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Ani

1916_12_24 Ils seront enseignés

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Ils seront enseignés

 

« Ils seront tous enseignés de Dieu.

Ainsi quiconque a entendu le Père

et a reçu son enseignement vient à moi. »

Jean 6 :45[1]

 

« Ils seront tous enseignés du Seigneur ». L’idée cachée dans ce verset est simple. Pour expliquer la nature de Dieu, il faut de longues explications, une immersion profonde dans ce verset. L’idée de Dieu est lointaine, accessible uniquement aux esprits philosophiques, aux grands érudits. Cette question n’est pas encore accessible à nos contemporains. Vous allez rétorquer que vous êtes aussi porteurs d’une culture. Vous êtes de culture aryenne, celle du bien et du mal ; les gens de cette culture ne sont pas aptes à comprendre ce verset. Si on disait à nos contemporains qu’ils seront enseignés du Seigneur, on les jetterait dans un grand trouble ; ils seraient incapables de comprendre comment et d’où surgirait le Seigneur pour les enseigner.

         Qu’est-ce que Dieu ? C’est la Cause première des choses. Le mot cause (« причина »)[2] est constitué de deux syllabes : le préfixe « при » pour indiquer l’amorce d’une action et « чина » verbe bulgare qui signifie « œuvrer ». Nous disons : « je fais quelque chose ». Donc, Dieu est celui qui est la cause des premières choses. Vous êtes, comme le reste des hommes, l’œuvre primitive, originelle du Seigneur, mais pas dans l’état où vous vous trouvez à présent. Lorsque je dis que vous êtes l’œuvre primitive du Seigneur, je parle de votre âme, cachée sous l’enveloppe corporelle.

         « Ils seront enseignés ». Pour être enseigné, l’homme doit avoir un élan intérieur, une aspiration vers ce qu’il aura à apprendre. Le disciple qui a un élan intérieur vers l’enseignement trouvera facilement son Maître ; le jeune homme qui a de l’amour dans son âme trouvera facilement sa bien-aimée. Par conséquent, pour trouver Dieu qui vous enseignera, Il doit d’abord parler à votre intelligence, à votre cœur et à votre âme. « Alors vous me trouverez Moi ». Que désigne ce Moi ? Le fils de l’Homme.

         Tu dis : « Je souhaite être un Fils de Dieu ». Il n’y a pas de chose plus grandiose que celle-là. Être un Fils de Dieu, c’est servir et savoir comment servir. Celui qui ne peut pas raisonnablement servir Dieu ne peut pas être appelé Fils de Dieu. Servir ne se rapporte pas à un seul être. On sert d’abord son âme, ensuite son foyer, la société, son peuple, son ethnie et enfin toute l’humanité. Ce sont des obligations que l’homme doit apprendre à assumer, c’est une grande science. Être musicien, jouer bien du violon implique d’avoir suivi tout un cursus pour apprendre à tenir correctement l’archet et le violon. Il faut s’exercer un long moment et faire des gammes avant de passer à des exercices plus sérieux. Celui qui apprend le piano doit d’abord maîtriser la position de ses mains et de ses doigts. Ce n’est pas une tâche simple. Vous me direz que ces choses sont évidentes, que vous les connaissez. On parle facilement des choses que l’on n’a pas expérimentées !

         La tâche de chacun est de se demander s’il est Fils de Dieu ou non. En d’autres mots, il faut se demander si on sert le Seigneur ou non. Si vous pouvez y répondre par l’affirmative, toutes les autres questions se résoudront facilement. Cela signifie que l’on a appris à manier l’archet et que l’on peut passer à la suite : faire des gammes sur les cordes. On dira que c’est encore plus facile. Qu’est-ce que l’archet ? L’archet de la femme mariée, c’est son mari ; si elle a bien appris comment manier l’archet de son violon, elle vivra en accord avec son mari et dirigera son foyer avec intelligence. Si elle décide d’utiliser l’archet pour chasser les mouches et frapper ses enfants, elle ne peut pas diriger son foyer ; nous disons que cette femme ne sait pas jouer du violon. Et le mari qui ne sait pas manier son archet n’est ni un musicien ni en état de gouverner sa maison.

         Comme le professeur de musique donne d’abord des leçons élémentaires aux débutants, Dieu procède de même avec celui qui veut être enseigné par Lui. D’abord Il lui enseignera la manière de tenir l’archet, puis la manière de tenir le violon, puis Il l’invitera à s’exercer sur le violon. Il dira : « Prends ton violon, concentre-toi et commence ! » Lorsque tu maîtriseras les exercices simples, tu iras progressivement vers des exercices plus complexes, jusqu’à ce que tu acquières la maîtrise de toutes les positions : c’est cela être enseigné de Dieu. Vous êtes venus sur terre dans une grande école. Celui qui apprend à jouer sera un grand artiste mais celui qui n’apprend pas ne montera pas sur scène ; c’est la grande loi. Pourquoi l’homme est-il venu sur terre ? Pour apprendre la loi de la miséricorde.

         « Ils seront enseignés du Seigneur ». J’expliquerai ce verset avec une légende qui relate la création du monde. Dieu a créé le ciel et la terre, les plantes, les animaux, puis Il a décidé de se reposer. Il a eu ensuite l’idée de faire un homme pour incarner le lien entre le ciel et la terre. En apprenant sa décision, les anges se sont tous présentés devant le Seigneur pour donner leur avis sur la créature qu’Il avait décidé de créer. C’est d’abord l’ange de la vérité qui s’est présenté devant le Seigneur et a dit : « Seigneur, ne crée pas cet être, il va asservir le monde. Ce fut ensuite au tour de l’ange de la justice : Seigneur, ne crée pas cet être, il sera cruel et sans compassion, il ne considérera que lui-même et ne se mettra jamais à la place de ceux qui souffrent. Ensuite est venu l’ange de la paix pour dire : Seigneur, ne crée pas cet être, il baignera le monde dans le sang, son avènement se fera sous le signe des effusions de sang. » Dieu a cessé de projeter la création de l’homme. Enfin est apparue auprès du Seigneur la fille de la miséricorde pour dire : « Seigneur, fais comme tu l’as décidé, crée cet être. Même si tous se détournent de lui, moi, je lui montrerai comment aimer, comment manifester la miséricorde. » À ces mots, le visage du Seigneur s’est illuminé et Il a dit : « Je vais créer cet être, je le ferai à Mon image et selon Ma ressemblance ». L’homme a donc été créé grâce à l’amour de la petite fille de la miséricorde. Et jusqu’à aujourd’hui, celui qui connaît cette fille, garde l’image de Celui qui l’a créé ; celui qui ne connait pas cette fille, est condamné à disparaître. Cette petite fille de la miséricorde, c’est le Christ.

         Vous dites : « Comment est-il possible que le Christ puisse symboliser la fille de la miséricorde, peut-on l’assimiler à une jeune fille ? » Le Christ contient en lui les deux principes, masculin et féminin. Par masculin on désigne une créature raisonnable qui pense et qui porte aussi en elle l’une des grandes qualités divines : la miséricorde. Il est dit : « Ils seront tous enseignés du Seigneur ». Que va-t-on leur enseigner ? La miséricorde. C’est une grande science : apprendre à manier l’archet avec justesse, jouer de la musique avec justesse. Viendra le jour où, de disciple tu te transformeras en Maître qui enseignera aux autres.

         Ainsi, étudiez l’enseignement du Christ comme un enseignement de l’âme humaine ; ce n’est qu’ainsi que l’homme connaîtra son rapport à Dieu et se déterminera. Quelqu’un veut étudier l’astronomie ; il doit se demander quel est le rapport entre l’astronomie et son âme. Elle traite des conditions immuables qui permettent à l’âme d’évoluer dans l’infini. Seul celui qui a appris à manier l’archet et à jouer peut vivre dans l’espace infini. « Je veux faire naître l’Esprit divin en moi ». Comment y arriver ? En donnant la priorité à la miséricorde dans ta vie. Si tu n’y arrives pas, alors les anges de la vérité, de la justice et de la paix viendront devant le Seigneur pour dire qu’ils avaient raison de Lui conseiller de ne pas créer l’homme. Lorsqu’un de ces anges voit que l’homme pèche, il se dit : « Je savais qu’il en serait ainsi ». La miséricorde et le bien doivent travailler longtemps sur l’homme pour restaurer son image telle qu’elle lui a été donnée autrefois. Le bien en l’homme est dans une proportion de 1 pour 3 : l’unité est le bien et le trois, ce sont les trois adversaires qu’il affronte : l’égarement, l’amour de soi et la soif de verser le sang. Tu diras que tu n’as pas versé de sang ; tous dans le monde ont versé le sang. Le siècle passé est un siècle d’effusion de sang. La miséricorde vient œuvrer dans le monde pour l’élévation de l’humanité. Une autre culture doit venir dans le monde : la culture de la miséricorde qui déterminera les rapports de l’homme envers Dieu ; c’est le rapport premier, l’art originel. Si on acquiert cet art, les autres suivront, tous les secrets se découvriront d’eux-mêmes.

         L’archet du violon symbolise la volonté humaine. Si la volonté n’est pas éduquée, l’homme ne peut pas exprimer correctement ses pensées et ses sentiments. En présence d’une volonté non éduquée, nous pouvons parler d’une vie disharmonieuse et malsaine ; avec une volonté éduquée nous avons une vie harmonieuse et saine. Les pensées et les sentiments sont les tonalités que le violoniste transmet grâce à son violon. Quel violoniste plait au public ? Celui qui joue harmonieusement. Pourquoi certains hommes et certaines femmes ne peuvent-ils pas se supporter ? C’est parce que leurs violons ne sont pas accordés. Qu’est-ce qu’il faut faire pour qu’ils se tolèrent ? Ils doivent se tourner vers la miséricorde : elle recèle l’art de pacifier les gens.

         Tu dis : « Je veux étudier pour savoir comment l’homme a été créé – Je ne peux te le raconter. Je peux te montrer comment tenir le violon, comment manier l’archet, mais tu dois t’exercer tout seul. L’archet et le violon doivent être de bonne qualité et tu dois aspirer à aller au bout de ce travail ». Chacun a un violon et un archet et chacun doit se demander : « Est-ce que je manie correctement l’archet, est-ce que je tiens bien le violon ? » Chacun répondra et s’il n’est pas satisfait, il se corrigera. Tu tiendras le violon en position horizontale, c’est-à-dire en position passive, réceptive. Que faut-il recevoir ? Les tonalités divines. Si tu inclines le violon, tu es dans un processus actif. Les tonalités qui sortent de ton bras sont les rayons solaires qui se répandent en permanence.

         « Ils seront enseignés de Dieu ». Si tu possèdes l’élan intérieur, le savoir vient de lui-même. Si l’élan est dirigé vers le haut, l’homme commence à apprendre du Seigneur ; on dit d’un tel homme qu’il est musical. Plus fort est l’élan de l’homme, plus forte est sa collaboration et tous les hommes de bien collaborent avec lui. Personne dans le monde ne refuse l’appel du divin qui se manifeste sous la forme de la miséricorde. Là où la miséricorde est présente, le sol est travaillé ; sans elle l’homme ressemble à un désert. On dit que le désert, comme une femme stérile, n’engendre rien ; on dit de celui qui est infertile qu’il est cruel. Ayant cela en tête, protégez-vous de la cruauté qui freine le développement de l’homme.

         Lorsque Nabuchodonosor a conquis Jérusalem, il a voulu visiter le temple juif. Il a vu en entrant que du sang coulait à proximité. Très surpris, il a fait appeler les prêtres pour leur demander d’où venait ce sang. Ils lui ont répondu que c’était le sang des animaux sacrifiés à Dieu. Nabuchodonosor a prélevé une coupe de sang et l’a comparée à celui des animaux ; il s’est avéré que le sang qui coulait près de l’autel n’était pas animal. Il a insisté pour connaître la vérité, et qu’a-t-il appris ? Que des années auparavant, un prêtre vertueux et pieux nommé Zachée vivait là, et il leur reprochait leur mode de vie ; ils l’ont détesté et l’ont tué pour s’en débarrasser. Hors de lui, Nabuchodonosor a ordonné de tuer tous les prêtres et de jeter leurs corps dans le filet de sang, mais il n’a pas cessé de couler. Il a alors ordonné de tuer un grand nombre d’enfants et de les jeter aussi dans le sang, mais le sang a continué de couler. Ne comprenant pas ce qu’était ce sang et pourquoi il était si insatiable, Nabuchodonosor a finalement ordonné de tuer un grand nombre de jeunes garçons et de jeunes filles, mais sans résultat. Très pensif, Nabuchodonosor s’est dit : « C’est étrange ! Si le sang d’une seule victime ne peut pas être apaisé, comment alors apaiser le sang des milliers d’innocents que j’ai fait tuer ? » Il s’est repenti de son crime et a pleuré. Quelques larmes ont coulé dans le sang, et quelle n’a pas été sa surprise lorsqu’il a vu le sang cesser de couler : une seule larme avait suffi pour apaiser le sang du prêtre tué.

         Vous vous demandez pourquoi on pleure. Quelle est l’utilité des larmes ? Une larme, sortie de l’œil de l’homme peut le délivrer du crime qu’il a commis ; c’est la larme de la miséricorde. Le Christ dit : « Tous ceux qui sont enseignés de Dieu, viennent à Moi. » C’est ici que commence la vraie culture, le véritable savoir. Par culture nous désignons au sens large ce savoir et cet art qui englobent la vie complète : elle englobe les manifestations de l’intellect, du cœur, de l’âme et de l’esprit. Dans cette culture chaque être a sa place et sa prédestination, chaque être a les conditions pour son développement. La première créature raisonnable qui est apparue dans cette culture était l’être humain, c’est-à-dire l’homme. Par humain, nous désignons un être qui pense. Seul l’homme a vécu dans cette culture, la femme n’existait pas encore à cette époque. Comment la vie est-elle possible sans femmes ? Je ne vais pas le détailler, mais je dis que cette culture peut être considérée comme très remarquable, c’est une culture sans souffrances : l’homme était lié avec Dieu, Dieu était son ami. Dans cette amitié, l’homme a acquis beaucoup de connaissances, mais il est devenu oisif. Son oisiveté avait son importance : elle l’a poussé à demander à Dieu quelqu’un pour l’accompagner. Son souhait a été exaucé. Dieu lui a envoyé quelqu’un pour l’accompagner : la femme. Elle est venue, mais elle s’est très vite lassée d’Adam, le trouvant vieux et elle s’est cherché quelqu’un d’autre de plus jeune. Elle l’a trouvé dans le serpent, l’adepte noir. À ce moment a débuté la seconde culture : celle de la connaissance du bien et du mal. La culture d’aujourd’hui est celle des femmes, les hommes ne sont que lettre morte comme ils disent en plaisantant.

         Une nouvelle culture vient dans le monde pour unir les deux principes, celui de la pensée et celui de la vie. C’est la culture de la miséricorde ou culture de l’amour. La première culture a été celle de la sagesse, la deuxième, celle de la vérité et la troisième, celle de l’amour. Cette culture unira l’homme et la femme en un. Vous direz que l’union est synonyme de dépersonnalisation. Ce n’est pas ça : s’unir signifie s’amplifier, s’harmoniser, se renforcer. Les Bulgares mettent en avant la devise « L’union fait la force » ; il manque un mot dans cette devise : « L’union dans l’amour fait la force ». Aspirez tous à cette union, hommes et femmes, femmes et hommes, l’union au nom du grand amour divin. Vous direz que cela revient au même ; non, il en résulte deux unions dans les deux cas : d’abord l’union avec l’homme à la première place, puis la femme en second, c’est-à-dire suivant l’ordre de leur descente sur terre ; la seconde union voit la femme à la première place puis l’homme en second. Les deux unions s’ajoutent et leur addition donne la vie.

         Aujourd’hui, hommes et femmes ont tous le désir de bien vivre. Les femmes s’affairent à s’apprêter, se parer de bracelets de perles, de diadèmes telles des couronnes sur la tête. C’est bien, mais ces bracelets et diadèmes ne peuvent pas se garder longtemps : les hommes vont les mettre en gage. Combien de maris ont ruiné leurs femmes ! Lorsqu’un jeune homme décide de se marier, il cherche une fille fortunée ; une fois marié avec elle, il engloutit en peu de temps son argent et ses bijoux et la laisse sans un sou.

         Un américain avait reçu un gros héritage de son père qui avait, sa vie durant, élevé du bétail à cornes, et son héritage s’élevait à trois millions de dollars. Lorsqu’il a vu tout cet argent, il s’est adonné aux plaisirs, aux festins, aux sorties entre amis et a tout dépensé en six mois. Sur quoi, faute d’autres options, il a suivi la voie de son père : éleveur de bétail. Il a mis son chapeau et a pris son bâton pour faire paître le bétail, ce qui signifie qu’il a entrepris l’étude de la vie.

         Beaucoup de femmes d’aujourd’hui préfèrent les hommes qui disposent d’argent et qui s’adonnent aux beuveries et aux festins. En peu de temps ils perdent tout et deviennent des éleveurs de bétail. Être berger signifie savoir préserver ses pensées et ses sentiments. Comme le berger protège les brebis des loups, chacun doit aussi garder ses pensées et sentiments dans la pureté. Les loups dans l’homme, ce sont ses mauvaises pensées et sentiments qu’il nourrit lui-même parfois. Pour ne pas les laisser altérer son humeur, il ne doit pas les laisser entrer en lui ; sa bergerie doit être bien solide.

         Nos contemporains doivent être enseignés de Dieu pour apprendre comment vivre. Il les enseigne même aujourd’hui. Comment ? Par les pensées. Une pensée élevée vient vous rendre visite, mais vous êtes timorés, paralysés, et n’osez pas la réaliser vous disant : « Il m’est venue une idée enfantine, insignifiante. – Elle n’est pas enfantine, elle est divine. – Elle est pour de jeunes gens. – Laisse ton idée cheminer et ne sois pas embarrassé. » Les manifestations divines ont un rapport avec la jeunesse. Il est dit dans les Écritures : « Si tu cherches la sagesse, tu la trouveras chez les vieux ; si tu cherches la force, tu la trouveras chez les jeunes. » L’homme est vieux, la femme est jeune ; ils doivent s’unir, créer l’harmonie dans la vie. L’homme est le premier violon dans l’orchestre et la femme le second violon. L’homme et la femme sont les deux principes qui se complètent, mais un être humain peut être à la fois homme et femme, femme et homme. La femme dit : « Pourquoi je ne suis pas un homme ? » Elle ne sait pas que les deux principes se trouvent en même temps dans l’être humain. L’être humain est donc doté de la liberté de faire des erreurs. Pourquoi fait-il des erreurs ? Parce qu’il a le libre arbitre. S’il ne sait pas manier l’archet, il produira de fausses notes et fera des erreurs. En l’écoutant jouer tu diras : « Voici quelqu’un qui ne sait pas jouer alors qu’il veut nous enseigner. »

         Beaucoup demandent : « Comment reconnaître la culture d’aujourd’hui ? » Allez dans les villages voir comment les paysans traitent le bétail qui travaille pour eux, allez dans les fournils pour voir comment on fait le pain, allez dans les familles, vous entendrez là-aussi des cris et des pleurs. C’est la culture de l’acharnement. Qui que vous rencontriez, vous le verrez démagnétisé, les yeux fatigués, le visage avachi. De quelle culture parle-t-on ici ?

         Aujourd’hui, la miséricorde enseigne aux gens d’appliquer la sagesse et la force, c’est en cela que se résume l’enseignement du Christ, c’est en cela que se manifeste le Christ qui est déjà présent sur terre pour enseigner les hommes. Certains attendent que le Christ descende sur terre avec une suite d’anges. Que représente l’ange ? L’homme a un corps physique, un corps des désirs et un corps mental, alors que l’ange est privé de corps des désirs ce qui l’empêche de commettre des fautes. Donc, le Christ est accompagné d’anges et de saints, c’est-à-dire d’êtres sans corps des désirs. Si tu veux devenir ange ou saint, il faut t’affranchir de ton corps des désirs.

         Dans les églises on prêche que le Christ viendra punir les hommes. Non, le Christ viendra mettre chaque chose à sa place, c’est uniquement ainsi que le monde ira mieux et ceci en un simple clin d’œil. Que signifie le mot clin ? Il vient du mot cligner. Quand est-ce qu’on cligne ? Lorsque l’on ferme et qu’on ouvre les yeux très vite, on est en train de cligner. Le chat cligne de la même façon parfois, pour montrer à la souris qu’il n’a plus de corps des désirs et qu’elle ne doit pas avoir peur de lui ; la souris le croit et circule librement hors de sa cachette jusqu’à ce qu’il se fasse attraper. C’est ainsi qu’agissent certains lorsqu’ils prient : ils ferment les yeux, font semblant de ne rien voir et disent : « Seigneur, nous n’avons pas de corps des désirs, donne-nous ce que nous Te demandons. » Lorsque leur prière est exaucée, ils ouvrent les yeux et oublient tout. L’homme doit se libérer des désirs superflus, des bougonnements continuels qu’il lui manque ceci ou cela, ce n’est qu’à ce moment-là que Dieu lui enseignera ce dont il a besoin. L’homme doit s’affranchir de son corps des désirs. Si deux jeunes gens aiment la même jeune fille, comment résolvent-ils le problème ? Aujourd’hui, ils le résolvent par le meurtre. Pourquoi l’un ne cède-t-il pas la jeune fille à l’autre pour la contempler de loin ? Une femme n’aime pas son mari et tombe amoureuse d’un autre homme ; ou bien le mari n’aime pas sa femme et tombe amoureux d’une autre femme. Celui qui est délaissé trouve cela injuste, inadmissible. C’est bien en effet que les deux s’aiment, mais l’amour n’obéit pas aux lois humaines. C’est bien si la femme aime son mari, mais comment l’aimer s’il la bat chaque jour ?

         Un célèbre réformateur anglais, John Wesley, s’était marié, mais comme il fréquentait beaucoup d’hommes et de femmes, son épouse excédée s’est mise à le brutaliser. À peine trois jours après son mariage, il a dit à ses amis : « Cela ne vaut pas la peine de se marier. » Ce sont les rapports entre les gens de la culture actuelle, c’est le résultat des désirs du corps physique en l’homme. Tant que l’enfant est petit, il est doux, calme, sans passion ; lorsque le corps des désirs commence à se développer, l’enfant devient capricieux, désagréable ; cela s’observe surtout entre huit et quatorze ans. À partir de quatorze ans, les enfants commencent à se raisonner ; en grandissant ils discernent mieux, deviennent raisonnables, puis vers vingt-huit ou trente ans ils deviennent conscients, ils commencent à chercher Dieu et le Christ. À vous aussi maintenant, je prêche le Nouvel enseignement qui vous emmènera auprès du Christ.

         Aujourd’hui, lorsque j’observe la vie des gens je vois la dysharmonie partout : dans les maisons, les sociétés, les écoles. Cela me tourmente et me fait souffrir. Aujourd’hui tous se querellent, se déchirent : hommes et femmes, élèves et maîtres, prêtres et croyants. De ce point de vue tous les êtres humains sont des martyrs. Pourquoi des martyrs ? Parce qu’ils ont mis à la première place leur corps des désirs, mais ils ont chassé Dieu hors d’eux-mêmes. Aujourd’hui, personne n’écoute le Seigneur. Tous veulent être heureux, instruits, intelligents et riches. Si vous partagez les richesses sur terre en parts égales, chacun aura quarante leva pour vivre ; peux-tu être heureux avec quarante leva ? Vous me direz qu’il vous faut au moins quatre mille leva par mois mais où prendrez-vous cet argent ? Il faut léser les autres pour vous contenter vous-mêmes. Ce n’est pas une façon de résoudre la question, cette question se résout en travaillant et en faisant des efforts. Si tu travailles, tu auras tout ; si tu ne travailles pas, tu n’auras rien. Cette loi s’applique sur le plan physique, mais aussi sur tous les autres plans. Faites l’expérience suivante : mettez-vous en tête l’idée de travailler exclusivement pour Dieu avec amour, et vous verrez qu’au bout de quelques années vos conditions matérielles s’amélioreront. Si votre expérience n’est pas concluante, venez chez moi, je rembourserai toutes vos dettes ! Je suis prêt à tout pour démontrer la véracité de cette loi. Si chaque peuple décidait de servir Dieu, les humains ne se feraient plus la guerre. Comme ils ne servent pas Dieu, les hommes d’aujourd’hui détruisent ce qu’ils ont créé. Ils verront un jour leurs erreurs. Maintenant, cela ne sert à rien de regretter : ils suivent la loi de la nécessité. Il est important que dans l’avenir ils évitent de recourir à ces destructions.

         J’aimerais que les Bulgares donnent l’exemple les premiers. Que les prêtres se décident à servir Dieu avec amour. S’ils le souhaitent, qu’ils viennent me voir et je leur transmettrai cet Enseignement qu’ils pourront prêcher ; je suis prêt à m’en aller ailleurs lorsque je leur aurai transmis tous mes droits et privilèges. C’est important que le peuple bulgare soit initié spirituellement pour occuper une place digne parmi les autres peuples. Si tous acceptent le Nouvel enseignement, les routes seront arrangées, les familles et les écoles s’arrangeront. Il sera alors agréable de traverser la Bulgarie d’un bout à l’autre, on sera comme au paradis, on marchera et on se réjouira de servir Dieu. Partout où tu passeras, les arbres et les fleurs te souriront et fleuriront mieux, les fruits viendront s’offrir tout seuls, de jeunes gens te recevront avec joie et gaîté, des chansons et des danses t’accueilleront partout – je ne suis pas contre la danse –, tous seront bien vêtus et parés. Je ne suis pas contre les parures, portez colliers et diadèmes, mettez des couronnes sur vos têtes, mais que tout soit fait avec amour. C’est cela être enseigné de Dieu.

         Les religieux attendent aujourd’hui que le Christ vienne de nouveau sur terre. C’est impossible, Il a déjà goûté l’amour des hommes. Un gouverneur russe a dit que si le Christ venait sur terre, il l’arrêterait. Le Christ le sait. S’Il entre dans une église pour prêcher, les prêtres le chasseront en disant : « Il est écrit que chaque prophète ou prédicateur qui vient après le Christ est antéchrist ou faux prophète. » Vous direz que le Christ peut venir en tant que roi ; comme s’il n’y avait pas assez de rois à présent pour que le Christ puisse venir comme un roi ? S’Il venait comme un roi, cela engendrerait des troubles entre les peuples. Le Christ a dit : « Mon royaume n’est pas de ce monde. » Les rois actuels sont à leur place. Si eux et leurs sujets accomplissaient la volonté divine, ils seraient heureux. C’est la signification du verset : « Il seront tous enseignés du Seigneur. »

         « Ils seront enseignés du Seigneur », c’est le principe fondateur de la vie. Quand seront-ils enseignés ? Lorsqu’ils serviront le Seigneur. La miséricorde est en relation avec la loi du service. Décidez-vous vous-aussi à servir Dieu, c’est le Nouvel enseignement que chacun peut appliquer. Avant de vous mettre au service de Dieu, réconciliez l’homme et la femme en vous, dites-leur : « Soit vous vous réconciliez pour servir ensemble, soit vous quittez ma maison. » De même que la femme pose un ultimatum à son mari de renoncer à fréquenter d’autres femmes faute de quoi elle le quittera, de même chacun peut donner à l’homme et à la femme en lui l’ultimatum de se réconcilier. Lorsque l’homme et la femme en toi annonceront qu’ils serviront et qu’ils se réconcilieront, tu recevras le Nouvel enseignement et tu serviras Dieu avec amour. La femme chez l’homme doit lui obéir, mais l’homme chez la femme doit aussi lui obéir ; c’est l’enseignement divin. Le côté gauche chez l’être humain est féminin et le côté droit est masculin ; le gauche est plus petit que le droit qui est masculin. Ces deux principes sont visibles aussi dans les mains, dans le visage et les yeux de l’homme. Le bras gauche et le côté gauche du visage sont féminins et le bras droit et le côté droit du visage sont masculins, c’est pourquoi le côté gauche du visage est plus doux que le côté droit. La lumière qui sort de l’œil droit est plus grossière que celle qui sort de l’œil gauche. La lèvre inférieure est féminine et la lèvre supérieure est masculine ; le côté inférieur du nez est féminin et le côté supérieur est masculin. Le nez long est masculin, le nez court est féminin. S’il y a quelque chose d’abrupt dans le côté féminin ou le côté masculin du corps humain, c’est le résultat des cultures passées. La première culture a formé la longueur du nez, la seconde, sa largeur ; c’est ainsi que s’est créée la croix.

         « Vous serez enseignés du Seigneur ». Vous qui êtes enseignés du Seigneur, vous faites des observations sur vous pour savoir qui de l’homme ou de la femme en vous n’est pas bien disposé. Si tu es en colère, tu sauras que la femme en toi est coupable, car la colère est un vice de la femme ; si tu es orgueilleux, c’est l’homme qui est coupable, car l’orgueil est un vice de l’homme. Une femme coléreuse et un homme orgueilleux, mis ensemble, mettront le feu à la maison ; nous n’avons pas besoin de ces gens. Ce n’est pas un jugement mais une explication. Par homme et femme je désigne les serviteurs de l’humanité. Lorsque vous entrerez dans la troisième culture, la culture de l’amour, vous comprendrez alors ce qu’est l’homme et ce qu’est la femme. Vous comprendrez alors d’où ils proviennent tous deux.

         Je vous parle de la miséricorde. En bulgare, ce mot est du genre neutre, mais en réalité il représente la femme. La miséricorde est la manifestation la plus élevée de l’être humain vivant sur terre. Je parle de la miséricorde à la société actuelle, aux chrétiens d’aujourd’hui, à vous qui m’écoutez maintenant ; je parle à ceux qui cherchent le Christ depuis deux mille ans. Je prêche aujourd’hui parce que je veux que vous soyez tous heureux. Je désire aussi que vous soyez enseignés de Dieu. Vous voulez être forts ? Je veux aussi que vous soyez forts, car sans force l’homme ne peut pas travailler. La miséricorde dont je vous parle n’est pas une chose abstraite et inerte, elle est réelle et vivante. Chaque jour elle descend sur terre, elle est le premier rayon qui vous réveille le matin. La miséricorde insuffle en vous la première pensée pour vous mettre au travail ; vous feriez une erreur si vous n’appliquiez pas cette pensée. Elle vous murmure quoi faire, alors que vous, vous reportez à plus tard. La miséricorde dit : « Il n’y a pas de temps à perdre ! » Si vous reportez, vous manquerez les bonnes conditions pour faire un nouveau travail qui sont sur le point de se manifester. Si vous ne semez pas, vous resterez affamés.

         « Ils seront enseignés ». Par qui ? Par le Seigneur, par le premier principe qui est en vous et qui vous enseigne. Ensuite vient le Christ, le second principe qui détermine vos relations mutuelles. Et enfin, c’est moi qui vous parle. Vous pensez que je suis venu propager une secte quelconque ; je suis venu vous apprendre à travailler. Travailler où ? À l’église, à l’école, à la maison, dans la société. Lorsque vous apprendrez à travailler, ce que vous allez acquérir vous appartiendra. Lorsque le maître apprendra à remercier son serviteur du travail accompli, il peut être appelé Fils de Dieu. Être Fils de Dieu n’est pas un privilège pour un seul : vous tous pouvez devenir Fils de Dieu. Si tu rends un menu service, ne demande aucune rétribution pour cela.

         Je vous souhaite de manifester l’amour et de ressusciter. J’efface du livre de la vie tous les hommes et les femmes, tous les enseignants, tous les juges, prédicateurs et prêtres, dont les conceptions sont anciennes. Que Dieu bénisse les bons prédicateurs, les bons pères et les bonnes mères, les bons fils et les bonnes filles, les bons enseignants qui aspirent au renouveau. Qu’ils soient enseignés du Seigneur !       

Que la bénédiction divine descende sur vous !

 

 

 

 

Sofia, 24 décembre 1916


[1] Dans les Prophètes il est écrit : Tous seront instruits par Dieu. Quiconque a entendu ce qui vient du Père et reçoit son enseignement vient à moi. (Jean 6, 45)

[2] причина - pritchina

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