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Ani

1916_12_17 Sauve-nous

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Sauve-nous

 

« Et voici, il s'éleva sur la mer une si grande tempête

que la barque était couverte par les flots.

Et lui, il dormait. Et les disciples s'approchèrent et

le réveillèrent, disant :

Seigneur, sauve-nous ! Nous périssons. »

Mathieu 8 :24,25[1]

 

         Vous vous poserez la question maintenant de savoir ce que cette barque représentait de si important. Et le lac de Galilée n’était pas si impressionnant : c’est un lac des plus ordinaires même s’il était l’un des plus grands au temps du Christ. Mais j’attire votre attention sur trois choses dans ce verset, à savoir : la barque, les disciples et le Christ. Le lac est la fondation. La barque est le corps humain, les disciples, le monde astral, le Christ, le principe supérieur chez l’homme ; le lac représente la vie, le monde. C’est une analogie dont nous souhaitons déduire une loi applicable dans la vie.

         Selon moi toute chose qui n’est pas applicable dans la vie n’est qu’une hypothèse, une spéculation. Alors que celui qui comprend cette science pourra l’appliquer dans la vie. Lorsque la mer s’agite et que vous dites : « C’en est fini de nous, nous périssons », vous allez l’appliquer en réveillant votre Maître, c’est-à-dire le principe supérieur qui sommeille en vous. Lorsque vous jacassez, votre Maître dort ; lorsque vous êtes en colère, votre Maître dort ; lorsque vous vous ennuyez, votre Maître dort. Mais lorsque votre fardeau devient si pesant que vous ne pouvez plus le porter, vous réveillez le principe supérieur et vous dites : « Libère moi de ce fardeau. »

         Maintenant, pouvez-vous dire dans quelle partie de la Palestine s’est déroulé cet épisode ? Au Nord-Est, en Galilée. La Palestine est constituée de la Judée, de la Samarie et de la Galilée. Jérusalem symbolise le principe inférieur chez les hommes et c’est pour cela que le Christ y a été crucifié. Tous s’inclinent devant ce Jérusalem lorsqu’ils s’assoient dans la cuisine devant le poulet grillé et le vin, et c’est à Jérusalem qu’ils crucifient le Seigneur. Il y a des pèlerins qui considèrent le pèlerinage à Jérusalem comme un honneur suprême : dans ce monde il n’y a pas de plus grand plaisir que d’être invité à déjeuner ou à dîner par une haute instance. Oui, mais dans ce Jérusalem, le Seigneur sera crucifié. La Samarie est le principe psychique chez l’homme et la Galilée est le principe supérieur.

         Dans la symbolique des Écritures, les lacs, les fleuves sont la vie car la vie, comme les fleuves, est en mouvement, il y a par conséquent une analogie entre eux. Il est dit que le lac s’agitait. Ce n’est pas un mal s’il s’agite car il doit se renouveler, c’est-à-dire des vents doivent souffler, sinon ses eaux stagnent. Le mouvement produit la vie et la même loi stipule qu’il faut aussi du mouvement dans la vie de l’homme. Ce n’est pas un mal qu’une tempête éclate dans votre cerveau, dans votre estomac ou dans votre poitrine : c’est un renouvellement, ce qui peut être démontré par les faits. Vu les conditions actuelles dans le monde, les maladies sont la plus grande bénédiction et si les gens ne tombaient pas malades, ils se décomposeraient. Par conséquent la tempête doit éclater pour réveiller Celui qui dort dans la barque. Vous êtes tous des partisans du plaisir, vous souhaitez obtenir tout sans effort, avoir chacun dix serviteurs, et que tout soit accessible sans bouger de sa place. Lorsque je dis vous, j’entends toute l’humanité dans son ensemble.

         Ainsi, dans la vie pratique éclateront des tempêtes et des confusions. Elles existent dans l’État, dans l’Église, dans le foyer, dans l’école, dans le commerce ; ces tempêtes existent partout. Je voudrais qu’il existe quelqu’un dont la mer ne s’agite pas, mais ce serait un saint, pas le commun des mortels. C’est pourquoi lorsque quelqu’un dit qu’il ne s’agite pas, il ment ; il n’y a pas d’homme sur terre qui ne s’agite pas et s’il affirme cela, il ne dit pas la vérité. Certains pensent que lorsqu’ils iront au Ciel, il n’y aura pas d’agitation là-bas ; il y en aura aussi, mais de nature différente. Lorsque vous ressentez une émotion agréable, c’est une agitation ; lorsque vous ressentez du chagrin, c’est aussi une agitation, mais désagréable, ce qui fait que les agitations sont agréables ou désagréables. Si vous êtes clairvoyants et que vous observez la lumière, vous verrez qu’elle est une succession de vibrations ; sans ces vibrations, elle ne se serait pas formée. Votre cerveau correspond aux vibrations éthériques et s’il ne s’agitait pas, il n’y aurait pas de pensées du tout. Lorsque l’énergie, produite par le soleil, arrive à vos yeux, elle se réfracte et lorsqu’elle touche le nerf optique vous recevez la lumière. La lumière est un élément du monde psychique. Les mouvements sont physiques, mais le concept de lumière est spirituel, c’est un acte de l’Esprit. Par conséquent nous voyons uniquement par le biais de l’Esprit.

         Maintenant, pourquoi le Christ dormait-il dans la barque ? Le sommeil est une loi, l’homme doit dormir pour se reposer. Fatigué de son travail du jour, le Christ est monté dans la barque et s’est endormi, mais les vents ne l’ont pas laissé se reposer et lui ont dit : « Lève-toi, viens en aide à ces gens. » La règle est que la tempête se lève lorsque l’homme s’endort, autrement dit le Seigneur dort lorsque les catastrophes se produisent. Et aujourd’hui aussi le Seigneur dort. Le Christ dort dans la barque, mais les pleurs des gens le réveilleront. Et lorsqu’il se réveillera, la guerre s’arrêtera. Le Christ lèvera les bras, la tempête s’apaisera, les mers se calmeront et la barque accostera sur l’autre rive.

         Je vous donnerai un autre exemple pour clarifier ma pensée. L’empereur romain Titus, après avoir conquis Jérusalem, est entré dans le temple, a pillé tous les trésors, a soulevé le voile d’or qui cachait l’arche, a sorti le papyrus sur lequel étaient écrits les commandements de Moïse et a dit : « Où est le Dieu des juifs, qu’il montre ici sa force ! » Il a chargé ces richesses sur ses bateaux et a pris le chemin du retour vers Rome. Le temps fût d’abord très clément, mais au milieu du voyage une grosse tempête a éclaté sur la mer, les bateaux ont commencé à tanguer dangereusement d’un côté et de l’autre. Titus a serré les dents en disant : « Le Dieu juif est très puissant en mer, mais qu’il essaie seulement de me combattre sur terre ! » La tempête s’est apaisée, le temps s’est remis au beau et Titus a vu le ciel s’éclairer et une voix a dit : « Misérable ver de terre, tu Me reconnaîtras ! » Titus est descendu sur la terre ferme, ravi d’en avoir réchappé en se disant : « Il est où le Dieu des juif ? » Il s’est mis en marche vers Rome, mais sur le chemin un moustique est entré dans son nez jusqu’à son cerveau et a commencé à lui causer de grands troubles. Cela a duré sept ans sans qu’aucun médecin ne puisse l’aider. Un jour, il est passé à côté d’une forge où les forgerons tapaient si fort sur l’enclume que le moustique a pris peur et a cessé de le tourmenter. Alors Titus a convoqué les forgerons et les a installés dans sa cour pour taper sur l’enclume et faire peur au moustique. Mais celui-ci a fini par s’habituer à ce bruit et a recommencé à le déranger…

         Qu’est-ce que cette histoire illustre ? Vous pouvez vous bagarrer avec vous-mêmes, vous pouvez dérober le voile, vous pouvez vous dire que Dieu n’existe pas, mais ce moustique viendra et personne n’y échappera. Pendant cette guerre le moustique rentrera en tous, professeurs, prédicateurs, et vous ne trouverez aucun remède. Ce moustique rentrera en tous ceux qui ont piétiné les lois divines. Certains en m’écoutant diront que je m’occupe de fantasmagories, mais vous allez tous expérimenter ces choses. Les écritures disent : « Il ne faut pas outrager Dieu.[2] » Le Christ ne sera pas crucifié une seconde fois. Il a été crucifié une seule fois pour les humains et désormais c’est vous qui serez crucifiés et personne ne pourra vous secourir si vous avez le caractère de Titus.

         Vous devez réveiller le Christ qui dort en vous. Ce n’est qu’ainsi que vous comprendrez le sens profond de votre vie. Chacun a individuellement un Christ en lui. Mais je vous demande ce qu’est le Christ pour vous ? Cela fait penser à ces mères qui se vantent de leurs enfants. L’une dit : « Regarde les beaux yeux de mon enfant, comme il est joli ! – Non, le mien est plus beau, » répond l’autre. Ce n’est pas la forme extérieure de l’enfant qui importe, mais son intelligence, son cerveau, son cœur. Si vous réveillez ce Christ qui vit en vous, et s’il peut apaiser la mer qui est en vous, alors il est le Seigneur que vous cherchez. Si la mer se calme, vous êtes dans le droit chemin et vous devez rester lié à votre Seigneur. Celui qui n’instaure pas la paix dans votre âme n’est pas le Seigneur. Il peut avoir une cape, une couronne en or, mais ce n’est qu’une idole. Depuis la nuit des temps, l’homme souffre à cause des idoles ; méfiez-vous d’elles, elles portent malheur.

         Ainsi, vous reconnaîtrez le Christ car il instaurera la paix dans votre cœur, dans votre cerveau, et il vous anoblira au Ciel. Vous aspirez tous à la notoriété sur terre, mais c’est risible ! Quelle notoriété une racine peut-elle avoir ? L’élan de la racine va vers le bas, dans le sol, par conséquent plus tu as de notoriété, plus tu descendras en profondeur. En d’autres termes, plus tu es riche et notable sur terre, plus tu es loin de Dieu. Il y a quatre types d’êtres humains : les bons, qui ne font pas de bien ; les mauvais qui ne font pas de mal ; les bons qui font le bien et les mauvais qui font le mal. Les deux derniers types sont permanents alors que les deux premiers sont transitoires. Je vous demande lesquels vous choisiriez, lesquels sont les meilleurs ? Ces types doivent se croiser l’un avec l’autre, s’unir pour obtenir un bon résultat. Une femme dit : « Je suis vertueuse, mais je ne peux pas faire le bien. » Mariez-là avec un mauvais mari et elle deviendra une sainte. À l’inverse, mariez à un homme vertueux une femme méchante qui ne fait pas de méchanceté et elle s’élèvera. C’est ainsi qu’agissent ces deux principes. Les deux premiers types d’hommes sont sans volonté et les deux autres ont une volonté très forte. Les disciples du Christ ressemblaient à ceux qui sont vertueux, mais qui ne faisaient pas de bien car ils n’avaient pas la force.

         « Et les disciples s’approchèrent et le réveillèrent. » À chaque période de repos succède une phase d’activité. Et comme la tempête engendre les conditions qui permettent à la vie de se manifester, cette tempête était donc nécessaire pour que le Christ se manifeste. La loi est ainsi : pour que le Christ se manifeste, il faut impérativement qu’une tempête éclate. Certains peuvent vous dire : « Tu suis Dieu, mais les malheurs n’arrêtent pas de te frapper ! » C’est cela justement le privilège. Le fermier qui cultive la vigne et prend soin d’elle, la visite souvent, taille le bois et la vigne pleure. Certains disent : « Je n’ai plus d’yeux pour pleurer. » Je plains ceux qui n’ont pas pleuré, car ils n’ont pas été taillés. Si le Seigneur agit de la sorte et taille le bois, donc il s’est réveillé et vous aidera. Vous lui direz : « Seigneur, lève-toi, car nous périssons, aide nous ! » Lorsque votre Seigneur se réveillera, comment l’accueillerez-vous ? Pouvez-vous l’accueillir comme cette femme dont le mari rentre et apporte quelque chose, mais elle le houspille de ne pas avoir pensé à prendre encore ceci ou cela. Lorsque votre Seigneur se réveillera, vous commencerez à vous plaindre qu’il n’a pas pris ceci ou cela. Il dira : « J’aurais dû dormir encore plus longtemps car ces gens veulent rester dans leurs tombes. »

         Sur les deux versets cités, le second est le plus intéressant : « Seigneur, sauve-nous, nous périssons ! » Par le mot périr j’entends l’absorption du principe supérieur par le principe inférieur. Lorsque l’intelligence est victime de votre estomac, c’est le principe inférieur. Les gens modernes se réjouissent beaucoup lorsqu’ils commencent à engraisser alors que c’est la plus grande calamité. Ils deviennent alors comme un cochon engraissé qui sera mangé par son maître. Lorsque vous engraissez, vous serez mangés par le diable ; vous serez comme une pintade et les diables se réuniront et se diront : « Nous avons nourri cet homme tant d’années, mais sa viande vaut la peine. » C’est la mort. C’est pourquoi vous devez réveiller le Christ.

         Pour ne pas être mangés, les disciples ont réveillé le Christ ; c’est vrai au sens figuré comme au sens littéral. Pour ceux qui comprennent la religion, cela indique qu’un principe supérieur peut être absorbé par un principe inférieur et c’est une chute. Si vous voulez, nommez-le « un festin de viande de porc », mais c’est toujours un principe inférieur qui absorbe un principe supérieur. Lorsque l’homme mange un cochon ou une poule, c’est en réalité le principe supérieur qui les absorbe, mais en même temps l’homme se rabaisse. Et lorsque je dis que l’homme ne doit pas manger de viande, c’est parce que les forces de la vie inférieure anéantissent les nôtres. C’est pourquoi la nourriture végétale est meilleure. Lorsque l’homme ne mange pas de nourriture animale, cela indique que le Christ est réveillé en lui. Par viande, j’entends tous les désirs et pensées inférieurs de l’homme que je compare à des poulets, à des pintades, etc. Quelqu’un dira qu’il n’aime pas le porc, mais qu’il aime le poulet, l’agneau ou autre chose ; cela ne fait pas de différence. Vous n’avez jamais demandé à cet agneau s’il veut être mangé. Combien de fois avez-vous mangé l’agneau en l’homme ! Par exemple, le mari rentre joyeux, portant un agneau, mais sa femme va à sa rencontre avec un couteau, elle ternit sa bonne humeur et il perd son agneau. Combien de fois avez-vous ainsi égorgé des agneaux ! Quelqu’un va rétorquer qu’il n’a jamais égorgé d’agneau. Vous mentez. Le Seigneur dit : « Celui qui sans raison est courroucé contre son frère, égorge l’agneau ! » Et un jour, le Seigneur réclamera ces agneaux.  

         Je veux avec la causerie d’aujourd’hui vous apprendre à ne pas égorger d’agneaux. Lorsque l’homme ou la femme apporte cet agneau, accueillez-le, donnez-lui un peu d’herbe et d’eau. Cet agneau c’est le Christ qui apporte la joie. Lorsque le Christ se réveille, les cinq principes suivants se réveillent avec lui : suivre la vérité, marcher avec la justice, s’instruire dans la sagesse, communier avec la vertu, se réjouir dans l’amour. Quelqu’un dit qu’il marche avec la justice mais ne se réjouit pas dans l’amour. Il faut nécessairement marcher avec la justice, se réjouir dans l’amour, s’instruire dans la sagesse, suivre la vérité et communier avec la vertu : c’est le principe supérieur. Un jour, si nous sommes en vie, c’est-à-dire si vous ne m’avez pas égorgé comme un agneau, je vous parlerai sur la vertu, l’amour, la justice, etc. Cet amour que vous avez est fait de pommes de terre et j’ai des livres entiers sur lui. L’amour dont je parle soutient le monde, soutient le Ciel, Dieu vit en lui ainsi que tous les anges. Il est invariable et sans duplicité. Lorsque l’homme a cet Amour, ses yeux ont une grande profondeur, alors que vous ressemblez à des mares de faible profondeur. Je vois que l’amour de certains ne mesure que quinze à vingt centimètres de profondeur alors qu’il devrait atteindre dix ou vingt kilomètres, être au moins aussi profond que les océans. Si notre vie était aussi profonde, aucune tempête ne serait capable d’agiter ses eaux. Le lac de Galilée était peu profond, ce qui a rendu possible cette agitation, un phénomène impossible à des endroits profonds. Quelqu’un d’anxieux, qu’il soit philosophe ou prédicateur, a un amour qui ne mesure que quinze centimètres. Je ne suis pas dupe, même si beaucoup essaient de me tromper là-dessus. C’est avec cette mesure que j’évalue aussi mon amour. Vous aussi, vous devez mesurer le vôtre.

         Lorsqu’Il s’est réveillé le Christ a dit : « Pourquoi avez-vous peur gens de peu de foi ? » Les Écritures disent : « L’amour parfait chasse toutes les peurs[3]. » Là où c’est profond, il ne se produit pas de catastrophes. Ainsi, avant le mariage jaugez celui que vous avez choisi. S’il s’angoisse beaucoup, il n’a pas assez de fond et verra nombre de tempêtes en son sein : ne naviguez pas sur un tel lac. Une jeune fille dit : « Lorsque je me marierai, je le transformerai. » Non, tu trouveras le fond. Même s’il met le monde entier à vos pieds, ne montez pas dans sa barque, qu’il soit prédicateur, prêtre, commerçant ou magistrat, ne montez pas dans sa barque. Le Christ demande pourquoi vous n’avez pas cet amour. Celui qui vous envoie la tempête, vous teste pour voir la solidité de votre Amour, de votre Sagesse, de votre Vérité. Il y a par exemple des chrétiens qui ne mentiront pas pour cinq sous, mais le feront pour cent. Un monsieur disait : « Je ne me vendrai pas pour dix ou cent leva, mais si on m’offre plus, je pourrais mentir. » Moi, je ne mentirai pas, même si on me donnait le monde entier et toute la gloire ; pour toutes ces richesses, je n’enlèverai même pas un poil de ma barbe, je ne mentirai pas. Un poil de ma barbe coûte plus que tout et si je donnais à quelqu’un un poil de ma barbe, il deviendrait un homme.

         Il y a deux cent cinquante mille cheveux sur la tête des humains. Par cheveu j’entends loi, c’est pour cela que les femmes ont des cheveux longs. Et maintenant vous vous peignez sans connaître le fondement de ces cheveux, c’est-à-dire de ces lois. Vous pensez que le Seigneur a voulu par caprice mettre des cheveux sur la tête, le menton, etc. Le Seigneur a ses raisons pour avoir mis les cheveux et je ne veux pas divulguer les secrets du livre de Dieu ; je peux les divulguer, mais je vous soumettrai à un interrogatoire. Savez-vous toutes les raisons pour lesquelles le Christ a tant souffert sur la croix ? Le malin est apparu pour le tenter et lui dire : « Combien t’ont précédé ! », et il lui montrait comment les gens cracheraient sur lui et feraient des atrocités en son nom. Alors le Christ s’est tourné vers le Seigneur et Lui a demandé : « Seigneur, pourquoi m’abandonnes-tu ? » Alors le Seigneur a parlé profondément dans Son âme et le Christ a dit : « Seigneur, je t’ai compris, tout est accompli. »

         Maintenant, certains écoutent mes causeries semaine après semaine et se disent : « Nous ne faisons rien de bon. » Je vous considère comme des hommes bons qui ne font pas de bien. Vous dites que vous n’avez pas de conditions pour travailler et vous occuper. Le Seigneur vous a doté de tout, alors ne laissez pas une seule journée sans la mettre à profit. Vous montez dans une barque et vous dites : « Nous allons conquérir la mer. » Vous devez réveiller le Christ dans la barque où il demeure. Il y a dans votre tête maintenant beaucoup d’esprits qui s’effarouchent, mais le temps approche où le Seigneur vous jugera pour chaque mot que vous avez prononcé. Il jugera d’abord les hommes vertueux ensuite les pécheurs. Chacun sera convoqué pour montrer ce qu’il a travaillé pendant tant de milliers d’années. Peut-être avez-vous fait une seule fois le bien, mais la qualité prime sur la quantité. Lorsque le Christ viendra ouvrir le livre, il verra combien d’agneaux ont été égorgés. Chaque jour vous égorgez ces agneaux et c’est pourquoi il n’y a pas de paix dans vos foyers.

         Le Seigneur dont je vous parle aujourd’hui dit : « Que le Christ se réveille en vous ! » Je peux maintenant vous parler, mais c’est une voix qui crie dans le désert. Lorsque le Christ se réveillera, vous ressusciterez, vous vous retrouverez en Galilée et non pas à Jérusalem, votre souffrance cessera, se transformera en émotion agréable et vous vous retrouverez dans une ambiance bénéfique pour votre développement. Les vies inférieure et supérieure sont liées, mais la vie inférieure doit obéir à la vie supérieure. Ne laissez pas votre estomac, votre cœur ni votre intellect être vos maîtres ; ce sont des serviteurs. Élevez chaque désir pour qu’il serve ce principe divin. Vous pensez que vous comprenez ce Christ dont je vous parle souvent, parfois vous vous efforcez de l’entrevoir, mais je vous demande si votre mer s’est apaisée, si vous avez enfin accosté ? Non ! C’est donc un christ mensonger, le Christ, vous ne L’avez pas encore vu. Lorsque le Christ va apparaître, vous serez sur le rocher immuable de la vertu, vous serez guidés par la justice, vous serez dans la véritable matrice de l’amour qui ne juge personne et ne se détourne de personne. L’amour ne trie pas les humains en vertueux et pécheurs, il vit de la même façon au Ciel et sur terre, en enfer et au paradis, il accomplit sa mission avec la même joie et gaîté où qu’il demeure. Tu dis : « Je ne peux pas supporter celui-ci ! » Tu fais partie des bons qui ne font pas de bien. Quelqu’un dit : « C’est bien de se montrer miséricordieux, mais il ne faut pas exagérer ! » Toi aussi tu es de ceux-là. Ainsi maintenant, il est temps d’entendre ce que vous dira votre Christ dans la barque qui vous transporte sur cette mer agitée. Et ce qu’il vous dira doit être si sacré pour vous qu’il ne faut le redire à personne. Lorsque je vous raconte l’histoire de Titus, vous vous dites : « Je ne me suis jamais rendu coupable d’une telle chose. » Combien de fois, lorsque vous vous mettez en colère, vous dites que le Seigneur a mal fait le monde, vous dérobez le voile et devenez vous-même ce Titus qui détruit Jérusalem. Vous direz : « Comme ce personnage a été cruel ! » Combien de fois vous vous insurgez contre le Seigneur, et il vous dit : « Petit ver de terre, sais-tu de quelle mort tu périras ? » Certains Lui prodiguent des conseils, le Seigneur n’a besoin d’aucun conseil. Si tous les peuples comprennent ainsi le monde et s’ils appliquent cet enseignement, alors seulement le Christ viendra.

         J’aimerais que tous les prédicateurs, les prêtres et les magistrats pensent ainsi ; qu’ils marchent avec la justice, qu’ils se réjouissent avec l’amour, qu’ils s’instruisent avec la sagesse et qu’ils suivent la vérité. Ce n’est qu’ainsi qu’un peuple peut progresser, tout le reste n’est que vanité. Ce n’est qu’alors que toutes les choses prendront du sens. Dans la cuisine et dans la lessive il y a un sens. Quelqu’un fait la lessive et se dit : « Pourquoi cette corvée m’incombe-t-elle ? » Par exemple la belle-fille fait la lessive des habits de ses beaux-parents et se dit : « Ces vieux, ne vont-ils pas bientôt débarrasser le plancher ? Je comprends que je doive laver mes vêtements, mais là j’ai aussi ceux des vieux ! » Non, lorsque vous lavez, dites-vous : « Comme je lave cette chemise Seigneur, Toi, rend moi aussi pur ! » Si je fais la lessive, je dirai : « Seigneur, ces gens m’ont tâché, mais Toi, lave moi ! » Et si je m’assois pour écrire quelque chose, je dirai : « Comme je fais ce travail, toi aussi Seigneur, améliore moi ! » Quelqu’un dira qu’ils ont sali le livre ! Tant qu’un livre n’est pas sali, il n’est pas assimilé.

         Si vous regardez de près la lettre м dans le mot miséricorde, vous verrez qu’elle a quatre traits qui forment deux sommets de montagne et une vallée. Par conséquent, être miséricordieux, signifie avoir deux sommets sur lesquels s’arrime cette vallée. Ainsi, la vie humaine elle-même ne peut pas être faite uniquement de sommets, mais il faut aussi des vallées ; ces vallées sont des endroits sombres, ombragés. Parfois votre vision n’est pas bien réglée. Il y a quelques semaines une jeune demoiselle est venue me voir avec l’idée que ses paupières avaient noirci ; elle s’était mis cela en tête et ne pouvait chasser cette idée. Alors que tout simplement ses yeux étaient légèrement saillants et jetaient une ombre selon l’angle d’éclairage… De la même façon, en voyant une ombre, vous vous mettez en tête que vous êtes de grands pécheurs et des vauriens ; ce sont simplement des objets concaves ou convexes qui produisent des ombres. Le Seigneur vous a envoyés pour servir quelqu’un, par exemple pour prendre soin de quelques orphelins, alors que vous voulez occuper la première place, être premier ministre, gouverner la Bulgarie. Dites-moi quel ministre a arrangé les affaires en Bulgarie, en Allemagne, en Angleterre ou ailleurs ? Lorsque votre Seigneur se réveillera, alors toutes les tempêtes s’apaiseront et, avec Lui, vous aurez la puissance et le pouvoir. Rien ne peut être réalisé sans le Christ. Pour que vous soyez forts, le Christ doit se réveiller. Et Il ne peut être réveillé que si vous devenez un avec la vertu, la justice, la vérité, la sagesse et l’amour.

         Maintenant, si on vous donne un, cinq, dix millions de leva, hésiterez-vous ? Imaginez que l’on vous offre toutes les richesses ; hésiterez-vous ? Ne seriez-vous pas comme ce tailleur de pierres qui vivait dans les premiers siècles du christianisme en Égypte ? À cette époque vivait un ermite très vertueux qui fabriquait des paniers et allait les vendre au marché d’Alexandrie. Au retour il croisait toujours ce tailleur de pierres qui l’arrêtait, l’invitait dans sa maison, lui lavait les pieds et lui donnait à manger. L’ermite ému a interrogé un jour le Seigneur pour savoir s’il pouvait l’aider d’une manière quelconque. Le Seigneur lui a répondu : « Tu peux l’aider à condition que sa vie change. – Mais si on lui donne de l’argent, sa vie changera n’est-ce pas ? a demandé le saint. – Bon alors, a dit le Seigneur, il y a de l’argent enterré à tel endroit, déterre-le et offre-le au tailleur de pierres. »

         L’ermite a trouvé l’argent et l’a donné au tailleur de pierre qui s’est rapidement fait une place dans la société, s’est fait construire un beau palais, a mené grand train et a été nommé premier vizir. Un jour l’ermite l’a rencontré de nouveau, mais celui-ci s’était tellement enorgueilli qu’il a fait mine de ne pas le reconnaître. Ceci a empli l’ermite d’amertume, il a continué son chemin mais un ange est venu à sa rencontre et lui a donné une belle correction en lui disant : « Avec l’aide que tu as donnée, tu as fait tomber une âme. » Alors l’ermite a commencé à prier de nouveau le Seigneur de sauver l’âme du tailleur de pierres. Des calomnies et des intrigues à l’adresse du vizir lui ont fait perdre tous ses avoirs, il a perdu son poste et s’est vu contraint de tailler de nouveau des pierres. Un jour, alors qu’il travaillait, il a vu de nouveau l’ermite ; il l’a arrêté et lui a dit : « Je t’ai bien reconnu l’autre fois mais j’étais aveuglé par ma situation. Demande de nouveau au Seigneur de me donner de l’argent ! » Et l’ermite de lui répondre : « Je ne veux pas être molesté une seconde fois » …

         Et vous aussi, comme cet ermite, vous voulez laisser l’ascendant à ce qui est inférieur, mais les anges viendront pour vous corriger et alors il faudra relever ce qui est supérieur en l’homme. Je vous dis cela pour que vous soyez totalement vertueux et justes, authentiques et sages comme le Seigneur l’est. Dans notre vie nous devons agir comme le Seigneur agit envers nous : nous sommes souvent mécontents, mais Il nous envoie sa bénédiction sans réserve. Et c’est toujours nous-mêmes qui sommes la cause de nos malheurs. Je vais illustrer cela par un exemple : une fois Nastradin Hodja est monté dans un arbre pour scier la branche sur laquelle il était assis. En le voyant, un passant l’a interpelé : « Ne fais pas cela car tu vas tomber ! – Comment peux-tu le savoir ? » a rétorqué Nastradin Hodja tout en continuant à scier la branche. Mais en effet, après avoir scié la branche il est tombé par terre. Alors il s’est relevé et a rattrapé le passant en lui demandant : « Puisque tu as su me dire que j’allais tomber, tu sauras certainement me dire l’heure de ma mort. » Le passant a rétorqué : « Tu mourras dans trois jours, pour cela creuse un trou sous un poirier, couche-toi dedans et patiente. »

         Nastradin Hodja a fait ses adieux à sa femme, a creusé une tombe sous un poirier, s’est couché et lorsque des fruits tombaient de l’arbre, il les prenait et les mangeait. Il a attendu ainsi trois jours de mourir jusqu’à ce qu’un troupeau de chameaux passe par là. En le voyant les animaux ont pris peur et se sont enfuis et les gardiens du troupeau l’ont attrapé et lui ont mis une rouste. Alors il est rentré chez lui et sa femme lui a demandé : « Comment c’est l’autre monde ? – C’est très bien là-bas : les poires tombent et tu en manges, mais si tu fais peur aux chameaux alors ça finit mal ! » 

         Vous aussi, vous faites souvent peur aux chameaux, vous vous mettez souvent un moustique dans le nez, vous sciez souvent la branche sur laquelle vous êtes assis. Réveillez le Christ, et Il vous apprendra à vivre ! Celui qui n’a pas réveillé le Christ ne sait pas comment vivre. Le principe supérieur doit venir et vous libérer de votre joug. Vous êtes esclaves les uns des autres : l’homme attend une délivrance de sa femme, la femme, celle de son mari, le fils, de son père, la fille, de sa mère. N’espérez rien des gens, réveillez le Christ dans cette barque et vous comprendrez tout de suite le sens profond des choses. Lorsque les disciples ont vu que le Christ savait calmer la tempête sur la mer, ils ont compris qu’Il avait le pouvoir de maîtriser le principe inférieur.

         Je souhaite que votre Christ se réveille et qu’il vous introduise dans la paix, qu’il vous donne la sagesse et le savoir pour accomplir sur terre la mission que le Seigneur vous a donnée.

 

Sofia, 17 décembre 1916


[1] « Et voici qu’il y eu sur la mer une grande tempête, au point que la barque allait être recouverte par les vagues. Lui cependant dormait. Ils s'approchèrent et le réveillèrent en disant : " Seigneur, au secours ! Nous périssons ! » (Matthieu 8, 24-25)

[2] « de quel châtiment plus sévère pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour profane le sang de l'alliance par lequel il avait été sanctifié, et qui aura outragé l'Esprit de la grâce ? (Hébreux 10, 29)

[3] De crainte, il n’y en a pas dans l'amour ; mais le parfait amour jette dehors la crainte, car la crainte implique un châtiment ; et celui qui craint n'est pas accompli dans l'amour. (1 Jean 4, 18)

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