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hristo

1938_02_06 LA BEAUTE DE L’AME

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LA BEAUTE DE L’AME

 

Je vais lire le chapitre 15 de l’évangile de Jean.

Lorsque nous parlons de la Vie, nous voyons que dans certains domaines son coût augmente, tandis que dans d’autres, il baisse. Donc, tout comme les prix des articles sont tantôt en hausse, tantôt en baisse, la Vie elle-même connaît tantôt des hauts, tantôt des bas. Cela concerne la face visible de la Vie. Il n’existe pas d’homme sur Terre qui ne se soit jamais surestimé ou sous-estimé. On jette un regard sur sa vie et on dit: « Pourquoi suis-je donc venu sur Terre, je n’ai rien pu accomplir. » Ou bien, on se surestime, on pense avoir beaucoup fait. Comment expliquez-vous le fait que parfois vous êtes encouragés, et parfois vous vous découragez. Il s’en faut de peu, que l’homme soit encouragé ou découragé. On a un vœu; dès qu’on le réalise, on est encouragé; si on ne peut le réaliser, on se décourage.

Je vous demande pourquoi les hommes se découragent, pourquoi ils sont mécontents. On a une grande et belle maison, et on n’est quand même pas content. J’ai souvent entendu des gens dire: « Notre salon est spacieux, agrandissons-le, pour qu’il soit encore plus spacieux. » Pourquoi avez-vous besoin d’un salon plus grand? Le cerveau humain possède trois billions six cent millions de cellules. Elles disposent d’un salon de dix-neuf centimètres de longueur, quinze centimètres de largeur et quinze centimètres de hauteur. Dans ce petit espace tiennent tant de fabriques, tant de laboratoires chimiques, tant d’observatoires! Combien de choses se font dans ce petit espace, et toutes les cellules sont contentes et ne se plaignent pas comme les hommes. Comment auriez-vous vécu, vous, dans cet espace? Vous n’êtes pas contents du salon qui pourrait contenir mille têtes comme la vôtre. Que diriez-vous si on vous mettait dans cette petite tête? C’est donc l’entendement qui rend l’homme content, et non le grand espace et l’abondance. Qui est plus intelligent, les cellules du cerveau humain ou celles en dehors de lui? Les cellules du cerveau savent des choses que beaucoup d’hommes ignorent. Il y a des choses que des hommes savent, on appelle même ces hommes des spécialistes. Mais il y de petites choses que seules les cellules du cerveau savent. Vous direz que l’homme connaît beaucoup de théories, fait des études scientifiques. Voici une théorie sur le pessimisme. Vous lisez la théorie d’un philosophe pessimiste qui voit tout à travers des lunettes noires. Il dit: « La vie n’a pas de sens, tout disparaîtra. Un jour, le Soleil

s’éteindra, les hommes disparaîtront, la Terre se désagrégera. » Puis il continue:

« La famille n’existera pas, les enfants disparaîtront; les jeunes vieilliront, les vieux mourront et engraisseront la terre. » Je dis: même s’il en était ainsi, il resterait bien quelque chose. Est-il possible que tout disparaisse à un moment?

Le pessimiste est un homme appauvri, il n’a rien: ses habits sont en loques, ses chaussures - trouées, tout ce qu’il porte est abîmé. De son point de vue, il n’a pas tort de voir la vie en noir. Il sait qu’autrefois ses habits et ses chaussures était neufs, et que maintenant, ils sont abîmés. Lorsqu’il voit quelqu’un porter des habits neufs, il dit: « Autrefois, mes habits étaient neufs aussi. Les tiens s’useront à leur tour et nous verront alors. » L’idée que lui aussi pourrait un jour remettre des habits neufs ne traverse pas l’esprit du pessimiste. Donc, selon ce philosophe, une fois tes habits enfilés, tu ne peux plus les ôter; ou une fois tes chaussures aux pieds, tu ne peux plus te déchausser; si tu te trompes une fois, tu ne peux plus corriger ta vie. Telle est la philosophie du pessimiste. Quoi qu’on lui dise, il répond: « C’est fini pour moi, c’est sans retour. »

Un hodja* turc sermonnait un ivrogne: « Écoute-moi, mon frère, renonce à la boisson, ta situation est dangereuse, sais-tu ce qui t’attend dans l’autre monde?» -

« Qu’est-ce qui m’y attend? » - « Tous les tonneaux dont tu as bu te seront accrochés au cou. » L’ivrogne lui demanda: « Mais seront-ils plains au moins? » -

« Ils seront plains, bien entendu. » - « Tant mieux, alors, j’aurai donc à boire là-bas aussi! » Le Hodja voulait l’effrayer, lui montrer le côté noir de sa future vie, mais lui en voit le bon côté: il y aura des tonneaux, il y aura à boire.

C’est un art que de voir le Bien dans la vie et de s’en servir. Toute chose dont on ne peut se servir dans l’immédiat représente un certain poids. C’est un obstacle dans la vie. Une idée te vient en tête, mais tu ne l’acceptes pas. Tu veux t’en débarrasser et tu n’y arrives pas. Où que tu ailles, quoi que tu fasses, elle te suit. Pour t’en libérer, fais-la sortir de ton esprit! Une fois dehors, quelqu’un la verra, elle lui plaira et il l’adoptera. Tu as une pièce d’or; tant qu’elle est dans ta caisse, personne n’y pense. Si tu l’en sors et que tu la tiens dans ta main, dès que quelqu’un la verra, il la voudra. Dès lors, il trouvera l’occasion de te la prendre dans la main.

Une sœur me racontait: « J’en ai eu assez de porter une idée en moi et je n’ai trouvé la paix qu’après l’avoir réalisée. Un jour, en passant devant une vitrine, j’y ai aperçu d’étranges chapeaux, des bérets qu’on porte sur le bout de la tête et qui tiennent à peine. J’ai pensé: « J’en achèterai un », mais je suis passée devant sans en acheter. Depuis ce jour, l’idée du béret ne m’a pas laissée tranquille. J’ai fini par en acheter un, j’avais satisfait mon désir. Avant de l’acheter, lorsque je marchais, j’avais tout le temps l’impression que le béret était sur ma tête et qu’il allait tomber. Je tâte: je n’ai rien sur la tête. » La sœur voulait savoir pourquoi l’idée du béret l’avait tourmentée tant de temps. Je lui ai dit que cette idée l’avait tracassée, car elle

n’aimait pas ce béret. Elle l’avait pourtant acheté, c’était la mode. En règle générale, toute chose que l’on n’aime pas nous monte sur le dos. Si on finit par l’aimer ou par se résigner avec elle, elle en retombe. Pourquoi l’homme souffre-t-il? - Parce qu’il n’aime pas la souffrance. S’il finit par l’aimer, elle le libère de son poids. - « Je n’aime pas la souffrance. » - Puisque tu ne l’aimes pas, elle occupera une place centrale dans ton cœur. La souffrance ne choisit jamais les places du fond. - Jusqu’à quand restera-t-elle dans mon cœur? » - Jusqu’à ce que tu finisses par l’aimer. Dès lors, elle libérera la place qu’elle occupait. Sinon, tu marcheras, tu soupiras, tu la porteras en toi et tu la couveras.

Tu dis: « J’ai du chagrin, j’ai le cœur gros. » Châsse ton chagrin hors de toi. -

« Je ne peux pas. » Le chagrin est un maître plus grand que la souffrance: lorsqu’il se saisit de l’homme, il ne le relâche pas facilement. Si l’homme tente de chasser le chagrin, celui-ci persiste encore plus. Il arracherait un bout du cœur de l’homme, mais n’en sortirait pas. - « Comment m’en libérer? » - En l’aimant. - « C’est impossible. » - Il n’existe pas d’autre remède. C’est le remède premier. Si tu ne peux l’aimer, applique le second remède: appelle la Joie et installe-la au même endroit que le chagrin. Je fais souvent de telles expériences. Lorsque je vois que le chagrin s’est niché chez l’homme et ne songe pas à le quitter, j’invite la Joie à passer quelque temps chez lui. Elle va là où se trouve le chagrin et ils entament une conversation. La Joie demande au chagrin: « Comment vas-tu, ma sœur? »- « Je vais bien, je m’occupe de mon maître. Il est souvent indisposé, mais il supporte. » -

« Depuis combien de temps es-tu ici? » - «Depuis deux ou trois ans. Dès que je vois qu’il commence à oublier, je l’oppresse, je lui rappelle ma présence. Il tressaillit et dit: « Merci de m’avoir secoué. » Ainsi passent nos jours ensemble. » - « Jusqu’à quand resteras-tu ici? » - « Plus très longtemps. Puisque tu es là, je m’en irai. »

Vous demandez si ceci est bien réel. Que ce soit réel ou non, cela relève de la réflexion. Mais le fait que tu souffres est bien réel. Peux-tu nier que tu souffres? Vous pouvez discuter sur la question de savoir si la Joie et le chagrin parlent entre eux et comment ils parlent. C’est une discussion philosophique. Je peux affirmer avoir écouté le chagrin et la Joie parler: leur conversation est excellente. Comment mènent-ils cette conversation, je ne le dirai pas. Malgré tout, le chagrin est une réalité. Parfois, lorsqu’on a le cœur gros, on se dit: « Je n’oublierai jamais ce chagrin

», mais dès que la Joie arrive, tout disparaît, comme si on n’avait jamais eu de chagrin. Pourquoi l’homme n’aime-t-il pas le chagrin? Je trouve au chagrin un côté très bon, très précieux. Il est comme une mère qui encourage sa fille paresseuse à étudier. Elle dit: « Étudie, ma fille! » Mais la fille n’aime pas étudier, on peut lui parler de tout, sauf d’études. Que veut la fille? - Rien qu’une servante qui cuisine, range la maison, lave, repasse, tendis qu’elle-même, chaussée de souliers neufs et coiffée d’un chapeau neuf, se regarde dans la glace et sort se promener, se montrer

aux gens. Lorsqu’elle rentre de sa promenade, elle veut passer à table, manger et se reposer. Et même ainsi, elle est mécontente. Pourquoi est-elle mécontente? - Soit parce qu’elle a dû marcher, soit parce que la voiture l’a secouée. J’ai souvent entendu des gens se plaindre ainsi. Venant de laïques, c’est sans importance, mais des hommes spirituels se plaignent aussi. Même des intellectuels se plaignent. Qui que tu croises aujourd’hui, chacun se plaint. On me demande: « Quelle est la solution de ces problèmes? » - Ils n’en ont pas. - « Comment vaincre le chagrin? » - Tant que tu es jeune fille, ta tête souffrira, tant que tu es jeune homme, ta tête souffrira; tant que tu es mère ou père, ta tête souffrira; tant que tu es maître ou élève, ta tête souffrira. Et quand tu seras mort, tu souffriras toujours. - « Que faire? » - Je ne sais pas, moi non plus. Le jeune dit qu’être jeune n’en vaut pas la peine. Le vieux dit: « Il ne fait pas bon d’être vieux. » - Il ne fait pas bon d’être mère ni père. Que devenir? N’être rien. Et alors? Ce n’est pas une solution. N’être rien: ni jeune, ni vieux; ni élève, ni maître; ni père, ni mère; ni fils, ni fille; ni riche, ni pauvre. Il n’en est pas ainsi, la nouvelle philosophie exige une nouvelle pensée. Tu dis que la vie n’a pas de sens. Non, tu souffriras et tu apprendras, là réside le sens de la souffrance. Elle n’est rien d’autre que du travail. Étudiant la souffrance, tu travailles.

Un tailleur de pierres vient te proposer une pierre de trois kilos. Il pense que c’est une simple pierre. Le savant sait que cette simple pierre cache quelque chose de précieux. Tu demandes au tailleur de pierres: « Combien elle coûte? » - « Elle ne doit pas coûter un lev, c’est une simple pierre. Combien tu en donnes? » - « Cinq leva. » Le tailleur de pierres prend les cinq leva et il est content d’avoir gagné quelque chose en échange d’une simple pierre: « Heureusement qu’il y a des gens stupides prêts à donner cinq leva pour une simple pierre.» Le savant casse la pierre, en extrait la pierre précieuse et la revend plus tard quelques millions. Apprenant cela, le tailleur de pierres est mécontent d’avoir vendu cinq leva quelque chose de si précieux. Il trouve le savant et lui demande: « Pourquoi m’as-tu dupé? » Les hommes d’aujourd’hui se retrouvent aussi dans de telles situations. Beaucoup de choses précieuses passent entre vos mains sans que vous les reconnaissiez. Les Biens qui vous sont donnés sont grands, tout homme est entouré de richesses inestimables. Vos pensées, vos sentiments et vos actes cachent d’immenses richesses que vous n’appréciez pas à leur juste valeur. Vous les revendez bon marché et vous êtes mécontents ensuite.

J’étudie tous les systèmes philosophiques et je trouve qu’aucun n’est erroné, mais que ce sont ceux qui prêchent qui se trompent. Les philosophes, les maîtres de l’humanité, ont avancé d’excellentes idées. Leur savoir n’est nullement divergeant. La déformation de leur savoir vient de leurs disciples. Chacun d’entre eux propose une interprétation spécifique des idées. D’où la notion de vrai et faux prophète. Le vrai prophète présente les idées comme elles sont, le faux prophète les présente

comme elles ne sont pas en réalité. Le vrai prophète te taillera un habit qui colle parfaitement à ton corps; le faux prophète te fera un habit qui sera si inconfortable que tu ne l’oublieras jamais. Puis, il essayera de te convaincre que plus tu porteras cet habit, mieux il t’ira. Ne porte donc pas d’habits mal coupés. Après de longues années d’expérience, j’ai établi cette règle. Je l’applique aussi lorsque je me nourris. Quelque nourriture qu’on m’apporte, je ne suis pas pressé de la manger; tant qu’une dizaine de personnes ne l’ont pas goûtée, je n’en mange pas. Quatre ou cinq heures peuvent s’écouler, c’est sans importance. Je demanderai d’abord l’avis des autres sur cette nourriture avant de la goûter. Autrement dit, je profite toujours de l’expérience de ceux qui ont été avant moi. Selon moi, ces dix personnes sont des gens intelligents. Lorsque le premier goûte la nourriture et dit qu’elle n’est pas bonne, je la propose au deuxième; si lui dit la même chose, je la donne au troisième, puis au quatrième et ainsi de suite jusqu’au dixième. Je goûte enfin moi-même la nourriture. Je fais la même chose lorsque la nourriture est bonne. Si le premier dit que la nourriture est bonne, je n’arrête pas là, je laisse les neuf autres goûter aussi et lorsqu’il en reste une part, aussi petite soit-elle, je goûte à mon tour. Je dis: « Cette nourriture est bonne. » Vous direz que c’est original. Il est vrai que jusque-là vous ne saviez pas qu’avant vous il y avait eu dix personnes dont l’expérience doit servir. Qu’il s’agisse de nourriture ou d’autre chose, c’est sans importance. Ma tête a beaucoup pâti avant de trouver ces dix personnes. Parfois elles mangent tout et il ne reste rien pour moi, parfois il n’en reste que peu. L’important est que je sois le dernier à manger de la même nourriture. Depuis que j’applique cette règle, tout va pour le mieux.

Appliquez cette règle, vous aussi, elle n’a pas d’exception. Je l’ai déjà appliquée dans le Monde physique, comme dans le Monde spirituel Elle fonctionne partout de la même manière. Ainsi, si dix personnes disent d’une de vos pensées qu’elle n’est pas bonne, mettez-là de côté. Ne gardez en vous que la pensée que vous avez déjà éprouvée. Souvenez-vous: Dieu qui a créé des milliers d’univers est infaillible et omniscient. Devriez-vous dire que le monde qu’il a créé n’est pas bon? Celui qui ose dire cela se trompe. Tout ce qui est passé par les mains de Dieu est précieux, rien ne lui est comparable. Mais l’entendement est nécessaire! Sinon, on ne peut être convaincu de la valeur des œuvres Divines. Tu mets au monde un garçon: tu ne l’apprécies pas; tu mets au monde une fille: tu ne l’apprécies pas non plus; tu as un serviteur dans ta maison: tu ne l’apprécies pas non plus; tu as un père, une mère, des amis: tu ne les apprécies pas non plus; tu as un jardin avec de beaux arbres fruitiers: tu ne les apprécies pas non plus. Tu as beaucoup de biens et tu n’apprécies rien. Tu vois les rivières, les sources, les herbes, les moucherons: tu ne les apprécies pas non plus. Tu observes le lever du Soleil, de la Lune et des étoiles: tu n’apprécies rien. C’est là que se cache ton malheur. Que cherche l’homme?

Pourquoi est-il mécontent? - « Le Soleil: c’est du vent! Les herbes et les moucherons: c’est du vent! » Tu ne sais pas toi-même ce que tu veux. Si je vous demande de quoi vous avez besoin, vous me répondrez: « Nous n’avons besoin de rien. » Je dis: j’ai besoin de ces dix personnes de référence pour qu’elles goûtent la nourriture qui m’est donnée et qu’ils disent si elle est bonne ou non. De même, elles goûteront mes pensées et sentiments et elles diront s’ils sont bons ou non.

Je parle à présent des petites exceptions. Il existe une Vie heureuse qui doit être étudiée. Trêve de mécontentement! - « Comment être content si je n’ai aucune impulsion? » Ne cherche pas d’impulsion venant de l’extérieur, cherche-la dans le contentement même. Aime tout ce qui t’entoure et tu seras content. - « Comment aimer tout? » - Aime - rien de plus! « Pourrais-je aimer tous les hommes? » - Ne t’en préoccupe pas. Aime! Si tu aime un homme, ton savoir est égal à un; si tu aimes deux hommes, ton savoir est égal à deux; si tu aimes trois hommes, il est égal à trois et ainsi de suite. Le nombre de ceux que tu aimes détermine donc le degré de ton savoir. - « Comment aimer dix personnes, comment aimer tout le monde? Où trouver tant d’hommes à aimer? » - Prends exemple sur les cellules de ton cerveau. La tête réunit trois billions six cent millions de cellules qui sont en harmonie, qui fonctionnent à l’unisson. Tu peux toutes les englober d’un regard. - « Est-ce possible? » - Tu diras que tu ne peux aimer qu’un seul être. Tu sais que Dieu a un seul Fils qu’Il aime. Malgré cela, tu pries Dieu, tu veux qu’Il t’aime aussi, qu’Il réponde à tes prières. S’Il ne te répond pas, tu te vexes. Comment peux-tu vouloir que Dieu t’aime et réponde à ta prière! Si tu es logique, puisque tu dis n’aimer qu’un être, n’exige pas de Dieu qu’Il t’aime toi aussi. Il en aime déjà Un. Les hommes veulent me convaincre que Dieu pense à tous et aime tous. Vous dites qu’Il aime aussi les pécheurs. Si tu penses que le Fils unique de Dieu inclut tous les êtres vivants, tu as raison de dire que Dieu aime tous les êtres. En le Christ vivent aussi bien les pécheurs que les justes. Il n’existe pas d’âme humaine qui ne vive pas en le Christ.

Les hommes sont mécontents, parce qu’ils placent le Christ en dehors de Dieu, et qu’il se placent eux-mêmes en dehors du Christ. Vous vous condamnez ainsi vous-mêmes à la souffrance. Tu dit de Dieu: « Il a un Fils dont Il s’occupe. Je ne suis pas Son fils, le Fils est donc hors de Dieu. » C’est une idée erronée, à cause de laquelle vous souffrez et peinez. Tu demandes: « Comment puis-je aimer cet homme? » - Comment Dieu peut-Il t’aimer, toi? Si tu ne peux aimer l’homme, comment peux-tu exiger que Dieu t’aime? Si tu n’aimes pas ton prochain, comment Dieu pourrait t’aimer? Si tu aimes l’homme, Dieu t’aimera, toi aussi; si tu ne L’aimes pas, Dieu ne t’aimera pas non plus. Au moment où tu diras que tu ne peux aimer, Dieu ne pourra t’aimer non plus. Toute souffrance indique que tu n’as pas respecté la loi du grand Amour Divin. Dieu aime tout le monde. Si tu ne reconnais

pas cela, tu souffriras. Dès que tu l’auras reconnu, tu te réjouiras. La joie indique que Dieu aime tout le monde, et le chagrin indique que toi, tu n’aime pas tout le monde. Tu dis: « J’aime Dieu, j’aime les Anges aussi, mais comment pourrais-je aimer les hommes? » - Tu penseras juste et tu aimeras tout le monde. Par ses pensées, l’homme se cause des souffrances à lui-même.

Une jeune fille du monde est venue me voir récemment. Elle a un tourment et veut que je la conseille. Je la vois: jeune, belle, mais pauvre. Elle me dit: « Je me suis éprise d’un beau jeune homme, mais je suis souvent en proie à la contradiction, je ne sais pas comment m’en sortir. Depuis quelque temps, lorsque je rencontre mon bien aimé, il se met à me dévisager comme s’il me voyait pour la première fois. Puis, il me dit: « je te regarde parce que je trouve que tu commences à vieillir. » Cela me chagrine et je ne sais que lui dire. » - « Voici ce que je te dirai: je peux te rajeunir immédiatement et il avouera tout de suite que tu es plus jeune et plus belle.»

- « Comment? » - « En déposant à la banque, à ton nom, trois cent mille leva d’or. » Il en est de même pour la santé, l’intelligence et le cœur de l’homme. On dit de quelqu’un qu’il est malade; cela signifie qu’il n’a pas de capital. Vous dites que quelqu’un est ignorant; il lui manque donc quelque chose dans le Monde spirituel. -

« Cet homme est froid. » - Il lui manque quelque chose dans le cœur. La Lumière de l’esprit et la Chaleur du cœur sont un capital qui rajeunit et embellit l’homme. Tu trouveras toujours chez l’homme quelque chose pour ne pas l’aimer. Qu’il soit pauvre, malade, stupide, ce sont de faux états, au fond, il n’en est rien. L’homme dispose de richesses inestimables.

Souvenez-vous: toute âme porte en elle de grandes richesses. Même si c’est un animal qui entre chez vous, un chien ou un chat, il apporte quelque bien à l’homme. Cela, les hommes le savent, et lorsqu’une hirondelle choisit leur toit pour y faire son nid, les propriétaires se réjouissent. De la cigogne aussi, on dit qu’elle porte bonheur. La vache, le cheval, eux aussi portent bonheur à l’homme. Le rayon de soleil est porteur d’un grand bien. Et chaque rayon venant de Dieu porte une grande bénédiction à l’homme. Il est vivant. Je ne dis pas que la lumière n’est que vibration, mouvement de l’air - c’est la face extérieure de la chose. La lumière est une force vivante doué de raison qui pénètre l’homme et le régénère. Vous dites que la Vie apporte de la joie, du renouveau. Non seulement la Vie, mais aussi la Lumière et la Chaleur apportent de la joie et du bonheur. Ne pense pas qu’un homme puisse te porter malheur. Non, tout homme apporte du bonheur, du bien, pour lui-même, comme pour ceux qui l’entourent. C’est-ce qu’affirme la nouvelle doctrine.

Pourquoi les hommes souffrent-ils? - Parce qu’ils n’apprécient pas l’âme humaine. Le Christ est venu sur Terre pour aider l’âme humaine à se redresser, pour la libérer et pour montrer qu’elle possède des richesses inestimables. On dit que le Christ est venu sauver ceux qui ont péri. Et moi, je dis que le Christ est venu sauver

les âmes humaines, en faire ressortir les richesses cachées et montrer leur vraie valeur. Lorsqu’il pèche, l’homme n’apprécie pas son âme. C’est alors qu’il descend en enfer, dans le monde des supplices. Ayant pris conscience de cela, on ne doit pas chercher son bonheur à l’extérieur, chez tel ou tel autre homme, mais en soi-même.

Lorsque je dis soi-même, j’entends Dieu en l’homme. Si tu cherches ton bonheur en Dieu, en ce qu’il y a de Divin en toi, tu es sur la bonne voie. Prends conscience des richesses inestimables qui sont en toi et que tu dois apprécier à leur juste valeur. Entre Dieu et ton âme, il doit y avoir un lien interne. Ayant pris conscience de cela, tu Le remerciera toujours. Aujourd’hui, vous écoutez ce que je vous dis, vous élevez votre esprit vers Dieu et vous dites: « Nous sommes des hommes spirituels, nous ne pouvons nous passer de la prière. » J’ignore comment vous avez prié. Avez-vous remercié Dieu des biens et de la richesse qui vous sont donnés? Avez-vous remercié Dieu de l’attention qu’il vous porte? Que font certains? Dès leur réveil ils commencent à grogner: « Dieu, pourquoi as-Tu donné à mon voisin plus de biens qu’à moi? Pourquoi m’as-tu laissé ramper encore maintenant sur la terre?» - Tu te trompes. C’est de ta faute. Rétablie ton lien avec Dieu et tout s’arrangera.

Tu dis: « Comment aimer cet homme alors qu’il ne m’aime pas? » - C’est une vision erronée. Comment expliquerais-tu l’inverse: lui t’aime et toi, tu ne l’aimes pas? Certains pleurent, car on ne les aime pas; d’autres pleurent à cause de l’amour de leur bien aimé. Comment expliquerais-tu cela? Tu pleures parce qu’on t’aime, tu pleures parce qu’on ne t’aime pas. Pour éviter les contradictions, tu aimeras l’âme humaine qui ne change jamais. C’est là, précisément, que réside la beauté de l’âme: son amour est éternel et constant. Il suffit d’apercevoir un seul instant la beauté de l’âme pour ne jamais l’oublier. Celui qui a aimé, a vu ne serait-ce qu’un instant la beauté de l’âme; Il n’existe pas d’homme qui, voyant l’âme, ne s’éprenne pas. Ce qui est dommage pour nous, c’est que lorsque nous l’apercevons, elle se cache tout de suite. Tu marches, tu pleures, tu la cherches, mais tu ne la trouves pas.

Par conséquent, ce que l’homme cherche et qu’il implore, c’est la belle âme humaine. Elle ne reste pas. De temps à autre, elle ne fait que rendre visite à l’homme un instant et disparaît aussitôt. Ce seul instant vaut la peine de vivre des milliers d’années sur la Terre: pour apercevoir la belle âme, se délecter de la beauté de la Vie, voir la richesse qu’elle possède. C’est un grand moment, celui où tu vois ta belle âme! Le monde entier te rendra visite, tous les hommes t’entoureront pour prendre part à ta Joie. Comment accueillir tous les hommes? Des millions de personnes passeront, chacune voulant apercevoir à son tour votre beauté. Que feriez- vous alors? Vous prierez Dieu qu’il vous cache pour que vous vous reposiez un peu. C’est pourquoi Dieu a caché la beauté de l’homme de l’homme même et la lui a laissée en héritage futur. Vous dites qu’il y a des hommes beaux dans le monde.

Aussi beau soit l’homme apparemment, sa beauté n’est pas comparable à la beauté de l’âme. Sa beauté est infinie.

Vous entendez quelqu' un dire que sa vie le lasse, qu’il n’a plus envie de vivre. Pourquoi n’a-t-il pas envie de vivre? - Parce qu’il n’a pas vu la beauté, il n’a pas apprécié la valeur de la vraie richesse. Apercevoir la beauté de l’âme, c’est voir le Christ. Il est en tout homme. Il ne suffit pas de L’apercevoir, encore faut-il être comme Lui. Que faire pour donner au Christ une place en nous? - Ne souillez pas votre âme! Ne voilez pas la face de la beauté! Cela signifie: ne péchez pas. Le pécher est la profonde obscurité qui cache la face lumineuse de l’âme. Pourquoi les hommes ne vivent-ils pas dans leur âme? - Parce qu’ils ne s’éclairent pas. L’un se croit pauvre, un autre - mauvais, un autre - faible, malade, ignorant. C’est en partie vrai. L’important est de savoir comment devenir riche, sain, fort, éclairé. - En étudiant. Le pire ennemi de l’homme, c’est sa paresse: il ne veut pas étudier. De grands efforts sont nécessaires pour obliger l’homme à étudier. Je rencontre peu d’hommes qui étudient par Amour. Sans Amour, on n’obtient rien. Le seul vrai travail est celui fait avec Amour.

Un jour, j’allais dans la montagne. Je me suis arrêté à un endroit, devant un petit tas de sable et je me suis mis à gratter quelque chose. Pendent ce temps, un paysan est passé par là et m’a demandé: « Que fais-tu ici? » - « J’explore. » -

« Pourquoi perds-tu ton temps? » Je ne lui ai rien répondu. D’après lui, seul travaille et remplit bien son temps celui qui bêche et laboure. Pour lui retourner la question, je lui ai demandé: « Que fais-tu? Es-tu marié? » - « Oui. J’avais une femme, mais elle s’en est allée dans l’autre monde. J’avais un garçon, il l’a suivie. Il ne me reste qu’une petite fille, et elle est boiteuse. » Je sais pourquoi sa femme et son garçon sont partis dans l’autre monde, je sais pourquoi il ne lui reste que la fille boiteuse, mais je ne lui dis rien. Il m’a demandé: « Es-tu marié? » - « Tous mes proches sont morts, il ne reste que moi. Je suis venu ici pour trouver la dernière chose. » Le paysan me regarde et se demande pourquoi je gratte, ce que je cherche dans le sable. Je lui dis: votre contrée est riche. » - « Oui, elle est riche, mais il faut labourer. Allez, adieu! » Nous nous sommes serré la main et je lui ai dit: « La prochaine fois que nous nous rencontrerons, je te dirai ce que je cherche. À présent, rentre chez toi et sache que ta situation s’améliora: ta femme reviendra, tu aura des enfants meilleurs et plus beaux que les premiers. Pour celui qui me croise une fois, tout commence à aller mieux ensuite. » - « Dieu t’entende! » Un an plus tard, j’ai rencontré le même paysan qui m’a dit: « Mon frère, tout s’est réalisé. Tout s’est passé exactement comme tu l’avais dit. Je me suis remarié une seconde fois, j’ai un enfant, beau et en bonne santé. Je lui ai dit: « Sache que ta seconde femme est la première. Et même si tu te remariais une troisième fois, ce serait toujours ta première femme qui reviendrait. » Ce sont des âmes sorties de Dieu.

Dieu se révèle par toute âme. Il est dans l’unité et dans la multitude. Nous connaissons et entendons Dieu dans la multitude. Dans l’unité, dans l’un, Il nous est inintelligible. Remercions Dieu de se révéler à nous dans la multitude des âmes élues. Réjouissons-nous qu’Il se révèle à nous. Et je vous dis: sachez que vous retrouverez ce que vous avez perdu. Les vieux rajeuniront, les ignorants deviendront savants. Chacun obtiendra ce qu’il veut. Quand? - Quand vous aurez accepté l’idée que Dieu a mis des richesses inestimables en votre belle âme. Le seul désir de Dieu est que vous étudiiez. C’est seulement ainsi que vous pourrez servir. Si vous servez, vous aurez des résultats. Nous sommes venus sur Terre pour connaître Dieu. Il a été dit: « C’est la vie éternelle de Te connaître, Dieu unique, Dieu de vérité, et le Christ que Tu as envoyé. » Reconnais que Dieu a mis une belle âme en toi, et d’inestimables richesses. Dieu ce révèle précisément par cette âme.

Je vous parlerai à présent des simples calculs qui cachent une grande philosophie. Nous disons: un fois un égal un; un fois deux égal deux; un fois trois égal trois. Mais aussi: deux fois deux égal quatre; deux fois trois égal six; deux fois sept égal quatorze et ainsi de suite. Dans ces calculs-là se cache la loi de la croissance. Le signe distinctif de la Vie, c’est la croissance; Ce qui croît se révèle progressivement. Seul ce qui croît est réel. Là, où il n’y a pas de croissance, aucune Réalité n’existe. Les choses réelles ont un avenir. Aussi réjouissez-vous de la moindre acquisition, de la moindre croissance. Réjouissez-vous du Divin en vous. Le futur savoir y prend sa source. Réjouissez-vous des capacités que vous avez et qui se manifestent progressivement. Vous êtes mécontents, vous ne voulez pas vieillir. C’est une loi: tu ne peux rajeunir sans avoir vieilli. Tout ce qui rajeunit vieillira immanquablement. Vous voulez rajeunir, mais ne voulez pas vieillir; c’est impossible. La vieillesse offre la possibilité de rajeunir. Elle cache en elle le Bien divin: la jeunesse. En vieillissant, tout comme en rajeunissant, l’homme acquiert quelque chose. Les hommes souffrent, car ils pensent qu’ils n’acquièrent que jeunes, et qu’une fois vieux, ils ne font que perdre.

Lorsque j’étais en Amérique, j’ai écouté Paderewski* interpréter le Clair de lune. C’était à l’époque un beau jeune homme au visage ovale. Les Américaines avait le coup de foudre pour lui. Elles lui apportaient ses albums pour avoir un autographe. Des années plus tard, j’ai vu au cinéma La vie de Paderewski. Il avait déjà bien vieilli. On le montrait de loin, de près, de tous les côtés. Je l’ai bien vu, en train de jouer du piano. J’ai remarqué qu’il jouait les yeux fermés. Il était concentré, rien ne le détachait de la musique. Je me suis dit: « Eh bien, Paderewski, ta jeunesse s’en est allée! » En fermant les yeux, il voulait dire: « Je suis enfin libéré des persécutions des femmes. Il ne me reste qu’à jouer. » Il est vrai qu’à présent, sa concentration était meilleure, on ressentait plus de profondeur, plus de musicalité. Il n’y a qu’un seul Paderewski, il ne peut en naître un autre. Dans la Nature, les choses

ne se répètent pas, mais ce que l’âme humaine porte en elle, dépasse Paderewski. Les capacités de l’âme humaine, révélées par Paderewski, représentent un cent millionième de ce qui est placé en elle.

Qu’est-ce que le Clair de lune ? - L’Amour au clair de la Lune, par le froid. Il existe donc deux possibilités: aimer la nuit, au clair de la Lune, et aimer le jour, au Soleil. La nuit ne se prête pas à l’Amour. Seule l’âme peut aimer la nuit, car la nuit n’existe pas pour elle. Elle réunit toute la beauté de la Vie. Pour la belle âme, la nuit au clair de lune, c’est le jour. Le Clair de lune nous révèle que la Vie n’est pas comprise comme il le faudrait. Et celui qui interprète cette sonate ne comprend pas la Vie, non plus. En réalité, le Clair de lune est une sonate solaire, mais sculptée en forme de Lune. Derrière la Lune se cache le Soleil. Sans le Soleil, on ne peut voir la Lune. Donc, tout ce qui existe sur la Terre est lunaire, et derrière la Lune se cache le Soleil. Et derrière notre vie - la vie de la Lune - se cache la Vie divine qui se révèle progressivement. La vie sur Terre est un Clair de lune. Et malgré cela, notre vie est belle.

Je vous ai joué aujourd’hui un morceau au clair de lune, à mon tour. Je me réjouis de vous voir venus à ce concert. Lorsque vous rentrerez chez vous, que chacun joue un peu cette sonate sur son piano. Il n’existe rien de plus beau que d’être calme et paisible, que de porter la Paix en soi. Regarde vers le ciel et remercie en ton âme de tout ce qui t’est donné. Qui que tu rencontres, vois en lui la présence de Celui qui a créé le monde. Il est bien de voir Dieu partout. Et de voir caché dans toute contradiction le Commencement divin. Voici la nouvelle doctrine. Elle exige de tous d’ouvrir leurs cœurs et leurs esprits, de voir la Vérité, placée en eux depuis des siècles.

« C’est la vie éternelle de Te connaître, Dieu unique, Dieu de vérité, et le Christ que Tu as envoyé. » Voici la vraie doctrine: connaître la richesse inestimable qui est en nos âmes. C’est le Christ, c’est Dieu révélé. Comment aimer? - Te connaître, Dieu unique, Dieu de vérité, et le Christ que Tu as envoyé. Connaître ma belle âme, sortie de Dieu. Il a placé en elle de grandes capacités. C’est le sens de ma vie; c’est le sens de la Vie humaine.

Le Christ est l’homme de la Force abondante. Le Christ est l’homme de la Foi abondante. Le Christ est l’homme de l’Amour abondant.

 

Sofia, le 6 février 1938*

 

Notes

 

*1. hodja - (du persan häwãgä "maître, marchand") - titre donné.......................................................................................................

*2. Paderewski - célèbre compositeur polonais et pianiste virtuose (1860-1941); de 1919 à 1921, il a été premier ministre et ministre des affaires étrangères en Pologne.

*3. La parole matinale La beauté de l'âme a paru pour la première fois dans le recueil La beauté de l'âme, Sofia, 1948.

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