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Ani

1917_04_08 Jacob et Esaü

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                                                 Jacob et Esaü

 

« Il eut un songe. Et voici, une échelle était

appuyée sur la terre, et son sommet touchait au ciel.

Et voici, les anges de Dieu montaient et

descendaient par cette échelle. »[1]

Genèse 28 :12

 

         Jacob et Esaü, voilà un sujet de discussion intéressant. Celui qui a lu la Bible connaît ces deux caractères. Jacob et Esaü sont deux frères : Jacob le plus jeune, Esaü le plus âgé ; la différence d’âge est infime, quelques heures. On peut déterminer sept caractères sur la base de ce récit. On a prophétisé sur Jacob et Esaü que deux peuples en sortiront et que le peuple le plus grand servirait le peuple le plus petit. Ils se sont affrontés déjà dans le ventre de leur mère et lui ont causé de grands troubles. On dit qu’Esaü est né en premier, puis, Jacob en suivant, qui tenait le talon de son frère. Ils étaient physiquement très différents : Esaü était poilu et Jacob imberbe ; autrement dit, Esaü était viril et Jacob efféminé.

         Du point de vue physiologique, Esaü est un homme de la nature, sincère, entier, impulsif, qui vit au jour le jour, sans savourer la vie : il représente la culture inférieure. Beaucoup ressemblent à Esaü : lorsqu’ils mangent à leur faim, ils disent : « Nous Te remercions Seigneur de nous avoir nourris ; demain prends de nouveau soin de nous ». Ils remercient uniquement par rapport à la nourriture. Jacob est efféminé, mais courageux ; il y a certains traits négatifs dans son caractère : malice et duplicité. Jacob ressemble aux négociants qui gagnent à tous les coups ; quel que soit l’enjeu, il veut gagner à tout prix.

         Selon la loi juive, en tant qu’aîné, Esaü devait recevoir la bénédiction de son père, mais Jacob a voulu supplanter son frère. Il cherchait une occasion pour réaliser son dessein et elle s’est rapidement présentée à lui. Un jour, Esaü qui rentrait du champ éreinté et affamé, a vu son frère manger des lentilles ; il lui a demandé un plat de lentilles pour se nourrir. « Je t’en donnerai, lui dit Jacob, si tu me cèdes ton droit d’aînesse. – Je te le céderai, promis, donne-moi seulement à manger. Que vaut ce droit d’aînesse, comparé à ma faim ? »

Deux autres caractères font leur apparition ici : la mère et le père. La mère préférait Jacob, semblable à elle par son intelligence et ses aspirations de cœur. Le père préférait Esaü qui était un homme simple, d’une conscience ordinaire. La mère symbolise l’intelligence humaine et le père, la raison qui a atteint chez quelqu’un son degré le plus élevé. La mère éprouvait le même désir que Jacob : accaparer le droit d’aînesse. Mais le père qui préférait Esaü trouvait légitime qu’en tant qu’aîné ce soit lui qui obtienne la bénédiction. Âgé et aveugle, le père a dit à Esaü : « Me voici vieux, et ignorant encore le moment de ma mort ; prends ton arme à présent et sors pour tuer un gibier et me préparer un plat savoureux comme je l’aime, puis apporte-le-moi à manger et ainsi je te bénirai avant de mourir.

Et Esaü s’est rendu aux champs pour tuer un gibier et l’apporter. Rebecca, en entendant ce que disait Isaac à son fils Esaü, dit à Jacob : « J’ai entendu ton père parler avec Esaü, alors écoute mon conseil : choisis dans le troupeau deux beaux chevreaux pour faire un bon plat à ton père comme il l’aime ; et tu les porteras à ton père pour qu’il te bénisse avant de mourir. Et Jacob a dit à sa mère : « Esaü est poilu et moi je suis imberbe. Si mon père me touche et m’accuse d’imposture, j’attirerai la malédiction au lieu d’une bénédiction. – Que la malédiction me frappe, pourvu que tu écoutes ma recommandation – a dit la mère. »

Jacob a pris les chevreaux pour les porter à sa mère afin qu’elle prépare un plat savoureux comme l’aimait son père. Rebecca a pris les vêtements d’Esaü et habillé Jacob, en couvrant ses bras et sa nuque des peaux des chevreaux. Ainsi Jacob a reçu la bénédiction de son père à la place d’Esaü, et il en a pâti par la suite.

Il n’y a pas de pensée, de sentiment, d’action, bons ou mauvais, qui reste sans conséquences, c’est une loi que chacun peut vérifier. Les humains du XX° siècle ne reconnaissent pas cette loi et vivent comme bon leur semble : ils mangent et ils boivent sans penser aux conséquences sur leur vie. L’homme et la femme ne vivent pas en accord entre eux, mais peu importe, ils s’attendent à avoir des enfants merveilleux ! S’ils ne le sont pas, les parents se demandent de qui ils tiennent, sans se douter que la cause est en eux-mêmes. La loi divine proclame : pour avoir de bons enfants, il faut une harmonie complète entre le père et la mère. Ce qui ne veut pas dire qu’ils doivent être parfaitement identiques, mais qu’ils aient des points communs, qu’ils s’aiment et s’entendent. Il y a des subtilités qui distinguent l’homme et la femme, mais ces distinctions sont difficilement perceptibles. D’illustres philosophes, scientifiques et écrivains ont fait des essais pour décrire la différence entre l’homme et la femme sans y parvenir au bout du compte ; ils peuvent établir des différences, partiellement mais pas complètement. D’ordinaire les formes rondes prédominent chez la femme alors que les lignes droites et anguleuses l’emportent chez l’homme. Les lignes rondes donnent de la douceur au caractère alors que les lignes droites lui donnent de la dureté et du tranchant. Les gammes chromatiques prédominent chez l’homme.

Dans le récit sur Jacob et Esaü, la mère conseille à son fils Jacob de mentir pour obtenir la bénédiction de son père. Si elle donne ce type de conseil, c’est qu’elle a déjà menti autrefois. Quelqu’un dit : « J’ai menti aujourd’hui » ; tu as donc menti aussi avant. Le mensonge ne date pas seulement d’aujourd’hui, il trouve son origine dans le passé lointain, depuis des temps immémoriaux. Qui est la source première du mensonge, l’humain ou l’animal ? Quand est-ce que le mensonge est entré dans la vie des humains : à leur élévation ou à leur chute ? Lorsqu’il a menti à son frère, Jacob avait trente-deux ans, le moment où se forme le caractère humain. C’était l’âge de Jacob lorsqu’il a sciemment volé la bénédiction qui revenait à Esaü. Sur le conseil de sa mère, Jacob a dû aller chez son oncle Laban pour se cacher d’Esaü et se soustraire à son courroux. Jacob a quitté la maison paternelle et s’est mis en route. Dès le premier jour, après le coucher du soleil, il a fait un rêve : il a vu une échelle dressée sur la terre dont le sommet atteignait le Ciel ; et voici que les anges de Dieu descendaient et montaient sur elle.

         Dieu a vu les agissements de Jacob et lui a donné ce qu’il méritait. Ceci montre qu’Il voit toutes les pensées et tous les sentiments des humains, note tout et rétribue ou punit chaque acte. Jacob est allé chez son oncle Laban, un homme malin et pragmatique qui est devenu son tuteur. Dans ce foyer trois autres caractères sont mis en avant ; Laban et ses deux filles : Léa, la plus âgée et Rachel, la plus jeune. Avant d’arriver chez son oncle, Jacob a rencontré Rachel au puit et l’a aidée à puiser de l’eau, puis il l’a embrassée en lui disant qu’ils étaient parents. Dès ce moment il est tombé amoureux de Rachel. Étant quelqu’un de pragmatique, Laban a questionné Jacob sur le salaire qu’il souhaitait pour la durée de son séjour. Jacob a répondu qu’il aimait Rachel et la voulait pour femme, c’était son salaire. Le nom Rachel est rempli de sens ; il représente le côté idéal et sublime dans l’être humain. Laban a promis de donner Rachel à Jacob à condition qu’il travaille sept ans pour l’obtenir, ce qu’il a accepté. Les sept années écoulées, Laban lui a donné pour épouse Léa, sa fille plus âgée au lieu de Rachel. Ce n’est qu’au matin que Jacob a compris qu’il avait été trompé et il a demandé à son oncle : « Pourquoi m’as-tu trompé et ne m’as-tu pas donné Rachel comme tu me l’avais promis ? »

Laban a répondu : « Selon nos lois, c’est d’abord la fille la plus âgée qui se marie et ensuite la plus jeune. Travaille encore sept ans pour moi, et je te donnerai aussi Rachel. »

Nous voyons ici la loi de la rédemption : Jacob a menti à son père et à son frère, c’est pourquoi Laban lui a menti aussi. Pour ses deux mensonges il a dû servir quatorze ans ; sept ans pour avoir menti à son père, et sept ans pour avoir menti à son frère.

Beaucoup pensent qu’ils sont affranchis des tourments de Jacob, qu’ils ne mentent jamais. Tant qu’il est sur terre, l’homme jouera toujours un rôle : celui d’Isaac et Rebecca ou celui de Jacob et Esaü, ou celui de Léa et Rachel ou celui de Laban. Ce sont sept caractères distincts avec des rôles spécifiques.

Souvent les humains vendent leurs pensées et leurs sentiments comme Laban a vendu ses deux filles pour s’enrichir. Le monde est une échelle sur laquelle les gens montent et descendent, se trompent, se pourchassent, se courent après, s’aiment et se haïssent. Ceux qui s’aiment ne peuvent pas se marier ; les autres se marient pour de l’argent et non par amour. Léa représente la femme prise pour son argent et pas par amour. Pour obtenir Rachel, Jacob a dû d’abord épouser Léa. La même chose se produit dans la vie des gens aujourd’hui : un jeune homme aime une jeune fille, mais il ne peut se marier avec elle car ils sont pauvres tous les deux. Comme il ne peut pas satisfaire son désir, il rencontre une femme riche qui l’entretient pour qu’il fasse des études à l’étranger. Il lui promet de l’épouser – c’est Léa qu’il épouse après un temps, en délaissant la première à laquelle il dit : « Tu es belle, vertueuse et noble mais dans ce monde on ne vit pas qu’avec la beauté et la noblesse. »

Laban était malin, mais Jacob possédait l’art de s’enrichir. Lorsqu’il a servi son oncle quatorze ans pour ses deux filles, il est resté sept ans de plus pour s’enrichir lui-même. Il a acquis ainsi une grande fortune : des moutons, des chèvres, des chameaux. Lorsque les brebis et les chèvres vigoureuses s’accouplaient, Jacob mettait dans leurs auges des rameaux à l’écorce pelée et ainsi, en les regardant elles mettaient bas des agneaux rayés et tachetés ; et il séparait ensuite ses brebis et ses chèvres de celles de Laban. C’est ainsi que Jacob s’est enrichi de nombreux troupeaux, d’esclaves hommes et femmes, de chameaux et d’ânes. Et finalement après avoir passé vingt et un ans chez Laban, Jacob est retourné chez son frère.

Beaucoup veulent être riches, mais ceci nécessite un savoir-faire. Celui qui veut être riche doit posséder le courage de Jacob. Jacob avait aussi des traits de caractère négatifs, mais Dieu lui a envoyé de grandes souffrances et des épreuves pour qu’il s’anoblisse. Combien de fois il s’est amèrement lamenté sur son sort ! Bien que déjà âgé, il a dû être berger pour garder les troupeaux de son oncle et répondre devant lui pour chaque agneau ou chevreau égaré. Par les souffrances et les épreuves, Jacob a acquis la faculté de contempler. Il s’est lié à Dieu, il a prié et conversait avec Lui jusqu’au jour où il décida de prendre ses femmes, ses fils et ses filles et tous ses avoirs et de quitter la maison de Laban pour retourner dans la maison paternelle, auprès de son frère Esaü. Il s’est échappé de chez Laban et s’est mis en route. Lorsqu’il a été proche de sa maison natale, Jacob a envoyé des messagers à son frère et a passé toute la nuit à prier. Pendant qu’il priait, un homme a surgi qu’il a combattu toute la nuit. En voyant qu’il ne pouvait pas prendre le dessus, cet homme a touché l’emboîture de la hanche de Jacob et l’a démise en disant : « Laisse-moi m’en aller car l’aurore arrive. Jacob a répondu : « Je ne te laisserai pas aller tant que tu ne m’auras pas béni. – Qui es-tu, quel est ton nom ? – Jacob. – Désormais on ne t’appellera plus Jacob, mais Israël car tu as lutté avec Dieu et avec des hommes, et tu as vaincu. »

L’homme avec lequel Jacob avait lutté toute la nuit était un ange.

Que signifie le prénom Jacob ? Obstructeur : il faisait barrage, il s’opposait à Dieu et aux hommes. Comme son caractère avait changé, il a fallu changer son prénom. Si le prénom de l’homme ne change pas, aucun changement ne se produira non plus dans son caractère. Pour changer de visage, il faut changer de caractère et aussi de prénom. Dans l’autre monde la forme et le prénom de l’homme sont deux choses identiques. Combien de lettres composent le prénom de l’homme, dans quel ordre se suivent les voyelles et les consonnes, c’est ce qui influence son caractère et sa force ainsi que les qualités de son âme. Le prénom Rebecca par exemple, la mère de Jacob et d’Esaü a deux significations opposées, selon les deux peuples engendrés par elle. Les peuples de l’époque allaient sur le chemin de l’involution alors que les peuples d’aujourd’hui vont sur le chemin de l’évolution. Mais aujourd’hui encore il y a deux cultures : la culture de l’intuition et la culture de la raison. Pour concilier ces deux cultures, il faut concilier les courants qui les alimentent. Dans la science naturelle, classifier un végétal nécessite de l’étudier : quel type de racines il a, quel type de tige, quelles feuilles, etc. En étudiant l’humain, on voit bien les deux courants en lui, c’est-à-dire les deux manifestations : Jacob et Esaü. Esaü représente la nature humaine brute ; il n’estime pas son droit d’aînesse et vend son droit à la bénédiction pour trois fois rien. Il dit : « Pourquoi désirer la bénédiction, la vie est sur terre, tout est ici, c’est aujourd’hui qui importe, ce n’est pas la peine de préparer les conditions pour demain. » Esaü ne se doutait pas qu’il existait un lien entre la vie passée et la vie actuelle ; la vie actuelle est le résultat de la vie passée et la vie future est vue comme une conséquence de la vie actuelle.

Retenez ceci : l’homme ne vient pas pour la première fois sur terre. Si vous étiez sur terre pour la première fois, comment expliquez-vous les contradictions dans votre caractère ? Si vous sortiez de Dieu pour la première fois, vous devriez être purs, Le connaître. En est-il ainsi ? La plupart des humains ne connaissent pas Dieu car ils se sont détournés du droit chemin. Donc, l’homme n’est pas sorti de Dieu maintenant, mais il y a des milliers d’années. On met quelqu’un en prison et on le relâche plus tard ; tous disent : « Cet homme sort de prison et entre dans la vie ». Est-ce pour la première fois qu’il y entre ? Avant d’être en prison, il était déjà dans la vie. L’homme est jeté en prison puis relâché plusieurs fois tant qu’il n’apprend pas quelque chose, tant qu’il n’anoblit pas son caractère. En lisant Les misérables, vous voyez que Jean Valjean a passé un certain temps en prison, mais il a acquis quelque chose de précieux, il a anobli son caractère. Chaque homme entre dans la vie après avoir passé quelques années en prison - dans les sphères inférieures du monde astral. Être en prison montre qu’il a dû passer par certaines leçons pour s’anoblir, devenir meilleur. Et en sortant de prison, l’homme doit beaucoup travailler sur lui-même pour continuer à bâtir son caractère. Observez les traits caractéristiques des enfants qui viennent tout juste de ‘sortir de prison’ : dans un premier temps, ils sont égoïstes et ne pensent qu’à eux. Donnez une pomme à un enfant de trois ans et regardez-le faire ; il va cacher la pomme, la garder pour lui. Il faut longtemps éduquer l’enfant pour lui faire acquérir quelque chose de doux et noble dans son caractère. Certains enfants ne sont pas prédisposés à recevoir cette éducation et restent toujours rustres et égoïstes. Vous direz que ces traits que porte l’enfant viennent de ses parents, mais eux alors, d’où en ont-ils hérités ? Ce n’est ni une science, ni une philosophie. Les mauvais penchants et agissements des humains sont dus à une mauvaise compréhension des choses.

Esaü et Jacob voulaient obtenir les mêmes choses, mais ils avaient des méthodes différentes. Jacob a appliqué la violence, mais pour comprendre que cette méthode n’était pas juste, il a dû passer par de grandes souffrances. Donc, certains satisfont leurs désirs, et les souffrances les anoblissent. D’autres n’ont pas besoin de souffrances, ils obtiennent ce qu’ils désirent d’une autre manière et s’anoblissent également. Pour sculpter quelque chose, le sculpteur frappe longuement avec un marteau alors que la nature façonne ses sculptures d’une autre manière, pas avec un marteau. Frapper au marteau est aussi une culture, mais elle est inférieure, grossière ; la culture déployée par la nature est préférable. La maturation des fruits est aussi une culture, mais la nature n’y travaille pas au marteau. Appliquez-vous la même méthode ; c’est seulement comme cela que vous arriverez à vos fins. Vous le pouvez aussi par d’autres moyens, mais au prix de grandes dépenses et de grandes complications. Donnez des conditions aux élans positifs en vous et ne vous angoissez pas de savoir s’ils se réaliseront ou non ; laissez-vous aux mains de la nature, elle prévoit tout. Si le sculpteur travaille sur vous, vous lui donnerez un marteau : qu’il frappe comme il l’entend ; si la nature travaille sur vous, laissez là s’exprimer librement. En vous observant, vous verrez un jour que c’est Dieu qui travaille sur vous, puis le lendemain c’est vous ; et cela alterne ainsi en permanence. Vous travaillerez huit heures, et le reste du temps, c’est Dieu qui travaillera. Dans cette alternance justement, l’homme acquiert des élans sublimes et se manifeste comme un être grandiose et talentueux.

Lorsque l’homme dort, Dieu travaille intensément sur lui. Ainsi, lorsqu’il se prépare à dormir, l’homme doit laisser de côté tous ses fardeaux et s’apaiser pour que l’Esprit puisse travailler librement sur lui. Au réveil, il peut reprendre son fardeau et continuer son travail. Les rêves ont un effet éducatif sur l’homme. S’il a un mauvais rêve, il peut corriger une faute : sa conscience s’éveille et il voit qu’il s’est détourné du droit chemin. Meilleur est son sommeil, meilleure est sa santé. Essayez un mois durant de dormir paisiblement, sans aucun trouble dans les pensées et les sentiments, et vous verrez comment votre état va s’améliorer ; si vous êtes neurasthénique, vous guérirez.

Si vous voulez être en bonne santé, protégez-vous des mauvaises pensées et des mauvais désirs. Les humains se créent les souffrances et les tourments eux-mêmes : si quelqu’un de leur connaissance a obtenu un poste important, ils vont chercher un moyen de le discréditer et de lui faire perdre sa place. Le sens de la vie ne se résume pas à scruter les erreurs des autres, ni à chercher à les discréditer, mais il se trouve dans le travail que vous réalisez. Si vous êtes sculpteur, faites bien le travail qui vous est assigné ; si vous dormez, laissez la nature faire son travail sans entrave. Ce sommeil est divin, il apaise l’homme et lui apporte la bénédiction divine. Le sommeil de Jacob qui s’est endormi et s’est réveillé avec la pensée de Rachel était aussi divin. Cet homme, pragmatique et malicieux, grandissait moralement en pensant à Rachel. Tant qu’il ne pensait pas à Rachel, Jacob travaillait pour l’argent ; dès qu’il se mettait à penser à elle, il était prêt à travailler gratuitement.

Ainsi, aux gens qui s’interrogent sur la date à laquelle le monde s’arrangera, je dis : le monde s’arrangera lorsque tous, enseignants, prêtres, prédicateurs, mères et pères se mettront à travailler gratuitement. Chacun doit travailler avec désintéressement, avec amour. Celui qui ne sert pas Dieu, ne peut s’anoblir. Ainsi, Jacob a compris aussi ce qu’est servir Dieu, c’est-à-dire l’amour. Où trouverons-nous Dieu ? Dans Rachel qui représente l’amour. Le caractère humain est mis à l’épreuve par Rachel, c’est-à-dire par l’amour.

Un français a vécu longtemps en Afrique et y a gagné une grande fortune. Il a décidé de revenir en France pour y passer le reste de ses jours. Il avait deux cousins chez qui il pensait loger puisqu’il n’avait pas l’intention de fonder un foyer. Pour choisir chez qui habiter, il a réfléchi à un moyen de tester leur désintéressement et leur gentillesse. Il a parlé à chacun d’eux en ces termes : « J’étais riche, j’ai gagné une fortune en Afrique, mais j’ai tout perdu et je reviens à Paris pour mourir dans ma ville. Qui de vous deux peut m’accueillir ? » L’un a dit : « Viens chez moi un temps. » Mais, à peine une semaine après, il lui a dit : « Cherche-toi un autre endroit, tu ne peux pas rester ici plus longtemps ».

Il est allé chez son second cousin qui lui a dit : « Mon frère, tu peux rester chez moi tant que tu le souhaites. Cette maison est aussi la tienne, fais comme chez toi. »

Quelques mois après, il a voulu révéler sa véritable situation et a dit à son cousin : « Je voulais vous tester pour savoir qui de vous deux est un homme, un vrai, pour rester vivre chez lui. Tu as fait preuve d’altruisme et d’amour à mon égard. Je suis riche, je n’ai rien perdu de ma fortune et je ferai de toi mon héritier. »

En apprenant la vérité, le premier cousin est allé chez son parent qu’il avait chassé de chez lui, s’est excusé et l’a invité à revenir et à rester autant qu’il le souhaite. « C’est trop tard maintenant », a répondu le riche parent.

Un jour, Dieu se manifestera à chacun dans les habits d’une pauvre veuve, d’un pauvre jeune homme ou d’une âme en souffrance et testera jusqu’où vous êtes prêts à L’accueillir avec amour et désintéressement ; Il testera jusqu’où vous êtes fidèles à votre idéal. Ce n’est qu’ainsi que vous comprendrez le sens profond de la vie comme Jacob a compris la signification de la haute échelle sur laquelle descendaient et montaient les anges de Dieu. Aujourd’hui encore, cette échelle est dressée, et les anges de Dieu descendent et montent sur elle. Aujourd’hui, elle est plus grande et a plusieurs branches. J’aimerais que chacun de vous voie cette échelle et comprenne, au pied de la première marche, le sens de la vie terrestre et des souffrances qui lui sont données. Les souffrances ne sont rien de plus qu’une enveloppe qui contient les bienfaits de la vie. Comme la graine est enveloppée dans son noyau pour ne pas perdre les sucs nutritifs du germe, de la même manière, les souffrances enveloppent les bienfaits qui seront donnés à l’homme lorsqu’il pourra en bénéficier. Voilà pourquoi celui qui cherche le bonheur et la félicité dans le monde doit d’abord passer par les souffrances.

Le Christ dit : « Celui qui a des oreilles, qu’il écoute. » Et moi je dis : « Celui qui ne croit pas mes paroles, les vérifiera par lui-même ; lorsqu’il traversera des épreuves et des tourments, il comprendra qu’ils dissimulent les bienfaits de la vie ». Pour un mensonge, Jacob a dû servir Laban pendant vingt et un ans, et pour un meurtre, Moïse devait servir le peuple juif pendant quarante ans : chaque faute, chaque crime se rachète par les souffrances. En sachant cela, que la femme ne se demande plus pourquoi son mari la traite mal ; jadis elle s’est mal comportée envers lui ; et la domestique ne doit pas se demander pourquoi sa maîtresse agit aussi cruellement à son égard ; elle a dans le passé mal agi envers sa maîtresse. C’est la loi du karma ; suivez l’histoire de l’humanité, des peuples, des sociétés, des familles et vous verrez que cette loi agit partout avec méthode et inflexibilité. Si à l’avenir vous voulez avoir de bons fils et de bonnes filles, appliquez la loi de l’amour ; le karma se résout uniquement par l’amour. Jacob avait douze fils, mais seul Joseph était né selon la loi de l’amour. Jacob a travaillé sept ans selon cette loi, puis il s’est marié avec Rachel et a enfanté un seul fils : Joseph. Celui qui peut servir sept ans avec amour peut enfanter Joseph. Celui qui se marie de façon ordinaire sans amour, prendra Léa qu’il n’aime pas et aura d’elle plusieurs fils.

La loi de la réincarnation est une loi d’expiation et de libération des erreurs commises dans le passé. Par la même loi, l’intelligence et le cœur humains naissent et renaissent. Un écrivain américain a décrit le jour où son intelligence s’est éclairée : l’avènement de cette clarté a été pour lui une grande célébration. Ce n’est rien d’autre qu’un instant de nouvelle naissance. La joie de cet homme a été aussi grande que celle d’une mère qui enfante. Comme le cri de l’enfant à la naissance, il y a aussi le cri de l’être humain dont la raison et le cœur s’éveillent. Il est sublime le moment où la raison humaine prend en mains les commandes pour piloter le destin de sa propre vie.

Ce que Jacob a vu en songe, il y a quelques milliers d’années, se rapporte aux humains d’aujourd’hui, ceux du XX° siècle. Aujourd’hui déjà les anges de Dieu descendent et montent, une nouvelle culture nait, une nouvelle communauté se crée entre peuples et individus. Les souffrances que nos contemporains traversent montrent qu’ils sont dans la situation d’une femme qui accouche ; lorsqu’elle enfante, les anges commencent à s’incarner dans la raison et le cœur des humains, un par un. Dieu qui envoie ses anges, s’enquiert des conséquences. Il sera donné à chacun la possibilité d’entendre comment Dieu parle. Sortez tôt le matin au printemps, lorsque la nature s’éveille, lorsque les fleurs s’épanouissent et recueillez-vous en vous-même pour entendre le doux murmure de Dieu. Si votre ouïe est développée, vous entendrez une douce musique à peine perceptible qui apporte paix, sérénité et joie dans l’âme. Si vous allez en forêt, vous entendrez le bruissement des feuilles telle une mélodie subtile et agréable. Plus l’ouïe de l’homme est développée, plus grande est la chance d’entendre la douce voix de Dieu. Il ne parle pas beaucoup, Il dira un seul mot, mais qui restera gravé pour les siècles des siècles. Si les jeunes amoureux n’oublient pas les mots qu’ils se disent ou qu’ils s’écrivent, combien plus fortes sont les paroles de Dieu. Quelle fille ou quel garçon ont oublié les 3 mots, je t’aime, qu’ils se sont dit autrefois ?

Un jeune homme a raconté ce qu’il a vécu : pour plusieurs raisons, il a sombré dans le désespoir au point de songer au suicide. À ce moment, la douce voix de son ami, dans la chambre d’à côté s’est faite entendre. Il a écouté le chant qui arrivait à ses oreilles et a clairement perçu les paroles suivantes : « Je ne pense qu’à toi et jamais je ne t’oublierai. » Elles l’ont tellement bouleversé qu’il a renoncé à se suicider en se disant : « Il y en a Un qui pense à moi, c’est suffisant pour rester en vie et se réjouir de tout ce qui m’a été donné. »

En sachant que quelqu’un est là pour penser à vous, ne vous découragez pas. Si une seule pensée peut vous faire aimer la vie, combien devriez-vous l’aimer encore plus en sachant les soins que l’on vous prodigue, les efforts, le travail, venant non pas d’une seule mais de plusieurs créatures. Écoutez les paroles de chaque être humain pour comprendre leur sens, comprendre l’appel de l’âme humaine qui implore pour sa libération. Si vous entendez quelqu’un se lamenter sur la vie et implorer la mort, sachez qu’il veut mourir comme la fleur sur l’arbre ; il doit être fécondé et le fruit qui en résulte doit mûrir. En ce sens la mort n’est qu’un symbole, le passage d’une vie à une autre. Lorsqu’il meurt, l’homme renaît ; lorsqu’il naît, il meurt à nouveau.

Par conséquent, celui qui veut vivre, être libre, doit renoncer aux soucis quotidiens de la vie. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas penser ; pensez, mais sans vous tracasser. Chacun doit déterminer le programme de sa vie et tendre à sa réalisation sans anxiété. Si vous avez un père comme Jacob et une mère comme Rébecca, dites-leur : « S’il vous plaît, ne m’enseignez pas le mensonge, je n’ai pas besoin d’une telle leçon. » Si vous avez un oncle comme Laban, dites-lui de ne pas abuser de l’amour de ses proches. Beaucoup de jeunes filles et de jeunes hommes sont plongés dans le malheur uniquement parce que leurs parents s’opposent à leurs choix : laissez chacun trouver le garçon ou la fille que son cœur choisit. S’ils commettent une erreur, ils souffriront et répareront eux-mêmes cette erreur ; au moins ils souffriront par amour. Aucun être dans le monde n’est à l’abri des souffrances. Les souffrances pour des idées ont un sens, elles élèvent l’être humain. Il est préférable de souffrir pour une idée plutôt que de n’en avoir aucune. Lorsque la femme enfante et que les enfants vivent longtemps, ses peines et ses souffrances sont justifiées ; mais si ses enfants meurent, ses souffrances ne sont pas justifiées. Les pensées et les désirs des humains naissent aussi, vivent un certain temps et meurent. S’ils meurent aussitôt après leur naissance, une telle vie n’a pas de sens. Donnez la possibilité aux bonnes pensées, aux bons désirs en vous de vivre longtemps, de donner des fruits dont vos proches et vous-mêmes profiterez.

L’homme a une âme qui veut aimer ; l’homme a une intelligence et un cœur qui veulent se développer normalement. Qu’est-ce que vous deviendrez si vous tuez la vie de l’intelligence, du cœur et de l’âme ? Quelle est cette vie dans laquelle ni l’intelligence, ni le cœur, ni l’âme ne participent ? Agissez librement, sans tromperie, sans vol ni meurtre, car chacun obtient ce qu’il mérite. Chaque pensée mensongère et illicite, enfantée par l’homme, le poursuivra toute sa vie, sur la terre et au Ciel. Travaillez correctement et raisonnablement pour vous, pour vos proches et pour votre peuple. En travaillant de cette manière, vous viendrez de nouveau sur terre, mais dans de meilleures conditions. Ce qu’il adviendra d’un peuple ou d’un autre ne doit pas vous affecter, l’âme est plus importante que le peuple. Un homme qui apporte la paix, la prospérité aux humains vaut mieux qu’un peuple entier qui apporte l’affliction, la souffrance et la destruction à l’humanité. Où est le grand empire romain ? Il s’est désagrégé, mais le romain n’a pas disparu. Au même moment vivait dans le monde un véritable Homme qui a été crucifié au milieu des criminels, mais Ses idées existent et régissent encore le monde aujourd’hui ; Il vaut mieux que tout l’empire romain. Ce grand homme était le Christ.

Aujourd’hui, tous les Bulgares veulent savoir ce qu’il adviendra de la Bulgarie. Si elle suit les chemins de Dieu, aucun mal ne lui arrivera. Chacun doit œuvrer pour son développement individuel, donner libre cours à ses pensées et à ses désirs vertueux en se libérant progressivement de la peur ; votre peur diminue à mesure que votre vertu augmente. Si vous avez le caractère de Jacob vous allez nécessairement souffrir. Rebecca, Laban et tous les autres types d’humains récoltent ce qu’ils ont semé. Aujourd’hui, la plupart des gens ont pris les clés du monde matériel dans leurs mains et, où que vous alliez, ils vous disent : « Payez une contribution » ; si quelqu’un prêche, il veut aussi être payé. Il faut avoir au moins une vocation qui implique de travailler sans être payé. Il n’y a pas de vocation plus sacrée pour l’homme que de servir Dieu avec amour. Celui qui sert Dieu dit toujours la vérité ; le monde a besoin de ces créatures-là, ils sont les descendants de Rachel.

Pouvez-vous jouer le rôle de Rachel, faire paître vos moutons comme elle ? Pouvez-vous côtoyer les bergers et être honorable ? Combien une femme doit-elle avoir d’hommes, et combien de femmes un homme doit-il avoir ? Un homme et une femme. Autrement dit, on doit avoir une intelligence et un cœur. Deux intelligences, deux cœurs divisent l’humain et chaque scission engendre le mal ; une intelligence, un cœur et une volonté mènent vers le bien. Lorsque l’épouse cesse d’aimer son mari, ses ailes tombent ; lorsque le mari cesse d’aimer sa femme et en convoite une autre, il commet un adultère. L’amour doit être pur et désintéressé. Laban aussi aimait Jacob, mais il l’a manipulé. La femme doit chercher à être comme Rachel pour enfanter Joseph. Si les hommes et les femmes donnent naissance à des enfants comme Joseph, ils seront des hommes et des femmes élus, ils formeront un peuple élu.

« Les anges de Dieu descendent et montent sur elle. » Ils demandent aux jeunes filles bulgares : « Êtes-vous prêtes à enfanter des fils comme Joseph ? » Ils demandent aussi aux jeunes hommes bulgares : « Êtes-vous prêts à donner naissance à des fils comme Joseph, êtes-vous prêts à bien vivre ? Si c’est le cas, nous viendrons en Bulgarie. » Joseph est venu en Egypte pour sauver ses habitants d’un péril : la mort par la faim. Quand les anges viendront-ils dans le monde ? Cela dépend de vous : ils peuvent venir dans une heure ou dans plusieurs années. Lorsque vous laisserez à votre âme et à votre esprit la place pour se manifester, un ange de Dieu descendra. Il vous reconnaîtra et vous le reconnaîtrez. Si vous dites : « Nous sommes fautifs », il répondra : « Ne pensez pas à vos péchés, nous ne nous occupons pas du passé, et même pas du présent. Le passé et le présent sont importants en tant que conditions pour l’avenir. Un avenir grandiose s’ouvre devant vous, travaillez pour lui. » Si on m’apporte une chemise souillée, je ne demande pas pourquoi elle est sale et à qui elle appartient, mais je la mets dans une bassine et je la lave à l’eau pure jusqu’à ce qu’elle soit propre. Quand votre chemise est propre, protégez-là contre les salissures. Aspirez à l’amour qui nettoie et élève le cœur humain.

Qui purifie et élève Jacob ? Rachel, sa bien-aimée. Dieu lui dit : « Je te donne Rachel, aime-là et ne penses pas à d’autres femmes. » Jacob, qui se nomme aujourd’hui Israël, vit d’une nouvelle façon, pas comme autrefois. C’est pour cette raison qu’il rejoint les élus, les érudits, les scientifiques qui apportent la lumière dans le monde. Ils se sont sacrifiés pour l’humanité.

Aujourd’hui, tous sont au pied de l’échelle et regardent son sommet d’où Dieu leur demande : « En descendant et en montant sur cette échelle, comment envisagez-vous de vivre ? Allez-vous encore tromper vos frères et sœurs, vos pères, vos mères et vos proches ? Allez-vous chercher d’autres hommes et d’autres femmes, ou allez-vous aimer uniquement ceux que Dieu vous donne pour votre développement ? » Puis, Il se tourne vers les pères et les mères et Il les interroge : « Allez-vous encore vendre vos fils et vos filles ? – Nous avons beaucoup souffert, Seigneur. » Dieu ne compatit pas à ceux qui souffrent, Il est joyeux car Il sait qu’ils enfanteront. Dieu dit : « Tout comme Je me délecte des fleurs épanouies dans les jardins, Je me réjouis de vos enfants qui jouent, qui courent et qui sont joyeux en savourant le monde divin. » Vivre pour l’amour, se réjouir et se délecter du monde est quelque chose de grandiose. Alors, la vie de tous les humains, hommes, femmes, enfants, se transformera en chant et prière, le monde se transformera en jardin de paradis. Cela se réalisera, mais une chose est demandée à l’homme : descendre et monter sur l’échelle dont le sommet atteint le Ciel. Celui qui ne s’éloigne pas de l’échelle y puise les bienfaits de la vie. Il se trouve dans la situation de ces arbres qui poussent au bord des rivières : ils puisent l’eau et se développent vite ; ceux qui sont loin des cours d’eau sont menacés de mort. Les bienfaits divins, amour, sagesse, vérité, justice descendent sur l’échelle de Dieu ; soyez éveillés pour les utiliser.

Creusez dans vos jardins une rigole pour accueillir au moins un ruisseau de cette grande abondance, ce n’est qu’ainsi que vous changerez votre vie et que vous entrerez dans le renouveau qui vient déjà dans le monde. Le renouveau est semblable au mois de mai : tout est éveillé, tout est sorti de son hibernation, de son cocon. Et les humains sortent aussi de leurs tombes et ressuscitent. Il est dit dans les Écritures : « Sortez, vous, les morts pour nous laisser entrer, nous, les vivants. » Que signifie ce verset ? Cela veut dire : Sortez, vous, les morts qui êtes en vie, pour nous laisser entrer, nous, les vivants qui sommes morts pour nous resaler. » Que vous soyez vivants-morts ou morts-vivants, n’ayez crainte, tout est bien pour les uns et pour les autres. Celui qui sort du tombeau est déjà pur ; celui qui y entre sera purifié et viendra de nouveau, mais pur et refait à neuf. Réjouissez-vous de la vie et soyez reconnaissants de vivre.

Dans le récit sur Jacob et Esaü, j’ai exposé sept caractères dont seule Rachel est un exemple à suivre. Je souhaiterais que toutes les femmes lui ressemblent pour insuffler de grands et beaux idéaux dans tous les hommes, femmes et enfants. Je souhaiterais que les hommes soient aussi comme Rachel. Aspirez au nouvel enseignement que le Christ apporte à travers la femme ; il séchera les larmes des souffrants. À quelle femme je fais allusion ? À celle qui a le caractère de Rachel. Elle s’épanouira, donnera des fruits, et ces fruits mûriront. Alors que celle qui a le caractère de Léa devra longtemps ressemer. Les femmes doivent sauver le monde et le feront. Seules les mères peuvent sauver le monde ; celui qui croit que le monde peut être sauvé et rendu meilleur en dehors de la mère a un raisonnement erroné. Tous les prêtres, prédicateurs, enseignants, directeurs doivent s’unir autour de la mère. Le mot le plus sublime, le plus puissant est mère. Les mots Dieu, Seigneur sous entendent la mère divine.

Tous parlent de l’amour, mais sans le connaître ; nous entendons l’amour de Rachel qui exige de l’abnégation chez l’homme. Sans cet amour, la nature reste cachée à l’homme. Comme on s’ouvre à ceux qu’on aime, la nature aussi ouvre ses trésors cachés à ceux qui l’aiment et qu’elle aime. Celui qui porte en lui la clé de l’amour peut pénétrer les grands secrets de l’existence.

En conclusion de tout cela, je dis : six forces œuvrent dans ce monde : Rebecca, Isaac, Jacob, Esaü, Laban et Léa. Elles créent les peines et les souffrances de l’humanité et la privent de son sel. Une nouvelle force vient dans le monde, Rachel, qui apporte la lumière aux esprits humains. Partout on appelle : « Que les femmes aillent sur le champ de bataille ! » Lorsque les hommes resteront à l’arrière et que les femmes iront au front, le monde se redressera. Dieu, les anges, les saints ont une grande foi dans les femmes, et moi aussi j’ai une grande foi en elles. Par conséquent le monde se redressera lorsque les hommes deviendront des fils et des frères bien-aimés des femmes.

 

Sofia, 8 avril 1917


[1] Il eut un songe : voici, qu’était dressée sur la terre une échelle dont le sommet touchait le ciel ; des anges de Dieu  y montaient et y descendaient. (Génèse 28, 12)

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