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mayakitanova

IV - Thèmes divers - La musique

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IV

Thèmes divers

 

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LA MUSIQUE

La musique est un des leviers les plus puissants se trouvant dans le travail spirituel du Maitre. Après le thème de l’amour, c’est de la musique dont il a le plus parlé. Le Maitre recommandait à ses disciples de chanter et de jouer de quelque instrument de musique. De plus, il enseignait qu’on doit vivre musicalement.

Il y avait quelque chose de remarquable et d’unique dans la manière dont il jouait du violon. L’archet glissait doucement sur les cordes et cet attouchement faisait naitre des mélodies qui, bien que douces, portaient en elles-mêmes une force émouvante.

La perception de cette force n’était pas donnée à tous ceux qui étaient dans l’entourage du Maitre, mais aux musiciens de préférence, ainsi qu’à ceux qui ont l’oreille et l’âme sensibles à l’art musical; ils apprirent de lui ce qu’il fallait rechercher et apprécier dans une interprétation musicale. Certains musiciens et le plus souvent des chanteurs cherchent à acquérir la célébrité en tant que grands interprètes, en abusant d’effets extérieurs, qui loin d’élever le sens musical chez l’auditeur, le rabaissent. Certains d’entre eux, doués d’une grande force vocale usent de toutes leurs possibilités et finissent simplement par assourdir les auditeurs. Ce que nous appelons la force de la voix, qualité dépendant de l’amplitude de l’onde sonore, ce n’est pas elle qui porte ce qu’il y a de plus précieux et de plus captivant dans la voix. Ce n’est qu’une valeur physique, et c’est une richesse qui, comme toute autre richesse, doit être utilisée d’une manière cultivée et raisonnable.

Le Maitre parlait souvent à l’intention des musiciens.

« Si quelqu’un joue et chante comme s’il était en train de donner un concert, il devrait chasser de sa conscience les auditeurs et ne jouer ou ne chanter que pour la musique elle-même et pour son âme. Que les gens écoutent, mais que l’interprète chante pour lui-même. Ce n’est pas de l’égoïsme. Chanter pour soi-même, cela signifie chanter pour le Divin, pour ce qui est au-dedans de soi. Dans ce cas, votre musique se

transforme, par des voies inconnues, en une manifestation de l’Amour. »

« Les chanteurs doivent tendre à chanter d’une voix basse. Cela ennoblit. Chanter fort c’est plutôt manifester de la volonté. Si vous voulez mettre quelque chose de sublime dans votre pensée et dans vos sentiments, il faut chanter bas. C’est ainsi que vous donnerez un contenu précieux à votre chant. Quand on chante bas, on attire des êtres vivants d’une plus haute catégorie et d’une culture spirituelle plus élevée. »

Bien entendu c’est aussi un grand don pour un chanteur que le registre vocal. Avec son aide, on peut manifester de grands effets. Cependant ce n’est pas cela qui touche. « Le registre de même que la force vocale peuvent seulement nous étonner, mais pas nous toucher. »

La qualité la plus précieuse de la voix au point de vue spirituel réside dans son timbre. Et cela même pas dans le timbre en tant que valeur physique de la voix, au regard du nombre et de la nature des accompagnants, mais bien dans une autre chose qu’on ne saurait analyser dans un laboratoire de physique, mais qui s’opère dans l’âme de l’auditeur. Nous manquons de termes pour la définir, alors que chacun sent et évalue cela selon le degré de l’émotion et la beauté intérieure qu’il ressent en écoutant le chanteur. Qui sait si la haute culture musicale, si la formation intérieure de l’âme, de l’intellect et des émotions ne se transmettent pas à la voix par des vibrations particulières et insaisissables ? Et c’est donc justement cet insaisissable qui touche et émeut jusqu’aux larmes et qui est un élément d’inspiration. Donc, par son jeu, le Maitre nous faisait gouter justement cet élément de la musique et c’est pourquoi nous ne rattachions pas son interprétation à celle d’une série d’interprètes-virtuoses que nous avions entendus ; nous concevions nettement que ces musiciens sur leur podium d’exécutants possédaient tout ce qu’il fallait d’autre, mais manquaient de l’unique chose que le Maitre, sur son violon, nous démontrait dans sa plénitude.

Le Maitre interprétait une de ses compositions appelée « Idylle bulgare ». Elle était d’une telle sonorité et elle avait un tel effet psychologique que ses auditeurs ne pouvaient l’oublier jusqu’à la fin de leur vie. Lorsque nous l’écoutions, il nous semblait que des légions d’êtres lumineux s’avançaient en rangs serrés et marchaient en triomphe pour transformer par leur rayonnement les ténèbres en un jour resplendissant et radieux. Les pas miraculeux de cette « armée

céleste » conquièrent un à un tous les coins et recoins de l’univers et ils deviennent part du Royaume céleste.

Les chants de la Fraternité ont pris naissance d’une façon très originale. II arrivait qu’au milieu même des cours faits à l’École, le Maitre commençât à chantonner une mélodie qui s’était imposée à son esprit. Peu à peu, elle prenait une forme musicale. Et quelques minutes plus tard, un nouveau chant était né. Nous croyons fermement que ces petits chants, ceux particulièrement que le Maitre dénomma des exercices occultes, deviendraient un jour une source d’inspiration pour des musiciens de l’avenir afin que la nouvelle musique occulte soit créée. Nous considérions la création des chants du Maitre comme un phénomène à travers lequel, par des voies d’alchimie spirituelle inconnues de nous, les idées se transformaient en musique. Et c’est la cause de ce que chacun de ces chants exerce une influence rigoureusement définie sur les auditeurs.

Ainsi, dans un recueil spécial, de nombreux chants ont été édités, qui peuvent se répartir en deux rubriques. Dans la première il y en a qui sont du Maitre, en même temps qu’il y a des chants composés par des disciples sur des motifs créés par lui. Ce qui est propre aux chants de la première partie, c’est qu’ils portent la marque des premiers pas de cet apprentissage lors duquel l’âme humaine cherche une consolation dans l’appui plein de dévouement et d’espoir en la pitié céleste. Les exercices de la seconde partie, appelés « exercices occultes », possèdent en eux quelque chose de nouveau, inconnu de la musique contemporaine, une structure de la mélodie et de l’architectonique musicale qui marque une force et une profondeur intérieures. Ce ne sont pas là des chants ordinaires, mais des mélodies qui nous unissent à la Parole, étant donné qu’entre la Parole et la musique il y a un lien étroit qui permet de parvenir à l’unicité.

La musique n’a pas occupé une place primordiale dans les écoles initiatiques du passé. Il n’y a pas encore sur la terre une musique totalement occulte. Elle vient seulement maintenant de prendre naissance. Les exercices dont on fait plus haut mention sont des germes pour la future musique occulte.

Les exercices sont donnés pour la concentration de la pensée. On ne peut en obtenir un résultat, si la pensée ne parvient pas à la concentration nécessaire. Chaque ton, chaque mot doit passer par la conscience de l’homme, par sa pensée.

Il faut introduire ici une remarque. Dans la Fraternité étaient encouragées et continuent à l’être toutes sortes de manifestations

d’ordre créateur. Personne ne peut jamais interdire à qui que ce soit de créer dans l’art qui lui plait. Le Maitre se réjouissait de chaque impulsion créatrice et accordait son attention à tout ce qu’on lui présentait. Et c’est de cette façon qu’apparut toute une série d’oeuvres littéraires, musicales et d’art plastique. Certaines d’entre elles sont d’une valeur contestable, mais d’autres peuvent passer avec succès l’examen d’une critique sérieuse. La grande majorité de ces oeuvres de nos frères et de nos soeurs sont des chants. Ils comprennent des textes acceptables ainsi que les mélodies fort agréables, qui pourtant n’ont rien de commun avec la musique occulte dont il est question dans les conférences. II y a des mélodies fort étirées et quelque peu naïves qui font penser aux chansons mélodramatiques, au texte édifiant et aux paroles doucereuses des soirées intimes, mais se trouvant à une distance astronomique des chants du Maitre chargés d’un appel mystique, parfois rigoureux et catégorique; d’autres fois ses chants étaient empreints d’une tristesse profonde, cosmique, aurait-on dit, mais sans nulle trace de la suffisance naïve de ces petites chansons qui rappellent à celui qui chante qu’il est déjà sauvé et qu’il ne lui reste plus qu’à jouir de son propre mérite pour ce « salut ».

Des contes, des poèmes et des tableaux virent le jour. Mais peu d’entre eux auraient pu arrêter le regard d’un oeil avise. Personne ne renie ces oeuvres. Cependant les chants, tout comme les oeuvres littéraires et les poésies, doivent porter le nom de leur auteur pour qu’ils ne soient pas confondus avec ce qui est une oeuvre du Maitre ayant pris naissance au cours du processus de travail à l’École occulte.

II est bien vrai que le Maitre a fréquemment déclaré qu’il ne voulait pas qu’on le cite littéralement et avec fanatisme, mais tout de même chaque chose qui n’est pas une citation des conférences, placée entre guillemets, devrait porter aussi le nom de son auteur. Cela peut être un « extrait », un résumé personnel, une poésie de « x », un conte de « y », un chant de « z »... un traité philosophique de qui que ce soit ou, enfin, comme c’est le cas de l’oeuvre présente, une oeuvre élaborée par un collectif de disciples, ayant eu à leur disposition certains matériaux de la vie et de l’oeuvre du Maitre.

Telle est l’éthique du travail créateur dans le monde entier, dans tous les cas ou l’on traite de questions idéologiques et de la conception de l’univers.

Revenons à la musique. C’est pendant une conversation, que nous citons ci-dessous en abrégé, que le Maitre a exprimé ses conceptions fondamentales et originales ; cela résume son attitude envers la

 

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musique comme moyen puissant pour l’élévation de l’âme humaine.

Ressuscitons donc une de ces journées printanières d’une pureté de cristal, lorsque le soleil ayant traversé le point vernal de l’équinoxe rayonne du haut du ciel sans nuage, pour réveiller chaque petite herbe et toute la vie assoupie pendant les journées et les nuits de l’hiver. Sous l’abri, dans la prairie de « l’lzgrev », s’étaient rassemblés quelques frères et soeurs restés après la paneurythmie. Ils écoutaient attentivement la conversation engagée entre le Maitre et le frère Boyan Boev. Le Maitre était particulièrement de bonne humeur, parce qu’il parlait d’un de ses sujets favoris : la musique. II écoutait patiemment jusqu’au bout les questions de Boev, bien que ce frère fut capable de poser des questions des jours et des nuits durant.

—    Dites-nous, commença frère Boev, vos pensées fondamentales touchant la musique, non pas en tant qu’art, mais en tant que force puissante pour le développement spirituel.

Le Maitre tourna ses regards vers le frère Boev et répondit aussitôt :

—    La musique, c’est la vie. La où il y a de la vie, il y a aussi de la musique. La où il n’y a pas de musique, c’est le royaume de la mort. Si l’homme cessait de chanter, au sens le plus large du mot, il ne parviendrait à rien. Les hommes ont perdu la véritable musique lorsqu’ils ont quitté le Paradis. Chacun peut faire une expérience avec lui-même. Si vous ne vous sentez pas bien, chantez une chanson. Si votre indisposition disparait, c’est que vous avez bien chanté. Si votre état ne change pas, chantez une deuxième, une troisième chanson et vous verrez qu’il se produira un changement.

—    De quelle manière la musique influence-t-elle l’organisme humain et l’âme ?

—    Lorsqu’on commence à chanter, il survient une dilatation des capillaires, la circulation devient plus facile, l’irrigation sanguine des différentes parties et organes du corps est plus complète et, de là, on obtient une amélioration de l’état général. Les douleurs que nous ressentons souvent sont provoquées par le rétrécissement des capillaires. Comme la musique facilite la circulation, les douleurs cessent. En outre, lorsqu’on commence à chanter, on attire l’attention de certaines entités supérieures qui, invisibles, viennent auprès de nous et nous aident. Il en est de même quand durant de longues années on ne parvient pas à accomplir certaines choses, il suffit de chanter quelques chansons pour les achever très rapidement.

—    Est-ce que chacun peut s’aider au moyen de la musique ?

—    Oui, chacun. Mais les divers êtres ont développé leur sens musical à des degrés différents. Les uns ont un sens développé du temps, d’autres du rythme, tandis que d’autres encore celui de la mélodie. Un grand nombre de personnes ont, en principe, une belle voix, mais elles ne se sont pas donné la peine de la développer.

Lorsque quelqu’un prend l’habitude de chanter et de s’aider ainsi lui-même, alors la loge des ténèbres n’a pas de pouvoir sur lui. Les forces ténébreuses attaquent l’homme dès qu’il cesse de chanter.

—    Peut-on, continue le frère Boev, aider les gens par la musique ?

—    Certainement et, de plus, très efficacement. Quand vous vous rendez auprès d’un malade, ne lui parlez pas de sa maladie, mais chantez pour lui, pendant quinze ou vingt minutes, et si vous avez chanté de tout votre coeur, avec amour et le desir ardent de l’aider, alors vous améliorerez considérablement son état. Et si vous persévérez, vous lui ferez quitter son lit. C’est pourquoi on doit prier Dieu de nous accorder en don un art avec lequel nous puissions secourir les souffrances.

—    Peut-on obtenir des résultats avec n’importe quelle sorte de musique ?

—    Chaque musique est utile. Mais les disciples doivent savoir avec quelle sorte de musique traiter un état négatif donné. Car chaque état exige une musique correspondante.

« Vous ignorez, continua le Maitre, quelle grande oeuvre, quoiqu’invisible, accomplissent les musiciens dans le monde. Peut-être, sans le savoir eux-mêmes, ils transforment l’état des gens. Un peuple entier peut changer, il peut être encouragé et inspiré par les musiciens. Ils sont un bien pour l’humanité. Si vous saviez seulement combien ils ont apaisé les souffrances des gens et combien de personnes ils ont sauvées du désespoir !

Le frère Boev se mit à réfléchir sur ces paroles du Maitre, de même que tous ceux qui écoutaient s’entreregardèrent, avec un sourire attendri.

« Si vous connaissiez les lois occultes et si vous étiez des disciples parfaitement dévoués, vous sauriez non seulement changer l’état du temps et détourner un orage, mais même vous rajeunir vous-mêmes. Les serpents aussi se laissent charmer par la musique. Vous est-il arrivé d’arrêter votre attention sur ce fait : comment une mélodie peut endormir le plus terrible des cobras, dont le venin apporte instantanément la mort ? Toutes les bonnes choses dans la vie se

concentrent sur celui qui chante. La musique réduit à néant toutes les difficultés.

—    Est-ce que la musique dont disposent les hommes est suffisante pour qu’ils puissent se venir en aide grâce à elle ?

—    II faut introduire certains éléments dans la musique de notre monde. Cette musique-Ià est suivie par la musique occulte. Elle n’est pas encore destinée aux hommes, parce qu’ils pourraient en abuser. II y a une musique qui pourrait stimuler la croissance d’une fleur donnée, tandis qu’il y en a une qui saurait dompter un orage.

—    Chaque homme est-il capable de devenir musicien ?

—    II y a des génies de la musique qui naissent avec ce don. Cependant chacun peut essayer de chanter et de jouer d’un instrument de musique. Chaque être qui a vécu selon Dieu possède un sens musical et son chant ou son jeu recèle de la force. Celui dont la vie est égoïste et qui n’a jamais aimé que lui-même, manque de sens musical. Le véritable musicien possède de l’abnégation. II a organisé sa vie. La matière elle-même peut organiser sous l’influence de la musique. II faut que vous sachiez que la musique existe en tout. Tout ce que vous faites dans la vie, faites-le musicalement. Parlez de telle façon, qu’il y ait de la musique dans vos paroles. Ainsi les formules que vous prononcez, pour qu’elles aient de l’effet, il faut qu’elles soient prononcées musicalement. Le couturier qui coud les vêtements ou le cordonnier qui fait les chaussures, s’ils ont un sens musical, ils y introduiront quelque chose de beau et les gens qui les porteront éprouveront de la joie. »

Le soleil s’était levé et réchauffait agréablement la fraiche journée printanière, des oiseaux survolaient en gazouillant de temps en temps avant d’aller se perdre dans la profondeur verte de la forêt de pins toute proche. II y avait quelque chose de lumineux, de radieux dans cette journée réellement musicale. On aurait dit qu’il y avait une relation entre la conversation qu’on menait et la nature. Les paroles du Maitre sur la musique accordaient musicalement non seulement les auditeurs, mais encore aussi tout l’environ.

« II viendra d’autres génies de la musique, continua le Maitre après une brève pause. Ils apporteront à l’humanité une nouvelle musique. On accordera à l’humanité qui vient un nouvel essor musical. C’est alors que certaines âmes vigilantes entendront le choeur des anges qui se compose de 144 000 voix. Lorsque l’homme chante de tout son coeur, de toute son intelligence et de toute son âme, alors avec lui chantent encore en choeur d’autres âmes.

—    Parmi nos chants quels sont ceux qui agissent avec le plus grand effet ? demanda le frère Boev dont la curiosité ne pouvait jamais être pleinement contentée.

—    Tous. Mais leur action est différente. Par exemple le chant « Mon âme, bénis le Seigneur », agit salutairement. Avec le chant « Vénir-Bénir », on élimine les esprits qui empêchent l’évolution, tandis que le chant « Aum » est une parole de l’Esprit.

—    Quels chants recommandez-vous particulièrement ?

—    Entre autres, le chant « Fir-fur-fen ». C’est un chant revitalisant qu’on ne doit pas chanter n’importe quand. Si vous apprenez à chanter comme il faut le chant “Une aurore merveilleuse se lève à l’horizon”, vous serez visités par toutes les possibilités d’essor et de succès. Sachez donc que nos chants sont en accord avec les lois Divines. II existe également une musique dans la nature. Avez-vous écouté la musique des fleurs, le choeur des arbres fruitiers en train de murir, la musique des eaux vives, celle du vent ? La nature entière est un orchestre grandiose. Les organes du corps humain obéissent aussi et travaillent le mieux sous l’effet des différents tons de musique de la gamme.

« La musique représente la vie. Je vous l’ai dit dès le début. Chantez et jouez ! C’est ainsi que vous penserez, que vous sentirez et aussi que vous agirez le plus correctement. Alors vous ne permettrez jamais que dans votre tête pénètrent des pensées qui vous apportent les ténèbres et le trouble. Sachez que Dieu est au-dedans de vous-mêmes. Ayez foi en Lui, ne détruisez pas ce que Dieu a construit.

« En aimant Dieu, chantez et jouez. Ce n’est qu’alors que vous aimerez tous les êtres. C’est alors que vous saurez pourquoi vous vivez et pourquoi vous êtes venus sur cette terre. »

Le Maitre se leva, tourna ses regards vers l’azur rayonnant, sourit, comme s’il avait entendu le grand orchestre de l’univers et, saluant de la tête, regagna lentement la salle. Par petits groupes, ses disciples le suivirent en compagnie du frère Boev. Ils avaient tous des visages rayonnants. La conversation sur la musique les avait comblés de joie, d’harmonie et de ces dons inestimables qu’on pouvait recevoir lorsqu’on était en contact immédiat avec son Maitre.

Un des disciples, parmi ceux qui étaient restés dans la prairie, s’arrêta un court moment. Les autres s’arrêtèrent aussi. Alors, il se tourna vers le frère Boev et demanda :

« Frère Boev, y a-t-il de noté quelque part des sentences sur la musique, que le Maitre ait exprimées au cours de ses conférences ou pendant les conversations particulières ?

Il y en a, répondit aussitôt le frère Boev. Je les ai dans ma chambre. Si cela vous intéresse, que quelqu’un vienne les chercher. Si vous avez le temps, vous pouvez les lire tout de suite dans la prairie. » C’est ce qui fut fait. Un des frères se rendit à la chambre du frère Boev qui lui remit le cahier où il avait noté les paroles du Maitre sur la musique. Le groupe, composé en majeure partie de jeunes gens, s’installa à l’extrémité Sud-Ouest de la prairie, où était couché le gros tronc d’un arbre coupé et sur lequel s’asseyaient souvent des amis et des visiteurs. Un des frères prit le cahier et se mit à lire :

« Nous ne pouvons connaitre Dieu qu’en tant qu’Amour et la première apparition de l’Amour, ici sur terre, est la musique. »

Puis, plus loin :

« Les sept tons de la musique sont les sept marches par lesquelles la sagesse conduit l’homme sur la voie de son ascension, étant donné que l’expression la plus géniale de la Raison est encore musique. »

« La musique occulte sert la grande Vérité. C’est par la musique que la Vérité peut affluer dans l’intelligence humaine, dans son entendement, car ce qui ne saurait s’exprimer par des mots, peut être dit par la musique. »

« Nous introduirons de l’harmonie en nous en chantant et en jouant. C’est alors que nous allons attirer ces forces de la nature qui sont en harmonie avec nous. Si nous chantons de toute notre âme, nous appellerons les Esprits de la musique, qui provoquent un renouvèlement. Alors, selon le degré de perfection de notre interprétation et selon l’inspiration que nous avons, dans notre conscience, se feront aussi les changements respectifs. »

« La musique est le chainon d’union entre le monde des anges et celui des humains. C’est le langage des Esprits. Ils connaissent son langage. Si vous voulez invoquer quelque esprit et entrer en communication avec lui de manière qu’il puisse vous comprendre, cela peut se réaliser uniquement si vous chantez ou si vous jouez d’un instrument. »

« La musique ordinaire peut être exécutée à n’importe quel moment et dans n’importe quel état. Tandis que lorsque vous exécutez des exercices occultes, il faut trouver pour cela le temps correspondant, ainsi qu’introduire dans chaque ton de la pensée, du sentiment et de la volonté. »

« Lorsqu’on chante et que sur le larynx agit la pensée toute seule, la voix sera sèche. Si lors de l’interprétation d’un air n’agissent que les sentiments, la voix sera sujette à un relâchement et sera délayée. Si c’est seulement la partie volontaire de la nature qui agit, la voix ne recevra que du dynamisme. On ne parvient à la véritable manière de chanter que par la coordination harmonieuse de ces trois éléments. »

« Tachez de ne pas chanter fort. Chanter fort c’est accomplir seulement un acte de volonté. Si cependant vous voulez mettre quelque chose de sublime, ainsi qu’un élément de noblesse dans votre pensée et dans vos sentiments, il faut que vous chantiez doucement. En outre le chant exécuté à voix basse est plus expressif. En chantant doucement, on peut attirer des entités d’une culture spirituelle plus élevée. »

« Dans le monde humain, l’apparition de la musique est liée au réveil de la conscience. Bien que la conscience de soi se soit révélée chez les hommes il y a trois cent mille ans, la musique en tant que manifestation créatrice chez l’homme est d’une date plus récente, depuis trois ou quatre mille ans avant Jésus-Christ. Jusqu’alors la musique n’a pas existé dans le sens actuel du mot. Par exemple, les gens de la race des Atlantes manquaient de sens musical. Cela apparait clairement à l’examen de leurs crânes. »

« Chaque homme est construit sur un ton de base qui détermine sa vie. Les gens, par conséquent, ont différents tons fondamentaux. L’un a pour ton de base « do ». L’autre « ré », etc. Il vous faut connaitre le ton spirituel de chaque personne et accorder en conséquence votre comportement envers lui. Chaque peuple a aussi son ton de base. Pour le peuple bulgare ce ton est « fa ».

« Il est nécessaire que les disciples sachent que la musique est une méthode pour la transformation des états d’âme humains. Il y a des états qu’on ne peut transformer sans le concours de la musique. »

« Si vous chantez sciemment quinze minutes par jour, avec concentration et avec la participation de votre pensée, de vos sentiments et de votre volonté, en un an vous obtiendrez des effets inattendus. Votre situation s’améliorera de 50 % sous tous les rapports. La musique supprime toutes les contradictions personnelles, familiales et sociales. »

« Dans la musique actuelle il y a beaucoup de joie, mais aussi beaucoup de tristesse. La future musique de l’humanité, dont la base contiendra des motifs occultes, agira de manière évolutionnaire et réveillera un sentiment d’essor et d’effort créateur. »

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