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mayakitanova

Quatrième conversation

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QUATRIÈME CONVERSATION

« Au cours de cette conversation, le groupe des disciples entendit d’autres explications utiles qui éclaircissent grandement les problèmes reliés à la vie de l’homme en tant qu’individu et en tant que membre de la société.

LE DISCIPLE. — Ces derniers temps, on remarque un nouvel élément dans la vie : une tendance vers le travail collectiviste. Je suis tout spécialement intéressé à savoir si dans la collectivité l’individualité se perd en partie ou complètement. Que voudriez-vous me dire à ce sujet ?

LE MAITRE. — II est vrai que chez les hommes a fait son apparition le désir de vivre et de travailler collectivement ; mais vous ne connaissez pas une loi secrète d’après laquelle l’homme conserve son individualité également dans le travail en collectivité, car dans le travail commun il prendra cette part qui a été déterminée d’avance par le destin.

Souvenez-vous : Le travail individuel est en rapport avec l’individu. Par ce travail, il s’édifie lui-même ; mais le véritable travail de l’homme est l’oeuvre désintéressée consacrée à Dieu. Dans le travail en commun, les hommes ont la possibilité de polir certaines aspérités et de mieux se connaitre les uns les autres. C’est bien quand le disciple est prêt à faire consciemment ces deux sortes de travail.

Il est bon que les gens soient quelquefois obligés de se réunir à un même endroit, ne serait-ce que parce qu’ainsi ils ont la possibilité d’apprendre certaines choses qui ont l’air simples, telles que la courtoisie qui rend l’homme capable d’en écouter un autre qui désirerait être entendu. En outre, cette ambiance est favorable pour se connaitre les uns les autres en tant que monades.

On sait que les gens ne sont pas pareils. Ceux qui vivent dans des endroits rocheux sont comme des roches ; tandis que les habitants des versants méridionaux de la montagne sont entièrement différents. Chaque individu est une complexité compliquée d’influences. C’est ce que l’on peut le mieux apprendre en vivant et en travaillant en commun.

Quand vous vous réunissez pour une oeuvre commune, à première vue il vous semble que vous êtes tous pareils, mais petit à petit ressortent les différences qui vous surprennent. Certains se comportent comme des gens raisonnables et modestes, tandis que d’autres comme des gens aux grandes prétentions et des candidats aux postes et aux titres supérieurs. D’autre part, il y en a d’autres, comme je l’ai déjà dit, qui s’estiment capables de devenir des maitres, sans savoir que la Nature vivante et raisonnable a déterminé pour chaque siècle quelques fonctions supérieures seulement. Savez-vous que pour qu’un saint naisse, il est nécessaire que son apparition soit préparée par deux personnes géniales. Mais, pour qu’un Maitre naisse, il faut que sa venue dans le monde soit précédée par l’existence de dix saints.

« Vivre selon Dieu », disent souvent les croyants. Mais ils comprennent cela à leur propre façon, et même certains d’entre eux pensent que vivre selon Dieu, signifie accomplir des oeuvres extraordinaires. En réalité, certaines oeuvres qui semblent très petites, et auxquelles ils ne font même pas attention, entrent en tant que partie composante principale de ce qu’ils appellent « vivre selon Dieu ». L’homme serviable, reconnaissant et attentionné, même s’il ne possédait que ces qualités, vit selon Dieu. À ce propos, je veux attirer votre attention sur une qualité qui, malheureusement, manque grandement chez le Bulgare. C’est le respect l’un pour l’autre. Les Bulgares possèdent de très bonnes qualités, mais ils ont un défaut qui gêne beaucoup leur évolution spirituelle. C’est le manque de respect les uns envers les autres. Les recherches que j’ai faites durant de longues années montrent que le sentiment religieux, lui aussi, est faiblement développé chez le Bulgare. Et sans ce sentiment, il est difficile que se crée un homme noble. Je remarque qu’il existe une telle chose en vous, les disciples de l’Enseignement Divin. Renoncez à vous lier a cet atavisme. En liaison avec ce défaut se trouve également la cause de ce qu’on répand au-dehors tout ce qui vous a été confié comme à un ami. Celui qui répand au-dehors les choses intimes de ses amis entrave lui-même sa propre vie. Respectez la sainteté de l’âme humaine, et celui qui se libère du défaut dont nous venons de parler, véritablement déjà « vit selon Dieu ».

Si vous voulez connaitre une des plus merveilleuses vertus dans votre vie, faites bien attention à ce que je vais vous dire : Si vous avez un ami, tâchez de découvrir en lui un bon trait de caractère. Même quand vous pensez à lui, souvenez-vous de nouveau de ce bon aspect de son caractère et gardez-le dans votre esprit. Cet ami que vous possédez va vous aimer encore davantage parce que, par la voie invisible, vous lui envoyez de bonnes influences. Si vous ne pensez pas aux bons traits de son caractère, entre vous et lui va s’installer un espace froid et désert. Hors de cette loi, il ne peut exister de relations correctes entre les gens.

Mettez en pratique cette règle et vous vous convaincrez de son absolue infaillibilité. Et si vous découvrez en vous-même quelque chose qui vous plait dans votre caractère, gardez-le et, sans en parler, nourrissez-le et vivez parmi les gens avec cette vertu qui est un secret pour eux.

L’homme spirituel doit avoir une mesure. II ne doit pas se persuader qu’il n’est bon à rien ; mais en même temps, il ne doit pas cultiver en lui-même une assurance en soi-même qui soit sans fondements. La loi des relations, dans la connaissance de soi-même, est la suivante :

Si quelqu’un dit : « Je peux tout faire », il dit 1/3 de la vérité. S’il dit: « Moi et tous les hommes qui sont bons, nous pouvons tout faire », il dit 2/3 de la vérité. Enfin, s’il dit: « Moi, tous les hommes qui sont bons et Dieu avec nous, nous pouvons tout faire », il dit les 3/3, soit toute la vérité. En disant « tous les hommes qui sont bons », nous devons comprendre tous les hommes bons qui vivent sur Terre, en comprenant également ces habitants terrestres qui sont partis pour un autre monde. Nous ne devons pas les exclure de notre pensée et de notre foi, car ils peuvent participer aux bonnes oeuvres communes. Nous pouvons les attirer par notre amour.

Si un poète, un artiste, un musicien, ou quelque créateur que ce soit décide de travailler pour le Bien et la Lumière, tout comme pour l’évolution de l’humanité, alors tous les poètes, artistes et musiciens de la Terre et de l’autre monde l’aideront.

LE DISCIPLE. — Pourquoi arrive-t-il parfois de si brusques changements dans notre conscience ? Quel est notre véritable état, du moment qu’il apparait si variable ? Parfois on pense de soi-même que l’on est très bon, raisonnable et noble, et d’autres fois tout le contraire ?

LE MAITRE. — Vous devez connaitre les lois du monde physique variable. Cette connaissance vous aidera à ne pas être troublés par les changements dans votre conscience. C’est le monde physique qui vous apprendra cet art.

Si vous lisez l’oeuvre philosophique d’un auteur qui, à l’aide d’arguments logiques, s’efforce de prouver qu’à l’exclusion de l’homme, rien d’autre n’existe, il est naturel que vous demandiez comment ce philosophe a acquis l’assurance de la véracité de sa philosophie. Si vous pouviez suivre la voie de ces auteurs, vous auriez l’assurance que pas un d’entre eux n’est sûr de ce qu’il prouve. Toutes les négations extrêmes au monde sont créées par des gens déçus. Celui qui est déçu, offensé, empoisonné par certains insuccès, écrit et parle de son pessimisme, étant donné qu’il ne connait pas la loi des causes et des conséquences ; loi, par la force de laquelle lui sont venues ses déceptions.

LE DISCIPLE. — Nous voyons, dans le monde, beaucoup de contradictions, de luttes et de déceptions. Qui va les supprimer ? Est-ce ainsi que le monde va continuer à vivre ?

LE MAITRE. —Je vais répondre à votre question par une analogie tirée de la science contemporaine. Les lois de la mécanique enseignent que, pour mettre en état de repos un système mis en mouvement, il est indispensable qu’une énergie extérieure quelconque vienne rétablir l’état d’équilibre. Une onde peut être domptée à l’aide de l’énergie d’une autre onde qui agit dans le sens contraire de la première. Il s’ensuit que, pour l’équilibre et la paix dans la société humaine, il est nécessaire qu’une énergie extérieure intervienne. D’où il découle que les pacificateurs, les hommes qui veulent le bien et qui aiment, qui rétablissent la paix et l’équilibre dans le monde, ne sont pas des fainéants, mais les ouvriers les plus actifs du Bien. Les gens pensent faussement que ceux qui sont bons sont des observateurs passifs et inertes de la vie. Ce n’est pas vrai. Ce sont eux qui travaillent le plus, mais leur oeuvre n’a pas d’effet extérieur. La pacification, l’harmonie, est un processus créateur raisonnable. Seuls des gens très sages, aimants, qui dépensent une grande énergie intérieure, peuvent apporter la paix. Si l’on ne possède pas la paix intérieure, on ne peut pas la rétablir à l’extérieur. C’est ainsi que l’on doit comprendre les paroles du Christ qui dit: « Je vous donne ma paix ! »

Le chagrin et la joie sont indispensables pour la croissance de l’âme humaine. Le chagrin vient de la Terre, tandis que la joie vient du Soleil. Toutefois, le Bien se manifeste sur Terre. Du moment que vous avez du chagrin, c’est que les énergies de la Terre prennent le dessus ; le Ciel permet le chagrin et la douleur. Ces derniers n’annihilent pas l’homme, mais apportent en lui de la douceur et de la bonté. C’est pourquoi la raisonnable Nature créatrice travaille parfois avec ces énergies terrestres. C’est par leur entremise que l’on apprend la loi de la transformation.

LE DISCIPLE. — Que doit-on faire quand nous ne sommes pas en état de venir à bout de la volonté entêtée et malveillante de ceux qui nous entourent ? N’est-il pas vrai que notre temps n’est pas celui ou l’on doit mener une vie d’anachorète ?

LE MAITRE. — Le disciple qui est entré dans l’École Divine doit souvent vivre de grandes tempêtes, étant donné qu’il est entouré de gens qui ont, le plus souvent, des conceptions contraires aux siennes. Parmi ces gens, il s’en trouve chez lesquels surgit le désir d’étouffer et de tuer les aspirations nobles de son âme. « Tu es stupide, étrange et inutile à la société avec tes conceptions », lui disent-ils. Si le disciple se laisse gagner par leur influence et leurs suggestions, il obscurcira et tuera sa foi en Dieu.

Quelque chose de plus : il peut arriver qu’un jour le disciple soit chassé de la société. S’il n’a pas d’endroit où aller, il va désespérer et commencer à penser à se suicider, ou bien à se livrer à la débauche. C’est justement dans ces moments-là qu’il doit garder avec la plus grande ferveur son lien avec Dieu. Alors, il doit dire : « Ce monde a été fait pour moi ! »

Tant qu’il croira en Dieu, personne ne peut l’exclure. L’État dans lequel il vit peut le chasser, l’exclure du nombre de ses citoyens ; il peut arriver que d’autres nations ne l’acceptent pas, mais cela n’a aucune importance. Il ne cessera pas de chercher et il trouvera un peuple qui l’accueillera. Le disciple ne doit pas se relier uniquement avec un seul endroit. Le meilleur endroit pour lui est celui où les gens sont enclins à accepter les grandes idées Divines.

LE DISCIPLE. — Est-ce que le disciple peut apprendre dans toutes les conditions de vie ? Jusqu’à quel point les conditions exercent-elles une influence sur le développement spirituel ?

LE MAITRE. — Quand il fait sombre, nous ne pouvons pas lire. Est-ce que nous sommes tous si ignorants ? Si on allume la bougie, on commence à lire. Est-ce que nous sommes tous si ignorants ? Si on allume la bougie, on commence à lire. Est-ce que nous avons si vite appris cet art ? Est-ce que seule la lumière nous permet de lire ? La lumière est une condition ; mais avant d’allumer la bougie, nous connaissions déjà les lettres, les syllabes, les mots et les phrases. La lumière nous a permis de manifester notre art de lire.

II en est de même avec celui qui veut connaitre la vérité. II porte en lui-même un savoir caché qui n’a pas encore été manifesté ; mais il a besoin de lumière qui lui donnera la possibilité de se manifester.

Ce nouvel état de celui qui cherche ne parvient à se réaliser qu’avec l’aide d’un Maitre, et cela s’appelle Illumination.

LE DISCIPLE. — Nous sommes encore jeunes et c’est pourquoi nous parvenons difficilement à saisir la vérité.

LE MAITRE. — Ne pensez pas qu’en vieillissant vous deviendrez plus sensés. On doit être sensé à tout âge. Pendant que vous êtes jeunes, si vous ne semez pas les semences du Bien, de la Raison et du Noble, comment pouvez-vous vous attendre à ce qu’ils vous donnent des fruits dans un âge avancé ? Souvenez-vous : Demain, il arrivera ce qui est arrivé aujourd’hui. Quand les Maitres disent que quelque chose va arriver dans l’avenir, il faut comprendre que c’est déjà arrivé aujourd’hui.

Les forces occultes du Bien agissent immédiatement.

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