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mayakitanova

Huitième conversation

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HUITIÈME CONVERSATION

 

Après une pause d’une dizaine de jours, les disciples de nouveau se réunirent sur la prairie tout illuminée par les rayons du soleil matinal. On avait terminé les exercices de la paneurythmie et une grande partie des gens s’en étaient allés. Seuls les disciples qui n’avaient pas d’obligations restèrent; parmi eux, celui qui était si curieux de connaitre et le plus libre dans les conversations avec le Maitre.

LE DISCIPLE. — Je sais, Maitre, que la question qui m’est venue à l’esprit est peut-être déplacée. On ne peut pas en parler comme on le fait des choses ordinaires de la vie, mais, malgré tout, je prendrai la liberté de vous prier de nous parler de l’lnfini, du Suprême, de l’Unique, que l’on appelle la Cause Première, ou en un mot de Dieu.

Si quelqu’un me posait cette question, je lui dirais que la Suprême Réalité ou Dieu ne se prête ni à la définition ni à la preuve. Mais j’ai remarqué que quand Vous nous parlez de Dieu, quoique nos possibilités soient minimes, nous nous sentons plus proches de Lui.

LE MAITRE. — Le mot « Dieu » est compris de différentes manières et les gens prêtent à ce mot les contenus les plus divers. II est vrai qu’il n’existe pas de définition de l’Éternel, du Tout-Puissant, de l’lnfini, mais on peut dire ceci, que Dieu, dans le sens philosophique du mot, signifie penser. Croire en Dieu signifie penser. Seul celui qui pense peut croire en Dieu. Mais nombre de ceux qui ne croient pas à l’existence de Dieu pensent aussi. Toutefois, ce n’est pas vrai. Car ce qu’ils considèrent comme pensée, n’est aucune pensée, mais seulement un rampement sur la surface des phénomènes, sans en pénétrer la profondeur où se trouvent les causes et les moteurs de ces phénomènes qui sont une infime particule de la manifestation de l’Esprit Universel.

II y a une immense différence entre la pensée d’un esprit initié et la pensée de celui qui vit dans l’obscurité spirituelle. Le premier voit derrière les barrières de nos perceptions. II a de l’intuition et de l’illumination, et il sera conduit, par ces qualités, jusqu’au principe causal de tout ce qui arrive. Ces autres penseurs qui ne sont pas Illuminés par l’initiation spirituelle, vont et viennent entre les murs parce qu’ils ne savent pas ce qu’il y a dans cette prison tridimensionnelle du monde matériel.

Un grand nombre des philosophes du matérialisme estiment que la pensée de Dieu entrave en général les processus de la pensée ; mais la vérité est que c’est justement cette pensée qui stimule l’évolution spirituelle.

Les gens se représentent les images les plus diverses, même humaines, de Dieu, et cela personne ne peut l’oublier étant donné que notre monde tridimensionnel nous présente ses formes dont nous pouvons difficilement nous passer. L’Entité Divine, aux innombrables dimensions, est étrangère à notre raison tridimensionnelle ; cependant, dans une petite oeuvre de la nature, insigne en apparence, ainsi que dans une action, petite à première vue, mais noble et pleine d’abnégation, on peut voir la merveilleuse raison de la nature vivante, et dans l’action la grandeur du Bien, de l’Amour et de Dieu.

Dieu est contenu dans les petites choses, tout comme le grand chêne est contenu dans le gland. Vous tenez ce gland dans votre main sans soupçonner que vous portez une vie de plusieurs siècles à l’état potentiel.

Sachez qu’il n’y a rien de plus grand que Dieu, mais en même temps il n’y a pas de forme plus humble et plus petite que celle dans laquelle II peut se cacher. Ne sous-estimez pas les petites choses. Apprenez à les apprécier suivant leurs possibilités cachées. Une toute petite allumette peut causer un immense incendie.

LE DISCIPLE. — Est-il vrai que la vie est générée par l’Amour ?

LE MAITRE. — C’est une grande vérité. Mais, savez-vous que la vie et l’Amour sont différents et que l’Amour — la mère de la vie — reste une essence Divine, éternelle et invariable, tandis que la vie est soumise à de nombreux processus et transformations ? Dans la vie, il y a des constructions et des destructions. Dans l’Amour, ces deux processus n’existent pas. L’Amour est toujours constructif, pur et sublime. Si vous admettez que l’Amour et la vie sont la même chose, alors comment expliquerions-nous les contradictions dans la vie ? Ne commettrions-nous pas une erreur, si nous imputions les contradictions aussi à l’Amour ?

Dans l’Amour, il n’y a aucune contradiction !

Ce que j’ai dit au sujet de l’Amour concerne également la Sagesse. La Sagesse est quelque chose de plus que le savoir que les gens acquièrent dans la vie. Dans le savoir, il y a des fautes et des erreurs ; il y a des contradictions et des théories qui se nient l’une l’autre. Mais la Sagesse est une et invariable. Elle est au-dessus des créateurs et des hypothèses. Savoir et théories peuvent être appelés des degrés menant à la Sagesse, qui est au-dessus de tout savoir. La Sagesse est tirée des connaissances et commence à flamboyer seulement dans une âme éveillée.

La Vérité possède la même pureté absolue et infinie, et n’a aucune limitation, quelle qu’elle soit. La Vérité génère la liberté ; mais dans la liberté que possèdent les hommes sur cette Terre, il existe également des limitations.

Dans la Vérité, il n’y a aucune limitation !

Alors, nous pourrions nous poser les questions suivantes : Pouvons-nous vivre sans Amour ? Nous le pouvons. Mais, sans Amour, notre vie serait pleine de souffrances.

Pouvons-nous vivre sans Sagesse ? Oui, nous le pouvons. Mais, sans la Sagesse, nos connaissances seraient telles qu’elles ne pourraient pas nous éviter de commettre des choses stupides.

Et sans la Vérité, pouvons-nous vivre ? Oui, nous le pouvons. Mais, sans la Sagesse, nos connaissances seraient telles qu’elles ne pourraient pas nous éviter de commettre des choses stupides.

Et sans la Vérité, pouvons-nous vivre ? Oui, nous le pouvons.

Mais, sans la Vérité, nous aurions une telle liberté qu’elle ne se distinguerait pas de n’importe quel esclavage.

C’est pourquoi quand un des élèves de l’école s’individualise tellement que, dans sa fière présomption, il nie l’Amour, la Sagesse et la Vérité, il ne doit pas se révolter quand arrivent les résultats inévitables, car c’est lui-même qui les a provoqués. Quand les ennuis foncent sur lui, il doit se dire : « Je me trouve dans cette situation parce que j’ai renié les trois grands fondements de la vie. »

(Il se fit quelques minutes de silence. Chacun réfléchissait à quelque chose en relation avec les paroles du Maitre.)

LE DISCIPLE. —Je voudrais vous demander quelque chose, au nom des frères avec lesquels j’ai parlé il y a deux jours. Nous aimerions que vous nous donniez un thème, que chacun de nous développera de la manière qu’il trouve la meilleure. Mais nous aimerions que le thème soit en relation avec ce que nous devons en premier lieu développer en nous-mêmes et qui, d’après vous, manque le plus aux jeunes.

LE MAITRE. — Écrivez au sujet de la patience.

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