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Ani

1917_04_29 Les purs de cœur

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                                              Les purs de cœur

 

« Heureux ceux qui sont purs de cœur

car ils verront Dieu. »

Matthieu 5:8

 

Beaucoup se demandent pourquoi on prie et on chante avant les causeries. La vie est fondée sur trois éléments essentiels : la nourriture, la prière et le chant. Ils sont inscrits dans la vie des hommes depuis des millénaires. Au commencement et à la fin d’un travail les gens ont systématiquement prié et chanté. C’est le seul chemin vers le succès. Si vous commencez un travail sans prière et sans chant, n’attendez pas de résultat significatif. Un proverbe bulgare dit : « Qui chante ne pense pas à mal. » Quel que soit le chant, il est à sa place ; il n’y a pas de mauvais chants. Pour l’être vertueux tous les chants sont bons, cela dépend de son point de vue sur les choses.

         Par conséquent, la nourriture, le chant et la prière sont trois éléments importants et indispensables dans la vie des hommes. Les bulgares disent : « L’ours affamé ne danse pas », voilà pourquoi on mange avant d’entreprendre une activité physique, puis on travaille ; si on est fatigué, on se repose un peu puis on recommence le travail. La nourriture est à la vie physique de l’homme ce que sont la prière et le chant à son cœur, à son esprit et à son âme : l’âme de l’homme se nourrit de chants et de prières. Lorsqu’il fait un travail intellectuel et affectif, l’homme chante, prie et se repose.

         Les gens d’aujourd’hui ont une mauvaise compréhension de la prière ; ils considèrent que seuls les gens simples prient. En réalité, seul celui qui a atteint une grande expérience de la vie sait prier. C’est un grand art de savoir prier ; lorsque les humains apprendront cet art, le Royaume de Dieu viendra sur terre. En ce sens la prière est une loi divine qui régit toute l’existence. Qu’il mange ou qu’il travaille, l’homme doit prier. Si son travail n’avance pas, qu’il chante ; le chant ouvre le chemin vers le monde lumineux et sublime.

         « Heureux les purs de cœur car ils verront Dieu ». Voici l’une des béatitudes que le Christ a révélées. Il désignait ceux qui étaient purs dans leur cœur. Ainsi le Christ a voulu exhorter à la pureté comme élément important et indispensable de la vie humaine. Il est dit dans les Écritures que seuls les purs de cœur peuvent voir Dieu. Voir Dieu signifie être heureux. Aujourd’hui, tous veulent être heureux sans s’apercevoir qu’ils se rendent malheureux dans leurs tentatives d’atteindre le bonheur par des voies non naturelles. La voie pour atteindre le bonheur est très simple et naturelle : être pur d’esprit, de cœur et d’action. La loi de la pureté est l’une des lois principales de l’existence. L’état de santé des mères, des pères et des enfants, des sociétés et des nations dépend d’elle, tout comme l’âme en dépend.

         Qu’est-ce que l’hygiène ? Une loi de la pureté. Toutes les maladies infectieuses sont dues à l’impureté. Tout comme il existe des microbes dans le monde physique, il existe aussi des microbes dans les mondes mental et spirituel ; ils sont la cause des grandes catastrophes mentales et affectives que l’homme traverse. Les médecins contemporains recensent des milliers de microbes, tandis que certains scientifiques vont jusqu’à expliquer la présence de rouille sur le fer par un type particulier de microbes ; ils disent que comme certains microbes dévorent l’homme, d’autres font de même avec le fer. En tant que créatures vivantes, les microbes veulent vivre, ce que les scientifiques appellent la lutte pour la vie. Certains traduisent cette lutte par la formule suivante : « L’homme est un loup pour l’homme. » C’est vrai seulement à cinquante pour cent, mais pas à cent pour cent ; la vie n’est pas uniquement une lutte, mais aussi un travail. Seuls les athlètes, les lutteurs qui veulent démontrer leur supériorité physique combattent ; pour les autres, la vie est un travail qui contribue à élever toute l’humanité. L’élévation de l’homme est une aspiration implantée dans son âme. Lorsqu’on ne comprend pas la vie, le travail se transforme en labeur et plus on descend, plus il se transforme en tourment.

         Le Christ dit : « Heureux les purs de cœur car ils verront Dieu. » La pureté est un état naturel et inhérent de la matière. Pour passer d’un monde à l’autre, l’énergie de la pureté doit se transformer. Il faut pour cela des conditions spécifiques : des méthodes spirituelles et des commandements. Celui qui connaît ces méthodes et peut se servir d’elles utilise l’énergie de la pureté et devient pur à tous points de vue. N’en est-il pas de même avec les rayons solaires ? Pour bénéficier de la lumière et de la chaleur du soleil, ses rayons passent par une réfraction répétée avant qu’on les perçoive ; plus le milieu qu’ils traversent est propre, meilleure est leur réfraction et meilleur est leur effet sur l’homme. En apparence l’atmosphère semble propre, mais vue à travers un verre grossissant elle présente des millions et des milliards de microbes, poussières, impuretés qui doivent être écartés par la pluie, par l’électricité, pour que l’homme puisse profiter de l’effet bénéfique des rayons solaires. Une vie humaine dissolue produit des impuretés particulières qui, exprimées en pensées et en sentiments, bloquent cette vie qui descend d’en haut. En outre, ces impuretés produisent différentes maladies physiques et psychiques. Cela est visible en particulier en temps de guerre et après les guerres : les mauvais sentiments et les mauvaises pensées que les nations, les sociétés et les individus s’envoient sont la cause d’affections lourdes et sérieuses d’ordre physique, mental et psychique.

         « Heureux les purs de cœurs car ils verront Dieu. » Qu’entendons-nous par le mot cœur ? Lorsqu’il parle du cœur le Christ comprend ce milieu intérieur en l’homme, sous forme d’éther physique, conducteur des forces sublimes venues du monde spirituel. Voilà pourquoi, lorsque le centre du cœur est pur, l’homme voit nécessairement Dieu. Par le mot Dieu, Christ, je désigne toutes les capacités raisonnables qui se trouvent dans l’homme. Lorsque ces capacités traversent un cœur pur, l’homme devient bienheureux et en bonne santé. Voir Dieu ne signifie pas Le voir comme une forme extérieure, mais atteindre cette béatitude qui vous élève mentalement et spirituellement. S’il s’élève mentalement et spirituellement, l’homme améliore aussi sa santé physique. Le sachant, travaillez sur vous pour devenir intérieurement purs, mentalement, affectivement et dans vos actes. Dans la vie, se purifier est l’une des tâches principales de l’homme.

         Lorsqu’il aborde la pureté, l’homme se trouve naturellement face au concept opposé, l’impureté. Il y a deux types d’impuretés, physique et psychique qui incluent l’impureté mentale et affective. Pour l’impureté physique, l’homme n’est pas responsable ; aussi consciencieusement qu’il se nettoie, il ne peut pas être d’une pureté absolue. Par exemple, lorsqu’il se nourrit, une partie de la nourriture est assimilée par l’organisme et se transforme en suc alimentaire et en sang alors qu’une autre partie n’est pas assimilée et est rejetée comme une matière impure ; c’est un processus inévitable. La nature s’occupe de libérer l’homme de la matière impure et elle a plusieurs méthodes : filtrer, décomposer, durcir, diluer et distiller. Tout comme les couches sédimentaires dans la nature servent à filtrer l’eau trouble et impure, les organes et les tissus de l’organisme humain le purifient et le libèrent des substances inutiles et impures. Cette purification s’obtient sur le plan physique, alors que la purification psychique s’obtient par les filtres psychiques : les familles, les sociétés et les peuples. Ce sont les moyens de purification des pensées, des sentiments et des actions des humains ; après les avoir traversés, l’homme sort à la surface de la terre comme une source pure sans aucun trouble ni impureté.

         L’eau impure se libère des substances mélangées et dissoutes en elle par la distillation, c’est-à-dire se transforme en vapeurs d’eau qui se refroidissent de nouveau en eau. Ceci s’obtient par le feu ou par les rayons du soleil. Par conséquent, celui qui veut se purifier sur le plan psychique doit passer par le feu ou s’exposer aux rayons du soleil. Les souffrances, les malheurs sont le feu que l’homme traverse.

         La purification de l’homme est liée aux processus de précipitation, filtration et distillation. Quelqu’un perd sa fortune, sa situation sociale, sa femme, ses enfants, ses amis et dit : « Je me suis égaré, je me suis enfoncé profondément dans la terre, rien ne m’égaie, je n’aperçois aucune lumière. » N’aie pas de regrets, tu t’es enfoncé profondément dans la terre entre les couches pour te purifier ; tu sortiras un jour à la surface comme une source de montagne très pure et celui qui passera à côté de toi s’arrêtera pour se désaltérer et il te bénira. C’est cela être aimé par tous les humains, mais aussi par toutes les créatures vivantes : elles te recherchent pour te remercier du service rendu.

         Ainsi, celui qui prétend ne pas être aimé par les autres, montre qu’il ne comprend pas les lois de la nature raisonnable. Il est arrêté devant de l’eau trouble et impure, et l’impossibilité d’en boire le fait souffrir. Pour être aimé des autres, cultive la patience, attends quelques jours qu’ils traversent les strates sablonneuses pour se purifier. Ils ressortiront ensuite à la surface de la terre comme une source de montagne très pure et te proposeront eux-mêmes de boire de leur eau pure et de te désaltérer. Tu boiras de cette eau et tu diras : « Il y a de l’amour dans le monde, les autres m’aiment. »

         Paul dit : « Nous ne mourrons pas, mais nous changerons. »[1] Je dis : l’homme ne meurt pas, mais s’évapore comme l’eau des mers et des océans, c’est-à-dire quitte le monde et rentre dans la terre entre les strates sablonneuses pour se purifier et revenir sur terre. Ce retour de l’homme sur terre, cette fois-ci libre et purifié, est appelé renaissance ou résurrection. Par conséquent, réjouissez-vous si vous vous évaporez ou vous solidifiez, car vous naissez de nouveau. La mère aussi célèbre son nouveau-né qui sort de terre comme une source pure, et elle lui propose de boire de son eau pure et limpide. Cet enfant a été autrefois son amoureux, et une fois purifié il revient comme son enfant qu’elle chérit.

         En m’écoutant, beaucoup se demandent si tout cela est vrai, si l’homme peut s’incarner et se réincarner. Non seulement c’est possible, mais cela se passe à tout moment dans la vie. Pour les ignorants qui ne comprennent pas les lois de la vie, c’est impossible, mais pour ceux qui connaissent les lois tout est possible. Observez la vie des animaux, des mammifères, et vous verrez que par certains côtés ils sont supérieurs à l’homme. Le petit oiseau nettoie, lave, lisse ses plumes : il connait la loi de la pureté ; lorsqu’il entre dans la maison de son maître, le chat nettoie et lave ses pattes, surtout s’il vient de passer par un endroit malpropre : il connaît aussi la loi de la pureté. Le petit enfant par contre ne peut pas se nettoyer, c’est sa mère qui très longtemps le nettoie, le lave, l’habille tant qu’elle ne lui a pas transmis la leçon de propreté et qu’il ne l’applique pas tout seul. Combien de personnes rentrent aujourd’hui dans le temple de Dieu avec des mains et des pieds propres ? Combien de professeurs, de prêtres, de prédicateurs, de juges, de gouverneurs rentrent dans leur propre maison, dans leur chambre secrète avec des mains et des pieds propres ? Et ensuite, les gens se plaignent des maladies, des épidémies et se demandent d’où elles viennent et comment s’en débarrasser. Il n’y a pas de maladies dans le monde, mais des impuretés porteuses de contaminations, d’infections et de mort.

         Par conséquent nos contemporains ont besoin d’hygiène au sens large et au sens littéral du terme. Au sens littéral du mot, l’hygiène exige une pureté absolue du corps et de la maison où l’on vit ; au sens large du terme, l’hygiène exige une pureté absolue de l’esprit, du cœur et de l’âme. Tout mon respect aux médecins qui font attention à l’hygiène du corps, mais ils doivent faire un pas en avant et porter leur attention à l’hygiène du cœur. Les gens d’aujourd’hui se baignent plusieurs fois par mois, certains chaque jour ; tout le monde se rend aux bains, tout le monde prend soin de sa propreté physique, mais combien songent aux bains spirituels ? La plupart des gens ne soupçonnent même pas qu’il y a des bains spirituels. Dans le monde spirituel il y a des bains, des douches chaudes et froides comme sur terre. Les êtres du monde spirituel savent quand et comment utiliser ces douches. Ils ne passent pas brutalement du chaud au froid ou l’inverse, du froid au chaud, car ils connaissent les lois de transition d’un état à un autre. Ne connaissant pas ces lois, certains vont aux bains et s’aspergent tantôt d’eau chaude, tantôt d’eau froide et finissent par attraper des rhumatismes ou d’autres maladies ; ils cherchent ensuite les raisons de ces maladies en dehors d’eux. L’ignorant ne peut et ne doit pas suivre les opposés de la vie ; cela est réservé seulement aux créatures supérieures. Seul Dieu qui se tient très haut et maîtrise les lois de la chute, peut descendre et remonter aussitôt. Seul celui qui a des ailes, c’est-à-dire des connaissances, peut descendre et remonter rapidement ; celui qui n’a pas d’ailes ne dispose pas de connaissances et ne doit pas s’y aventurer, car il se brisera le cou. Il ne suffit pas de monter dans un aéroplane, encore faut-il savoir le piloter, sinon on s’abîmera au sol et on se tuera. Pensez-vous pouvoir d’un seul coup aimer le monde entier ? Celui qui se donne un objectif si grandiose en mesurera les conséquences : il passera de la douche chaude à la douche froide, se durcira prématurément et se confrontera au mécontentement et à l’absence de sens dans la vie. C’est terrible pour l’homme de vider sa vie de sens, de ressasser son mécontentement envers lui-même et ceux qui l’entourent.

         Un jeune américain a hérité une grande fortune de son père. Ne sachant pas comment l’utiliser, il s’est adonné aux festins, aux beuveries et a mené une vie dissolue. Il s’est laissé aller à tous les plaisirs jusqu’à en éprouver la nausée et devenir hypocondriaque : rien ne le contentait, il ne trouvait de sens à rien. Il a voulu finalement mettre fin à sa vie, mais n’osait pas franchir le pas. Il n’avait pas le courage de cet autre anglais qui s’est suicidé à la place d’un italien. Cet anglais voyageait en Italie et s’est retrouvé à Venise dans un hôtel, la nuit, en compagnie d’un italien. Il s’est réveillé en pleine nuit et a vu l’italien debout devant la table, un révolver à la main, qu’il mettait dans sa bouche, puis qu’il retirait. « Que fais-tu l’ami ? – a demandé l’anglais. – J’ai contracté de lourdes dettes, j’ai mis l’opprobre sur mon nom, sur l’honneur de ma noble famille. Je veux me suicider, mais je n’ose pas aller jusqu’au bout. L’anglais a sorti une grosse somme d’argent de sa poche, l’a tendue à l’italien en lui disant : « Prends cet argent pour rembourser tes dettes. » Ensuite, il a pris son révolver et s’est suicidé avec à sa place. L’américain avec son hypocondrie n’osait pas mettre fin à sa vie, il n’avait pas le courage de cet anglais.  

         Lorsque nous évoquons le suicide, nous parlons de la suppression des vices et des faiblesses. L’homme doit être courageux, il doit faire feu avec le fusil ou le révolver sur l’un de ses vices et le supprimer. Quelqu’un aime voler, un autre, mentir, un troisième, boire, un quatrième, débaucher les gens ; que chacun ait le courage de faire feu contre son vice et de l’anéantir. Le vice limite et asservit l’homme sans aucune contrepartie. C’est un cadavre qui se décompose, sent mauvais et introduit la lèpre en lui. Que pouvez-vous retirer du cadavre d’un chien mort ou d’un fauve mort ?

         Revenons à l’exemple de l’américain qui souffrait d’hypocondrie : pour se guérir de sa maladie, il a sacrifié tout ce qu’il avait, mais sans réussir à trouver un médecin qui puisse l’aider. Il a enfin entendu parler d’un médecin illustre qui guérissait l’hypocondrie. Il est allé le voir et lui a raconté son histoire. En l’entendant, le médecin a dit : « Je te promets de te guérir, mais à condition de ne pas protester contre la méthode que j’appliquerai sur toi. – Je suis prêt à tout, du moment que tu me délivres de cette maladie. »

         Ils ont signé un accord tous deux. Avant d’entamer le traitement le médecin a demandé vingt-cinq mille dollars au patient. Ce dernier s’est acquitté de cette somme et est entré à l’hôpital. Dès le jour suivant le malade a été opéré, on lui a amputé la jambe droite sous le genou. Au réveil, le patient a été terrifié d’apprendre que sa jambe avait été coupée. Il s’est mis à crier, à insulter le médecin. Sans quitter du regard sa jambe amputée, il pensait : « Qu’est-ce que je ferai maintenant sans jambe ? Avant je pouvais monter à cheval, aller au bal, au concert, à des soirées et maintenant je suis cloué au lit. » Lorsque le médecin lui a rendu visite, il s’est mis à pleurer, à exiger un révolver pour se suicider. Le médecin l’a consolé lui disant qu’on lui fabriquera une nouvelle jambe pour se déplacer librement. Le malade s’est enfin apaisé, a accepté sa situation et s’est mis à réfléchir sur sa vie, en prenant du recul. Il s’est ainsi guéri de son hypocondrie. Il a donné encore vingt-cinq mille dollars au médecin, il s’est fait fabriquer une jambe en plastique et a quitté l’hôpital en parfaite santé, avec une pensée juste et sobre sur la vie et sur la prédestination des êtres humains. Il a compris ce qu’était la pureté dans la vie de l’homme.

         Qu’est-ce qui se passe dans le monde aujourd’hui ? La même chose qu’avec l’hypocondriaque. Beaucoup d’hypocondriaques se trouvent sur le champ de bataille et pour les soigner, Dieu a envoyé ses médecins assistants pour les opérer. Ils se mettent au travail : ils coupent un bras à l’un, la jambe à un autre, le nez à un troisième, l’oreille à un quatrième et ainsi de suite. Partout retentissent des cris, des lamentations et des gémissements, tant que cela ne s’apaise pas et que l’on n’accepte pas sa situation. Tout le monde se met à raisonner avec justesse et se réjouit parce qu’une nouvelle culture vient dans le monde, une culture de l’amour qui élargit l’âme humaine, rapproche les gens et leur permet de se développer convenablement. La nouvelle culture sous-entend l’application du plan divin. C’est le seul moyen pour l’homme de prendre conscience qu’il doit être d’une pureté absolue comme les anges. Acquérir la pureté des anges, c’est être prêt à servir Dieu, à accomplir Sa volonté. Aujourd’hui peu de gens accomplissent la volonté de Dieu. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas la pureté voulue. Seul celui qui est pur peut voir Dieu et Le servir.

         Le Christ dit : « Heureux les purs de cœur car ils verront Dieu. » Sachant cela, tendez vers la pureté pour voir Dieu et Le connaître. Vous ne pouvez pas Le connaître si vous ne Le voyez pas. Chacun peut voir Dieu au moins trois fois dans sa vie, à condition de vivre dans la pureté. Avez-vous vécu plusieurs années d’affilées dans la pureté ? Vous direz que c’est impossible car vous vivez entre pécheurs. Vous pensez que si ceux qui vous entourent sont des pécheurs, vous l’êtes aussi : il ne faut jamais se justifier en invoquant ceux qui nous entourent. Chacun doit décider de vivre dans la pureté pour soi-même, et accomplir la volonté de Dieu. Ne dites pas comme David : « Ma mère m’a conçu dans le péché.[2] »

         Quelle est la cause de l’existence du péché ? La misère intérieure de l’homme. Lorsqu’il devient misérable intérieurement, l’homme se met à pécher. Plus il pèche, plus il perd l’espoir de pouvoir redresser sa vie. Lorsque les humains sont dans l’incapacité de redresser leur vie, Dieu descend du Ciel pour la redresser. D’ici cent ans au maximum Dieu arrangera le monde et la vie des humains avec. Vous direz que cent ans c’est long et que vous ne verrez pas ce jour de votre vivant. Cent ans représentent une journée divine. Ce qui semble trop et impossible aux humains, n’est pour Dieu qu’un instant où les choses impossibles deviennent possibles. Les choses sont relatives ; nous vivons dans un monde de la relativité. Parfois l’homme vit la minute comme une journée et parfois la journée comme une minute ; cela dépend des conditions dans lesquelles il évolue. Si vous entrez dans le for intérieur d’une personne condamnée à la pendaison dans un an, ce délai vous paraîtra comme une journée ; mais si vous attendez votre bien aimé, la minute vous paraîtra longue comme un jour. C’est pourquoi nous disons que le temps est relatif ; il est fonction de l’intensité de notre pensée. Pour comprendre les choses dans l’absolu, l’homme doit vivre en même temps dans la conscience de tous les êtres vivants, des plus évolués aux moins évolués ; ce n’est qu’ainsi qu’il se fera une opinion juste sur les animaux comme sur les êtres humains.

         « Heureux les purs de cœur car ils verront Dieu. » Voir Dieu signifie pouvoir monter dans les mondes supérieurs parmi les êtres intelligents et descendre en bas parmi les êtres inférieurs sans succomber à leurs influences, sans se laisser contaminer par leurs vices et faiblesses. C’est être pur d’intelligence, de cœur et de corps, c’est-à-dire être intérieurement pur, d’esprit, d’âme et de corps. Chacun peut tester la force de la pureté et s’en convaincre. Que fait le jardinier qui veut replanter un arbre ? Il procède à un grand nombre d’essais avant d’acquérir cet art. Lorsqu’il le maîtrise, il ne craint plus que la bouture ne prenne pas. En même temps il doit respecter le moment pour faire la bouture ; tous les moments ne sont pas propices à cette opération. Lorsqu’il découpe l’écorce de l’arbre pour implanter le bourgeon, le jardinier lui cause une certaine souffrance qu’il est impossible d’éviter. De même, il est impossible pour l’homme de se purifier et de s’anoblir sans traverser des souffrances.

         Celui qui est passé par le processus de la purification a connu la souffrance. Les souffrances sont de deux types : les souffrances ascendantes et les souffrances descendantes. Les premières élèvent et anoblissent alors que les secondes font régresser et rendent féroce. Pour faire face à la férocité, l’homme ne doit pas rester sur place, mais il doit se déplacer ; s’il a un mouvement descendant, il doit continuer de descendre tant qu’il n’atteint pas le fond. La même loi régit les souffrances ascendantes : s’il a une trajectoire ascendante, il doit continuer à monter tant qu’il n’atteint pas le point culminant. Dans les deux cas, aucun arrêt n’est toléré, ni en montée ni en descente.

         Un voyageur traversait une zone montagneuse. Surpris par la nuit, il a continué son chemin dans l’espoir d’atteindre une habitation pour s’abriter. Comme l’obscurité était de plus en plus grande, il ne voyait plus où il mettait les pieds. Soudain il a glissé et a pu attraper une branche sur laquelle il est resté suspendu. Il a passé ainsi plusieurs heures de grande terreur : ses bras ont peu à peu faibli, les forces ont commencé à le quitter. Il ne se décidait pas à lâcher la branche, s’imaginant être au-dessus d’un gouffre béant. Il a prié, il a pleuré, mais voyant qu’il ne pouvait plus résister dans cette position, il a fait ses adieux à sa femme, à ses enfants en se disant : « Je me laisserai tomber dans l’abîme, advienne que pourra, mes bras ne me tiennent plus. » Il s’est lâché, mais quelle n’a pas été sa surprise de voir que le vide sous ses pieds n’était que de quinze centimètres. Il a soupiré avec soulagement en se disant : « On doit être héroïque : si on chute et si on pèche, mieux vaut aller jusqu’aux tréfonds pour ensuite recommencer à grimper vers le haut.

         Ainsi, les vrais héros sont ceux qui descendent au fond, puis s’élèvent vers les plus grandes hauteurs. Les premiers sont des héros, parce qu’une fois au fond ils ont le courage et la volonté de remonter jusqu’aux plus grandes hauteurs. Les seconds sont aussi des héros car lorsqu’ils ont atteint la plus haute marche, ils ont le courage de descendre jusqu’au fond et de recommencer à grimper vers le haut. La philosophie de la vie réside dans cette montée et cette descente. Le mot descente effraie certains qui préfèrent ne pas monter pour ne surtout pas descendre : c’est la conception matérialiste de la vie. Puisqu’il est venu sur terre, l’homme descendra et montera ; ce qui importe, c’est de savoir comment descendre et comment monter. Celui qui ne connaît pas les lois est en danger aussi bien lors de la descente que lors de la montée.

         La même loi se rapporte à la nourriture : il ne suffit pas de se nourrir, encore faut-il savoir comment se nourrir. Lorsqu’il mange en pleine conscience, dans de bonnes dispositions et de bon appétit, l’homme est sain. Certains mangent des plats savoureux, plusieurs par repas, variés et bien cuisinés, mais pourtant ils ne sont pas en bonne santé. Pourquoi ? Le mécontentement perturbe leur appétit qui est alors privé de pureté. Pour que l’appétit et le goût se rétablissent, l’homme doit jeûner quelques heures ou quelques jours. C’est pourquoi, lorsque l’enfant se fâche et ne veut plus manger, la mère doit le laisser éprouver la faim, elle doit le laisser affamé vingt-quatre, trente-six ou quarante-huit heures, pour qu’il ressente la faim et le désir de manger. Lorsque l’homme perd le sens de la vie, qu’il se mette à jeûner ; un jeûne de plusieurs jours améliore son état et redonne du sens à sa vie. La nature agit de la même manière : elle envoie plusieurs maladies aux humains pour que leur organisme se purifie et ainsi se renouvelle.

         Les gens d’aujourd’hui appliquent différentes méthodes pour éduquer et s’auto-éduquer, mais ils ignorent les méthodes de la nature. Je dis, renoncez à toutes les méthodes humaines et passagères, suivez les méthodes de la nature. Étudiez les lois auxquelles obéissent les végétaux et les animaux et inspirez-vous d’elles ; observez le lever du soleil, les sources, le sens de leur écoulement, etc. Si vous êtes indisposés, ne vous découragez pas ; cette indisposition est passagère, due à quelque nuage qui fait de l’ombre au soleil de votre vie. Le prochain souffle du vent chassera le nuage et votre soleil brillera de nouveau. N’en est-il pas de même avec le soleil physique ? Aujourd’hui vous voyez le ciel maussade, couvert de nuages ; quelques heures après il s’éclaircit, le soleil se montre et la lumière et la joie affluent dans votre âme. Les épreuves, les souffrances, les insuccès dans votre vie sont dus aux nuages qui bouchent votre horizon. Ils ont une prédestination grandiose : vous nettoyer de vos encombrements intérieurs.

         Une de nos connaissances, un marchand fortuné, raconta son histoire. Il disait qu’au début de son commerce, ses affaires se portaient bien, il gagnait toujours et ne savait pas ce que perdre signifiait. Un jour il s’est réveillé sans pouvoir quitter le lit : un côté de son corps était paralysé. Il a aussitôt appelé un médecin. Après examen, le médecin lui a conseillé de se reposer deux ou trois ans et de ne pas travailler. Il est resté au repos un ou deux mois, mais dès qu’il s’est senti mieux il a recommencé à travailler ; il accumulait alors des pertes sur tout ce qu’il entreprenait ; il a perdu en un an des dizaines de milliers de leva. Plus il perdait dans le commerce, meilleure était sa santé ; lorsqu’il a cessé de perdre, il était alors parfaitement en forme. Ce qui montre qu’il avait dû donner cet argent quelque part : aux pauvres, aux orphelins, aux associations caritatives ou autres. Comme il ne l’avait pas fait de lui-même, la nature lui a donné une maladie par laquelle nettoyer la matière impure accumulée dans son organisme. Les pertes qu’il avait subies représentaient un abcès que le médecin a crevé pour laisser s’écouler la matière impure.

         Le Christ dit : « Heureux les purs de cœur ». Qui sont ces purs de cœur ? Ceux qui n’ont pas d’abcès. Chacun doit se scruter, trouver ses abcès et commencer à les soigner. Quelqu’un dira qu’il n’a aucun abcès ; personne dans le monde n’est exempt d’abcès ; il en a au moins un, sinon plusieurs. L’homme ne doit pas dissimuler ses faiblesses, il doit être honnête envers lui-même, reconnaître ses fautes et ses péchés. C’est avoir une grandeur d’âme que de reconnaître ses erreurs ; c’est ainsi que l’on s’élève. On se tourne alors vers la religion qui donne aux humains des méthodes pour sublimer et élever leurs intelligences et leurs cœurs.

         Lorsqu’il s’incarne et se réincarne, l’homme étudie la loi du sacrifice. Il est prêt à se sacrifier pour le bien-être d’autrui qui prendra conscience un jour de ce qu’il a fait pour lui et dira : « Il y avait un grand homme parmi nous qui a accompli beaucoup de sacrifices pour des personnes isolées, mais aussi pour notre peuple. Il était une source où tous, nous puisions de l’eau pour nous désaltérer. » Bienheureux est cet homme, car son sacrifice pour autrui a orienté sa vie vers le haut. Il a fait son sacrifice au bon moment, lorsque tous avaient besoin de l’eau pure de sa source.

         Il n’y a pas de développement sans sacrifice. C’est pour cela que la loi du sacrifice existe non seulement entre les humains, mais aussi entre les plantes et les animaux, partout dans la nature. Comment se manifeste la loi du sacrifice chez les plantes ? Dans leur élan pour se hisser vers le haut. Grâce à cette aspiration, la graine, et en particulier le grain de blé est prêt à se sacrifier, à être semé en terre pour germer un jour et entamer son développement. Mais ni cet élan, ni le terreau ne sont suffisants ; il y a encore trois éléments nécessaires au développement, ce sont la chaleur, la lumière et l’humidité. Les mêmes éléments sont requis pour le développement de l’homme : l’humidité symbolise la vie, la chaleur symbolise l’amour et la lumière, la vérité. Ce que sont l’amour et la vérité ne peut pas être dit en quelques mots. Si vous voulez savoir ce que représente l’amour, prononcez ce mot plusieurs fois par jour, à un moment déterminé, et durant un mois, pour sentir les forces qui se trouvent en lui et son action sur l’homme.

         « Heureux les purs de cœur ». Semez ces mots dans votre conscience comme le jardinier plante les arbres dans son verger et observez les résultats que vous obtiendrez. Dans quelque temps l’expression pur de cœur vivra en vous et vous récolterez ses fruits. Chaque mot doit être semé pour donner de bons fruits. Cela signifie de vérifier chaque chose pour vous forger une conviction. Ne pensez pas que l’expression, pur de cœur, est abstraite ; elle a un rapport à l’intelligence, au cœur et au corps humain. Bienheureux celui qui a les conditions pour monter et descendre et qui peut mettre à profit ces conditions. L’expression, pur de cœur, est constituée de deux mots : pur et cœur. Le cœur est un centre de la vie et c’est pourquoi le pur de cœur sait d’où il vient et où il va. Il comprend les processus de l’élévation et de la chute, il sait qu’il est venu du soleil et qu’il y retournera. La différence entre lui et les autres se résume dans le fait qu’il sait d’où il vient et où il va, tandis qu’eux ne le savent pas.

         Quand je parle du soleil, je sous-entends les sept planètes : Vénus, Jupiter, Mars, Saturne, Mercure, Uranus, Lune, comme éléments de la vie. Lorsqu’il descend sur terre, l’homme se densifie progressivement après quoi il se dilue de nouveau, passe par les planètes et retourne là d’où il est venu. C’est ce que les gens nomment mort et que nous appelons départ. L’homme apparaît sur terre et disparaît comme les comètes. Il y a des années, la comète de Halley a fait son apparition et a entraîné des interprétations diverses chez les scientifiques ; certains ont déclaré qu’elle annonçait la fin du monde. Le monde ne s’est pas fini, mais la Première Guerre Mondiale a éclaté, apportant des catastrophes pour les peuples. Avec sa queue, la comète a emporté beaucoup de gens.

         « Heureux les purs de cœur. » Avec ce verset le Christ insiste sur la pureté en tant que condition de maintien du lien entre l’âme humaine et Dieu. La pureté élève l’homme alors que l’impureté le rabaisse. Un peintre italien a voulu représenter l’image du Christ ; il a longtemps cherché un visage qui convienne jusqu’à tomber sur un jeune homme de vingt-et-un ans avec un visage pur et pieux et l’a prié de se rendre chez lui pour le dessiner. Le jeune homme a répondu favorablement au peintre qui a dessiné la représentation du Christ, travail dont il s’est montré très satisfait. Dix ans plus tard, le peintre a voulu représenter l’image de Judas et a recherché quelqu’un de ressemblant. Peu de temps après il a rencontré un trentenaire et l’a sollicité : « Êtes-vous d’accord de me servir de modèle ? – Je suis d’accord. » Le peintre a commencé son travail et à la fin il a remercié le jeune homme de l’avoir aidé à représenter l’image de Judas. Très surpris de ces mots, le jeune homme a demandé : « Monsieur, comment est-ce possible de poser pour vous pour le Christ il y a dix ans et pour Judas aujourd’hui ? – Tu dois répondre tout seul à cette question, a répondu calmement le peintre. »

Comment un même visage peut-il représenter le Christ et Judas ? Où se trouve la faute ? En l’homme lui-même. Tant qu’il vivait une vie pure et pieuse, il ressemblait au Christ ; lorsqu’il a corrompu sa vie, il a pris les traits de Judas. La faute est à ce jeune homme et non pas au peintre. Ainsi, ne soyez pas fâchés si un peintre vous voit avec les traits de Judas. Vous êtes bienheureux si dans votre visage il voit les traits du Christ. Ayez la patience qu’il vous représente pour voir vous-mêmes vos traits, le témoignage vivant de votre vie. La bonne et la mauvaise vie se gravent sur le visage humain, c’est pourquoi on dit que rien ne reste caché dans ce monde.

         L’homme doit travailler sur lui-même pour cultiver l’humilité, être prêt à s’élever ; on ne peut pas être un grand homme si on n’est pas humble. Un peintre célèbre a dessiné le portrait d’un notable. Le portrait était grandeur nature, de la tête aux pieds ; lorsqu’il en est arrivé aux chaussures, il s’est vu en difficulté et ne s’en sortait pas. Comme il était humble, il s’est adressé à un cordonnier connu pour qu’il ajoute quelques traits sur les chaussures et corrige le dessin. Flatté, le cordonnier en bon professionnel a fait ses ajouts et le tableau a pu être achevé. Mais il a gardé le pinceau du peintre souhaitant rajouter d’autres traits à d’autres endroits sur le dessin. Le peintre lui a pris le pinceau des mains en disant : « Cher ami, le reste du travail n’est pas du domaine de tes compétences. »

         L’homme a besoin d’humilité : savoir quel travail est de son ressort et lequel ne l’est pas. Si une mère vient vous présenter de bonnes méthodes d’éducation des enfants, écoutez-là attentivement ; elle peut légitimement traiter la question de l’éducation ; si un juriste vient vous exposer les façons de remettre dans le droit chemin l’humanité et chaque individu, écoutez-le, lui aussi, attentivement : il a travaillé dans ce domaine et il a une expérience dont il peut témoigner.

         « Bienheureux les purs de cœur ». Pourquoi sont-ils bienheureux ? Parce qu’ils voient l’intelligence qui travaille dans le monde. Ils la voient comme une grande loi qui a un rapport avec l’élévation de toute l’humanité. Celui qui connaît cette loi ne se précipite pas pour résoudre les questions. Pourquoi faut-il se presser ? Vous direz qu’il y a énormément de questions et qu’il faut les résoudre vite. Réjouissez-vous d’avoir beaucoup de questions à résoudre ; vous avez beaucoup de travail pour plusieurs années. Si la grange de l’agriculteur est remplie de blé, faut-il qu’il se dépêche de le manger ? Il mangera chaque jour autant qu’il veut, il en distribuera aux pauvres et sèmera le reste, et tous se réjouiront de l’abondance de la vie. Certains pensent que lorsqu’ils iront dans l’autre monde, ils se reposeront, boiront et festoieront ; il y aura des moments de repos mais aussi du travail, même plus que sur terre où il y a des épreuves, du labeur et du travail. Le Christ appelle à Lui justement ceux qui ont connu les épreuves et le labeur pour qu’ils travaillent. Il dit : « Venez à Moi, vous, les laborieux et les éprouvés. » Ce sont ceux qui ont connu les épreuves et qui les ont surmontées. Dieu est content de celui qui a vaincu les difficultés et s’est hissé au-dessus d’elles.

         « Les purs de cœur ». Pourquoi l’homme doit-il être pur ? Pour forger sa volonté. La pureté apporte de la pugnacité au caractère. Dans beaucoup de chants bulgares, on décrit des caractères sans pugnacité. Dans ces chants transpire le mécontentement de la femme envers la vie et la fortune, et sa recherche du bonheur par le chemin du cœur. Elle rencontre quelqu’un qui lui propose de s’évader avec lui, mais qui la quitte ensuite. Je vous exposerai quelques chants pour vous montrer la déception de la femme.

         Premier chant – « Peter et Ianka » :

         Seigneur, grand Dieu !

         Forêt, refleuris pour moi,

Eau, écoule-toi vers moi,

Peter, appelle-moi !

Mais ni la forêt a refleuri,

Ni l’eau s’est écoulée,

Ni Peter a appelé.

 

Deuxième chant – « Balio et Véla » :

         Véla a voulu s’assoupir,

         Et Véla s’est couchée

         Sur les genoux de Balio

         Et s’est doucement endormie.

         Mais n’est-ce pas Balio vilain,

         Qu’il a sorti des ciseaux pointus,

         Et il a coupé les parures de Vela.

         Il a emporté l’or et l’argent

         Et a fui loin de Véla.

 

Troisième chant – « Stoyan et Kirouchka » :

         Vois-tu cette colline ?

         Il y a derrière un grand village,

         J’ai là-bas mon amoureux auprès d’une autre –

         Et avec un petit enfant garçonnet.

         Disait ainsi Kirouchka :

         Stoyan, maudit Stoyan,

         Comme tu m’as trompé.

         N’as-tu pas un petit frère

         Pour me prendre pour épouse ?

        

Lorsque vous lisez ces chants populaires, vous voyez le courage de ceux qui ont décrit le caractère du Bulgare tel qu’ils le connaissent. Mais un Bulgare qui se manifeste comme Balio, Peter et Stoyan n’est pas pur.

         La pureté est nécessaire à tous ; ce n’est pas un reproche, mais l’homme doit être pur. Chacun doit se poser la question de savoir s’il est pur ou non. Quelle que soit sa position, professeur, prêtre, juge, directeur, il doit se poser la question : « Suis-je pur ou non ? Est-ce que je mène à bien ma mission ou non ? » L’homme doit se demander s’il est pur envers sa femme ; la femme doit se demander si elle est pure envers son mari ; le fils et la fille doivent se demander s’ils sont purs envers leurs parents.

         Beaucoup lisent les œuvres des grands écrivains et citent ce qu’un tel ou tel autre a écrit. C’est bien, mais ce qui est beau et grandiose doit être appliqué. L’homme doit avoir des convictions. S’il est venu sur terre, il doit savoir que la mort n’existe pas ; voilà ce que signifie pour l’homme être pur. Puisque la mort n’existe pas, on ne peut pas parler de décomposition ; là où il n’y a pas de pourrissement et de décomposition règne la pureté. Les gens sont mécontents de leur vie lorsqu’il y a un manque d’humidité dans leur organisme : l’humidité sous-entend l’amour envers les humains. Aimez les gens si vous voulez obtenir plus d’humidité. Ce qui ne signifie pas qu’il faut former des marécages autour de soi. Il y a une quantité déterminée d’humidité à avoir dans un organisme ; si la mesure est dépassée, l’eau stagne et forme des marécages.

         Gardez-vous de dépasser la limite des choses.

 

Sofia, 29 avril 1917


[1] « Je vais vous faire connaître un mystère. Nous ne mourrons pas tous, mais tous, nous serons transformés, en un instant, en un clin d'œil, au son de la trompette finale. Car la trompette sonnera, les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons transformés. » (1 Corinthiens 15, 51-52)

[2] « Voici, dans la faute j’ai été enfanté et, dans le péché, conçu des ardeurs de ma mère. » (Psaume 51, 7)

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