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mayakitanova

1914_03_23 Le grain de blé

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Le grain de blé

 

Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ;

Mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit

(Jean 12, 24)

 

Le grain de blé est le symbole de l’âme humaine. Il représente un élément essentiel de l’histoire du développement de la nature. Suivre la trace de son histoire vous fera comprendre l’histoire de l’âme humaine… Il tombe en terre et meurt, il germe, croît et donne des graines, à l’image des processus qui se déroulent dans l’âme humaine. Pour vous, le grain de blé est probablement quelque chose de très insignifiant, sans valeur : seize millièmes de kilogramme ! Comment évaluer son prix sachant qu’un kilogramme coûte un sou ? Mais il contient de telles forces potentielles et un tel esprit d’abnégation qu’il nourrit ainsi les autres et lui-même. Quand vous êtes à table, vous ne pensez pas au grain de blé : quelle joie il insuffle en vous, quelles pensées il nourrit, quelle est son origine ? Ni les hommes, ni mêmes les poules ne l’apprécient, personne ne l’estime, et pourtant il fait partie des plus grandes énigmes au monde.

 

Que se cache-t-il dans le grain de blé ? C’est le symbole de la vie. Prenons la lettre cyrillique Ж (J) par laquelle commence ce mot[1], elle représente parfaitement ce grain de blé : en bas, deux pédoncules, les racines ; en haut, deux branches. Lorsqu’il est semé, il nous indique vers où nous devons tendre. Le grain de blé nous dit d’aller vers celui qui nous a créés : le Seigneur ; et, pour aller vers Lui, il faut nous développer, éclore, donner des fruits pour le reste du monde, « aider et se sacrifier pour ses proches, comme moi je le fais ». C’est pourquoi Jésus dit aussi : « Je suis le pain vivant qui descend du Ciel. » (Jean 6, 51) Ce même pain qui provient d’un grain de blé.

 

Les hommes aujourd’hui disent que leur vie est misérable, tous sont mécontents, les rois et les serviteurs. Du plus haut placé jusqu’à celui qui se trouve tout en bas, tous veulent quelque chose et même s’ils l’obtiennent, ils sont toujours mécontents et veulent encore autre chose. Demandez-leur pourquoi ils sont mécontents : ils sont à la recherche de quelque chose de plus.

 

Mais revenons à l’histoire du grain de blé. Que diriez-vous à sa place, une fois semé en terre ? Vous diriez : « C’en est fini de moi, ma vie est terminée ! » Mais le grain de blé a plus de foi que nous. Enterré dans la terre, il se décompose, mais il saisit le langage du soleil et lorsque ses premiers rayons le touchent, il se dit : « Je ne mourrai pas, je ressusciterai et je produirai des fruits pour les autres. » Et grâce à l’énergie qui naît en lui, il se tourne vers le soleil, s’ouvre, mûrit. Mais les hommes ne le laissent pas en paix : ils le coupent à la faucille, et ce n’est pas la fin de ses souffrances ! Après la moisson, il est lié en botte qui, à son tour, est transpercée par une fourche et jetée dans une carriole. Apporté au moulin, il est écrasé entre d’énormes pierres, et battu par des machines tirées par des chevaux. Que penseriez-vous si vous étiez à sa place ? La vie humaine se déroule de manière semblable.

 

Vous vous demandez pourquoi il est nécessaire de passer par tout cela. On doit comprendre le sens de l’exemple du grain de blé : les machines et les sabots des chevaux l’écrasent, puis il termine dans un silo, mais ses souffrances ne sont pas terminées : il est passé au tamis, l’ivraie tombe en bas, le bon grain reste en haut ; il est chargé dans des sacs puis envoyé au moulin pour être écrasé en poudre sous les pierres.

 

À sa place, vous diriez : « Ce n’est pas une vie, ce n’est pas une création divine ! » Mais le grain de blé a une grande patience, il dit : « Vous allez voir quel est mon destin ». Moulu en farine, il est emporté à la maison, mais sans être laissé en paix, le voici de nouveau passé au tamis dans la cuisine, une partie est jetée à la poubelle, une autre sert à préparer la pâte. À la place du grain de blé, vous diriez : « Nos souffrances sont enfin finies ». Mais lorsque la pâte lève, elle va au four pour en ressortir transformée en pain savoureux. De nouveau, vous diriez alors : « Notre peine est finie pour de bon », mais un peu de temps passe et on rompt le pain pour le manger.  Ainsi le grain arrive dans l’estomac, se diffuse dans le sang, touche notre esprit et que nous arrive-t-il ? Dans notre cerveau naissent des pensées grandioses, dans notre cœur, un désir nouveau. Le grain porte l’habit qui revêt nos émotions, il se déverse dans la plume des écrivains et des poètes, dans l’archet du violoniste.

 

Voici ce qu’apporte le grain de blé, et s’il n’avait pas enduré ce cycle de transformation, nous n’aurions jamais goûté ces belles créations de la nature. Pourquoi ? Parce que le grain de blé nous donne la force d’observer et de voir. C’est pourquoi Jésus a dit : « Je suis le pain vivant ». Pour être vivant, l’homme doit être en interaction avec son environnement, s’enraciner en lui, aider et se faire aider. Comme le grain de blé, nous devons aussi traverser ce cycle, nous sacrifier de la même manière ; et ce sacrifice n’est pas si insurmontable !

 

Examinons maintenant l’histoire du Christ et celle du peuple juif. Comment expliquer cette contradiction : un pays attend des milliers d’années son Messie, son Roi, censé venir le délivrer, et lorsqu’il se manifeste, les pharisiens et les élites juives sont les premiers à se plaindre de lui ! Vous direz que si le Christ venait à notre époque, vous le recevriez mieux. J’en doute et je vous en donne une preuve : regardez comment l’homme agit envers sa femme et elle avec lui, pour savoir comment vous agiriez face au Christ. Quand la vérité se manifeste dans le monde, elle n’est pas revêtue d’une tenue de fête, mais du vêtement le plus modeste, c’est pourquoi le Christ est apparu au peuple juif sous cette forme simple. C’est la raison pour laquelle les hommes ne peuvent pas voir la vérité, ce sont les lois de ce monde.

 

Mais il existe une autre loi qui se manifeste dans la lumière du soleil. Lorsqu’il éclaire toutes les créatures sur la terre, la lumière qui engendre la joie et la gaîté chez un homme, crée de la haine et de la rancœur chez d’autres ; elle incite les uns à la bienveillance et les autres à la férocité. Quant au loup, la lumière et la chaleur l’incitent à épier les brebis pour les dévorer ; sur un voleur, leur effet le pousse à chercher à dérober votre argent ; sur quelqu’un qui veut faire le bien, elles le poussent à trouver un malheureux pour l’aider. Donnez un grain de blé à une poule, elle fera un beau plumage ; donnez-le au cochon, il soignera son poil ; donnez-le au loup, il aiguisera ses dents et ses griffes ; donnez-le au poisson, il fera de belles écailles. Les physiologistes ne peuvent pas expliquer ce processus. Chaque être assimile la nourriture, la chaleur et la lumière selon son développement et son discernement. Vous comprendrez cette loi si vous expérimentez ces deux mondes opposés. On ne peut pas vous expliquer pourquoi le mal existe en l’homme, pourquoi il préfère la haine à l’amour, le mensonge à la vérité, cela ne peut être expliqué ; beaucoup de « pourquoi ? » resteront inexpliqués. Le mot bulgare « pourquoi » (защо) est un point d’interrogation qui sous-entend « je veux ». Pourquoi vouloir ? À cause de cette loi qui nous pousse à nous développer, à avancer.

 

Jésus dit que si le grain de blé, tombé en terre ne meurt pas, alors il demeure seul. Qu’est-ce que la solitude ? C’est la pire souffrance qui peut accabler l’homme. Le sens de la vie, c’est de se multiplier. Toutes les souffrances au monde sont engendrées par le fait que les hommes désirent vivre uniquement pour eux. Le mal naît toujours du désir de rester seul et d’être le centre du monde, ce qui est contraire aux lois divines. Nos pensées et nos aspirations n’aboutissent pas, car elles sont bâties sur du sable. Nous pouvons être heureux dans ce monde justement si nous vivons pour le Seigneur ; et nous devons vivre pour Lui. L’explication se trouve dans la nature : quand le soleil se lève, il éclaire tout le monde car il aime tout le monde ; il est attentif à toutes les créatures, des moins évoluées aux plus évoluées, c’est pourquoi tous se tournent vers lui. Cette énergie qui vous anime et vous élève vient de lui, mais le Soleil nous dit-il que nous devons entrer en lui ? Il nous enseigne au contraire à bénéficier de ce qu’il nous donne, et à propager la lumière sur ceux qui nous entourent, comme lui-même illumine le monde.

 

Certaines idées trompeuses s’accrochent à nous, confortées par notre individualisme. Si par exemple vous pénétrez dans une pièce qui a une seule fenêtre, mais dans laquelle se trouvent vingt ou trente invités, vous leur direz : « Vous n’avez pas le droit de rester devant la fenêtre, il n’y a que moi qui peux regarder », et en regardant le soleil, vous privez tous les autres de sa lumière. Alors que vous devez au contraire les appeler pour le contempler, leur montrer le chemin pour sortir de cette maison et voir la lumière. Il n’est pas conseillé de retenir beaucoup de personnes chez soi, car elles ne peuvent pas toutes en même temps profiter de la lumière et de la chaleur ; il faut les emmener dehors. C’est pourquoi Jésus dit : « Celui qui s’adore lui-même, doit sortir dehors » et à un autre endroit : « Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi » (Matthieu 10, 37). Par conséquent, si quelqu’un est trop près de la fenêtre, il masquera tout l’horizon aux autres ; tenez-vous vingt à trente pas en arrière. C’est ainsi ! Par ces mots, Jésus enseigne que la vie ne se limite pas aux biens matériels : ils sont un simple moyen, tout comme les manuels, les cahiers, les stylos sont un outil, une aide pour les élèves. N’allez pas penser que le Seigneur vous destine uniquement ces outils insignifiants. Il vous a préparé des moyens grandioses. Demandez à une grenouille quelle est sa conception de la vie, elle dira : « J’aimerais voir voler plus de mouches au-dessus de ma mare et plus près de moi pour pouvoir les attraper ». Et si vous la voyez patienter en silence, sachez qu’elle observe les mouches, pour attraper celles qui s’approchent suffisamment près : c’est sa conception de la vie.

 

Sur les degrés de cette échelle, ne nous considérons pas au sommet de notre développement ; sur cette échelle de développement, entre nous et le but à atteindre, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir. La distance entre les hommes et les anges est grande et de ce point de vue, elle est aussi grande que la distance entre un têtard et l’homme. Du point de vue des anges, nous sommes encore de petites grenouilles !

 

Certains rétorquent : « Mais les hommes, ne sont-ils pas créés à l’image de Dieu ? » Oui ! Mais ils n’ont pas encore atteint cette ressemblance. Voyez comment nous agissons. Pour pouvoir affirmer : « Nous sommes faits à l’image de Dieu », nous devons incarner les vertus divines : bonté, amour, sagesse, vérité. La bonté exclut la malveillance, l’amour exclut la haine, la sagesse exclut la folie, la vérité exclut le mensonge. Si ces défauts nous sont étrangers, nous sommes à l’image de Dieu, sinon, nous sommes encore de petites grenouilles. Je n’ai rien contre cette petite grenouille, elle a pour objectif de manger des mouches. Et pourquoi ? Parce que, comme la mouche, elle aspire à voler dans les airs et désire assimiler les vibrations de la mouche, pour les développer et s’envoler. Pourquoi le loup mange-t-il des brebis ? Il doit les manger pour devenir doux ; en mangeant de bonnes choses, nous devenons bons également. Pour jouer un rôle d’amour parfait, des acteurs ont expérimenté de se nourrir longtemps de viande de mouton, car cette viande prédispose à cette sensation. Donc, le loup a le droit de manger des brebis s’il veut devenir plus doux ; et cela se réalise car maintenant le loup est beaucoup plus doux qu’autrefois. Et quant à ceux qui mangent du mouton et de la volaille, je vous dirai que, par la viande de mouton, ils veulent devenir plus beaux et par la viande de volaille, ils veulent devenir ailés comme les anges. Vous avez le droit de vous en nourrir, le mal n’est pas dans cette nourriture. L’interdiction de toucher certains types de nourriture est motivée par l’intention de ne pas faire souffrir la créature que l’on mange. Je vous dis que vous pouvez en manger, mais à quelle condition ? Dans le poulailler, si la poule que vous attrapez ne crie pas, alors vous pouvez la manger ; si elle crie, laissez la tranquille. Il en est de même avec la brebis : si elle crie, laissez-la, elle veut vivre ! Donc, vous devez leur poser la question, demander quelle brebis, quelle poule veut vivre en vous.

 

Le Christ dit : « Je suis le pain vivant qui descend du ciel. Celui qui mangera de ce pain vivra pour l’éternité. » (Jean 6, 51) Pour comprendre les paroles du Christ, nous devons nous purifier, purifier notre regard et notre intellect. Notre intellect est une arme formidable s’il est bien utilisé, mais il devient une arme très dangereuse si on ne sait pas l’employer. Si vous retournez la terre d’un champ qui n’est pas semé, c’est votre droit ; vous suivez une loi naturelle. Mais si vous retournez la terre d’un champ déjà semé, vous faites une faute. Certains diront : « Nous devons raisonner et avoir un esprit critique, car il n’y pas de science sans esprit critique. » Exercer son esprit critique, oui, mais comment ? Comme un chirurgien : pour opérer un organe malade je comprends qu’il est utile, mais pour opérer un organe sain, je ne le comprends pas. Être un tel chirurgien n’est pas difficile, n’importe qui peut découper une jambe avec une scie, mais peu savent réaliser cet acte comme une vraie opération chirurgicale. Pour le réussir, il faut s’imprégner de la loi de la bonté et de l’amour.

 

Quand je vous parle d’amour, ne pensez pas que je prêche un enseignement paisible et tranquille ; celui qui veut aimer doit passer par les plus grandes souffrances du monde ; celui qui n’a pas souffert ne peut pas vivre ce principe divin de l’amour. Pour aimer Dieu, nous devons être prêts à nous sacrifier comme Dieu se sacrifie pour nous. Pour Le connaître, vous dites : « Seigneur, donne-nous ce qu’il nous faut ! », « Donne-nous, donne-nous, donne-nous ! » On n’entend que cet appel d’un bout à l’autre de la terre. Jamais l’argent n’a été aussi bon marché que maintenant ; chacun de nous gagne trois, quatre fois plus que les gens d’autrefois, mais cela ne nous suffit toujours pas. L’argent est déprécié, car le prix des choses n’a plus aucun rapport avec lui, sinon il aurait suffi de demander du blé, du mais, des poires, des pommes. Vous dites : « Seigneur, je veux être beau, riche. » Vous voulez posséder beaucoup de choses sans voir les tourments qu’elles vous apporteront : une fois riches, des envieux projetteront des actions malveillantes à votre égard, et pour vous protéger il vous faudra, comme les riches américains, avoir trois ou quatre gardes du corps. On a besoin de certaines choses essentielles qui améliorent la vie, au lieu de ces richesses.

 

On a délaissé à tort le développement du cœur. Il faut revenir à ce principe fondamental : le développement et l’anoblissement de notre cœur. Le mal ne se tapit pas dans l’intellect, mais dans le cœur. Chacun de nous doit demander à son cœur ce qu’il souhaite. Notre cœur est perverti par notre faute ; nous l’avons souvent obligé, comme nos serviteurs, à mentir, tromper, nuire, etc. Le Seigneur dit dans la Bible : « Mon fils, donne-moi ton cœur. » (Proverbes 23, 26) Il connaît et voit les erreurs des hommes et attend uniquement qu’on Lui ouvre notre cœur pour qu’Il entre en nous. Vous direz : « Mais comment ? – De la même manière qu’on ouvre la fenêtre pour laisser entrer la lumière. » Il est dit : « Dans une pièce où la lumière pénètre, aucun médecin ne rentre, aucune maladie ne règne », et aussi : « L’endroit où la lumière n’entre pas, le médecin ne le quitte pas ». Ainsi, le diable n’entre pas dans le cœur humain où Dieu demeure déjà. Dieu, en ce sens est un médecin. Lorsqu’il vient, il dit : « Tu devrais manger plus, boire plus, faire ceci ou cela pour aller mieux » ; mais nous subissons, nous subissons jusqu’à ce que notre dos se brise.

 

Nous ressemblons parfois à ce chamelier qui, traversant le désert avec un chameau surchargé, trouve une peau de renard et la jette sur le chameau. Mais son dos se brise sous le poids. Il ne peut pas supporter une charge au-delà d’un certain poids. Nous sommes ce chameau, en pleine traversée du désert, et si nous endossons plus de charge que nous ne pouvons supporter, nous finissons par entraver notre développement. Cela n’est pas une incitation à la pauvreté ; je vous souhaite d’acquérir des richesses sur trois plans : physique, mental mais aussi spirituel. Le Ciel veut des riches comme ça, car ils savent se montrer généreux. Et quand le Christ dit : « Amassez des trésors », Il parle de ces trésors-là. Investissez vos capitaux sur le plan céleste, pour que Dieu puisse, avec les intérêts générés,  nourrir les pauvres sur terre. Ce ne sont pas les anges, mais nous-mêmes qui bâtissons notre libération et avons tous les moyens pour y parvenir. La loi ne nous veut pas tous instruits de la même manière. Chacun doit savoir autant qu’il lui est nécessaire. Quelqu’un dit : « Mon cerveau est petit », je lui réponds : si tu ne peux pas élever un petit cheval, comment pourrais-tu t’occuper d’un plus grand ; si tu as un petit cœur que tu ne peux pas maîtriser, comment pourrais-tu alors contrôler un cœur plus grand avec des désirs plus puissants ?

 

Que devons-nous faire ? Ne pas penser à l’avenir, mais profiter de tous les bienfaits du présent pour notre bien ; le présent nous apporte tous les bienfaits pour demain. La loi dit que Dieu qui nous donne de bonnes conditions de vie aujourd’hui, les assurera également demain ; il ne faut pas se soucier de notre avenir, mais être sereins. Il existe des lois qui régulent les relations entre les hommes. Un malheur causé par quelqu’un ne survient pas par hasard, mais se déroule selon une loi précise ; chaque obstacle vous apportera une bénédiction, chaque épreuve vous ouvrira un nouvel horizon. Cela se vérifie toujours et vous n’avez pas à craindre les malheurs qui peuvent vous arriver.

 

Certains me questionnent sur l’avenir politique de la Bulgarie : « Que deviendra ce pays ? » Drôle de préoccupation, comme si quelque chose d’extraordinaire se passait maintenant. La Bulgarie subit une petite fièvre, c’est tout ; on lui a enlevé un peu de poids à porter et on lui a donné une nouvelle tâche à résoudre. Au lieu de réfléchir posément sur les lois qui régissent nos vies, nous cherchons des fautifs. Qui est le fautif, dites-moi ? Vous ne le trouverez pas. Le fautif est l’individualisme de l’homme. Lorsque l’homme veut devenir roi, il est fautif ; mais celui qui veut détrôner le roi est tout aussi fautif. Peu importe qui sera roi, celui-ci ou celui-là, tous suivent le même chemin. Je ne dis pas que nous ne devons pas souhaiter devenir rois ou reines, oui, mais pour gouverner qui ? Pour nous gouverner nous-mêmes : notre intellect, notre cœur, notre volonté. Comment se comportent vos serviteurs, c’est-à-dire vos pensées, vos désirs, vos sentiments ? Sont-ils obéissants ? Avez-vous mis de l’ordre en vous ? Soyez un modèle pour les autres. Quel prêcheur je serais si je disais aux hommes « Soyez généreux ! » alors que je suis avare, « Ne dérobez pas ! » alors que je vole, « Ne trompez pas ! » alors que je suis fourbe ? Un maître qui enseigne aux hommes doit être un modèle et donner l’exemple. Jésus, en venant enseigner aux hommes, leur a donné un modèle, et si nous comprenions son enseignement, le monde se transformerait.

 

Il y a en nous une force dynamique que nous ne savons pas manier, car nous ignorons comment travailler. Un jour une plante épineuse a poussé sur un chemin, empêchant les hommes de passer. Tous les voyageurs la tapaient avec des bâtons, mais plus le temps passait, plus elle devenait grande jusqu’à faire basculer les voitures. Tout le monde restait impuissant, mais quelqu’un avec une bêche est apparu en disant : « Je vous montrerai de quoi je suis capable ! » Et il se mit à creuser autour des racines de la plante. Au début elle a ricané en pensant : « Personne n’a réussi à me faire bouger, ce n’est pas toi avec ta bêche qui me feras peur ! » Mais l’homme continua de creuser jusqu’à ce qu’elle se dise : « Celui-ci a trouvé mon point faible ! » Tant qu’une bêche en vous ne creuse pas pour déraciner les plantes épineuses, elles rient : « Nous allons pousser encore plus ! » C’est une métaphore à saisir : quelle est cette bêche ? Réfléchissez et trouvez-là !

 

Nous devons toujours nous mettre à la place du juge. Lors de la guerre de sécession aux Etats-Unis, deux criminels ont été attrapés : l’un aveugle, l’autre cul-de-jatte. Leur crime était le vol de pommes dans un verger. L’aveugle a dit : « Je ne vois pas, je n’ai pas volé de pommes, j’ai juste étendu les mains par terre et j’en ai ramassé quelques-unes. Le cul-de-jatte s’est écrié : « Je ne peux pas marcher, encore moins aller voler ». Après avoir réfléchi le juge a dit : « Mettez le cul-de-jatte sur le dos de l’aveugle. Celui qui a des yeux a trouvé les pommes et celui qui a des mains, les a cueillies. Et ainsi, ils ont été confondus.

 

Telle est la nature de l’homme : le mélange de deux entités : l’une aveugle, l’autre, sans jambes. Lorsque le Seigneur les attrape sur le lieu du crime, chacune d’elles se défend : « Je n’ai pas amassé, je n’ai pas touché, je n’ai pas foulé avec mon pied », mais le Seigneur dit : « Mettez l’un sur le dos de l’autre » et c’est après qu’il les juge. L’instinct humain est aveugle, l’intellect humain n’a pas de jambes. Les deux se disent : « Allons voler » et ils vont dérober des pommes. Et si on les attrape, l’un proteste « Pourquoi me battez-vous ? », et l’autre aussi, mais en réalité les deux sont fautifs.

 

Nous devons évoluer. De grands bienfaits nous attendent, à condition de devenir plus intelligents, plus bienveillants, plus grands pour recevoir cet héritage. Ces trois choses que j’ai énumérées : bonté, vérité, sagesse, sont de grandes richesses, et vous serez heureux et bien portants si vous les possédez.

 

Vous me direz : « Comment appliquer cet Enseignement dans le monde ? » On ne nous demande pas d’arranger le destin du monde, il est déjà en ordre, rien en lui n’est anormal, tout se déroule selon des principes prédéfinis ; les évènements, naturels ou politiques, ont des causes logiques, on n’a pas à contester ce déroulement. Ce qui est nécessaire, c’est l’amélioration individuelle des personnes, hommes ou femmes. Quand chacun progressera, alors sa descendance, filles et fils s’élèveront également, et avec eux, leurs proches aussi et le monde entier. Le contenant sera identique au contenu, c’est le principe que le Christ a énoncé. Et il travaille pour sa réalisation. Comme un cocon se développe, le monde se développe aussi pour évoluer vers un mieux. Dans ce monde il y a une grande inquiétude de tous ceux qui n’arrivent pas à créer un cocon, et craignent l’hiver qui approche.

 

Par conséquent, cette transformation doit toucher notre intellect, notre cœur, notre volonté, et elle nous fera ressentir une vraie force intérieure. Alors, nous rentrerons en contact avec les êtres supérieurs très évolués que nous appelons saints. Une fois en contact avec eux, notre intelligence s’éclairera comme les maîtres éclairent leurs disciples. Les saints sont les maîtres de l’humanité ; tous doivent se laisser guider par eux car ils apprennent au monde comment vivre. Vous direz : « Où sont ces maîtres, où les trouver ? Nous ne voyons que leur image dans les églises ! » Chaque objet projette une ombre qui nous permet de le retrouver. Vos désirs dans le monde sont une ombre, vos aspirations également.

 

Vous souhaitez saisir le sens profond des choses. Il faut suivre la loi : en partant du cœur vers le haut, vers votre intelligence, en pensant à Dieu. Comment imaginer Dieu ? Nous pouvons L’imaginer comme un homme bon et parfait, dépourvu de toute rancœur, sans haine, aimant les hommes comme un père aime ses enfants : c’est l’attitude de Dieu envers nous. Vous vous demandez : Nous écoute-il maintenant ou non ? Il pénètre et travaille dans nos esprits. Nous Lui devons nos aspirations quotidiennes. Comme le soleil nous influence lorsqu’il se lève, tous les moments heureux de notre vie dépendent de ce soleil intérieur qui nous éclaire. Dans la vie spirituelle il y a aussi un lever et un coucher.  À l’âge mur, le soleil s’élève au zénith ; à la vieillesse, vous déclinez pour vous lever de nouveau. Le Seigneur animera les cœurs et les esprits de certains, mais il ne viendra pas pour d’autres. Ceux qui verront son avènement en eux, sentiront joie et gaîté, mais les autres diront : « Notre vie n’est qu’affliction, tristesse et souffrance », et ils devront patienter. Pourquoi ? Parce qu’il n’y pas en eux de conditions pour qu’Il se manifeste et s’Il se manifestait avant l’heure, cela les ferait souffrir ; il vaut mieux qu’ils se reposent encore. Je ne dis pas qu’ils mourront, pas du tout, je ne fais que citer une loi.

 

Évoquer le coucher du soleil ramène à l’idée de la mort. Qu’est-ce que la mort ? C’est une conjecture. On devrait avoir connu déjà la mort pour la raconter, alors que pour le moment on se perd en suppositions. Léon Tolstoï décrit dans l’une de ses œuvres sa rencontre avec un moine russe de 85 ans. A la question : « Pourquoi es-tu devenu moine ? » Ce dernier lui a raconté brièvement son histoire.

 

« Je suis d’une famille princière. Entre mes 21 et mes 25 ans, mes parents voulurent me marier avec une comtesse. Un jour, je suis tombé dans un coma profond. Les médecins, venus à mon chevet ont vérifié mon pouls et ont déclaré que j’étais mort, puis, ils ont voulu m’enterrer. Je me suis dit : « C’est donc cela la mort ? » Je ne pouvais donner aucun signe prouvant que j’étais vivant.  Ma fiancée et son père sont venus et j’ai entendu qu’il lui demandait de se mettre en pleurs pour que les gens constatent son chagrin d’amour. « Je ne l’ai jamais aimé, a-t-elle répondu, je n’ai aimé que ses richesses. » Et moi, je me suis dit : « Si le Seigneur me ramène à la vie, je me consacrerai à une toute autre existence ».

 

Comme c’est éprouvant d’être en vie et de ne pas pouvoir le faire sentir ; voir qu’autour de nous les gens pleurent et de ne pas pouvoir dire qu’on est en vie ! Combien d’âmes sont enterrées ainsi. Être enterré vivant, c’est ce qui peut arriver de pire. Le plus grand malheur, c’est de rester enfermé des jours et des mois dans la terre sans pouvoir se libérer de son corps ; c’est la pire prison : l’enfer. Si nous étions purs, nous verrions l’instant où l’âme quitte le corps et nous ne subirions pas de telles souffrances. Quand le médecin déclare que le malade est décédé, tout de suite on ordonne : « Emportez-le ! » On lui fabrique un beau cercueil pour l’ensevelir avec de la musique et des chants. Où est passé l’amour ? C’est cela l’amour des proches et de la société. Quelqu’un vous déclare : « Je vous aime ». Comment ? Comme le chat aime la souris et le loup, la brebis ? C’est aussi de l’amour, mais le monde entier en souffre. L’amour dont le monde a besoin est celui qui nous fait aimer les autres et les aider à être heureux comme nous sommes heureux. C’est pourquoi Jésus a dit : « Celui qui a la foi en moi, accomplira ce que j’accomplis et celui qui m’aime, mon Père l’aimera aussi et viendra en lui pour y construire sa demeure. »

 

Vous demandez : « Que deviendra la Bulgarie ? » Moi, je vous demande ce qu’il adviendra de vous. Vous ne soupçonnez pas que le diable a entièrement pris possession de vous, qu’il a vendu même votre peau, mais vous vous inquiétez de ce qui se passera en Bulgarie ! La Bulgarie, c’est vous. Vous devez prier le Seigneur de vous aider à vous débarrasser de cet hôte indésirable, de protéger votre propriété : votre intelligence, votre cœur. Le diable est la cause de ces souffrances. Mais il ne faut pas le blâmer. Je lui reconnais une seule vertu : son assiduité et sa ténacité ! Si vous le chassez par une porte, il rentre par une autre ; s’il ne réussit pas par tel moyen, il en cherche un autre, un troisième, un quatrième ; voici un de ses traits caractéristiques. Et le Seigneur dit : « Prenez exemple sur lui ». Il éduque les hommes et finira par tout leur apprendre ! Il vous trompe sans cesse, mais un jour enfin vous direz : « On a tiré les leçons de tes fourberies et tu ne pourras plus jamais nous tromper ! »

 

Quelqu’un dit à son ami : « Tu ne pourras pas te montrer plus malin que mon singe ». Celui-ci va voir le singe et fait semblant de s’endormir ; le singe ferme aussi les yeux et l’homme en profite pour dérober l’argent de la maison. Lorsque son maître rentre, il corrige le singe. La fois suivante, le singe fait bien attention et ouvre bien les yeux, car il craint la punition. Ainsi, avec l’expérience acquise dans la souffrance, lorsque le diable réapparait, nous lui disons : « J’ai les yeux bien ouverts ».

 

Lorsque vous souffrez, dites-vous : « Je n’ai pas encore traversé tout le processus du grain de blé ». Et lorsque vos pensées et votre cœur se transformeront et deviendront magnifiques, vous serez à l’image de Dieu, et alors Dieu vous ressuscitera comme le soleil ressuscite le grain de blé qui a été semé.

 

Sofia, 5 avril 1914

 

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[1] Житно (adjectif « de blé »)

 

Traduit par Bojidar Borissov

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Le Grain De Blé


 


Conférence tenue par le Maître le 23 mars (calendrier julien) 1914 à Sofia


 


Si le grain de blé, qui tombe en la terre, ne meurt pas, il reste seul; si au contraire il meurt, il porte du fruit en abondance.Evangile selon Jean : 12; 24.


 


Le grain de blé c'est l'emblème de l'âme humaine. Il représente une grande histoire dans l'évolution de la Nature. Si vous pouviez disséquer l'enveloppe du grain de blé, de suivre son histoire, vous auriez complètement compris l'histoire de l'âme humaine. Comme le grain de blé tombe dans la terre et meurt, comme il germe, pousse et donne semence, c'est la même chose pour l'âme humaine. Pour vous, peut-être, le grain de blé représente quelque chose de très modeste, quelque chose qui n'a aucun prix – un seize millième du kilogramme. Quel serait, d'après vous, son prix, lorsqu'un kilogramme coûte un groche? Et pourtant dans le grain de blé il y a une force, un potentiel, un esprit d'abnégation et c'est de cette force qu'il se nourrit et qu'il nourrit les autres. Et lorsque vous vous mettez à table, vous ne pensez point au grain de blé, vous ne savez pas quelle joie il vous apporte, quelles pensées il porte. Vous ne connaissez pas son origine. Les hommes ne l'apprécient pas, les poules non plus, personne ne l'apprécie. Mais il est une grande énigme dans le monde.


 


Maintenant, qu'est-ce que ce qui se cache dans ce grain de blé ? – Il est l'emblème de la Vie. Et si on prend la lettre bulgare Ж, qui est la lettre initiale de ce mot, elle est l'image même du grain de blé : en bas – petits pieds, des racines; en haut – deux rameaux. Lorsque nous le semons, il nous montre vers quoi nous devons tendre. Le grain de blé nous dit que nous devons tendre vers Celui Duquel nous sommes sortis – vers Dieu; que pour tendre vers Dieu, nous devons nous ramifier, former des rameaux, des fleurs, des fruits pour la nourriture du monde, c'est-à-dire «


aider et vous sacrifier pour vos prochains comme Je le fais ». Et voilà pourquoi le Christ dit ailleurs : « Je suis un pain vivant, Qui suis descendu du Ciel. » Et le pain est fait à partir de quoi ?


- A partir du grain de blé.


 


Les gens contemporains disent que leur vie est malheureuse, tout le monde est mécontent – les rois ainsi que les princes. Si vous commencez par le plus haut placé jusqu'au plus bas, ils veulent toujours quelque chose et quand on le leur donne, ils sont toujours mécontents et ils veulent encore. Mais demandez-leur pourquoi ils sont mécontents. Ils cherchent quelque chose de plus. Et bien, tournons-nous vers l'histoire du grain de blé. Lorsqu'on le sème dans la terre, que diriez-vous si vous étiez à sa place ? Vous diriez : « C'est fini avec nous, elle a disparu, notre vie, elle a pourri ! » Mais dans le grain de blé il y a plus de foi qu'en nous. Lorsqu'il est enterré dans le sol, il pourrit et se décompose, mais il saisit tout à coup le langage du Soleil et aussitôt que les premiers rayons apparaissent, il se dit : « Je ne mourrai pas, je serai ressuscité et je formerai des fruits pour d'autres. » Et une énergie vitale surgit en lui et il commence à tendre vers le Soleil. Il noue, il mыrit. Mais les hommes ne le laissent pas en paix: ils prennent une faucille et le coupent. Ses souffrances ne se terminent pas là : après l'avoir moissonné, ils le lient en gerbes, puis ils le piquent avec des fourches et ils le jettent dans la charrette, ils le portent sur l'aire et ils l'entassent en meules, grandes comme des montagnes. Puis ils font passer sur lui des chevaux et des traîneaux de battage. Qu'auriez vous pensé si vous étiez à sa place ?


La vie humaine passe, elle-aussi par le même processus. Vous demanderez : « Pourquoi devons- nous passer par tout ce processus ? » – L'homme doit tirer une leçon de cet exemple du grain de blé. Le traîneau de battage et les sabots du cheval passent sur le grain de blé, on le sépare de son épi et on le dépose dans le grenier. Mais ses peines ne prennent pas fin ici : on le passe au tamis, les mauvais grains tombent en bas, les bons restent au-dessus, on le met dans des sacs et allez, au moulin, sous ces deux pierres lourdes pour le frotter et l'ecraser à point. Si vous étiez à la place du grain de blé, qu'est-ce que vous auriez dit ? – «En voilà une vie et le monde que le Bon Dieu a créés ! » Mais le grain de blé a une grande patience, il dit : « Vous verrez encore quelle est mon histoire. » Du moulin on le sort en farine, on l'emporte à la maison, mais là encore on ne le laisse pas en paix. La femme à son tour se met au travail avec son tamis, elle tamise la farine, elle jette les criblures, le reste s'émiette dans le pétrin, elle met du levain et pétrit la pâte. Et vous, à la place du grain de blé, vous diriez : « Nos souffrances ont déjà pris fin ! » Non ! Quand la pâte se lève, on la met au four et en la sortant, nous voyons ces bons pains dorés. Si vous êtes à la place du grain de blé, vous direz : « Enfin nos souffrances sont terminées ! » Mais dans peu de temps on commence à rompre ces bons pains et à les manger. De cette manière le grain de blé entre dans l'estomac, où se forment des sucs qui nourrissent notre intellect. Et qu'est-ce qui se passe ?



  • De nobles pensées sont formées dans notre cerveau, des désirs nouveaux – dans notre coeur.


    Le grain de blé porte l'habit qui revêt nos sentiments. Il se déverse dans la plume des ecrivains et des poètes, il se déverse dans l'archet du violoniste. Voilà ce que le grain de blé donne.


    Et si ce grain n'avait pas subi ce processus d'évolution, nous n'aurions jamais vu ces belles choses dans la Nature. Pourquoi ? – Parce que le grain de blé nous donne de la force de regarder et de voir. Voilà pourquoi le Christ dit : « Je suis le pain vivant. » Et pour que l'homme soit vivant, il doit être en communion avec son milieu, s'y engager, aider et être aidé. Comme le grain de blé a passé par ce processus, ainsi de nous qui devons nous sacrifier à son exemple. Et le sacrifice de soi n'est pas si lourd.


    Maintenant, tournons-nous vers l'histoire de la vie du Christ, vers l'histoire du peuple hébreu. Comment vous expliquez-vous cette contradiction : au cours de milliers d'années un peuple attend l'arrivée de son Messie, de son Roi pour qu'Il lui accorde la liberté et au moment où'Il apparaît, ce sont les grands prêtres et les princes hébreux eux-mêmes qui portent plainte contre


    Lui ? Vous diriez que si l'avènement du Christ avait eu lieu à l'époque actuelle, vous auriez fait mieux. J'en doute. Et je vous donne un sujet à réfléchir : voyez comment l'homme traîte sa femme et vice-versa et vous saurez quelle serait votre attitude envers le Christ. Lorsque la Vérité se manifeste dans le monde, elle ne se revêt pas d'habits de fête, mais d'un habit des plus humbles. Voilà pourquoi le Christ est apparu parmi le peuple hébreu dans cette forme simple. C'est pour cette raison que les hommes ne peuvent saisir la Vérité. Telles sont les lois de ce monde. Mais il y a une autre loi dans le monde qui se manifeste par la lumière solaire, quand le Soleil commence à briller sur tous les germes et créatures sur la terre. Cette lumière qui produit de la joie et de l'allégresse en l'être humain, déclenche la haine et la malice chez d'autres. La lumière qui met les uns en bonne disposition, rend féroces les autres ! La lumière et la chaleur font penser au loup où il peut trouver des brebis pour les manger. Quand elles tombent sur un voleur, il commence à penser comment vous voler de l'argent. Si elles tombent sur un homme qui aspire à faire du bien, il pensera trouver un homme pauvre pour l'aider. Donnez un grain de blé à la poule, elle formera de belles plumes; donnez-le au cochon, il formera de belles soies; donnez-le au loup, il formera de belles dents et griffes; donnez-le au poisson, il formera de belles écailles. Les physiologues ne peuvent pas expliquer ce processus. Chaque être utilise la nourriture, la chaleur conformément à son évolution et son intellect. Cette loi vous pouvez la comprendre en faisant des expériences dans ces deux mondes opposés.


    Il n'est pas possible de vous expliquer pourquoi le mal existe dans les êtres humains, pourquoi ils préfèrent la haine à l'amour, le mensonge à la vérité. Cela nous ne pouvons pas l'expliquer; beaucoup de « pourquoi » resteront sans explications. Le mot bulgare « защо » est une interrogation qui sous entend : « Аз искам ». Pourquoi faut-il vouloir ? – Il y a une loi qui dit que nous devons tendre vers l'évolution.


    Le Christ dit que si le grain de blé, tombé en terre, ne meurt pas, il reste tout seul dans ce monde. Qu'est-ce que la solitude dans la vie ? La solitude est la souffrance la plus lourde que l'être humain peut éprouver. Se reproduire, c'est le sens de la Vie. Toutes les souffrances dans le monde tiennent leur origine de la volonté des hommes de vivre pour eux seuls. Le mal provient toujours de ce désir d'être tout seul et de devenir le centre du monde. Ce qui est impensable dans les Lois Divines. Nos pensées et nos désirs sont voués à l'échec car nous les bâtissons sur du sable. Dans le monde nous ne pouvons être heureux qu'en vivant pour Dieu. Et nous devons vivre pour Lui. C'est dans la Nature même que nous en trouvons l'explication. Quand le Soleil se lève le matin, il se lève pour tout le monde, car il aime tout le monde. Il est attentif envers toutes les créatures – des inférieures jusqu'aux supérieures – et voilà pourquoi tous les regards sont tournés vers lui. Il est la source de cette énergie vitale par laquelle vous serez ressuscités et élevés. Mais est-ce que le Soleil nous dit que nous devons y entrer ? Il nous dit uniquement de profiter des biens qu'il nous donne et comme il éclaire le monde, nous devons répandre de la lumière, éclairer ceux qui nous entourent.


    Dans notre esprit il y a des notions erronées, qui tirent leur origine de notre vie individuelle. Par exemple, si vous entrez dans une maison à une seule fenêtre, mais peuplée d'une vingtaine ou d'une trentaine de personnes, vous leur direz : « Vous n'avez pas le droit, j'ai envie moi seul de regarder ! » Et quand vous regardez le Soleil, tous les autres seront privés de sa lumière. Et pourtant vous devez les appeler à venir le voir, eux aussi, à leur montrer la Voie, à sortir de cette maison et à voir la Lumière. C'est pourquoi ce n'est pas bien pour l'homme d'être trop entouré car il n'est jamais possible que tout le monde profite à la fois de la lumière et de la chaleur solaire. Il faut leur dire de sortir. Voilà pourquoi Jésus dit : « Celui qui a de l'amour pour soi-même, doit sortir dehors. »; et ailleurs : « Celui qui aime son père et sa mère plus que Moi, n'est pas digne de Moi ». Or, si un être se rapproche trop de la fenêtre, il va obstruer l'horizon entier pour les


    autres. Tenez-vous à vingt-trente pas plus loin. Ce sont les conditions physiques. Ainsi Jésus veut dire que la Vie ne consiste pas dans les biens matériels. Ils ne sont qu'un simple matériel, comme les manuels, les ardoises, les stylos sont du matériel pour les écoliers....Ne pensez pas que Dieu n'avait préparé pour vous que ces choses insignifiantes ? Il a préparé aussi pour vous de plus grandes choses. Demandez à une grenouille quelles sont ses conceptions sur la vie; elle dira : « Je voudrais qu'au-dessus de l'étang où j'habite volent plus de moucherons qu'ils soient plus près pour que je les attrape. » Et si vous la voyez pensive comme un philosophe, sachez qu'elle observe les mouches avec l'intention de les attraper si elles s'approchent. Voilà sa conception de la Vie. Si nous escaladons cet escalier, ne pensons pas que nous avons atteint le sommet de notre évolution. Sur cet escalier de l'évolution, entre nous et la Voie vers laquelle nous tendons, il y a un long chemin à parcourir. La distance entre les êtres humains et les anges est aussi grande que le rapport entre un têtard d'où provient la grenouille et l'homme. De point de vue des anges, nous sommes des petites grenouilles. Certains disent : « Mais les êtres humains sont faits à l'image et à la ressemblance de Dieu, n'est-ce pas ? » Mais ils n'ont pas encore acquis cette image et ressemblance. Vous voyez ce que nous faisons. Pour dire «nous sommes faits à l'image et à la ressemblance de Dieu », nous devons posséder les traits caractéristiques de Dieu. Quels sont Ses traits ? – Ce sont la Vertu, l'Amour, la Sagesse et la Vérité. La Vertu exclut le mal, l'Amour – la haine, la Sagesse – la folie, la Vérité – le mensonge. Si nous ne possédons pas ces défauts, nous sommes à l'image de Dieu; sinon, nous sommes encore au stade des petites grenouilles.


    Je n'ai rien contre cette grenouille, elle doit manger des mouches. Et pourquoi devrait-elle en manger ? – Je vous le dirai. Comme la mouche est ailée, elle est à un niveau plus élevé, alors la grenouille, qui a envie, elle aussi de voler dans l'air, elle veut recevoir les vibrations de la mouche, les développer et se mettre à voler. Pourquoi le loup mange-t-il des brebis ? – Il doit manger des brebis pour devenir doux, parce que la bonne nourriture nous rend bons. Quand les acteurs voulaient incarner le rôle de l'amour idéal, ils ont fait l'expérience de se nourrir longtemps avec du mouton, parce que cette viande prédispose à ces sentiments. Par conséquent le loup a raison de manger des moutons s'il veut devenir doux. Et il le deviendra sans doute parce qu'il est beaucoup plus doux qu'autrefois. Et pourquoi les gens mangent des brebis et des poules. Ils mangent des brebis pour devenir beaux; ils mangent des poules parce qu'ils veulent devenir ailés comme les anges. Et vous avez raison de les manger. Le mal ne consiste pas dans la nourriture. On défend certaines nourritures dans le souci de ne pas causer des souffrances à l'être qui compose cette nourriture. Je vous dis que vous pouvez manger des poules. Vous irez dans la basse cour, vous attraperez la poule et si elle ne criaille pas vous pouvez l'égorger et la manger. Si elle criaille, laissez-la. De même pour la brebis – si elle se met à bêler, laissez-la, elle veut vivre. Donc, vous devez demander lesquels des moutons et des poules veulent vivre en vous.


    Le Christ dit : « Je suis le pain vivant et celui qui mange Ma chair aura la vie éternelle. » Pour que nous puissions comprendre les mots du Christ, nous devons nous purifier : purifier notre vue, notre esprit. Notre esprit est une arme magnifique quand nous savons comment l'utiliser mais c'est aussi une arme très dangereuse, quand nous ne savons pas nous en servir. Quand vous labourez avec un araire un champ qui n'est pas ensemencé, vous avez le droit de l'ensemencer, vous suivez une loi naturelle. Mais quand vous labourez un champ ensemencé, vous faites une bêtise. Certains disent : " Nous devons raisonner et critiquer" parce que la science ne peut pas exister sans critique. Critiquer mais comment ? La critique est comme la chirurgie – enlever la partie malade du corps – je comprends bien qu'elle est utile, mais enlever la partie saine, cela je ne le comprends pas. Etre un chirurgien de ce genre n'est pas difficile : chacun est capable de meurtrir la jambe de l'autre avec une scie. Mais peu nombreux sont ceux qui savent faire


    correctement une intervention chirurgicale. Pour apprendre, nous devons à tout prix maîtriser la loi de la Vertu et de l'Amour.


    Quand je vous parle de l'Amour, ne pensez pas que je prêche un enseignement de paix et de calme. Celui qui veut aimer, il doit éprouver les plus grandes souffrances du monde. Celui qui n'a pas souffert, il ne peut pas éprouver le grand principe Divin de l'amour. Pour aimer Dieu, nous devons être prêts à nous sacrifier comme Dieu se sacrifie pour nous. Pour Le connaître, vous dites : « Dieu, donne-nous ce qu'il nous faut ! » Donne, donne, donne ! – voilà l'appel qu'on entend des quatre coins du monde. Et l'argent n'a jamais été aussi bon marché qu'aujourd'hui. Peut-être, aujourd'hui, chacun de nous touche un salaire trois ou quatre fois plus grand que celui des gens d'autrefois et malgré cela, nous n'avons pas assez d'argent. L'argent a perdu sa valeur, parce qu'il n'a pas d'équivalent. Il fallait demander du blé, du maïs, des poires, des pommes. Vous dites : « Mon Dieu, je veux être joli, je veux être riche ! » Vous voulez vous emparer de beaucoup de choses mais est-ce que vous vous rendez compte que si vous devenez riches, le malheur surviendra parce que chacun cherchera à vous faire du mal. Et pour vous préserver, vous aurez besoin de gardes du corps comme les riches américains qui sont entourés de trois ou quatre gardes du corps, parce qu'on essaie d'extorquer leur argent à chaque pas. En fait, nous n'avons pas besoin de richesses mais de ces choses essentielles qui rendent la Vie meilleure.


    Nous avons négligé le développement de notre cœur et par conséquent nous devons revenir sur ce principe primordial – développer et ennoblir notre cœur.


    Le mal ne réside pas dans l'esprit mais dans le cœur. Chacun de nous doit demander à son cœur ce qu'il désire. C'est de notre faute si notre cœur a été corrompu : c'est nous qui lui avons appris à mentir comme les servantes, à nourrir de la haine etc. Dieu dit dans les Ecritures : « Mon fils, donne-moi ton cœur». Il connaît et voit les erreurs des gens et ce qu'il veut de nous c'est lui ouvrir notre cœur pour qu'Il y entre. Vous direz «comment » – De la manière dont nous ouvrons la fenêtre pour que la lumière entre dans notre pièce. On a dit : « Une pièce dans laquelle la lumière entre, le médecin n'entre pas, la maladie ne règne pas » ou «là où la lumière n'entre pas, le médecin n'en sort pas ». Tout comme dans le cœur humain où est entré Dieu, le diable n'entre pas. Dans ce sens c'est Dieu qui est le médecin. Quand le médecin arrive, il dit : « Tu dois manger plus, tu dois boire plus, tu dois faire ceci, faire cela », et nous supportons, supportons jusqu'à ce que notre épine dorsale se brise.


    Nous ressemblons souvent à ce chamelier qui avait voyagé dans le désert et dont le chameau portait avec peine son fardeau. Le chamelier a trouvé une peau de renard sur son chemin et il l'a jetée sur le dos du chameau mais l'épine du chameau s'est brisée et alors le fardeau est resté dans le désert. Le dos du chameau ne peut porter qu'une certaine quantité de poids. Le chameau, c'est nous qui voyageons et si nous mettons sur notre dos plus de poids que nous pouvons porter, un jour nous empêcherons notre évolution. Cela ne veut pas dire que je vous recommande la pauvreté. Je vous recommande des richesses dans les trois mondes : non seulement dans le monde physique mais aussi intellectuel et spirituel. Le Ciel demande des gens riches parce qu'ils peuvent être généreux. Et quand le Christ dit «ramasser les trésors » Il a en vue ce genre de trésors. Mettez ce capital au Ciel pour que Dieu puisse nourrir les pauvres de la Terre avec les intérêts. Ce ne sont pas les anges qui effectuent notre salut, ce sont nous qui devons le faire. Et nous en avons toutes les conditions. La loi ne stipule pas que nous devons tous avoir les mêmes connaissances; chacun doit savoir ce dont il a besoin. Quelqu'un dit : « mon cerveau est petit »; je lui réponds : "Si tu ne peux pas prendre soin d'un petit cheval, comment pourrais-tu prendre soin d'un cheval plus grand ? Si tu possèdes un petit cœur et que tu ne puisses pas le gouverner, comment pourras-tu gouverner un cœur plus grand, un cœur qui aura de plus grands désirs ? »


    Qu'est-ce que nous devons faire ? – Nous ne devons pas penser à l'avenir mais nous devons utiliser tous les biens que nous procure la journée présente, pour le bien. Cette journée nous apporte tous les biens futurs. La loi dit que Dieu qui nous a donné des conditions bénéfiques pour cette journée, il nous les donnera pour les autres journées aussi. Nous n'avons pas à nous préoccuper de l'avenir mais nous devons être tranquilles à ce sujet. Il y a certaines lois qui régularisent les rapports des gens entre eux. Si quelqu'un cause un dommage à autrui, il ne le fait pas fortuitement, il le fait selon la Loi même. Chaque malheur pourtant vous apportera de la bénédiction; chaque difficulté découvrira un nouvel horizon devant vous. Vous pouvez toujours vérifier ces faits et voilà pourquoi vous ne devez pas vous tourmenter des malheurs qui peuvent vous arriver.


    On me demande à propos de la vie politique de la Bulgarie, ce qu'elle deviendra.


    Ça alors ! Mais qu'est ce qui s'est passé maintenant ? On fait une petite friction à la Bulgarie et c'est tout. On a enlevé une partie de son poids; on lui a procuré une nouvelle expérience et un problème à résoudre. Nous ne nous mettons pas à réfléchir raisonnablement sur les lois qui régissent la Vie mais nous cherchons les coupables. Dites, qui est le coupable ? Vous ne trouverez pas les coupables en ce moment. C'est la vie individuelle de l'homme qui est coupable. Celui qui veut devenir roi, il est coupable. Et aussi celui qui a envie de détrôner le roi, c'est lui qui est le coupable. Il nous importe peu qui est le roi – l'un ou l'autre, un troisième ou un quatrième : tous marchent sur le même chemin. Je ne dis pas que l'on ne doit pas désirer devenir roi ou reine. Mais de qui ? -De soi-même, de son esprit, de son cœur, de sa volonté. Comment sont vos sujets ? Est-ce que vous avez subjugué vos pensées, vos sentiments et vos désirs, avez- vous mis de l'ordre en vous-même ? Il appartient à vous les premiers de donner l'exemple au monde. Quel prêcheur serais-je si, m'adressant aux hommes, je leur disais : « Soyez généreux », mais moi je suis avare; je dis « ne volez pas », mais moi je vole; « ne mentez pas » et moi je mens ? Un maî-tre qui enseigne, doit être un modèle, il doit donner l'exemple aux autres. Lorsque Jésus est descendu sur la terre pour enseigner aux hommes, il leur a donné le premier le modèle et si nous acquérons Son Enseignement, le monde changera tout de suite. En nous, réside une force dynamique cachée, que nous ne savons pas utiliser parce que nous ne savons pas comment travailler.


    Un arbrisseau épineux s'élevait sur la chaussée et avait obstrué le chemin des gens; des voyageurs passaient, le frappaient avec leurs bâtons mais plus ils le frappaient, plus il grandissait et il a fini par faire renverser les charrettes. Les gens ne savaient plus comment s'y prendre. Et voilà une pioche qui est venue et elle a dit : « Moi aussi, je vous ferai voir mon art ! ». Et elle a commencé de loin à creuser en dessous des racines. Au début l'épine s'est mise à rire et à se dire : « Tant de gens n'ont rien pu me faire, et toi tu t'imagines me faire peur ? » Mais la pioche creusait plus profondément et à un moment donné l'épine a dit : « Ce garnement a trouvé mon côté faible. » Jusqu'au moment où vous ferez travailler la pioche en vous, l'épine va se moquer de vous et vous dira : « Je grandirai encore plus. » C'est une allégorie que vous devez comprendre. Que symbolise la pioche ? Réfléchissez et vous trouverez !


    Nous devons nous mettre toujours à la place du juge. Par exemple, pendant la guerre américaine, on a amené deux criminels : l'un était aveugle, l'autre – sans jambes. Le crime qu'ils avaient commis était le suivant : ils sont allés voler des pommes. Le jardinier les a attrapés et les a amenés auprès du juge, mais l'aveugle a dit : « Je suis aveugle, je n'ai pas volé de pommes mais j'ai étendu les mains et j'ai ramassé quelques pommes qui étaient tombées par terre ». Et celui qui n'avait pas de jambes, s'est mis à crier : « Je n'ai pas de jambes et je ne peux pas marcher pour aller voler ». Le juge, après avoir réfléchi, a dit : « Mettez le boiteux sur le dos de l'aveugle ! » et il


    a ajouté : « Celui qui a des yeux, il a trouvé le pommier, et celui, qui n'a pas de jambes, mais a des mains, a cueilli les pommes. ». Et en réalité, ils les avaient attrapés dans cette posture.


    L'homme est pareil – chacun est composé de deux êtres : l'un est aveugle, l'autre – sans jambes. Quand Dieu les prend au flagrant délit, chacun d'eux dit : « Je n'ai pas cueilli, je n'y ai pas touché, je n'y ai pas mis le pied ». Mais Dieu dit : « Mettez l'un sur l'autre ! » et c'est ainsi qu'il les juge. Qui est celui qui n'a pas d'yeux.- L'instinct humain. Et celui sans jambes ? – L'intellect humain. Tous les deux, ils disent «allons voler un peu », ils grimpent et se mettent à voler des pommes. Et quand on les attrape, l'un dit «pourquoi me battez-vous » et l'autre dit aussi «pourquoi me battez-vous », mais ils sont coupables, tous les deux.


    L'évolution est nécessaire pour nous. De grands biens nous attendent mais nous devons devenir assez intelligents, assez bons, devenir forts pour qu'on nous confie cet héritage. Ces trois qualités que j'ai énumérées – Vertu, Justice, Sagesse, sont de grandes richesses et quand vous les possédez, vous serez sains et heureux. Mais vous direz : « Comment pouvons-nous appliquer cet Enseignement dans le Monde ? » Il n'est pas exigé de nous de transformer le monde. Le monde est en ordre, dans le monde il n'y a pas de choses anormales, tout suit un ordre déterminé. Les causes des événements naturels ou politiques qui surviennent, sont connues. Il n'est pas nécessaire de détourner ce courant. Mais une chose est indispensable : l'éducation individuelle de la personne dans le monde, de l'homme comme de la femme. Si la personne a corrigé son comportement, ses enfants se redresseront aussi – les fils et les filles et quand leurs prochains se seront transformés, le monde entier se transformera par lui-même. Tel le levain, telle la pâte. C'est le principe que le Christ a déposé. Et le Christ agit pour que ce principe se réalise. Et comme la chrysalide évolue et se transforme progressivement, le monde évoluera et se transformera vers le mieux. Une grande inquiétude règne dans ce monde, parce que tous ceux qui ne peuvent pas fabriquer un cocon, ils ont peur de l'hiver qui approche. Donc, la transformation doit avoir lieu dans notre intellect, notre cœur, notre volonté et, quand cette transformation se sera effectuée, nous sentirons en nous une force intérieure.


    Alors nous parviendrons à prendre contact avec ces êtres plus évolués que nous, appelés Saints. Quand nous serons en relations avec eux, notre esprit sera éclairé, comme les écoliers sont instruits par leurs professeurs. Les Saints sont les Maîtres de l'humanité et nous tous, nous devons suivre leur exemple. Ils apprennent au monde comment il faut vivre. Mais vous direz : « Où sont ces Maîtres, à quel endroit ? Nous ne voyons pas leurs images à l'église. »- Toute chose a son ombre et, par elle, nous pouvons trouver l'objet. Vos désirs, vos tendances dans le monde, sont une ombre. Pour comprendre l'essentiel, vous devez obéir à la loi : du cœur – vers le haut, vers votre esprit, vous devez penser à Dieu.


    Comment se représenter Dieu ? – Nous pouvons nous Le représenter comme


    L'Homme parfait, le meilleur Homme qui ne nourrit aucune malice, aucune haine, qui aime les gens, comme un vrai père aime ses enfants. Telle est l'attitude de Dieu envers nous. Qu'est-ce que vous pensez ? Nous écoute-t-Il en ce moment ou non ? – Il écoute et Il travaille dans nos esprits. La bonne disposition que nous avons chaque jour, c'est à Lui que nous la devons. Les heureuses minutes de notre Vie sont dues à ce Soleil intérieur qui nous a illuminés tout comme le Soleil nous met chaque jour en bonne disposition dès notre réveil, par ses rayons.


    Dans la vie Spirituelle, il y a aussi le lever et le coucher. A l'âge mûr, votre Soleil est au Zénith, vous êtes à midi; au temps de votre vieillesse, vous vous couchez, pour vous lever de nouveau. Dieu va se lever dans les cœurs et les esprits de la plupart de vous mais aussi Il ne se lèvera pas pour une grande partie de vous. Ceux qui verront le lever de Dieu en eux, sentiront de la joie et de l'allégresse, et ceux pour lesquels Il ne se lèvera pas, diront : « La vie pour nous est un malheur, de la tristesse, de la souffrance. » Ils devront attendre. Pourquoi ? – Parce qu'ils n'ont


    pas les conditions indispensables pour qu'Il se lève. Parce que s'Il se lève prématurément, ils se sentiront malheureux, il vaut mieux, qu'ils se reposent pour l'instant. Je ne dis pas qu'ils mourront; loin de là. Je vous cite une loi. En parlant du coucher, chacun pense à la mort. Qu'est- ce que la mort ? – c'est une supposition. Chacun de vous doit être passé par la mort pour pouvoir raconter ce qu'elle représente; sinon, il ne fait que s'imaginer.


    Dans un de ses contes, voilà ce que Tolstoï raconte : il rencontre un moine russe de 85 ans, à la barbe blanche et il lui demande : "Quelles sont les causes qui t'ont fait devenir moine ?" Et le moine lui a raconté en bref son histoire ainsi :


    "Je suis originaire d'une famille princière. A l'âge de 21-25 ans, mon père et ma mère ont voulu me marier avec une princesse. En ce moment, je suis tombé dans un sommeil léthargique, des médecins sont venus, ils ont tâté mon pouls : « Le cœur a cessé de battre, il est mort » ont-ils remarqué et ils ont décidé de m'enterrer. Je me suis dis à moi-même : « C'est ça la mort ? » Je ne pouvais leur faire signe que j'étais vivant. Arrive alors la fiancée suivie de son père qui lui conseille de verser quelques larmes : « Afin que les gens pensent que tu l'aimais » ? « Je ne l'ai jamais aimé, mais j'aimais seulement ses richesses » a-t-elle proféré. Alors, je me suis dit : « Si Dieu me rend à la vie, je recommencerai une autre vie ! »


    Qu'il est pénible d'être vivant et de ne pouvoir le dire; de voir que les autres pleurent et de ne pas pouvoir leur dire que tu es vivant ! Combien de gens sont enterrés ainsi ! Il n'y a rien de plus pénible que d'être enterré vivant. Le plus grand malheur, c'est de rester des jours et des mois dans la terre sans pouvoir se libérer de son corps. C'est la plus effroyable des prisons, c'est l'enfer ! Si nous étions purs, nous saurions à quel moment l'âme est sortie du corps et ne subirions jamais de pareilles souffrances. Dès que le médecin déclare que le malade a cessé de vivre, les gens disent : « Enlevez-le ! » On lui fera un beau cercueil et on l'emportera avec des chants et de la musique. Où est resté leur amour ? C'est l'amour des prochains et de la société ! Quelqu'un dit : "Je vous aime". De quelle manière ? Comme le chat aime la souris ou encore comme le loup aime la brebis ? C'est aussi une manifestation d'un certain amour. Cependant, c'est de cet amour que souffre le monde. Et l'Amour qui est indispensable au monde c'est quand nous aimons les autres et nous les rendons heureux, tout comme nous sommes heureux. C'est pour cette raison que le Christ a dit : "Celui qui croit en Moi, fera ce que Je fais et celui qui M'aime, mon Père l'aimera et viendra faire sa demeure en lui".


    Vous dites : "Que va devenir la Bulgarie» ? Je dis alors : "Que deviendrez-vous ? – Vous ne savez pas que le diable s'est emparé de ce que vous possédez, qu'il a vendu jusqu'à votre peau et vous me demandez: ce que deviendra la Bulgarie.


    La Bulgarie, c'est vous. Vous devez prier pour que Dieu vous aide à chasser


    ce visiteur importun hors de vous, à garder ce que vous possédez, garder votre esprit et votre cœur. C'est le Diable qui est coupable pour toutes ces souffrances. Vous ne devez pas lui en vouloir. Je lui fais des louanges seulement pour une chose : qu'il est laborieux, qu'il ne se décourage pas. Si vous le chassez par une porte, il entre à nouveau par une autre; s'il ne parvient pas à ses fins d'une manière, il en cherche une autre, une troisième, une quatrième. Voilà un trait caractéristique parfait et exemplaire. Et Dieu dit : « Suivez son exemple, c'est le maître des humains, il leur enseigne et apprendra à tout le monde des choses. » A force de vous mentir, enfin vous vous direz : « Nous avons appris tes mensonges, nous ne nous tromperons plus. »


    Un homme a dit à son ami : « Tu ne peux pas tromper mon singe ». L'ami se rend auprès du singe et fait semblant de dormir. Le singe ferme aussi les yeux et l'ami emporte l'argent. Revient le patron du singe qui constate le vol et lui donne une rossée. Une autre fois, le singe ouvre bien ses yeux, car il sait qu'il aura du bâton. Ainsi, avec l'expérience que nous aurons acquise dans le monde par nos souffrances, quand viendra le diable, nous lui dirons: « Mes yeux sont ouverts. »


    Lorsque vous commencez à souffrir, vous dites: « Je n'ai pas encore passé par tout le processus du grain de blé ». Et quand vos pensées et votre cœur se seront transformés et qu'ils deviendront magnifiques, vous vous transformerez à l'image de Dieu. C'est en ce moment que Dieu vous ressuscitera de la même façon que le Soleil ranime le grain de blé semé.


    Traduction par Tania Dimitrova et Rossitza Vassileva Revue par Roland Egloff, France


    Copyright © 1997 Publishing House "Byalo Bratstvo" All Rights Reserved


     


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