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mayakitanova

1915_01_24 Si vous m'aimez, gardez mes commandements

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Si vous m’aimez

 

Si vous m'aimez, vous vous appliquerez

 à observer mes commandements

 (Jean 14, 15)

 

            L’enseignement du Christ est pour ce monde et non pour l’autre monde, comme la plupart des gens l’affirment. Il y a le même rapport entre les mondes invisible et visible qu’entre les racines et les branches des végétaux. Lorsque nous marchons sur les chemins christiques, les saints et les êtres lumineux se réjouissent que nous communiions avec eux et ils nous nourrissent. L’arbre se nourrit par les racines et par les branches, par le bas et par le haut. Si nous respectons les commandements du Christ, il nous donnera tout ce que nous demanderons en son nom ; si nous ne l’obtenons pas, c’est que nous avons péché.

 

            La terre n’est pas un lieu de souffrances, mais une école ; sans elle nous ne pouvons pas nous élever. Nous avons fait souffrir la terre maintes fois et lorsqu’elle se fâche contre nous en retour, elle manifeste son désaccord par ses secousses : son poil se hérisse à cause de nos mauvaises actions. Lorsque nous écouterons Ses commandements, le Christ se manifestera en nous par des pensées et des sentiments lumineux.

 

            L’amour divin se manifeste par la bénédiction. Qu’est-ce que la bénédiction ? Par exemple, de petits bateaux naviguent sur la Tamise pour pêcher le poisson qui nourrit tout Londres. À marée basse, ces bateaux restent immobilisés dans la boue ; à marée haute, voilà la bénédiction : ils sont soulevés par l’eau et vont au large pour pêcher. La bénédiction est un afflux. Nous devons chercher les manifestations de l’Esprit divin pendant l’afflux ; si nous ratons cet instant, nous perdons la bénédiction et devons attendre « douze heures », ce qui peut être douze semaines, douze mois, douze ans, douze siècles ou plus !

 

            En premier lieu, nous devons mettre l’amour divin en pratique. C’est dans le cœur, l’organe le plus important, qu’il travaille. Le cœur bat la mesure du pouls et lorsque le cœur divin bat, nous nous vivifions, portés par l’afflux. Le jour où nous ne respectons pas les commandements divins, une dysharmonie s’installe en nous et nous ne sommes plus chrétiens : nous cherchons en nous ce qui est chrétien, mais nous ne sommes plus chrétiens. Nous nous demandons souvent si, dans ce monde, nous avons perdu des biens ou si nous en avons accumulé davantage. Nous pouvons faire des erreurs, mais le Christ nous condamnera si nous ne les corrigeons pas ; il ne faut pas répéter les erreurs, mais les corriger. Nous devons apprendre de nos erreurs, c’est-à-dire nous libérer de nos mauvaises pensées, ce qui signifie ne pas discuter avec le diable pour éviter qu’il s’installe en nous et finisse par nous dire : « Si tu n’es pas disposé à rester, sors d’ici, moi je m’y sens bien. » C’est l’exemple du meunier et du chameau qui a voulu d’abord se réchauffer seulement le museau, puis la tête, mais a fini par s’installer tout entier et a dit au meunier de sortir s’il était à l’étroit, car lui, de son côté, s’y sentait à l’aise ! Les gens sortent tous les jours d’eux-mêmes, car ils ont laissé la place au diable !

 

            Nous devons d’abord purifier notre cœur, puis notre intellect. La source, si nous ne la troublons pas, purifiera toute seule notre cœur. « Je vous donnerai une source d’eau vive »[1]. Il faut pour cela opposer une bonne pensée à toute pensée méchante, ce qui, avec le temps, nous purifiera.

 

            L’amour consiste à respecter les commandements du Christ. Il faut pour cela les étudier progressivement : le Maître nous en enseignera le moyen et l’ordre. L’amour n’est pas seulement un sentiment, mais aussi un acte raisonné. Il sous-entend le sacrifice : c’est un sac à dos que nous portons partout où nous allons. Chacun doit porter ce sac à dos, fut-il lourd ! C’est grâce à lui que nous nous élèverons et apprendrons les commandements du Christ. Lorsque nous traversons des épreuves, le Seigneur éprouve notre amour, et si nous surmontons patiemment ces souffrances, cela prouve que nous avons l’amour divin. Voici un exemple : à Paris, un homme riche a décidé de tester ses proches en se faisant passer pour un grand nécessiteux ; il a fait ses héritiers de ceux qui ont pris soin de lui et il a déshérité les autres malgré leurs protestations ! C’était leur juste récompense.

 

            Le Christ dit que si vous l’aimez, vous garderez ses commandements. Ils s’appliquent à nos frères, nos sœurs, nos professeurs, la société, etc. Ils règlent nos rapports avec tous. Dans la vie, nous devons éviter les échanges belliqueux, comme il y en a dans toutes les sectes chrétiennes. Elles prêchent le christianisme, mais elles ne l’appliquent pas. Un chrétien montre sa force dans sa lutte avec le diable, ce grand peureux ! Lorsqu’il lui montre son courage, ce dernier déguerpit ; il est le père du mensonge et il fuit la vérité, la lumière.

 

            On a construit des bains dans une ville. Durant huit ans les habitants se sont querellés entre eux pour décider si le parquet devait être ciré ou non et, pendant ce temps, les bains sont restés inachevés faute d’accord. Les deux côtés ont donné leurs arguments pour ou contre le parquet ciré, les avantages et les inconvénients, le côté pratique ou fastidieux. Ils ont fini par demander à un architecte, sommité dans son domaine, de trancher le débat et il a fait poser le parquet en mettant une latte cirée et une latte non cirée, pour contenter les deux camps. Il faut agir de même avec les chrétiens dogmatiques, défenseurs des apparences.

 

            Chaque matin on doit lire un chapitre des Évangiles, choisir un commandement et l'appliquer ce jour-là dans sa vie. Alors le Christ prendra place en nous, il demeurera en nous et nous comprendrons ainsi les profondes réalités divines. La vie est éternelle et le Christ nous révèlera de très grandes choses, mais peu à peu, car nous ne sommes pas encore prêts pour ces grands secrets. C’est comme cet homme qui voulait que le Seigneur lui révèle au moins un de ses secrets ; le Seigneur a envoyé un ange pour l’emmener en-haut, laissant en bas son corps, mais prenant son esprit avec son cœur d’homme. Après avoir vu de nombreuses choses grandioses et sublimes, il a commencé à prier qu’on le redescende, car il ne pouvait plus supporter cette vision des Cieux. Lorsque nous gardons les commandements, nous nous préparons pour ce voyage et nous ne demanderons pas de revenir en arrière. Il faut d’abord avoir la santé de l’esprit et du cœur. Tous les matins nous devons faire des expériences. Si nous avons peur, c’est un rhume de l’esprit. Il faut pour vaincre cela respirer profondément et rentrer en communion avec les anges et les forces célestes.

 

            Les gens s’aigrissent tous les jours, mais ce n’est pas une bonne règle de conduite pour la vie. D’aigres ils doivent devenir doux comme le fruit qui, à partir  de la fleur s’est transformé en fruit vert, puis a mûrit et s’est chargé en sucs. Le Seigneur dit : « Tout se transformera en bien. » Plus nous sommes grands, plus grandes seront nos difficultés : c’est ainsi pour les enfants, les hommes, les saints etc.

 

            Le Christ dit : « Jusqu’à quand vous supporterai-je ?[2] ». Nous le cherchons, nous le trouvons et lorsqu’il entre en nous, nous le crucifions. Il ressuscitera et s’en ira, mais quand reviendra-t-il de nouveau ? Dans dix, cent, mille ans et plus ? Le christianisme n’est pas difficile à mettre en pratique, il est facile. Ceux qui sont morts pour le Christ sont morts avec joie, et leurs noms sont inscrits en haut. Mieux vaut mourir en martyrs chrétiens plutôt que comme des brigands. Pour ces derniers, Moïse, Élie, le prophète Jean-Baptiste viendront les corriger avec un fouet. Le Christ dit : « Mon fardeau n’est pas lourd. [3]» Le Seigneur qui nous parle nous enseignera et nous guidera. Plus grandes sont nos souffrances, plus le Christ est proche de nous ; si nous n’avons pas de souffrances, le Seigneur est loin de nous, ce qui est pire. Ainsi chacun doit-il appliquer l’enseignement du Christ à la place qui est la sienne : en tant que chef, en tant qu’instituteur, en tant que professeur, etc. C’est un commandement du Christ ; si nous l’appliquons, le Seigneur nous aidera et, de petites gens, il  nous élèvera au rang de grands hommes.

 

            Jean de Cronstadt[4] est devenu ce qu’il était à partir du moment où il a voué sa vie au Seigneur, car c’était un imbécile auparavant. Lui consacrer notre vie ne signifie pas aller vivre dans la forêt, mais appliquer Ses commandements dans notre vie : illuminer notre intelligence, réchauffer notre cœur, faire renaître notre âme, vivifier et apaiser notre esprit.

 

Burgas, 24 janvier 1915

 

__________________________

[1] Mais celui qui boira l'eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif : au contraire, l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle. (Jn 4, 14)

[2] « Prenant la parole, Jésus dit : « Génération incrédule et pervertie, jusqu’à quand serai-je avec vous ? Jusqu’à quand aurai-je à vous supporter ? Amenez-le-moi ici. » (Mt 17, 17)

[3] « Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger. » (Mt 11, 30)

[4] Saint Jean de Cronstadt, né en 1829 et mort en 1908, est un saint orthodoxe russe. Archiprêtre et membre du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe, thaumaturge, évangélisateur, il a été une figure majeure de l’orthodoxie russe à son époque et est aujourd’hui l’un des saints les plus populaires de Russie

 

Traduit par Bojidar Borissov

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