Ani

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  1. Vous demeurerez Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez en mon amour ; comme j'ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure en son amour.[1] Jean 15-10 « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez en mon amour. » Le mot si dans le texte original a une autre signification qu’en bulgare où il exprime une condition. Le verbe garder a un rapport à la volonté humaine ; garder les commandements signifie les accomplir, et l’accomplissement n’est possible qu’avec le concours de la volonté. Celui qui ne garde pas les commandements de Dieu ne peut pas demeurer en Son amour. Donc, il ne suffit pas de demeurer dans les commandements du Père, mais il faut aussi demeurer en Son Amour, comme le Christ a gardé les commandements de Son Père et est demeuré en Son Amour. L’accomplissement des commandements divins au sens large comme au sens strict donne le même résultat. Lorsque nous abordons le côté apparent des choses, le monde extérieur, nous constatons que quelque chose nous retient à lui. Le même lien régit les membres et le corps d’une part, l’âme et l’esprit d’autre part. Si l’âme et l’esprit ne maintenaient pas les bras, les jambes, le cerveau, les poumons et l’estomac, il ne resterait rien de l’homme. L’esprit retient tous les organes du corps en ordre parfait ; l’âme de son côté demeure dans les fonctions assurées par les organes, et utilise les énergies qu’ils reçoivent et émettent ; l’âme ne retient pas l’air mais demeure en lui. Demeurer s’incarne par la respiration, la pensée, la perception, alors que retenir exprime les actions qui les accompagnent. Certains processus dans l’organisme humain sont appelés libres ou dépendants de notre libre arbitre ; les autres sont limités, non contrôlés par notre volonté. Le mouvement des bras et des jambes dépend de notre volonté, alors que les pulsations du cœur, la respiration, la digestion ne dépendent pas de nous. « Vous demeurerez en mon Amour. » Celui qui ne comprend pas le commandement fondamental de la vie, l’amour, pense qu’il peut le limiter. L’amour ne se limite pas, il se rapporte aux actes libres. L’homme peut demeurer en l’amour, mais ne peut pas le limiter. En y demeurant, il reçoit et donne en même temps, un échange correct se met en place ; lorsqu’on garde les commandements, on accomplit, on donne, c’est une dépense d’énergie. Certains considèrent ces questions comme abstraites ; c’est d’eux que dépend si ces questions sont abstraites ou non : ce que l’on pense, c’est ce qu’il advient. Si on ferme les yeux, bien sûr on ne peut voir ; et quand on ne voit pas, on ne peut pas non plus saisir les choses. C’est à l’homme qu’il incombe de voir ou de ne pas voir ; s’il ferme ses yeux spirituels, il ne verra ni ne comprendra. Par conséquent, si tu souhaites voir et comprendre, ouvre les yeux. Dans le processus interne de la compréhension se cache un certain mouvement. Par exemple, pour étudier et comprendre une région, vous devez la parcourir ; pour analyser une question embrouillée, vous devez faire un effort. Que faites-vous pour allumer une lampe électrique ? Vous vous saisissez de l’interrupteur, vous le tournez et vous vous dites : « Que la lumière soit ! », et tout s’éclaire autour de vous. Pourquoi ne pas souhaiter la lumière dans votre esprit ? Entrez dans une bibliothèque, prenez le livre qui décrit ce qui vous intéresse et mettez-vous à lire ; en travaillant un peu dans cette direction, la question obscure se clarifiera. L’homme n’est pas né instruit, mais par l’effort, la persévérance et le travail il réussit ce à quoi il aspire. Pour celui qui ne travaille pas avec amour, la vie représente du labeur et du tourment, il se plaint constamment qu’il est tourmenté, qu’il brûle dans le feu, mais quel feu, il n’en sait rien. Les souffrances et les épreuves que traverse l’homme montrent qu’il y a une dysharmonie dans sa vie. La nature intelligente attire votre attention sur l’erreur à corriger, à l’origine de cette dysharmonie. Si vous ne pouvez pas la corriger tout seul, tournez-vous vers un médecin ou un guérisseur qui sait redresser les erreurs. Vous dites qu’il faut payer le médecin ; il faut payer oui, et plus le médecin est expérimenté et compétent et plus vous devrez payer. Plus grave est votre maladie, plus expérimenté devra être le médecin ; le médecin inexpérimenté prend peu d’argent, mais peut vous desservir. Aujourd’hui, la grande majorité des gens cherche un moyen facile d’acquérir quelque chose de grandiose ou bien d’entrer dans le Royaume de Dieu. Il n’y a pas de chemin facile pour entrer dans le Royaume de Dieu. Celui qui est venu sur terre pour étudier et travailler ne doit pas fuir le chemin difficile. Celui qui remercie pour le chemin difficile et pénible dans la vie a les conditions pour s’élever. Chercher le chemin facile, c’est s’exposer tout seul au danger ; le chemin facile est humain et le chemin difficile est divin. Si quelqu’un vous guide en montagne et vous précipite en bas sur la pente, vous vous retrouverez facilement au pied de la montagne, mais cela ne signifie pas que vous aurez résolu tout seul la question difficile ; c’est aussi comme ça que les enfants font de la luge en hiver. L’enseignement du Christ n’est pas un enseignement de glisse et de descente, mais d’élévation, et ceci au prix d’efforts et de travail. Voyez comment les paysans bêchent la terre, comment ils labourent le champ avec leurs charrues. Vous direz que ni la bêche, ni la charrue du paysan ne vous intéresse, mais vous devez savoir que le Christ se sert précisément de charrues et de bêches ; ce sont les instruments avec lesquels Il enseigne aux humains à labourer leurs champs. La bêche, la charrue, les bœufs, l’aiguillon renferment un sens profond. Comment le Bulgare laboure-t-il le sol ? Avec des bœufs. Parfois deux, parfois quatre ou six ; peu importe le nombre car le principe reste le même. Lorsqu’on laboure, les deux principes agissent également : retenir et demeurer. Les deux bœufs représentent l’intelligence humaine et le cœur humain, la charrue, le corps humain, et l’aiguillon, le commandement qui pique de temps à autre l’intelligence et le cœur pour leur rappeler qu’ils doivent travailler et suivre la bonne direction, c’est-à-dire le sillon. Certains se croient libres, alors qu’en réalité ils sont tous attelés, parfois par deux, parfois par trois ou par quatre. De temps en temps seulement on vous détèle pour vous laisser vous reposer. Quand les bœufs se reposent-t-ils ? Lorsque le maître le décide ; une fois reposés, il les attèle de nouveau au travail ; voilà la réalité. Vous direz que c’est la condition du bœuf. Pensez-vous que leurs âmes soient privées d’intelligence ? Par certains côtés le bœuf se place plus haut que l’homme. On dit de quelqu’un qu’il est patient comme le bœuf ; le bœuf symbolise donc la patience. Que direz-vous des grains de blé, exposés à des conditions diverses ? Ceux qui ont des conditions favorables de développement germent et donnent des fruits de bonne qualité ; ceux qui ne bénéficient pas de bonnes conditions ne germent pas, mais cela ne prouve pas qu’ils n’ont pas le même potentiel que les premiers. Ainsi, le rapport entre ces deux types de grains de blé est le même que celui entre l’âme de l’humain et celle du bœuf. Aujourd’hui le bœuf est privé de conditions de développement et de moyens de manifester les qualités de son âme ; un jour Dieu le mettra en situation de développer son potentiel ; vous verrez alors les êtres talentueux et géniaux qui en sortiront. Aujourd’hui le bœuf laboure le sol, accomplit le commandement de base et aide l’homme ; son maître le nourrit pour le travail fait et il le remercie en retour. De même l’homme travaille et se nourrit trois fois par jour : en se mettant à table, il se restaure et dit : « Le monde tourne bien. » C’est vrai, le monde est bien fait, mais il faut remercier ton Seigneur qui te nourrit pour le travail accompli ; si tu cesses de travailler, le Seigneur cesse de te nourrir. Lorsque tu es de nouveau affamé, tu te mets à pleurer, à prier, jusqu’à ce que ton Seigneur t’octroie la nourriture nécessaire. Au regard du travail, l’être humain ressemble au cheval, car ce dernier ne sait plus profiter de la liberté lorsqu’il la retrouve après avoir enduré son labeur. Un cheval avait travaillé trente ans durant pour son maître et, lorsqu’il est devenu vieux, ce dernier l’a laissé libre dans la nature ; mais chaque jour, à la même heure, le cheval revenait au puits d’où il avait l’habitude de sortir l’eau pour arroser le potager, et il restait là en attendant que son maître vienne l’atteler au travail. Le Christ dit : « Si vous gardez mes commandements ». Quels commandements ? Ceux qui peuvent rendre la vie humaine heureuse et sensée. En entendant parler de ces commandements, beaucoup déclarent les avoir lus. Puisque vous les avez lus, je vous demande si votre vie est devenue plus heureuse et plus sensée ? « Nous ne sommes pas plus heureux qu’avant. – Puisque vous n’êtes pas plus heureux, cela montre que vous les avez lus sans les comprendre. » Le Christ dit plus loin : « Vous demeurerez en mon amour. » Quel plus grand bienfait pouvez-vous attendre de l’accomplissement et de l’application des commandements divins ? Il n’y a pas de bonheur plus grand pour une maison si l’époux demeure dans les commandements de Dieu et de Son amour, et la femme, dans les commandements de son époux. Pourquoi les familles se disloquent-elles ? Parce que ni l’époux, ni l’épouse ne tiennent leurs promesses. L’époux promet de garder et de demeurer dans les commandements divins, mais une fois marié il oublie tout cela : il se met à boire, à festoyer avec des amis et dilapide tout ! L’épouse dit : « Je ne peux vivre avec un tel homme. » Par conséquent, la famille dans laquelle l’époux ne demeure pas dans les commandements divins, ni l’épouse dans les commandements de son époux, cette famille est condamnée à péricliter. Si l’époux ne demeure pas dans les commandements divins et n’accomplit pas la volonté de Dieu, son épouse est libre alors de ne pas se conformer aux commandements de son époux ; mais si l’époux accomplit la volonté divine et demeure dans ses commandements et que l’épouse ne demeure pas dans l’amour de son époux, alors elle en portera la responsabilité. C’est ce que le Christ a enseigné à ses disciples. « Vous demeurerez en mon amour ». Celui qui demeure en l’amour divin accomplit Ses commandements ; celui qui ne demeure pas en l’amour, ne peut pas accomplir ses commandements ; il fait des erreurs comme les enfants. Dans la région de Varna, à Nikolaïevka, la femme du curé a nettoyé la maison, a tout lavé, c’était la veille de l’Ascension. Elle s’empressait de vite terminer son travail pour pouvoir aller à l’église tôt le lendemain matin. Son fils, âgé de dix ans, comme il avait vu comment on battait le blé l’été, a décidé de jouer à battre le blé lorsqu’il s’est retrouvé seul à la maison : il a pris du maïs et a laissé rentrer toutes les dindes dans la chambre. Il jetait le maïs sur les dindes et leur courait derrière en s’amusant bien. Les voisines ont entendu de grands bruits en passant devant la maison du curé, mais ne savaient pas ce qui s’y passait. Ils ont vu la femme du curé à l’église et lui ont dit : « Quelque chose se passe chez vous, mais on ne sait quoi : on entend des cris et des bruits de loin. » Elle est rentrée chez elle aussitôt la messe terminée et quelle n’a pas été sa surprise de voir toutes les dindes dans la chambre en train de s’égosiller, de voler et de se cogner contre les murs, alors que le petit garnement leur courait derrière et leur faisait battre le blé. En voyant sa mère, le fautif s’est enfui en la laissant se débrouiller toute seule avec les convives indésirables. Beaucoup se comportent en enfants : leurs mères nettoient les chambres, tandis qu’ils y font rentrer les dindes pour s’amuser avec elles. Ils veulent ainsi prouver qu’ils sont libres, mais c’est une liberté enfantine, une logique d’enfant. Quelqu’un a une bonne disposition d’esprit, une inspiration par quelque chose de divin, mais soudainement son enfant rentre dans la chambre avec les dindes et les oies pour se divertir. Le père voit que la chambre est salie et sa bonne disposition disparaît. Pour ne pas la perdre la mère et le père doivent fermer leur chambre avec neuf clés, afin de ne pas laisser entrer les enfants avec les dindes qui saliront à l’intérieur. C’est la faute des parents et pas celle des enfants ; dès qu’ils trouvent la chambre ouverte, ils y entrent, prennent du maïs et laissent entrer les oies et les dindes pour jouer avec elles. « Si vous gardez mes commandements ». Comme le verbe garder se rapporte à la volonté, ne dites jamais que vous ne pouvez pas faire quelque chose, qu’une question est obscure et que vous ne pouvez pas la comprendre, que vos conditions sont défavorables ou que le moment d’agir n’est pas encore venu, etc. Laissez ces choses de côté, sachez que personne ne peut vous entraver, chacun se freine tout seul. Qui a entravé les premiers humains au paradis ? Dieu les a placés dans des conditions favorables de développement, mais ils ont péché et ont quitté le paradis ; eux et leurs désirs cachés en sont responsables. L’être humain s’entrave tout seul lorsqu’il ne comprend pas ses désirs et ne sait pas s’ils sont bénéfiques ou non. La femme d’un millionnaire américain avait beaucoup de désirs et ne savait ni quand ni comment les satisfaire. Lorsqu’elle visitait Paris, elle entrait dans tous les grands magasins pour acheter tout ce qu’elle voyait. Un jour, elle a acheté de nombreux objets de grande valeur, mais elle ne pouvait pas les payer en une fois, elle les a donc enregistrés au nom de son mari qui était connu des grands marchands parisiens. Lorsqu’il a reçu les lettres de change pour d’aussi grosses sommes, il les a acquittées tout de suite, mais il a pris la décision de divorcer d’avec sa femme. Pour être libre de tout engagement envers elle, il lui a légué un palais de quinze millions de dollars ainsi qu’une somme de trente millions de la main à la main pour qu’elle en dispose comme bon lui semblait ; il a préféré lui donner de grosses sommes pour la mettre à l’abri, mais se prémunir contre une catastrophe financière. Dieu agit avec ceux qui dilapident les bienfaits divins comme le millionnaire avec sa femme : Il leur donne quarante-cinq millions à disposition, et divorce d’avec eux. Vous direz que celui qui dispose de quarante-cinq millions est un homme heureux. Malheur à celui qui a divorcé d’avec Dieu ; il est prêt à commettre tous les crimes. Celui qui ne garde pas les commandements divins peut commettre tous les crimes. Si vous voulez vous libérer du mal et des crimes en vous et en dehors de vous, gardez les commandements divins et demeurez en l’amour divin. Au réveil le matin, si vous êtes une femme, demandez-vous : « Est-ce que je garde les commandements de mon mari et lui, garde-t-il les commandements du Seigneur ? » Si vous répondez par l’affirmative à ces questions, vous passerez toute la journée en paix et dans la joie car Dieu vous a bénis ; si la réponse est négative, vous serez mécontents, indisposés, malheureux. Pourquoi les humains sont-ils malheureux ? Parce qu’ils n’accomplissent pas les commandements divins, ne demeurent pas en Son amour et veulent cependant réaliser tous leurs désirs. L’avidité rend les humains malheureux. Un chasseur qui allait souvent chasser dans les Balkans racontait l’histoire suivante : il a vu en longeant une rivière dans la montagne une ourse avec ses cinq petits. Ils jouaient sur la berge alors que la mère attrapait de petites écrevisses dans l’eau et les donnait aux oursons. Il s’est arrêté pour les observer, et qu’a-t-il remarqué ? Alors que la mère donnait les écrevisses à chacun des petits, l’un d’eux devançait systématiquement les autres pour manger les écrevisses, et les autres n’arrivaient pas à en goûter une seule. En se rendant compte de cela, l’ourse a frappé fort l’ourson gourmand qui s’est écroulé sur le sol. Elle a enfin levé le camp pour rentrer dans sa tanière et s’est tourné vers l’ourson qu’elle avait puni, mais elle s’est rendu compte qu’il était mort. Elle l’a pris alors dans ses pattes pour le bercer, mais rien n’y a fait. Elle s’est enfoncée dans la forêt, emplie de chagrin. L’homme aussi porte en lui un ourson gourmand qu’il doit éduquer et réprimander. Il a le droit de le punir, mais pas jusqu’à le tuer ; s’il le tue, il souffrira. Voilà pourquoi le Christ dit : « Qui veut être heureux doit avoir une volonté de fer, une intelligence lumineuse et un cœur pur, il doit garder mes commandements comme je garde les commandements de mon Père et il doit demeurer en moi comme je demeure dans l’amour de Dieu. » Ce n’est qu’ainsi que l’homme peut être grand, car Dieu qui vit en lui est grand. Par conséquent, ouvrez vos cœurs et vos âmes à Dieu pour qu’Il entre en vous avec Ses commandements et Son amour pour vous rendre grands et forts. Alors l’homme dira que tout ce qu’il souhaite atteindre est possible. Si vous gardez les commandements de Dieu et demeurez en Son amour, vous comprendrez le verset édicté par le Christ : « L’impossible pour l’homme est possible pour Dieu. »[2] Où est ce Dieu ? En tous ceux qui accomplissent Sa volonté. Certains veulent savoir comment reconnaître celui qui garde les commandements de Dieu. C’est très simple : si vos pensées sont claires et positives, vos sentiments, purs et nobles, vous gardez les commandements de Dieu et demeurez en Son amour. Je vous ai dit de vérifier les choses : pour chaque chose appliquez les impératifs vérifie et constate. Si vous avez une question ardue à résoudre, ne vous empressez pas de le faire d’un seul coup, mais méditez quelques heures sur cette question, jusqu’à ce que la lumière éclaire votre intelligence ; si, jusqu’au soir, vous n’avez pas pu la résoudre, cela montre que vous avez quelque pensée négative qui vous en empêche. Libérez votre esprit des pensées négatives et votre cœur des sentiments impurs, et mettez-vous à méditer sur la question qui vous intéresse. Vous direz que vous n’avez pas de temps libre pour consacrer des heures et des jours à cette question. Occupez-vous par ailleurs et méditez en même temps ; si vous ne savez pas résoudre la question en un jour, vous la résoudrez en une semaine ; ce qui importe, c’est de la résoudre correctement. Si vous voulez savoir si votre cœur demeure dans l’amour, voyez si vous avez la paix intérieure. Si vous avez la paix intérieure, quoi qu’il vous arrive, même si vous hésitez extérieurement, intérieurement vous serez calmes. Que vous y croyiez ou non, peu importe : faites cette expérience et vous constaterez la véracité de mes paroles. Beaucoup des souffrances des gens d’aujourd’hui sont dues à des influences et des éléments extérieurs – que cela ne vous trouble pas. L’homme est doté d’une volonté grâce à laquelle il peut endurer des épreuves et des tourments. Si votre volonté est forte, vous pouvez faire des miracles. Celui qui a une volonté puissante et intelligente peut surmonter les plus grandes souffrances. De ce point de vue, les martyrs du Christ ont montré la voie : ils étaient brûlés, écorchés, suppliciés, mais la force de leur volonté leur a permis de tout endurer sans ressentir de douleur : ils gardaient les commandements divins et demeuraient en son amour. Si l’étoile de mer est capable de régénérer un membre sectionné, pourquoi l’être humain n’en serait-il pas capable ? L’homme doit forger sa volonté pour pouvoir contrôler ses pensées et ses sentiments. L’amour vient au secours de l’homme pour nourrir ses pensées, ses sentiments et ses désirs ; c’est le seul moyen de pouvoir travailler. Que faites-vous lorsque vous prenez un ouvrier à la maison ? Pour bien travailler, d’abord vous le nourrissez ; une fois qu’il a bien mangé, il est prêt à travailler. Donc l’amour est utile en tant que nourriture pour l’homme ; sans amour sa vie s’étiole. Vous me rétorquerez que la vie est dure, qu’il faut entretenir femme et enfants. C’est curieux car la femme était en l’homme et Dieu l’a sortie de lui, d’une côte d’Adam ; de ce fait, qu’il soit marié ou non, cela ne change pas la condition de l’homme, ni en mal ni en bien. Il n’y a pas d’être humain sur terre qui ne porte en lui l’homme et la femme ; l’homme et la femme vont toujours ensemble. Que la femme ou l’homme soit en dedans ou en dehors de l’être humain importe peu, chaque homme porte la femme en lui et chaque femme porte l’homme en elle. Ils ne peuvent pas vivre l’un sans l’autre : l’homme stimule la femme et la femme stimule l’homme. Si vous enlevez la femme du monde, toute culture disparaîtra ; de même avec l’homme, sans lui il n’y aura pas de culture. Par les mots homme et femme, je désigne au sens large l’intelligence et le cœur. Intelligence sans cœur ne peut exister et cœur sans intelligence non plus ; ils vont toujours ensemble et se complètent. Ainsi, lorsque les gens souffrent et se tourmentent, la raison n’est ni en l’homme ni en la femme, mais en ce que l’être humain ne garde pas les commandements divins et ne demeure pas en l’amour divin. Par le mot homme, je désigne encore l’intelligence divine et par femme, le cœur divin. L’intelligence représente la volonté humaine qui se manifeste dans son corps, et son cœur représente le mouvement ; l’intelligence représente les processus volontaires et le cœur, les processus réflexes. Si l’homme veut vivre en bons termes avec sa femme, qu’il la laisse libre, qu’il la laisse évoluer comme un être autonome, non soumis à la volonté et aux prescriptions d’autrui. Que deux hommes fassent l’expérience suivante : que l’un édicte des règles et des commandements pour guider sa femme et que l’autre laisse celle-ci libre de vivre selon sa propre philosophie intérieure et intime. Lorsque l’homme est guidé par son cœur intelligent et non pas par des lois édictées, les résultats sont toujours bons. Si l’homme est mécontent de sa femme parce qu’elle ne suit pas ses exigences personnelles, il est dans l’erreur : ce n’est pas l’enseignement du Christ. Le Christ a prôné l’amour et la liberté. Là où l’amour est absent, c’est la violence et le désamour qui sont présents. « Si vous gardez mes commandements ». Avec quoi l’homme garde-t-il les choses ? Avec ses mains. Le violoniste tient le violon et l’archer avec ses mains et, de la tenue du violon et du mouvement de l’archer dépend sa prestation : quelconque, talentueuse ou géniale. Quelqu’un dit qu’il veut chanter. Très naturellement, lorsque l’amour visite l’homme, il veut chanter, jouer, s’exprimer. Là où l’amour manque, il n’y a pas de chant, pas de musique. Lorsqu’on dit aux gens de chanter, cela signifie d’ouvrir leurs cœurs pour l’amour ; le chant est une ouverture par laquelle l’amour entre en l’homme. Lorsqu’on dit aux gens de prier, c’est pareil : ouvrir les esprits et les cœurs à l’amour. La nourriture, le chant et la prière représentent le même processus : l’ouverture de l’esprit et du cœur à l’amour qui est le seul à élever l’homme et à se satisfaire de ce qui lui est donné. Ils sont étroitement liés entre eux. Lorsqu’il chante, l’homme doit d’abord se contenter lui-même, puis ceux qui l’entourent ; que pensent les autres de lui, sont-ils contents ou non est secondaire ; il doit d’abord être content de lui-même. C’est ce que signifient les paroles : « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez en mon amour. » Plus loin le Christ dit : « Ce que vous demanderez en mon nom, vous sera donné. »[3] Éprouvez le Seigneur par ses lois pour résoudre vos problèmes. Quelqu’un ne s’entend pas avec ses voisins, il ne peut pas les supporter ; s’il est sans l’amour de Dieu, il ne peut supporter personne. Que coûte à un homme d’accomplir la loi divine et de dire : « Avec Dieu je peux tout ! » Ce qui veut dire : « Avec l’amour, je peux tout supporter. » Le Christ dit à chacun : « Aie Dieu en toi pour aimer aussi ton prochain », alors que le diable lui dit : « L’amour est quelque de chose de grand, tu n’es pas prêt pour lui, tu ne peux pas aimer, ni pardonner. Pour aimer tu dois être instruit et connaître toutes les lois de l’existence. » Le Christ se dresse contre le diable et dit : « Que tu sois instruit ou inculte, pauvre ou riche, grand ou petit, tu peux aimer et manifester l’amour qui est déposé dans ton cœur. » Rappelez-vous : on peut tout atteindre par l’amour : le laid peut devenir beau, le pauvre, riche, l’inculte, érudit. Sans l’amour, on perd tout : richesse, beauté, savoir. Ne croyez pas les enseignements mensongers qui vous affirment que vous ne pouvez pas appliquer l’amour. Si vous gardez les commandements divins et demeurez en l’amour, ne croyez pas celui qui prétend que vous n’êtes pas dans le droit chemin ; ne le croyez pas s’il prétend que le fruit que vous produisez est amer ou acide. Au début, avant de mûrir, le fruit était acide ou amer, mais aujourd’hui il est sucré. Ne vivez pas avec votre passé, ce qui importe, c’est le présent que vous vivez aujourd’hui. Un jour Nastradin Hodja[4] a monté son vieux bœuf et est parti dans ses champs. Une de ses connaissances l’a croisé et lui a demandé : « Hodja, pourquoi as-tu monté ce vieux bœuf ? » Ce dernier n’a pas avoué que c’était parce qu’il n’avait pas de cheval, mais il a dit : « Ne regarde pas comment se porte mon bœuf aujourd’hui, il fallait le voir quelques années en arrière lorsqu’il sautillait et gambadait comme un jeune poulain. » Selon moi, peu importe comment ce bœuf était par le passé, ce qui importe est ce qu’il représente aujourd’hui ; le passé est révolu. Notre vie actuelle est l’expression de la vie passée et c’est pourquoi nous en sommes insatisfaits. Le nouveau que nous percevons et appliquons aujourd’hui, déterminera notre vie future. Celui qui veut connaître sa vie passée doit scruter sa vie présente, c’est là qu’il trouvera son passé. S’il vit d’une façon nouvelle, il se bâtira un avenir lumineux. Par conséquent, celui qui doute de son chemin a laissé le diable s’introduire en lui. L’homme connait la vérité, mais c’est lui seul qui laisse le doute s’introduire en lui. Nul ne peut tromper quelqu’un d’autre et encore moins lui-même. Si vous gardez les commandements divins et demeurez en son amour, vous êtes dans le droit chemin et vous obtiendrez ce que vous souhaitez. Le Christ travaille avec le mot je peux, et le diable avec le mot je ne peux pas. Si tu déclares que tu peux vivre bien, le Christ est avec toi ; si tu dis que tu ne peux pas vivre bien, le Christ est loin de toi. « Je suis un pécheur ! » Si quelqu’un affirme cela, c’est que sa volonté est faible. Le péché, les fautes se cachent dans l’absence de volonté humaine ; donnez une direction juste à votre volonté et vous vous élèverez. Si vous avez fauté, vous vous purifierez ; il y a beaucoup d’eau dans la nature, donc l’homme peut toujours se laver et se nettoyer. Hommes et femmes, tous doivent se nettoyer, prendre conscience de leur prédestination et l’accomplir. Quelle est la tâche de la femme ? S’élever d’abord, puis élever son mari. La femme belle et vertueuse représente un idéal pour l’homme, elle lui inspire un élan vers le sublime et le pousse à penser tout en apportant paix et tranquillité à son âme. La tâche de l’homme est de s’élever d’abord, puis d’élever la femme. Il doit exprimer la force de son intelligence pour inciter la femme à travailler. Quoi qu’elle dise, l’homme doit l’exécuter ; si aujourd’hui il promet quelque chose qu’il ne met pas à exécution demain, il est comme une vieille femme que chaque pas entrave et empêche d’avancer. Si l’homme dit à une jeune fille qu’il l’aime, il doit prouver la véracité de ses paroles. Il est temps d’appliquer l’enseignement du Christ dans toute sa largeur et sa profondeur. Si tu dis que tu ne peux pas l’appliquer, tu es une vieille femme ; si tu dis que tu peux l’appliquer, tu es un jeune homme, un héros qui peut tout réussir. Je souhaite aux femmes d’être remplies d’amour divin, de porter l’idée d’appliquer l’amour et d’en répandre l’arôme partout où elles vont, de répandre les douces effluves de l’amour. Je souhaite aux hommes d’inspirer la confiance à toutes les femmes, qu’elles puissent compter sur leurs paroles et leurs promesses. « Si vous gardez mes commandements », c’est ce qui est exigé de l’homme ; « Vous demeurerez en mon amour », c’est ce qui est exigé de la femme. Je dis pour ma part : que la femme demeure en l’amour et que l’homme garde les commandements de la femme. Sofia, 27 mai 1917 [1] « Si vous observez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme, en observant les commandements de mon Père, je demeure dans son amour. » (Jean 15, 10) [2] « Qui donc peut être sauvé ?» Fixant sur eux son regard, Jésus leur dit : « Aux hommes c’est impossible, mais à Dieu tout est possible. » (Matthieu 19, 25-26) [3] « Tout ce que vous demanderez dans la prière avec foi, vous le recevrez. » (Matthieu 21, 22) [4] Nastradin Hodja – personnage satirique turc du folklore bulgare
  2. Pour l’accomplissement de tout ce qui est écrit « Car ce seront des jours de vengeance, pour l’accomplissement de tout ce qui est écrit »[1]. Luc 21 :22 Dans ce verset, le mot vengeance sonne bizarrement, ce qui indique qu’il n’est pas à sa place. Il n’y a pas pour le moment de mot plus approprié pour exprimer le sens des paroles du Christ, ni dans la langue bulgare ni dans les langues étrangères. Ce mot peut être remplacé, dans une certaine mesure, par bilan, équilibre, balance, jugement. Le Christ, considéré encore aujourd’hui comme un idéal pour la pensée, le cœur, la volonté et les aspirations, a prononcé quelques paroles amères. Même si elles sont difficiles à entendre, elles sont bénéfiques pour l’âme humaine comme un remède amer peut être bénéfique pour l’organisme malade. Comment l’être humain pourrait-il redresser ses idées déformées s’il ne les confrontait pas aux idées justes ? Beaucoup de chrétiens pensent encore de nos jours qu’ils peuvent vivre comme ils l’entendent, faire des erreurs sans avoir à répondre d’elles, sans en assumer les conséquences ; ils pensent qu’il suffit de se repentir en se tournant vers Dieu pour que leurs péchés soient effacés. Les péchés s’effacent uniquement par la réparation. La véritable vie idéale exclut tous les crimes et méfaits. Le péché, les erreurs sont des choses transitoires, greffées sur la vie. Ils surviennent parfois consciemment, parfois inconsciemment ou, selon les termes de la jurisprudence, avec ou sans préméditation. Par conséquent, la tâche des humains ne se limite pas à commettre des crimes et des péchés. Ils sont venus sur terre avec la nécessité de se développer. Ils ont une grande mission, une grande prédestination, faire la conquête de la terre, être les seigneurs du monde animal. Que signifie conquérir ? Qui peut conquérir et régner ? Être souverain sur la terre signifie la cultiver comme il se doit, mettre partout de l’ordre. Être le souverain du monde animal signifie le gouverner, en prendre soin et en obtenir la reconnaissance. Seul l’être humain libre, intelligent et vertueux peut gouverner la terre et être le seigneur des créatures plus faibles. « Car ce seront des jours de vengeance pour l’accomplissement de tout ce qui est écrit ». Ce verset peut être vu plus largement, du point de vue de l’humanité entière, ou plus étroitement, du point de vue de la vie de l’homme et celle de son corps. Le corps humain représente la terre avec toutes les plantes et les animaux : poissons, oiseaux, mammifères. On doit conquérir tout cela mais, comme on appartient au Seigneur, on porte la responsabilité des créatures qui lui sont subordonnées et dont on est le souverain pour un temps. Le Christ dit : « Seigneur, ces brebis que tu m’as données sont à Toi, c’est pour cela que je sacrifie ma vie pour elles. »[2] Voilà pourquoi chaque être humain doit savoir qu’il porte la responsabilité de chaque pouvoir qui lui est donné. Chacun veut être puissant, mais l’acquisition de cette puissance a du sens uniquement si elle est utilisée pour quelque chose de bon et de grand, sinon elle est inutile. La puissance ainsi que les talents et les aptitudes des humains, s’acquièrent progressivement, en se développant, et non pas d’un coup. Savez-vous combien de milliers d’années la chenille a travaillé pour acquérir l’art de tisser, de s’envelopper dans un cocon et de se transformer en papillon ! Ceux qui ne sont pas familiers avec l’histoire naturelle diront que Dieu a tout créé. Dieu a donné des conditions à toutes les créatures vivantes pour se développer, mais c’est à elles de fournir les efforts pour améliorer leur existence, c’est-à-dire pour passer d’un niveau inférieur à un niveau supérieur. Celui qui veut examiner le développement de certaines créatures, qu’il prenne un ver à soie pour l’observer au microscope, puis à la loupe pour voir les processus qu’il traverse, comment ses cellules se différencient tant qu’il n’atteint pas la forme d’un petit ver, puis une larve, puis un cocon et enfin un papillon. Vous direz que le développement du ver à soie est un processus inconscient. Le ver à soie vit inconsciemment sur terre, mais dans un monde supérieur au monde terrestre, le ver à soie est une créature consciente. C’est pourquoi il est dit dans les Écritures : « Là où se trouve ton cœur, tu te trouveras aussi »[3] ; autrement dit, tu vivras là où est ta conscience. Si la conscience du ver à soie n’est pas présente sur terre, il passe à nos yeux pour une créature inconsciente. Le ver à soie vit inconsciemment sur terre, mais que dire de l’homme qui fait l’expérience du fils prodigue ? Il s’est éloigné de Dieu, il a brisé le lien avec sa conscience supérieure et est parti voyager dans le monde. Est-ce que l’être humain a le droit de s’éloigner de Dieu ? Si le lien entre le divin et la conscience humaine est coupé, l’homme peut s’éloigner de Dieu, voyager de par le monde, boire et manger la fortune de son père avec ses mauvaises fréquentations, garder les porcs et finir pieds nus et en guenilles ; puis enfin, lorsque sa conscience s’éveille, il aura le droit de revenir auprès de son père et de dire : « Accueille-moi comme l’un de tes domestiques, je ne suis pas digne d’être ton fils, j’ai péché devant toi et devant Dieu, j’implore ton pardon ». Et le père a le droit d’accueillir son fils avec joie, de l’embrasser et de le serrer dans ses bras et d’ordonner qu’on sacrifie en son honneur le veau le plus gras. Et le plus grand frère a le droit de se fâcher que son père ait sacrifié le veau le plus gras pour le retour du plus jeune qui a tout bu et mangé et est retourné auprès de son père, démuni et misérable. C’est le destin de chaque être humain, de chaque famille, de chaque société et de chaque peuple qui s’est détourné de Dieu. C’est ce qui se passe quotidiennement partout dans le monde. Il est dit dans les Écritures que le Fils de l’Homme viendra une seconde fois sur terre. Comment sera célébrée sa venue ? Par l’éveil de la conscience humaine. Lorsque l’être humain s’appauvrit, lorsqu’il perd ses biens et se retrouve nu et affamé, alors il prend conscience qu’il a péché, qu’il a pris un mauvais chemin et il se met à attendre la venue du Christ, ce qui indique l’éveil de la conscience humaine. C’est un processus incontournable : chacun doit retourner auprès de son Père, comprendre ses erreurs et se repentir. Ce n’est qu’ainsi qu’il verra les conséquences de sa vie dans le passé et dans le présent. Et le fils prodigue a pris conscience de sa vie passée, il a compris ce qu’il a gagné et perdu et a décidé de retourner auprès de son père. Il a compris que garder les cochons n’amenait à rien ; la faim l’a finalement obligé à revenir chez son père et devenir son serviteur. Vous direz qu’elle est terrible la condition de celui qui se retrouve affamé, misérable et dénué de tout. Si vous en êtes arrivés là, si vous vous êtes repenti et êtes retournés chez votre père, réjouissez-vous que vos oripeaux intérieurs, c’est-à-dire vos défauts aient été mis en évidence : vous les voyez par vous-mêmes et vous les corrigez ; réjouissez-vous que votre intelligence ait été éclairée. Lorsqu’il devient plus intelligent, l’être humain est rassasié, bien habillé et bien chaussé intérieurement, mais il reste affamé et misérable à l’extérieur. Remerciez que la raison soit entrée en vous et que vous puissiez retourner auprès de votre père et dire : « Père, pardonne-moi, j’ai péché devant toi, mais j’ai appris la grande loi qui veut que chacun reçoive sa juste rétribution. » « Pour l’accomplissement de tout ce qui est écrit ». Ces paroles s’adressent à toutes les sociétés modernes, aux États et aux peuples. Les peuples européens seront démunis, perdront leur puissance, la terre sera ravagée par la famine, la viande de volaille, de mouton, de porc ne sera presque plus accessible. Le pain sera limité aussi, il n’y en aura guère plus de deux cents à trois cents grammes par personne, il vous arrivera de rester affamé deux à trois jours d’affilé. Chacun se questionnera : « Pourquoi vivons-nous une telle époque ? » Qui est fautif des malheurs dans le monde ? Il n’y a pas un seul fautif, chacun est responsable de ses propres malheurs. Est-ce à tes amis avec qui tu as bu et mangé qu’incombe ta déchéance ? Ils étaient tes convives, tu les as invités pour t’amuser avec eux, tu leur as fourni les provisions pour passer un bon moment ; à qui la faute maintenant ? Puisque tu as bu et mangé sans penser aux conséquences, tu seras à présent héroïque pour assumer la loi de la rétribution, et tu remercieras cette loi qui te donne la possibilité de te racheter. Les religieux se préparent à aller dans un monde plus parfait et mieux organisé lorsqu’ils quitteront celui-ci. Si des fruits pas mûrs tombent des arbres fruitiers, finissent-ils dans les étalages au marché, sur la table d’un personnage fortuné, dans la poche d’un enfant ? Les fruits pas mûrs resteront au pied de l’arbre jusqu’à ce qu’ils pourrissent ; pour eux l’autre monde est fermé ; les fruits pas mûrs resteront longtemps sur l’arbre, le monde d’ici, jusqu’à ce qu’ils mûrissent. Ainsi, pour les créatures mal préparées, ce monde et l’autre monde sont identiques. L’être humain vivra longtemps sur terre pour apprendre, croître et se développer tant qu’il ne finit pas son développement. Il suivra ici les cours au primaire, puis au collège, puis au lycée et à la faculté, entrera finalement dans la grande école de la vie pour appliquer ce qu’il a appris et accéder enfin au monde organisé, appelé Ciel. On accepte au Ciel uniquement les érudits qui sont totalement mûrs. Lorsqu’on s’y rend, on est chargé aussitôt d’une mission qu’il faut mener à bien ; on n’y accepte pas les personnes sans travail. Celui qui y entre impréparé, y restera deux ou trois jours comme invité, puis un travail lui sera confié ; s’il ne peut le mener à bien, il sera renvoyé sur terre. Une vieille femme a rêvé qu’elle se rendait dans l’autre monde. La première chose qu’elle y a vue était une grande table couverte d’une nappe blanche où se tenaient quelques vieillards aux cheveux blancs avec un livre à la main. Elle a compris qu’ils lisaient quelque chose. Elle était troublée de ne pas savoir comment leur parler ni comment d’adresser à de tels personnages instruits. L’un d’eux lui a demandé : « Pourquoi es-tu venue ? Sais-tu lire et écrire ? – Je ne sais pas, mon fils, je n’ai pas appris. – Puisque tu ne sais pas lire et écrire, alors tu porteras de l’eau. – Mon fils, j’ai porté de l’eau toute ma vie sur terre, cela me pèse, et vous me donnez encore ce travail ! – Si tu ne veux pas porter d’eau, alors tu retourneras sur terre pour apprendre à lire et à écrire. Tant qu’il est sur terre, l’être humain passe par trois régions de la vie. La première région est l’estomac. S’il vit encore dans l’estomac, il se conforme aux règles et aux commandements de l’estomac. L’estomac organise des festins et rassemble des convives : tout le monde se met à table en attendant de se faire servir par la maîtresse de maison : on envoie, l’un après l’autre, la soupe, du poulet rôti ou de la dinde, des steaks et on arrose tout cela de vin vieilli pour égayer l’esprit des convives ; ils mangent tous et bénissent le Seigneur pour les douceurs qu’Il leur a octroyées. Voilà comment on entend la vie du point de vue de l’estomac. Si vous demandez à l’être humain pourquoi il mange des poules, des moutons et des cochons, il répond que c’est ordonné ainsi par Dieu que l’homme soit le souverain des animaux pour les dominer. Il engloutit tous ces animaux dans son ventre et se sent content. Lorsqu’ils y entrent, ils se mettent à le questionner : « Seigneur, que faisons-nous ici ? » Chaque animal commence à agir à sa façon : le cochon se met à fouiller le sol, le bœuf, à écorner, la poule, à disséminer ce qu’elle trouve, la dinde, à se gonfler. Peu de temps après l’estomac du « seigneur » s’indispose, sa digestion devient pénible, il souffre et il soupire et appelle un médecin pour qu’il l’examine, s’étonnant de ce qui lui arrive. Simplement, les animaux qui sont rentrés en lui ne peuvent pas se pacifier, ils perturbent l’organisme. Le médecin prescrit un laxatif, le seigneur vomit, nettoie son estomac et se soulage ainsi. Que signifie le mot vomir ? À mon sens vomir et médire sont synonymes : tout comme la gourmandise perturbe l’estomac, les sentiments malsains et impurs perturbent le cœur. Si vous le savez, ne permettez pas aux sentiments négatifs de rentrer ou de sortir de votre cœur. Pourquoi médire les uns sur les autres ? Si un sentiment négatif rentre dans votre cœur, renvoyez-le immédiatement. Quelqu’un a mangé de la nourriture viciée et fait le tour du quartier pour raconter cela, tant qu’il ne l’a pas vomi pour s’en libérer. Si ce n’est pas lui, il racontera que ce sont ses proches qui en ont mangé. Ne mangez pas d’aliments impurs pour vous éviter de raconter autour de vous ce que vous avez mangé ; ne parlez ni de vous, ni de vos proches. La bouche est créée pour accueillir de la bonne nourriture et non pas pour rejeter la nourriture impure. S’il reçoit et rejette les choses par le même orifice, il a brisé l’harmonie de son organisme. Cette loi est valable pour la nourriture physique et spirituelle : on reçoit d’un orifice, on rejette d’un autre. Si vous acceptez que quelque chose sorte de la bouche, cela doit être le meilleur. Il n’est pas permis au langage humain de se servir de paroles négatives et amères, c’est pourquoi il est dit dans les Écritures : « Vous rendrez compte pour chaque parole vaine. »[4] La même chose s’applique aux pensées, aux sentiments et aux actes de l’être humain. L’homme est lié au monde intelligent, peuplé de créatures d’une grande culture : saints, anges, archanges qui tiennent compte de toute pensée et sentiment qui sortent de son esprit et de son cœur. Il répondra un jour pour tout ce qu’il a laissé entrer en lui. L’être humain vient sur terre, nait, mange, s’habille, s’instruit ; il dépense une quantité énorme d’énergie solaire sous forme de lumière et de chaleur, et divers éléments : oxygène, hydrogène, azote, phosphore, fer, argent, or, etc. Tout cela coûte des millions et des milliards. Nous voyons l’homme croître et se développer, mais combien coûte-t-il à la nature, nous ne le savons pas ; quelle énergie a été dépensée par les êtres intelligents qui ont travaillé et travaillent sur lui, nous ne le savons pas. Calculez ce que coûte quelqu’un qui a vécu cent ans sur terre pour comprendre s’il a ou non le droit d’abuser de ce qui lui a été donné. Celui qui abuse des bienfaits octroyés se prive des conditions bénéfiques de la vie qui lui permettent de s’incarner et se réincarner. Ne pas pouvoir se réincarner signifie rester à jamais enfermé. Il n’y a plus de conditions pour le mal aujourd’hui. Le Fils de l’Homme est venu sur terre précisément pour cela, pour libérer l’humanité du mal, des mauvais humains et des animaux. Autrement dit, tous les idéaux ordinaires disparaîtront et seront remplacés par des idéaux éternels ; chaque pensée et chaque désir qui ne se fondent pas sur un haut idéal disparaîtront d’eux-mêmes. Si une seule pensée devait rester dans vos têtes et un seul désir dans vos cœurs, qu’ils soient immortels. Quel sens cela a-t-il de mettre au monde dix enfants dont aucun n’accomplit la volonté de Dieu ? Quel enfant est celui qui n’aime pas son père ? Sans amour, ni la foi ni l’espoir ne peuvent se manifester ; l’amour est le premier et le plus grand stimulus de l’homme. L’amour de Dieu envers l’humanité, envers tout ce qui vit L’oblige à venir dans le monde parmi les humains. Dieu visite d’ordinaire le monde dans les périodes d’épreuve et de difficultés, lorsque l’humanité traverse de grandes crises. Aujourd’hui les temps sont difficiles, les humains et les peuples traversent de terribles épreuves et c’est pour cette raison que Dieu est auprès d’eux. Lorsqu’il est question de la réincarnation, beaucoup la réfutent sans que cela ait la moindre importance. Quand bien même quelqu’un réfuterait un fait, cela n’enlèverait rien à sa réalité. Les humains ont existé depuis les temps préhistoriques et ils existent toujours ; ils se sont incarnés et réincarnés, ce qui les a forgés petit à petit et les a rendus meilleurs. L’être humain se réincarne sous de nouvelles identités. La même chose s’observe chez les peuples. Les peuples d’aujourd’hui, appelés allemands, anglais, russes, français, bulgares, etc. ont existé autrefois sous d’autres appellations. Combien de temps l’homme a-t-il vécu sur terre, cela n’est pas arrêté avec précision, les avis divergent là-dessus. Il a vécu depuis huit mille ans selon la Bible, et depuis dix-huit millions d’années selon les occultistes. Le Christ vient sur terre non pour juger les humains, mais pour purifier le monde. Comment le purifiera-t-Il ? Par le feu. C’est pourquoi il est dit dans les Écritures : « Chaque arbre qui ne donne pas de fruit, sera arraché et jeté dans le feu. »[5] L’arbre ne peut pas vivre sur un sol pierreux, il lui faut du terreau ; par conséquent chaque homme qui ne donne pas de fruit, sera arraché et jeté dans le feu. Quand l’homme donne-t-il du fruit ? Lorsqu’il vit selon les lois de l’amour ; il n’y a pas de vie en dehors de l’amour, il n’y a aucune acquisition. Pendant son long séjour sur terre, l’homme a eu la mission de créer un sol fertile pour le labourer, le traiter et le semer comme un agriculteur avec ses champs ; sur ce sol sont tombés nombre de pensées et sentiments impurs qui l’ont corrompu, il doit donc être purifié. Comment ? En le retournant plusieurs fois avec la charrue et en le laissant sous les rayons du soleil quelque temps jusqu’à ce qu’il redevienne fertile. Pour aider l’homme à purifier son terreau et le libérer du péché, le monde intelligent, c’est-à-dire la providence lui envoie des souffrances. En ce sens, la souffrance est la charrue qui laboure notre sol. Il doit être retourné plusieurs fois et être exposé au soleil tant qu’il n’est pas purifié, c’est ainsi qu’il redevient apte à recevoir des sentiments et des pensées purs. Des milliers d’années durant, l’amour divin doit agir sur l’âme humaine pour nouer des fruits. Tant que ces fruits ne sont pas mûrs, il est normal que l’homme soit aigri et amer ; plus longtemps il s’expose au soleil, plus il est sucré jusqu’à mûrir complètement et être plein de saveur et d’arôme ; le processus de mûrissement est alors terminé. Ainsi, si vous voyez quelqu’un d’aigri et de mécontent, vous saurez qu’il est aux débuts de sa vie, dans un état embryonnaire, à peine en période de nouaison. Après quelques années divines il mûrira et sera sucré, son mécontentement se transformera en satisfaction. Ce n’est pas un mal de se mettre en colère et d’être mécontent ; la colère et le mécontentement sont justifiés lorsqu’ils reposent sur un principe. Chaque chose a du sens lorsqu’elle est à sa place, c’est-à-dire lorsqu’elle a une justification. Au temps des Turcs, les Bulgares avaient une grande peur des collecteurs d’impôts. Tant que le collecteur n’était pas là, le bulgare se tenait tranquille au pas de la porte, en taillant un bâton avec son couteau et en débattant de questions diverses avec les voisins. Si par contre quelqu’un venait à crier : « Le collecteur arrive ! », alors le Bulgare sursautait, pointait le bâton vers lui en le taillant en tous petits morceaux, se demandant comment il allait payer l’impôt. Avant cela, il réfléchissait et débattait librement, disant que Dieu n’existe pas ; mais dès que le collecteur d’impôts était là, Dieu existait de nouveau ; le bâton, c’est-à-dire la justice, était implorée. Et il tournait le bâton vers lui-même. Si tu as de l’argent, tu es un prince, un pacha ; si tu n’as pas d’argent, tu perds même ton titre de noblesse. Un beau jeune homme jouissait de sa liberté ; en bons termes avec d’autres jeunes filles et jeunes hommes, il se sentait indépendant. Il plaisait aux jeunes filles à cause de la grande liberté qu’il avait et elles l’appelaient prince des princes. Il a décidé un jour de se fiancer, alors les jeunes filles ne l’appelaient plus que prince, puis il s’est marié, alors elles le considéraient désormais comme quelqu’un d’ordinaire parmi les gens ordinaires, puis enfin, il a divorcé d’avec sa femme, devenant la risée de tous et étant encore moins considéré que les gens ordinaires. Dieu envoie les humains libres sur terre pour être indépendants et vivre comme des princes. Que font-ils ? Ils trouvent un mari ou une femme et s’enchaînent, ils perdent leur liberté et sont déchus de leur titre de prince, puis ils se marient et deviennent ordinaires, puis ils divorcent et sont la risée des autres. Puisqu’ils ont commis une faute, ils la corrigeront. L’homme taille un bâton en tout petits morceaux, la femme aussi, ils se demandent comment payer leurs impôts au collecteur. Ne vous liez pas à ceux qui ont des impôts à payer au collecteur. « Pour l’accomplissement de tout ce qui est écrit », en d’autres mots, le jugement divin vient dans le monde. Quand le jugement divin adviendra-t-il ? Lorsque la lumière divine entrera dans les esprits des humains et qu’ils commenceront à discerner avec clarté tout ce qu’ils ont accompli dans leur vie actuelle et dans leur vie passée. Ils sont devant une nouvelle mission : redresser leur vie, corriger toutes leurs fautes. Remerciez la lumière qui vous est donnée et soyez prêts comme le fils prodigue à vous tourner vers Dieu avec repentir et humilité en disant : « Seigneur, sois miséricordieux envers nous, nous n’avons pas accompli Ta volonté, mais nous sommes prêts à devenir tes serviteurs et à te servir avec amour. » Implorez Dieu d’écrire vos noms dans le Livre de la vie. Renoncez au mensonge que vous avez servi tant d’années, et acceptez la vérité. Si vous n’êtes pas prêts à servir Dieu par gratitude, vous serez dans la situation de ce roi grec qui a répondu par l’ingratitude à son médecin attitré. Ce roi grec souffrait de la lèpre. Un médecin émérite, un certain Douban, s’est rendu dans son royaume pour soigner le roi et l’a guéri en peu de temps. Pour le remercier, le roi lui a offert un poste très haut placé. Ses ennemis ont fomenté des intrigues auxquelles le roi a prêté une oreille attentive et, pour se débarrasser de lui, il a ordonné qu’il soit exécuté. Avant l’exécution de la sentence, le médecin s’est présenté devant le roi pour lui expliquer la vraie situation et lui demander sa clémence, mais le roi n’a rien voulu entendre et a confirmé la sentence. Alors le médecin a dit : « Je vous laisserai un livre dans lequel vous trouverez des réponses à toutes les questions ardues qui vous agitent. En feuilletant le livre, avec les questions et les réponses vous entendrez aussi ma voix, ma tête communiquera avec la vôtre. » Le roi a pris le livre, très intrigué, pour expérimenter cela. Après l’exécution du médecin, le livre a été posé au chevet du roi. Chaque jour, le roi tournait une nouvelle page pour la lire, mais plus il avançait dans la lecture et plus son état empirait : les feuilles étaient imbibées de poison ! Lorsqu’il a ouvert la dernière page, le roi a entendu une voix lui dire : « C’est cela la récompense de celui qui répond par l’ingratitude au bien qu’il a reçu. » C’est ainsi que s’est achevée la vie de ce roi ingrat. Qui est le médecin qui guérit la lèpre humaine ? Le Christ. Au lieu de Le remercier, vous lui coupez la tête pour vous en affranchir. Alors, le diable dont vous écoutez les intrigues viendra à vous pour vous donner le livre que vous allez feuilleter chaque jour pour apprendre ses sages conseils. Les feuilles de ce livre sont imbibées de poison ; en lisant les sages conseils du diable, vous vous empoisonnerez progressivement jusqu’à arriver à la dernière page. Alors, vous entendrez la voix du diable qui vous dira : « C’est la récompense de chaque pécheur qui répond au bien par le mal, il ne mérite pas de vivre. » Dans la vie, bon nombre de personnes se plaignent d’injustices qu’ils imputent à Dieu ; s’ils pensent ainsi, l’injustice est en eux. Si une seule vie était donnée à l’être humain, alors il aurait le droit de s’en plaindre. Mais que diriez-vous si vous saviez que vous vous incarnez plusieurs fois sur terre, ne penseriez-vous pas alors que vous avez vous-même causé l’injustice ? Vous vivez dans l’abondance divine, Dieu est si miséricordieux à votre égard et pourtant vous vous insurgez. Une nouvelle époque vient, une nouvelle culture, de nouvelles conditions. La nouvelle époque est célébrée parce que Dieu vient dans le monde pour mettre de l’ordre, trier les mortels des immortels, les pécheurs des justes. Chacun détermine tout seul la catégorie dans laquelle il évolue. Le pécheur par ses pensées et ses désirs impurs et pervertis se créera un corps en conséquence, un cerveau, des poumons, un estomac : les pensées et les désirs de l’homme s’incarnent dans la forme qui leur correspond. Ainsi, ne soyez pas étonnés qu’il existe des formes diverses, des ours, des loups, des tigres, des lions, des serpents et ainsi de suite. Les formes se modèlent selon les pensées, les sentiments et les désirs. Ne vous posez pas la question de savoir pourquoi il existe des gens de bien et des gens mauvais, pourquoi certains sont en bonne santé, alertes et énergiques et d’autres, malades, chétifs et incapables de travailler ; ne vous demandez pas pourquoi les microbes existent et détruisent l’organisme humain. Les médecins se réunissent pour débattre sur cette question et trouver un moyen de vaincre les microbes. Il y a des microbes qui en vingt-quatre heures peuvent envoyer l’être humain dans l’autre monde, le monde des tourments. Les microbes sont un fléau terrible pour l’humanité. « Ce seront des jours de vengeance pour l’accomplissement de tout ce qui est écrit. » Vous demandez : « Est-ce que Dieu se venge des humains par les microbes ? » Je ne réponds pas à votre question, mais je demande quels seront vos rapports avec votre voisin s’il laisse ses cochons sciemment venir saccager votre potager soigneusement arrangé ? Votre potager n’est pas pour les cochons du voisin, vous l’avez cultivé avec amour et joie pour vos proches et vos amis. Que celui qui vous aime entre dans ce potager pour se promener et profiter des fleurs et des fruits. Imaginez un père de famille qui revient d’un long voyage à l’étranger. Il apporte de beaux cadeaux à ses quatre filles et à sa femme. Dès le seuil de la porte, deux de ses filles se jettent sur les cadeaux et les parures qu’il leur apporte, elles les examinent, elles les savourent, mais ne prêtent pas attention à leur père. Qu’il soit fatigué, qu’il doive se rafraichir, manger, se reposer, cela ne les effleure pas. Alors que les deux autres filles portent leur attention sur lui : l’une lui apporte de l’eau pour se laver, des vêtements pour se changer ; l’autre lui prépare un repas pour qu’il se restaure ; elles ne pensent pas encore aux cadeaux. Le père est attentif envers ses quatre filles, mais il a un rapport aux deux premières et un autre rapport aux deux autres. Il n’exprime rien devant elles, mais intérieurement il se crée déjà une différence. Nous en tirons la loi suivante : l’amour engendre de l’amour. La haine ne peut pas engendrer l’amour. On peut se forcer à aimer par peur, mais si la cause de la peur disparaît, alors la haine s’amplifie. L’amour exclut la peur alors que le désamour et la haine enfantent la peur. Seuls les esprits ténébreux et malveillants ont peur et non pas les esprits lumineux et bons. Par conséquent, si un esprit malveillant et ténébreux pénètre en vous, vous vous mettez aussitôt à avoir peur. Chassez le mauvais esprit de vous, qu’il devienne votre serviteur et non pas votre maître. Lorsque vous le chassez, vous devenez forts, courageux, vous élevez votre conscience et accédez à une région lumineuse où règne l’amour et l’entente, la lumière et la paix. Qu’adviendra-t-il du monde ? N’y pensez pas, mais pensez à vous. Le maître du monde était jusqu’à présent quelqu’un d’autre, mais il est aujourd’hui ligoté. Il tremble à présent, il a peur et regrette d’avoir perdu le pouvoir. Il sera renvoyé en bas, dans le monde inférieur pour apprendre à travailler. Il a bu et mangé, mais désormais on attend de lui qu’il se mette au travail ; il n’y a pas d’autre issue. Puisque le maître principal est neutralisé, vous allez avoir facilement le dessus sur les petits chefaillons ; chacun ligotera le petit chefaillon en soi et le mettra au travail. Ne craignez pas ce chefaillon, son règne est terminé. Mettez le Christ à la tête de votre royaume et marchez sur son chemin, c’est le seul moyen d’être ami avec les anges et de marcher dans la lumière. C’est ce que Dieu exige de tous ; écoutez Sa voix et soyez prêts à accomplir Sa volonté. Le temps est venu de couper les liens avec l’ancien maître et de rétablir les liens avec Celui qui vous a créés, qui vous aime et qui pense à vous. Les religieux se préparent, lorsqu’ils seront dans l’autre monde, à traverser toutes les planètes et à s’établir sur le Soleil. Cela se réalisera, mais pas maintenant, vous n’êtes pas encore prêts pour les autres planètes. Il y a un sens à ce que l’être humain fasse le tour de toutes les planètes et étoiles, mais pour acquérir quelque chose, évoluer, devenir un homme nouveau. Faire des allers et retours pour voir de nouvelles choses, mais sans comprendre leur sens, ne vaut pas la dépense d’énergie. Viendra le jour où l’être humain voyagera librement d’une planète à une autre, mais pas avec son corps actuel. Vous devez vous créer un nouveau corps qui peut se désintégrer et se réintégrer pour permettre de le transporter d’un lieu à un autre. Le jour viendra où l’être humain voyagera sur terre sans trains, sans automobiles et sans aéroplanes ; il aura un nouveau corps, conçu d’une façon nouvelle. Il disposera lui-même d’une lumière nouvelle et de la connaissance ; il connaîtra les lois de l’univers et les appliquera. Alors, il ne labourera plus le sol comme aujourd’hui, mais se nourrira d’une manière singulière, inconnue encore à ce jour des scientifiques. Le Christ dit : « Retourne chez toi à présent et ne pèche plus. »[6] Ne plus pécher signifie ne pas transgresser les commandements divins. Celui qui décide de servir Dieu, accomplit ses commandements. Lorsqu’on accède à la communauté des anges, on s’élève. C’est une grande bénédiction pour l’homme d’avoir l’amitié des anges, des saints, des hommes de bien dans le monde ; chacun cherchera à te donner quelque chose. Il est terrible de tomber entre les mains des ennemis ; chacun cherche à te dépouiller et à t’amener à ta perte. Le Royaume de Dieu n’envoie pas les humains à la perdition ; là vivent des êtres en union parfaite, au service de l’amour. Tous y vivent les uns pour les autres, alors qu’aujourd’hui chacun vit pour soi. Le mot pour soi désigne la nature inférieure de l’homme : le mammifère, le volatile, le poisson. C’est pourquoi le Christ dit : « Celui qui ne renonce pas à lui-même, ne peut pas être mon disciple. »[7] Lorsqu’il renonce à sa nature inférieure, l’être humain a la possibilité d’évoluer plus vite. La loi de l’évolution est commune à toutes les créatures : les humains et les animaux. Plus on commet de péchés, plus on évolue lentement ; on s’expose à de grandes souffrances pour amorcer l’éveil de sa conscience. La même loi agit sur les animaux, c’est pour cette raison que certains animaux souffrent plus que d’autres. Plus grandes sont les souffrances d’une créature, plus elle a à payer. L’étude de l’histoire naturelle met en évidence le perfectionnement progressif des formes. C’est bien entendu un long processus qui dure des milliers d’années. Ce n’est pas le temps qui compte, mais les résultats. Ainsi, ne soyez pas condescendants face aux animaux, mais sachez qu’ils vont à leur tour évoluer un jour et s’élever. Par leur conscience, par leurs conditions matérielles les animaux sont plus bas que les humains, mais un jour ils vont s’élever. S’il savait comment entrer en communication avec eux, l’être humain pourrait converser avec le cheval, le bœuf, le chien et même avec des animaux moins évolués. Le berger dans sa cabane et le roi dans son palais n’ont pas les mêmes conditions matérielles et spirituelles, mais on peut communiquer avec les deux. Le niveau de conscience de certains humains n’est pas plus élevé que celui des animaux ; de même certains animaux ont un niveau de conscience similaire à celui des humains. C’est pourquoi, il ne faut pas vous guider d’après les formes extérieures des choses, mais être attentifs à leur sens et leur contenu. La vérité révèle l’origine de l’homme. Un jour, lorsque vous rentrerez dans le monde spirituel, vos pensées et vos sentiments deviendront objectifs et, en les voyant en face, vous aurez honte de vous et vous comprendrez que vous n’êtes pas encore prêts pour ce monde et vous éprouverez le désir de redescendre aussitôt sur terre pour travailler à bâtir votre avenir. C’est pour cela que l’homme se réincarne : on attend de lui un travail. Quelle que soit la situation dans laquelle vous êtes, sachez que c’est votre destin ; travaillez sur vous pour l’améliorer. Il existe une seule manière d’y arriver : servir Dieu de toute votre intelligence, de tout votre cœur, de toute votre âme, de toutes vos forces, autrement dit, servir Dieu par toutes ses pensées, ses sentiments et ses actes. Servir autrui comme soi-même. Qui est autrui ? Celui qui t’aide et travaille pour toi. Donc le bœuf, le cheval, la vache sont tes proches. Dieu connait le langage de tous les animaux et parle avec eux comme avec les humains, alors que tu as honte de communiquer avec ton bœuf qui laboure ton champ à longueur de journée. Parfois Dieu préfère communiquer avec un bœuf plutôt qu’avec un pécheur suffisant, qui est lui-même la cause de ses propres souffrances mais accuse Dieu de lui envoyer tant de tourments et d’épreuves ! Le bœuf tire toute la journée la charrue de son maître sans jamais l’accuser de lui causer des souffrances. Dieu a donné à l’être humain des milliers de bienfaits et continue à lui en donner. Qui est la cause de ses souffrances ? Lui seul. Comme il abuse des bienfaits et de la bénédiction divine, les souffrances le frappent inexorablement. Que doit-il faire pour se libérer ? Réviser sa vie et la redresser. La seule force qui puisse redresser la vie humaine est l’amour. Appliquez l’amour et votre vie se redressera d’elle-même. Quel amour ? Celui pour lequel vous êtes prêts. L’amour a trois cent cinquante millions de formes. La tâche de l’homme est d’étudier les formes de l’amour et de les distinguer. Ainsi, si quelqu’un vous déclare qu’il vous aime, vous devez discerner quel est son amour : celui du ver de terre, de l’araignée, du moustique, de la poule, du chien, de l’ours, du loup, du bœuf, du cheval ou celui de la mère, du saint, de l’ange, etc. ? Il n’est pas permis à l’homme de se servir de l’amour de l’araignée, de sucer le sang de sa bien-aimée ou de son bien aimé ; il n’est pas permis de se servir de l’amour du fauve qui dévore sa victime. Dieu descend sur terre non pas pour juger les humains, mais pour les instruire. Il ouvre le livre de la vie devant chaque être humain et lui demande de lire, de voir lui-même ses propres fautes. Où commet-il le plus de fautes ? Dans l’amour. Lorsqu’il verra et discernera ses fautes, il dira comme le fils prodigue : « Pardonne-moi mon Père, je viens auprès de Toi en guenilles, pieds nus, affamé et misérable. Tout ce que Tu m’as donné, je l’ai bu et mangé, j’ai fauté devant Toi et le Ciel, mais me voici prêt à devenir Ton serviteur, à Te servir. » C’est le destin du monde qui se joue à présent : Dieu accueillera le fils prodigue avec amour et ordonnera de le laver et de l’habiller dans des habits neufs, Il l’embrassera et sacrifiera en son honneur son veau le plus gras. Mais le diable, c’est-à-dire le frère aîné restera mécontent, il dira au Seigneur : « J’ai travaillé pour toi tant d’années, mais Tu ne m’as rien donné. » Le diable ne dit pas la vérité, toute la richesse du monde est la sienne. Il est dit de lui : « Il ne vient pas aider les anges, mais la descendance d’Abraham. » Ainsi, avec l’avènement du Christ dans le monde, les humains s’élèveront, entendront sa voix et assimileront la nouvelle pensée. D’où que le Christ s’exprime, sa voix sera entendue. Les justes l’entendront et le verront, il sera omniprésent ; c’est cela le sens du don de la clairvoyance, le don du sixième sens. Si le Christ descend une seconde fois sur terre en chair et en os, les humains le crucifieront de nouveau. Cette fois, le Christ vient sous une forme invulnérable à la croix, sans dépendance envers la nourriture. Il recherche les fruits de votre verger. En vous regardant il verra si votre âme a des fruits et s’il en trouve, il dira : « Que cette âme soit bénie ! » Je dis : bénie est l’âme dont le verger a au moins un fruit mûr. Lorsque le Christ viendra auprès de vous, vous lui proposerez votre fruit pour le nourrir. Il reconnaîtra ainsi que vous avez bien cultivé votre jardin avec amour, bien biné et arrosé les arbres fruitiers. Beaucoup d’hommes, de femmes et d’enfants arrosent leurs jardins de larmes qui viennent du fond de leurs cœurs ; un jour ces larmes feront naître des fruits savoureux et sucrés. Ne craignez pas les larmes, ne dites pas que vous pleurez, mais dites que vous arrosez votre jardin ; ne dites pas que votre cœur est noyé dans le chagrin et le tourment, mais dites que vous labourez votre champ. Labourez et arrosez le champ divin pour qu’il donne des fruits en abondance ; c’est le sens de la vie, c’est pour cela que le Christ vient dans le monde. Quelle est la situation de l’humanité d’aujourd’hui ? Celle d’un paquebot en mouvement : avant de partir, le paquebot frémit, se met en branle, et lorsque le mouvement s’est transmis à l’ensemble du bâtiment, il se met à avancer calmement sur la surface de l’eau. Le Christ vient sur terre pour remuer le paquebot arrêté en chemin. Il lui donnera un nouvel élan, le secouera et le fera repartir dans la bonne direction. Par conséquent, la venue du Christ sera révélée par la marche de toute l’humanité dans la bonne direction, tous les humains penseront, sentiront, agiront avec droiture, tout comme le paquebot qui va tout droit et poursuit un but déterminé. C’est difficile de se l’imaginer, mais lorsque la vapeur va secouer ton paquebot, lorsque tes pensées seront claires et précises, lorsque tu prendras conscience de ta vie, tu verras le Christ devant toi aussi clairement que le mécanicien qui voit et sait qu’il faut ajouter du charbon dans la chaudière pour que le paquebot démarre. Beaucoup ont vu et voient le Christ enjoué, souriant et auréolé, en route vers Jérusalem, symbole d’un lieu saint. Le Christ est dans tous les mondes, pas uniquement sur terre. Ceux qui sont plus sensibles en sont conscients, ils l’assimilent avec leur intelligence et leur cœur. Il n’y a pas un homme qui ne ressente le moindre mouvement, aussi imperceptible qu’il soit. Celui qui ressent ce mouvement plus distinctement est craintif, anxieux d’être victime de quelque chose de terrifiant. Il n’y a rien de terrifiant, votre paquebot avance, suit une direction précise vers le port divin. Je ne vous parle pas de votre tombe, au contraire : puisque le paquebot avance vous sortirez de votre tombe et ressusciterez. C’est le sens du verset suivant, prononcé par Paul : « Nous ne mourrons pas, mais nous nous transformerons. »[8] « Qu’est-ce qui se passera avec nous ? – Vous vous coucherez le soir comme un ver à soie et vous vous lèverez le matin comme un cocon ; le second soir vous vous coucherez comme un cocon et vous serez un papillon le lendemain matin pour aller librement d’une fleur à une autre recueillir le doux nectar des fleurs. – Qu’est-ce qui s’est passé avec nous ? – Vous vous êtes transformés, Dieu a pris vos vieux cœurs endurcis et vous en a donné de nouveaux, tout doux, d’une matière très fine sur laquelle écrire Ses commandements. Il a pris vos intelligences déformées et vous en donné de nouvelles, lumineuses qui comprennent et appliquent Ses pensées. Votre âme sera un temple de Dieu, votre cœur - Son autel où vous sacrifierez vos offrandes. L’Esprit sera le serviteur de Dieu, cela signifie de servir Dieu avec tout son discernement, tout son cœur, toute son âme et sa puissance. C’est la prédestination du monde, de trouver le véritable chemin sur lequel, en tant qu’humain dans une société, en tant que peuple de l’humanité, on apprend ses obligations envers Dieu et on les accomplit. – À ce moment-là, nous connaîtrons-nous ? – Plus que nous ne nous connaissons aujourd’hui. – Nous aimerons-nous ? – Plus que ce que nous nous aimons aujourd’hui. Alors vous serez gais et joyeux, avec des visages souriants et des cœurs ouverts. Aujourd’hui les visages des humains sont assombris, couverts par des nuages, à qui la faute ? » Un enfant a assisté au lever du soleil, caché derrière les brumes et les nuages, son disque rougeâtre transparaissait à peine. « Pourquoi me regardes-tu d’un air aussi maussade et coléreux ? » a demandé l’enfant. Le Soleil a répondu : « Ce n’est pas ma faute, les nuages me cachent, les brumes m’empêchent de briller, mais s’ils disparaissent, je te montrerai de nouveau mon visage gai et joyeux. » Je vous dis également : ne demandez pas pourquoi le visage du Christ est maussade et renfrogné : les brumes et les nuages lui font de l’ombre. Lorsqu’ils se lèveront, vous verrez le visage gai et joyeux du Christ d’où irradient l’amour et la lumière, la joie et la gaité. L’amour du Christ peut en partie se comparer au beau visage solaire. Lorsque vous ressentirez son amour, votre vie terrestre prendra du sens, alors vous comprendrez pourquoi vous naissez et mourez, pourquoi vous êtes hommes ou femmes, pourquoi vous procréez et élevez des enfants. Non seulement vous comprendrez ces choses, mais elles auront un sens pour vous. « Ce seront des jours de vengeance pour l’accomplissement de tout ce qui est écrit. » Ce verset est terrifiant et celui qui ne comprend pas son sens véritable vous enverra en enfer ; celui qui le comprend et l’interprète correctement dit : « Le Christ vient dans le monde comme amour et comme intelligence. » Il dit à tous les hommes sur terre : « La paix soit avec vous ! » Chacun recevra selon son mérite par l’amour et l’intelligence du Christ, chacun aura droit au travail qu’il est prêt à accomplir. Y a-t-il quelque chose de terrible là-dedans ? Préparez-vous, chacun à votre rythme, à accueillir le Christ. Habillez-vous dans des vêtements neufs. Pour certains le Christ viendra dès aujourd’hui, pour d’autres, demain, pour d’autres encore, dans plusieurs années, chacun l’accueillera quand il sera prêt. Attendez le Christ chaque jour et vous le verrez, cela ne dépend que de vous. Quand le verrez-vous ? Je ne peux pas le déterminer précisément. Vous devez être à votre place comme l’astronome est à sa place avec son télescope pour faire des observations. L’astronome peut observer une planète très éloignée de la terre, alors que les gens ordinaires ne soupçonnent pas son existence ; lorsque la planète s’approchera du soleil, alors tous pourront la voir. Pourquoi ne pas être comme les astronomes : voir le Christ de loin alors que les gens ordinaires ne le voient pas encore ? Il y a donc des personnes qui voient le Christ même aujourd’hui ; d’autres le verront plus tard lorsqu’il s’approchera d’eux ; d’autres encore ne le verront même pas à ce moment-là, ils continueront à dormir paisiblement. Je vous souhaite d’être éveillés pour voir le Christ de loin. Si ce n’est pas de loin, alors de près, mais le voir impérativement. Il vous parlera et vous l’entendrez comme vous m’entendez aujourd’hui. Sofia, 28 janvier 1917 [1] « Car ce seront des jours de vengeance où doit s’accomplir tout ce qui est écrit. » (Luc 21, 22) [2] « Je suis le bon berger : le bon berger se dessaisit de sa vie pour ses brebis. » (Jean 10, 11) [3] « Car où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » (Matthieu 6, 21) [4] « Or je vous le dis : les hommes rendront compte au jour du jugement de toute parole sans fondement qu'ils auront proférée ». (Matthieu 12, 36). [5] « Déjà même, la hache est prête à attaquer la racine des arbres: tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit va être coupé et jeté au feu. » (Luc 3, 9) [6] « …Et Jésus lui dit : " Moi non plus, je ne te condamne pas : va, et désormais ne pèche plus." (Jean 8, 11) [7] « De la même façon, quiconque parmi vous ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut être mon disciple. » (Luc 14, 33) [8] « Je vais vous faire connaître un mystère. Nous ne mourrons pas tous, mais tous, nous serons transformés » (1 Corinthiens 15, 51)
  3. Le Salut « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. [1]» Matthieu 19 :21 Les érudits du XXème siècle, profanes et croyants, ont une compréhension confuse de la loi de Moïse comme de celle du Christ. Depuis deux mille ans les chrétiens décortiquent l’Enseignement du Christ et l’ont tant abîmé que si vous le regardiez d’un œil clairvoyant vous le verriez comme un arbre à l’écorce arrachée. Tous les critiques et écrivains, tous les prédicateurs parlent du salut sous l’angle de la charité, de l’accomplissement des commandements divins, alors que le salut provient d’un principe séculaire de la nature, antérieur à l’époque du Christ, datant du début de la Genèse. Par conséquent, ce qui advient aujourd’hui avec l’âme humaine, dans les sociétés, chez les peuples, dans toute l’humanité tire son origine de la Genèse elle-même, de la source originelle de la vie. Le mot salut a plusieurs significations. Quelqu’un est tombé à l’eau et un autre l’en a sorti ; on s’en réjouit en disant : « Cet homme est sauvé » ; quelqu’un, terrassé par une maladie grave s’est rétabli ; on dit : « Il est sauvé » ; quelqu’un s’est détourné du droit chemin, puis plus tard a mis de l’ordre dans sa vie et a bien vécu ; pour lui aussi on dit : « Il est sauvé. » Le mot salut désigne communément le retour de l’homme d’une mauvaise vie à une vie juste, ou bien la délivrance des tourments et des afflictions de la vie et l’avènement de meilleures conditions de vie. Dans un sens plus profond le mot Salut désigne l’entrée de l’homme dans la vie éternelle. Chacun cherche les conditions de la vie éternelle et c’est naturel. Il ne suffit pas à l’homme d’être sauvé de la noyade, puis de mourir de faim ensuite ; il ne suffit pas d’échapper à une grave affection pour succomber ensuite à une autre ; c’est seulement se sauver d’un mal pour s’exposer à un autre. L’être humain a besoin du véritable salut : le rétablissement de son lien avec la Cause originelle. Tant qu’il ne rétablit pas ce lien il ne peut pas être sauvé ; il n’y a point de salut en dehors de cela. C’est ainsi que le salut s’entend à présent, c’est ainsi que le comprenait le Christ ainsi que tous les saints, toutes les personnes justes et vertueuses sur terre. Le Christ dit : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres ; puis viens et suis-moi. » Celui qui n’entend pas le salut ainsi, se ment à lui-même ; il fera des erreurs, chutera, se relèvera, perdra sa foi, etc. La loi du salut agit en permanence. Certains pensent que l’homme se sauve une seule fois et qu’une fois sauvé, il n’a plus à y penser. L’homme doit se sauver sans cesse ; le salut est un processus récurrent, permanent. Nous ne croyons pas aux processus uniques ; comme il respire, mange et boit en permanence, de la même manière l’homme doit se sauver en permanence. Entre l’âme humaine et Dieu existe un lien permanent, appelé le lien du salut. Souvent les gens s’interrogent : « Suis-je sauvé ? » Aujourd’hui tu peux l’être, mais demain quelqu’un te prendra à la gorge ; aujourd’hui tu peux être rassasié, mais demain affamé ; aujourd’hui tu as une bonne pensée, mais demain tu es assailli par une mauvaise pensée. Pour ne pas être dans telle situation aujourd’hui et dans telle autre demain, garde ton lien avec Dieu. Le Christ est venu sur terre pour créer un lien fort et immuable entre les humains et les anges d’une part, entre les humains et Dieu d’autre part. À la question du jeune homme : « Comment hériter de la vie éternelle, le Christ dit : « Ne tue pas ! » Le meurtre peut donc briser le lien de l’homme avec Dieu, avec les anges, avec les frères avancés. Plus loin le Christ dit : « Ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, honore ton père et ta mère et aime ton prochain comme toi-même ». Voici les lois de l’Esprit, en rapport avec l’époque actuelle. Alors le jeune homme dit au Christ : « J’ai préservé ma jeunesse de tout cela, qu’est-ce qu’il me manque encore ? » Jésus lui a dit : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres ; puis viens et suis-moi ! » Avec les premiers commandements le Christ explique les raisons qui peuvent briser le lien de l’être humain avec le monde supérieur ; avec les seconds commandements, Il explique la manière de rétablir le lien brisé. « Ne tue pas ! » Le mot meurtre a un sens large et multiple. En écoutant ce commandement, vous vous direz : « Dieu merci, je n’ai encore tué personne. » Et moi je dis, il n’y a personne au monde qui n’ait pas tué. Tuer ne signifie pas seulement ôter une vie. Consciemment ou inconsciemment l’homme tue chaque jour une bonne pensée, un bon sentiment, un bon désir ; l’homme tue les bonnes pensées, désirs et actions de ses proches. Vous croisez par exemple un homme qui croit en Dieu et vous arrivez à l’en dissuader, n’est-ce pas un meurtre ? Vous tuez un sentiment sacré en lui. D’où savez-vous que Dieu n’existe pas ? Celui qui renie Dieu cherche à prendre sa place. Et par conséquent, si vous dites de quelqu’un qu’il n’est pas riche, bon, beau, instruit, c’est que vous retenez ces qualités pour vous-mêmes. Renier le bien, le sublime, le grandiose, éloigne l’homme de Dieu : vous brisez ainsi le lien avec Lui et vous vous exposez à la mort. Vous direz que les gens vous aiment ; cela ne veut rien dire. Les gens peuvent vous aimer et pourtant vous pouvez continuer à souffrir et à vous tourmenter : tout dépend de la nature de leur amour. L’amour de la majorité des humains est celui des aigles et des corbeaux. Cela ne doit pas vous vexer, mais sachez que l’amour qui n’édifie pas est un amour animal. Le commandement, ne tue pas, a précisément un rapport avec cet amour. Vous direz que l’amour doit être glorifié ; lequel, celui qui détruit ou celui qui édifie ? Combien de jeunes gens aux intentions et aux élans nobles ont été déçus par l’amour, combien de jeunes gens ont attenté à leur vie après leur noce ! Pourquoi la jeune fille est-elle déçue ? Parce qu’elle ne trouve pas chez son bien aimé les éléments nécessaires à son développement. Et le jeune homme est déçu de sa bien-aimée pour le même motif. N’est-ce pas la même chose avec les convictions religieuses de l’homme ? Vous rencontrez quelqu’un de religieux : il est joyeux, inspiré, mais vous le dissuadez de croire, vous lui démontrez que la vie est uniquement terrestre ; il en est découragé et perd son élan. Un jour viendra où la conscience des humains s’éveillera et ils passeront d’une vie à une autre : ils comprendront qu’il n’y a pas de mort et que la vie est éternelle et ininterrompue. Les gens d’aujourd’hui ont des croyances et des clichés sur le monde d’ici et le monde de l’au-delà, mais ils n’ont pas tout éprouvé, ni vérifié. Certains maintiennent l’idée que la vie est uniquement terrestre : l’homme meurt, disparaît et rien ne subsiste de lui. Ils nient la résurrection. Qui parmi eux est allé dans l’autre monde pour savoir ce qu’il y a ? Celui qui a éprouvé une idée est le seul qui puisse la combattre ou la soutenir. Seul le mort peut parler de la mort, celui qui est en vie parle uniquement de la vie. En ce sens il y a des morts qui sont en vie et continuent de vivre. Il y a des gens vivants qui sont morts ; ils agissent parmi les vivants mais n’adhèrent pas à la vie ; ils se meuvent mécaniquement, sans pensée, sans émotion. Il faudra des millénaires pour qu’ils ressuscitent. Ils regardent mais ne voient pas ; ils entendent mais n’écoutent pas ; ils sont plongés dans le sommeil. Mais il y a des humains dans ce monde et dans l’autre monde qui voient et écoutent, qui comprennent les lois de la vie et les appliquent ; ils sont en vie et se réjouissent de la vie qui se manifeste dans tous les mondes. « Ne tue pas ! » Cela signifie : ne détruis pas une seule bonne pensée, un seul bon désir que Dieu a mis en toi et en ton prochain. Au lieu de détruire et de vider sa vie de sens, l’homme doit construire. Le sens de la vie humaine réside dans l’élimination de ses mauvais côtés au profit des bons côtés qui l’élèvent et lui créent les conditions du salut et de l’union avec Dieu. Comment peut-on se débarrasser de ses mauvais penchants ? En écartant de son chemin tout ce qui brise notre lien avec le monde divin. Briser ce lien équivaut à arrêter son développement sur terre. L’homme doit d’abord passer par la loi de Moïse qui énonce : « Honore ton père et ta mère et aime ton prochain comme toi-même. » Lorsqu’il se soumet à cette loi, il est prêt à se soumettre aussi à la loi du Christ. Le Christ dit : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève ; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu'il en donne davantage. » (Jean 15, 1 - 8) Ce qui signifie : chaque sarment du Christ qui n’a pas renoncé au désir de tuer, ne porte pas de fruit ; le Père le coupe et le jette. Quels sont les signes qui distinguent celui qui tue ? L’agacement, le mécontentement : si on se met à s’agacer, à s’irriter, à être mécontent, on est prêt à tuer. Le Christ dit encore : « Ne vole pas ! » Qu’est-ce qu’il ne faut pas voler ? Les bonnes pensées et les bons désirs des humains. Je suis prêt à donner toute ma fortune, pourvu que rien ne me soit dérobé et que je ne dérobe pas à mon tour quelque chose de l’esprit ou du cœur de l’homme. Tout comme il ne faut pas détruire les bonnes pensées et les bons sentiments de ton prochain, de la même façon il ne faut pas voler. Le Christ dit : « Ne porte pas de faux témoignage ! » Dans ses échanges, l’homme doit être absolument honnête et ne tolérer aucun mensonge. S’il reçoit une bonne pensée ou une bonne intention, il doit répondre de même ; s’il donne une mauvaise pensée en retour d’une bonne, il se sert du mensonge. Si vous répondez au bien par le mal, en pensant appliquer le bien, vous vous pervertissez, non seulement vous-même mais aussi votre famille et la société. Il n’est pas permis de tuer, de voler ou de tromper. La femme ou l’homme qui s’autorise à voler l’esprit et le cœur d’un autre est dans l’erreur, dans peu de temps il verra le mensonge dans lequel il a vécu. Là où se trouve le mensonge se trouve aussi le meurtre et le vol. Libérez-vous de vos habitudes et de vos vices d’autrefois pour aimer votre père, votre mère et votre prochain. Comment devez-vous aimer votre prochain ? Comme vous-même. Qui êtes-vous, qui est votre mère et qui est votre père ? Votre corps, c’est vous, votre âme, la mère et l’esprit, le père. L’homme est l’enfant de son âme ; le corps est donc un enfant de l’âme. Elle lui prodigue des soins maternels pour l’élever et l’éduquer. Certains demandent s’ils vivront avec ce même corps dans l’autre monde ; autrement dit, est-ce que le corps est lié à l’âme et à l’esprit, c’est-à-dire à sa mère et à son père ? Le fils doit être convenable, contenter sa mère et son père : il doit les honorer et les respecter. Le père et la mère sont dans l’homme lui-même, pas en dehors. Le jour où vous transgressez la loi divine et cessez d’honorer votre mère et votre père, et d’aimer votre prochain, vous êtes en dehors des conditions de la vie. Appliquez l’enseignement du Christ à chaque instant de la vie pour voir que c’est un enseignement de vie et de force. Si vous êtes indisposés, examinez votre vie pour voir quel commandement vous avez transgressé. Il suffit d’être honnête envers vous-mêmes pour comprendre quel commandement vous n’avez pas respecté : « ne tue pas », « ne vole pas » ou « ne porte pas de faux témoignage ». Le Christ dit : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres ; viens et suis-moi. » À qui distribuer ce que tu possèdes ? À tes pensées et désirs. Qui suivre ? Le grand maître de la vie. En lisant ce verset, les gens se mettent à discuter à son sujet. Ils craignent, s’ils distribuent leurs avoirs, s’ils renoncent à leur maison et à leur argent, de s’appauvrir et de se priver de leurs conditions de développement. Dieu ne convoite pas vos avoirs, Il n’a pas besoin de vos maisons et de vos capitaux. Par le mot avoir on désigne autre chose : seul celui qui est prêt à manifester le bien qui est en lui peut distribuer ses avoirs ; le bien en l’homme est son avoir. Le bien est lié à la loi de l’amour : lorsque la miséricorde et l’amour agissent en l’homme, il est prêt alors à manifester le bien, à accomplir des actes bons. Le bien ne peut exister en dehors de la miséricorde et de l’amour, c’est-à-dire qu’il ne peut se manifester. Personne au monde ne peut faire de bien sans avoir une bonne pensée ou une bonne intention en lui. Il est dit : « Honore ta mère et ton père » ; la mère et le père sont l’objet de ton amour et ton prochain est le stimulus qui te pousse à manifester l’amour. La mère et le père sont le symbole de ce qui est fort, et le prochain, le symbole de ce qui est faible. L’homme peut aimer seulement ce qui est tendre, faible, attachant, ce qui nécessite de l’aide. On peut honorer et respecter le fort, et aimer le faible. Il est dit dans les Écritures : « Dieu est amour ». Qui connaît Dieu en tant qu’amour ? Le faible, le pécheur, l’impuissant. Par conséquent, si vous êtes faible réjouissez-vous car vous pouvez ainsi connaître l’amour et devenir plus fort ; si vous êtes pécheur, réjouissez-vous car vous pouvez ainsi connaître l’amour et devenir plus juste. Il est dit dans l’Évangile que Dieu châtie celui qu’Il aime ; en ce sens on peut aussi dire : Dieu pardonne les péchés à celui qu’Il aime ; c’est une loi qui existe dans la nature. Observez les animaux pour voir combien ils sont attentifs et tendres envers les créatures plus faibles. Cette loi agit aussi entre les humains. Réjouissez-vous si vous tombez entre les mains d’un homme fort, mais noble et vertueux. Il vous aidera et vous élèvera. Malheur à celui qui tombe entre les mains d’un homme brutal, ignoble et cruel : il est comme une pieuvre qui étreint le faible avec ses ventouses, le vide de sa sève et le rejette ensuite. C’est ainsi qu’agissent certaines personnages religieux ou du monde : lorsqu’ils trouvent quelqu’un de faible et de doux, ils s’y agrippent avec leurs ventouses, vident son portefeuille, puis ils le quittent en disant : « Nous l’avons tourné vers le Seigneur, » ou bien : « Nous l’avons intégré dans la vie et donné un savoir. » Ce n’est nullement un retour vers Dieu, ce n’est point une science, cet homme ne songera pas une seconde fois à votre Dieu ni à votre savoir. Si vous voulez aider quelqu’un, ne videz jamais son portefeuille ; ne retournez jamais son cœur et sa raison vers Dieu, laissez-le chercher Dieu tout seul et se tourner vers Lui. Si vous voulez l’aider, trouvez la clé de sa porte et dites-lui : « Prends la clé que tu as jadis perdue, ouvre la porte de ta maison, nettoie-la, ouvre toutes les fenêtres pour laisser entrer le soleil et l’éclairer. » L’obligation naturelle de l’homme est que chacun nettoie seul sa maison et ne laisse pas les servantes le faire à sa place ; votre maison est un temple de Dieu, construit uniquement pour vous. Qu’est-ce qui adviendrait si tous les temples se retrouvaient au même endroit ? Cela produirait un grand trouble dans le monde. C’est pour ce temple justement que le Christ dit : « Entre dans ta chambre secrète et prie Dieu qui voit dans le secret. »[2] La chambre secrète, c’est le temple de l’âme humaine. Entrer dans le temple de son âme signifie rejeter loin de soi toute colère et agacement, toute haine et jalousie. La colère et le mécontentement mènent au meurtre, le meurtre, au vol, et les deux ensembles au mensonge, le plus grand vice dans la vie de l’homme. Les quatre premiers commandements : « ne tue pas », « ne vole pas », « ne commets pas d’adultère », « ne porte pas de faux témoignage » inculquent à l’homme ce qu’il ne faut pas faire. Les trois commandements suivants : « Honore ton père et ta mère et aime ton prochain comme toi-même », inculquent ce qu’il faut faire. Ainsi l’homme doit honorer son père et sa mère et aimer son prochain. Le prochain de l’homme ce sont ses bonnes pensées et bons désirs ; grâce à eux, il peut déraciner les mauvaises pensées et mauvais désirs, les mettre dans de meilleures conditions, c’est-à-dire les éduquer et les anoblir. Aimer son prochain, c’est planter dans son jardin les meilleurs fruits pour transformer les pensées et désirs mauvaises en pensées et désirs vertueux. Par ces commandements le Christ a voulu sensibiliser les juifs au sens de la vie, les faire s’aimer et renoncer au meurtre. Selon leurs lois, ils avaient recours au meurtre pour tout et n’importe quoi ; c’est pour cette raison qu’ils n’ont pas eu de royauté durable. Tous les êtres humains, tous les peuples qui aujourd’hui encore appliquent les anciennes lois juives, tuent constamment, volent et trompent. Observez l’histoire des peuples européens pour voir le nombre de guerres menées, le nombre de croisades entreprises pour libérer Jérusalem. Jérusalem sera libérée lorsque les humains cesseront de tuer, de voler, de commettre des adultères et de porter de faux témoignages. Que chacun de vous examine sa vie du début à la fin et se dise : « À partir d’aujourd’hui je mets une croix sur tout mensonge, vol, meurtre, adultère ! » Puis, tournez-vous vers le Christ et demandez-Lui ce qui vous manque pour hériter la vie éternelle. Il vous répondra : « Va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres ; puis viens et suis-moi. » Qui sont les pauvres ? Les prochains. Vous vous levez le matin gais, disposés, contents de la vie, quelle en est la raison ? C’est à cause de vos proches qui vivent en vous. Par conséquent, si vous voulez conserver votre bonne disposition, vous devez aimer vos proches. Le noble, le lumineux que vous portez dans votre esprit et dans votre cœur sont un monde sublime pour vous, ils sont votre bonheur. Si vous cherchez le Christ, vous Le trouverez dans vos pensées, sentiments et désirs vertueux: ils représentent les vrais liens de votre vie avec lesquels tisser la corde qui vous élèvera jusqu’au Ciel. Il est dit dans les Écritures : « Je vous ai attiré avec mon amour [3]». Donc l’amour est la somme des liens du bien, de la raison, de la justice qui mènent l’homme vers le monde d’en-haut. Seul l’amour est capable de faire entrer l’homme dans le Royaume de Dieu. Appliquez l’amour dans votre vie si vous voulez être heureux ; c’est ainsi que vous expérimenterez la force de l’enseignement du Christ. Les gens d’aujourd’hui se plaignent des souffrances et des malheurs et cherchent un moyen de s’en libérer. Ils peuvent y arriver uniquement s’ils bouleversent leur façon de penser : les vieilles pensées doivent être remplacées par les nouvelles. En pensant avec droiture, d’une nouvelle façon, l’homme comprend que les causes de sa souffrance d’hier peuvent engendrer sa joie d’aujourd’hui. La perte de sa fortune ou de sa position sociale ne l’effraie plus. Sa fortune, sa dignité ne dépendent que de lui ; il porte en lui les conditions pour être riche, fort, en bonne santé. Même s’il perd sa mère et son père, il sait qu’ils ne sont pas perdus, mais qu’ils demeurent en lui. Le père et la mère extérieurs sont un reflet de la mère et du père intérieurs, en vous : tout est caché en vous. Il suffit de cultiver de bonnes pensées et de bons sentiments dans votre esprit et dans votre cœur pour disposer de toute la richesse du monde. Alors, vous ne serez pas misérables, mais vous donnerez sans cesse de vous comme la source qui coule en permanence. Ouvrez les trésors de votre vie, de votre âme, et distribuez généreusement. Elle est remplie de bienfaits et de bonnes graines qu’il vous faut semer dans les champs divins. Ne vous pensez pas misérables, Dieu vous a tout donné, mais vous ne savez pas comment utiliser les bienfaits de la vie. Ne pensez pas que le bonheur se cache dans la richesse matérielle. On fait appel au discernement des humains ; celui qui est raisonnable utilise consciencieusement les bienfaits qui lui sont donnés, et c’est pour cela qu’il passe pour un homme fortuné. Le malheur de l’homme n’est pas causé par l’absence de bienfaits, mais par sa propension à retenir les bonnes pensées et les bons sentiments en lui, à ne pas les manifester au-dehors ; autrement dit, il ne permet pas à Dieu en lui de se manifester. Dieu lui murmure doucement : « Fais une bonne œuvre. – Je ne veux pas. – Laisse-moi alors la faire à ta place. – Je ne le permets pas. » Pouvez-vous dans ces conditions être heureux et trouver Dieu ? Où est le Seigneur ? En vous ! Ouvrez votre cœur et Il se manifestera. Inconscients des richesses et des bienfaits qu’ils portent en eux, les humains se lamentent, souffrent, se découragent. C’est ce que sous-entend le proverbe bulgare « avoir les pieds dans l’eau, mais rester assoiffé. » Si vous aimez le Seigneur, vous obtiendrez ce que vous souhaitez. Sans Dieu, l’homme ne peut conserver ni sa richesse ni sa force. Dans un conte populaire, on raconte comment Dieu et saint Pierre sillonnaient le monde, parmi les humains, pour voir comment ces derniers vivaient. Parcourant les villes, ils se sont retrouvés dans un quartier éloigné et sont rentrés dans une maison misérable pour passer la nuit. Les hôtes, simples et bienveillants, les ont bien reçus, leur ont donné le gîte et le couvert. Content de cet accueil hospitalier, Saint Pierre s’est adressé à Dieu en repartant : « Seigneur, pourquoi n’aides-tu pas ces braves gens à en finir avec la misère ? – Que ce soit fait selon ta volonté », a dit Dieu. Aussitôt, la petite cabane s’est transformée en une grande bâtisse, bien rangée, et les hôtes, en riches propriétaires bien vêtus et entourés d’une multitude de domestiques. L’hôte, plongé dans la richesse et le confort s’est adonné à une vie de luxure, de banquets et de beuveries : il mangeait, buvait sans jamais travailler. Dieu et saint Pierre ont continué leur tour du monde. Plusieurs années plus tard, ils se sont retrouvés dans la même ville où se trouvait la pauvre famille d’antan et saint Pierre a souhaité leur rendre visite et voir comment ils vivaient maintenant qu’ils étaient riches. Lorsqu’ils ont frappé à la porte la bonne hôtesse s’est montrée. Elle les a reçus gentiment, leur a donné un repas et proposé un lit pour la nuit comme à des étrangers venus de loin. Son visage était assombri, triste et tourmenté. En les installant dans leur chambre, elle s’est empressée de les prévenir qu’ils ne devaient pas s’alarmer s’ils entendaient des cris, des bruits et de la confusion en pleine nuit : « C’est mon mari, a-t-elle dit avec chagrin. Il revient saoul et ne se contrôle pas, mais fait des bêtises. » En se couchant, Dieu a dit à saint Pierre : « Va te coucher près de la porte, Moi, Je me coucherai de l’autre côté. » A peine endormis, ils ont entendu du bruit, des coups, des cris, une grande confusion ; le mari revenait d’une ripaille. Il ouvrait les portes de toutes les pièces, frappait, cognait sans savoir ce qu’il faisait. Il a fini par entrer dans la chambre des hôtes. En voyant un étranger dormir dans le lit, il a pris un bâton et l’a bien rossé : « Tu verras s’il est permis de dormir dans une maison étrangère sans l’accord de ton hôte ! » Lorsque le calme est revenu, saint Pierre a dit à Dieu : « Changeons de place pour qu’il ne me tabasse pas une seconde fois. » Ils ont changé de place, mais l’hôte ne s’est pas encore calmé, il est revenu dans la même chambre en se disant : « Attends que je lui administre encore quelques coups, qu’il se rappelle bien de moi ! » Alors qu’il levait le bâton, Saint Pierre a bougé et s’est trahi. L’hôte a fixé dans le noir et a remarqué un autre homme dans le lit : « Eh, c’est à ton tour maintenant, j’ai d’abord corrigé le premier, maintenant je m’occupe de toi qui es sur le côté. » Et il a de nouveau rossé saint Pierre de coups. À l’aube ce dernier a dit au Seigneur : « Partons, Seigneur, pour qu’il ne revienne pas me rosser une troisième fois. » Ils se sont vite habillés, lavés le visage, prêts pour la route. Alors Dieu a secoué sa serviette une fois dans les airs : la maison s’est retrouvée en proie aux flammes et a rapidement brûlé. Ainsi, saint Pierre s’en est sorti sans être battu une troisième fois. Quand l’homme vit uniquement pour boire et manger, lorsqu’il donne libre accès à la chair, c’est-à-dire aux sentiments inférieurs en lui, alors, si saint Pierre intercède en sa faveur, il sera rossé plusieurs fois par jour. Par conséquent ne priez pas pour l’obtention de biens matériels avant de vous lier à Dieu. Quelle que soit la nourriture donnée au loup, il restera un loup ; quelle que soit votre sollicitude à l’égard du serpent, du moustique, du pou, vous ne changerez pas leur nature ; quelle que soit votre sollicitude à l’égard du pécheur, vous ne le relèverez pas. Seules la faim et les souffrances sont de nature à relever le pécheur ; lorsqu’il atteint la limite de la souffrance, il prend conscience de sa situation, se repent, prie et se relève progressivement. Si vous voyez quelqu’un s’insurger contre ses souffrances et ses épreuves, sachez qu’il n’est qu’au début de ses difficultés. Il doit beaucoup souffrir pour adoucir son caractère, se repentir et être humble. La mission de l’homme est de travailler sur lui-même pour être sain, fort et raisonnable. Les bonnes pensées et les bons sentiments donnent la possibilité d’acquérir la santé, la force et de manifester son intelligence; c’est ce qu’on attend de tous, hommes, femmes et enfants. À ce moment-là les sociétés se réorganiseront d’elles-mêmes ; lorsque toutes les pièces sont en bon état, l’ensemble fonctionne bien. Pour les gens ordinaires les choses se font lentement et pour les sages, d’une seule traite ; ils connaissent les lois et n’en abusent pas. Si l’homme ordinaire travaillait avec les grandes lois de l’existence, il anéantirait le monde en un seul jour. Dieu ne donne pas le vrai savoir aux hommes ordinaires car ils appliquent encore la loi de Moïse : ils tuent, ils volent, ils portent de faux témoignages, etc. Comment l’homme doit-il agir pour se libérer de la vie ordinaire ? Il doit se lier à Dieu qui œuvre maintenant dans le monde. Vous aussi, travaillez avec Lui pour avoir une part dans le Royaume de Dieu. Travailler aux côtés de Dieu signifie pour l’homme, appliquer l’amour, honorer la mère divine comme le Christ le prescrit. Seul celui qui aime peut honorer sa mère et son père ; il est bon, juste et noble. Quelqu’un se plaint qu’on ne l’aime pas. Comment aimer un homme qui n’honore pas son père et sa mère ? Malheur à la jeune fille qui épouse quelqu’un qui n’honore pas sa mère et son père ; malheur au jeune homme qui épouse quelqu’un qui n’honore pas sa mère et son père. Les jeunes gens qui honorent leurs parents sont aimés et bénis par Dieu. Celui qui réclame l’amour de son prochain, doit honorer sa mère et son père ; c’est une loi qui agit dans l’existence. L’amour ne se manifeste pas en dehors de cette loi. Honorez votre âme et votre esprit, honorez l’âme et l’esprit de votre prochain pour être des enfants bien-aimés de Dieu. Celui que Dieu aime est aimé par les humains. Celui qui n’honore pas ses parents est un malheureux ; celui qui n’aime pas son prochain est malheureux aussi ; c’est un pécheur voué aux souffrances. C’est cela que le Christ a voulu dire dans le verset : « Si tu veux être parfait, honore ton père et ta mère, c’est-à-dire ton esprit et ton âme, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres ; puis viens et suis-moi. » Qui doit-on suivre ? Celui dont tout provient : la source originelle de la vie. Suivre Dieu signifie donner sens à sa vie, transformer les souffrances en musique, la faim et la misère en occupation agréable. L’homme alors ne craint pas la faim et les privations. Il ne s’inquiète pas s’il y aura du pain ou non, il sait que Dieu y a pourvu ; d’où et comment viendra le pain ne le préoccupe pas. Comment ont fait les juifs pour survivre quarante ans dans le désert ? Celui qui les a libérés de l’esclavage a pris soin de les nourrir et de les désaltérer. La source où l’homme puise sa nourriture n’est pas unique ; distribue tes avoirs et ne te demande pas d’où viendra le reste. Tant que tu ne vides pas l’eau viciée de la bouteille, tu ne peux pas la remplir d’eau fraîche. Videz vos portefeuilles pour les remplir de nouveau ; videz les bouteilles et les portefeuilles pour que Dieu les remplisse d’eau et de nourritures pures ; videz vos cœurs des sentiments anciens pour que Dieu y insuffle des sentiments nouveaux, une nouvelle chaleur qui les remodèlera ; c’est ce que le verset dit : « J’ôterai leurs cœurs de pierre et je leur en donnerai de nouveaux[4]. » Nos contemporains craignent les conditions de la vie et veulent savoir ce qu’il adviendra d’eux. Les bulgares veulent savoir ce qu’il adviendra de la Bulgarie. Rien de mal n’arrivera, la Bulgarie continuera son existence. Dieu dit aujourd’hui : « Si les gens M’écoutent, je prononcerai un seul mot et la guerre cessera. Comme ils n’écoutent pas, je les laisse guerroyer jusqu’à ce qu’ils s’assagissent. » Beaucoup de gens qui n’honorent pas leur père et leur mère n’aiment pas leur prochain, ils vivent toujours selon les lois de Moïse. Encore aujourd’hui il y a des parasites parmi les humains ; nous n’avons pas besoin de parasites. Le monde a besoin de gens vertueux, de belles fleurs qui diffusent au loin leurs effluves ; le monde a besoin d’âmes et de cœurs nobles, de mères, de pères, d’enfants raisonnables, voilà ce que veut Dieu et ce que le Christ a prôné il y a deux mille ans. Aujourd’hui les humains se divisent en religieux et gens du monde : les uns croient en Dieu et les seconds le renient. Le temps vient où une preuve nouvelle leur sera donnée sur l’existence de Dieu ; alors les aveugles verront, mais s’ils ne sont pas prêts à recevoir la nouvelle lumière, ils seront plus malheureux qu’auparavant. C’est la raison pour laquelle les yeux de certains aveugles restent éteints : le monde raisonnable les épargne, les maintient aveugles pour qu’ils ne souffrent pas davantage. C’est pour cela que tous les humains ne peuvent pas être riches. Ne donnez pas d’argent à ceux qui ne savent pas comment l’utiliser ; s’ils s’enrichissent avant l’heure, ils causeront beaucoup de tracas à eux-mêmes et à leurs proches. C’est pourquoi, quelles que soient les épreuves et les difficultés traversées, vous devez savoir que tout est pour votre bien. Vous avez besoin d’une foi vivante et inébranlable pour tout surmonter grâce à elle. Travaillez sur vous-mêmes, travaillez sur le monde pour l’anoblir. Autrefois les humains fuyaient le monde, ils allaient dans les forêts et les déserts et y œuvraient au service de Dieu ; aujourd’hui on dit à tous de revenir dans le monde pour y travailler. Autrefois les humains fuyaient l’enfer et le craignaient ; aujourd’hui ils vivent dans l’enfer et travaillent pour élever les âmes déchues et sorties du droit chemin. Il est temps de renoncer à vos anciennes convictions, de démolir vos anciennes maisons : l’ancien est détruit, le nouveau se bâtit déjà. Le scénario doit constamment se renouveler, on ne peut pas représenter la même dramaturgie, Dieu n’aime pas la routine. Tant qu’il vit sous la loi de Moïse, l’être humain sert encore le mal où s’applique le meurtre, le mensonge, le vol, l’adultère, etc. ; tant qu’il sert le mal, il vit sous la loi des naissances et des réincarnations. S’il renonce à cette loi, il sert le bien et rentre dans la loi de l’incarnation. Cette loi implique l’application des commandements suivants : « Honore ton père et ta mère, aime ton prochain et distribue tes biens aux pauvres. » Celui qui observe les sept commandements vit dans l’immortalité ; il se repose déjà car il a acquis le salut de son âme. Cela sous-entend un lien entre l’âme humaine et Dieu en tant que source de tous les bienfaits de la vie. Les gens d’aujourd’hui ont peur de leur ombre et c’est pourquoi ils ne pensent qu’à s’assurer. Le commerçant achète de la marchandise bon marché, puis il la revend en faisant croire qu’elle est de meilleure qualité dans le seul but de se réassurer. Pourquoi ne pas dire la vérité et avouer que le tissu n’est pas de la pure laine, mais un mélange de laine et de coton ? S’il disait toujours la vérité et ne se servait pas du mensonge, son commerce irait mieux. Quel que soit le service que vous assurez, vous devez rester honnêtes et authentiques. Si vous voulez être libres, dites toujours la vérité. Ne forcez pas quelqu’un à faire ce que son âme ne désire pas, ne forcez pas non plus votre propre âme. Un jeune homme ne veut pas se marier, mais ses proches le dupent et l’obligent à se marier ; il regrette ensuite d’avoir écouté les conseils des autres. Ne violentez pas les autres pour ne pas être violenté ; ne trompez pas les autres pour ne pas être trompé. Soyez fidèles à votre âme et à votre esprit, soyez fidèles à votre Maître. Soyez fidèles à Celui qui vous a tout donné. Il entrera dans votre temple, vous lavera les mains et les pieds et vous fera des offrandes : or, encens et myrrhe, et vous dira : « Elle est venue l’heure de votre salut, purifiez votre temple pour accueillir le sauveur. » Voulez-vous nettoyer votre temple ? Vous devez être bienveillant envers votre prochain, ne lui souhaiter que du bien. Le mal que vous voyez est lié à sa vie passée ; aujourd’hui il aspire au bien et deviendra bon. Les mauvaises personnes seront meilleures que celles qui passent aujourd’hui pour des gens de bien. Je me suis donné la tâche d’aider tous les infirmes, aveugles, pieds bots pour qu’ils guérissent et se réjouissent dans la vie. Tous les déserts doivent se transformer en oasis où le voyageur éreinté peut se reposer et se désaltérer. Tous les espaces vides doivent être replantés de vergers pour que quiconque passe à côté puisse recevoir quelque chose ; il s’arrêtera pour goûter les fruits sucrés et savoureux. Libérez votre pensée de toute manifestation négative : le doute, l’hésitation, la suspicion. Vous pouvez douter de tous sauf de Dieu. Il est doux et immuable. Dans toutes les conditions de votre vie, dans tous vos agissements et relations, Il reste inaltérable. Si vous êtes prêts à L’écouter, Il vous aidera toujours ; si vous ne L’écoutez pas, il vous laissera assumer les conséquences de votre vie et vos erreurs, expérimenter ce que signifie de vivre sans Dieu. Il n’y a pas de plus grande souffrance pour l’âme humaine que de s’éloigner de Dieu. Comment peut-on revenir dans le droit chemin ? Observez ce que fait l’enfant lorsqu’il fait de la peine à sa mère : lorsqu’il se rend compte qu’il l’a attristée, il retourne auprès d’elle et se met à pleurer ; ces pleurs sont sa prière. Il pleure, il prie sa mère de le prendre de nouveau dans ses bras. Je vous dis à vous aussi : allez auprès de Dieu comme l’enfant va auprès de la mère. Il est votre Père et votre Mère. Si vous voulez que vos enfants vous honorent, reliez-vous à Dieu. Vous verrez qu’en moins d’un an, votre vie s’améliorera. Lorsque vous expérimenterez cela, de nouvelles pensées viendront dans votre tête et vos yeux s’ouvriront. Alors vous aurez non pas deux, mais cent yeux : devant la tête et derrière, à gauche et à droite, en haut et en bas, etc. Quelqu’un se plaint qu’il travaille beaucoup mais que ses yeux ne voient pas encore ; il ne voit pas parce qu’il n’a pas encore cette foi vivante qui ouvre les yeux de l’aveugle. Je crois en votre âme, je crois dans vos talents et je sais qu’un jour vous ouvrirez les yeux ; alors, que vous fassiez quelque chose de mal, que vous fautiez, que vous commettiez une bêtise, votre âme ne s’altérera pas. J’aime les pécheurs qui se repentent, c’est pourquoi je tends la main pour secourir tous les faibles, les ignorants, les pécheurs. Cela peut être une faiblesse, mais le Christ aussi avait un faible pour les pécheurs. Il est venu dans ce monde pour eux, pour les secourir, les élever, les libérer. Il a réussi son examen, a subi toutes les ignominies, les infamies, il a été crucifié pour ressusciter le troisième jour. Je vous souhaite d’avoir la même faiblesse : aimer ceux qui se repentent et les aider. « Viens et suis-moi ! » dit le Christ. Où ? Dans ce que je dis. Sofia, 25 février 1917 [1] TOB = « Jésus lui dit: " Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi ! " (Matthieu 19, 21) [2] Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. (Matthieu 6, 6) [3] Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi." (Jean 12, 32) [4] « J’ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. » (Ezéchiel, 36,26)
  4. Les enfants Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez pas comme les petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. Matthieu.[1] 18 :3 Pour expliquer qui peut entrer dans le Royaume des cieux, le Christ se sert d’une forme simple et accessible à tous et qui existe depuis la création du monde : les enfants. Ce qui égaie les foyers, ce qui égaie le monde, ce sont les enfants. Une maison sans enfants, c’est un désert aride sans verdure. Pourquoi l’homme doit-il devenir un petit enfant pour atteindre le Ciel ? Enfant revêt dans le langage du Christ un sens plus profond que celui que nous y mettons. Le Christ ne dit pas : « Tu entreras dans le Royaume de Dieu si tu es une pierre précieuse sur la couronne d’un roi, si tu es millionnaire », mais il dit : « Si tu n’es pas comme un enfant, tu n’entreras pas dans le Royaume des cieux. » Il introduit ici l’idée de rapetissement. L’enfant est le symbole d’un état passif qui représente en quelque sorte de l’énergie potentielle, de l’énergie mise en veille. Mais cette énergie n’est pas inactive, car toutes les conditions pour son développement y sont stockées ; elle est à la fois potentielle et cinétique. L’énergie potentielle se transforme en énergie cinétique et vice versa. L’énergie cinétique a un plus grand champ d’activité, mais son ampleur est moindre, alors que l’énergie potentielle peut se développer à l’infini. Il en est de même pour l’enfant par rapport à l’adulte : l’adulte a une moindre ampleur de développement que l’enfant. Cette idée de l’enfant a aussi un autre sens : si l’arbre ne retourne pas à l’état de graine et s’il n’est pas planté dans le sol, il ne peut pas recommencer son développement. Le développement des arbres se fait de deux façons : les uns se développent, germent, à partir de graines ; les autres, par bouturage ou marcottage. Il y a une grande différence entre la plante qui a poussé à partir d’une bouture et celle qui a poussé à partir d’une graine. Lorsque la plante vient d’une graine, elle renferme une plus grande vitalité que celle qui se développe par bouturage. Le Christ dit : « Si vous ne vous convertissez pas en graines dans la vie, vous n’entrerez pas dans le Royaume de Dieu », car là, on ressème par graines et non par bouturage. Le Seigneur n’a pas besoin de vieillards, il n’y a pas de vieillards dans le Royaume de Dieu. Le mot vieux est synonyme d’impuissant, alors que les jeunes, les enfants sont synonymes du mot riche en esprit et en cœur. Je l’interprète aussi comme ça : si vous n’avez pas l’esprit et le cœur, c’est-à-dire l’innocence et la pureté de l’enfant en vous, vous ne pouvez pas entrer dans le Royaume de Dieu, car les conditions de développement exigent que votre esprit et votre cœur contiennent la vie divine. L’une des plus grandes erreurs dans les mouvements religieux modernes est de considérer que nous sommes grands. Chez chacun de vous, même chez les enfants de cinq ans, il y a cette idée de grandeur. J’ai souvent rencontré des enfants de cinq-six ans chez qui a germé l’idée qu’ils sont grands, qu’ils sont une force importante et qu’ils sont capables de beaucoup de choses. J’ai aussi rencontré des enfants religieux qui se considèrent très importants : « Ne me touchez pas, disent-ils, si je bouge le petit doigt, je suis capable de tout. » Ces enfants, priés de soulever un gros sac, n’en sont pas capables ! Pourquoi ? Simplement parce qu’ils pensent être grands alors qu’il n’en est rien ; s’ils se considéraient petits, ils pourraient alors le soulever. On peut le vérifier : restez tel un enfant en vous-mêmes, déposez une pensée dans votre esprit, et si vous ne vous angoissez pas, elle aura une force dix fois plus productive que si vous êtes constamment en proie à l’inquiétude. Lorsque vous vous placez devant un interrupteur électrique, qu’attend-on de vous ? Simplement que vous actionniez l’interrupteur. Et la force employée à ceci est minime. Le monde est ainsi arrangé par Dieu : on vous envoie simplement pour actionner cet interrupteur. Mais que fait la majorité des humains ? Ils s’arrêtent devant l’interrupteur pour philosopher ! Aucune lumière ne jaillira de la sorte. Ne philosophez pas à ce moment-là, un seul mouvement du bras et la lumière – la condition pour pouvoir lire – jaillira. La même loi s’applique le matin au réveil : vous actionnez votre interrupteur et vous dites : « Je vois. » Et, lorsqu’elle rentre dans le corps humain, l’âme a un interrupteur qu’elle actionne, disant : « Je vois le soleil. » Si vous oubliez d’actionner votre interrupteur, vous serez dans l’obscurité, c’est-à-dire que votre esprit sera troublé, incapable de travailler. Certains matins vous vous levez et oubliez de tourner l’interrupteur de votre cœur, de votre esprit, et toute la journée votre vie est en désordre, vous ne trouvez aucun sens en elle... Je dis : vous êtes dans la situation d’un enfant avec de grandes prétentions qui songe à de grandes choses en oubliant de faire la chose la plus simple : tourner le petit interrupteur qui permet à la lumière d’entrer dans le monde. Je croise constamment des gens avec des interrupteurs non actionnés, avec de grandes idées, qui rêvent de beaucoup de maisons, de maisons à plusieurs étages, alors qu’ils sont aveugles. Vous n’avez pas besoin de ces maisons, tournez d’abord l’interrupteur et construisez ensuite ces maisons. Devenez un enfant de l’obéissance, ce n’est qu’alors que Dieu parlera et que vous comprendrez les rapports qui existent entre Dieu et vous. Nos contemporains ont perdu leur rapport à Dieu, ils se croient libres, en droit de faire ceci ou cela, en droit de critiquer même Dieu. Je demande à une telle personne : « En te levant ce matin, as-tu actionné l’interrupteur ? – Non. – Rentre chez toi et tourne l’interrupteur, car sinon tu seras toute la journée dans l’obscurité et dans l’indisposition, et la vie n’aura pas de sens pour toi. » La même loi s’applique dans les rapports entre les humains : si tu as tourné l’interrupteur, tout le monde t’aime ; tu as oublié de tourner l’interrupteur, tout va de travers. Tu te prends pour quelqu’un d’important, pour une sommité, personne ne t’aimera, personne n’aime les prétentieux. La loi du Ciel donne les enfants en exemple, à cause de leur désintéressement. Porter beaucoup sur ses épaules et avoir peu dans le ventre sont deux choses différentes. Si tu portes cent kilos de blé sur tes épaules et un demi kilo de blé dans le ventre, où sera la force ? Les économistes modernes, en chargeant l’État de dettes, ne comprennent pas la loi divine. Je préfèrerais qu’on distribue à chacun un demi-kilo de blé dans le ventre, plutôt que cent kilos de blé sur les épaules. Il est préférable d’avoir cent grammes de savoir dans le cerveau plutôt que cent kilos de fardeau sur les épaules. Quelqu’un peut avoir cent livres, mais cinquante grammes de savoir dans le cerveau valent plus, en tant qu’énergie potentielle et cinétique, que ce qui est en dehors de lui. Ainsi, par le mot enfant le Christ désigne un état intérieur particulier : être en accord, en connexion avec le monde spirituel, avec toutes les forces, avec toutes les créatures. Si tu te mets à penser que tu es quelqu’un d’important, tu perds cette connexion. Lorsqu’un grand ange du Ciel qui a vécu des millions et des milliards d’années, qui a en lui plus d’expérience que toute l’humanité et dont l’histoire est plus longue que celle de tout le genre humain, décide de descendre s’incarner sur terre, il prendra la forme d’un petit enfant et sera humble, il débutera par là son développement pour comprendre la grandeur de Dieu. C’est pourquoi on a interrogé le Christ : « Est-ce qu’un vieillard peut entrer dans le Royaume de Dieu ? »[2] Qu’il soit ange ou Dieu, il ne le peut pas. Celui qui veut y entrer doit être humble, devenir comme un enfant. Vous tous qui m’écoutez ici, vous voulez entrer dans le Royaume de Dieu comme vous êtes. Je dis : non, cela n’a jamais été ainsi et ne le sera jamais. Si vous n’acquérez pas les caractéristiques de l’enfant, la souplesse de l’esprit et du cœur, vous ne comprendrez pas le sens de la vie. Vous êtes cependant très proches du Royaume de Dieu : la distance qui sépare ce monde de l’autre est d’un cent millionième de millimètre, c’est tout ce qui sépare les deux mondes. Lorsque l’homme s’engage sur le chemin du développement, il avance très lentement. Je vois tout le monde s’engager sur le chemin spirituel comme des adultes et non pas comme des enfants. Lorsqu’on part à grandes enjambées, on n’atteindra pas son objectif. Si vous voyez quelqu’un sortir en courant, il ne réussira rien ; mais s’il s’engage doucement en accélérant progressivement, il est comme un enfant. Le Christ dit : « Ne commencez pas votre travail en vous pressant, avancez comme les petits enfants, marchez sans relâche et accélérez au fur et à mesure deux, trois, quatre, cinq, six fois, et vous trouverez un sens à votre vie. » Tant que vous êtes comme des petits enfants, aucune maladie ne vous frappera, mais si vous êtes comme des vieillards, toutes les maladies vous assailliront. Celui qui est troublé est vieux ; celui qui porte un fardeau sur le cœur est vieux. Devenez jeune. Tu dis : « J’en ai gros sur le cœur. – Tu es vieux. – Que dois-je faire ? – Deviens jeune ! – Comment ? – Ne songe pas à de grandes choses dans la vie, mets un demi kilo de pain dans ton ventre, cent grammes de savoir dans ton cerveau et cinq grammes dans le cœur, ça te suffit. Les jeunes filles, si elles sont courtisées par dix ou quinze jeunes hommes commencent à se tourmenter, à s’agiter, et finissent dans la tristesse. Il y a quelques années une jeune femme a été tuée à Sofia par son fiancé car elle le trompait. Pourquoi aimez-vous deux personnes ? Une seule vous suffit. Chaque pensée a sa place ; si vous n’aimez pas quelqu’un, ne le trompez pas, dites-lui la vérité et il se trouvera quelqu’un d’autre. Et du point de vue religieux, les humains souffrent de ce même amour. On dit : « Soyons aimants », mais savez-vous comment s’exprime l’amour ? Celui qui désire beaucoup commet un péché, et celui qui commet un péché souffre. Celui qui pêche est mauvais, mais celui qui pêche et ne se repent pas est pire ; celui qui pêche et ne se repent pas, ni ne prie est encore pire ; et celui qui ne se repent pas, mais prie est hypocrite, et l’hypocrite est l’homme le pire du monde. Il existe dans le monde deux mensonges, deux types de péchés : lorsque vous affirmez que vous aimez quelqu’un, mais que vous lui mentez, vous agissez comme les crocodiles qui arrosent de leurs larmes celui qu’ils aiment pour le rendre plus lisse et mieux l’avaler. Ce n’est pas cet amour qu’il faut, mais celui des petits enfants. Offre peu, mais du fond du cœur. Si les hommes et les femmes avaient appliqué cette philosophie dans la vie, les foyers et les sociétés se seraient améliorés. Père, mère, enfants, enseignants, prêtres, juristes, tous nourrissent de grandes idées, ce sont de grands hommes dans ce monde, plus grands que quiconque. Et vous me demandez pourquoi le monde souffre. Il souffre à cause des « grands » hommes, des « grandes » idées. On dit : « C’est un prêtre remarquable, il prône de grandes idées. » Oui, nous souffrons tous de ces « grandes idées ». Les juifs aussi avaient de grandes idées pour devenir riches, ils se sont enorgueillis d’être le peuple élu et d’avoir trente-trois mille promesses de Dieu, mais le Christ leur a montré que la grandeur de l’homme réside dans sa capacité à être humble comme un enfant, c’est à cette condition seulement que Dieu sera de son côté. Je n’ai pas vu jusqu’à maintenant une mère porter dans ses entrailles un vieillard, même contre des millions, alors qu’un petit enfant est porté sans rétribution. Pourquoi ? Parce que cet enfant porte en lui de grands bienfaits. Chaque idée divine, aussi minuscule soit-elle en entrant, apporte paix, joie et grandeur ; c’est pourquoi chacun peut porter les petits enfants. Certains parmi vous pensent que les grandes idées répandent le bonheur dans le monde. Pour illustrer cette pensée je vous raconterai une fable. Un prince allemand sans le sou a voulu se marier avec une belle femme, mais elle lui a dit : « Je suis une femme avec beaucoup de prétentions, tu devras me construire un magnifique palais et tu devras me procurer tout ce que je désire. Si tu es d’accord avec cela, je te prends comme époux. Es-tu prêt ? – Je suis prêt à tout car avec toi je serai heureux, a dit le prince ». Il s’est marié et, par l’occultisme, il s’est mis à chercher des richesses auprès des esprits. Il a trouvé le prince des gnomes et l’a interrogé : « Je me suis marié avec une femme très exigeante et j’ai besoin de beaucoup d’argent, peux-tu me rendre ce service ? – Oui, je le peux, mais à une condition : pour chaque sac plein d’argent tu dois me donner dix cheveux de ta tête. – J’en ai assez, je peux t’en donner plus. – Non, j’en ai besoin de dix uniquement. À chaque fois qu’on se croisera, tu prendras une bourse pleine d’or ». « Je suis à l’abri, s’est-il dit, enfin le jour du bonheur est venu dans mon foyer. » Il s’est mis, semaine après semaine, mois après mois à visiter le prince des gnomes : il récupère de l’argent et il laisse des cheveux. Une année passe ainsi, deux, trois ; il n’a plus aucun cheveu sur la tête. Il se rend une nouvelle fois pour prendre de l’argent, mais il n’a plus de cheveux. « Ne veux-tu pas quelque chose d’autre ? demande-t-il. – Non, des cheveux, j’ai besoin de cheveux ». Et c’est là qu’il a compris que le caractère humain se cache dans ces cheveux. Il a sacrifié les petites choses pour celles qui lui semblaient plus grandes en apparence ! Chaque cheveu est une noble pensée sacrifiée pour rien. Si vous avez dix ans durant un tel élan, vous sacrifiez tout ce qui est noble en vous et vous finissez nu et dépouillé comme un désert. Alors vous vous transformez en un grand arbre vieux et desséché, symbole du caractère d’un homme déchu. Ne nous offensons pas de la vérité. Je sais, beaucoup se fâchent lorsqu’on leur dit la vérité, mais celui que la vérité vexe est un vieillard aux yeux de Dieu. Voilà la loi devant Dieu : le Seigneur ne s’est jamais vexé pour le moment. Aucune autre créature n’a subi plus d’outrages que Dieu, mais Il n’a jamais même froncé les sourcils. Il regarde calmement, doucement, et Il dit : « Ces enfants comprendront la loi ; ils amassent des péchés et c’est pour cela qu’ils porteront ce fardeau. – C’est dur, très dur, c’est la misère. Que ferons-nous ? – Vous travaillerez. – N’y a-t-il pas un autre moyen ? – Non, vous travaillerez. – Nous sommes adultes. – Vous prierez, vous deviendrez des enfants ». Lorsque vous retournerez chez vous, tentez de redevenir des enfants et vous verrez comment vous rajeunirez. Vous êtes vieux, pourquoi ? Parce que vous portez le fardeau du monde sur vos épaules. Lorsque vous êtes sur un bateau pris dans la houle et que la peur vous saisit, qu’est-ce que cette peur vous apporte ? Restez calme, ayez confiance comme un enfant, Celui qui a créé le bateau prendra soin de vous. Le bateau s’agitera, puis finira par s’immobiliser. Il y a du tonnerre, de l’orage, ne craignez rien. Les oiseaux dans le ciel s’agitent aussi, mais ils comprennent cette loi mieux que vous. Vous m’excuserez pour tout cela. Si vous êtes vieux, vous vous vexerez ; si vous êtes jeunes, je vous salue. Que personne ne le prenne mal lorsque je dis la vérité. Celui qui traverse pieds nus un endroit pierreux, je lui dirai : « Mets des souliers car tu blesseras tes pieds sur le trajet et tu seras contraint de rebrousser chemin ; les souliers te sauveront. » Si c’est une dame, elle préfèrera se blesser, mais rester sans souliers pour plaire à son chevalier servant. C’est dangereux de marcher pieds nus. Les enfants sont toujours chaussés. Voyez les papillons, ces petites créatures du Seigneur, voyez leurs magnifiques toilettes ; si une reine sur terre avait les mêmes, elle serait la plus heureuse qu’il soit. Le Seigneur les habille bien, même si leur vie est brève. Pourquoi le Seigneur les habille-t-il aussi bien ? Parce que ce sont des enfants. Et pourquoi le Seigneur afflige-t-il les adultes ? Parce qu’ils sont vieux. Pourquoi le Seigneur bénit-t-il certains ? Parce que ce sont des petits enfants. La mère pardonne les nombreuses erreurs de ses enfants, mais si son mari commet une faute elle dira : « Ce vieux, je ne le veux plus. » Ainsi, le Ciel pardonne tous les péchés aux petits enfants, mais il est inflexible envers les vieillards en disant : « Dehors ! » Alors, qu’est-ce que cela fait naître en nous ? Le ressentiment, le désespoir, la haine envers la vie, car nous rencontrons une résistance et des conditions défavorables pour notre développement. Pour être aimés de Dieu et des humains le seul remède est d’accueillir cette idée divine en nous : être petits devant Dieu, avoir un cœur et un esprit compatissant et accessible. L’amour a des degrés d’intensité : si on se tient à deux mètres d’un poêle, on ressent une agréable chaleur, mais si on pose sa main dessus, on se brûle. Les vieillards sont des poêles chauffés à blanc, parfois ils brûlent ; ils sont en général intéressés. Ne pensez pas que je parle de vous ; je parle de ces vieillards évoqués dans les Écritures. Un vieillard est celui qui se croit grand, important et il faut s’en méfier. Voilà ce qu’a prôné le Christ en disant : « Devenez comme des petits enfants. » Si vous observez la nature, vous verrez que les choses précieuses ne sont pas volumineuses. Par exemple le diamant, la matière qui l’a formé jadis a été gazeuse, un gaz qui a occupé un grand volume et qu’il a fallu condenser. Le Seigneur l’a densifié, l’a transformé en corps solide tout en rétrécissant son volume ; il est devenu petit en taille, mais d’une grande valeur. Avez-vous une idée de l’énergie de la matière condensée dans un atome ? De la même façon, suivant la même loi, nous devons rapetisser, devenir petits comme des enfants, car seul Dieu est grand. Et pour être comme Lui, nous devons apprendre l’art des choses transitoires dans l’existence, les étapes transitoires de la vie : pourquoi les petites choses passent de petites à grandes. Une graine mûre, aussi petite soit-elle, lorsqu’elle tombe au sol, trouve des conditions pour son développement, alors qu’une feuille morte, un fruit pourri, aussi grands qu’ils soient, s’ils tombent au sol, se décomposent. C’est le sens des paroles du Christ. Il a parlé jadis pour les gens instruits de son époque, pour vous, pour ceux qui peuvent comprendre et appliquer Son enseignement. Pour ceux qui ne Le comprennent pas, qui ne peuvent pas appliquer Ses pensées, Il ne dit rien. Lorsqu’un grand musicien joue, il joue pour ceux qui ont une oreille pour l’écouter ; lorsqu’un sculpteur fait une statue, il l’expose pour ceux qui estiment et comprennent son art ; un écrivain qui écrit un livre, il a de l’importance pour ceux qui le comprennent. Le Seigneur a fait le monde et a écrit Sa loi pour ceux qui Le comprennent. Ceux qui ne Le comprennent pas porteront leur fardeau sur les épaules et seront de « grands » hommes. Jadis, à la création du monde par Dieu, les esprits qui sont descendus sur terre ont voulu être grands, imposants, c’est pourquoi ils avaient des corpulences énormes, et c’est pourquoi il y avait de si grands animaux. Si ces grands animaux avaient subsisté sur terre, ils l’auraient dépouillée et dévastée, et ils auraient tout mangé. Le Seigneur a dû enseigner à ces esprits incarnés à ne pas avoir de si grands corps, car la majesté d’une créature ne réside pas dans sa corpulence. Une idée est grande non pas lorsqu’elle est volumineuse, mais lorsqu’elle porte quelque chose d’important pour le développement des autres. Si vous plantez un noyer, dix à douze ans après il sera énorme, mais à sa mort il reviendra dans sa forme initiale. Je vous dis de devenir comme les petits enfants et de l’expérimenter. Implantez cette idée du Christ dans votre esprit et tâchez d’être petits devant Dieu. Imaginez que vous démarrez maintenant votre vie dans le Royaume de Dieu. Vous pouvez penser que vous êtes des gens célèbres, émérites, mais combien de grands rois, de personnages illustres il y a eu jadis dont aucun souvenir ne subsiste à présent. Nous nous égarons en pensant que les gens qui nous entourent sont renommés ; l’avènement d’un malheur permet de mesurer cette notoriété. Il y a quarante ou cinquante ans, il y avait dans un village proche de Varna un fils de notable, très illustre, tout le monde le connaissait, il s’appelait Petran. Chaque semaine il rassemblait des convives pour festoyer, il égorgeait un agneau pour les nourrir, et les festivités duraient longtemps. Un malheur l’a frappé, il a tout perdu et s’est retrouvé dans la misère ; alors, on l’a abandonné. Ce Petran se croyait grand et illustre. Qu’est-ce qu’un homme illustre ? C’est un bœuf mort. Les chiens se jettent sur sa carcasse et continuent de parler de lui tout en le dévorant ; et ensuite on n’entend plus parler de lui. Les gens disent : « Bla, bla, bla, » tant qu’il y a à manger, tant que tu les nourris ; lorsque tu meurs et que plus rien ne reste de toi, on arrête de parler de toi. Ce sont les malheurs de notre vie extérieure. Nous sommes très beaux en apparence, mais c’est l’autre beauté qui importe, celle du cœur et de l’esprit. C’est pourquoi, purifiez votre cœur et votre esprit sans vous laisser leurrer par le « bla, bla, bla… ». Devenez des petits enfants pour entrer dans le Royaume de Dieu et hériter de la vie nouvelle. Les humains sur terre sont morts, et les chiens, les corbeaux, les rapaces les dévorent car ils sont « grands ». Lorsque vous lirez L’Apocalypse - le livre de la Révélation - vous verrez que le Seigneur appelle tous les rapaces et leur dit : « Venez, petits, disposer de votre part, venez vous rassasier de la chair des valeureux, ces grands hommes. »[3] Que signifie cela ? Lorsqu’un grand chêne décrépit et se transforme en terre, le Seigneur envoie de petites graines et herbes et leur dit : « Prenez votre part de ce chêne, car il vous empêchait jadis de vous développer. » C’est pourquoi le Christ dit : « Si vous ne devenez pas comme des petits enfants, vous ne rentrerez pas au Royaume de Dieu ; Dieu ne sera pas de votre côté. » Dans vos nouvelles conditions d’existence vous devez adopter une nouvelle moralité, de nouveaux principes religieux, plus forts que les principes actuels. Ces principes dont vous vous êtes servi jusqu’à maintenant sont faibles, ils ne peuvent pas résister. Vous avez une corde qui peut soulever dix kilos, mais vous voulez soulever cent kilos, que faire ? Vous rendrez la corde dix fois plus résistante. La corde représente la moralité, elle doit devenir dix fois plus résistante que la moralité d’avant pour tenir le coup. C’est pourquoi nous devons modifier notre vision du monde selon cette loi. L’homme le plus mauvais, s’il devient un petit enfant, évoluera et vous l’aimerez. Il n’y a pas de lutte entre un chêne et de l’herbe, mais entre deux chênes. Oui, plantez-les, l’un à côté de l’autre, vous verrez leur combat, qui l’emportera sur la taille, sur l’accaparement des rayons du soleil. Celui qui s’élèvera réussira, et celui qui restera en bas, dira : « Je suis resté petit. » Petit, mais avec de grandes idées. Tu n’es pas petit, tu attends simplement ton tour et tu diras : « Je serai ton fils, un fruit. » Et l’autre te dira : « Je suis ton père. – Père, je te remercie de tes soins à mon égard. » Et ce fruit sera un jour grand et échangera son rôle avec son père. Le Christ exige que chacun de nous soit une sorte d’arbre et que cet arbre donne du fruit, une graine sur laquelle fonder le Royaume de Dieu. Vous direz : « Ces choses sont abstraites. » Non, implantez cette idée : « Je veux devenir un petit enfant divin, aide-moi, Seigneur Dieu, à réaliser cette pensée. » Méditez douze mois sur cette pensée et vous verrez le changement dans votre vie. Mais ne fanfaronnez pas là-dessus, je sais que vous êtes petits. Lorsqu’un grand hêtre vient dire : « Je suis petit », il ne dit pas la vérité ; lorsqu’un riche prétend ne pas avoir d’argent, c’est qu’il craint d’être cambriolé ; lorsqu’un pauvre dit qu’il a de l’argent, il ment aussi. Que chacun dise la vérité. Ayez foi dans cette grande loi divine sur l’enfant, et le Seigneur sera avec vous. Si Dieu vous fait crédit, Il vous fera grands, mais si vous vous croyez grands vous-mêmes, vous êtes comme ce marchand menteur qui prétend avoir de l’argent alors qu’il n’en est rien. C’est le sens profond de ce verset : « Devenir comme les petits enfants. » Je ne veux pas que vous reteniez l’idée : « Nous ne sommes donc rien ? » Laissez cette idée de côté. Ce que vous avez été jusqu’à présent importe peu, c’est ce que vous serez désormais qui est important. On sait ce que les humains ont été jusqu’à maintenant, ne réveillons pas le mal. Soyons des petits enfants de Dieu, voilà le futur idéal. J’aimerais que vous soyez des enfants de Dieu pour utiliser les grands bienfaits que le Royaume de Dieu vous offre. J’aimerais que vous soyez tous intelligents, heureux et vertueux. Je vous dis ce que vous serez, et la manière de devenir ainsi. Vous direz : « Comment considérer cette petite goutte d’eau ? » Ne vous inquiétez pas, elle va grossir, la pluie ne tombe pas d’un seul coup, mais tout doucement, puis forcit progressivement. Mais ces petites gouttes d’eau apportent leurs bienfaits dans le monde. Les petits enfants ne connaissent pas la peur, ce sont leurs grand-mères qui leur font peur : « Le loup garou viendra te manger. » Les domestiques aussi, pour pouvoir sortir à un rendez-vous galant, font peur aux enfants avec le loup garou pour les mettre au lit plus vite. Les mères, pour aller au bal, leurrent aussi les enfants en leur faisant peur avec quelque monstre. À bas vos épouvantails, ne trompez pas les petits enfants, ne vous leurrez pas vous-mêmes ! Soyez honnêtes envers vous-mêmes et envers les autres, c’est la seule manière de vous rajeunir et d’embellir. Lorsque l’idée divine viendra en vous, vous serez transformés, la bouche, les sourcils, tout. En Europe, on refait ses lèvres plus rouges car la rougeur symbolise la richesse et la bonne santé. Laissez-les plutôt venir de façon naturelle. Être de petits enfants signifie cesser de leurrer Dieu. Quelqu’un ne croit pas en Dieu ; il peut avoir de sérieuses raisons pour son incrédulité. Quelqu’un dit : « Dieu n’existe pas. Je dirais plutôt que tu n’as pas actionné l’interrupteur. – La vie n’a pas de sens. – Tu n’as pas actionné l’interrupteur. – Mais les humains sont mauvais. – Tu n’as pas actionné l’interrupteur. » L’interrupteur du petit enfant est à l’intérieur et il n’y a pas plus belle, plus fidèle idée que celle-ci. Certains veulent savoir qui est le Christ. Les paroles qu’Il a prononcées, voilà le Christ. Est-ce que vous pouvez employer ces paroles pour être heureux, voilà le Christ. La force de la vie n’est pas dans la lettre mais dans l’Esprit. Je suis attentif, respectueux de la vérité divine, je dis toujours ce qui est vrai. Nous ne devons pas être comme ce disciple de Socrate qui, pour se montrer humble, est allé un jour auprès de son maître avec un pantalon déchiré. Alors, le maître lui a dit : « Ton orgueil transparait même à travers les trous de ton pantalon. » Nous devons être attentifs. Comme vous le constatez, je suis vigilant par rapport à vos cœurs, je n’ai jamais dit ce qui n’est pas vrai. Tout ce que je vous dis est vrai, vous pouvez le vérifier. Si vous n’avez pas de résultat, je m’y attèlerai avec vous. Dites-vous seulement : « Cette année, je veux être un petit enfant de Dieu. » Je vous renvoie chez vous avec cette idée : être de petits enfants de Dieu. J’aimerais que tous les Bulgares soient de petits enfants de Dieu. J’aimerais que tous les états d’Europe soient de tels enfants, il régnerait alors la véritable paix divine dans le monde. Sofia, 11 février 1917 [1] « En vérité, je vous le déclare, si vous ne changez et ne devenez comme les enfants, non, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux. » (Matthieu 18, 3) [2] Jésus lui répondit : "En vérité, en vérité, je te le dis : à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu." Nicodème lui dit : "Comment un homme, pourrait-il naître s’il est vieux ? Pourrait-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère, et naître ? (Jean 3, 3-4) [3] « Alors je vis un ange debout dans le soleil. Il cria d'une voix forte à tous les oiseaux qui volaient au zénith : Venez, rassemblez-vous pour le grand festin de Dieu, pour manger la chair des rois, la chair des chefs, la chair des puissants, la chair des chevaux et de ceux qui les montent, la chair de tous les hommes, libres et esclaves, petits et grands. » (Apocalypse 19, 17-18)
  5. La Clarté « Vous êtes la lumière[1] du monde »[2] Matthieu 5:14 Dans la causerie précédente j’ai parlé du sel, le premier élément divin de la vie, et aujourd’hui je parlerai du second élément, la clarté. Je tâcherai de traduire les paroles du Christ dans notre langage contemporain du XXème siècle. Que désigne le Christ par le mot clarté ? Chaque mot a son sens. Il n’est compris que lorsqu’il produit un effet dans l’intelligence ou le cœur de l’homme. Si vous prenez une allumette, vous pouvez comprendre son effet uniquement si vous l’allumez, sinon elle est inutile. Par conséquent, les paroles de la langue parlée sont des allumettes et chacun doit avoir son briquet ou sa boîte d’allumettes pour les allumer afin que chaque mot puisse produire son effet. Nous ne devons pas être comme les petits enfants : nous contenter de sortir des allumettes de la boîte, de les brûler et de les jeter, ce n’est pas cela la philosophie. Il y a des écrivains contemporains qui sortent constamment des allumettes pour les brûler et les jeter. Je demande quel effet cherche-t-on à obtenir par ces « allumettes » ainsi brûlées ? Jugez par vous-mêmes quel effet cela peut avoir ! À l’avenir le verbe doit être salé et contenir en lui la clarté. Vous avez encore une idée confuse sur le mot clarté. En bulgare, les mots lumière et clarté ont la même racine, mais la lumière est le reflet de la clarté. La clarté est cet élément divin qui s’unit à la raison humaine, qui nous fait réfléchir de manière raisonnée, avec logique et cohérence dans les idées. Dans la science moderne, les physiciens débattent sur la lumière : vient-elle du soleil ou d’ailleurs. Certains scientifiques réfutent qu’elle vienne du soleil, mais soutiennent qu’elle est une énergie particulière qui, une fois au contact de la surface terrestre, s’y brise pour produire un reflet de lumière. La clarté est un processus interne, une substance qui peut s’expérimenter à tout moment. La clarté est la chose la plus réelle au monde, mille fois plus réelle que ce monde : elle crée la pensée humaine, les désirs, elle est conductrice dans le monde spirituel et existe sous forme d’éther. C’est une enveloppe de l’esprit humain, du discernement humain et sans elle, personne ne peut penser, ni sentir. Tous ceux qui ont suivi un cursus scolaire au lycée et ont éprouvé des difficultés à résoudre certains problèmes, savent que les solutions ne sont pas visibles immédiatement, mais qu’en travaillant quelque temps dessus, une lumière s’allume soudainement et la solution au problème apparaît ; c’est la clarté qui fait cela. Je vous donnerai quelques règles pour le vérifier, car je ne vous livre pas une théorie, mais une science positive qui peut être expérimentée. La clarté, c’est l’état de santé de la raison humaine, l’ambiance dans laquelle elle doit toujours baigner. Lorsque les écrivains perdent cette clarté, ils deviennent improductifs ; lorsque les maîtres la perdent, ils perdent leurs méthodes et ne peuvent plus enseigner ; lorsque les mères la perdent, la patience et l’amour leur font défaut et elles ne peuvent pas éduquer. Si vous n’avez pas de clarté en vous, ni amour ni vérité ne peuvent se manifester. Le Christ dit : « Vous êtes la lumière », qui vous ? Le premier élément est le sel : la loi de l’équilibre qui maintient toutes les forces en balance ; le deuxième élément est la clarté : elle élève et amplifie les choses, autrement dit toutes les pensées, tous les désirs croissent dans la clarté et se développent comme il faut. L’homme qui vit dans la clarté est comme un arbre fruitier qui pousse sur un sol fertile : en lui, tous les fruits arrivent à maturité. Lorsque dans votre esprit il y a un intérêt pour des pensées philosophiques, ne vous réjouissez pas encore, ce n’est peut-être que la floraison. Pour vérifier si vous avez la clarté, observez si vos pensées arrivent à la germination et si elles s’enracinent. Lorsqu’un homme n’est pas prêt à mourir pour l’une de ses idées, cela signifie qu’elle n’est pas encore née en lui. Avant d’approfondir cette question, je vais prendre un exemple dans la vie quotidienne bulgare. J’ai pour mission de donner du contenu et du sens à ces exemples. Il s’agit d’un cas, déjà connu, mais je vais le revêtir de traits nouveaux. On raconte que, pendant la période de la répression des bulgares, un turc a visité un riche propriétaire bulgare. En rentrant dans sa chambre, il a vu trois icônes et à côté, une veilleuse allumée. C’étaient les icônes de la Sainte Vierge, de Saint George à cheval et de Saint Nicolas. « À quoi te servent ces trois images ? a-t-il demandé. – Elles me protègent contre tous les maux et jusqu’à maintenant aucun mal ne m’a frappé, a répondu le propriétaire terrien. – Quelle chose étrange, a dit le turc, j’ai beaucoup de serviteurs, je les paie richement, mais ils ne me protègent pas aussi bien ! Combien valent ces icônes ? » Il a acheté les trois icônes, les a emportées chez lui et a allumé une veilleuse devant. Il a mis dehors tous les domestiques en disant : « Je n’ai plus besoin de serviteurs, j’ai trouvé des protecteurs fidèles pour garder ma maison. » Mais un soir, des voleurs se sont introduit chez lui et l’ont dévalisé. Il s’est alors avancé vers la Sainte Vierge en disant : « Je n’ai pas à me plaindre de toi, tu es encore jeune et avec un enfant en bas âge, tu as d’autres préoccupations. » Il s’est adressé ensuite à l’icône de Sainte George : « Je n’ai pas de reproches à te faire non plus, tu es un jeune homme, tu dois chevaucher, te faire plaisir. » Il s’est tourné enfin vers Saint Nicolas en disant : « Tu es un vieil homme, sans enfant, sans cheval, c’est toi que je punirai. » Et, effectivement, il a retourné l’icône de Saint Nicolas tête en bas. Par la suite, Saint Nicolas a réussi d’une certaine façon à retrouver les objets de valeur dérobés et sa punition a été levée. Et le turc de conclure : « C’est comme ça que tu me plais ! » Que symbolise la Sainte Vierge ? La femme et son cœur ; l’enfant est le cœur qu’elle éduque. L’homme est venu au monde pour éduquer, pour faire renaître son cœur, l’élever comme un enfant. Vous demandez pourquoi les femmes enfantent ? Par la loi de l’enfantement, Dieu vous enseigne comment élever votre enfant, autrement dit votre cœur. Si la mère donne du lait pur à son enfant, il sera sain, mais si le lait est vicié l’enfant périra. Que symbolise l’icône de Saint George ? Saint George symbolise l’intellect humain et le cheval, son corps physique. L’homme doit monter sur son cheval, sinon il le perdra. Il faut bien nourrir son cheval, mais ne pas le gaver. Que symbolise l’icône de Saint Nicolas ? Saint Nicolas représente l’homme avec un discernement et un cœur vertueux qui a atteint la plus haute marche dans la vie, dans la vie divine raisonnable. Il doit s’occuper de l’éducation de l’humanité entière, tous les humains doivent être des enfants à ses yeux, il doit se sacrifier pour les autres comme la mère se sacrifie pour ses enfants. Comme Saint George flatte et nourrit bien son cheval, de même les personnes âgées et raisonnables doivent éduquer les jeunes par leur intelligence et leur cœur, et les encourager à avoir une vie raisonnable. C’est pourquoi le Christ dit : « Une ville située sur une montagne ne peut être cachée » : si vous avez la clarté, vous la découvrirez. Si un chiromancien examine votre main, il vous dira si vous avez la clarté ou non, tout comme vous devinez, en vous promenant dans une ville européenne, comment sont ses habitants selon l’urbanisme et les façades. En rentrant dans une maison, vous devinez ainsi ce qu’aime l’hôtesse : si la couleur rouge prédomine, c’est une femme de désirs, changeante. Ceux qui arborent des chapeaux ou des ceintures rouges considèrent que le monde est un lieu de combat et qu’ils doivent lutter. Je ne renie pas la lutte, mais elle doit être fondée sur une loi divine, elle doit bâtir la vie ; si elle la détruit, c’est une anarchie. On lutte pour se libérer, et la clarté a précisément cet objectif : vous rendre libres. Et le mot liberté signifie l’harmonie divine dans nos pensées et nos sentiments : arranger tout dans le monde, que chacun soit à sa place, que chacun utilise les conditions que recèlent son cerveau, son cœur. Les scientifiques contemporains pèsent les cerveaux des défunts pour diverses raisons. La pensée humaine est localisée justement dans le cerveau. C’est un jardin, et la qualité du terreau dans le cerveau humain conditionne celle de ses pensées. Dans le cerveau humain, les zones sont délimitées comme sur terre : les pensées croissent en lui comme les fleurs sur terre. Chaque pensée a sa forme qui peut porter le caractère d’une brebis, d’un loup, d’un ours, d’un renard, d’un serpent, d’une araignée, d’une fourmi et toutes ces formes sont des qualités qui constituent le caractère humain. Et cette clarté survient selon la même loi que la lumière qui descend d’en haut et élève tout en l’homme : les bons comme les mauvais animaux, qu’ils soient loups ou moutons. Lorsque ces animaux se plaignent à la clarté des souffrances éprouvées, elle leur dit : « N’ayez crainte, je vous recréerai l’année prochaine, travaillez juste un peu. » Lorsque nous nous lamentons face aux épreuves, la clarté dit : « Continuez, je vais créer en vous le nécessaire. » Mais elle ne tolère pas le doute, la lâcheté, l’incroyance ; ce sont des traits négatifs. La clarté est une vie d’harmonie divine et seul celui qui possède cette harmonie peut éprouver la splendeur de la clarté. La clarté est un élément doué d’intelligence. Au sujet de la lumière, les physiciens contemporains disent : « Si deux lumières de pôles opposés se croisent, en ayant des longueurs d’onde et des vibrations différentes, elles se neutralisent, ce qui crée l’obscurité. » C’est la même chose avec la clarté : l’homme est le premier pôle de la clarté, et la femme le second ; ils s’unissent pour former une harmonie divine. Ils formeront cette harmonie si les longueurs d’onde de leurs vibrations sont identiques. Alors, nous ressentons l’amour ainsi qu’une dilatation de l’intellect et du cœur. Mais tous deux doivent nécessairement produire de la clarté. Lorsqu’il dit : « Vous êtes la lumière », le Christ désigne tous les humains ; lorsqu’Il dit : « Je suis la lumière », Il sous-entend : « Moi et Mon Père ». Un être humain seul ne peut pas redresser le monde, et si quelqu’un annonce : « Je vais redresser le monde », c’est qu’il ne comprend pas la loi. Il faut toujours des couples : deux, quatre, six, huit et ainsi de suite. Les couples sont les lois de la construction. Ces couples entrent en opposition avec les unités. Rajoutez-leur une unité, vous aurez des triplets qui deviendront des quadruplets, et ainsi de suite vous allez constamment évoluer. Admettons que vous soyez quelqu’un d’intelligent : vous croisez un ami et vous le soupçonnez de quelque chose sans savoir de quoi précisément. Pour étayer une suspicion il faut avoir des faits. Ne nourrissez pas de suspicions sans fondement rationnel. Quelqu’un qui doute dit : « Je ne sais pas pourquoi, mais je ressens quelque chose et du coup j’ai des doutes » ; ce ressenti n’est pas encore une preuve. Un poivrot dit par exemple : « Mon estomac est faible, je vais boire un peu de vin » ; puis, il raisonne ainsi : « Pourquoi ne pas boire un peu plus ? Je viens de boire un coup et je me sens déjà mieux. » Pour autant, ce sentiment n’est pas permanent mais bien fugace, car demain vous vous sentirez mal. En n’appliquant pas la règle qui stipule qu’une faible consommation de vin est bénéfique, vous en abusez et vous détruisez ainsi son effet bénéfique. L’organisme humain est construit de telle sorte qu’il ne tolère rien d’inutile. La chimie nous enseigne que chaque élément interagit avec un autre dans une proportion de poids précise et qu’un élément se combine avec un autre par un nombre d’atomes très précis, ce nombre nécessaire d’atomes pour former un corps chimique stable et robuste, c’est une loi. Les pensées humaines s’unissent ainsi par la même loi de la clarté. Cette clarté a aussi ses nuances dans le monde spirituel. Elles peuvent être passives ou actives : la teinte issue d’un reflet est passive, celle qui provient directement de la source est active. Chaque pensée qui crée dans votre esprit une scission n’est pas de Dieu, mais seulement un reflet de la clarté. Vous aspirez par exemple à construire une maison, à devenir ingénieur, à être écrivain, à étudier la médecine : cette dispersion montre que le projet que vous poursuivez n’est pas pour vous. Avant la libération de la Bulgarie, lorsqu’il n’existait que quelques métiers, les pères conseillaient à leurs fils de devenir médecins (car ce métier est plus lucratif, il génère plus d’argent) ou bien ingénieurs, mais d’éviter des professions peu rentables. Quel médecin, ingénieur ou curé sera-t-il s’il n’y a pas en lui un élan intérieur vers ce travail ? Il ressemblera à ce médecin du Moyen Âge qui avait un procédé très simple pour soigner : il administrait des saignées et des ablutions d’eau chaude à ses patients, après quoi les patients mouraient. Il s’étonnait : « Est-ce que d’autres médecins arrivent à soigner leurs patients avec plus de réussite ? » Il en est de même pour les médecins contemporains qui donnent un médicament au malade et ensuite, s’il meurt, ils disent qu’il avait un cœur fragile ou évoquent une raison quelconque pour se justifier. Ce médecin doit comprendre l’organisme humain, le tempérament de chacun de ses patients et agir conformément à cela. Le sanguin et le cholérique ne peuvent pas être soignés de la même façon. Pourquoi ? Parce que les deux organismes contiennent des éléments différents, aux réactions spécifiques. À mon avis, toutes les maladies qui existent à ce jour sont dues à la dysharmonie qui se manifeste avec la clarté divine. Combien parmi vous croient à la vie de l’au-delà ? Vous direz : « C’est ainsi que l’a écrit tel homme illustre, c’est ainsi que s’est prononcé Saint Paul », mais quelle est votre propre expérience de cette réalité ? Vous direz : « Lorsque nous mourrons, lorsque nous irons dans l’au-delà, nous saurons alors s’il y a une vie après la mort. » Pour comprendre cette clarté, il faut avoir une vision spirituelle. Tous ceux qui ont ce sens développé affichent certaines marques au niveau des yeux : autour de la rétine il y a certaines tâches qui témoignent du degré de développement de ce sens en eux. De nos jours, les occidentaux voient se développer cela comme intuition, sixième sens, etc. Un jour se découvrira devant vous aussi un monde grandiose où règne la clarté. Cette clarté vient de l’intérieur et non pas de l’extérieur. Les occultistes modernes disent que celui qui a cette clarté a aussi du magnétisme : un tel homme est doux, conciliant, il a de l’amour et pardonne. Aujourd’hui, ce qui détruit et avilit les humains se résume à sept éléments : la vanité, la colère, la luxure, l’oisiveté, la cupidité, l’envie et la convoitise. La vanité n’est pas de Dieu ; Dieu a créé l’homme pour qu’il Le respecte, mais il s’est éloigné de Lui par la vanité. Un tel homme porte les marques de la vanité sur son visage, ses bras, son nez. Je ne vais pas me lancer à vous expliquer lesquelles, vous devez vous-mêmes étudier ces choses et beaucoup d’auteurs ont écrit là-dessus. Lorsque vous ressentirez de la vanité en vous, considérerez que vous êtes quelqu’un d’important dans ce monde, plantez-vous devant un miroir pour observer les traits de votre visage, de vos yeux, notez votre allure. Lorsque vous avez une disposition d’amour et de douceur, regardez-vous de nouveau. Le Christ dit : « Il n’y a rien de caché en l’homme » ; ce n’est que pour les aveugles que tout est dissimulé. Certains disent que je vous ai lu des choses mystérieuses. Pour ceux qui ont des yeux il n’y a aucun mystère. Dans ma bourse il y a une graine de pommier ; le voici, le mystère. Semez-là, et dans dix ans vous verrez ses couleurs, ses fruits et vous comprendrez alors ce mystère. Vous direz : « Il peut y avoir quelque chose d’effrayant dans tout cela ». Les peureux n’entreront pas dans le Royaume de Dieu ! Qu’est-ce qui différencie le bon du méchant ? Celui qui ment parle vite et celui qui dit la vérité parle doucement, calmement et veut que ce qui est dit soit vérifié. Moi aussi je veux que vous vérifiiez toutes ces choses. Je peux, au moyen de cette clarté communiquer avec les américains, les chinois, les japonais qui sont avancés, avec vos proches, partis dans l’autre monde, le monde de l’harmonie divine. Puisque tu as de l’amour pour celui qui est parti dans l’autre monde, tu peux parler avec lui intelligemment, raisonnablement. Certains médiums qui ne comprennent pas le langage des esprits se mettent à travestir la vérité et à mentir afin de convaincre les autres qu’ils parlent avec les esprits. Ne mentez pas, dites la vérité car le mensonge se fait vite rattraper. La vérité se déplace très vite et à grandes enjambées pour secourir les esprits malheureux. Lorsque quelqu’un dit : « Mes jambes sont longues », je dis : « Tu es heureux, mais je souhaiterais que les jambes de ton âme, de ton cœur soient aussi longues pour porter cette clarté. » Si cette clarté pouvait se développer en nous, nous éviterions quatre-vingt-dix pour cent des malheurs qui s’abattent aujourd’hui. La clarté est l’un des principaux éléments pour l’éducation des fils et des filles. Je préconise cette règle à toutes les femmes : ne pas laisser entrer dans leur esprit des pensées qui cultivent des traits de caractère négatifs. Ceux qui ont perdu le sens de la vie, qu’ils assistent tous les matins au lever du soleil. Contemplez le lever du soleil pendant un mois et observez ce que vous ressentirez. Au printemps, lorsque les fleurs poussent et que les arbres fleurissent, observez-les et vérifiez le résultat : vous y trouverez le sens de la vie. Que font les gens d’aujourd’hui ? Ils dorment jusqu’à dix heures du matin et le soir, au coucher du soleil, ils sortent contempler les rayons qui s’éteignent ; à l’automne, ils sortent se promener au milieu des feuilles mortes. Il faut étudier la nature au bon moment. Et à quoi font penser les gens aujourd’hui ? Quelqu’un lit l’Évangile et se demande ce que le Christ a voulu dire par certains propos. Le Christ a très bien lu le livre de la nature divine. Je lis des livres et je me demande toujours si l’écrivain a la clarté ou non et quelles teintes lui manquent. À la lecture de n’importe quel livre, je suis capable de vous décrire à quoi ressemble son auteur : quelle est la forme de sa tête, son visage, ses mains, ce qu’il pense, etc. Certains veulent savoir qui je suis. Je suis ce que je vous dis. Si je vous dévalise, je suis ainsi ; si je vous soigne, je suis ainsi. Vous direz : « Pourquoi il nous soignerait ? » Peu importe qui vous aidera, moi ou quelqu’un d’autre. Selon moi je dois donner à quelqu’un le surplus de mes connaissances, de ma vie car elles ne sont pas miennes ; cette clarté qui vient de l’intérieur, je dois la propager à l’extérieur. « Vous êtes tous la clarté. » Les chrétiens lisent ce verset depuis deux mille ans sans le comprendre. Alors prenez votre Saint Nicolas et tournez-le tête en bas. Il est tenu de garder votre maison et vos avoirs car c’est votre intelligence, alors dites-lui : « Ou bien tu raisonneras juste ou bien je te tournerai tête en bas. » Vous demandez ce qu’est la clarté. Lorsqu’elle rentrera dans votre âme, votre visage sera beau, vos yeux seront brillants, vos mains dégageront une chaleur agréable, vous sentirez bon. Et comment sentent les gens d’aujourd’hui ? Mauvais, très mauvais. Les violettes et les autres fleurs vous aident à masquer votre odeur naturelle. C’est pourquoi la violette que vous employez dit : « Dieu se manifeste dans l’humilité de la vie et non pas dans la vanité ; si vous êtes une vallée avec un bon terreau, Dieu sèmera en vous les meilleures graines, mais si vous êtes un sommet nu et orgueilleux, il n’y aura sur vous que des neiges éternelles. » Voici le langage des violettes et les humains qui utilisent leur parfum doivent apprendre ce langage. Je ne vous accuse pas pour autant ; je souhaiterais que vous ayez tous l’arôme et la teinte d’une fleur telle la violette. Lorsque vous prononcez un mot ou écrivez quelque chose, il faut qu’il y ait en lui un parfum exquis. Selon la logique de la clarté, tous les humains sont des couleurs. Qu’est-ce qu’un maître, un prêtre, un agriculteur, un père, une mère, un frère ou une sœur ? Ce sont des fleurs divines sublimes. Avez-vous compris quelle est la couleur de la mère ? Lorsque vous entrerez dans la vie de la clarté vous comprendrez la couleur de la mère. Il n’y a pas de couleurs plus sublimes que celles d’une mère, d’un père, des frères et des sœurs, des proches. Avez-vous ces couleurs en vous ? Qui n’a pas déjà chassé dix fois la clarté de lui, qui n’a pas avili les couleurs de sa mère, de son père, de ses proches en lui ? À partir de maintenant nous devons bâtir, bâtir. Si vous voulez élever le peuple bulgare, vous devez bâtir. La Bulgarie a besoin de sel et de clarté qui subliment les choses, et les gens érudits doivent réfléchir là-dessus. Sans sel ni clarté il n’y a pas de Bulgarie. Le peuple bulgare a une racine en bas dans la terre et une branche dans le monde divin ; ce peuple doit donner des fruits sur sa branche supérieure. Ce n’est qu’ainsi qu’on peut caractériser un peuple ou une âme. Les âmes sont individuelles, c’est vrai, mais en même temps collectives ; le collectif est la loi de l’harmonie. La clarté peut être ressentie avec son âme, son cœur, sa volonté. La colère est une autre chose qui détruit la clarté. L’homme colérique est sans volonté. Les Écritures disent à un endroit : « Indignez-vous, mais ne péchez pas.[3] » La colère est une sorte d’énergie mal utilisée ; chacun a déjà ressenti un affaiblissement après une colère, ce qui indique un phénomène de démagnétisation. Un troisième élément qui entrave la clarté est la luxure ; c’est la tombe de l’amour : combien de jeunes hommes et de jeunes filles sont allés dans la tombe avant l’heure à cause d’elle ! L’amour est harmonie, mais la luxure du poison. Un quatrième élément qui met à mal la clarté est l’oisiveté. Si vous allez en Amérique, vous verrez qu’à l’école, en plus des leçons, les enfants apprennent des métiers. Chacun travaille là-bas, chacun gagne sa vie tout seul en considérant l’aumône comme une humiliation ; là-bas on respecte les jeunes qui travaillent. Je souhaiterais que chacun aspire au travail en Bulgarie ; ceci s’adresse aux citadins pour qui le danger de l’oisiveté est réel, et non pas aux paysans. Un cinquième élément qui anéantit la clarté est l’envie. L’envie et la vanité sont frères et sœurs : l’envieux est également vaniteux. Celui que l’envie dévore se délecte de la souffrance des autres. Souvenez-vous ce drame de Shakespeare[4] où le marchand cupide a exigé qu’on découpe la chair du débiteur, même si ce dernier avait fini par être de nouveau solvable. Il existe beaucoup d’autres exemples qui font apparaître l’envie : deux personnes s’affrontaient au tribunal et le jury a stipulé après les plaidoiries que l’un subisse une punition deux fois plus sévère que l’autre, puis leur a demandé quelle punition ils souhaitent se voir infliger. Celui qui était sous la menace d’une moindre punition a proposé qu’on crève les yeux de l’autre. « Oui, mais toi aussi tu auras un œil de moins – a dit le juge. – Oui, a-t-il répondu, mais l’autre aura ses deux yeux crevés. » Quelqu’un d’une telle cruauté ne peut avoir de clarté. L’envie se manifeste aussi chez les hommes politiques ; il y en a beaucoup en Bulgarie. Donnez la place aux gens nobles ! Si quelqu’un a ces cinq vices, freinez-le, il n’est pas à sa place. En disant : « Vous êtes la lumière », le Christ désigne les gens du futur. Lorsque le Seigneur a créé le monde avec ses étoiles, la lune, le soleil, Il a dit : « C’est pour les gens du futur. » Quelqu’un me dit : « Dis-moi quelle était ma vie passée ? » Elle est inscrite sur toi. Il se peut que tu aies maintenant un organisme indisposé, cela ne signifie pas que tu es malade ; lorsque les circonstances qui entravent la clarté disparaîtront, cette indisposition s’estompera. Un autre vice qui empêche la clarté est la convoitise, le désir d’avoir beaucoup. Je vous donnerai un exemple de convoitise : en Espagne, il y avait un millionnaire qui avait assujetti des régions entières. Comme tous se sont plaints de lui, le roi d’Espagne a ordonné de l’enfermer. Et en prison, lorsqu’il demandait de l’eau ou du pain, on lui prenait 1000 leva pour un verre d’eau ou un bout de pain. « C’est la plus grande cruauté, qu’on puisse m’infliger, a dit le prisonnier. – C’est ta punition, a répondu le roi. Va-t’en maintenant, et ne fais plus aux autres ce que tu ne veux pas subir toi-même. » C’est pour cela que Dieu vous envoie toutes ces épreuves. Vous dites pour quelqu’un : « Il est né simple d’esprit ». Ce n’est pas vrai que c’est à cause de son père et de sa mère, il est lui-même sa mère et son père. Deux théories circulent à ce sujet : l’une prétend que les mères transmettent leurs qualités à leurs enfants, l’autre, que l’enfant existe en tant que créature raisonnable dans le monde invisible et se choisit une mère convenable, un environnement convenable et influence sa mère en lui inculquant de bonnes pensées. Une femme enceinte peut déterminer comment sera son fils selon les pensées qui l’assaillent. Nous pouvons nous arcbouter face au monde divin, mais lorsque sa loi agira, sa force annihilera nos résistances. Vous, hommes et femmes qui êtes ici, vous êtes clarté. Pour moi le mal n’existe pas ; j’entends que le mal n’existe pas dans l’harmonie divine ; il n’existe qu’en dehors d’elle. Si vous décidez de mener une vie noble et vertueuse, vous aurez cette clarté, elle sera avec vous. Cette clarté est intelligente, et tous les anciens mystiques qui avaient cette clarté voyaient un monde infini rempli des plus belles couleurs, et qui remplissait aussi leur âme. Lorsque vous êtes bien disposés, vous avez cette clarté, mais vous ne savez pas la retenir longtemps. Quelque fois, vous pensez que je prêche bien, mais vous dites : « Qui sait quel but il poursuit ? » Mon but est d’accomplir la volonté divine. Je ne suis pas de ceux qui mentent, je n’ai menti à personne, personne ne m’a menti. Vous ne pouvez m’acheter qu’avec le bien, la vérité, l’amour et la sagesse. Si vous voulez servir Dieu et décidez de le faire, c’est alors seulement que Dieu, dans Sa grandeur, s’abaissera et fera de vous des hommes de bien et de grands esprits. Je prêche sur le Seigneur vivant, le Seigneur du XXème siècle qui démolit les prisons, libère les prisonniers et apporte l’harmonie, l’ordre, la gaîté et la joie. Il apporte des bienfaits que les humains ne soupçonnent même pas. Il transformera cette terre en jardin d’Éden et vous, les bulgares, vous y habiterez. Vous serez tous en vie, je vous croiserai de nouveau et vous verrez si ce que je vous dis est vrai ou non ; ce ne sont pas des illusions comme certains peuvent le penser. Les illusions se caractérisent ainsi : par exemple, vous pouvez nourrir quelqu’un d’illusions en lui disant que vous lui donnez à manger, mais quarante-cinquante jours après il aura maigri et périclitera. L’homme s’abêtit et s’affaiblit avec les illusions, mais si votre âme se nourrit, se revigore, vit d’une pensée, ce n’est pas une illusion. Je souhaiterais que tous les bulgares soient grands par la vertu, par l’amour, par la justice, par la sagesse, par cette vérité divine de la clarté dont je vous parle. Méditez sur la clarté : elle est en vous, essayez-là. Soyez autonomes, entrez comme les abeilles dans chaque fleur pour recueillir du nectar. N’y restez pas toute la nuit – c’est de la luxure –, mais prenez le nectar et retournez dans votre ruche. C’est ce que le Christ a voulu dire par les mots : « Vous êtes la lumière » et « Une ville sur une montagne ne peut pas être cachée. » Lorsque vous entrerez dans cette ville, vous comprendrez le sens de votre vie terrestre. C’est la même chose avec un cocon qui renferme tous les éléments nécessaires à sa transformation en papillon. Il ne se passera pas beaucoup de temps pour que vous soyez comme ce papillon. Maintenant, vous allez sur terre, droit devant vous, et vous vous demandez s’il existe une autre vie ; une fois papillons vous saurez qu’il y a une autre vie. Et avec vos ailes, votre intelligence et votre cœur, avec la clarté, vous vous poserez sur le plus bel arbre divin, l’Arbre de la vie, vous en comprendrez le sens et vous serez gais et joyeux. Sofia, 1 avril 1917 [1] En bulgare il existe 2 mots « svetlina » (de la racine « svet » qui désigne « le monde » et « videlina » ( de la racine « vidia » pour le verbe « voir ») pour désigner la lumière. Dans cette traduction, « videlina » a été traduite par « clarté » et « svetlina » par « lumière » ; [2] Vous êtes la lumière du monde : une ville, située au sommet d'une montagne, ne peut être cachée. (Matthieu 5, 14) [3] " Êtes-vous en colère, ne péchez point ; " que le soleil ne se couche point sur votre irritation. (Ephésiens 4, 26, citant le Psaume 4, 5 : « Frémissez et ne péchez pas ; sur votre lit réfléchissez et taisez-vous. ») [4] Il s’agit de la pièce « Le marchand de Venise »
  6. Les deux maîtres « Nul serviteur ne peut servir deux maîtres… Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. »[1] Luc 16 :13 Dans le monde travaillent deux principes intelligents. En disant qu’il n’est pas possible de servir en même temps ces deux principes, le Christ signifie que vous ne pouvez pas supporter plus que votre résistance ne vous le permet c’est-à-dire qu’une chaudière ne peut produire une pression plus forte que ce qu’elle est en mesure de supporter. Ces deux principes ne peuvent pas cohabiter dans une même chaudière. L’occultisme appelle ces principes premier et second alors que la science les appelle positif et négatif. Le principe positif est toujours plus fort, le principe négatif toujours plus faible. La force créatrice se manifeste surtout chez le principe le plus faible. Ce qui bâtit le monde n’est pas ce qui est fort, mais ce qui est faible. C’est pourquoi ceux qui détruisent sont toujours plus forts que les gens bienveillants et tendres. Vous pouvez ressentir en vous ces deux principes à la fois. Si par exemple vous vous activez et vous écriez : « De l’ordre et de la discipline ! », alors tous les domestiques, femmes et enfants prennent peur et se soumettent. Mais ce principe n’est pas créateur, il n’engendre rien. C’est seulement lorsque vous vous retirez en vous et retrouvez la paix que tout reprend son cours normal. Le principe primitif dont tirent leur origine le mal, la haine et le mensonge n’est pas mauvais en lui-même. Vous avez des notions curieuses de la haine et du mensonge. Pour mentir un homme doit être intelligent ; un homme bête ne sait pas mentir ; mentir est une grande philosophie que la société moderne appelle la diplomatie de haut niveau. Même les femmes n’ont pas toujours cette diplomatie. Lorsque l’homme est plus fort dans le premier principe, la femme le cajolera, l’appellera chéri pour l’apaiser avec douceur, pour assimiler ce principe supérieur. Lorsqu’ils s’équilibrent, ces deux principes commencent à travailler ensemble : le premier principe donne de son surplus au second. Le Christ dit : « Vous ne pouvez pas servir Dieu et Mammon à la fois, vous ne pouvez pas servir le premier et le second principe en même temps, vous ne pouvez pas servir en même temps la haine et l’amour. » Ce sont deux choses qui s’excluent car elles sont diamétralement opposées et n’évoluent pas dans la même direction. Prenez par exemple deux commerçants : ils peuvent travailler ensemble car ils ont des intérêts communs qui vont dans la même direction, mais un commerçant et un médecin ne peuvent pas travailler ensemble. Le mot Seigneur désigne le commencement le plus élevé, le plus noble, celui qui crée. Ce principe est doux et souple et il est ainsi immortel et illimité ; dans ce second principe, la mort n’existe pas. C’est dans le premier principe que réside la mort, et ceci uniquement parce que le puissant, avec la force qu’il a en lui, s’autodétruit. Seuls les gens forts peuvent s’autodétruire. Prenez l’exemple du scorpion : s’il est entouré de feu et qu’il ne peut s’échapper, il se tue avec son dard, il préfère mettre fin à ses jours plutôt que de brûler vif. Le premier principe a créé le cosmos, le monde matériel, tous les mondes visibles, avec vos corps et leurs forces et énergies, nécessaires à leur construction. Lorsque vous souhaitez renoncer au premier principe, vous devez rendre tout ce qu’il vous a donné. Et lorsque vous rendrez tout, que restera-t-il en vous ? Vous retournerez dans le second principe et serez un avec Dieu. Il n’y aura alors ni Jean, ni Pierre, ni anges, ni démons ; un état de quiétude et de silence s’instaurera alors dans le monde. Il ne sera pas question de qui sortira vainqueur de la guerre et ce qu’il adviendra après ; toutes ces questions se résoudront, tout fusionnera dans le second principe et il se retirera en lui-même. Lorsque l’homme veut devenir plus énergique, il doit se saler. Le mal dans le monde est une salaison et l’homme doit devenir méchant pour être salé. Lorsque l’homme se dessale, Dieu envoie le premier principe pour former le sel. Mais l’homme ne doit pas servir ce principe. Le Christ l’illustre selon sa manifestation sur terre et non pas selon celle d’en haut entre les anges. L’homme ne peut pas être en même temps riche et vertueux ; je ne crois pas en une telle vertu. Lorsque sa bourse est pleine d’or et d’argent et qu’il prétend être un saint, je doute de sa sainteté. Toutes les richesses dans le monde appartiennent au Seigneur et à l’instant où tu te mets à croire que la force et l’influence que tu as sont à toi, tu sers le premier principe. Ce principe est individualiste, il désunit tous les êtres car il est maître dans l’art de la désunion et non pas dans le rassemblement. Il peut créer des milliers de personnes, mais pas les conditions dans lesquelles elles peuvent subsister ; et en fin de compte il se met en colère, les bat et les met à mort. Pour illustrer cette pensée, je vous raconterai une anecdote : un paysan n’avait pas d’enfant et priait souvent Dieu de lui en envoyer. Un jour il a pris un sac contenant des grains de blé et a prié Dieu de transformer ces grains en enfants. Dieu a entendu sa prière et a transformé toutes les grains en enfants. Au réveil le matin, tous les enfants se sont mis à crier et à pleurer : ils voulaient manger. Très en colère le paysan s’est dit : « Ces enfants me mangeront » et il s’est mis à les frapper et à les tuer. L’un des enfants a réussi à se cacher derrière la porte et lorsque son tour est arrivé, il s’est mis à pleurer et à implorer : «Laisse-moi en vie, au moins moi! » Voici le premier principe en nous : le mal qui agit et qui proclame en arrivant : « Je vais tout démolir. » Mais lorsque le second principe que les humains appellent l’amour, la mère, survient, il adoucit immédiatement le premier principe, et ainsi unis, tous deux donnent naissance à ce qui est le plus grand, le plus sublime dans le monde. Ce n’est qu’en servant le Seigneur que vous pouvez influer sur le premier principe ; seul le Seigneur est capable de vous délivrer de la mort. Si vous ne servez pas le Seigneur, vous serez engloutis par le premier principe car la loi est ainsi. L’eau revient là d’où elle s’écoule ; les vapeurs reviennent là d’où elles sortent ; la force rentre là d’où elle sort ; tout retourne à son origine. Toutes ces choses sont issues du premier principe. Et dans l’amour, vous avez une manifestation dans le monde du Dieu absolu que personne ne connait, Dieu insondable dont les humains n’ont aucune notion. « Ce Dieu que vous ne connaissez pas et devant lequel vous vous prosternez, c’est Lui que je vous enseigne »[2], dit Paul. Lui seul tient en soi ces deux grands principes par lesquels Il se manifeste. Ainsi, comme l’un détruit alors que l’autre bâtit, vous ne pouvez pas en même temps détruire et bâtir. Lorsque vous détestez, vous détruisez et lorsque vous aimez, vous bâtissez. Certains imaginent que le premier principe incite les humains à construire, mais en réalité il pousse à dévorer. « Je t’aime, je t’aime, mais je te mangerai. » Ainsi le chat joue avec la souris, puis finit par la coincer et l’avaler. Voilà ce que les humaines nomment amour ! Certains qui parlent de la philosophie hindoue, désignent par nirvana l’union avec Dieu et non pas une construction. C’est en partie vrai ; il y a une fusion et une construction. Il faut entrer en accord avec le second principe et vivre avec lui. Dans le second principe il y a une aspiration immuable de ramener toutes les créatures en un, de les unir ; c’est l’aspiration du Christ de faire se manifester Dieu individuellement dans chaque âme. Dieu veut créer dans le monde des petits foyers où demeurer. Grande est la créature qui peut concevoir ce principe fondateur. Beaucoup de philosophes contemporains se sont empêtrés dans ces deux principes. Chez tous les pessimistes, anarchistes et autres de ce genre, le premier principe a pris l’ascendant du point de vue religieux ou social. Je suis ces choses et je tiens des statistiques : un homme et une femme se marient, mais deux à trois ans après la femme épuise le mari, le déséquilibre, l’éreinte et se marie une seconde fois. Elle épuise aussi son second mari, puis se marie une troisième fois, mais le troisième mari subit le même sort. On dit alors : « Cette femme est caractérielle. » L’inverse se produit aussi : un homme ne peut pas vivre avec une femme ; le premier principe a pris l’ascendant en lui et lorsqu’il prend une femme comme épouse, il finit par l’épuiser. Pour ce type d’homme ou de femme, le second principe doit être assez fort pour s’équilibrer avec le premier. Par exemple souvent se pose la question qui placer plus près de l’autel à l’église. Sur le plan physique il n’est pas possible de placer plusieurs chaises près de l’autel et si vous décidez de faire cela, le prêtre ne sera plus visible. Les mêmes questions agitent les professeurs : qui doit être le proviseur ? Combien de proviseurs peut- il y avoir ? Un seul. Les mêmes questions naissent entre les militaires, entre les prédicateurs : tous veulent la primauté. Cette lutte est naturelle, c’est un grand processus divin que tous les anges ont traversé. Beaucoup ont réussi l’examen, ils sont passé par le premier principe et sont entrés dans le second, et maintenant ils servent Dieu. Et d’autres ne l’ont pas réussi, ils ont échoué et demeurent serviteurs du premier principe, Mammon, et on les nomme des démons. Et parmi les humains il y a des serviteurs du premier et du second principe. À l’avenir lorsque l’humanité terminera son évolution, chacun ira à sa place. C’est pourquoi le Christ dit : « Sans Moi (sous-entendu, sans le second principe) vous ne ferez rien.[3] » Le sens profond en est : si vous restez à vous battre seuls dans le monde, vous deviendrez des serviteurs du premier principe et alors se manifesteront en vous toutes les qualités négatives : fatigue, jalousie, dégoût, mécontentement qui détruisent en permanence. Plongé dans ce principe vous ne pouvez trouver aucune utilité, aucun sens à la vie. C’est pourquoi le Christ dit : « Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et Mammon. » Si vous servez le Mammon, vous serez dans les abîmes de l’enfer, éternellement mécontent et vous ne comprendrez même pas pourquoi vous êtes homme ou femme. Vous pouvez passer par toutes les formes de la création, mais vous serez toujours mécontent car l’être humain n’est jamais content de lui-même. Et le mot mécontentement désigne le manque de satisfaction de son allure extérieure. Pourquoi l’homme est-il mécontent ? Son esprit est bien plus grand et exige un champ d’action plus large que celui qu’il montre. Tu as un corps menu tandis que l’esprit en exige un plus grand : commence alors un combat permanent. Et dans ce combat vous dites : « Le droit est au plus fort », c’est le premier principe ; et lorsque vous dites : « Le droit est au plus faible », c’est le second principe. Quelqu’un a commis un crime, mais s’il donne deux ou trois mille leva au juge, il est gracié, comme au Moyen Âge où on blanchissait les humains avec les indulgences : si tu achètes une indulgence, tes péchés seront absous ! Mais le Christ ne tolère pas la désunion dans la construction de notre vie. Puisque vous êtes intérieurement désunis, il faut vous élever au-dessus de cette désunion pour travailler dans le sein de Dieu. Ce n’est qu’ainsi que vous comprendrez le sens intérieur de ces forces qui agissent dans l’univers. Ceux qui suivent le chemin, les initiés, ont une plus grande expérience. Pourquoi ? Ils souffrent plus que les autres, car dans le christianisme le second principe se renforce en même temps que le premier. Là où se manifeste l’amour, se manifeste aussi le premier principe qui reste une ombre, l’ombre de l’existence. Par ombre je désigne un principe mortifère. Le premier principe est en soi sombre et porteur d’obscurité, alors que le second principe est toujours porteur de lumière pour l’esprit. Lorsque le premier principe est là, vous êtes en proie au chagrin, à un sentiment d’inutilité de la vie, alors que l’avènement du second principe vous sublime et vous élève. Au sein du premier principe vous cherchez une issue et si vous ne la trouvez pas, vous vient l’idée du scorpion : vous suicider pour vous libérer des conditions défavorables de la vie que vous vous êtes créés tout seuls. Ainsi le premier principe est avide, insatiable ; les désirs qu’il engendre n’ont pas de limite. Quelle vie peut-il y avoir dans ce qui est insatiable ? Quel sens a une vie qui avance en ligne droite ? Vous voyagez par exemple dans l’univers avec la vitesse de la lumière ; quel sens peut avoir ce mouvement pour vous ? Rentrer dans une, deux, trois maisons n’a pas de sens. Il y a un sens à connaître ceux qui habitent ces maisons, à entrer en communion avec leur intelligence et leur cœur. La proximité, l’amitié dans ce monde consiste à se mettre en accord avec ce principe divin qui est exprimé par le Christ, ici sur terre. Le premier principe a créé beaucoup d’illusions dans l’esprit humain. Comme il porte toutes les ombres, il est fort, il a créé toutes les combinaisons permettant d’exprimer l’amour divin ; l’amour trouve en lui son terreau. Le désir de ce premier principe est de subordonner le second principe, l’amour, mais ce dernier ne se soumet pas. Il est une loi qui régule les choses dans le monde : le premier principe craint le second car lorsqu’il l’affronte, la lumière se manifeste et il prend peur devant sa propre image. Aussi, lorsque vous allez auprès de quelqu’un qui vous aime, votre cœur se met à battre, mais il vous dit : « Tu as trouvé ton maître, j’en ai déjà englouti beaucoup de cette façon. » Hommes, femmes, enfants, leurs cœurs battent la chamade. Homme ou femme, les deux ont un dessein inavoué : le premier principe, ils veulent gouverner. Mais lorsqu’ils sentent que le second principe ne cède pas, ils disent : « Ah, j’ai trouvé mon maître ». C’est le second principe, le principe divin porteur de vie et d’immortalité. Les écritures disent : « L’amour chasse toutes les peurs. » Pour être heureux, nous devons à tout prix nous unir avec le Christ, sinon nous nous perdons en chemin. Puisque nous ne servons pas Dieu, nous servons Mammon. Si nous servons Dieu, nous avons terrassé Mammon ; si nous ne servons pas Dieu, Mammon viendra pour dire : « Tu me serviras ! » Chacun doit être au clair avec cela. Certains disent : « Je veux être libre ». Tu seras libre si tu sers l’amour, sinon tu serviras Mammon et tu seras un esclave. Servir en même temps Dieu et Mammon est impossible ! J’entends souvent dire : « Je vais corriger celui-là, qu’il ait peur de moi ». Tu peux le corriger, tu peux le terroriser, mais il ne t’aimera pas. J’aimerais voir celui qui a réussi à se faire aimer d’un autre par la violence ; je n’ai jamais rencontré une telle personne. Ce n’est pas seulement moi qui le dis, mais tous les grands hommes, tous les saints. Lorsque le premier principe prend l’ascendant dans le cœur humain, on devient sec, dur. Tout se durcit : le cœur, les muscles, les bras, les jambes, les artères etc. ; les médecins annoncent alors que cet homme est atteint d’athérosclérose. J’affirme que la cause en est le premier principe qui a fait durcir le cœur de cet homme et s’est emparé de lui. Lorsqu’Il se rend compte que le premier principe s’est emparé de quelqu’un, Dieu commence à le diviser, c’est-à-dire à employer le second principe. En entrant au sein du premier principe, l’amour se met à l’organiser ; c’est une lutte qui agit mécaniquement dans le monde. Elle se manifeste dans toutes les couches de la société, dans les esprits des philosophes, dans les sociétés religieuses, partout. Il se manifestera tant que le second principe ne prend pas l’ascendant pour organiser nos cœurs, nos corps et nous rendre immortels. L’aspiration du Christ, l’aspiration du second principe est de prendre l’ascendant sur les cellules, les tissus et les rendre indestructibles, immortels. C’est seulement à ce moment que nous passerons du transitoire à l’immuable, nous accéderons aux régions d’une communion sans bornes, à l’harmonie divine éternelle. C’est pour cela que le monde est créé, pour orienter les cœurs et les esprits des humains du premier principe vers le second ; ce processus s’exerce de gauche à droite. Par exemple, comment travaillez-vous ? Vous allez à gauche pour permettre au bras droit d’agir plus fermement. Il y a des exceptions, certains sont gauchers, mais en général, en travaillant, nous allons de gauche à droite. Ce principe est à l’origine du déplacement du cœur vers la gauche. Les physiologues contemporains expliquent le déplacement du cœur par la position du fœtus dans l’utérus, mais ce n’est pas la bonne raison. Avec le temps, le cœur a vocation à migrer au milieu, entre les deux poumons et c’est à ce moment seulement que s’instaurera l’harmonie entre la sagesse et l’amour. Maintenant, en parlant de votre cœur, je sous-entends la même harmonie entre vos pensées et vos désirs. Vos désirs ont toujours l’ascendant sur votre discernement. Vous raisonnez très bien et vous dites : « Je ferai ceci, je ferai cela », mais vous vous mettez en colère et vous démolissez tout. Un homme et une femme s’aiment, mais un jour la femme rencontre un autre homme, plus beau que son mari, avec une belle moustache, des yeux noirs et elle dit : « Je l’ai enfin trouvé ! » Et ce foyer, qui se construit depuis vingt ans, tombe en ruines. Cette femme a trouvé le premier principe et elle est malheureuse. C’est la même chose pour les hommes, pour les enfants : un enfant trouve son père bête, méchant et dit : « Cet autre père est meilleur que le mien. » Souvent certains enfants comparent leur mère à d’autres mères et disent : « La mère de ces enfants est plus belle, plus douce que la nôtre », et la dysharmonie envahit tout de suite leur foyer, c’est le premier principe qui y a pris place. Je vous parle de cette philosophie non pas en profondeur, mais uniquement pour souligner combien vous êtes faibles. Vous êtes devant moi et je vous vois faibles comme des clous qui doivent être traités par le marteau. Lorsque le marteau viendra il vous demandera : « Tu me connais ? – Je te connais. » Tu seras cloué si fort que tu ressortiras de l’autre côté ; vous reconnaîtrez que vous êtes des clous et que c’est le marteau qui détient la force et non pas vous. Le marteau dit de son côté : « Tu as vu où tu te retrouves lorsque je frappe sur toi ? » La force est dans le manche du marteau, pas dans le marteau ; et cette force est dans le bras qui tient le manche, pas dans le manche ; et le bras dit quant à lui : « La force est dans l’intelligence, pas dans la main ; si l’intelligence n’ordonne pas que le bras se lève, que ferait ce dernier ? » C’est ainsi avec les humains : deux amis, deux clous, se réunissent et discutent. L’un dit : « Je suis cloué sur vingt centimètres, sais-tu quelles charges je peux supporter, personne ne peut m’arracher, c’est moi qui fais le plus gros travail ! » Voilà des réflexions de clous ! Un chrétien rentre à l’Église et dit : « Au nom du Seigneur j’ai accompli des choses, j’ai réussi à mettre quelqu’un sur le chemin du Seigneur. » Tu parles ! Tu es comme un voleur qui dérobe la bourse de quelqu’un et l’ouvre ; tu as fouillé dans son cœur, tu l’as dérobé et tu laisses cet homme se lamenter sur sa vie. Certaines mères considèrent qu’elles ont donné la vie à leur enfant et l’envoient à l’orphelinat. Tu lui as donné la vie ? Il ne faut pas mentir à cet enfant, le second principe ne tolère pas le mensonge. Pour les mauvaises personnes, le mensonge, la force, la haine, la jalousie, toutes ces choses sont compatibles, elles sont naturelles pour eux, et quand deux mauvais bougres se donnent des coups, ils éprouvent un certain plaisir. Il en est de même pour un loup ou un lion : lorsqu’ils dévorent et mangent une brebis, ils sont repus un temps, puis cinq à six heures plus tard ils ont besoin de dévorer une autre proie. Il y a aussi des exemples de ce type dans la civilisation moderne. C’est arrivé en Amérique, cela a été constaté dans la juridiction de New York. Un médecin américain éprouvait du plaisir à tuer des gens et il a dans un court laps de temps tué vingt-cinq personnes. Il a commencé par prendre une assistante et c’est elle qu’il a d’abord assassinée. Et comment ? Il l’a découpée morceau par morceau en observant les effets de son œuvre : il lui a coupé les orteils, les doigts des mains, il lui a arraché les yeux, il lui a coupé le nez, les oreilles, jusqu’à la tuer. Il a fait la même chose à vingt-quatre autres personnes qu’il a brûlées ensuite dans un poêle. Il était animé d’une férocité bestiale lorsqu’il assassinait ses victimes. Il a été examiné par des phrénologues dans la prison de New-York : ses mâchoires et ses globes oculaires étaient altérés. Il était sous l’influence du premier principe. Souvent ces criminels ont tendance à se laisser pousser une longue barbe : la longue barbe est le signe de la présence du premier principe. Maintenant, je ne veux pas que vous me compreniez mal et alliez dans l’autre extrême ; une longue barbe donne plus de sève chez l’homme, mais chez le criminel elle est dure et piquante. Lorsque vos cheveux deviennent piquants, c’est que le premier principe a pris l’ascendant en vous. Pour savoir jusqu’où vous êtes bons, testez chaque matin vos cheveux, votre peau. Si votre peau se dessèche et s’épaissit, c’est la marque du premier principe. Ce principe vous avalera comme le serpent avale la grenouille. Il vous attrape par les jambes et si vous ne vous tournez pas vers le Seigneur, vous descendrez dans les bas-fonds de l’enfer et vous connaitrez l’autre philosophie de la vie, vous saurez ce que c’est de servir Mammon. Personne ne peut échapper au destin immuable découlant de ces choses. C’est pourquoi le Christ dit : « Tournez-vous vers Moi. » Dans l’état d’esprit d’aujourd’hui, la vie se résume à deux directions : le contentement et le mécontentement, la montée et la descente ; il n’y a pas d’autres directions pour la pensée. C’est vrai qu’un riche ne peut pas être saint, mais le misérable non plus s’il est mécontent. Par le mot riche je désigne quelqu’un mécontent de lui ; par misérable, quelqu’un qui est content de lui. En s’enrichissant l’homme devient insatisfait de sa situation : il achète une maison, une deuxième, une troisième, il achète des meubles et cherche un moyen d’élargir ce cercle. Insatisfait signifie riche, satisfait signifie misérable. Mais lorsque je dis satisfait, je ne parle pas d’indifférence à l’image des fakirs en Inde qui s’auto-hypnotisent et s’endorment. Quelqu’un s’est ainsi concentré si fort pendant vingt ans en restant immobile que les oiseaux ont fini par le prendre pour un arbre et ont fait leurs nids sur sa tête. Je ne parle pas de cet état de contentement, jusqu’à avoir des nids d’oiseaux sur la tête. Dieu a créé les arbres dans ce but, alors que pour atteindre la satisfaction, tu dois de ton côté travailler pour Dieu et servir Dieu. Être content, c’est te réjouir si tu gagnes trois leva et remercier Dieu ; demain au réveil si tu gagnes encore trois ou quatre ou cinq leva, remercie de nouveau Dieu. Ne dis pas : « J’ai gagné trop peu. » À chaque jour suffit sa peine. Si tu gagnes un sou, remercie Dieu, si tu gagnes dix sous, remercie encore Dieu, tu n’as pas besoin de plus. L’unité rend heureux. Si deux personnes t’aiment, elles ne peuvent pas te rendre heureux, tu seras misérable. L’amour existe entre deux personnes, entre trois ce n’est pas possible. Pour que le troisième élément se manifeste, les deux doivent investir une part égale et alors leur enfant naîtra. Le père dit : « C’est moi qu’il aime le plus », la mère dit : « Non, c’est moi qu’il aime le plus. » Parfois le père est renfrogné : pourquoi l’enfant aime-t-il plus la mère ; ou inversement. Pourquoi en effet ? Parce que le principe n’est pas équilibré entre les deux parents. Vos vertus, vos forces correspondront toujours à votre état intérieur, ni plus, ni moins, c’est la vérité. Lorsque les gens parlent mal de moi, je dis : « C’est mérité, tant pis pour moi. » Celui qui médit de moi, je ne lui en veux pas, il fait un travail sur moi. Qu’il me fasse ce bien et je dois le remercier. C’est pourquoi le Christ dit : « Aimez vos ennemis. »[4] Tu ne peux pas vaincre cet ennemi, le premier principe, avec autre chose que l’amour ; le mal ne se terrasse pas par le mal. S’abaisser, se tapir n’est pas de l’amour, l’amour c’est aimer de toutes ses forces. Vous direz : « Cet homme a le droit de me détester. » Ne pensez pas que le loup qui attrape une brebis entend le Seigneur lui dire : « Tu n’agis pas bien ». Non, le Seigneur lui dit : « Tu agis très bien. » La brebis qui se plaint au Seigneur, L’entend dire : « Tu fais bien de pleurer ; tu dois pleurer et il doit te manger. » La brebis sort dans le champ, arrache une herbe et la mange ; le Seigneur lui dit : « C’est ton travail, tu as mangé l’herbe et un jour tu seras mangée à ton tour par le loup. » C’est l’évolution actuelle de la vie, mais ce n’est pas la vie dans son sens profond et intrinsèque. Casser des pierres pendant de milliers d’années pour faire des routes et porter de l’eau, ce n’est pas la vie. Tu peux être une bête de trait et transporter dix mille tonnes d’or, et alors ? Ce n’est pas ça la vie. « J’ai lu ceci et cela, j’ai fréquenté l’Église et j’ai écouté un prédicateur ». Et alors, que sais-tu ? Tu as transporté dix mille tonnes d’or, mais qu’as-tu appris ? « Je sais que les éléments interagissent et je sais comment. » Et alors ? « Je sais d’autres choses encore. » Et alors ? Si je connais toutes les particules qui composent le monde physique, qu’est-ce que cela m’apporte ? Si j’ai un trésor, mais que je ne sais pas l’utiliser, quel intérêt de l’avoir ? Si tu as une femme aimante, mais que ton cœur est endurci et que tu ne sens rien lorsque tes enfants t’embrassent, alors quel intérêt d’avoir une femme et des enfants ? La philosophie de l’amour est de donner et de prendre en même temps pour que l’échange soit vertueux. Vous dites : « Il ne m’aime pas ». C’est le premier principe. « Il est mécontent ». C’est encore le premier principe. Tu doutes, c’est toujours le premier principe. « Il n’y a pas de Dieu ». C’est encore le premier principe. Lorsque les philosophes soutiennent que dans le monde tout est en mouvement, c’est vrai car le premier principe est en perpétuel mouvement. La vie se manifeste dans le second principe, dans la juste construction des choses. Le second principe agit en vous. Chacun doit unir ces deux principes en Christ, c’est ainsi seulement que vous serez utiles partout : à la société, au peuple, à vos épouses, à vos enfants, etc. C’est ce que le Christ a annoncé aux juifs il y a deux mille ans, mais ils ont adopté le premier principe et rejeté le second, et c’est pour cela qu’un grand malheur les a frappés. Aujourd’hui encore c’est ce premier principe que les humains éprouvent sur leur dos ; et il agira tant qu’ils ne s’épuiseront pas. Lorsqu’ils accompliront leur travail, ils manifesteront l’amour, c’est-à-dire Dieu. Les gens disent : « Celui qui hait très fort, aime aussi très fort ». Ce n’est qu’à moitié vrai. Dieu met Son énergie à la disposition du second principe et Son Esprit intelligent bâtit avec lui. On ne peut pas aimer et haïr en même temps, ne vous leurrez pas, c’est une philosophie perfide, un enseignement trompeur. Lorsque le Principe divin vient en nous, alors seulement nous pouvons aimer et dire : « Dieu est Amour », alors seulement nous comprenons le vrai sens du monde matériel, car l’amour est nécessaire au développement de notre vie. Comme les maisons sont nécessaires aux humains et les nids aux oiseaux, ce principe est nécessaire au monde. Certains disent : « Pourquoi le Seigneur a-t-il fait le monde ainsi ? » Ce ne sont pas vos affaires ; il ne pouvait pas être fait autrement. Certains s’interrogent : pourquoi le Seigneur n’a-t-il pas fait telle chose ? Parce qu’Il ne pouvait pas déroger à Sa nature. « Pourquoi ne s’est-Il pas manifesté ? » Parce qu’Il ne pouvait pas déroger à Sa nature. « Pourquoi n’a-t-Il pas fait le monde meilleur, pourquoi ne nous a-t-Il pas mis sur le droit chemin ? » Il vous y a mis, mais vous ne Le comprenez pas car vous pensez à votre façon, et il y a entre vos pensées et celles de Dieu le même écart qu’entre la terre et le Ciel. Deux personnes se querellent et disent : « Pourquoi, Seigneur, ne descends-tu pas pour nous réconcilier ? » Le Seigneur n’est pas dans la désunion. Lorsqu’un jour vous serez martelés jusqu’à vous transformer en sable, de Son œil le Seigneur vous regardera pour voir si on peut faire quelque chose de ce sable. En regardant les humains d’aujourd’hui, ces philosophes sur terre, ces royaumes en guerre, le Seigneur sourit légèrement et laisse ces enfants se battre, se frapper et pleurer. Nous voulons parfois atteindre le Seigneur, Le piquer comme un moustique pour qu’Il s’en rende compte. Il est bien sûr placide et se contente de nous toucher légèrement du doigt pour nous envoyer au cimetière : c’est Dieu qui nous y envoie. Tzars, princes, colonels, juges, prêtres, prédicateurs et philosophes sont indifféremment touchés du doigt par Dieu. C’est la même chose pour vous ; si vous philosophez trop, vous finirez par vous envoler. Comme les moustiques, vous cherchez à piquer quelqu’un, mais si vous vous mettez en route pour être auprès du Seigneur, ne prenez pas votre dard, le dard du moustique, mais arrêtez-vous, levez les yeux et prenez votre souffle. Ne pensez pas que le Seigneur dort et ne voit rien. Dès que vous êtes partis de terre, le Seigneur vous voit. Si vous Le rejoignez avec amour, Il vous regardera avec mansuétude et dira : « Tu as compris le sens de la vie, viens auprès de Moi. » Celui qui aime piquer est rejeté par Dieu tant qu’il n’apprend pas sa leçon. Je vous donne ces idées pour vous faire réfléchir et que vous ne bâtissiez plus votre vie comme maintenant. D’abord, cessez de mordre. Lorsque le mari se plaint de sa femme, que fera le Seigneur ? Il va la toucher et elle mourra, et il se libèrera. Lorsque la femme se plaint de son mari, que fera le Seigneur ? Il le touchera et le mari mourra. Un fils sort son dard pour piquer ; le Seigneur le touche et il meurt. C’est ainsi que le Seigneur agit. Certains pensent que le Seigneur agit comme les humains, qu’Il fait ce que bon lui semble. Ce n’est pas vrai, Il ne fait jamais d’erreurs, en ce sens Il est omniscient. Et Son profond désir est de nous pacifier, que nous vivions en frères sans nous violenter, sans nous dépouiller, etc. « Pourquoi nous pacifier, qu’avons-nous tant perturbé dans ce monde ? » Posez-vous la question. Vous croisez quelqu’un, il ne vous salue pas et vous vous vexez. En quoi vous serait-il redevable ? Vous êtes tous les deux de minuscules insectes qui arpentez la terre. Un autre dit : « Mais tu dois te montrer galant, ne me pousse pas ! » La force qui pousse est ailleurs. Si vous prenez cent mille grains de sable et les remuez dans une bouteille, ils se demanderont : « Pourquoi nous nous agitons, pourquoi nous nous querellons ? » Si vous entrez dans ce premier principe et qu’il vous agite, vous demanderez : « Pourquoi, Seigneur, nous tourmentes-tu ? » Lorsque la bouteille se casse, vous vous dispersez, le Seigneur vous libère ; c’est ainsi que le Seigneur a entrepris de nous toucher. Il touche avec son majeur ; le majeur est la loi de Saturne, du destin. Sous la loi de la justice divine, chacun récoltera ce qu’il a semé. Je veux que vous vous libériez de vos vieilles habitudes et que les yeux de votre esprit soient ouverts lorsque le Seigneur commence à vous toucher. Si tu as sorti le dard, le Seigneur te touchera. S’Il te touche le soir, tu ne survivras pas le lendemain matin, et s’Il te réconforte, tu vas ressusciter. J’aimerais que le Seigneur, c’est-à-dire le second principe réconforte tous les humains ; c’est la philosophie chrétienne qui peut expliquer toutes les contradictions entre les humains. Les malentendus viennent de notre mauvaise communication. Vous voulez des exemples ! Quels exemples vous donner ? Si je te donne de l’argent, ne pense pas que je t’aime, je peux projeter de dérober ta maison. Un homme vient aider un misérable ; la femme de ce misérable est belle, savez-vous les intentions de ce bienfaiteur, sont-elles sincères, ne va-t-il pas lui prendre sa femme, quelles preuves avez-vous de son intégrité ? Il y a une seule preuve : depuis la naissance et jusqu’à la mort, n’avoir fait aucun mal, être intègre et irréprochable, cela constitue la preuve la plus forte pour une vie humaine. Chacun doit vivre de la sorte. Si je ne fais que philosopher sans vivre convenablement, ma vie est un mensonge. Si je vis conformément à cette grande loi de la vie, ma vie est authentique. Vous savez tous cela. Je vois certains venir du dehors ; ils sont très sérieux, puis ils sourient dès qu’ils entrent : c’est artificiel. Savez-vous comment les turcs nomment la femme qui sourit ? Ils disent : « Elle a souri dans mon regard » ; ils pensent qu’elle se donne déjà à eux. Le sourire est pour eux un mauvais signe contrairement à nous. Je ne vise pas votre vie privée, mais je constate juste quelque chose qui s’applique à moi et à vous tous. Le froid et le chaud, la lumière et les ténèbres, je les ressens : ces choses nous sont extérieures, ce n’est pas nous, ce sont des choses séparées de nous. La lumière et les ténèbres ne représentent pas notre vie, mais lorsqu’ils s’unissent, la vie se manifeste, c’est-à-dire le troisième principe. Et ce principe peut se manifester uniquement au zénith de la vie. Ainsi, nous ne pouvons servir Dieu et Mammon en même temps. Si nous servons Dieu nous serons heureux et si nous servons Mammon nous serons malheureux ; si nous servons Dieu nous serons bien portants, si nous servons Mammon nous serons malades et pauvres ; si nous servons Dieu notre estomac sera robuste, si nous servons Mammon il sera indisposé ; si nous servons Dieu nous serons respectés en société, si nous servons Mammon nous serons méprisés ; si un peuple sert Dieu, il sera élevé, s’il sert Mammon, il s’abaissera et dégénèrera ; si nous servons Dieu notre discernement se développera correctement, si nous servons Mammon, il sera perturbé et obscurci ; ce sont les deux principes. Tu te lèves le matin perturbé, tu iras auprès du Seigneur, tu dirigeras ton esprit vers Lui, et si d’en haut Il tend sa main, il équilibrera et améliorera ton humeur. C’est pourquoi le Christ dit : « Venez auprès de Moi, vous tous qui êtes surchargés, Je vous consolerai et vous apaiserai. »[5] Pour éviter les mauvaises conséquences du premier principe qui apporte l’affliction, soyez l’ami du Christ. Le premier principe n’est pas malveillant en lui-même, mais il répand le mal sur les autres, c’est sa nature qui est ainsi. Aujourd’hui vous avez appris à craindre le majeur du Seigneur. Lorsqu’ils bénissent, les prêtres unissent le pouce et l’annulaire et lèvent les deux autres doigts en haut, mais ils ont eux-mêmes depuis longtemps perdu la clé, oublié le sens de la science divine. Je vous ferai pour cela une autre causerie, c’est toute une philosophie qui a existé dix mille ans avant le christianisme. Mais vous direz : « Le monde n’était pas créé en ce temps-là, quel a été ce monde d’avant Adam ? » Avant la chute d’Adam il y avait un autre Adam, une autre grande culture. Lorsque Adam est tombé, les humains ont dégénéré et nous disons à présent : « Nous sommes le premier Adam. » Votre premier Adam est du raisin vert qui n’est divin qu’à son extrémité avant d’évoluer par la suite. En l’absence d’autre chose, le Seigneur a pris un peu de terre, a créé Adam et l’a laissé vivre dans un petit paradis en tant que jardinier. Nous disons que notre premier père était nu. Il était nu car un homme qu’une femme mène par le bout du nez est bête ; une femme qui se laisse malmener par un serpent est bête, c’est encore plus risible ! Ce n’est pas un Fils de Dieu cet Adam que vous connaissez. Le Christ était avant Adam, avant Abraham, c’est Lui qui se nomme Fils du Dieu Vivant. Le Christ en venant a dit : « Je suis celui qui était avant Adam et avant Abraham. [6]» Il a vécu à cette grande époque, dans cette grande culture où les anges chantaient dans l’aube divine de la vie, dans l’âge d’or de la vie humaine. Lorsque le péché est venu dans ce monde, alors est venu le père, le diable qui vit maintenant en vous et vous êtes les descendants du diable. Si vous ne reconnaissez pas vos péchés, vous mourrez, vous servirez à jamais Mammon et vous ne serez jamais heureux. Lorsque je dis le Second Adam, je comprends le Christ. Il est second au sens de la loi de l’amour, mais il est le commencement au sens de Dieu qui se manifeste. Maintenant, je crois que de retour à la maison vous commencerez à chercher en vous le troisième principe. Ceux qui connaissent un peu les mathématiques, qu’ils commencent à étudier les équations et ils trouveront le troisième principe dans le résultat d’une équation. Dans la première partie de l’équation vous mettrez votre discernement, ensuite, votre cœur et en troisième lieu votre corps, et dans ces rapports vous trouverez comment sera votre vie. Mettez dans vos esprits l’idée de l’union avec le Christ ; la vie est dans l’union et l’harmonie. Chaque parole amère, chaque mécontentement doit s’effacer et le désir de piquer votre prochain doit s’estomper. Voilà ce que veut dire servir Dieu. Comment servir si je veux vous confondre dans ma causerie pour vos péchés et vous piquer au vif ? C’est un enseignement trompeur. Piquer les autres est très facile : c’est comme prendre un marteau et vous frapper avec, jusqu’à ce que vous leviez ce même marteau un jour sur ma tête. « Qui vit par l’épée, périra par l’épée. »[7] Ainsi ne prenez pas mes propos comme une agression car je peux aussi me taire, mais je vous dis une grande vérité que vous apprendrez par vous-même plus tard. J’ai appris cela ici sur terre, après de longues années passées dans la matière. Vous vous plaignez : « Mon mari est méchant ». Je dirai : le premier principe est en lui ; l’homme dit de la femme qu’elle est méchante ; je dis : le premier principe est en elle ; la fille est mécontente, le premier principe est en elle ; le peuple bulgare combat, le premier principe est en lui. Vous vous demanderez pourquoi les humains s’affrontent et pourquoi le monde est mauvais, vous réfléchirez là-dessus et un jour vous comprendrez. « Soyons bons ! » C’est déjà le second principe. Lorsque tout s’apaisera, lorsque la paix s’instaurera, viendra le troisième principe. Ainsi, mettez-vous en tête l’idée de servir Dieu, c’est là votre salut. Que la bénédiction de l’amour du Dieu vivant soit avec vous tous. Sofia, 21 janvier 1917 [1] « Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent. » (Luc 16, 13) [2] « Debout au milieu de l'Aréopage, Paul prit la parole : " Athéniens, je vous considère à tous égards comme des hommes presque trop religieux. Quand je parcours vos rues, mon regard se porte en effet souvent sur vos monuments sacrés et j'ai découvert entre autres un autel qui portait cette inscription : " Au dieu inconnu. " Ce que vous vénérez ainsi sans le connaître, c'est ce que je viens, moi, vous annoncer. » (Actes 17, 22-23) [3] « Quand je parlerais en langues, celle des hommes et celle des anges, s’il me manque l’amour, je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante. Quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et de toute la connaissance, quand j'aurais la foi la plus totale, celle qui transporte les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens aux affamés, quand je livrerais mon corps aux flammes, s’il me manque l’amour, je n’y gagne rien. » (1 Corinthiens 13, 1-3) [4] « Mais je vous dis, à vous qui m'écoutez : aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, (Luc 6, 27) [5] Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos. (Matthieu 11, 28) [6] Abraham votre père, a exulté à la pensée de voir mon jour : il l'a vu, et il a été transporté de joie. … En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fut, je suis. (Jean 8, 56 ; 58) [7] TOB = « Alors Jésus lui dit: " Remets ton épée à sa place; car toux ceux qui prennent l’épée périront par l’épée. » (Matthieu 26, 52)
  7. Le bon trésor « L'homme de bien tire de bonnes choses, du bon trésor de son cœur ; et l'homme méchant tire de mauvaises choses du mauvais trésor » Matthieu 12 :35[1] Le Christ évoque deux types d’actions : « L’homme de bien tire les bonnes choses du bon trésor et l’homme méchant, les mauvaises. » L’un et l’autre tirent quelque chose de leurs trésors, mais avec un résultat très différent. Ainsi, la même action ou bien la même cause aboutit à deux résultats différents ; deux personnes sèment la même chose dans leurs champs, mais le fruit de la moisson est différent. Qu’entend-on par les mots bon et mauvais trésor ? Pour acquérir un bon trésor, on doit travailler des milliers d’années sur soi-même, c’est la seule manière de devenir riche et de tirer les bonnes choses de son trésor. On s’enrichit de deux façons et sur deux axes différents : on peut s’enrichir vite ou durant plusieurs années et obtenir des plus-values dans sa vie ; on peut aussi s’enrichir vite ou au bout d’un long temps, mais obtenir des moins-values. La richesse est nécessaire aux humains, oui, mais laquelle ? Ils se sont concentrés et se concentrent toujours sur la richesse matérielle qui n’est que transitoire et éphémère. La richesse réjouit et satisfait l’être humain jusqu’à un certain point, mais plus tard, il recherche autre chose au-delà des acquisitions matérielles. L’étude approfondie du christianisme forge la conviction que le véritable développement est induit par la richesse intérieure, spirituelle de l’âme. La science spirituelle, appelée religion par certains, requiert le développement spirituel des humains. Dans ce cas, le terme religion n’est pas très exact, mais dans la langue bulgare il n’existe pas d’autre mot pour le remplacer. On entend par religieux quelqu’un de sot, limité, fanatique qui n’a pas une pensée juste. Certains pensent que l’on devient religieux en vieillissant. Je ne parle pas de la religion des personnes âgées, mais de la religion divine qui implique la science divine. Certains remplacent le terme religion par théosophie qui se base sur la réincarnation ; d’autres le remplacent par le spiritisme qui se base sur les relations avec les esprits, mais les deux mots, théosophie et spiritisme, sont limités et ne peuvent embrasser la notion de science divine. De nos jours, même le mot Dieu a perdu son sens et on le remplace par Nature ; à l’avenir, le mot Nature sera à son tour remplacé par un autre, plus proche de la compréhension des humains. Peu importe les substitutions de mots que vous faites, l’important est que le mot qui remplace un autre exprime son sens avec précision. « L’homme de bien tire les bonnes choses du bon trésor ». Comment s’acquiert le bon trésor ? Par le savoir, la patience et la persévérance. Que fait le bon jardinier qui a beaucoup d’arbres fruitiers dans son verger, parmi lesquels des noyers ? Lorsqu’il voit que les noix commencent à mûrir, il ne se presse pas de les cueillir, mais il les laisse dans l’arbre jusqu’à ce que la bogue verte éclate. À ce moment-là, il sait que les noix sont mûres ; s’il enlevait la bogue des fruits avant le terme, le noyau du fruit s’abîmerait. Lorsque la noix est mûre il la fait tomber, enlève la bogue verte, puis la coque et arrive enfin au noyau, également recouvert d’une membrane très fine, d’un goût amer. Comme la noix renferme son bon trésor sous plusieurs enveloppes, de même l’homme cache son véritable trésor sous plusieurs enveloppes. L’enveloppe externe est la richesse matérielle que vous devez laisser mûrir librement et ne pas enlever trop tôt ; c’est une bonne protection du véritable bon trésor. De l’enveloppe externe la sève va à l’enveloppe interne et de là, au noyau lui-même. La fine membrane qui enveloppe les noyaux contient de l’iode ; mangez des noix et ne craignez rien, elles remplacent l’iode. « Le bon trésor ». Ceux qui ne comprennent pas le sens de la vie spirituelle disent qu’ils n’ont pas besoin de richesse matérielle, mais qu’ils veulent être plus près de Dieu. Être près de Dieu, c’est être sain de corps, sain d’esprit et de cœur, autrement dit, c’est mobiliser ses forces. Si l’on n’est pas sain, si l’on n’organise pas ses forces, on est loin de Dieu. La proximité de Dieu n’est pas un processus externe mais interne. La même chose s’applique au commun des mortels : on a beau se tenir près de quelqu’un extérieurement, on en est loin intérieurement. Que doit-on faire pour se mobiliser ? Garder son enveloppe extérieure tant qu’elle n’a pas mûri : privé d’elle, on altérerait la fermeté de son contenu intérieur. On doit s’armer de patience et ne pas viser de grands résultats en peu de temps ; chaque résultat vient en son temps. Beaucoup se précipitent, veulent immédiatement réaliser leurs désirs et finissent par s’abîmer. Que désigne l’expression ‘contenu intérieur’, quel est le contenu intérieur de l’homme ? C’est son âme, c’est-à-dire la source divine en lui qui puise les forces et les énergies nécessaires dans la vie afin de manifester ses qualités et ses aptitudes. Avoir la vie en soi, c’est vivre en conscience ; celui qui ne sait pas vivre n’est pas conscient. Lorsqu’on aborde la vie consciente, beaucoup disent : « Peu importe si je vis en conscience ou pas, ce qui importe, c’est de préserver son corps. » C’est légitime d’aspirer à préserver son corps en tant qu’enveloppe extérieure de protection, mais un jour elle tombera toute seule. Comme la bogue verte de la noix éclate et tombe toute seule, ainsi le corps de l’homme sera abandonné un jour et il restera la seconde enveloppe. Quand cela arrivera-t-il ? Lorsque l’homme mûrira. Mais tant qu’il n’est pas mûr, personne n’a le droit de le dépouiller de son enveloppe extérieure. La même chose s’applique à la noix : pour ne pas abîmer le fruit, laissez la bogue éclater d’elle-même et tomber. Les enfants font souvent tomber les noix avant qu’elles soient mûres et ils se salissent les mains : ils font cela car ils aiment le noyau frais de la noix. Lorsqu’ils se lassent de la vie, les gens disent : « Pourquoi a-t-on ce corps, pourvu qu’on s’en débarrasse ! » Ils ne comprennent pas la prédestination du corps physique. Tant qu’il est dans son corps, l’homme mûrit et mobilise ses forces ; s’il perd son corps, il tombe avant terme de l’Arbre de la Vie et s’en va dans l’autre monde, immature et désorganisé. Le Christ dit : « L’homme de bien tire des bonnes choses du bon trésor. » Le cœur est une partie du corps physique ; s’il se prive de son corps, l’être humain se prive de la vie de son cœur. Voilà pourquoi le corps physique est une enveloppe, c’est-à-dire un médiateur par lequel les sucs transitent du dehors au dedans, c’est-à-dire du plan physique extérieur vers le plan spirituel. Par exemple, par la nourriture l’homme assimile les matériaux extérieurs nécessaires à la construction de son corps, mais aussi à celle de son âme. De point de vue divin, il n’est pas encore formé, ce n’est pas un homme véritable, il n’est pas encore mûr. Du point de vue des anges, il ressemble à un arbre, comme il est dit dans les Écritures : « Les justes seront comme des arbres, plantés auprès des sources limpides. »[2] L’arbre est pris comme symbole du savoir, donc l’arbre contient le savoir, la science de la vie. Dans le jardin d’Éden il y avait beaucoup d’arbres, dont deux en particulier : l’Arbre de la Vie et l’arbre de connaissance du Bien et du mal. Lorsqu’Il a créé les premiers hommes et les a placés au Paradis, Dieu leur a dit : « Mangez les fruits de tous les arbres à l’exception des fruits de l’arbre de la connaissance du Bien et du mal. Le jour où vous en mangerez, vous mourrez. »[3] Ainsi, Dieu souhaitait attirer l’attention des premiers hommes sur le fait qu’ils ne pourraient pas assimiler correctement la sève et l’énergie qui leur viennent du monde supérieur, ni en profiter, tant qu’ils n’auraient pas bien organisé leur corps physique avec ses tissus, ses membres et ses organes. En interdisant aux premiers hommes de goûter à l’arbre de la connaissance du Bien et du mal, Dieu a voulu leur dire qu’ils n’étaient pas prêts pour cette science. Tant qu’ils ne forment pas et n’organisent pas leur enveloppe extérieure par laquelle assimiler les énergies du monde extérieur, ils ne peuvent pas entamer l’exploration de la deuxième enveloppe qui est plus dense : les os de leur corps. La première enveloppe représente les muscles de l’homme, la deuxième, les os ; la première enveloppe symbolise la science de la vie, du monde extérieur et la seconde, la science de la connaissance du Bien et du mal. Lorsqu’il acquiert ce savoir, l’homme atteint la troisième enveloppe, la membrane qui recouvre le noyau de la noix. Lorsqu’il goûte le noyau, il est arrivé enfin au sens intérieur de la vie. En étudiant la tête de l’homme, vous voyez qu’elle est constituée de trois enveloppes : une enveloppe externe, la peau, une enveloppe médiane, l’os et une enveloppe interne, la membrane du cerveau. Si cette membrane s’abîme ou s’infecte, l’homme périclite. Pour ne pas péricliter, il doit travailler sur lui-même, se constituer un corps robuste pour affronter les conditions qui lui sont données et les mettre à profit. S’il n’est pas robuste physiquement et psychiquement, l’homme peut perdre en un seul instant sa santé, et dépérir. Si par exemple, quelqu’un a mis sa foi et son salut dans l’argent, lorsqu’il le perd, il peut faire une attaque cérébrale, un infarctus et mourir ; certains désespèrent et perdent le sens de la vie aux moindres difficultés et insuccès. La matière qui compose le plan physique a quatre états. Les uns sont d’aspect extérieur : solide, liquide, gazeux, plasma et les autres sont d’aspect intérieur : matière organique et matière non organique. L’une des propriétés de la matière est de passer d’un état à un autre. Elle y parvient par le changement de ses vibrations, et plus précisément de leur intensité. Lorsque la matière se purifie, l’intensité des vibrations augmente ; lorsqu’elle perd sa pureté, cette intensité diminue. Lorsque la matière se purifie, l’homme aussi se purifie ; cette purification passe par le cœur. Par le mot cœur, nous comprenons l’âme émotive dans l’homme ou corps astral, qui suit le corps physique. Lorsqu’il meurt, l’homme va dans l’autre monde avec son corps astral tout comme la noix est plantée en terre avec son enveloppe solide et non pas avec sa bogue verte. La coquille dure de la noix éclate dans le sol, puis la membrane se déchire et il ne reste que le noyau dont il sortira un nouveau noyer. Le nouveau noyer, caché dans le noyau de la noix, représente l’âme véritable de l’être humain qui doit s’instruire. La philosophie de la vie humaine est contenue dans la noix. Étudiez et observez le développement et la croissance de la noix pour percevoir les filaments qui tissent la philosophie de la vie humaine. Si ces filaments ne se mélangent pas les uns aux autres pendant que la femme les tisse, aucun tissu ne sera fabriqué. Sur la même base, nos pensées et sentiments doivent être tissés selon les commandements de la pensée juste et des sentiments justes et non pas sans dessein. La pensée juste exclut tout soupçon, toute crainte et tout doute. Débarrassez-vous de l’idée que quelqu’un peut vous tromper. Soyez comme le marchand d’or : qui peut tromper un marchand d’or ? Lorsque vous lui apportez une pièce jaune et la faites passer pour de l’or, il sort l’étalon de sa poche pour la tester ; si elle répond aux propriétés de l’or pur, il la place dans un endroit spécifique pour la distinguer des autres pièces qui ne sont pas en or. L’homme doit avoir un étalon avec lui pour éprouver les choses. Pour ne pas être trompé, il doit appliquer son étalon et vérifier si la pièce qu’on lui présente est fausse ou en or. Que faut-il à nos contemporains pour qu’ils ne se trompent pas ? La foi, l’expérience et la vision. La foi doit donc devenir expérience, l’expérience, vision et la vision, devenir vie intelligente. Appliquez cela dans vos rapports familiaux, dans vos rapports amicaux, et vous en verrez les bons résultats. En ne comprenant pas les lois de la vie, les gens les transgressent et, en fin de compte, ils attribuent tout malheur qui les frappe à l’œuvre de Dieu. Si quelqu’un tombe malade, on proclame que c’est Dieu qui en a décidé ainsi ; si on juge quelqu’un, c’est encore Dieu qui est considéré comme fautif. C’est l’homme qui est responsable de son bonheur ou de son malheur, il est la cause de ses maladies, de ses tourments et des contradictions qui l’assaillent. Il existe deux types de destin ou de châtiment : pour le mal ou pour le Bien. On châtie sur terre uniquement ceux qui font le mal. Lorsqu’on commet un crime, on est tout de suite pris par le gendarme, arrêté par la police et conduit devant les tribunaux ; plus grand est le crime commis et plus grand est le bruit fait autour. Pour l’innocenter des avocats éminents prennent sa défense, les journaux écrivent sur lui, la société lit et débat sur l’affaire, donne son avis, etc. Ainsi, le criminel, mais aussi les avocats et les juges qui prennent part au procès gagnent en célébrité. Mais si quelqu’un fait du Bien personne ne s’y intéresse. Naturellement, il n’existe pas sur terre des lois qui examinent les bonnes actions des humains pour les rétribuer. Sur terre, on ne juge que les malfaiteurs et les criminels ; au Ciel, c’est exactement l’inverse ; là-haut, on s’intéresse uniquement aux bonnes actions des humains et non pas à leurs crimes ; personne là-haut ne s’intéresse aux fautes et aux infractions, personne n’enquête là-dessus. Si quelqu’un accomplit une bonne action, des avocats illustres se lèvent aussitôt et disent : « Amenez-nous cet homme pour que nous examinions quel bien il a fait et le rétribuer pour cela. » Plus grand est le bien accompli, plus grand est le nombre de personnes qui s’intéressent à lui, plus le bruit autour de lui est important. « L’homme de bien tire les bonnes choses du bon trésor. » Le bon trésor du cœur représente l’âme divine où l’homme accumule ce que Dieu lui donne. Lorsqu’une chose lui est donnée, l’homme doit la sortir de son trésor et la distribuer pour que ses proches en profitent comme lui-même. Tous les bienfaits dans la vie sont donnés par Dieu ; l’homme de bien a le droit d’y puiser pour répondre à ses besoins, et donner ensuite à ses proches. Pour pouvoir profiter intelligemment des bienfaits divins, l’homme doit se guider non seulement par sa raison et son cœur, mais aussi par son âme, et renvoyer les énergies de l’air par les poumons vers la colonne vertébrale et de là vers le cerveau. C’est être mobilisé de cœur et de raison, résoudre correctement ses tâches, être utile à soi-même et à ses proches. Les jardiniers ne font-ils pas de même ? Ils utilisent d’abord l’énergie de la source principale en faisant s’écouler l’eau par de petites rigoles pour irriguer les coins les plus éloignés du jardin. Vous direz que cela prend beaucoup de temps ; on ne fait rien en se pressant : patience et persévérance sont nécessaires à l’homme, et non pas la précipitation. Un médecin américain a été appelé pour soigner un Turc d’Asie mineure. Après examen le médecin lui a prescrit un médicament à prendre pendant dix jours, à raison de trois cuillerées par jour ; son état ensuite s’améliorerait. Le Turc a regardé le médicament et a réfléchi un moment : « Pourquoi le boire dix jours d’affilé quand on peut tout ingurgiter d’un seul coup pour guérir plus vite. » Il a pris le flacon et l’a vidé d’un coup. Une ou deux heures après son état a empiré et il a succombé. Respectez les commandements et les prescriptions de Dieu, de la nature et du médecin qui vous soigne ; respectez la prescription : trois cuillerées par jour. Dieu aussi écrit dans son livre : « Trois cuillerées par jour. » Vous direz que ce Turc était un sot. Que direz-vous de nos contemporains qui, à midi, engloutissent plusieurs plats puis boivent deux ou trois litres de vin ; ayant trop mangé, ils appellent le médecin pour qu’il les aide : leur estomac serait dérangé, leur appétit troublé, etc. On voit des sots partout, pas seulement en Asie mineure. Lorsqu’on ne raisonne pas intelligemment, on ressemble à ce Turc qui a bu tout le flacon d’un coup, on ressemble à ces gens qui mangent trop et perturbent leur estomac. Selon moi, soixante-quinze pour cent des gens aujourd’hui mangent trop. Quelqu’un objectera qu’il ne mange jamais trop ; il ne mange pas trop, mais il désire aimer toutes les personnes et être aimé d’elles ; n’est-ce pas de la gloutonnerie ? Peux-tu donner à tous ce qu’ils désirent ? As-tu la puissance du soleil ? Tu n’as pas encore appris à aimer ta mère, ton père, tes frères, tes sœurs, tes amis qui ont bien agi envers toi, et tu veux aimer le monde entier ! Le cœur humain se reconnaît dans les épreuves ; l’homme doit amasser de l’énergie divine en lui pour enrichir son cœur, pour manifester ses sentiments dans des moments difficiles. En ces instants précisément il doit avoir de la nourriture pour maintenir la vie de son prochain. Un comte russe, ruiné, s’est marié par amour avec une belle jeune fille de noble ascendance. Il embrassait souvent sa bien-aimée dans les jours qui ont suivi le mariage, mais elle a fini par avoir faim et a voulu manger ; elle avait envie de pain. « Embrassons-nous ! – lui disait-il. – J’ai faim ! – rétorquait sa bien-aimée. – Embrassons-nous ! » Avec ces embrassons-nous un jour, et ces embrassons-nous le lendemain, elle a perdu ses bonnes dispositions envers lui, son amour s’est refroidi. Naturellement, elle s’est sentie trahie ; il était très pauvre et ne possédait qu’un titre de noblesse. On n’a pas seulement besoin d’embrassades, beaucoup d’autres choses sont nécessaires. Les embrassades répétées mortifient l’homme. Les embrassades de certains, semblables à des ventouses, aspirent l’énergie de l’homme et extraient le sang pur, au lieu d’aspirer le sang vicié et impur. Il suffit de subir dix embrassades de la sorte, dix ventouses, pour se rendre compte de ce que c’est. Je prends le mot embrassade au sens large et pas au sens strict : tous ceux qui troublent l’esprit et le cœur de l’homme donnent des embrassades comme les ventouses de la sangsue, mais aspirent aussi bien le sang pur que le sang vicié. L’enseignement du Christ ne tolère pas ces embrassades ; il exige partout et en tout de l’harmonie. Selon cet Enseignement, les infirmes doivent remarcher, les aveugles, voir, et les idiots s’instruire. Par le mot idiot je désigne celui qui n’a pas de bonnes conditions pour se développer. Enfermez un homme intelligent dans une chambre noire et tenez-le là dix ans durant, vous verrez qu’il s’abêtira et deviendra idiot. Pourquoi ? Parce qu’il n’a pas de conditions pour se développer. Et inversement, si vous donnez de bonnes conditions de développement à l’idiot, en dix ans il deviendra intelligent. Le Christ dit : « L’homme de bien tire les bonnes choses du bon trésor et le méchant, les mauvaises choses. » Chacun doit tirer les bonnes choses de son cœur, d’abord pour lui-même, puis pour ses proches ; ce qui signifie : apprends d’abord à aimer Dieu, puis enseigne à ton prochain. Si tu n’as pas encore appris cela, mais que tu l’enseignes aux autres, ils te confondront et te demanderont aussitôt : « D’où tiens-tu cela ? » Ce n’est pas un reproche, mais avant d’enseigner aux autres ouvrez votre esprit et votre cœur à la lumière divine pour vous développer normalement. Beaucoup se ferment à cette lumière comme la noix dans sa coquille, et attendent de bons résultats, c’est impossible. Ouvrez-vous à la lumière divine qui vous libérera de toutes les difficultés et contradictions. Comment vérifier que la lumière divine pénètre votre cœur et votre esprit ? Elle n’introduit aucune duplicité ni dans l’esprit ni dans le cœur humain ; elle est comme l’eau pure des montagnes qui rafraîchit et rassérène. Si vous buvez de l’eau trouble, elle incommodera votre organisme, obscurcira vos pensées et vos sentiments et vous emplira de contradictions. Chaque enseignement qui élève et anoblit l’homme est divin. De nos jours, beaucoup de prédicateurs vont dans le monde pour prêcher l’enseignement du Christ, mais peu sont en mesure de le présenter convenablement. Américains et Anglais ont dépêché un grand nombre de missionnaires dans le monde pour prêcher, mais ils ont exporté les boissons alcoolisées avec le christianisme. Certains peuples les ont priés de ne pas envoyer ce poison. Quel sens a le christianisme pour un peuple si on l’élève d’un côté et on l’empoisonne de l’autre ? Empoisonner, détruire est le travail le plus facile. Vous direz que vous n’êtes pas de ces gens-là. Il n’est personne au monde qui ne se soit empoisonné d’abord lui-même. Combien de fois par jour on introduit du poison dans son sang : aujourd’hui tu es bien disposé, tu as une disposition divine de l’esprit, mais tu laisses entrer une pensée qui obscurcit ton esprit et tu rechutes, tu perds ce que tu avais acquis. Combien de fois par jour on monte et on redescend ! C’est le Turc en chacun qui n’écoute pas les paroles divines, prend le flacon avec le médicament et le vide d’un coup. C’est la mort qui attend cet homme et rien d’autre. Que représente la mort ? Une purification, c’est-à-dire l’abandon de la vieille maison insalubre qui sera brûlée. Une maison dans laquelle les gens ont vécu trente ans en désaccord, dans des conflits et des malentendus doit être brûlée. Un hôpital par lequel ont transité de milliers de malades d’infections contagieuses, et dont les murs suintent les impuretés, les gémissements et les lamentations, doit être brûlé. Aujourd’hui, Dieu envoie le feu dans le monde entier pour le purifier et brûler tous les sentiments et pensées impurs, malveillants et contagieux. Il va ainsi délivrer les humains d’un mal plus grand. C’est pourquoi Dieu dit : « Je commence à raser l’ancien, le pourri, pour bâtir quelque chose de neuf, de robuste et de pur. J’enlève aujourd’hui la coquille de la noix pour faire ressortir le contenu intérieur, le noyau. » Dans le noyau est cachée l’âme humaine où se développent les bonnes pensées et les bons sentiments dans lesquels se forge la volonté et s’organisent les forces de l’esprit et du cœur. Créer de bonnes pensées et de bons sentiments ne signifie pas qu’il faut tuer tout désir en soi. Dans le livre « La lumière sur le sentier »[4] il est dit : « Tue tout désir en toi ! » Cette idée nécessite une correction, elle devrait s’énoncer : « Tue en toi tout mauvais désir et ressuscite tout bon désir. » En lisant ce livre, vous verrez que beaucoup de pensées doivent y être nuancées. Celui qui a écrit ce livre a, soit sciemment caché la vérité, soit n’a pas compris le sens profond des choses. Lorsqu’on étudie la science spirituelle, on doit être guidé par sa compréhension intérieure des choses pour ne pas se trouver face à des contradictions. Si vous vous trouvez face à des idées qui se contredisent, ne vous empressez pas de tirer des conclusions, méditez sur elles avant d’aviser. Le Christ dit : « L’homme de bien tire les bonnes choses du trésor de son cœur et le méchant homme, les mauvaises choses. » Cette pensée aussi a deux côtés : du même endroit, le cœur, l’homme de bien tire les bonnes choses et le méchant, les mauvaises choses. Par conséquent, lorsque je veux élever l’homme, je dis au méchant de tuer en lui tout mauvais désir et ne pas être malveillant envers lui-même et envers les autres. Au bon, je dis de ressusciter en lui tous les bons désirs et de les mettre en œuvre pour se réconforter lui-même ainsi que ses proches. On doit être attentif à ses désirs et rester vigilant. L’excès de bons désirs peut déclencher des conflits comme ceux qui sont engendrés par les mauvais désirs. Un professeur américain aimait tellement la matière qu’il enseignait, qu’il retenait les étudiants une demi-heure et parfois jusqu’à une heure après la fin du cours. Ils ont décidé de lui donner une bonne leçon pour qu’il se reprenne. Un jour, ils ont tartiné sa chaise de colle et l’ont aussi clouée fermement au sol. Le professeur a parlé ce jour-là deux heures entières et après le cours il a fallu une demi-heure de plus pour le dégager de la chaise, car ses vêtements étaient collés dessus. Le professeur a compris la cause de cette farce et n’a plus retenu les étudiants à la fin des cours. Il est temps que tous ceux qui sont collés à leurs chaises s’en libèrent. Chacun doit comprendre que si ses affaires échouent, c’est qu’il est collé à sa chaise ; libère-toi d’abord, puis mets-toi au travail ! Être collé à sa chaise est signe de vieilles convictions et croyances. Si vous ne pouvez pas vous décoller tout seuls, demandez de l’aide à quelqu’un, mais ne restez pas collés. « L’homme de bien tire les bonnes choses du trésor de son cœur et le méchant homme tire du mauvais trésor les mauvaises choses. » Le Christ oppose frontalement bon trésor et mauvais trésor. Par les mots bon trésor, Il désigne l’âme humaine qui se développe correctement. D’après les occultistes, elle représente le bon karma de l’homme : l’homme de bien a accompli les lois divines, a amassé le bon trésor dans son cœur ; il a de quoi y puiser et donner à son prochain. Le méchant homme a transgressé les lois divines, a agi par méchanceté et il s’est créé un mauvais karma. On le jette aujourd’hui en prison où il reste quelques années jusqu’à faire une certaine expérience : par les souffrances, la sève de la méchanceté se transforme en bonté. Quel que soit le village où vous alliez, vous verrez les paysans récupérer le fumier et engraisser le sol des champs et des jardins ; ils améliorent ainsi les arbres et les fleurs. Chacun doit sortir l’engrais de son compost, c’est-à-dire sortir les méchancetés du mauvais trésor et les mettre sur son champ pour l’engraisser, transformer le mal en bien ! Ce n’est qu’ainsi que l’on peut s’enrichir. La nature ne déracine jamais les formes imparfaites, mais elle les anoblit et les cultive. Elle utilise tout pour le transformer en bien, cet élément nécessaire à la santé des humains. Comment reconnaître qui a un bon trésor dans son cœur ? Imaginez que vous vous levez le matin joyeux, gais et que vous gardez cette disposition d’esprit toute la journée ; dans ce cas vous avez un bon trésor dans votre cœur. Si, face à toutes les épreuves de la journée, vous gardez votre équilibre, vous êtes riches, vous tirez les bonnes choses de votre trésor. Ce qui est vrai un jour, est vrai tous les jours. Si vous vous levez le matin mal disposé et que vous n’arrivez pas à améliorer votre état durant toute la journée, vous portez un mauvais trésor dans le cœur. Vous vous trouverez des excuses en disant que vous n’êtes pas bien portants, que vous êtes souffrants, etc. ; rien ne peut vous excuser : votre trésor n’est pas bon. Il ne vous reste rien d’autre à faire que de prendre le mauvais trésor et de le jeter dans votre champ comme engrais. Viendront ensuite les souffrances, mais dites-vous : « Je suis prêt à souffrir pour m’élever, pour acquérir la patience et l’amour. » On doit être patient. Quelqu’un est réputé patient parce que les conditions lui imposent la patience : c’est subir contre son gré et non pas être patient, c’est faire les choses malgré soi, alors que la patience est le résultat de la volonté humaine intelligente. N’imposez jamais à personne vos croyances, vos opinions, vos convictions : laissez-le libre, qu’il plante son jardin comme il l’entend ; vous pouvez lui donner des graines qu’il cultivera et arrosera. Il peut commettre des erreurs, ce n’est rien ; ce qui est mal, ce n’est pas de faire des erreurs, mais de ne pas les corriger. Il est important d’être libre pour se développer convenablement ; en même temps on doit laisser la liberté aux autres pour que, eux aussi, se développent convenablement. Comment agissent les mères avec leurs enfants ? Tant que l’enfant est petit, la mère lui met des langes, une gigoteuse et le laisse des heures au lit. Avant de le laver, elle le dévêtit, le laisse gigoter un peu à l’air libre et dès qu’il est baigné, elle lui remet des langes, la gigoteuse et le laisse dormir dans le berceau ; l’enfant doit rester sage et tranquille, la loi est ainsi. Certains religieux agissent de la sorte : ils attrapent quelqu’un, lui mettent des langes et l’enveloppent dans une gigoteuse en disant : « Nous avons converti cet homme à Dieu. » Vous ne l’avez pas converti, vous l’avez limité. Si vous croisez quelqu’un qu’on a limité de la sorte, suivez l’exemple de la mère : quatre à cinq mois après, elle enlève la gigoteuse et libère l’enfant et lui donne ainsi des conditions pour se développer librement et normalement. Si l’enfant reste trop longtemps dans les langes et dans une gigoteuse, sa croissance s’arrêtera et il vieillira prématurément. La mère ne veut pas que son enfant vieillisse, elle le veut vigoureux, en bonne santé et bien développé. Dans une société religieuse, on est d’abord comme un enfant, enveloppé de langes dans une gigoteuse ; quelque temps après on s’en libère et on se met à se développer convenablement et normalement, à croître et à devenir plus intelligent : on manifeste le bon trésor qu’on porte en soi. Par conséquent, au réveil le matin, on doit se demander si l’on est libéré des langes et de la gigoteuse. Si on est convaincu d’être libre, on peut bouger librement ses bras et ses jambes, s’étirer pour montrer qu’on est prêt à travailler. Les bras et les jambes représentent la volonté humaine. Ainsi, si les yeux, la langue, les bras et les jambes sont libres, cela témoigne qu’on a une intelligence, un cœur et une volonté à atteler au travail pour accomplir la volonté divine. Le sommeil symbolise les langes et la gigoteuse qui enveloppent l’homme. Si tu te réveilles, enlève la gigoteuse, jette les langes et dis : « Je Te remercie Seigneur de m’avoir donné la liberté de me déplacer et de travailler, d’atteler ma volonté, mon cœur et mon intelligence à Ton service, pour accomplir Ta volonté. » Préparez-vous pour le Ciel tant que vous êtes sur terre, car là-haut il n’y a pas de sieste, de langes et de gigoteuse. Travaillez sur vous pour anoblir votre âme, développer votre corps spirituel avec lequel vous ressusciterez. Certains vont ressusciter encore sur terre ; l’apôtre Paul dit à leur sujet que leur enveloppe extérieure tombera, qu’ils ressusciteront et changeront[5]. Ayez un élan vers la résurrection comme un processus interne, ce qui signifie pour l’homme de se libérer de tous les doutes et limitations. Croyez dans l’intelligence et dans le cœur, dans l’esprit et dans l’âme que Dieu a déposés en vous, et vous ressusciterez. Par conséquent, si vous portez un bon trésor en vous, vous devez l’assumer ; si vous portez un mauvais trésor, engraissez votre champ avec lui et transformez-le en bien ; c’est la pensée que le Christ a mis dans le verset du bon et du mauvais trésor. Il est temps pour l’homme de passer du transitoire à l’éternel, des langes et de la gigoteuse à la liberté, du lait à la nourriture solide. C’est dans l’ordre des choses pour un petit enfant de se nourrir de lait, mais si la jeune femme et le jeune homme veulent encore se nourrir de lait, ce n’est plus un processus normal. Lorsqu’il marche, l’enfant peut déjà se nourrir avec de la nourriture solide ; la liberté est nécessaire pour son développement et sa croissance. Laissez un cheval en liberté pour voir comment il saute et rue. Il peut gambader dans les champs, mais pas en ville car il pourrait piétiner un enfant, voire un adulte. La liberté est nécessaire à toutes les créatures vivantes, au bon moment et au bon endroit. « Le bon et le mauvais trésor. » Chacun doit déterminer à quelle catégorie il appartient : les bons ou les méchants, les croyants ou les incroyants ? Qui est incroyant ? Celui qui n’a pas de lumière dans son esprit. Ouvrez les fenêtres de sa maison pour faire entrer la lumière. S’il n’a pas d’argent pour les faire ouvrir, laissez-le les ouvrir tout seul. Quiconque est enfermé dans une pièce noire sans fenêtres deviendra incroyant. La foi se manifeste à la lumière, et le mal dans l’obscurité. L’homme doit transformer sa vie, c’est-à-dire quitter l’obscurité pour entrer dans la lumière. Tous les matins, au réveil, dites-vous : « Je suis bon et raisonnable car Dieu m’a créé. » Vous direz que ce n’est pas vrai. Selon moi, toute chose créée par Dieu est bonne et raisonnable. Pour s’en convaincre, jetez vos vêtements déchirés et vieillis pour voir l’habit divin que Dieu vous a donné. À qui la faute si vous êtes habillés de haillons et que vous ne pouvez pas vous reconnaître ? Ne croyez pas ceux qui maintiennent l’idée que l’homme est pécheur par nature. Le seul qui est pécheur est celui qui vit dans une cave obscure et qui ne sait pas comment en sortir. Sortez cet homme et mettez-le dans le monde divin, en liberté. Le Christ s’adresse aux hommes de bien et de raison pour aider leurs frères déchus avec les bonnes choses du bon trésor de leur cœur. Donnez gratuitement pour qu’on vous donne en retour. Donnez de votre or et non pas de vos billets de banque, car les billets de banques ne sont pas convertibles au Ciel ; chaque bonne pensée, chaque bon sentiment et chaque bonne action sont des pièces sonnantes et trébuchantes qui ne perdent jamais leur prix et leur valeur. Le bon trésor désigne les pièces d’or et le mauvais trésor, les billets de banque. David dit : « Ma mère m’a conçu dans le péché. » Il admet que le péché est l’œuvre des humains et non pas du divin. Jean dit quant à lui : « Je suis conçu de Dieu ». Celui qui vit dans une pièce obscure et tire des méchancetés de son cœur est conçu du diable ; celui qui vit dans une pièce éclairée et tire les bonnes choses de son cœur est conçu de Dieu. Vivez et travaillez comme le Christ pour être un avec Dieu. Voici ce qu’exige le Christ de tous pour que les peuples et les sociétés se réorganisent, se renouvellent et que la nouvelle vie pénètre partout, pour que vienne le Royaume de Dieu sur la terre. Il ne suffit pas de savoir qui est le Christ et ce qu’Il a fait, mais de se demander et de se dire ce que l’on a fait soi-même. Ce que le Christ a fait il y a deux mille ans est connu de tous, ce qu’Il fait aujourd’hui est vu de tous, mais qu’est-ce que tu as fait et que fais-tu ? « Toi qui parles maintenant, qui es-tu ? – Viens travailler avec moi pour voir ce que je suis. Si nous travaillons ensemble et que je prends quatre-vingt-dix pour cent du gain et que je t’octroie dix pour cent, tu sauras combien je suis juste ; mais si je te donne plus et me laisse moins, ou si nous partageons à égalité, tu me comprendras aussi. C’est ce que le Christ exprime dans le verset : « Vous les reconnaîtrez par leurs actes. »[6] Je veux qu’aujourd’hui tous ouvrent leurs portefeuilles, leurs esprits et leurs cœurs ; qu’ils jettent les langes et les gigoteuses et bougent librement leurs bras et leurs jambes. C’est ce qui est attendu des religieux et des gens du monde, c’est ce que la vie intelligente exige de l’homme. Vous direz qu’il est facile de parler et qu’il est difficile de travailler. Celui qui parle avec amour travaille facilement avec amour. Il est passé par des épreuves et des souffrances, il a compris la vie et il sait travailler, ses paroles sont remplies de contenu et de sens. Le Christ vient sur terre pour régénérer toute l’humanité : les peuples, les sociétés et chacun individuellement. Pour cela, que chacun se dise : « Je peux tout par Dieu, les anges, les saints et les hommes de bien. » Si chacun décide ainsi, le monde s’arrangera et tout ira sur le droit chemin. Il y a trois façons pour l’homme de rentrer sur le chemin étroit, c’est-à-dire le chemin de Dieu : la première façon est de pousser le train qui mène sur ce chemin ; la deuxième est de faire la course avec lui et la troisième est de monter là-dedans et de vous laisser librement emmener à l’endroit indiqué. Si vous voyez ce train, ne le poussez pas : il se déplace tout seul ; n’essayez pas de le dépasser : vous ne pourrez pas le suivre, mais entrez là-dedans et croyez qu’il vous amènera dans le Royaume de Dieu. Je vous souhaite d’être cet homme de bien dont le Christ dit qu’il tire les bonnes choses du bon trésor de son cœur. Sofia , 20 mai 1917 [1] « L'homme bon, de son bon trésor, retire de bonnes choses ; l'homme mauvais, de son mauvais trésor, retire de mauvaises choses. » (Matthieu 12, 35) [2] « II est comme un arbre planté près des ruisseaux : il donne du fruit en sa saison et son feuillage ne se flétrit pas ; il réussit tout ce qu'il fait. » (Psaume 1, 3) [3] « Le Seigneur Dieu prescrivit à l’homme : « Tu pourras manger de tout arbre du jardin, mais tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance de ce qui est bon ou mauvais car, du jour où tu en mangeras, tu devras mourir. » (Genèse 2, 16-17) [4] Traité théosophe, transcrit par Mabel Collins (1851 – 1927) [5] « Je vais vous faire connaitre un mystère. Nous ne mourrons pas tous, mais tous, nous serons transformés, en un instant, en un clin d'œil, au son de la trompette finale. Car la trompette sonnera, les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons transformés. » (1 Corinthiens 15, 51-52) [6] TOB = « Un bon arbre ne peut pas porter de mauvais fruits, ni un arbre malade porter de bons fruits. Tout arbre qui ne produit pas un bon fruit, on le coupe et on le jette au feu. Ainsi donc, c'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. » Matthieu 7, 18-20)
  8. Ce que Dieu a joint « Ce donc que Dieu a joint, que l’homme ne le sépare point. » Matthieu 19 :6[1] « Ce donc que Dieu a joint. » À priori dans ce verset le Christ évoque le mariage. Mais est-ce un mariage tel qu’il se pratique aujourd’hui ? Deux familles se rapprochent, vivent bien et quelque temps après marient leurs enfants : est-ce une union bien fondée ? Il existe trois types d’unions : la première est celle que Dieu pratique : la vraie union solide ; la deuxième union est celle que l’homme fait lui-même et la troisième, celle que les gens pratiquent. Toutes les difficultés, contradictions et souffrances de ceux qui s’unissent découlent des deux derniers types d’union. Pour qu’un homme, un maître ou un pays procèdent à une union juste, ils doivent être pénétrés par la sagesse divine et comprendre le commandement de base sur lequel est bâtie la vie. Comprendre le commandement de base de la vie, c’est comprendre la vie comme elle s’exprime dans la nature. C’est pour cela qu’en lisant le verset dans lequel le Christ parle de l’union, vous devez le comprendre dans son essence, dans son sens le plus intime et non pas à la lettre et superficiellement. « Ce donc que Dieu a joint, que l’homme ne le sépare point ». Beaucoup lisent et relisent ce verset sans le comprendre. Nombre de prédicateurs ont disserté sur ce verset, l’ont interprété sans pour autant accéder à la vérité principale qui s’y cache. Pourquoi la vérité que ce verset contient n’est-elle pas mise au grand jour ? Pour deux raisons : d’une part, l’ignorance de ceux qui le discutent ; d’autre part, la dissimulation intentionnelle de la vérité qui les démasquerait sinon. L’ignorance, la méconnaissance sont excusées ; lorsqu’il ne sait pas quelque chose, l’être humain s’exprime selon ce qu’il sait et ce qu’il pense. Mais si on connaît la vérité et qu’on la dissimule, cela n’est ni excusable, ni justifiable. La vérité est un grand principe. Seul celui qui est pur peut dire la vérité ; si l’impur essaie de dire la vérité, elle sera mortifère pour lui. Aussi, seul celui qui est pur peut comprendre la vérité. Quelqu’un veut entendre la vérité - pour cela il doit être prêt à mourir ; autrement dit, on ne peut pas entendre et comprendre la vérité si on n’est pas prêt à se sacrifier pour elle. Les paroles du Christ : « Celui qui n’est pas prêt à renoncer à lui-même »[2], sous entendent la capacité de l’homme à renoncer à sa vie pour comprendre la grande vérité divine. Le Christ a beaucoup parlé sur l’union et sur les autres principes importants de la vie, mais seuls quelques extraits nous sont parvenus sur lesquels on développe des interprétations libres, des théories diverses, qui ne correspondent pas à la vérité absolue. La pensée juste n’est que celle qui est appliquée et expérimentée dans la vie. « Ce donc que Dieu a joint, que l’homme ne le sépare point. » L’union n’existe pas uniquement entre les âmes, mais aussi entre les tonalités ; cette dernière union est appelée harmonie. Si nous examinons le violon, nous verrons qu’il est constitué de plusieurs parties assemblées de sorte que toutes les courbes et angles tendent vers une ligne droite qui passe par le milieu du violon ; le maître du violon a uni les courbes et les angles de sorte qu’au toucher des cordes, tous les sons sortent par l’ouverture principale dans un accord harmonieux. De même, l’homme est un instrument semblable au violon, avec quatre cordes bien tendues. Les cordes du violon se distinguent non seulement par leur épaisseur, mais aussi par l’intensité du son émis. Pour jouer du violon l’homme a besoin d’un archer bien tendu pour que chaque toucher des cordes déclenche l’émission des sons souhaités. Savoir jouer du violon, c’est acquérir l’un des grands arts de la vie. Lorsque l’enfant commence à apprendre à jouer du violon, il joue d’abord faux et fait grincer les cordes ; plus il grandit, plus il s’exerce, et plus les sons émis deviennent purs. La vie est de la musique ; vivre bien, c’est maîtriser l’art de jouer de la musique. Le corps humain représente un instrument, un violon spécial à manier. Les cordes sont les quatre tempéraments principaux qui se manifestent en l’homme. Ces quatre tempéraments sont : le sanguin ou aérien, mental ou bilieux, cholérique et flegmatique. Il ne suffit pas d’avoir un violon avec quatre cordes, encore faut-il qu’elles soient de bonne qualité, de bonne facture et d’une épaisseur bien précise. Il en est de même pour les tempéraments : il ne suffit pas de dire d’un homme qu’il est sanguin ou bilieux ; son tempérament doit être de bonne qualité. Pour bien jouer, le violoniste doit être doué, jouer de tout son cœur, avoir un bon violon, un bon archer, des cordes de qualité supérieure. C’est alors que son violon émettra des sons agréables et purs lorsqu’il jouera. Quelqu’un se demande ce qu’il advient du violoniste s’il y met tout son cœur ? L’âme se manifeste sur trois plans : par les sentiments, les pensées et les actions. Lorsque l’âme se manifeste dans les sentiments, ces derniers prennent part à la musique, le violon déverse des tons doux, chaleureux, harmonieux, comme s’il parlait. Un illustre violoniste a apporté son violon à réparer chez un maître luthier italien. L’artisan a invité le violoniste à s’asseoir en attendant que le violon soit réparé. En le regardant démonter le violon avec son couteau, le violoniste a perdu connaissance. Pourquoi s’est-il évanoui ? Parce que le passage du couteau sur le violon lui causait une douleur ; une partie de son âme était tissée dans ce violon. Le Christ dit : « Ce donc que Dieu a joint, que l’homme ne le sépare point. » Qu’est-ce que Dieu a joint, quelles choses a-t-Il assemblées ? Dieu a joint le discernement et le cœur, l’âme et l’esprit, le corps et l’âme inférieure. Faut-il que l’ignorant détruise ce que Dieu a joint ? Quel homme est ignorant ? Celui qui ne dit pas la vérité, qui ne comprend pas la sagesse, qui n’agit pas selon la justice et l’amour. En le sachant, n’agissez pas comme l’ignorant qui sépare ce que Dieu a joint. Celui qui se conforme aux commandements de Dieu réussit dans sa vie. Les paysans d’un village se sont plaints de leur prêtre à l’évêque, disant qu’il les éreintait avec le service qui durait parfois quatre à cinq heures. Parfois il finissait son service en une demi-heure, mais la plupart du temps il gardait les gens durant des heures dans l’église. L’évêque l’a convoqué pour lui faire part des plaintes déposées contre lui et lui a demandé de se justifier. « Monseigneur, a dit le prêtre, ce qui se dit à mon encontre est vrai. La raison est que lorsque les anges et les saints m’aident durant le service, je finis mon travail en une demi-heure. Mais lorsque je suis laissé à moi-même, tout seul, sans l’aide des êtres lumineux, je finis mon travail en quatre ou cinq heures. » Par conséquent, lorsque les affaires des gens tournent rond, les êtres lumineux les aident ; lorsque les affaires ne tournent pas rond, les êtres lumineux les ont abandonnés à eux-mêmes. C’est ainsi que nous expliquons pourquoi certains arbres donnent leurs fruits avant d’autres ; le cornouiller par exemple fleurit en premier, mais donne ses fruits en dernier. À la création du monde, Dieu a fait les plantes et les arbres fruitiers, et Il a autorisé chaque esprit à se choisir un arbre fruitier. Lorsque le tour du diable est venu, il a choisi le cornouiller en se disant : « S’il fleurit en premier, c’est qu’il donne ses fruits en premier également » ; mais il s’est fourvoyé, le cornouiller a mûri en dernier. Ainsi l’homme peut mûrir en premier comme le cerisier, ou en dernier comme le cornouiller. Pourquoi certains fruits mûrissent-ils tôt et d’autres tard ? Il y a des raisons à cela. Le mûrissement du cerisier et du cornouiller symbolise des processus qui se passent aussi dans la vie humaine. « Ce donc que Dieu a joint, que l’homme ne le sépare point. » Avec ce verset le Christ enjoint aux humains de ne pas détruire ce que Dieu a créé. En ce qui concerne la destruction, les gens d’aujourd’hui sont passés maîtres en la matière ; quel que soit le peuple, vous constaterez que les gens excellent dans la destruction. Voyez ce que les paysans font lorsqu’ils passent à côté d’une belle fontaine en pierre, ils voient poindre en eux l’envie de sortir leur couteau ou leur hache et de les aiguiser sur la pierre. Est-ce que dans ces conditions la pierre ne s’use pas très facilement ? Est-ce que les gens, qu’ils soient prêtres, enseignants, prédicateurs, juristes, ne s’usent pas facilement si vous aiguisez vos haches sur eux ? Après, on dit : « Notre prêtre, notre prédicateur ou notre juge ne vaut pas un clou ! » Comment peut-il en être autrement si vous aiguisez des haches et des couteaux sur leur tête ? Pour que ce que Dieu a joint ne soit pas détruit, c’est d’abord à nous d’y veiller. Qui sont les coupables de cette destruction ? Avant d’apprendre l’art d’aiguiser son couteau sur la pierre d’une fontaine, on doit assimiler la loi de l’harmonie. Un jeune homme se marie avec une jeune fille douce, vertueuse et délicate, mais, quelques années après, le voici qui sort sa hache pour l’aiguiser sur sa pierre ; il aiguise la hache et dit : « Tu ne dois pas être attentive, délicate, douce envers les autres. » Il aiguise sa hache aujourd’hui, puis demain, et finalement sa bien-aimée s’abîme et se durcit. Comment ne pas s’abîmer si on aiguise des haches sans relâche sur votre dos. Il en est de même pour le jeune homme. Ce n’est pas la peine d’aiguiser vos haches sur le dos des jeunes hommes et des jeunes filles vertueuses ; faites-le sur le dos de ceux qui sont brutaux et cruels : ce sont eux qui ont besoin de s’émousser. Un prêtre avait l’habitude d’encenser les chaises de ses ouailles qui restaient toujours vides. L’un des présents lui a demandé : « Mon père, pourquoi encenses-tu les chaises vides et non pas nous qui assistons à la messe ? – Vous n’en avez pas besoin. Puisque vous êtes présents, vous êtes hors de tout danger, alors que les absents ont besoin d’être encensés car ils sont exposés à de grands dangers et maléfices. » Vous aussi, soyez comme ce prêtre et allez là où on a besoin de vous et non pas l’inverse. Les riches convient toujours les riches aux banquets ; on encense toujours devant leurs chaises car c’est là qu’il y a quelque chose à récupérer. Ce n’est pas un reproche mais un constat. Chacun dit : « Aujourd’hui je suis invité et demain c’est moi qui inviterai. » C’est bien pour l’homme de faire ce qui est harmonieux, naturel et raisonnable pour rétablir l’harmonie divine. Donnons à manger aux misérables, aux affamés, aux orphelins car c’est la volonté de Dieu ; ne détruisons pas ce qu’Il a fait. « Ce donc que Dieu a joint, que l’homme ne le sépare point. » C’est l’un des principes sur lequel le Christ attire l’attention de l’humanité. Vous direz que le Christ a été un bon prédicateur. Pourquoi ? Parce que ses sermons apportent la vie, inspirent un élan dans les esprits et les cœurs des humains. La vraie prédication est celle qui nourrit l’âme humaine et lui donne de la force pour se développer. Les sermons du Christ sont justes et authentiques car ils puisent dans la nature vivante et intelligente. Il interprète les phénomènes de la nature à leur juste mesure. Celui qui ne peut pas les interpréter correctement, se leurre lui-même et leurre en même temps les autres. Scrutez la nature, étudiez-la pour en puiser les forces. Celui qui aspire à la nature et désire se lier à elle, qu’il aille se promener très tôt le matin, surtout au mois de mai, avant le lever du soleil. Quelle vue plus magnifique que le lever du soleil ! Vous profiterez en même temps des rayons matinaux du soleil, très bénéfiques pour l’organisme. Levez-vous tôt le matin avant le lever du soleil pour recevoir sa bénédiction et démarrez ensuite votre travail. Rétablissez l’union entre votre organisme et le soleil d’une part et entre votre âme et Dieu d’autre part, comme elle l’a été à l’origine. Évitez les unions temporaires avec les gens et par conséquent les états de dysharmonie et de contradiction. Ainsi, étudiez la nature, étudiez les manifestations divines sans critiquer. Quelqu’un a ouvert un livre, a pris un extrait et s’est mis à le critiquer, à dire que telle ou telle idée est en désaccord avec les nouvelles théories sur la vie. Les nouvelles théories sont-elles en accord avec l’enseignement divin et les commandements divins ? Nous devons tous être porteurs de l’enseignement de Dieu, car tous les humains en tant qu’âmes sont une partie de l’organisme divin, et Dieu exige que Son corps soit sain et que tous Ses membres soient en harmonie. Ce n’est qu’ainsi que l’homme peut être gai et joyeux. S’il n’est pas en bonne santé, il ne peut être gai ou joyeux ; la raison n’est pas en Dieu. Si un homme et une femme ne peuvent pas cohabiter harmonieusement, la raison n’est pas en Dieu ; si un frère et une sœur ne s’entendent pas, la raison n’est pas en Dieu ; si la confiance n’existe pas entre les gouvernants et les gouvernés, la raison n’est pas en Dieu. La raison de la dysharmonie, de la méfiance, des contradictions entre les humains est due à la destruction de l’accord harmonieux que Dieu a créé. À l’avenir, tous les personnages illustres, enseignants, écrivains, académiciens, prédicateurs doivent descendre du haut de leur piédestal pour aller avec les simples, les misérables, les souffrants, pour leur apprendre à vivre ; voici ce que le Christ demande à tous. En descendant sur terre, le Christ a montré aux humains comment appliquer l’amour désintéressé entre eux. Tous les écrivains contemporains ont la conscience que Dieu travaille dans le monde. Il fait de grandes transformations dans les esprits et les cœurs ; c’est pour cela que les Écritures disent qu’un monde nouveau se crée, que de nouveaux esprits et cœurs se forgent. Les hommes nouveaux créeront la nouvelle humanité qui prouvera que de nouvelles forces et énergies œuvrent dans le monde comme dans toute la nature. « Ce donc que Dieu a joint, que l’homme ne le sépare point ». Entre quoi et quoi se fait cette union ? Entre l’estomac et la nourriture, entre les poumons et l’air, entre le cœur et les sentiments, entre la raison et les pensées. Qu’une seule de ces unions s’altère et l’être humain se dérègle. Il suffit que l’union entre l’estomac et la nourriture soit altérée pour que l’homme tombe malade et cherche l’aide d’un médecin. Mais si le médecin lui porte secours et qu’il altère une nouvelle fois cette union, son estomac commencera à résister et refusera bientôt de s’acquitter de sa mission. Lorsque l’estomac de l’homme se dérègle, ses relations avec les autres hommes se dérèglent aussi. Cela dépend de chacun de créer une union entre l’estomac et la nourriture qu’il reçoit : si l’union est bonne, l’homme se sent en pleine santé, serein, gai, prêt à tout travail ; s’il ne se sent pas en bonne santé, vif et éveillé, l’union n’est pas harmonieuse. Ne connaissant pas son organisme et ne sachant pas organiser d’unions harmonieuses, l’homme a recours à des scientifiques et médecins émérites pour suivre leurs conseils. L’avis des scientifiques est valable, mais il n’est pas le même selon les personnes et selon les âges, physiques ou spirituels. On doit constamment modifier son alimentation : du changement de son alimentation dépend son état de santé. Tout comme une union impropre entre l’estomac et la nourriture dérègle l’organisme humain, de même l’union malsaine entre le cœur et les sentiments dérègle non seulement l’état physique mais aussi l’état psychique de l’homme. Vous direz que les humains doivent s’aimer. Combien de jeunes hommes doivent aimer une jeune fille et combien de jeunes filles, un jeune homme ? Si dix hommes aiment une jeune fille, ils vont la troubler. Il est préférable qu’un homme aime une femme et non pas dix ; les dix hommes troubleront son discernement et son cœur, et en peu de temps elle tombera malade. Un seul aime en réalité et non pas deux. Quelque part en Amérique, il y avait un fameux prédicateur qui fascinait les auditeurs avec ses belles paroles. Le jour de son départ, tous ses auditeurs et ouailles sont sortis l’accompagner car il était aimé de tous. Les chiens, les oies et les canards sont aussi sortis lui dire adieu et lui souhaiter une bonne continuation. Il est enfin monté sur un cheval pour se rendre à la gare. À la sortie de la ville, le cheval s’est cabré, l’a jeté par terre et lui a dit : « Adieu, ami, nous n’avons pas besoin de telles célébrités, elles ne sont pas nécessaires pour notre développement. » Qui est célèbre ? Celui qui accomplit la volonté de Dieu et qui, comme le soleil, apporte la bénédiction à toutes les créatures vivantes. Que tu dormes ou que tu sois éveillé, le soleil envoie sa bénédiction et poursuit son chemin. Certains croient que pour se sauver, ils doivent être pieux ; ce n’est pas vrai. Si tu dors lorsque le soleil se lève, qui que tu sois, rien ne peut te sauver. Le salut de l’humanité est dans cette grande religion qui unit toutes les religions comme les membres d’un tout. La nouvelle religion est l’amour qui unit tous les humains, apaise et résout leurs contradictions et insuffle en eux joie et gaîté. Unir les humains signifie qu’ils ont un idéal commun, des aspirations communes. L’union, l’unité renforce les humains et les rend plus puissants ; ils peuvent atteindre ce qu’ils souhaitent. Lorsque le peuple d’Israël a quitté l’Égypte pour suivre Moïse jusqu’à la Terre Promise, il s’est scindé en douze tribus et chacune à son tour portait le tabernacle. À chaque étape, ils rassemblaient tout de suite ses fragments, le reconstruisaient et adressaient une prière ardente vers Dieu. Unis et en prière envers Dieu, ils recevaient Sa bénédiction. Que font les croyants d’aujourd’hui ? Ils portent aussi des fragments du tabernacle, mais ils ne peuvent pas se rassembler au même endroit pour le reconstruire et remercier ensemble Dieu dans la prière. Si quelqu’un leur demande ce qu’ils portent, ils disent : « Nous sommes croyants, nous portons les fragments du tabernacle. » Le Christ leur dit : « Rassemblez-vous au même endroit et que chacun apporte la partie en sa possession pour reconstruire le grand tabernacle. Et prions tous Dieu en esprit et en vérité. » Que tous les peuples rassemblent le tabernacle en un tout ; voilà ce que signifie le verset : « Ce donc que Dieu a joint, que l’homme ne le sépare point » Autrement dit, ne déformez pas le grand amour que Dieu a déposé dans vos âmes. Il est temps que les gens prennent soin de l’éducation de leurs esprits et de leurs cœurs en tant qu’accord harmonieux originel, créé par Dieu. Quelle plus grande bénédiction pour l’homme que d’avoir un discernement juste et un cœur aimant et de les unir en un. Lorsque le discernement est juste et le cœur aimant, l’homme comprend les choses. Il a atteint cette compréhension par le chemin des souffrances, et pourtant les gens se plaignent des souffrances endurées. Bienheureux les souffrants, les aveugles, les infirmes, etc. Pourquoi les gens sont-ils aveugles, infirmes, estropiés ? Parce qu’ils se sont fiés à une certaine philosophie qui les a déformés. Ils doivent rechercher la vérité divine qui apporte la vie et montre la voie vers le Seigneur. Beaucoup cherchent Dieu là où Il n’est pas. Sortez tôt le matin, à quatre heures au mois de mai, et vous trouverez le Seigneur. Participez aux chants des oiseaux, au bruissement du vent léger, au clapotement des ruisseaux et vous trouverez Dieu. Le soleil invite toutes les créatures vivantes à sortir et à l’accueillir pour leur donner la bénédiction divine. Pourquoi ne pas remercier le soleil comme un serviteur de Dieu qui porte un message de notre Père et lui dire : « Porte notre salut à notre Père et dis-Lui que nous avons décidé de rétablir l’harmonie que nous avons altérée ! » Que font la plupart des gens ? Au réveil, s’ils voient que dehors le temps est venteux et nuageux, ils disent : « Il fait mauvais, ce n’est pas encore l’heure de se lever. » Non, remerciez pour le temps quel qu’il soit et dites : « La journée est belle, je me lèverai pour en profiter et remercier pour les bienfaits qu’elle recèle. » Remerciez le vent car il aère vos pensées et vos sentiments ; remerciez les nuages car ils apportent l’humidité qui rafraîchit les fleurs, les arbres et les fruits ; voilà le juste enseignement auquel aspirent les humains. Tout ce qui vit veut être aimé, vivre librement et profiter des bienfaits de la nature. Lorsque je croise un chien, il me regarde, remue la queue et me demande : « Songes-tu à me frapper ou à me laisser gambader librement ? – Va librement sur ton chemin, j’apporte la paix et non la violence. » Le chien me fait confiance, remue encore la queue et s’en va. « Ce donc que Dieu a joint, que l’homme ne le sépare point. » Pour maintenir ce lien, l’homme doit être prêt à appliquer l’enseignement du Christ. Ce qui signifie se conformer à la loi de l’harmonie, appelée encore loi de l’empathie. Deux lois agissent dans le monde, la loi de l’empathie et la loi de l’antipathie, c’est-à-dire la loi de l’harmonie et la loi de la dysharmonie. Lorsqu’ils s’aiment les gens appliquent la loi de l’empathie ou de l’harmonie et vivent en frères entre eux ; lorsqu’ils ne s’aiment pas, ils vivent selon la loi de l’antipathie ou dysharmonie. Cette loi implique le refoulement, alors que la première loi implique l’attraction. Là où règne l’harmonie, là se trouve Dieu, c’est pourquoi chacun doit se demander s’il est lié à Dieu ou non. Ne cherchez pas Dieu comme une forme extérieure, mais cherchez-Le dans votre for intérieur comme un contenu. La rose et l’œillet ont une forme extérieure, mais c’est leur arôme qui est important, celui que l’homme absorbe à l’intérieur ; ces fleurs se distinguent par leur arôme. Par conséquent Dieu est dehors et dedans. Il est faux de croire qu’Il est uniquement à l’extérieur. L’homme ne doit pas sciemment fermer les yeux devant la vérité ; toutes les choses qui vibrent à l’unisson sont intérieures. Vous avez par exemple un piano, des notes, un pianiste, mais la musique ne s’est pas encore manifestée ; pour obtenir la musique, le pianiste doit unir tous les éléments en un tout et les manifester : vous entendez et assimilez la musique intérieurement. Mais seul celui qui écoute en lui-même sa voix intérieure, peut véritablement comprendre le sens des choses. Beaucoup se demandent ce que représente l’Église. L’Église est le piano, les livres sacrés sont les notes et le prêtre, le pianiste. Il doit s’asseoir devant le piano et jouer selon les règles de la musique. Tu vas aiguiser ton ouïe et tu écouteras, tu assimileras la musique intérieurement et tu remercieras Dieu d’avoir la possibilité d’en profiter. Réjouis-toi de pouvoir sortir lorsque le soleil se lève pour recevoir ses rayons. Bienheureux celui qui peut comprendre l’accord que Dieu a mis dans toute la nature, entre les minéraux, les plantes et les animaux. Vous direz que les minéraux et les plantes sont muets ; la nature est vivante et intelligente, rien n’est muet en elle. Qui a des oreilles peut entendre sa voix et la comprendre. Tous les mystiques perçoivent la nature comme de la musique, comme un chant ; c’est ainsi qu’elle prêche et qu’elle enseigne aux humains. Aucun prédicateur ne peut rivaliser avec la nature. « Ce donc que Dieu a joint, que l’homme ne le sépare point. » Dieu a fait quelques accords essentiels : entre le corps, l’âme et l’esprit d’une part, et entre l’intelligence, le cœur et la volonté d’autre part. Ce sont des conditions qu’affronte l’esprit humain pour se perfectionner. Dans le monde physique l’homme étudie la loi du mouvement, dans le monde spirituel, la qualité des sentiments et leur intensité, et dans le monde mental, le sens de la vie. Lorsque nous parlons de résurrection, de vie éternelle, nous comprenons l’accord qui existe entre l’esprit humain et l’âme humaine. Ils contiennent les qualités de l’Esprit divin et de l’Âme divine et c’est pour cela que l’être humain dispose des mêmes capacités que Dieu. Il doit en être conscient et travailler sur lui-même pour manifester le Divin qui est déposé en lui. Si quelqu’un dit qu’il ne peut pas faire quelque chose, cela montre qu’il renie le divin qui est en lui ; s’il dit qu’il est un pêcheur, il renonce à ce que Dieu a accordé. Dieu t’a donné beaucoup de terre que tu dois cultiver. Beaucoup laissent leurs cœurs et leurs esprits en jachère ; c’est la raison pour laquelle des graines étrangères s’y ressèment et des mauvaises herbes y prospèrent. Celui qui ne cultive pas ce que Dieu lui a donné ne peut pas se sauver : il ne voit d’issu nulle part. Celui qui ne travaille pas en accord avec le Divin, ne peut attendre aucun bienfait. Chacun doit dire : « Dieu a déposé en moi des dons et des aptitudes et je dois travailler pour les développer. » Vous direz que l’homme est pêcheur et qu’il ne peut rien accomplir par lui-même. Est pêcheur uniquement celui qui a transgressé l’accord que Dieu a établi. Tournez-vous vers le Divin qui est en vous avec le désir de rétablir l’harmonie qui existe entre le discernement et le cœur, entre l’âme et l’esprit et vous serez vertueux et vous profiterez des bienfaits qui vous sont accordés. Ne dites pas que les humains sont mauvais et qu’ils vous empêchent de vous réaliser, mais cherchez-en les raisons en vous-mêmes. Appliquez la foi, la patience et l’amour et vous verrez que vous obtiendrez de bons résultats en peu de temps. Pour connaître vos proches, enlevez l’enveloppe externe pour goûter à quel point leur intérieur est sucré. L’enveloppe verte de la noix est amère, mais son intérieur est sucré, savoureux. C’est le seul moyen de connaître les qualités de l’âme humaine. Ne dites pas que l’homme est un loup pour l’homme ; si vous le pensez, c’est que vous ne voyez que la peau de loup qu’il a revêtu pour un temps ; intérieurement il n’est pas un loup. Un autre a revêtu la peau d’un lion, mais il n’est pas un lion en dedans. Vous devez pénétrer l’essence intrinsèque de l’être humain pour comprendre que l’homme est un frère pour l’homme et non pas un loup. Celui qui a travaillé et qui continue de travailler sur lui-même, a gardé sa pureté comme un habit naturel donné par Dieu. Si vous croisez un tel homme, vous voyez Dieu en lui et vous vous réjouissez de L’avoir vu. Votre tâche est d’étudier, de garder ce qui vous a été donné dans le passé lointain. Où étudierez-vous ? Chez le grand Maître et Seigneur auprès de qui l’Enseignement n’a pas de commencement ni de fin. Il mène à la résurrection, à la vie éternelle. Ressusciter, c’est recommencer à étudier et travailler sans fin. Le ressuscité est prêt à renoncer à sa vie personnelle, à travailler et à vivre uniquement pour Celui qui l’a créé. Aujourd’hui le Christ attire l’attention de tous pour leur faire prendre conscience que l’image de Dieu est en eux et qu’ils doivent la purifier pour rétablir l’accord originel avec lequel ils sont nés. Dieu a donné la santé aux humains et ils doivent la garder précieusement. Pour conserver votre santé, levez-vous tôt le matin, surtout au mois de mai ; à quatre heures, vous devez être hors du lit. C’est bien pour vous, mais aussi pour tous les autres : enseignants, prêtres, mères, pères ; tous doivent commencer leur travail tôt. Lorsque le soleil se lève, dites : « Béni soit le Seigneur Dieu qui a envoyé le soleil pour nous apporter sa lumière et sa chaleur ! » Celui qui apprécie les bienfaits que la nature lui donne généreusement est le seul qui comprend le sens du verset, énoncé par le Christ il y a deux mille ans : « Ce donc que Dieu a joint, que l’homme ne le sépare point. » Lorsque je parle sur ce verset, je ne fais que jeter des graines dans vos champs. Le reste du travail vous incombe : vous les cultiverez comme l’écrivain prend un thème et le développe. C’est entendre la voix de son Père, l’amour, et comprendre le sens de sa vie et sa prédestination sur terre. C’est se réincarner, c’est-à-dire renaître. Le Christ dit : « Si tu ne nais à nouveau, tu ne rentreras pas dans le Royaume de Dieu.[3] » Voilà pourquoi, celui qui est né d’un père et d’une mère, naîtra et renaîtra de nombreuses fois sur terre. L’inculte naîtra et renaîtra tant qu’il ne deviendra pas intelligent. L’homme ordinaire doit devenir talentueux, génial, saint, ange, etc. S’il n’y a pas de conditions de développement pour chaque créature vivante, la vie perd son sens. Travaillez, développez-vous sans cherchez à être le premier : celui qui veut être premier, reste dernier. Dans une ancienne légende on raconte que lorsqu’Il créait le monde, Dieu a chargé le soleil de la mission grandiose de briller, d’illuminer et de chauffer. Mais ce dernier a eu le désir de se lever en premier et d’aller d’abord auprès du Seigneur. En apprenant cela, le Seigneur a ordonné que toutes les planètes tournent autour de lui et lui, autour de Dieu. Ainsi, c’est précisément le soleil, le grand frère au Ciel qui s’est retrouvé plus loin de Dieu, comparé à tous ses plus petits frères. Le soleil a compris son erreur et pour se racheter, il accomplit son voyage diurne sans relâche. Les autres planètes tournent autour de lui pour apprendre la loi du mouvement. Beaucoup de chrétiens ont le même désir que le soleil : être près du Christ, mais le nouvel enseignement, l’Enseignement de l’amour exclut tout intérêt. « Bienheureux les humbles »[4], dit le Christ ; autrement dit, bienheureux ceux qui prennent la place que Dieu leur octroie. Il est préférable que l’homme prenne la dernière place, mais qu’il accomplisse la volonté de Dieu plutôt que d’être premier sans accomplir la volonté de Dieu. Le Christ dit : « Bienheureux les simples d’esprit car ils verront Dieu. »[5] Je vous souhaite de rétablir l’accord entre votre discernement et votre cœur et entre votre esprit et votre âme, pour que se déversent en vous toutes les énergies dont vous avez fermé les robinets depuis des siècles. Sofia, 13 mai 1917 [1] « Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a uni ! » (Matthieu 19, 6) [2] « Puis il fit venir la foule avec ses disciples et il leur dit : " Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même et prenne sa croix, et qu’il me suive. » (Marc 8, 34) [3] « Jésus lui répondit : "En vérité, en vérité, je te le dis, nul, à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu." (Jean 3, 3) 3) [4] " Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux ! » (Matthieu 5, 3) [5] « Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu ! » (Matthieu 5, 8)
  9. Prendre et donner « Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire ; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu'elles soient dans l'abondance. »[1] Jean 10 :10 Le mot voleur est ordinaire et répandu. Quel enfant n’a pas volé un ou deux morceaux de sucre dans la boîte, quel enfant n’a pas touché au pot de miel sans permission, ou n’a pas mis la main dans le portefeuille de son père à son insu, ou n’est pas monté aux arbres des voisins pour cueillir des pommes et des poires sans autorisation ? Pourtant, ce ne sont pas ces voleurs que le Christ évoque, mais ceux qui se manifestent de trois manières : ils viennent voler, égorger et détruire. C’est intéressant de savoir comment est né le désir de voler chez l’homme. On a remarqué que l’enfant nait les poings fermés ; mais l’homme meurt les mains ouvertes. Que signifie le poing ? Ce n’est pas pareil si c’est l’adulte qui vous montre son poing ou bien le nouveau-né. Le mot voleur est ordinaire et répandu, mais il est riche aussi de sens. Sa racine cor[2] a une origine sanscrite, elle signifie causes et conséquences, ténèbres, dysharmonie. En turc aussi le mot voleur a la même racine, karas, qui évoque le mot indou karma, destin. Les concepts de causes et conséquences ont un sens plus profond que celui que recouvre le mot destin. La lumière et les ténèbres comme manifestations de la nature contiennent en eux des qualités différentes : la lumière est porteuse aussi de chaleur, alors que les ténèbres, c’est-à-dire le voleur au sens large, prive de chaleur. C’est la raison pour laquelle on ressent une fraîcheur au coucher du soleil. Les ténèbres engloutissent la chaleur dans laquelle se trouve l’élément de la vie. Lorsque l’air se rafraîchit, les plantes perdent aussi une partie de leur chaleur ; pour la conserver elles assimilent une partie de la chaleur de la terre, ce qui la refroidit. Différents courants atmosphériques apparaissent du fait de la baisse générale de la température. La nuit se distingue du jour par la diminution de la chaleur et de la lumière. Lorsqu’ils observent les manifestations de leur vie, les humains disent : « C’est notre culture. » Oui, mais une culture des ténèbres, c’est-à-dire une culture mécanique. Chaque culture mécanique est transitoire, inconsistante ; elle prend plus qu’elle ne donne. Au sens large, nous appelons cette culture une culture de voleurs. Le cochon aussi a goûté à cette culture : tant qu’il s’engraisse et devient grand, son maître le surveille plusieurs fois par jour et lui donne une nourriture abondante ; dès qu’il a grandi et grossi, il prend le couteau et le lui met sous la gorge, le cochon a à peine le temps de crier une ou deux fois et tout se termine pour lui : il a pâti de la culture de son maître. Tant qu’il engraisse, le cochon est une fabrique pour son maître ; il amasse en lui des matériaux ; le maître est quant à lui le voleur qui vient dérober avec son couteau les matériaux que l’ouvrier a produits. Du point de vue divin, le voleur représente un homme qui s’éloigne de Dieu. Dans ce processus d’éloignement de Dieu l’homme manifeste son égoïsme car il a perdu sa lumière et sa chaleur intérieures. Le Christ caractérise le voleur comme quelqu’un qui vole, égorge et détruit. Si un tel homme te croise, il va d’abord t’occire, prendre ta vie et ensuite te dépouiller. Nous distinguons trois types de voleurs : des voleurs sur le plan physique qui dérobent les caisses et les portefeuilles des gens ; sur le plan spirituel, ils dérobent les cœurs et les sentiments des gens, et sur le plan mental, ils dérobent les pensées humaines. Lorsqu’on traite une question – comme nous traitons la question du voleur – les gens cherchent de la logique dans l’idée exposée. C’est important de préciser quelle logique ils recherchent. Il y a trois types de logique : la logique de la forme, celle du contenu et celle du sens. La logique des formes est mécanique ; nous disons par exemple : « L’humain est un bipède et la poule est bipède, donc la poule est un humain. » Les religieux quant à eux disent : « Le sang du Christ apporte le salut, celui qui s’est lavé avec ce sang est donc sauvé. » Je demande : le sang avec lequel l’homme s’est lavé, appartient-il réellement au Christ ? C’est une pensée logique, seulement au point de vue du contenu mais pas du sens. L’homme doit connaître l’art de transformer le sang en énergie, en force. Le religieux doit apprendre le langage spirituel : le sang est rouge ; que signifie la couleur rouge ? Sur le plan spirituel la couleur rouge est porteuse de la vie et là où il y a de la vie, il y a de la chaleur. Donc, c’est la vie du Christ qui sauve les gens et non pas son sang ; c’est cela la logique du sens. Le sang est un symbole, une forme, et c’est la vie qui, revêtue du symbole de la couleur rouge, apporte le salut à l’homme. Lorsqu’il vit selon les lois de l’amour, c’est-à-dire selon l’enseignement du Christ, l’homme peut se sauver ; c’est cela le sens profond du sang du Christ. « Le voleur ne vient que pour dérober. » Le vol fait partie de la culture de l’homme oisif et paresseux. Celui qui n’aime pas travailler profite du travail des autres ; comme il ne peut pas avoir ce dont il a besoin, il se sert du vol par la violence. Vous direz que c’est sévèrement exprimé. Ce n’est pas sévère, mais cela correspond à la logique des formes, du contenu et du sens ; comme je dis la vérité, j’applique les trois types de logique ; ici la logique du sens prévaut sur les deux autres. En plus des trois types de logique, il y en a encore quatre dont je ne parlerai pas aujourd’hui. En général, une pensée est juste lorsqu’elle inclut les trois types de logique. Ainsi, le voleur dont parle le Christ est un concept juste car le voleur se manifeste dans les trois mondes, puisqu’il prive l’homme de la forme, du contenu et du sens ; il le prive aussi de la vie, de ses pensées et de ses sentiments. Si vous comptez uniquement sur la logique physique, basée sur la forme, vous vous tromperez nécessairement. Vous voyez par exemple quelqu’un pleurer et vous pensez qu’il souffre, mais les larmes ne traduisent pas toujours une souffrance. Un paysan aimait beaucoup les œufs cuisinés, mais sa femme ne le laissait pas manger d’œufs, elle préférait les vendre pour gagner plus d’argent. Il arriva qu’elle tombe malade et qu’elle meure ; soulagé, le paysan s’est dit : « Maintenant je vais manger des œufs à volonté. » À peine revenu de l’enterrement de sa femme, il a pris quelques œufs, les a mis sur les braises en se délectant par avance du plaisir de s’asseoir et de les manger sans être troublé par sa femme. Au même moment quelques voisines sont venues lui présenter leurs condoléances. Comme il était très apeuré à cause de sa femme, oubliant qu’elle n’était plus parmi les vivants, il a vite sorti les œufs du feu et les a mis sous sa chemise. Les œufs brûlants lui faisaient si mal qu’il s’est mis à pleurer. En voyant ses yeux se remplir de larmes, les voisines ont dit : « Eh, mon frère, un feu ardent te brûle. – Oui, il est ardent ce feu, mais celui est sous ma chemise l’est encore davantage, a répondu le paysan ! » Cette phrase est juste par sa forme, mais pas par le sens, car le paysan ne pleure pas à cause de sa femme, mais à cause du feu des œufs brûlants cachés sous sa chemise. Dans une école évangéliste un jeune homme pleurait sans cesse en lisant la Bible. Ceux qui l’entouraient se disaient : « Ce jeune homme sera un bon prédicateur. » Pourquoi pleurait-il ? Il scrutait constamment les fenêtres de l’école des jeunes filles, fréquentée par sa bien-aimée. Il était amoureux d’une étudiante qui ne partageait pas ses sentiments, ce qui le faisait pleurer et s’affliger, alors que les autres le croyaient ému par le Verbe. Ce jeune homme mérite le respect car il exprime ses sentiments par les larmes, mais les gens ne comprenaient pas le sens de son chagrin et en tiraient une conclusion erronée. Je vous illustrerai cela par un autre exemple pour montrer les convictions religieuses de certains et la logique à laquelle elles obéissent. Un jeune homme est allé voir un prédicateur évangéliste en pleurant et se lamentant : « Grande est ma peine, je vais imploser de chagrin. Prie pour moi, s’il te plaît, pour que Dieu m’aide à obtenir ce à quoi j’aspire. » Le prédicateur a pensé que le jeune homme était venu se repentir, qu’ayant pris conscience de ses erreurs, il souhaitait se remettre dans le droit chemin. Il s’est adressé au jeune homme souffrant avec ces mots : « Viens, nous allons prier ensemble ». Le prédicateur s’est mis à prier : « Seigneur, aide ce pécheur repenti, purifie-le de ses péchés, éclaire son esprit et son cœur et accueille-le dans notre giron. Il a demandé ensuite au jeune homme : « Quel est ton chagrin ? – Il est très grand : j’aime une fille, je veux me marier avec elle. Si je n’obtiens pas sa main, je mettrai fin à ma vie, je ne peux vivre sans elle. Si Dieu m’aide à exaucer ce désir, je croirai en Lui ; sinon je ne croirai pas. » Le jeune homme est reparti ensuite avec l’espoir que sa prière serait entendue. Peu de temps après, il est revenu voir le prédicateur en lui disant : « Je remercie Dieu pour ne pas avoir exaucé mon désir. J’étais à une soirée et j’ai vu ma bien-aimée flirter toute la nuit avec un jeune officier sans m’accorder la moindre attention. Je ne veux pas d’une telle fille ! » Pour des filles et des garçons de ce genre, les turcs ont un proverbe : « Une pierre qui roule ne trouve pas de fondation. » Être religieux ne signifie pas appartenir à une secte ou entrer dans une communauté. Si un fermier a dix mille brebis il peut les mettre dans dix étables au lieu d’une seule. Lorsqu’il étudie le sens intérieur de la vie, l’homme se forge la conviction d’appartenir d’abord à Dieu et ensuite à l’humanité, à son peuple, à sa famille et à lui-même. Par conséquent, si quelqu’un me demande si je suis bulgare, je réponds : « Je suis une créature pensante qui appartient d’abord à Dieu, puis à l’humanité, à son peuple, à son foyer et enfin à lui-même. » C’est le chemin logique de la pensée droite de celui qui veut déchiffrer correctement le sens profond de la vie. Le ‘Je’, le commencement personnel, égoïste de l’homme est lié à la vie terrestre. Ainsi, vivre d’abord pour soi signifie penser d’abord à ses poumons, à son ventre. Mais le sens et la prédestination de l’homme n’est ni uniquement dans sa tête, ni dans ses poumons, ni dans son ventre. Donc, le ‘Je’ est une forme qui doit être en accord avec toutes les formes qui ont un contenu et un sens. Autrement dit, comme il faut l’unité et l’accord entre tous les humains, de même il faut un accord complet entre la tête, les poumons et le ventre ; c’est ce que nous appelons un homme volontaire dont la volonté consciente et raisonnable unit la raison, le cœur et le corps. Par volonté au sens large du mot, nous désignons le contenu intérieur de l’homme, la force intérieure qui doit prendre part à la création des formes. Chaque forme se crée pour qu’un certain contenu se déverse en elle. Dans ce cas, le rapport entre la forme et le contenu est identique au rapport entre le contenu et le sens des choses. « Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire ; je suis venu pour qu’ils soient en vie et qu’ils aient la vie en abondance. » Le Christ expose deux images opposées : voleur et berger. Le voleur se distingue par trois attitudes : il vole, il égorge et il détruit ; le berger par une seule : il donne la vie et la donne en abondance. Le mot vie signifie mouvement ; la volonté donne à l’homme l’impulsion d’agir et de vivre. Lorsqu’Il a créé le premier homme, Dieu a soufflé la vie dans ses narines et celui-ci est devenu une âme vivante et il s’est mis à agir et à vivre. Le mot vie abondante désigne une vie consciente et supérieure dans laquelle la volonté intelligente agit dans la bonne direction. Lorsqu’il mentionne le voleur qui prend et le pasteur qui donne, le Christ aborde non seulement la logique apparente, non seulement la théorie du savoir, mais aussi son application pratique. Lorsqu’il vit et applique les choses, l’homme discerne entre les formes et acquiert un véritable savoir ; il sait désormais qui est voleur et qui est berger. Pour acquérir le savoir positif de la vie, portez votre attention non seulement sur la théorie de l’enseignement du Christ, mais aussi sur son application. La théorie est un savoir dense alors que la pratique est un savoir dilué ; la théorie est de la sagesse concentrée et la pratique de la sagesse diluée, c’est-à-dire appliquée dans la vie. Par conséquent, toute théorie sur la vie, aussi juste et bénéfique soit-elle, reste incomprise si elle n’est pas appliquée. La logique des choses s’éprouve dans la vie et par la vie. Une jeune femme par exemple projette de se marier et dit : « Je vais me marier avec ce jeune homme, j’accoucherai de plusieurs enfants, je les éduquerai bien, je me comporterai bien envers mon mari, etc. » Cette fille raisonne bien et sa théorie est juste, mais sa logique est erronée : le jeune homme sur lequel elle a jeté son dévolu est corrompu et elle ne pourra pas le corriger. Combien de pères et de mères disent à leurs fils et à leurs filles de marcher dans le droit chemin, mais ces derniers n’écoutent pas et repartent sans avoir été éclairés. Ce n’est pas pour vous décourager, mais il faut savoir que l’homme qui a dévié ne peut être raisonné. L’homme qui a dévié est celui qui s’éloigne sciemment de Dieu. Ce sont des gens qui ne vivent que pour eux ; ils considèrent la vie du point de vue de la logique physique, ce qui les éloigne de Dieu et les empêche de se remettre sur le droit chemin. Ils se croient justes en vivant selon leur logique limitée et égocentrique, mais les autres ne doivent pas se leurrer et croire qu’ils peuvent les remettre dans le droit chemin. Jusqu’à maintenant aucune jeune fille n’a remis sur le droit chemin un homme, et aucun jeune homme n’a remis une femme sur le droit chemin. Le seul être qui peut aider ces hommes, ces femmes, et ces jeunes gens est la mère. L’art, la science de remettre sur le droit chemin celui qui a dévié n’est accessible qu’à la mère. Quand peut-elle faire cela ? Pas une fois qu’elle a enfanté, pas même pendant sa grossesse, mais au moins cent ans avant d’être mère. Vous direz : « Où trouvera-t-elle ces enfants, comment les éduquera-t-elle si elle ne les voit pas ? » Je clarifierai ma pensée avec l’exemple suivant : lorsque le chimiste décrit les propriétés d’une substance gazeuse, sans couleur et invisible, les gens ne le croient pas car ils ne voient rien, ce qui ne prouve pas pour autant que cette substance n’existe pas. Lorsqu’il a étudié toutes ses propriétés, le chimiste la condense et la transforme en substance liquide et ensuite en substance solide ; elle devient alors visible aux hommes qui croient désormais les paroles du chimiste. C’est la même chose pour les enfants qui ne sont pas encore nés et sur lesquels la mère peut agir. Invisibles, ils existent en tant que désirs et pensées qu’elle a nourris dans le passé lointain ; il suffit qu’elle condense ses désirs et ses pensées pour les transformer en corps liquides et solides, pour qu’ils deviennent réels et visibles pour tous. « Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire ». Que dérobera-t-il ? Ce que l’homme a de plus précieux : ses pensées, ses sentiments et ses désirs. C’est terrible si un voleur vient à vous et vous dérobe votre cœur. Que fait le voleur pour cela ? Il commence à tourner autour de sa victime, à lui dire qu’elle est quelqu’un de bon, d’intelligent et de beau, que personne d’autre n’est aussi bien qu’elle, etc. Si elle cède à ses flatteries, son cœur s’en ira ; elle pleurera ensuite, regrettera d’avoir cru les paroles de ce flatteur. Un coq a trouvé un morceau de fromage et est monté dans un arbre pour le manger tranquillement. Le renard l’a vu de loin et est venu sous l’arbre discuter avec lui : « Tu es si beau, mon coq, je n’ai pas vu un autre semblable à toi ! Et ta voix ! Elle est si mélodieuse et saisissante, je ne me lasse pas de l’écouter ; chante-moi une chanson pour m’égayer. Flatté par les paroles du renard, le coq a ouvert le bec et s’est mis à chanter. Le fromage est tombé tout droit dans la gueule du renard qui s’est sauvé aussi sec, sans attendre la mélodieuse chanson de l’artiste. Est-ce que le renard est un ami pour le coq ou un voleur ? Il y a beaucoup de ces voleurs parmi les humains, mais aujourd’hui on arrête surtout ceux qui volent les portefeuilles et non pas ceux qui volent les cœurs. Ces derniers sont plus dangereux, car personne ne voit quand et comment ils volent ; ce sont des voleurs invisibles. Où que vous alliez aujourd’hui, chez les scientifiques, dans les écoles, dans les tribunaux, dans les églises, vous rencontrerez partout des voleurs qui détroussent les gens en passant inaperçus. Ne cherchez pas le voleur chez votre prochain, mais regardez-vous vous-mêmes pour voir qu’il se cache quelque part en vous, et si vous le trouvez, travaillez sur lui pour l’éduquer. On doit être sincère envers soi-même et envers ses proches. Éduquez-vous d’abord vous-mêmes et ensuite vos proches. Pour cela, il faut mener une vie pure et sainte, être comme une bougie allumée qui rassemble tout autour d’elle. Si votre grange est remplie de blé, les gens se rassembleront autour de vous. Le cœur de l’homme vertueux doit être rempli de bons sentiments et de bons désirs, son esprit, de pensées lumineuses et élevées, et sa volonté, d’actions nobles ; voici ce que signifie être parfait. Si l’esprit, le cœur et la volonté de l’homme sont déformés, la nature le signale à des endroits spécifiques : sur le nez, la bouche et le menton. Vous direz que personne ne voit cela. Tout le Ciel le voit et vous connaît ; il sait quelles pensées, quels sentiments et quels agissements vous animent. Les habitants du monde raisonnable vous observent à travers les autres, c’est la raison pour laquelle les gens se toisent de la tête aux pieds. Lorsque vous rencontrez quelqu’un, vous le scrutez avec attention et vous vous dites : « Je veux savoir ce que Dieu a inscrit dans cet homme, sur son menton, sa bouche et son nez. » La tête est un livre sur lequel toute la vie de l’homme est écrite. Comme on reconnaît l’homme selon sa maison, de même, on reconnaît les pensées qui l’animent selon sa tête. La maison désigne le corps de l’homme. Le Christ dit : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. » Qui peut avoir la vie ? Ceux qui veulent la comprendre, pénétrer son sens intérieur. On doit appréhender la vie comme elle se manifeste maintenant et non comme elle se manifestait il y a deux mille ans. Pour nous, c’est le Christ d’aujourd’hui qui est important et non pas celui qui s’est manifesté il y a deux mille ans. Quelqu’un dira que c’est un sacrilège. Je demande quel pommier vous intéresse plus : celui d’aujourd’hui ou celui qui a poussé dans votre jardin dix ou quinze ans en arrière ? Il a donné à l’époque des fruits dont vous avez tirés parti, mais maintenant, pour vous, ce sont les fruits qu’il donne à présent qui sont importants. Le Christ actuel est plus important pour nous car il vit parmi tous les peuples, alors qu’il y a deux mille ans il a vécu uniquement parmi les juifs ; il s’est jadis laissé crucifier, mais aujourd’hui personne ne peut Le crucifier. Jadis, le Christ était également puissant, mais il s’est sacrifié sciemment ; il a dit : « Je suis prêt à sacrifier la forme et le contenu des choses pour leur sens. » Puisque les gens d’aujourd’hui cherchent déjà le sens de la vie et le comprennent, le Christ dit : « Maintenant j’exige d’eux qu’ils comprennent le contenu qui est déposé dans la vie ainsi que les formes par lesquelles elle se manifeste. » En son temps, le Christ voulait attirer l’attention sur la logique cachée dans le sens des choses ; maintenant il veut l’attirer sur la logique cachée dans le contenu des choses ; à l’avenir il créera une logique des formes. Par conséquent, l’être humain atteint la perfection lorsqu’il joint en lui les trois types de logique : logique du sens des choses, logique du contenu et logique des formes. L’homme parfait est comme une bougie allumée qui brûle d’une lumière blanche, sans fumée et sans résidus de combustion. Si je rencontre quelqu’un qui se prétend spirituel, je lui demande : « Est-ce que ta bougie brûle, est-ce qu’elle sauve tes proches, est-ce qu’elle éduque leurs esprits, leurs cœurs, leurs volontés ? As-tu une pièce secrète ou un temple, un sanctuaire en toi ? » Si j’entends quelqu’un traiter son père et sa mère de dérangés, de grabataires, je sais déjà qu’il n’a pas de sanctuaire dans son âme. Un père se plaignait de ses fils en disant qu’une fois éduqués ils le traitaient de rustre et d’ignorant ; il disait : « C’est vrai, je suis rustre et inculte, mais je sais que l’homme a besoin d’ouverture spirituelle et je l’ai donnée à mes fils. » Une mère se plaignait de ses filles en disant qu’une fois élevées, elles la traitaient d’inculte ; elle disait : « À l’avenir, si je suis de nouveau mère, j’apprendrai à mes filles à tisser pour qu’elles sachent apprécier ce qu’elles n’ont pas. » C’est bien de mettre une bêche dans la main de vos fils et de vos filles mal éduqués, pour qu’ils travaillent la terre et apprennent la logique du contenu. Quelqu’un dira que je ne parle pas selon l’esprit de l’Évangile. De quel Évangile parlez-vous ? Celui qui est écrit ou celui qui n’est pas écrit ? Le Christ a beaucoup parlé et de tout cela très peu a été imprimé ; où est caché le reste de ce savoir ? Apportez ces livres où est gardé le Verbe du Christ pour voir qui a raison et qui a tort. Le Christ a beaucoup parlé et abordé les questions au sens très large : où est tout cela ? Celui qui tient à l’Enseignement du Christ, qu’il donne l’exemple et montre comment travailler avec l’esprit, le cœur et la volonté. Celui qui peut travailler ainsi a acquis quelque chose de primordial et apporte la bénédiction divine là où il va. Lorsqu’ils n’ont pas progressé, les gens ne font que discuter ; en se croisant, ils se demandent les uns aux autres : « Es-tu orthodoxe, crois-tu en Dieu, crois-tu en la Trinité ? » Qu’entend-on par le mot Trinité ? C’est un mot abstrait, incompris. Ceux qui en discutent ne connaissent ni Dieu ni la Trinité. C’est pourquoi le Christ dit : « Personne ne connait le Père que le Fils de l’Homme. [3]» Les religieux entretiennent la religion, les scientifiques, la science, et tous font des efforts pour apporter quelque chose de neuf. Le nouveau n’est pas dans la forme et le contenu des choses, mais dans les trois types de logiques qui se rapportent à la forme, au contenu et au sens des choses. Il est important que l’homme construise sa vie selon ces trois types de logique pour entrer dans la véritable vie positive. Lorsqu’il a organisé sa vie, l’homme a maîtrisé les conditions extérieures ; il n’existe plus pour lui d’ennemis extérieurs, de voleurs et de brigands extérieurs. Il arrête de combattre ses voisins et ses proches ; il sait que des ennemis et des voleurs plus dangereux se dissimulent en lui : ce sont eux qui ont crucifié le Christ. De quoi a-t-on accusé le Christ ? D’avoir voulu être roi et faire des réformes. En son temps, il a été traité de criminel politique, quelqu’un qui s’oppose à l’ordre et aux lois de l’Empire Romain. On a crucifié le Christ, mais qu’est devenu l’Empire Romain ? S’est-il sauvé ? Nos contemporains doivent penser avec justesse, selon les trois types de logique, pour ne pas répéter les erreurs des générations passées. Le Christ dit : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. » Celui qui reconnaît et accepte le Christ en lui, se remémore constamment le bien qu’il a fait à l’humanité : il l’a rachetée, il a donné sa vie pour les humains. Il ne suffit pas de faire le constat de ce que le Christ a fait, mais il faut aussi appliquer son amour dans sa vie, l’expérimenter. S’il ne fait que parler sans appliquer, l’homme ne bénéficie de rien. Dans ce cas, l’ivrogne qui préfère à l’absinthe un meilleur vin, et qui pour cela quitte sa femme, ses enfants, son foyer et sillonne toute la ville pour le trouver est somme toute plus respectable. Combien de chrétiens ont quitté leur tranquillité, ont renoncé à leurs privilèges et leur bien-être dans l’unique but d’essayer l’amour du Christ ? Combien de chrétiens sont allés goûter le bon vin du Christ ? Vous direz que je n’emploie pas un langage sacré. Je vous le répète : essayez le bon vin, c’est-à-dire l’enseignement du Christ, pour faire vous-mêmes la différence entre les deux. Le vin physique enivre, étourdit l’homme, alors que le vin du Christ le rafraîchit et l’éclaire. Celui qui boit du vin du Christ s’est lié à l’amour et aime les êtres humains ainsi que toutes les créatures vivantes ; il aime et il est aimé. Le Christ dit : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. » Cette vie agit déjà partout dans le monde, entre toutes les créatures vivantes, des plus évoluées aux moins évoluées. Ceux qui ne sont pas liés à l’amour attendent toujours l’avènement de la nouvelle vie de l’extérieur, de quelque part en haut ; ils n’ont pas fini d’attendre car elle ne viendra pas ainsi. Où est la vie christique ? Partout ! Si vous la cherchez dans le grain de blé, dans le maïs, vous la trouverez là-aussi ; si vous la cherchez chez les animaux, vous la trouverez là-aussi. Mais, sur la base de la loi de la ressemblance qui postule que ce qui se ressemble s’assemble, chacun vivra la vie qui lui correspond, qui l’attire. Est-ce que deux jeunes peuvent se marier s’ils ne s’aiment pas ; est-ce qu’un écrivain peut écrire un livre s’il n’a pas une idée qui l’inspire ? On peut attirer vers soi seulement l’objet que l’on aime. Vous ne pouvez pas cultiver de fleurs si vous ne les aimez pas ; les fleurs ont leur langage, connu uniquement par ceux qui les aiment. Faites un essai pour vérifier la véracité de mes paroles : prenez un pot, plantez un œillet ou une autre fleur et mettez-vous à l’arroser, à la biner, à la cultiver avec amour. Vous remarquerez qu’une fois fleurie, son arôme est très agréable ; si vous cessez de vous en occuper, elle ne sent plus aussi bon. Ainsi la fleur veut vous dire qu’elle vous donnera autant d’amour qu’elle en a reçu. Les anciens bulgares connaissaient cette loi et l’appliquaient ; ils cultivaient leurs champs avec amour, ils plantaient le blé et en prenaient soin avec amour et c’est pourquoi ils bénéficiaient de récoltes abondantes. Celui qui ne connaît pas les raisons des récoltes abondantes croit que ces cultivateurs sont des magiciens ; ils ne sont pas magiciens du tout, mais ils appliquent l’enseignement du Christ et donnent leur vie pour ce champ. Et le champ leur répond de la même manière : il donne beaucoup de grains. Faites de même, mettez vos bonnes pensées et vos bons sentiments dans vos proches pour qu’ils s’élèvent et s’anoblissent. De nos jours, que constatons-nous dans le monde ? Les relations entre les humains se basent toujours sur l’intérêt. Il est rare de rencontrer quelqu’un qui aime vraiment ; la plupart des gens aiment quelqu’un pour son savoir, sa richesse ou sa position sociale. Si quelqu’un vous dit qu’il vous aime, demandez-lui pourquoi ; de toute façon, vous comprendrez tout seuls s’il vous aime pour votre savoir, votre fortune ou vos apparences ; si vous perdez ces qualités, son amour disparaitra aussi. Par conséquent, aimez l’homme pour l’être véritable qui, en lui, représente un rayon sorti de Dieu. Si vous trouvez l’homme véritable, vous pouvez l’aimer sans faire attention à ses qualités apparentes ; il est comme votre frère ou votre sœur. Le monde s’arrangera lorsque les humains s’aimeront de cette façon. Et alors le verset qui dit : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie. » prend tout son sens : le Christ est venu donner la vie aux pauvres, aux souffrants, aux lésés, car ils bénéficient des bonnes conditions pour manifester l’être humain véritable. Dieu dit : « J’ôterai leur cœur de pierre et je leur en donnerai un nouveau sur lequel j’écrirai mes ordonnances et ils me reconnaîtront.[4] » Le nouveau cœur se crée aujourd’hui : Dieu ramasse le sang des champs de bataille pour écrire avec lui ses ordonnances sur le cœur nouveau. Que représente la guerre actuelle ? Le destin de l’humanité. Donc, aujourd’hui on juge tous les humains sur la terre et non pas au Ciel comme ils s’y attendent. Certains religieux pensent que l’homme vit sur terre un certain temps, puis meurt et va au Ciel pour le jugement de Dieu. Le destin de l’homme est sur terre : il n’y a pas de raison de sortir du tombeau où il est enfermé pour aller auprès de Dieu et être jugé alors qu’il est déjà enfermé dans son corps : sur terre l’homme est en prison et il sera jugé ici. Que doit-on faire pour améliorer sa vie ? Ouvrir les fenêtres de sa maison, c’est-à-dire éveiller sa conscience. Si ses fenêtres sont étroites, il faut les élargir ; l’homme a besoin de plus de lumière. Autrement dit, élargissez votre pensée, ouvrez votre conscience pour y faire entrer plus de lumière. Nos contemporains ont beaucoup d’idées, de croyances et de convictions, mais il faut les élargir, leur mettre de grandes et larges fenêtres. Les grandes fenêtres laissent passer peu ou beaucoup de lumière, mais les petites fenêtres ne laissent passer que peu de lumière ; les grandes idées contiennent aussi les petites, mais les petites excluent les grandes ; il n’y a pas de place pour elles. Il est temps que s’ouvrent grandes les fenêtres des églises, des écoles, des foyers, des tribunaux. Que soient définies des relations justes et authentiques entre l’âme humaine et Dieu, entre prêtres et ouailles, maîtres et élèves, hommes et femmes. Qu’entre plus de lumière dans leurs esprits et leurs cœurs et qu’il en sorte de leurs âmes pour les éclairer. Je vous souhaite d’ouvrir la Bible et l’Évangile de votre intelligence et de votre cœur et d’y lire tout ce que Dieu a écrit des milliers de siècles durant. Le Christ dit : « Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et tuer ». Que veut dérober le voleur ? Votre bougie. Lorsqu’il dérobe votre bougie, vous restez dans le noir, et on ne peut pas lire dans le noir. Beaucoup vivent dans le noir et disent : « C’est ainsi, il n’y a rien à faire, nous nous soumettons. » C’est la logique turque. Les turcs disent : « Sept pas en haut, sept pas en bas, il ne faut pas raisonner, c’est le Seigneur qui a ordonné les choses ainsi. » Ce n’est pas une logique juste, on ne doit pas raisonner de la sorte. Dieu n’a pas créé les loups, les ours, les renards et les mauvaises personnes ; Il a créé les personnes bienveillantes et bien pensantes. Ne pensez pas que tout ce qui existe est donné par Dieu ; Dieu a admis le mal, mais Il ne l’a pas créé. Si vous rencontrez quelqu’un qui veut se rapprocher de vous, demandez-vous d’abord de quelle sorte de personne il s’agit : de celles faites de terre par Dieu ou de celles qu’Il a créées à Son image et à Sa ressemblance. Les humains d’aujourd’hui sont faits de terre ; leur culture est celle de la terre, de la boue. Dieu a pris la terre, a fait d’elle un homme : Il a soufflé en lui et ce dernier est devenu une âme vivante. Dieu a mis la vie en l’homme pour qu’il vive, étudie et apprenne que la vie a un sens plus profond qu’il ne se l’imagine. Lorsqu’il parle du voleur, le Christ veut préserver l’humanité de lui. Que chacun s’examine de près pour comprendre que le mal est en lui-même, dans sa compréhension erronée des choses. Par conséquent, pour éduquer les autres et vous éduquer vous-mêmes, il faut appliquer l’enseignement du Christ, l’enseignement de l’amour. Si vous avez un enfant rétif, intraitable, faites une expérience avec lui, appliquez la méthode de l’amour. Aimez cet enfant et ne songez jamais à ses traits négatifs ; imaginez-le bon et raisonnable et vous verrez que peu de temps après il se bonifiera. Un jour l’archange Gabriel a remarqué que, chaque matin, Dieu souriait à quelqu’un et lui parlait avec douceur et amour. Cela l’a intrigué et il a voulu savoir qu’elle était cette âme envers laquelle Dieu manifestait autant de douceur et d’amour. Il est parti de par le monde chercher cette âme ; il s’est immiscé parmi les scientifiques, les prédicateurs, les prêtres sans la trouver nulle part. Il est remonté en-haut pour voir de nouveau cette âme. Puis de nouveau, il est descendu sur terre pour explorer tous les coins. Il est tombé un jour dans un sanctuaire, face à un idolâtre, un homme simple et sauvage qui s’agenouillait devant son idole et lui parlait ; c’est là qu’il a trouvé Dieu souriant à l’idolâtre et parlant doucement avec lui. Ce n’est que là que l’archange a compris l’erreur de son jugement. Il avait pensé que Dieu pouvait sourire uniquement à quelqu’un d’instruit, de religieux ou de spirituel et non pas à un homme simple qui n’a aucune notion de Dieu. Un proverbe bulgare dit : « Dieu ne juge pas sur le visage, mais sur le cœur. » Les religieux contemporains qui appartiennent à différentes communautés – orthodoxe, évangélique, catholique, bouddhiste – se considèrent comme de bons croyants. Ils ne soupçonnent pas qu’il y a des personnes hors des églises auxquelles Dieu parle avec affection et douceur. Pourquoi ? Parce que leurs pensées et leurs sentiments sont authentiques, l’aspiration de leur âme est dirigée vers le Ciel. L’aspiration de l’âme détermine la situation de l’homme ; de son aspiration dépend comment Dieu le considérera. Celui qui a une aspiration juste entendra la voix douce et affectueuse de Dieu. Je souhaite à tous les Bulgares d’avoir l’aspiration de l’idolâtre dans son sanctuaire pour que Dieu s’adresse à eux avec douceur et amour. Vous direz que sa vision était erronée ; oui, sa vision était erronée, mais son aspiration était authentique. Réjouissez-vous si vous avez une logique erronée car Dieu a décidé d’être doux et bienveillant envers tous les faibles, infirmes, muets, souffrants, lésés, perdus, etc. Il est le Dieu des orphelins, des pauvres, des veuves, des souffrants et non pas des riches, des blasés, des haut placés. Autrefois, Dieu était Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, alors qu’à présent Il est Dieu des pauvres, des souffrants et des veuves. Dieu dit : « Mes serviteurs n’ont pas fait mon travail sur terre comme il se doit ; maintenant Je descends sur terre pour accomplir Mon travail tout seul, pour redresser le monde. » Le monde s’arrangera car Dieu y travaille déjà. Il descend sur terre pour donner la vie à tous pour qu’ils accueillent et appliquent Son enseignement, non pas isolément, mais avec toute l’humanité. Certains diront qu’ils sont pauvres, infirmes, aveugles ; n’ayez pas peur, Dieu vient pour vous. Et pour les riches, ne vient-Il pas ? Non, pas pour eux, car ils n’en ont pas besoin. Il s’adresse à tous les infirmes, estropiés et aveugles, leur disant : « Travaillez tous, autant que vous le pouvez, pour accepter Mon enseignement, pour être forts, vigoureux et fortunés. Mon Enseignement est une table bien mise avec des mets savoureux. Mangez de tous les bienfaits divins, réjouissez-vous. » Je souhaite que les oreilles de tous soient ouvertes pour écouter et appliquer le Verbe de Dieu. Celui qui n’a pas accompli son travail comme il se doit, qu’il le fasse. Lorsqu’il se tournera vers Dieu, Dieu lui apprendra comment vivre et comprendre Ses paroles. La providence vient dans le monde : Dieu descend sur terre pour juger les humains et rétribuer chacun selon son mérite. Si l’œil de quelqu’un est arraché, Il ordonnera qu’un nouvel œil lui soit remis ; si sa jambe est coupée, Il ordonnera qu’une nouvelle jambe lui soit remise ; si sa main est coupée, Il ordonnera qu’une main saine lui soit remise. Si le juge ordinaire rétribue chacun selon son mérite, combien la providence donnée aux humains par Dieu sera plus juste et plus raisonnable. Dieu satisfera tout le monde et donnera des conditions pour se développer en intelligence, en cœur et en âme. Tendez vers ce Dieu. Beaucoup demandent où est Dieu, et comme ils ne Le trouvent pas, ils veulent des preuves de Son existence. Quelles que soient les preuves données, vous serez vous-même dans une situation grotesque. C’est comme si quelqu’un allumait une bougie en plein jour, face au Soleil et vous disait : « Le voici le Soleil. » C’est grotesque de prouver à l’homme que Dieu existe. Si quelqu’un veut en être convaincu, je le prendrai par la main et je lui dirai : « Viens avec moi, ouvres tes yeux et regarde, ouvre tes oreilles et écoute ! » Vos aspirations, vos convictions, votre vie, vos mouvements sont dus à Dieu. Il parle en vous et vous anime ; cherchez-Le à l’intérieur de vous et non pas à l’extérieur. Il dit : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance ». Par conséquent, cherchez Celui qui donne la vie et non pas celui qui vient pour dérober, égorger et détruire. Je vous souhaite de vous recueillir, de vous tourner vers Dieu qui est en vous pour Le comprendre et Le connaître. Alors seulement vous comprendrez ce que signifie la logique des formes, du contenu et du sens. Le Christ vous a montré la logique du sens, à présent vous étudierez la logique du contenu et à l’avenir, la logique des formes. Vous interpréterez aujourd’hui les choses selon leur contenu et à l’avenir, selon leurs formes. Sofia, 6 mai 1917 [1] « Le voleur ne se présente que pour voler, pour tuer et pour perdre ; moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie, et qu'ils l’aient en abondance. » (Jean 10, 10) [2] Le mot voleur en bulgare s’écrit kрадец (kradetz) [3] TOB = « Tout m'a été remis par mon Père, et nul ne connait qui est le Fils, si ce n'est le Père, ni ce qu'est le Père, si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. (Luc 10, 22) [4] « Et je leur donnerai un cœur loyal ; je mettrai en vous un esprit neuf ; je leur enlèverai du corps leur cœur de pierre, et je leur donnerai un cœur de chair, afin qu'ils marchent selon mes lois, qu'ils gardent mes coutumes et qu’ils les accomplissent. Ils seront mon peuple et je serai leur Dieu. » (Ézéchiel 11, 19-20)
  10. Les purs de cœur « Heureux ceux qui sont purs de cœur car ils verront Dieu. » Matthieu 5:8 Beaucoup se demandent pourquoi on prie et on chante avant les causeries. La vie est fondée sur trois éléments essentiels : la nourriture, la prière et le chant. Ils sont inscrits dans la vie des hommes depuis des millénaires. Au commencement et à la fin d’un travail les gens ont systématiquement prié et chanté. C’est le seul chemin vers le succès. Si vous commencez un travail sans prière et sans chant, n’attendez pas de résultat significatif. Un proverbe bulgare dit : « Qui chante ne pense pas à mal. » Quel que soit le chant, il est à sa place ; il n’y a pas de mauvais chants. Pour l’être vertueux tous les chants sont bons, cela dépend de son point de vue sur les choses. Par conséquent, la nourriture, le chant et la prière sont trois éléments importants et indispensables dans la vie des hommes. Les bulgares disent : « L’ours affamé ne danse pas », voilà pourquoi on mange avant d’entreprendre une activité physique, puis on travaille ; si on est fatigué, on se repose un peu puis on recommence le travail. La nourriture est à la vie physique de l’homme ce que sont la prière et le chant à son cœur, à son esprit et à son âme : l’âme de l’homme se nourrit de chants et de prières. Lorsqu’il fait un travail intellectuel et affectif, l’homme chante, prie et se repose. Les gens d’aujourd’hui ont une mauvaise compréhension de la prière ; ils considèrent que seuls les gens simples prient. En réalité, seul celui qui a atteint une grande expérience de la vie sait prier. C’est un grand art de savoir prier ; lorsque les humains apprendront cet art, le Royaume de Dieu viendra sur terre. En ce sens la prière est une loi divine qui régit toute l’existence. Qu’il mange ou qu’il travaille, l’homme doit prier. Si son travail n’avance pas, qu’il chante ; le chant ouvre le chemin vers le monde lumineux et sublime. « Heureux les purs de cœur car ils verront Dieu ». Voici l’une des béatitudes que le Christ a révélées. Il désignait ceux qui étaient purs dans leur cœur. Ainsi le Christ a voulu exhorter à la pureté comme élément important et indispensable de la vie humaine. Il est dit dans les Écritures que seuls les purs de cœur peuvent voir Dieu. Voir Dieu signifie être heureux. Aujourd’hui, tous veulent être heureux sans s’apercevoir qu’ils se rendent malheureux dans leurs tentatives d’atteindre le bonheur par des voies non naturelles. La voie pour atteindre le bonheur est très simple et naturelle : être pur d’esprit, de cœur et d’action. La loi de la pureté est l’une des lois principales de l’existence. L’état de santé des mères, des pères et des enfants, des sociétés et des nations dépend d’elle, tout comme l’âme en dépend. Qu’est-ce que l’hygiène ? Une loi de la pureté. Toutes les maladies infectieuses sont dues à l’impureté. Tout comme il existe des microbes dans le monde physique, il existe aussi des microbes dans les mondes mental et spirituel ; ils sont la cause des grandes catastrophes mentales et affectives que l’homme traverse. Les médecins contemporains recensent des milliers de microbes, tandis que certains scientifiques vont jusqu’à expliquer la présence de rouille sur le fer par un type particulier de microbes ; ils disent que comme certains microbes dévorent l’homme, d’autres font de même avec le fer. En tant que créatures vivantes, les microbes veulent vivre, ce que les scientifiques appellent la lutte pour la vie. Certains traduisent cette lutte par la formule suivante : « L’homme est un loup pour l’homme. » C’est vrai seulement à cinquante pour cent, mais pas à cent pour cent ; la vie n’est pas uniquement une lutte, mais aussi un travail. Seuls les athlètes, les lutteurs qui veulent démontrer leur supériorité physique combattent ; pour les autres, la vie est un travail qui contribue à élever toute l’humanité. L’élévation de l’homme est une aspiration implantée dans son âme. Lorsqu’on ne comprend pas la vie, le travail se transforme en labeur et plus on descend, plus il se transforme en tourment. Le Christ dit : « Heureux les purs de cœur car ils verront Dieu. » La pureté est un état naturel et inhérent de la matière. Pour passer d’un monde à l’autre, l’énergie de la pureté doit se transformer. Il faut pour cela des conditions spécifiques : des méthodes spirituelles et des commandements. Celui qui connaît ces méthodes et peut se servir d’elles utilise l’énergie de la pureté et devient pur à tous points de vue. N’en est-il pas de même avec les rayons solaires ? Pour bénéficier de la lumière et de la chaleur du soleil, ses rayons passent par une réfraction répétée avant qu’on les perçoive ; plus le milieu qu’ils traversent est propre, meilleure est leur réfraction et meilleur est leur effet sur l’homme. En apparence l’atmosphère semble propre, mais vue à travers un verre grossissant elle présente des millions et des milliards de microbes, poussières, impuretés qui doivent être écartés par la pluie, par l’électricité, pour que l’homme puisse profiter de l’effet bénéfique des rayons solaires. Une vie humaine dissolue produit des impuretés particulières qui, exprimées en pensées et en sentiments, bloquent cette vie qui descend d’en haut. En outre, ces impuretés produisent différentes maladies physiques et psychiques. Cela est visible en particulier en temps de guerre et après les guerres : les mauvais sentiments et les mauvaises pensées que les nations, les sociétés et les individus s’envoient sont la cause d’affections lourdes et sérieuses d’ordre physique, mental et psychique. « Heureux les purs de cœurs car ils verront Dieu. » Qu’entendons-nous par le mot cœur ? Lorsqu’il parle du cœur le Christ comprend ce milieu intérieur en l’homme, sous forme d’éther physique, conducteur des forces sublimes venues du monde spirituel. Voilà pourquoi, lorsque le centre du cœur est pur, l’homme voit nécessairement Dieu. Par le mot Dieu, Christ, je désigne toutes les capacités raisonnables qui se trouvent dans l’homme. Lorsque ces capacités traversent un cœur pur, l’homme devient bienheureux et en bonne santé. Voir Dieu ne signifie pas Le voir comme une forme extérieure, mais atteindre cette béatitude qui vous élève mentalement et spirituellement. S’il s’élève mentalement et spirituellement, l’homme améliore aussi sa santé physique. Le sachant, travaillez sur vous pour devenir intérieurement purs, mentalement, affectivement et dans vos actes. Dans la vie, se purifier est l’une des tâches principales de l’homme. Lorsqu’il aborde la pureté, l’homme se trouve naturellement face au concept opposé, l’impureté. Il y a deux types d’impuretés, physique et psychique qui incluent l’impureté mentale et affective. Pour l’impureté physique, l’homme n’est pas responsable ; aussi consciencieusement qu’il se nettoie, il ne peut pas être d’une pureté absolue. Par exemple, lorsqu’il se nourrit, une partie de la nourriture est assimilée par l’organisme et se transforme en suc alimentaire et en sang alors qu’une autre partie n’est pas assimilée et est rejetée comme une matière impure ; c’est un processus inévitable. La nature s’occupe de libérer l’homme de la matière impure et elle a plusieurs méthodes : filtrer, décomposer, durcir, diluer et distiller. Tout comme les couches sédimentaires dans la nature servent à filtrer l’eau trouble et impure, les organes et les tissus de l’organisme humain le purifient et le libèrent des substances inutiles et impures. Cette purification s’obtient sur le plan physique, alors que la purification psychique s’obtient par les filtres psychiques : les familles, les sociétés et les peuples. Ce sont les moyens de purification des pensées, des sentiments et des actions des humains ; après les avoir traversés, l’homme sort à la surface de la terre comme une source pure sans aucun trouble ni impureté. L’eau impure se libère des substances mélangées et dissoutes en elle par la distillation, c’est-à-dire se transforme en vapeurs d’eau qui se refroidissent de nouveau en eau. Ceci s’obtient par le feu ou par les rayons du soleil. Par conséquent, celui qui veut se purifier sur le plan psychique doit passer par le feu ou s’exposer aux rayons du soleil. Les souffrances, les malheurs sont le feu que l’homme traverse. La purification de l’homme est liée aux processus de précipitation, filtration et distillation. Quelqu’un perd sa fortune, sa situation sociale, sa femme, ses enfants, ses amis et dit : « Je me suis égaré, je me suis enfoncé profondément dans la terre, rien ne m’égaie, je n’aperçois aucune lumière. » N’aie pas de regrets, tu t’es enfoncé profondément dans la terre entre les couches pour te purifier ; tu sortiras un jour à la surface comme une source de montagne très pure et celui qui passera à côté de toi s’arrêtera pour se désaltérer et il te bénira. C’est cela être aimé par tous les humains, mais aussi par toutes les créatures vivantes : elles te recherchent pour te remercier du service rendu. Ainsi, celui qui prétend ne pas être aimé par les autres, montre qu’il ne comprend pas les lois de la nature raisonnable. Il est arrêté devant de l’eau trouble et impure, et l’impossibilité d’en boire le fait souffrir. Pour être aimé des autres, cultive la patience, attends quelques jours qu’ils traversent les strates sablonneuses pour se purifier. Ils ressortiront ensuite à la surface de la terre comme une source de montagne très pure et te proposeront eux-mêmes de boire de leur eau pure et de te désaltérer. Tu boiras de cette eau et tu diras : « Il y a de l’amour dans le monde, les autres m’aiment. » Paul dit : « Nous ne mourrons pas, mais nous changerons. »[1] Je dis : l’homme ne meurt pas, mais s’évapore comme l’eau des mers et des océans, c’est-à-dire quitte le monde et rentre dans la terre entre les strates sablonneuses pour se purifier et revenir sur terre. Ce retour de l’homme sur terre, cette fois-ci libre et purifié, est appelé renaissance ou résurrection. Par conséquent, réjouissez-vous si vous vous évaporez ou vous solidifiez, car vous naissez de nouveau. La mère aussi célèbre son nouveau-né qui sort de terre comme une source pure, et elle lui propose de boire de son eau pure et limpide. Cet enfant a été autrefois son amoureux, et une fois purifié il revient comme son enfant qu’elle chérit. En m’écoutant, beaucoup se demandent si tout cela est vrai, si l’homme peut s’incarner et se réincarner. Non seulement c’est possible, mais cela se passe à tout moment dans la vie. Pour les ignorants qui ne comprennent pas les lois de la vie, c’est impossible, mais pour ceux qui connaissent les lois tout est possible. Observez la vie des animaux, des mammifères, et vous verrez que par certains côtés ils sont supérieurs à l’homme. Le petit oiseau nettoie, lave, lisse ses plumes : il connait la loi de la pureté ; lorsqu’il entre dans la maison de son maître, le chat nettoie et lave ses pattes, surtout s’il vient de passer par un endroit malpropre : il connaît aussi la loi de la pureté. Le petit enfant par contre ne peut pas se nettoyer, c’est sa mère qui très longtemps le nettoie, le lave, l’habille tant qu’elle ne lui a pas transmis la leçon de propreté et qu’il ne l’applique pas tout seul. Combien de personnes rentrent aujourd’hui dans le temple de Dieu avec des mains et des pieds propres ? Combien de professeurs, de prêtres, de prédicateurs, de juges, de gouverneurs rentrent dans leur propre maison, dans leur chambre secrète avec des mains et des pieds propres ? Et ensuite, les gens se plaignent des maladies, des épidémies et se demandent d’où elles viennent et comment s’en débarrasser. Il n’y a pas de maladies dans le monde, mais des impuretés porteuses de contaminations, d’infections et de mort. Par conséquent nos contemporains ont besoin d’hygiène au sens large et au sens littéral du terme. Au sens littéral du mot, l’hygiène exige une pureté absolue du corps et de la maison où l’on vit ; au sens large du terme, l’hygiène exige une pureté absolue de l’esprit, du cœur et de l’âme. Tout mon respect aux médecins qui font attention à l’hygiène du corps, mais ils doivent faire un pas en avant et porter leur attention à l’hygiène du cœur. Les gens d’aujourd’hui se baignent plusieurs fois par mois, certains chaque jour ; tout le monde se rend aux bains, tout le monde prend soin de sa propreté physique, mais combien songent aux bains spirituels ? La plupart des gens ne soupçonnent même pas qu’il y a des bains spirituels. Dans le monde spirituel il y a des bains, des douches chaudes et froides comme sur terre. Les êtres du monde spirituel savent quand et comment utiliser ces douches. Ils ne passent pas brutalement du chaud au froid ou l’inverse, du froid au chaud, car ils connaissent les lois de transition d’un état à un autre. Ne connaissant pas ces lois, certains vont aux bains et s’aspergent tantôt d’eau chaude, tantôt d’eau froide et finissent par attraper des rhumatismes ou d’autres maladies ; ils cherchent ensuite les raisons de ces maladies en dehors d’eux. L’ignorant ne peut et ne doit pas suivre les opposés de la vie ; cela est réservé seulement aux créatures supérieures. Seul Dieu qui se tient très haut et maîtrise les lois de la chute, peut descendre et remonter aussitôt. Seul celui qui a des ailes, c’est-à-dire des connaissances, peut descendre et remonter rapidement ; celui qui n’a pas d’ailes ne dispose pas de connaissances et ne doit pas s’y aventurer, car il se brisera le cou. Il ne suffit pas de monter dans un aéroplane, encore faut-il savoir le piloter, sinon on s’abîmera au sol et on se tuera. Pensez-vous pouvoir d’un seul coup aimer le monde entier ? Celui qui se donne un objectif si grandiose en mesurera les conséquences : il passera de la douche chaude à la douche froide, se durcira prématurément et se confrontera au mécontentement et à l’absence de sens dans la vie. C’est terrible pour l’homme de vider sa vie de sens, de ressasser son mécontentement envers lui-même et ceux qui l’entourent. Un jeune américain a hérité une grande fortune de son père. Ne sachant pas comment l’utiliser, il s’est adonné aux festins, aux beuveries et a mené une vie dissolue. Il s’est laissé aller à tous les plaisirs jusqu’à en éprouver la nausée et devenir hypocondriaque : rien ne le contentait, il ne trouvait de sens à rien. Il a voulu finalement mettre fin à sa vie, mais n’osait pas franchir le pas. Il n’avait pas le courage de cet autre anglais qui s’est suicidé à la place d’un italien. Cet anglais voyageait en Italie et s’est retrouvé à Venise dans un hôtel, la nuit, en compagnie d’un italien. Il s’est réveillé en pleine nuit et a vu l’italien debout devant la table, un révolver à la main, qu’il mettait dans sa bouche, puis qu’il retirait. « Que fais-tu l’ami ? – a demandé l’anglais. – J’ai contracté de lourdes dettes, j’ai mis l’opprobre sur mon nom, sur l’honneur de ma noble famille. Je veux me suicider, mais je n’ose pas aller jusqu’au bout. L’anglais a sorti une grosse somme d’argent de sa poche, l’a tendue à l’italien en lui disant : « Prends cet argent pour rembourser tes dettes. » Ensuite, il a pris son révolver et s’est suicidé avec à sa place. L’américain avec son hypocondrie n’osait pas mettre fin à sa vie, il n’avait pas le courage de cet anglais. Lorsque nous évoquons le suicide, nous parlons de la suppression des vices et des faiblesses. L’homme doit être courageux, il doit faire feu avec le fusil ou le révolver sur l’un de ses vices et le supprimer. Quelqu’un aime voler, un autre, mentir, un troisième, boire, un quatrième, débaucher les gens ; que chacun ait le courage de faire feu contre son vice et de l’anéantir. Le vice limite et asservit l’homme sans aucune contrepartie. C’est un cadavre qui se décompose, sent mauvais et introduit la lèpre en lui. Que pouvez-vous retirer du cadavre d’un chien mort ou d’un fauve mort ? Revenons à l’exemple de l’américain qui souffrait d’hypocondrie : pour se guérir de sa maladie, il a sacrifié tout ce qu’il avait, mais sans réussir à trouver un médecin qui puisse l’aider. Il a enfin entendu parler d’un médecin illustre qui guérissait l’hypocondrie. Il est allé le voir et lui a raconté son histoire. En l’entendant, le médecin a dit : « Je te promets de te guérir, mais à condition de ne pas protester contre la méthode que j’appliquerai sur toi. – Je suis prêt à tout, du moment que tu me délivres de cette maladie. » Ils ont signé un accord tous deux. Avant d’entamer le traitement le médecin a demandé vingt-cinq mille dollars au patient. Ce dernier s’est acquitté de cette somme et est entré à l’hôpital. Dès le jour suivant le malade a été opéré, on lui a amputé la jambe droite sous le genou. Au réveil, le patient a été terrifié d’apprendre que sa jambe avait été coupée. Il s’est mis à crier, à insulter le médecin. Sans quitter du regard sa jambe amputée, il pensait : « Qu’est-ce que je ferai maintenant sans jambe ? Avant je pouvais monter à cheval, aller au bal, au concert, à des soirées et maintenant je suis cloué au lit. » Lorsque le médecin lui a rendu visite, il s’est mis à pleurer, à exiger un révolver pour se suicider. Le médecin l’a consolé lui disant qu’on lui fabriquera une nouvelle jambe pour se déplacer librement. Le malade s’est enfin apaisé, a accepté sa situation et s’est mis à réfléchir sur sa vie, en prenant du recul. Il s’est ainsi guéri de son hypocondrie. Il a donné encore vingt-cinq mille dollars au médecin, il s’est fait fabriquer une jambe en plastique et a quitté l’hôpital en parfaite santé, avec une pensée juste et sobre sur la vie et sur la prédestination des êtres humains. Il a compris ce qu’était la pureté dans la vie de l’homme. Qu’est-ce qui se passe dans le monde aujourd’hui ? La même chose qu’avec l’hypocondriaque. Beaucoup d’hypocondriaques se trouvent sur le champ de bataille et pour les soigner, Dieu a envoyé ses médecins assistants pour les opérer. Ils se mettent au travail : ils coupent un bras à l’un, la jambe à un autre, le nez à un troisième, l’oreille à un quatrième et ainsi de suite. Partout retentissent des cris, des lamentations et des gémissements, tant que cela ne s’apaise pas et que l’on n’accepte pas sa situation. Tout le monde se met à raisonner avec justesse et se réjouit parce qu’une nouvelle culture vient dans le monde, une culture de l’amour qui élargit l’âme humaine, rapproche les gens et leur permet de se développer convenablement. La nouvelle culture sous-entend l’application du plan divin. C’est le seul moyen pour l’homme de prendre conscience qu’il doit être d’une pureté absolue comme les anges. Acquérir la pureté des anges, c’est être prêt à servir Dieu, à accomplir Sa volonté. Aujourd’hui peu de gens accomplissent la volonté de Dieu. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas la pureté voulue. Seul celui qui est pur peut voir Dieu et Le servir. Le Christ dit : « Heureux les purs de cœur car ils verront Dieu. » Sachant cela, tendez vers la pureté pour voir Dieu et Le connaître. Vous ne pouvez pas Le connaître si vous ne Le voyez pas. Chacun peut voir Dieu au moins trois fois dans sa vie, à condition de vivre dans la pureté. Avez-vous vécu plusieurs années d’affilées dans la pureté ? Vous direz que c’est impossible car vous vivez entre pécheurs. Vous pensez que si ceux qui vous entourent sont des pécheurs, vous l’êtes aussi : il ne faut jamais se justifier en invoquant ceux qui nous entourent. Chacun doit décider de vivre dans la pureté pour soi-même, et accomplir la volonté de Dieu. Ne dites pas comme David : « Ma mère m’a conçu dans le péché.[2] » Quelle est la cause de l’existence du péché ? La misère intérieure de l’homme. Lorsqu’il devient misérable intérieurement, l’homme se met à pécher. Plus il pèche, plus il perd l’espoir de pouvoir redresser sa vie. Lorsque les humains sont dans l’incapacité de redresser leur vie, Dieu descend du Ciel pour la redresser. D’ici cent ans au maximum Dieu arrangera le monde et la vie des humains avec. Vous direz que cent ans c’est long et que vous ne verrez pas ce jour de votre vivant. Cent ans représentent une journée divine. Ce qui semble trop et impossible aux humains, n’est pour Dieu qu’un instant où les choses impossibles deviennent possibles. Les choses sont relatives ; nous vivons dans un monde de la relativité. Parfois l’homme vit la minute comme une journée et parfois la journée comme une minute ; cela dépend des conditions dans lesquelles il évolue. Si vous entrez dans le for intérieur d’une personne condamnée à la pendaison dans un an, ce délai vous paraîtra comme une journée ; mais si vous attendez votre bien aimé, la minute vous paraîtra longue comme un jour. C’est pourquoi nous disons que le temps est relatif ; il est fonction de l’intensité de notre pensée. Pour comprendre les choses dans l’absolu, l’homme doit vivre en même temps dans la conscience de tous les êtres vivants, des plus évolués aux moins évolués ; ce n’est qu’ainsi qu’il se fera une opinion juste sur les animaux comme sur les êtres humains. « Heureux les purs de cœur car ils verront Dieu. » Voir Dieu signifie pouvoir monter dans les mondes supérieurs parmi les êtres intelligents et descendre en bas parmi les êtres inférieurs sans succomber à leurs influences, sans se laisser contaminer par leurs vices et faiblesses. C’est être pur d’intelligence, de cœur et de corps, c’est-à-dire être intérieurement pur, d’esprit, d’âme et de corps. Chacun peut tester la force de la pureté et s’en convaincre. Que fait le jardinier qui veut replanter un arbre ? Il procède à un grand nombre d’essais avant d’acquérir cet art. Lorsqu’il le maîtrise, il ne craint plus que la bouture ne prenne pas. En même temps il doit respecter le moment pour faire la bouture ; tous les moments ne sont pas propices à cette opération. Lorsqu’il découpe l’écorce de l’arbre pour implanter le bourgeon, le jardinier lui cause une certaine souffrance qu’il est impossible d’éviter. De même, il est impossible pour l’homme de se purifier et de s’anoblir sans traverser des souffrances. Celui qui est passé par le processus de la purification a connu la souffrance. Les souffrances sont de deux types : les souffrances ascendantes et les souffrances descendantes. Les premières élèvent et anoblissent alors que les secondes font régresser et rendent féroce. Pour faire face à la férocité, l’homme ne doit pas rester sur place, mais il doit se déplacer ; s’il a un mouvement descendant, il doit continuer de descendre tant qu’il n’atteint pas le fond. La même loi régit les souffrances ascendantes : s’il a une trajectoire ascendante, il doit continuer à monter tant qu’il n’atteint pas le point culminant. Dans les deux cas, aucun arrêt n’est toléré, ni en montée ni en descente. Un voyageur traversait une zone montagneuse. Surpris par la nuit, il a continué son chemin dans l’espoir d’atteindre une habitation pour s’abriter. Comme l’obscurité était de plus en plus grande, il ne voyait plus où il mettait les pieds. Soudain il a glissé et a pu attraper une branche sur laquelle il est resté suspendu. Il a passé ainsi plusieurs heures de grande terreur : ses bras ont peu à peu faibli, les forces ont commencé à le quitter. Il ne se décidait pas à lâcher la branche, s’imaginant être au-dessus d’un gouffre béant. Il a prié, il a pleuré, mais voyant qu’il ne pouvait plus résister dans cette position, il a fait ses adieux à sa femme, à ses enfants en se disant : « Je me laisserai tomber dans l’abîme, advienne que pourra, mes bras ne me tiennent plus. » Il s’est lâché, mais quelle n’a pas été sa surprise de voir que le vide sous ses pieds n’était que de quinze centimètres. Il a soupiré avec soulagement en se disant : « On doit être héroïque : si on chute et si on pèche, mieux vaut aller jusqu’aux tréfonds pour ensuite recommencer à grimper vers le haut. Ainsi, les vrais héros sont ceux qui descendent au fond, puis s’élèvent vers les plus grandes hauteurs. Les premiers sont des héros, parce qu’une fois au fond ils ont le courage et la volonté de remonter jusqu’aux plus grandes hauteurs. Les seconds sont aussi des héros car lorsqu’ils ont atteint la plus haute marche, ils ont le courage de descendre jusqu’au fond et de recommencer à grimper vers le haut. La philosophie de la vie réside dans cette montée et cette descente. Le mot descente effraie certains qui préfèrent ne pas monter pour ne surtout pas descendre : c’est la conception matérialiste de la vie. Puisqu’il est venu sur terre, l’homme descendra et montera ; ce qui importe, c’est de savoir comment descendre et comment monter. Celui qui ne connaît pas les lois est en danger aussi bien lors de la descente que lors de la montée. La même loi se rapporte à la nourriture : il ne suffit pas de se nourrir, encore faut-il savoir comment se nourrir. Lorsqu’il mange en pleine conscience, dans de bonnes dispositions et de bon appétit, l’homme est sain. Certains mangent des plats savoureux, plusieurs par repas, variés et bien cuisinés, mais pourtant ils ne sont pas en bonne santé. Pourquoi ? Le mécontentement perturbe leur appétit qui est alors privé de pureté. Pour que l’appétit et le goût se rétablissent, l’homme doit jeûner quelques heures ou quelques jours. C’est pourquoi, lorsque l’enfant se fâche et ne veut plus manger, la mère doit le laisser éprouver la faim, elle doit le laisser affamé vingt-quatre, trente-six ou quarante-huit heures, pour qu’il ressente la faim et le désir de manger. Lorsque l’homme perd le sens de la vie, qu’il se mette à jeûner ; un jeûne de plusieurs jours améliore son état et redonne du sens à sa vie. La nature agit de la même manière : elle envoie plusieurs maladies aux humains pour que leur organisme se purifie et ainsi se renouvelle. Les gens d’aujourd’hui appliquent différentes méthodes pour éduquer et s’auto-éduquer, mais ils ignorent les méthodes de la nature. Je dis, renoncez à toutes les méthodes humaines et passagères, suivez les méthodes de la nature. Étudiez les lois auxquelles obéissent les végétaux et les animaux et inspirez-vous d’elles ; observez le lever du soleil, les sources, le sens de leur écoulement, etc. Si vous êtes indisposés, ne vous découragez pas ; cette indisposition est passagère, due à quelque nuage qui fait de l’ombre au soleil de votre vie. Le prochain souffle du vent chassera le nuage et votre soleil brillera de nouveau. N’en est-il pas de même avec le soleil physique ? Aujourd’hui vous voyez le ciel maussade, couvert de nuages ; quelques heures après il s’éclaircit, le soleil se montre et la lumière et la joie affluent dans votre âme. Les épreuves, les souffrances, les insuccès dans votre vie sont dus aux nuages qui bouchent votre horizon. Ils ont une prédestination grandiose : vous nettoyer de vos encombrements intérieurs. Une de nos connaissances, un marchand fortuné, raconta son histoire. Il disait qu’au début de son commerce, ses affaires se portaient bien, il gagnait toujours et ne savait pas ce que perdre signifiait. Un jour il s’est réveillé sans pouvoir quitter le lit : un côté de son corps était paralysé. Il a aussitôt appelé un médecin. Après examen, le médecin lui a conseillé de se reposer deux ou trois ans et de ne pas travailler. Il est resté au repos un ou deux mois, mais dès qu’il s’est senti mieux il a recommencé à travailler ; il accumulait alors des pertes sur tout ce qu’il entreprenait ; il a perdu en un an des dizaines de milliers de leva. Plus il perdait dans le commerce, meilleure était sa santé ; lorsqu’il a cessé de perdre, il était alors parfaitement en forme. Ce qui montre qu’il avait dû donner cet argent quelque part : aux pauvres, aux orphelins, aux associations caritatives ou autres. Comme il ne l’avait pas fait de lui-même, la nature lui a donné une maladie par laquelle nettoyer la matière impure accumulée dans son organisme. Les pertes qu’il avait subies représentaient un abcès que le médecin a crevé pour laisser s’écouler la matière impure. Le Christ dit : « Heureux les purs de cœur ». Qui sont ces purs de cœur ? Ceux qui n’ont pas d’abcès. Chacun doit se scruter, trouver ses abcès et commencer à les soigner. Quelqu’un dira qu’il n’a aucun abcès ; personne dans le monde n’est exempt d’abcès ; il en a au moins un, sinon plusieurs. L’homme ne doit pas dissimuler ses faiblesses, il doit être honnête envers lui-même, reconnaître ses fautes et ses péchés. C’est avoir une grandeur d’âme que de reconnaître ses erreurs ; c’est ainsi que l’on s’élève. On se tourne alors vers la religion qui donne aux humains des méthodes pour sublimer et élever leurs intelligences et leurs cœurs. Lorsqu’il s’incarne et se réincarne, l’homme étudie la loi du sacrifice. Il est prêt à se sacrifier pour le bien-être d’autrui qui prendra conscience un jour de ce qu’il a fait pour lui et dira : « Il y avait un grand homme parmi nous qui a accompli beaucoup de sacrifices pour des personnes isolées, mais aussi pour notre peuple. Il était une source où tous, nous puisions de l’eau pour nous désaltérer. » Bienheureux est cet homme, car son sacrifice pour autrui a orienté sa vie vers le haut. Il a fait son sacrifice au bon moment, lorsque tous avaient besoin de l’eau pure de sa source. Il n’y a pas de développement sans sacrifice. C’est pour cela que la loi du sacrifice existe non seulement entre les humains, mais aussi entre les plantes et les animaux, partout dans la nature. Comment se manifeste la loi du sacrifice chez les plantes ? Dans leur élan pour se hisser vers le haut. Grâce à cette aspiration, la graine, et en particulier le grain de blé est prêt à se sacrifier, à être semé en terre pour germer un jour et entamer son développement. Mais ni cet élan, ni le terreau ne sont suffisants ; il y a encore trois éléments nécessaires au développement, ce sont la chaleur, la lumière et l’humidité. Les mêmes éléments sont requis pour le développement de l’homme : l’humidité symbolise la vie, la chaleur symbolise l’amour et la lumière, la vérité. Ce que sont l’amour et la vérité ne peut pas être dit en quelques mots. Si vous voulez savoir ce que représente l’amour, prononcez ce mot plusieurs fois par jour, à un moment déterminé, et durant un mois, pour sentir les forces qui se trouvent en lui et son action sur l’homme. « Heureux les purs de cœur ». Semez ces mots dans votre conscience comme le jardinier plante les arbres dans son verger et observez les résultats que vous obtiendrez. Dans quelque temps l’expression pur de cœur vivra en vous et vous récolterez ses fruits. Chaque mot doit être semé pour donner de bons fruits. Cela signifie de vérifier chaque chose pour vous forger une conviction. Ne pensez pas que l’expression, pur de cœur, est abstraite ; elle a un rapport à l’intelligence, au cœur et au corps humain. Bienheureux celui qui a les conditions pour monter et descendre et qui peut mettre à profit ces conditions. L’expression, pur de cœur, est constituée de deux mots : pur et cœur. Le cœur est un centre de la vie et c’est pourquoi le pur de cœur sait d’où il vient et où il va. Il comprend les processus de l’élévation et de la chute, il sait qu’il est venu du soleil et qu’il y retournera. La différence entre lui et les autres se résume dans le fait qu’il sait d’où il vient et où il va, tandis qu’eux ne le savent pas. Quand je parle du soleil, je sous-entends les sept planètes : Vénus, Jupiter, Mars, Saturne, Mercure, Uranus, Lune, comme éléments de la vie. Lorsqu’il descend sur terre, l’homme se densifie progressivement après quoi il se dilue de nouveau, passe par les planètes et retourne là d’où il est venu. C’est ce que les gens nomment mort et que nous appelons départ. L’homme apparaît sur terre et disparaît comme les comètes. Il y a des années, la comète de Halley a fait son apparition et a entraîné des interprétations diverses chez les scientifiques ; certains ont déclaré qu’elle annonçait la fin du monde. Le monde ne s’est pas fini, mais la Première Guerre Mondiale a éclaté, apportant des catastrophes pour les peuples. Avec sa queue, la comète a emporté beaucoup de gens. « Heureux les purs de cœur. » Avec ce verset le Christ insiste sur la pureté en tant que condition de maintien du lien entre l’âme humaine et Dieu. La pureté élève l’homme alors que l’impureté le rabaisse. Un peintre italien a voulu représenter l’image du Christ ; il a longtemps cherché un visage qui convienne jusqu’à tomber sur un jeune homme de vingt-et-un ans avec un visage pur et pieux et l’a prié de se rendre chez lui pour le dessiner. Le jeune homme a répondu favorablement au peintre qui a dessiné la représentation du Christ, travail dont il s’est montré très satisfait. Dix ans plus tard, le peintre a voulu représenter l’image de Judas et a recherché quelqu’un de ressemblant. Peu de temps après il a rencontré un trentenaire et l’a sollicité : « Êtes-vous d’accord de me servir de modèle ? – Je suis d’accord. » Le peintre a commencé son travail et à la fin il a remercié le jeune homme de l’avoir aidé à représenter l’image de Judas. Très surpris de ces mots, le jeune homme a demandé : « Monsieur, comment est-ce possible de poser pour vous pour le Christ il y a dix ans et pour Judas aujourd’hui ? – Tu dois répondre tout seul à cette question, a répondu calmement le peintre. » Comment un même visage peut-il représenter le Christ et Judas ? Où se trouve la faute ? En l’homme lui-même. Tant qu’il vivait une vie pure et pieuse, il ressemblait au Christ ; lorsqu’il a corrompu sa vie, il a pris les traits de Judas. La faute est à ce jeune homme et non pas au peintre. Ainsi, ne soyez pas fâchés si un peintre vous voit avec les traits de Judas. Vous êtes bienheureux si dans votre visage il voit les traits du Christ. Ayez la patience qu’il vous représente pour voir vous-mêmes vos traits, le témoignage vivant de votre vie. La bonne et la mauvaise vie se gravent sur le visage humain, c’est pourquoi on dit que rien ne reste caché dans ce monde. L’homme doit travailler sur lui-même pour cultiver l’humilité, être prêt à s’élever ; on ne peut pas être un grand homme si on n’est pas humble. Un peintre célèbre a dessiné le portrait d’un notable. Le portrait était grandeur nature, de la tête aux pieds ; lorsqu’il en est arrivé aux chaussures, il s’est vu en difficulté et ne s’en sortait pas. Comme il était humble, il s’est adressé à un cordonnier connu pour qu’il ajoute quelques traits sur les chaussures et corrige le dessin. Flatté, le cordonnier en bon professionnel a fait ses ajouts et le tableau a pu être achevé. Mais il a gardé le pinceau du peintre souhaitant rajouter d’autres traits à d’autres endroits sur le dessin. Le peintre lui a pris le pinceau des mains en disant : « Cher ami, le reste du travail n’est pas du domaine de tes compétences. » L’homme a besoin d’humilité : savoir quel travail est de son ressort et lequel ne l’est pas. Si une mère vient vous présenter de bonnes méthodes d’éducation des enfants, écoutez-là attentivement ; elle peut légitimement traiter la question de l’éducation ; si un juriste vient vous exposer les façons de remettre dans le droit chemin l’humanité et chaque individu, écoutez-le, lui aussi, attentivement : il a travaillé dans ce domaine et il a une expérience dont il peut témoigner. « Bienheureux les purs de cœur ». Pourquoi sont-ils bienheureux ? Parce qu’ils voient l’intelligence qui travaille dans le monde. Ils la voient comme une grande loi qui a un rapport avec l’élévation de toute l’humanité. Celui qui connaît cette loi ne se précipite pas pour résoudre les questions. Pourquoi faut-il se presser ? Vous direz qu’il y a énormément de questions et qu’il faut les résoudre vite. Réjouissez-vous d’avoir beaucoup de questions à résoudre ; vous avez beaucoup de travail pour plusieurs années. Si la grange de l’agriculteur est remplie de blé, faut-il qu’il se dépêche de le manger ? Il mangera chaque jour autant qu’il veut, il en distribuera aux pauvres et sèmera le reste, et tous se réjouiront de l’abondance de la vie. Certains pensent que lorsqu’ils iront dans l’autre monde, ils se reposeront, boiront et festoieront ; il y aura des moments de repos mais aussi du travail, même plus que sur terre où il y a des épreuves, du labeur et du travail. Le Christ appelle à Lui justement ceux qui ont connu les épreuves et le labeur pour qu’ils travaillent. Il dit : « Venez à Moi, vous, les laborieux et les éprouvés. » Ce sont ceux qui ont connu les épreuves et qui les ont surmontées. Dieu est content de celui qui a vaincu les difficultés et s’est hissé au-dessus d’elles. « Les purs de cœur ». Pourquoi l’homme doit-il être pur ? Pour forger sa volonté. La pureté apporte de la pugnacité au caractère. Dans beaucoup de chants bulgares, on décrit des caractères sans pugnacité. Dans ces chants transpire le mécontentement de la femme envers la vie et la fortune, et sa recherche du bonheur par le chemin du cœur. Elle rencontre quelqu’un qui lui propose de s’évader avec lui, mais qui la quitte ensuite. Je vous exposerai quelques chants pour vous montrer la déception de la femme. Premier chant – « Peter et Ianka » : Seigneur, grand Dieu ! Forêt, refleuris pour moi, Eau, écoule-toi vers moi, Peter, appelle-moi ! Mais ni la forêt a refleuri, Ni l’eau s’est écoulée, Ni Peter a appelé. Deuxième chant – « Balio et Véla » : Véla a voulu s’assoupir, Et Véla s’est couchée Sur les genoux de Balio Et s’est doucement endormie. Mais n’est-ce pas Balio vilain, Qu’il a sorti des ciseaux pointus, Et il a coupé les parures de Vela. Il a emporté l’or et l’argent Et a fui loin de Véla. Troisième chant – « Stoyan et Kirouchka » : Vois-tu cette colline ? Il y a derrière un grand village, J’ai là-bas mon amoureux auprès d’une autre – Et avec un petit enfant garçonnet. Disait ainsi Kirouchka : Stoyan, maudit Stoyan, Comme tu m’as trompé. N’as-tu pas un petit frère Pour me prendre pour épouse ? Lorsque vous lisez ces chants populaires, vous voyez le courage de ceux qui ont décrit le caractère du Bulgare tel qu’ils le connaissent. Mais un Bulgare qui se manifeste comme Balio, Peter et Stoyan n’est pas pur. La pureté est nécessaire à tous ; ce n’est pas un reproche, mais l’homme doit être pur. Chacun doit se poser la question de savoir s’il est pur ou non. Quelle que soit sa position, professeur, prêtre, juge, directeur, il doit se poser la question : « Suis-je pur ou non ? Est-ce que je mène à bien ma mission ou non ? » L’homme doit se demander s’il est pur envers sa femme ; la femme doit se demander si elle est pure envers son mari ; le fils et la fille doivent se demander s’ils sont purs envers leurs parents. Beaucoup lisent les œuvres des grands écrivains et citent ce qu’un tel ou tel autre a écrit. C’est bien, mais ce qui est beau et grandiose doit être appliqué. L’homme doit avoir des convictions. S’il est venu sur terre, il doit savoir que la mort n’existe pas ; voilà ce que signifie pour l’homme être pur. Puisque la mort n’existe pas, on ne peut pas parler de décomposition ; là où il n’y a pas de pourrissement et de décomposition règne la pureté. Les gens sont mécontents de leur vie lorsqu’il y a un manque d’humidité dans leur organisme : l’humidité sous-entend l’amour envers les humains. Aimez les gens si vous voulez obtenir plus d’humidité. Ce qui ne signifie pas qu’il faut former des marécages autour de soi. Il y a une quantité déterminée d’humidité à avoir dans un organisme ; si la mesure est dépassée, l’eau stagne et forme des marécages. Gardez-vous de dépasser la limite des choses. Sofia, 29 avril 1917 [1] « Je vais vous faire connaître un mystère. Nous ne mourrons pas tous, mais tous, nous serons transformés, en un instant, en un clin d'œil, au son de la trompette finale. Car la trompette sonnera, les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons transformés. » (1 Corinthiens 15, 51-52) [2] « Voici, dans la faute j’ai été enfanté et, dans le péché, conçu des ardeurs de ma mère. » (Psaume 51, 7)
  11. La Volonté de Dieu « Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux »[1] Matthieu 7:21 Les paroles volonté de Dieu ou volonté du Père sont classiques. Lorsqu’on dit volonté de Dieu, beaucoup de nos contemporains sourient. Pourquoi ? Parce qu’ils se demandent si Dieu existe ou non. Le monde a une double manifestation : consciente et inconsciente. Lorsque nous abordons le côté chaotique du monde, de la matière, des forces et des lois qui agissent en eux, nous sommes dans le monde inconscient. C’est un monde sans lois, et s’il y en a, elles sont mécaniques, dénuées d’intelligence. Lorsque le Christ dit que tous ceux qui clament « Seigneur ! Seigneur ! » n’entreront pas dans le Royaume de Dieu, nous comprenons le monde formé, conscient, un monde ordonné, réglé, organisé. Par conséquent, seul celui qui accomplit la volonté de Dieu peut accéder au monde conscient ; elle est liée à l’intelligence dans l’homme ; seul l’homme intelligent peut accomplir la volonté de Dieu. Dans le monde physique cette volonté se manifeste par la loi de la nécessité, c’est-à-dire par les lois mécaniques. Le mouvement d’une roue dans les machines industrielles est mécanique - on ne peut pas la contrecarrer. Une fois mise en action, personne ne peut l’arrêter tant qu’on n’appuie pas sur le bouton qui l’a actionnée, quelle que soit la prière qu’on lui adresse, elle ne la comprend pas. Il suffit qu’une de ses dents vous accroche pour vous entraîner et vous écraser. La roue obéit à une loi mécanique, c’est-à-dire à la loi de la nécessité dans laquelle il n’y a pas d’intelligence. Voilà pourquoi, toutes les personnes qui obéissent à leur propre volonté considèrent le monde comme le résultat d’une somme de hasards. Par le mot hasard ils désignent un monde désordonné, c’est-à-dire un monde sans rapport avec la vie personnelle de l’homme. Comme la roue utilisée dans les fabriques n’a pas de rapport à l’homme, les lois mécaniques du monde n’ont pas de rapport à lui. Lorsque nous parlons d’accomplir la volonté de Dieu, nous sous-entendons la vie intelligente qui a un rapport à l’homme. Dans cette vie, des lois intelligentes et conscientes agissent. Lorsque nous parlons de culture, de vertus, d’ordre dans le monde, nous avons en tête la volonté intelligente, c’est-à-dire la volonté de Dieu qui pénètre la conscience des individus, des sociétés et des peuples dans la mesure où ils sont en accord avec elle. Je ne parle pas de la volonté personnelle, car la volonté de Dieu est au-dessus de tout. Le Christ dit : « Celui qui n’accomplit pas la volonté de Dieu ne peut pas entrer dans le Royaume de Dieu. » Seul celui dont la conscience supérieure est éveillée peut accomplir la volonté de Dieu ; seul celui qui a des aptitudes et une sensibilité, pour comprendre la nature des choses, peut accomplir la volonté de Dieu. Lorsqu’il étudie les mathématiques, l’élève doit comprendre les rapports mathématiques entre les nombres. Chaque formule utilisée par les mathématiques est une opération vivante et non pas morte, comme cela semble être le cas. Tant que la graine n’est pas semée dans le sol, elle semble inerte et ne manifeste aucune vie ; dès qu’elle est semée, elle manifeste la vie. Les conditions bénéfiques permettent à la vie intelligente de se manifester dans chaque créature. De ce point de vue, l’être humain est un embryon qui attend les conditions favorables à son développement. Quel type d’embryon il est, cela n’est pas important, qu’il soit un pépin de pomme, de poire, de raisin, d’églantier, etc. Ce qui est important, c’est qu’il représente quelque chose d’intelligent en tant que créature vivante. D’ailleurs, toutes les personnes qui renferment en elles de la douceur sont intelligentes et conscientes ; celles qui renferment de l’amertume sont déraisonnables et inconscientes. L’amertume dans l’être humain doit se transformer en douceur, tout comme le jus d’abord amer et astringent d’un fruit devient progressivement plus sucré. De même, l’homme doit transformer son amertume intérieure en douceur. Ainsi, celui qui dit avoir une vie éprouvante et insupportable doit savoir que les jus amers dominent chez lui. Qu’il s’expose davantage à la lumière divine pour faire mûrir ses fruits et rendre sucrés les jus amers. Alors, à ce moment-là, l’homme rentrera dans le monde conscient et deviendra citoyen du Royaume de Dieu, et rien ne lui sera impossible. Lorsqu’ils étudient l’être humain, les philosophes s’arrêtent sur ces trois éléments fondamentaux en lui : intelligence, cœur et volonté. La volonté est l’expression de l’harmonie intérieure entre l’intelligence et le cœur ; la volonté sous-entend donc un principe qui lie deux forces opposées, les forces de l’intelligence et du cœur, en les obligeant à agir dans une seule direction raisonnable. Par la force de la volonté, appuyée par l’intelligence et le cœur, l’être humain manifeste sa capacité à transformer sa nature inférieure en nature supérieure, à anoblir ses traits. La culture de l’humanité est justement le fruit de la volonté humaine, collective et individuelle. Que ce soit la conscience collective ou individuelle qui agisse, la loi reste immuable. Le mot volonté[2] en bulgare se compose de quatre lettres. La première lettre в est faite d’un 1 et de deux demi cercles. Le cercle signifie la vie divine ; il est lié à l’unité qui représente la direction que nous devons tenir, vers le haut, vers la tête. Beaucoup nient l’existence de Dieu et demandent où Il est. Dieu est là où se trouve la tête de l’homme. Celui qui a une tête ne peut nier Dieu ; s’il n’a pas de tête, il nie tout en bloc. S’il n’y avait pas une force pour neutraliser l’attraction terrestre, l’homme serait tourné tête en bas. Grâce à cette force, la tête de l’homme est dirigée en haut vers le centre du soleil ; grâce à elle l’homme marche debout. En le sachant, gardez votre tête propre, nourrissez-la d’air pur et de lumière, de pensées et de désirs purs. Ne laissez pas entrer dans votre intelligence des pensées qui vous troublent et vous rendent hésitants. Tous craignent la guerre et veulent qu’elle s’achève aussi vite que possible. À quoi la guerre est-elle due ? Au non accomplissement de la volonté de Dieu. Quelle est la raison de la chute de Ninive ? En son temps, c’était un grand foyer culturel, mais ses habitants menaient une vie déplorable et n’accomplissaient pas la volonté de Dieu, ce qui les a conduits à leur perte. L’Assyrie et Babylone étaient des foyers de culture, mais tous deux ont déchus. Entre la culture des assyro-babyloniens et la culture actuelle il y a une certaine similitude. Ils savaient beaucoup de choses, connaissaient les éléments et leurs propriétés, mais ils ont abusé de leur savoir en l’appliquant là où il ne fallait pas. Ils ont déclenché des guerres pour s’entretuer, comme le font les peuples d’aujourd’hui. C’est la raison pour laquelle les anciens peuples ont péri et on leur a repris la force et le savoir. Si les peuples d’aujourd’hui suivent le même chemin, ils disparaîtront aussi ; si les peuples européens ne se ressaisissent pas, ils subiront le même sort que Ninive. Celui qui enfreint la volonté de Dieu se prive de Sa bénédiction. Comme l’homme rejette les impuretés de son organisme par la sudation, Dieu aussi rejette de son organise tous les humains et tous les peuples de la culture contemporaine qui n’accomplissent pas Sa volonté. C’est une loi divine et raisonnable qui régule la vie. Qu’adviendra-t-il de nous ? Rien de néfaste : celui qui vit dans le monde divin ne doit pas avoir peur. Pensez juste et ne craignez rien. Vous dites : « Qu’est-ce qui dépend de moi ? » Beaucoup de choses. Il suffit d’ajouter un grain de blé sur l’un des plateaux d’une balance lestée du même poids, pour qu’il s’écarte de l’autre. Qui sait, vous êtes peut-être le dernier être humain qui, par sa présence, changera le sens de rotation de la roue divine. Et malgré cela, tous restent persuadés que Dieu doit venir sur terre pour redresser le monde. C’est vrai que Dieu redressera le monde, mais à travers les humains. En ce qui concerne le salut du monde, l’humain est directement intéressé, alors que Dieu ne l’est qu’indirectement. Le monde est créé pour que l’homme s’instruise, s’éduque et se réjouisse. Dieu s’intéresse à nous dans la mesure où nous étudions consciencieusement les lois divines et les chérissons. Le jour où nous ne considérons plus Dieu comme Cause première de toutes choses, Il cesse de s’intéresser à nous. L’homme est libre d’accomplir ou non la volonté de Dieu, mais il portera les conséquences de sa volonté libre et déraisonnable. À ce propos, le prophète Jonas est l’exemple du non accomplissement de la volonté de Dieu : Dieu l’a envoyé à Ninive pour prêcher le repentir aux autochtones, mais il a refusé en arguant que la miséricorde divine s’étendra sur eux et les absoudra de toute façon, et qu’il sera du coup confondu comme menteur. Jonas dit : « Je ne veux pas, Seigneur, m’exposer au ridicule et aux insultes devant ces gens érudits. Je vais leur prêcher Tes paroles, Tu leur pardonneras et en fin de compte j’apparaîtrai comme un menteur. Je connais Seigneur Ta miséricorde et Ta bienveillance ! Jonas a acheté un billet pour Joppé avec l’intention de se rendre à Tarsis et il a embarqué sur un bateau. Que s’est-il passé en chemin ? La mer s’est tellement déchaînée qu’il a fallu jeter Jonas à l’eau comme victime expiatoire. Ninive était située au bord du Tigre ; C’était une belle ville, d’une culture proche de celle d’aujourd’hui. Ninive comptait à cette époque un million d’habitants, dont cent vingt mille enfants qui ne distinguaient pas leur main gauche de leur main droite : des petits enfants encore innocents. Lorsque les habitants de la ville se sont repentis et se sont tournés vers Dieu pour être épargnés, Il a annulé son châtiment, principalement à cause de ces enfants innocents. Que représentent le bateau et la mer ? Le bateau représente une société organisée et la mer, le monde et ses manifestations. Jonas s’est soustrait au regard de Dieu et s’est dissimulé dans le bateau, c’est-à-dire dans une société organisée, entre hommes cultivés qui, occupés à boire et à manger oublient Dieu et disent : « Nous sommes nos propres maîtres, personne ne peut nous commander. » Mais la mer, donc le monde, s’est mise à trembler et le bateau à se balancer d’un côté et de l’autre. L’homme se trouble en même temps que le bateau et perd l’influence qu’il exerce sur les autres membres de la société. Lorsqu’il brise le lien avec Dieu, l’homme perd ses forces mentales et morales, décline et se fait traiter avec condescendance car on cherche des jeunes hommes talentueux. C’était le cas de Jonas lorsqu’il a embarqué pour naviguer sur la mer, c’est-à-dire dans le monde, car il ne connaissait pas la loi de la lumière ; et le voyage lui a été fatal. Pour faire cesser la tempête, on a décidé de jeter Jonas à la mer ; il a été englouti par une baleine. Jonas ne savait pas nager et s’est retrouvé dans la gueule de la baleine ; cette dernière symbolise la mort qui engloutit ceux qui n’accomplissent pas la volonté de Dieu. Jonas a dû y passer trois jours entiers et a adressé à Dieu une prière ardente : « Seigneur, libère-moi de la gueule de la baleine, c’est-à-dire de la gueule de la mort pour que je puisse accomplir Ta volonté. » Dieu a entendu sa prière et a ordonné à la baleine de le rejeter sur la côte. Ensuite Jonas s’est rendu à Ninive pour accomplir la volonté de Dieu : prêcher le repentir aux hommes. Ce qui est arrivé à Jonas arrive à chacun : on monte sur le bateau et on se fait jeter à la mer à cause du refus d’accomplir la volonté de Dieu. La seule chose qui vous sauvera, c’est d’adresser une prière ardente à Dieu comme l’a fait Jonas. Vous direz que l’on doit se laisser vivre un peu. Vous verrez comment on vit dans le ventre de la baleine ; dit autrement, vous verrez comment on vit dans sa tombe une fois mort. On y garde sa conscience et on traverse nombre d’épreuves et de souffrances pour se libérer de son corps. L’homme est lié à ce monde par un, par plusieurs ou par des milliers de fils ; ce n’est pas facile de se délier. L’homme vertueux n’est attaché qu’à un fil et le brise facilement ; le pécheur est attaché à une multitude de fils et ne peut s’en détacher facilement. Pénible est la situation de l’esprit et de l’âme tant qu’ils ne sont pas affranchis des liens du corps. Quand ces fils se brisent-ils ? Seulement lorsqu’on accomplit la volonté de Dieu. Chaque fil représente un atome qui agit sur la matière, la transforme et la façonne ; en ce sens les fils sont utiles. Si vous ne pouvez pas mettre ces fils en mouvement pour tourner la roue de la vie, vous ressemblez à une fabrique qui a cessé de travailler depuis longtemps ; une telle fabrique est condamnée à la faillite. Si les fils qui agissent dans le ventre cessent leur travail, l’homme s’alarme et appelle aussitôt un médecin pour rétablir le bon fonctionnement des millions de fils qui travaillent dans son estomac. Si vous étiez clairvoyants, vous verriez autour du monde une toile d’araignée tissée de fils. Ce n’est pas une toile d’araignée, mais des chemins que Dieu emprunte et des façons dont l’homme peut accomplir la volonté de Dieu. Le Christ dit : « Ceux qui disent Seigneur ! Seigneur ! n’entreront pas tous dans le Royaume des cieux. » Ce verset ne s’adresse pas qu’aux gens d’autrefois, mais aussi à ceux d’aujourd’hui qui vivent deux mille ans après le Christ. Ils étaient alors à l’état d’embryon, à l’état de graines, mais le Christ a aussi parlé aux graines. Il voulait les mettre en garde qu’un jour, même deux mille ans plus tard, lorsqu’elles seraient dans une situation difficile, face à des épreuves et des souffrances, elles devraient, pour s’élever et sortir de ce chaos, savoir accomplir la volonté de leur Père. Qui est notre Père ? Lisez Ésaïe qui s’adresse au peuple d’Israël avec les mots : « Israël, reconnais ton Seigneur ! » Mais Israël n’a pas reconnu son Seigneur, son Père et son Dieu. Souvent les philosophes débattent de la question de savoir ce qui a existé en premier : la poule ou l’œuf. Il y a deux avis sur cette question : les uns affirment que la poule était là avant, les autres que c’est plutôt l’œuf. À mon sens la première affirmation est plus juste. Poser cette question équivaut à se demander ce qui existait d’abord : la cause ou la conséquence. C’est d’abord la cause qui a existé et ensuite la conséquence ; la poule est donc la cause et l’œuf la conséquence. Le mot poule désigne un vieil homme, l’intelligence humaine inférieure. Le symbole de l’intelligence supérieure c’est la colombe. Par son intelligence supérieure l’homme peut accomplir la volonté de Dieu, c’est pourquoi cette intelligence est le plus grand don, le plus grand bienfait donné à l’homme. En le sachant, gardez votre intelligence toujours pure pour ne pas la corrompre. Celui qui a corrompu son intelligence est perdu pour la vie : il peut subsister physiquement, mais il ne tire pas profit de la vie, la lumière ne pénètre pas dans son esprit. Le Christ dit : « Pour ne pas perdre le sens de la vie et ne pas vous en priver, accomplissez la volonté de Dieu. » En quoi réside la volonté de notre Père suprême ? L’une de Ses lois affirme : « Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu’on te fasse. » Le mot loi désigne ce qui s’est manifesté et formé dans le monde ; autrement dit les lois ne sont rien de plus que des formes par lesquelles on accomplit la volonté de Dieu. Les occultistes considèrent que seul celui qui manifeste sa volonté raisonnable peut accomplir la volonté de Dieu. Il peut être le maître de lui-même, des autres et de la nature. Celui qui s’est lié à Dieu devient un avec Lui et peut dire sans détour que le développement et le progrès de toute l’humanité est aussi son développement, que le bien-être de tous est aussi son bien-être. L’inverse est vrai également : son succès est le succès de toute l’humanité, son bien-être est le bien-être de tous. Cela implique un juste rapport entre l’âme humaine et Dieu. Alors Dieu souhaite nous transmettre tout le savoir, tous les bienfaits qu’Il porte en Lui. Il dit : « Mon bien-être est le vôtre, et votre bien-être est Mien. » C’est le véritable rapport entre le Père suprême et Ses enfants. Quand savons-nous si les rapports entre l’âme humaine et Dieu son justes ? Le vérifier est à la portée de chacun. Imaginez que quelqu’un tombe gravement malade, qu’il essaie de se lier à Dieu : il suffit de se tourner vers lui avec une prière sincère et ardente pour obtenir une réponse. Chaque réponse à vos prières montre que vous êtes liés à Dieu et qu’Il vous écoute. Dites : « Seigneur, aide-moi en cette heure difficile pour me guérir de la maladie et Te servir dans la Joie. Je veux consacrer ma vie au service de l’amour, au service de Ta volonté. » Si vous priez de la sorte, vous obtiendrez tout de suite une réponse ; votre fièvre baissera, votre état s’améliorera et vous serez parfaitement rétabli en quelques jours. Les gens d’aujourd’hui s’attendent à de grands résultats sans pour autant se conformer à la volonté du Père suprême. C’est impossible. C’est une vie mécanique qui ne peut contenter l’homme, et c’est pourquoi il est mécontent de la vie. Dans ce cas les maladies ne diminuent pas mais au contraire s’amplifient. Un médecin allemand a étudié les maladies nerveuses et a exploré environ quatre cents types de complications neurologiques. Il leur a donné des appellations différentes et ne sachant pas quel nom donner au quatre centième cas étudié, il a appelé celui-ci, ainsi que tous ceux qui suivaient par le même nom, americana. À quoi sont dues les maladies nerveuses ? À la vie dissolue des humains. Le neurasthénique est exposé à une grande perte d’énergie nerveuse, ce qui l’appauvrit. On rencontre des gens qui vivent bien et dont l’organisme est bien réglé, mais ils sont neurasthéniques : ils portent les conséquences de la vie déplorable de leurs aïeux. Le misérable demande ce qu’il doit faire pour s’enrichir et pour mettre de l’ordre dans ses comptes ? Il doit travailler raisonnablement, c’est la seule manière d’améliorer la situation. Le malade demande quoi faire pour rétablir sa santé ; la santé dépend de la vie raisonnable : en vivant intelligemment et en conformité avec la volonté de Dieu, le malade retrouvera sa santé. Pour apprendre à vivre intelligemment, l’homme a le secours de la religion. Être religieux ne veut pas juste dire aller à l’église, écouter de bons prêches et de belles pièces musicales, mais aussi appliquer ce qu’on entend. Le bien doit pénétrer tout l’être humain et la vie de tous, du tzar au gardien de troupeau, de la demeure la plus riche à la plus misérable. Tous doivent avoir les mêmes droits et obligations. Que voyons-nous dans les sociétés contemporaines ? Tous les humains, toutes les sociétés et toutes les nations aspirent à devenir riches, forts, à accéder au pouvoir. Cette aspiration est louable mais mal appliquée. Lorsqu’il devient riche, l’homme se met à ne penser qu’à lui-même ; s’il devient fort, il se met à violenter les faibles et les misérables ; lorsqu’il obtient le pouvoir, il se met à donner des ordres à ceux qui l’entourent. Ne savez-vous pas que Dieu aide les faibles, les misérables, les souffrants ? Soyez donc comme Lui : si vous êtes riches, aidez les pauvres ; si vous êtes forts, protégez les faibles ; si vous avez du pouvoir, gouvernez-vous d’abord vous-mêmes. Celui qui se domine lui-même peut dominer les autres. Ainsi, ne ratez aucune occasion d’aider les faibles, les pauvres, les souffrants, les faibles d’esprit, etc. Aujourd’hui, quelqu’un est idiot, mais un jour Dieu l’élèvera, le fera philosophe ; c’est pourquoi on dit que ce qui est impossible à l’homme est possible à Dieu. Dieu est tout-puissant : Il transforme la chenille en papillon et le papillon en chenille. Vous avez été jadis des papillons, aujourd’hui vous êtes des chenilles. Cela ne doit pas vous offenser. Par le terme chenille, je désigne la philosophie matérialiste de la vie. Lorsqu’elle grimpe sur la feuille, la chenille se dit : « Mange tant que tu veux ; si tu manges beaucoup, tu seras grande ; si tu manges peu, tu resteras petite. » C’est vrai dans son état actuel, mais un jour elle perdra son appétence aux feuilles et tous concluront que son estomac est déréglé et qu’il ne peut plus assimiler la nourriture. Ce n’est pas son estomac qui se dérègle, mais elle passe dans un autre état, à l’état de papillon ; par conséquent en tant que papillon elle n’a besoin ni de feuilles, ni de remèdes pour soigner son estomac. Avant de rentrer dans la phase de papillon, elle tisse les filaments d’un côté et d’un autre pour fabriquer son cocon où elle passe un moment, sans se nourrir et sans bouger. Peu après elle perce le cocon et sort comme un papillon, pourvu d’une trompe avec laquelle il aspire le nectar sucré en volant d’une fleur à l’autre. Il y a des malades qui pendant leur affection ne mangent rien. Pourquoi ? Ils passent d’un état à l’autre, comme la chenille qui devient papillon ; pendant cette transition, ils n’ont pas besoin de nourriture. Celui qui ne comprend pas leur état s’inquiète et cherche un médecin pour les soulager. Si l’on ne mange pas, cela ne signifie pas que l’on est malade ; certains résistent à la faim, aux privations et sont plus costauds que ceux qui se nourrissent et qui évitent les difficultés et les tentations. Le caractère humain se forge dans la difficulté, la tentation et la souffrance. Quelqu’un passe pour honnête car il n’a jamais été éprouvé. Lorsqu’il est mis à l’épreuve, alors il juge son honnêteté : on lui donne mille leva en échange d’un acte malhonnête, mais il refuse ; contre dix mille leva il refuse toujours, mais contre cent mille leva, il ferme les yeux et se vend. Donc quelqu’un est honnête jusqu’à mille leva, un autre, jusqu’à dix mille, un troisième, jusqu’à cent mille : ce n’est pas de l’honnêteté. Les véritables vertus sont absolues dans leurs manifestations et non pas relatives. Un français avait été acheté pour un million de leva pour commettre un crime ; il a déclaré au tribunal : « Messieurs les juges, vous n’avez pas le droit de me condamner car ce que j’ai fait n’est que la prestation d’un service contre rémunération, j’ai rendu ce service pour un million de leva. » Le Christ est venu sur Terre précisément pour ceux qui se sont vendus, pour les racheter. Ils se sont eux-mêmes vendus à des forces obscures et ne peuvent pas se racheter. Lorsqu’il croise quelqu’un qui s’est vendu, le Christ lui demande : « À qui t’es-tu vendu et pour combien ? – Pour un million. – Si c’est ainsi, je vais alors te racheter. » Presque tous les humains d’aujourd’hui sont vendus à quelqu’un. Pour s’en assurer, que chacun se demande où sont ses parents et ses enfants. Vous direz qu’ils sont morts. Qu’est-ce que la mort ? Rien d’autre qu’une vente. La mort sous-entend une vente. La poule qui est dans le poulailler de son maître est-elle libre ? Un soir son maître tend le bras, l’attrape et lui coupe le cou. La poule crie une ou deux fois et c’en est fini d’elle. La même chose se produit avec vous : votre maître vous attrape par le cou, le tranche, et c’en est fini de vous. Vient ensuite le prêtre qui vous lit une prière funèbre. Comment vous consolera le Seigneur ? Vous dites que la mort est terrifiante ; elle est terrifiante si l’on ne se conforme pas à la volonté de Dieu, alors on se dégrade et on dégage de la puanteur. S’il accomplit la volonté de Dieu, lorsqu’il part dans l’autre monde, il se dépouille de son vieil habit et coupe le lien avec lui ; donc, le remède contre la décomposition est l’accomplissement de la volonté de Dieu. Faites une expérience pour voir si mes paroles sont vraies. Pourquoi l’homme, venu sur terre, ne se conforme-t-il pas à la volonté de Celui qui l’a envoyé pour s’instruire et travailler parmi les humains ? Vous direz que si vous faites des expériences, vous tentez le Seigneur. Lorsque vous péchez, ne Le tentez-vous pas également ? Lorsqu’on parle d’études et de travail aux humains, ils rétorquent qu’ils ne peuvent pas lutter contre le mal et le diable dans le monde. Il est fini le règne du mal et du diable dans le monde. Aujourd’hui le Christ vient dans le monde, accompagné de créatures supérieures et lumineuses, d’esprits bienveillants. Lorsqu’ils viendront, le monde ira mieux, les humains seront robustes et sereins. Les Églises seront remplies de personnes réellement pieuses et dévouées à Dieu. Alors le Christ leur demandera : « Que faites-vous ? » Les croyants et les religieux diront qu’ils veulent tourner le monde vers Dieu. Mais le voleur aussi, s’il prend votre bourse, il la retourne de bas en haut ; le monde n’a pas besoin de ce retournement-là. Vous devez être vigoureux, joyeux pour donner le bon exemple au monde : vous devez quand même vous réjouir lorsque vous souffrez et vous tourmentez. C’est cela être en conformité avec la volonté de Dieu : vivre sans crainte de la mort. Pour celui qui est lié au Seigneur vivant, la mort n’existe pas : il entend la voix de Dieu et accomplit Sa Volonté. S’il commet une faute, il entend aussitôt la douce voix de Dieu qui s’adresse à lui : « Tu n’agis pas bien, répare ta faute ! » Celui qui s’oppose à cette voix et l’ignore, en assumera les conséquences. Écoutez Dieu tant qu’il vous parle d’une manière paternelle, avec amour ; si vous ne L’écoutez pas, Il s’éloigne de vous et la loi vous rattrape. L’humain doit avoir le courage de cette américaine qui s’est sacrifiée pour son bien aimé revenu infirme de la guerre. Il est allé au front pour défendre sa patrie, mais blessé dans une grande bataille il a dû se faire amputer d’une jambe. Il a écrit à sa bien-aimée : « On m’a coupé une jambe ; pour ne pas souffrir avec moi, sois libre, trouve un autre amoureux, quelqu’un de fort et en bonne santé. » Elle lui a répondu : « Je t’accepte comme tu es. » En réalité, il avait subi des dommages beaucoup plus graves, mais il ne souhaitait pas lui dévoiler brutalement son piteux état. Quelque temps après, il lui a écrit : « On m’a coupé l’autre jambe. – Je t’accepte avec encore plus d’amour. – Je ne suis plus qu’un tronc, on m’a coupé les deux mains. – Je t’accepte maintenant avec un amour encore plus grand. » Combien d’hommes et de femmes resteraient dévoués dans cette situation, combien pourraient endurer cette épreuve, combien d’hommes et de femmes réussiraient cet examen ? Vous croiserez très rarement des gens qui sont prêts à servir avec amour et patience lorsque l’un d’eux tombe malade et reste alité plusieurs années. Une Bulgare s’est occupée de son mari malade pendant vingt ans et disait toujours : « Pas un seul instant je n’ai eu assez de le servir. – Pourquoi ? – Je l’aime ! » Cette Bulgare comme l’Américaine portaient le divin en elles : l’amour. On ne peut pas entrer dans le Royaume de Dieu si son cœur n’est pas rempli d’amour. Tant que l’on ne pense qu’à boire, manger, s’habiller, rechercher le plaisir, la fortune, on ne connaîtra jamais l’amour, le cœur sera vide et l’esprit alourdi. Pourquoi l’être humain n’ouvre-t-il pas son esprit, son cœur, son âme pour tout ce qui est grand dans le monde afin de s’emplir de l’amour de Dieu ? Pourquoi ne pas entrer dans ce monde grandiose, plein de soleils et de planètes ? Aujourd’hui le Christ s’adresse aux âmes des humains et dit : « Accomplissez la volonté de Dieu pour devenir maîtres de votre intelligence, de votre cœur et de votre âme ». Comment y arriver ? En tournant la lettre K[3] avec les bâtonnets vers le haut ; dans cette position elle représente le bateau de la vie humaine. Lancez votre bateau sur les vagues de la mer, levez les voiles et voyagez librement ; prenez la barre et suivez la direction que vous souhaitez. Si vous êtes nerveux, mettez votre K sur le dos et commencez à naviguer. Toutes les personnes nerveuses, hommes et femmes, doivent aller au front pour se renouveler. Que prêchait Jonas aux habitants de Ninive ? Le renouvellement. Il disait : « Sortez tous sur le front pour vous renouveler ! » Jonas prêche encore aujourd’hui à tous les humains, à tous les peuples de délaisser leurs vieilles maisons, d’accueillir les nouvelles idées divines, de sortir sur le front, c’est-à-dire d’aller de l’avant pour se renouveler. Dieu aime les gens courageux, pleins d’abnégation. On ne peut pas aimer le peureux, ni celui qui est froid comme la pierre. Seul celui qui porte l’amour en lui et le donne généreusement, peut être aimé. Celui qui ne donne pas, ne peut pas prendre. Tous les humains, les familles, les sociétés et les nations doivent se renouveler. Les Bulgares aussi en tant que peuple doivent se renouveler. Qu’ils m’écoutent ou non c’est leur affaire, je me dois de leur dire la vérité. Lorsque je l’aurai délivrée, je m’en irai. Et où cela ? Je commencerai par les racines de l’arbre et j’irai peu à peu plus haut, vers la tige, vers les fleurs, vers le fruit, vers la graine, et de là vers le monde des anges et finalement vers le monde divin, c’est mon but ultime. Vous direz que je vais très loin. Le monde divin n’est pas loin des humains, simplement il est riche, plein d’énergie ; celui qui s’y rend acquiert une grande énergie et une grande fortune. Je m’y rends pour acquérir plus d’énergie et revenir vers les humains, travailler parmi eux et les aider. Il est agréable de travailler parmi les humains et pour eux. Qu’ils le comprennent ou non, qu’ils soient riches ou pauvres n’est pas important. Est-ce que l’enfant comprend sa mère qui le nourrit, le nettoie, le soigne et l’éduque ? Tant qu’il est petit, il ne la comprend pas, mais un jour lorsqu’il grandira, il la comprendra. Celui qui est raisonnable comprend les choses et remercie pour tout ce qui lui est donné et pour tout ce que les humains font pour lui. Plus l’enfant grandit, plus Dieu le bénit et l’initie pour qu’il devienne un homme raisonnable qui comprend la vie avec justesse. Je vous souhaite d’être bons, intelligents et justes. Et je me souhaite d’avoir du plaisir à vous rencontrer pour vous parler et partager avec vous mes pensées et mes désirs. Quel plus grand bienfait pour l’homme que celui de rencontrer des gens bons et intelligents avec qui il s’entend bien ? En parlant ainsi, certains s’interrogent sur mes intentions. Je peux faire l’un ou l’autre : ou le bien ou le mal ; ou vous dire la vérité ou vous cacher la Vérité. Si je cache la vérité cela montre que je vis dans un monde de désordre ; si je dis la vérité, je vis en accord avec la volonté de Dieu. Que gagne-t-on à être au service du mensonge et du mal ? Non seulement on ne gagne rien mais on perd tout et on se détruit. Qu’est-ce que le mensonge ? L’ombre de la vérité, l’ombre de toute l’existence ; le mensonge est comme les fausses pierres précieuses. Un marchand revenait d’Asie mineure en portant un sac de pierres précieuses qu’il vendait bon marché. Un juif, également commerçant a voulu acheter toutes les pierres, mais ne pensait pas avoir assez d’argent pour cela. Pourtant le marchand de pierres précieuses lui a dit : « Mon ami, je vends tout le sac pour dix mille leva. C’est une marchandise illégale, c’est pour cela que je les cède aussi peu cher ; je cherche à m’en débarrasser pour éviter les tracas. » Le juif a pensé que le bonheur vient enfin à lui et pour ne pas le laisser s’échapper a acheté toutes les pierres précieuses. En rentrant chez lui et en les examinant de près, il a compris qu’il avait été trompé : seules quelques pierres étaient vraies, précieuses, les autres étaient fausses. Aujourd’hui, beaucoup d’humains portent des sacs pleins de fausses pierres précieuses qu’ils font passer pour des vraies. En fin de compte, eux comme ceux qui les entourent finissent par comprendre qu’ils se dupent. Tel est le savoir de ces gens qui pensent porter un sac plein de savoir véritable, mais prennent conscience un jour qu’ils se trompent. Quel est ce savoir qui ne permet pas de stopper les bombes qui tombent ? Un scientifique se rend sur le champ de bataille, se cache, recule devant les bombes et ne peut pas les arrêter ; où est passé son savoir ? Vous direz que seul Dieu est capable d’arrêter les bombes. Celui qui vit en accord avec Dieu et accomplit Sa volonté, peut les arrêter ; si les bombes obéissent à Dieu, elles lui obéiront aussi. Certains attendent que le pape parle pour rétablir la paix. N’attendez après personne, mais tournez-vous vers Dieu et dites : « Seigneur, Tu es notre Père, Tu arrêteras la guerre ». Reconnaissez Dieu comme votre Père, Il entendra votre voix et vous aidera. Vous ne croyez pas en vos forces et considérez que l’homme est impuissant face aux grands évènements qui se déroulent devant lui. Celui qui accomplit la volonté de Dieu peut tout faire. Si tous les humains : Bulgares, Russes, Français, Anglais, Allemands, élèvent leurs voix vers Dieu, la guerre cessera et la paix s’instaurera. Pourquoi les hommes font-ils la guerre ? Pour des raisons ridicules : quelques différends commerciaux qui les incitent à s’affronter. Tous les humains, toutes les nations doivent savoir une chose : le monde est intelligent et non pas anarchique ; Dieu y a envoyé tous les êtres humains pour vivre et travailler en bonne intelligence et s’entraider comme des frères. Dieu a envoyé le Christ, son Fils Unique dans le monde pour qu’il montre aux humains comment vivre. Il est temps d’appliquer l’enseignement du Christ et de cesser les antagonismes et les malentendus. Que tous, mères et pères, enfants, directeurs, prêtres, enseignants, ouvriers aspirent à accomplir la volonté de Dieu, à entrer dans le Royaume de Dieu comme ses citoyens, et la paix viendra. La nouvelle culture qui vient maintenant posera les bases pour être en conformité avec la volonté de Dieu. Lorsque cette Culture sera appliquée, les gens comprendront alors ce qu’était la culture actuelle ; ils se demanderont comment ils ont vécu et toléré les guerres et les tueries entre eux. Dans le degré de développement actuel de l’humanité la guerre semble un processus inévitable ; c’est le passage de l’humain d’un état à un autre comme la chenille qui se transforme inéluctablement en papillon. Aucune force dans le monde ne peut stopper ce processus, donc aucune force dans le monde ne peut arrêter la guerre. Tant que l’humanité ne passera pas de l’état de chenille à l’état de papillon, la guerre continuera. Qu’est-ce qui différenciera les gens de la nouvelle culture de ceux d’aujourd’hui ? Ils seront volontaires, intelligents et bons. Il n’y a pas de choses impossibles pour de telles personnes, elles peuvent atteindre tout ce qu’elles souhaitent. C’est pour cela justement que le Christ dit : « Ceux qui crient Seigneur, Seigneur, n’entreront pas tous dans le Royaume de Dieu, mais ceux qui accomplissent la volonté de Dieu. » Faites une expérience pendant un mois et dites en pensée que vous accomplirez la volonté de Dieu et vous verrez que Celui qui vous a créé se manifestera. Il illuminera votre esprit et votre cœur pour vous faire comprendre la vie et accomplir Sa volonté. Chacun doit procéder seul à cette expérience, de son plein gré, sans pression externe ; ce n’est qu’ainsi qu’un résultat peut être espéré. Il est dit dans les Écritures : « Le temps vient où les véritables disciples s’inclineront devant Dieu en esprit et en vérité. »[4] Je dis que le temps vient où les humains accompliront la volonté de Dieu ; ils seront forts dans leur intelligence, leur cœur et leur corps et feront ce qu’ils promettent. Ils n’auront pas besoin de contrats ni de garants comme les humains d’aujourd’hui, leur parole sera sacrée car elle sortira de la bouche de Dieu qui sera leur véritable garant. Le monde ira mieux lorsque Dieu sera le garant de tous les humains, de toutes les sociétés, de toutes les nations comme de toute l’humanité. Accomplir la volonté de Dieu avec amour est la devise, le crédo que chacun doit avoir dans sa vie. C’est aussi ainsi que doivent vivre les Bulgares. Un jour, je vous rencontrerai et je dirai : « Bienheureux vous qui accomplissez la volonté de Dieu, vous dont Dieu est le garant. » Rentrez dans vos foyers avec l’idée d’accomplir la volonté de Dieu et de vivre sans contrats ni garants humains. Que Dieu soit votre garant et que Sa force soit en vous. Sofia, 22 avril 1917 [1] « Il ne suffit pas de me dire : " Seigneur, Seigneur ! " pour entrer dans le Royaume des cieux ; il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux. » [2] Volonté (воля - volia) [3] La lettre K en cyrillique est identique à la lettre K en latin [4] « Mais l'heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père. » (Jean 4, 23)
  12. Réjouissez-vous Jésus les a rencontrées et a dit : « Réjouissez-vous ! » Matthieu 28 :9[1] « Réjouissez-vous ! » C’est une expression simple mais riche de sens. L’idée que revêt le mot joie a une origine divine. La joie n’est pas une caractéristique des gens de ce siècle, et encore moins des animaux. Elle sous-entend l’éveil de la conscience supérieure de l’homme, ou un lien intime avec la vie véritable qui se distingue par la continuité de ses manifestations. La vie a un rapport avec les trois mondes : physique où vivent les humains ; spirituel où vivent les anges et divin où vivent les créatures parfaites. La joie appartient au monde divin, qui est nouménal et non pas phénoménal. Si nous examinons les lettres qui constituent le mot joie[2] en bulgare, nous voyons d’abord la lettre P, formée par l’unité, affublée d’un petit cercle en haut : il représente une idée divine. La lettre P désigne donc un homme, habité par une idée divine : on dit d’un tel homme qu’il tient quelque chose de solide entre ses mains. Celui qui ne comprend pas les lois de la vie retourne cette lettre tête en bas, et elle devient la lettre Б[3]. Et dans ce cas, l’homme se remplit l’estomac au lieu de s’emplir d’une idée divine, et il descend progressivement dans le monde matériel. Lorsqu’il est surchargé dans le plan physique, l’homme engraisse. S’il ne peut pas se guérir tout seul de cette surcharge, c’est-à-dire de cet engraissement, alors il cherche un médecin. On dit d’un tel homme qu’il a avorté ; s’il ne peut pas porter ce fardeau, il va nécessairement avorter. Mais la joie n’a aucun rapport avec l’engraissement ni avec l’avortement. Elle appartient à un autre monde. La deuxième lettre du mot joie est A. Elle signifie une grossesse gémellaire, de l’esprit et de l’intelligence. Elle est constituée d’un angle dont le sommet pointe vers le haut : le nez humain qui symbolise l’intelligence humaine. Dans la Génèse il est dit que Dieu souffla dans les narines de l’homme et l’homme devint un être vivant[4]. Donc, on insuffle dans les narines et non pas dans la bouche ; aussi l’humain respire-t-il par le nez et non pas par la bouche. La lettre Д est formée d’un triangle, c’est-à-dire de trois forces qui ne se sont pas harmonisées complètement car le triangle n’est pas équilatéral ; ce sont les forces de l’intelligence, du cœur et de la volonté. C’est pour cela justement que l’homme d’aujourd’hui passe par un monde transitoire où les forces s’organisent en permanence. La lettre O représente les conditions qui permettent le développement d’une idée. La lettre C symbolise une loi de changements par laquelle les idées se perfectionnent. La lettre T représente la croix, c’est-à-dire les principes auxquels se conforment les hommes et les femmes sur terre. « Réjouissez-vous, dit le Christ, car le monde spirituel s’ouvre devant vous. » C’est ainsi que s’ouvre un passage entre les mondes spirituel et physique. Quel bienfait plus grand pour l’homme que celui de passer librement d’un monde à l’autre ? Cela crée une joie indescriptible dans son âme. Sans joie, l’homme ne peut pas être appelé véritablement homme, ni se développer correctement. Aucune force dans le monde ne peut assombrir la véritable joie. Pourquoi ? Parce que la joie marche côte à côte avec l’amour ; ils sont comme frère et sœur, comme mari et femme. Je ne parle pas de ces femmes qui cuisinent à longueur de journée et cherchent à satisfaire leurs maris ; je ne parle pas non plus de ces maris qui restent enfermés des journées entières dans leurs magasins pour chercher à gagner plus et satisfaire les besoins de leurs familles. « Réjouissez-vous », dit le Christ. Quel homme peut se réjouir véritablement ? L’homme libre. Celui qui est libre dans son discernement, son esprit et son cœur peut se réjouir. Les femmes d’aujourd’hui, asservies dans leurs cuisines, les hommes d’aujourd’hui, asservis dans leurs magasins ne peuvent pas véritablement se réjouir. Vous direz que l’on ne peut vivre sans cuisine et sans magasin. Les cuisines et les magasins sont-ils nécessaires au bonheur ? Où sont les cuisines et les magasins des oiseaux ? Ils se nourrissent et vivent mais n’ont pas besoin de cuisines et de magasins. Les gens érudits contemporains proclament comme devise de leur vie la pensée suivante : « On ne peut pas vivre sans cuisine, sans magasin. » Au-dessus de cette devise, j’écris : « Et on ne peut pas vivre sans joie non plus. » L’une des conditions d’acquisition du bonheur est la compréhension de l’amour. On doit comprendre et appliquer l’amour, mais pas comme les gens d’aujourd’hui : ils aiment pendant une demi-journée, puis haïssent le restant de la journée. Ce n’est pas de l’amour mais de l’esclavage. L’amour est permanent. Le Christ a demandé à ses disciples et à ses auditeurs de se réjouir, mais ils ne savent pas encore le faire comme il faut. Ils passent pour des chrétiens, ils ont lu les Évangiles, mais tout compte fait ils ne savent pas se réjouir. Cela ne signifie pas que la joie est inapplicable dans la vie actuelle, mais elle nécessite un terreau convenable pour se manifester. L’élément spirituel dans l’homme est un terreau, une condition de manifestation de la joie. Un jour, lorsque les hommes comprendront les lois de la vie, ils vont se créer une cuisine moderne, naturelle, comme celle des anges. Quelle est la cuisine des anges, quels sont leurs magasins ? Il faut pour cela dépêcher une commission chez eux pour rapporter un modèle. En étudiant la culture des autres peuples, vous pensez qu’elle représente quelque chose de singulier, mais aussi aboutie qu’elle soit, cette culture reste humaine. Si vous voulez savoir ce qu’est la culture, allez voir les anges, vous apprendrez beaucoup auprès d’eux. La vraie difficulté est de savoir comment se rendre auprès d’eux. La culture des gens d’aujourd’hui se distingue par une critique facile et un doute. Ils disent que pour être philosophe l’homme doit être critique et soumettre chaque chose à un examen. Certains vérifient les choses et y croient, mais que dire de ceux qui vérifient et pourtant n’y croient pas ? Ils touchent une chose de la main et continuent pourtant de nier qu’elle est réelle. Les Évangiles relatent l’histoire de Thomas l’incrédule qui, même en voyant la Résurrection du Christ, n’a pas cru ; il a fallu qu’il mette sa main dans le côté du Christ, dans la plaie ouverte, pour croire. S’il ne connaît pas les lois divines, l’homme peut toujours se laisser leurrer. Le mensonge est l’ombre de la vérité. Comme l’ombre est un indice de l’existence d’un objet, le mensonge est aussi un indice de l’existence de la vérité. Le doute est quand même un indice de l’existence d’une réalité ; il n’est pas de doute sans une cause première. Le déni de Dieu montre qu’Il existe : on ne peut pas nier quelque chose qui n’existe pas. Par conséquent, l’homme ne renie que ce qui existe. À quoi est dû le déni ? À l’insuffisance de lumière. On voit les arbres, les pierres, les sources en plein jour, mais on ne les voit plus le soir. Dans ces conditions l’homme peut les mettre en doute ou bien concéder qu’ils existent sans que cela indique ou non leur réalité. Ainsi lorsque quelqu’un maintient l’idée que Dieu n’existe pas, cela montre que son soleil s’est couché. Dans douze heures le soleil se lèvera et il changera de conviction. Vous avez tout nié en bloc, et douze heures après vous dites que Dieu existe, que l’âme existe, que la vie dans l’au-delà existe, etc. Dans une école bulgare, un professeur, incroyant invétéré, a participé à la guerre contre les grecs. Après une grande bataille, sa compagnie a dû reculer et se disperser. Se retrouvant isolé, il a voulu se cacher ; il a trouvé une grotte où il a passé trois jours, affamé, assoiffé, sans oser sortir au milieu des combats enflammés. Dans cette situation, abandonné de tous, il s’est tourné finalement vers Dieu avec ces mots : « Seigneur, je ne Te reconnaissais pas jusque-là, mais comme j’ai entendu Ton nom, je Te prie de m’aider, de me donner une preuve de Ton existence. » Moins d’une demi-heure après, il a vu une tortue s’approcher de lui avec un morceau de pain dans la gueule. Elle s’est arrêtée devant l’entrée de la grotte, a laissé le morceau de pain et s’est retirée. Le professeur a pris le pain pour tromper sa faim, en remerciant Dieu de Sa miséricorde à son égard. En rentrant en ville, il a dit à ses élèves : « Mes enfants, sachez que Dieu existe, j’en ai eu la preuve. » Á partir de ce moment il a prêché Dieu devant tous ses proches, en racontant son expérience. Comment a-t-il su que Dieu existait ? C’est la tortue qui l’a convaincu. Lorsqu’on se retrouve dans cette situation, trois jours durant dans une grotte, tiraillé par la faim et la soif, on finit par se convaincre que Dieu existe. Puisqu’Il existe, il y a aussi une âme, une vie dans l’au-delà ; chacun peut le vérifier et s’en convaincre. J’ai vérifié ces choses mille fois et je suis plus enclin à douter de l’existence des gens qui m’entourent que de l’existence de Dieu dans l’autre monde. Je vis en même temps dans ce monde et dans l’autre monde et je discute avec des humains et avec des esprits. Je parle de moi, mais j’inclus tout le monde. L’être humain demeure en même temps dans les deux mondes : physique et spirituel, mais il n’en est pas toujours conscient. Certains craignent les esprits et ne veulent pas les voir. Les esprits ne doivent pas inspirer la peur ; ce sont des créatures intelligentes et raisonnables, très cultivées ; ils sont une école pour les humains. L’une des raisons de la mort des humains est le fait que les esprits les attirent ; ils vont auprès d’eux pour étudier leur culture, acquérir quelque chose de nouveau. Où est le monde spirituel ? Poser cette question, revient à ce qu’un petit animal se demande où vit l’homme. L’homme est là où se trouve l’animal, mais comme la conscience de ce dernier est très limitée, il se situe loin des humains. Le monde où vivent toutes les créatures est immense, il ne se résume pas à ce que nous voyons. Une jeune fille pense que la vie n’a pas de sens et elle se décourage, mais si elle rencontre un beau jeune homme sa vie prend tout de suite du sens et il n’est plus question pour elle de mourir ; il en est de même pour le jeune homme. Pour quelle raison leur vie prend-elle du sens ? À cause de leurs cœurs, de leurs intelligences : le cœur se remplit de chaleur et l’intelligence de lumière, et ils commencent à voir les choses d’une manière particulière. Ils disent que leurs cœurs battent pleinement, que leur vie se remplit de sens. La vie ne se résume pas à des battements de cœur ; ces battements ne sont que le moyen de transmission des pensées et des sentiments dans le monde spirituel. Le Christ dit : « Réjouissez-vous ». Pourquoi les gens doivent-ils se réjouir ? Parce qu’une nouvelle culture vient pour eux. Le Christ dit à ses disciples : « Allez prêcher le Nouvel enseignement aux gens : qu’ils arrangent leurs maisons autrement, sans cuisines, sans magasins. » Imaginez que la terre entière se transforme en verger avec des arbres fruitiers de grande qualité, des fruits en abondance, alors, quel besoin de cuisines et de magasins ? Alors, quel besoin pour l’homme de passer des heures et des jours, enfermé dans ses cuisines et ses magasins ? Aujourd’hui les gens ont besoin de marchandises diverses, nourriture, éclairage, chauffage, etc. Dans le futur, s’il acquiert une pensée juste et positive, l’homme n’aura besoin de rien. Il se créera de la lumière par ses pensées et de la chaleur par ses sentiments. L’homme aura une énergie électrique propre, il n’aura pas besoin de s’en remettre à la municipalité ou au fournisseur d’électricité. Il voyagera d’un lieu à un autre par la pensée et n’aura pas besoin de moyens de transport. Le Christ dit : « Réjouissez-vous ». Pourquoi les gens doivent-ils se réjouir ? Parce que la nouvelle connaissance qui les libèrera de l’esclavage et des égarements vient. Aujourd’hui, aux Etats-Unis, les gens sont fascinés par les immeubles imposants de plusieurs dizaines d’étages, avec des voûtes immenses ; tous disent que c’est l’ultime progrès de la culture. Ce n’est pas une vraie culture. Avant tout, ces immeubles ne sont pas hygiéniques, le soleil n’y pénètre pas, ce qui cause des troubles nerveux chez les américains. La grandeur imposante de ces immeubles traduit l’ambition des américains de faire quelque chose de singulier, mais il manque une direction à cette idée. Ils doivent diriger leur intelligence et leur cœur dans une autre direction, vers quelque chose de grand et de sublime. Lorsqu’une idée divine ne peut pas être comprise et prend un chemin tortueux, c’est le signe d’une culture passéiste. À l’avenir, les femmes enceintes doivent inculquer à leur enfant l’idée que l’homme ne vit pas uniquement pour ses cuisines et ses magasins. Par le mot cuisine, au sens large, je désigne la satisfaction excessive des besoins de l’estomac. Les gens d’aujourd’hui vivent beaucoup pour l’estomac : comment le satisfaire et comment le soigner s’il tombe malade. Et en effet, un estomac malade doit être soigné car il est lié à la tête. Lorsque l’estomac souffre, la tête souffre aussi et vice versa : si la tête est malade, l’estomac est malade aussi. Pour ne pas dérégler l’estomac, l’homme ne doit pas le surcharger. L’homme d’aujourd’hui mange trois fois par jour, parfois quatre. Vous direz que Dieu l’a ordonné ainsi ; je conteste cette affirmation ; l’estomac a une autre vocation, pas uniquement celle de recevoir les aliments et de les assimiler. L’ordre actuel du monde est déformé, c’est une caricature du monde divin. Jadis, lorsque Dieu a créé le monde, tout était en ordre : les plantes, les animaux et les humains vivaient bien, tout était en harmonie. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. L’ivrogne boit, dilapide sa richesse, vend femme et enfants et dit que Dieu a créé en même temps l’homme et la vigne, et que nous avons par conséquent le droit de boire du vin, d’utiliser le jus de la vigne. Une chose est vraie, l’homme a le droit de boire pour se désaltérer, mais il doit boire de l’eau. Où que vous alliez dans la nature, vous trouverez partout de l’eau, mais du vin, nulle part ! Lorsque je dis que vous devez démolir vos cuisines, cela ne signifie pas qu’il faut les démolir avant d’en construire de nouvelles. Faites d’abord vos nouvelles maisons, puis rasez les anciennes, sinon vous détruirez les anciennes et vous resterez sans rien. Expérimentez d’abord pour voir comment on vit sans les anciennes cuisines, et si vous voyez qu’on peut vivre de cette nouvelle façon, rasez les anciennes, réjouissez-vous. Réjouissez-vous d’avoir acquis quelque chose de nouveau, de pouvoir satisfaire les besoins de votre estomac d’une manière inédite. La joie est le résultat d’un élan intérieur, divin, dans l’être humain. Elle l’inspire, lui donne une impulsion pour le travail, pour la manifestation des forces créatrices en lui. Sachant cela, réjouissez-vous, que tous se réjouissent ! L’esprit de l’homme doit être rempli de pensées lumineuses, son cœur rempli de sentiments nobles pour que son visage soit toujours éclairé, épanoui. Son visage peut être en apparence poussiéreux, noirci par le soleil, mais éclairé de l’intérieur, reflétant la vie de l’âme. Pourquoi ne pas se réjouir, y a-t-il des raisons à cela ? Voilà qu’aujourd’hui le Christ vous croise sur le chemin et dit : « Réjouissez-vous. » Tout de suite vous L’assaillez de questions : « Comment se réjouir alors que nos fils, nos frères et nos maris meurent sur les champs de bataille ? Comment se réjouir lorsque la vie est éprouvante, qu’il n’y a pas assez de pain, de vêtements et de chaussures ? Comment se réjouir alors que nous nous sommes lourdement endettés ? Peux-tu transformer les pierres en pain ? » Le Christ répond : « L’homme ne se nourrit pas uniquement de pain, mais aussi de chaque parole vivante et bienfaitrice qui sort de la bouche de Dieu et de la bouche de toute personne juste et vertueuse. »[5] À notre époque, les scientifiques cherchent une façon de créer des médicaments pour tromper la faim de l’homme ; ils pensent ainsi résoudre les grandes questions économiques. Ce n’est pas ce chemin que la science doit suivre. Avant tout, l’homme doit acquérir le pain vivant qui se cache dans le Verbe divin. Lorsqu’il trouvera ce pain, il saura faire du pain même à partir des pierres. Le Verbe divin est une matière spirituelle supérieure dont on peut extraire les éléments pour maintenir la vie humaine. C’est pour cela que le Christ dit que l’homme ne se nourrit pas uniquement de pain, mais de chaque parole qui sort de la bouche de Dieu. Il a pris cinq pains et deux poissons pour nourrir cinq mille personnes et a prouvé ainsi la force du Verbe divin. Est-ce possible ? C’est possible ! La gerbe de blé n’est-elle pas issue d’un seul grain de blé ? D’un pépin de pomme naît un grand arbre qui, quelques années plus tard, donne des centaines et des milliers de pommes. Vous direz que tout a été puisé dans la terre. Pas seulement dans la terre, mais aussi dans le soleil. La terre n’est qu’un réservoir où sont stockées les choses, et si le soleil n’attirait pas les graines vers le haut, elles resteraient longtemps enfouies dans le sol et pourriraient. Un jour, lorsque les gens apprendront à multiplier les pains comme l’a fait le Christ, toutes les questions économiques se résoudront. On dit que même sans cette connaissance il y a beaucoup de millionnaires sur terre. Ce sont des millionnaires de pacotille. Que peut faire l’homme de sa richesse en papier ? Vous direz que la richesse est nécessaire sur terre. Que ferez-vous de cette richesse lorsque la mort vous rendra visite ? Elle vous prendra par le cou et vous dira : « Suis-moi ! » Tu lui donneras tes millions en vain ; elle ne reconnaît pas l’argent en papier ; quelle que soit ta richesse, elle t’emportera avec elle. Si tu croises le Christ sur le chemin, Il te demandera pourquoi tu es en guenilles. Pour ta défense tu diras que tu as vécu et travaillé uniquement dans le but d’assurer tes arrières sur terre et rendre ta vie plus légère et joyeuse. Le Christ te dira : « Tu as mal compris mon Enseignement, tu as mal compris la joie. » La joie se base sur les grandes vertus et pas sur l’argent ; seul l’homme vertueux peut se réjouir. La mission de l’homme n’est pas de gagner de l’argent, mais d’appliquer la vérité, la justice et la vertu. S’il ne dit pas la vérité, ni n’agit justement, ni n’applique le bien, il sera comptable de ses actes. Il n’est pas né pour vivre et travailler uniquement pour l’argent. Je me tourne maintenant vers la femme responsable d’éveiller en l’homme cette aspiration à la richesse en papier. Aucune richesse mal acquise n’est bénie. Chaque homme et chaque peuple qui acquièrent mal sa richesse, disparaîtront et ne laisseront aucune trace. Tous ceux qui portent leur croix avec patience sans convoiter la fortune sont bénis. Le Christ dit : « Ramassez des trésors non pas sur terre, mais au ciel où ni la rouille ni la teigne ne les gâtent. »[6] « Réjouissez-vous ». Pouvons-nous nous réjouir ? Qui endurera jusqu’au bout, sera sauvé. Seul celui qui est sauvé peut se réjouir. Alors, ayez la patience du philosophe grec Épictète qui, alors qu’il était esclave est devenu philosophe par la patience. Épictète se distinguait par une grande constance et endurance. Il était esclave chez un patricien romain qui torturait ses esclaves, parmi lesquels se trouvait Épictète. Ce dernier endurait tout avec une grande patience, sans protester, ni se révolter. En voyant cela, son maître le battait souvent, le tourmentait pour le provoquer, mais en vain. Un jour il a appuyé fort sur son pied pour voir si Épictète n’allait pas s’insurger, mais il l’a regardé avec indifférence et a dit : « Seigneur, n’appuie pas si fort car tu vas me casser la jambe et je ne pourrai plus te servir comme il faut. » Le seigneur a continué d’appuyer jusqu’à casser la jambe. « Tu vois seigneur ce que tu as fait ? Maintenant, même si je le veux, je ne pourrai plus te servir comme avant. » Pour son caractère et sa noblesse, le patricien romain l’a libéré avec ces mots : « Tu mérites d’être libre. » Épictète est retourné dans sa patrie, la Grèce, où il a vite gagné une réputation de philosophe. Une fracture du pied a été la raison de sa libération, de son droit à la citoyenneté et de sa carrière de brillant philosophe en Grèce. Comment agit l’homme ordinaire si quelqu’un appuie sur son pied jusqu’à le casser ? « Qu’il ose appuyer exprès pour le casser, il verra à qui il a affaire ! » Le Christ dit : « Réjouissez-vous ». Pourquoi ? Parce qu’à partir de maintenant vos maîtres ne vous briseront plus les jambes. Réjouissez-vous, car désormais vous n’aurez plus besoin de richesses mal acquises. Que les bons et les justes se réjouissent car le Ciel travaille pour eux. Quelqu’un dit qu’il a labouré son champ ; il n’a rien fait de particulier. Remerciez les vers de terre qui labourent la terre et aident l’agriculteur sans relâche, sans eux l’homme n’arriverait pas à grand-chose. Celui qui applique l’enseignement du Christ travaillera peu mais obtiendra beaucoup. Selon cet Enseignement il faut travailler tout au plus neuf heures : trois heures de travail physique, trois heures de travail intellectuel et trois heures de travail affectif. Dans cette situation, la vie des gens sera agréable et sensée, l’homme ne mourra pas mais sa nature évoluera. Pour comprendre l’enseignement du Christ et l’appliquer, l’homme doit avoir une conscience éveillée, travailler sur lui-même, et se libérer de l’emprise de la peur. Cela ne se fait pas rapidement ; les affaires spirituelles se font lentement et les affaires humaines rapidement. Le divin commence par les petites choses et avance vers les grandes ; ce qui est humain commence par les grandes choses et avance vers les petites. C’est pour cela que l’homme s’attend à des résultats rapides lorsqu’il entame un travail. C’est possible aussi, mais dans ce cas le travail n’amène pas beaucoup de connaissances. Vous pouvez expérimenter cela sur un grain de blé : si vous le plantez dans le sol dix-neuf ans durant, et que vous vous occupiez de lui, il croîtra plus grand, plus riche en éléments nutritifs que les autres ; mais la foi et la patience sont nécessaires pour essayer cela. C’est pourquoi le Christ dit : « Si vous aviez de la foi comme un grain de moutarde, vous pourriez déplacer des montagnes. » Pourquoi comparer la foi au grain de moutarde et non pas au grain de blé ? Le grain de moutarde a la propriété de former des ampoules sur la peau et de neutraliser le refroidissement de l’organisme humain. L’homme doit avoir une foi positive qui agit sur l’esprit comme le grain de moutarde sur la peau : retirer toutes les pensées négatives, libérer l’homme du doute, de la suspicion, de l’hésitation, etc. Le croyant ne ment jamais. S’il n’a pas la foi, l’homme peut toujours être trompé. Il est dans la même situation que ces deux peintres grecs qui se sont présentés à un concours avec leurs tableaux. Le premier a dessiné une grappe de raisin, le second, la déesse Diane couverte d’un voile. Tous deux ont exposé leurs toiles sur la place publique. En voyant cette belle grappe de raisin, un oiseau a fondu dessus pour la picorer ; elle était si subtilement dessinée qu’elle a trompé l’oiseau. Le premier peintre, en contemplant la toile de son camarade, a été tellement subjugué qu’il a tenté de soulever le voile pour mieux voir la déesse. Le premier tableau a trompé l’oiseau, le second, le peintre. Les gens d’aujourd’hui trompent davantage les oiseaux qu’eux-mêmes. Quoi qu’il fasse, l’homme ne peut pas se mentir à lui-même. Lorsqu’il est affamé, il est troublé et essaie de tromper sa faim. Il n’est pas utile de leurrer son estomac ni de lui dire que le pain et la nourriture manquent. Il y a dix millions de cellules dans l’estomac, autant de travailleurs qui se troublent et l’estomac s’indispose. Dites-lui d’avoir la foi, de ne pas s’inquiéter, que vous lui préparerez de la nourriture. Protégez-vous des tourments, car ils sont source de maladies physiques, qui atteignent aussi le cœur et le mental. Aujourd’hui, tous craignent pour eux-mêmes, pour leur patrie, et demandent constamment ce qu’il adviendra d’eux. Les Bulgares se questionnent sur la Bulgarie, les Russes sur la Russie, les Allemands sur l’Allemagne, les Italiens sur l’Italie, les Anglais sur l’Angleterre et ainsi de suite. Sachez que dans cent ans, tous les peuples seront beaucoup mieux qu’aujourd’hui. « Qui vivra encore cent ans pour voir cela ? » La mort n’existe pas ; l’homme ne meurt pas mais se dépouille, comme la chenille qui sort du cocon et se transforme en papillon. Viendra un jour où l’homme sortira de son cocon, se transformera en ange qui apparaîtra et disparaîtra où il veut. Vous direz que c’est une propriété des dragons, des mauvais esprits ; c’est ainsi pour les ignorants mais pas pour les gens instruits : ils savent que c’est une propriété des gens bons et vertueux. Le Christ aussi avait la capacité d’apparaître et de disparaître à sa guise. « Réjouissez-vous », dit le Christ. Quand l’homme doit-il se réjouir ? À une époque comme la nôtre, lorsque l’humanité souffre le plus. Jamais les humains n’ont éprouvé autant le besoin de joie comme aujourd’hui. Se réjouir est aussi simple pour l’homme qu’il est aisé pour un potier de souffler dans ses pots. C’est facile pour le maître potier, mais pas pour l’apprenti. Un jeune bulgare a appris le métier de potier plusieurs années durant et, pensant tout connaître, il a dit à son maître : « Maître, je veux travailler pour moi-même, gagner un peu d’argent, me marier et arranger ma vie comme tout le monde. » Le maître lui a dit : « Si tu veux être autonome, je te libère. » Il lui a donné ce qui lui revenait et lui a souhaité de bien réussir. Le jeune homme a acheté le matériel nécessaire et s’est mis à travailler seul : mélangeant l’argile, faisant des pots, les séchant un temps avant de les mettre à cuire dans le four. Quelle n’a pas été sa surprise, lorsqu’il s’est rendu compte que tous les pots se fendaient lors de la cuisson. Il s’est rendu aussitôt chez le maître pour lui demander : « Maître, pourquoi mes pots se fendent-ils à la cuisson ? – Tu n’as pas encore appris ce métier jusqu’au bout. Il te faut rester trois ans de plus à mes côtés pour apprendre à ne pas faire fendre les pots. » Le jeune homme est resté ainsi auprès de son maître, scrutant son travail. Il a remarqué qu’avant de placer un pot dans le four, ce dernier soufflait dedans et faisait entendre le son hou. Et en effet, une fois ce rituel accompli, le pot ne se fendait pas. Le jeune homme a dit : « Quelle chose singulière ! Pour un hou j’ai dû rester apprenti encore trois ans ! – Il ne suffit pas de souffler dans le pot et de dire hou, encore faut-il savoir quand le faire, a ajouté le maître. » On doit savoir appliquer les choses au bon moment, c’est-à-dire lorsque les conditions sont propices et que la loi divine est à l’œuvre. Exercez-vous aussi à prononcer ce hou pour voir quels résultats vous aurez. Si vous êtes indisposés physiquement et psychologiquement, dites hou trois fois par jour ; vous verrez comment votre indisposition disparaîtra peu de temps après. Lorsqu’il allume du feu ou éteint une bougie, l’homme souffle encore ; par conséquent, il connait la force du souffle, il a essayé la puissance de ce hou. Les anciens Bulgares appliquent ce remède lorsque quelqu’un se brûle le doigt : ils le prennent dans leur main, soufflent dessus, disent hou, et peu après l’endroit endolori s’apaise. Si votre cœur vous fait mal, soufflez ainsi et dites hou ; peu après la douleur dans votre cœur cessera. Vous direz que ce sont des bêtises et que vous irez voir les médecins à la recherche d’un remède. Si vous êtes riches, appelez un médecin et payez-le pour vous guérir ; sinon, renoncez au médecin et appliquez mon conseil. On peut se soigner sans l’aide de la médecine, surtout dans les circonstances actuelles, avec le coût de la vie et la pénurie de médecins. En temps normal vous pouvez vous soigner à votre guise, avec ou sans médecins, c’est votre affaire. Les médecins contribuent énormément à accroître la foi des humains. Quelqu’un se dit incroyant, renie Dieu, renie tout dans la vie, mais lorsqu’il tombe sérieusement malade, il appelle aussitôt un médecin et il suit ses prescriptions avec une foi ardente. Lorsqu’il voit le danger, il se met à croire. Lors du traitement du malade, la foi et la volonté doivent prendre une part active. Une américaine est tombée gravement malade et, de l’avis des médecins, vivait ses derniers jours. Ils en ont parlé à son mari pour le préparer à cette éventualité. Il a décidé à son tour de le lui annoncer pour lui permettre d’arranger ses affaires et de se préparer à se hisser auprès de Dieu. En entendant ces paroles, la femme s’est mise à pleurer, puis finalement elle a dit : « S’il n’y a rien à faire, je m’abandonne à mon sort, mais je veux une seule chose de toi : que tu me promettes qu’après ma mort tu ne te marieras pas avec une autre. – Je ne peux pas te le promettre. Je veux être honnête : je t’aime, mais si je rencontre une autre femme et que je tombe amoureux d’elle, je me marierai avec elle. – S’il en est ainsi, je ne mourrai pas ! », a rétorqué énergiquement la jeune femme. Elle a déclenché toutes les forces cachées de son organisme, les a attelées au travail et sa santé s’est améliorée en quelques jours. Je vous dis à vous aussi : lorsque vous êtes en difficulté, conjuguez le verbe pouvoir. Ne craignez pas la mort. Seul meurt celui qui pèche et ne cherche pas Dieu. Il y a des gens malades, mais pas des gens morts ; je n’ai pas encore croisé de gens morts. Qui parmi vous est déjà mort pour savoir ce qu’est la mort ? Si une personne n’est pas morte, elle n’a pas le droit de prétendre que les autres meurent. « Nous mourrons tous un jour. » Ce n’est pas une règle. On doit dire : « Nous allons nous endormir, nous dépouiller de nos vieux vêtements, nous changerons. » C’est ainsi qu’il faut considérer la mort. Le Christ prouve aux humains que la mort n’existe pas. Il dit : « Réjouissez-vous », ce qui signifie : « Réjouissez-vous car la mort n’existe pas. Voilà, Je suis de nouveau parmi vous. J’ai été crucifié, mais J’ai ressuscité et Je m’adresse à vous. Soyez libres et ne craignez pas la mort. » Aujourd’hui c’est Pâques et je souhaite vous voir positifs, avec un esprit positif, et non l’inverse. Celui qui ne croit pas aux paroles du Christ ni aux miennes, qu’il justifie son incrédulité. Ce que je vous dis peut être testé par tout le monde : il suffit de faire une petite expérience pour vous convaincre de la véracité de mes paroles. « Lorsque nous irons dans l’autre monde, nous vérifierons alors comment sont les choses. » Ne reportez pas ce travail car vous pouvez dès aujourd’hui sonder la vérité. Quelqu’un passe pour un homme compatissant et dit qu’il ne peut pas supporter les lamentations et les souffrances de ses proches ; ne vous tourmentez pas, sachez que celui qui souffre sera béni. Dieu travaille sur lui comme le potier travaille sur ses pots, il suffit de dire hou pour améliorer son état. Les maladies sont nécessaires pour l’homme d’aujourd’hui, elles brûlent les impuretés physiques et psychiques en lui. Savez-vous ce qu’est un foyer privé de joie spirituelle ; savez-vous quel est l’état de celui qui est privé de joie spirituelle ? Ils donnent une triste image ; l’impureté est visible partout où vous tournez la tête. C’est pour cela qu’il faut nettoyer vos esprits et vos cœurs comme vous nettoyez vos maisons. Ne laissez entrer aucune mauvaise pensée ni dans votre esprit ni dans votre cœur, pas un seul sentiment négatif, car ils n’apportent aucune joie ; ils pervertissent la vie humaine comme la rouille abîme le fer. Que doit faire l’homme pour obtenir la joie ? Il doit ouvrir son esprit et son cœur pour que l’Esprit se manifeste à travers lui. Seul l’Esprit divin peut lier les humains et les faire s’aimer avec intelligence. À quoi reconnaissez-vous l’amour divin ? Si vous entrez dans une maison où tous sont affligés et mécontents et que vous changez leur état d’esprit en quelques minutes, c’est que votre amour est divin. Ainsi le Christ dit : « Réjouissez-vous ». Lorsque l’amour anime les humains et réconforte leurs âmes, ils sont gais et joyeux. Il n’y a pas d’afflictions, de conflits et de déceptions lorsqu’on est dans cet état. Faites un essai et prononcez pendant un an, chaque matin, dix fois le mot joie pour voir quel changement va s’opérer en vous. Chaque mot cache en lui une certaine force, surtout lorsqu’il est correctement prononcé. Par exemple, si vous entendez le mot incendie, vous êtes terrorisés : ce mot fait peur à l’homme ; si vous entendez le mot hourra, vous êtes aussitôt enjoués : il insuffle la joie dans les cœurs. Chaque mot est puissant s’il s’applique en temps et en lieu. Réjouissez-vous lorsque vos mots et vos paroles se font en temps et en heure. Comment reconnaître le vrai chrétien ? Par ses actes. Un soir Nastradin Hodja[7] est allé dévaliser un magasin, mais il a fallu limer les clés. Un passant lui a demandé : « Que fais-tu là Nastradin Hodja ? – Je joue du violon. – Pourquoi on ne l’entend pas ? – Demain vous l’entendrez ! » Et effectivement, le lendemain, la rumeur s’est répandue que le magasin d’un tel a été dévalisé. Rappelez-vous : quoi que vous fassiez, quelque travail que vous accomplissiez, sa voix sera entendue un jour. Il est dit dans les Écritures : « Rien ne reste caché sous le Ciel. » Par conséquent, si vous pensez constamment à la joie et si vous prononcez le mot joie, un jour votre visage s’illuminera de cette joie intérieure qui vous gagne. Si vous portez un regard sombre sur le monde et les humains, votre visage s’assombrira ; sans le vouloir vous vous lierez à la tristesse et au chagrin des gens. Si votre monde se trouble, si votre horizon s’ennuage, mettez-vous à travailler sur vos pensées et vos sentiments comme la mère consciencieuse et raisonnable prend soin non seulement du corps de ses enfants, mais aussi de leur esprit et de leur cœur. Les pensées et les désirs de l’homme sont ses enfants, c’est-à-dire le champ qu’il doit labourer, désherber et ensemencer. Le Christ dit : « Réjouissez-vous ». Pourquoi se réjouir ? Parce que la mort n’existe pas. L’avenir de l’être humain est grandiose. Son âme vit dans un autre monde et non pas sur terre. Réjouissez-vous, car les esprits lumineux viennent sur terre. Ce sont des êtres supérieurs qui descendent sur terre pour travailler sur tous les humains et les préparer à la nouvelle culture. Il est écrit dans le Livre sacré que dans deux mille ans les anges de Dieu descendront et monteront, et travailleront sur les humains. Nous abordons cette époque. Est-ce vrai ? Non seulement c’est vrai, mais c’est aussi un fait ; ce qu’en pensent les humains est une autre question. Le fait est qu’en l’espace de cinq minutes l’homme peut changer son état d’esprit de bon en mauvais et de mauvais en bon. Il suffit qu’un magnétiseur passe sa main sur la partie gauche de votre corps pour changer votre état en bon ; s’il passe sa main sur la partie droite de votre corps, le bon état d’esprit se change en mauvais. Vous direz que c’est de la suggestion. Pour insinuer quelque chose en l’homme, les mots que vous utilisez doivent contenir une force. Il ne suffit pas de parler de suggestion, d’hypnotisme, mais de savoir ce que c’est, comment l’appliquer, etc. Seul l’homme initié et intelligent peut se servir de la suggestion et de l’hypnotisme car il connait la force des mots et sait quand les utiliser. Ainsi, si le père dit à son fils : « Mon fils, tu seras quelqu’un de bon, d’instruit et de compétent », ce dernier le deviendra vraiment ; si la femme enceinte dirige la pensée suivante vers son enfant : « Tu seras un bon enfant, tu grandiras, tu t’instruiras, tu aimeras les hommes et tu les aideras », l’enfant sera réellement comme sa mère l’a souhaité. Croyez dans le bien pour être bons, vous aussi. Est-ce que les femmes d’aujourd’hui agissent ainsi ? Lorsqu’elles sont enceintes, elles manifestent tout leur mécontentement de la vie, de leur situation et cherchent un moyen pour s’en affranchir. Elles ne savent pas que toute violence envers soi a des conséquences physiques et spirituelles. Aujourd’hui, je vous laisse le mot réjouissez-vous. Que la joie entre dans votre esprit et dans votre cœur pour vous lier aux esprits supérieurs et vous dire : « Voilà, je les vois ! » Répétez souvent le mot joie pour vous lier au Christ et comprendre les grandes vérités qu’Il apporte à l’humanité et le sens des mots qu’Il utilise. Mettez le pain dans votre estomac et n’y pensez plus : il fera son travail. Prononcez le mot joie avec foi et ne pensez pas à ce qu’il produira en vous : votre esprit va en extraire la sève et vous rendra puissants. En prononçant le mot et en constatant ses effets, remerciez Dieu. J’exhorte tous les Bulgares, le tzar bulgare, tous les dirigeants, tous les prêtres, mères, pères, commerçants, à prononcer le mot joie pour le propager comme une onde parmi les peuples. Lorsque tous les êtres humains prononceront le mot joie, la paix divine adviendra et le Christ descendra sur terre. Sofia, 15 avril 1917- Pâques [1] « Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit: " Je vous salue ! " Elles s'approchèrent de lui et lui saisirent ses pieds et se prosternèrent devant lui. » (Matthieu 28, 9) [2] Le mot joie s’écrie РАДОСТ en cyrillique (radost) [3] Б est la lettre B en cyrillique [4] Genèse 2, 7 [5] « Mais il répliqua : " Il est écrit : Ce n’est pas seulement de pain que l'homme vivra, mais de toute parole sortant de la bouche de Dieu. » (Matthieu 4, 4) [6] Ne vous amassez point des trésors sur la terre, que les vers et la rouille consument et que les larrons percent et dérobent (Matthieu 6, 19) [7] Nastradin Hodja – personnage turc satirique du folklore bulgare
  13. Jacob et Esaü « Il eut un songe. Et voici, une échelle était appuyée sur la terre, et son sommet touchait au ciel. Et voici, les anges de Dieu montaient et descendaient par cette échelle. »[1] Genèse 28 :12 Jacob et Esaü, voilà un sujet de discussion intéressant. Celui qui a lu la Bible connaît ces deux caractères. Jacob et Esaü sont deux frères : Jacob le plus jeune, Esaü le plus âgé ; la différence d’âge est infime, quelques heures. On peut déterminer sept caractères sur la base de ce récit. On a prophétisé sur Jacob et Esaü que deux peuples en sortiront et que le peuple le plus grand servirait le peuple le plus petit. Ils se sont affrontés déjà dans le ventre de leur mère et lui ont causé de grands troubles. On dit qu’Esaü est né en premier, puis, Jacob en suivant, qui tenait le talon de son frère. Ils étaient physiquement très différents : Esaü était poilu et Jacob imberbe ; autrement dit, Esaü était viril et Jacob efféminé. Du point de vue physiologique, Esaü est un homme de la nature, sincère, entier, impulsif, qui vit au jour le jour, sans savourer la vie : il représente la culture inférieure. Beaucoup ressemblent à Esaü : lorsqu’ils mangent à leur faim, ils disent : « Nous Te remercions Seigneur de nous avoir nourris ; demain prends de nouveau soin de nous ». Ils remercient uniquement par rapport à la nourriture. Jacob est efféminé, mais courageux ; il y a certains traits négatifs dans son caractère : malice et duplicité. Jacob ressemble aux négociants qui gagnent à tous les coups ; quel que soit l’enjeu, il veut gagner à tout prix. Selon la loi juive, en tant qu’aîné, Esaü devait recevoir la bénédiction de son père, mais Jacob a voulu supplanter son frère. Il cherchait une occasion pour réaliser son dessein et elle s’est rapidement présentée à lui. Un jour, Esaü qui rentrait du champ éreinté et affamé, a vu son frère manger des lentilles ; il lui a demandé un plat de lentilles pour se nourrir. « Je t’en donnerai, lui dit Jacob, si tu me cèdes ton droit d’aînesse. – Je te le céderai, promis, donne-moi seulement à manger. Que vaut ce droit d’aînesse, comparé à ma faim ? » Deux autres caractères font leur apparition ici : la mère et le père. La mère préférait Jacob, semblable à elle par son intelligence et ses aspirations de cœur. Le père préférait Esaü qui était un homme simple, d’une conscience ordinaire. La mère symbolise l’intelligence humaine et le père, la raison qui a atteint chez quelqu’un son degré le plus élevé. La mère éprouvait le même désir que Jacob : accaparer le droit d’aînesse. Mais le père qui préférait Esaü trouvait légitime qu’en tant qu’aîné ce soit lui qui obtienne la bénédiction. Âgé et aveugle, le père a dit à Esaü : « Me voici vieux, et ignorant encore le moment de ma mort ; prends ton arme à présent et sors pour tuer un gibier et me préparer un plat savoureux comme je l’aime, puis apporte-le-moi à manger et ainsi je te bénirai avant de mourir. Et Esaü s’est rendu aux champs pour tuer un gibier et l’apporter. Rebecca, en entendant ce que disait Isaac à son fils Esaü, dit à Jacob : « J’ai entendu ton père parler avec Esaü, alors écoute mon conseil : choisis dans le troupeau deux beaux chevreaux pour faire un bon plat à ton père comme il l’aime ; et tu les porteras à ton père pour qu’il te bénisse avant de mourir. Et Jacob a dit à sa mère : « Esaü est poilu et moi je suis imberbe. Si mon père me touche et m’accuse d’imposture, j’attirerai la malédiction au lieu d’une bénédiction. – Que la malédiction me frappe, pourvu que tu écoutes ma recommandation – a dit la mère. » Jacob a pris les chevreaux pour les porter à sa mère afin qu’elle prépare un plat savoureux comme l’aimait son père. Rebecca a pris les vêtements d’Esaü et habillé Jacob, en couvrant ses bras et sa nuque des peaux des chevreaux. Ainsi Jacob a reçu la bénédiction de son père à la place d’Esaü, et il en a pâti par la suite. Il n’y a pas de pensée, de sentiment, d’action, bons ou mauvais, qui reste sans conséquences, c’est une loi que chacun peut vérifier. Les humains du XX° siècle ne reconnaissent pas cette loi et vivent comme bon leur semble : ils mangent et ils boivent sans penser aux conséquences sur leur vie. L’homme et la femme ne vivent pas en accord entre eux, mais peu importe, ils s’attendent à avoir des enfants merveilleux ! S’ils ne le sont pas, les parents se demandent de qui ils tiennent, sans se douter que la cause est en eux-mêmes. La loi divine proclame : pour avoir de bons enfants, il faut une harmonie complète entre le père et la mère. Ce qui ne veut pas dire qu’ils doivent être parfaitement identiques, mais qu’ils aient des points communs, qu’ils s’aiment et s’entendent. Il y a des subtilités qui distinguent l’homme et la femme, mais ces distinctions sont difficilement perceptibles. D’illustres philosophes, scientifiques et écrivains ont fait des essais pour décrire la différence entre l’homme et la femme sans y parvenir au bout du compte ; ils peuvent établir des différences, partiellement mais pas complètement. D’ordinaire les formes rondes prédominent chez la femme alors que les lignes droites et anguleuses l’emportent chez l’homme. Les lignes rondes donnent de la douceur au caractère alors que les lignes droites lui donnent de la dureté et du tranchant. Les gammes chromatiques prédominent chez l’homme. Dans le récit sur Jacob et Esaü, la mère conseille à son fils Jacob de mentir pour obtenir la bénédiction de son père. Si elle donne ce type de conseil, c’est qu’elle a déjà menti autrefois. Quelqu’un dit : « J’ai menti aujourd’hui » ; tu as donc menti aussi avant. Le mensonge ne date pas seulement d’aujourd’hui, il trouve son origine dans le passé lointain, depuis des temps immémoriaux. Qui est la source première du mensonge, l’humain ou l’animal ? Quand est-ce que le mensonge est entré dans la vie des humains : à leur élévation ou à leur chute ? Lorsqu’il a menti à son frère, Jacob avait trente-deux ans, le moment où se forme le caractère humain. C’était l’âge de Jacob lorsqu’il a sciemment volé la bénédiction qui revenait à Esaü. Sur le conseil de sa mère, Jacob a dû aller chez son oncle Laban pour se cacher d’Esaü et se soustraire à son courroux. Jacob a quitté la maison paternelle et s’est mis en route. Dès le premier jour, après le coucher du soleil, il a fait un rêve : il a vu une échelle dressée sur la terre dont le sommet atteignait le Ciel ; et voici que les anges de Dieu descendaient et montaient sur elle. Dieu a vu les agissements de Jacob et lui a donné ce qu’il méritait. Ceci montre qu’Il voit toutes les pensées et tous les sentiments des humains, note tout et rétribue ou punit chaque acte. Jacob est allé chez son oncle Laban, un homme malin et pragmatique qui est devenu son tuteur. Dans ce foyer trois autres caractères sont mis en avant ; Laban et ses deux filles : Léa, la plus âgée et Rachel, la plus jeune. Avant d’arriver chez son oncle, Jacob a rencontré Rachel au puit et l’a aidée à puiser de l’eau, puis il l’a embrassée en lui disant qu’ils étaient parents. Dès ce moment il est tombé amoureux de Rachel. Étant quelqu’un de pragmatique, Laban a questionné Jacob sur le salaire qu’il souhaitait pour la durée de son séjour. Jacob a répondu qu’il aimait Rachel et la voulait pour femme, c’était son salaire. Le nom Rachel est rempli de sens ; il représente le côté idéal et sublime dans l’être humain. Laban a promis de donner Rachel à Jacob à condition qu’il travaille sept ans pour l’obtenir, ce qu’il a accepté. Les sept années écoulées, Laban lui a donné pour épouse Léa, sa fille plus âgée au lieu de Rachel. Ce n’est qu’au matin que Jacob a compris qu’il avait été trompé et il a demandé à son oncle : « Pourquoi m’as-tu trompé et ne m’as-tu pas donné Rachel comme tu me l’avais promis ? » Laban a répondu : « Selon nos lois, c’est d’abord la fille la plus âgée qui se marie et ensuite la plus jeune. Travaille encore sept ans pour moi, et je te donnerai aussi Rachel. » Nous voyons ici la loi de la rédemption : Jacob a menti à son père et à son frère, c’est pourquoi Laban lui a menti aussi. Pour ses deux mensonges il a dû servir quatorze ans ; sept ans pour avoir menti à son père, et sept ans pour avoir menti à son frère. Beaucoup pensent qu’ils sont affranchis des tourments de Jacob, qu’ils ne mentent jamais. Tant qu’il est sur terre, l’homme jouera toujours un rôle : celui d’Isaac et Rebecca ou celui de Jacob et Esaü, ou celui de Léa et Rachel ou celui de Laban. Ce sont sept caractères distincts avec des rôles spécifiques. Souvent les humains vendent leurs pensées et leurs sentiments comme Laban a vendu ses deux filles pour s’enrichir. Le monde est une échelle sur laquelle les gens montent et descendent, se trompent, se pourchassent, se courent après, s’aiment et se haïssent. Ceux qui s’aiment ne peuvent pas se marier ; les autres se marient pour de l’argent et non par amour. Léa représente la femme prise pour son argent et pas par amour. Pour obtenir Rachel, Jacob a dû d’abord épouser Léa. La même chose se produit dans la vie des gens aujourd’hui : un jeune homme aime une jeune fille, mais il ne peut se marier avec elle car ils sont pauvres tous les deux. Comme il ne peut pas satisfaire son désir, il rencontre une femme riche qui l’entretient pour qu’il fasse des études à l’étranger. Il lui promet de l’épouser – c’est Léa qu’il épouse après un temps, en délaissant la première à laquelle il dit : « Tu es belle, vertueuse et noble mais dans ce monde on ne vit pas qu’avec la beauté et la noblesse. » Laban était malin, mais Jacob possédait l’art de s’enrichir. Lorsqu’il a servi son oncle quatorze ans pour ses deux filles, il est resté sept ans de plus pour s’enrichir lui-même. Il a acquis ainsi une grande fortune : des moutons, des chèvres, des chameaux. Lorsque les brebis et les chèvres vigoureuses s’accouplaient, Jacob mettait dans leurs auges des rameaux à l’écorce pelée et ainsi, en les regardant elles mettaient bas des agneaux rayés et tachetés ; et il séparait ensuite ses brebis et ses chèvres de celles de Laban. C’est ainsi que Jacob s’est enrichi de nombreux troupeaux, d’esclaves hommes et femmes, de chameaux et d’ânes. Et finalement après avoir passé vingt et un ans chez Laban, Jacob est retourné chez son frère. Beaucoup veulent être riches, mais ceci nécessite un savoir-faire. Celui qui veut être riche doit posséder le courage de Jacob. Jacob avait aussi des traits de caractère négatifs, mais Dieu lui a envoyé de grandes souffrances et des épreuves pour qu’il s’anoblisse. Combien de fois il s’est amèrement lamenté sur son sort ! Bien que déjà âgé, il a dû être berger pour garder les troupeaux de son oncle et répondre devant lui pour chaque agneau ou chevreau égaré. Par les souffrances et les épreuves, Jacob a acquis la faculté de contempler. Il s’est lié à Dieu, il a prié et conversait avec Lui jusqu’au jour où il décida de prendre ses femmes, ses fils et ses filles et tous ses avoirs et de quitter la maison de Laban pour retourner dans la maison paternelle, auprès de son frère Esaü. Il s’est échappé de chez Laban et s’est mis en route. Lorsqu’il a été proche de sa maison natale, Jacob a envoyé des messagers à son frère et a passé toute la nuit à prier. Pendant qu’il priait, un homme a surgi qu’il a combattu toute la nuit. En voyant qu’il ne pouvait pas prendre le dessus, cet homme a touché l’emboîture de la hanche de Jacob et l’a démise en disant : « Laisse-moi m’en aller car l’aurore arrive. Jacob a répondu : « Je ne te laisserai pas aller tant que tu ne m’auras pas béni. – Qui es-tu, quel est ton nom ? – Jacob. – Désormais on ne t’appellera plus Jacob, mais Israël car tu as lutté avec Dieu et avec des hommes, et tu as vaincu. » L’homme avec lequel Jacob avait lutté toute la nuit était un ange. Que signifie le prénom Jacob ? Obstructeur : il faisait barrage, il s’opposait à Dieu et aux hommes. Comme son caractère avait changé, il a fallu changer son prénom. Si le prénom de l’homme ne change pas, aucun changement ne se produira non plus dans son caractère. Pour changer de visage, il faut changer de caractère et aussi de prénom. Dans l’autre monde la forme et le prénom de l’homme sont deux choses identiques. Combien de lettres composent le prénom de l’homme, dans quel ordre se suivent les voyelles et les consonnes, c’est ce qui influence son caractère et sa force ainsi que les qualités de son âme. Le prénom Rebecca par exemple, la mère de Jacob et d’Esaü a deux significations opposées, selon les deux peuples engendrés par elle. Les peuples de l’époque allaient sur le chemin de l’involution alors que les peuples d’aujourd’hui vont sur le chemin de l’évolution. Mais aujourd’hui encore il y a deux cultures : la culture de l’intuition et la culture de la raison. Pour concilier ces deux cultures, il faut concilier les courants qui les alimentent. Dans la science naturelle, classifier un végétal nécessite de l’étudier : quel type de racines il a, quel type de tige, quelles feuilles, etc. En étudiant l’humain, on voit bien les deux courants en lui, c’est-à-dire les deux manifestations : Jacob et Esaü. Esaü représente la nature humaine brute ; il n’estime pas son droit d’aînesse et vend son droit à la bénédiction pour trois fois rien. Il dit : « Pourquoi désirer la bénédiction, la vie est sur terre, tout est ici, c’est aujourd’hui qui importe, ce n’est pas la peine de préparer les conditions pour demain. » Esaü ne se doutait pas qu’il existait un lien entre la vie passée et la vie actuelle ; la vie actuelle est le résultat de la vie passée et la vie future est vue comme une conséquence de la vie actuelle. Retenez ceci : l’homme ne vient pas pour la première fois sur terre. Si vous étiez sur terre pour la première fois, comment expliquez-vous les contradictions dans votre caractère ? Si vous sortiez de Dieu pour la première fois, vous devriez être purs, Le connaître. En est-il ainsi ? La plupart des humains ne connaissent pas Dieu car ils se sont détournés du droit chemin. Donc, l’homme n’est pas sorti de Dieu maintenant, mais il y a des milliers d’années. On met quelqu’un en prison et on le relâche plus tard ; tous disent : « Cet homme sort de prison et entre dans la vie ». Est-ce pour la première fois qu’il y entre ? Avant d’être en prison, il était déjà dans la vie. L’homme est jeté en prison puis relâché plusieurs fois tant qu’il n’apprend pas quelque chose, tant qu’il n’anoblit pas son caractère. En lisant Les misérables, vous voyez que Jean Valjean a passé un certain temps en prison, mais il a acquis quelque chose de précieux, il a anobli son caractère. Chaque homme entre dans la vie après avoir passé quelques années en prison - dans les sphères inférieures du monde astral. Être en prison montre qu’il a dû passer par certaines leçons pour s’anoblir, devenir meilleur. Et en sortant de prison, l’homme doit beaucoup travailler sur lui-même pour continuer à bâtir son caractère. Observez les traits caractéristiques des enfants qui viennent tout juste de ‘sortir de prison’ : dans un premier temps, ils sont égoïstes et ne pensent qu’à eux. Donnez une pomme à un enfant de trois ans et regardez-le faire ; il va cacher la pomme, la garder pour lui. Il faut longtemps éduquer l’enfant pour lui faire acquérir quelque chose de doux et noble dans son caractère. Certains enfants ne sont pas prédisposés à recevoir cette éducation et restent toujours rustres et égoïstes. Vous direz que ces traits que porte l’enfant viennent de ses parents, mais eux alors, d’où en ont-ils hérités ? Ce n’est ni une science, ni une philosophie. Les mauvais penchants et agissements des humains sont dus à une mauvaise compréhension des choses. Esaü et Jacob voulaient obtenir les mêmes choses, mais ils avaient des méthodes différentes. Jacob a appliqué la violence, mais pour comprendre que cette méthode n’était pas juste, il a dû passer par de grandes souffrances. Donc, certains satisfont leurs désirs, et les souffrances les anoblissent. D’autres n’ont pas besoin de souffrances, ils obtiennent ce qu’ils désirent d’une autre manière et s’anoblissent également. Pour sculpter quelque chose, le sculpteur frappe longuement avec un marteau alors que la nature façonne ses sculptures d’une autre manière, pas avec un marteau. Frapper au marteau est aussi une culture, mais elle est inférieure, grossière ; la culture déployée par la nature est préférable. La maturation des fruits est aussi une culture, mais la nature n’y travaille pas au marteau. Appliquez-vous la même méthode ; c’est seulement comme cela que vous arriverez à vos fins. Vous le pouvez aussi par d’autres moyens, mais au prix de grandes dépenses et de grandes complications. Donnez des conditions aux élans positifs en vous et ne vous angoissez pas de savoir s’ils se réaliseront ou non ; laissez-vous aux mains de la nature, elle prévoit tout. Si le sculpteur travaille sur vous, vous lui donnerez un marteau : qu’il frappe comme il l’entend ; si la nature travaille sur vous, laissez là s’exprimer librement. En vous observant, vous verrez un jour que c’est Dieu qui travaille sur vous, puis le lendemain c’est vous ; et cela alterne ainsi en permanence. Vous travaillerez huit heures, et le reste du temps, c’est Dieu qui travaillera. Dans cette alternance justement, l’homme acquiert des élans sublimes et se manifeste comme un être grandiose et talentueux. Lorsque l’homme dort, Dieu travaille intensément sur lui. Ainsi, lorsqu’il se prépare à dormir, l’homme doit laisser de côté tous ses fardeaux et s’apaiser pour que l’Esprit puisse travailler librement sur lui. Au réveil, il peut reprendre son fardeau et continuer son travail. Les rêves ont un effet éducatif sur l’homme. S’il a un mauvais rêve, il peut corriger une faute : sa conscience s’éveille et il voit qu’il s’est détourné du droit chemin. Meilleur est son sommeil, meilleure est sa santé. Essayez un mois durant de dormir paisiblement, sans aucun trouble dans les pensées et les sentiments, et vous verrez comment votre état va s’améliorer ; si vous êtes neurasthénique, vous guérirez. Si vous voulez être en bonne santé, protégez-vous des mauvaises pensées et des mauvais désirs. Les humains se créent les souffrances et les tourments eux-mêmes : si quelqu’un de leur connaissance a obtenu un poste important, ils vont chercher un moyen de le discréditer et de lui faire perdre sa place. Le sens de la vie ne se résume pas à scruter les erreurs des autres, ni à chercher à les discréditer, mais il se trouve dans le travail que vous réalisez. Si vous êtes sculpteur, faites bien le travail qui vous est assigné ; si vous dormez, laissez la nature faire son travail sans entrave. Ce sommeil est divin, il apaise l’homme et lui apporte la bénédiction divine. Le sommeil de Jacob qui s’est endormi et s’est réveillé avec la pensée de Rachel était aussi divin. Cet homme, pragmatique et malicieux, grandissait moralement en pensant à Rachel. Tant qu’il ne pensait pas à Rachel, Jacob travaillait pour l’argent ; dès qu’il se mettait à penser à elle, il était prêt à travailler gratuitement. Ainsi, aux gens qui s’interrogent sur la date à laquelle le monde s’arrangera, je dis : le monde s’arrangera lorsque tous, enseignants, prêtres, prédicateurs, mères et pères se mettront à travailler gratuitement. Chacun doit travailler avec désintéressement, avec amour. Celui qui ne sert pas Dieu, ne peut s’anoblir. Ainsi, Jacob a compris aussi ce qu’est servir Dieu, c’est-à-dire l’amour. Où trouverons-nous Dieu ? Dans Rachel qui représente l’amour. Le caractère humain est mis à l’épreuve par Rachel, c’est-à-dire par l’amour. Un français a vécu longtemps en Afrique et y a gagné une grande fortune. Il a décidé de revenir en France pour y passer le reste de ses jours. Il avait deux cousins chez qui il pensait loger puisqu’il n’avait pas l’intention de fonder un foyer. Pour choisir chez qui habiter, il a réfléchi à un moyen de tester leur désintéressement et leur gentillesse. Il a parlé à chacun d’eux en ces termes : « J’étais riche, j’ai gagné une fortune en Afrique, mais j’ai tout perdu et je reviens à Paris pour mourir dans ma ville. Qui de vous deux peut m’accueillir ? » L’un a dit : « Viens chez moi un temps. » Mais, à peine une semaine après, il lui a dit : « Cherche-toi un autre endroit, tu ne peux pas rester ici plus longtemps ». Il est allé chez son second cousin qui lui a dit : « Mon frère, tu peux rester chez moi tant que tu le souhaites. Cette maison est aussi la tienne, fais comme chez toi. » Quelques mois après, il a voulu révéler sa véritable situation et a dit à son cousin : « Je voulais vous tester pour savoir qui de vous deux est un homme, un vrai, pour rester vivre chez lui. Tu as fait preuve d’altruisme et d’amour à mon égard. Je suis riche, je n’ai rien perdu de ma fortune et je ferai de toi mon héritier. » En apprenant la vérité, le premier cousin est allé chez son parent qu’il avait chassé de chez lui, s’est excusé et l’a invité à revenir et à rester autant qu’il le souhaite. « C’est trop tard maintenant », a répondu le riche parent. Un jour, Dieu se manifestera à chacun dans les habits d’une pauvre veuve, d’un pauvre jeune homme ou d’une âme en souffrance et testera jusqu’où vous êtes prêts à L’accueillir avec amour et désintéressement ; Il testera jusqu’où vous êtes fidèles à votre idéal. Ce n’est qu’ainsi que vous comprendrez le sens profond de la vie comme Jacob a compris la signification de la haute échelle sur laquelle descendaient et montaient les anges de Dieu. Aujourd’hui encore, cette échelle est dressée, et les anges de Dieu descendent et montent sur elle. Aujourd’hui, elle est plus grande et a plusieurs branches. J’aimerais que chacun de vous voie cette échelle et comprenne, au pied de la première marche, le sens de la vie terrestre et des souffrances qui lui sont données. Les souffrances ne sont rien de plus qu’une enveloppe qui contient les bienfaits de la vie. Comme la graine est enveloppée dans son noyau pour ne pas perdre les sucs nutritifs du germe, de la même manière, les souffrances enveloppent les bienfaits qui seront donnés à l’homme lorsqu’il pourra en bénéficier. Voilà pourquoi celui qui cherche le bonheur et la félicité dans le monde doit d’abord passer par les souffrances. Le Christ dit : « Celui qui a des oreilles, qu’il écoute. » Et moi je dis : « Celui qui ne croit pas mes paroles, les vérifiera par lui-même ; lorsqu’il traversera des épreuves et des tourments, il comprendra qu’ils dissimulent les bienfaits de la vie ». Pour un mensonge, Jacob a dû servir Laban pendant vingt et un ans, et pour un meurtre, Moïse devait servir le peuple juif pendant quarante ans : chaque faute, chaque crime se rachète par les souffrances. En sachant cela, que la femme ne se demande plus pourquoi son mari la traite mal ; jadis elle s’est mal comportée envers lui ; et la domestique ne doit pas se demander pourquoi sa maîtresse agit aussi cruellement à son égard ; elle a dans le passé mal agi envers sa maîtresse. C’est la loi du karma ; suivez l’histoire de l’humanité, des peuples, des sociétés, des familles et vous verrez que cette loi agit partout avec méthode et inflexibilité. Si à l’avenir vous voulez avoir de bons fils et de bonnes filles, appliquez la loi de l’amour ; le karma se résout uniquement par l’amour. Jacob avait douze fils, mais seul Joseph était né selon la loi de l’amour. Jacob a travaillé sept ans selon cette loi, puis il s’est marié avec Rachel et a enfanté un seul fils : Joseph. Celui qui peut servir sept ans avec amour peut enfanter Joseph. Celui qui se marie de façon ordinaire sans amour, prendra Léa qu’il n’aime pas et aura d’elle plusieurs fils. La loi de la réincarnation est une loi d’expiation et de libération des erreurs commises dans le passé. Par la même loi, l’intelligence et le cœur humains naissent et renaissent. Un écrivain américain a décrit le jour où son intelligence s’est éclairée : l’avènement de cette clarté a été pour lui une grande célébration. Ce n’est rien d’autre qu’un instant de nouvelle naissance. La joie de cet homme a été aussi grande que celle d’une mère qui enfante. Comme le cri de l’enfant à la naissance, il y a aussi le cri de l’être humain dont la raison et le cœur s’éveillent. Il est sublime le moment où la raison humaine prend en mains les commandes pour piloter le destin de sa propre vie. Ce que Jacob a vu en songe, il y a quelques milliers d’années, se rapporte aux humains d’aujourd’hui, ceux du XX° siècle. Aujourd’hui déjà les anges de Dieu descendent et montent, une nouvelle culture nait, une nouvelle communauté se crée entre peuples et individus. Les souffrances que nos contemporains traversent montrent qu’ils sont dans la situation d’une femme qui accouche ; lorsqu’elle enfante, les anges commencent à s’incarner dans la raison et le cœur des humains, un par un. Dieu qui envoie ses anges, s’enquiert des conséquences. Il sera donné à chacun la possibilité d’entendre comment Dieu parle. Sortez tôt le matin au printemps, lorsque la nature s’éveille, lorsque les fleurs s’épanouissent et recueillez-vous en vous-même pour entendre le doux murmure de Dieu. Si votre ouïe est développée, vous entendrez une douce musique à peine perceptible qui apporte paix, sérénité et joie dans l’âme. Si vous allez en forêt, vous entendrez le bruissement des feuilles telle une mélodie subtile et agréable. Plus l’ouïe de l’homme est développée, plus grande est la chance d’entendre la douce voix de Dieu. Il ne parle pas beaucoup, Il dira un seul mot, mais qui restera gravé pour les siècles des siècles. Si les jeunes amoureux n’oublient pas les mots qu’ils se disent ou qu’ils s’écrivent, combien plus fortes sont les paroles de Dieu. Quelle fille ou quel garçon ont oublié les 3 mots, je t’aime, qu’ils se sont dit autrefois ? Un jeune homme a raconté ce qu’il a vécu : pour plusieurs raisons, il a sombré dans le désespoir au point de songer au suicide. À ce moment, la douce voix de son ami, dans la chambre d’à côté s’est faite entendre. Il a écouté le chant qui arrivait à ses oreilles et a clairement perçu les paroles suivantes : « Je ne pense qu’à toi et jamais je ne t’oublierai. » Elles l’ont tellement bouleversé qu’il a renoncé à se suicider en se disant : « Il y en a Un qui pense à moi, c’est suffisant pour rester en vie et se réjouir de tout ce qui m’a été donné. » En sachant que quelqu’un est là pour penser à vous, ne vous découragez pas. Si une seule pensée peut vous faire aimer la vie, combien devriez-vous l’aimer encore plus en sachant les soins que l’on vous prodigue, les efforts, le travail, venant non pas d’une seule mais de plusieurs créatures. Écoutez les paroles de chaque être humain pour comprendre leur sens, comprendre l’appel de l’âme humaine qui implore pour sa libération. Si vous entendez quelqu’un se lamenter sur la vie et implorer la mort, sachez qu’il veut mourir comme la fleur sur l’arbre ; il doit être fécondé et le fruit qui en résulte doit mûrir. En ce sens la mort n’est qu’un symbole, le passage d’une vie à une autre. Lorsqu’il meurt, l’homme renaît ; lorsqu’il naît, il meurt à nouveau. Par conséquent, celui qui veut vivre, être libre, doit renoncer aux soucis quotidiens de la vie. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas penser ; pensez, mais sans vous tracasser. Chacun doit déterminer le programme de sa vie et tendre à sa réalisation sans anxiété. Si vous avez un père comme Jacob et une mère comme Rébecca, dites-leur : « S’il vous plaît, ne m’enseignez pas le mensonge, je n’ai pas besoin d’une telle leçon. » Si vous avez un oncle comme Laban, dites-lui de ne pas abuser de l’amour de ses proches. Beaucoup de jeunes filles et de jeunes hommes sont plongés dans le malheur uniquement parce que leurs parents s’opposent à leurs choix : laissez chacun trouver le garçon ou la fille que son cœur choisit. S’ils commettent une erreur, ils souffriront et répareront eux-mêmes cette erreur ; au moins ils souffriront par amour. Aucun être dans le monde n’est à l’abri des souffrances. Les souffrances pour des idées ont un sens, elles élèvent l’être humain. Il est préférable de souffrir pour une idée plutôt que de n’en avoir aucune. Lorsque la femme enfante et que les enfants vivent longtemps, ses peines et ses souffrances sont justifiées ; mais si ses enfants meurent, ses souffrances ne sont pas justifiées. Les pensées et les désirs des humains naissent aussi, vivent un certain temps et meurent. S’ils meurent aussitôt après leur naissance, une telle vie n’a pas de sens. Donnez la possibilité aux bonnes pensées, aux bons désirs en vous de vivre longtemps, de donner des fruits dont vos proches et vous-mêmes profiterez. L’homme a une âme qui veut aimer ; l’homme a une intelligence et un cœur qui veulent se développer normalement. Qu’est-ce que vous deviendrez si vous tuez la vie de l’intelligence, du cœur et de l’âme ? Quelle est cette vie dans laquelle ni l’intelligence, ni le cœur, ni l’âme ne participent ? Agissez librement, sans tromperie, sans vol ni meurtre, car chacun obtient ce qu’il mérite. Chaque pensée mensongère et illicite, enfantée par l’homme, le poursuivra toute sa vie, sur la terre et au Ciel. Travaillez correctement et raisonnablement pour vous, pour vos proches et pour votre peuple. En travaillant de cette manière, vous viendrez de nouveau sur terre, mais dans de meilleures conditions. Ce qu’il adviendra d’un peuple ou d’un autre ne doit pas vous affecter, l’âme est plus importante que le peuple. Un homme qui apporte la paix, la prospérité aux humains vaut mieux qu’un peuple entier qui apporte l’affliction, la souffrance et la destruction à l’humanité. Où est le grand empire romain ? Il s’est désagrégé, mais le romain n’a pas disparu. Au même moment vivait dans le monde un véritable Homme qui a été crucifié au milieu des criminels, mais Ses idées existent et régissent encore le monde aujourd’hui ; Il vaut mieux que tout l’empire romain. Ce grand homme était le Christ. Aujourd’hui, tous les Bulgares veulent savoir ce qu’il adviendra de la Bulgarie. Si elle suit les chemins de Dieu, aucun mal ne lui arrivera. Chacun doit œuvrer pour son développement individuel, donner libre cours à ses pensées et à ses désirs vertueux en se libérant progressivement de la peur ; votre peur diminue à mesure que votre vertu augmente. Si vous avez le caractère de Jacob vous allez nécessairement souffrir. Rebecca, Laban et tous les autres types d’humains récoltent ce qu’ils ont semé. Aujourd’hui, la plupart des gens ont pris les clés du monde matériel dans leurs mains et, où que vous alliez, ils vous disent : « Payez une contribution » ; si quelqu’un prêche, il veut aussi être payé. Il faut avoir au moins une vocation qui implique de travailler sans être payé. Il n’y a pas de vocation plus sacrée pour l’homme que de servir Dieu avec amour. Celui qui sert Dieu dit toujours la vérité ; le monde a besoin de ces créatures-là, ils sont les descendants de Rachel. Pouvez-vous jouer le rôle de Rachel, faire paître vos moutons comme elle ? Pouvez-vous côtoyer les bergers et être honorable ? Combien une femme doit-elle avoir d’hommes, et combien de femmes un homme doit-il avoir ? Un homme et une femme. Autrement dit, on doit avoir une intelligence et un cœur. Deux intelligences, deux cœurs divisent l’humain et chaque scission engendre le mal ; une intelligence, un cœur et une volonté mènent vers le bien. Lorsque l’épouse cesse d’aimer son mari, ses ailes tombent ; lorsque le mari cesse d’aimer sa femme et en convoite une autre, il commet un adultère. L’amour doit être pur et désintéressé. Laban aussi aimait Jacob, mais il l’a manipulé. La femme doit chercher à être comme Rachel pour enfanter Joseph. Si les hommes et les femmes donnent naissance à des enfants comme Joseph, ils seront des hommes et des femmes élus, ils formeront un peuple élu. « Les anges de Dieu descendent et montent sur elle. » Ils demandent aux jeunes filles bulgares : « Êtes-vous prêtes à enfanter des fils comme Joseph ? » Ils demandent aussi aux jeunes hommes bulgares : « Êtes-vous prêts à donner naissance à des fils comme Joseph, êtes-vous prêts à bien vivre ? Si c’est le cas, nous viendrons en Bulgarie. » Joseph est venu en Egypte pour sauver ses habitants d’un péril : la mort par la faim. Quand les anges viendront-ils dans le monde ? Cela dépend de vous : ils peuvent venir dans une heure ou dans plusieurs années. Lorsque vous laisserez à votre âme et à votre esprit la place pour se manifester, un ange de Dieu descendra. Il vous reconnaîtra et vous le reconnaîtrez. Si vous dites : « Nous sommes fautifs », il répondra : « Ne pensez pas à vos péchés, nous ne nous occupons pas du passé, et même pas du présent. Le passé et le présent sont importants en tant que conditions pour l’avenir. Un avenir grandiose s’ouvre devant vous, travaillez pour lui. » Si on m’apporte une chemise souillée, je ne demande pas pourquoi elle est sale et à qui elle appartient, mais je la mets dans une bassine et je la lave à l’eau pure jusqu’à ce qu’elle soit propre. Quand votre chemise est propre, protégez-là contre les salissures. Aspirez à l’amour qui nettoie et élève le cœur humain. Qui purifie et élève Jacob ? Rachel, sa bien-aimée. Dieu lui dit : « Je te donne Rachel, aime-là et ne penses pas à d’autres femmes. » Jacob, qui se nomme aujourd’hui Israël, vit d’une nouvelle façon, pas comme autrefois. C’est pour cette raison qu’il rejoint les élus, les érudits, les scientifiques qui apportent la lumière dans le monde. Ils se sont sacrifiés pour l’humanité. Aujourd’hui, tous sont au pied de l’échelle et regardent son sommet d’où Dieu leur demande : « En descendant et en montant sur cette échelle, comment envisagez-vous de vivre ? Allez-vous encore tromper vos frères et sœurs, vos pères, vos mères et vos proches ? Allez-vous chercher d’autres hommes et d’autres femmes, ou allez-vous aimer uniquement ceux que Dieu vous donne pour votre développement ? » Puis, Il se tourne vers les pères et les mères et Il les interroge : « Allez-vous encore vendre vos fils et vos filles ? – Nous avons beaucoup souffert, Seigneur. » Dieu ne compatit pas à ceux qui souffrent, Il est joyeux car Il sait qu’ils enfanteront. Dieu dit : « Tout comme Je me délecte des fleurs épanouies dans les jardins, Je me réjouis de vos enfants qui jouent, qui courent et qui sont joyeux en savourant le monde divin. » Vivre pour l’amour, se réjouir et se délecter du monde est quelque chose de grandiose. Alors, la vie de tous les humains, hommes, femmes, enfants, se transformera en chant et prière, le monde se transformera en jardin de paradis. Cela se réalisera, mais une chose est demandée à l’homme : descendre et monter sur l’échelle dont le sommet atteint le Ciel. Celui qui ne s’éloigne pas de l’échelle y puise les bienfaits de la vie. Il se trouve dans la situation de ces arbres qui poussent au bord des rivières : ils puisent l’eau et se développent vite ; ceux qui sont loin des cours d’eau sont menacés de mort. Les bienfaits divins, amour, sagesse, vérité, justice descendent sur l’échelle de Dieu ; soyez éveillés pour les utiliser. Creusez dans vos jardins une rigole pour accueillir au moins un ruisseau de cette grande abondance, ce n’est qu’ainsi que vous changerez votre vie et que vous entrerez dans le renouveau qui vient déjà dans le monde. Le renouveau est semblable au mois de mai : tout est éveillé, tout est sorti de son hibernation, de son cocon. Et les humains sortent aussi de leurs tombes et ressuscitent. Il est dit dans les Écritures : « Sortez, vous, les morts pour nous laisser entrer, nous, les vivants. » Que signifie ce verset ? Cela veut dire : Sortez, vous, les morts qui êtes en vie, pour nous laisser entrer, nous, les vivants qui sommes morts pour nous resaler. » Que vous soyez vivants-morts ou morts-vivants, n’ayez crainte, tout est bien pour les uns et pour les autres. Celui qui sort du tombeau est déjà pur ; celui qui y entre sera purifié et viendra de nouveau, mais pur et refait à neuf. Réjouissez-vous de la vie et soyez reconnaissants de vivre. Dans le récit sur Jacob et Esaü, j’ai exposé sept caractères dont seule Rachel est un exemple à suivre. Je souhaiterais que toutes les femmes lui ressemblent pour insuffler de grands et beaux idéaux dans tous les hommes, femmes et enfants. Je souhaiterais que les hommes soient aussi comme Rachel. Aspirez au nouvel enseignement que le Christ apporte à travers la femme ; il séchera les larmes des souffrants. À quelle femme je fais allusion ? À celle qui a le caractère de Rachel. Elle s’épanouira, donnera des fruits, et ces fruits mûriront. Alors que celle qui a le caractère de Léa devra longtemps ressemer. Les femmes doivent sauver le monde et le feront. Seules les mères peuvent sauver le monde ; celui qui croit que le monde peut être sauvé et rendu meilleur en dehors de la mère a un raisonnement erroné. Tous les prêtres, prédicateurs, enseignants, directeurs doivent s’unir autour de la mère. Le mot le plus sublime, le plus puissant est mère. Les mots Dieu, Seigneur sous entendent la mère divine. Tous parlent de l’amour, mais sans le connaître ; nous entendons l’amour de Rachel qui exige de l’abnégation chez l’homme. Sans cet amour, la nature reste cachée à l’homme. Comme on s’ouvre à ceux qu’on aime, la nature aussi ouvre ses trésors cachés à ceux qui l’aiment et qu’elle aime. Celui qui porte en lui la clé de l’amour peut pénétrer les grands secrets de l’existence. En conclusion de tout cela, je dis : six forces œuvrent dans ce monde : Rebecca, Isaac, Jacob, Esaü, Laban et Léa. Elles créent les peines et les souffrances de l’humanité et la privent de son sel. Une nouvelle force vient dans le monde, Rachel, qui apporte la lumière aux esprits humains. Partout on appelle : « Que les femmes aillent sur le champ de bataille ! » Lorsque les hommes resteront à l’arrière et que les femmes iront au front, le monde se redressera. Dieu, les anges, les saints ont une grande foi dans les femmes, et moi aussi j’ai une grande foi en elles. Par conséquent le monde se redressera lorsque les hommes deviendront des fils et des frères bien-aimés des femmes. Sofia, 8 avril 1917 [1] Il eut un songe : voici, qu’était dressée sur la terre une échelle dont le sommet touchait le ciel ; des anges de Dieu y montaient et y descendaient. (Génèse 28, 12)
  14. Le Sel Vous êtes le sel de la terre ; mais si le sel perd sa saveur, avec quoi le salera-t-on ?[1] Matthieu 5:13 Le Christ débute son sermon sur la montagne par les neuf béatitudes. Les béatitudes dont Il parle ont un rapport à un autre monde qui n’est pas le monde terrestre. Pour les humains, sur la terre, le Christ dit : « Vous êtes le sel. » Je parlerai du sel car, sans sel, il n’y a pas de vie possible sur terre. Le monde physique est celui du sel alors que le monde des anges est celui de la lumière. « Vous êtes le sel… », qui est ce vous ? Ne prenez pas ce mot au sens strict. Vous désigne tous ceux qui ont la foi et qui ont une conscience divine éveillée ; tous les humains qui ont cette conscience éveillée sont le sel de la terre. Tous les occultistes, kabbalistes, mystiques désignent par le mot sel une force qui équilibre, cet ingrédient de la force qui maintient les choses en équilibre. Pour marcher dans les rues il faut garder l’équilibre ; lorsqu’on bâtit les navires, on les leste avec du sel, pour garder l’équilibre et ne pas chavirer dans les vagues. Le mot sel désigne cette force qui densifie la matière, la protège contre la décomposition et permet aux forces supérieures d’agir dans le monde. Le sel est un élément nécessaire sur terre pour la santé du corps humain. Lorsque l’organisme perd son sel, il perd sa base, ce qui est le déclencheur de toutes les maladies. On dit de quelqu’un : « Il est névrosé », je dis : il a perdu son sel, son système nerveux a perdu son sel, son énergie s’écoule. Si nous regardions d’un œil clairvoyant les nerfs et les artères d’un névrosé nous verrions des fissures à plusieurs endroits d’où s’écoule son énergie. Un tel homme est faible. Pourquoi ? Parce qu’il a perdu le sel divin qui est une force essentielle : elle soutient la vie humaine sur terre. Quelles sont les raisons de la perte de ce sel ? Ce sont d’abord les passions humaines mal maîtrisées. Après chaque crise passionnelle, quelle que soit sa nature, l’homme est la proie d’une faiblesse ; vous l’avez tous éprouvé. Les passions ne sont pas utiles aux hommes qui ont du sel, mais uniquement à ceux qui n’en ont pas. Le Christ dit à ses disciples : « Vous êtes le sel et si le sel perd sa force, c’est-à-dire sa saveur, il ne vaut rien, sinon à être jeté dehors et foulé par les hommes. » Et pourquoi précisément fouler le sel sans saveur ? Le foulage est une action qui sert à rétablir la saveur du sel. La souffrance est un foulage : les anges vous jettent dehors au milieu des humains et vous devenez faibles car vous n’avez plus de saveur : si vous êtes riches, vous vous appauvrissez ; si vous êtes intelligents, vous vous abêtissez. Vous perdez votre sel et vous perdez ainsi le sens de la vie et tous les courants de pensées contraires surviennent alors, à savoir, doit-on se marier ou non, avoir ou non des enfants, aimer son épouse ou non, etc. La philosophie épicurienne qui exhorte à avoir beaucoup d’épouses et à tout essayer, prend le dessus. Vous pouvez tout essayer, mais vous serez alors jetés et foulés par tous les gens raisonnables tant que vous ne retrouverez pas votre saveur. Viendra alors le second processus, la lumière viendra, votre discernement s’éclairera et vous comprendrez pourquoi vous souffriez. Vous comprendrez que ces choses n’étaient pas en accord avec la vie. Toute pensée, tout désir qui ne sert pas la construction de l’âme humaine et qui détruit, est inutile, c’est un dessalement. Mettez ce désir au foulage pour le resaler. Lorsqu’un mari « foule » sa femme, qu’elle se dise : « Foule-moi que je retrouve ma saveur ! » Un mari qui est « foulé » par sa femme montre qu’il manque de sel. Souvent, en Bulgarie, un dresseur d’ours rend visite aux malades, il laisse l’ours les fouler un peu, les resaler et rétablir leur santé. Cette force est présente chez chacun. Les contemporains ou les occultistes la nomment différemment ; l’une des appellations est le magnétisme. Lorsqu’il a ce sel, l’homme est magnétisé. Lorsque vous avez ce sel, vous sentez une agréable chaleur sous la langue, vous vous levez le matin bien disposés ; si vous n’avez pas de sel, vous vous levez indisposés et vous invectivez le premier venu, vous lui sautez dessus, vous vous mettez en colère. Et cette colère indique que vous demandez à être foulé un peu pour vous resaler. Celui qui viendra le fouler possède ce sel et rétablira tout de suite l’équilibre du colérique. Je veux que vous vérifiiez par l’expérience les choses que je vous expose pour constater le résultat. Seul celui qui a une conviction profonde sur les choses et qui les vit est fort, mais si vous êtes crédules face à tout le monde, vous êtes sans sel. Je crois que Dieu s’adresse aux humains selon le sel qu’ils ont en eux. Si tu as du sel, Il te dira : « Lorsque tu te lèveras, tu iras dans le potager pour y travailler, tu iras dans le champ pour le semer ». Si tu es juriste, tu iras t’occuper de tes affaires judiciaires, etc. et vous Le comprendrez. Si tu n’as pas de sel, tu seras foulé, dépouillé de ton argent, de ton épouse, des enfants, de la maison. « Du foulage est nécessaire, dit le Seigneur, pour ceux qui ne savent pas accomplir leur travail sur terre. » Les gens se demandent souvent pourquoi le monde ne fonctionne pas si bien que cela. Le monde manque de sel. Donnez du sel aux humains ! Il n’en faut pas beaucoup, juste un quart de kilo du sel dont je vous parle. Vous pourrez resaler l’ensemble du peuple bulgare et il deviendra un peuple merveilleux en l’espace de cent ans. Savez-vous combien de temps doivent fonctionner vos usines pour fabriquer ce sel ? Un scientifique a fait des calculs sur la matière primitive à l’origine du cosmos et a prouvé qu’elle était des milliers de fois plus légère que l’hydrogène, et que pour obtenir un gramme de cette matière primitive, il fallait que toutes les usines travaillent trois mille ans. Vous êtes le sel, et pour obtenir ce sel il faut y consacrer toute une vie. Si tu as un gramme de ce sel, tu seras l’homme le plus riche du monde et où que tu ailles, tu soigneras les gens. Lorsque tu entreras dans une maison où l’homme et la femme se querellent, donne un peu de ce sel, alors la paix et l’entente s’instaureront tout de suite. Des enfants se querellent : donne un peu de sel ; des juristes polémiquent : donne un peu de ce sel ; des peuples guerroient : donne un peu de ce sel et la paix et l’entente se rétabliront entre eux. Vous vous dites : « Quel est élément alchimique de ce sel, quelle puissance cache-t-il ? » Un prêtre qui a de ce sel inspirera le silence à tout le monde en entrant dans l’Église. Les humains sont demandeurs de ce sel et si vous n’en avez pas, n’espérez aucune réussite. Ce que je vous dis n’est pas un jugement, je ne juge personne, mais je cite seulement un défaut propre à tous et pas seulement aux bulgares. Chacun sur terre a des défauts ; si nous étions parfaits, nous serions parmi les anges, auprès de Dieu. Mais parce que nous devons nous instruire, Dieu nous a envoyés sur terre, le lieu de sagesse où s’enseignent ces leçons grandioses. Je prêche aujourd’hui sur le sel, pourquoi ? Vous voulez tous être heureux. C’est vrai, chacun peut être heureux, mais vous devez acquérir l’art de retenir ce bonheur et non seulement de l’obtenir. Vous vous levez le matin bien disposé en disant : « Comme je suis heureux ! » Cinq ou dix minutes après vous perdez ces dispositions, ce bonheur. Pourquoi ? Vous n’avez pas de sel en vous. Le sel désigne le monde et toutes ses formes. Comme vous ne savez pas retenir une essence sans formes, je dis alors que le monde est réel-authentique et réel-fictif. Le monde réel-authentique est celui qui a toutes les formes et leurs contenus, et le monde réel-fictif est celui qui a des formes sans contenu. Il y a des humains réels-fictifs car ils ont un corps mais pas de sel. Si vous n’avez pas de sel vous ne pouvez pas comprendre ce qu’est la lumière divine, la bonté et l’amour divins. C’est seulement par le biais du sel et dans l’équilibre de votre cœur et de votre esprit, lorsqu’ils seront apaisés, que vous discernerez ce monde Divin. Le Christ dit : « Le sel qui a perdu sa saveur doit être jeté dehors et foulé aux pieds. » C’est pourquoi j’ai plusieurs fois parlé de l’utilité des souffrances : elles sont le chemin du resalage, le resalage est le chemin vers la lumière, la lumière, le chemin vers l’amour, et l’amour, le chemin vers Dieu. Si nous nous engageons sur le chemin, à la quête de Dieu, le monde prendra toute de suite une autre apparence que celui qu’il a maintenant. Vous tous qui m’écoutez ce matin, vous pensez parfois que le monde a un sens et parfois qu’il n’en a pas et qu’il est accablant. Vous avez des amis, ils ne vous comprennent pas ; des enfants, ils ne vous aiment pas ; des croyants comme vous, ils ne vous soutiennent pas. Tout l’art est de comprendre sur qui repose la faute ; est-ce que c’est eux qui manquent de sel ou bien vous. Le vrai est du côté de celui qui a le sel ; le faux est du côté où l’on manque de sel. Puisque tu n’as pas de sel, tu diras : « Il faut que je me laisse fouler ». Tous les humains sont des particules de Dieu, dans tous les cas ce sont les mains et les pieds divins qui vous foulent. C’est mille fois plus agréable que de se faire fouler par un ours comme les bulgares le pratiquent. Un anglais a relaté un épisode de sa vie : il s’était rendu aux Indes pour étudier la vie des autochtones. Sportif amateur, il avait pris un jour son fusil et était allé chasser en forêt. Il portait le fusil de la main droite lorsqu’un coup puissant sur son côté gauche l’a projeté à terre. Cette attaque était portée par une tigresse qui l’a pris et emporté dans sa tanière, avec ses tigreaux. La tigresse a dit aux petits : « Tenez cet anglais, piétinez-le bien, donnez-lui une bonne leçon et s’il tente de dégager sa tête, piétinez-le encore. » L’anglais a essayé de lever la tête pour voir ce qui se passait, mais la tigresse a dit : « Ne regarde pas en haut, tu ne verras rien, j’éduque mes enfants ». « Je n’étais pas tant traumatisé par ma fracture au bras – a dit l’anglais – que d’avoir la tête piétinée sans même pouvoir regarder. » Tous ceux qui n’ont pas de sel tomberont dans les griffes du tigre. Lorsque certains jeunes se choisissent par amour, ils vont à l’Église, le prêtre prie pour eux, tous les embrassent. Un mois plus tard ils se séparent : le tigre a pris la jeune mariée ou le jeune marié. Ces gens ont perdu leur sel et sont jetés dehors. S’ils divorcent, c’est qu’ils ont perdu leur sel ; il ne faut pas assembler de telles personnes. Homme ou femme, qu’ils procèdent au foulage. Les bulgares se soignent ainsi, c’est un agréable massage, une plaisante friction. Ce sel est utile pour vous, pour l’organisme sur le plan physique, pour vos pensées et vos sentiments. La loi est la même pour le monde physique, pour le monde angélique et pour le monde divin. Les philosophes contemporains nomment les qualités du monde spirituel différemment ; par exemple, ils appellent moral, l’homme qui a du sel, et amoral, l’homme sans sel. On dit pour quelqu’un : « Cet homme est extrêmement intelligent, raisonnable » ; on sous-entend que la loi de l’équilibre agit en lui, qu’il a du sel. La raison, c’est le sel, le mot raison désigne donc cet état dans lequel toutes les capacités humaines ont de bonnes conditions de travail. Le sel constitue le terreau. Sans sel, il ne peut rien y avoir dans le monde ; sans sel, même la terre serait un désert et tout périrait. Le sel est un engrais accumulé depuis des années. D’autres forces viennent après lui pour bâtir notre organisme. Pour ne pas perdre votre sel, il faut vous protéger des désirs illicites. Je vais vous relater un mythe : jadis est née dans un palais royal une fille, la plus belle jeune fille au monde. Lorsqu’elle a grandi, son père lui a trouvé comme compagnon pour la marier un jeune homme vertueux. Ces jeunes étaient si aimables au regard du Ciel que le Seigneur a envoyé un ange pour le représenter à leur mariage sur terre. Lorsqu’il est venu sur terre, l’ange est tombé amoureux de la jeune fille et n’a plus voulu retourner au ciel ; il a commencé à ourdir un plan pour la conquérir. Le Seigneur l’a attendu un jour, deux jours, un mois, l’ange ne revenait pas. Lorsqu’Il a compris de quoi il en retournait, le Seigneur l’a transformé en oiseau pour lui montrer les conséquences désastreuses des désirs illicites : pour errer d’arbre en arbre en étant mis à l’écart par les autres oiseaux. Il a ainsi volé d’un arbre à un autre, mais tous les oiseaux le fuyaient. Il s’est attardé un jour sur un arbre pour se plaindre de son sort ; à ce moment-là, quatre brigands sont venus pour partager leur butin. Ils ont tout partagé en parts égales, puis deux parmi eux ont décidé d’aller en ville acheter de la nourriture et du pain pour organiser un festin. Ils sont allés acheter la nourriture, mais l’idée leur est venue de mettre du poison dans le repas pour empoisonner les deux autres et se partager ainsi leurs parts. Les deux brigands restés sous l’arbre ont décidé, en attendant leurs complices, de leur tirer dessus et de s’accaparer leur butin. L’ange a compris le mal projeté par les uns et les autres. Lorsque les deux brigands se sont rapprochés, les deux autres les ont assassinés alors qu’ils étaient encore loin, puis ils ont mangé la nourriture apportée, mais ils se sont empoisonnés. C’est alors que l’ange a compris les conséquences des désirs illicites et les raisons de sa souffrance. Lorsque le Seigneur vous envoie à une noce à laquelle Il prend part, n’ayez pas le regard de cet ange. Si tu es un homme, garde toi de dire : « Elle sera à moi », ou si tu es une femme : « Il sera à moi », car vous chanterez longtemps en haut des arbres ! Je vous demande : « N’êtes-vous pas ces oiseaux jetés du Ciel ? » Certains demandent : « Dis-nous pourquoi nous sommes descendus du Ciel ? » Nous sommes tous descendus pour apprendre que les désirs illicites ont des conséquences néfastes et pour comprendre qu’un homme sans sel est loin de Dieu. Les humains veulent la liberté et c’est pourquoi le Seigneur les envoie sur terre en leur disant : « Vivez selon la loi de Ma liberté ». C’est la propension des humains à exiger la liberté pour eux seuls qui est néfaste. Selon la loi divine, nous devons comprendre les rapports qui existent entre nous. La loi du sel est celle-ci : ce que tu souhaites pour toi, ne le refuse pas aux autres, donne-leur la possibilité de développer eux-aussi leurs capacités. Si quelqu’un a un champ ou un potager, ne l’envie pas, mais remercie qu’il ait tout. Tu vois quelqu’un à cheval ; ne dis pas : « Oh, si seulement ce cheval était à moi ! », remercie qu’il ait ce cheval, il le mérite. Tu vois une belle maison, bien meublée, ne la convoite pas. Si tu as du sel, tu auras tout ce dont tu as besoin. Dites au Seigneur : « C’est du sel que je veux désormais. » Pour convaincre nos contemporains de cette grande vérité, il faut longtemps argumenter avec certains, prouver par l’expérience avec d’autres, et se comprendre tout de suite avec les troisièmes. Avec ceux qui n’ont pas une vision spirituelle développée, il faut argumenter ; c’est comme palper le monde spirituel. Par une approche méthodique, pas à pas, ils se créent progressivement une idée sur les choses qu’ils ne peuvent pas appréhender d’un seul coup. Dans nos réflexions sur Dieu, nous utilisons la même analogie pour nous faire une idée de Lui. Toutes les écoles philosophiques avec leurs volumes épais qui traitent de Dieu ne sont que des palpations ; les unes plus près, les autres plus loin de la vérité. Certains ont effleuré le petit doigt de Dieu et disent : « Quels petits doigts Dieu a ! » ; un autre a effleuré sa main et dit : « Quelle grande main Dieu a ! » ; quelqu’un a effleuré son épaule ou sa tête et tire ses conclusions à partir de cela. Mais ce n’est que le côté extérieur de Dieu : la nature manifestée. Il serait étrange si quelqu’un, monté sur le toit de ma maison disait : « Je comprends maintenant Monsieur Deunov : il est ferme car je touche une charpente très ferme ». Si quelqu’un effleure quelque chose de souple, il dira : « Comme Monsieur Deunov est souple ! » Je peux être en même temps ferme et souple. Qu’entendez-vous par ferme ? Ferme comme un roc ou ferme dans ses convictions. Par conséquent, les palpations extérieures ne peuvent pas donner une idée précise sur les choses, mais uniquement quelques idées confuses. Si vous n’avez pas assez de sel, vous n’aurez pas de saveur et vous direz : « La vie ne consiste qu’à boire et à manger. » Je ne suis pas contre se nourrir, ne pensez pas cela puisque si l’homme est venu sur terre, il mangera et boira. Je ne recommande pas de s’affamer, de pratiquer un jeûne excessif ; je comprends le jeûne autrement : que chacun mange autant qu’il est nécessaire pour le renouvellement de son corps. Chaque jour nous devons ingurgiter une certaine quantité de pain, d’eau et d’air pour bâtir notre corps. Certains pensent que s’ils ne mangent pas ils seront meilleurs ; non, si tu ne manges pas, tu seras plus mauvais. Tu veux rendre l’homme meilleur ? Nourris-le s’il a faim, désaltère-le s’il a soif. Et quand tu le nourriras avec du pain et de l’eau, donne-lui un peu de ton sel et il deviendra meilleur ; si tu ne le nourris pas, tu commets un crime. Si tu rencontres quelqu’un qui veut se suicider de désespoir, ne lui donne pas de conseils pour l’en dissuader, mais prends-le chez toi, nourris-le, désaltère-le selon ta coutume et une ou deux heures après, lorsqu’il aura digéré, dis-lui : « Discutons un peu à présent ». Laisse-le reprendre ses esprits et exposer pourquoi sa vie est si sombre. Donne-lui des indications et montre-lui le chemin à prendre, c’est pour cela que le Seigneur te l’a envoyé ce jour-là. Souvent nous prions : « Notre Père qui es aux Cieux, que Ton nom soit sanctifié, que Ton règne vienne, que Ta volonté soit faite », mais si tu n’accomplis pas Sa volonté comme Il te l’indique, c’est que tu es sans sel ce jour-là. Expérimentez ceci : si vous n’êtes pas bien disposés, allez voir un proche qui est encore plus malheureux, conviez-le chez vous, nourrissez-le et sans vous en rendre compte, Dieu vous resalera tous les deux. Une femme, mécontente de son mari, en rencontre une autre encore plus affligée ; réunies ensemble à discuter, toutes deux seront resalées en même temps par Dieu. C’est une philosophie chrétienne positive. On dit souvent : « Il ne faut pas manger trop de haricots, ni de viande, ils laissent des déchets », mais demandez-vous pourquoi les gens mangent autant. Pour obtenir du sel. Lorsqu’ils auront obtenu assez de sel, ils ne mangeront plus autant. Lorsque vous serez normaux, alors nous pourrons parler d’une philosophie supérieure de la vie. Vous pouvez faire l’expérience suivante puisque vous êtes du monde réel. Vous pouvez vous dire : « Deunov a eu l’idée de nous parler du sel ! Comme si nous ne savions pas l’importance qu’il a pour nous ? » Je vous parle sur le sel pour vous faire faire l’expérience suivante : arrêtez-vous, méditez cinq à dix minutes sur le sel, son influence sur l’organisme, les sentiments, l’âme et l’esprit, et voyez alors s’il y a un changement en vous et ce que vous ressentirez. Pourquoi est-ce précisément le sel qui est un élément tellement actif ? Souvent les gens me confient qu’ils sont indisposés, malheureux et je leur dis : « Je le sais car je suis aussi sur terre. – Oui, mais ta situation est très différente de la nôtre ». La différence est uniquement dans la plus grande quantité de sel que j’ai. Je te donnerai de mon sel, mais tu devras bien l’utiliser et le rationner. Lorsque tu as un peu de ferment, garde un peu de ce « sel » pour la fois suivante ; quand vous mangez du lait fermenté, gardez un peu de ferment. Je recommande aux gens d’aujourd’hui de ne pas tout manger jusqu’au bout, car Dieu leur enlèvera du sel. Vous ressemblerez alors à ce Bulgare qui a pris un crédit pour s’acheter des objets superflus. Le prêteur, en voyant ça, a voulu récupérer son argent pour le recompter, mais au lieu de le redonner ensuite à l’emprunteur il lui a dit : « Tu n’es pas quelqu’un qui peut manier l’argent et tu ne le mérites pas ». Lorsque Dieu voit que vous n’utilisez pas la vie convenablement et en abusez, Il la reprend. Combien parmi vous étaient jadis en bonne santé, joyeux et heureux, alors que vous êtes anémiques aujourd’hui. Pourquoi ? Parce que vous ne savez pas utiliser la vie. Lorsque vous aurez du sel en vous, vous serez en bonne santé, sains de corps et d’esprit. Concentrez-vous sur le sel, sur cet élément d’équilibre et d’élévation, et tâchez de le comprendre. Cet élément est nommé prana par les hindous, c’est-à-dire une force qui porte la vie en soi. Il se trouve dans l’air, dans la nourriture et dans l’eau ; c’est de là qu’il est extrait. Je vous dirai maintenant comment vous nourrir – nous commençons dans ce monde par la nourriture – : lorsque vous commencez à manger, la première condition est de rejeter tout mécontentement. Même si vous avez peu de pain, il vous faut l’entourer d’amour pour que l’énergie qu’il contient puisse pénétrer votre organisme, après quoi vous sentirez une quiétude. Alors que maintenant que se passe-t-il ? La femme cuisine quatre heures d’affilée, elle a tout mis dans le plat pour lui donner de la saveur et en effet son plat est excellent ; l’homme rentre mécontent, renfrogné ; la femme en est échaudée et tout le sel se perd. Le lendemain, c’est la femme cette fois-ci qui est contrariée. Vous mangez et n’assimilez rien de ce sel car vous êtes mécontents. L’homme et la femme sont mécontents. L’homme dit : « C’est une femme, elle ? », les enfants disent : « C’est une mère, elle ? » C’est ensuite l’homme qui achète de la viande, du beurre et des œufs, et tous sont encore renfrognés à la maison. Pour être content, prépare-toi et dis : « Tout est excellent, ma chère. » Lorsque vous mâcherez la nourriture, alors vous verrez comme elle peut être savoureuse, quelle quiétude, quel bonheur et quel contentement vous allez éprouver. Maintenant, vous vous plaignez : « Comment vivre avec un quart de pain ? » Il y a assez de sel dans un quart de pain pour vivre, mais c’est notre mécontentement qui crée les troubles. Vous vous dites : « Si mon ventre est vide, je n’ai rien à faire de ce repas ! » C’est ton intelligence et ton cœur qui sont vides et pas ton ventre. J’ai fait des essais divers avec la nourriture, j’ai mangé deux pommes et un peu de pain et j’ai été satisfait. Ce n’est pas l’abondance, mais parfois c’est le peu qu’il faut bénir avec reconnaissance. Ne méprisez pas ces grains de sel dans le monde, ils sont comme le petit grain de blé qui engendre de grandes choses. La première chose à faire est de rééduquer ce sentiment de mécontentement qui subsiste en nous. L’homme apporte un quart de viande, un quart de pain à la maison – que Dieu soit remercié pour cela. Ils vont alors se multiplier, car il y a une force dans le magnétisme vivant qui stipule que toutes les particules qui vibrent au diapason du magnétisme central, s’attirent. Si vous êtes contents de la nourriture que vous mangez, vous pourrez attirer autant d’éléments que nécessaire pour vous rassasier. Certains disent : « Il ne faut pas boire d’eau, c’est pour les grenouilles, pour nous c’est le vin. » Vous boirez de l’eau et cela, à jeun, de cent à cent cinquante centilitres à chaque fois. Vous boirez chaque jour un demi à un litre d’eau dont vous allez extraire la nourriture nécessaire pour vos artères. Vous respirerez profondément et cela, par le nez et non pas par la bouche pour ne pas avaler de poussière. Lorsque nos contemporains comprendront comment assimiler ces éléments : la nourriture, l’eau et l’air, l’autre bénédiction viendra toute seule. Ne pensez pas qu’en vous, en votre âme, les choses vont se construire à présent. Non, il y a en vous déjà beaucoup de sentiments mais ils sont endormis. L’âme humaine est riche et attend des conditions bénéfiques pour se développer. La première chose qui doit se développer en vous est la gratitude envers tout ce que vous avez. Surveillez votre œil pour qu’il ne soit pas comme l’œil de cet ange dont je vous ai parlé à l’instant. Si vous appliquez tous cette grande loi de la gratitude, au moins cinquante pour cent de toutes les affaires sur terre s’arrangeront. Et du coup, les anges, s’ils voient que nous avons emprunté le chemin viendront nous aider ; ne pensez pas que vous travaillez seuls dans le monde. Creusez un peu le sol pour voir combien de petits vers aident le semeur, combien de microbes préparent le sol avec l’agriculteur et combien d’autres éléments entrent dans la constitution du grain de blé. Et pourtant, nous sommes comme des enfants, toujours mécontents quel que soit le cadeau que notre père nous apporte. Chaque enfant doit remercier son père pour tout ce qu’il lui rapporte. Un enfant qui n’embrasse pas son père lorsqu’il reçoit quelque chose de lui, n’a pas de sel. Certains parents disent : « Mon petit ange » ; oui, un petit ange, mais sans ailes. Une fille qui ne remercie pas son père et sa mère et ne les embrasse pas, est un ange sans ailes. Vous qui m’écoutez, vous parlerez de la même façon aux autres. Ainsi nous vérifierons par l’expérience que ce sel est indispensable à tous. Aujourd’hui, le Seigneur foule les humains et resale le monde : les anglais et les allemands, les russes, les français et les autres. Le Bien vient désormais. Je vous souhaite, de retour à la maison, de conserver au moins un gramme de sel pour être des membres utiles à votre famille, votre société, votre peuple, et en être reconnaissants. C’est seulement alors que vous obtiendrez la vertu : vous serez intelligents, bons, travailleurs et assidus. Sofia, 25 mars 1917 [1] « Vous êtes le sel de la terre. Si le sel perd sa saveur, comment redeviendra-t-il du sel ? Il ne vaut plus rien ; on le jette dehors et il est foulé aux pieds par les hommes. » (Matthieu 5, 13)
  15. Toutes choses m’ont été accordées « Toutes choses m'ont été accordées par mon Père ! Mais personne ne connaît le Fils, que le Père ; et personne ne connaît le Père que le Fils, et celui à qui le Fils l'aura voulu révéler.[1] » Matthieu 11 :27 « Personne ne connaît le Fils, que le Père ; et personne ne connaît le Père, que le Fils. » Le mot connaissance se rapporte ici au discernement de l’homme. S’il n’est pas prêt à saisir le sens de cette grande idée de connaissance, notre discernement ne peut pas comprendre le rapport qui existe entre le Fils et le Père. Nous avons ici deux grandeurs : Père et Fils. Ils peuvent être examinés comme le rapport des nombres 1 et 3. Qu’entendez-vous par le nombre 1 ? Ce nombre est un symbole qui a du sens pour certains et pas pour d’autres, cela dépend de l’état de leur discernement. Lorsque vous dites un, une, vous pouvez entendre un homme, une femme, un enfant, mais vous pouvez aussi comprendre un cheval, une vache, un veau, etc. Lorsque vous prononcez le mot humain vous pensez savoir ce qu’est l’homme, mais si on vous demande de donner une définition exacte de l’homme vous serez embarrassés. Il est facile de dire mon fils ou ma fille, mais ces mots sont également incompris pour vous. Vous avez une notion de ce qu’est le fils ou la fille dans la mesure où vous comprenez les rapports qu’ils entretiennent avec vous. Mais le véritable rapport se définit par le lien tissé entre votre âme et l’âme de ceux que vous appelez votre fils ou votre fille. L’unité représente le père et le trois représente l’enfant, c’est-à-dire le fils ou la fille. En tant que rapport mathématique, les nombres 1 et 3 correspondent au rapport entre le diamètre du cercle et sa circonférence, autrement dit au nombre π qui est égal à 3,14 ; le diamètre est donc contenu 3,14 fois dans la circonférence. Nous retenons uniquement le chiffre entier, 3 ; le père indique donc le chemin de l’homme ; le fils, la longueur de ce chemin. Ainsi, lorsque nous disons que personne ne connaît le Fils, nous avons en tête l’infinité des combinaisons possibles. Lorsque le diamètre tourne autour de lui-même, il forme une sphère ou un globe qui indique les combinaisons et les possibilités que porte le Fils. Ne pensez pas qu’il est facile de connaître le Fils, de le faire tourner une seule fois comme une roue, et de conclure que vous avez compris son mouvement. Et lorsque vous dites diamètre, vous n’avez pas encore compris le sens profond de l’unité. Par rapport au nombre trois, c’est-à-dire à la longueur du cercle, l’unité est un diamètre, mais elle est une unité aussi par rapport à une infinité d’autres nombres : dans les mathématiques tous les nombres sont divisibles par un. Nous énonçons les nombres 1, 2, etc., ils représentent les diamètres passés dans un cercle ; le nombre 7 représente le diamètre de l’univers. Ce sont des choses abstraites, mystiques que l’homme comprendra lorsqu’il pénétrera le sens profond de la vie. En ce sens, chacun doit comprendre la place qu’il occupe dans la nature. L’homme peut être dans la situation d’un minéral, d’une plante, d’un animal et enfin, dans la situation d’un véritable homme. Tant qu’il n’atteint pas le niveau ultime, il étudie les choses pour les connaître et les comprendre. Il passe par les minéraux, les étudie et lorsqu’il a appris leurs caractéristiques, il trie les pierres précieuses des pierres ordinaires pour se parer avec elles. Lorsqu’il passe par les plantes et les animaux, il les étudie aussi : il les élève, il les nourrit, il les cajole jusqu’à les arracher ou les dépecer un jour pour s’en nourrir. L’homme rentre mécontent et agacé de son travail, mais en voyant que sa femme a préparé du poulet ou de l’agneau et des fruits en dessert, il s’égaie, s’adoucit et mange avec plaisir. Il pense avoir compris sa femme, mais cela ne dure que quelques heures. L’estomac se vide de nouveau et une nouvelle tension, une nouvelle indisposition apparaît jusqu’à ce qu’il s’alimente de nouveau. La femme et les enfants sont dans la même situation ; tous se plaignent de ne pas se connaître ni s’entendre, ils font des tentatives pour s’entendre mais demeurent des étrangers les uns pour les autres. Que signifie la connaissance ? Connaître les choses signifie les maîtriser, les avoir comme une part de soi-même, sa chair et son sang. Connaître son cheval ne veut pas dire lui mettre une bride et l’amener avec soi ; connaître les éléments ne veut pas dire les mettre dans des flacons et les garder enfermés. La connaissance sous-entend un lien intérieur, conscient, entre les choses. Ce lien est possible uniquement par le biais de l’amour. Donc, si vous avez l’amour vous connaîtrez les choses ; si vous n’avez pas d’amour, vous ne pourrez rien connaître. Quelqu’un dit qu’il se meurt d’amour, mais il peut mourir sans comprendre l’amour ; l’amour ne se trouve pas en mourant pour lui. Lorsque la jeune fille ne peut atteindre son idéal, c’est-à-dire qu’elle ne peut pas épouser celui qu’elle aime, elle clame qu’elle mourra ; cela sous-entend qu’elle veut demeurer dans l’amour, mais l’amour ne s’atteint pas par la mort. Lorsque nous parlons de foyer, de mère, de père, d’enfants, nous désignons des rapports entre les âmes reliées entre elles par l’amour ; lorsque nous parlons de l’Église, nous comprenons aussi le rapport des âmes à quelque chose qui évoque la présence divine ou celle de l’amour. Quelqu’un dit qu’il n’y a pas de salut hors de l’Église ; je traduis cette expression par il n’y a pas de salut hors de l’amour : sans amour les choses sont inertes, inconscientes, mécaniques. Le Christ dit : « Personne ne connaît le Père, que le Fils ». Cela signifie que celui qui manque d’amour ne connaît pas le Père ; celui qui a l’amour peut Le connaître. Il est dit : « Dieu est Amour », par conséquent seul l’amour reconnaît l’amour. Tu peux connaître un objet si tu as ses qualités ; tu peux connaître ton ami qui est un philosophe illustre seulement si tu as une intelligence de philosophe pour comprendre ses idées. Deux personnes dont l’une a un cœur et une âme et dont l’autre ne les a pas encore manifestés, ne peuvent pas s’entendre, pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas les mêmes traits. Une femme se plaint que son mari ne la comprend pas ; il n’a même pas encore connu Dieu et elle s’attend à ce qu’il la reconnaisse ! Tant qu’il ne connait pas Dieu, l’homme ne peut connaître personne. Celui qui ne connaît pas le Fils, ne peut connaître ni les créatures douées de raison ni Dieu. Accueillez cette pensée dans votre esprit et dans votre cœur et appliquez-la dans votre vie. Le Christ dit : « Venez à moi, éreintés et avec vos fardeaux, je vous apaiserai. Mon joug est doux et mon fardeau est léger.[2] » Le Christ appelle à lui tous les affligés pour leur apprendre l’art de porter avec allégresse leur fardeau. « Personne ne peut venir à moi si Mon Père ne l’a pas attiré », le Fils est un but auquel aspire chaque âme et le Père est la force qui attire les âmes vers ce but. Lorsque le jeune homme est attiré par une jeune fille, elle est l’objet de l’attraction, mais la force d’attraction c’est l’amour, c’est-à-dire le Père que le Christ évoque. L’on doit étudier l’amour, Dieu. Par quel moyen ? Par le Fils. Donc, le Fils c’est-à-dire l’intelligence intérieure de l’être humain doit lui apprendre à connaître son Père pour comprendre son rapport à lui-même, mais aussi à ses proches. Les contemporains traitent beaucoup de questions, mais quatre-vingt-dix-neuf pour cent parmi elles sont futiles et secondaires. Parmi cent questions, une seule est importante et les autres gravitent autour d’elle ; elles en sont le carburant. Si vous regardez attentivement un œuf, vous verrez qu’il y a en lui une petite cellule très importante, l’embryon autour duquel gravitent les autres cellules. Elles représentent les conditions et le milieu pour son développement ; c’est d’elles que sortira l’embryon. Par la même logique je dis : beaucoup de choses sont nécessaires pour connaître le Fils, mais une chose est centrale, accepter Son fardeau. Le fardeau désigne le rapport aux conditions externes et internes de la vie. Donc, vous connaîtrez Dieu seulement si vous prenez Son fardeau et si vous êtes prêts à Le servir. Servir Dieu signifie être prêt à étudier tous les sujets avec amour. Le monde extérieur ou objectif, et toutes ses manifestations, est un champ d’apprentissage pour quiconque est prêt à servir Dieu. N’est-ce pas la même chose sur terre ? Quelle que soit l’école où vous entriez : collège, lycée ou faculté, les professeurs vous donnent des leçons à apprendre et des devoirs qui sont un enseignement objectif pour vous. Celui qui est prêt à servir ses professeurs avec amour apprendra tout ce qu’ils lui enseigneront. Dieu a créé le monde pour nous et non pas pour Lui-même, donc tous les objets animés ou inanimés qui nous entourent ont leur prédestination. Nous le comprenons d’après notre corps : nous avons deux yeux, deux oreilles, un nez, une bouche, une barbe, des mains et des pieds avec cinq orteils, tout cela a une grande prédestination. Vous direz que les oreilles sont données à l’homme pour entendre et assimiler les sons ; les yeux, pour voir et discerner les choses. En plus de cette finalité apparente, les yeux et les oreilles ont une signification intérieure, psychique. Et en effet, nous rencontrons des gens qui voient et entendent, mais ne comprennent ni ce qu’ils entendent, ni ce qu’ils voient. « Personne ne connaît le Fils, que le Père. » Le mot Fils désigne le principe intelligent dans l’homme. Peu de pères aujourd’hui comprennent leurs fils. Tel père se réjouit d’avoir un fils pour qu’il travaille pour lui, ce qui montre qu’il considère son fils comme son domestique. Beaucoup de pères ont une compréhension erronée de leurs fils ; ils pensent que les fils sont redevables de tout ce que les pères font, et même s’ils s’endettent ou dilapident leurs avoirs, ils se disent : « Mes fils resteront après moi pour rembourser cela. » Leur approche envers leurs fils n’est pas bonne, pas plus que celle de leurs fils envers eux. Les rapports droits sont ceux qui reposent sur la loi de l’amour. Le fils ne doit pas compter sur la fortune de son père tout comme le père ne doit pas abuser de l’amour de son fils et se reposer sur lui. Mais, chacun des deux doit être prêt à se sacrifier pour l’autre. Puisqu’il y a de l’amour entre eux, tous deux vont naturellement travailler ensemble et s’entraider ; c’est cela des rapports justes entre père et fils. Je souhaite à l’avenir qu’un jeune homme et une jeune fille qui se marient ne se demandent plus s’ils s’aiment ou non, ce sont des questions que l’amour ne tolère pas. Souvent les jeunes se marient sans s’aimer, mais ils disent qu’ils s’aiment. Ce n’est pas permis, l’amour exclut tout mensonge et toute hypocrisie. Ne demandez pas si vous vous aimez, mais demandez à celui que vous épousez s’il est prêt à se sacrifier pour vous. S’il vous dit qu’il veut profiter de la vie, il n’est pas pour vous. Le sens intérieur de la vie se résume dans le sacrifice, l’abnégation, car la connaissance intérieure du Fils sous-entend la loi du sacrifice. Seul celui qui connaît le Fils peut se sacrifier. Lorsqu’il se sacrifie, l’homme devient fort. Lorsque vous mettez de l’eau dans un chaudron que vous chauffez, elle devient plus puissante à l’état de vapeur qu’à l’état liquide. Le sacrifice implique une loi qui permet de changer un état dans un autre, une pensée négative en pensée positive, un sentiment négatif en sentiment positif. Si le corps solide se transforme en corps liquide et le corps liquide en corps gazeux, c’est par la loi du sacrifice ; si on peut transformer la pensée ou le sentiment négatif en positif, ici aussi agit la loi du sacrifice. Si tu ne te sacrifies pas, comment transformeras-tu la haine en amour ? Vous direz que vous détestez quelqu’un ; si vous le détestez, vous êtes de la glace. Il ne vous reste qu’à vous sacrifier, c’est-à-dire vous soumettre au feu qui transformera la glace en eau et l’eau en vapeur. Tant qu’il y aura de l’eau dans la nature, il y aura de la vie dont bénéficieront les plantes, les animaux et les humains. « Personne ne connaît le Fils, que le Père. » Qu’est-ce que désigne le mot personne ? Ce mot « personne » désigne tous ceux qui ne sont pas prêts à se sacrifier. Donc, celui qui ne sait pas se sacrifier ne connaît pas le Fils. Le Fils est une loi du sacrifice. Au regard de cette loi, la poule se situe plus haut que l’être humain qui n’est prêt à aucun sacrifice - il est inerte. La poule qui se sacrifie pour l’homme a une grande valeur aux yeux de Dieu. Il est dit dans les Écritures : « Aucun passereau ne tombe sans la volonté de Dieu. » Dieu participe à la vie de toutes les créatures, des plus petites aux plus grandes. Si devant la face de Dieu vous êtes comme un oiseau prêt à se sacrifier pour les autres, faut-il avoir peur de la vie ? Dieu prend soin de vous. Si vous pensez uniquement à vous-mêmes – comment arranger votre vie au mieux – Dieu ne prendra pas soin de vous. Penser à Dieu signifie vivre pour ce qui est le plus grand au monde. Penser à soi-même, c’est vivre dans les limitations ; il n’y a rien de plus éprouvant pour l’homme que la prison et les limitations. La connaissance du Fils réside dans le sacrifice ; celui qui connaît le Fils est libre. Le Christ évoque le sacrifice comme un grand processus qui s’accomplit dans la conscience humaine. Tant qu’il ne se produit pas dans l’homme, il ne peut pas être question de connaissance du Christ. Quelle connaissance ce serait si on ne comprenait pas le sens profond des paroles du Christ ? Le Christ dit : « Je suis la vraie vigne ». Qui connaît l’histoire de la vigne ? Chaque année la vigne se sacrifie mais peu sont conscients de ses sacrifices. Le Christ dit encore : « Je suis le pain vivant descendu du Ciel », combien sont ceux qui comprennent la signification de ce pain ? La question du pain est sociale, elle est traitée par tous les peuples et dans toutes les sociétés, tous apprécient le pain et concèdent qu’il n’y a pas de vie sans lui. Un jeune homme a raconté l’histoire qui lui a fait comprendre la véritable valeur du pain. Les circonstances ont fait qu’il a dû jeuner quatre à cinq jours de suite. Il a fini par être si affamé qu’il a cherché à tout prix un morceau de pain pour tromper la faim qui le tourmentait. En marchant sur la route il a aperçu un chien avec un bout de pain dans la gueule. Sans réfléchir il s’est baissé, a ramassé une pierre et a frappé le chien. Surpris de l’attaque ce dernier a déguerpi en laissant tomber le pain dans sa peur. Le jeune homme s’est précipité sur le pain, l’a pris et s’est mis à le dévorer joyeusement. Il a conclu par ces mots : « Il m’a fallu rester affamé plusieurs jours pour comprendre et apprécier le pain. » Le Christ dit : « Je suis la porte… je suis le bon berger… je suis le Fils de l’Homme… je suis Maître et précepteur… », ce sont les rapports du Fils à autrui, du divin à l’âme humaine. Lorsque je parle de Dieu, je ne nomme pas quelque chose de lointain et d’abstrait, mais je désigne celui qui a créé la vie raisonnable et que nous pouvons toujours discerner. Il suffit de prier sincèrement Dieu pour la guérison d’un malade pour qu’Il entende notre prière et nous réponde. L’aide vient très vite si nous servons la loi du sacrifice. « Priez Dieu sans Le tenter ». Quand tente-t-on Dieu ? Lorsque nos pensées sont en contradiction avec les pensées divines, lorsque nous menons une vie dépravée, etc. Celui qui ne pense pas à l’avenir ne veut pas savoir s’il mène une bonne ou une mauvaise vie. Tant qu’il est sur terre il s’en désintéresse, mais il apparaîtra un jour devant celui qui l’a créé pour répondre de sa vie ; que va-t-il dire alors ? La lumière de Dieu est si intense que toutes vos pensées, tous vos sentiments seront éclairés, ils deviendront visibles et se mettront à vous suivre comme le petit enfant suit sa mère : que ferez-vous dans cette situation ? Vous comprendrez alors que rien ne reste caché. Sur terre vous avez dissimulé beaucoup de choses, même à vous-mêmes, mais devant la grande lumière de Dieu rien ne peut être caché. Vous comprendrez alors qu’il ne revient pas au même de vivre bien ou mal. « Personne ne connaît le Fils, que le Père ». Qui est ce personne ? Celui qui vit pour lui-même et ne connaît pas la loi du sacrifice. C’est d’abord Dieu qui s’est sacrifié, Il a donné Son Fils en sacrifice pour que celui qui croit en Lui ne périsse point. Par le Fils, Il a manifesté son amour à l’humanité et le Fils s’est sacrifié afin que son Père soit manifesté ; ce sont des rapports entre l’amour et le sacrifice qu’il faut saisir. Lorsque nous comprendrons le rapport que Dieu entretient à notre égard en tant que Père et nos rapports à Dieu en tant que ses fils, alors notre vie prendra tout son sens. Mais nous ne saurons pas être Fils de Dieu tant que nous ne nous sacrifierons pas. Mettez-vous en tête qu’en dehors de l’amour il n’y a pas de vie, en dehors de l’amour il n’y a pas d’Église, en dehors de l’amour n’existe ni famille, ni société, ni peuple. La seule Église qui puisse unir l’humanité, c’est l’amour divin, autrement dit l’amour et le sacrifice. Adhèrent à cette Église tous les gens ayant un idéal, c’est-à-dire les gens désintéressés. Qu’est-ce que l’intéressement et qu’est-ce que le désintéressement ? Ils sont comparables à ce riche et à ce pauvre qui se sont présentés devant le Seigneur pour exprimer leurs souhaits. D’abord le riche s’est présenté avec ces mots : « Seigneur, je veux une maison grande comme un palais, bien meublée, bien arrangée avec dix domestiques pour me servir et me dresser une table avec des mets copieux et savoureux, fruits et boissons de qualité, que je puisse manger et boire sans avoir à penser à quoi que ce soit. – Que ta volonté soit faite ! », lui a répondu Dieu. Ensuite, le pauvre s’est présenté et a dit : « Seigneur, j’ai un seul souhait, de toujours regarder ton visage. – Que ta volonté soit faite ! » Tous deux, contents des promesses obtenues, sont descendus sur terre pour vivre chacun à sa manière. Le riche a vécu dans son palais, entouré des attentions de ses domestiques, il a mangé, il a bu, il s’est promené, il s’est senti content et heureux. Des jours et des années se sont écoulés jusqu’à ce qu’un jour il s’est senti étouffer. Il s’est mis à prier le Seigneur : « Seigneur, j’étouffe, je suis las de cette situation, dis-moi ce que je dois faire ! » Un Ange est apparu aussitôt et, ouvrant une petite lucarne dans son palais, lui a dit : « Regarde dehors ! » Le riche a regardé par la lucarne et a vu une grande échelle et le pauvre à son sommet, en train de scruter l’espace au loin. « Que fait-il celui-ci là-bas ? a demandé le riche. – Il a souhaité regarder sans cesse le visage de Dieu, a répondu l’ange, il regarde le visage de Dieu depuis des années, respire librement et profite du monde divin sans se rassasier. » Deux vies s’ouvrent devant l’homme : être à la place du riche et étouffer dans sa richesse, ou à la place du pauvre, et toujours contempler le visage de Dieu. Être au sommet de l’échelle pour regarder le visage de Dieu sans se rassasier, c’est cela connaître Dieu. Il est temps de connaître le Christ sur lequel on prêche depuis bientôt deux mille ans. Beaucoup se disent chrétiens, mais eux non plus n’ont pas connu le Christ. Qu’est-ce que ce christianisme lorsqu’un frère harcèle, pille et violente son frère, est-ce cela l’amour ? Il n’y a dans l’amour ni violence, ni peur, ni amertume. Le peureux ne connait pas l’amour. Certains craignent la mort. Qu’est-ce qu’il y a d’effrayant dans la mort ? Celui qui aime ne craint ni la mort ni le mal. Seul un Dieu existe dans le monde et dont tout découle, alors de quoi avoir peur ? Celui qui a peur ne connaît pas l’amour, ne connaît pas Dieu. Dieu est amour et s’il en est ainsi, ne craignez ni la mort ni le mal. Dieu est la vie : si tu vis en Dieu, la mort n’existe pas. Remerciez pour le mal, car Dieu l’a attelé au travail pour pousser l’être humain à agir, pour fondre la matière inerte en lui. Le mal crée en l’homme des contradictions, des doutes pour produire des frottements qui déclencheront le feu. Le feu fond les corps solides et les rend actifs. Lorsque deux corps solides s’entrechoquent, du frottement apparaît entre eux, ce qui produit du feu. Réjouissez-vous lorsque vous vous confrontez à la matière solide, inerte en vous, pour obtenir la lumière et des flammes. Qu’est-ce que le feu et la lumière en l’homme ? Le feu est le résultat de ses désirs et de ses passions et la lumière le résultat de ses pensées. Il n’y a pas de vie sans feu et sans lumière. Les métaux les plus durs fondent dans le feu, le feu brûle les impuretés et les transforme en cendre ; les fruits mûrissent à la lumière, la connaissance s’acquiert à la lumière. La vie de celui qui comprend ainsi les choses se remplit de sens. Réjouissez-vous et remerciez pour tout ce que l’amour apporte. Tant qu’il est en vous, vous êtes bienheureux ; s’il vous quitte, la joie vous quitte aussi. Pour qu’elle ne vous quitte pas, méditez sur votre rapport à Dieu, avec votre cœur et avec votre esprit. Le Christ dit : « Seuls ceux qui ont les cœurs purs verront Dieu. » Voir, sous-entend connaître, connaître sous-entend un lien intime avec l’amour. « Venez à moi vous tous qui travaillez et qui portez un fardeau, je vous apaiserai ». Le Christ indique comment l’homme affligé peut être apaisé. Il y a des années, un missionnaire américain sillonnait le continent pour récolter de l’argent dans un but caritatif. Lorsqu’il a amassé une somme suffisante, il a décidé de rebrousser chemin et de donner l’argent à qui de droit. Il est monté à cheval et a pris un raccourci par une région montagneuse. Ayant eu vent de la somme importante qu’il transportait, un brigand connu du coin s’est tapi dans une forêt dense sur le chemin du missionnaire avec l’intention de le tuer et de récupérer l’argent. Le missionnaire s’est approché de l’endroit où le brigand était caché et a senti une lourdeur dans la poitrine jusqu’à étouffer. Interprétant cette gêne comme un mauvais présage, il est descendu immédiatement de cheval, a prié Dieu, puis a continué calmement sa route. Quelques mètres plus loin, il a aperçu dans la forêt un homme bien armé, mais l’a tranquillement dépassé. Quelques années plus tard, le même missionnaire a été appelé au chevet d’un mourant. Ce dernier l’a observé avec attention et a demandé ensuite : « Me reconnais-tu ? – Je ne te connais pas, a répondu le missionnaire. – Moi, je te connais et je te dirai pourquoi. C’était il y a quelques années. J’avais décidé de te tendre un piège dans la forêt pendant que tu transportais une grosse somme d’argent sur toi. Je voulais te tuer et te piller, mais je n’ai pas osé car un autre homme, bien armé, t’accompagnait sur un cheval blanc. J’ai eu peur et je n’ai pas eu le courage de m’attaquer à toi. » Donc le brigand était clairvoyant dans ce cas : il a vu ce que même le missionnaire n’a pas pu voir. L’homme sur un cheval blanc était envoyé du monde invisible pour le protéger. Nos contemporains refusent d’admettre l’existence des esprits bien qu’ils lisent les saintes Écritures où il est dit : « Les anges de Dieu descendent et remontent.[3] » Comme les anges descendent et montent, les diables aussi descendent et remontent ; les uns et les autres accomplissent la volonté divine et obéissent aux lois divines ; il n’y a dans le monde ni force ni créature qui n’obéisse à Dieu. L’homme raisonnable sait utiliser les bons et les mauvais esprits, il connait la loi de la transformation et il l’applique. Le Christ dit : « Prenez mon fardeau sur vous et instruisez-vous par moi car je suis humble et doux et vos âmes seront apaisées. » Beaucoup pensent dominer le monde, disposer d’un grand pouvoir, mais une fois devant les épreuves ils se rendent compte où ils en sont, quel pouvoir ils ont et ce qu’ils peuvent en faire. L’homme contemporain n’est pas encore entièrement formé, il ne doit pas se leurrer sur ses succès temporaires. Un jour, ses yeux s’ouvriront et il verra que tout autour de lui est vivant, il comprendra alors pourquoi existent la haine et l’amour, le mal et le bien, le mensonge et la vérité. Cela signifie la connaissance de Dieu et du Christ. Le Christ dit : « Si mes paroles demeurent en vous et vous en moi, ce que vous demanderez en mon nom, vous sera donné ». Donc, si vous comprenez le Verbe, si vous comprenez quel doit être votre rapport à Dieu, votre vie sera une bénédiction pour vous et pour vos proches. Père et Fils, ce sont les chiffres 1 et 3. Lorsque vous ôtez un de trois, vous obtenez le nombre 2, l’amour de Dieu, la mère de toute chose. C’est ce qu’on nomme le Saint Esprit dans le christianisme, c’est-à-dire la force intérieure de l’homme qui purifie son esprit et son cœur. On ne demande qu’une chose aux humains : s’unir au Christ. Si vous vous unissez à Lui, Il sera avec vous jusqu’à la fin des siècles, dans vos joies et vos chagrins, dans la vie et dans la mort. Il est une porte qui conduit l’homme du transitoire vers l’immuable, du visible vers l’invisible, de la haine vers l’amour. Le Christ est le pain vivant, porteur de la vie. Le Christ est le Maître qui nous apprend les lois divines. Lorsqu’il assimile correctement l’enseignement du Christ, l’homme se sent fort pour remplir ses obligations envers le Premier Principe, envers autrui et envers lui-même. « Venez à moi vous tous qui travaillez et qui êtes affligés et je vous apaiserai. » Seul celui qui est lié à Dieu peut venir à Lui. Le lien est fondé sur l’amour et la raison ; il ne peut y avoir de lien entre deux personnes qui ne s’aiment pas ; il ne peut y avoir de lien entre ceux qui ne s’entendent pas. Seul celui qui applique la loi du sacrifice peut aller auprès du Christ. En général un lien ne peut exister que là où il y a quelqu’un chose de commun. Par exemple le diamant et le charbon ne se ressemblent pas : le diamant est dur et cristallin, le charbon est noir et opaque, mais intérieurement ils ont quelque chose en commun, tous deux sont d’une même matière, le carbone. Le charbon peut se transformer en diamant ; par le même principe l’âme humaine peut passer de charbon à diamant, c’est-à-dire atteindre son plus haut niveau, la vie supraconsciente. Lorsque deux personnes atteignent ce niveau, la super conscience, ils vont toujours se connaître et s’entendre. En se rencontrant, ils ne se diront pas : « Me connais-tu ? Que penses-tu de moi ? etc. » ce sont des questions qui se posent uniquement pour des personnes à la conscience ordinaire. Lorsqu’ils ne se connaissent pas, les gens sont enclins à douter les uns des autres, chacun soupçonne l’autre d’avoir des arrière-pensées. Comment reconnaissons-nous celui qui est tourné vers Dieu et celui qui s’en détourne ? Faites une expérience d’abord avec vous-mêmes pour savoir si vous avez le visage tourné vers Dieu ou si vous vous en détournez. Cela se voit à votre ombre : lorsqu’elle tombe derrière vous, vous êtes près de Dieu, tourné vers Lui ; lorsque l’ombre tombe devant vous, vous êtes loin de Dieu. La question n’est pas la présence d’ombres, mais leur emplacement : elles doivent être derrière vous. Chacun doit vérifier où est l’ombre de son esprit, de son cœur, derrière ou devant lui, et faire un état des lieux personnel. L’ombre doit nécessairement tomber derrière vous pour faire ressortir votre visage. Lorsque l’homme commet une faute, son ombre tombe devant lui ; dès qu’il répare sa faute, elle se place immédiatement en arrière. Celui qui aime et qui dit la vérité a une ombre placée en arrière ; celui qui hait et ne dit pas la vérité a une ombre placée en avant. Il est dit dans les Écritures : « Leurs actes les précèdent » ; nous concluons de ce verset que les actes de certains les suivent. Comment reconnaître quand vos ombres sont devant vous, et quand elles sont derrière vous ? Si une mauvaise pensée pénètre dans votre esprit ou un mauvais sentiment dans votre cœur, et si vous les transformez immédiatement en quelque chose de noble, votre ombre est derrière vous ; à l’inverse, si vous transformez une pensée lumineuse et un sentiment noble en quelque chose de négatif, votre ombre est devant vous. Je vous souhaite de vous aimer et de vous connaître, ce qui signifie d’avoir vos ombres derrière vous et non pas devant votre visage. Appliquez l’amour dans votre vie comme une loi fondamentale de l’existence ; c’est ce que Dieu veut de tous les humains et de tous les peuples sur terre. « Personne ne connaît le Fils, que le Père. » Pourquoi ? Parce que le Fils s’est sacrifié pour son Père. Et le Fils connaît Celui pour lequel il s’est sacrifié : celui qui connaît la loi du sacrifice connaît son Père. Celui qui est prêt à se sacrifier trouvera le chemin, autrement dit, sans sacrifice la porte de la connaissance est fermée. Que l’on frappe aux portes de la science, de l’art, de la musique, on les trouvera toujours closes. Sans connaissance intérieure du Père et du Fils, tout se transforme en cendres et poussières, tout se détériore et pourrit comme pourrissent les racines des arbres. Quel arbre peut pousser sans racine ? Appliquez la loi du sacrifice pour atteindre la vie divine. Lorsqu’on évoque la loi du sacrifice, beaucoup craignent de s’appauvrir, de perdre leur fortune. Est-il heureux celui qui possède des millions en banque ? Il porte un grand fardeau dans son esprit, son dos est surchargé et peut rompre à tout instant. Il vaut mieux porter un demi-kilo dans son estomac plutôt que cent kilos sur ses épaules ; il vaut mieux être pauvre mais content et heureux de sa situation plutôt qu’être riche et hanté constamment par l’idée qu’on risque d’être pillé et assassiné. La paix intérieure est préférable à la plus grande fortune extérieure. Mais si vous rencontrez des gens riches, érudits, beaux, réjouissez-vous qu’il y ait de telles personnes ; si vous rencontrez des gens méchants et ignorants, réjouissez-vous de même. Que serait le monde s’il n’y avait pas des gens bons et des gens mauvais, des érudits et des ignorants, des beaux et des laids ? Puisque Dieu tolère ceux qui sont repoussants, mauvais et ignorants, nous aussi, nous devons les tolérer. En appliquant la loi du sacrifice, vous comprendrez pourquoi certains sont mauvais. Il y a des années, dans une région en Amérique, un taureau était devenu furieux au point que personne ne pouvait le maîtriser : il courait, ruait, en faisant peur à tout le monde. À la fin, un garçon est venu : il savait lire les pensées des animaux et leur parler. Il a mis sa main sur la tête du taureau en le caressant et s’est mis à discuter avec lui : « Qu’est-ce qui t’a pris pour que tu t’affoles à ce point ? – J’ai quelque chose dans ma patte arrière qui me fait terriblement souffrir. » Le garçon s’est baissé, a soulevé la patte arrière du taureau et a vu une grosse épine plantée dedans. Il a sorti l’épine, a nettoyé la patte du taureau, lui a mis un pansement et l’a laissé se reposer. Le taureau était calmé. Vous entendez dire pour un tel ou un autre qu’ils sont devenus fous. Non, c’est simplement une épine qui est rentrée dans leur esprit ou dans leur cœur. Approchez-vous d’eux, mettez la main sur leur tête et sortez rapidement l’épine ; dès qu’elle sera dehors, ils retrouveront leur état normal. Que font la plupart des gens aujourd’hui ? Ils portent un marteau et des clous dans la main et enfoncent un ou deux clous à quiconque croise leur chemin. Pourquoi enfoncez-vous des clous dans la chair de vos proches ? Vous direz que vous voulez vérifier leur niveau de résistance. On a cloué quatre clous dans la chair du Christ et Il est mort ; c’était un Esprit fort et grandiose mais il n’a pas supporté les clous des hommes. Pensez-vous que les gens ordinaires seront plus résistants ? N’enfoncez pas de clous dans la chair d’autrui, ne vous créez pas de souffrances inutiles. Ce n’est pas facile de mettre l’homme sur la croix, de clouer son discernement, son cœur, son âme et son esprit avec des clous et de souhaiter ensuite qu’il vive, c’est impossible. Au lieu d’enfoncer des clous dans la chair d’autrui, enlevez les clous que d’autres ont enfoncé. Si tu vois ton proche malade, aide-le. – « Mais c’était un grand pécheur. » Ce n’est pas tes affaires, tu dois le secourir, lui donner au moins un verre d’eau. Aider autrui, voilà ce que résume l’Enseignement du Christ qui est venu sur terre et s’est sacrifié pour toute l’humanité. Il vient une époque d’épreuves, âpres et intenses, dont il est question dans les Écritures. Il y est dit : « La colère de Dieu vient sur le monde.[4] » Tous entendront la voix de Dieu et sauront s’il existe ou non une justice dans le monde, s’il existe ou non un bien, s’il existe ou non un amour. Vous ne devez pas en avoir peur, sachez que la roue divine tourne inexorablement, suit son chemin et ne s’arrêtera pour personne. Vous devez tous être prêts à monter à temps sur cette roue, c’est pour cela que vous êtes venus sur terre comme dans une grande école. Lorsque vous finirez vos études, vous retournerez auprès de Dieu pour passer vos examens. On y vérifiera si vous avez appris les lois du bien et du mal, de l’amour et de la haine, de la vérité et du mensonge. Celui qui a bien appris ses leçons y restera pour s’instruire et travailler ; celui qui ne les a pas apprises sera reconduit sur terre pour terminer ses études et se perfectionner. Voilà ce que signifie passer ses examens. Celui qui les passera avec succès ressuscitera et sera nommé à un poste important. Obtenir son baccalauréat avec mention signifie avoir assimilé et appliqué les cinq grandes vertus. On débat et on prêche sur la résurrection depuis des millénaires. Je vous souhaite d’obtenir votre baccalauréat, de ressusciter, car le monde a besoin de gens ressuscités. Si le peuple bulgare passe avec succès son examen, il ressuscitera et occupera une position élevée ; sinon, il n’obtiendra rien. Chaque homme, chaque société, chaque peuple le constatera. Dieu dit : « Appelez-moi dans un jour de chagrin et je vous aiderai. » Priez pour vous, pour vos proches, aimez vos ennemis, voilà ce qu’a dit le Christ. Pourquoi aimer son ennemi ? Pour ne pas être comme lui, pour ne pas vous abaisser à son niveau. Comportez-vous envers tous avec amour et non pas avec haine. Celui qui répond au mal par le mal suit le chemin des esprits déchus ; celui qui hait est en accord avec ceux qui suivent le chemin large. Celui qui aime suit un chemin ascendant, un sentier étroit ; celui qui hait, descend vers le bas, par le large chemin. « Toutes choses m’ont été accordées par mon Père ; et personne ne connaît le Fils, que le Père. » Le Fils est l’embryon du divin que chacun doit arroser, cultiver, faire grandir pour avoir des fruits. De l’embryon divin est engendré le nouvel homme, prêt pour un nouveau travail et une nouvelle vie. Cet embryon vit dans chaque âme, mais a besoin de conditions et d’espace pour son développement. Plus vous croyez à vos forces et capacités intérieures, plus vite vous vous développez. Quels que soient les difficultés et les obstacles rencontrés sur votre chemin, dites-vous toujours : « Je peux être juste, aimant, tempéré, humble, bon, assoiffé de connaissance, je peux tout surmonter et tout atteindre grâce au divin en moi ! » Lorsque les humains commenceront à conjuguer le verbe pouvoir au présent, le monde s’arrangera. Ne vous occupez pas de vos péchés et erreurs, ni de ceux des autres : c’est l’engrais pour les champs divins. Si ton frère a commis une faute, ne le condamne pas, ne le repousse pas, mais aide-le à se purifier, à se vêtir d’un nouvel habit. Si le frère repousse son frère, le mari, sa femme ou la femme, son mari, ils s’opposent à l’enseignement du Christ. Aimez-vous les uns les autres au nom du Seigneur. Quelqu’un dit qu’il veut aimer mais qu’il ne peut pas. Pourquoi ne peut-il pas ? Parce qu’il n’a pas donné une place en lui à Dieu. Seul Dieu aime, c’est pour cela qu’il est dit que Dieu est amour. Mari et femme qui ont vécu ensemble au nom de Dieu meurent avec joie, comme les martyrs qui meurent pour le Seigneur et dont le nom ne s’oublie pas. Pour être heureux, il suffit qu’une seule personne te chérisse dans sa mémoire comme un monument vivant, digne d’être pris en exemple. Le Christ vient déjà dans le monde, sur son cheval blanc, pour prôner le Verbe divin. Sa voix s’entendra partout dans le monde et pénétrera les esprits et les cœurs humains comme une épée de feu. Celui qui ne peut résister à sa lumière sera aveuglé. Et le mal qui ne peut pas résister à cette lumière fondra et disparaîtra. La fin du mal arrive dans le monde. La lumière divine produira des résultats inverses : l’obscurité régnera sur terre, mais les âmes des humains seront baignées d’une grande lumière. N’est-ce pas pareil avec le globe terrestre ? Lorsqu’un hémisphère est éclairé par le soleil, l’autre est plongé dans l’obscurité. Ceci ne doit pas vous perturber mais rappelez-vous : lorsque des obstacles se dressent sur votre chemin, c’est que le soleil divin s’est déjà levé. Certains jours, des ombres cachent temporairement sa lumière. Soyez prêts à utiliser les bienfaits que Dieu procure à ses élus. Qui sont les élus de Dieu ? Ceux qui ont des pensées lumineuses, des sentiments et des désirs nobles. Je prêche aujourd’hui le Christ vivant qui parlera à travers mille bouches. Beaucoup de prédicateurs, de prêtres, de scientifiques, de philosophes, de musiciens vont appeler les humains au travail, ce qui leur apportera une grande libération intérieure. Nous allons tous chanter ensemble l’hymne de l’amour de Dieu. Ce n’est qu’ainsi que nous comprendrons ce qu’est l’amour, capable de nous amener auprès du Fils et du Père. Seul l’amour est capable de faire renaître l’être humain. Vous direz qu’il ne faut pas s’imaginer des chimères impossibles à réaliser ; ce que l’homme imagine est important. Il y a une sorte d’imagination qui entraîne l’homme vers le haut, vers Dieu et il y a une sorte d’imagination qui le fait chuter et l’éloigne de Dieu. L’astronome voit les étoiles les plus éloignées avec sa lunette alors que l’homme ordinaire est incapable de voir quelque chose même avec un télescope ; ce dernier s’étonne de la quantité de choses que l’astronome voit et il finit par dire : « Tout ceci n’est que le fruit de son imagination. » Vous aussi, dirigez votre télescope en haut pour voir Dieu et la grandeur qui l’entoure. Aspirez à Le voir et à Le connaître pour devenir citoyen du Royaume de Dieu. Aspirez à trouver votre place comme un organe dans l’organisme divin. Lorsque vous trouverez votre place, ne vous battez pas pour occuper la première place. Celui qui accomplit sa mission comme il faut est à la première place. Où sera votre place ? En tant que bulgares vous serez mis dans le trou percé dans le côté du Christ ; il est encore ouvert aujourd’hui. À tous les humains, à tous les peuples, une seule mission est assignée : boucher, dans le côté du Christ, le trou toujours béant depuis deux mille ans. Le Christ est déjà près de la terre. Il porte son enseignement, décidé à retourner la terre tête en bas, mais à chasser le diable. Il porte un panneau sur lequel il est écrit : « Le Royaume de Dieu vient sur terre. » Quoi qu’il advienne dans le monde, le Royaume de Dieu régnera sur terre, c’est la décision de Dieu, des anges de toutes les créatures supérieures. Celui qui ne le croit pas, qu’il prie d’être en vie jusqu’à ce moment-là pour voir le Royaume de Dieu réalisé sur terre. En voyant, il croira mes paroles. Celui qui voit les choses n’a pas besoin de preuves, il croit ce qu’il voit. Comment agiront les religieux contemporains envers le Christ s’Il s’incarne sur terre ? En Le voyant, ils voudront tout de suite examiner ses sermons, savoir ce qu’il dira. Le prêche du Christ ne peut être révisé, il ne tolère pas les jugements et les révisions humains. C’est valable non seulement pour le Christ, mais aussi pour chaque personne qui suit son chemin. Celui qui parle au nom du Christ est écouté sans réserve ; celui qui parle en Son nom, mais en abuse, est un menteur et un imposteur. Le mensonge peut régner tout au plus cent ans, puis il se fait attraper et il n’en subsiste rien. Les paroles que je profère sont véridiques et justes aujourd’hui et pour les siècles à venir. Je vous donne aujourd’hui des graines que vous devez semer dans vos jardins. Ce ne sont pas mes graines, mais les graines de Celui qui vous a créés et envoyés sur terre pour étudier. Le Christ vient déjà sur terre pour apporter l’amour divin à tous. Lorsqu’ils se tendront la main pour s’aimer en signe de fraternité et d’égalité, le Christ rentrera dans son Église pour apprendre aux humains la loi du sacrifice par l’amour et non par la violence. Dieu élèvera chaque âme et la mettra à sa place. Voilà ce qu’est comprendre le sens intérieur de la vie. Je vous souhaite de connaître le Fils et le Père non pas selon l’enseignement des humains, mais selon votre expérience intérieure. Pouvez-vous dire que le pain est savoureux si vous ne l’avez pas goûté ? Goûtez-le vous-mêmes et prononcez-vous à ce moment-là. C’est ainsi qu’il est dit dans les Écritures : « Goûtez tout et retenez ce qui est bon. [5]» Je vous donne en conclusion la règle suivante : si vous voulez savoir si vous êtes près de Dieu ou loin de Lui, regardez où est votre ombre. Si elle est derrière votre dos, vous êtes près de Dieu, si elle est devant votre visage, alors vous êtes loin de Lui. Aspirez à connaître le Christ comme vigne, comme pain vivant, comme porte, comme berger, comme Fils de Dieu, comme Maître et Tuteur. Sofia, 18 février 1917 [1] « Tout m'a été remis par mon Père. Nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » (Matthieu 11, 27) [2] « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug, et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes. Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger. » (Matthieu 11, 28-30) [3] « Et il ajouta : "En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l'homme." » (Jean 1, 51) [4] « Car le feu de ma colère s'est allumé, il brûle jusqu'au fond du séjour des morts ; il dévore la terre et ses produits, il embrase les fondements des montagnes. » Deutéronome 32, 22 [5] « examinez tout avec discernement : retenez ce qui est bon » (1 Thessaloniciens 5, 21)
  16. Les bienheureux Bienheureux ceux qui sont persécutés pour la justice ; car le Royaume des cieux est à eux[1]. Matthieu 5 :10 Je prendrai dans ce verset le mot bienheureux. Le Christ ne dit pas : « Bienheureux ceux qui ont beaucoup d’argent, qui ont beaucoup de maisons, qui sont très instruits, qui sont les puissants du jour », mais Il dit : « Bienheureux ceux qui sont persécutés pour la justice. » Le mot persécuter a une connotation positive mais aussi une connotation négative. Si l’homme n’est pas persécuté, il ne progressera pas : il faut du mouvement dans le monde. Lorsque le paysan bulgare veut battre le blé, il harangue ses chevaux ; pourquoi cela ? Pour battre les gerbes de blé. Toute chose dans la vie a un sens. Ceux qui comprennent le sens intérieur de la vie n’ont pas à s’empêtrer dans les contradictions qui existent dans le monde. Toutes ces contradictions sont l’expression d’une grande vérité qui a deux côtés, deux visages : souffrances et joies ; les souffrances sont le côté sombre de cette vie et les joies sont ce qui est le plus sublime, le côté lumineux de la vie. Tout ceci est conforme aux lois de la nature. La terre change de visage tous les vingt-quatre heures : l’une des faces est lumineuses, l’autre, obscure. Par conséquent, en vingt-quatre heures de votre existence vous serez sombres et lumineux, vous souffrirez et vous vous réjouirez. C’est une loi immuable qui n’a rien à voir avec le péché. Parfois le péché s’imbrique dans la souffrance, mais ces deux choses ne doivent pas être corrélées. La souffrance est une grande loi ; il n’y a personne qui n’ait jamais souffert et qui ne souffre pas. Même Dieu souffre avec nous, personne ne souffre plus que Lui. Lorsque quelqu’un dit qu’il souffre, je réponds : « Tu as à peine commencé à effleurer cette science. » Ce n’est pas un mal pour quelqu’un de souffrir ; les sentiments qui vous font sentir les choses les plus agréables dans le monde vous feront sentir aussi les plus désagréables. Si votre œil est déréglé, en dysharmonie avec la lumière, il vous fera sentir les sensations les plus terribles, mais si votre œil est en harmonie avec la lumière, il éprouvera les sensations les plus agréables. Par conséquent, toute dysharmonie qui apparait en vous est le signe d’un dérèglement ; vous vous régulerez uniquement par les souffrances. Ceux qui jouent de la guitare accordent fréquemment leur instrument selon les mélodies, ils se règlent en quelque sorte. La souffrance est aussi une sorte d’accordement : la gamme doit passer de mineure en majeure ou en chromatique. Chez les humains qui aspirent à ce qui est noble, cet élan est lié à la souffrance. La souffrance et la joie sont deux pôles opposés de la vie. Celui qui veut se développer doit nécessairement souffrir ; les souffrances sont une porte, un prérequis à la joie. Si vous ne souhaitez pas souffrir, vous n’aurez pas de joies dans la vie. Joie et chagrin sont deux filles de Dieu. « De quel Dieu ? », demanderez-vous. Celui qui se manifeste à l’humanité. Vous direz : « Dieu a-t-il des filles ? » Oui, Il a des filles et des fils ici-bas sur terre et en haut au Ciel. Les mots frère et sœur sont des idées divines, des notions beaucoup plus vastes que celles que nous appréhendons. Notre fraternité n’a qu’un pied de hauteur. Lorsqu’un frère prend à un autre quelques centimètres d’un champ cultivé, ils se querellent et la fratrie se brise. Prenez les médecins, les commerçants, les professeurs, les prêtres, etc., la fraternité n’atteint qu’un pied de hauteur. Voilà le développement actuel atteint dans la société en matière de fraternité. Le Christ dit : « Bienheureux êtes-vous lorsque vous êtes persécutés pour la justice. » Vous direz : « Pourquoi me pourchasse-t-on ? » Je demande pour ma part pourquoi ne pas vous pourchasser. On dit souvent que l’eau boueuse est plus agréable pour le sol que l’eau claire ; en traversant les sols, elle laisse certains dépôts dont se nourrissent les plantes. Le fleuve Nil a ainsi déposé des millions de tonnes de limons dont l’ancienne Egypte tirait profit pour produire d’énormes quantités de blé. La souffrance est ce précipité divin qui descend des hauteurs et, en se déposant dans vos champs, les fertilise ; alors Dieu dit : « Semez maintenant. » Et de ces alluvions : péchés, malentendus, sortira le meilleur pain et vous direz avec le temps : « Dieu merci, tout ceci était pour le mieux. » Sans souffrances, vous n’aurez pas de pain. Le Christ dit : « Je suis le pain vivant », et en effet, Il est un pain vivant car les humaines Le mangent chaque jour. « Bienheureux serez-vous, lorsqu'on vous outragera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi ». Si on dit du mal sur vous et que c’est mérité, ce n’est pas enviable ; si vous êtes fautif et qu’on vous condamne, c’est mérité. Vous devez souffrir pour la justice, pour le Père céleste ; actuellement beaucoup souffrent pour l’injustice. Je demande : « Si le Christ venait aujourd’hui, quel enseignement léguerait-il au monde ? » Tous les humains veulent être heureux, avoir de bons maris, de bonnes épouses, de bons enfants, mais où trouverez-vous ces bons époux, ces bonnes épouses, ces bons enfants ? Plantez le meilleur blé dans le sable, il s’étiolera ; mettez de l’engrais dans ce sable et avec le temps le blé commencera à se revigorer ; j’entends cette loi intérieurement. Que se passe-t-il à l’extérieur dans le monde ? Tout va normalement : les choses se passent comme elles doivent se passer. L’apôtre Paul dit à un endroit : « Tous vivent et agissent au sein de Dieu.[2] » Si vous agissez et vivez au sein de Dieu, de quoi avez-vous peur ? Vous êtes assis dans un bateau en mer, une tempête se lève et vous prenez peur, je demande : « Où est votre foi ? – Nous allons sombrer ! » Si vous êtes fautifs, vous allez sombrer ; si vous êtes semblables à l’or, à l’argent, au fer vous allez couler, mais si vous êtes léger comme une plume vous resterez à la surface et les autres couleront car ils portent une lourde charge : malheur à eux. Par conséquent, ne vous chargez jamais de pensées pesantes. Peu importe ce que les gens pensent de vous, l’important est ce que le Seigneur en pense, Lui qui est vivant. Le Seigneur est partout où il y a des créatures intelligentes ; Il n’est pas chez les défunts, les fautifs. Par le mot Dieu, je désigne les sensations, les pensées agréables que vous éprouvez, votre conscience qui perçoit Dieu. Il vit en nous et Il a la force de nous ressusciter. Si le Seigneur n’est pas en lien avec moi, s’Il ne peut pas me vivifier, à quoi bon ce Seigneur et son existence ? C’est pourquoi le Christ dit dans les Écritures : « Si mes paroles vivent en vous et que vous vivez en Moi, tout ce que vous demanderez, vous sera donné et se réalisera. » Le Christ dit qu’il est le Verbe vivant : « Les paroles que Je vous dis sont en vous, elles sont vivantes.[3] » C’est pour cela que l’enseignement du Christ qui demeure en nous est une force en soi. « Réjouissez-vous car grande est votre rétribution dans le Cieux », ce qui signifie que ces personnes ont une vie future devant eux. Que sous-entend cette vie future ? Certains pensent que lorsqu’ils mourront ils iront dans un autre monde ; non, vous n’irez pas dans un autre monde, mais vous passerez simplement d’un état à un autre, comme la chenille. Lorsqu’elle reste sur la feuille et la ronge, elle pense que c’est son monde, mais lorsqu’elle se transforme en papillon, elle se dote d’ailes, visite les fleurs et change sa vision du monde. Nous aussi, lorsque nous rongeons les feuilles de la vie matérielle, nous sommes des chenilles, mais lorsque nous passons par le stade du cocon pour devenir des âmes, vêtues de beaux habits, nous allons saisir la vie dans sa plus grande manifestation. Sans vous offenser, beaucoup sont maintenant des chenilles, c’est-à-dire dans la situation d’une chenille. Ils disent : « Il faut mettre de l’argent de côté pour les mauvais jours » : c’est une chenille ; « Il faut une maison pour les mauvais jours » : vous êtes une chenille car cette ‘feuille’ est nécessaire à la chenille. Je demande, à quoi serviront ces feuilles à la chenille si elle devient papillon ? Lorsque vous commencerez à vous élever, vous direz à vos frères : « Je vous laisse ces feuilles, je vous les donne. » C’est pourquoi le Christ dit : « Ce dont tu n’as pas la nécessité, donne-le aux autres qui en ont besoin, qu’ils en tirent profit. » L’enseignement du Christ est pour tous, mais tous ne sont pas prêts à le comprendre et à l’appliquer ; il peut être appliqué uniquement selon le degré d’avancement de chaque individu. Ce qui signifie que nous devons être conscients de notre situation. Ceux qui sont devant ou derrière ne doivent pas être jugés ou enviés ; nous passerons tous un jour par ce chemin, volontairement ou par nécessité. Si vous ne battez pas le blé volontairement, le Seigneur viendra avec un fouet vous attacher, comme un cheval à l’aire, pour le faire, pendant un jour, un autre jour et ainsi de suite durant des années. Lorsqu’on vous demandera pourquoi vous êtes devenus des chevaux, vous direz : « Pour battre le blé. » Je vois comment beaucoup de nos contemporains battent le blé sur l’aire divine. Quand je vois un cheval le faire, je dis : « Il fait bien son travail. » Moi aussi je me demande si je fais bien mon travail. Si vous voulez que les contemporains comprennent bien l’enseignement du Christ, il faut instaurer l’harmonie divine entre eux. Pouvez-vous vérifier à quel point vous êtes bienheureux ? Oui. Les gens se plaignent constamment en disant : « Je suis le plus malheureux de tous ». Je réponds : « Tu es parmi les bienheureux, car le Christ dit : « Bienheureux les misérables. » Tu es malade. Qu’est-ce que la maladie ? Le signe que la vie divine travaille sur toi et veut te ressusciter. Tu as des difficultés dans ton développement, tu ne peux pas résoudre une question ? La pensée divine veut t’élever, t’éclairer. Ton cœur se serre ? La vie Divine est à l’œuvre et veut adoucir ton cœur. Le Seigneur travaille en nous. Les gens d’aujourd’hui ressemblent aux enfants qui aiment soulever la poussière dans les salles de classe ; lorsque le professeur rentre, il voit de la poussière partout et se met à éternuer. J’entends partout des éternuements : les enseignants, les prédicateurs, les mères, les pères, tous éternuent. Pourquoi ? À cause de la poussière. Ouvrez les fenêtres, aérez vos chambres, nettoyez le sol : les éternuements cesseront. Veille à ce que ta chambre soit aérée, alors il n’y aura pas d’éternuements. Les éternuements sont le signe de la présence de poussière, de soupçons, de doutes. Il faut de la lumière dans le monde pour comprendre le sens de la vie. Je vous demande depuis combien de temps vous êtes sur terre, où étiez-vous il y a deux cents ans ? Vous, votre père, votre grand-père, arrière-grand-père, grand-mère, arrière-grand-mère où étiez-vous mille ans en arrière ? Vous direz : « On n’a pas à le savoir. » Vous ne voulez pas le savoir, mais si votre grand-père vous laisse un héritage, vous êtes prompts alors à visiter toutes les banques pour vous informer en détail sur cet héritage ! Pourquoi ? Parce que vous avez quelque chose à hériter. Mais si votre grand-père a contracté des dettes, vous faites semblant de ne pas le connaître pour ne pas payer ses dettes : ce n’est pas très éthique. Ne pas être gentilhomme, c’est ne pas avoir l’esprit d’un chevalier, ne pas maîtriser sa monture, c’est-à-dire son discernement, sa pensée ; ne pas être intelligent. Le Christ dit : « Bienheureux ceux qui comprennent ainsi le sens de la vie. » La richesse est cachée dans notre cerveau, notre pensée, notre cœur. Un jeune homme riche tombe amoureux d’une fille pauvre ; elle est peut-être pauvre, mais une richesse est cachée en elle, et cette richesse se lit sur son visage. Il y a des milliers d’exemples de tzars et autres hommes de noble ascendance qui sont tombés amoureux de pauvres filles qui se sont élevées ainsi ; mais elles avaient une richesse intérieure que Dieu avait mise en elles. Lorsque l’homme est vertueux, juste et que demeure en lui l’amour divin, la sagesse, la vérité, toutes ces choses vivantes ressortent en lui. J’ai rencontré la vertu, j’ai discuté avec elle : quelles bénédictions jaillissent d’elle ! Savez-vous comment est cette très belle fille de Dieu ? J’ai rencontré la justice divine : elle est très belle mais inflexible, elle ne pardonne pas les fautes. Vous lui direz : « Je suis faible. – Faible ou puissant, il ne faut pas transgresser l’ordre de ton Père. » Et l’amour, il est très beau et doux, il ne voit pas les fautes humaines ; quoi qu’on fasse devant lui, même le pire, il t’embrassera, te caressera, te nettoiera, t’habillera proprement et te conduira chez lui. Hommes et femmes doivent s’aimer. Certains disent : « Ma femme ne m’aime pas. – Tu n’as pas trouvé celle qui t’aime ; ta femme sur terre est l’ombre de l’amour. » La femme dit : « Je le prendrai pour mari car il est riche, gagne dix mille levas et possède une maison ». Cette femme le prend mais ne donne rien en retour, elle ne peut pas rendre son mari heureux. L’homme dit : « Je l’ai épousée bien qu’elle soit laide, car elle est riche. » Cet homme ne peut pas non plus rendre sa femme heureuse car toute philosophie qui prend sans donner ne peut pas rendre les gens heureux. L’abnégation est le fondement de l’enseignement du Christ. Il y a deux types de sacrifices : se sacrifier soi-même ou être sacrifié. Pourquoi par exemple sacrifie-t-on l’agneau pascal ? On lui ceint la tête d’une couronne, on le bénit, puis on l’égorge. Pourquoi ce sacrifice ? Pour manger. Il y a des esprits dans le monde qui un jour vont aussi vous mettre une couronne, vous placer sur l’autel, ils vous égorgeront et vous mourrez. On dira : « Telle personne a trépassé », mais je dis : il n’est pas mort, il est en vie. Vous serez aussi un jour sur la table de la mort et on vous y mangera, on dira : « Comme c’est savoureux, comme cette chair est grasse ! Ces muscles, ce cœur, ce foie ! » Les humains trépassent à cause de l’alimentation carnée. Le Seigneur enseigne aux humains et aux esprits à ne pas manger de viande ; lorsqu’ils cesseront de manger de la viande, il n’y aura plus de mort dans le monde. La chair des pécheurs est tendre, comme les habits de mauvaise confection. L’habit fabriqué avec de bons tissus est de bonne qualité, indéchirable ; la chair des justes est saine, coriace et voilà pourquoi on ne la mange pas ; il n’y a pas de trépas pour les justes. Cet Enseignement divin créera en nous des pensées, un cœur et un esprit sains. Celui qui tente d’engloutir et d’anéantir une bonne pensée, un désir divin, s’anéantira tout seul ; il sera dans la situation du crocodile qui avale de petites grenouilles. Dans le Nil, il y a de petites grenouilles que les crocodiles gobent : le crocodile ouvre sa gueule, la grenouille en sautant tombe dedans et comme elle est petite, il la gobe toute entière. Mais dans son ventre, la petite grenouille cherche à sortir et, pour se frayer un chemin, elle entame petit à petit les chairs du crocodile jusqu’à s’échapper ; alors le ventre du crocodile se remplit d’eau, il se retourne et meurt. Certains disent en se lamentant : « On m’a dévoré ! » Si Dieu est avec vous, quiconque essaie de vous dévorer le paiera très cher. Si on a la foi, il ne faut avoir peur de rien car le Seigneur vivant est avec nous. L’Esprit divin descend déjà d’en haut comme la lumière. Il porte en Lui une grande clarté, le feu et la vie qui purifieront le monde. Les contemporains verront ces choses et seront témoins de l’avènement du Royaume de Dieu sur la terre. En descendant, Dieu unira les humains et les ressentiments disparaîtront peu à peu. Tous les malentendus proviennent de la méfiance et de la suspicion envers les autres. Je vais prendre l’exemple du froid, du vent et du soleil qui ont voulu faire une expérience avec un berger pour voir qui réussirait à lui faire enlever son manteau. Le froid s’est mis à sévir en disant : « Je vais lui faire enlever le manteau. » Mais sous la morsure du froid, le berger s’est davantage enveloppé dans son manteau et a accéléré le pas pour rentrer chez lui : le froid a échoué dans sa tentative. Alors ça a été le tour du vent : il a fait rage, déracinant les arbres, balayant tout sur son passage, mais sans réussir à faire enlever le manteau du berger qui s’est encore plus emmitouflé dedans. Enfin, le soleil a dit : « C’est à mon tour maintenant d’essayer après vous. » Il a souri avec gaieté et douceur, en envoyant tout son amour ; le berger a senti sa chaleur jusqu’à finir par enlever son manteau. On a prôné deux sortes d’enseignement : celui du froid et celui du vent, mais il reste maintenant celui de l’amour : il fera enlever les manteaux. Certains me demandent : « Toi, que penses-tu ? » Regarde-moi dans les yeux et tu verras ce que je pense. Lorsque je vous croise, je ne demande pas ce que vous pensez, je le sais : vous songez à une maison de deux ou trois étages, avec de nombreuses pièces bien meublées ; vous songez à vous marier, à avoir des enfants, etc. Je rencontre un scientifique : quelles pensées je vois en lui ? Faire des expérimentations ! Je rencontre quelqu’un qui songe à voler, tout ce à quoi il pense est inscrit sur son visage. Le Seigneur a ouvert le livre et tout se voit clairement. Si le Christ décide de juger le monde, il clamera la sentence aussitôt, il dira : « Sur la base de tel ou tel article de la loi divine, pour avoir fait ceci ou cela, voici votre rétribution. » Mais la mission du Christ est maintenant différente : Il appelle l’humanité à une vie sobre. Nous ne devons pas considérer que nous sommes déjà très saints, voilà ce que je veux exprimer. Le saint doit être un homme d’excellence, qui sache servir les autres, avoir un corps sain, un esprit sain, des jambes, des bras, des muscles, ne rien avoir entre les mains, c’est-à-dire ne pas être riche, ne pas être non plus miséreux, mais se trouver dans la situation de Tolstoï : donner, aider les pauvres, c’est le véritable saint. Le Seigneur classe les saints au Ciel en grands et petits. Ceux dont on a le plus parlé, qui ont le plus souffert et qui ont tout supporté avec dignité sont des saints. Pourquoi les gens vénèrent-ils aujourd’hui le Christ ? Parce qu’Il a racheté leurs dettes, Il a pris sur Lui leurs péchés. Si le Christ n’avait pas souffert et n’avait rien donné de Lui pour les humains, Il serait un homme ordinaire. Chacun doit servir Dieu et savoir qu’il a sa place sur terre. Vous direz : « L’apôtre Paul a été un grand homme, tel ou tel autre a été aussi un grand homme. » Si vous vous acquittez bien de votre mission sur terre, un jour vous serez aussi un grand homme. Une femme qui a vécu vingt ans avec son mari, en portant son fardeau, en lui faisant le ménage alors qu’il la maltraitait, faisant preuve d’infinie patience sera une sainte ; de même pour l’homme : s’il supporte patiemment toutes les difficultés provoquées par sa femme pendant qu’elle le maltraite, il sera alors un saint ; ces hommes et ces femmes seront des saints au Ciel. Je vois tous les jours ici, sur terre, des femmes parées de diamants, de colliers, vivants dans l’opulence et l’insouciance ; dans l’autre monde elles seront misérables et en guenilles. Vous risquez de vous retrouver un jour dans la situation de cette femme riche et avare dont le domestique, alors qu’il ne gagnait que soixante levas, distribuait tout son argent aux pauvres. Elle lui disait souvent : « Ne sois pas si stupide, ne donne pas ton argent car tu en auras besoin pour les jours difficiles. » Un soir, cette dame a fait un rêve éveillé : elle voit un magnifique palais, tout en marbre, une splendeur ! « À qui est ce palais ? – demande-t-elle. – À ton domestique. – Comment un tel miséreux peut-il trouver autant d’argent pour construire ce magnifique palais ? – Tout l’argent qu’il gagne, il l’envoie pour se construire ce palais dans l’autre monde. Elle aperçoit plus loin une petite cabane : « À qui est cette cabane ? – C’est la tienne », lui répond-on. Vous avez beau être d’illustres personnages dans ce monde, de l’autre côté le Seigneur vous jugera selon vos actes et vous rétribuera en conséquence. Nous ne devons pas nous égarer, mais nous devons connaître la vérité et mettre une frontière nette entre le divin et l’humain. Vous dites que vous comprenez le mot Amour. Non, vous ne le comprenez pas ! Et ce n’est pas le seul mot que vous ne comprenez pas, vous ne comprenez pas non plus les mots justice, vérité, sagesse. Lorsque j’entre dans une maison et que je vois une femme en colère, est-ce un signe de sagesse ? Lorsque le mot Sagesse est prononcé, cela doit changer notre état. Il faut comprendre le sens de chaque mot. Si vous entrez dans un théâtre rempli de mille personnes en criant : « Au feu, au feu ! » tous se précipiteront dehors dans la plus grande pagaille, terrorisés par la menace de la mort. Oui, car tous comprennent le sens de ce mot. Mais si quelqu’un vient parmi eux et prononce le mot Amour, ils vont tous se regarder et ricaner en le prenant pour un idiot. Ils demanderont : « Que veut-il dire par ce mot ? » Ce qui montre qu’ils ne comprennent pas le sens profond du mot Amour, sinon il devrait produire le même effet que le mot feu, mais dans l’autre sens. Si je vois quelqu’un attristé et que je prononce le mot amour, toutes ses souffrances et ses afflictions doivent s’effacer, il doit se réjouir et resplendir comme un ange, se transformer de chenille en papillon. Nous disons souvent : « Seigneur Dieu ! », mais sans comprendre non plus ces mots. Je prononce rarement le Nom de Dieu et seulement en mon âme, si j’ai un très grand fardeau, alors je le prononce et ce fardeau s’allège ; pour moi ce mot contient tout. Je remplace ce mot par le mot pouvoir. Ne dites jamais je suis faible mais dites : je peux ! Il est dit à un endroit dans les Écritures : « Je peux tout par le Christ[4]. » Mettez tout le reste de côté et prenez le Christ. Vous comprendrez le Christ, vous comprendrez Dieu simplement par le mot pouvoir. Je ne suis pas gêné par l’obscurité causée par la rotation diurne de la terre : c’est l’ordre des choses. Lorsque l’esprit de quelqu’un est dans l’obscurité, je dis, son soleil s’est couché, son esprit est dans les ténèbres, alors qu’il se couche, qu’il se repose et qu’il ne s’inquiète pas, dans vingt-quatre heures le soleil se lèvera pour lui, et son Seigneur viendra. Alors l’amour viendra en lui et il commencera à comprendre le sens profond de la vie. C’est ainsi que le Christ a enseigné jadis, et Il enseigne encore ainsi aujourd’hui. Tout le monde attend la venue du Christ du Ciel ; Il est descendu une fois, Il ne descendra pas une deuxième fois dans le déshonneur. Dieu est d’abord venu sur terre lorsqu’il l’a créée, lorsqu’il a créé le monde ; Il travaille encore aujourd’hui sur ce monde. Il restera ici tant qu’il n’a pas tout arrangé, et Il retournera ensuite au Ciel avec tous Ses enfants. Ce Dieu est toujours avec nous et travaille avec nous. Il nous rassemblera et formera cet Arbre de la vie dont nous constituerons les racines, les branches, les feuilles, les fruits ; chaque feuille sera un médicament et chaque fruit, de la nourriture vivante. Alors nous serons un avec le Seigneur, comme chaque cellule, chaque racine, chaque branche et chaque feuille est une partie de cet arbre. « Bienheureux ceux qui sont pourchassés. » Vous êtes bienheureux car vous avancez et votre travail est pour le bien de l’humanité et grande sera votre rétribution dans les Cieux. Lorsque quelqu’un te croise et dit : « Tu es mauvais », il dit vrai, deviens meilleur ; « Tu es laid », il dit vrai, deviens plus beau ; « Tu es hargneux », il dit vrai, deviens plus doux. Combien de fois les gens me traitent de telle façon que, si je leur prêtais attention, je n’aurais plus de cheveux sur la tête. Je me dis : « Ces gens sont justes, je suis un homme dangereux. » Pourquoi ? Je suis un miroir et celui qui me croise et se regarde en moi dit : « Tu es un vagabond. – Tu dis vrai. – Tu es un farceur. – Tu dis vrai. Regarde-toi et corrige-toi ! » Les gens ressemblent à ce prédicateur américain qui, un jour, pris de démence, s’est regardé dans le miroir, ne s’est pas reconnu et a dit : « Tu dois te repentir sinon le Seigneur t’enverra au purgatoire. » Il m’est aussi agréable de me regarder dans les gens ; je veux moi aussi, lorsque je croise un homme bien, me regarder en lui pour voir comment je suis. Il faut avoir deux types de miroirs : ceux dans lesquels nous nous regardons et ceux qui nous appartiennent et que les autres utilisent pour se regarder ; c’est la seule façon pour les humains de corriger leurs erreurs. Malheur au peuple, à la société, à l’église qui n’a pas de miroir ! Les médecins modernes utilisent aussi des miroirs dans leur pratique : lorsqu’ils examinent la gorge par exemple à la recherche d’une maladie. Et l’enseignement du Christ est aussi porteur de miroir pour faire comprendre le sens profond des souffrances, leur utilité pour notre bonheur et notre félicité dans la vie à venir. Les souffrances sont la plus grande bénédiction que Dieu envoie aux humains. C’est pourquoi le Christ dit : « Lorsque quelqu’un parmi vous souffre et se trouve très accablé qu’il vienne auprès de Moi, je rachèterai ses souffrances en lui donnant quelque chose en retour ; nous ferons un échange fraternel. » Ainsi le Christ descend sur terre dans sa gloire pour soulager les humains de ce fardeau en disant : « Remettez votre fardeau au Seigneur. » Vous ferez un échange : le Seigneur prendra vos souffrances et vous donnera des joies en retour. Lorsqu’Il est descendu sur terre, Il a voulu vous rendre heureux, mais pour être heureux vous devez être réfléchis et sages. Prononcer le mot Sagesse est approprié uniquement si vous n’arrivez pas à résoudre une question âpre. Prononcez le mot sagesse et patientez dix minutes : une clarté se produira. Vous ressemblerez à l’aveugle qui retrouve la vue et se rend compte des splendeurs de ce monde ; il dit alors : « Je vois bien ce monde et je comprends la grandeur du Seigneur ! » Et nous aussi nous devons remercier Dieu d’avoir créé ce monde, d’avoir créé les foyers, les frères, les sœurs, les mères, les pères, les femmes, les enfants et les malheurs aussi qui les accompagnent, nous devons Le remercier pour tout cela. Ceux qui ont emprunté le chemin du Christ doivent remercier Dieu pour tout. Lorsque nous remercions Dieu, alors nous nous entendons tous. Si nous sommes attristés et si nous prononçons le mot amour, nous ressentirons tout de suite une joie et une chaleur qui viendront baigner notre cœur et vivifier nos membres glacés. Et nous verrons réellement des anges descendre du Ciel ; c’est cela devenir clairvoyant. Certains attendent de mourir pour tout voir et devenir clairvoyants. N’attendez pas d’être morts, mais tant que vous vivez, ressuscitez dans le Seigneur. Ne dites pas : « Lorsque je mourrai » mais dites : « Lorsque je changerai d’habits, lorsque je me transformerai de chenille en cocon et de cocon en papillon. » Vous dites : « Je mourrai, je serai enterré dans une tombe noire et lorsque les vers s’attaqueront à moi, qu’est-ce que je deviendrai ? » Les vers, ce sont vos plus petits frères ; ils viendront et diront : « Goûtons un peu ! Le Christ était pour vous du pain vivant et vous serez pour nous de la nourriture vivante. » Mais les hommes ne sont pas dans les cimetières, ne soyez pas apeurés par ça ; moi, je ne les vois pas au cimetière. Je vous le répète, il y a deux sortes d’humains : les uns, les vivants-morts comme nous en voyons chaque jour à Sofia, et les autres, les morts-vivants. Le Christ dit : « Bienheureux les morts qui vivent, qui sont morts pour le Seigneur », alors qu’il n’est dit nulle part : « Bienheureux les vivants morts. » Ces derniers sont des chenilles ; les morts qui vivent sont des papillons, ils sont inoffensifs, ne mangent pas les feuilles des arbres, car les feuilles sont nécessaires. Lorsqu’une pensée envahit votre vie et vous détruit, c’est une chenille : chassez-la ; et lorsqu’une pensée qui vous élève vous vient, retenez-la. Par conséquent jetez toujours dehors les pensées qui mangent les feuilles de votre vie ; c’est cela l’enseignement du Christ. Le Christ dit : « Bienheureux ceux qui sont pourchassés car grande est leur rétribution dans les Cieux. » Je vous expliquerai le sens profond de ces mots. Lorsque vous plantez un grain de blé, il se dégrade, attaqué par de nombreux ennemis, des microbes, mais lorsqu’il ressort en haut vers la lumière, le soleil l’éclaire et ses ennemis se dispersent. Par conséquent, vous aussi vous avez besoin d’être pourchassés pour vous élever. En disant : « Bienheureux ceux qui sont pourchassés » le Christ désigne ceux qui croissent, qui développent des racines, des feuilles, des fleurs, des fruits, car leur rétribution sera grande lorsque le Seigneur viendra pour trouver les fruits mûrs. Est-ce que cet enseignement a un sens ? Oui, c’est cela être persécuté pour le Christ. Si je suis pourchassé, mais que je ne donne aucun fruit, je mérite d’être pourchassé ; si je suis pourchassé pour donner un fruit à Dieu et que je l’obtiens, cette persécution est un moyen de croissance, elle donne l’impulsion, l’élan nécessaire. En réfléchissant ainsi nous comprenons le sens juste de notre existence sur terre. C’est pourquoi nous devons prier pour tous les hommes. Les Écritures disent : « Bénissez, ne jurez pas, dites la vérité en face comme un frère, un ami, ne médisez sur personne. » La médisance est un vomissement ; la bouche n’est pas créée pour vomir mais pour les mots doux de l’amour. C’est l’enseignement que les saints apportent d’en haut ; c’est l’enseignement que les prédicateurs prêchent depuis des millénaires ; c’est l’enseignement des petits anges qui descendent sur terre. Lorsque le Christ viendra, Il apportera le même enseignement. Le cheval blanc qu’Il chevauche est le symbole de Son enseignement lumineux : bienheureux ceux qui ont connu le Seigneur, qui ont grandi et se sont développés, car ils ont des racines, des branches, des feuilles, des fruits et le Seigneur les visitera et les rétribuera. J’aimerais que vous soyez tous dans cette situation : soyez bienheureux, que le Seigneur trouve des fruits dans votre jardin, que vous puissiez L’inviter chez vous, dans votre cœur. Il vous donnera alors l’esprit du Nouvel Enseignement. Soyez bienheureux, vous que le Seigneur visite, grande sera votre rétribution dans les Cieux. Sofia, 4 février 1917 [1] « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux ! » (Matthieu 5, 10) [2] « Car c'est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l'être. » (Actes 17, 28) [3] « C'est l'Esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. » (Jean 6, 63) [4] TOB = « Je peux tout en celui qui me rend fort. » (Philippiens 4, 13)
  17. Marthe et Marie Marthe, occupée à divers soins domestiques, survint et dit : Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule pour servir ? Dis-lui donc de m'aider. Le Seigneur lui répondit : Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de choses. Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée. Luc 10 :40-42[1] Beaucoup a été dit sur Marthe et Marie. Elles symbolisent deux principes dans l’âme humaine : le principe actif et le principe passif. En Marthe et Marie nous trouvons deux femmes, deux caractères opposés, deux états du cœur humain. Le premier état est doux, calme, silencieux, une intelligence attachée à un principe immuable, s’appuyant sur une fondation immuable, alors que le second état est comme les vagues marines, comme les petites branches des arbres : une effervescence constante, une agitation permanente. Le Christ cependant montre à Marthe ce qui est essentiel en lui disant : « Tu t’occupes de beaucoup de choses futiles, en dehors de la réalité, alors que Marie a choisi quelque chose de plus important. » Beaucoup parmi vous correspondent à ces deux caractères : certains sont Marthe, d’autres Marie. Les Maries sont en général des femmes nobles ; elles sont bienveillantes, ont une belle allure, un beau visage, un regard doux, un front symétrique, un nez droit et leur cœur est tendre, compréhensif, sensible aux souffrances des autres, prêt à secourir. Marie signifie en hébreu eau salée ; Marie sale le monde ; grâce à elle, il ne se détériore pas, ne se gâte pas, ne s’abîme pas. Lorsque vous avez le principe de Marie en vous, votre cœur ne se décompose pas. Marthe tire son origine de Mars qui veut dire amer, intrépide, irascible, de sorte que ce principe amer en vous est toujours mécontent, agacé, en colère. Et cela n’est pas dû à de la malveillance, mais à la nature active de ce principe qui exige de se frayer un chemin où qu’il aille. S’il s’agit de Marthe, vous verrez que le matin, au lever, tous les domestiques sont mobilisés sous les cris et les injonctions ; si elle lève le balai tous s’enfuient ; elle dit : « Tout doit être en ordre ici. » Cette Marthe est dans les églises, les écoles, les tribunaux, elle est partout, elle est indispensable. Mais ne laissez aucune des deux prendre le dessus, ni le principe actif ni le principe passif. Je relie deux autres principes à ceux-ci : le principe de ce qui est supérieur et le principe de ce qui est inférieur. Le principe supérieur est symbolisé par Marie : il montre comment servir Dieu et être en harmonie avec les êtres supérieurs, les saints, les anges qui savent plus que nous et qui savent obéir. Grâce à ce principe, nous nous assiérons humblement aux pieds du Maître pour nous instruire. Vous direz : « Combien y a-t-il de Maîtres ? » Je ne connais qu’un Maître, il est Unique. Il peut avoir deux cent cinquante mille cheveux sur la tête, cela ne veut pas dire qu’ils sont deux cent cinquante mille maîtres. Un arbre peut avoir beaucoup de branches, mais la branche n’est pas l’arbre ; pour autant l’arbre et les branches sont animées par une même vie ; c’est ainsi que l’unité doit se faire dans votre esprit. Et lorsque viendra le Maître, l’Esprit qui est en vous, que vous soyez hommes ou femmes, vous devrez écouter profondément cette voix de douceur et d’amour qui est en vous. L’amour n’est pas aigre. Qu’est-ce que vous aimez dans la vie ? Imaginons que le monde ne soit peuplé que de Marthes, toutes brandissant les balais, soulevant la poussière, criant… Quelle musique cela ferait ! Je pense que les maisons seraient bien rangées, bien meublées, tout serait en ordre et nous aurions des allures magnifiques, mais il n’y aurait pas de vie. Et inversement, s’il n’y avait que des Maries, alors il n’y aurait que du sel ; mais sans Marthe, qu’est-ce qu’il y aurait à saler ? Cette Marie a un rapport à quelque chose d’autre, à un principe, à un autre fondement : le principe supérieur. Marie nous montre le chemin pour servir Dieu personnellement. Et c’est en cela que nous trouverons le sens de notre vie. Et nous comprendrons les autres créatures qui vivent autour de nous dans la mesure où nous comprenons le sens intérieur de notre âme. Lorsque nous apprendrons le principe premier, le principe supérieur : obéir à Dieu, alors nous apprendrons l’autre principe également pour soumettre tous les éléments inférieurs, le principe inférieur chez l’homme. Lorsque la science moderne affirme qu’elle cherche à soumettre la nature, j’entends qu’elle veut soumettre Marthe qui fait tout ce bruit. Nous devons apprendre à être de bons maîtres. Celui qui n’a pas appris à obéir, à servir Dieu, ne peut pas être un Maître. Et chacun de nous qui cherche à devenir un Maître, doit apprendre d’abord à être un serviteur, serviteur de Dieu, obéir, apprendre ce principe supérieur et s’asseoir comme Marie aux pieds du Christ. Et le Christ dit : « Cette bonne part de Marie ne lui sera pas ôtée. » Je donnerai un exemple pour illustrer cette idée ; c’est peut-être une légende... On raconte qu’un jour, lors de ses voyages en Europe, le grand violoniste Paganini a remarqué sur sa route dans une ville un vieux violoniste avec des mains tremblantes et des yeux éteints. À terre devant lui, une coupelle, mais aussi le violon car il n’arrivait plus à jouer. Paganini s’est arrêté devant le vieux violoniste, a pris son violon et lorsqu’il a commencé à appuyer avec l’archet, toute une foule s’est rassemblée autour d’eux. Il a joué deux, dix, vingt minutes et tous ont commencé à mettre des pièces d’or et d’argent dans la coupelle. Voilà comment Paganini a fait un don au pauvre vieillard. Il restait aux pieds de Paganini, comme Marie aux pieds du Christ et n’a pas dit : « J’attends de voir ce que ça donnera », mais il écoutait ce que le maestro jouait. « Oui, a-t-il dit, je vois maintenant mon grand Maître, Maître de la vie. » La coupelle, c’est un récipient dans lequel s’amassent de grandes et bonnes pensées. Lorsque ce grand Maître viendra jouer en vous, votre coupelle se remplira de pensées et de sentiments nobles. Et vous ne serez plus impuissants et timorés, mais jeunes, frais, bons et forts. J’aimerais aussi vous voir agir de la sorte dans certaines situations, et non pas y consacrer toute votre vie. Car le Christ en approuvant Marie veut nous dire : « Je ne veux pas que vous me donniez tout votre temps, mais juste ce que vous ne savez pas utiliser à bon escient, même si c’est infime. Et le reste du temps où vous êtes occupés, soyez libres d’accomplir vos missions dans la vie. » Le Grand Enseignement n’exige pas de nous de délaisser nos missions dans la vie, mais le temps à consacrer pour Marie est dû. Ce Paganini ne s’arrête pas toujours, c’est très rare ; il laisse le violon et s’en va. Ainsi, le Christ s’arrêtera aussi un jour chez vous, dans votre vie, lorsque vous serez surchargés, blasés, lorsque vous penserez que votre vie n’a pas de sens, que vous n’êtes pas utiles, que l’art que vous apprenez est déprécié ; alors Il s’arrêtera et jouera avec votre violon. C’est cela le bonheur - entendre jouer un grand maître et voir dessiner un grand peintre. C’est cet enseignement qu’il faut embrasser : l’enseignement d’admirer Dieu et Lui obéir car, par cette obéissance, nous acquerrons de grands vertus. D’où naissent les conflits d’aujourd’hui entre les gens ? De ce que les gens sont aigres au lieu d’être doux et affectueux. Si tous les hommes étaient doux et affectueux, la vie serait plus heureuse, intérieurement et extérieurement. Si les gens se respectaient mutuellement, s’ils faisaient des compromis, il y aurait une grande harmonie dans la vie. Je n’envie pas les gens qui se querellent tous les jours : ils s’insurgent ainsi tous les jours contre Dieu. J’entends des réclamations : celles des scientifiques, des prêtres, des médecins, des enseignants, des prédicateurs, tous sont mécontents. Les prêtres et les médecins qui reçoivent de l’argent, se plaignent que cela ne leur suffit pas, que le Seigneur donne plus aux autres et pas assez à eux : voici une réclamation. Si c’est un berger, il dira que sa bergerie est trop petite, qu’il en veut une plus grande : c’est une réclamation aussi. Le scientifique se plaint également qu’il n’a pas assez de facultés. À qui la faute ? Toujours au Seigneur. Je ne parle pas uniquement pour vous qui êtes ici, mais aussi pour ceux qui sont au-dehors : ils sont mécontents. La loi de ce qui est supérieur est de toujours faire jaillir la gratitude et l’amour envers Dieu. Certains demandent : « Où est le Seigneur, comment Le trouver ? » Même les petits enfants peuvent trouver le Seigneur. Cela fait deux mille ans que les philosophes argumentent pour démontrer où est le Seigneur : au Ciel, dans les étoiles, sur terre ou dans le cœur de l’être humain ? Ils Le cherchent toujours, personne ne L’a trouvé. Les prédicateurs disent qu’Il est dans le cœur de l’homme ; les astronomes, qu’Il est dans l’univers en tant que force gravitationnelle ; certains affirment qu’Il existe, d’autres qu’Il n’existe pas. Je vous donnerai un exemple pour vous faire comprendre la vision de ces philosophes. Imaginez que le Seigneur, comme le soleil, se lève et se couche toutes les vingt-quatre heures, allant d’est en ouest ; imaginez que lorsque le Seigneur se lève, vous vous endormez jusqu’à ce qu’Il se couche, et vous vous levez ensuite pour le chercher toute la nuit. Et comme vous ne Le trouvez pas, vous vous endormez encore à l’aube et au couchant vous Le cherchez encore toute la nuit. Un jour se passe ainsi, deux, un mois, un an, dix ans, le temps s’écoule ainsi : vous Le cherchez et ne Le trouvez nulle part. Je dis : changez uniquement votre rapport aux choses : couchez-vous le soir, et soyez éveillés le matin lorsque le soleil se lève, et vous verrez le Seigneur, vous Le trouverez. Je Le vois chaque jour ; je dors le soir et le matin au lever du soleil, je me lève pour l’accueillir. Voici la philosophie de la vie : le Seigneur se lève comme le soleil. Mais que font les gens aujourd’hui durant la nuit ? Ils vont au concert, au bal, au théâtre et lorsque le Seigneur se lève, ils dorment. Ce sont des aristocrates de « la grasse matinée ». Toutes les personnes qui dorment le matin et durant la journée sont de la culture des hiboux, et c’est pour cela qu’ils souffrent. Alors que cette culture de la nuit doit être remplacée par la culture du jour : tu te réveilleras à l’aube, tu te mettras debout et tu attendras au minimum une demi-heure le lever du jour. Le Seigneur se montrera à toi, tu puiseras de la force en Lui, de l’énergie, de la santé, et toute la journée tu seras serein et fort pour te battre. Certains philosophes disent : « Le Seigneur est de sang noble, Il ne reçoit pas tout le monde, il faut être bien habillé devant Lui. » Je vous donne un contre-exemple : lorsque le soleil se lève, tous les animaux, les bons et les mauvais, les beaux et les laids, se montrent comme ils sont. Le Seigneur les éclaire tous : les serpents, les lézards, les moustiques, tous les nuisibles qui font tant de dégâts ; Il ne leur dit pas : « Tu dois rester tapi dans ton terrier. » De même, présentez-vous à Dieu et réchauffez-vous ; c’est le sens de la vie. Nous ne souffrons pas du fait qu’il y a beaucoup de serpents sur terre ; leur nombre est déterminé, ils sont à leur place et s’ils se multiplient davantage qu’il ne le faut, le surplus sera nécessairement éliminé. Lorsque les loups sont un certain nombre, ils sont à leur place, mais s’ils se multiplient, le surnombre sera régulé. Ainsi, si vous n’attelez pas chaque pensée et chaque sentiment en vous, c’est-à-dire si vous n’avez pas appris à servir Dieu, cette pensée, ce sentiment vous dirigera. Et par la même loi, tout comme vous vous insurgez face à Dieu, vos désirs et vos pensées aussi s’opposeront à vous. Si vous appliquez ce que je vous dis là, vous en constaterez l’efficacité. Certains disent : « Éduquons le monde, les humains. » Je ne crois pas à l’éducation en ce sens, car toutes les créatures sont des cellules individuelles de l’organisme divin, du corps divin et chacun doit s’éduquer par lui-même. Je ne peux pas vous commander, ce serait un sacrilège, ce serait mentir à Dieu. Je ne veux pas donner d’ordres, pourquoi ? Parce que ces humains appartiennent au Seigneur, je n’ai pas le droit de disposer de ce qui est à autrui. J’ai le droit d’être le maître seulement de mes pensées et de mes désirs, je peux leur commander, mais je dois être serviteur de tout ce qui est en dehors de moi. Vous aussi, vous devez agir de la sorte. Alors, nous descendrons vers les éléments inférieurs, vers ce qui est déraisonnable. Que dit la Bible dans le premier chapitre de la Genèse ? – « Dieu a créé le Ciel le premier jour, puis la terre. » Le Ciel, c’est Marie et la terre, Marthe. La terre était « informe », donc aigre. Les gens érudits disent que lorsque cette Marthe est apparue, l’orage, la tempête, le feu, les éruptions, grondaient autour d’elle. Alors Dieu a dit à Marthe : « Marthe, Marthe, tu fais trop de bruit, le progrès n’est pas là-dedans ; Marie a choisi la bonne part, elle regarde en haut ! » Alors, la terre, Marthe, a regardé en haut et s’est mise à tourner autour d’elle-même et autour du Soleil. Ainsi s’est formée la vie et beaucoup de créatures sont apparues ; puis en fin de compte, l’homme est apparu. Lorsqu’Il a terminé Son travail, le Seigneur a dit : « Tout ce qui a été créé autour de Marthe est bien. » C’est ainsi que le premier jour est arrivé, puis les autres jours. Maintenant, certains parmi vous représentent Marthe : ils font du vacarme et des flammes sortent de leurs cœurs et de leurs esprits. Marthe n’a ni lacs, ni rivières et le Grand Maître dit : « Marthe, Marthe, ne sois pas dans la confusion, une seule chose est nécessaire, le Ciel, le raisonnable, le grand dans le monde ; regarde en haut, c’est ce qui te donnera le sens. » Lorsque, vous aussi, vous lèverez les yeux, votre Esprit se mettra à circuler correctement autour de son centre et vous trouverez le sens de la vie. Avoir une vie qui ait du sens signifie avoir un centre autour duquel graviter et qui t’envoie quotidiennement ce qui est utile et indispensable pour toi. Ainsi, Dieu a créé en même temps en nous Marie et Marthe ; ce sont les deux pôles de l’âme humaine. Je pourrais vous expliquer un jour le sens intime de ces deux principes qui agissent dans le monde. Mais avec trop de discours, le savoir qui s’accumule sans être appliqué crée des dépôts et les gens peinent à agir. Un élève d’une école évangéliste, lors d’une leçon de grammaire bulgare qu’il maîtrisait peu, s’est justifié devant le professeur : « Il y a beaucoup de manuels de grammaire bulgare : celle d’Ikonomov, celle de Grigorov et d’autres encore, lequel choisir ? Une fois comme ça, deux fois, et à la fin le professeur de lui rétorquer : « Écoute ami, je ne veux pas savoir ce que racontent ces manuels, je veux que tu travailles sur ma grammaire à moi. » Lorsque le Seigneur viendra, vous Lui direz : « Il y a des philosophes comme Kant, Schopenhauer, Tolstoï qui disent ceci et cela, mais il y a des contradictions entre eux, lequel suivre ? » Le Seigneur vous dira : « Vous suivrez ce que Je vous dis. » Et lorsque vous voulez suivre la vérité divine, vous devez vous recueillir dans votre âme, alors vous comprendrez la vie autrement. D’autres facultés feront surface en vous, vous verrez autour de vous la présence d’autres êtres qui créent et vous direz : « Comme nous avons été aveugles ! » Je vous demande à vous qui réfléchissez, si vous étiez à la place d’une fourmi et qu’un philosophe vous piétinait que penseriez-vous de ses pieds ? Vous diriez : « Un rocher est tombé sur nous pour nous écraser » ; et ce rocher ne représente qu’une petite partie de ce géant. Un jour vous dites : « Le destin me persécute, me pourchasse », mais ce n’est rien d’autre que le pied d’un grand philosophe qui vous a marché dessus. Vous ne devez pas barrer le chemin des philosophes, des gens érudits, ils ne s’arrêteront pas à cause de vous, ils suivront leur chemin, et si vous vous mettez en travers, le pied du philosophe vous écrasera. Si vous vous plaignez, je vous dirai : « Votre place n’est pas sur ce chemin des philosophes, vous êtes des fourmis, choisissez un autre chemin. » Voilà la philosophie de la vie : lorsque j’observe le malheur de quelqu’un, je lève les yeux et je vois un géant lui marcher dessus et l’écraser. Ainsi, le Seigneur a créé le monde, tous les mondes. Il y a dix-huit millions de soleils dans la voie lactée et chacun d’eux suit une trajectoire définie, et entre un soleil et un autre il y a vingt-cinq milliards de kilomètres pour éviter les collisions ; c’est le Seigneur qui a tracé ces trajectoires. Et dans votre vie, Il a aussi tracé un chemin, un espace et Il vous dit : « Ne dépassez pas les limites de votre royaume. » Vous voulez conclure un accord avec un autre royaume : les hommes et les femmes de deux royaumes ont conclu un accord pour former un seul royaume uni et ils se sont querellés. Pourquoi ? Que chacun gouverne dans son propre royaume. « Viens mettre ton argent en commun avec le mien », dit quelqu’un. Que chacun garde son argent sur soi ; ne le confiez à personne. Sur terre, tous ceux à qui vous le confierez, vous le déroberont. C’est pourquoi le Christ dit : « Amassez votre richesse là-haut.[2] » Là-haut ! Là-haut, c’est le vrai sens de la vie. C’est pourquoi nous sommes à blâmer de chercher à dénaturer la vie que Dieu nous a octroyée. Je sais que lorsque les gens détestent quelqu’un, ils apportent cela avec eux partout. Laissez cela, tenez uniquement Dieu, c’est Lui qui éclaire, laissez-Le entrer dans votre sainte demeure. Les gens d’aujourd’hui sont polythéistes : il y a des dieux du travail, des dieux de la gloire, des dieux de la force qu’on encense. Prenez le marteau et débarrassez-vous de ces idoles, brisez-les. Asseyez-vous aux pieds de votre Maître et vous comprendrez le sens intérieur, profond de votre vie. C’est ce que le Christ veut dire : « Le bien que Marie possède ne lui sera pas ôté. Tu t’angoisses pour beaucoup de choses. – J’ai ceci, j’ai cela. – Tu es le maître de ces choses, prends-les et jette-les ! » J’ai observé certains maîtres qui, assis sur une chaise comme moi maintenant, se font servir. Ils veulent être servi de quelque chose qu’ils peuvent se procurer tout seuls, ils remuent la cloche : « Dring ! », mais personne ne se présente. Ils appellent une fois, deux fois et se lèvent enfin pour protester. Mon ami, lève-toi, prends tout seul ce qui te manque, tu peux t’aider toi-même. Ses chaussures sont à cinq pas de lui, et il remue la cloche pour que la servante les lui apporte ; il crie et se fâche. Prends les tout seul car la tranquillité et la paix que tu as sont plus précieuses que le manque d’empressement de la servante. Tu n’as qu’à les attraper tout seul : prends les chaussures, puis fais la morale à la domestique. C’est ce que le Seigneur exige, car elle n’est pas votre servante, mais la servante de quelqu’un d’autre. Je vous dis parfois que je suis serviteur, mais pas de vous, pas des humains, je suis serviteur de Dieu. À Londres, un prédicateur baptiste rendait visite à un autre prédicateur nommé Spurgeon, et pour se donner de l’importance, il marqua sur sa carte de visite : « Un de tes frères dans le Christ t’attend dehors pour te rencontrer. » Spurgeon écrivit sur le verso de la carte : « Dites-lui que je suis en train de m’entretenir avec son Maître. » Si quelqu’un t’interpelle : « Ton frère dans le Christ t’attend dehors », dis-lui que tu converses avec son Maître. Et la domestique que tu appelais pour avoir tes chaussures, était aussi en train de s’entretenir avec son Maître et Il te tirerait l’oreille si tu t’immisçais dans son silence. Voici la plus grande philosophie que nos contemporains doivent apprendre : être serviteurs de Dieu. Lorsque nous apprendrons cette grande loi, les rapports entre nous s’amélioreront. J’observe les gens : si tu es bien disposé, tous te sont agréables ; si tu es mal disposé, mal réveillé, tu les regardes tous de travers, et cet état d’esprit peut durer une semaine, un mois ; nous considérons cela comme une nouvelle philosophie, celle du pessimisme, et nous traitons ces gens de pessimistes. Vous dites : « Il est pessimiste, selon les dires de Schopenhauer. » Vous êtes tous des philosophes. Les Bulgares se placent même plus haut que Schopenhauer ; il y a chez tous cette teinte de pessimisme. Le Bulgare se décourage, désespère et alors survient la philosophie de Schopenhauer, survient Marthe. Je dis seulement une chose : tu dois obéir à Dieu. Tu ne Le sers pas et c’est la raison de toutes tes épreuves ; il n’y a aucune autre fatalité. Le jour où tu obéiras à Dieu, à ton destin, tous les autres se soumettront à toi. C’est l’enseignement de Marie et de Marthe. Marie, c’est le Ciel, Marthe, la terre ; Marie, c’est le cœur supérieur, Marthe, le cœur inférieur ; Marie, c’est l’intelligence supérieure, les théosophes l’appellent le manas supérieur ; Marthe, c’est le manas inférieur. Quant à vous qui allez rentrer chez vous, dites-vous : « Viens Marthe, viens Marie – je les vois, elles sont majestueuses –, vous êtes deux sœurs bienveillantes. » Le Christ, c’est l’Esprit supérieur, le principe supérieur. Si Marie répondait à Marthe, elle devrait dire : « Laisse-moi écouter un peu, ensuite je t’aiderai. » Le Christ parlait et c’est pourquoi Marie ne travaillait pas. Si vous rentrez maintenant à la maison et que vous vous fâchez, vous direz : « Marie, sais-tu ce que dit le Maître : tu dois obéir. » Marie doit être noble, délicate, fraternelle et dire : « Attends un peu ma sœur, je te servirai ensuite. C’est ainsi que doit parler Marie. Et lorsque sa sœur la réprimande, elle dira : « Comme ta voix est douce et agréable ! » car il y a une certaine harmonie entre le noble et le non noble, il y a des traits similaires entre l’amour et la haine. Je les connais ces deux sœurs ; mais, celui qui se place entre elles est étouffé par leur affection : elles l’étouffent et lorsqu’il meurt, elles disent : « Qu’avons-nous fait ! » Mais l’amour dit : « Maintenant, ressuscitons-le. » La haine dit : « Je vais l’enterrer. – D’accord », dit l’amour. Ils l’ensevelissent, mais ensuite l’amour revient, le réchauffe et il réapparait : il est ressuscité. La haine et l’amour travaillent constamment dans le monde, alors que vous avez une si mauvaise opinion de la haine, de l’envie. Ce sont des serpents, des lézards qui sont parfois avenants. Comment serait le monde sans lézards, sans serpents, sans moucherons, etc. ? Montrez-le moi cet autre monde, où est-il ce monde prétendument meilleur ? Non, notre monde comme il est fait, est grand par ses desseins, grand par ses manifestations. Alors que ce dont vous vous plaignez constamment, c’est la dysharmonie qui est en vous, c’est Marthe, la terre non structurée, ce bruit qui sévit sans cesse en nous et qui détruit l’harmonie. L’Esprit divin doit descendre et se manifester. Ainsi, l’Esprit est descendu, Il met de l’ordre, Il travaille. Ayez une foi inébranlable dans ce grand principe qui vit en Marie ; ayez foi aussi dans le principe qui vit en Marthe ; ayez foi dans le Christ, car le Christ qui est logé en elles les unit. Vous aussi, unissez ces trois-là : votre esprit, votre Marie, votre Marthe et commencez ainsi la nouvelle année. Je ne conclus pas, je laisse de grands vides entre tout ce qui a été dit pour voir comment vous allez résoudre le rébus. Je suis clairvoyant et en me penchant sur votre avenir, je vois les uns se lever, d’autres tomber, les uns marcher sur le chemin, d’autres zigzaguer, mais tous finiront en fin de compte par y arriver au prix d’hésitations et de retards. Lorsqu’ils embarquent sur un grand paquebot transocéanique, certains ont mal au cœur à cause de la houle, d’autres non. Comme ils sont intéressants ces aristocrates au milieu de l’océan ! Le premier jour, ils sont guindés, habillés, parés de bagues et de colliers, ils sont tous joyeux et satisfaits ; mais lorsque le bateau largue les amarres, ils deviennent tous pensifs comme des philosophes, comme s’ils écoutaient un prêche important. Le deuxième jour, ils commencent à avoir une sensation nauséeuse dans le ventre, et se mettent à manger des citrons, à se coucher sur le sol et à vomir. Mais lorsqu’ils atteignent la terre : « Comment était la traversée ? – Sans accroc ! » Oh, cet océan entre la terre et le Ciel, combien de fois vous allez avoir la nausée avant de finir la traversée ! Vous direz : « C’est une épreuve très pénible ! » Mais lorsque vous irez sur terre, vous aurez un excellent appétit car vous serez bien nettoyés. Cette Marthe dans l’océan fait un bruit assourdissant, secoue les bateaux, déclenche des cris et des pleurs, mais lorsque vous atteignez la terre, lorsque Marie vient, vous dites : « Dieu merci, nous avons fait une traversée sans accroc. » Ne craignez rien, soyez toujours auprès de votre Grand Maître pour résoudre la question de la vie. Vous avez des problèmes très ardus à résoudre dans la vie : l’éducation des enfants, les rapports mutuels de l’homme et de la femme, le rapport à la société, le rapport à l’humanité. Vous avez beaucoup de devoirs : comment les assumer ? Certains considèrent qu’une fois devenus chrétiens, ils n’ont plus d’obligations. Mais c’est précisément le contraire ! Le chrétien a plus d’obligations et doit s’en acquitter parfaitement bien. Et lorsque le jour s’achève, il doit ressentir une grande quiétude d’avoir accompli ce qu’il avait à accomplir et mettre sur son agenda pour le lendemain ce qu’il n’a pas encore accompli. Un jour vous serez Marthe, un autre jour Marie, mais lorsque vous serez aux pieds de votre Maître, que Marthe et Marie s’apaisent toutes les deux, que tout s’apaise pendant une heure. C’est l’enseignement et les idées que le Christ apporte. Apprenez à servir ce qui est supérieur pour pouvoir gouverner ce qui est inférieur. Sofia, 14 janvier 1917 [1] « Marthe s’affairait à un service compliqué. Elle survint et dit : " Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissée seule à faire le service? Dis-lui donc de m'aider. " Le Seigneur lui répondit : " Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. C’est bien Marie qui a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée. » (Luc 10, 40-42) [2] Mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où ni les mites ni les vers ne font de ravages, où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. (Matthieu 6, 20-21)
  18. Croissez dans la grâce Mais croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ. 2 Pierre 3 :18[1] La croissance est un processus de développement. Qu’est-ce qui doit s’accroître ? Souvent on dit : « Le pommier, l’arbre, les branches, les feuilles, les fleurs doivent croître et se développer. » Mais dans le verset cité il est question de la croissance de l’âme humaine. L’âme humaine doit croître et l’esprit humain doit atteindre la grâce dans la connaissance. Quelle grâce ? Celle qui est divine. Le mot grâce est vaste, il désigne les conditions dans lesquelles l’homme doit vivre en haut au Ciel et en bas sur terre. La terre, souvent citée dans les livres sacrés, est tellement grande qu’un nombre infini d’hommes peuvent y vivre ; on l’appelle terre promise dans les Écritures. Vous aspirez précisément à cette terre que Dieu a initialement créée alors que la terre que vous habitez est si petite, si microscopique, qu’elle ne prend comparativement même pas la place d’une île comme la Crête. Paul et Pierre disent que les cieux vont s’embraser et que la terre subira le feu[2]. Beaucoup considèrent le feu comme un élément de destruction. Il détruit certes, mais il bâtit également. Le feu qui est descendu d’en haut, du soleil, a bâti notre terre et vos corps ; ce feu a déposé des pensées, des désirs en vous. Sans feu, tout se fige. Donc, le mot croissance désigne aussi le feu. Le feu qui détruit est le feu grossier. La science moderne atteste de certaines expériences : si quelqu’un est soumis à un courant électrique de deux à trois mille volts, il meurt, et c’est pourquoi, dans certains endroits, pour exécuter quelqu’un on lui administre un courant électrique très fort. Mais si on fait passer en l’homme un courant électrique de dix à cinquante mille volts, toutes ses maladies disparaissent, son visage se rafraîchit, en un mot l’homme rajeunit complètement. Selon toute logique, l’homme devrait brûler s’il était soumis à ce feu. Le feu qui détruit l’homme, ce sont ses passions ; elles détruisent en même temps le corps et l’âme. Si l’homme n’a pas de passions, il n’est pas exposé au feu destructeur. Pierre, en parlant de croissance, désigne l’influence du feu divin : ces dix à cinquante mille volts qui, à leur passage, vont nettoyer et renouveler les êtres humains. Le mot connaissance implique la compréhension des lois favorisant cette croissance qui s’exerce dans deux directions : vers le haut et vers le bas. Lorsqu’on s’observe dans un miroir on voit son reflet. Si on vous demande quelles sont les lois qui expliquent ce reflet, vous saurez répondre facilement ; mais j’aimerais savoir la loi fondamentale qui produit ce reflet. Les physiciens expliquent le côté mécanique de la question, comme les astronomes expliquent le côté mécanique de l’univers, par exemple la nature du soleil, ses éléments constitutifs, sa température, etc., mais ce qu’est en vérité le soleil reste un mystère. Sur terre nous spéculons sur ce sujet, mais ce n’est qu’en devenant spirituel que l’être humain pourra vérifier par lui-même les dires de Pierre sur cette croissance. Si on veut savoir s’il y a une vie sur la lune, s’il y a de l’eau ou non, il suffit de prendre son sac et un ticket, et en quelques heures on peut vérifier sur pièces. On peut ainsi aller jusqu’au soleil pour vérifier comment il est. Alors que maintenant nous examinons les choses à travers leurs reflets, tels qu’ils se forment, mais ces reflets ne sont pas toujours authentiques. Le reflet a un côté externe et un côté interne : vous n’accédez qu’au côté externe alors que le côté interne reste caché. « Je connais cet homme. – Vous connaissez son ombre. » Vous dites : « Ses yeux sont noirs. – C’est son ombre. – Sa barbe est blanche. – C’est une ombre. – Il est beau. – Tout est une ombre ! » Cet homme qui vous semble beau le jour, est ténébreux la nuit. Si la source de lumière change dans une certaine mesure, la lumière de l’homme change aussi. C’est l’accroissement des ombres, car les ombres croissent aussi : l’ombre peut diminuer et disparaître. Par exemple, le matin, lorsque le soleil se lève, l’ombre est plus grande, mais à midi elle diminue fortement et disparaît complètement après le coucher du soleil. Je fais cette analogie, car vous êtes des hommes d’ombres : vous étudiez les choses sur un écran de cinéma. Si je vous parlais différemment, vous diriez : « Prouve-le ! » Mais pour vous le prouver, je devrais vous prendre un billet et vous emmener avec moi sur le soleil et sur la lune. Vous êtes des hommes d’ombres, des créatures fictives et non réelles. Dans cinquante ans, vous verrez par vous-mêmes que vous êtes fictifs. Où serez- vous alors ? Pour ne pas être des ombres, vous devez passer du temporaire à l’éternel, chercher Dieu, chercher la lumière et la chaleur. Et cette lumière déposera en vous cet idéal dont vous vous languissez. L’homme naît comme un tout petit enfant, puis grandit, mais manifeste sans cesse son mécontentement : il veut se marier, cherche une jeune beauté, se tourmente tant qu’il ne l’a pas trouvée, mais lorsqu’il la trouve enfin, il est encore mécontent car il la trouve méchante comme une vipère. Ensuite, ils veulent avoir des enfants et ils en ont, mais les traitent d’ingrats ; ils espèrent qu’en se mariant les enfants se corrigeront, mais cela ne donne rien non plus. Ainsi la vie de nos contemporains ne réside que dans les ombres et dans les ombres il n’y a aucune réalité. C’est une vie agréable, mais sans croissance, sans aucun processus divin. Ainsi, par le mot croissance je désigne l’esprit qui croît et se développe, c’est-à-dire uniquement le réel, l’immuable. Il peut y avoir des millions de changements programmés dans cette substance déposée en nous ; elle évolue par elle-même, c’est une grande loi divine. Une mauvaise pensée peut vous assaillir : c’est une ombre. Vous dites : « Je hais quelqu’un, par exemple : Je hais Jean – Comment peux-tu le haïr alors que tu ne le connais pas ? » De même, comment peux-tu réclamer de l’argent à celui auquel tu n’en as jamais donné ? Les ombres dans le monde n’existent que pour une seule raison : pour montrer l’existence des choses. Plus nous avons d’ombres dans le monde, plus notre discernement grandira et sera la base de la compréhension des choses, car sans ombres le savoir ne peut exister. Vous dites que vous souffrez, c’est une ombre pour s’étudier soi-même. Vous mourez, c’est une ombre pour apprendre les conditions de la nouvelle vie. Par conséquent, la croissance est la raison de tous les changements qui se passent à l’intérieur et à l’extérieur de nous. Ainsi, lorsque nous comprendrons la vie nous aborderons la réalité elle-même et nous vérifierons toute chose. Lorsqu’un enseignement est en accord avec la réalité de l’existence et avec les lois que Dieu a instaurées dans le monde, nous pouvons toujours l’expérimenter. Un médecin vient et dit : « J’ai un médicament qui guérit cette maladie ». Si ce médicament est réel, il doit après administration guérir le malade ; si cela ne se produit pas, alors ce n’est pas un médicament et le médecin est un imposteur. Quelqu’un vient vous dire : « J’ai un enseignement et vous vous élèverez si vous l’acceptez ». S’il vous élève, c’est qu’il est authentique. Ainsi, la croissance est un processus nécessaire pour la construction de notre corps spirituel. Le corps physique a son utilité en tant qu’échafaudage extérieur ; s’il ne s’élève pas, le corps spirituel ne peut pas s’élever non plus. C’est d’abord le plan physique qui est réalisé comme un échafaudage, alors que le plan spirituel est en restructuration et reconstruction permanente. Certains versets des Écritures disent que le Ciel a été créé d’abord - c’est précisément le monde divin ; ensuite a été créée la terre - le monde physique. La terre n’était guère modelée, aujourd’hui, le Seigneur la modèle encore. Il a créé le monde en six jours, il a créé l’homme le sixième jour et s’est reposé le septième jour. Et maintenant Il est de nouveau au travail. Moïse dit : « Le Seigneur s’est reposé », le Christ dit : « Mon Père travaille[3] », et Il est encore aujourd’hui au travail. Le repos de Dieu est de sortir de Son existence pour examiner tout ce qu’Il a créé, puis Il retourne de nouveau à son travail. Son travail actuel engendre le feu ; Il dit : « Ce monde manque de feu ». Lorsque ce feu viendra, viendra aussi la croissance et la connaissance de la grâce. Lorsque je parle du monde, j’entends toujours l’être humain. Votre connaissance du monde dépend des rapports que vous entretenez avec lui. Tous les éléments du monde extérieur dans la nature sont liés à votre corps et votre raison, et tous les changements qui vous concernent – une indisposition quelconque dans votre esprit – sont tributaires des changements dans la nature. Un loup qui ne mange pas pendant trois à quatre jours, une semaine, finit par être affamé et prie le Seigneur d’avoir un peu de nourriture : vous percevez sa souffrance et vous souffrez avec lui. Ainsi, toutes les choses sont liées, les joies et les chagrins sont vécus de la même manière. Quelqu’un dit : « Je ne peux pas supporter celui-ci. – Tu le supporteras car il est une partie de toi ; si tu lui fais du mal, tu te feras du mal à toi-même ». Ainsi, par croissance, j’entends la croissance de notre corps spirituel qui constituera une unité avec cette harmonie divine. Vous dites : « Le monde n’est pas encore organisé. » Non, il ne l’est pas, mais pour ce faire, il faut du travail et nous sommes les fabriques qui doivent travailler : nous assimilons et traitons la matière et la donnons au Seigneur. Tu manges une poule, une brebis, un agneau, cela constitue une parcelle de toi et sert à bâtir le monde. Un jour toutes les souffrances seront justifiées de ce point de vue. Dans le monde nous avons tous souffert, mais en contrepartie nous allons tous vivre ensemble. Un jour, vous vous rendrez compte que même les insectes sont vos frères ; lorsqu’un insecte vous pique pour sucer votre sang, il dit : « Je dois le faire pour construire cette maison. » Toutes les créatures ont un processus conscient et inconscient. Le processus conscient est si développé que vous devez pousser en peu de temps comme le blé au mois de mai et entamer la nouaison rapidement car la croissance sous-entend la floraison et la floraison sous-entend la formation du fruit. La croissance est la vie, elle implique la floraison, la nouaison et le mûrissement. Sans fleur il n’y a pas de nouaison et de mûrissement. « Est-ce que tu fleuris ? – Non. – Tu ne te manifesteras pas ». Chez les humains comme chez les fleurs, il y a une manifestation uniquement lorsqu’ils fleurissent et forment le fruit. L’amour se manifeste uniquement lorsque les plantes fleurissent ; il en est de même chez les gens. Lorsqu’il y a une floraison sur le plan physique, alors il y a un mûrissement physique, un amour physique ; lorsque ce processus est passé, il y a une floraison et un murissement chez l’être humain. On doit fleurir au moins sept fois, c’est-à-dire former sept fruits ; cette floraison doit avoir lieu en même temps dans sept mondes différents, alors que maintenant cette floraison est séquentielle. Et lorsque cette floraison sur le plan physique perd son sens pour vous, vous devez la transposer en haut. Pourquoi mourons-nous ? La mort n’est rien de plus qu’un passage vers un monde de développement supérieur. Lorsque vous n’avez plus de conditions de croissance, vous mourez et lorsque vous avez ces conditions, vous naissez. Ceux qui ne connaissent pas le sens profond de la vie trouvent une certaine contradiction dans la floraison des branches et la croissance des racines. Lorsque l’eau jaillit d’une source, n’arrose-t-elle pas dans toutes les directions ? Prenez un gaz : vous avez des vapeurs d’eau dans un récipient ; si vous l’ouvrez, ces vapeurs ne se dispersent-elles pas aux quatre vents ? La vie sortie du centre envoie donc ses racines vers le bas. La science nous dit que le jour nous nous tenons à l’endroit, et le soir, du fait de la rotation de la terre, nous sommes la tête en bas. C’est pareil avec l’arbre : les premières douze heures ce sont les branches qui sont d’abord tournées en haut, et ensuite c’est au tour des racines de pointer vers le haut. Vous direz : « Nous pointons vers le haut » ; l’homme est un arbre double : il a des racines en haut qui symbolisent le monde divin et il a des racines dans l’estomac qui symbolisent le monde physique. Lorsque la terre tourne, vous tournez les pieds vers Dieu – ce sont alors les racines de votre estomac qui se tournent vers Dieu. Ainsi, toutes les vingt-quatre heures votre tête et vos pieds se tournent vers Dieu. La tête et les pieds ont une égale importance pour Dieu, car si vous entrez dans le monde spirituel, le fondement des choses - ce sont les pieds puisque c’est sur eux que reposent toutes choses. Certains disent : « À quoi me servent les pieds ? » À quoi sert-il d’avoir des fondations ? Pour construire votre maison là-dessus. Par conséquent les pieds sont la base sur laquelle vous bâtissez votre maison, le terreau sur lequel votre existence peut s’épanouir. Maintenant, dans cette croissance, nous devons aimer en nous-même chaque personne, vivante comme morte, qui a un reflet et vit en nous. Vous avez un Jean à l’intérieur de vous et un à l’extérieur ; un ange à l’intérieur et un autre à l’extérieur ; vous avez un diable en dedans et un en dehors ; et le ciel et la terre vivent en même temps dans votre âme. Certains parmi ceux qui détestent les mauvais esprits, disent qu’il y a un conflit entre eux et les anges et pensent qu’ils se disputent entre eux. La dispute éclate uniquement si nous intervenons, sinon il existe entre eux un équilibre. Dès que nous intervenons il y a une lutte. S’il y a une dispute entre deux esprits, contentez-vous uniquement de les écouter : la dispute est entre eux. Les disciples n’ont pas le droit d’interférer dans les affaires du maître et les bons et mauvais esprits sont de grands maîtres. Vous n’avez pas à juger, mais seulement à écouter ; la loi est ainsi. Si vous intervenez, vous serez molestés ; on vous dira : « Écoute, tu n’es qu’un gamin, il ne faut pas t’immiscer, mais seulement écouter ! » Certains se plaignent souvent d’être agressés par de mauvais esprits, mais je leur dis : « Ces mauvais esprits ne veulent rien savoir de vous, ils ne s’intéressent pas à votre existence ; ils se sont seulement arrêtés à l’ombre d’un arbre pour parler et vous, écoutez- les ; vous êtes encore des nourrissons, vous n’êtes même pas nés encore. – Les mauvais esprits me dictent de faire ceci ou cela. – Ils ne s’adressent pas à toi, mais à eux-mêmes et tu te dis : vite que je le fasse. » C’est pourquoi l’apôtre Pierre dit : « Croissez dans la grâce du Christ pour connaître les esprits ». Jusqu’à maintenant le monde ne fait qu’envoyer des incantations aux mauvais esprits, et l’église - des exorcismes, mais ils subsistent toujours. C’est pourquoi le Christ dit : « Ne vous opposez pas au mal. » Les mauvais esprits vaquent à leurs affaires, laissez-les faire. J’ai souvent entendu des chrétiens se disputer entre eux : « Tu es ignorant, je sais tout, j’ai été à l’université. » Si tu as été à l’université et si tu as appris quelque chose, alors tais-toi car il y a dans le silence une communication, c’est une force, une ascension. Celui qui ne sait pas se taire n’a aucun savoir, il ne sait que prendre des coups. Le silence est réellement un accroissement ; c’est ainsi que croissent les plantes : elles sont silencieuses et ce n’est que le soir qu’on entend un faible crépitement – elles chuchotent doucement entre elles. Contrairement aux humains qui, s’ils font quelque chose de bien, mettront le monde entier au courant. Comme la poule, dès qu’elle pond un œuf elle se met à caqueter pour que tous l’entendent. Quel exploit d’avoir pondu un œuf ! Ce n’est que son devoir. Et encore ! La question se pose de savoir si c’est elle qui pond ou si c’est quelqu’un qui la fait pondre. Lorsqu’un âne est amené à transporter un chargement précieux, il le porte sur son dos en disant : « C’est moi qui l’ai transporté. » Nous devons savoir que dans le monde nous sommes serviteurs de Dieu. Quelqu’un dit : « L’homme a le libre arbitre ». Seul celui qui vit dans le monde réel et immuable dans lequel Dieu vit, celui qui sert Dieu et comprend Ses lois et Ses commandements, lui seul est libre et peut avoir le libre arbitre. Nous devons trouver du temps pour accélérer cette croissance dont je vous parle, c’est-à-dire la construction de notre corps. Vous donnez souvent des motifs de désobéissance en disant : « Nous n’avons pas de temps pour ceci ni pour cela. » Un prédicateur anglais est allé voir un pauvre balayeur et lui a demandé : « Est-ce que quelqu’un vient te rendre visite ? – Oui, Gladstone. – Qui ça ? – L’homme d’état ! » C’est curieux s’est dit le prédicateur, avec tout le travail qu’il a, il trouve le temps de rendre visite à ce pauvre balayeur ! Pourquoi ? Qui habite en ce balayeur ? Gladstone est conscient qu’un frère demeure en lui et dit : « Je dois lui rendre visite. » Les gens d’aujourd’hui, dès qu’ils s’élèvent un peu socialement, oublient même leur père et leur mère, en considérant que ces derniers peuvent nuire à leur réputation et à leur grandeur. La grandeur suprême est de connaître sa mission. Le trait le plus noble chez Dieu est que malgré tout ce dont Il s’occupe, Il trouve toujours, comme Gladstone, le temps de rendre visite à une âme pécheresse. Le Seigneur trouve toujours quelques minutes à consacrer à quelqu’un, lui envoyer une bonne pensée, le secourir. Et lorsque tous se jetteront sur vous comme les moustiques s’attaquent à l’homme, le Seigneur apparaît et dit : « Ne crains rien, Je suis là, Je suis avec toi, Je t’aiderai. » Et lorsque le Seigneur fait cela, dites-lui : « Donne-nous la force de grandir, de nous libérer des choses transitoires, de connaître Ta volonté », mais ne dites pas : « Ils se sont jetés sur moi, mais ils n’ont qu’à bien se tenir ! » Nous lisons souvent la prière divine : « Que Ta volonté soit faite ». Tu ne connais pas le Nom de Dieu, le Royaume de Dieu, mais tu veux accomplir la volonté de Dieu ! L’homme qui ne connaît pas le Nom de Dieu ne peut pas accomplir la volonté de Dieu ; tu ressembleras à cette mère qui confectionne des chemises et des culottes pour des enfants qui ne sont pas encore nés. Le Royaume Céleste viendra de la quête du Nom de Dieu, du Royaume de Dieu et de la volonté de Dieu. Nous devons avoir la probité de ce tzar russe dont Tolstoï nous raconte la légende : l’assassinat de Paul Ier dans lequel était impliqué Alexandre Ier a suscité des remords chez ce dernier qui ne trouvait de réconfort nulle part. L’éclat du trône et la vanité des plaisirs ne pouvaient pas le distraire ni l’apaiser. Il est entré en lui-même et finalement, il a décidé d’abdiquer et de vivre à Taganrog comme un simple citoyen. Une fois, en se promenant à l’extérieur de la ville, il a vu la foule se masser autour de soldats alignés au bord de la route, sur deux rangées, sans armes, mais chacun tenant un bâton dans les mains. On a amené un vieux soldat, on lui a attaché les mains à un fusil, on lui a retiré la chemise et sous le battement des tambours on lui a fait subir l’effroyable supplice des verges. Alexandre a scruté le visage du malheureux soldat et a été sidéré par l’étrange ressemblance entre le soldat et lui-même. Il s’est enquis du crime commis par le soldat ; on lui a dit que celui-ci apprenant que son père était mourant au village a demandé la permission de le voir pour la dernière fois et, comme on lui a refusé cette faveur, il a tenté de s’évader ; arrêté, il a réussi à s’évader une deuxième fois, mais rattrapé de nouveau il a été condamné, pour cette récidive, à subir huit mille coups de bâtons par les soldats. Cette punition était synonyme de mort certaine. En écoutant le bruit sourd des verges, mélangé aux pleurs du malheureux qui éreinté s’est bientôt tu, Alexandre a été terrifié. « Mon Dieu, a-t-il pensé, il a voulu voir son père, lui baiser la main et implorer une dernière bénédiction paternelle ; et seulement pour cela il est si cruellement torturé et ceci en mon nom ! » En comparant sa propre conduite envers son père avec celle du soldat, il s’est vu si indigne par rapport à lui qu’il s’est mis à pleurer amèrement. Lorsqu’il s’est informé auprès du médecin qu’en effet le soldat ne survivrait pas aux quatre mille premiers coups, il s’est arrangé avec lui pour que le soldat soit secrètement habillé avec ses propres vêtements et emmené dans son appartement. Et lui-même, habillé avec les vêtements du soldat, s’est soumis aux quatre mille coups restants auxquels il a survécu car les soldats, croyant qu’il s’agissait du soldat éreinté, ont frappé plus faiblement par pitié. Le soldat habillé des vêtements impériaux et emporté dans l’appartement d’Alexandre a en effet succombé, mais sa ressemblance avec le tzar a permis d’annoncer que celui-ci était mort, alors qu’il s’était en réalité caché et consacré à des œuvres de miséricorde. Et Tolstoï termine son récit sur la mort d’Alexandre en disant : « Quel moment solennel a dû être sa mort ! … Quelle libération suprême de l’âme ! ... » Je demande combien de mes aimables auditeurs sont capables de supporter ne serait-ce que dix coups ? Et nous avons des prétentions et nous nous disons prêts pour aller au Ciel ! Voici le sens caché de la croissance : que l’homme distingue les ombres des choses réelles pour libérer son âme, en ayant éprouvé toutes les souffrances. Lorsque le pommier et le poirier croissent, c’est pour une seule et unique raison : donner naissance à un fruit qui sera à l’origine d’un être nouveau. Vous aussi, vous êtes venus sur terre pour donner la vie à quelqu’un d’autre. Certains veulent se marier et avoir des enfants, pourquoi ? Je vous dirai pourquoi : ils désirent se marier car ils sont déjà fatigués et ne peuvent pas faire un autre travail ; en se mariant ils auront un fils ou une fille qui termineront leur travail. Quelqu’un dit : « Je ne veux pas me marier », ce qui signifie que tu es fort ; mais si tu ne peux pas accomplir seul ton travail, tu dois te marier. Ne pensez pas que c’est une allégorie, c’est une vérité. Par développement j’entends le travail que Dieu nous a assigné et que nous devons accomplir ou bien laisser notre place à d’autres pour qu’il soit fait. Voilà pourquoi les humains sur terre naissent et s’incarnent : ils descendent et ils remontent. Un jour, quand tu diras que tu es fatigué, le Seigneur te demandera si tu veux céder ta place à ton frère pour qu’il fasse le travail ; c’est ainsi. Ces connaissances sont élémentaires ; dans le futur vous apprendrez plus. Dieu a déjà commencé la réorganisation du monde. En cette époque de croissance, nous nous trouvons dans les conditions les plus favorables sous l’influence du feu divin, et dans ce feu divin les matières brutes fondront et s’affineront et le Seigneur s’en servira pour créer un monde d’un ordre nouveau. Ceux qui ne finiront pas leur développement seront envoyés par le Seigneur à un autre endroit. On ne dépérit pas dans le monde, on n’est que démis de ses fonctions, celles que nous n’assurons pas. Dans nos écoles on peut être retenu deux ou trois ans dans la même classe avant de valider les acquis ; c’est la même chose dans la vie. Il est souhaitable que cette idée soit centrale dans votre esprit. Ton travail importe peu, que tu sois mathématicien, chimiste, docteur, ce ne sont que des ombres, des formes dans la vie ; l’important est de sanctifier le Nom de Dieu, d’appliquer la volonté de Dieu dans ton âme. L’être humain qui désire la force doit tenir à ces trois choses : le Nom de Dieu qui est le bien supérieur, le Royaume de Dieu en rapport avec l’âme humaine, et la volonté de Dieu en rapport avec la vie terrestre. Le monde spirituel a un lien avec le monde physique : l’humain est en même temps un être spirituel et un être physique ; ces deux éléments cohabitent. Il y a entre eux deux un lien qui les unit et les dirige, il s’agit de l’âme, à moitié esprit, à moitié matière. Vous ne pourrez jamais changer cet état. Par les mots matière physique je désigne le monde des formes, nécessaire à la manifestation et à l’existence des choses ; par monde spirituel je désigne les forces qui travaillent pour créer ces formes, et par âme je désigne les conditions qui préparent la construction de ces formes. Par conséquent, sans formes la vie ne peut pas se manifester. Chaque âme doit avoir un corps dans le monde pour se manifester en tant qu’individu, entité. Elle doit avoir un corps pour que le Seigneur lui rende visite ; peut-on sans maison convier des invités ? Lorsqu’on veut se marier, il faut d’abord construire une maison comme les oiseaux qui préparent leurs nids avant de couver. « Tant pis pour nous ! » se diront ceux qui n’ont pas de maison. N’interprétez pas mes paroles au sens propre, j’entends la présence d’une maison dans le monde spirituel. Vous ne serez pas reçus au Ciel sans une telle maison, il vous en faut une. Par croissance, je désigne la présence de jardin pour cette maison avec un verger et des fleurs qui l’embellissent. Pour croître, il faut oublier vos ombres, vos contradictions. Toutes les choses qui existent dans le monde sont des ombres ; lorsque vous vous endormirez d’un sommeil très profond, tout disparaîtra : la France, l’Angleterre, l’Allemagne disparaîtront de votre esprit, il n’y aura plus aucune guerre, vous oublierez le sucre, le riz ainsi que vos dettes, vous oublierez tout car tout cela n’est que des ombres. Pour connaître vraiment l’homme, il faut l’aimer ; seul celui qui aime connaît les êtres humains. Mais quelqu’un protestera : « J’aime, mais je souffre, j’ai peur ». Si tu as peur, tu n’as pas d’amour, l’amour ne tolère pas la peur ! Toutes les contradictions créent des ennuis, quel que soit le contexte. L’esprit humain ne peut pas se développer sans les ennuis. Cet enseignement doit être prêché aux gens d’aujourd’hui, aux gens instruits. C’est le seul moyen pour que la souffrance, en réalité fictive, quitte vos foyers. Certains magnétiseurs, tracent une ligne devant celui qu’ils hypnotisent et lui disent qu’arrivé à cette ligne, il rencontrera un mur ; et celui qui est sous hypnose est réellement bloqué par ce mur que personne ne voit en réalité. Si le magnétiseur souffle dessus, ce mur disparaît. Maintenant, le diable a érigé un tel mur dans les esprits des gens – juste un trait ; et vous voyez beaucoup de difficultés qui ne sont que des ombres et pas une réalité. Il n’y a rien d’impossible dans la vie, tout est possible. « Comment est-ce possible ? » demandera quelqu’un. Si, par exemple, je jeûne quelques jours et j’implore Dieu pour un morceau de pain, Il me le donnera ; si je lui demande sept ou huit miches de pain, il ne me les donnera pas. Je vous dis des vérités que vous pouvez vérifier par vous-mêmes. Vous devez renoncer à la cupidité et ne pas réclamer plus qu’il ne vous faut. Vous avez par exemple un kilo de sucre, contentez-vous de cela et ne réclamez pas deux ou trois kilos de plus. Est-ce que tous les humains peuvent être millionnaires en même temps ? Comme la croissance d’un arbre a une limite, c’est pareil avec l’homme dans le plan physique : lorsque l’homme atteint sa taille définitive à la vingt et unième année, c’est alors son intelligence, son âme et son esprit qui croissent désormais au lieu de son corps. Ce sont de grandes choses que vous comprendrez lorsque vos yeux s’ouvriront. Vous devez une fois prier Dieu de vous ouvrir les yeux comme jadis le prophète juif Élisée. Le roi de Syrie a envoyé une nuit une grande armée pour attraper Élisée et le conduire auprès de lui. Le serviteur d’Elisée, voyant l’armée au petit matin, a dit effrayé : « Qu’allons-nous faire, maître ? – Ne crains rien car ceux qui sont avec nous sont plus nombreux que ceux qui sont avec eux ». Élisée a prié et a dit : « Seigneur, ouvre, je Te prie, les yeux de mon serviteur pour qu’il voie. » Le Seigneur a ouvert les yeux du serviteur qui a vu la forêt autour d’Élysée pleine de cavaliers et de chars. Lorsque les syriens se sont rapprochés de lui, Elisée a prié le Seigneur : « Seigneur, frappe ces gens de cécité ». Il les a ensuite amenés avec lui en Samarie et a dit : « Seigneur, ouvre leurs yeux pour qu’ils voient ». Le Seigneur a ouvert leurs yeux et ils se sont vus au milieu de la Samarie devant le roi d’Israël. En les voyant ce dernier a demandé à Élisée : « Dois-je les abattre mon Père ? Et il lui a répondu : Ne les abats pas, donne-leur à manger et renvoie-les à leur maître ». Alors que nous, les contemporains, nous disons : « Qu’adviendra-t-il de nous ? » Ceux qui sont avec nous sont plus nombreux que ceux qui sont contre nous. Qui est contre nous ? Nos pensées, les ombres que nous nourrissons depuis des années. Dites-vous : « Ces pensées, ces loups et ces ours sont mon œuvre, je ne les crains pas. » Certains se disent robustes dans leur foi ; vous verriez la force de leur foi si on les mettait au milieu des loups et des ours d’une ménagerie. Si tu as peur, si tu succombes à la tentation, si tu nourris la haine, le Seigneur n’est pas avec toi. Les chrétiens doivent être courageux, car il faut des gens courageux dans ce monde. Nous devons supporter fermement nos souffrances et dire : « Que soit sanctifié le nom de Dieu, que s’accomplisse la grâce divine. » Vous direz : « Tellement de gens ont péri. » À mes yeux ils ne sont pas morts, mais ils ressuscitent. J’aimerais les rejoindre ; c’est glorieux d’aller au Ciel ! Certains craignent la mort ; ils aiment le Seigneur, mais lorsque la mort se présente ils cherchent des médecins : le Seigneur n’est pas avec eux. Si la mort approche, dites : « Je viens, Seigneur, prépare-moi un nouveau travail. » Tous ceux qui m’écoutent aujourd’hui ne doivent pas se montrer peureux. Entrez parmi vos lions, vos tigres, vos serpents et caressez-les ; tant que vous n’apprenez pas à caresser le serpent et les crocodiles, le Seigneur n’est pas avec vous. Prenez pour exemple Daniel qui était parmi les lions : il n’a pas été attaqué par eux car il s’est dit : « Le Seigneur qui est avec moi domptera les lions ». J’aimerais vous voir aussi faire appel au Seigneur lorsque vous serez parmi vos lions pour les dompter. Soyez plus résolus et moins couards. Il faut prôner l’égalité et la fraternité pas seulement en apparence mais aussi dans les faits. Les gens de science et les grands hommes doivent donner l’exemple par leur façon de vivre. Qu’on soit chimiste, astronome, juge, prêtre, il faut s’atteler pour travailler pour le bien de l’humanité. Nous n’en sommes pas loin, le feu arrive, la chaleur sera grande, mais ne craignez rien, ceux qui sont avec nous sont plus nombreux que ceux qui sont contre nous. Que tous prennent conscience que le Seigneur arrive dans le monde pour faire régner l’ordre, la loi, la justice. Et vous, hommes et femmes que Dieu a si joliment nommés, vous vous conformerez à ce nouvel ordre. Il n’y a pas de plus belle appellation qu’homme et femme dans le monde. Mais maintenant hommes et femmes se plaignent de leur condition. Les hommes disent : « Pauvres de nous, d’être nés hommes et de devoir aller à la guerre ! » Les femmes de leur côté disent : « Pauvres de nous, d’être nées femmes et de devoir enfanter ! » Personne n’est à plaindre, au contraire, c’est une grande bénédiction d’être né ainsi et d’être prédestiné à ce travail. Tendez-vous la main intérieurement. « Comment se réconcilier ? » dira quelqu’un. – Ne dis rien contre eux, réconcilie-toi dans ton for intérieur avec tous tes frères, tes citoyens au-dedans. Appelle le Seigneur pour que Son Nom soit sanctifié et que l’Esprit soit glorifié en toi. Et demande à grandir pour accomplir ce que Dieu a prévu pour toi. Vous ne mourrez pas. À partir de maintenant, de bonnes conditions viennent pour vous instruire ; vous étudierez l’astronomie, les mathématiques, etc. Certains disent : « Les mathématiques sont une science très simple jusqu’au nombre 10. » Mais combien de millions de combinaisons existent entre ces dix chiffres ! Certains disent : « Soyons bons, c’est le 1, soyons justes, c’est le 2, soyons aimants, c’est le 3, soyons sages, c’est le 4, soyons attachés à la vérité, c’est le 5. Nous avons atteint le 5. Soyons maintenant bons et justes, c’est 1 et 2 ; soyons maintenant bons, justes et aimants, c’est 1 et 2 et 3 ; soyons aussi sages, c’est 1 et 2 et 3 et 4. Ce n’est pas encore une science. Pour le un, il faut comprendre la loi du un, le terreau, les éléments ; il faut employer la chimie pour voir ce qui pousse dans le un et puis dire : « En lui poussent des pommes, des cerises, du raisin, du blé, du riz, des choux, des carottes etc. » Dans cet un on trouvera combien d’éléments sont utiles pour les pommes, pour les poires. Et dans notre esprit nous pouvons nous dire : « Soyons bons », mais pour être bon il faut travailler. « Soyons justes », on peut l’être mais il faudra travailler. Bien ! Justice, sagesse, tout vient d’en haut. Vous dites : « Nous voulons être bons ». Venez avec moi, je vous l’apprendrai, je vous dirai comment être bons. Je prendrai un clou, je le chaufferai, il sera bon. Où est le foyer pour le chauffer ? À l’intérieur de votre cœur. Prenez le feu, le soufflet, du charbon, mettez le clou – vos pensées – et chauffez-le. C’est le processus selon lequel nous devons travailler en nous. Dans ce sens, le christianisme est une science alchimique. Vous m’écoutez et vous vous dites : « Cela me pèse, c’est difficile ! – Pourquoi ? Parce que vous avez fermé les fenêtres et vous ne laissez pas passer la lumière divine ; le Seigneur est vivant, mais vous n’avez pas ouvert les fenêtres pour qu’Il entre ». Quelque fois, Il peut vous gifler, dites alors : « Merci Seigneur de m’avoir visité. » Interprétez ainsi la gifle de votre mari. Pourquoi secouez-vous le noyer ? Pour faire tomber les noix. Ainsi le Seigneur vient et demande : « As-tu un fruit à Me donner ? » Lorsqu’un frère te gifle, emmène-le avec toi, donne-lui à boire, à manger, nourris-le avec le nouvel enseignement. Si tu lui apprends ce nouvel enseignement, il cueillera les noix doucement à la main, au lieu de leur jeter des pierres. C’est partout ainsi : hommes, femmes, maîtres, élèves, prêtres, prédicateurs, tous se jettent des pierres. Les souffrances actuelles sont la plus grande bénédiction. Je remercie Dieu pour beaucoup de choses : je Le remercie d’être roi et d’être Son serviteur. Lui roi, c’est la grâce suprême, pour moi et pour les autres. Vous êtes maintenant des serviteurs, mais si à l’avenir vous voulez être de vrais rois, de vraies reines, appliquez l’enseignement divin. Chaque matin en vous levant dites-vous : « Seigneur, je Te remercie d’être en vie pour pouvoir Te servir aujourd’hui encore. » Comment vous levez-vous le matin ? Certains se lèvent avec le visage vers le haut, d’autres avec le dos. Faites attention comment vos enfants se lèvent le matin. Ne vous levez jamais le dos vers le haut. Quelle doit être la première pensée lorsque vous vous levez ? Dites : « Seigneur, bénis mon âme, je Te remercie d’être sur pied aujourd’hui pour accomplir mon travail comme il se doit et pour grandir autant qu’il le faut. » C’est le premier enseignement. Et vous, que faites-vous ? Si quelqu’un parmi vous est enseignant, il dit : « Oh, je dois corriger quarante ou cinquante copies aujourd’hui ! » S’il est juge, il dira : « Aujourd’hui j’ai tant de procès ». S’il est prédicateur, il dira : « Oh, il faut faire un prêche aujourd’hui et je n’ai rien préparé ! » Si c’est une mère, elle dira : « Pourquoi ces enfants pleurent-ils comme ça ! » Le Seigneur n’est pas avec eux et toute la journée leur travail n’avance pas. Soufflez et dites : « Houhou, Seigneur nettoie-moi des mauvaises pensées, bénis mon âme ! » Essayez cette méthode. Certains disent : « Dieu est si miséricordieux qu’Il a versé son sang pour nous et on L’a crucifié. » Comment ? Avec la tête en haut. C’est pourquoi, en vous levant le matin, soyez tête en haut, pas en bas. Et lorsque vous sortez, montrez votre tête au Seigneur, pas les pieds. Je pourrais vous expliquer cela de façon plus détaillée, mais nous n’avons pas de temps. Si tu sors la tête la première et tu remercies Dieu dans ton âme, alors tous les esprits lumineux t’entoureront, tu acquerras force, sagesse et tu grandiras. C’est le Seigneur qui fait grandir les choses. Pourquoi je vous parle ainsi maintenant ? C’est le Seigneur qui fait les choses à travers les hommes. Parfois lorsque je vous parle, vous dites : « Monsieur Deunov dit ceci. » Ce que je dis est dit en haut, c’est ainsi que parle tout le Ciel. Je le répète, le Seigneur vient purifier la terre par le feu, enlever les vieilles guenilles des humains, leur donner de nouveaux corps, insuffler l’amour dans leurs cœurs, élever leur intelligence, écarter d’eux toute haine, tout ressentiment - voilà ce que proclame l’enseignement divin de la nouvelle époque. Le matin, lorsque vous vous levez, faites un essai et dites : « Je te remercie Seigneur pour Ta grâce envers nous. Je Te reconnais comme bon, miséricordieux et omniscient. » Répétez cela chaque jour pendant un mois et revenez auprès de moi, vous verrez quelle sera la température de votre âme alors. C’est tout le secret. Si vous le répétez dix mois durant, ce sera encore mieux. C’est l’alpha, le commencement. Jadis, à votre âge, lorsque j’étudiais cette science, en me levant je commençais ainsi : « Je Te remercie Dieu pour tout ce que Tu m’as donné et ce que Tu m’as appris ». Vous aussi, commencez ainsi. C’est un grand enseignement. Si vous ne commencez pas avec lui, vous serez éternellement dans l’obscurité, avec des ténèbres tout autour ; si vous l’appliquez, le Seigneur et les anges et les saints, tous vous souriront et vous aideront à devenir des fils de Dieu. Supportez quatre mille coups de bâton sur le dos et lorsque le Christ viendra, qu’il dise : « Qu’il aille à ma place et moi je subirai le reste. » Je l’entends au sens figuré et c’est ainsi que je vous le dis. Diffusez cet enseignement parmi les humains, c’est ainsi seulement, et pas autrement, que chaque peuple pourra s’élever. Celui qui veut essayer, qu’il applique cet enseignement et il verra les résultats ; c’est une science positive. Chaque peuple, chaque société, chaque maison qui travaille ainsi, sera béni. C’est la bonne nouvelle que le Christ a apportée il y a deux mille ans pour le renouveau de l’humanité. Celui qui a des oreilles pour écouter, qu’il écoute. Sofia, 7 janvier 1917 [1] Mais croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. (2 Pierre 3, 18) [2] « Cependant le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; en ce jour, les cieux passeront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre sera consumée avec les ouvrages qu'elle renferme. (2 Pierre 3, 10) [3] « Mais Jésus leur répondit : " Mon Père, jusqu'à présent, est à l’œuvre et moi aussi je suis à l’œuvre." (Jean 5, 17)
  19. Rendez à Dieu ce qui est à Dieu Alors il leur dit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Etonnés de ce qu'ils entendaient, ils le quittèrent, et s'en allèrent. Matthieu 22 :21,22[1] « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Sans le vouloir le Christ a abordé une question de société : faut-il ou non payer une dîme. Cette question a toujours occupé les hommes. Elle peut être examinée au sens large comme au sens propre et le bonheur de l’homme dépend de la bonne résolution de cette question. C’est une équation complexe à dix inconnues. Les élèves résolvent facilement des équations avec une, deux ou trois inconnues ; mais face à des problèmes avec plus de trois inconnues, ils battent en retraite. Sauf que la vie soumet aux hommes des problèmes complexes à dix inconnues, voire davantage. Des milliers d’années sont nécessaires pour résoudre ces problèmes. Tous se lamentent et craignent l’inconnu. On a demandé au Christ : « Faut-il payer un tribut à César ? » Il a répondu fermement : « Payez ! » Dans tout ce chapitre le Christ a exprimé de grandes idées qu’il faut creuser longtemps, comme un botaniste ou un géologue doit longtemps étudier une plante ou un minéral pour le connaître. Ce n’est pas facile de pénétrer le sens profond des versets dits par le Christ. Beaucoup des chrétiens d’aujourd’hui s’assoient sur une chaise et réfléchissent à la compréhension de telle ou telle question. Penser ne suffit pas pour répondre aux questions : il faut des efforts, du labeur, du travail. La femme demande : « Faut-il cuisiner pour mon mari ? » Le Christ répond : » Oui, il le faut, l’homme est ton César, il faut cuisiner pour lui. » Lorsque tu lui feras à manger, il sortira travailler et tu resteras seule à la maison et tu pourras servir Dieu. La femme dit : « Ah, si j’étais un homme ! » Même si tu es un homme, tu rendras à la femme de César ce qui lui appartient ; il y a donc César et sa femme. Si tu es un homme, tu rendras à la femme de César ce qui est à elle, et à Dieu, ce qui est à Dieu. La même chose est demandée à l’homme et à la femme. En d’autres termes, en tant qu’humain tu as une obligation envers ce monde que tu habites, mais aussi envers Dieu. Si tu vas au bal, tu te conformeras à l’étiquette : la femme doit s’habiller selon la mode, avec une robe blanche, claire, avec des chaussures spéciales, elle doit se maquiller, etc. ; l’homme s’habillera en costume sombre, avec de nouvelles chaussures, il mettra des gants blancs. « Je n’aime pas ces choses. » Si tu ne les aimes pas, ne va pas au bal. Si tu vas auprès du Seigneur, il faut mettre un collier autour de ton cou, un diadème sur ta tête, un bracelet à ton poignet. Le collier autour du cou, c’est l’amour, le diadème dans les cheveux, c’est la sagesse, le bracelet au poignet ou à la cheville, c’est la vertu. En Roumanie, certaines femmes portent des montres à la cheville et pour consulter l’heure elles lèvent la jambe : cela choque certains… Je dis : donnez à César ce qui est à César ; vous êtes sur la terre, c’est la vie sur terre qui exige cela. Quelqu’un est en colère, envieux, et ne peut accepter la vie ; s’il ne peut pas l’accepter ici, qu’il aille au Ciel ! Celui qui s’insurge contre le manque de sucre, contre la maigre ration de pain – un quart de kilo – qu’il aille au Ciel, que vient-il chercher sur terre ? Donnez à César ce qui est à César : il faut lui payer son tribut, cela et rien de plus. La première tâche de l’homme est de résoudre correctement les questions de la vie. Dans l’accomplissement de cette tâche réside la force de la vie elle-même. Celui qui ne peut appréhender ce qu’est la vie est un pygmée, une nullité, un microbe. La question ne se résume pas à se rengorger comme certains serpents, gallinacées, dindons : il suffit de s’en approcher pour qu’ils se mettent à se pavaner. Ne leur en tenez pas rigueur, c’est leur compréhension, et ils agissent en conséquence. Et vous non plus, ne soyez pas fâchés d’entendre la vérité. Je dis : tant que vous êtes sur terre, pensez et travaillez pour résoudre correctement les questions de la vie. Lorsque Dieu a chassé l’homme du Paradis, il a laissé dehors un ange comme gardien. Que gardait-il ? La raison de l’homme, c’est-à-dire le commencement divin : la raison est restée au Paradis. Le serpent a trompé Ève qui a goûté le fruit défendu, puis elle l’a donné à Adam aussi pour qu’il en mange. Alors Dieu les a chassés du Paradis en disant : « Puisque vous ne méritez pas la vie, vous quitterez le Paradis. Un jour lorsque vous comprendrez la vie, vous reviendrez à Moi. » Les gens veulent être heureux ; il n’y a pas de bonheur pour ceux qui dilapident la fortune de leur père. Je ne vous accuse pas, simplement je clarifie un principe ; il n’y a pas de quoi s’offenser. Vous qui êtes assis devant moi, vous n’êtes pas encore les vrais humains. Je vois devant moi des personnes habillées, avec un poids et une forme donnés, mais ce n’est pas l’humain. J’ai une haute opinion de l’humain ; il se cache en vous quelque chose de grand dont vous n’êtes pas conscients. Un jour le divin en l’humain se manifestera et vous comprendrez ce qu’est la vie, ce qu’est l’être humain lui-même. Le Christ dit : « Donnez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Lorsque vous donnerez à César ce qui est à lui, vous vous libérerez. Chaque mauvaise pensée, chaque mauvais désir ne sont pas à vous mais à César, rendez-les-lui. Qui est César dans l’être humain ? Le diable. Tu dis : « Aujourd’hui je me suis fâché. » As-tu rendu à César ce qui est à César ? Rends à César ce qui est à César. Mais ne rendez pas uniquement à César ce qui est à César, rendez aussi à Dieu ce qui est à Dieu. Le César symbolise notre côté humain, nous devons donc rendre à chaque être humain ce que nous lui devons. C’est cela comprendre le sens de la vie. Un ermite a vécu de nombreuses années dans le désert. Il a enfin décidé de voir un saint et de lui demander comment comprendre le sens de la vie. Le saint lui a dit : « Va dans le village le plus proche passer une journée entière parmi les paysans pour voir ce que tu apprendras d’eux. » Arrivé au village, l’ermite s’est retrouvé dans la maison d’un paysan qui s’apprêtait à aller au champ. Il a décidé de l’accompagner. En partant le paysan a dit : « Seigneur ! » Il a travaillé toute la journée, a labouré, a semé et de retour à la maison, il s’est reposé un moment, puis il a dit encore : « Seigneur ! » L’ermite est retourné voir le saint pour lui faire le récit de la journée passée au village. « Qu’y as-tu appris ? – Rien de particulier, j’ai vu un paysan qui a prononcé à deux reprises dans la journée le nom du Seigneur. » Le saint a alors donné à l’ermite une lampe remplie d’huile en lui disant : « Tu feras le tour du village avec cette lampe en faisant attention de ne pas renverser une seule goutte d’huile. » L’ermite s’est acquitté de ce travail et est revenu voir le saint qui lui a demandé : « Combien de fois as-tu eu une pensée pour le Seigneur ? – Pas une seule fois. – Pourquoi ? – Toute mon attention était centrée sur la lampe car je tâchais de ne pas en renverser une seule goutte. » Alors le saint a conclu : « As-tu remarqué que le paysan qui nourrit sa famille et nous-mêmes a trouvé le temps de penser deux fois au Seigneur alors que toi, l’ermite, tu n’y as pas pensé une seule fois ? » Je demande : les scientifiques et les philosophes modernes, combien de fois par jour ont-ils une pensée pour le Seigneur. La raison des malheurs des gens d’aujourd’hui réside dans le fait qu’ils ne pensent pas au Seigneur. C’est pourquoi le Christ dit : « Donnez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Je dis : vous devez penser à vous, à vos membres, à votre intelligence, à votre cœur, à votre développement, mais vous devez aussi penser à ce qui est élevé, à améliorer la vie qui vous attend après la mort. La vie d’aujourd’hui est à nous, celle de demain appartient à Dieu. Comment serez-vous heureux si vous ne donnez pas à Dieu ce qui est à Dieu ? Le malheur des gens est qu’ils ne donnent qu’à César, or il ne fait que prendre, il ne donne pas. Dieu se distingue par ce qu’il donne et prend : Il prendra son enfant à une mère, mais il lui en donnera un autre, meilleur, deux ou trois ans plus tard. Un homme bat sa femme. Dieu prendra cet homme et lui enverra un autre mari, meilleur que le premier. Ainsi, si Dieu vous enlève quelque chose n’ayez pas de regrets. Il est doux, juste et miséricordieux ; en échange de ce qu’il a pris il vous rendra quelque chose de mieux. De ce point de vue le Seigneur est un exemple pour nous. Le Christ dit : « Que vos affaires soient si florissantes que quiconque vous voie, bénisse votre Père. [2]» Pourquoi le monde ne s’est pas arrangé jusqu’à maintenant ? Parce que vos affaires ne glorifient pas le Seigneur. La responsabilité repose sur les épaules des scientifiques et des religieux. Il y a beaucoup de scientifiques sur terre qui ne le sont pas au Ciel ; il y a beaucoup de saints sur terre qui ne le sont pas au Ciel ; beaucoup de gens nobles sur terre ne le sont pas au Ciel : apparence et essence ne sont pas la même chose. Pour aller sur le droit chemin, l’homme doit distinguer ce qui est essentiel de ce qui ne l’est pas. L’homme doit être libéré de toutes les ambitions de domination et de possession. Ainsi, quatre choses sont nécessaires à l’homme pour entrer dans le droit chemin : distinguer l’essentiel de ce qui ne l’est pas, s’affranchir des ambitions personnelles, avoir de bonnes intentions et une vie vertueuse, et avoir de l’amour en lui. Tant qu’il n’acquiert pas ces choses, l’ange ne le laissera pas entrer au Paradis. Le Seigneur dit : « Vous avez appris à servir César et pas Moi ; même si cela vous fâche, je ne peux pas vous accepter comme Mes serviteurs. » Quel grand musicien acceptera votre enfant immature pour commencer des cours de musique ? Il dira : « Je n’ai pas le temps de m’occuper de vos enfants. » En s’écartant de l’ignorance, Dieu a laissé les ignorants errer dans leur obscurantisme. Puisque les gens sont aujourd’hui plus enclins à Le comprendre, Il envoie son Fils parmi eux. Que fait l’homme moderne ? En se levant le matin, il se lave, il se brosse, s’habille proprement et puis se met au travail. Son premier travail est de servir César. Ainsi il se demande : « Dois-je servir César ? » Oui, tu le serviras car tu es dans son royaume : tu seras juste. Quelqu’un dit qu’il ne faut pas prendre soin de son corps. « Qui te dit cela ? Si tu loues une maison, tu dois la nettoyer et l’entretenir. – Je suis un saint homme. – Que tu sois un saint ou non, il faut te nettoyer ; si tu es venu sur terre, même saint, tu dois te nettoyer. » Le maître met une mauvaise note à l’élève et celui-ci est mécontent du maître et menace de le frapper : beaucoup de maîtres sont battus par leurs élèves. Je dis à l’élève d’étudier pour ne pas avoir de mauvaises notes ; je dis au maître de tester plusieurs fois son élève avant de le noter. Le maître doit être raisonnable à tout point de vue. Lorsqu’ils vivent bien, l’élève et le maître posent une meilleure base d’entente. Dieu est miséricordieux et doux, mais si tu Le sers, tu Le serviras en Esprit et en Vérité ; il faut de la perfection pour cela. C’est facile de servir Dieu à condition d’avoir une aspiration intime et profonde pour cela ; sans cet élan, c’est difficile de servir Dieu. Tu dis : « Je veux aller chez le Seigneur et m’instruire auprès de Lui. » C’est possible, mais il faut être digne du Seigneur. Une femme maltraite son mari plusieurs fois par jour et veut pourtant aller auprès de Dieu ; cela ne se peut pas. Pourquoi ? Elle ne sait pas encore faire face à son mari. Un mari maltraite sa femme mais veut aussi aller auprès de Dieu ; le chemin vers Dieu est fermé. L’homme et la femme sont deux principes qui doivent se réconcilier : si tu es un homme, tu verseras ton tribut à la femme de César ; si tu es une femme tu verseras ton tribut à César. Ce qui se passe avec l’homme et la femme en tant que formes extérieures se passe aussi à l’intérieur de l’être humain : César et sa femme sont à la fois en dehors de l’être humain, mais aussi en son sein. Beaucoup disent que le monde est mauvais. Je ne crois pas cela, je pense plutôt que les êtres humains sont mauvais et que le bien et le mal dans le monde est à leur mesure : le monde est aussi mauvais que les gens le sont. Lorsque vous parlez du monde, comprenez votre monde intérieur, mais pas le monde créé par Dieu. Si tu es indisposé, ne pense pas que tous sont indisposés. Tu n’as pas le droit de te baser sur tes humeurs pour conclure sur celles des autres. Quant au César qui est en toi, tu seras attentionné et poli avec lui, tu lui donneras ton tribut, tu étudieras son caractère et agiras bien avec lui. « C’est un usurier. » Cela ne fait rien, tu t’excuseras d’être en retard et tu lui donneras l’argent. Tu ne l’insulteras pas, tu ne lui en voudras pas, mais tu resteras doux et apaisé. Si tu es nerveux ici, tu le seras aussi là-haut ; tu seras au Ciel comme tu es ici sur terre. Ils sont très sévères là-haut, ils peuvent te répudier pour un simple froncement des sourcils ou une grimace. Tu peux grimacer sur terre tant que tu veux, mais au Ciel ce n’est pas toléré. Pour une simple grimace un ange a été renvoyé sur terre pour y passer mille ans. Sur ce point César est plus laxiste, il ne voit pas les sautes d’humeur qui agitent l’être humain. « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu », cela signifie : accomplissez votre mission envers Dieu. Sinon vous ressemblerez à cet américain qui avait vécu uniquement pour l’argent et qui, sur son lit de mort, conscient de sa situation a dit à ses fils : « Ne suivez pas mon exemple, je n’ai vécu que pour amasser ma fortune et je ne compte sur personne dans l’au-delà. Aussi, mettez dans mon cercueil toutes les sortes de devises que j’ai, pourvu qu’elles me soient utiles dans l’au-delà. Dans l’autre monde il a senti la faim et s’est arrêté sur un stand devant des poulets grillés, poissons, fruits. Il a demandé le prix du poulet. « Une roupie, tout ici est à une roupie. – Ça s’annonce bien, c’est si peu cher que je m’en sortirai facilement. » Et il a sorti vingt dollars en commandant tout sur la carte. « Nous ne connaissons pas ces billets, notre seule monnaie d’échange est la roupie. » Le riche est revenu vers ses fils, leur disant : « Ici, seules les roupies ont cours, envoyez-moi un sac de roupies. » Il a reçu les roupies et s’est rendu de nouveau au buffet. « Ce ne sont pas ces roupies-là qui ont cours ici ! » Et il s’est de nouveau fait chasser. « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » C’est le seul moyen pour l’homme de se libérer de la souffrance. Tous ceux qui partent dans l’autre monde sans s’y préparer souffrent. Ce qui est important c’est de vivre. Comment ? Avec discernement. Quelqu’un se met en colère pour pas grand-chose. Prenez exemple sur le Soleil : lorsque vous l’accueillez le matin, il vous sourit et vous salue. Le soir en se couchant, il vous tourne le dos ; faut-il se fâcher contre lui ? Vous êtes souvent fâchés les uns contre les autres sans raison. Vous vous fâchez de ne pas être reçus convenablement par les autres. Un écrivain s’est rendu dans la maison d’un riche pour lui emprunter de l’argent. Le riche s’est caché en disant à son domestique : « Dis-lui que je suis absent. » L’écrivain a entendu sa voix mais n’a pas bronché et ne s’est pas mis en colère. Un jour ce riche a eu besoin des services de l’écrivain. Il a toqué à sa porte et l’écrivain a ouvert, s’est montré et a dit : « Je ne suis pas là. – Comment ça, tu n’es pas là, je te vois et je t’entends et tu me dis que tu n’es pas là. – C’est curieux, a répondu l’écrivain, moi, j’ai cru les paroles de ton domestique, mais toi, tu ne crois pas mes propres paroles. Je suis là, mais pas pour toi. » Lorsque vous vous rendrez auprès du Christ, Il pourra vous dire : « Je ne suis pas là. – Comment ça, nous Te voyons ! – Je suis là, mais pas pour vous. » Sachant cela, ne te mets pas en colère contre le Soleil : il ne se lève pas et ne se couche pas. Le lever et le coucher ne sont qu’une illusion du fait de la rotation de la terre autour d’elle-même. C’est ainsi que tourne ma terre, votre terre. Si tu viens me voir, il faut que tu saches si ma terre tourne, si mon soleil se lève ou s’il se couche ; si mon soleil se couche, n’approche pas. On rend visite à quelqu’un avec ou sans raison, c’est pour cela que naissent les malentendus, les vexations, les souffrances. On dit : « Un tel est mort. » Il est mort car son soleil s’est couché. La mort sous-entend donc le coucher du soleil. D’un côté il se couche, et l’homme vieillit et dépérit, de l’autre côté il se lève, et l’homme naît. La vieillesse est à l’ouest et la jeunesse à l’est. Vous direz que c’est une allégorie. Non, c’est de l’alchimie. Un jour, lorsque vous apprendrez cet art, vous vous transformerez selon vos désirs : vous serez jeune ou vieux, homme ou femme. La même chose se passe au théâtre : le jeune se transforme en vieux, le vieux, en jeune ; c’est la loi des illusions. « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Est-ce que les gens agissent ainsi, est-ce que les chrétiens agissent ainsi ? Certains chrétiens ne respectent pas cette loi et ils critiquent pourtant les autres, ce qui démontre qu’ils n’ont pas appris les lois qui régissent le monde. Le monde et les gens du monde sont à leur place, ils ont une grande prédestination. Je respecte les gens du monde, beaucoup parmi eux sont sincères : s’ils veulent dire quelque chose de négatif sur toi, ils le feront en face de toi et non dans ton dos – beaucoup parlent dans ton dos. Si tu dis quelque chose de négatif sur quelqu’un, sois sincère, sois gentilhomme, dis-le lui les yeux dans les yeux. Les gens du monde aiment la propreté, ils se lavent souvent, ils se changent souvent, puis ils se parfument : ils aiment les parfums des fleurs. Les religieux rejettent cela et le considèrent comme néfaste. S’ils ne se parfument pas, au moins qu’ils se lavent souvent pour ne pas sentir mauvais ! Nous devons nous transformer, c’est ce que le Christ a énoncé dans ses paraboles. « Lorsque le roi a appris que les convives du mariages refusaient de venir, il s’est mis en colère et a envoyé son armée pour tuer ces assassins et brûler leur ville »[3]… Je dis : oubliez votre personnalité et raisonnez avec justesse. Vous me direz que je vous houspille ; je n’houspille personne, je ne suis pas envoyé pour cela, je ne connais pas cette manière de faire. Houspiller est un art délicat, c’est une opération chirurgicale qui demande de la foi et du courage. Ce dont je vous parle, ce sont des mathématiques supérieures qui manient les chiffres de 1 à 10. Lorsque vous comprendrez le sens intérieur de ces chiffres, vous déterminerez vos rapports envers Dieu et vos proches. Le plus grand nombre est l’unité ; si vous compreniez l’unité, vous comprendriez tous les rapports ; les autres nombres sont obtenus à partir de l’unité, par sa division en plus petits nombres. Ainsi, l’unité est l’arbre et les autres nombres sont les branches, les feuilles, les boutons, les fleurs de cet arbre. Comme il ne connaît pas sa valeur, l’homme est bruyant, coléreux, vindicatif. Il ne soupçonne pas qu’il n’est qu’une branche, une feuille, un bouton ou une fleur de l’arbre principal ; quelle que soit sa clameur, sa parole n’est pas audible. Si tu es une feuille, tu chercheras à assimiler plus de sève ; si tu es une racine tu chercheras à envoyer plus d’aliments à l’arbre. « Je veux savoir ce que les gens pensent de moi. » Puisque tu es une partie de l’arbre, tu es serviteur de Dieu. Il n’est pas important que tu sois beau, il est important de connaître ta mission sur l’arbre. Ne regarde pas les feuilles tombées de l’arbre, ne les juge pas ; elles ne sont pas tombées d’elles-mêmes, mais sous l’impulsion d’une force extérieure qui les a arrachées à l’arbre. C’est en cela qu’elles vont donner leur tribut à César ; quelque temps après elles vont réapparaître sur l’arbre pour donner à Dieu ce qui est à Dieu. C’est ainsi que vous devez raisonner. Vous aurez alors aussi des souffrances et des épreuves, mais elles seront conscientes. Il existe deux types de souffrances : conscientes où l’homme sait pourquoi il souffre et tire profit de ces souffrances, ou bien inconscientes : l’homme crie, s’insurge et les amplifie encore plus. Par conséquent, seul est intelligent, religieux, érudit celui qui affronte ses souffrances et sait en tirer profit avec discernement. Par culture, au sens littéral du terme, j’entends l’application de la religion de tous les points de vue. Le véritable religieux est celui qui vit avec son âme et pas seulement avec sa raison et son cœur. La culture sous-entend la dilution de la religion, alors que la religion sous-entend la concentration de la culture. Quand je dis que l’homme doit être érudit, j’entends qu’il s’étende pour apprendre tous les rapports qui existent entre les êtres humains : apprendre les rouages de l’état, connaître les règlementations, les besoins de toutes les institutions et établissements ; voici la culture de César. Lorsque l’homme en arrivera aux rapports intérieurs profonds avec Dieu et la Nature pour distinguer ce qui est essentiel de ce qui ne l’est pas, alors il comprendra le Christ de façon juste et Le connaîtra. Le Christ a appris aux hommes comment manifester leur culture et comment appliquer intérieurement leur religion. César est la culture, et Dieu, la religion. Je dis : rendez à la culture ce qui est à elle et à la religion ce qui est à elle : il n’y a pas de religion sans culture. L’humain doit commencer par ce qui est visible et aller graduellement vers l’invisible. Ce que tu seras en tant qu’érudit, tu le seras aussi en tant que religieux : si tu es nerveux, menteur dans ta vie culturelle, c’est-à-dire ta vie avec les autres, tu le seras aussi dans ta vie religieuse. Mentir, c’est cacher la vérité. L’homme doit être pur, sincère car il est à tout instant face au visage de Dieu. Vous avez un convive, vous l’accueillez chez vous, vous fêtez sa présence, alors qu’il porte en lui les germes d’une maladie dangereuse qui va contaminer votre foyer ! Comment réagirez-vous ? Vous serez extrêmement mécontents de lui. Sachez que chaque visite à un proche, c’est comme paraître devant Dieu ; vous devez apparaître purs devant Dieu. Il y a des religieux qui portent le malheur du monde, le germe le plus dangereux. C’est peut-être inconscient, mais ils doivent en tenir compte et se purifier. Par conséquent, si tu es indisposé et irascible, ne visite pas ton ami. Visite ton ami uniquement lorsque Dieu est en toi. Voilà ce que le Christ a prêché aux humains. Que représente l’enseignement du Christ ? C’est un livre divin que chacun peut lire. Je relis ce livre chaque jour. Un tel dit qu’il a conversé avec le Christ ; c’est possible, mais seul celui qui s’est élevé très haut et s’est purifié, peut converser avec le Christ. Tu diras que tu es instruit, que tu as accès au Christ ; tu peux être instruit sur le milieu qui t’entoure mais non sur le Christ ; ton instruction ne t’ouvre pas l’accès au Christ. C’est l’humilité qui est nécessaire à l’être humain. Si tu es si savant, prédis combien d’années tu vivras, combien d’enfants tu auras, comment ils seront. « Je ne sais pas combien d’années je vivrai, ni le nombre d’enfants que j’aurai. » Tu ne sais pas les choses qui te concernent directement, mais tu te prononces sur des choses lointaines. Il faut s’instruire : il y a une instruction pour le cœur et une instruction pour la raison. Le cœur est à César et la raison est à Dieu ; on fait parfois l’inverse : la raison à César, le cœur à Dieu. Rendez donc à la raison ce qui est à elle et au cœur ce qui est à lui. N’empêchez pas les sources ni les rivières de couler ; arrangez leurs lits pour qu’elles coulent librement. N’asséchez pas vos rivières, n’abattez pas vos forêts. Il faut beaucoup parler à l’homme contemporain pour qu’il assimile les choses selon le degré de son développement. La conscience se manifeste dans trois directions : mécanique, physiologique et psychique. La conscience mécanique est soumise à des processus allant de l’extérieur vers l’intérieur. Ces processus se passent aussi dans la nature. Beaucoup de rivières se rejoignent en une seule pour former un grand fleuve boueux. Les processus de la conscience mécanique ne sont pas divins. Dans la conscience physiologique et psychique les processus se font de l’intérieur vers l’extérieur : pas besoin d’utiliser un seau pour prendre de l’eau, elle coule d’elle-même. Grâce à ce courant d’eau vers l’extérieur, la source se nettoie et les impuretés sortent à l’extérieur : le Christ travaille sur cette source et veut la faire couler en vous. Lorsque vous voyez cette impulsion du Christ, vous vous y opposez et vous bouchez la source. Et en fin de compte, vous vous contentez des petites rivières qui se répandent dans un grand fleuve boueux en disant : « Je suis assez grand ! » Oui, tu es grand mais boueux. Il vaut mieux être une source plus petite, mais pure plutôt qu’une grand torrent boueux. C’est le chemin qui mène au Royaume de Dieu. Faites votre choix librement et décidez par vous-mêmes si vous serez un grand torrent boueux ou une petite source très pure. De cette décision dépend votre bien-être. Ce qui revient à dire : rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Sofia, 31 décembre 1916 [1] Alors il leur dit : " Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. " À ces mots, ils furent tout étonnés et le laissant, ils s'en allèrent. (Matthieu 22, 21-22) [2] « De même, que votre lumière brille aux yeux des hommes, pour qu’en voyant vos bonnes actions, ils rendent gloire à votre Père qui est aux cieux. » (Matthieu 5, 16) [3] « Il en va du royaume des cieux comme d’un roi qui fit un festin de noces pour son fils. Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités. Mais eux ne voulaient pas venir. Il envoya encore d'autres serviteurs chargés de dire aux invités : ‘Voilà que j'ai apprêté mon banquet ; mes taureaux et mes bêtes grasses sont égorgés, tout est prêt, venez aux noces.’ Mais eux, sans en tenir compte, s'en allèrent, l'un à son champ, l'autre à son commerce ; les autres, saisissant les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. Le roi se mit en colère ; il envoya ses troupes, fit périr ces assassins et incendia leur ville. » (Matthieu 22, 2-7)
  20. Ils seront enseignés « Ils seront tous enseignés de Dieu. Ainsi quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement vient à moi. » Jean 6 :45[1] « Ils seront tous enseignés du Seigneur ». L’idée cachée dans ce verset est simple. Pour expliquer la nature de Dieu, il faut de longues explications, une immersion profonde dans ce verset. L’idée de Dieu est lointaine, accessible uniquement aux esprits philosophiques, aux grands érudits. Cette question n’est pas encore accessible à nos contemporains. Vous allez rétorquer que vous êtes aussi porteurs d’une culture. Vous êtes de culture aryenne, celle du bien et du mal ; les gens de cette culture ne sont pas aptes à comprendre ce verset. Si on disait à nos contemporains qu’ils seront enseignés du Seigneur, on les jetterait dans un grand trouble ; ils seraient incapables de comprendre comment et d’où surgirait le Seigneur pour les enseigner. Qu’est-ce que Dieu ? C’est la Cause première des choses. Le mot cause (« причина »)[2] est constitué de deux syllabes : le préfixe « при » pour indiquer l’amorce d’une action et « чина » verbe bulgare qui signifie « œuvrer ». Nous disons : « je fais quelque chose ». Donc, Dieu est celui qui est la cause des premières choses. Vous êtes, comme le reste des hommes, l’œuvre primitive, originelle du Seigneur, mais pas dans l’état où vous vous trouvez à présent. Lorsque je dis que vous êtes l’œuvre primitive du Seigneur, je parle de votre âme, cachée sous l’enveloppe corporelle. « Ils seront enseignés ». Pour être enseigné, l’homme doit avoir un élan intérieur, une aspiration vers ce qu’il aura à apprendre. Le disciple qui a un élan intérieur vers l’enseignement trouvera facilement son Maître ; le jeune homme qui a de l’amour dans son âme trouvera facilement sa bien-aimée. Par conséquent, pour trouver Dieu qui vous enseignera, Il doit d’abord parler à votre intelligence, à votre cœur et à votre âme. « Alors vous me trouverez Moi ». Que désigne ce Moi ? Le fils de l’Homme. Tu dis : « Je souhaite être un Fils de Dieu ». Il n’y a pas de chose plus grandiose que celle-là. Être un Fils de Dieu, c’est servir et savoir comment servir. Celui qui ne peut pas raisonnablement servir Dieu ne peut pas être appelé Fils de Dieu. Servir ne se rapporte pas à un seul être. On sert d’abord son âme, ensuite son foyer, la société, son peuple, son ethnie et enfin toute l’humanité. Ce sont des obligations que l’homme doit apprendre à assumer, c’est une grande science. Être musicien, jouer bien du violon implique d’avoir suivi tout un cursus pour apprendre à tenir correctement l’archet et le violon. Il faut s’exercer un long moment et faire des gammes avant de passer à des exercices plus sérieux. Celui qui apprend le piano doit d’abord maîtriser la position de ses mains et de ses doigts. Ce n’est pas une tâche simple. Vous me direz que ces choses sont évidentes, que vous les connaissez. On parle facilement des choses que l’on n’a pas expérimentées ! La tâche de chacun est de se demander s’il est Fils de Dieu ou non. En d’autres mots, il faut se demander si on sert le Seigneur ou non. Si vous pouvez y répondre par l’affirmative, toutes les autres questions se résoudront facilement. Cela signifie que l’on a appris à manier l’archet et que l’on peut passer à la suite : faire des gammes sur les cordes. On dira que c’est encore plus facile. Qu’est-ce que l’archet ? L’archet de la femme mariée, c’est son mari ; si elle a bien appris comment manier l’archet de son violon, elle vivra en accord avec son mari et dirigera son foyer avec intelligence. Si elle décide d’utiliser l’archet pour chasser les mouches et frapper ses enfants, elle ne peut pas diriger son foyer ; nous disons que cette femme ne sait pas jouer du violon. Et le mari qui ne sait pas manier son archet n’est ni un musicien ni en état de gouverner sa maison. Comme le professeur de musique donne d’abord des leçons élémentaires aux débutants, Dieu procède de même avec celui qui veut être enseigné par Lui. D’abord Il lui enseignera la manière de tenir l’archet, puis la manière de tenir le violon, puis Il l’invitera à s’exercer sur le violon. Il dira : « Prends ton violon, concentre-toi et commence ! » Lorsque tu maîtriseras les exercices simples, tu iras progressivement vers des exercices plus complexes, jusqu’à ce que tu acquières la maîtrise de toutes les positions : c’est cela être enseigné de Dieu. Vous êtes venus sur terre dans une grande école. Celui qui apprend à jouer sera un grand artiste mais celui qui n’apprend pas ne montera pas sur scène ; c’est la grande loi. Pourquoi l’homme est-il venu sur terre ? Pour apprendre la loi de la miséricorde. « Ils seront enseignés du Seigneur ». J’expliquerai ce verset avec une légende qui relate la création du monde. Dieu a créé le ciel et la terre, les plantes, les animaux, puis Il a décidé de se reposer. Il a eu ensuite l’idée de faire un homme pour incarner le lien entre le ciel et la terre. En apprenant sa décision, les anges se sont tous présentés devant le Seigneur pour donner leur avis sur la créature qu’Il avait décidé de créer. C’est d’abord l’ange de la vérité qui s’est présenté devant le Seigneur et a dit : « Seigneur, ne crée pas cet être, il va asservir le monde. Ce fut ensuite au tour de l’ange de la justice : Seigneur, ne crée pas cet être, il sera cruel et sans compassion, il ne considérera que lui-même et ne se mettra jamais à la place de ceux qui souffrent. Ensuite est venu l’ange de la paix pour dire : Seigneur, ne crée pas cet être, il baignera le monde dans le sang, son avènement se fera sous le signe des effusions de sang. » Dieu a cessé de projeter la création de l’homme. Enfin est apparue auprès du Seigneur la fille de la miséricorde pour dire : « Seigneur, fais comme tu l’as décidé, crée cet être. Même si tous se détournent de lui, moi, je lui montrerai comment aimer, comment manifester la miséricorde. » À ces mots, le visage du Seigneur s’est illuminé et Il a dit : « Je vais créer cet être, je le ferai à Mon image et selon Ma ressemblance ». L’homme a donc été créé grâce à l’amour de la petite fille de la miséricorde. Et jusqu’à aujourd’hui, celui qui connaît cette fille, garde l’image de Celui qui l’a créé ; celui qui ne connait pas cette fille, est condamné à disparaître. Cette petite fille de la miséricorde, c’est le Christ. Vous dites : « Comment est-il possible que le Christ puisse symboliser la fille de la miséricorde, peut-on l’assimiler à une jeune fille ? » Le Christ contient en lui les deux principes, masculin et féminin. Par masculin on désigne une créature raisonnable qui pense et qui porte aussi en elle l’une des grandes qualités divines : la miséricorde. Il est dit : « Ils seront tous enseignés du Seigneur ». Que va-t-on leur enseigner ? La miséricorde. C’est une grande science : apprendre à manier l’archet avec justesse, jouer de la musique avec justesse. Viendra le jour où, de disciple tu te transformeras en Maître qui enseignera aux autres. Ainsi, étudiez l’enseignement du Christ comme un enseignement de l’âme humaine ; ce n’est qu’ainsi que l’homme connaîtra son rapport à Dieu et se déterminera. Quelqu’un veut étudier l’astronomie ; il doit se demander quel est le rapport entre l’astronomie et son âme. Elle traite des conditions immuables qui permettent à l’âme d’évoluer dans l’infini. Seul celui qui a appris à manier l’archet et à jouer peut vivre dans l’espace infini. « Je veux faire naître l’Esprit divin en moi ». Comment y arriver ? En donnant la priorité à la miséricorde dans ta vie. Si tu n’y arrives pas, alors les anges de la vérité, de la justice et de la paix viendront devant le Seigneur pour dire qu’ils avaient raison de Lui conseiller de ne pas créer l’homme. Lorsqu’un de ces anges voit que l’homme pèche, il se dit : « Je savais qu’il en serait ainsi ». La miséricorde et le bien doivent travailler longtemps sur l’homme pour restaurer son image telle qu’elle lui a été donnée autrefois. Le bien en l’homme est dans une proportion de 1 pour 3 : l’unité est le bien et le trois, ce sont les trois adversaires qu’il affronte : l’égarement, l’amour de soi et la soif de verser le sang. Tu diras que tu n’as pas versé de sang ; tous dans le monde ont versé le sang. Le siècle passé est un siècle d’effusion de sang. La miséricorde vient œuvrer dans le monde pour l’élévation de l’humanité. Une autre culture doit venir dans le monde : la culture de la miséricorde qui déterminera les rapports de l’homme envers Dieu ; c’est le rapport premier, l’art originel. Si on acquiert cet art, les autres suivront, tous les secrets se découvriront d’eux-mêmes. L’archet du violon symbolise la volonté humaine. Si la volonté n’est pas éduquée, l’homme ne peut pas exprimer correctement ses pensées et ses sentiments. En présence d’une volonté non éduquée, nous pouvons parler d’une vie disharmonieuse et malsaine ; avec une volonté éduquée nous avons une vie harmonieuse et saine. Les pensées et les sentiments sont les tonalités que le violoniste transmet grâce à son violon. Quel violoniste plait au public ? Celui qui joue harmonieusement. Pourquoi certains hommes et certaines femmes ne peuvent-ils pas se supporter ? C’est parce que leurs violons ne sont pas accordés. Qu’est-ce qu’il faut faire pour qu’ils se tolèrent ? Ils doivent se tourner vers la miséricorde : elle recèle l’art de pacifier les gens. Tu dis : « Je veux étudier pour savoir comment l’homme a été créé – Je ne peux te le raconter. Je peux te montrer comment tenir le violon, comment manier l’archet, mais tu dois t’exercer tout seul. L’archet et le violon doivent être de bonne qualité et tu dois aspirer à aller au bout de ce travail ». Chacun a un violon et un archet et chacun doit se demander : « Est-ce que je manie correctement l’archet, est-ce que je tiens bien le violon ? » Chacun répondra et s’il n’est pas satisfait, il se corrigera. Tu tiendras le violon en position horizontale, c’est-à-dire en position passive, réceptive. Que faut-il recevoir ? Les tonalités divines. Si tu inclines le violon, tu es dans un processus actif. Les tonalités qui sortent de ton bras sont les rayons solaires qui se répandent en permanence. « Ils seront enseignés de Dieu ». Si tu possèdes l’élan intérieur, le savoir vient de lui-même. Si l’élan est dirigé vers le haut, l’homme commence à apprendre du Seigneur ; on dit d’un tel homme qu’il est musical. Plus fort est l’élan de l’homme, plus forte est sa collaboration et tous les hommes de bien collaborent avec lui. Personne dans le monde ne refuse l’appel du divin qui se manifeste sous la forme de la miséricorde. Là où la miséricorde est présente, le sol est travaillé ; sans elle l’homme ressemble à un désert. On dit que le désert, comme une femme stérile, n’engendre rien ; on dit de celui qui est infertile qu’il est cruel. Ayant cela en tête, protégez-vous de la cruauté qui freine le développement de l’homme. Lorsque Nabuchodonosor a conquis Jérusalem, il a voulu visiter le temple juif. Il a vu en entrant que du sang coulait à proximité. Très surpris, il a fait appeler les prêtres pour leur demander d’où venait ce sang. Ils lui ont répondu que c’était le sang des animaux sacrifiés à Dieu. Nabuchodonosor a prélevé une coupe de sang et l’a comparée à celui des animaux ; il s’est avéré que le sang qui coulait près de l’autel n’était pas animal. Il a insisté pour connaître la vérité, et qu’a-t-il appris ? Que des années auparavant, un prêtre vertueux et pieux nommé Zachée vivait là, et il leur reprochait leur mode de vie ; ils l’ont détesté et l’ont tué pour s’en débarrasser. Hors de lui, Nabuchodonosor a ordonné de tuer tous les prêtres et de jeter leurs corps dans le filet de sang, mais il n’a pas cessé de couler. Il a alors ordonné de tuer un grand nombre d’enfants et de les jeter aussi dans le sang, mais le sang a continué de couler. Ne comprenant pas ce qu’était ce sang et pourquoi il était si insatiable, Nabuchodonosor a finalement ordonné de tuer un grand nombre de jeunes garçons et de jeunes filles, mais sans résultat. Très pensif, Nabuchodonosor s’est dit : « C’est étrange ! Si le sang d’une seule victime ne peut pas être apaisé, comment alors apaiser le sang des milliers d’innocents que j’ai fait tuer ? » Il s’est repenti de son crime et a pleuré. Quelques larmes ont coulé dans le sang, et quelle n’a pas été sa surprise lorsqu’il a vu le sang cesser de couler : une seule larme avait suffi pour apaiser le sang du prêtre tué. Vous vous demandez pourquoi on pleure. Quelle est l’utilité des larmes ? Une larme, sortie de l’œil de l’homme peut le délivrer du crime qu’il a commis ; c’est la larme de la miséricorde. Le Christ dit : « Tous ceux qui sont enseignés de Dieu, viennent à Moi. » C’est ici que commence la vraie culture, le véritable savoir. Par culture nous désignons au sens large ce savoir et cet art qui englobent la vie complète : elle englobe les manifestations de l’intellect, du cœur, de l’âme et de l’esprit. Dans cette culture chaque être a sa place et sa prédestination, chaque être a les conditions pour son développement. La première créature raisonnable qui est apparue dans cette culture était l’être humain, c’est-à-dire l’homme. Par humain, nous désignons un être qui pense. Seul l’homme a vécu dans cette culture, la femme n’existait pas encore à cette époque. Comment la vie est-elle possible sans femmes ? Je ne vais pas le détailler, mais je dis que cette culture peut être considérée comme très remarquable, c’est une culture sans souffrances : l’homme était lié avec Dieu, Dieu était son ami. Dans cette amitié, l’homme a acquis beaucoup de connaissances, mais il est devenu oisif. Son oisiveté avait son importance : elle l’a poussé à demander à Dieu quelqu’un pour l’accompagner. Son souhait a été exaucé. Dieu lui a envoyé quelqu’un pour l’accompagner : la femme. Elle est venue, mais elle s’est très vite lassée d’Adam, le trouvant vieux et elle s’est cherché quelqu’un d’autre de plus jeune. Elle l’a trouvé dans le serpent, l’adepte noir. À ce moment a débuté la seconde culture : celle de la connaissance du bien et du mal. La culture d’aujourd’hui est celle des femmes, les hommes ne sont que lettre morte comme ils disent en plaisantant. Une nouvelle culture vient dans le monde pour unir les deux principes, celui de la pensée et celui de la vie. C’est la culture de la miséricorde ou culture de l’amour. La première culture a été celle de la sagesse, la deuxième, celle de la vérité et la troisième, celle de l’amour. Cette culture unira l’homme et la femme en un. Vous direz que l’union est synonyme de dépersonnalisation. Ce n’est pas ça : s’unir signifie s’amplifier, s’harmoniser, se renforcer. Les Bulgares mettent en avant la devise « L’union fait la force » ; il manque un mot dans cette devise : « L’union dans l’amour fait la force ». Aspirez tous à cette union, hommes et femmes, femmes et hommes, l’union au nom du grand amour divin. Vous direz que cela revient au même ; non, il en résulte deux unions dans les deux cas : d’abord l’union avec l’homme à la première place, puis la femme en second, c’est-à-dire suivant l’ordre de leur descente sur terre ; la seconde union voit la femme à la première place puis l’homme en second. Les deux unions s’ajoutent et leur addition donne la vie. Aujourd’hui, hommes et femmes ont tous le désir de bien vivre. Les femmes s’affairent à s’apprêter, se parer de bracelets de perles, de diadèmes telles des couronnes sur la tête. C’est bien, mais ces bracelets et diadèmes ne peuvent pas se garder longtemps : les hommes vont les mettre en gage. Combien de maris ont ruiné leurs femmes ! Lorsqu’un jeune homme décide de se marier, il cherche une fille fortunée ; une fois marié avec elle, il engloutit en peu de temps son argent et ses bijoux et la laisse sans un sou. Un américain avait reçu un gros héritage de son père qui avait, sa vie durant, élevé du bétail à cornes, et son héritage s’élevait à trois millions de dollars. Lorsqu’il a vu tout cet argent, il s’est adonné aux plaisirs, aux festins, aux sorties entre amis et a tout dépensé en six mois. Sur quoi, faute d’autres options, il a suivi la voie de son père : éleveur de bétail. Il a mis son chapeau et a pris son bâton pour faire paître le bétail, ce qui signifie qu’il a entrepris l’étude de la vie. Beaucoup de femmes d’aujourd’hui préfèrent les hommes qui disposent d’argent et qui s’adonnent aux beuveries et aux festins. En peu de temps ils perdent tout et deviennent des éleveurs de bétail. Être berger signifie savoir préserver ses pensées et ses sentiments. Comme le berger protège les brebis des loups, chacun doit aussi garder ses pensées et sentiments dans la pureté. Les loups dans l’homme, ce sont ses mauvaises pensées et sentiments qu’il nourrit lui-même parfois. Pour ne pas les laisser altérer son humeur, il ne doit pas les laisser entrer en lui ; sa bergerie doit être bien solide. Nos contemporains doivent être enseignés de Dieu pour apprendre comment vivre. Il les enseigne même aujourd’hui. Comment ? Par les pensées. Une pensée élevée vient vous rendre visite, mais vous êtes timorés, paralysés, et n’osez pas la réaliser vous disant : « Il m’est venue une idée enfantine, insignifiante. – Elle n’est pas enfantine, elle est divine. – Elle est pour de jeunes gens. – Laisse ton idée cheminer et ne sois pas embarrassé. » Les manifestations divines ont un rapport avec la jeunesse. Il est dit dans les Écritures : « Si tu cherches la sagesse, tu la trouveras chez les vieux ; si tu cherches la force, tu la trouveras chez les jeunes. » L’homme est vieux, la femme est jeune ; ils doivent s’unir, créer l’harmonie dans la vie. L’homme est le premier violon dans l’orchestre et la femme le second violon. L’homme et la femme sont les deux principes qui se complètent, mais un être humain peut être à la fois homme et femme, femme et homme. La femme dit : « Pourquoi je ne suis pas un homme ? » Elle ne sait pas que les deux principes se trouvent en même temps dans l’être humain. L’être humain est donc doté de la liberté de faire des erreurs. Pourquoi fait-il des erreurs ? Parce qu’il a le libre arbitre. S’il ne sait pas manier l’archet, il produira de fausses notes et fera des erreurs. En l’écoutant jouer tu diras : « Voici quelqu’un qui ne sait pas jouer alors qu’il veut nous enseigner. » Beaucoup demandent : « Comment reconnaître la culture d’aujourd’hui ? » Allez dans les villages voir comment les paysans traitent le bétail qui travaille pour eux, allez dans les fournils pour voir comment on fait le pain, allez dans les familles, vous entendrez là-aussi des cris et des pleurs. C’est la culture de l’acharnement. Qui que vous rencontriez, vous le verrez démagnétisé, les yeux fatigués, le visage avachi. De quelle culture parle-t-on ici ? Aujourd’hui, la miséricorde enseigne aux gens d’appliquer la sagesse et la force, c’est en cela que se résume l’enseignement du Christ, c’est en cela que se manifeste le Christ qui est déjà présent sur terre pour enseigner les hommes. Certains attendent que le Christ descende sur terre avec une suite d’anges. Que représente l’ange ? L’homme a un corps physique, un corps des désirs et un corps mental, alors que l’ange est privé de corps des désirs ce qui l’empêche de commettre des fautes. Donc, le Christ est accompagné d’anges et de saints, c’est-à-dire d’êtres sans corps des désirs. Si tu veux devenir ange ou saint, il faut t’affranchir de ton corps des désirs. Dans les églises on prêche que le Christ viendra punir les hommes. Non, le Christ viendra mettre chaque chose à sa place, c’est uniquement ainsi que le monde ira mieux et ceci en un simple clin d’œil. Que signifie le mot clin ? Il vient du mot cligner. Quand est-ce qu’on cligne ? Lorsque l’on ferme et qu’on ouvre les yeux très vite, on est en train de cligner. Le chat cligne de la même façon parfois, pour montrer à la souris qu’il n’a plus de corps des désirs et qu’elle ne doit pas avoir peur de lui ; la souris le croit et circule librement hors de sa cachette jusqu’à ce qu’il se fasse attraper. C’est ainsi qu’agissent certains lorsqu’ils prient : ils ferment les yeux, font semblant de ne rien voir et disent : « Seigneur, nous n’avons pas de corps des désirs, donne-nous ce que nous Te demandons. » Lorsque leur prière est exaucée, ils ouvrent les yeux et oublient tout. L’homme doit se libérer des désirs superflus, des bougonnements continuels qu’il lui manque ceci ou cela, ce n’est qu’à ce moment-là que Dieu lui enseignera ce dont il a besoin. L’homme doit s’affranchir de son corps des désirs. Si deux jeunes gens aiment la même jeune fille, comment résolvent-ils le problème ? Aujourd’hui, ils le résolvent par le meurtre. Pourquoi l’un ne cède-t-il pas la jeune fille à l’autre pour la contempler de loin ? Une femme n’aime pas son mari et tombe amoureuse d’un autre homme ; ou bien le mari n’aime pas sa femme et tombe amoureux d’une autre femme. Celui qui est délaissé trouve cela injuste, inadmissible. C’est bien en effet que les deux s’aiment, mais l’amour n’obéit pas aux lois humaines. C’est bien si la femme aime son mari, mais comment l’aimer s’il la bat chaque jour ? Un célèbre réformateur anglais, John Wesley, s’était marié, mais comme il fréquentait beaucoup d’hommes et de femmes, son épouse excédée s’est mise à le brutaliser. À peine trois jours après son mariage, il a dit à ses amis : « Cela ne vaut pas la peine de se marier. » Ce sont les rapports entre les gens de la culture actuelle, c’est le résultat des désirs du corps physique en l’homme. Tant que l’enfant est petit, il est doux, calme, sans passion ; lorsque le corps des désirs commence à se développer, l’enfant devient capricieux, désagréable ; cela s’observe surtout entre huit et quatorze ans. À partir de quatorze ans, les enfants commencent à se raisonner ; en grandissant ils discernent mieux, deviennent raisonnables, puis vers vingt-huit ou trente ans ils deviennent conscients, ils commencent à chercher Dieu et le Christ. À vous aussi maintenant, je prêche le Nouvel enseignement qui vous emmènera auprès du Christ. Aujourd’hui, lorsque j’observe la vie des gens je vois la dysharmonie partout : dans les maisons, les sociétés, les écoles. Cela me tourmente et me fait souffrir. Aujourd’hui tous se querellent, se déchirent : hommes et femmes, élèves et maîtres, prêtres et croyants. De ce point de vue tous les êtres humains sont des martyrs. Pourquoi des martyrs ? Parce qu’ils ont mis à la première place leur corps des désirs, mais ils ont chassé Dieu hors d’eux-mêmes. Aujourd’hui, personne n’écoute le Seigneur. Tous veulent être heureux, instruits, intelligents et riches. Si vous partagez les richesses sur terre en parts égales, chacun aura quarante leva pour vivre ; peux-tu être heureux avec quarante leva ? Vous me direz qu’il vous faut au moins quatre mille leva par mois mais où prendrez-vous cet argent ? Il faut léser les autres pour vous contenter vous-mêmes. Ce n’est pas une façon de résoudre la question, cette question se résout en travaillant et en faisant des efforts. Si tu travailles, tu auras tout ; si tu ne travailles pas, tu n’auras rien. Cette loi s’applique sur le plan physique, mais aussi sur tous les autres plans. Faites l’expérience suivante : mettez-vous en tête l’idée de travailler exclusivement pour Dieu avec amour, et vous verrez qu’au bout de quelques années vos conditions matérielles s’amélioreront. Si votre expérience n’est pas concluante, venez chez moi, je rembourserai toutes vos dettes ! Je suis prêt à tout pour démontrer la véracité de cette loi. Si chaque peuple décidait de servir Dieu, les humains ne se feraient plus la guerre. Comme ils ne servent pas Dieu, les hommes d’aujourd’hui détruisent ce qu’ils ont créé. Ils verront un jour leurs erreurs. Maintenant, cela ne sert à rien de regretter : ils suivent la loi de la nécessité. Il est important que dans l’avenir ils évitent de recourir à ces destructions. J’aimerais que les Bulgares donnent l’exemple les premiers. Que les prêtres se décident à servir Dieu avec amour. S’ils le souhaitent, qu’ils viennent me voir et je leur transmettrai cet Enseignement qu’ils pourront prêcher ; je suis prêt à m’en aller ailleurs lorsque je leur aurai transmis tous mes droits et privilèges. C’est important que le peuple bulgare soit initié spirituellement pour occuper une place digne parmi les autres peuples. Si tous acceptent le Nouvel enseignement, les routes seront arrangées, les familles et les écoles s’arrangeront. Il sera alors agréable de traverser la Bulgarie d’un bout à l’autre, on sera comme au paradis, on marchera et on se réjouira de servir Dieu. Partout où tu passeras, les arbres et les fleurs te souriront et fleuriront mieux, les fruits viendront s’offrir tout seuls, de jeunes gens te recevront avec joie et gaîté, des chansons et des danses t’accueilleront partout – je ne suis pas contre la danse –, tous seront bien vêtus et parés. Je ne suis pas contre les parures, portez colliers et diadèmes, mettez des couronnes sur vos têtes, mais que tout soit fait avec amour. C’est cela être enseigné de Dieu. Les religieux attendent aujourd’hui que le Christ vienne de nouveau sur terre. C’est impossible, Il a déjà goûté l’amour des hommes. Un gouverneur russe a dit que si le Christ venait sur terre, il l’arrêterait. Le Christ le sait. S’Il entre dans une église pour prêcher, les prêtres le chasseront en disant : « Il est écrit que chaque prophète ou prédicateur qui vient après le Christ est antéchrist ou faux prophète. » Vous direz que le Christ peut venir en tant que roi ; comme s’il n’y avait pas assez de rois à présent pour que le Christ puisse venir comme un roi ? S’Il venait comme un roi, cela engendrerait des troubles entre les peuples. Le Christ a dit : « Mon royaume n’est pas de ce monde. » Les rois actuels sont à leur place. Si eux et leurs sujets accomplissaient la volonté divine, ils seraient heureux. C’est la signification du verset : « Il seront tous enseignés du Seigneur. » « Ils seront enseignés du Seigneur », c’est le principe fondateur de la vie. Quand seront-ils enseignés ? Lorsqu’ils serviront le Seigneur. La miséricorde est en relation avec la loi du service. Décidez-vous vous-aussi à servir Dieu, c’est le Nouvel enseignement que chacun peut appliquer. Avant de vous mettre au service de Dieu, réconciliez l’homme et la femme en vous, dites-leur : « Soit vous vous réconciliez pour servir ensemble, soit vous quittez ma maison. » De même que la femme pose un ultimatum à son mari de renoncer à fréquenter d’autres femmes faute de quoi elle le quittera, de même chacun peut donner à l’homme et à la femme en lui l’ultimatum de se réconcilier. Lorsque l’homme et la femme en toi annonceront qu’ils serviront et qu’ils se réconcilieront, tu recevras le Nouvel enseignement et tu serviras Dieu avec amour. La femme chez l’homme doit lui obéir, mais l’homme chez la femme doit aussi lui obéir ; c’est l’enseignement divin. Le côté gauche chez l’être humain est féminin et le côté droit est masculin ; le gauche est plus petit que le droit qui est masculin. Ces deux principes sont visibles aussi dans les mains, dans le visage et les yeux de l’homme. Le bras gauche et le côté gauche du visage sont féminins et le bras droit et le côté droit du visage sont masculins, c’est pourquoi le côté gauche du visage est plus doux que le côté droit. La lumière qui sort de l’œil droit est plus grossière que celle qui sort de l’œil gauche. La lèvre inférieure est féminine et la lèvre supérieure est masculine ; le côté inférieur du nez est féminin et le côté supérieur est masculin. Le nez long est masculin, le nez court est féminin. S’il y a quelque chose d’abrupt dans le côté féminin ou le côté masculin du corps humain, c’est le résultat des cultures passées. La première culture a formé la longueur du nez, la seconde, sa largeur ; c’est ainsi que s’est créée la croix. « Vous serez enseignés du Seigneur ». Vous qui êtes enseignés du Seigneur, vous faites des observations sur vous pour savoir qui de l’homme ou de la femme en vous n’est pas bien disposé. Si tu es en colère, tu sauras que la femme en toi est coupable, car la colère est un vice de la femme ; si tu es orgueilleux, c’est l’homme qui est coupable, car l’orgueil est un vice de l’homme. Une femme coléreuse et un homme orgueilleux, mis ensemble, mettront le feu à la maison ; nous n’avons pas besoin de ces gens. Ce n’est pas un jugement mais une explication. Par homme et femme je désigne les serviteurs de l’humanité. Lorsque vous entrerez dans la troisième culture, la culture de l’amour, vous comprendrez alors ce qu’est l’homme et ce qu’est la femme. Vous comprendrez alors d’où ils proviennent tous deux. Je vous parle de la miséricorde. En bulgare, ce mot est du genre neutre, mais en réalité il représente la femme. La miséricorde est la manifestation la plus élevée de l’être humain vivant sur terre. Je parle de la miséricorde à la société actuelle, aux chrétiens d’aujourd’hui, à vous qui m’écoutez maintenant ; je parle à ceux qui cherchent le Christ depuis deux mille ans. Je prêche aujourd’hui parce que je veux que vous soyez tous heureux. Je désire aussi que vous soyez enseignés de Dieu. Vous voulez être forts ? Je veux aussi que vous soyez forts, car sans force l’homme ne peut pas travailler. La miséricorde dont je vous parle n’est pas une chose abstraite et inerte, elle est réelle et vivante. Chaque jour elle descend sur terre, elle est le premier rayon qui vous réveille le matin. La miséricorde insuffle en vous la première pensée pour vous mettre au travail ; vous feriez une erreur si vous n’appliquiez pas cette pensée. Elle vous murmure quoi faire, alors que vous, vous reportez à plus tard. La miséricorde dit : « Il n’y a pas de temps à perdre ! » Si vous reportez, vous manquerez les bonnes conditions pour faire un nouveau travail qui sont sur le point de se manifester. Si vous ne semez pas, vous resterez affamés. « Ils seront enseignés ». Par qui ? Par le Seigneur, par le premier principe qui est en vous et qui vous enseigne. Ensuite vient le Christ, le second principe qui détermine vos relations mutuelles. Et enfin, c’est moi qui vous parle. Vous pensez que je suis venu propager une secte quelconque ; je suis venu vous apprendre à travailler. Travailler où ? À l’église, à l’école, à la maison, dans la société. Lorsque vous apprendrez à travailler, ce que vous allez acquérir vous appartiendra. Lorsque le maître apprendra à remercier son serviteur du travail accompli, il peut être appelé Fils de Dieu. Être Fils de Dieu n’est pas un privilège pour un seul : vous tous pouvez devenir Fils de Dieu. Si tu rends un menu service, ne demande aucune rétribution pour cela. Je vous souhaite de manifester l’amour et de ressusciter. J’efface du livre de la vie tous les hommes et les femmes, tous les enseignants, tous les juges, prédicateurs et prêtres, dont les conceptions sont anciennes. Que Dieu bénisse les bons prédicateurs, les bons pères et les bonnes mères, les bons fils et les bonnes filles, les bons enseignants qui aspirent au renouveau. Qu’ils soient enseignés du Seigneur ! Que la bénédiction divine descende sur vous ! Sofia, 24 décembre 1916 [1] Dans les Prophètes il est écrit : Tous seront instruits par Dieu. Quiconque a entendu ce qui vient du Père et reçoit son enseignement vient à moi. (Jean 6, 45) [2] причина - pritchina
  21. Sauve-nous « Et voici, il s'éleva sur la mer une si grande tempête que la barque était couverte par les flots. Et lui, il dormait. Et les disciples s'approchèrent et le réveillèrent, disant : Seigneur, sauve-nous ! Nous périssons. » Mathieu 8 :24,25[1] Vous vous poserez la question maintenant de savoir ce que cette barque représentait de si important. Et le lac de Galilée n’était pas si impressionnant : c’est un lac des plus ordinaires même s’il était l’un des plus grands au temps du Christ. Mais j’attire votre attention sur trois choses dans ce verset, à savoir : la barque, les disciples et le Christ. Le lac est la fondation. La barque est le corps humain, les disciples, le monde astral, le Christ, le principe supérieur chez l’homme ; le lac représente la vie, le monde. C’est une analogie dont nous souhaitons déduire une loi applicable dans la vie. Selon moi toute chose qui n’est pas applicable dans la vie n’est qu’une hypothèse, une spéculation. Alors que celui qui comprend cette science pourra l’appliquer dans la vie. Lorsque la mer s’agite et que vous dites : « C’en est fini de nous, nous périssons », vous allez l’appliquer en réveillant votre Maître, c’est-à-dire le principe supérieur qui sommeille en vous. Lorsque vous jacassez, votre Maître dort ; lorsque vous êtes en colère, votre Maître dort ; lorsque vous vous ennuyez, votre Maître dort. Mais lorsque votre fardeau devient si pesant que vous ne pouvez plus le porter, vous réveillez le principe supérieur et vous dites : « Libère moi de ce fardeau. » Maintenant, pouvez-vous dire dans quelle partie de la Palestine s’est déroulé cet épisode ? Au Nord-Est, en Galilée. La Palestine est constituée de la Judée, de la Samarie et de la Galilée. Jérusalem symbolise le principe inférieur chez les hommes et c’est pour cela que le Christ y a été crucifié. Tous s’inclinent devant ce Jérusalem lorsqu’ils s’assoient dans la cuisine devant le poulet grillé et le vin, et c’est à Jérusalem qu’ils crucifient le Seigneur. Il y a des pèlerins qui considèrent le pèlerinage à Jérusalem comme un honneur suprême : dans ce monde il n’y a pas de plus grand plaisir que d’être invité à déjeuner ou à dîner par une haute instance. Oui, mais dans ce Jérusalem, le Seigneur sera crucifié. La Samarie est le principe psychique chez l’homme et la Galilée est le principe supérieur. Dans la symbolique des Écritures, les lacs, les fleuves sont la vie car la vie, comme les fleuves, est en mouvement, il y a par conséquent une analogie entre eux. Il est dit que le lac s’agitait. Ce n’est pas un mal s’il s’agite car il doit se renouveler, c’est-à-dire des vents doivent souffler, sinon ses eaux stagnent. Le mouvement produit la vie et la même loi stipule qu’il faut aussi du mouvement dans la vie de l’homme. Ce n’est pas un mal qu’une tempête éclate dans votre cerveau, dans votre estomac ou dans votre poitrine : c’est un renouvellement, ce qui peut être démontré par les faits. Vu les conditions actuelles dans le monde, les maladies sont la plus grande bénédiction et si les gens ne tombaient pas malades, ils se décomposeraient. Par conséquent la tempête doit éclater pour réveiller Celui qui dort dans la barque. Vous êtes tous des partisans du plaisir, vous souhaitez obtenir tout sans effort, avoir chacun dix serviteurs, et que tout soit accessible sans bouger de sa place. Lorsque je dis vous, j’entends toute l’humanité dans son ensemble. Ainsi, dans la vie pratique éclateront des tempêtes et des confusions. Elles existent dans l’État, dans l’Église, dans le foyer, dans l’école, dans le commerce ; ces tempêtes existent partout. Je voudrais qu’il existe quelqu’un dont la mer ne s’agite pas, mais ce serait un saint, pas le commun des mortels. C’est pourquoi lorsque quelqu’un dit qu’il ne s’agite pas, il ment ; il n’y a pas d’homme sur terre qui ne s’agite pas et s’il affirme cela, il ne dit pas la vérité. Certains pensent que lorsqu’ils iront au Ciel, il n’y aura pas d’agitation là-bas ; il y en aura aussi, mais de nature différente. Lorsque vous ressentez une émotion agréable, c’est une agitation ; lorsque vous ressentez du chagrin, c’est aussi une agitation, mais désagréable, ce qui fait que les agitations sont agréables ou désagréables. Si vous êtes clairvoyants et que vous observez la lumière, vous verrez qu’elle est une succession de vibrations ; sans ces vibrations, elle ne se serait pas formée. Votre cerveau correspond aux vibrations éthériques et s’il ne s’agitait pas, il n’y aurait pas de pensées du tout. Lorsque l’énergie, produite par le soleil, arrive à vos yeux, elle se réfracte et lorsqu’elle touche le nerf optique vous recevez la lumière. La lumière est un élément du monde psychique. Les mouvements sont physiques, mais le concept de lumière est spirituel, c’est un acte de l’Esprit. Par conséquent nous voyons uniquement par le biais de l’Esprit. Maintenant, pourquoi le Christ dormait-il dans la barque ? Le sommeil est une loi, l’homme doit dormir pour se reposer. Fatigué de son travail du jour, le Christ est monté dans la barque et s’est endormi, mais les vents ne l’ont pas laissé se reposer et lui ont dit : « Lève-toi, viens en aide à ces gens. » La règle est que la tempête se lève lorsque l’homme s’endort, autrement dit le Seigneur dort lorsque les catastrophes se produisent. Et aujourd’hui aussi le Seigneur dort. Le Christ dort dans la barque, mais les pleurs des gens le réveilleront. Et lorsqu’il se réveillera, la guerre s’arrêtera. Le Christ lèvera les bras, la tempête s’apaisera, les mers se calmeront et la barque accostera sur l’autre rive. Je vous donnerai un autre exemple pour clarifier ma pensée. L’empereur romain Titus, après avoir conquis Jérusalem, est entré dans le temple, a pillé tous les trésors, a soulevé le voile d’or qui cachait l’arche, a sorti le papyrus sur lequel étaient écrits les commandements de Moïse et a dit : « Où est le Dieu des juifs, qu’il montre ici sa force ! » Il a chargé ces richesses sur ses bateaux et a pris le chemin du retour vers Rome. Le temps fût d’abord très clément, mais au milieu du voyage une grosse tempête a éclaté sur la mer, les bateaux ont commencé à tanguer dangereusement d’un côté et de l’autre. Titus a serré les dents en disant : « Le Dieu juif est très puissant en mer, mais qu’il essaie seulement de me combattre sur terre ! » La tempête s’est apaisée, le temps s’est remis au beau et Titus a vu le ciel s’éclairer et une voix a dit : « Misérable ver de terre, tu Me reconnaîtras ! » Titus est descendu sur la terre ferme, ravi d’en avoir réchappé en se disant : « Il est où le Dieu des juif ? » Il s’est mis en marche vers Rome, mais sur le chemin un moustique est entré dans son nez jusqu’à son cerveau et a commencé à lui causer de grands troubles. Cela a duré sept ans sans qu’aucun médecin ne puisse l’aider. Un jour, il est passé à côté d’une forge où les forgerons tapaient si fort sur l’enclume que le moustique a pris peur et a cessé de le tourmenter. Alors Titus a convoqué les forgerons et les a installés dans sa cour pour taper sur l’enclume et faire peur au moustique. Mais celui-ci a fini par s’habituer à ce bruit et a recommencé à le déranger… Qu’est-ce que cette histoire illustre ? Vous pouvez vous bagarrer avec vous-mêmes, vous pouvez dérober le voile, vous pouvez vous dire que Dieu n’existe pas, mais ce moustique viendra et personne n’y échappera. Pendant cette guerre le moustique rentrera en tous, professeurs, prédicateurs, et vous ne trouverez aucun remède. Ce moustique rentrera en tous ceux qui ont piétiné les lois divines. Certains en m’écoutant diront que je m’occupe de fantasmagories, mais vous allez tous expérimenter ces choses. Les écritures disent : « Il ne faut pas outrager Dieu.[2] » Le Christ ne sera pas crucifié une seconde fois. Il a été crucifié une seule fois pour les humains et désormais c’est vous qui serez crucifiés et personne ne pourra vous secourir si vous avez le caractère de Titus. Vous devez réveiller le Christ qui dort en vous. Ce n’est qu’ainsi que vous comprendrez le sens profond de votre vie. Chacun a individuellement un Christ en lui. Mais je vous demande ce qu’est le Christ pour vous ? Cela fait penser à ces mères qui se vantent de leurs enfants. L’une dit : « Regarde les beaux yeux de mon enfant, comme il est joli ! – Non, le mien est plus beau, » répond l’autre. Ce n’est pas la forme extérieure de l’enfant qui importe, mais son intelligence, son cerveau, son cœur. Si vous réveillez ce Christ qui vit en vous, et s’il peut apaiser la mer qui est en vous, alors il est le Seigneur que vous cherchez. Si la mer se calme, vous êtes dans le droit chemin et vous devez rester lié à votre Seigneur. Celui qui n’instaure pas la paix dans votre âme n’est pas le Seigneur. Il peut avoir une cape, une couronne en or, mais ce n’est qu’une idole. Depuis la nuit des temps, l’homme souffre à cause des idoles ; méfiez-vous d’elles, elles portent malheur. Ainsi, vous reconnaîtrez le Christ car il instaurera la paix dans votre cœur, dans votre cerveau, et il vous anoblira au Ciel. Vous aspirez tous à la notoriété sur terre, mais c’est risible ! Quelle notoriété une racine peut-elle avoir ? L’élan de la racine va vers le bas, dans le sol, par conséquent plus tu as de notoriété, plus tu descendras en profondeur. En d’autres termes, plus tu es riche et notable sur terre, plus tu es loin de Dieu. Il y a quatre types d’êtres humains : les bons, qui ne font pas de bien ; les mauvais qui ne font pas de mal ; les bons qui font le bien et les mauvais qui font le mal. Les deux derniers types sont permanents alors que les deux premiers sont transitoires. Je vous demande lesquels vous choisiriez, lesquels sont les meilleurs ? Ces types doivent se croiser l’un avec l’autre, s’unir pour obtenir un bon résultat. Une femme dit : « Je suis vertueuse, mais je ne peux pas faire le bien. » Mariez-là avec un mauvais mari et elle deviendra une sainte. À l’inverse, mariez à un homme vertueux une femme méchante qui ne fait pas de méchanceté et elle s’élèvera. C’est ainsi qu’agissent ces deux principes. Les deux premiers types d’hommes sont sans volonté et les deux autres ont une volonté très forte. Les disciples du Christ ressemblaient à ceux qui sont vertueux, mais qui ne faisaient pas de bien car ils n’avaient pas la force. « Et les disciples s’approchèrent et le réveillèrent. » À chaque période de repos succède une phase d’activité. Et comme la tempête engendre les conditions qui permettent à la vie de se manifester, cette tempête était donc nécessaire pour que le Christ se manifeste. La loi est ainsi : pour que le Christ se manifeste, il faut impérativement qu’une tempête éclate. Certains peuvent vous dire : « Tu suis Dieu, mais les malheurs n’arrêtent pas de te frapper ! » C’est cela justement le privilège. Le fermier qui cultive la vigne et prend soin d’elle, la visite souvent, taille le bois et la vigne pleure. Certains disent : « Je n’ai plus d’yeux pour pleurer. » Je plains ceux qui n’ont pas pleuré, car ils n’ont pas été taillés. Si le Seigneur agit de la sorte et taille le bois, donc il s’est réveillé et vous aidera. Vous lui direz : « Seigneur, lève-toi, car nous périssons, aide nous ! » Lorsque votre Seigneur se réveillera, comment l’accueillerez-vous ? Pouvez-vous l’accueillir comme cette femme dont le mari rentre et apporte quelque chose, mais elle le houspille de ne pas avoir pensé à prendre encore ceci ou cela. Lorsque votre Seigneur se réveillera, vous commencerez à vous plaindre qu’il n’a pas pris ceci ou cela. Il dira : « J’aurais dû dormir encore plus longtemps car ces gens veulent rester dans leurs tombes. » Sur les deux versets cités, le second est le plus intéressant : « Seigneur, sauve-nous, nous périssons ! » Par le mot périr j’entends l’absorption du principe supérieur par le principe inférieur. Lorsque l’intelligence est victime de votre estomac, c’est le principe inférieur. Les gens modernes se réjouissent beaucoup lorsqu’ils commencent à engraisser alors que c’est la plus grande calamité. Ils deviennent alors comme un cochon engraissé qui sera mangé par son maître. Lorsque vous engraissez, vous serez mangés par le diable ; vous serez comme une pintade et les diables se réuniront et se diront : « Nous avons nourri cet homme tant d’années, mais sa viande vaut la peine. » C’est la mort. C’est pourquoi vous devez réveiller le Christ. Pour ne pas être mangés, les disciples ont réveillé le Christ ; c’est vrai au sens figuré comme au sens littéral. Pour ceux qui comprennent la religion, cela indique qu’un principe supérieur peut être absorbé par un principe inférieur et c’est une chute. Si vous voulez, nommez-le « un festin de viande de porc », mais c’est toujours un principe inférieur qui absorbe un principe supérieur. Lorsque l’homme mange un cochon ou une poule, c’est en réalité le principe supérieur qui les absorbe, mais en même temps l’homme se rabaisse. Et lorsque je dis que l’homme ne doit pas manger de viande, c’est parce que les forces de la vie inférieure anéantissent les nôtres. C’est pourquoi la nourriture végétale est meilleure. Lorsque l’homme ne mange pas de nourriture animale, cela indique que le Christ est réveillé en lui. Par viande, j’entends tous les désirs et pensées inférieurs de l’homme que je compare à des poulets, à des pintades, etc. Quelqu’un dira qu’il n’aime pas le porc, mais qu’il aime le poulet, l’agneau ou autre chose ; cela ne fait pas de différence. Vous n’avez jamais demandé à cet agneau s’il veut être mangé. Combien de fois avez-vous mangé l’agneau en l’homme ! Par exemple, le mari rentre joyeux, portant un agneau, mais sa femme va à sa rencontre avec un couteau, elle ternit sa bonne humeur et il perd son agneau. Combien de fois avez-vous ainsi égorgé des agneaux ! Quelqu’un va rétorquer qu’il n’a jamais égorgé d’agneau. Vous mentez. Le Seigneur dit : « Celui qui sans raison est courroucé contre son frère, égorge l’agneau ! » Et un jour, le Seigneur réclamera ces agneaux. Je veux avec la causerie d’aujourd’hui vous apprendre à ne pas égorger d’agneaux. Lorsque l’homme ou la femme apporte cet agneau, accueillez-le, donnez-lui un peu d’herbe et d’eau. Cet agneau c’est le Christ qui apporte la joie. Lorsque le Christ se réveille, les cinq principes suivants se réveillent avec lui : suivre la vérité, marcher avec la justice, s’instruire dans la sagesse, communier avec la vertu, se réjouir dans l’amour. Quelqu’un dit qu’il marche avec la justice mais ne se réjouit pas dans l’amour. Il faut nécessairement marcher avec la justice, se réjouir dans l’amour, s’instruire dans la sagesse, suivre la vérité et communier avec la vertu : c’est le principe supérieur. Un jour, si nous sommes en vie, c’est-à-dire si vous ne m’avez pas égorgé comme un agneau, je vous parlerai sur la vertu, l’amour, la justice, etc. Cet amour que vous avez est fait de pommes de terre et j’ai des livres entiers sur lui. L’amour dont je parle soutient le monde, soutient le Ciel, Dieu vit en lui ainsi que tous les anges. Il est invariable et sans duplicité. Lorsque l’homme a cet Amour, ses yeux ont une grande profondeur, alors que vous ressemblez à des mares de faible profondeur. Je vois que l’amour de certains ne mesure que quinze à vingt centimètres de profondeur alors qu’il devrait atteindre dix ou vingt kilomètres, être au moins aussi profond que les océans. Si notre vie était aussi profonde, aucune tempête ne serait capable d’agiter ses eaux. Le lac de Galilée était peu profond, ce qui a rendu possible cette agitation, un phénomène impossible à des endroits profonds. Quelqu’un d’anxieux, qu’il soit philosophe ou prédicateur, a un amour qui ne mesure que quinze centimètres. Je ne suis pas dupe, même si beaucoup essaient de me tromper là-dessus. C’est avec cette mesure que j’évalue aussi mon amour. Vous aussi, vous devez mesurer le vôtre. Lorsqu’Il s’est réveillé le Christ a dit : « Pourquoi avez-vous peur gens de peu de foi ? » Les Écritures disent : « L’amour parfait chasse toutes les peurs[3]. » Là où c’est profond, il ne se produit pas de catastrophes. Ainsi, avant le mariage jaugez celui que vous avez choisi. S’il s’angoisse beaucoup, il n’a pas assez de fond et verra nombre de tempêtes en son sein : ne naviguez pas sur un tel lac. Une jeune fille dit : « Lorsque je me marierai, je le transformerai. » Non, tu trouveras le fond. Même s’il met le monde entier à vos pieds, ne montez pas dans sa barque, qu’il soit prédicateur, prêtre, commerçant ou magistrat, ne montez pas dans sa barque. Le Christ demande pourquoi vous n’avez pas cet amour. Celui qui vous envoie la tempête, vous teste pour voir la solidité de votre Amour, de votre Sagesse, de votre Vérité. Il y a par exemple des chrétiens qui ne mentiront pas pour cinq sous, mais le feront pour cent. Un monsieur disait : « Je ne me vendrai pas pour dix ou cent leva, mais si on m’offre plus, je pourrais mentir. » Moi, je ne mentirai pas, même si on me donnait le monde entier et toute la gloire ; pour toutes ces richesses, je n’enlèverai même pas un poil de ma barbe, je ne mentirai pas. Un poil de ma barbe coûte plus que tout et si je donnais à quelqu’un un poil de ma barbe, il deviendrait un homme. Il y a deux cent cinquante mille cheveux sur la tête des humains. Par cheveu j’entends loi, c’est pour cela que les femmes ont des cheveux longs. Et maintenant vous vous peignez sans connaître le fondement de ces cheveux, c’est-à-dire de ces lois. Vous pensez que le Seigneur a voulu par caprice mettre des cheveux sur la tête, le menton, etc. Le Seigneur a ses raisons pour avoir mis les cheveux et je ne veux pas divulguer les secrets du livre de Dieu ; je peux les divulguer, mais je vous soumettrai à un interrogatoire. Savez-vous toutes les raisons pour lesquelles le Christ a tant souffert sur la croix ? Le malin est apparu pour le tenter et lui dire : « Combien t’ont précédé ! », et il lui montrait comment les gens cracheraient sur lui et feraient des atrocités en son nom. Alors le Christ s’est tourné vers le Seigneur et Lui a demandé : « Seigneur, pourquoi m’abandonnes-tu ? » Alors le Seigneur a parlé profondément dans Son âme et le Christ a dit : « Seigneur, je t’ai compris, tout est accompli. » Maintenant, certains écoutent mes causeries semaine après semaine et se disent : « Nous ne faisons rien de bon. » Je vous considère comme des hommes bons qui ne font pas de bien. Vous dites que vous n’avez pas de conditions pour travailler et vous occuper. Le Seigneur vous a doté de tout, alors ne laissez pas une seule journée sans la mettre à profit. Vous montez dans une barque et vous dites : « Nous allons conquérir la mer. » Vous devez réveiller le Christ dans la barque où il demeure. Il y a dans votre tête maintenant beaucoup d’esprits qui s’effarouchent, mais le temps approche où le Seigneur vous jugera pour chaque mot que vous avez prononcé. Il jugera d’abord les hommes vertueux ensuite les pécheurs. Chacun sera convoqué pour montrer ce qu’il a travaillé pendant tant de milliers d’années. Peut-être avez-vous fait une seule fois le bien, mais la qualité prime sur la quantité. Lorsque le Christ viendra ouvrir le livre, il verra combien d’agneaux ont été égorgés. Chaque jour vous égorgez ces agneaux et c’est pourquoi il n’y a pas de paix dans vos foyers. Le Seigneur dont je vous parle aujourd’hui dit : « Que le Christ se réveille en vous ! » Je peux maintenant vous parler, mais c’est une voix qui crie dans le désert. Lorsque le Christ se réveillera, vous ressusciterez, vous vous retrouverez en Galilée et non pas à Jérusalem, votre souffrance cessera, se transformera en émotion agréable et vous vous retrouverez dans une ambiance bénéfique pour votre développement. Les vies inférieure et supérieure sont liées, mais la vie inférieure doit obéir à la vie supérieure. Ne laissez pas votre estomac, votre cœur ni votre intellect être vos maîtres ; ce sont des serviteurs. Élevez chaque désir pour qu’il serve ce principe divin. Vous pensez que vous comprenez ce Christ dont je vous parle souvent, parfois vous vous efforcez de l’entrevoir, mais je vous demande si votre mer s’est apaisée, si vous avez enfin accosté ? Non ! C’est donc un christ mensonger, le Christ, vous ne L’avez pas encore vu. Lorsque le Christ va apparaître, vous serez sur le rocher immuable de la vertu, vous serez guidés par la justice, vous serez dans la véritable matrice de l’amour qui ne juge personne et ne se détourne de personne. L’amour ne trie pas les humains en vertueux et pécheurs, il vit de la même façon au Ciel et sur terre, en enfer et au paradis, il accomplit sa mission avec la même joie et gaîté où qu’il demeure. Tu dis : « Je ne peux pas supporter celui-ci ! » Tu fais partie des bons qui ne font pas de bien. Quelqu’un dit : « C’est bien de se montrer miséricordieux, mais il ne faut pas exagérer ! » Toi aussi tu es de ceux-là. Ainsi maintenant, il est temps d’entendre ce que vous dira votre Christ dans la barque qui vous transporte sur cette mer agitée. Et ce qu’il vous dira doit être si sacré pour vous qu’il ne faut le redire à personne. Lorsque je vous raconte l’histoire de Titus, vous vous dites : « Je ne me suis jamais rendu coupable d’une telle chose. » Combien de fois, lorsque vous vous mettez en colère, vous dites que le Seigneur a mal fait le monde, vous dérobez le voile et devenez vous-même ce Titus qui détruit Jérusalem. Vous direz : « Comme ce personnage a été cruel ! » Combien de fois vous vous insurgez contre le Seigneur, et il vous dit : « Petit ver de terre, sais-tu de quelle mort tu périras ? » Certains Lui prodiguent des conseils, le Seigneur n’a besoin d’aucun conseil. Si tous les peuples comprennent ainsi le monde et s’ils appliquent cet enseignement, alors seulement le Christ viendra. J’aimerais que tous les prédicateurs, les prêtres et les magistrats pensent ainsi ; qu’ils marchent avec la justice, qu’ils se réjouissent avec l’amour, qu’ils s’instruisent avec la sagesse et qu’ils suivent la vérité. Ce n’est qu’ainsi qu’un peuple peut progresser, tout le reste n’est que vanité. Ce n’est qu’alors que toutes les choses prendront du sens. Dans la cuisine et dans la lessive il y a un sens. Quelqu’un fait la lessive et se dit : « Pourquoi cette corvée m’incombe-t-elle ? » Par exemple la belle-fille fait la lessive des habits de ses beaux-parents et se dit : « Ces vieux, ne vont-ils pas bientôt débarrasser le plancher ? Je comprends que je doive laver mes vêtements, mais là j’ai aussi ceux des vieux ! » Non, lorsque vous lavez, dites-vous : « Comme je lave cette chemise Seigneur, Toi, rend moi aussi pur ! » Si je fais la lessive, je dirai : « Seigneur, ces gens m’ont tâché, mais Toi, lave moi ! » Et si je m’assois pour écrire quelque chose, je dirai : « Comme je fais ce travail, toi aussi Seigneur, améliore moi ! » Quelqu’un dira qu’ils ont sali le livre ! Tant qu’un livre n’est pas sali, il n’est pas assimilé. Si vous regardez de près la lettre м dans le mot miséricorde, vous verrez qu’elle a quatre traits qui forment deux sommets de montagne et une vallée. Par conséquent, être miséricordieux, signifie avoir deux sommets sur lesquels s’arrime cette vallée. Ainsi, la vie humaine elle-même ne peut pas être faite uniquement de sommets, mais il faut aussi des vallées ; ces vallées sont des endroits sombres, ombragés. Parfois votre vision n’est pas bien réglée. Il y a quelques semaines une jeune demoiselle est venue me voir avec l’idée que ses paupières avaient noirci ; elle s’était mis cela en tête et ne pouvait chasser cette idée. Alors que tout simplement ses yeux étaient légèrement saillants et jetaient une ombre selon l’angle d’éclairage… De la même façon, en voyant une ombre, vous vous mettez en tête que vous êtes de grands pécheurs et des vauriens ; ce sont simplement des objets concaves ou convexes qui produisent des ombres. Le Seigneur vous a envoyés pour servir quelqu’un, par exemple pour prendre soin de quelques orphelins, alors que vous voulez occuper la première place, être premier ministre, gouverner la Bulgarie. Dites-moi quel ministre a arrangé les affaires en Bulgarie, en Allemagne, en Angleterre ou ailleurs ? Lorsque votre Seigneur se réveillera, alors toutes les tempêtes s’apaiseront et, avec Lui, vous aurez la puissance et le pouvoir. Rien ne peut être réalisé sans le Christ. Pour que vous soyez forts, le Christ doit se réveiller. Et Il ne peut être réveillé que si vous devenez un avec la vertu, la justice, la vérité, la sagesse et l’amour. Maintenant, si on vous donne un, cinq, dix millions de leva, hésiterez-vous ? Imaginez que l’on vous offre toutes les richesses ; hésiterez-vous ? Ne seriez-vous pas comme ce tailleur de pierres qui vivait dans les premiers siècles du christianisme en Égypte ? À cette époque vivait un ermite très vertueux qui fabriquait des paniers et allait les vendre au marché d’Alexandrie. Au retour il croisait toujours ce tailleur de pierres qui l’arrêtait, l’invitait dans sa maison, lui lavait les pieds et lui donnait à manger. L’ermite ému a interrogé un jour le Seigneur pour savoir s’il pouvait l’aider d’une manière quelconque. Le Seigneur lui a répondu : « Tu peux l’aider à condition que sa vie change. – Mais si on lui donne de l’argent, sa vie changera n’est-ce pas ? a demandé le saint. – Bon alors, a dit le Seigneur, il y a de l’argent enterré à tel endroit, déterre-le et offre-le au tailleur de pierres. » L’ermite a trouvé l’argent et l’a donné au tailleur de pierre qui s’est rapidement fait une place dans la société, s’est fait construire un beau palais, a mené grand train et a été nommé premier vizir. Un jour l’ermite l’a rencontré de nouveau, mais celui-ci s’était tellement enorgueilli qu’il a fait mine de ne pas le reconnaître. Ceci a empli l’ermite d’amertume, il a continué son chemin mais un ange est venu à sa rencontre et lui a donné une belle correction en lui disant : « Avec l’aide que tu as donnée, tu as fait tomber une âme. » Alors l’ermite a commencé à prier de nouveau le Seigneur de sauver l’âme du tailleur de pierres. Des calomnies et des intrigues à l’adresse du vizir lui ont fait perdre tous ses avoirs, il a perdu son poste et s’est vu contraint de tailler de nouveau des pierres. Un jour, alors qu’il travaillait, il a vu de nouveau l’ermite ; il l’a arrêté et lui a dit : « Je t’ai bien reconnu l’autre fois mais j’étais aveuglé par ma situation. Demande de nouveau au Seigneur de me donner de l’argent ! » Et l’ermite de lui répondre : « Je ne veux pas être molesté une seconde fois » … Et vous aussi, comme cet ermite, vous voulez laisser l’ascendant à ce qui est inférieur, mais les anges viendront pour vous corriger et alors il faudra relever ce qui est supérieur en l’homme. Je vous dis cela pour que vous soyez totalement vertueux et justes, authentiques et sages comme le Seigneur l’est. Dans notre vie nous devons agir comme le Seigneur agit envers nous : nous sommes souvent mécontents, mais Il nous envoie sa bénédiction sans réserve. Et c’est toujours nous-mêmes qui sommes la cause de nos malheurs. Je vais illustrer cela par un exemple : une fois Nastradin Hodja est monté dans un arbre pour scier la branche sur laquelle il était assis. En le voyant, un passant l’a interpelé : « Ne fais pas cela car tu vas tomber ! – Comment peux-tu le savoir ? » a rétorqué Nastradin Hodja tout en continuant à scier la branche. Mais en effet, après avoir scié la branche il est tombé par terre. Alors il s’est relevé et a rattrapé le passant en lui demandant : « Puisque tu as su me dire que j’allais tomber, tu sauras certainement me dire l’heure de ma mort. » Le passant a rétorqué : « Tu mourras dans trois jours, pour cela creuse un trou sous un poirier, couche-toi dedans et patiente. » Nastradin Hodja a fait ses adieux à sa femme, a creusé une tombe sous un poirier, s’est couché et lorsque des fruits tombaient de l’arbre, il les prenait et les mangeait. Il a attendu ainsi trois jours de mourir jusqu’à ce qu’un troupeau de chameaux passe par là. En le voyant les animaux ont pris peur et se sont enfuis et les gardiens du troupeau l’ont attrapé et lui ont mis une rouste. Alors il est rentré chez lui et sa femme lui a demandé : « Comment c’est l’autre monde ? – C’est très bien là-bas : les poires tombent et tu en manges, mais si tu fais peur aux chameaux alors ça finit mal ! » Vous aussi, vous faites souvent peur aux chameaux, vous vous mettez souvent un moustique dans le nez, vous sciez souvent la branche sur laquelle vous êtes assis. Réveillez le Christ, et Il vous apprendra à vivre ! Celui qui n’a pas réveillé le Christ ne sait pas comment vivre. Le principe supérieur doit venir et vous libérer de votre joug. Vous êtes esclaves les uns des autres : l’homme attend une délivrance de sa femme, la femme, celle de son mari, le fils, de son père, la fille, de sa mère. N’espérez rien des gens, réveillez le Christ dans cette barque et vous comprendrez tout de suite le sens profond des choses. Lorsque les disciples ont vu que le Christ savait calmer la tempête sur la mer, ils ont compris qu’Il avait le pouvoir de maîtriser le principe inférieur. Je souhaite que votre Christ se réveille et qu’il vous introduise dans la paix, qu’il vous donne la sagesse et le savoir pour accomplir sur terre la mission que le Seigneur vous a donnée. Sofia, 17 décembre 1916 [1] « Et voici qu’il y eu sur la mer une grande tempête, au point que la barque allait être recouverte par les vagues. Lui cependant dormait. Ils s'approchèrent et le réveillèrent en disant : " Seigneur, au secours ! Nous périssons ! » (Matthieu 8, 24-25) [2] « de quel châtiment plus sévère pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour profane le sang de l'alliance par lequel il avait été sanctifié, et qui aura outragé l'Esprit de la grâce ? (Hébreux 10, 29) [3] De crainte, il n’y en a pas dans l'amour ; mais le parfait amour jette dehors la crainte, car la crainte implique un châtiment ; et celui qui craint n'est pas accompli dans l'amour. (1 Jean 4, 18)
  22. Je vous élèverai « Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé, afin que quiconque croit en Lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle.[1] » Jean 3:14,15 Comme le serpent que Moïse éleva, de même le Fils de l’homme sera élevé… Les peuples occidentaux ne sont pas du tout accoutumés au langage symbolique des peuples orientaux. La culture de l’Orient se différencie de celle de l’Occident. On peut dire que la culture des peuples orientaux a été involutive, c’est-à-dire qu’elle descend du haut vers le bas alors que notre culture occidentale est évolutive, c’est-à-dire qu’elle va de bas en haut. Ainsi, les méthodes de déchiffrement de ces deux cultures ont une interprétation opposée, et ceux qui ne sont pas habitués à ce double processus sont souvent confrontés à des contradictions. Par conséquent la contradiction n’est pas dans la culture, mais dans notre compréhension. Ainsi, nous avons deux cultures : celle du serpent et celle du Fils de l’homme. Et les deux doivent être élevées. Vous demanderez quelle culture le serpent peut incarner. Chez tous les peuples le serpent a joué le rôle important d’une grande culture. Chez les Bulgares elle survit dans les mythes des dragons : « Un dragon m’aime, maman… » est chanté dans les chants populaires bulgares. Ce sont les restes de cette culture antique des peuples orientaux. Comment un dragon peut-il aimer ? Il représente la culture des gens qui sont descendus du monde invisible vers le bas, alors que les gens d’aujourd’hui montent du bas vers le haut. Ces remarques sont importantes pour clarifier les idées que je vous soumettrai. Souvent, la vie des gens est confrontée à de grandes contradictions. Si vous voulez un beau tissu en soie pour vous confectionner une robe, vous ne le chercherez pas chez un berger ou une femme qui travaille la laine, mais chez le commerçant qui vend de tels tissus. Pour créer ce noble tissu, que de travail pour nourrir les vers à soie, rassembler des feuilles de mûrier pour qu’ils puissent tisser ces beaux filaments pour que les jeunes filles se parent d’habits de soie. En ce sens, pour avoir du bon matériel il faut aller chez les bonnes personnes ; là se trouvent les bons tissus, alors que pour avoir du mauvais matériel il faut aller chez les mauvaises personnes. C’est vrai aussi dans la nature : les racines s’occupent du sol, de la matière brute, alors que les branches s’occupent d’une meilleure matière. Je vous invite à ne pas penser que les uns sont bons et les autres mauvais. Lorsque nous examinons les choses du point de vue philosophique, nous ne devons pas le faire comme pour la vie quotidienne, car le bien est bien dans un certain contexte et le mal est mal aussi dans un certain contexte. On n’a pas besoin de beaucoup d’exemples pour le démontrer. Si par exemple vos yeux sont en bonne santé, sortir le matin regarder le soleil vous fera du bien. Mais si vos yeux sont souffrants, regarder vous causera des douleurs et vous devrez vous isoler dans une pièce sombre, ce que les médecins recommandent pour les affections ophtalmiques. Ainsi, de ce point de vue la lumière est nocive pour l’homme et il faut la supprimer, la masquer tant que les yeux ne reviennent pas dans un état normal, capable d’accepter ses vibrations. Donc, on peut examiner les choses du point de vue philosophique, mais cela devient plus délicat lorsqu’il s’agit de la vie. Chaque jour les gens font des expérimentations, chaque jour vous élevez le serpent et le Fils de l’homme. Le Seigneur a fait sortir les juifs d’Égypte pour qu’ils élèvent ce serpent. Mais habitués à la culture égyptienne, ces riches juifs et aristocrates – bien que le petit peuple ait longtemps travaillé uniquement la terre cuite – ont dû être conduits quarante ans à travers le désert par Moïse pour devenir un peuple courageux et décidé. En faisant cela Moïse s’est attiré leurs foudres : ils se sont révoltés pour avoir manqué de concombres, d’oignons, d’eau, etc… Leurs plaintes ont fait que plusieurs serpents sont apparus pour les mordre mortellement. Pour les sauver Moïse a fait un serpent en cuivre afin de soigner tous ceux qui le regarderaient. Pourquoi ce serpent était-il fait de cuivre ? Le cuivre fait partie des métaux dits simples. Les anciens alchimistes l’associaient au mercure, l’un des éléments principaux du corps humain, alors que les anciens désignaient par le nom Mercure, le dieu grec Hermès, le secrétaire des dieux, le porteur des pensées dans le monde. Par conséquent, Moïse voulait montrer aux juifs que la bonne chair n’est pas indispensable à l’homme et qu’il doit être intelligent vis-à-vis de son corps. Moïse a élevé le serpent, c’est-à-dire l’intellect humain inférieur ou ce que nous appelons maintenant l’égoïsme humain, l’homme qui ne pense qu’à lui-même. Et on peut dire avec raison : « Tant que le serpent ne s’élève pas, tant qu’il ne le regarde pas, l’homme ne guérira pas. » Maintenant je poserai la question autrement : admettons que vous êtes paresseux et que vous comptez sur vos amis, que vous rechignez à vous laver, à vous peigner, etc. Je demande si ces serpents ne viendront pas alors autour de vous ? Donc, il vous faut être un peu plus égoïste : vous protéger du point de vue de l’ancienne culture et de l’instinct de survie. C’est une loi qui s’applique aussi bien à l’homme, qu’à la famille, la société, les peuples et l’humanité. Celui qui comprend cette loi pour lui, peut l’appliquer pour les autres. C’est pourquoi il y a ce parallèle dans les Écritures : comme Moïse a élevé le serpent, ainsi il faut élever le Fils de l’homme, le Christ, pour que l’homme puisse apprendre l’autre culture. Non pas que ces cultures soient en contradiction, mais elles doivent s’unir pour donner naissance à une troisième culture qui vient maintenant. Il est dit : « Afin que quiconque croie en lui, ne périsse point ». Qu’est-ce qui ne doit pas périr ? Ce qui est noble chez l’homme. Avant de continuer, je vais vous donner un schéma, c’est-à-dire l’enseignement des anciens. Dans ce schéma nous avons les trois énoncés suivants : le libre arbitre, la providence et le sort ou le destin. Le libre arbitre est le futur de l’homme, la providence est le présent et le destin est son passé. On enseignait cela en Égypte, en Grèce, et on l’enseignera à l’avenir. La providence est le point de départ, l’origine du destin. Lorsque l’homme est en désaccord avec la providence, il n’a pas de libre arbitre alors que, s’il est en accord avec Dieu et Ses commandements, il a du libre arbitre. Alors vous résoudrez très facilement la question de savoir pourquoi vous êtes persécutés par le destin. Parce que vous êtes en désaccord avec la providence. Pourquoi le destin ne vous persécute-t-il pas ? Parce que vous êtes en accord avec la providence. Par le mot volonté, je désigne la volonté divine. Nous obtenons d’elle trois moyens d’action : corps, intellect et âme humains. Le côté positif de l’âme est la vertu et le côté négatif est le vice ; le côté positif de l’intellect est le savoir et le côté négatif est l’ignorance ; le côté positif du corps est l’instinct et le côté négatif est la cruauté. Il existe encore une série de trois choses : sentiments, compréhension et sensations. Le côté positif des sentiments est l’amour et le côté négatif est la haine ; le côté positif de la compréhension est la vérité et le côté négatif est l’égarement ; le côté positif des sensations est le plaisir et le côté négatif est la souffrance. Ainsi nous avons deux forces : lorsque nous mettons la providence comme le méridien de notre vie, nous aurons un hémisphère de chaque côté ; d’une part le côté positif de la vie, et de l’autre le côté négatif de la vie. Quelle que soit notre façon de penser et de philosopher, il n’y a pas d’autre possibilité. J’accepte la philosophie, mais celle qui peut bâtir la vie, qui peut bâtir la vertu et lui créer des conditions pour se manifester. Par intellect, j’entends que l’homme puisse par sa volonté créer des conditions de manifestation du savoir. Par homme intelligent, je désigne celui qui crée les conditions pour utiliser les forces de l’instinct. Par sentiments, j’entends que l’homme puisse créer des conditions de manifestation de l’amour et de la vérité, donner la volonté à ses organes sensoriels de se manifester comme de vraies sensations. Si vous êtes en opposition avec la providence, alors l’ignorance, le vice et la méconnaissance se manifesteront obligatoirement. Par conséquent, chacun doit tendre à être en accord avec la providence. Si vous avez le libre arbitre, les germes les plus nobles, endormis depuis des millions d’années, se manifesteront en vous. C’est pour cela que le Christ devait être élevé ! Le serpent s’est élevé en vous lorsque vous avez commencé à souffrir pour devenir conscient, pour vous mettre en accord avec la providence. Vous n’êtes pas des hommes, mais les esclaves de vos désirs et de vos passions et c’est pourquoi vous souffrirez. Entrez en accord avec la providence et vos souffrances se transformeront en plaisir. Vous devez élever le Christ, et il enclenchera le processus inverse : lorsqu’il entrera en vous, le Christ engendrera toutes les vertus. Moïse a élevé le serpent dans le désert pour éloigner le vice, l’ignorance, la cruauté, la haine, l’égarement et la souffrance. Il fallait que le Christ soit élevé comme ce serpent pour faire naître en nous cette vertu, ce savoir, cette vérité, cet amour et le véritable plaisir. La vertu est en rapport avec l’âme, le savoir en rapport avec l’intellect, l’amour en rapport avec les sentiments, la vérité en rapport avec la compréhension et le plaisir en rapport avec les sensations. Le Christ devait être élevé pour que les hommes puissent bénéficier de ces grands bienfaits. Dans la société contemporaine, chez les peuples modernes, il existe une contradiction entre ces deux cultures, ce qui attise la guerre. Elle se nourrit de ce que Moïse a élevé le serpent qui mord maintenant les peuples. Il doit être élevé pour faire venir le Christ ; c’est une loi vivante. Ne pensez pas que dans le monde les hommes régissent tout seuls leur destinée. Ils s’apercevront qu’à présent le Seigneur dirige leur destinée très facilement. Si les peuples balkaniques avaient écouté le Seigneur, si les Serbes n’avaient pas pillé la Macédoine, si les Grecs n’avaient pas conquis des territoires étrangers, si la Roumanie n’avait pas annexé Dobroudja, alors ces malheurs ne surviendraient pas. C’est pour cela que le Seigneur a puni la Serbie et a puni la Grèce. Et pour la Roumanie, il a ordonné : « Donnez-lui vingt-cinq coups de bâton ! » C’est pourquoi on frappe aujourd’hui la Roumanie. Ainsi, chaque voleur, quel qu’il soit, doit être corrigé. Le Seigneur veille aujourd’hui et nous devons être attentifs. Il traite tous les peuples comme ses fils, mais ne se comporte pas comme les pères ordinaires ; Il ne les caresse pas, mais les punit s’ils le méritent. Maintenant je vais vous illustrer ma pensée par un conte. C’est une ancienne histoire bulgare d’avant le christianisme. Une mère aimait beaucoup son fils et l’approuvait toujours, qu’il fasse du bien ou du mal, elle ne trouvait jamais rien à lui reprocher. Elle le portait aux nues, elle le félicitait jusqu’à ce qu’il devienne un grand malfrat et qu’il soit condamné à la pendaison pour ses crimes. Lorsqu’ils l’ont amené à la potence, il a demandé : « Appelez ma mère que je l’embrasse avant de partir. » Sa mère est venue et il lui a dit : « Je t’aime beaucoup, mère, je veux t’embrasser sur la langue. » Sa mère a sorti sa langue et son fils l’a mordue en disant : « Sans cette langue, je ne serais pas aujourd’hui dans cette situation ; si tu l’avais utilisée à bon escient, je ne serais pas pendu !!! » Par conséquent, nous ne devons pas toujours nous couvrir de lauriers les uns les autres. Les puissances européennes se réjouissaient du spectacle des petits pays qui se pillaient entre eux. La Roumanie s’est invitée en Bulgarie soi-disant pour apporter la paix, amener l’équilibre, mais maintenant ce fils lui mord la langue comme aux autres pays. Ils devaient dire : « Ce n’est pas bien ce qui se fait. » Ce n’est pas bien de s’accaparer la terre d’un peuple. La terre d’un peuple est son corps et les gens qui la peuplent sont son âme. Par conséquent, du point de vue purement divin, personne n’a le droit de prendre la terre d’un peuple, là où il s’instruit et s’exerce. Et lorsque les gens ne se comportent pas comme il faut, les souffrances surviennent. Lorsque je dis que le Christ vient, beaucoup me comprennent de travers. Tâchez de bien comprendre : le Christ est une lumière intérieure. Vous avez tous aimé. Lorsqu’il est question d’amour, tous sourient et c’est naturel : il faut lui sourire. Mais dans ses manifestations il est hétéroclite. Si l’homme suit la loi de Moïse, il se manifestera d’une manière. Par exemple, l’homme aime sa femme mais la jalouse – c’est typique chez les Bulgares – et si seulement elle ose en regarder un autre, il lui dira : « Pourquoi le regardes- tu ? » La femme aime son mari, mais elle aussi est jalouse et s’il regarde une autres femme, elle lui demande : « Pourquoi la regardes-tu ? » Pourquoi le monde est-il ainsi fait ? Le mal n’est pas dans le regard, mais dans la convoitise qu’il porte. Par conséquent tant que nous n’avons pas de preuves factuelles, il ne faut rien craindre. Je vous donnerai un exemple tiré de la tradition populaire bulgare : une jeune fille rêve une nuit qu’elle se marie et qu’elle accouche d’un bel enfant qui meurt ensuite. Le matin, la jeune fille se lève et fond en larmes. Elle raconte ensuite son rêve à sa mère qui se met également à pleurer. Le mari qui était au champ, en rentrant le soir, les voit pleurer toutes les deux. Elles lui racontent que la fille a rêvé qu’elle avait mis un enfant au monde et que cet enfant était mort. Alors, le père décide de fuir en disant : « Je n’ai jamais vu des personnes aussi bêtes. Si je ne trouve pas plus bêtes que vous, je ne reviendrai plus. » Il s’est mis en route et a vu à un endroit un homme qui s’était fait fabriquer un beau pantalon pour Pâques, mais qui ne savait pas comment l’enfiler. Il pensait à monter dans un arbre et de là, à sauter pour entrer dans son pantalon. Le voyageur lui a crié : « Arrête, tu te feras mal. Je t’apprendrai comment mettre ce pantalon, mais promets-moi de me le donner ensuite. – Je te le donnerai, a répondu l’autre, apprends-moi seulement à le mettre. » Le père a continué son périple et, à un autre endroit, il a vu les invités d’une noce rassemblés, en train de pleurer car la mariée était trop grande pour passer par la porte de la maison : il fallait lui couper la tête pour la faire passer ! Le voyageur leur a dit : « Pourquoi ce trouble ? Je la ferai entrer si vous me donnez un bracelet. – On te donnera même deux bracelets pourvu que tu la fasses entrer. » Alors il a pris la ceinture du beau-père, a attaché avec elle la tête de la mariée, a tiré vers le bas, elle a incliné sa tête et elle a pu entrer dans la maison… Cela semble risible et stupide à entendre, mais vos pensées sont souvent pareilles : nous pleurons pour des enfants que nous n’avons pas, nous mettons des habits en sautant d’un arbre et nous voulons nous couper la tête pour entrer quelque part. C’est pourquoi les bulgares disent : « Le sabre ne coupe pas la tête inclinée. » Ce proverbe est parfois compris dans un sens péjoratif, mais il peut aussi être compris positivement. Par exemple, lorsqu’un déluge survient, ne dis pas : « Je ne fuirai pas, ce n’est pas digne de moi ». Il faut t’enfuir, sinon il t’emportera. Si un rocher tombe à côté de toi, il faut t’enfuir et ce n’est pas indigne. A certains moments l’homme doit fuir et à d’autres - il doit résister. Moïse a élevé le serpent pour que le peuple d’Israël le voie. Certains se servent de cette loi de la suggestion pour préparer certains remèdes. Vous pouvez mettre dans un peu d’eau à peine le millième du sel utilisé pour guérir le malade, à condition d’y mettre votre bonne pensée. Par conséquent, la loi de la suggestion est nécessaire, et nous réussirons avec elle, nous nous élèverons et nous serons bons. Vos pensées doivent toujours être orientées de manière positive. Si par exemple vous dites : « Je vais me venger », vous êtes de l’ancienne culture, alors Moïse élèvera pour vous le serpent et vous souffrirez. Si vous êtes de la nouvelle culture, vous élèverez le Christ en vous et vous vous élèverez comme Lui. Car il ne souffrait pas pour ses péchés mais pour les péchés des autres, pour leur permettre de s’élever. Vous vivez parmi une population qui n’est peut-être pas éduquée, qui a des vices, mais vous devez être patients, comme le Christ, pour l’aider. On peut vous charger encore de beaucoup de choses, mais cela ne doit pas vous désespérer. J’ai étudié la psychologie des Bulgares et je suis arrivé à la conclusion suivante : au même titre que d’autres bon traits de caractères, les Bulgares ont encore un signe distinctif. Lorsqu’il entend prêcher tel ou tel enseignement, le Bulgare veut d’abord savoir si le prêche est donné gratuitement ou s’il est payant. Si tu l’enseignes contre de l’argent, il te dira : « Je sais pourquoi tu prêches, c’est pour de l’argent ! Moi aussi, je peux prêcher », et alors tu ne peux exercer aucune influence sur lui. Le Bulgare dit : « Je ne t’ouvre pas ma porte, je sais pourquoi tu prêches. » Mais s’il apprend que tu prêches gratuitement, il dira : « Puisqu’il le fait gratuitement, c’est qu’il y a quelque chose en cet homme » … Et en vérité, le Bulgare a raison. Souvent, les évangélistes me demandent pourquoi ils ne trouvent pas d’écho parmi ces gens ; je leur dis : « Parce que vous prêchez pour de l’argent. – Mais peut-on le faire sans argent ? – Oui ! Sinon laissez ce travail aux curés, vous n’êtes pas meilleurs qu’eux. Mais si vous voulez avoir du succès et être écoutés par le peuple, faites-lui du bien et laissez-le travailler. » J’entends le mot prédicateur de la façon suivante : c’est celui qui peut sélectionner les meilleures graines, puis recevoir tout le monde pour les leur distribuer. Je vous demande ce que faisait le Christ ? Si un jour un homme vient parmi les hommes et, comme le Christ, se met à ouvrir les yeux des aveugles, à guérir les malades, etc. et que tout le peuple se lève pour le suivre, je vous demande : fait-il quelque chose de mal ? Si cet homme peut distribuer toutes les bonnes graines et peut apporter la paix et l’entente, fait-il quelque chose de mal ? Par conséquent, chaque personne qui vient dans le monde pour apporter l’enseignement divin, doit avoir en tête que c’est le Christ qui est en lui. Maintenant, nous nous préparons pour une autre culture, la culture d’un autre monde. Qu’est-ce que l’autre monde ? C’est celui qui succédera à l’actuel. Il ne sera pas à un autre endroit : lorsque ce monde passera, l’autre viendra. Prenez par exemple le théâtre : vous avez une scène, le premier acte est joué, on change les décors, on joue le second acte. La localisation des deux actes est la même, mais le contexte est différent. Certains pensent qu’ils habiteront sur une autre planète lorsqu’ils iront dans l’autre monde, mais vous n’avez pas d’argent pour cela, vous êtes tous pauvres. Pour aller jusqu’à l’étoile Alpha du Centaure par exemple il vous faut quarante-trois millions de leva, car vous devez payer trois centimes par kilomètre. Qui de vous est aussi riche ? Dans l’autre monde, on ne nous transporte pas gratuitement, il vous faut de l’argent. Donnez gratuitement ce qui vous est donné gratuitement, mais pas ce que vous aviez déjà. Si on me prie de distribuer cent mille leva aux pauvres, je dois leur donner gratuitement car on me les a donnés gratuitement. Si je commence à poser des conditions et à vouloir en échange du beurre, des œufs, de la laine, etc., ce n’est pas un enseignement divin, ni un enseignement du Christ. Lorsque je prône l’enseignement du Christ, j’entends toute l’humanité. Et lorsque je parle des prêtres, je parle de tout le clergé et pas de personnes isolées. Une loi est commune à tous les peuples, à toutes les familles. Et la loi des anges l’est aussi. Je dis que personne ne doit périr si la foi est vivante en elle. Ce Christ pour lequel je prêche est vivant, il est parmi les hommes sur terre ; c’est ainsi que je le vois, que je le connais, que j’ai parlé avec lui. Il est parmi les humains. Mais quelqu’un rétorquera que ce n’est pas sûr car les Saints Pères se prononcent autrement. J’ai aussi parlé avec eux ; ils sont tous ici sur terre et travaillent. Le Christ dit : « Allez, prêchez et je serai avec vous aux siècles des siècles.[2] » Par l’expression jusqu’à ce que Je vienne[3], j’entends « jusqu’à ce que j’instruise les humains ». Le Christ dit aussi : « Maintenant je travaille de l’intérieur et lorsque je sortirai, je verrai ce qui est fait, s’il y a des manques, et ensuite j’entrerai de nouveau.[4]» Ceci a un sens au Ciel. Par Ciel, j’entends monde divin. En disant cela, je veux vous dire que ce monde ne se résume pas à ce que vous voyez. Que connaissez-vous de ce monde ? Il y a devant vous un rideau et s’il se soulève, vous verrez un grand nombre de choses cachées. Si vos yeux s’ouvraient maintenant, vous verriez combien de vos proches vous entourent : vos grands-mères, arrière grands-mères, etc. « Vous dites qu’il y a des morts parmi nous ? » Non ! Ils ne sont pas morts, mais vivants. En d’autres mots, il y a deux types de gens vivants : les vivants-morts et les morts-vivants. Vous êtes de la première catégorie, c’est-à-dire des vivants-morts. Par conséquent il n’y a pas de passé, de présent, de futur, ce sont seulement des aspects apparents des choses. Quelqu’un dit : « C’est déjà du passé. » Qu’est-ce que le passé ? Par exemple, je suis maintenant ici et je pars pour une autre ville ; je suis à présent à Sofia, mais je peux être d’ici peu à Plovdiv, et pour autant Sofia n’est pas une chose passée, elle existe en même temps que Plovdiv ; et Plovdiv n’est pas le futur, mais existe en même temps que Sofia, c’est-à-dire, les deux villes existent dans le temps présent. Si je monte au sommet d’une montagne, je verrai le passé et le futur, alors que la montagne est le présent. Si nous voyons notre passé, c’est notre vie que nous n’avons pas achevé. La vie que vous avez maintenant, vous l’avez tissée, tricotée et il vous reste des millions d’années pour la tisser jusqu’au bout. Il y a par conséquent deux manières de tisser. D’abord celle du serpent qui a trompé Ève et a chassé l’homme du Paradis. Ensuite, le Christ est venu, il est monté dans l’Arbre de la Vie, on l’a crucifié et il dit maintenant : « Ève, prend de ce fruit. » Quel est ce fruit ? Le libre arbitre, la providence et la destinée – l’âme, l’intellect et le corps – l’amour, la vérité et le plaisir de la vie divine : ces fruits sont donnés par le Christ. Comme Ève s’est retrouvée nue après avoir mangé le fruit donné par le serpent, vous, au contraire, lorsque vous élèverez le Christ, vous vous vêtirez. Vous allez tous ressusciter. Un peuple qui mange de ce fruit sera un peuple élu. Qui est ce peuple élu ? Celui en qui il y a amour, vérité, sagesse, intellect et corps. Lorsque les gens disent : « Que le Seigneur ne nous prive pas de notre petite terre », ils ont raison. Le Bulgare est très pragmatique, car la terre est notre corps. Par conséquent, dans la guerre d’aujourd’hui le Christ vient dire : « Chacun devra ressusciter et récupérer sa terre. » C’est pour cela que les Bulgares sont tous prêts à mourir, mais ne veulent pas céder leur terre. Donc, tous les prédicateurs, les prêtres, les peuples doivent se donner la main, non pas selon la loi du serpent, mais selon la loi du Christ, selon le Nouvel Enseignement. Selon cet Enseignement, si tu es fort tu devras être un appui pour le faible ; si tu es intelligent, tu dois éduquer les autres qui n’ont pas ce savoir. C’est uniquement par ce moyen que nous bâtirons notre vie future ; elle est devant nous. Maintenant, vous attendez que le Christ vienne. Oui, le Christ vient pour vous. Il viendra un jour frapper à la porte comme un marié, il enverra des messagers. Que font les gens aujourd’hui ? Lorsqu’ils choisissent la jeune fille, ils envoient des personnes âgées, des parents par alliance qui s’assoient autour du feu et ne vont pas droit au but, mais s’entretiennent d’abord sur des sujets annexes. Ils commencent par exemple comme ça : « Vous avez de beaux champs, du bon bétail, nous nous portons acquéreurs », et ce n’est qu’à la fin qu’ils annoncent être venus pour la jeune fille. C’est alors aux parents de la fille de ne pas répondre directement, mais de dire qu’ils veulent en savoir plus sur le jeune homme avant de se prononcer… De même, le Christ viendra pour voir comment est la jeune fille. Pour vous fiancer avec le Christ vous devez aussi avoir des vertus, du savoir, de la force, l’amour, la vérité, la joie. Si vous ne possédez pas ces choses, la noce ne se fera pas. Quelle que soit l’Église à laquelle vous appartenez, la noce ne se fera pas. Il ne suffit pas que l’homme soit citoyen d’un état, il doit aussi avoir des droits. Par conséquent, nous ne devons pas seulement entrer dans le monde divin et intelligent, mais aussi devenir des citoyens, voter et choisir. Mais pour cela il faut un grand désintéressement. Une fois, un étranger, médecin de profession, m’a raconté un épisode de sa vie. Il voulait faire le bien autour de lui : il a travaillé dix ans, a économisé de l’argent gagné avec les patients et l’a mis dans une tirelire, cherchant un moyen d’aider les nécessiteux. Un jour, une jeune veuve avec un enfant vient chez lui en lui disant : « Je suis très pauvre, peux-tu m’aider ? » Le médecin lui a donné la clé de la tirelire en lui disant : « Ouvre-la et prends l’argent qui te faut. » La veuve a pris tout l’argent, s’est construit une maison et a fait une dot pour le mariage de sa fille. Mais son mari s’est avéré être un mauvais homme, il a tout mangé et tout bu jusqu’à ce qu’il ne reste rien et en fin de compte la veuve est revenue voir le médecin pour lui demander : « Peux-tu encore m’aider ? » Il a dit : « Voici la clé, prends dans la tirelire la somme dont tu as besoin. – Mais il ne reste rien dedans » a répondu la femme. Alors le médecin lui a dit : « Maintenant tu dois apprendre à travailler, tu dois apprendre une autre loi. J’ai un potager, je vous donnerai des outils, vous allez le labourer, le cultiver et ce que vous en tirerez, prenez-le pour vous. » Nous aussi, nous avons tout mangé de la tirelire divine, et maintenant nous devons aller labourer. Le Christ vient nous apprendre à travailler. Et le Christ dit avec justesse : « Celui qui ne travaille pas, ne peut pas s’élever. » Il faut impérativement fournir un effort personnel d’abnégation et de travail. Il faut créer du travail pour l’homme, la femme et les enfants. Ne laissez pas les enfants sans travail. Ne leur donnez pas de livres qui ne sont pas de leur âge ; c’est une nourriture solide qu’ils ne peuvent pas digérer. Chaque auteur met en avant certaines idées dans son livre, mais ces idées ne sont pas pour un aussi petit garçon ou une petite fille. Le plus grand malheur qui nous frappe aujourd’hui est le manque de respect. Il n’y a pas de plus grand malheur pour un père que son fils lui manque de respect, pour la mère que sa fille lui manque de respect, pour un enseignant que ses élèves lui manquent de respect et pour un seigneur que ses serviteurs lui manquent de respect. Moïse dit : « Respecte ta mère et ton père. » Comment restaurer l’obéissance ? L’obéissance est le résultat de la sagesse et la docilité est le résultat de la vertu. Lorsque nous voulons que quelqu’un nous respecte, nous devons lui insuffler de l’amour. Sans amour, il n’y a pas de respect ; sans sagesse, il n’y a pas d’obéissance ; sans vertu, il n’y a pas de docilité. Quelle que soit votre façon d’avancer dans le monde, si vous n’acceptez pas le Christ dans ce sens, vous n’obtiendrez rien. Dans cet enseignement la vertu et la raison sont des choses vivantes. La vertu est une communauté d’esprits vivants. Ce ne sont pas des ombres, mais une réalité. Si vous pouviez voir une créature de la vertu, votre cœur battrait la chamade et votre mélancolie disparaîtrait immédiatement. Comme ces créatures de la vertu sont belles ! Si vous pouviez contempler les yeux de l’homme qui exprime la vertu, son nez, sa bouche, ses cheveux ! Oui, les cheveux témoignent de notre vertu. Touchez le poil raide d’une truie pour voir combien elle est vertueuse, touchez les pics d’un hérisson pour voir combien il est bon. Touchez l’intelligence d’un homme et vous verrez combien il est respectueux, touchez son cœur et vous verrez combien il aime. Ainsi, devant vos yeux apparaîtront beaucoup de créatures de la vertu, comme l’astronome, avec un télescope, découvre des millions de soleils dans l’espace, qu’il est pourtant incapable de déceler à l’œil nu. Lorsque vous regarderez de cette manière, vous comprendrez ce qu’est la sagesse divine. Lorsque vous regarderez à travers son télescope, vous verrez ces milliards de créatures, vous entrerez dans le mouvement divin de la sagesse et vous vous élèverez. Alors, je ne vous entendrai plus chanter : « Que je sois plus près de Toi Seigneur ! » Celui qui a composé ce chant ne comprenait pas cela. Ce n’est pas nous qui devons être plus près du Seigneur, mais c’est Lui qui doit être auprès de nous. Ce Seigneur doit descendre d’en haut, Il doit être près de nous. Par exemple, quelqu’un est empêtré dans la boue et un autre vient le secourir : ce n’est pas celui qui est tombé qui va vers son bienfaiteur, mais celui qui le délivre qui va à lui. Que tu sois plus près de moi Seigneur, avec ta force, ta sagesse et ton savoir ! De cette façon, tout peuple sera puissant, et le peuple bulgare aussi. Si les Bulgares écoutent le Seigneur, ils seront un peuple extraordinaire. J’utilise l’expression bulgare « extraordinaire », qui veut dire quelqu’un de bon et d’intelligent. Chacun doit porter cette idée en lui : unité et égalité partout. Certains pensent que je suis venu pour désunir. Non, je suis venu pour unir, pour rassembler, c’est pour cela que le Seigneur m’a envoyé ici sur terre. Je reçu cela gratuitement, je vous le donnerai gratuitement. Je ne veux rien d’autre que vous voir aimer le Seigneur. Et ne vous occupez pas de moi. J’aimerais que les Bulgares acceptent cet enseignement, puis qu’ils effacent mon nom, qu’ils m’oublient. On me connait ici comme Monsieur Deunov, mais on ne connaît pas mon vrai nom. Un jour, comment me recherchera-t-on ?... Seul le Seigneur est immortel. Mettez votre espérance dans le Seigneur, ne mettez pas votre espérance dans les humains. L’homme doit avoir une seule femme, c’est cela l’enseignement, la polygamie n’est pas autorisée. Vous devez avoir un mari, un Seigneur. Et par ses yeux vous regarderez le monde extérieur pour comprendre que vos frères et sœurs souffrent aussi. Je vous connais tous, je vois que vous souffrez, que vous avez des contrariétés, que vous tombez, que vous vous relevez. Tu es tombé, je dis : « Lève-toi, corrige-toi ! – Ma jambe est cassée. – Ce n’est rien, cela s’arrangera. – Mon estomac est malade. – Ce n’est rien, bois un peu d’eau, prends un peu de nourriture et cela s’arrangera. Ne crains rien, tout s’arrangera. » Si vous acceptez l’enseignement du Christ, vous serez tous courageux et forts. Je veux que vous les Bulgares soyez vertueux. C’est de vous que je parle, car il y a d’autres Bulgares, de l’autre côté qui veulent savoir comment vous vivez ici, comment vous vous comportez. Ils sont dans le monde divin. Chacun sera un jour dans le monde divin d’où il enverra ses ambassadeurs. Un jour vous laisserez d’autres sur terre et vous irez là-haut. Je veux que le Christ s’élève en vous ! Mais non pas comme le serpent, telle une jeune fille qui perd sa vie, son cœur, son discernement et détraque son cerveau. Libérez cette jeune fille, élevez-la, envoyez-la à l’école, rendez-lui le cœur et le discernement, purifiez-la entièrement : voici ce que signifie l’élever. Ce Christ que nous avons piétiné, il faut le nettoyer et l’élever. Ce Christ nous élèvera et nous dira : « Venez, Bulgares de ce monde et de l’autre monde, vous m’avez élevé, vous m’avez purifié, venez, je vous élèverai ! » Élever le serpent, c’est nous ; alors qu’élever le Christ, c’est lui qui est en nous et alors nous serons un avec le Christ. Sofia, 3 décembre 1916 [1] « Et comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut que le Fils de l'homme soit élevé, afin que quiconque croit ait, en lui, la vie éternelle." (Jean 3, 14-15) [2] « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps. " (Matthieu 28, 19-20) [3] « Jésus lui répondit : " Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi !" (Jean 21, 22) [4] « Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant je quitte le monde et je vais au Père." (Jean 16, 28)
  23. Zachée Jésus lui dit : Le salut est entré aujourd'hui dans cette maison, parce que celui-ci est aussi un fils d'Abraham.[1] Luc 19 :9 Ce verset est, par son contenu, parmi les plus ordinaires. Il ne faut pas mépriser les fleurs car elles ont aussi leurs arômes. Les mots importants sont : « Le salut est entré aujourd’hui dans cette maison. » Lorsque quelqu’un est malade longtemps, sa vie traverse une crise grave : rester ou partir. Le médecin prend son pouls pour mesurer les battements de son cœur et dit que la crise est en train de s’atténuer, que les médicaments ont agi, c’est-à-dire qu’une crise salutaire se déclenche. Si c’est vrai sur le plan du corps physique, ça l’est aussi dans la vie de l’homme. C’est ce que Tolstoï a vécu avant de passer de son ancienne vie à la nouvelle. Il a tenté plusieurs fois de se suicider car il ne trouvait pas de sens à la vie, jusqu’à ce qu’un jour un motif insignifiant le sauve : une fois, alors qu’il était en forêt, il s’est dit : « Le brigand sur la croix a lui aussi traversé une crise, mais lorsqu’il a dit : « Seigneur, délivre-moi »[2], il a été sauvé. Il était un brigand mourant alors que moi je suis un brigand en vie ! » Le Christ a dit à Zachée : « Aujourd’hui, tu es devenu la raison de ton propre salut. » Quelle était la raison de son salut ? Bien que riche, il était de petite taille, c’est-à-dire qu’il n’était pas physiquement imposant. Mais il y a eu en lui un désir de voir Jésus et il a choisi un mûrier sur la route pour y monter. Celui qui veut atteindre un idéal, doit prendre de la hauteur, ne pas rester au milieu de la foule. Lorsque le Christ est venu et a regardé en haut, il a vu qu’une idée animait l’âme de cet homme et lui a dit : « Descends, aujourd’hui je serai dans ta maison. » Il y avait en cet homme non seulement le désir de se hisser très haut, mais aussi un esprit de justice, et il a dit : « Je donne la moitié de ma richesse aux pauvres et si j’ai offensé quelqu’un en le calomniant, je lui rends quatre fois plus. » Alors le Christ a dit : « Le salut est entré aujourd’hui dans cette maison. » Vous aussi, vous devez grimper à un grand arbre dans votre âme, vous hisser sur les cimes les plus hautes. Tant que vous fréquentez les gens en partageant leurs points de vue et en agissant comme eux, vous ne trouverez pas le Royaume de Dieu. Lorsque je dis que vous ne pouvez pas le trouver, c’est qu’il y a des raisons à cela. Le Royaume de Dieu représente une vie supérieure obéissant à d’autres lois. Ce n’est pas un endroit pour les mortels, mais pour des hommes immortels, décidés à servir le Seigneur. Par conséquent, celui qui veut aller de la vie passagère à la vie immortelle, doit monter dans le mûrier et donner la moitié de sa fortune aux pauvres et payer quatre fois plus à ceux qu’il a offensés. Ce n’est qu’alors que l’homme passera de la mort à la vie. Tant qu’il ne s’individualise pas, l’homme est comme une mite. Qu’est-ce que l’individualisation ? C’est l’esprit de sacrifice. Celui qui veut s’élever à une vie supérieure doit s’en donner les moyens. Les moyens que les hommes utilisent sur terre ne sont pas appropriés pour le Ciel, car ce qui est utile pour la terre ne l’est pas pour le Ciel. Ce qui est bénéfique pour le ver n’est pas bénéfique pour l’arbre, car lorsque le ver pénètre dans l’arbre, celui-ci se dessèche. Ce qui est bénéfique pour notre vie privée, n’est pas bénéfique pour la vie en société. L’homme ne doit être ni un ver de terre, ni une mite, ni un parasite. Notez bien que Zachée était de petite taille. Lorsque l’homme veut entrer dans le Royaume de Dieu, plus il est petit, mieux c’est. Lorsque le Christ dit qu’il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu, c’est très juste. Pour entrer dans le Royaume de Dieu, on doit se libérer de ses anciens points de vue et aspirations. Lorsqu’une jeune fille part à la noce, elle n’y va pas avec ses vieux habits et ses chaussures usées, mais enlève tout et s’habille avec une tenue neuve. C’est curieux que les hommes d’aujourd’hui veuillent se présenter à Dieu avec leurs vieux oripeaux. Et lorsque je prône la loi du sacrifice, vous vous étonnez et vous dites : « Comment est-ce possible ! » C’est possible pour les jeunes, filles et garçons, mais non pas pour les vieux qui ne se marient plus. Ceux qui sont âgés parmi vous ne doivent pas se vexer. On doit être jeune dans ses aspirations et ne jamais dire que dans la vie quelque chose est inatteignable. L’avenir appartient aux jeunes car ils ont des idéaux. Zachée était un jeune homme de ce type. Bien que fortuné, il s’est hissé sur le mûrier. À sa place, vous vous seriez probablement interrogés sur ce que les gens diraient, et vous vous seriez dit que vous occupez telle ou telle place et que vous alliez perdre la face. Zachée se désintéressait de ce que les gens pensaient. Et lorsque le Christ est passé, il l’a vu sur le mûrier et lui a dit : « Descends, tu es l’homme qui servira d’exemple dans le futur. Descends, les hommes des siècles à venir apprendront de tes actes, même si tu n’es qu’un publicain. » Pour rétablir la justice, Zachée dit : « Je donne la moitié de ma fortune aux pauvres et pour les offenses que j’ai faites, je paye le quadruple. » Je vous demande à vous qui m’écoutez, combien parmi vous sont prêts à donner la moitié de leur fortune aux pauvres et à payer quatre fois plus pour les offenses faites ? Nombreux sont ceux qui espèrent accéder au Royaume de Dieu au rabais. Celui qui dit que l’entrée dans le Royaume de Dieu est bon marché ne dit pas la vérité. L’homme doit être jeune et doit avoir en lui un esprit d’abnégation, de sacrifice, être honnête, tenir sa parole, ne pas revenir sur ce qu’il a déjà dit. Si aujourd’hui les gens tenaient la parole donnée, quatre-vingt-dix pour cent des maux actuels disparaîtraient. Il faut agir avec probité, parler avec probité, commercer avec probité et sans duplicité ! Mais que faisons-nous ? Si nous faisons une erreur, nous cherchons à nous justifier. Non ! Avoue et dis : « J’ai fait ceci ainsi. » Ce qui est juste est juste, ce qui est erroné est erroné. Tout cela a un sens plus profond. Le petit Zachée n’était pas élancé, mais il était noble de cœur et de raison. Et le Christ dit : « Le salut est entré aujourd’hui dans cette maison. » Dans l’antiquité, un roi grec qui avait une aversion pour les crimes a ordonné d’aveugler quiconque s’adonne à la débauche. Malheureusement, un jour son propre fils a été arrêté et traduit devant lui. Le roi a dit : « Crevez-moi un œil, et l’autre à mon fils. » … Voilà un homme qui tient sa parole. Quiconque commet un crime doit payer pour lui. C’est ce qu’a fait Zachée : il a donné la moitié de sa fortune, ce qui représente un œil. Pour les gens d’aujourd’hui leurs biens sont toute leur vie, et les leur prendre est comme leur prendre la vie. Aujourd’hui, c’est l’argent qui fait l’homme : celui qui est riche, est aussi considéré comme beau et vertueux. Souvent les jeunes filles disent d’un jeune homme : « Qu’il soit bête s’il le faut, mais au moins qu’il soit fortuné » ; de même le jeune homme dit au sujet de la jeune fille : « Qu’elle soit bête s’il le faut, mais au moins qu’elle soit fortunée. » Et ensuite ils se demandent pourquoi leur vie ne va pas, pourquoi ils affrontent autant de malheurs. C’est parce que tous deux sont fortunés mais bêtes. Lorsque vous vous sentez mécontents du monde, cela signifie que vous êtes bêtes. Vous demandez à Dieu argent et fortune, mais vous ne demandez pas l’essentiel. Le prêtre veut être écouté par beaucoup de monde, et personne ne veut être entendu que par un seul. On doit être prêt comme Zachée à distribuer la moitié de sa fortune et réparer quatre fois pour les offenses proférées. Vous demandez comment trouver le Christ. Appliquez cette loi : montez sur le mûrier. Plusieurs fois j’ai observé comment un grand troupeau défile à côté du berger qui voit passer toutes les brebis, mais il s’arrête à une seule qu’il caresse et à qui il parle. Cela montre que c’est sa brebis favorite. Il lui donne un surnom affectueux, et l’appelle par exemple Maro, et elle lui répond. Ce qui montre que cette brebis s’est distinguée à ses yeux. A l’instar de Zachée, elle est montée sur le mûrier, et le berger l’a reconnue. Nous devons nous individualiser de la même manière. Nous devons nous affranchir de nos vieilles habitudes et coutumes. C’est le but de la culture contemporaine. Chaque science a pour objectif de restructurer la raison humaine. La science travaille avec la raison et la religion avec le cœur ; ce sont deux méthodes d’élévation de l’âme humaine, de préparation du chemin vers la vie supérieure, car l’orgueil vient de la raison et le mal, du cœur. Parfois vous pensez être capables de transformer le monde ou bien vous êtes peiné que les gens ne vous considèrent pas bien. L’orgueil nait lorsque l’homme commence à s’individualiser. Je vous recommande maintenant de jeûner cinq à six jours pour éprouver votre force. D’habitude, au bout de deux ou trois jours vous ne tiendrez plus. Le Christ a mis sa vie à l’épreuve : il a jeûné quarante jours pour connaître son âme. Si vous ne savez pas jeûner, vous n’avez donc pas de force et vous ne pourrez pas trouver le Christ. Les gens d’aujourd’hui ont amassé des fortunes car ils pensent qu’ils doivent boire et manger : ils sont devenus des esclaves culinaires. La femme est soumise à la cuisine. Le prêtre aussi ordonne du matin au soir ce qu’il faut préparer à manger et comment ; et combien de domestiques sont punis et battus uniquement pour ne pas avoir bien préparé le repas et à temps. Le prêtre arrive et demande avant tout si le repas est prêt. C’est l’idéal auquel les gens aspirent. Ne me comprenez pas de travers, je ne parle pas contre la nourriture, mais il est néfaste de l’élever au rang de culte dans la vie. Maintenant on distribue par exemple un quart de kilo de pain par personne – avant cela ne suffisait pas, mais désormais on s’en contente très bien. L’autre jour, j’ai rencontré un monsieur qui avait pu obtenir au fournil en tout et pour tout trois quarts de kilo de pain. Il se demandait comment il allait contenter toute sa famille avec cette quantité qui suffirait à peine pour lui seul, et il se disait : « Quelle époque nous vivons ! » Je dis : « Il faut te hisser sur le mûrier. » Et aujourd’hui, le Christ passe dans le monde et tous s’agglutinent autour de Lui. Il veut voir combien de personnes seront en haut dans le mûrier. Cette image doit être comprise intérieurement. Tant que vos âmes n’empruntent pas ce grand chemin de l’abnégation, vous ne pouvez pas entrer dans le Royaume de Dieu. C’est un endroit pour des gens forts. Il est dit : « Celui qui gagne. » Gagner signifie donner. Dans le monde, le mal vient du fait que nous voulons uniquement les choses pour nous-mêmes. Dieu nous a envoyé ici non pour conquérir le monde, non pour dominer les forces de la nature, car tout Lui appartient. Conquérir signifie gouverner avec raison. Le jour viendra où vos possessions vous seront reprises. Où seront vos corps dans vingt ou trente ans ? On viendra, on vous chassera et on vous dira : « Allez-vous-en ! » Pourquoi ? Si vous étiez montés sur le mûrier, le Christ vous aurait dit : « Le salut est entré aujourd’hui dans cette maison. » Zachée ne sera chassé par personne. Celui qui chasse les hommes du monde, ce n’est pas le Seigneur. Dieu a envoyé l’homme sur terre en lui donnant des serviteurs pour l’aider, mais l’homme les a pervertis et aujourd’hui ils le chassent. Les microbes sont ceux qui le corrompent et le répudient. Les humains ont raison de dire que tout comme l’homme dévore les autres, lui-même est dévoré par eux. Nous avons engendré en nous nombre de pensées et de désirs parasites qui sont capables de nous tuer. Souvent une seule pensée est capable de tuer l’homme ; une mauvaise pensée est capable de changer notre pouls et notre humeur. Savez-vous combien pèse un mot ? Il peut embraser le monde entier. C’est pourquoi, lorsque nous gouvernons, nous devons nous préserver du mal, de la fausse monnaie qui corrompt le monde. Ce sont des parasites que nous nourrissons en nous. Si nous nourrissons un petit serpent dans nos entrailles, une fois devenu grand, il dévorera notre ventre pour sortir (on dit que certains petits serpents dévorent les entrailles de leurs mères). Si de tels mauvais désirs et pensées vivent dans votre âme, ils vous dévoreront et vous mourrez. Alors tout l’art de la science restera inutile, toute la philosophie ne vous sera d’aucune aide. Le salut vient uniquement lorsque le Christ rentre dans la maison. Car Zachée avait cet esprit d’abnégation. Ainsi, il n’est pas de salut dans ce monde sans le Christ. Comme le malade ne peut guérir si la lumière ne rentre pas dans sa maison, de même si le Christ ne rentre pas dans votre intelligence, il n’y a pas de salut. Le salut est une prérogative de Dieu uniquement. Pour se sauver, il faut comprendre, il faut se maîtriser. Tu peux dire que tu as un élan et que tu sais, alors agis pour savoir jusqu’où tu sais. Un officier français voulait s’opposer à une loi, mais il est d’abord allé chez un ami en lui disant : « Bats-moi autant que tu le souhaites ! » Mais deux coups de bâton plus tard, il a dit : « Assez, je vois combien je peux tenir au nom de mes convictions ! » … Si vous ne pouvez pas vaincre une mauvaise pensée ou un mauvais désir, comment imaginer vaincre le monde ? Si vous ne pouvez pas maîtriser votre langage, vous ne maîtriserez pas le monde. Quelqu’un dit : « Ma fille est devenue méchante. » Elle n’est pas devenue méchante maintenant, elle l’était avant même sa naissance et tu aurais dû savoir comment elle serait. Ce que nous voyons maintenant est en nous et n’est pas extérieur à nous. Quelqu’un demandera pourquoi le Seigneur permet ces grandes souffrances. C’est un grand maître qui nous fait passer un examen. Il utilise le bâton en disant : « Jetez ce fils par terre et portez-lui vingt-cinq coups de bâton ! » Si ce fils se relève et embrasse son père, c’est qu’il connaît les lois. Le Seigneur dit : « Tous vos désirs, vos pensées et vos actes, tous vos vieux oripeaux, je ne les veux pas, ici ce n’est pas un marché aux puces. » Cette affaire ne s’arrange pas avec des prières ou des lectures. Les gens sont très bizarres ! Quelqu’un est venu me voir et m’a dit : « Je t’en prie, influence les choses pour que je gagne cinquante mille leva au loto et j’en donnerai vingt-cinq mille à l’église pour des œuvres de charité. » Non, le Royaume de Dieu n’est pas une loterie. Il faut clairement et sans ambiguïté déterminer pourquoi le Christ sépare les chèvres des moutons. En ce moment, le Christ trie les personnes comme en chimie où un composé se désagrège et où les éléments se séparent les uns des autres. Vous devez prendre ou bien la position de Zachée qui est l’homme du futur ou bien la position de la foule qui n’est pas ancrée dans l’avenir. Zachée est un être collectif ; il représente ceux qui peuvent renoncer à eux-mêmes et se donner la main les uns aux autres. C’est cela Zachée. J’ai visité les églises (même si on m’accuse de ne pas aller à l’Église), je connais tous les gens et tous les prêtres comme je me connais moi-même. Je comparerai les gens religieux modernes, à l’histoire de ce roi qui, avant d’entreprendre un long voyage, a convoqué ses dix ministres et a réparti son royaume entre eux pour qu’ils gouvernent chacun leur partie en attendant son retour. De retour, le roi s’est déguisé en pauvre mendiant, puis s’est rendu chez le premier de ses ministres en lui disant : « Je suis pauvre, n’avez-vous pas quelque chose à me donner ? – Femme, donne lui mes pantalons troués que je m’en débarrasse, a dit le ministre. – Merci, a répondu le mendiant. – Tu peux me remercier, oui, a rétorqué le ministre, pour toi, ils sont très bien. » Ensuite le roi s’est rendu chez le deuxième ministre : « Mon fils, n’as-tu pas un vêtement à me donner ? – Femme, donne-lui mon costume déchiré ! » Il se rend chez le troisième ministre et il y reçoit une chemise déchirée. Chez le quatrième, il obtient un chapeau troué, chez le cinquième, des souliers abîmés, etc. Tous lui donnent quelque chose. Puis, arrivé officiellement au palais, le roi a convié tous ses ministres à un banquet. « Quels sont les cadeaux que le roi nous apporte ? » ont-ils pensé. Ils se sont tous habillés avec leurs tenues de parade, et l’ont attendu, tous groupés autour de la table. Et le roi commença à leur distribuer : les pantalons troués au premier, le manteau déchiré au deuxième, le chapeau au troisième, la chemise au quatrième, etc. Vous direz maintenant : « Dieu merci, nous ne sommes pas de ceux-là. » Je ne sais pas, il y a un poème qui dit : « Leurs pensées les suivent… » Il y a des milliers d’années de cela, un berger gardait beaucoup de brebis, mais dans cette région vivait un loup qui venait souvent visiter le troupeau. Le berger le chassait et le battait, mais le loup réussissait de temps à autre à voler une brebis. À un moment, une maladie s’est déclarée sur les animaux et a décimé toutes les brebis. En entendant cela, le loup s’est mis à se lamenter et est allé voir le berger, lui disant : « Quel grand malheur nous a frappés tous les deux : tu as perdu les brebis, et la laine, le lait et la viande et moi j’ai perdu la possibilité de prendre une brebis de temps en temps. » Le berger a dit : « Pourquoi pleures-tu, ce n’est rien, avant ce malheur nous avons vécu comme des ennemis, alors que maintenant nous vivrons en amis. » Mais le loup a répondu : « J’aurais préféré être toujours pourchassé par toi, mais que tes brebis soient encore en vie. » Voici une idée peu noble, une idée intéressée : que les autres aient quelque chose pour que nous possédions aussi. C’est comme ça que les chiens d’aujourd’hui sont apparus : ce loup a été le premier à devenir un gardien de troupeau. Cet ancien loup tient toujours sa promesse et accompagne encore le berger. Et le berger lui dit : « Ne crains rien, je vais toujours te donner du mouton lorsque je l’égorgerai, pourvu que tu ne voles pas ! » Et le Christ est rentré dans la maison de Zachée pour l’élever. Si le Christ entre dans votre âme, Il vous élèvera. Si le Christ entre et dit : « Le salut entrera aujourd’hui dans cette maison », vous serez reconnus par tous les anges, par tous les hommes. Pour les gens du passé, Zachée n’a rien fait d’extraordinaire, mais pour nous, c’est un idéal ; il a accompli un acte noble. Je voudrais que cet élan naisse en vous et que le Christ vous trouve en haut du mûrier. Certains demandent ce qu’ils feront une fois morts. Faites en sorte que le Christ vous trouve sur le mûrier et vous dise : « Viens, Zachée, le salut est entré aujourd’hui dans ta maison. » Et lorsque le Christ vient, il ne faut pas vous cacher mais dire : « Je donnerai la moitié de ma fortune aux pauvres et j’aspirerai à corriger toutes mes erreurs. » Combien d’années faut-il attendre pour que les gens s’anoblissent ? Si vous avez le courage de Zachée, vous pourrez y arriver en un jour c’est-à-dire en une seule vie. Si vous n’avez pas ce courage, il faudra beaucoup de jours, beaucoup de vies, mais vous devrez de toute façon finir par monter sur le mûrier, c’est-à-dire sur l’Arbre divin. Le serpent s’est hissé sur un arbre et a trompé Ève, tandis que Zachée s’est hissé sur l’Arbre de la vie et le Christ l’a appelé. Vous aussi, vous devez maintenant monter sur l’Arbre de la vie. Quel est cet arbre ? C’est la vie consciente que Tolstoï décrit ainsi : vivre pour Dieu et rompre tous les liens avec ce qui est ancien. L’ancien est une nourriture inutile et toxique pour nous. Avec quoi êtes-vous remplis maintenant ? Si je vous dissèque, je trouverai dans vos caves et dans vos greniers la jalousie, la haine, la colère, le pessimisme, le manque de foi, l’imprudence. Vous direz que c’est désobligeant. J’aimerais que vous regardiez dans mes greniers pour voir ce qu’ils referment. Chacun doit ouvrir son âme pour que le monde voie ce qu’il y a dedans, comme la nature ouvre son âme au printemps. Chacun doit ouvrir son âme, sa source, et montrer ce qu’il a. Maintenant, on dit pour une jeune fille : « Ne respire pas son parfum car ton nez se désagrégera » ; ou on dit pour un jeune homme : « Si tu respires son odeur, ton nez se désagrégera. » J’ai rencontré hier dans le parc un jeune homme et une jeune fille qui conversaient, mais là aussi, ils semblaient malheureux ; lui se tenait à la gauche de la fille et lui disait : « Tu as changé, tu n’es plus comme avant. » Si déjà là, ils ont changé, que se passera-t-il ensuite lorsqu’ils se marieront ? L’enseignement du Christ n’est pas une science de ce type. Dans cette science, l’homme et la femme doivent très bien se connaître. C’est seulement si vous connaissez votre mari que vous découvrirez son amour. Si vous ne vous connaissez pas, ne vous mariez pas. Si tu ne connais pas ton mari, ne te marie pas ; si tu ne connais pas ta femme, ne te marie pas ; si tu ne connais pas ton enfant, ne te marie pas. Si tu veux te marier, grimpe sur le mûrier. Et lorsque tu te maries, tâche de trouver le jeune homme ou la jeune fille sur le mûrier et qu’il te dise : « Je te donne la moitié de ma fortune et je te rends tout au quadruple si je t’ai offensé. » Les jeunes gens d’aujourd’hui se marient pour se mettre à l’abri. Le Seigneur ne vous a pas envoyés dans ce monde pour vous mettre à l’abri, mais pour vous instruire. Si quelqu’un veut être juge, confiez-lui cette fonction s’il s’est hissé sur le mûrier ; si quelqu’un veut être prêtre, donnez-lui cette vocation s’il s’est hissé sur le mûrier et s’il donne la moitié de ses richesses aux pauvres ; si quelqu’un veut devenir évêque, il doit avoir été en haut du mûrier. Alors le Christ dira : « Descends, aujourd’hui je serai dans ta maison. » Dans ce cas quatre-vingt-dix pour cent de votre choix sera juste. Pensez à l’arbre dont je vous parle ; il est magnifique, c’est l’arbre du Salut et chacun de ceux qui grimperont sur lui, seront délivrés. On doit mesurer les lois divines d’en haut, mesurer quelles conséquences auront nos actes non seulement maintenant, mais dans des milliers d’années, quelles conséquences auront mes paroles dans l’avenir. C’est pourquoi je continuerai à vous parler. Je veux que personne parmi vous me reproche de ne pas vous avoir expliqué ce que vous devez faire. Lorsque je vous rencontrerai un jour quelque part, je vous dirai : « Je vous ai dit ce que vous deviez faire. » En tant que pécheur ou homme vertueux, je vous rencontrerai de nouveau. Mais je ne veux pas que vous vous comportiez alors comme dans l’histoire de cet américain que je vous raconterai. En 1895, en Amérique, est apparu un homme fameux d’origine alsacienne, nommé Schlatter[3]. Pénétré par l’esprit divin, il passait secrètement pour un envoyé du Christ et guérissait beaucoup de gens avec succès. Il est parti un jour pour San Francisco et a croisé sur le chemin un mendiant malade. Schlatter n’avait que dix dollars en poche mais il les a partagés avec le mendiant. Ils ont traversé un fleuve, sont descendus dans un hôtel en ville, mais le mendiant a volé l’argent et les pantalons de l’américain et s’est enfui. Ce dernier s’est réveillé et a vu que ses vêtements n’étaient plus là. Mais un mois plus tard Schlatter a de nouveau croisé le mendiant qui était toujours très malade… Combien de fois avez- vous dérobé l’argent et la chemise du Christ, et il vous a ensuite de nouveau trouvés pauvres, malades et souffrants. Vous devez renoncer à voler et à être cupides ; c’est la source des malheurs. Lorsque le Christ vient partager son argent avec vous, ne lui dérobez pas sa chemise. Voler un pauvre homme, c’est lui prendre sa chemise ; vendre la maison de la pauvre veuve, c’est lui prendre sa chemise. J’en vois beaucoup qui vendent la chemise du Christ ; c’est l’ancienne culture. La nouvelle culture demande autre chose : non seulement nous ne devons pas prendre la chemise du Christ, mais il faut lui en donner dix qui soient neuves. Le Christ peut se manifester chez vous comme votre enfant, votre frère, votre sœur, votre ami ou votre ennemi tandis que vous attendez qu’il descende du Ciel. Lorsqu’il vous trouvera en train de mendier, il vous dira : « Eh bien mon ami, tu es encore souffrant ? » S’il vous trouve comme ministre du roi, il vous dira : « Voici vos présents. » Je dis : le Christ vient. Certains soutiennent que ce n’est pas encore le moment. Je ne sais pas si c’est le bon moment, mais lorsque les fleurs fleurissent et embaument, c’est le moment. Que le Christ soit venu dans ce monde n’est pas en doute, mais le verrez-vous est une autre question. En disant le monde, je comprends votre monde. Lorsque le Christ viendra avec les anges qui sont porteurs de bonnes pensées et idées, alors nous aurons une nouvelle culture, les bienfaits que nous attendons. Beaucoup attendent que le Christ vienne de dehors mais il ne viendra pas de cette façon. Vous pouvez m’appeler hérétique, c’est votre affaire. Lorsque le Christ est venu en tant que fils de charpentier, on ne l’a pas reconnu alors qu’aujourd’hui on l’encense. Deux mille ans plus tard on le trouve grand et dans quatre mille ans il sera encore plus grand. Et lorsque vous rencontrerez ce Christ vous devez être sur le mûrier. Que Zachée vive en vous, que chacun soit Zachée : petit en taille mais grand par la raison et le cœur. Comme il est agréable de rencontrer un homme avec un discernement limpide et un cœur noble, quelle influence puissante il exerce ! Quelle bénédiction est la présence de l’harmonie dans ce monde et la présence du Salut dans cette maison ! Le Christ est ici. L’arbre dont je vous parle est si grand que vous pouvez tous monter dessus. Vous pouvez tous refleurir comme les fleurs de cet arbre et alors les abeilles divines vous visiteront et vous allez nouer, devenir des fruits et le Christ dira : « Es-tu là Zachée ? – Je suis là, Seigneur. – Viens, le salut va entrer aujourd’hui dans cette maison. » Que trouvez-vous pour le moment dans ce fruit ? Vous trouvez des graines et vous faites ce que vous voulez avec elles : vous les donnez le plus souvent aux poules, vous les jetez, vous ne les appréciez pas. Mais lorsque viendra le Christ, il mettra cette richesse dans une boîte et vous comprendrez son sens intérieur profond. A présent, je tente de vous parler à demi-mot, car si je rends ma pensée plus claire, vous serez aveuglés, comme Paul a été aveuglé et n’a pas pu voir le Christ et il a fallu longtemps avant que le voile ne tombe de ses yeux. Vous dites : « M. Deunov parle, mais ce n’est pas exactement comme ça. » Vous avez raison, vous avez un voile sur les yeux. Certains disent : « Lorsque nous sortirons d’ici, nous serons les mêmes qu’avant. » Expérimentez, je veux que vous n’acceptiez rien sans le vérifier, sans appliquer mes paroles dans les actes. Ce que je prône est un enseignement des commandements divins, un enseignement des anges, des saints, des êtres nobles, expérimentez-le ! Vous ne pouvez pas donner votre richesse à quelqu’un tant qu’en vous ne naît pas cet amour, cette pensée. La jeune fille ne donne pas son cœur tant que l’amour ne naît pas en elle. Les anciens disent : « Mariez-vous, l’amour viendra ensuite » ; c’est un enseignement mensonger. Tant que vous n’aimez pas, ne vous mariez pas ; tant que vous n’aimez pas une pensée, un désir, un acte, ne le faites pas. Que chaque élan dans votre vie soit un élan d’amour et alors vous serez dans le chemin divin, et ce que vous ferez sera béni. N’acceptez pas mon enseignement inconditionnellement, vérifiez-le d’abord et acceptez-le ensuite. Acceptez ce qui est divin et ce qui n’est pas divin, ne l’acceptez pas. Mes paroles sont emballées ; jetez l’emballage et pénétrez leur contenu. Aujourd’hui, vous n’êtes pas seuls à écouter, vos proches du Ciel, les anges, sont avec vous. Ils vous surveillent tous pour savoir comment vous allez vous acquitter de cette tâche ; ils se disent : « Attends que je voie si cet ami grimpera dans le mûrier. » Car si vous ne grimpez pas dans le mûrier, vous ne pourrez pas trouver le Christ. Il passera et s’en ira chez d’autres personnes qui l’accueilleront, et il leur donnera le nom de Fils de Dieu. Ce mûrier est dans votre âme. Tous vos ancêtres vous surveilleront pour voir si vous vous distinguez. Vous direz que cela ne concerne que les hommes. Dans cet enseignement il n’y a pas d’hommes et de femmes, il y a seulement des âmes. On dit de quelqu’un : « Il est prédicateur, prêtre, officier, etc… » ; il ne faut pas se laisser leurrer par le titre ; aujourd’hui tu peux être mère et demain autre chose. Chacun doit être Zachée pour dire : « Seigneur, je donne la moitié de ma fortune aux pauvres. » C’est seulement si vous agissez comme ça que la paix s’instaurera. Je connais les gens : pour le nouvel enseignement ils ont de nouveaux noms, mais chaque nom doit avoir un contenu. Nous devons être riches en pensées et en sentiments. Lorsque vous sortirez d’ici, vous devrez tous réfléchir et commencer à considérer ce monde comme une école. Et vous devez considérer que c’est une école uniquement pour vous, pas pour les autres, car si vous devenez Zachée, un meilleur ouvrier se manifestera dans le monde, et la situation s’améliorera. Chez les juifs, il s’est trouvé un seul Zachée. Lorsque le Seigneur a visité Abraham, avant d’anéantir Sodome et Gomorrhe, celui-ci lui a demandé : « Si tu en trouves dix comme Zachée, est-ce que tu brûleras ces villes ? » Le Seigneur cependant n’en a pas trouvé autant, et c’est pourquoi ces villes ont souffert. Zachée était seul. Il aurait mieux valu avoir plus d’un Zachée en Bulgarie. Si vous allez en France, en Allemagne et ailleurs, combien de Zachée trouverez-vous ? Aujourd’hui le Christ ne cherche que des Zachée dans le monde. Aujourd’hui se joue un drame terrible, un drame de larmes et de souffrances. Car si chez les juifs il y avait eu dix Zachée, ces souffrances ne se seraient pas abattues sur eux. Les juifs, ce sont tous les peuples d’aujourd’hui. Les gens qui ne savent que se battre et s’entretuer, ce sont vos frères qui se disent civilisés, ce sont tous des peuples chrétiens. Le Christ n’approuve pas leur attitude et trouve qu’ils sont tous fautifs. Il viendra faire régner l’ordre et la loi divine sur terre. Et alors vous verrez s’il peut ou non apporter cette paix. Le Christ se garde deux choses avec lesquelles faire régner la paix dans le monde si les hommes ne résolvent pas tout seuls cette question. Si la paix n’est pas rétablie, viendra une famine telle que l’Europe n’en a jamais connue et il y aura un tremblement de terre qui secouera le monde entier. Alors le Christ viendra, effacera les larmes des filles, des mères, des pères, des sœurs et dira : « Qu’avez-vous fait, vieux juifs ? » Alors les canons se tairont, ce tonnerre s’arrêtera et les gens vivront comme le Christ l’entend. Mais je dis : chacun de nous doit être un Zachée. Et lorsque je dis ces mots, c’est la décision du Ciel. La terre et le Ciel passeront, mais ce que le Seigneur a dit ne passera pas. Le bien triomphera dans le monde, Zachée de la race blanche montera sur le mûrier et le Christ dira : « Le salut viendra dans cette maison. » J’aimerais que tous les prêtres parlent ce langage et alors les peuples verront si le Seigneur travaille ou non. Le Seigneur s’est réveillé, il laisse encore une année à l’Entente et à l’Axe pour résoudre cette question. Elle sera résolue définitivement avant 1921. C’est le nouvel Esprit. Tous les anges viennent agir et le monde ressentira ce que personne n’a jamais senti. La question est, dans quel état nous trouveront-ils ? Un jour nous quitterons cette terre et avec quoi accueillerons-nous le Christ ? Je vous laisse avec l’idée d’être de vrais frères et sœurs, de vous aimer et de savoir que vous avez un Père, un Frère qui vous aime. Vous avez un Zachée et vous devez le suivre. Hommes, femmes, enfants, frères, sœurs, vous devez tous le suivre. C’est le Nouvel Enseignement, enseignement de renaissance qui apporte joie et gaîté à l’âme qui souffre. Oui, j’aimerais que la Bulgarie ait plus d’un Zachée sur cet arbre. Ce que je vous dis, répétez-le, racontez-le à vous-mêmes ! Le Christ vient pour vous ; il est venu, il vient et il viendra, vous entendrez sa voix. Aux uns il dira comme à Zachée : « Viens avec moi », et il laissera les autres. Ceux auprès de qui le Christ viendra sont là-haut et ceux qu’il va laisser sont en bas. Il passera et laissera ceux qui sont en bas comme les eaux de source traversent un lieu et s’en vont. Que le salut entre aujourd’hui dans votre maison ! Sofia, 26 novembre 1916 [1] « Alors Jésus dit à son propos : " Aujourd'hui le salut est venu pour cette maison, car lui aussi est un fils d'Abraham. » (Luc 19, 9) [2] Luc 23, 39-43 « Or, l'un des malfaiteurs, mis en croix l'injuriait, disant : " N'es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même et sauve-nous ! " Mais l'autre le reprenait… Et il dit : " Jésus, souvenez-vous de moi, quand vous reviendrez avec votre royauté." Et il lui dit : " Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis. » [3] François Schlatter – né en 1856 à Ebersheim en Alsace, parti en Amérique en 1884, il a entamé un parcours de 730 jours dans huit états d’Amérique marqué par des milliers de guérisons miraculeuses.
  24. Considérez les lis des champs Considérez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent, ni ne filent Matthieu 6 :28 Le Christ a été grand non seulement dans les œuvres majeures : la création des hommes et des mondes, mais aussi dans les petites choses. Il dit : « Allez et apprenez des lis des champs… » Apprendre quoi ? La patience d’abord, le silence ensuite. Ils ne se préoccupent pas de leurs habits et sont démunis. Ils ont seulement deux corps ; ils n’ont pas de corps astral, ni de corps mental. La nouvelle vie divine exige la paix, même lorsque nous ne possédons rien, et non pas lorsque nous avons tout et ne manquons de rien. Le soir en vous couchant, enlevez vos vêtements ; le soir le soldat laisse son fusil et son sac pour être libre. Allez et considérez les lis des champs : ils sont de couleur blanche. L’homme ne peut pas être en paix s’il n’est pas blanc, pur. L’homme a des résidus du passé qui ne permettent pas à la vie d’être calme et douce. Tous les hommes sont inquiets : les prédicateurs, les fonctionnaires, les hommes d’état, etc. Cette inquiétude est en soi mouvement : c’est l’impulsion initiale du mouvement. Nous devons comprendre la loi du mouvement qui stipule que Dieu travaille en nous. Ne vous inquiétez pas. Le lis des champs est piétiné par l’âne, mais il repousse et ses fleurs sont encore plus belles. Nous devons nous sauver par l’art : le lis des champs a compris cet art. Beaucoup de chrétiens ressemblent à cet ermite qui a vécu vingt ans au sommet d’une montagne et lorsqu’il a cru qu’il était pur et saint, il a décidé de descendre en ville chez son frère qui était cordonnier. L’ermite a pris une boule de neige et est descendu chez son frère pour lui montrer qu’il est pur comme la neige. Mais voilà qu’une jeune fille est venue voir son frère pour qu’il prenne les mesures pour de nouvelles chaussures. Le frère a tranquillement pris les mesures, alors que l’ermite, les jupes de la jeune fille étant à moitié relevées, a aperçu sa jambe et la boule de neige s’est mise à fondre. Son frère lui a fait remarquer : « Mon frère, la boule de neige fond ». Vingt ans de vie sainte a fondu devant la jambe d’une femme ! Le saint s’est dit : « Pourquoi ai-je été aussi bête durant vingt ans, de ne pas me marier et d’avoir des enfants. » De la même manière, vingt ans de vie sainte d’une femme fond devant la jambe d’un homme, vingt ans de vie sainte fond pour dix kilos d’or, etc. Dans la vie, ce parallèle n’est pas anecdotique : tous les jours nous voyons des gens fondre (Le Maître illustre ici ses propos par l’exemple de l’héroïne d’Ibsen[1], Irène, qui s’enfuit à cause d’une statue de marbre). La vie, ce n’est pas des embrassades : Judas aussi a embrassé le Christ. Combien de cœurs ont été brisés après des embrassades ! Le chat aussi badine avec la souris… « Allez auprès des lis des champs, dit le Christ, leur neige ne fond pas. » La pureté du Christ ne fond pas. Les juifs étaient un peuple élu avec trente-six mille promesses de Dieu, mais leur neige a fondu devant cette jambe féminine : ils sacrifiaient des veaux et des moutons, faisaient des statues au nom de Dieu, mais leur neige a fondu. Vous voulez progresser dans la quête spirituelle et je vous dis : prenez exemple sur les lis des champs. Il existe trois états : le champ physique, l’atmosphère et le monde. Le plan physique représente la base, l’atmosphère, c’est l’influence et les interactions entre les forces qui travaillent, et le monde, c’est le rapport entre les créatures raisonnables et vivantes. Le Seigneur a aimé le monde, c’est-à-dire qu’il est descendu pour apprendre aux hommes ces rapports. La jeune femme porte la couleur du lis et dit au jeune homme : « Comme c’est blanc et pur ! » Le curé leur psalmodie la dernière bénédiction, mais trois mois plus tard la neige blanche commence à fondre. Je veux que ce lis pousse dans vos cœurs. Il pousse bien dans les champs, mais je l’ai trouvé dans peu de cœurs : d’enfants, de peuples, d’églises, de prédicateurs. Je suis maintenant venu sur terre avec vous pour voir où et quels types de lis on trouve et comment ils poussent. Les femmes sont fautives : elles ont chassé Dieu du paradis. Je ne vous juge pas, mais j’énonce une vérité. Dans le Royaume de Dieu il n’y a pas d’hommes et de femmes, tous sont des êtres humains. S’il y entrait des hommes et des femmes, ils le corrompraient. Je ne vous offense pas, je vous parle ainsi car vous êtes des êtres humains et votre neige ne doit pas fondre. Si j’étais riche à millions, j’aurais eu plus de personnes autour de moi. Ma situation est comme celle de ce derviche qui est allé aux bains : il s’est baigné sans avoir d’argent pour payer. Le préposé aux bains insistait néanmoins pour avoir le paiement de l’entrée et le derviche a imploré : « Seigneur, donne-moi un sou pour payer ou bien démolis ces bains ! » Et voici que quelque chose a claqué, le préposé aux bains est entré pour voir ce qui se passait et le derviche a pu entrer. Il a vu ensuite un Hodja prier ; ce dernier lui a dit qu’il priait pour avoir un sou… Et les gens aussi implorent constamment pour obtenir de l’argent du Seigneur, mais l’argent n’est pas à Lui, ce n’est pas Lui qui l’a créé. L’argent est dans la terre et si nous connaissons bien la loi, nous saurons le trouver sous forme d’or pour le battre en monnaie. Mais revenons aux lis. Le Christ envoie ses disciples vers eux. Leur calice est ouvert vers le haut, c’est-à-dire regarde vers Dieu, vers l’Esprit vivifiant, et si vos cœurs sont ouverts à Dieu, vous serez purs comme les lis. Nous devons croître comme les lis et ne pas mélanger le monde divin et le monde matériel. Le bien-être que nous souhaitons obtenir pour nous, il faut le désirer et le donner aux autres ; cette loi nous permettra de nous développer, de croître et d’ajouter chaque jour une pierre aux fondations. La première chose que le Christ nous dit, c’est de nous arrêter, ce qui veut dire de nous observer nous-mêmes. Chez les gens prédominent les désirs d’aller dans des directions différentes. Non ! Comme le lis, arrêtez-vous, tournez-vous vers Dieu, entrez en vous-mêmes. Et alors votre neige ne fondra pas. Cela fait huit mille ans que la neige des gens fond constamment. On me rend visite et pour me dire : « Celui-ci ou celui-là m’a volé ma tranquillité », ce qui signifie : « Ma boule de neige a fondu. » Par l’expression jambe féminine je veux qu’on comprenne un symbole au sens large : le saint portait la neige à l’extérieur alors que la neige de son frère cordonnier était en lui, dans son cœur. Vous aussi, soyez ainsi : cultivez toujours le contentement. Les souffrances actuelles dans le monde sont voulues : le projectile tiré par un soldat est dirigé par une force intelligente. Si vous gagnez, vous êtes à la place du cordonnier ; si vous êtes vaincus, cela indique que votre neige a commencé à fondre. Les choses extérieures peuvent toujours nous être enlevées. Le lis reçoit tout du soleil, du vent, de l’humidité. Nous aussi, nous devons nous arrêter comme le cordonnier, comme le lis, et le Seigneur va travailler sur nous. Oubliez les illusions de votre vie, prenez l’essentiel comme vous prenez ce qui est utile avant un voyage et non pas toute la maison. Transportez avec vous seulement une somme d’argent utile et si vous êtes attaqués par les brigands, donnez-leur l’argent. Ne soyez pas comme cet avocat qui n’avait jamais d’argent sur lui, et attrapé par les brigands, sans rien à monnayer, a reçu une bonne correction, ce sur quoi il s’est fait la promesse d’avoir toujours de l’argent sur lui désormais. Si tu n’es pas érudit, si tu n’es pas un notable, si tu n’es pas riche, si tu ne réussis pas, c’est que ta neige fond. La neige est le symbole de l’eau, elle ne doit pas se perdre. Notre élan vers le divin ne doit jamais changer le sens de son mouvement. Chaque vie croît dans une certaine direction : la plante croît suivant un cercle, les animaux, suivant un cylindre et les hommes, suivant une spirale qui peu à peu les élève vers Dieu. Les regards et les embrassades sont pour moi la même chose. Si vous vous irritez, cela indique que les centres de la spirale de votre croissance ne sont pas correctement placés. Ce lis est un grand esprit-ange qui se tient toujours devant la face de Dieu et reste incorruptible. Je ne ferai pas de conclusion. J’aimerais que vous vous sentiez aussi bien dans la situation du saint descendu de la montagne, que dans celle du cordonnier. J’aimerais que vous soyez aussi à la place de Moïse près du mûrier[2]. Allez auprès de ce magnifique lis blanc qui pousse maintenant partout en Bulgarie et vous comprendrez que votre avenir est d’être vertueux et de servir votre peuple. Amen. Notes de conversation avec le Maître * Ne laisse jamais entrer dans ton âme, dans ta sainte demeure, un être impur. Ne t’évertue pas à l’améliorer : qu’il s’améliore dans la cour extérieure et non pas dans ton jardin intérieur. *Quelqu’un te parle ; si tu ne veux pas l’écouter, lève-toi, éloigne-toi, mais il ne faut pas l’interrompre : il est une source qui coule. Laisse couler cette source, puis parle ; ou bien éloigne-toi si tu ne veux pas l’écouter. *Le Christ est le frère vendu en Egypte. Ensuite ils l’ont encore vendu aux païens, mais Il est revenu. Ce sont eux maintenant qui vont vers Lui pour s’incliner devant Lui. *L’homme doit prier sans cesse pour être relié à Dieu. On doit laisser reposer notre destin entre Ses mains, avec foi. Il peut parfois te laisser suspendu par un cheveu, mais ne t’abandonnera pas. *Le père est bon, mais il laisse ses enfants « vivre », et c’est sa première erreur. Ce qui a été bon pour le père, l’est aussi pour les enfants. Ils sont malins et devinent sa faiblesse. *Les hommes commencent souvent avec le Christ et terminent avec Moïse. La loi c’est : commence avec Moïse et termine avec le Christ. Aie toujours un Seigneur, un centre et non pas plusieurs centres. Lorsque ton Seigneur se fâche, c’est mauvais, mais si c’est quelqu’un d’autre qui se fâche, sois sans crainte. *Tant que tu n’as pas le Seigneur pour Maître, personne ne vient te donner de leçons, mais lorsque le Seigneur Christ t’enseigne, d’autres maîtres apparaitront tout de suite pour t’apprendre ceci ou cela et te montrer d’autres chemins. Ils sont mensongers, ne les écoute pas, mais écoute seulement le Seigneur Christ en secret, sans t’en vanter auprès des autres maîtres. *Les souffrances ne doivent pas être une raison de découragement, mais au contraire d’encouragement. Tous les écrivains ont écrit leurs meilleures œuvres lorsqu’ils souffraient le plus. *La bataille de Thessalonique[3] est un cheval de Troie : les grecs l’ont menée à Thessalonique mais les bulgares l’ont conduite les premiers. *Le dénouement qui arrive est heureux. Vous vouliez connaître la nouvelle époque, la voilà. Sofia[4], 19 novembre 1916 [1] Il s’agit du dramaturge norvégien Henrik Ibsen (1828 – 1906) [2] Il s’agit du Buisson ardent (mûrier sauvage) Exode 3, 2 « L'ange du Seigneur lui apparut dans une flamme de feu, du milieu du buisson. Il regarda : le buisson était en feu et le buisson n’était pas dévoré. » [3] Action de Thessalonique – il s’agit probablement d’une campagne militaire bulgare sur le front de Thessalonique, du 12 septembre au 11 décembre 1916, lors de la Première Guerre Mondiale. Le 19 novembre 1916, jour de la conférence « Considérez les lis des champs », les armées de l’Entente ont pris possession de Bitolia, ce qui fut ressenti comme un coup moral terrible sur l’armée et l’état bulgare. [4] Après la date sur la sténographie, il est marqué : « Après-midi, Sofia, rue Opaltchenska dans la maison du frère Petko Iv. Goumnerov »
  25. Les cinq vierges sages « Or il y en avait cinq sages, et cinq folles. » Matthieu 25 :1,2[1] Ces versets sont des extraits du grand livre divin dans lequel le Christ a puisé. Et les dix vierges, cinq sages et cinq folles, sont le sujet du livre divin. Peu nombreux sont ceux qui ont lu ou qui lisent ce livre. Je m’arrêterai sur ces versets pour en expliquer le sens profond dans ce qu’il révèle d’intéressant pour vous. Pourquoi le Christ prend-il dix vierges et non pas cinq ? Il fait en plus la différence entre elles en qualifiant cinq de sages et cinq autres de folles. Pourquoi ne pas avoir parlé de deux sages et huit folles ou bien de huit sages et deux folles ? Il y a une certaine correspondance entre les chiffres. Nombreux sont ceux qui se demandent qui étaient ces vierges ? Les dix vierges représentent l’humanité toute entière dont la moitié est raisonnable et l’autre moitié folle. De même que nous départageons l’humanité entre sages et fous, on peut aussi la départager entre blancs et noirs. Pour le moment, quatre races ont vécu : noire, rouge, jaune et blanche. La race blanche est la plus jeune. Autrefois la race noire a été à l’apogée de son développement ; les noirs étaient alors très développés, plus que maintenant. Le péché s’est manifesté pour la première fois au sein de la race noire dont les représentants sont les cinq vierges folles. Les cinq vierges sages sont les représentantes de la race blanche qui travaille pour l’avènement du Royaume de Dieu sur la terre. On dit de quelqu’un qu’il est bon et mauvais ; c’est une mauvaise compréhension. L’homme ne peut pas être en même temps bon et mauvais : il est soit bon, soit mauvais. L’or ne peut pas être en même temps un métal noble et ressembler aux métaux ordinaires, non précieux. Dans tous les cas de figure, l’or est un métal noble et précieux. La pierre précieuse est toujours précieuse ; ce qui a de la valeur a toujours de la valeur. « Cinq vierges étaient sages », leur qualité était la sagesse. Le Christ emploie le mot sagesse dans son sens intérieur le plus mystérieux : par le mot sagesse, il désigne le commencement divin qui se manifeste sans cesse dans l’être humain. Donc, le commencement divin se manifeste chez les cinq vierges sages, mais pas chez les cinq vierges folles. Maintenant, en parlant de personnes sages et folles, une autre dissemblance apparaît encore : des humains bons et d’autres mauvais ; en quoi le bon se distingue-t-il du mauvais ? L’humain mauvais a des failles en lui et c’est pourquoi il s’aigrit ou bien bout de colère facilement. L’homme de bien n’a pas ces failles, il ne bout pas comme le mauvais. Je prends le mot faille au sens chimique du terme et non pas au sens physique ordinaire. La chimie traite des composés stables et instables, comme les composés nitriques. Tout comme les failles déstabilisent la matière, de la même façon, les composés instables rendent l’homme mauvais. En ce sens, nous disons que les défunts sont mauvais car leur corps pourrit et se transforme en gaz de putréfaction. Lors de cette décomposition, tous les éléments se séparent et chacun retourne à sa place. Lorsque l’homme quitte son corps, chaque éléments se libère et va là d’où il est venu. Ce processus est appelé pourrissement, décomposition, oxydation, fermentation. Il s’accomplit dans la terre, c’est pourquoi on dit que la terre est l’endroit où se déroulent ces processus physiques et chimiques. Qu’est-ce que le Ciel ? Un endroit de pureté et de discernement. Quand je dis que le Ciel est un endroit de pureté, cela ne signifie pas que la terre est exclusivement réservée à l’impureté. Réfléchissez bien pour ne pas vous égarer : la vérité est une, mais elle doit être accueillie avec amour ; sinon la vérité cause un picotement, une douleur chez l’homme, comme lorsqu’il a mal aux yeux, à l’estomac ou aux poumons. Cette douleur lui cause des picotements à la peau. Percevez la vérité avec justesse pour ne pas déclencher des réactions contraires en vous. L’être humain, bon et raisonnable, accueille la vérité avec amour et c’est pour cela qu’il dispose des éléments qui transforment le mal en bien. Est-ce possible ? Bien sûr, c’est possible. La chimie autrefois s’évertuait à transformer les métaux ordinaires en métaux nobles, principalement en or ; la chimie d’aujourd’hui aspire aussi à passer d’un élément à un autre. La religion poursuit le même objectif : transformer les pensées et les sentiments inférieurs en pensées et en sentiments élevés ; les désirs ordinaires en désirs nobles. En ce sens les religions ne sont rien d’autre que des méthodes pour une vie vertueuse, une vie de transformation du mal en bien. De ce point de vue l’important n’est pas la religion que vous pratiquez, mais sa capacité à vous donner de bonnes méthodes pour une vie vertueuse. Comment trouver la religion qui nous convient ? C’est simple : comment reconnaissez-vous quelle nourriture est bonne pour vous ? Vous allez dans une auberge et vous commandez un plat ; s’il vous plaît, vous y revenez le lendemain ; sinon vous allez dans une autre auberge. La nourriture peut être chère, ce n’est pas important ; elle doit être bonne, voilà ce qui importe. Si on vous demande pourquoi vous allez dans cette auberge, vous direz : « Ici la nourriture est pure et de bonne qualité, même si elle est plus chère qu’ailleurs. » La question n’est pas dans l’argent, dans le coût ; en général celui qui vend peu cher est loin de la vérité. Si je vends quelque chose, soit je le cède pour un prix élevé, soit gracieusement ; le divin doit être apprécié. Vous allez rétorquer que Dieu donne gratuitement. Qu’entendez-vous par gratuitement ? Une coutume bulgare veut qu’une jeune mariée donne, avant la noce, quelque chose à tous ses proches : à l’un elle donne une serviette, à un autre une chemise ou autre chose ; pensez-vous qu’elle leur donne gratuitement ? Elle donne, mais attend d’eux quelque chose en retour. Beaucoup attendent tout du Seigneur, mais sans rien donner : une telle loi n’existe pas. Lorsqu’Il donne, Dieu se conforme à la loi pour Lui-Même ; Il n’attend rien de nous en retour, mais nous devons donner pour nous anoblir. Par leur existence, les mendiants anoblissent les sentiments humains : ils poussent l’homme à donner ; ils sont en quelque sorte des aubergistes qui convient leurs clients à venir se restaurer chez eux. Si l’homme ne cultive pas en lui de bons et nobles sentiments, il restera un terreau pauvre et inculte. Jusqu’à quand les mendiants existeront ils ? Tant que les gens seront sous la loi de l’évolution. Les cinq vierges sages et les cinq vierges folles que mentionne le Christ illustrent précisément l’existence d’un principe de sagesse et d’un principe de folie chez l’homme, en lutte constante entre eux. Lorsque le fou viendra solliciter le sage pour avoir de son huile pour sa lampe, celui-ci lui dira : « Je ne peux pas te donner de mon huile car il n’y en a pas assez pour deux ; je n’ai d’huile que pour moi, va t’en acheter. » L’homme doit s’approvisionner en temps utile ; s’il ne cherche l’huile qu’au moment même où il en a besoin, il comprendra qu’il est en retard. Les cinq vierges folles sont parties acheter de l’huile, mais à leur retour la porte était fermée et elles n’ont pas pu entrer. Le Seigneur leur a dit qu’il ne les connaissait pas et qu’il ne pouvait pas leur ouvrir. La lampe de l’homme doit être constamment allumée. La lampe représente le corps humain et l’huile son cœur ; la lumière de la lampe est son intelligence. Donc, l’homme doit avoir un corps, c’est la lampe, de l’huile, c’est le cœur qui ressent constamment et une intelligence qui est toujours en train de discerner. Dieu ne connait que ceux qui ont des corps qui éclairent. À ceux qui sont privés de corps, de cœur et d’intelligence éclairés, Il dit : « Allez- vous acheter ce qui vous manque. » Pourquoi le Seigneur n’a-t-il pas accueilli les cinq vierges folles ? Même tardivement, elles sont allées acheter de l’huile et sont retournées auprès de Lui ? Le monde est une mine dans laquelle travailler ; comment enverrez-vous vos serviteurs dans cette mine sans huile pour leurs lampes ? La lumière leur est nécessaire, sans cette lumière ils ne peuvent rien faire. Et s’ils ne travaillent pas, ils n’entreront pas dans le Royaume de Dieu. Où est le Royaume de Dieu ? Il est aussi sur terre, non pas la terre actuelle mais celle qui sera dans des milliers d’années. La terre est une, mais elle traverse différentes phases de développement. À l’origine la terre n’était pas telle qu’elle est aujourd’hui ; on dit d’elle qu’elle était informe et vide et que l’Esprit de Dieu planait au-dessus de l’abîme. Au début, la terre était vapeur et feu : ce sont des phases qu’elle a traversées. La terre est donc passée par l’eau et le feu pour atteindre la situation que nous lui connaissons aujourd’hui. L’homme est passé et continue de passer par ces processus : il a en lui du sang, de l’eau et de la chaleur, mais il ne s’agit pas de l’âme humaine. Du point de vue de la vie divine, l’âme humaine et la terre sont synonymes. Pourquoi ? Parce que l’âme et la terre passent par les mêmes processus de développement. Ainsi, les cinq vierges sages et les cinq vierges folles sont en vous-mêmes. Du point de vue phrénologique le cerveau de l’homme a deux hémisphères, deux natures, et chaque hémisphère abrite cinq centres c’est-à-dire cinq sens : cinq sont actifs, en mouvement, et cinq sont passifs, sur la réserve. Lorsque les dix sens travaillent en même temps, l’homme a atteint l’idéal de son âme : il est raisonnable, bon et juste. Vous ne savez pas qui a été invité à la noce, mais seulement qu’il y a un marié et une mariée, le Christ n’indique pas le nombre de convives. Selon moi ce chiffre, mariés inclus, s’élève à vingt : dix et dix. L’unité est Dieu et le deux - la matière, la somme de toutes les particules vivantes qui sont à l’œuvre. Et l’homme en tant que particule vivante dans l’univers doit travailler et voir le fruit de son labeur. Est-il sage ou fou, c’est une autre question. L’homme doit s’en remettre à son intelligence et à son cœur, à personne d’autre. Que peut faire le meilleur instructeur si l’élève n’étudie pas ? Que peut faire le bon médecin si le malade ne suit pas ses conseils et se nourrit uniquement de pensées négatives ? C’est pourquoi le Christ dit au malade : « Qu’il te soit fait selon ta foi ! » Que représente la foi ? Une vertu de l’homme sage. La foi et l’espoir vont ensemble comme les ailes de l’oiseau ; l’amour représente la tête de l’oiseau. « Pourquoi ai-je besoin de foi et d’espoir ? – Pour voler ! Sans eux personne ne peut voler. » Tant que tu es dans le monde mental, tu as besoin d’ailes ; une fois descendu sur terre, elles se transforment en jambes. L’espoir et la foi sont nécessaires pour ce monde comme pour l’autre monde. Les cinq vierges folles ont cru qu’il était possible de vivre sans huile, c’est-à-dire sans foi ni espoir. Vous allez rétorquer que Dieu qui est généreux et miséricordieux leur donnera de l’huile. Il peut tout leur donner, mais si certaines conditions sont remplies. Beaucoup de richesses sont généreusement distribuées sur terre par Dieu, mais leur utilisation est soumise à des conditions. On vous donne par exemple le grain de blé, mais il faut le semer au bon moment. Lorsqu’il est semé dans la terre, il y puise sa vitalité et se développe du moment que c’est au printemps ; si tu rates ce moment, tu rates toutes les conditions favorables. Le grain de blé représente l’intelligence humaine qui doit se développer à temps pour acquérir la connaissance et la compréhension. Ce qui signifie qu’il faut sortir les grains de blé à temps et les utiliser à temps. « N’est-il pas possible de procéder autrement ? » Cette question peut être posée seulement par une personne qui ne comprend pas ou qui pense avoir tout compris ; on ne peut pas répondre à une telle question. Qu’est-ce que je fais ? J’étudie les grandes lois divines sans me demander pourquoi c’est ainsi et s’il ne serait pas possible qu’il en soit autrement. On a demandé à Hermès, le Grand Maître d’Égypte, pourquoi le mal existe. Il a seulement pincé les lèvres et a gardé la bouche fermée, sans rien répondre. Une telle question ne se pose pas. Vous demandez si un saint est plus près du Seigneur et un autre plus loin ; avez-vous été auprès du Seigneur pour savoir qui se tient près de Lui et à quelle distance ? Je vois qui se tient où, mais je vois également que tous les saints sont sur terre et travaillent assidûment dans les laboratoires de la vie. Est-ce que c’est vous qui avez raison ou moi, c’est le vécu qui nous le montrera. Je dis ce que je sais et ce que j’ai expérimenté. « Cinq vierges étaient folles. » Pourquoi folles ? Parce qu’elles n’ont pas accompli leurs devoirs envers le divin. Le Christ dit : « Car j’avais faim et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité. »[2] En disant cela le Christ vise les cinq vierges folles, c’est-à-dire cette partie de l’humanité qui n’a pas accompli sa tâche. Les cinq vierges sages ont accompli cela et sont entrées à temps dans le Royaume de Dieu. La parabole des talents révèle le manque de sagesse des humains : les deux serviteurs ont gagné le double de ce qu’ils ont obtenu de leur maître alors que le troisième a enfoui son talent dans le sol et lorsque son maître est revenu, il lui a dit : « Maître, je sais que tu es cruel et que tu moissonnes là où tu n’as pas semé, c’est pourquoi j’ai eu peur et j’ai enterré le talent que tu m’as donné. Voilà, je te rends ce qui t’appartiens. » [3] Ainsi, si nous sommes cruels et déraisonnables et si nous nous servons du mensonge, nous considérons que tous sont comme nous. Ce n’est pas comme ça que les choses sont ; la manière de les voir dépend du for intérieur. Par conséquent, les cinq vierges folles représentent des forces chez l’être humain qui doivent être attelées au travail. C’est une question collective, pour tous les hommes et tous les peuples et non pas une question individuelle. Le Christ n’est pas venu pour séparer un peuple d’un autre, mais pour les unir. Il est dit néanmoins que le Christ séparera les brebis des chèvres[4]. Quel est le lait le plus inoffensif pour les enfants : le lait de brebis ou le lait de chèvre ? Le lait de brebis est non seulement plus inoffensif mais aussi meilleur pour la santé. Les chèvres et les brebis sont un symbole : la brebis désigne la sagesse et la noblesse chez l’être humain et la chèvre, la déraison et le manque d’écoute. La chèvre grimpe sur les hauts sommets des montagnes, alors que la brebis aime les endroits plats ; la chèvre aime les aventures comme les gens déraisonnables. En sachant cela, ne demandez pas pourquoi surviennent les souffrances et les joies : tout dans la vie est la conséquence des pensées et des désirs. Je dis : tout ce que l’homme désire ardemment, bien ou mal, se réalisera. Pour illustrer ma pensée, je m’appuierai sur un ancien conte Perse. C’est arrivé une dizaine de siècles avant le Christ. À cette époque, l’un des rois de Perse avait coutume de marcher en ville pour savoir comment vivaient ses sujets. Un soir, en se promenant avec son premier vizir, il a entendu une conversation dans une petite maison pauvre. Il s’est arrêté devant pour écouter. Il a entendu trois sœurs qui conversaient ; la première disait : « J’ai un souhait : me marier avec le boulanger du roi, pour manger du pain blanc à volonté. » La seconde a dit : « Je veux me marier avec le boucher du roi, pour manger de la viande. » La troisième a dit : « Je souhaite me marier avec le fils du roi pour lui donner un enfant sage et vertueux. » Le roi a décidé de satisfaire le désir des trois sœurs. Il les a convoquées le lendemain matin au palais pour les exaucer : il a marié la première à son boulanger, la deuxième, à son boucher et la troisième à son fils. Tout ce que l’homme souhaite très fort, finit par se réaliser. Les deux premières sœurs étaient mécontentes de leur situation et ont envié la troisième qui s’était mariée avec le fils du roi. Pourquoi se montrer mécontent, leur idéal n’était-il pas réalisé ? Je m’arrête ici ; c’est l’une des facettes de la question. Il y a des gens dans la vie qui ne pensent qu’au pain et Dieu le leur donne. D’autres ne pensent qu’à la viande, à la nourriture – et elle leur est donnée ; ils rêvent d’or et d’argent. La troisième catégorie de personnes est celle qui a un haut idéal : elles veulent se marier avec le fils du roi, c’est-à-dire la vérité et enfanter quelque chose de sage ; elles œuvrent sur le chemin de Dieu. Les deux premières catégories ne pensent qu’à manger comme le moulin qui ne pense qu’à moudre le blé : on y apporte le blé, il est broyé en farine, on nettoie la meule, puis on remet du blé. Ces gens sont mécontents de la vie et disent qu’elle n’a pas de sens. Comment la vie n’aurait-elle pas de sens ? N’ont-ils pas obtenu ce qu’ils souhaitaient ? Si tu veux que ta vie ait du sens, aspire à te marier avec le fils du roi et à lui donner un enfant sage et vertueux. Je dis : l’âme humaine doit aspirer à ce qui est grand, à se lier avec Dieu, à enfanter quelque chose de sage ; ce n’est qu’ainsi que l’homme peut s’affranchir de sa personnalité. La personnalité de l’homme est un masque, alors que l’individualité est sa manifestation supérieure sur laquelle il doit se concentrer. Ce ne sont pas nos rapports avec les autres qui importent, mais nos rapports avec Dieu et les créatures supérieures ; les seconds déterminent les premiers. Lorsque tu joues dans un orchestre, personne ne fait attention à ton joli visage et à tes mains délicates, mais tous regardent comment tu joues, comment tu te synchronises avec les solistes. Penser, sentir avec justesse, c’est être beau. Chacun peut être beau à condition de ressentir les plus fines vibrations de l’amour. Lorsqu’il pense juste, l’homme se raffermit, renforce sa santé ; seule une personne en bonne santé peut être gaie et joyeuse. Les malheurs et les souffrances des humains sont dus à leur désir d’épouser, comme les deux sœurs, le boulanger et le boucher du roi pour affirmer, une fois leur souhait exaucé : « Le mariage ne vaut pas la peine. » C’est vrai, ça ne vaut pas la peine de se marier avec un « boulanger » ou un « boucher ». C’est un grand penseur qui a écrit le conte du roi de Perse et des trois sœurs. Il veut expliquer par là pourquoi les matérialistes ont cette dualité dans leurs pensées et leurs désirs alors que les hommes spirituels ne l’ont pas. Lorsque le commencement divin se manifeste dans l’homme, il lui apprend comment récolter l’huile dans sa lampe, comment se la fournir et dans quelles conditions s’en servir. Si l’homme acquiert cette sagesse, le Christ l’accueille chez lui, c’est-à-dire dans le Royaume de Dieu. Tu ne peux pas avoir d’huile ni de lampe si tu n’es pas sage. Lorsque vous cherchez le sens de la vie, vous voyez que la première manifestation de Dieu est le Logos, c’est-à-dire la raison, le Verbe. Ensuite apparait la lumière comme résultat de la manifestation divine. Être l’une des vierges sages, c’est souhaiter se marier avec le fils du roi et enfanter un enfant sage. C’est être maître de soi-même. Si tu n’as pas d’huile dans ta lampe, le Christ te dira : « Je ne te connais pas » ; c’est ce qu’il a dit aux vierges folles. Chez vous aussi viennent beaucoup d’amis : vous dites connaître certains et pas d’autres. Qui connaissez-vous et qui ne connaissez-vous pas ? Vous ne connaissez que ceux qui vous ont fait un bien ou qui vous ont rendu un service. Ceux qui ne vous ont pas fait de bien ou qui ne se sont pas manifesté envers vous, vous ne les connaissez pas. Tous ceux qui vous ont donné quelque chose d’eux-mêmes, vous sont familiers ; ceux qui ne vous ont rien donné sont des inconnus. Le Christ aussi détermine ses rapports aux gens en fonction de la loi du don. Il dit : « N’entrera au Royaume de Dieu que celui qui m’a nourri lorsque j’étais affamé ; qui m’a donné à boire lorsque j’avais soif ; qui m’a consolé lorsque j’étais malade, qui m’a visité lorsque j’étais en prison. Je dois tout à cet homme et je le prendrai avec moi. Celui qui n’a rien fait pour moi, je le laisserai pour une autre époque, lorsqu’il reviendra sur terre pour travailler pour Dieu ». « Je veux être au Ciel, aux côtés du Christ. – C’est possible aussi, mais interroge-toi pour savoir si tu as sacrifié quelquefois ta vie pour le Christ. Si tu t’es sacrifié, tu seras aux côtés du Christ ; sinon tu resteras dehors, en attendant une autre époque, dans un futur lointain. » Lequel des deux chemins emprunterez-vous importe peu ; ce qui est important, c’est qu’il n’y a pas de chemin médian. Les choses justes se vérifient facilement, c’est l’expérience qui y joue un rôle prépondérant. « Comment entrer dans le Royaume de Dieu ? – Par un travail assidu, réalisé avec amour. Retenez cela : le corps et le cerveau recèlent des forces que vous devez développer. – Nous voulons qu’on nous révèle ces forces. – Chacun peut les découvrir tout seul. Il suffit de passer une heure par jour à méditer sur de grandes questions spirituelles pour le constater. Le jour où vous ouvrirez les yeux, vous souhaiterez épouser le fils du roi, c’est-à-dire entrer dans le monde de la vérité et devenir sages. » Maintenant, je poursuis le conte : la troisième sœur, mariée au fils du roi, a eu un enfant. Les deux sœurs, jalouses de la sœur devenue reine, ont décidé de voler l’enfant en secret et de le remplacer par un autre enfant, infirme et mal développé. Elles ont mis leur décision à exécution ; l’enfant du roi a été envoyé ailleurs et un enfant infirme et inconnu l’a remplacé, à la surprise du père et de la mère. Le roi, mécontent que la reine n’ait pas tenu sa promesse d’enfanter une descendance sage et vertueuse, l’a mise en prison. Le fils du roi s’est retrouvé dans la famille d’un jardinier qui travaillait pour le roi. L’enfant a grandi et est devenu un jeune homme svelte et beau. En se promenant dans la région, il a entendu parler d’une belle princesse, connue pour transformer ses prétendants en pierre. De nombreux héritiers de lignée royale se rendaient auprès d’elle, mais une fois auprès d’elle, ils étaient transformés en pierres ; toute la région s’était recouverte de pierres ! Le jeune homme, le fils du roi, a voulu la rencontrer ; il a cherché à connaître son nom : elle s’appelait Halial Casa. Voulant tenter sa chance il a chevauché jusqu’au château de la célèbre Halial Casa. En chemin, il a parlé à son cheval en ces termes : « Lorsque tu m’entendras prononcer le nom Halial Casa pour la troisième fois, tu vas hennir très fort. » Arrivé au palais, il s’est écrié de loin : « Halial Casa ! » Il l’a appelée une deuxième fois, et en entendant prononcer son nom, la fille du roi a dit : « Sois transformé en pierre ! » Le fils du roi est devenu pierre jusqu’à hauteur des genoux ; au-dessus des genoux il a gardé son apparence. Il n’a pas cédé à la peur et lorsqu’il s’est écrié une troisième fois : « Halial Casa ! », alors le cheval a henni si fort qu’il a troublé la fille du roi qui n’a pas pensé à renouveler son sort. Lorsqu’il a compris qu’elle n’allait plus réagir, le fils du roi lui a demandé de le laver, de le remettre en état et de lui rendre sa force. Il est monté ensuite à cheval et a sillonné toute la région couverte de pierres en criant : « Debout, vous, héros des temps passés, suivez-moi ! » À la fin il est retourné chez Halial Casa et lui a raconté l’histoire des trois sœurs et lui a proposé de venir avec lui. Que représente Halial Casa ? C’est l’âme humaine, et les pierres autour d’elle sont les hommes qui attendent le moment de leur résurrection. En ce sens, je prétends qu’il y a deux sortes de personnes : les vivants-morts et les morts-vivants. J’aimerais que vous soyez tous vivants. Lorsque la raison humaine sera pénétrée par la lumière divine, chaque jeune fille dira : « Le voici, celui que j’attends depuis des années. » Qu’est-ce que j’attends de vous, les contemporains ? Je veux vous voir chercher Dieu et pas moi. Le Christ a dit : « La parole que j’enseigne est Dieu ; cherchez-Le, Lui, et pas moi. » Qui parmi vous, en écoutant ou en lisant la fable des dix vierges a mis quelques jours à profit pour méditer sur son sens profond ? Il suffit de souhaiter sincèrement comprendre au-delà de ce que vous lisez pour qu’un secret vous soit révélé. Ce n’est qu’ainsi que vous comprendrez que vous êtes l’une des cinq vierges sages. Vous êtes la première vierge, le corps qui héberge les quatre autres qui sont la raison, le cœur, l’âme et l’esprit. Les cinq vierges s’unissent au Christ pour ne faire qu’un. Tant que vous n’atteignez pas les hauteurs de la raison et n’entrez pas dans la région de l’âme, vous ne pouvez pas comprendre le Christ, ni vous fusionner avec lui. Ce n’est pas vous les fautifs, mais l’endroit où vous vous êtes placés. Montez pour que l’horizon entier se découvre devant vous, pour voir que la terre n’est pas un corps inerte : c’est une femme qui brille et qui répand partout la lumière. On dit que la terre est cruelle. Non, elle ne fait que s’ébrouer de temps en temps pour dire à ses enfants de rester paisibles. J’aimerais que vous ayez autant de patience que la terre. Qui ne profite pas d’elle, qui ne récolte pas ses fruits ? Elle se laisse labourer, cultiver, moissonner sans rien dire. Lorsqu’elle veut donner une leçon à ses enfants, elle s’ébroue, ferme les portes et attend qu’ils s’assagissent. Ensuite elle s’apaise à son tour. C’est pourquoi je dis : soyez patients, non pas comme Dieu, mais au moins comme la terre. Quelqu’un dit : « Quand est-ce que je quitterai cette terre ? » Pour moi, la terre est un paradis où habitent les saints. La place où vivent les gens ordinaires est la place du péché, la vallée des lamentations. Si vous êtes sur terre avec les saints, réjouissez-vous ; elle est la Mère-terre qui produit en abondance. « Elle nous tient fermement cette Mère. – Je ne sais pas qui tient qui : elle ou vous. » Les gens d’aujourd’hui sont aveugles et ne voient pas leur Mère-terre, ni sa sollicitude ni la façon dont elle prend soin d’eux et prépare l’avènement du Christ. Quelqu’un dira qu’il veut aller sur une autre planète. Où que tu ailles, on te demandera un laissez-passer de la Terre ; sur aucune planète on ne reçoit les gens qui ne respectent pas leur Mère. « J’irai sur Vénus ! – On ne vous acceptera pas là-bas non plus sans laissez-passer de la Terre. – J’irai au Ciel ! – Où est le Ciel ? Personne ne peut quitter la Terre sans payer sa dette. » Lorsque l’homme n’écoute pas le Seigneur, la Seigneur dit : « Envoyez-le chez sa Mère pour qu’elle l’éduque ; alors elle l’accueille dans ses bras. » Tous disent que quelqu’un est mort et enterré ; ses proches le pleurent, mais la terre le console : « Ne t’inquiète pas, je te préparerai un autre habit, meilleur que celui-ci. Tu viendras de nouveau sur terre avec les dix vierges : cinq sages et cinq folles. » Vivez sur terre comme des fils de rois, sans outrepasser vos droits. Faut-il se conduire envers autrui comme le loup se conduit avec l’agneau ? Un loup a rencontré un agneau et lui a dit : « Pourquoi l’année dernière as-tu médit sur moi ? – Comment aurais-je médit sur toi l’année dernière alors que je n’étais même pas né ? – Pourquoi souilles- tu l’eau que je bois ? – Comment pourrais-je la souiller alors que tu es en amont vers la source ? – Que tu la souilles ou non, je te mangerai ! » Quel que soit le nombre d’agneau qu’il engloutisse, le loup restera loup. Sachant cela, ne vous conduisez pas comme lui : aujourd’hui tu te venges de l’un, demain tu te venges d’un autre, jusqu’à ce que les rides s’accumulent sur ton visage. Dieu a posé ces rides sur le visage de Caïn pour qu’il soit reconnaissable de tous et que personne ne le touche : Caïn doit vivre, sinon il sera plus néfaste. Vous devez atteler vos mauvaises pensées et vos mauvais désirs au travail, sinon ils seront encore plus nocifs. Les hindous disent : « Annihile tout désir en toi » ; je dis : « Attèle chacun de tes désirs au travail, ne le supprime pas. » Jésus dit : « Renie-toi toi-même » ; je dis : « aime-toi. » Vous direz que c’est une contradiction. Je demande pourquoi il faudrait se renier soi-même, il est temps de s’aimer. Celui qui ne s’aime pas ne peut pas entrer dans le Royaume de Dieu. S’aimer soi-même, c’est-à-dire aimer le germe divin qui est en soi, signifie être intelligent, bon et noble. Lorsque tu aimeras Dieu en toi, lorsque tu t’aimeras toi-même ou ton haut idéal, alors tu t’anobliras, tu t’assagiras. Lorsque je parle des cinq vierges sages et des cinq vierges folles, je ne veux pas que vous vous posiez la question de savoir à quelle catégorie vous appartenez et que vous soyez anxieux. Puisque vous êtes là pour m’écouter, considérez que vous faites partie des sages. « Sommes-nous des élus ? – S‘il ne restait plus qu’à vous choisir à présent, tout votre travail serait déjà achevé. Il vaut mieux ne pas savoir à quelle catégorie vous appartenez et ne pas vous intéresser à cette question. Il vaut mieux cultiver votre élan de développement et d’enrichissement sans savoir que vous êtes déjà riches. » Les cinq vierges sages correspondent à la raison et au cœur humain. La raison se manifeste de trois façons : comme une logique objective, extérieure, comme une logique de mémoire, ou comme une intelligence supérieure. Et le cœur manifeste principalement trois types de sentiments : des sentiments moraux supérieurs : l’amour envers Dieu, l’amour envers autrui et l’amour envers soi-même. Une vierge occupe la partie postérieure du cerveau, la deuxième occupe le haut du cerveau et les trois autres – la partie frontale, le front. Les cinq vierges forment ensemble un triangle. Comme vous le voyez, elles sont en nous et nous poussent à penser et à sentir. Certains prétendent que l’homme a deux anges ; à mon sens l’homme a dix anges : cinq sages et cinq fous. Lorsque les vierges folles se manifestent, vous sortez des rails de votre vie ; lorsque les sages vous visitent, vous vous mettez à travailler avec amour et tout vous réussit. Les premières vous dépouillent, les secondes vous embellissent et vous apportent une grande bénédiction. Lorsque la bénédiction divine vient sur vous, vous ne perdez plus votre équilibre, vous êtes comme un bateau manœuvré par un capitaine expérimenté. Quels que soient les remous qui secouent le bateau, gardez votre équilibre. Si vous avez un élan envers Dieu, vous allez toujours suivre le droit chemin de la vie. Qu’est-ce que la vie sur terre ? Un bateau conduit sous l’œil compétent et vigilant de son capitaine. Le bateau est costaud, avec de bonnes machines et des matelots chevronnés. Vous voyagez en tant que passager de ce bateau, sur le Grand Océan. Vous pouvez soit céder à l’angoisse, soit rester bien calme et tranquille et vous en remettre entièrement aux mains du capitaine, des matelots et du bateau. Dans le premier cas vous serez à l’affût, recroquevillés, l’œil rivé sur les machines, à harceler le capitaine et les matelots sur la date d’arrivée, la manière d’arriver, le niveau du stock de charbon, etc. Quoi que vous fassiez, quelles que soient vos peurs, vous ne pouvez rien faire. Il est préférable de vous confier aux mains du capitaine expérimenté et de vous concentrer sur les endroits visités ; au moins vous apprendrez quelque chose ! La Terre est un grand bateau fiable, sûr et robuste. Toutes ses machines, c’est-à-dire toutes ses forces sont à leur place et il finira par vous conduire jusqu’au monde divin. La Terre peut vieillir, elle peut rajeunir et vieillir de nouveau, mais ne périclitera jamais. Comme l’homme passe par l’enfance, l’adolescence, l’âge adulte et la vieillesse, la Terre aussi traverse ces quatre périodes. En réalité, les quatre périodes de la Terre déterminent les quatre âges de l’homme. Il est dit dans les Écritures : « Les pécheurs ne ressusciteront pas [5]» ; autrement dit, lorsque le bateau accostera, tous les passagers descendront pour montrer leurs passeports. Ceux dont les passeports sont valides auront le droit de visiter la ville portuaire ; ceux qui n’ont pas de passeports ou de papiers valides, retourneront sur le bateau et continueront le voyage ; ils diront : « Nous ne sommes pas très loin du Ciel. » Les premiers qui sont descendus en ville, disent : « Nous sommes déjà au Ciel, nous avons vu et compris ce qu’il représente. » Ce qui advient des passagers du bateau, c’est ce qui arrive aux humains sur terre. Vous êtes sortis de la Terre-mère, vous voyagez avec elle et un jour vous reviendrez auprès d’elle. Elle vous habillera mieux et vous donnera de meilleures conditions de développement. Il n’y a pas d’autre chemin ; simplement les uns rentreront dans le monde divin plus vite, d’autres, plus tard. Les cinq vierges sages sont rentrées dans le Royaume de Dieu plus tôt et les cinq vierges folles sont restées dehors, attendant leur heure. Vous dites : « Pourquoi faut-il passer par autant d’épreuves et de souffrances ? – Pour créer les conditions d’accès au monde divin. – Pourquoi tout cela ? – Avant tout, sachez que vous vous créez tout seul vos souffrances. » Pour ne pas souffrir je vous conseille d’écouter la Terre-mère ; en mangeant l’un de ses fruits, dites : « Mère, merci pour le fruit que tu m’as donné ; j’aspire chaque jour à être plus sage et plus vertueux. » Lorsque tu manges un pain, dis : « Mère, merci pour le pain que tu m’as donné. » Que fais-tu ? Tu manges le pain et tu dis : « Le pain était mauvais. » Dieu est strict et exigent, Il t’entend et demande pourquoi tu ne respectes pas la Mère-terre. Apprenez à respecter cette Mère qui est si généreuse, bonne et accessible. Ce n’est pas une vallée des lamentations comme certains l’appellent ; Dieu a créé la terre comme une région du Ciel. C’est pourquoi celui qui vit bien au Ciel, vivra bien aussi sur Terre. Donc la Terre et le Ciel constituent un tout. Puisque tu es venu sur Terre, étudie tout ce qu’elle t’offre, étudie les minéraux, les plantes, les animaux. Dans chaque animal se cache une vertu ou un art. Par exemple la fourmi est le symbole du goût du travail, l’araignée est un maître tisserand. Tout dans le monde, plante ou animal, a une grande prédestination. Les parasites, poux, puces, punaises, aussi indésirables qu’ils soient, inculquent la propreté aux humains. Celui qui ne comprend pas le sens intrinsèque de la vie, de la nature, de tout ce qui existe, déclare : « La vie n’a aucun sens, le monde n’a aucun sens. » Donc, tout est insensé, mais toi, petit bonhomme, tu es sensé. Qui t’a créé aussi sensé et unique dans ce monde ? Un américain de New York, curieux de nature, a rencontré une de ses connaissances, le rédacteur en chef d’un grand journal et lui a demandé : « Où étais-tu ? – Je suis allé voir comment on dresse les poux à marcher au pas. – Ne plaisante pas, sois sérieux ! – Sérieusement, j’ai vu comment les poux se rangent en escouades, en divisions et marchent au pas à la commande. » Curieux, cet américain est allé vérifier la véracité de ces dires. Il a raconté : « J’ai vu dresser des poux pour les arts martiaux, et je me suis étonné ; ce n’est pas simple de déshabituer un pou à sauter. » À la question de savoir comment on arrive à cela, le dresseur des poux a répondu : « Oui, c’est ici que j’ai fait face à la plus grande difficulté : pour déshabituer les poux à sauter, je les mettais entre deux verres et je les maintenais ainsi un certain temps. Lorsque je m’assurais du succès, j’enlevais les verres et je commençais à les dresser. » Je vous demande : « Si le pou arrive à apprendre les arts martiaux, ne pouvez-vous pas apprendre l’art divin ? » Dieu aujourd’hui agit de la même manière : pour vous désapprendre l’ancienne coutume de sauter et de courir, Il vous maintient entre deux verres ; ceux-ci exercent une certaine tension dans votre intelligence et votre cœur, et vous vous mettez à penser juste. Ce n’est que par ce moyen que vous comprendrez qui sont les vierges sages et qui sont les vierges folles. Les premières disent que tout dans le monde est sage et sensé et les secondes disent que tout est insensé et fou. Je souhaite maintenant que vous épousiez le fils du roi, et non pas des boulangers et des bouchers, pour donner naissance à un enfant sage et vertueux. Je vous souhaite de trouver la fille du roi Halial Casa, de l’appeler deux fois par son nom et qu’à la troisième fois votre cheval hennisse. Ensuite, vous parlerez avec la fille du roi pour transformer autour de vous les pierres en êtres vivants. Méditez sur ces choses pour acquérir une nouvelle lumière. Je ne vous donne à présent que le squelette de la nouvelle pensée et de la nouvelle lumière ; à vous de les habiller. Alors la bénédiction divine viendra sur vous. Sofia, 16 novembre 1916 [1] « Alors il en sera du Royaume des cieux comme de dix jeunes filles qui prirent leurs lampes et sortirent à la rencontre de l'époux. Cinq d'entre elles étaient insensées et cinq étaient avisées. » (Matthieu 25, 1-2) [2] Car j'ai eu faim et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'ai eu soif et vous ne m'avez pas donné à boire ; j'étais un étranger et vous ne m'avez pas recueilli ; nu, et vous ne m'avez pas vêtu ; malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité." (Matthieu 25, 42-43) [3] « S'avançant à son tour, celui qui avait reçu un talent dit : " Maître, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes où tu n'as pas semé, tu ramasses où tu n’as pas répandu ; par peur, je suis allé cacher ton talent dans la terre : le voici, tu as ton bien. » (Matthieu 25, 24-25) [4] « Devant lui seront rassemblées toutes les nations, et il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres. (Matthieu 25, 32) [5] « Car le salaire du péché, c'est la mort ; mais le don de Dieu c'est la vie éternelle en Jésus-Christ Notre-Seigneur. » (Romains 6,23)