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Ani

1914_09_28 Un homme vaut tellement plus qu'une brebis!

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Combien vaut mieux un homme qu’une brebis

 

Or, combien vaut mieux un homme qu’une brebis !

Il est donc permis de faire du bien les jours du sabbat

(Matthieu 12, 12)

 

Nous devons remercier les pharisiens d’avoir incité le Christ à prononcer une si grande vérité sur laquelle il aurait, sinon, gardé le silence. Les pharisiens, hommes à filtrer le moucheron, mais à avaler le chameau, spécialistes pour souligner et exagérer les torts des autres, ne comprennent pas que l’on puisse se permettre de ne pas respecter le sabbat. Selon eux, la loi de Moïse exige de consacrer le samedi au repos et à l’inactivité. Les judéens comprenaient le repos à leur manière comme les bulgares comprennent par exemple le dimanche. Le bulgare va rentrer le bétail dans l’étable, laisser la charrue sous la grange, s’endimancher, mettre son chapeau et se rendre à l’auberge du coin pour s’écrier à l’entrée : Donnez-moi un demi-litre de vin rouge, c’est dimanche aujourd’hui, nous devons travailler dur six jours, mais boire et nous amuser le septième. Les judéens avaient la même conception du sabbat. Et le Christ les condamne en utilisant cette métaphore : « Lequel d'entre vous, s'il n'a qu'une brebis et qu'elle tombe dans une fosse le jour du sabbat, ne la saisira pour l'en retirer ?» (Mt 12, 11) Non pas par amour pour la brebis, mais pour préserver vos intérêts ! Or, s’il faut faire du bien à autrui, vous vous opposez à ce que l’on guérisse sa main un samedi ! Le Christ ajoute encore : « Combien vaut mieux un homme qu’une brebis », pour dire combien une créature douée de raison est au-dessus d’une autre qui n’en a pas. Si, pour contenter votre estomac, vous cuisinez quatre à cinq heures par jour, car il vous sollicite sans cesse : « Nourrissons-le, ne le tourmentons pas », pourquoi alors, s’agissant de la créature raisonnable, de l’homme, de l’élévation de sa pensée, de son cœur, vous dites : « Le jour du sabbat cela ne se peut pas, il faut attendre » ? Le Christ pose deux analogies lorsqu’il dit : « Comme vous prenez soin de votre brebis, je prends aussi soin des créatures douées de raison en vertu de la même loi ; comme vous saisissez et retirez votre brebis de la fosse, je suis également venu pour libérer ces créatures raisonnables et les sortir de la fosse. »

 

Cet homme-là avait la main sèche. Savez-vous ce que cela symbolise ? C’est sa volonté qui était paralysée, desséchée et le Christ dit : « Je veux rétablir sa volonté, lui permettre d’agir librement, selon sa pensée, son sentiment car il est envoyé sur terre pour travailler. Que ce soit un lundi, un mardi, un mercredi ou un samedi, j’accomplirai ma mission. » Ce travail n’enfreint pas la loi divine et peut être fait par chacun, car le repos est destiné au corps, mais pas à l’esprit. Sur terre seuls les oisifs se reposent, et ils se reposent tous les jours, alors que les travailleurs se disent : « Lorsque le Christ reviendra parmi nous, alors nous nous reposerons. » C’est ainsi que le vrai chrétien doit concevoir le sens du travail.

 

Il y a des lois que nous devons comprendre ; et non seulement les comprendre, mais aussi les appliquer dans la vie. Tout enseignement, toute religion qui n’est pas appliquée reste stérile. Il ne suffit pas à une plante de germer, pousser, se développer, fleurir et former des fruits, il faut encore que ces fruits mûrissent ; c’est seulement lorsque le fruit est mûr que l’objectif de la plante est atteint. Par conséquent, selon cette même loi, l’homme peut naître, croître, se développer et former un fruit, mais si ce fruit ne mûrit pas, sa vie reste inféconde. Le Christ a dénoué la main de l’homme, a rétabli sa volonté.

 

Si vous lisez ce chapitre, plus loin vous remarquerez que l’on a amené auprès de Jésus un homme aveugle et muet, possédé par un démon, et qu’il l’a également guéri. Ces choses sont liées. Qui sont ce possédé, cet aveugle et ce muet ? Vous pouvez rétorquer qu’il s’agit d’anciens récits du temps du Christ, mais ils restent encore d’actualité. Je vous donnerai un exemple pour vous préciser le sens que le Christ a mis dans ces paroles. Il y a un récit sur le roi Salomon qui raconte comment il a fait appel à un prince, esprit vantard, pour l’aider à construire le temple. Mais ce prince, non content de lui apprendre comment bâtir le temple a voulu s’emparer de son trône. Lorsque Salomon a compris ses intentions, il a enfermé l’esprit dans une bouteille qu’il a jetée à la mer. Au bout de dix ans d’enfermement, l’esprit a promis à quiconque ouvrirait la bouteille de lui offrir la plus belle femme au monde ; mais personne ne lui a ouvert. Cent ans ont passé et il a fait une autre promesse : en plus de la plus belle femme, il donnerait aussi les meilleurs enfants ; mais toujours personne ne s’est manifesté. Cent, deux cents, trois cents ans passent, suivis d’une nouvelle promesse : celui qui le délivrera aura non seulement la plus belle femme et les meilleurs enfants, mais il deviendra aussi le plus grand érudit ; mais pour cette récompense non plus, personne ne s’est manifesté. Il fait une dernière promesse : si quelqu’un le délivre, en plus de ce qu’il a énuméré plus tôt, il le fera roi de la terre ; mais là encore personne ne vient. Cinq cents ans après, il finit par jurer : « Celui qui me délivrera désormais, je le tuerai. » Quelque temps après, un pêcheur jette son filet, attrape la bouteille et la remonte. Pensant qu’il a trouvé un grand trésor, il se dépêche de l’ouvrir et au milieu d’une fumée noire, il aperçoit la figure du prince qui lui dit : « J’ai promis de tuer celui qui me délivrerait ; j’avais d’abord promis des choses merveilleuses, mais personne n’est venu ! Que veux-tu, tel est ton destin. » Le pêcheur a songé : « Quelle idée d’avoir ouvert cette bouteille ! » Mais il s’est adressé aussitôt au prince : « Je ne crois pas que tu aies pu sortir de cette bouteille : prouve-moi que tu étais bien dedans et ensuite, tu peux me tuer ! – J’étais là-dedans ! –Tu n’y étais pas ! – J’étais là-dedans ! – Tu n’y étais pas ! – J’y étais ! – Prouve-le ! » L’esprit s’est glissé de nouveau dans la bouteille et lorsqu’il est entré complètement, le pêcheur a tout de suite fermé la bouteille en disant : « Maintenant, si tu reviens à tes premières promesses, je te libérerai. »

 

La vie est ainsi : vous venez dans ce monde, c’est une mer, vous jetez votre filet, vous attrapez du poisson et vous gagnez. Lorsque les conditions pour attraper du poisson sont favorables, vous n’êtes pas là pour en profiter ; mais lorsque des souffrances, des afflictions surviennent, c’est alors que vous jetez votre filet pour remonter la bouteille avec le mauvais esprit. Dans ce conte, vous noterez une opposition : il montre que chaque vie a ses conditions favorables et défavorables. Nous devons comprendre les lois pour utiliser les conditions bénéfiques. Si nous nous retrouvons comme le pêcheur dans des circonstances défavorables, nous récolterons la mort.

 

Mais revenons aux paroles que le Christ a prononcées lorsqu’on a amené auprès de lui un aveugle et muet, possédé par un démon. Le possédé, l’aveugle, le muet  sont en vous. Ici, vous êtes tous semblables à des anges, étant donné que vous êtes beaux et pieux, mais si un démon rentre en vous, le jour même surgissent des pleurs et des grincements de dents. L’époux, les enfants se sauvent : la mère est possédée ! Vous, les êtres doués de raison, vous devez étendre la main pour guérir le possédé en lui disant : « Que la paix soit avec toi. » Comme un seul mot du Christ a suffi pour sortir le démon de l’homme, un seul mot de vous suffirait pour guérir ce malade. Lorsque vous nourrissez vos chevaux dans l’écurie et qu’ils s’agitent dangereusement sans faire attention qu’aux alentours il y a des enfants, que devez-vous faire ? Dire « Halte ! » et leur tirer sur la bride. La bride, c’est une loi, toute créature non raisonnable doit en avoir une. La créature douée de raison a le verbe pour s’exprimer. Par conséquent vous devez guérir en vous cet esprit déraisonnable. Cette brebis a été atteinte de tournis, elle divague : il faut la guérir, elle est aveugle. Les gens rétorquent : « Mais nous ne sommes pas aveugles ! » Je le crois, vous ne l’êtes pas, mais beaucoup le sont. Une femme à qui on a demandé pourquoi elle ne sait pas lire, a répondu : « Je suis aveugle, mon fils, je suis aveugle ! » Ne pouvez-vous pas ouvrir les yeux de cette femme ? Ouvrez-les. Les professeurs sont ceux qui ouvrent les yeux des aveugles, ils sont faiseurs de miracles. Envoyez votre fils chez eux et, dix ou quinze ans après, il reviendra les yeux ouverts. Le sourd également doit avoir les oreilles qui s’ouvrent pour entendre et comprendre. Pour l’homme, cela est facile car il est doué de discernement. C’est pourquoi le Christ dit : « Combien vaut mieux un homme qu’une brebis ! »

 

En quoi consiste l’existence de la brebis ? Paître pour se couvrir de laine, donner du lait et bêler de temps à autre en face de vous. Vous vous demanderez ce qu’il y a de sensé dans ce bêlement. Certains de nos contemporains sont comme les brebis, ils bêlent constamment : le frère se plaint du frère, les serviteurs se plaignent des maîtres et les maîtres des serviteurs ; trois cent soixante-cinq jours dans l’année ils entonnent la même chanson. Une telle vie n’est-elle pas un bêlement constant ? Le Christ dit : «  Combien vaut mieux un homme qu’une brebis », car l’homme peut raisonner ; sa main doit être libérée, le démon en lui doit être guéri, sa cécité doit disparaître et son ouïe se rétablir ; c’est le sens des paroles du Christ. Il dit aux pharisiens : « Vous ne comprenez pas la loi divine essentielle et je sais pourquoi : vous préférez des hommes avec des mains liées, parce que c’est dans votre intérêt. Vous dites pour l’aveugle : « Il vaut mieux qu’il soit aveugle pour ne pas voir nos crimes » ; pour le sourd : « C’est notre intérêt qu’il soit ignorant. » Et si certains n’aiment pas l’éducation, c’est pour des raisons pratiques. Mais le Christ affirme le contraire. Il dit que les invalides doivent être secourus, les possédés, les aveugles, les muets doivent être guéris. Il veut des hommes raisonnables qui comprennent et agissent selon la volonté divine.

 

Le mot bulgare ᴍъж (homme) a une signification profonde ; il tire son origine du mot sanscrit manas qui désigne une créature qui raisonne ; c’est pour cela que l’on dit : « Sois un homme », c’est-à-dire un être qui pense, qui discerne et qui a la force morale de faire ce qui est bien ; voilà ce que c’est que d’être humain. Soyez assurés que l’homme ne peut pas avoir de volonté s’il ne fait pas le bien, c’est une loi. Certains disent : « J’ai de la volonté. » Si je lâche une roue en haut de Vitocha[1], elle dévalera la pente, mais elle ne pourra pas monter vers le sommet ; du sommet de la montagne une rivière descend avec grand fracas vers la plaine, mais elle ne peut pas se diriger vers le haut. De la même manière les gens dévalent la pente et se dirigent vers le bas. Seul quelqu’un qui peut monter sur la montagne a de la volonté car il peut vaincre et s’affranchir de certains obstacles et résistances. Et le Christ s’adresse aux judéens pour leur dire : « Vous ne devez pas être des brebis, des créatures qui ne savent que dévaler la pente vers le bas, comme les rivières et les rochers, mais vous devez être des humains qui s’élèvent vers Dieu et ainsi accomplir Sa volonté. » C’est cela qu’il souhaitait leur dire. Ils le comprenaient. Dans la vie d’aujourd’hui les humains descendent constamment, ils dévalent la pente montagneuse et se demandent pourquoi ils sont malheureux. Tous ceux qui descendent vers le bas sont malheureux ; heureux celui qui commence à remonter. Tant que l’on ne se met pas à penser et raisonner, on est malheureux ; mais dès qu’on commence à penser et raisonner, on devient heureux et les choses jusque-là impossibles à obtenir dans sa vie deviennent réalisables.

 

La pensée cachée que le Christ met dans ces paroles est pour nous d’une importance capitale. Lorsque Dieu dit dans le chapitre 1 de la Genèse qu’Il a créé l’homme à son image et selon sa ressemblance, Il a voulu que l’homme agisse et pense, comme Lui-même pense et crée, qu’il ait de la volonté ; et agir selon sa ressemblance signifie faire la différence entre le bien et le mal, et créer de l’harmonie. Penser et agir est un principe divin que le Seigneur a mis en nous. Et celui qui ne pense ni n’agit comme Dieu le lui ordonne, n’a pas d’image divine en lui, c’est une brebis. Nous ne disons pas que la brebis est mauvaise, mais que sa mission est de paître et de fournir du lait et de la laine, tandis que la mission de l’homme est toute autre : il est créé pour soumettre toutes les créatures, réguler l’atmosphère, réguler tous les autres éléments, dominer la terre. Il doit devenir un bon gestionnaire, et il le sera uniquement s’il comprend ce que Dieu a mis en lui.

 

Maintenant, on demande fréquemment : « Es-tu chrétien ? – Qu’est-ce que tu entends par cette question ? – Crois-tu en Jésus-Christ ? – Je crois que le Christ est venu. Je le crois comme je crois que le tsar russe est venu autrefois en Bulgarie. – Et alors ? – Croyez-vous que votre enfant a bien été à l’école aujourd’hui ? – Je le crois. » Mais cette croyance doit aller un peu plus loin : je demanderai à l’écolier : « As-tu bien écouté ce que le maître a dit aujourd’hui ? – Non. » Je lui dirai : « Moi, j’ai écouté sa leçon et je sais plus de choses que toi. » Et alors vous direz : « Tu as compris l’idée. »

 

Les gens disent : « Nous croyons que le Christ est venu sauver le monde.  – D’accord, c’est ce que vous prêchez depuis deux mille ans, mais comment fera-t-il pour le sauver ? – Il a fait couler son sang pour racheter les hommes. » Bon, alors, que fait un agriculteur bulgare après avoir acheté une paire de bœufs au marché ? Il les attèle, prend la charrue et l’aiguillon et se rend dans les champs. Tu crois en Jésus-Christ, mais si tu demeures une brebis et ne te mets pas au travail, est-ce que tu sers le Christ ? Tu crois qu’Il est venu, très bien, mais est-ce que tu l’écoutes ? Non ! Je te conseille d’aller écouter le Christ lorsqu’il parle dans son école, comprendre son enseignement et l’appliquer dans ta vie. Je ne veux pas du tout que les hommes se débarrassent de ce qu’ils ont déjà. La difficulté que vous avez maintenant, c’est que vous êtes encore en maternelle ; durant trente-quarante ans vous n’apprenez que l’abécédaire : il est très abîmé ! Laissez vos abécédaires, prenez vos livres ! Je comprends quelqu’un qui s’attarde sur l’abécédaire un, deux, trois ans, mais épeler pendant cent ans le contenu d’un abécédaire, je ne le comprends pas. « Les manuels ! dit le Christ, c’est le tour des manuels maintenant ! » Et à ceux qui ont fini les manuels il dit : « Laissez de côté les manuels, prenez la grammaire, l’arithmétique, la physique, la chimie, la loi divine et allez de l’avant, assez de bêlements ! – Crois-tu que le Christ est venu ? – On attend de vous bien plus : écoutez ce que dit le Christ et apprenez ce qu’il a apporté. » C’est alors seulement que vous comprendrez le sens profond de cette vie.

 

Et si vous avez la capacité de penser, d’agir et de créer, vous êtes dotés de privilèges, vous avez des richesses, des gisements que vous devez exploiter : votre intellect et votre volonté. Je vous demande si vous avez travaillé sur votre intellect et votre volonté, ou si vous avez juste bêlé sur votre abécédaire ? Si le Christ qui vient fait une révision complète de vos maisons, il vérifiera de quoi vous vous êtes occupés. Je n’entends pas les maisons ordinaires que vous avez construites, mais celles où vous habitez à présent et avec lesquelles vous êtes ici. Le Christ verra si dans ces cellules, ces pièces habite une pensée, une action humaine censée, ou si l’on y trouve au contraire des déjections de mouton. Même ce type d’engrais est au fond bénéfique, mais c’est honteux que quelqu’un, envoyé par son père à l’école avec toutes les conditions pour devenir un être raisonnable, reste à bêler au-dehors. Et lorsque les anges viennent inspecter, que rapportent-ils de retour au Ciel ? : « En bas, ils ne font encore que bêler. » Ce bêlement, un jour ou l’autre deviendra parole !

 

Maintenant, le Christ qui veut rendre cette brebis intelligente, car les conditions sont réunies, pose ces deux règles côte à côte : il ordonne que la laine de la brebis soit filée et qu’on en fabrique un tissu. Tout le monde peut tondre une brebis, mais encore faut-il travailler la laine. Et même la laine, si elle n’est pas tondue à temps, s’abîmera et tombera comme les feuilles d’un arbre. Il faut récupérer la laine, la travailler et en faire un tissu : nos désirs et nos pensées doivent s’incarner en actions, et alors les gens nus pourront se vêtir. À quel moment exact l’homme s’est-il dénudé au Paradis? Lorsqu’il s’est abruti, devenant une brebis qui bêle, lorsque sa main a séché, lorsque sa femme a succombé à la tentation et a abandonné son existence chaste, séduite par l’éclat extérieur des objets, et que lui-même a suivi cet exemple pour s’adonner à une vie dissolue. Ils se sont abêtis et ont perdu la vue, le discernement. Le Christ dit à présent : « Je suis venu sur terre, précisément pour cet homme créé à l’image de Dieu et selon sa ressemblance, pour lui délier les mains, pour qu’il puisse se conformer à la loi divine. » Vous qui avez jusqu’à présent nourri les porcs dans ce monde, qu’attendez-vous encore ? Le fameux chant : « Seigneur, console l’âme de ton serviteur » ? Que le Seigneur vous console au milieu des porcs ? Non ! Prenez votre bâton, votre sac et partez vers la maison familiale, vers l’école que le Seigneur a préparée pour vous. Le Christ vous conseille de laisser de côté l’abécédaire et de prendre la grammaire ; c’est une science utile qui nous apprend à parler et lire correctement et à orthographier tous les mots du langage.

 

On exige de tous une pensée juste, un discernement juste, des sentiments justes et des actes justes. C’est pour que notre vie soit belle et douce, sur la forme et sur le fond, comme il a été dit il y a deux milles ans : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48). C’est la devise de la nouvelle vie à laquelle nous devons aspirer. C’est une loi divine et sur ce point nous sommes tenus à un plus grand effort. Et j’approuve les milieux mondains sous un aspect : une dame qui s’apprête à sortir le soir, à un bal ou au théâtre, regardez un peu les efforts qu’elle déploie pour s’habiller, scruter son visage, son nez, ses mains, pour que tout soit irréprochable. Je la félicite pour cela, mais vous les chrétiens, combien de fois vous êtes-vous arrêtés devant le miroir pour observer et corriger votre caractère ? Vous dites : « Je ne peux pas me passer du miroir. » Oui, il vous en faut un, prenez exemple sur cette dame. Je recommande le miroir, mais celui qui est mental, affectif ; lorsque vous vous contemplez dedans et que tout est en ordre, à ce moment-là seulement, présentez-vous au Seigneur. Ne pensez pas qu’Il vous recevra au ciel comme vous êtes. Non. Les milieux mondains comprennent mieux cela, et d’ailleurs le Christ dit : « Les fils de ce siècle sont plus intelligents. »[2]. Non seulement il ne faut pas les juger, mais il faut les prendre pour modèle ; je recommande les mondains pour tout, car ils donnent de parfaits exemples de discernement, d’énergie et d’élégance. Si nous appliquions leur exemple dans le monde spirituel, nous serions bien plus hauts que là où nous sommes maintenant. Vous dites : « Leurs affaires sont stupides, il ne nous faut ni ceci, ni cela. – Que vous faut-il ? – Le Ciel ! » Mais le Ciel n’accepte pas les imbéciles. Si vous ne pouvez pas bâtir une maison en pierre, comment pourriez-vous bâtir un caractère qui demande bien plus d’efforts ? Vous n’avez même pas mille levas pour construire une maison, mais vous voulez vous forger un caractère merveilleux. Et lorsque le Seigneur vous enjoint de ne pas vous occuper des affaires mondaines, il veut dire : « Si tu as déjà bâti une, deux, trois maisons, ça suffit, tu es devenu un spécialiste, maintenant je te demande de construire ta maison affective ; et quand tu auras appris à construire cette maison affective, bâtis ta maison de raison. » Cette même loi, par analogie s’applique de bas en haut. C’est pourquoi le Christ dit : « Combien vaut mieux un homme qui raisonne, qui développe son caractère, qu’une brebis qui ne fait que paître et bêler. »

 

Le monde moderne ne fait que réclamer : « Du pain, du pain ! » Ce cri retentit partout. Et aussi : « Des brebis car elles nous donnent la laine ! » Mais si la terre entière n’était peuplée que de brebis, il n’y aurait aucune harmonie. Je veux dire, qu’en nous l’élément de raison doit prendre le dessus, l’humain doit se substituer à l’animal. Partout on entend le reproche : « Il se comporte comme un animal. » Ce n’est pas mal d’être un animal, mais il existe des degrés supérieurs à la condition animale. C’est dans l’ordre des choses pour une brebis d’être un animal, mais pas pour l’homme. Dans les Écritures il est dit une « âme vivante » et un « esprit vivifiant »[3]. Qui veut instruire, anoblir, délivrer l’humanité et ses disciples, est appelé à cette tâche par le Christ pour le seconder ; Il demande l’aide des hommes intelligents, des êtres qui savent bâtir selon les lois de la science divine, des êtres pour lesquels la réalisation du Royaume de Dieu est au premier plan. Ce sont ces êtres qu’on réclame à présent, et qui ne sont pas tentés, ni éblouis par l’éclat extérieur des choses. Je peux admettre que certains prêtres ne s’acquittent pas de leur mission comme il se doit, mais je ne les juge pas : c’est leur compréhension qui les guide. Ma tâche est de m’atteler à faire ce qui m’incombe. Si nous ne faisons que de les juger sans bouger d’un iota tout en négligeant notre propre mission, quel est l’intérêt ? Aucun ! Ce serait comme ce professeur qui veut punir ses élèves car il ne leur a pas donné son cours.

 

Passons au stade de la vie raisonnable dont le but est l’amélioration de tous les peuples, de toute l’humanité. Nous devons avoir en tête l’âme humaine, le foyer, la société, le peuple, l’humanité. Le Christ englobe toutes ces catégories, tout cela constitue un ensemble. Le foyer est plus large que l’individu, la société est plus large que le foyer, le peuple encore plus grand que la société et l’humanité encore plus vaste que les peuples. Voilà pourquoi nous nous efforçons d’aller des petites choses vers les grandes, c’est-à-dire des manifestations animales vers la manifestation humaine. Le Christ qui vous donne cette pensée : « Combien vaut mieux un homme qu'une brebis », considère que l’homme est plus à même que la brebis de construire sa vie.

 

La première chose à entreprendre, à votre retour chez vous, c’est de commencer à soigner le possédé ; deuxièmement, d’ouvrir les yeux de l’aveugle ; troisièmement, de déboucher les oreilles du sourd ; quatrièmement, de délier la main de celui qui est entravé, c’est-à-dire de mettre votre intellect en action. C’est une tâche très sérieuse ; vous avez les règles, vous trouverez la solution. Bien sûr, cela peut prendre un jour, ou deux, ou trois, mais si vous persévérez, vous la mènerez à bien. Ce sont les résultats qui indiqueront comment il fallait procéder. Si c’est toujours le professeur qui résout le problème de l’élève, ce dernier n’apprendra jamais à calculer. Le professeur donne un, deux, trois, quatre, cinq problèmes et dit : « La prochaine fois vous me rendrez ces problèmes avec leur solution. » Et le monde qui nous entoure est tout entier des problèmes que le Seigneur nous soumet pour que nous les résolvions.

 

Dans le chapitre que j’ai lu, le Christ a posé beaucoup de problèmes. Je n’en ai détaillé qu’un seul, les autres sont bien plus ardus, d’après la règle de trois. Je vous donne seulement le problème avec les quatre opérations élémentaires : addition, soustraction, multiplication, division. Si vous abordez la règle de trois, la tâche devient plus ardue, mais vous pouvez la résoudre très bien avec les quatre opérations élémentaires. Certains parmi vous diront : « Nous ne savons pas faire une addition. » Vous apprendrez : deux pommes plus deux pommes font quatre. Vous ne savez pas avec qui vous assembler, l’homme ne sait pas avec quelle femme s’unir. Ensuite vient la soustraction : l’homme se marie avec une femme, puis elle ne lui plaît plus et il cherche à s’en séparer ; il ne sait pas comment la soustraire. Ce n’est pas le moment de soustraire maintenant. Il lui vient plusieurs enfants, il veut les chasser car ils ne sont pas intelligents ni capables ; c’est à lui de leur apprendre. Quelle grande loi régit ces quatre opérations : savoir comment additionner, soustraire et ainsi de suite ! C’est une science très vaste qui défie les hommes depuis des millénaires. Nous n’avons assimilé que le côté mécanique du calcul. Lorsque nous commencerons à nous unir aux saints, aux anges, à Dieu, c’est alors que nous comprendrons la vraie addition. Un sou plus un sou font deux sous ; mais si dans l’addition il y a un moins et un plus ? Quelqu’un dit : « Je peux additionner. – Comment ? Avec un moins ou avec un plus ? – J’ai, dit-il, moins deux mille levas. – Combien de temps te faut-il travailler pour les rembourser ? – J’ai plus deux mille levas. – Ah ! Dans ce cas tu es riche, tu peux en disposer et faire du bien aux autres.

 

C’est le fondement des lois du Christ. Cette brebis, en l’additionnant, en la soustrayant, elle vous fournira les éléments. N’importe quel berger auquel vous rendez visite vous apprendra la loi essentielle de l’addition et de la soustraction : en faisant cailler le lait, il additionne une part, puis enlève une autre. S’il sait écarter l’inutilisable, il aura des gains ; s’il ne sait pas, il aura des pertes. Vous aussi, si vous savez faire cailler le lait, additionner, soustraire, lorsque vous ferez vos comptes à la fin, vous direz : « Nous avons des gains. » Si vous avez une perte, c’est la preuve que vous n’avez pas utilisé ce principe intelligent du Christ, mais que vous êtes restés une brebis qui n’a fait que paître et bêler tout ce temps.

 

La brebis, en voyant le loup, bat le sol du sabot pour lui signifier : « Va-t’en d’ici, ne vois-tu pas que je suis en train de paître ? » Mais il se jette sur elle pour la manger. Voilà son degré d’intelligence. Et vous, face au diable ne vous contentez pas de taper le sol du pied, cela ne l’effraie pas ; il ne craint que les hommes avec un intellect, une volonté et les mains déliées. C’est pourquoi le Christ est venu délier la main de l’homme et lui insuffler la force d’affronter le loup, le diable. Les loups ont le droit d’aller partout, d’utiliser leurs crocs, mais nous aussi nous avons le droit de leur opposer notre intellect et notre volonté. Ils ont le droit de manger, mais nous avons le droit d’arracher leurs crocs ; ils ont le droit d’user de leurs griffes, mais nous avons le droit de les limer. Arrachez les dents de ce diable, arrachez ses griffes. Et si vous faites du diable une brebis et qu’il vous donne de la laine et du lait, n’ayez crainte, demain vous pourrez peut être en faire un bœuf, l’atteler et lui faire labourer la terre.

 

Le Christ dit, à propos d’une autre question posée, que l’esprit qui sort de l’homme est très instable et que s’il revient en l’homme, celui-ci devient sept fois plus méchant qu’avant. Tous ces hommes sans discernement deviennent aussi sept fois plus méchants. Voilà pourquoi le Christ dit : « Je suis venu sauver l’homme de raison. » Non pas les animaux, mais l’homme. Cet enseignement chrétien profond doit être mis en pratique dans nos vies, pour que nous soyons un exemple par notre intellect, notre cœur, et que notre demeure soit un jardin parfait : c’est la mission de notre vie. Commencez à y travailler, et que chacun travaille sur son for intérieur.

 

Lorsque le bulgare accueille un ami, il lui fait visiter sa propriété et son ami se réjouit et le complimente. Un jour le Seigneur viendra du ciel, que Lui ferez-vous visiter ? Le grenier à foin, la grange sont en ruines, l’Église et l’école aussi ! S’Il trouve tout en ordre et bien rangé, Il dira : « Voici un homme qui a travaillé intelligemment. » C’est cette pensée que le Christ vous soumet ce matin : « Combien vaut mieux un homme qu’une brebis. »

 

Sofia, 11 octobre 1914

 

____________________________

[1] Vitocha – une montagne, près de Sofia

[2]  C'est que les enfants de ce siècle sont plus avisés à l'égard de ceux de leur espèce que les enfants de la lumière.  (Luc 16 :8)

[3]  Il en est ainsi pour la résurrection des morts : semé corruptible, on ressuscite incorruptible ; semé méprisable, on ressuscite dans la gloire ; semé dans la faiblesse, on ressuscite plein de force ; semé corps animal, on ressuscite corps spirituel. S'il y a un corps animal, il y aussi un corps spirituel. C’est ainsi qu'il est écrit : Le premier homme Adam fut un être animal (âme) doué de vie (vivante), le dernier Adam est un être spirituel (esprit) donnant la vie (vivifiant). 46 Mais ce qui est premier, c'est l’être animal, ce n'est pas l’être spirituel ; il vient ensuite. 47 Le premier homme, tiré de la terre, est terrestre ; le second homme, lui, vient du ciel. (1 Co 15, 42-47)

 

Traduit par Bojidar Borissov

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