quels sentiments et quels agissements vous animent. Les habitants du monde raisonnable vous observent à travers les autres, c’est la raison pour laquelle les gens se toisent de la tête aux pieds. Lorsque vous rencontrez quelqu’un, vous le scrutez avec attention et vous vous dites : « Je veux savoir ce que Dieu a inscrit dans cet homme, sur son menton, sa bouche et son nez. » La tête est un livre sur lequel toute la vie de l’homme est écrite. Comme on reconnaît l’homme selon sa maison, de même, on reconnaît les pensées qui l’animent selon sa tête. La maison désigne le corps de l’homme.

         Le Christ dit : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. » Qui peut avoir la vie ? Ceux qui veulent la comprendre, pénétrer son sens intérieur. On doit appréhender la vie comme elle se manifeste maintenant et non comme elle se manifestait il y a deux mille ans. Pour nous, c’est le Christ d’aujourd’hui qui est important et non pas celui qui s’est manifesté il y a deux mille ans. Quelqu’un dira que c’est un sacrilège. Je demande quel pommier vous intéresse plus : celui d’aujourd’hui ou celui qui a poussé dans votre jardin dix ou quinze ans en arrière ? Il a donné à l’époque des fruits dont vous avez tirés parti, mais maintenant, pour vous, ce sont les fruits qu’il donne à présent qui sont importants. Le Christ actuel est plus important pour nous car il vit parmi tous les peuples, alors qu’il y a deux mille ans il a vécu uniquement parmi les juifs ; il s’est jadis laissé crucifier, mais aujourd’hui personne ne peut Le crucifier. Jadis, le Christ était également puissant, mais il s’est sacrifié sciemment ; il a dit : « Je suis prêt à sacrifier la forme et le contenu des choses pour leur sens. » Puisque les gens d’aujourd’hui cherchent déjà le sens de la vie et le comprennent, le Christ dit : « Maintenant j’exige d’eux qu’ils comprennent le contenu qui est déposé dans la vie ainsi que les formes par lesquelles elle se manifeste. » En son temps, le Christ voulait attirer l’attention sur la logique cachée dans le sens des choses ; maintenant il veut l’attirer sur la logique cachée dans le contenu des choses ; à l’avenir il créera une logique des formes. Par conséquent, l’être humain atteint la perfection lorsqu’il joint en lui les trois types de logique : logique du sens des choses, logique du contenu et logique des formes.

         L’homme parfait est comme une bougie allumée qui brûle d’une lumière blanche, sans fumée et sans résidus de combustion. Si je rencontre quelqu’un qui se prétend spirituel, je lui demande : « Est-ce que ta bougie brûle, est-ce qu’elle sauve tes proches, est-ce qu’elle éduque leurs esprits, leurs cœurs, leurs volontés ? As-tu une pièce secrète ou un temple, un sanctuaire en toi ? » Si j’entends quelqu’un traiter son père et sa mère de dérangés, de grabataires, je sais déjà qu’il n’a pas de sanctuaire dans son âme. Un père se plaignait de ses fils en disant qu’une fois éduqués ils le traitaient de rustre et d’ignorant ; il disait : « C’est vrai, je suis rustre et inculte, mais je sais que l’homme a besoin d’ouverture spirituelle et je l’ai donnée à mes fils. » Une mère se plaignait de ses filles en disant qu’une fois élevées, elles la traitaient d’inculte ; elle disait : « À l’avenir, si je suis de nouveau mère, j’apprendrai à mes filles à tisser pour qu’elles sachent apprécier ce qu’elles n’ont pas. » C’est bien de mettre une bêche dans la main de vos fils et de vos filles mal éduqués, pour qu’ils travaillent la terre et apprennent la logique du contenu.

Quelqu’un dira que je ne parle pas selon l’esprit de l’Évangile. De quel Évangile parlez-vous ? Celui qui est écrit ou celui qui n’est pas écrit ? Le Christ a beaucoup parlé et de tout cela très peu a été imprimé ; où est caché le reste de ce savoir ? Apportez ces livres où est gardé le Verbe du Christ pour voir qui a raison et qui a tort. Le Christ a beaucoup parlé et abordé les questions au sens très large : où est tout cela ? Celui qui tient à l’Enseignement du Christ, qu’il donne l’exemple et montre comment travailler avec l’esprit, le cœur et la volonté. Celui qui peut travailler ainsi a acquis quelque chose de primordial et apporte la bénédiction divine là où il va. Lorsqu’ils n’ont pas progressé, les gens ne font que discuter ; en se croisant, ils se demandent les uns aux autres : « Es-tu orthodoxe, crois-tu en Dieu, crois-tu en la Trinité ? » Qu’entend-on par le mot Trinité ? C’est un mot abstrait, incompris. Ceux qui en discutent ne connaissent ni Dieu ni la Trinité. C’est pourquoi le Christ dit : « Personne ne connait le Père que le Fils de l’Homme. [3]»

         Les religieux entretiennent la religion, les scientifiques, la science, et tous font des efforts pour apporter quelque chose de neuf. Le nouveau n’est pas dans la forme et le contenu des choses, mais dans les trois types de logiques qui se rapportent à la forme, au contenu et au sens des choses. Il est important que l’homme construise sa vie selon ces trois types de logique pour entrer dans la véritable vie positive. Lorsqu’il a organisé sa vie, l’homme a maîtrisé les conditions extérieures ; il n’existe plus pour lui d’ennemis extérieurs, de voleurs et de brigands extérieurs. Il arrête de combattre ses voisins et ses proches ; il sait que des ennemis et des voleurs plus dangereux se dissimulent en lui : ce sont eux qui ont crucifié le Christ. De quoi a-t-on accusé le Christ ? D’avoir voulu être roi et faire des réformes. En son temps, il a été traité de criminel politique, quelqu’un qui s’oppose à l’ordre et aux lois de l’Empire Romain. On a crucifié le Christ, mais qu’est devenu l’Empire Romain ? S’est-il sauvé ? Nos contemporains doivent penser avec justesse, selon les trois types de logique, pour ne pas répéter les erreurs des générations passées.

         Le Christ dit : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. » Celui qui reconnaît et accepte le Christ en lui, se remémore constamment le bien qu’il a fait à l’humanité : il l’a rachetée, il a donné sa vie pour les humains. Il ne suffit pas de faire le constat de ce que le Christ a fait, mais il faut aussi appliquer son amour dans sa vie, l’expérimenter. S’il ne fait que parler sans appliquer, l’homme ne bénéficie de rien. Dans ce cas, l’ivrogne qui préfère à l’absinthe un meilleur vin, et qui pour cela quitte sa femme, ses enfants, son foyer et sillonne toute la ville pour le trouver est somme toute plus respectable. Combien de chrétiens ont quitté leur tranquillité, ont renoncé à leurs privilèges et leur bien-être dans l’unique but d’essayer l’amour du Christ ? Combien de chrétiens sont allés goûter le bon vin du Christ ? Vous direz que je n’emploie pas un langage sacré. Je vous le répète : essayez le bon vin, c’est-à-dire l’enseignement du Christ, pour faire vous-mêmes la différence entre les deux. Le vin physique enivre, étourdit l’homme, alors que le vin du Christ le rafraîchit et l’éclaire. Celui qui boit du vin du Christ s’est lié à l’amour et aime les êtres humains ainsi que toutes les créatures vivantes ; il aime et il est aimé.

         Le Christ dit : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. » Cette vie agit déjà partout dans le monde, entre toutes les créatures vivantes, des plus évoluées aux moins évoluées. Ceux qui ne sont pas liés à l’amour attendent toujours l’avènement de la nouvelle vie de l’extérieur, de quelque part en haut ; ils n’ont pas fini d’attendre car elle ne viendra pas ainsi. Où est la vie christique ? Partout ! Si vous la cherchez dans le grain de blé, dans le maïs, vous la trouverez là-aussi ; si vous la cherchez chez les animaux, vous la trouverez là-aussi. Mais, sur la base de la loi de la ressemblance qui postule que ce qui se ressemble s’assemble, chacun vivra la vie qui lui correspond, qui l’attire. Est-ce que deux jeunes peuvent se marier s’ils ne s’aiment pas ; est-ce qu’un écrivain peut écrire un livre s’il n’a pas une idée qui l’inspire ? On peut attirer vers soi seulement l’objet que l’on aime. Vous ne pouvez pas cultiver de fleurs si vous ne les aimez pas ; les fleurs ont leur langage, connu uniquement par ceux qui les aiment. Faites un essai pour vérifier la véracité de mes paroles : prenez un pot, plantez un œillet ou une autre fleur et mettez-vous à l’arroser, à la biner, à la cultiver avec amour. Vous remarquerez qu’une fois fleurie, son arôme est très agréable ; si vous cessez de vous en occuper, elle ne sent plus aussi bon. Ainsi la fleur veut vous dire qu’elle vous donnera autant d’amour qu’elle en a reçu. Les anciens bulgares connaissaient cette loi et l’appliquaient ; ils cultivaient leurs champs avec amour, ils plantaient le blé et en prenaient soin avec amour et c’est pourquoi ils bénéficiaient de récoltes abondantes. Celui qui ne connaît pas les raisons des récoltes abondantes croit que ces cultivateurs sont des magiciens ; ils ne sont pas magiciens du tout, mais ils appliquent l’enseignement du Christ et donnent leur vie pour ce champ. Et le champ leur répond de la même manière : il donne beaucoup de grains. Faites de même, mettez vos bonnes pensées et vos bons sentiments dans vos proches pour qu’ils s’élèvent et s’anoblissent.

         De nos jours, que constatons-nous dans le monde ? Les relations entre les humains se basent toujours sur l’intérêt. Il est rare de rencontrer quelqu’un qui aime vraiment ; la plupart des gens aiment quelqu’un pour son savoir, sa richesse ou sa position sociale. Si quelqu’un vous dit qu’il vous aime, demandez-lui pourquoi ; de toute façon, vous comprendrez tout seuls s’il vous aime pour votre savoir, votre fortune ou vos apparences ; si vous perdez ces qualités, son amour disparaitra aussi. Par conséquent, aimez l’homme pour l’être véritable qui, en lui, représente un rayon sorti de Dieu. Si vous trouvez l’homme véritable, vous pouvez l’aimer sans faire attention à ses qualités apparentes ; il est comme votre frère ou votre sœur. Le monde s’arrangera lorsque les humains s’aimeront de cette façon. Et alors le verset qui dit : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie. » prend tout son sens : le Christ est venu donner la vie aux pauvres, aux souffrants, aux lésés, car ils bénéficient des bonnes conditions pour manifester l’être humain véritable.

         Dieu dit : « J’ôterai leur cœur de pierre et je leur en donnerai un nouveau sur lequel j’écrirai mes ordonnances et ils me reconnaîtront.[4] » Le nouveau cœur se crée aujourd’hui : Dieu ramasse le sang des champs de bataille pour écrire avec lui ses ordonnances sur le cœur nouveau. Que représente la guerre actuelle ? Le destin de l’humanité. Donc, aujourd’hui on juge tous les humains sur la terre et non pas au Ciel comme ils s’y attendent. Certains religieux pensent que l’homme vit sur terre un certain temps, puis meurt et va au Ciel pour le jugement de Dieu. Le destin de l’homme est sur terre : il n’y a pas de raison de sortir du tombeau où il est enfermé pour aller auprès de Dieu et être jugé alors qu’il est déjà enfermé dans son corps : sur terre l’homme est en prison et il sera jugé ici.

         Que doit-on faire pour améliorer sa vie ? Ouvrir les fenêtres de sa maison, c’est-à-dire éveiller sa conscience. Si ses fenêtres sont étroites, il faut les élargir ; l’homme a besoin de plus de lumière. Autrement dit, élargissez votre pensée, ouvrez votre conscience pour y faire entrer plus de lumière. Nos contemporains ont beaucoup d’idées, de croyances et de convictions, mais il faut les élargir, leur mettre de grandes et larges fenêtres. Les grandes fenêtres laissent passer peu ou beaucoup de lumière, mais les petites fenêtres ne laissent passer que peu de lumière ; les grandes idées contiennent aussi les petites, mais les petites excluent les grandes ; il n’y a pas de place pour elles. Il est temps que s’ouvrent grandes les fenêtres des églises, des écoles, des foyers, des tribunaux. Que soient définies des relations justes et authentiques entre l’âme humaine et Dieu, entre prêtres et ouailles, maîtres et élèves, hommes et femmes. Qu’entre plus de lumière dans leurs esprits et leurs cœurs et qu’il en sorte de leurs âmes pour les éclairer. Je vous souhaite d’ouvrir la Bible et l’Évangile de votre intelligence et de votre cœur et d’y lire tout ce que Dieu a écrit des milliers de siècles durant.

         Le Christ dit : « Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et tuer ». Que veut dérober le voleur ? Votre bougie. Lorsqu’il dérobe votre bougie, vous restez dans le noir, et on ne peut pas lire dans le noir. Beaucoup vivent dans le noir et disent : « C’est ainsi, il n’y a rien à faire, nous nous soumettons. » C’est la logique turque. Les turcs disent : « Sept pas en haut, sept pas en bas, il ne faut pas raisonner, c’est le Seigneur qui a ordonné les choses ainsi. » Ce n’est pas une logique juste, on ne doit pas raisonner de la sorte. Dieu n’a pas créé les loups, les ours, les renards et les mauvaises personnes ; Il a créé les personnes bienveillantes et bien pensantes. Ne pensez pas que tout ce qui existe est donné par Dieu ; Dieu a admis le mal, mais Il ne l’a pas créé. Si vous rencontrez quelqu’un qui veut se rapprocher de vous, demandez-vous d’abord de quelle sorte de personne il s’agit : de celles faites de terre par Dieu ou de celles qu’Il a créées à Son image et à Sa ressemblance. Les humains d’aujourd’hui sont faits de terre ; leur culture est celle de la terre, de la boue. Dieu a pris la terre, a fait d’elle un homme : Il a soufflé en lui et ce dernier est devenu une âme vivante. Dieu a mis la vie en l’homme pour qu’il vive, étudie et apprenne que la vie a un sens plus profond qu’il ne se l’imagine. Lorsqu’il parle du voleur, le Christ veut préserver l’humanité de lui. Que chacun s’examine de près pour comprendre que le mal est en lui-même, dans sa compréhension erronée des choses.

         Par conséquent, pour éduquer les autres et vous éduquer vous-mêmes, il faut appliquer l’enseignement du Christ, l’enseignement de l’amour. Si vous avez un enfant rétif, intraitable, faites une expérience avec lui, appliquez la méthode de l’amour. Aimez cet enfant et ne songez jamais à ses traits négatifs ; imaginez-le bon et raisonnable et vous verrez que peu de temps après il se bonifiera.

         Un jour l’archange Gabriel a remarqué que, chaque matin, Dieu souriait à quelqu’un et lui parlait avec douceur et amour. Cela l’a intrigué et il a voulu savoir qu’elle était cette âme envers laquelle Dieu manifestait autant de douceur et d’amour. Il est parti de par le monde chercher cette âme ; il s’est immiscé parmi les scientifiques, les prédicateurs, les prêtres sans la trouver nulle part. Il est remonté en-haut pour voir de nouveau cette âme. Puis de nouveau, il est descendu sur terre pour explorer tous les coins. Il est tombé un jour dans un sanctuaire, face à un idolâtre, un homme simple et sauvage qui s’agenouillait devant son idole et lui parlait ; c’est là qu’il a trouvé Dieu souriant à l’idolâtre et parlant doucement avec lui. Ce n’est que là que l’archange a compris l’erreur de son jugement. Il avait pensé que Dieu pouvait sourire uniquement à quelqu’un d’instruit, de religieux ou de spirituel et non pas à un homme simple qui n’a aucune notion de Dieu. Un proverbe bulgare dit : « Dieu ne juge pas sur le visage, mais sur le cœur. »

         Les religieux contemporains qui appartiennent à différentes communautés – orthodoxe, évangélique, catholique, bouddhiste – se considèrent comme de bons croyants. Ils ne soupçonnent pas qu’il y a des personnes hors des églises auxquelles Dieu parle avec affection et douceur. Pourquoi ? Parce que leurs pensées et leurs sentiments sont authentiques, l’aspiration de leur âme est dirigée vers le Ciel. L’aspiration de l’âme détermine la situation de l’homme ; de son aspiration dépend comment Dieu le considérera. Celui qui a une aspiration juste entendra la voix douce et affectueuse de Dieu.

         Je souhaite à tous les Bulgares d’avoir l’aspiration de l’idolâtre dans son sanctuaire pour que Dieu s’adresse à eux avec douceur et amour. Vous direz que sa vision était erronée ; oui, sa vision était erronée, mais son aspiration était authentique. Réjouissez-vous si vous avez une logique erronée car Dieu a décidé d’être doux et bienveillant envers tous les faibles, infirmes, muets, souffrants, lésés, perdus, etc. Il est le Dieu des orphelins, des pauvres, des veuves, des souffrants et non pas des riches, des blasés, des haut placés. Autrefois, Dieu était Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, alors qu’à présent Il est Dieu des pauvres, des souffrants et des veuves. Dieu dit : « Mes serviteurs n’ont pas fait mon travail sur terre comme il se doit ; maintenant Je descends sur terre pour accomplir Mon travail tout seul, pour redresser le monde. » Le monde s’arrangera car Dieu y travaille déjà. Il descend sur terre pour donner la vie à tous pour qu’ils accueillent et appliquent Son enseignement, non pas isolément, mais avec toute l’humanité. Certains diront qu’ils sont pauvres, infirmes, aveugles ; n’ayez pas peur, Dieu vient pour vous. Et pour les riches, ne vient-Il pas ? Non, pas pour eux, car ils n’en ont pas besoin. Il s’adresse à tous les infirmes, estropiés et aveugles, leur disant : « Travaillez tous, autant que vous le pouvez, pour accepter Mon enseignement, pour être forts, vigoureux et fortunés. Mon Enseignement est une table bien mise avec des mets savoureux. Mangez de tous les bienfaits divins, réjouissez-vous. »

         Je souhaite que les oreilles de tous soient ouvertes pour écouter et appliquer le Verbe de Dieu. Celui qui n’a pas accompli son travail comme il se doit, qu’il le fasse. Lorsqu’il se tournera vers Dieu, Dieu lui apprendra comment vivre et comprendre Ses paroles.

La providence vient dans le monde : Dieu descend sur terre pour juger les humains et rétribuer chacun selon son mérite. Si l’œil de quelqu’un est arraché, Il ordonnera qu’un nouvel œil lui soit remis ; si sa jambe est coupée, Il ordonnera qu’une nouvelle jambe lui soit remise ; si sa main est coupée, Il ordonnera qu’une main saine lui soit remise. Si le juge ordinaire rétribue chacun selon son mérite, combien la providence donnée aux humains par Dieu sera plus juste et plus raisonnable. Dieu satisfera tout le monde et donnera des conditions pour se développer en intelligence, en cœur et en âme. Tendez vers ce Dieu.

Beaucoup demandent où est Dieu, et comme ils ne Le trouvent pas, ils veulent des preuves de Son existence. Quelles que soient les preuves données, vous serez vous-même dans une situation grotesque. C’est comme si quelqu’un allumait une bougie en plein jour, face au Soleil et vous disait : « Le voici le Soleil. » C’est grotesque de prouver à l’homme que Dieu existe. Si quelqu’un veut en être convaincu, je le prendrai par la main et je lui dirai : « Viens avec moi, ouvres tes yeux et regarde, ouvre tes oreilles et écoute ! » Vos aspirations, vos convictions, votre vie, vos mouvements sont dus à Dieu. Il parle en vous et vous anime ; cherchez-Le à l’intérieur de vous et non pas à l’extérieur. Il dit : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance ». Par conséquent, cherchez Celui qui donne la vie et non pas celui qui vient pour dérober, égorger et détruire.

Je vous souhaite de vous recueillir, de vous tourner vers Dieu qui est en vous pour Le comprendre et Le connaître. Alors seulement vous comprendrez ce que signifie la logique des formes, du contenu et du sens. Le Christ vous a montré la logique du sens, à présent vous étudierez la logique du contenu et à l’avenir, la logique des formes. Vous interpréterez aujourd’hui les choses selon leur contenu et à l’avenir, selon leurs formes.

 

Sofia, 6 mai 1917


[1] « Le voleur ne se présente que pour voler, pour tuer et pour perdre ; moi, je suis venu pour que les hommes aient la  vie, et qu'ils l’aient en abondance. » (Jean 10, 10)

[2] Le mot voleur en bulgare s’écrit kрадец (kradetz)

[3] TOB = « Tout m'a été remis par mon Père, et nul ne connait qui est le Fils, si ce n'est le Père, ni ce qu'est le Père, si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. (Luc 10, 22)

[4] « Et je leur donnerai un cœur loyal ; je mettrai en vous un esprit neuf ; je leur enlèverai du corps leur cœur de pierre, et je leur donnerai un cœur de chair, afin qu'ils marchent selon mes lois, qu'ils gardent mes coutumes et qu’ils les accomplissent. Ils seront mon peuple et je serai leur Dieu. » (Ézéchiel 11, 19-20)

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